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Full text of "Dictionnaire d'ascétisme"

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NODVELLE 

ENCYCLOPÉDIE 

THÈOLOGIQUE, 

OU  DEUUàUB 

Usa  Di  DicnoimAfflu  sub  toutes  les  fabtus  de  u  science  HBueansE, 

orrmMMT,  mm  ra«MÇAi>  st  rui  oaoma  alvbabAtiqdb, 

LA  PLUS  CLllRE,  L.\  PLUS  FACILE,  L&  PLUS  COHHODE,  LA  PLUS  V&RIÉE 

ET  LA  PLUS  COMPLETE  DES  THÉOLOGIES. 

CBS  DICnONNAIHBS  SONT,  POUH  LA  DEUXIÈME  S^EIE,  CEUX  : 

DK    >I<KRÀPniE    CBRËTIBNITE   IT    iEITl-^DRATIEIllIB  ,    —  DES  FEBSACDTIONS, — 

V'ÉUWtncB  CUBâTIEKNE,  —  DB  LITTÉtllTURE  11'.,  —  DE  BOTIHIODB  id.,  — DE  STITISTIQUE  id., — 

■'iKECMIEBÛI.,  — D'iRCOtOLOGlE  id.,  —  D'ufSlLDtQUE Jd.,  —    DB    ZOOLOGIE, —   DE    UÏDECIKE  PRiTIQDE, 

—  ma  CROIBADES,  —  DES  ERREURS  flOCIALEB,  —   DB   PITROLOGIE,  —   DES    PROFHiTIES  ET    DBS    HlBlCLBa,  — 

•U  DtCBKTB  DBS  ConeHtGiTIOnë  ROXklHES,  —  DES  INDtlLGEHCES,  —  d\cRI-SILVI-T1TI-II0RTICULTURS  , 

—  DE  ■nslQOE    t'd., —  D'tPieRiPHIB  td., —    de  KornSHiTIQUE    id.,  —  des   CONfERSIONS 

BV  GB1H0LICIBKE,  —  D'ADCUÎriait,  —  DEB  INVEHTIONB  ET  DtCODVESTEB,  —  V'ETUflOCttiPIIIE,  — 

DBSIMLMISTES  tntOLOnTilEES. —  DES  HINDSCRITB,— D'utTBROPOLOGlE, —  DES  MISTfcREB  ,  —  DES  HEB  VEILLE  S, 

—  D'ASCAtiBEE,  —  DB  PtLlOGRBPHie,  DE  CBTPTOGRàPHlE,  DE  D*CTTI,DUKIE  , 

a'iitaocLTratE  ,  de  STANOCuratE  et   de  tëlAgrueib,  —    de   coshogonib  et  de  piLtoitTOLOciE ,  — 
DE  l'*rt  dk  vérifier  les  dites,  —  des  cOfirnïRiEs  et  corpoutiorb,  — 

i  ET  D'IPOLOGAtIQDB  rtTBOLIQDB  : 

twMieaem  HM  tefEdb  m  w  tamk  forUr,  lire  H  écrirt  utilement,  n'importe  dont  ftwUe  lîMatibn  it  la  *ti: 


eUBLIBK 

PAR  M.  L'ABBÉ  MIGNE» 

i   BIBLIOTBAgOB   OMEWSK») 


BU  eoBsa  eoHvuBVs  bdr  cuqdb  buhcrk  de  la  lanct  BccLCeiABTiQin. 

II  :  6  FB.  I.R  TOL.,  PODR  LE  SODSCRIPTEUR  1  L4  COLLECTION  ENTIÈRE,  OC  B  50  VOLUMES  CQOISIB  DANS  LEX  TKOU 

EtttifcUipédicê ;  1  n.,  et  Hbn  8  f>.  pour  le  souscripteur  b  tel  od  tel  DicTionniiRE  pibticdlibr. 

53  milES,  PRIX  :  318  FRANCS. 


TOnE  ÇaWQPAMTE  ET  nMIËME. 

DICTIONNAIRE  D'APOLOGÉTIQUE  CATHOLIQUE. 

TUUB  PREMIER. 
2   VOLCHBS,  PRIX  :  IG  ÏRANCS. 

8'IHPRIMË   ET    SB   VEND   CHBZ    J.-P.  MIGNB ,  EDITEUR, 

AUX  ATBLIERS  CATHOLIQUES,  KUE  D'AMBOISE,  âO,   AU   PETlT-HONTROUGi; 

lUTBJEFOIS  BARaiÈaS  D'ENFER  DB  PARIS,  MAINTENANT  DANS  PARIS. 


qi.      à..      lY 


AVIS  IMPORTANT. 

D'tprfci  une  dedotiproTMentreltei  qui  régineDl le  monde,  nrement  tes  œuTrei  in-desmi  de  t'ordinifre  te  fun 
W«  eootniJlGlfaM  pins  on  iwrins  rortei  cl  in'aibreutei.  Le*  Àletitn  Calholiqui  ne  poaïtipnt  gain  Ëcb*|<per  i  r. 
ew'bet  divin  de  laorullllté.  Tintdl  on  «nié  leur  eiUtcnce  oo  leur  imponaiice;  Uolâtun  i  dit  qu'ili  éuleat  fermoi 


•  qu1li  ilUieDirèire.  CepeadttiUU  poanoirent  leor  urHère  depujj  SI  *di,  et  Un  praàaaiom  (lul  en  «oneut 
«•leMient  de  plmen  ptH  gnvei  etwlipiéei  :  *uul  piralt-11  teriatn  qu'ltuoinid'éTfDeaieniaqu'aenar  --   * 

.oimIM  ne  Munit  prévoir  ai  empéther,  cetAlelienne  se  rermeroni  que  qumd  li  ÈibiioOiimt  tu  C..„.  

tennliife  en  un  »,000  Tolnmea  io-4*.  Le  ptssi  pir»U  nn  rfr  rit  m  de  l'ivenlr,  pour  ce  m'a  j  ■  I  etpi^erou  k 


koiMlM  ne  Uiinlt  prévoir  ai  empérher,  cet  Atelier*  ne  se  rermeroni  que  quiiid  li  ÈiNiolhème  tu  CItrai  leri 
tennliife  «a  un  »,000  ToInmea  io-4*.  Le  ptssi  pir»ti  nn  rfr  rit  ni  de  l'ivenlr,  pour  ce  ao'ii  j  ■  I  etpi^erou  k 
cr«lndre.  Cependiot,  pinnl  les  nloniniei  ■axqDetlei  ils  se  lont  trouvés  en  butte ,  il  eo  etl  deux  qui  ont  6lé  coniî' 

-   -■■ ■  -^pétéei,  p*rcequ'ét)ni  plut  capliilea,  leur  efUet  •■•■— '-•n  ni"»  ^"  "■•••i""""-"  i\- — "■•  ..  i 

e  loiit  dijuc  uMniéiB,  pir  lenr  correipondtnce  oi 


nnellemént  répétéei,  ptrce  qu'éuni  plut  caplitlet,  leur  efUet  eninlntilt  plus  de  conséquencet.  De  peliu  et  Igûatê 
-" ■■ — '■  — ' -■ ' -   '■-^'^- TsEdiilnn 


£ 


éliieut  n — o — I - . -,--    -     -  =--.  T     . -  r  -■-- 

que  les  chert-d'ccnvra  du  CatboiiCltmerecoonM  pour  teU  dtns  tonales  lempt  et  daui  tons  lei  piit,  II  riliiit  bien 
te  rejeter  sur  liibraie  diut  ce  qu'elle  ■  deplueterteuT,  la  correction  et  l'imprettlon;  en  elTei,  les  cherté  uuvre 
même  n'tnraienl  qu'une  demi  vtleDr,  si  le  texte  «n  ét*lt  hienactou  illisible. 

Il  est  trèï-Tni  que,  dtnii  le  principe,  on  succès  inouï  dtni  les  fsiles  de  li  T;p;^rtpliie  t;int  forcé  l'Edl-.enr  de 
recourir  lui  mécaniques,  «Un  de  mirchcr  plus  npldement  et  de  donner  les  ouvrages  i  moindre  prix,  qatlre  Tolumes 
dn  double  Court  d'EcrilMre  uànU  ei  de  Ttàologii  lurml  tirés  i>ec  li  correcllon  insurounte  dnnnée  d»iis  les  impri- 
meries 1  pfesQue  tout  ce  qni  t'édile;  11  est  vrai  aussi  qu'un  eerliio  nombre  d'tuLres  volumes,  ipptrtensnt  ï  diverses 
l'^Ueilioas,  lUrent  Imprimés  oe  tmp  noir  ou  trop  blsne.  Mais ,  depuis  ces  temps  éloijjués,  tes  mécaniques  ont 
céité  le  irarail  tnx  presses  ïbras,  el  l'impression  qui  en  sort,  sans  f  tre  du  luie,  allendu  que  le  luae  jure.rait  dans 
des  oiivnaes  d'une  telle  nslure,  est  parfaitement  convenable  .sous  loua  les  rapporlt.  Quant  à  la  correction,  il  est 
de  liii  quslle  n'a  Jamais  élii  portée  «i  loin  dans  aucune  édition  ancienne  ou  contemporaine.  Etcommeolen  scrait-ll 
autrement ,  après  toutes  les  peines  et  toutes  les  dépensée  que  nous  subissons  pour  airlrer  ii  purger  nos  éprenvcs  do 
lontes  Tanlesf  L'habitude,  en  t}^graphie,  rnSme  dans  les  meilleures  maisons,  est  de  ne  corriger  qun  deux  épreuve* 
et  d'en  contrer  uue  Iro  sième  arec  la  seconde,  sans  avoir  préparé  en  rien  te  mannscrll  de  lenteur. 

Dans  les  ÀUliert  Calholigue*  la  dilTêrenca  est  presque  incommensurable.  Au  moyen  de  currecteura  blanchit  sous 
te  harnais  et  dont  le  coup  d  «il  typogiaphiqua  est  sans  pillé  pour  les  hulet,  on  ctannence  par  préparer  la  copie  d'un 
bout  i  l'autre  uns  en  excepter  un  seul  mol.  On  lit  ensuite  eu  première  épreuie  avec  la  copie  ainsi  préparée.  On  lit 
en  seconde  de  la  mEme  manière,  mais  en  caliationnaot  atec  la  première.  On  bit  la  m£me  cbose  en  tierce,  en  colla- 
lionnani  avec  la  seciinde.  On  agit  de  même  en  qoirie,  en  coilatlounani  avec  la  tierce.  On  renouvelle  ta  même  opé- 
ration en  quÎBte,  en  collaiionnant  aveel*  quarte.  Ces  caliailonnemenls  ont  pour  but  de  voir  si  aucune  des  fautes 
■ifnalées  an  bureau  par  HH.  let  correcteurs,  snr  la  marge  des  épreuves,  n  a  écbappé  i  UH.  les  corrigeurt  sur  le 
marbre  et  le  méial.  Après  cet  dnq  leclorea  entières  contrôlées  l'une  par  l'antre,  et  en  dehors  de  la  préparaliin 
ei-^esa»smenlloDnâe.  vient  une  révision,  ei  lonventll  en  vient  deux  ou  trois;  puis  l'on  cliché.  Le  clichagp  opéré,  par 
conséquent  la  pnreié  du  lexte  te  trourant  immobilisée,  on  bit,  aiec  la  copie,  nne  nouvelle  lecture  d'nn  bout  de  l'é- 
preave  t  l'antre,  on  te  livre  ï  une  nouvelle  révision,  elle  tirage  n'arrive  qu'après  ces  Innombrables  précautions. 

Anni  T  a  t  il  k  Honlroijge  des  correcteurs  de  toutes  les  nations  et  en  plus  gmod  nombre  que  dins  ringl-cinq 
'n^rimeries  de  Paris  réunies  1  Ansal  encore.  1s  correction  y  coAte-l-elle  autan:  que  la  composition,  tandis  qu'allleurt 
elle  ne  coite  qne  le  dixième  1  Aupi  enOn,  bien  qne  l'assertion  puisse  paraître  téméraire,  l'exaciiiude  obtenue  par 
Uni  de  trai*etdetolna,hlt^ilequelaplap*nde*KdlthH»des  Jl^firraCol/uXtoara  .alaseni  bien  loin  derrière  elles 
cellet  neine  det  célèbret  BénJdlCtini  Habiilnn  et  Houttkneon  et  des  célèbres  Jétnites  Petau  et  Sirmond.  Que  l'oa 
ronpira,  en  effet,  n'importe  quelle*  feuilles  de  leur*  éditions  avee  callet  det  nAirea  qui  leur  corretpoodeDt,  en  grec 
"unaie  en  hlin,  oa  te  eonvtinera  que  l'inTraisemblable  ett  une  réalité. 

D'ailleurs,  cet  tirant*  émlnents.  plut  préoccupée  du  sens  det  texlea  que  de  la  partie  tjpographlqne  et  n'étant 
-Jint  Mrreeteurt  de  proretsion,  llMlenI,  non  ce  que  portaient  let  épreuvei,  nuis  ce  qui  devait  t'y  tronver,  leur 
jaate  Intelligence  luppléant  aux  fautes  de  l'édition.  Ue  plus  les  Bénédietina,  comme  les  Jés>iitet,  opéraient  presqne 
tM^i'o'vaur  det manutcrits,  cante  perpétuelle  de  la  multiplicité  des  fautes,  pendant  que  les  Aitliert  Cailiotiquet, 
dont  le  pn'pre  est  aartout  de  retsnsi'iter  la  Tradition,  n'opèrent  le  plus  souvent  que  sur  dca  imprimés. 

Le  R.  P.  l>e  Buch,  Jésuite  Bollandisle  de  Druxellet,  nous  écrivait,  il  7  a  quelque  irmpe,  n'avoir  pu  tronver  en 
dii-buit  moit  d'étude,  Wie  teule  faute  dans  notre  Palrotogie  latine.  H.  Deniinger,  professeur  de  Théologie  à  l'Unl- 
vertité  de  W>inbourg,  et  H.  Retomann.  Vicaire  Général  de  la  même  ville,  nous  mandaient,  t  la  date  du  19  juillet, 
n'avoir  pu  également  surprendre  me  ie«U  fatut,  soit  daot  le  latin  aoll  dana  le  grec  de  notre  double  Patrolegie.  Enfin, 
le  savant  |P.  Pitra,  Bénédictin  de  Soleve,  et  H.  Oonetljr,  directeur  det  imiotes  Ht  phHetophie  efirélienne,  mis  au 
déB  de  noua  convaincre  d'une  seule  erreur  typographique,  ont  élé  lorcét  d'avouer  que  nous  n'avions  pat  trop 
prétnméde  notre  parbite  correction.  Dans  le  Clergé  sa  trouvent  de  bons  btlnialeaet  deboatbellénialet.  et,  ce  qui 
est  pins  rare,  des  hommes  Irès-poiiilb  et  très-pratiques,  eh  bien  I  nous  leur  promettons  au  prime  de  !S  centimes 
nar   cbaque  f^ute  qu'ils  découvriront  dans  n'importe  lequel  de  nos  volumes,  aurtout  diins  let  grecs. 

H  tigré  ce  qui  précède,  l'Editeur  des  Court  complelt,  sentant  de  plus  en  plus  l'Importance  et  même  la  nécetsilA 
d'nne  correcllon  oirlklte  pour  ou'un  ouvrage  soit  véritablement  otite  et  estimaiile,  te  livre  depuis  plus  d'un  an,  et 
ett  réaolu  de  te  livrer  Ju«|D'k  la  nu  t  une  opération  lOi^e,  pénible  et  codteuae,  savoir,  la  révision  entière  et 
univerte'lle  de  tes  Inntunlirahles  clichés.  Ainsi  cliacun  de  ses  volumes,  an  fur  et  t  mesure  qu'il  lea  remet  soui  presse, 
est  corrigé  mot  pour  mot  d'un  bout  k  l'antre.  Quarante  hommes  j  sont  ou  7  seront  occupés  pendant  10  ans,  et  une 
aomme  qui  ne  «aurait  être  moindre  d'un  demi  million  de  franc*  est  coniacrée  k  cet  important  contrôle.  De  cette 
■lanière,  tes  Publicatlont  det  Atelier»  Caiholiqve»,  qui  déjk  se  distinguaient  entre  toutes  par  la  topériorllé  de  leur 
eorreeliun,  a'tunMlde  rivale*,  tous  ce  rapport,  dans  aucun  temps  ni  dans  aurun  pajt;  car  quel  ett  l'éditeur  qui 
pourrait  et  voudrait  te  livrer  ArRtiS  CUlIP  k  des  traianx  ti  gigantesquet  et  d'un  prix  ai  eiorblUntT  II  but 
certes  élre  bien  nénélré  d'une  vocation  divine  k  cet  effet,  pour  ne  reculer  ni  devant  la  peine  ni  devant  la  dépente, 
surtout  lorsque  l'Europe  savante  proclame  que  Jamais  volumes  n'ont  été  édités  avec  tant  d'eiactilude  qne  ceux  de 
la  BMioUièitw  wavereelU  du  Ctergi.  Le  présent  volume  est  du  nombre  de  ceux  révisés,  cl  tous  ceux  qui  le  aerout 
.  k  l'avenir  porteront  cette  mte.  En  conséquence,  pour  juger  let  productions  det  Àielieri  Cioliotiqiut  sous  le  rapport 
de  la  correction,  il  ne  fkndri  prendre  que  ceux  qui  porieroul  en  iCie  l'avis  ici  tracé.  Nous  ne  reroo naissons  que  celte 
édition  et  celles  qui  anivront  sur  oos  planches  de  métal  ainsi  corrigées.  On  croyait  autrefois  que  la  sléréot.vpie 
InuBolùlitalt  les  fautes,  attendu  qu'un  cliché  de  métal  n'est  point  étastiaue;  pas  du  loul,  il  Introduit  la  perfection, 
*ar  on  1  trouvé  le  moven  de  le  corriger  jusqu'à  extinction  de  fautes.  L'Hébren  a  été  revu  par  H.  Dracn,  le  Grec 
ypir  det  Grecs,  le  Latin  et  le  Français  par  les  premiers  correcteurs  de  la  capilale  en  ces  langues. 
'..  Sout  avons  la  contolallon  de  pouvoir  flnlr  cet  orii  par  les  rélleaions  anivanles  :  EaOa,  notre  exemple  t  flni  p»( 
ébranler  les  irrandea  poblica lions  en  Italie,  en  Allemagne,  en  Belgique  et  en  France,  par  let  Cmum»  grec»  de  Roiik', 
e  Gtrdilâe  naplet,  le  Satnt  Thomai  de  Parme,  VEnryctopédie  reiigieiue  de  Hunleb,  le  recueil  des  iftFclnralioM  de 
rilc*  de  Bruxelles,  les  Botlanditlet ,  le  Saorci  et  le  SpkiUgeàe  Parla.  Jusqu'Ici. oa  n'avtlt  an  réimprimer  que  des 
ouvngatde  courte  htleine.  Lea  in-l",  oïl  s'engloutissent  let  in-fbito,  faisaient  peur,  et  on  n'osait  j  tourJier,  par 
■Jilata  de  te  nojer  dans  ces  ahtmes  sans  fond  et  sans  rives  ;  mais  on  a  fini  par  se  risquer  k  nous  imiter.  Bien  plus , 
•oos  notre  impulsion,  d'autres  Editeurs  se  préparent  an  BttUme  snlverset,  aux  Diciueni  de  lootes  les  Congrégation'. 
I  nne  Biograptnt  et  k  une  llùloire  générale,  etc.,  etc.  Mal  heureusement,  la  plupart  des  éditions  déjk  faite*  ou  qui  s'i 
font,  «ont  lana  autorité,  parce  qu'elles  sont  taea  exactitude  ;  la  correction  semble  en  avoir  élé  faite  par  des  aveugle-- 
toit  qu'on  n'en  ait  pa*  senti  la  gravité,  soit  qii'on  ait  reculé  devant  les  frais;  mats  patienccl  une Bpproduct*ua • 
correme  turgira  bientét,  ne  fQl-ce  qu'k  la  lumière  de*  écolet  qui  te  lonl  biles  ou  qui  te  feronl  encore. 


DICTIONNAIRE 

APOLOGÉTIQUE, 

on 

lES  SCIENCES  ET  M  PBIIOSOPHIE  AD  IIP  SIÈCLE 

DANS  LEURS  RAPPORTS  AVEC  LA  RÉVÉLATION  CHRÉTIENNE  ; 

Joat  ce  qw  les  décoDTertes  modernes  ool  ajouté  de  preoTCS  noaTclles  aux  anciennes 
ànc 

L'EXAMEN  CRITIQUE  DES  SYSTÈMES 

rr     LA     BOLGTIOII     DES    OUICTIOIIS     SGIBXTIFIQQKS  •     FH)U>SOFBIQDES ,    BI'^TOBIOt'ES,    BS^ti^ 
TIQCBS.    QCI  OHT    frlÉ    rAITKS    CORTKB    LA    KBLifilOII  ,     PABTICULlkBBIlBIlT  VANS   CES     TBOIS 


PAR  L.-F.  JEHAN  («.• 

Heaire  et  la  Sociélé  Cèolopqne  de  France,  de  l'Acidénie  royale  dea  Sciences  de  Turin,  Ac. 


RioiaB  M  Suft-Vm-ioa. 
QMmile  Mméea  (Teipérience  n'ont  proaTé  jDHpi^  l'éTideace  qae 
ta  nbon,  IKrée  i  les  pnnrei  foren  cl  m»  »acam  Mcoan  de  ta 
téTfUtloB,  ne  peat  que  t'^ncr,  el  que  pour  être  bca  [diiUMoptie, 
U  &iil  être  boa  ckielien.  taUmtaàétScmuu». 

PUBLIÉ 

PAR  H.   L'ARBÉ  MIGNE , 

tMTBOB  BE  LA   BIBUOTBÈQIX    HMITBB^IIXB  MI  fXBBCÉ. 

00 

Ma  «amu  coan.xTa  si'b  cntiioa  mancob  k  la  sciewcb  BCCLÉaiASTisoB 


TOME  PREHIEB. 


nux  :  16  fumcs  les  3  toloms. 


S'IMPRIME  ET  SE  VEND  CHEZ  jr.-P.  HIGNE,  EDITEUR, 

IDX  ATEURRS  CATHOlIQUeS,  RDB  D'AUBOISE,  »,  «D  PCTIT-HONTRODGE. 
AUTUrolS  uauiBB  D'wraB  DB  PAUS,  MAinTBllART  DJJtS  Plus. 


1863 


Paris.  ~  Impriiui 


PREAMBULE. 
COUP  ffm  SDB  l'HARIONIE  DNITERSEIIE. 


Ud  homme  (TuD  rare  génie,  le  plus  illustre  des  nalar&M'stes,  l'immorlel  Liane,  après 
une  Teste  et  profonde  élude  de  la  nalure ,  s'écrie,  au  début  d'un  de  ses  principaux  ou- 
Trages  :  «  Ëteroel ,  immense ,  sai^aet  tout ,  pouraot  tout ,  que  Dieu  se  laisse  entrevoir, 
et  je  suis  confon'du  1....  ]'ai  recueilli  quelques-unes  de  ses  traces  dans  les  choses  créées, 
etdani  toutes,  dans  les  plus  petites  même,  quelle  forcel  quelle  sagesse I  quelle  iusun- 
dable  perfection I  L'existence  des  animaux  fondée  sur  les  végétaux,  celle  des  végétaux 
sur  les  minéraux,,  celle  des  minéraux  sur  ta  terre,  et  celle  de  la  terre  sur  le  soleil  qui  la 
vivifie  et  aalour  duquel  elle  circule  avec  une  invariable  régularité  I.,..  Le  soleil  lui-même 
touroant  sur  >on  axe  avec  les  planètes  et  leurs  satellites ,  et  tous  les  astres  ensemble ,  en 
nombre  incalculable,  suspendus  et  mis  en  mouvement  dans  l'abîme  du  vide  par  un  inef- 
Iible  et  primitif  Moteur,  Être  des  êtres  ,  Cause  des  causes.  Régulateur  et  Conservateur 
de  toutes  choses ,  te  souverain  Artisan  de  l'univers  (1).  » 

Guidé  par  ce  noble  esprit  et  par  les  savants  qui  ont  marché  sur  ses  traces ,  nous  avons 
essayé  de  décrire  quelques-unes  des  merveilles,  de  redire  quelques-unes  des  harmonies 
de  ce  splendide  UDivars. 

Nous  avons  interrogé  ces  mondes  innombrables  (2)  qui  roulent  chargés  de  tant  de  feux 
dans  CiDcommensurable  espace ,  et  tous  ces  globes  radieux  nous  ont  répondu  ;  C'est 
Dira  qui  nous  a  faits  si  beaux  ;  nous  sommes  une  des  manifestations  de  sa  gloire  ;  c'est 
MO  eompes  divin  qui  traça  dos  ottiles,  et  c'est  sa  main  qui  nous  guide  avec  cette  préci- 
■ioo  mathématique  dans  les  vastes  champs  de  l'élher. 

DeeeeDdo  de  ces  hauteurs  lumineuses  dans  une  région  de  l'espace  voisine  de  notre 
deoieure,  nous  avons  étudié  ces  fluides  merveilleux  qui  pénètrent  de  leurs  actives 
infiaenees  tous  les  ressorts  de  la  nature  (3}  ;  nous  avons  analysé  les  lois  de  ces  m;slé- 
rienx  agents  et  admiré  leur  rôle  dans  tous  les  ordres  de  phénomènes.  Chacune  de  nos 
iavealigatioas  était  un  hommage  au  Créeteur,  et  ces  agents  invisibles,  proclamant  se 
sagesse,  nous  redisaient  ineessammenl  :  Vous  le  voyez,  nt>us  sommes  les  initrumenls 
de  sa  Providence. 

(1)  Satumt  MlMTœ ,  p.  t.  —  Cnvier  a  dit  dans  ta  Biographie  de  Linué  :  i  Fort  auacbé  k  la  retision, 
ce  mnd  bonine  ne  parlait  de  la  Divinité  qu'avec  le  plus  gnnd  retpeet,  et  il  saitiMiit  avec  un  plaisir 
marqué  le*  occasions  nombreuse*  que  lai  oOk-ait  l'bistoire  naturelle  de  Taire  coanallre  la  lagesie  de  la 

Ou  liuit'auHtecBU*  de  la  porte  de  s<Hi  cabiuet,  ce  fragment  d'un  ver*  connu  : 
Imoad  riûle,  amun  adml 
t  Vtttt  duM  lluiMflDca  ;.Dieti  eat  préwtit  I  > 

(4)  Dieûomuire  fatlTonomie,  elc.  —  Dieiioimaiu  de  cnmogmie,  etc. 
(3j  JKtltomairc  de  pAjiiçM  tl  de  météorologie. 

1}ktio:«!i.   ApOI-OcfcTlQUE.  l.  1 


Il  niaiONNAIRE  APOLOCETIQUR.  13 

Ptfnétnmt  sassi  nvant  qu'il  a  été  donné  au  gétiie  de  l'homme  île  le  faire  iâns  ce  dernier 
ordre  de  phénomènes,  et  saisissant  les  élemenis  mêmes  des  corps  avec  leurs  a(fiDilés 
intimes  el  leurs  propriétés  conlraires.^Tec  leurs  alliances,  leurs  oppositions,  leurs  com- 
bats, nous  arons  vu  (&)  ces  éléments,  dociles  &  la  parole  du  tout-puissant  Artiste,  ici 
s'agglomérer  en  sidères  et  composer  des  soleils ,  des  planètes ,  etc.  ;  Ui  se  condenser  en 
liquides,  circuler  et  s'épancher  en  Qols  ondoyants;  ailleurs  se  disséminer  en  Tapeurs 
ou  s'élancer  en  gaf  ;  partout  se  transformant  ea  substances  les  plus  diverse»,  toujours 
conformément  A  des  lois  précises,  mathématiques,  el  sous  ces  formes  innombrables, 
manifestant  dans  l'Auteur  de  ces  lois  une  prévoyance  et  une  bonté  attentives  à  tous  les 
besoins  de  l'homme,  sa  créature  privilégiée.  Ces  éléments,  dans  leurs  métamorphoses 
i-i  variées ,  ne  semblaient-ils  pas  nous  dire  :  Gloire  i  Dieu  1  11  a  tout  fait  avec  nombre , 
poids  el  mesure? 

'Suivant  toujours  les  transformations  de  ces  éléments  primitifs  que  ta  main  de  Dieu 
saisit,  mélange*  combine  h  l'inBni ,  nous  les  avons  vus  (5)  s'élevant  de  Télat  d'inertie  à 
l'élal  vivant,  devenir,  en  vertu  des  lois  physiologiques,  ce  monde  verdoyant  et  fleuri 
qui  donne  tant  de  grâce  et  de  majesté  à  la  nature.  Nous  avons  déployé  avec  complaisance 
Je  riant  tableau  d«  la  végélatiOD  qui  pare  si  richement  Is  surface  de  notre  planète  ;  nous 
avons. parcouru  avec  enchantement  ce  beau  royaume  des  fleurs  où,  depuis  l'humble 
marguerite' blanche  qui  émaille  nos  verls  gazons ,  jusqu'au  brillant  magnolia ,  l'honneur 
des  forêts  américaines,  tout  invite  l'homme  attentif  à  répéter  avec  reconnaissance': 
Louanges  ou  Dieu  qui  multiplie  les  fruits  dans  nos  champs,  et  qui  sema  les  fleurs  sous 
nos  pas ,  comme  les  constellations  dans  l'azur  au-dessus  de  nos  tètes  I 

Honlantencore  dans  celte  harmonieuse  échelle  des  créations,  nous  avons  dit  linseelrt 
caché  soud  l'herbe  el  Paigle  planant  dans  la  nue,  l'atome  organisé  pour  qui  une  goutte 
d'eau  est  an  océan,  et  la  baleine  dout  la  masse  prodigieuse  ébranle  au  loin  les  ondes, 
les  tribus  sauvages  qui  se  .plaisent  au  désert,  et  les  races  précieuses  fixées  près  de 
tliomme^  source  de  sa  richesse  et  les  puissants  auxiliaires  de  la  civilisation  {6}.  Nous 
nous  sommes  complu  à  décrire  ces  légions  d'animaux  qui  peuplent  les  airs,  la  terre  et 
les  mers,  et  leurs  riches  parures,  et  leurs  mœurs  si  variées,  et  leurs  instincts  admi- 
'  rahles ,  et  les  belles  lois  phjrsiologiques  de  leur  organisation  ;  et  frappé  à  chaque  pas  des 
preuves  de  la  toute-puissance  de  Dieu ,  de  sa  sagesse  et  de  sa  bonté ,  nous  nous  sommes 
souvent  écriés  :  Seigneur,  que  vos  œuvres  sont  belles  I  Vous  avez  tout  accompli  dans 
voire  sagesse  I  La  terre  est  remplie  de  vos  biens  (7). 

Au  sommet  de  cette  hiérarchie  des  êtres  nous  est  apparu  l'homme ,  centre  et  cuuroD- 
nemeat  de  la  création  terrestre,  chef-d'œuvre  du  Créateur  et  l'objel  de  ses  plus  teudres 
prédilections.  Nous  avons  résolu  les  problèmes  de  son  origine,  de  l'unité  de  son  espèce(8}. 
En  possession  des  plus  hautes  prérogatives,  la  race  humaine  est  véritablement  souveraine 
en  ce  monde.  Nous av(H)s  Diil  ressortir  sa  prééminence,  sa  supériorité  iuconlestable.  Ces 
droits  i  l'empire,  l'homma  les  doit  i  la  noblesse  de  son  altitude ,  h  la  merveilleuse  struc- 

Dktionmiire  de  chimie  a  de  tninintogie. 

DUtiennain  de  boiMi^M  iJ  de  pjHftioiojj*  tégHaie. 

Dittimmaire  de  toçlogie,  5  vol..  in-4: 

Ptal.  cm. 

tHetionnmrt  d'anlkrofotogit  ou  hiitoire  namttU  dt  Fhommt  tt  des  racet  Jtirmotnct. 


Iwv  de  MM  cwps  où  l'on  ne  voit  que  symétrie ,  dlégaacei  grAeei  mijesté;  athnlralile 
édifice,  diêf^'oBOTre  d'srcbilaelare  »  de  mécanique  t  de  pbjruqae*  mystérieux  laboreloire 
nà  traraille  incessammenl  le  génie  du  dina  cbimisle ,  saoeloaire  vivant  oii  raclivilé 
do  Crésieor  est  sans  cesse  présente.  Sagaeilé  de  pian,  habileté  d'exécution,  délicatesse  de 
Invai),  prudeuceda  structure,  justesse  de  proporiious,  régulariiâde  mouvemeots,  assiduité 
de  soins,  combien  d'actes  de  la  Providence  dans  on  seul  de  dos  oi^nesl  El  qoeodoo  pensa 
qu'il  n'est  pas  ona  partie  de  notre  corps  où  elle  n'opère  à  cbaque  itulant  quelque  met' 
veille  de  puissanee  oo  d'adresse,  de  génie  ou  de  bonté,  pourrloos-notu  h  la  pensée 
fane  présence  en  nons  si  intime  et  si  active  de  l'Esprit  éleroel ,  ne  pas  £tre  pénétré  de 
WnéiltJBO  et  d'amour? 

Mais  ealte  sapériorité  qui  place  l'homme  si  haut  au-dessus  des  créatures  quI  l'eaTiran- 
MOI,  il  la  doit  surtout  è  l'éminence  des  ftcultés  de  aoo  Ame.  On  ne  peut  retenir  en  soi 
u  BoaveoMOt  de  profonde  admiration  quand  on  vient  ï  considérer  le  travail  inielleetnel 
aceompli  par  l'homme  ici-bas.  L'bomme  a  voulu  explorer  celte  terre,  son  domaine ,  le 
lien  de  son  passage  et  de  son  étll ,  mais  d'ioDombrables  barrières  &e  dressaient  autour  de  . 
loi  et  loi  interdisaient  de  prendre  possession  de  son  empira.  La  mer  immense  lui  opposait 
ses  Oots  jaloux  ;  son  génie  s'en  est  bit  une  voie  posr  aller  toucher  les  plus  inaccessibles 
rivages;  il  en  a  bit  le  loar,  il  en  a  dessiné  les  plis,  et  après  quelques  siècles  d'une 
Mdaee  plus  opÏBÏAtre  que  les  tempAtes,  dominateur  paisible  des  eadx,  il  se  prouène  où 
Il  vent  et  qdand  il  veut  k  la  surface  soumise  de  leur  immensité.  Il  envoie  ses  ordres  t 
loas  les  écutils  devenus  des  ports  ;  il  leur  empraole ,  par  des  échanges  qui  ne  s'arrêtent 
iaouts ,  le  luxe  et  l'orgueil  de  sa  vie ,  mêlant  ensemble  tous  les  climats  pour  ne  faire  d'eux, 
tà  divisés  qu'ils  soient,  qu'un  serviteur  onique  obéissant  sur  tous  les  points  da  g\<ibe 
à  aei  désirs  souverains. 

Cn  antre  oeéan  plus  vaste,  plus  profoiid  encore,  où  les  mystères  succèdent  aux  mystères 
i  l'ioBni, répandait  snr  sa  téie  ses  ondes  peuplées  d'étoiles.  L'homme ,  dans  le  recueille 
ineot  dea  nuits  silencieuses  et  pures ,  a  regardé  le  ciel ,  il  a  dit  aux  astres  leur  nom , 
connu  leur  marche ,  pénétré  le  sect-et  de  leurs  obscurcissements,  prédit  leur  disparitiod 
et  leiirretoar;  et  toute  cette  armée  lumineuse,  comme  si  elle  eût  pris  ses  ordres  dans 
kl  jeux  de  l'homme,  n'a  cessé  de  se  rendre,  dahs  un  cycle  elact,  an  lien  précis  de 
fespaee  où  l'attendait  l'observateur.  L'astre  même  qui  n'apparaît  qu'un  jour  en  plusieurs 
siècles,  n'a  pu  nons  dérober  sa  course;  appelé  ^  heure  Gte,  il  se  détache  des  profondeurs 
insaodablesoùnul  regard  nelesuit,ll  vient,  il  altorde,  i  lio  point  signalé  d'avance,  notre 
élfoii  horizon,  et  sMlnant  de  aa  lumière  riotellîgence  qui  l'avait  annoncé,  il  reloome 
aux  solitudes  où  rtuGni  seul  ne  le  perd  jamais  de  vue. 

La  terre  et  les  merrelltes  qu'elle  étale  k  sa  surface  et  les  sectets  qu'elle  recèle  dans 
ses  flioes  (9),  la  met  et  les  mystères  de  ses  abîmes ,  le  ciel  et  tous  tes  llambeanx ,  Pair  et 
fous  ses  phénomènes,  rien  du  dedans,  rien  du  dehors  ffa  pu  se  soiislraire  i  l'esprit  da 
nomme.  L'cdpsertatioo  lui  a  révélé  les  faiu ,  les  fait^  font  conduit  aux  causes  et  aux  lois* 
£t  ces  sciences  particulières ,  rayons  dispersés  d'un  foyef  commua ,  soDf  venne s  se  réubif 

f9t  Dkihimtin  it  tmmt^nit  tt  il  pafAnif^afte. 


!S  DICT1UN.NAIRE  APOLOGETIQUE.  '  tS 

el  s'illumiafir  dans  unn  science  plus  générale*  qui ,  en  nnus  livrant  Ias  myslAn-s  ebstrails 
du  nombre,  de  l'étendue  et  du  mouvement,  met  i  do  devant  uous  les  élémens  éternels 
de  toutes  les  choses  créées. 

Ce  roi  du  monde  ne  s'esl  pas  arrêté  là.  N'eûl-il  pas  été  plus  loin,  déji  c'eût  été  te 
po^ie,  le  savant,  rarlîsie,  déjA  Tbomme ,  mais  non  pas  l'homme  divin.  Or,  l'hommA 
est  divin ,  m»  ttn  «fù ,  cl  tous  les  mondes  visibles  n'ont  pas  en  eux  de  quoi  rassasier 
son  intelligence  el  reposer  son  cœur.  Il  esl  nonlé  plus  haut,  il  s'est  demandé  ce  qu'il 
y  avait  su  delà  des  éloiles,  quel  est  l'orbe  qui  meut  tous  ces  orbes  mesurés  par  son 
compas  ;  et  il  s'est  répondu  :  L'infini  I  Mais  qu'esl-ce  que  l'inûoi?  Esl-ce  no  espace  vido 
se  multiplianl  sans  cesse  devanl  lui-même,  un  sblme  sans  riyages,  appelant  à  lui ,  pour 
lui  faire  place,  toute  vie  réelle  et  toute  vie  possible,  sans  élre  lui-même  vivantT  L'homme 
qui  avait  regardé  la  mer  et  le  cieli  a  regardé  sans  pÂlir  cet  autre  ciel  et  celte  autre  mer; 
quelle  que  fût  la  nature  de  l'espace  inlellecluel  où  se  jouait  sa  peosée  au  delà  de  toutes 
les  chosiis  sensibles,  il  «  compris  que  là  n'élait  point  le  principe  de  l'être,  de  la  vie  et 
du  mouvement.  Il  a  passé  plus  loin,  il  a  débordé  l'infini  imaginaire  pour  contempler  eu 
lace  l'inQui  réel,  et  parvenu  au  lerme  de  toute  vérité,  il  a  dit: 

Par  delà  (oui  les  cieu,  le  Diee  des  oienx  réside!    .    .    . 


"Cette  magnifique  épopée,  celle  sublime  évolution  de  l'œuvre  divine,  qui  commence  h 
l'atome  inerte ,  et  va  se  déroulant  à  travers  la  série  des  créations  pour  se  terminer  à 
l'homme  contemplant  l'inâni ,  nous  l'avons  esquissée  à  grands  traits  dans  nos  précédents 
ouvrages.  Aujourd'hui  s'ouvre  devant  nous  le  spectacle  de  nouvelles  splendeurs,doDOUveUes 
tiurmonîes,  de  nouvelles  meoifestations  delà  souveraine  Sagesse,  de  nouvelles  dispensalions 
de  l'Amour  inénarrable  sous  les  effusions  duquel  s'épanouit  l'univers.  Aqjourd'bui  des 
questions  d'un  ordre  bien  supérieur  h  tout  ce  que  nous  avons  vu,  des  questions  d'un 
intérêt  au-dessus  de  tout  intérêt,  se  présentent  à  nous  et  sollicitent  tonle  la  puissance 
de  nos  méditations.  Philosophe  ou  pêtre,  écrivant  avec  une  plume  d'or  des  pages  qui 
rempliront  la  postérité  d'un  immortel  encens,  ou  bien  l'obscur  ouvrier  d'une  vie  sans 
lendemain  ,  qui  que  nous  soyons,  nous  ne  pouvons  rester  indifférents  devant  ces  bauta 
problèmes.  Mais  ne  nous  abusons  pas;  ce  serait  vainement  que  nous  en  chercherions  la 
solution  dans  la  parole  de  l'homme;  nous  aurons  à  signalera  cet  égard  les  tristes  dé- 
faillances de  mille  systèmes.  La  parole  de  l'homme  change  et  passe,  a  Malgré  tant  do 
lèvres  ingénieuses  qui  en  ont  été  l'oi^ane  éloquent ,  dit  un  des  plus  grands  orateurs  de 
notre  siècle,  malgré  l'écriture  qui  a  prêté  son  airain  à  l'immortalité  des  choses  bien  dites» 
Ja  langue  humaine  n'a  pas  pu  fonder  le  temple  de  la  vérité.  Les  colonnes  en  sont  par 
terre,  remuées  d'âge  en  âge  par  des  constructions  où  l'on  grave  la  prophétie  de  leur 
durée,  et  qui  tournent  en  ruines  sous  la  main  des  édiflcateurs  qui  viennent  aprè$. 
t-'homme  détruit  l'homme,  et  le  temps  moissonne  le  temps.  Un  seul  édifice  esl  debout 
entre  les  décombres  où  gisent  pêle-mêle  les  œuvres  contradictoires  de  la  parole  humaine. 
Celui-là  porte  pour  inscription  :  La  pirolk  db  Djku.  C'est  cette  parole  qui,  après  avoir 
créé  le  monde  et  l'homme,  ne  les  a  pas  abandonnés  à  la  merci  de  leurs  propres  pensées, 
i:op£ubles  devant  un  lel  ouvrage,  mais  les  a  initiés  au  mj^stèrc  do  leur  principe  et  de 


17  inTRODUCTION.  I.S 

l«ar  fin.  C'est  Mlle  parola  qui  t  ajraol  une  fois  dit  ton  wcrot*  qu'elle  seule  conuaUMil* 
a*a  plus  cessé  de  le  redire  au  ciel  et  t  le  terre ,  appelant  par  leurs  noms  les  Ages  et  les 
races,  suscitant  des  prophètes  contre  tous  les  oublis ,  des  apAtres  contre  tons  les  men- 
songes, circulant  dans  l'esprit  du  genre  humain  comme  son  sang ,  souvent  altérée,  jamais 
éteinte ,  tirant  des  éclairs  de  l'erreur  et  la  vie  de  la  mort.  C'est  cette  parole  qulcsi  le 
cfariâtianitme,  qui  est  l'Église,  qui  est- l'unité  et  la  stabilité,  qui  est  tout  ce  qui  demeure 
au  «Ilea  de  luoteequî  s'ea  Ta.  Otez-la  du  inonde,  si  tous  pouTes,  qu';  reslera-t-il T 
l«  lefniw  H  l'homme,  la  temps  qui  passe  et  l'homme  qui  doute.  C  'est  trop  peu  pour 


INTRODUCTION. 


Pïrmi  les  grands-problèmes  dont  la  solution  tourmente  l'esprit  humain  depuis  i'ori|jii)e 
«les  dioses ,  il  eu  est  uu  qui  comprend  tous  les  autres,  auquel  du  moins  tous  doiveni  se 
rattaelier,  et  vers  lequel  toutes  les  sciences,  tous  Jes  arts,  toutes  les  actions,  toutes  les 
pensées  de  l'homme  doivent  converger  comme  vers  leur  centre.  Ce  problème,  c'est  celui 
de  la  deslinée  humaine,  du  but  que  rbomme  doit  poursuivra  en  ce  monde,  i  la  conquête 
duquel  il  doit  marcher  ineessammeot;  problèoM  redoutable,  dont  les  conséquences  ne 
sont  pas  enfermées  dans  les  limites  de  ce  monde,  mais  se  projettent  è  l'inQni  dans  l'avenir; 
problème  inévitable  et  doDl  chacun  de  nos  actes  suppose,  que  nous  y  pensions  ou  non, 
une  solution  bonne  ou  mauvaise,  vraie  ou  fausse;  problème,  en  un  mot.  qui  se  iiosa  en 
bee  de  tout  homme,  lui  demande  impérieusement  une  réponse,  s'empare  de  lui^  malgré 
lui ,  s'allacbe  i  lui ,  et  le  possède  depuis  le  berceau  jusqit'i  la  tombe. 

Si  nous  interrogeons  notre  siècle  sur  ce  formidable  problème,  qui  est  pour  l'Iiomiue 
et  la  société  une  question  dévie  ou  de  mort,  nous  sommes  témoins  d'un  spectacle 
étrange,  aoquel  peul-ôtre  on  ne  peut  rien  comparer  dans  les  annales  de  l'esprit  humain, 
spectacle  qui  présenle.un  double  caraclère  de  puissance  et  de  faiblesse,  de  grandeur  et 
de  misère,  de  vertus  héroïques  et  d'ignoble  égoïsme.  Nous  voyons  d'un  cété  la  philoso- 
|riiie  repousser  le  matérialisme  du  dernier  siècle  pour  entrer  franchement  dans  la  voie 
du  spiritualisme,  la  science  élargir  ses  horizons  et  illuminer  les  questions  les  plus  fon- 
dameotales  de  nouvelles  et  vives  clartés  ;  les  arts  aussi  ont  miens  compris  leur  mission  ; 
les  instincts  divins  de  notre  nature  se  sont  réveillés  avec  énergie  au  fond  destcansciences. 
Fatiguées  de  la  via  malérielie  et  froissées  par  une  société  frivole  e(  impuissante,  des 
laiea  d'élite  ont  demandé  i  la  foi  et  aux  espérances  religieuses  un  nouvel  aliment  pour 
leur  vie  épuisée.  En  ua  mot,  nodifférence  religieuse,  au  sein  de  laquelle  le  siècle  a  pris 
oaissance  et  a  grandi,  sembla  déQnitivement  vaincue. 

Jlais  i  cAté  de  ces  améliorations  ineoatastables  de  l'esprît  public,  où  sont  leseonvic> 
lions  vraiment  chrétiennes  7  Que  de  débillaoces  1  que  d'imes  troublées,  desséchées,  ùé- 
tries  par  le  doute  I  on  n'oserait  plus,  il  est  vrai,  soutenir  le  scepticisme  comme  uoe  doc- 
trine, at  pourtant  on  n'a  plus  la  force  de  croire  ni  celle  de  oier;onQ'a  plus  le-eourage 
d*dSrmer.  L'esprit  reste  suspendu  entre  la  vérité  et  l'erreur,  le  bien  et  la  mal  ;  ses 
idées  se  confondent.  On  voudrait  espérer,  aimer,  prier,  et  soudain  je  ne  sais  quel  froid 
vient  saisir  le  corar  et  la  paralyse.  Il  n'y  a  pas  jusqu'i  l'enfance  elle-même  qui  ne  re{oi- 
Te  les  atteintes  de  cette  maladie  générale. 


it  MCTtONNAIHE  APOLOGETIQUE.  20 

Contre  ce  mal  profond,  on  s'est  enqais  d'un  ramède  ;  ntajs  au  lieu  de  remonter  aui 
■ourees  de  la  Tie»  une  orgueilleuse  raison,  se  repaissant  de  ohimàres,  comme  un  oialsdu 
sous  l'empire  Ans  hallucinations  de  la  Havre,  s'est  élancée  rers  un  avenir  inconnu,  pro- 
phétisant, dans  500  délire,  une  religion  et  une  société  nouTclIes.  C'est  dans  cet  avenir 
qu'on  a  placé  la  lumière,  la  paît,  la  liberté,  le  bonheur.  Kn  attendant  qu'advienne  cette  ère 
fortunée,  le  présent  reste  désenchanté,  ride  et  Troid.  Privée  de  l'objet  de  ses  facultés, 
l'âme  retombe  sur  elle-mftme,  et  comme  elle  ne  peut  trouver  en  elle  ni  force,  ni 
consolation.  afTaiblJe,  énervée,  vaincue  par  ses  instiocla  mauvais,  elle  redescend  llcbament 
(Ibos  l'esclavage  des  sens,  dans  un  matérialisme  pratique  emporté  quelquefois  jusqu'au 
cynisme,  borné  le  plus  souvent  k  une  médiocrité  qui  lui  fait  perdre  tout  ressort  et  où  elle 
qc  possède  plus  qu'une  vie  végétative. 

C'est  alors  qu'on  voit  naître  tous  ces  hideux  symplâmes  qui  font  de  notre  époque  une 
époqife  si  pauvre  au  milieu  de  ses  riobesses,  si  basse  au  sein  de  sa  gloire.  Alors  se  déve- 
loppent et  l'égoïsme,  et  la  volupté,  et  la  soif  de  Por,  et  l'amour  du  bien-être  matériel,  et 
la  lAcbeté  des  caractàres.  Les  Ames  élevées,  qui  soolb  l'abri  de  ces  misères  vulgaires, 
trouvent  uoe  autre  misère  dans  le  désespoir  qui  s'empare  d'elles,  et  creuse  au  food  de 
leur  être  des  abîmas  d'angoisses.  Malheureuse  société!  quel  vide  elle  a  fait  dans  son 
sein  I  quel  principe  de  vie  elle  a  laissé  échapper  de  son  cœur  I  Si  les  corps  célestes  ces» 
fiaient  d'obéir  aui  lois  de  la  gravitation,  bieu^tt  le  monde  s'en  irait  dans  le  chaos.  Dieu 
est  la  loi  vivante  du  monde  moral  :  c'est  parce  que  la  notion  de  Dieu  s'est  obscurcie, 
parce  qu'on  a  cessé  de  croire  à  la  présence  réelle  de  Dieu  dans  l'humanité ,  parce  qu'on 
a  rej«lé  la  parolede  Dieu,  que  le  monde  moral,  que  la  société,  sont  tombés  dasa  cet  état 
«l'bumilistioD  et  de  souffrance. 

La  présence  de  Dieu,  disions-nous,  sa  présence  réelle  dans  l'humanité...  ici  le  lecteur, 
nous  arrête  :  Ne  sont-ce  pas  lè,  nous  dit-il,  les  crojrmoes  du  christianisme,  ses  dogmes, 
ses  enseignements?  Hais  TOUS  oubliez  donc  que  la  foi  est  éteinte,  qoe  le  christianisme 
est  mnrtt  Oui,  il  a  disparu  sous  le  travail  dissolvant  de  la  philosophie.  Sans  doute  il  a 
laissé  un  vide  prodigieux  que  rien  n'a  comblé  encore,  le  présent,  c'est  le  temps  des  rui* 
nés;  c'est  la  société  en  poussière.  L'ordre  social  détruit  est  celui  qui  reposait  sur  te 
dogme  ancien,  le  cbristianisme  ;  la  société  qui  a  disparu  est  colle  qui  avait  été  formé* 
par  ce  dogme.  Sous  l'empire  de  oe  dogme,  on  regardait  la  terre  livrée  au  mal  comme  un 
lieu  d'épreuve,  comine  le  vestibule  du  ciel  oii  le  mal  serait  réparé,  comme  conduisant  soit 
h  d'éternels  supplices,  soit  au  séjour  d'éternelles  félidlés.  Quand  cette  foi  «  dépéri,  la  so* 
ciété  a  dépéri  ;  et  quand  cette  fol  s'est  éteinte,  la  société  s'est  éteinte.  Voilii  où  nous  en 
sommes. 

Et  mettant  le  doigt  sur  chaque  plaie,  sans  détours,  sans  précautions  oratoires,  saps 
cette  )dche  hypocrisie  qui  se  prosterne  au  pied  de  l'image  du  Christ  après  l'avoir  mille 
fois  prudemment  insultée  dans  l'ombre,  un  de  ces  hommes  qui  ont  au  moins  la  fran- 
chise de  leur  haini*  et  le  courage  de  la  logique,  s'avance  en  adversaire  décidé  et  trace 
d'une  main  ferme  le  tableau  suivant  de  la  société  sans  le  christianisme. 

Il  dit  d'abord  les  douces  compensatloos ,  les  consolations^  les  espérances  que  la 
religion  cbrétienno  apportait  h  l'homme  dans  toutes  les  siluslions  de  la  vie,  solutions 
lumioeoses  des  plus  importants  problèmes  è  son  intelligence,  élans  généreux, purs  rayons 
d'amour  h  son  cmur,  paix,  force  et  Joies  h  son  âme,  merveilleuses  harmonies  descendant 
du  ciel  sur  la  terre  et  remontant  de  la  terre  au  ciel.  Prêtez  l'oreille  à  cette  voix  qui  n'est 
pas  suspecte  quand  elle  retrace  le  bonheur  de  l'homme  sous  le  règne  du  christianisme.  ^ 
II, 

>  L'Eglise  et  la  fie  future  qu'elle  annoufait  et  dont  elle  enseignait  les  voies  étaient  le 
complément  ou  la  réparation  de  la  vie  terrestre.  Aux  affligés,  aux  malheureux,  il  res- 
tait (même  après  que  tout  leur  avait  défailli}  uoe  croyance  que  rien  oe  Iroublail,  savoir  : 
^ue  celte  vie  p'élait  ^u'uo  (tassage  vers  la  vie  ét9rnelle..{'e  justç  et  l'tnjustg  étaisnt  d^ 


Il  IKTIIODUCTION.  S£ 

finis:  qttUkl  un  homni*  violait  la  loi,  on  im  se  demabdail  pas  avec  autiélé  si  la  suciéu- 
B'éUit  pas  causa  ou  complice  de  lua  crime  ;  on  l'nppelail  méchaol  et  on  le  punissail.  Eti 
>n  not  toutes  les  Inès  avaieol  foi  dans  l'ordre  politique  et  dans  l'orUre  religieux  ;  ei 
celle  foi  se  maaifestait  dans  lool  ce  que  la  poésie,  c'est-k-dire  le  sjmbole ,  pouvait  en- 
bour  pour  la  vue  uu  pour  les  oreilles,  les  cathédrales,  les  Ubleaux,  les  poèmes.  Ainsi 
riioaoïe  tout  anlier  était  rempli ,  tous  les  problèmes  que  son  esprit  pouvait  soulever 
e*<ieoi  leur  solution  ;  toutes  lus  maladies  de  sou  âme,  leurs  remèdes. 

•  On  pat  alors  dire  aux  hommes  :  Vous  vous  plaiguez  de  souffrir,  et  le  juste  par  ex- 
cellgiice.  le  Fils  de  l'homme,  te  Fils  de  Dieu,  n*a-l-i)  pas  souffert  plus  que  vous?  Voyet 
sa  croix  I  El  n'ut-îl  pas  venu  pour  vous  racheter,  vous  et  tous  ceux  qui  souffrent  T  Ne 
voBS  a-t-il  pas  ouvert  par  sa  mort  la  porte  d'un  séjour  d'où  la  douleur  sera  bannie,  et  où- 
lo«t  seront  rétribués  suivant  leur  mérite  et  pour  leurs  souffrances  mêmes  T  Je  le  de- 
■aBda,coaimeiit  l'esprit  humain  aurait-il  pu  douter  de  ce  ciel  eu  voyant  la  terre,  et 
coameol  aurait-il  pa  rejeter  la  loi  terrestre  en  vojant  ce  ciel  ? 

■  Fasse,  présent,  avenir  de  l'humanité;  Adam,  Jésus,  le  règne  de  Dieu,  voili  les  ler- 
mes  d'une  série  où  tout  est  clair,  lié,  enchaîné;  série  oit  De  monde  réel  d'alors,  le  monde 
de  l'inégalité  et  du  malheur,  se  trouve  expliqué  entre  un  passé  qni  l'a  produit  et  un  ave- 
nir répartteur.  Douleur  dans  le  présent,  donc  crime  dans  le  passé,  mais  espérance  et 
justice  dau  l'avenir. 

•  Tu  «awrw  0>m  dt  to¥l«  tt»  éau,  tt  ton  pnduin  cowm»  toi-méma.  L'homme  autre- 
fois a  pécbé,  rt  voilà  poniquoi  la  vie  terrestre  est  une  vallée  de  larmes.  Mais  ce  n'est 
qn'DD  passage;  il  y  aura  une  autre  vie,  car  Jésus  par  sa  morf  a  racheté  les  hommes  du 
pécbé.  Avec  cela  tout  bomme  avait,  pour  ainsi  dire,  une  boussole  pour  tous  les  événe- 
Boents  de  t»  vie.  Panvre  ou  riche,  heureux  OD  malheureui,  il  avait  la  raison  suffisante 
de  toute  chose.  Ainsi,  jalonné  en  avant  et  en  arrière,  il  n'avait  plus  qu'à  harmoniser  sa 
vie  avec  ce  point  de  départ  et  ce  huL  Sa  naissance,  sa  condition  était  un  lait  qu'il  devait 
aecrpler  tel  qu'il  lui  était  donné.  Heureux ,  elle  ne  devait  lui  paraître  qu'une  occasion 
plus  Cavorable  de  s'avancer  vers  sa  destinée  étemelle  par  ses  mérites  envers  ses  frères  ; 
malbenreux,  il  n'avait  pas  le  droit  d'en  murmurer.  L'inégalité  des  eonditioni,  la  rigueur 
incessante  du  sort  pour  le  grand  nombre,  le  scandale  de  la  richesse  avec  tous  les  vices 
diezqaelqnes-UDS.  l'iniquilé.  la  tyrannie  des  gouvernants  et  des  maîtres,  tout  ce  chaos 
enfin  qui  pèse  si  atrocement  sur  nos  Ames  et  sur  notre  imagination,  k  nous  que  la  pht- 
tosophie  du  xvni*  siècle  el  la  révolution  ont  émancipés  du  passé,  en  esprit,  mais  non  pas 
en  [ait;  ce  chaos,  dfs>je,  n'existait  pas  pour  l'homme  qui  portail  gravée  dans  son  ccaur, 
dès  ses  premiers  pas  dans  la  vie.  la  solution  chrétienne.  Avec  celte  solution,  il  n'y 
avait  même  sur  la  terre  aucun  mal  absolu,  puisque  tout  mal  était  amplement  réparé. 
Tool,  an  contraire,  était  épreuve  et  occasion  de  salut  pour  cette  autre  vie  qui  absorbait 
les  Ames.  Ajuuiez  que  les  institutions  répondaient  de  toutes  parts  k  celle  éducation,  et 
qak  chaque  inslaut  il  ne  tenait  qu'à  vous  de  fortifier  el  d'éclairer  votre  foi ,  de  la  retrem- 
per, de  la  regraver  en  vous-mêmes,  en  voua  adressant  A  l'Eglise  qui  iocessammenl , 
jour  et  nuit,  par  toutes  sortes  de  voies,  appelait  chacun  à  venir  m  puriSer  et  se  reposer 
VD  inslanl  dans  son  sein,  ou  s'y  confier  pour  toujours. 

■  Voi!A  ce  qu'elle  disait,  cette  foi.  ■  (P.  I^bodx.) 

|U. 
Hais  ces  célestes  clartés,  ces  chauds  rayons  de  vie  el  d'amour  qui  édairaieot,  qui  ré- 
rbaoffaieat  l'bumanilé  et  la  soutenaient  vers  le  ciel,  ils  sont  éteints.  Maintenant  de  froi- 
des ténèbres  enveloppent  la  lerre  et  pèsent  sur  les  générations  comme  la  pierre  sépul- 
cnle  sur  la  déponUle  des  morts.  Dans  celte  absence  de  toutes  doctrines  viUles,  au  mi- 
lieu de  cette  atmosphère  glacée,  da  ceUe  unit  profonde  où  s'agitent  eenfosément  tons 
tas  élémeate  d'une  société  en  dissolntioD.  que  devient  l'enfant,  que  devient  l'homme, 
répons,  le  père  ?  que  deviennent  les  grands  principes,  l'égalité,  la  liberté,  la  fraleroilé. 
Il  propriélé,  l'obéissance,  le  travail,  cl  tout  les  droits  et  tous  les  devoirs  T...   Anarchie  t 


IB  MCTIONNAIRE  APOLOGETIQUE.  '  W 

anarchie  citile  t  ana«*ie  politique  I   telle  eil    la  loi  de  notre  temps  j  miaères  1  angois- 
ses l  désespoirs  I  tel  est  te  spectacle  que  préiente  une  société  sans  Dieu  I 

•  Haintenanl,  je  le  demande,  où  sont  les  principes  que  tous  donnerez  comoie  une 
bouisole  k  vos  jeunes  générations  T  Cro^ez-TOus,  par  Assard,  qu'il  n'en  soit  pas  besoin, 
que  ce  soit  efaose  superflue  et  dont  les  tiommesse  passeront  désormais?  Crojrez-vous 
que  rhomme  soit  arriré  de  progrès  eo  progrès  &  une  époque  où  il  rirra  sur  la  terre, 
comme  l'animal,  sans  conscience  et  sans  souci  de  la  destinée  générale  T...  Puis  concevez- 
vous  ta  société,  saoa  aucune  base  reconaiie?  Jouir,  diront  les  nos  ;  souffrir,  diront  les 
aulreatbssard,  fatalité,  dironl-ila  tous  eo  cbœur.  liais  n'en  tend  ez-Tous  pas  ceux-ci  s'é- 
crier en  murmurant  :  Pourquoi  toi^ours  souffrir  T 

■  Le  stoïcisme  et  l'épicuréisme  ont  pu  être,  comme  le  dit  Montaigne  du  doute,  un 
oreiller  doux  et  suffisant  h  quelques-uns,  car  l'orgoeil  calme  du  stoïcien  a  aussi  sa  dou- 
ceur. Hais  ce  n'est  qn'une  eiception,  uncas  particulier,  inBniment  rare.  L'immense  ma- 
jorité des  lèles  humaines  est  incapable  ds  reposer  sur  ciit  oreiller.  Il  faut,  pour  s'y  ap- 
puyer, des  dispositions  innées,  toutes  particulières.  L'épicurien,  qui  sait  vîTre  calme 
dans  des  bornes  vertueusea.  est  un  prodige:  le  stoïcien  qui  sait  religieuaement  souf- 
frir en  Oit  un  autre.  Laissons  donc  les  prodiges,  les  exceptions,  et  considérons  le  grand 
nombre  ,  la  multitude  devant  laque/le  tes  exceptions  sont  comme  si  elles  n'exis* 
taient  pas. 

>  Or,  sans  même  parler  de  l'immense  multitudt,  abandonnée  comme  un  vil  tr  nupeau 
è  l'instinct  de  ses  passions,  aux  prises  avec  la  nécessité  et  le  hasard  social,  qu*es^ce 
aujourd'hui  que  l'éducation  pour  le  petit  nombre  qui  en  reçoit  T  C'est  la  lutte  des  tra- 
ditions du  passé  avec  la  scîeiiGe  moderne,  la  lutte  des  dogmes  chrétiens...  et  de  la  pbilo- 
Sophie,  qui  ne  sait  encore  que  détruire  ;  c'est  un  mélange  hétérogène  de  loules  sortes 
de  principes  qui  ne  sont  pas  des  princif  es,  de  vérités  et  d'erreurs  mêlées  k  dessein.  La 
synthèse  nouvelle,  n'étant  pas  faite,  laisse  de  toutes  parts  un  vide  knmeDse.  Ainsi  se 
forment  de  fragiles  caractères  1  pleins  de  trouble  et  a'ineobérence  ou  de  stériles  et  in- 
({rales  natures,  n'ayant  d'antre  règle  que  l'égoisme.  £t  une  fois  la  vie  ainsi  commencée, 
elle  continue  de  faux  pas  en  faux  pas.  L'enfant  devient  homme,  époux  et  père,  il  voit 
s'élever  autour  de  lui  des  berceaux  et  des  tombes  ;  et,  k  mesure  son  cœur  s'atrophie  ei 
se  resserre,  ou  se  désole  et  se  lamente  amèrement  ;  car  plus  sa  pensée  devient  grsve,  plus 
l'isolement  se  fait  sentir,  plus  la  misère  de  l'homme,  réduit  k  ses  propres  forces  dans  la 
solitude  de  celle  société,  devient  pénible  et  affreuse.  Sur  tous  les  grands  mystères  qui  en- 
serrent la  vie  humaine,  comme  sur  tous  les  devoirs  de  cette  vie,  la.  société  silencieuse 
l'abandoDoe  )i  lui-même;   pas    une  leçon,  pas  un  conseil,  pas  un  appui. 

«Comme  Young,  en  terre  étrangère,  il  est  obligé  d'ensevelir  lui-même  les  restes  qui 
loi  sont  ehers  ;  mata  il  n'a  pas  comme  lui,  en  mémoire,  les  rites  de  sa  patrie  et  de  sa  re- 
ligion ;  i)  est  au  milieu  des  hommes  ;  il  est  sur  la  terre  natale,  et  il  est  seul  en  es- 
prit sur  la  terre. 

■  Nous  avons  grandi,  nous  avons  rejeté  bien  des  erreurs,  découvert  bien  des  vérités, 
nous  avons  soulevé  bien  des  voiles  ;  mais,  de  pas  en  pas,  è  qoelle  nuit  profonde  nous 
sommes  arrivés  I  Ainsi,  quand  on  s'élève  en  sommet  d'une  haute  montagne,  il  semble 
que  l'œil,  plus  près  des  étoiles,  va  jouir  d'une  éclatante  lumière  et  de  ravissants  spec- 
tacles; mais  arrivé  au  sommet,  on  est  tout  étonné  de  se  trouver  couvert  de  ténèbres, 
et  le  soleil  qui  brille  dans  celte  obscurité  nous  envoie  une  '  lumière  qui  nous 
bleese. 

•  La  ferre  est  toujours  une  vallée  de  larmes  ;  mais  les  malheiireux  n'ont  plus  le  ciel  ; 
et  plna  le  cœur  et  l'intelligenoe  humaine  se  sont  agrandis,  plus  le  spectacle  de  cette  hu- 
manité sans  psradis  est  repoussant  et  cruel.  La  vie  présente ,  ainsi  privée  du  ciel,  est  un 
labyrinthe  bâ  tout  homme  doué  de  sympathie  et  d'iotelKgeoce  est  destiné  i  être  dévoré 
))or  la  douleur  et  le  doute. 

■  A  quoi  me  sert  que  la  vie  antérieure  de  l'humanité  ait   dévetoopé  mes  5vmf»- 


B  nnoDUcnoN.  n 

ibief  il  <Ieudu  mno  iatellij^ce,  quand  luuteà  mes  sjmpatbies  sonl  blessées  et  mon 
lutelligniQ*  confondue? 

tlnéeiljiésiir  II  [erre,  mm  égalité  dans  le  eiel;  en  d'entrés  termes,  Injaslice  sur  ta 
itm.  aieis  joalice  dans  le  eiel  ;  voiU  ce  qu'on  disait  aotrefois.  Uais  aujourd'hui  que  l'é- 
dité terrestre  est  proclamée  et  que  l'on  ne  croit  plus  ni  k  l'enfer  ni  au  paradis,  que 
vouJex-TOos  que  fesse  la  logique  bumaine  avec  uoe  terre  oà  régnent  partout  l'iniquité 
rirnégalilé  7  Elle  ne  peut  en  conclure  qu'une  chose,  cette  logiqae  :  c'est  que  tout  dé- 
[«od  do  hawrd  et  de  la  btalilé;  qu'il  n'j  a  par  conséquent  ui  droit,  ni  devoir,  que 
rlM  n'est  Trai,  que  rien  o'esl  ioste  ;  que  Térité,  vertu,  justice,  sont  des  mois  et  ne 
fvalque  des  moU...  Quoi  1  ne  voyes-vras  pas  que  votre  égalité  devant  la  loi  n'est  qu'un 
icorre  d'égalité  véritable  et  ooe  absurde  chimère,  quand,  pour  la  satisfaction  d'oisifs, 
IsDLde  rniHioas  d'homaus  travaillent  sans  relâche,  n'ayant  pas  un  instant  pour  penser, 
[loar  s'élever  k  Dieu,  pour  sentir,  et  sacrifiés  k  des  machines,  quand  eetles-cr  coÛIcnî 
BMMOS  cher  i  ceux  qui  exploitent  et  les  hommes  et  les  maehint'B  T  Et  quel  frein  avez- 
vous  laissé  sas  misérables  et  quelle  règle  de  vie  leur  avez-vous  domiée  T  Vous  avez  ef- 
Ufé  de  leur  cwur  Jésus-Christ,  qui  commandait  aui  hommes,  au  nom  de  Uieu,  de  s'ai- 
■ler  les  MU  les  antres,  et  qui  promettait  un  i>ort  aux  affligtis.  Mais  savez-vous  que 
c'est  une  borrihle  chose  que  de  conserver  le  bourreau  aprèa  avoir  âté  le  cou- 
fesseurf 

■  ie  porte  mes  jeux  sur  les  heoreux  de  la  terre.  Plus  de  castes  guerrières,  plus  de 
castes  tjiéoeraliques...  Hais  qui  les  remplacoT  Jésus  chassait  les  marchanda  du  lemple; 
sujowri'hai  ce  sont  les  marchands  qui  ont  chassé  Jésus  du  temple.  Le  oMDploir  aossi 
a  remplacé  la  lice.  Je  vois  des  hommes  de  lucre  et  de  propriété  qui  lullenl  arec  acbar- 
Leoent  les  DOS  contre  les  autres,  spéculent  sur  leurs  rbioes  muLuelles,  exploitent  les 
bûérables  qui,  sons  le  nom  de  prolétaires,  ont  succédé  aux  esclaves  et  aux  serfs,  et  se 

■ireol  solitaîremenL  h  leurs  passions.  Pourquoi  veul-ou  que  je  les  boooreT  Ne  serais-jA 
;ai  eiposé  cent  fois  pour  une  à  honorer  la  ïraude,  l'avarice  et  la  cnpidiié!  Rt  pourquoi 
cùileurs  les  honorer?  Us  o'ont  travaillé  que  pour  eux. 

■  lis  o'onl  travaillé  que  pour  eux,  ces  puissants,  sur  la  terre  aujourd'hui!  Le  prêtre 
Vtrajilait  ttu  était  censé  travailler  à  conduire  ses  frères  dans  le  ciel.  Le  noble  travaillait 
'  3  était  censé  travailler  i  proléger  sur  la  terre  ses  frères  pendant  leur  pénible  achrmine- 
ïi-ent  vers  le  ciel.  Uais  les  puissants  d'aujourd'hui  ne  travaillent  et  sont  autorisés  \ 
i.e  Iravailler  que  pour  eux,  pour  eux  sur  la  terre,  pour  eux  sans  l'allente  d'un  ciel 
reconnu  chimérique. 

«  Ce  qui  consolait  de  l'inégalité  anlrefois  n'existe  mémo  donc  plus.  L'inférieur,  autre- 
'  '.tt  foavait  respecter  et  aimer  le  supérieur,  et  nominalement  le  devait,  car  eelui-ci  u'éri- 
:^aît  pis  en  principe  qu'il  n'exislait  que  pour  lui-même,  qu'il  n'avait  d'autre  objel  que 
.  .i-méme,  de  mobile  que  sa  cupidité,  de  règle  que  sou  égoïsme.  La  société  laïque  rc- 
;<^4ait,  eomme  on  l'a  dit,  sur  l'hoooeur.  Rendre  l'honneur  et  le  recevoir  était  la  satisiào- 

yj  da  eœar  humain  dans  la  période  de  l'ioégalilé  consenlie.  Aujourd'hui,  ces  mots  d'boo- 
:..;ar  et  de  considération  n'ont  plus  même  de  sens,  puisque,  d'un  côté,  l'ioégalilé  n'est 
:  *s  cooseniie,  quoiqu'elle  subsiste,  et  que,  d'uo  autre  uàlé,  le  supérieur  n'<a  de  règle 
l  M  soa  égnîsme. 

«  La  société  autrefois  avait  au  moins  d'uue  famille  la  forme  et  l'apparence.  Les  rois  se 
.  ssieat  les  pères  des  peuples;  les  prêtres  s'en  disaient  les  éducateurs;  les  nobles  s'en 
-aaîeait  les  aloés.  Quel  qo'eftt  été  donc  le  sort  qui  vous  eUt  échu  en  partage,  fussiez- 
".is  serf  oale  plus  illettré  des  hommes,  vous  tous  trouviez  relié  k  la  tiBiille  humaine. 
'-\'jtu»euT,  comme  le  phjs  riche  de  tous  les  métaux,  circulait  dans  la  société  et  servait  de 
•-.jta  d'échange.  Le  plus  pauvre,  en  rendant  l'honneur,  avait  droit  lei-méme  à  la  coDsi- 
--ftùoai  car  cet  hommage  qu'il  reodâîl  était  nne  richesse  de  son  âme  que  reconnaissait 
'  t  j  qoi  acceptait  cet  honneur.  Il  n'y  a  plus  d'autre  matière  d'écbange-entre  les  hommes 
'  .':  .'or  ;  el  celui  qui  en  est  privé  n'a  rien  k  docner  aux  aufrcs,  et  par  cons(^j|uent  rit^n 
a  ïB  recevoir.  Ce  n'esl  pins  même  t'birmme  qui  règne  sur  l'homme;  r'e&t  do  métal  qui 


S7  DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE.  S 

règne,  c'est  )a  propriété  qui  règne,  donc  c'est  de  la  matière  qui  règne,  o'est.l'or,  c'est 
l'argunt,  c'est  de  la  terre,  de  la  boue,  du  fumier.  Supposez  un  amas  de  fumier,  couvrant 
dix  lieues  carrées  de  lerraio  ;  quel  que  soit  l'homme  auquel  appartiendrait  cet  amas  de 
fumier,  cet  homme  serait  un  des  princes  de  la  terre  aujourd'hui,  et  il  aurait  le  droit  de 
faire  passer  h  un  autre,  fût-ce  à  un  scélérat  couvert  de  crimes,  toute  sa  puissance.  Aiflre- 
fuis  on  possédait  la  matière  parce  qu'on  avait  un  tilrtt  dans  la  société  ;  aujourd'hui  c'est 
l'inverse.  Oa  a  litre  dans  la  société  k  litre  de  la  matière  que  l'on  possède.  Donc,  encore 
Due  fois,  c'est  la  matière  qui  règne.  La  société  aujourd'hui  danse  autour  du  veau  d'or. 

■  Je  ne  veux  pas  aiorer  le  veau  d'or,  s'écrie  l'Ame  humaine^  au  milieu  de  celte  société 
qui  l'adore.  Je  neveux  pas  être  k  litre  de  matière;  je  ne  ypux  pas  rendre  honneur  fc  ceui 
qui  n'existent  qu'à  ce  titre.  J'avais  autrefois  une  richesse  qui  n'était  pas  matière;  j'avais 
pour  richesse  l'estime  dont  je  pouvais  payer  lea  travaux  des  antres.  A  tout  homme  qui 
me  servait  en  servniil  la  société,  roi,  nohie  ou  prêtre,  je  décernais  cette  estime.  Je  pajrais 
un  tribut  de  mon  admiration  ;  je  donnais  de  l'amour  et  je  vivais  ainsi;  car,  aimer  sous 
tous  les  aspects,  c'est  véritablement  vivre,  et  la  vie  n'est  que  Ik.  RendexHnoi  dono  ma 
richesse  l 

■  Aveugles  à  qui  le  Christ  disait  ;  Futu  atex  dtiM  yeux ,  tuait  «ous  ih  «oyM  point! 
Di'ohjeclorcz-vous  donc  que  la  propriété  n'est  pas  d'aujourd'hui  seulement,  et  qu'elle 
existait  pendant  tout  ce  moyen  Age  que  je  compare  A  noire  état  présentT  Elle  existait 
sans  doute,  mois  elle  n'existait  pas  seule.  Klle  existait  avec  une  société  et  avec  uno 
religion  :  or,  vous  n'avez  plus  aujourd'hui  ni  religion  ni  société;  tous  n'avez  plus  que 
cette  propriété,  ou,  en  d'autres  termes,  que  le  respect  de  la  matière.  Aveugles  ou 
sophistes,  ne  vojez-vous  pas  que  ce  qui  n'était  qu'une  chose  permise  par  la  religion  et 
la  aociété  a  pris  aujourd'hui  ta  place  de  la  religion  et  de  la  société,  et  a  tout  envahi 
comme  le  mauvaise  herbe  qui  pullule  Ift  où  devait  croître  le  bon  graint  Quand  il  y  avait 
une  religion  et  une  société .  la  propriété  exisUit  avec  la  sanction  de  cette  religion  et  do 
celte  société  ;  et ,  ainsi  placée  à  son  rang,  k  l'ombre  de  cette  religion  et  de  cette  société, 
elle  élaît  légitime.  Dépouillée  aujourd'hui  de  cet  abri  et  de  cette  sanction ,  elle  n'est  plus 
qu'un  fait  sans  droit,  et,  en  présence  de  l'égalité  proclamée,  qu'une  sorte  de  spoliation 
des  pauvres  par  les  riches.  Quand  il  y  avait  un  autre  droit ,  la  propriété  pouvait  avoir 
droit;  mais  at^ourd'hui  qu'elle  veut  être  le  seul  droit,  elle  n'a  pas  droit  et  il  n'y  a  pas 
de  droit. 

«  Puisqu'il  n'y  a  plus  rien  sur  la  terre  que  des  choses  matérielles,  des  biens  matériels, 
de  l'or  et  du  fumier,  donnez-moi  donc  ma  part  de  cet  or  et  de  ce  fumier,  a  le  droit  do 
TOUS  dire  tout  homme  qdi  rt^spf re.  Ta  part  est  faite ,  lui  répond  le  spectre  de  société  que 
nous  avons  aujourd'hui.  —  Je  la  trouve  mal  faite,  répond  l'homme  i  son  tour.  —  liais 
tu  t'en  contentais  bien  aatrefois,  dit  le  spectre.  —  Autrefois,  répond  l'homme,  il  y  avait 
un  Dieu  dans  tu  ciel,  un  paradis  A  gagner,  un  enfer  A  craindre...  Il  y  avait  aussi  sur  In 
terre  une  société.  J'avais  ma  part  dans  cette  société  ;  car,  si  j'étais  sujet ,  j'avais  au  moins 
le  droit  de  sujet ,  le  droit  d'obéir  sans  être  avili.  Mon  maître  ne  me  commandait  pas  sans 
droit,  au  nom  de  son  égoïsme;  son  pouvoir  sur  moi  remontait  A  Dieu,  qui  permettait 
l'inégalité  sur  la  terre.  Nous  avions  la  même  morale,  la  même  religion.  Au  nom  de  oettu 
morale  et  de  cette  religion,  servir  était  mon  lot,  commander  était  lu  sien.  Hais  servir, 
c'était  obéir  h  Dieu  et  payer  de  dévouement  mon  protecteur  sur  la  terre.  Puis,  si  fêtais 
inférieur  dans  la  société  laïque-,  j'étais  l'^al  de  tous  dans  la  société  spirituelle  qu'on 
appela:t  l'Église.  LA  ne  régnait  pes  l'inégalité;  lA  tous  les  hommes  étaient  frères.  J'avais 
ma  part  dans  cette  Église,  ma  part  égale  A  titre  d'enfant  de  Dieu  et  de  cohéritier  du 
Obrist,  et  cette  ^liae  encore  o'éloit  que  le  vestibule,  l'imoge  de  la  véritable  Église. 
de  l'Église  céleste,  vers  laquelle  se  portaient  mes  regards  et  mes  espérances.  J'avois  bqb 
|)art  promise  dans  le  paradis  promis,  et  devant  ce  paradis  la  terre  s'efTbçait  k  mes  yeux. 
Je  reprenais  courage  dans  mes  souffrances,  en  contemplant  dans  mon  âme  ce  bien  promis 
A  mon  Ame;  je  supportais  pour  mériter,  je  soulTrais  |>our  jouir  de  l'éternel  bonheur. 
Je  n'étais  pas  pauvre  xlors,  puisque  je  possédais  le  paradis  en  espéroace.  J'étais  riche. 


B  niT&ooncTion.  so 

aa  coDlraife,  de  lous  les  biens  que  je  o'anis  pis  «or  II  terre;  eir  le  FHs  de  Dieu  mit 
dil  :  Bienttmreux  Ita  pmnvra  ntr  ta  ItrrtI  et  je  Toysis  autour  do  moi  toute  uoe  hiérarcbie 
inciale  qui ,  prosteniée  aux  pieds  de  ce  Fils  de  Dieo,  m'attestait  la  léiilé  de  sa  parole. 
Dus  toales  mes  donlears ,  dsos  tontes  mes  angoisses ,  dans  toutes  mes  faiblesses,  daos 
lottes  mes  passions,  el  jusque  dans  le  crime,  la  société  veiliait  sur  moi;  j'étais  entouré 
d'hommes ,  mes  égani  ou  mes  supérieurs,  qui  comme  moi  croyaient  au  Cbrist,  su 
fsradis,  k  l'enrer;  la  milice  de  l'élise  terrestre  était  i  mun  serrice  pour  me  diriger  el 
■'«ider  k  gagner  l'Eglise  céleste.  J'aTais  la  prière ,  j'avais  tes  sacmnents,  j'avais  Je  MÎM 
■Kriin,  j'atais  le  repentir  et  le  pardon  de  mon  Dieu.  J'ai  perdu  tout  cela  :  je  n'ai  plus 
de  paradis  i  esiiérer;  il  n'y  a  plus  dlïglise  ;  tous  m'avez  appris  que  le  Christ  était  un 
lapoetcor;  je  ne  sais  s'il  esfste  un  Dieu  ,  mais  je  ssiaque  ceux  qui  font  la  loi  n'y  croient 
ptfere,  «I  font  la  loi  comme  slls  n'y  croyaient  pas.  Donc  je  veux  ma  part  de  la  terre. 
Vo«t  aveiloul  réduit  i  de  l'or  et  du  ftimier;  je  veux  ma  part  de  cet  orel  de  ce  fumier. 

■  Travaille,  lui  dit  encore  le  spectre,  qui  représente  aujourd'hui  la  société;  travaille, 
tl  lu  jgrss  U  part. 

•  Travailler  1  je  vous  entends,  vous  voulez  que  je  continue  &  travailler  pour  des  maî- 
tres, dM  sapérienrs,  comme  je  le  faisais  autrefois.  Hais  je  n'ai  plus  de  mallres,  je  ne  suis 
pins  aoielj  jons  sommes  lous  libres,  tous  égaux.  M'est-ce  pas  vous-mèin^s,  mes  anciens 
■altns,  qai  ne  l'arei  appris?  Il  y  avait  autrefois  une  raison  pour  qu'il  y  eût  des  inférieurs 
dans  la  sodélé.  Il  n'y  eu  a  plus;  et  vous  voulez  que  j'obéisse  encore  I  Je  le  veux  bieo, 
oéasBoins,  mais  i  condition  que  vuns  me  montrerez  ceux  A  qui  J4  puis  légitimement 
obéir,  oiiéir  sans  me  d^rader,  sans  mentir  k  ma  conscience,  sans  honte  enfin  el  sans  >n- 
fiiaie.  J'obéissais  au  rui,  et  le  roi  s'appelait  fils  aîné  da  l'Église,  tenait  son  pouvoir  de 
***  pères  et  recocoaissaii  le  tenir  de  Dieu.  J'obéissais  aux  nobles,  qui  eux-mêmes  obéis- 
laiaal  eti  roi,  el  qui  tenaient  également  leur  puissance  de  leurs  pères  ;  mais  qui,  eomme 
k  roi,  se  soumettaient  dans  la  morale  et  la  religion  k  l'Église.  J'obéissais  aux  prélres  qui 
éiaieat  les  ministres  de  celle  Église,  et  qui  servsieut  d'éducateurs  h  lous.  Je  devais  au 
rai  serrice  pour  le  sûreté  et  les  intérèls  du  royaume  ou  de  la  chrétienté  tout  entière,  re- 
dcnnee  aux  nobles  sur  la  terre  desquels  j'étais,  foi  k  l't^lise  et  6  ses  représentants.  Uais 
}*mn*  OD  ne  me  fiorça  d'obéir  à  des  liooimes  de  lucre  et  d'égoïsme,  k  des  hommes  occu- 
pés de  bar  iotérèl  privé,  k  des  hommes  livrés  k  une  seule  passion,  l'avarice.  Qu'un 
)  autrefois  livrlt  son  âme  k  l'avarice,  cela  n'en  faisait  pas  légitimement  uo  des 
I  de  la  terre  ;  bien  plus,  il  était  obligé  de  se  confesser  de  son  avarice,  et  le  plus 
pauvre  serritaur  do  Cbrist  avait  le  droit  de  le  moraliser.  Donnez-moi  donc  d'abord  des 
sapérienrs  que  je  puisse  respecter,  on  souffrez  que  je  haïsse  les  supérieurs  que  vous  me 

doBuerez Hais  pourquoi  parler d'obéissauce,  pourquoi  parler  de  maîtres,  de  supérieurs? 

ces  BOls-lk  o'oDt.pIus  de  sens.  Vous  avez  proclamé  l'égalité  de  tous  les  hommes  i  donc 
je  D*al  plus  de  mallres  parmi  les  hommes;  mais  vous  n'avez  pas  réalisé  l'égalité  proela*- 
«ée;  donc  Je  n'ai  pas  même  ce  souveniin  abstrait  que  vous  appelez  tantAt,  |tar  un  men- 
STjoge.  U  nation  ou  le  peuple,  et  tantfil,  par  une  autre  fiction,  la  loi.  Doqc,  puisqu'il  n'y 
a  fias  ni  rois,  ni  nobles,  ni  prêtres,  et  que  pourtant  l'égalité  ne  règne  pas,  ja  suis  k  moi- 
céne  sDOn  roi  et  mon  prêtre,  seul  et  isolé  que  je  suis  de  tous  l«s  hommes,  mes  sembla- 
l'es,  égal  k  chacun  de  ces  hommes,  et  égal  k  la  société  tout  entière  <  laijneHe  n'est  |ias 
une  société,  mais  un  amas  d'égoïsmes,  comme  moi-même  je  sois  an  égoïste.  Et  quaod  il 
T  «nrail  soos  ces  noms  des  rois,  des  ooliles  et  des  prêtres,  ou  sous  d'autres  noms,  des 
peaptefanu  de  mes  anciens  maîtres.  Je  ne  leur  devrais  pas  obéissance  ;  car  entre  mes 
efictcns  mallres  et  moi,  il  y  avait  un  contrat  qui  n'existe  plus.  Ceux-lk  reconnaissaient 
lae  religîoD  que  je  reconoaissaii  aussi.  Au-dessus  de  nous  tous,  il  y  avait  un  juge,  et 
loas.  oséme  sur  la  terre,  nous  faisions  partie  de  la  même  oité,  l'Église.  Vous  m'avez  tM 
k  paradis  dans  le  ciel,  je  le  veux  sur  la  terre  I  Vainement  les  sophistes  gagés  et  les  par- 
Uisns  tagénns  du  pmpriélarisme  ont  répondu  k  cet  homme,  qui  réclame  sa  part  intégrale 
cam  le  mobilier  actuel  de  la  société,  que,  si  on  obtempérait  k  sa  demande,  il  n«  serait 
iv,  «tons  le  premier  moment,  très-ricbei  el  deTietulrait  bientAt  fort  pauvre  ;  que  >a  part 


SI  DICTIONNAIRE  APOLOCETIQUE.  3f 

serait,  comme  dcBS  la  cenle  de  Voluire,  île  quelques  ctnt  iau,  el  qu'k  lout  prendre,  H  y 
a  plus  de  profit  à  vivre  dans  la  société  telle  qu'elle  est  au'à  se  faire  octroyer  la  loi 
agraire. 

«  Abl  sophistes  ou  bonnes  gens,  ~je  vous  remercie;  —  vous  jetez  \h,  sans  le  savoir, 
un  grand  jour  sur  celle  qoestion  de  la  propriété. 

«  Oui,  vous  avez  raison,  chacun  de  nous  serait  pauvre  si  la  lerre  et  lout  ce  qui  com- 
pose le  mobilier  social,  était  divisé  en  parties  égales  entre  tous  les  hommes.  Vous  avez 
raison,  mille  fois  raison  ;  c'est  la  société,  c'est  l'union  des  hommes  entre  eux,  c'est  l'orga- 
niHlion  enGa  qui  produit  la  richesse.  Sans  la  société,  la  terre  se  couvrirait  biealôl  de 
ronces,  sans  Iti  société,  l'homme  deviendrait  bientAl  stupide  et  féroce.  Ce  prolétaire,  qui 
se  plaint  et  qui  réclame  sa  part  de  rhérilaga  commun,»  donc  besoin  de  la  société  oomme 
vous,  riches,  en  avez  besoin.  Comment  donc  sa  pose  la  question  entre  vous  et  le  prolé- 
taire? C'est  une  question  de  gouvernenlênl,  une  question  de  politique  en  môme  temps 
que  d'économie  politique.  Il  vous  dit  :  Je  suis  pauvre,  je  veux  être  riche,  puisqu'il  y  « 
des  riches.  Je  ne  suis  pas  libre,  je  veux  être  libre,  puisqu'il  y  en  a  qui  sont  libres.  Tu  se- 
rais plus  pauvre  encore  et  moins  libre  sans  la  société.  Alors  il  vous  demande  où  est  la 
société,  c'est-à-dire  où  est  le  droit,  où  est  la  sanction  de  voire  richesse  et  de  sa  pauvreté, 
de  votre  liherté.et  de  son  esclavage?  Vous  ne  pouvez  pas  te  lui  dire,  reste  donc  la  consé- 
quence. Pourquoi'les  pauvres  ne  prendraient-ils  pas  la  place  des  ricliesl  A  cela  vous  ne 
répondrez  plus  que  par  le  fait;  el  c'est  précisément  ce  fait  qui  est  en  question.  Vou;  Ates 
de  mauvais  logiciens... 

<  AussilAt  que  la  religion  est  enlevée  au  peuple,  le  peuple  est  dégagé  de  toute  obéis- 
sance, el  voilà  ce  qu'ont  entrevu  grossièrement  ceux  qui  ont  érigé  cet  axiome  hypocrite 
d'une  politique  infâme  :  11  faut  au  peuple  une  religion.  — Oui....  il  faute  rboaime,A  l'es- 
prit humain,  l'égalité  par  l'ordre  ou  l'égalité  par  le  désordre;  l'égalité  par  le  consente- 
ment mulucii  et  rhannonie,  ou  l'égalité  par  la  discorda  et  l'anarchie;  l'égalité,  enfio,  par 
lu  société,  ou  l'égalité  par  ta  dissolution  de  la  société,  il  faut  au  peuple  .l'égalité  la  plu» 
grossière,  la  plus  matérielle,  ta  plus  fjsusse,  par  conséquent,  et  la  plus  décevante,  si  voua 
ne  pouvez  pa»  constituer  religieusement  les  différences  qui  existent  entre  les  hommes. 

■  Comment  le  droit  peut-il  s'accorder  avec  lui-raôma,  «'est-à-dire  comment  le  droit  do 
l'un  peut-il  s'accorder  avec  le  droit  des  autres  T  ~~  Vous  le  demandez  au  ciel ,  \  la  terre,  h 
tous  les  échos  politiques  de  mon  temps;  mais  le  ciel  et  la  terre  et  tous  les  échos  sont 
muets  pour  vous.  Liberté,  égalité,  voilà  le  terrible  problème  qui  réduit  ^  l'snarchie  et 
met  aux  abois  votre  prétendue  société.  C'est  qu'il  y  a  un  troisième  terme  fratemilé,  qui 
pourrait  servir  de  lien  aux  deux  autres,  si  tous  les  trois  élaîent  réunis  dans  une  seule 
pensée,  qui  a  nom  religion.  Malheureusement  pour  vous,  avec  la  religion ,  la  frater- 
nité est  remontée  dans  le  ciel,  et  a  laissé  aux  prises  sur  la  terre  la  liberté  de  l'un  avec  ta 
liberté  de  l'autre. 

■  On  entend  un  horrible  bruit  de  combattants  qui  se  heurtent  el  se  déchirent.  Un  spec- 
tre pâle  el  tremblnnl  se  présente  el  dit  :  Rentrez  dans  l'ordre,  je  suis  la  société.  Unamui- 
litudede  voit  s'écrient  aussit&t  :  Vous  dites  que  vous  êtes  la  société,  faites-nous  donc 
justice:  nous  souffrons  el  en  voici  qui  jouissent  ;  donnez-nous  autant,  ou  dites-nous  pour- 
quoi noossouffrons.  Le  spectre  se  lait,  immobile  el  la  tête  penchée  .vers  la  terre.  Alors 
ees  hommes,  voyant  que  ce  n'est  qu'un  fanl4me  impuissant,  s'écrient  en  reprenant  leurs 
armes  :  A  bas  tout  ce  qui  nous  opprime  I  Pourquoi  tes  inférieurs  ne  renver*eraienl-ils 
pas  leurs  supérieurs?  Pourquoi  les  pauvres  ne  se  mettraient-ils  pas  i  la  place  des  riches  T 
Pourquoi  des  inférieurs? Pourquoi  des  riches?!  (P.  LskOttx.) 

Esl-ce  asseï  de  problèmes  soulevés,  mais  insolubles  en  dehors  du  cbrislianisroeT  Esl*ce 
assez  de  questions  évoquées  et  posées  là,  devant  vous,  sinistres  et  menaçantes?  Bsl-ce 
asseï  d'abîmes  ouveris  sous  vos  pas?  Dieu,  ses  préceptes ,  sa  loi ,  son  culle  vous  impor- 
tunent; ces  mots  de  Christ,  d'Évangile  ,  de  religion  ,  d'Église ,  de  pratiques  chrétiennes 
fatiguent  vos  oreilles;  à  la  twnne  hyurt'I  Mais  è  la  place  de  ces  chants  d'amour  qui 
s'élevaient  pour  bénir ,  il  vous  faudra  subir  ces  cris  d'une  société  en  détresse  qui  hait  et 


as  INTRODUCTION.  S4 

qsi  vaodii  ;  inmenM  diDieiir  qui  saura  bien  atteindra  les  joies  de  nitra  ioapttnyalile 
^isne  el  U  slupide  sécurité  d'une  Tîe  eoo&oée  dans  ses  appétiU  brutaux. 

im. 

A  ranirehie civile,  i  l'anarcbie  poliliqae,  rient  se  joindra  l'aDirebie  morale.  En  eVel. 
en  debon  de  la  reiipoD,  «DCDoe  digne  a'est  possible  ooatre  Je  débordement  delà  corrup- 
tion- il  D'est  aacon  frein  que  l'on  puisse op|H»er aux  passions,  i  fa  déprafalion  des 
Bfsurs.  La  femme,  tristement  déshéritée  de  ces  célestes  espérances  qui  la  snuleTaieot  de 
tetre  et  dilataient  son  cœur  dans  les  saintes  effusions  de  la  piété  et  de  l'amour,  ne  Ironve 
plus  rien  «oloar d'elle  qui  compense  cette  abnégation  qu'on  lui  demande,  celte  résigna- 
tion qu'on  loi  prêche ,  celte  inrériorité  à  laquelle  elle  est  condamnée.  Alors  se»  plus 
BoUes*  ses  pins  chastes  insiiocts  se  pervertissent.  Cette  prédominaifce  de  sentiment  ou 
famoar  dont  elle  a  été  douée  par  le  Créateur  devient,  loin  de  la  religion  qui  la  dirige  et 
la  purifie,  on<f  lireace  honteuse,  l'instrument  Funeste  d'une  corruption  universelle. 
Oa'esl-ee  qoe  le  lien  conjugal,  qu'est-ce  qne  le  mariage ,  dans  une  société  où  le  matéria- 
lisme triomphe,  où  ia  volupté  a  tout  envahi,  où  un  grossier  sensualisme  a  tari  toutes  les 
sources  pores  qui  alimeotaient  la  vie? 

•  Vest-ii  pas  vrai  que  c'est  un  juli  et  moral  axiome,  dans  le  sens  oh  on  l'entend  com- 
monéoienl,  que  celui-ci  :  Il  faut  une  religion  aux  femmes?  Bb  !  sans  doute ,  mais  par  la 
Déow  raison  qoe  je  viens  de  montrer  qu'il  eo  faut  une  an  peuple ,  et  non  par  une  autre 
raison.  Si  bien  qne,  moi,  je  dirais  volontiers  qn*il  faut  une  religion  à  tout  le  monde ,  aux 
boomes  comme  anx  femmes,  aux  arislocrales  comme  au  peuple. 

«Lesfemmes,  de  même  que  tout  ce  qui  a  été  asservi  jusqo'ici  sur  la  terre,  trouvaient 
sa  seio  de  la  religion  le  nécessaire  supplément  k  leur  inégalité;  elles  partageaient  en 
cela  le  sort  du  peuple.  Comme  lui  dune,  elles  sont  aujourd'hui  dégagées  de  l'obéis- 
laoce,  maie  comme  lui  elles  sentent  plus  que  les  autres  portions  de  la  société  l'absence 
tfone  religion. 

<  Esprits  forts,  qui  consentez  ï  ce  que  les  femmes  et  les  enfants  aient  une  religion  : 
UfÊmt  mue  rHigiom  aux  femmes  signiGe  dans  votre  bouche,  que  vous  aurez  le  droit  de 
utisEiire  vos  passions,  mais  qu'elles  n'auront  pas  le  droit  d'écouler  les  leurs.  C'est 
«âme,  il  fmU  wie  religion  au  peuple,  ce  qui ,  pour  vous ,  signifie  que  vous  voulez  avoir 
des  ttdarca  dudles,  afeiigles  comme  ceox  dés  Sc;llies,  cl  bien  muselés. 

•  Les  honnêtes  politiques  qui  veulent  une  religion  pour  tes  femmes  et  les  enfants, 
nuis  qui  n'en  veulent  pas  pour  eux-mêmes,  considèrent  la  religion  comme  un  frein, 
comme  le  mors  avec  lequel  on  gouverne  un  cheval  fougueux.  Souvent  les  femmes  elles- 
mttMK»  appelleot  la  religion  à  leur  secours,  uniquement  aussi  comme  un  freïo  dont  elles 
9M  besoin  pour  se  gouverner.  Cette  idée  qu'elles  se  font  ou  qu'on  leur  donne  de  la 
religioa  est  assez  mesquiue,  mais  elle  est  vraie  :  la  raligiou  était  on  frein  et  ce  frein 
b'cxisie  plus. 

«  Allex  dcnc  attîourd'bui ,  prendre  on  Crein  pour  le  plaisir  d*«o  avoir  on ,  e'esl-li-dire, 
Iiiln-voas  esdave  pour  le  plaisir  d'être  esclave  l 

»  J«  a^mi  lom  ttnitturiept  ani ,  dit  Jacob  au  père  de  Rachel,  mai»  au  bout  de  ces  tept 
■■,  ta  mu  éùmmtrm  la  fitte  eumariage.  On  conçoit  que  les  femmes  aient  fait  comme 
Jicob,  et  qu'espérant  Rachel  dans  le  ciel,  elles  aient  servi  Labao  sur  la  terre. 

■  Aprtsque  la  femme  eut  été  longtemps  traitée  comme  une  proie  et  une  chose  m»t£- 
rîefle,  on  lui  prêcha  le  dévouement,  l'abnégation  et  l'obéissaDee  do  harem  oriental  •  du 
ETDécée  de  l«  Grèce  elle  passa  par  le  christianisme  dans  le  mariage.  Hais  remarquez 
mmbimu  em  mariage  supposa  le  ciel  pour  correctif.  Saint  Augustin  termine  un  sermoii 
lar  le  mariage  par  montn-r  aux  femmes  que  le  vrai  mariage  est  celui  qu'elles  doiveol 
caucaeter  dans  la  eélesle  Jérusalem.  Tous  les  prêtres  chrétiens  «kt  fait  comme  saiut 
lagustio,  loos  ont  dit  à  la  femme  :  Souffre  sur  la  terre  ,  sers  ton  chef,  l'homme;  tu  es 
l'é^ase  du  Christ  :  Jacob,  qui  sert  Laban  pour  épouser  Raclicl,  est  ton  image. 

■  Mais  aujourd'hui ,  ouest  l'époux  promis  aux  femioes  par  le  christianisme?  J'ai  dit 


a  DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE.  M 

)tlu9  biutt  à  propos  de  la  justice,  qu'il  osl  horrible  de  cooserTer  le  bourreau  après  avtrir 
àlé  le  cooressear  i  je  dirai  ici,  en  parlant  du  mariage ,  qu'il  est  absurde  et  inique  de  coii- 
serverdans  vos  codes  le  aermentd'obéiasBncede  la  femme,  quand  TOuane  pourez  pas  lui 
montrer  le  prii  de  cette  obéissance. 

<  Ce  qu'il  j  a  de  plus  beau ,  euivant  mot ,  dans  la  peinture  que  Uichel-A.nge  nous  a 
faite  du  jugement  dernier...,  c'est  le  groupe  des  femmes  k  la  droite  du  Cbri&t,  qui 
s'élirentde  tetrOtet  moDtealauciel,  aoapas  seulesi  mais  en  emportant  des  bomoies 
«Tec  elles. 

■  Gomme  si  leurs  souffrances»  en  tant  que  femmest  les  araient  affrancbies  de  ce  lien 
de  la  pesanteur  qui  attache  les  hommes  h  la  terre,  elles  s'élèrent  (ur  leur  propre  poids, 
pour  ainsi  dire,  vers  la  céleste  demeure  .  sans  ailes  et  sans  anges  qui  les  supportent  et 
les  aident  à  monter.  Au  contraire  elles-mêmes  supportent  et  îont  monter  avec  elles  leurs 
frères,  leurs  époux..  Ceux-ci ,  affaissés  sur  leurs  épaules  et  sur  leur  sein  •  indiquent 
Lien  la  raer?eilleuse  propriété  quont  ces  femmes  de  monter»  comme  s'élèrerait  un  corps 
plus  léger  que  l'air,  un  aérostat ,  par  exemple,  aussilAt  que  l'on  aurait  brisé  sa  chaîne. 
Pourquoi  Uichel-Ange,  voulantpeindredes  êtres  à  cetéttt  de  charité  qui  leur  fait  sauTer 
les  objets  de  leur  amour,  n'a-t-il  donc  représenté  que  des  femmes T  Pourquoi  pas 
d'hommes  embrassant  ainsi  et  emportant  au  ciel  leurs  soeurs ,  leurs  époiuaf  Pourquoi 
ce  divin  poids  vers  te  ciel,  qui  remplace  l'attrait  Yers  la  terre,  se  trouve-t-il  ainsi  l'apa- 
nage des  femmes  T  Je  at  sais  si  je  me  (rompe,  et  si ,  n'ayant  pas  le  tableau  sous  les  yeux, 
je  ne  prête  pas  au  peintre  des  idées  qu'il  n'a  pas  eues;  mais  il  me  semble  que  fa  nature 
particulière  de  la  fbmme,  et  sa  conditiou  particulière  sur  la  terre  pendant  la  loi  du  chris- 
tianisme, sont  exprimées  là  avec  un  art  sablime.  âuhalternîsalion  sur  la  terre,  mais 
rédemption  proportionnée  lorsque  la  trompette  du  jugement  dernier  sonnera,  et  que  le 
Christ,  le  divin  roi  d'équité,  paraîtra  sur  son  trène  escorté  de  ses  anges  t  voilà  i'srrét  du 
christianisme  sur  la  femme  (10). 

c  On  peut  remarquer  que  le  protestantisme  fut  plus  dur,  plus  intolérant  pour  la  femme 
que  le  catholicisme:  le  culte  de  la  Viet^....  était  évidemaient  un  retour  vers  l'égalité 
des  deux  sexes;  mais  les  protestants  Irailèrent  Iq  Vierge  comme  une  Astarlé  et  une  Vé' 
DUS  paieDDO...  Est-ce  qu'à  chaque  page,  pour  ainsi  dire,  de  Hilton  rinfériorilé  absolue 
de  la  femme  n'est  pas  proclamée  î  N'est-il  pas  dit  cent  fois;  dans  ce  poème ,  qu'elle  eat 
un  appendice,  une  propriété  de  Tbomme,  qu'elle  a  dans  l'homme  sa  raison  d'être, 
qu'elle  ne  peut  s'élever  directement  à  Dieu,  que  l'homme  seul  a  ce  privilège  :  hi  for 
God  on/y,  thtfOr  Godbj/him. 

«Encore  «ne  fois  donc,  rien  n'est  phis  certaki .  le  chrislianiarae  suhaiternisait  la 
femme  à  l'homme...  Hais  voyez  l'admirable  loi  de  compensation  1  en  même  temps... ,  le 
christianisme  rètabliasait  l'équilibre,  ta  justice,  l'égalité,  en  disant  à  la  femme  :  Tu  «s  un 
être  de  défouemenl  et  d'amour  î  sache  que  j'ai  pour  toi  une  récompense  digne  de  ton 
cœur,  Dieu  te  teut  pour  épouse  ;  tu  seras  l'épouse  du  Christ.  N'est-il  pas  vrai  que  si  ta 
aimais  sw  la  terre,  tu  saurais  réellement  aimer ,  que  tu  garderais  ta  foi ,  que  lu  subirais 
toutes  les  tortures  pour  ton  époux  ;  que  tu  roudrais  mourir  pour  M  à  tous  les  instant» 
de  la  vie  t  Apprends  donc  mon  secret...  cet  époux  eiist-v  le  p'"»  B"od  »  ta  plus  beau,  te 
plus  divin  de  tous,  et  il  vent  que  tu  souffres  pour  lui  :  garde-lui  seulement  ta  foi  «t  ti» 
le  verras  un  jour. 

<  Hichel-Aiigo  ,  le  soblime  peintre,  traduisait  cette  pensée,  lorsqu'il  représentait  cua 
femmes  de  too  ju^mtnt  dmitr  qui  s'élèvent  naturellement  vers  le  ciel ,  comme  le  fer 
est  attiré  vers  l'aimant. 

>  Haï*  aujourd'hui  qu'il  est  détruit,  cet  aimant,  qui  les  attirait  vers  le  ciel ,  vers  quoi 
Toulei-vous  qu'ellea  gravitent  T  i  .  .«... 

«  Je  prends  pour  eiemple  sainte  Thérèse,  et  je  vous  dematMlo  vers  quoi  voulei-vou» 
qwa  l'Ame  de  Thérèse  gravite  T 

(10)  ttteut  indiftndante,  l.  I,  p.  i7.  .--.•.,• 


n  iNtRO&i'crioN.  ss 

«  Om  fuffrir^  Seigneur,  ou  mourir,  éla't  "a|iliorisiue  de  Cette  feinine,  f|ui  porta  l'amour 
ditiB  au  plus  baot  dagré  dopt  ta  cœur  liamaiu  soit  capable  :  ou  iou/frir  ou  mourir,  c*esl-i- 
ilira  souffrir  sur  la  larre,  ou  mourir  pour  aimer  ilaos  la  ciel ,  c'est-k-dire  encore  souDVir 
sar  la  lerre  parte  qne  souff'rir  sur  Is  terre ,  c'est  aimer  dans  le  ciel ,  c'est  aimer  même 
aclB«Uefli«il t  c*esl-A-dire  eocore,  toujours  aimer;  aciuellemeat  en  souffrant,  on  aimer 
«a  irooraot  leTéritable  objet  de  son  amour  :  voilà  l'elTusioD  de  sainte  Tbérèse,  jollk  la 
leauae..... 

•  Hais  «ncore  ooe  fois,  te  cbristianisme  déiruit,  quel  but*  d'un  cAlé ,  et  quel  freio  d'un 
aatre,  doonei-Tuns  h  cette  Ame  P 

«  S»jnle  Tb^ràse  déSoisssit  les  toormenls  de  l'eiirer .  en  disant  de  Satan  :  le  malhew 
mtf,  il  n'mmu  frw  /  —  En  lui  Otaot  i  elle-même  Jësus-Cbrist  h  aimer ,  n'est-il  pas  éTî- 
daolqaeTou  laréduisezk  l'enferT-^UfllsnoD,  diies-vous ,  nous  lui  laissons  l'amour; 
Doos  \m  laissons  Dieu  k  aimer,  sa  famille  k  aimer,  sou  mari  b  aimer.  —  IMea  I  où  roulez- 
Tousqa'elle  le  trouve,  qnaod  tous  l'avez  banni  de  vos  Rroyarccs  ,  de  vos  lois  et  de  vos 
mœanî  quand  loatea  vos  wiences  matérialistes  proclament  que  Dieu  est  une  erreur; 
que  votre  poliliqaeel  votre  iodustrialisme  le  proclament;  quand  vous  détruisez  vous- 
Béme  l'idée  d'an  culte  véritable .  en  méprisant  pour  votre  propre  compte ,  comme  pure 
SBparsttlioa,  la  religion  que  vous  laissez  sut  femmes,  aux  enfacts  et  au  peuple  T  Croyez- 
TOos  qae  sainte  Tbérèse  ne  soit  pas  en  état  de  vous  comprendre ,  de  lire  les  livres  de  vos 
Mjoes,  et  lui  înterdirez-tous  d'Holbach,  Voltaire  ou  Cabanis? 
e  une  Ibis,  où  voulez-vous  qu'elle  trouve  Dieu  i  aimer,  quand  votre  athéisme 
)  donner  raison  à  l'athéisme?  Elle  pouvait  comprendre  et  aimer  DJeu,  lors- 
qu'elle pouvait  avoir  avec  elle-même  ce  monologue  snblime  :  Cinq  loui  retteiU  à  Tkéréat; 
eimq  w«um  tt  Tkirète  ce  ttett  rien  ;  moù  ettif  *«m,  Thériie  et  Oint,  e'ett  tout.  Or  aujour- 
dlmi,  je  vous  le  demande,  qu'ajoute  Dieu  à  cinq  sous  ?  Cinq  sous  avec  ou  sans  Dieu, 
a'est-ee  pas  pour  vous,  politiques  et  industriels  d'aujourd'hui,  absolument  la  mém* 
chose?  Donc,  si  les  Lovelace  du  jour  rencontraient  Thérèse  avec  cinq  suus,  Thérète, 
îeane,  belle  et  digne  de  leurs  désirs,  ils  pourraient  bien  voir  sa  misère  et  chercher  h  em 
{«ofter;  mais  assurément  ils  ne  verraient  pas  Dieu  k  cAté  d'elle. 

■  Le  christianisme  avait  làil  de  l'amour  le  frein  même  de  l'amour,  en  substjtnani 
faoHMir  de  Dieu  k  l'amuur  de  la  terre.  Alors  pouvait  venir  une  femme  aussi  pleine  d^ 
raaoor  qne  Thérèse;  tu  christianisme  ne  la  redoutait  pas;  il  lui  disait  :  louffri;  Melle- 
■éme,  traduisant  aimer  par  souffrir,  s'écrisit  :  Nou-ëeultmaU  je  eouiene  à  êoufi'rir,  maiê 
'V  ww  Momffrir.  Alors  la  société  pouvait  loi  donner  un  maître,  uo  mari,  et  lui  dire  : 
Qaela  que  soient  les  vices  de  cet  homme,  quelle  que  soit  sa  bassesse  de  esur,  lu  loi  ser* 
viru  d'esclave;  ou  hien  elle-même  pouvait  dire  :  Je  renonce  à  la  terre,  je  renonce  à 
aimer  el  k  être  aimée  sur  Is  terre  ;  i'aimerai  la  ciel  sur  la  terre,  mais  je  serai  aimée  dans 
la  ciel. 

«  L'acaonr  est  une  forme  de  l'égalité  on  de  la  justice,  de  même  que  l'égalité  ou  la  joa- 
lice  est  une  forme  de  l'amour.  Le  christianisme  donnait  l'égalité  sous  la  forme  de  l'amour 
i  la  femme  dans  le  paradis  promis,  comme  il  donnait  l'égaliié  aux  pauvres  el  ani  iof^ 
rieart,  en  ce  n.onde,  sous  la  forme  des  bieD4  qu'il  leur  promettait.  Hais  si  voua  dites 
aajowd'hoi  k  cette  ême  :  Tu  serviras  un  maître  ;  ne  vo;ea-vous  pas  que  l'amour  se  rCrolla 
el  qne  l'égalité  déAe  ses  cbalnes?  Ne  vojez-fous  pas  qu'au  seul  signal  de  celte  tjranoie* 
loal  le  désordre  de  votre  société  retombe  de  tout  son  |toids  sur  le  cœur  de  la  sainte;  et, 
cnmnH  la  goutte  d'eau  jetée  sur  un  métal  précieaz  que  le  feu  a  rougi,  prodail  une  explo- 
sioo  qui  déiruit  et  reqverse? 

€  Dellaiatrevdil  :  Lec9ur  delà  femme  est  l'i*ttrumeut  le  plus  eeiif  el  le  plu$  puitêuni 
fmmr  U  mat  Mauae  pour  le  bien.  De  Uaiitre  a  raison.  De  Uaistre  a  dit  encore  :  S'il  pomait 
I  «**tr  tur  ee  point  du  plu*  oh  du  wutîne,  je  dirai»  que  let  femmei  eont  plus  redevable*  que 
■Mat  «K  duieiianitme.  Il  a  encore  raison,  dans  l'hjpothèse  de  l'inégalité  consentie  sur  la 

•  Il  7  a  dos  penaéva,  de  liaislre  eolre  autres,  qui  ont,  k  l'esempte  du  cbristiuusmer 


SO  UCTIONNAinE  APOLOGETIUUE.  M 

coudimné  la  femme,  ou»  du  moins,  l'ont  déclarée,  sauf  le  saIuI  l'iar  la  christianisme,  in- 
férieure de  nature  à  l'bomme,  •(  produisant  plus  directeoient  le  mal;  c'est  une  erreur, 
mais  qui  cache  une  vérité.  Vaioemenl  ces  penseurs  démontrent  que.  quand  le  mal  moral 
se  répand  sur  la  terre,  c',est  par  la  femme,  et  que  c'est  d'elle  principalement  que  vient  In 
ruine  des  empires  :  il  ne  s'ensuit  pas  la  condamaalion  de  la  fomme  comme  ils  l'entendent. 
mais  le  fait  de  la  deHtruclion  des  sociétés  par  la  ftimme  est  vrai.  Vainement  aussi  les 
ptiis  profonds  ou  les  plus  mystiques  d'entre  eux  voieiil  leur  idée  confirmée  pur  le  péchd 
d'Eve,  qui  précéda  et  amena  le  péché  d'Adam.  On  peut  leur  répondre  que  si  Ère  pécha  la 
première,  il  est  dit  dans  la  Bible  qu'il  est  réservé  è  Eve  d'écraser  la  lAle  du  serpent  ;  mais 
ce  qui  est  vrai  encore,  c'est  que  la  femme,  étant  douée  en  prédominance  de  senlîmeat  on 
d'amour,  devient,  comme  dit  de  Maistre,  plus  active  et  plus  puissante  que  l'homme  pour 
le  mal  comme  pour  le  bien  :  donc,  si  le  mal  doit  naître  de  la  nature  humaine,  laquelle  est 
formée  de  l'homme  et  de  la  femme,  c'est  par  l'aspect  de  cette  nature  que  représente  la 
femme,  qu'il  nottra,  de  mSme  que  le  bien,  si  le  bien  doit  naître.  De  là,  le  péché  com- 
meucant  par  une  femme,  et  le  salut  définitif  promis  à  une  femme.  Les  femmes  sont  ins- 
piratrices en  bien  ou  en  mal. 

«  Laissons  de  Maistre  s'écrier  :  Toulei  h$  Ugittatimu  oni  prit  de$  préeautioni  plut  ou 
moin$  iévirta  contre  le*  femmts.  De  noi  jourt  encore  elles  tant  etclavtê  tous  te  Koran  rt 
b&et  de  tomme  ches  le  lauvage,  VÉvangiU  eeul  a  pu  let  élever  au  ntotou  de  l'homme  en  leê 
rendant  meilteuret;  lui  teul  a  pu  proclasntr  tei  droite  de  la  femme  aprii  lei  avoir  fait  nattre. 
et  lei  faire  naUrt  en  e'établiieant  dam  le  caur  de  la  femme.  Laissons ,  dis-je,  i  de  Haistre 
son  snalhème  contre  la  femme,  qu'il  termine  par  ces  paroles  :  ^ucun  tégiilaleur  ne  doit 
oublier  celte  maxime  :  Atant  d'effacer  l'Évangile,  il  faut  enfermer  tei  femmee  ou  le*  accabler 
par  de*  loi*  épouvantable»,  (elles  que  celles  tle  l'Inde. 

■  Hais  reconnaissons  ce  qu'il  y  a  de  protonde  vérité  dans  ce  qu'il  ajoute  :  BteigneM, 
affaibliuex  ttulement  juiqu'à  m  certain  point,  dan*  un  page  chrétien,  l'inltutnce  de  la  lo,i 
divine,  m  laittanl  tubiitltr  la  liberté  qui  en  était  la  tuite  pour  lu  femme*,  bientdt  eeiia 
verrex  cette  noblt  et  touchante  liberté  dégénérer  en  une  licence  honteuie.  Elle*  deviendront 
te»  inttrument*  funeite*  d'un*  corruption  univeraelle,  gui  atteindra  m  peu  de  temp»  le* 
partie*  vitale*  de  l'État  ;  il  tombera  en  pourriture,  et  sa  gangréneute  décrépitude  fera  à  la 
foi*  honte  et  horreur. 

•  Or,  vous  un  effacé  l'Evangite,  et  vous  n'avez  pas  enfermé  les  femmes,  comme  lo 
veut,  en  ce  cas,  de  Maistre,  ni  vous  oe  \ts  avez  pas  accablées  par  des  lois  épouvantables, 
telles  que  celles  de  l'Inde.  £st<il  étrange  qu'étant  ainni  devenues  les  instruments  funestes 
d'une  corruption  universelle,  qui  a  atteint  les  parties  Titalts  de  l'État,  cet  Ëtat  tombe  «n 
pourriture,  et  que  sa  gangreneuse  décrépitude  fasse  h  la  fois  honte  et  horreur!  - 

«J'ai  dit  et  j'ai  prouvé  que,  so?s  la  loi  du  christianisme,  l'apboriame  normal  de  la 
femme  devait  fiire  ce  vœu  qui  sortit,  en  effet,  de  l'Ame  de  sainte  Thérèse  :  Ou'touffrir, 
Seigneur,  ou  mourir!.,.  Or,  passez  |tar-dessus  deux  siècles,  et  de  l'époque  de  sainte  Thé- 
rèse arrivez  è  la  Bégence  :  que  deviendra  cetlt  sublime  formule  de  l'Ame  de  ia  femme, 
et  comment  se  (ransformera-tretle  1  De  Dieu,  on  n'en  conueit  plus  i  donc,  l'apostrophe  h 
Dieu  disparsltra ;  le  ternie  de  Seigneur  sera  éliminé  de  la  formule;  il  resterait  donc  : 
fouffrir  eu  mourir.  Uais  touffrir,  c'est  une  absurdité;  pourquoi  souffrirî  La  loi  natu- 
relle des  dtrea  est  de  chercher  b  Jouir,  et  non  pas  b  souffrir  :  aimer  à  souffrir,  vouloir 
souffrir  pour  rien,  c'est  insensé;  donc,  au  lieu  de  souffrir,  il  faut  mettre  dans  la  formule 
jouir  ;  celte  formule  devient  donc  jouir  ou  mourir  :  cela  seul  est  raisonnable.  On  aimerait 
mieux,  sans  doute,  jouir  et  ne  jamais  mourir;  mais  puisque  mourir  est  une  loi  néces- 
saire, l'effort  des  grandes  Ames  sera,  au  moins,  de  ne  pas  languir'dans  une  triste  apalhie, 
dans  une  monta  existence,  dans  une  demi-vie,  dans  une  demi-mort;  donc,  pour  ces 
Ames,  point  de  milieu  ijouir  ou  mourir/ 

<  Or,  voyez  comme  la  logique  est  inireilable,  et  comme  l'histoire  réahse  exactement 
la  pensée  humaine  dans  ses  phases,  semblable  è  un  parfait  miroir  où  l'esprit  humain  sa 
r^léchit.  Quel  est,  je  voos  le  den^ande,  le  grand  mot  de  la  BégeoceT  N'eil-ce  pas  le  mol 


il  HITHODDCTMm.  M 

da  la  fille  du  Régent*:  c»«rf«  et  bomiu,  c'est-à-dire  joair  ou  mourir.  —  Ne  votm-toos  pas 
Il  niim  de  U  société  sortir  de  cet  élan  impétaeoi  de  la  fammu  rers  le  boabear7..,. 

•  L'homme  aime  la  fcmine,  et  Toîci  que  la  femme  n'accepte  plus  la  sooSï'aDce;  duQc, 
Fanoar  va  bonlcTerser  cette  société  qui  s'oppose  eus  désirs  de  bonheur  qu'a  la  femme* 
U  femme  cherchera  le  bonheur,  et  l'homme,  entraîné  après  elle  dans  cette  rechercbei 
preadra  avidement  de  sa  main  le  poison  qu'elle  lui  offrira-  Que  fut  la  R^nce,  que  tht  le 
règne  de  Louis  XV,  sintm  une  baci^hanale  aotiqae,  où  la  femme,  la  baodunte,  porte  I« 
ftinbeaaT 

I  Je  sais  bien  que  la  société  condamne  l'adul  lère.  de  même  qu'elle  marie  et  qu'Ole  fait 
proiMHwer  serment  d'obéisSaoco  à  la  femme  dans  le  mariage  ;  mais  les  forts,  lea  puissants 
se  rienl  onrertement  de  la  soeiélé  sur  ce  chapitre  du  mariage.  On  s'en  rit  dans  les  lifres* 
ao  spectacle,  dans  les  sslobs,  dans  les  tribuoaui,  partout  :  et  ainsi  la  société  se  rit  d'elle^ 
nèite  et  de  ses  arréu. 

«  Oti  fa  auitériiUùme  triomphe,  dit  un  sage  de  notre  temps,  ou  It  profam  «  Aowjf^  fa 
êÊiri.  Comme  le  lie»  conjugal  n'cêt  plu»  tm  eaerement,  mai'i  m  bail,  l'adtdtfrt  u'eet  plut 
tnimii  que  detant  te  tribunal  de  ravarice;  ou  te  blâme  comme  une  déloyauté  commerdaltt 
Mifeami  tm  Aoaune  à  débourier  dei  fraie  qu'il  ne  detait  pai  faire,  et  â  payer  devant  la  M 
pour  de»  enfante  dont  la  nourriture  ne  devait  pat  être  à  $a  charge.  Dont  un»  pareiUt  ioeiété, 
CaimUèrt  ett  flagrant,  ptAlic,  effréné,  frappant  à  toutu  lee  portée. 

a  L'éeoisme  pour  loi,  le  plaisir  pour  but }  tb,  société  :  arec  ces  deux  pilotes,  tu  oe  peut 
■soquer  de  Irourer  bientdt  le  naufrage  qae  lu  chernbes. 

€  On  dit»  tout  te  monde  dit:  La  société  croule  parles  mœurs;  larolupté  a  loutenTabil 
Taoïour  da  plaisir  a  tari  toutes  les  sources  pures  où  la  TJe  sociale  s'alimeulatt....  Le  mal 
semblis  aajoord'bQi,  envahir  la  nation  toute  entière.  La  littérature,  eipressioD  de  la 
société,  révèle  ce  mal  et  l'augmente  encore.  —  Tout  cela  est  vrai  :  mais  qu'y  faire  T  Vos 
remèdes,  qoand  vous  en  trouvez,  sont  atroces  et  pires  que  la  mal  i  sablime  effort  de  la 
vertu  et  de  la  sagesse  de  nos  législateurs  1  11  restait  du  christianisme  l'asile  ouvert  par 
ssiDl  Tiocent  de  Paul,  sons  cette  iovoeation  sublime  i  Beatœ  Marim  virgmi  matri,  a  m* 
fv^im  Jeou  :  ils  l'ont  fermé  I  Vous  aojez  que  vos  ststisliques  vont  voir  diminuer  le 
Boinbte  des  enCuits  trouvés?  Ce  nombre  croîtra,  et  vous  «urei,  de  pins,  créé  l'infan' 
tkidel 

«  Où  poarsutTu-vous  la  mal  quand*  sotu  prétexte  d'argent  et  de  budget  »  tous  dé- 
Imises  ainsi  U  charité  publique  T  Je  roos  comprends  :  à  défaut  d'une  joi  morale,  tous 
voulez  remédier  aa  mal  par  des  lois  f  mpilojablas  ;  vous  tracez  une  ligne  entre  les  elasses« 
M  Toas  dites:  d'un  cété  de  cette  ligne  le  vice  sera  permis,  de  l'autre  prohibé.  Ainsi  le 
Tîca  o'est  nce  que  parce  qu'il  vient  de  telle  classe,  et  non  de  telle  antre  ;  le  vice,  ce  n'est 
poÏDl  le  vice  eo  lui-même ,,  c'est  le  défaut  d'argeut;  tous  n'avez  dans  la  tête  quo  la 
fiscalité. 

«  liais  laissons  cas  velléités  cruelles.  Vous  sentez  que  le  mal  est  stf<(essus  de  toute 
volr«pDissanee,aa^assas  (te  toutes  vos  lois.  Le  mail  il  est  en  vous,  il  est  dans  votre 
sâa.  La  société  aujourd'hui  porte  en  elle  la  Régence  et  le  siècle  de  Louis  XV;  seolemeot 
le  «hI  n'est  plus  ^  et  là,  il  n'est  pas  concentré  dans  une  sphère,  il  est  parlouti 

«  SaTez-vousoù  est  précisément  le  malT  de  Uaistrevous  l'a  dit,  il  est  daus  la  femme...; 
ca  qui  veut  dira  qu'il  est  aussi  dans  l'homme  ;  car  la  femme ,  c'est  le  cœur  de  l'bomiDe. 
*  La  nature  humaine  a  deux  aspects  unis  et  indivisibles,  l'homme  et  la  femme,  bi 
IlnauBe  représente  plus  particulièrement  la  connaissance  dans  celle  unité,  la  femme 
lepréseale  plus  particulièremeot  le  sentiment.  Le  mal  a  donc  envahi  le  eaur  bumain. 
eoaiDe  il  a  envahi  la  connaissance  humaine;  quand  l'homme,  représentant  de  la  eoAiuis- 
sanee,  dans  l'unité  hamaioe,  a  dit  :  Je  ne  wii  d'autre!  toie  que  Végoîimej  la  femme,  repré- 
senuol  do  seotimeot  dans  cette  mèma  unité,  s  dû  dire  )  Je  ne  voie  de  vie  que  dane  la  vo- 
Impie  H  donehpMtir;  donc  aujourd'hui  l'unité  humaine  proclame  par  ses  deul  aspecU 
crtie  iDdirisible  formule,  égoisme,  Tolupté.  Si  vous  voulez  condamner  la  formule  touia 
nitièr«,  à  la  bonne  heure.  Ayez  une  religion,  ayez  uoa  société,   aban-lonnez  l'ég(âsm«f 

DlCnO!(IIAIRB  iPOLOGÉTIQt'B.  L  * 


45  DICTtONNAlRG  APOLOGETIQUE.    ,  u 

el  TOUS  pourrez  tous  saurer  de  l'immoralité.  —  Hais  sîi  scindaol laformule.  tous  ditei: 
Mous  voulons  conserTer  l'égoïsme,  et  nous  vuulons  pourtant  que  les  mœurs  régnent,  tous 
Mes  d'absurdes  tyrans.  —  Car  si  l'homme  dit  igoUme;  la  femme,  è  l'instant  même,  dit  w- 
4ipmàanet,  liberté,  plaisir,  l>onheur  dans  la  présent,  dans  le  fini,  ce  qui  se  traduit  en  fait 
(lar  TOlupté,  Tire,  débauche,  immoralité. 

«  fit  il  m'est  permis  de  tourner  la  Toluplé  et  l'égoïsme  l'un  contre  l'autre ,  afin  de  les 
détruire  l'un  par  l'autre.  11  m'est  permis  de  me  faire  le  représentant  du  droit  de  la 
femme,  et  de  vous  dire  en  son  nom  :  Puisque  tous  n'aTez  d'autre  Dieu  que  l'égoïsme, 
je  ne  veux  aToir  d'autre  Dieu  que  )e  T6tre  ;  je  marcherai  donc  comme  tous  sur  la  terre  à 
la  lumière  de  mes  passions  ;  votre  science  est  devenue  la  mienne ,  tou9  ne  coonaisseï 
[4us  que  le  présent,  je  ne  counaltrai  plus  l'avenir  ;  je  ne  tous  plus  souffrir  pour  jouir 
dans  l'autre  monde.  Vous  ne  croyez  pas  à  l'autre  monde  ,  ni 'moi  Don  plus.  Quand  je 
croyais  à  l'autre  monde,  je  pouvais  m'assujetlir  dans  celui-ci  à  la  condition  qu'on  m'a- 
vait faite.  Je  regrette  cette  condition  ;  je  n'ai  plus  d'idéal,  je  ne  veux  plus  de  frein. — 
Vois,  peut-elle  dire  encore  &  l'homme,  vois  comme  la  terre  serait  triste,  aride,  dépouil- 
lée, si  ta  voulais  me  conserver  mes  anciennes  chaînes.  Songe,  malheureux,  que,  puisque 
nous  avons  perdu  les  joies  du  ciel,  au  moins  nous  faut-il  celles  de  Tenf-jr.  ConGe-loi 
doncft  moi  et  &  mon  instinct  de  bonheur;  laisse-moi  briser  et  brisons  ensemble  les  lois 
que,  dans  d'autres  pensées,  dans  de  chimériques  espérances,  nous  nous  étions  faites- 
Plus  que  toi,  j'ai  besoin  d'infini  ;  laisse-moi  ohercher  ào  moins  l'omhre  de  cet  infini,  qui 
m'est,  nécessaire,  dans  le  fini  qui  seul  nous  reste.  (P.  Lrkodx.) 

S  IV. 

•  Donc,  société  actuelle,  lu  n'as  ni  Dieu,  ni  roi,  ni  loi.  Plus  je  te  contemple,  plus  je 
vois  que  tues  folle  et  insensée.  Tu  crois  au  hasard,  et  lu  ne  crois  pas  è  autre  chose. 
Tu  fie  veux  plus  du  passé  et  tu  t'ABToroes  d'échapper  k  l'avenir  qui  t'invite  et  l'ap- 
pelle. 

«Dès  mon  enfance  j'ai  ouvert  vos  livres,  A  philosophes;  je  m'ensuis  nourri  ringl 
ws.  Jamais  Babel  ne  vil  une  plus  grande  confusion  el  tant  de  discorde.  Au  milieu 
de  tous  vos  systèmes,  rien    n'est  certain  pour  personne  que  l'incertitude  de   toutes 


■  Je  demande  aoz  philosophes  qui  gouTeme  le  monde7  Ils  me  répondent  :  La  ha- 
sard, — <îuel  est  Je  mobile  des  actions  humaines  T  L'égoïsme.  — ■  Qu'est-ce  donc  que  l'hu- 
manité 7  Nous  n'en  savons  rien.  —  D'où  Tient-elle  7  oiï  Ta-l-elle 7  Noi^  n'ensaTOns  rien.— 
Quoi  I  n'y  a-t-il  donc  pasune  vérité  ft  laquelle  je  puisse  m'altacher?  Pas  une;  la  terre 
est  pleine  de  confusion  et  en  proie  à  mille  fléaux  ;  l'on  rencontre  k  chaque  pas  l'iniquitâ 
Irioraphante,  et  la  vertu  sacrifiée  et  méconnue.  —  N'y  a-t-il  pas,  oh  |  n'y  a-t-il  pas  quel- 
que part  un  lieu  de  réparation  7  Non,  s'écrient  les  philosophes,... 

«  Ainsi  donc,  nulle  consolation  dans  la  science,  nul  remède  dans  la  philosophie.  Vojanl 
qu'il  n'y  a  plus  de  société  véritable,  je  m'étais  réfugia  dans  la  lïmille.  J'avais  rétréci 
mon  cœur,  et  concentré  toutes  mes  aifections  sur  quelques  êtres  chéris.  Hors  deoecei^ 
cle,  tout  était  pour  mol  indifférent  on  hostile.  Je  rapportais  tout  fc  eux  ;  tout  leur  était 
sacrifié.  N'aimant  rien  hors  d'eux  ,  ne  connaissant  ni  Dieu,  ni  l'humanité»  mon  amour 
était  devenu  monstrueux,  et  cependant  comme  Ugolin,  ï  qui  ses  enfants  demandent  k 
manger,  et  qui,  dévoré  lui-môme  par  la  faim,  n'a  que  des  larmes,  je  n'avais  que  des 
doutes  à  donner  à  ce  que  j'aimais  ;  et  par  eux  ces  doutes  faisaient  encore  mon  supplice* 
El  comme  ces  objets  de  mon  amour  étaient  tout  pour  moi,  que  pour  moi  l'humanité  M 
bornait  à  eux,  le  temps  Â  leur  durée,  toutes  leurs  misères,  toutes  leurs  imperrections 
déchiraient  mon  cœur-,  sans  que  la  consolation  pût  me  venir  du  dehors.  Ah  l  lualbeu- 
reux,  je  ne  me  sais  attaché  à  rien  d'éternel.  Ce  que  j'ai  aimé,  je  Vti  tiré  du  inonde,  et 
j'ai  éHitàtU  tout  mvn  amour,  toMtt  mon  upiranct^  loufs  ma  vie,  et  voilà  que  la  douleur 
et  la  mort  me  flétrissent  c»  que  j'avais  voulu  sauver  du  naufrage  universel  de  mes 
adées  fli  de  mes  seutimenls;  et  le  monde  tout  entier  n'est  plus  pour  moi   qu'un     désert* 


Q  mtHODUCTIOM.  <A 

ei  tes  sphères  infinies  qtiî  remplissent  l'espace  sont  le  nâant  podr  moi.  et  cette  marche 
élemelle  du  temps  est  poar  moi  le  désespoir,  et  je  ne  peai  âier  mes  r^rds  ni  sur  le 
ptssé,  ni  sur  le  préseol,  ni  sur  l'avenir.  le  ne  Tois  plus  qu'une  aOrreuse  fatalité,  des 
(lémeots  en  désordre,  ou  no  maorais  génie,  qui  rit  d'un  nre  infemsl  sur  les  maux  du 
jenrebamain. 

t  Et  11  poésie  ?  Hiis  les  poètes  en  sont  aussi  au  i/utpoir.  ~^  kfet-jous  au  moins 
des  chants  pour  endormir  mes  douleurs  T  Les  philosophes  ont  engendré  le  doute, 
lef  poêles  en  ont  senti  Tamertume  fermenter  dans  leur  cœur,  et  ils  chantent  le  dé- 
sespoir. 

■  L'ordra  social  autrefois  se  peignait  dans  tous  les  arts  ;  l'art  était  comme  un  grand 
1m,  qui  n'est  ni  la  terre  ni  le  ciel,  mais  qui  les  réflâebil.  Tons  les  arts  qui  sont  l^ixpres' 
lim  d'âne  société  Téritable  font  défaut  aujourd'hui ,  où  le  cœur  des  hommes  bet  en 
eDim»ia.Vous  rirez  solitaire,  vous  n'arez  plus  de  fêtes,  tous  tous  bitissez  des  de 
■esres  alignées  géométriquement,  mais  tous  n'arez  plus  de  temple.  Vos  architecte 
Tireel  de  plagiat ,  ros  peintres  rendent  la  nature  sans  rérité  et  sans  idéal,  et  aucune 
pensée  ne  dirige  leur  pinceau.  Mais,  je  le  reconnais,  la  poésie  de  la  parole  est  renue 
Inrir  dans  vos  raines  ;  elle  est  renne,  seule,  célébrer  des  fuDérallIes. 

■  C'est  Shakespeare  qui  coaduitiles  chœurs  des  poètes,  Shakespeare  qui  conçut  te  dotAe 
dans  soo  sein  araot  la  pbiIoso[Aie.  Werther  et  Faust,  Childe-Harold  et  don  Joao,  snt* 
rcot  l'ombre  d'Hamlet,  suiris  eux-mêmes  d'une  foule  de  fântAmes  désolés  qui  me  pei-* 
gneot  toutes  les  douleurs,  et  qui  semblent  tous  aroir  In  la  terrible  derisede  l'enfer! 
lmtetauUttfenmxa.(}ae  lu  es  grand,  A  Byroo,  mais  que  tu  es  triste  1  Et  toi,  Goethe, 
après  aroir  dit  deux  fois  la  terrible  fpensée  de  ton  siècle,  tu  semblés  avoir  roulu  t'arra- 
cbcr  an  loorment  qui  t'obsédait,  en  remontant  les  Ages,  te  contentant  de  promener  ton 
imagjiialiua  passira  de  siècle  en  siècle,  et  de  répondre  comme  un  écho  i  tous  les  poètes 
des  temps  passés.  D'aotres,  plus  faibles,  ont  été  moins  sages.  L'Angleterre  a  enlendd, 
aidow  de  ses  lace,  bourdonner  ,  comme  des  ombres  plaintives,  un  essaim  de  poètes  abt'* 
mes  dans  une  mjstiqne  contemplation.  Combien  l'Allemagne  a-t-elle  va  de  ses  eofanli 
participer  du  poissant  délire  d'HolTman  et  de  la  folie  de  Weroer  (U), 

■  Et  la  France*  après  aroir  prodoit  et  répandu  sur  l'Europe  la  philosophie  da  dotrie, 
kpoèswdadoatelnî  était  bien  dae,  quelque  doulonreose  qu'elle  fût.  Pour  la  première 
Ms,  Dotre  langue  a  enfin  connu  la  poésie  Ijriqoe.  Ce  na  sont  plus,  comme  dans  les 
aèdes  préeédenls,  quelques  accents  délicats  et  purs,  qoelques  retours  henrenx  k  Taoli- 
qailé,  de  l'analyse  et  de  l'éloquence;  c'est  la  poésie  elle-même  qui  a  paru.  Hais  coalem- 
plez  ceux  ft  qui  nous  la  devons,  sondez  le  fond  de  leur  cour:  ne  ro;ez-roas  pas  qde  leur 
liroat  est  empreint  de  tristesse  et  de  désolation  T  C'est  le  dontequiles  assiège  et  qui  les 
inspire,  comme  il  inspire  Goethe  et  Byron  ;  oa'bieo  ils  prodiguent  lenrsforcesl  peindre 
l'aspael  mstériel  de  l'unirers,  et  quand  il  s'agit  du  dirln,  de  l'absolu  et  de  l'éterotfl,  ils 
feoi  du  fsDlastique  sans  erojanee,  uniquement  pour  fkire  de  l'art.  >  (  Pierre.  Lnotrx,  Bc 
nw  imOépm.) 

Voilà  donc  quelle  est  la  société  ;  Jamais,  hélas  I  (ablean  ne  fbt  plus  trai  :  société  sans 
BiWf,  sociélésans  bonheur,  société  sans  philosophie,  sans  force  pour  imposer  des  lois, 
lasis  morale,  sins  Dieu...,  $ocUti  en  pouuUri,  le  mot  est  vrai,  effroyablement  vrai. 
IV.   . 

La  cbrislianisme  a  disparu  de  la  société,  et  la  société  comme  frappée  de  mort  par  le 
vide  ioimense  qui  y  a  produit  sa  disparition,  cbanceïle  à  son  lonr  ol  s'écroDIe  avec  lui... 

Erreur  !  erreur!  nous  crie  noe  philosophie  qui  iSimplit  le  monde  du  hrtiit  de  Son 
MKD.  n  est  vrai,  le  eliristianisme  est  roori,  mais  la  société  vil.  Fille  et  héritière  de  l'an- 
tsqoe  rel^ioo  qui  arait  bit  jusqu'ici  le  bonheur  du  genre  humain,  je  sais  appelée  ir 
lai    soecéder,  k  ensevelir  avec  respect  ses  dogmes  qui  oa  sont  plus  que  comme  des 

s  HiiDl  Pael  n'a-t^il  pas  ^1  :  la 


47  DIcnONNAIRR  APOLOGETIQUE.  U 

langes  inutiles  i  sa  Tirililé.  A  moi  d'âmaociper  les  ialellJgenccs,  à  moi  de  les  (aire  eolrer 
de  plain-pied  daas  le  règne  de  la  véritâ  pure  et  de  la  raison. 
UagaîSques  promesses!  solennels  engagements! 

Hais  voilà  que  d'une  tombe  que  l'on  croyait  A  jamais  muette,  est  sortie  une  voix,  la 
voii  d'un  des  maîtres  les  plus  brillants  de  celle  philosophie  superbe,  la  io'a  de  celui-U 
mâma  qui  avait  enseigné  eommtnt  Iti  dogmti  finitteat  (12)...  Cettu  voii  d'outre  tombe  est 
bien  grave;  les  révélations  qu'elle  nous  apporte  sont  bien  dignes  da  Bxer  toute  notre 
attention.  Ecoutons  donc  dans  le  recueillement  celte  leçon  deroière  du  célèbre  adepte 
de  la  philosophie  du  siècle ,  mort  comme  il  avait  vécu,  iceptique  et  détolé  (13), 

c  Né  de  parents  pieux,  et  dans  un  pays  où  la  fui  catholique  était  encore  pleine  de  vie 
BU  commencement  de  ee  siècle,  j'avais  été  acconlumé  de  bonne  beure  à  considérer  l'a- 
venir de  l'homme  et  le  besoin  de  son  Siae  comme  la  grande  affaire  de  ma  vie;  et  toute 
la  suite  de  mon  éducation  avait  conlriboé  à  former  eo  moi  ces  dispositions  sérieuses. 
Pendant  longtemps  les  croyances  du  cbrislianisme  avaient  pleinemeul  répondu  h  tous 
las  besoins  et  i  toutes  les  inquiétudes  que  de  telles  dispositions  jettent  dans  l'Ame. 
Aux  queitioiu  qui  étaient  pour  moi  le$  huIu  qui  nUritaiient  d'occuper  l'homme,  la  reti' 
gion  de  met  père*  DOitniJT  dks  h£pomsbs  et  ces  réponses  j'y  croyais;  et  grâces  è  ces 
croyances,  la  vie  présente  m'était  claire,  et  par  delà  je  voyais  se  dérouler  sans  nuage 
l'avenir  qui  doit  le  suivre.  Tranquille  sur  le  chemin  que  j'avais  à  suivre  dans  ce  monde, 
tranquille  sorHe  but  où  il  devait  me  conduire  dsiislaulre,  comprenant  la  vie  danises 
deux  phases  etia  mort  qui  les  unit,  me  comprenant  moi-même,  connaissant  les  desseins 
de  Dieu  sur  moi,  et  l'aimant  pour  la  bonté  de  ses  desseins,  j'étais  heureux  de  ce  boo- 
heur  que  donne  une  foi  vive  et  certaine  en  une  doctrine  qoi  résout  toltbs  lbs  sbiades 
Quunons  qui  pbuvsnt  iiiTÉRBasBH  l'hohhk.  • 

Voilà  un  bien  solennel  hommage  rendu  à  la  rel  igion  chrétienne,  à  celte  doctrine  qui  t<»qvX 
touta  lu  grande»  queitiotu  qui  peuvent  intéreuer  l'homma.Qai  ne  croirait  qu'il  est  bon 
de  s'attacher  k  une  telle  doctrine^  qui  a  une  solution  pour  tous  les  problèmes  de. l'esprit 
humain  et  qui  rend  heureux  de  ce  botdteur  que  donne  une  foi  vive  et  certaine? 

«  Mais  dans  le  temps  où  j'étais  né,  il  était  impossible  que  ce  bonheur  fOtduraltl«; 
et  le  jour  était  venu  où,  du  sein  de  ce  paisible  édifies  de  la  religion  qui  m'avait  recoeflli 
à  ma  naissance,  et  à  l'ombre  duquel  ma  jeunesse  s'était  écoulée,  j'avais  entendu  le  vent 
du  doute  qui  de  loutes  parts  en  battait  les  murs,  et  l'ébranlait  jusque  danit  seafondemeots. 

«  £a  vain  je  m'attachais  à  ces  croyances  dernières,  comme  un  naufragé  aux  débris  d» 
son  navire  ;  ea  vaio  éponvantédu  vide  inconnu  dans  lequel  j'allais  aoller.je  me  rejetais  pour 
la  dernière  fois  avec  elle  vers  mon  enfance,  ma  famille,  mon  pays,  tout  ce  qui  m'était 
cher  et  sacré... 

•  La  divinité  du  chrislianisme  une  fois  mise  en  doute  aux  yeux  de  ma  'raison ,  elle 
avait  senti  alors  trembler  dans  leur  fondement  loula  $e»  convictions... 

«Jésus  alors  qu'au  fond  de  moi-mimeit  H'xAVArrpLuaaiBii  qui  futdkbout;quxtodt 

CE  QUE /avais  cru  SUR  HOI-llftlIS,  SDR  DlBD  BT  SUR  MA  DESTINÉE  EN  CETTE  VIS  ET  E»  l'aDTBB, 
M  KB  LE  CBUVAIB  HO».  PUISQUE  JE  REJETAIS  L'  AUTORITÉ  QUi)  HE  l'aVAIT  FAIT  CSOtlE,  JB  Kl 
FOUTAIS  FLDS  L'aDHETTRE  ;  JE  LE  REIETAIS. 

«  Ce  moment  fut  aOVeux  ;  il  me  sembla  sentir  ms  première  vie,  si  Haute  d  si  pleine,  s'6- 
teindre,  et,  derrière  moi,  s'en  ouvrir  une  ajilre  sombre  et  dépeuplée ,  où  désormais  j'allais  vi- 
vre seul,  seul  avec  ma  fatale  pensée  qui  venait  de  m'y  exiler,  et  que  j'étais  tenté  de  mau- 
dire. Les  jours  qui  suivirent  celte  découverte  furent  les  plus  tristes  de  ma  vie.  Dire  de 
quels  mouvements  ils  furent  agités  serait  trop  long.  Bien  que  mou  intelligence  ne  consi- 
dérât pas  sans  quoique  orgueil  son  ouvrage,  mon  Ime  ne  pouvait  s'accoutumer  h  un  état 
si  peu  fait  pour  la  faiblesse  humaine  ;  par  des  retours  violeutï  elle  cherchoit  à  regagner 

|I3)  Titre  d'un  chapitre  des  Uélanqtt  de  tl.  Joiiffroy. 

(15)  C'est  ce  que  Douiappreud  M.  P.  Leroui.  \iiyet  Mutila'ion  d'un  icrii  poubum  à*  Tk.  jemffrog.t 
Revue  indép.,  IM2, 


is  naMMicnoiv.  m- 

les  riTtges  qn'elle  avait  perdus  ;  el)e  ntrouTail  dnDs  la  cendre  ue  su  crojraocé»  pêstiée» 
des  étiaeetiM  qai  samblueDt  par  ioterralles  rallumer  sa  fui. 

«  Hais  les  coBTietioos  raDTcrséss  par  la  raiaOD  oe  peuvenl  se  relever  qua  par  elle,  vt 
ces  iMeors  s'éleïgnaieat  bientdt... 

■  J'étais  incrédale,  mais  je  délestais  l'iacréduliK.  Ce  fol  U  ce  qui  décida  de  la  dîree* 
liOD  de  ma  vie.  Me  pouTaol  supporter  l'iaeertituile  sur  l'énigme  de  la  destinée  humaine, 
n'ayant  plus  la  lumière  de  la  foi  pour  la  réaoadre,  il  ne  me  restait  que  les  lumières  de  Id 
rttsoD  ponc;  pourvoir.  Je  résofns  done  de  consacrer  tput  le  temps  qui  serait  oécesssire» 
el  OM  vie,  tll  le  fallait,  k  celle  recherche  ;  v'ert  par  ce  cbeiain  que  je  me  trouvai  ameoé 
)  la  pbilotopbie,  qui  me  sembla  ne  pouvoir  être  que  celte  rashereha  méaae  (ik).  ■ 

Tnci  donc  l'heure  des  expériences.  Le  moment  est  veua  de  sommer  la  raison,  la  pbt- 
toso|rtiie,  de  remplir  leurs  promesses.  Cet  esprit  émineot  va  sans  doute  retrouver  en  elles 
Unt  ce  qu'elles  lâi  eot  fait  perdre;  elles  lui  ont  tout  Até,  ce  a'esl  plus  qu'un  cadavre-: 
voyms  si  elles  vont  lai  redonner  la  vie. 

■Le  moment  elle  lieu  où  je  formai  le  projetqueje  viens  de  dire,  oepouvaienteireplua  fa  vo- 
nbles  k  son  exécution.  La  France,  après  lesommeil  de  l'empire,  s'éveillailalors  au  mouve- 
ment philosophique  :  denzbommes,  d'un  caractère  el  d'un  talent  tout  opposés,  mais  égalfr- 
miflt  rares,  venaient  de  le  ranimer,  l'un,  en  refvoduiaaat  daita  un  langage  admirable  de 
clarté  et  d'élégance,  les  doetrines  métaphysiques  de  CondiHae,  avait,  pour  ainsi  dire» 
ressuscité  la  philosophie  du  xviu*  siècle  h  la  Faculté  des  lettres  (15);  l'autre,  an  atU- 
quaot,  dans  des  lefoas  d'une  incomparable  logique,  ees  mènes  doctrines,  venait  de 
prendre  rinitialive  de  l'inévitable  réaction  que  le  génie  du  xix*  siècle  naissant  devait 
développer  contre  celui  du  snir*  (M).  Deux  années  d'enaeignemttnt  avaient  suffi  à  ces 
deux  illustres  professeurs  pour  poser  le  débat  et- y  eotralner  à  leur  suite  toute  là  jeu- 
nesse; l'un  et  faulre  venaient  de  se  taire,  et  l'école  nonnale  était  pleine  du  souvenir 
de  leurs  paroles  et  de  l'ardent  intérêt  qu'elles  avaient  inspiré.  Parmi  les  esprits  distin- 
goés  qu'elle  renfermait,  les  deux  philosopbies  avaient  trouvé  leurs  représeotanla,  el 
comiBe  dans  le  monde,  avec  plus  de  vivacité,  d'enthousiasme  et  de  force,  deux  campe 
s>  dessinaient.  Les  esprits  élégants  el  sceptiques  éuient  pour  les  doetriaeS  ancienoea  ; 
lese^MÎts  ardents,  nalurellement  plus  révolationoaires,  pour  les  Boarelles,  el  dans 
tes  vives  discussions  qui  s'engageaient  on  ne  pouvait  pas  encore  prévoir,  ce  qiU  néan- 
moins dans  un  séminaire  de  jeunes  gens  devait  nécessairement  arriver,  la  dé- 
laite do  inssé  et  le  triomphe  complet  des  doctrines  nouvelles.  6a  iKMame  (17),  tovl 
jeana  encore,  mais  qui  depuis  n'a  jamais  été  pins  remarquable  par  soa  éloquence  qu'il 
ne  l'élail  alors,  se  trouvait  è  la  lèle  de  ce  dernier  parti.  Après  avoir  été  a«  rang  des 
élèves,  il  venait  de  passer  au  rang  des  maîtres.  Une  conférence  de  philosophie  loi  était 
eonflée  dans  le  sein  de  l'école,  et  tout  ce  qui  s'inléress&it  è  ces  débats,  k  quelque  camp 
qoll  apparttot,  attendait  impatiemment  l'ouverture  de  sus  leçons.  On  peut  juger  si,  dans 
la  silvalion  ott  je  venais  de  tomber,  moi  qui  n'avais  entendu  ni  M.  de  la  Itomiguière,  ni 
'  M.  ■ojer-CoIlard,  je  partageais  cette  impatience. 

t  ■  El  toutefois,  el  le  débat  qui  s'agitait  autour  de  moi,  quand  j'en  eus  compris  le 
sujet,  el  les  leçons  il  brillantes  du  jeune  professeur  qui  devaient,  dans  le  sein  de  Técole 
do  moins,  j  mettre  un,  quand  j'eus  commencé  è  les  suivre,  se  trouvèrent  bien  des  choses 
auxquelles  je  rêvais  et  qui  tourmentaient  mon  intelligence  et  mon  cœur;  mon  esprit, 
cit  abmlaat  la  philosophie,  s'était  persuadé  qu'il  allait  rencontrer  due  sciihcb  aieauèau 
qBÏ,  après  lui  avoir  montré  son  but  el  ses  procédés,  le  conduirait,  par  des  chemins  sftra 
et  bien  tracés,  k  des  connaissances  certaines  sur  les  choses  qui  intéressent  le  plus 
rboauDe>  n  ne  s'était  pas  rendu  un  compte  bien  net  du  cercle  de  questions  que  celts 

^JiSj  tkftffmkaàm  îat  irinra  )>MfdwpAifM>,  écrit  postfaiDW  de  Th.  Jonfroy,  dans  la  Jtmc  JiiAp. 


'    SI  DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE.  H 

scieRM  embr8isa!(|;  mais  il  se  l'était  figuré  immease,  et  parmi  ces  qurstions  ,  il  n'avait 
pas  doQté  un  moment  qu'au  premier  rang  et  comme  la  fin  dernière  de  la  philosophie,  ne 
se  trouTeraient  celles  qoi  l'inquiétaient,  celles  dont  en  perdant  la  foi,  il  avait  perdu  la 
solutioD,  en  un  mot,  mon  intelligence,  excitée  par  ses  besoins  et  élargie  par  les  ensei- 
gnements du  christianisme,  avait  prAté  h  la  philosophie  le  grand  objet,  les  vastes  ca- 
dres, la  sublime  portée  d'une  religion.  ^Ile  arail  égnié  le  but  de  l'une  h  celui  de  l'autre, 
et  n'avait  rêvé  de  différence  entre  elles  que  celles  des  procédés  et  de  la  méthode  :  la  re- 
ligion imaginant  et  imposant,  la  philosophie  trouvant  et  démontrant. 

a  Telles  avaient  été  aeseapéranoes,  et  que  trouvait-elle  T  Toute  cette  lulte  qui  avait 
ranimé  les  échos  endormis  de  la  Faculté  et  qni  remuait  les  Ifites  de  mea  compagnons  d'é- 
tndes,  avait  pour  ot^et,  poor  unique  ot^ett  la  question  de  l'ori^oe  des  idées.  Condillso 
l'avait  résolne  d'une  ftçon  que  H.  de  la  Bomiguièra  avait  reprodaitu  en  la  modifiant.  H. 
Hoyur-Gollard,  marchant  sur  les  pas  de  Reid,  l'avait  résolue  d'aoe  autre,  et  H.  Cousin» 
^évoquant  tous  les  systèmes  des  philosophes  anciens  et  modernes  sur  ce  point,  les  ran- 
gAant  en  balallle  en  foce  les  uns  des  autres,  s'épuisait  à  montrer  que  U.  Koyer-Collsrd 
avait  raison  et  Condillac  tort.  C'êtiit  la  tout,  et,.dans  l'impuissance  où  j'étais  alors  de 
saisir  les  rapports  secrets  qui  lient  les  problèmes  «n  apparence  les  plus  abstraits  et  les 
plus  morts  de-Ia  philosophie  aux  questions  les  plus  virantes  et  les  plus  pratiques,  cen'é- 
tslt  rien  i  mes  yteux.  Je  oe  pouvais  revenir  de  mon  étonnement  qu'on  s'occupAt  de  l'o- 
rlglpe  des  idées  avec  une  ardear  si  grande,  qu'on  eût  dit  que  toute  la  philosophie  était 
là.  Encore  si,  pour  crasoler  et  rassurer  ceux  qu'on  enfermait  ainsi  dans  une  aride  et 
élroilfl  qoestiout  on  eût  commencé  par  leur  montrer  le  vaste  et  brillant  horizon  de  la 
philosophie,  et  dans  cette  perspective  les  grands  problèmes  hamains  chacun  à  leur  placo* 
et  le  chemin  i  parcourir  pour  les  atteindre,  et  l'utilité  des  idées  pour  les  sonder,  Cetle 
carte  da  pays,  en  m'éclairanl,  m'eût  &it  prendre  patience.  Hais  non,  cette  carte  régulière 
de  la  philosophie,  qui  n'existait  pas  et  qoi  n'existe  pas  encore  aujourd'hui,  on  ne  pou- 
vait la  donner,  et  la  mouvement  philosophique  d'alors  était  encore  trop  jeune  pour  qu'on 
en  sentit  bien  le  besoin.  H.  de  la  Bomiguière  avait  recueilli  comme  un  héritage  la  philo* 
Sophie  du  XVIII*  siècle  rétrécie  en  un  problème,  et  ne  l'avait  pas  étendue;  le  vigoureux 
esprit  de  Royer-GoUard,  reconnaissant  ce  problème,  s'y  était  enfoncé  de  tout  son  poid* 
At  n'avait  pas  eu  le  temps  d'en  sortir.  H.  Consip,  tombé  an  milieu  de  la  mêlée,  se  battit 
d'abord,  saui  A  en  rechercher  la  solution  plus  tard.  Toutb  la  philosophib  était  dans  dh 

VROO  00  l'on  HAIIQDAIT  d'aI*,  BT  OU  HOU  AHS,  RACBMIfBHT  BXILÉB  DC  CHHlSTlANISltB.  iTOCT* 

vAiTi  et  cependant  l'autorité  des  maîtres  et  la  ferveur  des  disciples  m'imposaient,  et  te 
n'osais  montrer  ni  ma  surprise,  ni  mon  désappointement. 

■  Ainsi  s'écoulèretit  pour  moi  les  deux  premières  années  de  mon  professorat;  et  si  l'oa 
veut  réfléchir  aux  Iravauc  qui  les  remplirent,  on  croira  facilement  qu'ils  ne  laissèrent 
aucune  place  k  t'eiamen  de  ces  questions  générales,  dont  je  m'étais  plaint  d'abord  de  no 
point  trouver  la  solution  dans  l'enseignement  qui  m'était  donné....  J'£tais  ippBLi  a  mou 
TOUS  A  piovBssBH  cuB  sçiBRCK  DONT  JB  H^  SAVAIS  f  AS  tt^HE  l'objbt  ....  Je  dois  mèmc  ^ou« 
ter,  pour  être  vrai,  que  l 'ajournement  de  ces  questions  m'était  devenu  moins  pénible. . . 
Toutefois,  la  préocfsupstipn  n'en  était  pas  éteinte  dans  mon  cœ^r;  elle  y  subsistait  tout 
entière  ;  et  par  inlerTalles,  quand  j'avais  quel<jues  heures  h  rêver  la  nuit  à  une  fenêtre, 
QU  le  jour,  sons  les  ombrages  desTtiileries,  des  élans  intérieurs,  des  atteadrissemeats 
subits,  me  rappelaient  à  mes  croyances  passées  et  éteintes,  a  l'obscçrit£,  aq  tid^di  moit 

AVi  BT  4U  FROJBT  TODJOOBS  AJOnSIt  DB  LB  COHBLSa  (IÇ).  > 

Perpétnellement  livré  anx  tourments  du  doute,  à  un  trouble  indicible  que  la  philoso- 
phie ne  p^iit  calmer,  à  res  retours  de  la  pensée  et  du  ccpur  vers  une  pieuse  enfance  qqi 
le  poursuivait  4e  ses  i\om\  souvenirs,  Jooffroy  s'en  va  revoiries  montagnes  qui  l'avaient 
TU  naître, 

■  Je  me  trouvais  sous  le  toit  où  s'était  écoulée  mon  enfance,  au  milieu  des  personne* 
qui  m'avaient  si  tendrement  élevé,  en  présencedes  Ojt^ets  qui  avaient  frappé  met  yeux, 

((8)  Op.  «(.,  iifrf. 


s  INTROOIICTHHf.  SI 

bwfté  non  enor.  affecM  moa  tnleliigence  dant  les  plus  beaui  jourt  de  na  pramière  vie. 
QiaqM  Toiz  que  j'enlendsia,  chaque  objet  que  jeroyais,  chaque  lieu  où  je  portais  n^ 
pu,  nTiTaieolea  mot  lea  souTeuirs  éteints,  les  impressions  efTacées  de  cette  premitre 
lia.  Hais,  en  reotraot  dans  .raoD  Imst  ces  souTeoirs  et  ces  impressions  n'y  irouraient 
plus  les  mâmes  ooids.  Tool  était  comme  autrefois  eiceplé  mot.  Celle  ^ise,  oo  y  eélé- 
bnilaneore  le*  saints  mystères  BTce  le  même  recueillamenl;  ces  champs,  ces  bois,  ces 
footaioes,  ou  allait  eocoraau  priolemps  les  bénir;  cette  maison,  ooy  éleTail  encore,  au 
JMir  marqué,  uo  aulel  de  fleura  et  de  feaillage;  ce  curé,  qui  m'avait  enseigné  la  foi,  avait 
TîeJNi,  mais  il  était  toujours  tè,  croyant  toujours,  et  loat  ce  que  j'aimais,  et  tout  ce  qui 
■'«ilonfmi.l  arail  le  même  cmor,  la  même  âme,  le  même  espoir  dans  la  foi  :  moi  seul  l'a- 
nis  perdue,  moi  seul  étais  dans  la  vie  sans  savoir  ni  comment  ni  pourquoi  ;  moi  seul,  si 
iavaBl,  ne  atTais  rieo;  moi  sicl  àrAis  noa,  Aeiri,  ruik  de  LutuiaE,  âtkosli  n  in- 
cciix  (M).  » 

L'ezpérieoee  est  consommée  pour  l'infortané.  Il  a  perdu  la  paix  et  le  bonheur  en  per- 
diol  Im  reli^oD  de  son  enfance  ;  la  philosophie  ne  les  lui  rendra  pas,  la  philosophie  n'est 
qa'uD  brillante  et  cmelle  déception.  Cette  pauvre  intelligence  se  traînera  ainsi  fc  travers 
la  vide  et  robaenrité,  jusqu'à  sa  dernière  heure,  et  tout  près  de  descendre  au  tombeati, 
t  encore  de  philosophie  avec  le  digne  curé  de  Saint-Jacques,  sa  parois8e,fin 
I  dire  avee  un  profond  soupir  :  ffélai  l  tfonvintr  U  euré,  tout  cet  tiftiémt»  ne  wU- 
mmt  à  rUm.  fmU  «fcux  miUê  tt  mille  fou  Mit  bon  aelt  de  foi  chrétienne  (20}. 

Quml  Dullre,  ftfMf  Ue  tjfttimei  de  la  pMoMophie  ne  minent  à  rient  Là  p\ti\050pb\e,  votre 
•eelo  ressource»  cette  science  ou  plutôt  celle  religion,  qui  devait  combler  le  vide  de 
nitrelme,  et  qui  se  porte  rbéritière  du  christianisme  dans  l'esprit  des  générations  nou- 
velles, cette  philosophie  ne  mint  dricN/ Assurément  vous  calomnies  cette  science  sian- 
deoneelsiillustre  dans  l'histoire  de  l'humanité.  Est-ce  donc  fc  nous  de  vous  rappeler 
looscas  noms  fameux  qui  de  notre  temps  se  sont  enrâlés  sous  sabaunièreT  Vousne  pouvez 
avoir  si  vile  oublié  tout  ce  que  la  philosophie  a  accompli  de  nos  jours,  et  les  lriompbe.s 
qu'elle  a  remportés  sur  la  vieille  religion  du  Christ.  L'antique  édifice  n'esl-il  pas  tombé 
sous  ses  coups?  Les  ruines  qu'elle  a  faites  ne  joocbenl-elles  pas  le  sol  de  toute  part? 
Mais  si  elle  a  été  habile  k  détruire,  sans  doute  elle  ne  l'aura  été  posmoinsA  édifier.  Sous 
tes  efforts  de  tous  ces  génies  créateurs  qui  ont  travaillé  avec  tant  de  zèle  k  son  triomphe, 
il  ne  se  peut  bire  qu'il  ne  se  soit  élevé  quelqoe  remarquable  établissement  au  sein  du- 
qad  toutes  les  générations  vont  désormais  puiser  une  nouvelle  vie,  et  alteiodre  l'apogée 
de  la  prospérité  el  du  bonheur. 
Kalire,  nous  vous  interrogeons,  daignez  nous  répondre. 

JVL 
«  D'abord  on  a  détruit  ;  c'était  le  premier  besoin.  Après  avoir  détruit,  on  s'est  moqué  ; 
c'est  le  propre  des  vainqueurs.  Hais  jusque-lè  on  n'a  pas  songé  h  établir,  et  poorlant  il 
bel  da  positif  au  peupleelk  la  raison.  Dans  la  ruiaed'undogmeusé,  Ib  négation  sé- 
rieuse tient  d'abord  lieu  de  foi  :  c'est  croire  quelque  chose  que  de  croire  qu'une  doc- 
trine ijoe  l'on  suivait  est  fausse;  on  y  met  d'abord  une  ardeur,  un  zèle  qui  remplissent 
rime.  Hais  quand  la  chose  est  bien  démontrée,  que  l'ennemi  est  abattu,  qu'on  n'a  plus  h 
faire  que  rire  de  son  absurdité,  le  zèle  tombe  faute  d'opposition,  el  l'oii  sa  teodvb  a  viob 
délacM  d'une  croyance  el  ne  leuanl  plus  i  aucune,  dans  une  parfaite  indépendance  d'es- 
prit qoi  flatte  el  k  laquelle  on  se  plaît  quelque  temps,  mais  qai  ne  tarde  pas  h  fatiguer 
mae  nature  Doirr  la  vaiblbub  hb  saproaiK  pas  lm  ooim. 

«  Dans  toute  révolution  d'idées,  le  scepticisme  trouve  sa  place-,  il  vient  pour  détruire, 
et  sarrit  k  sa  victime  ;  mais  il  ne  peut  tenir  longtemps.  Nous  avons  besoin  de  croire, 
parce  que  nous  savons   qu'il  y  a  de   ta  vérité.  Le  doute  est  un  étal  qui  ne  peut  nous 

<Wl  Tovâ  éaps  les  a»dl  pUîu.  lar  tt  CMntlian.  ti  leUre  daot  Lsqudk  H.  Maitiu  de  Noiriien  rend 
riM|U  h Hp larcbevéqua  de  Paris  des  enlievnes  qa'il  avait  eoes  avec  H.  Joolfroy  qui  habitait  sur 


M  DICTKMQUntE  &P0L0GETIQ1IE.  SI 

(lairt  que  comme  rdMcnce  d'une  ttane  erojaneedoot  nout  nous  sentons  délivra.  Celle 
ntitltâioD  goûlé«i  noas  aspiroDS  k  une  nooveile  crojiace;  la  fsaxdéiniil,  dods  todIors 
le  f  ni. 

«  Or  s'il  estbdie,  l'e^itd'exsmenuMfoisBé.dedétrairecequi  esl  faux,  ilhi  l'est 
riStleCaoxdémoolrét  m  nooTn  «  qdi  «n  mi.  Uille  ejstèmes  s'élèfeot.  Le  perli 
Tainqaeor,  uni  psurabatlrei  se  partage  pour  rétablir.  La  perspeclive  du  pooToir  pour  le 
parti  triomphant,  complique  d'intérêts  particuliers  cette  dispute  philosophique.  Les 
Tleax  amis  delà  réforma  se  diriseol;  bîeDtAtîlsseeraigoeDt;B!icomi  dxmombntrtiu 
ÊK  oÉnarsutirT  plus  qu'ils  ne  délestent  leurs  commuas  eunemis,  qu'ils  ne  jugent  plus 
redoutables.  Tout  est  raction  dans  le  parti  de  la  Térité,  tandis  que  le  parti  opposé  devient 
de  plus  en  plus  eompsete  par  l'unité  d'inlérét  qu'une  crainte  commune  j  a  bit 
Otttlre. 

€  Cependant  le  peuple,  dont  les  intérêts  matériels  ne  sont  point  engagés  directement 
dans  ces  querelles,  continue  de  r^arder  arec  son  bon  sens,  ne  Toolanl  et  ne  chercbaiit 
que  la  Térité,  mais  la  roulant  prooiptemenl,  parce  qu'il  eu  a  besoin.  Il  sait  qu'elle  o'eat 
pas  dans  le  vieux  dogme  :  quoi  qu'il  arrîTe,  il  ne  se  ralliera  pas  kses  partisans;  mais,  il 
est  étonné  de  ne  plus  la  trouTer  dans  la  bouche  de  ses  amis.  Eux  qdi  parlaibiit  dc  si 

9M  BIHS  Wr  ITKC  rurt  D'uRAnimTÉ  KT  DB  DiBlirTÉftU8KIIUrT,LE«  TOILA  QOISBVnDEIlT 
PÀHS  nS  STStIiII»  HmTRUJâlBLBS,  QUI  SB  DtTUBHT  SUB  TODS  LES  FOUTB,  qul     M     haïSSCDlt 

qui  deriennent  éridemmeat  égoïstes  et  ambitieux  comme  leurs  adversaires.  Qu'est  (Jerenu 
le  zèle  pur  de  ces  apàtres  de  la  nourelle  foiT  Où  6st  la  Térité  promise}  où  est  le  bonheur 
qu'ils  annonçaient  au  peuple  T  C'était  pour  lui  et  pour  lui  seul  qu'ils  Toulaïent  traTail- 
1er;  et  c'est  pour  eux  qu'ils  combattent)  se  divisent,  et  oubliant  le  Tïeil  ennemii  te  dé- 
chirent entre  eux 

■  4lou  lb  pbuvlb  obsesp^m  iw  la  jturk.  Il  ne  Toit  plus  que  des  trompeurs  autour 
de  lui,  ii  devient  défiaal  envers  inus,  et  pense  qu'en  ce  monde  l'affaire  unique  est  d'être 
le  moins  malheureux  possible  ;  que  c'est  folie  de  prêter  l'oreille  aux  beaux  discours  et 
eux  grands  mots  de  vérité,  de  justice,  de  dignité  humsiûe;  que  la  religion  et  la  morale 
ne  sont  que  des  mojBoa  de  le  prendre  et  de  le  faire  servir  à  des  projets  qui  ue  le  tou- 
chent point.  Il  dbtiert  bgbptiqdb  sdb  toot,  sauf  sur  son  intérêt,  et  passant  k  l'iodifférence 
pour  tous  les  dogmes  et  pour  tous  les  partis,  estime  que  celui  qui  lui  coûtera  le  moins 
sera  le  meilleur.  On  ne  pourra  plus  lui  mettre  les  armes  è  la  main  pour  fucun,  nul  n'en 
Taudra  la  peine.  Sa  religion,  sa  morale,  sa  politique,  sa  doctrine  universelle  et  unique, 
c'est  l'intérêt;  sesmeltreset  ses  meneurs  sont  parvenus  i  te  rendre  semblable  k  eux(3l).* 

Uerci  1  mettre.  C'est  triste  &  dire  pour  la  philosophie  et  pour  les  philosophes,  mais  nous 
pimona  la  franchise  de  ces  aveux.  Nous  augurions  mieux  des  promesses  de  tant  de  beaux 
génies  qui  ont  enfanté  de  si  éloquentes  pages  pour  célébrer  les  fruits  glorieux  et  féconds 
de  h  philosophie.  Hais  ces  accusations  ou  ces  réflexions,  si  vons  voulez,  sont  bien  gé- 
nérales et  par  conséquent  un  peu  Tagues,  Ne  pourriez-vous  pas  entrer  dans  les  détails  et 
préciser  davantage  les  bits?  Jl  est  possible  que  les  philosophes  éprouvent  qoelqoa 
embarras  et  s'entendent  pea  au  milieu  des  démolitions  qui  encombrant  leur  voie  au 
débat;  mais  serait-il  juste  de  s'en  prendre  k  la  philosophie  elle-même?  Malgré  les  divï- 
lions  qui  rftgnent  entre  ses  disciples,  la  philosophie,  sans  doute,  n'en  verse  pas  moins  d« 
iluminenses  clartés  sur  les  problèmes  dont  il  importe  tant  &  l'homme  et  h  la  sociélé  d'a- 
voir une  solution  certaine.  Que  dit-elle,  par  exemple,  de  l'origine  de  l'humanité,  de  sa 
deiliDée,  de  ses  développemcntsT  Elle  a  sans  doute  le  secret  de  loules  ces  grandes  choses. 
Vous  qai  (ivez  été  ipitié  k  tous  ces  mystères,  mettre,  nous  vous  en  prions,  dites-nous 
ce  secret. 

S  Vil. 

■  Dans  les  grandes  plaines  de  l'Asie,  vous  voyez  arriver  des  races  qui  descendent  de* 
montagnes  ceirtrales  de  ce  vaste  continent,  d  '  "•  ■«•it-étre  des  ODcAIres,  najc 

(31)  loDmov,  Comment  lu  dogtitet  finmtni. 


B  MTROOUCTIOH.  SS 

qni  n'ont  pas  d'histoire.  Elles  s'en  vieooenl  saavages,  presque  naes,  i  peino  armées  ; 
dla  l'en  Tienneot  sans  dire  d'où  elles  sorlenl,  ni  i  qui  elles  aiiparlîenuenl  ;  elles  arrt* 
TtotUuD  joar,  elles  s'emparent  de  ces  ptaioes.  D'uo  autre  eùié,  et  des  déserts  de  l'Arn- 
bie,  irriTeot  d'antres  races  qui  n'ont  pas  le  même  crâne,  les  méoMs  idées,  mais  qui  sont 
état  la  même  ignorance  de  leur  origine  et  de  leurs  ancAtres.  En  se  reneonirani,  elles  se 
UonTeot  hostiles  les  nnes  aux  autres;  de  longues  luîtes  s'engagent,  qui  fondent  de 
gnndi  empires  aussitôt  renversés  qu'établis;  une  race  siiroage  enâa,  qui  demeure  en 
pouMsîon  de  ces  terres  et  y  domine  seule,  tenant  les  autres  stous  ses  pieds.  Cet  empire 
ïwiucréé  entre  en  contact  avec  l'Enrope.  U  aussi  des  hommes  sans  histoire  qui  ont 
eoeora  d'autres  crânes,  d'autres  idées,  une  autre  manière  de  virre.  Et  ces  deux  races, 
roH  iiiaf  iqoe  et  l'autre  grecque,  se  disputent  Is  prépondéranee  :  les  Grées  remportent, 
flTAda  est  soumise.  Hais  bientôt  un  ooureao  peuple,  habitant  l'Occidenl  s'élère,  gran- 
dii nfùleineni,  et  dans  les  cadres  immenses  de  son  empire,  engloutit  la  race  grecque  el 
iti  onquiles.  Cet  antre  peuple  est  lai-mème  entouré  de  races  inconnues  i  elles-mêmes 
et  jDi  latrcs,  qui  TÏTent,  depuis  des  époques  ignorées,  dans  l'occident  et  le  nord  de  l'Eu- 
rape.  Ce»  hommes,  qui  ne  ressemblent  ni  aux  Romains,  oi  aux  Grecs,  ni  aux  Orienlaui, 
qui  ont  d'antres  crojances,  d'autres  idées,  d'autres  lances,  ont  aussi  leur  Tocation  qui 
les  apte  au  sein  de  leurs  forêts,  ei  qni  les  appelle  h  leur  tour  sar  la  scène  du  monde.  Ils 
jpsnissent  quand'  l'heure  est  venue,  et  ftome  s'écroule  sous  lenr  souffle.  Et  puis,  plus 
Urd,  on  pénètre  dans  des  pays  ignorés,  on  décoorre  le  nord  de  l'Asie,  le  midi  de  l'Afri- 
foe,  l'Amérique,  les  innombrables  Iles  semées  comme  de  la  poussière  sur  la  surface  de 
rOcésn;  si  partout  de  nouveaux  peuples,  des  peuples  de  toutes  les  couleurs,  blancs, 
Doin,  rouges,  cuivrés,  è  crines  de  toutes  les  formes,  k  civilisations  de  tous  les  degrés, 
1  idées  de  toutes  les  espèces;  et  ces  peuples,  aucun  ne  sait  d'où  ils  viennent,  ce  qu'ils 
Awtsar  la  terre,  ob  ils  vont;  aucun  ne  sait  par  quel  lien  ils  se  rattachent  k  la  commune 
buDsnîté. 

<  Quand  on  réOécbft  k  cette  histoire  de  l'espèce  humaine ,  k  celte  nuit  profonde  qui 
swvra  en  tous  lienx  son  bercesu ,  k  ces  races  qui  se  trouvent  partout  en  même  temps 
<t  parloal  dwis  la  même  ignorance  de  leur  origine ,  aux  diversités  de  toute  espèce  qui 
les  séparant  eooore  plus  que  les  distances ,  les  montagnes  et  les  mers ,  à  l'élonnement 
'oBl  die»  août  saisies  quand  elles  se  rencontrent ,  è  la  constante  hostilité  qui  se  déclare 
(Dire  elle*  dès  qu'elles  se  connaissent;  quand  on  songe  à  celle  obscure  prédestination 
qui  les  appelle  tour  è  tour  snr  la  scène  du  monde ,  qui  tes  y  fait  briller  un  moment,  et 
fsi  Je*  replonge  bientôt  dans  l'obscurité,  un  sentiment  d'effroi  s'empare  de  l'âme,  et 
l'indiTÎdu  ae  sent  Mcablé  de  la  mystérieuse  fatalité  qui  semble  peser  sur  l'espèce.  Qu'est* 
et  doue  qne  celle  humanité  dont  nous  taisons  parlleT  d'où  vient-elle  f  où  va-t-elleT  En 
M-il  d'elle  comme  des  herbes  des  champs  et  des  arbres  des  forélsf  Comme  eux,  est-elle 
sortis  de  terre,  en  tous  lieux,  au  jour  marqué  par  les  lois  générales  de  l'univers,  pour  y 
rentrer  an  antre  jour  avec  enxF  ou  bien,  comme  t'a  rêvé  son  orgueil,  la  création  n'esl- 
dle  qa'oD  théâtre  sur  lequel  elle  vient  jouer  un  acte  de  ses  destinées  immortelles? 
Eneorâ  n  la  lumière  qui  ne  luit  pas  sur  son  berceau  éclairBÎt  son  développement!  Hais 
qai  sait  oft  elle  «a ,  comment  elle  va  ?  La  civilisation  orientale  est  tombée  sous  la  civili- 
salioe  grecque  ;  la  civilisation  grecque  est  tombée  sous  la  civilisation  romaine;  uue 
nouvelle  civilisation,  sortie  des  forêts  de  la  Germanie,  a  détruit  la  civilisation  romvae  : 
qoe  deriendra  cette  nouvelle  civilisation  T  Conquerra-t-elle  le  monde ,  ou  hit^n  est-il  dans 
U  destinée  de  tonte  civilisation  de  s'sccrottre  el  de  tomber  T  Eu  un  mot,  l'bumanilé  ne 
^t-eJle  qoe  tourner  éternellement  dans  la  même  cercle,  ou  bien  arsnce-MlleT  ou  bien 
encore  .  comme  quelques-uns  le  prétendent ,  recule-l-elle  T  Car  on  a  supposa  aussi  que 
'■'tt*  lumière  était  au  commencement,  que,  de  traditions  en  traditions,  de  transmissions 
fa  Iransmissions ,  cette  lumière  allait  s'étetgnant,  et  que,  sans  nous  en  douter,  nous 
■ardiiaQS  â  la  barbarie  par  le  chemin  de  la  civiiisatiou.  L'homme  demeure  éperdu  ei^ 
iict  de  cem  problètnes  ;  anéanti  qu'il  est  dans  l'espèce,  l'aoéantisseiuent  de  l'espèce  6il9r. 


M  DICTIONNAIRE  APOLOGRTIQUE.  00 

m£ni«  4U  milieu  d'une  mer  de  ténèbres  glace  soo  cœur  et  confond  son  imagioalion.  Il  se 
Quuiaade  qaelle  est  cette  loi  sous  laquelle  marche  le  troupeau  des  hotames  sons  la  eon- 
'  naître,  et  qui  l'emporte  avec  eux  d'une  origine  ignorée  î  une  Sa  ignorée;  et  de  celte 
manière  encore  se  pose  pour  lui  la  qnestîoa  de  sa  destinée  (93).  ■ 

Ah  1  rhumaoité  ne  sait  ni  d'où  elle  rienl  «  ni  où  elle  ra.  Lt  troupeau  de*  Jkwmaiiu  moreke 
iOtti  IMS  loi  qu'il»  ne  eonnaineHl  pas  et  qui  tet  emporte  (fwu  origint  ignorée  A  ww  Jfn 

ignorée C'est  très-peu  satisfaisant.  Nous  ariendions  mieux  que  cela  sur  une  question 

de  cette  importance. 

Le  maître  sourit  du  noire  naïve  confiaiice  dans  les  ressources  de  la  philosophie  en  Eace 
des  questions  qu'elle  se  pose ,  et  reprenant  la  parole ,  il  nous  démontre  que  la  philoso- 
phie n'a  résolu  aucun  problème,  et  qu'elle  n'est  pas  plus  organisée  aujourd'hui  qu'au 
temps  de  Tliatàs  et  da  Pythagore. 

S  VIII. 

<  Deux  faits  frappent  tous  les  esprits  dans  le  spectacle  de  la  philosophie  et  domi- 
nent toute  son  histoire  :  d'une  part ,  i  toutes  les  grandes  époques;  à  tontes  les  époques 
lucides  des  annalns  de  l'humanité,  le  privilège  étonnant  qu'elle  e  d'occuper  el  d'ab- 
sorbor  les  plus  hautes  et  les  plus  fermes  intelligences;  de  l'autre,  malgré  les  travaux 
et  les  efforts  de  ces  hautes  intelligences,  le  malheur  non  moins  extraordinaire  do 
demeurer  immobile,  ftrERifKLLEHBiiT  smnnK  dins  lbs  h^nks  incBBTrrDPRS  oq  lbs 
nBHins  JOORS  db  son  bistows  l'àtaibrt  flab&k.  Assurément  le  cercle  de  ces  incerti- 
tudes s'est  agrandi,  des  questions  nouvelles  ont  été  ajoutées  k  celles  qu'elle  agitait 
k  son  berceau;  on  a  vu  le  nombre  de  ces  questions  varier  selon  les  époques,  mais 
les  nouvelles  venues  n'ont  pas  eu  une  meilleifre  fortune  que  les  anciennes.  En  entrant 
dans  le  domaine  de  la  philosophie,  elles  ont  semblé  revêtir  la  propriété  commune  de 
tous  les  problèmes  qu'ij  embrasse,  celle  de  devenir  invulnérables  aux  efforts  de  ria~ 
teliigence,  elè  jamais  insolubles  pour  elle.  Prenez  une  question  philosophique  quel- 
conque ;  notez  le  jour  où ,  ayant  été  posée  et  introduite  dans  la  science ,  les  premiers 
systèmes  pour  la  résoudre  s'élevèrent;  comparez  ces  systèmes  è  ceux  qui  se  disputent 
aujourd'hui  l'honneur  de  la  décider  :  vous  trouvères  sans  doute  pies  de  perfection 
et  de  développement  dans  ces  derniers,  mais  vous  verrez  que  leur  probabilité 
relative  n'a  pas  varié;  que,  si  chacun  d'eux  pris  li  part  est  plus  fort,  réquilil>re 
outre  eux  est  le  même,  et  que  leur  progrès,  loin  d'aboutir  fc  résoudre  la  question , 
n'a  bit  que  consacrer  d'une  manière  plus  précise  et  plus  acienliflque  son  incerti- 
tude. En  sorte  que,  si  l'on  demande  compte  k  la  philosophie  de  ce  qu'elle  a  fait 
depuis  qu'elle  existe,  elle  pourra  bien  répondre  qu'elle  a  mis  en  lumière  un  nombre 
toujours  plus  grand  de  questions,  elle  pourra  bien  jouter  qu'elle  a  enfanté  et  porté  k  unt» 
perfection  de  plus  en.  plus  grande  les  différents  systèmes  qui  peuvent  aspirer  k  l'hoo- 
neur  de  les  résoudre  ;  mais  qu'elle  ail  résolu  une  seule  de  ces  questions  qu'elle  a  mises 
en  lumière  ;  mais  qu'elle  ait  tellement  démontré  un  seul  des  systèmes  qu'elle  a  enfantés 
pour  les  résoudre,  et  tellement  réfuté  les  autres,  que  l'un  ait  définitivement  triomphé  et 
que  les  autres  aient  disparu;  mais  qu'elle  ait  tellement  fortifié  l'une  de  ces  opinions  et 
tellement  affaibli  les  autres,  que  les  débats  entre  elles  soient  moins  incertains  qu'ils  no 
l'étaient  d'abord,  et  qu'on  puisse  espérer  de  les  voir  prochainement  terminés,  voilk  ce 
que  la  philosophie  ne  peut  pas  répondre,  ne  peut  pas  dire,  parce  que,  si  elle  le  disait* 
elle  serait  forcée  de  trouver  des  exemples,  un  tout  au  moins ,  c'est-à-dire  de  déterrer 
celui  d'une  question  philosophique  qui  soit  résolue  définitivement  comme  le  sont  une 
foule  de  questions  physiques  ou  chimiques;  celui  d'une  question  philosophique  sur  la- 
quelle plusieurs  systèmes  n'esislent  pas,  qui  se  partagent  l'opinion  et  qui  y  subsistent 
simultanément  aujourd'hui,  comme  ils  y  subsistaient  simultanément  k  l'origine;  et  que 
cet  exemple,  elle  ne  le  trouverait  point,  pihcb  qu'il  h'bxistk  pas.  Et  cependant  ces  ques- 
tions, Pythagore  et  Démocrite,  Aristote  et  Platon,  Zénoo  et  Epicore,  Bacon,  Descartes» 
Leibniu,  Halebranche,  Locke  el  Eaol  les  ont  agitées.  Ce  n'esl  donc  point  but«  de  génie 

(ÎZ)  Jvurrsev,  D%  freUimt  de  là  iuiiaie  kummu. 


CI  lEmumncnon.  m 

qa'flflM  n'ont  point  été  réMiaes.  Qu'y  a-l-il  done  dans  cet  questions  ?  Qu'y  9-t'H  donc 
duHb  philosophie  qai  les  comprend ,  qni  ait  renda  toot  ce  génie  impuissant?  D'où 
Tieol  qa'ano  seieoea  remoée  par  de  si  paissantes  mains  demeure  éternellement  inré- 
conde?  Où  en  est  la  raison  et  la  canseT  U  est  le  problème  dans  lequel  tout  l'avenir  de 
b  philosophie  est  placé;  et,  tant  qu'il  n'est  pas  r^olu,  oir  est  coufohdo  que  des  xsFKrrs 
Hsiuscfa  osKwr  BHC(»E  cuLTiTEB  CETTE  SCIENCE  SI  cDLTTTÉE,  sgiier  CES  questîons  si  agi- 
tées, eoMoie  si,  après  le  naufrage  de  tant  de  grands  hommes,  aucune  intelligencet  avant 
d'sToir  dicocTerl  l'écneil  où  ils  ont  écboué,  pouTait  se  flatter  d'ftlre  dIus  hahile  on  plus 
hearwse,  eC  de  rencontrer  le  port  qui  Jear  a  échappé  I  • 

•  QBcfle  est  l'objet  de  la  philosophie  T  Si  l'on  faisait  cette  question  pour  la  phjsiqno, 
Bon-eenlemenl  les  physiciens  de  profession,  mais  tous  les  homipes  qui  ont  reçu  dans 
leor  jennesse  une  éducation  libérale,  répondraient  sans  hésiter  et  d'une  manière  pré- 
cise; et,  k  leur  défani,  le  premier  traité  de  physique  le  ferait.  En  second  lieu,  cette  ré- 
ponse senit  nnanima  :  tel  lirre  ne  donnerait  pas  une  déGnition,  tel  autre  une  autre  dé- 
Swlioa;  M  physicien  n'étendrait  pas  jusque-là,  te)  autre  ne  reslreiadrsil  paa  jusqu'ici 
It  ORle  des  recherches  pbysiqaes  sans  autre  règle  que  son  caprice  ;  à  ces  signes  on 
neonnetlnic  aur-la-champ  que  l'objet  de  la  physique  est  déterminé ,  que  le  champ  de 
ses  redierebes  est  définitivement  circonscrit;  eo  un  mot,  que  la  véritable  nature,  le  vrai 
tantièn  des  qaestions  qu'elle  agite,  est  dégagé  et  fixé.  En  est-il  de  même  pour  la  pbi- 
leeDphie?  Les  mêmes  symptAmes  y  réveillent-ils  la  même  situation?  Il  suffit  d'ouvrir  les 
ye«  pour  répondre.  Voici  un  mot  établi  dans  U  langue ,  employé  et  répété  tous  les 
jo«n  dans  U  conversation  et  dans  les  livres  :  ce  mot  est  celui  de  philoiopkiê  :  il  est  le 
■ON  avoné  et  consacré  d'une  science  dont  tout  le  monde  parle,  que  quelques-ans  enl- 
liveot,  el  à  laquelle  no  grand  nombre  ont  la  prétention  de  n'être  point  étrangers.  Le 
■on  d'une  science  se  définit  par  l'idée  de  celte  science;  une  science,  A  son  lour,  se 
définit  par  un  otyel.  A  moins  donc  que  ce  mot  qu'on  prononce  n'ait  aucun  sens,  ji 
■oïDsqoe  cette  science  dont  on  parle,  qu'on  aime,  qu'on  cultive,  ne  soit  la  science 
de  rien,  OD  sait,  on  doit  savoir  quel  est  l'objet  de  le  philosophie ,  et ,  si  on  le  sait,  on 
peal,  oo  doitpOQvoir  le  dire.  Interrogez  toutefois  celte  foule  qui  emploie  si  bardimeDi 
W  BOt,  et  cette  autre  foule  qui  a  ta  prétention  de  se  mêler  de  la  chose  ;  allez  plus  loin , 
pesés  U  question  aux  phi'iosophes  eux-mêmes  ;  adressez-vous  h  ceux  qui  professent 
c«lte  science,  i  ceux  qui  en  écrivent;  poussex  jusqu'aux  livres  qui  traitent  de  ses 
prioeipes  et  de  son  histoire,  inlerri^ez-les  aussi,  et  vous  verrez  avec  étonoement  qu'k 
cHiA  question,  dont  la  solution  est  en  apparence  si  impliquée  dans  les  usages  du  mot 
et  dans  l'élude  de  la  chose  :  quel  est  l'objet  de  la  philosophie,  qu'k  cette  question,  dîs- 
je.  il  n'y  a  dans  la  plupart  des  esprits  aucune  réponse,  et  que  dans  les  autres  il  y  en  a 
taot,  el  de  si  dilTérentes,  et  de  si  contradictoires ,  qu'il  est  évident  qu'en  parlant  de  celte 
science  el  en  la  cultivant,  ceux  même  qui  s'entendent  le  mieux  ne  parlent  pas  de  ta  même 
cboae,  ne cuUivent  pas  la  même  chose,  eo  sorte qoe,  pour  l'intelligence  des  uns,  la  philo- 
sophie a  un  o^jet  si  obscur,  qu'ils  ne  s'en  font  aucune  idée  exprimable,  et  que  pour  celle 
I,  cet  objet  est  pour  ainsi  dire  arbitraire ,  chacoa  le  posant  k  sa  fa{on  et  le  dé- 
e  il  l'avise. 


•  Teb  sont  les  signes  que  présente  la  philosophie ,  et  dont  personne  ne  peut  contester 
'•*  rétUIA.  Or,  que  le  commun  des  hommes  n'attaclie  qu'une  idée  vague  au  mot  qui  la 
déi^iie.  cela  se  eoDfoit  et  n'est  point  particulier  k  la  philosophie  ;  mais  que  ceux  qui  cul- 
'Jvefd  celte  science  et  que  les  livres  qui  en  traitent  la  définissent  de  vingt  manières  dtffé- 
r>Btes,  et  souvent  eontradii^ires,  c'est  on  sympidme  assuré  que  son  objet  n'est  point 
^^termioé  ;  car  cela  ne  peut  provenir  que  de  dent  causes ,  ou  de  ce  qu'aucun  esprit 
l'ayant  encore  saisi  la  véritable  unité  de  cet  objet,  il  n'y  ait  encore  que  des  hypothèses 
urée  qni  ctMistilue  cette  unité;  ou  de  ce  que,  quelques  esprits  l'ayant  saisi  telle  qu'elle 
tu,  la  vérité  decette  nnité  n'ait  pas  encore  été  démontrée  de  telle  sorts  que  toute  hypo- 
•^icse  ooQlraire  soit  désormais  devenue  Impossible  sur  la  nature  de  cette  nnité.  Telles 
M«i  !••  d0BX  seolef  suppositioiu  qoi  puissent  se  concilier  avec  le  fait  dn  cette  diversité 


et  DICTIONNAIIIE  APOLOGETIQUE.  » 

do  déBoilioas  qui  est  iacontestable  en  philosophie  ;  et  dans  l'une  ei  l'autre,  il  est  vni  de 
dire  que  l'objet  de  la  science  n'est  point  encore  déterminé,  gue  6\  des  déSnitionr  neus 
passons  à   la  chose  déGnie,   nous   y  trouverons  le  mAme  syoïptdine  :  car  la   difer- 
sîlé  qui  se    remarque  dans  l'idâe  ide  la  science   se    rencontre  dans  la  science  elle- 
même.  Si  l'on  cherche  en  fait  quelles  sont  les  questions  que  la  philosophie  embrasse  et 
qui  sont  de  son  domaine,  on  voit  la  nature  et  le  nombre  de  ces  questions  rarier  d'une 
époque  à  une  aulre,  et.dans  la  même  époque,  d'un  philosophe  à  un  autre  philosophe. 
Hn  effet,  d'une  part,  le  cadre  des  problèmes  philosophiques  s'est  tour  h  tour  rétréci  ou 
étendu  selon  les  temps,  après  avoir  embrassé  dans  son  vaste  seio  tous  les  problèmes  pos- 
sibles; on  r«  vu  réduite  à  n'en  fournir  que  quelques-uns,  puis,  envahissant  de  nouieau 
le  terrain  qu'il  avait  abandonné,  reprendre  un  moment  sa  première  étendue  pour  se  reti- 
rer de  nouveau,  et  n'en  occuper  plus  qu'une  partie;  et  d'une  autre  pari,  tel  philosophe 
étend  la  philosophie  i  des  problèmes  que  tel  autre  en  bannit ,  et  en  exclut  d'antres  pro- 
blèmes que  celui-ci  y  admet;  ici  le  cercle  est  très-étroit,  \h  il  est  très-large,  et  il  n'y  en  a 
pas  deux  qui  aeprésententdes  différences  essentielles.  El  ces  diversités  ne  se  reneoulrmt 
pas  seuleoieul  entre  des  systèmes  appartenant  &  des  époques  diiTérenles;  elles  se  mon- 
trent entre  des  systèmes  créés  ie  même  jour  ,  dans  la  même  ville,  et  édiBés  ponr  ainai 
dire  face  i  face.  Et  cela  n'est  pas  vrai  seulement  des  époques  antérieures  de  la  philoso- 
phie ;  ce  phénomène,  qui  a  été  de  tous  les  temps,  continue  de  se  produira  dans  le  nêtre. 
Or,  cette  diversité  dans  les  problèmes  assignée  h  la  philosophie  ne  démontre  pas  mofos 
que  la  diversité  de  ses  déÛDÎtiuns  ,  que  l'objet  de  cette  science  n'est  point  déterminé; 
car,  s'il  l'élaitt  il  y  aurait  un  signe  assuré  pour  résoudre  quelles  questions  sont  de  son 
domaîoa  et  quelles  questions  n'en  sont  pas.  Les  unes  donc  y  seraient  unanimement  sii- 
mises,  et  les  autres  en  seraient  unanimement  exclues.  11  résulterait  de  Ik  que  les  raêinss 
et  en  même  nombre  y  seraient  comprises  par  tous.  Aucun  physicien  n'admet  dans  II 
physique  des  questions  de  chimie;  aucun   chimiste,  dans  la  chimie  ,  des  questions  de 
physique,  et  tous  les  physiciens  comme  tous  ins  chimistes  sont  d'accord  sur  les  questions 
qui  sont  du  ressort  de  leur  science  respective.  Kl  pourquoi!  C'est  que,  l'unité  de  cha- 
cune de  ces  sciences  étant  déterminée,  il  y  a  un  signe  certain  pour  démêler  ce  qui  loi 
appartient  ou  ne  lui  appartient  pas.  Si  donc  il  y  a  diversité  entre  les  philosophes  sur 
les  questions  qui  sont  philosophiques,  c'est  nécessairement  que  ce  signe  certain  n'est  pas 
découvert,  et  que,  chacun   décidant  la  question  avec  le  critérium  ou  la  définition  by- 
poihétique  qu'il  a  adopté,  les  résultats  sont  différents  comme  ces  critérium  f  arbitraires 
comme  eux. 

«  Mais  une  preuve  encore  plus  certaine  ,  s'il  est  possible,  que  ce  eriterium  n'existe  pas, 
ou  du  moins  n'est  pas  fixé ,  c'est  l'expérience  suivante  :  prenez  toutes  les  questions  qei 
aient  jamais  été  introduites  et  comprises  dans  l'objet  de  la  philosophie,  et  demandez-vous 
successivement  pour  chacune  k  quel  titre  et  comment  elle  en  fait  partie;  vous  trouverei 
qu'il  vous  est  impossible  de  résoudre  la  question.  En  effet,  si  vous  vous  placez  dans  une 
certaine  défloîlion  donnée  par  un  certain  philosophe .  vous  pourrei  bien  ,  armé  de  celle 
déSnition,  admettre  tel  problème  et  en  exclure  tel  antre;  mais  changez  de  système,  au 
nom  de  la  définition  différente  donnée  par  ce  système  ,  vous  serez  forcé  d'exclure  de  la 
philosophie  le  problème  que  tout  à  l'heure  vous  y  admettiez  ,  et  d'y  admettre  telui  gue 
vous  en  rejetiez.  ,0r,  à  laquelle  de  ces  deux  définitions  vous  arrêter!  A  la  première  Ai  à 
la  seconde? Rien  ne  peut  vous  l'apprendra,  car  elles  n'ont  pas  plus  d'autorité  l'une  que 
l'autre;  elles  sont  également  dépourvues  de  cette  sanction  d'une  adoption  universelle 
qui  seule  pourrait  les  consacrer;  et,  la  .preuve,  c'est  qu'aucune  n'est  respectée,  c'est 
.  qu'un  philosophe  nouveau  survenant  ne  se  fait  aucun  scrupule  de  les  rejeter  toutes  les 
deux  et  d'en  inventer  un  troisième.  Témoignage  certain  que  rien  n'est  arrêté  sur  l'objet 
de  la  philosophie,  «t  que  la  véritable  unité  de  cette  science  est  encore  en  question.  Or, 
s'il  en  est  ainsi,  comment  pourrait-on  savoir  quelles  sont  les  grandes  divisioas  dans  les- 
quelles viennent  se  distribuer  les  recherches  qu'elle  embrasse!  Quand  on  oe  sait  point 
encore  ce  qui  fait  et  ce.qui  ne  (ait  point  partie  d'une  science,  à  plus  forta  raiscA  doit-on 


CI  IKTRODOCTHHI.  « 

i^MirrreoiBeieat  M  distriboea  tel  H  elassADt  les  questions  qui  en  foot  partie  ;  car  il  bul 
de«s  choses  pour  qoe  cetle  classificalion  soit  possible  :  la  première  >  qu'on  connaisse 
quelles  sont  les  questions  i  classer;  laseconde*  qu'on  sache  quel  lien  cODUbun  unit  ces 
gncsu'fMu  el  en  fait  un  loat  :  car  si  oa  ignore  les  éléments  h  classer,  la  matière  même  de 
la  dasnficatioB  manque,  et  si,  lesélémenls  eonaus,  en  Ignore  leur  défwndanee ,  le  prin- 
dpe  de  la  cMssilicatioa,  qui  est  celle  dépendance  même,  n'esîsle  pas.  Or,  tant  que  l'ob- 
jet d'âne  science  n'est  pas  déterminé,  ce  qu'elle  embrasse  est  inconnu,  et  le  lien  qui 
•ait  ce  qu'elle  embrasse  Test  pareillement.  Il  est  donc  impossible  de  se  représenter  et 
les  recherches  qu'elle  comprend,  et  l'ordre  dans  lequel  ces  recherches  se  distribuent  na< 
InrelleiDeot.  Le  cadre  de  la  science,  qui  n'est  que  la  Tue  précise  des  divisions  naturelles 
de  l'obiet  de  cette  science  dans  leurs  rapports  naturels,  est  en  d'autres  termes  impossible 
k  conceroir  et  k  tracer. 

■  Bl  «  le  cadre  est  impossible,  la  méthode  ne  l'est  pas  moins  ;  car  le  premier  élément 
de  ta  aiélhode  est  l'ordre  dans  lequel  les  questions  doirent  être  abordées  pour  être  ri- 
solaM.  Or,  cet  ordre  ne  saurait  éire  déterminé  tant  que  la  dépendance  ues  questions  ne 
l'est  pai*  et  ces  dépendances ,  h  leur  lour,  ne  sauraient  l'être  tant  que  le  nombre  et  l'n- 
niié  de  ces  questions  sont  inconnus.  D'autre  part,  le  second  élément  de  la  méthode  d'une 
sdeaee  est  la  métbode  spéciale  qui  doit  être  appliquée  k  chaque  question.  Or,  la  décou- 
verte de  celle  méthode  implique  la  connaissance  des  quesliona  qui  présuppose  cellti  dont 
il  s'api,  connaissance  impossible  tant  que  l'objet  de  la  science  et  son  cadre  sont  ignorés 
31). 

Convenez  que  voilk  on  tableau  profondément  décourageant  pnor  les  disciples  farveols 
de  celle  sdenee  fameuse,  ^HKELLsiienT  arreiiDc  dahs  les  ■*■>>  lacKanTCOBS  oo  lrs 
rmamwam  jocbs  db  soh  HisToiaB  L'tVAterr  PLtcfcs...  &lb  ne  pounarr  pu  nutovia  on 

SCCI.  BSKaPLK  D'DMB   QCESTIOn    ran.OSOPHIQL'X  aiSOLDB,  FABCB  QO'lL  N'HISTB  PAS...  O»  SST 

tmmwwKWK  on  tms  esprits  MSTiNncts  osk-it  Bïtcosa  ccLTivsa  crm  scibncc  si  cultivAb... 
Itpnis  il  loi  est  absolument  impossible  d'ASSissaa  >tm  son  objet,  de  pan>t»ir  é  ê'orgw 
■■MT,  d'—e tr  par  conséquent  «ne  mélkadt  qatUoniiut...  llaltre,  ces  paroles  sont  bien 
dures.  La  raison  humaine  est  humiliée  jusqu'au  néant,  dans  la  personne  des  plos  pro* 
fcedj  Bénies  qni  l'ont  honorée,  devant  celte  peinture  de  son  impuissance  et  de  l'ininilé 
de  ses  eSbits.  L'avez-vons  donc  condamnée  sans  merci,  et  n'j  c-t-il  aucun  cAté  par  où 
ctle  paisse  ae  relever  k  vos  reui.  Elle  qui  se  flaUait  de  faire  jaillir  de  loutea  les  quee- 
tioas  qu'elle  soulève  des  lumières  nouvelles,  inattendues,  qui  devaient  confondre  la 
(cienee chrétienne,  n'aunil-elle  donc  réalisé  aucune  de  ses  splendides  promesses?  Hal- 
tre,  reprenez  vos  pinceaux  ;  vous  avez  sûrment  quelqae  correctif  à  laire  au  portrait  qne 
Vous  traciez  toute  Tbeun»  d'une  main  ai  sévère.  Vous  nous  avez  dit  les  embarras,  Ira 
diScsIlds,  les  misères  de  la  philosophie;  dites-nous  maiotenaot  la  bien  qu'elle  a  produit 
(fans  le  Brande,  dans  la  société;  c'est  en  aoas  moDlrant  les  fruits  qu'elle  j  a  développés 
q«e  TOBs  pourrez  la  réhabiliter  dan»  no^e  es|irit,  après  l'y  avoir  si  gravement  oom- 

■ais  le  maître,  élevant  la  voix,  poumtvail  de  son  inflexible  logique  la  philosopUe 
aux  abois  et  formulait  contre  elle  les  accusations  les  plus  accablantes. 
j  IX. 

«  Qmaad  le  premier  effort  de  la  ratio*  k  la  recherche  des  solalions  a  échoué,  quand  on 
fa  vu  oe  produire  que  des  systèmes  insensés  qu'il  a  fallu  repousser,  un  doute  s'élève 
sw  la  capacité  de  l'intelligence  humaine  k  remplir  celte  grande  lèche  de  retrouver  les 
vérité  perdues,  et  de  Ik  une  incertitude  plus  profonde,  un  ride  plus  senti  que  celui  qui 
«  existé  d'abord.  Or,  de  ce  vide  et  de  celle  incertitude  naissent  un  ceruin  nombre  de 
-béooaèoes  qui  sont  les  plus  saillants  de  l'époque  dans  laquelle  nous  rivons. 

«  Vons  avez  pu  remarquer  que,  quand  vous  vouliez  vous  entendre  arec  voos-méme 
CI  avec  les  autres  sur  ce  qui  est  baaa  et  sur  ce  qni  est  laid,  sur  ce  qui  est  vrûi 

(S)  Igeeimev,  ArTarfamiefioa  iu  fdmcw  pkUnafkigmn. 


n     .  MCTIONNaIRE  APOLOGETIQUE.  61 

et  sur  ce  qui  est  b«x,  sur  ce  qui  est  bon  et  légitime  et  sur  ce  ({ni  ne  l'est  pas, 
vous  éprouriez  tfe  gnados  difficultés;  qu'en  disputant  sur  ces  questions  toute  opi- 
nion TOUS  paraissait  BToir  ses  probabilités  comme  elle  trouvait  ses  représentants,  et 
qu'il  vous  semblait  à  vous-même  que  ts  pour  et  le  coDire  pouvaient  Être  soutenus  avec 
le  mémo  avantage. 

>  II  ne  faut  pas  croire  que  ce  soit  1^  l'état  normal  de  rintelligence  bumaîne,  et  que  ce 
phénomène  appartienne  à  toutes  les  époques  :  il  vieot  de  oa  qu'il  j  a  dans  le  temps 
présent  absence  de  critérium  en  matière  de  vrai  et  de  faux,  de  bien  et  de  mal,  de  beau 
.  el  de  laid.  Tout  principe  ayant  été  détruit,  toute  règle  fixe  de  jogement  se  trouve  sup- 
primée, et  sans  règle  commune  et  reconnue  de  jugement,  il  £st  imvossuu  di  s'intbn- 
DRB  iVRc  soi-hAub  ET  AVEC  LES  AUTRES;  il  osl  împossible  d'arriver  à  une  solution  cer- 
taine en  quoi  que  ce  soil.  Or,  quand  il  en  est  ainsi,  qu'arrive- t-îl  ?  C'est  que  cbaqne  in» 
divjdu  B  le  droit  de  croire  ce  qu'il  veut  et  d'aHirmer  avec  autorité  ce  qu'il  lui  plalt  de 
panser.  Au  nom  de  quoi,  en  elTet,  pourrait-on  contester  ce  qu'il  avance?  Au  nom  d'au 
vérité  supérieure  reconnue?  Il  n'y  en  a  point.  Reste  donc  J'aulorité  individuelle  de  celui 
qui  conteste,  lequolle  est  égale  à  la  sienne  et  ne  peut  la  juger.  Ce  tbmps-ci  ist  Donc  li 

RàailB  DI  L'inDIVIDCALISUB  ET  DE  L'itlDITI DUALISME  LB   PLUS  BX&a^Bi  BT  LE    PLUS  COMPLET. 

Or,  le  droit  de  chaque  individu  de  penser  ce  qui  lui  plati,  engendrant  nalurellemeat 
une  diversité  infinie  d'opinions  qui  se  valent  et  qui  ont  tout  autant  d'autorité  l'une  que 
l'autre,  il  s'ensuit  que  cet  état  d'individualisme  où  nous  sommes  bst  eh  hAmb  temps  vn 
*TAT  d'aeia^chib  iiitbllectcelle  COMPLET.  Aiosl,  d'uno  part,  autorité  sans  conIrAle  de 
l'individu,  puisque  au-dessus  de  cette  autorité  il  n'eiiste  aucune  croj'ance  communct 
aucun  eritmum  de  vérité  admis  qui  domine  les  intelligences,  les  rallie  el  let  gouverne  i 
d'autre  part,  l'aolorilé  propre  de  cbaque  individu  étant  égale  k  l'autorité  de  tout  autre, 
diversité  inSnie  d'opinions,  ajrant  toutes  un  droit  égal  i  se  dire  et  h  se  juger  vraies  :  en 
deox  mots,  individualisme  et  anarchie  i  voili  ce  qui  doit  être  et  ce  qui  est  ;  voilk  où  il 
était  nécessaire  el  inévitable  que  nous  en  Tinssions,  el  ce  que  nous  tojtods  autour 
de  nous. 

«  Une  circonstance  contribue  encore  k  fortifier  cette  espèce  de  démocratie  intellec- 
tuelle dont  je  viens  de  parler.  Ce  qui  crée  principalement  l'inégalité  des  esprits,  c'est 
l'expérience  qui  dépose,  dans  l'intolligeuce  des  hommes  qui  ont  beaucoup  vécu,  beau- 
coup  vu  ou  beaucoup  étudié,  une  somme  plus  considérable  de  faits  et  d'idées.  Or,  ii>s 
époques  semblables  h  la  nAtre  ont  une  tendance  spéciale  k  faire  méconnaître  ce  fait  in- 
contestable. Succédant  à  de  longs  siècles  qui  ont  cru  ce  qui  a  été  démontré  faux,  elles 
ont  et  elles  doivent  avoir  an  parfait  mépris  pour  le  passé  ;  le  passé  est  pour  elles  I» 
symbole  de  l'erreur;  jusqu'à  elles,  on  n'a  rien  su,  on  ne  s'est  douté  de  rien;  toute  la 
vérité  est  dans  l'avenir,  car  elle  est  toute  i  trouver  :  donc,  on  est  d'autant  plus  loin  d'elle, 
qu'on  appartient  davantage  au  passé,  et  d'autant  plus  près,  qu'on  est  plus  voisin  de  l'a- 
venir, qu'on  est  plus  jeune.  De  U  un  profond  dédain  pour  l'expérience  et  pour  l'Age,  qui 
est  un  des  caractères  de  notre  temps.  Le  jeans  homme  aujourd'hui  se  croit  au  moins 
l'égal  de  l'homme  qui  a  beaucoup  vécu,  et  longtemps  avant  de  sortir  du  collège  les  en- 
fants se  savent  et  se  déclarent  égaux  h  leurs  pares,  et  rien  n'est  plus  rigoureux  qu'une 
telle  conséquence.  Ainsi  l'égalité  des  intelligences  va  jusque-là,  qu'un  jugement  de  dix- 
buit  ans  a  la  même  autorité  qu'un  de  cinquante,  et  que  la  raison  d'un  pauvre  ouvrici 
D'est  paa  moins  compétente  que  celle  d'un  homme  d'Etat  qui  a  vieilli  dans  le  manie- 
ment des  affaires,  ou  d'un  savant  blanchi  par  l'étude.  Sans  doute  le  bon  sens,  qui  a  le 
privilège  de  vivre  i  cflté  des  plus  grandes  aberrations  de  l'esprit  humain,  vient  tempérer 
cette  démocratie  intellectuelle,  et  meltre  un  frein  aux  conséquences  logiques  qui  aspi- 
rent k  en  sortir  ;  mais  11  n'en  est  pas  une  qoi  ne  se  montre,  comme  pour  révéler  &  l'bu- 
nianild  la  portée  de  ses  opinions. 

■  Ce  n'esl  pas  tout  :  la  conviction  que  le  passé  s'est  trompé  condaisant  au  mépris  de 
toute  étude  sérieuse  des  faits  historiques,  et  celte  qu'il  n'y  a  pas  de  erittrium  de  vérité 


m  INTRODUCTHHI.  If 

•roSUklraiit  le  mépris  de  la  réOexioD*  il  en  résulte  cette  igcorance  proRiDde  que  nous 
m/ODs  et  qui  compose  «fec  la  présomplioD  les  deux  traita  caractéristiques  des  ÏDlelli- 
geoees  de  ce  siècle.  El  de  là  TÎeut  que  dans  la  plupart  des  productions  de  notre  temps» 
m  se  sait  qu'admirer  davantage  ou  delà  prodigiense  latuilé  arec  laquelle  les  idées  les 
plos  osées  ou  les  plus  absurdes  sont  émise»,  ou  de  l'absence  complète  de  toutes  les  coo- 
Mîssanoes  pesitÎTesqui  poorraient  autoriser  tant  de  eooBance. 

■  Kl  l'on  serait  tenté  d'en  TOnloir  aux  individus  si  l'on  ne  songeait  pas  que  ce  double 
iëtiA  est  Due  conséquence  rtgouretrse  de  rindividaaiîsme  et  de  l'anarcliie  intellectuelle 
qai  nous  Iravaillent,  deux  faits  qui  sont  eux-mêmes  la  conséquence  de  la  situation  que 
i<e  to«s  ai  décrite,  et  qui  est  fatale  dans  le  développement  révolutionnaire  au  sein  do* 
qiel  iMMis  virons. 

■  Des  bits  que  je  viens  de  vous  signaler,  résulte  raffaiblissement  universel  des  carac- 
tères. Personne  n'a  de  caractère  dans  ce  temps-ci,  et  par  une  très-bonne  ration,  c'est  que 
dasdeoi  Mments  dont  le  caractère  se  compose,  une  volonté  ferme  et  des  principes  ar- 
rêtés, le  second  manque  et  rend  le  premier  inutile.  A  quoi  sert  en  effet  une  volonté 
ferme  quand  on  n'a  pas  de  principes  arrêta?  C'est  un  instrument  vigoureux,  mais  qui 
n'est  d'aocBO  usage.  Uellez  cet  instrameot  au  service  d'une  conviction  stable  et  profonde, 
il  prodoira  des  miracles  de  décision,  de  dévoueibent,  de  constance  et  d'béro!sme  ;  mai» 
ce  ooas  qui  n'avons  aucune  idée,  aucune  croyance  fixe,  et  qui  ne  pouvons  nous  en  faire  ; 
en  nous  qui  n'avons  d'autre  guide  que  les  caprices  de  notre  autorité  individuelle,  et  qui, 
fars  de  celle  iodépendance,  nous  faisons  un  point  d'honneur  de  prononcer  par  nous-mê- 
mes dans  tous  les  cas  particuliers,  que  voulez-vous  que  produise  la  volonté,  contre  tou- 
tes les  idées  absurdes,  conlre  toutes  les  folles  imaginations  qui  traversent  la  tête  la  plus 
sage?  L'homme  qui  croit  a  uoe  défense;  fort  de  ses  principes,  il  les  applique,  et,  k  l'é- 
preove  de  ce  eriteriiÊm  uniforme,  les  bîzarrories,  les  chimères,  las  inconséquences  s'é- 

,  et  cela  seul  reste  qui  est  conforme  k  ses  convictions.  Hais  k  nous  qm  mb 
im.ee  erilertmi  manque;  et  parceqa'il  manque,  nous  tw  pODVoas  rien  Juger, 
rien  approuver,  rien  blêmer. 

>  Aussi  n'approuvons-nons  ni  ne  cnnJamnonsnions  rien,  nous  acceptons  tout,  et  notre 
e^Mil,  tour  1  tour  «n  proie  aux  idées  les  plus  contraires,  nlmprime  aucune  suite  à  dos 
résolulîons,  aucun  plan  è  notre  conduite,  aucune  dignité  i  notre  caractère.  Ri  cela,  encore 
une  Ibis,  n'est  pas  une  accusalioa  mais  un  fait.  Ce  que  le  siècle  doit  être,  il  l'est;  je  le 
peins  rt  je  l'explique,  voilk  tout. 

■  L'amour  du  cliangemeut  est  une  autre  circonstance  caractérislique  de  la  situation 
ÎDtellectuelle  où  nous  nous  trouvons.  L'amour,  de  quelque  espèce  qu'il  soit,  n'est  autre 
chose  que  le  besoin  de  ce  qui  manqua  ;  or,  ce  qui  nous  manque  dans  le  moment  pré- 
sent, ce  sont  les  vérités  qui  doivent  renouveler  l'individu  et  la  société.  Et  ce  qui  peut 
HNU  les  donner,  c'est  Tavenir;  donc  notre  époque  doit  tourner  lesyeox  avec  espérance, 
avec  amoor,  vers  l'avenir,  et  se  laisser  facilement  eutratoer  i  tout  changement.  Aussi 
■eablons-Dons  moins  habiter  le  présent  que  l'avenir,  et  accueillons-nous  avec  enlboi»- 
s-osme.  avec  ivresse,  toule  nouveauté,  confondant  ainsi  ce  qui  est  nouveau  avec  ce 
qui  non*  manque  ;  et,  de  ce  que  l'olget  secret  et  inconnu  de  nos  désirs  est  nne  rtiose 
coavelle,  en  concluant  aveuglément  que  toute  chose  nouvelle  aura  la  propriété  de  le» 
satislaire. 

>  De  U  cette  passion  sans  discernement  pour  les  révolutions  elles  changements, 
q^i  nous  rend  la  dope  des  ambitions  et  des  illusions  du  premier  veau,  et  nous  fait  faire 
::.ulilenienl  les  frais  de  bouleversements  périodiques  inutiles. 

«  Car  remarquez  bien  que  ce  qu'il  nous  faut,  ce  n'est  |>as  un  cnangemenl  matériel- 
Fiitea  sobïr  i  notre  société  on  aussi  grand  nombre  de  révolntions  matérielles  qu'il  voua 
;  lira  :  si  ces  révolutions  matérielles  ne  lui  donnent  pas  les  idées  qui  lui  manquent, 
t.  es  la  laisseront  prédsémeot  où  elle  en  est,  et  ne  lui  seront  d'aucune  ntilité.  Ca  qci 

9-jtZ*  MaUQlE,  CB  son   DKS  SOLUTIOM  A    VHB  DBUI-DOCZAIXB   DB  QKtSTIOM  AUXQCELLBS  LB 


71  OECTIONN&IRG  AM)U>CETIQUE.  71 

cHm^niRistts  «iponDArr,  auxquelles  plus  sien  me  aéiFom)  uiihtbiurt,  et  rien  n'est 
moins  propre  i  donner  ces  solutions  que  Ias  omges  des  rues  et  les  ranTersemenla  de 
gouTerneiBpnts-,  car  c'est  par  la  réfiexion  que  la  vérité  se  trouve,  et  la  réSetioa  exitçe 
la  paix.  Les  révolutions  matérielles  sont  bonnes  qoand  elles  viennent  réaliser  des  véritM 
préalnblement  découvertes  ;  mais  faire  des  révolutions  matérielles  quand  les  vérités  après 
lesquelles  une  époque  soupire  sont  encore  à  découvrir,  et  pour  les  découvrir,  c'est 
vouloir  que  la  conséquence  engendre  le  principe,  el  que  la  BQ  vienne  avant  le  moyen, 
,  c'est  une  pure  absurdité. 

[  •  C'est  là  ce  que  le  vulgaire  n'aperçoit  pas;  l'illuâion  du  pays  est  si  grande,  qu'il  con- 
'  aidëre  tout  changement  comme  devant  lui  donner  cette  cliose  inconnue  et  nouvelle  dont 
l'absence  le  rend  maltieureui.  Il  se  porte  donc  avec  une  aveugle  ivresse  au>devant  de 
toutes  les  révolutions,  impatient  de  ce  qui  est,  avide  de  ce  qui  n'est  pas.  Devant  ce  flot 
(le  l'inclination  populaire,  il  n'y  a  pas  d'institution  qui  puisse  durer,  il  n'y  a  point  de 
gcuverneoient  qui  puisse  vivre.  Et  de  là  la  fragilité  des  popularités  parmi  nous.  Qu'un 
homme  nouveau  apparaisse  sur  la  scène  politique,  vous  l'entourez  de  votre  faveur,  tous 
l'admires,  vous  l'élevés.  Et  pourquoi  T  C'est  que  tous  espérez  que  celui<llt  enfin  va  vous 
donner  ce  qui  vous  manque.  Mais  qu'ârrive-t-ilT  C'est  que,  n'ayant  pas  plus  que  tous 
les  solutions  que  vous  cberchex,  quinze'jours  après  sou  élévation  au  pouvoir  vous  le 
trouvez  tout  aussi  vide  que  les  autres,  et  toute  sa  popularité  s'évanouit.  Bt  voilà  pour- 
quoi dans  ce  siècle  il  suffit  d'être  au  pouvoir  pour  devenir  impopulaire.  Il  n'y  a  de  po- 
pularité possible  que  pour  ceux  qui  y  aspirent,  mais  qui  n'y  sont  pas  encore,  car  ceux-là 
n'ont  pas  encore  dit  leur  secrtt  :  le  jour  oit  ils  sont  en  position  de  le  dire,  comme  ils 
n'en  ont  aucun,  l'ardente  faveur  qui  les  entourait  se  refroidit,  car  l'illusion  qui  les  ren- 
dait grands  est  dissipée 

■  Voilà  ce  qui  rend  si  malheureux  de  nos  jvurs  cet  ôtre  collectif  qu'on  appelle  un  gou- 
Ternemeot.  Les  peuples  sont  absolument  comme  les  enfants  qui  ayant  un  désir  pleurent 
et  en  veulent  à  leur  nourrice  tant  qu'elle  ne  l'a  pas  deviné  et  contenté  l'objet  de  ce  dé- 
s'r,  fàt-il  la  lune  que  la  nourrice  ne  peut  alleinilro.  Ainsi  sont  faits  les  peuples,  ils  sen- 
tent le  malaise,  les  inquiétudes  qui  les  tourmenlenlf  mais  ils  ne  se  rendent  compte  ni 
de  l'objet  de  ces  inquiétudes  ni  de  la  raison  de  ce  malaise,  et  alors  ils  s'en  prennent  de 
leur  mal  à  la  forme  de  société  sous  laquelle  ils  vivent,  et  alors  ils  accusent  les  hommes 
qui  les  gouvernent  de  ce  que  l'objet  mal  démêlé  qu'ils  poursuivent  et  qu'ils  ont  raison 
de  poursuivre  ne  leur  est  pas  donné.  C'est  pourquoi  à  la  place  des  hommes  qui  régnent, 
ils  veulent  toujours  d'autres  hommes  ;  à  la  place  dos  formes  établies,  d'autres  formes;  à 
la  place  de  l'ordre  social  et  des  lois  existantes,  un  autre  ordre  social  et  d'autres  lois,  per- 
suadés que  la  cause  du  mal  étant  dans  le  gouvernement,  dans  les  loi)),  dans  l'organisalioii 
de  la  société^  en  changeant  tout  cela  ils  auront  ce  qu'ils  désirent  ;  el  point  du  tout  ;  quand 
ils  ont  tout  changé,  ils  se  sentent  tout  aussi  malheureux  et  tout  aus&i  mécontents  qu'au- 
paravant. G'eît  que  ces  changements  ne  sont  que  des  changements  matériels,  et  nulle- 
ment un  changement  moral,  et  que  c'est  à  nn  changement  moral  que  les  Atani  aspirent  ; 
c'est  qu'aussi  longtemps  que  les  solutions  des  questions  suprêmes,  au  nom  desquelles 
seules  OH  peut  organiser  la  société  d'une  manière  vraie  et  conforme  aux  besoins  qui  sont 
dans  tes  esprits  .  ne  seront  pas  Irouvi^es,  on  tournera  toujours  dans  le  même  cercle 
vicieux  Cl  dans  la  même  impuissance. 

«D'oiï  était  venue  cette  organisation  sociale,  sapée  depuis  trois  siècles  et  renvorséo 
par  notre  révolution  T  Des  solutions  données  par  le  christianisme  aux  grandes  questions 
jiumaines.  Ces  solutions  n'étaient  pas  négatives  comme  celles  que  nous  proposent  les 
grands  hommes  de  notre  époque,  elles  entraînaient  en  tout,  dans  la  morale,  dans  l'art, 
dans  la  religion,  dans  la  politique,  des  conséquences  positives  ;  il  en  découlait  pour  Ja 
société  certaines  institutions,  certaines  lois  pour  lu  pouvoir,  une  certaine  organisation 
et  une  certaine  forme  :  tout  un  ordre  socinl  et  politique  était  implicitement  contenu  et 
vivait  en  germe  dans  les  solutions  chrétiennes.  Cet  ordre  devait  en  sortir  et,  en  est  his- 
toriquement sorti.  Aujourd'hui  cet  ordre  est  détruit,  et  pour  en  créer  un  autre  il  faut  uu 


n  iirnu>iH»rnox  71 

mtaf^  y^  cTwt-t-dir»  à»  iMMiTtlIe»  Bolationt  aoi  qaestJeBssapvêoim  que  teetiris- 
tinisaie  mil  rétotsw-  Telln  «ont  ces  queslioas,  qu'il  bol  abwlamenl  qae  les  DMioDS, 
ammè  les  indiTidns,  j  aient  ane  réponse  pour  organisor  leur  tîo  et  se  crâer  un  sjs- 
Ume  lia  eooduite.  Commeat  Toolez-Tous  qae  des  gens  qui  oe  saraDt  ni  commeot  ai  k 
qaeUei  fins  îlssoat  suris  terre  sachent  ce  qo'ili  ont  k  faire  de  la  rie  T  Kt  comment  too- 
In-fous  qqe,  ue  sarbant  ce  qu'ils  ont  k  faire  de  la  vie,  ils  sachent  cependant  eommenl  Ut 
doîTcot  constituer,  organiser,  régler  la  société  ?  Quand  on  ignore  la  destinée  de  l'homme* 
M  fpore  celle  de  la  société,  quand  on  ignora  la  destinée  de  la  société,  on  ne  peut  l'or- 
puMf.  La  solution  da  problème  polilîquB  est  donc  dans  nne  foi  morale  et  religieuse. 
Otle  foi  nous  manque  et  tant  qu'elle  ne  sera  pas  troarée,  tootea  les  révolultoas  malé- 
riHIn  imaginables  ne  pourront  rien  poor  la  société  (Si).  > 
Hiltre,  c'est  assez  (35).  La  philosophie  i  sa  dernière  heure  ne  sait  rien  de  plus  qo'k 

iUl  knvMiT,  Comn  (U  ànit  tuimnt,  de  scepticisna  attnd. 

i!3i  Cm  uaei  1  4i«»»-Doa>...  Noo,  ce  n'est  pu  auei,  mais  mms  ■erions  îaSnis  d  Mai  vooIûbs 
Mal  «rt.  Ce  scnil  id  bt  lies,  par  acnpte,  de  déronler  l'effrajsnl  bblran  de  la  philusophîe  raiiooalût» 
pèMnM  ca  1U8  dans  le  dwoaÎM  des  Taiu  et  tmIuu  smlifaer  pratiqmaoenl  ses  ibéoriet  an  lOOTer- 
mimmi  de  la  sociéi^  Les  iWorïes  naisuienl  comne  des  fou  f«r  uee  owr  lovMealéfcOn  chaMnii  loua 
ki  hal  îsws  ce  qe'oB  appebil,  avec  «ne  riûUe  emphaie,  le  priacipe  coasiilalif  de  Favenir.  TtMie 
'S  bMM  à  hMîr,  taaf  b  pîeRa  angnlaîre  de  l'Eglise.  Oa  organisaH  Pavariee ,  ' 


Geatges  Saad  cl  de  tîdsI  antres,  s'apettareat  enia  que  ce  a'est  pas  irâpanément  que  les  mÛMs,  ces  ier> 
riUalagMâcnM,feaaaiTisaeMdespêfsoaiqB'oB  levvase  dans  ces  pages  qni  les  aTaienl,  eus.  les 
bMrisdci*  lortoae,  ri  imnetmaitm  Miasà. 

Si  aMU  pasMM  ea  AUraM^De,  doal  le  sol  aossi  a  trcmb'.â  tocs  les  pas   des  cohortes  da  sociaiîsaie. 

«ne  kfaactelevéclase  des  sacs  les  plas  pars  du  ralionaUsiae  ooaleaiporaiD,  nous  UtraTerans  que  la 

ikimtfkit  s'y  albe  éiKMieawBt  avec  Tespnt  destruciear  qui  amoaoélc  auioar  de  aons  lanl  de  mines  ei 

rf'fllailir,  4aaa  b  sealwcaMMeda  paaihfi—e.  U  religioa,  ta  OHmle.  raatorité  ei  h  liberté. 

a  pMler  les  dacieers  ei  les  cheii  de  celle  philosophie  qa'oa  s'eflorce  uhi  de  propager  parmi  nous. 

- 1  oa  tcanrqaa,  dil  N.  H.  Ueiae,  ^  la  jcaacase  alleoiaade,  aMnée  dans  les  alistnctionsmé- 

s,  artbail  les  iaiériu  les  plas  pansanU  «te  Tépoqae,  eiqa'elle  âail  derenne  lahabile  k  h  ?ie 

.    .  lea  pslriiitra  et  ks  ans  de  la  libetU  doreat  éprôaver  aa  jysie  fCMeniineat  contre  la  pliiloso- 

Ihie,  et  qariqaff  aai  oat  clé  jaaqo'à  rmpre  a«e£  elle  eomiae  avee  ua  jeo  Iritole  et  tiérile  en  rtsaliate. 

<  Xa«s  IM  aeroas  pas  ascca  sMs  pour  refoler  iéneaiemeat  ces  Béconleats.  La  philosophie  altenande 

~  '  e  ÎMfOTlaale  qai  tegarde  rhaBanilé  loal  eatiire,  et  nos  arriér«-Mveai  seront  teult  ea  étal 

i  BMiloiis  le  blâae  oa  l'éloge  paar  avoir  travailié  noire  obilDsophie  en  prtnier,  et  noue 

:.  U  ne  seaible  qu'au  peuple  aMUMMlique,  cnitiMe  itmis  le  sommes,  derall  c 


poar  s'oecuper  eu>aiie  de  la  philosophie  ,  et  D'arrÎTer  à  la  révolutioa  poKtiqae  qo'après 
par  eea  phases  je).  Oa  Imafe  e«t  ordre  toal  à  (ait  raisonnable.  Les  télés  que  b  pfaiiiMOphie 
s  h  la  aiéditalioa,  peuvent  être  buefaéet  i  plaisir  par  b  réviriniion  ;  mais  b  philosophie  n'an- 
■  pa  employer  les  lêles  qae  b  rérolMiaB  aaraii  iranehéci  luparanoL  Pourtant  n  ajei,  mes 
_paifîaicB,  ancnne  inquiétude,  b  révolutioa  alleiaande  ne  sera  m  plus  débODiiaire,  ni  plut  dooee. 
c  la  criliqae  de  Kant.  fàléalisoie  iransceodaalal  de  Fîchleel  b  philosophie  de  la  nature  raurani 
Os  daâriae«  ont  déicloppé  des  lorces  révolatioaaaires  qui  n'aliendem  que  le  uwioaH  pour 

.  _. led'eflroi  eid'aclniraiion.  Alors  apparaîtront  des  Kantitlct  (b)  qui  ne 

A.  -uj^  d_gg  iq  monde  des  faits  que  dam  cdai  des  idées,  et  boulefer* 

.    _  l  le  glain.  b  toi  de  noire   ne  européenne  pour  en  eitirper  les 

.  _    -aines  da  pa«sê.   Viendront  tnr  b  aiéau  seèue  des  Fichléeas  (c)  amiés,  uont  le  fanatisme  de 

é  ae  ptuvraétreaullriséni  par  b  craiiue,  ni  par  riiiiêrit:  ear  ib  Tiveut  dans  l*etprit  et  m^irisent 

'    «;  pareibaui  premiers  Curétiens  qu'on  ne  peut  dompter  ni  par  les  supplices  corporeh,  ai  par 

MDeca  icrrcslres.  Oui.  de  tels  idéalialea  trautceadaniaus,  dans  un  boalu'ersemeul  loaal ,   sfr- 

corcplua  inlleulilesqnetes  premiera  Ubielieas;  car  cens-d  eaduraienl  le  martyre  poar  arrlTer  à 

ideodesie.  laadisqne  l'idéab»u  uvasceadaaial  regarde  b  martyre  mène  coma»  pore   apf»- 

.    ae  tieai  iiiaccsmibb  daas  b  forteresse  de  sa  pensée.  Hais  lei  phu  elbajants  de  tout  tersioit 

mphes  de  b  nauuc  (dj,  qui  Intorviendraient  par  l'acikm  dans  oae  réroInlieH  albaunde,  et  t'iden- 

S  «as  mtsnei  a*ec  l'mane  de  deeiraetiaa  ;  car  si  b  main  du  Kanliste  frappe  fort  et  k  coup  s6r, 

e  aoB  c«ur  a'ea  éasa  par  anean  respect  traditionnel  -  il  le  Pichléen  Bépnse  hardimeai  lent  les 

rircc  qa'ib  a'eûsisat  poîat  poar  loi  dans  b  féalilé.  b  philosophe  de  b  nature  (e)  sera  lerriWe 
K  atet  ca  communication  avec  les  psovoira  erigineli  de  b  terre,  qu'il  conjure  les  forces  ca- 
•~  Âe  la  toadiiiaa.  qa'd  pcai  é>oqner  celles  de  loat  b  panthéisme  geraumque.  et  qu'il  évàDe  ea  hii 
-*  ^~de  iimiiil  que  aeus  irwMOus  chcs  les  ancâeits  AUemands,  el  qm  «eut  combaUre,  aoa  pour 


.*f  UaelvIcsdeKant 
.'.  lHaei|>l«deneHe. 
■  gi  Lc«  paathéMc*. 

tj  Le-  pmiiet  triltoe  de  SthclliHg  s'appeUit  phUotopUe  de  la  utare. 
Dicnos!!.  AroLoeKTiQUK.  L 


•a  DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUB.  ^ 

sa  niisunce.  Comme  li  eUe  oVût  psru  dans  le  monde  que  pour  f  ériOer  le  mot  de  SoeratCi 
elle  nous  dil  en  se  couTrant  de  son  drap  mwtuaire  :  Je  sais  que  Je  oe  sais  rien. 
.  Passons  ;  la  philosophie  c'est  un  cadavre,  et  nous  sspjroni  à  la  rie. 
SX. 

Lo  christiamsine  est  le  fait  le  plus  général  du  monda  moderne)  celui  qui  domine  de  su 
Colossale  grandeur  tous  les  phénomènes  de  l'hisloire.  De  lui  découle  comme  d'une  souri'u 
féconde  qui  aurait  jailli  h  la  parolo  de  Dieu,  toulos  les  idées  sur  lesquelles  ont  Técu  jus- 
qu'ï  ce  jour  les  nations  européennes  ;  en  lui  est  renfermé  le  principe  qui-,  depuis  dix- 
huit  siècles,  entretient  et  provoque  l'activiié  du  monde  ;  k  lui  se  ratlachent,  comme  à  la 
cause  la  plus  générale,  les  agitations  de  la  pensée  et  celles  de  la  vie  sociale;  et  l'on  peuL 
adirmer  qu'il  né  s'est  pas  produit  un  fait  ou  une  idée  qui  n'nit  eu  en  vue  le  christianisme, 
soil  pour  le  constituer  ou  pour  l'exploiter,  soil  pour  le  défwdre  ou  le  combattre.  L'his- 
toire du  christianisme  est  l'histoire  du  monde. 

Le  monde  se  faisait  vieux  et  les  dieux  mouraient;  le  ciel  élfiit  vide.  In  (erre  opprimâe, 
hi  morale  obscurcie,  les  individus  isolés  daos  leurs  jouissances  ou  leur  misère  :  l'égoïs- 
me,  ce  dernier  diea  des  snciélés  expirantes,  régnait,  et  son  action  dissolvait  è  pelit 
bruit  la  civilisation  romnine.  I)  ne  restait  plus  rien  de  la  Hberlé  ancienne,  rien  de  la 
'  chasteté  des  malroaus,  rien  de  la  flerlé  du  sénat,  rien  de  la  courageuse  générosité  et  îles 
fflffîurs  républicaines.  La  Grèce  n'était  plus  qu'une  école  da  pédagogues  et  de  sophistes* 
L'Orient  tout  entier,  courbé  sous  l'épée  des  Césars,  s'abrutissait  dans  la  servitude  et  dans 
la  volupté.  Seulement,  çà  et  )è,  quelques  intelligences  d'élite  cherchaient  dans  Platon  là 
solution  des  problèmes  do  l'humanité;  et  l'école  d'Atexandrie  qui  plus  lard  ,  voulut  être 
ta  rivale  du  thristlanisme,  se  jetait,  en  désespoir  de  cause,  dans  les  folies  du  mysticisme. 

téunirc,  ni  mËne  pour  vaiiiere,  mais  seuteineiil  pour  combatire.  Le  Christian isaie  a  adouci,  justtu'i  un 
certain  point,  celte  brutale  ardeur  batailleuse  des  Germains;  mais  il  n'a  pu  la  détruire,  ei  quand  la 
croU,  ce  lalitman  qui  l'eiichatne,  viendra  h  se  Uiseï',  alors  débordera  de  nouvean  la  lérocité  des  anciens 
■eomuttanU,  l'exaltation  fréiiéliqite  des  Berserkerg  quêtes  poéus  dn  Nord  chantent  encore  aujourd'hui. 
Alors,  el  ce  jour,  bêlas!  reviendra,  les  vieilles  divinités  guerrières  se  lèveront  de  leurs  tombeaux  fabuleux, 
eisoleront  de  leurs  veux  la  pouMière  séculaire;  Tbor  se  dressera  avec  son  marteau  gi||ant«s(|uc  et  démo- 
lira les  cathédrales  gotliigues...  Quand  voua  enlenilrez  le  vacarme  et  le  tumulte,  soyez  sur  vos  pinles, 
mes  chera  voisins  de  Franco,  et  ne  vous  mêlez  pas  de  l'aHaire  que  nous  ferons  cbcx  nooi  en  Allemagne  : 
n  pourrait  vous  en  .arriver  mal.  Gardei-vous  de  souffler  le  feu,  ganlez-vous  de  l'éteindre,  car  voos 
pourriei  fucilemeul  vous  brûler  les  doigts.  Ne  riez  pas  de  ces  conseiU,  quoiqu'ils  viemieai  d'an  lèveuT 

301  vous  invite  à  vous  défier  des  Kanii8tes,  des  Fichtéens,  des  pliilosc^bes  de  la  nature  ;  do  riez  point 
u  poète  fantasque  oui  attend  dans  le  monde  des  faits  la  même  révolution  qui  s'est  opérée  dans  te  domaioa 
de  l'esprit.  La  .pensée  préiè'Je  l'3[:tion,  comme  rëclair  la  tonnerre.  Le  (onnen-e  en  Allemagne  est  bien  i 
ta  vérité  allemand  aussi  :  ii  n'est  pas  très-leste ,  et  vient  en  roulant  un  peu  lentement  ;  mais  U  viendra, 
et  quand  voua  entendrei  un  craauement ,  comme  jamais  craquement  ne  s'est  fait  encoie  entendre  dans 
rhistoire  du  monde,  sachez  que  le  tonnerre  alleuuinl  aura  enUn  loucbé  le  but.  A  ce  bruit  les  aigles 
tomberont  morts  du  haut  des  airs,  et  les  lions,  dans  les  déserts  les  pins  reculés  del'Afriqui!,  baisseront 
la  queue  U  se  glisseront  dans  leurs  antres  royaux.  On  exécutera  en  Allemagne  un  drame  aupi'ès  duquel 
la  révolution  franyaise  ne  sera  qu'nno  innocenta  idylle.  Il  est  vrai  qu'aujourd'hui  tout  est  calme,  et  si 
vous  voyez  ç^  et  ta  quelques  hommes  vesticuler  un  peu  vivement,  ne  eroyei  pas  que  ce  ïoieiil  les  acteurs 
qui  seront  un  jour  cliargés  de  la  représentation.  Ce  ne  sont  que  des  roquets  qui  courent  dans  l'arène 
vide,  aboyant  et -échangeant  quelques  coups  de  dents,  avant  l'beure  où  doit  entrer  la  troupe  des  gladi»* 
teurs  qui  «omtiattront  a  mort. 

I  El  l'heure  sonnera  !  Les  peuples  se  grouperont,  comme  sur  les  gradins  d'un  amphithé&tre,  autour  de 
rAllemaane,  pour  voir  de  grands  et  terribles  jeux.  Jo  vous  le  conseille.  Français,  tenez-vous  alors  fort 
tranquilles,  ot  suituul  gardez-vous  d'applaudir.  Nous  pourrions  facilement  mal  inlerpréter  vos  intentions 
et  vous  renvoyer  un  peu  brutalement,  suivant  noire  muniére  impolie  ;  car  sj  jadis,  dans  notre  état  d'iu- 
dolencc  et  de  servage,  noua  avons  pu  nous  mesurer  avec  vous,  nous  le  pourrioiis  bien  plu»  encoie  dans 
l'ivresse  arrogante  de  notre  jeune  libei-té.  Vous  savez  par  vous-mêmes  tout  ce  qu'on  peut  dans  un  pa- 
reil état,  et  dans  cet  état  vous  n'y  êtes  plus...  Preneidonc  ganle!  js  n'ai  que  de  bonnes  inteitlious ,  et 
ie  vous  dis  d'amérea  vérités.  Yousavez  plus  àcraindre  de  l'Allemagne  décb.rée,  que  de  Li  Sainte-Al- 
liance tout  entière  avec  tous  les  Croates  et  les  Cosaques  (a).  ■ 

L'écrivain  qu«  nous  venons  de  citer  ne  devra  pas  naiaitre  suspect  d'esprit  r^clion noirs.  Oa  ne  l'arcu- 
sfra  pas  de  calomnier  la  pLilusopliie  au  proQt  des  Jésuites;  car,  comnte  le  dit  un  des  plus  fanatitiues- 
disciples  du  rationalisme ,  t  la  conscience  de  la  génération  actuelle  d'Outre-Ilhin  a  sa  Imiso  sur  deux 
cutonues  iondamontales  :  l'une  B'aM>elle  Uisu.,  l'autre  s'uppelle  Henri  Heine  (I>J.  » 

(al  Bnnu  fluni,  Ve  FÂliemame,  t,  lSi-3a. 

(t)  Hsa«*iii>  EwiMKS,  QueU-ce^e  la  Betigton  tfoprtt  lO  nwteile  pnUoiopmt  altemantlt,  Préface,  vu.  —Cri 
«UTrage  et  un  lutre  du  même  auteur  mlitulf  :  QaeU-c*  ifue  ta  Biblt,  amuirevl,  àe  la  minière  la  plus  évidente,  cel-e 
ItleoUlè  dei  polDif  de  départ  du  socialtsme  et  du  railonalismeque  Hkt  Gerbct  a  établie  atec  tant  dn  vîstieur  ■<-■■" 
aca  adialTable  travill  sm  oette  question,  publié  dans  l'VmveTtU4  ctomique. 


n  iNtRODocnoA  n 

rntras  toolttoit  nrtxnrer  le  vieai  eolie.  j  ialrodaira  li  morale  et  Itmité  :  ils  ne  bi- 
■ueal  qae  le  bouleverser  et  le  rendre  mëcooDaissable. 

L'eipieo  bunuine  était  travaillée  par  qd  besoin  universel  de  erojances  ;  elle  appelait  ta 
ItuBÎire  ;  die  upirait  k  la  vérité  ;  elle  eDlrevoyait  qu'il  était  quelque  cliose  au  delà  de  ce 
goulfre  oâ  elle  étoulEiil;  elle  se  mail  de  tous  ses  efforts  k  la  porte  de  l'avenir,  et  retom- 
biil  impuissante  et  désespérée. 

Tout  à  eoup  voici  que  doute  hommes,  pauvres  et  ignorants,  partent  de  la  ludée  ■  pour 
Ar  instruire  toutes  les  nations  ;  ■  ils  proclameot  l'amour  de  bleu  et  des  hommes,  et 
jtdent  wm  milieu  de  ce  monde  classé  par  la  gloire  el  basé  sur  l'esclavage ,  le  dogme  de  la 
pfii  et  de  la  fraternité  nniverselle. 

DiM  a  fait,  diswt-ils,  iTiw  «««f  kommt  U  genre  kvmain...  Noms  $ommt$  tùiu  h  rœ».  de 
Diai(icfcf  dee  apàtrm^  xni).  C'était  la  t«Mie  noineUe  si  longtemps  attendue  I  La  pâo- 
ifAti  U  biblessa,  la  sooBtaDce,  avaient  enfin  des  dieux  I  La  foi,  l'amour  et  la  Jiberlé 
«lluaat  Battre  eo  rtiomme,  trésors  Donveaux  qui  devaient  régénérer  ses  sentiments  el 
M*  iiltes,  changer  son  cmur  el  sa  raison,  loi  donner  une  autre  vie.  A  l'idolâtde  des  pa- 
tricMOi  qui  divinisaient  la  forme,  l'égoïsme,  les  sens,  succédaituoe  religion  de  sentiment, 
d'ibo^llon,  d'esprit.  Le  type  de  la  religion  heTlénique,  c'était  le  plaisir,  c'était  Vénus 
wrlaot  do  kein  des  eaux  -,  le  symbole  du  christianisme,  c'était  la  douleur,  c'était  Jésus 
Boarsnl  sur  la  croix. 

La  religion  s'empara  de  toute  l'existence  de  l'homme  :  par  le  bapléroe,  elle  l'ieitia  i  la 
société  chrétienne,  el,  par  les  autres  sacrements,  elle  sanctifia  tdus  les  actes  de  sa  fie 
civile;  ■  sur  le  fondement  de  la  charité,  fin  de  la  religion,  AmB  des  vertnS  et  abrégé  de 
la  lot,  tous  tes  étala  de  la  vie  humaine  furent  perfectionnés.  >  La  femme,  que  le  Cfarist 
■Tait  émancipée  dans  sa  mère,  trouva  dans  le  célibat  une  nouvelle  existence,  libre  et  io* 
dépendante;  la  Vierge  chrétienne  fut  un  £lre  supérieur  el  honoré;  dès  lors  le  mariage, 
nnetiSé  et  corroboré,  détint  une  alliance  entre  égaux  ■  et  cette  sainte  société  n'eut  plus 
4e  fin  que  celle  de  la  vie.  Les  supérieurs  apprirent  qu'ils  sont  serviteurs  des  antres  et 
dévoués  i  leur  bien  ;  les  inférieurs  reconnurent  l'ordre  de^ien  dans  les  puissances  légi' 
times,  lors  même  qu'elles  abusent  de  leur  autorité  (36).  » 

Ainsi  des  bords  de  l'Eaphrate  jusqu'aux  rives  du  Tibre,  el  depuis  la  lointaine  Bretagne 
îosqu'aitx  pays  enchantés  que  l'Indus  arrose,  rhomanilé  se  leva  dans  ses  fers  ep  regar< 
dut  le  ciel  avec  une  irrésistible  espérance.  Le  monde  gangrené  tombait  en  pourriture, 
et  ta  pureté  naquit  tout  k  coup  au  fend  des  âmes  comme  une  blanche  fleur  qui  crott  sur 
un  lomt>eau.  On  foulait  aux  pieds  la  dignité  et  la  noblesse  de  la  nature  humaine,  et  l'on 
se  prit  taut  d'un  coup,  par  un  étrange  renversement  d'idées,  k  chercher  les  esclaves 
abrutis  et  k  ramasser  les  pauvres  abandonnés  dans  les  faubourgs  des  grandes  cités  ro* 
■laiBes.  On  avait  pour  conserver  la  vie,  commis  d'incompréhensibles  lâchetés;  et  tout 
d'un  coup,  vieillards,  enfants  et  femmes,  quiconque  avait  une  âme  et  no  c«eur,  voulut 
souffrir  et  mourir  pour  les  intérêts  de  la  vérité.  Les  immenses  amphithéâtres  devinrent 
trop  étroits,  les  Innombrables  prisons  d'nn  monde  de  eaplivité  regoi^èrenl,  les  boorreani 
BiaiHiaèreol  hienlAt  pour  envoyer  k  la  mort  lont  ce  peuple  de  martyrs. 

Quelle  destinée  que  celle  de  l'Eglise  cbrétiennel  Elle  vient  k  peine  de  naître,  el  aussi' 
l&t  les  rois  de  la  terre  et  les  princes  de  l'inlelligence  se  lèvent  contre  elle*  Les  premiers 
l'avancent  armés  de  la  force  brutale.  Pendant  trois  siècles,  ils  la  tiennent  étendue  sur  des 
dievaleU,  ils  la  déchirent  avec  des  on^es  de  fer,  ils  la  font  broyer  par  les  dents  des  lions 
et  des  léopards...  ITn  jour  enfin  les  bourreaux  s'arrèlent  :  ils  onl  frappé  avec  un  redou- 
lili-meol  de  nge,  et  leurs  victimes  sont  tombées  en  nombre  'immense.  Dioeléiieu  se  vante 
iTavoir  niis  k  mort  tous  les  Chrétiens.  Il  dresse  donc  une  colonne  qui  portera  son  nom  k 
Il  postérité  la  plus  reculée.  Haïs  au  moment  où  il  cbante  son  triomphe,  le  paganisme 
s'écroule,  l'Eglise  s'élève  sur  ses  débris  ;  les  dieux  do  polythéisme  cèdent  k  Jésus-Cbrisl 
îrars  auUlSfles  Césars  descendent  de  leur  trdne  poury  laisser  monter  son  premier  ministre. 
(Si)  BoMcrr,  iMfcvara  imr  rUitelTt  wnlttnelh. 


71  DICTIONNAIRE  APOUNSmQUE.  80  . 

La  parole  da  Cbrist,  celle  semence  difioe,  jelée  dios  ie  soi  du  ¥Îeux  monda,  «  grandi 
comme  un  arbre  gigantesque  qui  a  couvert  de  son  ombre  sacrée  les  nombreuses  géné- 
rations des  peuples.  Le  christisnisme  est  sorti  des  amphilbéAlres  et  des  catacombes  pour 
aller  au-devant  de  ce  flot  de  barbares  qui  devaient  couvrir  l'univers  remain  comme  une 
immense  inondalioQ.  Il  a  pendant  de  longs  siècles,  lutté  contre  ces  races  de  fer  avec  une 
infatigable  énergie.  Il  a  fait  des  sauvages  qui  peuplaient  les  landes  de  Is  Bretagne,  les 
marécages  de  la  Gaule  el  lus  forfils  de  la  Germanie,  les  nations  les  plus  fortes ,  les  plus 
savantes  et  les  plus  invincibles.  Dans  cette  lutte  à  jamais  mémorable,  que  d'épreuves 
n'a-t-il  pas  traversées!  Quelles  lempétes  et  quelles  agitalioas  formidables  1  quels  princes 
(fe  l'inlelligence,  quels  puissants  génies  n'a-l-il  pas  usés  par  la  patience  de  sa  durée,  par 
son  élernilél 

Tandis  que  les  persécuteurs  demandent  aux  Cbréliens  leur  sang  et  leur  "fie,  ta  philo- 
sophie descend  sur  le  champ  de  bataille.  Le  mensonge  et  la  calomnie,  l'esprit  de  so- 
phisme et  d'erreur  viennent  6  son  secours.  Un  cri  de  guerre  retentit  dans  ses  écoles.  On 
attaque,  on  altère,  on  mutile'  la  doctrine  évangélique.  Quels  hommes  que  les  Celse,  les 
Plotin,  les  Jomblique,  les  Porphyre,  etc.  ;  quels  souvenirs  ils  rappellent  t  que  de  nobles 
facultés  consumées  pour  propager  l'erreur!  Un  prince  couronné  se  met  lui-mflma  h  eU' 
lanter  des  livres  afin  d'étouffer  la  vérité.  Vains  efforts  1  l'empereur  sophiste  et  impie  meurt 
à  la  peine.  Un  blasphème  sort  de  ses  Uvres  eipirsntes  ;  en  s'écriant:  Tu  at  vaincu,  Gali- 
Umt  il  veut  jeter  une  injure  h  lésus-Cbrist  et  il  constate  son  triomphe.  En  effet,  les  éco- 
les philosophiques  se  ferment,  le  rationalisme  s'ensevelit  dans  l'impuissance  el  dans 
l'oubli,  tandis  que  l'Eglise  grandit,  répand  au  loin  ses  lumières,  el  règne,  par  droit  de 
conquête,  sur  le  monde  des  intelligences. 

£lle  y  règne,  malgré  les  schismes  et  les  hérésies  qui  veulent  briser  son  sceptre.  Peul- 
filre  avez-vous  tremblé   pour   l'empire  de  Jésus-Christ,  lorsque  vous  avez  vu   s'élever 
contre  lui,  non  plus  des  ennemis  du  dehors,  mais  des  hommes  qu'il  a  nourris  dans  son 
sein,  des  hommes  dont  la  voit  puissante  remue  les  peuples,  séduit  et  détache  de  son 
royaume  des  nations  eniières.  11  en  est  de  ces  hommes  comme  des  tempêtes  qui  boule- 
Tfirsout  l'atmosphère  pour  la  puriâer.  Ils  viennent,  eus  aussi,  pour  remplir  une  mission. 
Il  faut  alors  dissiper  les  nuages  qui  pourraient  recouvrir  quelque  point  de  doctrine,  faire 
iiriller  la  vérité  dans  tout  son  jour  et  la  user  k  jamais  dans  sa  forme.  Ce  résultat,  ils  le 
jN^parenl,  sans  le  vouloir,  par  leurs  objections  et  leurs  sophismes,  par  leurs  raines  et 
fausses  lliéories,  par  les  systèmes  erronés  qu'ils  se  fatiguent  &  produire  ;  quand  ils  ré- 
pondent leurs  idées,  il  se  fait  autour  d'eus  un  grand  bruit;  on  les  observe,  on  les  écoute; 
ils  fiiscinenl  avec  leur  éloquence,  il  y  a  défection  dans  les  rangs  de  l'Eglise.  Mais  alors 
d'autres  hommes,  blanchis  par  l'étude  et  parle*  années,  se  réunissent  i  Hkée  ou  h  Trente. 
Oti  les  voit  se  prosterner  devant  une  croix;  ils  invoquent  sur  eux  les  lumières  divines, 
lis  discatent  et  ils  pèsent  toutes  ces  conceptions.  Puis,  après  de  longues  réflexions,  leur 
bouche  s'ouvre  ;  de  leurs  làvres  tombe  un  jugement  sans  appel,  qui  traversera  les  siècles, 
que  l«s  ttommes  accueilleront  avec  un  souverain  respect,  qui  deviendra  le  symbole  de 
leur  croyance,  la  règle  de  leur  conduite.  L»  vérité  est  ainsi  rétablie  dans  tous  ses  droits; 
elle  sort  plus  brillsote  de  la  discussion  des  objections  soulevées  contre  elle.  Quant  aux 
fauteurs  de  ces  schismes  el  d«  ces  hérésies,  leur  mission  est  remplie;  la  tomho  s'ourre 
pour  eux  et  pour  leurs  systèmes,  ils  n'ont  plus  qu'à  dormir  leur  sommeil.  Mais  le  cbri^- 
lisnisme  vit,  il  vit  toujours,  même  après  Arius,  même  après  les  Barbares,  taème  après 
Luther,  même  après  Robespierre  ;  après  la  réforme  et  la  révolution  française  1  II  vit,  non 
yias  in)m<Mtile  et  glacé  comme  un  cadavre,  mais  il  va  jusqu'aux  extrémités  du    niondu 
liortésurles  ailes  de  la  vapeur  et  des  vents,  annoncer  aux  barbares  babiianlsderAuslralie, 
de  l'Afrique  et  des  Iles  innombrables  de  l'Océan,  la  merveilleuse  parole  de  l'Evangile  1 
S  XL 

Triomphe  de  l'Eglise  chrétienne  contre  les  lyrans,  triompho  contra  les  pninces  de  la 
science  et  de  la  ^gesso,  triomphe  contre  les  ennemis  da  toute  sorte,  et  ceux  du  dehors,  tl 


gr  cmoDDcnotL  «s 

cMi  da  dnlms,  H  ceux  qoi  ▼«nient  du  uDg  et  eegx  naï  fl>meBt«bt  Ij  dÎTisîoo  ^in»  soa 
Minet  tedAcbiraol.  Le  doigt  d«  Diau  est  TÏsible  dans  ces  iiMf»  gigsotesquet,  dios  ces  grands 
BKMTeaieaU  îsaprimés  au  moade  par  ce  vent  da  nel  parti  du  boni  des  laes  de  la  Judée. 

■tigré  ces  conbatsachamés.  ces  luttes  ioeessaotes,  cotte  immortette  fille  do  àel  grandit» 
grandit  lovrîoiirs.  et  nrse  à  pleines  mains,  sur  l'bumaniié,  ses  plusprécieux  trésors. 
Ble  est  Ttooe  régénérer,  saorer  le  monde,  7  établir  le  règne  de  Dieu  ;  elle  ne  faillira  pa» 
t  n  nission  et  ta  porte*  de  Tm/ït  ne  prévaudront  point  contre  eite. 

Qiund  TOUS  oe  sauriez  rien  du  christiaoisme,  ni  son  bistoire  ni  sa  doctrine;  quand  oa 
De  1001  eût  montré  que  les  fruits  dont  il  1  eorîcbi  rhumsailé,  f  oui  seriez  bien  forcé  ds 
rccoooaitre  que  ces  fruits  ne  sont  pas  de  ceux  que  la  terre  enfante,  et  que  leur  se* e  pro- 
fitstd'un  arbre  qui  n'a  pas  sa  racine  dans  le  sol  d'ici-bas. 

Lb  cfaristiaDisme  a  fait  cirsuler  sa  rie  divine  dans  l'bomme  tout  entier,  et  dans  les  lois 
deWDcoeuretdans  celles  de  son  iotelligeoce  et  dans  celles  qui  règlent  ses  rapports  avee 
ses  ■cBblables.  L'ordre  moral,  l'ordre  intellectuel,  l'ordre  social,  ont  été  élevés  par  lui  à 
va  dqgré  do  perfection  qui  dépasse  inOaioienl  tout  ce  que  la  sagesse  antique  eût  jamais 
im  cuoeevoir  déplus  admiral>Je. 
Fojei  ses  miraclvs  dans  l'ordre  moral. 

Qu'est-ce  que  l'bommeT  Jetez  no  regard  au  fond  de  votre  nature,  et  vous  me  répondrm: 
LVmme,  c'est  un  être  enclin  au  mal,  i  régolsme,  à  la  paresse,  i  l'orgueil,  à  la 
cupidité,  i  la  sensualité,  k  la  duplicité,  à  une  incroyable  futilité.  Se  laisse-t-il  aller  à 
tti  peocbants?  on  ne  peut  dire  k  quel  degré  de  perversité  et  d'abjection  il  est  capable  du 
descendre.  Les  conrient-il  à  demi  1  épuisé  par  les  efforts  qu'il  lui  en  coûte ,  il  reste  sans 
verlD  et  ne  peut  s'élever  an  bien.  Cette  grande  nature  est  bornée  an  cercle  d'une  moralité 
"^tlve  et  inféconde;  elle  ne  fait  pas  de  mal  :  voilk  son  héroïsme.  Et  encore  faut-il  que 
le  tempérament ,  l'Age ,  la  condition ,  le  bon  naturel ,  le  défaut  d'intérêt  majeur,  n'olTrent 
ila  volonté  que  peu  de  luttes  fc  soutenir,  oa  même  qu'elle  trouve  k  s'appuyer  sur  quelques 
grossiers  motifs  de  réputation,  d'onpieil  et  de  paresse,  qui  balancent  le  mal  par  le  mal 
■eue ,  et  ne  laissent  i.  ce  sage  d'autre  mérite  qae  de  se  conserver  en  équilibre  entre  les 
«eès,  et  de  n'être  qu^uii  épicurien  de  vertu. 

ToilA  l'homme  dans  son  état  naturel.  Dn  peu  plas  un  peu  moins ,  tel  est  son  plus  haut 
dispasoa  de  vertu. 

Sh  bien  !  c'est  h  ce  niveau  que  la  cbristianiime  prend  l'homme  pour  l'élever  h  un  état 
où  tons  les  mauvais  inslincU  de  notre  nature  sont  foulés  aux  pieds ,  et  oCt  le  bien  devient 
b  profession  de  tous  les  jours,  de  tous  les  instants,  de  tous  les  soupirs  de  sa  vie;  où 
rime  toojours  en  baleine  vers  la  perfection ,  non-seulement  s'interdit  lool  ce  qui  est 
défeoda ,  mais  se  dépouille  de  ce  qui  est  permis,  de  ce  qu'il  y  a  de  plus  doux ,  de  plus 
thtr,  de  plus  inhérent  k  notre  nature;  s'immole  et  ne  vit  plus  de  la  vie  sensible,  de  la 
vie  eoncopiscible  ,  que  pour  y  mourir  loas  les  jours ,  et  par  ce  moyen  natl ,  grandit , 
s'élèf  e ,  se  répand  dans  nne  nouvelle  vie  toute  de  perfection ,  de  devoir,  de  vertu ,  où  ne 
voyant  jamais  ce  qu'elle  fait  de  bien ,  mais  ce  qu'elle  ne  fait  pas ,  elle  se  méprise  en  fsi- 
SHil  des  actes  d'héroïsme,  elle  s'excite  et  s'aigaiilunne  par  d«  Ik  toutes  les  bornes  connues 
dn  deroir,  et  va,  pour  ainsi  dire,  se  confondre  avec  la  perfection  infinie  de  Dieu  loi- 
inéme  :  Soj/ex  parfaîti  eo'tmu  votre  Père  céleite  tel  parfait. 

Philosophe,  voilé  la  sainteté  1  fleur  d'un  parfum  tout  céleste  qu'on  ne  vit  jamais  éelore 
dans  votre  terroir. 

El  cal  état  si  étonnant,  quand  on  réfléchit  k  la  corruption  et  i  la  pesanteur  de  notre 
nature,  le  christianisme  le  produit  dans  l'bomme  k  tout  âge,  dans  tontes  les  conditions,  i  tra- 
vers tous  les  obstacles;  un  enfant,  un  guerrier,  un  savant,  un  pâtre,  un  roi,  une  jeune  fille, 
une  âme  déjk  pure,  une  éme  criminelle,  tout  devient  sous  son  empire  capable  de  sainteté. 
Cesl  principalement  dans  les  difficaltés  et  les  résistances  de  la  nature  et  de  la  société 
qui!  triomphe  et  qu'il  opère  ces  métamorphoses  admirables,  appelées  cenrcrttMW ,  non 
Boios  prodi^euses  dans  l'ordre  moral ,  que  les  métamorphose»  de  la  fabuleuse  aotiqailé 
dios  l'ordre  physique.  Veul-il  faire  éclater  la  charité  et  le  lèle  de  l'aposlelalT  M  choisira 


S3  MCTIONNURE  APUAÎEnQUE.  SI 

un  perséculeur;  veul-il  bire  voir  l'intrépidité  et  l'héroiMoa  de  II  Gonstanee?  Il  prendra 
le  eœur  d'uoe  jeane  fllle  ;  Teat-il  nous  raTir  par  an  cbef-d'œarre  de  douneor  et  d'bumililét 
i\  ira  ebercber  l'âme  d'un  roi  ;  il  fera  Tenir  la  simplicité  de  la  foi  dans  l'Ame  d'an  pbilo- 
•opbe ,  et  la  pins  sublime  pbilosophie  dans  la  raisob  d'un  artisan  ;  il  inspirera  h  l'héritier 
(Ton  grand  nom  et  d'une  brillante  fortune  la  passion  du  reocncement  et  de  la  pauvreté  { 
Il  saisira  la  Jeune  fille  sons  les  préparatib  de  l'hjrmen  et  au  sein  des  caresses  maternelles» 
pour  la  transformer  en  Mmur  de  ehariti:  et ,  de  la  pécheresse  qne  le  monde  conspue  et 
r^ette ,  il  fera  l'amante  du  Dieu  trois  tois  saim. 

Il  n'y  a  que  celui  qui  a  fait  l'homme  qui  peut  le  refaire  ainsi.  Voyez  les  païens,  voyez 
les  taga  de  l'antiquité,  et  tout  ce  qui  vit  aigonrd'bul  en  dehors  du  christianisme,  tous 
y  pourrez  trouver  quelques  Tertos  humaines ,  tous  n'y  trouverez  jamais  un  taint.  ■  U 
est  impossible  et  monstrueux  que  l'homme  se  monte  au-dessus  de  soi  et  de  l'humanité  ; 
car  il  ne  peut  voir  que  de  ses  yeux,  ni  saisir  que  de  ses  prises  :  il  s'eslevera,  si  Dieu  lui 
preste  exIraordiDsiremenl  la  main  ;  il  s'eslevera ,  abandooninl  et  renoaçaot  ft  ses  propres 
moyens  et  se  laissant  haulser  et  soublever  par  les  moyens  purement  célestes.  C'est  i  noslre 
foi  cbrestienne ,  non  k  la  Tertu  stuïque ,  de  prétendre  k  celte  divine  el  miracoleose  méta> 
morphose  (27).  ■ 

Le  sens  moral ,  c'est  l'image  de  Dieu  en  doos.  Or  cette  image  ne  peut  s'entretenir  que 
par  sa  relation  a*ec  l'original,  avec  le  type  éternel  de  la  sainteté  »  l*bommA-modèIe , 
l'Hoiihs-Dibc^,  le  Saint  du  saists.  Aussi ,  depuis  que  ce  divin  modèle  a  i\é  proposé  i 
notre  imitation,  voyez  quelle  admirable  floraison  de  vertus  célestes ,  quelle  puissaote 
frucliflcalionde  sainteté  est  apparue  de  toute  part  dans  le  monde!  ■  Quel  spectacle  fut  pour  le 
monde  corrompu  la  naissance  du  cbrisliaoisme]  On  voit  paraître  et  se  répandre  dana 
l'univers  des  hommes  qui  disconviennent  d'avec  tous  les  autres  sur  les  principes  les  plus  ' 
communs  ;  des  hommes  qui  r^eltent  tout  ce  qui  est  recherché  avec  le  plus  d'ardeur,  et 
qui  ont  un  amour  sincère  pour  tout  ce  que  les  autres  fuient.  Les  plaintes  sont  un  langage 
qui  leur  est  inconnu  ,  si  ce  n'est  dans  la  prospérité;  ils  ne  se  contentent  pas  d'avoir,  au 
milieu  des  malbears,  une  constance  inébranlable,  ils  ont  une  joie  qui  va  jusqu'à  des 
transports...  Quels  sont  ces  prodiges;,  devaient  dire  les  psïensT  quel  est  ce  renversement  T 
Les  biens  et  les  maux  ont-ils  changé  de  nature?  Les  hommes  ont-ils  changé  eux- 
mâmes  (28J  7  > 

Depuis  ce  moment  la  race  des  saints  n'a  cessé  de  se  reproduire  sur  la  terre  sans  y  dégé> 
nérer.  Quelle  multitude  et  quelle  diversité  de  saints  le  christianisme  n'a-t-il  pas  enfantée 
au  monde  h  toutes  les  époques,  dans  toutes  les  situations,  à  tous  les  âges,  dans  toos.  les 
rangs  ;  opposant  aux  besoins  et  aux  âilDcuUés  des  temps,  des  caractères  de  sainteté  divers 
-qui  les  dominent,  et  en  qui  s'incarne  et  se  perpétue  son  imprescriptible  pouvoir.  Com- 
ment pourrions-nous  présenter  ici  au  souvenir  et  à  l'admiration  du  lecteur  toutes  ces  lé- 
gions de  héros,  tons  ces  vivants  témoins  de  la  divinité  de  la  religion  ohrétienne  I 

Mais  cen'esl  pas  seulementanx  saints  canonisés  par  l'Eglise  qu'il  faut  borner  le  nombre 
de  ces  fleurons  de  la  eouroane  du  christianisme;  il  en  est  une  multitude  d'autres  qui 
ont  passé  dans  l'obscurité,  qui  y  vivent  et  qui  y  meurent  tous  les  jours,  inconnus  au 
monde  elk  eux-mêmes,  perdus  qu'ils  sont  dans  leur  humilité.  Il  en  est  des  saints  comme 
des  étoiles  du  tirmament  :  outre  celles  qui  composent  les  diverses  oonslellatioos  et  qui 
brillent  è  nos  yeux,  il  en  est  une  multitude  d'autres  que  leur  élévation  même  dérobe  k 
nos  regards  :  le  ciel  spirituel  a  aussi  sa  voie  lactée. 

L'action  du  christianisme  est  incessante,  bien'  que  parfois  occulte;  et  après  deux  mille 
ans  de  fécondité,  il  germe,  il  pousse  encore  des  fleurs  aussi  parfumées,  des  fruits  aussi 
savoureux.  Que  de  vertus  cachées  au  fond  des  chaumières,  dans  les  bftpitaux,  les  man- 
sariles,  les  prisons,  les  cloîtres,  les  déserts,  dans  l'humble  foyer  domestique  surtoatl  Lq 
secret  en  est  connu  de  Dieu  seul  et  de  ses  anges. 

(S7)  HniiTiiCNE,  Euau,  I.  ti,  c.  13. 

(2B)  FotrTUEUB,  D^eoun  mr  la  fat\tRçt, 


>  INTRODUCTION.  » 

L«  cbristisDfsrae  n'i  pas  borué  ses  frails  h  ta  uocttflcalioD  individuelle  de  tes  tneuibre»; 
mais  par  celle  sanctiffealioo,  il  a  épuré,  moralisé  la  conscience  publiqne  du  genre  hn- 
•aiii;  il  a  assalui  le  moude.  De  son  centre  surnaturel,  il  a  agi  sur  le  naturel  des  sociétés 
bDBuiMi.  Las  I^slalions,  les  institutions,  les  mœurs,  les  rapports  divers  dont  elles  *r 
composent,  oui  été  refaits  sur  l'Erangile.  La  corruption  paîenue,  la  barbarie  gerraauiriue 
oiilsiiceessiTenieat  disparu  sons  "action  de  la  religion,  et  le  inonde  en  est  venu  i  res- 
pirer le  efarïstianisme  comme  l'air.  Tout  ce  qui  est  général  aujourd'hui,  tout  Ce  qui  est 
ptiitie,  (ont  ce  qui  est  univ^el,  esl  chrétien,  on  tond  k  le  devenir.  Sans  doute  il  7  aura 
lM}Oin«  de  la  eormplion  et  dti  la  perrersité  dans  le  monde,  («rce  que  toujours  il  y  enra 
delà  liberté;  mais  autrefois  il  f  avail  des  crimes  publics,  sociaux,  eolleclib;  la  perver- 
sité n'était  pas  seulement  dans  les  âmes  particulières,  elle  était  dans  l'âme  même  de  la 
soôétét  dans  les  lois,  dans  l'opinion,  dans  les  institutions,  dans  les  coutumes.  Aufonr- 
d'hin,  clle7  est  eioins  qoe  jamais  ;  et  quels  que  soient  les  écarts  de  la  moralité  privée,  le 
flireiB  de  la  moralité  sociale  a  été  toujours,  sauf  les  temps  de  crise,  en  s'élevant.  S'il 
ja  toq'oundes  crimes,  jamais  il  n'y  eut  plus  de  protestations.  Les  crimes  mêmes  qui 
M  eoBmettent  ont  nn  earaclère  qui  acease  la  folie  autant  que  la  perversité,  tant  la  rai- 
son pobliqoe  les  rejette,  tant  la  conscience  sociale  les  désavoue.  Les  impies  et  les  mé- 
chants bODorent  le  frein  qu'ils  blsncbissenl  ;  et  le  nombre  en  fAl-il  encore  plus  considé- 
rable, il  foreur  plnrriolente,  il  ne  leur  sera  jamais  donné  de  prévaloir  contre  le  ohris- 
lianisoe;  et  cela  par  une  raison  fort  simple  :  e'esl  qu'ils  ne  peuvent  le  guerroyer  qu* 
ée  ses  doos. 

Certes,  c'est  no  phénomène  étrange  que  celni-l&,  et  une  belle  preuvede  la  divinité 
d'an  principe  qni,  après  avoir  porté  le  monde  k  un  si  haut  degré  de: civilisation  à  travers 
la  éléments  les  plus  contraires,  le  soutient  dans  cet  état,  i  l'eoconlre  de  l'immoralité 
privée  qu0  cette  civilisation  même  engendre,  et  continue  â  le  faire  avancer  k  travers  tous 
Ifsexcis  particuliers  d'une  société  qu'il  vivifie  en  dépit  de  aea  membres  1 

Le  christianisme  a  triomphé  de  la  civilisation  corrompue  du  paganisme  ;  il  en  a  purgé 
le  inonda,  et  ce  fut  un  beau  débul.  Il  eut  ensuite  un  autre  travail  â  faire  tout  différent  du 
premier,  et  non  moins  grand,  non  moins  beau  ;  ce  fut  de  triompher-de  la  barbarie  qui 
vint  se  jeter  au  travers  de  son  action  régénératrice.  Après  avoir  arraché  des  hommes  ci- 
vilisés à  leurs  préjugés,  il  eut  à  civiliser  des  hommes  grossiers  ;  après  avoir  corrigé,  il 
eut  k  instituer,  il  fit  ce  second  ouvrage  arec  le  même  succès  que  le  premier,  sans  changer 
de  principes  ni  de  moyens,  sans  cesser  d'être  lui.  Pendant  longtemps  même  il  mena 
ces  deux  grands  travaux  de  front;  et  pendant  que  d'une  main  il  sanctifiait  les  mœurs 
corronyuesdeRome^de  Corinthe,  de  l'autre  il  apprivoisait  et  poliçail  les  mœurs  farouches 
des  lionles  vomies  par  le  Nord.  Le  monde  moderne,  avec^tont  le  déploiement  de  ses  fa- 
cultes  morales,  inlellecluelles  et  industrielles,  est  sorti  de  ce  second  enfantement.  Hais 
U  une  troisième  épreuve,  un  troisième  succès,  étaient  réservés  au  christianisme  :  sauver 
\v  monde  de  l'abus  des  biens  dont  il  l'avait'  comblé  ;  lui  conserver  ces  biens,  et  les  ae- 
croUre  en  dépit  de  ces  abus  ;  le  foire  passer  par-dessus  cet  écueil  fatal  oil  toute  société  bu- 
■uine  vient  écboser  :  la  corruption  de  ses  richesses,  la  décadence  de  ses  propres  gran- 
deur*, la  mort  nprès  la  vie.  Ecueil  plus  redouUble  que  les  précédents,  puisqu'il  est  en 
raisoodela  hauteur  de  la  civilisation  qui  l'engendre,  et  que  c'est  en  l'absence  de  tout 
appui  étranger  k  la  natore  de  l'obstacle,  et  par  un  effort  purement  interne,  que  le  triom- 
plie  doit  s'opérer.  C'est  Ikle  grand  spectacle  que  nous  avons  maintenant  sous  les  jreus, 
crise  héroïque,  qui  se  préparait  depuis  longtemps  et  qui  a  éclaté  dans  le  xviii*  siècle.  A  cet 
iasUnt  la  société  moderne  a  rasé  l'écueil  ;  elle  a  sombré  sous  voiles  et  disparu  quelque 
Uoipe  dcna  les  abîmes.  Mais  elle  portait  un  bdte  divin.qui  sait  commander  aux  vents  et  aux 
Bols.  La  civilisation  a  reparu  vomie  par  le  gouffre.  La  raison  chrétienne,  la  foi  calbolique, 
identifiées  désormais  avec  ton!  ce  qu'il  y  a  de  vraiment  conservateur,  civilisateur,  pn^res- 
«f,  prennent  de  jour  en  jour  le  dessus:  aussi,  après  tant  de  preuves  de  l'aetien  de  Dieu, 
Unt  de  gages  de  la  ûdélité  de  ses  promesses,  éclairés  par  le  passé,  confiante  dans  le  pré- 


«7  DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE.  M 

«eut,  sûrs  de  l'afeoir,  disons-nous  bien  avao  Pascal  :  ■  il  est  bon  d'blut  ainsi  liattu  par 
la  teiB|iAtei  dans  un  raisseau  qu'on  sait  ne  pas  pouroir  périr  1  > 

Voilà  ce  que  le  cbristiaDisme  a  fait  dans  l'ordre  moral.  Voj'Ons  mointenant  ws  IniU» 
dans  l'ordre  iDlellectuel. 

S  XII. 

U.d«  Foolanes  passant  à  Genève,  en  1787,  alla  voir  l'illustre  Bonnet.  11  te  trouva  It  sa 
naisoQ  de  Geiithod,  placée  dans  une  situation  i,  la  fols  riante  et  magnifique,  aux  bords  du 
lac,  entre  les  sommets  des  Alpes  ut  du  Jura.  La  conversation  ôlant  tombée  sur  les  illu- 
minés, Bonnet  ne  cacha  point  au  jeune  voyageur  que  des  hommes  illustres  de  la  Suisse 
étaient  attelais  de  ce  délire.  M.  de  Foulanes  lui  en  demanda  la  cause.  Voici  quelle  fut 
M  réponse: 

a  La  philosophie  mo<)6rne  a  ébranlé  les  fondements  de  looles  les  croyances  religieuses. 
L'écrit  humain,  arraché  imprudemment  aux  opinions  sur  lesquelles  il  reposait  depuis 
tant  de  siècles,  ne  sait  plus  où  se  prendre  et  où  s'arrêter.  L'absence  de  la  religion  laisse 
un  videimuiense  dans  les  pensées  et  dans  les  affections  de  l'homme  ;  et  celui-ci,  toujours 
extrême,  le  remplit  des  plus  dangereux  fanldmes,  à  la  place  d'un  merveilleux  sage  et 
consolant,  adapté  à  nos  premiers  besoins.  Ainsi  l'homme,  en  davenaot  incrédule,  n'eu 
sera  que  plus  aisément  précipité  dans  la  superstition  :  il  portera  jusque  dans  l'athéisine 
même  le  besoin  des  idées  religieuses,  qui  est  une  partie  essentielle  de  son  être ,  et  qui 
doit  toujours  faire  son  bonheur  ou  son  tourment;  il  abusera  de  ses  propres  sciences, 
en  j  mêlant  les  plus  monstrueuses  rêveries  ;  il  divinisera  les  effets  physiques  et  les  éner* 
gies  de  la  nature;  on  le  verra  retomber  dans  un  absurde  polythéisme;  en  un  mot  il 
sers  disposé  &  tout  croire,  au  moment  où  il  dira  fièrement  qu'il  ne  croit  plus  rieo.  Il  est 
temps  que  la  véritable  philosophie  se  rapproche,  pour  £on  propre  intérêt,  d'une  religion 
qu'elle  a  trop  méconnue,  et  qui  peut  seule  donner  un  essor  infini  et  une  régie  sAre  k 
tous  les  mouvements  de  notre  cœur.  Il  faut  laisser  des  aliments  sains  h  l'imagination 
humaine,  si  on  ne  veut  pas  qu'elle  se  nourrisse  de  poisons  (29).  > 

Qui  est-ce  qui  préviendra  ces  déplorables  écarts  et  nous  sauvera  de  ces  honteuses  fai- 
blesses! Le  christianisme  seul.  Sans  lui,  on  verrait  bieotât  l'esprit  humain-emporté  dans 
les  superstitions  les  plus  avilissantes  et  tes  plus  perturbatrices,  sans  que  les  plus  fortes 
têtes  pussent  s'en  garantir,  dès  que  la  contagion  s'en  serait  développée  autour  d'elles. 
C'est  qu'au  delà-de  l'élrolte  limite  de  ce  que  la  raison  peut  comprendre,  s'ouvre  et  s'élend 
nn  espacevldepourelle,  où  se  jouent  tesfant&mes  de  son  ignoraui;e,  où  sa  vue  expire, 
où  elle  ne  peut  pas  distinguer  les  choses,  et  ofl  cependant  elle  soujiçunne  qu'il  y  a  de 
grandes  choses  (30)  :  penchée  sur  cet  sbtme,  il  ne  dépend  pas  d'elle  d'en  détourner  les 
yeux,  parce  qu'elle  sent  que  1i  s'agite  pour  elle  quelque  importante  destinée  ;  et  il  ne 
dépend  pas  d'elle  non  plus  de  les  ouvrir  assez  pour  savoir  ce  qui  s'y  passe.  —  Cet  espace 
vide  que  nous  portons  tous  en  nous,  cet  abtme  est  la  région  du  mytiirt. 

De  là  sont*  sortis  tous  ces  systèmes  idéologiques  et  théogoniques  dont  le  tourbillon 
compose  l'histoire  de  la  philosophie  bumaîne;  de  là  toutes  les  superstitions,  lontei  les 
extravagances  qui  ont  tour  à  tour  régné  sur  cette  terre;  de  là  enfin,  sortent  parfois, 
pour  les  esprits  les  plus  rassis,  de  saisissantes  incertitudes,  de. soudains  vertiges,  de 
4errible3  peut'étre,  qui  les  font  se  retourner  incessamment  dans  mille  conjectures  sur 
leur  destinée  prochaine,  sans  pouvoir  jamais  trouvtir  une  solution;  car,  on  a  beau  foire, 
on  ne  saurait  jamais  complètement  s'endormir  sur  les  bords  d'un  tel  gou^e. 

C'est  ce  vaste  besoin  de  l'flme  humaine  que  le  christianisme  est  venu  satisfaire,  c  est 
sur  cet  abîme  qu'il  est  venu  jeter  un  chemin.  La  foi  chrétienne  est  le  gardt-fou  de  )■ 
raison.  «  Qui  le  sent  plus  évidemment  que  nousT  dit  Montaigne,  car,  encores  que  nous 
lui  ayons  donné  dea  principes  certains  et  infaillibles,  encores  que  nous  esclairisns  ses 
pas  par  la  sainte  lampe  de  la  vérité  qu'il  a  plu   à  Dieu  nous  communiquer,  nous  voyons 

(391  (Knru  d*  M.  4e  FonUim,  l.  II,  p.  Ut. 

(SO)  Kajut  tue  ^uiddam  tnipicaia  en,  ae  pulekrtat,  quod  extra  eoiupeetum  flotara  poniuit.  (Snsc. , 
guait.nat.  i,  pneful.) 


0  IRTRODDCTWL  M 

pmriHit  ioonieU«aiMC,  pour  pas  qu'olhi  se  desmento  do  sentier  ordinaire,  et  qn'ellfl 
ndctioumeoB  escute  de  la  vpja  tracée  et  battue  par  l'Eglise,  comme  leul  aussildt 
tUettpenl.s'eiBbwTme.et  s'eairsTettouniojant  et  fiotani  dans  cetle  mer  vaste,  lroubt<>, 
el  mdojante  des  opinions  taamainea ,  sans  bride  et  sans  but  î  aussilost  qu'elle  prrd  en 
pind  et  cooimnli  chamin,  elle  se  w»  divisant  et  dissipant  «n  mille  roules  diverses  (31).  • 
Silisbire  la  facollé  religieuse  de  notre  Sme  dignement ,  grandement ,  sans  gôner  ta 
nwM,  en  la  faisant  entrer  an  eootraire  dans  cette  satisfietion,  en  la  lui  rendant  propre, 
tfl  Tj  développant  et  faisant  grandir  tontes  ses  pnîssBDCes,  voilà  le  problème  que  le 
tbmiJanisD»  seul  a  réaolo.  Sa  doctrine  ne  commence  qu'au  point  où  la  raison  fiail,  nù 
M  m  se  trouble  ets'^re.Lafei  vient  s'ajoalersenlementk  la  raison.  Ce  n'est  pas  même 
ue  toonJssioo  qn'elle  en  eiige ,  pnisqae  venue  à  ce  point,  la  raison  n'abdique  que  sou 
iftianpcc  ;  c'est  un  aasentînenl  qu'alla  lui  demande,  c'est  une  alliance  qu'elle  lui 
propose.  La  foi  s'adapte  )  la  raison  par  ta  mofon  des  preuves  extrinsèques  auxquelles  la 
niiM  ne  penl  se  refuser  sans  se  manquer  k  elle-m£me.  Le  christianisme  est  Ig  seule  religion 
fBj'iJt  des  preuves,  qoi  ne  demande  à  la  raison  que  ce  qu'elle  ne  peut  pas  logiquement 
léaier.  Il  vient  l'arracber  k  la  Ijruinia  de  mille  systèmes ,  de  mille  chimères,  qui  sans 
jiuisla  sntisfaire,  la  laissent  toujours  de  (dus  en  plus  appauvrie  par  le  doule  et  livrée 
m  {lias  fooestas  écarts.  Il  lui  /ail  recevoir  k  ta  place  un  frein  léger  qui  ta  dirige,  sans  la 
gêov,  vers  les  régions  de  la  lumière. 

Vf  a  SOT  las  confins  de  la  raison  ,  un  certain  nombre  de  vérités  capitsies  qu'elle  ne 
lûit  que  d'une  loucbe  pleine  de  faiblesse  et  de  défiillance.  Telles  sont  les  vérités  dp 
reiiiieiioe  de  Dieu,  de  son  unité,  de  sa  providence,  et  de  ses  priocipsut  attributs  ;  de  la 
spiritualité  de  rime,  de  sa  liberté,  de  sa  responsabifilè,  de  son  immorlatilé;  d'un  étal 
(lUar  de  récompense  et  de  cbiiîment,  etc.  Qu'étaient  devenues  ces  vérités  dans  le  monde 
pua  I  Elles  avaient  disparu  dans  la  nuit  du  polythéisme  pour  la  généralité  des  hommes. 
U cbrislianisme  pst  venu  dégager  ces  vérités,  les  rétablir  dans  tout  leur  lustre  et  leur 
oaplet  accord.  Après  les  avoir  portées  A  na  point  de  pureté  et  de  sublimité  qui  dépasse 
(«que  la  philosophie,  dans  son  vol  le  plus  hardi,  en  avait  soup^uné  jusqu'alors,  il  les 
I  Bises  k  la  portée  de  tout  le  monde ,  et  les  a  préservées  k  jamais  de  toute  altération  et 
detoute  mina,  an  les  sumatnra lisant  par  la  foi.  Par  U  il  a  constitué  la  philosophie, 
«lai  donnant  un  sol  résistant  et  fécond ,  an  lien  de  ce  terrain  mouvant  des  systèmes, 
M  (S  (ibilosophia  antique  enfonçait  k  chaque  pas.  En  assujettissant  ainsi  ces  premières 
(•rites  sur  la  baM  de  la  foi,  le  chrislianisme  a  ralTermi  toutes  les  autres  vérités  d'un 
uire loférieur.  il  a  mis  un  principe  de  certitude  dans  l'âiae  humaine,  qui,  de  proche  en 
iTOcbe,  a  UabilUi  toutes  les  assises  de  la  raison.  En  vulgarisant  ces  vérités,  il  a  non-seu- 
:»nenibît  participer  tons  les  hommes  individuellement  el  sans  distinction  k  leurbéoéfice* 
liais  il  a  créé  par  Ik  la  raison  publique,  ce  foyer  commun  si  puissant  qui  préserve  et 
rËftare  les  aberrations  de  la  raison  privéetot  qui  est  comme  l'âme  des  sociétés  modemen. 
Par  deik  ces  vérités  mères  que  le  cbrîsliaois:iie  a  rapprochées  de  la  raisoa  commune  et 
ramenées  k  l'éUI  de  certitude  et  d'évidence  pour  tous,  les  hommes,  il  en  est  d'autres 
qall  ooa*  a  révélées  el  qui  seraient  k  jamais  restées  hors  de  la  portée  de  l'esprit  humain. 
Je  veux  parier  de  ces  vérités  contenues  dans  les  dogmes  particuliers  du  christianisme  • 
'a  Trinité,  llncamalioD ,  la  Rédemption ,  la  chute  en  Adam,  la  réhabilitalion  en  Jésus- 
Christ,  etc.  Que  ne  puisse  dérouler  ici  sous  vos  isards  tout  ce  magnifique  ensemble  de  la 
-'xrtrioe  catholique,  tvec  sa  haute  philosophie,  ses  beaux  rapports,  ses  fécondes  applica- 
tions et  toutes  ses  ineirnbles  hsrmonies  I  c'est  ik  l'objet  de  la  théologie  proprement  dite. 
Le  mtfode  spirituel  ayant  été  ainsi  ouvert  à  l'iotelligenco,  elle  s'y  est  dilatée,  et  y  a  trouvé 
->:-e  expansion  qui  lui  a.  fait  dominer  les  sens  et  la  natnre.  oi^  la  tenaient  emprisonnée 
M  soperitilions  sensuelles  de  l'antiquité.  La  foi  chrétiaaot  l'a  soulagée,  en  lui  ensaignuil« 
(«r  autorité,  des  vérités  dont  la  recherche  épuisait  autrefois  ses  forces,  et  dont  la  con- 
leaplalion  les  renouvelle.  Ella  t'a  délivrée  »du  décoorageneot  et  du  se^;>Ucîsaet  m 
^1)  Cttcîi,  Uv.  SSII,  c.  12.  ,  . 


Il  nCTIOKN&IBE  APOLOGETIQUE  M 

lui  donnant  nno  bue  fix«  d'oè  elle  t  pu  partir  nrec  assurstice.  En  même  temps  elle  a 
créé  dutour  d'elle >  par  la  diffusioa  et  la  comiminauté  des  mAmes  lumières,  un  conire- 
polds  de  seas  commun  qui  l'a  préserrée  de  ces  écarts  iDdividuela*,  et  un  levier  puissant 
qui  a  centuplé  ses  forces  en  mettant  celles  de  tous  à  le  disposition  de  chacun  en  purli- 
culier.  Enfin  par  la  côonmunion  intime  qu'elle  a  établie  entre  l'Ame  et  son  auteur, 
entre  la  vérité  et  la  vertu,  elle  a  mis  en  elle  un  principe  de  vie  qui  est  i  l'esprit  ce  qu'il 
psi  lui-même  au  corps,  qui  coDceotre,  discipline,  inspire  ses  mouvements,  cmpëcho  ses 
richesses  de  dégénérer  et  de  se  corrompre,  et,  selon  l'heureuse  etpression  de  Bacon, 
c-jt  comme  l'arôme  de  ses  connaissances  :  Fideiaromo  ieientimvm. 

Muni  de  ce  secours,  l'esprit  humain  s'est  dressé  d'une  hauteur  qu'on  ne  lui  avait  jamais 
connue;  il  e  marché  de  progrès  en  progrès,  et,  par  toutes  ses  conquêtes,  il  a  témoigné 
magnifiquement  en  faveur  de  la  vérité  d'une  religion  sous  l'infloence  de  laquelle  il  a 
découvert  toutes  les  vérités.  L'homme,  pan  sa  soumisfion  h  la  loi  du  Christ,  a  relevé 
l'empire  de  la  vérité  sur  sa  raison  par  les  sciences  théologiques  et  métaphysiques; 
l'empire  de  sa  raison  sur  sa  volonté,  et  de  celle-ci  sur  ses  sens  par  les  sciences  morales; 
et  l'empire  de  ses  sens  sur  la  nature  par  les  sciences  eiactes  et  industrielles  :  trois 
branches  de  connaissances  dont  le  développement  prodigieux,  sous  la  loi  évangélique, 
a  )>orté  l'humanité  au  trAne  de  la  plus  haute  civilisation ,  et  vériflé  ce  bel  adage  :  5«rctr 
Dieu,  e'al  régner. 

Les  sciences,  longtemps  faussées  par  leur  alliance  avec  la  philosophie  incrédule  du 
dernier  siècle,  se  sont  complètement  séparées  d'elle.  Depuis  lors  elles  font  des  progrès 
inouïs,  et,  chose  admirable  I  elles  ont  retrouvé  la  foi  sur  tons  les  chemins  de  la  vérité» 
et  nous  rapiwrtent  tous  les  jours  des  solutions  qui  Is  cooQrment.  Quant  à  cette  pliiloso- 
'  phie,  elle  est  évidemmeul  aux  abois,  car  elle  ne  se  soutient  plus  que  par  le  désaveu,  et' 
tout  prouve  qu'elle  a  fait  son  temps. 

£n  général,  tout  ce  qu'il  y  a  eu  de  vrais  philosophes,  de  belles  intelligences  dans  le 
monde,  tout  ce  qui  s  |>orté  haut  la  tète  parmi  les  hommes,  s'est  appuyé  sur  la  foi  chré- 
tienne. Les  plus  nubles  représentants  de  la  raison ,  les  conducteurs  de  rhumBoilé,ont  été 
apAtres  ou  disci|iles  de  Jésus-Christ  :  c'est  un  fait.  ■  On  pourrait  produire  aisément,  dît 
d'Alembert,  la  liste  des  grands  hommes  qui  ont  regardé  la  religion  comme  l'ouvrage  de 
Dieu;  liste  capable  d'ébranler,  même  avant  Ceœamen,  les  meilleurs  esprits,  mois  suffisante 
au  moins  pour  imposer  silence  à  une  foule  de  conjurés ,  ennemis  impuissants  de  vérités 
nécïssaires.aux  hommes,  que  Pascal  a  défendues,  que  Newton  croyait,  que  Descartes  a 
respectées  IS2).  » 

Quelle  preuve  de  la  vérité  du  christianisme!  Car  enfin  ces  mêmes  intelligences,  qui 
ont  fait  leur  culte  de  la  vérité  en  tout  genre ,  qui  ont  vécu  dans  son  élude  et  dans  sa 
contemplation,  qui  ont  apporté  Ih  sa  recherche  toutes  les  forces,  tout  le  désintéressement 
dont  l'esprit  faumaiu  est  capable ,  qui  ont  montré  par  leurs  belles  découvertes,  par  leurs 
grands  travaux  en  mélaphj'sique,  en  morale,  en  mathématiques,  en  sciences  naturelles, 
qu'ils  savaient  la  connaître  et  la  trouver,  h  qui  nous  la  devons,  et  qui  en  sont  pour  nous 
comme  leecanaux^cesmémesinielligences,dis-je,  ont  reconnu  que  le  christianisme  était  la 
vérité,  était  divin,  ils  l'ont  proclamé,  ils  l'ont  professé,  non-seulement  par  leurs  éi:rits, 
rosis  parleurs  actions;  ils  «n  ont  fait  le  capital  de  leur  étude  et  de  leur  conduite  :  et  oa 
veut  qu'ils  se  soient  trompés,  trompés  tous  et  k  ce  point  I  et  que,  malgré  cette  erreur 
fondamentale,  ou  plutAl  par  l'influence  de  cette  erreur,  ils  aient  découvert  la  vérité  eu 
tout  le  reste  I... 

UaJs  qui  èles-vous  donc  pour  prononcer  ainsi  sans  hésitation  que  Bonnet ,  Euler, 
Kepler,  Leibnitz,  Glsrlie,  Pascal,  Bossuet,  Fénélon,  Newton,  Malebrsnche,  Descartes, 
Bacen,  et  tant  d'autres  beaui  génies  qui  ont  fait  de  la  religion  chrétienne  l'étude  cons- 
ciaocieiue  de  toute  leur  vie,  se  sont  trompés  h  son  sujet  I  Décidez  donc  aussi  qu'ils  se 
sont  trompés  en  métaphysique,  en  morale,  en  mathématiques,  eu  astronomie,  en  sciences 

(SS)  D'Alubekt,  Etogedi  Bernottilti. 


m  imtoDucTwi.  H 

Batanllc*.  et  inserirei-Toufl  contra  toolas  Im  lumières  en  déMVOOtai  celle*  de  Ii  fbf  ; 
«a  plnlM  reooonaisMz  le  lien  de  rdrilé  qui  les  ottil,  et,  comme  dit  Bseoo,  que  ptu  ëe 
jnfManAM  d  rôKrMiilïf/,  et  beBucoap  deacieace  ramèue  t  lafoi;.Térité  dont  an  esprit 
ditiiiigni  de  noire  siècle,  Beiqamin  Constaoi,  confesse  sroir  bit  personneHemeat  llieii- 
leue  eipérience  :  ■  Hou  ourrage  (l'htsloire  do  polythéisme},  dît-il.  est  une  singulière 
preave  de  eetle  vérilè  de  Becoo.  C'est  posiliTeineDl  en  approfoudissaDt  les  bits,  en  en 
KcseillaDt  de  lonles  paris,  et  ce  me  beurlant  contre  les  difficultés  sans  nombre  qu'ils 
f-pposMil  è  riocrédolilé.  que  je  me  suis  vu  forcé  de  reculer  dans  les  idées  religieuses. 
Je  l'û  Eiil  certaioement  de  bien  bonne  foi,  car  chaque  pas  rétrograde  m'a  coulé.  Encore 
1  préctat  toutes  mes  habitudes  et  tous  mes  souvenirs  sont  philosophiques,  et  je  défends 
peste ^icès  poste  tout  ce  que  la  religion  reconqaiert  snr  moi...  (33i.  * 

Hais  c'est  surloot  par  la  comparaison  des  fruits  grodnits  par  le  génte  chrétien  avec 
an  fwgfwH  par  le  génie  humain  en  dehors  du  cbristianisme,  que  la  rérité  de  eelui-cf 
M  Ait  voir.  Jtasorément  le  génie  est  paiement  réparti  parmi  les  hommes  ;  et  sons  le 
nppon  de  la  irtmft  nous  n'afoos  en  rien  de  mieux  que  Platon,  Socrale,  Aristote,  Cicéron, 
Séoèqne  et  beancoop  d'aotres  pbilost^bes  de  l'antiquité.  Sous  certains  rapports  même, 
et  poor  toat  ea  qui  tient  aux  procédés  de  l'esprit,  comme  la  logique  et  la  rtiétorique,  il 
bal  iTooer  qu'ils  ont  été  longtempa  nos  maîtres.  Eb  bien  I  comparez  leurs  marres  méta- 
\ïijàptt  el  morales  (car  pour  les  scientifiques  les  résultats  sont  k  pea  près  nuls)  STce 
calles  q>«  les  auteurs  chrétiens  ont  produites,  llettei  les  murres  de  Cicéron  à  cAté  de 
ce^ies  de  saint  Augustin,  les  œuvres  de  Platon  è  cdlé  de  celles  de  saint  Thomas  d'AquÎB* 
Sénèqoe  k  côté  de  salut  Paul,  Aristote  è  cAté  de  Bossnet.  Epictète,  Mare-Aurèle  k  cAté  de 
Boardalooe,  de  HaxsilloD,  de  Féoelon,  de  Pascsl,  de  Malebraocbe,  de  LeibniU,  etc.,  el 
dites  s'il  o'j  a  pas,  je  ne  dis  pas  dans  li  faire,  entendoua-noos  bien,  mais  dans  le  f»mië, 
bu  U  produit  de  ceni-ci,  une  profondeur,  une  ampleur,  une  justesse,  une  perfection, 
laewlidité  de  rue,  infiniment  sopérieares;  s*il  n'j  a  pas  entre  les  premiers  et  les  seconds 
Liala  U  distance  du  rêve  k  la  réalité,  el  si  on  ne  voit  pas  clairement,  par  cette  compa- 
riisMi,  qu'une  grande  lumière  s'est  loTée  sur  le  monde  en  Jésos-Cbrist  T  «  Je  TOudraia 
•fa*  pour  noire  plaisir  et  notre  insiruclioD,  dit  Voltaire,  tous  les  grands  philosophes  de 
ratiqoité  reviosseot  aujourd'hui  sur  la  terre,  el  qu'ils  conversassent  truc  Pascal ,  que 
li'i-jeT  avec  les  hommes  les  moins  savants  de  nos  Jours,  qui  ne  sont  pas  les  moins  sensés  : 
j'cQ  demande  pardon  k  l'antiquité,  mais  je  crois  qu'ils  feraient  une  triste  figure.  Les 
[auTres  charlatans  1  ils  ne  vendraient  pas  leurs  drogues  sur  le  Puiit-Neuf.  > 

£o  effet,  ce  n'est  pas  seulement  soos  le  mauleao,  mais  aussi  sous  la  veste  que  se 
l'Miveat  nos  Socrate  et  nos  Epiclète,  formés  qu'ils  sont  k  cette  icienct  nàblime  de  rEvom^ 
fiU,  dit  encore  Voltaire,  à  laquelle  on  parvient  lor»  mime  qu'on  n'a  paa  fetprit  aiitx 
ttfuém  poter  étudier  lea  imUe$  uience*. 

Xoas  venons  de  présenter  quelques  aperçus  rapides  snr  les  fruits  du  christianisme 
caos  l'ordre  moral  et  daoj  l'ordre  iotellceluel.  Le  lecteur  comprendra  que  nous  ne  pouvons 
i*acef  ici  qu'une  esquisse  fort  incomplète  d'un  sujet  si  vaste  et  si  magnifique,  qui 
i^^Baudersit  des  volumes. 
Passons  aux  fruits  du  christianisme  dans  l'ordre  social. 

j-xm. 

Le  prîoHpo  d'action  des  individus  sur  la  société ,  principe  que  les  sociétés  antiques 
"M  cemaissaJent  pas ,  est  te  pivot  de  la  civilisation  moderne  ;  el  c'est  Ik  un  des  résnilau 
«  plus  précieux  que  le  christianisme  ait  opArés  dans  l'ordre  social. 

Oe'étaiMit  les  individus  dans  la  société  païeonel  Rien.  Ils  létaieul  entièrement  absor- 
^  par  eetle  divinité  qu'on  appelait  la  patrie,  qui  ne  permettait  k  aes  eobnls  de  respirer 
îH  pour  elle.  Elle  leur  Inspirait  toutes  ses  haines,  toutes  ses  passions,  tousses  préjugés; 
*•  fwssanee  ne  se  composait  que  de  leur  anéantissement  personne,  et  sa  liberté  que  de  leur 

Sf  latm  è  M.  Ueeka. 


fl  DICTIONNAtltE  APOLOGETIQUE.  M 

lerrilode.  Les  dieux  étalant  compliees  de  la  soeiélé  dans  m  tyraaait,  et  peuioni  de  Iodi 
la  poidi  de  l'Olympe  sur  la  lerre.  Mioorve,  Vânua  ou  Jupiter,  c'était  la  Grèce,  c'était 
l'Asie,  c'était  Eome  personnifiées  :  et  pour  que  l'idenlitîcaliou  de  la  puissance  leBporelle 
et  spirituelle  Tût  plus  complète,  les  souverains  de  ta  (erre  parlageaieol  h  leur  loar  les 
droits  el  les  bonoeurs  de  Ib  Divinité;  l'aoltaropomorphisioe  et  l'apothéusa  se  donnaient 
la  main.  Ce  que  le  citoj'en  était  à  la  patrie,  les  enfants  et  la  femme  l'étaient  au  père  et 
«u  marii  l'esclave  l'était  un  maître;  tout  ce  qui  était  faible  l'était  k  ce  qui  était  fort, 
dérooé  fatalement  k  une  volonté  supérieure  et  ne  s'apparteoaiit  en  rien.  Et  cette  com- 
pression ^'exerçait  è  l'inverse  du  nombre;  c'était  comme  une  pj'ramide  de  servitude, 
dont  la  liberté  publique  occupait  le  sommet. 

Une  organisation  si  homogène  et  si  concentrée  opéra,  il  faut  le  dire,  des  résaltatt  pro- 
digieux de  force  el  de  grandeur  mslériefles,  et  même,  aux  beaux  jours  des  anciennes 
républiques,  une  grandeur  morale  qui  s'attache  toujours  k  l'idée  de  sacriâce  quand  la  rolonté 
l'accepte  et  va  au-devant,  comme  au  temps  des  Uiltiade,  des  Léoaidas,  dn  Régulas. 

Uais  ce  temps  futcourt  etdevait  être  suivi  d'une  irrémédiable  corruption.  La  valeur 
imlividuelle,  la  liberté  propre  de  l'homme,  ayant  élé  abîmées  dans  la  qualité  du  citoyen» 
quand  celle-ci,  par  son  exteusioo  même,  vint  k  disparaître,  il  ne  resta  plus  que  des 
esclaves.  Tous  les  droits  et  tous  les  sentiments  de  la  nature  étant  froissés,  mutilés,  vio- 
lés, dans  ces  constitutions  impitoyables,  un  état  si  faux  et  si  violent  ne  pouvait  long- 
temps durer;  et  pour  peu  qu'il  faiblit,  il  devait  bientôt  tomber.  Aucun  eonfre-poids  ne  • 
le  préservait  de  ses  propres  excès,  aucun  élément  vital  et  réparateur  ne  pouvait  lo 
transformer  et  le  Elire  revivre.  Aussi  arriva-t-on  k  cet  état  indéfinissable  de  corruption 
que  préseniait  le  monde  païendans  les  derniers  temps,  où  il  n'y  avait  plus  ni  soumis- 
sion ni  libwlé,  mais  en  toute  chose  servitude  et  licence. 

Le  christianisme  parut,  appelant  vers  lui  toutes  les  plaintes,  toutes  tes  souffrances , 
toutes  les  détresses  de  rburnsnité*  el  lançant  des  malédictions  formidables  contre  les 
richesses,  l'injustice,  la  volupté,  la  violence.  Jusque-là  la  société  civile  arait  cumulé 
tous  les  pouvoirs  ;  elle  prenait  l'homme  dans  son  herceau,  et  s'arrogeant  sur  lui  un 
droit  absoln  de  vie  et  de  mort  au  physique  el  au  moral ,  elle  lui  disait  :  Tu  ne  vivras  , 
tu  ne  penseras,  tu  ne  sentiras  que  [lar  moi;  tps  dieux  seront  mes  dieux;  la  naturu 
mfrme  n'aura  en  toi  d'inspiratious  que  celles  que  je  lui  permettrai.  Le  christianisme 
venait  poser  en  f^ce  de  ce  pouvoir  un  autre  pouvoir  totalement  distinct ,  qui  consacrait 
et  raffermissait  le  pouvoir  civil,  mais  aussi  qui  permettait  et  qui  prescrivait  niéme  do 
lui  désobéir  dans  tout  ce  qui  était  directement  contraire  k  lui-même.  Sans  doute  ce  pou- 
voir spirituel  était  bien  eu  principe  dans  la  conscience  humaine,  et  celle-ci  avait  dû 
de  tout  temps  désobéir  k  l'injonction  d'un  méfait;  mais  jamais  il  n'avait  reçu  uno  ex- 
pression aussi  distincte,  aussi  explicite,  aussi  formelle,  jamais  les  deux  mondes  n'avaient 
élé  aussi  nettement  dégagés. 

A  partir  de  ce  moment,  l'homme  ne  fut  plus  seulement  Grec,  Romain  ou  Germain  ,  il 
put  être  chrétien,  catholique,  citoyen  du  royaume  de  Jésus-Christ  et  enfant  de  l'Eglise  , 
quelque  part  qu'il  fût,  et  trouver  dans  sa  soumission  aux  devoirs  de  celle  qualité  la  plus 
belle  de  toutes  les  libertés,  le  plus  précieux  de  tous  les  droits  :  la  liberté  de  ne  pas  fairo 
le  mal,  le  droit  d'opérer  le  bien,  non  pas  dans  le  sens  relatif  et  intéressé  d'un  pays  et 
d'un  siècle ,  mais  dans  le  sens  iphilosopLique  et  divin,  c'est-k-dire  absolu,  du  mot  :  ta 
liberté  el  le  droit  de  posséder  son  kme  devant  les  hommes,  et  k  travers  tous  les  rapports 
et  tous  les  Bssujettissemeols  de  sa  condition  sociale  sur  la  terre,  de  respirer  et  de  con- 
verser dans  le  ciel. 

C'est  de  cette  première  liberté  religieuse  que  sont  sorties  toutes  les  autres  libertins 
drilM  ,•  politiques  et  sociales,  qui  ont  été  en  se  déployant  jusqu.*k  nos  jours.  Par  l'éta- 
blissement de  son  pouvoir  spirituel,  le  dirisUanisme  a  relevé  l'homme  de  son  asst^A- 
tissement  absolu  au  pouvoir  temporel.  Par  la  distinction  du  premier  de  ces  pouvoirs, 
il  lui  a  donné  une  valeur  individuelle  de  liberté  en  face  du  second,  etr  par  lk|  un  prixï— 


fl  HtmODDCnOIL  jl 

eipe  d'Mttoa  bm-  Ii  soeUtf,  proDltlile  k  celle-ci  mAiiia,  parce  qa'il  la  ecni(r»4»laiiec  dans 
K^eicte,  qu'il  ta  relèTa  de  ses  choie»,  qu'il  la  r^nère  deoi  sa'  corruption,  qu'il  la 
5ttmalfl  el  la  fait  progresser  dans  sa  darée. 

Drpais  lors  on  fil  ce  qu'on  n'avait  jamais  TD  :  des  apdtras,  des  martyrs,  des  anocbo- 
rèles,  des  confesseurs,  des  saints  de  lont  ordre,  des  institutions  de  toute  nature  ;  se  rat- 
Ucbint  tous  au  siège  d'un  pouvoir  spirituel  distinct  de  tous  lea  pouroirs  ;  eiprimant  la 
iMrrfèelion  éTangélique  dans  ses  diverses  applications  aux  besoins  des  temps  ;  s'inspirant 
d'DD  principe  supérieur  ï  leurs  ricissitudes;  maiotenaot  la  lumière  de  la  vérité  dans  les 
léeibresde  l'ignorance  ou  de  l'erreur,  la  règle  inOexible  du  devoir  daos  la  licence; 
opposaat  toutes  les  vertus  k  tous  les  vices;  prolestant  éternellement  par  la  sainteté 
contre  la  corruption  ;  et,  alors  même  que  le  monde  tes  persécutait,  forçant  le  monde  k 
s'accuser  lui-même,  et  à  revenir  i  leur  suite  dans  la  voie  de  la  vérité. 

C'est  k  celte  lutte  entre  le  spirituel  et  le  temporel,  entre  la  foi  el  fa  raison ,  entre  le 
saceidoee  et  le  pouvoir,  que  le  monde  doit  son  salut  et  sa  civilisation,  parce  que  c'est 
par  fiie  que  la  vérité  a  été  éprouvée  et  manirestée,  qu'elle  a  conservé  sa  distinction  et 
MO  indépendance,  nécessaire  h  son  action  sur  la  société,  dont  la  corrupiio»  l'aurait  fait 
déttéaéver,  si  elle  s';  fat  coofnudue. 

T«l  est  le  grand  mo«en  de  civilisalion  que  le  christianisme  a  apporté  aux  sociétés 
bamiioes.  C'est  k  ce  moj'en  qu'elles  doivent  ces  loDgm-s  existences  toujours  actives, 
cdleétarnelle  jeunesse,  et  après  tant  de  siècles  cette  plénitude  de  vie  qui  les  liait  s'élancer 
vers  des  horizons  nouveaux.  Elles  peuvent  subir  des  révolutiona,  des  transformations 
progressives;  mais  elles  ne  connaissant  pas  ces  décadences  ialales,  ces  irrémédiables 
déeoBposiliooa  que  les  sociétés  antiques  portaient  dans  lenr  sein,  et  dont  Bossuel  et 
Montesquieu  ont  si  bien  analysé  la  marcbe.  Elles  na  connaissent  pas  non  plus  cette  iiu- 
■obililé  alDpîde  des  peuples  de  l'Inde,  qui  ne  T^ètent  toujours  qu'i  la  coodition  de 
at  Barcber  jamais.  C'est  que  la  rérité  divine  est  la  vie  véritable  des  intelligences  et  de 
bin  sociétés;  que,  cbez  les  anciens,  ce  qui  leur  avait  étédéparti  de  celte  vérité-mère  allait 
l'appaDvrî&saDl  de  plus  en  plus  par  sa  confusion  avec  le  cours  temporel  des  choses, 
(antre  l'iailraloenient  duquel  rien  ne  la  défendait,  et  que  cbez  les  peuples  de  l'Inde  ello 
M  M  coosarve  que  comme  une  momie  détiguréesous  les  bandelettes  du  pouvoir,  et  i 
l'ibride  tout  eonlacl  avec  le  grand  air  de  la  raison,  Tandis  que,  dans  les  sociétés  cbrétieo- 
a«i,  totaletueol  distincte  de  l'élément  temporel,  et  le  plus  souvent  en  Jatte  avec  lai,  elle  (« 
■B«ialieot  accessible  è  tous  les  esprits  sur  le  fondement  libre  da  Jésus-Cbrist  el  de  son  Eglise» 
1  travers  toutes  les  persécutions,  toutes  les  caresses,  toutes  les  vicissitudes,  comme  un 
Kotie  toolè  la  fois  fixe  et  actif,  qui  contient  et.développ«rbumanilé  dans  une  sphère  infinie. 
C'est  UD  fait  que  le  progrès  indéfini  de  la  eivilisatiott  Hâte  de  la  promulgation  du 
christianisme,  bit  d'autant  plus  propre  k  frappcrun  esprit  attentif,  qu'il  contrdste  mani- 
festement ati^  le  progrès  de  décrépitude  qui'  avait  mené  le  monde  aux  portes  du  ebaos, 
:iBaad  il  vint  l'en  retirer.  Quel  magnifique  édifice  que  celui  de  la  civilisation  moderne, 
t.<-fé  tout  entier  de  la  main  du  christianisme  qui  en  avait  jeté  les  fondements  en 
redonnant  k  Tbomme  sa  dignité  propre  et  sa  valeur  réelle  : 

L'individu,  enrichi  d'uo  vif  sentiment  de  sa  dignité,  d'un  fonds  abondent  d'activité,  de 
(«rsévéraDce,  d'énergie,  el  d'un  développement  simultané  de  toutes  ses  facultés; 

La  femme  élevée  au  rang  de  compagne  de  l'homme,  et  pour  ainsi  dire  récompensée 
da  devoir  de  la  soumission  par  les  égards  respectueux  qu'on  lui  prodigne; 

La  doaeeur  et  la  fermeté  des  liens  de  famille,  protégés  par  de  puissantes  garanties  de 
iaa  ordre  et  de  justice; 

Cnft  oonacieDce  publique  admirable,  riche  de  sublimes  maximes  morales,  de  règles  de 
;:!ttec  «t  d'éqoîlé,  du  sentiments  d'honneur  et  de  dignité,  conscience  qui  survit  au 
:iafrsBe  delà  moralité  privée,  et  ne  permet  pas  que  l'utTronterie  de  la  corruption 
aonle  4  reicès  où  on  l's  vue  dans  l'antiquité  ; 

Cm  certaine  douceur  générale  de  mœurs  qui,  dans  la  guerre,  évite  de  grandes  calas- 
'.'Oi.bes,  et  dans  la  iwix  rend  la  vie  aimable  et  plus  paisible; 


n  DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE.  100 

Qn  reapecl  profond  pour  l'hoDime  et  pour  ce  qui  lui  oppartieni,  ee  qQt  rtnd  très-rarea 
les  tiolences  des  particuliers,  et  sert,  sous  toute  ejpèc«  de  régimes  politiques,  comina 
d'un  frein  salutaire  pour  cânlenir  les  goureraements; 

Vo  régime  ardent  de  perfeetiOD  daa*  lootn  les  branches  ; 

Une  lendauce  wrésfstîble,  parfois,  mal  dirige,  mais  toujours  rire,  !i  améliorer  féli/t 
des  eUsses  nombreuses  ; 

Une  impulsion  secrfite  qui  commande  de  protéger  la  faiblesse,  de  secourir  l'inforluDe, 
laapiitsion  qui  suit  quelquefois  son  cours  avec  une  ardeur  généreuae,  et  qui,  toutes  les 
fois  qu'elle  ne  trouve  point  i  se  développer,  reste  dans  le  cœur  de  la  société,  et  y  pro* 
duît  le  malaise  et  l'inquiétude  d'un  remords  ; 

Ud  esprit  cosmopolite  d'universalité,  de  propagande; 

Un  fonds  inépuisable  de  râssourcus  pour  se  rajeunir  sans  périr,  et  pour  se  saur«r 
dens  les  plus  grandes  crises; 

Une  impatience  généreuse  qui  veut  devancer  l'avenir,  et  d'où  résultent  une  agitation 
et  un  mouvement  incessants,  quelquefois  dangereux,  mais  qui  sont  communément  )• 
germe  de  grands  biens  et  le  sjrmpiftme  d'un  puissant  principe  de  vie. 

Tels  sont  les  grands  caractères  qui  distinguent  la  civilisation  européaune;  tels  sont 
les  traits  qui  la  placent  dans  un  rang  immensément  supérieur  k  celui  de  touleâ  les 
autres  civilisations  anciennes  et  modernes  (95). 

Ne  pouvant  nous  étendre  ici  sur  un  si  vaste  sujet,  nous  nous  bornerons  h  obser- 
ver qu'en  changeant  la  situation  religieuse  de  l'humanité  par  rapport  à  Dieu,  le  chris- 
tianisme se  trouve  avoir  préparé  par  voie  de  conséquence  tous  les  changements  surve- 
nus dons  les  autres  rapports  n&turela  et  sociaux  de  l'esclave  au  maître,  de  la  femme 
au  mari,  de  l'enfant  an  père,  du  pauvre  au  riche,  du  sujet  au  aouveraio,  du  citoyen  A 
l'étranger,  qui  devaient  se  manifester  dana  la  suite  des  temps.  £l  lorsque  nous  voyons 
tous  ces  rapports  jusque-lfc  faussés ,  violés,  méconnus  universellement,  se  'ressentir 
presque  immédiatement  en  mieux  du  contact  du  christianisme  t  lorsque  nous  les  voyons* 
à  partir  de  ce  moment,  tendre  incessamment  h  un  redressement  manifeste  dons  le  sens 
de  la  vérité  absolue  des  choses,  de  la  dignité  des  personnes,  de  la  satisfaction  des  be- 
soins et  dea  droits;  lorsque  nous  voyons  les  auteurs  et  les  agents  de  ces  réformes  remon- 
ter tous  k  l'idée  chrétienne,  et  les  apûtrea  de  celle-ci  les  précéder  en  jetant  dans  le* 
mœurs,  par  leurs  discours,  par  leurs  écrits,  par  leurs  exemples,  comme  les  semences  de 
la  civilisation,  nous  nous  sentons  obligés  d'en  attribuer  la  cause  au  christianisme,  el* 
jugeant  cette  cause  par  ses  effets,  de  proclamer  sa  haute  et  souveraine  vérité. 

Le  christianisme  a  toujours  fait  faire,  dès  le  premier  moment,  k  ses  disciples,  à  litre 
de  religion,  tout  ce  qui  est  jussé  depuis,  à  titre  de  civilisation,  dans  les  lois,  dana  les  ins- 
titutions, dans  les  mœurs,  et  en  quoique  sorte  dans  la  nature  des  aociélés  modernes.  Au 
sein  du  paganisme  et  de  la  barbarie,  il  réalisa  ainsi ,  au  rebours  et  en  dépit  des  nKBurs 
du  temps,  des  chefs-d'œuvre  de  sociabilité  qui  ont  servi  de  type  aux  réforraes  dont  nous 
nous  enorgueillissons  le  plus.  L'égalité  dans  les  lois,  la  tolérance  dans  les  mœurs,  ce  be- 
soin de  justice  dana  les  institutions,  cette  prépondérance  croissante  du  droit  sur  le  fait 
de  la  raison  sur  la  force,  et  ces  tendances  universelles  ti'bumanité,  de  fraternité  de  fusion 
universelle  et  d'unité,  qui  caractérisent  notre  époque,  étaient  choses  purement  chrétien* 
nés  avnnt  d'être  choses  légales,  civiles  et  sociales.  A  l'heure  même  qu'il  est,  les  institu- 
tions et  les  œuvres  du  catholicisme  dépassent  de  beaucoup  toute  notre  ci vilisatidn,  et  en 
forment  comme  l'avant-garde.  La  civilisation  n'a  pas  encore  atteint,  et  quoiqu'elle  tonde 
sans  cesse  à  en  approcher,  elle  n'atteindra  jamais  au  règne  entier  de  l'Evangile  et  &  la 
puissance  de  la  charité.  Si  on  veut  avoir  la  mesure  de  cette  puissance,  et  si  on  veut  la  voi  r 
en  action,  il  faut  chercher  el  calculer  la  puissance  de  la  misère  humaine-  Partout  oit  est 
celle-ci,  vous  trouverez  celle-là.  Il  n'est  pas  un  seul  besoin  de  noire  nature  k  côté    du- 

(SS)  Cfr  BtLHtM,  L§  pToiaianlintie  comparé  ait  eathotieiim  dan$  mi  rapportt  atee  la  emliialion  «a»-» 
F*"».  —  Teom-om.  Dt  riH/lmaiu  eu  eatMaiitàm  ur  le  dnii  rommt.  —  VaxnkW.  JVwtMM  n^- 
j«,  Wc  —  Guiioi,  etc.  "«^w 


m  «TRODUCTION.  lllS 

VmI  li  cfcrUttantiiM  n'ait  fdaeé  ua  bienfait,  pas  aoe  mîaère  k  laquslle  il  u'aJl  etiTuyé 
tn  teeoura,  et  avec  une  plénitude*  one  déticaleMe,  et  ua  fioi  de  déTonemeDl,  dont  les 
effflls  font  eoTie  quelquefois  aux  faroris  d«  la  cîvîlisalîon.  Ce  que  la  société  elle-tn^ma 
bit  da  bien  eu  œuvres  philanthropiques,  outre  qu'il  lui  est  inspiré  par  des  mœurs  chré- 
tiennes, a  besoin  en  déGnitive  de  passer  par  la  pointe  aimantée  de  la  charité,  par  la  main 
et  le  doigt  de  ses  apàtres  pour  arrÎTer  STec  délicatesse  et  persérérance  jusqu'aux  maux 
qui  00  sont  l'objet.  El  an  deik  de  ces  maux  que  la  société  soulage  ainsi,  il  en  esi  une  mul- 
lilode  d'autres  qui  sont  tout  &  fait  hors  de  la  sphère  de  sa  bieuraisance,  et  que  la  re- 
lipoo  seule  poursuit  arec  un  infatigable  zèle  et  apaise  avec  un  merveilleux  succès.  On 
peatdire  du  rbristianisme  ce  que  la  Bible  dît  de  Dieu  :  Tout  Utjauri  il  ouw«  ta  main  tt 
Mwrrit  tout  et  fui  respire.  Il  est  l'œil  de  l'aveugle ,  le  pied  du  boiteux,  l'ouïe  du  sourd, 
l'inslitoteiir  de  l'en&nl,  l'appui  du  vieillard,  le  gardien  du  fou,  le  nsiteur  du  prisonnier, 
le  père  des  wpbelins,  l'infirmier  des  malades,  l'aumAnier  des  pauvres,  le  patron  des  oppri- 
més, le  miséricordieux  régénérateur  de  tous  les  coupables.  Oulre  ces  maux,  qii  forment 
comme  le  fond  de  la  nature  humaine,  il  en  est  d'autres  qui  lieonenl  aux  temps,  aux  lieux, 
aux  accideats,  et  que  le  christianisme  s'ingénie  aussilAt  à  soulager  on  k  guérir  avec  une 
mefreilleuse  chsrité.  C'est  ainsi  qu'il  lut  longtemps  l'hospitalier  des  vojrageurs,  le  com- 
pagooo  du  lépreux,  le  réilempteur  des  captifs,  l'éroancipateur  des  esclaves;  et  lorsque  les 
ffâads  fléaux  de  la  guerre,  de  la  famine,  de  l'iDondation  ou  de  la  peste, viennent  à  fondre 
sur  tes  peuples,  on  le  voit  grandir  dans  ses  dévouements,  et  se  mesurer  à  cœur-ioie  avec 
tous  les  dangers.  Le  chrïalianisme  fait  cela  toujours,  partout,  sans  relâche,  sans  faste  sur- 
loil  et  méine  .«ans  efforts  ;  c'est  sa  nature,  on  attend  cela  de  lui  ;  ou  ne  le  remarque  plus, 
tant  il  j  a  habitué  le  monde.  Et  cependant  lui  seul  le  fait,  aucune  religion  n'a  pu  l'iospireri 
la  société,  la  nature  mfime  y  sont  impuissantes. 

Le  christianisme  porte  donc  en  lui  un  princifie  réellement  surhumain  de  charité,  une 
paissance  singulière  et  unique  de  bienfaisance,  c'est-b-dire  un  caractère  distinctif  de  di- 
Tinté.  C'est  cette  puissance  qui,  agissant  indirectement  autour  d'elle,  élève  les  idées  et  les 
■oan,  les  transforme,  les  transfigure,  et  produit  la  civilisation,  c'est-t-dire  la  bieafai- 
saoce  sociale. 

Lacfarialiaoisme  ne  s'arr&le  pas,  comme  la  bienfaisance  naturelle,  i  tel  bien  particulier, 
■■  Boulagenent  de  telle  misère,  k  la  sa  lisfàction  des  besoins  sensibles,  etc.  ;  il  emhrasse 
le«l  et  tout  à  la  fois.  Pas  une  inCrmité  ne  lui  échappe,  comme  nous  l'avons  dit,  et  il  ne 
s'occupe  jamais  d<:  satisfaire  les  besoins  physi(]ues,  sans  poursuivre  eu  même  temps  les 
besoins  intellectuels  et  moraux.  En  touchant  les  corps,  sa  divine  main  |)énèlre  jusqu'aux 
émes.  Il  guérit  tout  l'homme  en  même  temps,  il  soulage  les  souffrances;  il  fait  plus,  il  les 
fait  aim«r,  et  tourne  les  maux  en  remèdes.  11  porte,  eu  nu  mot,  visiblement  dans  son  ac- 
tion bienfaisante  le  caractère  divin  de  l'abaofu. 

Ce  qaî  prouve  encore  qu'il  est  le  bien  par  essence,  c'est  la  simplicité  et,  on  peut  dire, 
rahseDce  des  mofeos  par  lesquels  il  opère  les  plus  grandes  choses.  Voyez  ses  œuvres, 
rites soDl  immenses;  elles  se  forment  et  croissent  avec  une  rapidité  surprenante  :  hier 
elles  n'élaienl  pas  et  aujourd'hui  elles  sont  partout.  D'où  sont-elles  sorties? qui  les  a  en- 
loatérsT  qui  a  su  si  bien  préparer  et  concevoir  cette  organisation  puissante  qui  s'étend 
qoekjaefois  comme  un  réseau  magique  sur  les  villes,  sur  les  provinces,  sur  les  royaamea, 
>ar  le  monde  entier,  su  jouant  autour  du  globe,  comme  dit  l'Ecriture  de  la  sagesse  de. 
D-cn  :  Lmdau  in  orke  terrarumf  Où  i>ODt  les  plans,  où  sont  les  machines  de  ces  œuvres 
^.gmniasqnes,  et  qui  glissent  sans  bruit  comme  les  astres!  Nulle  part.  Seulement  une 
i-aurrK  femme,  un  faumble  prêtre  se  relevant  un  jour  du  pied  d'un  autel,  inspiré  do  zèle 
it  la  ciiarité,  et  voyant  les  choses  au  point  de  vue  de  Dieu,  a  saisi  le  bien  i  faire,  il  a  été 
•nât  ft  resécolioo,  il  s'est  eontié  et  tout  a  soïti.  VoiU  l'histoire  de  toutes  les  œuvres  du 
ttnstiasisma.  Etudiisz-lei,  si  vous  le  pouvez,  dans  leur  immense  variété ,  dans  leurs  sour- 
ies profïiodes,  et  tous  leur  trouverez  invariablement  ce  caractère  providentiel  de  créa- 
^''■Q.  L.»  Providence  se  cache  dans  les  œuvres  des  hommes,  ou  ne  se  découvre  que  par  ae- 
c^-eot  et  dans  les  lemj»  de  révolution  ;  mais  dans  les  œuvres  du  christianisme  elle  est 


m  DKTfONNAlRE  APOLOGETIQUE.  101 

constamment  h  na.  elle  crée  sans  cesse,  sans  cesse  elle  lira  des  merveilles  de  bieufaisauce 
du  néant  et  les  soolient  sur  le  néant.  C'est  \ï  ce  qui  fait  que  le  monde  ne  leur  donne  pas 
toute  l'altenlion  qu'elles  méritent,  habitué  qu'il  est  par  sa  faiblesse  à  ne  juger  des  résul- 
tats que  par  lus  moyens.  Il  ne  roit  pas  les  merveilles  du  ctiristianisme,  comme  fl  ne  voit 
pas  les  merveilles  de  la  création,  El,  chose  singulière  et  dont  le  contraste  est  bien  signi- 
ficatif, le  monde  accorde  nne  altmition  marquée,  au  contraire,  à  ceux  qui  se  répandent 
en  discours  et  en  projets  sur  les  réformes  de  bienfaisance  &  opérer,  mais  dont  la  parole 
nVnfanlejnmais  l'action.  Il  s'extasie  devant  la  charité  loquace  d'un  romancier  sybarite, 
et  il  ne  voit  pas  la  charité  même  en  action  dans  la  personne  d'un  pauvre  prêtre  qui  fait 
plus  que  l'autre  n'écrit.  C'est  que  le  monde  n'aime  le  bien  qu'en  image  et  qu'en  représeo- 
(atîon,  parce  qu'il  le  flatte  sans  l'obliger;  et  que  le  christianisme  est  le  bien  même  en 
réalité,  c'esl-i-dire  en  sacrifices  et  en  résultats.  La  conduite  et  les  jugements  du  monde, 
b  l'égard  des  œuvres  du  christianisme,  prouvent  que  celles-ci  tiennent  h  un  principe  su- 
périeur; leur  difficulté  l'épouvante,  leur  simplicité  te  dégoaie;  elles  sont  k  la  lois  lro|> 
difBciles  et  trop  faciles  :  trop  difficiles  à  l'homme,  trop  faciles  au  Chrétien.  C'est  la  plus 
manifeste  confession  de  leur  divinité. 

Depuis  l'origine, le  monde  a  résisté  an  christianisme,  parce  que  le  christianisme  est 
saint  :  aucune  autre  religion  n'a  été  en  bnlte  k  nne  pareille  hostilité.  Hais  depuis  l'origiDe 
'  aussi  le  christianisme  a  saisi  le  monde  et  l'a  amélioré  d'une  amélioration  toujours  croissants 
et  qui  ne  connaît  pas  de  fin  ,  parce  qu'il  est  la  Térilé  i  sa  plus  haute  poissanoe.  Ce  carac- 
tère indéfiniment  porfeclibilisateur  du  christianisme, -ft  travers  la  résistance  incessante  de 
aon  objet,  est  frappant.  Les  incrédules  ne  disconviennent  pas  du  fait;  ils  le  IrouvMil  même 
tellement  divin  qu'ils  en  ont  tiré  la  doctrine  panihéislique  du  progrès,  c*est-6~âtre  de  la 
perfection  divine  ideotifléa  h  l'humanité ,  et  s'eiprimant  en  elle  de  plus  en  plus.  Mais 
ce  qui  renverse  cette  doctrine,  je  ne  dis  pas  par  le  raisonnement,  ce  qui  serait  facile, 
mais  par  lefait,  c'est  que  l'humanité  n'a  présenté  ce  phénomène  que  sons  l'influence  du 
christianisme.  Partout  ailleurs  elle  est  restée  slationnaire  et  )naclive,ou  active  luais  éphé- 
mère dans  sa  moralité.  Le  progrès  social  continu  n'existe  que  dans  l'humanité  chré- 
tienne. 

Vu  de  près,  le  chrislianisme  confond  le  sens  bomaîn  par  la.  profondeur  de  ses  en- 
seignements et  la  sévérité  >le  ses  préceptes.  Mais  k  mesure  que  son  application  s'étend 
et  se  prolonge  dans  l'humanité,  et  qu'il  en  traverse  les  résistances,  vous  en  wojbk 
sortir  des  eiTets  généraux ,  indirects  et  successifs ,  qui  excitent  de  plus  en  plus  l'admira- 
lioD  et  la  reconnaissance.  Il  se  trouve  avoir  des  convenances  et  des  rappuris  pour  tous  les 
temps,  tous  les  lieux,  tous  les  divers  étata  de  l'humanité ,  dans  rinfinie  diversité  du  son 
rspèce.ll  est  toujours  actuel,  il  est  partout  local  ou  susceptible  de  l'être.  II  s'implante  aussi 
bien  dans  le  cœut  amolli  du  polythéiste  ancien  que  dans  la  poitrine  du  barbare ,  dans  le 
ft-oiit  déprimé  du  Cafre  ou  de  l'Indien  que  dans  le  cerveau  de  l'Européen  moderne.  Il 
va  h  tous  les  flges,  k  tous  les  esprits,  h  tous  les  cara>:tères,  à  toutes  les  humeurs.  Uais 
surtout ,  et  ce  qui  est  plus  admirable ,  il  va  i  tous  les  âges  de  l'humanité  dans  sa  du  r^c, 
et  imprime  lui-même  h  cette  durée  un  caractère  régulier  de  progrès  dans  la  véritâ    «i 
dans  le  bien,  dont  il  est  l'élemel  aliment.  Sa  fécondité  s'occrott  de  ses  enfantements  , 
et,  i  mesure  qu'il  avance,  il  se  creuse  tin  lit  plus  profond  et  plus  large,  et  le  reçu  pi  it 
en  le  creusant.  Loin  de  redouter  l'exigence,  il  la  proroque,  ou  platêt  c'est  lui  qui    |.i 
fdit  et  qui  l'augmento  sans  cesse,  pour  la  satisfaire  indéiînimeat.  De  sorte quo  tout    h 
fait  k  l'inverse  des  choses  .humaines,  dont  toute  la  vie  est  dans  le  présent  ou  dans   un 
étroit  passé ,  mais  à  qui  l'avenir  est  funeste,  c'est  surtout',  c'est  totijours  l'avenir  qui  est 
le  champ  de  vie  du  christianisme ,  comme  une  terre  rendue  de  plus  en  pins  féconde  par 
la  semence  qu'elle  reçoit.  On  peut  dire  qu'il  est  plus  dans  l'avenir  que  dans  le  passé. 
Quel  passé  cependant  que  le  sienl  Dîx-huil  siècles  de  triomphe  depuis  son  avènement 
ei  quarante  siècles  antérieurs  d'attente  et  de  prophéties,  c'est-à-dire  tout  le  temps  i>assâ 
dp[iuis  l'origine  du  temps  1  Mais  il  est  encore  plue  dans  l'avenir,  parce  que  l'humsriît^ 
rendue  par  lui-même  de  plus  en  plus  capable  de  recevoir  $ps  applications.,  en_ recueillera 


m  unMwcmx  iv 

des  hieos  de  plas  «■  plu  parfiîts  >  un*  jamaii  pouTOir  itteindre  MpeDdjnt  k  la  perfeuioii 
d«  ce  diTÎH  modèle  (ML 

i  XIV. 

Ainsi  doue  le  ebrîalian(sine  renferme  une  vertu-qui  élëre  et  soutient  la  raison,  le 
neur,  la  socialiilîlé,  tout  l'édifice  de  la  nature  bomaiDe»  h  une  hauteur  qu'elle  ne  peut 
atteindre  sans  Ini,  et  qui,  par  lui,  s'accrott  sans  cesse;  un  principe  qui,  partf)ut  oii  il  est 
mis  eo  contact  arec  l'humanité,  quelle  qa'elle  soit,  païenne  ou  barbare,  sauvage  ou  po- 
licée, vieillie  ob  naissante,  réalise  dans  lous  ses  membres  indistinctement  une  perrcction 
dlntelligenca,  de  moralité,  de  ciTÎIisation,  qu'elle  n'a  jamais  pu  se  donner  h  elle-même , 
malgré  tous  les  efforts  de  quarante  siècles  aolérieurs  h  la  révélation  de  ce  prîncipe;dont 
elle  est  restée  éternellement  privée  partout  où  il  n'a  pas  pénétré;  qu'elle  n'a  pu  retenir 
dans  les  répons  d'où  il  est  sorti;  principe  qui  ne  peut  Tenir  de  cette  humanité,  et  iro- 
l>ri«|M  nécessairement  l'ioterTention  de  son  premier  auteor;  qui  prourerail  l'exislenoe 
Oe  caseprtme  auteur,  si  elle  ne  l'était  déjk  par  l'eiisteoce  de  l'humanité  mAmo;  la 
fvouTe  davantage  encore,  parce  que  rexistence  de  Dieu  ne  résulte  du  grand  outrage  de 
fa  cnéatjoD  et  de  t'hnmsnîté  qui  en  est  la  reine,  que  par  voie  d^nduction  ;  tandis  que  le 
principe  chrétien  nous  fait  assister  i  l'opérslion  même  d«  Dieu  en  nous  et  autour  de 
nous,  noos  en  donnela  couTiction  d'expérience,  le  justifie  de  l'imputation  de  nos  dé- 
sordres en  les  réparant,  et  le  révèle  par  des  cariictères  de  férilé,  de  sainteté  et  d'amour, 
qui  le  rendent  visible  h  notre  esprit,  sensible  k  noire  cœur,  palpable  en  quelque  sorte  k 
cas  sens,  et  réalisent  ce  beau  nom  dont  il  a  voulu  se  faire  appeler  lui-même  :  Dieu  avtc 

El  le  eliristianisme  ne  serait  pas  divin  I  Bt  Jésus-Christ  ne  serait  qu'on  homme  I  Uais 
pourquoi  donc  cette  interminable  histoire  du  genre  humain  ne  présenle-t-eile  jamais  le 
modèlo  ou  rimilateur  d'une  pareille  ceuvreT  Pourquoi  le  christianisme  est-il  totgours  un 
bit  aoiqoe,  inexplicable  et  si  prodigieux,  que  vos  regards  se  troublent  et  s'obscurcissent 
éèsqoo  TOUS  le  eoolempIezT  Le  Cbrist,  dites-vous,  n'a  pas  fait  de  miracles;  sa  vie  a  é[é 
naple  et  valgaire,  il  n'a  ni  ressuscité  les  morts,  ni  guéri  ks  aveugles  I  mois  le  monde 
converti  sans  miracles,  le  monde  pacifié  et  r^éoéré,  l'humanité  lancée  dans  des  voies 
îDcooDiteSi  voilk  une  merveille  qu'il  vous  bot  expliquer  tout  aussi  bieo  que  la  résurrec- 
tion  de  Latare.  Vous  avez  beau  détourner  la  tète  et  parler  d'autre  chose ,  vous  avez  beau 
ssaroinrer  k  demi  voix  les  mots  de  progrii,  depuijranee  d«  CttpTit  hiaMm,denécanUkU(ori' 
f«^),  et  toutescesmillcformulessonoreselbaoalesdont  vour<!mplissez  voshvresilfls 

(Sff  et.  EOultt  fkUot.  tmr  te  ehri^Umn.,  L  IT.  —  Ontre  CA  onvra)^  «A  se  Iranveni  de  ri  bdlei  consliU- 
niisM  aw  les  fruiU  éa  ckriUiMiisBe,  yojtt  tétmn  le  Cémû  dn  climu«iJHw  el  la  bel  ouvnfa  do  Baî- 
mèt.  Dm  fruaUtHitme  tomparé  an  taiholieitme,  eu. 

(3T)  Ea  békre«  EwuiniEL.  —  Cf.  Etit4et  fhilM.  nr  U  ehrittîm. .  I.  IV. 

(3<t^l]oeievMdéaHicnt^iie,q«i>suiaMMK«>0|rit»aMadesrMuerstita>pUaKS,laXrfteri<rfcpc^^ 
duMMie  MS  l'enbims  que  lui  cause  ce  phénomène  ÎDOuidaa&rhisioire,  etbit  cesremvqiubles  avuii: 

<  QuM  les  lilires  cherciieDrs  m  Mront  mis  rJsolimeiit  i  ce  point  de  vue,  de  inns  les  prubièraei  île 
rfciiinîrr  philowMiliiqM,  lésas  lear  appualira  coame  le  plat  élraii^  et  ceui-là  lear  aembteroni  eitiu- 
nble*4«i,frappéidi)  niftlére  qui  l'euloure,  l'oiit  nocLUil  Dieu,  uiui-la  m  aouft  l'oat  coHms,  tiuea 
^plH»é.  La  cauK  <|n'ils  auigneni  est  suflianle;  resle  h  lavoir  seulement  si  elle  u'cst  pas  «urabondauie. 
Eiwamffi  éettimta,  bien  propre  à  faita  «dapceadre  tes  neneiUes  da  raoade  des  esprits  I  Un  borninr  obs- 
car  ,  saot  culinre  iuielleciDelie,  Miieur  de  la  plus  (rande  révoluUoD  qui  ait  cbâuKé  la  Imc  de  l'bwaa- 
aiié,  deveua  le  joint  des  deux  feuillets  de  l'histoire,  si  bien  que,  quelque  opinion  que  l'on  ait  de  sa  re- 
Ipâ»,  LA  roMx  an  ràivs  '  s'urasa  s  todi,  tms  soiit  obligéb  va  ls  manu  rocs  pomt  p'kiatT,  c(  de 
mtpttr  de  lui  le*  anuées  de  l'ère  nonveilel  Cet  homme,  que  de*  milliers  de  sea  semUaUes  •■»  sdMÊ 
tamtme  Ken  M  FitidelMen,  est  deveuo,  après  sa  mort,  l'objet  de  la  passion  la  plus  elTrênée  qui  fui  ianais. 

■  ^-rf  Jaâqoï  la  fareor,  snaqné  jasqa^  la  fUrear;  «a  l'a  appelé  ufàmt!...  Tnwvez-noi  donc  uu 
4egFé  de  l'eclwlle  aiorale  ai  oa  ne  l'ait  peiut  pUcél  Dieu,  nai^en,  Utéurge,  impoticnr,  phtloinfta, 
rhapniiili'  elle-même.  Os  i  vott  essaK  ;  il  à  DcaotiTt  toutes  les  ein.iUTiuxs.  Lui,  d'un  petit  cuitaa 
tr«»-aclasif  quant  i  la  nationalité,  très-particulief  quanti  Tesprit  et  k  la  forme  morale,  est  devenu 
ruêal  nnivanel  :  Aihcneo  et  Rome  l'adopièrcai,  les  barbares  loubérenthMS  pieds  ;  In  aaava;»  s'émii  • 
veille  deiant  son  image,  la  ùTilisition  uioderne  n'^  pu  coucevoir  un  plus  haut  idéal,  et  aaiourd'liui  ou- 
corc  le  rationatisme  semble  craindre  de  t«  critiquer  de  trop  prés, 'et  n'o»e  le  retarder  un  peu  6xemem 
^*»  gewMi  devant  lui.  Uui,  quel  qu'u.  4it  £Tt,  sà  nsaTutn  a  ivt  nos  tromum  anooan  ton  t-m-atim  ! 

■  uavKS  IL  »FT  aÉiurCkia  ■'AnsivEa  jamais  a  la  pakfaite  cnumÉHUsion  de  ces  nsnimiLLES.  Oa  doit, 
4a«a  la  MiaiMa  des  praUémes  de  net  «rare,  lepauster  également  et  l'kraoïbéM  Minainrolla  et  les  l>^^ 
ifeâms  nilaïiIlTi  fvp  «imph-s  (caUes  du  aviu*  siède,  par  exampli^  on  tout  »t  nééait  aux  pmperUMB 

DicnonaAiaB  &rokOGKT:Qt:s    1.  l  * 


m  DKTIONNAlftB  AMUNÎETIQUE.  |gg 

gcn«  d'esprit  nVn  «eronl  point  dnpet;  tous  m  ieOr  fbi^  jamaSf  ftreiidrt  dès  tn^phores 
pour  (les  idées,  ni  de  Is  rhétorique  pour  de  la  science.  Pourquoi  donc  en  dehorg  du  chria- 
lianisme,  la  rësurreclion  du  Tieui  mondfi  ne  s'est-elle  jamais  accomplieTPourquoi  l'esniii 
humain,  sur  les  bords  heureux  de  l'Indus  et  du  Gange,  n'a-l-il  pas  brisé  les  liens  de  Ter 
qui  le  liennent  dans  une  éleraelle  8er?ilude?  Pourquoi,  sur  l'iramenie  plaleao  de  TAiie 
Centrale,  la  croix  re  s'est-elle  pas  életôe  triomphante  et  glorieuseT  Pourquoi  quelque 
Christ  îiicoiiDU  n'a-t-i]  pas  rallié  autour  de  l'étendard  de  la  fratornilé  les  inoombrables 
tribusduCélesleEnjpireTCominentsefnît-il  qu'en  dehors  du  chrisljanisnie  il  n'y  ait  nitibvr- 
,té,  ni  progrès,  nichartté?si  cependant  une  irrésistible  force  pousse  eu  avant  les  généralioos 
humaines,  je  voudrais  savoir  quand  cette  puissance  merveilleuse  s'éveillera  dans  les  ia> 
vanea  de  l'Amérique,  dans  les  Iles  inhospitalières  du  grand  Océan?  Vous  me  di^eI,.j'e^ 
père,  quand  la  loi  du  progrès  fera  sortir  de  leor  torpeur  l'Australien  dégradé  et  le  cannibale 
de  la  Nouvelle-Zélande;  pourquoi  la  civilisation  s'éveille  toujours  au  pied  de  la  croii,  el 
pourquoi  elle  dépéril  et  meurt,  si  des  mains  ignorantes  ou  barbares  renversent  dans  It 
poussière  l'étendard  glorieux  qui  couvre  de  son  ombre  salutaire  les  peuples  régéoérJi, 

■  Vous  me  direz  :  A  la  bonne  heure I  Jésus-Cbrist  a  vécu;  il  a  infiltré  de  sa  vie  dini 
leus  les  élabliasements  religieux  postérieurs  à  lui,  el  mime  il  a  maintenu  son  Eglise  au- 
dessus  de  loul.  Cep^i^dant  ne  discernez-vous  pas  aujourd'hui  dans  son  œuvre  des  lignes 
de  décadence?  tJue  foule  d'esprits  ne  se  sont-ils  pas  affranchis  de  son  sceptre?  Et  lorsi|ue 
le  signe  de  la  décrépitude  commeoce  ï  paraître,  ne  peut-on  pas  pressentir  une  prochaine 
et  inévitable  dissolution  ? 

«  C'est  là  votre  pensée,  Messieurs  :  la  mlense  est  que  Jésus-Christ  est  i  l'apogée  de  sa 
gloire  el  de  aa  force,  et,  s'il  platt  6  Dieu,  je  vais  avoir  l'honneur  de  vous  le  démontrer...... 

€  Premièrement,  quel  était  le  terriloirede  Jésus-Christ  sous  Constantin?  Il  était  &  peu  |>rès 
renfermé  dans  les  limites  mélnes  de  l'empire,  entre  le  Rhin,  l'Euphrateet  l'Atlas.  S'il  passait 
au  deli,  cet  excédant  se  compensait  par  les  nombreuses  parties  derempire'dont  l'Evangile 
n'avait  pris  qu'une  imparfaite  et  précaire  possession.  Or,  maintenant,  que  voyez-TOus! 
Jésus-Christ',  il  est  vrai,  a  perdu  quelques-unes  de  ses  terres  primiiivcs,  occupées  par  Ici 
musulmans  ;  encore  faut-il  remarquer  qu'il  existe  des  chrétientés  sur  toute  la  surface  ilu 
sol  islamique,  «l  que  l'islamisme  lui-même  reconnaît  Jésus-Christ  et  ses  aïeux.  Mais  jetti 
'vos  regards  \  l'occidenl,  k  l'orient,  au  nord,  au  midi  et  dans  toutes  les  directions  du 
monde,  vous  reconnaîtrez  les  pas  conquérants  du  Sauteur.  Il  i  franchi  le  Rhin;  il  s'est 
soumis  l'Allemagne,  la  Pologne,  toutes  les  Russïes,  les  trois  royaumes  brilanoiques,  cta 
porté  jusqu'au  p61e,  è  travers  les  mnolagnes  et  les  glaces  de  la  Suède,  la  colml  de  sa  do- 
oaioation.  L'Océaa  Atlantique  «'est  oarert  devant  lui;  il  ai  passé  le  «ep  <l6  Bonne-Cspé- 
raoce,  attaché  au  sceptre  du  ses  enfants  cette  fameuse  presqu'lfede  l'Jaâe,  qui  était  re- 
«ardie  dès  l'antiquité  comme  le  rdsarvoir  de  tous  les  trésors  d4  ta  Datore.  1)  a  fondé  à<s 
établissemeDTs  le  long  des  cAles  de  l'Afrique,  et  rejoint  par  la  mer  Rouge  ses  .vieilles' pos- 
sessions de  l'Abf  ssinie.  Il  a  fait  le  taur  des  deux  Amâriquea,  el.  d'un  çùl»  i  l'autre,  lu 
rangeant  sous  ses  lois,  il  j  suscite  pèle-méle  des  républiques,  des  missions  et  des  éfh 
chéa.  II  a  repris  l'fispagoe  sur  Mahomet,  et  il  secoue  partout  la  terre  dm  l'Islam.  Tout  ' 
l'heure  encore,  lorsque  le  chef  de  ta  maisoD  de  Bourbon  était  sur  le  point  de  descendre 
du  trûne  et  d'emporter  dans  l'exil  sa  noble  Weiileese,  sous,  «vmw  ru  Jéuas-Cbrjst.  par  i« 
iH-as  dta  tlMs  roi  fVvDe,  qui  écrivait  tioai  son  testament  parmi  nous,  nous  l'avons  m 
enlcrer  deux  royaumes  à  i'inBdéiilé,  le  royaume  de  la  Grtee  et  le  royaume  de  l'Algérie. 
fincore  plus  réoomiueBt,  la  Chine  lui  a  ouvert  s«s  ports  si  hmgtwips  furmés  ;  la  MouveHe- 
Hollande  se  peuple  à  l'ombre  de  sa  croix  ;  les  lies  da  l'Océanio  traosforment  leurs  sau- 
vages  habitaats  sa  htiaobles  et  doux  adoratears  da  son  Evangile.  H  n'y  a  plus  de  me», 
plus  de  soljtndes,  phis  de  montagnes,  plus  de  lieux  inaccessibles  où  lésus-Clirist  n'arbore 
les  bardii  psvilloos  de  ses  aniants  ooafoodus  avec  le  sien. 

d'iw  bit  or^aain,  «oaiBM  Impastun.  crédulkë,  etc.  Oa  ■■  naroanuit  ini  iXii.vsB  MÉrimTwi  M  Jt- 

aaïUsirer,  Qu'iLMi  HiiBuitijKuuatGtwauiBijecninkusAaM 


m  INTRODUCnOX  J|# 

«  ftelournez  maînteiunl  «n  arrière  itisqu'à  Coiutaolio,  posez  le  monde  cbréiien  de  ceiiç 
époqueafec  le  laoiide  cbréu'sa  lie  la  iuïtre,et  jufiez  da  progrès  (erritorial  qu'a  fait  Jësus- 
Christ. 

■  Il  ta  est  de  même  quant  h  l'élat  numérique.  Je  te  disais  tout  à  lliuare,  l'Etatise 
taLholigae  com|iLe  cent  soïianle  millions  de  iidèles,  le  schisme  grec  soiianle  mil- 
lions, le  proleslanlisme  soixante  autres  millions.  C'est  on  total  de  deux  cent 
qulre-Tingts  millions  d'hommes,  qui  reconnaissent  Jésu^-Christ  pour  leur  Sau- 
▼nr  et  leor  chef  siiirituel.  Sans  doute  il  en  est  dans  ce  nombfe  qui  ne  portent  pas 
ion  joog  atee  nne  ronTictioo  actuelle  et  présente  ï  leur  esprit;  mais  ce  n'est  pas 
ï  tel  oioment  de  la  tie  qu'il  faut  estimer  le  chrétien,  c'est  dans  l'ensemble  et  sur- 
loali  l'heure  de  la  mort.  Parmi  tant  d'hommes  qui  se  xroienl  incrédules,  il  en  est 
penqù  résistent  h  Jésoi-Cbrist  jusqu'à  la  fin,  et  ne  lui  demandent  pardon  de  leurs  ëga- 
feowQts,  bien  plus  de  leur  apostasie.  Leur  Ame,  d'ailleurs,  fut  formée  par  l*Evanfple,  €l 
ils  ta  meut  encore  au  moment  où  ils  croient  le  méconnaître.  A  aucune  époque  l'étit 
oiuDénque  de  Jésus-Christ  ne  fut  plus  florissant  ,  et  il  tend  chaque  jour  è  s'accroître  par 
la  déreloppement  des  populations  chrétiennes.  Tandis  que  les  races  musulmanes  s'ap- 
pisrriiseal  et  qne  les  restes  des  peuples  idol&ires  régëteni  dans  leur  immobilité,  le  sang 
dirétieo  béni  par  Dieu  fleurit  outre  mesure,  et  de  perpétuelles  émigrations  ca  portent  aa 
loin  la  sarabondance,  et  arec  elles  les  semences  précieuses  de  la  foi. 

■  Si  *oas  remarquez  une  disproportiiin  entre  le  territoire  et  la  population  de  Jésu^ 
Cbrist.  il  est  facile  de  se  l'expliquer.  La  puissance  des  Chrétiens  va  plus  vite  encore  que 
leirsaag;  ils  conquièrent  et  gouvernent  l'espace  avec  une  poif^ée  d'homm<>s.  et  leur 
génie  le  remplit  bien  avant  leur  postérité.  Jâ  ne  pense  pas  que  cette  observation  nujse  h 
Jéso^Cbrist  (39).  » 

JoaOîroj  Ini-meme  ne  pouvait  s'empêcher  de  prédire  à  la  religion  chréUeane  les  plus 
llorieiises  destinée*. 

•  Cesl  aux  conquêtes  du  christianisme  qne  nous  reconnaissona  sa  supériorité  de  vé- 
rité, comme  on  l'a  fort  bien  dit,  et  cette  supériorité  de  vérité  lui  promet  u  DOMiifinon  dd 
HSBC...  A  l'exception  des  barbares  de  l'Afrique,  qu'il  est  toutefois  sur  le  point  de  dispu- 
ter an  mabométisme,  il  tient  sous  sa  main  tous  les  souvagrs  du  reste  du  monde.  El  d'a- 
bord il  n'y  a  gaère  d'Iles  un  peu  considérables  oh  il  n'ait  pas  pris  position;  les  autres,  il 
les  nsile  sans  cesse  avec  ses  vaisseaux  ;  peu  h  pen  toutes  les  populations  insolaires  tom- 
beroni  dans  son  système.  En  occupant  les  cAles  de  la  Nouvelle-Hollande,  il  enveloppe 
d'an  filet  auqu«l  il  est  impossible  qu'elles  échappent,  toutes  les  tribus  de  ce  cinquième 
■onde,  lei  pins  barbares  qu'on  ail  encore  trouvées.  Il  ira  1&  comme  il  est  alTé  en  Amé- 
rigoe.  La  civilisation  chrétienne,  débarquée  sur  les  cAles,  a  pris  pied,  et  s'est  fiée  tout 
autour  :  puist  celte  chaîne  immense  se  resserrant  a  pénétré  dans  l'intérieur,  refoulant 
toujours  vers  le  centre  les  tribus  sauvages*  jusqu'à  ce  qu'enfin,  traquées  de  toutes  parts 
et  reoCennéas  dans  on  cercle  étroit,  elles  lui  cèdent  le  continent.  Voilà  comment  la  civi- 
lisation chrétienne  conquerra  la  Nouvelle-Hollande;  voil&  comment  elle  a  d^à  aux  trois 
quarts  conquis  l'Amérique,  qui  lui  oOï«  encore  cependant  de  nombreuses  popolalîons  et 
d«  Tsstes  territoires  k  soumettre.  Cette  soumission  s'accomplit  de  deux  manières,  qui 
prouvent  également  sa  sapériorité  invincible.  Les  sauvages  attirés  k  elle  se  convertissent 
el  Tiennent  se  perdre  dans  son  sein,  on  bien  ils  lu!  cèdent  leur  terre  poor  se  retirer  dans 
de*  parties  plus  recalées.  Cette  terre,  «Ile  n'est  point  embarrassée  de  la  peupler.  La 
dnUsalion  a  cette  propriété  de  produire  (entant  plus  d'hommes  qu'elle  a  plus  de  place 
à  occuper,  propriété  que  la  barbarie  n'a  point.  Ainsi,  soit  qu'elle  conquière  des  hom- 
meaddes  terres,  soit  qu'elle  ne  conquière  que  des  terres,  elles»  reomte  tonjours...  (VO). 

•  Si  on  retranche  les  tribus  sauvages  qui  n'ont  point  encore  été  eonrerties  k  an  ordre 
de  choses  qu'on  puisse  appeler  civilisé  sans  taire  violence  aa  langage,  etqal,  dans  des 


Conlirtnt, 
pèttoupk 


m  DKTIONflAmE  APffl^ETIQUB.  m 

'<tst8  de  barbarie  plos  ou  moins  grossiers,  sont  répandues  çk  et  là  sur  la  surrsce  de  la 
terre;  si,  dis-je,  on  relrancfaa  cette  partie  de  l'espèce  hamaine,  encore  ^rangera  ï  la 
cifilisalioD,  on  verra  que  le  reste  sa  groupe,  k  très-peu  d'exceptions  près,  eo  iroU 
grandes  faniiDes,  qui  sont  les  nations  chrétiennes,  les  nations  musulmanes  et  lus  nstitmi 
brahminiques;  le  christ ianisme,  le  matiomélisme  et  le  brahminisme  sont  les  trois  grands 
systèmes  de  ciTilisalion  qui  su  partagent  tout  ce  qui  n'est  point  barbare  sur  la  terru. 

■  L'école  musulmane  occupe  l'Asie  occidentale,  le  nord  et  l'orient  de  l'Afrique,  jusna'5 
•une  profondeur  inconnue- L'école  brahminiqae  possède  l'Asie  orientale  et  les  grandes 
lies  qui  la  bordent  au  levant  et  au  sud.  L'école  chrétienne  ombrasse  l'Europe  et  l'Ami- 
riqufl  :  elle  pénètre  dans  l'Asie  par  le  nord  et  le  midi,  elle  a  des  colonies  partout.  Le  reste 
de  l'espèce  humaine  «Jst  sauvage  ou  ne  compte  pas. 

■Environdeuxcenlquatre-Tingtsmillioiud'hommes  sont  entraînés  dans  lo  moaTemeDl 
chrétien.  Le  mataométisme  en  comprend  \  peu  près  cent  vingts  millions;  lo  brahminismo, 
dans  ses  différentes  sectes  (41),  deux  cent  millions  de  barbares,,  formant  le  surplus  dei 
habitants  de  la  terre.  Ils  sont  tellement  épars  et  circonvenus,  que  celle  portion  de  l'hu- 
manité ne  présente  aucune  force  et  n'exerce  aucune  inQuence. 

«  S'il  7  avait  quelque  part  sur  la  terre  une  grande  masse  de  peuples  sauvages  en  con- 
tact, comme  il  y  en  avait  au  nord  et  dans  le  centre  de  l'Asie  an  iv*  siècle,  on  pourrait 
admettre  la  possibilité  qu'un  système  se  produisant  tout  b  coup  an  sein  de  .cette  masse, 
agglomérat  les  peuples  qui  la  composent,  et  créât  tout  i  coup  une  quatrième  cirilisalion, 
un  quatrième  centre  d'attraction.  Mais  cette  masse  n'existe  pas...  On  peut  donc  considé- 
rer les  trois  systèmes  de  civilisation  existants  comme  tes  seuls  qui  puissenl  avoir  de  l'in- 
jluence  sur  les  destinées  du  monde...  Or,  les  faits  prouvent  que  la  civHisetion  chrétienee 
«st  la  seule  des  trois  qui  soit  douée  aujourd'hui  d'une  vertu  expansive.  En  effet,  elle  »l 
la.  seule  qui  Tasse  des  progrès  aux  dépens  des  autres,  et  qui  conquière  les  tribus  sauvages 
à  la  civilisation.  Le  brohminisme  n'a  point  ou  peu  de  sauvages  à  civiliser...  On  ne  remar- 
que ai^ourd'Lui,  dans  le  msliométisme,  aucune  trace  de  ce  prosélytisme  si  ardent  chez 
les  nations  chrétiennes,  et  qu'il  eut  aussi  autrefois...  Si  maintenant  nous  passons  au 
christianisme,  nous  voyons  qu'b  l'exception  des  barbares  de  l'Afrique,  qu'il  est' toutefois 
sur  le  point  de  disputer  au  mahométisme,  il  tient  sous  sa  main  tous  les  sauvages  du  reste 
du  monde...  La  masse  d'hommes  appartenant  au  système  de  la  civilisation  chrétienne, 
déj&  supérieure  k  celles  qui  appartiennent  aux  deux  autres,  a  devant  elle  une  perspective 
immense  d'accroissement,  tant  aux  dépens  de  la  partie  sauvage  de  l'espèce  humaine  qu'en 
vertu  de  sa  propre  fécondité...  Si  maintenant  nous  considérons  les  conquêtes  qne  les  trois 
systèmes  font,  ou  paraissent  devoir  faire  l'un  sur  l'autre,  nous  trouverons  de  nouvelles 
preuves  de  la  vertu  expansive  que  la  civilisation  chrétienne  possède  exclusivement.  Ni  le 
brahminisme  ni  le  mahométisme  ne  cherchent  à  pénétrer  dans  les  possessions  chré- 
tiennes. Le  christianisme  et  la  civilisation  s'avancent  de  toutes  parts  avec  ardeur,  ave: 
volonté  préméditée  dans  les  domaines  de  Brahma  et  de  Mahomet,  Ils  en  méditent  ouver- 
tement la  conquête  (42).  » 

jXV. 

Il  y  a  quatorze  cents  ans,  uo  des  plus  illustres  Pères  de  l'élise,  parlant  des  ennemis 
du  dinstisnisme,  qui  dès  lors  prophétisaient  sa  fin  prochaine,  Irasait  ces  lignes  bienpro* 
près  i  nous  rassurer  contre  les  prophéties  du  même  genre  : 

«  Maintenant,  écrivait  le  grand  évéque  d'Hippone,  ils  voient  l'Eglise,  et  ils  disent: 
Elle  va  mourir,  et  bitntit  *i>n  nom  va  4iiparaUrt  ;  il  n'y  aura  bieniit  plut  de  Chrélitiu  ; 
iU  «I  fait  Itur  itmpi.  Et  pendant  qu'ils  disent  cela,  je  les  vois  mourir  tous  les  joors,  et 
cependant  l'Eglise  demeure  toujours  debout,  annonçant  la  puissance  de  Dieu  h  toutes  les 
BénérsUoQS  qui  se  succèdent  (i3).  > 

a  Dans  lesquels  Jouffro;  range  loetea  I«  branches  du  l»nddhiiine,  qui,  selon    Balbi,  conipU 
,000  de  Kclaieurs. 
(ii)  Jottmov,  Milmnfm,  Dt  Vétat  uelMtl  dt  rtumanitt,  p.  105  et  lulvaDtei. 
(M)  Cité  par  A.  IMÀ  lt>|u«l  dans  toa  Catétkiimt  d'Àlgtr, 


IIS  umuiBucTion.  i^^ 

AJBri  il  r  «  «a  BMtu  quioneti«ele5qaal*BglteeMMraf4r;  et  mMim  lu  cboMt  m 
«Brtiaiwl  et  qfl«  l'KglûeMTCOJonsnawrnr,  il  liuleneonctoreîii'eH»««Mi«fT«j««wfa.  ■ 
Sua  doslc  ««ta  Ml  vni  :  l'Eglise  M  tOBJoara  mourir  j  et  c'est  li  ce  qai  Mt  de  sa  parpt- 
taité  an  fCNtige  i  la  plas  haaie  paissaaœ.  Dira  a  permis  qu'elle  Ittt  lei^oars  bamajoe- 
■  MM  «a  péril,  pour  Bieux  fsire  Toir  qa'die  est  liH^ours  dirlnaBeal  asiiilée.  Aosn  son 
Urioîra.  depuis  leCalTairejosqolïontaiorfiletu,  u'est-elIeqQ'uDesueceadande  crise» 
éfmtpMm  tpài  loi  Cddi  retrouver  le  priiioipa  de  la  vie  dans  ses  exlr^mités,  et  qui  la 
rrtrca^MBt  daoa  l-JgMMDÎnie  et  dans  le  sang.  Elle  »a  moarir.  diles-rous  :  dooo  elle  n 
mre,  donc  elle  va  eafuter.  KJle  est  Diorte  :  donc  elle  n  ressusciter  glorirasa^  L'£.- 
giiM  s'a  pes  à  redouter  le  tombeau  :  elle  y  est  oée.  Sa  derise  sera  toajann  eelle4e  l'apA. 
ife  !  Cm  m^mt.  imc  pafawiim.  Ce  n'est  pas  an  oom  de  la  foi  seulement  que  je  parle 
liasi,  ^«t  an  nom  de  lliisloire. 

Detial  nos  regards  sur  cette  toir  gigantesque  de  l'Eglise,  dont  les  degrés  sont  des 
«Mes,  M  qoi  moule  tat^ours;  sur  ce  bit  inoommensDrsbIs  de  la  stabilité,  de  la  perpé- 
luflé  ia  l'E^  de  Jésus-Christ  dans  sa  constitntiOB  risible  sur  la  terrv,' c'esl-i-dire 
dus  11  papauté,  prodarnoos,  en  terminant,  les  principaux  caractères  de  ce  prodige  per- 
■■aast,  et  nessrons-en,  s'il  est  possible,  les  divers  degrés. 

Le  premier  consiste  dans  le  fait  matériel  de  la  permanence  d'un  même  pouvoir,  d'une 
céaedoctrine,  d'une  même  discipline,  d'une  même  cooslilulion,  d'nne  même  forme, 
/une  même  Eglise,  ea  na  mot,  depuis  dix-huit  cents  ans  ;  fall  unique  dans  le  vaste  cbamp 
ée  rhisloire.  doDt  rien  n'approche  et  qaî  sort  des  destinées  humaines.  Bt  pour  le  mesn- 
m-i  ce  seul  premier  degré,  Il  ne  font  pas  seulement  le  voirdans  les  dix-huit  siècles  pas- 
sés, il  foot  le  voir  dans  le  présent  oA  fl  grandit  ;  il  fout  le  voir  dans  l'avenir  qui  s'ouvre 
der«nt  loî,  el  oi^  les  regards  les  plus  exercés  le  suivent  à  perte  de  vue.  au  delà  de  tout  ce 
qaj  est.  Cela  seul  est  grandement  prodigieux. 

Ce  qui  augmente  le  prodige,  c'est  que  cette  perpétuité  d'un  même  pouvoir  ne  se  passe 
pas  dans  les  mœurs  slagnsnles  de  l'Onent,  mais  an  sein  de  la  mobile  Europe,  pairie  des 
tétolutions  :  dans  un  milieu  d'actifilé  incessante,  où  les  hommes  et  les  événements,  les 
idées  et  les  laits,  se  sont  entre-choqaés  sans  trêve  et  sans  repos,  océan  furieux  en  araut 
d^Dd  le  siège  de  l'Eglise  a  toujours  été  comme  le  cap  des  tempêtes. 

L'E^^ise,  en  effet,  et  c'est  IS  un  degré  de  plus  du  prodige,  a  non-seulement  vécu  au 
Ki'ieu  de  cette  activité  dévorante,  mais  elle  y  a  toujours  en  la  jremiére  part,  elle  a 
■oujuurs  été  au  cteur  de  la  mêlée  ;  et  seul  personnage  de  cette  vaste  scène  où  elle  a 
>Mi«  le  premier  réie  depuis  Néron,  et  d'oii  tous  les  autres  acteurs  ont  disparu,  elle  est 
resiée  et  elle  cootiooe  k  mener  le  drame. 

Ajoutez  ceci  :  que  c'est  sur  l'Eglise  et  contre  l'Eglise  que  celle  activité,  qui  a  dévoré 
tous  ses  agents,  a  été  le  plus  sooveol  tournée;  que  seule,  l'Eglise  a  eu  vingt  fois  sur  les 
iTts  les  affaires  du  monde,  et  qu'ij  a'j  a  pas  un  seul  genre  d'assauts  qui  lui  ail  été 
épargné  3  la  force,  la  ruse,  la  politique,  le  schisme,  l'hérésie,  la  philosophie,  le  sjllo- 
gisaie.  répigramme,  el  l'écbafoud,  el  tout  cela  en  grand,  dans  ce  qu'ils  ont  de  plus 
iiibrnul,  ta  p»rteM  de  tenfer,  en  un  mol,  qui  auraient  brisé  du  premier  coup  toute  autre 
pnûuace,  el  qui  se  sont  brisées  ï  celle-ci.  Cett  tnu  mclum*  qui  <i  u«/|0m*  I«s  morfeoitz, 
disait  le  prolestant  Tiiéodore  de  Bèze  ;  el  il  j  a  cela  de  plus  fort  encore  dans  ce  cAlé  du 
I^odiga,  que  ces  attaqua,  qui  n'avaient  été  que  successives  contre  TEglise  pendant 
dix-sepl  siècles,  se  sont  donné  le  mot  pour  la  baltre  en  brèche  tontes  k  la  fois  dans  le 
dix-huitième,  el  n'ont  fait  que  la  rajeunir  el  que  s'enterrer.  Combien,  nous  qui  venons 
■prés  cette  dernière  épreuve,  nous  qui  avons  enseTeli  Voltaire,  la  République  el  Napoléon;' 
sous  (iue  l'Eglise  ensevelira,  combien  avons-nous  plus  de  snjet  de  nous  écrier  que  Pascal  : 
•  Ce  qui  est  admirable,  incomparable,  et  tout  &  fait  dîrio,  c'est  que  cette  ^is«,  qui  a 
..-ajoura duré, a  toujours  été  combattue  (U}l> 
Ce  n'est  pu  tout,  et  voici  un  cinquième  degré  qui  élève  encore  pins  le  prodige  :  c'est 


M»  UCTlOniMIU  tfOUMIETIQUE.  m 

quecaMs  Ef^in  M  toit  aiasi  tMfliHin maioliuiue  sabs  Ëtehir  ni  pli«r  ;  ■  Lac  El»\»  péti- 
'  raj«nti  obvuv*  Lris-biaD  PMcal,  li  oone  faiMil  pliir  foureel  l«s  lois  ï  Is  n^oessiU.  Um 
jam«U  l'KgliM  q's  louffert  cela  et  n'en  a  usé.  Aussi  il  fftul  des  (MXWvaiodtSDAls  on  dn 
luUaoIea.  Il  b'mI  pus  étrange  iju'no  sa  conserva  ad  pliant,  el  ce  D'est  pas  propremcuL  la 
oaaiiitAnir»  et  eooore  pértssent-its  «nfia  «aiièraoïeiit  ;  il  n'y  en  a  point  qui  ail  doré  quima 
eenls  «os.  Hais  que  ctttle  religion  se  wit  loqjonra  naiotenue  et  ioOaxible,  cela  eil  dirin 
(US).  »  Coiobien  les  faits  Tieaneql-ils  jusliSer  calte  obscrralioB  I  C'est  Ib  tout*  Tfalsloira 
tifk  l'Eglise.  Que  de  fois  u'a-l'-elie  pas  jouA  sa  destinée  ooMre  tOBlea  lea  règle*  de  U  pni> 
denoe  banuine  !..  Rien  n»  l'émeut,  rien  ne  la  séduit  ni  ue  l'épouwcte  :  un  roTauias  lu 
écbappa  ou  loi  reiient,  on  conquérant  la  raenace  ou.  la  ilatle,  un  génie,  roi  de»  intelU- 
gsBce»,  ineline  on  dresjie  eoD  front,  qm  lui  iaporte!  EUe  ne  w  ptéoeciipe  que  de  imi 
choses  :  la  charité  d'abord,  el  en  Gn  d«  compte  la  vérité.  C'est  là  ta  poliLique»  c'est  li  ud 
iptérit  d'Etat.  Tant  qu'elle  pent  espérer  de  la  réflexion  ou  du  repentir,  e)^  ménage,  ctla 
supplie;  mais  dés  que  l'obslioBlion  se  montre,  elle  rompt,  et  cette  rupture  est.toujoun 
fatale  à  ses  enuemis]  elle  seule  se  kouve,  «a  déSsilive,  avoir  conservé  la  via.  Du  reste, 
elle  attend,  parce  qu'elle  a  le  temps. 

Ainsi ,  toujours  subsister  dans  un  monde  où  tout  se  précipite,  quoique  su  sejn  d'uni 
^gilaliQD  dévorooie,  quoique  prenant  lot^oors  une  part  active  à  cette  agiletian,  quoique 
toujours  combattue,  quoique  toujours  ioQexible  :  où  est  le  prodige,  oft  est  la  marque 
assurée  de  la  vérité,  si  ce  n'est  lit  Quoi  I  une  religion  vous  donne  pour  gage  de  u  vériii 
uu  tel  prodige,  et  vous  doutez  I  Quel  prodige  âteft*vous  donc  vous-même  (1^6}  I 

Les  voix  les  plus  imposâmes  et  las  moins  suspectes,  les  sommités  protestantes  de  li 
science  en  Allemagne,  en  Angleterre,  les  Hurter,  les  Voigt,  les  Ranke,  les  llncaute;,  etc., 
ont  reconnu  el  proclamé  ce  grand  phénomène  de  la  stobiljté  du  cbrislianjsme  dans  li 
perpétuité  de  sa  consliluUon  catholique.  Un  éloquent  publicisle  de  la  Belgique, 
M.  Eugène  Robin,  a  également  rendu  l'impression  que  doit  faire  éprouver,  è  tout  bomoie 
qui  lève  les  yeux,  le  fsil  divin  de  la  perpétuité  du  pouvoir  daiis  l'Eglise,  et  comme  Balaim, 
&  la  vue  d'Isrsël,  il  a  prophétisé  la  foi  qu'il  ne  partageait  pas  encore. 

Nous  donnons  cet  article  remarquable  dans  toute  son  étendue. 

■  Du  homme  d'esprit  et  de  cœur  dil'ua  jour  devant  moi  (j'élis  encore  enfant  alors): 
Aujourd'hui  il  n'y  s  rien  au  monde  de  Bie  et  de  stable  à  quoi  l'on  puisse  rattacher  sa  vie. 
Les  idées  et  les  rois  passent;  tout  se  déplace,  tout  s'use,  avec  une  dévorante  rapidité. 
La  société  change  dix  fois  de  face  entre  le  berceau  et  la  tombe  d'un  mortel.  En  vËrilé. 
au  milieu  de  celte  versatilité  des  choses ,  il  n'y  a  qu'une  ville  et  qu'un  homme  qo! ,  piir 
leur  immobilité  dans  l'océan  du  temps,  présentent  à  notre  esprit  une  image  de  suite  et  île 
perpétuité,  Rome  et  le  Pape.  Trojjvez-moi ,  pour  ceux  qui  sont  Us  d'errer  &  la  merci  do 
tous  les  vents,  et  qui  demandante  la  vie  le  calme  de  l'élernilé,  on  refuge  assuré  oit 
chercher  un  abri,  no  port  toi^ours  ouvert  où  amarrer  leur  barque,  si  ce  n'est  ce  rocher 
plus  haut  que  les  tempêtes ,  Roue  et  la  PipAVTi  I 

■  Cette  parole,  jetée  sans  prétention  au  milieu  d'une  causerie  tour  h  tour  frivole  et 
sérieuse,  est  tombée  en  moi,  etyesl  demeurée  depuis,  tant  elle  avait  frappé  mon  ima- 
gination. En  effet ,  pour  les  cœurs  indifférents  ou  distraits ,  poor  les  esprits  irrésolus  ou 
ceux  que  retient  la  honte  d'avouer  leur  erreur,  pour  {Incrédulité  systématiqae ,  pdur  les 
convictions  les  plus  rebelles,  pour  tous ,  tant  que  nous  sommes  enÔn  ,  Ames  égarées  dans 
les  ténèbres  du  doute,  n'est-ce  pas  un  spectacle  capable  de  réveiller  le  sentiment  croyant 
endormi  ou  étouffé  en  nous,  que  cette  formidable  immutabilité  où  le  temps,  la  guerre,  la 
torture,  le  mépris,  se  sont  brisé  la  front;  que  cette  fixité  d'un  seul  point  au  milieu  ds 
tout  ce  qui  passe  ;  que  cette  lumière,  traversée  par  le  souBIe  détentes  les  tempêtes, 
qu'sucuQ  soufDe  n'éteint;  que  cette  foi  toute  mystique,  toute  immatérielle,  qui  éclate 
surtout  aux  regards  de  l'humanité  par  l'évideBce  d'un  fait  matériel  unique  dans  l'histoire 
da  monde  r 

(451  Pauitt,  II*  pirlie. 

(4U)a.  tes  bettes  cuDEiiléralions  de  H.  A.  NicoUs  sur  ce  selet,  Etnda  fUlotopM^uê*  tur  k  tktUtta- 
nnme,  l  IV. 


t"  INTOODUCnoX  IK 

•  Ja  M  uù  i  qii  l'oo  doit  celle  spiritueUB  boutods  :  Kiea  n'eal  afnanle  comme  an  bit. 
Oui,  la  hit  de  la  teiUequa  contredit  l*  fait  du  lâDdemaiD.  ra  fait  éclos  par  haunl  dans  le 
tnnil  qoolidîao  d'na  peupla  qui  dament  l'idtfa  spéculative  sortie  du  cerTHH  isolé  d'uo 
h««me,  la  Ait  qoi  w  Ut«  de  «e  pleeer  derrière  le  fait  pour  proarer  quelque  «bos«,  et  doot 
wdweiapréTujMleàbasIasrsags^gnHid'peiiie  ali^âk 

«  Hab  nn  fait  coasaia  ettui-oi  i  L'apostolat  ooaBtf  pu-  le  Christ ,  il  j  a  dix-huit  cent* 
w,  à  Vun  de  ses  disàplas ,  ^«sl  perpétué  de  Pape  k  Pape,  juaq**)  nos  jours;  pputoir 
éin  «el«  aujourdliai  el  Mr»  sir  qu'on  le  dira  deaufa  ,  aela  doit  bieu  vguifo'  quelque 
ikoss  ffcf).  Bt  si  l'on  aonge  que,  dqntis  le  jour  où  eetta  parole  a  été  proooaeée  en  iudéc. 
U  barbarie,  le  schisme,  la  réforme ,  la  philosophie ,  sa  sont  rués ,  tour  k  tour,  la  torcb* 
H  le  ter  ea  naîB.  sur  le  tiég»  occupé  par  le  mAmeapAtre,  coMioué  dans  niHv  fias,  que 
tome,  h  *iUe  éleraella  des  tempe  modernes  eomme  elle  l'était  des  iemfw  antiques,  a  Ué 
frise,  ivprâe,  oecopée,  taeoagéo  par  tous  Im  ftéaai  vtnos  de  l'Orie»!  et  da  l'Ocddeal  i 
,  ia'tt  ■*/  a  pat  plus  de  irc^s  yiàcèat ,  des  soldais  if  ras  »  ooaduils  par  up  reoégat,  y  soal 
cDlrésas  non  da  LuUiar;  qu*U  o'y  a  pas  irenle  ans  qu'un  empereur,  ses  souverain  pac 
ficMqoéla,  lui  enrofaft  un  préfU  comme  laisaiaat  ceux  da  Couslastîoopla ,  dans  les 
fremiers  temps  desesPontibs;  ohl  alors  la  lait  grandit  à  la  laiUii  de  l'idéa,  devient 
immensa  eomme  le  dogme  ;  el,  quoi  qs'on  eu  ait»  il  but  biea,  je  Iq  reflète,  que  ce  fait 
•ans  pareil  signifie  quelque  chose. 

■  C'est  en  fain  que  nous  roudrioiis  détourner  les  yeox  de  celte  prodigieuse  imago  de 
pctpéluité.  Noos  qui  sommes  venus  après  les  plus  grandes  persécutions  que  Rome  «il 
essuyées  depuis  les  siècles  des  martyrs,  nous  sommes  forcés  de  nous  dire  :  Sans  doute 
les  promaastis  des  temps  VaccompliroDl.  Le  rêve  de  la  philosophie  était  d'abattre  la  pa- 
pvld«  parce  qu'elle  compreoail  que  le  est  la  l£te,  I&  est  le  cœur  du  catholicisme,  el  que. 
s'il  pouvait  mourir,  c'était  à  ce  cœur  el  h  cette  tète  qu'il  fallait  viser;  car  la  papauté  et  le 
tbrislianisQie  même  sont  inséparables,  i  ce  point ,  que  la  réforme  u'etisle  qu'fa  la  eondi- 
iHM d'entreleair  sans  cesse  le  souvenir  de  sa  rébellion,  et  que  sa  foi,  fondée  sur  11 
défiance,  ne  retrouve  un  peu  de  cette  vitalité  qui  lui  manque  qu'en  ^excitant  i  1»  haine  de 
«qu'aile  a  ouoimé  le  papisme.  La  durée  de  la  papauté  éUit  donc  pour  nos  pères  loule  la 
«Kslioa  d'avenir.  Oîx-liuil  cents  ans  sont  d'une  belle  baleine  sans  doute  dans  le  cours 
4escbosas;  mais,  la  papauté  détruite ,  la  philosophie  gagnait  toujours  son  procès,  qui 
était  de  prouver  qu'alla  n'avait  jamais  existé  qu'à  l'aide  de  l'ignorance  et  de  la  barbarie. 
La  révolution  act  Tenue,  alla  savait  !e  mol  d'ordre  :  elle  a  visé  au  cœur  ;  elle  a  Iratné  le 
Pape  d«Bs  l'exil,  il  jr  est  mortl  Un  autre  Pape  lui  a  succédé,  la  chaîne  de  per(>élui(é 
•a  s'est  pas  plus  rompue  qu'elle  ne  s'était  brisée  aux  jours  les  plus  mauvais  de  la  vie  du 
catlvlieûaïa.  MaiuteBant  la  philosophie  a  fait  son  temps.  Les  destrucleors  dorment  dsus 
la  paasd  h  oAté  de  Luther,  rRncyclopédie,  la  république  et  l'empire.  Homb  bst  toljouis 
■uouT.  at  A  ce  caolre  de  la  ehrâtianté ,  déchirée  par  las  ravages  de  riocrédolilé  et  de 
llndîfféreaca,  il  y  a  on  Pape  comme  il  y  en  avait  un  sous  Néron,  alors  que  le  Christian isniu 
Baissant  était  déehiré  daoa  le  cirque  par  le«  bêles  féroces. 

«  Aoloor  de  oclte  miraculeuse  continuité ,  l'Europe  a  changé  trois  fois  de  lace ,  l'antî- 
quiié  s'est  éteinte,  le  moyea  Age  e&l  morU  Trois  empires,  celui  de  Chsrlemagne,  celui 
lie  Charles-Quint,  celui  de  Napoléon,  se  sont  élevés  et  ont  disparu.  Des  nations  ont 
brillé,  qui  ne  sont  plus.  Un  monde  découvert  est  échu  en  partage  à  la  puissance  leropo- 
reile  «là  la  puissance  spirituelle;  celle-ci  seule  a  gardé  sa  part.  Tout  a  fait  son  temps, 
idées ,  peuples  el  empires.  Rome  seule  est  resiée  debout  ;  le  Pape  seul  est  resté.  Il  y  A 
daos  ee  hit,  je  ne  «aurais  trop  le  répéter,  quelque  chose  qui  vaut  bien  la  peine  qu'on  y 
réfléchisse  un  peu. 

«  liais  nous  sommes  dans  un  temps  où  l'on  a  inventé  k  l'usage  des  partis  une  logique 
habile  qui  sait  nier  l'évidence.  Les  vieilles  liaines  contre  Rome  ne  sont  pas  mortes  dans  nos 

(  (7)  CcM  le  cas  d'apfliqeer  celle  aatre  boutade  qui  vaut  bien  b  preoiiire  :  Awa  n'ttt  MtU  eommt  um 


If)  IHCTlONHAtltE  APOLOCETIQUE.  m 

eomrs  r^rolutionnaires.  Les  pères  ont  cra  sToir  régénéré  le  Hionde,  el  les  Bis,  qui  ont  aeceptd 
leur  gnndeur,  ne  peurenC  s'accoutumer  h  celte  idée  ,  qui  élive  le  catbolicisme  \  burs 

yeai  aai  dépens  de  la  gloire  fugitiTe  dont  ils  se  gtoriBent,  qae  la  papauté,  de  son  iosi- 
pugnable  baul«ur,  aurait  conlemplé,  avec  un  regard  plein  d'oaa  tendre  coœiDiséralion  et 
d'une  certitude  entière  dans  les  promesses  divines ,  nos  terriblet  révoltes ,  nos  pniasnils 
enfantements ,  nos  incendies  allumés  k  tous  les  coins  du  monde,  le  sang  versé  à  faire 
bondir  .le  cœur,  ce  fracas  d'empires  et  de  rois  tombés  h  confondre  l'esprit ,  tout  cela 
comme  un  vieux  marin  regarda  de  la  plage  la  lutte  des  éléments,  assuré  qu'il  est,  parlai 
signe»  qu'il  a  vas  dans  le  ciel ,  que  demain  loat  ce  grand  bruit  aura  cassé,  el  que  l'océsB 
débordé  rentrera  dana  aes  abtmes. 

•  Notre  orgueil  ne  saurait  consentir  sans  violence  à  cette  dominalioa  d'une  peoiéc 
tramuable,  éternelle,  sur  la  terrible  pensée  de  notre  histoire  d'hier,  et  ai  noua  ne  poniooi 
nier  que  le  rocher  ne  soit  resté  debont,  que  la  lumière  du  phare  ne  se  aoit  pas  éteinte, 
tandis  que  notre  révolution  lassée  ne  laisse  plus  échapper  qae  de  sourds  groodemeott , 
nous  nous  en  consolons,  en  songeant  que  le  rocher  s'éloigne  tous  les  jours  de  nous,  par 
cela  seul  que  noua  marchons  en  avant,  et  qu'il  est  uo  point  immobile;  qu'empoilés  par 
le  mouvement  irrésistible  du  progrès,  comme  si  ce  mouvement  qui  pousse  l'bumaaité 
n'avait  commencé  que  d'hier,  nous  Irons  si  loin  que  nous  finirons  bien  par  échapper  i  la 
sévérité  de  ce  grand  œil  ouvert  sur  nous  depuis  dii-buit  siècles. 

'  ■  Aveuglement  de  l'ôrgueill  un  humble  prêtre  (H.  Lacordaire]  qui  fut  l'ami  et  le  com- 
pagnon de  Lamennais ,  mais  qu'une  vaine  gloire  n'a  pas  précipité  comme  lui  dans  un 
doute  sans  fond,  vient  d'élever  son  éloquente  voix,  et  il  vous  répond  :  «  Mon,  quoi  que 

■  vous  fassiez ,  vous  qui  ne  voulez  point  reconnaître  ce  qui  a  élj  et  ce  qui  est  î  veus  avei 

■  beau  marcher  en  avant ,  vous  jeter  è  perte  d'haleine  dans  les  voies  infinies  de  l'avenir, 
«  ce  calme  regard ,  qui  plane  sur  votre  présent  comme  il  a  plané  sur  votre  passé ,  vous 
«  poursuivra  toujours  partout,  jusqu'aux  derniers  horizons  de  l'éternité  ;  car  cette  lumière, 
a  que  vous  cro;ez  pouvoir  fuir,  parce  qu'ftile  est  fixe,  est  immobile  et  mobile  i  la  fois. 
«  Où  que  vous  alliez,  elle  est  toujours  parmi  vous,  votre  centre,  voire  milieu;  elle  est 

■  comme  le  soleil ,  dont  on  ne  saurait  s'éloigner  d'un  seul  pas ,  eût-on  la  vitesse  dn  vent, 
«  ei-l'iiifini  du  désert  devant  soi.  Vous  crojrez  que  la  papauté  sommeille,  qu'elle  s'en» 
a  dort  dans  le  passé,  grande  comme  la  fosse  d'un  géant,  par  la  grandeur  de  ce  qu'on  loi 

•  a  6lé ,  vous  voua  trompez  ;  elle  a  toujours  présidé  aux  affaires  du  siècle ,  elle  j  préside 

•  encore,  elle  est  toujours  debout,  agissante,  prèle  h  lier  et  à  délier.  Aujourd'hui  qve 
«  nous  acceptons  toutes  les  gloires  du  passé,  les  esprits  les  plus  sages  ont  reconnu  les 

•  bienfaits  que  lui. doit  l'humanité.  Vous  savez  ce  qu'elle  a  f^it  :  voyez  ce  qu'elle  fell 

•  maintenant.  » 

L'Eglise  sera  donc  toujours  comme  elle  a  toujours  été;  toujours  après  comme  toujours 
avant  ;  dans  le  peuple  chrétien  jusqu'à  la  fin  du  monde,  comme  dans  le  people  juif  jua* 
qu'&  son  commencement;  dans  la  série  des  Papes  en  remontant  jusqn'uexapdtres,  oommo 
dons  ta  série  des  prophètes  en  remontant  jusqu'aux  patriarches  :  s'appuj'aDt  des  deux 
parts,  et  venant  se  rallier  dans  sa  pierre  angulaire  et  son  chef,  Jésus-Christ. 

C'est  avec  cRtle  suite  inSnie  et  celle  assiette  immobile  que  se  déploie  è  nos  yeux  l'édi- 
fice augusle  du  christianisme,  participant  de  l'éteroité  dans  le  temps,  et  fonnaDt  comme 
l'isthme  (le  la  vérité  dans  l'océan  des  âges. 

C'est  là  vraiment  l'ceuvre  de  Dieu ,  el  sa  merveille  aux  regards  des  hommes, 

«  La  vérité  reste  pour  l'éternité,  et  les  fantAmes  d'opinion  passent  comme  des  rèvcs 
de  malades. 

■  La  religion  subsiste  depuis  six  mille  ans,  de  l'aveu  de  tous,  et  les  sectcs-sont  d'bier> 
Je  suis  forcé  de  croire  el  d'admirer  (46).  > 

(M)V0L»IR>. 


DICTIONNAIRE 

APOLOGÉTIQUE 


ABAI»BlfBNT  da  Fils  de  Diea  d»n« 
rwcinialMMi;  objection  réfutée.  Fvy.  KÉ- 

PtUTKHI,  {  lU. 

ABSOLtl;  ce  que  la  philosophie  alle- 
■unde  eolend  par  ce  mol.  Toy.  Philoso- 
raiE  oa  I.' ABSOLU. 

ABSnUGTlON  PDRE,  point  de  départ  de 
)■  cfailosopfaîe  de  Hegel.  Toy.  Pbilosopbii 
pcl'asmmjj,  i  11.  —  Abstraction,  imposci- 
bti  sans  le  signe.  Yoy,  Pstcbolooib,  {  XII. 

ACCIDENTS;  leurs  avantages.  Voy.  Etbb- 
vri  DBS  PUHKS,  i  I. 

ACCUUPLISSeUENT  des  prophéties. 
to»e«rnant  JéSDK-Cfarïsl.  Yoy,  Pioth^bs, 
fil'—'  Concernant  Nlnîve.  Babjlone,  Tjr, 
riilgrpte.  tbid.,  I  III.—  Yoy.  iODiE. 

ACROAUATIQCE     ET     EXOTËRIQUE 

(Scibxck).  —  Acroamatiaut  rient  d  iaftiafuu, 
être  aaditeor  on  disciple,  et  exotérique  ou 
atotéri^pàe,  d'iSHn^s;,  eilârîeur,  publique. 
La  scieDce  aeroaniatiiiue  est  la  doctrine  pri- 
vilégiée, secrète,  et  I  exotérique  est  la  doc- 
trine publique  et  commune.  La  pramiôre 
est  le  plus  souvent  ornle  et  auriculaire,  el 
la  seconde  écrite  ;  mais  elles  cbdogeni  quel- 
quefois de  râle. 

Les  Isnélites  furent  dépositaires  el  gar- 
diens de  la  révélation,  el  toutes  leurs  ins- 
lîtutions  se  rapportent  manifestement  i  ce 
bat.  Haii,  pour  bien  comprendre  comment 
iU  conservèrent  le  dépdt.qui  leur  était  coo- 
fiét  et  cooiment  ils  le  transmirent  à  la  pos- 
térité, il  faut  distinguer  la  doctrine  tradi- 
tiooneJle  de  la  doctrine  écrite.  Cette  dis- 
tinction est  la  clef  de  bien  des  problèmes 
autrement  insolublei  louchant  ce  peuple 
eitnordinaîre;  et  beaucoup  d'auteurs  mo- 
derne*.  très-savants  d'ailleurs,  s'écartent 
diidro:t  chemin  pour  n'avoir  pas  su  trou- 
ver cette  clef.  En  admettant  ces  deux  doc- 
IriiMS  ebet  les  Bébreui,  nous  ne  demao- 
doo»  pas  pour  eus  un  privilège  spécial; 
car  Mte  condilioa  est  commune,  surtout 

(»)  /  Cm.  ku,  4-30. 


aux  peuples  «nliqaes,  et  plus  on  moins  k 
tous  les  peuples  du  monde. 

La  distinction  entra  (a  science  acroama- 
lique  el  la  science  exotérique  est  assez  vnl- 
gaire,  en  lait  qu'elle  s'applique  \  quel- 
ques écoles  et  à  quelques  sectes  philoso- 
phiques et  religieuses  de  l'antiquité.  Cha- 
cun Mit  que  la  première  était  secrète  el 
propre  i  un  petit  nombre,  et  la  seconde 

Îublique  et  commune  i  tous.  Hais  ce  que 
'ordinaire  on  ne  remarque  pas,  c'est  que 
cette  distinction  dans  sa  substanne  est  na- 
turelle el  non  artificielle,  raisonnable  et 
nun  capricieuse  et  arbitraire,  essentielle  et 
non  accidentelle  à  l'ordre  de  la  nature  et 
de  la  société  humaine,  perpétuelle  el  non 
.  temporaire,  universelle  et  non  locale,  com- 
mune k  tous  les  ordres  du  savoir  et  non 
particulièreàla  piiilosophteet  t  la  rehgion. 
Car  elle  a  pour  fondement  légitime  nn  fait. 
ou,  pour  mieux  dire,  une  loi  de  la  nature 
impossible  &  détruire;  c'esl-k-dire  l'inéga- 
lité inteilectuelie  et  civile  des  hommes.  Ils 
sont  égaux  et  frères  en  ce  qui  appartient  aui 
conditions  esscclielles  de  leur  nature  ; 
mais  ils  sont  inégaux  en  tontes  les  autres 
choses.  Celle  inégalité  est  de  deux  espèces  i 
l'une  dérive  de  l'inégalité  de  l'aptiiudeel 
du  génie,  et  elle  est  naturelle,  lésitime, 
nécessaire  pour  l'organisation  sociale;  car 
sans  elle  il  ne  peut  j  avoir  cette  harmonie 
civile  que  la  sagesse  dorique  comparait  à 
l'harmonie  du  monde,  ni  ce  religieux  «o- 
Gord  d'où  procèdent  le  xôo-fMr  ulira-nalurel 
et  le  corps  bien  ordonné  de  l'Eglise  ortho- 
doxe (49).  L'anire,  qui  provient  de  la  par- 
ticipation différente  anx  bienbits  civils  d 
de  rédncalion,  peut  et  doit  disparaître  avec 
le  temps,  an  fur  et  i  mesura  que  les  bieo- 
faiis  et  tes. avantages  de  la  vie  eommuo* 
vont  se  répandant  et  se  mullipliaol  parmi 
les  citoyens;  si  en  n'est  quelle  ne  peut 
cesser  tout  d'un  coup,  mais  seulement  gra- 
duellement et  au  moyen  des  suaves  el  eflt- 
caces  influences  de  la  culture  chrétiCBo*. 


fis 


AOt 


IMCT1WINAIRE  APOUKCriQUK. 


Or  la  aéptratton  de  Is  dociriac  eioiérimie 
d'iree  la  doctrine  acroamsliqofl  est  foodée 
sur  celle  double  ioé^aliié;  car,  si  le  géuie 
et  la  capacité  varient  oaturellAroeiil  et  ac* 
cidentullemeiit  parmi  les  hoaiioei.  la  coc- 
naissance  de  la  K'rilé  ne  p«ut  apparleoir  h 
Ions  également.  Beaucoup  de  Teniez,  e'esU 
k-drre  les  plus  dif&ciles  et  les  plus  carbdes. 
srront  Umjvun  l'faéritafte  d'an  pMrt  qot»- 
bre;  savoir,  de  cetfe  anstocralifl  naturtib 
et  spoi.lanîe  qui,  par  le  di>«l)Ie  eoacour* 
des  factlttés  natives  et  de  l'éducattoii,  esi 
IVIite  et  la  Qeur  intelfecluelle  de  l'espèce 
bumaine.  Il  f  a  k  cau^e  de  cela  une  science 
lies  savnnls,  autre  que  la  science  populair« 
et  distincte  de  celle-ci,  non  point  en  vertu 
d'un  monopole  ou  d'un  privilège  établi  par 
la  fraude  ou  par  la  violence,  mats,  par  l'effet 
d'un  ordre  de  cboses  salurel  et  im|)OSsiljle 
à  <;li.inger.  Et  ceux  qui  voudraient  sVn 
écarter,  en  tant  qu'il  repose  sur  les  lois 
du  monde,  font  une  œuvre  vaine  et  même 

Iicrnicieose.  comme  on  le  voit  par  quelques 
lomnies  qui,  depuis  un  siècle,  prétendent 
vulgariser  la  science  et  la  rendre  commune 
k  tous.  Hais  au  lieu  de  cela  qu'ont-tls  ob- 
tenu T  Peut-éire  de  Taire  avec  des  esprits 
médiocres  de  véritables  savants?  Non,  cer- 
te<:,  parce  que  l'art  ne  peut  triompher  de  la 
méiliourilé  danii  un  genre  donné,  pas  plus 
que  l'exercice  ne  pourra  faire  un  lutteur 
vigoureux  d'un  homme  faible  et  infirme. 
Au  lieu  d'Instruire  les  hommes,  on  n'a  ob- 
iL'nu  en  échange  que  l'alléralion  des  doc< 
trilles.  Les  muderces  se  trompent  beaucoup 
dans  Is  science  cl  daus  la  politique,  dans 
Tordre  de  la  pensée  et  dans  celui  de  l'ac- 
Uon,  quand  ils  font  conbijler  le  vmi  pro- 
mus It  rendre  vulgaires  Ifs  tiommes  emi- 
nents,  au  lieu  de  relevir  et  <l'ennobtir  le 
vulgaire  aulanl  qu'il  est  possible  ;  à  rabais- 
ser l'idée  jusqu'à  la  tailla  de  celte  multi- 
tude de  pjgmées,  au  lieu  de  soulever  tes 
bommes,  autaul  qu'oQ  le  peut,  ju-squ'â  la 
bauteur  des  dogmes  idéaui.  Le  vrai  perfec- 
tionneioenl  consiste  à  monter  el  non  è  des- 
VVidre,  quoique  ce  dernier  parti  soit  beau- 
coup plus  comaiode  pour  ceux  qui  sgkI 
J>viiies  de  courir,  loais  qui  sont  i,  court  de 
orcea  el  d'baieîoe.  Si  vous  voulez  rendre 
communs  le  savoir  i  tous  les  ignorants,  el 
la  Pf^uvoir  civil  à  tous  les  cilnj'cns,  vous 
torez  coDiraiiit  de  mesurer  Pua  el  l'autre 
sur  la  médiocrilé  ou  la  nullité  du  plus 
gFBDd  nombre,  e(  vous  aurez  une  science 
»Q  eofnnce  et  un  gouvernement  barbare. 
La  démocratie  scientiiîque  n'est  pas  moins 
|teraieieuceè  la  science  que  la  démocratie 
civile  na  l'est  aux  Etals.  Ainsi,  de  même 
-4U*en  JDlroduisaiit  dans  la  cilé  la  souve- 
'rainelé  de  la  plèlie,  on  en  corrompt  la  vie 
twtbliqtie»  Pi  OD  obtienl  une  aôarchio  uuî- 
'^«rgelie,  ou  un  gouvernement  grossier  el 
■anlictvilisateur  :  ainsi,  en  contisut  le  gou- 
vernement du  savoir  à  l'arbitraire  de  la 
.aiullitnde,  on  n'ubiient  point  l'instruction 
des  incapables,  mais  la  commune  ignorance 
de  tous.  Il  va  sans  doule  une  portion  d'ins- 
truction k  laquelle  tous  doivent  participer; 


tullessontla  morale,  la  religion,  el  beaucoup 
d'autres  notions  apparlenânlk  11  vie  |iubliifue 
etk  la  vie  privée;  il  jr  en  a  une  autre,  muins 
nécessaire,  nais  upiverselleroent  utile,  et 
propre  k  être  répandue  avec  profit,  consistant 
dans  les  nobles  lettres  qui  offrent  ï  resjirit 
adoonék  leur  culture  une  innocente  récréa- 
tion, qui  perfectionnent  le  seniimeitt  du 
bien  eL  du  beau,  adonçisswl  et  onnoblis- 
senl  les  Ames  en  les  rendant  pins  douces  et 
plus  otodérées.  La  tomme  de  ces  connaii- 
sences  qui  forsMat  h  Mgessa  pofulaire,  est 
proportionnée  et  profitable  i  tous,  el  on  ne 
pourrait  jamais  le  ré|tandre  avec  trop  de 
zèle  dans  louies  les  classes  de  la  sociélé.Si 
les  journaux  étaient  dans  l'usage  d'avoir  ce 
but,  el  s'ils  employaient  les  mojens  propres 
k  l'obtenir,  ils  seraient  dignes  de  tout  élo- 
ge; mais,  loin  d'être  toute  la  science,  la 
seieoce  vulgaire  n'en  est  qu'une  partie  Tai- 
bleei  élémentaire;  el.faible  comme  elle  eït, 
elle  ne  peut  même  subsister  sans  le  se- 
cours  et  l'iniluenee'd'une  doctrine  privilé- 
giée et  plus  relevée.  Quand  le  petit  nombre 
bail  peu  de  choses  et  ne  s'avance  pas  daus 
le  savoir  solide  et  exquis,  la  multitude  Bnit 
par  ne  connaître  rieu:  car  le  capital  des 
connaissances  ne  se  conserve  que  par  le 
seul  moyen  des  acquisitions  nouvelles.  La 
science  populaire  est  comme  la  fleur  de 
celle  des  savants,  elle  est  par  elle  engen- 
drée et  nourrie  ;  de  telle  sorte  que  l'une  se 
ressent  de  lo  diminution  ou  de  l'absence  Je 
Faulrc,  comme  on  voit  les  ruisseaux  s'ar- 
rêter et  se  dessécher  quand  la  source  vient 
k  tarir.  Chaque  science  coulient  plusieurs 
parties  qui,  iwr  le  génie  et  l'étude  couli- 
Buelteet  profonde  qu'elles  eiigeut,  ne  peu- 
vent être  cultivées  par  la  Ibule.  Il  y  a  en- 
tuile  eerlaioea  sciences  dont  le  sujet  est 
plus  abstrus  et  plus  cscbé ,  comme  les 
luathémaliques  et  la  mélaphysique,  qui 
sont  de  leurnalure  inaccessibles  a  la  mul- 
lilude  ;  ces  sciences  forment  une  doctrine 
véritablement  acroamalique,  qui  demeurera 
telle  jusqu'k  la  Qn  du  monde.  Et  certaine- 
ment, je  le  répèle,  les  écrits  de  Yîco,  da 
Kant,  de  Newton,  de  Lagrange,  par  eiem' 
pie,  ne  sont  point  et  ne  peuvent  point  élre 
jilus  populaires,  même  oans  les  pays  civi- 
lisés, qne  les  livres  Hermétiques  et  les 
Védas  ne  le  furent  autrefois  dans  l'Egypte 
el  dans  l'Inde. 

La  séparation  des  deux  doctrines  eut 
lieu  chez  les  Hébreux  commo  chez  les 
peuples  païens,  quoique  sous  des  ootxJi- 
ilons  UQ  peu  dilféreotes-  Moïse  tendait  k 
deux  lins  principales,  c'est-ft-dire,  k  pnisor- 
ver' de  la  corruption  païenne  le  monothé- 
isme, base  de  l'idéiililé,  de  l'unité  el  de 
l'indépendance  nalionale,  et  è  mettre  en 
sûreté  le  reste  du  dépât  de  la  rôvélalion 
primitive,  transmis  des  premiers  descen- 
dants de  No6  k  ceux  d'Abraham,  et  dect^ux- 
cl  aux  Israélites  par  la  succasaion  du  pa- 
triarcal, La  loi  écrite  fut  dirigée  vert  le 
premier  but,  la  tradition  ora(6  vers  le  se- 
cond. Outre  que  l'existence  do  celle-ci  ré- 
sulte clairemeut  de  la  Dstare  des  choses. 


DKfMUMBB  UOUKUISW.   : 


ACK  ■ 


dl*  Mf  cwere  prouvé*  Mr  les  aOusioni  et 
la  eonlMlure  de  la  dodrm  Aerîle,  fMr  l'e- 
l>intoi)  ooiwtanie  des  Hébreux,  parles  sectfs 
Inditiimnellei  el  BDiilrsiliiionnellu  tjai 
•ppararenl  ren  le  teiB|U  de  J4«us-Cbri>t  ; 
eu  sectes  seraienl  hisloriqDeinetil  ineipli- 
nUei  SBOS  l'exiMeiice  d'unn  Iradilion  «Dté- 
hears.  Bl*  en  effet, cfaaz  qeciqae  peapleqii« 
ce  Mil.  doué  de  pensée  et  de  parole,  fti-il 
Bêne  barbare,  il  5  a  un  corlé^  plu  ou 
Boins  abondant  de  notions  religieuses,  bis- 
lenqms,  civiles,  domeeiiqDes ,  putriiqoea, 
q«i  te  treiisieeltmt  de  bouche  en  bou^e, 
rt  de  généralfon  en  géoiratioa.  Il  n'y  « 
petd-Mre  lias  une  seule  société,  oiAme  tas- 
ngt,  qai  soit  entièreisent  dépourvue  à9 
iiklitioiis,  ei  il  me  serait  facile  de  le  prou- 
ver, tarcoieiiiBnt  BDX  populations  les  (il us 
bHiwn»da  globe,  si  la  »eule  énumération 
VMJ'cn  ferais  ou  devait  Aire  trop  longue 
el  trop  eoDujreuse. 

Vusod  ensuite  le  toeiélé  est  eoltifée, 
qB'stte  |iossède  l'art  d'éerire,  el  qu'elles  des 
BuuameaiB  aulbeuiiques  d'liistoire,delois, 
ds religion,  il  va  toujours  une  parole  qui 
itrtiie  glose,  d  ampliticaliOH,  de  supplémeut 
lai  écrilures;  et  r:elte  parole,  plusBiiciunne 
ifuefes  écriTsiBB,  se  communique  plus  on 
iDOios  pare  aux  siècles  suivants.  Car  les  an- 
inirs,  quelque  abondants  qulls  «oient,  ue 
icuTeal  dévelopiter  toute  leur  doctrînesur 
i«  papier,  et  force  leur  est  d'en  laisser  de 
uumbreoses  parties  k  l'enseigneminl  oral 
dont  ils  l'ont  reçue.  Et  cela  dut  se  Térifler 
spécialement  k  propos  des  plus  anciens 
livres,  qui,  k  cause  de  la  forme  concise  el 
poéiitioe  du  stjrla  k  cette  époque,  avaient 
iKSoinde  eonimenlBirea  presque  continuels. 
^illi  us  voit,  eo  lisant  le*  premiers  cbapilres 
■M  te  Gtnitw,  la  profibétîe  de  iacob,  tas 
tantiques  de  Uoïse,  et  plosieurs  «bapilras 
de  ses  lois,  que  ces  écrits  ataient  besoin 
il'\in  commentaire  qui  les  éclairctt?  Uais  la 
tradition  peut  Aire  organisée  ou  laissée  k 
l'arbitraire  de  diacun.  Dana  le  second  cas , 
elle  s'altère  oécessaireaient  biuotâl,  eommo 
il  arriie  k  toutes  les  traditions  |iopulairea. 
ttanf  le  premier,  elle  doit  être  eonliée  k  la 
garde  d'un  petit  nombre  d'indtfidus,  et  se 
transmettre  d'une  manière  régulière,  par 
lu  soins  d'hommes  placés  dans  des  condi- 
lioDS  teSIcs,  que  tout  danger  d'erreur  ou  de' 
fraude  »Qil  écarté,  et  que  personne  ne  puisse 
te  faire,  méuia  quand  il  le  voudrait,  un  isi- 
itbtre  d'erreur  pour  les  générations  fiuî- 
(aalcs.  Or,  une  science  confiée  k  quelques 
bomnes  devieni  nécessaîremenl  scroama- 
tique,  relsIÎTement  k  la  multitude,  même 
quand  il  a'j  a  iioint  d'usage  ou  de  loi  dé- 
lermioée  qui  prescrive  le  secret  et  qui  me- 
nace de  punir  ks  violateurs.  Ce  qui  arrive 


d'autant  miaux  'qM  las  «boas*  «aaaiitnias 
aool  plaa  spéeiilalina,Bb«rallas,dif&ilM. 
élevées  atMlessos  de  rintelli||eiKe  et  de  la 
curiosité  do  vulgaire.  Aiosi,  aujourd'hui. 
œAme,  les  doolriites  qui  s'aoseigneot  dans 
unaéeolflde  géontétna  traDsceodante,  d& 
géodésia.d'hyarBaliqae.  sont  aeroaiaatiques 
pMrle  oommuD  das  liommes,  auoique  ao- 
cone  loi  ne  défende  de  las  publier.  Si  uoa 
défense  positive,  os  du  moins  une  oootoma 
qui  supplée  k  la  loi,  vient  s'iyouler  k  la  ds-k 
ture  das  eboaaa,  alors  la  doctrine  privtlé- 

f'éa  devient  bien  plus  impénétrable  encor» 
la  muitttuda.  C'est  w  qui  arriva  chez  les 
BébroDX,  car  Moïse  n'aurait  pu  obtenir  la- 
bat  de  son  oifjanisslion,  et  conserver  ioisct 
le  mbnotbéisme,  si  les  tlogmas  tradiiionntds 
avaient  été  aniversellemeul  reconnus.  Lo 
grand  l^islaleor  avait  suas  les  yeux  l'ex^- 
emple  des  païens,  chez  qui  les  plus  saiolua 
vérités  avâieol  oeeasionné  de  détestables 
erreurs  pel  de  temps  avant  rétablissement 
des  castes;  avant  qae  tes  prêtres  ne  pour- 
vussent, par  un  scrumotisme  positif,  k  la 
préservation  du  peu  qui  sutisistait  eneors' 
des  enseignements  anpens.  Il  disllagoac»- 
pMhIsnt  la  doctrine  en  deux  parties;  I'hii* 
compreMDt  le  monoibéisme,  le  DécalognOt 
li>s  faits  bistoriqats  at  les  luis,  devint  pm- 
blique;  et  l'autre,  qui  compléuil  la  pro- 
mière,  tbIlsiBséak  l'enseignement  oral,qBi- 
l'avait  gardée  jusqu'alors.  Ba  lisant  le  Pea-' 
taleuqne,  vous  j  trouverez  beaucoup  d'en- 
droits foisanl  allusion  aux  doctrines  cachées 
qui  DO  sont  ni  enseignées  ni  expliquées 
dans  l'ouvrage  ;  aussi  vous  vous  awrcevrex 
que  la  pensée  de  l'écriTsin  va  au  deik  de  ce 
qu'il  écrit.  De  cette  manière,  en  cachant  i. 
la  fuule  les  vérités  plus  délicates  el  fseife- 
meot  dangereuses,  on  le<  indiquait  aux 
Sflges  par  de  courts  et  mystérieux   rap|tels- 

iqui  étaient  comme  une  invitation  d'aller 
I  des  sources  pins  abondantes),  on  reliait 
la  parole  écrite  k  la  parole  psrlée,  de  tell« 
sorte  que  l'une  avait  besoin  de  l'autre,  et 
réciproquement.  t.a  tradition  fut  ensuite  or- 
gaoi.-ée  avec  la  biérarcbie  religieuse  el  po* 
liiique  des  lévites  et  des  anciens  ,  et  il. 
semble  que  sous  les  rois,  les  écoles  des  pro- 
pbèles  y  parlicipèrant,  comme  on  peut  1*- 
conclnre  de  l'histoire  de  Samuel,  dElfetrt 
d'Elisée.  Plus  lard,  il  j  ent  ditféranles  sectes 
parmi  les  conservateurs  de  la  Iradition,- 
comme  celle  des  Pharisiens,  des  Talmn- 
distes,  des  Kabbalistes,  qui,  après  avoir 
corrompu  la  doclrine  acroamatique,  susci- 
tèrent quelques  écoles  d'opposants  qui  la. 
répudièrent  tout  kfait.  Tels  se  mootrèreol 
les  Sadducéens  et  les  Carsiles,  qui  furent 
chez  les  Hébreux  h  peu  près  ce  que  furent 
les  Scbi>tes, les Zeiles  elles  Wahbabites(50> 


an  Abdal'Wahhabdeuiial'onbomiAedeNie-     lout  connu;.  Ossecuir»  wnt  les  Batslie*  ei  les 


«Hisenffcai - 

uak  roppoûlio»  «I  les  cruelles  Ticloiret  d'Uirahini, 
L*  àa  pacba  d'Egypte.  Les  dogmes  des  Watibabit«s 


llégorie,  t-  ,-- 
tcepie*  uc  I  Alcoiau  en  un  pur  rahonalisuic.  a 
secte  bniaéiile  appariemiuui  eucurc  les  Cara- 


1«T  AOt  DlCTIQnitiJiœ 

ohei'  \n  mebom^teM,  lu  MndechranisiBs 
dans  la  sMte  de  Zoroasire  (SI),  les  Seiks  et 
les  Saads  (52)  parmi  les  seclaleurs  du  brah- 
oinnisine  indie»,  et  les  protestants  arec  la 
ptui  grande  partie  des  autres  tiérétiquea 
chez  les  chréiiens;  car  l'hérésie,  çussi  bien 
it*ns  les  faussM  religions  que  dans  la  vé- 
ritable, est  toujours  le  rejet  ou  l'aliéralioD 
da  la  science  aoroamalique,  c'est-à-dire,  de 
ka  iradilioa  légiliaie  ou  regardée  comma 

Au  oommuneemenl  delà  Gmh;  et  comme 
m  froniispice  da  temple  magniSque  qu'il 
élive,  Uoise  fait  des  sllusiora  \  des  dogiDes 
flachés  dans  le  resta  de  la  loi,  et  il  prMujv 
pose  l'exisiance  d'ijoe  doctrine  acroama- 
tique,  car  oD  trouve  là  l'ombre  de  tout 
l'ordre  aurnalurel  eifirinié  par  t'fi*sngile, 
el  les  deux  puiitta  sur  lesquels  rOule  lout  le 
christianisme,  la  cliute  primitÎTe  et  la  ré- 
demption. D'où  il  s'ensuivit  quo  la  lecture 
de  ces  chapitres,  comme  celle  df  quelques 
telles  posiértaurs,  fut  interdi  te  au  xhraéli  Isa 
avant  l'Age  mur  ;  car  vite  aurait  été  inutile 
ou  nuisible,  sans  le  secours  des  doctrines  as- 
crètea.  Hais  bu  fur  et  à  mesure  que  les  Israé- 
lites allèrent  se  civilisant,  que  les  institu- 
tions de  Uo'iae  se  consolidèmul,  en  dimi- 
nuant d'un  calé  l'attrait  pour  l'idolâtrie,  et  en 
augmeatani  do  l'autre  le  nombre  des  iotel- 
ligeuces  capables  d'une  nourriture  plus 
forte;  ta  doctrine  acroomatique  se  changea 

firatiuellemenl  en  eiolériqee,  surtout  par 
!(fiUTre  lies  jirophèles  el  soua  l'iDSpiralion 
du  Saiul-Espril,  qui  guidait  leur  sl,vle  el 

mailiei,  que  Sacy  met  sur  le  même  rang  que  lea 
Wahhabilcs,  parce  qu'aux  doctrines  liceDcieutes 
ils  joignaient  ranioiir  delà  rapine.  Une  autre  secte 
inahoniétane,  c'esi-ï-dire  les  Zindikiies,  dont  parte 
l^luri,  cité  par  Hanimer  (AtM-det  toy.  dtlagéog., 
etc.,  par  Miltb-Ubdii  ;  Paris.  1806,  «eq.,  t.  IVU, 
p.  S6,  S7,  28 1,  se  rarma  soua  le  rénoe  de  Hou»- 
Aladi  ;  ils  poussèrent  le  ratianaLisrae  sensuel  beau- 
coup plus  loin,  et  professèrent  un  aibéisiue  com- 
plet. 

(SI)  Discipli't  de  Hazdec,  natif  de  Neisabur,  et 
qui  vécut  sous  le  «asBanide  Cobad,  roi  efféminé  uui 
embrassa  sa  secle.  Il  précliail  la  communauté  des 
biens  et  des  ferames.  il  rejettit  comme  inutile  toute 
Mtlorité  religieuse  et  civile.  NousbirvBn,  successeur 
de  Cobad,  te  Ut  oiourir  et  extermina  sa  faction, 
(  IlïOG.,  tful.  rel.ttt.  vtT».;  Oxoaii,  17W,  cap.  SI, 
p.  Î89.  Î90.  ) 

(52}  Les  Scîks  (Syk'b,  SiUii}  appartenaient 
dans  le  principe  à  la  caslft  indienne  des  guerriers  ; 
etisnite  ils  se  rendirent  indépendants  et  ronnértnt 
une  confédération  ;  enfin  une  partie  d'entre  eux  se 
oenslitua  en  monarchie  au  conimencement  de  ce 
sléde,  sous  le  célèbre  Kandiil  Singh,  roi  de  Labore, 
avi  fut  loul  ï  b  fois  le  Uebémei-Ali,  le  MacHiiia. 
1  Alompa,  le  Radania,  le  Taofa,  le  Tameamea  et  le 
rinow  àf  l'Inde  indépendante.  Comme  secte  reli- 
glcusa  ils  furent  organisés  par  Nanecli,  Naïre,  au 
KV  siècle,  et  réformés  par  Gourou 'Uovind,  vers 
la  Un  du  ivii'  et  le  commencement  du  suivant. 
(Vofei  sur  les  Seiks  et  Nauek,  Langlës  et  Wil 
■tus,  Reeh.  aàat.  trad.  ovee-iet  note»  de  Langitt  ; 
Paris,  1805,  l.  I",  p.  312-317.)  Leurs  dogmes 
sont  connus  ;  mais  ce  qui  est  muiu*  connu  et  plus 
curieux,  c'est  ce  qui  concerne  leur  Itiérocratie  el  le 
corps  des  Akalis,  c'est-à-dire  immorlch.  prêtres  vé- 


ASOLOCETIQCE.  AIB.'  MB. 

leur  langage.  D»  là  lira  vm  orfgis«  oa  pro- 
grès idéal  qui  apparaît  évident  dans  les 
écrivains  sacrés,  à  mesure  qu'ils  approchent 
dea  temps  d»  Christ.  Ce  progrès  n'est  autre 
chose  que  In  divulgation  successive  de  la 
science  plus  cachée.  £nHn,  l'Ëvaogile  com- 
pléta l'cBuvre,  et  il  apparut  comme  ta  réno- 
vation par  faitt  de  la  doctrine  primitive,  cor- 
rompue chez  lei  gentilt,  gardée  en  ucret  tt 
commtinimtée  à  un  petit  nombre  d'individus 
ckt*  te*  Èébreux,  publiée  de  nouveau  par  U 
Çhritt,  rendue  commun»  à  tout  tee  individus, 
et  deitinée  d  redevenir  univtrielle  chrx  toua 
tel  peupUâ  d»  ta  terre,  comme  elle  t'était  à 
lo*  principe.  Le  christianisme  remplit  des 
rAles  divers,  selon  les  différentes  relations 
des  hommes:  il  ressuscita  'a  vérité  pri- 
mitive pour  les  nations  qui  l'araient  i)er- 
due;  il  (a  publia  pour  les  Hébreux,  qui  U 
l>ossédaieot  cachée  sous  le  sceau  d'une  Ira-  . 
dition  privilégiée,  il  la  compléta  el  la  mit 
en  acte  pour  tout  le  genre  humain.  C'est 
pourquoi,  en  ce  qui  regarde  In  connaissance 
spéculative,  ilu  dogme,  ta  seule  différence 

Îui  existe  entre  le  christianisme  el  le  jii— 
aïnme,  c'est  que  celui-là  rendit  de  nouveau 
exotirique  ta  doctrine  qui  temporairement 
était  devenue  acroamalique.  L'idée  chrétienne 
fut  la  science  acroamalique  ut  l'Ame  do 
toutes  les  institutions  juives:  de  sorte  que 
la  doctrine  révélée  demeure  toujours  la 
m^me,  cl  les  changements  de  la  religion 
n'eurent  lieu  que  dans  sa  forme  et  sa  uia- 
Difestatiou  extérieure. 
Celle  manière  d'envisager  l'hisloire   de 


tnsd'aïur,  ornés  de  braceieis  d'acier,  et  habitant 
sur  les  bords  d'un  be  t  Amreisyr,  qui  est  la  capU 
taie  ecclésiastiouc  des  Seikhs.  Touchant  cette  ins- 
Utntioo,  Toyei  Malcotm.  (inn,  de*  voa.  psr  Maltb- 
Bnun,  lom.  XXIV,  p.  115,  116.)  La- sente  des  Ko- 
chésiens,  eiislaal  près  de  quelques  tribus  des 
Afghans,  et  parmi  quelques  autres  encore,  cliea 
les  Jusefidcns,  qui  s'érigent  en  peuple,  fondée  par 
TAfghaa  Bajazet,  qui  aTaii  proleiisé  antérieurement 
les  dogmes  des  IsmaéliieH,  et  qui  Qorissait  sous  les 
enipereurs  du  Hc^ol.  Celte  secte  ne  me  parall  pas 
différer  t>eauc(Rip  de  celle  des  Seiks.  (Ibid.,  p. 
H7,  118,  119.  )  Une  autre  secte  de  l'Inde,  inoius 
connue,  mais  non  moins  digne  d'étude,  parce  que, 
comme  les  Seikhs,  elle  se  montre  trés-inclinée  vers 
le  christianisme,  c'est  celle  des  Saads,  fondée  par 
Set  Gourou,  11  va  plus  d'un  siècle  et  demi,  et  ré- 
pandue dans  le  beknan,  dans  la  province  de  Ben- 
)^le  et  ailleurs.  Les  Saads  adorent  un  Dieu  uniqne, 
invisible,  présent  partout,  lout-puissant,  prnvidêiit, 
miséricordieux  ;  ils  rejettent  les  dieux  du  brahaa- 
nisrae  et  interprètent  allège  ri  quement  le*  avaurs 
de  Vicfanou  ;  ils  s'abstienoeiil  du  culte  des  images, 
des  pèlerinages,  des  ablutions;  ils  oltserveut  le  sab- 
bat, ils  usent  de  l'exconimuoicatioii,  ils  se  gouver- 
nent par  des  assemblées  mensuelles  et  anuuelles; 
ils  condamnent  la  polygamie  et  les  secondes  noces 
des  femmes;  ils    croient  au  jugement  dernier  et  à 


la  résurrection  des  morts.  (  jVoac.  aatml.  tUi  vofag., 

KrEisUs  et  Halte-Brun,  Paris.  1819,  lom.  Vî). 
I  secte  iudienne  des  Agamtsies.  dont  parlent  les 
missionnaires  et  de  Guignes,  établie  en  Clrioe,  et  qui 
rejeue  les  rites  légaux  et  toute  disparité  dans  W 
cnndilioni  des  hommes,  parall  une  branctae  de  «elle 
de  Fo,  e'es^k-dii«dnbauddfaisiBe.jJiAN.W«rA«W. 
étiiHttrip.,  lom.  XL,  méin.  p.  307,) 


ncTHHnuiRB  afouketique. 


ACX 


13D 


ruée  riwéié;  eo  «a  rédmnmM  let  Ticiasi- 
terin  M  Im! 
rillenatire 
Cérnae,  ett  fondée,  d*iiii«  part,  lur  U  oa- 
laredes  éboMs,  et  de  l'aalre,  sur  desdocii- 
aeatsindobilaLrles  qoe  nous  fournil  l'auto- 
rité de  rEvmgitK.  El  dous  ne  pouvons  ré- 
soadie  eulremanl  qoelques  problèines  de  la 
plos  hiale  împorlence;  lets  sont  ceux  qui 
wuenl  de  silence  de  Holw  sur  l'immor- 
blilé  de  râoM  humaioe,  et  des  traces  de 
«elqaesdoetrines  chrétiennes  dans  les  Ira- 
oiiioM  aolérieores  des  Hindous,  des  Pea- 
EerpUens  al  des  aoCres  peuples 
,  BiÂsa,  inalmit  et  totUt  la  «•- 
floit  dsi  Efjfp^eiu{SS'),  ne  ponnit  mAioe 
hiBBariTiit  wnortf'  uD  dogiM  florisaaat 
larlafïvasdu  Nil,  el  consacré  par  les  ma^ 
niilani  «OBumaots  des  Pbaraons.  Cooi'- 
oaaldoacD'fln  fjiil-il  pasmeDliOD  eipressa 
dus  «s  M?  Si  l'on  coosidére  le  dogme  de 
riaaortalité*  on  arrive  k  déni  résultats. 
L'iD,  c'est  que  la  Dotitm  explicite  de  ca 
dogme  est  oécesssire  poar  la  perfection 
■orale  de  l'homme  aspirant  k  la  rélieité,  et 
ajint  besoin  de  connaître  son  sort  au  sortir 
•a  ce  BMKide;  d'où  naît  le  précepte  de  l'es- 
péranee  porté  par  Jésus-Christ,  et  la  coa- 
rtwnalîon  des  laax  mystiques  qui  Touisîent 

G'  er  de  ce  fortifiant  Je  pauvre  eœur  de 
■me.  L'autre,  c'est  que  cette  coonaie- 
aaaee  explicite  n'est  pas  d'une  nécessité 
jfNMiiclique  commuoe  a  tous  les  lieux,  et  k 
tous  ie*  lumps,  el  appartenant  i  l'ordre 
abaoàu  des  ebnses.  L'amour  de  Dieu  pour 
leÎHBétM  est  le  seul  principe  apodictique 
de  l'éthique,  parce  qu'il  appartient  h  1  es- 
MM  de  l'ordre  monl.  L'amour  et  le  désir 
du  pnipre  bien,  quoique  trè»-iniportaiiis, 
ani  iwe  valeur  eoiitingeote,  ralaliie  el  non 
pas  abs(riue.  El  quoique  dans  l'ordre  pré- 
sent l'espéraDce  soit  absolument  néces- 
laira  au  cbréUeo,  tant  eo  vertu  du  principe 
du  Sauveur,  que  pour  la  perfection  de  l'or- 
dre moral  qui  doit  élre  en  barmome  avec 
les  Mgiiimas  insiiocts  de  notre  nature,  toute- 
fois on  peut  concevoir  pour  d'autres  temps 
un  éUI  exlraordioaire  dans  lequel  i'Aœa, 
possédée  du  seiitimenl  de  l'amour  divin, 
q«i  contient  implicitement  toute  tertu,  ao- 
iinien  la  béatitude  par  la  seule  force  de 
celle  affection.  Si  donc  la  conaaissaoce  de 
le  vie  future  a  moins  de  poids  et  d'impor- 
tance morale  que  la  conoaissaDce  et  l'amour 
de  Dieu,  il  laut  admirer  la  sagesse  de  Uolse, 
qui,  dans  âoa  enseignement  public,  a  tu  la 
première  vérité  eo  faveur  de  l'autre,  su- 
périeure en  importance  et  de  nécessité 
absolue,  et  ne  l'a  pas  fait  cooosltre  k  ceux 
à  qot  celle  Gonnaiôsance  |K>uvail£lre  nui- 
libte,  comme  le  prouve  l'eiemple  des  Egyp- 
tiens et  des  antres  peuples  païens.  Par  cua- 
iéquent,  il  suboriionoa  u  doclrine  k  l'Idée, 
eo  agissant  à  l'opposé  des  législateurs  du 
paganisme  i  car  le  dogme  de  l'immortalité 
«prime  par  lui-même  un  fait   simple    et 


sensîUet  tandis  qno  l'existeDeede  Keu  ft«l 
une  vérité  purement  idéale  ^  la  base  ite 
tout  l'ordre  moral.  Le  christianisme  fit  dia- 

Parallre  toute  contreriélé  entra  ie  fait  el 
Idée,  «t  rendit  l'espérance  possible  ft  Ions 
les  hommes,  sans  nsqoe  el  sans  détriment 
prtur  la  foi;  mais  dans  l'ège  growier  de 
Moïse,  l'accord  était  poar  le  mmos  très- 
difGdle;  voilk  pourquoi  l'anteur  du  télra- 
gramme  ne  parle  pas  de  la  vie  future,  qnoW 
qu'il  y  supplée  d'une  certaine  manière  par 
la  promesse  d'one  vie  longue  et  heureuse, 
promise  k  l'indiridu  et  k  la  nation,  pro- 
messe dont  est  remplie  la  loi,  el  surtout  le 
i)inMronMw.CertBineflsent  il  est  difficile 
que  ces  promesses  temporelles  n'aient  peint 
été  irailees  comme  mystérieust-s  par  la  voix 
des  sages,  et  que  le  dogme  consolaleur  du 
l'immortalité  n'ait  pas  bit  partie   de  ht 


Qnelquek  eritiqaas  prélendent  qne  lea 
Israélites  pMtérienrs  k  la  captivité  de  Ba- 
bylone  empruntèrent  aoi  traditions  persv- 
ques  el  chsldaiqueseertains  dogmes  dont  les 
livres  plus  anciens  ne&nt  aucune  meation, 
el  qui  furent  ensuite  plus  amplement  enni. 

Eiei  par  le  christianisme.  Telle  serait,  so- 
n  eux,  l'Ângéloiogie  de  Daniel,  leSalande 
iob,  la  Sagesse  du  bU  de  Siradi,  la  Résur- 
rection et  d'autres  semblables  (5^.  Hais  ils 
adoplBOt  Ik  un  parti  bien  difficile  k  sont*- 
nir;  car  le  dogme  dp  la  résurrecliou^  pro- 
fessé dans  les  temps  les  plus  Booiens  par  les 
Samaritains,  n'a  pu  venir  de  Perse  en  Pu- 
lealiae;  ilest  même  probable  qu'il  suivit  ta 
roule  apposée,  qu'il  fut  introduit  par  Zoroo*- 
Ire  dans  le  culte  des  mages,  et  qu'il  man- 
quait aux  deux  lois  iraniennes  antérieures 
k  ce  législalenr.  Quant  k  la  doctrine  de  k 
Cocma,  des  anges,  du  génie  malfaisant,  on 
la  retrouve  déjk  exprimée  nu  indiquée  en 
subslsnce  dans  des  livres  plua  «ocienst  il 
suffit  de  rappeler  l'échelle  de  Jacob,  où  se 
trouve  indiquée  en  germe  la  hiérarchie  des 
espritd.  Que  si  les  messagers  célestes  da  la 
Gettèif  ne  sont  point  réunis  eo  satrapies 
comme  ceux  de  Daniel;  il  est  ridicule  de 
coufoodre  les  images  et  les  ornements  em- 
ployés par  le  ponte  a*ec  son  enseignemeoL 
L'imaginaliou  inapirée  de  Daniel  devait  em- 
ployer dans  la  poésie  des  imsg^s  iraniennes, 
comme  en  parlant  il  se  servait  du  cluldéen. 
Si  quelqu'un  nie  l'inspiration  parce  qu'elle 
met  eomuv»,  en  se  produisaul,  desioiagas 
humaines,  jene  vois  pas  pourquoi  il  ne  la 
répudie  pas  ailleurs,  parcequ'elles'exprime 
k  laide  tl'un  idiome  parlé  par  les  hommes, 
el  parce  que  l'auteur  se  sert  de  plumes, 
d'encre,  de  papier  ou  des  autres  moyens  «n 
usage  pour  écrire.  Du  reste,  que  les  sages 
parmi  les  Israélites  el  toute  la  partie  d'élite 
.  delà  nation  sesoieutaccorilés  i  embrasser 
des  opinions  étrangères  GODlraires  aux  leurs 
propres,  qu'ils  les  aient  emiiruolées  précisé- 
ment à  leurs  plus  grands  eonemis,  c'est-k- 
UJre  k  leurs  vainqueurs  et  k  la  terre  où  ils 


(Si-;  AH.  vu,  SL 

I^J  Ticmaa.  Dt  têL  Immw. 


«]i.  al.  gtHU      iMf.  ad  aa.  1793-d4. 


tu 


ACR 


NCTWHIUIKE  APOLOGETIQUE. 


feneetoir  t«  véritâ  dtns  u  simptkilA  aatii' 
F«l(e,  peavwit  iagoùlar  sous  I  ombre  d'un 
vsile  M  en  lirer  quelfiiie  pr»fiL  ;  d'où  il  ar- 
rive que  la  doftrine  pablii^se  est  en  grande 
parlîe  l'expression  jmpulaire  et  imparfaite 
de  ta  doctrine  secrète.  De  \h  naît  l'usjigedes 
alWgortet  ;  usage  gui  a  soo  fondement  dsos 
Jes  analogies  natoreiles  qui  esislenl  entre 
1*8  différents  ordres  de  cbosi»,  telles  que 
sont  oelles  qui  se  Irouveol  entre  les  sensi- 
Meset  Jo9  intelligibies,  ou  bien  entre  les 
inteHiRibles  et  les  sur-intelligibles  révélai. 
Selon  ttruDO)  les  Babyloniens  tloruuient  Â 
U  matière  ie  nom  d'ombre  (38;,  parce  qu'en 
effet,  le  coFfisesl  eoeameune  ombre  de  l'es- 
.  prit,  et  l'existant  «ne  ombre  do  l'Ëira.  lié- 
laj>hore  bien  choisie,  et  oui  exprime  exae- 
teowDt  ItcoorenaDce  analogique  des  diffë- 
-reols  ordres,  d'où  résulte  leur  hanûonie. 
Cette  cânveaaace  est  fondée  sur  l'identité 
de  l'Ktre  avec  lai-oiénie,  et  sur  la  dépen- 
dance de  l'extalaDl  relativement  k  l'Etre, 
par  U  voie  de  fa  création.  £a  vertu  de  cette 
analogie,  tout  ordre  de  choses  sapérienr 
figure  iolelleclnellement  l'ordre  inwrieur, 
M  celoi-ei  exprime  l'autre  d'une  manière 
aensible  i  ce  qui  est  la  base  de  l'eslbétiqua, 
du  rellégortsme  et-de  ces  conoept)  analogi- 
ipies,  ^l'aida  desquels  le  sur-intelligible  est 
aymlKilisé  par  l'intelligible.  L'intellect  re- 
cueille la  lumière  dans  l'ombre,  c'esl-ï* 
dire,  ridée  dans  le  ooncepl.  le  semblable 
dans  le  dissemblabie  ;  l'imagioation  fait 
restoriir  la  lumière  au  milimi  de  l'ombre, 
«n  signifiant  l'Idée  perdes  notions  soalogi- 
(^(les.  L'^Uégoriame  fut  commun  k  loule 
I  antiquité,  et,  comoM  tout  usage  universel, 
il  naquit  de  l'instinct  et  du  besoin  des  peu- 
ples {&e}.Les  eoslogies  naturelles,  la  pré- 
dominanoe  de  l'imagimlion,  lecaractWedu 
tangue  en  général,  du  «lyle  populaire  et 
de  1  alphabet  idéographique  en  particulier, 
expliquent  la  '  propension  naturelle  de 
I  bumuie  vers  un  expédieol,  rendu  néoes- 
ssire,  d'un  autre  celé,  par  la  féroce  impiété 
et  par  l'ignorance  qui  meostalent  et  qui 
asiaillaieiil  le  sacré  dépAt  derdoctriaes.  . 
Outre  ies  vérités  idéales,  l'bisloire  delà 
nalioii  est  partie  loul  k  fait  principale  de 
la  sagesse  politioue.  L'bisloirs  est  exoté- 
riqueeotant  qu'elle  se  compose  de  faits 
extériflars  et  sensibles  ;  mais  elle-  est  aeroe- 
loaiique,  parce  que  son  sujet  est  passé,  et 
qu'il  ne  peut  être  connu  que  par  la  voie  de 
la  trddiiion  ;  d'où  il  suit  qu'elle  appartient 
■11  même  tempsè  la  multiludeet  i  la  classe 

(!S8)  De  la  caïua,  principio  et  hnd,  proem.  nîsl., 
dial.  a.  —  Opère,  Lipaia,  1830,  t.  1,  p.  206,  233. 
—  CiHi».  le  même.  De  uFiitrii  idiarum,  Parisiîs, . 
ISftîi  Trjginta  inlenlluneg  uiubramm,  iuieniia  I  ei 
seq. 

(59)  Exehic-David,  Jupiter.  Parti,  1855;  Intro- 
iuciinn,  l.  1.  p.  lïi,  ïïii. 

(601  Voyet  les  iiot.:»  i1'Hkerbi(  aox  pages  M,  16, 
196,  197,  da  umi.  YI  de  son  ixiiliDt  la  polhiiiut 
_tl  du  commerce,  elc. 

(61)  Le  ratioitalieifle  ihéologique  eit  basé  sur  ta 
aeHfasioB  éc  la  tcteiiw  uroatnaUqua  Ivec  l'cioté- 


élue  et  privilégiée  ;  si  ce  n'csl  que  l'iuler. 
rnplion  de  la  continuité  hiérarchique  alltri 
bientôt  chez  les  païens  le  souvetiir  dus  éii- 
nemenis  passés;  souvenir  auquel  on  lup. 

riléa  par  la  mythologie.  La  myinoloffie  pour 
es  faits,  comme  la  symboiogia  ))oiir  1» 
dogmes,  composaient  la  scitcce  exolériqut 
des  peuples  païens ,  compilée  par  U  custs 
sacerdotale,  et  distribuée  par  elle  su  tuI- 
gsire.  Les  hiéroglyphes  des  Egv|ilicns 
étaient  une  espèce  d  exolériarae  sli>habé- 
tique  dont  là  cler,  filacée  dans  l'écriture 
hiératique  ou  phonétique  ,  constiluail  U 
partie  acroamatiquede  I  loseignemenl  (60). 
La  science  publique,  en  se  mêlant  tou- 
jours plu;t  ou  moins  avec  la  science  secrète, 
est  bonne  ou  mauvaise,  parfaite  ou  défec- 
tueusp,^selon  ta  nature  de  celte  deruiërt. 
Dans  la  gentilité  civilisée,  la  doctrine  acroa- 
nialique  se  composait  de  traditions  impST' 
faites  et  de  notions  acquises  par  TceuTre 
des  prêtres,  au  moyen  des  secours  leuU  et 
successifs  de  renseignement  et  de  l'étude 
secrète.  Ainsi  je  croîs  que  les  principale! 
écoles  philosophiques  de  l'Iude,  Jites  orlho 
doxes  ou  demi-ortliniloies,  apparleiiaien 
dans  l'origine  à  la  discipline  scroaniatiqiii 
de  la  première  caste.  Quant  k  la  scieno 
exotérique,  elle  se  composait  de  mytliolo 
gia  et  de  symbolique,  expression  des  coD' 
naissances  plus  cachées.  Chez  les  Hébreui 
les  deux  doclrious  et  leurs  rapports  réci 
proquea  avaient  un  caractère  toulàfii 
spécial.  D'abord,  ilsfl'avaient  point  de  aj; 
Ihologiejils  possédaient  une  histoire  vètl 
table ,  (squelle,  publiée  conjointement  f 
liée  avec  fe  culte,  la  morale  et  les  lois,  con 
tenait  tout  l'vosemble  de  la  science  pubi 
que  ;  la  ductrine  secrète  coiuprenail  I 
reste  de  la  révélation.  Sous  i;e  rapport,  l'ei 
saignement  exotérique  aratt  avec  l'ense 
gneraent  acroamalique  les  rapports  de 
partie  avec  le  tout  (61).  Mais  il  y  a  entre  et 
une  autre  correspondance,  c'est-à-dire,  cel 
delà  fi^re  avec  lu  figuré,  essentielle^ 
continuité  de  la  révélation,  et  base  del'i 
lé^risme  orthodoxe,  daus  lequel  les  \nt 
bules,  les  métaphores  et  tout  le  cortéi 
poétique  des  livres  sacrés  sont  une  siiii|i 
enveloppe  qui  en  fait  l'urneineiiL ,  mi 
qni  ne  le  constitue  pas.  Cet  allégorisi 
consiste;  t'  dans  l'expression  du  >loi^i 
parle  culte;  car  les  Hébreux  n'ayant  pasi 
niytlies,  mais  de  purssymbofds  <}ui  exp 
ment  les  vérités  idéales,  leurs  ntes  sf. 
emblématiques  delà  même  manière, au  li 

riquc.  Le  miracle  et  tes  mystères,  c^est-fc-dîre  n 
loire  et  le  dogme  surnalurcls,  appartienneDl  I 
première  et  non  ï  U  seconde,  i  la  moelle  et  no 
l'ixorce,  i  la  science  sacerdoLaie  et  non  à  la  scie 

Bopulaire.  Ce  ijui  le  prouve,  c'est  qu'il  est  inpo 
le  de  trouver  le  moindre  Indice  d'une  sagAsc 
crèie  dont  len  récits  évaiiBélIqiies  «t  les  dogi 
cliiéiJens  001  élé  la  ajraltologiË,  tandis  que 
Faux  évaiigilCB  et  les  écrits  des  bérètîqD(.'s,  qirel^ 
fui»  mcme  ceux  des  catholiques,  reiiremieiit 
luylliatogie  et  une  s^boliquo  de  cette  histoire 


MCTIONNAIRF.  APOLOCETtQCE. 


ACR 


(SI 


qiw  le*  symboles  païens  sont  mêlés  sut 
■jlbes  Blillérés  psreui;  S*  dsnsls  signî- 
SÛtioo  da  l'areDir,   e'est-i-dire,   du  cbris- 


tiiDisoie eoniDie  histoire,  parle  présent,  ou 
sutsnt  dire  par  les  faits  historiques  et  les 
ioslilntioDs  au  juilaisme.  Comme   les  diO'é- 


mles  parties  Je  l'ordre  universt;!  sonien- 
m  elles  eo  harmonie,  le  surnaturel  stee  la 
Dilnrc.  les  sensibles  arec  les  intelligibles, 
et  cenx-ci  arec  les  sur- intelligibles  ;  de 
Dtaiele judaïsme,  fini  est  la  préparation, 
estd'iccord  a«ec  le  cliristianisme,  qui  est 
le  complément  du  système  réféié.  Le  fign- 
nlisme  est  le  moyen  terme  de  celte  syn- 
thèse harmonique  et  l'anneau  qui  rattache 
les  deux  extrêmes  qui  s'unissent  envmble. 
«QtaïAqoe  l'un  e^t  la  figure  de  l'autre  ;  si 
CSB'estqoe  cette  Sgure  n'est  point  ride  et 
borfe  eoaine  les  mythes  païens  et  les  ana- 
^Tlées  des  anciens  Egyptiens  (62).  mais  té- 
wmteat  virante,  parce  que  la  figure  même 
est  Térité  et  histoire;  ta  discipline  exoté- 
rique  n'est  pas  moins  solide  que  l'acrosmii- 
ttqoe.  et  récorce  répond  dignement  à  la 
Boelle.  Aossi  l'esotérisme  hébraïque  diF- 
&r#-(-il  essaatiellement  de  celui  des  autres 
Ddioas. 

Qae  la  loi  de  Moïse  et  des  annales  juires 
Mit  une  Ogore  par  rapport  au  christianisme, 
c'est  nn  bit  que  ne  peut  réTOqaer  en  doute 
celui  qui  ne  resarde  iws  comme  erreur  nu 
imposture  les  données  les  plus  expresses 
de  la  Donvelle  loi.  Les  paroles  de  Jésus- 
Christ  et  de  saint  Paul  (63}  ne  sauraient  Être 
plus  dsires,  et  elles  font  manifostempnt 
alhisioD  i  la  doctrine  acroamatique.  qutfor- 
■lail  les  institutions  du  peufile  hébreu. 
Or,  qa'élait-ce  qne  cette  doctrine  acroaron- 
liqne,  sinon  l'Idée  chrélienneT  Ls  loi  est 
étâmelle ,  parce  qu'elle  est  identique  h  l'E- 
nogile,  iiarce  qne  TETsugile  eât  également 
perpélnel  en  s'étendant  vers  le  passé  autant 
que  la  loi  s'étend  vers  l'atenir.  La  doctrine 
externe  ne  peut  contrarier  la  doctrine  inté- 
rimre  :  l'une  est  le  corps,  l'autre  l'esprit; 
l'ane  répond  su  sensible,  et  l'autre  h  l'in- 
tdlipble;  l'une  est  le  symbole  exprimant, 
et  l'aulre  l'idée  exprimée.  Le  judaïsme  n'au- 
nii  pu  être  le  type  du  christianisme  s'il  ne 
rarait  contenu  en  lui-même  :  aulremenl,  il 
annit  été  no  corps  sans  Sme,  un  organisme 
B*ia  oHMiTement  et  sans  *ie,  une  supersli- 
lioa  stérile  et  non  une  religion  de  toute- 
poîtsante  efficacité ,  et  non ,  en  résumé ,  ce 
cslte  dans  lequel  germèrent  et  d'où  naqoi- 
RDl  les  iostiinliona  ehrétienoes.  A^issi  la 
■MTelto  loi  est-elle  pluldl  le  complément 
pnlique  que  le  anpplémeni  spéculatif  de 
l'aoeieDiie.  Elle  vérifia  les  prophéties ,  ao- 
eoaipUl  les  promesses,  réforma,  accrut,  ren- 
dit les  rites  féconds  et  parfaits  ;  elle  renforça 
cf  étendit  la  biérarchift.  mit  en  acte  d'une 
■aoière  présente  les  différenis  ordres,  q'ii, 
aaparavBDt,  éUieot  futurs  dans  la  |)eosée  et 

(Gl)  Svies  auglTpiief,  tojci  Heeren  dans  l'ei 
frôîi  âié.  d  ta  diuérution  sur  un  passage  île  sai 
"  «  rAleuDdrie,  tom.  VI,  p.  447,  450. 

Dicno^aAimB  àruiMctnQUK  1. 


dans  l'espûrance  dos  hommes;  elle  cnndui- 
sil  À  leur  accomplissement  ces  dogmes  qui, 
en  s'unissnnlavec  un  fait  sensible,  deraient 
s'effectuer  dans  un  lemj-s  déterminé,  par 
rap)>ort  h  leur  actualisation  extérieure, 
quoiqu'ils  soient  extra-lemporaires  et  éter- 
nels no  eux-mêmes .  comme  des  dépendan- 
ces du  vrai  idéal.  Elle  n'accrut  pas  subslao- 
liellemenl  la  connaissance  révélée  des  intel- 
ligibles et  des  sur-intelligibles  ;  mais  elle  la 
divulgua  et  Is  communiqua  k  lous,  en  snl>- 
sliluent  d'une  manière  parfaite,  au  li;isant 
de  la  naissance ,  h  l'hérédité  de  famille  et 
de  race,  le  principe  moral  et  divin  de  la 
vocation  et  de  l'éleclion.  Elle  n'ajouta  ripn 
i  la  pensée,  mais  seulement  ï  {action  de 
l'ordre  surnalnrel ,  en  la  conduisant  en 
grande  partie  à  son  accomplissement;  et  je 
dis  en  grande  partie,  parce  que  les  merveil- 
les de  la  grflce  ne  doivent  avoir  toute  leur 
perfection  temporelle  qu'à  la  seconde  venue 
du  Rédempteur,  et  à  la  liii  uniTerselle  de  la 
vie  terrestre.  Par  conséquent,  le  christia- 
nisme est,  dans  toute  la  rigueur  des  termes, 
aussi  ancien  que  le  monde,  et  avant  le  Cbrist, 
il  forma  ce  judaïsme  intérieur  auquel  par- 
ticipèrent tous  les  esprits  privilégiés,  depuis 
le  commencement  du  genre  humain.  L'ac- 
croissement successif,  ou,  si  l'on  veut,  le 
progrès  de  la  révélation ,  mncerne  sa  pro- 
mulgation; ou,  voulons-nous  dire,  pour 
|>arleren  termes  plus  propres,  r'est  un  pro- 
giès  de  propagation  extrinsèque  et  de  dé- 
veloppement scientifique,  mais  non  de  ré- 
vélation; progrés  qui  dure  encore,  et  qui 
n'aura  pas  de  Un  tant  que  la  société  cliré- 
lienne  pourra  s'étendre  dans  l'espace  et  dans 
le  temps. 

Le  Térîlable  progrès  religieux  est  ta 
eommuniaUtott  tuectuive  da  vrai  révélé  à 
Mtt  H0M6re  ifAoBiiiira  toujourt  plus  grand, 
juiqu'à  ee  qne  ta  eonnaiiiance  en  ioit  corn- 
tHume  à  tout  te  genre  humain.  Cette  commu- 
nication est  h  la  fois  une  œuvre  divine,  de 
providence  spéciale,  et  un  effet  naturel  du 
noueemeiU  tt  de  la  tendance  de  toute  doctrine 
acroamatique  à  devenir  exotirique  ;  à'où  il 
suit  qu'elle  ne  peut  cesser  tant  que  les  deux 
sciences  ne  seront  point  réduites  en  une 
seule  pour  toute  notre  espèce.  L'effort  natu- 
rel de  l'idée  acroamatique,  pour  se  trans- 
former en  exotérique,  est  li  principe,  la  base 
et  l'essence  du  progrès  civilisateur.  Or,  l'i- 
dée formatrice  de  la  science  acroamatique 
parfaite  étant  un  privilège  de  la  société  ca- 
tholique, il  s'ensuit  que  c'est  sur  celle-ci 
que  repose  la  cirilisation  universelle,  et 
qae  c'est  une  grande  erreur  de  regarder 
comme  finie  son  action  sur  les  destinées 
même  temporelles  des  nations. 

Les  rationalistes  bibliques  prétendent  que 
la  typologie  est  une  invention  de  l'école 
d'Alexandrie,  i  qui  Jésus-Christ  et  les  apd- 
Ires  r«mpruulèrenl ,  pour  s'en  servir  en 

rC3)  Mallli.  y,  11,  18;  /om.  v,  39,  i.".,  U.  47 
JCvr.  1,1-11. 


139 


ACR  DICTtONMAIRE  APOLOGErKlHE.  ACR  liO 

qa'un  simple  insIramenMe  prospérité  lem- 
porelle;  la  longévité  esl  le  bien  suprême  jiro- 
poséaux  individus  et  aux  nations,  qui  n'oni 
pas]  Buire  chose  h  espérer  hors  de  cette  Tte 
terrestre  ;  la  religion,  enfin»  n'est  point  autra 
chose  que  l'expression  sTOiboliçiue  de  cer- 
taines maximes  d'utilité  publique,  et  la 
police  réduite  en  mystère  par  des  abstrac- 
tions et  de  la  métaphysique.  De  celte  mrle, 
le  judaïsme ,  ou ,  comme  on  a  coutume  de 
dire  aujourd'hui,  le  mosaïsnie  ne  serait  plus 
une  grande  institution  multiforme,  c'es(-i- 
dire,  morale,  sociale  et  religieuse,  mais 
simplement  une  institution  pulilique  et  un 
code  législatif.  11  est  vrai  que  le  docte 
Israélite  l'admire  comme  un  code  narfait; 
il  y  trouve  la  liherté,  l'égalité,  la  cnarilé, 
la  justice,  et  en  somme  tout  droit  et  tout 
devoir  public  et  privé  ;  mais  ces  belles  phra- 
ses n'ont  point  d'autre  poids  dans  ion  voca- 
bulaire que  dans  celui  du  Jérémie  Bentbam, 
et  elles  expriment  dans  les  deux  cas  des 
notions  purement  sensibles  >  restreintes  b 
l'ordre  de  la  vie  terrestre  et  dépouillées 
de  toute  valeur  apodicifque.  Comme  le 
grand  législateur  eut  quelquefois  cet  ordre 
en  vue,  H.  Salvador  tombe  dans  le  rrai 
toutes  les  fois  que  les  institutions  mosaïques 
envisagent  cet  ordre  seul,  et  son  ouvrage 
contient  dans  celte  partie  bien  de  belles  ut 
de  solides  remarques;  mais  la  politique  n'est 
autre  chose  que  la  partie  charnelle  du  ju- 
daïsme. Son  esprit  resplendit  dans  l'iaée, 
exprimée  divinement  par  le  Télragramme; 
à  I  idée,  comme  Ilu  dernière,  tendent  toutes 
les  institutions  de  Moïse,  sans  excepter 
celles  mêmes  qui  paraissent  plus  matériel- 
les et  dirigées  seulement  vers  un  but  tem- 
porel. Sans  l'Idée,  et  à  cause  de  cela,  sans 
admettre  une  doctrine  acroamatique  qui  la 
conlîeime  complètement,  le  judaïsme  est 
en  grande  partie  inexnlicable,  comme  une 
énigme  ou  un  hiéroglyphe  dont  il  est  im- 
possible de  trouver  le  sens  et  l'explicatico  , 
sans  une  clef  extrinsèque  ou  le  secours 
d'une  autre  langue.  Cette  clef,  dans  le  cas 
présent ,  c'est  le  christianisme,  qui,  comme 
UD  chiffre  muderns  et  démolique  éclaircit 
et  interprète  la  paléographie  ancienue  et 
cachée  du  peuple  sacerdotal.  Tout  le  génie 
de  M.  Salvador  et  des  autres  rationalistes 
n'a  pu  donner  une  explication  vraisembla- 
ble de  la  criiyance  au  Messie  et  du  miuts- 
tère  prophétique  ;  et  tout  ce  qu'ils  diseot 

suprènie  et  universel  de  li  cliariié,  it  pMt  j  avcrir 
rengion  et  JuBlIcc  ;  tti  croient  chose  uge,  pour  at- 
tirer ceux  qui  iDiil  toiu  de  ta  foi,  de  la  leur  rendre 
odieuse  et  at>oniinable.  lia  ne  niaiH{iiei>i  point,  el 
ils  ne  manqueront  jamais  it  ce  peuple  malbeureui, 
ces  exemples  de  génie  et  de  verlu  morale,  qui  dé- 
montrent, même  par  le  silence,  l'absurde  indiguîlé 
et  t'iuiquité  de  celle  manière  d'agir  ;  mais  quand  il 
n'y  en  aurait  pas  d'autres  qae  le  Hendetsûbu  du 
siècle  passé  el  le  Salvador  du  tidire,  c'en  serait  as- 
sez. Une  nation  qui  se  glorifie  de  tels  kommes,  peut 
honorer  le  pays  qui  la  reçoit  dans  snn  sein,  el  qui 
partage  avec  elle  ses  droits  el  les  bienTuils  de  b* 
propre  dvilisatioD. 


l'accommodant  è  leur  dessein.  Mais  cette 
hypothèse,  qui  répugne  aux  origines  divi- 
nes du  christianisme,  n'est  point  plausible, 
méma  en  elle-même,  car  l'allégorîsme  chré- 
tien dilTère  essentiellement  de  celui  dns  néo- 
(ilatoniciens.  L'un  présuppose  une  histoire, 
el  l'autre  nne  simple  mythologie  ;  le  premier 
trouve  le  fait  ou  l'Idée  dans  d'autres  faits  ; 
le  second  cherche  les  idées  et  les  faits  dans 
la  fable  ;  cului-là  donne  h  la  figure  la  même 
autorité  qu'k  la  chose  figurée,  et  reconnaît 
en  elle  une  réalité  indépendante  de  tout  ra|i- 
port  extrinsèque;  celui-ci,  au  contraire, 
enlève  tout  poids  et  louLe  valeur  Intrinsè- 
que aux  svnitiotes  qu'il  admet  ;  il  ne  les  ap- 
précie qii  autant  qu'ils  se  rapportent  à  la 
chose  symbolisée,  et  il  introduit  dans  leur 
sein  un  idéalisme  absolu.  Origène  voulut 
véritablement  appliquer,  au  moins  en  par- 
tie,  à  l'exégèse  (le  1  Ancien  Testament,  le 
trincipe  alexandrin,  et  substituer  l'allégorie 
l'histoire;  mais  il  ne  fut  pas  suivi  par  de 
nombreux  disciples  danscetts  partie  de  ses 
doctrines. 

En  somme ,  l'idée  de  l'allégorisme 
cbrélieû  est  ]*articulière,  propre  au  véritable 
culte,  et  étrangère  aux  opinions  des  nou- 
veaux platoniciens ,  avec  lesquelles  elle  n'a 
■le  comiuun  que  le  concept  générique  d'al- 
légorie résuftant  de  la  nature  mixte  de 
l'homme,  de  l'essence  des  choses  el  de  l'har- 
monie du  monde.  D'une  autre  part,  pour 
révoquer  en  doute  la  vérité  de  l'allégorisme 
biblique.  Il  faudrait  nier,  dans  la  religion, 
l'intervention  extraordinaire  de  Dieu  avec 
toutes  les  preuves  qui  la  démontrent;  or, 
cette  tentative  n'est  point  véritablemunl  une 

Itaérilité,  elle  a  vu  échouer  jusqu'à  présent 
e  génie  et  lu  savoir  de  ceux  qui  Tout 
osée. 

Barmi  ces  derniers,  un  écrivain  moderne, 
homme  de  talent  et  de  science,  voulut  ra- 
mener le  judaïsme  aux  termes  de  la  nature, 
et  le  dépouiller  de  tout  ce  qu'il  a  de  secret 
et  de  merveilleux  (64).  Hais  en  retranchant 
le  surnaturel,  il  en  éloigne  même  l'idéal ,  et 
il  resserre  daus  lt:s  étroites  limites  du  sen- 
sualisme les  institutions  mosaïques,  les 
annales  du  peuule  israélite  et  la  magniQ- 

Îuo  théologie  cle  la  Genèse,  de  Job,  des 
saumea  et  des  Prophètes.  Jéhovah,  selon 
M.Salvador,  n'est  point  l'Etre,  mais  l'exis- 
tant ;  le  but  suprême  de  la  morale  et  de  la 
loi ,  c'est  la  félicité  terrestre  ;  la  vertu  n'est 

(M)  Comme  toute  réfutation  contient  Je  ne  sais 
quoi  d'hostije,  et  que  l'adversaire  peut  paraître  un 
ennemi,  je  me  crois  obligé,  en  combattânl  en  pas- 
sant les  doctrines  de  H.  Salvador,  de  déclarer  ex- 
pressément qu'il  y  a  peu  d'écrivains  qui,  par  l'élé- 
vation de  l'esuril,  la  noblesse  des  seiitimenls,  la  di- 
finité,  la  modération  du  style,  égalejit  cet  illustre 
sraéliln,  mëiiie  dans  les  endroits  o&  sa  proression 
religieuse  l'élulgne  le  plus  de  la  vérité.  Elle  n'est 

Kiol  encore  éteinte  aujourd'hui  la  race  de  ces 
mmet  vils  et  cruels,  bien  indignes  du  nom  de  ca- 
tholique*, qui  voudraient  refuser  aux  Israélites  les 
droits  de  rbumanilé,  el  qui  les  considèrent  comme 
les  Uotet  ou  les  Pénesles  perpétuels  du  genre  hu- 
nuûi.  Ce*  ttuuimes  croient  qu^  viobol  le  préc«pii> 


Iir  ACR  DICnONNAmE  APOLOGETIQUE.  ACR  W 

démontrée'  L'Idée  «st  le  Mai  des  deux 
tnslilulions,  le  point  dans  lequel  elles  se 
conlondent  et  s'idenlIHent  l*nBe  avec  l'au- 
Ire;  lejadaïsoie  est  l'idéft  occulte  >  leebrt»- 
liaBisme  l'Idée  dévoilée;  dans  fa  première, 
la  coDnaissaoce  idéale  est  cachée  et  enve- 
loppée SODS  une  forme  extérieure,  landî# 
qu'elle  t'explique  dans  la  seconde,  et  «st 
k  elle-même  sa  matière  et  sa  forme.  Hais, 
dlex  eulidrement  l'Idée  en  peuple  hébreu, 
comment  le  christianisme  pourra^-il  jamais 
nallre  dans  son  seiiîT  SnlTadnr  répwnd  que 
«'est  un  rejeton  des  doclrines  orientales 
gretTé  sur  le  tronc  du  judaïsme.  Le  Christ 
prit  ridée,  non  }>oiut  è  Moïse  et  bus  pro- 
phètes, mais  h  l'Ialon  et  à  Zorushtre  (67). 
En  l'eo  tenant  aux  termes  de  la  simple 
histoire  et  aux  règles  de  la  critique  ordi- 
naire, l'hjpotbèse  n'est  pas  f;>cile  k  défendre; 
car  supposer,  d'un  cOié.le  Christ  disciple  de 
la  genlilité ,  e'e^t  avoir  contre  soi  (ouïes  les 
vraisemblances;  et  de  (dus,  David  Strauss 
lui-même  n'a  point  osé  recourir  k  nne  pa- 
reille supposition  (68).  D'un  autre  cdlé,  ce 
qu'il  ;  a  de  commun  entre  les  .doctrines 
professées  par  tes  peuples  tes  plus  dilTéreuts 
de  la  plus  ancienne  gentilité  et  le  cbris- 
tianisme,  doit  remonter  k  une  tradition 
uni*erse[le  et  primitive,  ou  du  moins  plus 
ancieune  qae  tous  les  monuments  profanest 
et  dans  ce  cas,  comment  peut-on  siipposcr 
qu'enlre  les  peuples  de  l'Orient,  les  Israéli- 
les  seuls  en  aient  été  privés,  quand  les 
vestiges  de  cette  tradition  sont  si  manifestes 
dans  leurs  livres,  et  surtout  dans  la  Geaittf 
Or,  admettant  une  fois  l'universalité  primi- 
tive de  l'idée,  son  altération  suceescive 
chez  les  païens,  et  la  resiauralioD  chrétien- 
ne, qui  ne  voil  que  la  seule  affinité  logique 
et  chronologique  du  christianisme  avec  les 
ivénements  humains,  en  éclaircit  la  diiine 
origine  t  Car  le  parfait  rélal>lissemeal  d'une 
loi  dans  ses  principes  ue  peut  venir  d'ail- 
leurs que  du  premier  principe,  c'est-i-dire, 
de  la  vertu  créatrice  :  vérité  ligurée  par  le 
plus  sublime  des  narrateurs  évaogéliques, 
qui  pose  au  front  de  son  histoire  la  formula 
initiale  du  livre  antiqae  et  véuéré  dans 
Jequel  on  raconte  la  divine  origine  des 
choses  (ri9). 

La  formule  idéale  par  laquelle  commence 
la  GttUtt,  et  qui  est  comme  le  frontispice 
et  l'emblème  de  la  révélation,  était  com- 
mune è  la  doctrine  exotérique  et  aeroama- 
lique  du  judaïâipe;  elle  formait  le  nœud 
qui  les  unissait,  et,  pour  ainsi  dire,  le 
mojen  qui  conduisait  de  l'une!  l'aatre.  En 
effet ,  la  doctrine  secrète  était  en  substance 
l'explicalton  de  la  formule  idéale,  et  la  doc- 
trine publique  était  la  forme  et  1  espresiion 

périnr  k  la  nature.  Une  absurdiié,  cent  absurdité* 
foul  plausibles,  k  leur  seul,  pourvu  que  l'on  évite 
luènie  un  demi-minctn. 

166)  Siliàmb,  H*mi-CMu  et  ta  doct.,  Paris, 
IS3S,  liv.  Il,  chap.  X,  i.  5,  G,  7,  8, 10. 

(671  Loc.  cil. 

(68)  Vie  àt  JétMt,  irad.  par  LiUré;  Paris.  1959, 
lom,  I,  p.  337. 

((■0) /mm.  I,  I  ;  C«N.I,  I. 


t  ce  lojel  bit  une  telle  violence  h  la  teneur 
da  l'htstoir»  et  aax  conditions  de  la  nnture 
beBMiae  en  général,  qu'il  n'est  pas  néces- 
saire de  les  réfuter  (65).  Et  comment  ex- 
^Her  sans  une  doctrine  acroamalique  et 
le  les  premiers  cbxniires  de  la  Genèse, 
le  Télragramme,  le  Décalogue,  les  Psau- 
mes, Isaîe  et  les  livres  sapientiauxT  L'Idée 
7  est  empreinte  avec  tant  de  splendeur, 
qnif  ne  sofiit  pas,  pour  l'érarler,  de  s'en 
WMIBer  eoinme d'une  chose  mystique,  selon 
la  Goatonie  de  l'illustre  Israélite.  De  plus, 
sopposer  qae  le  christianisme  ait  succédé 
fonaiteneat  an  judaïsme ,  et  que  le  premier 
de  cet  tytiimes  soit  oé ,  ail  poussé  ses 
raeioes  et  pris  tes  merveilleux  accroisse- 
mwu  tm  vertu  d'une  interprétation  frivole 
et  ndieale  de  SOD  prédécesseur,  c'est  \i  un 
«losHBe  dénoeritain ,  aussi  absurde  dans 
Fardre  rfa  lliisloire  que  dans  celui  de  la 
■iture;.  Cela  ne  peut  être  admis  que  par 
ceux  qui  croient  que  les  choses  bumaines 
erriveni  par  hasard,  qae  la  succession  chro- 
•dngt^oe  des  événements  est  capricieuse 
«t  arbtlraire,  et  que  l'Idée  ne  règne  pas  en 
lonveraine  dans  la  morale  et  dans  l'univers 
eorporH.  Mais  si  l'on  admet  l'empire  de  l'Idée 
sur  tes  choses  de  ce  monde  (et  il  n'y  a  [«oint 
de  ralîotialisle  de  poids  qui  le  nie),  le  seul 
Bcead  idéal  que  l'on  puisse  introduire  entre 
les  deox  alliances  consiste  dans  ledévelop- 
penent  d'nn  concept  unique.  c'est-A-dire, 
ée  eeloi  qui  reçut  de  TEvangile  sa  dernière 
perfection.  Cettainement  le  vulgaire,  chez 
m  Israélites ,  n'eut  point  une  conscience 
cesplète  et  distincte  des  de.«tinées  qui  lui 
Aaieal  réservées,  comme  les  richesses  de 
rintoilion  ne  sont  jamais  épuisées  par  la 
réflexion  ;  mais  que  le  penjile  lui-même 
■e  soQp{onndt  pas  d'une  tuanière  confuse 
aoD  DagoîBqua  avenir,  et  qne  les  sages 
tttB  eussent  pas  une  connaissance  plus 
parfaite,  c'est  on  sentiment  qu'on  ne  peut 
embrasser,  même  bumainement ,  sans  ré- 
duire l'hisloire  à  un  véritable  cbaos ,  et  la 
oîti^e  i  un  rigoureux  empirisme. 

L'ingénieux  écrivain  que  nous  avons  en- 
tre les  mains  n'ose  pas,  il  est  vrai ,  bannir 
l'Idée  oiëme  du  christianisme,  et  il  con- 
fesse qne  ses  bases  et  son  but  sont  mys- 
tiques de  leur  nature  (66).  Hais  comme , 
srtoD  lui ,  l'idéalité  d'une  doctrine  est  une 
grève  erreur  dont  le  judaïsme  sut  se  pré- 
server, il  résulta  de  le ,  entre  cette  dernière 
religion  et  le  ebitstianisme,  une  antilogie 
difficile  k  expliquer.  Si  l'on  admet  la  double 
doctrine  et  I  inhérence  de  l'Idée  dans  l'ins- 
litolioa  la  pinstsncienne,  rbarmonie  des 
deux  testaments,  on,  pour  mieux  dire,  leur 
ideothé  iniriosèque  u'a  pitis  besoin  d'être 

(CI)  &i.vaMa,  Hùl.  ^  nul.  de  Moiu,  part.  », 
iw.  u  Si.  ■DnohUinl  cela,  ces  idées  onl  encore  de 
b  vosM  aaJMÎnriwi  en  Allemagne  et  ea  France, 
b  rvMoa  em  eai  ^m'ïi  a';  a  pas  d'antre  noven  d'é- 
nso'  le  nrutHr^Usoe.  Or,  oàmVà  tu  le  gnuxl 
ip— laniiil  lin  safcs  nodemes,  qai  sont  dispose* 
k  !■>!  iiiir  avec ardear  quelqu  énormité  ei qucl- 
■^  rafi-r"'f  qne  ce  soit,  quelque  grands  qu'il* 
I  lii^,  f  lalfli  riTir  if'--* — " — '"■*'  "•■—"-  --^ 


m  onlre  de  cliose»  ui- 


I» 


ACT 


DKT[(»ffl&1BE  APOLOGKrmUB. 


deceiléveloppement.  LeconcËpl  do  Dieu  ap- 
parteiiail  ea  commun  aux  deux  disciplines; 
mais  lea  noms  qui  l'exprimaient  étaient 
différents,  et  correspondaient  h  la  nature 
(lifféresle  de  ces  doctrines.  Le  Tétragramme 
était  le  nom  s^iécialemcnl  acroamatique  Ue 
la  difinilâ,  qui,  exolériquement,  s'appelait 
Adanaï,  El,  Eloha,  Ëlohim  et  d'autres  noms 
encore  (70).  Le  concept  exprimé  par  ces 
mots  est  substantiellement  identique;  mais 
Jes  noms  eiolériques  le  désignent  d'une 
manière  populaire  par  des  paroles  qui  re- 
présentent les  adributs  divins,  comme  le 
Forlt  le  Puissant,  l'Eternel,  le  Seigneur, 
ou  ridée  mdiée  arec  quelque  concept  intel- 
lectuel, comme  les  notions  de  force  et  de 
substance;  tandis  que  le  Tétragramme  ex- 

Frime  purement  la  notion  métaphysique  de 
Etre;  et  elle  l'exprime,  non-seulement 
comme  Idée,  mais  comme  principe  de  l'or- 
ganisme idéal,  et  de  la  formule  tout  entière. 
Moïse  consigna  dans  les  saintes  Ecritures 
le  nom  acroamatique,  comme  pour  inviter 
tous  les  Israélites  k  se  rendre  dignes  d'en- 
trer dans,  les  doctrines  plus  cachées,  qui  y 
étaient  sj'mbolisées.  Mais  par  un  usage  an- 
.tif]Ufl  et  constant,  le  Tétragramme  n'était  lu 
ijue  des  yeux,  et  l'on  prononçait  6  sa  place 
le  nom  exotérique;  ligurant  de  cette  ma- 
nière le  sur-intelligible  de  l'Idée  exprimée, 
selon  l'usage  des  peuples  aucieos,  qui  te- 
naient l'iiieicogitable  pour  innommé  et 
ineffable.  De  plus,  l'inelTabililé  du  Tétra- 

gramme  faisait  allusion  à  la  distinction  de 
1  science  ezotériqiie  et  acroamaiique,  et 
présupposait  l'existence  des  deux  doc- 
trines. 

Si  la  cause  conservalnce  de  la  formule 
idéale  chez  le  peuple  élu  fut  la  révélsiion, 
le  manque  de  celle  révélation  dut  occasion- 
ner cbei  les  nations  païennes  l'obscurcis- 
sement et  l'altération  de  cette  même  for- 
mule. Hais  J'occasion  d'une  erreur  n'en 
étant  point  la  rraie  cause,  il  fout  rechercher 
attentivement  celle-ci.  Nous  devons,  pour 
cela,  décrire  la  marche  intellectuelle  par 
laquelle  le  genre  humain,  possesseur  dès  le 
principe  de  Is  vérité  p>irfaile,  glissa  peu  k 
peu  dans  son  plus  grand  contraire,  c'est-b- 
dire,  dans  le  faux,  en  conservant  toutefois 
quelques  vestiges  du  vrai.  Cette  recherche 
est  Irës-imporlaule,  car  elle  n'emporte  rien 
moins  que  l'explication  du  fait  immense  et 
presque  universel  du  paganisme, 

AGTE  DE  FOI.  Vov.  Foi.  —  Esl-il  un 
pouvoir  régulier  de  IhommeT  Jbicl. 

ACTES  DES  APOTRES.  —  Les  rationa- 
listes ont  voulu  jeter  du  doute  sur  l'origine 
«utbentiqoa  des  Actn  du  Apôlreit  aussi 


bien  que  sur  les  attires  parties  du  Nouveau 
Testament.  <  Il  est  possible,  disent-ils,  que 
dans  la  confusion  qui  suivit  la  ruine  de 
Jérusalem,  quelques  chrétiens  aient  com- 
posé les  livres  que  nous  avons,  en  les  allri- 
otiant  aux  apôtres.  »  De  leur  cdlé,  les  parti- 
sans de  l'interprétation  mythique,  dont  le 
système  est  inconciliable  avec  rauthenticilé 
de  ces  divins  écrits,  se  sont  vus  forcés  de 
soutenir  ou  que  le  livre  des  Acttt  n'était 
point  l'ouvrage  de  saint  Luc,  ou  que  ccl 
écrivain  a  puisé  plusieurs  de  ses  documents 
k  des  sources  peu  fidèles.  C'est  en  ce  sens, 
comme  l'a  judicieusement  remarqué  Olshau- 
sen ,  qu'il  faut  entendre  les  doutes  que 
De  Wette  a  opposés  h  l'autorité  de  ce  livre 
(71).  Les  monts  que  nous  allons  présenter 
dans  les  paragraphes  suivants  ne  permeltenl 
pas  de  douter  que  le  livre  des  Actes  sitéld 
composé  avant  la  ruine  de  Jérusalem,  qu'il 
soit  sorti  de  la  plume  de  saint  Luc,  et  que 
cet  écrivain  ait  été  parfaitement  informa 
dans  tout  ce  qu'il  rapporte.  Le  sujet  même, 
comme  on  le  voit  déjà  par  cet  énoncé,  noui 
oblige  à  traiter  ensemble  deux  questioni, 
distinctes  cependant  sous  quelques  rs[>- 
ports,  celles  de  l'authenticité  et  de  la  véra- 
cUé. 

AailwBtidté  et  véndtô  des  icUt  de%  m 

•C-, , 

. — , _. , I.  Epipluiie,  de  S. 

Jérdme,  de  S.  CbrftMiome,  de  S.  AngusUa.  —  EufcU 
oompria  dans  le  canon  det  Ecillnrei  saintes  dis  \tt 
ptus  ancieua  temps. 

Il  n'est  pas  difficile  de  montrer,  par  les 
lémoignages  des  anciens  Pères  de  l^lise, 
qu'on  a  toujours  considéré  le  livre  des  Acltt 
comme  un  ouvrage  dont  l'authenticité  et  la 
Ddélilé  historique  étaient  iocontestablei. 

Nous  ne  voulons  point,  romme  l'a  fait 
Larilner,  recourir  aux  écrits  des  Pères  du 
premier  siècle,  ni  même  à  ceux  de  sain!  Jus- 
tin, martyr,  perce  que  leurs  citations  ou  ne 
sont  pas  assez  claires  et  précises,  ou  peu- 
vent avoir  été  puisées  i  des  parties  de  l'E- 
criture autres  que  le  livre  des  Actt$t  et  que 
sous  ce  double  rapport  on  pourrait,  h  la  ri- 
gueur, nous  en  contester  la  force  probante 
(72)  i  nous  avons  d'ailleurs  d'autres  autori- 
tés irrécusables  en  faveur  de  la  vérité  que 
nous  soutenons.  Et  d'abord  la  première  au- 
torité de  ce  genre  que  nous  pouvons  pro- 
duire est  le  témoignage  de  saint  Irénée,  gui 
vivait  dans  le  second  siècle,  et  qui  était 
contemporain  des  disciples  immédiats  des 
spdires.  Or,  il  est  impossible  h  un  témoin 
qui  déposf!  sur  un  fait  quelconque»  d'être 
plus  positif  et  plus  explicite  que  ne  l'est  ce 


(TC)  Peut-être  le  mot  Elohim  ëuit-il  eiolériijne     qu'un  etsmen  sérieux  de  certains  passages  des 


et  acnnina  tique  tout  à  la  fois,  ei  rem  plissa  ii-jl  l'of- 
floe  de  lien  entre  les  deux  iiomenclatures,  comme 
la  notion  de  substance  intermédiaire  entre  celles 
d'Etre  et  de  force  ou  exisieuce. 

Oi)  U.  Ouunstn,  BAUuMt  cammfitlar,  etc.  : 
Itwié  H.  teit.  666. 

(TiJ  C^eiidant   nous   avouerons  rnuubement 


Père^  dn  premier  siècle  elles  par  Lardner  lions  ont 
paru  être  empruntés  du  livre  des  Acin,  et  que  par 
conséquent  nuas  ne  partageons  pas  cntièremM) 
l'avis  d'Eicbbom,  quand  11  dit  {Eitiieii,  i»  iat  H. 
T.,  S  155)  ({u'aucun  Père  anlévieur  à  saint  Iréiiéeet 
k  Clément  d'Altxandrie  n'a  fait  usage  dans  ses  ciu- 
tions  du  livre  des  Acta,  li  est  vrai  que  le  savant 


us                        ACT                 DKnWffNAIRE  APOUKETIQUE.  ACT                     lf« 

«Bl*ietenr,  Uni  sur  le  liTr» des  Aete§  en  importa  tarloiil  de  remarqoer  par  rapport 

Seotrai  que  sur  son  aoleur  et  sur  le  d^é  t  la  conBance  que  mériteDi  les  Aeles,  c'est 

4f»  coBBanee  qo^l  m^rile.  D'abord  il  dit  en  qoe  Terlallien  fait  obserTer  combien  les 

(ensM  «xprès  qao  l'aoleur  des  AeUi  ert  ÈpUra  de  saint  Paul  cooBrmeul  la  jénl6 

mol  Lac.  compagnon  inséparable  de  saint  des  faiu  rappoHés  dans  ce  lÎTre,  se  fondant 

nul  et  soo  eoopéralear  dans  le  minisldre  aree  raison  sur  ce  qu'il  j  a  un  accord  par- 

étau^liqae;  mais  il  ne  se  bonie  pas  k  ce  fait  entre  le  coDleCD  de  ces  deui  ourrt- 

léaioipiage  ;  il  rappelle  encore  l'histoire  de  ges  fTi). 

îl.f".»^'*"'*''''.'*!'*"^'*"'-?*"'''***^'  Saint  Clément  d-AleMndrie,  contempo- 

™A«.  I      ^-*xP°'  "''*?°f  '   •'    "fW"»'  «  rain  de  saint  Irénée  el  de  TerlÛllien,  et  di- 

K^i   1  J'î*^"'*  textes  dans  lesquels  gne   représentant  de   la  foi  chrétienne  de 

l!ÏÏ^l     f^f-  «"  ;«P'f«'"*   CWD™»  PEglise  d'Egjpie,  dépose  aussi  fsforable- 

2«  ^2"  *'***"  w"^*"^'*"""""'™  <*«"»  grands  docteurs  ;  car  non-seu^emeDl 

Ziî^^JV^'^  clupilres  presque  eu  ji  aUègue  dan»   ses   écrits  un   assez  bon 

wlj^^EnQn  le  saint  docteur  ta  plus  loin  nombre   de  passages  empruntés  teituelle- 

rj?^.'  'Ij-l'acbe  k  prou«r  que  ^ainl  ment  i  onze  chapitres   dilTérents  des -*c/« 

u^  ^IPf  '■  V"'^  "*."'"*  ,■  ^""  "•."  <*"  ^Pitrei,  mafs  encore  il  les  cite  sous  co 

il.îî***"'?"*^''*  a«c  la  pus  grande  même  litre  (.£  n«iï.«    ri. -A^Tril-.).   et   il 

eMCùInd#,  mais  encore  éloigné  de  tout  es-  ^0  attribue  la  composition  è  saint  Luc  Ça). 

prit  de  mensonge  et  d  orgueil,  et  avant  une  .     .    ■  ..         ■»  ■      «  ■  »            ».     _i 

CDcinaisMnce  ewcle  de  toutes  choses,  puis-  *"  troisième  siècle,  Ongène,  ce  Père  fi 

qu'il  anil  été  le  compagnon  et,  qui  plus  est,  ""ni  dans  leiEcntores,  et  en  même  tempe 

ie  foopérattsar  des  apûtres  et  surtout  de  "  ''«^''*'  e"!"*!"».  no"«  fournit,  dans  le* 

Paal,  qui  tni  rend  lui-même  ce  témoignage  outrages  qui  sont  parvenus  jusqu  )  nous, 

duu  ses  Epure»  (73)  ""^  multitude  de  textes  tirés  des  Actes  des 

,■_..,     .         .,'''.           ^       ,             ,  apAtres,  qu'il  nomme  expressément,  en  se 

iiosiilestmaoife:)teque.daiislaseconde  sertant  des  mômas   term^  que  saint  Clé- 

T"i''*  **"  ".  *'**^'«.  'e  •>"«  des  Acttê  du  j^mt  d'Alexandrie.   En  parjurant  seulo- 

ipélra  élan  reconnu  pour   I  Oumge  de  nient  sa  U/^re  a  Jfrfeaiii,  son  traité  des  JV». 

Minl  Luc,  auteur  Téridique,  dans  léglise  «««..celui  de  la  Priirt,  son  Exhortotiott  e» 

des  Gaule»,  uui  consi.Iérail  Irénée  comme  martyre  et  son  Traité  eontrt   Crfia,  nous 

te  digne  représeoUut  de  m  foi.  a,ons  compté  plus  de  vingt  passages,  qui 

la  Afrique,  nous  Irouvons  k  la   même  sont  non  pnini  de  simples  allusiona  faites  à 

^«q»^  <u>  autre  témoin  illustre  de  l'au-  certains  eiénements  ou  à  certains  discours 

Utenticil^  du  livre  dont  nous  nous  occu-  contenus  dans  ce  livre,  mais  de»  citations 

|ioas:  c'est  le  fameux  Tertullien.  Ce  savant  proprement  dites  du  texte  lui-même.  11  est 

itMlear  cite  expressément,  en  effet,  k  l'ap-  rrai  que  dans  les  citations  dont  nous  par- 

p«ii  des  doctrines  qu'il  enseigne,  plusieurs  Ions,  Origène  ne  dit  ri^n  de  l'aulbenlicité 

liisuges  pris  de  vingt  chapitres  différents  des  AetiM,  mais  son  silence'  même  en  est 

des  Acf M  rfn  A|)dlra«,  qu'il  désigne   tantôt  une  preuve  incooteslstile  ;  car  un  polémi- 

Mnis  ce  même  titre.  Jeta  <ipe«r«lica,Ap(i«/o-  ste  aussi  habile  que  lui  ne  se  serait  ja- 

l-trum  Acta  ;  tautât  SOU»  le  nom  d'instrument  mais  avisé  de  citer  comme  autorité  un  ou- 

(ics  AeUi  :  itulrumentum  Actonim:  tantôt,  «rage  apocryphe,  ou  dont  la  véracité  eût  pu 

rnlia,  sous   celui  de  CowuÊUmtairt  de  lotiU  être  mise  eu  doute.  D'ailleurs,  quand,  dans 

ime  :  Camauntariu»  Lucœ.  Vais  ce  qu'il  sa  LtUre  à  Africain,  ce  Père,  alléguant  eu 


i'aae  aanUK  sAre  el  qui  exclut  le 
Acre  Spmr...  «•/«»  m»iHtiftlkmfU 
-,  mais  ks  raiaoas  «in'il  éonee  dan»  ta  du- 
'--  -  uges  ue  MWt  ceruineaieiil  pu  toil- 
es ei  uKi  plaaûUe*  pour  couuiiuer 
M  rentable  dooie.  Kons  laissons  au  lurplns  aux 
tnismn  capables  de  porter  un  jugetoeni  sur  ce  poiui, 
<K  4tridfcr  b  qatslion. 

(Ml  t  Si  qHis  igiur  dilifeater  ex  AciïIm  Apo- 
tiU^rmmt  stfeieiw,  etc.  Sicett  coiisonani,  et  vdul 
aitm  am  Pauli  aonaniialio,  quau  et  Lucc  de  apo- 
uUis  le^icaiio.  (Iweh.,  CokIt.  htera.,  1.  m.  c  13, 
■-  3-}.^  QuOiiiaB  auiem  is  Lucai  inieparaliilii  fuit 
'  P«iW>.  et  eoopefariiu  ejus  lu  Evaogelio,  i))se  fa- 
4  —"**"■■■•.  Doa  Kloriai»,  ted  ab  ipsa  prudu- 
•imt  \fitm  poûn  Mu^raiMM  nlcTilid  liri  puUiil)  ve- 
'ul«.  (C  H.  m,  1.)...  lui  rdiqua  omiiia  ex  urdine 
,M  Paulo  rcferl,  omoi  diligentîa  demonUraits  et 
•  •a.  «a  civiiam.ctqiiaatitatciD  dieruni,  eic...  Om- 
~m»  b«s  CUB  adeswi  Lucas,  diligeiiter  WNiscrîpsit 
'<.  mû  acqne  meiMla^,  oeque  elauis  deprehcDili  pos- 
'■.  «>  qood  oninia  lue  cuusureol,  et  senioreiu  euui 
^nc  ««Miibat  qui  uunc aliud  Jocrni,  nequeieiiorare 
.    <u.Lit£M.  Qvoiiiani   bou  wluiii  proMculur,  wd  et 


cot^erarius  fuerit  apoMolornm,  maiime  autem 
Panli,  <H  ipse  auleiD  Paulus  manifestaTit  in  lipUlo~ 
(m,  ilicent  :  Démet  mt  deidi^ii,  et  oMît  Thà*elo- 
muam,  Creieeiu  U  Galaliam,  TU»*  in  Dmlmelimm  : 
iMcateU  mecem  tAu*  (Il  Tint,  h,  9—11).  Uude 
DSleDdil  quod  sempcr  junclus  ei  et  inseparabUit 
fuerii  ab  eo.  El  iierum  in  £piilotaqux  e»t  aà  Co- 
loueiw  (i«,  14) ,  ait  :  Solalat  mi  Lhcm  Mcdinurfi- 
Uet**.  >  (iMd.) 

(7i)  (  Èiiiide,  decurrens  (Paulus)  ordiuem  cou- 
TcnioBis  kuz,  de  pertecuiore  in  apostolum,  tcri- 
pUiran  Aetai»m  apouolicomm  cunHrtnal,  apnd 
quani  îpsa  etiaio  Epulolm  islins  uateria  recMiMMci- 
Lur,  eur.  ^Tektiju..  Aéw.  Maràam.,  I.  v,  c  3)...  El 
sic  eî  ratio  oiusiai,  Tiinotbeuiii  circunicîdcndi,  et 

iilprolilenli: 


t'aclum  se  Judieu  Judscuni,  elc.  *  (IM.,  &.) 

(75)  <  Sicut  Lucas  quoque ,  et  Atliu  Adohm»- 
ram  sijloeM«GuiuaagDosc«ret,et  Pauli  ad  ilAfmM 
iuicrpreialuï  kpiuolam.  >  (Cixa.  Aui.,  f'rajMU. 
AdaMrnliojwi  tH  piioit»  If,  Peiri  '' 
pjg.  iUU7.  edii.  J.  Putter.; 


m 


ACT 


IHCTIONKAIRE  iPOLOGSTIQUB. 


ACT 


tn 


h*^r  de  ce  qu'il  avance  («discourt  de 
sflliit  Etienne  rapporté  au  cbapitro  tu  des 
Acte»,  dit  (761  que  «  quiconque  re^joil  les 
Actti  dti  apâtru,  STOuera  nécessni renient 
q^ue  ce  saint  disciple  du  Sauveur  dit  la  vé- 
rité :  Vera  dietrt  Stephanum  fatebilur  qui- 
cun^t  rtcipil  Àeta  apoilolontm ,  ne  prou- 
ve-t-il  F>oiiit  clairement  par  là  et  le  respect 
qu'il  BTflîl  lui-mÊme  pour  ce  livre  divin,  el 
raulorilé  que  tout  lâ  monde  devait  lui  ac- 
corder T  Ajoutons  que  si  Origéne  eût  tenu 
ce  livre  pour  apocryphe,  il  se  serait  bien 
gnrdé  de  le  prendre  pour  sujet  de  ses  ho- 
toëlies  (77}.  Enfin  ce  savant  Père  rend  h 
l'authenticité  des  Actet  dti  apâtrei  le  lémui- 
gn&Ke  le  plus  positif  et  le  plus  esplicitelors- 

J|u'îT  s'écrie:  «  Luc  embouche  encore  une 
ois  la  trnmuette  pour  raconter  les  actiouB 
des  npfitres  (78).  * 

Vingt  ans  après  Origène,  virait  saint  Cy- 
prien,  évëgue  de  Cartnagc  Cet  illustre  doc- 
leur  cite  aussi  Irés-souvent  des  emlrois 
qui  se  lisent  dans  les  Aettt  du  apôlra;  et 
ce  Qu'il  faut  bien  remarquer,  c'est  que  quand 
il  allègue  dea  passages  de  ce  livre,  i)  le  dé- 
signe par  son  nom  ordinaire  d'^cffi  det 
titres,  ou  bien  il  lui  donne  le  litre  d'Ecri' 
turet  divines  :  oe  qu'il  n'aurait  nertaiDement 
point  fait  pour  un  livre  sur  l'authenticité 
duquel  il  sursit  eu  quelque  doute. 

Eusdtte  de  Césarée,  qui  flurisMit  dès  le 
commencement  du  iv*  siècle,  ne  se  borne 
pas  A  rapporter  des  faits  qui  sont  racontés 
tlaos  \esÀciesdti  apdtrei,  mais  il  dit  eipres- 
sèment  que  saint  Luc  est  l'auteur  de  cet 
ouvrage,  et  il  ajoute  que  cet  écrivain  ter- 
mine son  histoire  par  la  caplivilé  de  saint 
Paul  à  Rome,  après  avoir  fait  mention  de 
tout  ee  qui  s'était  passé  pendant  qu'il  avait 
vécu  avec  le  gmnd  Apôtre  (79).  Le  môme 
Pf  re  fait  aussi  remarquer  que  les  sévériens, 
hérétiques  qui  adinuttaient  les  prophètes  et 
les  Evangiles,  en  les  expliquant  toulefois  h 
leur  manière  ('3ût;},  rejetaienl  les  Epttret 
de  saintPuul,  et  ne  recevaient  pas  mAina  les 
Aclet  de*  apUrt»  (80).  Or,  cette  observation 
d'Eusèbe,  qui  se  trouve  jointe  h.  des  ex- 
pressious  do  blâme  contre  la  conduite  de 
ces  hérétiquea,  prouve  clairement  que  le« 
AcUi  dei  apùtre*  étaient  reçus  de  son  temps 
dans  l'Ëglise  chrétienne,  aussi  bien  que  les 
prophètes  et  les  Evangiles  eux-mêmes. 

Saint  Epiphane,  contemporain  d'Eusèbe, 

<76)  Oaicsit.,  EpUt.  ad  Afrieanum,  n.  9. 

(77)  Ces  bomiliei  i]'Orl|[àne  ne  sont  pas  venues 
Jasi|u'i  nous:  la  quatrième  est  citée  dans  la  PUlo- 
ealiê  (chap.  7),  ou  Kctieil  des  ichoKei  de  ce  grand 
docteur,  fait  |wr  saint  Grégoire  de  Naiianze  et  uiiit 
Basile,  el  pitblîé  à  Paris,  en  1618,  in-t>. 

(7B)  AiiGfem,  elle  par  William  Pale;  dans  ses 
Pnuva  iviilaïUt  du  ebruiianiime,  I.  I,  pag.  til, 
cJil.  L«v»te. 

f  79)  (  Quo  (lEeslo)  Jiidxam  procurante,  Paulni  ia 
jiidiciuiD  adductiiit,  causam  cum  dixiiMt,  Ti»-las 
Ilomain  perducius  est...  Atqiie  hic  Lucas  qaî  Actiu 
apotioloTum  liuorit  tradidit  bistorix  suk  lluem  fa- 
uil  :  Paalum  Bon»  in  libéra  cusiodia  biennium 
egisse,  el  verbuin  Dei  libère  prœdicaue  teslaïug... 
(Juuui  ob  cauïuui  viilctui-  Lucas  Aciuum  apoUolica  ■ 


est  encore  un  témoin  que  nous  pouvons  in- 
voquer en  faveur  de  l'authenticilé  et  delà 
véracité  des  Actttdet  apâtra,  puisque  ca 
saint  docteur  allègue  contre  les  liéréli(|iies 
près  de  vingt  passages  empruntés  ï  diven 
chapitres  de  ca  livre.  I 

Saint  Jerdme,  qui  virait  aussi  an  iv*  siècle, 
dit  que  lors  m^mo  que  ssint  Luc  parait  ne 
nous  racoDier  dans  les  Aelei  qu'une  simple 
histoire  de  l'Eglise  naiisanle,  ce  saint  mé- 
decin, si  célèbre  dans  le  monde  entier  ptr 
son  Evangile,  nous  donne  dans  ce  livre  au- 
tant de  remèdes  propres  è  guérir  les  œs- 
ladies  de  notre  Ime,  qu'il  nous  dit  de  pa- 
roles pour  nous  instruire  (81)- 

Vers  la  même  époque,  saint  Chrysoslnme 
se  plaint  de  ce  que  le  livre  des  Àeia  étiit 
beaucoup  trop  négligé  de  son  ternies;  car, 
aelon  ce  Père,  plusieurs  n'eu  ignoraient  pu 
seulement  l'auteur,  mais  ils  ne  savaient  pu 
même  que  cette  histoire  des  apAlres  eiisui. 
Il  ajoute  que  c'est  \h  le  motif  qui  l'a  poili 
è  en  donner  une  eiplicatiou,  ne  voulant  pm 
d'ailleurs  laisser  caché  dans  les  téoèbreiuo 
irésor  si  riche  et  si  précieux  (82}. 

Saint  Augustin  fait  un  reprocha  aui  au- 
nichéens  de  rejeter  l'autorité  des  Àetuda 
apitrti  et  d'en  contester  la  vérité  :  •<  Cesbé- 
rétiques,  dit  le  saint  docteur,  ne  poutaieal 
souffrir  qu'on  tût  dansce  livre  que  le  S&iDl- 
Esprit  promis  dans  l'Evangile  psr  lésui- 
Christ  fut  envoyé  sur  ses  disciples  ipris 
son  ascension;  car  leur  Bveuglemenl  t] 
jusqu'à  soutenir  que  cette  promesse  du  Sa- 
veur n'a  été  accomplie  que  dans  leur  cliet 
Manès,  qu'ils  font  passer  pour  ce  divin  E^ 
prit,  abusant  d'un  si  saint  nom,  bQd  il« 
mieux  séduire  les  simples  et  les  igiiorsolj, 
ce  qui  suffit  suul  pour  les  exclure  de  ce  don 
céleste  (83).  •  D'un  autre  côté,  le  mtm 
Père  nous  apprend  que  l'Eglise  faisait  Util 
de  cas  du  livre  des  Acte§,  qu'on  en  fiiuil 
tous  les  aus  la  lecture  solennelle  dans  lo 
assemblées  des  fidèles  (84). 

Tous  les  canons  des  Ecritures  sainl^i. 
même  les  plus  anciens  qui  aient  été  IbiU 
dans  les  différentes  églises  du  monde  ehré- 
lieu,  contiennent  les  Aetet  dttApitff'^l 
attribuent  ce  livre  i  l'évangélisle  saint  Lut. 

Enân  toutes  les  anciennes  versions  da 
Nouveau  TeslamBOI,  ausbi  bien  qiicloulA 
les  BiLlos  qui  sont  en  usage  daus  l'K^li^ 

mm  hîsloriam  illo  lempore  conclusîsse,  cum  nni* 
qua  quaitdia  Guni  Paulo  versatui  est,  gesia  iiw 
raoï. commémora ssel.  i  (Euseb.,  fliit.  Ecel.,i-% 
c.  ïî.)  _ 

(80)  I  Hi  (severiani)  Legem  quidem  et  Pf°Pl''3 
cuinBttsn^Jtitadniiunnt,  sedproprîoquodanisn^ 
aacrai  Scripturati  eiponant.  Paultim  auiem  apwJJ 
luramaledictisimpetetues,  Epiiiofai  qus  rcpudu^ 
ac  ne  AvoUotomm  quidem  Acim  ■tiscipiuDi.| 
{EdSEB.,  ibid.,  I.  IV,  e.  19.) 

(81).  HiKBOic.,  epist.  103  Pautiit. 

(Si)  Crrtsost.,  hom.  i  m  Acln.  , 

(83)  Adgdst.,  episl.  337  (al.  263)  ad  CtTetia»,t 
Libr.  M  utUitaie  eredendi,  n.  7.  J 

(tU)  AuorsT.,  tracl.  6  iit  eap.  t  Joait.  Voy.  »ia 
De  prtedeUiMt.  SS.,  «.-.  %  u.  i. 


m 


&CT 


MCTIOHN&IBE  APOLOCBTIQUE. 


ta  Mips  ÛDtnéiDonal.oaatiennaal  lc»Âeta 
éa  mf4tria  eoEame  éUnt  aulhentîques  al 
comne  biuol  partie  dw  écrits  Mcrà  de  la 
oonvalla  alliaae». 

Ces  pnmtM  extriosèques.  que  nous  four* 
muent  las  moaDments  de  Tbistoire,  sufR- 
ninl  seules  sans  doute  ptar  démoalnr  à 
lowt  lecteur  de  bonne  foi,  la  vérité  de  la 
lUw  que  BOUS  soutenons;  cppendanl  les 
•rgnaieiua  intrinsèques  que  nous  ajoutons 
ià  a'eo  midront  la  démonstration  que  plus 


|IL 


fem  peu  qu'on  euniDe  en  lui-même  le  li- 
tre des.iMci,oo  ne  peut  manquer  d'y  trouver 
lafreu'es  les  plus  certaines  et  les  plus 
fripfiaoïa  non-seulement  de  son  origine 
aailiealioue,  mais  encore  de  i'eiaclituda 
(«(ùiieae  tous  les  récits  qu'il  contient. 

Il  «(  certain  que  saint  Liic  est  l'auleur 
é«  rCeaaftIc  qui  porte  son  anin.  (  Key. 
Uc  saioi). 

Or  récrtvain  qui  a  composé  l'Evangile  a 
■BSti  composé  les  Aettt  de»  apilret  ;  car 
l'iaieur  tfe  ce  dernier  livre  dit  k  Théophile, 
i  qui  il  l'adresse,  qu'il  a  déji  écrit  un  pre- 
aier  ouvrage  dans  lequel  il  rapporte  tout  ce 
ijuele  Sauveurs  fait  ut  enseigné  depuis  le 
(OomeDcement  jusqu'au  jouruiï  il  s'éleva 
diDsIe  eit;l, après  avuir  instruit  parle  Sainl- 
Csprit  les  apOlres  qu'il  avait  choisis:  Pri- 
■KH  awidcM  leratonan  feci  de  omtiibui,  o 
TieopliUef  qua  capit  Jeiui  facere,  et  doetre 
w^M  tu  ditm,  qna  praeipieus  apottalii  per 
Suritmm  manelvm,  qaot  elegit.auumptuê  est. 
M.  I,  1.  2.) 

Si  maintenant  nous  cherchons  parmi 
It-s  écrits  évaD[;élîqiies  celui  dont  l'auteur 
du  livre  des  Acte*  veut  parler  ,  nous  le 
IrouveroDs  facilement  dans  VËvani/ile  de 
saiutLoc  ;  puisque  oon-seutemeoi  il  ter- 
ffliue  la  narration  &  l'ascension  de  ié- 
sos-Cfarist,  et  r3[iporle  par  ardre  ses  dis- 
cnors  et  ses  actions,  mais  qu'il  est  le  seul 
s«ire95é  à  Tliéopbije  :  Vimm  ut  mihi  aue- 
ra/o  omnia  a  prineipia  diligmler ,  ex  ordine 
tihi  tcriberr,  oplime  Théophile.  (Lue.  i,  3.) 
Ainsi  rhisloire  de  la  vie  de  Jésus, -indiquée 
(■^ir  l'auteur  du  livre  des  i4i;(m,  étant  VE- 
rnyi/edt;  saint  Luc  ,  et  ce  même  auteur 
^'appropriant  ct^t  t'cangile,  nous  avons  tout 
•irott  de  conclure  que  saint  Luc  est  réetle- 
ment  l'auleur  des  Actet  de»  apâlre»,  ou- 
vrage qui  d'ailleurs  lui  esl  attribué  par  la 
trsdilioa  la  plus  ancienne  et  la  plus  una- 
nime comme  nous  venons  de  le  voir.  Il  est 
irai  que  terminer  la  narration  &  l'ascension 
m  diviu  Sauveur  n'est  pas  un  caractère 
ndasivement  propre  ft  VEvangiU  selon 
Minl  Luc,  puisque  c'est  par  ce  même  mi- 
ncie que  saint  Uarc  finit  son  histoire  éran- 
Eclîque  ;  sossi  n'est-ce  pas  sous  ce  point  de 
tue  t|ue  nous  l'avons  fait  remarquer;  nous 
itous  vuulu  uQiqucmeut  sit^naler  un  trait 


frappant  de  conldrmilé  entre  l'£aaiioif«  de 
saint  Luc  et  les  Acte»  de»apôtr€»,-el  fournir 
par  ce .  rapprochement  une  nouvelle  dé> 
monstration  en  faveur  de  ce  dernier  livre.  ' 
Or,  en  cela,  notre  raisonnement  n'a  certain 
nement  rien  de  réprébensihle;  seMement 
il  n'est  pas  complet,  nous  le  savons,  mais 
la  preuve  suivante  supplée  fc  tout  ce  qui  lui 
manque  pour  l'étre- 

Nous  veoonsdefaireobserverqne  rEv(m> 
^7e  de  saint  Luc  était  le  seul  qui  fît  men- 
tion dans  sa  préface  de  Théophile,  auqupi 
le  livre  des  Acte»  est  également  adressé,  et 
que  ce  trait  de  conformité  qui  existe  eidu- 
sivemenl  entre  ces  deux  ouvrages,  les  dis- 
tinguait suOisamment  par  IA  même  des  ^vor- 
;t7rs  de  saint  Uatthieu,  de  saint  Harc  et  de 
saint  Jean;  en  sorte  que  l'Evangile  de  sainl 
Luc  est  le  seul  qui  puisse  ratsonnablemenl 
être  attribué  À  I  suleur  do  livre  des  Acte»  ; 
mais  nous  avons  un  autre  moiif  plus  puis- 
sant peul-étro  déjuger  ainsi.  Il  est  évident 
pour  quiconque  est  un  |ieu  versé  dans  ces 
matières,  que  leslvle  et  la  manière  de  saint 
Lue  sont  tout  è  fait  djOTérenU  du  stvie  et 
de  la  manière  des  trois  autres  évsngélisles. 
Or,  il  n'est  pas  moins  évident  que  le  style 
de  l'évangéliste  saint  Luc,  sa  manière  de  ra- 
conter  et  de  présenter  les  faits ,  sont  abso- 
lument les  mêmes  que  l'on  remarque  dans 
l'auteur  du  livre  des  Acte»  ;  ta  point  que 
lorsque  l'on  compare  les  deux  ouvrages  ,  il 
est  impossible  de  ne  pns  reconnaître  qu'ils 
forment  comme  les  deux  parties  d'une  mê- 
me histoire,  et  que  l'un  n'est  pas  la  conti- 
nuation de  l'antre. 

Les^pflru  de  saint  Paul  sont  authenti- 
ques; l'authenliiïitédecesf'pUrM  prouve  l'o- 
rigine authentique  et  la  véracilé  des  Acte». 
Eu  effet,  dans  ce  dernier  livre  nous  voyoni 
décrits  Jusque  dans  leurs  moindres  delailt 
les  voyages  de  saint  Paul,  sa  doctrine,  ses 
sentiments  secrets,  les  éijlises  qu'il  a  fon- 
dée-s,  les  diverses  persécutions  qu'il  a  souf- 
fertes. Or,  sans  le  livre  des  Acte»,  il  serait 
impossible  de  comprendre  les  EpUre»  dij 
grand  Apdlre;  ûa  rencontrerait  en  mille  en- 
droits des  allusions  obscures  qu'on  chercbe- 
rait  en  vain  k  comprendre;  tandis  qu'en 
supposant  l'authenticité  des  Acte»  de»  apâ- 
tre»,  tout  se  trouve  facilement  éclairci.  Il 
faut  donc  que  ce  livre,  qui  sert  comme  de 
commentaire  aui  Eptlrei  de  saint  Paul,  ait 
été  composé  par  un  de  ses  disciples,  qui 
non-seulement  Ta  suivi  partout  dons  ses 
voyaKes,  mais  qui  a  eu  avec  lui  les  rapports 
les  plus  intimes.  Or,  quel  est  le  disciplo 
qui  réunit  c^s  qualités,  si  ce  n'est  saint  Luc, 
le  compagnon  QJèle  du  ra[>Alre,  comme  la 
tradition  nousl'appreud  T  Ainsi  les  EpUres 
de  saint  Paul  nous  otTienl  une  preuve  cer- 
taine de  l'autbeaticité  et  de  la  véracité  des 
Acte»  de»  apôtre*. 

Une  des  preuves  les  plus  fortes  sur  les- 
quelles on  puisse  fonder  l'authenticité  et  la 
véracilé  d'un  livre,  ce  sont  certaines  coitf- 
cidencos  miuutieuses  entre  les  faits  qu'il 
coutient  et  ce  que  d'autres  docuueals  noua 


ncnONNAIRB  APOLOGETIQUif. 


ACT 


.  8f*prennent  des  mœurs  et  da  l'histoire  dos 
niâmes  temps.  Or,  plus  on  étadte  les  Àctei 
da  apôtrtg,  et  plus  on  y  découvre  ce  ca- 
rfltiAre  d'une  manière  frappante.  Les  rap- 
prochements suivants  ne  laissent  cer  - 
lainement  au  lecteur  aucun  doute  k  cet 
égnrd  (85). 

On  lit  dans  les  Actët  [m,  1)  ;  Et  comme 
Pierre  et  Jean  montaient  enttmote  au  Itmpt» 
à  l  heure  de  ta  priire,qui  le  faitait  à  laneu- 
iiimi  heure  du  jour.  Or,  i'Iiislorien  Josèphe 
nous  apprend  de  son  c6lé{Antiq.l.  xxv.c.?, 
j  8}  que  a  les  prSires  faisaient  deux  fois  le 
joUf  leurs  fonctions  à  l'autel,  le  matin  et  h 
la  neutiime  heure.  ■ 

Au  chapitre  iv,  1,  des  Àeitt,  il  est  dit  : 
Jlfdti  -comme  ili  parlaient  au  peuple,  les  prt- 
lr«,  LE  capitaikk  desgahdes  du  teuplb  et 
le*  sadducieni  turvinrent.  Or  lu  même  JO' 
sëphe  ropporte  {De  btlto  jud.i.  u.c.  17,  \  2) 
«  qu'EIéazar,  fils  du  Kraod  prâtre  .^nanîas  , 
jeune  homme  plein  de  courage  ei  de  réso- 
lution, et  qui  était  alors  capitaine,  su  trou- 
vant dans  te  temple,  persuada  &  ceux  (]ui 
exerçniefit  le  ministère  sacré,  de  ne  point 
recevoir  les  dons  ou  les  sacrifices  des  éiran- 
tjers.  »  —  Au  verset  6  de  ce  même  chapitre 
IV  des  Actet,  Anne  est  appelé  grand  prêtre , 
i(uolque  Caïphe  en  remplit  alors  les  fonc- 
liuns.  Or  Josèphe  ne  parle  pas  autrement , 
lorsqu'il  dit  [De  bell.  1.  xi,  c.  12,  S  6)  :  «  On 
choisit  alors  pour  gouverneur  en  cbef  de  la 
Ville,  Joseph,  fils  de  Gorion  et  le  grand 
prèlra  Ananus.  »  Capendant  cet  Aoanus  , 
quoique  désigné  sous  le  titre  de  grand  pra- 
ire, n'eierçail  pas  dans  ce  moment  la  aou- 
veraine  sacrificature.  La  vérité  est  que  les 
écrivains  du  Nouveau  Testament  donnaient 
un  sens  assez  indéterminé  \  ce  titre;  ils 
l'attribuaient  quelquefois  exclusivement  à 
la  personne  qui  était  actuellement  dans 
l'exercice  des  fbnctions  attachées  b  cette 
dijjnilé  ;  quelquefois  à  une  seconde  et  mê- 
me une  troisième  qui  les  partageait  ou  qui 
les  avait  exercées;  d'autres  fois  enfin  à  tels 

firélres  qui  se  Irouvainnt  distingués  par 
eur  caractère  ou  par  leur  place.  [Marc,  xit, 
S3.)  Et  eni^ore  ici  Josèphe,  adoptant  ce  lan- 
gage, parle  sur  ce  sujet  d'une  manière 
aussi  iii'léterminée. 

Au  chapitre  v,  H,  des  Aelee ,  on  lit  ;  Alore 
le  grand  prêtre  et  tous  ceux  gui  étaient 
comme  lui  de  la  tecte  dei  ladduceens  furent 
remplit  d'envie.  L'auteur  nous  insinue  ici 
que  le  grand  prêtre  éiait  sadducéen,  et  l'on 
nu  se  serait  pas  attendu  à  trouver  un  hom- 
me de  celte  secte  dans  une  place  aussi  éle- 
vée; cependant,  quelque  extraordiuaire.que 
soit  cette  circonstance,  elle  n'est  pas  sans 
exemile;  car  voici  ce  que  dît  Josèplie  [Anl, 
1.  XII,  c.  10,  S  6, 1):  *  Jean  Hyrcan,  grand  pré' 


tre  des  Juifs»  abaudoima  les  pharUiens  par 
suite  de  quoique  méconlentemeol,  et  se 
réunit  au  parti  des  sadducéens.  • 

Act.  V,  37  :  Parut  ensuite  Judas  te  Gali- 
Uen  lorsque  se  fit  le  déntm^ement  du  peu- 
ple, et  il  attira  beaucoup  de  monde  i  ton 
parti.  Ce  trait  se  trouve  littéralement  con- 
firmé par  le  passage  suirant  de  Josèphe  : 
«  II  (c'est'à-dire  celui  que  l'historieD  noinme 
ailleurs  Judas  de  Galilée)  en  penuada  plu- 
sieurs de  ne  pas  se  faire  enregistrer,  lorsque 
le  cttnseur  Cyrénius  fut  envoyé  en  Galilée.  ■ 
(De  bell.,  1,  vu.) 

Aet,  XI,  27,  28  :  £«  ce  mime  temps  ^el- 
gues  prophète»  vinrent  dé  Jérusalem  à  An- 
tiocke;  lund'e»x,  nommé Agabus,  te  levant, 
prédit  par  inspiration  qu  il  y  aurait  une 
grande  famine  par  tout  le  pays ,  ce  qui  ar- 
riva en  effet  saut  Claude.  Celte  prédiction 
coïncide  parfaitement  avec  ce  que  dit  l'his- 
torien juif  :  K  De  leur  temps  (c'est-à -dira 
vers  la  cinquième  ou  sixième  anuée  de 
Claude),  une  grande  famine  surviut  en  Ju- 
déf.»{Jnl..  1.  XX,  c.  4,  (2.) 

Aet,  XII,  1  :  ■  Bans  ee  mène  tempe,  le  roi 
Hérode  se  mit  à  miUlraiter  quelques-uns  de 
ceux  qui  étaient  de  l'Eglise.  La  dn  de  ce 
même  chapitre  (verset  23)  nous  apprend  que 
la  mort  de  ce  prince  suivit  de  près  ceitu 
persécution.  Or,  l'exactitudp  de  rhisiorien 
sacré,  ou  plutfit  cette  coïncidence  naturelle 
de  SB  narration  avec  la  rériié,  est  des  plus 
manifestes.  En  effet,  dans  tes  [rente  années 
antérieures  à  ctlte  persécution  et  dans 
toute  la  suite  des  temps,  ou  ne  trouve  au> 
cune  époque  h  laquelle  on  ait  ru  un  r«Jà 
Jérusalem ,  une  personne  exerçant  en  Ju- 
dée l'autorité  royale,  ou  hien  à  qui  ce  titra 
pût  convenir,  excepté  dans  les  trois  der- 
nières années  de  la  vie  d'Hérode;  et  c'est 
précisément  dans  cette  période  de  temiis 
que  la  narration  de  ce  fait  se  trouve  iDilî- 
quéo  par  l'auteur  du  livre  des  Actes.  Ce 
prince  était  le  petit-GIs  d'Hérode  le  Grand  ; 
il  est  désigné  dans  les  Actes  par  son  noonle 
famille,  Josèphe  le  nomme  Agrippa.  Cet  biv- 
lorien  nous  fournit  la  preuve  la  plus  com- 
plète qu'il  éiaitroi,  justement  ainsi  nom- 
mé :  «  Caligula,  dit-il,  l'ayant  fait  appeler 
daus  son  palais,  lui  mit  Une  couroune  sur 
la  tête  et  l'établit  roi  de  la  télrarchie  do 
Philippe  ,  se  proposant  de  lui  donner  en- 
core la  têlraruhie  de  Lysanias  (86).  Le 
même  historien  nous  apprend  d^ns  un  autre 
[■sssage  que  ce  ne  fut  qu'après  celte  époque 
que  la  Judée  fui  réduite  h  la  dominatioQ 
d'Hérode;  car  il  dit  nue  Claude  confirma 
par  un  décret  l'autorité  que  Caligula  avait 
conférée  à  Agrippa,  aiuutaut  âsuu  domaine 
la  Judée  ut  Sumarie  dans  toute  leur  éten- 
due et  telles  que  son  graud-père  Hérode  les 


(85)  Nous  devons  cet  exposé  ii  V^  Palcy,  qui  l'a  obserré  dans  le  livre  même.  U  faut  remarquer  de 

lui  mûmc  emprunté  Je  Lardner.  Hais  nous  n'avons  plus  que  nous  avoQS  ajouté  de  nouvelles  auurllés, 

point  suivi  nuire  guide  pas  i  pas.  U'abord  il  a  mÈlé  et  nue  quand  nous  disons  Paiey ,  nous  l'enteuiioiu 

eusemlile  les   Evougila,  les  Aelei  ei  les  Epiirei;  de  Levade,  son  éditeur  français,  Uontugus  Avons 

puis  il  a  interrompu  la  suije  des  chapitres,  tandis  aussi  parfuis  changé  h  traduction. 
<[ue  nous  avons  ctiuisî  cf!  qui  regarde  eiclusiTement  (86j  Joseph.,  Antiq.,l,  xviu,c.  7,  j  10. 

les  Actet,  et  que  nous  avons  suivi  lidÉleniuui  l'grdi-u 


in                 kC!                      DIGTH>N!UIRB  APOLOCETIQUe.                     ACT                   lU 

inH  pOKMées  [ST).  —  Aai  veneU   1&^  partensieol  aa  séDsl  ;  et  qoe  le  Feprésrn- 

dreemême  chaitilre- xii  des  Aela,  od  lit  tant  de  l'empereur  portail  le  litre  de  propre 

ijii'Hérode  ttaal  passé  de  Judée  eo  Césarée  latr,  et  que  celui  du  sénat  se  nommait  pro- 

où  il  s'arrMa,  et  qu'k  UD  jour  marqué  «'étant  eonnU;  mais  Dion  Ca&sius    nous  apprend 

lisissor  son  trAoe,  rerAlu  de  ses   babils  que  la  province  de  Cbjrpre  qui  avait   d'a- 

roTMi,  il  fit  en  pebHe  an  discours  qui  plot  bord  été  assignée  k  l'emperear  passa  wisuile 

teUeiaedt  k  la  multitude  qu'elle  s'éoria  dans  au  sénat  par  suite  de  quelques  AchADges,  et 


Ms  exclamations:  C'est  la  TOix  d'un  Dieu 
cl  BOB  pes  d'oD  bumme  ;  out  l'instant 
■éow  an  m^  du  Sagnear  le  frappa,  parce 
qa'ii  n'avait  pas  doané  gloire  a  Dieu,  et 
qii'il  ■oarol  rongé  de  vers.  Or  il  est  dit  de 
eenéiim  prince  dans  Josèpbe  :  c  1!  s'en  alla 
dus  la  nlle  de  Césarée  :  Ik  il  célébra  des 
fbM  «o  Itionoeur  de  César,  et  au  second 
joatdee  dirertinementst  il  se  rendit  sa 
lUto  de  Kfsnd  malin  ,  vAlu  d'une  robe 
ifKKHt  et  of'an  travail  précieax.  Les  rayons 
daioJetl  tersnt  qui  réfléchissaient  celtt- 
bnlIiBta  parure  lui  donnèrent  une  appe- 
KownajestueuM  et  solennelle .  Les  spec- 
Ulenra  l'appelèrent  Dieu,  et  le  sollicitèrent 
de  vouloir  bien  leor  tire  propice.  Nous  vous 
avons  respecté  jnsqo'ici ,  lui  direnl-ils  ; 
Bits  siqt»anl'liai  nous  reconoaissons  que 
VMM  êtes  pins  qu'un  mortel.  Le  roi  n'é- 
cwta  point  ces  adulateurs,  et  ne  repoussa 
poiulces  ■       ■      - 


au'alorsie  gouremeur  romain  prit  le  titre 
e  proconsul  (89).  Hais  ta  justesse  du  litre 
de  proeonsttl  est  encore  plus  frappante  au 
cbapitre  XTin,  verset  19  des  Aein,  lorsque 
l'auteur  de  ce  livre  dit  :  Or  GaiHon  étant 
proeonâut  fTAekait  ;  car  la  province  d'A- 
cfaaïe  après  avoir  passé  du  sénat  k  l'empe- 
reur, avait  été  vendue  par  Claude  au  ^énat 
six- ou  sept  ans  avant  l'époque  dont  ce  pas- 
u^e  des  Aeteâ  Tait  mention  (90),  et  son  ^ou- 
Ternement  était  devenu  proeunsulaire.  Et 
ce  qui  montre  surtout  l'exactitude  de  cette 
dénomination,  c'est  que  sous  le  règne  sui- 
Tant  l'Acbaïe  cessa  d'être  une  province  ro- 
maine. 

Aet.  zv,  SI  :  Car,  quant  à  Malte.it  y  a  de- 
puii  langteinpt  danâ  chaque  ville  de*  komtnrt 

Si  le  priehenl  dont  ie$  tynagogutê ,  où  on  le 
chaque  jour  de  iabbat.  La  vérité  de  ce 
passage  se  trouve  conHrmée  par  on  texte  de 


s  impies  flatteries.  Immédiatement     josèphe  qui  dit  en  parlant  de  Hoïse  dans  son 
fut  saisi  de  douleurs  les  plus  vio-     second  livre  contre  Aiiion  :  •  Il  nous  a  donné 


I  plus 
iroles  dans  les  entrailles.  Il  fut  transporté 
svec  la  plua  eraode  célérité  dans  son  |)a- 
lais,  où,  après  cinq  jours  de  'souffrances 
cruellec  et  continues,  il  expira  (88).  *  Le 
kxteur  peut  facilement  voir  l'accord  de  ces 
deux  récits  dans  plusieurs  circonstances  de 
détail;  comme  le  lien  (Césarév),  le  jour 
■•n|Bé,  la  magnificence  des  vêlements,  tes 
Bcdamalions  de  l'assemblée ,  la  nature  par- 
ticulière des  flalteries,  la  satisfaction  qu'en 
^wooTe  Héfode,  l'atteinte  soudaine  de  la 
maladie.  Josèpbe,  il  est  vrai ,  ne  parle  pas 
de  VMS  comme  l'auteur  des  Actes  ;  mais  ou 
sait  qae  ces  animaux  rongeurs  sont  onJi- 
Bairement  un  des  symptémes  de  la  n;aladi0 

Îse  décrit  l'historien  des  Juifs ,  c*est-k-dire 
une  violente  douleur  d'entrailles. 
Jet.  xiu,  6.  7  :  Ayant  traverté  Cite  (Ctiy- 
pre)  ftÊoqu'à  Paphoi ,  iii  (rounlmU  un  Juif 
mMgtâan  et  faux  praphétt,  nommé  Bar-Jùu, 
qui  était  avec  la  proconsal ,  Aomau  iage  et 
prmfUmt.  On  esl  tenté  an  premier  abord  de 
croire  que  l'anlear  des  Aclte  est  tombé 
dans  one  erreur  grossière  par  rapport  h 
remploi  du  mot  proconiul;  pais  en  exami- 
BBot  la  chose  de  pla»  près,  on  eo  eoudul  au 
contraire  sa  connaissance  parfaite  des  faits 

Si'îl  raconte,  et  sa  grande  exactitude  dans 
meoière  dont  il  les' rapporte.  Eo  etTet ,  il 
ut  biea  Trai  que  dans  l'empire  romain  il  y 
amit  deux  aortes  de  provinces,  celles  qui 
appartCDaient  h  l'empereur  et  celles  qui  ap- 


(87)  J 


11. 


iA9)  Ûo  Cisa.,  Iii>.  liv,  ad  A.  if.IBS.  Koas  jyou- 
UfoM  d'après  Bug  (£wMt.  i»  dot  S.  T.,  th.  I, 
Kit.  2AJ  qae  qudques  médailles  de  Claude  prouvent 
f«e  àm  icHpa  de  cet  empereur  llle  de  Cbypre  a»it 
reeUeiBeal  uD  procoBtuI,  COUBM  OD  te  Ut  dan»  le 


second  livre  contre  Apion  : 
la  loi,  la  meilleure  de  toutes  les  institu- 
tions, il  ne  s'est  pas  borné  à  nous  eu  pres- 
crire la  lecture,  une  fois,  deux  fuis  et  même 
plus  souvent;  mais  il  a  voulu  que  quittant 
tout  autre  travail ,  nous  nous  réunissions 
chaque  semaine  pour  l'eutendre  lire ,  et 
pour  en  acquérir  la  parfaite  intelligence.  » 
Aet.  xTi,  13  :  Mais  le  jour  du  labbai  nous 
torltmei  de  la  ville  et  nous  allâmes  pris  du 
fleuve ,  en  «a  iieu  où  nous  crûmes  que  ta 
prière  se  faisait  d^ordinaire.  Remarquons  que 
l'auteur  entend  étidemmenlpar  le  lieu  sb 
l'on  avait  coutume  de  faire  la  prière,  un 
endroit  particulier  destiné  &  ce  saint  exei^ 
eice,  c'esl-A-dire  un  prossuqut  ou  oratoire, 
et  qu'il  désigne  le  voisioage  de  la  rivière 
GOmme  ce  lieu  que  les  Juifs  consacraient 
spécialement  h  la  prière.  Or  f  hiion  décri- 
vant la  conduite  de  ceux  d'Alexandrie  dans 
certaios  jours  solaooels ,  raconte  que  «  de 
grand  matin  ils  sortaieut  en  fouie  hors  des 
portes  de  la  ville  pour  all<ir  aux  rivages  voi- 
fiiu  (car  les  proffufuef  étaient  détruits),  et 
le,  se  plaçant  dans  le  lieu  le  plus  conve- 
nable, il&  élevaient  leurs  voixd  un  commun 
accord  vers  le  ciel  (91J.  a  Josèpbe  de  son 
cêté  rapporte  uo  décret  de  la  ville  d'Hali- 
camasse,  qui  permettait  aux  Juifs  de  bfttir 
des  oratoires  ;  nous  v  lisons  ces  paroles 
entre  autrearc  Nous  ordonnons  que  les 
Juifs,  bemmes  ou  femmes,  qui  voudront  ob< 
sérier  le  sabbat  et  s'acquitter  des  rites  sa- 

(90)  SttsT.  n  CJoMf.,  ci5;  DiO!i.,  i,  SI. 

(91]  PwLO,  ia  Flace.,  pas.  S8i;  idem.  De  nta 
Mot.,  1.  III.  el  De  UgfU.  ad  Cmtm,  pas&im.  —  Ce» 
forte*  d'oraUtires  te  nogunaîent  en  grec  ir^wtvz^ 
et  ca  tatin  ftowuka  : 


Bde  ubi  emainai,  in^sate  quaro  ptoKsaïa. 
(iETU.  SeLn,M.} 


ISS  ACT  DKTHMiNAïaE 

crâf  prescrits  pas  la  loi  puissent  bâtir  4et 
oratotrti  lur  It  bord  delà  aur  (92).  Tertul- 
lien  parlant  des  rîtes  et  des  usages  des 
Juifs,  ttls  que  les  fêtes,  sabbats,  )eûnes, 
pains  saos  levaio,  etc.,  mf ntioune  les  priè- 
res faites  sur  les  bor^s  de  l'eau,  orationu 
littoraltë  (93j.  Nous  ajouteroasque  les  Sama- 
ritains eui-(némea,au  rapport  de  saint Eni- 
pbane,  avaient  cela  de  common  â*ec  les 
Juifs  (M). 

Aet.  XTii,  SS,  S3  :  Paul  éttmt  eu  milieu  d» 
i'ariapagt,  leur  dit:  Alhénietu,  it  me  $»mHe 
Qu'en  toutes  ckoeee  voue  étei  religieua  juiqu'i 
l'exciM;  car  ayanl  regardé  en  pautail  lei  >(a- 
tuée  de  vos  dieux,  fat  trouvé  mime  un  auttl 
iur  lequelileet  écrit  :  Au  Disu  laconiio  ;  or, 
celui  que  voue  adores  MauâU  eonaaUr«,c'at 
celui  que  je  tous  annonce.  Rapprocbons  quel- 
ques passages  de  plusieurs  âcrivaics  uro- 
uioes.  Et  (l*BtK)rd,  Dîogène  Laërce,  qui  écri- 
vait au  commeocemenl  du  seconti  siècle  de 
l'ère  cbrélieniie,  rapporte  qu'au  temps  d'B- 
piméoide  (e'est-k-dire,  comme  on  le  uroit 
commuoémeot,  Ters  l'an  600  avant  Jéiius- 
Clirisi},  une  peste  rarageant  Alliènes,  et 
l'oracle  a;ant  déclarëque,  pour  la  faireces- 
ser,  il  fallait  purifier  ou  expier  (wAi^r)  la 
ville,  ooeDvojra  en  Cr^le  pour  lairé  venir 
ce  philosophe;  qu'arrives  Athènes,  Epi- 
méuide  prit  des  brebis  blanches  et  des 
lirehîs  noires,  et  les  conduisît  au  haut  de  la 
ville,  où  était  l'aréopage;  que  de  là  il  lea 
laissa  aller,  ajanl  eu  soin  toutefois  de  les 
faire  suivre,  arec  ordre  de  les  laisser  aller 
partout  où  elles  voudraieul,  et,  lorsqu'elles 
ae  seraient  arrêtées  d'elles-mômes,  de  les 
immoler  aw  dieu  du  Heu  U  plus  voisin,  ou  aw 
disu  qu'il  conviendrait  ;  et  que  c'est  ainsi 
qo'iiatcesserlapesle.  Après  ce  récit  Diogène 
ajoute:  ■  De  1&  Tieut  qu  encore  aujounThui 
ou  voit  dans  tous  les  faubourgs  d'Athènes 
.  des  autels  sans  nom  de  dieu  (imi^^vt)  érigés 
en  uiémoire  de  l'expiatioa  qui  fut  faite 
alors  (95).*  Pausanias,  qui  a  écrit  avant  la 
Cu  du  second  siècle,  parlant  dans  ladescrip» 
tioa  d'Athènes  d'uu  autel  &  Jupiter  Olym- 
pien, ajoute  :  >  Et  près  de  A  se  trouve  uq 
auleld«dr«u2tiiGonttiM  (96). sCe  même  écri- 
vain parle  dans  un  autre  endroit  d'autels  dt 
dieux  apptUi  inconnue  (97).  Philoslrate,  qui 
florissait  au  commencement  du  troisième 
aiècle,  fait  dire  h.  Apollonius  de  Tyaoe, 
a  qu'il  était  sage  de  parler  avec  respect  de 
loos  les  dieux,  surtout  à  Âthhuê,  où  fan 
élnait  du  autels  aux  génies  inconnus  (98).  • 
L'auleor  du  Dialogue  Pkilopatris,  ouvrage 
attribué  par  les  unsè  Lucien,  qui  écrivait 
vers  l'an  170,  et  pard'anlfeskun  païen  ano- 
nyme du  quatrième  siècle,  fait  jurer  Crilias 
ftar  la  dieux  inconnus  itÀtMnes,  et  aur  la 
lio  du  dialogue,  il  s'exprime  ainsi  :  Hais 


APOLOCETIQW-  ^^CT  t» 

tâchons  de  découvrir  la  dieu  ioonnuu  à 
Athènes;  et  alors  levant  dos  mains  au  ciel,, 
offrons-lui  no»  louanges  et  nos  actions  de 
grAces.  »  D'après  ces  divers  témoignages,  il 
paraît  hors  de  doutequ'ao  temps  ou  laulbur 
des  Actes  nous  dit  que  saint  Paul  se  trou- 
vait i  Athènes,  il  y  avoit  des  autels  qui  por- 
taient Bette  ÎDSoription,  Il  parait  encore  in- 
dubitat>le  qu'une  telle  inscription  était  par- 
ticulière è  Athènes,  puisque  les  anciens 
auteurs  en  parlent  comme  d'une  chose  re- 
marquable, et  que,  d'un  autre  cAlé,  nous 
n'avons  pas  un  seul  monument  historique 
qui  prouve  qu'il  ait  existé  ailleurs  des  au- 
tels portant  une  pareille  inscription.  Or, 
supposons  que  l'histoire  de  saint  Paul  tra- 
cée dans  les  AcfM  des  apâtrea  soil  une  fable 
imaginée  par  un  faussaire,  l'auteur  de  cette 
histoire  eût-il  Jamais  saisi  une  circonstance 
aussi  extraordinaire,  et  l'eOt-il  appropriée 
&  son  ;si^el  au  moyen  d'une  allusion  si  bien 
adaptée  au  caractère  et  k  la  mission  du 
grandApètre? 

^cJ.zvm.,2:  Et  ai/ant  trouvé  (àCorinlbn) 
H»  Juif...  qui  était  nouvellement  «etM  if  Ito- 
lie  avec  Pnseille  ea  femme,  parée  que  Claude 
avait  ordonné  â  tous  les  Juifs  de  sortir  ds 
Morne.  Or  ce  passage  est  une  preuve  sensible 
que  l'auteur  du  livre  des  Actes  était  parfai- 
tement informé  dans  tout  ce  qu'il  écrivait. 
Et  en  elfet  Suétone  nous  apprend  que  l'enc 
pereur  Claude  chassa  les  Juifs  de  Rome  b 
cause  des  bruits  qu'ils  y  causaient,  poussés 
psrChresl  iJudoos, impulsante Chresto, assi- 
due lumultuantes  -Roma  expulit  (99).  Quant 
è  ce  personnage  désigné  par  Suétone  sous 
le  nom  de  Ckrett,  on  ne  doute  pas,  comme 
le  remarque  judicieusement  D.  Calmetdans 
ton  Commentaire,  que  cène  soit  Jésus- 
Christ;  car  les  païens  lui  ont  donné  ce  nom, 
comme  aux  chrétiens  Celui  de  Chreitiani. 

Aet.  XXI,  33,  2ib  :  «  Noos  avons  ici  quatre 
hommes  qui  ont  fait  nsw,  prends-les  aves 
toi,  et  puriBe-toi  avec  eux,  et  paye  pour  eux 
sQo qu'ils  se  raient  latite.  «Pour  bieo  com- 
prendre ces  versets,  il  faut  savoir  premiè- 
rement que  par  vau  on  entend  ici  celui  des 
nazaréens;  en  second  lieu,  que  c'était  parmi 
lea  Juifs  une  pratique  de  piété  que  de  con- 
tribuer aux  frais  des  offrandea  des  nazaré* 
eus,  pour  avoir  part  au  mérite  de  leur  v<EU. 
Ainsi  le  sens  de  ces  derniers  mouajin  qu'il» 
se  rasent  la  tête,  est  a/in  qu'ils  puissent  se  raser 
la  fAe,c'est-b-dire  de  pourvoir  aux  dépenses 
quel'acconinlissementtieleurvcsupouvaitoc- 
easionner.  Or,  Joséphejnous  fournit  d«ux  pas* 
sagesd'unecooformilé)»arfoile  avec  la  texte 
des  Actes,  tant  pour  cette  pratique  que  pour 
l'expression  elle-même  :  «  11  est  d'usage,  dit 
cet  bislorieo,  que  ceux  qui  ont  été  afiligéa 
pir  quelque  maladie,  ou  qui  se  sont  trou- 


(92)  loun.,  Antiq.,  1.  ht,  e.  10. 1  %L 

JVi)  TuTDiX.,  sd  Sût.,  L  I,  c.  IS. 
U)  Epipum.,  haens.  80.  —  Los  JuiTi  choiiis- 
BDt  ainû  les  bords  àm  riviéns,  pane  qu'ils  a» 
croysieni  pas  devoir  vaquer  k  la  prière  stme  de 
s'dtre  puriOés  parl'ean.  On  peut  voir  dans  la  SyMO- 
jof Hf/Kdaifw  du  Jeaa  Buxtorf  1«  piescripiiuiis  des 


rabbins  k  cet  énrd. 
(96)  DiMSH.  LiKaT.,  ta  Epimenid.,  I.  i,  |  110. 
(9«)  Pkvux.,  Alîk.,  L  V. 
(97lPtinAH.,t»i4.,  1. 1. 

(98)  Philobtb.,  rite  Àpell.  Tvsn.,  1.  tu  r.  5. 

(99)  SeiT..  ta  CImaé.,  cl». 


157  ACT  MCnonUlBE 

tét  du»  un  4l«i  critique,  fitsent,  trenla 
jeara  araot  d'oflrir  Im  saeriSers,  le  vœu  de 
■'•biteinr  de  vin ,  el  de  rmtr  la  ekenux  d« 
Inr  léU.  lût  Ml.,  1.  XI,  c.  15.1  El  daas  uo 
autre  endroit  :  «  Bt  loi  (Bérode  Agrippa), 
l'étant  rendu  à  Jéranlea,  offrit  de*  sacri- 
fices d*eetioiu  de  grteet  sans  rien  omettre 
<(e  68  qui  est  prescrit  par  la  loi.  //  eut  »m 
«un  Cl  faire  rmter  im  groÊA  nambr*  de  «•- 
mtAm.  »(iliift7.,l,xix,e.6.}— Aai  versets 
H-Sda  ea  mène  cbipître  xxi,  l'auteur  des 
i<M>  parla  d'en  corps  de  soldats  romains 
qui  étëient  efaar^ésde  riprimer  les  tumuHes 
popaleires.  Il  bit  aossi  menlîoa  d'un  camp, 
cett-i^ire  d'une  forteresse  on  d'une  cita- 
<MW  habitée  par  des  soldats:  car  le!  est 
tttdcBBeat  le  sens  du  mm  grec  MucpSàk^ 
capiojé  dans  le  texte  original,  et  o'esca- 
liars  fui  paraissaient  être  h  cAté  du  temple. 
Ar,  ces  mêmes  parlieularités  se  retrouvent 
diâ*  BM  htaloire  publiée  dans  ea  même 
temps  et  dans  ce  même  pays  :  voici  en  efft»t 
caqM  noua  lisons  dans  Josèphe  :  ■  Aotonia 
élaii  btlie  k  l'angle  des  poriiqoes  situés  i 
f'wtenl  et  an  nord  da  tempte  eilérieur. 
Celle  loor  s'élevait  sor  on  roc  de  cinquante 
coudées  de  beat  et  escarpé  de  tontes  p«rt9. 
Da  (Oté  oft  elle  se  réonissail  aai  portiques 
du  temple,  il  j  avait  des  ucalitrM  qui  com- 
■HoniquaJenl  à  chaque  portique  ut  |iar  ofl 
U  garjU  desoaodalt.  C'est  là  qu'une  légion 
reanàic  était  toujours  caserneu;  de  I&  «Ile 
plaçait  des  senlinella*  années  en  différents 
p0*les  sous  les  portiques;  elle  surveilluit  le 
pcnple  dans  les  jours  de  fêtes  pour  prévenir 
U  dé$»rért.  Ainsi  le  tempitt  prolëgeuii  la 
riile,  ef  la  tour  Aotonia  protégeait  le  tem- 
{4e.-(0cMf.,  1.  V,  e.  S,  |8.) 

Aei.  Kui,  35  ;  Mais  qvmii  îti  Feurent  al- 
tmeU  mvtc  et»  tmtrroiea,  Pa^  dit  an  eaU»- 
mi^r  fHJ  était  prit  de  tut:  Vaut  têt-U  permii 
da  battre  de  vergée  u*  citoyen  romain,  et  qui 
»'*  poimt  été  eondawmét  Les  lois  naturelles 
de  loates  les  nations  défendent  de  punir 
no  bomme  qui  n'a  été  iii  enleadu  ni  oom- 
damné;  mau  les  lois  défenilaiant  de  pins 
qa'oB  ioOigeftt  le  supplice  du  fouet  k  un 
cîto/eo  romain.  Poreia  lex  ab  onMtKi»  ci- 
naa»  MomuMomm  eorpore  mawvet,  dit  Cioé- 
roo  ftOO).  Et  ailleurs  pariaut  d'un  citurea 
qoe  verres  flagellait  quoiqu'il  iovuquStMns 
cesse  son  titre  :  Civi»  Romanue  «tim,  il  s'é- 
crie qae  e'esl  déjà  un  grand  mal  que  de  je- 
ter dan*  les  fers  un  citoyen  romain,  mais 
Ïna  c'est  un  crime  énorme  que  da  le  fouetter: 
ofâMiu  ett  emctri  etenn  JtatiMiRiiM,  leelu* 
teréanri  (101}.  —  Au  verset  27 on  remarque 
aoe  coîDcideoee  plus  frappante  encore;  il 
;  est  dit:  Et  le  Irilm»  vint  à  Paui  et  M  dit: 
•  iH»-wtoi,  ee-tu  Bomaimf  El  il  répondit:  Je 
la  amie.  Qu'un  Juif  se  soit  présenté  comme 
éiaatcilojen  romain,  cela  paraît  au  premier 
ataord  one  erreur  grossière  dans  laquelle 
un  bûtories  contemporsia  ce  pouvait  oul- 


AP(H.OGETIQ|]K.  ACT  «ft 

lemeot  tomber.  Heis  Josèphe  prouve  qu'on 
rénoissait  quelquefois  les  deux  qualité, 
quand  il  dit  :  ■  Le  consul  Lnchis  Lenlnlos 
annonça  qu'il  avait  renvoyé  de  son  service, 
les  eitoyene  ramaint  juif»,  qui  observaient' 
h  Bpbèse  les  ritesde  la  religion  juive.  {Anl.t 
I.  XIV,  c.  10,  1 18).  Et  si  l'on  objecte  que  le 
tribun  n'ayant  acauis  le  droit  de  bonrgeoi- 
■ie  qu'au  prix  d  mm  fitrt»  tawme  d'argent 
{verset  28),  on  ne  saurait  supposer  qu'un 
nomme  de  la  oondilioo  Je  Paul  en  ail  été 
investi,  nous  répondrons  avec  Dion  Cassiusi 
>  Ce  privilège,  qui  t'achetait  ei  cher  autre- 
foie,  fut  mis  dans  la  suite  i  un  si  bas  pris, 
que  l'on  avait  coutume  de  dire,  qu'un  bomme 
pouvait  devenir  citoyen  romain  pour  quel- 
ques morceaux  de  verre  cassé.  ■  (I.  lx).  Il 
liaralt.mème  que  cette  dépréciation,  oui 
avait  Goromeocé  dès  te  règne  de  Clause, 
alla  toi^ours  en  augmentant,  car  Salvim, 
qni  vivait  au  v*  siècle,  assure  positivement 
que  de  son  temps  non-seulement  on  ne  fai- 
sait plus  aucun  cas  du  droit  de  citoyen  ro- 
main, mais  qu'on  le  rejetait  avec  dédain 
{102). 

AcI.  XXII,  8  :  Car  let  taddueéent  dîtent  qu'il 
n'y  a  ni  râurrrcfion,  nt  ange,  ni  eiprit,  mais 
lee  pharitiene  recannaiteent  Fun  tt  Vautre, 
Josèphe  dépost)  en  faveur  de  la  v érjlé  de  ce 
passage  :  ■  Us  croient  que  l'âme  de  tons  est 
imoiortelle,  dit  cet  historien  en  pariaut  des 
ptiarisiens;  mais  ils  pensent  en  même  temps 

3ue  celle  des  gens  de  bien  seule  passe  en 
'autres  corps;  tandis  que  l'Ame  des  mé- 
chants est  condamnée  &  des  ebftiiments  éter- 
nels. >  {De  btll. ,  1.  II.  c.  8.  i  i\.)  Alors  le 
même  .écrivain  remarque  que  ■  les  saddu- 
céens  croient  que  l'&me  périt  avec  le  corps.  » 
{AfUiq.,  I.  XVIII,  c.  1,  i  V.) 

Aet.  XXIV,  Si  ;  Quelque»  jour»  apri»,  FéUx 
étant  rrvmu  (i  Césarée)  oece  Orutilie,  au 

{IrmsM,  fui  était  juive,  fit  venir  Paul.  Il  était 
acilek  un  auteur  qui  n'aurait  pas  été  par» 
laitement  informé  de  tout  ce  qu'il  rapporte, 
de  prendre  ici  le  change  ;  on  peut  s'en  cMi- 
Taiocre  k  la  simple  lecture  du  passage  sui- 
vant :  «  A^ippa,  raconte  iosèpbe,  donna  sa 
sœur  Drusille  en  mariage  à  Aziz,  roi  d'K- 
mése,  qui  l'épousa  après  s'élre  fait  eireoo- 
cîre.  Mais  ce  mariage  ne  tarda  jms  i  être 
dissous;  car  Félix  ayant  ju  occasion  de  voir 
Drusille,  pendant  qu'il  était  gouverneur  de 
la  Judée,  et  en  éiaol  devenu  éperdument 
amoarBOX,  il  lui  fit  persuader  par  un  pré- 
tendu magicien  juif,  de  qoitler  Aiix  pour 
l'épouser;  ce  qn  elle  fit  au  mépris  des  lois 
de  sa  nation.  »  {Antiq.,  I.  xx,  c.  6,  {  1 , 2-} 
Or,  nous  voyons  par  ces  quelques  mots  que 
Josèphe  s'accorde  exactement  avec  l'auteur 
des  Acte»  sur  le  rang  qu'occupait  Félix,  sor 
le  nom  de  sa  femme  et  même  sur  la  religioa 
qu'eliepmfessait(108).Aioutons  que  Suétone 
perlant  des  femmes  de  Félix,  numme  expres- 

(100)  CiOCM.  Pr«  RMtio.  puun  :  Banc  nitro  repndlaUr  se  fogiuv.  Ifee  laa- 

tlOII  Ckbm.  ia  V«nwi  .oral.  5.  ty  "le.  t>A  etian  .boimMbila  pêne  babelar.  • 

ftni)  t  NomeH  dvium  Rouuiwnim  aliqoando  (Siltiu.,  A*  JW  fOMn.,  I.  v.) 

ftou   tolain  DMsno  ciûmatum,  ted  et  matw  em-  (193)  Que  fousdle,  en  epeusut  Fdix  qol  atail 


4» 


JkCT 


nCTlONNAIRE 


■Amiinl  Druaille,  lllle  du  roi  Agrippa  {tOk). 
Âct.  szv,  13  :  Àlcri  Feiiut,  aprit  n  avoir 
conféré  avec  ion  eotueit,  répondit  :  Tuât  ap- 
ptté  d  Ciiar,  t»  irat  devant  Cétar.  Ce  rerset 
»u|t|K>se  que  Peslus  arait  an  conseil;  or 
nous  voyons  par  un  passage  du  discours  de 
tiicéron  contre  Verres,  que  Jes  prriaideDls 
romains  avaieDl  ordinairement  un  conseil 
composé  de  leurs  amis  et  des  principaux 
Komains  cftii  se  trouTaienI  dans  la  pro- 
viucu  (105). —Au  verset  suivant,  dous  li- 
flona  :  Quelqaeê  jours  aprit,  te  roi  Agrippa 
et  Bérénice  vinrent  à  Cétarée  pour  taitter  F  et- 
tut.  Remarquons  bien  que  l'écrivain  sacré 
en  uous  apprenant  qu'Agrippa  était  roi, 
D'Gjoute  pas  qu'il  fût  roi  de  la  Judée.  Or, 
ctHle  parlicularitë  est  une  Douvelle  preuve 
de  sa  grande  eiactilude,  car  l'histoire  de 
cette  époque  correspond  parfaileiueal  avec 
sa  narration.  Cet  Agrippa  doot  il  est  parlé 
ici  était  fils  tl'llérode  Agripps,  roi  de  Judée, 
qui  fil  mourir  saint  Jacques,  Or,  Josèpbe 
nous  apprend  qu'il  ne  succéda  poiut  au 
royaume  de  sou  père,  qu'il  ne  recouvra  pas 
môme  la  Judée,  qui  eu  fsisait  partie,  quoi- 
que à  la  mort  d'Hérode,  Claude  eût  eu  l'in- 
tention de  le  mettre  immédiaiemt;nt  eu  pos- 
session de  cet  héritage;  mais  l'erafiereur 
apprenant  qu'Agrippa,  son  lîls,ii'avait  qua 
dix-sept  ans,  changea  d'idée  et  nomma  Cus- 
pius  Fadus  préfet  de  la  Judée  et  de  tout  le 
royaume  (106).  Fadiit  eut  pour  successeurs 
Tibère  Alexandre,  Cumanus,  Félix  et  Fes- 
tus  (107J.  Mais  quoique  Agrippa  n'eât  pas 
été  mis  en  possession  du  royaume  de  son 
père*  dans  lequel  la  Judée  était  comprise, 
il  ne  laissait  pasd'âlre  légitimement  appelé 
roi.  Le  mfime  écriToin  nous  apprend  encore 
que  ClauJe.qui  lui  avait  d'abord  donné  le 
royaume  de  Chalcide,  lui  en  accorda  un  plus 
considérable  dans  le  même  temps  qu'il  en- 
voyait Félix  comme  procurateur  en  Judée, 
puisqu'il  lui  donna  la  lélrarcbie  qu'avait 
eue  Philippe,  en  y  Joignant  aussi  celle  de 
Lysaniss  el  la  province  qui  avait  appartenu 
h  Varus  [1081.  Au  chapitre  suivant  {Act. 
xsvij,  SBiDt  Paul  s'adressant  à  ce  même 
Agrippa  suppose  qu'il  était  Juif  :  O  rai 
Agrippa,  nt  croit'tu  pat  aux  prophitetf  Je 
tait  que  tu  y  croie.  (Vers.  ST.)  Il  était  Sis 
d'Hérode  Ai;fii>ps,  que  Josèphe  nous  repré- 
seute  comme  un  Juif  plein  de  zèle;  il  était 
donc  tout  naturel  de  le  supposer  dans  les 
mêmes  princi|ies  que  son  père.  Mais  ce  qui 
est  plus  important  6  remarquer,  comme 
étant  plus  précis  et  plus  circonstanciel,  c'est 

Îue  l'auteur  des  i4c{»  parlaut  du  père  (xii, 
)  l'appelle  le  roi  Hérode,  en  nous  donnaut 
une  preuve  de  l'exercice  de  sou  autorité  h 
Jérusalem,  tandis  que  parlant  du  fils  (xxv, 
IS),  iJ  le  nomme  roi,  mais  non  pas  du  la 


APOLOGETIQUE.  ACT  f« 

Judée;  diatinclion,  nous  aimons  h  )e  répé- 
ter, qui  est  parfaitement  conforme  k  l'his- 
toire, et  qui  montre  par  conséquent  ta  Bdé- 
lité  et  l'exactitude  de  l'écrivain  qui  a  com- 
posé les  Aclet  Het  Apôtrei. 

Act.  XXVI,  5.:/'aj  suteî  h  ttcte  det  Pkari- 
tient  qui  ett  ta  plut  exacte  de  notre  religion. 
Cette  assertion  se  trouve  confirmée  par  I'sih 
torilé  de  Josèpbe  qui  dit  formellement: 
■  Les  pharisiens  étaient  regardés  comme  les 

f  Jus  religieux  et  les  plus  exacte  d'entre  les 
uifs,  et  même  comme  les  plus  habiles  h  ei- 
ptiquer  les  lois.  ■  (De  belt. ,  i,  i,  e.  &,  |  S.) 
On  peut  remarquer  qu'il  se  trouve  ici  une 
correspondance  porfaile  entre  l'auteur  des 
Aetet  el  l'historien  de  la  nation  juive,  oon- 
seulement  dans  le  sens,  mais  encore  daui 
l'expression  :  le  raème.adjectif  grec  se  trouve 
dans  l'original  des  deux  écrivains  :  ixftBta- 

ripov,  «KptSiaréTqy. 

Act,  XXVII,  1  :  Loriqu'it  eut  Ai  rétolu  que 
Paul  irait  par  mer  en  itatie  et  qu'on  It  remet- 
trait avec  let  autret  pritonnitri  à  un  cenle- 
niernommé  Jule.iiMoiaaa  la  Vulgate  diffère 
un  peu  ici  de  l'originai  grec,  qui  lit  &  la  let- 
tre :  Lortqu'U  eut  été  résolu  que  noutnout 
embarqaerioni  pour  l'Italie,  on  remit  Paul 
avec  quelquei  autret  pritonniert,  etc.,  les 
deux  textes  renferment  également  quelques 
mots  qui  nous  fournissent  une  nouvelle 
preuve  de  l'exactitude  historique  avec  la- 
quelle le  livre  des  Actet  det  apdtrit  a  été 
composé  par  son  auteur.  En  effet,  nous 
voyons  dans  l'original  grec,  comme  dsns  II 
version  latine,  que  , non •  seulement  saint 
Paul,  mais  encore  un  certain  nombre  d'au- 
tres prisonniers,  étaient  transportés  sur  It 
même  vaisseau  en  Italie  :  ce  qui  douue  clai- 
rement 6  entendre  que  l'on  était  en  usage 
d'envoyer  des  accuses  de  la  Judée  k  Rome 
pour  y  être  jugés.  Or,  l'historien  Josèuba 
nous  en  offre  un  grand  nombre  d'exemples; 
nous  nous  bornons  è  citer  le  suivant  comme 
se  rapprochant  le  plus  du  [lossage  des  Acta, 
ut  par  l'époque  à  laquelle  le  fait  qu'il  pré- 
sente a  eu  lieu,  et  parla  nature  du  sujet 
lui-même  :  ■  Félix,  pour  quelque  légère  of- 
fease,  mit  aux  fer»  et  envoya  à  Rome  plu- 
sieurs prêtres  du  sa  connaissance,  gens  ver- 
tueux el  honnêtes,  qui  devaient  se  justifier 
devant  César,  ■  [Jobepb.,  in  Vita,  \  3.) 

Act,  xxviu,  11-14  :  Nous  lisons  que  saint 
Paul,  transporté  en  Italie,  par  un  vaisseau 
d'Alexandrie,  débarqua  h.  Pouzzoles.  Or, 
comme  le  remarque  judicieusouienl  Uug,les 
écrivains  profanes  nous  apprennent  que 
c'était  en  elftit  cette  ville  qui  recevait  habi- 
tuellement dans  son  port  les  vaisseaux  d'A- 
lezaoïlrie,  et  qui  recueillait  leurs  marchan- 
dises dans  ses  magasins  (109).  Au  verset  15 
de  ce  même  chapitre,  c'est  eucore  Uug  qui 


piiea,  ail  giûué  b  relifiioD  des  Juifo,  comme  <iuel-  lie  C.  sacerdotis  fuerant,  tiliique  esse  volebaiil.  re- 
qurs-uns  le  préteodeal,  elle  D'an  éutt  pas  moins  uioiis,  de  rejudicaujudicasse.i  (Cicer.,  tii  V«rrem.i 
juive  de  naissance  ;  el  par  coiiséquent  l'eiaclitude         (lOB)  Joseph.,  Antiif,,  1.  m,  c.  9. 


de  récrivaio  sacré  se  trouve  par  là  même  k  l'abri 
coiiirtt  Mut  reproche. 

(IU4)  SoETON.,  JH  Ctaué.,  e.  M. 

flUS)  <  Iliud  negare  posses,  aul  noDC  nesabis,  le, 
voDsilio  tito  dimisBO,  virit  pruuariis,  qui  la  coiisi- 


}l07)  Jqseph.,  Debetl.,  t.  ii. 

(108)  Josera.,  De  belt.,  t.  ii,  c.  ft. 

(l09)STaACO,  1.  ivii,  P3K.  7U3.édil.  S,  CÀStO-; 
Seneca.,  Jfffiii.,  I.  uvii,  Apud  Hvc,  £m(eii,.  Ui.1. 
»eit.  ï*.  ' 


ACT 


MCTKNIIUIBE  APOLOGETIQUE. 


ftil  eeUeot»ervalioa,oa  Toît  qoe  les  amis 
d«  fêa]  illeadeoi  son  arrirée  su  Marché 
d'XpfiuM  (FammAppii),  el  d'aulras  ani 
Troû-HAlelleri>s  {Trtê-TabenuE}.  Paul  s'em- 
ba/^M  apparemment  sur  ao  caoal  que  César 
■Tait  creusé  au  travers  des  mirais  Pnolitu  ; 
il  dut  par  cela  mèfbe  ^sserau  Marché  d'Ap- 

C'uM,  qui,  i  l'extrémité  de  ce  canal,  on  était 
port  (110).  Quant  aux  Troia-HAtelleries, 
dies  étaient  situées,  saÏTAiU    l'Itinéraire 
d'Aotooia  (lllj,k  dixmîlles romains  plus  près 
delAme.  On  roil  par  la  que  le  voyage  de 
niât  PaaI.  (d  qu'il  est  décrit  daos  les  Acia, 
■etroare  exademaot  conlorme  aux  circons- 
taoees  lopograpbiques  que  les  auteurs  pro- 
baes  oous  ont  conservées.  —  Eofin,  aux 
vends  16  et  90  noua  Jisoos  :  Quanit  nom 
fimamivét  à  Rome,  ok  permit  d  Paul  de 
ioHwar  «H  partieulitr  mte  tm  Moldat  qui 
b§m4nt...  car  e'itt  pour  fiMpértmee  alt- 
mt  fM  je  Muù  M   dt  cette   chatne.   Ici, 
coBiiDe  on  le  voit,  l'auteur  des  Ades  alfirme, 
ffiqiie  saint  Paul,  quoîaue  prisoDuier,  eut 
la  ubcrlé  de  demeurer  nôrs  de  sa  prison, 
mû  avec  un  soldat  qui  ne  le  quittait  pas 
00  seul   instant,  et  que  cet  illustre  apOtre 
était  lié  d'one  chaîne.  Or,  les  historiens  pro- 
bces  nous apprennentqu'on  permettait  quel- 
quefois, en  effet,  à  un  prisonoier  de  demeu- 
rer es  son  particulier  avec  un  soldat;  maia 
ilderail  être  attaché  par  la  main  droite  k 
iiwcluIiMqDi  tenait  par  sou  extrémité  k 
la  gauche  du  soldat  qui  le  gardait.  Dlpien, 
Séoèqae   et  losèphe  aous  (ouraisseot  plus 
d'une  preuve  en  faveur  de  reiislence  de 
cet  usage.  Ce  dernier,  entre  sulres,  raconte 
que  lorsque  Agrippa  fut  renfermé  par  ordre 
«  Tibire,  Antonia  fit  en  sorts  que  le  cen- 
tHiier  et  U  aoUat  avec  tequel  Agrippa  se 
tmtcait  /i/ fussent  des  hommes  d'un  carac- 
tère doux  (118). 

Ko  Toîla  assez,  ce  nous  semble,  pour 
Donlrer  juaqu'k  l'évidence  que  sous  le  point 
de  Tue  des  laits  de  l'histoire  proprement 
dite,  aossi  bien  que  sous  le  rapport  des 
■Doeurs  ,  des  nsages  et  de  la  topoffUpbie  »  le 
livre  de*  Aclet  porte  au  suprême  d^ré  tons 
les  caractères  possibles  de  fidélité  et  d'exac- 
tiiode,  e*ett-i-dire  tous  les  caractères  d'au- 
thenticité. 

Cd  Isussaire,  oo  même  un  auteur  de  bonne 
ibi  qui  écrit  louglemps  après  les  événe- 
ments sans  en  être  parfaitement  informé, 
lombe    nécessairement    dans    des    erreurs 

Ïiand  il  s'agit  surtout  desouteuir  jusqu'à 
fia  Ifl  caractère  propre  aux  personnages 
qu'il  met  en  scène ,  ou  d'exposer  les  faits 


Ïui  intéressent  In  cause  qu'il  a  embrassée. 
n  effet,  l'expérience  de  Ions  les  temps 
prouve  que  de  pareils  écrivains  ne  man- 

Îoeot  jamais  d'un  côté  de  se  contredire,  et 
e  l'autre,  de  laisser  apercevoir  un  certain 
esfirit  de  partialité.  Or,  tout  lecteur  qui 
examinera  le  livre  des  Acleâ  sans  être  pré- 
venu lui-même,  ne  trouvera  nulle  part  'lans 
son  auteur  aucun  de  ces  défauts;  il  décou- 
vrira, an  contraire,  à  chaque  page,  et  même 
à  chaque  ligne,  lea  preuves  manifestes  que 
cet  écrivain  avait  une  connaissance  parfaite 
ds  tous  les  faits,  et  qu'il  les  a  rapporiés 
avec  une  sincérité  et  une  candeur  qu'un 
imposteur  ne  saurait  imiter.  Bornons-nuus 
i  un  petit  nombre  d'exemples,  la  preuve 
que  nous  venons  de  donner  en  renferme 
assez  d'autres.  Au  chapitre  xxv,  fS,  19, 
I  auteur  du  livre  des  Acte»  bit  dire  au  gou- 
verneur Feslus,  en  parlant  de  saint  Paul, 
(^ue  les  Juifs  avaient  conduil  à  son  tribunal  : 
Set  aecvatatrt  étant  devant  lui,  ne  iui  r«> 
prochérent  aucun  des  crime»  dont  je  pentaii 
qu'iU  raeemeraienl  ;  ilt  avaient  eeulement 
quelçua  dispute*  avec  lui  touekata  leur»  tu- 
perititiont,  et  touchant  un  certain  Jétut 
mort,  que  Paul  asêurait  être  vivant,  ftieo 
assurément  ne  saurait  mieux  peindre  le 
caractère  d'un  gouverneur  romain  que  ces 
paroles;  mais  ce  n'est  pas  sous  ce  point  de 
Tue  que  nous  les  présentons  ici.  Dn  simple 
panégyriste  ,  un  historien  peu  sincère , 
n'eussent  jamais  parlé  ou  fiiit  parler  un  pre> 
mier  magistrat  dans  la  cause  qu'ils  auraient 
épousée  avec  ce  ton  d'îndiUérence  et  de 
mépris.  Nous  taisons  la  même  observation 
par  rapport  au  discours  que  le  même  auteur 
des  Aciu  (xTiii,  U)  met  dans  la  bouche  de 
GalliOR.  Quelle  preuve  plus  forte  encore  de 
la  sincérité  et  ae  la  bonne  foi  de  cet  écri- 
vain, que  lo  manière  dont  il  soutient  dans 
tout  le  cours  de  sa  narration  le  caractère 
de  son  principal  héros)  En  effet, saint  Paul 
se  mnntre  constamment  le  même  dans  toute 
la  suite  de  son  histoire  ;  cette  chaleur,  cette 
activité,  ce  zèle  qui  lui  étaient  si  naturels, 
se  manifestent  d'abord  contre  les  chrétiens, 
puis  en  faveur  de  la  cause  de  ces  wêmBa 
chrétiens.  Enlin,  quand  l'auteur  des  A«let 
dit  en  parlant  des  prédications  du  grand 
Apétre  a  Rome  :  £«  tau  croyaient  ce  qu'il 
duait  f  et  la  outra  ne  le  croyaient  pat 
(xxviii,  9k),  il  fait  un  aveu  propre  i  jeter 
du  discrédit  sur  la  religion  dont  il  était 
ministre  aussi  bien  que  saint  Paul,  smi 
maître;  et  la  manière  même  dont  il  s'expri- 
me en  le  faisant,  prouve  clairement  qu'à 


(lit)  Acaaa.,  ad  Bormt.  Serm.,  1.  i,  saL  v,  lé.  sit  pertoitt,  au  witifi  iradenàa.  t  (Ulmu.,  L  i, 

<  Qwa  ah  Ap^  fbn>  per  Paludcs  navigaUr,  qoas  lecL  De  autod.  et  tMb.  rat.),  — t  QaniaiJwa 

PAJes  Csû  derivavii.  >  Porfk7Tiaa,ad  vers.  14  :  don  «oitm  emiena  et  cnslodiaai  ei  niliiem  ce|m* 

*  Perveniaae  ad  Foran  AH>ii  ioduat,  iibi  tari»  es-  lai,  sic  iua,  qaa  lam  diai^aiilia  tmtt,  puiier  iaca* 


I  Pcr  Palades  naviganinlifaia 
ior.  1  (Apud  Bdc,  loe,  eii.. 


.    .  .  {SsMC,  (fin.  G.) - 

■«  Béne  Sénèqae,  repréMnUat  to«  l«s  haMas 
an  ce  monde  conaie  les  priMmniers  ^  soat  liés 
avec  Bi  soldai,  et  faisant  observer  qw  edni-ei  est 
^Jll)  Aaronm,  JiÙKrar.,  cdiL  WeuelûiB,  p.107;     en  un  seu  anui  Ma  libre  qne  les  prisonnierscin- 
md  Hoc,  ihd.  mêmes,  dît  :  <  Alligatiqae  smbI  etiav  qui  lUipTt 

(t  12)  Jotars.  AaJtf.,  L  xviii,  c.  7,  {  5.  — i  Pro-     nini,  niù  ta  forte  levioreei  in  sinisira  «ateaan  |e- 
— .  — : ._.  i^ygg,  )g  caTceTeoi recif  160118     tam.  *  {Di  (nufaUf.,  1 1,  c  10.) 


Aeroa  ad  vers.  Il 

ucr 

S.) 


1,5  ACt  DICTIOSNAIRB  APOLOCETWCÏ.  ACT  ifei 

nnearanda  simplIcUé  il  joignait  on  amour  pouMît  fttre  embeliie?  Parmi  les  onTrnge» 

d«  la  férilé  non  moins  remarquable.  a[>ocryphesrecueilli«parlosaTanlFflbricius, 

«L'histoire  des  Aetn  des  apôlra,  remarqua  il  sa  iroure  un  grand  nombre  de  fsui  i4ctri 

fort  judicioasement  Du  Voisin,  est  une  suite  d«  apitres  (lUJ  ;  il  suffit  de  les  comparer 

naiurelle  et  nécessaire  de  l'histoire  éYangé-  *»8C  les  Aetet  canoniques  pour  apprendre  t 

tiqua.  La  conduite  que  les  iuifs  «Talent  ne  pas  confondre  le  langage  de  I  imposlore 

lenue  i  l'égard  du  mallre,  prépare  les  per-  »»ec  celui  de  la  Térllé.  Il  y  a,  en  effet,  une 

'  séculiona  qu'il»  font  essuyer  aux  diitciples.  différence  immense  entre  les  Aeiu  apo- 

et  la  récit  ae  ces  perjéculions  sert  h  nous  cryphes  et  ceus  que  nous  attribuons  X  «aiol 

ftire  connaître  do  plus  en  plus  «Tec  quelle  I-ic.  Premièrement,  répoqne  de  )a  fahrica- 

justesse.arec  quelle  exactitude  les  écrirains  t'On  des  premiers  est  farfailement  coniiuei 

du    nouveau    Testament    dépeignent    les  ils  parurent  au  milieu  du  ii*  siècle,  taodis 

mœurs,  les  opinions,  la  caraclèro  et  la  juris-  que  las  nôtres  sont  cités  b  cette  époque 

prudence  des  Juifs  (113).  ■  Les  détails  que  comme  un  ouvrage  canonique:  lémoiaslej 

nous  aTODS  fournis  un  peu  plus  haut,  quand  nombreus  passages  que  Tertullien  en  sUè- 

nous  avons    fait   remarquer  un  si  grand  gne  pour  établir  des  dogmes  de  la  foi  chré- 

Dombredecoîneideneeslesplusminutieuses  tienne.  Secondement,  les  faux  ^IcIm  ont  été 

entre  les  faits  rapportés  dans  la  livre  des  produits  sans  être  appuyés  sur  la  lémoi- 

Aeta  et  ce  que  d'autres  documents  nous  gpage  des  Eglises;  c'est  là  le  reproche  ca- 

apprennent  des  mœurs,  des  coutumes  et  de  piial  que  les  Pères  faisaient  è  ces  sorlM 

l'iiistoira  des  mêmes  temps,  confirmant  de  d  écrits,  eu  traitant  leurs  auteurs  de  f«us- 

la  manière  la  plus  forte  la  raisonnement  de  saires.  On  ne  remarque  rien  de  semblabto 

rhabileeritiqueauquelnousaimonsd'autaiit  par  rapport  &  ceux  qui  portent  la  nom  de 

mieux  k  emprunter  les  preuves  suivantes,  nint  Lac,  et  c'est  aussi   la  raison  pour 

qu'elles  nous  ont  parti  irrécusables.  laquelle  ils  ont  été  universellement  et  cuns- 

<  L'auteurdolivredes^Gfeisedonne  pour  tamment  tenus  pour  authentiques.  Troi- 

conlemporam;  at  même  pour  témoin  d  une  sièmement  enfin,  cas  faux  Aclei  contenaient 

grande  partie  des  faits  qu'il  raconte.  Lors-  des  absurdités  révoltantes,  des  erreurs  for- 

qn'îl  décrit  les  voyages  de  saint  Paul,  il  mellement  opposées  aux  doctrines  aposio- 

parle  en  son  propre  uom,  comme  l'ayant  liques,  tandis  que  dans  ceux  qui  font  narlle 

suivi  dans  toutes  ses  courses.  Ifoui  cher-  du  Nouveau  Teslament  on  na  saurait  dé- 

ehânuê  à  potier  tnMacidoine Nous  arri-  couvrir  aucun  défaut  de  cette  nature. 

rdmci  dont  la  Samothraet....  Nous  detneu-         «  Le  livre  des  Jcfei  présente   encore  un 

rdme$  quelqtui  jours  à  Pkilippti,  etc.  {Act.  autre  caractère  d'authenticité  :  il  renferme 

XVI.)  Jusque-là,  il  avait  écrit  l'histoire  de  l'histoire  de  l'établissement  des  premières 

tous   les  af)Atre8;  mais  au  moment  où  H  Eglises,  !e  récit  des  miracles  opérés  par  les 

s'embarque  pour  la  Macédoîn«i,  il  les  perd  apdlres,  les  exhortations  qu'ils  faisaient  aui 

dt9  Tue, et  dans  tout  le  reste  de  son  ouvrage  Juifs,  aux  païens,   aux  néophytes;  leurs 

il  n'est  plus  occupé  que  de  saint  Paul,  qu  il  réponses  aux  interrogatoires  qu'ils  subîs- 

«eecmpagne  jusqu'à  Borne.  Là  se  termine  saienl  devant  les  juges;  leurs  voyages  pi 

sh  narration,  qu'il  n'eât  pas  manqué  de  leurs  succès  dans  les  différentes  villes  où  ils 

conduire  jusqu'à  la  mort  de  t'Ap^ktre,  s'il  allaient  t>orler  la  lumiùrede  l'Evangile. Tous 

n'eût  pas  écrit  avant  son  martyre.  Un  faus-  les  faits  rapportés  dans  ce  livre  ne  se  sont 

sair«,  qui  se  serait  caché  sous  le  masque  pas  passés  dans  une  saule  ville,  dans  uoe 

d'un  disciple  de  saint  Paul,  aurait-il  nban-  même  province  :  Jérusalem,  Samarie.Céu- 

donné  son  héros  au  milieu  de  sa  carrière?  rôti,  Antioche,  Athènes,  Eptièse,  etc.,  les 

Aursil-il  rompu  le  fil  de  son  histoire  au  principales  villes  de  l'Orient,  sont  le  théâtre 

moment  qui   devait  être  le  plus  glorieux  de  leur  prédication  ;  mais  si  l'auteur  des 

f «ourson  maître,  et  le  plus  intéressant  pour  Acttt  n'eut  pas  été  conlem|>orain  et  comps- 

ses  lecteurs?  8e  serait-il  refusé  au  pfaisir  gnon  des  apCtres,  comment  aurait-il  pu 

de  rapporter  les  disputes  vraies  ou  suppo-  réunir  en  uu  seul  corps  une  histoire  dont 

sées  de  saint  Paul  avec  les  Juifs  et  les  phi-  toutes  les  punies  étaient  si  éloignées  li-s 

lusophes  de  Rome?  les  prodiges  qu'il  aurait  unes  des  autres?  Si  l'on  prétend  qu'il  l'a  ré- 
opérés  dans  cette  capitale  du  monde,  les  -  digéa  sur  des  mémoires  qui  lui  ont  été 

fureurs  de  Néron  contre  les  chrétiens,  l'em-  fournis  par  les  Eglises  apostoliques,  c'est 

finsonoemant  de  l'Apdtre,  sa  murt  el  touli'B  avouer  l'authenticité  de  l'ouvrage,    sinon 

es  circonstances  dont  une  pareille  histoire  quant  A  la  formo,  du  moins  quant  A  la  sub- 


(ItS)  Da  VoniH,  Vwaoritédti  livret  du  JVo«m« 
Ttttmnuni,  ch.  3,  arU  3. 

(lli)  it  but  remarquer  que  parmi  les  faui  Aetet 
dtt  ApiiTit  plaiieurs  oui  éw  compotes  pir  des  dlt- 
ciale*  Idée  des  apéiret  ;  en  sorte  que  sur  tous  lei 
tuu  qu'il»  npporteiil  it  peut  s'en  iraurer  quelques- 
un*  lie  vrais  ;  mais  ceui-IA  même  oni  été  iiilert>otés 
par  les  béréliquei.  L«i  ébioniles  en  pirticulier  cor- 
rompirent lee  Actes  compotes  par  saint  Luc,  en  y 
mêlant  des  traits  Injurieux  à  là  mémoire  de  stint 
Jacquet,  de  saini  Pierre  et  de  tilnl  Paul.  Les  prin- 
cifttui  Aeiet  apocrjphu  sont  1 1'  let  AcIm  de  taml 


Pierre,  qui  portent  nlgtleurs  autres  noms,  tels  qur 
les  CouT$et  ou  tes  Vogagei  de  taint  f  terre  (Ptriaii 
Peiri)  ;  let  Ricogaiiiotu  de  laint  ClimeMt,  la  Cm- 
iriM  on  t»  Prédication  àe  Mint  Pierre  ;  îr  l'Apoca- 
lypte  de  viini  Pierre  ;  3*  le  Jugement  de  lainl  Piave; 
4*  tel  .Utet  de  laMl  Paul  ;  S*  les  Actes  de  tainiJam 
PitaagilÎMle;  6°  let  Aetet  de  laiHt  Aruiri;  l' les 
Aciei  de  taint  Thomas;  8*  les  Acte*  de  taint  PU- 
lippe;  9*  i'Apoealypte  de  Mini  Peut,  Un  peut  voir 
quelques  déiaiis  sur  eet  ouvrages  datia  la  Prtfsca 
de  l>.  Ualmel  sur  let  Aetet  dit  apitrtt. 


ACT 


nCTKHnUIRE  APOLOGenQUE. 


ACT 


1M 


■baee  de  rhistoire,  el  ce  point  oobs  satGl 
contra  les  incrédules  (115).  si  l'on  Teul  que 
rauleiir  des  Actes  ail  éeni  loDglemps  après 
la  Bort  des-apAlres,  sans  remonter  a  ta 
loom  des  bits  et  dans  In  dessein  de  com- 
poser on  roman  pIntOI  qu'une  histoire  Téri- 
UUc,  BODS  demanderons  rommeot  les  cfaré- 
ticfi)  répandus  dans  la  Judée,  dans  la  Grèce 
et  daas  lllalïe,  ont  pn  recevoir  un  ouvrage 
rwpfi  d'événements  tout  contraires  i  ceui 
ne  la  tradition  de  leurs  églises  avait  dû 
(nir  Iransmellre. 

Dm  DOUTelle  raison  ne  'permet  pas  de 
dealer  que  l'autenr  des  Aetei  n'ait  écrit 
■vnl  le  siège   de   Jérusalem  :  El  parle  de 
cetii  ville,  de  ses  magistrats,  de  son  tem- 
pte,  ta  K:es  et  des  cérémonirs  de  la  reli< 
poe  jnve,  comme  de  choses  encore  sut>- 
sislaBlei  de  son  temps.    Les  apAIres  pré- 
ckenf  rfaas  les  places  publiques  et  à  la  porte 
datasple;  ils   paraissent  devant  le  grand 
fiHn,  les  proconsuls  el   les   tribuns  qifî 
coBsundaient  dans  Js  Judée.  Ce  des  crî- 
■ei  qu'on  leur  impute,  et  sur  lequel  ils  se 
frnent  obligés  de  se  justîHer,  c'est  de  vou- 
loir abolir  la  loi  de  Uolse  pour  lui  subs- 
tilaer  on  nouveau  culte.  {Act.  ti,  xtii.  etc.) 
Les  Chrétiens  eui-mèmes  se  divisent  sur 
robsemocfl  des  cérémonies  delà  loi:  les 
ODS  prétendant  an  être  sETrauchis  par  l'E- 
vangtls;  les  autres  voulant  allier  les  rites 
■osaïqoes  avec   la  foi  chrétienne.  Il  faut 
9H  les  apAtres  s'assemblent  pour  décider 
u  tonale  cette  question,  qui  commen<jaiL  i 
InaMer  la  paix  de  l'Eglise  (xv).  Or,  il  est 
évident  qoe  cette  contestation  n'a  pu  s'éle- 
Ttr  qu'avant  le  siège  el  la  ruine  de  Jérusa- 
lea  ï  car  l'entière  deitructioa  de  celte  ville 
et  de  son   temple  eût  été  pour  les  fidèles 
me  prenve  sensible  de  l'abrogation  de  la 
bi  de  Hoiaa.  Si  l'on  dit  que  ces  faits  sont 
effedîTenieal  antérieurs  au  si^e  de  Jéru- 
salon,  mais  que  l'ouvrage  où  ils  sont  rap- 
portés est  plus  récent ,  nous  ferons  obser- 
ver qu'en   parlant  de  celte  dispute  l'auteur 
des  Aeta  paraît  lui  donner  un  degré  d'in- 
lérét  qai  suppose  qu'elle  n'était  pas  entiè- 
rement assoupie,  lorsqu'il  écrivait  sou  his- 
toire, ffi  ce  livre  n'avait  été  composé  que 
daas  le  second  siècle,  il  7  a  bien  de  l'ap- 
(«reoce  qu'au  lieu  de  cette  question  suran- 
■ée  loaenanl  le*  cérémonies  de  la  loi,  nous 
j  trooTenoos  quelques  traits  relatifs  è  celle 
■ollltiide  d'berésies,  qui  déchirèrent  l'E- 
gfise   iounédiatement    après  la   mort  des 
a}4Ues. 

•  Enfifla  11  est  constant  par  la  préface  des 
ict(«,que  ce  livre,  et  \'Svângitequi  porte  le 
OMo  de  saint  Luc,  sont  sortis  de  la  même 


f  I  IS>  tC««s  SeroM  olwerver  ea  MMani  nr  celle 
nfcuMi  4e  Dm  Votiii,  qoa  l'itaiVIé  4e  style  el  de 
w<mî«w  ^U  est  ÏMfOwWe  de  m  pas  leMarqaer 
mnteaAfia  et  rE»«fii<detaiDt  LncsolliMale 
fMV  iMff -"irr  loM  criUqoe  édaiiédUaieUre  Vkj- 
IMkcae  4M  niiloire  «les  apMns  m'ea  qn'itn 
MjyJe  mrââl  ceiyeté  pltu  un  sar  d'antioBs  né- 

(IIC)  Xnja  MB  pea  plus  haut  les  raisM»  que 
■aas  jret  doesécssa  bveer  de  celle  assenioa. 


plume  (118).  Or,  la  manière  dont  l'anl<>Di 
rapporte  dans  son  Etangile  la  prédiction  de 
la  ruine  de  Jérusalem,  cl  le  silence  qu'il 
gaide  sur  cet  événement  dans  le  livre  des 
Aetei  achèvent  de  prouver  que  ces  deux 
ouvrages  sont  antérieurs  è  l'eipédiiion  de 
Vespasien.  Et  d'abord  si  l'auteur  de  l'fnm- 
giU  attribué  è  saint  Luc  n'eût  écrit  qu'a- 
près la  ruine  de  Jérusalem  (117),  la  prédic- 
tion qu'il  metdans  la  boucbede  Jésus-Clirist 
(£hc,  xxt)  ne  serait  pas,  comme  elle  est, 
entremêlée  d'obscurités  et  de  circonstances 

3ui  semblent  étrangères  à  la  guerre  de  Ju- 
ée.  On  n'j  trouverait  pas  ce  bouleverse- 
ment de  tonte  la  nature,  ces  signes  mena- 
çants qui  doivent  paraître  dans  le  ciel,  le 
soulèvement  des  flots  de  la  mer,  la  oonster- 
oatioD  répandue  sar  Ions  les  hommes,  l'a- 
véoement  du  Fils  de  Dieu,  porté  sur  les 
nues  et  revêtu  de  puissance  et  de  majesté. 
L'évBDgélisle  surait  su  q^ue  ces  prodiges 
effrajaots  n'étaienipas arrivés  lorsdu  siège 
de  Jérusalem;  il  aurait  craint  d'affaiblir 
l'autorité  de  la  prophétie  par  les  difficultés 
c^ue  l'on  aurait  pu  former  contre  son  en- 
tier accomplissement,  difficultés  oui  nais- 
sent de  son  propre  récil,  et  qu'il  eût  été 
si  facile  de  prévenir  par  la  suppression  de 
quelques  lignes.  D'un  autre  cû(é,  il  n'est 
lait  aucune  mention  de  la  ruine  de  Jérusa- 
lem dans  les  Acta.  Il  3  est  dit  seulement 
que  de  faux  témoins  accusèrent  le  djocro 
Etienne  d'avoir  parlé  i^ontre  le  lieu  saint 
et  contre  la  loi,  en  disant  que  Jésus  de  Na- 
zareth détruirait  le  temple  et  changerai! 
les  traditions  laissées  par  Moïse.  [Aci.  vi.) 
Cependant  la  destruction  de  cette  ville,  ar- 
rivée dans  le  temps  marqué  par  Jésus-Christ, 
était  une  preuve  trop  sensible  de  sa  mis* 
sîon  divine  pour  que  les  chrétiens  négli- 
geassenl  de  la  faire  valoir  contre  les  Juifs. 
Outre  que  la  conformité  de  l'évéuemenl 
avec  la  prédiction  eût  montré  que  Jésus- 
Christ  était  un  véritai>le  prophète,  il  n'eût 
pas  été  difficile  de  faire  envisager  aux  Juifs 
réial  déplorable  de  leur  nation  comme  la 
peine  du  déicide  commis  en  la  personne 
du  Messie.  On  dira  peut-être  que  Pauteur 
a  craint  de  se  trahir  et  de  laisser  un  indice 
de  la  supposition  de  son  ouvrage,  en  rap- 
'  pelant  un  fait  postérieur  au  temps  dont  il 
écrivait  rbisloire.  Mais  i)  faut  observer  qne 
la  mort  de  saint  Pierre  et  celle  de  saint 
Paul  n'ont  précédé  le  siège  de  Jérusalem 
que  de  trois  ou  quatre  ans.  Saint  Jean,  et 
peut-être  quelques  autres  d'entre  les  apA- 
très,  ont  survécu  à  la  désolaiion  de  leur 
pajs.  L'auteur  pouvait  donc,  sans  choquer 
la   vraiseiublance ,  prolonger  son  hisleire 

qvi,  qvoiqne  trés-certalM  el  très-vraie^  s  beMÎn  de 
qndqws  preuves  .ponr  parsHn  leui  s  tait  iiidobi- 
uble. 

(if  7)  Le  lecienrdoil  voir  tans  deaK  que  cène 
prêaTeen  faveur  de  l'aiiUienticilé  de  l'Evaiuile  de 
taini  Lac,  qui  serait  naurdIeiaeM  micas  pucée  i 
Tart.  Lvc  (saini),  est  eepeodant  nécesuire  ici  pour 
cowpléier  l'argewent,  dont  le  bat  est  d«  mnntrer 
r«rigiae  aaUmiliqiM  des  Aae*  par  rUentilè  d'a»- 
Icor  des  deux  anvrafes. 


1(3                  ACt                    DICTIOHIIAIRK  AroLOMTiQCB.  A<:t                 ibl 

nnegniida  «impHcU*  il  joignait  nn  amour  pouyait  être  embellie?  Parmi  les  ontingci 

de  la  Térilé  non  moins  remarquable.  af)OCpyphes  recueillis  parlosaMnlFabriciui, 

«L'histoire  des  Aeln  det  apôtre»,  remarque  il  se  tronfe  un  grand  nombre  de  faux  Atui 

tort  iudicioosemenl  Du  Voisin,  est  une  suite  **"  apôtrei  {iiX)  ;  il  suffit  de  les  compam 

naturelle  et  nécessaire  de  l'histoire  évangô-  «'«c  '"  ^c'«  canoniques  pour  appreiiiire  ï 

Itque    ta  conduite  que  les  Juifs  avaient  ne  pas  confondre  le  langage  de  l'imposture 

tenue  k  l'égard  du  maître,  prépare  les  per-  »»ec  c«lui  de  la  Térité.  Il  j  a,  en  effel,  une 


différence  immense  entre  les  Aclti 


a[>0- 


cryphes  et  ceux  que  nous  eltribuoDS  i  saint 
Luc.  Preiuiërtment,  l'époque  de  la  fsbriU' 
tion  dus  premiers  osl  -parfaitement  eonhne; 
ils  parurent  an  milieu  du  ii'  siècle,  tandis 
que  les  ndtres  sont  cités  i  cette  époque 


'  séeutions  qu'ils  font  essuyer  aux  disciples, 
et  le  récit  de  ces  persécutions  sert  à  nous 
fkire  connaître  de  plus  en  plus  arec  quelle 
]uste9se,aTec  quelle  exactitude  les  écrivains 
du    Nouveau    Testament    dépeignent    les 

mceursi  les  opinionSi  le  caractère  et  la  juris-  .                                                       ,    ,- 

prudence  des  Juifs  (1!3}.  »  Les  détails  que  comme  un  ouvrage  canonique  :  témoins  les 

nous  avons  fourni»  un  peu  plus  haut,  quand  nombreux  passages  que  Terlullien  en  allè- 

nous  avons    fait   remarquer  un  ai  grand  gue  pour  établir  des  dogmes  de  la  foi  chré- 

norobrede  coïncidences  les  plus  minutieuses  tienne.  Secondement,  les  faux  Aeta  ont  Hé 

entre  les  faits  rapportés  dans  le  livre  des  produits  sans  6lre  appuyés  sur  le  témoi- 

Aclt$  et  ce  que  d'autres  documents  nous  gnage  des  Eglises;  c'est  Ift  le  reproche  ra- 

anpretioent  des  mœurs,  des  coutumes  et  de  pi'sr  que  les  Pères  faisaient  ï  ces  sorte; 

l'iiistoire  des  mâmcs  temps,  confirment  de  d'écrits,  en  traitant  leurs  auteurs  de  faui- 

la  manière  la  plus  forte  le  raisonnement  de  saires.  On  ne  remarque  rien  de  semblsble 

l'habile  critiqueauquel  nous  aimonsd'autant  par  rapporté  ceux  qui  portent  le  nom  ds 

mieux  k  emprunter  les  preuves  suivautes,  raint  Luc,  et  c'est  aussi   la  raison  pour 

qu'elles  nous  ont  paru  irrécusables.  laquelle  ils  nnt  été  universellement  et  cons- 

€  L'auteurdulivredes^cfei  sedonne  pour  tararaent  tenus  (>our  authenliques.  Troi- 

contemporatn;  et  même  pour  témoin  d'une  siômement  enfin,  ces  faux  Actti  contenaient 

grande  partie  des  faits  qu'il  raconte.  Lors-  des  absurdités  révoltante»,  des  erreurs  for- 

qu'll  décrit  les  voyages  de  saint  Paul,  il  mellement  opposées  aux  doctrines  aposio- 

parle  en  son  propre  nom,  comme  l'ayant  liques,  tandis  que  dans  ceux  qui  font  partis 

suivi  dans  tontes  ses  courses.  Nous  cher-  du  Nouveau  Testament  on  ne  saurait  dé- 


ehinut  à  paner  m  Macédoine Noue  arrî- 

tâmti  dam  la  Samothraee....  Noue  demeu- 
rdme»  quefquet  jourt  à  Pkilippei,  etc.  (Act. 
xn.)  Jusque-lt,  il  avait  écrit  Tbistoire  de 
tous   les  8[>dtres;  mais  au  moment  où  i^ 


couvrir  aucun  défaut  de  cette  nature. 

«  Le  (ivre  des 'Icfet  présente  encore  un 
autre  earaclère  d'authenticité  ;  il  renferoifl 
l'histoire  de  l'établissement  des  premières 
*'~'ises,  le  récit  des  miracles  opérés  par  les 


s'embarque  pour  la  Macédoine,  il  les  perd     apdtres,  les  exhortations  qu'ils  faisaieDlaui 


de  vue,  et  dans  tout  le  reste  de  son  ouvrage 
il  n'est  plus  occupé  que  de  saint  Paul,  qu  il 
accompagne  jusqu'à  Rome.  Là  se  termine 
Sh  narration,  qu'il  n'eût  pas  manqué  de 
conduire  iusqu'è  la  mort  de  l'ApOlre,  s'il 
n'eût  pas  écrit  avant  son  martyre.  Un  faus- 
saire, qui  se  serait  cachi  sous  le  masque 
d'un  disciple  de  saint  Paul,  aurait-il  aban- 


Juifs,  aux  païens,  aux  néophytes;  leun 
réponses  aux  interrogatoires  qu'ils  subis- 
saient devant  les  juges;  leurs  voyages  cl 
leurs  succès  dans  les  diflTérenles  villes  où  ils 
allaient  porter  la  lumière  de  l'Evangile. Tous 
lea  faits  rapportés  dans  ce  livre  ne  se  sont 
pas  passés  dans  une  seule  ville,  dans  une 
même  province  :  Jérusalem,  Samarie,Céu- 


donné  son  héros  au  milieu  de  sa  carrière?  rée,  Antioche,  Athènes,  Ephèse,  elc,  Isi 
Aurait-il  rompu  le  fil  de  son  histoire  au  principales  villes  de  l'Orient,  sont  le  IhéAire 
moment  qui  devait  être  le  plus  gioiieux  de  leur  prédication;  mais  si  l'auteur  des 
|)Our  800  maître,  et  le  plus  intéressant  pour  Attte  n'eût  pas  été  contem|)flrBiD  et  compa- 
ses  lecteurs?  Se  serait-il  refusé  au  plaisir  guoa  des  apAtrus,  comment  aurait-il  pu 
de  rapporter  les  disputes  vraies  ou  suppo-  '  ^ 
Bées  de  saint  Paul  avec  les  Juifs  et  les  phi- 
losophes de  Rome?  las  prodiges  qu'il  aurait 
opérés  dans  cette  capitale  du  monde,  les 
fureurs  de  Néron  contre  les  chrétiens,  l'em- 
prisonnement de  l'ApOtre,  sa  mort  et  toutus 


__  seul  corps  une  histoire  duut 
toutes  le»  parties  étaient  si  éloignées  It'S 
unes  des  autres?  Si  l'on  prétend  qu'il  l'a  ré- 
digée sur  des  mémoires  qui  lui  ont  été 
fournis  par  lesKgiises  apostoliques,  c'est 

.       ,  .     _, avouer  l'authenticité  de   l'uuvrage,   sinon 

le»  circonstances  dont  une  pareille  histoire     quant  é  la  forme,  du  moins  quant  h  la  sub- 


(113)  De  ToniR,  L'ntoritidH  litre»  du  Ifouvem 
Tetlmmemt.  cb.  S,  aru  ï. 

(Hil  It  but  remarquer  qae  panni  les  fins  AeUt 
éêt  ApitTu  plniieun  ont  éCt  composés  par  des  dis- 
ciiilei  lélés  des  apôlrei  ;  en  sorte  qae  sur  tous  les 
bui  qn'ilk  rapporteiii  il  peut  t'en  trouver  quelques- 
«Hs  de  vrais  ;  nais  ceux-li  même  ont  été  iiiterpotés 
par  les  ttérétiques.  Les  ébioniles  en  particulier  cor- 
ronipirenl  les  Actes  C0in|>0ié8  par  saint  Luc,  en  y 
atHàai  des  traits  iajerieui  i  là  niémoirede  saint 
Jev^ues,  de  tah»  Pierre  et  de  saint  P»t.  Les  prin- 
cipaux  Aciu  apocrjpbu  sont  1 1«  les  Aeue  de  i shii 


Pierre,  qui  portent  plusieurs  autres  noms,  tels  qw 
lea  Courut  i»u  les  Voyagtt  de  saint  Pierre  {l'etinii 
Peiri)  ;  les  Rieegailioiu  de  loint  tlitiuiu,  la  IM- 
iriM  ou  \»  Pr^ieation  de  laini  /'terre;  S*  IMpocs' 
tgptede  tdjnl  Pierre;  S' ie  Jugement  de  laint  Picrt; 
4'  les  Acte»  de  taint  PomI  ;  5°  les  Acte»  de  iaiMJts» 
CttmgUUte;  6°  les  Aeie»  de  taïai  Andrt;  7*  les 
Actu  de  taint  Tlioma»;  8°  les  Attet  de  taint  Phi- 
lippe; 9*  ÏApoealgpte  de  taint  fait/,  thi  peut  tnir 
qiidi|uei  détails  sur  ees  ouvrages  dans  la  fréfaix 
d«  \>.  Calmet  sur  les  Acte»  det  apitrei. 


ME  ACT  DICnOHIUlRB  APOLOGEnQUE.  ALT  té* 

ittan  de  rhtsloire.  et  ce  polnl  nons  safBt  plome  (116).  Or,  la  manière  dont  l'antew 

tonin  les  incrédules  (IIS),  si  l'oo  veut  qno  rapporte  dana  «in  BuangiU  la  prédiction  de 

riytear  des  Jeté*  ail  écrit  lODglempi  après  la  ruine  de  Jénisaleni,  et  le  silence  qu'il 

Il  Bort  des-apMres,  sans  remonter  a  la  gaide  sur  cet  éTëoement  dans  le  livre  dpt 

•mreedes  bits  et  dans  le  dessein  de  com-  Actes  achèvent  de  prouver  que  ces  deux 

poser  00  roman  plolAl  qu'une  histoire  véri-  ouvrages  sont  antérieurs  i  l'eipédilino  de 

table,  Bons  denanderons  comment  les  chré-  Vespasien.  Et  d'abord  ai  l'auteur  de  l'fraa- 

tieurépiodus  dans  la  Judée,  dans  la  Grèce  jft'h  attribué  è  saint  Luc  n'eAl  écrit  qu'ft- 

ct  dass  lltalie,  ont  pn  recevoir  un  ouvrage  près  la ~'    '        "  ~ 


mvrage 
napfi  d'éTénemeots  tout  contraires  i  ceux 
«K  b  IrMKtion  de  leurs  ^lises  avait  dû 
Mv  transiDettre. 

Cm  DOutelle  raison  ne  'permet  pas  de 
doiier  qoe  l'auteur  des  Àciei  n'ait  écrit 
t  le  siège  de  Jérusalem  :  il  parle  de 


a  ruine  de  Jérusalem  (111),  la  prédic- 
tion qu'il  met  dans  labouchede  Jésus-CIirist 
{Lue,  ixi)  ne  serait  pas,  comme  elle  est, 
entremêlée  d'obscurités  et  de  circonstance* 

3ui  semblent  élrangëres  ï  la  guerre  de  Ju- 
ée.  On  n'y  trouverait  pas  ce  bouleverse- 

_.  ,  ment  de  toute  la  nature,  ces  signes  meoa- 

tetit  ville,  de  ses  magistrats,  de  son  lem-  çants  qui  doivent  paraître  dans  le  ciel,  le 

pie,  ds  lèies  et  des  cérémonies  de  la  reli-  soulèvement  des  flots  de  la  mer,  la  coosier- 

poojoivtt,  comme  de  choses  encore  sub-  nation  répandue  sur  tous  les  hommes,  l'a- 

fiittslef  de  son  temps.    Les  apOtres  pré-  Ténemeot  du  Fils  de  Dieu,  perlé  sur  les 

tktal  t»ia  les  places  publiques  et  à  la  porte  nues  et  revêtu  de  puissance  et  de  majesté, 

rftieflpie:  ils  paraissent  devant  le  grand  L'évangélisle   aurait  su  q_ue  ces  prodiges 

fttin,  les  proconsuls  et   les    tribuns  qui  etTrayants  n'étaientpas  arrivés  lorsdo  sié^ 

nnaaiidaient  dans  la  Judée.  Uc  des  cri-  de  Jérusalem;    il   aurait  craint   d'affaililr 

■et  qu'on  leur  impute,  et  sur  lequel  ils  se  l'autorité  de  la  prophétie  par  les  diScalks 

Roimt  oblîeés  de  se  justifier,  c'est  de  vou-  i^ue  l'on  auraiL   pu  former  contre  soa  ^- 

lojr  abolir  la  loi  de  UoIse  pour  lui  subs-  tter  accomplissement,  difÛcuhés  qui  mmt- 

lilier  un  nouveau  culte.  {Aet.  Ti,  xtu,  etc.)  sent  de  son  propre   récit,  et  qu'il  cAl  eti 

Uf  Chrétiens  eux-mêmes  se  divisent  sur  si  facile  de  prévenir  par  la  suMwciaiap  * 

rdinervance  des  cérémonies  de  la  loi  :  les  quelques  lignes.  D'un  aulra  olw.  il  m'a^ 

osf  prélendint  en  être  affranchis  par  ]'£•  fait  aucune  mention  de  la  ruine  émiérmm- 

vaagile;  les  aalres  voulant  allier  les  rites  lem  dans  les  Àcta.  Il  y  est  dit  arnh— 

Hsajqaes  avec  la  foi  chrétienne.  II  faut  que  do  faux  témoins  accusèred  le  imem 

qia  les  apôtres  s'assemblent  pour  décider  Etienne  d'avoir  parlé  («aire  le  bs  «K 

(0  eoDcile  cette  question,  qui  commençait  ï  cl  contre  la  loi,  en  disaol  qsc  iésw  or  tê- 

MaMer  la  paix  de  l'Eglise  (x*).  Or,  il  est  zareth  détruirait  le  temple  fl  ^h^^ 

trident  qoecette  contestation  n'a  pu  s'éle-  les  tradiiions  laissées  par  Moae.  à^  »■ 

Tcr qu'avant  le  si^e  et  la  ruine  de  Jérusa-  Cependant  la  destractioa  de  m*  vikt.v- 

Ica  ;  car  l'entière  destruction  de  cette  ville  rivéedans  le  temps  mafqné 

tide  soo  temple  eût  été  pour  les  fidèles  était  une  preuve  trop  ta 

ne  preuve  sensible  de  l'abrogation  de  la  sion  divine  pour  qoe  1» 

toi  de  Moïse.  Si  l'oo  dit  que  ces  faits  sont  geassent  de  la  bire  valow  ^^  — 

cffectiTcmeDt  antérieurs  au  siège  deJéru^  Outre  que  la  eoaforaiiiÉ  at  If^ 

taiem,  mais  que  l'ouvrage  où  ibi  sont  rao-  avec  la  prédiclioD  eOi  m^ir-  v  **~ 

portés  est  plus  récent,  nous  ferons  obseir-  Christ  était  un  réritali^  S"^*- 

ver  qu'en  parlant  de  cette  dispute  l'auteur  pas  éié  difficile  de  tûn  ^n^r"' 

des  AettM  parait  lai  donner  un  degré  d'in-  l'étal  déplorable  de  iw  ^"^  ^^ 

fMlqai  Mippose  qu'elle  n'était  pas  entiè-  peine  du  déidd» 

rment  assoupie,  lorsqu'il  écrivait  son  bis-  '    --      *     - 
isire.  Si  ce  livre  n'avait  été  composé  que 
éiBs  le  seeoiid  siècle,  il  j  a  bien  de  l'ap- 


pueoee  qu'au  lieu  de  cette  question  suran- 
Dé«  loaenaDl  les  cérémonies  de  la  loi,  nous 
j  troaverions  quelques  traits  relatifs  h  cette 
Bsltilnda  d'hérésies,  qui  déchirèrent  l'E- 
fiiss  immédiatement  après  la  mort  des 
ti^tras. 
1 1 


du  Uessie.  Os  dia  tm  -»' 
i  craint  de  se  lEiÉr««-  ~ 
de  la  supponltfftar^''^ 
'  pelant  as  iaH  ^^m^-' 

la  mort  dr  mt-  *-^ 
Pau)  n'aai  ^^- 
quadeia»*^" 


( 


K7  ACT 

jusqQ'sn  lemps  de  tn  çnerre  des  Ronutini, 
et  se  livrer  aux  réQexion*  qu'aurait  pu  lai 
fournir  la  conforDiitii  des  faits  arec  la  pro- 
phétie rapportée  dans  son  EwmgiU  (118].  * 

lin.      ■ 


MCTIOMUIBE  APOLOGETIQIJE. 


ACT 


Pour  Aire  fondé  à  prëtendrft  que  saint 
Luc  nVil  jws  l'nuteiirdes  Aeles  detnpàtre*, 

au'sn  lui  a  généralement  toujoursatlribiiés, 
faudrait  nécessairement  qu'on  assign&t 
un  autre  écrÏTain  qui  aurait  comfiosé  ce 
li»re.  Or,  c'est  ce  qu'il  est  absolument  im- 
possible Je  faire  «vec  la  moindre  apparence 
ue  raison  ;  car,  ou  ce  serait  un  auteur  con- 
temporain (le  saint  Paul  qui  aurait  écrit  des 
bits  dont  il  aurait  été  témoin,  dans  lo  des- 
sein unique  de  les  trsnsmellre  ft  la  posté- 
rité comme  les  a^ant  reconnus  pour  in~ 
contestables,  ou  bien  ce  serait  un  impos- 
teur qui  n'aarnit  écrit  qu'après  les  éréue- 
menis  qu'il  donne  pour  s'être  passés  de  son 
temps.  Or,  dans  la  première  hypolbèsflt 
nos  adversaires  n'ont  rien  k  gagner;  puis- 
que les  faits  étant  rapportés  par  un  cdm- 
pagnon  de  saint  Paul,  qui  raconte  ce  qui 
s'est  passé  sous  ses  yeui,  la  Térilé  des 
faits  se  trouve  par  \k  mdme  sufHsamment 
constatée.  Dans  fa  seconde,  ils  ne  sont  pas 
plusbeureux,  parce  qu'ils  sont  forcés  d'ad- 
mettre sans  examen  préalable  une  opinion 
entièrement  inadmissible.  En  effet,  si  les 
Actet  dt$  apôtre»  n'ont  été  écrits  qu'après 
les  temps  apostoliques,  il  faudra  Bter  ta 
composition  de  ce  livra  an  ii'  siècle,  en- 
Tiron  deux  cents  ans  après  les  voj^aKes 
de  saint  Paul,  Mais  il  est  impossible  qu  un 
faussaire  aussi  éloigné  de  l'époque  OU  les 
événements  ont  eu  lieu,  ait  pu  parler  avec 
tant  de  justesse  et  de  précisloo  des  per- 
sonne», des  lieux,  des  faits  eux-niéines, 
cl  entrer  dans  des  détails  si  nombreux  et 
ti  minutieux  de  tout  ce  qui  s'y  roltache. 
Comment,  ep  effet,  aurajl-il  réussi  à  se 
mettre  si  bien  en  rapport  avec  des  événe- 
ments accomplis  si  longtemps  auparavant, 
avec  les  coutumes  juives  et  romaines,  et 
sans  jamais  tomber  en  contradiction  avec  la 
vérité?  chose  pourtant  très-dirSoile,  sur- 
tout après  la  ruine  de  la  Judée,  qui  chsn- 
Sea  lotalemool  la  face  de  ce  pays.  Avouons 
oncavee  les  rationalistes  eui-mèmes,  que 
le  livre  des  Actei  ne  renferme  rien  qui  ne 
snit  parfaitement  conforme  aux  temps  et  aux 
lieux,  et  reconnaissons  par  là  même  qu'il 
est  véritablement  authentique. 

Il  est  certain  que  le  livre  des  Aciu  était 
unanimement  reçu  parmi  les  chrétiens  dès 
le  ir*  siècle.  Euaèbe  de  Gésarée  le  met  dans 


illS)  Do  Toim,  Ue.  dut. 
119)  Emu.  Uitt.  tteUi.,  I.  m,  C.  ÏS. 
ISO)  Oucut. ,  M  li*r.  Ju*  Asm.,  homn.  7, 
B.  t. 

(Kl)  TnTnt-L.,  D«  iaptitmo,  C  11. 
(132)  f  Périodes  Pauli  et  Tliecis  et  tiUm  bapli- 
uli  Leonii  fabulam  inier  ipocrypliis  scripuru  re- 
patauius.  Qiute  «niM  est  ui  inilividaus  cernes  apo- 


le  canon  des  livres  admis  par  tout  le  moi  &« 
sans  la  moindre  contestation.  Voici  les  pro- 
pres paroles  de  ce  père  de  l'histoire  «celé- 
siastique  :  «  C'est  ici  le  lieu  de  traiter  en 
peu  de  mois  des  livres  du  Nouveau  Testa- 
ment.  It  faut  mettre  au   premier  rang  les 

3uatre  saints  Evangiles,  ensuite  les  Aeltt 
M  apûirti,  etc....  Ce  sont  là  les  livres 
universellement  reçus  (119).  •  Or,  peut-on 
suppoçier  que  si  les  Acitt  n'avaient  pas  été 
regardés  comme    véritablement  authenii- 
ques,   ils    auraient    otilenu  J'assentiment 
général?  Et  ne  sait-on  pas  que  le  di^sac- 
cord  qui  a  existé  pendant  quelque   teoips 
dans  Jes  Eglises  cnrétieones  au  sujet  des 
livres  controversés  venait  uniquement  du 
doute  qu'on  avait  de   leur   authenlicilél 
AjdDtons  que  saint  Jérôme,  saint  Augustin, 
saint  Cbrysostome,  confirment  l'assertioD 
d'Eusèbe.  Hais  en    remontant  plus  haut, 
nous  trouvons  Origène  et  avant  lui,  Tertul- 
lien,  saint  Clément,  saint  Irénée,  qui  par- 
lent des  .4cfM  comme  d'un  livre  admis  dans 
l'Eglise;  Origène,  en  particulier,  les  attri- 
bue expressément  h  saint  Luc,  quand  sprËs 
avoir  j)BrIé  de  plusieurs  écrivains  du  Nou- 
veau Testament,  il  ajoute,  Et  Lucom  apo- 
itotorvm  getla  deicribn»  (120).  Or,  d'après 
ces  témoignages,  comment  ce  livre  aurait- 
il  pu  élre  supposé?  S'il  l'avait  été,  la  sup- 
position n'aurait  pu  avoir  lieu  que  du  vivant 
même  des  apètres  ou  après  «ux.   Dans  le 
premier  cas,  les  Eglises  nouvellement  fon- 
dées ne  se  seraient-elles  donc  pas  inscrites 
en  faux  contre  l'imposture?  £l   les  apâlrel 
eux-mêmes,  saint  Paul,  saint  Luc  et  saint 
Jean,  qui  a  vécu  jusqu'au  coaaraencemem 
du  11*  siècle,  ne  1  suraieut-ils  point  signa- 
lée, eux  qui  marquaient  si  exactement  aux     ' 
Ddèles  les  discours  et  les  écrits  dangereux? 
Mais  t'histoire  ecclésiastique  nous  fournit 
une  preuve  évidente  du  zèle  avec  lequel 
on  veillait  dès  l'origine  de  l'Eglise  à  ce  que 
des  écrits  apocryphes  ne  pussent  s'intro- 
duire parmi  les  livres  aullieatiques.  Nous 
lisons  dans  Tertullien ,  qu'un  prôlre,  en 
Asie,  ayant  fabriqué  un  écrit  qu'il  avoua 
avoir  composé  dans  le  dessein  de  relever 
la  gloire  de  saint  Paul,  fut  déposé  du  sa- 
cerdoce (121J,  et  saint  .Jérôme  ajoute  que 
ce  fut  saint  Jean,  qui  ayant  reçu  l'aveu  de 
ce  prêtre,  lui  ioQigea  celte  puuitioa  {i13). 
Dans  le  second  cas,    c'est-à->dire  après  la 
mort  des  apOtres,  ce  qui  nous  reporte  au 
milieu   du  u*  siècle ,  la  supposition  était 
également  impossible;  car,  ontre  que  la 
plupartdcsEglisesayant  été  fondées  par  saint 
Paul,  ses  disciples  immédi'ats,  qui  Tes  gou- 
vernaient ,    auraient    facilemuul    reconnu 
l'erreur  où  on  aurait  voulu  les  jeter  par 

iloli  Lucas,  inler  aeteras  ejai  res,  hoc  aolnm  igno- 
vavit.  Std  et  Tertutliam»,  vieiiiui  eorom  lempo- 
rum,  rehrt  prcstiyleniin  qaemdam  in  Asia,  aoiil»- 
rem  apoMoti  Pauli,  convicuim  aputt  Joauneui,  qucMt 
esKl  auctorlibri,  et  coDlnsam  m  boc  Pauli  mmore 
fe6sie,etob  idescidii*e.i  (HiiKon.,  D*  «m*  iJI.. 
c.  7.) 


1» 


ALE 


DICTIONNAIRE 


rapport  su'dîsciple  faroM,  an  compagnoD 
iD»épirable  du  grand  apOlre,  c'est  à  celle 
ppoquB  même  quu  saint  Irénée  nt  Terlul- 
lien  (lëclaraienl  de  la  maniera  la  plus  po- 
silifegge,  quand  il  s'sgissail  d«  l'aulhenti- 
rité  (les  livres  saints  ou  de  Ion  t  autre  dogme 
du  clirisliauisnie ',  on  n*cB  reconnaissait  aa- 
cunqai  ne  fût  autorisé  par  la  tradition  (123J. 
Ainsi  aucnoe  critique  ne  saurait  légitime- 
iDïiil  prétendre  que  Jes  ActtM  de*  apâtrei 
foieut  UD  livra  supposé. 

EiiSd,  si  le  livre  des  Actes  n'élaîl  pns 
lulheDtique,  reiamcn  si  sévère  et  souvent 
sipvsiooné  auquel  ies  incrédules  moder- 
nes l'ont  soumis,  n'aurait  pas  manqué  de 
tair*déc>fUTrir  dos  conlradiclJOus  avec  les 
lO'num^nls   profanes   que  lout   le  monde 
aJael.  Or,  (es  critiques  les   plus  portés  h, 
rejeltr  l'aullienlicilé  de  nos  sainttts  Ecri- 
lure$,  nous  voulons  parler  des  ratioiialis- 
ki  allemands,   ioiii  d'avoir  rien  trouvé  de 
siini'lable .   suut  convenus  que,   sous    ce 
ri(i|ii)rl,  les  Actes  des  a|>ûlrcs  étaient  inat- 
MifualilcS.  Nous  ajouterons  que  les  passages 
uËiues<|U>  d'abord  avaient  fait  iiatlre  quel- 
ques doutes,  sont  devijuus,  par  la  compa- 
raison do   certains  monuments  mieux  étu- 
diik.  des  pièces  d'une  conviction  complète. 
.N'onspouvunsdoncaflîrmcr,  sanscraintede 
rpctivoir  un  démenti  fondé,  que  la  nature 
et  le  nombre  des  preuves  que  nous  avons 
lournies  eu    faveur  de   l'origine  des  Actes 
lies apdtres,  ne  peuvent  laisser  aucuo  doute 
iur  I  xulbenlicité  de  ce  livre  [i^]- 

ACTES  BONS,  opposés  h  Is  quantité 
b'actes    mauvais,  t'oy.  ëlcs. 

AC.THiN  DE  DIKU  sur  les  créatures. 
Ffjf.  LikBBTÊ,  i   11. 

.ACTIVITE  LlBitE,  son  impuissance  sans 
le  >acrciiiunt  pour  nous  faire  vivre  d'une 
tie  divine.  VqJ/.  SLiniTLaALisuc,  i  VI. 

AUAU ,  de  l'épreuve  à  laquelle  il  fut 
tournis,   nécessité  de  cette  épreuve.  Voy. 

EtKELTE. 

ADAPTATION;  celte  loi  considi-rée  par 
rap|iori  avec  les  races  humaines.  V^jt-Kaces 

■I.ll«I^B3.    S  VI. 

ADOïlAl.  r«y.  UhitédeDiev. 

AOL'LTËnK(FEMME),  est-ce  une  inlei^ 
lotatiun  ?   Voy.  noie  V,  h  la  (in  du  vol. 

AFKIiJUE  tKCIDËNTALE,  traits  ps^cho- 
ÎLi^t.j>ie5  des  nations  nègres  qui  l'habiteot. 
Vvy.  Racfs  blhai.ies,  {  IX. 

AGENTS,  NATURELS  ou  Huides  impon- 
dérables ardente  comprendre  les  qualités 
des  corps  glorîHés.  Voy.  KàsUEmECTion  des 

C««PS. 

AIMÉ  MABTIN,  réfutation  de  ses  nom- 
bri^ases  erreurs.  Yoy.  P^kitbsice,  F£»eloii, 
CÉu>AT.  Femmes,  etc. 

ALEXANDRE  LE  GRAND.  Son  passage 
de  la  mitrde  Pampliylie  peut-il  être  assi- 

fl35)  l«ca.,  Â4ier%,  haret.,  1.  ni,  c.  4.  —  Tem- 
Txu..,  Adwm.  M»reuin.,  I,  it,  c.  4, 5  ;  et  J>e  prc- 

\\a}    V«fei  i  h  lin  du  volume  la  cote  IX  bit  sur 
Dicnomi.  AroLocÉriQue.  I. 


AfOLOCETIQUE.  AME       -  171 

mile  nu  pnssagc  de  la  mer  Roo^e  pir  [r>s 
Bélireux.  Yùy.  Passage  dr  la  hsh  Roc&r, 
5  IV.  —  Passiigedes  Uachabées,  concernant 
ce  conquérant,  expliqué  par  la  nuiuisaiati> 
que.  Foy.  Uonumbhts  coNFiKMAirr  les  ai- 

CITS   DE  LA  BiBLB,  %  11. 

ALEXANDRIE,  ville  savante  el  Ojiulente 
nu  temps  de  la  première  prédication  évan- 
gélique.  Voy.  Uttbisus,  j  VI. 

ALLEMAGNE,  bibliothèques  qu'elle  pos- 
sédait au  iiiojeii  âge.  Voy.  Science,  |  III. 

ALPHONSE  RATISBOSNE.  élait-il  hallu- 
ciné 7  Yoy.  Halloci<iatio^,  %  II. 

AMALFRED,  qu'élait-il  i  sainte  Rade- 
gondeTRélutalion  des  erreurs  de  MU.  Am- 
père et  Thierry  à  ce  sujet.  Yoa,  Kadbgu.<ide, 
S  XII. 

AME  on  Physiologie  iifTELLECTCELLBfCsff- 
mrn  da  malériatUme). — (^hose  étrnngel 
riiominc  si  superbe,  si  plein  d'orguBil,  fait 
aujour.ritui  des  efTnrls  prodigieux  do 
science  et  d'esprit  pour  se  jiersuader  que 
les  bêles  le  valent  bien ,  et  qu'entre  elles  et 
hii  la  dilTérence  est  légère  ;  mais,  en  même 
temps  qu'on  dégrade  l'Iioinme  jusqu'au 
rang  de  la  brute  et  même  de  la  pinnie,  on 
veut  ennoblir  celles-ci,  en  leur  prêtant  les 
facultés  et  I  intelligence  de  l'homme.  La 
dignité  (te  l'espèce  humaine  est  avilie:  une 
philosophie,  plus  abjecte  encore  qu'elle 
n'est  audacieuse,  cherche  en  quelque  sono 
k  dépouiller  l'homme  de  ses  ilrnils,  à  sou- 
lever contre  fui  le  reste  des  créatures.  Du 
faux  savants  semblent  jiorter  la  démocntie 
dans  la  nature,  comme  de  faux  poliliqui^s 
lavaient  portée  dans  la  société  ;  et,  |>our 
me  servir  de  l'expression  originale  d'un 
grand  écrivain,  ■  le  peuple  de  Id  création 
semble  conspirer  pour  en  di'.lrâner  le  roi.  > 
Hais  non;  la  royauté  de  l'homme  ne  périr;* 
pas;  malgré  les  sophistes,  toujours  il  sen- 
tira l'excellence  de  ses  destinées.  Sa  préémi- 
nence éclate  de  toutes  parts  ;  elle  se  voit,  et 
dans  la  majesté  de  son  port,  et  ilans  la  ili- 
gnité  de  son  front,  etdans  la  sublimité  de 
Sf  s  regards,  et  dans  la  position  Je  son  bras 
qu'il  tient  élevé,  étendu  sur  son  empire  : 
mais  surtout  la  grandtjurde  son  ran^éclalo 
dans  celle  pensée  qu'il  ré|iand  autour  de  lui 
par  la  parole,  et  que,  par  l'écriture ,  il  porte 
en  tous  lieux  ;  dans  cet  esprit  dont  les  li- 
vres saints  donnent  une  idée  si  magnitique, 
en  disant  qu'il  est  fait  à  l'image  de  Dieu. 
Oui,  par  sun  empire  sur  cette  portion  de 
matiëiequi  lui  est  unie,  et  qu'elle  gouverne. 
rSme  retrace  quelque  chose  de  l'aclion 
puissante  du  moteur  de  l'univers  ;  par  la 
rapidité  de  ses  pensées,  la  mémoire  du 
passé,  la  conscience  du  présent,  le  pressen- 
timent de  l'avenir,  elle  se  rapproche  de  l'iii- 
lelligence  infinie,  qui,  d'ùu  coup  d'œil,  em- 
brasse tous  les  leinpset  tous  les  lieux. 

la  crédilnlîlé  de  l'bisloire  évangéliqne,  «témuniréa 
par  les  Acte*  rfn  apHre*  el  par  les  e|ittres  du  iVos- 
ttam  Tetiamni.  Otie  nota  runferaie  ww  rèfatatiOB 
pui  tituticrc  du  «locicur  Suauss. 


I»CTIONN\IRE  APOLOGETIQUE. 


AUB 


171 


Prëteodn  imnil  pragressil  de  1*  mitiere' — Prea- 
..»  de  )■  tpirilaaliu  de  rfme.  —  Objection  Urée  de 
llDDneace  réciproque  de  l'irae  et  da  corps.  —  Phrfr- 
-  HorUOcitloii. 


Oui,  le  malérialisme  esl  une  doctrine 
contre  nature*  uns  doctrine  abjecte,  dont 
l'origine  n'est  eiplicAtile  que  par  la  corrup- 
tion du  cœur  bumain.  Nous  sommes  trop 
manifeslement  des  esprits,!!  n'y  a  pas  assez 
de  raisons  contre  la  dignité  de  notre  fiire, 
pour  noas  ravalfif  de  nos  propres  mains, 
li  des  passions  d'un  ordre  inférieur  et  Jàche 
ne  se  soulevaient  en  nous  contre  nous-mâ- 
mes.  afin  d'y  dëlrAner  avec  notre  essence 
spirituelle  lea  idées  de  vérité,  de  justice, 
d  ordre,  de  responsabilité,  hôtes  illustres  et 
incorruptibles  dont  la  présence  fatigue  le 
vice  et  appelle  la  rérolle.  Le  vice  tva  pas 
la  paii  et  il  la  veut.  L'âme  lui  oppose  le  re- 
mords, cette  dernière  couronne  de  l'homme 
corrompu,  cette  voix  domestique  et  sainte 
qui  rappelle  au  bien,  ce  bon  génie  da  la  ré- 
publique qui  habite  les  ruines,  et  qui  ap- 
paraissait encore  à  Brutue,  dans  les  champs 
de  Pbarsale,  la  veille  du  jour  oi!i  Rome  de- 
vait tomber.  Oli  1  pardonnez  mes  doutes  I 
Mais  si  vous  n'étiez  pas  purs,  si  le  remords 
vous  troublait  de  sa  sévère  voix,  de  grâce 
et  par  amour  pour  vous,  ne  le  chassez  pas  : 
t-antqu'ilsera  leqompagnon  de  votre  Ame, 
TOUS  n'aurez  nos  perdu  les  reliques  de  votre 
grandeur  cl  ue  votre  espérance  ;  le  remords 
tirécède  la  vertu,  comme  l'auroru  précède 
le  jour,  et  le  vice  doit  le  respecter  pour  se 
respecter  lui-même. 

IJais  quand  le  vice  n'a  plus  l'instinct  de 
Sii  rébauiiilaiîon ,  le  remords  devient  son 
vnaemi  capital  et  dernier,  et  rien  ne  lui 
coûte  pour  en  extirper  jusqu'à  la  racine, 
qui  est  notre  esprit  même.  Le  malérialisme 
est  le  résultat  de  cette  f^uerre  eiiermina- 
Irice  du  mal  contre  le  bien;  il  n'est  autre 
chose  que  la  suprême  tentative  pour  étouf- 
fer le  remords.  Et  voilà  pourquoi  je  l'ap- 
pelle une  doctrine  abjecte  et  contre  nature. 
Si  c'est  uo  emportement,  ^e  ne  m'en  excuse 
[>ts.Hé  quoi  t  vous  m'attaquez  jusquu  dans 
mon  essence,  TOUS  me  rejetez  aux  limites 
de  l'animalité,  vous  me  traitez  h  l'égal  du 
cbien  1  Que  dis-je  T  vous  osez  écrire  cette 
phrase:  a  L'homme  est    un  tube    digestif 

percé  aux  deux   bouts »  Ah  I  lecteur, 

ne  riez  pas,  je  m'en  voudrais  morlellcment 
d'exciter  votre  rire;  écoutez,  écoutez  ces 
('liose.«  avec  le  silence  de  l'exécration  ? 
Quoi  I  disais-je,  on  ose  écrire  que  l'homme 
i-H  un  tube  digesiif  rmrcé  aux  deux  bouts, 
et  je  n'aurais  pas  le  droit,  usant  de  toute  la 
hauteur  de  la  .vérité  contre  l'imposture, 
de  me  retournt;r  avec  mépris,  et  d'écraser 
du  talon  celte  caciailla  de  doctrine  1 

Je  ue  devrais  pas' en  dire  davantage;  je 
ne  devrais  pas  laireflu  malérialisme  l'hon- 
neur de  lui  demander  des  cumptes.  Fai- 
sons-le pourtant,  si  vous  le  voulez.  Deman- 
dons A  ces  liiirs  gladiateurs  de  la  matière 
cif  i^u'iisMii  vu  uaDsIbommcpour  lui  cou- 


tester  sn  nature  ifilelligenle  et  libre.  Nient- 
ils  les  phénomènes  de  la  pensée  f  Sont-lli 
aveugles  à  ceux  de  la  volonté  T  Non,  ils  les 
avouent;  ils  reconnaissent  qu'il  se  passe 
en  nous  quelque  chose  d'eitraordinaire,qui 
ne  ressRuible  h  rien  de  ce  qui  tombe  ions 
les  sens.  Mais  ils  estiment  que  Is  terre,  par- 
venue h  nn  certain  degré  de  perrectioii,e5t 
susceptible  de  produire  le  sentiment,  la 
pensée  elle  vouloir,  comme  elle  produit 
des  racines,  des  fleurs  et  des  Iruits,  La  os* 
ture,  disent-ils,  est  dans  un  travail  progres- 
sif qui  nu  s'interrompt  nulle  port,  et  qui  le 
maniteste  h  chaque  degré  par  un  enfante- 
ment plus  parfait.  L'homme  est  le  Iproie  de 
celte  progression  féconde;  il  rassemble  en 
lui  tous  les  perfectionnements  aolérieurs, 
et  son  cerveau,  chef-d'œuvre  de  la  plus  sa- 
vante organisation,  fait  éclore  la  pensée 
aussi  naturellement  que  l'arbre  entr'ouTte 


Pourquoi  cette   ingénieuse  peinture,  car 
je  ne  veux  pas   dire   analyse,   laisse-t-elle 
froide  et   incrédule  la  presque  totalité  du 
genre    humain  T  Pourquoi    la    philosophie         , 
spiritnaliste  a-l-elle  toi^ours  eu  la  gloire  de 
remuer  les  cntraillea  du  peuple  avec  celles        . 
du  penseur,  tandis  que  le  matérialisme,  doc- 
.  trine  de  décadence,  ne  séduit  que  des  émes 
rares  dans  les  nations  usées?  C/est  que  l'es- 
prit s'at&niie  ini-môme  avec  une   |4^sence 
si  vive,  que  leraisonnement  et  les  anslogies 
périssent  devant  la  splendeur  de  celte  ainr- 
mation.Que  voutez-vous,  mon  esprit,  c'est 
moi  ;  i'eu  sens  la  vérité,  le  sens  la  distinc- 
tion de  mon  corps  et  de  mon  ftme  avec  ud 
tel  empire,  qu'il  me  semble  que  md  vie  tout 
entière  n'est  qu'une  confrontation  de  l'uni 
l'autre,  et  que  chaque  in«Jant  m'apporleune 
certitude  de  leur  dualité  aussi  ijrandu  que 
'la  certitudede  leur  union.  Je  me  vois  deux 
et  un  avec  une  tucidiié  que  rien  ne  diminue, 
parce  que  rien  ne  eombat  contre  la  présence 
réelle  deschosea.  Et  que  modit-oau'ailUura 
pour  la  combattre  I  On  m'oppose  uoe  pro-     | 
gressioo  de   la  matière,  mois  une  progrès^ 
sion  n'est  que  ledéTeloppement  d'un  germe 
qui  neehangejamaisdenatureen  sadéveiop-     . 
pant.  Elevez  une  force,  stolon    l'expression 
des  mathématiques,  &  tasecoude,  à  la  troi- 
sième, à  la  dixième  puissance,  jamais  vous 
ne  recueillerez  dans  la  force   doublée,  tri- 
plée, décuplée,  que  l'élément    primitif  qui    ' 
s'y  trouvait.  Pour  que  la  matière,   transti- 
guréesoussa  forme,  produisit  le  sentimenlt 
la  pensée  et  le  vouloir,  il  faudrait  que  la 
plus  faibla  particule  matérielle  fût   un  Ctre 
seolant,  pensant,  voulaot,  ma  if  à  un  degré 
iuférieur  susceptible  d'accroissemeal  ou  de 
perfection,  comme  on  le  voit  dans  l'eufanco 
de  l'homme  comparée  k  sa  qiat\tnt6.  Or,  en 
est-il  ainsi  f  Le  roatérialjsmo  lui-même  ue 
le  prétend  pas  ;  il  ne  croit  pas  qu'un  graio 
lie  poussière  remplisse  en  mi  ni  a  Lyre  les  fono- 
lious   intellectuelles  de  l'huiuuit*,  b  la  ma- 
nière dont  uue  goutte  d'eau    remplît  les  of- 
Unes  de  l'océan.  Le  sens  commun    s'oppose 
trop  fortement  k  celte  ineptiv.  Âès  \tjrs.  Va 
luaiière  élevée  tant  que  vous  le  voudrez  pai 


175 


AHB 


UCTIONNAIRE 


rinorf^nÎMlron,  è  la  centième  oo  à  la  mit- 
lième  paissanee,  ne  donnera  jamais  que  ie 
d^feIii|t(>eiiMnt  de  ce  qu'elle  est,  c'esl-fr- 
rf<rp  des  forme*  plus  parfailefi,  des  mouve- 
mt-nls  plus  oomplîaaés,  une  sculpture  et 
ane  arcMlectore  plus  digne  d'admiralion 
03). 

Ou  l'éfeone,  et  c'est  une  autre  objeelion 
cjnlrele  apirilnalisme,  on  s'étonne  de  fin- 
flucflce  rieiproqoe  qu'eiereent  l'un  sur 
l'autre  Plma  et  le  corps.  Poerquoi  pas,  s'ils 
Mfii  réeUemeol  uoisTCôtte  union  peut  pe- 
nltre  iuMplicable,  mais  qu'importe?  c^st 
on  foii.  Le  bit  one  fois  oonslaté  par  la  cer- 
lilaile  (|tie  nous  avens  de  noire  doutile  ua- 
tett  ipirittMlle  et  matérielle  dans  nne  seule 
(■«nountilé,  il  est  Irfcs-siinple  qu'il  7  ait 
arttDD  de  l'une  sar  l'antre ,  sans  quoi  [elles 
n'innÎMét  tnirv  elles  aucune  communica- 
lion.  H  a*ajraiii  entre  elles  aucune  commu- 
ni>a!ion,  elles  teraient  sôjiarées  au  lieu 
d'iHrr  unies. 

Aisti,  de  même  que  les  objets  extérieurs 
■{i«aut  snr  le  cerveau  par  l'intermédiaire 
de*  stfis ,  pnrtent  k  l'Aine  des  impressions 
de  delion,  l'ftme  i  son  tour  porte  au  cer- 
retu,  et  |iar  lui  dans  le  reste  de  l'or^janisa- 
lienaenstlife,  le  contre-coup  de  sa  rie  in- 
lime  et  immalériL-lle.  De  là  ces  babiludes 
invétérée*  qui  prunoenti  la  fois  leur  source 
dans  les  dcus  |wrtios  de  notre  Atre,  toutes 
lc«  deux  |*liécseii  i)uelque  sorte  par  la  ré- 
lAilion  dès  actes,  et  devenues  les  esclaves 
de  nos  volontés  dépravées,  après  n'en  avoir 
Hé  d'altord  que  les  mitruuienti.  C'est  ce  qui 
1  donné  lieu  k  celle  science  nouvelle  du 


(135)  I*3ir  qncls  vifs  caracicrct  de  supériorité  je 
<•«,  dN  CT3IC.  luan  ànK  ccliapocr  à  louic  assimi- 
utiua  xvrc  la  luaiicri:!  La  niaJlere  est  inerte,  elle. 
Bt  bit  «iH'uliéir  au  ninuTtnioul  ijui  lui  est  donné; 
a  je  sens  en  noi  un  principe  de  spotKaiiêitë,  con- 
«urc  4*«s  l'tinilé  ta  pliif  imlivisilrfi.',  f|ui  com- 
■a^dc  ft  Mas  NOf  OfiMM  et  par  cai  à  la  nature, 
a  kl  bit  scrrir  à  la  iaiidaciiun  de  ua  liltre  va- 
ille. La  enliéfC  ne  «e  rciHl  pas  raison  d'cHe-ntéme 
ftdc  WM  t'MBÎrcrs  qu'eue  rtinplil;  moi  seul  je 
pcu«,  |e  réflédut,  je  me  replie  sur  tnoi-Diéaie  ;  je 
nièwe  â  omm  les  inipres&ioiis  du  Ucliors,  je  les 
coirsiîac  ei  ni'eti  nourris,  ou  bien  Je  les  refoule  et 
Ies  aoiuatiï^  par  nne  force  iiilcme  <|ui  les  iJotuiue 
a  ^1  se  «Al  h  clIe-MiHne.  Clacei-iirai  daiis  une 
OBpagNe  déwne  ;  je  suis  eiivifooiié  d'^eu  maié- 
nt^,  pactcMi,  ast^aUcs,  muuvanU,  ~  ks  arlKea, 
n  raas,  ks  anwiaui  ;  —  ci  eiiteiulaut  je  sens  que 
y:  sais  sECL...,  qu'il  ii'jr  a  rwn,  li,  autour  de  uw, 
4us«adeBicMM:ualurei)uc  uioi.  Uoi,  si  faible  par 
««3  M^ançs,  si  elicur  eu  pié^nce  lie  ceUc  nature 
«ututsak,  je  aie  sens  ccpeiidaiK  un  priticipe  de  >u- 
^noriié  tor  elle.  Je  ne  suis  qu'un  roseau,  mais 
n  rosoM  pnaaaf,  coiuiue  «lit  Pascal;  je  miÎs  na 
InUcMe,  d  l'Miiten  ne  sait  pas  sa  force,  el  par  là 
n  •«(»  Mpâriewr  à  ecUe  force  mtee. 

Ce  a'ca  pas  loel  :  ce  Moade  ualëriel  n'est  pas 
a  seal  daal  j'aie  coanaissaiice.  Je  porte  en  moi  un 
aauc  Monde  ialdlecuiet.oû  nia  pensée  se  prooiéne, 
I  mil,  rat  et  s'déve.  comme  mou  eorps  se  prouiéne 
detl  calerBé  dans  ta  nature.  Dans  ce  oioiide  ha-  - 
LiitMt  ie  vrai,  le  licau  ;  une  luaiière  qui  n'est  pas 
ufle  da  soleil,  aae  Inmière  inielleciuelle  niluroiue, 
t*  T«BiTt!  ta  vêrMé,  sans  fonaea,  idéale,  pure,' 
^^plc,ciernelle,  iauuUile,  est  l'ekiei  de  nés  pour- 


APOLOGeriQtie.  amb  lu 

phrénoltM^i^mc.  qui  abuse  des  phénomènes 
de  correspondance  de  l'âme  avec  le  cor|is 
et  du  ccirps  avee  rdme  pour  atlaqner  le 
libre  arbitre  de  rbomine.  le  n'eiaraine  pas 
si  réellement  les  aptitudes  et  les  fassions 
ont  un  signe  représentatif  dans  l'enveloppe 
eitérieuredu  cerveau  ;  suppnsnns-le.  Qu'est- 
ce  que  cela  prouve  contre  la  libeHé  bu- 
mainet  II  est  manifeste  que  l'Ame  et  lecorps 
sont  dans  une  incessanle  eouimunicalion, 
el  que  tout  acte,  même  intérieur,  de  vice  ou 
de  vertu,  retentit  quelque  [>arl  dans  notre 
enveloppe  mortelle  et  y  creuse  des  sillons 
funestes  ou  heureui.  Ces  iract>s  subtiles,  h 
leur  tour,  réagissent  snr  le  foj^er  profond 
de  notre  activité  interne,  et  j  soliicilent  le 
retour  des  mêmes  mouvements,  c'est^-dire 
des  mêmes  pensées  et  des  nifiaies  vouloirs. 
La  doctrine  catholique  en  convient;  elle  fait 
plus  qu'en  convenir,  c'est  la  base  de  sa  thé- 
rapeutique spirituelle,  ou  si .  vous  l'aimez 
unenx,  du  traitement  médicinal  qu'elle  ap- 
plique aux  maux  de  notre  Ame.  C'est  pour 
cela  que  l'Evangile  ordonne  aux  cfaréliend 
de  cbAtier  leurcorps  pour puriBpr leur  Aiue. 
t^'eat  pour  cela  que  l'fglise  impose  des  abs- 
tinences et  des  jeHnes,  qu'elle  commande  le 
travail,  et  qu'A  l'exemple  de  Jésus-Cbristsou 
fondateur,  elle  bénit  ceux  qni  pleurent  et 
qui  sootfrenl,  parce  qu'il  j  a  dans  tes  afflio-, 
lions  du  corps,  outre  le  bénéfice  d'une  ex- 
piation acceptée,  l'infaillible  eflkacité  du 
redressement  des  sens.  Quelque  anciennes, 
quelque  puissanles  que  soientles  empreintes 
do  pecbé  dans  les  réduits  mystérieux  du 
corps,  l'Ame,  aidée  de  la  grAce ,  fortitiée  |-ar 

siillex,  de  mes  travaux,  de  mes  plaisirs.  Je  suis  dis- 
trait, altsorbé,  abtmé  en  elle,  loiu,  bien  loin  de  la 
partie  coiporelle  de  moi-même  :  je  n'entends  paa, 
je  ne  vois  pas,  je  ne  sens  pas,  matëriellemem  par- 
lant, el  eepeiMiant  c'est  le  moment  nb  je  jouis  le 
plus  vivement  de  mon  exisience,  «ù  je  ta  sens  ki 
plus;  el  lorsque  je  sors  de  ce  monde  intelkciiiel 
pour  revenir  au  uoude  matériel,  il  me  seuble  que 
je  me  quitte  moi-même  et  que  je  rentre  dans  une 
prtsun. 

Ce  n'est  pas  tout  encore  :  le  monde  moral  est  un 
autre  de  mes  domaines,  de  mes  pabis,  dont  le 
Irène  eat  la  conscience.  I^  j'entre  comme  dans  im 
saitcuuire,  ttje  me  mets  eu  rapport  avec  aue  jus- 
tice cieriielle  et  une  perfadioa  inlinie  qne  ce  mamie 
ne  connaît  pas.  C'est  là  plus  pariiculièreateu  que 
je  sens  b  dîunité  de  ma  uaiure  ;  là  que  je  me  sei.a 
maître,  ttbreyrespoiisal>Ie...;  qu'alors  que  tout  te 
qui  est  matière  subit  des  lois,  moi  seul  je  m'eu 
4louue  à  moi-mëuie,  eu  acceptant  ou  en  bridant  cellu 
<|ui  m'a  été  donoée.  Là  je  jouis,  là  je  souffre,  d'une 
jouissance  ou  d'une  souffrance  que  mes  organes  ne 
peuvent  ni  me  donner  ni  m'arracber,  el  qui  preml 
toute  sa  source  dans  l'usage  que  j'ai  fait  da  bm  li- 
berté. Là,  manquait  dr.  Uiut  ce  qui  peu  *alis&in 
mon  corps  et  jusque  dans  la  ilesirvctiou  de  omm 
cmps,  jepuis  être  heureux,  on,  na^eaul  daas  l'a- 
bondauee  des  lûeus  sensibles  et  en  paix  avec  la  ma- 
tière, je  puis  être  loatheureux. 

La  sensibilité,  ~  l'iolelligeace,  —  b  consdeoee, 
— .voilà  donc  Iruis  aUribuls  princîpaui  de  mon  élK 
qui  n'appartiennent  en  rien  à  la  malière,  et  par 
lesquels  je  perfois  Texisience  d'une  sutik4a>iee  lui- 
maténelle  eu  moi,  qui  est  upi. 


IIS 


ASIE 


nCTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


la  pénilence,  peut  les  elTscer  leolement 
et  y  substituer  les  veslif^es  réparateurs  du 
la  vertu.  De  là,  même  tiens  la  jibysionomie, 
ces  singulières  illuminalioiis  qui  s» font  jour 
è  travers  les  rides  obsoures  du  vice.  L'Ame, 
«près  avoir  ennobli  les  rétfions  souterraines 
qu'avait  souillées  le  crime,  arrive  un  jour 
su  Iront  de  l'homme,  et  y  répand  des  lueurs 
sereines  et  saintes  qui  attendrissent  les  re- 
gards de  ceuz-lli  mêmes  qui  ne  consaisseot 
pas  Dieu.  Les  ombres  du  [léclié  s'eBfuieot 
devant  la  gloire- créatrice  delà  vertu,  et  ce 
qui  en  reste  encore  dans  les  afEsissements 
prématurés  de  la  chair,  n'est  plus  qu'un 
signe  de  la  mortalité  vaincue  par  l'éierueUe 
beauté  du  Christ. 

0  visages  des  saints,  douces  etforles  lèvres 
accoutumées  h  nommer  Dieu  et  h  baiser  la 
croix  de  sori  Fils;  regards  bien-aiméâ  qui 
discerner  un  frère  dans  la  plus  pauvre  des 
créatures.;  cheveux  blanchis  par  la  médi- 
tation de  l'éturuilé;  couleurs  sacrées  de 
j'&me  qui  resplendissez  dans  la  vieillesse 
et  dans  la  mort:  heureux  qui  voua. a  vus  1 
plus  heureux  qui  vous  a  compris,  et  qui  a 
reçu  de  votre  iflèbe  transfigurée  des  leçons 
de  salasse  et  d'immortalité  1 

Hais  nous  avons  à  pénétrer  plus  avant 
dan»  les  théories  du  matérialisiDe;  nous 
devons  les  discuter,  en  montrer  l'impuis- 
sance et  dissiper  jusqu'au  moindre  doute 
qu'elles  auraient  pu  faire  naître  sur  ta  spi- 
l'iiualité  du  principe  pensant  qui  l'ait  toute 
la  dignité  de  l'homme. 

i". 
Let«denee!i  monde»  sont-elles  du  domaine  de  Ii  ph^- 

Locke  veut  quelque  pnrt  que  l'hislnire  de 
l'intflligence  duvienne  une  paitie  de  la 
physique  {126j.  Ls  philosophie  a  pris  quel- 
quefois ces  paroles  è  la  lettre,  et  s'est  voulu 
confondre  avec  les  sciencesqui  portaient  un 
autre  nom  que  le  sien.  L'idéologie  est  une 
partie  de  la  zoologie,  a  dit  M.  de  Tracy  (137)  ; 
el  ces  principes  n'ont  été  souvent  que  des 
Avances  de  la  métaphysique  6  la  physique. 
Chacune  des  deux  avait  eu  jusqu'alors  ses 
droits  el  son  domaine;  de  là  bien  des  pro- 
cès, que  l'une  a  eulin  demandé  à  J*autre  d'é- 
teindre, comme  on  dît  eu  droit,  par  la  t-.on- 
fusion:  le  dernier  terme  do  la  pbilosophie 
edt  été  son  anéantissement. 

On  ne  peut  donc  s'étonner  que  les  physi- 
ciens et  les  naturalistes  aient  accepté  les 
ulfres  de  la  philoaOpbie.  Comment  auraiRnt- 
ils  refusé  de  s'enrichir  de  ses  dépuuilks, 
et  de  s'arroger  de  son  .aveu  la  connaissance 
du  j'hommo  tout  entier?  Aussi  un  médecin 
célèbre,  Cabanis,  a-t  il  décidé  que  let  tcien- 
«a  moraita  daiaitnt  rentrer  dmu  la  domaine 
dé  la  phyaiqua,  pour  n'être  plua  qu'une  bran- 
che de  tMatoire  naturelU  de  l'hammt  (tâ7*J, 
Et  la  médecine  française  a  conservé,  lantOt 
silencieuseiiienl,  tanlAl  avuc  éclat,  une  pri^- 
tcntiua  Iradillunnelle  h  la  po.ssession  du 
toute  philosophie.  C'est  depuis  cinquaule 

(liO)  De  fentendeituni  hnmain,  liv.  iv,  ch.  St. 
(IST)  Etiiatnii  d'idéalogie,  (.  I",  Préracc. 


ans  un  article  de  foi  dans  nne  honna  par- 
tie du  monde  savant,  qu'il  n'y  a  de  satia- 
ces  que  les  sciences  ezpérimeDlsIes,  de 
sciences  expérimentales  que  les  scien- 
ces naturelles,  de  sciences  naturelles  qua 
les  sciences  physiques.  Ainsi  l'on  a  rru  sa- 
tisfaire la  raison  moderne  et  la  raiion  de 
tous  lès  temps,  en  conciliant  l'observalion 
et  l'unité. 

C'était  abuser  des  termes.  Sans  aucon 
doute,  IVbservalion  «st  nécessaire  k  toute 
science  ;  elle  n'esl  pas  inutile,  elle  n'est  pas 
étrangère  àîa  métaphysique  même.  L'eipè- 
rienceest  un  des  fondements  de  la  certitude. 
L'esprit  humain  fait  partie  de  la  nature  hu- 
maine; les  choses  philosophiques  sont  dam 
la  nature,   el  le  nom  de  physique  signifie 
primitivement  la  science  de   la  nature.  Il 
est  donc  permis  de  dire  que  la  philosophie 
est  une  science  d'observation,  une  science 
naturelle,  espérimenialo,  et  si    l'on  veut 
parler  plus  grec  que  français,  une  science 
physique.  Ces  expressions  sont  acceptahles, 
si  de  I  identité  des  mots  on  n'inlère  pas  l'i- 
dentité des  choses ,  et  si  l'on  entend  que  li 
philosophie  est  observatrice  ou  expérimen- 
laie  dans  sa  sphère,  qu'elle  a  son  foRdemeat 
dans  les  faits,  et  tient  sa  place  dans  la  science 
de  la  nature.  On  conçoit  mémo  que  des  pbi- 
losûphes,  les  Ecossais,  par  exempte,  inquiets 
et  las  de  s'entendre  accuser  de  spéculation 
chimérique,  aient  revendiqué  les  droits  de 
leur  science  aux    méthodes  li'ubservalion, 
el  l'aient  assimilée  aux  connaissances  où  se 
fie  le  plus  la  raison  humaine.  Du  (emns  de 
Bayle,  la  philosophie  se  réfugiait  quelque-    : 
lots  fouf  le  canon  de  la  lumière  jumoturellc; 
depuis  le  dernier  siècle,  la  physique  e<|ié-    , 
riinenlale  est  devenutila  seule  citadelle  dont 
le  canon  sauve  ce  qu'il  protège,  et  l'esprit 
humain  ne  sort  pliin  guère  de  la  place  pour 
s'aventurer  dans  la  plaine.   C'est  donc  aussi 
par  prudence  qu'on  a  quelque  peu  déguisé 
lii  philosophie,  ou  qu'on  l'a  aïootrée  dans 
ce  qu'elle  a  de   commun  avec  ca  qui  n'esl 
pus  elle.  On  a  fait  pour  elle  comma  pour  lei 
nobles  en  temps  de  troubles;  on  a  acM 
ses   titres,    effacé  si-s  armoiries;   et,  pour 
qu'elle  fût  sauve,  on  l'a  engagée  h  se  iRlre 
petite.  Le  calcul  était-il  bon?  Je  ne  sais.  A 
trop  invoquer  la    protection  des  sciences 
naturelles,  il  y  avait  danger  d'être  absorl>é 
par  elles.  C'est  un  parti  mal  sûrquede  vuus 
appuyer  sur  ce  qui  vous  menace,  que  de 
vous  allier  à  qui  veut  tous  envahir.  11  en  i 
coûté  cher  6  la  Pologne.  De  rnëine  oa  pour- 
rait bien  avoir  fait  courir  h  la   [jhiloso|ihie 
le  danger  d'un  partage;  en  lui  cherchant  un 
allié,  on  l'a  exposée  è  un  démemtiremenl. 
Heureusement   il   n!y  a  point  d'usurf>ati<)n 
délinitive  ni  de  duiilruction  irréparable  dans 
t'empirede  la  science.  L'esprit  humain  u'esl 
lié   par  aucun   Imité,    dominé   par  aucune 
prescription.  C'est  un  monde  k  part,  où  Ja- 
mais uu  droit  ne  manque  avec    le  temps  la 
puissance. 

*t    du  imrat  it 


171  AME  DICTIO:«NAmB  APOLOGETIQUE.  AME  TS 

Eomra  si,  en  ratuissanl  la  philosophie,  Irer  ilans  la  zookgîe. Toutes  ces  assertKins 

m  ftii  eâtgBranti  une  eiislence  mieux  as-  sont  restées  dans   les  lirras;  et  bien  que 

urée,  un  caraefère  plus  rnnstani,  une  au-  nisintes  fois  réimprimées  depuis  ciaquanle 

ttfilé  mieux  reconnue:  elle  se   servit  dé-  ans,  elles  n'ont  point  cnurd  dans  la  conrer- 

domoisgée  d^e  ta  grsadeurpar  la  sécurité;  oalion  ordinaire.elles  n'ont  point  passé  dans 

un  rai^  moiiu  contesté  console  d'un  rang  rusage;  la  littérature  ueles  a  pasadnpiées; 

ploi   éleréw      Mais  une  parfaite  barmonie  la  politique  n'en  tient  compte;  l'eipérience 

M  régne  pu  entre  les  sjsiènies  pbysiolo-  journalière  ne  s'y  soumet  pas,  e(  le  public 

çiqnes.  La  lumière  n'est  ni  bien  pure  ni  s'obstine  à  distinguer  le  natursiisiê  elle  . 

iita  vive  dans  les    réginns  élevées  des  philosophe,  le  moraliste  et  le  médecin,  à  ne 

KÎeiMes  physiques.  Les  théories  s'y  corn-  point  confondre  le  moral  eLle  physiaue.  Le    - 

balifot  el  s'y  succèdent,  laissant  le  doute  matérialiste  lui-même  est  obligé  de  les  dis* 

•fvéf  elles,  et  ramenant  peu  A  peu  les  es-  tinguer  pour  se  faire  entendre.  Dans  l'opi- 

prits  api  sciences  mêmes  qu'elles  ont  voulu  nioo  du  monde,  il  y  aura  toujours  une  dif-  - 

(Miigneosement  proscrire.  Une  certitude  férence  saillante  entre  la  science  d'Ilippo- 

cliire  el  inTariable  est  loin  d'être  l'attribut  craie  et  celle  de  Platon.  La  Logique  ou  la 

é^pnocipes  de  la  science  expérimentale  de  Mélaphytique  d'Aristole   ne   seront  jamais 

rttemme;et  l'obserTation,  sa  perfectionnant  des  parties  de  son  Traité  des  imtmaux;  ce 

en  se  birersiSant,  décourre  chaque  jour  de  qui  choquerait  les  penchants  et  les  habitu- 

nmelles   raisons    d'ignorer    ce   que   l'on  des  de  notre  esprit,  ce  serait  d'identifier  l'é^ 

eroyailsavoir.Certainement  lepeu  quunous  lude   de  l'intelligence  avec   l'anatomie  du 

dit  de  la  sensation  la  psychologie  écossaise  système  nerveux.  Il  le  faut  cependant,  ou. 

»(  filas  intelligible  que  ce  que  nous  en  ra-  les  physiologistes  se  trompent  ;  il  faut  re- 

cooie  la   physiologie:   les  faits  que    nous  noureier  totalement  les  notions  et  les-loou- 

décrii  l'une  sont  moins  hypothétiques  que  tions  usitées.  Si  Cabanis  a  raison,  .on  doit 

les  faits  qae  l'autre  suppose,  el  la  percef>-  changer  jusqu'au  titre  de  son  livre.  Qu'est- 

tien  est  plus  cooeevable   que  l'inaervalion.  ce,  en  eflel,  que  les  Rapports  du  physique 

Base  confondant  avec  l'histoire  naturelle,  tt  du  moral  de  TAorninef  Le  mol  rapports 

la  pbihksopbte  n'a  donc  rien  gagné;  ses  ba-  suppose  diversité,  là  où  l'on  nous  enseipe 

SM  œ  sont  pas  devenues  plus  solides,  ses  Tuoité;  le  titre  du  livre  implique  la  dislinc- 

(héoriex  plus  durables  ;  elle  s'est  amoindrie  tion  c]ue  le  livre  nie  ;  dès  qu'if  n'y  a  que  le 

n  pore  perte,  et  la  reine  des  sciences,  en  physique,  il  n'y  a  plus  de  moral,  donc  plus 

<k5  joors  de  révoluHon,  n'a  point  sauvé  sa  de  rapport.  Le  nom  même  de  l'esprit  bu- 

lêle  e»  jelaot  sa  couronne.  main,  lequel  n'est  plus  distinctde  1  appareil 

&l-il  *raî  du  moins  que,  en  loi  donnant  encéphalique,  est   uns  expression  fautive 

n  nouTcan  nom  et  de  nouvelles  formes,  on  que  te  philosophe  dpît  s'interdire,  et  Con- 

'ai|  réeoocitiée  avec  le  sens  commun,  et  ra-  dorcet  a  erré  en  a'jptitulant  pas  son  dernier 

neoéeà   ees  cotions  valgaires  d'évidence  et  célèbre  ouvxage  :  ff^uide  des  progris  du 

que  les  sciences  les  plus  hautes  ne  doivent  cerceau  Aunain. 

pu  dédaigner?  ■  Depuis  qu'on  a  jugé  cou-.        On  peut  donc  dire,  avant  de  rien  discuter 

valable*  prétendait  encore  Cabanis  (138),  de  au  fond,  que  la  physiologie  n'a  tenu  aucune 

'neer  aoe  ligne  de  séparation  entre  l'étude  de  ses  promesses,  et  qu'elle  n'a  rendu  la 

de  l'homme  physique  el  celle  de  l'homme  philosophie,  nu  plutAt  sa  philosophie,  ni 

■eorel,  les  principes  relatif  h  cette  dernière  moins  contestée,  ni  moins  variable,  ni  plus 

élude  se  sont  Iroavés  nécessairement  obs-  populaire;  rien  ne  justifie,  sous  ce  rap- 

cnreis  par  le  vague  des  hypothèses  roéta-  port,  la  révolution  que   la  physiologie  a 

I  h/siques.  ■  Hais  d'abord,  il  est  difficile  entreprise  en  s'emparant  de  la  métaphy- 

•-e  proaver  qaeeefle  ligne  de  siparalion  soit  sique. 
qnelqae  chose  qu'on  aitju^^  convenable  de  I  m. 

irmeer,  et  que  depuis  celte  prétendue  con-  .      ,  .  ^_j j^^..^.^ 

.«.Uoo  scîentifimTe  tout  ait^été  de  mal  eu  lnçoi«n« d»  «d».u««^- l-pols««* de. ,*,*,- 
pt«,  ao  point  qu'il  fallut  l'abolir  pour  re.ve-  ,       ■        .  «.        ■ 

nir  ao  vrai,  au  raisonnable,  au  bon  sens  •    I!  s'agil,  coma»  on  le  sait,  d  effacer  la 

f<i«BiiiL  On  ne  voit  point  qu6  C8  soit  le  sûr  TÎeilla  et  familière  dislinclinn  du  corps  el 

SMïjeii  de  rendre  à  la  science  un  caractère  de  l'âme,  c'est-à-dire  de  a  admettre  dans 

fspaUire.  et  que  l'existence  des  sciences  l'homme  que  des  organes,  et  d'expliquer 

iDtelleelnelles  soit  une  hypothèse  artificielle  tout  l'homme  par  ces  organes.  Or,  ou  poul, 

-ï*i  fii&se  violence  à  l'esprit  humain.  L'ap-  chose  assez  singulière,  arriver  à  cette  con- 

B  du  poradoxe,  l'hinovalion,  an  con-  cinsion  par  deux  voies  opposées,  en  procé- 


traiew^  «Hdu  calé  des  naluralistes.'Ce  n'est  dant  de^'intérieurà  l'eitérieur.oade  l'exlé- 

lAtÎMl  le  sens  commun,  ce  n'est  point  le  lan-  rieur  à  I  intérieur.  Le  premier  procédé  est 

96*  ofdioatre,  eefidèleet  involonlairein-  celui  des  psychologistes,  qui  tendent  au 

terpr^le  du   sens  commua, qui  dit  que  la  matérialisme;  le  second,  celui  des  physie- 

«ewnce  de  l'hoaime  physique  el  celle  de  logistes  qui  Teulent  anéantir  la  psychologie 

rbofliBe  moral  soient  la  même  chose,  que  même. 

a    nsonle  devraii  faire  partie  de  l'histoire  La  philosophie  setunahsie  a    le  même 

satianlle,  que  la  métaphysique  devrait  ren-  point  de  départ  que  Descaries;  elle  débuts 

(tm  A^r^rif,  de.  préface. 


«79 


AWE 


NCTIONNAIBE  APOLOGETIQDe. 


AXB 


par  le  moi  ou  la  conKÎeace  ;  maïs  n'ohser- 
fiai  dans  la  conscience  que  la  sensalion, 
«tdans  celle-ci  que  l'aSuction  qui  lut  semble 
se  transformer  en  niée ,  elle  est  impuissante 
h  garantir,  soit  la  certitude  des  vérités  intel- 
lectuelles, soit  tViistence  des  réalités  ei- 
(érieures.  Lorsqu'elle  vaut  d»  la  sensation 
conclure  aui  premières,  elle  n'aboutit  qu'à 
l'idéologie  ;  lorsqu'elle  veut  allirmer  les 
secondes  ,  elle  se  fait  gratuilemenl  matéria- 
liste; je  dis  gratuitement,  car  la  sensation 
seule  ne  donne  pas  la  m«tièrer  et  de  la  sen- 
sation seule  ne  peut  se  déduire  aucune  dtds 
Vérités  pliysiologiaues.  La  conscience  ue  la 
suggère  pas,  et  l'idéalisme  les  ébranle. 
Voyez,  uairtz,  entendez,  ces  sensations 
mille  fois  répétées  ne  vous  feront  connaître 
ni  le  nerf  opti(ju8,  ni  le  nerf  olfactif,  ni  le 
nerf  auditif,  ni  le  ccrreau  qui,  dit-on,  sent 
et  pense  par  tous  ces  nerfs.  11  n'est  aucune 
des  observations  des  naturolistHS  dont  nous 
ayons  une  conscience  quelconque.  L'ana- 
lunsie  et  ses  conclusions  reposent  sur  deux 
)iriacipes  :  la  vérité  des  perceptions  du 
monde  sensible,  et  la  validité  extérieure  de 
la  loi<te  causalité.  L'analf  se  de  laaensatioo, 
comme  affection  des  sens,  ne  donne  aucun 
de  ces  principes.  Ni  Condillac  ni  M.  de 
Trac;  n'ont  su  les  établir;  ils  ont  donc  laissé 
la  physiologie  sans  bases,  et  en  lui  ahan- 
tlonnanl  l'bomaie  tout  entier,  le  sensua- 
lisme lui  a  concédé  par  delà  son  pouvoir. 

11  faut  revenir  i  l'autre  procédé,  et  de 
l'observation  externe  induire  la  nature  et  la 
lause  des  opérations  internes.  Ainsi  rsison.- 
tieul  généralement  les  physioloKisles.  Les 
ptiénomënes  de  la  santé  et  de  la  maladie, 
les  expériences  pratiquées  sur  les  animaux, 
l'inspection  des  organes  après  la  mort,  les 
«conduisent  à  de  certaines  inductions  sur 
des  fonctions  intellectuelles  de  l'homme, 
ou  du  moins  sur  la  maniëre  dont  elles  s'au- 
cumplissent  dans  es  milieu  physique,  où 
résidu  le  moi  humain.  Us  fondent  ainsi  toute 
la  psychologie  dans  la  physiologie,  et  pré- 
tendent  avoir  trouvé  le  secret  d'ériger  la 
première  en  science  posilive.CeCle  prétention 
su)>puse  deax  principes:  d'abord,  cpi'il  n'y  a 
de  certain  que  le  visible;  ensuite  quel'obser- 
valiuii  n'est  possible  qu'diors  que  l'observé 
«stdisttnetdel'observaieur.  Sieas  deux  proi- 
posilions  oesont  pas  vraies,  sur  quel  fonde- 
Bient  asseoir  la  prééminence  des  méthodes 
dites  eipérimentalesf  Mais  si  ces  proposi- 
lions  sont  vraies,  comment  et  de  quel  droit 
appliquer  la  physiologie  aux  faits  psychoto- 
gLuueaT 

Les  choses  visibles  ne  sont  certaines 
qu'en  ce  qui  est  du  ressort  de  la  vuu;  at 
sans  dresser  contre  la  sensation  toutes  les 
batteries  du  tcepliciame,  il  faut  manoaitre 
que  le  domaine  de  la  sensation  esl  borné, 
et  que,  comme  champ  de  connaissance,  elle 
serait  bieoiAt  stérile  dans  les  jugements  qui 
la  fécondeol,  sans  la  raison  qui  l'exploite  et 
la  limitt  à  la  fois.  La  sensation  ne  dépose 
que  les  choses  swlies,  yt  les  choses  de  l'in- 


térieur de  l'honame   ne  sont  à  la  portée         ' 
d'aucun  sens.  Jamais  le  physiulô^ste  ne 
verra  oi  ne  touchera  une  pensée,  ud  iou-         ' 
venir,  une  volonté,  une  sensation  mèmei 
soit  qu'il  veuille  les  considérer  oomnit opé- 
ration, Foncliou  ou  résultat,  soil  qu'il  pré-         < 
tende  atteindre  par  les  sens  une  idée  <lé- 
termiEiée,  l'organe  qui  la  conçoit,  l'acte  pat 
lequel  celte  conception  s'opère;  il  veut  tou- 
cher l'impalpable  ou  voir  l'invisible.  Le        i 
moral  échappe  h  loua  les  sens.  Or,  s'il  y  a 
un  moral,  s  il  ^  a  des  pensées,  des  souve- 
nirs, des  sentiments,  des  volontés,  nou» 
ssTopa  qu'il  yena;  il  faut  donc  qtie  nous 
ayons  les  moyens  da  le  savoir;  at  comme 
ces  moyens  ne  sont  pas  les  sens,  il  auit^ue, 
pour  obtenir  1a  connaissance,  il  o'esl  nnl 
besoin  d'une  différence  entre  l'observateur 
et  l'cbservé.  Ce  n'est  que  dans  la  spfaèn 
des  sens  que  celte  différence  est  nécesuire. 
Un  écrivain  a  éié  jusqu'à  dire  que  la  psy-       i 
chologie  des  passions  était  la  seule  pos- 
sible, parce  que  le  cerveau  étiint  dilTûrenl 
des  entrailles,  la  pensée  qui  appartient  k 
l'un  pouvait  observer  let  passions  qui  ti-       \ 
aident  dans  les  autres  (139).  Uais  cela  oiéiiia 
était  une  dHmérique  espérance,  car  le  cer- 
veau ne  verrait  point  les  passions  en  ragv^ 
dant  les  entrailles;  et  mime  quand  il  vou- 
drait regarder  les  entrailles,  ii  n'aurait  pas 
le  bonheur  de  les  voir  :  il  n'a  que  la  eonso-      , 
latiou  bien  vaine  d'y  penser.  O  faiblesiede    . 
la  science  humaine  I  Misérables  viscères  que 
nous  sommes  I  Qu'iî  y  a  loin  de  l'abdomen 
au  cc&ne;  et  lorsque  la  cervelle  esl  si  cu- 
rieuse, pourquoi  le  pérUoiae  esi-il  impé-    ; 
uélrableT 

Il  pourrait  être  utile  d'exposer,  avec  dé-  > 
lail.  Ifs  idées  des  chefs  de  la  philosophie 
physiologiste,  vt  de  la  réfuter  en  forme.  On 
y  montrerait  partout  l'bypothi&fl  so«s  l«5 
dehors  de  l'onaervclion,  et  la  diftieetique 
sous  le  masque  de  l'expérience;,  mais  co 
serait  l'objet  d'un  ouvrage  entier.  Nousac  , 
présenterons  ici  que  des  observations  géaé- 
rales  sur  un  sy^ème  que  FûGOOtmanda  le 
nom  do  Brousssis. 

S  IV. 
-  Sj-slème  de  Brmmiis.  — ITui  pu  albée.  — SndéériM    , 
pour  b  niéUpbïsique;  h*  allâmes  GAnitftla  fVtio- 
logle.  ' 

Broussais  était  un  esprit  hardi.  Au  génie 
de  l'observation  il  unissait  un  don  précieux, 
il   osait  conclure  ;  courage    peu   commult,    ' 
aujourd'hui  que  le  double  abus  de  l'expé-   ' 
rience  et  de  la  critique  a  si  profondéuwot 
iutimidé  les  sciences,  et  robaisaé  leur  assor. 
Il  sut  donc,  lorsque  passaot  de  la  médecine 
il  embrassa  l'idée  d'appliquer  la  physiolo'  ' 
gie  h  la  métaphysique,  écarter  lea  réserves  , 
et  les  doutes  circonspects  dont  s'eatouraienl 
beaucoup  d'écrivains;  et  de  l'observation 
reprise  à  nouveau  des  phénomènes  aerveai, 
induire  hardiment  l'idenlilé   substsoliello 
du  système  et  de  l'esprit    humain.  U  toi 
vraiment  matérialiste,  et  n'aut  pas  peut  des 
conséquences  de  l«  scieao«  l«|]«  q.u'il  in 


(129)  M.  Auguste  Cokie,  Coun  dt  philotopliit  poiînï«,  1. 1",  leçoa  r*. 


MCTIOMN&IRE  APfH^ETIQUÈ. 


cfojwl.  Chez  lai  il  a'est  plus  question  de 
nppnrts  do  pbjslqDe  et  du  moral  ;  les  phé- 
nemioesda  tecond  ne  sont  plos  •eolemeot 
rapproches  de  caai  do  premier;  le  phjsique 
D'esl  plus  one  eeuse,  ua  siège,  un  théâtre  : 
il  est  la  moral  même.  Le  phjsiolngiste 
n'admet  plos,  il  ne  conçoit  plus  autre  cbose; 
bon  de  U  il  permet  les  conjectures,  les 
nmx,  les  désirs;  tnais  il  ne  roit  rien  de 
ceruin,  rien  de  démontrable,  rien  d'intel- 
ligible, 

!(oai  devODi  qaelque  esemen  à  cet  avea 
fraw  M  assez  imposant  da  vrai  sens  de  la 
physiologie  appliquée  A  la  mélsphyiique  ; 
iMMS  nous  trouvons,  pour  la  première  lois, 
n  bee  do  matérialisme  scientifique  (130}. 
ViMs  en  résuolerons  les  principes  snivant 
BrouMis,  dans  les  propositions  soivantes  : 
l' La  contraction,  c'est-i-dire  un  moure- 
■eaf  allemalif  de  eondensalion  et  de  relâ- 
dieiiMt,  est  la  forme  générale  de  l'action 
de  la  matière  vivante,  par  conséquent  de 
Il  autière  nerveuse,  par  conséquent  de  la 
matière  cérébrale. 

S*  Il  De  se  pas»  d'obsefvabte  et  de  cer- 
leifl  qne  cela  daus  le  phénomène  de  l'inner- 
vatioo.-Daiu  les  phénomènes  intellectuels 
M  ■oraoït  il  ne  se  pasM  d'observable  et  de 
oerlain  que  des  phénomènes  d'innervation, 
3*  Las  phénomènes  intellectuels  et  mo- 
niu  iM  sont  pas  autre  ebose  pour  la  science  ; 
ils  n'ont  pas  pew  elle  d'autres  couses  que 
les  propnétéa  dn  système  nerveui.  Qu'A  y 
ail  d'antres  causes  on  propriété*  ptu»  ca- 
rbéec,  mais  tealeneitl  physiques,  cela  eet 
iofiDimeDi  prdsiMé.  Jl  hu(  bien,  en  oatve, 
ijne  l«s  éléB6DiB  fatales  de  la  maMre  se 
retrowenl  dans  la  nuitère  vivante,  avec 
Imrs  propriétés  primltiveSf  avee  les  affiol- 
lés  oKilécolairWf  avec  leurs  uKtde^  d'action 
atomiqoei  SMis  quant  è  la  cause  première 
de  tlnitervslioD,  on  peai  edmetire  son  aiis- 
teoee,  on  ne  peut  ni  connaître,  ni  sonpçon- 
oer  s«  natarvf  elle  peut  se  eûofbndre  avec 
U  causn  première  de  cet  univers  qui  existe 
aasarémcnl,  mais  qui  est  int()énétrabic, 

V  La  prétention  de  définir  celle-c],  de 
comprendra  sa  nature,  de  connaître  ses 
nn/nna  d'action,  est  téméraire.  Plus  témé- 
raire «Barire  il  est  de  considérer  comme  un 
principe  distioct,  eoraioe  nn  être,  la  cause 
on  le  snrjet  de  la  pensée^  Aucune  perception 
n'j  autorise;  ancond  expérience  scienti- 
fcjiMou  Vulgaire  ne  le  laisse  entrevoir  :  et  il 
J  ■■  ant  contre  la  nature,  soit  contre  1  exit- 
e  qu'on  loi  attribue,  des  objections  lo- 


ir Lb  priD^pa  indépendant  des  orgaMs 
B'nn>*r«tl  eo  rien,  Un^i»  que  la  liaison  né- 
c«sssire  des  phénomènes  intellectuels  avec 
les  phénomènes  nerveux  apparaît  cunslsm- 
menl  et  iatarîablement. 

0*06 principe  iadépenJaAt,  ou,  du  moins, 
éiuiaei  des  oignes,  qu'est-il  quand   les 

C3ft  rtmM  rootnie  tniIlnV  :  De  rirHutïon  cl 
é^  u  fÊlit,  3  ToL  !■-••,  ëdit.  de  iSSS. 

(I5l>  il^  TtiritaHoii,  mmhi,  et  BObn 
».in.Sfl).569.57»;  Lil,  p.  63,  119. 


organes  ne  sont  pas  encore  développés^ 
lorsque  leur  action  est  suspendue,  quand 
elle  est  affaiblie,  aKérée,  viciée  f  L'état  em- 
bryonnatre,  l'enfance,  le  sommeil,  la  mala- 
die, la  folie,  la  vieillesse,  montrent  l'esprit 
dans  un  état  rigoufeusemeni  proportionnel 
&  l'état  des  organes  cérébraux. 

7*  Le  principe  pensant  n'a  été  inventé  que 
pour  expliquer  le  comment  des  phénomènes 
Intetlecloels  ;  et  d'abord,  c'est  vouloir  ez- 
pliguer  l'inexplicable,  et  excéder  la  portée 
légitime  de  la  science. 

s*  Eo  seA>nd  lieu,  ce  principe  n'explique 
rien,  et  donne  naissance  è  des  difficultés 
non  moins  insolubles  que  celles  qu'il  est 
destiné  h  lever  et  qu'il  ne  lève  pas.  Telle  est 
sa  liaison  avec  l'organisme;  telle- est  sou 
action  sur  l'organisme.  Il  v  a  là  plus  que 
mystère  :  il  y  a  impossibilité,, il  y  a  contra- 
diction (13lf. 

Le  fond  ne  ces  propositions  est  le  thème 
étemel  du  matérialisme.  C'est  le  sujet  du 
troisième  livre  du  poëme  de  Lucrèce ,  ce 
ebanire  austère  et  pathétique  de  la  malièm. 
Cependant  ne  confondons  pas  les  consé- 
quences que-Broussais  (irait  da  ses  nrioci' 
pes  avee  les  négaiinns  célèbres  que  le  ma- 
térialisme dicta  souvent  aux  disciples  d'Epi- 
cure  ;  constatons  dès  l'abord  deux  points  dtt 
dissidence  importants  qui  sont  è  I  honneur 
de  Broussais,  et  qni  peuvent  servir  k  réfuter 
sa  doctrine. 

PreMiièremant,  il  n'est  pas  sceptique,  non 
qu'il  ne  doute  de  lieaucoup  de  choses  k  mon 
sens  indobilables  ;  mais  oo  sait  que  celni-lk 
n'est  pas  sceptique  qui  n'admet  le  doute 
ni  sur  l'existence  du  monde  extérieur,  ni 
sur  la  véracité  à^  nos  lacnltés  quand  elles 
l'atlestenl.  Or,  hotre  anleor  ne  permet  au- 
cune incertitude  i  cet  égard  ;  il  se  6e  plei- 
nement h  la  sensation,!  la  perception;  le 
contraire  lui  paratl  absnrde;  il  n'attribue 
l'idéalisme  qn  an  spiritualisme  même,  k  l'i- 
gnorance des  faits  physiologiques.  En  un 
mot,  l'existence  des  corps  et  leurs  rapports 
avec  nous  lui  paraissent  choses  aoiu  np/i< 

r.  Il  ne  se  montre  en  aocaiie  façon  touché 
l'argumentation  de  Hume  contre  la  cau- 
salité, la  causalité  étant  une  induclion,  et 
l'induction  étant  nn  lait  cérébral  tout  aussi 
positif  que  la  sensation  même  (132). 

Eo  second  lieu ,  Broussais  n'est  point 
athée;  jamais  du  moins  il  n'est  disposé  k. 
r^arder  ce  monde  comme  l'œuvre  du  ha- 
sard, k  mécoonatlre  dans  la  nature  l'aclion 
d'une  cause  première.  Il  confesse  «  une 
cause  suprême,  ordonntirice  et  cuoserva- 
Irica,  que  nous  ne  pouvons  définir.  »  U 
«  conçoit  la  néeessité  d'une  cause  ou  d'une 
force  qui  soit  le  moyen  d'union  ,  peut-être- 
le  premier  mot» le  ins  antres  forces.  »  Il  a 
■  le  sentiment  d'une  cause  et  d'une  force 
première  qui  lie  tout  et  enchslne  tout  (13S).  >. 
C'est  un  grand  iocoono  qu'il  ne  faut  ni  per- 

(152)  Dermitmiai,  L  1",  p.  S07,  153,  515  ;  L  tl, 
p.  4«,  ai6. 

(135}  I  QuM  à  moi,  mon  o^nion,  qve  ja  oaa- 
ûdère  ici  pour  aei  kuI  peuirÂra  et  foer  un  psiit 


ISS  AMB  nCTIOHNAIRE  APOLOGETIQUE.  AHE  m 

«ussi  M.  Brousssis  en  parle-l-il  sansamer- 
luiiie,  et  reconnoissanl  qu'eTle  est  dans  udb 
bnniie  voie,  il  lui  reproche  seulement  de 
tj'avuir  pas  continué  a  ^  marcher.  Elle  est 
pour  lui  sage  ,  mais  limiiie  ,  el  ne  tb  point 
ussiiz  au  fond  des  choses.  Si  îa  psychoingie 
n'est  en  effet  que  l'observation  des  pL^no- 
mèites  de  la  conscience ,  si  elle  s'interdit  la 
foi  et  presqne  l'exami'D  en  ce  qui  loache 
les  lois  de  la  raison  impliquées  dans  ces 
faits  et  leurs  inductions  immédiates,  il  eal 
certain  qu'ello  ne  mérite  pas  les  aiiathëmes 
proférés  ailleurs  contre  son  nom  par  soa 
véhément  adversaire.  Mais  il  faut  reconnaî- 
tre que,  malgré  qu'elle  on  ait,  la  ps^cbolo- 
gie  va  toujours  un  peu  plus  loin  î  bien  que 
priucipaleuient  descriptive,  elle  est  toujours 
partiellement  rationnelle,  et  nous  qui  Tai- 
sons profession  de  Irès-piiu  nous  hasarder 
au  delà  des  limites  de  la  psychologie,  nous 
avouons  volontiers  que  nous  dépassons  le 
point  où  M.  Sroussais  déclare  que  de  psy- 
chologie on  tombe  en  métaphysique,  el  nous 
n'aimons  pas  que  la  psychologie  s'allaclie 
trop  à  s'en  disculper  ;  cela  sent  la  faiblessu 
et  rhj 


sunnitivr  ni  délinir.  dont  l'idée  est  une  in- 
duction de  la  sensualité.  CommH  lu  senli- 
inenl  seul  noua  élève  h  lui,  il  serait  insetiité 
(le  vouloir  le  connaître;  mais  il  se  met  en 
rapprirl  avec  nous  dans  la  matière  des  nerfs; 
car. la  cause  première  de  l'action  du  cerveau 
n'est  pas  dans  le  cerveau  ;  et.  conduit  par 
la  nécessité  de  trouver  ■  un  lien  commun 
h  touie-i  cas  forces  qui  lui  paraissent  ëlre 
dg  la  matière  en  mouvement,  »  M.  Bruussais 
n  écrit  ces  paroles  :  ■  L'athéisme  ne  snurait 

Sénélrer  dans  la  tête  d'un  homme  qui  s  ré- 
ér.hi  profondémunt  sur  la  nature  (13i).  > 
A  cette  double  aflirmRtion ,  r<;xislence  du 
monde  extérieur  atlcAlée  par  nos  fa<:ullés, 
i!t  l'tiKtsleuce  de  la  couse  première,  se  ré- 
duit pour  Broussais  toute  la  philosophie 
transcendante  ;  car  c'est  Ih  de  la  philosophie 
transcendante.  Le  reste  n'est,  avec  lui, 
qu'observation  empirique  et  eilerne,  c'est- 
à-dire  que  physiologie.  Hors  de  ce  cercle , 
il  ne  voit  que  do  la  métaphysique,  et  jamais 
il  ne  prononce  ce  mol  qu'avec  diidain.  A 
peine  prend-il  la  peine  de  réfuter  la  science 
ainsi  nommée.  Il  fait  plus  d'honneur  h  la 
psychologie,  qu'il  poursuit  avec  beaucoup 
de  verve  et  d'obstination ,  el  qu'il  réussit  & 
peu  près  à  convaincre  de  n'êtro  qu'une  mé- 
lapliysique  <iéjj;uisée. 

Il  reconnaît  cependant  que  la  psychologie 
des  Ecossais  débute  assez  bieu  [1351.  On 
sait,  en  effet,  que  ceux-ci  ont  en  général 
réduit  la  science  h  l'histoire  naturelle  de  la 
fiensée  ;  ils  se  renferment  dans  l'enceinte 
(le  l'observation  et  de  la  description  des 
phénomènes.  Ils  ne  s'aventurent  qu'avec 
scrupule  aux  inductions  qui  vont  au  delà  , 
même  à  celles  qui  obtiennent  d'eux  bien- 
veillance et  proyance,  et  l'on. pourrait  citer 
de  UujjBld  Stewart  tel  passage  qui  laisse  le 
champ  libre  au  matérialisme,  vd  réservant 
toutes  les  questions  concernant  l'essence  de 
l'bomme  (136).  Une  psychologie  aussi  mo- 
deste méritait  bien  quelque  indulgence; 


l'hypocrisie. 


ST. 


IllualuD  de  l'empirisme  des  MOMlions  :  eipùrirnEe  it- 
Lenie  ou  coDscience.  -^  tdenlilé  de  la  persaoue  hu- 
Luiiie  ou  le  mot.  —  Psycijologîes  conduisant  lu  ac*f\,\- 
cisme.  —  Induclians  ïirées  dn  moi-tubtlIPice  par  U 
réflexion;  naUé  du  mot  reconou  par  la  nisoa.  — 
Comparaison  de  la  lutulaDce  fpiritoella  el  de  la  iulM- 
tance  malérielle. 

11  demeure  vrai  qu'avec  les  faits  de  cons- 
cience, pris  à  litre  de  simples  phénomènes, 
on  ne  peut  construire  une  science  du  fond 
des  choses,  mais  pas  plus,  mais  moins eii' 
core  le  matérialisme  que  le  spiritualisme, 
La  part  que  dans  tous  les  systèmes  l'organs 
encéphfflique  prend  à  l'activité  morale,  u'est 
point  aperçue  de  la  conscienes.  Personne 
ne  sent  distinctivement  l'activité  quelconque 
du  cerveau.  Dans  ta  sensibilité  uniquemenl, 
on  s'apergoil  de  l'iulervenlion  des  orgaiie$, 


onmlire  d'amis, c'est  «lue  toul  homme  cempléiement 
iirt;anUc  a  le  sentimeul  d'une  cause  cl  d'une  force 
première  qui  lie  loul  el  qui  enclialne  tout;  mais  je 
ne  puis  la  déQnir,  eije  ne  sens  pas  le  besoin  de 
riioQorer  par  un  autre  culte  que  celui  que  lui  rend 
lua  conscience.  >  (Irrilelion,  t.  t"',  p.  èûS.) 

11341  Hème  ouvrage,  1.  I".  p.  «i;  t.  Il,  p.  70, 
18ï  ;  i.ouTê  dt  phréttologié,  leçun  xii*.  t°  735.  Lisez 
loui  le  passage,  elceiauirede  ceUernier  ouvrage: 
■  Le  cerveau  ne  peut  agir  sans  le  concours  de  di' 
vers  agents,  le  calorique,  l'uxygène,  réli:aricilé,  les 
Iropondéraliles  enSn,  dont  t'ailion  n'est  pas  aussi 
éludiée  par  les  pbysiologistrg  ^uc  par  les  plijs'- 
ciens.  Nous  ajouterons  que  ces  principes,  qui 
mi;  nous  sont  connus  que  par  quelques  etTelg. 
semblent  se  confondre  avec  la  cause  première 
lie  la  vie  ;  mais  que  jinuruol  nous  ne  répu- 
gnons point  i  eu  dibUnguer  celte  dernièie , 
jiourva  qu'où  ne  l'emprisonne  pas  par  fragmenls 
lians  les  diffcretits  cerveaux  dune  seule  espèce 
il'dties  vivants.  Celle  cause,nous  la  sentons  par  in- 
duction sans  la  concevoir;  i.uux  comprenons  même 
lu  nécessité  d'un  muieur  umi|ue  pour  toute  la  na- 
ture; mais  nous  n'avons  aniun  moyen  de  ta  dé- 
cauvrir.  ■  (Leçon  iii',  p,  7if.  Voyct  aushi  les  tenons 
iS*  M  18',  if.  401;,  tj-ji  el  kUiv.J  11  y  a,  duiij>  les 


deux  ouvrages  de  H.  Broussais,  queli^ne  conRi- 
sion  sur  l'origine  de  Dieu  qu'il  ratlanlie  toujours 
au  sentiment,  lout  en  la  Taisant  sortir  de  l'induc- 
tion. Il  t'attribue  à  ta  sensualité,  et  non,  comme 
Gall,  i  la  vénération.  La  conrusion  vient  de  ce 
qu'il  rapporte  volontiers  au  seolimeiit  toute  induc- 
tion qui  n'est  pas  le  produit  immédiat  d'une  per- 
ception par  les  sens.  (Voy.  De  Cirriiaiion,  t.  1", 
p,  290,  Sil,  546,  569,  et  t.  II,  p.  126,  261 ,  etc.,  et 
le  CouTi  de  pkTinotoaie,  leÇDn  ii-,  p.  S35.) 
(iZS)  StMVista,  Coan  de phTtntaogit,  leçoo  5*. 
(156)  <  Le  caractère  disltnclilde  la  science  in- 
duciive  de  l'esprit  est  de  s'abstenir  de  toute  nfé- 
eulaiion  sur  la  naiure  et  l'essence  de  ce  même  es- 
prit... Les  couctusiona  sur  l'esprit  humain  aux- 
quelles nous  conduit  namreltcment  la  inélbode  d'in- 
duction... s'arrangeni  également  des  systèmes  mé- 
tapliysiques  des  matérialistes  et  de  ceux  des  pai- 
lisans  de  Berkeley,  i  D.  Steivart,  £ttaâ  philot,, 
difc.  prélim.,  cli.  1",  1.)  La  même  iilée  csl  ex- 
primée au  commencement  de  ses  Elémtml*  4t  '• 
Sliiloêophie  de  t'eiprii  humain,  (luimd.,  part,  i"-) 
leid  insinue  quelque  cbose  de  semlilab!e.  (F.ssai  1"* 
cil.  1"),  et  H.  Jouffj'oy  a  répélé  et  développé  l'as- 
sertion. [Prérace  de  la  traduction  de  l'EsqHisu  de 
philos,  moi-,  de  SitWAAT,  S  4.J 


ISS 


AH 


MCTKHfN&inE  APOLOCeriQUE. 


nais  des  seuls  organes  estériaurs  des  sens, 
et  une  iflDsion  naturelle  et  irréOét^hie  nous 
porte  in£mfl  k  croire  d'abord  que  l'oeil  *oil, 
<^Di!  l'oreille  entend ,  que  la  vue  est  toute 
iiiai  J'silt  l'audition  toute  dan*  l'oreille; 
il  biil  j  penser  un  peu  pour  se  convaincre 
que  l'oreille  et  l'œil  oefool  que  serrir  à  voir 
eii  entendre,  et  sont  les  instruments  d'un 
or^ue  plus  intérieur.  La  multitude  n'y 
Muge  guère,  et  quoique  le  senlimeot  du 
■wi  respire  dans  tout  son  langage,  dans 
lnulesa  conduite,  c'est  pour  elle  foi  inif)li- 
die  plulM  que  seitnco  dislîncle,  et  l'on  peut 
ici  remarquer  en  passant  oombten  il  faut  se 
dt^ôcrde  rfeiupirisme  des  sensations.  Il  nous 
porte  ï  donner  aux  organes  eilérieurs  des 
.  HU  une  toute  autre  importance  que  celle 
«juilearest  reconnue  par  l'oniversalité  des 
tihiHolo^ies.  Eux-mêmes  le  récusent  en 
«eu,  ta  ils  ont  raison. 

Itiâiil  donc  chercher  la  connaissance  bors 
fc  l'expArience  externe;  après  elle  ou  à 
oMé  d'aile,  se  trouve  l'expérience  interne 
00  la  conscience.  J'avoue  que  si  l'on  ne 
s'jlladie  pninl  à  démêler  les  principes  en- 
veloiipés  dans  les  croyances  qu  elle  suggère, 
00  ne  iwa  point,  par  l'étude  de  la  conscien- 
te, de  grands  pas  dans  la  voie  de  la  vérité, 
et  j'accorde  è  Broussais  qu'il  faut  quelque 
tbose  de  plus.  L'intelligence  développée, 
la  nifon  instruite  d'abord  et  comme  excitée 
(«r l'expérieDce  et  la  conscience,  tes  fé- 
loode,  les  dirige  à  son  tour,  les  emploie 
:  lus  SATsmEnenl,  et  refait ,  tant  i  l'aide  de 
Kan  suggestions  que  de  ses  principes  et  de 
i:ars  conséquences  procbaines,  une  science 
proprement  dite.  Au  fond,  c'est  par  ce  pro- 
cédé que  l'on  établit  toutes  les  inéories  an- 
ibropolosiques,  ;  compris  le  matérialisme, 
et  il  est  loin  d'être  aussi  purement'expéri- 
Livoul  qu'il  le  prétend. 

La  doctrine  opposée,  aussi  expérimentale 
que  loi,  n'est  pas,  comme  on  le  pense  bien, 
soins  rationnelle. 

Elle  pui^e  d'abûrd  dans  le  seutiœent  bien 
iladié,  le  principe  de  l'identité  de  la  per- 
sonne bumaîn»*,  el  montre  ensuite  ce  prio- 
ci^je  contradictoire  avec  la  diversité,  la  raul- 
liplicilé  des  or^nes.  En  disant  que  le  sen- 
timent manifeste  l'identité,  je  veux  dire 
que  l'expérleace  externe  et  interne,  ou  la 
cosibililé  ella conscience,  complétées  par 
•»  mémoire,  que  la  perception  intérieuie 
u<:s  sensations,  des  afTecliODs  morales,  des 
Hles  de  l'intelligence,  de  ceux  de  la  vo- 
iooté  et  de  ceux  des  orgues  qu'elle  dirige, 
attesta  diversement,  mais  concurremment ," 
eu  même  moi.  Or,  ce  >noi,quel  est-il  pour 
la  pins  simple  réflexion  T  II  est  quelque 
dMMe,  il  est  la  personne  même,  il  est,  par 
rapport  k  tontes  les  modificaiions ,  h  toutes 
les  opérations  qui  viennent  d'être  rappelées, 
iD  agent  et  un  patient.  Telle  est  Is  philoso- 
pliie  de  tous  ceux  qui  ne  sont  pas  philoso- 
pbes.  La  réflexion  va  plus  loin,  elle  dîstin- 
^'le  davantage,  ella  devient  analytique,  et 
de  remarque  qu'après  tout  la  seusibilité, 
l'expérience,  la  conscience,  n'attestent  ri- 
êûurcusemeat  que  des  phénomène viu'el  les 


font  croire  au  moi,  mais  qu'elles  ne  lu  mon- 
trent ai  ne  le  prouvent.  Alors  elle  suppose 
que  le  moi  n'est  qu'une  sensation  de  sen. 
salions  el  d'iJées,  une  collection  d'impres- 
sions, d'afl'ections  ;  et  sans  plus  reconnaître 
d'autres  faits,  elle  sépare  l'observation  el 
l'étuile  lies  sensations  et  des  idées ,  de  toute 
recherche  relative  au  principe  duquel  elles 
dépendent;  et  suivant  qu'elle  est  ou  non 
portée,  soit  h  se  fier  aux  inspirations  de  la 
conscience,  soità  se  laisser  gagner  aux  sub- 
tilités de  l'analyse,  soil  h  garder  la  réserve 
et  la  oeulralité  enire  la  crédulité  et  le  para- 
doxe, elle  admet  le  moi  comme  etistence, 
ou  elle  le  nie  absolument,  ou  elle  s'interdit 
toute  conclusion. è  ce  sujet.  Le  s'arrfile,  eu 
général  la  psyi-fiologie  proprement  ijîle.  Par 
ui<e  sorte  de  tendance  a  l'empirisme  ou  de 
déférence  au  sens  commun,  elle  adhère  à 
l'etisteiice  d'un  être  qui  sent,  pense  et  veut, 
sans  qu'il  résulte  pour  elle  d'aucune  ana- 
lyse sciBDli&que;  ou  bien  elle  le  rejette 
.comme  une  induction  gratuite,  ou  bien  en- 
fin, elle  ne  le  croît  pas  objet  de  science  et 
cesse  de  s'en  occuper.  Lu  scepticisme  est 
contenu  i  divers  degrés  dans  ces  trois  par- 
tis prison  à  prendre;  et  c'est  par  là  qu'il 
a  élé  permis  d  accuser  la  psychologie  de  pen- 
chant au  scepticisme.  Le  dernier  parti  est 
celui  auquel  mclitie  la  psycbolosie  écossaise, 
au  moins  chez  quelques-uns  de  ses  inter- 
prèles. Elle  parait  souvent  penser  que  la 
science  proprement  dite  devrait  s'en  tenir  à 
l'observation  du  phénomène  des  facultés; 
c'est  le  scepticisme  par  restriction.  Le  se- 
cond parti  est  un  scepticisme  presque  dog- 
matiq  ue ,  l'idéalisme ,  è  parler  exactement. 
C'est  une  doctrine  sceptique ,  parce  qu'elle 
révoque  en  doute  les  croyances  naturelles 
de  l'humanité  et  m'éconnalt  l'autorité  des 
princiiies  de  la  raison.  C'est  une  doctrine  al- 
tirmative,  parce  que  sur  cette  récusation  de 
nos  facultés ,  elle  fonde  une  conclusion. 
C'est  enfin  un  scepticisme  qui  coni:tul,  l'au- 
tre ne  conclut  pas.  Biais  des  trois  systèmes, 
le  premier  est  le  plus  seusé  ,  quoique  faible 
encore  et  insuQîsanl.  Distinguant  par  l'ana- 
lyse, comme  tous  les  autres ,  les  questiouK 
de  phénomène  et  les  questions  d'eiisteocf, 
ce  système  ne  résout  pas  les  dernières  par 
la  négation.  Il  croit  su  moi  sur  la  toi  de  la 
conscience  ou  sur  celle  de  (a  sensation,  par 
bon  sens,  par  imitation,  par  re:ipect  pour  le 
témoignage  commun,  par  un  instinct  prati- 
que, mais  pourtant  par  une  sorte  d'incon- 
séquence ,  en  ce  sens  qu'il  admet  que  celte 
croyance  est  saas  preuve  sensible,  le  mot 
substantiel  enc&re  une  fois  ne  restantpas  au 
fond  du  creuset  de  son  analyse.  Voici  les 
formes  que  prend  ordinairement  celte  doc- 
trine. Si  le  respect  du  seus  commun  ,  des 
croyances  qui  importent  h  la  morale  ,  qui 
sont  les  plus  consolantes  et  les  plus  hono- 
rables pour  l'hnmanilé,  la  domine,  c'est 
alors  une  psychologie  excellente,  bien  qu'iu- 
complèle  et  faible  ou  Tulnérable  par  quel- 
ques c6lés.  C'est  la  psychologie  des  Ecossais 
prise  largement,  si  elle  accorde  beaucoup  à  ta 
seasalii)u,et  que  dans  ce  fait  puissant  elle  ré- 


m  àiiB  MCTumuaB 

IiagoeanevdirqQ'nDpbtioonèDeHDB  ■■!>•• 
Uace,  plolAt  pcr  bd«  sorw  de  toi  irréiit- 
lible  duo»  ti  seasibilité,  que  (uir  ane  aihff 
«ioD  réfléchie  sui  tuis  da  l'esprit  humain; 
c'est  le  seniaaiisme  rnisonnable,  lequel  ee- 

Eendanl  pent  nrendre  deui  roules,  ou,  sfec 
ondjilact  se  décider  en  rerlu  do  principe 
dfl  l'unité,  pour  la  nroyance  à  l'aspril,  pour 
le  S|)iritu8lisnie;  ou,  avec  U.  de  Traoy ,  ne 
murer  If  psjckologie  de  e«l  Idéalisme  prori- 
soire,  qu'où  appelle  I'idéol<^e,  qa  en  se 
Jetant  daos  le  rDSlériatisme  arec  la  plupart 
des  phjsioloiistes.  Ceoi-ei  fie  vofitat  dsus 
l«  mot  de  la  conscience  qu'an  moi  pfaéno* 
menai,  ou  le  pbëBomèoe  d'un  mai  tcatérîel 

Îu'ils  s'attaraeut  S  tibserter  et  A  décrire. 
lais  tous  ces  systèmes ,  je  la  répète,  sont 
plus  on  moins  eaiscbés  de  scepticisme,  «i 
ce  poiut  que  tous  admettent  plus  ou  nimns 
fieltement  pour  la  [riiilosopliie  une  impossi- 
bilité qui  les  touclîe  plus  ou  moins  ,  d'éta- 
blir scicntiflqueDieDt  l'axisieDce  de  la  par* 
tonne  réelle  ;  cette  concession  est  un  des 
litres  principaux  qu'inroaue  le  matérialisme 
physiologique.  Ce  fond  ae  scepticisme  pro- 
tient  de  l'emploi  exdusir  de  ca  qu'oft  est 
contenu  d'appeler  la  m4thode  snalytique. 
L'analyse,  telle  que  h  demier  slètr(e  l'a  en- 
seignée ,  est  >e  caractère  commira  et  la 
principe  domtnaLt  d&  toulQ  cetle  p«ycholi>' 
tne. 

Nous  sroaa  dii  que  e^était  à  ces  dov 
Irinas  que  s'arrêtait  le  second  degré  de  ■« 
réflexion  ;  mais  il  est  uo  troisiimé  degré, 
Plus  allentive ,  |Has  profonde,  ploa  hardie* 
ià  réflexioD  déiDÔfe  les  principes  envelop- 
pés dan»  les  inductions  de  la  conscience  « 
et  qui,  bleo  que  suggérés  osr  ceIi»K;i ,  sent 
Trais  JDdépendsnment  d'elle^  Le  mot,  mi' 
nifesié  |iar  ses  phénomènes,  est  plus  qy'nn 
phénomène,  pareeqa'il  n'y  a  pas  de  qualité 
sans  substance^  nf  d'effet  sans  cause.  Ce 
sont  le  dus  lois,  de»  dogmes,  des  axiomes 
de  la  raison  t  des  Tértiés  régulstriees ,  bion 
qu'amenées  par  roia  d'kiduclîoD.  Les  croyan- 
ces de  la  eonsciance  peuvint  tenir  diills 
fe»rempire;D>ais  aJlassont  légitimes, parce 
qu'elles  s'appuient  sur  las  principes  de  la 
raison  ;  allas  ont  ainsi  une  vérité  empirique 
et  ane  véi-ilé  raliosoetle }  elias  soot  vraies 
de  bit  et  de  droit.  La  raison  fonde  ce  que 
la  consc^6uc&  atteste,  résistance  damot. 

Hais  k  cette  exislenca  la  raison  ajoute 
l'unité  ;  et  de  mémo  que  la  conscience 
donne  l'unité  empirique  el  phânoménafe  du 
mot,  ta  raison  lui  reconnaît  uae  unlié  réelle 
el  nécessaire,  et  du  droit  qiii  esléù  elle,  elle 
prononce  onecette  unité  est  d'iiiitre  nature 
que  celle  d'un  tout  matériel.  L'organisOiâ 
humain,  celui  d'un  Ëoiibal  quelconque,  est 
un  tout  mslériel.  Il  a  son  unité,  c'est-à-diré 
•ON  ensemble.  Il  esl  un  en  tant  qu'if  est 
délimité  de  toutes  parts  ou  figaré  él  dis- 
tinct, et  que  toutes  >es  parties  conspirent. 
Uais  celte  unilé  même  comporte  multitude, 
multitude  de  cÂiés  et  de  plans,  muEiitude 
départies.  L'activité  harmonique  de  l'anl- 
nal  implique  dirersiië  des  instruments  et 


AP(HMXnQDB.  AU  m 

des  fonctions  ;  il  d'j  a  point  daconeett  saut 
diversité. 

L'uoiié  du  mai  esl  lout  autre  et  pou  la 
conscience  et  pour  la  raison. 

Elle  est  lout  autre  pour  la  conscienee, 
car  elle  n'est  pas  l'aeeord  seulement  dej 
parties  el  dea  (onctions.  L'accord  n'est  que 
la  relation,  l'accord  n'eal  paa  uiw  exiitsnca, 
et  nous  sommes  partis  d'une  premîértdoD- 
ués,  celle  du  moi  existant,  du  mot  subttsn- 
ee.  Or,  la  substance,  plus  l'unité,  esi  autre 
chose  que  l'accord  des  subalancae  divenes. 
Le  sujet  des  actes  du  moi  esl  le  siùel  d'at- 
tributs qui  nesoBl  pereevables  qu'à  la  cons- 
cience, d'attributs  qui  n'oni'  soUs  Cti  rip- 
porl  rien  de  commun  avec  les  qualités  des 
corps.  Ainsi,  è  en  juger  par  ses  qualités,  rt 
l'on  ne  paul  juger  d  une  substaoca  aulre- 
lueiit,  nen  aauloriae  h  ideotiSar  la  subs- 
tance du  mot  arec  celle  du  corps.  L'unité 
que  lui  prête  la  conscitinca  n'eal  point  celle 

3ui  ne  sied  qu'à  la  matière  et  qui  supposa 
es  parties.  C'est  celle  qui  n'en  suppose 
pas  I  car  dans  les  différenls  pointa  de  aa  du- 
rée r  dans  la  succession  de  tea  modifica- 
tions ,  dans  la  comparaison  auecessive  ou 
nmuIlaNéa  qu'il  «afoit»  le  moi  change  el 
persM«4  il  est  ie  siêaBe  et  divera. 


..Alima  et  idem 


Saieerii 

L^adivldnalité  Pigooretisé  a  Ma  type  dans 
I«  fflof.  Par  son  identité  en  des  turaps  di- 
tant,  soua  des  phéitoaiènes  divers  il  nous 
donne  )a  senlimeot  et  la  notion  d'une  oniié 
dôntanciine  représentation  attcrue  ne  nous 
offi^  fa  pareille  ou  Hmage. 

A  Ce  sentinenl,  h  cette  notion  implicite, 
comme,  toutes  celles  dtr  la  cooscientie ,  la 
raison  moule  cette  double  réOezion. 

Les  pnénomènes  du  moi  ûous  garantis- 
sent quoique  chose  d'exfslant ,  comme  les 
qualités  des  corps  nous  font  [wrcevoir  quel- 
que chose  d'eiistent.  Le  support  des  quali- 
tés des  corps  s'appelle  la  substance  malé- 
rielle.  Que  savons-nOus  de  cette  substance? 
Hien,  sinon  son  existence  et  ats  modes. 
Dire  qu'elle  est  malérléFle,  c>3t  dire  qu'elle 
est  manifestée  par  de  certatnea  (fusillés 
fort  connues  ,  et  qu'on  appelle  qualité?  de 
la  nsliâre.  Le  support  des  modea  d\ï  mot, 
le  sujet  de  ses  phénomènes  est  attesté  el 
maiiifesté  par  dfs  accidents  tjuî  ft'oRt  nul 
rapport  avec  les  qualités  dites  dâ'  la  ma- 
tière. Ne  lui  voyant  d'antre  point  de  commun 
avec  la  substance  malérleilo  que  rexisteuce. 
nous  la  devons  dono  appeler  atrbsisbce 
autre  que  la  subsTsftee  matérttflle.  A  ces 
deu-i  ordres  de  qualité?  diffAreilla  qui  don- 
tiBnl  chacun  la  seule' déOfrition  ffossible  de 
fa  substances  ïsqerenails  se  rarpportent,  il 
faut  dona  assigner  des  substances  de  dilTé* 
rente  nsisi'é.  Par  la  déSniHoA'  tu^mv,  Uji 
donc  la  sutffilanca  n^afériefleet  )•  «ubstanca 
qui  M  l'est  pas. 

Développant  celte  dislfnetioa  ,  fat  raison 
établit  que,  pour  elle,  la  substance  des  eorps 
est  manifest^oiDaltiple,  et  1»  sabstaocedu 
noj  manifestée' une;  et,  qd'cA  effet,  il  eit 


m 


MCnOinUIRB  APOLOCCTIQOB. 


impuniMe  de  compnmdre  wns  TaotU  l'ae- 
linn  du  ntjet  pensMil.  Le  nijet  dn  corps  est 
dioc  U  snbstsBce  éteodiie,  impénétrable, 
mnltiple;  le  sujet  de  la  pensife,  la  sul»tanea 
non  Âendoe,  nonfmpéDétrable,  noe.  C'est 
ceqn'on  Teat  dire ,  et  rien  de  plos,  qaaad 
On  dît  rone  matérielle,  rentre  laiiDalénelle, 
roue  eoraorelle.  Pantre  incorporelle.  On  les 
(ppella  dans  l*bonme  le  corps  et  i'êmp  J13T). 
Voilà  jasqo'oû  ra  la  rédesioii  philoso- 
pUqae,  méine  avant  de  s'élever  an-dessss 
ifaoe  seienee  démoBSlrsIiie  ef  losiqn^  i 
pDar  atteindre  k  une  science  puremeiri  sp<^ 
eoiatÎTe,  tentalîTe  qni  ne  lur  est  pas  inter- 
dite, et  qn'elle  peiil  risquer  en  poussent  pins 
anal  ses  rBcnercfaes  sar  le  nalore  de  la 
stibMsoce  et  sur  les  eeuses ,  la  portée  et 
ressneede  eedasltsmet  aeqnel  doqs  ve- 
nons de  ta  coodnïre  ;  mais  nous  n'arons  pas 
dessein  d'aller  aussi  loin,  et  ee  qui  vient 
fétfedit  suffit  pour  établir  <!<nlm  la  plij- 
tiologie  et  le  natérietisnie  cette  dosliié 
qiii ,  en  ménie  temps  qu'Hic  est  ane  vérité 
scintiftqne,  esl  un  Itea  eomman  de  le 
crojaiKe  populaire. 


b^MUlUédeH 


■'eam  tM  MMMa- 


ni  —  UamUa  eu  eOté  ds  !■  uUiie  «i  da  l'acUon 
s  hHwJ^iJilfi  —  DUktoltés  du  cAlé  dn  rmmto- 
(M  dts  tamatmaame*  acub.  —  Ccmtndlcliaa 


Après  avoir  dégagé  le  principe  du  tnoî, 
noos  rappellerons  qu'il  est  tellement  nalo- 
rd  fe  respril  bomain  que,  pour  établir  le 
niitérislisme ,  if  but  changer  le  senscom- 
mini  et  innover  dans  le  courman  langage. 
l'atms  (fp  la  causalité  et  de  la  personnalité, 
on  la  déviation  des  organes  phrénolrigiques, 
ir  S2  et  n"  35.  a,  selon  Broassaia,  introduit 
la  diimère  d'an  esprit  bumain;  ma»  ce 
a'est  pas  tant  un  paradoxe  des  métaphjsi- 
deos  spéculatifs  qu'une  crojcnee  du  peuple 
roatiniCT',  et,  sll  j  a  erreur,  c'est  une  de  ses 
oTsurs  secrédilées  par  une  forte  apparence; 
par  OIT  air  d«  vérité,  tout  su  moins  coorne 
réfait  jadis  Is  fin  dans  le  mouveraeni  du 
soleil  et  nmmobiKlé  do  globe  lerreslre. 
CaamtediseDllRSJorfseoosultes.  Vmnitpr»' 
b^M  est  donc  du  cMé  des  physiologistes. 
IVa  ronbfiens  pas  en  discutant  les  preuves 
oA  hs  présomptions  da  Brousseis.  Il  c'a, 
k  ma  conDaissanee,  rien  établi  de  direct 
eootre  ce  qni  vient  d'être  pesé.  H  a  pIulAI, 
suivant  Pusage  des  pliTSlologisles,  présenté 
des  fins  de  oonrecweir.  qu'il  n'a  réfuté  en 
soi  l'aipunent  philosophique. 

Hlmporte  ;  dans  cet  orere  d'objections , 

4137)  VmftM  fom  le  dévclapywiert  de  eetu  di- 
■  aeWiMiia.  B&iu,t>tc(.  crii.,  an.  Dicéar^M,  no- 
la*6.CtL,CtI«wq>|K.  DOlBB-;  l*"^  ^"'  <'^  ^ 
mmSt  E»tmttopidi0,  Cbmiti^,  Art  de  raiumMer, 
bv.  1',  et.  »;  iattmoT,  Pr^'aee  de  ta  tradoc^a 
ée  renmw  IiMm.  m^tte  de  D.  Ste^^rt,  1846  ; 
l»aaaaa,  £waj  nr  rhutoire  dé  U  pMéw^tU  m 


il  7  en  a  de  fortes,  peut-être  d'insolubles, 
ce  qui  ne  serait  d'ailleurs  une  raison  ni  do 
nier  ni  de  douter.  Jusque  dans  les  questions 
pratiques  de  la  vie,  la  raison  doit  savoir  se 
décider  même  contre  de*  ofajectious  inso- 
lubles. 
La  première  et  la  plus  générale  dans  la 

auealîun  qui  nous  occupe  esl  prise  de  la 
iOicullé.  ou,  si  l'on  veut,  de  l'impossibilité 
de  se  représenter  l'esprit,  son  union  avee 
la  corps,  et  sOD  action  sur  les  organes.  Com- 
menl  est,  et  comment  agit  l'esivrit?  mystère 
impénétrable,  sans  doute;  mais  de  quel;, 
droit  nous  l'hbieetez-vcus 7  n'est-ce  pas  une 
rérilé  triviale  dans  votre  philosophie  qu'il 
est  léméreire  de  vouloir  connaître  le  com- 
ment des  choses  ?  ne  faites-vous  pas  profes- 
sion de  penser  qu'il  yi  des  mystèresimpéné- 
trablesT  ne  dites-vous  pas  :  >  Noos  se  déco»- 
VTons  pas  la  manière  dont  l'appareil  nervani 
produit  la  pensée.  Il  ne  s'sgil  pas  de  savoir 
pourquoi  ni  oommeni;  l'nypotbèse  com- 
mencerait... Le  comment  ou  la  cause  pre- 
mière reste  inconnue  pour  les  psycbologisles 
comme  pour  Vta  pbysiolegistas.  Les  agents 
primitifs...  meuvent  la  matière...  la  mettent 
dans  divers  étals  oà  ligure  l'étal  de  la  vie... 
voilft  le  myttin  impénétrable  de  la  nature;... 
tes  csases,  les  fiorces  on  les  principes  obte- 
nus par  la  voie  de  l'indoction,  cessent  de 
l'être,  dès  qa'onv  pense  attetHivemenl  poar 
se  résoudre  dans  le  grand  inconnu.  Le  mai  se 
passe  dans  la  matière  et  les  impondérables, 
peel-êlre  en  partie  en  eus;  cest  un  mys- 
tère... Le  phénomène  de  la  conscience  est 
nn  fait  dont  ou  doit  s'abstenir  de  tenter 
Peiplicalion.  Qm  se  pesse-t-il  de  matériel 
dans  les  nerfs  et  le  cerveau  pour  l'eiéenlion 
de  lenrs  fonctions  f  c'est  te  grand  mystère 
de  l'énonomie  vivante  (138).  ■  On  le  voit , 

Partout  il  y  a  tn^fitirt.  il  y  a  dans  le  cas  de 
inconnu  un  invincible  mconoo.  Les  di- 
verses doctrioes  ne  sauraienl  sa  la  reprocher 
nnluellemeot.  On  ne  peut  examiner  qu'une 
chose,  le  mystère  est-it  pins  grand  d'un 
edié  que  de  )  antre?  Esl-iJ  du  eêté  du  spiri- 
tualisme plus  répu^aot  pour  la  raison  qo* 
du  cdté  de  malériafisnwT 

Tfous  avons  déjk  touché  las  diracnllés  dn 
matérialisme,  il  faut,  avec  Brouasais.  que 
de  simples  condensations  d'une  sabslaoca 
molle  produisent  intégralement  etsobslan- 
tlellement  tous  les  genres  de  aansations, 
d'idées,  d'émotions,  d'affections,  de  voloni- 
tés,  et  dans  chaque  genre,  les  variétés  infr- 
Bies  da  cas  divers  phénomènes  de  l'activité 
mentale.  Cela  est  au  moins  éUsnge  et  trou- 
ble l'imagination.  JSn  froaaameot  de  pulpe 
arec  une  altéralio»  ioMBsibie  da  tempéra- 
tore  et  de  cauleor,  «n  phéBomène  <f  irrita- 
tion, o'eet-è^reda  pénétraiioa  de»  ff  ~'~ 


Prntee  m  xu'  (iiclc,  t.  I";  Ecottf  fuMtStU,  et 
Comtt  dt  pktlouphU ,  t.  l"  ;  Ptfclwlogit,  en.  1"; 
Bat  ftMçetUi  eumed  d«  Voamfje  de  V.  Broo»- 

(138)  T.H'.^StZ,U4:  1.1),  p,  M.6i,U,7^ 
86,  IM  et  18S. 


IH 


AME 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


AUE 


impondérables  et  des  liquides,  sers  indiT- 
féremment.  etsauf  îles  moili  Beat  ions  fugi- 
tivss,  ia  sensation  do  l'oileur  d'une  rose,  ia 
««HRalion  de  la  soif,  la  coDroiiise  d'ur.  tré- 
sor, Is  tentation  du  suicide,  la  découverte 
des  logiiri(h;iies,  l'inveiitinn  de  la  macliine- 
)i  vapeur,  la  concention  du  Paradii  perdu, 
le  plan  de  la  liaisille  de  Kivoli,  ta  résolu- 
tion du  chevalier  d'Assas,  l'improvisalion 
du  Polichinelle  de  Nuples.  Celte  contrac- 
liuu  nerveuse,  diins  ces  diverses  nuances, 
«era  tout  cela  et  des  millions  d'autres  cho- 
ses; et  en  même  temps  ces  millions  de 
cbosea  ne  seront  un  tout  que  contractions 
uerreuses,  et  rien  de  plus,  firoussais  ne 
dit  pas  seulement  qu'une  conlraclion  ner- 
veuse est  attachée  et  nécessuire  h  nos  acles^ 
mais  qu'elle  «st  ces  actes  niâmes,  en  tant 
qu'accomplis  et  en  temps  que  perçus.  Ré- 
soudre nne  équation,  ce  n'est  pas  employer 
et  diriger  son  cerveau,  de  manière  h  la  ré- 
soudre, car  qui  l'emploieiait  ou  le  dirige- 
rait, si  eu  n'est  qu'un  moi  distinct  des  or- 
ganes, par  conséquent  un  esprit  ?  La  réso- 
lution d'une  équation  est  une  action  du 
cerveau  qui  se  meut  pour  cela,  stimulé  par 
une  équation  comme  le  poumon  stimulé 
l)ar  l'air  vital,  se  gonfle  et  respire.  La  con- 
traction nerveuse  encore  une  lois  n'est  ni 
le  moyen,  ni  l'instrutnent,  ni  la  condition 
de  la  chose,  c'est  la  chose  même  ;  et  le 
résultat  du  fait  de  penser  est,  comme  le 
penser  mAm«,  un  phénomène  organique.  Je 
le  demande,  <juoi  de  plus  difficile  à  com- 
prendre T  Quoi  de  plus  contraire  à  la  pré- 
somption naLurelle  7  Quoi  de  plus  répu- 
gnant pour  la  raisonTËssayez  de  vous  re- 
présenter ceci  :  Il  n'y  a  pas  d'esprit;  l'i- 
iléu  n'est  plus  un  acte,  un  produit  de  l'es- 
pril  ,  un  certain  état  de  res[irit  ;  l'idée 
oVst  plus  même  un  effet,  une  opération  du 
cerveau  :  car  un  filet  est  disiioct  de  sa 
cause,  et  il  faudrait  que  l'idée  se  produi- 
atl  du  cerveau  dans  un  autre  milieu,  qui 
serait  alors  lin  moi  distinct  de  l'organe; 
non,  elle  est  elle-même  une  opération  du 
cerveau.  Ge  je  ne  sais  quoi  qui  est  comme 
l'idée  de  la  verlu  ou  comme  l'idée  d  une 
quantité  négative,  n'est  que  de  la  Sbre  et 
du  sang.  C'est  faute  de  ta  voir,  c'est  faute 
d'èlre  organisés  pour  l'apercevoir  à  l'aide 
des  sens,  que  noua  nous  tîgurons  que  ce 
ne  soil  pas  cela,  que  ce  soit  autre  chose. 
1^  douleur,  la  colère,  la  pensée,  le  souve- 
nir, la  compréhension,  ne  sont  pas  seule- 
ment des  produits  delà  modification  des 
organes,  ce  ne  sont  que  des  organes  mo- 
difiés. Autrement  il  faudrait  qu'il  y  eût 
quelqu'un  qui,  par  le  moyen  des  organes, 
conçût,  rei;ût  la  douleur,  la  colère,  la  pensée, 
le  souvenir,  et  alors  le  lastérialisme  n'exis- 
terait plus.  Quand  je  dis  :  Je  pense  à  la 
vertu,  je  devrais  dire  :  la  circonvolution 
placée  sous  le  pariétal,  sous  la  partie  laté- 
rale de  la  voûte  de  mon  crflne  (139],  est  dans 
l'élat  de  tension,  de  coulenr  et  de  chaleur, 
espérimeutalemeat  connu  sous   le  signe 


pensée  de  ta  vertu.  Pensée  de  la  vertu,  sou- 
venir de  Rome,  calcul  des  fractions,  sont 
des  étals  d'organes  comme  cedème,  h^rper- 
trophie,  plilogose,  gangrène;  et  ce  qui  est 
curieux  et  nécessaire,  les  idées  degangrëoe 
phlogose,  hypertrophie,  œdème,  sont  aussi 
des  états  des  organes,  distincts  des  états  ma- 
rnes désignés  par  ces  noms.  Quand  le  cer- 
veau par  exemple,  pense  au  cerveau,  il  est, 
dans  l'état  physique,  idée  du  cerveau,  éiat 
où  lui-même  représente  lui-même  k  lui- 
même  ,  sans  qiie  lui-même  se  sente  lui- 
même. 

Demandez-moi  maintenant  comment  uo 
esprit  peut  agir  sur  un  corps  ;  cela  est  mys- 
térieux, j'en  conviendrai;  mais  ies-idées, 
les  sentiments,  les  reîsonnËmeots  ne  sont 
lias  pour  l'expérience  des  choses  corporel- 
les; il  est  impossible  de  leur  percevoir  ni 
concevoir  une  étendue,  une  impénétrabi- 
lité quelconque,  et  je  vous  demanderai  k 
mon  tour  comment  des  corps  peuvent  pro- 
duire des  choses  incorporelles,  comment 
des  organes  peuvent  engendrer  des  senti- 
ments, des  idées,  des  raisonnements  ;  com- 
nient  le  sensible  peut  engendrer  l'insensi- 
ble. Ce  mystère-ci  vaut  l'autre.  Qu'on  y 
songe  bien,  un  frémissement  fibreux  sera 
|ipur  lui-même  la  démonstration  du  théo- 
rème de  Taylor  I  Et  par  suite  ce  ttiéorème 
n'existera  qu'autant  qu'an  cerveau  sera  ac- 
tuellement dans  l'état  local  d'irritation  qui 
devrait  en  porter  le  nom  I  Voilà  le  sort  ré- 
servé aux, vérités  éternelles  des  matliéuia 
tiques. 

Dans  les  deux  systèmes,  la  dilDcul té  vient 
de  la  dissemblance  qui  existe  eotru  les  deux 
termes  qu'il  faut  ou  rapprocher  ou  confon- 
dre. Remarquez  cepenuant  une  différence 
saillante;  pour  le  spiritualisme,  les  deux 
dissemblables,  le  corps  et  l'esprit,  sont  dans 
la  relation  d'actiun  de  l'un  6  l'autre,  selon 
ce  que  Ksot  appelle  la  catégorie  de  commu- 
hauté  (germelntchaft  ou  commerce).  Pour  le 
msLéria^isme,  les  deux  termes  sont  dans  la 
catégorie  d'attribut  ii  substuuce  ou  d'etfet  h 
cause.  Le  spiritualisme,  en  elTet,  ne  ctil  pas 
que  l'esprit  produit  le  corps,  ce  qui  paraî- 
trait plus  que  mystérieux,  ce  qui  paraîtrait 
absurde,  au  lieu  que  le  matérialisme  aitri- 
bue  au  corps  la  puissance  de  produire  l'in- 
corporel ou  de  se  manifester  par  l'incor- 
uorel.  Pour  l'un,  le  corps  est  le  relatif  de 
l'espril;  pour  l'autre,  le  spirituel  est  l'eSet 
ou  le  mode  du  corps.  Ce  dernier  mystère 
est  tout  à  fait  inintelligible;  Iti  premier  au 
contraire  se  réduit  à  la  conceplioa  d'un  être 
dont  la  nature  soit  précisément  de  compren- 
dre ce  qui  n'est  pas  lui,  ou,  plus  brièvement 
de  comprendre.  Or,  tout  ravieol  à  la  ques- 
tion de  savoir  d'abord  si  le  fait  de  l'iotelli- 
gence  existe,  ensuite  si  cei'ait  ne  doooe  pas 
nécessairement  l'existence  de  l'être  intelli- 
gent, être  tut  generii,  aucune  propriété  de 
la  matière  observable  ou  concevable  ne 
donnant  l'intelligence,  et  n'étant  pour  I» 
raison  compatible  avec  L'intelligence.  Dne 


(159)  Organe  de  la  coiiB'jïeDce  morale,  ou  conscieDciwtitc.  (SpuaiHEiH.J 


13 


AUE 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


AUK 


IH 


fois  que  l'élre  intelligent  serait  reconnu 
coo  me  Décès  sa  ire,  on  ne  sérail  plus  rece- 
Tible  i  demandi-r  commenl  il  est  dans  un 
nniio  commerce  aTec  la  malière,  car  ce 
teriil  dwianilcr  ce  qui  résullt^  de  la  su{>|io- 
liiioD  même.  Par  1b  supfiosilion,  ou  I  âlre 
ioielligeol  n'est  pas,  ou  il  est  Tëire  qui  n'est 
|45  la  mAlîère.  El  du  moment  que  cette  re- 
bijoa  eiisle.  l'action  de  l'une  sur  l'autre,  à 
Tiide  d'une  liaison  et  d'une  coordonnance 
nrfiIiMe,  devient  admissible  comme  une 
bnneoa  unecoodilion  de  celle  mystérieuse 
relalioo. 

La  relation  donnée,  je  ne  refuse  pourtant 
pu  de  l'eiaminer  et  de  réduire  à  sa  juste 
TilMir  celle  iulerrogalioo  sans  cesse  renais- 
sinle  de  U.  Broussais  :  Comioent  fe  qui 
D'esl  pas  corps  peuUil  exercer  de  l'acliôn  sur 
ce  qui  est  corps  ? 

C'est  demaDder«n  d'antres  termes  com- 
ment le  dissemblable  peut  agir  sur  le  dis- 
semblable. Ceci  paralts'appuj;er  surle  prin- 
cipe lungtemps  reçu  en  physique  :  le  sem- 
blable ne  peut  agir  que  sur  le  semblaLile; 
|«iiicil>e  admis  par  toute l'aniiquité,  et  qui, 
étts  le  leui;is  Je  Démocrite  et  dans  ses 
BBins,  Tul  i'inslrumenl  du  matérialisme 
.110).  Mais  d'abord  ce  principe,  pris  d'une 
Euière  absolue,  est  faux;  car  le  rigoureu- 
lenenl  semblable  c'est  l'identique,  el  en 
pbjsique  l'idenlique  n'agit  pas  sur  lui-mé- 
oe.  Toute  relation  d'action  nécessile  an 
Eoios  II  duplicité,  c'est  déjà  une  dissem- 
Uanee,  et  il  f  aurait  plus  de  Téritéà  dire  : 
r  d'j  a  d'action  qu'entre  les  différtint».  Il 
botan  meias  ane  dllférence  de  lieu  entre 
lesmèffles;  el  encore  en  différant  de  lieu, 
l«s  mêmes  agissent  pea  les  uns  sur  les  au- 
tres; il  faut  supposer  en  enx  des  forces 
fuDiraircs  pour  qu'un  tel  pbéiiomëne  s'ac- 
Kimptisse.  En. chimie,  il  uy  a  que  les  dif- 
UreoLs  qui  agissent  les  uns  sur  les  autres. 
Le  sjiectacle  de  loule  la  nature  atlesle  qu'un 
ceniin  degré  de  différence  entre  les  corps 
Ml  néeessaîre  h  l'action  des  uns  sur  les  au- 
Ires. 

Jusju'où  p^ul  aller  celle  différence  sans 
i^ce  lacliou  devienne  impossible?  Elle 
f«it  aller  Irës-loin  ;  on  dirait  que  l'action 
t»  d'autant  plus  intense  que  la  différence 
est  plus  grande.  Eieniple  :  Les  rapporu 
•t'idiun  qui  se  manifestent  entre  les  corps 
«r^niséa  el  ceux  qui  ne  le  sont  pas.  Uéca- 
fti'juedienl,  quelle  force  modifie  plus  la 
niatière  que  la  force  bumaine?  Cbimique- 
B.>nt,  quvl  corps  la  modiBe  plus  que  I  aui- 
Dial  qui  ^e  l'assimile?  Comme  aussi  quelle 
«lion  saiaîssante,  terrible  même,  lesinor- 
pniques  ne  peu*ent'ilt  pas  exercer  sur  les 
ntr]»  organisés  1  II  semblerait  que  l'action 
n'est  jauiais  plus  énergique  qu'entre  les 
beiéro^nes. 

Hais  il  feadrstt  s'entendre  sur  l'béléro- 
généité  ;  c'est  une  etpression  dont  le  sens 
Tarie  soivant  l'ordre  d'idées  dans  lequel  ou 
niMOue.  Les  bétérugiues  de  la  mécanique 


ne  sont  pas  ceux  de  la  chimie,  et  une  défi- 
nition générale  serait  difficile.  C'est  s*i-e 
les  physiologistes,  c'est  a*ec  M.  Broussais 
que  nous  discutons.  Pour  ceux  qui  ne 
croient  qu'è  là  matière,  il  n'y  a  dans  tout  ce 
qui  eiiste  rien  de  plus  hétérogène  que  ce 
qu'ils  appellent  les  impondérables  el  les 
corps  pesants.  Ils  l'admeltent  au  point  d'ex- 
pliquer  presque  tout  par  elle.  Voilà,  certes, 
une  grande  dissemblance  :  l'impondérable 
a^^it  sur  le  pesnnll  C'est  la  négation  de 
l'aiiome:  le  semblable  agit  seul  surlesem- 
blable. 

Hais  qu'est-ce  qu'un  impondérableTC'esl 
an  corps  sans  pesKnteur.  C'est  un  corps; 
car,  que  serait-ce?  un  esprit?  Nous  pourrions, 
nous,  dire  de  ces  folies;  mais  les  physiolo- 
gistes ne  nous  feraient  pas  si  beau  jeu. 
C'est  donc  un  corps  et  un  corps  sans  pesan- 
teur; nun  pas  un  corps  pesant  dont  la  pe- 
santeur serait  absolument  insensible  ;  car, 
qu'est-ce  qu'une  pesanteur  insensible,  une 
pesanteur  qui  ne  pèse  pas?  La  pesanteur 
n'est  pas  une  qualité  absoluede  la  matière; 
l'idée  de  |)L'5anteur  est  relative  h  l'homme. 
La  pesanteur  est  un  effet  d'une  propriété 
qui  peul-éire  elle-même  n'est  point  abso- 
lue. Peser  suppose  une  sensation  :  les  im- 
pondérables sont  donc  les  corps  sans  no' 
sauteur.  Tout  Ismondesail d'ailleurs  qii  ils 
sont  invisibles,  intangibles,  et  ainsi,  pour 
les  sens  du  moins,  immatériels.  Or,  qu'est- 
ce  qu'un  corps  ainsi  conçu?Cequi  luireate 
des  qualités  ne  )a  matière  est  insaisissable, 
et  il  y  a  bien  du  mystère  dans  ces  mots  ;  la 
matière  électrique  ou  le  fluide  lumineux. 
Je  n'en  coiitesle  pourtant  pas  l'exiiitence. 
Je  demande  seulement  si  la  nature  de  Ces 
corps  ne  devrait  pas  donner  de  grands  sou- 
cis, de  grandes  défiances  sus  physiologis- 
t'.-s,  et  si  elle  ne  devrait  pas  être  saluée  de 
leur  part  de  la  déclaration  superbement 
humble  qu'ils  ne  comprennent  pas  ce  qu'on 
veut  dire  quand  on  en  parle. 

St  la  nature  de  ces  corps  n'est  pas  tout; 
reste  leur  action.  Qu'est-ce  que  cette  action? 
Il  es!  bien  ai^é  d'unir  ensemble  les  mois  sui- 
vants :  €  Nous  ne  vivons  que  pi>r  l'excita- 
tion. L'eicilabilité  est  entretenue  par  le  ca- 
lorique et  l'oiygàne.  L'électriciléjoue  aussi 
un  (^raitd  r6le...  Les  impondérables  donnent 
b  la  matière  cérébrale  la  puissance  de  pro- 
duire ces  phénomènes  vitaux.Lo  mot  sapasse 
par  ou  dtnif  les  impondérables.  Le  concours 
d'une  matière  vivante  et  des  impondérables 
peut  être  donné  comme  cause  appréciable  du 
sentir  et  du  moi  (111).  Mais,  en  vérité  qu'est- 
ce  que  cela  veut  dire  comme  explication? 
Ce  n'est  qu'une  traduction,  encore  très-ha- 
sardée  des  phénomènes;  c'est  l'expression 
de  quelques  apparences  combinées  a  vec^uel- 
ques  hypothèses,  expression  destinée  i  re- 
présenter systématiquement  des  faits  cer- 
tains ;  mais  je  ue  vois  d'ailleurs  rien  de  plu 
convenable  dans  tout  cela  que  dans  l'union 
do  l'âme  et  du  corps. 

(IW)  AsuTOVt,  Miiafbn.,  \».  10  ;  Dt  gtnerat.         (tlt)  Dt  Firrit.,  etc.,  1. 1",  p.  U%  147  ;  i    B, 
a  an.,  i.  l;Sext.Kmp.  ade.  Ualh.,  1,7.  p.  71,  273,  SU,  176. 


tnt 


DICTIONNAnte  APOLOGETIQUE. 


Ou  me  réponflrs  re  (]ue  j'<i  dit  moi-même, 
que  toules  It'i  théories  des  faits  un  peu 
enmpjiquésde  la  phj»inloiogiP,  de  la  chimie, 
de  la  pn/sique,  se  réduisent  b  des  descrip- 
linns  de  mouTemenis,  et  lu  tuouTemeot  i  des 
phénomènes  d'attraction  ou  de  répuisioo , 
peut-être  même  d'impuisfon  seulement;  et 
l'on  en  conclura  que  IVlioa  et  la  réactioa 
des  corps  entre  eux  se  bornent  à  des  plié- 
noménes  de  mouTemeDl,  quoique  mysté- 
rieux dans  ses  effets,  et  aussi  admissible 
aue  les  phénomènes  les  jilus  simples  des 
forces  mécaniques.  Ainsi  l'on  expliquars 
tout  parle  mouvement.  Mois  d'abord,  quoi 
de  plus  obscur  que  le  mouvemeotTQue  n'en 
a-t-on  |ias  dit  chez  les  Grecs,  qup  n'en  a-t-oa 

Ëns  dit  chez  les  modernes  jusqu'à  ce  que 
alilée  s'avisât  d'en  recliercberles  lois  au  lieu 
d'en  scruterta  nature? Puis, est-ce  donc  chos* 
si  intelligible  que  J'uctiou  purement  méca- 
nique d'un  corps  sur  un  autre  pour  qu'on  y 
(roure  encore  la  cause  de  l'essence  méoje  du 
tcntîmeot  et  de  la  pensée?  L'impulsion,  la 
plus  simple  impulsion  elle-même  est  impé> 
n^lrable;et  en  ossimilant  h  l'impulsion  le 
nhéuomèoe  de  la  perception  ou  de  la  to- 
lonté,  on  croira  I  avoir  mieux  comprise  1 
Uats  n'est-ce  pas  expliquer  obnurum  au 
nioios  par  obtcurum;  et  parce  que  tous  ne 
savez  pas  pourquoi  ni  comment  une  bille 
pousse  une  bille,  saurei-rous  mieux  com* 
ment  le  corps  et  l'esprit  agissent  Tun  sur 
l'autre,  quand  vous  aurez  dit  qu'il  se  passe 
,enlre  eux  la  même  chose  qu'entre  les  deux 
billes  (IWJ. 

Ne  sortons  pas  de  cet  ordre  d'exoroplea. 
Presque  tous  les  physiciens  admelteot  des 
forces.  S'ils  les  supposent  diatincles  des  corps, 
voilà  des  existences  incorporelles,  actives 
cependant  et  agissant  sur  les  corps,  et  pro- 
duisant des  nliéuomèues  Seusiblet,  C'est  la 
uitaxa  difScullé  que  celle  de  l'action  de  l'Ame 
sur  le  corps.  Si  cette  difficulté  n'arrête  pns 
quand  il  a  agit  de  mouvemeut  inorganique, 
elle  ne  doit  pas  arrêter  en  physiologie;  car 
il  est  naturel  ti'induiredu  spectacle  de  l'ac- 
tivité humaine  que  le  principe  de  cette  acti- 
vité est  uue  force  en  même  temps  qu'une 
intelligence.  Hais  il  est  vrai  que  firoussais 
n'admet  la  force  qu'avec  répugnance,  même 
dans  l'ordre  physique  {143].  Accordons-lui 
loul  :  il  D'y  a  point  de  force,  il  n'y  a  que  des 
éirei  forts,  comme  il  n'y  a  d'étendue  ou  de  so- 
lidité que  daus  le  concret.  Ces  êtres  forts 
sonl  les  atomtt  actift,  Lb»  atomes  aciils  snnt 
les  dernier»  éléments  des  corps,  ayant  en 
eux-mêmes,  comme  conditions  de  leur  exis- 
tence, toutes  les  propriétés  nécessaires  pour 
froduim  les  phénomènes  sans  nombre  de 
univers,  depuis  le  mouvement  de  diastole 
et  de  systole  du  ccsur  jusqu'à  la  course  eU 
liptique  du  soleil  autour  uu  foyer  iuconnu 
de  soD  iocommeosurable  orbite;  depuis  l'ad- 

(US)  Cei  argument  a  éié  uarrailemcDl  développé 
dans  un  ouvrage  remarqua  Lie  et  peu  connu,  Doe- 
(rÛMrf<i  rappoTit  dit  phjtique  et  du  moral,  par  F. 
.  IMmiii  (I  vol,  în-li*;  Paris,  1S%3.)  C'esi  une  réfu- 
lalioii  de  Calianis  et  un  traité  de  psjctiol^ie. 


bérence  réciproque  des  imperceptibles  fos- 
siles à  cent  quBlre-vingl-sn|il  millions  {lar 
grain  dans  le  tripoli  de  Bohême,  jusqu'à  la 
conception  nerveuse  de  l'autre  vie  dan?  la 
proluuérance  cérébrale  de  l'idéalité.  Ùais 
alors,  je  le  demande,  est-ce  là,  je  ne  dis  pas 
une  science,  une  explication,  je  ne  dis  pas 
une  expression  philosophique,  mais  une  des- 
cription iiUelligible  et  d»  sens  commun? 
Qu  est-ce  qu'une  physique  qui  se  réduit  !i 
dire  ;  Il  n'y  a  que  des  corps  sans  force  dis- 
tincte, et  constitués  de  manière  à  produire 
tout  ce  qui  se  passe?  Ce  n'est  pas  là  une 
science,  i--'est  la  néi^alion  de  toulu  science, 
c'est  le  système  des  qualités  occultes  datiss.! 
plus  grande  nudité;  c'est  le  mystère  aDiruié 
en  langage  mystérieux. 

Une  seule  lumière  luit  au  milieu  des  ténè- 
bres. Point  d'flme,  point  d'esprit,  jwiut  de- 
forees;  mais  il  y  a  une  cause  première  in- 
connue, et  c'est  parce  que  cette  cause  eii>lo 
que  les  choses  sont  comme  elles  sont.  De  ses 
propriétés,  de  ses  lois,  de  sa  nature,  de  son 
action,  d'elle,  en  un  mol,résulle  l'oidreque 
nous  voyons.  Lemonde  est  sop  phénomène. 
Faute  de  pouvoir  montrer  que  la  matière 
soil  intelligente  par  elle-même,  c'esl-àilire 
eu  vertu  seulement  de  ses  propriétés  et  des 
agents  physiques  qui  l'animent,  on  admet  en 
sus  l'action  de  la  cause  première,  et  sur  celle 
action  invisible,  inconnue,  inde^criptiblK. 
on  reporte  tout  ce  qu'on  n'ose  expliquer 

Bir  la  simple  puissance  des  causes  connues, 
n  charge  le  premier  principe  de  tout  ce 
qu'à  elle  seule  la  matière  on  mouvement  ne 
saurait  donner.  C'est  lui  qui  s'irrite  et  qui  se 
meut,  qui  sent  et  qui  pense,  dans  tous  les 
êtres  organisés,  simples  machines  dont  il 
est  le  moteur  immédiat  et  comaïun,  formel 
diverses  de  l'Ktre  unique  et  suprême. 
Biê  qtUdmmtifMU  »l^.kmcexemplm  êteuti, 
£tM  apibu  parltm  dttiate  mniU,  et  hamtttu 
£tkettot  iiMën  :  Denm  namqut  irt  fer  omtut 
Ttrrtu^M,  Iraciiuqiu  marii,  cœlmmqvt  prafundam; 
Bine  peeudu,  anuata,  viroi,  genuë  omtte  {eranv*, 
Quemqtu  ûbi  UaN«i  itatetKUM  urceuere  viiag  : 
Sciticet  hue  reddi  deinde,  ae  retoMa  referri 
Omnia;  uee  utorii  eiu  loenm,  *ed  viea  volare 
Siderit  ia  HKaurwM  «tfHC  alto  tmeeedtre  cmto. 

Or,  sait-on  bien  comment  s'appelle  cette 
opiuiO[i?Elles»ppelle  lepaiithéisuiê.  Brous- 
sais  est  panthéiste.  Couiuient  l'évilerait-ill 
Il  ne  veut  pas  du  principe  spirituel  indivi- 
duel ;  le  spiritualisme  est  «n  reman  daiU  U 
héroi  est  un  hovune  lUguiti  (1U>J.  Hesie  le 
matérialisme;  mais  le  wulénalisiiie,  réduit 
à  la  physique  expérimentale,  est  trop  insuf- 
bsaut.  L'oxygène,  le  calorique,  l'élt^clricilé 
ont  beau  taire,  ils  ne  peuvent  tout  faire,  il 
laul  quelque  chose  do  plus,  il  faut  une  cause 
au  delà  de  tous  ces  agents ,  qui  se  meita  en 
rapport  avec  l'bomnie  dans  le  milieu  oer- 
Teux,  dans  l'albiunioe  irritable  (lU).  Le  re- 

(143)  D*  l'irriuitio* ,  Préface,  paget  t-xT,  vm, 
Lixv,  Lixvi;  —  lame  1",  pages  31U,  566  ;  lonw  H, 
page  69. 


{U5)  lUd..  t.  il,  p.  18S,  I 


W  AW  MCnOWUURE  APOLOGETIQUE.  AHE  IM 

non  à  Taetioa  de  U  cause  première  pour  onlologie,  il  fiitulrait  STOir  prooré  qu'élis 

cipUqDéi-  1m  phéoomèoes  immédiats,  cette  n'existe  pas,  or  c'esl  ce  qui  est  resté  k  d6- 

asceosîoa  sans  iDlenn^inire  de  l'iodiridoel  montrer. 

an  B^nAral,  c'esl  proprement  le  paothéisme.        Couc/kWmu.  J.es  phjrstologîstes,  èl  Braus- 

Le  malérialîsme  j  coadnit  nécessairement  sais  en  particulier,  n'enlreprenneul  de  prou- 

lei  esprits  distingnés,  car  en  Igi-mËme  il  ver  leurlbèseqae  par  des  objections  aprfori 

n'rst  pu  une  position  (enaUe-i  contre  la  thèse  contraire.  Nous rrorons  qu'il 

Ouoi  qu'il  en  sôil ,  celle  cause  supérieuro  résulte  de  cet  eiamen  que  de  ces  objections, 

aai  phéwHDèaes  agit  sur  le  monde  nuilériel  les  unes  sont  supprimées,  les  autres  sont 

et  dans  I«  awnde  maléricl  sans  être  obser^  alTaiblies,  et  que  ceil>fs-ci,  en  tant  qu'elfes 

Table,  saos  avoir  k  l'eiistence  qu'on  loi  rê-  subsistent,  sont  démontrées  communes  à 

oiBoall  d'antre  titra  que  d'être  eii^ée  par  la  tous  les  sjrstèmes.  C'est  ce  que  résument 

raison  (IM).  Comme  nécessité  logique,  cette  les  propositions  soirantes: 
oue  «HprÇaie  se  bit  admettre  d  autorité;        1*  Si  la  coniraciion  est  la  forme  géoérate 

oo  n«  loi  dispute  plus  U  réalité,  quoiqu'elle  de  l'action  de  la  matière  cérébrale ,  il  n'j 

a'ail  aMcno  dM  attributs  de  la  nature  maté-  a  nulle  identité ,  nulle  analogie  percerable 

rielle;  ni  l'action  quoiqu'elle  duira  agir  sur  entre  on  nerf  contracté  et  un  pnénomèoa 

celte  nature  nitérielle  dont  elle  est  si  diffé-  de  pensée. 

rcDl0.OaedeTieoneiitaprè8  uoe  telle  conce»'        ^  L'assertion  qui  confond  avec  les  phé- 

sioD  la  plupart  de*  ot^eetions  péremploires  nomènes  d'innerraiion  les  phénomènes  in- 

dirigéeseDOlreleapiritualitmef  Queeevieut  teliectuels  et  moraux,  ne  repose  donc  snr 

cette    ioipeasibilitd    prétendue   d'admettre  aurune  obserTstion  directe,    soit  interne, 

qaoiqae  ce  soit  de  dépourvu  des  apparen-  soit  eiterue ,  soit  des  sens,  soit  de  la  cons- 

ces  corporelles  et  de  l'admettre  agissant  sur  cieoce  :  et  comme  d'ailleurs  elle  ne  résulta 

leMnde  des  apparences  corporelles? Elle  d'aucuLe  des   lois  de  la  raison,  elle  est 

loabe  ei  l'argument  principal  du  mstéria-  gratuite. 
lîsaie  perd  sa  validité  unÏTarselle.  3*  Ce  n'est  donc  pas  un  procédé  légitime 

Kedit«sdoocp1nsqQ«reBi)ritaepeut  agir  de  la  «cience,  une  application  r^uliire - 

sur  le  corps,  paisoue  voire  cause  non  |ibé-  de  la  mélbode  eipérimeniale ,  que  de  nier 

noBénale  produit  les  phénomènes,  et  inob-  des  causes  spéciales  ou  des  sujets  spéciaux 

servable  liaos  le  monda,  agit  sur  le  monde  pour  des  effets  ou  phénomènes  spéciaux. 

observaUe;  il  n'est  ni  plus  absurde,  ni  plus  quand  d'ailleurs   on  admet  des  cause*  in* 

contradidoire,  ai  plus  dilScilede  concevoir  connues,  des  actions  mystérieuses,  ou  tout 

dans  lliomflie  une  forée  intelligeute  et  vou-  au  uioius  uat  cause  première  dont  rautioii 

laole.  UDO  cause,  nn  principe,  un  £tre  in-p  et  la  nature  sont  impénétrables. 
'onnn    et  invisible,  mais  attesté  par  ses        &*  Toutes  les  objections  préalables  que 

^noinènes    inmédiats,  comme  la   subs-  l'on  dirige  contre  l'existence  et  faction  d  un 

lance  corporelle  par  ses  qualités  ou  apps"  principe  pensant,  retombent  ainsi  sur  le 

rmces  seosîbles  qui  sont  ses  phénomènes,  matérialisme  quaOd  il  n'est  pas  athée. 
L'idéed'uo  tel  agent  n'est  pas  plus  gégalive         S*  L'unité  du  moi  k  travers  ses  phéno- 

que  celle  d'une  causa  suprême  couelue  par  mènes  suppose  l'unité  de  substance  L'unild 

■DdneUtin  de  l'ordre  de  ce  monde,  mais  qu  on  de  substance  da  ffl«i  étant  nécessaire,  6m 

u'assimîlek  ancon  phénomène  de  ce  monde;  liaison  avec  les  organes  devient  le  fait  don- 

jamais  iuaceessibieaux  sens  n'a  été  syno-  né  par  l'expérience.  Comment  s'opère  cette 

ujmt  de  néant.  Dire  que  i'esprit  ne  peut  liaison ,  comment  est-elle  possible  ï  Là  est 

agir  sur  le  corps  parce  que  le  n^Ijf  ne  peut  le  mjsière. 

*gir  snr  le  positif  (1^7),  c'est  décider  laques-        6*  Cette  liaiioa  étant  admise,  les  organes 

iMm  par  la  question;  l'esprit  n'est  négatif  étant  uoe  condition  de  (l'action  de  l'inlel- 

qat:  s'il  o'exisle  pas.  Parce  qu'es  métapli/'  ligence ,  toutes  les  suites  de  l'étal  des  or . 

ùqoe  on  arriva  souvent  A  l'idée  de  subi-  gaues  pour   l'intelligeiice,  tous   les  fails 

taucespirilaelle  Fiarrélimioalion,  et  si  l'on  waoa»  de  réaction  du    physique   sur  le 

veut  par  la  négalioa    des  phénomènes  ou  moral ,  sont  des  choses  fort  naturelles , 

loalilcs  de  la  matière,  il  ne  s'ensuit  pas  que  qui  concordent  avec  l'hypoibèse  d'une  liai- 

étre  spirituel  soit  négatit  N'être  pas  telle  son ,  aussi  bien  qu'av«c  l'bypotbèse  d'une 

oa  Idlè  chose  n'équivaut  pas  è  n'être  rien,  confusion. 
et  ce  o'esl  point  nier  un  être  que  de  le  dé-        7*  Quant  au  rapport  entre  le  physique 

finir  parre qu'il  n'est  pas.  D'ailleurs,  quand  et  le  moral,   en  peut  renoncer  à  l'ex^tli- 

oB  dit  avec  Descartes:  L'esprit  est  înétendu,  quer,  il  le  f«ut  même;  et  la  tentative  de 

«a  cfUendsurloot  qu'il  est  un.  Lasuhsiaoce  le  représouter  par  les  propriétés  seules  de 

eue.  aajel  des  phénomènes  du  sentinienl  et  la  matière  ^  d'une  part  m  réussît  pas ,  de 

ue  la  pensée,  c'eal  une  idér  positive,  non  l'autre  excède  la  portée  do  U  science.  Le 

■lie  D^timi.Ce  a'tat  pas  une  négation  en  comment  reste  dans  lou*  les  cas  uo  ny»- 

tog%ue,  et  pour  U  traiter  comme  telle  en  tère  impénétrable. 

Mifi)  nous  diians  par  la  raison,  peiiqne  cette  Knllmeot.  i  On  ne  peut  remanier  que  parle  seeli- 

aaiia»  te  tonne,  suivant  Rrousaaîs,  en  Tcrin  de  ntenl  i  du  molMle  sspàinr  hx  impoedàrablea.  » 

ta  a*»lhé,  tacBlié  supérieure  d  rtAedive.   Mais  (t.  I",  p.  568.) 

otte  facahé,  SfissMt  pir  t'indoctiwi  ^Mlsnée  et         (1(1)  Ot  eirtiUtèen,  I.  H.  dl.  8,  sect.  C,  p.  W. 
■OB  fv  saiie  nne  fètteçlUim  diror'Jt,  il  l'anwUe 


f; 


DîCTIONNAmE  APOLOGETIQUE. 


AUE 


8°  Il  est  plus  obscur  dnns  rhjpotljèse 
du  lualérialisme,  il  ^  a  dans  cl-Uu  liypn- 
Ihësfl  plus  qu'obscurilé;  il  y  a  conlradie- 
tioii  avec  les  phéooaiënes.  La  matière  n'a 
jamais  l'unité  du  mot;  les  pbénomènes  du 
moi  D'ODt  rien  de  commun  avec  tes  qualités 
de  la  matière. 

En  définitive  I  et  supposition  pour  sup- 

eosilion,  tout  se  réduit  h  savoir  quelle 
ypothèse  est 'plus  admissible,  de  celle 
d'un  être  intelligent,  uni  par  une  relation 
mystérieuse  avec  le  corps  >  ou  de  celle  de 
la  matière  étendue  et  multiple,  pourvue 
de  la  propriété  mystérieuse  de  sentir,  do 
penser  et  de  raisonner,  c'esl-à-diro  défaire 
acte  d*uiulé  :  en  vertu  d'un  simple  arrange- 
ment de  parties.  Or,  le  mystère  de  l'action 
d'un  princifie  de  nature  ÎDConnun  sur  la 
matière  dont  il  est  distinct  a  pour  pré- 
cédent, pour  type  ou  pour  onsloguo,  le 
mystère  de  l'action  non  contestée  ,  soit  des 
forces,  soit  des  csusfts  premières  sur  le 
iiinode  ;  tandis  que  le  mystère  de  la  metiëro 
intelligente  est  en  contradiction  avec  tous 
les  phénomènes,  autant  qu'avec  la  raison. 
ÎTO. 
DotxUme  of^ctiim  :  ImpossfblUté  de  conitater  dfrecte- 
meot  Ceiistence  de  l'etprlt.  Dimoiisunlion  qua  c'est  lï 
le  fort  de  toute*  lei  canseK,  de  loules  les  force*,  de  tou- 
tes Ici  substances;  procèj  fiitsurce  pointa  la  pliy^otogie; 
enUtès  imaginées  par  elle  pour  expliquer  les  pbénoinè- 
nei  vitaai. 

Trois  motifs  portent  à  contester  l'exis- 
tence de  l'esprit.  —  Cette  existence  ne  nous 
est  attestée  par  aucune  perception  ,  révéléa 
pur  aucune  intention  directe.  —  Les  phé- 
nomènes d'où  elle  est  induite  sont  cons- 
iiunment  occompagnés  de  phénomènes  or- 
^nniques.  —  Si  les  uns  et  les  autres  appar- 
tenaient k  des  principes  différents,  l'union 
de  ces  deui  principes,  qui  serait  l'union 
de  l'âme  et  du  corps,  serait  inexplicable: 
donc  elle  est  imposiilile. 
^  On  peut  répondre  :  Kn  admettant  que 
l'esprit  n'etisie  pas  ,  nous  n'avons  pas  (Ta- 
vaniage  intuition  ou  perception  de  la  cause 
des  phénomènes  intellectuels.  —  Les  phé- 
nomènes organiques  eux-mêmes  ne  peuvent 
ae  concevoir  que  par  la  supposition  de  cau- 
ses ou  de  forces  qui  ne  sont  ni  constatées, 
ni  expliquées ,  ni  connues.—  L'union  de 
la  matière  des  organes  avec  les  propriétés 
qui  en  font  des  organes  vivants  est  elle- 
même  inexplicable  :  donc  elle  est  impos- 
sible. 

Sur  ces  trois  chefs,  le  procès  contre  la 
physiologie  serait  plus  facile  à  instruire  et 
a  motiver  que  ne  I  est  celui  qu'elle  interna 
à  la  métaphysique.  Un  gros  livre  ne  suffi- 
rait pas  è  l'anafyse,  même  sommaire,  des 
systèmes  sur  le  principedel'organisation, 
delà  vie,  de  l'animation,  de  la  sensibilité. 
Les  hypothèses  et  le?  formules  ont  été  di- 
versifiées à  l'infini  pnur  expliquer  ou  ex- 
primer C6  qui  faft  que  noua  sommes  ce 
que  nous  sommes  physiquement.  Cet  essai 
a  offert  plus  d'une  aflusion  aux  doutes  et 
•ux  discordances  de  ta  science  sur  le  prin- 
cipe pliysiiiue  des  phéaomènes  iatelleciuets. 


Personne  n'ose  les  rapporter  pureniMil  tl 
simplement  aux   propriétés  connues  do  U 
matière  en  général.  Si  elle  était  penfsnle, 
Senlanl«,  animée  seulement,  ou  seulement 
urg;;nisée,   en  vertu  de  ses   propriétés  gé- 
nérales, elle  le  serait  toujours  et  partout, 
comme  elle  est  étendue,  ioipénétrable,  figu- 
rée, colorée;  et  les  stiributs  qui  la  pUcenl 
accidentellement  dans  le  règne  animal  sa  re- 
trouveraient essentiellement  dans  sei  moin- 
dres parties.  La  mort  se  réduirait  à  la  disper- 
sion des  molécules  OFgani(|ues,  et  celles-ci 
emporteraient  chacune  avec  elle  leur  part 
de  sensibilité,  d'inielligence  et  de  vie.  Or, 
cela  n'ost  pas  :  ces  caractères  résident  dis* 
tinctement  et  exclusivement  en  de  certain^ 
agrégats  individuels  qui  surtf!nt  de  ligne,  et 
tjui  neja  conservent  qu'autant  que  subsiste 
la  cause  invisible  qui  les  a  développés  et 
qui  les  maintient.  Cfs  caractères  Uennonl- 
iis  à  l'agrégation  même  T  II  le  parolt;  mais 
ce  n'est  pas  cependant  la  combinaison  des 
molécules  chimiques  d'oiygène ,  d'axole, 
de  carbone  et  d'hydrogène,  principes  géné- 
raux de  la  matière  animale,  qui  sumt  i 
la    constituer  (ette  qu'elle  nous  apfuiratt. 
L'animal  est  un  agrégat  formé  suivant  un 
certain  plan,  dans  un  certain  but;  un  corps 
mécaniquement    et  chimiquement  disposé 
co[Miiie  le  corps  humain  serait  produit  p  r 
l'art,  qu'il  ne  serait  qu'un   corps  iaanitné. 
Le  corpâ  d'un  être  tué   en  parfaite  santË 
donne  la  preuve  visible  que,  même  compo- 
sées et   placées  dans  l'ordre  particulier  & 
I  organisation  ,   les    molécules  [oaliVielIcs 
ne  suffisent  pas  jiour  produire   la    nature 
vivante-  Dans  la  formation  de  l'animal, eu» 
mulécules   acquièrent  donc  une    propriélù 
spéciale  qu'elles  ne  tireraient  jamais  d'elles- 
mêmes,  ai,  comme  on  n'en  saurait  donlin. 
elles  ne  sont  pas  des  substances  nouvell<s 
créées  à  nouveau  pour  chaque   être  et  dé- 
truites avec  chaque  être;  s'il   n'y  a  pas. 
lorsque  I  animal  est  conçu.  IransitiuliiliDii 
de  la   matière  ,  mais  appropriation   de  la 
matière  préexistante  à  une  nature  noavulli', 
cette  nature  nouvelle  suppose  un  principe. 
une  cause,,une  propriété  qui  la  transforment, 
qui  s'unissent  temporairement  à  elle,  sans 
toutefois  s'identifier  jamais  avec  ses  parl■e^. 
Or,  ce  je  ue  sais  quoi  qui  fait  que  la  aiatière 
brute,    inanimée,  insensible,  inerte,  est 
maintenant  organisée,  vjvaute,   douée   de 
sensibilité,  de  force  libre,  de  volonté,  d'in- 
telligence, ne  peut  être  ni  coosubstanliel 
au  corps,  car  la  substance  est  Ce   qui    ne 
[>érit  pas,  ce  qui   persiste  après   la  disse- 
lution  ;   ni   mode  accessoire  de  la  matière 
du  corps,  car  tout  mode  est  homogène  à 
l'essence,  ou  résulte  des  modes  esseolieh, 
et  l'essence,  comme  les  uodea    euenlielï 
de  la  matière  en   général ,  ue    donne  en 
aucune  façon  les  propriétés  de  la  Tie  ni  de 
la  pensée.  Cejeuesais  quoi  est  cependant  one 
abstraction  ou  un  être.  Kst-ce  une  abstrac- 
tion? C'est    alors  ude  qualité;  or,  si   nous 
retrouvons  dans  le  corps  toutes'les  qualîléi 
de  la  melièro,  les  propriétés  nouvelles  dont 
nous  parlons  ne  sont  réductibles  k  auouu» 


an  KHE  «cnoNNAmB 

iI'cDm;  da  moii««menl,  de  la  funue,  de  la 
coaleur.telsHinlbieneneoreles  tymplAnies 
de  eta  proftriélés  nouTelles  ;  mais  et  n'est 
rin  de  tout  cela  qui  les  constitue.  Est-ce 
uattrcT  Sa  nature  nous  est  inconnue,  elle 
édni^  i  la  perceplîoD  comme  i  la  cons- 
cicDce;  elle  n'est  rien  pour  les  sens.  Etre 
ou  ibslraelion,  ce  je  ne  sais  quoi  qui  serait 
priDcipe  de  île,  de  seasiliililéi  d'intelli- 
genee,  ne  saurait  en  aucun  cas  Àlre  l'objet 
Se  Ospérieuce.  La  physiologie  ,  en  qualiié 
«le  teieuc«  tout  eipîérimenlate,  ne  saurait 
donc. Cad Dieltre.  et  pourtant,  comme  science 
npéiinFDtale,  l'obserTalion  des  faits  ne  lui 
fêmél  poiut  de  s'en  passer.  Halérîel  ou 
ipirituel,  un  élément  inconnu,  que  nous 
•ppdlerons  par  hypothèse,  è  la  manière 
tenalastiqaes,  VoKintùlUé  ou  Vhtananité, 
ttt  nécessaire  i  l'existence  et  à  la  possi- 
Ûittf  de  l'aDimal  ou  de  l'homme;  et  cet 
incoDDO  ,  fût-il  un  élément  matériel ,  est 
nifépar  la  raison  et  non  empiriquement 
donné.  Aiusi ,  non-seulemeol  les  phéno- 
oièoes  intellectuels,  mais  même  ceux  de 
la  Tie  et  de  l'on^nisaiion  nécessitent  l'ia- 
tcneation  de  quelque  chose  que  ne  ma- 
aifesla  wKone  sensation ,  et  dont  la  nalure 
est  inroacevable.  Sans  ce  principe,  l'or- 
ganisation de  l'être  vivant  est  noe  transsubs- 
taiilialioD  de  Ja  matière,  c'est-ft-dire  un 
miracle  ;  or,  le  boa  sens  n'y  a  jasiais  tu 
qu'une  incarnation. 

Mais  qui  est  incarner  Est-ce  une  matière 
nouvelle,  différente  de  la  matière  générale , 
«ne  matière  spéciale  qui  ne  tombe  pas  sous 
les  espèces  du  corps  fisible  et  tangible,  une 
matière  subtile  7  Je  ne  sais  pas  une  objection 
contre  l'existence  de  l'esprit  qui  ne  puisse 
Hre  dirigée  contre  celle  de  la  matière  sub- 
tile. Due  matière  qui  n'a  aucune  des  appa- 
rences de  la  matière  est  une  conception 
aossi  gratuite  que  celle  d'un  être  qui  n'est 
pas  mattèie.  La  matière  subtile  qui  sent, 
•foi  pense,  n'est  ni  plus  ni  moins  difficile  à 
admettre  que  le  principe  immatériel  dusen- 
Itment  et  de  la  pensée.  Elle  n*a  ijue  son  nom 
qui  la  Mure. 

Les  physiologistes  ne  diront  pas  qu'on 
leur  impute  des  chimères.  On  les  met  au 
déti  de  citer  un  naiuralisle  qui  n'ait  tAt  ou 
lard  invoqué,  pour  expliquer  les  pliéno- 
uèDes  «ilaux,  et  avec  eux  les  phénomènes 
intellectuels ,  riolerTenlion  d'une  entité 
spéciale.  Ce  n'est  pas  notre  faute  s'ils  ont 
mal  détini  celle  entité ,  et  si  elle  a  pu  tour  i 
loor  être  prise  pour  un  soufile ,  un  feu,  un 
corps,  une  abstraction.  Nous  no  nous  char- 
geons pes  de  prouver  que  la  physiologie  se 
Mfil  constamment  rendu  bien  compte  de 
SCS  eoDceptioas.  La  nature  média  triced'HIp- 
loerate,  l'Ame  irraisonnable  de  Galion, 
rarctiée  de  Vao-Uelmont,  {'impetitm  faeittu 
de  Koerbave,  l'Ame  aensitive  de  HolTman, 
les  esprits  animaox  de  Descartes,  air,  vent, 
Saniae  on  liqueur  (tASj,  Tanimisme  de 

SU)  Im  étÊeiiplion  i%  torpi  humai»,  préface, 
\ m.  13S;  lUvmme,  L  iV,  p.  545  ;  Ripmu»  nx 
^■xlrUaM*  atJMtiaw,  L  II,  p.  ït. 

SfCnOn^lIBE    APOLOCÉTIQUI  I. 


APOLOGETIQim.  AME  'Xi 

Siahl,  la  sensibilité  organique  de  Bonleu,  le 
principe  vital  de  Barttiez,  l'organisation  de 
Bichat.  sa  secsibilité  animale  distincte  de 
la  sensibilité  organique,  h  puissance  ner- 
veuse de  Prochaska,  la  force  vitale  de 
Chaussier,  reicitabilité  de  Brown,  Virrila- 
hilité  de  Hnller,  de  Gall,  de  Broossais. 
te  principe  ineimnu  mat*  matériel,  comme 
dit  le  dernier,  gui  fait  jouer  les  rettorlt  de 
l'exiitence,  ou,  comme  il  dit  encore,  la  ten~ 
sibililé,  rétvtfal  immatériel  et  into.mprffttn- 
tible  de  V exercice  de  tiof  fonction*  (li9), 
qu'esl-ceque  tout  celaT  des  métaphores,  des 
qualités  ou  des  élresT  Bien  habile  qui  ré^ 
pondrait  h  cette  question.  Toute  conception 
analogue  ne  peut  se  rapporter  pourtant  qu'à 
an  Aire  de  raison,  une  matière  «ublile,  une 
force,  une  Ame,  ou  un  Dieu. S'il  s'agit  d'un 
être  da  raison,  il  s'açit  d'une  qualité.  Cne 
qualité  de  quoi  ?  De  rien,  car  ce  ne  peut  Aire 
une  qualité  de  la  matière,  l'être  de  raiïOn 
étant  ici  innnté  précisément  pour  suppléer 
A  l'insuffisaDce  des  qualités  oe  la  matière. 
S'agit-il  d'un  fluide,  d'une  matière  subtile  T 
L'bypotbèsed'uncorpsqui  échappe  aux  sens, 
qui  n'a  ni  l'élendue,  ni  la  solidité,  mais  qui 
pénètre  et  meut,  si  elle  n'est  une  chimère* 
est  la  conception  de  la  force.  La  force  est 
ou  substance  ou  qualité.  Qualité,  quelle  est 
sa  sohslancet  Substance  une  force,  cans<3 
du  mouvement  vital,  une  force,  cause  de  la 
pensée,  du  sentiment,  de  la  volonté,  diffère 
bien  peu  d'une  Ame.  Ainsi  la  physiologie  est 
amenée  A  cette  désolante  alternative  :  noe 
Ame  ou  Dieu.  Elle  prendra  son  parti;  nous 
l'avons  vu,  elle  se  dérouera,  elle  choisira 
Dieu.  Elle  fera  circuler,  s'il  le  faut,  la  cause 
suprême  dans  tous  les  canaux  du  règne  or- 
ganique, et  les  neriis  charrieront  la  Divinité 
dans  leurs  mystérieux  trajet. 

On  ne  peut  réussir  h  rester  matérialiste. 
Après  s'être  bien  attaché  aux  phénomènes 
corporels,  après  avoir  montré  au  bout  du 
scal|>el  ou  sous  le  verre  de  la  loupe  les 
fibniles  tressaillantes  de  la  vie  et  de  la 
pensée,  le  physiologiste,  A  un  moment  venu, 
pose  ses  instruments,  quitte  la  terre,  et, 
s'élancant  dans  un  monde  intcllig'hle,  in- 
voque des  causes  accessibles  A  l'esprit  seul, 
et  se  dédommage  d'avoir  matérialisé  l'esi^rit 
en  spiritualisant  la  maliëre. 

Il  serait  aisé,  en  effet,  de  convaincre  les 
physiologistes  les  plus  décidés  contre  l'sd- 
Diissiou  d'un  esprit  doué  de  personnalité 
qu'ils  admettent  forcément  en  dernière  ana- 
lyse un  principe  invisible,  soit  individuel, 
soit  général,  qui  reproduit  sous  divers  noms 
l'Ame  Tégétative  ou  l'âme  universelle.  Car, 
on  les  phénomènes  de  l'organisme  vivant 
sont  sans  cause,  ou  leur  cause  n'est  pas  de 
la  nature  de  la  matière  connue.  Dne  cause 
qui  u'est  pas  do  la  nature  de  la  matière 
oonnue  est  déjA  quelque  chose  approchant 
une  cause  immatérielle. 

Toutes  les  Gns  de  non-recevoir  conlie 

(l<9)  Se  rirrilatiaK,  1. 1",  ^rt.  i .  ch.  5,  p.  63  ; 

Traiii  de  fkpiolojie  appli^iUt  à  la  patkcloyie,  t.  f 
p.  «. 

7 


va 


AVE 


DICmONNAIRE 


l'Hilervonliou  Ue  lout  princino  supérieur  h 
l'expérience  sont  donc  (Jénlacôes  dans  la 
-boucbâ  des  piijsiologislcs.  Ne  souiTronspss 

aue  les  Gracques  se  plaigacDl  de  la  s6- 
illon-l 

Poar  coatesler  ]e  spinlaaUsmei  les  sa- 
TDDts  devraieul  commencer  par  7  renoncer 
'Cux-mëmcs-;  «'est-i-dire  que,  réduisant  Is 
science  au  tstassement  et  h  l'analyse  des 
pbénomënes,  ils  devraient  se  luire  sur  les 
ceiiscs.  constater  des  mouTemenis  sans  in- 
duice  dos  forces.  Hsderraienl  dire  :  l'homme 
ii'a  connaissance  que  des  .phénomènes,  ceui 
qu'il  sent  et  ceux  qu'il  suppose;  1*  d'après 
les  cfTels  qu'il  leur  assigne  ;  2'  d'après  I  élot 
<it  la  structure  des  agents  visibles  auxquels 
U  les  rapporte.  Toute  science  est  donc  émi- 
nemment phénoménale.  Or,  les  phénomènes 
de  i'oi;gaaisme  n'étsnt  pour  les  sens  que 
des  phénomènes  d'étendue  et  de  mouve* 
meut,  restent,  comme  tous  les  phénomènes 
d'élenduc  et  de  mouvement,  soumis  à  la 
science  des  lois  générales  de  la  matière, 
lin  quoi  d'essentiel  pour  la  simple  observa- 
lion  les  apparences  d  un  viscère  en  fooutioni 
diilèrcnl-Glles  de  celles  d'une  machine?  On 
ne  peut  le  dire.  Or,  puisque  toute  machine, 
(c  nioade  inorganique  lui-m&me,  celte  ma- 
chine immen5e,«at  réglée  par  des  principes 
mécaniques,  tous  les  phénomènes  de  la  vie 
rentrent  ou  doivent  rentrer  dans  la  science 
de  la  physique  générale.  Limitoos  la  science 
k  l'observation,  ^'observation  aux  pbéao- 
uièuGs,  les  pliënofflÈnes  à  des  mouvements 
d'organes,  et  décomposons  ces  mouvements 
vt  ces  organes,  comme  nous  ferions  du  mé- 
canisme d'une  montre,  en  les  rangeant  dans 
l'ordre  de  leuraotion.La  science  de  l'homme 
se  réduira  ainsi  iuaa  anatomie  et  &  une 
physiologie  pureioeut  descrii>tives.  Voil& 
dans  toute  sa  prudence  le  râle  de  la  scienco 
cxpérimenlale  appliquée  &  la  nature  bu- 
maioe. 

Uais  quel  physiologiste  s'en  est  tenu  làî 
Aucun.  M.  Hagondie  lui-même  qui  professe 
un  inllexiblo  mépris  pour  les  abstractions 
systématiques,  après  avoir  bien  simplement 
Uécrit  toutes  les  propriétés  physiques  ou 
chimiques  des  éléments  du  corps  humain, 
est  obligé  d'en  admettre  une  qu'il  appelle 
action  tilaie,  e(  qu'il  ne  peut  rattacher  à 
rien.  Cette  action  vitale  sembla  résulter  de 
l'organisation  et  non  d«  la  nature  des  élé- 
ments du  corps  ot^nisé.  Or,  l'organisation 
n'est  qu'un  mot,  ou  elle  est  un  principe 
nouveau  introduit  dans  la  matière* 

Les  phénomènes  organiques  sont  des 
mouvements  sans  doulu  comme  ceux  de  la 
chimie,  comme  ceux  de  la  physique,  h  cet 
égard  ils  sont  mécaniques;  ils  le  sont  pour 
lo  loucher  et  {tour  la  vue.  Ceiteodant  au- 
cune mécanique  oe  doonora  fa  formation 
eenstanle  et  harmonique  des  organes, 
c'esi-à-dire  la  génération.  Aucune  méca- 
nique nodonoera  l'irritabilité,  même  l'irri- 
latioa  des  organes;  aucune,  leur  mouve- 
ment |>ropre,  leur  activité  originelle,  l'en- 
suruble  du  leur  action,  la  vie  cntiu;  aucune, 
leurs  sympathies,  ces  conditions  fondamen- 


APfflXWETIQUE.  AHE  W 

lalos  de  la  santé  et  de  la  maladie;  uftnine, 
la  sensation  purement  nerveuse,  ni  le 
moyen  du  mouvement  volontaire.  De  Ik, 
pour  le  physiologiste,  des  fait»  qui  ne  peu- 
vent èlreque  verbalement  ramenés  aux  lois 
générales  de  la  matière.  De  Ik,  l'impossl- 
hiiilé  que  la  mécanique  organe  sullifle  à 
l'homme ,  comme  la  mécanique  célcslo 
suint  au  monde.  Encore  celle-ci  e»l-eile 
obligée  d'emprunter  sans  explication  deux 
forces  à  l'observation ,  la  force  de  projec- 
tion et  la  force  centrale.  La  physique  est 
toujours  sans  réponse  h  la  question  de 
Rousseau  :  «  Que  Newton  nous  montre  la 
main  qui  a  lancé  les  planètes  sur  la  .lau- 
geole  de  leur  orbileT  » 

U'ailleors,  les  phénomènes  appréciables 
oe  sont  pas  les  seuls  certains  ;  faut-il  redire 
c^uQ  les  sensations,  les  pensées ,  tes  bQdc- 
lions^  les  volontés  sont  des  faits  tout  aussi 
certains,  quoique  parfaitement  inaccessibles 
aux  sens?  Encore  bien  moins  ces  faits  sool- 
ils  réductibles  aux  lois  mécaniques  de  la 
matière.  Aucun  phénomène  de  mouvement, 
absolument  aucun,  ne  présente,  même  pour 
une  induction  éloignée,  une  analogie  saisii- 
sable  avec  ces  actes  si  fréque&U,  sicoonui, 
accompagnement  nécessaire  et  témoi^sgs 
unlque-des  faits  dont  s'enquiert  l'observa- 
tion externe. 

La  physiologie  mécanique  est  donc  une 
science  incomplète  ;  elle  n'explique  pa.»,  elle 
ne  décrit  même  pas  tout  l'organisme.  Elle 
l'embrasserait  tout  entier  qu'elle  n'embras- 
serait pas  tout  l'homme,  ou  elle  u'j  par- 
viendrait que  par  (tes  coiyectures  et  pardes 
hypothèses. 

Si  doQC  les  physiologistes  tiennent  à  so 
montrer  observateurs  aussi  sévères,  expéri- 
mentateurs aussi  scrupuleux  qu'ils  le  pré- 
tendent, qu'ils  se  gardent  d'aueuuo  conclu- 
sion sur  la  nature  et  It  cause  de  ceux  des 
phénomènes  organiques  qui  ne  sont  pai 
purement  mécaniques,  de  ceux  de*  phéao- 
mènes  humains  qui  ue  sont  pas  sensible- 
ment organiques;  et  qu'ils  s'en  tiennent  k 
celte  modeste  conclusion  :  Il  n'y  a  deictenci 
guB  ta  tietwê  d'obtemtion.  L  observation 
montre  dans  l'homme  une  massa  étendue, 
figurée,  mobile,  cntorée,  ayant  la  lemfiéra- 
ture,  la  pesanteur,  la  cahéiiiou,  olc.  Par  U 
il  ne  dilTère  pas  essentiellement  du  reste  de 
l'univers  sensible,  et  Ina  iihéuomènes  do 
son  corps  sont  les  mêmes  que  ceux  de  tous 
les  corps.  Dans  quelles  conditions ,  sous 

Suelles  formes,  daus  quel  ordre ^  î  quel 
egré  ces  phénomènes  se  ma  uif estent-ils  1 
Telle  estl'unique  uuestion  que  doit  se  poser 
la  science,  et  quelle  peut  résoudre  par 
l'observation  en  ae  faisant  descriptive. 
L'observation  et  la  description  recorniaisseut 
alors  h  ces  pliéiiomènea  commuus  des  ca- 
ractères spéciaux.  Ut  paraissent  disliiicis 
de  tous  les  autres  par  leurs  causes  tisales, 
par  les  circonstances  de  leur  maaifestation, 
conséqucmment  par  leurs  causes  iuiiuédia- 
tes  ou  instrumeulales.  Les  classer  métho- 
diquement, c'est-b-diro  dans'  leur  ordre 
de  succession,  et  dans  leur  ofdro  U'eeliou 


DKTKHiHUIË  APOLOGEflQCE. 


Hile  r^Ktkm,  tel  est  encore  le  pouvoir  et 
le  droit  de  !■  sciflQce.  Enfin  l'obsernlioD 
(Hstingaa  eolre  elle-même  et  les  faits  orga- 
oiiltici,  dfls  bit*  iotennédiaires,  observa- 
bles pv  seoliinent  iotime  dans  l'observa- 
U«r,  et cependaDt  iavisibles  et  iolangibles, 
fUaanèats  poartaïUpuîsqD'ils  soDt  connus 
H  fft'oa  peut  rappeler,  comparer,  juger, 
foameUre  i  rindnctioaetin  rsisonoement, 
eoDséquemiQerit  introduire  dans  la  Mîeoee 
coaim  loul  le  resle.  Ni  [lar  les  eircoos- 
luKCS  de  leur  nunifealalion,  ni  par  la  forme 
inn  laquelle  ils  sont  connus,  ni  par  leurs 
caoses  Oaales,  ni  par  leurs  causes  immé- 
iiî>us,ib  ne  paraissent  sa  coolbndre  a*ec 
les  pbfoenièaes  précMenls.  Les  confondre 
u  tcnit  |dus  observer  ni  décrire,  et  la 
{dciMde  ces  lâils  te  formera  par  l'olisor- 
nlîoo  ci  s'acbàvera  par  la  description. 

ffliâ  où  doit  conduire  et  s'arrfiler  l'es- 
prit Je  la  niélbode  expérimentale  relîgieu- 
Moeni  f uivie.  Or,  cette  coDclusioo,  quelle 
«si-WleT  C'est  la  conclusion  même  de  la 
H>Jsielosie  ordinaire.  L'objel  de  la  phy- 
«olegie  n'est  connu  et  ne  peut  6Ire  défibi 
^ueptrses  pbéoomènea,c'e5i>i-dire  parxea 
quilités  seosibles.  L'objet  de  la  psjrcholo- 
pe  ne  peal  être  connu  oidéQni  que  par  saa 
(•bénonèoes,  c'est-ànlire  par  ses  modes  ob- 
ttnabies.  De  tk  deux  sciences,  comme  il  jf 
a  deux  ordres  ^e  pbéoomàDcs.  Ne  dites  pas 
que  ce  qai  présente  l'un  de  ces  ordres  de 
■•bënomènss  s'appelle  matière  ;  nous  ne  di- 
roos  pas  que  ce  qui  présente  l'autre  s'ap- 
I>dle  esprit  ;  on,  si  nous  parlons  de  la  ma- 
ûia  et  de  l'esprit,  il  sera  bien  enleodu  que 
a  sont  des  noms  arbitraires,  l'un  de  ce  qui 
est  éLeoJn  ,  figuré,  coloré,  mobile,  etc.; 
raolre  de  ce  qui  sent,  juge,  veut  >  se  sou- 
tient, Ktc  Quelle  est  l'essence  de  l'une  ou 
de  Pautre  de  ces  choses!  Est-elle  la  même 
|«ar  l'une  et  pour  l'autre?  Questions  élran- 
gères  i  la  science  d'obseivation  ;  queslioos 
étnagères  i  la  pb; siologia  et  i  la  usjrcholo- 
KÎf.CuueseraautérialiBle  pour  elle-même, 
I  atître  aftiritualiitte  pour  elle-même,  c'esi-à- 
dire  cbacune  dans  ses  limites  ;  mais  l'uue 
ee  conclura  point  pour  l'autre.  L'opposition 
de  la  matière  et  de  l'esprit  ne  sera  que  la 
diilioclioa  entre  les  deux  ordres  de  plié- 
bofliènea  que  ebacuue  des  deux  scienucs 
étudie.  Le  sujet  immédiat  de  l'un  Je  ces 
Anlrei  de  phéuoœënes  «st^l  essentiellement 
tliilërent  du  sujet  immédiat  de  l'autre;  ou 
Lieu  les  deux  ordres  se  réunissent-ils  dans 
■oméme  et  uniquesujetlLcsdeux  sciences 
cooseotent  ï  l'iguurer  ;  le  mot  mémo  de 
suLniaoce  ne  sera  point  prononcé,  et  la  paix 
ctn  laite  {l^O)- 

Tel  eft,  en  elfet,  le  compromis  que  la  ps^- 
cbolo^o  offre  à  la  physiologie,  etilestvrai- 
a>enl  sinsulier  qu  il  ue  soit  pas  accepté  par 
ctlle  (iequi  la  i>ropositioa  aurait  du  venir. 
Uuaoliuioi,jel  avoue,  je  ne  me  résigne  pas 


pourlapBycliologie,eacore  moins  poerli  phy- 
siologie,! une  telleburailiationlCe  ne  seraitnu 
même  un  partage  égal.  La  ptjcholo^ene  dis* 
pute  pas  h  la  ph  vsioTogie  son  domaine;  elle  se 
borne  k.défendre  le  sien.  Elle  lui  laisse  le 
corps,  tandis  que  la  physiologie  ne  veut  pas 
lui  laisser  l'esprit.  Il  ou  s'agit  pas,  en  elrel, 
de  mettre  d'accord  le  matérialisme  et  l'idéa- 
lisme, mais  le  matérialisme  et  le  spiritua- 
lisme. Lo  matérialisme  est  un  envahis- 
sement dont  la  physiologie  n'a  pas  besoin 
l>our  exister,  et  l'esprit  serait  toléré  qu'elle 
resterait  tout  entière.  Ji  n'y  a  de  partage 
égal  que  dans  le  système  di;S  frootièrei  na- 
turelles. Aussi  bien  jA  soupçonne  quelque 
artifice  dans  le  désintéressement  delà  psy- 
chologie. Lorsqu'elle  dit  que  par  la  tran- 
saction proposée  tous  les  droits  du  la  philo- 
sophie oe  I  esprit  humain  sont  en  sûreté, 
elles  bien  l'air  de  garder  l'srrière-peoséo 
de  reprendre  son  terrain  par  un  détour. 
Plus  tard,  en  présentant  comme  des  phéno- 
mènes, et  partant  comme  des  faits,  les  ccn- 
victïons  naturelles  de  l'esprit  humain  par 
lui-même,  elle  pourrait  bien  faire  rentrer 
dans  la  science  descriptive  toutes  les  notions 
qu'elle  aurait  paru  écarter  avec  la  science 
rationnelle.  Ndus  aurons  plus  d'esigeoco  et 
plus  de  sincérité. 

Oo  sait  que  penser  maintenant  de  l'objec- 
tion fondée  sur  l'impossibilité  de  constater 
directement  l'existence  de  l'esprit.  C'est  le 
sortde  toutealescauseSfde  toutes  les  forces, 
de  toutes  les  substances,  de  tout  ce  oui  est 
invisible  dans  l'ordre  de  la  physique.  La  dif- 
ficulté étant  commune  i  tous  les  systèmes, 
h  toutes  les  sciences,  est  donc  ici  comme 
DUlle.  Deux  points  restent  ï  considérer:  l'un 
est  la  liaison  constante  dos  phénomènes  or- 
ganiques avec  les  phénomènes  moraux,  ce 
qui  constitue,  dit-on,  une  probabilité  en  fa- 
veur du  matérialisme;  l'autre,  l'impossibi- 
lité d'expliquer  le  rapport  de  l'âme  et  du 
corps,  ce  qui  cooslilue,  ilit-on,  une  objec- 
tion contre  le  spiritualisme.  SoumeKooa 
ces  deux  points  A  un  dernier  examen. 

|Tin. 
Tnùiime  a^editm  :  la  liaisoB  coaslula  de*  phâ- 
Domènei  orgiiùqne*  arec  1m  phéuoniËBes  inotaHi 
proure  en  (*Tear  da  malérialbme.  —  DiOcalUÎt  duH 
le  «jbUbc  malMilùte  dteoMtrées  par  l'aûljM  de  U 
■CMiUoa,  de  la  peoaée,  eic,  par  U  nalare  el  le  HHe 
ducerreaD. 

L'union  des  phénomènes  des  deux  ordres 
□'est  rien  moius  qu'une  découverte.  Ce  fait, 
vieux  comme  le  monde,  n'a  échappé  eu  au- 
cun temps  aux  philosophes  d'aucune  école; 
il  n'a  été  ni  méconnu  ni  atténué  par  ceux 
qui  ont  le  plus  insisté  en  faveur  du  prin- 
cipe spirituel-  Mais  il  n'a  pas  plus  mis 
d'obstacle  aux  doctrines  spirilualistes  qu'il 
n'a  exercé  d'ioQueuca  sur  la  croyance  du 
guaro  humain.  Car  c'est  la  croyance  du 
genre  bumaiu  que  celle  d'un  principe  dis- 
tinct des  organes  et  des  sens,  et  qui  ne  peut 


It»)  <   EacipMaat  les  noiinu  relaUves  que  iophie  dt  rttpril  kttmaim,  l.  1",  note  A.  Voy.aïuai 

Mw  ava^  de  reipcil  et  de  cerps,  j'ai  év'ué  d'em-  son  Uittoire  4e*  Kiaues  méiapliyt.,  1. 1",  eli.  Il,  p. 

(■«•jer    le  m»!  ëmiitauet,  ,pour   n'éveiller  aucune  IHS,  cl  la  DOte  1.) 
uiMoierve.  »    l>.  Sii:w*ai,  Elimenit  de  la  philo' 


VJÎ 


AME 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQtlii:. 


AUE 


m 


ttre'àb  infime  iiBturrt,  puisqu'on  ne  le  croit 
|>osdélruita'veceiii.  L'objection  porte  donc 
sur  dei  fdits  connus,  dès  lojiglemps  appré  - 
liés,  et  elle  n'ii  pas  beaucoup  (rouble  l'bu- 
UKiiiilé,  ni  découragé  les  ubilosoplius. 

Parmi  les  naluralisles,  eHu  est  loin  d'avoir 
consliimfnenl  |irodui[  les  icëines  elTels.  Ils 
lie  se  sont  pas  tous  accordés  &  ne  voir  dans 
t'homme  qu'un  système  organique.Un  çrand 
nombre,  ue  pouTanI  réussir  è  expliquer 
l'urgatiisalion  par  elle-même, ont  cru  qu  elle 
réclamait  un  principe  invisible,  ne  fât-ca 
que  pour  présider  a  ses  propres  fondions. 
Le  pliysiologic,  mali^rlaliste  pour  le  compte 
d«  la  |)liilosopliie,  a  été  spirituaUste  pour 
Bon  jiroprt)  compte,  et  c'est  ôlre  sprilue- 
liste  que  d'admettre  un  principe  d'iiction 
inncciissibte  aux  sens.  Il  est  vrai  qu'un  a 
tiré  de  \h  une  autre  conséijuente;  de  ce 
principe,  i\iiie  de  la  vie  pliysjqiio,  on  a  Tait 
l<jule  l'ilme,  qui  n'a  plus  jjuërti  élé  que  l'a- 
nimalion.C'esi  même  tn  ce  sens  que  le  mol 
a  été  joivenl  el  longtemps  emjilojé.  L'ani- 
ma de  toute  la  luttnilé  philosojdiique  an- 
cicnnoGl  moderne  u'cslpa^i  le  synonyme  d« 
J'(.s]irit  pur,  et  Pcscarics,  l'inventeur  peut- 
titre  de  l'esprit  pur,  se  ]>laint  de  i'équivoque 
qui  tsl  dant  le  mol  Ame,  et  de  ce  que  les 
premiers  auleurt  n'onf  pas  distingué  en  nous 
ce  principe  par  lequel  nous  sommet  nourris, 
nous  croissons  et  fuiions  sans  h  pensée  toutes 
les  fondions  qui  nous  sont  communes  avec 
les  bêles,  d'avec  celai  par  lequel  nou*  pensons. 
Aussi  celui-;:! ,  cet  acte  premier,  cette  forme 
principile  de  l'homme,  tl  l'a,  dit-il,  le,  plus 
souvent  appelé  du  nom  d'esprit  pour  ôter  celte 
équivoque  el  ambiguïté  (151).  Rlainlenont, 
que  cet  csnrit  soitdistinct  de  coi  autre  prin- 
cipe qui  D  est  pas  le  corps,  en  sorte  qu'il  y 
ail  dans  l'Iiomme  (rois  principes,  l'âme  pen- 
sante ou  l'cspril,  l'ilmo  animnnto  ou  la  vie, 
r'appareil  or^^iiniqueou  le  corps,  ou  bien  quo 
les  deux  tmus  tloÎTent  élre.réunies  en  une, 
c'est  une  queslioii  dont  IlI  solution  inlércsso 

feu  ladilFiculté  qui  nous  occupe  en  ce  inomenl, 
1  s'agit,  en  elfei,  de  savoir  si  i'idenlilé  des 
deux  natures  apparaît  dans  le  mélange  des 
ntiénomènes.De  ce  nue  (les  phénomènes  intel- 
Jectuels  sont  précédés,  accompai^nés  et  sui- 
vis de  phénomènes  organiques  résullc-t-il 
que  les  un^  doivent  élru  rapportés  au  même 
sujctque  les  autres?  La  logique  universelle, 
l'expérience  universelle,  ne,  fait  qu'une  ré- 
ponse; c'est  que  la  coïncidence  ne  peut  lé- 
gilimeiBont  suggérer  que  la  connexion.  La 
liaison  dans  le  tf  nips  des  phénomènes  liis- 
lincls  n'a  janjais  Dlteslé  entre  eux  l'identité 
substantielle,  m:iis  bien  un  rapport.  Et  le- 
quelT  un  rajiporl  decausalifé. 

Prenons  le  plus  slmj^le  exemple,  la  sen- 
ealion.  Mes  sens,  ou  les  organes  externes  de 
mes  sens,  sont  elTeclcs  par  un  objet.  Cette 
ufTeclion  des  meml>ranes  où  s'Opanouissent 
les  ucrfs  est  communiquée  à  mes  nerfs; 
l'afleclion  des  neil's  est  communiquée  su 
centre  nerveux ,  c'i  sl-à-dire  h  .mon  cer- 
veau. La  sensation  s'accomplit  ;  jo  sens  ;oCt 


se  passe  (a  sensation  f  Dans  les  organes  ei- 
lerneïTNon,  sans  doute;  le  vulgaire  Jecroii, 
il  croit  que  l'œil  voit,  tandis  qu<:  l'œil  tv~ 
préSL'Hie.  Mais  ici  le  physiologiMe  est  d'ac- 
cord avec  le  philosophe  ;  la  sensation  n'cii 
point  dans  l'organe  externe.  Kst-clle  da^is 
les  trajiils  nerveuxT  Pas  ■davanisge.  Esl-i'lle 
dans  lecerveauTOui, 'dit  le  pliyi-iologisle. 
Uais  en  quoi  l'afTectii^n  des  nerfs  du  cer- 
veau ressen>ble-t  elle -plus  à  Ja  sensation 
que  l'aSTeclion  des  nerl's  propremenis  dits 
ou  celle  de  leurs  exlréinilés  épanoulesT  lin- 
possiltle  deli^  dire.  Il  y  s  plus  de  similitude 
entre  ces  trois  aiTeclioiis  successives  qu'tnlte 
aucune  d'elles  et  la  sensation.  Or,  si  du 
l'aveu  de  tous,  ni  la  premiers,  ni  la  s<  coude 
n'est  la  sensation,  si  l'une  et  l'oulre  neïoiit 
que  des  conditions  organiques  de  la  sen- 
sation et  n3i)  pas  elle,  pourquoi  la  troi- 
sième, qui  lie  ditTèra  pas  cssenlicUenieiU 
des  premières ,  et  que  les  physiologistes  a[- 
pellent  comme  les  autres  une  irritation,  ne 


i-clle  pas   d< 
nique  de    la 


organique  de  la  sensation  ,  pourquoi  su- 
rait-elle  la  sensation  elle- même?  C'est 
par  une  supposition  grBtui:e  et  contraire  à 
l'analogie  que  l'on  rayerait  ces  mots  échap- 
pésàla  conscience  universelle:  Jtsens,  pour 
les  remplacer  par  celle  formule:  JUon  etr- 
veau  sent.  Le  vulgaire  dissémine  la  sensibi- 
lité, \'d  physiologiste  la  centralise,  le  piii- 
lusoplie  la  neisoniiifie.  Meisle  vulgaire,  qui 
croit  que  I  œil  voit,  ne  dit  point  :  Mon  ail 
voit,  il  ii'il:  Je  vois.  Le  physiologiste  no 
croit  pas  que  l'œil  voie,  mets  il  devrait  dire: 
JUon  cerveau  voit ,  el  non  je  vois.  Lo  philo- 
sopha ne  croit  à  le  vision  ni  do  l'œil,  ni 
des  nerfs,  ni  du  cvrveau  ;  il  ne  croit  qu'à 
celle  de  la  personne,  et  il  dit;  Je  vois, 
comme  le  vulgaire.  La  science  et  le  seii* 
Commun  s'accordent. 

La  philosophie  divise  lo  phénomène orga- 
ni[|ue.  Elle  ne  met  la  sensation  ni  dans 
l'organe  externe,  ni  dans  le  nerf.  PourquoiT 
parce  qu'elle  ne  l'y  voit  pas,  ou  n'jr  voit  rien 
qui  lui  ressemble.  Elle  le  met  dans  le  cer- 
veau :  l'y  voit-elle  ou  y  voit-elle  ce  qui  lui 
ressemble  ?  Non  ;  mais,dit-elle,  le  cerveau 
supprimé,  la  sensation  n'a  plus  lieu.  L'or- 
gane exierne  el  les  Qléts  nerveux  supprimés, 
(i-l'Clle  lieu  daventage?  Mais  on  ne  sent  pns 
quand  le  cerveau  est  parolysé,  on  seul  mal 
quand  il  est  malade;  donc  c'est  lui  qui  senl. 
un  ne  voit  pas  quand  l'œil  est  crcré,  on  voit 
liai  quand  l'œil  est  malade;  est-ce  donc 
l'œil  qui  voit?  Mais  au  delà  du  ci:rTeau  ou 
n'aperçoit  rien.  Aperçoit-on  quelque  partis 
sensation?  Ce}ieniJani  elle  se  constate  d'une 
certaine  façon  ;  el  si  cette  façon  particulière 
de  la  constater  n'eiistail  pas,  jaiuais  l'obser- 
vation scienlilique  nu  la  ferait  connaUre. 
Insirument,  autopsie,  injection,  disscelion, 
enolyse  chimique,  rien  ne  ferait  connaUre 
la  sensation,  n'était  la  s<>nsation  uifimo- 
Ainsi  aucune  expérience,  aucun  pliéuoiuâne 
sensible,  aucune  raison,  aucune  r(.'SSC'iii- 
blance,  oucuue  analogie,  u'ideiHitiu  ralTcc- 


(150  Réponse  aux  c'mquiiir.ct  objeclioni,  p.  2d^  ;  I.  VIII,  Lettre  au  P.  ilerienue,  p.  501. 


AME 


blCnOX.XAIIIE  APOLOCETIQtIB. 


AXE 


î.t 


lioii  bO  cerTesa  if  ce  la  sensation.  L'ép»- 
oouisKiBeal  «xlerne  est  i'épaoouisseinenl 
dtOMtocrfs;  mes  oerfi  sont  les  proloa- 
Moeals  d«  moa  cerceau  ;  mon  cerveau  est 
le  e^rieau  de  moi.  C'est  ce  tleruier  terme 
qae^  l'h^siologw  retranche.  Avec  elle,  moo 
rrntaa  est  le  cerreau  ile  moti  corps,  aion 
corps  la  corps  de  mon  cerveaur  ou  plHlât 
c'eU  on  cercle  licieui.  Du  cerTPsu  vous  ae 
rcmoulerez  jamais  qu'ait  cerveau  ,  qui  d« 
ura  qu'un  cerveau,  et  jamais  le  mien.  Le 
ftnMU  qui  seul,  et  qui  sent  au'il  seni,  ne 
ftn  janais  que  l«  cerveau  de  lui-même. 
Bi^ureusemtnl,  le  moi  est  inexprimable 
diiu  lesjsténie  de  la  sensibilité  orgaoique. 
Ccqoi  est  vrai  de  la  sensation  sera  vrai 
de  It  peiisiSe.  De  ce  qu'un  phénomène  or- 
psJi)Beei>l  rAniécédtiil  ou  l'accompagne- 
BKOl  i)&:tsïaire  d'une  sensation,  une  in- 
tf^floiinalurellenoas  persuadequ'un  plié- 
Looêuê  or^jaiiique  convoie  nécessairement 
t.ul  (de  de  la  pensée,  sépare  même*  de 
toute  iensali.^o;  et  reUeanalogreest  conlir- 
iiiéep3rlanéi:essiiédel<i  présencedu cerveau 
f<our  la  pensée,  de  la  santé  du  rerveau  pour 
*|uelj  pensée soil  normale;  enfin  la  fatigue 
hcta  tête  suit  l'activilé  de  la  pensée.  Qae 
!«  passe-t-il  alors  dans  le  cerveau?  On 
i'ij:.o(e.  Uais  ce  qui  se  passo  esl-il  identi- 
i|'«ou  coiDjiaralile  h  la  penséeT  Pas  plus 
;,ua  la  seusalioii.  LAfienseen'a  phénoméaa- 
^ment  rien  de  commun  avec  une  irritatioD, 
nat  liliratîoD,  unestîmulnlioii.  Le  »i0ipeii- 
ui.tit'esl  pasplusalieignabledans  le  cerveau 
»uianli  et  la  nécessité  d'une  condidun 
kf;auique  de  la  pensée  ne  confond  pas 
^'Ccssaireuieiit  la  pensée  avec  celle  condi- 
li  in. 

£i.fin,  quand  la  pensée  se  transforme  en 
tuiuutr,  c  est'i-dire  qu'un  phéuontèae  or- 
c'i-ique  Toulu  se  maiiiftsle  dans  le  corps 
1.1  p-'ur  la  sensibilité  interne,  en  confcr- 
i-iié  de  la  ]iin5<--e,  quelle  idenlilé,  quelle 
î.-nl^,  quelle  analogie  nous  autoriserait  à 
«■jiifODdre  la  volonté  avec  l'action  du  eer- 
^na  sur  les  nerfs,  des  nerfs  sur  les  niem- 
•■:ea!  Nous  retrouvons  dans  l'ordre  inverse 
:-us  les  plién'.méDes  qui  accompagnent  la 
Husalioa,  cl  1rs  raisons  qui  nous  ont  portés 
à*iistinguer  de  tes  phénomènes  la  sensa- 
1  en  nous  obligent  à  en  dtstinguerla  volonté. 
Uais  TOUS  ncconcevez  pas,  dansla  sen- 
sati'Hi,  dais  la  pensée,  dans  la  volonté, 
•,u«l'iue  chose  au  delà  du  cerveau.  Vous 
t-v  le  concevez  pas ,  diles-vons  ;  mais  dans 

•  )  luloDié,  dans  I3  pensée,  dans  la  sensa- 
..'^u,  quand  le  cerveau  agil,  ou  sent,  pense. 
Mal,  le  fait-il  en  vertu  des  propriétés  con- 
t  .es  de  la  ni.itière.  ou  d'aucuno  des  forces 
:-Pposées  dans  les  corps  par  la  physique 
b'iierale  T  Vous  ne  l'aOirmerii'z  pas.  Aucune 
.«  ces  propriétés  ou  de  ces  forces  00  vous 
rinlrail    un   phcnomène   moral. Vous  pou« 

*  z  TOos  servir  de  toutes,  de  la  pesanteur, 
u:  :'«tUuité,  de  l'électricité  et  du  reste; 
1  '.is  les  faites  jouer  su  gré  de  l'art  des 
•t|>tTi<acGS;  jamais  vous  ne  réussiriez  à 
:  ï-r  la  I  ensée  ou  la  sensation  de  tout  cela: 
t^ius  De  le  tcQlericz  poittl.  H  va  donc  là 


due  propriété  inconnue,  une  force  incoR- 
noe.  Le  cerveau,  comme  masse  étendue, 
figurée,  même  organisée,  ne  se  meut  pas 
lui-même,  n'agit  point  par  lui-même.  Vous 
êtes  obligé  d'admettre  un  principe  d'action 
qui  est  en  lui,  qui  ne  se  séparo  point  de 
lui  tant  qu'il  est  cerreau ,  mais  qui  cepen- 
dant n'est  essentiel  1  au»uoc  de  ses  parties. 
Ce  (irincipo  n'étant  pas  la  matière  dont  est 
composé  le  cerve.iu, s'il  est  une  abstraction, 
n'est  rien.  C'est  la  cause  inconnue  de  tous 
Iès  phénomènes  que  vous  stlribnez  au  cer- 
veau, par  conséquent  des  phénomènes  intel- 
lectuels et  moraux.  Il  est  donc  la  cause  incon- 
nue et  spéciale  de  pbéuonsènr-s  incompara- 
bles avec  les  phénomènes  géoéraut  de  la 
matière.  Or  ci  tle  cause  est,  par  la  supposi- 
tion même,  un  principe  réel,  spécial,  dis- 
tinct de  la  matière  connue,  n'ayant  rien  de 
commun  avec  elle  que  d'êlro  avec  elle  et 
en  rap(iOfl  avec  elle;  tout  cola  vous  l'a- 
Touez.  Que  cette  force  soit  une  ônorgie 
individuelle  uu  la  cause  universelle  et  su- 
prême, vous  êtes  contraints  de  la  concevoir 
au  delè  ou  en  dedans  du  cerreau  phénomé- 
nal, et  en  rapport  d'action  avec  la  matière 
du  cerveau.  Ne  me  dites  pas  t^ae  ce  n'est 
qu'une  qualité,  et  qu'une  qualité  n'est  pas 
proprement  un  titre.  Quoîl  la  pensée  est  uu 
accident  de  la  substance  céiébralu,  c'est- 
jk-direde  la  ntatièro  du  cerveau?  Uais  d'a- 
bord les  aci'idenls  de  la  matière  sont  du 
reshort  de  la  perception;  celui-ci  est  iiu- 
percerable.  Puis  un  accident  est  la  qualité 
du  tout  ou  des  parties.  Celui-ci  appartien- 
drait-il du  tout. et  non  aux  parties?  La  ma- 
tière ne  comporte  pas  do  telles  qualités; 
elles  sont  contradictoires  avec  la  nature  du 
l'être  homogène  et  étendu.  La  qualité  serait 
donc  inhérente  &  toutes  les  parties?  Uais 
aucune  partie,  séparée  du  tout,  ne  pense, 
ni  no  veut,  ni  no  sent.  Enfin  serait-elle 
dans  une  seule  partie?  La(]uelle  donc?  uu 
point?  divisible  uu  indirisihle?  Diris<Mc, 
c'est  le  tout  matériel ,  la  difiiculté  revient. 
Indivisible,  un  principe  spécial,  réel,  dif- 
férent de  la  matière  par  tous  ses  phénomè- 
nes, concentré  dans  un  point  indivisible,  et 
cependant  en  rappurt  d'aclion  et  de  passion 
avec  la  matière  :  qu'est-ce  autre  chose  que 
la  conception  même  d'un  principe  immaté- 
riel? 

Voilà  ce  qui  résulte  de  l'examen  métlio- 
diquo  de  la  première  probabilité  du  maté- 
rialisme. Maintenant  passons  au  rapport  des 
nhénomënes  entre  eux. 
SIX. 
DHOfiiriK  obieetim  :  unfoo  de  l'iiae  el  àa  «rp«  iaeiolt- 

oble,  doue  inipowible.  —  PtiéDoioèBe*  we»P'.^f" 


moral.— EipowUon  dMdiTeissrsIèiiiesiiiiïginéspoct 

expliquer  l'union  de  l'ime  et  du  corpt. 
Si  l'homme  est  corps  et  esprit»  comment 
le  corps  el  l'esprit  sont-ils  liés,  comiaeul 
agissent-ils  l'on  sur  l'autre? Cette  liaison, 
cette  action  mutuelle  est  inexplicable  ;  donc 
elle  est-incon«cvnble,  donc  elle  est  imtios- 
aiblc.  Mais  d'abord  ce  qui  est  inconcevable 


MCTI0NNA18B  APOLOGBTlQUe. 


a'eàl  pas  nécessairement  impossible.  Com- 
ment les  molécules  d'un  tiorps  sotrl-elles  & 
la  fois  agrégées  par  la  force  de  cohésion  et 
séparées  par  la  force  de  répulsion  du  calo- 
rique. Comment  l'éleclricité  est-elle  tout  i 
ta  fois  si  manifeste  dans  ses  effets,  si  insai- 
slasable  dans  sa  nstureT  Comment  le  force 
est-elle  transmise  d'un  corps  h  an  autre 
dans  le  plus  simple  phénomène  d'impul- 
sion T  Tout  cela  est  ioconcerable,  et  tout 
cela  est  reconnu  possible  et  rée).  Mais  il 
peutjr  avoir  des  degrés  dans  TinconceTa- 
nle;  on  peut  dire  que  dans  toutes  les  liai- 
sons de  cause  et  d  effet  de  la  physique,  un 
mpport  de  natunj  rend  plus  vraisemblable 
la  connexion  des  phénomènes  et  l'action 
mutuelle  des  forces  e(  des  subslunces.  On 
posera  même  en  principe  qu'il  n'y  a  point 
de  rapport  possible  entre  deux  natures 
substantiellement  et  essentiellement  diffé- 
rentes. Mais  ce  principe  serait  le  jugement 
de  la  question  par  ta  question,  et  n'a  ni 
plus  ni  moins  de  valeur  que  ces  autres 
propositions  :  Le  corps  et  l'esprit  sont  deux 
êtres  dont  les  essences  sont  différentes  et 
s'excluent  l'une  J'autre;  mais  elles  sont 
constituées  de  manière  &  pouvoir  être 
unies  et  agir  l'une  sur  l'autre,  ou  l'une  h 
l'occasion  de  l'autre,  Ceci  est  aussi  la 
question  jugée  par  la  question;  les  deux 
assertions  ne  sont  démontréifs  ni  l'une  ni 
l'autre;  mais,  pour  soutenir  la  première, 
la  physiologie  aurait  A  répondre  préalable- 
ment aux  questions  suivantes  : 

1'  Comment  admet-elle  l'action  d'un  prin- 
cipe de  l'organisation  et  de  la  vie  qui  n'est 
pas,  ainsi  que  nous  croyons  le  lui  avoir  dé- 
inontré,  de  même  nature  que  la  madère  du 
corps  î  Ou  ,  si  eite  rejette  ce  principe,  com- 
tncnt  expliqne-t-elle,  comment  conçoit-elle 
la  fie,  la  sensibilité,  l'activité  orgauliuo 
de  la  matière  du  coipsT 

â*  Dans  tous  les  phénomènes  de  mouve- 
ment, comment  eiplique-t-elle  l'action  de 
la  forcef  Si  elle  croît  la  force  immatérielle, 
le  principe  qu'elle  oppose  k  l'action  de  l'àme 
iOT  le  corps  est  faux.  Si  elle  croit  la  force 
inalériell'e,  qu'elle  la  montre  confondue  avec 
les  propriétés  générales  de  la  matière.  Si 
elle  nie  la  force,  qu'elle  montre  les  phéno- 
mènes de  mouvement  et  de  changement 
résultant  dos  propriétés  générales  du  la  ma- 
tière inerte. 

3*  Comment  conçnït-elle  l'action  de  Dieu 
sur  le  monde  matériel  T  Dieu  n'est  pas  ma- 
tière. Dieu  est  matière,  ou  Dieu  n'est  pas. 
Qu'elle  s'explique  sur  lous  ces  puints,  ou 
qu'elle  renonce  i  l'existence  d'une  cuuso 
première.  Car  admelu-o  sou  existence  i-t 
refuser  de  s'expliquer  sur  sa  nature,  c'est 
accQrder  quo  cette  nature  peut  fitro  toile 
qu'elle  se  dislingue  profonuémenl  de  tout 
ce  que  nous  connaissons  do  la  matière,  et 
demeurer  cependant  compatible  avec  lot- 
ijtude  de  cette  causesur  la  matière.  Or,  cette 
concession  suffit, eI,deDieu,el1e  est  principe 
applicable  ù  l'âme. 

Tout  ceci  est  purement  polémique;  abor- 
dons &  présent  la  question  des  rapports  du 


corps  et  de  l'âme,  non  pourlaTésAodre, 
mais  pour  l'éclaircir.  Quels  sont  les  carac- 
tères principaux  de  ces  rapports,  et  res  ra|>. 
fiorts  une  fols  caractérisés,  t'ensuil-il  une 
mpossibilité  absolue  de  les  supposer  entre 
un  système  matériel  et  an  prioeipe  qui  os 
l'est  pasT 

Bien  des  phénomènes  se  passent  dam 
l'organisme    sans  que  l'esprit  y  partici|>e; 
bien  des  phénomènes  ont  lieu  sens  con- 
science; mais  aucun  phénomène  dont  il  j 
ait  conscience  n'a  lieu  sens  une  certaîne  co(s 
pération  du   corps;  il  faut  au  moins-que  le 
corps  soit  présent  et  vivant.  Il  faut  même, 
c'est  une  probabilité  qui  est  pour  nous  une 
certitude  expérinieatate,  une  a3tion  d'une 
partie  de  il'organisme  qui  réponde  à   tciut 
acte  donnant  lieu  A  un  phénomène  de  con- 
science.  C'est  ]k   le  fait   le  plus  éminent 
do  la  liaison  pure  et  simple.  Point  d'acliun 
de  la  pensée  sans  action  du  cerveau;  ce 
n'est  point  la  tète  qui  pense,  mais  on  pense 
avec  la  tête.  Sans  aucun  acte  de  la  volcntd, 
sans   rapport  appréciable  d'iufiuence  mu- 
tuelle, par  une  coïncidence  constante  érigée 
h  juste  litre  en  connexion,   l'action  de  la 
pensée  est  accompagnée  de  l'action  du  cer- 
veau. Assurément  la  première  détermine  la         \ 
seconde;  peut-être  la  seconde  peut-elle  dé- 
terminer la  première,  même  hors   le  cas  de        j 
la  sensation.  Dans  les  rêves,  dans  la  rêve- 
rie, dans  les  moments  où  l'esprit  se  laisse        j 
aller  vaguement,  sans  lier  ses  pensées  par        , 
un  autre  tll  que  l'association  fortuite  des 
idées,  il  est  possible  que  l'aclioD  propre  dn 
terreau,  laissée  en  quelque  sorte  a  elle- 
même,  détermine  à  peu  près  seule  la  suite 
des  différentes  consciences  qui  so  succèdent 
en  nous;  mais  il  est  encore  plus  certain 
que  l'intelligence,  par  ses  facultés   volon- 
taires, l'allention  et  la  réflexion,  détermine 
impérieusement  les  actions  correspondantes 
du  cerveau  qui  lui  sont  nécessaires,  et  sus- 
cite même  les  phénomènes  du  cerveau  qui 
ce  rapportent  a  l'action  de  deux   facultés 
moins  soumises  &  la  volonté  que  les  autres, 
savoir,  l'association  des  idées  et  lu  inéiuoirc. 
Ces  facultés  sont  moins  volontaires,  en  ce 
qu'elles  sont  mises  directement   en   action 
par  une  faculté  luut  è  fait  involootairo ,  la 
sensation.  Tous  nos  souvenirs,  toutes  nos 
associations d'idétis,  ont  été  originairement 
le  produitde  causes  accidentelles,  tl'expéricD- 
ces  internes  ou  externes  ;  c'est  lace  qu'il  y 
a  de  fortuit  et  de  fatal  dans  notre  monde 
intérieur.  La  sensation  a  sa  cause  hors  du 
moi;  c'est  la  plus  involonlsiro  de  nos  fa- 
cultés, ou  pintdl  elle  lest    tout   &  (ait  en 
ce  sens  que  nous  ne  pouvons,  par  l«s  seules 
forces  de  l'intelligence  et  de  la   volonté  ,  lu 
renouveler  ou  1  empêcher;  nous    ne  pou- 
vons que  jusqu'à  un  certain  point  susjien- 
dre  son  empire  ou  modérer  sa  vivacité  ,  eu 
disposant  de  notre  atteaiiou  ,  dont    parÎTiiis 
luéme  elle  s'empure  de  vive  force,  ou  bietk 
réaliser  au  dehors  tes  circonstances  uécvs- 
saires  pour  la  reproduire.  Par   reuiremise 
de  la   sensibilité,   un    pouvoir     uxlérieur 
s'exerce  donc  sur  uolie  moral  ;    et   en   dé- 


^  AIR  MCTKXtRUfRE 

tcrmnBl  eerlaiue*  modiOcatioiis  cérébra- 
le, da»  ewitet,   iodëpeodaDles  de  nous, 
'— =— ïl  BOtre    TolooU,  la  geneot.  quel- 
s  U  sabjagueal.  Nno-seulement  nous 
a  nous  enpAcher  de  seoiir,  mais 
Boas  ns  pouTooi  même,  h  ua  certain  degré, 
ras  Jéfaadre  de  fliire  céder  ou  da  laisser 
eMtr  à  la  seusaiioo  nos  beullés  les  plus 
twoaUif»».  Les  aensalious  ne  sont  pas  seu- 
kwnt  pereepIlUei,  elle»  sont  affèetires. 
Bi  noos  seatiou  comme  nons  pensons,  sans 
peine  eoaiBie  MaoM  f>laisir,  sans  haine  comme 
mi  euoDr,  l'orgaiM  pbjsique  ne  serait 
qr«  por  lastrumenl.  Kofre  inleiligeace 
iKMt  libre,  «I  e»  n'est  qu'elle  ne  pourrait 
pMlnepM  Toifce  qn'elle  Toif,  sentir  ce 
qrcUc  sBal.  Hais  ce  qu'elle  sent,  ce  qu'elle 
fwt  ae  scnil  que  matériaux  bruts  et  oen- 
Ins,  e(  Il  Be  risullerail  de  la  nécessité  de 
fjwwdeces  oiaténaux  et  de  les  premire 
amtm   iU  sont   qu'une  limilalioa  de  la 
Fortée  de  l'intelligence.  Daas  sa  «pbèr», 
cUe  Mml  absoluinenl  libre.  Mais  il  en  est 
"ireBieot.  Les  sensations  sont  agréablee  el 
dtep^ables.  La  cause  finale  de  ce  fait  pa- 
laH  «m  <niinemment  dans  les  besoins  de 
"  *!•  pbj«que;  ainsi  te  Toulait,  on  peal  le 
cMqactufer,  la  coaservation  de  l'individu 
el  de  l'espèee.  D'où  l'on  ioOn  à  bon  droit 
^çe  le  plauir  et  la  peiue ,  el  toutes  les  coo- 
séqoeoees,  oal  leur  origine  dans  les  inté- 
rêts de  la  maliàre.  De  th  celle  grande  séfé- 
nté  de  la  morale  pour  la  mMière  ,  et  les 
lapréoUions  qoe  l'esprit  a  si  sooTent  pro- 
racées  contre  le  corps.  Quoi  qu'il  eo  soit 
«_<«•   eoDjectures,  la  sensibilité,  en  tant 
V  aSéctîTe,  «joule  un  élément  eonsidéra- 
Me  à  l'action  des  phénomènes  organiques 
sar  llntelligenee  et  la    Tolonlé.  Nous  ne 
poatoBs  nous  abstenir  non-seulement  de 
pWTefOir  ce  que  nous  percevons ,  mais  de 
jo«ii  et  de  «ouffrir ,  de  désirer  el  de  crain- 
dre, d'espérer  et  de  regretter.  Ainsi  noir* 
Mmoire,  noire  jugemirut,  noire  raisonne- 
■eiM,  sont  modifiés  non-seulement  par  le 
Hit,  nais  par  la  qualité  des  scosotions. 
Ce«e  qualité  est  ou  poids  nouveau  dans  la 
balance  de  rintelligeuee.  Le  pbénoinèoe  or- 
pniqae  ,  qui  n'avait  qu'une  action  inror- 
iunle  sur  les  phénomènes  inorganiques , 
txerte  une  action  sollicitante;  ce  qui  iimi- 
Urt  sealemeot  ta  liberté  la  séduil.£o  rap- 
porUot  ces  deux  modes  d'action.  l'un  k  la 
perception  et  l'antre  au  sentiment,  on  peut 
dira  qae  la  perception  instruit,  qne  le  sen- 
tiDeni  émeut  ;  si  le  premier  peut  Irouiper, 
la  Meood  peut  corrompre  ;  et  toujours  l'in- 
leAigeoc*  cède  quelque  chose  aux  besoins, 
»mx  désira,  aux  craioles.  Elle  a  toujours,  il 
est  rrai ,  otHiscience  qu'elle  pourrait  céder 
plas,qu'ell0poarrail  céder  moins;  cl, sous 
ee  rapport,  sa  liberté  s'appelle,  pour  cette 
raiMMi  f  libre  arbitro.  La  pari  qu'elle  doit 
«baadooBer  k  la  perception  est  lixée  par  la 
leosalion  même  ;  die  est  toute  faite.  Gelio 
qu'elle  délaissa)  au  sentiment  est  variable, 
(■aree  qu'elle  3si  arbitraire.  L'intelligence 
oscille  entre  dcui  limites  eitrëmes,  l'absO' 
luo   réaûlance  et  l'ÀbandoD  absolu.  Tout 


APOLOGETIQUE.  Al»  tl< 

ceci  est  de  la  plus  haute  Imiiorlanee  pour 
le  bonheur  pratique ,  pour  fa  morale  pra- 
lîint;  iHi  métaimysique,  cela  n'imiiorte 
que  comme  phénomène  de»  rapports  de» 
organes  avec  le  moi  ou, du  ooips  e«ee 
l'Aine. 

Aiusi  h»  rspporls  de  Faction  de  l'Ame 
et  du  eorps  peuvent  s'exprimer  comme  il 
suit: 

Point  d'action  {ateHeduelle  sans-  une  ac- 
tion organique  correspondante. 

Dans  le  cerveau  ,  la  première  détermioo 
néeesseirement  la  seconde,  c'est-à-dire  sans 
en  avoir  conscience,  sans  en  avoir  la  vo- 
lonté, sans  savoir  qu'elle  est  ni  qoelle  elle 
est,  comme  una  eanse  détermine  lalaleiBent 
son  effet. 

'  Par  la  rolonté  dont  elle  a  conscience , 
celte  même  cause  poul  déterminer ,  au 
iBojen  d'une  action  déterminée  fetalemeni 
dans  teeerrean,  nne  action  A  l'extrémité 
des  organes  dont  elle  a  uue  connaissauco 
phénoménale  par  h»  seasatîon  externe  ou 
interne. 

La  présence  el  lA  saalAOQ  eorveau  et  des 
oignes  swit  donc  nécessures  au  moi  dans 
la  vie  terrestre. 

L'action  des  o^nes,  déterminée  par  des 
causes  étrangères  ou  exlérienres  A  l'Intel- 
ligence, détermine  ou  occasionne  forcénKnl 
eerlains  phénomènes  dans  la  conscience,  et 
par  conséquent  une  cerlaioe  aeliea  intd- 
rectuello  : 

Les  ans,  complètement  souilrails  dans 
teur  nature  A  l'eclioa  de  la  volonté,  i  l'ini- 
tiative de  l'intelligence  ,  les  sensations  per- 
ceptive»; 

Les  autres  également  indépendants  quant 
h  leur  nature  ,  mais  dépendants  jusque  un 
certain  poiol  quant  A  leur  d^é ,  les  sensa- 
tions effectives  ; 

D'autres  enfin  ,  qui  suivent  de  ceux-l&, 
plus  dépendants  de  l'intelligence  et  de  )a 
Toloolé ,  mais  ponvant  être  cependant  les 
effets  indirects  et  les  plus  prononcés  de 
l'action  des  phénomènes  organiqties,  sa- 
voir, les  besoins,  les  sentiments ,  les  pas- 
sions qui  dérivent  des  sensations. 

Ces  trois  modes  d'action  du  physique  sur 
le  moral  pourraient  s'appeler,  l'un  l'ac- 
tion, le  second  l'inOuence ,  le  troisième 
l'empire. 

Cette  description  nous  parait  embrasser 
tous  les  rapports  du  physique  et  du  moral. 
Car  si  l'on  admet  les  faits  élémentaire 
dont  elle  se  compose,  on  admetlra  et  on 
comprendra  aisément  comme  conséquence 
les  faits  secondaires.  C'esi-A-dire  qu'aisé- 
meut  l'on  comprendra  que  l'état  particulier 
où  se  trouvent  les  organes  ,  comme  les  ac- 
cidents de  la  constitution,  de  la  santé,  de 
la  vie,  modifie  dans  leur  degré,  dans  Icura 
proportions,  les  phénomènes  de  l'action 
variable  que  ces  organes  exercent;  et  l'un 
cessera  de  se  beaucoup  enquérir  de  loulee 
ces  circonstances  de  la  vie  plijsiqoe  ,  qui 
de  Lucrèce  A  Cabanis  uut  tant  charmé  les 
naturalistes. 
'    Maintenant  celte  action  mutuelle  est-elle 


s;5 


DieTlOKtAIRE  APOLOGETiOUS. 


possible?  eit-elle  un  myslérft  qui  non-seu- 
lement dépasse  notre  eennaissince,  mais 
3u[  répDgne  h  notre  raison?  C'est  le  point 
ela  quesUon. 
*  La  difBcullé  a  iruublé  îes  plus  granris 
esprits,  ceut-là  ni£me  qui  n'ont  pas  pris  le 
parti  (le  l'Bl)o]ir  pour  la  résoudre. 
1  On  en  cherche  rainement  la  solution 
dans  Bacon.  Bien  qu'il  ait  mis  au  rang  des 
sciences  la  théorie  de  l'alliance  entre  l'àme 
et  le  corps,  Doclrina  de  fadere,  il  semble 
n'y  avoir  vu  que  l'occasion  do  quelques  re- 
cherches physiologiques  sur  les  rapports 
appréciables  des  deux  nftlures.  L'inlerpréla- 
tion  de  Ja  physionomie  et  celle  des  songes, 
l'influence  des  maladies  syir  l'âme  el  îles 
passions  sur  Je  corps,  lui  paraissent  les 
>iuatre  psrlios  qui  consliluent  cette  scien- 
ce (152)  ,  c'esl-â-dire  que  Bacon  n'a  vu  que 
des  eipériencesè  faire  sur  les  conséquen- 
ces d'un  fait  qu'il  a  out>lié  de  demander  h 
l'expérience  d'établir. 

Descaries  et  Leibnitz  ont  été  plus  cu- 
rieux, et  le  problème  n'a  pns  lenu  peu  de 
place  dans  leurs  médilotioas. 

Descartes,  qui  le  premier  a  distingué  sé- 
vèrement les  deux  substances  (1&3J,  a  ce- 
pendant insisté  pour  (ju'on  se  gardât  bien 
île  penser  que ,  soit  lame,  soit  le  corps, 
soit  la  simple  juxioposiliun  de  l'âme  el  du 
corps  fût  1  nomme  vËrilahle.  Dans  l'homme, 
l'Ame  e»l  trit-élroittment  conjoints,  récllt- 
mmt  et  tubttantiellement  unie  au  corps,  et 
cette  union,  unité  de  comi>osition  mais  non 
de  nature  ,  constitue  l'humanité  (1S4}.  En 
parlant  ainsi,  il  n'affaiblissait  pas  ladilii- 
culte  ,  et  s'exposait  liardliiicnt  aux  objec- 
tions. Elles  ne  lui  ont  pas  manqué.  Il  a 
rencontré  sur  son  chemia  et  ceux  qui  dou- 
taient avant  Locke  que  la  pensée  fût  in- 
compatible avec  l'éleiiduo,  et  ceux  qui  dès 
lor«  sttaquafcni  le  siiiritualisme  ,  par  l'im- 

Possibililé  tant  de  I  union  du  simple  et  de 
étendu,  une  de  l'action  de  l'incorporel  sur 
le  vorps  (155}.  Ses  œuvres  poléaiîques  si 
nombreuses,  si  remplies,  tes  précieuses 
lettres  abondent  eu  éclaircissements,  en  ré^ 
futalions,  va  explications.  S'il  n'a  pas  déli- 
vré la  raison  du  fardeau  d'un  tel  problème, 
il  en  a  du  moins  diminué  le  poids. 
.  Sa  doctrine  est  connue.  L'esprit  et  le 
corps  sont  deux  substances.  En  tant  que 
substances  ,  ils  s'excluent;  car  la  pensée 
constitue  l'essoDce  de  l'un ,  comme  l'éieu- 
due  l'essence  de  l'autre.  Pour  l'un  comme 

^I5S]  tk  digit.  il  aitgm.  nient.,  Kb.  ir,  cap.  t. 

|IS3)  C'esl  UB  tiominage  que  lui  reniient  Aniaiilil 
a  H.  More.  (Œwt.  de  bacanet,  I.  X,  Lett.;  p.  157 
et  586),  et  D.  Su^wart  au  moini  pour  les  temps 
modernes. 

(164)  T.  I",  Héditation  vi,  p.  33»;  I.  W» Refonte 
eux  qualriimet  objection*,  p.  50;  L  Vil,  Lettre  à  H. 
BeaiM,  p.  581. 

(155)  Objections  ée  Hobbc»,  d'Arnaold,  de  Gas- 
■endi,  de  divers  ibéologiens  el  féonUne,  de  Ueiir; 
More  et  de  Henry  Leroy.  (OEueret^e  tteuarte»,  {fy- 
WCt.  contre  les  Stdit.,  t.  I",  p.  U8,  etl.  Il,  p.  Il, 
W  ei  sniT..  Mfl  et  suit.,  «p.  517;  t.  X,  Lettrti, 
p.  Tl  el  Î46.) 


pour  l'autre,  la  pensée  et  l'étendoe  os  sont 
pas  de  ces  attributs  uu'on  donne  ou  relire 
a  volonté;  rDsprit  et  la  pensée,  le  eorns  et 
l'étendue  sont  inséparables.  Ainsi  l'ime 
pense  toujours,  le  corps  nst  toujours  éten- 
du. Hais  le  corps  et  l'esprit  sont  sépa- 
rables,  cependant  ils  sont  unis.  CtiMun 
éprouve  par  soi-même  qu'il  est  une  seule 

fiersonne  qui  a  un  corps  et  une  pensée, 
esquelles  sont  de  telle  nature  que  cella 
fiensée  peut  mouvoir  le  corps  et  seulir 
es  accidents  qui  lui  arrivent  (156). 

Cependant  l'Ame  n'a  que  les  altribntg 
d'une  substance  incorporel  le-.  Elle  n'est 
point  prlnoipo  de  mouvemeiil  et  de  vie;  il 
n'y  a  point  d'Ame  motrice,  végétative, sen- 
silive.  L'âme  agit,  ei  par  son  action  mémo 
elle  détermine  sans  le  savoir,  dans  la  glande 
conartvR  ou  pinéole,  qui  est  son  princi|ul 
siège,  des  mouvements  des  esprits  animaui, 
agents  directs  du  mouvement  comme  du  sen- 
timent. Ces  esprits  sont  de  petits  corps,  les 
parties  les  plus  vives  el  les  plus  subtiles  du 
sang  que  la  chaleur  a  raréfiées  dans  le  cceur, 
et  ijui  de  là  entrent  sans  cesse  dans  les  et- 
vîtes  du  cerveau  et  en  sorleiit  sans  cesse  par 
ses  pores,  pour  aller  courir  dans  les  nerfs, 
par  où  il^  entretiennent  la  sensibilité  ex- 
terne et  cérébrale  el  la  conlracliiité  muscu- 
laire. Le  principe  du  mouvement  est  doue 
dans  le  sang  échauffé  par  le  cœur,  el  si, 
dans  certains,  des  mouvements  sont  déter- 
minés par  l'âme  ou  l'esprit ,  ils  nu  sont  pas 
Touvrege  direct  de  la  volonté  ;  ils  procèdent 
principalement  de  la  disposilioa  dus  orga- 
nes, soumis  au  cours  de  lu  liqueur  des  es- 
prits animaux,  dont  ladireclion  est  modifiéo 
nécessairement' par  les  actes  de  la  volonté  i 
l'insa  de  la  volonté  même  (i51j. 

Il  no  se  passe  rien  dans  le  corps  doal  il 
se  soit  possible  de  rendre  raison  par  des 
principes  mécaniques  (158),  rien  par  coasc- 
quent  qui  doive  être  attribué  è  autre  chose 
que  ta  substance  étendue.  La  substance  in- 
corporelle est  donc  eiclusivemeut  sen- 
tante, voulante,  pensante.  Il  n'y  a  pas  d'autre 
Ame  que  l'Ame  raisonnable. 

C'est  à  la  distinction  de  l'âmo  el  dti  corps 
que  Descartes  s'estsurlout  attaché  ;  et  long- 
temps il  u'a  presque  rien  dltde  leur  uoion. 
Cependant  comme  on  fait  de  eelle-ci  une 
objection  contre  celle-là,  il  répond  eo  niant 
d'abord  que  de  celte  union  il  résulte  que  la 
pensée  soit  un  mode  ou  une  tlépeodanco 
du.corps.  Si,  par  exemple,  chez  les  fous,  la 

(156)  T.  I",  Méih.  iT,  MeJil.  vi  ;  t.  H,  Jt/p.  au 
c'tnqninut  tt  *\iiitae*  objeci.  ^.  ta  el  5S9;  I.  IH. 
Princ.  de  lapkil.,  part,  i";  I.  IX,  Leli,  k  la  ptih- 
ceueEliêabetb,p.mtHÎO;  t.  VUl.  A  un  fér. 
Pire  de  VOrat.,  p.  668,  et  t.  \ll,  p.  5»2;  Rem.  it 
Deicùrlei  eur  *«  certain  placard,  t.  X,  p.  77,  cl 
Lettr.  à  AmmUd,  p.  146  et  156. 

(157)  T.  IV,  Utpau.  de  fume,  p.  i";"  Tr.  de 
Ckomme.  Ladeur.  du  eorpt  bmianin.  prêt.  ;  t.  Ht 
Rép.  ans  quatre  abject,  p.  51  : 1.  VIII.  L*u.  è  Rtmmt, 
p.5H  et  518;  l.  (X,  Leilreà  uuSeigt.,  p.  418;  U 
X.  Utt.  à  H.  CboHul,  p.  45. 

(158)  T.  M,  Réponse  aux  quatrième*  objection, 
p.  Si;  t.  \,  Leltreà  Morut,  p.  KS. 


HT 


MCTKKfNAIMI 


ftcohéde  penser  est  troDblje,  il  n'en  faut 
ps  CDodara  qu'elle  Mil  lellemeot  altacbéa 
aii  or^Desf^'elle  ne  paisseélra  sans  eui. 
Da  ce  qu'elle  est  sonvenl  empêchée  par  ces 
organes,  il  ne  a'eus'iil  aocunemeat  qu'elle 
wiiprolailvpareai.  Il  s'ensDÎtsealement 
«■•  liDt  qsfl  resprît  esl  uni  an  corps,  il  s'en 
•m  «nsme  d'un  intlruinent,  pour  laire  ces 
MTtes  d'opéraliuns  auiquelles  il  est  pour 
rordinire  occupé,  mais  non  que  le  corps 
It  rende  plosou  moiiu  parfait  qu'il  n'est  en 
m.  De  ce  qu'un  arliaan  ne  traTaille  pas 
kicB  loales  lea  fois  qu'il  se  sert  d'un  mau- 
rasouiil,  oonepentioférer qu'il  emprunte 
aaa  adresse  el  la  science  de  son  art  de  la 
boMide  son  outil  (159). 

U«e  Tcsprii,  qui  est  incorporel,  puisse 
6ife  mooToir  le  corps,  il  n'f  a  ni  raisoD- 
oeneBi  ni  comparaison  qui  nous  le  puisse 
apprendre;  mais  néanmoins  nous  n'en  pou- 
tonsdoater,  et  il  Taut  bien  prendre  garde 
qa»eda  esl  l'une  des  choses  qui  sont  coo- 
■nes  par  elles-niémes  et  que  nous  obscur- 
câsaons  loales  les  tais  que  nous  les  voulons 
ci^iquer  par  d'autres  (160). 

CepeDdaDt  comme  toute  la  difficulté  ne 
procède  qne  d'one  supposition  qui  esl 
fausse  et  qui  ne  peulètreaucuoeoientprou- 
Tée,  à  saroîrqoesi  l'imeel  le  corps  sont 
dnis  substances  de  diverse  nature,  cela  les 
cnpèclie  de  poQToir  agir  l'une  contre  l'au- 
tre, OQ  peut  représenter  aux  physiciens 
•ails  admettent  dans  les  corps  des  aeei- 
wia  réeU,  comme  la  chaleur,  la  ptssaolear 
el autres  semblables,  et  qu'ils  ne  doutent 
pas  que  ces  aecidenU  nepuuseni  agir  con- 
tra le  corps;  et  toutefois  il  y  a  plus  de  dif- 
férence enlre  eux  et  lui,  c'est-A-dire  entre 
des  accîdeDls  el  ooe  substance,  qu'il  n'y  en 
a  entre  deux  substances.  l'ar  esemple  l'ac- 
«idcat réel  on  qualité  réelle  distincte,  a|>- 
peléa  pesanteur  peut,  dit-on,  mouToir  une 
pierre  Tcrs  le  eeutre  de  la  terre,  et  l'on 
croit  featradre  assez  bien,  parce  qu'on  en 
ermi  avoir  une  expérience  manifeste.  Or  il 
■'est  pas  plus  difficile  de  concevoir  com- 
Beai  l'ime  meut  le  corps  que  comment  uuo 
letlequalilé  meut  la  pierre  en  bas.  il  n'im- 
portepasque  celle  pesanteur  ne  soit  pas 
■ne  substaucc,  car  on  li  conçoit  comme 
Bue  snbslance,  puisqu'on  la  croit  réelle.  Et 
s*  l'on  dit  qu'on  la  conçoit  comme  corpo- 
reUe,  ou  elle  sera  corftorelle  en  tant  qu'elle 
apinnientau  rorps,  ou  peut  s'unir  à  lui, 
cacorequ'elleBoit  d'une  autre  nature;  et 
l'ime  aussi  peut  être  dila  corporelle  en  ce 
sca»-li;ou  par  corporel  on  entendra  ce  qui 
farticîpe  de  la  nature  des  corps,  et  dans  ce 
seos  la  pesanteur  n'est  pas  plus  corporelle 
que  rine  elle-même.  Du  reste,  selou  De»- 
eirles,  ces  qualités  n'existant  pas  daus  la 
sature,  il  ne  peut  j  en  avoir  d'idée  vraie 
dans  rcolendemeDt  humain,  el  la  notion 

(159)  T.  n,  Biptue  nx  ^airièma  otjettinu, 
p.  90,  9S  ;  lûponit  êms  nn^ièma  ol/Mliam.  p. 
Bf  :  t.  DE,  Uure  è  la  vriHtxue  £ftiakiA,  p.  liS 
a». 

.  I«0)  T.  X,  ttiin  k  AnmM.  p.  161. 

•  Itl)  T.  H,  LfUrt  â  M,  CItnJkr,  contcDint  une 


APOUICBTIOt^.  AHE  2» 

qu'&Ds'en  formevienlprécisémenlde  celle 
qu'on  a  de  l'aclion  d'une  substance  imma- 
térielle dans  te  corps  el  eonlro  le  corps. 
C'est  ainsi  qu'on  donne  h  la  pesanteur  et 
autres  choses  semblables  une  existence  dis- 
tincte. Nous  leur  appliquons  des  Dotions 
que  nous  eipérimenlons  en  nous-mêmes, 
et  qui  ne  nous  ont  élé  données  que  pour 
concevoir  la  fa^ou  doul  l'âme  meul  lo 
corps  (161). 

La  notion  en  elle-mfime,  la  notion  géné- 
rale n'a  rien  que  la  philosophie  réprouve. 
«Comme  ifne  ntessied  pas  à  un  philosophe 
de  croire  que  Dieu  peut  mouvoir  le  corps, 
quoiqu'il  ne  pense  frasque  Dieu  soit  cor- 
porel, il  ne  lut  messîed  pas  éKalement  d» 
croire  quelque  chose  de  seoiblaTtln  des  subs- 
tances incorporelIt;s;  et  bien  que  je  croie 
qu'aucune  manière  d'agir  ne  convient  dans 
le  même  sens  à  Dieu  et  aux  créatures,  j'a- 
voue cependant  que  je  ne  trouve  en  moi- 
même  aucune  idée  qai  me  représente  une 
manière  différente  dont  Dieu  ou  un  ango 
puisse  mouvoir  la  matière  do  celle  qui  me 
représenle  la  manière  donije  suis  convaincs 
en  moi-même  que  je  puis  mouvoir  mon 
corps  par  ma  pensée  (162).  > 

Ces  considérations,  dégagées  de  la  théorie 
propre  à  Uescarles  sur  la  constitution  phj'- 
sioio^ique  de  l'homme,  nous  paraissent  en- 
eorejustes  et  puissantes,  el  nous  nous  y 
appuyons  avec  cooGance.  Cependant  elles 
contiennent  surle  mode  d'aclion  des  deux 
substances  une  doctrine  implicite  qui,  déve- 
loppée par  Malebranche,  estdeveuufe  le  sys- 
tème des  causes  occasiouoelles.  Les  deux 
substances,  l'une  par  rapporta  l'aulre,  nu 
sont  pas  cause  dans  toute  l'énergie  du  mot; 
aeulement,  k  l'occasion  des  phénomènes  de 
l'une  naissent  les  phénomènes  du  l'aulre. 
Ce  système  exige  entre  elles  un  médiateur 
qui,  h  l'occasion  d'un  mouvement  du  corps, 
imprime  une  pensée  à  l'Ame,  et,  k  l'occar 
sioo  d'une  pensée  de  l'Ame,  imprime  un 
mouvement  au  corps.  Et  comme  Descaries 
n'admet  que  deux  substances  et  proscrit 
sévèrement  toute  qualité  occulte,  ce  média- 
teur ne  p^ut  être  que  Dieu.  Dieu,  dit  Fon- 
tenelie,  demeure  alors  la  seule  cause  véri- 
table des  mouvements  el  des  pensées  (163). 
Ce  STsIème  conltent  en  principe  celui  de 
l.eîbnitz.  On  sait  que,  louché  de  la  dilTi- 
cûilé  d'admetire  une  union  active  entre 
l'ême  et  le  corps,  parce  qu'il  n'y  a  pas  de 
proportion  entre  une  substance  incorporoUe 
ei  telle  ou  telle  modiOcalioo  de  la  matière, 
il  voulut  quelle  toute  éternité  le  corps  cAl 
élé  constitué  lie  manière  h  ri^pondre  &  tou- 
tes les  pensées  de  l'âme  (i6bj  et  qu'il  y  eût 
ainsi  entre  les  actes  de  l'une  et  les  moditi- 
calions  de  l'autre  non  une  connexion  de 
cause  A  effet,  mais  une  coïncidence  esacto 

téfimte  avj  inUaDCM  de  Gassendi,  p.3l4;  t.  IX, 
LtUre  i  I*  priiuittêt  Elitmkeik,  p.  IXT, 

(leS)  T.  X,  Uwe  à  Mon»,  p.  S13. 

(t65)  (Kbitm  4t  fonUntlU,  I.  Vtll;  DomUt  lur 
If  tytiime  pkgti<fii*  4a  ftuet  ottaûonitUt»,  c  S. 

(16i)  JVmv.  (MaJi'tar  Vauni.  Jibik.,  t.  Il,c  1" 


tn  km  DICTIOMNAIRE 

0l  faille  qu'il  nomina  rbarmoDie  prééls- 
l>lie. 
C'est  notro  faute  peot-étre,  mais  il  ce 

no'is  i^mblcpajiua  la  difficulté  exige  un 
si  grand  apfïartil  de  sjtlàoies,  et  le  m;*- 
Lère  •!«  l'union  deadeuiBubstaoces  De  nous 
accable  pas  è  ce  point  que,  pour  l'alléger, 
nnus  nous  Jetions  dans  de  telles  eKlrérDiiâs.- 
La  quedtiDd  de  l'origine  du  mal,  celle  de 
l'origine  de  la  madère,  celle  de  la  présence 
diriuu,  par  eicmple,  nous  troublent  bien 
autrement  et  donnent  un  ébranlement  bien 
plus  redoutable  aui  croyances  de  noire  rai-' 
Sun.  Nous  ni!  voyons  dans  l'acHun  muluelle 
dos  deux  substances  qu'uu  myslëre  assez 
comparable  è  ceux  que  présentent  toules  les 
actions  que  nous  pouvons  percefoir  ou  con- 
cevoir on  co  monde.  Toute  action  est  inex- 
plicalile,  L'incomnatibiliCédjins  lo  lû&ma  su- 
jet des  essences  de  l'esprit  et  du  corps  sera, 
si  l'on  veut,  une  dilRcuUâ  déplus.  Cepen- 
dant celte  diDicuUé  suppose  cette  proposi- 
tion :  11  pitratt  qu'il  faut  l'étendue  pour  agir 
SUT  l'élendue.  Mais  c'est  adirmer  une  pro- 
priété de  l'inconnu.  Or  celte  propriété  esl- 
elle  une  donnée  du  problème?  Non,  elle 
est  le  problème  lui-mOme.  Est-elle  une  dé- 
ducliuu  des  données  de  l'équation?  Non, 
car  on  In  pose,  on  ne  Ut  démontre  pas.  Aller 
plus  l'uîu  et  dire  que  la  substance  est  nécas- 
sairetnent  étendue,  e'esl  s'avancer  dans  les 
ténèbres.  Cela  a'êst  soulenable,  en  efltet, 
que  de  la  substance  aiftme  de  l'élendue.  Ce 
n'est  pas  l'étendue  qai  est  néce.isairfl  à 
la  substAncQ  ,  c'est  la  substance  qui  l'est 
à  l'étendue.  L'eipérience  ne  donne  que 
l'étendue  ;  la  nécessité  d'une  substance 
pour  l'étendue  est  en  fait  une  induction  ul- 
térieure de  la  perception,  eu  droit  une  loi 
de  la  raison.  L'une  et  l'autre  attestent  et 
supposent  un  principe,  c'est  qu'il  n'y  a  point 
de  phénomène  sons  sulistanco.  Quel  phé- 
nomène? Pas  plusuelBJ  de  l'étendue  qu'on 
autre,  le  phéHomèue  indëEermlné.  La  suba- 
tanoe  est  donc  le  corrélatif  nécessaire  de 
phénooiètie  et  non  d'étendue.  Qu'est-eiie 
en  celte  qualité?  un  inconnu.  Vouloir  que 
cet  iticouuu  soit  essentiellement  et  univer- 
sel!ement  étendu,  c'est  atTenler  sur  ta  subs- 
tance des  connaissances  qu'on  n'i  pas.  11 
est  étrange  que  cette  proposition  se  rencon- 
tre surtout  dans  les  ouvrages  de  ceux  qui 
font  profession  de  parler  peu  de  la  subs- 
tance et  d'en  fuir  la  nation  et  le  nom,  commu 
ce  qu'il  y  a  de  plus  obscur  et  de  plus  péril- 
lenxdans  la  science. 

Tous  il»  êtres  réels  sontsubslances,  c'esl- 
%-dire  que  tous  les  élres  réels  sont  chacun 
quelque  ctiose  qui  ne  peut  exister  que  par 
soi-même,  et  qui  ne  peut  être  distingué  ni 
par  plus  ni  par  moins  d'un  seul  concept; 
car,  suivant  une  belle  idée  de  Descaries,  (a 
substance  est  ce  qui  a'a  besoin  pour  exis- 

(IC5)  T.  in,  PriM.  de  la  pkilot.,  part,  i",  )  57  ; 
1.  H,  RépQiut  amx  ^matriimt$  ol>j*ciKint,  p.  àl. 

(166)  Pour  écbircir  l'iJéa  île  sultsij&ee,  il  faut 
reinouier  k  celle  de  fureu  et  U'ciierKie.  t  La  Ciircc 
3]{issaule  est  iulidreutË  ï  touic  eubïUncL',  rjui  ne 


APOLOCITIQUe.  A»  s» 

1er  ([DO  de  Dieo  d  de  Mi-oiéaiB  (16S).  Toaj 
les  ètrea  réels  sont  des  ccliees,  c'est4-ëire 
que  ia  présene*  des  uns  par  rapport  soi  au- 
tres résulte  des  cbangemants  dins  k»  ac- 
cidents, soit  des  uns  Mit  des  autres. 

Toos  les  dire*  «oBt  des  esseDces.  c'eEl4- 
drre  que  quelque  ctiangeioent  qui  s'opère 
dans  les  accidenta  d'un  être,  il  lui  restelou- 
iours  an  attribut  constitutif  qui  faU  qae 
spéciSquenent  il  estcequ'il  est,  et  D6st 
pes  ce  qu'il  n'est  pas. 

Toui  les  êtres  présentent  des  aomdenccs 
invariables  dans  leur  nature,  variables daoi 
leur  nanifealatîon,  de  sorte  qoe  toute  durie 
est  un  perpétuel  changement,  et  que  la  sobt- 
tance  change  incessamment  dans  ses  acd- 
(ieoces  saus  en  perdre  aucune. 

Or,  comment  les  êtres  sont-ils  anbslan- 
ees,  causes,  essences,  modalités?  Cela  eil 
impossible  k  dire,  et  la  eoutradiction  est  ici 
au  seuil  d.e  toute  tenlotîvs  d'eaplicBtiun. 
Ce  n'est  pas,  du  moins,  le  naturalisme-  qui 
nous  ap[H-eodra  ce  qu'il  laut  penser  de  tout 
cela.  Comment  donc  prélendrait-il  limiter 
l'action  de  la  substance  è  raison  de  sa  na- 
lare?S'i]  l'essaie,  j'oraioserai  la  nt4îon  de 
cause  à  la  notion  de  suoslance,  et  j'arrive- 
rai, sur  leapasdeLeibnitx,  ène  voirqued*» 
forces  dans  l'univers  (166).  Il  est  facile,  en 
effet,  de  réduire  tout  l'être  interne  i  une 
•ction,  tout  l'être  externe  k  une  résistance, 
c'est-à-dire  l'un  et  l'autre  substantielle- 
menl  à  une  force,  et  aussitAt  l'objecliondes 
matérialistesdevienlincomprélieRsililedoDS 
les  termes.  Nous  n'embrassons  pjts  formelle' 
ment  la  tliéorie  de  M.  de  Biran  ;  nous  disons 
seulement  que  nos  adversaires  seront  reçus 
à  définir  l'action  de  la  substance,  quand  ils 
nous  auront  expliqué  eeque  e'esl  qae  l'ac- 
tion de  la  cause. 

L'âme  peut  être  dite  sne  force,  an  ce 
sens  qu'elle  esl,  non  une  cause  de  mouve- 
ment, mais  un  principe  d'aetioo,  lequel  se 
maoirestedistinctemcnlpar  l'acte  volmita'rre, 
implicitement  par  l'acte  intelligent,  c'est-i- 
direen  général  parla  pensée.  Le  {H-incipeil'ac- 
tiOQ  qui  is  manifeste  par  la  pensée  peut-il 
être  uni  h  un  tout  étendu  ?  Nous  dirions 
que  cela  est  impossible,  si  nous  n'avions 
pour  garants  qu'il  en  est  ainsi  In  conscience 
et  Ja sensation]  l'impossibilité  (.-iitrevue  ou 
supposée  le  cède  au  fait.  Le  principe  d'ac- 
tion qui  se  manifeste  par  ta  peitséo  peut-il 
être  lo  même  que  la  sujet  du  tout  tnatériel 
en  tant  que  matériel,  ces(-à-dire  le  mémo 
que  le  sujet  do  la  matière  ou  de  l'étendue 
en  général  ?ll  n'y  s  pas  une  seul«  raison  à 
donner  pour  raIJirniuttvt);  personne  oitkmu 
ne  l'a  hasardée,  car  personne  n'a  ïmaginL- 
que  la  substance  matérielle  tùl  puosaule 
par  elle-même.  Il  faut  quels  pensée ed- 
vienneàla  subsUncemnténetle  conuito  une 
forme  osseotivUe  de  l'école,  et    qu'c^lv  en 

peut  être  ainsi  ud  seul  instant  &ans~  agir.  >  (De 
princ.  philM.  emeiidat.  cl  uMiait,  tubsiafii.  ;  Hihie 
DE  Binui,  Doctrine  de  Leituiit,  aavrt»   pAiÎMuyli.i 

I.  IV,  et  ailleurs. 


ni 


MK 


DKTlOIfN&lttB  APOLOGETIQUE. 


âïK 


«S 


ciMDgQ  Hessenee.  Or  celte  addition  k  la 
subsiBDce  matérielle  et  qaf  eo  change  l'es- 
seoce,  si  ce  n'est  la  iransoialation  de  la 
milièrfçar  la  rolonté  du  Créateur,  c'est 
l'adjonction  d'un  principe  nouTesu  qui 
manqaait  kla  matière,  el  qui  agit  sur  elle. 
Que  Ton  nous  demande  comment  ce  prin- 
cipe hétérogène  pent  agir  sur  le  loul  maté- 
riel auquel  il  est  uni,  pour  la  Iroisiènw 
fois,  nous  répondrions  que  c'est  impossible, 
parce  gae  c'est  inexplicable,  si,  pour  Id  Iroi- 
litoe  lois,  réridence  de  la  sensation  et  de 
la  conscience  ne  nous  donnnît  comme  réel 
lioeiplicable  qui  cesse  d'être  imnossible. 
Que  conclure  de  là  ï  qu'il  est  téméraire  de 

C rendra  pour  l'ablœe  de  l'impossible  une 
icuuB  de  nos  connaissances  :  si  l'on  accorde 
00  moment  que  deui  sutistanccs  ne  peu- 
mt  agir  l'une  sur  l'autre,  parue  qu'on 
ignore  comment  elles  agissenf,  iton>seuIe- 
iD«nl  Dieu  disparaîtra  de  l'univers,  mais 
l'onÏTers  luï-mème  tombera  dons  i'unité 
immobile  où  l'aTait  plongé  Parménide, 
c'eit-i-dire  qa*il  conserTera  l'être  en  ac- 
qaérant  toutes  les  conditions  du  néant. 

Démocrite  sut  obserrer  la  nature;  il  avait 
presque  inrenlé  la  philosophie  espérimeo- 
lile;ile5tle  créateur  des  principes  du  nia> 
(irialisme.  On  sait  l'anecdocte  antique.  Un 
jour  Abdère  le  crut  fou.  On  appela  pour  en 
inprle  génie  de  l'observation  en  personne , 
ttpiredëla  médecine,  Hippocrnte.  11  vint  et 
IrounDémocritti  qui,  un  crâne  i  la  main, 
élodiùt  les  formes  du  cerveau.  Hîppncrate 
admira^  et  il  jugea  les  abdéritains  insco- 

Or  c'est  Hippocrale  qut  a  dît  :  Sx  uni» 
tMttkcwu,  non  doleret,  quia  non  sciret  unde 
éoUra.  Il  croyait  donc  qu'il  fallait  un  moi 
tfoiitelùi  pas  l'oi^anisme,  pour  s'aperce- 
rotrife  l'organisme.  C'est  ce  mot  qu  il  faut 
«umallre.  lyonnais  le  moi,  disait  l'oracle; 
dissèque  ton  cerveau,  semblait  dire  Démo- 
oriie  le  philosophe.  Le  cerveau  et  le  moi,  c'est 
Ilviome,  pensait  Uippourate  le  médecin. 
Kl  nous,  nous  disoos  a  la  médecine  :  «  Sou- 
tiens-loi de  tOD  père.  « 

AUB,  l'Eglise  i-l-«tle  enseigné  que  les  fem- 
mes n'ont  point  d'Aïqe  ?'  Yoy.  vemmbs.  — 
Aaw  bamaine,  pourquoi  Mo'iso  n'a  {tas  en- 
Kigoé  expressément  son  immortalité.  Yoy. 
icaoiMATiQOE.  —  Ame  puce,  euvovéo  par 
le  Créateur  dans  un  corps  souillé.  Yoy.  Va- 
cmt  MiouEL,  S  IV. 

AMERlQne  ,  d'anciens  peuples  civilisés 
Tool  habitée.  Kay.  PsYCHiH.ofiiE,  S'III. 

AMBS  DES  HOKTS.étaienl-etles  les  dé- 
nioas  dMi  les  anciens  T   Yoy.   Possbssior, 

liv 

AAVIEN  HARCELLIN.citésurlemirxcle 
du  teoiple  de  Jérusalem.  Voy.  Tbmplb  db 
Jtacsâuui. 

AMOUH  SCANATUREL,  ne  se  puise  que 
<!ias  le  sacrement.  Yoy.  SvhHÀTVt^usuB, 
IV).  —  Amour'  de  Dieu  pour  l'honinie,  a 
(leasé  l'enfor.  Voy.  Ekfkh.  *  V.  —  Amour 

.11")  Vie  itJittif,  trad-,  1. 1,  p.  121. 


de  Dieu  manifesta  dans  le  sacrement  de 
l'Eucharistie.  Yoy.  Eccuaristib,  (  II. 

AMPÈRE  (J.  J,),  auteur  d'une  Histairt 
littéraire  de  ia  Franet;  réfutation  de  sns 
jugements  et  dft  ses  nombreuses  erreurs. 
Voy.HlnCUill.RlDEGONDB,  HlLAlKE  d^Arlbs, 
Bibliothèque  d'Aleiatibrik,  Vihceht  be 
Lekihs,  Irén^e,  Victor. 

ANCIEN  TESTAMENT,  de  son  interpré- 
tation mythique.  Yoy.  note  XIII,  Itia  fin  du 
tome  H. 

ANCIENS,  fausse  idée  qu'ils  se  formaient 
des  antipodes.  Yoy.  Antipodes. 

ANEANTISSEMENT  du  coupable,  snlisfe- 
rait-îl  àta  jusIicedtvineT  Yoy.  E^fer,  J  )V. 

ANGES.  —  Autant  plusieurs  rationalis- 
tes bibliques  sont  riches  d'érudition  et  du 
subtilité,  autant  ils  se  montrent  pauvres  de 
jugement  et  faibles  en  ce  qui  reçarde  la 
théologie  spéculative.  En  cette  partie,  non- 
seulement  leurs  rêveries  et  leurs  raisonne- 
ments manquent  de  base,  mais  souvent  i! 
arrive  qu'ils  tombent  dans  le  ridicule  et  la 
puérilité.  Je  pourrais  en  citer  bien  des  exem- 
ples ;  je  me  bornerai  à  un  seul,  le  dogme 
des  anges,  qui  peut  sulTire  pour  nous  faire 
connaître  ta  valeur  philosophique  de  deux 
critiques  récents,  savants  d'ailleurs,  et 
nous  faire  prendre,  comme  on  dit,  deux  no- 
lombes  avec  un  grain  de  mil.  Voici  comme 
Strau.«s  parie  de  cedogme:  <(  Relativement  il 
la  question  do  la  réalité  des  anges,  la  cri- 
tique de  Schleiermacher  peut  certainement 
être  considérée  comme  terminant  la  discus- 
sion, parce  qu'elle  exprime  exactement  le 
résultat  des  lumières  modernes  vis-à-visdes 
anciennes  [167J.  s  L'exorde  promet  beau- 
coup; après  du  telles  paroles,  vous  pourrez 
être  assuré,  mon  cher  lecteur,  de  posséder 
sur  ce  point,  dans  la  critique  de  Schleierma- 
cher rapportée  par  Strauss,  la  fine  fleur  de 
la  sagesse  moderne.  Prêtez  donc  une  oreille 
attentive  &  cette  nouvelle  merveille,  et  ap- 
prenez jusqu'à  quelle  hauteur  peut  s'élever 
l'esprit  humain.  ■  A  la  vérité  dît  Schleier- 
macher, on  ne  peut  pas  prouver  l'impossi- 
bilité de  l'existence  des  anges  ;  cependant 
toute  celte  conccptioa  est  telle  qu'elle  ne 
pourrait  plus  nsttre  de  notre  temps;  elle 
appartient  exclusivement  è  l'idée  que  l'uti- 
tiquité  se  fïitsait  du  monde.  On  peut  pen- 
ser que  la  crovaoce  aux  anges  a  une  dou- 
ble source,  l'une  dans  le  désir  naturel  h 
notre  esprit  de  supposer  dans  le  monde 
plus  de  substance  spirituelle  qu'il  n'y  en 
a  d'incorporée  dans  l'espèce  humaine;  or, 
ce  désir,  dit  Schleiermacher,  pour  nous  qui 
virons  maintenant»  est  satisfait  quand  nous 
nous  représentons  que  d'autres  globes  cé- 
lestes sont  peuplés  semblablement  nu  iiâ- 
tre;  el  par  Ik  se  trouve  tarie  la  première 
source  de  In  croyance  des  anges  (166).  > 
Toutes  les  parties  de  ce  fragment  méritent 
d'être  pesées.  Nous  y  apprenons  d'abord 
que  la  cause  principale  pour  laquelle  les 
peuples  anciens,  sans  exception,  ont  été 
ameués  6  reconnattro  l'eiistenco  dus  anges, 

(168)  \k  ie  Jésui,  trad.,  too).  1,  p.  124. 


CJ3 


AdC 


MCTIONNAIRE 


n'est  pas  r«iiseignemenl  primer  fomlé  sim* 
la  réTi^lalion,  ni.iis  une  supponition,  fondée 
sur  «■  détir  nalurit  à  Cespril.  Nous  y 
vojaas  ensuitoquo  co  ilésir  nnlur^l  h  l'es- 
prit s  fail  atliiK'llro  l'Ëxisletice  des  anges, 
jurce  qu'oulreinc-iil  la  quanlité  do  tubtlance 
mpiritutlle  qui  se  trouve  dans  le  moniJe  se 
rL'dui.snnt  b  ce  qu'il  y  m  a  d'incorporé  dam 
Cetpice  humaine,  i:'est-<'i-(Iire  de  mâle  b  nos 
corps,  aurait  été  irop  Taible  en  con'parsison 
de  In  siibslnnce  corporelle;  el  l'on  peut 
rniire  {bien  que  Strairss  iie  le  dise  oas)  que 
l'équilibre  aurai!  manqué;  el  voilà  pour- 
quoi le»  Bi)c:e'is  sn^e!i,  en  boiiâ  cliimisles, 
ont  rcmt^dié  è  ce  délaul,  en  suppléant  par 
les  angles  autant  de  malièro  spirituelle  qu'il 
en  fiilbil  (K)ur  faire  contrepoids  il  l'autre. 
Nous  apprenons  L-ncortique  les  inventions 
des  modernns  ont  n^ndu  hkI  eipi^di[;nt  inu- 
tile, lin  elTcl,  noua  nous  représentant  /« 
globes  céltilet  peuplé*  semblablemenf  au 
nClre  (vous  io  voyez,  ruisijue  nous  nous 
les  représentons  tels,  <;  >;st  comme  si  nous 
y  avions  vn^ngé,  c'est  coiiimo  si  nous  les 
avions  vus);  vl  celle  di^touverle,  Irsan- 
cicns  n'eurent  pas  le  bonheur  d'y  arriver 
(109)  j  on  consi^quencc,  dOsormais  les  paris 
sont  égales,  et  il  n  est  plus  besoin  tlangèS, 
Il  est  vrai  que  sur  ce  dernier  article  nous 
j>ourrions  avoir  queluue  scrupule  et  trou- 
ver moins  cuncluaiil  riir^iimeiil  i.igénieus 
du  théologien  alleciiand.  Kn  elTel,  s'il  faut 
neser  les  esprits  dans  la  balance  ou  liîen 
les  mesurer  à  la  toise  ou  au  boisseau,  il  no 
sera  point  facile  de  nous  contenter  ;  car  il 
nous  semble  que,  mùme  en  peuplant  toutes 
les  planètes,  [et  non  pas  certes  tous  les  glo- 
bes célestes  A  moins  que  Si'tiluierniacliernB 
les  rempli^ise  Ji!  salamandres),  la  quantité 
desulistsnce  mulérielle  ne  saurait  être  com- 
pensée par  les  habitants  du  quelques  globes 
petits  et  peu  nombreux;  l'iiniuensilé  de 
l'espace  devant  rester  tout  ù  fait  déserte, 
ou  éirû  remplie  seulement  de  lumière  ou 
d'éllior.  Ainsi  en  srrivera-l-il  surtout,  si 
les  inteliigi*nc(S  biibiinnl  les  planètes  sont, 
rolativemeut  5  l'élcnduo  des  terres  qu'elle» 
occupent,  en  au^si  pulil  nombre  quo  les 
hommes;  ceui^ci  disparaissent,  en  elTet, 
pour  ainsi  dire,  si  on  les  compare  à  uno 
seule  famille  d'insectes,  et  si  l'on  met  leur 
statistique  en  rej^ard  des  sauterelles,  des 
fourrais  et  des  mouche».  Si  donc  nous  rai- 
sonnons d'après  tes  principes  du  ScUleier- 
nincber,  il  ne  faut  pas  désespérer  n'avoir 
raison;  nous  pojvons  déniontier  qu'il  est 
plausilile  ijue  d;ins  l'i^coiiniuio  du  monde 
ics  an;^os  ne  sûnl  pas  devenus  superflus, 
même  sous  co  rapiiorl,  el  il  faut  admettre 
(|ue,  niulf^ré  les  iniiuclions  de  l'astronomie 
moderne,  ils  peuvent  avoir  encore  au 
moins  quelque  temps  ù  vivre.  Avouons-le, 
il  y  8  quelque  dillicullé  h  corroborer  des 
enseignements  révélés  par  des  conjectures 
rationnelles.  L'importaïKO  des  esprits  no 

(160)  Le  contraire  est  probable  pour  pliisicurs 

Kuptus  aiH'ieiis,   lr|s  que  les  Iraniens,  les  Inilieiis, 
•  Clialdécii»,  les  t'tJvpiieDS,  et  il  »l  (.crlain  pour 


AraLOGETmUE.  A^C  Ht 

doit  s'estiner  ni  au  poids  ni  i  la  quantili; 
il  ne  faut  la  mesurer  ni  au  nièlrn,  iiisu 
boisseau,  car  une  créature  intelligeiile  qui 
se  trouverait  seule  dans  l'univers  eaiier 
sutlirait  pour  égaler  et  surpasser  en  excel- 
lence tout  le  reste  de  Ta  création. 

Les  données  de  la  lévélation  sur  Veiln- 
lence  des  anges  sont  réellement  forlirii» 
par  un  grand  nombre  de  convenances  el  ito 
probabilités  rationnelles,  dont  Schleii-rmi- 
cher  ne  dit  mot.  Loin  d'être  détruites  parte 

Enigrès  de  la  science  moderne,  ces  probi- 
ililés  en  prolitent ,  au  contraire,  el  elles 
en  rrçoiveni  une  force  qu'elles  ne  pouvaieut 
avoir  dans  l'antiouité.  Il  est  une  vérité  scieii- 
titiquo  que  l'analyse  des  modernes  a  uiise 
en  lumière;  connue, &  la  vérité*  des  an- 
ciens, elle  n'a  jamais,  que  je  sache,  trouvé 
chez  eut  une  dénionstralion  rigoureusp^; 
c'est  la  relativité  des  sensations,  el  par  suite 
la  relatîvilé  des  propriétés  des  objets,  cun- 
sislanl  dans  une  pure  iinpression  sorisiLil*.'. 
La  pliilosophie  a  découvert  que  ce  rao'ulu 
matériel,  dont  la  grandeur,  quoique  tiiiio, 
épouvante  notre  imagination,  n'est  nulro 
su  fond  qu'une  simple  relaliuti  de  forets 
sans  étendue,  inaccessible  à  nos  sens  et  à 
nuire  perception  sensible.  D'où  il  suit  ijue 
si  nos  sens  croissaient  en  nombre,  auj^iiieu- 
laient  en  capacité  et  en  vigueur,  la  connais- 
sance nui  en  dérive  s'amf^liorerait  propnr- 
(ionnelleineni,  et  ce  qui  nous  semble  maiii- 
lenant  une  masse  immense  et  un  tout  parfail, 
deviendrait  pour  nous  une  Irès-fiiible  partie, 
uno  simple  foce  do  In  création.  Mais  la  con- 
naissance sensilive  est  le  plus  grossier  «le 
nos  modes  de  connaître.  Une  fncullé  supé- 
rieure, la  raison,  nous  déroile  un  oulrc 
ordre  de  choses,  autant  élevé  au-dessus  <lus 
forces  de  l'intellecf  que  l'est  l'univers  ma- 
tériel au-dessus  do  la  perception  des  sens 
et  de  l'imagination.  Tel  est  te  monde  iiilcl- 
ligiblo  ;  il  embrasse  les  substances,  les  c«u- 
ses,  les  relations  sans  nombre  ;  commençant 

[lar  l'Klre  absolu  el  créateur,  s'étendanide 
à  jusqu'à  la  dernière  des  forces  créées,  il 
nous  montre  dans  chacune  d'elles  un  petit 
monde  en  puissance,  qui  va  se  développant 
peu  h  peu  dans  le  temps  et  dans  l'espace; 
puis,  sortant  des  limites  do  l'espace  et  ilu 
temps,  et  s'élevantjusqu'aui  réalités  eitra- 
leia))orclles  et  supérieures  au  monde,)! 
nous  ouvre  l'ordre  moral  des  oxistence^,  lu 
réalité  a[>odictiquB  do  la  vie  future,  ta  dor^c 
sans  lin  des  esprits  l'ct  il  nous  fait  pressen- 
tir, au  delà  do  co  monde  matériel,  un  bu> 
(ri!  monde,  l'universalité  des  iuielligenccs 
créées.  Tel  est  le  sublime  concept  que  uoas 
trouvons  ébauché  dans  les  lUcilleurs  an- 
ciens, et  en  particulier  dans  Platon  ;  tel  e^<> 
outre  la  tradition,  le  procéiiiS  ontolo;;ti]iio 
en  vertu  duquel  ils  admettent  uno  hiérar- 
chie s|iirituctlu  de  pures  iiMelligcnces,  su* 
péi'icures  h  l'hammc  ;  et  ils  ne  sonjjcnl 
guère  h  ces  pauvres  arguments  dont  parle 

phisii-Drs   pliilosoplies,  conioïc   Eiupvdoclo,  Dêo»)- 


ANG  DICTIONNAIRIÏ  APOLOGETIQUE.  ANG  SU 

formes  sensibles?  Ainsi  la  seule  différence 
qu'jt  j-  8il  cntro  les  forces  angéiitiucs  el  li 


m 

S'.'Iilcicrtnaehcr.  Le  penst'Ur  vulgnirc  n'a 
its  Tér\\és  rnlionnellfs  qu'une  iilf^e  con- 
fuse ;  il  ne  sflîl  rien  trouver  de  posilif  ni  de 
réel  en  dehors  des  sens  el  de  l'ininginiilron  ; 
mais  il  n'en  est  pas  sinst  du  Trsi  philnso- 
l'he  :  iiuand  celui-ti  vient  i  coroimrer  Téïi- 
il«nee,  la  certitude,  la  valeur  olijective  dus 
dcui  ordres  d'existente ,  if  n'iilsile  pas  à 
Ciinclure  que  les  ckostt  loumises  tiux  ffus  ne 
n*t  qu'une  IriM-pelile  partie  de  l'univeri ,  et 
ja(  U  mofitie  intelligible  doit  être  antérieur 
it  iitpérieur  au  monde  teneible,  La  révélation 
«nlirnie  cette  connaissaiico  générale  d»  la 
raison  ,  ells  la  détermine  d'une  manière 
sfh^iale  et  précise,  en  nous  enseignant  qu'un 
tjcit  de  création  ipiriluetle  a  précédé  te  cycle 
il  la  création  malérietle  (ilO),  et  que  ces 
iJeui  cycles  concourent,  dans  une  unité 
knnonieiise ,  à  produire  un  seul  univers , 
riimaH:  l't-nTeInppc  organique  e[  l'floie  do 
riinniiae  forment  une  seule  personne,  com< 
mêle  microcosme  est  l'image  du  mégacos- 
Rie.  De  Ji  naisseut  les  deux  dogmes  révélés 
di^l.i  préeiistcnredes  auges  et  de  leur  action 
dominatrice  sur  la  nature;  action  clairement 
tiitrimée  dans  la  Bible,  et  impossible  à  nier 
l<a\ir  quiconque  est  chrétien.  Considérés 
ffiusce  rap|<ort,  les  apparitions  d'unges,  les 
obïesïîons  et  autres  n)iénomë[ies  surnatu- 
rels de  ce  gi  nre,  que  l'on  rencontre  dans  les 
nnnôles  de  la  révélation,  no  renferment  pas 
lanondre  :nrrnisemblance,  el  ne  sont  que 
u«  fvrtttviaritéa  concrètes  et  révélées,  déter- 
WKMinu  d'une  généralité  rationnelle.  En 
réalité  ces  Uits  ne  sont  surnaturels  que  par 
isp'f'OitiaDe  partie  de  la  nature,  qu'ils  sur- 
l»iitnl,e\  à  la  connaissance  concrète  que 
iHins  en  B^ons  et  qu'il  est  imposaible  d'ob- 
1>;r)ir  par  les  moyens  naturels.  Ainsi  rsction 
lie  lime  sur  le  corps  est  surnaturelle  par 
r3,''part  i  la  nature  corporelle,  et  la  con- 
ijiiiuaace  rationnelle,  comparée  à  la  con- 
nai-isioce  sensible. 

Ces  analogies  iiliilosophiques  neuvenl 
î:re  poussées  jilus  loin  encore.  Dans  le 
uivnde  intelligible  que  nous  révèle  ta  rai- 
iOD ,  nous  trouvons  les  idées  el  les  forces, 
ti  force  est  l'idée  individunlisée  par  voie 
'iï  création,  fious  connaissons  nalurcllemcnt 
■Jti  gr.-.nd  nombre  de  ces  forces  au  moyen 
(les  (•lièiiomènes  sensibles  qui  les  aecompa* 
^t.i'ul,  cl  qui  ontâvec  elles  tes  relations  que 
•li  arcidents  ont  avec  leur  substance,  et  les 
elTeis  avec  leur  cause.  Ainsi ,  par  eiemjile, 
I.OUÏ  connaissons  ta  force  spirituelle  de  do- 
irtimt  au  moyen  de  la  forme  sensible  de 
. .  conscience,  les  forces  organiques  el  inor- 
t^uniues  de  la  nature  par  les  phénomènes 
d  lu  impressions  sensibles  ipii  les  revê- 
<;il.  Or,  que  sont  les  auges,  selon  le  con- 
'"ji  primitif  de  la  révélation,  sinon  des 
:r.=5,  c'est-à-dire  ,  des  idées  individuali- 
i^ï,  tulelligenles,  libres  ,  et  desliiuées  de 


Inrccs  naturelles,  c'est  que,  séjiarées  de 
toutes  formes  sensibles,  elles  sont  inacces- 
sibles h  notre  sens  inlimc  cl  aux  sens  eilc- 
rieors.  Mois  puis<^iie  iViistcnce  et  la  supé- 
riorité du  monde  intelligible  nous  sont  en- 
seignées par  la  raison  en  général,  puisque 
celle-t:i  nous  induit  ù  croire  que  le  monde 
sensible  n'ust  qu'une  des  faces  de  l'exis- 
tence universelle,  peul-on  trouver  une  by- 
poihèse  qui  l'emporle  en  probabilité  philo- 
sophique sur  la  réalité  des  pures  intelligen- 
ces ?  El  quand  -l'autorité  de  la  révélation 
s'^ijoute  i  celte  prrjbabilKé  rationnelle,  que 
désire-t-on  de  plus  pour  citang'r  la  vrai- 
seiiiblancti  rn  certitude  î  Cela  est  si  vrai  que 
le  dogme  do  t'eiistencc  des  esprits  ."iurbu- 
niniiis  est  commun  à  tous  les  peuples  on- 
ciensel  n'oJernes,  et  aux  pliilosojihes  les 
plus  illustres  de  tous  les  leuiiis  ;  quelques- 
unes  des  nnlions  tes  plus  antiques,  cojume 
les  peuples  iraniens,  ont  conservé  une  idée 
plus  distincte  et  moins  fiilsifîée  de  la  double 
création,  el  de  la  perfeciiuu  typique  com- 
mune aux  natures  angéliques.  On  le  voit 
clairement  dans  le  Férescblcblia  di-s  In- 
diens (17IJ  el  dans  les  Fervcrs  de  l'Avesta. 

Continuons  de  lire  le  raisonnement  de 
Schleiermaclier  :  «  La  seconde  source  est 
dnns  l'idée  qu'on  se  fait  de  Dieu  comme 
(l'un  monarque  entouré  dosa  cour;  celle 
idée  n'est  plus  la  nôtre.  Nous  siivons  main- 
tenant expliquer  par  des  causes  naturelles 
les  cbangeiuenls  dans  le  mûi;de  et  dons 
riiumnnilé,  que  jadis  on  s'iuiaginnil  être 
l'œuvre  de  Dieu  même  agissant  par  le  nii- 
nisièredes  anges  (172),  ■ 

Remarquons  d'abord  la  définition  qu'on 
nous  donne  de  le  science  moderne.  A'ou» 
tavoni  tnainlenanl  expliquer  par  des  causes 

naturelles Mais  qu'est-ce  que  ces  causes 

nalurefles,  fiiion  des  causes  secondes,  c'est- 
à-dire,  des  iffels?  Et  quand  même  nous  les 
connaîtrions,  excluraient-elles  les  causessu- 
périeurcs?  Non,  sans  doute  :  une  cause  in- 
férieure n'esi  jamais  un  ultslBcle  h  une  cause 
supérieure;  la  cause  seconde,  à  quelque 
degré  qu'elle  soit,  n'entrave  point  la  CBU^Q 
première.  Mais  est-il  vrai  que  la  science 
moderne  consiste  ii  expliquer  les  phéno- 
mènes par  leurs  causes  naturelles  î  Ici  il  jr 
aune  irès-gruve  équivoque  qu'il  est  assez 
important  d'écarter.  Suus  le  nom  de  causes 
naturelles  on  peut  entendre  les  lois  de  la 
nature,  régulatiices  de  chaque  l'ail,  et  con- 
fines par  t'observaliDn  et  par  l'eipérieitee. 
Or,  ces  lois  ne  sont  autre  chose  que  cer- 
tains rapports  de  similitude  entre  les  [dié- 
nomènes  naturels,  .c'est-à-dire  tntre  les 
effets  dont  nous  avons  une  notion  sensible. 
Ces  tlTels  et  les  rapports  de  ressemblance 
ou  de  dissemblance  qui  existent  entre  eux  , 

llTOf  Tojei  entre  autres  Auquedl,  qui  a  recupïlli  (171)  Sur  lo  Féreiclitclilw,  qui  esl   le  5*  moiitle 

Mt  IX  point  uu  grand  nombre  de  passages  des  Pc-  des  Iniliciis,  c'esi-i-dirc  le  iiioudc  des  anges,  vujoi. 

it.  ti  ii'auu«t  étrivains  ecclésiasllques,  dans  sa  A.sqcetiL  .{Otipuek.  tom.  I,  p.  147.) 
liUmatio  i»  ^tt..,.  luntma    orientaiis  tyitetnaiis         (l'ij)  SthauiS.,  fur.  eil, 
ufnriivr,  \t\  tert  de  préface  i  l'Oupnek'li»!. 


SS7  ANG  NCTIONHAIRE 

doivORi  avoir  corloines  causes  sccoDdos 
d'oâ  ils  proviennent.  Quelles  «ont  ces  cnu- 
sesT  Les  forces  qu'on  appelle  nalureltes. 
Connaissons-nous  ces  forces  en  Plles-tn6- 
mes?  Non  :  la  seule  .nolion  concrète  que 
nous  puissions  en  avoir  tombe  sur  leurs 
elTels.  Si  donc ,  sous  le  nom  de  causes  natu- 
relles,  vous  entendez  les  forces  productrices 
des  pliéDomènes ,  il  s'en  faut  tant  aue  la 
science  nodemc  les  explique,  qu'elle  les 
décinre  BU  contraire  ineipHcubles;  et  c'est 
ce  modeste  aveu  de  leur  ignorance  qui  cons- 
titue surtout  la  sujiériorité  du  savoir  des 
modernes  sur  celui  des  anciens.  Ceui-ci 
tentaient  l'impossible  en  allant  h  la  reclier- 
elle  des  causes  efficientes,  innccessiblesà  l'es- 
pi'it  humain;  ils  ont  ainsi  perdu  lour  temps, 
négligé  la  recherche  sûre  ol  utile  des  faits 
sensibles  ;  comparés  h  nous,  ils  étaient  des 
enfants,  dans  la  plupart  de  ces  sciences  ap- 
pelées mainlenaiii  naturelles  ou  physiques. 
Voyez  donc  quelle  est  votre  erreur,  quand 
vous  changez  d'abord  les  rûles  des  anciens 
et  des  modernes,  et  qu'ensuite  vous  donnez 
aui  premiers  un  blâme  •  et  aui  seconds  un 
éloge  qui  seraient  de  la  plus  grande  injus- 
tice si  votre  idée  était  fondée.  Aiirôscela, 
si,  sous  lo  nom  de  causes  jialureilcs  ,  vous 
enicndez  uniquement  les  lois,  il  est  vrai 
que  par  tllcs  nous  expliiiuons  les  phéno- 
niéiJcs;  ce  qui  revient  &  dire  que  nous  expli- 
quons, les  faits  particuliers  par  les  faits  gé- 
néraux. Hais  tes  faits  et  les  lois  qui  les 
gouvernent  présupposent  plusieurs  forces, 
c'esl-è-dire,  plusieurs  substances  secondes 
et  cauaalrices  qui  les  produisent;  ces  forces 
sont  inaccessibles  à  notre  connaissance  sen- 
sible, et  la  connaissance  raliotinelle  no  peut 
les  appréhender  que  d'une  manière  générale 
et  indéterminée.  Or,  si  l'être  concret  de  ces 
forces  est  impossible  h  saisir,  c'est  une 
vaine  entreprise  que  celle  de  vouloir  délî- 
nir  |iar  la  lumière  naturelle  quelles  elles 
sont  en  elles-mêmes,  s'il  y  en  a  d'un  ou  de 
gdusieurs  genres,  quelle  est  leur  essence 
intime  ,  leur  mode  d  opération ,  si  chacune 
opère  par  elle  seule  ou  si  elles  ont  besoin 
du  concours  les  unes  des  autres.  En  consô- 
quence,  le  raisonnement  dâ  l'auteur  alle- 
mand  tendant  ù  exclure  la  possiliililé  ou  la 
convenance  du  concours  de  certaines  forces 
surhumaines  dans  les  phénomènes  de  la  na- 
ture ,  ce  raisonnement  n'a  plus  aucune  va- 
leur. Pour  ce  qui  est  de  l'autre  point  du 
passage  mentiouDé,  nous  serions  vraiment 
mnbarrsssés,  si  nous  voulions  prouver  que 
Dieu  est  un  niouirque  qui  a  oncoru  besoin, 
aujourd'hui  d'être  entouié  d'une  cour  ;  mais 
l>ar  bonbeur  il  nous  est  inutile  d'entrer  dans 
c«tle  voie  épineuse,  et  nous  pouvons  ré^on- 
dru  au  puissant  critique  par  des  idétt  qui 
toHt  encore  lei  nâirtt,  et,  nous  voulons  l'es- 
pérer, les  siennes  et  celles  du  siècle  ;  cor  le 
bon  sens  est,  ou  du  moins  doit  être  la  com- 
mun héritage  de  chaque  homme  et  do  cha- 
que époque.  Il  faut  distinguer  le  symbole 
du  concept.  Daniel,  par  exemple,  a  repré- 
senté lus  anges  sous  une  imago  propre  au 
poys  et  au  temps  où  il  a  vécu;  il  n'aurait 


APOLOGETIQUE.  ANG  ^ 

pas  pu  faire  auiremenl  tons  mam^usr  au 
principal  devoir  de  l'écrivain,  celui  de  se 
laisser  entendre,  de  se  faire  lire  et  gdAter 
do  ses  contemporains.  Mais  voudroes-nous 
croire  pour  cela  que  cet  homme  extraordi- 
naire a  conçu  Dieu  comme  un  roi  de  In 
fisbylonie,  ayant  besoin  de  ministres  et 
d'instruments  de  ses  volontih  ;  voulons- 
nous  croire  qu'il  soit  tombé  dans  un  an- 
thropomorphisme grossier,  digne  tout  tu 
plus  de  certains  courtisans  des  tempsnio- 
derncsT  Pouvons- nous  avoir  une  telle 
idée  d'un  écrivain  qui  a  dépeint  avec  uns 
si  vive  éloquence  et  une  si  magniriquo 
poésie  le  néant  do  la  puissance  secon- 
daire, qui  a  arraché  au  front  du  conqué- 
rant cette  auréole  de  divinité  dont  l'oi^ueit 
et  la  bassesse  des  hommes  entourent  d'or- 
dinaire le  diadème  des  rois?  Toutefois,  il 
y  a  certainement  dans  l'image  du  prophùu 
un  élément  idéal  qui  ne  peut  pas  plus  être 
écarté  de  la  ponsée  de  l'écrivain,  qu'elle  ne 
s'éloigne  elle-inêmo  de  ces  idées,  gui  lont, 
on  du  moins  doivent  être  Ui  nôlrtt.  Or, 

auelleest  celte  idée  Qgurée  pr  le  symbole 
•une  courî  Ne  crnycz  pas  que  je  veuille 
ici  ennoblir  ce  qu'on  entend  aujourd'hui 
sous  ce  nom,  co  qui  fut  souvent   Te  but  des 
saintes  et  éloquentes  invectives  des  plus 
grands  orateurs  qui  aient  illustré  la  cliaïreca- 
thollque.  L'idée  dont  je  parle  estlaAiA'ar- 
chie  aet  forces  exéculricti  et  tubaitemet,  par 
rapport  à  la  force  Ugislatize  et  prituipalt. 
On  le  voit,  celte  cour  n'a  rien  d'abusif  ni 
de  scandaleux;  ellan'apparlient  pas  moins 
aux  républiques  qu'aux   monarchies   et  i 
toute  espèce  de  ^ouveroemenl,  sans  mêma 
en  excepter  celui  de  la  société  domestique. 
Or,  cette  cour  légitime,  je  dis  plus,  es- 
.senLielle  à  tout  ordre,  6  toutes  composi- 
tions organiques,  à  toute   harmonie,  les 
hommes  ne  sauraient  l'inventer  ni  l'imagi- 
ner; ils  ne  sauraient   pas  naéme  l'imiter 
bien  ou  mal  dans  leurs  instilutions,  s'ils  w 
la  trouvaient  empreinte  dans  la  nature,  tant 
d/ms  les  détails  que  dans  l'ensemble,  et  si 
elle  n'était  pas  identique  h  l'idéo  infime  de 
l'univers.  L  univers,  parfaitement  organisa 
et  dirigé  vers  une  Gn,  nous  fournit   l'idée 
d'une  variété  immense  réduite  &  l'unité  la 
plus  parfaite,  et  cette  idée  n'est  pas  le  résul- 
tat dune  observation  empirique,  c'est  uo 
concept  a  priori,  qui  nous  est  fouroi  parla 
formule  idéale.  Voyez  rosintensnt  si  Ton 
peut  dire  que   les  anciens  théologiens  ont 
emprunté  le  concept  du  monde  des  esprits 
à  une  misérable  cour  do  la  terre  ;   ne  uuil- 
on  pas  bien  plulût  affirmer  que  les   pre- 
miers  civilisateurs  des  nations  ont  modelé 
les  formes  politiques  des  Etats  sur  l'idée  de 
cettu  harmonie  cosmique,   dont   lo   moiidtt 
spirituel  est  le  degré  !e  jjIus  sublime  et  le 
plus  rapproché  de  l'Oi-donualeur  de  Tuai- 
vers?  —  Ce  ne  sont  certes  pas  les  hommes 
qui  ont  placé  le  soleil  au  centre  de  la  créa- 
tion   pour  conduire    les  globes     célestes, 
comme  un  pasteur  destiné  K  guider  J'iniioui- 
bralilu    troujteau    des  créatures     vÏTanlos; 
disons  mieux,  ils  ne  pourraient  pas  mCuiu 


DKTKHQUmE  APOLOGETIQUE. 


Sue  lo  soleil  est  le  monarque  du 
riel,  si  la  raison  ne  Icurdonnait 

rÙén  da  l'ordre,  c'est-à-dire  de  la  variété 
réduite  en  noité;  idée  dépendante  de  celle 
de  b  cause  créaUice  et  directrice.  Si  donc, 
d'em  part,  nous  empranloos  aux  cboses 
matérielles  et  terrestres  des  métaphores 
rv-tir  peindre  le  gouTcrnemeot  universel  de 
iiPron'deace;  de  l'autre,  ce  gouYernement 
■vas  fournil  l'idée  que  nous  cliercboas  k 
reiliser  le  mieus  qu'il  nous  eM  possible 
iua  les  divers  ordres  de  la  vie  sociale. 

(h',  qu'est-ce  que  1"  gouvernement  de  la 
Pn^iidcoce  pris  en  lui-m^îme,  sinon  l'acUna 
de  U  cause  ^emière,  qui  se  sert  des  causes 
XOMixt  et  sopérieures  pour  mouvoir  et 
^i«ner  les  iDTérieores,  et  qai  descend 
ainsi  de  degré  en  degré  jnsqa'aux  plus  bas- 
ses n^jims  de  la  nature  f  Scbleiermacber 
flirrarHj  l'eristence  des  causes  seeOBdes; 
ou  iiten  affirmerail-il  que,  s'il  j  en  a,  Dieu 
lie  fieul  s'en  servir  dans  le  gOBTememeol 
da  mniHle,  ou  qu'il  D'est  pas  convenable  à 
ustgesn,  ni  conrorme  k  l'ordre  cosmique 
lDi-m£me  qu'il  s'en  serve  en  effet?  Pour 
MOI,  je  trouve  au  contraire  que,   loin  de 
DÎer  OH  d'csclure   les  causes  secondes,  co 
nlionalisie,  et  tous  les  autres  avec  lui,  en 
etagèrent    l'aclion ,  puisqu'ils    regardent 
conuoe  impossible  l'intervention  eilraonli- 
[iiirc  de  la  Cause  première.  C'est  lï  UDO 
cMiradiclioo  qui  n'est  pas  certainemeal  la 
tnins  éclalanle  ni  la  moins  remarquable 
l'irmi  celles  de  nos  philosophes  modernes. 
(■5  njelieal,  d'un  côté,  la  possibilité  du  mi- 
ncW,  parca  qu'ils  nt>  eroienl  pas  qu'il  soit 
opporion  qoe  Dieu  inlervienne  immédiate- 
mtu  dans  le  gouvernement  de  l'univers; 
4i  d'antre  part,  ils  vienneDl  voua  dire  que 
le  degme  de*  anges  est  une  ebimére,  parce 
1M  •  Dieu  a  le  moins  beioio  derinlerveu- 
U»  des  anges  poar  agir  sur  le  monde,  s'il 
;  oi  pennanenl  ;  ce  o'usl  qu'anlant  qu'il 
iiéÇi  sar  uo  Irdue  reculé  dans  les  hauteurs 
•irs  deux,  qu'il  lui  faut  envoyer  des  anges 
id-Ws  poor  fiiire  exécuter  ses  volonlés  sur 
|j  terre  (113).  ■  Que  le  Créateur  ait  besoin 
lie  ministres  pour  ptuverner  les  choses  qu'il 
t  créées  par  sa  parole,  c'est  U  une  chiaière 
ego  Boias  puiirile  et  ridicule  qu'impie;  et 
<]tt^  dércoseur  de  l'existenoe  des  anges  a 
jamais  émis  eoe  pareille  absurdiié?  Hais 
<tM  Dieu,  qui  a  créé  les  forces,  c'esl-à-dire 
les  causes  secondas,  se  serve  des  unes  pour 
3âr  sur  les  autres,  c'est  une  idée  qui,  loin 
'/être  en  désaccord  avec   ses  pertecliOQS,  , 
e»  IrAa^erUine,  a«  pMnl  que.  sans  elle,  il 
ut  impossible  de  comprcodre  l'barmonie  du 
noode  et  ta  sactase  de  Celui  qui  l'a  cré^. 
Le  momde  ^intaol  et  matériel,  même  abs- 
rKlionbita  des  angoa,  n'esl  et  ne  peut 
••re  tfa'mi  Uértrelûâ  de  foreu  iibra  ou  fa- 
it in  iteBi  iT  U*  auiru,  et  coar 


courant  par  leur  tnchatnfmtnl  et  hur  action 

riciproqn»  à  produire  l'harmonie  miiterftlU  . 
SOI»  faction  et  la  dirielion  iupréme  de  la 
cause  premiire  el  eriatriee.  Ceux  qui  admci- 
teni  les  anges  n'altèrent  |>oinl  relte  organi- 
sation, et  BU  fond  ils  n'y  ajoutent  rien:  seu- 
lement, outre  les  divers  degrés  des  forces 
que  nous  pouvons  naturellement  connaître 
par  la  raison,  ils  admettent  une  série  d'a- 
gents dont  rexisteni:e  est  attestée  par  la  ré- 
vélation seule,  bien  que  leur  place  mnjenne 
entre  Dieu  et  l'homme  soit  8ppuy<!e  de 
quelques  probabilités  rationnelles.  Qu'y  a-t-il 
donc  d'étrange  dans  celte  opinion?  qu'y 
a-l-il  d'étranger  è  la  bonne  logique?  Ùaii 
Dieu  n'a  paibetoin  d'anges.  Nous  le  savons 
bien.  Mais  il  serait  dimcile  de  lo  proiivt-r 
au  point  de  vue  du  rationalisme,  qui,  en 
niant  la  pussîbilité  des  miracles,  refuse  nu 
Créateur  le  pouvoir  de  s'interposer  directe- 
ment entre  ses  créatures.  Du  reste,  il  ne 
s'agît  pas  de  prouver  a  priori  l'eiislcnce 
des  anges.  Créés  et  contingents.  Ils  ne  peu- 
vent pas  plus  élre  démontrés  a  priori  que 
les  autres  parties  de  l'univers.  Hais  il  s'agît 
de  voir  si  ce  fait  prouvé  a  potleriori,  c'est- 
k-dire  par  les  documents  révélés,  renferme 
quelque  chose  d'absurde  ou  de  peu  conve- 
nable aux  perfections  divim's  et  i  l'ocdrv 
du  monde.  JedéBe*hardimenl  tous  les  r.i- 
tionalistes  du  momJc  de  trouver  quelque 
raison,  le  ne  dirai  pas  concluante  et  dé- 
monstrative ,  mais  seulemi'ut  plausible 
contre  la  question  ramenée  â  ces    termes, 

Anrèsles beaux  raisonnements  deSchIcter- 
maclier,  oui,  cooime  le  luctuura  pu  le  voir, 
Jfnùimt  ta  diicustion,  Strauss  nous  donne 
cette  triomphante  conclusion:'  Ainsi,  la 
croyance  aux  anges  n'a  pas  un  seul  jwint 

Îiar  oii  elle  puisse  se  fixer  véritablement  dans 
Q  sol  des  idées  modernes,  et  elle  n'existe 
plus  que  comme  une  tradition  morte;  ■ 
il  regarde  le  raisonnement  de  Scbleierma- 
cber comme  le€  résultat  des  connaissances 
modernes négatif  de  l'existence  des  an- 
ges (174).  »  Si,  jtar  le  sol  des  idées  modernes, 
an  entend  le  sensualisme,  l'auteur  s  par- 
faitement raison  ;  car  la  cause  pour  laquelle 
le  dogme  dont  nous  parions,  aussi  bien  que 
les  autres  vérités  révélées,  sont  aujourd'hui 
«ne  tradition  morte  aux  yeux  d  un  grand 
nombre,  c'est  la  philosopliie  sensualiste, 
régnant  sous  mille  formes  franches  ou  hy- 
pocrites dans  les  opinions  du  siècle.  Hais 
lo  critique  allemand  doit  le  savoir,  si  le  sur- 
naturel ne  se  fixe  point  dans  le  sol  du  sen- 
sualisme, co  qui  est  spirituel  même  dans 
Tordre  de  la  nature,  n'y  peut  pas  mieux  ger- 
mer ni  fructifier;  ainsi,  quiconque  rejeltu 
l'existencp  des  esprits  supérieurs  au  monde, 
parce  qu'ils  ne  se  voient  ni  ne  se  sentent, 
parce  qu'ils  ne  peuvent  être  appréhendés 
par  les  sens  (car  c'est  à  cela  que  se  réduit  lu 

il1X>  SniMS,  ttt.  Ht.,  p.  195.  RcMurfimu-la,  inUinent,  tes  miracles  diflëreraîeui  des  cféne- 

^•■a   la  ttfytwîiinn  ds  l'eiuieoee  des  anges,  les  tnénls  ordinairGS  en  cela  seutcmeni  que  les  causes 

--  ndes  cn-mtees  pcaveiit  m  coDCcroir  comme  tecoodei,  prodocirioes  des  deraiers,  peut:cut  être 

jmvi*  Mdiale  de  Dieu;  KnlMuCHl  appuyé  vu  m  nilurelkment  conaoes. 

pvjA  madn  de  lussag'^  de  b  Bible.  D'après  ce  (174)  Studss,  lot.  eit~,  p.  lU. 


S?l 


A.VI 


DXTIONNAIIIE  APOLOCETUil  E. 


ANT 


la 


gronJ  argument  (le  Is  science  moderne),  ce- 
lui-là (levro  également  rejeter  les  fime»  hu- 
maines considérées  comme  substances  spi- 
rituelles, distinctes  de  Dieu  cl  delà  matière, 
et  se  foire  panthéiste  ou  matérialiste.  Telles 
sont,  en  eue I,  les  dernières  conclusions  de 
la  science  domiusnie  eu  ce  siècle  et  dans  le 
précédent.  Les  auges  peuvent  donc  se  tenir 
tranquilles  sur  celle  sentence  fulminée 
contre  eus  parla  ssgesie  moderne  :  ils  sont 
en  bonne  compagnie;  le  vrai  Dieu,  I  immor- 
talité de  lâmo,  la  vertu  désinléressée,  l'itr- 
tirc  uiorol,  la  vérité  rationnelle  el  réTélée, 
eu  un  nioL  lout  ce  qu'il  y  a  de  plus  grand, 
lie  plus  beau,  de  plus  noble  dans  l'univers, 
pnrtage  leur  sort.  Ht  qu'importe  qu'ils 
ii'aii-nt  pas  les  philosophes  pour  amis?  Le 
malheur  n'est  pas  grand,  dans  une  époque 
qui  nu  juge  digne  du  titre  de  philosophe 
queccuiL  qui  manquent  de  ce  qu'il  faut  pour 
rêlre.  A  ne  nombre  appartient  vraisembla- 
blement M.  SLrauss,  qui  nous  dit  avec  con- 
liance,  au  début  de  son  œuvre,  qu'il  croit 
posséder  au  moins  une  qualiléqui  l'a  rendu 
plus  capable  que  d'autres  «  de  se  cliarger  de 
te  travail  (nS).  »  Voulez-vous  savoir  quel 
est  ce  merveilleus  privilège!  Ecoulez  :■  De 
notre  temps,  les  théologiens  les  plus  ingé' 
nicux  manquent  géiiéralopien t  d'une  condi- 
tion fondauieiitale,  sans  laquelle,  oinlgré 
toute  la  science,  rien  ne  peut  être  eiéculé 
sur  le  terrain  de  la  ciilique,  i  savoir,  un 
cœur  et  un  esprit  affranchis  de  certaines  sup- 
posiliong  religieuses  et  dogmatiques,  et  do 
bonne  heure  l'auteur  a  acquis  cet  affran- 
chissement par  des  études  philosophi- 
ques (176).  »  Voyez  la  bonne  fortune  1  El 
n'allez  pas  croire  que  ce  soit  de  la  jactance, 
une  fissorlion  en  l'air.  Toutes  les  fois  qu'il 
est  entré  dans  les  matières  spéculatives, 
l'auteur  a  pris  soin  luî-mëmo  de  montrer 
qu'il  est  très-digne  des  éloges  qu'il  s'allri- 
bue.  Les  fragments  cités  ont  pu  en  donner 
une  idéû  presque  salisfaisanle;  et  si,  selon 
lui,  la  criliquo  de  Sctiteiermactier  sur  l'eiis- 
lence  des  anges  «  peut  certainement  être 
considérée  comme  terminant  la  discussion,  » 
Je  suis  d'avis  que  l'éloge  de  celle  critique 
est  plus  que  sulfisant  pour  faire  toucher  ifu 
doigt  la  valeur  philosophique  de  M.SIrauss. 
—  Yoy.  DÉHOS, 

A'KGES;  quelle  pari  ils  prenneot  au  spec- 
tacle dus  uia  ni  Tes  lotions  divines  dans  la  r6- 
di^mptiun.  Voy.  Astbohohib.  —  Ansbs  iors 
LT  HAuviis,  traditions  universelles  sur  leur 
ciislence.  Yoy.  Dkuon,  |  111. 

ANIMAUX  renfermés  dans  l'arche.  Yoy, 
BtLVGK.  —  Animaux  marins  et  d'eau  doute 
ont-ils  péri  dans  le  déluge?  Yoy.  la  noie  I 
il  la  tiu  du  volume.  —  Les  animaux  mou- 
raient-ils avant  la  chule  de  l'hommeT  Yoy, 
MOHT.  —  Uomifiés  chez  les  Egyptiens,  dé- 
montrent, après  trois  mille  ans,  la  perma- 
nence des  csiiêces.  Yoy.  Bomiie,  art,  1", 
)  IIL  —  Animaux  duuiestiques,  nécessaires 

(175)  ST«*ns8,  liK.  (il,,  p.  7. 


nui  premiers  hommes.  Tojf.  PsTcnoiMit, 
i  V.—  Yoy.  Fossiles. 

ANNALES  des  peuples,  comparées  k  ce1)«s 
des  Juifs,  ne  présentent  qu'obscurité  et  iu* 
cerliiude,  Yoy,  PBnriTEUQux,  (  H, 

ANTRHEXAHERIQDE  (  hypothèse),  Yn. 

CHÉATIOS.  S  V. 

ANT10CHD9,  diflicullé  résolue  au  sniet 
de  sa  mort.  Yoy,  Morvhkiits  confirmant  tes 
récils  de  la  Bible,  l'iU. 

ANTIPODES.  -  Quelle  a  été  la  nature  da 
différend  qui  s'éleva  au  vin'  siècle  entre 
sainl  Boniface  et  saint  Virgile  deSaîtzboarg 
sur  la  question  des  antipodes  T 

«  Un  prêtre  ignorant,  dit  sir  'ibomas 
Moore,  était  dans  l'habitude  de  faire  ncsge 
de  mauvais  latin  en  adminislranl  le  baplâme; 
Soniface,  )i  qui  il  plut  de  considérer  ce  bap- 
tâme  comme  nul,  ordonna  à  Virgile,  dans 
quelques  cas  qui  s'étaifnt  présentés,  de  l'id- 
ministrer  une  seconde  fois.  L'abbé,  plus 
sage  que  l'archevêque,  s'y  refusa  avec  r«n- 
rage...  11  soumil  tomes  les  circonstances  de 
l'alfaire  au  Pape  Zscb.irie,  qui  écrivit  sur- 
le-champ  à  l'archevêque  pour  blAmer  l'ordro 
qu'il  avait  donné,  appiouvaut  ainsi  parla 
faille  refus  de  Virgile. 

>  Ce  triomphe,  remporté  sur  lui  par  un 
inférieur,  semble  avoir  aigri  l'esprit  de  bu- 
niface  ;  car,  depuis  ce  temps,  il  chercha 
toutes  les  ocr«sions  de  dénoncer  Virgile  au 
Pape,  comme  coupable  de  dirersca  erreur» 
sur  des  points  de  la  doctrine  calliolique.  La 
plus  sérieuse  de  ces  accusations,  comme  on 

fieut  le  conclure  d'après  le  bruil  qu'elle  fil, 
utcelle  qui  lui  faisait  un  crime  d'aroir  sou- 
tenu qu'il  existait  un  autre  nnonde  et  d'au- 
tres hommes  sous  la  terre.  Le  fait  «si  qua 
l'esprit  intelligent  de  Vii^ile...  en  était  venu 
il  la  conclusion  que  la  terre  était  de  forme 
sphérique,  et  que,  par  une  conséquence  na- 
turelle, il  y  avait  des  antipodes.  Telle  était, 
comme  une  enquête  le  prouva,  la  doctrine 
scienlilique  que  l'ignorance  avait  représentée 
comme  une  cmyance  en  un  autre  monde  au 
dessous  de  la  terre,  distinct  du  n&tre,  ha- 
bité par  des  hommes  qui  n'étaienl  pas  de  la 
race  d'Adam,  el  qui  n'élaieul  |)as  du  nombrft 
de  ceux  pour  qui  Jésus-Christ  était  morl' 
L'argument  de  Boniface  était  :  Si  ftent 
antipodtt,  alii  hominet,  adtoque  aliuâ  Chri- 
itut  introductr et ur...  tomma  il  n'est  fait 
aucune  mention  des  suites  do  cette  aUairc, 
on  peut  supposer  que  l'abbÔ  accusé  trouva 
un  moyen  de  ae  justiSer;  et  celle  accusn- 
tion  mémorable  nuisit  si  peu  h  son  arance- 
ment  dans  ce  monde  et  dans  l'autre  que,  i 
quelques  années  après,  il  fut  nummé  évêqus  ' 
de  Saitzbourg,  et  que  le  Pape  Grégoire  JX 
le  caDouisa  en  12-»  (iTJ  ).  » 

M.  Micbelel  s'était  borné  k  dire  de  saint 
Boniface  aur  ce  sujet:  k  Le  p.  incipat  objeî 
de  sa  haine,  ce  sont  les  Scots...  Il  dénonce 
au  Pape  le  fameux  Virgile,  évéqtie  de  Saitz- 
bourg (  c'est  celui  qui  allirma  le  premier  que 


(177)  But.  flHandt,  trad.  de  i 
1 1,  p.  46L 


ta 


ART 


MCnomAIBE  APOLOCEmQI^ 


h  tetrt  Ml  ronde  ) ...  Ce  zèle  Spre  el  Taroa- 
che  étairan  moins  désinléressé- ■ 

L'arcfaeTéque  de  HayeDCe  ne  fut  point 
(MMSsé eoDlre sainl  Vimis  par  laAatiic,  soit 
ïjii'oa  suppoee  ceUe  baine  détiaténtsée, 
Suit  qu'on  la  suppose  vindicative. 

Paisqae  la  bii^rapbie  de  uiot  Bonîfaee 
iwu  le  noDire  appelant  mAnie  d'iriande  des 
toc^jérateors.  on  ne  |>eatdonc  pas  dire  qu'il 
•it  délecté  Tir^le,  à  cause  de  son  nom 
dlriandais,  par  une  insiiDcliTe  répulsion 
de  la  race  sasonoe  contre  tout  membre  de 
U  née  celle.  Le  zèle  du  saint  prélat  n'a 
donc  pas  élé  de  la  haine,  même  désinté- 
resséa  ;  moms  uocore  a-t-il  été  de  la  vea- 
geaBcc 

L'on  imagine  qne  saint  Boniface  dut  cber^ 
rber  k  pomr  saint  Virf^ila  de  son  triomphe. 
Xi  icf  écrits  de  rarelievëqae,  ni  les  nom- 
tmuef  biographies  des  deux  saints  n'au- 
lohsnt  ce  soapçon.  S'il  s'agissait  d'oD  rhé- 
Inrr  on  d'un  sophiste,  an  tel  soupçon  sé- 
rail admissible;  mais  songeons  donc  qu'ici 
Doas  sommes  en  présence  d'un  véritable 
graad  bomme  ;  sonf^eous  donc  que  ce  n'est 
I«s  ce  héros  chr^ien  aspirant  au  martyre, 
qui  n'aurait  410  eopporter  une  hamiliation 
rsssagire,  et  qui  aurait  consenti,  pour  se 
■eoger,  à  troubler  et  uaDdeltser  la  cbré- 
tienlé  qu'il  fondait. 

Comment  espliquerait-on,  d'ailleurs,  qa'é- 
tui  irrité  contre  Vii^le  son  vainquenr, 
r«Fcfaevéque  serait  resté  si  attaché  a  Za- 
tbarie  qui  lui  arail  relosé  ia  victoire?  Com- 
nrat  espliquerait-on  qu'il  ait  présenté  à 
rmllesible  isipartialilé  île  ce  juge  ses  nou- 
Vfctles.  (ilaîntes,  au  lieu  de  les  porter  k  on 
coDcile  gaulois  et  germain  qu'il  aurait  pu 
îiOiieBcerîSi  la  vengeance  iil  naître  le  se- 
ood  démêlé,  quelle  cause  le  premier  put-il 
ifoir  T  Etait-ce  donc  déjà  une  vengeance, 
M  iMea  l'attachement  de  l'archevêque  à  ca 
<n'il  prenait  pour  la  vérité  T  Or,  pourquoi 
laitMoemeot  k  la  vérité  ne  l'auratt-il  pas 
dirigé  dans  la  seconde  occasion,  comme 
dus  le  précédente? 

11  est,  noo-SKulemeal  injuste,  mais  encore 
inutile,  d'attribuer  k  un  sentiment  de  ven- 
geance le  rapport  envoyé  au  pape  Zacharie 
ïurla  doctrine  de  Virgile,  puisque  mille  dé- 
tails de  la  correspondance  de  Boniface  nous 
ai'prenoeot  que  ce  vicaire  apostolique 
croyait  devoir  informer  Borne  de  tout  ce 
qui  se  passait  en  t^ermanie,  et  la  consulter 
néme  sor  les  choses  les  plus  légères. 

Outre  des  noies  Irés-imporianles  sur  celle 
(:-ole  d'ignoraols,  de  fanatiques,  i'impos- 
letirs,  d'hommes  perdus  de  mœurs,  qui 
s'éuient  jetés  en  Germanie,  on  trouva  dans 
lei  épitres  de  saint  Bonibce  au  Pape  de 
fort  singulières  questions  )iour  savoir  si 
Tm  peut  manger  des  geais,  des  corneilles, 
du  cigognes;  i  quelle  époque  de  la  préjia- 


<IÎ9)  âawwsin,  CoMtf.  L  I,  p.  513.  OolrclV 

pHM  tmaét  de  Virgile  sor  les  aMipodes,  on  lui 

tiffachaU  de  dicnher,  par  de  iMchaoU  pnBcéJés, 

>  K  Tcn|n-  d'ar«r  été  coaiaiocu  d'errear  par  aaiat 

Dicno:i3iiBE  apoloc^iqce.  I. 


ration  dn  lait  Hiygiène  permet  aui  Toraces 
Germains  de  s'en  noumr;  quelle  conduite 
serait  i  tenir  k  l'égard  des  personnes  su- 
jeltes'k  l'épilepsîe,  et  ce  qu'il  faudrait  faire 
des  chevaux  eu  cas  pareil  ;  si  les  religieuses 
peuvent  se  laver  mutuellement  les  pieds; 
quels  signes  de  croix  sont  commandés  an 
canon  de  la  messe;  comment  00  doit  faire 
lefeu  pascal.  Ses  naïfs  épanchements  avee  le 
Sainl-Siége  allaient  si  loin  que  nous  l'avons 
entendu  lui  adresser  quelques  paroles  de 
blâme  sur  la  simonie;  bien  plus,  il  s'accu- 
sait lui-même  d'avoir  outrepassé,  dans  ses 
communications  avec  les  mauvais  prêtres, 
la  r^le  qui  lui  avait  élé  tracée  (178).  Or,  je 
le  demande,  un  narrateur  si  exact  de  ce  qui 
arrivait  dans  son  vicariat  aposlofique,  on 
questionneur  si  scrupuleux,  un  censeur  si 
franc  de  ses  chefs  et  de  lui-même,  poovaii-il 
n^liger  de  meolioooer,  dans  ses  rapports  k 
Zadharie,  la  doctrine  de  Virgile  sur  les 
antipodes?  Dans  ce  cas,  comme  dans  tous 
les  autres ,  ce  n'est  donc  pas  par  ran- 
cune, c'est  par  besoin  d'eiaclitude  qu'il  s 
parié. 

Les  nombreux  reproches  de  BoniCace 
contre  Vii^ile  furent,  il  est  vrai,  Irto-viEs, 
puisqae  le  Pape  lui  dit:  «  Que  votre  c9ur, 
mon  frère,  ne  se  laisse  pas  aller  h  la  colère; 
mais  quand  vous  reucontrerez  de  telles  per- 
sonnes, avertissex-ltis  dans  vjolre  patieni-e.a 
Ces  pacifiques  conseils  laissent  soupçonner 
dans  les  plaintes  de  l'évéque  de  llayence 
tioa  véhémence  bien  tacife,  d'ailleurs,  k 
comprendre  et  k  excuser  chez  cet  homme 
entouré  d'obstacles  de  tout  genre,  et  qui 
lui  viennent  trop  souvent  de  sbm  frères  dans 
le  sacerdoce.  Or,  la  vivacité  de  langage  du 
saint,  qualuiilrauomtraitdeteiiapcrMOluiett 
est  assez  expliquée  par  son  zélé,  son  carac- 
tère et  sa  position,  pour  que  nous  ne  des- 
cendions pas  k  en  chercher  la  cause  dans 
un  sentiment  secret  de  haîoti  et  de  ven- 
geance. 

Il  u'y  eut  pas  non  plus  des  dénonciations 
OHillipliées  coDire  le  prêlre  Virgile.  La  ré- 
ponse de  Zacharie,  seul  document  qui  reste 
sur  ce  sujet,  mentionne  bien  plusieurs  re- 

f  roches,  mais  non  pas  des  reproches  bits 
plusieurs  reprises  (179J. 

Autant  sir  Thomas  Hoore  el  U.  Hicfaelet 
se  sont  montrés  sévères  contre  saint  Bo- 
niface, autant  ils  ont  élé  prodigues  d'élo- 
ges pour  lu  savoir  de  saint  Virgile. 

U.  Micfaelet  est  tellement  convaincu  que 
l'opinion  de  la  rotondité  de  la  terre  et  de 
l'exislence  des  antipodes  naquit  au  moyeu 
âge  et  de  l'esprit  de  saiut  Virgile,  qu'il  ré- 
pète plus  explicitement  eucore  ailleurs  celte 
singulière  assertion,  que  nous  l'avons  en- 
tendu émettre,  il  n'y  a  qu'un  ioslaut  :  ■  Ce 
fut,  dit-il,  un  Irlandais,  un  disciple  de  saiut 
Coloiuben,  Vli^ile  de  ^Itibui^,  qui  affirma 

Boniface,  el  de  brouiller  le  duc  Odilon  el  Farcbe- 
vèqoe  de  Vauoce,  à  prc^u  d'un  êvèclié  qoe  Vir- 

File  demaD&ît,  en  soutenant  i|u'à  Rome  le  lape 
■Tait  désigné  pinr  le  premier  siège  vacaiit  eu  Ctû^ 
manie,  ce  que  Zacbaiie  répondit  ûnt  fans. 


DKTKHnAIRE  ArOUKETIQVE. 


AST 


S» 


le  premier  que  Ii  terre  étiit  ronde,  et  que 
iigof  avinns  des  ■otipodes  (180).  ■ 

Avaiil  d'atiorder  ce  njet,  je  ferai  obserTer 
qae  saint  Colonibsn,  mort  en  Lombantie, 
ran  615,  ne  put  aroir  pour  disciple  Virale, 
qui  ne  vint  sur  le  eontioeot  que  vers  l'an 
7M  (181). 

Hais  n'importe,  plan  k  Virgile  entre 
Newton  et  Galilée,  puiiqie  le  premier,  i(a 
découTert  l'eiistenee  des  antipodes  et  la  ro-_ 
Inndité  de  la  terre  I 

Cependant,  si  Vitale  a  découvert  l'exis- 
teace  des  antipodes,  comment  se  tait-il  que 
\e  poêle  Lucrèce  (182),  mort  plus  d'un  de- 
mi-siècle avant  Jésus^^brisl  ;  comment  se 
fsit-il  que  Laclance  et  saint  Aosaslin  (18^ 
eussent  àéiii  combsllu  les  partisans  de  ce 
sTstème?  Virale  ne  fit  donc  que  répéter  une 
sncienne  opinion  scientiSqne.  Sans  doute, 
c'était  beaucoup  sa  tiii'  siècle,  mais  moins 
cependant  que  d'être  arrïTé  par  ses  propres 
calculs  à  celte  découverte,  comme  on  pré- 
tend Ini  en  attribuer  le  mérite. 

Oa  avait  aussi  soutenu  avant  Virgile  que 
notre  terre  est  ronde.  Bôile  l'avait  affirmé 
(ISfc),  et  avant  Bède.  Pline  l'ADcicD  (185). 
J'entends  même  Rotlin  qui  réclame  en  fa- 
veur d'Aristote  la  priorité  de  cette  décoo- 
verte.  ■  Aristole,  écrit-il,  détermina,  par 
les  observations  des  astronomes,  la  Bgore  et 
laiRrandeur  de  la  terre.  Il  prouva  qu'elle 
-  était  sphéroïde  par  la  rondeur  de  son  om- 
bre, qui  paraît  snr  le  disque  de  la  lune 
dans  leb  éclipses,  et  par  l'inégalité  desbau- 
leurs  méridiennes  qui  sont  différentes  à 
mesure  que  l'on  s'spproche  ou  que  l'on  s'é- 
loigne des  p6les  (fse;.  »  Ici  encore  Virgile 
o's  donc  rien  découvert.  A-t-il  même  connu 
la  sphéridié  de  notre  planète  f  Je  la  crois, 
puisqu'il  était  instruit,  mais  je  ne  puis  le 
conclure  de  ce  qu'il  enseignait,  du  moins  de 
ce  qu'on  lui  altribBe.  Tout  ce  que  l'on  sait 
de  ton  opinion  se  trouve  réduit  aux  quel- 
ques lignes  suivantes  d'une  lettre  de  Zacba- 
rie  :  ■  Ouantè  la  perverse  doctrine  que  Vir- 
gile énonce  contre  le  Seigneur  et  son  âme, 
i  savoir  qu'il  y  a  sous  terre  un  autre  monde 
et  d'autres  hommes,  un  autre  soleil  et  une 
autre  lune,  s'il  est  convaincu  de  le  soutenir, 
réuuissez  un  concile;  qu'on  le  chasse  de 
l'Eglise,  et  qu'on  le  prive  de  l'iiODoeur  du 
sacerdoce  (187).  » 

;  le  trouve  bieo  ici  les  antipodes,  j'j 
cberctie  inutilement  la  rotondité  de  la  terre 
qui,  entre  les  deus  soleils  et  les  deux  lunes 
que  lui  donne  Vii^ile,  pourrait  être  plane 

i'l80)  Biil.  de  Frana,  L  1, 1.  II,  ci,  p.  SS2. 
IBl)  T.  HooiE,  HUi.  d-Irlawlc,  U  h  p.  Wl. 
182)  LocBfccB,  1. 1,  t.  1055. 
18^  LiCTUCB,  întUmiiotu  ihinn,  ).  m,  c  U, 
—  S.  Adcdstih,  Vili  de  Ditu,  I.  su,  c.  9. 
<18i)  Dt  malKTU  renat,  c.  W. 
(185)  Mût.  Ml.,  édiliOD  di:  Lemiire,  t.  L  t.  ii,  u* 
6i.  p.  370. 


tout  aussi  bien  qno  nnide.  Loin  donc  qne  le 
savant  Irlandais  ait  enseigné  le  preniiiT 
'quelle  est  la  forme  véritable  delà  terre,  il 
.n'existe  aucnne  preuve  qu'il  l'ait  soupçon- 
née ;  on  est  réduit  à  lui  en  suj^ioser  la  con- 
naissance. 

Il  reste  une  dernière  diffieuUé  k  éclaircir. 
Pourquoi  l'opinion  de  saint  Virgile  effriji- 
t-clle  la  sasceplîbilité  Ihéologique  de  saint 
Boniface,  quelque  délicate  qu'on  l'imagine, 
et  comment  pol-elle  mériter  les  peines  dom 
Zseharie  la  menaça  ? 

Sir  Thomas  Moore  cite  VargumaU  et  mèm« 
les  expressions  de  saint  Boniface  contre 
saint  Virgile.  Il  est  tout  k  fait  probable  que 
telle  fut  la  pensée  du  légal.  L'historien  a 
ponriant  un  fort  grand  u>rr,  c'est  de  donner 
ce  passage  comme  authentique  ;  il  n'est  pas 
deVévftque  de  Uayeace.  C'est  une  création 
de  sir  Thomas  Hoore,  aussi  bien  que  le 
bruit  fait,  selon  lui,  par  l'accasalion  intex- 
lée  contre  ssint  Virgile,  et  que  l'enqvétt  éta* 
blie  k  ce  sujel.  Les  anciens  ne  parlent  pas 
du  tout  de  cela. 

J'ai  dit  que  si  l'argument  prêté  k  saint 
BoDifaee  ne  se  lit  pas  dans  s6s  écrits,  il  ei- 

Erime  cependant  au  fond,  Irës-vraisembla- 
lemant,  la  crainle  que  l'on  dut  avoir  qutt 
les  antipodes,  dans  le  sjstème  de  saint  Vir- 
gile, ne  fussent  étrangers  k  Adam  et  au 
Christ. 

Ko  effet,  la  fausse  idée  que  les  anciens  m 
formaient  des  antijwdes  et  que  le  langage 
du  prêtre  irlandais  ne  semblait  que  Irap 
connrmer,  était  menaçante  pour  la  loi.Nuui 
lisons  dans  le  Songt  dt  Scipion  :  •  DtiS  lii- 
verses  zones  qui  ceignent  ta  terre,  deui 
sontbabitables:  celle-lk,  l'australe,  dont  les 
habitants  ont  les  pieds  lournés  contre  les 
vfttres,  est  sans  rapport  avec  votre  espèce 
(188).  »  Or,  si  la  zone  ausirale  était  sans 
rapport  avec  la  boréale,  d'où  venaient  donc 
ses  liabitanlsTlls  étaient  doncaiitochtbonesT 
Il  n'y  avait  donc  plus  commuaauté  d'oti- 
gine  pour  le  genre  humain  T  La  doctrine  do 
Vii^ile  ne  lendai(  pas  à  diminuer  ces  justes 
craintes,  et  les  hommes  qu'il  plaçait  sous 
un  autre  soleil  ne  devaient  pas  paraître 
moins  étrangers  k  la  famille  d'Adam,  que  le 
Oambeau  de  leursjoursk  notre  bémîsphère. 
Le  Pape  en  roulait  donc  non  point  aui  aU' 
tipodes,  ni  aux  savants,  mais  à  ce  qu'il  y 
avait  de  faux  et  de  dangereux  dans  l'opinion 
des  savants  sur  les  antipodes. 

Loin  de  moi  la  pensée  que  saint  Virgile 
niât  l'origioe  unique  des  nommes  ;  seule- 

.(ISS)  CiCCBomsDc  rtpuHiea,  l.vi,  d*I3,  édition 
de  Lemaire,  t.  V,  p.  385  des  CEuvres  pliitosophi- 
ques.. —  Od  lu  aaasi  dans  Strabon  :  ■  Il  est  évident 
t]ue  nous  halnLoi»  dans  l'an  des  deux  tiéiniaphèrv;ii, 
et  que  c'en  dans  l'IiémispLère  srpieiurioual.  Que 
no»  nous  étendions  daus  les  deux  béinisplicre», 
cela  esi  Lapnsiible,  car,  disait  Humére, 


QDldonctr 
Ktd'dKirdI'Océw, 
PuLi  U  lone  turride. 

(CA>9r.,  I.  Il,  1. 1,  p.  504,  édIlioD  de  Paria,  impri- 
nwrie  impériale  18(15.) 


DfCTtON!tAIRE  APMXKETIOL'C. 


ATO 


Mol  M  poÏDt  de  docirioe  ne  ressorUil  pas 
di  npfwft  eovojé  de  Germanie  k  Rome.  Au 
nrte,  je  crois,  arec  str  Thomas  Hoore,  que 
saint  Virgile,  sor  cft  chef  d'accaulion  el  sur 
d'iolres  noo  moins  graves,  se  justifia  pleî- 
neoMal,  oa  dans  ud  concile  de  Germanie, 
ra  supiis  di)  Pape,  si  Zacharie  é?oqua  l'af- 
(tînitoa  tribunal,  comme  il  en  araît  l'in- 
ifirion  (189).  Le  litre  d'éTôqae  déceroé  i 
Virgile,  peu  d'années  après,  en  est  la  preoTe. 
Sarioal,  je  cnorlos  de  cette  promotion  que 
siJBiBoniCiee  n'avait  pas  agi  par  liaine.  Un 
néiropolitain*  i  la  fou  aussi  puissant  oue 
ttlut  (le  Majence  et  au&si  vindicatif  qu  on 
le  sitfose,  aurait  eo  la  précaution  de  rendre 
Il  onièrv  des  honneurs  impfissibJe  h  son 
rϝ,  en  multipliant  devant  lui  les  olis- 
Ucles,  ou,  du  moins,  en  l'oubliant.  Dira- 
Nm  qalt  n'aurait  osé  agirde  la  sorte  contre 
Vitplt  protégé  du  duc  de  Bavière  Odilon? 
D  Iianit  osé.  Kst-ce  qu'il  ménagea  le  <b- 
sni  Adalbert  qui  avait  bien  su  gagner 
Musi  les  bonnes  grâces  de  Carloman  (19(1)  ? 
Eit^qoe,  d'ailleurs,  il  n'avait  pas  conquis 
lui-néa».  depuis  loMlemps,  l'estioie  (fO- 
àloii(t«l)T 

■oinlace  n'a  donc  pas  été  haineos  ;  Vir- 
gile n'a  pu  parlé  le  premier  des  antipodes 
et  de  la  rotondité  de  notre  planète  ;  enfin, 
Zxharîe  n'a  pas  eu  lorl  de  condamner  nne 
opinioa  dangereuse  par  un  alliage  d'erreurs 
dont  elle  ne  savait  pas  se  débarrasser. 

AStlQCiTÊ  des  peuples.  Toy.  Cbaldékhs. 
Isnmu,  EsvmKHS,  Chihois.  —  Etude  de 
l'uUiquité,  ce  qu'en  pensait  saint  irénée, 
iDiraul  U.  Ampî&re;  erreur  réfutée.  Yoy, 
hnis,  I  V. — Antiquité  profane,  témoigne 
en  bvear  de  raulhenlîaté  du  Peotateuque. 
Uf.  Psitt A-tKUQVK,  |  IV. 

APAUÉE;  médaiiltiS  de  cette  ville  conBr- 
■unt  le  récit  du  déluge,  par  Hoise.  Voy. 
UostHsuT*.  etc.,  i  IV. 

APOCRYPHES,  comparés  k  l'Evangile, 
fcy.  Mmune,  j  Vl.ll.  —Actes  aj-orryphes 
(ies  ajiAlres.  Voy.  Actes  des  iFATass,  %  11. 
—  Efangiles  apocrjphes.  Voy.  no'.c  IV,  à  la 
fia  do  volume. 

AFOTBES.  —  Le  christianisme  nous  ap- 
(urall  aojourd'bni  avec  un  sfsiëme  Ibéolo- 
giqce  parfaitement  déduit  et  formulé,  avuc 
une  morale  profondément  justifiée  par  l'ei- 
f-érience,  avec  un  culte  rajonnaiit  de  beau* 
léi,  boRoré  par  des  rois,  défendu  par  des 
g^ies,  orné  par  les  beaui-arts,  alimenlant 
la  lerrvdeses  bienfoits,  appuyé  sur  dii-huit 
siides d'épreuves  et  de  triomphes;  centre 
Bicessaire  de  tous  les  rapports  qu'il  a  créés 
dans  les  mœurs,  dans  les  lois,  dans  les  ins- 
UlatiOQs  civiles  et  sociales,  et  enveloppant 
le  monde  de  sa  lumineuse  et  vrviQanie  at- 
OKispbère.  En  cet  étal,  nous  ne  pouvons 
MMis  défendre  de  voir  en  lui  une  chose 
grande,  forte,  belle,  divine;  et  encore  rjue 
>i'cfprils  lui  (ont  fermés,  lui  sont  hostiles, 
et  de  quelles  violences  récentes  De  porte- 
Ml  pas  les  profondes  cicatrices  I 


tiat)  SiaaeoiiB,  p.  57S. 

(IM)  B«u.,  VitmS,Boi,i{.,  p.  «71. 


Hais  dépouillons  le  fibrislianisme de  Ions 
ces  ornements,  de  tous  ces  fruits,  de  tous 
ces  témoignages,  de  tous  ces  rapports,  de 
toutes  ces  lumières  qu'il  nous  a  données  sur 
lui-même;  enlevons-lui  tout  cela,  el  ne  lui 
laissons  que  sa  cruix,  sa  croix  de  bois,  sa 
rude  et  sanglante  crois,  n'élant   encore 

Su'un  gibet  infâme  réservé  pour  le  supplice 
es  esclaves;  faisons  descendre  cette  croix 
du  front  des  rois,  du  faite  des  temples,  et 
bisons-la  passer  du  centre  du  monde  i  ses 
oïlrémités  ;  rejelons-la  au  dehors  comme 
un  objet  d'exécralion,  d'horreur  et  d  infa- 
mie; puis,  en  présence  de  cette  croix  obs- 
cure, igDoble.tachéedu  sang  des  vils  crimi. 
nels,  plaçons  le  monde  païen,  ce  monde  de 
ta  force,  de  la  volupté,  de  l'orgueil  féroce, 
de  la  plus  abrutissante  corruption,  qui  sup- 
portait un  Tibère,  un  Claude,  un  Néron,  un 
Héliogabale,  que  di£-je?  qui  les  encensait, 
et  en  échange  de  cette  brutale  servitude  ne 
leur  demandait  que  deux  choses  ;  dn  pain 
et  des  jeux.  Uettez-vous  bien  dans  l'esprit 
que  cet  état  dn  monde  païen,  dont  nous 
avons  si  souvent  remué  le  scandale,  n'était 
pas  passager  et  accidentel,  mais  bien  te  ré~ 
sultat  progressif  et  comme  l'égout  universel 
de  la  misère  humaine  depuis  l'origine  dvs 
sociétés.  BeprésenteE-vons  bien  que  les 
abominables  excès  dont  il  était  le  théâtre 
n'étaient  pas  seulement  inspirés  par  la  per- 
versité primitive,  mais  enhardis  par  l'exem- 
ple officie!  et  public,  autorisés  par  les  lois, 
consacrés  par  les  religions,  naturalisés  par 
l'habitude;  et  que,  de  quelque  cOté  qu'on  se 
tournât,  on  7  était  plongé,  on  r  vivait,  on  y 
était  retenu  par  les  préjugés  de  l'esprii,  par 
les  penchants  du  cosur,  par  l'emportement 
des  sens,  par  la  crainte  des  hommes  et  des 
dieux,  par  l'autorité  et  comme  par  le  poids 
des  âges. 

*•  A  ce  monde  venir  proposer quoi?  De 

changer  par  tout  l'univers  les  ri^ligions  éta- 
blies; de  renoncer  soudain  k  ce  culte  de 
l'ittolâlrie  consacré  par  la  majesté  des  ancê- 
tres, armé  par  la  superstition,  et  surloni 
identiiié  avec  les  vices  de  l'âme,  et  les  pluf 
douces  comme  les  plus  violentes  inclins- 
tions  de  la  nature;  ce  n'est  pas  tout  :  arra- 
cher ces  vices  non  plus  seulement  de  leurs 
temples  et  de  leurs  autels  extérieurs,  mais 
des  habitudes  de  la  vie,  du  fond  des  cœurs, 
des  entrailles  de  l'Ame  ;  les  rejeter,  les  sb- 
hrjrrer,  pour  recevoir  à  la  place  des  vertus 
rigides,  impitoyables,  désolantes,  cruelles 
k  la  nature,  invisibles,  inouïes,  la  virjpoilé. 
le  pardon  des  injures,  l'amour  de  la  pauvre- 
té, la  pénitence,  la  charité,  la  mansuéimie, 
l'huiuilité,  l'abnégation;  c'est-â-dire  le  con- 
traire de  tout  ce  qui  existait',  le  renver- 
sement de  toutes  les  idées  reçues,  la  cou-, 
damnation  du  monde  el  de  soi-même,  sans 
se  rinn  réserver,  pas  même  le  mérite  du  sa- 
crîlice  ;  et  tout  cela  pour  n'eue  beureus  que 
quand  on  ser<  mort...  Et  sur  quel  gaget.... 
parce  Qu'un  bomme  crucifié  k  Jérusalem  l'a 

(191)  Vil«  S.  Bmif;  p.  JGS. 


SSfl 


APO 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


APO 


!ie 


cn^eigniS  de  la  sorte,  et  que  cet  homme, 
dit-on,  s'est  ressuscité  lui-môme  et  est 
monté  au  ciel,  où  il  est  Dieu  ;  non  pas  un 
Dieu,  mais  le  seul  et  unique  Dieu,  pour  le- 
quel on -doit  abandonner  tous  les  autres.... 
Breu  en  cet  état  de  crucifié,  voulant  6lre 


^BDlesque  par  ce  qu'il  y  eut  jamais  de  pini 
inBme,  et  de  refaire  tout  avec  rien  :  e'^n 
le  choix  de  l'impossible;  c'est-b-dire  que 
c'est  le  jeu  d'un  fou,  si  ce  n'est  celui  d  nu 
Dieu  :  à  l'événement  de  le  déciiter. 
J'en  appelle  sans  crainte  S  toute  nmn 


adoré  avec  sa  croix  et  sur  sa  croix,  et  non-  assez  libre  de  préjugés  pour  voir  ta  chose 

seulement  adoré,  mais  suivi  et  imité,  dans  on  elle-même  :  n  est-ce  pas  ainsi  qae  se 

cemfimeétat  desouffranceet  d'ignominie...  présente  l'entreprise  de  l'établissement  du 

partout  le  monde.;.  Aller  ainsi, dis-je,  pro-  çtaristianismeT  Et  si  l'issue  nous  en  était 

poser  cette  doctrine,  la  croix  à  la  main,  non  inconnue,  ne  consentirions-nous  pas  i  voir, 

pas  â  quelques  adeptes  dans  quelque  lieu  dans  son   succès  le  plus  incroyable,  et, 

secret,  mais  dans  les  rues  et  sur  les  places  prouvé  qu'il  fût,  le  plus  décisif  de  tous  les 

publiques,  parmi  les  statues  des  dieux  et  miracles  î 

les  saturnales  de  }eur  culte,  &  tout  venant,  Or,  ce  miracle  a  eu  lien.  Le  succès  le  plus 
de  ville  en  ville,  de  l'orienta  l'occident;  rapide,  le  plus  immense  et  le  plus  durable, 
faire  tomber  l'univers  au  pied  de    cetie  jst'venu  trancher  hautement  la  q^uestion.  et 
croix,  fa  porter  du  Golgotha  au  Capitole,  et  "ire  éclater  la  divinité  du  principe  dans  le 
l'imposer  au  monde  comme  le  type  souvo  i>éant  des  moyens.  Nos  douze  ipécbeurs, 
rain  et  absolu  sur  lequel  tout  doit  venir  se  "Près  avoir  accepté  la  charge  d'aller  daiu 
réformer:  *«>•'   l'univeri   prêcher   l'Evangile   à   toutt 
Voilà  l'entreprise.  créature,  se  sont  partagé  le  monde,  et,  de 
Voici  les  moyens  :  '*"''   vivant,    ils    t'ont   conquis    à    Jésus- 
Douze  Juifs,  douze  pécheurs  d'un  lac  de  ^hi^.jl^l^J'''^'^^'',^^^^^ 
Galilée»  n'ayant  rien,  lîe  sachant  rien,  com-  Sr^^.'l''^^!  ''"  °?'.  P'«?if  '"  .««ix  au  cœur 


du  paganisme;  et  depuis  lors  le  paganisme, 
frappé  à  mort,  n'a  faitquesedébatiniauiiiiHl 
de  cette  croix,  principe  d'une  nouvelle  lie, 
et  qu'achever  de  mourir  en  se  déballant. 

Il  n'y  a  rien  qui  ne  soit  littéralement  vrai 
dans  ce  fait,  et  plus  on  l'examine  dans  ses 
détails,  plus  le  prodige  en  augmente  :  on 
va  le  voir. 

Après  avoir  reçu  leur  mission,  les  apAtres 
entrèrent  dans  une  maison  de  Jérusalem, 
et  montèrent  à  unt  chambre  haute,  où  dt- 
meuraient  Pierre,  Jean,  Jacques,  André,  Phi- 
lippe, Tkomai,  Barihétemy,  Matthieu,  Jae- 
quei,  fils  d'Alpkée,  Simon,  appelé  le  Zili,  el 
Jude,  frire  de  Jacquet  (19i). 

'1s  n'étdienl  que  onze,  par  la  dérectioQ  de 


mandés  par  Pierre,  le  moins  entreprenant 
d'entre  eux,  celui  qu'un  propos  de  ser- 
vante avait  déjà  fait  reculer...,  telle  est  l'ar- 
mée du  Christ,  tels  sont  les  conquérants 
de  l'univers.  ~  Leur  consigne,  la  voici  : 

Jénts  mvoffa  ainti  tei  DOUZE,  aprêi  leur 
avoir  donné  lei  initrucliom  tuivanlts  :  N'ayez 
point  touci  d'avoir  de  l'or  ou  de  l'argent 
dam  voire  bourte..,;  nepréparex  ni  $ac  pour 
te  chemin,  ni  souliers,  ni  bâton...;  ne  vous 
mellespoinl  en  peinecommentvout  parlerez... 
Lorsque  quelqu  un  ne  voudra  point  vous  re- 
cevoir, sortez  de  la  maison  ou  de  la  ville  en 
tecouant  la  poussière  àe  vos  pieds...  Je  vous 
envoie  comme  des  brebis  au  milieu  des  loups... 

ils  vous  feront  comparatlre  dans  leurs  tu-  --- ^ ,  r_.  ._ , 

semblées,  ils  vous  feront  fouetter  dans  leurs  Judas.  La  première  chose  qu'ils  firent,  sur 
synagogues,  et  vous  ssrex  persécutés  à  cause  ^^  prO|josition  du  Pierre,  ce  fut  de  nommer 
de  moi  (192).  Cesl  ainsi  que  vous  rendrez  u^.  remplaçant  h  ce  traître ,  parmi  ceux 
témoignage  au  ctivcte^  dans  Jérusalem,  dans  qui  avaient  été  comme  eux  témoins  de  Je- 
loule  la  Judée  et  la  Samarie,  et  Jusqu'aux  ex-  sus-Cbrist  :  et  le  sort  tomba  sur  Mathias. 
trémités  de  la  terre.  Allez  donc  ae  la  sorte  ■ .  ^'^  persévéraient  en  prières,  attendant  le 
dans  tout  l'univtr s  prêcher  l'Evangile  à  toute  signal  et  le  secours  qui  leur  evuit  été 
créature,  et  assurez-vous  que  moi  qui  m'en     promis. 

vais,  et  que  vous  ne  verrez  vlus,  je  suis  Quand  les  jours  de  la  Pentecôte  furent 
néanmows  avec  vous  jusquà  la  fin  du  accomplis,  étanllousenseiiibledanslemème 
monde  (193).  lieu,   ils  reçurent  le    Saint-Esprit,    selon 

On  croit  rêver  et  être  dupe  d'un  délire  qu'il  est  rafiporté  au  livre  des  Actes;  puis 
moqueur,  lorsque,  abslraclion  faite  de  la  çomine  enivrés  de  ce  souflle  inspirateur, 
(Ihinilé  de  Jésus-Christ,  de  sa  résurrection  >ls  descendirent  dans  la  rue,  et  se  mirent 
véritable,  et  de  son  assistance  surnaturelle,  ^  commencer  la  prédication  de  la  croix,  et 
ou  assista  à  ce  complot  ainsi  ourdi  par  à  rendre  témoignage,  avec  une  grande  foret, 
douze  hommes  de  néant  contre  l'univers,  à  la  réiurreclton  de  Notre-Seignear  Jésus- 
On  ne  sait  que  renvoyer  le  plus  loin,  ou  Christ.  Pierre,  le  premier  en  toutes  choses, 
de  la  folie  de  l'entreprise,  ou  deTextrava-  parta  d'abord,  et  sur-le-cliamp  trois  mille 
gance  des  moyens.  El  on  admire  ce  parfait  hommes  se  convertirent;  peu  après,  se- 
rebot  de  toute  prudence  humaine  avec  le-  conde  prédication  de  Pierre,  et  cinq  mille 
quoi  l'auteur  du  christianisme  a  conçu  d'at-  hommes  se  convertissent  :je  voile  avecinlen- 
teindre  h  ce  qu'il  y  eut  jamais  de  plus  gi-     lion  les  miracles  qu'ils  opéraient  en  lufime 

(IttJ  Mallh.  X  ;  Luc.  n;  Mare.  vi. 
Ixii)  Aet.  I  ;  M'atlh.  sxTin,  et  pauim. 
(IM)  Aelet  iet  apôirei,  un  des  tiuret  tes  p/m  an- 


IbenOqties  (ne  cessons  de  le  redire  avec  U .  Guîzot) 
nue  tioiu  ail  lot»^  rantiquité.  Vof.  actes  des  apA- 

TUS. 


DICTIOTCUIRE  APOLOGETIQUE. 


APO 


leinpSt  pnisqae  noas  sommes  coDTenas  ds 
ne  pu  en  tenir  comple,  ponr  ne  nons  atta- 
cher qn'aa  Tait  simple  de  rt^lablissemeot  du 
rbristiinisme.  Ce  qu'on  ne  nie  pas,  c'est 
qne  la  »îlle  de  Jérusalem  Tit  bientôt  te  for- 
Ottr  «Dlour  d'eoK  ta  première  société  chré- 
lieone,  et  çiue  ceUe  société  détint  rapide- 
inenl  considérable  :  loule  la  mvltilade  du 
MX  fHi  croyaient  n'avaient  qu'un  cmur  tt 
fs'nu  ime, 

Poorsuiris  par  les  magislrats  de  la  TÎIIe, 
qui  aTaient  déjà  fait  mourir  lenr  maître,  ils 
lODl  emprisonnés,  fouettés,  menacés  de 
nort,  pnr  avoir  rempli  Jérusalem  (futie 
itttrvu  qui  ehargtait  ces  magittriU$  du  tang 
ie  «f  kâmme:  mais  eui  se  rient  de  ces 
chàÙMiils  et  de  ces  menaces.  etpoursaÎTent 
iNiprWicatioD. 

Lesrièle  et  leurs  succès,  deTenus  bientAt 
i  rétrotl,  débordent  bors  de  Jérusalem  ;  et 
Ja.roitt  fM  gagnent  ia  Samarie  et  ptutent 
fufu'tm  Pkénicie,  à  Chypre  rt  à  Anliocke, 
eà  les  disciples  de    l'Erangile   reçoivent 

Kur  11  première  fois  le  nom  de  CArAtena. 
rtODi  où  ils  passent,  ils  fondent  des 
^îses,  et  laissent  des  disciples  qui  gardent 
ri  propagent  le  dépdt  de  la  foi.  Etienne, 
I  DO  de  ees  derniers,  resté  à  Jérusalem,  rend 
ténoiipMge  k  celle  foi  par  sa  mort;  il  est 
Upidi,  et  son  sang,  en  rejaillissant  sur  l'un 
de  ses  bourreani,  en  fait  un  ({rand  apAlre  : 
Paul  se  convertit,  ut  tourne  h  propager  le 
christianisme  l'ardeur  qu'il  nml  mise  h  le 
|>ersécater. 

•  Toute  la  suite  de  Kbisloire  des  spOlres 
Best  qu'un  lissn  de  prodiges.  La  mort 
dAname  ei  de  Sapbire  jette   l'épourante 

ermi  les  Rdëles.  L'ombre  de  Pierre  rend 
santé  aux  malades  eiposés  sur  son  pas- 
uge  dans  les  rues  et  dans  les  places  publi- 
ques. Philippe,  l'an  des  sept  diacres,  guérit 
*  Samarie  un  grand  nombre  de  malades. 
Frappé  de  l'éclat  de  ces  prodiges  supérieurs 
fciOD.ait,  Simon  le  Magicien  croit  en  Jé- 
>u-Christ;  les  Samarilaios  convertis  re- 
çoivent le  Saint-Esprit  par  l'imposilion 
Iles  mains  des  apOtres  ;  la  présence  du  Sainl- 
Bsfirit  sa  manifeste  par  des  miracles,  el  Si- 
mon veut  acheter  à  prii  d'argent  le  pou- 
voir d^imposer  les  mains.  Pierre  guérit  à 
Lrdda  on  homme  para);tiaue  depuis  huit 
•os,  et  ce  prodige  est  suivi  de  la  conversion 
(le  tonte  la  ville.  Il  ressuscite  h  Joppé  une 
fetnme  connue  de  tout  le  monde  par  ses 
aantAues,  el  plusieurs  des  babilanls  de 
Joppé  croient  k  l'Evangile.  Lo  centurion 
Lorneille  et  ceux  qui  étaient  avec  lui  re- 
vivent le  Saint-Es|^>rit  et  parient  plusieurs 
langues.  Paul  est  (errasse  par  une  force 
dÎTioe;  il  entend  une  voix  du  ciel,  la  grâce 
triomphe  dans  s-jn  cœur,  il  devient  en  un 
•nouent  l'apAlra  le  plus  celé  de  cette  reli- 
poo  dooi  il  était  le  plus  cruel  ennemi.  Et 

(115)  DncMsai,  AVonU  di  NouteoM  TttUmeHi, 
<k-  Si-  —  CTt  auioi  AbdiMoh  ,  Oe  la  ttligiom  ekri' 
•«M(.Mei.5,4. 

(■M)  (^'oa  pèse  bien  les  paroles  de  ee(  apàlre, 
eûci  MMl  dignes  de   la  plus  grande   altenliou   de 


de  combien  de  prodiges  le  prodige  de  sa 
conversion  ne  fut-il  pas  suivi?  A  Papbos, 
il  frappe  d'avenglemeut  le  ma^cien  Kljmas, 
et  le  proconsul  Sergius  Paulus  embrasse  la 
foi  de  Jésus-Christ.  Il  guérit,  k  Ljsires,  on 
boiteux  de  naissance.  Le  peuple,  témoin  de 
ce  prodige,  le  prend  pour  un  Dieu  revéln 
d'une  forma  humaine,  et  veut  lui  offrir  un 
sacrîGce.  A  sa  prière,  le  Saint-Esprrl  descend 
sur  les  fidèles  d'Epbèse;  il  fnit  plusieurs 
miracles  dans  cette  grande  ville,  jusqne-U 
même  que  ses  vêtements,  appliqués  aux 
malades,  avaient  la  vertu  de  leur  rendre  la 
santé.  Il  ressuscite  un  jeune  homme  à 
Troade;dans  l'Ile  de  Ualte,  il  est  piqué 
d'une  vipère  el  n'en  reçoit  aucun  mal,  ele., 
etc.  (195).  » 

En  présence  de  tels  faits,  tous  les  adver- 
saires de  l'histoire  évangélique  ne  peuvent 
manquer  d'éprouver  les  plus  grands  embar- 
ras, pironi-ils,  comme  le  docteur  Strauss 
l'a  fait  pour  la  résurrection,  que  les  apôtres 
ont  été  séduits  par  une  imagination  pleine 
d'exaltation  et  n'enthousiasme  T  II  est  assez 
singulier  de  transformer  des  hommes  comme 
l'apdire  Thomas,  si  soupçnnneux  et  si  dé- 
fiant (196},  et  tous  ces  autres  disciples  du 
Cbrist,qui  montrent  pendant  toute  la  vie  de 
leur  maître  une  tendance  si  pratique  et  si  po- 
sitive, en  esprits  visionnaires.  Comment  I 
c'est  au  moment  o{t  Jésus  vient  de  Irom- 
per  toutes  tours  espérances ,  au  mo- 
ment où  il  vient  d'expirer  sur  une  croix, 
sans  honneur  et  sans  gloire,  que  set  disci- 
ples se  prennent  ponr  loi  un  plus  fol  en- 
Ihoosiesme  \  L'esprit  visionnaire  devient  si 
contagieux  dans  la  primitive  Eglise,  que  les 
apdires  croient  voir  les  morts  sortir  de 
leurs  tombeaux,  les  boiteux  marcher,  les 
aveugles  ouvrir  les  yeux,  la  nature  tout 
entière  obéir  è  leur  parole  I  A-t-on  jamais 
TU  quelquefois  un  tel  genre  de  folie? 

J'admets  qu'il  puisse  s'emjwrer  d'un  in- 
dividu isolé;  mais  peut-il  saisir  en  même 
temps  des  hommes  de  caractères  et  d'Ages 
si  oiïérents  T  D'aillears,  l'exaltation  est, 
par  sa  nature,  fugitive  et  passagère.  Peut- 
on  supposer  une  société  d'hommes  qui  ima- 
ginent, pendant  de  si  longues  années,  opé- 
rer des  miracles,  et  qui  conservent  celte 
persuasion  invincible  devant  les  persécu- 
tions et  devant  la  mortT  Peut-on  croira 
qu'une  si  étonnante  folie  ne  se  trahisse 
pas  de  quelque  bçon  T  Pierre  et  Jean  ne  pa* 
raisseni  pas  devant  le  Sanhédrin  comme 
des  visionnaires  et  des  fanatiques.  Leur 
moilestie  et  leur  sang-froid  son!  encore  plus 
grands  que  leur  fermeté.  Nou5  connaissons 
le  caractère  des  apâlres,il  se  révèle  dans  leurs 
discours  et  dans  lenrs  letlres.Eh  bion,co  sont 
ces  hommes  si  graves,  si  prudents,  si  sérieux, 
qu'on  veut  transformer  en  cerveaux  exal- 
tés 1  C'est  donc  par  des  visions  qu'ils  ont, 

laaiftçKil  tentai.:  Siù^deroiHmmiéimatju*  ftam- 
ramelmonim,  el  mittmm  ii^tum  me»m  m  tomm 
daponiM  Cl  anUsM  HaaaM  mtom  in  JoMi  eJNf,  WM 
EBEBUt  1     (JmM.  XX,  i5.) 


3»  APO  UCTlONNAtllE  APOLOGETIQUE.;  APO  Hi 

lourent  et  le)  prcsseal ,  et  le  cerc  e  fatal  de 
)b  science  les  emprisonne  et  se  referme au- 
toirr  d'eus. 
Les  spAlres  imposteurs  I  le  suis  bonleui 


en  quelques  années,  à  Jérusalem,  A  Antio- 
clie,  à  Damas,  b  Aleiandrie,  à  Ephàse,  h 
Athènes,  6  Corinthe,  dans  tes  rilles  les  plus 
savantes  de  l'ancien  monde,  propagé  la 
bonne  nouvelle  de  l'Evangile  1  Le  monde 
mnderne  est  sorti  d'un  rêve  I  C'est  pour  des 
ctiiiiiëres  que  les  Denjs  de  Corinthe,  les 
Arisiide,  les  Quadralus,  les  Métilon,  les 
Justin,  les  Clément  d'Aleianilrie,  les  Alhé- 
nagore,  les  Minulins  Félix,  les  Tatten,  les 
Arnobe,  les  AnatoMus,  les  Ht^rmas,  les  Cy- 
prien,  les  Teriullion,  les  Denys  d  Alexari- 
(IrJe,  les  Irénée,  Itts  Panlène,  ont  sacriSé 
l'orgueil  de  la  philosophie  et  les  douceurs 
de  la  volupté  I  Comment  se  fait-il  donc  que 
les  Celse,  les  Julien .  les  Porphyre ,'  les  Lu- 
cien, les  Uiéroclès,  n'aiont  pas  reproché  su 
cliristijinisine  dés  prerniers  siècles  les  pru- 
digietists  visions  des  hommes  apostoliques? 
Evidemment,  quand  même  on  pourrait  ad' 
mettre  pour  an  fait  isolé  un  si  étrange  sys- 
lème  d'inierprétalion,  il  échouera  toi^'ours 
devant  la  multitude  et  la  publicité  des  fnits 
qui  remplit  l'hisloiro  de  la  première  commu- 
nauté chréiieuno. 

Il  reste  encore  une  ressource  à  nos  Ad- 
versaires, c'est  d'attribuer  à  la  fourberie  des 
apAires  les  miracles  de  t«ur  vie  et  le  suc- 
cès merveilleux  de  leur  parole.  C'était  \h 
l'hypothèse  favorite  du  xviii'  siècle  (197). 
Je  .^bIs  bien  qu'on  a  été  obligé  de  l'abau- 
ilonuer ,  parce  qu'on  l'a  ,  non  sans  raison , 
décl<irée  insoutenable.  Présenter  commodes 
tourbes  les  admirables  fondateurs  du  chris- 
tianisme, n'est  nullement  dans  la  tendsLce 
d'uae  époque  qui  prétend  répudier  jusqu'à 
un  certain  point  U  tradition  honteuse  du 
«iicle  de  Voltaire.  Cependant ,  si  les  disci- 
|iies  du  Christ  oo  sont  fias,  comme  nous  l'a- 
vons démontré,  des  fanatiques  et  des  >isiou~ 
Diires,  on  est  bien  obligé  d'admettre  celte 
^up|lUsition  .révollatiie  que  les  hommes 
apostoliques  ont  contribué,  psr  la  ruse  et 
jiar  la  fraude,  61a  merveilleuse  propagation 
du  christianisme.  C'est,  jusqu'à  uu  certain 

Iioinl ,  la  prétention  de  AI.  Salvador  (198l. 
i  n'est  donc  pas  inutile  d'enlever  à  nos  ad- 
versaires celte  déplorable  ressource  par 
laquelle  ils  essaient  d'écha)pper  k  l'évidence 
dvs  faits  surnaturels.  Uuand  les  rationalis- 
les  eiaminent  de  loin  l'hisiuire  de  la  révé- 
lation ,  ils  se  tirent  d'embarras  par  des  so- 
lutiona  générales  et  sans  applications  posi- 
tives. Mais  si  on  les  transporte  sur  la  terrain 
brûlautde  l'histoire,  les  dillicultés  les  en- 

(197)  leaii-Jacques  Rousseau  se  sépare  encore, 
lur  et  poîm  coramn  en  beaucoup  d'autres,  des  i:\- 
iravagancei  de  l'to>le  voliairienne.  11  s'expriuiu 
ainsi  sur  le  caractère  des  apiUres  :  >  Après  la  uiorl 
de  Jtbus-Cbrîsl,  douze  pouvrei  piclieurs  entrt>prcn- 
iicnt  d'ijislruiro  et  de  convenir  te  monde  ;  leur  tuc- 
lliode  a  élé  simple;  ils  prCcliaicnt  sans  art,  niaii 
avec  un  cœur  peu éiré ,  ei  de  tous  les  miracles  dont 
tHeu  bonorail  unr  fui,  le  plus  frappant  cUît  la  saiii- 
leié  de  leur  vie  ;  leurs  diEcî|ries  suivirent  cet  exem- 
ple, «Ile  succès  fui  prodigieux.  Les  prêtres  païens, 
«brniéi,  tirent  entendre  aux  princett  quit  l'Eutciait 
perdu,  parce  que  tes  oITrandcs  diminuaient.  Lcii 
jtcrkécuUous  k'iluvcieiit  einu  llreni  i^u'accclcicr  les 


pour  mon  siècle  et  pour  mon  pays  qu'il  se 
soit  trouvé  dans  celte  France  catholique  un 
homme  pour  répéter  cette  triste  parole. 
Heureusement  cet  homme  n'est  pas  de  noire 
sang,  et  ce  n'est  pas  une  boucoe  française 

3ui  a  osé  répéter  parmi  nous  le  blasphème 
e  Voltaire,  devant  les  contemporains  de 
Chateaubriand,  d'O'Connull  et  de  Pie  IX I 
L'imposture  î  Mais  savez-vous  bien  ce  qua 
c'esti  Savez-Tous  qu'il  faut  des  intérêts  bien 
pressants  el  des  nécessités  bien  rigoureuses 
pour  qu'un  homme  sacrifie  volontairement 
tout  son  avenir,  son  esprit  et  son  cœur,  i 
semer  la  parole  de  l'erreur  dans  le  champ 
du  père  de  famille  7  Qui  est-ce  qui  s'en^jje 
de  sang-froid  ,  sans  remords  ,  sans  h^ita- 
tion,  dans  cet  odieux  projet  d'unchatner  ses 
frères  par  la  servitude  de  l'erreur  T  Qui  ose- 
rail  faire  violence  aux  sentiments  les  plus 
forts  de  la  conscience  et  de  la  nature ,  pour 
jeter,  sans  raison  et  sans  profit  eui  quatre 
vents  du  ciel  la  parole  d'iniquiiéî  Dieu, 
dans  sa  miséricorde  et  dnns  sa  boulé,  a  mis 
sur  le  front  do  l'imposteur  un  signe  indélé- 
bile. C'est  comme  cette  tache  de  sang  que 
l'hemicide  épouse  de  Macbeth  sent  toujours 
renaître  sur  son  visage  pâlissant.  La  fraude 
porte  en  elle-même  sa  misère  et  sa  condam- 
nation. On  peut  la  montrer  du  doigt  dans 
l'histoire,  comme  on  montrait  l'intime  i 
Sparte;  son  triomphe,  plein  d'angoisses  et 
de  trouble ,  n'évite  jamais  le  sup(:>Iice  de  la 
honte.  Quand  un  homme  a  pu  tromper  ses 
contemporains  et  son  époque,  it  lui  faut  tel 
ou  tard  comparaître  devant  le  tribunal  de 
l'histoire,  qui  pèse  en  sa  sévère  balance 
tous  les  crimes  qui  ont  flétri  sa  vie  et  sa 
mémoire. 

Hh  bien  I  les  apAtres  sont  1%  devant  nous  ; 
ils  sont  là,  chargés  encore  des  chaînes  de  la 
persécution,  couverts  de  la  pourpre  de  leur 
martyre,  couronnés  de  l'auréole  que  les 
siècles  ont  posée  sur  leurs  fronts.  Pauvres; 
bumiliéi,  souffrants  pendant  une  vie  qui 
fut  une  longue  torture,  les  vainqueurs  de 
ridolâlrie  et  du  despotisme  des  césars  ai- 
tendeut  do  ia  justice  de  ce  siècle  leur  bill 
d'indemnité.  Je  ne  sais  pourquoi ,  mais  en 
contemplant  ces  solennelles  Bgure»  cicairi- 
séoK  par  le  glaive  des  bourreaux  ,  à  la  vue 
de  ces  fronts  sereins  qui  ont  brava  les  mai- 

pr<^rés  de  cette  religion  qu'ils  voulaient  ëtovflcr. 
Vous  les  Ciirétiens  couraient  au  ininyre,  tous  li^ 
peuples  couraient  au  ttapièmc  ;  l'histoire  de  ci-s 

Îiremiers  temps  est  un  prvdige  continuel.  >  (J.-J- 
touBSUU,  Biponu  au  roi  de  PoiogiUt   discoure  1, 

-  103.) 

(198)  Cfr  Salvador,  JéiUM-Chr'ut  et  ta  doetrint,  \\- 

—  Il  y  est  entraîné  par  la  force  de  so»  sjsteuH'. 
malgro  ceruiiies  répugnances.  —  Cfr  pour;  preuve 
ce  qu'il  dit  de  saint  Jean,  n,  i79.  •  Paal,  dtt->l 
ailleurs,  (Idèle  ï  son  principe  de  revêtir  tMitcs  It'» 
fomied  pour  aiTivcr  ï  ses  Uns.   *    (Saltamp,  II, 

5sa.) 


iPO  DlCTIONNAmE  APOLOGETIQUE.  APO  Uft 

nagées,  le  triomphe  de  l'erreur  T  Le  sens 
commun  indique  QQ'il  fallait  suivre  une 
poroille  marclie.  En  bien  I  de»  hommes 
qu'on  suppose  aToir  vaincu  le  monde  par 
Js  puissance  de  leur  diplomatie,  se  sont  plu 
au  noDlrsire  à  enlasser  sou»  leurs  pas  les 
difficultés  les  plus  grarcts  et  tus  plus  invin- 
cibles. N'onl-ils  pas  annoncé  sens  craindre 
et  sans  pSlir,  qu'ils  stiaieni  reortirser  6  leurs 
pieds  tous  les  nulles  Vaincus,  que  les  dieux 
allaient  tomber  de  leurs  autels  ,  et  la  Syna- 
gogue elle-même  Unir  sa  glorieuse  destinée? 
N'onl-ils  pas  bravé  avec  audace  les  gouver- 
nements et  les  pontificats  f  N'ont-ils  -pas 
dédaigné  l'éloquence  et  la  philosophie  Tils 
ont  osé  soulever  contre  eux  ,  par  leur  pa- 
role, depuis  les  tiordi  du  Khin  jusqu'aux 
rives  du  Nil,  les  césars,  les  pontifes  et  les 
sages.  Encore  s'ils  avaient  flatté  les  passions 
révolutionnaires  de  la  foule,  s'ils  avaiertt 
planté  la  croii  dans  le  monde,  comme  un 
arbre  de  la  liberté,  s'ils  avaient,  comme 
Spartflcus,  prêché  la  révolte  aui  esclaves; 
mais  non,  ils  annoncent  que  les  puissances 
sont  établies  de  Dieu,  q^ue  les  rois  et  les 
empereurs  sont  les  ministres  du  ciel,  qu'il 
faut  pajer  l'impAt  et  rendre  l'honneur  k  qui 
ou  doit  l'honneur. 

Pourtant,  ils  ont  triomphé!  Us  tombaient 
vaincus  par  le  glaive,  mais  victorieux  par 
la  parole.  Ils  tombaient.  Biais  leur  sang 
purifiait  ut  fécondait  la  terre.  Ils  tombaient, 
mais  le  monde  s'ébranlait  et  craquait  sur 
ses  bases.  Ils  ont  triomphé,  non  pas  par  la 
science,  mais  par  l'humilité;  non  pus  par  1» 
puissance*  mais  par  la  faiblesse;  non  "par 
des  victoires,  mais  par  la  mort.  Ils  se  sont 
faits  insensés  pour  confondre  un  siècle  eni- 
vré de  sa  gloire;  ils  sont  restés  pauvres 
pour  purifier  un  inonde  gorgé  d'or  et  de 
plaisirs.  Us  ont  espéré  contre  toute  espé- 
rance ,  et  jeté  dans  le  sillon  de  la  parole  de 
Dieu  une  semence  qui  semblait  ne  devoir 
jamais  être  fécondée  par  la  rosée  du  ciel. 
Qu'on  dise  qu'ils  ont  été  insensés,  cela  est 
bien  :  ne  couvenaient-ils  pas  eux-mêmes 
que  leur  prédication  était  une  folie  ,  un 
scandale I  Qu'on  dise  qu'ils  ont,  sans  ré- 
flexion, sans  calcul,  sans  prévision,  marché 
au-devant  des  persécutions  et  des  tortures; 
ils  n'en  rougiraient  pas.  Qu'on  dise  qu'ils 
ontf  It  cette  vie  qui  passe  ,  préféré  la  cou- 
roime  céleste  qui  na  se  Qétrit  jamais  ;  c'é- 
tait là  leur  espérance.  Mais  si  Ton  ose  dire 


(m  du  monde,  mon  âme  s'émeut  et  s'at- 
leodril.  Se  pourrait-il  que  vous,  les  martyrs 
de  11  parole  évaogélique,  que  vous  qui  avez 
tint  souffert  el  tant  prié,  vous  nu  fussiez 
qiK!  d'indignes  scélérats  et  d'odieux  impos- 
leurs  T  S'il  tn  est  ainsi ,  où  donc  est  la  ver- 
tu? Si  les  hommes  qui  ont  dévoué  leur  vie 
1  11  cérité,  triomphé  de  la  violence  par  une 
iuiincible  douceur,  vaincu  la  corruption 
psienoa  par  la  sainteté  de  leur  vie,  fondé 
nar  leurs  travaux  la  société  moderne,  si  ces 
homnies  ne  sont  que  des  diplomates  adroits, 
lits  ont  sacrifié  leur  existence  au  succès 
(l'une  oilieusn  politigue,  la  vertu  n'est  qu'un 
000).  Cooimentl  c'était  dans  l'intérêt  de 
l'erreur  qu'ils  ont ,  pendant  que  les  glaives 
M  croisaient  sur  leurs  tètes,  prêché  à  l'uni- 
rers dégradé  le  purJon  des  injures,  ta  pa- 
lieuce,  la  douceur  et  la  fraternité  t  Us  ont, 
puur  le  succès  de  la  ruse  la  plus  infernale, 
éveillé  dans  le  cœur  de  l'humanité  les  plus 
idmirables  dévouements  qu'ait  jamais.vus  la 
terre.  Ils  oui,  pour  le  triomphe  de  leurs 
pissioDS,  terrassé  tous  les  vices;  pour  faire 
réussir  l'erreur,  ils  ont  prêché  des  vérités 
qui  oui  changé  la  face  de  la  société.  C'est 
de  leor  vie  que  nous  vivons ,  c'est  laur  pa- 
role qui  soutient  le  monde  moral,  c'est  leur 
•H-rit  qui  nous  dirige.  Noua  sommes  les 
tolants  de  leur  cceur  et  de  leur  sang;  c'est 
ponraous  qu'ils  ont  combattu,  qu"ls  ont 
uuSiirt,  qu  ils  ont  vaincu,  et  nous  oserions 
jeierkleur  dévouement  cette  odieuse  pa- 
nlï-.Yous  avez  menti  1 

Singulière  imposture  1  étrange  diplomatie  1 
Cboisir  pour  Dieu  un  crucilie,  et  tenter  de 
courber  l'univers  tout  entier  au  pied  d'un 
pbd  UDgIant  1  II  fallait  que  ces  bateliers 
piiljens  comptassent  bien  sur  leur  adresse 
ttiur  leur  génie,  pour  faire  adorer  un  si 
reruliaiit  mystère  aux  esprits  sceptiques  et 
nilleun  du  siècle  d'Horace  I  C'était  ift,  cer- 
tes, une  belle  idée,  i>iea  propre  à  dominer 
lesgmei,  que  de  prendre  puur  les  subjuguer 
if  scandale  et  la  fulie  de  lu  crofx  I 

Hais  ce  u'était  jias  assez  de  déraison.  Ces 
■|>6tres  uu'on  suppose  si  habiles  et  si  four- 
Ms,  quelijues  jours  après  le  honteux  sup- 
l'Iict;  de  leur  roattre,  dogmatisent,  non  pas 
iUas  les  ténèbres,  non  pas  dans  les  conven- 
licules  secrets  ,  mais  (voyez  donc  la  prodi- 
tieuse  folie  l)  aux  portes  du  temple,  eocom- 
Ké  par  ta  foule  ;  dans  les  places  de  Jérusa- 
lem, devant  ,1e  Sanhédrin  lui-même,  qui 
reuait  de  crucifier  Jésu»-Cbrist,  ils  ont  l'au- 
■Jace  d'aoQoncer,  par  un  incompréhensible 
■veuzlement,  que  leur  maître  a  guéri  les 
malades,  ressuscité  les  morts  ,  et  que  ceux 
qui  l'ont  crucitlé  se  sont  rendus  coupables 
uu  plus  époufanlable  des  forfaits.  Hais  sur 
qm  voul-ils  doue  s'appuyer  pour  s'assurer 
le  succès  d'une  telle  extravagance  I  Vont-ils 
Qalter  les  passions  des  grands  ou  les  rancu- 
nes da  peuple?  Vont-ils  manit;r  adroitement 
les  |>réjugés  de  leur  époque  T  Vont-ils  pré- 
l'uer,  parde«  transitions  habilement  mé- 


^u'ils  ont  été  des  scélérats  et  des  imposteurs» 
il  ne  faut  pas  s'arrêter  là,  il  faut  prendre  de 
la  main  des  pharisiens  le  marteau  qui  a 
Servi  à  clouer  le  Fils  de  l'homme  pour  atta- 
cher à  sa  croix  le  titre  de  séducteur  (199)  I 

Apôtbes.  Ont-ils  réellement  commencé 
leur  prédication  par  Jérusalem?  Objections 
et  réponse.  Voy-  note  VI,  à  la  Su  du  volume. 
—  Prédication  et  miracles  des  apdlres.  Voy. 
Uythisux,  s  IV.  —  Leur  caractère  avant  la 
PeutecOte.  Ibid. ,  (  IX.  ~  Leur  conduite  h 
l'éijard  des  nouveaux  converiis.  Yay,  Kégli 


ri99]Cfr  HicoLAS,  Eludei  mt  tt  Chrultm. 
(iubiu.,  Bkl.  it  théologir,  etc. 


t.  tV.  —  UaiM  CuSîAi.  LeChritl  tt  CEtangiU.  ■ 


147  ARA  DlCTlfflfNAIRE 

DB  roi.  S  1".  —  Leur  ignorance.   lear  fai- 
blesse. Voy.  PKOPlfiATlOM  DDCBRISTUDISHK, 

jletll. 

APTiTUDEdes  niitmatix  à  la  domesticité. 
Tby.  HoMUE,  art.  1",  S  HI- 

APTITUDES  respectives  dos  races  hn- 
iuainns.  Voy.  note  XIX,  à  la  lîn  du  S'  vot. 

ARABr.S.  Ont-ils  détruit  Is  bibliothèque 
d'Alexandrie?  Foy.  BisLiOTHiQDC  d'Alexah- 
DHiE ,  I  IV.  —  Famillfl  arabe  prësenlant 
l(>us  los  traits  nôgrea.  Voy.  Races  bchai- 

MBS.  %  IV. 

ARAGO  KT  CALIXTE  III.  —  On  Ht  dans 
ia  Notice  scientifique  da  M.  Arago.  publiée 
dans  l'Annuairi  ifu  Bureau  des  Longitudes, 
pour  l'an  1832,  Is  passage  suivant  :  ■  Lors- 
qn'en  1456  on  vil  paraître  l'éclatante  cornèle 
qui  doit  risvenir  dans  le  mois  de  novembre 
1835,  le  Pape  Caliile  en  fut  si  effrayé  riu'il 
ordonna  pour  un  certain  temps  des  nrièrea 
publiques,  dans  les(]uelfes,  au  milieu  do 
chaque  jour,  on  eicommuniait  à  la  fois  In 
comète  et  les  Turcs  ,  et  afin  que  personne 
ne  manquAt  i  ce  devoir,  il  établit  l'usage, 
qui  depuis  s'est  conservé,  de  sonner  à  midi 
les  cloches  des  églises.  ■  (P.  243.) 

Il  est  étonnant  qu'un  savant  d'un  caractère 
aussi  honorable  que  M.  Arago,  et  qui,  certes, 
n'a  pas  besoin,  pour  intéresser  ses  lecteurs, 
de  recourir  i  des  plaisanteries  inconve- 
nantes, ait  ainsi  verse  le  ridicule  sur  la  con- 
duite et  les  actes  d'un  Souverain  Poniifoque 
DOS  historiens  et  nos  biographes  (SOOJnous 
représentent  comme  ayant  honoré  sadignité, 
non-seulement  par  sa  vertu,  mais  encore  par 
iateience,  comme  un  homme  d'un  esprit 
solide  et  éclairé,  et  par  conséquent  peu  ca- 
pable de  s'effrayer,  comme  le  vulgaire  de 
son  siècle,  à  l'apparition  d'une  comète.  Qu'à 
l'occasion  des  progrès  effrayants  des  plus 
cruels  ennemis  du  nom  chrétien  ,  qui  alors 
menaçaient  d'envahir  toute  l'Europe;  qu'à 
l'occasion  des  tremblements  de  terre  et  des 
autres  calamités  qui  eurent  lieu  sous  son 
pontificat;  qu'à  i'ocr^sion  même  de  la  co- 
mète de  ihSii,  que  l'état  de  la  science  et  les 
préjugésd'alors  faisaient  regarderau  peuple 
comme  un  météore  de  funeste  nrésage,  Ca- 
lixte  111 ,  père  commun  des  fidèles  ,  los  oit 
appelés  BU  pied  des  autels,  les  ait  exhortés 
à  la  prière  et  aux  bonnes  œuvres,  et  leur  ait 
appris  à  mettre  leur  confiance  en  la  divine 
miséricorde;  que  même,  à  certaines  heures 
ilujour,  le  soD  des  cloches  ait  averti  tous 
les  fldèles  de  s'unir  de  cœur  aux  prières  de 
l'Eglise,  y  a-I-il  dans  tout  cela  quelque 
chose  qui  mérite  tAot  d'être  Qétri  de  ridi- 
cule T  non,  sao;*  doute,  et  liien  des  hommes 
éclairés  croiront  même  que  ces  moyens  en 
valaient  bien  d'autres  pour  calmer  les*  es- 
prits pénétrés  d'effroi  è  la  vue  des  rapides 
progrès  d'ennetnis  mortels  et  d'une  suite  de 
calamités  et  de  phénomènes  terribles.  Aussi 
H.  Arsgo,  pour  rendre  le  trait  plus  piquant, 
a-t-îl  jugé  a.  propos  d'ajouter  quelque  chose 
k  l'histnire  :  «  An  milieu  de  chaque  jour, 


APOLOGE'HQUE. 


ARl 


dit-il,  on  excommuniait  k  la  fois  la  comité 
et  les  Turcs.  *  Comme  si  les  Turcs  et  une 
comète  pouvaient  être  ejrcomfflumVf  ru.  Ara- 
go ne  savait-il  pas  que  ce  mol  signifie  rdnm- 
cher  de  lo  communauté,  de  sa  société,  rtjtttr 
dv  sein  de  VEgliseT  El  c'est  sur  le  criciple 
d'un  Pontife  éclairé  qu'il  met  la  aotlise  d'a- 
voir excommunié  des  inlîdéles,  une  comètel 

Le  trait  d'érudition  qui  suit  n'est  paspitu 
heureux.  L'usage  de  sonner  tous  les  jours 
les  cloches  des  églises,  non-seulement  i 
midi ,  mais  encore  le  matin  et  le  soir,  est 
bien  antérieur  à  1456.  Cet  usage  fut  élabll 
par  le  concile  de  Clermont,  tenu  en  1095,  et 
nréaidé  par  le  Pape'Drbain  II,  afin  d'intiler 
les  fidèles  à  remercier  Dieu  trois  fois  le  jour 
du  mystère  de  l'incarnation.  Il  est  vrai  que 
cet  usage  n'est  devenu  constant  et  général 
en  France  que  plus  tard  ;  mais  ce  n'est  point 
h  Caliite  III  que  nous  le  devons ,  c'est  ta 
roi  Louis  XI. 

Le  savant  astronome  n'ignore  pas,  sans 
doute,  que  lorsqu'on  veut  avoir  des  reosei* 

Ï;nements  exacts  sur  les  faits  qui  concenient 
a  religion .  ce  n'est  pas  dans  les  écrits  de 
certains  auteurs  du  siècle  dernier  qu'il  faut 
aller  les  poiser. 

Quanlau  ton  peu  convenant  qu'il  emploie, 
d'autres  savants  lui  ont  déjà  donné  l'eiem- 

Êle d'une  réserve  qui  sied  mieux  è  la  science, 
e  n'est  pas  ainsi  que  H.  le  baron  Curier, 
tout  protestant  qu'il  est,  parle  des  choses  ^<? 
la  religion. 

ARBRE  DR  LA  SCIENCE  BU  RBII  ET  DD  MIL; 

eiplicaiion.  Voy.  Epreuvb. 

AHCBE.  Voy.  Déluge.  — Tradllions  sur 
les  lieux  où  elle  s'arrêta.  Votj.  Déluge, 

5  n. 

ARCHITECTDRE  CHRETIENNE.  Toi 
Culte,  %  III.  —  Architecture  indienne, 
prouve-t-elle  une  très-haute  antîquitéTI'aï. 
Ind.ehs,!!". 

ARIANtSME.  Voy.  Silot,  !S  II. 

ARISTOCRATIE  GaLLO-ROMAINK.  " 
lï"  el  V'  siècle,  quelle  était  sa  cropw 
religieuse. 

Celte  question  est  très-importante  parl^^ 
conséquences  que  M.  Guizot  en  a  déduites. 
Cet  émioent  historien,  croyant  que  Id  dss^ 
des  seigneurs  gallo-romains,  dans  laqu.elle 
se  recrutait  l'épiscopat,  avait  été  )odil!<^- 
renteè  toute  croyance  religieuse,  en  con- 
clut que  l'ambition  ouvrit  souvent  i  ces 
personnages  les  portes  du  sanctuaire,  ot) 
ils  durent  introduire  avec  eux  les  goûts  ff]- 
vules  du  monde.  Bien  pins,  il  semble  évi- 
iloiil  è  M.  Guizot  que  l'Eglise,  n'ayant  qM 
la  plèbe  &  sa  suite  et  d'orgueilleux  scigni^urs 

fiour  chefs,  suhil  alors  une  profonde  trans- 
ormation  ;  sa  constitution,  de  démocrsiiquo 
qu'on  Is  suppose,  serait  devenue  aristocra- 
tique, en  attendant  qu'une  nouvelle  révo- 
lution fit  de  l'Eglise  une  monarchie.  N""* 
étudierons  ailleurs  la  constitution  eci:lé- 
sinstique;  il  ne  s'agit  maintenant  que  <les 
croyances  religieuses  de  l'aristocratie. 


(200)  FLEimv.  tliii.  de  FEgliu,  tiv.  ex  et  cii.  —  rteAixT-BEncAsiEi,  11ht.  de  f  Eglise,  liv. 
Biographie  mniverielle.  —  Didionnuire  de  Fellcr. 


IM 


aBI 


MGTHHOUIKE  ANtLeCETIQltB 


S«u  noi  dOQl«.  «D  iT*  el  «u  v  siècle,  le 
poIflMisnie  conserTsil  do  nonibreus  secln- 
tttrtt  M.  Beognol  l'a  prouvédins  m  docte 
el  inl^rassaiite  Histoire  de  la  dulnulicn  du 
pëfonimu  m  Oecidemi;  piaii  cela  n'empé- 
rhait  pa»  que  le  cbrislianisme  en  coniplât 
dans  toutes  les  claises  de  la  société  en  très- 
fnuad  nombre.  C'est  ce  que  aous  allons  \Â- 
tbfT  de  prouver. 

II- 


M.GcizoT. —  €  Rappelez-vous  ce  que  j'ai 
ea  nmnoeorde  vous  dire  sor  l'état  ife  )n  so- 
ei<K  eiïile  romaine  an  v  siècle  :  j'ai  essajé 
Afe  10BS  peindre  sa  profonde  décadence; 
vous  i*et  va  que  les  classes  arislouratiques 
pérituient,  prodigieusement  réduites  en 
Donbfc,  sans  influence,  sans  rerla.  Ou>- 
tooqoe  dans   leur  sein  possédait  quelque 
^oer^e,  quelque  sctivilé  morale  ,  poirait 
dins  (e  dergé  chrétien.  Il  ne  restait  réelle- 
neDlqoe  le  menu  peuple,  plebi  rojiiana, 
qai  se  ralliait   autour  des  prêtres  el  des 
iftqaes,  et  formait  le  peuple  cbVétien  (201). 
«  De  grands  seigneurs,  i  peine  chrétiens, 
d'iDdeos  préfets  des  Gaules,  de«  hommes 
<fa  monde  et  de  plaisir  devenaient  souvent 
évfijues.  Ils  finissaient  même  par  y  être 
obligés,  s'ils  Toalaieot  prendre  part  au  mou- 
vement moral  de  l'époque,  conserver  quel- 
que iicporiance  réelle,  exercer  quelque  in- 
flaeoce  active  (90S}.> 

le  iw  recueillerai  pas  Inus  les  noms  h  la 
fois  aristocratiques  et  chrétiens  qui  nous 
ont  étd  conservés  dans  les  chroniqoes ,  les 
i'te^des  et  les  éplires  des  Pères;  je  me  borne 
ï  U  correspondance  de  saint  Si>lotne  Apoll j- 
■nret  ^  ce  tableau  si  rinhe  et  si  animé  du 
ï'iiècle.  En  quelque  endroit  qu'on  ouvre 
cet  ouvrage ,  on  ;  découvre  les  noms  die 
laïques  aussi  distingués  par  leur  piété  que 
par  leur  rang. 

C'nt  d'abord  Sidoine  lui-même  qui,  etK  - 
mn  homme  dn  monde  et  se  rendant  h  Rome, 
IOD.be  k  zenoui  dès  qu'il  aperçoit  la  ville 
de  saint  Pierre,  et  se  sent  miraculeusement 
guéri.  Knsuite  nous  voj^ons  Agficola  invité 
par  Sidoine  h  prier  pour  sa  fille  malade. 
Aviins  donne  à  l'Eglise  sa  terre  de  Cuticiac. 
Lorsque  le  prêtre  Constance  va  précber  k 
Clermont,  des  cilojens  de  tous  les  rangs  se 
pfe5sent  i  sa  rencontre.  Près  de  Lvon,  nous 
trouvons  la  tombe  de  celai  des  Apollinaires 
qui,  le  premier,  abandonna  les  idoles.  On 
ami  du  saint  évèque  de  Clermont  est  d'une 
déTOlion  si  ardente,  que,  sans  l'opposition 
de  Sidoine  ,  il  entreprenait  un  dangereux 
fèlerinage  avec  toute  sa  famille.  Déjh  une 
autre  épttre  nous  a  dit  de  quels  ouvrages 
c-.'i  imi  de  Sidoine  préiérait  la  lecture.  "Tan- 
dis que  l'on  compose  de  lirres  de  spiritua- 
blé  la  bibliothèque  des  femmes,  lui,  il 
réunit  daits  U  sienne  saint  Augustin  et 
Varron,  Horace  et  Prodeace ,  Origènc,  sur 


(W)  BittM're  dt  la  tkîliatwa  en  Fraitcc,  I 
■■^  iti.  p.  7i  ;  édil.  Didier. 
iWij  t'H  *B/>ra,  p.  91. 


I. 


lequel  il  iliscnlo.  Vcchins  est  un  moine  sous 
le  paludamentum,  et  c'est  lui  qna  l'on  charge 
de  ramoner  h  une  vie  plus  religieuse  Ger- 
maninns.  Bis  et  père  de  pontifes.  Elapbius 
bâtit  une  église,  el  on  voudrait  voir  ce  per- 
sonnage si  pieux  se  consacrer  lui-même  aux 
autels.  Sidoinese  félicita  de  pouvoir  joindre 
au  nombre  de  ses  amis  le  docte  ot  religieux 
Menslmanus.  Frontina,  plus  sainte  qae  les 
vierges  sacrées,  est  célèbre  par  ses  absti- 
nences el  sa  foi.  Domnulus,  qui  aime  II  vi- 
siter les  monastères  du  Jura,  est  inquiet  de 
savoir  si  Chalons  a  obtenu  un  digne  evèqae. 
A  rapproche  des  Rogations,  Aper  y  est 
invité  par  Sidoine.  Ce  prélat  voit  Ruricius 
lui  demander  des  exemples  corrects  de  la 
Rible,  el  Argovaste,  des  commentaires.  Pour 
la  fête  de  saint  Just ,  à  Lyon ,  on  remarque 
A  la  procession,  puis  la  nuit  à  matines,  et 
plus  tard  h  laudes,  les  diverses  classes  de  la 
société,  même  les  principaux  citoyens.  Eu- 
Iropia,  si  vigilante  dans  le  culte  du  Christ, 
jeûne  pour  nourrir  les  pauvres.  Gallus* 
par  ordre  du  saint  évéque  de  Clermont,  re- 
tourne vers  son  épouse,  dont  il  avait  cru 
devoir  se  séparer.  Le  guerrier  Simplicius , 
qui  avait  fait  bâtir  un  temple,  a  reçu  de  ses 
vertueux  parents  la  foi  dont  il  sera  un  Jour 
le  ministre,  llimerius  reparaît  avec  toute  sa 
piéié  dans  la  personne  de  son  fils  l'abbé, 
Pbilagrius,  comme  un  parfait  religieux, 
jeâne  de  deux  jours  l'un.  Le  comte  Vieto- 
rius,  qui  par  malheur  ne  persévéra  pas,  ce 
fils  spirituot  de  saint  Sidoine,  brûlait  d'ono 
telle  affection  pour  les  serviteurs  du  CbrisI, 
qu'il  arrosa  de  ses  larmes  le  moine  Abraham, 
expirant,  et  qu'il  se  cbaifea  de  ses  funé- 
railles (203). 

Nous  auronsencore  i  parler,  dans  un  mo- 
ment, de  quelques  religieux  amis  de  saint 
Sidoine. 

Une  chose  h  remarquer,  c'est  que  j'ai 
rappelé  les  seuls  personnages  signalés  par 
des  a:lea  purement  chrétiens.  Je  n'ai  rien 
dit  d'une  foule  d'autres  dont  saint  Sidoine 
admire  les  vertus,  mais  sans  les  désigner 
d'une  manière  expresse  comme  vertus  chré- 
tiennes, quoique  assurément  l'Evangile  les 
eût  inspirées.  Nous  aurions  doubléla  liste 
de  ces  personnages. 

Voilh  en  que  Te  livre  de  saint  Sidoine 
Apollinaire  ooos  apprend  des  pratiques  re- 
ligieuses dans  les  bauls  rangs  de  la  société 
gallo-romaine  au  v* siècle.  Que  de  nouveaux 
noms  h  recueillir,  si  nous  parcourions  les 
œuvres  de  saint  Jérdme,  de  saint  Augustin, 
de  saint  Paulin,  de  Prudence,  de  saint 
Aviie,  elcl  Mais  par  ce  résumé  des  épt- 
Ires  de  saint  Sidoine,  nous  pou voas  imagi- 
ner tout  ce  que  ces  autres  écrits  nous 
offriraient  de  précieux  témoignages  ;  nous 
pouvons  comprendre  s'il  est  rrai  que  la 
plèbe  se  ralliât  seule  au  prêtre,  et  que  l'a- 
ristocratie ne  sût  fournir  h  l'Eglise  que 
de  riches  épicuriens  pour  réj)iscupal. 

(205)  SiDOM»,  er-  ■■  ■.  5:  I.  ii,  6.  %  |2;  I.  m, 
1,3,  !2;t-i*.  «<'.  <^.  IS,  17,21,  2S;I.v, 11,  15; 
I.ïi,2,1);l.  m,?,  13,  I*,I7. 


M.  Bcrti^oT.  —  •  L'histoire  4e  ce  temps 
(/«  IV'  H^f /<)  frHirnit  DO  ciemple  enrieni 
de  la  lyrannie  esereée  par  le*  païeiu  con- 
tre le»  patricien.*  qai  osaient  coneernir  la 
«oiipable  pensée  de  rompre  aiec  le  liëcle- 
Je  vais  leeiter. 

«  ftome  com|>tai[  ao  onnibrede  ses  pfos 
illnsires  sénateurs  Poalias  IfeTOpius  Pao- 
liniis.  Ce  personnage  était  redevable  de 
t'influence  qu'il  exerçait  autant  à  m  verta 
rt  h  Ses  talents  qu'i  sa  naissance  et  h  ses 
rirhesses.  Son  père  avait  été  préfet  du  pr^ 
loire  An»  Gaules.  Elevé  par  le  poète  Aa- 
5fine,  recommandé  par  lui  k  rempereur 
Gralifn ,  Paulious  fut  consal  sobro^A  en 
378.  On  l'avait  déjk  vu  gouverner  la  C«b- 
)>ante  et  remplir  ilivers  emplois  importants 
en  Italie,  dans  l'Espagne  et  dans  les  Gaules. 
Quelques  entretiens  avec  saint  Ambroise  et 
avec  d'antrrs  évëqucs,  et  aussi  des  chagrins 
dont  la  toorce  ne  nous  est  pas  eonnne,  lui 
donnèrent  do  dégoât  pour  les  dignités,  et 
liront  naître  dans  son  cœur  la  ft-nne  réso- 
lution d'slfandonner  le  paganisme  (201).  Il 
s'éluii^na  de  Rome,  et  peu  sfir^s  il  retiitje 
baptême,  probablement  en  389. 

■  Le  bniit  de  cette  conquête  fut  pour 
toua  les  Cbréliens  un  signal  de  joie.  Les 
évoques  se  félicitaient  et  rendaient  à  Dieu 
des  actions  de  grâces.  Saint  Ambroise  écrit 
à  un  évoque  de  ses  «mis  pour  qu'il  admire 
lu  courage  avec  lequel  un  homme  de  ce 
rang  [tplendort  generii  nuilî  secmufiun]  con- 
fG8<<a)t  Jésus-Christ  (Ep.  30,  t.  V,  p.  259). 
Saint  Augustin,  de  son  côté,  écrit  \  Paoli- 
uus  que  tous  les  chrétiens,  désormais  ses 
frères,  veulent  le  voir,  lui  parler,  afin  de 
le  mieux  admirer.  (Ep.  32,  t.  Il,  p.  47}  S'a- 
dressanl  à  Licenlius,  il  lui  dit  :  c  Va  dans 
•  la  Campanie  [Pauli»  habitait  alor»  Nota), 
fl  apprends  i  ronnaltre  ce  saint  serviteur 

<  de  Dieu,  Paulin,  qui,  avec  on  CŒur  d'au- 
«  tant  plus  généreus  qu'il  est  plus  humble, 

■  a  re|)oussé  loiiies  les  grandeurs  de  ce 

■  fiècle  iNtur  porter,  comme  il  le  fait,  le 

<  joug  du  Christ.  ■  {id.  p.  59.) 

•  Saint  Jérôme,  saint  Uartin,  Sulpice  Se* 
vâr«,  tous  les  chef»  enfin  du  christianisme 
échanKèreiit  les  témoignages  de  .leur  joie 
«1  tlo  leur  surprise. 

•  Si  les  Cbrélieos  dissimulaieut  peu  le 

{VU)  SsinI  Psnlin  (ep.  5],  pour  détourner  un  ami 
de  lani  «Imirer  m  conversion,  lui  fait  observer 
i|a'il  n'a  pal  eu  grand  mérite  i  te  donner  i  Diea, 
puiMuti  te*  fonctions  avaient  dit  l'habituer  aux 
pentiVs  uravei,  ei  que  les  voluptés  éuiciit  émoui- 
W'et  par  ton  curps  inllrme  e(  d^jà  vieui.  H.  Am- 
père (I,  ],  p.  373]  en  conclut  que  Paulin  fut  cbangé 
par  dci  ennuii  de  cœur;  c'est  i.  loiL  De  ce  que,  pour 
diminuer  le  mériie  de  son  changement,  Vliumble 
Paulin  disait  que  \e»  voluptés  n'avaient  goére  de  sé- 
duclion  pour  son  Sge  avancé,  eu  n'est  point  une 
ra'son  de  cro'.re  que  sa  jeunesse  ait  été  séduite,  et 
encore  iiioiiis  qu'il  portât,  en  éciuaiit,  un  amour 
Diallitureux  dans  sun  lœur.  Il  a  ^.iinpknirnt  voulu 


AVOLOGCnQCE.  AU  vu 

boubear  qa'oes  sflkbiable  coBversion  leur 
taisait  éprouver,  le  dépit  de»  paiess  n'éfait 
pas  nwas  eaché.  Ils  coMmeBcètwK  par  ré- 
voqner  «o  doute  ta  désertioB  de  Paelious, 
elle  leur  paraissut  isipossible  II  creire  : 
aComaaent   sapp«wr,   dLsai«ttl>tls,  qv'nn 

■  bonne  de  ceti*  tanille,  d«  cette  race,  de 

■  ce  caractire,  dooé  d'an»  nsn  grande  élu- 
'  quence,  ait  abandonné  la  sénat  en  détoqr. 

■  oant  la  sneeesMon  d'une  noble  maison î  ■ 
[An.,  t.  Y,  p.  259.)  Lorsqu'enfio  il  m  leur 
fut  plus  possible  de  douter,  ils  se  répan- 
dirent en  invectives  contre  Paulinus,  qua- 
lifiant STiO  action  iadùpnm  fatùatt.  Saint 
Ambroise  avait  [iréva  que  la  eonversion  du 
son  ami  causerait  parmi  les  pûens  des  cris 
de  fureor  :  •  Que  diront-ils  quaodils  le  sau- 
ront? ■ 

■  Paulin  devint  odienz  à  ses  parenL^,  \ 
ses  amis,  tous  dévoués  aax  intérêts  de  l'an- 
cienne reliijion...  Son  frire  même  l'aTsit 
abandonné. 

>  Les  reproches  aaxqoels  il  se  montre  le 
plus  si^asibls  étaient  ceux  de  son  maître,  de 
son  ami,  de  ee  poète  célèbre  qui  jadis  di- 
rijjcait  ses  pas  dan^  l'étude  des  Retires  et 
dans  U  carrière  Aks  bonoeors,  d'Ausoiie 
enfin. 

«  AossitAtqoe  le  poë^e  connaît  Je  ^tn- 
jct  de  Paulin,  il  se  hAte  de  lai  écrire  pour 
le  décider  de  quitter  l'Espagne,  où  il  s'^ 
tait  retins,  et  à  venir  habiter  Borne,  icdci 
digm'lntû  tmatoria...  A  tool  cela  Paulin 
répondait  :  «  Je  veux  quitter  le  montle  et 
a  mes  richesses...  •  Le  iiaganisme  recooDut 
enBo  qu'il  n'avait  plus  aucun  pouvoir  sur 
l'Ame  de  Paulin,  et  11  cessa  d'inutiles  ef- 
forts ,'205).  • 

Saint  Paulin,  à  son  baptême,  ne  sorlsil 
pas  du  paganisme,  et  ce  ne  fut  pas  son 
christianisme  qu'on  bISma,  mais  son  com- 
plet renoncement^  au  monde  et  la  distribu- 
lion  de  sa  fortune  aux  pauvres. 

Avant  son  baptême,  l'ami  d'Ausone  ap- 
partenait à  cette  classe  qui,  tout  en  reeou- 
naissanl  la  divinité  du  christianisme  et  en 
suivantses  prescriptions  principales,  isrdjil 
pourtant  à  s'j  faire  agréger.  La  chose  est 
évidente,  car  la  direclioD  chrétienne  des 
croyances  de  notre  personnsge,  même  de- 
puis son  enfance,  nous  est  attestée  par  ses 
propres  écrits. 

Dans  une  pièce  de  vers  consacrée  k  saint 
Félix,  la  première  année  du  séjour  do  Pau- 
lin h.  Noie  et  la  cinquième  de  sa  conver- 

montrerque  les  obstacles ontinaîres  des  cooveraiwJ 
n'eiistaicnt  pas  pour  Ini.  DaiMeurs,  aux  yem  île 
ce  rude  pénitent,  les  plaisirs  même  l^itinH^  ne 
iTOuvaieni  souvent  pas  plu»  ([rtcc  que  fes  plaisir) 
coupables.  C'était,  comme  dans  te  cas  prési;ni, 
quand  il  s'adressait  il  d'autres  Cbrétiens,  qu'il  par- 
lait ainsi  (ep.  Î5  ad  Mititem;  ep.  44  ad  Apnnii 
Amandtifn);  hors  de  là,  il  n'oubliait  pas  dedislin- 
nuer.  Les  voluptés  dont  il  était  question  dam  w 
lettre  k  saint  Sulpice  pouvaient  eune  eue  la  tic 
dans  le  monde  et  dans  les  liens  du  mariage,  v»  * 
laquelle  Paulin  avait  renoncé. 

(W5|  Vin.dt  la  dtitntcHond»  fagtnhmt»  vcr 
fiitent,  I.  Il,  p.  '32,  n. 


tioR  SM\  Ifl  poète  dit  i  son  palron  :  «  Enfin, 
lu  mas  acco'dé  de  Tenir  célébrer  ta  Dais- 
MDce  dans  ton  temple  1  Troii  luitrti  se  sont 
bien  Isntement  écoulés  depuis  qu'au  milieu 
de  wlaonilés  pareilles,  prosterné  deranl  loi, 
)t  le  consacrai  et  mes  vœux  et  mon  cœur. 
Lei  travaux  qui  depuis  ce  jour  m'ont  en- 
inlné  loin  de  ta  demeure,  k  travers  tes  terres 
(I  les  mers,  sur  les  plages  loiutaioes  lu 
lu  connais;  car  toujours  et  partout,  dans 
i«s  faligaes  de  mes  courses  et  tes  hasards 
■le  ma  Tie,  je  t'ai  imploré,  toi  qui  le  tenais 

I  iimD  rCtê.  a 

Quand  Paitlia  écrÏTit  ces  rers,  il  éinlt 
l)i|i(isê  depuis  cinq  ans  seulement,  et  tléj^ 
(apai'dant,  depuis  qnioze  années,  il.âiail 
cno'acré  h  saint  Félix.  Est-ce  un  idolâtre 
if'ii  Bur  it  été  de  la  sorte  dévot  aux  saints 
<i(i  christianismef  II  fut  donc  chrétien  par 
1*5  croyances  avant  de  le  devenir  par  son 
tiij>ièiDe.  La  foi  de  Pautio  &  l'Evangite  da- 
tait de  son  jeune  âge. 

«Le Christ,  dit-il,  m'a  donné  pour  ser- 
TJtear  k  saint  Félix  dès  mes  premiën^s  an- 
Bé>s... Encore  enfant,  J'arrivai  des  nagions 
Accidentâtes  des  Uaul<!S.  A  peine  mon  pied 
trifmblaDt  a-t-il  louché  ton  seuil,  d  Félix, 
ciop.  ja  vois  entassés  devant  les  portes  tes 
tfenoignsges  de  les  œuvres  sacrées...  et 
QUf  de  tout  mon  cœur,  je  m'abreuve  de  ta 
loi  da  nom  divin.  Joyeux  ft  ta  lumière, 
je  m'eiiBamniai  d'amour  pour  l«  CtirisI, 
V^tni  devant  ton  irdne  que  je  coupai  le 
rrmîw  dovet  de  ma  Liarbe  (207t.  » 

HoD-*eu\«ment  M.  Beugnot  n  a  pas  noté 
m  passafi»  décisifs,  mais,  de  plus,  aueuae 
rfeï  oombreuses  cilalions  qu'il  rapporte  »e 
(u'^nire  la  eoureision  de  Paulin  le  con- 
^uinur  des   idoles  au  Christ.  Saint  Augus- 

lio  im'li  Paulin  que  tous  les  Gdèles  dé- 
lOfBaisses  frères  veuli^nlle  voir;  il  enga^ice 
uctniins  i  aller  admirer  le  serviteur  de 
pt«u  :  tout  cela  prouve  bien  la  sainteté  et 

II  renommée  de  l'illustre  converti,  mais 
■>c  montre  pas  qu'il  ait  appartenu  au  paga- 
Biiaie. 

U  passage  que  H.  Beugnot  a  extrait  de 
mot  Ambroise,  si  nous  I  examinons  dans 
Ma  easfmble,  ne  laissera  aucune  ijicerlj- 
l'Mesur  la  cause  qui  ameuta  tant  de  cen- 
mrs  contre  Paulin. 

Ri|ipelons-oous,  d'aisord,  que  ce  person- 
"i^e  Consulaire  était  fort  rictie  et  que  son 
*mnt  était  mort.  Quelle  esnérance  pour  ses 
hrentsl  Hais  ce  furent  las  pauvres  que 
nulin  et  Thérasis,  son  épouse,  instituèrent 
Kurs  héritiers  en  quittant  le  siècle.  Ils  ven- 
■"Hil  l«ars  biens,  et  donnèrent  le  prix 

W)  Poema  15,  s«u  canncD  2,  de  laint  Félix.— 

^hn  ion  iMplénie,   saint  Paulin  demeura  quatre 

*^«B  Espacne.  La  qualriéni')  année  de  md  wjour 

^  édk  do  Pytéséei,  il  commeDca  reu«  langue  se- 

!^  4e  pUees  composées  pour  cbaqae  anniversaire 

Mini  Félix.  { Voy.  poema  13.)  La  cinquième  aii- 

"Se  »a  conversion,  le  uint  balutait  l'iialie.  (Vog. 

Vi*  de  imtMt  Pa%lin,  par  La  Bavit,  c.  16,  dans  La 

«rrolo^w  d«  M.  l-atibë  kigne,  i.  LXI.) 

-    ^Wl)Pne<iu  16,  carm.  15,  iit  S.  FtL.i.  549- 

'   '"^^  ~  L'habitude  de  faire  un  aitc  retiiticux  du  la 


APOI-OGRTIQUE.  ARI  Vi\ 

aux  indigents  et  ne  gardèrent  pour  eux  que 
Jésu<t-Chris(,  «  Viens  6  nous,  écrivait  Pwt^ 
lin  è  son  ami  Sulpice  Sévère,  nous  n'avons 

3ue  Ib  Christ;  mais,  dis-moi,  n'avons-nous 
onc  rien,  nous  qui  possédons  celui  qui 
possède  tout  (S08J  T  ■ 

Cet  héroïque  dépouillement,  incompré- 
liensibie  pour  les  idolâtres ,  cl  auquel  In 
famille  du  Paulin  ne  s'attendait  pas.  eicit.i 
les  plaintes  qui  s'élevèrent.  Saint  Ambroise 
écrivit  alors  è  Sabinus  :  ■  J'ai  appris  que 
Paulin,  l'un  des  premiers  personnages  do 
l'Aquitaine  par  la  splendeur  de  son  ori- 
gine, a  vendu  ses  propriétés,  les  siennes 
et  celles  de  son  épouse;  par  un  esprit  de 
foi,  it  en  est  venu  jusqu'à  distribuer  aux 
pauvres  l'argent  de  ses  biens.  Et  lui,  pau- 
vre è  son  tour  après  tant  d'opulence,  il  $e 
croît  déchargé  d'un  écrasant  fardeau  ;  i  I  dit 
adieu  ï  sa  maison,  h  sa  patrie,  ^  ses  pro- 
ches pour  servir  Dieu  avec  plus  d'ardeur. 
On  assure  qu'il  a  choisi  une  retraite  dans  la 
ville  de  Noie...  Quand  nosseigneurs  rap- 
prendront, que  diront-ils  T  Quitter  le  sénat 
quand  on  ost  d'une  telle  famille,  d'une  telle 
race,  d'un  tel  caractère,  quand  on  est  doué 
d'une  si  grande  éloquence!  détourner  la 
succession  d'une  noble  famille  I  c'est  into- 
lér&ble  I 

'■Ces  hommes-là  cependant,  quand  ils 
célèbrent  les  cérémonies  du  culte  d'Isis, 
se  rasent  les  cheveux  et  les  sourcils  ;  mais 
qu'un  Chrétien,  par  docilité  pour  sa  sainte 
religion,  change  de  vêlement,  ils  crient  que 
c'est  un  indigne  forfait,  tndtmum  faci- 
ni»  (909).  > 

Saint  Ambroise  vient  de  nous  indiouor 
très-clairement  la  cause  des  clameurs  hos- 
tiles i  saint  Paulin  :  personne  ne  biéma 
Paulin  devenu  chrétien  ;  presque  tous  bl;l- 
mèrent  le  consulaire  devenu  moine  :  ee  ro- 
froiilissement  toutefois  ne  fut  pas  de  loti- 
sue  durét),  puisqu'on  fc06  Paulin  comptait 
Beaucoup  d'alliés  et  d'amis  aussi  dévoués 
que  pieux  (210). 

C'était  bien  la  perte  d'une  rithe  iwectt- 
tion  qui  éloignait  du  serviteur  de  Dieu  son 
propre  frère,  puisque  celui-ci,  chrétien  lui- 
même,  ne  pouvait  avoir  en  horreur  le  chris- 
tianisme de  Paulin.  Que  ce  frère  du  saint 
ait  reçu  le  baptême,  on  ne  saurait  en  dou- 
ter ;  Delphinus,  évéque  de  Bordeaux,  le  lui 
administra.  Saint  Paulin  nous  t'apprend  lors- 
que, dans  son  épitre  35',  il  recommanda  aux 
prières  de  Delpitinus  ce  fUt  ipiriluel  yiie  te 
pontife avnit  aulrefoit  engendra  parla  grâce 
de  Dieu{Hi).  Selon  Gennade,  l'évéque  de 
Noie  ■  adressa  plusieurs  lettres  b  sa  sœur 


lilttéisme.  (Poirma  53,  c.  ÏO.  in  S.  fXtcm.f 

(208)  Kp.  S,  ah'<u6,  ad  Sermim. 

(209)  Ep.  50,  al.  5e,  ad  SabiHinu. 

hlO)  Pucma  Xt,  curm.  13,  in  S.  F»! J«m,  r. 
336,  eu. 

(9tl)  Ep.  33,  al.  19.  —  Le  pare  et  la  mère  ite 
Paulin   Turent   Irès-vraiscmblattlemeot  riirétieus, 
puisque  le  saint  donna  à  une  église  un  de  les  f  s- 
clavea  pour  tertir  ot  Iwr  mémoire,  (f 
a.  \i.) 


la 


isi 


MCTMKiXAUE  APCHilGEnQUE. 


sur  le  mépris  du  monde  (212]  ;  a  ce  qai 
^appose  qu'elle  était  chrélienoe,  puisque 
le  siiut  U  pressait,  non  pas  d'embrasser  le 
cbrislianismo,  mais  U  perreclion  du  chris- 
tianisme. 

Quant  i  AosoDe,  ce  qui  le  désolait,  c'était 
rabseuce  de  son  ami  et  sou  silence;  c'était 
la  Tente  de  ses  immenses  propriétés  :  toutes 
choses  dont  il  ne  connais^ail  pas  le  rérî- 
lahle  motif  (213J.  D;in5  les  buitépltres  d'Au- 
soae  k  Paulin  {âU},  pas  un  mot  pour  le 
raoener  au  paganisme ,  pas  un  mot  pour  le 
rappeler  à  Rome,  et  le  membre  de  phrase 
cité  par  U.  Beugnot  [ttdtt  dignitalU  tma- 
toria)  ne  prouve  rien  ;  il  est  tiré  je  ne  sais 
d'où,  mais  du  moins  ce  n'est  pas  de  l'une 
lies  huit  éptires  du  poète  è  son  îaroi.  De 
même,  dans  les  réponses  de  Paulin,  pas  une 
ligne  ne  montre  qu'il  se  soil  juftiQé  d'aroir 
abandonné  le  culte  de*  faux  dieux;  c'est 
Sf  utement  le  culte  littéraire  des  musiis  qu'il 
a  déserté.  Ausane,  d'ailleurs  ,  était  chré- 
tien ;  on  le  prouvera.  Comment  veut-on,  par 
conséquent,  qu'il  ail  délourué  du  christia- 
nisme son  ami  converti  T 

Saint  Paulin  ne  fut  donc  jamais  païen  ; 
son  frère  et  sa  sceur  étaient  chrélieos  aussi  : 
et  si  sa  conversion  souleva  des  haines,  ce  ne 
fut  pas  quand  il  se  Qt  baptiser.  Est-ce  que 
le  baptême  l'aurait  obligé  à  répudier  sa  Tor- 
luoe  et  ses  dijjnilés,  à  ne  plus  aimer  dans 
son  épouse  qu  uim  sœur  7  Ce  fut  celte  rup- 
ture universelle  avec  le  muude  qui  soûlera 
le  monde  coolre  le  solitaire  de  Nule. 

i  in. 


H.  Gdizot.  —  c  11  y  avait  dans  les  Gau- 
les, à  la  lin  du  IV*  et  au  v*  siècle,  un  cer- 
tain nombre  d'hommes  importants  et  bo> 
norés ,  longtemps  revéïus  des  grandes 
charges  de  I  Eut,  demi-païens,  demi-cbré- 
tJeas,  c'est-ft-dire  n'ayant. point  de  parti 
pris ,  et,  i  vrai  dire  ,  se  souciant  peu  d'en 
prendre  aucun  en  matière  religieuse;  gens 
d'esprit,    lettrés,  philosophes,  pleins  de 

f;oût  pour  l'élude  et  les  plaisirs  iotel- 
ectuels,  riches  et  Tivoni  msgniQquemenl. 
Tel  était,  à  la  Un  du  iv*  siècle,  le  poêle 
Ausone,  comte  du  palais  impérial,  ques- 
teur, préfet  du  prétoire  ,  consul ,  et  qui 
possédait  en  Sainlonge  et  près  de  Bordeaux 
de  fort  belles  terres;  tels,  h  la  fin  du  *' , 
Tonance  Ferréol ,  préfut  des  Gaules ,  ea 

niS)  De  tirU  ilUitr.,  c.  18. 

(Ïi3]  Noas  eoieoilrons,  dans  an  monienl,  siinl 
Paulin  direi  son  ancien  maître  que,  lorsque  celui- 
ci  connalira  par  hatard  les  raisons  de  la  coniJuile 
(le  son  disciple,  il  ne  le  censurera  plus.  ' 

(21i;  Ep.  19,  W,  îl,  i2.  33,  U,  35,  36.  —  Je' 
suis  l'édition  des  Graphes  ;  Lugduni,  udliiv.  I 

(315)  HUl.  d*  ta  eivHiialion  en  France,  1. 1, 1.  in,' 
p.  «. 

(318)  SiKM.,  Carmen  7,  Paneg^ricut  Arito  Au-' 
guuo  toeeto  diiuu,  v.  567.— U.  Augustin  Tbien-j, 
VOKK  proOTcr  que  Ut  kabitantt  det  citéi  gehleUa 
étauM  profvHdimtnt  déjoùté^  de  l'empire,  rjpjMirIc, 


-  grand  crédit  anpris  des  roii  visigoihs,  et 
dont  les  domaines  élaienl  situés  en  Langue- 
doc et  dans  le  Rouergue,  sur  les  bords  du 
Gardon  et  près  de  Hilhsn  ;  Eulrope ,  auisi 
préfet  des  (bules,  platonicien  de  profession 
et  qui  habitait  en  Auvergne;  Conseneertè 
Nnrnonne,  un  des  plus  riches  ciloyeas  du 
HiJi,  et  dont  la  maison  de  campagne,  dite 
Oclatiana,  et  située  sur  la  roule  de  Béïwt, 
passait  pour  la  nias  magnifique  de  la  pro- 
rince. C'élateDllk  les  grands  seigneurs  de 
la  Gaule  romaine  :  après  avoir  occupé  les 
fonctions  supérieures  du  pajs,  ils  vivaient 
dans  leurs  terres  loin  de  la  masse  de  li  po- 
pulation, passant  leur  temps  i  la  chasse,  k 
la  pèche,  dans  des  diveriisseinenls  de  tout 
genre;  ils  avaient  de  belles  bibliottièques, 
souvent  on  Ihéâlre  où  se  jouaient  les  drt- 
mes  de  quelque  rhéteur,  leur  client:  le 
rhéteur  Paul  faisait  jouer  chez  Ausone  si 
comédie  de  rExtraraganl  (Deliriu),  compo- 
sait lui-même  de  la  musique  pour  les  en- 
tr'acles  et  présidai!  à  la  représentation.  A 
ces  divertissemenls  se  joignaient  des  jeui 
d'esprit,  dos  conversalioas  liUéraires;ou 
raisonnait  sur  les  auteurs,  on  eipliquail, 
on  commentait;  on  faisait  des  vers  sur  les 

fietits  incidents  de  la  rie.  Elle  se  passait  dd 
a  sorte  agréable,  douce,  variée,  mais  molle, 
égoïste,  stérile,  élrsngère  h  toute  occups- 
tion  sérieuse,  è  tout  intérêt  nui&sanl  el  gé- 
néral. El  je  |iaHe  ici  des  plus  honorables 
débris  de  la  société  romaine  (SIS).  ■ 

Je  ne  rechercherai  pas  ce  qu'il  y  a  de 
peu  équitable  i  accuser  d'âi^oïsme  et  d'ÎDU- 
liliié  la  rie  de  ces  Gallo-Romains.  Je  me 
borne  à  une  réQexion.  Puisqu'ils  ne  de- 
mandaient du  repos  aux  chaoïps  et  oui  let- 
tres qu'après  avoir  été  longtemps  rerùut  da 
gronda  charges  de  rÉlat  :  puisqu'ils  consa- 
craient auxsoinsdel'épiscopat  fes  restes  de 
leur  /ntrgie,  afin  de  prendre  part  au  mou- 
vement moral  de  Cépoque  et  d'exercer  une 
bienfaisante  influence,  ils  ne  limitaient  donc 
pas  leur  rie  et  ses  devoirs  h  la  haie  Qeurie 
de  leurs  vitlas.  Si  ces  personnages  ne  se 
préoccupaient  pas,  en  politique ,  d'intMU 
puiuanlt  et  généraux,  ce  n'était  pas  leur 
zèle  qui  faisait  défaut  b  l'Etat,  c'est  l'Eut 
qui  s  affaissait  malgré  lenr  zèle.  «  L'univers 
se  meut  t  Rome,  disaient  les  seigneurs 
gaulois  I  Aritus  ;  nous  l'en  supplions,  moDle 
sur  le  tribunal,  relève  les  peuples  abattus: 
les  temps  ne  demandent  iiss  aujourd'hui 
qu'un  autre  plus  que  loi  prétende  aimer 
Borne  (216)  >  Celait  bieolà,  certes,  l'ex- 

dans  sa  Lettre  XX'  tur  PBul.  de  Frantt,  ce  jus- 
sage  du  pan<^jrique  d'Avilus  :  i  Hais  tandis  que, 
sur  la  parole  de  nos  pères,  disent  les  Gaulois  i  Atî- 
lus,  nous  respectons  des  lois  sans  vipucur,  que  nous 
regardons  comme  un  devoir  de  suivre  de  chuie  en 
chuic  une  furLune  décrcpilc,  nous  avuns  sooUiib 
comme  un  fardeau  l'ombre  de  l'empire,  suppwrUnt 
par  habitude  plus  quepjir  conscience  tes  vîtïesd'uiie 
race  vieillie,  de  la  race  qui  B'bibille  de  pourpre.  • 
Ces  paroles  ne  nionirent  pas,  comme  le  croit 
U.  Tliierrj,  qije  les  Gaulois  ne  lendUiatt  pUt  q^'à 
l'ûolemenl  municipal;  la  cirL'onsiancc  mcme  où  dks 
furent  proiionoi^rs  repousse  celle  supposition,  ('uis- 


ST 


ARI 


DicnoNNAnte  apologetiooe. 


ARI 


S5S 


pression  d'an  intérêt  général  et  puissant. 
L'ÛKXictiludfl  do  Iliistoneii  de  la  cÏTÎIi- 
nIioB  est  biea  plus  éridetite  eocore  quand 
ils'i^l  des  croyances  religieuses  des  sei- 
peors  qu'il  a  nommés.  H.  Guizot  n'indique 
ra^oiï  I  oa  peut  aller  vérifier  ce  qu'il  af- 
Bmie  de  Ferréol,  de  Consence  et  d'Eu- 
trope;  toutefois  je  me  souviens  d'aroir  tu 
ta  nobles  Gallo-Romains  entre  lesbeureux 
loiisde  saîai  Sidoine  Apolinaire,  évéque  de 
ClennoDt.  Les  é^Itres  du  prélat  nous  fuur- 
oirool  des  renseignements,  et  M.  Guizol  ne 
pcnlaToir  poisé  les  siens atlleurs. 

Je  contmence  i  soupçonner  qu'amis  d'un 
^ifiqoc,  d'Du  saint,  ces  personnages  ne  fu- 
rcol  |)u  lusxi  élrangers  i  la  croyance  cliré- 
tieoae  qu'on  leprétend. 

Ko  effel,  Sidoine,  écrivant  ï  Ferréol,  et 
sejusIiSanl  den'aroir  pas  raconté  les  faits 
glonVuxde  ce  gooTeroeur  de"  Gaules,  lui 
dit:*  J'ai  omis  tout  cel*,  persuadé  qu'il 
est  plas  convenable  de  joindre  ton  nom  à 
ceux  despontifes  qu'à  ceux  des  sénateurs, 
plut  jute  de  le  placer  entre  les  parfaits 
do  Christ  que  parmi  les  préfets  de  Valenti- 
men...  Adieu,  prie  poumons  (217},i  11  me 
semble  i^a'su  lieu  d  appeler  Tonance  Fer- 
rai demi-païen ,  on  même  demi-cbrétien  , 
M.  Guizot  aurait  dû  le  nommer  demi-éré- 
qae. 

Conseoce  a  obtenu  du  saint  un  certificat 

fonbodosie  non  moins  explicite.  Sidoine 

nppelle  d'abord    la  cbapelle  domestique 

fbcée  dans  la  villa  Oetaviana.  Nous  Iruu- 

t*rons  une  chapelle  semblable  eliez  Ausone. 

H.  Guizot  n'a  f>as  parlé  de  ces  sanctuaires 

doDiîSlîqnes;  il' les  a  remplacés  par  des 

salles  de  spectacle.  Pourtant  saint  Sidoine, 

quia  décrit  quatre  riches  villas,  ne  men- 

tioadejamaisaucnoe  salle  de  spectacle  (318J. 

Jbù,  dira-t-on,  si  l'on  jouait  des  pièces 

ilramatif^ues  avac  intermèdes  de  musique, 

ce   fallait-il  pas  des  appartements   appro- 

fnés  i  et;lie  destination?  J'en  convien»;  ce 

àùntje  suis  moins  sûr,  c'est  qu'il  y  eûl  des 

reiresentations.  Ainsi  ,   VExtratagtmt  du 

rjéteur  Paul  fut  tu,  il  ne  fut  pas  joué  (219], 

fKxaol  ft   la    musique  composée   par   faul 

four  les  comédies  et  les  Iragi^dies  [locci  et 

(otkMmi  MUfiram} ,  je  penclie  beaucoup  à 

croire  que  c'était  la  déclamalion  notée  des 

drames  de  cet  auteur.déclamation  qui,  chez 

'■Ks  anciens,  était  accompagnée  par  un  ins- 

Liiizieal  ^20J. 

f«*«a  a'adctaaii  à  cdoî  que  l'on  créait  oopereur. 
^  ^me  les  attgatart  détesuient,  ce  n'ëûil  pu 
bjMe,  c'ctaient  les  înpaisuiiU  maître*  de  Rome. 
^*  wilc,  il  ya,  ce  me  lemble,  noe  di*tijiciJon  i 
Wc  :  undis  que  les  masset  manilisseiit  l'empire, 
fai.  après  les  avoir  épuisées,  allait  les  livrer  atii 
Tfcare»  poar  sa  nuiton,  l'aristocratie  lui  reue  Û- 
«ae  far  déiOMaMDl  bérédiiaire,  par  besoin  d'ac- 
w^)ie  tx  (TkoBMHrs.  Eu  l'auiorisaot  des  discours 
■Mercalés  par  saiol  Sidoine  dai»  ses  panégyriques, 
*  ae  prétCBd  pu  qne  chaque  mol  soit  aultienii- 
^MÎ^iE  ëe  caax  Miqurli  k  pwie  lecaUriline,  on 
^i  4iwB  seakneBt  que  ce*  mots  esprineiii  la 
^Môe  «rdinmre  alon  thés  cet  peisonuagcs. 
117)  Epu  T.  li. 
itlSj  Ep.  ^  3,  9,  Carmen  2S. 


Quoi  qu'il  en  soit,  voilà  donc  une  cha- 
pelle cbex  ce  préiendn  demi-{isïitn.  L'évé- 
que  de  Clermont  s'adresse  ensuite  de  la 
sorte  à  son  ami  :  ■  Aujourd'hui  ,  c'est  lo 
temps  de  composer  des  écrits  sérieux  ,  de 
songer  pluldl  h  la  vie  éternelle  qu'à  l'im- 
mortalité, et  de  nous  souvenir  qu'âpre  la 
mort  ce  ne  seront  pas  nos  ouvrages,  mais 
nos  œuvres  que  l'on  pèsera.  Et  ctci.je  ne 
dis  |ias  comme  si  lu  ne  faisais  pas  l'une  et 
l'autre  chose  d'une  manière  louable,  comme 
si,  en  laissant  encore  de  )a  galté  dans  tes 
discoars,  tu  ne  gardais  pas  de  la  gravité 
dans  tes  actions;  mais  je  parle  de  la  sorte 
afin  que  toi  qui,  grâces  au  Christ,  mènes 
déjà  dans  le  secret  une  vie  sainte,  lu  le 
hâtes  en  public  de  soumettre  à  un  joug  sa- 
lutaire une  (ète  et  un  cœur  religieux,  et  que 
désormais  la  bouche  s'occupe  uniquement 
de  célestes  louanges,  ton  Ime  de  pieuses 
réOexions,  et  ta  main  d'auœdnes  (221).  » 

Ainsi  donc,  tout  en  pressant  son  ami  d'à* 
bandonner  la  lidéralure  légère,  Sidoine  dé- 
clarait la  vie  de  Consence  grave,  touabte, 
saïKle;  Jd.  Guizot,  an  coniraire,  la  irouvu 
presque  épicurienne.  Ce  serait  un  purita- 
nisme par  trop  dur  que  d'excommunier 
pour  de  petits  vers  I 

Koirope  ne  dut  pas  être  moins  attaché  au 
christianisme,  puisque  les  deux  lettres  qui* 
lui  adresse  Sidoine,  l'une,  étant  encore 
homme  du  monde,  pour  l'arrachera  ses 
loisirs  philosophiques,  et  l'autre  pour  le  fé- 
liciter de  s'être  dévoué  au  service  de  l'Etal, 
lui  rappellent  des  pensées  pieuses  avec  ud 
abandon  na'if  et  un  complet  oubli  de  pré- 
cautions oratoires,  ce  qui  suppose  des  deux 
côtés  une  vive  aympatliie  de  croyances. 
«  Depuis  longtemps,  lui  dit  Sidoine,  je  dé- 
sirais l'écrire  ;  aujourd'hui  que,9rdceraM 
Chritl,  je  prends  le  chemin  de  Home,  jf  suis 
bien  plus  porté  à  le  taire...  Par  la  favmr 
de  i^ini,  tu  es  dans  la  vigueur  de  l'A^e ,  du 
corps  et  de  l'esprit  (222;.  >  Et  ailleurs  : 
«  Nous  commencerons  donc,  ainsi  qu'il  est 
juste,  par  r«!ndre  d'abondanlés  actions  de 
grâces  au  Christ,  qui ,  après  avoir  fait  des- 
cendre ta  grandeur  d'aïeux  illustres,  t'élève 
maintenant  à  des  titres  dignes  de  loi  (323).  ■ 
Ce  n'est  qu'en  s'adressaut  à  un  ciirélren 
qu'un  chrétien  uiéle  delà  sorte  la  religion 
à  ses  conseils. 

N'eus!iioos-nous  pas  ces  garanties  du  cUrts- 
tiauisme  des  trois  seigneurs,  l'assertion  de 

(SI9)  AcsoHiDs  PtuLo,  ep.  11  :  >  Receaii  ver- 
aaum    luorum  letliane.  ■  ConcemaM  là  lectures 

Sablique*  chei  les  Romains,  voir  l'ouvrage  de 
I.  NuiBD,  Etude»  fur  Ut  potitt  latint  de  ta  dica-  ■ 
dence,  t.  1,  p.  281,  art.  Siaet.  Cet  usage  subsistait 
encore  au  temps  de  salut  Sidoine.  |Ep.  9,  14.) 
D'ailleurs,  si  l'ou  jouait  de*  drames  cbei  quelque* 
mods  seigneurs,  ce  n'était  pas  chez  les  amis  de 
Sidoine,  puisque  les  descriptions  de  leurs  villas, 
comme  je  l'ai  dit,  ne  rappe'lluot  jamais  aucune  salle 
defhéAlK. 

(220)  L'abbé  Do  Bos,  Rijtexloiu  cnliqutt  wr  .'«, 
poétie  et  la  ieiHiMre,t.  III,  seci.  v  et  \ii. 

(Ml)  Kp.3,4. 

(212)  Ep.  1,6. 

{ta)  Ep.  i,  9. 


ist 


Afy 


MCTIO^nAlRE  APUX»GEr.QUE. 


ARI 


UQ 


U.  Guixol  oe  serait  pas  mieux  fondée  ;  ear 
de  ce  que  les  preuves  de  lear  piéU  wraieul 
perdues,  il  ne  s'ensuÎTraiL  |>a5  qu'ils  su- 
rsiout  Técu  sans  religion. 

Le  choix  de  Ferréoi,  d'Eulrope  et  deCon- 
seiice  comme  Ij'pes  de  l'iDdiSértince  pré- 
tendue desriclies  Gaulois  A  l'égard  du  curis- 
lianisme  au  V  sièclei  esl  donc  ualbeureuit 
puisque,  aux  yeux  d'unsaiul  prélat,  ces 
dtmi-paiens  de  M.  Guizot  élaîtut  d'excel- 
lents Chrétiens. 

1 IV. 

Quelle  ËUit  11  religion  d'Àmou  t 

Le  gracieux  pofile  de  BonJuaux  lient  dans 
la  litléralure  latine  une  place  assez  distin- 
guée pour  qu'on  soit  surpris  de  la  variété 
d'opinions  qui  existe  sur  le  culli  dont  il 
put  éire  tliscipte.  On  l'a  dit  tour  &  tour  palan 
et  évoque;  iudilTérent  A  toute  religion  et 
fanatique  de  paganisme;  enlin  clirétien  de 
conviction,  niais  sceptique  de  langage.  U. 
Ûuizot  l'a  placé  parmi  ws  homnies  qui  sans 
parti  prist;iimatièrereligieuse,  se  souciaient 

Eeu  d  en  prendre  aucun;  MH.  de  Chattau- 
riand  et  Beugfiot.suiU  du  nomhre  de  ceux 
qui  font  pro/(»er  l'heUénismi  tS2^J  par  no- 
tre |>oële. 

Ausoiie  élait  Chrétien,  et  Chrétien  con- 
vaincu. Voici  un  extrait  de  son  poëme  în- 
liluié  lEpheOitru  uu  tableau  desoccupatioui 
de  la  journée  : 

«  Esclave,  oufr»  ma  cHapelle  que  nul  ap- 
pareil eilérieurne  décore.  C'est  Dieu  qua 
je  vais  prier,  et  le  Fils  du  JDieu  suprâine  , 
majesté  unique  qui  s'associe  l'Esprit  sacré. 
Jecommeuce;  mais  en  sentant  la  présence 
de  Dieu,  ma  pensée  tremble:  vous  vous  ef- 
frayes è  tort.  Espérance  et  Foi. 

■  Tuul-Puissant,  ignoré  des  méchants  et 
connu  de  tous  les  cœurs  pieux, -sans  prin- 
cipe et  sans  un,  plus  ancien  que  les  siècles, 
dont  la  forme  el  le  mode  ne  jteuvent  être 
connus  par  l'esprit  ni  énoncés  par  la  pa- 
role, k  voire  droite  paternelle  siège  le 
Verbe  de  Dieu  ;  le  Verbs  de  Dieu,  qui  a 
porté  la  GonlagioD  de  nos  fautes.  Lui  qui 
suulfrit  les  douleurs  d'une  mort  cruelle,  il 
nous  a  enseigné  qu'il  j' a  un  chemin  pour 
remonter  h  une  éternelle  existence,  ot  que 
l'Amené  s'y  élaucera  pas  seule,  mais  que 
le  corps  tout  entier  la  suivra  aux  célestes 
plages,  loin  de  la  terre  déserte  et  des  vaines 
norreursdu  tombeau  vide.  Ouvrez-moi  celle 
route  qui,  lorsque  j'aurai  secoué  les  lieus 
de  mes  membres  iiilirmes,  m'élèvera  dans 
ces  hautes  régions  o£lla  voix  lactée  se  pro- 
longe au-dessus  de  l'errant  flambeau  de  la 
nuit.  Nos  iiieux  ancAtres  y  ont  marché,  et 
c'est  par  la  qu'autrefois  Ëlio  vivant  gravit 
l'élber  sur  bon  char  de  fou,  et  qu'Euuch 

(SS4)  CsÀTCUiBauND,  Etuiet  Aitl.,  3'  élude,  pari. 
Il'  el  m*. — U.  BuicutT,  ifiit.  de  la  deitr.  du  paga- 
muneen  Occident,  t.  I,  L  vu,  c.  1,  p.  321. 

(S35J  AuBune  comlnue  aiiiii  ;  t  Pour  noui,  ren- 
fermaiil  en  noire  cixur  uii  culie  pevpcluel,  nous 
ne  tuipenJons  jamais  1^  célêlirauun  de  celle  s»- 
lenuiié.  Cbaque  auiu'«  b  renoiivellc  liaiis  le  sanc- 
maire,  rite  ue  ceste  poiol  eii  nous,  i 

{116}  Ep.  8,  Y.  8;ep.  lU,  v.  17. 


nous  précéda,  revêtu  de  son  cur,  s  inltci. 
Accordez-moi,  ê  Pèrs,  de  respirer  un  jour 
dans  cette  lumière  éternelle ,  ai  jo  ne  iure 
pas  par  des  dieux  de  pierre,  et  si  ne  leniit        i 
mes  regards  suppliants  que  vert  l'baieldu        ' 
mystère  redoutable,  j'y   dépose  TuffriDile        i 
d'une  vie  pure.  Pardonnez-moi,  auteur  île 
mes   jours,   et   que,  sens  remords,  je  ue 
craigne  ni  ne  souhaite  le  tombeau  1  »  i 

Il  y  a  dans   la  pièce    quatre- vingts  vers 
aussi  beaux  et  aussi  chréliens  que  cuui-l^  l 
Toute  la  première  idylle  d'Ausone  esl  aus<i 
consacrée  aux  idées  chrétiennes.  Le  i>oële 
y  expose  le  dogme  du  la   Ti'inhé,dunt  il 
retrouve  une  image  sur  la  terre  dans  l'au- 
lorîté  impériale,  partagée  mais  non  divisée      i 
entre  les  trois  princes  qui   la  posséJaisul       | 
ensemble. Le  [Kiële  commence  parcesmols:       i 
>  La  sainte  solennité  du  Christ  sauveur ap-      , 
proche,  et  les  pieux  initiés  pratiquent  dé-      ; 
votement  leurs  jeûnes  (225}.  •  Ausoua  élait 
fort  exact  à  célébrer  cette  fâle  pascale.  Elltt 
lui  inspira  une  idylle  ;  de  plus ,  chaque  n\-      i 
née,  elle  l'anieDail  de  sa  ville  &  BortJuaui, 
C'est  pourquoi,  lorsque  dans  son  éi)llrei', 
il  en(^ge  le  rhélHur  Paul  k  le   venir  vfjir  i 
la  cam^'agne,  il  l'avertit  de  se  hâter,  ■  pana 
que  la  solennité  de  la  Pâque  arrire  el  le  rap- 
pelle; il  n'est  pas  libre  de    relarder.  >  Le 
poëte,  une  autre  aniiée,  invita  encore  suu 
ami  i  lui  faire  visite ,  mais  cette  fois  à  Biii- 
deaux.  Ce^tendanl  il  l'aut  que  Paul  se  ytcsis, 
■  car  nous  brûlons,  lui  (fit  Ausone,  d'aller 
voir  les  champ»  dés  les  premiers  jours  après 
la  sainte  PAquc(226J.  ■ 

Dans  ses  épllres  à  saint  Paulin  pour  l'ar- 
racher de  sa  solitude  d'Uspague,  Ausuuc  t 
bien  dit  :  ■  Muscs,  divinités  de  la  lîrèce, 
rendez  un  poêle  aux  Uuses-du  Laliuin  (227)^  >  ' 
mais  il  a  ausïi  conjuré  le  l'êrc  el  U  Vili  in 
latiiencr  son  Paulin  |S28}.  Or,  si  les  rhé- 
teurs chrétiens  ont  souvent  invoqué  mî- 
laphoriquement  les  Muses,  &-t-uU  jautaii 
entendu  un  ihéteur  païen  invoquer  ainsi  U 
•Iriniié  î 

Voyez  encore  Ausone  qui,  privé  de  suri 
ami,  de  son  lils,  consume  ses  douloureux 
loisirs  ■  à  aller  tour  h  tour  sur  ses  coteaui 
vineux,  autour  de  tes  riches  guérels  <|ui 
font  sourire  le  colon,  à  travers  ses  prairi<;s 
verdoyantes,  sou»  les  ombres  mobiles  de  h 
forêt  e<  à  l'église  du  village  [229J.  >  Qu'uu 
y  lasse  doue  attention  i  c'està  l'éjjlise  qu'ai- 
lail  prier  Ausone,  et  non  au  teiu^le  1 

Quand  l'empereur  Gisliiio  éleva  «u  consu- 
lat le  poète  liordelais ,  sou  ancien  préceii- 
leur,  il  lui  écrivit:  ■  Taudis  que  je  délibé- 
rais seul  sur  1r  choix  des  consuls,  j'ai  sou- 
mis A  Dieu  uiou  projet,  connue  j'ai  d&  le 
faire,  et  comme  je  Mais  que  v«im  voules  que 

(297)  Ep.  35,  V.  7J. 
[fUt)  tp.M.  V.  115. 
(iS'JJ  tip.  15. 

Ollaque  Inter 

ViUferi  «lercem  colles,  Ikrtumque  coIonU 
Ltkeri^i,  lumpnU  vireutii,  tuui  luiBiua  utnUu 
llobilibiis,  celelirique  (rafiiaii  ecetmtiu  \'\uo, 
Toli(ueine«UiHov«ni  ilbi  prounu  l'rx^a  V^jo— 


Kl  AH  mcnORTUIRE -&POLOCETIQUE.  AR|  sn 

glise,  el  ne  les  sbandonnaieni  pas^riiEtio- 
raiile  docilité  de  la  plèbe. 

,   ^  •'■ 

Le  MmtliHwt  d'Anaoe  D'Mt-fl  pran* ë  qte  par  te 
ptËcc*  apoojphe*  T 
H.  BKnsROT.  —  ■  Hiebôhr,  étonné  de  Irou- 
«p  dans  les  (Eu»res  de  Uérobaiide  une  élé- 
gie sur  le  ba{iteme  dii  Qls  d'Aélius  (a  dit)  ; 
Meminerimut  modo,  taculh  r  ei  ri.  gentittt... 
xta  cautt  dt  rtbus  KOMlrœ  religionit  loqui,  ut, 
guid  vert  tenserint,  agre  digno»cotur...  Ce 
sjsième  nous  conduirBÎt  ft  sUriliuer  à  Clau- 
dien  le  Carme»  paschale  qu'on  joint  ordi- 
nairement h  ivs  œu»res,  et  i  Ausvoe  les 
louanges  de  Jésus-ChrisI  qui  se  trouvent 
placéi'S  dans  les  Ephiméride$,  ce  que  les 
commentateurs  ne  font  plus  depuis  long* 
leups.  Il  me  paratl  nalurel  d'admettre  que 
les  copistes  ont  trsTaillé  sar  le  texte  de 
Mérobaode,  comme  ifs  i'araient  fail  sur  les 
poésies  d'Ausone  et  de  Claudien  (233).  ■ 

On  a  retrancbé  de  deux  recueils  païens 
certaines  poésies  chrétiennes  inlercaiéaspar 
d'ignorants  copistes  (234)  ;  on  a  très-sage- 
ment lait.  Pourquoi  7  Parce  qu'on  esl  sÛr 
que  Claudien  et  Mérobaude  farenl  idolirres, 
et  parce  qu'on  est  également  sûr  que,  $i  des 
aaienrs  chrétiens,  par  la  force  des  habi- 
tndes  littéraires,  durent  écrire  des  vers  im- 
prégnés de  pa^nisine,  les  auteurs  païens, 
ne  subissanlipoiut  d'entralnemeotsemblabJo 
▼ers  le  nouveau  culte,  ne  cbantèrent  pas 
nos  dogmes,  même  par  prudence  ;  car  la  pre- 
mière précaution  aurait  été  de  ne  pas  inju- 
rier les  Cbrétieus,  comme  le  Bi  cependant 
Rutilius  (23S].  Les  poèmes  orlbodoies  de 
Claudien  et  de  Mérobaude  sont  donc  évi- 
demment d'une  Biilr»  main. 

Or,  pODr  assurer  de  même  que  les  Lqu- 
amyet  dt  Jiëut-Chrùt  n'ont  pas  plus  ét/i 
écrites  par  Ausooe  que  le  Carme»  patckate 
par  Claudien,  est-on  é^lemeut  certain  ilu 
liaganisme  des  doui  poètes?  Tout  ce  qu'on 
peut  avancer,  c'est  qu'il  semble  qu'Aucone 
s'est  trop  occupé  des  folie»  mythologique» 
pour  n'avoir  pas  été  (laîen. 

La  problème  est  pourtant  facile  k  résou- 
dre ,  Ausone  était  Chrétien  et  rliéteur. 
Comme  chrétien,  il  a  éloquemment  rendu 
hommage  &  sa  foi ,  et  de  là  ses  vers  au 
Christ;  comme  rlléieur  qui  a  vieilli  trente 
années  dans  sa  chaire  de  professeur,  il  a  le 
plus  souvent  adopté  les  sujets  et  les  for- 
mules littéraires  qui  avaieut  cours  chez  le* 

(BuL  UlUr.  dt  ta  Frnee,  L  II,  p.  338)  ctU  Pttr»- 


jr  kfÊÊ>^  (OBi.  ■  El  le  nouveau  consul  ré- 
pendatl  k  son  bienfaileur  l'empereor  très- 
chrélicn  :  ■  Quels  comices  ^otir  U  Àirix 
in  fMgmlA  auraient  élé  plus  complets  que 
ceux  où  Diru  conseilla  et  oà  l'empereor 
t4Ȏil?...  Kiemel,  qui  engendrez  tout  et 
■jai  n'avez  pas  été  engendré,  cause  et  or- 
éuuiatetir  da  monde,  qui  avez  précédé  tout 
cunncnccmenl  et  qui  snrvivrez  k  toute  fin; 
teusqui  renfermez  vos  temples  et  vos  an- 
■ets  dans  les  âmes  des  initiés,  c'est  vous  qui 
■T«z  Eril  naître  en  Gratlen,  ce  maître  des 
«flairas  bamaÎDes ,  les  germes  de  l'amour 
qsll  nou  porte  ^l)>  »  Le  poète  et  l'em- 
pernu-  erojaîeni  donc  en  Dieu,  au  Dieu  des 
ioiliis,  c'esl-i-dire  d<rs  Chrétiens,  et  non 
puk  A^looou  k  ioiiiler. 

Les  paroles  de  Gralien  k  Ausone  me  rap- 
petlenl  quelqtes  vers  de  saint  Paulin  au 
•éoe  r-ersoenage  :  «  Oui,  répondait  Pau- 
lin, qw  venait  de  renoncer  au  monite,  un 
es(«ii  Bouveau  me  péi:ètre,  mais  k  loi  ma 
|reei»ère  recoonaissaocel  à  toi  toute  la 
gJoire  I  Tes  préceptes  m'ont  fait  aimer  le 
Cbnst.  Tu  devrais  donc  bien  pluiOt  to  féli- 
citer que  le  plaindre,  car  ai  Ion  Paulin  bien 
aimé,  £Is  de  ion  savoir  et  de  tes  mamrs  , 
dont  tu  daignes  encore  être  le  père,  même 
•leand  il  le  semble  pervers,  si  ce  Paulin  a 
ebâDgé  de  règle  de  vie,  c'est  ponr  obtenir 
d  èln  lo  Christ  en  même  temps  qu'i  Au- 
sone. A  lei  done  la  gloire,  et  le  Christ  t'en 
réeooHtensera  I  il  le  donnera  le  premier 
irait  de  l'erbre  que  tu  as  planté  (233).  ■  Si 
Aosooe  eût  élé  paien  ou  peu  soucieux  du 
rhhsiiaoisffie,  le  nouveau  moine  se  serait- 
li  •■•se  k  présenter  son  ascétisme  comme  - 
le  résnlial  des  conseils  de  son  msitretN'au- 
nît-il  faff  naître  k  son  tour,  pressé  le  poète 
d'cMnsser  l'Bvaogile,  ou  n'aurait-il  pas 
fBflojé  k  cooibaltre  le  polythéisme  quel- 
fecs-ens  des  trois  cent  soixante  et  dix 
vers  qu'il  lui  adresse  7 

Amom,  d'après  les  aveux  de  ses  deux 
rèus  illoslres  élèves ,  Gralien  et  Paulin,  et 
d'après  ses  propres  écrits,  fui  donc  Cliré- 
l-eo.  Saint  Sidoine  nous  apprend  qu'il  en 
ta!  <Je  même  de  ses  trois  amis  Ferréol,  Bu- 
ln>p«  el  Coosence.  Par  conséquent ,  si, 
nonne  le  veut  U.  Guizot,  nous  jugeons  des 
«iirrs  seigneurs  gallo-romains  par  ceux-ci, 
mas  devons  affirmer  qu'aux  iv*  ut  v*  siècles 
les  ftms  iCetprit,  les  Ittlréh  et  les  pAi/eiopAes 
be  dédaignaient  pas  le  christiauisme  et  l'K- 


.  <k  H.  1-abDê  Mipie  (U  LXl.  g.  971  :  Men- 
hnutei)  distiofaeat  deux  poêles  dn  noin  de  Hên»- 
baude  :  ron  clirétiea,  l'autre  paîeu  ;  rbooMunnic 
aan  Irottpé  et  laii  néiev  leen  poènes.  La  le»- 
semtdaoce  des  aomt  a  pu  bire  susû  auribuer  par- 
fûi  k  CUodieo,  duntrede  Stilicon,  k  Cmrmtm  pM- 


■Sl  >  Cra(r«niai  metio  pra  eonêulal». 
ÏH}  PocMa  10,  V.  IW,  etc. 
^3j  Bût.  de  la  dturnetnm  du  fmaamUau,  t,  Q, 
Î.Sl. 

S(J   Les  poéûes  de  Mérobaude,  analysées  par 
I.  BngMil  (I.  U,  p.  337),  sonl-elle*  paîeuesTNie. 
■  :v  rjk  TK,  édji.  de  Bnnn,   li36>  l'a-l-U  pcniéT  et 
-  ~--' —  deatoa  priifd  qee  ka  Unes  paîriw     dienkpaîi 
ilés  <si-die  vrabenblaUeT  11  y  aérait     ks  placer, 

■  de  paves  diScalléi  à  opposera  VBi*-     eeCorw»  ^ 

•'7  4c  U  éatnttim  de  fmgmuu,  (Taiikar)  u^         {23SJ  itiarraraw,  Ub.  i,  v.  3M.  410, 518. 
Les  BéDédktini 


Otmt  ou  trois  autre»  pièces  cbréikones  aceoaip»- 

EBcoi.  en  fwiqiies  muuiscriu,  le»  CMvre»  de  Clau- 

paîô»,  sans  doute  parce  que,  ee  uchaot  ok 

—  an  eu  aun  (ratifié  l'aeleur  prélenUii  «k 


S«5  ARl  DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE.  AUl  tU 

une  erreur.  S'il  fsHail  opposer  des  noms  h 
des  noms,  je  citerais  comuie  cooTaiocut  du 
ctjristiBnisn)fld'AusOQe:ScaljKer,Tilleffloiil, 
les  Bénédictins  auteurs  de  \  Hiiloirt  liUi- 
raire,  MgrGuilton  daas  sa  BibUothiaut  da 
Pires,  le  réceot  éditeur  d'Ausoae  Jaos  la 
Patrologie,  HH.  Nodier,  Ampère,  LuiloTii:  - 
Laisnne,  Weiss,  Fauriel ,  etc.  (SiOj. 

L'accord  des  savants  sur  le  psgauisuie  du 
précepteur  de  Gralieo  est  donc  bien  loin  de 
M  montrer  unanime,  et  il  n'y  a  point  non 
plus  de  preuve  que  la  prière  de  l'f/iAïowrù 
soit  apocryphe.  Les  deux  oliservaiions  de 
riiislorien  de  la  destruction  du  paganisoia 
ne  peuvent  donc  faire  rangerAuaone  piriui 
les  idolâtres  duiv*  siècle. 

M.  LkBas.  —  «On  a  discuté  longlempi 
s'il  (AusoneJ  était  cbrélien,  et  le  doute  n« 
peut  dtre  levé  que  iisr  quelques  vers  dias  . 
lesqucig  il  parle  de  la  fête  du  l'&i|ues,  mus  '. 
dont  il  n'est  peut  être  pas  l'auteur,  eipircu 
fait  que  ValeDlinien,  très  aLtactié  au  Chris- 
tiatiisme,  n'aureil  pas  conQé  l'éducslioadu 
son  tils  à  un  païen  (2ii).  » 

La  pièce  que  rappelle  M.  Le  Bas  o'eslpu 
du  nombre  de  celles  aue  j'ai  citées.  Ellete 
trouve  i  la  fin  des  poésies  latines,  avsDt  la 
épigrsmnaes  grecques,  et  elle  ^lorie  ce  titre: 
Oraiaonpatcaie  fautitment  attribuée  à  ÀMOiu. 
Or,  on  prétend  que  dans  les  couvres  (d'Au- 
Bone  ces  Quelques  vers,  dont  il  n'est  peut- 
être  pas  l'auteur,    peuvent  seuls  lever  le  , 
doute  qui  nous  caclie  ses  crovanees  reli* 
gieuses.Msis  comment  s'est-il  Jonc  fait  qui 
U.  Le  Bas  ait  pu  voir  ce  poëme  versUQu 
duiecutiil,  etqu'il  n'ait  pas  rencontré,  avant  - 
d'y  arriver,  i'tphemeris,ia  première  idylle,  ; 
ainsi  que  la  currespoudauce  avec  ssiul  Pau- 
lin et  Je  rbôteur  Paul?  U  faut  qu'il  aitcaiu-  ' 
mencô  la  lecture  d'Ausoue  par  la  dernière 
pièce  latine,  et  qu'il  se  soit  itorné  à  celu. 

Les  iuvesligatious  de  MM.  Le  Bes  t\ 
Beugnot  dans  les  œuvres  de  notre  poêle  onl 
donc  été  trop  iucousplètes,  puisque  cbiuuu 
d'eux  n'y  a  vu  que  lu  pièce  à  laque>le  il  ■ 
cru  pouvoir  attacher  le  mot  d^apucrjijilie. 
Toutes  les  auirea  pièces  chrélieunes,  ilili!> 
ont  passées  sous  silence,  mais  elles  n'ei- 
istent  et  ne  prouvent  pas  moins. 

M.  Le  Bas  rachète  pourtant  celte  ineiae- 
titude  par  l'obsertation    que  Valeuliuieu 


lettrés.  N'avons-noiis  pas  les  oeuvres  do  Fé- 
neloo,  tlo  J.-B.  Rousseau,  etc.,  qui  nous 
montrent,  même  chi'Z  les  modernes,  celle 
association  du  tangage  des  deuxcroyancosT 
Le  rapprocFieraent  n'est-it  pas  plus  pro- 
digieux encore  dans  les  Lutiadetf  Le  pa- 
ganisme littéraire  classique  d'Ausone  ne 
iirouve  donc  pas  que  cet  auteur  ait  été  po- 
lythéiste, ni  qu'il  n'ait  pu  écrire  VEphemt- 
rit  (23l{).  Sur  la  foi  d'un  ancien  manuscrit, 
des  éditeurs  de  saint  Paulin  ont  réuni  h 
ses'œuvres  la.  prière  qui,  dans  VEphtmtris, 
Commence  la'jDuriiée(337).Ce!a  prouve-t-Jl 
que  l'hymne  chrétienne  ne  soit  pssdu  poète 
tiordelaisî  Nullement;  cela  donne  seulement 
à,  soupçonner  qu'autrefois  un  copiste  aura 
voulu  joindre  le  chant  pieux  d'Ausone  aux 
poésies  sacrées  de  l'éveque  de  Noie.  Il  eu 
doit  être  ainsi  ;  caron  no  iHiut  songer  h  par- 
tager le  poëme  entre  saint  PauIinolAusone. 
Les  vers  voisins  de  ceux  qu'on  enlèverai! 
(votesteraient  contre  ce  larcin,  et  le  vide 
que  ferait  ce  relranchement.^ne  disparaîtrait 
jiai  par  le  rapprocheuient  des  autres  par- 
lieSf  puisque  ce  qui  précède  et  ce  qui  suit 
la  prière  du  matin  dans  VEphemvrit  la  sup- 
pose ^238].  Ru  outre,  le  cachet  d'Ausone 
u'est-il  pas  sur  cette  pièce?  N'y  trouvons- 
nous  pas  le  style  leste,  dégagé,  peu  appuyé 
et  un  peu  miroitant  du  poêle  T 

D'ailleurs  quand  on  rejetterait  ce  poëme, 
il  resterait  encore  la  première  idylle  d'Au- 
sone pour  établir  sa  foi  au  christianisme. 
La  retranchera- 1- on  aussiT  Mais  alors  il 
Daut  biîTer  en  mëtme  temps  la  seconde  idylle, 
qui  mentionne  la  première  (â39J.  Uejettera- 
l-on  de  même  la  seconde  des  idylles  T  Eh 
bieni  que  faire  alors  des  lettres  du  poSleau 
rhéteur  Paul,  de  ses  prières  à  la  Trinité 
pour  Paulin,  de  son  discours  àGralien  ,  de 
même  que  des  épltres  que  ses  doux  élèves, 
l'èvêque  et  l'empereur,  lui  sdressèri^iit,  et 
qui  uLtestèreni  qu'il  n'était  pas  païen  T 
Uira-t-onque  tout  cela  a  été  également  tra- 
vailUf  Ka  vérité  le  P.  Ilardouin  n'aurait 
ii&s  mieux  trouvé,  mais  on  suit  combien  il 
fut*  ridicule.  Cette  universelle  Interpola  lion 
est  inadmissible. 

M-  Beugnoi  croit  suivre,  comme  il  l'a  dit, 
une  opinion  depuis  longtemiis  commune  aux 
savants  qui  se  soutoct^upésd'Ausone.  C'est 

(256)  Le  moyeu  âge  nous  offre,  en  un  genre  dif- 
fêreiil,  des  eiemplos  non  nioini  cuiieui  decer- 
laiiies  taabiiudcs  liiiéraires  appiiquiies  1res  à  contre 
beni.  I  La  controverse,  dit  H.  de  Itémusat,  était  à 


des  thèses  ei  des  réfulalions,  et  elle  argumeiiie  en 
lui  répondant,  i  Ahatiard,  1. 1,  p.  13g-UT. 

(137)  Consulter,  relalivemeiiL  à  ce  manoseril, 
nue  note  de  Rosweyde  sur  le  poëme  S*  de  saint 
Paulin.  (PUriÀosie,  p.  905.J 

li.>8l  J'ai  traduit  précédera  m  eut  l'oraison  d'Au- 
sone. Voici  les  vers  qui  la  Euivcnt:  <  C'est  astei 
prier  Uieu,  quoique  cependant  des  coupablud  ne 
paissent  jamais  le  priei'  assei.  i 

(i59)  t^  poénie»  d'Ausone  sont  ftéqu^niuenl 
Biecédcs  d'uiiu  glose.  Dans  celle  qui  est  à  la  téie  de 
la  deuxième  idjille,  où  le  poêle  célèbre  son  père 
cuiuniu  U  a  cétêt>ré  la  Triniié  duns  la  première,  on 


mes  jours,  i  ■ 

(2iO)  Scaliger  a  dit  :  <  Ausoiie  était  sérieutt- 
menl  chrétien  i  {y.  175  de  ses  notes  i  l'Ausoae 
d'Anl.  Grjipbf).  il  attribue  au  poète  liordelais  ki 
vers  cbrèiieiis  de  X'Ephtmeru,  la  première  i'l)"^i 
etc.  (p.  Ï5  et  93.)  ~  TiLLEMONT,  Mémoiret,  etc., 
I.  XV,  p.  55.— iJiil.  tut.,  par  Ivs  BéiiédicMis.  1-  ■■ 
11-  partie,  p.  S88.  —  Ugr  GutLLO»,  I.  X.WIU.- 
Puirologit  de  II.  l'at>bé  Migne,  I.  XIX,  ji.  818.- 
Cm.  NoDicn,  Bibl.  tiutie,  p.  197. -r-  M.  AHPkfE, 
voir  S  VUl.  —  H.  UuLNSE,  BM.  4et  Chaïui  . 
%•  série,  t.  i,  p.  189.  -  M.  Wsiss,  Biogr.  noMt- 
telle  de  Uicbaud,  art.  Aiuene.  —  Fluricl,  i/if '■  <'' 
la  poé%itpTowatfale,  t.  I,  p.  lUl.  —  Lk  Unu.'t,  dïu:i 
la  Patrologie,  L  LXI.  Vil.  S.  PaïUini,  c  %. 

(il*)  Ùici.  tncTtelopédiipn  dt  l'Iiût.  de  Ftaut, 
an.  AutMt. 


DICTIMaUlU  APOLOGBTKHA 


B'asnil  pu  cbc^  pu-mi  les  idoUUras  le 
pnifcuear  do  folor  b^rilier  de  l'empire. 
SctJiker  aTiitdéjèfeil  cette  remarque,  maia 
si  éuit  ntUe  de  U  rappeler  (SkS). 


nr  b  relîKioD 
riae'eat  piu*  «impie  I  Ausone  est  sceptique 
danses  ero/anees,  il  ne  sailqoe  penser  de 
Il  *ie  folDre  (SU)  ;  épieurieD  daas  sa  mo- 
nde, et  souTeot  «'dd'  épkaréisœedâlioat, 
^  rappelle  criai  d'Horace  (SU).  Dans  n» 
■;lhM,il  est  presque  lODJoars  pueo  ;  queU 
quc<Ms  il  peacfae  fers  le  dof^e  ebrétieD, 
swWttt  qaaod  il  IroaTeroceasioo  d'oa  trait 
îoeMeat  (Tre»  Dms  tmtu).  Ainsi ,  Aosone 
puêic,  rAnsoee  qau  dods  ayons  entre  nos 
«aioa*  cl  dsqDer  seni  dods  stods  k  oons 
oeemptr,  n'était  pas  chrétien  1 

•  Ccsiefait  donc  k  savoir  si  l'ean  da  bip^ 
Wse  a  coolé  sar  le  front  de  l'homme  qni 
s'appHail  Ansose.  La  qnestion  rédoite  k  ces 
tenwsintéiTsse  fort  pea  l'histoire  littéraire. 
Haas  coDseotoas  que  leacritiqaes  >élés  jMor 
SM  sal«t  le  baptisent  sur  ses  vieux  jours 
(^poqpe  qo'tftràdaieot  elors  les  Gbrelieos 
Mme  les  (rins  ferrents).  Mais  qu'ils  lui 
bisscBt  aoparaTant  composer  la  presque 
Malîlé  de  ses  ouvrages;  qu'ils  attendent 
■éne  qu'il  soit  parvenn  a  une  extrême 
tieiHeaMt  car  il  était  d^  vieux  quand 
Fialia  loi  r^ffoebait  son  altacbement  an 

Aec  cfiHiMns  iDnani 
Pitlu  abMse  a  CferbuaM  qal  pouu* 

Btweac  arraMcataH  mv*»m  t$t 
PkuaMeMCir 


Bic  v«re  ncsor  est  cfldi. 
Ob~iIs  lui  basent  alors  composer,  s'ils  j 
ticnneol,  ton  poëme  pascal  et  sa  jfHiàre  du 
Biatia;  car,  pour  les  vers  rbophaliqnes,  on 
ne  aae  persuader*  jamais  que  la  même  main 
lit  éiml  cette  pièce  et  la  MoulU  (2Ui).  > 

Ou  s'occopera  plus  loin  du  scepticisme  et 
ie  l'épicuréisme  d'Ausooe  ;  nous  avons  à 
chercher  maintenant  dans  saint  Paulin  la 
l>renve  que  son  professeur  ail  été  païen. 

Aosone  avait  dit  k  son  aucieu  disciple,  en 
CMnawnfaot  un  poëme  qu'il  lui  envoyait  en 
EspagDc  :  ■  Cette  éplire  a  fait  enlendre  pour 
la  quatrième  fois  mes  plaintes  accoutumées; 
yja  affable  parole  gourmande  la  Doncba- 
Uoee,  ei  cependant  pas  une  page  ne  vient 
me  rendre  on  pieux  devoir...  O  mon  trés- 
d'iux  Paulin,  tes  mœurs  sont  donc  bien 
ctiai^ées  ?  Voilà  ce  qu'ont  produit  les  bois 

(USj  AHNtwnuK  Uetàotmm,  L  ii,  e.  31. 

(USt  Prêftu.  I. 

<tW)  Efigr.  38,  QaaUm  Mfil  mwOemm. 

fU&f  Bmàta  tût.  *l  «U.  Mr  Ammie,  i»r  H.  Ds- 
Mcaw.  •.  4C. —  Le>  deax  maim  qni  pnéèdait  Mm 
fc  ■.  OeiarMl. 


de  la  Taseooie»  les  oeigenses  retraites  des 
Pyrénées  et  Voubli  iê  notre  eiel  (2U).  > 

Saint  Paulin  reponsse  quelques-unes  de 
ces  inculpations  dans  les  deux  passages 
transcrits  par  H.Demogeot.  Il  nie,  d'abordj 
avoir  manqué  i  un  devoir  de  la  ^lA^  filiale; 
il  nie  ensuite  avoir  oMU  le  eitl  de  la  pa~ 
trie.  Quel  rapport  tout-cela  offcira-t-il  aven 
le  prétendu  paganisme  du  poète  de  Bor- 
deaux? Nous  allons  traduire  surcessivement 
les  deux  passages ,  mais  avec  un  peu  plus 
d'étendue,  et  en  souligoanl  ce  que  la  cri- 
tique a  omis. 

Premier  pastage  de  saint  Paulin.  —  «  Ne 
m'appelle  pas  impie.  Comment  la  piété  man- 
quera il-l-el  le  h  un  Chrétien?  C'est  récipro- 
((uement  un  indice  de  piété  que  d'être  Coré- 
ti«i,  et  d'impiété  que  de  n'être  pas  serviteur 
du  Christ.  Cette  ptété  qm  nauë  apprenons  à 
avoir,  ne  pvis-je  pas  te  la  témoigner,  6  mon 
pèrst  en  qni  Dieu  veut  que  je  respecte  et  les 
droits  les  plus  sacrés  tt  les  noms  la  plut 
dur*  (SbT]?  ■ 

Ceci  nous  montre  la  vive  reconnaissance 
desaint  Paulin  et  les  titres  qu'Ausone  pos- 
sédait k  une  telle  reconnaissance,  mais  non 
pas  le  paganisme  de  ce  dernier. 

Deuriime  passage.  — c  Jen'ai  pas  mm  plus, 
eosMM  f»  1*  prétends,  oublié  le  eiel  de  ta  pa- 
irie, moi  mu  tiens  toujours  mes  regards  fixés 
tur  le  P^e  suprême.  Quand  on  ne  vénère 
que  lui  seul,  on  se  rappelle  le  véritable  ciel. 
Crois  dame,  ï  sw«  père ,  que  tt  eiel  n'est  pas 
effacé  de  mon  souoenir  (2m).  » 

Autant  le  cbrislianisme  de  Paulin  éclata 
dans  ces  vers,  autant  W  polythéisme  attri- 
bué h  Auaooe  s'y  montre  peu.  Le  premier 
de  ces  deux  personnages  ne  reprocba  done 
pas  au  second,  d^k  bieavieuX(Son  attache- 
ment k  l'héllénisme.  Ponr  pea  que  H.  De- 
nu^eot  et^t  essayé  de  traduire  le  latin  qu'il 
copiait,  il  aurait  compris  que  cela  n'avait 
aucun  rapport  k  l'opinion  dont  fl  en  laisait 
la  preuve. 

Cet  auteur  ne  veut  pu  qu'un  entreprenoe 
de  lui  persuader  que  iea  vers  rkophaliqua 
soient  de  la  même  main  qui  a  écrit  l'idylle 
sur  la  Hoselle.  11  a  parttitenient  raison; 
mais  je  ne  pense  pas  qu'on  songe  k  le  lui 
faire  croire,  ni  a  donner  ces  mauvaises 
lignu  comme  des  marques  de  l'orthodoxie 
d'Ausooe.  Déjk,  en  1575,  Joseph  Scaligar 
menait  en  têie  de  cette  pièce  :  Oraison  fûa- 
cate,  eu  vers  rkophaliquu,  vaussuikitt  attri- 
buée k  Ausone  (»9J. 

Tout  ce  que  U.  Demogeot  vent  accorder 
relativement  au  christianisme  de  notre 
poêle,  c'est  que ,  dans  sou  extrême  vieil- 
lesse, et  par  maniàre  de  testament,  il  aura 

forme  que  dem  ^tres,  se  troave  lUvifée  en  quatre 
épltrec  dans  ceruincs  édilioDi,  et  les  deux  extraits 
précédeau  appartiesnenl  k  la  I"  a  k  la  3*. 

(U9)  Scafager  dit  CBcerc  daas  tes  Bolet  :  t  ApaMt 
Ulàii  îllepidwn  et  iaveamtaia  camea  rimplialiâi 
VCTsibas  eoBscriptuBi.  Qei  pelesicMe  Aaeoaii  ia^ 


k  Aasme,  qni,  dans  la  PetniofU,  d 
DicnosiiAnK  irouMwnQvt.  I. 


dUihT  >  etc.  (L.  n,  c.  S.)  Ceci  eeiie  pitea  qae 
m.  Le  Bas  a  iiiAqnéc  oosaie  prtiipmn  laela,  daas 
les  écriU  d'Amooe,  qoelquea  traces  do  christia- 
nisme  d«  ce  poète,  vou  plas  baai,  col.  VU, 


DKTIONNAIRE  APOLMEnQUÊ. 


composé  la  prière  de  l'JFpfteiUCT-i»  et  son 
l>uëoie  pascal,  c'est-b-dire  sa  première  idylle. 

LfS  deux  pièces  sont  (l'une  époque  moins 
STancée.  Les  occupations  décriios  dans  \'E- 
phemtrii  ou  tableau  de  la  journée,  ne  sont 
|ioiiitd'unTieillnrd,p8splu3que  le  style  [lini- 
nant  Ou  poëine,  et  les  songes  qui  in(]uiëtent 
lesnuitsd'AusoDe,etdoDtn  se  réjouit  de  re- 
connaître l'itonoslure.  La  date  de  la  pre- 
mière iJylle  (Yertui  patchalti  Proeo)  est 
bien  plus  nettement  encore  précisée^  Elle 
est  antérieure  au  consulat  du  poète,  et  elle 
fui  écrite  quand  Valenlinien  1"  eut  associé  à 
l'empire  son  frère  Vatens  et  son  fiIsGratien. 
Ausoneledit,  lorsqu'en  finissant  il  présente, 
comme  image  terrestre  de  l'inTisible  Tri- 
nité, le  spectacle  alors  donné  au  monde  par 
un  auguste,  auteur  de  deux  augustes,  son 
frère  et  son  Qls,  qui  partageaient  le  pouvoir 
•ans  en  dÎTÎser  l'unité. 

Ausone  ne  fut  donc  pas  chrétien  seule- 
ment à  ses  dernières  heures;  il  le  fut  tou- 
jours, et  ce  n'est  pas  saint  Paulin  qui  porte 
a  soupçonner  le  contraire,  malgré  ce  que 
|iense  M.  Demogeot. 

I  vn. 
AmoM  «Uit-tl  épienrira  ? 

"M.  Dbhooeot.  —■  Ausone  est...  épieurien 
dans  sa  morale,  et  souTent  d'un  épicu- 
réismedéliesi.qui  rappelle  cetui  d'Horace... 
Nous  consentons  que  les  critiques  zélés 
pour  son  salut  le  baptisent  sur  ses  vieux 
jours.  ■ 

'  Ausone  ayant  été,  comme  Horace,  ffpfmrt 
dt^egtporeiu  fS50},  pourquoi  tant  tsair, 
deuiaudera-t-on  k  le  ranger  parmi  lea  dis- 
ciples de  l'ETangiteT  Quel  lustre  peut-il 
donner  an  parti  religieux  qu'il  aurait  jadis 
choisi  T 

Sans  doute  les  croyances  chrétiennes  d'un 
épicurien  intéressent  fort  peu  le  christia- 
nisme, mais  elles  importent  beaucoup  6  la 
thèse  soutenue  par  M.  Gnitot.  L'historien 
da  la  cifilisalion  n'a-t-il  pas  ditque  la  plèbe 
seule  ae  rattachait  au  prêtre  ?  Hais  puis- 
que A  usone,  tout  épicurien  qu'on  le  suppose, 
arsit  une  chapelle  domestique  o(t  il  priailf 
puisque  dans  ses  promenades,  il  ne  négli- 
geait pat  de  visiter  l'église  de  son  village; 
puisqu'il  se  montrait  fort  exact  è  féier  les 
solennités  de  l'Eglise,  puisqu'il  a  mérité  que 
deux  de  ses  élèves,  un  évèque  et  un  em- 
pereur, saint  Paulin  et  Gratien,  lui  attri- 
buassent leurs  pieuses  habitudes,  il  faut  donc 
conclure  que  non-seulement  le  menu  peaple, 
roais  encore  la  classe  frivole  et  mondaine, 
représentée  par  le  poète,  était  ponctuelle  ^ 
remplir  les  devoirs  extérieurs  du  christia- 
nisme, et  qu'une  telle  ponctualité  semblait 
même  faire  partie  des  usages  de  celte  classe 
Supérieure  de  la  société  gallo-romaine. 

Maiuleaant  j'exposerai  ce  que  je  pense  de 
la  mortUe  du  poète  consul. 

Il  â  écrit  des  pièces  erotiques,  mais  sa  vie 

-  (aSOJHoucB,  ep.1,4: 


'  Ue  pingnem  et  nllidam  bene  a 
Hun  rioeK  volet  Epicuride  gr 


et  SB  règle  de  conduite  s'en  sonl*ell«s  res- 
senties f  L'épîcuréisme  a-t-il  dégradé  les 
mœurs  do  l'ami  de  saint  Paulin,  du  précep- 
teur de  Gratien,  de  cet  homme  qu'un  songe 
u'etfrayail  pas  moins  par  f  image  d'implafiir 
covpmle  fiUpar  eellt  iTime  bttt  fiToett^\)'[ 
On  peut  en  douter,  et  crotrequatei  ven 
libertins  furent,  comme  il  ne  se  Issse  pu 
de  le  répéter,  de  simple  jeux;  qae  ce  tut 
de  Tari  pour  l'art,  et  non  l'exprettioa  de 
ses  principes  en  murale. 

«  Mes  èpigrammes,  dit-il,  sont  une  mAlée 
de  badinsges  qui  se  cnntreiiiseDt,  U,c'ut 
d'uQ  slokien;  ici,  c'est  Epioure  qui  pirle. 
Pourvu  que  je  demeure  fidèle  à  la  règle  dm 
vieilles  mmurs.je  laisse  s'ébattre,  au  milien 
de  ces  jeux  permis,  ma  muse  qui  reste  Mie 
(842). . 

Le  poile  prolesta  plus  heureusement  en- 
core en  faveur  de  SB  réputation  psrsalT' 
épi^amme  :  «  Laïs  et  Giycère,  ces  noms  de 
lascive  mémoire,  quand  mon  épouse  lei 
lisait  dans  mes  vers,  elle  me  disait  :  Ta  plii- 
8aules,et  ce  taux  amour  n'est  qu'un  jeu, 
tant  était  profonde  aa  foi  en  ma  probité  la 

A  la  fin  de  son  malheureux  omfamiupffiJ, 
il  a  snin  d'écrire  an  rhéteur  Paul,  en  lui  ea 
adressant  une  copie:  ■  Prenex  ma  déieose, 
de  peur  qu'on  ne  juge  de  mes  mœun 
par  mes  vers.  Cettopagt  ut  Jtuciee,  «uu'im 
vie  eM  prffèa,  comme  dit  Pline.  ■  Fuis  itéou. 
Bière  lus  nommes  graves  qui  ont  chanté  du 
jévialités. 

Le  poëme  de  Pline  d'où  Ausone  a  tiré  m 
paroles  (qu'on  trouve  aussi  dans  Harlisljne 
nous  est  point  parveiAi  ;  mais  il  y  a  l'équi- 
valent dans  les  épttrea  de  cet  auteur.  IIcod- 
fesse  è  Ariston  que  sa  poésto  n'est  pas  tou- 
jours très-austère,  et,  si)  se  permet  quelque 
liberté,  c'est  à  l'exemple  «  des  plus  doctes, 
des  plus  graves,  des  plus  saints  peruo- 
nages....  Pour  renfermer  en  deux  mots,  dit- 
il,  tous  les  genres  d'innocentes  dislrscttoii) 
Que  je  me  permets,  je  suis  bommef!U3J.> 
te  langage  de  Pline  est  celui  du  poêle  de 
Bordeaux  :  tous  les  deux  ils  pensaient  qae, 
pourvu  qu'on  tAchàt  de  suivre  les  plusii- 
gutiers  des  anciens  dans  la  conduite,  od 
pouvait,  en  littérature,  imiter  les  moias  ré- 
servés. La  poésie  n'était  pour  eux  qu'un 
masque,  et  Calon  lui-même  pouvait,  i  leur 
avis,  prendre  celui  d'un  satyre. 

Je  ne  prétends  certes  pas  me  porter  ciu- 
tion  que  les  deux  poètes  n'auront  jamais 
eu  de  faiblesses;  je  dis  seulement  que  l'é- 
pîcuréisme ne  constituait  pas  le  codo  moral 
d'Ausone ,  et  que  d'ailleurs,  cet  auteur  eût- 
il  été  épicurien,  le  fait  bien- établi  de  ses 
Croyances  chrétiennes  ne  laisserait  pas  il'i- 
voir  une  importance  relative,  puisqu'il 
prouverait  contre  H.  Guizot  que  1rs  sei- 
gneurs gallo-romains,  au  v  siècle,  raslaieDi 
encore  attachés  au  christianisme  par  le 
culte  de  la  foi,  quand  ils  s'en  éloignaient 
par  les  mœurs, 

m\)  Ephtmtrii. 

<Î52  Epigr.  9. 

(3S3)  Plinu  SecBHDi  Ep.  ï.  v,  5. 


ncnORUIU  IFOLOGETiQUE. 


corde  non  pu  un  ren ,  Doa  pas  )■  moitié 
d'uD  vars,  mais  trois  moU: 


M.  AartsK. —  ■  AasoDeétail-il  chrétien? 
Ce  point  a  été  eonIroTersé  et  Test  eocore. 
il  eslasset  earieui  qu'il  en  soi(  ainsi,  qae  la 
lie  iTbd  bomme  dont  nons  possédons  un 
gnad  nombre  d'oatniges  donne  lieu  h  ane 
telle ineenitade.  Pour  moi,  cette  inceriilads 
B'eiiste  pas...  Mais  si  Aasone  était  ehrélioD 
ptr  la  conTlction,  et  mèrna  par  Ibb  obser- 
mioai  dn  culte,  dés  qu'il  écrirait.  Il  on* 
bfiiit  coeafriélemeot  sa  crojance,  et  ses  ha- 
biiodes  le  rgetateni  dans  le  paganisme.  Ce 
ThèHmèm  est  assez  piquant  pour  être  ob» 
ttni  avec  ((Delque  soin.  Je  ne  parle  pas  ici 
4cs  pun^  empreints  de  ce  déisme  Tiigae. 
anan  roisia  de  Platon  qne  de  l'Evenxile,  qui 
se  ifovredans  la  Ctnuofof ien de  fioéce,  sur> 
loti  dans  cette  bel  I  e  prière  : 

7i  fH  ygfyrtM  wMmdwm  ntinu  fmtenwi. 

0  lai  fvi   geatenic»  k  moode  par  na  ordre 

■  On  poamit  rapporter  à  celle  eroyaiMa 
ûccfiaiiM  l'inTocalioo  assez  imposante 
qa'Aaso—  a  placée  à  la  On  du  pan^jrique 
ae  (iratien  (SU).  Hais  ici  eooore  je  retrouve 
le  elirieliauisne»  bieo  qu'il  soit  question 
■tlaitiés.  L'Eglise,  dans  les  premiers  siècles, 
iffedasouTeot  d'avoir  aussi  ses  initiations 
ctsae  mjs^ères  (SU).  Ce  passage  u'estdonc 
point  no  de  ceux  dont  la  pensée  et  l'ezpres- 
MM  païennes  peuvent  surptYodre  ebez  un 
{«ëteebrétîan;  mais  ceax'-ci  aboodeol  dans 
tn  caavres  d'Ausone...  Entraîné  par  les  li»- 
biiades  de  la  poésie  païenne,  il  va  jusqu'à 
Bieuneo  doute  rimmortalité  de  l'Ame. 

•Aisonetfl  évidemment  eotralDéparlec 
finvnles  de  doute  usitées  daoa  la  poésie 
^ecne.  Cependant,  après  les  passages  que 
jai  dtés,  ou  ue  saurait  nier  &on  clirîstia- 
oiuite  ;  niais  ce  cbristianisme,  qui  était  daus 
sa  conviction,  ne  passait  pas  daus  son  talent. 
£n  un  mot,  Aasone,  cbrétien  de  fait,  est 
f^iea  d'imagiustiou  et  sceptique  par  babi- 
lude  :  il  croit  quand  il  prie,  il  cloute  quand 
iJ  chanle.  Mais,  ce  gui,  cbez  Ausooe,  est  plus 
cziavonlinatre  que  roul>li  du  ctirisiianisme, 
c'e>l  la  manière  dont  il  mêle  parfois  au  pa- 
^oi^me  ce  qui  peut  lut  rester  de  rJDiiuia- 
ceuses  chrétiennes....  Bien  ne  montre  mieux 
W  peu  ila  plaM  que  tenait  le  cbrisUanisma 
dâiu  «'ncapnation  d'Ausone  que  sou  Cryphe, 
|«lituoèiue  bizarre  dans  lequel  il  éuumère 
tous  Itsaobjela  quî&outau  nombre  de  trois... 
V«rs  la  lin  seulement,  il  se  rappelle  que, 
d«ns  les  quatre-* in^t-neuf  vers  qui  pré- 
ceoeul,  il  a  oublié  la  Trinité,  et  il  lui  ac- 


Le  DU»  BN  têt  tri^. 
Mention  biiarre  du  dogme  de  la  Trinité, 
jetée  au  bout  d'une  pièce  paienne  et  à  la  fin 
d'an  vers  dont  le  commeaccment  eat  peu 
sérieux.  Ainsi  le  paganisme,  chassé  de  la 
vie  réelle,  vivait  encore  dans  l'imasioatioa 
(856).  . 

Je  viens  non  pas  nier,  mais  rectiOer  un 
peu  ces  remarques.  J'avoue  qu'Ausone  em- 
prunte le  plus  souvent  à  Ovide  le  sujet  de 
ses  vers,  et  gue  même  quand  il  s'attache  i 
des  idées  moins  fantastiques,  il  les  orue  par- 
Ibis  encore  des  images  de  la  mjrtbologîe.' 

D'accord  sur  ce  point  avec  M.  Ampère  ,  je 
ne  lesuis  plusquaad  il  ap|ielle  AusoncMep- 
tique  for  habituât.  On  a  cité  deux  exemple» 
de  ces  locutions  dubitatives;  on  aurait  pu 
en  transcrire  un  troisième  [257}.  Eb  bien  1 
(rois  phrases  décèlent*elles  une  habitude! 
Nous  verrons  an  contraire  qu'elles  sont  des 
exceptions  aux  habitudes  de  l'auteur. 

Ce  n'étaient  li  que  des  expédients  d'écri- 
vain. Ausone  eut  souvent  à  revenir  sur  cer- 
tains aiyets,par  t-xemple,  sur  nos  destinées 
futures.  Ses  poésies  religieuses  et  les  élé- 
gies consacrées  k  la  mémoire  de  te»  )iarenls 
et  des  professeurs  de  Bordeaux  ramcoaieut 
i  rhaaue  inslaot  cette  idécCommeut  le  rhé- 
teur ériter»-(-il  la  monotonie?  Il  a  recours 
à  toutes  les  périphrases  imaginables  :  cbré- 
lienoes,  païennes  et  même  dubitatives  ;  niais 
il  n'est  pas  vrai  ijue  ces  périphrases  aient 
toujours  été  dubitatives.  Sans  rappeler  les 
affirmations  si  précises  de  VEpkaterU,  on 
peut  citer  bien  d'autres  pièces  qui  repous- 
sent toute  idée  de  doute.  Dans  les  élégies 
sur  s^  parenis,  il  soutuile  l'Elisée  i  son 
oncle;  il  salue  son. aïeul  au  milieu  de  l'a$- 
teatbUe  da  dmts  pietuet;  il  prend  h  témoin 
de  ses  résolutions  de  célibat,  dnjiuis  la  moit 
de  son  épouse,  Talisius,  qui  le*  connait  sous 
le  marbre  de  son  tombeau  :  il  se  félicite  djë 
ce  que  sa  cendre  ira  dire  A  la  cendre  de  ta 
bieo-aimée  Sabine  que  leurs  entants  fleu- 
rissent ornés  des  faveurs  de  Dieu;  il  de- 
mande des  prières  pour  que  son  beau-frère 
Sanclus  obtienne  dans  l'autre  vie  le  calma 
dOQl  il  s  joui  en  celle-ci.  N'oublions  pas  les 
quatre  vers  qui  terminent  les5ouemîr«  dsf 
profateuri  de  Bordeaux:*  quevulre  cendre 
jouisse  du  repos  dans  la  tombe,  et  que  la 
mémoire  de  vos  noms  reste  vivante  jusqu'à 
ce  que  la  bonté  de  Dieu,  notre  juge,  fasse 
naître  le  siècle  qui  nous  sera  commua  avec 
les  immortels  {^)1  >  Il  ne  serait  pas  dif- 
Qcile    de    multiplier   davantage  ces   cila- 


liSt)  TmrplMkam,  iï<. 

(ttSf  CCTtaîBS  dofiiies,  U  est  vrai, 
«taâ  ^'ifiré»  rMiniBistralilHi  d«  ln| 
l^erw  àâii  tnp  Décccsaire  foiT  qu'on 
u  friMîiwe  Egtbe  Vageaki  en  qoelque  mi 
«  rfc^riiisaiiiaipfoyfeâ  eoaveruraai 


(ÏMJ  Bist.  lia.,  etc..  1. 1,  p.  U3-Î4S. 
rêvé-         (237)  Voici  llndicaiiaD  des  trois  passages  :  i*a- 
CelM      rmuJtB,  earaen  16;   Commemorath  vrof.  Bur- 

»  VB      digal.,  canB>n  i  ;  epL  U  orf  Pamliamm,  113. 

MUM         f258j  Paraïudia,  e.  4,  R,  9,  10,   18.  —  Cêwa». 

*  P*'      prof.  Bard.,  c.  27, 


m 


ftn 


nCnOHIUIRB  APOLOGETIQUB. 


lioDf  (SSV).  ReiDirqaons  0t)6n  que,  ntftme 
iJaiu  eellei  des  élégies  où  le  poêle  nemen- 
tioDDe pas uneaulreTÎe.il  adresse pourlBDt  la 
parole  à  Ks  morts  regrellés,  ce  qui  n'est  point 
un  signe  de  sceplicisme.  Ausone  n'a  donc 
point  été  hsbilaellenient  sceptique  en  ses 
croyances,  comme  l'assure  M.  Ampère. 

Les  traces  de  Tsgne  déisme  decouverias 
4an8  Aasooe  et  Boèce  par  H.  Ampère,  ce 
«ont  les  endroits  où  ces  auteurs  appellent 
Dieu  simplement  Dieu,  et  non  pas  Père,  Fifs, 
Saint-Esprit.  C'est  en  vain  qa'Ausone  nous 
a  dtt  dans  \'Epkemerii  que  son  Dien  est  ce- 
lui des  Chrétiens  ;  c'est  en  rain  que  Boëce  a 
p«bl>é  des  traités  sur  ta  Trinité  et  mut  le* 
deux  naluru  en  Jiêui-Chrht;  ils  sont  déistes, 
selon  M.  Ampère,  et  leur  Dieu  doit  être  ce- 
lui de  Platon,  puisqu'ils  se  permettent  de 
l'appeler  Dieu.  De  sorte  que  nous  aussi,  quanil 
nous  récitons  VOraiion  Dominical*,  oii  il 
n'est  point  question  de  la  Trinité,  nous  som- 
mes déistes,  sauf,  il  est  vrai,  à  redurenir 
<ftirétien3  quand  noua  commençons  le  Sym- 
boit46$apôtret:  notre  religion  change  avec 
le  verset  de  oetre  prière.  Ainsi  en  est-il  du 
prétendu  déisme  de  Boêce  et  d'Ausone  :  c'est 
une  très-rauBse  supposition.  Il  doit  suffire 

Îu'un  auteur  ait  averti  qu'il  nomme  Dieu  la 
rinité,  pour  que  dans  la  suite  le  premier 
de  ces  deux  mots  soit  aeus  aa  plume  le  sy- 
uonyme  du  second. 

H.  Ampère  donne  inflnfment  trop  d'im- 
portance au  petit  poème  bizarre  intitulé  Grv- 
pltt,  espèce  de  cbant  bachique  improvisé  i 
îa  Qn  «'un  repas,  pendant  une  expédition 
militaire,  et  que  faulear  lui-même  appelle 
ane  niainrie  (ineptiola  Auj'tu).  Ce  n'est  point 
nne  pièce  païenne.  S'il  v  a  des  allusions  à 
la  mythologie,  il  y  en  a  a'aulres  à  l'histoire, 
b  la  rhétorique,  a  la  philosophie,  aux  ma- 
thématiques, à  fastronomie,  k  l'architec- 
ture. Depuis  les  trois  auareM  /lunïjuef  jus- 
qu'aux troit  genra  iCétoquence,i\  mentionne 
presque  tout  ce  qui  représente  le  nombre 
trois.  Bieo  loin  de  s'étonner  avec  H.  Ampère 
qu'un  Chrétien  ail  si  peu  mis  de  christia- 
nisme dans  cette  blaeUe,oo  peut  regretter  ce 
qu'il  y  en  a  iotroduit.  Faut-il  encore  faire 
observer  que  si  lepoèteaéléiirefsur  la  Tri- 
nité, c'est  qu'il  l'a  été  d'ordinaire  sur  cha- 
Î|ue  sujet,  et  que  Tbabileté  consistait  ft  ren- 
ermer  en  trois  mots  le  dogme  des  trois 
personnes  (ter  Devu  uniujl  ËnBn,  s'il  clôt 
par  W  son  oauvre,  ce  n'est  pas  qu'il  eût  jus- 
qu'alors oublié  la  Trinité,  mais  c'est  qu'il 
gardait  pour  bouquet  Huai  la  principale  idée  ; 
el  cela  encore,  s  il  fallait  revenir  sur  cette 

1S59)  Pannt.,  1,  S,  S7,  S9.  —  D  en  eK  dp  scep- 
ticisme d'Ausone  comme  de  cdui  de  uint  (Grégoire 
de  N>iiaDxe,qiil  s'écriait  dans  une  de  sea  invectives 
centre  Juliea  :  ■  RéveiUe-loi,  cendre  dn  grand  Cong- 
tantin  I  S'il  mt»  tttton  ftûffiM  untimeta  iohi  ta 
(omtc,  ime  héroïque,  écoute  me*  parolei  I  i  Ces 
Mtrtes  de  toculioBS  n'éiaienl  point  Keptiquea,  puis- 

}ue  IniériesremenI  l'orateur  et  t'audiuiire  rëpan- 
Bient  affirmativeucnL 

(S60)  H,  AflifdnJHxive  avec  raison  dans  VEplu- 
Wêat  «ne  prenve  irréciuabte  du  cbrisiianiime 
Ouione.  il  ajoute,  p.  UO  :  <  Son  oralion  finie,  it 


matière,  prouverait  qu'Ansone  était  chrétien. 

11  n'y  a  donc  pas  suOisante  eiactituiie  dans 
ce  que  H.  Ampère  affirme  aussi  bien  lur  ce 
badinage  que  sur  le  déisme  et  le  sceplicisme 
littéraires  du  rhéteur  chrétien  ee  Bor- 
deaux (260) 

U.  Ampère  (t.  I,  p.  ^5]  fait,  \  l'occiiiDn 
d'un  poSme  de  saint  Paulin,  des  obserratioDi 
d'uue  orthodoxie  non  moius  sérère  qu'ï 
propos  d'Ausooe.  Il  dit  :  *  Le  chrislisaisme 
de  la  pn'^e  de  Paulin  est  un  peu  indécis 
pourtant,  et  l'on  surprend  encore  quelques 
retours  rers  des  sentiments  et  une  sagesit 
profanes.  Paulin  adresse  au  ciel  des  tcbui 
qui  conviendraient  li  un  honnête  païen: 
«  Pui£sé-je  avoir  une  joyeuse  maison,  une 
a  épouse  chaste  et  des  dis  chérisT  ■  Alors  il 
désirait  être  père,  l'idée  <lu  célibat  dans  le 
mariage  élait  loin  de  lui.  Il  demande  de  ne 
pas  avoir  des  jours  tristes,  de  ne  soufFrir  d 
dans  l'dme  ni  dans  le  corps.  It  n'avait  p» 
accepté  la  croix  véritable.  Quelques  ren 
exaltés  qui  se  trouvent  &  cdté  de  ses  sou- 
haits timides  montrent  tes  fluctuations  de 
celte  âme  uncore  agitée.  >  Tont  ceci  est 
exagéré.  Si  l'on  n'est  encore  qu'un  pro/au, 
un  Aoim^/«  paicn,  quand  on  adresse  «u  ciel 
les  souhaits  formés  par  Paulin,  il  s'ensuit 
qu'un  bon  orthodoxe  doit  s'abstenir  de  réci- 
ter rOraifon  Dominicale,  parce  qu'un  païen 
pourrait  dire  comme  nous  :  «  Donnei-nous 
amourd'hui  notre  pain  de  chaque  jour... 
Déuvrei!-non8  du  mal,  »  A  ce  compte-li, 
Jésus-Christ  risque  beaucoup  de  n'être  pu 
chrétien;  car  on  sait  quelle  prière  il  Gtia 
jardin  des  Olives,  la  veille  de  sa  mort:  Tr» 
*eat  calix  iite...  Gardons-Dous  donc  d'eabliet 
que  la  croix  de  l'ermite  n'est  point  seule  li 
oroi's  véritablt. 

m. 

Ooelle*  hrent  tet  pl^ntM  d'Ansme  contre  mlal  Pinlo: 

H.  DR   CHATBtURRIAItD.  —  «  I)    o'esl    |11!i 

(au  IV'  siècle),  jusqu'aux  poètes,  dans  In 
deux  cultes,  qui  ne  gémissent  de  ne  pourorr 
chanter  aux  mêmes  fontaines  et  sur  la  aimt 
montagne.  Ausone,  de  la  religion  d'Hooére, 
écrit  S  Paulin,  de  la  religion  du  Cbcisi- 
■  Uuies,  divinités  de  la  Grèce,  entendez  eelie 
t  prière,  rendez  un  poêteaux  muses  du  La* 
«  tium  (261).  » 

Quand  Ausone  regrettait  de  ne  pascAM* 
fer  aux  même»  fontainet  que  Paulin,  cv  n'éUit 
pas  une  différence  de  cultes  qui  les  s^in- 
rail,  c'étaient  les  Pyrénées;  Paulin  babiliit 
l'Espagne.  Ausone,  qui  souhaitait  son  re- 
tour, plaçait  ses  vœux,  comme  nous  l'avoDS 
déjï  dit,  sous  la  protection  et  de  la  Trinité 

(Ausone)  reprend  les  petiu  vert  qu'il  avait  lusi^ 
pour  te  pompeux  hexamètre.  Aitet  prié,  dit-il  ud 
peu  Inrusquemenl,  et  il  n'est  plus  question  que  it 
cboaes  mondaines,  t  La  conclusian  de  la  priéreiii 
poète  n'est  pas  lont  k  fait  ai  bruiqne  :  i  Auei  pné. 
a-t-il  dit,  quoique  pourunt  des  coupables  k  ^ 
seul  Jamais  assez  prier  Dieu,  i  Si  l'oraison  dAa- 
iono  n'eu  "uivie  que  de  détails  mondains,  cali  *ittl 
peul-élre  i  ce  que  le  poème  est  maintenant  iacoiB; 
plet.  D'ailleurs,  Auaone  n'était  uag  un  clert  qui 
n'eût  à  songer  qu'ï  des  actes  de  devotiou. 
(Wt)lll-  £nitffsfttst.,iii' partit. 


m 


DKTKHtMAIRE 


K  des  muse*.  Voilk  toul  le  secret  de  celle 
pliinla,  qui  n'était  donc  p>*  celle  d'ua  ami 
K^jiinant  d'Mre  sépard  de  son  ami  par  Is 
urrière  de  la  religioD. 

H.  AmpAkk.  -~  a  AusODe...  écrivait  aax 
rhétean  ses  «mis,  à  Paol,  k  Sjiniiiaque  et  à 
hofio.Miis  Paalififijai  était  en  Espagne,  ne 
ridait  pas.  11  n'arrirait  au  maître,  sur  son 
diKîpIe,  que  de  vagues  rumeurs,  de  vagOAS 
ptilales  ;  parUgeaat  le  mécontentemenl  des 
aarres  amis  de  PauNo,  il  lui  adresu  quatre 
éptim  en  vert,  dont  trois  uons  sont  parve* 
Doc*.  pour  lui  reprocher  son  silence...  Au- 
UM  répand  son  impatience  eo  vers  d'une 
po^e  d'eipreuion  qu'il  n'a  peut-être  ja- 
nuisiçilée  :  ■  ...  O  muses,  divinités  de  la 
«Béotie,  euuet  cette  prière,  et  rendez  un 
■  poêle  au  Bases  latines...*  Ailleurs,  il  ap- 
parie le  nriopbjle  lui-mdme  un  impie  :  ■  Im- 
*  pie,  lui  dit-ïl.  In  pourrais  séparer  Hercule 
-  «  de  PiriUioâs,  Nîsus  d'Euryalâl  >  Pour  Au- 
»oati,l'€teè*  de  la  piété  cbrélienne  était  une 
impiété  envers  les  moMS  et  l'amitié  (S62).i 
iBsonctoojours  sans  réponse  de  son  ami, 
vojsDl  an  contraire  vendre  ses  biens  (263) 
ti  eotendaal  courirsor  lui  de  mjfiiei niMewrs 
d  de  MfMci  plainta,  s'alarmait  et  ne  se  las- 
sait pas  de  rappeler  l'absent.  Hais  savail-il 
uiie  la  chajKsment  de  vie  attribué  à  son  ami 
«4it  îuspire  par  la  dëvotioQ,parrezc^  delà 
^â/,  comaw  dit  H.  Ampère?  Non,  il  ne  le  sa- 
lait pas.  Dans  ses  trois  plaintivus  é;>ltre8,  pas 
we  sfllabe  n'a  rapport  au  christianisme 
fin  ou  moins  fervent  de  Paulin,  el  n'indi- 
fw  k  quel  eulle  il  appartient.  Quand  les  let- 
Ires  du  poète  boroelais  eurent  eniin  ren- 
contré son  ami  en  Espagne,  celui-ci  répon- 
^  tt  nous  lisons  dans  ses  vers  :  «  Lorsque 
U  icMiDiDée,  cette  mère  des  mensonges, 
la  «fisse  dans  les  oreilles  pures,  la  foi  et  fa 
/wAene  veulent  pas^qu'un bon  père,  imitant 
It  vulgaire  méchant  et  smi  des  rumeurs 
■Iroees, laisse  Icscalomoiess'enracinerdans 
»o  conr.  Ce  n'est  pas  toujours  un  crime  de 
Jrpouiller  ses  anciennes  mœurs  et  de  chan- 
ger de  vie.  Louons  ceux. qui  l'amélioreot  en 
Il  changeant.  Quand  on  te  parle  de  mon 
ttuu^ement,  examine  h  quoi  je  m'attacbe 
H    as  que  je  bis.  Lorsque,  par  hasard  tu 
tsnrais  qaeUn  résolulioosj'ai  prises  et  exé- 
lalèes .  comment  j'ai  consacré  mon  cœur  an 
I>ieu  toat  Ixtn,...  je  ne  oense  pas  que  celte 
coodaite  puisse  désagreer  k  la  sagesse  de 
ftOQ    pjfcre,  jusqu'k  lui  faire  appeler  folie 
ciftie  vie  toute  au  Christ,  comme  le  Christ 
reiige  (96k).  - 

Ausooe  ne  connaissait  donc  pas  le  carac- 
Itre  du  changement  opéré  dans  son  élève, 
et  il  ne  s'est  pas  révolté  en  épicurien  contre 
•a  perfection  de  la  morale  éf  angélique. 

fWtt  Bill,  nu.,  de',  L  I,  p.  276. 


AP0LOCETIQI1E. 
ViLLeaiiif. 


ART  tu 

M  Blessé  du  nicnca  de' 
son  ami,  et  le  croyant  entraloék  la- religion 
parsa  femme,  il  (Ausone)  lui  disait  :  ■Hun 
<  cber  Paulin,  si  tu  crains  d'être  Irabi.d'ètre 
■  accusé  h  cause  de  mon  amitié,  que  ta  i<Bmme 
«  l'ignore  ;...  a  il  renouvelait  dans  une  aotie 
épttre  ses  plaintes  et  ses  prières...  S'in- 
dignant  de  la  siIeDcieu.''e  miideur  de  son 
emi.  il  lui  souhaitait  poétiquement  tous  les 
malheurs  qu'il  pouvait  trouver  dans  ses 
classiques  souvenirs;  il  le  condamnait  à 
errer  triste  et  farouche  comme  le  Belléro- 
pbon  d'Homère  (265).  ■ 

Jamais  Ausone  n'a  laissé  entrevoir  qu'il 
crût  Paulin  enlratné  par  sa  ftmme  à  h  nli- 
gion.  Il  a  seulement  demsndé,  entre  mille 
autres  suppositions  pour  expliquer  le  silence- 
de  Paulin,  si  sa  femme  oe  l'empocherait  pa» 
de  correspondre  avec  ses  amis. 

Ensuite,  ce  n'était  pas  k  Paulin  que  1» 
poêle  irrité  souhaitait  les  inforluoes  du  fila 
de  Glaucus,  mais  k  ceux  qui  rendaient  Pau- 
lin insensible  aux  prières  de  l'amitié.  Il  igno- 
rait que  ai  son  ami  oe  répondait  pas,  c'était 
parce  qu'il  n'avait  pas  reçu  les  lettres  qu'on 
lui  avait  adressées.  ■  Quel  est  donc  l'impie, 
s'écriait  Ausone,  qui  t'a  persuadé  de  garder 
cet  étemel  silence  1...  Que.muet,  il  parcoure 
les  sommets  des  Alpes,  tel  qu'errail  aulre- 
fois  dans  la  solitude  Bellérophon  ileveou 
fou  (266)  1- 

En  relevant  si  longuement  ces  impatien- 
tantes dialractioos  sur  Ausone,'je  craius  bien 
d'avoir  à  mon  tour  impatiente  le  lecteur, 
moins  attaché  que  moi  au  charmant  poêle 
de  Bordeaux.  C'est  que  lespersonnaj^es  dont 
j'entreprends  la  juste  déunse  deviennent 
pour  moi  des  amis  ;  en  vivant  si  longtemps 
dans  leur  intimité  ,je  m'attacbe  k  eux  comme 
k  des  frères  dont  rbonneor  m'est  ausâ  cber 
que  le  mien. 

Si  j'ai  tant  insisté  à  prouver  que  la  plèbe, 
au  IV*  et  au  v*  siècle,  ne  formait  pas  seule 
le  peuple  chrétien,  ce  n'est  pas  que  j'aie 
bonté  pour  le  sacerdoce  de  ce  cortège  d'»- 
gnoraots  et  de  pauvres.  La  gloire  n'esl*«lle 
pas  au  contraire  de  consoler  leur  misère  et 
de  leur  présenter  l'éteroalle  compensation-t 
Beati  pmperaT  Hais  puisque  rnistoire  de 
ces  âges  lointains  réunit  le  peuple  et  les 
maîtres  en  une  commune  croyance  an  sein 
de  l'Eglise,  pourquoi  doonecait-on  un  dé- 
menti  k  l'histoire  (267)7 

ARiSTOTE,  sa  classification  des  races 
humaines.  Foy.  Backs. auiuiiixs,  l-L 

ABONDEL  Imarbre  d'),  cités.  Koy.  Psx>- 
caoLosix ,  I  lu. 

AJLT,  au  point  de  vue  panthéiste.  Foy, 
Phuasopme  ruiTflAisTieue  os  L'msioiai, 
IV. 

(865)  A'( 


tmbm  (  peena  hi,  carm.  13,  w  S.  Felùxnt,  il6  )  déflnilÏTe  de*  MUmigât,  moi  le  litre  de  TMt*m  dé 

»■■   appteed  qu'il  se  donna  i  Dieu  ei  quUla  le  réhqmeiuê  ekrititiuie. 

mmàe  peu  «pris  avvir  failli  être  compromit  dans  (W«)  En.  S5,  62.  etc. 

œ  «ecmauk»  capitale  an  frappa  toe  frère.  (S6i)  Emprunté  an  savant  onvrage  de  X.  l'abM 

OU)  Peem  s,  SM,  fa.  —  Les  doaiàres  fa-  Gomi»,  Difemu  ée  CEglm  tnuu  ici  «rrven  M»m- 

'Ms  4c  «Bt  eitraii  sent  uae  nouvelle  preuve  du  rifw*.  eic,  l.  f. 


AST 


OICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


ARTAUD,  inspecteur  de  l'Universilë, 
adinol  un  développement  dans  le  dogme 
catholique;  réfutation,  foy.  Doshbs,  S  11. 

ARTS,  les  plus  sublimes  créations  des 
firts  sont  ÎDSpirécB  par  le  culte  catholique. 
Yojf.  Culte,  )  II  et  III.  —  Arts  domestiques 
et  d'agréments  chez  les  Egyptiens.  Yoy. 
MoifOHEHTs,  etc.)  S  VIII.  —  Ce  qu'il  faut 
penser  de  leur  origine  d'après  le  Genèse; 
réfutation  de  H.  de  Brolonne.  Fou.  Pstcho* 

LOOIS,  i  V. 

ASTRONOUIE.  —  Nous  ne  oouTons 
nous  arrêter  ici  i  décrire  les  sphères  ra- 
dieuses de  l'esnace  ni  h  énuœérer  les 
Îrands  phénomènes  qui  s'y  manifestent, 
e  lecteur  qui  aura  eu  quelquefois  l'oc- 
casion de  contempler  le  ciel  dans  une  forte 
lunette  de  nuit,  comprendra  l'enlbousissme 
qu'inspirent  ses  sublimes  aspects.  On  est 
alors  comme  transporté  au  milieu  d'une 
eréalfoR  nouvelle.  Le  firmament  se  déploie, 
les  astres  se  transfigurent,  l'univers  prend 
des  proportions  inconnues.  De  l'horizon  au 
zéoitb,  ce  ne  sont  que  vastes  continents  de 
lumière.  Notre  salellile,  hérissé  de  pitons 
flamboyants  et  tacheté  d'ombres,  couvre 
de  son  orbe  élargi  tout  un  pan  du  ciet.  Les 
planètes  ne  sont  plus  de  pSies  étincelles  : 
Jupiter,  avec  son  horizon  paré  de  quatre 
lunes  brillantes,  apparaît  aussi  grand  que 
le  reue  d'un  char;  le  croissant  démesuré 
de  Vénus  resplendit  d'une  blanchear  éblouis- 
sante; Mars,  pareil  au  bouclier  rond  qui 
sort  informe  de  la  fournaise  ,  se  montre 
gilibrux  et  sanglant  ;  Saturne,  h  traversplus 
de  trois  oenls  millions  de  lieues,  propose 
l'énigme  de  ses  mjstérieui  snneaai,  contre 
lesquels  loate  cosmogonie  échoue;  h  l'ho- 
riion  de  notre  système,  par  delè  cette  pro- 
digieuse étendue,  aux  contins  de  laquelle 
le  puissant  triangle  a  su  l'aller  atteindre, 
le  lent  Uranus,  k  l'année  séculaire,  nous 
dévoile  son  ciel  loinliin  où  six  iunes  se 
lèvent;  et  au  doit  enoora,  bien  loin  au  deli, 
à  plus  de  douze  cents  milliona  de  lieues  du 
«olell,  il  faut  h  la  planète  de  Leverrier  plus 
de  deux  siècles  poursceomplir  sa  révolution 
dans  son  orbite  immense. 

Les  nébuleuses  les  plus  faibles  se  peu- 
plent de  soleils  sens  nombre;  les  astres 
doubles,  changeants,  colorés,  temporaires, 
«e  révèleol  eo  foule,  et  chaque  étoile  est 
un  univers. 

Et  quand  la  acience  vous  a  expliqué  l'é- 
pouvantable volume  de  ces  corps,  l'incnm- 
loensurable  distance  qui  les  sépare  ,  la 
vitesse  elTroyable  de  leur  marche  que  rien 
n'égale,  si  ce  n'est  la  régularité  de  leurs 
évolutions  précises)  quand  vous  songez 
combien  sont  illimités  ces  espaces  où  les 
comètes  traînant  après  elles  une  chevelure 
de  aoixiDie  millions  de  lieues,  se  meuvent 
i  l'aise  eu  milieu  des  systèmes  semés  par- 
tout sur  leur  roule;  qusod  l'astronume 
vous  dit,  avec  l'émotion  de  son  ime  qui  ne 
i>eul  s'habituer  h  tant  de  merveilles,  que 
dans  une  portion  de  la  voie  lactée  que  cou- 

ises)  /  Tim.  m,  10. 


vrirait  sans  peine  la  main  d'un  enfant,  gr». 
vitent  mille  soleils  entourés  chacun  d» 
planètes  qu'il  emporle  et  qu'il  féeonJe,  et 
centre  d'un  firmament  plus  rtche  que  le 
nôtre;  quand  il  vous  démontre  que  Sirius 
est  un  astre  au  moins  qoBtnrzo  Tois  plus 
Krand  que  celui  qui  nous  dispeusft  ta  cha- 
leur et  ta  vie;  quand  il  vous  arrête ï  celte 
pensée  prodigieuse,  qu'un  soleil  menanlk 
sa  suite  son  cortège  de  comètes,  de  sstdiiki 
et  de  mondes,  circulant  autour  dn  lui  dgr» 
un  champ  de  plus  de  cent  mille  millisrds 
de  lieues  de  circonférence,  avec  une  vilesse 
moyenne  de  sii  lieues  par  seconde,  vu  t  lu 
distance  qui  nous  sépare  de  la  plus  v<;isine 
des  étoiles  de  ta  voie  lactée,  n'esi  plut 
qu'une  imperceptible  nébulosité  que  mni- 
querait  un  atome  de  poussière  ou  le  dii- 
mètre  d'un  cheveu  :  ohl  alors,  reuvenj 
par  tant  de  gloire,  vous  vous  demandez  ce 
que  c'est  que  l'homme  qui  n'est  rien  derinl 
tout  cela ,  et  ce  qae  c'est  que  Dieu  devaDl 
qui  tout  cela  n'est  rien. 

Oui,  encore  une  fors,  que  sommes-nons, 
grand  Dreul  que  sommes-nous  an  milieu 
de  cet  infini?  A  quoi  tient  notre  globolt 
terrestre,  dont  nous  sommes  si  Sers,  que 
nous  trouvons  si  grand  et  que  nous  c'aper- 
eevoHS  plus  au  Ibilieu  de  celle  iaénsrrsbie 
universalité  des  mondes?  Qn'est-ce  que 
notre  vie  è  cAté  de  toutes  ces  vivsnici 
créations  qui  rayonnent  Ik-haut,  qui,  seni 
pAlir  jsmais,  voient  passer  ici-bas  comme 
des  éphémères  et  des  secondes  les  ijénéfi- 
tions  et  les  siècles?  Qu'est-ce  que  Dolni 
esprit,  qu'est-ce  que  l'étincelle  de  noire 
Ame  en  face  de  tous  ces  feux  célestes,  noire 
injelligence  en  face  de  toutes  ces  clarléil 
Oui,  qu'est-ce  donc,  qu'est-ce  que  l'homme, 
morlel,  InQme,  au  bas  de  cet  univers,  ai 
fond  de  cet  océan  de  vie? 

£h  bien  I  l'homme,  c'est  l'être  qui  con^oH 
cet  univers,  dans  lequel  peut-èlre  il  otfi 
congu  nulle  pari  qu'au  ciel,  et  par  Dieu  el 
ses  anges... 

Mais  ce  nest  pas  par  une  semblable  uo- 
sidéraiion  que  l'incrédule  se  relève  souill 

foids  de  tant  de  grandeur.  La  conciusioD 
laqueÛe  il  s'arréle,  la  voici  :  ■  Dne  aussi 
chétive  portion  de  l'univers  que  ûolfl 
terre,  dit-il,  n'a  jamais  pu  être  l'objet  dt 
ces  attentions  signalées  que  le  chnstianistH 
se  platt  è  lui  assigner.  On  ne  peut  adoietin 
qoe  Dieu  êi  toil  manifeilé  àatià  noirt  chair 
(868}  pour  le  salut  d'un  monde  si  insigni' 
liant.  Jamais  le  monarque  de  tout  un  cofi- 
tinent  ne  se  résoudrait  è  s'éloigner  rie  H 
capitale,  &  se  dépouiller  de  la  splendeur  M 
la  royauté  et  h  s'assujettir,  pendant  dcs  œM 
ou  des  années,  aux  dangers,  &  la  peuirall 
et  à  la  persécution,  pour  aller  résider  im 
quelque  petite  lie  de  sa  domination,  wn 

?'je  si  un  tremblement  de  terre  venait  i 
engloutir,  cot  événement  inaperçu  n'olA 
rajt  ri^n  h  la  gloire  d'un  si  vaste  tmpirel 
et  tout  cela  afin  de  regagoer  l'aireciiM 
perdue  de  quelques  familles  obscures  4" 


tn 


UCnOXNAlRC  AHH^OCETIQDE. 


mSJ 


r» 


rhiliileoL  Et  le  Fils  éUniel  d»  Dieu  non 
|ilai,  Idï  qui  oons  est  réréld  comme  aj/ani 
fkil  tmu  U$  wunda  {Cohtt.  i ,  16  :  Bebr.  t), 
«KDine  $»utenaMi  hr  empire  [tta.  ix,  6], 
aaseJD  des  spleudeurs  duqoe)  )e  globe  qui 
BOUS  est  écDD  est  éclipsé  dans  Tinsigai- 
faute,  ne  voudrait  pas  se  dépouiller  oe /a 
fUin  qu'it  avait  atec  le  Père  avant  que  le 
MMfc  /ttf  f/mm.  ira,  5),  et  descendre  sur 
t't  indigne  tbéAtre,  dans  le  dessein  qne  Jui 
•uribne  le  NouTetu  Testament.  I)  est  im- 
l-ofsible  que  les  iniérfiU  de  celle  chétire 
pIsDite,  qui  BCGOmplït  son  petit  cercle  au 
milieBd*aae  iofinilé  de  mondes  plus  grands* 
soit  d'une  telle  importance  dans  les  plans 
de  t'bernel ,  ou  ait  fait  natlre  dans  les 
cieai  tta  BOureinent  si  étoonaot,  que  le 

Fib  de  IHea  ait  dû  prendre  la  forme  de 
Dom  espèce  dégradée  ,  séjourner  parmi 
Boiu,  participer  i  toutes  nos  infirmités ,  et 
emronBef-  tons  ees  signes  d'hnmiliatioii 
par  l'opprobre  et  les  agonies  d'un  cruel 
ourtfre.  • 

VoiU  ce  ani  s  été  avancé  comme  une  dlF- 
ifjIK  dans  la  voie  de  la  révélatioa  chré- 
iJcfiDe,  et  plusieurs  de  nos  incrédules  phi- 
lowpbes  se  van[ent  que  la  lumière  du  Nou- 
veau Tesument  est  éclipsée  et  anéantie 
P*r  la  lumière  des  découvertes  modernes  ; 
Dais  le  mal  ne  s'est  pas  trarné  sus  philoso- 
l-ties,  car  l'argument  a  passé  «a  d'autres 
nains,  elles  explications  pupolaires  qu'on 
iMuw  aujourd'hui  des  plus  sublimes  véri< 
lètkle  la  science  ont  largement  répandu 
(Mit  le  déisme  qu'on  a  greffé.sur  lui  ;  le  ton 
imchant  d'un  mépris  décidé  pour  rRvan- 
p.^  est  maintenant  associé  au  stjle  léger 
û'aaarquis  superficiel;  et,  tandis  que  le  vé- 
\.hM9  Newton,  dont  le  génie  ouvrit  ces 
vui«  champs  de  contemplation,  trouva 
«11»  noterprélaliçn  de  la  Bible  une  oc- 
fjfialîonqui  eiarçait  dignemeai  se»  facul- 
le§  intellectuelles;  com&ien  u'yen  a-t-ilpas 
•lui,  quoique  marchant  il  la  lumiàre  qu'il 
ait  devant  eui,  sont  séduits  par  une  salts- 
fsetioo  intérieure  qu'il  ne  lenlil  jamais,  et 

Si,  enflés  d'un  orgueil  qui  n'entra  jamais 
as  son  esprit  pieux  et  phïlosopnique, 
ne  prennent  garde  à  la  Bible  que  pour  la  ra- 
valer, la  tonrneren  dérision  et  (a  démen- 
tir? 

A  rant  d'entrer  dans  ce  que  nous  regardons 
roatme  la  réponse  directe  k  celte  objection, 
('t>serToiu  preli  minai  rement  qu'ells  tend  à 
ilépouiïfer  la  Divinité  d'un  attribut  qui 
f>jrme  nn  merveilleux  surcroît  à  la  splen- 
deur d«  son  incoiuprébeosible  caraclère. 
C'e»t  eo  effet  une  puissante  preuve  de  la 
t'jrcK  de  son  bras  qu'il  soutienne  tant  de 
aillioDS  de  mondes;  mnis  certainement  le 
»l>liiDe  attribut  de  sa  puissancn  en  serait 
encore  pins  éclatant  si,  tandis  qu'elle  s'é- 
tend sans  ot»tacle  parmi  les  soleils  et  les 
fTstèmes  de  l'astronomie,  elle  pouvait  en 
nuéme  temps  imprimer  le  mouvement  et 
d'>oner  la  direction  aux  moindres  rouages 
de  eetie  maebine  compliquée  qui  est  sans 
«tso  «a  jeu  autour  de  nous.  G'e^t  une  no- 
Ue  dimoiulration  de  la  sagesse  de  Dieu 


Sue  l'aclioo  continue  et  infatigable  qu'il 
onne  k  ces  lois  qui  maintiennent  la  sta- 
bilité de  ce  vaste  univers;  mais  cela  contri- 
buerait à  rehausser  cette  sagesse  d'une  ma- 
nière incoucevablesi,  tandisqu'elleestpru-' 
portionuée  k  la  magnifique  t&che  de  mairi- 
leair  l'ordre  ei  l'harmonie  des  sphères,  elle 

[irodiguait  ses  inépuisables  ressources  sur 
es  beautés,  les  variétés  et  les  arrangements 
de  tous  les  olyels  de  la  création  qu'il  tira 
du  néant,  quelque  modestes  et  quelque 
petits  qu'ils  soient.  C'est  une  bien  douce 
preuve  des  délices  qu'il  prend  à  communi- 
quer le  bonheur  que  la  totalité  de  l'immen- 
sité soit  ainsi  parsemée  des  habitations  de 
la  vie  et  de  l'intelligtince;  mais  cette  preuve 
aurait  bien  plus  de  lorce,  elle  ferait  sur  les 
coeurs  une  impression  bien  plus  vive  et  plus 
profonde,  si  nous  savions  qu'en  môme  temps 
que  son  regard  favorable  embrasse  l'incum- 
meosorable  cercle  des  èlres  créés  il  n'y  a 
pas  une  seule  famrtied'oubliée,  et  que  tout 
individu,  dans  quelque  coin  de  ses  domai- 
nes que  ce  soit,  esl  observé  avec  aulantd'at- 
teniioo  que  s'il  était  l'objet  unique  et  ex- 
clusif de  ses  soins.  C'ostuoe  suite  de  notre 
imperfection  que  nous  ne  puissions  donner 
notre  attention  à  plus  d'un  objet  i  la  fois; 
mais  certainement  toutes  nos  idées  des 
periections  de  Dieu  seraient  bien  plus  éle- 
vées si  nous  savions  que,  tandis  que  sa 
vaste  Intelligence  est  capable  de  saisir  toute 
l'étendue  de  la  nature  jusqu'l  ses  bornes  les 
plus  reculées,  il  a  l'œit  attentivement  atta- 
ché sur  les  plus  petits  de  ses  objets,  pèse 
toutes  (es  pensées  Je  mon  cœur,  remarque 
tous  mes  mouvements  et  enregistre  dans 
son  souvenir  jusqu'aux  moindres  circons- 
tances de  ma  vie. 

Et  enfin,  pour  appliquer  toutes  ces  cou- 
aiilérations  au  sujet  qui  nous  occupe,  sup- 

B usons  que,  parmi  lesmyriade*  innombra- 
les  de  mondes,  il  j  en  eût  un  qui  fût  dé- 
solé par  une  contagion  morale  qui  s'éten- 
drait sur  tous  ses  habitants  et  les  assujetti- 
rait k  la  condamnation  d'une  loi  dont  la 
sanction  serait  irrévocable  et  immuable,  il 
ne  serait  pas  extraordinaire  que  Dieu,  nsr 
un  mouvement  de  juste  indignation,  fit  dis- 
paraître de  l'univers  m  scandale  qui  le  dé- 
parait; et  nous  ne  devrions  pas  être  éton- 
nés quand  même,  parmi  la  multitude  des 
autres  mondes  d'où  des  chants  de  louange 
et  l'encens  d'une  pure  adoration  monteraient 
versietrftne  du  Tout-Puissant,  il  laisserait 
périr  dans  sa  criminelle  rébellion  ce  monde 
égaré  et  solitaire.  Hais,  dites-moi,  ahl  di- 
les-moi,  le  caractère  de  Dieu  ne  respirerait- 
il'pas  la  douceur  de  la  plus  exquise  ten- 
dresse, si  nous  le  voyions  employer  tous 
les  moyens  pour  rappeler  k  lui  ces  enfants 
qui  s'en  étaient  éloignés,  et  quelque  petit 
que  fût  leur  nombre  en  comparaison  de  la 
multitude  de  ses  Qdëles  adorateurs,  ne  se- 
rait-ce pas  donner  k  son  attribut  de  com- 
passion tout  Tinfinide  la  Divinité,  si.plutût 
que  de  perdre  le  seul  monde  qui  se  fût  four- 
voyé, il  envoyait  les  messagers  de  pair 
pour  le  solliciter  affectueusement  de  rev«- 


AST 


NCTIONN&nœ 


ntr  k  lui?  Bl  si  la  justice  demandait  un  st 
grand  ucriQce,  et  qu*il  fallût  ({Ufl  la  loi  fût 
untonrée  de  tant  de  dignité  et  de  solennité, 
dites-moi  si  cela  ne  réfuindrait  pas  une  su- 
blimité morale  sur  la  bonté  de  la  Divinité, 
s'il  (losalt  sur  sonpropreFits  le  tsrdeaude 
son  eipédition  aBn  qu  il  pAt  ennore  don- 
rire  à  ce  monde  et  tendre  le  sceptre  d'inri- 
iBlion  h  toutes  ses  fomillesT 

Nous  sommes  donc  obligés  d'aroaer  qoe 
cet  argument  de  l'incrédule  lend  k  anéan- 
tir une  des  perfections  du  caractère  de 
Dieu.  Ne  dernons-nous  pas,  h  mesarti  que 
nous  coooaissoQsdBTanlage  l'étendue  de  la 
nature,  concevoir  une  plus  baute  idée  de 
celui  doni  l'autorité  soareralne  embrasse 
les  intérêts  d'un  si  vaste unirersTMais  u'est- 
ce  pas  ajouter  k  la  brillante  nomenclature 
tle  ses  autres  attributs,  de  dire  que,  tandis 
que  les  objets  les  plus  grands  n'épuisent 
jioinl  ses  forces,  les  plus  petits  ne  peurent 
lui  échapper,  ni  les  plus  variés  lui  causer 
de  l'embarras  ;  et  que,  dans  le  même  mo- 
ment où  les  pensées  de  la  Divinité  s'éten- 
dent au  luin  sur  l'immensité  de  la  création, 
il  0*;  a  pas  une  parlicuJs  de  matière,  il  u'^ 
a  pas  un  seul  indlTidu  parmi  les  êtres  rai- 
sonnables ou  animés,  il  n'y  a  pas  un  seul 
Aïonde  dans  cette  étendue  qui  en  foormille, 
que  son  œil  ne  discerne  aussi  constamment, 
que  sa  main  ne  guide  aussi  sûrement,  et  que 
son  e5[)rit  ne  surveille  arec  autant  de  soins 
et  de  vigilance  que  s'il  était  l'objet  unique 
et  exclusif  de  son  attention  T 

La  chose  est  inconcevable  pour  nous, 
dont  les  pensées  sont  si  aisément  distraites 
par  le  nombre  des  objets,  et  c'est  là  le  prin- 
cipe secret  et  sans  eiceplion  de  l'incrédu- 
lité que  j'ai  maintenant  en  vue.  Pour  mettre 
Dieu  au  niveau  de  notre  capacité,  nous  le 
revêtirions  de  l'impuissance  de  l'homme, 
nous  altribuerionsa  sa  merveilleuse  intel- 
ligence toute  l'imperfection  de  nos  propres 
facultés.  Quand  I  astronomie  nous  apprend 
qu'il  ;  a  des  millions  de  mondes  à  surveil- 
ler, et  ainsi  ajoute,  dans  un  sens,  h  la  gloire 
de  son  caractère,  nous  enêtons  dans  un  au- 
tre, en  disant  que  chacun  de  ces  mondes 
doit  être  surveillé  imparfaitement.  L'usage 
que  nous  faisons  d'une  découverte  qui  de- 
Treit  rendre  plus  sublimes  toutes  !es  idées 
que  nous  avons  conçues  de  Dieu,  et  nous 
humilier  dans  le  sentiment  de  son  inBnilé 
kI  de  notre  néant,  est  de  nous  constituer  ses 
iuges  et  de  prononcer  un  jugement  qui  lu 
dégrade  et  le  rabaisse  fi  la  mesure  de  notre 
étroite  imagination]  La  science  moderne 
nous  iolruduit  parmi  une  multitude  d'au- 
tres soleils  et  aaulrei  systèmes,  et  l'interr 
{irélalion  perverse  que  nous  donnons  au 
ait  que  Dieu  peut  répandre  les  bienfaits  de 
sa  puissance  et  de  sa  bonté  sur  une  telle 
variété  de  mondes,  est  qu'il  ne  peut  pat  ou 
ne  veut  pas  témuigner  autant  de  bonté  i 
l'un  de  ces  mondes  que  nous  l'a  annoncé 
une  révélation  authentique  1  Taudis  que 
QOus  augmentons  les  provinces  de  son  em- 
pire, nous  ternissons  toute  la  gloire  qui  en 
devait  résulter  pour  sa  toute-puissance,  en 


APCH.OCETIQÏIE.  AST  m 

diunt  que  tant  d'objets  réclament  ses  isiT», 
que  eefoi  de  chacun  en  particulier  en  duit 
Aire  moins  complet,  moins  vigilant,  œuins 
réel.  Par  les  découvertes  de  la  science  mo- 
derne, nous  multiplions  les  districts  de  II 
création;  mais  en  même  temps  nous  vou- 
drions Cter  fi  Dieu  la  feculté  de  porter  m 
regards  en  tous  lieui,  pour  contempler  le 
bien etie mal;  etainsi,  tandis  que  nouseul- 
tons  une  de  ses  perfections,  nous  te  bi- 
sons aux  dépens  d'une  autre  ;  pour  le  mtl- 
Ire  i  la  portée^e  notref^ible  capacité,  doui 
voudrions  effacer  en  partie  la  gloire  de  ce 
caractère  que  nous  dovons  adorer  comme 
au-dessus  de  toutes  pensées  et  comme  plus 
grand  que  toute  compréhension. 

Je  vais  en  peu  de  mots  rt^produire  l'ob- 
jection que  nous  avons  entrepris  de  com- 
battre, a  Depuis  que  l'astronomie  nonsi 
découvert  un  si  grand  nombre  de  mondei, 
il  n'est  pas  croyable  que  Dieu  voulût  don- 
ner tant  d'attention  fi  ce  monde,  et  Ql  taol 
de  choses  merveilleuses  eu  sa  faveur  qut 
nous  l'annonce  la  révélation  chréiienne.  > 
Cette  objection  aura  reçu  sa  réponse,  li 
nous  pouvons  lui  opposer  la  proposilian 
suivante,  savoir:  que  Dieu,  outre  la  sim- 
ple faculté  de  s'occuper  d'une  multiplicité 
d'objets  dans  un  seul  et  même  temps,  i 
cette  bcullé  dans  une  perfection  si  edmi' 
rable  qu'il  peut  fixer  son  atienlioD  aussi 
entièrement,  pourvoir  aussi  ricbement,  et 
manifester  tous  ses  attributs  aussi  émi- 
nemment, sur  chacun  de  ces  objets,  que  si 
le  reste  n'existait  pas  et  n'avait  aticuoe 
place  quelconque  dans  son  gouverueiiienl 
ou  dans  ses  pensées. 

Pour  l'évidence  de  cotte  propositioi, 
nous  en  appelons  en  premier  lieu  i  l'bis- 
toire  personnelle  de  chaque  individu.  Ac- 
cordez-nous seulement  que  Dieu  ne  [lenl 
jamais  de  vue  aucune  des  choses  quil  i 
créées,  et  qu'il  n'y  a  point  de  chose  ciéit 
qui  puisse  continuer,  soit  d'être,  suit  J'i- 
gir  indépendamment  de  lui;  et  alors  mim 
sur  la  face  de  ce  monde,  quelque  humble 
qu'il  soit  sur  la  grande  échelle  de  l'islt'*- 
nomitt,  combien  Pailenlion  de  Dieu  n'esl- 
elle  pas  diversifiée,  et  combien  n'esl-ellB 
pas  multipliée!  Son  œil  est  ouvert  surlou- 
tes  les  heures  de  mon  existence;  son  es- 
prit est  intimement  présent  fi  toutes  le) 
pensées  de  mon  cceur  ;  son  inspiration  lail 
naître  mes  moindres  volontés;  sa  malDiia- 
prime  fi  chacun  de  mes  pas  la  direction  qu  il 
doit  suivre;  l'air  que  je  respire  eit  aliiçc 
par  une  énergie  que  Dieu  produit  en  moi; 
ce  corps  qui,  au  muindro  dérangement,  de- 
viendrait la  proie  do  la  mort  ou  de  cruelles 
soulfrauces,  est  maintenant  en  repos,  parce 
que  dans  ce  moment  il  écarte  loin  de  moi 
mille  dangers  et  entretient  les  mille  mou- 
vements de  sa  machine  délicate  et  compli- 
quée; sa  souveraine  influence  m'accompi' 
gne  dans  tout  le  cours  de  ma  vie,  toujours 
changeante  et  agitée;  quand  je  marche  dsflS 
la  solitude,  il  est  près  de  moi;  quantlje 
suis  au  milieu  de  la  Toule,  j'ai  beiu  [°'^' 
blicr,  il  ne  m'oublie  jamaisidans  ks  veille^ 


s  de  la  Doil,  quand  mes  paupiè- 
ret  MMil  fermées  et  qoe  mon  âme  a  perda 
h  sentimmld'eile-roAme,  l'œil  tigilaat  de 
edai  qoi  im  smumiUc  jamaù  {Pt.  cix,  k) 
«t  wrmoi,  je  ne  puis/Wr  de  sa  présence 
rPMf.«&srai,6);  où  que  j'aille,  il  me  garde, 
Trille  snr  moi  el  m'accompagne  de  sa  solli- 
dtiid«  ;cl  lefDéine  étredon  t  l'aclion  sedAploie 
aiiolciiaot  dam  lesdoDMJDes  les  ^lus  n>- 
nMs  de  la  nature  el  de  la  ProriileDce  est 
ausi  k  m»  droite  pour  prolonger  chaque 
■oaeatde  moo  existence  et  me  soutenir 
dus  rexerdce  de  toutes  mes  perceptions  el 
detamles  mes  facultés. 

Or,  ce  que  Dieu  fait  i  mon  égard,  il 
fefHt  poar  loua  lesiodifidus  delà  popu- 
laltM  de  ce  monde.  Chacun  en  parlicu- 
lier,  al  tooseo  généra)'  joaisseot  de  l'in- 
timU  ée  sa  présence,  de  son  attention  et 
de  H  MrilJeitude.  Sa  pensée ,  aussi  libre 
«oe  SI  elle  n'avait  pas  le  fardeau  de  la  mut- 
lilade  de  ses  autres  trorani,  peut  se  livrer 
sans  dùlraction  k  tout  ce  que  demandant 
' 1  el  la  survmllaDce  de  tous 


■esaflfksls  de  l'espèce  humaine.  Était-ce  i 
aaes,  aa  milieu  de  tous  ces  exemples  jour- 
aaliers,  ingrats  que  nons  sommas,  de  tracer 
BBC  limite  aotour  des  parrections  de  Dieu, 
de  dédarer  que  la  multitude  des  autres 
■ondes  a  prira  celui  que  nom  occupons  de 
BBtoindre  portion  de  sa  bien*eillanee,  ou 
qw  eeloi  dont  VasU  est  sur  chaque  famille 
tépué»  de  la  (erre,  ne  prodiguerait  pas 
Intes  les  riehesses  de  ses  impénétrables 
fllritmls,  snr  un  plan  sublime  de  grâce  et 
fboBonalité,  en  breDr  de  ses  innombra- 
Wes  générations? 

Ui^  supposé  que  la  pensée  de  Dieu  fât 
Busibiiguée  el  aussi  remplie  dn  soin  des 
aolm  mfMidcs  qoe  l'objeetion  l'aTance  gra- 


s  qoe  l'objeetion  l'aTance  gra- 
9  TerrioDs-ooos  pas  c 
frsees  de  oMigence  ood'inallenii 
eda      - " 


oe  TerrioDs-ooos  pas  quelques 

iMigence  ood'înalleniioo  dans 

ière  aa  conduire  le  nfttreT  N'obser- 


paa,  en  mille  endroits,  la 
pnMve  qoe  son  maître  est  surcbai^é  par  la 
nri<C<«e  ses  autres  occupations  T  Du  homme 
aoeablé  par  une  multitude  d'affaires  simpli- 
ierail  et  réduirait  le  trarail  qui  loi  serait 
imposé  par  quelque  nouvel  arrangement  ; 
or,  mcoirez  un  seul  indice  que  Dieu  soit 
ainsi  accablé.  L'astronomie  nous  a  UH  voir 
tant  de  royaumes  dans  la  création,  dont  oo 
K'aTail  f>as  oui  parler  aupararant,  qoe  le 
Bonde  que  nous  habitons  est  réduit  k  n'être 
p'its  qu  une  proTiocfl  éloignée  ut  solitaire 
de  celle  raste  monarchie.  Dites-moi  donc 
si,  dans  aucun  endroit  de  cette  province 
qui  soit  accessible  à  l'homme,  vcus  aper- 
cevex  le  moindre  signe  que  Dieu  se  soit 
épargné,  qoe  Dieu  soit  abattu  sons  le  poids 
de  a«s  aotres  occupations,  que  Dieu  suc- 
tAmbe  foos  le  fardeau  de  celte  vaste  surin- 
tendance qui  repose  sur  lui  ;  que  Dieu  soit 
ifaiaé,  eomma  le  serait  un  de  nous,  par  le 
wmbre  de  soins,  queluue  grand  qu'il  soit, 
par  leur  variété,  quelque  ioBnie  qu'elle 
Wisee  être  ;  el  ne  tods  apercevez-vous  pas, 
^oa  celle  immense  profusion  de  sagesse 
Il  de  bonté  qui  est  répandue  partout  au- 


APtHiOœnQiiB.  15T  m 

tour  de  nons,  qna    es  pentér$  de  cet  Etre 
impéitéIrabU  {Bom.  ii,  33  ]  ne  iiml  pat  nus 

Îfen$éet,tlgue3eM  voitênt  tout  pas  noiBoitiT 
fM.  LT,  9.) 

Quand  je  porte  mes  regards  sur  la  mer- 
veilleuse  scène  qui  est  immédialemeni  de- 
Tant  moi,  et  vois  que,  dans  toutes  les  di-  ' 
rections,  elle  m'offre  l'image  de  l'acliTité  la 
plus  variée  et  la  plus  infatigable;  quand 
j'observe  toutes  les  beautés  de.  ces  orne- 
ments qui  la  décorent,  el  toutes  les  emprein- 
tes de  dessein  et  de  bienveillance  qui  j 
abondent  ;  quand  je  pense  que  le  mémo 
Dieu  qui  tient  l'univers  avec  tous  les  sys- 
tèmes dans  le  creox  de  sa  main  colora 
chaque  fleur,  donne  la  sève  è  chaque  brio 
d'herbe,  est  le  principe  du  mouTemeot  de 
tous  les  êtres  vivants,  et  que  le  poids  de  sus 
autres  soins  ne  le  met  pas  hors  d'état  d'en- 
richir l'humble  coin  de  la  nature  que  j'oc- 
cupe des  charmes  el  des  commodités  Je  la 
vie  avec  la  variété  la  plus  illimitée  ;  alors, 
certainement,  si  un  message  revêtu  de  tou- 
tes les  marques  d'authenticité  déclarait 
m'èlre  adressé  de  la  part  de  Dieu,  et  m'in- 
formait des  choses  merveilleuses  qu'il 
a  biles  pour  le  bonheur  de  notre  espèce, 
ce  n'est  pas  h  moi,  en  présence  de  tontes 
ees  preuves,  de  la  rejeter  comme  une  fable 
mensongère,  parce  que  des  astronomes 
m'ont  dit  qu'il  7  a  tant  d'autres  mondes  et 
tant  d'autres  «-éatures  différentes  qui  récl*< 
ment  son  attention  ;  el  quand  je  pense  que 
ce  serait  le  déposséder  du  sa  suprême  au- 
torité sur  les  êlres  qu'il  a  forméj,  si  un 
simple  Bouereau  tombait  d  terre  tant  la  re- 
Im/^flfaKA.  X,  SS};  en  vain  la  science  et 
l'art  des  sophistes  tenteraient  de  me  ravir 
ee  qui  fait  ma  consotalion  et  mon  bonheur  ; 
je  ne  laisserai  point  aller  l'ancre  de  ma 
confiance  en  Dieu;  je  ne  craindrai  rien, 
car  l'a  «oiu;  mi'ntx  omc  icawcovp  dtpant- 
reamx.  {lbid.,3i.) 

On  sait  que  ce  Hit  le  télescope  qui,  en 
perçant  l'obscnrité  qui  est  entre  nous  et  les 
mondes  éloignés,  mit  l'incrédulité  en  pos- 
session de  I  argument  contre  lequel  nous 
combattons.  Mais,  vers  le  même  temps,  ud 
autre  instrument  fut  aussi  inventé,  qui  of- 
frit à  DOS  regards  une  scène  non  moins  mer- 
veilleuse, et  récompensa  l'esprit  investiga- 
teur de  l'homme  par  une  découverte  qui 
sert  k  neutraliser  totalement  cet  allument  : 
ce  fut  le  microscope.  L'un  m'amenait  h  voir 
DO  système  dans  chaque  étoile,  l'autre  m'a- 
mène k  voir  un  monde  dans  chaque  atome. 
L'un  m'enseignait  que  ce  vaste  globe,  aveo 
tout  le  fardeau  de  ses  habitants  et  toute  l'é- 
tendue de  ses  contrées  n'est  qu'un  grain  da 
sable  dans  la  champ  incommensurable  de 
l'immensité;  l'autre  m'enseigne  que  cha- 
que grain  de  sable  peut  être  Pasile  des  tri- 
bus et  des  familles  d'une  population  active. 
L'on  me  découvrait  l'insignifiance  du  monda 
snr  lequel  je  marche;  l'autre  rachète  toute 
cette  insignifiance,  car  il  me  découvre  que 
dans  les  feoillea  de  chaque  forêt,  dans  les 
Qeurs  de  chaque  jardin  et  daus  les  eaux 
de  chaqui  niissean,  il  y  a  des  mondas  rena-. 


IM 


A5T 


NCTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


AST 


[ilis  il'étres  Bairaés  et  aussi  innombrables 
que  ies  astres  du  firmament.  L'un  m'asug- 
géré  qu'du  ilelà  et  au-dessus  de  tout  ce  qui 
est  visible  à  l'homme  il  paul  ,y  avoir  des 
régions  ÏDConiiues  oui  étendent  indéfini- 
menl  h  sphère  do  la  création  et  portent 
l'empreinte  de  la  main  du  Toul-Pui<isant 
jusqii'aui  parties  les  ni  us  reculées  de  l'uiii- 
Terstt'autre  me  suggerequ'audedansel  au' 


sphère  de  sa  généralité  ,  il  a  aussi  uoe  in- 
telligence pour  concentrer  une  alteniioQ 
immédiate  et  distincte  sur  chacune  de  sei 
parties  individuelles  ;  et  que  le  m6me  Dieu 
dont  l'influence  soutient  les  sphères  ut  les 
mouvements  de  l'astronomia  peut  remplir 
les  retraites  mystérieuses  de  chaque  atome 
de  l'intimité  de  sa  prési'Dce,  al  voj/agtr  dau 
toutt  la  grandeur  [ha.  Lxiii,  1)  de  ses  ioal- 


de^sus  de  tous  ces  petits  objets  que  l'œil  de     térables  attributs  sur  chaque  point  et  jus- 


l'homme  a  été  capable  d'esplorer  avec  son 
aide,>{  peut  y  avoir  une  région  d'êtres  invi- 
sibles; et  que,  si  nous  pouvions  tirer  le  ri- 
deau mystérieux  qui  la  dérobe  i  nos  seus* 
nous  pourrions  y  voir  un  théâtre  de  mer- 
veilles aussi  nombreuses  que  celles  que  l'as- 
tronomie a  étalées  h  nos  regards. 


qu'aux  limites  tes  plus  reculées  de  l'aul- 
vers  qu'il  a  formé. 

Ceux  donc  qui  penseol  que  Dieu  ne  mt- 
nifestera  pas  en  laveur  de  ce  monde  une 
telle  puissance,  une  telle  bonté  et  une  telle 
condescendance  que  le  Noiiveau  Testament 
lui  attribue,  parce  qu'il  a  tant  d'autres  moD- 


vers  dans  les  limites    d'un  point  si  petit  des  qui  exigent  son  attention,  ont  de  lui  les 

qu'il  écha|iperait  au  microscope,  mais   o£i  idées  qu'ils  auraient  d'un  homme.  Ils  bor- 

le  Dieu  dont  les  œuvres  sont  merveilleu-  nent  Teur  vue  aux  informations  da  télés- 

5>»  trouve  de  l'espace  pour  l'exercice  de  cope,  et  oublient  tout  à  fait  les  informations 

tous  ses  attributs,  peut  créer  uti  autre  mé-  de  l'autre  instrument.  Us  ne  trouvent  plaie 

cadisme  de  mondes  et  les  remplir  et  les  soi-  dans  leur  esprit  que  pour  son  simple  altri- 

mer  de  tous  le»  témoignages  de  sa  gloire  but  d'une  surintendance  étendue  et  gêné- 

'269).  raie,  et  banaisseut  do   leur  souvenir   les 

Maintenant  remarquez  comment  tout  ceci  preuves  égalemeut  convaincaotes  que  nous 

peut  servir  à  répondre  à  l'argument  que  avons  pour  sou  autre  attribut  d'une  atten- 

J'ÎDcrédulité  tire  de  l'astronomie.    Par  la  tion  spéciale  et  multipliée  à  toute  cette  di- 

lélescopa  on  a  découvert  qu'aucun  objet,  versiléd'opération*  par  laquelle  il  o^efouf 

•quelque  vaste  iju'il  soit ,  iTest  au  delà  du  en  (otu.  (i  Cor.  xv,28.)  Et  quand  je  pense 

jKtuvoir  de  la  Divinité  ;  mais  par  lu  micro-  que,  comme  l'un  de  «es  instruments  d'ob- 

scope  nous  avons  aussi  découvert  qu'auoua  servation  a  relevé  toutes  nos  idées  du  pre- 

objel,  quelque  imperceptible  qu'il  soit  à  mierde  ces  attributs,  ainsi  l'autre  o'a  pas 

l'œil  de  l'iiomme,  n'est  au-dessous  de  la  moins  relevé  dos  idées  du  second  ;  alors  ja 

condescendance  de  son  attention.  Tout  ce  av  puis  plus  m'empôcber  de  conclure  que 

qui  ajoute  h  la  perfection  de  l'un  de  ces  ins-  ce  serait  agir  contre  toutes  les  règles  d  uns 

Irumeiita  étend  les  limites  de  ses  domaines  saine  logique  ,  aussi  bien    qu'une  audaco 

visibles;   mais,  moyennant    tout  ce  qui  d'impiété  de  tracer  une  limite  autour  de  ce 

ajoute  à  la  perfection  de  l'autre,  nous  en  Di'u  impinélrMe ,  pour   circonscrire    " 


voyons  chaque  partie  plus  remplie  qu'au- 
paravant des  merveilles  de  sa  main  infuli- 
gable.  L'un  agrandit  constamment  Ip  cercle 
de  son  territoire;  l'autre  en  comble  aussi 
coDStammant  les  portions  séparées  de  tout 
ce  qui  est  ricfae,  varié  et  exquis.  En  un  mot. 


puissance  et  son  activité;  et  «i  une  révéla* 
tion  qui  se  déclare  venir  du  ciel  m'iustruit 
d'un  acte  da  condescendance  en  faveur  do 
quelque  monde  séparé,  si  merveilleux  que 
ItiS  anga  déiirtnt  d'y  voir  JvMqu'au  fond 
(/  Pttr.  I,  12),  et  que  le  Fils  ëterael  fut 


par  l'un  je  sois  instruit  que  le  Tout-Puis-  obligé  de  quitter  son  trdoe  de  gloire  pour 

uni  déploie  mainlKuanl  sa  force  créatrice  en  amener  l'accomplissemeat,  tout  ce  que 

dans  des  régions  plus  éloignées  que  n'en  je  demande,  c'est  la  preuve  d'une  telle  ré- 

mesurera  jamais  la  géométrie,  et  parmi  de^  vélation  ;  car  quoi  qu'elle  puisse  uie  dire  de 

mondes  plus  nombreux  que  n'en  compta  Dieu  et  de  sa  condescendaDce  en  faveur 

jamais   I  arithmétique  ;   mais  par  l'autre  je  à'ttue  dei  provincet  di  ion  vaste  domaine,  es 

suis  instruit  aussi  âu'avec  une  intelligence  n'est  pas  plus  que  ce  que  je  «ois  répaudu 

pour  comprendre  I  ensemble  dans  la  vaste  de  tous  calés  sous  mes  yeux,  en  d'iuoom- 


(S69)  Ctlerong-BOUB  des  escmpleE  t  Ils  aéraient 
innombrables;  tout  en  est  plein  autour  de  nous. 
Or  couMtt  des  êtres  vlvanls,  tels  qoe  la  gaUloiulla 
àiêtaiu,  qui  n'ont  pas  le  sixième  de  rripaiiseur  d'un 
fln  cheveu  ;  vingt-trois  millions  de  ces  animaui  w- 
Fâienl  conlènus  dans  une  ligne  eut»,  quarante  et  un 
lailtiards  daiia  un  pouce  cabei  cent  quatre-vingt< 
sept  niillioDS  ne  peseraieiu  qu'un  grain.  Ces  aiil- 
maus  sont  essentiel tement  coroposra  de  parrîes  ;  ils 
sont  orKaniséa,  puiiqu'ils  ont  la  vie  et  te  mouve- 
ment ;  Ils  sont  pourvus  de  sens  puisqu'ils  ont  la 
force  et  l'iitstînci.  Dans  les  fluides  où  ils  vivent,  ils 
exécutent  des  mouvements  rapides  ei  variés  ;  ils  se 
diriaenl  vers  sd  but,  lia  éiHeM  les  obtuclet,  aad- 
qnoMis  ils  les  lurmoDienl  ;  enin,  ils  ont  l>esoin  aune 
PDÙe,  ol  Uftsaveot  la  chercher  al  U  sainr.  Dans  le 


petit  tout  impalpable  qui  compose  celte  espèce,  il 
y  a  des  choses  distinctes,  des  parties  Tuolles  et  dn 
parties  solides,  des  ariiculalions  pour  les  niouve- 
ments,  des  canaui  pour  tes  fluides  ;  enfin,  dans  celle 
excessive  petitesse,  il  v  a  la  nutrition  et  la  circala- 
tion....  Non*  venons  de  nommer  la  circulation.  Sa- 
vei*vous  que  votre  cœur  exécute  38,80Q  mouve- 
ments distiueta  par  heure,  ou  691,200  mouvenienti 
eu  vingt-quatre  heures,  aaivité  incompréhensible 
et  presque  incroyable  T  Cependant  il  y  a  quelque 
chose  de  plus  étonnant  encore  en  ce  ufire.  Ainsi 
le  cœur  d  une  souris,  ce  frète  organe  dont  la  gros- 
seur n'égale  pas  celle  d'un  pois,  exécute  en  vingt- 
<)uatre  heures  l,38i,400  monvemenis  1  Quelle  » 
nirable  machine  hydraulique!... 


AST 


D  CnONNAIRE  APOLOCmQIIE. 


AST 


btibleteiemplas;  qae  ce  que  tnuie  lasuil* 
ikaai  observations  me  retrace  :  que  ton I 
Mi]M  je  reoconlre  dans  les  iliverses  obser- 
latHHU  aaïqaelles  je  puis  me  livrer;  «t 
mUDleiMDt  que  l6  mjcroieope  a  déroilé  les 
Berteilles  d  une  autre  région,  je  vois  par- 
fenée  lalour  de  moi,  avec  aae  profusion 
qatsejone  de  tous  mes  efforts  pour  la  corn- 
frtain,  la  preuve  évidente  qu'il  n'y  a  pas 
«MportioB  de  l'uoivers  qui  soit  trop  pe- 
tita  poor  que  Dieu  s'en  occupe,  ou  trop  n~ 
biiissée  pour  qu'il  l'bonoredes  léaioignages 


Pour  lenniaer  tous  ces  éclaircifisenenls, 
i«  n'ejonterai  qu'un  simple  article  sur  ce 
qae)»  regude  comme  l'étal  précis  decetar- 


.  C'est  DM  diose  admirable  que  Dieu  soit 
«  pe*  aoliarrusé  de  tout  un  univers,  qu'il 
psijae  doooer  une  etlention  constante  et 
spécule  k  chaque  individu  de  la  population 
ééca  oonde.  Hais  quelque  admirable  que 
cela  soit,  vous  n'bésilerez  pas  de  l'admettre 
«oamw  TérllabJe,  sur  l'attestation  de  vos 
rreptes  souvenirs.  C'est  une  chose  admi- 
rable que  celui  dout  l'œii  est  h  chaque  ins- 
tant ouvert  sur  tant  de  mondes  ait  rempli 
«eluiqge  BOas  habitons  de  toutes  les  mar- 
qacf  du  desKeia  varié  et  de  la  bienveillance 
(Jui  y  abondent.  Hais  quelque  grande  que 
soit  la  merveille ,  vous  ne  suuffrez  pas  que 
l'eoibre  du  doute  l'obcurcisse,  car  »  réalité 
<ii  ce  dont  vous  êtes  sans  cesse  témoins ,  et 
tcas  n'avez  jamais  eu  l'idée  de  contester 
r^videiMM  de  l'observation.  Il  est  admira- 
ble, plos  qu'admirable ,  que  le  même  Dieu 
dgot  la  preseoce  se  manifeste  d'un  bout  k 
l'sititdfl  l'immensité,  et  qui  étend  son  ad- 
ttisiMntioa  protectrice  sur  toutes  ses  de- 
Bicam,  tourne  ses  regards  sur  tout  ce  qui 
Mos  anviroone  ,  avec  une  énergie  aussi 
frakhect  aussi  entière  que  s'il  n'avait  que 
cuauBoACé  l'œuvre  de  la  création,  prodigue 
Burdiaque  point  les  trésors  inépuisables 
deaa  bonté,  et  le  comble  des  innombrables 
variétés  de  l'existence  animée.  Hais  quel- 

Sie  iBoompréheusible  que  soit  la  merveille, 
plus  i^er  doute  ne  peut  l'accompagner 
daos  votre  esprit,  -parce  que  vous  o'bésitez 
pas  d'ajouter  foi  au  rapport  du  microscope. 
Vous  ae  rejetez  point  ce  qu'il  vous  ap- 
prend, el  ne  l'abandonnez  iwint  comme  un 
moreo  incompétent  de  parvenir  &  la  vérité. 
Hau  pour  nous  rapprocher  encore  davan- 
tage du  point  que  nous  traitons,  il  y  a  bien 
des  geas  qui  n'ont  jamais  regardé  avec  un 
nicfoscope,  mais  qui  ont  une  foi  implicite 
|o«r  loutu  ses  révélations  ;  et  sur  quello 
|ireave,demanderai-je?Sur  la  preuve  du  lé- 
■MHgnsge,  sar  la  conBance  qu'ils  donnent 
aas  auteurs  des  livres  qu'ils  ont  lus,  et  la 
eroyaoce  qu'ils  mettent  dans  le  rapport  de 
If  urs  obaervatioos.  Haiotensntje  m'arrête 
à  ce  point.  Il  est  admirable  que  Dieu  s'inté- 
ressât i  la  rédemption  d'un  seul  monde,  au 
ivial  d'envoyer  son  Fiti  biem^mé  {Maltk. 


eien  déployât  toPte  l'énergie.  Hais  de  scm* 
blables  merveilles  se  sont  déji  mnltipiiées 
sur  vous  ;  et  la  preuve  de  leur  vérité  étant 
donnée,  vous  avez  abandonné  leus  les  juge- 
ments  (]iie  vonsavez  portés  sur  te  Dieu  im- 

ÎiénétrmU  {Rom.  ii,  33),  et  êtes  restés  dans 
a  foi  de  ces  merveitles.  Je  demande,  au  nom 
de  la  saine  el  conséquente  philosophie,  que 
vous  fassiez  la  même  chose  pour  le  sujet 
qui  nous  occupe;  que  vous  le  eonsidériet 
comme  une  question  purement  testimo- 
niale ;  que  vous  examiniez  cet  enchaînement 
de  témoignages  par  lequel  les  miracles  et 
les  enseignements  de  l'Evangile  sont  ve* 
Bosjnsqirk  vous;queToas  n^lliespas  ad- 
mettre ici  comme  argument  ce  qui  ne  serait 
admissible  comme  argument  dan*  aucun 
des  cas  analogues  de  la  nature  et  de  l'obser- 
vation ;  et  que  vous  reteniez  et  mettiez  eu 
pratique,  dans  vos  recherches  sur  ce  point, 
une  )eçon  que  vous  devriez  avoir  apprise 
dans  d'autres  recherches,  savoir,  la  profatt' 
dmtr  des  richtâia,  de  ia  tagetse  et  de  la  eonttat^ 
eanee  de  Die»,  que  eesjugaïuntM  sont  impéné- 
trabtei  et  tta  voies  ineompréhtnsiblet.  {tbid.) 
Hais  nous  n'avons  pas  encore  poussé  ni^- 
tre  argumentation  jusqu'au  bout.  A  peine 
avon5-nous  abordé  la  réponse  qn'on  fait 
communément  h  l'alléKation  que  I  incrédule 
fonde  sur  la  merveilleuse  étendue  de  i'u- 
DÎvers  et  l'insignifiance  de  la  portion  qui 
nous  en  est  assignée.  La  manière  dont  nous 
avons  Uché  de  triompher  de  celte  allégs- 
tioD  consiste  k  insister  sur  les  preuves  qui 
nous  environnent  de  toutes  parts,  que  Oiea 
combine  la  candeur  d'une  vaste  et  puis- 
sante inspection  qui  porte  sa  surveillance 
jusqu'aux  extrémités  les  plus  reenlées  da 
la  création,  et  s'étend  sur  toute  son  uoi- 
varsalité ,  avec  la  faculté  de  donner  une  at- 
tention anssi  soutenue,  de  manifester  «ne  m- 
gesee  aussi  complète  et  aussi  diterie  {Ephm. 
III,  10)  et  de  prodiguer  une  bonté  aussi  iné- 
puisable sur  chacune  de  ses  plus  petites 
parties,  que  si  elle  formait  toute  l'élendue 
de  son  territoire. 

Dans  lout  Je  cours  de  cet  argument ,  nous 
avons  considéré  la  terre  comme  tout  i  dit 
isolée  du  reste  de  l'univers.  Hais  de  la  ma- 
nière dont  on  rencontre  commuDémcnt  l'ob- 
jection tirée  de  l'astronomie ,  la  terre  n'est 
pas  envisagée  comme  si  elle  était  détachée 
des  aulrei  mondes  ,  et  dos  autres  ordres 
d' êtres  que  Dieu  a  appelés  à  l'eiisience.  EU» 
est  considérée  comme  faisant  partie  d'oa 
syslàme  plus  étendu.  Elle  est  associée  à 
la  magnificence  d'un  empire  moral,  aussi 
vaste  que  le  royaume  de  la  nature.  On  no 
sootient  pas  simplement  que,  quelque  cbos* 
que  nous  puissions  connaître  par  la  raison, 
le  plan  de  la  rédemption  peut  embrasser 
dans  ses  influences  et  ses  conséquences 
ces  créatures  de  Dieu  qui  peuplent  d'autres 
régions,  el  occupent  d  autres  champs  dans 
l'immensité  de  ses  domaines  ;  Qu'argumen- 
ter, donc ,  comme  si  ce  plan  n'était  fait  quo 


«1.  111,  pour  l'accomplir,  et  que  lui  dans  le  pour  ravantage  exdusirdu  monde  oiï  nous 
Bitme  but .  ouituMi  povr  tauter,  «eyofcdl  vivons  el  de  Tespèce  k  laquelle  nous  apper- 
ioMM  ta  ffroiuUur  de  sa  foret  {Isa.  tiiu,  IJ,     teuon»,  est  une  pure  supposition  d*  1  in- 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE 


A«T 


1S3 


créJule;  et  que  l'objeclîon  qu'il  élève  sur 
elle  doit  tombera  terre,  lorsque  la  friroHlé 
de  la  lopposilioD  est  mise  i  jour.  L'apolo- 
gtsta  du  cbrisliaDisme  pense  qu'il  peut  aller 

Plus  loiq,  qu'il  peut  non-seulement  exposer 
eilrAmefulilité  de  l'assertion  de  l'incrédule, 
mais  qu'il  a  un  fond&ment  positif  pour  établir 
i  fB  place  une  assertion  opposée  ei  directe- 
ment contraire,  et  qu'après  avoir  fait  rentrer 
dans  son  nâant  le  principe  qu'il  avait  posé, 
eu  montrant  le  manque  absolu  de  toute  ob- 
servation en  sa  faveur,  il  peut  passer  au  té- 
moignage distinct  et  afflrmatif  de  l'Ecrilara 
sainte. 

Nous  pensons  que  ce  témoignage  ouvre 
une  voie  très-intéressante,  non  de  spécula- 
tions bizarres  et  chimériques ,  mais  des  plus 
légitimes  et  des  plus  sages.  Désirant  ardem- 
ment, comme  nous  le  faisons,  de  metlrudans 
toutson  Jour  tout  ce  qui  a  trait  î  la  cause 
du  clirisiianisme,  sans  crainte,  comme  nous 
la  sommes,  pour  le  résultat  du  plus  rigou- 
reux eiamen  qu'on  en  puisse  faire  ;  et 
voyant,  comme  nous  y  sommes  portés,  avec 
le  dernier  mépris,  que  quelque  philoso- 
phe du  jour,  pfgmée  littéraire ,  détaille  son 
scepticisme  ambiguë  une  troupe  d'ignorants 
a<lmira(eurs  ,  nous  ne  sommes  pas  dispo- 
sé, il  s'en  faut  de  beaucoup,  i  fermer  les 
yeux  sur  une  seule  quobtion  qu'on  puisse 
élever  au  sujet  des  preuves  du  christia- 
nisme. 

Il  y  a  une  limite  au  delà  de  laquelle  les 
perceptions  de  l'hooime  ne  peuvent  attein- 
dre, et  d'où  il  ne  peut  recueillir  une  seule 
observation  pour  la  guider  ou  pour  l'ins- 
truire. Tant  qu'il  se  uorne  aux  objets  qui 
sunt  proches,  i)  peut  s'en  procurer  la  cou- 
uaissance  transmise  à  son  esprit  par  le 
ministère  de  plusieurs  de  ses  sens.  Il  peut 
loucher  une  substance  qui  est  à  la  portée 
de  sa  main.  Il  peut  sentir  une  fleur  qui 
lui  est  présentée.  It  peut  goâter  les  aliments 

3ui  sont  devant  lui.  Il  peut  entendre  un  son 
'un  certain  degré  d'élévation  et  d'inlensiié; 
et  ce  sens  de  l'ouïe  étend  tellement  ses  rap- 
ports avec  les  objets  extérieurs  de  la  na- 
ture, qu'à  la  distance  de  plusieurs  lieues  il 
peut  le  mettre  à  même  de  savoir  ce  qui  se 
(issse. 

Hais  de  toutes  les  voies  de  communi- 
cation qu'il  a  plu  i  Dieu  d'ouvrir  entre  l'in- 
l#tligence  de  l'homme  et  le  théâtre  qui  l'en- 
vironne, il  n'en  est  aucune  par  laquelle  il 
multiplie  autant  sa  connaissance  des  ri- 
cheasfls  et  de  la  variété  de  la  création  ,  que 
par  l'organe  de  la  vue.  C'est  cet  organe  oui 
donne  h  l'homme  le  plus  d'empiri  sur  les 
objets  de  la  nature,  qui  fait  qu'un  champ 
si  vaste  d'observation  lu!  est  soumis,  qui 
lui  donne  le  pouvoir,  par  l'acte  d'un  simple 
instant ,  d'envoyer  un  regard  exnloraleur 
sur  la  surface  d'un  paysage  étendu,  d'oc- 
cuper son  esprit  de  la  totalité  des  objets 
aui  s'y  trouvent,  et  de  remplir  sa  vision 
es  innombrables  nuances  qui  la  divarsî- 
flent  et  qui  la  décorent;  qui  l'entratne  vers 
tout  ce  qui  est  sublime  dans  l'immensité 
de  la  distance;  qui  le  pièce  comiue  s'il  était 


sur  une  plate-forme  élevée,  d'où  il  peut 
contempler  d'un  coup  d'oail  une  muliiiuJs 
de  mondes  pareils  au  sable  des  rivages; 
qui  déploie  devant  lui  une  perspective  ji 
grande  que  la  terre  qu'il  habite  ne  paraît 
être  que  le  piédestal  sur  lequel  il  se  lient, 
et  d'où  il  peut  apercevoir  toute  la  magni- 
ficence de  ces  merveilles  que  la  Divinité  a 
si  abondamment  répandues  autour  de  lui, 
C'est  par  le  petit  organe  de  rceil  que  la 
pensée  de  l'homme  prend  son  vol  pour  pnr- 
courir  ces  routes  dorées  où  dans  toute  l'a- 
bondance inépuisable  de  la  richesse  créatri- 
ce, sonldisséminés  les  soleils  etles  systèmes 
de  l'astronomie.  Hais,  combien  n'esl-il  pat 
convenable,  combien  n'eat-il  pas  bienséant, 
que  le  philosophe  conserve  des  sentiments 
modestes  ,  môme  au  milieu  de  la  marcha  la 
plus  pompeuse  des  découvertes  scientifiques 
et  des  triomphes  les  plussublimesderesprit 
humain,  quand  il  pnnseii  cette  barrière in< 
surmontsble  au  delh  de  laquelle  la  vue  la 

friusétendue  et  le  télescope  le  plus  parbitne 
eporterout  jamaia;  quand  il  pense  que  de^ 
rière  elle,  il  ya  une  hauteur,  une  profondeur, 
une  longueur  et  une  largeur,  auprèsdesquel- 
les  tout  ce  que  nous  voyons  de  cette  voûte 
azuréese  réduit  à  l'insignifiance  d'un  atomef 
et  surtout  combien  ne  devrait-il  pas  être  prêt 
h  rejeter  loin  de  lui  foutu  ht  tainei  ijnagiiut- 
tioHê  [II  Car.  X,  5),  quand  il  pt-nse  à  ce 
Dieu  qui ,  lur  te  limpie  fondement  de  sa  pa- 
role, a  élevé  toute  cette  majestueuse  ar- 
chitecture, et  qui  continue  a  la  soutenir 
par  la  force  de  sa  main  protectrice  ;  et  que, 
si  la  parole  sortait  encore  de  sa  boocbe, 
cette  terre  passerait ,  et  'les  cieux  qui  l'en- 
vironnent retomberaient  dans  le  néant  dont 
elle  les  avait  tirés  au  cnmmeDcemeatTQU'H 
de  plus  propre  à  réprimer  l'enflure  orgueil- 
leuse de  la  acîenue  que  de  penser  que  la 
champ  entier  de  ses  entreprises  les  pins 
ambitieuses  peut  être  tout  h  fait  balayé; 

3ue  tout  ce  qui  s'y  trouve  peut  rentrer 
ans  le  néant,  et  que,  devant  l'œil  de  celui 
qui  siège  sur  le  trône,  il  peut  rester  encore 
une  immensité  que  l'homme  n'a  Jamais 
explorée,  qu'il  a  remplie  d'innombratilei 
splendeurs  et  sur  la  surface  de  laquelle  il 
a  inscrit  la  preuve  démonstrative  de  ses 
hauts  attributs,  dans  toute  leur  puissance 
et  dans  toute  leur  manifestation  7 

Si ,  donnant  un  sublime  essor  h  ses  pen- 
sées, l'homme  quittait  ce  monde  et  s'élan- 
çait au  loin  dans  ces  routes  que  l'astrono- 
mie a  ouvertes  i  la  spéculation;  si,  déçu 
far  les  mystères  qui  sur  la  terre  l'obsèdent 
chaque  pas  ,  il  prenait  un  toI  srahilieux 
vers  les  mystères  du  ciel,  qu'il  aide  son 
chemin,  mais  que  la  jusle.sse  d'une  mo- 
destie pieuse  et  philosophique  raccompa- 
gne toujours  ;  qu'il  n'oublia  pan  que,  du 
moment  que  son  esprit  tente  de  s'élever  de 
quelques  milliers  de  toïaes  au-dessus  du 
monde  qui  le  porte,  tous  sea  sens  l'atian- 
donnent,  un  seul  excepté;  que  le  nooibre, 
le  mouvement,  le  volume  et  la  figure  com- 
posent toute  la  Biérilité  de  ses  notions  élé- 
mentaires; que  ces  globes  ne  lui  ont  envoyé 


MCTKWNAIRE  APM.OGETIQDE. 


»  ai 

d'ialre  mesnçe  qae  eetle  foible  lueur  qui 
rinbnna  du  siai{>le  bit  do  leur  existence; 
i]u*Ù  at  Toil  ipoiDt  le  pajugs  des  autres 
OHXidei;  qu'il  o'ea  est  |»as  un  dont  il  coii- 
luisse  le  sjslème  moral ,  at  qu'à  travers  le 
loDK  npice  vide  qui  se  trouve  entre  eux 
etHii,  el  où  il  n'existe  aucune  route,  il 
prtlenit  vainement  l'oreille  au  retentissa- 
■int  de  lenrx  nooibreuses  pODulatiuns. 

Dû  la  connaissance  que  1  homme  ne 
peut  uraeher  lui-même,  nar  le  miaislàre 
d'iocao  de  ses  s«ns,  h  1  obscurité  de  ce 
.  tbillre  merveilleux,  où  jamais  Tojageor 
ae  porta  ses  pas,  pourrait  lui  £lre  appor- 
tée pir  le  témoignage  d'un  messager  com- 
pileol.  Supposons  qu'un  être  né  dans  une 
fccetdemcores  [ilaoétaires  vint  6-descendre 
SOT  la  lerrc;  tout  ce  que  nous  devrions 
exiger  serait  que  sa  crédibilité  Tût  pleine- 
BMii[;^its6J!ée,  afin  que  nous  pussions  sjou- 
Ur  foi  i  tout  ce  qu'il  enseignerait.  A  T'ex- 
ceplioo  seulement  de  ce  que  Tes  instruments 
j*ulnHiomie  nous  ont  mis  à  même  de  dé- 
eoHTfir,  nous  n'avons  absolument  aucun 
mojeQ  de  le  eonlrfiler  sur  les  rapports  queU 
CMKjues  qu'il  nous  ferait  du  lieu  dont  il 
viendrait;  et,  en  conséquence,  il  suffirait 
qu'il  parfit  devant  nous  revêtu  des  caractè- 
res de  la  Térilé,  pour  que  nous  ne  dussions 
iimais  ^nger  ft  autre  chose  qu'à  recevoir 
Iml  ce  que  renrermerail  aon  témoignage 
(récisément  comme  il  nous  l'apporterait. 

11  serait  convenable  qu'une  saîue  pbilo- 
ipfthie  eût  apprisk  ceux  qui  font  profession 
félre  ses  disciples,  k  acquiescer  de  la  même 
MDÎère  k  un  autre  message,  qui  eu  effet 
nlvaoa  aa  monde,  qui  nous  a  informés  de 
cbosesencore  plus  éloignées  de  la  portée  de 
l'obscrratiofl  humaine,  qui  a  été  envoyé 
fime  distance  plus  sublime  et  plus  mjsté- 
ricate:  savoir,  de  ce  Dieu  dont  il  est  dit 
fse,  la  wMiU  tt  Cobieuriti  sont  la  bote  da  mo» 
/rtae{^sai. xcnii S} ;  el  qui,  traitant  d'un  su- 
jet û  élevé  et  si  inaccessible  que  les  con- 
seils de  cet  Esprit  étemel,  dont  la  iortie  at 
it  eemmuiKtmtat  et  de*  jours  de  Citerailé 
{Mick.    1,  S),  appelle  l'bomme  k  soumet- 
Ire  tontes  aet  pensées  k  l'autorité  de  cette 
haute  communication.  Afa  1  si  les  philoso- 
phes du  jour  avaient  su  tirer  aussi  bien  que 
leur  maître,  le  grand  Newton,  la  vigoureuse 


royaume;  son  objel  eal  de  révêler  l'épou- 
vanuble  étendue  de  notre  cnlpabiliié  et  du 
danger  que  nous  courons,  et  de  mettre  de- 
vant nous  les  ouvertures  de  h  réconcilia- 
tion. Si  un  pareil  message  était  envoyé  de 
la  mélro{)ole  d'un  puissant  empire  k  un  de 
ses  cantons  reculés  qui  serait  en  insurrec- 
tion, nous  ne  devrions  pas  en  attendre  beau* 
eoup  de  lumières  sur  l'état  on  l'économie 
des  provinces  intermédiaires.  Ce  serait  uue 
digresaion  tout  i  fait  hors  de  propos:  il 
pourrait  erpeodani  arriver  qu'il  s'y  ren- 
contrât quelques  allusions  i  l'étendue  el 
aux  ressources  de  la  monarchie,  k  l'exis- 
tence d'un  semblable  esprit  de  rébellion 
dans  d'autres  endroits  du  pays,  et  an  prin- 
cipe général  de  fidélité  an  souverain  qui  s'y 
manifeste.  Quelques  traits  de  ce  genre  peu- 
vent, par  occasion,  être  insérés  dans  une 
telle  proclamation,  ou  ne  l'être  pas;  et  c'est 
précisément  dans  cet  état  d'incerlilude  et 
de  doute  que  nous  ouvrons  le  rapport  de 
celte  ambassade  qui  nous  a  été  envoyée  du 
ciel,  pourvoir  si  nous  y  pouvons  recueillir 

auelqufl  chose  eoocernant  les  autres  lieux 
e  la  création  qui  combatte  les  objections 
de  l'astronome  incrédule;  mais,  tout  en 
poursuivant  cet  objet,  prenons  garde  do 
pousser  la  spéculation  om  dc/d  des  limites 
du  témoignage  écrit  (/  Cor.  iv,  6}  ;  ne  per- 
dons jamais  de -vue  la  iionie  actuelle  de 
DOS  connaissances,  afin  qu'à  chaque  pas  que 
nous  ferons -dans  notre  discussion,  nous 
puissions  conserver  cet  esprit  réservé  et 
modeste  qui  caractérise  la  philosophie  de 
celui  qui  explora  ces  cieux  éloignés,  el  qui, 
par  la  force  de  son  génie,  découvrit  le  se- 
cret de  ce  merveilleux  mécanisme  qui  les 
maintient. 

Les  informations  de  l'Ecriture  sainte  sur 
ce  sujet  sont  de  deux  sortes  :  celles  dont 
nous  recueillons  positivement  le  fait,  que 
l'histoire  de  la  rédemption  de  notre  espèce 
est  ocmnue  dansd'autresendroits  de  la  créa- 
tion éloignés  de  nous;  et  celles  dont  nous 
inférons  confusément  le  Hait  que  la  rédem))- 


limites  du  monde  que  nous  occupons. 

Et  ici  l'on  peut  remarquer,  en  passant, 
que,  quoique  nous  ne  connaissions  rien  ou 

. .      „  „  pea  de  chose  de  l'économie  morale  et  théo- 

iigoe  de  démarcation  qui  entoure  Te  champ     logique  des  autres  planètes,  nous  ne  som- 
des  découvertes  possibles,  ils  auraient  vu     mes  pas  fondés  k  en  inférer  que  les  êtres 


le  point  où  celte  philosophie  devient 
el  où  la  leienxe  ttt  fautttmenl  ainsi  m 
tÏTiss.  VI,  90];  et  de  quelle  sorte,  lorsque 
u  (rfiilosophie  est  conséquente  avec  ses 
prtocipes,  elle  assojeltit  son  lidèle  disciple 
a  l'Ecriture  sainte,  et  le  dispose  à  regarder 
tMUt»  le»  ouirei  ehoee»  comme  une  perle,  «n 
laifiai  iii'iiiw  de  la  cmmaÛMmee  de  J/tue- 
Ctkrût,   et  de  Jénu-Chriel  eruei/ié.  {Phit.  m, 

i  qu'on  observe  bien  que  le  but  de  ce 
a  n'est  pas  de  nousdonner  des  inlor- 
(  sur  l^tat  de  ces  régions  planélai- 
;  ca  D'est  point  du  tout  ce  dont  il  est 
«uarâé.  Cest  un  message  qui  vient  du  trOne 
de   D^a  k  celle  province  rebelle  de  son 


qui  occupent  ces  régions,  dont  l'étendue  est 
SI  vaste,  ne  connaissent  que  peu  de  chose 
de  la  nêtre,  quand  même  ils  ne  seraient  pas 
plus  élevés  que  nous  dans  l'échelle  de  1  in- 
telligence. Nos  premiers  psrenls,  avant  que 
de  commettre  cet  acte  par  lequel  ils  se  mi- 
rent, eux  et  leur  postérité,  dans  la  nécessité 
d'une  rédemption ,  avaient  un  commerce 
fréquent  et  familier  avec  Dieu.  //  se  prome- 
nail  avec  eux  datu  le  jardia  du  paradte  (Gea, 
lu,  S);  les  anges  aussi  s'y  rendaient  habi- 
tuellement; et  si  relie  innocence  pure  et 
•ans  lacbe  qui  charmait  et  attirait  ces  élrea 
supérieurs  sous  les  ombrages  d'Eden,  s'est 
conservée  telle  dans  toutes  lus  planètes,  k 
l'exception  de  la  uAtre,  il  »l  possible  (doue 


DKTUWNAIRE  APOLOGETIQIIE. 


■  que  chitund  d'elles  soil  le  tbMire  de  hau- 
tes ^1  célesles  communication  a;  qu'un  che- 
min ouvert  aux  messagers  de  Dieu  i'j  soit 
partout  maintenu;  queiears  habitants  soiont 
Biliuisà  prendre  part  sus  méditation»  et  aui 
conl«m  fila  lions  dps  anges,  et  aient  l'esprit 
fitmiltarisé  arec  ces  choses,  dans  laquetUi 
il  nous  est  dit  que  iei  angtë  àé$iraU  at  voir 
jtttgu'aufond;  et  ainsi,  comme  nous  parlons 
de  l'asprK  public  d'une  ville  ou  de  l'esprit 
public  d'un  empire,  un  esprit  nublic  pour- 
rait s'dlre  formé  dans  toute  l'étendue  de  la 
crtSatJon  de  Dieu,  par  les  voies  sans  eesse 
fréquentées  d'une  circulation  libre  et  facile, 
parmi  les  êtres  intelligents  qui  n'ont  poiut 
encore  péché,  et  précisément,  comme  nous 
lisons  souvent,  que  tes  yeus  de  tonte  l'Eu- 
rope sont  [bu mes  exclusivement  sur  le  point 
où  se  passa  quelque  événement  politioae. 


révolte  contre  la  majesté  du  ciel  avait  levé 
l'étendard,  et  pour  la  réintégration  duquel, 
dans  le  suin  de  ses  sujets  fidèles.  Dieu, 
dont  la  justice  était  inflexible,  mais  dont  la 
»iWnc9rd«,  par  quelque  plan  d'une  sagesse 
mystérieuse,  s'était  ilevét  par-detnu  (Jae. 


II,  13).  manifestait  toutilaforctttti 
dans  :ouiê  la  frondeur  {/sa.  luii,  i)  des  at- 
tributs qui  lui  appsrlieuoent. 

Mais,  pour  la  parfaite  intelligence  de  cet 
argument,  il  faut  remarquer  que,  tandis  que 
dans  noire  sC^our  d'eiil  où  tout  est  ténè- 
bres, révolte  et  inimitié,  la  créature  s'em- 
[>«ra  de  tous  les  cœurs,,et  les  affections,  de 
i)Helquemaniàre  qu'elles  changent,  ue  font 
que  passer  d'une  vanité  fugitive  h  une  au- 
li-c,  il  n'en  est  point  ainsi  dans  les  habita- 
lions  de  ceux  qui  ne  sont  pas  déchus  de 
Icur'innocenee  primitive.  La,  chaquedésir 
fl  cliaque  mouvement  est  subordonné  i 
Dieu.  Ils  le  voient  dons  tout  ce  qui  existe e( 
dans  tout  ce  qui  eal  répandu  autour  d'eux  ( 
et  au  sein  de  la  pléiiilnde  de  ces  délices 
avKC  lesquelles  ils  s'étendent  sur  la  bonté 
et  ia  beauté  de  ce  merveilleux  univers,  le 
cliarme  vivifiant  qui  accompagne  toutes 
leurs  contemplations,  est  qu'ils  trouvent  sur 
chaque  chose  visible  l'empreinte  de  l'intel- 
ligeiice  qui  I«  conçut,  et  de  la  main  qui  la 
ciéa  et  qui  la  const;rve.  Ici  Dieu  est  banni 
d(is  nen:9ée5  de  tout  komme  nalurtl  (/  Cor. 
Il,  1«),  et,  par  un  acte  d'usurpation  et  con»> 
tiimuient  maintenu,  les  choses  des  sens  et 
tlu  temps  exercent  un  ascendant  absolu. 
Lh ,  Dieu  ut  loiU  en  (oui  (/  Cor.  xv,  28.) 
Jh  marchent  dam  ta  tuaiière  (Ephei.  iv,  8.J 
Us  se  r^ouissent  dans  la  béaiUude  de  sa 
présence.  Lt  voile  n'e$t  point  tur  Itan 
yeux  (IJ  Cor.  m,  16j,  et  ils  voient  le  ca- 
ractère d'une  Divinité  qui  préside  im- 
primé sur  tout  ce  qui  s'olTre  à  la  vue  et 
dans  tous  les  événements  auxquels  la  Di- 
vioité  a  donné  naissance.  De  ih  vient  que 
l«  chbmp  de  leurs  conlempiations  acquiert 
sur  tous  les  points  de  l'importance  et  est 
rajroniiant  de  gloire;  et  quand  ils  voient 
une  nouvelle  révolution  dans  l'histoire  des 
cboses  créées,  le  motif  qui  les  porte  è  y  at- 


tacher un  œil  si  «Itenlîf ,  c'est  qu'elle  leur 
annonce  quelcjue  nouveau  développement 
dans  les  desseinsdeDIeu,  quelque  nouvelle 
maiiifestalîon  de  ses  hauts  attributs,  qnel. 
que  pss  nouveau  et  intéressant  diDsi'hi). 
toire  de  sa  sublime  administration. 

Toutefois,  nous  devons  prendre  garde  ï 
une  chose  qui,  dans  le  fond,  n'Aie  nen  k  \t 
valeur  intrinsèque  de  notre  arguiaeiitjnaii 
qui,  dans  le  fuit,  diminue  de  beaucoup  l'im- 
pression qu'il  ferait  :  c'est  que  ce  défoue- 
Dienl  à  Dieu  qui  règne  dans  les  autres  par- 
lies  de  In  création,  celte  cnoGatice  en  lai 
comme  le  principe  constant  et  essentiel  de 
tout  bonheur,  cet  intérêt  h  ce  que  rien  ne 
ternisse  sa  gloire,  ces  délices  dans  la  cod- 
lemplation  de  ses  perfections  et  dn  ses  œo- 
vres.  sont  des  sentiments  que  les  hommu 
de  noire  monde,  dans  sa  corruption  et  lei 
ténèbres  actuelles,  ne  peuvent  partager. 

Mais,  pour  si  peu  que  nous  puissions  nous 
en  faire  une  idée,  l'Ecriture  sainte  nom 
dit,  dans  plusieurs  passages,  que  Dieu  eal 
tout  pour  ses  créatures  qui  ne  se  sont  point 
écartées  de  leur  Bdétilé  m  éloignées  duDiea 
vivant;  que  l'amour  qu'elles  ont  pourluii 
un  souverain  empire  dans  leur  cceur,  et  1«i 
comble  de  toute  l'extase  de  la  plus  pro* 
fonde  affection;  que  rien  de  grand  n'élèit 
leurs  émes  comme  le  seotiment  delà  puis- 
sance et  de  la  majesté  de  TElernel  ;  qu'il  n'j 
s  pas  de  perspective  dont  l'éclat  sans  nmge 
et  les  tableaux  heureux   les   enchantent, 
comme  lorsque,  dans  les  raTissements  it 
l'adorstiOQ,  ils   se  prosternent  devant  la 
sanisluaire  de  la  Sainlalé  infinie  et  sans  ta- 
che; et  qu'il  n'f  a  pas  de  beauté  qui  les 
charme  et  les  attire  comme  cette  beauté  ao- 
raie  dont  la  douceur  tempère  rim[)0Sinie 
majesté  de  la  Divinité;  en  un  mot,  queioD 
imaçe  est  toujours  présente  h  leurs  cunleiD-    . 
pistions,  et  que  la  félicité    non  înlerTon- 
pue  de  leur  innocente  existence  consiste 
dans  la  coanaîssancc  et  l'admira  tioti  de  la  Di- 
vinité. 

Faisons  un  effort,  et  ne  perdons  pas  de 
vue  celte  considération,  car  les  glaces  de 
nos  imaginations  terrestres  rendeut  un  ef- 
fort nécessaire,  et  nous  apercuvroos  que, 
lors  même  que  le  monde  où  nous  vivons 
serait  le  seul  théâtre  de  la  rédemption ,  il  J 
a  quelque  chose  dans  la  rétlempiioQ  même 
qui  est  fait  pour  attirer  sur  elle  les  regards 
d'un  univers  saisi  d'étonnement.  Ahl  cvr- 
lainement,  là  où  les  délices  qu'on  go&te 
auprès  de  Dieu  sont  la  joDissaace  de  tons 
les  moments,  et  une  profonJe  et  intelli- 
gente contemplation  de  Dieu,  l'oecupatioa 
uon  interrompue,  il  n'y  a  risn  dans  toute  la 
sphère  de  la  nature  ou  de   l'histoire,  qui 
puisse  ainsi  captiver  l'imagiaatîon  de  se^ 
myriades  d'adorateurs,  comme  quelque  nou- 
veau, quelque  merveilleux  développement 
du  caracière  de  Dieu.  Or,  cela   se  trouve 
dans  le  plan  de  notre  rédemplion,   et  je  D( 
vois  pas  comment,  dans  quelque  conjecVuii 
que  ce  puisse  êire  entre  le  souverain  Pèn 
Ile  l'exisleuce  et  les  enfants  qui  sont  issu 
de  lui,  les  attributs  moraux  de  la  Divinit 


«fi 


iST 


MCTKHmURE  APOUKEnQUE. 


AST 


twmrraitrnl,  si  je  pois   mViprimer  ainsi, 
t\n  ans  è  una  si  sévère  et  si  délicale  épmt- 
ie.  Il  «si  Trai  que  le«  grandes  questions  du 
pécbé  et  du  salul  ne  font  ancune  impres- 
sion sar  les  oreilles  d'nn  monde  indifférent, 
H  dont  les  aETeetions  sont  aliénées  ;  mais 
cm  qui,  ponr  user  du   langage  de   l'Ecri- 
Inre  suDle,  aoiu  ImmUre  dim*  U  Stigntwr 
|l>ÂM.T,8).(!0nsidèrenl autrement  ces  elio- 
w,  Ils  voient  le  péché  dans  loniesa  maii- 
gailé,  et  le  salut  dans  toute  sa  mjrsiérieuse 
gnedear.  Toutes  leurs  fàcnllés  ,  indubiia- 
b^eoieW ,  durent  8lre  absorbées  quand  ils 
TJTtnl  la  rébellion  leranl  l'étendard  contre 
U  «ajealé  du  eiel  ;  la  rérité  et  la  justice  de 
nieveapgées  par  le*  menaces  qu'il  avait 
InUseaolreUiusIesowrttrs  HMÙp»it4(Ptal. 
m,  X\  M  la  dignité  de  ee  trAne  auguste. 
qn  ê  m  Jérsiea  colonnes  de  l'immutabilité 
pMr  soatMDS  ,  enchaînée  k  l'accomplissa- 
■Mldeli  loi  qui  en  était  émanée;  et  quand 
00  D'avait  rien  k  attendre,  sinon  que  Dieu, 
en  Banilesunt  la  puissance  de  sa  colère , 
•cceaplinlt  lonles  ses  sentences,  défen- 
dnh  riuBnzibilité  de  son  gooTeVnement ,  et 
far  an  ad*  paissant  de  Tengaanoe  écJa- 
lute ,  maiotieiidrait  è  la  voe  de  toutes  se* 
oéstaret  le  soovenineté  qui  lui  apparle- 
Baii;obt  arec  quel  diàr  ne  doireni-ilspas 
iToir  coiuidérd  se*  voies,  quand,  au  milieu 
it  toutes  ces  demandes  urgentes  qui  sem- 
Uaieni  si  hautes  et  si  indispensaDles,  ils 
finni  les  déreloppemeuU  de  U  miséricorde 
Anne,  et  comment  le  suprême  législateur 
ifaHsaa  war  ses  coapables  eréaiores  un  œil 
^tendresse;  oommeni ,  dans  sa  profonde 
cl  tDpéaétrable  sagesse,  il  prépara  eo  leur 
Âtear  uo  plan  du  restauration  ;  comment, 
peurleneltre  k  eiécuUon,  an  itilieu  de 
looiesles  difficultés  dont  il  était  entnaré, 
Ipniséurael  fol  obligé  de  s'éloigner  du 
Ht»  do  sa  demeure  dans- le  ciel;  et  cotn- 
■esU  après  que,  par  l'efBcace  de  son  xaj%- 
(érîeax  sacrince,  il  ent  magnifié  la  gloire 
des  perCKlioos  divines ,  il  éleva  la  muéri- 
t»rdt  au-dessus  de  toutes  les  antres  {Jœ., 
a.  13),  et  ouvrît  noe  voie  par  laquelle  nous, 
pauvres  brebis  égarées  dans  le  pécbé ,  pA- 
uvs  ,  avM  tout  Péelat  du  divin  caractère, 
wos  que  la  Bioiadre  Uche  le  ternisse,  être 
•diois    «le   nouveau  en  communion   avvc 
^itro  ,   et  tire  ramenés  encore  dans  la  seia 
•le  sa  lamille  fidèle  et affecliounée. 

Or,  le  caractère  «iseotiel  d'un  tel  évéoe- 
■Moi,  considéré  comme  une  msnifeslatioD 
Oc  Dieu  ,  ne  dépend  poiul  du  nombre  des 
mondes  sur  lesquels  ce  pécbé  et  ce  salut 
(euveot  être  étendu*.  Nous  savons  qu'une 
idte  économie  de  sagesse  et  de  miséri^corde 
tH  éutbliesor  ce  utonde;  et  quand  même 
ce  okotKlB  serait  le  seul  qu'elle  atteigoU,  la 
«anifésuiioo  morale  de  la  Divinité  est  prin- 
o^entent  et  essentiel  lemeni  la  même  que 
s  elle  embrassait  tontes  les  parties,  sans 
cieeptâoo,  de  celte  étendue  habitable  que 
f  utrooomie  nous  a  fart  connaître.  Par  la 
<:èiot)é.ssanee  de  ce  mondu,  la  loi  fut  foulée 
Ml  |>ieds  ;  et  ponr  que  la  vérité  it  la  mité- 
ncer«fc  u  rtntontriu$tttt{Pial.  I.S&SV,  10}, et 


qu'elles  eussent  un  harmonieux  accomplis- 
sement sur  tes  hommes  de  ee  monde ,  la 
dignité  de  Dieu  fut  misée  la  même  épreuve; 
la  Justice  de  Dieu  parut  poser  la  même  bar- 
rière immuable  ;  la  sagesse  de  Dieu  eut  h  se 
frayer  un  chemin  S  travers  Ii-s  mêmes  dif- 
ficultés; la  clémence  de  Dieu  ent  ft  trouver 
la  même  voie  mystérieuse  pour  arriver  sni 
pécheurs  d'un  monde  solitaire  qn*aux  pé- 
cheurs da  la  moitié  de  l'univers.  L'étendue 
du  champ  sur  lequel  celte  question  fut  dé- 
cidée n'a  pas  plus  d'jnfluence  sur  la  ques- 
tion même  que  la  situation  ou  les  dimen- 
siwis  de  ce  champ  de  bataille  sur  lequel 
quelque  grande  question  politique  fut  dé- 
liattue  n'en  ont  sur  l'impôrlance  on  sur  les 

Principes  moraux  de  la  dispute  qui  en  fiit 
origine.  L'objeelioe  sur  la  petitesse  du 
tbéètre porte  avec  elle  toute  la  grosinërelé 
du  matérialisme.  Pour  des  êtres  spirituels 
et  intelligent*,  ce  n'esl  rien.  A  leurs  yeax, 
ia  rédemption  d'un  monde  pécheur  lire  son 
priocipar  intérêt  de  l'explication  qu'elle 
donne  de  la  pensée  et  des  conseils  de  la 
Divinité  ;  et  quand  même  ce  monde  ne  se- 
rait qu'oD  simple  point  dans  l'immensité 
des  œuvres  de  Dieu ,  il  n'en  résulte  dans 
leur  opinion  aucune  plus  hante  idée  de  sa 
tendresse  miséricordieuse,  qui ,  plutêi  que 
de  perdre  un  seul  monde  des  myriades  qu'il 
a  formées,  prodiguerait  toutes  les  richesses 
de  sa  bienfaisance  et  de  sa  sagesse ,  dans 
le  but  de  recouvrer  sa  coupable  popula- 
lion. 

Or,  q^uitiqu'il  faille  admettre  que  PEcri'- 
tore  sainte  ne  parle  pas  clairement  ou  dé- 
cisivement  de  ce  que  le  propre  effet  de  la 
rédemption  se  soil  étendu  è  d'autres  mon- 
des, elle  parle  le  plus  clairement  et  le  plus 
décîsivemeot  de  la  connaissance  qui  en  est 
répandue  parmi  divers  ordres  de  crésiures 
Intelligentes  autres  que  noua.  Hais  si  la 
contemplation  de  Dieu  est  leur  suprême  fé- 
licité ,  il  suffit  alors  que  notre  rédemption 
leur  soit  connue,  pour  lui  donner,  qooi- 
qu'elle  ne  soil  que  la  rédemption  d'un 
monde  solitaire,  une  importance  aussi  grande 
que  l'univers  même.  Elle  peut  répandre, 
parmi  les  srméesde  l'immensité,  on  nouveau 
jour  sur  le  caractère  de  celui  qni  est  l'objet 
de  toutes  leurs  louanges,  et  dsas  ta  con- 
templation duquel  louies  les  puissances  de 
leur  esprit  se  livrent  aux  transports  d'une 
solennelle  et  délicieuse  ,  admiration.  Le 
Ibéêlre  de  l'événement  peut  être  petit  par 
rapport  h  son  étendue  matérielle,  tandis 
que  dans  l'événement  même  il  peut  y  avoir 
uoe  telle  dignité  morale  qu'elle  fasse  bril- 
ler les  perfections  de  la  Divinité  sur  la  race 
de  la  création  ;  et  envoie,  de  la  gloire  mani- 
festée de  rSteneU  un  lorrenl  d'extases  et 
de  vives  acclamations,  d'un  bont  k  l'autre 
de  la  vaste  étendue  des  provinces  qni  sont 
sous  sa  dépendance. 

11  a  plu  a  Dieu  de  nnus  refuser  les  détails 
eirconslaneiés  de  la  manière  dont  celte 
merveilleuse  économie  est  étvudue  ;  mais  il 
nous  a  donné  plus  d'une  fois  une  idéegramJe 
et  géuérate  de  sa  dignité.  Il  ne  nous  luforme 


nCTIOKNAIRE  APOLOGCnQQB. 


A» 


r' 


pas  si  ta  fùnlaiiu  euterle  à  bi  wtaiton  de  Jmda 
paur  te  péeki  et  pour  la  Mouillure  {Zaeh. 
XIII.  S)  eiiToie  ses  oo<Jes  vÎTiliantes  k  d'sa- 
tres  mondes  que  le  nfttre.  Il  De  nous  infonoo 
pas  de  l'éienduede  l'expiation;  mais  iloous 
Kirorme  aue  l'espialion  même,  connue, 
comme  elle  l'est,  parmi  les  myriades  d'âlres 
céiegles,  forme  I  hymne  sublime  de  l'éter- 
oité;  que  i' Agneau  qui  a  été  immolé  {Apoe. 
T,  12)  est  enTirooDé  des  acclamations  d'ua 
empire  Tsste  et  universel  ;  que  la  grandeur 
de  ses  meneilleux  Iraraux  excite  des  trans* 
ports  d'admiration  et  de  joie  parmi  les  mul- 
titudes qui  sont  autour  de  son  IrAne;  elque 
ii,  du  milieu  des  adorateurs  de  celui  qui 
jMM  a  latét  de  noi  péché*  dont  «on  eaaq 
{Àpçc.  T,  6),  ne  cea^fi  de  s'élerer  une  Toix 
lune  comme  d'une  multitude  ionombrable, 
suave  et  barmouieuse  comme  des  voix 
bieniieu reuses  exprimant  la  joie,  lorsque 
les  civux  reteutissent  des  chants  de  iriom- 
|ibe*  et  que  d'éclatants  hosaanas  remplissent 
les  rétjioQS  étemelles. 

Un  roi  [wurrait  avoir  la  totalité  de  son 
règne  remplie  d'enlreprîses  glorieuses; 
l'beureux  succès  de  ses  armes  et  la  sagesse 
de  ses  conseils  pourraient  lui  donner  la  ré- 
putation d'être  le  premier  des  potentats  du 
uioude;  la  richesse  qu'il  aurait  répandue 
dans  les  prorinces  de  son  empire,  et  la  sé- 
curité dont  il  ferait  jouir  ses  sujets,  pour- 
raient en  fsire  leur  idole;  et  cependant  l'on 
conçoit  que  l'acte  d'uu  seul  jour  en  faveur 
d'une  seule  famille;  que  quelque  visite  af- 
fectueuse de  cousolatioD  a  une  ptuvre  et 
solitaire  chaumière  ;  qu'un  acte  de  clémence 
qui  procurerait  l'élargissement  et  la  déli- 
Tranced'un  malheureux  au  désespoir;  que 
quelque  mouvement  remarquable  de  aensi- 
bililé  au  récit  des  misères  d'un  infortuné; 
que  quelque  noble  effort  de  renoncement  ^ 
soi-oidme,  qui  le  ferait  triompher  de  tous 
ses  desi<eios  de  vengeance,  et  jetterait  le 
vuile  d'un  généreux  oubli  sur  1  offense  de 
rboœme  qui  l'aurait  insulté  et  lui  aurait 
lait  tort;  par-dessus  tout,  qu'un  acte  d'am- 
uistiesi  adroitement  ménagé ,  qui  loin  de 
l'eiposar,  sans  moyen  d'y  parer,  è  de  nou- 
Telles  injures,  le  ferait  respecter  davantage, 
imprimassent  sur  sa  personne  et  sur  son 
caractère,  une  dignité  plus  ioriolobla  que 
jamais;  ouit  il  est  très-possible  que  le  plus 
grand  monarque  de  la  terre  tirit  de  la  gran- 
deur d'une  telle  action ,  faite  dans  l'espace 
d'une  heure,  et  dont  les  effets  immédiats  ne 
s'étendraient  qu'à  une  seule  maison  ou  à  un 
seul  individu  ,  un  lustre  qui  effacerait  l'é- 
clal  de  toute  son  administration  publique, 
et  qu'un  tel  exemple  de  magnanimité  ou  de 
mérite,  brillant  du  fond  de  sa  vie  privée, 
«xcii&t  dans  tous  les  cteurs  une  vénération 
plus  profond»  que  tout  ce  que  l'histoire  de 
sa  rie  offrait  de  plus  saillant,  et  qu'il  fût 
Iraosmia  k  la  postérité  comme  un  monument 
plus  durable  de  grandeur,  et  l'élevAt,  par 
sa  sui>limîlé  morale,  bien  au-dessus  du  ni- 
veau dc-s  louanges  ordinaires,  de  sorte  que, 
lorsque  les  hommes  des  siècles  futurs  ôas- 
«eraivtit  en  revue  son  rëjjiie  ,  ce  trait  d  une 


vertu  simple ,  donee  et  modeste ,  serait  nié 
peut-être,  dans  tous  les  temps,  comme  l'So- 
tion  la  plus  sublime  et  la  plus  loucbsBle 
qui  honore  sa  mémoire. 

C'est  ainsi  que  te  Roi  éter*H,  immortel  tt 
iuneÙilt  (f  Ttm.  i,  17),  environné  comnie 
il  est  des  splendeurs  d'une  mooarcbie  qai 
n'a  de  bornes  ni  dans  J'espace  ni  dacs  le 
temps,  se  tourna  vers  notre  humble  babita- 
tation,  que  les  pas  de  Dieu  wianifeeté  dan 
la  eAoïr  (/  Jim.  iti,  16)  furent  empreiots  sur 
le  morceau  de  terre  que  nous  occupons  ;  et 
quelque  petite  que  soit  notre  demeure  par- 
mi les  spnères  et  les  systèmes  de  l'immen- 
sité, le  Roi  de  gloire  [Peal.  xxiv)  y  abaissa  sa 
voie  mystérieuse ,  entra  dans  le  tabernacle 
des  hommes,  et  ayant  pris  la  formte  «Tim  ler- 
viteur  {Phil.  tt,  7),  il  s^ourna  pendant  des 
années  sous  le  loit  qui  couvre  notre  monde 
obscur  et  solitaire.  Oui,  il  n'est  qu'un  atome 
inaperçu  dans  cette  multitude  infinie  de 
mondes  qui  t'entoureut;  mais  considérei  la 

frandeur  morale  de  l'événement,  et  noa 
étendue  matérielle  du  monde  oui  en  a  été 
le  théAlre;  et  du  fond  de  noire  numble  re- 
traite pourra  émaner  uim  manifestation  da 
la  Divinité,  telle  que  la  gloire  de  aon  nom 
se  répande  parmi  tous  ses  adorateurs.  I«i 
entra  le  pécbé.  Ici  la  tendre  et  universelle 
bienfaisance  d'un  père  fut  payée  de  retour 
{>ar  l'ingratitude  de  toute  une  famille,  ici  la 
loi  de  Dieu  fut  outragée,  et  cela  même  au 
mépris  de  ara  manifestes  et  inaltérables 
sanctions.  Ici  la  puissante  dispute  des  attri- 
buts fut  terminée,  et  quand  la  justice  avan- 
çait ses  demandes,  que  la  vérité  invoquait 
I  accomplissement  de  ses  avertissements; 
que  l'immutabilité  de  Dieu  ne  voulait  pas 
reculer  d'un  simple  iota,  d'aucune  de  ses 
positions,  et  que  toutes  les  rigueurs  qu'il 
avait  jamais  proclamées  contre  lee  aifamSi 
diniquilé  semblaient  s'amasser  en  un  naap 
menaçant  de  vengeance  sur  la  demeure  dont 
nuus  avons  la  possession  pour  quelques 
instants  ;  la  manifestation  du  File   «ntque 
(/«an.  I,  18)  dissipe  tous  ces  obstacles  au 
trioujpbe  de  la  miséricorde,  et  quelque  in- 
signitlonte  que  la  demeure  puisse  être,  en- 
foncée comme  elle  est  dans  l'ombro  de  son 
obscurité  parmi  les  habitations  plus  magni- 
ques  qui  1  entourent  ;  le  rappel  ae  sa  famille 
exilée  ne  sera  néanmoins  jamais  oublié ,  et 
la  preuve  éclatante  qui  a  été  donnée  ici  de 
la  grâce  et  de  la  majesté  réunies  de  Dieu  , 
fera  à  jamais  le  sujet  des  hymnes  et  des  ac- 
clamations de  l'éternité. 

Nous  avons  léché  d'établir  que  l'argumenl; 
tiré  de  l'astronomie  par  l'incrédulité  tend  h 
anéantir  une  perfection  naturelle  du  carac' 
1ère  de  Dieu  ,  savoir,  ce  merveilleux  attri- 
but qui  lui  appartient,  par  lequel,  daos  lu 
moment,  il  peut  diriger  une  attention  itni 
médiate  et  vigilante  sur  une  variété  îanom' 
brable  d'objets,  et  étendre ,  depuis  le  plu; 
grand  jusqu'au  plus  petit  et  au  plus  msî, 
gnitiant  de  tous,  l'ititimité  de  sa  puissaoci 
et  de  sa  présence.  Nous  avons  aussi  reniaii 
que,  en  passant,  que  cet  argument  tends 
fa  affaiblir  un  attribut  moral  de  la  Divinité 


Asr 


nCTIOXUlHE  APOLOCETIQDE. 


AST 


il  Icod  s  «ITaiblir  la  bienTeillancc  de  aa  na- 
Lire.  C'est  beaucoup  pour  la  bieoveiilaiico 
ileDîea  de  dire  qu'un  seul  monde  ou  un 
iêol  sjalème  n'est  pas  assez  pour  elle  ;  qu'il 
'uifiul  IVlendue  d'ane  plus  reste  régino, 
wnaqoellti  elfu  puisse  répandre  les  Qols 
•l'une exlrémeabondaDce d'un  bouta  l'autre 
ûe  toutes  ses  parties  ;  qu'aussi  loin  quu  ses 
regards  çaisseul  s'éteudre,  elle  a  joncbé 
iintBensilé  des  réceptacles  Qotl^ints  de  l<i 
rie.  et  a  déplojé  sur  cbacun  (i'eui  la  déco- 
nlioD  d'oo  cirl  semblable  à  celui  qui  en*e- 
iop;«  DOire  babitalioa;  et  que  ni£me  des 
répons  loiataines  qui  sont  au  delà  de  la 
{koriie  de  l'œil  de  l'homme,  les  bymnes  de 
ncoouiua&ce  et  de  louange  peuTeiit  s'é- 
lever  atûateiiant  rers  l'unique  Dieu  dont  le 
Ui/OK  est  eunroDoé  de  lémoiguages  de  res- 
f-ed  de  Si  grande,  universelle  et  unique 
bmiUe. 

Or  c'est  beaueoap  pour  la  bienveillance 
de  Diia  de  dire  qu'elle  earoie  ses  vastes  el 
distiaetes  ^loanalîons  sur  la  surface  d'un 
len-.inire  si  smple  que  le  mondo  que  nous 
kitiiioiis,  enseveli  comme  il  l'est  parmi  tant 
Ce  grands  objeisqni  l'enTiroonent,  se  réduit 
à  on  poiDt  qui ,  peut-être,  pour  l'o&il  qui 
embrasse  l'univers,  paral(r«it  presque  im- 
perce|itibl«.  Hais  cela  n'ajoute4-il  pas  i  la 
i'oissaiiee  et  i  ia  perfection  de  cet  ixil  uiii- 
terseU  qu'au  même  moment  où  il  embrasse 
dans  sa  cootemplalioa  l'universalité  des  {,lio> 
ses.  il  puisse  attacher  une  allenlion  ferme, 
et  qu'aucune  distraction  n'interrompt,  sur 
tbxBBc   de  ses  parties   séparées,    quelle 
qs'en  soil  la  petitesse  ;  qu'an  moment  mfime 
aa  il  regarde  tous  les  muades  en  masse ,  il 
[uuse  ot»erver  chacun  d'eux  de  la  manière 
ta  v^as  directe  H  la  plus  intelligente;  qu'au 
■naiMi  qu'il  parcourt  rapideioeul  le  champ 
•te  ,'iaimensilé,  il  puisse  tiser  toute  la  viva- 
Tité  Je  stfs  regards  sur  chaque  parcelle  dis- 
LacUt  de  ce  champ;  qu'au  mémo  momeul 
vb  it  tmbrasse  la  lotaiiié  de  l'existence,  il 
ou^^se  en  faire  l'inspection  la  plus  com^ilète, 
et  \>ortet  sa  vue  sur  ses  plus  petits  détails 
tl  sur  chacune  des  innoiobrablus  variétés  7 
t 'jiiA  ne  trouvez  manquer  d'apercevoir  corn- 
Utn  c«la  ajoute  h  la  puissance  de  l'œil  qui 
v^ii   tout.  Uiles-moi  donc  si  cela  u'aiouto 
|4S  aolaut  de  perfection  it  la  bienveillance 
<«  Uieu,  que,  tandis  qu'elle  s'étend  sur  le 
■aste  champ  des  choses  créées,  il  n'y  ail 
;**  uue  portion  de  ce  champ  qui  soit  négli- 
éÂe  par  elle  ;  que,  lundis  qu'elle  répand  sos 
tireurs  sur  la  totalité  d'une  étendue  iuliiiiu, 
t—K  les  lasse  descendre  comme  une  ahoii- 
i^niB  rosée  sur  chaque  hahilalio:i  séjpnréc; 
^uc.  tauJis  que  lu  Lirait  Je  Uieu  soutient  et 
esibrass*:  tous   les  mondes,  il  eatrd  dans 
■'coceinte  de  chacun  d'eux ,  et  que  tous  les 
■(•Jividas  de  leur  innombrable  population 
^ient  l'objet  de  ses  soins  et  de  sa  tendresse. 
itt  I  le  Dm  qui,  selon  l'Ëcriture,  al  aaiour, 
.^  répaud-il  )>as  sur  ctt  attribut  de  son  es- 
sence le  plus  louihaol  éclat  7  Si.  tandis  qu'd 
lirge  au  plus  liaut  des  cicui,  il  épanche  les 
-'ésors  «le  sa  plénitude  sur  (oui  lu  domaine 
t„tfMXÎuuné  de  la  nature  et  de  la  Provi- 
DtcnoiT^Aïae  *FOi.»GtTiQUB.  1. 


dcDce,  il  abaisse  nn  regard  de  compassion 
sur  le  moindre  de  ses  enfants,  envoie  son 
esprit  vivifiant  dans  lous  les  coeurs,  r^ouit 
par  sa  présence  chaque  maison,  poorvoit  aux 
besoins  du  chaque  lamille,  veille  auprès  du 
lit  des  malades,  et  prête  l'oreille  aux  gémis- 
sements de  la  souffrance  ;  et,  tandis  que  lo 
poids  du  gouvernemeot  de  l'univers  repose 
sur  son  admirable  ialelUgence,  ahl  n'est-if 
pas  plus  admirable  et  pins  excellent  encore, 
qu'il  compatisse  S  toutes  les  douleurs  et 
soit  i>rët  ^  écouter  toutes  les  prières  7 

Bemarquez  avec  qui^lle  beauté  ce  Irait 
particulier  do  la  honlé  de  Dieu,  qui  nous 
la  rend  si  chère,  est  réfli5c>ii  sur  nous  dans 
l'attitude  des  anges  qui  nous  est  révélée.  Des 
hautes  éniiaences  du  ciel,  ils  abaissent  un 
regard  vigilant  sur  les  hommes  de  ce  monde 
pécheur  ;  et  la  eonverfioD  de  chacun 
d'eux  répand  la  joie  et  de  vires  acclama- 
tions dans  toute  l'étendue  des  célestes  de- 
meures. Uettez  ce  Irait  du  caractère  aogé- 
liquB  en  contraste  avec  l'esprit  sombre  et 
atrabilaire  d'un  incrédule.  L'astronomie 
l'instruit  de  la  multitude  des  autres  mondes, 
la  magnificence  de  l'idée  l'eaflamnie,  il  est 
ébloui  par  une  élévation  qui  est  au-dessus 
de  ses  forces,  et  des  régions  aériennes  où 
s'égare  son  imagination,  jetant  un  regard 
dédaigneux  sur  l'iosigniGauce  du  monda 

Îue  nous  occupons,  il  le  déclare  indigne 
e  ces  visites  et  de  ces  attentions  dont  nous 
lisons  l'histoire  dans  le  Nouveau  Testament. 
Il  est  incapable  de  s'élever  sur  l'échelie 
de  la  perfection  morale  ou  naturelle,  et 
quand  ou  lui  fait  connaître  la  merveilleuse 
étendue  du  champ  sur  lequel  les  richesses 
de  la  Divinité  sont  prodiguées,  il  s'arrête, 
il  se  trouble,  el  manque  toul  à  Csil  de  cette 
réQexiOQ  essentielle,  que  la  puissance  et  la 
perfection  de  la  Divinité  ne  sont  pas  plu< 
déployées  par  la  grandeur  du  champ,  qu'elles 
ne  le.sont  par  cette  multitude  de  créjturfis 
qui  le  remplissent ,  oii  se  montrent  l'arl  le 
plus  exquis,  l'altenlion  la  plus  minutieuse, 
qui  ne  négligent  aucune  de  ses  plus  petites 
parties,  impriment  sur  chacune  d'elles  la 
plénitude  de  la  Divinité,  et  prouvent,  par  les 
fleurs  du  désert  le  moins  frayé  aussi  bien 
que  par  les  sphères  de  l'immensité,  à  quel 
point  cet  être  impénétrable  peut  prendre 
soin  de  toul, pourvoira  tout,  et, du  mystère 
trop  élevé  pour  nous  où  se  trouve  Sun 
IrôOG,  peut  à  chaque  instant  et  sans  la 
moindre  interrup[ion,  hier  un  œil  attentil 
sur  les  diverses  choses  qu'il  a  formées, 
les  considérer  séparément,  et  par  un  acte 
do  sa  profonde  intelligence ,' qiïi  pense  à 
tout  el  qui  préside  h  tout,  peut  constam- 
ment embrasser  la  totalité  dus  êtres. 

Mais  Dieu,  dans  la  pléuilude  de  sa  gloire, 
el  cnvirouDé  comme  il  l'est  d'une  lumière 
inaccanble  {I  Tim.  vf,  16J,  est  si  loiu  du 
notre  laible  portée,  el  si  au-dessus  de  nos 
étruiles  conceptions,  que  l'esprit  deT-liuiii- 
loe  s'épuise  t-t  succomba  daus  les  efforts 
qu'il  fait  pour  le  cumpiendre.  S'il  était  pas- 
sible que  l'image  du  Tri-s-HauI  fût  jHacée 
directement  devant    nous,  ce  torieut  do 

10 


liICTlONNAlRe  APOLOGETIQUE. 


AST 


splendeur,  qui  sans  ct»5D  euinnede  lui  et  se 
r6|tiin'J  sur  tous  ceux  qui  ont  le  privilège  de 
le  contempler,  non-seulement  nous  ébloui- 
rail,  mais  nous  accnblerail.  Et  c'est  pour 
cela  que  je  tous  înTÎte  h  porter  ¥0S  regards 
.lur  le  reflet  de  cette  image,  afin  d'avoir  une 
vue  de  aa  gloire  mitigée,  et  de  rassembler 
les  traits  de  la  Divinité  sur  le  visage  de  ses 
cmges  de  justice,  qui  n'ont  jamais  perdu  la 
ressemblance  dnns  laquelle  ils  furent  créés. 
I'"t,  incapables  comme  vous  l'êtes,  de  sop- 
jiorter  la  grâce  et  la  majesté  de  celle  fact, 
'levant  laquelle  les  voyants  et  les  prophètes 
<jcs  jours  d'oalreTo'is lombùient  comme  morli 
[Apoc.  1, 16, 17),  empruntons  une  idée  de 
Celui  qui  siège  sur  le  trône,  de  ce  qui  nous 
est  révélé  de  l'aspect  et  des  actions  de  ceux' 
()ui  l'itnvîronneiit. 

L'incrédule  donc,  h  mesure  qu'il  agran- 
di! le  cbamp  de  ses  conlem|>lalions,  souf- 
frirait que  cnscun  des  objets  séparés  qui  s'y 
Irouventfût  enseveli  dans  l'oubli  ;  ces  anges, 
nu  contraire,  s'élendanl,  comme  ils  fblil,  sur 
la  sphèred'une  universalité  plus  élevée,  sanL 
,  représentés  comme  ayant  l'œil  toujours  ou- 
vert sur  l'histoire  de  diarune  deses  parties 
distinctes  et  subordonnées.  L'incréilule , 
avec  son  imagination  errante  parmi  les  ïo- 
leils  et  parmi  les  systèmes,  ne  peut  trouver 
place,  dans  son  attention  déjà  préoccupée, 
pour  cette  humble  phnète  qui  loge  notre 
espèce  et  fournit  k  ses  besoins;  les  anges, 
étant  placés  dans  une  région  plus  élevée,  et 
ayant  une  perspective  de  la  création  plus 
étendue  devant  eux,  sont  cependant  repré- 
sentés comme  abaissant  leurs  regordssurce 
monde  en  particulier,  et  comme  reraanjuant 
aitentivemcnt  les  diverses  épreuves  et  Il's 
besoins  divers  de  toutes  les  familles.  L'in- 
crédule, en  nous  rabaissant  h  une  petitesse 
imperceptible,  perdrait  tout  h  fait  de  vue 
notre  demeure  et  étendrait  le  sombre  voile 
de  l'oubli  sur  toutce  qui  concerne  et  in- 
téresse les  hommes;  mais  les  anges  ne  nous 
nbandonnent  point  ainsi;  et,  non 'éblouis 
par  l'éclat  bien  supérieur  des  scènes  maj^ni- 
liques  qui  les  environnent,  ils  sont  dépeints 
■  par  la  révélation  comme  dirigeant  toute 
l'attention  de  leurs  regards  vers  notre  l)a- 
bitation  actuelle,  etcommcporlontïur  uous 
et  sur  nos  enfants  un  œil  tendre  et  plein  de 
bienveillatrce.  L'incrédule  nous  informera 
de  ces  mondes  qui  roulent  au  loin,  cl  dont 
lu  nombre  va  au  delà  de  l'arltlmiétique  do 
l'entendement  humain,  et  puis,  avec  l'in- 
sensitiitiléd'an  froid  calcul,  il  abandonnera 
celui  que  nous  occupons,  avec  toutes  ses 
coupables  générations, &  toutes  les  horreurs 
du  désespoir  ;  mais  celui  qui  compte  te  nom- 
lire  des  étoiles,  nous  est  représenté  comme 
ayant  Utyeuxiur  c/ioçue  ttidi'ttdu  des  mil- 
lions de  Vetpicthumaine[Piai.\i-Lni,i3,tlt), 
et,  par  la  parole  de  l'Evangile,  eommcl'in- 
viiant  à  venir')  lui,  comme  lui  tendant  la 
main,  et,  au  premier  pas  de  soei  retour, 
comme  allant  au-devant  de  lui  avec  tout 
l'empressement  du.përe  de  l'enfant  prodigue, 
pour  l'admettre  de  nouveau  en  cette  pré- 
sence dont  il  s'était  bADni.  Et  quant  i  ce 


monde,  en  faveur  daqnel  l'incrédule  ua 
souffrira  pasunseuln:ouvement,toullecit1       ' 
est  montré  comme  en  travail  an  sujet  de  si       ' 
restauration  ;  au  point  qu'il  ne  peut  y  avoir        ' 
lin  seul  individu  entre  les  hommes  quiioil 
rappelé  du  péché  è  la  justice  sans  une  ac- 
clamation de  j<iie  parmi  lesarméesdu  para- 
dis; et  certainement,  je  puis  le  dim  do 
moins  considérable  et  du  plus  indigne  de 
nous  tous,  que  l'œil  des  anges  est  sur  lui, 
et  que  sa  conversion  répandrait  dès  ce  mo- 
ment des  torrents  d'une  délicieuse  sensi- 
hiiiié  parmi  l'immense   multitude  de  leurs      j 
innombrables  légions.  l 

Maintenant,  la  seule  question  que  j'aie 
6  faire,  c'est  de  demander  sur  lequel  des 
deux  cdtés  de  ce  contraste  nous  voyons  le 
plus  l'empreinte  du   cietT  lequel  des  deux 
rontribuerail  )e  plus  h  la  gl'iire  de  Dieu  T 
lequel   des  deux  oITre   davantage   de    ces 
[ireuves  qui  con»is(eDt  h  avoir  un  Ciiractère 
télestcî  Car,  si  c'est  le  cAlé  de  l'ini^rédule, 
il   faut   alors   que    toutes    nos   espérances 
s'évanouisst-nt  avec  la  ratification  de  cetli' 
fatale  sentence,  par  laquelle  Je  monde  est 
condamné,  par  son  insignifiance,  è  être  exclu 
i  perpétuité  des  attentions  de  la  Divinité. 
Je  me  suis  longtemps  adressé  à  votre  enten- 
dement, j'en  appelle  maintenant  t  la  sensi- 
bilité de  votre  cœur;   dites-moi  à  qui    le 
sentiment  moral  qu'il  renterme  accorde-t-il 
plus  promptement  son   suffrage?  Esi-ce  k 
l'incrédule,  qui  voudrait  faire  anéafitir  dans 
l'oubli  ca  moFHJe  qui  nous  8pt>arlicnt  ;  ou  ï 
ces  anges  qui  font  retentir  toutes  leurs  ■!«• 
meures    des    hosannahj    de    la  joie    pour 
chaqne  individu  do  sa  population  qoi  so 
convertit  et  revient  au  Seljjneur? 

Les  anges  peuvent  (.onsiJérer  ce  monde 
et   tout  ce  qui   lui   est  échu  en   héritage, 
comme  faisant  partie   d'une  plus    graudt.- 
famille.  Les  anges  furent  dans  le  plein  exer- 
cice de  leurs  facultés,  même  dès  les  premieri 
jours   de   l'existence  de   notre   espèce,  et 
prirent  part  aux  félicitations  do  cette  pé- 
riode, ou,  i  la  nai.-^sance  du  genr»  humain, 
toute  la  nature  intelligente  sentît  une  im- 
pulsion  d'allégresse,  et  où  Ut  étoitet   du 
matin  pouMiaimt  entemble  dei  cri»  de  }oi>. 
{Job  XXXVIII, 7).  Ils  nous  aimèrent   de  cet 
amour  qu'une  famille  sur  ta  terre    ressent 
pour  une  plus  jeune  sœur:  l'enfance  mëinc 
et  l'infériorité  de  nos  facultés  ne  firenl  quij 
nous  rendre  plus  cliers  à  leur  affection  ;  ul. 
quoique  nés  a  une  heure  plus  récente  danj 
I  histoire  de  la  création,  ils  nous  regardèren 
comme  les  cohéritiers  de  la  même  destioée 

f)0ur  nous  élever  av^x  eux  dans  l'éclielle  d 
B  dignité  moralt; ,  i.our  nous  prosterner  de 
vant  le  même  marchepied,  et  pour  participe 
6  ces  hautes  dispensations  de  la  teitdresa 
et  du  soin  paternels,  qui  émanent  sans  ces) 
du  Irûiie  de  l'Bierni-l  sur  tous  les  membri 
d'une  fnmilli!  soumise  et  affectionnée.  Mette 
vous  dans  l'idée  l'éienlue  de  rmtelligei» 
d'un  ange  ;  mais ,  eu  même  temps  *  mette 
vous  dans  l'idée  aussi  la  ferveur  séraph.q 
de  la  bienveiraiice  d'un  ange;  commeni, 
la  haute  légion  qu'il  oerupe.il  jieut  uvoir 


3t 


AST 


MCTIONNAmE  APOLOGETIQUE. 


AST 


SCI 


jeai  fixés  sur  plusieurs  inondes,  et  roDser- 
uT  le  souveair  de  leur  origine  et  des  évé- 
Demeols  qui  se  sont  passés  dans  chacun 
■l'eaiKoaimcnt  il  peut  sentir,  clans  toute  sa 
Turu,  la  i'Ius  tendre  affection  de  lurunlé 
i'-mr  leors  habitants  comme  les  lufaDls  du 
it)£inepére;elquoiquece  snit  è  la  foisTeiret 
t(  b  preare  de  noire  dépraratioD,  que  nous 
sojonsÎDcapablestleparUiger  lesseutimenls 
{^éreui  d'un  es|irit  céleste,  comment  cela 
[cnlèlre  compatible  arec  la  sublime  capa- 
rité  et  U  sensibilité  d'no  ange ,  qui  ue  res- 
pire qa'amour.  qu'il  puisse  h  la' fois  étendre 
u  bienTeillaoce  sur  une  multitude  de  pla- 
nètes et  de  s>5lèa)e5,  et  prodiguer  les  eîTii- 
sioQS  de  sa  tendresse  à  cnaque  individu  de 
leur  lécoode  population. 

El  id.  3    m'est  impossible  de  ne  pas 
resurqueronelle  parfaite  harmonie  il  j  a 
eii£reJjIoiaesaffeciion«  sympnthiquesiiaDS 
k  titt  el  les  marques  les  plus  louchantes 
qD'oo  en  IrouTo  dans  notre  monde.  Lors- 
qa'oa  des  membres  d'une  famille  nombreuse 
dépérit  par  l'effet  de  quelque  maladie,  n'est- 
et  pu  celui  sur  qui  se  porte  toute  sa  ten- 
dresse, et  qui  en  quelque   sorte  defieol 
Tobjet  exclusif  des  questions  de  son  roisi- 
nage  et  des  soins  de  ses  parents  T  Lorsque, 
ao  milieu  de  la  nuit,  le  mugissement  de  la 
leœpèle  entoie  de  sinistres  présages  dans 
le  cœar  d'une  mère,  sur  lequel  de  tous  ses 
cofaDts»  je  voQS  le  demande,  ses  peusées  et 
ses  atarnies  refienneot-elles  sans  cesse  T 
Fest-ce  ft»s  sur  celui  qui  voyage  sur  mer, 
qoe  son  imaginatioD  a  placé  au  milieu  des 
(oaranis  impétueux  et  des  vagues  courrou- 
cées de  rOc«anT  I^  crainte  du  danger  qu'il 
cuart  ï  cette  heure  ne  concenlre-t-elle  pas 
MT  tai,  pendant  les  intervalles  du  sommeil. 
U>al*  Il  force  de  ses  méditations  î  Et  u'est-il 
paj  poar  an  temps  l'unique  objet  de  toute 
a  sensibilité  et  de  toutes  ses  prières}  Nous 
artKis  quelquefois  In  relation  de  voyageurs 
oaufngés,  jetés  sur  un  rivage  barbare,  qui 
deveoos   la  proie  de  ses  rruels  habitants, 
seul  entraînés  à  travers  des  pays  incnn- 
&US    et  d'affreux  déserts ,  vendus  comme 
esclaves,  chargés  de&  fers  d'une  captivité 
irréparable,  et  qui,  privés  de  toute  autre 
lilterlé  que   de-  la    liberté  de  la   pensée, 
Irouveot  qu'elle  ajoute  encore  k  leur  mal- 
bear;car  à  quoi  peuvent-ils  penser,  si  ce 
b'est  à   leur  pairie  1  Et  quand  ces  douces 
ÛKCges ,  ces  images  chéries  s'offrent  à  leur 
souvenir,  comment  peuvent-ils  ;  penser,  si 
ce  n'est  avec  l'amertume  du  désespoir?  Ab  1 
(tite»^oi.  quand  le  bruit  de  tous  ces  mal- 
t«urs  parvient  k  leur  famille,  quel  est  celui 
At  ces  membres  snr  lequel  ae  portent  toutes 
KS  douleurs  et  toutes  ses  aSeclionsT  Quel 
tsl  celui  q«i ,  pendant  des  semaines  et  des 
uois  entiers,  absorbe  toute  sa  sensibilité, 
;roTOqiie  ses  plus  grands  sacrifices,  et  lui 
bit  precdre  les  expédients  les  plus  efficaces 
iMrar  leramener  dans  son  seioT  Quel  est 
ce-.aî  qui  Ciit  qu'elle  s'oublie  elle-même  et 
•Wvieut  indifférente  à  tout  ce  qui  l'eotoureT 
M  tJiles-moi  si  vous  pouvez  assigner  une 
>'jme  atix  peines,  aux  efforts  et  aux  privs~ 


tions  auxquels  se  soumettraient  on  père  et 
une  mère  dans  l'angoisse  ,  el  dus  sœurs 
éplorées  pour  It  eJicrcher  et  pour  U  iauttr. 

Or  imaginez  que  le  principe  de  tout  ce 
que  la  sensibilité  nous  offre  sur  la  tcrrs 
soit  dans  toute  son  ém-rgie  autour  du  trOne 
de  Dieu  ;  imaginez  que  runÎTors  ne  soit 
qu'une  seule  famille  dans  la  sécurité  et  dans 
la  joie ,  et  que  ce  mbn<le  aliéné  soit  le  seul 
de  ses  membres  égaré  ou  captif,  et  nous 
cesserons  d'être  étonnée  que  depuis  le  com- 
mencement de  la  captivité  de  notre  espèce , 
jusqu'à  la  consommation  do  son  histoire 
dans  le  temps,  il  se  .-oit  fait  un  tel  mouve- 
ment dans  le  uiel  ;  que  tes  anges  aient  été 
envoyés  en  mission  au  sujet  de  notre  res- 
tauration; que  le  Fils  de  Dieu  se  soit  abaissé 
jusqu'à  prendre  le  fardeau  de  notre  mvsté- 
rîeuse  cipiulion;  et  que  l'esprit  àf  Dieu 
travaille  maintenant,  par  l'active  variété  de 
ses  influences  toutes-puissantes,  i  avancer 
celle dispensaliondegrâce.dontla  un  est  de 
nous  rendre  propresà  être  admis  de  nouveau 
dans  les  demeures  des  habitants  des  deux. 
FaisoDs-nous  seulement  une  idée  de  l'a- 
mour, qui  est  le  principe  régnant  dans  ces 
demeures;  de  l'amour,  dont  toutes  las  pen- 
sées e'i  les  désirs  se  portent  sur  le  point  où 
son  objet  uslle  plus  en  danger  de  lui  être  A 
jamais  ravi  ;  de  l'amour,  qui  n'a  pas  besoin 
de  cela  pour  être  excité  aux  plus  grands 
efforts  el  au  sentimenl  le  plus  exquis  de  sa 
tendresse ,  et  alors  tout  ce  mystère  s'expli- 
quera pour  nous  d'une  manière  claire  et 
familière,  et  nous  ne  résisterons  pas  plus 
longtemjis,  par  notre  incrédulité,  au  mes- 
sage de  J'Evangile,  quoiqu'il  nous  dise  que 
définis  le  commeocemcut  jusqu'à  la  ùa  de 
l'bistoire  de  ce  monde,  longue  k  vos  yeux, 
mais  qui  n'est  que  l'espace  de  quelqaw 
jours  dans  les  vastes  périodes  de  l'iih- 
mortalilé,  tant  de  vigilance  £l  tant  de  solli- 
dtudu  de  la  part  du  ciel  aient  été  prodi- 
guées pour  la  restauration  de  sa  popula- 
tion coupable. 

Nous  avons  montré  que  l'étal  de  l'hoimme 
déchu  de  son  essence  primitive  était  non- 
seulement  connu  d'autres  ordres  de  la  créa- 
tion, mais  était  également  un  sujet  de 
profond  regret  et  an  tendre  intérêt  pour 
eux;  que,  conformément  i  ces  lois  de  ta 
sympatbie  qui  sont  les  plus  familières 
même  à  l'observation  Iiumaïue,  notre  maU 
heureuse condition  était  précisément  propre 
k  concentrer  sur  nous  ta  sensibilité,  les  at- 
tentions et  les  services  des  habitants  du 
ciel;  k  nous  rendre  pour  un  temps  l'objet 
particulier  de  leurs  plus  ardentes  et  cons- 
tantes contemplations;  à  exciter  toute  la 
bienveillance  et  (ouïe  la  tendresse  de  leurs 
sentiments,  et  tout  juste  k  proportion  des 
besoins  et  du  manque  de  secours  que  nous 
éprouvons,  nous  misérables  exilés  de  la 
maison  de  Dieu  ;  k  multiplier  sur  nous  les 
soins,  et  k  réclamer  en  EOlre  faveur  le5 
efforU  affectueux  et  eœprtssés  de  ceux  qui 
ne  s'étaierH  jamais  écartés  de  lui.  Tdie  pa- 
raît être,  diaprés  l'Ëcrilure  sainte,  ta  nature 
de  cette  bienveillance  qui  brille  et  circule 


305 


AST 


DICTIUNNAIRF.  AIH)IJ)CETIQtE. 


AST 


nuloiirtiii  (rdnc  du  ciel.  Cesl  précisément 
In  liieiiveilinncc  qui  éi[i3iiG  du  Irdfio  même, 
ri  donl  Its  aiicniions,  pendant  tant  de  mil- 
liers d'anni^es,  onl  gu  pour  but  les  habi- 
tanls  de  noire  monde.  Ce  laps  de  temps 
peut  paraître  une  longue  période  pour  un 
monde  si  chélir.  Mais  comnient  les  incré- 
dules ont-ils  conçu  ridée  que  ce  monde  est 
si  chétifT  C'est  en  étendent  leurs  regards 
tur  tes  innombrabli?»  systèmes  de  l'immen- 
sité. Mais  pourquoi  donc  n'ont-ils  pas  eu 
l'idée  que  le  temps  de  nos  visitations  parti- 
culières, qu'ils  considèrent  comme  si  dis- 
proportionnées h  la  grandeur  comparative 
île  celle  terre,  est  pré<'TsémGnt  aussi  imper- 
ceptible que  la  terre  elle-même  est  insigni- 
fiante? Pourquoi  n'étemlenl-ils  pas  leurs 
regards  sur  les  innombrables  générations 
de  l'éternilé,  et  ne  reviennent-ils  pas  ainsi 
h  la  conclusion,  qu*uprôs  tout  la  rédem|i- 
lion  de  notre  espèce  n'est  qu'an  événement 
éj'bémère  dans  rhisiitire  de  la  nature  inlel- 
ligcnle,  et  qn'elle  laisse  place  h  son  aulear 
pour  accomplir  Ions  lesdesseins  d'une  sage 
et  impartiale  administration,  sans  compter 
que,  même  durant  son  cours,  elle  nu  dé- 
tourne pas  une  seule  de  ses  pensées,  ni 
une  seule  de  ses  inDuences  des  autres 
champs  do  la  création,  et  qu'il  lui  reste 
assez  de  temps  pour  étendre  sans  exception 
les  visitaiions  d'une  tendresse  aussi  frap- 
pante et  aussi  paDliculière  sur  toute  l'éten- 
due de  sa  grande  el  uoiversello  monar- 
cliieT 

Cela  pourrait  serfir  encore  davantage  à 
incorporer  les  choses  qui  cosceroent  noire 
planète  avec  l'histoire  générale  des  êtres 
moraux  et  intelligents,  de  déterminer  non- 
seulement  la  connaisKance  qu'ils  prennent 
de  nous,  non-senicment  les  tendres  alarmes 
qu'ils  ressentent  pour  nous;  mais  de  déter- 
miner l'importance  que  notre  monde  a  ac- 
quise en  aevenanl  le  théâtre  d'une  lutte 
ouiaiâtre  el  ambitieuse  entre  les  ordres  les 
plus  élevés  de  la  création.  Nous  n'ignorons 
pas  comment,  pour  ta  possession  du  terri- 
toire d'une  trèS'pelile  lie,  les  plus  puissants 
empires  du  monde  onl  déployé  toutes  leurs 
ressources;  comment.dsnsdesoampsriTaui, 
(les  monarques  se  sont  renccnirés,  ont 
passé  leurs  troupes  en  revue,  el  oui  rassem- 
blé, pour  obtenir  la  victoire,  tout  ce  que 
leurs  mats  offraient  de  plus  britlant  en  in- 
leiils,  toute  la  fleur  et  toute  la  force  de 
leur  iioputalion.  L'Ile  solilaire  autour  do 
laquelle  tant  de  flottes  manœuvrent,  et  sur 
le  rivage  de  laquelle  tant  de  troujies  des- 
cendent comme  sur  une  arène  ouverte  aux 
combailants,  peut  bien  êlrt:  élonnée  de  la 
valeur  inattendue  qu'on  lui  altribup.  Muis 
d'autres  motifs  eutralDeiit  &  In  liatiiille  ;  il 
nft  s'agil  do  rien  moins  quo  de  la  gluire  des 
nations,  et  chaque  parti  envisii^je  un  bien 
plus  noble  résultat  que  te  gain  d'un  objet 
ai  peu  important,  comme  le  hul  principal 
rlu  la  guerre,  el  rbonoeur,  |ilus  cher  que 
l'eiisteuce  pour  bien  des  cœurs,  esl  mam- 
tenant  le  mobile  qui  fait  répandre  tant  de 
sang  el  prodiguer  lant  de   trésors;  l'esprit 


einilanl   de   l'émulntron   s'est   maiiileugni 
emparé  des  combattants;  el  ainsi,  su  mi- 
lieu de  toute  l'însigniBance  qui  g'sllsclieï 
l'origine  matérielle  de  la  lutle,  sa  violence 
et  son  étendue  reçoivent  de  la  conslitution 
de  notre  nature  leur  plus  josle  explication. 
Or,  si  c'est  aussi  la  conslitution  de  la  w 
lure  des  êtres  plus  élevés;  ai,  d'une  jtarl. 
Dieu  esl  jnloux  de  son  honneur,  el  que,  de 
l'autre,  il  y  ait  des  esprits  orgueiileui  el 
eiallés  qui  le  bravent,  lui  el  sa  monarchie; 
si,  du  cdté  du  ciel,  il  y  a  une  armée  an^é- 
liquequi,  se  ralliant  autour  de  l'élendanl 
de  la  tidélilé,  vole  avec  joie  aui  ordres  du 
Tout-Puissant,  se  dévoue  à  sa  gloire,  el 
prend  un  vif  inti^rél  à  la  manifestation  de 
ses  conseils;  et  que,  du  côté  de  l'enfer,  il 
y  ail  des  bandes  ennemies  qui  opposent  une 
résistance  opiniâtre,  une  haine  el  une  wi- 
lice  inextinguible,  un  déS  obstiné  de  leo- 
geance  pour  déjouur  la  sagesse  de  l'Elernel, 
pour  arrêter  lu  main  et  renverser  lesdes- 
seins de  sa  Iflute-puissaiice;  alors,  quel- 
qn'insigniliant  que  puisse  être  le  prix  nu- 
tériel  de  la  victoire,  c'est  lit  vicioiie  en 
elle-même  qui  soutient  le  mobile  de  celle 
rivalité  ardente  et  sans  cesse  stimulée.  Si, 
p<ir  la  sagacité  d'une  inletligence  iniernale, 
une  simple  planète  a  été  séduite,  entraînée 
à  la  r>^volte  et  livrée  au  pouvoir  Je  celui 
que  l'Ecriture  appelle  Iffvteu  de  ce  moȈt 
(Il  Cor.  17,  4),  et  que  le  but  de  la  ternie 
de  notre  Rédempteur   soit  de  détruire  la 
œuvra  du  démon  (/ Joon.  m,  8);  alors  que 
cette  planète  ait  toute  la  petitesse  que  les 
astronomes  lui  ont  assignée;  appelez-la  ce 

au'elle  esl,  un  des  plus  petits  Ilots  qui 
oltenl  dans  l'océan  de  l'espace  :  elle  esl 
devenue  le  théâtre  d'une  concurrence  telle, 
que  lous  les  vœux,  toutes  les  forces  et  toute 
I  activité  d'un  univers  divisé  peuvent  y  èlrt 
engagés.  Elle  embrasse  d'autres  ohieis  qw 
la  simple  reslauratioii  de  notre  espèce. Elh 
décide  de  plus  hautes  questions.  Ëllu  se 
rattache  à  ta  souveraineté  de  Dieu,  et  1  M 
fin  elle  démontrera  la  manière   dont  il  in- 
fliga  le   châtiment  fa  tous  ses    ennemis  i^ 
opère  leurdestrudion.    Je   ne  sais  pas  si 
notre  monde  rebelle  est  la  seule  forteresse 
que  Satan  ait  eue  en  son  pouvoir,  ou  s'il 
n'est  que  le  simple  poste  d'une  guerre  éten- 
due, qui  se  poursuil  maintenant  entre  la 
puùtances  de  la  lumière  el  celles  des  ténibrtt 
[Col.  1, 13]  ;  mais  que  ce  soi  l  l'un  ou  Vautre, 
(es  parties  sont  en  ordrode  balaiile, l'esprit 
de  rivalité  est  dans  loutu  son    énergie,  et  il 
y  va  de  l'honneur  lie  puissants  combaltants; 
c'est   pourquoi    cessons  d'être    étonnés  de 
ce  que  noire  humblu  résidencn  est  devenue 
le  tliéâire  d'une  action  si  sérieuse,  ou  do 
ce  que  l'ambition  des  êtres  d'uoe  natun 
supej'ieure  a  déployé  ici  louLe   son  ardeur 
et  toute  son  énergie. 

Cela  nous  découvre  un  autre  de  ces  ra{>- 
|)orls  élevés  el  étendus,  que  l'hisluire  morale 
de  noire  globe  peut  avoir  avec  le  syslëtne  «1« 
l'administration  universelle  de  Uiuu.  Si  un 
ennemi  venait  i  toucher  le  rivafje  de  celtt 
tière  et  magnanime  contrée,  à   otrcuper  soU' 


DICT1(K4NAIRB  APOLOCKTIQlJE. 


AST 


303 


>iBeDl  un  Je  ses  |i]us  polils  Tiltagcs,  &  en 
iduire  les  habitants,  k  les  ])0rler  à  lit  ré- 
luleetï  s'j  établir  arec  eui  au  mépris  de 
'oates  tes  menaces  elde  toutes  les  mesures 
ite défense  d'uo  empire  iasuIté;oliI  combien 
::-<Ti  d'un  ooble  orjjueil  blessé  ne  retentirait- 
t  pas  dans  tous  les  rangs,  dans  toutes  les 
dûses  de  notre  excellente  populfitioni  ce 
OMireatent  d'indignation  parTtendrail  jas- 
•r/aa  rot  sor  son  IrAoe,  circulerait  parmi 
•  eux  qui  l'entourent  dans  tonte  la  grandeur 
•Jo  pouvoir  ;  éledriserail  Télogueuce  de  ui>s 
'•râleurs  et  Terait  un  appel  si  irrésistible  à 
l'booaear  «-I  au  palriotiiuie  di:  la  nation,  que 
U  tnispelle  du  la  guerre  n'aurait  qu'à  se 
taire  enlealre  pour  réroi lier  toute  1  ardeur 
nvtiale  de  nutie  rojrjume.  H  pr>ur  nietlro 
sjioolanéiite^f  sur  pied  toutes  ses  forces;  lI 
fflatût  que  u'eadurer  paiieaimeut  le  sanjjlant 
affrouldaa  (el  ouirafji?,  tout  son  pouvoir  et 
f'jiitec  ses  ressources  seraienL  employés  dans 
içue  lutte,  et  nos  efforts  et  nos  sacritices 
Linraieut  poiul  de  borues,  jusqu'à  ce  que 
u»  compatriotes  abasé-t  fusent  ramenés  à 
Lut  devoir,  ou  que,  par  un  acte  juste  de 
■tiOfeance,  la  lacus  que  celto  insultu  aurait 
imprimée  k  notre  territoire  fût  eniièremeul 
ullacée. 

L'Ecriture  sainte  est  toujours  lràs-ilélailli^e 
et  très-lumineuse  dans  ces  choses  révélées 
■.à  les  boiomes  sont  personuelleiueiit  iolé* 
nues.  Hais  elle  oITre  parfuia  un  transparent 
ivmbre,  k  travers  lequel  on  peut  entrevoir 
-iae  partie  des  desseins  et  des  entreprises 
i'XÏ  occupent  actneltement  les  inlelligences 
l'on  ordre  supérieur.  Elle  nous  parle  des 
;aisse-it>  etfurls  qu'elles  font  maintenant 
[AU  lldti-r  d'obtenir  un  ascendant  moral  sur 
Wi  vamri  des  habitants  de  ce  monde.  Ella 
t'Oas  nconla  que  notre  race  fut  séduitu  et 
•Jétoamée  de  sa  soumission  envers  Dieu, 
;<arles  trames  habilement  ourdies  d'un  être 
^«s'élève  contre  lui,  àlalétcdenombrcust» 
ariuéesde rebelles. Elle  nous  parleduprin^e 
i*tatmlf  qui  entreprit  de  le  dépouiller  Je  ce 
irnophc,  et  d'un  bout  à  l'aulrc  de  cette  mn- 
^Liii<|iie série  de  propliélies  qui  se  ia|jpo.  tunt 
i  .ui,  ella  déiTrît  l'œuvre  qu'il  avait  è  faire 
îjdcie  ttDS  lutte  dans  laquelle  la  force  dc- 
•  ).t  être  déplojrée,  de  cruelles  souHrauccs 
K'e  endurées,  la  colère  fondre  sur  les 
(noomis,  les  principautés  être  détrônées,  et 
^ù  ^î  faudra  il  supporter  toutes  ces  épreuves, 
t-:s  dangers  et  ces  ob&tacles,  dont  était  bé- 
r..-»ê  le  sentier  de  la  persévérance  qui  devait 
K  mener  k  la  victoire. 

Mais  c'est  une  lutte  de  génie,  aussi  bien 
iue  de  force  et  d'iotlueucu.  L'ardente  riva- 
lié  des  Caculté:!  an^éliques  est  engogée  dans 
CCS  efforts  pour  avoir  le  dessus.  Et,  tandis 
)ue  l'Ecriture  sainte  nous  parle  (faiblement 
Tt  en  partie,  il  est  vrai,)  delà  profonde  et 
JiMdietue  politique  qui  se  niuutre  d'uncÂté, 
'  Je  nous  dit  aussi,  que  toutes  les  richesses 
*  iBte  impénétraiU  lagUMc  {Rom,  xi,  33}  sont 
t  .'udiguées  de  l'autre,  pour  elfectuer  la  res- 
-*\trûtioa  de  noire  monde.  Il  paraîtrait  que, 
:>ar  venir  à  bout  do  son  dessein,  le  grand 
^«uit  de  Dieu  -.l  de  l'homme  combina  tous 


ses  calculs,  conduisit  tous  lesslralagëmesda 
sa  profonde  el  constante  malignité,  de  ma- 
nière h  ce  qu'ils  retombassent  sur  noire  es- 
pèce, et  pen^a  (|ue  s'il  pouvait  noos  faire 
tomber  dans  le  péché,  tous  les  attributs  de 
la  Divinité  réclameraient  In  bannisscNientde 
notre  race  des  limites  de  l'empire  dejustice; 
il  fit  ainsi  ses  invasions  sur  le  territoire 
moral  de  l'innocence  primitive,  et  se  glori- 
flant  de  son  succès,  il  s'imagiua  et  sentit 
qu'il  avait  opéré  une  séparation  permanente 
entre  Dieu  qui  siège  dans  les  cieui,  et,  tout 
au  moins,  une  des  demeures  planétain.'! 
qu'il  avait  créées. 

Le  but  de  la  venue  du  Sauveur  fut  la  res- 
tauration de  ce  monde  pécheur,  et  la  réin- 
tégration de  ses  liabitanis  dans  le  sein  de  la 
famille  du  cïcI.Mais,  dans  le  gouvernement 
du  ciel,  aussi  bien  que  dans  le  gouverne- 
ment tlii  la  (erre, ilyacerlains  principes  avec 
lesquels  on  ne  peut  transiger,  de  certaines 
oiaiimes  d'adminisl ration  dont  on  ne  doit 
jamais  se  dénarltr,  un  certain  caraclAre  de 
majesté  et  oe  vérité,  sur  lei|uel  l'ombre 
même  de  la  plus  légère  violation  ne  peut  ja- 
mais être  permise,  et  une  certaine  autorité 
qui  doit  être  soutenue  par  l'immutabilité  de 
toutes  ses  sanctions,  et  l'infailtilile  accoiu- 
plissemi'nt  de  toutes  ses  sages  el  justes  pro- 
clamations. Tout  cela  fut  présent  h  l'esprit 
de  l'archange,  et  un  rajrou  de  malice  joie 
])énétra  dsns  son  sein,  quand  il  conçut  lu 
projet  d'induire  notre  race  infortunée  a  une 
tentation  dont  les  suites  seraient  irrépa- 
rables; el  aussi  sûrement  qu'il  no  peut  jr 
avoir  d'accord  entre  le,  péché  el  la  sainteté, 
aussi  sûrement,  pensa-t-il,  que  si  l'homme 
était  séduit,  et  porté  &  la  désobi^issance,  la 
vérité,  la  justice  el  l'immutabilité  de  Dieu 
mettraient  leurs  'insurmontables  barrières 
sur  le  sentier  de  sa  future  réconciliation. 

Ce  fui  seulement  dans  ce  plan  vie  restau- 
ration  dont  Jésut^hriil  fut  l'auttar  et  te 
cotuommaleur  [Htbr.  xii,  â),  que  le  grand 
adversaire  de  noire  espèce  renconlre  une 
sagesse  çiui  déjoua  toutes  ses  trames.  Il  est 
vrai  qu'il  avait  élevé,  par  la  désobéissance 
à  laquelle  il  nous  entraîna,  un  puissant 
obstacle  dans  la  vuie  de  cette  sublime  en- 
treprise, Uais  quand  le  grand  moyen  fut 
annoncé,  que  le  sang  de  cette  eipiatioti,  par 
lequel  (et  péchearâ  sont  rapproché*  (Epker. 
Il,  13),  fut  volontairement  olfort  pour  nous, 
et  que  le  Fils  éternel,  pour  l'accomplisse- 
ment de  ce  mjstèrp,  prit  notre  nature,  alors 
le  chef  de  celte  puissante  rébellion,  dans 
laquelle  la  destinée  cl  l'histoire  de  noire 
monde  sont  si  |irofondémeiit  impliquées, 
fut  dans  une  alarme  manifeste  pour  la  cou- 
servalion  de  loutes  ses  conquêtes;  les  ar- 
chiver de  cette  surprenante  histoire  ne 
peuvent  en  poursuivre  la  noticFn  sans  jeter 
quelques  traits  de  lumière  sur  une  guerre 
extraordinaire,  dans  laquelle,  jiour  obtenir 
une  domination  spirituelle  sur  notre  es- 
pèce, nous  pouvuns  aoercevoir  confusément 
la  lutte  du  talent  le  plus  sublime  ,  et  tous 
les  desseins  du  ciel  eu  faveur  de  l'homme-, 
Iravcr-cs  d.iui  t'jus  les  points  de  leur  dé: 


S07 


AST 


DtCTIONNAlftE  APOLOGETIQDË. 


AST 


Teloppement  par  des  iravaux  opposés  <J*une 
force  et  àiaae  sagacité  rivales. 

Certainement  ce  n'est  pas  ëlre  plus  sage 
que  ce  gui  est  écrit,  que  d'aûlrmer  qu'en  ac- 
complissant la  rédemption  de  notre  monde, 
il  fallut  poursuivre  une  guerre; qu'à  ce  su- 
jet il  ;  eut  dans  les  régions  supérieurijs  de 
la  création  nn  rude  bt  vigoureui  combat 
d'inléi'éls  opposés;  que  soa  résultat  em- 
brassa quelque  ihuse  de  plus  grand  et  de 
plus  ImpbrlaDl  que  la  destinée  même  de  ta 
population  de  ct;  monde  ;  qu'elle  décida  une 
question  de  rivalité  entre  le  juste  et  éternel 
monarque  de  l'existence  universelle  ,  et  le 
prince  d'une  rébellion  vaste  et  fort  éten- 
due, de  laquelle  je  ne  connais  ni  les  limites, 
ni  l'importance,  ni  les  diverses  faces;  et 
ainsi  nous  recueillons  de  cette  considéra- 
tion un  autre  .argument  distîucl ,  qui  nous 
aide  à  expliquer  pourquoi  tant  d'attention 
jurait  avoir  été  conccnLrée,  et  tant  d'éner- 
gie parait  avoir  été  dépioyéu  sur  le  salut  de 
notre  espèce  seule. 

Mais  il  paraîtrait,  d'après  les  archives  de 
l'inspiration,  que  la  lutte  n'est  pas  encore 
terminée;  que,  d'une  part,  l'esprit  de  Dieu 
vsl  occupé  b  ouvrir  dans  le  cœur  humain 
une  voie  pour  les  vérités  du  christianisme, 
avec  toute  la  démomtration  d'une  puisiatice 
efficace  [I  Cor.  u,  4);  que  de  l'autre,  il  y  a 
un  etprit  guingil  maintenant  danstts  enfants 
de  rébellion  [4^A.  ii,  2)  ;  que,  d'une  part,  le 
Saint-Esprit  appelle  les  hommes  des  ténèbres 
àla  mtrvtiUeute lumiirt do  lEvangile  {Ê Petr. 
lii  9)  ;  et  que,  de  l'autre,  celui  qui  e^t  ap- 
pela le  dieu  de^ce  monde,  aveugle  leurs 
etruri,  afin  que  la  lumière  du  glorieux  Evan- 
gile de  Jésus-Christ  ne  Us  éclaire  pas  (// 
C'or.  IV,  &);  qu'il  est  dit  de  ceux  qui  sunt 
sous  la  dominououde  l'un,  qu'if*  ont  vaincu, 
parce  que  celui  qui  est  en  eux  est  plut  puis- 
sant que  celui  qui  est  dans  le  monde  [I  Joan. 
IV,  h);  et  de  Ctiui  quisonisous  la  dumina- 
lion  de  l'autre,  qu'Us  sont  tes  enfants  du  dé- 
mon (l  Joan.  \n,  10)  ;  dam  sespiéges  (I  Tim. 
tu,  7],  et  let  captifs  pour  faire  sa  volonté. 
{11  Tim.  II,  26.J  C'est  une  question  de  sa- 
voir comment  opèrent  ces  puissances  res- 
pectives,' Le  fait  de  leur  oîiération  en  est 
une  fiulre  ;  nous  nous  abstvnons  de  la  pre^ 
mière,  nous  nous  attachons  è  la  seconde  et 
en  recueillons  que  ^e  prince  des  ténèbres 
{Col,  I,  13)  tourne  encore  autour  de  nous 
[1  Pelr.  V,  8);  qu'il  exerce  encore  son  insi- 
dieuse politique,  sinon  avec  la  vigoureuse 
iospiraiion  de  l'espérance,  du  moins  avec 
}a  frénétique  énergie  du  désespoir;  que, 
tandis  que  les  ouvertures  de  réconciliation 
sont  publiées  dans  !o  monde,  il  use  de  tous 
aes  artifices  pour  en  étoutreretea  détruire 
l'impression;  0M,en  d'autres  termes,  tandis 
qu'une  écouomie  U'invitation  et  de  motifs 
est  émanée  du  ciel  pour  rappeler  les  boo^- 
mes  6  leurs  devoirs ,  cette  économie  est 
contre-carrée  dans  tous  ses  points  par  un 
étraqui  met  en  jeu  tous  ses  expédients;,  et 
exerce  un  mystérieux  ascendant  pour  les 
séduire  et  les  asservir. 

Aux  oreilles  d'un  incrédule,  tout  ceci 


snnne  étrangement  et  ne  semble  que  do 
pures  visions.  Mais  ,  ouoique  seuiemem 
connu  par  le  moyen  de  la  révélation,  iprès 
qu'elle  nous  en  a  instruits  ,  peul-on  am- 
quer  d'apercevoir  son  harmonie  avec  les 

§rand3  caractères  dereipérieiicebumainï! 
ui  n'a  pas  senti  au  dedans  de  soi  les  is- 
sauts  d'une  rivalité  entre  le  pouvoir  de  h 
conscience  et  le  pouvoir  de  la  tenlilion! 
Qui  ne  se  souvient  pas  de  ces  moments 
de  retraite  oiï  les  calculs  de  l'éternité aviiet.! 
prii  un  empire  éphémère  sur  le  caur,  tt 
où  le  temps,  avec  tous  ses  intérêts  et  loalii 
ses  inquiétudes,  était  tombé  dans  l'iasigni* 
liance  devant  euxT  Kt  qui  ne  se  souvim 
pas,  comment,  dès  qu'il  fut  de  nouvoan en- 
gagé aveu  les  objets  du  temps ,]  ils  repriTi!!;! 
un  ascendant  aussi  grand  et  aussi  puisMci 
que  si  toute  l'importance  de  i'éleroilé  leur 
était  attachée;  comme  ils  Tirenl  impressioii 
5ur  ses  perceptions,  au  point  de  Tuer  Vit 
fasciner  toutes  ses  facultés  pour  Its  assu. 
vira  leur  InDuence;  comment,  en  déptlili 
toutes  les  preuves  de  leur  peu  de  valeur,  q» 
lui  mettent  tou^  A  tour  sons  les  yeui,  ii| 
rapidité  des  saisons,  les  vicissitudesdelj 
vie,  le  ccBur  toujours  agité  de  sa  propre  a- 
rière  sur  la  terre,  les  ravages  maiiilesui 
que  la  mortfait  autour  de  lui  parmi  ses  cot 
naissances,  les  pertes  de  sa  famille,  kshti-- 
chcs  constantes  dans  la  sphère  de  ses  sS^t- 
lions,  et  le  touchant  spectacle  de  tout  ce  qui 
vît  et  de  tout  ce  qui  est  en  mouveiuenl,» 
fiétrissant  et  se  précipitant  vers  la  tooil»  i 
comment,  dis-ji>,  il  se  til,  qu'au  méprisJe 
toutes  ces  leçons  da  l'expérience,  les  no- 
bles résolutions  qu'il  avait  prises  dins 
l'heure  de  la  réflexion  s'évanouirent  enitè- 
rement  et  furent  si  vite  oubliées  7  D'oùiiR>l 
la  force,  et  d'où  vient  le  mystère  de  «•'■' 
magie  qui  nous  attache  ainsi  au  mo»'<'(' 
nous  en  rend  si  infatués  ?  Qii'e?l-«  lo- 
uons incite  ainsi  è  consacrer  toute  la  l''< 
de  notre  ardeur  et  de  nos  désirs  a  |<oiii- 
suivre  des  objet»  qu'un  petit  nombre  i)'«i- 
nées  amènera ,  nous  le  savons,  à  un  anco^- 
tissemeut  total?  Qu'est-ce  qui  leur  tlunmi 
tout  le  charme  et  toute  l'apparence  d'uix 
permanence  infaillibleT  Qu'est-ce  qui  ]t^ 
sur  ces  tentes  terrestres  un  air  de  stabiliK 
tel,  qu'elles  paraissent  A  l'tsii  fasciuéd< 
l'bomiue  des  lieux  de  repos  pour  l'éternité 
Qu'est-ce  qui  colore  ainsi  les  objets  tU 
sens,  agrandit  tellement  la  spbère  de  In 
future  jouissance,  et  éblouit  l'imaginilio 
crédule  et  abusée,  au  point  qu'en  jetant  i( 
regards  sur  ce  que  nuus  avons  è  parcoui 
de  notre  carrière  lurrestre,  elle  lui  seml)l 
la  pL'rspccii ve d'innombrables  siècles  îCeli 
qui  est  appelé  le  dieu  de  ce  _monde  {U  CH' 
IV,  I^J  ;  celui  qui  peut  revêtir  le  néant  ili 
couleurs  de  ta  réalité;  celui  qui  peut  r 
pandre  un  éclat  séducifur  sur  le  panorao 
des  plaisirs  fugitifs  do  l'imagination  et' 
ses  vaines  espérances;  relui  qui  peut 
transformer  en  un  instrument  de  décepliu 
et  lui  faire  prendre  un  ascendant  telleme 
absolu  sur  toutes  les  alfectiutis,  que  \'\w\ 
me,  devenu  le  malheureux  esclave  de  s 


31 


Aie 


tMCnONUIRE 


iJoUlri«s  el  de  se»  cfaarmes,  rejette  l'auto- 
hlé  de  la  eooseience,  les  «f  erlissements  de 
U  parole  de  Diea,  lei  encouragemeats 
>]D'offf«  l'esprit  de  Diea  ,  toute*  les  leçoDS 
doolcal»  et  louts  la  sagesse  même  de  sa 
propre  expérieDce. 

Uiis  cette  éloonanle  latte  aura  iiD  terme. 
Les  uns  redeviendront  des  sujets  oNîssants 
tl  fiJéles  ,  et  les  autres  persislerout  dans 
leur  rébellioQ  ;  et,  au  jour  solsDuel  du  dé- 
ùoùmad  do  drame  de  l'histoire  de  ce 
■unie,  la  miséricorde  et  la  majesté  Teogée 
de  l'Elârikel  seront  à  la  fois  rendues  mani- 
fesiet  iKx  myriades  des  dirers  ordri»  de  la 
crteioa.  Ahl  dans  ce  jour,  combien  la 
HijifonUoa  arrt^nle  dti  l'aslronoaiie  d» 
l'icaéda'.c  paraîtra  Taiue,  lorsque,  sa pré- 
stBct  d'ase  innombrable  multitude,  les 
clàostsqui  intéressent  l'homme  seront  eia- 
Bin^es;  que  des  êtres  de  la  oature  la  plus 
<  ertu  se  trouTeroDt  en  foula  autour  du 
âHirfBin  Joge;  que  le  Sauteuc  paraîtra 
■JU  notre  ciel  avec  on  divin  cortège,  qui 
•i*  :oia  s«a  venn  avec  lui  pour  être  l^moiii 
lit  looles  ses  actions,  et  peur  prendre  un 
,  ^Sofui  et  solennel  intérêt  daus  toutes  ses 
uupeiisa tiens  ;  que  la  destinée  de  notre  es- 
pèce, que  rineredule  voulait  ainsi  détacher 
loal  i  fait  de  l'anivers  et  reléguer  dans  une 
Su  itaire  insignifiance,  se  trouvera  se  join- 
dre et  se  mêler  avec  de  plus  hautes  desti- 
lies  :  les  boas  pour  passer  leur  éternité 
liée  des  anges  de  lumière  ;  les  méchants 
.fA^T  passer  leur  éternité  avec  des  anges  de 
icûètwes;  les  premiers  ponr  être  réintégrés 
■Uat  la  famille  universelle  des  fidèles  ado- 
nlears  de  Dieu  ;  les  autres,  pour  partager 
«lenellemeot  la  peine  et  l'ignominie  des 
anLéea vaincues  des  rebelles;  les  habitants 
4e  (cUe  planète  pour  être  unis,  durant  toute 
i'fjfte  de  leur  bislotro  qui  n'aura  jamais 
tK  LD,  k  des  rangs  plus  élevés,  h  des  tribus 
;'(u  étendues  d'intelligences  I  Et  c'est  ainsi 
H^i  !'on  verra  que  l'administration si'éciale 
>rj3  laqaclle  nous  vivons  maiDleoant,  est 
ci  iiarmonie  sous  ses  diverses  faces,  et 
ï'acconJe  dans  sa  magnificence,  avec  toute 
cette  étendue  de  la  nature  et  de  ses  domai- 
:«s,  que  la  science  moderne  a  déployée.  — 

f^f.  DÉMOS. 

ASTHONOMlEdesCbaldéens,  desindiens, 
des  Egyptiens,  des  Chinois,  examen  criti- 
qae  et  réfutation.  F«y.  ces  noms  de  peu- 
[.e». 

ATIË.  le  même  que  Satan.  Foy.  DfaiON,  S  I- 
ATUËISUE  réfuté.  Yoy.  Hohoe 
ATOMES.  Fay.  CitATiOH. 
ATTRACTION,  nature  de  cette  force.  Toy. 


ATTRIBUTS  DIVINS,  penvent-ils  se  con- 
!.'ier  «vee  l'éieniité  des  peines.  Yoj/.  Ëtui> 
'rwû  »ES  PEiiiBS.  I  I.  —  Manifestés  par  la 
"•dation    et  la    rédemption.   Vay.    Asrao* 


ACCHER-KLOl  prétend  eipliqner  sans 
..  ract*:  le  passage  de  la  mer  Kouge  |>ar  ks 


APOLOGETIQUE.  ATI  »0 

Israélites.  Voy.  note  XU  bit.  à  la  Gn  du 
lome  II. 

AUGUSTIN  (Saiht),  a-l-ïl  platonîsé  au* 
sujet  de  la  Trinité  T  Foy.  note  X&lli  {  V,  i.; 
la  Gn  du  tome  II.  —  A-t-i1  été  attaqué  par  Vin- 
cent de  Lérins?  Erreur  do  M.  Ampère  rt*- 
fulée.  Vog.  ViscEST  OE  Liiini,  |  lï.  —  Ci' 
qu'il  dit  des  chrétiens  dépourvus  de  cnn- 
naissances  en  physique ,  et  qui  se  niêleni 
d'interpréter  l'Ecrilure.  Yoy.  CosMOGRAPBie, 
{  III .  Mita  fin. 

ACSONNE ,  erreurs  de  MU.  Guizot ,  Cliâ- 
teaubriand,  BeuDiot,  Lebas  ,  Demogeoi , 
Ampère,  Villemain  h  son  sujet.  Yoy.  A«is- 

TOCRATIE  fiALLO  ROHAIXE,  |  IV,  V.  VI,  Vil, 
VIII  fll  IX. 

AL'STËRITÊS,  est-ce  seulement  dans  les 
aasiérilésquel'Uglise  a  montré  la  vertu  aux 
femmesT  Yay,  Femhss. 

AUTEENTICITÉ  Ju  Pent.iteuTiie ,  Yoy. 
Pentaltuqtu  ,  {  IV  el  suiv.—  Des  Evangiles. 
Yoy.  EvASGiLK.  S  I,  II,  lli.—  De  l'Evangile  do 
saint  Luc.Fou.LLc(SaintJ. — De  l'Evangile  de 
saint  Jean.  Foy.  Jeai  (Saint).— Des  Actes  des 
apôtres. Foy.  Actes  DKs  apôtres;  conGrmée 
par  l'accord  de  l'historien  sacré  avec  les  au- 
teurs profanes,  ibid.,  )  II. 

AUTORITÉ  INFAILLIBLE  de  l'Eglise  en- 
seignante, seule  règle  de  foi  dans  les  ti.'mps 
apostoliques-  Yoy.  Règle  ob  POt,  1 1.  —  Ob- 
jections résolues,  ibid.,  %  V. 

AVENIR,  BU  point  do  vue  panthéiste, 
foy.  Philosophie  pa:ithé»tiqdb  de  l'his- 
toiBE,  i  V. 

AVITE  (Saist)  ,  kYÈQCK  db  Vieurb.  — 
Saint  Avite.  neveu  de  l'empereur  Avitus, 
remplaça,  l'an  kOO,  son  |>ère  Isichius  sur 
le  siège  éjtiscopal  de  Vienne.  Les  Bourgui- 
gnons, sectateurs  d'Arius.  étaient  alors 
maîtres  de  l'est  des  Gaules,  et  se  trouvaient 
gouvernés  parGondebaud,  dont  saint  Avite 
convertit  le  Gis  Sigismood  k  la  doctrine  or- 
thodoxe. 

Les  épttres  que  le  saint  évêque  a  laissées 
nous  font  connaître  son  zèle,  ses  relations 
avec  les  conquérants  germains  et  l'Inilaenca 
qu'il  exerça  sur  les  alTaices  da  l'Eglise. 
Elles  sont  moins  précieuses  pour  la  littéra- 
ture que  pour  l'histoire.  Le  talent  de  saint 
Aviteavait  besoin,  pour  éclater,  de  l'idiome 
poétique.  M.  Guizot,  dans  une  appréciation 
aussi  neuve  que  juste  des  écrits  de  l'étêque 
de  Vienne ,  dit  que  ses  trois  chants  sur  la 
Création,  le  Péché  originel  et  le  Jugement  de 
Diem  contre  Âdan  ,  iorment  un  ensemble 
«  qu'on  doit  appeler,  pour  en  parler  exacte- 
ment, le  Paradiê  perdu...  Ce  n  est  point  par 
le  sujet  et  la  nom  seuls,  continoe-l-îl,  que 
cet  ouvrage  rappelle  celui  de  Hilton;  les 
ressemblances  sont  frappantes  daus  qael- 
ques  parties  de  la  couception  générale  et 
dans  quelques-uns  des  plus  importants  dé- 
tails... L'analogie  des  deux  poèmes  est  un 
fait  littéraire  assez  curieux,  et  celui  de  saint 
Avite  mérite  l'honneur  d'êlre  comparé  do 
près  k  celui  de  Hilton  (270).  >  Ixs  autres 
pièces  du  saint  prélat  sur  le  Déluge,  le  Pat- 


ïTO;  Sûf.  de  lu  ntitaelioii  m  Franee,  I.  Il,  Icc-  \vin. 


StI 


OlUIlONiNAIRE  APUi-OCEIIQlJE:. 


BAB 


SU 


Mage  de  la  mtr  Bougt  et  la  Virginité  ren- 
fermenl  également  des  pages  fort  remar- 
(jiiables. 

Saint  Afîle  mourut  vers  S3i. 

Le  caractère  moral  de  l'el  illustre  person- 
nage a  été  bien  moins  heiircusemeut  saisi 
par  quelques  liisloriens  que  son  caractère 
littéraire  ne  Va  été  par  M.  Guizot.  On  a  im- 
pitoyablement abusé  contre  lui  de  quelques 
pssBges  plus  ou  moins  obscurs  de  ses 
lettres,  qu'il  n'était  jiourtanl  pas  impossible 
d'éclaircir. 

Ces  liistoriens  sont  MM.  Ampëre  iffiV. 
litl.,  t.  II).  Mithelet  {Bitt.  de  France,  1. 1, 
liv.  Il,  c.  11],  Abel  Hugo  [La  France  histo- 
rique et  monumentale,  t.  I],  Mcrmot  [Hitt. 
de  la  ville  de  Tienne,  t.  II},  tiaef  { Biblio- 
thèque uniceraelle  de  Genève,  t.  X) ,  Lebas 
.{Dietionn.  encuelop.  de  Vhitt.  de  France, 
art.  Gondebauà). 

M.  l'abbé  Gorini,  après  avoir  péremptoi- 
rement réfuté  ces  historiPDS,  résume  ainsi 
son  savant  travail: 

«  £o  rapprochant  les  accusations  élevées 
contre  saint  Avile»  je  vois  qu'en  générât 
elles  se  réduisent  à  le  taier  de  fourberie  au 
profit  de  r%lisu.  A  en  croire  ces  censeurs, 
il  était  fourbe  quand,  ajin  de  convertir  Gon- 
dobaud,  il  eiagéraii  Je  pencbaoi  de  ce  prince 
vers  l'orthodcxie;  fourbequand»  au  lieu  d'at- 


laquerEut^chès,  îts'trB  prilàNesloriujpaur 
frapper  l'arianisme  par  conlre-coup;  burbt, 
quand  il  fit  l'aiwlogte  du  fratricide;{Qutbe, 
qoand  il  tenta  de  livrer  aux  FrankscoDTïrlis 
le  royaume  de  ses  maîtres ,  auiquels  il  îei- 
gn,iit  d'être  attaché;  lourbc  quand,  sous 
te  prétexte  d'uue  conCârence  religieuse,  il 
pesnit  au  prince  arien  un  tiltim&tum  ia 
guerre  ou  de  conversion.  IL  n'est  qu(  deui 
points  sur  lesquels  on  n'ait  pas  mis  en  doule 
sa  sincérité,  ecst  quand  on  a  cru  qu'il  ne 
reconnaissait  pas  la  suprématie  du  Pnpe,  t\ 
qu'il  laissait  son  clergé  prendre  feiU'ue. 

«  Or,  puisqu'un  a  pruuvé  que  le  ssiiil 
évéque  de  Vienne  n'a  pas  représenlii  Goi\- 
debaud  comme  plus  catholique  qu'il  ne  I'é< 
tait  ;  puisqu'il  ae  l'a  pas  scanda leusemeiU 
félicité  du  cbâtrmeBt  initiée  aux  princes  ses 
frères;  puisqu'il  n'a  jamais  conspiré  conlr* 
SOu  souverain  ,  il  D'à  donc  pas  été  fourbe; 
cWl  la  critique  qui  est  trop  étounlie. 

«De  toutes  ces  iu)Qstcs  accusations coolre 
saint  Avite,  une  seule  chose  reste  certaine, 
h  savoir  la  méprise  qui,  d'ailleurs  sans  aucun 
intérêt,  lui  &I  réfuter  Neslorius  au  lieu  d'Eti- 
tychès. 

■  Combien ,  entre  les  erreurs  commis» 
aux  dépens  di:  saint  prélat,  ;  en  a-l-il  d'aussi 
iqoBCensives  i^ue  la  sienne  (i^i')J  •- 


B 


ftABEL.  —  Ce  n'est  pas  seulement  de  nos 
Jours  qu'on  a  élevé  des  difiicultés  contre  la 
récit  biblique  relatif  i  la  construction  de  la 
lonr  de  Babel,  et  qu'on  l'a  traité  de  pure 
fiction.  Selon  Ongène,  Celse  prétendait  que 
Uoîse  avait  pris  1  histoire  de  la  tour  de  Ba- 
bel dans  Tes  poètes  qui  racontent  la  guerre 
des  Titnns  contre  Jupiter;  mats  ce  savant 
Père  lui  répond  que  Moïse  étant  pins  au~ 
cieo,  non-seulement  qu'Homère  et  qii^  tous 
les  autres  poètes  de  la  Grèce,  mais  aussi  que 
les  premiers  inventeurs  des  lettres  et  de 
l'écriture  chez  les  Grecs,  il  est  impossible 
qu'il  ait  puisé  ce  qu'il  dit  dans  leurs  écrits, 
qui  n'existaient  pas  encore  (272).  Nous  en 
convenons,  la  fiible  des  Titans  a  quelque 
rapport  à  l'histoire  de  la  tour  de  Babel; 
mais  peut-on  ne  pas  en  conclure  c^ue  les 

Ïoëtes  grecs  ont  voulu  imiter  le  législateur 
es  Juiis,  et  enchérir  sur  la  vérité  et  la  sim- 
plicité de  son  récit? 

D'aiHeurs  Moïse,  en  nous  racontant  lu 
construction  de  la  ville  et  de  la  tour  de  Ba- 
bel, ne  suppose  pas  plus  de  fiction  dans  cette 
narration  que  dans  loutes  les  autres,  et  s'il 
faut  y  chercher  un  mythe,  tout  l'Ani'ien 
Testament  deviendra  néiïessairement  fabu- 
leux :  ce  qu'on  ne  saurait  admettre  sans 


tomber  daiu  le  pyrrhonistae  historique  le 
plus  monstrueux  el  le  plus  révoltant. 

Ajoutons  que  si  nous  suivons  pas  à  pu  I 
les  critiques  que  nous  combattons  ici,  nuu) 
les  verrons  partout  traiter  de  fables  ce  qui 
nepeut  s'expliquer  sans  miracle.  Or  le  ri- 
cit  de  Hoi^e  paraît  en  supposer  un-,  on  de- 
vait donc  s'attendre  à  un  pareil  jugement  de 
Leur  part. 

Bulin,  on  peut  remarquer  que  tout  cequft 
dit  l'écrivain  sacré  se  trouve  conGnoéptc 
i'autorité  des  auteurs  profanes  eL  le&  lielioDS 
des  poètes.  Et  une  autre. prouve  non  équi- 
voque de  sa  fidélité  historique,  c'est  que  les 
détails  qu'il  nous  donne  des  matériaux  em- 
ployés a  bâtir  la  tour  do  Babel ,  sont  très' 
conformes  h  ce  que  les  historiens  Dous  ii|»' 
prennent  des  briques  et  du  bitume  dont  ou 
se  servait  k  Bahylone.  On  peut<vo\r  %  ce 
sujet  Hérodote  (lib.  t),  Strat>oa  (lib.  xvi), 
Josèphe  {Anliq.,  lib.  i,  c.  k),  Justin  (lib.  ij, 
Plino  {lib.  XXXV,  c.  16),  etc. 

ï  Dans  l'intérieur  des  reinpopts,  l'impres- 
sion tjértérale  que  l'aspect  des  ruines  de 
fitibylone  a  laissée  à  tous  les  voyageurs,  dit 
Rnoul  Rochelle,  est  celle  d'un  site  couveit 
ilénormes  monticules  dont  chacuo  renferme 
d<'S  amas  do  briques,  vieux  débris  de  palaii 
è  l'état  de  décomWes.  Vers  l'occidecl,  c'est-i 


(!Tt)  Défenu!  de  l'Eglhe  eonire  i«  crmirt  hislocmes,  t.  I,  p.  368. 
I«ij0an.w  r.o..irat.:tU..\.  n.  i      ■       -  i 


MB 


DICTHKsNAmE 


i^in  snrla  ri*e  droite  de  l'£u  pli  rite,  iin 
oopnment  se  fail  tout  d'abord  remarquer  : 
c'est  ta  pins  baute  et  la  plus  auguste  des 
iniiquilés  de  la  terre,  nomniée,  rlaits  le  laii- 
pge  de  la  contrée,  Biri-yfmrod,  ou  le  pa- 
lus de  Nemrod,  h  un  mille  du  fleure  et  dans 
l'cDceinle  de  la  vilte.  Il  est  dilTîcile  au  voya- 
geur de  l'esaniner  dîins  toutes  ses  partie?, 
Kl  nnugiiatioa  >fe  lui  reslihter  ses  formes 
primUnes.LetJuifttTaiijourd'huirappellrnt 
kprisom  de Nabachodonoiar,  La  deseriplion 
U  plus  parfaite  ea  a  été  donnée  par  M.  Bi- 
gnso.  C'est  une  ruine  oblon^^ue  irrégiiMèra 
*l  4oal  la  base  a  S,083  pieds.  Strabon  ne 
ilflwUQl  qne  90  pieds  de  moins  i  celle  du 
lEnpIe  de  BéluSt  rim  ne  l'oppoterail,  A  la 
rif««ir,  V  ce  qu'on  j  reconudl  ce  inonu- 
Dteot;  car  il    serait   très-possible  que   la 
ebvte  des  décombres  efil  au^enté  la  lar- 
g^arde  la  base  de  manière  è  satisfaire  à  la 
liifférefice  des  mesures;  mais  ce  n'est  [loînt 
U  une  raison  suffisante  pour  confondre  les 
deux  monomeiiU.  La  hauteur  du  Birs-Nem- 
rtKl  est  irréguliëre,  ayant  900  pieds  d'un 
rùlé  et  190  de  l'autre;  sur  le  sommet,  oo 
TOit   plosieurs   terrasses   de  constructions 
i|<]i  s'élèvent  en  retraitée!  Gorment  ampbi- 
Ibéâlre  de  chaque  cOté;  enfin,  au  troisième 
éta^e  de  c«tle  espèce  de  tour,  qui  dut  en 
avoir  huit,  on  trouve  des  murailles  solides 
et  intactes  dans  leur  (la rement  intérieur,  qui 
Ont  35  pieds  d'élévation.  D'énormes  mon- 
ceaux de  briques  couvrent  la  base  de  ce 
niHinmenl,  qui  ne  peut  être  qoe  l'ancienne 
knr  de  Babel  :  et  ce  qu'il  7  a  de  remar- 
quable, c'est  qne  ces  briques  sont  tontes 
vitrifiées,  comme  si  elles  avaient  été  sou- 
mises an  tca  le  plus  a<:tir  et  le  plus  violent. 
Ce  îûi,  de  la  plus  haute  importance,  est 
p/aati  par  tous  les  voyageurs,  et  leurs  té- 
Boignages  sont  unanimes  à  cet  égard.  On 
De  peut  donc  le  nier;  mais  comment  l'eipti- 
gaer?  Quelle  cause  trouver  k  ce  désastre 
H  moaot  et  terrible  qui  se  révèle  dans  celtu 
efrojrable  accumulation   de  masses   vitri- 
fiéL-s?  Les  voyageurs  qui  les  ont  observées. 
ui.t  cru  devoir  attribuer  au  feu  du  ciel  une 
destruction  qoî  a  laissé  des  ruines  aussi  cx- 
UaordÎDaires.  Toujours  est-il  qu'un  feu  pro- 
iliipensemenl  actif  a  pu  seul  les  vitrifier, 
ujtatae  on  peut  le  înger  d'après  les  frag- 
cienls  qne  possède  le  uabtnet  des  antiques, 
i  la  bibliothèque  royale,  ut  d'après  ce  qui 
[^salte  des  observations  faites  sur  les  lient 
(•ar  des  bomiDcs  éclairés  et  dignes  de  fui, 

f37#)  •  Pour  dëcaonlrer,  dit  H.  de  Pararej,  que 

k  HûvNeainMl.  docil  lt.-6  niurs  sont  reoversés  et  vî- 

inAû  far  les  ku^  célc&ies,  répond  bien  esactcoient 

rt  bâe*  oerUineineiit   à  l*aiicîeR  enipiaecmenl  de 

Habd.  on  peut  faire  It-s  rjpprocheineiils  snitants  : 

te  Peauteaque  unuriiain  appelle  Liliq  l'ancleniM 

Babd.   Or,  ■»■  loin  <le  crtie  toar  Je  Nemrod  et 

ijaa»  rcMceinw  mtimt  Ae  Babvlone,  il  existe  encore 

R«e  pf  liir  ville'  Bommée   Killab   uu    Killicq  ou 

k-tQl  «eqwesl  cvidenimeiit  l'unUque  nooi  Kiina- 

'i\.i:n  L1LA4.  Ce  naui  esi  encore  couâervc  dans   le 

''1  «l'iBkCS-AaiaT,  ou    t'Irak   iti   Arabet,  l'Irac 

■  :'i*é,  Uvnné  &  U  Babvlonie,  comme    l'a  olucrié 

■<    Raoul  Hotliclle,  daiiâ  uuc  de  :cs  k-,''"'  -"'  I'-* 


APor.uGETiQUt::  i»b  si* 

sans  lions  de  communication  entre  eux,  et 
dont  le  témoignagi;,  par  conséqucut,  doit 
être  admis  dans  toute  an  valeur. 

«  Hais  il  ne  suit  pas  de  ce  grand  fait,  qui 
est  unique  dans  les  antiquités  du  muude  et 
qui  n'aiipartieni  qu'i  Bnbyloiie,  que  celle 
pyramide  si  informe,  et  dont  la  hauteur  était 
prodigieuse,  soit  it  la  fuis,  comme  t'ont  pe:i* 
se  les  voyageurs  Ker  Porter  et  Bich,  la  tour 
de  Babel,  fondée  par  Nemrod,  et  le  temple 
de  Bélu«,  qu'on  croit  j  avoir  été  consiruit 
plus  tard  par  NabuchoJonosor.  Ces  deux 
monuments  durent  être  séparés,  car  la  tour 
de  Bhb'A  resta  inaclicrée  et  ne  put  se  trans- 
former en  temple  de  Bélus,  qui  était  cou- 
ronné è  son  faite,  et  oui  fut  observé  par 
Hérodote ,  Clësias  el  les  écrivains  corï- 
pagnnns  d'Alexandre.  La  confusion  de  ces 
deux  monuments  est  une  errenr  de  Ker 
Porter,  de  Rich  et  do  la  plupart  des  voya- 
geurs: car,  dans  le  témoignage  dos  lieux 
comme  dans  le  souvenir  de  l'histoire,  rien 
ne  prouve  que  le  Btrs-NemroJ  snil  ji  la  fois 
la  tour  de  Babel  el  lelemplede  Bélus  [273).a 

Hais  comment,  objectc-t-on,  ne  pas  rc- 
pirder  comme  une  pure  fiction  que  Dieu 
soit  descendu  pour  cnnsidiJrer  celle  tour,  el 
que  le  commet  dût  s'élever  jusqu'aux  cieux? 
Rien  n'oblige  A  prendre  i  la  lettre  ces  ex- 
pressions; on  en  lit  de  semblables  dans  des 
passages  de  l'Ecriture ,  oft  personne  ne 
trouve  assurément  rien  de  mythologique. 
C'est  l'erreur  où  était  l'enipereur  Julien; 
aussi  disait-il  en  raillant,  que  quajtd  tons 
tes  hommes  du  monde  réuniraient  leurs 
efforts  pour  bfltir  un  tel  édifice;  quand  ils 
épuiseraient  toutes  les  pierres  delà  Icrre, 
et  qu'ils  réduiraient  en  briques  toute  l'ar- 
gile qui  est  dans  l'univers,  ils  ne  |>arvien- 
draienl  jamais  à  élever  une  tour  jusqu'au 
ciel,  lors  même  qu'ils  no  donneraient  quu 
l'épaisseur  d'un  fil  11  ses  murailles.  Que  lui 
répondait-on?  Que  lescliréliens  étnienl  bien 
éloignés  de  croire  que  Dieu  fût  descendu 
personnellement  du  ciel  pour  voir  l'édi- 
lîce  d'une  Iroope  d'insensés  et  en  arrêter  tes 
[TOgrès;  qu'il  fallait  quo  Moïse  parlai  ainsi 
pour  se  faire  entendre  du  peuple,  et  que 
l'expression  yujou'au  cie/  ne  désignait,  dar.J 
ce  passage  de  l'Ecrilure  comme  dans  bien 
d'aulres,  qu'une  très -grande  élévation. 
Voyez  saint  Cyrille  d'Alexandrie.  (Lib.  iv, 
eontr.  JulianA 

BABYLONE,  accomplissement  des  pro- 
phéties concernant  celte  ville.   Voy.  Pao- 

niines  de  Babylone.  Le  nom  d'/roc-Aroftir  était 
dooué  à  la  Babvlonie  pour  b  distinguer  de  l'Irae 
de  ta  Perte,  IbâC-Adjehi,  on  l'Iatc  des  ETaiNCeas. 
—  Celle  reDiarque  est  d'une  haute  iraportance  pour 
rétude  des  langues  orieiilates.  En  eKl,  ces  noms 
nous  prontenl  que,  couforméinent  aui  iradîlious 
bililiqnes  lA  faisioriques,  la  civ.lisation  eut  pour 
centre,  après  le  déluge,  b  Babslonie  el  VArabit,  H 
D(in  VJade  el  eitcore  muins  la  Chine,  cunime  foui 
préteudu  quelques  auieiirs.  Il  nous  serait  facile  de 
prouver  qu'à  l'ëpoque  oà  la  Bjlij'louie  était  d^à 
fort  avancée  eu  citilisaLiun,  la  Cbiuc  avait  i  |<ciiie 
Ul»  babtiauts.  > 


313 


DICTIONMAIRE  APOLOGËTIOUli 


pniTiBS,  S  lil.  —  DescriplioD  de  ses  ruioes, 
tbid, 

BABYLONICNS.  Voy.  Cbildêbns. 

BALAAH,  sa  prophétie  concernant  le 
Messie.  Voy.  note  XV,  g  II,  ë  la  (in  du  3' 
volume,  et  Niissahcg  de  jâsus-chbist,  g  f. 

BALTdS  (Le  P.).  réfute  le  sentiment  (Jes 
s'jciiiiens  et  des  philosophes  qui  ont  pré- 
tendu que  les  anciens  Pères  de  l'Eglise  onl 
pensé  ou  parlé  de  la  Trinité  il  la  manière 
des  platoniciens.  ¥oy.  note  XXII,  k  la  fin 
du  lume  11. 

BANQUETS  chez  les  Egyptiens.  Voy.  Mo- 
NUVENTs.  etc.,  S  Vlll. 

BAPTÊUE,  enfants  morts  sans  baplèoie. 
Voy.  PÉCBi.ORtGtHBL,  g  II. 

BARBARIE  ORIGINELLE  réfutée.  Voy, 

PSTGHOLOniE. 

BARTHÉLÉMY  (Li  saist-).  Voy.  Fasa- 
TISHR.  §  III. 

BASILICOS,  dans  saint  Jean;  dimoulté 
résolue.  Voy.  Monuments,  etc..  i  V. 

BAYLE réfuté.  Voy.  Mal.  —Son  portrait, 
voy.  note  X,  à  la  fî»  du  tome  11.  —  Ses  ob- 
lecions  tirées  des  inconvénients  de  la  li- 
berté, voy.  Liberté.  —  Réfuté  sur  le  (ûal 
dans  la  création,  cov-  CRiATion,  S  IV. 

BÉGDIN,  BÉGUiNB,  que  oomoiait-OD 
aiodi  au  xiii*  siècle  T  Voy.  Louis  IX,  g  11. 

BENEDEN  (M.  Vas),  réfute  la  Kénéralion 
spontanée  par  ses  belles  découvertes  sur  les 
enlozoaires.   Voy.  GinÉnATioit  sponTmiE. 

BËRARD  (U.  Pierre),  nia  l'unité  de  la 
rare  huiaaine.  Voy.  Races  buuaikki,  g  I. 

BEBffOLD,  aa  vision,  comment  interpré- 
tée par  M.  Ampère.  Voy.  Hikchab,  g  1. 

BETHLËEUi,  c'est  dans  cette  ville  que  le 
Messie  doit  nsllre.  Voy.  note  XV,  g  IV,  i 
lu  fin  du  tome  II. 

BEUGNOT  (H.),  réfuté  an  sujet  de  saint 
Paulin.  Voy.  Aristocratik  gallo-bohainb, 
S"- 

BIBLIOTHÈQDE  D'ALEXANDRIE.— Fon- 
dée par  Ptolémée  Philadelpbe,  environ  3o0 
an:i  avant  Jésus-Chrisl  ;  elle  fut  placée  duns 
le  quartier  du  Bruchium,  à  l'est  de  la  ville, 
et  elle  avait,  comme  appendices,  quelques 
autres  dépAls  de  livres,  en  particulier  celui 
(lu  Sérapéum,  ou  temple  de  Sérapis,  à 
l'ouest  d'Alexandrie,  dans  le  quartier  de 
KacfiQlis. 

H. 


«  Tout  le  monde  connaît,  dit  M.  Am* 
père,  lu  récit  qui  a  fait  du  nom  d'Omar  le 
symbole  du  fanatisme  et  de  la  barbarie. 
Après  avoir  subi,  pendant  huit  siècles,  l'in- 
jure de  cette  renommée  proverbiale,  Omar 
■  été  déclaré  presque  innocent  de  Tincendie 
des  livres  d*Aleiandrie;  on  lui  a,  du  moins, 
découvert  des  complices  qui  lont  devancé 
et  ont  fait  beaucouii  jilus  de  mal  que  lui. 
Ces  coupables  sont  illustres  et  ne  sont  point 
'les  ennemis  farouches  de  la  civilisation  : 
î*  s'appellent  César  et  le  christianisme. 


«  César  est  te  premier  conpalde,  conpiblu  < 

involontaire,  il  est  vrai  ;  ce  fut  lui  qui,  i$. 
siégé  par  les  Alexandrins  dans  la  quartier 
du  palais  où  était  la  grande  bibliothèque,  v 
mit  le  feu  en  voalant  incendier  la  Qoii't,  , 
égyptienne  et  les  maisons  occupées  |iar 
l'ennemî.  C'est  ce  qui  a  fait  dirn  trop  légè-  i 

remeot  i  quelques-uns  qu'après  César, Oiunr 
D'avail  rien  trouvé  à  brûler  ;  mais  ceci  n'tst 
point  exact.  On  connaît  l'existence  île  plu- 
sieurs collections  qui  se  formèreiil  pour 
remplacer  la  première  ;  on  sait  qu'Antoine 
ru  don  à  Cléopâlre  de  la  bililiotlièque  de  Per- 
gamo,  rivale  de  la  bibliothèque  d'Alexan- 
drie, et  qui  se  composait  de  deux  cent  mille 
volumes.  Ces  deux  cent  mille  volumes  pi> 
raisseol  avoir  été  déposés  au  Sérapéum,        i 
dans  cette  bibliotbèq:ie,  fille ,  comme  on  le 
disait,  de  la  colkciion  mère,  et  qui  coDiinI 
jusqu'à  sept  cent  mille  volumes  ;  mais  celle 
seconde  bibliothèque  devait  elle-même  périr 
par  d'autres  maiusque  les  mains  musulma- 
nes. Déjà  atteinte  deux  fois  p.ir  les  flammes 
sous  Marc-Aurèle  et  sous  Commode,  il  eU 
difficile  qu'elle  ait  survécu  h  l'assaut  que  les 
Chrétiens  donnèrent,  sous  Théodose,  au  Sé- 
rapéum. Les  livres  entassés  dans  cet  éUiSce 
dorent  être,  au  moins  en  grande  partie,       ! 
détruits  par  le  zèle  armé  ce  jour-là  couire 
tous  les  souvenirs  du  paganisme.  Voilb  donc 
les  deux  grandes  collections  de  livras  à  peu 
près  détruites,  dispersées  du  moiuâ  avant 
l'arrivée  d'Omar.  Malgré  ces  faits  incontes- 
tables, H.  Hatter  déclare  solenncilemeut 
que  l'exitltnce  et  l'incendie  d'une  bibliethi- 
que  à  Alexandrie,  au  temps  d'Omar,  eit  un 
fait  à  rétablir  dam  l'hittoire.   Il   est  permis 
de  voir  dans   ces  paroles  une  proleslatîou 
contre  une  opinion  que  le  xvtn'  siècle  avaii 
émise  avec  trop  de  complaisance.  Gibliun 
et  d'autres  écrivains  du  mAme  temps  peu- 
vent avoir  éprouvé  quelque  joie  en  vovaul 
l'acte  de  barbarie  le  plus  célèbre  de  I  lii^- 
toire  transporté  des  musulmans  aux  Chré- 
tiens, d'un  califob  un  évëque.  Sans  [lariager 
le  moins  du  monilo  un  tel  sentiment,  un  eit 
en  droit  do  se  refuser  h  cette   réaction  qui 
porte   M.  Matter  h   combattre   aujourd'hui 
Gibbon,  à  la  suite  d'écrivaint  animés,  dil-il< 
d'un  autre  esprit.  En  accordant  à  M.  Malltr 
qu'il  y  a  eu  encore  des  livres  h  Alexandrie 
après  la  dcsiruclion  flu  Sérapéum,  puisqu'il 
y  avait  des  littérateurs  ut  des  philosophes,    i 
on  n'eu  peut  pus  moins  maintenir  comme 
acquis  â  l'histoire  ce  fuit,  que  les  deux  gran- 
des colledions  avaient  été    dt^truiles  avant 
l'orrivéo   d'Omar,  l'une  par   César,    l'autre 
par  tes  Chrétiens,  et  qu'un  grand  incendie, 
comme  celui  dont  !a  tradition  accuse  le  ca- 
life arabe,  était  devenu  impossible.  A  chi- 
Gun  ses  œuvres;  que  l'histoire    soit  juste 
pour  tous,  uièine  pour  Omar.   Point  de  ta* 
natisme  même  contre  le  fanatisme  :  la  phi- 
losophie a  eu  le  sien  dans  le  siècle  dernier: 
il  semble  que  la  gloire  du  nôtre  devrait  être 
de  n'en  connaître  aucun  (373*).  » 


fïTyiVtga^etTecktTchettnEggaieet  tu  Xubie.  ~  Voir  la  Uerue  des  Deux  Bo:idet,    l"   sfplciulM 


XI 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


Si  lesChr^ricBS  aTaieiit  atlenté  k  la  bi- 
b'KrtÛ«|aed'AlexaDdrie,ce  n'auraient  point 
é!éseF>t  cent  mille  Tolamea qu'ils  se  seraieDl 
u'Oné la ^stB  satisfaclîoD  d'anéantir.  Aulu* 
CelJe  et  Amoiien  Marcellin,  qui  portent  h  ce 
(h:irre  les  volumes  «massés  par  lus  Ptoié- 
s.^,  Be  nous  apprennent-ils  pas  qoe  ces 
ikfaesses  avaient  élé  détruites  par  l'armée 
ce  César  (37b)  î  C'est  donc  1.1  bibliothèque 
potlérieoremeDl  formée  que  l'éréque  Théo- 
;!iile  aurait  dévastée.  Hais  où  U.  Ampère 
t-l-il  la  qu'il  s*j  trouvai  sept  cent  mille 
T3)aa.es? 

La  daslmelion  des  livres  du  Sérapénm 
;4T  Wt  Cfaréliens ,  au  iv*  siècle,  est  pour 
H.  fccBpère  ua  fait  ùtconttÊtable ,  un  fait 
Mfù  à  TkuUire.  D'où  lui  vient  celle  évi- 
iiraee  î  Cm  qu'il  est  difjUiU  que  ta  biblio- 
ibéifae  Mit  survécu  i  l'assaut  donné  au  Se- 
raféurn. 

Hais  d'abord ,  s'il  est  seolemenl  dif^iU 
q«e  la  biblioibèqae  ait  survécu  k  l'assaut 
•loBiié  aa  Sérapéum,  par  quelle  règle  de  !o- 
gi<I<ie  en  eonciol-on  que  celle  deslraclioo 
c5lanfBitt>e(HUMta6/eel  aetpûtàChittoirtf 
Ensuite,  qaelle  preuve  dooite-t-on  de  cet 
«uaolt  H.  Ampère  n'en  présente  aucune. 
l.aara  uosdootejuKéiontiled'entber^er, 
ififês  que  M.  de  Cnâleaubriand  s  prouvé 
ifue  le  âénpéam  avait  eu  i  subir  aoo-seole- 
lueat  on  a«saul,  mais  un  siégr. 

■  Le  reavctsement  do  temple  de  Sérapis, 
\  Alexandrie,  dit  M.  de  Chateaubriand,  est 
temearé  célèbre....  Les  païens  ne  consenti- 
nol  pas  Cacilcmeot  â  abandonner  un  pareil 
édifie»;  iUy  soDiiurenI  un  véritable  siège, 
laîaiési  la  défense  par  le  tibilosopheOlym- 
ViasfbFrm,  l.xx-xxu),  homme  d'une  beauté 

TrUMiqDable  et  d'une  éloquence  divine 

Tbécpbile  *  archevêque  d  Alexandrie,  armé 
(frs  éjits  de  Théodose  et  appuyé  du  préfet 
d'EgTfOe,  remporta  la  vicloire.  Hellade  se 
vjnuit  d'avoir  tué  neuf  chrétiens  de  sa 
BtaÎD.  Oljmpius  s'évada,  ajtrèi  avoir  enten- 
du une  vuîx  qni  cbanlail  AlUlaia  au  milieu 
it  la  nuit,  dans  le  silence  du  temp'c  (275).  ■ 
C'c«t  donc  du  témoigcage  de  Rulin  que 
U.  de  Chateaubriand  ,  et  probablement 
11.  Aaipère,  s'appuient  pour  assurer  que 
les  CbrëiieosaasiégërcDt  leurs  euoemis  daos 
le  Sérapéun. 

Or  voici  la  tradoction  des  paroles  de 
Ru&o,  citées  en  note  par  l'auleur  des  EtuàtM 
kisloriqueM  :  ■  Ces  païens,  marchant  dans  la 
MDg  de  leurs  concjioyens,  choisissent  pour 
ciicT  de  leur  crime  et  de  leur  audace,  afin 

(274)  f  Ingeni  postes  numerus  librornn  in  A- 


teàr*  oaiaUbelloprioreAlesaiidrirM>,duindiripitar 
ta  civius,  non  sponie,  BÇ^ne  opcn  consalla,  ted 
1  «iliiilMf  r«rte  auiiiiariis,  ioceuu  sniit.  ■  (  Aotn- 

CfXLE,   Vt,  XVII.) 


j   Bis 

Icm^,  mlC(q«eMiî»etSerape«MD...  in^noWt 
iw-tc  tmervut  inxitiniabik»  :  et  loquilur  nom- 
«ruoran  ^ntIwn  concinens  Cdes,  fcptiiigenia  *»- 
^kinam  fln.liia,  PloIemaH»  regibus  vi^liis  inlentis 
--r^pokita,  bcllo  AlmD'liinv,  ilum diripilur  ciii- 


de  défendre  la  citadelle  et  d'exercer  la  tv 
rannie  sous  sa  conduite,  uo  certain  Oljn'i- 
plus,  qui  portait  ce  nom  et  l'habit  de  philo- 
sophe ,  OH*  anlengnana  areem  dtfmderenl  rt 
lyrannifUtH  leturmt  (276).  »  U.  de  Cliateâu- 
briaod  aura  conclu  que  les  idnldires  durèit 
uécessairemeni  être  assiégés,  puisqu'ils 
songeaient  i  défendre  leur  retraite. 

La  suite  du  passage  montrera  que  ces  pré-    ' 
cantiuDS  furent  prises  par  les  ennemis  des 
chrétiens,  non  pas  à  cause  d'un  siège  en- 
trepris contre  le  Sérapéum  ,   mai.«  unique-, 
ment  dans  la  crainte  quero  siégeo'eflt  lieu.  | 

■  Ceux,  continue  Rufin,  è  qui  étaient 
conQés  la  garde  des  lois  romaines  et  le  soin 
de  rendre  la  justice,  ayant  appris  ce  qni 
s'était  passé,  volent  au  temple  {roubles  et 
effrayés,  demandant  la  cause  de  tant  d'audace 
et  le  but  de  cette  émeute  qui  avait  si  cri- 
œioeliemeat  versé  devant  les  autels  le  sang 
des  citoyens.  Hais  les  païens  ,  qui  avaient 
fortifié  l'entrée ,  ce  tirent  entendre  que  des 
voix  confuses  et  discordantes,  et  répondi- 
rent seulement  par  des  eris,  sans  exposer 
aucune  raison  de  leur  conduite.  On  leur 
envoya  pourtant  des  parlementaires  pour 
leur  rappeler  la  puissance  de  l'empire  ro- 
main, la  vindicte  des  lois  et  ce  qui  suit 
d'ordinaire  les  séditions.  Hais  comme  la 
force  des  iieox  ne  permettait  pas  d'essayer, 
sans  de  plus  nombreuses  troupes,  uue  aito- 
qae  contre  les  téméraires,  on  avertit  l'em- 
pereur. ■  La  réponse  de  l'empereur  arrive.: 
défense  de  punir  les  coupables  ,  or^re  d'a- 
battre le  sanctuaire.  Des  que  la  volonté 
impériale  est  proclamée ,  le»  séditieux  se 
dispersent.  Or,  si  les  païens  furent  assiégés 
dans  le  temjile  de  Sérapis,  h  quel  moment 
le  furent-ils*  Us  s'y  virent  menacés  et  uon 
pas  assiégés.  La  bibliothèque  n'out  doue 
pas  plus  II  souiTrir  du  siège  dont  parle  U.  de 
Cliâicaubriand ,  que  du  seul  atiaitl  dont 
H.  Am|.ère  a  parlé;  ces  deux  assertions 
sont  égalemonl  niées  par  l'histoire, 
lit. 

Les  Qirâ tiens,  jq  iv*  àic\e,  couliindaient-ib  tes  cbefc 
d'œuTre  de  l'iocienne  tilléninre  arec  les  aMUiunecto 
proacrits  dn  paguisme  T 

«  Les  livres  entassés  dans  cet  édifice  {l« 
Sérapéum],  dit  encore  M.  Ampère^  durent 
être,  au  moins  en  grande  partie,  détruits 
par  le  zèlu,  armé  ce  jour-là  contre  tons  les 
souvenirs  du  paganisme  (277).  > 

>  Par  suit»  des  guerres  civiles  ,  si  fuoes- 
tes  aux  établissements  littéraires,  comm« 
par  les  guerres  religieuses  et  par  le  fana- 
las  sob  dir4aU»re  Cxsarc,  conliagruse.  >  (  Ahmieh- 
Habckllih,  t,  un,  résne  de  Julien,  à  U  Un.  ) 

(Î75)  ///•  Etude  Auiori^»*,  u'  parlie.  —  Pour 
prouver  k  dénier  détaU  de  ce  récit.  11.  de  Chlieau- 
briaiid  trantcrit  nue  phrase  qu'il  aUribue  à  Zusine  ; 
eUe  estdeRosonéne,  I.  tu,  15.  —  Voir  aussi  l'ou- 
vrage de  H.  BctctOT,  HUioire  de  ta  detinutiim 
dm  pagmtitme  t*  Oeddtnt,  1. 1.  I.  vui,  p.  3i>l. 

(i7«)  RuAo,  I.  Il,  c.  Si,  dans  le  recueil  iDiitiiIe: 
Aùione  eeeUùMlKa  uriptora  Craei;  Parisiis, 
1571. 

■277)  VojfojM  et  Rtcherchet,  etc.  art  Hipro. 


SI9 


D-UTIONNAIKE  APOUKETIQIie, 


lisme  dCJ  |>reuiicrs  Ctiiéliens,  les  grandes 
bibliolbèqucs  de  l'nntiti'rilé  furent  dijper- 
séei,  dit  aussi  U.  Libri,  et  l'on  sait  main- 
lenant  que  les  Clirélicns  n'araienl  guère 
laissé  è  faire  à  cet  Omar  qu'on  accuse  dV 
voir  ordonné  ladeslrurlioii  de  la  bibliolhè- 

3UL'  d'Alexandrie.  Le  besoin  de  délmire  le 
emier  reslo  du  paBsiiisioc  amena  les  Chré- 
tiens h  pruscrire  Tes  ouvrages  classiques 
grecs  etlatiaS)  el  on  mit  aussi  cnmbiei  saint 
(îrétjoire  et  saint  Isidore  ont  fait  pour  abniir 
la  liltâralure  profane.  C'était  I&  peut-être 
uoe  iniiiérieuse  nécessilii,  et  il  faut  se  bor- 
nera constater  lo  fait,  sans  trop  cherclior  à 
le  qualilier  (278).  • 

On  conçoit  sans  peine  de  quelle  poignante 
indigootion  M.  Libri  doit  être  torturé  quund 
il  son^e  h  la  destruction  de  la  biblîntnèqiie 
d'Alexandrie,  lui  qui,  au  dire  du  Uaniieur 
unheritl,  connaît  si  bien  le  prix  des  ma- 
nuscrits  et  des  anciennes  éditions,  et  qui, 
voulant  mettre  en  Itiiuiôre  ce  que  la  France 
possédait  eu  ce  genre ,  en  a  vendu ,  grâce  è 
son  litre  d'inspecteur  des  bibliotbèques  pu- 
bliques, pour  trois  ou  quatre  cent  mille 
francs  (279). 

Celait  précisément  i  l'époque  où  il  s'ir- 
ritait contre  le  prétendu  vandalisme  des 
Cbrétttins,  qu'il  daignait  dérober  i  l'obscu- 
rité où  ils  itiposaient  aos  vieux  trésors  bi- 
bliogrepbiqufs. 

Ce  n'est  point  ici  le  lieu  de  défendre  con- 
tre ti.  Libii  le  jiape saint  Grégoire  le  Grand 
et  saint  hidore  du  Séville  (380).  Nous  ne 
sommes' encore  qu'au  ■**  siècle;  or,  au  iv* 
siècle,  les  Clirétiens  ne  frappieut  pas  d'une 
même  proscription  les  idoles  et  tes  livres 
de  l'antiquité. 

Si  les  fidèles  d'Alexandrie  avaient  été 
poussés  par  une  subite  fureur,  sans  autre 

(278)  rtetut  dtt  Deux  Monda,  t.  XXX,  p.  «56, 
année  lUS,  article  ;  Du  catalogue  de  ito*  matMt- 
cnit. 

(979)  MoniteM  unherul,  1848,  19  mars,  n*  79. 
Rapport  adretii  à  U.  le  garde  de»  tceaax  Héberl, 
par  M .  le  proeureur  du  roi  Bouclg,  Paris,  le  4  fé- 
vrier 184S.  —  L'iticcssivc  passion  ilc  l'illusirc  lit- 
bliophite  parait  ancienne,  car  il  est  <lii  ilaus  le  rai>- 
pon  t  quit  y  a  plusieurs  a.niii^cs,  U.  Liliri  aurait 
soustrait  des  livres  de  la  bililiulliùque  de  Florence, 
et  qne,  par  suite,  l'entrée  de  ta  bibliothèque  de 
Nilan  lui  aurait  été  furuéc.  •  Depuis  que  ceci  est 
ccrii,  j'ai  vu  <lans  les  journaui  l'annonce  d'une 
Bipoiue  de  M.  Libri  au  rapport  do  M.  Buucl;,  vol. 
iii-8*  de  llSpageSi  puis  U  sentence  des  IribuPaut 
coniie  U.  Libri. 

(380)  La  mémoire  de  saint  Gréguirc  a  été  {ilei- 
iiGinent  vengée  par  l'abbé  Eiiicry,  supérieur  de 
Sainl-Sulpice.  —  Voir  le  diruiiaiiieme  de  Bacon 
ei  (es  JWMotulrafioiM  tkéologîqueë  durabbéltiGNE, 
L  II.  —  Quant  à  saint  Isidore,  je  ne  sais  ce  que 
II.  Libri  prétend  lui  reproetier  :  il  faudrait  :iu[re 
chose  qaune  vague  iinpQUition,  pour  faire  croire 
^oe  l'évéque  de  Séville  délestait  les  livres,  lui  qui 
puUta,  so«s  le  titre  d'Eigmologiei,  une  remarqua- 
ble cncyelopédie. 

(3SI)  Tlieiipliilus,  vir  eruditissimiis.  (Iuace,  Chro- 
miez».)—\^  Mu.  Bibl.   Kl.   Pair.,  t.  VII,  p. 


but  qu'un  vague  besoin  de  vengeine*  i  st- 
tisfaire,  je  comprends  k  quels  eicès  ils  ju- 
raient pu  se  livrer.  Hais  co  389  ce  n'étnit 
l>oint  une  sédition,  c'était  une  eiéculion  lé- 
gale. Ou  travaillait  à  loisir,  l'ordre  impérisl 
d'une  raain,  et  è  uoe  œuvre  Biée  d'avince. 
Théodose  avait  abandonné  «ni  Chrétiens  lt;s 
idoles  et  les  temples,  mais  il  n'était  point 
question  de  ce  qui  se  rattachait  au  p3gt< 
oisme  d'aussi  loin  que  les  cbafs-d'œuvre 
des  sciences  et  des  lettres.  Il  y  eut  une  lelle 
fidélité  à  suivre  l'édil  de  l'empereur,  i^u'il 
ne  se  commit  aucun  attentat  contre  les  lio- 
litres  :  Tbéodose  leur  avait  pardonné.  Nul 
ne  fut  recherché  ni  poursuivi.  Si  donc  Is 
victoire  épargna  les  meurtriers,  à  plus  forlu 
raiHjn  ne  s'aveugU-I-elle  [>a$  jusqu'i  con- 
fondre dans  sa  baioe  el  les  livres  et  1» 
dieux. 

L'évèque  d'Alexandrie,  Théophile,  vanli 
lui-même  pour  son  érudition  (281),  étsil  Iti 
d'amilié  avec  le  docie  suint  Jérùme  (âSij, 
C'est  lui  qui,  jK)ur  agréger  au  sacerdott 
Synésius,  poète  el  pisloiiicien  célèbre,  no 
fui  |.oJnl  arrêté  gutr  les  étranges  condilium 
qu'imposai  d'abord  le  futur  évèque  dé  Pio-  , 
lémaïs  qui,  du  reste,  dul  plier  devant  les 
fliigeuces  de  la  discipline  de  l'Eglise  (283]. 

Or,  puisque  les  démolisseurs  du  lempie 
de  Sérapis  n'obéissaient  [loinl  à  un  hrulal 
accès  de  colère,  je  ne  puis  croire  que  le 
«  Irès-érudil  ■  Tbéopliilo  ail  fait  la  guerre 
aux  moaumenls  de  la  littérature  et  de  l'é- 
rudition, que,  d'ailleur.i,  il  n'aurait  pu  ilé- 
truire  sans  outrager  en  même  temps  l'Ecri- 
ture sainte,  dont  lus  nombreuses  inlerpréU- 
tioiis  étaient  réunies  au  Sérapéura  (2w).  le 
ne  puis  croire  que  les  Chrétiens  aient,  lelei 
et  le  feu  h  la  luaiii ,  poursuivi  le  paganisme 
jusque  dans  les  livres,  el  cela  m6me  à  l'é- 

(283)  C'est  ce  que  H.  CoIIombet  étaLlit  conire 
H.  Villeniain,  dans  les  préliminaires  d'une  trad.  diî 
llymnei  de  Syniiiitt,  ï'  édil. 

(28i)  Selon  Tertullicn  (c.  18  icVApologéiî/fte), 
il  y  a.vaitau  Sérapéum  le ictie  hébreu  rie  ta  Bil)l«L-( 
plusieurs  traductions.  Saint  Epiphanc  (  De  nim»- 
rii.eic.,  1. 11,  c.  Il)  y  place  encore  les  éditiousile 
la  Bible  par  Âquila,  Symmaquc,  Tbcodolion  elki 
autres  inierprétes.  Il   ajoute  que    l'erigiiial  deli 
iraductiiiii  des  St^putite  avait  été  déposé  daiuli 
biiilJotlicque  du   Bruciiium.  H.  Amp^,  k  pTOTiM 
du  mot  de  Terlutlien,  fait  cetli!  nbsurvaiion,  p.  751 
de  son  Voyage  :  i  Les  irésDrs  littéraires  d'Aleiau- 
dric  élaiciil  surtout  prccs.  S'il  s'y  Uouvait quelque 
cliosc  d'oriental  et  d'égyptien,  ce  n'était  pas  dans  U 
grande  bibliulhéquo  dup^iais^qu'il  cAl  fallu  le  dur- 
cher,  mais  dans  la  bibliniiiéque  du  Sérapéum.  Là  . 
comme  jelaidit,  se  conservait  un  resiedeia  vieillerie 
égyptienne...  C'est  dans  cette  bibli'iLhôuuc  du  Séra- 
péum queTerlullien  (édition  derabt>éiligne,  t.l,  p- 
55  ;  lisez  p.  580]  indique  un  texte  bctireu  de  ta  Bible.  > 
Cette    raison  de  la  présence    d'un    icxtc   hébreu 
de  la  Bible  au  Sérapéum  est  fort  savauie,  sans  au- 
cun doute,  mais  il  en  est  une  plus  Daiurelle.  A  l'«- 
poque  où  l'auteur  de  ['Apologitiifve  publia  son  livrr, 
il  y  avait  plus  de  deux  cents  ans  que  la  Itililioitiè- 
que  du  Husée  était  détruite.  Il  fallail  doitc  i)Uti  H 
Aleiandrins  logeassent  au  Scrapéum,  s'ils  soului- 
taieut  les  possctier,  te  livre  sacié des  llûbreui  ci  la 
lta:luclioiidL's  S.-planic 


ai 


IRB 


DICTIONNAIRE 


(■>)aeoù  saifiL  Basile  enseijjliaïl  combien  U 
re||2ioD  peut  lirer  de  profil  de  la  lecture  des 
(.hTlo^opoes  et  des  poêles  (2^)  ;  i  l'époque 
uù  MÏnt  Grégoire  de  Nazianze  maudissait  la 
mémoire  de  Julien ,  comme  du  plus  dauge- 
nrji  persécnleur.  pour  avoir  déreudu  aux 
orlbodnxes  ré(ude  des  lettres  prorsnes  [286]  ; 
i  I  époque  d'Aiticus ,  éTëque  de  Coastaati- 
L->file.  si  versé  dans  la  coniiaissaace  des 
5jilimesptiiloso|ilii(iues,qucjamaissophi5le 
ne  pat  I  effrayer  d'une  oLjeclion  nouvel- 
k  ^St)',t  i'épçque  où  saint  CyrilIcd'Alexan- 
drie  eipliquail  aux  adversaires  de  la  reli- 
gion poarquoi  les  disciples  du  Christ,  tout 
toTepoassaat  de  leurs  lèvres  les  chairs  of- 
tcrtd  au  idoles,  oe  refusaient  pas  denour- 
TÎr  \ear  tâçril  des  livres  des  idoidlres  (288}; 
à  Npoçue  cA  Alexauilrie  et  toute  l'Église 
aj'mirjin.l  eacore  Didyme,  l'aveugle  au  sa- 
voir eoc/clopédique  (289);  à  l'époque, 
tùBa,  desiérOme,  des  .Corysostome,  des 
AmbroiM. 

Dira-l-on  qa'il  est  sans  vraisemblance  qae 
la  fouie,  pressée  d'atuttre  le  Sérapéum  ,  ail 
M^àépar^ier  les  livres  T 

Celle  observation  supposerait  que  l'on  n'a 
|i«s  Doe  idée  juste  de  ('éTénemeui.  Le  saiio 
luaire  de  Sérapis  «vait  élé  s«ul  condamné  à 
pfrir,  d  il  put  être  seul  renversé,  se  trou- 
Tiot  aa  nitiea  de  la  plate-forme,  isoté  des 
aBstmelions  qai  conronnaienl  le  tertre  et 
4i3S  lesqoelles  était  déposée  Is  bibliolliè- 
çae. 

L'iaUS,  sous  l'empereur  Uarcien  ,  il  y 
ful  as  mouvement  populaire  à  Alesimlne; 
les  troupes  marchèrent  coutre  les  séditieux, 
qui  les  mireot  en  fuite.  Savez-vous  oi^  elles 
t*  retirèrent?  «  Elles  furent  forcées,  dit 
tr»fn,  de  se  réfugier  dans  le  temple  au- 
Lni^&û  dédié  à  Sérapis.  La  populace  y  ac- 
(«orul,  se  rendit  maîtresse  de  l'édifice,  cl  y 
(•rûia  tout  vivants  les  soldais  (290).  ■  Le 
ifnpéuuï  n'avait  donc  pas  été  complètement 
renversé  par  Théophile;  mais  le  sanctuaire 
■il  (Jieu.  comme  I  écrivent  tous  les  liisto- 
r.ii.s,  arait  élé  seul  abattu. 

Aa  tv*  siècle,  sous  V'alens  et  Valehii- 
v.-.n  1",  il  y  eut  des  livres  brûlés.  Cette 
'xccpiion  i  ce  que  je  vitns  de  dire  le  cou- 
.'ute  ;  car  ce  furent  seulement  les  ou- 
iFL^es  relatifs  k  l'art  divinatoire  que  l'ou  lit 
'.  ?,  araitre.  On  les  rechercha  dune  façon 
i^^rUare;  mais  l'histoire  connaît  trop  bien 
>!:s  causes  et  les  agents  de  ces  perséuutions, 
;*j<jr  qu'on  De  dise  pas  avec  un  auteur  très- 
^^re  que  ■  l'esprit  chrétien  resta  étranger 
a  ces  excès  déplorables  (291).  > 

■3S5i  T.  D,  p-  tlâ,  èililion  des  Bénâllctîns.  — 
1 1  r  antsi  sa  eorrespomlaace  avec  le  ptailcw^be 


■  i)l6)  Ormi.  5,  L  I,  p.  96.  —  Toîr  aussi  la  lettre 
1  ^-Jcaciu  :  ■  iléprisez  le  mflbulogiie,  appréciez 
'  -xTifaiM  ;  brUei  l'idole,  adaiirei  uto  temple.  >  — 
^MranixK,  Biti.ttct.,  I.  T.  c  18. 

Sri)  SecvâTE,  Bitt.  eett.,  I.  vu,  C.  2. 
i&8>    RépoMt  à  Juliru,  I.  vu.  tQuoaiam  aulein 
'*'<%  esiooiDia  idic,  »  eic. 
iS9/  Etcrui,  Bin.  tctl.,  I.  it,  c.  2. 


APOLOCETIUUE.  MB  331 

Bien  loin  de  se  montrer  hostiles  à  la  lit* 
lérature  grecque  et  à  la  littérature  latine, 
les  princes  qui  attaquèrent  le  plus  vigou- 
reusement le  paganisme,  favorisèrent  aussi 
avec  le  plus  (le  zèle  les  sciences  et  les  let- 
tres. Gralien,  qui  abolit,  en  le  rcfusaul,  le 
litre  de  pontife  suprême  de  l'idolâtrie,  chor- 

Sea  le  trésor  impérial  des  émoluments  h 
istribuer  aux  orateurs,  ans  rhéteurs  et  aux 
grammairiens!  dans  la  langue  atiiqueetdans 
la  romaine.  »  U.  Guizol,  qui  a  traduit  cetitt 
constitution,  ajoute  :  ■  Vatentinien,  Hono- 
*-ius,  Théodose  II,  rendirent  plusieurs  dé- 
crets semblables.  Depuis  que  l'empire  élait 
partagé  entre  plusieurs  maîtres ,  cbacuu 
u'eux  s'inquiétait  un  peu  plus  de  la  prospé- 
rilé  de  ses  Etals  et  des  élalilissemenls  publics 
qui  s'y  rencontraient  (392J.  >  En  distingoaDt 
ainsi  d'avec  les  croyances  païennes  la  litt^ 
rature  profane,  ils  ne  faisaient ,  d'ailleurs  , 
qu'imiter  Constantin  (293). 

Théodose  II  est  surtout  uq  exemple  de 
cette  protection  accordée  aux  éludes  par  les 
empereurs  chrétiens.  Comme  son  aïeul,  le 
grand  Tbéoduse,  •  il  ordonna  que  les  temples 
seraientdétruits  et  changés  en  églises  (294}.a 
Mais  voyez  aussi  en  même  temps  quels 
soins  pour  former  sur  les  anciens  modèles 
la  jeunesse  de  l'empire  1  ■  Théodose  fut  le 
premier  qui  donna  une  forme  constante  à 
l'académie  de  Constanlinople.  11  fondA  vingt 
chaires  de  grammaire,  dix  pour  la  langue 
latine ,  autant  pour  la  langue  grecque  ;  huit 
chaires  de  rhétorique,  cinq  -de  rhétorique 
grecque,  (rois  de  tbétorique  laline;  une 
(tour  la  philosophie. et  deux  pour  la  juris- 
prudence... Après  vingt  ans  d'exercice,  les 
maîtres  étaient  honorés  du  titre  de  comtes 
du  premier  ordre,  et  allaient  de  pair  avec 
les  lieutenants  du  préfet  du  prétoire  (295).» 
L'empereur  établit  aussi  h  Conslantinople 
une  bibliothèque  où  c«nt  vingt  mille  volu'- 
nîes  périrent  6  la  Sn  du  v*  siècle  (296).  En- 
fin, parmi  les  professeurs  qu;  les  premiers 
lurent  promus  h  la  dignité  de  comte,  se 
trouvait,  il  paraît,  Hellade,  ce  prêtre  de  Ju- 
piter qui,  dans  l'émeute  d'Alexandrie,  avait 
tué  neuf  Chrétiens.  Et  c'est  en  voyant  ré- 
compenser de  tels  professeurs  qu  on  sou- 
tiendrait pourtant  que  les  chefs-d'œuvre  de 
l'antiquité  étaient  proscrits  I 

Soit  donc  qu'on  examine  la  teneur  de 
l'ordre  impérial  adressé  à  'Théophile;  la 
protection  parfois  très  -éclairée  accordée 
aux  sciences  par  les  ennemis  du  paga- 
nisme; la  culture  intellectuelle  des  chefs 
de  l'Eglise  à  la  fin  du  iv'  siècle  et  au  com- 
meucemcnl    du  v*  ;  soit   qu'on  envisage 

(290)  EvAGBE,  Bitt.  ecel.,  1.  i,  e.  S. 

(291)  H.  Beccnot,  Bill,  dt  la  décadence  du  pa- 
goHume  «n  OccïiUbI,  1.  U,  p.  231. 

(2921  M.  CeizOT,  llîil.  ^  la  cititiialion  en  France, 
1.  I,  Icç.  i¥,  p.  105. 

(393)  H.  CcizOT,  «fet  npra,  p.  104. 

(99t)  Le  Bue,  Ifitt.  ilii  Bai-Empire,  I.  xiii,  C. 
59. 

(29Â)  Le  But.  Ktî  mpra,  I.  un,  c.  9. 

Î96)  Le  Beic,  1.  sxsvi,  c  3.  —  Ces  120,MI 
votumes  périrent  en  4^6. 


8S3  BIB  DICTIONNAIRE 

le  caractère  réglé  etcoolonu  dereipédîtion 
dirigée  contre  le  sancluaire  seul  de  Séra- 
))is,  (out  nous  force  de  conclure  que  per- 
sonne, en  détruisant  ce  temple  ,  ne  songea 
à  ilétruire  la  bibliothèque. 
S  m. 


■  L'édifice  fut  pillé  et  démoli,  >  dit  H.  de 
Cliâleaubriand.  €  Nous  vîmes,  dit  Orose, 
malgré  son  zèle  aposlolif^ue,  les  armoires 
vides  de  liires;  dévastations  qui  portent 
Diémbire  des  hommes  et  <lu  temps.  Pfot  vi- 
dimut  armoria  tibrorum,  quibui  direplii  tx- 
inanila  ta  a  nottrii  hominuiui^noitris  tempo- 
ribut  memorant  [1.  ri,  c.  15J  (^9^-  ■ 

Je  trouve  ce  môme'  texte  d  Orose  cité 
comme  pièce  de  conviction  contre  le  zèle 
excessif  des  ChréLieiis  parPrideaui.GibboD, 
SIM.  Malter,  Ludovic  l^lanne,  B<inam;  dans 
les  Miinoirtt  dt  t'Académie,  Sainl-^enis  dans 
le  grand  ouvrage  sur  l'Egypte  (298).  Tout 
t-f.  qu'on  doit  de  respect  h  oe  tels  noms,  je 
le  comprends;  qu'il  me  soit  cependant  per- 
mis de  présenter  mes  trës-huinbies  remon- 
trances. 

Il  est  d'abord  nécessaire  de  citer  en  eclier 
)e  passage,  d'ailleurs  Irèa-court  de  Paul 
Orose,  dont  les  écrivains  que  je  viens  de 
uumiDer  n'ont  transcrit  que  quelques  mois 
auxquels  il  est  facile  de  faire  signifier,  dans 
cet  isolemcul  du  reste  du  leile,  tout  ce  que 
l'on  désire.    ' 

Orole,  étant  arrivé  dans  son  récit  au  temps 
de  Jules  César  et  de  ses  combats  au  milieu 
même  d'AlexandriE),  poursuit  de  la  sorte  ; 

■  Pendaitl  le  combat.  César  fit  incendier 
la  flotte  royale.  La  flomine,  ayant  ga^tié  une 
partie  de  ta  ville,  consuma  400,000  vulumes 
i|ui,  par  hasard,  se  trouvaient  dans  les  édi- 
tées voisins;  témoignage,  certes,  bien  éton- 
nant du  soin  et  de  la  persévérance  des  an- 
cieos,qui  avaient  réuni  en  si  grand  nombre  de 
si  remarquables  œuvres  des  plus  nobles  es- 
prits. C'est  pour  cela  que  maintenant  encore 
lit  de  toutes  parts,  comme  nous  l'avons  vu 
nous-méme,  il  existe  dans  les  temples  des 
armoires  à  livres;  elles  ont  été  dévastées, 
et  font  rappeler  de  nos  jours  que  tout  cela 
s  été  anéanti  parles  nôtres,  cequi  est  vrai; 
toutefois,  il  est  plus  convenable  de  croire 
qu'afin  d'égaler  les  anciens  dans  leur  zèle 
pour  les  éludes,  on  chercha  d'autres  livres, 
que  d'admettre  l'existence  d'une  seconde 
bibliothèque  [séparée  des  400,000  volumes, 
otjprésurrée  par  cet  éloignement  [299J.  » 

Or,  è  qui  notre  historien  attribue-t-il  la 
destruction  des  livres  dont  il  n'avait  vu  que 

(f97)  Eludes  hiit.,  ubi  supra. 

(11I8J  Phideàdx,  tlin  det  Juif»,  t.  lU,  rf-^at  de 
inuléniée  Ptiiladeiplie  1".  — Gibbon,  BUtdeladé- 
tudtnee  dt  l'empire  tomain,  c.  S8.  —  SIattek,  Euai 
Utt.  sur  rKcole  d'Alexandrie  :  \f.  cite  d'après  les 
i:ilraits  publiés  par  la  Btbliotkique  univerulU  de 
OeniM,  en  taîl,  L  XVI,  p.  5i3.  —  LtLutnE,  £n- 
€^l-  ntoderne,  art.  Bibl.  d'Alexandrie.  Voir,  du 
utéuw  a'uteui,  tehCuriosUi*  bibliograpbiqua,  p.ÏM. 
-  BoNABV,  Mimoires  dt  CAcadimit  t.  XUl.  p.  etO. 


APOLOCETlQt'E.  BB  ^ 

les  tablettes  dépouillées  ?  Ce  n'est  pis  Tli6». 
phile  qu'Orose  accuse,  ce  sont  lesKomains. 
La  suite  seule  de  ses  pensées  nous  le  d^. 
montre. 

En  effet,  qui  est-ce  qui  avait  enrichi  de 
livres  ces  bibliothèques  vides  au  ten]pi  d'(V 
rose  T  II  nous  apprend  lui-même  que  c'étaient 
les  anciens,  ceux  qui  avaient  amassé  Itj 
quatre  cent  mille  volumes  avee  un  soin  si 
jiersévérant  :  «C'est  iiour  cela,  dit-il,  qu'il 
existe  dans  les  (pmpfes  des  armoires  ï  li- 
vres. ■  Mais  tout  ce  que  les  ancieni  roi] 
bibliophiles  d'Egypte  étaient  parvenus  \  re> 
cueillir,  n'avait-il  pas  péri  dans  l'incendit 
allumé  par  CésarT Oui,  tout  avait  péri, selon 
Orose,  qui  déclare  absolument  invraisem- 
blable la  supposition  qu'il  y  ait  eub  Aleian- 
drie  d'autres  collections  publiques  de  liirn 
que  celle  des  quatre  cent  mille  qui  farcit 
brûlés.  Eh  bicnl  puisque  les  livres  dont  le 
voyageur  tiislorit:n  n'a  plus  aperçu  qu«  ]^ 
place,  formaient  les  richesses  liltérairesdH 
anciens  rois,  el  que  ces  richesses  fureniltH- 
tes  consumées  ;ieodant  la  guerre  de  Ct'sir, 
c'étaient  donc  des  traces  de  la  guerre  de 
César  qu'Orose  rencontra ,  el  non  point  d«i 
preuves  d'un  accès  de  fanatisme  chrétien. 

Ensuite,  puisque  Orose,  niant  ou'il  yeiii 
sous  les  Piolémees  plusieurs  bibliolbèqne! 
k  Alexandrie,  rappelle  saulemcot  les  nu- 
ges  commis  daos  les  dépdts  de  Uvri>$  roi- 
EÎos  de  la  mer,  il  n'a  donc  pas  voulu  parler 
du  Sérapéum,  ni<iccuser  les  Chrétiens. 

Enfin,  quand  celbislorien  ajoute  que, pour 
remplacerce  qu'on  avait  perdu  sous  César,  on 
réunit  d'autres  livres,  il  ne  raconte  pas  que 
ces  nouvelles  collections  aient  été  détrui- 
tes. Or  c'était  1&  cependant  Ij  bibliothèque 
du  Sérapéum. 

Nous  allons  mainlensiit  éclaîrcîr  les  eu- 
droits  du  fragment  historique  d'Orosequi 
ont  pu  induire  en  erreur  Cli&leaubriaDdiil 
les  autres  écrivains  que  j'ai  nommés. 

1*  Puisque  Orose,  prêtre  catholique, dil 
que  ces  livres  ont  été  «  anéantis  par  nos 
hommes,  a  nottrit  Aominiftua,  »  n'est-ce  pis 
de  ses  coreligionnaires  qu'il  a  voulu  parler? 
aurait-il  ainsi  nommé  les  Romains  deCé^ar! 
—  lié  I  pourquoi  donc  n'eppellcrait-ilpisl« 
soldais  de  César  noi  gent,  nos  Aomnuj, puis- 
qu'il dit  bien  «  notre  Rome.  »  h  propos  <\( 
la  Rome  de  ce  dictateur  :  Nottra  avtti»  Ko 
ma,  Cœsare  occiso,  ^uanla  de  ctneribut  tju 
agmiaa  armala  parturiit  (300}  ?  Jamais  il  n 
désigné  les  Chrétiens  par  les  mois  de  notli 
kominn.  Ce  membre  de  phrase  ne  présunl 
donc  aucune  difficulté. 

2*  Ces  mots  latins  :  Exinanita  ea.-nottr 
ttmporibus  memorant,  je  les  al  traduits  | 

éJil.  in-12,  DisttTl.  kitl.  tur  ta  Bibl.  if  AIm.  ■ 
Saut-Geais,  Dacripùon  de  rEgjfpU,  «nliqai't 
mémoires,  5'  livrais.,  Deierip.  d«i  anii^iH*  '  ' 
(ex.,  p.  89.  —  Dicl.  de  ta  Convertetiitn,  »rlii 
AletandrU.  Dans  le  même  recueil,  à  t'articte  fii'''' 
thèqut,  M.  Cliarapolliou-Fieeac  ne  patte  pas  <k 
tii'A  imputé  aai  Clircliens. 

(299)  âi»l.  liv.  Ti,  IV. 

(500)  L.  VI,  c.  17. 


s»  BIB  HCTlONHUBb 

cnti-eî  :  «  ËJIes  toal  rapptltr  de  no»  Jourt 
que  tout  cela  a  été  anéanti  par  lu  nôtrei.  » 
Riarail-il  pas  été  p)DS  exact  de  dire:  «Elles 
(odI  rappeler  que  tout  cela  a  été  anéanti  de 
RM^'oKTsf  •Celle  leconde  inlerprélaLîoii  est 
ioadmusïble,  aoii-seulement  parce  que  le 
Kfugéoéral  de  ta  phrase,  comme  nous  I  avons 
prouTé,  moaire  qu'il  s'agit  d'uoe  destruction 
de  lirres  dalaul  de  la  guerre  de  César,  mais 
encore fiarceque  la  ponclualion,dao5  le  texte 
liijo.  joint  les  mots  nottrit  temporibut  au 
«erbe  meawr^tU,  et  iudique  par  conséquent 
qu'.lscomplèteutla.sjgniticationdece  verbe, 
et  DûQ  celle  du  parlîci|ic  exinanita,  dont  une 
lirgnle  les  sépare.  Ceci  est  bien  minutieux, 
bi«a  «eolaslique;  mais  il  faut  nécossaire- 
aieitls'yrtîigoer,  puisque,  pour l'avoiromis, 
OD  s'est  tiposé  h  calomnier  les  Chrétiens  du 
ir*  siècle. 

Tics    bibliothèaues   visitées  par  Paul 
Orose  avaient  été  détattéa,  pillées  (qu^ui 
durplU]  ;  il  ne  s'agit  donc  pas,  dira-l-on,  de 
celles  qui  périrent  daus  les  édiHces  voisins 
du  port,  au  quartier  du  Bruchium  inceoiliù. 
—  Quelle  que  soil  la  variété  des  s_ynon;mcs 
euplojés  par  l'historien,  nous  avons  démon- 
tré  que  c'est  uniquement  de  la  destruction 
Jcs  quatre   cent  mille   volumes  réunis  par 
les  Ptolémées  qu'il  a  voulu  parler.  Pourquoi 
cr^odant  l'eipression  dirèptii,  qui  indique 
-ïnautregeure  de  desiruction  que  lallammeT 
L'expression  est  juste,  car  aux  ravages  du 
(ta  se  joî^^uireulceuxdu  pillage.  Nous  l'ap- 
preoonsd'Aulu-Gelle,  qui  a  écrit  daus  ses 
Mfûit  mltiqutê  :  €  A  l'époque  de  la  première 
g<jerre   u 'Alexandrie,  tandis  qu'on  pille   Ij 
Ville  (^Ho*  diripitur  ta  civilat},  tous  ces  vu- 
luoies  sont  bràlés,  non  |>oint  exprès  et  avec 
fiiimédilaliou,  mais  forluilemenl,  par  des 
soldai* auxiliaires(^l).  •  Amuiien  Marcellin 
Ht  ê^leœent   que   le  pillage  accompagna 
rimxcâie  de  la  ville  [302J.  Ainsi,  la  capitale 
Ils  !'££>  pte  fut  la  pruie  de  la  flamme  venue 
des    vaisseaux,  de  celle  qu'ai luuièrent   l«s 
troupes  auxiliaires,    puis  des  pillards;  par 
cofi^éqoeul  l'historien  lalio,  pour  exprimer 
le  tli*ulile  Uéau  de  l'incendie  et  des  voleurs, 
»  ti*rDC  pu  se  servir  du  niol  direpiii.  II  sup- 
(•■'««il  ffléoie,  parce  seul  mot,  à  tous  les  dé- 
tails iiu  récit,  que  le  caractère  da  son  Irès- 
[«[•iiie  résumé  historique  lui  iuierdisait. 

Ce«  tmis  membres  de  phrase  du  passage 
•j'Orose  ne  reurermeat  doncrienqui  s  oppose 
a  l'tfxplicatîonque  i.ousavous  donnée;  mais 
iors  mAoïe  qu'ils  présenlenieut  quelque 
•tkseariié,  quelque  amphibologie,  ils  ne 
pioorraieitl  pas  reudre  douteux  l'ensemble 
•lu  récit,  qui  lisl  fort  clair  ei  très-précis, 
comme  on  l'a  montré;  c'est,  au  contraire,  la 
b»ns  bien  certain  de  l'ensemble  qui  devrait 
«clatrcir  la  partie  douteuse  fil  empêcher  toute 
béftitaiion. 

Le  lextu  d'Orose  nous  suggère  quelques 

<30f)    rmrh  note  171. 

'Ô02j  Amiiascs-Uakcellmvs,  Jïid.  rom.,  régne 
itiv'ÂKa,  à  la  Un  du  liv.  xiii. 

jU5j  CUieauLriiud,  dans.ses  EfH^M,  elc,  ubi 
i..n,  ciic  LJInniiu  (Oratiomo  tempiit)  elEuiupe 

(m.  EdttH).  L'cxirai:  d'tuoape  csl  ansii  raç- 


autres  réOexious.  L'histcrien.  dans  cet  en- 
droit, n'est  encore  arrivé  qu'an  temps  de 
Jules  César,  Or,  nous  le  demaodons,  s'il 
atait  voulu  narrer  unfait  d'une  époque  pos- 
térieure de  plusieurs  siècles  el  avertir  que 
les  acteurs  de  ce  second  fait  étaient  chré- 
tiens, est-il  vraisemblable  qu'il  se  Tût  absiecu 
du  mot  propre  ou  d'une  périphrase  inlelli- 
gibleT  Esl-ii  admissible  que  si ,  dans  le  ré- 
cit d'une  dévastation  par  les  soldats  païens 
de  César,  il  avait  voulu  iiUerc<iJer  le  souve- 
nir d'une  seconde  dévastation  par  la  cohorte 
chrétienne  de  Théophile,  cet  écrivain  n'elll 
pas  évité  la  conTusiou  des  scènes  et  des  ac- 
teurs en  appelant  les  uns  et  les  autres  par 
leurs  noms,  au  lieu  d'employer  des  expres- 
sions aussi  vagucd  que  celles  dont  il  s'est 
servi  :  noMlri  homitUM  f  Si  l'on  ne  savait a's- 
vaoce  qu'en  389  les  Chrétiens  détruisirent 
le  sanctuaire  de  Sérapis,  jamais  l'on  n  aurait 
sou{i{onné  dans  les  lignes  d'Orose  sur  César 
une  allusion  h  un  événement  postérieur. 
C'est  une  allusion  que  nous  y  mettons,  mais 
que  nous  n'y  trouvons  pas. 

SilesChrétiensdétruisirentlabibliolhèquo 
du  Sérapéum,  d'où  vient  que  parmi  les  au- 
teurs anciens  (jui  nous  montrent  la  statue 
de  Sérapis  mise  en  pièces  et  son  temple 
ruiné,  nul  o'a  montré  les  livres  déchirés  et 
brûlésT  D'où  vient  que  nul  écrivain  ecclé- 
siastique n'a  vanté  ce  zèle  bibiiophobe  et 
qut^  nul  j>aïen  ne  l'a  maudit  T  Pourtant  Li- 
banius  et  Eunape  chez  les  païens  (303),  Ru- 
lin,  Socrate,  Sozomène,  Théodoret  cliez  les 
Chrétiens,  n'ont  pas  été  avares  de  détails, 
les  uns  dans  leurs  plaintes,  les  autres  dniis 
leurs  chants  de  triomphe  sur  la  chute  du  la- 
meux  temple  d'Alexandrie  (30V}. 

Ne  pourrait-on  pas  adopter  un  moyen 
terme  et  dire  que  la  bibliothèque  fut,  il  est 
vrai, dévastée,  mais  en  partie  seulement? 

Cette  concession  ne  peut  se  faire.  Sur 
quoi  se  baserait-on  pour  y  consentir,  puis- 
que rien  ne  prouve  que  les  Chrétiens  aient 
louché  Vautre  chose  qu'on  sani-iuaîre,  oik 
évidemment  ne  logeaient  ni  les  livres  ni  les 
lecteurs,  et  puisque  les  salles  visitées  par 
Orose  étaient  compliileutent  vides? 

Il  faut  donc  s'en  tenir  au  sens  naturel  du 
récit  et  des  réOexions  d'Orose,  c'est-à-dire, 
il  faut  admettre  que  cet  historien  n'a  raconté 
que  la  liestrucliou  delà  bibliothèque  du  Bru- 
i-hium  pendant  la  guene  de  César. 
5tT. 


a  Le  sévère  décret  d'Omar,  dit  Gibbon, 
répugne  au  sens  littéral  et  à  l'esprit  de  la 
doctrine descssuistes  musulmans;  ils  décla- 
rent en  termes  formels  qu'on  ne  doit  jamais 
livrer  aux  flammes  les  livres  religieux  des 
iuib  et  dts  Chrétiens  qu'on  acquiert  par  le 
porté  par  M.  Consin  dans  ses  Snteaax  frûgmenu 
phitmophiquet,  article  Eunape,  p.  tÀQ. 

(3M)  Rcns.  UUi.  tctt.  I.  n,  c.  I2,eir.  Socuve, 
Hiil.  ecel.  \.  v,  ivi,  SoiiiKb.'w,  Uitueta.  I.  vui,  iv; 
TuecMiaDET,  Uitt.  tect.  I.  v,  i»i  ;  NictHMi,  1.  lu. 


nCTIONNAmE  APOL0GETfQl3E 


B!B 


(Jroil  de  la  goerre,  el   qu'on  peul  légilime- 
ruenl  employer  \  l'usnge  des  fidëlrs  les  com- 

EosilioDS  profanes.  Il  hut  pcut-élre  allrî- 
utT  auj  premier?  successeurs  de  Mihomet 
un  fanalisme  plus  deslrucleur  (305),  > 

Des  deux  précédenles  phrases  de  l'auteur 
ant^aJs,  la  seconde  réfute  la  premièret  op- 
[>o!ifint  Ir^s-judicien sèment  la  caractère  des 
chefs  aroties  h  leurs  loi».  J'y  joindrai  ce  mot 
(le  Montesquieu  :  «  La  rengion  maliomé- 
iflHc,  qui  ne  parle  que  de  glaire,  agit  en- 
core sur  les  hommes  avec  cet  esprit  destruc- 
teur quM'a  fondée  (306).  *  N'y  aurait-il  donc 
))ns  une  simplicité  voisine  du  ridicule  h 
supposer  que  les  conquéranls  arabes  joigfti- 
rent  è  leur  esprit  dtttrucleur  des  goûts  de 
bitiliophiles? 

c  Le  premier  auteur  qui  ait  parlé  de  l'in- 
cendiedu  la  bibliothèque  d'Aleiandriepnrles 
Arabes,  dJI  M.  Lnlanne,  estAbd-Allatif,  mé- 
decin arabe  dcRagdad,  mort  en  1231,  c'est- 
h-dire  cinq  cent  quatre-vingt-onze  ans  après 
cet  événement.  Il  se  borne  b  dire  :  ■  Au- 
dessus  de  la  colonne  des  piliers  est  une 
coupole  supportée  par  cette  colonne.  Je 
pense  que  cet  édifice  était  le  portique  où 
enseignait  Arislote,  el,  après  lui,  ses  dis- 
ciples; et  que  c'était  là  l'académie  que  Gt 
construire  Alexandre  quand  il  bAtil  Alexan- 
drie, et  où  était  placée  la  bibliothèque  que 
brûla  Amrou-ben-AIas  avec  la  permission 
d'Omar  {3OT).  * 

■  Passons  au  récit  pluscircODStanctéd'A- 
bulfaradge.  hislorîeD  el  médecin  arabe,  de 
la  secte  des  <:hré(iensjacobites,  qui  mourut 
éveque  d'Alep  en  1286...  Nous  arons  vu 
qo'en  390,  c'est-à-dire  deux  cent  cinquante 
ans  avant  la  prise  d'Alexandrie  parlesAra- 
bes,  l'unique  bibliothèque  publique  qui 
rt^slàt  encore  dans  la  ville  avait  été  complè- 
tement pillée  et  détruite.  Or,  depuis  cette 
époque,  on  ne  irouvts  dans  aucun  écrivain 
un  mol  qui  puisse  faire  supposer  que  jamais 
on  ait  reformé  6  Alexandrie  la  moindre  bi- 
bliothèque, ce  qui  ne  doit  pas  étonner, 
puisque,  pendant  ce  laps  de  temps,  la  lilié- 
raiuro  et  la  philosophie  païennes  furent 
partout  pr05crilDS,  au  point  que  Justinien 
lit  fermer  les  écoles  d'Athènes.  En  outre, 
les  revenus  de  l'emnire,  sans  cesse  absorbés 
par  les  guerres  civiles  et  étrangères,  ne  ner- 
mellsieiit  pas  aui  empereurs  de  porter  leur 
attention  surd'autres  bibliothèques  que  cel- 
les do  Constanlinople.  Nous  pouvous  donc 
oflirmcr  hardiment  que  s'il  existait  encore 
en  6Ï0,  ce  qui  est  plus  douteux,  une  bitilio- 
tbèque  Jt  Alexaudrio,  ce  ne  pouvait  être 
qu'uiiu  rollection  fort  peu  considérable,  et 
probablement  composée  uniquement  de  li- 
vres cbrélitns  dont  la  perte  ne  mériterait 
guère  d'exciter  nos  regrets. 

a  Uainienant,  en  supposant  pour  un  ins- 
tant (ce  que  nous  ne  saurions  admettre),  en 
suppotani,  disons-nous,  qu'il  y  eàl  en  lirit 

(505)  Hiitoire  de  la  dicaéetwe  cl  de  la  cbule  de  graphique*,  iibi  snpra. 
Cempire  romain,!,  li,  (5(t8)  Vbi npra. 

(906)  HonTCsoviED,  £(prtl  dn  lois,  t.  xiiv,  c.  l.  (509)  Vbi  uipra,  c.  ', 

(51)7)   tneydopédie  ntodeme  et  L'uriotif^i  bibUo- 


une  bibliolhèqne  considérable iAleitiiârir, 
comment  expliquer  le  silence  que  des  écri. 
VBJns  grecs,  chrétiens  ou  arabes,  antérieurs 
à  Abulfaradge,  ont  gardé  sur  sa  destniction 
par  les  musulmans?  Comment,  par  eiem. 
|>le,  Eiitychîus,  patriarche  melchite  i'i- 
iexandrje  el  historien  arabe  de  la  Hd  du 
IX*  siècle,  aurait-il  oublié  un  fail  si  im- 
portant dans  sa  relation  détaillée  de  li  prisa 
«l'Alexandrie,  lui  qui  était  ué  eu  Egypte,  où  - 
il  passa  sa  vieT  Ne  devail-i)  pas  eire  mille 
fois  mieux  informé  qu'Abulfaradge,  qui  vi- 
vait sur  les  confins  de  la  Média  et  écrivtti 
plus  de  six  siècles  après  cet  événement? 
Nous  croyons  donc  que  le  récit  d'Aballa. 
radge,  répété,  il  est  Vrai,  par  des  écriviins 
qui  lui  sont  postérieurs,  doit  être  rejeté 
complètement  (308).  » 

Gibbon,  lui,  avait  dît  avant  H.  Lalanae: 
■  L'assertion  d'un  étranger  qui  écrivait  six 
siècles  après,  sur  les  confins  de  la  HédiF, 
e^t  Gonirebnisncée  par  le  silence  de  detii  an- 
nalistes d'une  époque  antérieure,  tous  \a 
dt'ux  chrétiens,  tous  lés  deux  originairM 
d'Ëg;-ple,  et  dont  le  plus  ancien,  le  pairiit- 
che  Euiychius,  a  décrit  bien  en  détail  la 
conquête  d'Alexandrie.  On  cherche  eo  val» 
cette  anecdote  curieuse  dans  les  annales 
d'Ëutychius  et  l'histoire  des  Sarrasins  d'El- 
macin...  11  faut  peut-être  attribuer  aui  pre- 
miers successeursde  Mahomet  un  fanatisme 
plus  destructeur,  et  même,  dans  ce  cas,  ils 
durent  anéantir  peu  de  livres,  car  ils  en 
connaissaient  fort  pen.  Je  ne  récapitulerii 
pas  tous  les  accidents  de  la  colleclioa  d'A- 
lexandrie (C^iar,  ThiophUt)  (300).  > 

Quatre  raisons  devraient  donc  empêcher 
d'accuser  les  Arabes  : 

1*  Les  ChritienM  avaient  tovt  détruit  dau 
ta  bibliolhi^B  da  S&apéum.  —  J'ai  prouvé 
le  contraire. 

2°  Lei  lettrée  ayant  été  protcrilet  depiit 
Théodoee,  on  ne  iongea  pat  à  remplacer  n 
que  le  fanatisme  orthodoxe  avait  lacéré.  —Je 
répondSj  d'abord,  que  rien  n'ayant  été  la- 
céré dans  cette  bibliothèque,  il  n'y  avait 
rien  à  remplacer.  Ensuite,  snns  rechorcber 
maintenant  les  motifs  qui  firent  fermer  les 
écoles  d'Athènes  au  vi*  siëclâ  ,  je  np- 
pellerai  que  les  lettres  ne  furent  point 
proscrites  par  los  empereurs  depuis  le  n* 
siècle,  témoin  les  édits  de  ces  princes  que 
M.  Guizot  nous  a  cités  dans  un  précédent 
paragraphe. 

3°  Les  Arabes  connaissaient  peu  da  livres. 
—  Mais  est-il  donc  nécessaire  de  connatire 
lea  livres  pour  qu'on  se  décide  è  les  bril- 
lerT  N'est-ce  pas  précisément  le  contraire 
qui  a  lieu  ? 

4'  Les  historiens  accusaleurM  sont  tenus 
trop  tard.  —  L'observation  est  trj^s-grave, 
quoiqu'elle  offre  cependant  un  détail  plai- 
sant. 

Je  comprends  qu'Eutychias,     né  en  876, 


BKTNKViniRE  APOLOCETIQUB. 


foil  wfrtoealé  conme  éuat  d'una  êpoane 
DoliblaaMt  aDiérieure  k   celle  il'Abulfa- 


î  supposé  bien  plus 
nfiftroehéqn'Âbnlfsndgedef  éTénemenit, 


c'eft  DDe^aisanlerie.  Que  voolei-vous  donc 
qae,  peadaDl  ses  sniées  de  nourrice  et  de 
spirige,  Klcnacin  ait  apyris  de  plus  qu'A- 
balfaradge  sur  les  aijtloits  d'Amrou? 

ToalHois,  je  l'avoue,  l'obserTatioo  me 
(arall  très-sérieuse,  et,  k  mon  avis,  ce  long 
lileDM  de  l'bîsloire  ne  me  semble  [>as  pei^ 
mMn  qu'on  aiKriae,  lussî  posili  remeot 
«le'oa  l'a  (ait  trop  souTPDt,  la  culpabilité 
d'Omar;  nais,  d'aulrepart,  je  ne  crois  pas 
Don  ylas  qu'on  doive  (s  nier  aussi  résnlu- 
■ww  %Mra  bit  H.  Lstanne ;  car  Abd-Alla- 
lif  et  Abstbndge  sont  des  bislorîens  esli- 
taés,  et  i(  Mt  plus  naturel  da  penser  qu'Ku- 
tfebias,  conme  t«ut  narrateur,  aura  oublié 
•ise  ctreonstance,  que  d'admettre  dans  les 
deai  antres  écrÎTaiiis  arabes  une  trop  facile 
crédolilésur  un  fait  considérable.  Les  Cont' 
mtatmira  de  César,  dans  le  récit  de  la 
giarr*  d'Ateundrie,  ont  bien  négligé  de 
rappeler  l'incendia  de  la  bibliothèque  du 
AnictiiuiB. 

Je  reçois  di>oc  le  témoignage  de  ces  deux 
liisturieas,  mais  seulemeul  comme  une 
brte  probabilité. 

Je  viens  de  me  rapprocher  un  peu  de  l'o- 
piaioB  de  Gibbon  et  deU.Lalanne;je  vais 
■lîDteiiant  me  trouver  complélemeol  d'ac- 
cord avec  eus,  car  il  ne  me  parait  pas  non 
fius  vraisemblable  qu'A  mroa  ail  pu  détruire 
l«aaeoDp  de  livres. 

Gardofis.iMios  d'une  erreur  très-commune 
âoesojel.  Je  la  trouve  dansPrideani  :>On 
doona,  dit-il,  les  trésors  de  la  bibliothèque 
■ubniu  publics,  où  ils  servirent  pundant 
nr  Bois  k  les  chauffer,  un  lieu  de  ooU,  ce 
qû  bit   bien  voir  le    nombre  prodigieux 
de  lirnt  qu'il  j  avait  (310}.  >  Gibbon  s'ex- 
prime à  pen  pris  de  niëma  :  ■  Les  volumes 
i;aoi  été  distribués  aux  quatre  mille  baina 
fc  tm  ville,  la  nombre  des  livres  se  trouva 
n  Srand.  que  six  moisni/)lrMl  à  p«ûiepoor 
Ils  oonsamar  tous,  a  Ce  sont  U  d'éoormes 
tugér*  Lions. 

Ale-uodrie,  il  est  Trv,  renfermait  auslre 
nille  bains  (311);  mais  le  récit  d'Auulfa- 
racige  1313}  ne  prouve  pas  que  tous  leurs 
tiHimcaux,  pendant  six  mois,  aient  été  uni- 
laemeot  alimentés  de  livrés.  II  suffit  d'ad- 
«tetîre  que.  dans  un  grand  nombre  de  bains, 
'i  j  eot,  pendant  six  mois,  des  volumes  mé- 

{51«)  Mtf.  éti  JMt,  U  m,  vHA  iws. 

(Mf^M.  Alex.  Hua*.  Lu  HommetUUttntd^CO- 
liod.  t.  L  —  Aaros,  anMncaat  à  t>aur  la  prise 
filai  anililf  W  dU  qiK  dans  celle  ville  i  on  a  pa 
«■pScr  4,100  palais,  aouat  de  haiot  publics.  * 

CMS)  Voir  VayatM  CHqrel.,  t.  IV.  p.  i38. 

jitSj  Cmriumii*  KUiofr.,  p.  149;  Hmcfctop.  bu>- 

■rii.elc 

,   le  Syncelle.   CHraaajrapAÎ^  :  &- 

. imem^Mftmmt. 

(Ut)  CatvKa.  JiMl-  det  tmftreun,  t.  xnu,  Ca- 
DiCTiO!iistBe  sFULOcfcngti.  L 


lés,  en  quantité  pins  ou   moins  considé- 
rable, aux  ainres  combustibles;  ce  qui  na 
supposerait  paSunaawf  prodijieuxde  lirred 
au  Sérapéum. 
Rien  ne  fait  soupçonner  que  la  liibliothé- 

3 ne  du  Sérapéum  ait  jamais  été  bipnconsi- 
érable,  encore  moins  qu'elle  ail  égalé  celle 
du  Musée,  cnmme  le  pensent  cependant 
U.  Lalaniie  (313)  et  U.  Ampère,  qui,  dans 
un  préfédent  paragraphe,  j  supposait  sept 
ct-nt  mille  volumes. 

Avant  la  guerre  de  César,  le  Sérspeum 
n'était  qu'un  appendice  du  Musée  trop  ri- 
che;  après  celle  guerre.  Antoine  y  déposa 
les  deux  cent  mille  volumes  de  rergame: 
mais  ensuiley  a]outa-l-on  beaucoup  encore? 
Ou  n'en  sait  rien  :  longe  minor,  dit  saint 
Epiphane,  en  comparant  celle  bibliothèque 
i  celle  du  firuchium  (3U). 

La  ville  d'Alexandrie,  el  le  Sérapéum  en 
particulier,  eurent  è  subir  trop  du -guerres, 
de  pillages  ei  d'incendies,  )iour  que  des 
brèches  considérables  n'aient  pas  été  faites 
i  la  bibliothèque. 

Sous  Commode,  incendie  du  Sera  - 
péum(3t5). 

Sous  Ciracalla,  a  horrible  massacre,  qui 
dura  plusieurs  jours  et  plusieurs  nuits... 
Rien  ne  fut  éj^rgné,  ni  le  profAne,  ni  le 
sacré,  ni  les  maisons,  ni  les  li^mples.  Ca- 
racalla...  abolit  les  sociales  de  gens  da  let- 
tres (316).  > 

Sous  AuréUen,  Ja  moitié  Orientale  de  la 
ville,  où  étaient  les  (écoles  publiques  el  la 
bibliothèque  du  temple  d'Auguste,  fut  dé- 
Iruile  dans  une  guerre  contre  les  Ro- 
mains  |3I7);  que  ne  dul  pas  sonOTrir  aussi 
la  partie  occfdentale  où  était  lu  Sérapéum? 

SuusDioclélien,  huit  mois  de  siège,  mas- 
sacre et  pillage  (318). 

Sous  Marcieo,  incendie  du  Sérapéum,  où 
sont  brûlées  vivantes  les  troupes  qui  avaient 
TOulu  arrêter  une  sédition  (319). 

Sous  Juslinien,  Narsès  met  le  feu  k  la 
Tille;  sous Héraclins,  les  PersL'S  la  prennent 
el  la  pillent  (320). 

Quoa  imagine  ce  que  devenait  ane  bi- 
bliothèque dans  une  rille  si  souvent  ra- 
tagéel 

D'ailleurs,  plus  les  années  se  multi- 
pliaient, plus  la  décadence  des  études  em- 
pirait; el  l'an  6fcf,  il  devait  y  avoir  long- 
temps que  l'on  ne  suffisait  pas,  et  que  l'on 
ne  songeait  même  plus  guère  h  tôparet  les 
déçâts  des  guerres  et  des  siècles. 

bi  donc  les  Arabes,  comme  il  est  vraisem- 


-  AaHiia  Habcclldi,  1.  x 


H,  ubi 


racaUa,  p.  251. - 
Bupn. 

Ï51T}  Oa  lit  dans  Philon,  De  Ugatàwt  ad  Cm'bm, 
qnoa  éleva  I  Aleiandrie.  en  nionaenr  4rAo|pi>t^, 
un  temple  ■pteoilide  nommé  Sébulioa.  anauel  M 
tnMTaieol  Joiue*  de  MmpiaHKi  kMiatkiyatê  : 
mais  il  n'âail  pu  plaeé  aa  Scnpéaa  ;  il  éuil,  dit 
Pbiion,  an  borddeU  aer.  (0^  f*t/..  p-Ufi;  Lag- 
doni,  1557.1  —  Ami»  ViauLtia,  vh  sapn. 

(318)  EtrraoK.  JImI.,  I.  ix;  Uitosa,  vu,  15. 

(31»)  E'ACaE,  Uitt.  etet.,  i,  S. 

1^0}  U  Duo,  Hiu.  i*  Bm  Emite^  I.  xuv,  c 
45;I.Lvi,cll. 

11 


«31 


.  mn 


iliCTlOSNAmF.  APOLOGKti'OBt. 


lilable,  détruisirent  des  livres  h  Aleinndrîe, 
il  est  vraisemblable  aussi  qu'ils  y  en  Irou- 
vèrunt  |ioo  à  détruire. 

Je  suis  d'accord  en  ce  dernier  point, 
avec  <jJbboD  et  H.  Lalaiine;  je  m'en  fé- 
<icile. 

iln  très  érudit  avocat  d'Amroii  a  recher- 
ché l*origine  de  l'accusaiion,  Injuste,  selon 
lui,  'qu'on  a  inlcnlée  plus  tara  contre  ce 
conguér'ant  do  l'Egjri>te.  Il  s'eiprime  ainsi  : 

H  Dans  le  Dictionnaire  bibliographique 
â'Badji-Khall^,  écrivain  du  xvii'  siècre,  dit 
tà.  Lalanne,  on  trouve,  k  l'orljcle  De  la 
iciende  philoiophiqtte,  le  passage  suivant, 
tiré  (l'un  auleur  dd  vrii"  sièclo  ;  «  Ebn- 
•  Ktialiloufiidans  ses  ProUgoménei  liistori- 
K  ques,  s'exprime  ainsi  ;  Quand  les  musul- 
•■  imans  eurent  conquis  les  provinces  de  la 
1  Perse,  etque  plusieurs  des  livrfs  de  cette 
«  nation  furent  lonrbés  en  leur  pou  voir,  Saad, 
«  lils  d'Abou-Vakkas,  écrivit  h  Omar  pour 
<  lui  demamterla  permission  de  lest ranspor- 
«  terctiez  les  musulmans;  la  réponse  d'Omar 
«  fui:  Jetez-les  dans  l'eau,  car,  etc.   On 

■  jeta  donc  ces  Kvres  dans  l'eau  et  le  feu,  et 

■  ainsi  périrent  les  sciences  des  Perses.  « 

■  Vnih  donc  un  tristorien  arabci  du  viir 
■stèclp,  oui  raconte  des  livres  des  Perses  ce 
'^u'Abulriiradge  a  raconté  cinq  siècles  plus 
tard  de  la  bibliothèque  d'Alexandrie...  Le 
premier  récit  a  été  évidemment  calqué  sur 
Tsutre...  donc  les  faits  allégués  par  Abul- 
faradge  ne  réposent  sur  aucune  base  so- 
lide (321).  » 

ta  dimcultô  que  je  Irfluve  &  oetle  eipli- 
cafioti  de  M.  Lalanne,  c'est  qu'elle  ne  saù- 
l^ait  rien  expliquer.  Kbn-'Kn.ildoun,  que, 
par  un  énorme  anachronisme,  On  fait  noitre 
au  Tiii'  siècle.  Vint  au  monde  en  133S, 
écrivit  en  1377,  et  mourut  en  U06.  Ainsi 
'l'.'iflîrme,  dans  la  Bio'grapkie  unitérielte, 
M.  Sylvestre  de  Sacy(3S2J,  de  oui  M.  La- 
la^  ne  a  emprunté  sa  citation  d  £bn-Kbal- 
'4J0U11. 

Or,  pliiscfbe  cedei'nier  auteur  est  posté- 
rieur â  Abd-Âllatif  et  à  Abulfaradge.  c'est 
doiicluiqui  de  leur  récft  aura  composé  un 
'confepor5Bn,è  moln^  qutj'l'on  admette  deux 
deslruclinns  de  livres  par  l'ordre  d'Omar, 
l'une  eu  Perse,  l'autre  en  Eç;j>|)te,  ce  que  je 
n'aurais  aucune  peine  à  croire. 

M.  Lalanne  na  donc  pas  rédssi  A  mon- 
trer que  l'bistoire,  en  racontant  Tineendie 
àii  lirres  d'Aleiandrie,  ail  fait  un  amal- 
game de  quiproquos,  aLlribuant  è  Amron 
une  demande  adressée  par  Saad,  cl  h  Omar 
le  vandalismede  Théophile. 

De  ces  noies  sur  la  part  qiie  les  Arabss 
Auraient  prise  à  la  destruction  du  Sérapéuni, 
il  résu Ile  qu'on  ne  peut  certainement  ni  les 
inculper,  ni  lus  di5cul|)er.  £b  biinl  si  nous 
n'osuns  accuser  Omar,  |iarceque  les  témoins 
à  cturtje  ne  sont  p<iS  a»5uz  rapiirocliés  du 

(3*t)  Ubi  sop«. 

\âti)  Biograph.  univ.,  art.  Eifji-KhaidimH. 

iZiiSi  Ettcj/clopéàie,  art.  BibUorhèqur. 
'  \SU)  kittii  wur  la  mamriet  l'aprit  de*  naHont, 
e.  6.  —  Madji-Klialfa,  au  xvn'  siècle,  dans  son 


réïéifunienl,  fiourqurtï  dwic  si  liruTWiiineiit 
condamner  l'évèquo  ThéO|*hîl( , 'quoique 
nul  écrivain  ëe  son  lifmps  on  des  Icm^is 
voisins,  pas  plus  citez  les  itlolfl'lresqiiedifi 
les  orthfHtoies,  ne  lui  aitattribiK^  If  piili^c 
de  la  bibliothèque  du  Sérapénm?  Voui  ré- 
cusez le  témoignage  d'Abulfonhlge,  pinn 
qu'il  est  posti^rieur  de  six  siècles  ï  Omit; 
en  quoi  donc  celui  deGibbon  auW  nmllcor 
contre  Théophile,  qu'il  vient  atlsquer sfirèi 
quatorze  cents  ansT 

H,  Ampère  a  terminé'de  In  sorte  ses  ob- 
servations sur  \n  question  traitée  dans  m 
article  :■  Que   l'histoire  Soit  juste,  indni; 

Îiour  Omar  ;  point  de  fanatisme,  mène  toniti 
e  fanatisme.  » 

Cette  réflexion,  fort  a»ge  au  point  dem 
général,  ne  semhle-(-ellA  pas,  dans  Uni 
présent,  une  véritable  menaceT  nsftil-elfi; 
pas  entendre  qu'on  nn  saursit,  sanssedi- 
clarer  quelqde  peu  fanatique,  essayera 
jusliller  les  chrétiens  d'Aleiandrie,  t.\iiif- 

fiens  d'ûmar,  du  CTime  delèse-scieneeqt'ni 
eur  impote? 

Deux  raisons  m'ont  empêché,  en  «nlR- 
prenant  celte  justificaiiOD,  de  tropTedouItt 
l'odieux  quallHcatir  qu'on  paraît  proaiellrr. 

D'abord,  parmi  'les  principaux  laletirs 
qui,  depuis'Abd-AlhtifJusqu'à  Dideral(3!i), 
Voltaire  (324),  Chnmpollion-Figeac  [m],  t\ 
rariiheBadJi-Khalfa,  accusent  lesAnbndi; 
la  destruction  de  la  bibliothèque  aleiin- 
drine,  je  ne  'vois  pas  auquel  on  peut  repri>- 
cher  un  zèle  fanatique  pour  gloriSerror- 
thodniie  ai  déprimer  le  mahoniôlisrae. En- 
suite, tout  en  écartant  le  blAme  qu'on  jcliii 
à  Théophile,  J'ai  rédoit  de'beauGOU|>,  Sdii 
lii  purtée  qulili  dOnnnfl  aux  léaiolgnfgK 
contraires  b  Odiar,  soit  celle  masse  énonne 
de  volumes  doiit  on  lui  reprocbnit  li  <lti- 
fruciion. 

Je  Suis  donc  bien  pur  de  fïnaiisme,""' 
'en  présentant  la  tUfeiae,  non  paS  duikm- 
tianisme,  que  If.  Ampère  a  trè^imprudtm- 
metit  nommé  dens-ce  débat,  malsde  l't'^ 
que  Théophile.  Le  chriilianlside  a'innii 
pas  été  moins  étranger  aux  'follesfurieusn 
de  quelqiies-dnstle  ses  disciplt^s,  qoe  l'A- 
cadémie n'est  étrangère  aux  erreurs  f» 
'l'académicieu  M.  Ampère  peut  mêlera  » 
écrits. 

Une  autre  parole  trop  légère,  prononH 
dans  cette  discussion,  c'est  celle  de  H.  t 
ïannesurles  livreschrétieos,  «dontliperi 
'Selon  lui,  ne  mériterait  guèrn  d'excilcri' 
regrets.  » 

Est-ce  bien  un  bibliophile,  unlîttératau 
un  philoaophe,  qui  s'eiprime  afnsiT  I 
chrtstiDnisffle  ne  fût-il  qu'un  évADtme 
naturel,  cél  (événement  seratl  -eaplisl  ^ 
l'histoire  de  Itiiimatiité.  El  <!e  sdult«^t' 
Vrtfees  rtlaltfcà  un  tel  ftift  qu'on  \renir 
avec  une  si  dédaigneuse  indilféreacel  < 

DieiiouuaiTe  biblhgrapkiijiu,  art.  De  laâfifncif 
loKtpliique.  —  Voir  de  H.   Lalanks    le»  Larti»! 
biblwarapliliiuei,  p.  SU. 
{52b)  Ùictionjtair^de  la  C«)tfrrMlJM«,  an.  tW 


MCTIONTiAlRE  AI*t»XK.-ETIOUE. 


BON 


SU 


n'Mfiil  mena  regral  <Jes  docnnienls  (fui 
MairririieBl  Imt  de  'foïols  enrore  obscurs 
dedisloîrfl  Brinilive  de  ret.e  forme  sh- 
pMeare  de  la  eivilisalion ,  dont  bieoldt 
Tio^  nides  n'ont  pss  Apuis^  les  bienrxils  I 
Si  le  phihHDpbe  reil  uns  peine  les  livres 
orthodoxes  en  cendres,  poerqaoi  le  ohi^ 
bte  TWpectersK  -  iJ  daTenlage  les  livres 
l«*!M?  Prarquoi  l'Arabe  épargnerait-il  les 
•n*el  fee  aalres?  Feor^oi  Condorcel.  en 
l7M,a'»arailtil  pas  fni(  déchirer  tout  nu - 
mge  «DUolié  d'un  signe  erislocraliqne? 
En 00  mM,  le  «addalisoie  est  bien  |>rés  d'ê- 
m  excusé. 

le  me  pmtrmai  pas  qae  U.  Lalanne  n'a 
lien  lovla  rlire  de  cela  :  qui  eii  douteT 
HMtSf»  qui  n'est  nhcz  lui  qu'une  btiulade 
(•Ml  avenir  sn  princif>e  datis  lîn  cerveau 
nul  bit  f33S). 

«KXnrBEQUE&ECGLBSIASTIQDESdes 

f-fMners  siècles-  Vuy.  Scrkcbs,  {  II —  Bi- 

ii'îoJbèqaes  ecelésissliques  au  moven  ige. 

AûCfiH. 

BtfH,  r«Bf>ort»-t-il  sur  le  mal  en  qnati- 


Wmu  i  !■  —  SvFTsnl  è  l'expiation  du  mal. 
JM.  -^  Bien  d«as  notre  monde.  Vog.  Om- 

BIENFAITS  du  christianisme  dans  Tordre 
moral,  l'ordre  inlellucluel  e(  l'ordre  social. 
T»m.  r/Hiretfiicf l'on ,  |  XI  et  snîr. 

BIEMaBUREUX ,  leur  liberté  comparée  k 
celle  de  l'homme.  Voy,  Libebtâ. 

BLCHENBACH,  sou  sjsième.  Voy.  RtcES 
mcuunMS.  J  I. 

B0HLR4  place  l'origine  do  cUrislianis- 
se  <Uns  Ilndft;  réfalalion.  Voy.  lifDiiaiSMS. 

BOUNGBROCKE,  cité  sur  le  dogme  de 
fenfrr.  Top.  Eum ,  )  I. 

•0!>APaBTE  (l'empereur  NiPOLtoii),  ju- 
femeal  sur  Jésus-<^brist-  Voy.  Note  VIII  bit, 
j  (a  Sn  du  rolumc. 

BONIPACfi      i;  SilKT  )  .     ABCaETÈQQB     DB 

HtTsaa.  —  Winrrid .  nommé  plus  lard  Bo- 
iii&ce.  luquit  dans  la  Granîle-Bretagiiei 
Tt-r»  l'an  680,  fui  élevé  par  les  moines  d'Eie- 
t'rei  enseigna  les  belles-lettres  au  monas- 
tère d«IlutceIL  En  716,  il  alla  érangéliser 
la  Germanie.  Les  Frisons  élant  alors  en 
CueiT«  arec  les  Franks ,  la  voix  de  l'apétre 
se  perdit  au  milieu  du  bniit  des  armes.  Bo- 
uifsca  revint  à  'Nuicell ,  ob  ses  frères  l'élu- 
reai  supérieur.  BîentOt  après  il  renarut  sur 
les  tM>rds  dn  Rfain.  Vi  Thuringe.,  la  Messe, 
la  Frise,  la  Bavière,  une  |Mrtie  de  la  Saxe, 
eitieodireot  pendant  trenle-sepl  ans  l'iuta- 
tîgabTa  mrssiennaire.  Trois  lois  il  visita 
Rome,  lanldl  pour  faire  bénir  son  entre- 
prise ,  lantél  pour  rcnitre  humblemenl 
rhoiiite  des  succès  qui  l'avaienl  couronnée- 
My  reçut  Ik  titre  de  vicaire  du  Sainl-Siége 
ea  Geroianle.  Cette  autorité  fut  ensuite 
fieDdue  sur  la  Geulc ,  dont  le  clergé,  en 
grande  punie,  avait  oublié  les  mœurs  sacer- 
Doiales.  Nommé  arclievèque  en  73S,  mais 

<1M)  C/.  GoMfli,  Difaat  de  FK^iu  cmUh  Im 
«rremnkàat. 

1^X7)  Ce  diacM  reliaî^us  (t'imr  lociété  qnî  s'or- 
gami*e  se  rcuooTe,  de  nus  jours,  aui  Eiai&-t)ais. 


sens  siège  particnlier,  Bonifu^e,  treize  ans 
anrès.  fui  élevé  wir  celui  de  Hayenee.  L'un 
7S3 ,  il  sacra  Pejiin  le  Bref,  mi  des  Franks. 
Ayant  cédé  le  siège  de  Jfsyetjce  i  son  dis* 
'CipleljiHe,  en7Sk,  il  s'enfon^  de  nouveau 
tlans  la  Frise,  et  -j  Tut  massacré  ,  avf>c  cin- 
-qnanle-deox  aolFes  chrétiens,  l'nu  Ï5S. 

-Tious  n'avons  plus  son  TraM  de  t'mnitë de 
Ja  foi.  fies  épllreif  sont  rbîsloire  ofTioielie  et 
-auihenlûinede  l'éloblissement  du  christia- 
nisme en  Germanie,  oiï  venaient  se  mêler 
aux  prêtres  orthodoxes  les  finatiqups  et  les 
impu&leurs  les  ^\\xn  dél:ontés.  C'était  tout  le 
désordre  d'une  société  naissante,  désordre 
au  milieu  duquel  saint  Boniface  ne  nous 
appareil  que  plus  grand  (327). 

Plusieurs  historiens  ont  dénaturé  les  faits 
de  sa  vie.  Tels  sont  UM.  Hictieiel'(0Js(,  4e 
Fratut,  1. 1),  Guîzot  {ma.  4e  /«  eiu7i*.  m 
Fronce,  1. 1},  sir  Tbomas  Mnore  {Bût.  d'Ir- 
.lùnde,  1.  I).  Ampère  (/Tuf-  /ifl.,  1.  Il),  «le. 

H.  l'abbè  Gorini ,  résumant  la  savante 
réfutation  q^u'il  a  faite  de  cds  bûtorieus, 
s'ciprime  ainsi  : 

€  Bien  des  personnages  de  tous  les  genres 
ont  (>a5sé devant  nos  jbdx  dans  ce  eliapitre: 
princes,  savanls,  missionnaires,  papes,  hé- 
rétiques, presque  tous  travestis  par  quelque 
historien  :  nous  avons  lAché  de  leur  rendre 
leur  physionomie. 

«  Charles  Uarlel  n'était  pas  païen ,  et  il 
n'altirait  pas  sous  ses  drapeaux  des  Saxons* 
afin  de  les  convertir  et  de  s'en  servir  ensuite 
contre  leurs  frères  restés  idolâtres.  Saint 
Virgile  de  Salzbourg  n'a  pas  dit  le  premier 
quu  la  terre  est  ronde  et  aue  nous  avons 
des  anti|K)des  dans  l'hémispliëre  austral;  la 
Pape  Zacbarie,  en  attaquant  cette  opinion 

faus ■ ■    "      '-'      ■  -■  " 

l'exi 


fausse  et  dangereuse  iVar  la  manière  dont  on 
l'exposait,  n'a  point  été  l'ermemi  du  savoir, 
elilajnslj&é  avec  dignité  le  Saint-Siège, 
auquel  on  imputait  une  scandaleuse  indul- 
gence pour  le  vice.  Les  hérétiques  Clément 
et  Adalbert  n'avaient  que  trop  mérité  la  pri- 
son où  saint  Bonîlsce  voulait.qu'on  les  ren- 
fermât ;  l'histoire  de  leur  temps  et  celle  de 
presque  toutes  les  époques  protestent  contro 
l'axiome  qui  fait  de  riiérésie  un  stimulant 
toujours  nécessaire  de  la  vie  intellectuelle, 
et  la  mesure  de  l'énergie  qu'atteint  la  peu- 
sée.  ËD  effet,  saint  Boniface  ne  dépassait-il 
pas  de  cent  coudées  les  novateurs  accourus 
en  Germanie?  Ne  les  dépassait-il  pas  autant 
que  l'héroïsme  et  le  génie  oi^nisaleur  dé- 
passent la  folle  audace?  Tout  en  décernant 
au  courageux  missionnaire  le  nom  d'homme 
héroïque  {328] ,  on  a  voulu  en  faire  un  inqua- 
lifiable personnage,  baissant  les  Scots  sans 
savoir  pourquoi;  dénonçant  par  vengeaiito 
un  autre  illustre  missionnaire  plus  heureux 

3ue  lut  dans  la  solution  d'une  dilTlculie 
]ér)1oi;ii)ue;  n'usant  enfin,  pour  se  délivnr 
d'un  prélundu  chef  d'opposition,  le  punir 
litirdimcQt,  mais  le  déjiosant  de  son  sié^e 
'épiscopal  sous  un  astucieux  prétexte. 

~-  Viiîr  les  £•*«'(  ^  liiiiratwn  et  44  maral»,  par 
|l.  SainT'Mabc-Giubdbi,  1. 1,  p.  Ô47- 

(328)  H.  Hkbelet,  Uin.  de  France,  1. 1,  p.  9i9i. 


niCTH»IN.MRi:  APOLOGETIQUE. 


CAT 


»t 


«  Sachons  bien,  a  dit  M.  Gaizol,  que  par- 

■  louloù  nous  rencontrons  de  grandes  cho- 

■  seacldegraadsbommes,  il  ya  eu  d'uulrts 
<  mobiles  que  des  combiDaisousambilieusus 
«  et  (Jes  iutërâtspersonnels.SachoDsbienque 
«  la  peDsâa  de  I  homnie  ne  s'élère.  que  son 
«  horizon  ne  s'agrandit  que  lorsqo^l  se  déla- 
a  chedu  monde  et  da  lui-mfime  (3S9).  a  C'est 
ce  que  certains  écrirains  n'ont  pas  tooIu  se 
rappeler,  en  racontant  la  vie  de  saint  Boni- 
face.  ■  ifoy.  AirnpODKs.) 

BOH Y-SAINT-VINCENT  nie  funilé  de  la 
race  humaine.  Koy,  Races  aruiiiiKS,  {  I. 

BOSCHISUANS,  leur  psychologie.  Yoy. 
Races  bdhaiubs  ,  §  IX. 

BOSSUET,  la  doctrine  de  la  pénitence 
J'a-t-clle  rendu  fataliste  et  eraelf  Vog.  Pé< 

MITERCE,    I  III. 

BOUDDHA  ,  examen  critique  de  u  doe- 
Irinc,  etc.  ¥oy.  Indiakisme,  {  V. 

BeuODHISUE.  Voy.  Peutiteuqub  .  S  I, 
«t  Ihdiakisiib  .  (  V.  —  Ne  peut  aroir  le  ca- 
ractère de  catholique  ou  d'universel.  Voy, 
CATHOucrrÉ. 

BOUBDALOUE,  sa  doctrine  sur  la  péni- 
4encn  ;  réiulation  de  H.  Aimé  Martin.  Foy. 
l*fc!*rrEnCB,  $  II. 

BRAHUA,  est~il  une  d<'8  personnes  de  la 


Trinité  ehr/tlienne  ?  Foy.  Taimi,  t  ||l 
BRAHMANISME.  Foy.  inttiAniSHB ,  l  |V. 

—  Absurdités  de  ce  vutle.  Foy.  Nuie  Vlll, 

k  la  lin  du  vol. 
BRIERE  DE  BOISHONT  {\«  doclear),  ce 

qu'il  dit  des  théories  sur  rhalluciiialioti, 

Foy.  HALLUCINATlOIf. 

BROTONNE  (H.  de),  errenr  sur  l'étal  pri- 
ntitir  de  l'homme  et  de  le  société.  Tty,  m- 
CHOLOOiE,  S  IV.  —  Réfutation  d'une  opiaiou 
erronée  qu'il  Tonde  sur  une  fansse  inlerpr^ 
tation  de  la  Genift.  Foy.  Pstgbouwib,  )  V. 

BROUSSAIS ,  son  système  rétutè.  roy. 
Ame, s  IV. 

BRUTUS,  laxé  d'hall ucinalioD.  Fsy.  Hu- 

LUCIHATIOR,  I  II. 

BDFFON  ,  SCS  idées  contradictoires  ki 
l'origine  des  êtres  organisés.  Foy.  Boni, 
art.  1 ,  tub  init. 

BtIflDACH ,  son  système  réfuté  au  uqtl 
de  la  génération  spontanée.  Foy.  Gtsiii- 
non  spoNTAHic. 

f  BCRNET,  son  opinion  sur  le  reoooTellt- 
ment  du  monde.  Foy.  Cnnz  itoefEini,  rit. 

BURNODF,  ses  appréciations  des  limt 
indiens.  Foy.  iRDfAnisvB,  —  Belle  rélleiioD 
sur  un  passage  de  Tacite.  Foy.  CoEFOKtni 

DE  DtED. 


CAHEN  réfute  son  coreligionnaire  Sal- 
Tadur.  Voy.  Judaïsme  et  CnRiSTrANisuB. 

CALIXIK  III.  Ce  Pape  a-t-il  excommunié 
les  Turcs  et  In  comèle  de  U5G.  Voy.  Arago. 

CALMKIL  (Le  doctelu), 'Sijs  docliiiies  sur 
les  possessions  réfutées.  Foy.  Note  XVI, 
i  la  Gn  du  tome  II. 

CAMPER,  son  système.  Toy.  Races  bd- 

'UAI5ES  .    I   1. 

CARACTÈRES  DISTINCTIFS  des  races 
humaines.  Voy.  Racbs  HinuinES,  j  III.  — 
Caraclëref  de  la  Téracité  du  Peatateuque. 

Foy.    PSHTATEUQDE  ,    %    VIlI. 

i.ATARACTES .  diTerses  inlerprélatîons, 
et  réfutation  de  M.  Letronne.  Voy.  Cosho- 

«BAPBIE,    I   It. 

CATHOLICISME.  Sur  l'élat  où  serait  au- 
jourd'hui le  fflondessusTezialeoce  du  catho- 
licisme. Foy.  ISLAuisME. — CuoTienl  à  tou- 
ies  les  races  sous  tous  les  climats.  Foy.  Ca- 
nioLicrri. 

CATHOLICITÉ.  —  La  catholicité  de  !'£• 

5 lise  est  son  universaliié.  L'Eglise  est  ca- 
lOliqUBi  c'est-è-dire  unirerselle,  et,  en 
'effet ,  s'il  est  vrai  que  Dieu  ail  fondé  une 
'société,  comment  en  eût-il  fait  le  privi- 
lège d'une  caste  ou  d'un  peuple,  d'un -con- 
tinent ou  d'un  hémi5[.bëre  1  Si  Dieu  a  voulu 
i>Alir  de  ces  mains  un  édiUce  social,  asaa- 
i-éiueiit  il  l'a  préparé  pour  tous.  Tandis  que 
)m  hommes,  quelle  que  soit  la  magnani- 
mité da  leurs  desseins,  Iravaillenl  pour  eux, 
pour  leur  nation,  ]>our  une  gloire  et  un 
wriEon  toujours  bornés,  Dieu  fait  luire 
•on  soleil  aur  tous;  il  illumine  les  aigles 


au  haut  des  montagnes  et  les  oiseaux  oM' 
curs  qui  chanlenl  leur  créateur  &  t'ombra 
d'un  épi  de  blé.  Il  sonice  à  uo  brio  d'herbt 
comme  il  songe  k  un  cèdre,  il  s'occupe  d'un 
alouie  comme  d'une  étoile,  el  Tuniversalil^ 
étant  le  caractère  dé  ses  moindres  «uu». 
i  plus  forle  ruison  en  imprimera-l-il  le 
sceou  è  une  société  formée  de  ses  iniiu 

fiour  la  conservation  et  la  propagation  it 
a  vérité.  Non  pas  que,  malgré  ce  iliiii 
d'étendre  et  d'assurer  parmi  les  hommH 
le  règne  de  la  lumière,  il  fasse  riolencek 
notre  liberté  i-l  ne  nous  permette  pas  d'^ 
ctiapper  aux  mailles  du  fllut  qu'il  a  dé|Ao]â 
sur  nous;  non,  ce  droit  nous  reste  daot 
toute  sa  plénitude,  et  il  nous  explitjue  lu 
apparentes  faiblesses  da  t'ourrage  divio-Si 
le  SIet  se  rompt,  comme  le  dit  expressé- 
ment l'Evangile  ,  c'est  que  l'œuvre  de  fiiea 
n'exclut  pas  l'œuvre  de  l'homizip,  it  que  li 
liberté  se  fait  jour  i  travers  la  souveramet^i 
sans  détruire  pourtant  le  caractère  de  l'ac- 
tion supérieure  el  maîtresse  ,  qui  triomphe 
facilement  jusque  daus  l'imperfection  pra- 
Tîsoira  du  résultat. 

'L'Eglise,  disions-nous,  la  soviélâ  ÏDlellK- 
luelle  fondée  par  la  doctrine  de  Jésus-Chris', 
est  catholique  ou  universel!»  daos  son  ex- 
pansion. Mais  aQn  de  bien  l'entendre,  re- 
marquons qu'il  ne  s'agit  pas  d'uoe  simplci 
expansion  des  idées  immuables  el  fonda- 
motitales  qui  constituent  le  christianisme; 
ce  serait  déjà  une  magnifique  uaUersaUiè 
et,  néanmoins ,  ce  n'est  Ik  qu'une  partie  di 
mystère  de  ditfusionque  nous  appelOBS  b 


iHS)  Birt.  it  U  rjrif.  m  Frmiet,  p.  103,  t.  B,  Icç.  b 


CAT 


MCnONNAHtE  AroUKEnQUE. 


CAT 


S3S 


albnticité.  Outre  l'espansion  de  l'oniK 
d^drïnlc,  la  •-■tbolieilé  emporte  avec  soi 
l>s)HiiciOH  lie  l'uiiîlé  lii^rarvhiqne,  légiS' 
Iili*p,  juiliciaire  el  HdmiDislraliTe;  elle 
mporle  la  rr^^aiioo  d'un  pouvoir  doctrinal 
■nirnsel.  tl'iin  pouTOÎr  liiérarctiîqii«  onj- 
tend,  d'un  pouvoir  législalif  universel, 
d'au  poBToir  judiciaire  uiiiverselt  d'un  |>ou- 
toirâdaiiiiiftlratir  universel;  ce  qui  est  tout 
«nplraeni  le  comble  de  la  (olie.  Veilè  la 
Ikèie  de  la  calhoticilé. 

<>iaiid  même  les  proliislanls  porteraient 
l'Turdocfriitepar  tout  l'univers;  quand  même 
Mie  doetrinv  serait  aussi  une  et  immuslile 

S 'die  prt  divisée  et  mobile,  qu'auraicnt- 
Eûlsl  Us  auraient  semé  Ja  Bible  dans 
k  Boade,  M,  avec  la  Bible ,  certaines  idées 
jjni  j  iota  cnitleniies  ;  mais  ils  n'auraient 
/«MOI  éfaUi  universellvment  leur  hiérarchie, 
I  HÏfqo'ils  n'm  ont  |>oint  ;  leur  lé^slature, 
fMifsqu'ils  n'en  ont  [loinl;  leurmat^istrature, 
|ivi9q>i'ils  n'en  ont  puint;  leur  aîliuiiiisfrs- 
i:"n,  puisqu'ils  n'en  ont  point.  Ils  auraient 
fiit  on  chef-d'œuvre  intellectuel,  mais  qui 
a'jurail  rii-n  de  comparable  à  celui  de  la 
McJélé  catholique  ,  asseyant  partout,  arec 
«adoGirine  ,  son  unité  hiérarchique,  lé^is- 
lative,  jodieiaire  et  adminislriiliTe.  lime 
teable  que  les  termes  du  mj-sliire  sont 
culeodos  [330). 

El  eejieiil  dessein  d'un  établissement  ca- 
tbolique  dans  lo  monde,  n'a  fMS  été  seulu- 
■enl  ceint  de  Dieu.  Il  f  a  bien  longlemjis, 
•êfBCsans  remonter  jusqu'i  I4erBriid,Ntntis 
fiSisotiris,  que  les  rois  cariassent  cette  pen- 
sée, et  qn'i  l'eiemple  de  Nabnchoduuosor, 
ns  assemblent  leurs  grands  et  leurs  géné- 
raai4ans  le  solitude  de  leur  cabinet  pour 
Wor  dédarer  qu'il;  ont  Tinteniion  de  sou- 
Mft/re  l'univers  k  leur  domination.  Il  y  a 
freo  hMigtemjis  aussi  que  ces  rèvesdi*  gisants 
«'^vaiouiitsenl  au  réveil  de  la  réalité.  Car, 
4ès  que  rhommv  veut  s'étendre,  dès  qu'ils 
t'adresse  i  l'espace,  il  rencontre  dans  la 
Ulure  a>£uie  malénelle  un  obstai:le  inviu- 
rible  à  son  ambiltOH.  Les  anciens  disaient 
très-spïriiuetlemeul  que  la  nature  a  l'bor- 

(S»)  ■■■cstévidanment  prescrit  assapAlfes  de 

frtckcr  rUvaDgile  à  louies  les  iuIhhis  du  monde. 

uae  «cnié eu  si  étidcnle à  la  sevle înipettÙNi  des 

(••-«In  ém  Sanvenr,  qn'il  serait  ridicvM  d'eiilre- 

in  sire  de  la  proMTcr. 
i"  Ea  ordonoanl  à  ses  apAirrs  de  prêcher  sa  loi 
'  1  bvies  le*  MaLions,  Jésns  Cbriït  ie*  chargeait  d'y 

4aU>r  «•■  t^ic  Cette  ^érii^  est  la  Gunwi|iieiia; 

«vehsie  de  la  pfërôlcab:  et  eu  é^lenicirt  claire. 

Llfiise  atanl  aMi|ioséii  de  ceai  qai  fwni  profession 

ac  b  Tnne  la.,  duuuer  aui  apotn^  la  missioa  de 
.  fOÊteréMat  mas  les  pay»  la  vraie  foi,  c'était  Icnr 
■aMaer  n'y  ëuulîr  Ttlgtise.  Us  ae  ponvaieal  pas 
'-"  Taa  UBS  l'aulre. 

**  Le»  apMres  ont  ronné  l'élise  comme  leur  di- 
'-•  luire  kar  avait  orHoaue.  Jamais  les  proics- 
=«(*  ae  tes  «ai  accusés  d'avoir  nunqoé  i  ses  pré- 
'Mea.  Us  liinl  professioM  d«  les  révérer  comme  de 
■^«Aperaaanazes.  Us  fenr  aUrîbaeiil  même  la  pré- 

^ùve  de  ri^illitâlilê. 
4  L«s  aféut»  OMl  dooc  fondé  l'Eglise  dans  toutes 

'•  aiiiiiai,  da  atoîns  aalani  qu'ils  l'uni  pu  de  leur 
■  ■titt;  et  cède*  ib  l'^iaical  éiaUic  d:inï  im  tièi- 
.- i  ■-««Vre  de  coDiré'.'ï.  L'Iii'-luirc  ilc  1-jur  pré- 


i^ 


reur  du  vide;  ils  eussent  pn  dire  encore 
mieux  ou'elle  a  horreur  de  runiversaFité. 
j'entends  de  l'universalité  fiactiee  |i«r  oii 
nous  voudrions  la  soumettre  au  même  sci-|>- 
Ire  et  k  la  même  main.  L'espace  est  ad- 
mirable mus  ce  rapport.  Dieu  loi  a  fait  trois 
genres  de  barrières  contre  l'ardeur  de  nus 
envahissements  politiques  et  religieux.  Lo 

ftrttuiier,  c'est  la  distance.  A  mesure  qu» 
e  rayon  sVloigne  du  centre,  sa  dépen- 
dance flérhil;  on  obéit  i  cent  lieues;  k 
mille,  on  n'uhéit  guère;  à  trois  mille  or 
n'obéit  pluj,  loua  les  liens  se  relâchent  et 
se  brisunt  par  le  seul  elfel  du  chemin^ 
Si  quelque  unité  niomenlanée  subsiste  en- 
tre ta  métropole  et  la  colonie,  le  temps  n<y- 
lanle  pas  h  sonner  l'heure  de  l'affrancbis- 
sèment.  L'histoire  est  pleine  de  ces  avcr- 
tissements  que  la  distance  ne  cesse  de 
donner  ft   notre  orgueil. 

Mais  la  distance  n'est  pas  le  scui  rempart 
dont  la  nalure  ait  armé  l'espace  contre  nos 
entreprises  d'universalité.  Si  la  dislancc  est 
l'épéc  de  l'espace,  la  configurallon  en  est 
le  bouclier.  Et  quel  boucSicr,  fondu  et  ci- 
selé de  main  de  matlre.  Suivez  de  l'œil 
ces  chaînes  de  moiiiagnes  si  artislemeot 
disfioséfs  jtour  créer  des  frontières  inexpu- 
gnables ;  ces  sables  brûlants  que  le  droma~ 
daîre  el  le  chameau  franchissent  à  peine, 
et  que  les  vents  protègent  encore  contre  la 
marche  du  voyngeur  ou  du  conquérant  ;  ces 
sïeppes  arides  et  inhabités  où  le  despotisme 
n'a  plus  de  points  cardinaui  pour  se  retrou- 
ver; ces  marais  pestilentiels;  ces  Iles  per- 
dues au  sein  des  mers  et  gardées  par  des- 
récifs ;  ces  glaces  des  pfties,  ces  tempêtes  d» 
rOtïéan;  tous  ces  mille  obstacles  dislribués- 
avuc  tant  d'art,  et  que  soixante  siècles  d!el- 
furls  et  d'exploration  n'ont  pas  sunnoutés. 

Ce  n'était  point  assez.  Lo  climat  est  venu 
se  joindre  h  la  configuration  pour  faire  du 
globe  entier  un  défi  A  noire  inipuissauce. 
Le  soleil  a  choisi  une  roule  qui  nous  a\t- 
iwtte  sa  chalt^ur  avec  une  arjirtce  el  unn 
prodigalité  calculées  ;  quedpies  j^nurs  de 
msrclie,  quelques  dt^résde  l&titiule  fran- 

dicalion  en  est  la  preuve.  Nous  liions  dans  rK«an- 
gile  de  saint  Uarc  aa'iJf  pritÀèrtHl  ptriMU,  ^C  xii, 
W.)  Sailli  Paal  du  aux  RiHiia:ns  qac  lui  el   sot 


(c.  i,  5);  aui  Colossîcni,  que  ta  paivle 
tiritabte  dt  CEtangilt  M  parrtnHt  tu»i-te»Uiiiaii  à 
«M,  mai(  ittait  toai  le  monde  ;  qu'etU  g  {rtctipt  cl  y 
cmli  chaque  jour;  et  qiie  l'Évangile  (|ii'its  ont  en- 
tendu a  été  pn^dié  à  louie  créature  <]u»esl-soas  lu 
cid.  (C.  I.  5.  6,  ■a.) 

ir  La  véritable  Eglise  est  celle  que  les  apitre» 
nul  fondée  d'après  le  précepte  de  lèar  Uallre.  l«s 
prMestanis  ne  conlesleroul  pas  uoa  pin»  celle  vè- 

G*  Donc  la  vraie  Eglise  est  celle  que  Ton  voit  aiii- 
veraellemeiil  éleiiiiue.  Je  ne  conçois  pa»  cnuimeni, 
forcés  de  convenir  de  luutes  lëi  ainres  propwiliun^. 
nos  adversaires  poorroiii  nier  n-lle-lâ. 

Ainsi  nous  «ojuns  la  calboJicilé,  c'esi'à-dtre  U' 
diffusion  univeraelJe  iW.  l'IûgliiMi,  prédite  pat  les  pro- 
pbeûes,  prescrite  par  Je^uii-Ohnsl,  cSécluée  pal 
les  a|>dire3.  Uue  fiiui-il  de  plus  pour  y  croifeT... 


OlCTlONNAiRE  APOLOGETIQUE. 


CAT 


m 


chis,  et  cet  liommc  puissant,  Cynis,  Cam- 
Iiysfl,  qui  vous  voudrez»  lu  vuHh  i]ui  ris 
|iedt  ptus  porter  son  cnsqiie,  et  qui  dé- 
sarme sa  poitrinel  Eiicnre  un  jour,  encora 
un  pas  su-devacil  du  soleil ,  el  celle  amiiie 
lloriEsaiite,  qui  se  |iromeilail  l'empire  du 
monde,  la  votlâ  qui  se  |>éine  sou:i  la  pre<> 
sion  uiiiverselle  de  l'j(niosFjli<jre;  le  cava- 
lier descend  h  l'ombio  de  son  cheval,  la 
faalassin  so  couche  par  Loire  ;  ils  sunt  cooi* 
me  un  enfant  qui  s'est  promené  une  beun 
de  trop.  É;t  qui  se  pend  à  la  robe  dosa  nour- 
rice  1  Nous  louchons  aui  rivages  fortunés 
do  l'Italie;  il  semble  que  son  soleil  et  le 
nfllre  sont  deui  frères  nés  à  une  seule  an- 
niîe  d'iiilervalk';  mais  qui  n'a  vu  la  douleur 
de  quelque  euf'aiil  de  l'Itiitie,  Irnusporlé  par 
l'eiil  sous  CCS  nuages  de  Franco  qui  nous 
|)|i*ise^it  tanlT  En  vain  le  pauvre  proscrit 
»e  réchu 11 ffe-t-i I  aiii  rayons  de  notre  li- 
berté ;  ïA  tôle  io  penche,  par  le  poids  du 
souvenir  el  du  regret,  comme  une  Heur 
qui  II  (-lé  transportée  d'une  terre  loinlaina 
«ur  uil  sol  qu'elle  ignorait,  et  qui  s'y  con- 
sume sans  joie  el  sans  parfum,  puce  qu'elle 
est  privée  du  soleil ,  des  ombres  el  des  vents 
de  sa  patrie. 

Ainsi  résiste  l'espace  è  noi  songes  d'uni- 
vei'saliié,  ettouslesconquérsiils,  l'uo  après 
l'auM'è,  Kont  venus  s'y  briser.  QuuO'l  ce 
j<;uno  Macédonien,  après  Granique,  Issus 
el  Arbclles,  eut  touché  les  bords  de  l'in- 
dus,  et  que  son  cœur  impaLient  le  portait 
t'ncore  plus  loin,  jusqu'à  ce  qu'il  eût  gravé 
son  nom  à  la  limite  même  de  l'univers, 
son  anuée  l'arrêta.  £n  vain  se  cacha-t-iï 
sous  sa  lente ,  armé  de  la  bouderie  de  toute 
sa  gloire,  il  fallut  céder,  etqu'ii  s'en  alUt 
mourir  i  Babylone  dans  un  festin  ,  ne  sa- 
chant plus  que  faire  de  sa  puissance  et  de 
son  ambition.  Les  Romains,  cette  race  si 
palienlo  b  préparer  ses  conq^uêtes,  si  âpre 
à  les  élendre,  et  qui  savait  si  bien  foudre 
lu  solidité  dans  l'étendue,  les  Romains  con- 
nurent le  même  écueit.  Parvenus  au  Rhin 
et  à  l'EuphraLe  ,  iU  eurent  là  une  barrière 
que  les  conseils  de  leur  sénat  et  les  agi- 
intions  de  leur  forum  ne  purent  soulever. 
Au  delà  du  Kliiu  ,  Vui  us  laissait  les  osse- 
ments de  ses  légions,  vl  par  delà  l'Euphiste, 
Ciassus  payait  de  sa  vie  et  de  âa  renommée 
1.1  témérité  qu'il  avait  eue  de  le  franchir. 
Les  exemples  ne  tariraient  pas,  et  notre 
>iëcle  même  en  a  vu  lefantasiique  retour. 
Longtemps  le  dernier  dvs  capitaines  avait 
iivé  le  sort  à  sa  volonté;  les  Alpes  et  les 
J'yréndes  avaient  tremblé  sous  lui  ;  l'Europe 
l'U  silence  écouloit  le  bruit  do  sa  pensée, 
lorsque,  las  de  ce  domaine  où  la  gloire 
uvait  épuisé  toutes  sc^s  ressources  pour  lui 
<:ou)|ilHire,  il  se  précipita  jusqu'aux  confins 
de  I  Asie.  Là  sou  regard  se  troubla  it  ses 
iiigtes  tournèrent  la  tête  pour  la  première 
lois.  Qu'avuit-il  donc  rencontré?  Etait-ce 
lin  général  plus  habile  que  lui  T  Non.  Une 
armée  qu'il  n'eût  pas  encore  vaincue?  Non. 
Ou  bien  était-ce  I  âj^e  qui  refroidissait  déjà 
Mj»  génie?  Non,  Qu'avait-il  donc  reocontréT 
11  avait  reuccntré  le  proieclvur  des  faibles, 


l'asile  des  peuples  opi^rimés,  lu  gruml  ili- 
feust.'ur  de  la  liberté  humaiue;  il  «lù 
rencontré  l'espace,  et  toute  sa  puisstiHHt 
avait  failli   sous  ses   pieds. 

Car  si  Dieu  a  créé  de  telles  bmièm 
au  sein  de  la  nature,  c'est  qu'il  a  eupiliî 
de  nous.  Il  savait  tout  ce  que  l'unili^  violent* 
renferme  do  despotisme  et  de  niallieur  pour 
la  race  iiumaine ,  et  il  nous  a  prépare  doni 
les  montagnes  et  dans  les  désarls  des  relri). 
tes  inabordables;  il  a  creusé  ii  roche  do 
saint  Antoine  et  de  saint  Paul,  [iremiiT 
ermile:  il  a  tressé  a veo  la  paille  dei  niiJ) 
où  l'aijjle  nu  viendra  pas  ravir  les  (Ktiu 
delà  culombe.  0  montagnes  inaccessibles, 
neiges  éternelles,  sables  brûlauls,  marais 
empestés,  climats  destructeurs,  nous  ynus 
rendons  grâce  pour  le  passé,  et  nousesp^ 
rons  en  vous  pour  l'avenir.  Oui,  voiu  nou 
conserverez  de  libres  oasis,  des  ttiébûJes 
solitaires,  des  sentiers  perdus  ;  vous  ne  uv 
serez  de  nous  protéger  contre  les  fiTliie 
ce  monde;  vous  ne  permetlrea  pas  i  li 
chimie  de  prévaloir  contre  ta  nature,  tlia 
faire  du  tilobe,  si  bien  pétri  par  lamiindi 
Dieu,  une  espèce  d'humble  et  étroit  csiiiol 
où  l'un  ne  respirera  plus  librement  «lueli 
vapeur,  et  où  le  fer  et  le  fou  seront  i» 
premiers  oûiciers  d'une  impitoyable  luUh 
cralie. 

Uais  peut-être  ce  que  les  conqaénnli 
n'ont  pas  pu,  les  doctrines  l'uuront  (iltT 
Pas  davantage,  et  il  suflira  d'un  mot  |«ur 
vous  le  montrer.  Parmi  les  doctrines,  ce!i» 
dont  le  mouvement  eipansif  a  été  le  |>tuj 
remarquable  et  qui  a  le  moins  mal  imiléles 
procédés  du  cbnslianisme,  c'est  inconiei- 
lablemeut  le  bouddhisme  indien,  car  leuia- 
bométitmij  ne  saurait  lui  être  mis  enpt»i- 
lèle,  pui.«qu'il  n'a  jamais  été  qu'une  conquèie 
violente,  et  qu'il  rentre  ainsi  dans  les  li;- 
servations  que  nous  présentions  l(»l  > 
l'heure  sur  les  conquérants.  Le  bouUilliifii' 
indien  a  eu,  au  contraire,  une  prupagilioD 

facilique  et  étendue,  qui  attire  à  bondroil 
atlenlion,  quand  il  s'agit  de  l'exiistisioi 
comparée  des  doctrines.  Toutefois,  son  f^ 
ces  est  facile,  et  son  nom  même  d'iniliei 
décide  la  question.  Pourquoi  le  bouililbiv 
uie  a-t-il  limité  son  prosélytisme  ft  k^ 
progrès  aux  deux  presqu'îles  de  l'Inde,  il 
Thibet,  à  la  Tarlarie,  è  laCliine  et  au  Japon 
Ces  régions,  il  est  vrai,  sont  considérablet 
mais  quelle  faiblesse  dans  une  doctrine i]<i 
va  si  loin  dans  les  contrées  contiguês* 
analogues ,  et  qui ,  une  fois  ce  dévelupp' 
ment  acquis  s  y  enterre  toute  vive -un 
faire  un  pasdeplusni  par  terra  ni  par  mer 
Nousavunsen  France  la  liberté  des  cultrf 
pourtiuoi  le  grand  lama  du  Thibet  ne  naii 
envoiu-t-ii  pas  des  inissiontiairesl  Qufl 
t-il  i  iraindre?  De[iuis  six  ans  qu'il  a  V 
DOS  religieux  el  qu'il  [larodie  notre  culH 
qui  rtmpêcbo  de  s'en  monlrer  recom'ii'i 
sanl  el  ae  nous  initier  aux  idées  de  I1<'U< 
dlia?  Reinarmjez  que  je  ne  parle  que  ili 
idées,  lorsqu  il  s'agit  aussi  d'action  liiéra 
chicfue  ,  It^gislaljve,  judiciaire  el  admii"' 
tralive.  Maii  ce  serait  trop  deu'tnder  i 


UCTMKNAUUb  APOLOGBTIQIIÇ 


CAT 


sa 


\-rt}'Silhjsth9  que  de  reclierehBr  qnî  obéit 
tur  la  terr«  au  graoi]  lama,  et  de  quelle  so- 
'liii  oi^antiiiie  il  est  vérilsbleoifiit  le  cen- 
tre et  ruiiiie?  BornoDii-nuus  aux  idées,  et 
I^  <-el  effurt  si  Tain  du  liouldhisme.  si 
Hroil,  et  qui  est  ))niirlaiil  la  jilua  vaste  len- 
lilite:  d  uiiitersaUlé  doctrinale  ea  dehors 
Ju  rbrisliaiiisme,  jugez  titi  loirncle  de  la- 
r^lliulicité.  Ju£3Z-eQ  par  respai;e  si  res- 
ti tint  où  se  iceijTent  (oulea  les  aulres  su- 
n<^tés  organiques  qui  peuplent  l'univers. 
tJ'iVst-ce  qufi  le  jilus  grand  emiire  du 
iiiiHi'le  sur  une  carte  de  géogrophieT  Qu'é- 
UtV-v-e  que  cette  fameuse  utonarcliiu  des 
V&i«gtes  et  des  Jades  sur  laiiue.le  le  soleil 
K-MiCoucbait  pas r  Quelques df^grés  de  Ion- 
iWoAv  et  de  laLilude  ont  raisun  de  tuut  le 
jouroïr  humain  ,  et  c'est  une  masiiiie  que 
léivndue  dévore  l'unité. 

La  société  ralholiqut;  a  seule  échappé  à 
rite  lui  dfs  choses  Unies.  A  peine  arrosée 
tlu  !aiig  tombé  de  la  croix  ,  i  peine  animée 
du  soulDe  de  la  PeiiteCMu,  elle  a  fiainli 
rpjipbrale  et  le  Rhin,  elle  a  Ttsilé  U  Scy- 
tliîe  ,  rinde  ,  l'ËlhiOi'ie  ,  et  pendant  que 
l'Empire  se  pa>lageail  entre  des  mains  ou 
cnlait  de  sa  terre  aux  barharcs  duut  it  élail 
assiégé,  elle  répaiiflail ,  sur  la  surfiice  mul- 
tiple du  sul  romain,  son  unité  ductrinale, 
Iriérarcbique,  législative,  juiliciaire  et  ad- 
uiDistrative,  res->erranl  et  rurlifiant  son  ot- 
ginlsiuesodalb  mesure  que  l'ancien  monde 
lujrait  périr  le  sien.  L'AiiijIelerre,  l'Hiber- 
D.e,  la  Gt^^rmaiiie.  toutes  tes  plnges  du  sep- 
teulriuo  lui  ouvrirent  ,  chacune  en  son 
•riuus,  leur  territoire  plus  neuf.  Elle  passa 
\-  Cap  de  Bunne-Bspérance  avec  Vasco  de 
bama;  elle  descendit  en  Amérique  avec 
t'.twùtwphe  Colunib;  elle  suivit,  la  crois  î 
Isauiii,  tuas  li>s  aventuriers  du  xv*  et  du 
■n*  siècle,  élevant  à  côté  de  leurs  noms 
1^  noms  de  Las-Casas ,  de  saint  Louis 
Bertrand,  de  saint  Frnnçois-Xavier;  fon- 
•laiil  tfes  chrétientés  h  l'abri  des  comp- 
l-jfs,  |iour>utvant  el  charmant  les  sauvages 
jUM|ue  dans  leurs  plus  secrètes  furets  T 
Vu  u'est-elle  jias  aujourd'hui?  Où  n*est-elle 
I  as  avec  son  unité  tout  entière?  Voici 
i|'j  elle  s'épargiille  sans  se  diviser  dans  toute 
■•■s  baies  de  I  Uréanie.  Du  haut  de  sa  chatro 
urie  el  immuable,  le  Père  de  cent  cinquante 
Biilllons  d'hommes  dispersés  par  toule  la 
t'fre  élève  la  voix  qui  enseigne ,  il  est  cru  ; 
i)  Dvnime  des  évéques,  on  les  reçoit  ;  il 
promulgue  une  lui»  on  la  vénère;  i!  pro- 
I  uuce  un  jugement,  on  s'y  soumet  ;  il  rè^le 
il«s  cérémonies  ,  on  les  pratique.  La  Ois- 
lance,  la  configuration,  le  climat,  rien  n'al- 
tire  la  majesté  qui  commande  et  l'ubéis- 
uocnquf  accemplit,  on  si  quelque  différence 
!e  remarque  entre  le  respect  qui  est  pro<:ha 
1  Cfluî  qui  est  lointain,  elle  est  toute  en  fa- 
>-ardu  pouvoir.  Il  mesure  qu'il  est  plus 
UÂAamié. 

Quel  miracle  l  L'Angleterre  touche  k  toot 
far  sajiulitique  et  scS  vaisseaux;  mais  di- 

fXilt   /«T.  IL.  4. 

CjH)  tu.  uit,  10. 


tes-lui  d'élab!irqueli)ue  part  sa  biérarcbie,- 
sa  législation ,  s»  magistrature  et  son  admi- 
nistration, sans  s'assujettir,  par  Uforee,le 
point  du  globi)  i/ti  elle  les  portera,  l'Angle- 
terre croira  que  vous  vous  m»quez.  C  est 
pourtant  ce  que  la  Home  catholique  fait  (ou» 
les  jours  sans  que  personne  j  prenne  garde, 
tant  sa  souveraineté  organique  et  univer- 
selle est  devenue  uo  élément  naturel  de 
l'humanilé.  On  a  vu  cette  même  Angleterre, 
dont  je  parlais,  se  sé|)arcr  de  Rome,  la  pros- 
crire, JuvenLer  contre  elle  des  supplices 
atroces,  el,  malgré  cet  appareil  ,  pondant 
trois  cents  ans  consécutifs,  Rome  a  conservé 
au  sein  do  cette  He  superbe  une  cbrétieatâ 
qui  recevait  ses  envoyés,  ses  lois,  ses  juge- 
meuts,  qui  priai:  avec  elle,  qiiipensait  avee 
c]l<','|uisoiiirrai(<;tseréjouissailavecellerqiii 
mourait  heureuse  pour  elle.  Encoreunefui» 
q\\v\  miracle  1  et  comment  l'cxpliquerl 

Ahlje  rais  vous  le  dire;  c'est  que  la  na- 
ture sç  révolte  contre  l'orgueil  el  la  domi* 
Dation;  mais  rontre  la  vérité,  contre  la 
bien,  conlre  Dieu,  il  n'jF  a  pas  de  monta' 
^nes,  pas  de  déserts,  gias  de  glaces,  ui  Aa 
ioleil  aRlenI,  ni  de  mers  orageuses,  ni  de 
barrières  armées.  Et  c'est  pourquoi  le  pno- 

Shète,  annonçant  de  loin  celle  puissance 
'universalité  qui  est  daus  l'Kglise,  et  s'/ 
complaisaut  d'amour,  ne  se  lassait  pas  dd 
porter  à  la  nature  un  triomphal  déG  ,  ainsi 
que  nous  enlendonslsaïe  crier  de  toute  sa 
force  :  Mantagntt,  tnontagntt  et  coUinn, 
vou»  lerez  abaiëiéa  ;  cAcmini  tortueux,  tovm 
serez  redreuét  ;  genlitrt  etcarpit  et  àprtMf 
voua  itrex  doux  comme  la  p/aitie(33IJ.  Et 
ailleurs  el  mille  fois  :  Pattex,  pasteipar  le» 
porlei,  préparts  la  voie  au  peuple,  aplani» - 
$ez  la  roule,  choitûses  le»  pierres,  élevez  h» 
ligne  pour<iut  tout  le  monde  le  découvre  (33S;), 
Kt  pourquoi,  ô  proubèle?  Pourquoi  las  por- 
tes doivHut-e'FJes  s'ouvrir,  les  barrières  (oni> 
ber,  la  nature  iienlre toutes  ses  jalouses  pré^ 
cautiunsTAhl  réiiond  le  pruphèln  :  C'est 
gue  le  Roi  vient,  il  vient  aoecjiutice  et  dau- 
eeur ,  il  est  pauvre ,  il  ut  monté  sur  un» 
Anuse  el  sur  le  fils  de  COnesse  (333).  Voilà 
ce  qui  ouvre  tout  et  ce  qui  change  tnul. 
Outres  les  parles ,  laissez  passer  la  Motion 
juste,  la  nation  qui  garde  ta  vérité  (33i).  La 
Science  n'avnit  pas  passé  ;  la  puissancu 
n'avait  pas  pnsïé  ;  Ninive  ,  Bobylone  * 
Alexandre,  les  Ruiuaiiis  u'avaiciit  pas  passé; 
mais  le  Fils  de  l'humniu,  nioolé  sur  le  fils. 
de  l'ânesse,  il  passera,  il  a  passé,  et  passé 
pour  no  sortir  jamais, 
t  Me  demaiiderei-vuus encore pourquoi?ct 
vous  le  dirai-ie  sous  une  autre  forme  T 
C'est  que  la  véiité  donne  du  courage  pour 
gravir  les  montagnes,  pour  habiter  les  dé- 
serts el  s'accouiucffer  au  soleil.  Un  mission- 
naire part,  sachant  bien  qu'il  ne  vivra  que 
dis  ans  :  que  lui  irnporleT  La  vérité  qu'il 
annonce  est  éternelle,  l'éteruité  lui  rendra 
les  jours  qu'il  aura  perdus.  Nul  no  vous 
rendra  les  vôtres,  ft  iiummes  qui  ne  (râvail- 

(5">)  Mailh.  %ii,'^;  Za(b.  »,  9. 
tfiÔi)ha.  ixyi,i. 


WCTIOrtNAlIUS  APOLOCETIQUE. 


letqae  pour  vous,  nal  ne  sera  rotre  récom- 
pense aue  TOus-iDémes.  Mais  Dieu  se  sou- 
▼ieot  d  un  verre  d'eau  donné  en  son  nom; 
rapdlre  le  sa4l,  il  quitte  sa  pairie,  sa  fa- 
mille, il  se  quitte  lui-mftme  pour  porter 
jusqu'aux  extrémités  du  monue  le  verre 
tt'eau  de  la  ivérité  ;  et  c'est  ce  verre  d'eau, 
protégé  par  Dieu  qui  l'envoie,  et  par  la  cha- 
rité qui  le  porte,  c'est  ce  verre  d'eau  qui 
triomphe  de  l'espace  oCl  tous  les  conqué- 
rants ont  péri.  Suivons  ses  destinées,  et 
après  l'avoir  vu  aux  prises  avec  la  nature, 
TojroDs-le  aux  prises  avec  la  chair  et  lu 

De  m£(ne  que  l'espace,  l'humaDiléa  en 
elle  des  ressources  infinius  contre  l'eipaii- 
Sion  de  l'uni versali lé.  La  première  esl  sa 
division  par  race.  Car ,  biuii  qua  te  ^enra 
humain  sorte  d'un  tronc  uniijut}  et  primor- 
dial; et  que  le  même  sang  coule  uans  ses 
veines,  cependant  il  a  une  fuciliié  uxtréiue 
«t  presque  ineiplicalile.  fa  tirer  de  celte 
unité  primitive  des  généralions  distinctes 

|)ar  Iflup  physionomie,  lums  aptitudes, 
eurs  goûls  ,  leurs  mœurs  et  leur  histoire. 
Si  ces  carai'tères  dislinclifs  étaient  varia- 
bles et  intransmissibles,  il  n'y  aurait  pas 
de  races  ;  la  race  suppose  k  la  fois  une  va- 
riation dans  l'espèce  et  la  perpétuité  Je  celle 
variation  ;  c'e^t-fa-dire  le  concours  <i'une 
force  mobile  pour  produire  la  diversité,  et 
d'une  force  immuable  pour  lu  uieinlenîr. 
Quelque  didlcile  qu'il  soit,  de  comprendre 
ce  phénomène  ,  jusquo-là  que  ile^  savants 
ont  mieux  aimé  douter  de  l'origine  com- 
mune du  genre  humain,  toutefois,  il  nous 
touche  de  si  près  et  par  tont  de  câtés ,  que 
nous  le  coustutons  fa  tout  moment  dans  les 
Amilles,  les  provinces  et  tes  nations.  Qui- 
conque s  voyagé  reconnaît  su  premier  coup 
d'ϔi  uit  Anglais,  un  Espugnol,  ua  Italien, 
■n  Allemand,  peuples  pourtant  si  vuis.qs 
les  uns  des  autres,  et  liés  Rusemble  depuis 
plus  de  mille  ans  par  la  religion,  la  paix,  la 
guerre,  le  commerce,  les  lettres,  les  orts,  et 
presque  par  un  même  ciel,  tant  les  dilTé- 
rencos  de  climat  y  ont  de  modération.  En 
France  ménic,  sous  l'empire  d'une  unité 
sociale  qui  a  eu  sans  doute  sa  gradation, 
mais  qui  a  toujours  existé  |)Ins  ou  muins, 
le  type  des  piQvinces  de  la  monarchie  est 
encore  saisissahie  fa  l'ceil  de  l'observateur, 
Il  ne  confondra  jamais  le  Fraof^is  du  nord 
«vec  le  Prançnis  (lu  midi,  le  Breton  avec 
l'Aquitain,  le  Uourguignon  avec  l'Auver- 
gnat. Si  telle  est  la  puit^saiice  de  la  race  daus 
qes  contrées  limitrophes,  malgré  tant  de 
causes  qui  devraient  l'anéantir  ,  que  sera- 
l-«lle  lorsqu'il  s'agira  du  Grec  et  du  I  Sin- 
dou,  du  Caraïbe  et  du  Clûnois  !  Trois  gran- 
des races  primitives,  celles  du  Sem  ,  de 
Cbam  ut  de  Japhet,  ont  rompu  le  geuie  bu- 
main  en  trois  branches  marquées  d'un  éner- 
gique caraclëre  de  diversité;  et ,  dans  ces 
brioches  mêmes,  la  diversité  s'est  multi-' 
pliée  presque  fa  l'iuGni ,  avec  une  mobilité 
et  une  persévérance  égales  l'une  fa  l'autre, 
t-t  qui  fout  du  monde  moral  cequolaUls- 
taiic?,  la  cuuQguratioa  et  te  cliuat  uni  lait 


du  monde  physique,  un  tbéitre  rebellfj 
toule  tentative  d'universalité.  11  le  Tillnii 
encore,  afin  que  les  races,  se  conlreliêliii. 

Snnt  DOS  destinées,  ne  fussent  pas  fa  la  tntrâ 
u  premier  peuple  qui  aurait  été  le  jiluj 
fort. 

Cet  obstacle  n'était  pas  préparé  contre  la 
'puissance  de  la  vérité  et  de  la  ctiarili,^; 
aussi  la  société  catholique  a  passé  piHtv 
sris  avec  un  très-facile  élan.  Do  la  raceiie 
Sem,  où  elle  avait  toutes  ses  racines  dniili. 
quilé  par  le  peuple  Juif,  elle  s'est  vléB  sur 
la  race  de  Japhel ,  qui  remplissnit  rKuro{>e, 
sans  négliger  l'Afrique  .  In  vieille  patrie  il« 
Chain.  Associée  aux  grands  rameaux,  sod 
mélange  avec  les  rejetons  inTéiieurs  u'i 
plus  été  qu'un  jeu;  les  barbares,  l'unsprèi 
rsulre,  1  ont  reconnue  jtour  leur  mère;  v\ 
quand  les  deux  Indes  s'uuvrirent  fa  l'OiiEiil 
et  à  rOccideiii  devant  nus  heureux  iia<ri^ 
teurs,  tes  ciot  races  de  ces  nouveaux  en» 
lînenis  ne  regardèrent  pas  fa  la  jieau  li 
l'Ëglisa  :  elle  était  colorée  |iar  le  san^ilt 
Jésus-Christ,  qui  est  le  sfing 'universel. 

Cette  assimilation  de  la  société  cathoiiqng 
fa  toutes  les  races  humaines  est  d'autant  |hiu 
remarquable,  qu'elles  ne  sont  pas  iouleso'i 
méms  étal  de  culture  sociale,  et  que,  oulre 
la  dislinclion  de  leur  caractère  nalif,  ïil<ï 
apparlicnnenl  encore  fa  des  âges  diSérenis, 
qui  tiont  la  barbarie,  la  civilisation,  la  ili< 
cadence  et  l'étal  sauvage. 

La  barbarie  est  l'enfance  des  races.  EHa 
se  reconnaît  fa  la  prépondérance  du  a>t\<i 
sur  l'esprit.  Le  barbare  vit  du  sang  et  w 
de'  la  pensée.  Quand  au  contraire  l'csp'ii 
commence  à  prévaloir  sur  le  corps,  c'eii  it 
règne  du  la  civilisation  qui  s'aiinoi:ce,  rËjjiie 
illustre,  consacré  par  le  développeuient  iici 
kures  ,  des  sciences  et  des  arts ,  |iar  m 
activité  grave  et  simple  qui  lemplil  li"» 
eu  l'élevant.  A  l'époque  de  décadence,  ^ 
corps  reprend  le  dessus,  non  plus  le  curi'i 
grossier  du  barbare,  mais  le  ccips  poli,  |>l^ 
fumé,  usé,  pélri  d'iuielligùnce,  et  louliiluii 
revenu  aux  instincts  les  plus  vils,  insllDiii 
quu  l'igiiorauce  n'excuse  plus,  que  la  vi- 
gueur n'i-xplique  pas,  et  qui  fout  de  11"'^ 
ainsi  tombée  le  repaire  ignoble  d'un égoisiiii 
délical  et  subtil.  L'état  sauvage,  te  deruirj 
de  tous,  esl  le  retourfa  la  barbarie,  wi^* 
une  barbarie  ruinée,  qui  n'est  plus  ntivu 
capable  de  soutenir  les  rudiments  il'utu 
société.  I 

il  u'est  pas  malaisé  de  saisir  quels  m 
tacles  l'expansion  de  l'universalité  renconin 
dans  ces  Ages  si  divers  des  généralions,  i' 
de  quelle  souplesse  d'orgaues  r£glise  tloil 
être  douée  pour  se  les  assimiler,  sans  m<i 

Sierdre  elle-inéuie  de  la  plénitude  de  son 
ge  et  de  l'éternité  de  sa  civilisation.  Voul 
savez  si  elle  a  réussi.  S'agil-il  de  la  Lisrbanej 
elle  convertitces  nuéas  d'hommes  qui  oa 
dévoré  l'empire  romain.  S'agtt-il  de  1»  f 
ïilisotion  î  elle  s'est  formée  au  siècle  u  Au- 
guste, vile  «  formé  elle-même  le  siècle  a< 
Léou  X  et  celui  de  Louis  XIV.  S'agii-'l  « 
la  décadence  ï  le  Bas-Empire  esl  li  |«ur  J 
diie  son  action,  b'egil-il  euliu  du  l'élal  mH" 


CAT 


oiCTOHeunK  apologbtique 


CAT 


V.9 


Tigerdl*  a  erM  !•  Piragnaj,  et  det  rires 
Éc  U  PUla  «iii  l«e«  et  «Il  moDligoes  do 
Caudi.  elle  r't*t  bJI  eimer  (uir  las  tribus 
cffwtes  il«s  deux  Amériques .  d'un  smour 
BûTel  saiiit,  qui  louche  plus  le  nsar  que 
ks  scèues  mimes  des  caUCombes  et  des 
■artjn.  Bis  a  donc  loot  soumis,  elle  s'est 
iMt  «sioiilé  dans  l'écbelle  des  races  et  des 
ftns  saâaui  ;  les  peuples  eiiEstits,  les  peu- 
fle*  tirila ,  les  peuples  vieillsnls ,  les  peu- 
pht  relearoés  k  l'enfance.  Hais  ce  n'edt 
peÎBlcaeore  \i  le  suecbs  le  plus  décisif  de 
MM  BbiTersalitéi  en  ayant  eu  affaire  aux 
tacet,  die  a  eu  affaire  ï  quelque  chose  de 
pl«s  knîble  que  des  différences  d'orif^oe, 
dccahatccl  de  mœDrs,  elle  a  rencontré 
relistade  éi  la  nationalité. 

One  aMioo  est  une  race  condensée  dans 
HlemioirvftdansuDeorganisslioa.  L'or- 
guisalion  D'est  antre  chose  que  l'utiilé 
réwItBBl  d'an  pouvoir  liiérarrbiqne ,  légis- 
IêUI,  pMlieiaire  et  administratif.  Ce  pouvoir, 
ce  aonl  les  enirsillf s  mimes  de  \a  nation , 
toate  la  vie,  toute  son  histoire,  tout  son 
«rsocil ,  fKiîsqa'elle  n'est  un  corps  que 
par  lui ,  qu'elle  b's^I  que  par  lui,  qu'elle 
•e  subsiste  que  par  loi.  Ce  seul  mot  tous 
lévilc  l'abîme  où  nous  voici  tomt>és.  Une 
nalion  est  unn  unité  réelle  et  organique, 
ajraot  la  totalité  desattribuLs  du  pouTOir, 
M  par  cODSéqueot,  lorsque  la  société  catho- 
biae,  ayant  aussi  la  totalité  des  allribula 
in  pcHiToîr,  se  présente  è  une  nation,  «Ile 
ae  toi  drmaude  ni  plus  ni  moins  que  d'ad- 
Bdlre  cbei  elle,  k  ses  foyers,  sur  ses  places, 
diB»scs  conseils,  une  autre  iiiérsrchie  que 
sa  bî^tarcbie  nationale  ■  une  autre  législa- 
Utwe  que  sa  létpslature  nationale ,  une 
aoift  Bagistnture  que  sa  magistrature  na- 
ii(«ile,  uoe  autre  administration  que  son 
adtainiâtniîon  nalioriale,  une  autre  unité 
qa»  soo  niiîlé  nationale,  une.autre  rie  que 
■1  vie*  BBO  autre  soorerainaté  que  sa  sou- 
Kniaeté.Jevoasidjure,celaesl-il  possible? 
U  poêle  l'a  dit  : 

te  ne  paitage  pas  la  grandCBr  saorersiae. 
El  Tmi  demande  h  une  nalinn  de  partager 
m  poorpre;  l'on  vent  que,  comme  saint 
Martia  coupa  son  manteau  en  deux  pour  en 
«Mivrir  un  |iauvre,  une  nalion  cou]>e  en 
iem%  atm  vêtement  riour  le  donner  ncio  nia 
k  on  paavre,  mais  a  nn  plus  riche  qu'elle- 
mhacf  k  une  société  qui  se  prétend  univer- 
■lle.  d  qui.  par  le  fait,  n'a  aucune  limile 
laîgiMble  dans  IVs|ince  et  dans  le  teiii|isl 
le  TOUS  le  ré|iète,  bomainemeut  cela  est-il 


U  bvl  bien  que  la  difiteullé  soit  grande , 

?ii9qoe  encore  aujourd'hui,  tous  te  savez, 

•■tcré  l'ascendant  d'une  chose  accomplie , 

fiioM|ae  la  France  soit  une  nation  catho- 

^^a«  ef  que  les  idées  de  liberté  de  ciins~ 

'Voce  J  soiect  fort  goàtées  ,  cepenflant  un 

_5%»  obsuelcak  la  récouciliaiion  religieuse 

'■^t  es(uï(s,  dans  notre  |ialFÎe,  c'est  le  pré- 

^^■sé  qui  nous  reproche  d'appartenir  k  un 

"^•^«.-««raio  élranger.  Je  ne  le  iustilie  )»as, 

'-^^viU  csûle;  il  est  iwrdotioable  pcut-èlra 


k  qui  n'est  pas  éclaint  de  la  luoilire  divine, 
et  qui,  laissant  de  cAlé  l'histoire,  juge  des 
choses  les  plus  profondes  par  cerlaines  ap- 

Krences  ou  conclusions  du  sens  commun. 
I  l'oublions  pas  dsns  nos  discussions:  s^^- 
chons  compatir  k  ceux  qui  n'ont  pus  la  inénw 
foi  que  nous,  et  auinuels  nous  demamloiu 
le  respect  d'un  miracle  aussi  étonnant  que 
le  miracle  de  la  calbolicilé  ;  car  ce  miracle, 
enfin,  malgré  son  incompatibilité  apiurenle 
avec  les  droits  sacrée  des  nations ,  s'est 
accompli.  Il  est  admis  en  Europe  et  ebrz 
tous  les  peuples  civilisés  de  l'ancien  et  du 
Doaveau  cuatineni,  qu'il  existe  deux  puis- 
sances distinctes  par  leur  nature  et  leor 
objet  tontes  Iss  deux  venant  de  Dieu,  lontes 
les  deux  souveraiues  chacune  dans  leur 
sphire,  pouvant  se  séparer  ou  s'unir  selon 
des  rondiiions  équitables  réciproquement 
acceptées.  Ce  dogme,  k  la  fois  humain  vt 
dirin,  est  ri-gardé comme  l'un  des  palladiums 
de  la  liberté  el  de  la  civilisation,  et,  malgré 
l'inOuence  des  pr^ugés  nationaux,  nulle 
intelligence  ne  comprendrait  plus  une  reli- 
gion (Hiisanl  Sa  vie  k  la  même  source  que 
les  droits  et  lesintéréts  temporels,  Kouveniée 
par  les  mêmes  lois  et  soutenue  par  Tes  mêmi'S 
mains.  Notre  siècle  s'est  ouvert  sous  ces 
grands  auspices  d'un  traité  entre  les  deux 
puissances,  entre  la  société  catholique  re- 
présentée par  un  vieillard  dont  le  predéees- 
■eor  était  mort  captif,  et  la  société  française 
représentée  par  on  jnune  consul,  mais  qoo 
la  victoire  avait  vieilli  avant  le  temps  et 
préparé  pour  un  de  ces  offices  solennels  qui 
fondent  ou  sauvent  les  nations.  A  sa  voii , 
malgré  le  sourire  encore  vivant  du  xtiii*  siè- 
cle, les  enseignes  de  la  république  et  la 
croix  de  Jésus-Christ  se  baissèrent  pour  so 
reconnaître  et  se  tcucber,  el  l'Europe  élon- 
Déa,  voyant  le  vainqueur  des  Pyramides 
couvrir  cet  eiobrassemenl  de  la  magie  de 
son  renom ,  connut  que  Jésus-Christ  était 
encore  le  maître  du  monde. 

Je  devrais  m'arrétcr  Ik ,  car  que  dire  de 
plusT  Que  reste-t-il  dans  le  miracle  qui  ne 
soit  révélé  k  votre  admiration?  Peut-être, 
peut-être  I  De  la  race  et  de  la  nalionaliié 
naît  dans  le  cœur  de  l'homme  l'amour  de  la 
patrie,  sentiment  profond  el  exclusif,  qui 
se  nourrit  de  l'histoire  du  passé  el  des  sou- 
venirs (te  notre  vie  pcrsonnolle,  où  se  rap- 
porte tout  ce  que  nous  avons  vu,  fait  et  été, 
depuis  les  jours  bénis  de  noire  enfance  ius- 
quaux  agitations  de  nolre^inaturilé  et  a  la 
perspeclive  de  notre  tombeau.  Lk ,  tout  est 
saint  ;  lk,  rien  n'est  à  perdre  ;  aucune  trau^ 
section  ne  dort  toucher  le  seuil  d'un  endroit 
de  notre  Aiue  aussi  révéré.  Uais  notre  ius- 
cription  dans  uue  autre  société,  qui  est  uni- 
verselle ,  notre  adhésion  k  des  pensées  et  k 
des  lois  d'un  ordre  plus  grand,  notre  nan- 
ciationk  d'éternelles  destinées  ne  nétriroul- 
elles  (ws  Jusqu'à  sa  racine  l'amour  de  ta 
patrie?  Ici ,  vous  du  moins  qui  êtes  chré- 
tiens, vous  pourt>z  répondre  pour  moi.  Vous 
savez  avec  quel  art  Dieu  a  fondu  dans  votre 
cœur  le  sentiment  catholique  et  le  scoti- 
mcut  Mtriotiqiic;  par  quel  uiouvcnK-ut  tin- 


517  CH.  MCTIOUNAIIIE  APOUPGETKIOE.  CH.  » 

nia  et  iiuiianu  de  roM-»i«n.i.'! ,  Tiiii»  ne  Muleij  biAlcr  lus  liitcs,  dichfm  lB)o,^ 

tailei  Jii'ono  leule  chose  (le  1»  maison  de  nmii,  loer  lu»Unrie,  dfrtcnw  lirliii 

ïOlreénfinto,  de  l'église,  du  cimelière,  de»  lilUI  de   Isstienee.  J  allsis  Jusqu»  peniir 

bois,  des  ehsmps.ite  la  prière  el  de  l'emilii».  mo  loul  ca  qu  oo  «Pl^elle  peup«,i:«.i. 

chers  el  nieus  éléiiwds  de  TOlre  Tie,  .loM  dire  le  genre  liumem,  moiiisquelqnrita 

elle  n'es!  n»8  plus  cmbsrrassée  que  le  «sur  pfWlégifa,  est  &  il  pour  crooiiir  (teraelit 

ne  l'esl  de  Is  terre  oH  elle  puise  sa  sé»e  el  meni  dans  la  liessesse  el  dass  I  erreur,...» 

du  ciel  où  rlle  respire.  L'hisloire  du  monde  qu'il  fsut  le  donipler,  comme  Is  brûle,  fu 

réound  i  l'hisloire  do  voire  cœur.  Elle  a  dit  la  (eim  et  par  I»  peor.  pnisqu  il  ne  mi 

a»ez  haut  quel  toi  perloul.  dans  les  ba-  pas  «Ire  lieoreoi,  comme   es  «ose.,  jiit 

laillei  el  dans  les  conseils,  le  dévouement  l'inlelligence  el  le  lumière.  J  étais  pie»  di 

des  collioliqoes  am  jours  où  le  pairie  le  eespeiisées,  el.commeun  «ulre Macbiiiil, 

réclame.  Elle  a  dil  si  le  poltiolisme  s  dimi-  je  les  transformais  en  sjslème,  Inmomm 

niié  daos  le  monde  depuis  Jésus-Chrisl ,  et  eireonslsnoe  singulière  »ml  loul  1  eni) 

si  ,  comme  autrefois ,  parce  que  le  temple  les  modifier.  .  M.  Aimé  Msrlm  mcouUei. 

B'est  ageendi,  on  ne  combat  plus  pour  l'on-  suite  qu'en  allanl  chaque  dimaoche  i  li 

M  tt  te  towr,  ces  deux  choses  saories  que  messe,  il  renconlrail  un  pauvre  outs  •*■ 

les  anciens  ne  séparaienl  pas.  Le  doute  n'eel  néroble  sieillard.  secheniinanl  «ussi  ;j» 

pas  possible  i  eel  égard.  Chaque  nation  ce-  l'église.  La  piété  rapproche  les  deuith* 

tliolique  a  eu  ses  M,icliebées  ;  la  religion  a  liens  el   le  vieillarii,  inlcrrog»  sur  il  » 

liris  parti  dsns  leurs  intérêts  sans  cesser  répond  qu'il   avait  appris  A  lire,  dans  M 

d'ûlre  universelle,  elle  a  béni  sans  trahison  onliince,  obca  son  euré,  uii  ftie»  ùrartkmi. 

les  drajiesus    opposés  ,   elle   s    chanté  la  dont  il  avsil  eiMiore  reçu  celle  unie  lep». 

victoire  el  honoré  la  défailo  »  la  fois,  comme  qu'on  n'est  Isniais  seul  quand  ou  panl  ç 

llien  ,  du  haut  do  «on  lr«oe ,  malgré  la  di-  1er  à  Bleu.  Ce  fui  une  révélslion  peur  I.- 

versilé  des  peuples  el  des  événements,  erivain.  Il  vil  ce  qui  manque  è  nolrnsiltle, 

élend  sur  lous  l'iinparlialilé  passionnée  de  eut  pilié  des  bommos,  et  uiédila  soium» 

sooamour,  nul  ne  s'j-  Iromiie;  loul  le  mond»  lio»  drs  mérii  d«  fumlk  pour  nous  r>»tiiil 

sent  que  la  patrie  et  l'Rglise,  lé  sentiment  à  i  Evansile  (335). 
national  et  le  sentiuient  religieux,  loin  de        L'erreur  fondomenlale  de  H.  AiméHl^ 

s'esclure,  se  fortifient  l'un  par  l'autre,  s'ér  tin  nous  o  semblé  consister  on  ceque.prl- 

lèvent  l'un  psr  l'uulre,  et  que,  touchant  k  lenda'il  partir  de  le  nature  et  de  l'Euo- 

la  poitrine  ue  chacun  de  nous,  le  ciel  el  la  gjte,  il  ne  les  accepte  pas  tels  qu'ils  mu 

terre  y  rendront  ce  cri  célèbre:  lirait  un  triage  avstéuiatique  dsci  lesii 

»  leus  ,e.  creur,  ^r«.».  ,..,.  p.tri.  est  chère.  Y.Zl^'i'^-^ZfliftSié^t^StUTS 

Cowmenl  celle  fusion a-t-cllepa  s'opérer?  |a  nalure,  il  ne  s'nllache  qu'A  un  seul  eùlj 

l*sr  quel  mystère  le  temps  et  l'éternité  rso-  je  calé  (tour  ainsi  dire  divin  et  par  lequc 

itenL-ilK  eo  cein  Ih  même  &onT  Peu  nous  nous  sommes  à  l'imaiiH   el   h   U  rcssefH' 

importe  de  la  découvrir  ou  de  l'ignorer,  binnce  de  Dieu;  ït  oublie  celui  partir'' 

AcceptoQS  les   bienfaits  de  Dieu,  môme  tenante  la  terre,  nous  avons  besoin,  i"» 

iiuand  nous  ne  savons  pas  dans  quel  trésof  dompier  nos. passions  aiituiales.  du  m» 

il  les  f  puisés.  C'est  lui  qui  a  l'ait  'a  patrie,  et  du  frein  de  Is  [lénileiiee.  (Vog-  Fia- 

cVst  lui  qui  a  fait  l'Eglise ,  c'est  lui  qui  a  tvivce  t 

fait  aussi  l'amour  qu'il  nous  deœandB  pour        Entrons  dnns  l'cxameD  tlo   ses  errtuil 

"»"•  '^«"-  sur  ie  célibat. 

CÉLIBAT.—  Sous  te  tilre  attrayant  d'ff-  ji, 

ducalion  àtt  mères  de  fumillt,  M.  Aimé 
Martin  a  publié  un  livru  où  se  cache  une 
des  |Hus  violentes  attaques  contre  la  catlio- 
licisrae.  au  nom  de  In  naliire  vl  de  riivaii-        «Stircenoint,  laloidel'Evangileeîlcl^^ 

gile.  Mais  qu'est-ce  que  lEviingile,  qu  est-  ^,(,^^0    irrévocable,    comme   la  bi  il'-- 

te  que   la   nature  tl   le  calliolicisme  pour  î,a,urp,  Ew>ulez  Jésus-Christ  réik)nd.iul"l 

tauteurTToiil  cei^uri   seul,   tout   ce  qu  tl  p|,arisi8ns,  qui  viennent  lui  parler  tlu  m 

rêve,  c  est  |iour  lui  I  Evangile  et  ta  nature;  ^-       ^^.j,  ^^  ^^  tenter  :  Navei-voMp 

tout  ce  qu  il  déleste,  il    le  nomme  catlioli-  /„   |ci,r  dit-il   que  criai  uui  créa  Ikommi 

cisme.  La   fascination  est   clifz   lui  si   pro-  créa  mâle  tt  femelle,  el  qaildif.l'ouTfif 

fimdp,  qu'il  croit   retrouver  dans  Boss.iet,  ^^^        ikommt  auUtera  fan  père  tl  w  m 

Boardslone,  Fénelon,  ses  propres  fantômes  ^,  ,-attacheTa  à  ia  femme,  tt  Ht  stronl  J«] 

,quil   y   maudit  ou  yCBrcsse;.ll  vit   dans  aaiu  vnt  teutt  chi<ir  ;  aimi.  Ut  ne  temU  pi 

UDélbinel  mirage.  deua.vtaiiuMieuie  chair.  Que  l'hommtd» 

Cette  baine   de  U.  Aimé  Martin  contre  ne  sépare  paM  ce  que  Dieu  a  joint...  U>i  ^ 

lEglise  catholique,  c'était  autrefois  le  genre  liva  que  Jésus  met  sous  la  «Hrde  delaïf 

huiuaio  loul  entier  uui"  eu  était  r'.bjcl.L'flu-  cl  de  l.i  sainteté  conjiig.dp,  forsqu  il  «jo» 

leur  en  fait  aiusi  lui-iaéme  l'aveu  •  «  Ja  no  lia  été  dit  (lux  anrieiit  :  Vous  "«.""T*". 

me  cousvlais  qu«    par  des  violences  :  jo  jutiul  d'aduUèit ;  moi,  je  vous  du  :  V^' 

j^)  Kiutalion^  etc.,  luuoduciiou,  p.  S.        .    . 


IMCTHKCU1B&  APOLOGETIQUE. 


CEL 


fu  flvra  rtforié  tnw  ftmm»  mrte  km  wuumai$ 
iàir  «  4^  ttmmt  CâdtUiir*  dont  »o*  eaar, 

•  Toilï  mmoietil  Jésus-Christ  sanctifie 
■union  conjugale  lelleesl  k  ses  yeux  comme 
Boe  seconde  puJeur  qai  dérobe  la  remaie 
iu(  désirs  des  hommes. 

■  Ifariage .  H  unilé  dans  le  mariage, 
aiiisi  parla  la  Geni$e,  ainsi  parle  l'ETaimile, 
ainsi  parle  le  cœur  de  l'IiomniB  h  qui  il  n'est 
(.'Mlle  d'kimer  d'auiour  qu'une  fois  (33fi].  » 

Dniteax  passages  de  l'EvaR^le  rappor- 
lé«  par  i'aniear  de  VKducotitM  d»  wiirtê, 
l'un  ^ceserit  te  dirorce  :  qu'esl-ce  qna  cela 
hit,  je  TOUS  le  demande,  à  b  qneslion  du 
c^itntTl'selre  condamne  l'adullère:  encore 
u->e  Ibis,  qael  rapport  cela  peul«il  »Toir 
i/aqapsiioo  do  célibat  qui  noua  occupe? 

Le  pnsiier  de  ces  fragments  doit  £lre 
insscrîl  ici  plus  «u  long  que  ne  l'a  bit 
M.  Âimt  Martin. 

leapkaritien»  l'approekirnil  de  Jinu  pour  te 
tfmUrtdiaanlzE$l-ii  permîià  rhommeaeyuit- 
iTtafrmme  pottr  quelque  chott  que  ce  loitf  K 
irile  question  le  SaaTi'urdunna  la  rt^ponse 
Mpjtortée  plus  haut  ^at  M.  Aimé  Mnriini 
[<uis  il  éclaircit  une  nouvelle  difficulté  pro- 
losée  p.->r  Tes  pharisiens.  Alors  tei  ditctpleM 
Ini  dirent  :  Si  telle  est  la  condition  de  rhomme 
*ree  ta  femme,  il  n'ett  pat  bon  de  se  marier, 
tént  leur  dit  :  Tout  n'entendent  pat  cette  pa- 
r»te,  mait  ceux  i  ^i  il  at  donné.  Car  il  ett 
in  euMmquet  rorlii  teU  du  tein  de  leur  mire; 
if  y  m  a  que  let  hommet  ont  faite  ewnvqua, 
et  il  y  en  a  qui  tt  tant  faite  euna^uet  eux- 
mémtt  d  caute  du  royaume  dti  cieiW  ;  que 
triuiftipeut  entendre,  entende.  Il  bénit  en- 
ïuile  les  petits  enfants,  en  disant  que  la 
r>/jame  des  ciem  est  à  ceux  qui  leur  re&- 
icmbleot  (377). 

H.  Aimé  Martin  n'est  pas,  il  parait,  de 
ceux  qui  amteudent  ces  paroles  :  il  n'est  pas 
même  tie  ceux  qui  les  lisent.  S'il  Ihs  niait 
fue^,  dira it-fl  que  le  Christ,  resté  vieraeet 
giorilîanl  ceui  qui  se  rouaient  au  célibat 
.':  c;inse  du  rojaume  des  cieux,  condamnait 
''-.  célibat  7  Jésas  n'a  ni  condamné  ni  com- 
::ianJé  le  renoncement  au  mariage,  il  a  scu- 
'emeot  laissé  entrevoir  dans  cesccouil  élai 
une  plus  haute  perfection.  Ainsi  agit  en- 
core l'Bftlisa  :  elle  conseille  aux  parfaits  le 
eéliliat,  mais  elle  a  pour  Itéiiir  la  mariage 
00  sacrement  et  les  plus  gracieuses  pato- 
'e».  Ne  aoaiMile-t-3lle  {MSi  la  [eune  épouse 
Tn'elle  soit  belle  comme  Bacliel  et  féconde 
fomme  Lia  T  Le  célibat  n'est  donc  pas  coo- 
titire  ft  rSTangile. 

^  lyautresontprosrédppuis  longlempsque 
•! renfincement  an  m.nriage  n'est  pas  essen- 
'^Benienl  contraire  à  la  constitution  phr- 
'  ;ae  (le  l'homme,  et  que  la  physiologie 
'e  duuoe  pas  un  démeuti   &  l'Ëgiise;  je 

n36>  u  n.  e.  7,  p.  U2  et  44Ô. 
1537)  ««uA.  SH. 
.■Km  U  vt,  c.  7,  p.  Kfi. 
IMÏj  tMttdt,  1.  Ti,  T.  704,  etc. 


passe  donc  k  l'élude  de  quelques  autres 

diflîcuUés. 

Lu  rennnrement  nu  m'irtnge  est,  selon 
U.  Aimé  \i  rtin,  un  nhomin.ible  vœu  iPho- 
micide  cnnire  la  postérité.  Bm  Bicii  I  Fé- 
pelon,  Vincent  de  Paul  et  Jésus-Clirist  ho- 
micides I  Quelques  applications  de  ce  prin- 
cipe PO  feront  sentir  I  élrangelé. 

S'il  est  vrai  que  le  célibat  nous  soit  abso- 
lument défendu,  parce  que  sulrf^ment,  ■  pour 
être  agréable  k  Dieu,  il  faut  tuer  dans  notrd 
sein  les  générations  I  venir  (338J,  »  loiXh 
les  moralistes  forcés  à  dire,  qu'au  liau  de 
verser  des  larmes  stériles,  la  jeune  vean 
désolée  doit  £8  hâter  de  tendre  la  main  | 
un  nouvel  époux,  par  pitié  |K>ur  les  géné- 
rations fc  venir  qu'une  vie  de  deuil,  bien 
moins  eneore.  qu'une  année  de  retard  va 
tuer.  Nous  aurons  donc  à  enseigner  que  le 
grand  souci  des  époui  doit  éire  de  s'en* 
V»urer  d'une  famille  si  nombreuse,  si  fourr 
millante,  qu'elle  fasse  envie  i  Priam,  qui 
n'avait  que  cinquante  (Ua.  La  polygamie 
même,  proscrite  par  M.  Aimé  Uartiu,  de- 
viendra parfois  indispensable  après  telle 
guerre  qui  aura  trop  abondamment  mois- 
sonné lians  les  rangs  du  scie  masculin; 
saufr  cela,  que  d'âmei  ai  ranles  sur  les  bords 
du  Lélbé  chercberaieiit  en  vain  leciieniia 
de  la  vie  (339). 

Dira-t-ou  que  toutes  ces  décision.^  sont 
des  fuliesT  Je  le  sais  bien  qu'elles  s(in:  d'in- 
signea  iolies,  el  c'est  à  causa  de  cela  qutt  je 
les  présente,  voulant  faire  comprendre  que 
le  principe  dont  elles  sont  l'application  ne 
saurait  être  vrai.  Par  cnnaéiiuent,  pui>(fu» 
nous  pouvons,  sais  crime  del^e  liumanué. 
malgré  le  danger  de  tuer  en  nous  les  géné- 
rations futures,  rester  célibataire  la  moitié 
de  notre  vie,  le  prélro  et  te  moine  sont  au- 
torisés &  garder  pendant  leur  vie  eatiire  l4 
^ibal. 

—  Hais  vous  êtes,  nous  dit-on,  on  oppo- 
sition avec  la  nature  I  —  Vous  croyez?  Ce- 
penbant  votre  |>ieui  bréviaire  du  nouveau 
converti,  le  roman  de  Kuuss^'au  vous  répoail  : 
•  Celte  nécessité  (du  mariage)  est  cliimé- 
rique,  et  connue  seulement  d>-s  gens  de 
mauvaise  vie.  Tous  ces  prétendus  bssoiiis 
n'ont  point  leur  source  tlans  la  nature,  mais 
dans  In  volontaircdépravalioo  des  sens  (3U)).» 

—  Vovez  cependant  commerit  cette  sain- 
teté n'aboutit,  de  chute  en  chute,  qu'à  l'a- 
blme  du  déshonneur  (34IJ 1— Oui,  vous  avez 
de  loin  à  loin  apenju  dans  In  lange  se  rouler 
quelque  chose  qui  ressemble  ii  un  prêtre; 
mais,  sachez-le,  ce  clerc  incontinent  aurait 
été  mari  adultère,  comme  il  y  ena  lanti  ce 
D'est  [wa  le  mariage,  c'est  U  vertu  qui  lui 
manque. 

—  Après  tout,  quel  joog  que  le  célibat  1_  et 
pourquoi  l'ajouter  à  tant  d  aulrus  t  —  J  en 
conviens,  c'est  un  joug,  mais  qui  lepjusMU- 
veut,  quaud  on  regarde  dans  les  coulisses  de 

{^40)  Jntie,  W  part'ie,  lettre  17. 

(Ml)  <:eiw  etqcctioa,  la  prw^Jeiiie  ei  la  sai- 
vanie  se  irwivcni  en  ceai  Milnub  du  bvR  w 
H.  Aimé  Maniu, 


551 


DICT10?tHAlRE 


la  cométlin  hiimsiDO,  [orati  intlniment  moini 
t>essDt  <]ue  celui  <lu  niariogo.  Bienhenreax 
uioralistHS,'|iii  semblent  u'arofr  jamais  ren- 
ctMiIré  l'hymen  que  couronné  d'une  auréole 
d'hémisliclies  iJe  Let^ouvé  (ai2}l 

Nous  avons  (-onsullé  l'Evanj^ile  et  la  nn- 
tiire  sur  le  vœu  de  c4libiit  religieui,  et  nous 
n'avons  enicndu  ni  l'un  ni  l'autre  condam- 
ner celte  résolution  quand  elle  a  été  bien 
luûrie. 

in. 

Qu'eit-M  que  «ini  Pml  pcnnll  du  câlQwl  1 

«  Faite»  mourir  le»  membrti  dt  l'homme  ttr- 
reiirt,  s'éerie  ssint  PhuI.  Vœu  impie  I  L'a- 
pdtee  inulile  l'ouvrage,  et  croit  exaller  l'ou- 
vrier (3V3). 

<  Les  ensei;ïnements  divins  n'ont  pas 
moins  de  force  que  les  lois  naturelles.  Par- 
tout il  sujipuso  le  mariiige  des  prôlres  et  le 
supposer  sitns  le  déroiiGre,  c'est  l'adnpler. 
Que  févéqtu  toit  le  mari  d'une  seule  femme, 
(lit  saint  l'aul.  Etabtisiex  lei  ptélree  eeton 
l'ordre,  c'ett-à-dire  marie  d'une  teule  femme, 
dtt  encore  saint  Paul.  Remarquez  bien  ces 
laols:  eelon  l'ordre,  «'est-è-dire  selon  les  lois 
de  la  ualure.  Er  ailluurs,  tors(]u'emporlé  [>ar 
son  zèle,  il  préconise  le  cëiibnt,  il  su  hAte 
d'ajouter:  El  quantàlavirginîli,}en'iiirrçu 
aucun  précepte  du  Seigneur,  el  ca  que  je  dis 
t$t  un  eonietl  que  je  donne.  Ainsi,  le  mnltre 
II'*  fait  aucun  cominoiideinenl  ;  ainsi,  le 
disciple  n'ose  donner  qu'un  conseil.  l^vAques 
de  nos  jours,  où  donc  est  voLre  autorité  pour 
(larler  un  autre  langnijo  qtio  les  ap&lies?... 

■  Plus  les  taites  sont  (>ri3cj'4,  plus  on  s'é- 
tonne de  leur  Tiolslioiu  Couiinent  Kome 
osa-t-elle  les  cfTacor  de  sou  livre  i  la  face 
du  monde  [Ski)  T  ■ 

Ce  lute  de  («xles  et  de  citations  ne  voile 
qu'un  lissu  de  cooln^seus  et  d'erreurs. 

Saint  Paul  a  4cril  aux  Colossiens  qu'ils 
devaient  faire  mourir  les  membres  de 
ritoinme  lerroiilru.  A  cos  paroles,  U.  Aimé 
Martin  recule  éjHiuvanlë,  couime  s'il  viiyail 
dl^jà  briller  le  fer  qui  mulita  Abailard.  Qu'il 
su  ras»ure,  et  qu'il  daigne  acliever  U  lecture 
du  passasse  où  se  reiicoiiire  le  vceu  impie  de 
l'ajiAlre.  t'aitet  donc  mourir,  dii  saint  Paul, 
les  membres  de  l'homme  terrestre  qui  est  en 
vous:  l(t  fornication,  l'impureté,  le» passions 
déÉhonnites,  les  mauvais  désirs,  el  lavarice, 
qui  est  un«  idolâtrie...  Ùépouillex-vous  du 
vieil  homme  et  de  tes  œuvres ,  et  revilex-vous 
de  cet  homme  noutiniu  ^i,  par  la  eonnais- 
sance  de  la  vérité,  te  renouveÛt  selon  l'image 
de  celui  qni  l'a  créé  (SUlJ.  Ce  que  M.  Aimé 
Martin  luaudit  comme  un  vœu  impie,  c'est 
donc  le  désir  qu'avait  l'spAtre  du  voir  les 
ctirélieus  reuuuccr  aux  vices  dont  ils  s'é- 


APOLOCETIQne.  CEL  3» 

talent  neui-élre  souillés  avant  leurconvir- 
sion.  M.  Aimé  Martin  {«urrait  mieux  ihoi- 
sir  l'otyet  de  ses  anathemes  pour  ue  pas  Ici 
rendre  ridicules. 

Il  n'a  guère  été  plus  lieureux  dam  l'inlel- 
licence  du  pass.igo  suivant. 

Quand  sainl  Paul  commande  kTiteJ'éli- 
lilir  en  Crète  des  prôlrcs  selon  Cordre,  parle- 
t-il  de  l'ordre  de  n  nature,  comme  l'itiitanl 
M.  Aimé  UarliuT  Nullement.  L'apdlre  ^ril  : 
Je  vous  ai  laissé  en  Crète,  afin  que  tout  tor- 
rigies  tout  ce  qui  est  défectueux,  que  t»i» 
élablissie»  des  prêtres  dont  chaque  vHlf,tt- 
Ion  l'ordre  que  je  vous  ai  donn^(sicul  elegii 
dispnsui  (ibi),  i-hoitiisant  celui  qui  sera  irré- 
prochable, mari  d'uni  seule  femme,  dont  Itt 
enfants  seront  fidèles,  etc.  {3Vti}. 

Cette  cilalion  nous  prouve  comUini 
H.  Aimé  Martin  s'est  peu  ^èné  pour  muti- 
ler le  texte  de  saint  Paul  ;  car  si  cet  apOlit, 
quand  il  exigeait  que  le  prAtre  lût  nutiv» 
game,  en  appelait  k  l'ordre,  ce  n'était  |Miii 
Pordre  de  la  nature,  mais  h  celui  qu'il  oiait 
lui-même  précédemment  tracé. 

Des  quatre  passages  des  Eptlres  apusln- 
lîques  dont  H.  Aimé  Martin  invoque  l'au- 
torité, en  voili  deux  dont  il  n'a  compris  ni 
le  sens  ni  les  paroles  ;  les  deux  autres  ont 
été  exactement  traduits  par  notre  aulrur. 
mais  il  les  a  tous  très-mal  commentés. 

Saint  Paul  dit  que  l'évèque  doit  ëlr^U 
mari  d'une  seule  femme  (3VI) ,  cl  qu'il 
n'existe  aucune  règle  imposent  la  virgiuilii 
vertu,  toulorois,lrès-avanlogeuse  et  roufomie 
b  l'esprit  de  la  religion  nouvelle  (348).  FutI 
de  ce  double  aveu,  M.  Aimé  Marliii  tomice 
nos  évéques  de  diro  pourquoi,  lorsque  Jé- 
sus et  saint  Paul  n'ont  pas  commandé  le 
célibat,  ils  chargent  leurs  prâtres  de  ce  joug. 


La  question  seraft  embarrassante  si  l't- 

S;lise  faisait  chaque  année  uno  coosrripliixi 
urcée  de  prêtres  et  de  veslalef:.  Hais  en  esi- 


il  ainsi  T  le  célibat  n*esl-il  pas  un  enrftlemtni 
tout  è  fait  libre,  tout  h  fait  volontaire  r 

—  Cei>endaut,  répond  ra-t-oo,  si  les  évé<tu<'^ 
ne  forcent  pas  à  être  prêtres,  ils  forcent  In 
prêtres  è  éire  célibataires.  Jésus  et  sn 
a[)6lres  ne  le  faisaient  |ias  ;  pourquoi  t^Wv 
différence? — Admettons  qu'on  ait  cru  quel- 
que condescendance  nécessaira  aux  iireuticr\ 
siècles  de  l'Ëglts^;  Il  convient  au  contraii« 
depuis  longtemps  d'y  renoncer.  En  effet, 
toute  société,  pour  atteindre  sod  but,  peui 
emploj'er  les  moyens  qui  lui  sambleul  t  > 
meilleurs.  Or,  le  but  de  la  socidtâ  retÏKieux: 
étant  la  diffusion  de  l'Évangile  sur  toute  l> 
terre  pour  y  établir  la  tralftrnttà  de  l'iti» 
mense  famille  d'Adam  et  du  Christ,  il  fam 
A  cet  apostolat  des  ministres  dévoués  jus- 
qu'au martyre.  L'Bgli:ie  lus  trouTura-l-éUc, 


(3tS)  Atttenr  iTho  poème  sur  1*  ilirite  du  (em~      marier,  00  A  iixcr  du  mariage  précède mneiit  CW' 
—  Iraclél  &ila  lu:  résullc  paï  du  le&ie  c.té  par  Ù.  .Vi- 

nié  Hariin. 

(348)  Uiwni  aux  vierge*,  je  n'ai  point  rtt*  de  co«'- 
ntamlemem  du  Seigneur  ;  mais  voici  /«  cotittit  aa>  j^ 
doHHt,  coMiHe  ajiani  retu  da  Seigneur  la  gràc^vi"* 
«an  miKitire  :  jt  Irottve  qtwm  ^(ai  0»!  awmiUmgm. 
{ICof.  vil..' 


(5»)  L.  IV.  c.  7,  p.  436. 
(»t)  L.  I*.  G.  8,  p.  H». 
(US)  Cfrfou.  III,  5,  eu. 

(swj  ru.  I. 

(347)  Saint  Paul  ne  voulait  pas  nue  lu  prclre  eOt 
Aé  muné  ptitsienr*  (oia  avam  iwh  unUiwDu.i  ;  mut* 
aatorJMii'il  If  priilrr,   jpieii  ïuu   urduiaUttu,  À »v 


n  CEL  MCTMKSAaE  AP01.0CET1QOE.  CEL  Ut 

X)  etle  bisse  rnubir  le  sandiuire  par  ta     d«  H.  Aimé  Harlin  ses  inspinlions  el  k  la 

(HiirrRlleeadOBle,else(]ii:îdflkaQchoil.     charger  de  comjtOMr,  comme  puur  les  mè- 

Dus  ie  jirincii>c,  il  n'y  aTsil  ni  foule  de     res  de  bmille,  ud  Imité  de  l'Education  de 

uudidals  autour  de  l'aulel,  ui  par  (»asé-     Dieu.  Compruodroos-iioiisineiiilenant  que 

quent|iossiLilitâdcctioiiljiendîOicilespour     l'aoleur  ne  célébrait  l'Erangile  que  [Hiur 

l'ciecttoo  des  prêtres.  L'Eglise  écarte  dooe     préconiser  ses  propres  opinions,  qu'il  n'en* 

luJoieDaiit  la  multitude  en  esîgeant,  afse     eensait  le  Christ  que  comme  une  idole  de 

les  autres  conditions  de  lumière  et  de  m(H     son  propre    aysleme  f  Uême  en  adorant 

nliti',  celle  do  célibat.  Ceât  ainsi  que.  pour     Dieu,  c'est  encore  lui-même  qu'un  philoso- 

(l^iobslruer  les  portes  encombrées  de  toutes     pbe  adore. 

inadBÏuistnlions  publiques,  oo  mullipli* 

les  difficultés  de  l'admissioa.  L'énergie  du  ■'"' 

ulbolîciame  *ieol  de  sa  cLasleté,  on  le  sait 

bien;  et  c'est  pour  éuerrer  cet  inrincibla 

■iblèie  qu'on  le  veut  attacher  i  la  femme 

l^kM.  Vingt  autres  nisons  non  moins  puis- 

uatn  pourraient  encore  josliSer  la  disci- 

plioe  adaelle  sur  la  continence  cléricale; 

■uù  je  ■'écris  pas  un  traité  sur  cette  m*- 

tiwe. 

Jbialenaut  qu'il  a  été  démontra  que  l'R- 
Taogile  i<r£cbelacoalioence,etque  r^îse, 
ta  rublissaat  la  Joi  du  célibat  religieui, 
n'a  f«it  que  réaliser  uo  désir  du  Christ  et  de 


■  Tu  sèmeras  dans  les  larmes,   s'écr:e 

■  Mint  Jérdme,  aBnde  recueillir  avecjoie. 

■  Ton  corps  sera  couvert  d'un  affreux  cilice  ; 

■  mais  c'est  le  rfllement  le  plus  magnifique 

■  peur  t'élancer  dans  les  nues  au-detant 
>  de  Jésus-Christ.  •  {Ldtrt  aux  virrga  dt 
la  Montagtu  d'ffermoH.) 

■  Ricbes5e,  amis,  père,  mère,    somrs, 

■  épouse,  l'homme  doit  se  dépouiller    de 
.     _ •  lout  pour  embrasser  la  croix  toute  nue.» 

taial  Paul,  somoies-nous  plus  avancé  dans     {Celtre  à  Sépolitn.] 
iK-tre  polémique  aTecU.  Aimé  lfarlin7Hous        *  Ainsiparleut  les  saints  dans  leurs  traos* 
jgaguoiu  fort  peu.  Prévoyant  la  réponse     ports  I 

4u*(Mi  lui  donne,  il  a  préparé  son  instance,  ■  Cesfslëme  viole  en  même  temps  la  Toi 
et  Miulienl  que  eu  pagtt  favoritant  la  vio-  d'amour  et  la  loi  de  sociabilité;  il  brise 
Inrc  ont  été  intercalées  dans  l'Evangile,  tous  les  sentiments  de  la  nature;  il  insulte 
•  Les  bériiiers  de  ce  livre  divin,  dit-il,  ont  D'eu  dans  son  ouvrage.  Dire  que  c'est  li  lo 
l-u  eo  «Itérer  le  texte,  sans  que  ie  monde  but  de  la  vie,  ce  serait  dire  que  le  devoir  de 
entier  se  levât  pour  les  accuser.  Au  milieu  l'homme  est  d'anéanlir  la  création.  Absur- 
des téoètu-es  des  premiers  siècles,  les  té-  dite,  impiété,  ranilé  {353;  I  > 
oioias  étaient  rares,  les  peu|iles  silencieux,  ■  J'ouvre  sain  tJérflme  1  Quelle  solliciIudi<, 
et  les  Evai^Ies  sans  publicilâ  (dSOJ.  •  que  de  soins,  que  de  sacriftces.  pour  cou- 

Eh  bien  I  pronrerait-oo  k  I  auteur  que  server  la  pureté  des  vierges  I...  La  pureté 
cette  aUératioo  n'a  pu  avoir  lieu,  et  que  les  des  vierges  s'évanouit  devant  les  enseigne- 
prtaiers  siècles  chrétiens,  si  fervents,  ne     menis  du  saint. , 


liireat  pas  un  teoi(*s  de  ténèbres,  ni  une 
é^Ofue  oJk  l'on  ne  s'informât  vaguement  de 
ùduclrine  de  eel  Evangile  pour  lequel  on 
■oarait,  le  lui  prouver^il-OD  par  son  propre 
hvre,  où  il  «  écrit:  ■  I.a  vie  des  premiers 
cbrétitiiis  est  sans  doute  le  meilleur  com- 
lueotaîre  de  l'Evaogile  ;  si  près  du  maître, 


Voilé  que  saint  J^rAme  interrompt  ses 

{[émissements  pour  tracer  la  vaniteuse  apo- 
ogie  de  la  virginité.  ■  La  virginité  estpré- 
■  férable  k  tout,  ■  etc. . . .  Hais  un  rajondu 
lumière  brilla  soudain  au  milieu  de  res 
flatteries  vaniteuses,  et  ce  n'est  pas  sans 
surprise  qu'on  entend  saint  JérCme  déclarer 


t^  disciples  n'ont  pu  se  tromper...  La  doc-  que  ■  l'Evangile  ne  bit  point  une  loi  du  ce- 
irioe  étaal  entrée  daus  la  société,  la  société  ■  lîbat,  parce  qu'on  ne  saurait,  sans  inhu- 
deveiMit  l'expression  de  la  doctrine  (351),  >     ■  manite,  forcer  les  plus  douces  int^ina- 


<«  oe  serait  point  encore  Ik  une  barrière 
|«ur  ik.  Aime  Martin.  Voyez  avec  quelle 
ireftlcsse  il  la  franchit  an  nous  criant  :  ■  SI 
ces  doelrines  sont  l'œuvre  de  Jésus-Christf 
^  bol  les  rejeter  comme  fatales  (352).  > 

C'est  à  cela  qu'aboutit  la  perpétuelle  in- 
ToealMMi  au  Chrut  et  k  l'Evangile  ai  poéti- 
qneafteol  duutée  par  le  Meatur  des  dames  1 


«  fions  de  la  nature,  contraindre  l'homme 
•  k  mener  la  vie  des  auges,  et  condamner 
■  eo  quelque  sorte  l'oeuvre  de  Dieu.  > 

■  Le  saint,  prosterné  dans  le  désert,  sou- 
lève te»  membres  exténués,  el,  le  front 
couvert  de  cendre,  il  s'écrie  :  rb  coidah- 
HKs  tis  L'oEDvai  DB  DIEU  I  Lumlèro  sou* 
daioede  la  conscience,  sa  vertu  lui  appa-. 


kci  ne  rappelle  le  mot  oruneilleux  d'un  ralt  comme  un  remords. 
»bîkKopha  d'Alexandrie  :  ■  Ce  n'est  pas  k  «  Et  maintenant,  A  vierge  I  il  dit  les  ré- 
'«fsai  aller  trouver  les  dieux,  disait  ce  compenses  qui  vous  attendent;  il  prédît  le 
>*6e  ea  pariant  de  lui-même*  c'est  aux  jour  oJI  la  Mère  de  Jésus  viendra  au>devant 
*>«ix  A  venir  trouver  Plolio.  »  De  mèmeca  de  vous,  accompagnée  des  cœors  célestes, 
''e«t  pJaa  M,  Aimé  Marlinqui  doit  recevoir  et  marchant  la  premièreau  bruit  des  tam- 
ise dirin  législaleur  ce  qu'il  lui  platt  d'or*  boon.  O  triompha  de  la  vertu,  gloire  de 
*anner,  e'eat  au  Christ  à  rechercnerau  près  rionoeencel  votre    époux,  jeune  vierge  « 

^rniEéma^mt^  eic.  c.  8,  p.  451  (3»)  L.  rr,  c.  3^  p.  416. 

«•)  L.  n.  c.  5.  p.  4i4.  lS83)  L.  n,  c.  «,  ^  4S8. 
laI;L.lT,e.$,^413. 


5W  Gtt  WmONSAIRE 

«'avBDcê  pour  tous  recevoir.. .  A  cetlcTue, 
]es  angei  saisis  d'élonnenaent,  diront: 
Q<retleest  celle-ni  qui  apparult  connne  ('aube 
ma^nale  T . .  ■  Et  les  Glles  vous  ijironl  tien- 
lieùreuse,  el  les  reines  terorit  Tutre  éloge, 
ut  les  femtnes  publieront  roire  beaulé . . . 

«Scèneëlran^  aulaiit  que  iiiagnifiqiiftl 
Aitolbéost!  faTIacieuse  I  Ainsi,  luules  les  pns- 
Mons  humahTBS,  sous  une  î^vré^sairtle,  s*a- 

f lient  dans  le  ciel.  Avec qutsIarlTe solitaire 
veille  la  vanité,  [ktârftière  passion  des  jeu- 
nes Slles,  et  «omme  H  suit  donner  b  (eor 
fniblesse  tous  les  attraits  de  la  sainletél  Ua 
Dien  pour  époux,  des  peiiies,pour  m*rche' 
pied,  des  saintes  puiircliauibnéres,  titis  bq- 
Ijes  pour  flatteurs  :  l'amour,  la  vanité,  l'é- 
clat, voilà  les  récompenses  de  la  modestie, 
de  la  pudeur  et  de  l'buLDiiilé.  Le  saint  exalte 
dans  le  ciel  tout  ce  qu'il  coudamne  sur  la 
lerre  :  Absurdité,  impiété,  vanité  (35i}.  > 

Ces  exirails  du  traité  de  lEduealion  dw 
'  ni^rei  doivent  Ctre  examinés  sous  nlusieurs 

^lI>iMts  de  vue  ;  d'abord,  au  pointue  vueda 
'etai^lilude  des  cilalîiiiis. 
Saiiit  Jéi'dtQ»  ti'a  écrit  ni  aux  vierges  <le  la 
iQonlagne  d  Rermon,  ni  h  personne  autre 
ms.parok'S  :  ■  Tu  sèuierasdads  les  larlnes;.., 
ton  oorps  sera  couvert  d'un  aff'reux  cilice,  ■ 
etc.  Quelque  chose  d'analogUé  6  ceci, 
mais  pour  un  but  loUt  ilitTérent,  se  lildaas 
une  épitre  k  RuGn.  Saint  Jérfime  raconte  à 
RuGu  que  Bonose,  leur  ami  commun,  s  dit 
adieu  à  Ses  vestes  riiitiesseS  et  aux  beaux- 
«rU  qu'il  cullivail,  pout-tie' retirer  dans  une 

'  lie  déserte.  «  Il  y  sème  dans  les  laruies 
pour  moissonner  dans  la  joie... 'Ses  oietn- 
bres  fortt  hni-rëur  sous  un  sac  difforme; 
insis  de  la  sorte  ilsetablen  plus  laclleaitïnt 
enlevé  dans  les  nuesau-dbvant    du  Christ 

'  (âSS).  »  On  voit  comnietit  Â.  Aimé  Martin 
aittie  à  retoucher  le  travail  du  saint  soli- 
tiir^e. 

La  cbllaboralMn  tte  hdtre  lUttiur  se  re- 
trouve tout  a uifsi' marquée  dans  la  seconde 
citation  tirée  de  la  lettre  au  prélre  Népo- 
lien,  car  le  teite  original  porte  seulement  : 
«  Serviteur  de  'l'autel,  je  vis  -des  iiffraudes 
de  l'autel  j'ajanl  la  nourriture  et  'le  rété- 
iiient,  je  serai  satisfait,  et  je  suivrai  nu  'la 
iiroiï  nue.  Je  Vous  en  supplie  donc,  et  Je 
vous  répéterai'mtile  et  Mille  fois  cet  aver- 
lîsseuieni  :71e  cherchez. uas'la  pictiessQ  du 
sièctedans  la  mi  Mi»  du  Chri^l...  Si  vous 
Gtes  malade,  que  ce  soft  d'im&ïint[i'ère,ou 
dû  Yotro  scBuc,  'OU  du  'votre  itfère,  en  do 
irfft  d'une  persoime  dont  la  prêté  'iail  l'ap- 

*  probatiOn  générale,  trae  voua  recevrez  res 
>0>ns.  S^yei  soumis  a  votre  év'fique;  vous 
aVézeD'lUibîendm  lUres  à  vénérer  :-it  est 
ïuutrie,  pomlfb  et  votre  oncle. . .  Fiiyezéga- 
leoieot  ddiis  Tos'vigtemfnts  la  reéhercin  ut 

'  la  négligence.. .  Vb  vous  imposez  de  jeA- 
nés  ijuecequffvon^  pouvez  supporttirfïSÔ-).'» 
Le  rtGle'del'éptirt:  est  timtiitjpii^    par  la 

(36i)L.  IV,  e.  7,  p.  i37elUI. 
(355)  Ep.  3,  Mil.  HlgHC.—  U  lenre'UiiTiitges 
d'Heniimi  {att»  JfmowiW!*)  est  la  «—'*— 

'SM'  iV-  sa. 


AMtOGETtQlUE.  iXL  ^ 

ra6me''prDttpncc  clirWtrnne.   Il  feul  doiie 
Mpportcr  à  M.   Aimé  Martin  loulseulli 
gloire  lie  cette  éloquente    énumérMion  -,       < 
■  Richesse,  ami,  père,  mère,  sceurs,  fpousc]       i 
l'homme  d  <it  se  déjioaiMer  4e  tout.  • 

Je  ne  m'arrélcrai  pas  k  niontrpr  qn(, 
quand  saint  JérAme  est  convenu  nue  lu  re- 
ligion n'im|K)se  h  personne  la  loi  (lu  eiiibtt, 
'il  n'en  a  pas  aftpelé,  qiiiTir|ue  U.  Aimé  HaN  i 
lin  préiendetraduire  les  propres  paruleida  i 
s.iinrT,  ■  aux 'plus  donues  inciiiralions  ie  la 
nature,  ■  etc.  ;  il  ;  aurail  une  trop  Inugae 
citfilion  k  extraire  de  la  lettre  ii  BqsIq- 
chium  {357). 

La  transcription  des  textes  de  saint  ié' 
Tdme  est  donc  eitrAmêment  fautive  dans  le 
livre  de  l'Educalion  âet  mirei  de  faniltt. 

.De  celte  ineiactilude  matérielle  ii en  ul      | 
résulte  nécessairement    une  antre  :  c';;!      i 
uue  l'auteur  impute  k   l'éloquent  Père  de 
I  Eglise  une  doctrine  de  laquelle  il  suimji      i 
'  que  h  but  dt  ta  vit  êeraif  de  briter  tovi  la 
tentimmti  de  la  natnrr  it  d'anéaruir  ta  ak- 
tittn.  Saint  Jérôme  a  cru  et  «nseigné  quele 
but   essefrtiel  de  la  vie  c'est  la  verla.qut 
chacun  peut  pratiquer  dans  l'état  où  Bitii 
l'appelle  :  Népotien  dans  le  sanctuaire,  Bo- 
nose au  milieu  des  pochers  déserts  de  so» 
lie,  d'autres  dans  te  mariage;  et  s'il  ne  dil 
pas,  comme  M.  Aimé  Bnrtm  :  Hors  de  Vhj- 
men  fKiintde  sslut'l  il  n'a  jamnis  dit  wa 
plus  :  Point  de  snlul'horsdo  céliliall 

L'auteurde  \'EducaH<tnde§  méret  a  yrt- 
sente  d'une  manière  plaisante  cette  conw!- 
«ionde  saint  Jérâmeala  lâiblessu  hmiisiiit 
Selon  lui,*lu  «aint  prosterné  dans  le  déseri 
(quoique ce  solide  Rome  que  saint  lirtme 
a  éi-vii  l'éptire  on  question  L338]},  le  saini, 
Ginivert  d«  cendres,  souleva  at'S  memlirti 
exténués,  et  pousse  ce  eri,  qu'il  n'aeeiiMi- 
dant  jamais  fait  entendre  ;  mb  cOHDiMiu 
TM  L'oRUTneiDB  DiBu  I  M.  Aimé  ll«rlin  n^l 
même  que  le  solitaire  souffrit  alors  de  » 
vertu  cumme  d'un  remords.  Il  s«?  peut  tiuc 
'toutes  ces  rêveries  fournissent  un  jour  i  , 
quelfjuc' peintre  un  digne  pendani  k  laC**-  ! 
m«nt«ti-Â  tainl  Jéféme  du  J>omîni()Qin>  , 
mais  ce  nesnntlh  quede  podliques  f>i>- 
taisies. 

Ne  dirait'on  pas  que  c'a  été  par  hasird  i 
qu«  le  saiirt  panéttyriaie  de  la  virginité'  i 
retonnu  que  le  mariage  est  da  liieuT  El  | 
pimrtant  il  e  (tresque'aussi  souvf  al  rap|K)4 
cette  vénérable  origine  de  l'union  conju-j 
gale  qu'il  a  célébré  lemérite  de  lacouli-; 
nencereltgieuse.  ■  Suis-je  donc  si  ignortut 
'de  l'ËcHlure,  écrivait-Il  à  oeustiui  déjà  lir 
■son  i«flips  INojnriaient  sans  l'uvuér  hj,  «s<- 
'  ce- donc  la  firemièrefols-titte  j'ootrelesl-- 
vres  seuréfi,  pour  qUej'eie  pu  ue  pas  re»- 
peuter'la  ligne  qui  flépara  le  'inmiaise  et  la 
firginiiéT«ar>s-deule'jwn{««irai  {«s  «a  qu'il 
e  éié  dit  :  «  Ne  sots  pfts  -plus  Bt>t;a  qu'il  nu 
«'fout.  *...'ApriéFe  les  talountiateurs-l» 

(357)  Ep.  2Ï.  ad  EuHotbium. 

1358)  <  thi  a  lapidé  royu^Mle.aurla.vIfeiiiitë  qui 
l'ai  écrit  k  Rome  p9or>U  :saiiiie  JSusludiuuu.  i 
[Kpiire  à  tltpoiUtt.) 


faïM  léiôir.«  répoaëail  è  oo  de  Ms  ■d*^ 
■mném»,  tiMBeoap  Irop  fier  4«  ca  qu'il 
«fait  •Êgr^Uimtwt  «ofueté  d«  moraie  «ttt 
èa  éamt»  :  »  Non  d«moo  oupliis,  nui 
ëiBim  aMijogium  ;  et  ut  eertius  waleo- 
lim  meMB  leiieal,  Toio  omnes,  qui  propiQT 
MdariHM  forsan  melus  soli  eubilare  noo 
IMjJwl,  oiwes  dticere  (359).  ■  Ceci  o'iu- 
4ique  guère  nos  Ame  lourmeiriée  par  m 
tCTMceaawporMtreawrtfs.  el  ne  reesfiu- 
bie  pu  an  lonl  h  ce  lai^Bgo  de  Gcssner  et 
4e  noriao  que  M.  Àiioé  Haiiia  bit  parler 


SeMenmseceorek  eiaminer  si  les  ea- 
atipMMBBla  du  saint  aoi  pieases  viciées 
aoBl  dmgereiix  pour  leur  iuBocaiiee.  M. 
TritaMM  D«  le  pense  pas.  Chose  bien  cei^ 
CsiBa^  c^ol  que  saint  iérAme  ne  s'alteodcU 
foèra  qÊm  sur  ce  point  le  oeoseor  serait  un 
■nralisie  eonseillanl  la  leelurede  ie  Mon- 
wtUt  B^mHv,  nt  appelant  dma  \e-iivre  où 
1— Mf—  peint  lea  ■raoïirs  de  soa  Jeune 

bille  faao}. 

i'avoae  que  le  sotilaire  de  Be(bl£en>  a 
peribâ  vne  ondilA  d'espression  peu  aca- 
déniqae  ;  j'arooe  encore  qu'il  demande 
fréquenneot  ses  images  et  ses  tableaux  i 
la  Bible,  dont  l'aotiqM  simplicité  est  si 
étrangère  k  nos  axears  modernes,  et'  c'est 
ti  le  reprodw  ordinaire  fomuM  eonire  les 
-aaieors aseéliqoes.  Hais  une  remarqae  psj- 
cfaoiogiqneess«ilieHe,  el  que  les  eriliques, 
il  parait,  n'oui  niallieureuseiiieiiL  pas  eu 
l'occasioB  de  faire,  c'est  que,  quand  des 
booches  pieuses  prononcent  ces  paroles  et 
q«e  de  pwuses  oreilles  les  recueillent,  on 
tel  langage  ne  porte  an  cœur  et  è  l'esprit 
qa*  de  pieuses  impressions.  Il  7  s  sur  oela, 
entre  ImBime  scosuel  du  mom'e  et  lecbré- 
licn,  la  même  différence  qu'on  a  remarquée 
aire  les  asdens  et  les  modernes  pour  cer- 
laios  tableaux  littéraires.  •  Dans  la  pein- 
tmr  des  vdlnplds,  la  plupart  des  poêles  an- 
tiques, dit  Chateaubriand,  ont  à  la  fuie  une 
nndM  et  une  lAastelé  qui  étonnent.  Rien 
de  plus -pudique  que  leur  pensée,  rien  de 
pm»  libre  que  leur  expression  :  nous,  au 
cootraire,  nous  boulefersoos  les  sens  en 
ménageant  les  jeui  et  les  oreilles  (36t}.  » 
CcHa  sage  et  fine  remarque  s'applique 
IwM  aossi  bien  aux  écriu  ascétiques  qu'à 
Il  poésie;  ils  charment  sans  péril  les  es- 
iril*  aDxquels  ils  sont  destinés. 

Que  si  absolument  on  veut  qu'il  puisse 
le  Imurer  parmi  lue  lodricestle  saïut  Jé- 
rtaitt  une  si  délicate  sensiiive  que  l'air 
aftie  agité  par  certaines  paroles  la  tour- 
meole,  je  répondrai  que  cette  lierge  d'une 
iwghialiOB  iiop  irascible  doit  laisser  de 
cAlélas  éloquentes  épllres,  mais  que  l'on 
n'a  riea  h  reproclier  à  l'écrivain.  ■  Va  eu- 
(ear  «érleu««  a  dit  La  Brujèrs,  n'est  pas 
cAiligé  de  remplir  son  esprit  de  toutes  les 

faS»)  -Ep.  U,  wl  Pammtcki»m.  —  Ep.  50. 

<360)  M,  YiLLKUia,  JaiUa*  4t  rElaqurna  ekré- 
a*M(,  an.  &MI  Jérôme.— U.  Alnté  VisTi:*,  Edt- 
«atÏMi.  cû.,  I.  I,  C.  3,  p.  S7. 

Çmf  Gémir  ém  eknUiàtiitaU,  U*  p^lie,  I.  u. 


AFOLOCETIQUE.  «»L  SJB 

«xlravagances.de  toutes -les  saletés,  de  Umw 
les  mauvais  mots  quv  l'on  peut  dire,  et  Je 
toutes  les  inqkl<-s  applicalÎMis  que  l'nn 
peut  faire  au  sujet  de  queli^nes  endroits  ite 
son  ouvrage,  et  encore  moins  de  les  sup- 
firimer.  Il  est  convaincu  que  quelque  scru- 
puleuse eiActitude  que  l'oa  ail  dans  sa  ma- 
nière d'éorire,  la  raillerie  froidedesmauvais 
■plaisants  est  un  mal  inéntable,  et  que  les 
meilleures  rboses  ne  leur  servent  souvent 

Îa'h  lenr  faire reoeoairer  nne  sollise  (36â}.> 
es  réflexions  justifient  le  Père  de  I  Bijlife 
bllmô  par  H.  Aimé  Uartin,  el  sont  une.le- 
Qon  bien  méritée  pour  ce  censeur  qui,  à 
propos  d'excellentes  choses,  rencootrsotce 
-que  La  Bruyère  ne  crsint  |ias  d'aftpeler  une 
aotUie,  assure  que  saint  Jérdmedouneiux 
vierges  dans  le  ciel  tiei  reiuet  pour  awreAr* 

{lied,  des  sainles  pour  chambrifret  et  qu'if 
tur  y  prodigue  c<  qu'il  csadomiie  swr  la 
terre, 

Uaia  non,  il  n'y  a  aucune  conlradiclioo. 
tu  impû,  ni  absurde,  entre  les  conseils  et 
les  promesses  du  saint,  qui  n'a  jamais  coa- 
.damoé  «ir  la  terre  ce  qu  il  exslie  au  ciel. 
-Il  n'a  pas  condamné  l'amour,  mais  il  a  dit 
qu'il  existe  un  amour  plus  pur  que  celui 
de  la  chair;  il  n*a  pas  condamné  la  gloire, 
mais  il  a  dit  an'il  existe  une  gloire  plus 
durable  que  celle  dont  le  bruil  se  perd  ici- 
bas;  en  un  mot,  il  s'est  bien  gardé  d'élouf- 
fer  les  passions,  comme  on  le  lui  reproche, 
.mais  il  les  a  dirigées  vers  leur  satisbction 
la  plus  entière,  (jucd  le  saint  rencontrait 
de  ces  âmes  dégoûtées  du  monde  ou  peu 
tentées  de  ses  plaisirs,  il  lesélevaitau  ciel; 
c'est  Ik  qu'il  leur  montrait  eumpîèlee,  par- 
faites, divinisées,  ces  jouissances  dmit  le 
monde  ne  présente  que  la  vide  et  fugitive 
image.  11  leur  disait,   maiï  en  orateur,  en 

C>ëla  inspiré,  précisément  ce  que  II.  Aimé 
artin  dit  aux  mères  :  ■  Hélas  1  que  serait  la 
vie,  si  elle  se  bornait  k  ce  monde  avec  des 
-désirs  qui  vont  incessammant  au  delA  7  Tout 
ce  que  l'homme  chcrcbe,  entrevoit,  aime, 
adore,  oiï  est-il  T  Nulle  |.art  ici-bas.  La  mort 
doit  donc  nous  le  donner ,  nous  donner 
ce  que  la  vie  nous  montre  (363).  >  Or, 
saint  Jérftme  précbaît-îl  autre  chose  aux 
vierges  t 

Par  deux  tais  M.  Aimé  Martin  s'est  écrié  : 
jlèsHTdjI^,  impi/té,  taniUI  El  moi  je  dit: 
■Pitié  pour  le  censeur  qui,  afin  de  trouver 
dans  saint  iérfime  de  Vsbsurdilé  et  de  la 
vanité,  invente  des  textes  ridicules  I  Pitié 
pour  !e  censeur  qui,  aiin  de  trouver  im- 
pie un  grand  saint,  lui  fait  promettre  Jé- 
.susanxvierges  commeMahomet  promet  des 
.bouris  k  ses  crojautsl 

|W. 

VEfiiae  pâallive  «UniMUe  pw  U  tmUU  \m  na(M 

an  célibat  f    . 

«  C'est    nne   remarque  des  Pires  de  l'Ë* 

C.5. 

(3C2)  Lt  BkCTfcsE,  Carattirtt,  etc.,  ci:  Detetf 
rraaei  dt  rnprit, 

(363;  L.  ni,  c.  30,  p.  357. 


•S5B 


CKL 


MCTHEINAIRE  APOUKETIOUC. 


gKso  qu'on  nviiit  trouvé  les  Tnay^nn  d'ao 
rroltrele  nombre  des  vierges  eonsacrées  en 
Ihs  comblant  d'honneurs  et  de  privilégos. 
Par  exemple,  il  n'était  permis  qii'k  elles 
seules  <le  namltni  sans  voila  dHiis  l'égliso, 
el  celte  uistinctioD  vaniteuse  inspira  |)lu8 
d'une  vocolioo  suirie  de  plus  d  un  scan- 
dale, comme  on  peut  lo  voir  dans  le 
Iraité  de  Tertnllien  sur  le  voile  des  vier- 
ges (304).  . 

Les  privilèges  des  vestales  chrétiennes, 
qui.  ou  dire  de  M.  Aimé  Martin,  semble- 
raient les  avoir  environnées  de  la  pompe 
d'impératrice  proilit^uée  aux  vestales  de 
l'idolftlrie,  consistaient  h  avoir  une  place 
h  l'écart  dans  IVgtise,  el  k  se  voir  quelque- 
fois admises  au  rang  des  veuves  ,  pour 
visiter  les  îDfirmt-t  et  instruire  )es  femmes 
qui  se  préparaient  ou  baptême  (36S}.  II  n*/ 
a  pas  de  doute  que  c'était  là  un  avenir 
singulièrement  tentateur  pour  de  jeunes 
Hlles,  qu'elii'S  devaient  sacriSer  ssns  peine 
l'esiiolr  d'un  époui  et  d'une  joyeuse  fa- 
mille h  l'espoir  bien  autrement  séducteur 
d'aller,  peut-être,  quand  elles  seraient  vieil- 
les, visilvr  des  malades  et  faire  te  caté- 
chisme. Comment  des  cœurs  de  dix-huit 
ans  n'auraient-ils  pas  été  pris  au  piège  de 
ces  promesses} 

Seulement  je  ne  sache  pas  que  jamais 
père  de  t'Eglise  ail  remarqué  que,  par  cet 
appftt  ou  par  tout  autre,  on  eut  trouvé  U 
moyen  d'accroUre  le  nami^r*  dee  vierge»  cofl- 
(Acr^M.  Pour  répondre  k  la  vague  affirma- 
tion de  U.  Aimé  Martin,  je  ne  consulterai 
pas  les  écrits  des  anciens  auteurs  ecclé- 
siastiques; je  me  bornerai  k  parivr  du  voile 
dont  étalent  délivrées  les  rierges,  k  ce  que 
l'on  assure. 

Or,  la  liberté  de  ne  plus  emprisonner 
sous  on  voile  jaloux  les  grâces  de  leur 
visage  ne  devait-elle  pas  gagner  au  vou 
de  GOiilinence  de  vaniteuses  jeunes  Qilesl 
L'étégani  préceflleur  des  mères,  le  savant 
correspondaul  de  Sophie  (306],  a  trop  B\t- 
profondi  les  secrets  du  cœur  féminin,  pour 
que  nous  ne  croyions  pas,  sur  sa  parole, 
qufl  les  jeunes  tilles  renonçaient  au  ma- 
riage afin  de  pouvoir  attirer  sur  leur  vi- 
sage sans  viiilu  les  yeux  des  hommes  dont 
elles  convoitaient  la  tendresse;  mais  on 
ne  peut  lui  accorder  aussi  aisément  ce 
qu'il  dit  de  l'eiisieDce  mémo  de  ce  privi- 
lège. Il  n'y  avait  point  de  privilège  ecclé- 
siBstiaue  qui  exemptAt  les  religieuses  de 
se  voiler. 

Les  femmes  moriées  portaient  un  voile, 
les  fiancées  en  prenaient  un  assez  généra- 
lement ;  mais  en  beaucoup  d'endroits  les 
lilles  restaient  sans  voile,  qu'elles  songeas- 
sent ou  non  h  se  marier  pins  tard.  C'est 
contre  cet  usage  commun  h  presque   tou- 


tes les  lilles.  même ceHesqiii  danleDtMdi; 
su  vouaient  «u  célibat,  que  s'éleviieiU  Tm- 
liillien  et  lesreliKleiiaes  propremenldiLn. 
■  Je  montrerai,  s  écrie  raoteur  aTrioiu, 
qu'il  faut  voiler  les  vierges  ehrëlianmi 
depuis  qu'elles  sont  sorties  de  l'enrann... 
Le  démon  soulève  les  filles  des  liommei 
contre  les  vierges  de  Dieu,  elles  font  pa- 
raître Jeur  audace  par  la  témérité  «tccIi- 
quelle  elles  se  découvrent...  Ces  Ollei  du 
monde  se  récrient  qu'ellessont  scandiliséei 
de  ce  que  les  servantes  de  iésus-CbruI 
voudraient  être  voilées,  et  ellei  tiaati 
mieux  en  élre  scandalisées  que  les  imiter.,. 
Il  y  en  a  aussi  qui  voilent  Rébecc«({ei  jUbt 
promises  m  mariage)  ;  mais  pour  lesBuIr», 
je  veux  dire  celles  qui  ne  sont  point  Siih 
céfls,  n'aurailK)n  pas  raison  d'eu  user  <le 
même  f  Les  délais  que  les  parents  ipFw- 
lent  \  les  marier,  ou  b  cause  de  leur  ii- 
digence,  ou  parce  qu'ils  ont  peiiieà  Irounr 
un  gendre  qui  les  accommode,  et  le  m 
même  de  continence  qae  quelques-nb 
font,  prouvent  assex  qu  elles  sont  danin 
même  condition...  Jamais  l'Eglise  d'ï  k- 
cordé  déplace  poriicutiëre  auxvierjoiponr 
les  honorer,  tant  s'en  faut  qu'elle  aitToum 
qu'elles  soient  disfinguéus  par  quïlgut 
marque  honorable  (3Ô7).  » 

L'absence  du  voile  n'était  donc|Mis  uni 
faveur  accordée  par  l'église  à  la  cui}uvUt- 
rie  de  set  viei^os,  et  Tertullien  n'a  |>» 
été  compris  par  M.  Aimé  Martin.  Qub" 
dernier  a  donc  raison  dédire  :  ■  Ces  Viia 
de  l'Eglise  qu'on  vante  tant  et  qu'on  M 
si  peu  (368)  I  ■  Il  le  savait  par<i|>érii.nR. 

<;ÉLIDOINE,évêque  de  Besancon, il^!»^ 
par  saint  Hilairs  d'Arles;  erreurs  liiiK"' 
ques  réfutées.    Voy.   Hilaikk  (Sainlji  I  >* 
et  suiv. 
'  CELSe,cequ'ilditdespreiniarschr£ti«»i 

Voy.  MVTHISHB,  S  VI. 

CÉKËALES,  d'où  originaires,  rsy.aoait 
art.  I. 

CËItËMOmES  du  culte.  Voy.  CuLTX- 

CEIITITUDE;  exisle-t-elle  dans  l«<l«; 
trine  du  progrès  continu  de  M.  P.  Leraiit> 
Voy.  pRoaaËs  continu.  J 

CËSaR;  esl-ceft  lui  qu'on  doit  alIfiM 
1.1  deslriiclion  de  la  bibliothèque  d'.VI»'<H 
(irieï  Voy.  BiauoTUÈQUB  d*ALEXiSPii(J 
S  111. 

CHAIR  ET  ESPRIT,  sens  de  ces  woH- 
Voy.  EucHiwSTrB,  {  111.  —  Mangtr  tathm, 
signiHcation  de  ces  mots  dans  la  ln4^ 
sainte.  Voy,  KucHiaisTis,  S  I.  —  Cbiifi 
comment  devenue  instrument  de  tébibAf 
talion.  Vou.  Mal,  art.  I,  j  V.  ^ 

CHALCIDICS,  platonicien, cité surl'éinV 
dvs  mages.  Vou.  NtissiUCK  bb  i&sus-CBiB^ 
I  II. 

OHALDËENS.  —  Ou  fl  prétendu  que» 


(3U)L.  IV.G.7,  p.  i<l. 

(3U5)  FutiKt,  Kœan  iti  ekrilU»t,  e.,  SI. 

(5UV;  On  sait  que  U.  Aimé  UarUn  i  publié  vn 
vnluniu  de  Lettre»  è  Sophie  mr  /s  pAyiJfM,  ta  cU- 
mie,  etc.  J'aimcraii  itresiiue  auiani  meUreParny 
cuire  les  mains  de  la  jeuueue  qu'une  bonne  psnie 


des  pièces  de  «en  mêlées  i  ces  Lctiret.  . 

(5tiT)  Bu  «otfe  det  tîtrgeê,  {  1,  2,  9,  7,  Utl' 
PgttlhioH  littiraire,  volume  înuiulé  :  C*otJ(  ««  ■ 
KMitUHlt  primitifi  de  rEgtiie  thritteme.  D.  1m. 

(368)  t.  IV,  c.  *,  p.  469. 


au 


NCnOKÎIAIRl  iPOLOCETlQUE 


amules  InitDnqDes  el  dironologiciaea,  aasst 
bimqiie  les  coonsissancesaslronoiniques 
iêt  Ctuldéens,  leur  donnent  une  antiquité 
qui  bit  renonlFr  lenr  uiialence  bien  as 
delidn  temps  auquel  la  Genèse  fixe  l'ori- 
pae  de  notre  planète. 

Les  Chaldéens  on  Babyloniens  sont  sortis, 
rnoiBeonsail,  des  anciens  Assyriens  ^360). 
Or  B^rodote,  seton  h  remarque  jadicteose 
de  Curier,  ne  donne  k  la  suprématie  des 
A'Jrrieiis  que  690  ans  de  dorée,  et  n'en  fait 
rcflMMtrr  rorigine  qu'environ  buît  siècles 
avanllaï.  Quoique  avant  consulté  tes  prêtres 
i  Babylone  mtaifl,'il  n'y  a  pas  seulement 
spfwifi  te  nom  de  Ninus  comme  roi  des 
Aunicns,  el  il  n'en  parle  que  comme  du 
yin  ^T&Kren  (370),  premier  roi  Héraclide 
«w  Lydie.  Cependant  il  le  fait  fils  de  Bélus , 
taul  il  j  avait  alors  de  coDHision  dans  les 
«"oreairs.  Hais  ce  n'est  pas  sa  seule  mé- 
fMTse;  s'il  parle  de  Séœiramis  comme  de 
feue  des  reines  qui  ont  laissé  de  grands 
ntMMunenis  è  Babylone,  il  ne  la  place  que 
sept  générations  avant  Cyrws,  landis  qu'Hel- 
lauieus,  salrefaislorîen  son  contein]iorain, 
atirîlioe  la  fondation  même  de  celle  ville  \ 
CluliJaus,  quatorfième  successeur  de  Ninus 
i3ït).  De  son  cdlé,  JUrose,  babylonien  et 
|TCire,  qui  écrivait  fc  peine  cent  vingt  ans 
apris  Berodole,  donne  fe  Bnltylonenne  nn- 
liqaité  prodigieuse;  mais  c'est  t  Nabuclio- 
4oDosor,  prince  relativement  très-moderne, 
qu'il  en  attribua  Jes  monuments  princi- 
fMi  (372}. 

Hais  ce  qui  prouve  surlnnl  le  pea  de  foad 
qns  l'oo  doit  bire  sur  les  annales  oue  nos 
■dreruires  noos  op]>osenl,  c'est  l'hisloire 
deCynis.Toutcequi  se  rattache  è  ce  prince 
isla«sez  remarquable  pour  que  son  histoire 
Ht  r^rfsitement  connue  et  même  tant  è  fait 
(«palairc  ;  efa  bien  I  Hérodote,  qui  ne  vivait 
^M  cent  ans  après  lui,  avoue  qu'il  Psislail 
M|i  trois  soDlimenls  différents  ;  et,  en  uffet, 
•fixante  ans  après,  Xénophon  nous  traça 
oe  ce  priDce  une  bitwraphie  toal  opposée  à 
celle  d'Hérodote. 

Ctésias  ,  contemporain  de  Xénophon , 
poisq ne, comme  eeJDÎ-ci.H  suivît  Cjrus  le 
JroDe  dans  soa  expédilioo  contre  son  frëra 
Iftaserxès,  prétend  avoir  tiré  des  archives 
wyales  des  Uèdes  une  chronologie  qui  re- 
cule de  plus  de  huit  cents  ans  J^rijjina  de 
■iiDOiurcfaie  assyrienne,  tout  en  laissant  h 
|i  téfe  de  ses  rois  ce  même  Nions,  fils  de 
^tlus,  dont  Hérodote  avait  fait  un  Héra- 
'■i4e,  et  en  même  temps  il  attribue  à  Ninus 
n  «  âéniramis  des  conquêtes  vers  l'Occidtu  t 


d'une  élcndue  absi-roment  incompatible 
non-teulemenl  a*i<c  l'histoire  juive,  mais 
encore  nvec  l'histoire  égyptienne  de  ce 
temps-là  (373)  ;  en  quoi  il  se  Iroirre  furmei- 
lenenl  cnnIredilparBI^giislhëne;  rar.  selon 
ce  dernier,  c'est  Nabacliodonosor  qui  a  fait 
ces  conquêtes,  et  qui  les  a  noussées  par  la 
Libye  jusqu'en  Esjiagne  (37i). 

L  histoire  de  Sardanapnle  offre  encore 
l>eauroup  plus  de  coniradictioiis  dans  les 
différentes  réfutions  historiques  qui  en  ont 
été  faites.  On  savant  a  cm  les  lever  en 
essayant  de  prouver  l'existence  de  trois 
princes  de  ce  nom,  tous  trois  victimes  de 
malheurs  semblables  (375);  è  peu  près 
comme  un  autre  savant  veut  trouver  anx 
Indes  au  moins  trois  Vicrauiadiijia,  égale- 
ment tous  les  trois  héros  d  aventures 
pareilles. 

C'est  sans  doute  le  désaccord  et  tes  con- 
tradiclioBs  de  toutes  ces  relations  qui  ont 
fait  dire  ft  Slrabon,  que  l'on  doit  ajouter 
plus  de  foi  k  Hésiode,  è  Homère,  qa^ 
Ctésias,  A  Hérodote  el  autres  écrivains 
semblables  (376). 

Lorsi^ue  dans  le  v*  siècle  avant  Jésus- 
Christ  1  histoire  des  Chaldéens  se  trouvait 
enveloppée  de  ténèbres  aussi  épaisses, 
comment  veut-on  que  Bérose  ail  pu  les 
dissiper  dans  le  ni'T  Comment  pourrbit- 
on  ajouter  plus  de  foi  aux  quatre  cent 
trente  mille  ans  qu'il  met  avant  le  déluge, 
et  aux  trente-cinq  mille  qu'il  pince  entre  le 
déluge  et  Sémiramis,  qu'aux  registres  de 
cent  cinquante  mille  ans  qu'il  ptétend  avoir 
censullés  (377)?  Ce  n'est  qu'ï  l'époque  du 
second  empire  d'Assyrie  (378)  que  l'histoire 
des  Assyriens  et  des  Chaldéens  commence 
ft  devenir  clsire;  è  l'époque  où  celle  des 
Efryptipns  le  devient  aussi,  lorsque  les  rois 
de  Ninire,  de  Babylone  el  d'Kgypte ,  com- 
mencent k  se  faire  la  guerre  datiS  la  Syrie 
et  la  Palestine.  Quant  k  ces  trente-cinq 
mille  ans  et  ft  cette  grande  suite  de  rois 
que  Bérose  place  entre  le  déluge  et  Sémi- 
ramis, c'est  une  chose  nouvelle,  entière^ 
ment  propre  à  cet  écrivain,  et  dont  Ctésias 
et  ceux  qui  l'ont  suivi  n'avaient  pas  eu 
l'idée,  qui  n'a  même  été  adoptée  par  aucna 
des  auteurs  profanes  postérieurs  k  Bérose. 
Justiu  et  Velléius  Palerculus  (379)  consi' 
dèrent  Ninus  cumme  le  prtmier  des  con- 
quérants, et  ceux  qui,  contre  toute  vrai- 
semblance, le  placent  plus  haut,  ne  le  font 
que  de  quatre  mille  ans  antérieur  au  temps 
présent  (3S0). 

Nous  demanderons  maiolenant  s'il  est 


t^CV)  Om  fistingiie  deux  empires  assyriens,  I'ud,  L  tv,  p.  $87. 

«H.  adM   qndqnes  savanU,  esi  le  |>luii  aiiticri  de  (575jror.  dans  les   Mémcint  de  fÀouliitlit  dm 

"••  le*  reyawBcs,  el  qu'on  nomme  généralement  BiiUi-Utiru.  U  V,le  Himoirt  de  Fa£uT  «r  Pku- 

"  fremèer  tmpirt  dtt  Aufrient  ;  l'aulfe,    qui  fui  toitf  da  Atofritiu. 

■^-  ™-i.  I.  j;.i.i™  A .;...  en  jK^^^  j^  ^3,gj  ST«i»o,  L  si,  p.  507. 

ei  qu'un  appelle  (317)  Vof.  Gemge  le  biMCEUi,  Chmi,,  p.  38,  S9. 


c  tfrih  h  dîviiioa  du  premi 
-«-w  pvypietnt  dî(e,el  Batgioi 
'^  «T>e«e>|aeuce  le  itcond. 
Zl»)  IttBM.,  C/to.  c.  7. 

I571J  >'0f.  Evicias  de  Bfunce  au  mot  C&oUci. 
.  ZH}  JtMCM.,  Conirn  Apfiiom,  L  i,  c  i9, 
'ii^l  IN«KM.  Sic.,  I.  ». 

\Z1l}  JoaKM.,t'MUraApf)fm.,l.  i,  c  6;  Stum., 
DicnossAUB  APOLOcÊngi;!.  1. 


(578i  Voj'i  pluf 
(379)  Jdstm.,  1.  I 

\Sea)  Voy.  CcitEk,  Diuom^  « 
p.  il5-2l!l. 


nCTlONHimE  APOLOGETIQUE. 


Cli 


Kt 


uermis  d'opposer  k  la  dirooologie  mosaïi^ue 
•ur  l'origine  do  monde,  tes  auaaies  bisto- 
riques  des  Cbatdéens?  Ûais  Tojrons  si  les 
eoniiaissances  astrooomiques  de  ce  people 
lui  donnent  la  haute  auliquilé  que  do>  td- 
Tcrsairas  lui  attriltuenl. 

Les  Cbaldéena  éiaienl  un  peuple  qui 
habilail  de  vastes  plaines,  qui  vivait  sous 
un  ciel  toujours  pur.  toujours  serein;  il  est 
done  tout  naturel  de  croire  qu'il  ait  été 
yOTlé  h  observbf  le  cours  des  attres,  mfim» 
dès  l'époque  où  il  était  encore  nomade,  et 
où  les  astres  seuls  pouvaient  diriger  ses 
nuHrses  peodaut  la  nvit;  mais  la  quesliun 
est  de  savuirdepuis  quaod  ils  élaieut  astro- 
nomes, cl  jusqu'où  ils  ont  poussé  l'as- 
'IronoiDW. 

Voltaire,  dans  sê  Pkilaio^t  de  Vkiiloirt, 
prétend,  il  est  vrai,  que  Callisthëne  envoya 
de  Babylone  au  précepteur  d'Aleiandre  le 
<îrand  des  tables  de  mille  neuf  cent  trois  ans 
d'observatioDs;  et  que  ces  tables  astrono- 
miques remontent  précisément  à  l'anuée 
3234  avant  notre  ère  vulgaire,  époque  assez 
voisine  du  déluge,  et  qui  montre  que  les 
Cbaldéens  étaient  déjb  astronomes;  mais 
^d'abord,  en  admettant  l'a  uih  en  licite  de  ces 
willtt  neuf  cent  trois  ans  d'ebiervatious, 
comme  fait  l'abbé  Girard  dans  ses  Leçttnt 
■du  ihiiloira,  nous  remarquerons  avec  lui 
■que  non-seulomeni  ce  temps  ne  dépasse 
pas  la  cbronologie  mosaïque,  mais  quil  est 
inférieur  de  quatre  cents  ans  àlafeuduliou 
-ïla  royauDie  da  Babylone  pur  Numnod.  Eu 
■second  lieu,  ces  tables  astronomiques  n« 
sont  oulieriient  authtiniiques,  coniueBullut 
l'a  prouvé  fort  au  long  [3S1J.  Car  ce  iaiiu'esl 
l'apporté  que  parSimulJcius,  qui  lui-même 
ne  le  tenait  que  de  Porpliyre;  or  le  téuioi- 
tgnage  d'un  eouemi  déclaré  du  cbristia- 
iiisme ,  qui  virait  six  ceuts  aos  après  l'évé- 
uemeni,  ne  mérite  aucune  coatiance;  d'au- 
lant.plus  que  son  témuignage  est  contredit 

£ar  plusieurs  auteurs  plus  anciens  que  lui. 
'abord  Aristote,  h  qui  l'on  suppose  que  ces 
«ilâervations  ont  éié  envoyées,  et  qui  s  écrit 
quatre  livres  du  Ciel,  dont  le  second  traite 
tmpkmentdes  astres  el  de  leur  mou  vemenlp 
n'eu  a  jamais  rien  dit.  Epigène,  cité  par  Pline, 
sous  le  iioin.  d'auteur  grave  [auctor  gravii 
imprimii),  ne  parle  que  de  sept  cent  vingt 
ans  d'observations  célestes  faites  par  les  Ba- 
byloniens [3821.  Itérose  u'a  trouvé,  au  rap- 
port du  mémulMinc,  que  quulre  cent  quatre- 
vingt-dix  ans  jusqu'à  son  temps,  durant  les- 
quels les  Babyloniens  avaient  observé  les 
astres  (3S3J.  Critodème,  encore  cité  par 
i^Iine.cunvienliiarfaitemenl  uvecBérose  sur 
ce  point  (384).  Kntlu  •.  Ptolémée,  comme  le 
remarque  Delambre,  nous  dit  bien  que  det 
écliptet  ont  été  apporté»  dtBabylont;  il  tu. 


calcule  plusieurs,  mais  la  preinibrsnt  n- 
monte  qu'6  l'an  780  avant  notre  ère,  a'ui* 
i-dirt  à  l'an  36de  Nalionassar;  s'il  y  ea  mil 
fa  de  plus  anciennes,  il  n'eftt  pas  maaqat 
de  s'en  servir  pour  la  déterminiltop  do 
mouvement  de  la  lune  ;  et  une  preuve  ntti 
bonne  qu'il  n'en  avait  pas,  c'e»t  qu'iliphj 
pour  é|ioque  de  ses  t»bles  la  première  année 
de  Nabonassar.  Son  iutenlion  était  que  ici 
tables  servisseni  au  calcul  de  Iculei  in 
éclipses,  tant  passées  quefulures;i]ne«iii- 
naissait  donc  trés-probabltmentauranaoli. 
servBtion  plus  ancienne  que  Nabonisui 
(3851.  •  Parlant  de  ces  mêmes  oLtservaliou 
de  Ptolémêe,  Cuvier  ajoute;  ■  SHes  août 
grossières;  le  temps  n^y  est  eiprîmé  qu'en 
tieures  et  eu  demi- lieu res,  et  l'ombre  qu'en 
demi  ou  en  quart  de  diamètre.  Cependant, 
cunimu  ulles  avaient  des  dates  certaines,  \» 
Clialdéeus  devaient  «voir  quelque  couoait- 
sauce  de  la  vraie-  longueur  de  l'anoi^  et 
quelque  moyen  de  mesurerletemps.llsi» 
raissent  avoir  connu  la  période  de  dii-bél 
ans  qui  ramène  les  éclipses  de  iune  daailt 
même  ordre,  et  que  la  simide  înspeitiuiid! 
leurs  registres  devait  prumptemeat  letii 
donner;  mais  il  est  constant  qu'ils  nessvaieai 
ni  expliquer,  ni  prédire  les  éclipses  de  so- 
leil. 

«  C'est  pour  n'avoir  pas  entendu  aDpai- 
sage  de  Josèplie,  continue  Cuvier,  que  Cis- 
sini  et  d'après  lui  Bailly,  ont  prétendu  ir 
trouver  une  période  luni-siolaire  de  sii  cenli 
ans,  qui  aurait  été  connue  des  premiers  [H- 
Iriarclies  (386J. 

>  Ainsi  tout  porte  è  croireque  cetlegrandf 
réputation  des  Cbaldéeus  leur  a  été  Uile' 
des  époques  récentes,  par  les  indigna  5u[> 
cesseursqui,  sous  le  méuie  nom,  vendaieD' 
dans  tout  l'empire  romain  des  )ioroica|it) 
et  des  prédictions,  et  qui,  pour  se  priKum 
plus  de  crédit.attribuaieuta  leurs  ^tami 
ancêtres  l'houBeur  des  découvertes  ^ 
Grecs  (387).  ■ 

Apres  avoir  dit  qu'on  ne  trouve  cliei  I" 
Cbaldéens  que  ([uelques  observations  grui^ 
slères  d'éclipsés  fort  mal  déteriuinévssou^ 
tous  les  rapporta ,  et  avoir  prouvé  ijui 
cilles  que  Ion  prétend  avoir  été eiivo)'ée 
parCalIisthène  à  Aristote  ne  sont  nulleniea 
au ttieoUques,  Delambre  ejoute:  aCe  naiti 
sorti  deplusingéniauide  l'éculectialdéenat 
c'est  sans  aucun  doute  l'iiéinisptière  creu 
de  Uériise,  le  premier  et  I»  plus  répandu  di' 
cadraus  solaires,  et  le  premier  londeniei 
de  la  gnomuoique.  Uais  ce  cadran  ne  saf 
po&e  d'autre  connaissance  que  la  furnie  < 
le  mouvement  sphérique  du  ciel,  et  iiol 
ne  voyous  en  ces  uotioiis  aucun  moyen  iwt 
arriver  à  une  astronomie  peiTecliuiiuëi^.- 

■  ApoUouius  Uyudien  attribue  aaxCbt 


(381)  BUU.BT,  Bépotuet  etil.,  t.  I,  p.  6Qet  inîv. 
Vog.  encore  Ueiaiubre,  Uiuein  it  Puirommie  an- 
titnne.  Discours  préliin.,  p.  vu. 

(381)I^)H.,  I.vn,^.  5G. 

(583J  Plin.,  1.  vil.  G.  3. 

(384)  PuH.,  ].  VII,  e.  56. 

^385)  DsLkUKE,  Untoittdt  Catlrmomi*  mittitiHit, 


Discours  nréli m.,  p.  vu,  vin.     . 

(380)  Voy.  Baillt,  ffril.  de  Catlron.  ane.  et  Di 
LAMBKE,  dans  son  ouvrage  sur  le  même  «ujci,  <- 
p.  3.  Cuvier  n'a  Caîl  ici  qu'abréger  co  savaiil  ait" 

(587)  CuriEi,  Diteowt  lar  Ut  révoL,  p.  H 


ou 


UCTIO:«AUIE  APOLOGEIIQl'r. 


CBA 


9» 


iietis  des  idées  forr  >9irtes  sur  it-s  troinèles, 
qu'ils  regartlsJDiil  comme  des  j)lanttes  qui 
iwmdI  visibles  que  dans  anepBriitide  leurs 
r^rolufions,  el  reparaissetil  it  cerlaÎDS  iuler^ 
Tilles.  Ce  ne  s«rail  encore  iiu'aDe  conjectura 
nisoonabte,  puisqu'on  no  l'ap|iujrait  <i'au' 
cnne  nlMervation;  miiis  Epigëue,  aulredîs-' 
dj-lede  cesmAmes  Cbaidéens,  dous  assure 
^alls  r^ardsient  les  combles  comme  des 
npearsamssséesmomenUHémeot dm*  l'Ht- 
■i<ic|ibère;  on  ajoute  qu'ils  prédisaient 
l'a*«iiîr  pyr  le  mouvement  de»  astres  (388]. 
JogeoDS  de  leurs  coanaissances  par  ces 
inrts  et  par  retplîeatioo  qu«  Bérose  donne 
desédipses.  Suivant  ce  ChildéiiO  eélèlire, 
la  l«M  touro«  vers  nous  momeotanéaieut 
ta  patiM  qui  n'est  pas  de  feu.  Suivant  d'au- 
tf«  notiaoa  apportées  en  Gr&ce,  ta  lune  et 
le  acJctl  sont  dM  feoi  qui  parcoorent  les 
espaces  célestasdans  des  cbars  fermés.  Dd 
cAé  seoleowDt  est  ouvert  d'un  trou  rond. 
ai  par  hasard  l'ouverture  vient  k  se  fermer 
M  à  le  rétricir,  nous  observons  una  éclipse 
toute  ou  partielle.  Voilà  donc  quel  était 
féiat  du  la  scienea  chez  cbs  Cbaidéens  et 
c«s  EerpliaBS  si  vantés  (388).  ■ 

Dans  nn  autre  endroit,  le  infime  savant* 
en  partant  des  observations  écliptiques  des 
Chaldéeas,  dit;  ■  D'ailleurs  eu  quoi  coo- 
siaient  ces  observatioos  ?  Tat  jour,  deux 
ànruavomt  mùnuit  on  une  heure  aprii  le  cow- 
eàer  é»  ioleii,  l»  tttM  a  élé  éeUpiét  au  nord 
•«Mi  tmd,daUwuUié»u  duquart  deiondia* 
■c(r».La  temps  n'est  exprimé  qu'en  heuresi 
la  qoanlilé  de  l'éclips«  qu'en  demi  ou  quart 
Adiamèueteiqua  laul-il  pour  de  pareilles 
obsenatiooSi  que  des  /oui  et  un  peu  d'aï- 


I  Ces  iBêmes  Cbaldétdis,  au  rapport  de 
Ihodore  de  Sicile,  observaîeut  assidûoieut 
Jai  levers  et  les  cuuvbHr&  des  étoiles  et  des 
p<aaèlea,dedessuslatourdtttemple(lcBélus, 
ilODt  uoi>  iace  regardait  le  midi,  une  autre 
l'orirai  et  OHa  troisième  l'occideut.  Ce  récit 
n'a  rien  que  de  iria-vraisemblable,  el  ncus 
n'avoos  aucua  motif  pour  le  révoquer  en 
diHMe.Ces  «luervatious  ont  pu  donuer  aux 
CbaldéaosuQ  premier  aparçu  de  la  longueur 
de  raaiiée,la  prciuière  nolioo  de  l'ul^liquité 
de  la  rente  annuelle  du  soleil  par  rapport  à 
l'éqoataur,  et  les  conduire  à  une  «iivisioa 
du  sodiaque.  Ils  n'avaient  cependani,  sui- 
vant loole  apparence*  aucune  idée  bien  oetto 
de  l'éctipLique;  ce  n'est  pas  non  plus  ce 
cercle  qu'ils  ont  divisé.  On  nous  dit  qu'ils 
vut  déterminé  les  parties  de  i'équaleur  qui 
ussaut  par  l'horizon  daiia  un  temp^donué. 
Le  uomt»«  de  ces  parties  est  toujours  pro- 
pvrtiouiiel  au  temps  écoulé  ;  mais  il  n'en 
raÀ.  i>»»  daméma  des  arcade  l'écliptique  qui 
ae  lèvent  daus  le  même  temps.  L'opération 


éf.  I*KMl«re  de  Sicile,  cité  par  Delanibre  lui-mérae, 
[.  I.  p.  BLiX  des  àddittuiu  et  eorreetioiu  ijui  font 
^ûle  aa  Dbcours  ptélimtnilfe  de  ton  Bût.  de  fat- 

IZS91  thutaa.  BUt.  de  retlnMomie 
Kc  pKtuB.,  t.  I,  p.  vni. 


qui  pat-lageail  égalem^t  l'équateur  nb  |)Oti' 
vait  diviser  -que  irés-inligaieineat  l'ébiip- 
lïque.  L'équateur  fui  divisé  par  eux  endouiu 
partie»  égalesqu'ils  firent  correspondre  aux 
douze  mois  de  l'année  solaire.  S'ils  divi- 
sèrent aussi  le  zndiaqueen  vingt-sept  ou 
vioat-buit  parties  égales  cette  division  fut 
indiquée  parla  lune.qu'ilsiHtuvaienl  suivra 
des  yeux  pendant  une  denii-iévolulioD .  et 
en  différentes  parties  du  ciel  successive- 
ment. Oetle  méthode  est  si  naturelle,  qu'elle 
a  dû  naître  cbez  tous  les  peuples  qui  ont 
voulu  se  faire  une  astronomie  (390.  a 

Il  résulteévidemment  de  cette  discussîoa 
que  les  connaissances  et  les  monuments  as- 
tronomiques des  anciens  Chaldéens  ue  sup- 
posent pas  dans  ce  peuple  une  existence  qui 
remonte  au  delà  de  six  ou  sept  mille  ans, 
époque  h  laquelle  Uulse  iite  l'origine  du 
monde  (391). 

CHAH,  peuples  qui  en  descendent.  Tog. 

l^TCHOLOOIK,  i  IV. 

CHAUPOLLION-l'IGEAC,  prétend  Qipli- 
qoer  sans  miracle  le  [lassage  de  Is  mer 
Bouge  par  les  Israélites.  Voy.  note  XII  bi», 
k  la  fin  du  tome  II. 

CHAPITRES  i  et  II  de  saint  Mathieu  ;  dif- 
ficultés à  leur  sujet,  foy.  note  V,  i  la  tiu  du 
Volume. 

CHARITÉ,  est  le  principe  des  forces 
communiquées  à  l'âme.  Foy.  SicaBuaRT,  $  II. 

CHARLES  LE  CHAUVE.  —I.M  éviqute. 
iottt  ceroi,  furent-iU  iei  maitres  du  roi  et 
de  t'Elair 

■  Ce  Charles  le  Cbsuvci  dit  H.  Uiche- 
let...  d'abordi  c'est  l'homme  des  évéques» 
l'homme  d'Hincmar,  le  grand  arcbevéquo 
de  Hpims:  c'est  eu  quelque  sorte  au  uuoi 
d«  l'Eglise  qu'il  fait  la  guerre  à  Lotliaire,  k 
Pépin,  alliés  des  [laïeiis  i392).b 

Les  évoques,  à  la  fois  grands  seigiieursét 
ministres  de  Dieu,  se  trouvaient  au  pre- 
mier litre  mêlés  à  toutes  les  alfaires  imporr 
tantes  de  l'Etal,  el,  an  second  titre,  ils 
étaient  chargés  d'éclairer  les  consciences 
royales,  de  sacrer  les  souverains,  el,  com- 
me on  le  croyait  alors,  de  les  juger  en  cer- 
taines occasions  et  de  leur  imposer  la  pé^ 
nitence  publique  qui,  selon  les  lois  reli- 
gieuses et  politiques,  enlrstnait  leur  dépor 
silioD.L'oo  ne  peut,  toutefois,  ebus  grave 
erreur,  soutenir  que  le  clergé  ftlt  le  maître. 
Nous  eiaminerons    une   i    une  toutes   les 

Sreuves  de  celle  pri^leodue  omnipotence. 
I.  Michelet  vient  d'exposer  ta  première  de 
ces  preuves.  Or,  il  est  faux  que  Charles  ait 
combattu,  m  quelque  tarte,  au  nom  de  l'E- 
glise, son  frère  et  son  neveu  fc  causa  de  leur 
alliance  avec  ù^  païens. 

Quels  furent,  en  elfcli  les  agresseurs? 
Est-ce  que  Lothaira  et  Pépin  ne  vinrent  pas 

(5W)  Dkladm,  BUt.  de  rattronomU  wtcwute,- 
..  1^  p.  i. 

|3Ut)  On  sait  que  l'Age  *Iu  monda  est  d'environ 
6, 000  ans,  skIou  le  leiie  hûlireu,  et  de  7,000  à'»-- 
près  la  version  >les  Scpianie. 

(392)  nut.  de  Ft.  l.  I,  t.  Il,  c  3,  p.  318. 


^G7 


CIIA 


DKTIONNAIKK 


«llatluer  Charles  et  Louis  le  GermAniqiie  T 
C'est  M.  Mic'heiel  qui  nous  fournil  laftreitre 
que  le  rui  de  Neiislrie,  bien  loin  de  se  |>oser 
en  ctiflitifiion  de  l'orihodoKio  cnnlre  les  al- 
liés des  païens,  ne  fit  quu  se  défendre,  lorï- 
(fu'il  lie  put  désarmer  par  le  prière  ses  pro- 
vocateurs. •  L'empereur  {Loui»  le  Débon- 
nairtt),  dit-il,  iDOHrutà  Ingellieim,  dans 
une  Ile  du  Rhin  près  Maypnco,  au  centre  de 
r«fnpirii,-vt  l'uniléde  l'empire  mourulavec 
lui.  C'élail  une  "vame  enipopriae  que  d'en 
(«nier  la  résurrection,  comme  le  fil  Lolliai- 
re....  Le  jeuDe  Pépin,  qui  se  joignil  k  lui, 
par  opposition  h  <jharles  le  Chauve,  aine- 
nnit  pour  coiilini;enl  l'armée  d'Aquitirine.., 
Toutefois,  ce  nom  <te  lils  arné  des  -tiis  de 
Chnt'lemagne,  ce  tilre  d'empereur,  de  roi 
d^llalie,  et  aussi  d'avoir  Rome  e(  le  Pniie 
fiour  soi,  loul  oHa  imposât  eucore.  Ce  4ut 
donc  huiiiblonicni,  au  nom  de  Ui  paii  Ao 
l'Eglise,  des  pauvres  et  des  orptielins,  «jue 
les  rois  de  Germanie  et  de  Neuslrie  ■»'«- 
dressèrent  î>  Loihaire  quand  les  araiées  fu- 
rent en  présence,  h  Fontenai  ou  Foiile- 
naiHe,  près  d'Auierre.  Ils  lui  oifrirent  en 
don  loul  ce  qu'ils  aTaienl  dans  leur  armée, 
h  l'eicepHondesclievaui  et  des  armes;  a'il 
nevou'lail  pas,  ils  consenlaient  à  lui  céder 
diacun  une  portion  du  royaume  (393).  ■ 

Or  ce  Charles  ie  Chauve,  qui  iflche  si 
humblement  d'acheter  la  pai-x  que  son  frère 
lui  refuse,  ne  ressemble  guère  è-un  dévot 
«hevalier  qui  va  pourfendre  les  païenset  fes 
alliés. 

Puis,  quelles'  distractions  que  de  faire 
eliâlier  par  Charles  le  Chauve  et  Louis  le 
<iermamaue  l'alliance  dont  il  s'agitlComme 
si  cette  alliance  n'avait  pas  été  postérieure 
à  la  bataille  de  Fontenai,  et  comme  siChiir- 
les  et  Louis  n'en  conti-sciaient  pas  eni- 
■Détutis  à  chaque  instant  de  pareilles!  Enfn, 
si  Loihaire  avait  pour  lui  Romt  et  le  Pape, 
cela  Q'flurait-H  pus  fait  excuser  l'alliBiice 
avec  des  infidèles  (39U  T 

M.  BfiCHBLBT  :  —  a  Ce  qui  assura  la  su- 
f>ërierité  è  Charles  et  à  Louis  [après  la  hi- 
taiHe  -dt  Fonlenai),  c'est  que  Lothaire  et 
Pépin  «yant  essayé  de  s'appuyer  sur  les 
Saxons  «tles  Sarra«ins,  l'Eglise  se  déclara 
contre  eus.  H  faHut  bien  que  Lotliaire  sa 
contentât  du  tilre  d'empereur  saus  en  ex-er- 
cer  l'autorité.  ■  Les  évêoues  ayant  tous  été 
■  d'avis  que  la  paix  retjodt  entre  les  trois 
«  frères,  les  rois  lirentienirlesdéputés  de 
«  Lothaire  et  lui  accordèrent  ce  qu'ils  de- 
«  aiandaii.  >  L'odieux  secours  que  Loihaire 
tvait  demandé  aux  païens,  et  dont  plus  tard 
son  allié  Pépin  Bt  aussi  usaite  dans  l'Aqui- 
taine, sembla  porter  maliieur  à  sa  fa- 
luille.  ■ 

Comme  l'étroit  système  de  H.  Hiehelet 
luicacbela  vériléJ  Cequi -assura  lasupéno- 


APni.OGEnQiiF,  ^tu  iat 

rilé&Charlflset  ài0nfrèrel/>uiia{rè9l(fi<i. 
loire  de  Fonlenai,  ce  fut  la  fuite  précipitée 
du  comp  de  la  Moselle  à  l'approtliu  du  l'ar- 
mée de  Charles:  cq  fui  l'indiffértnce  ilej 
Ilaliens  et  des  Provençaux  quand  on  leur 
adressa  de  nouveaux  appels  aux  nrioes;  ce 
fut  l'esprit  d'indépendance  qui,  dms  ces 
guerres,  poussait  les  peuples  è  rompre  le 
gènnnt  foisreau  de  l'unité  impériak.  H 
M.  Michelel  croit  au  conlraire,  que  les  étS- 
ques  avaient  dit  aux  nations  viclorieaws: 
a  Vous  relèverez  de  l'empereur  Lotliaire, 
comme  vous  releviez  de  aoo  aïeul  l'empe- 
reur Cfaarlemagne  :  il  croit  qu'elles  au- 
raient obéi  I  C'est  là  ne  rien  comprendre  à 
l'histoire  des  troubles  du  ix*  siècle,  ploi 
heureusement  expesée  par  M.  Augustin 
Thierry  (395).  • 

Pour  avancer  que  si  le  seul  etstérila  titrt 
d'empereur  resta  à  Lothaire,  il  le  dut!  Ii 
haine  des  évèques  contre  les  alliés  de  » 
prinoe,  il  faudrait  qu'à  l'assemblée  de  Vc 
duii  on  se  fût  occupé  des  a  liances  plusH 
moins  orthodoxes  de  l'empereur.  Il  n'y  n 
fut  point  question,  on  parla  uniquement di 
liesoin  de  faire  régner  ta  paix  «nirt  la  tmi 
frira. 

M,  MiGBKLET  :  —  (Le  roi  de  France  m 
contraire  fut  au  moins  dans  les  premiers 
temps  l'homme  de  l'Eglise.  Depuis  qiieeelU 
contrée  avait  échappé  b  TiiiQuence  gero»- 
nique,  l'Eglise  seule  y  était  puissante;  le) 
séculiers  n'y  4)alaii{»îent  plus  son  pouvoir, 
Les  Germains,  les  Aquitains,  des  Irlandiii 
même  et  des  Lombards,  semtiJent  avoir  tenu 
plus  de  place  que  les  Neuslriens  à  la  cour 
carlovinifienne.  Couvernée,  défendue  p>' 
les  étrangers,  la  Neusirie  n'avait  àt\m 
longtemps  de  force  et  de  vie  que  dan»  son 
clergé.  Du  reste,  il  semble  qu'elle  ne  (né- 
sentait  guère  quedes  esclaves  éparssurl« 
terres  immenses  et  h  moitié  inculte>(f'> 
grands  du  pays;  les  premiers  des  ^n>^ 
les  plus  riches,  c'étaient  les  évoques  et  lu 
abbés.  Les  villes  n'étaient  rien,  exceplMe^ 
cités  épîscojiales  ;  mais  autour  de  cbaqvo 
abbaye,  s'étendait  une  ville,  ou  au  dwio! 
une  bourgade  (396).  s 

Deux  bien  graves  questions  sont  sodI^ 
▼ées  dans  ce  fragment  :  l'une  sur  la  ricli6S« 
du  clergé  au  ii"  siècle,  l'autre  sur  létil 
àeia  population  à  la  même  époque.         I 

Hably  s'explique  ainsi  sur  la  première' 
■  Si  le  clergé  {apriê  iei  brutales  tpoliativ» 
enduréet  svut  Charlti- Martel  et  quelquet-W 
àt  tee  »ucctt$euri)  avait  recouvré  des  ri 
chesses  iniœenses,  si  on  lui  avait  donné  d 
grandes  terres,  son  sort  n'était  pas  plus  beu 
reux.  Lesévèquos  et  les  abbés  n'étant  poiii 
en  éiBide  défendre  leurs  possessions,  il< 
puis  que  la  force  décidait  de  tout  va  France, 
luurs  plus  grands  domaines  deviurent  I 


{593}  0ii(.  de  Fr.,  t.  I,  I.  u,  c.  3. 

(39i)  Ouixl  H.  Uichelel  Jh  que  Loihaire  avait 
^o^  lui  Rome  cl  le  Pape,  il  Tait  prabatileineiit  al- 
/isioii  à  la- présence  i\'\ia  légal  qu'on  rencunira 
dans  ta  camp  deLolliaire  A  Foiilcnai;  mais  ce  per- 
•ftunage  lie  le  (rouviiil  poiul  Ik  jiour  ajipuycr  la 


cause  de  Lothaire;  il  avait  été  envoyé  pourrécM 
cilier  les  quatre  pareiilft  armés  tes  uns  conwe  ^ 
antres  :  saiiile  nuiaioii  qu'on  n'avail  pas  ï»x%U  m 
conij>lir. 

(5SI5)  Lettre  tur  rhùtoin  it  Frantt. 

{■m)  T.  1,  p.  580. 


au 


UICTION-NAIRE 


proie  de  )'avsrice  «les  seigneurs.  On  vil  des 
laïques  s'établir,  les  armes  i  la  main,  diins 
lesiltbayes,  preoilre  luèmn  lu  lilre  d'abb6s, 
et  w  laisser  Ji  leurs  moines  qu'^  la  liberté 
lie  prier  Dieu  pour  la  prosjiérilé  de  leurs 
(«nfeuleurs  (397).  ■ 

Fondé,   comme    Hsbly ,   sur  de   nom- 
bnn  docaoïeots   du   tiii*  et  du  ix*  siè- 
de,  H.  Guizol  dit  aussi  :  •  Qiian<l  Chnrles 
Uartel,   poussant  avec  vigueur  les  guerres 
qu'il  avait  i  soutenir,  réprima  les  pelils 
Urans  qui,  dans  toute  la  France,  s'étaient 
*rrogé  l'empire,  la  nécessité  le  détermina 
i  enlever    aux   ece I es i astiquas    un  gmnd 
MBbrede  domaines;    il  les  réunit  au  fisc 
cllesi«rlagea  ensuite  k  ses  guerriers  (CAr. 
tnlmttmm).  »  Probablement  Charles  Martel 
61  rWoB  alors  que  Taire  acorder  ou  retenir, 
ililrede  précaira,  des  biens  ecclésid^ti- 
qnes;  il  déposséda  absolument  les  églises 
de  bien*  qu'il  ronférs  i:omme  des  bénéGccs 
ëtoanés  e(  tenus  de  lui...  Les  bénétices  con- 
férés  par  Charles  Martel  sur  les  biens  ec- 
désiasliques  se  trouvèrent...  convertis  [par 
fip'm  tt  Cariomm)  en  bénéfices  temporai- 
rt;s.  Que  les  nondilious  de  ces  concessions 
fussent  eiactement  observées,  que  le  cens 
coiiveou  rûlpa/é,  que   les   églises  rentras* 
sent  eu  possession  de  leurs  biens  au  terme 
liié,  on  présume  sans  peine  qu'il  n'en  fut 
rien;  et  les  cuntinuels  elTorls  de  Pépin  et 
de  Cliariemagne  pour  obliger  les  délenteurs 
|ù  precnri'oj  des  domaines  ecclésiastiques 
s  remplir  leurs  obligations  envers  les  pro- 
priétaires primitifs,  le  prouvent  clairement... 
Chartes  le  Chauve  prescrirtl  que,  weioti  Van- 
àf»  Msagr,  la  durée  du  bénéfrce  m  precario 
serait  Uk  cin']  ans,  et  que  tous  les  cinq  ans 
I* bénéficier  serait  tenu  de  faire  renouveler 
MB  litre.  Mais  la  législation  ne  se  montre 
si  laborieuse  que  lorsqu'elle  est  à  peu  prèr 
ioipaisMiite;  les  rois  rendaient  ces  lois  à  la 
demande  des  évéques  dont  ils  redoutaient 
la  eulèr»,  et  en  même  temps  ils  continuaient 
à  autoriscf  l'usurpation   des   bénéfices  ïn 
precario,  ou  même  à  en  accorder  do  nou- 
veaux aux  liommes  qu'ils  avaient  besoin  de 
t'allaeher.  Chartes  te  Chauve  se  prêta,  du- 
rant tout  son  règne,  à  de  semblables  enva- 
liîssenients.-.  Il  est  donc  probable  iiue  peu 
de  ces  biens  furent  rendus  aux  égiiseSf  et 
que  It  plupart  des  bénéfices  temporaires  qui 
avaîenl    eu   leur  origine  dans  ces  conces- 
sions îa  precario,  putique  constante  du  vi* 
ao  X'  siècle,  devinrent,  comme   les  autres, 
)a  propriété  béréditairedesdétenteurs(396). 
Telles  furent  les  richesses  du  clergé  au  ix* 
siècle  ;  elles   nous   semblent  immenses,   si 
iiuus  considérons  les  titres  des  égli!<es,mais 
bvus    les    Toj'ODS    extrêmement    réduites 

''•97)  Oiurral.  lar  féiil.  <U  Fr.,  I.  ii,  c.  i.  — 
yir  tmron  :  DUeomri  tnr  CbiMl.  de  Frmtice,  par 
"•«Ktii.  L  X,  dJK.  13,  p.  216,  eic. 

I^^Si  IV-  Emv  t»r  r bUi.de  France.  L  1,  1  S. — 
'':  GnénnI  dans  la  UTante  ïnlreilutHion  dunl  it  a 
Y*  ptécédiY  ton  édition  itu  Cmriitlaire  de  JV«fn- 
r*^t  de  Pmria,  parte  aussi  «tes  bien*  immenta  dont 
^  rlçTfé  était  possesseur,  du  moins  ro  certaines 
^bôilraks  (p.  kixtuJ,  mais  en  avooanl  (  p.  iltii) 


APOLOCETIQl^E.  OU  S» 

quftnd   jnous    nous   en    tenons    an    H\xS 

ReintiveaienI  h  la  jiopulation  de  cette 
lointaine  époque,  niici  comment  s'exprime 
nn  auteur  contemporain  de  Charles  le 
Chauve  :  ■  Oui  aurait  cru,  qui  aurait  ja- 
mais pu  s'imaginer  ce  que  nous  avois  vu 
arriver  sous  nos  yeux,  et  ce  qui  fait  le  su  - 
jet  de  nos  gémissements  et  de  Dos  larmes, 
qu'une  troupe  de  pirates  (/m  A'ormandf). 
composée  d'hommes  ramassés  au  liasnnl, 
fût  venue  jusqu'à  Paris.et  eût  brâié  les  égli- 
ses et  les  monastères  situés  sur  les  bord» 

de  la  Seine?  Qui  aurait   pensé qu'un 

royaume  si  célèbre,  si  fortilié,  si  étenilu,  tt 
lipeuplé,  se  trouvât  destiné  h  être  humilié 
et  déshonoré  par  les  ravages  de  ces  bar- 
bares (399JT  > 

11  est  dîlDcile  de  croire  qne,  si,  en  dehors 
des  possessions  eccléstasliques,  il  n'y  avait 
eu  en  Gaule  que  de  loin  en  loin  une  llnttD 
d'esclave,  on  auraitadniiré  les  furtiBeatioDS 
et  la  population  du  pays. 

Hais,  le  clergé  eût-il  été  le  plus  riche  en 
terres  et  en  colons,  il  ne  sVu  suivrait  pas 
qu'il  ait  été  le  maître  du  roi  et  de  la  Neus- 
trie,  puisque,  selon  M.  Michelel,  le  roi 
laissait  gouvenuT  tt  défendre  leroyaum*  par 
lu  élraitgtri  dont  it  peuplait  ia  cour. 

H.  MicHELKT  :  —  ■  Charles  le  Cliaiive  ne 
fut  d'itwrd  que  l'humble  client  des  évéqiies. 
Avant,  après  la  bataille  de  Fonlenai,  «kns 
ses  négociations  avec  Lotlihire,  it  se  plaill^ 
surtout  de  ce  (}ue  celui-ci  ne  respecte  pas 
l'Eglise.  Aussi  Dieu  le  protège.  Lorsque 
Lotnaire  arrivu  sur  la  Seine  avec  son  armée 
barbare  et  païepne,  dont  Its  Saxons  fai- 
saient partie,  le  fleuve  enHe  miraculeus»- 
ment  et  couvre  Charles  ie  Chauve  (kOO).  » 

U,  Uichelet  :  oublie,  h  ce  qu'il  paraît ,  ce 

f[u'il  nous  a  raconté  d'après  Niihard:  «Ce 
ut  donc  humblement  au  nom  de  la.i'aix 
de  l'Eglise,  des  pauvres  et  des  orphelins, 
que  les  rois  de  Germanie  et  de  Neustrie 
s'adressèrent  ft  Lothaire.  ■  Le  cœur  de 
Charles  so  préoccupait  donc  sutnnl  delà 
pitié  qu'on  devait  au\  pauvres  giins  et- 
|K)sés  &  tous  les  ravages  de  la  guerre,  que 
du  respect  envers  l'Eglisn.  H  songeait  î  tout 
ce  qui  avait  besoin  de  protection.  - 

M.  HicHBLKT  :  —  ■  Les  moines,  avant  de 
délivrer  Louis  le  Débonnaire,  lui  avaient 
demandé  s'il  voulait  rétablir  et  soul«air  la 
culte  divin  {U)l).  » 

L'empereur  captif  fut  interrogé  rmn-pas  par 
des  moines  seulement  et  sur  les  seuls  inté- 
rêts de  l'Eglise,  mais  per  tous  ses  partisans 
et  h  la  fois  sur  l'Eglise  et  sur  l'Etat.  ■  Alors, 
dit  l'bistorieB  Nittaani,  soit  les  moines  dont 
nous  avons  parlé,  soit  les  autres  personnes 
qui   regrettaient  aussi  ce  qu'on  avait  fail 

qoe,  au  viii*  et  au  ix*  siècle,  les  églises  M  lesia^ 
nasiéres  te  rirent  dépouitlêa.  Touiëfois  ses  remar- 
ques ont  besoin  d'étn:  coioplélées  parceUes  éf  Ha- 
blyel  de  M.  Guixot. 

(Û99)  PiscHuics  RinEBTns,  in  Jeremimm^  I.  iv, 
liliera  Umei,  p.  817  du  t.  XIV  da  la  Jfu.  BiU. 
Kl.  Pair. 


(401)  P.  : 


I.  ?81. 


S71  CIIA  DICTIÛMNAIRE  APOLOGETIQUE;  j^j 

{contre  Louis  le  Délonnairr),  coiiiineiicèrent  îes  prélnU  s*iiss{>nibSèrenl  (J'eiii-mèniRt  t\ 
h  lui  ileiuanOcr  s'il  voudrnil  relever  el  |)ro-  se  iicrmirenl,  de  leur  propre  clipf,  tle  jugtr 
légor  selon  ses  forces  la  chose  [luUliqiie ,  ixjliiiquement  I.i  conduite  Ars  ilcui  roit? 
Ai\\\%i  le  ffls  où  on  \a  lui  reixlrotl,  el  sur-  lii,  cotpine  plus  liaul ,  le  Icite  dn  N'ilbafil 
loullc<:ull(!jivjn(&03).  BMèiiKtlangagedans  dément  l'inGdète  ri^sumé  ite  M.  Hiclie'et- 
I?  Vil;  du  fa.meuï  abbéVala  (103^.  -     -     - 

M.  MicHËLET  :— 5  Los  évâqiies iiiterrog<>nt 
A.\:  inCnii!  Cliiirlfts  le  Cliauve  et  Louis  la 
4.îerHiauiquo,iiuislcurconrèrent  le  rovauine 
(404)..  .         _.,._ 

Après  Ia  bnlaille  ile  Fcxntenay,  les  deux  déclariJ,  dans  colle  assemblée,  qu'on  naii 
Vahiqueurs  se  rendireni  6  Aii-la-Cliapello  conibflUu  ^our  la  ssulejuslireiquulejiiiie- 
jiour  délibérer  sur  ce  qu'il  fullsil  faiie  du  w.cni  de  DieuVarait  jirouvé  maniri-sleiutiDl, 
Voyauiiie  de  Lothaire  fugitif;  mais  ils  jugé-  fît  qu'jiiq&i  quiconque  irait  pris  part  ï  \il- 
yeni  ii\ibord  à  propos  de  suuineltre  la  chose  faire,  soil  par  conseil,  aoit  par  action,  ^itil, 
aux  évéques  el  ans  prêtres  dont  ils  avaient  comme  inslruineiit  de  la  volooLéde  Dieu, 
jirès  d'eui  un  très-grand  nombre. 

Si  les  évéques  s'étaitnt  imposés  eux- 
rnémcs  pour  irancliL-r  la  diUiculté,  je  recon- 
naîtrais en  eui  les  maîtres  des  deux  rois; 
tiiais  ils  furent  mandés,  ils  tirent  ce  quu 
von  souhaitait  et  comme  on  le  soulisilait, 

|,>uis  le  délirent  un  peu  après, quand  les  jours  fut  célébré  arec  em^iressementelani 
l'iiinces  voulurent  sn  rdcnnuilier.  Bien  loin  snJenniLé  (408).  *  C'est-îi-dire  i|u«  lo 
lie  voir  là  des  matires  ,  j*y  aperçois  de  trop  évéques,  (fans  ce  cas,|ie  furent  que ilu 
faibles  serviteurs.  cssnistcs. 

M.  MiODELET  :  —  «  rius  lard  les  âvéques  M.  Micbslet  :  —  •  (.es  Crânes  comme  ^ 
sont  d'avis  que  la  paix  règne  cuire  les  tiois  Aquitains...  méprisèrent  le  petit  nombre  Ji 
frères  (405).  .  -.-.-. 

Lothaire  fugilij  çt  abandonna  de  f  es  par- 
tisans, demande  la  pe.ix  et  sa  part  dit  l'tiéri- 
Ingo  palernel.  ■  L.a  proposition,  dil  Nilhard, 
n^anl  plu  è   tonte  la  iDuUituiia  ainsi  qu'à 

i-oiis  el  è  Charles,  ces  deu^  rois  et  Içs  ,  .        ,        .         , 

principaux  seigneurs  s'assemblôreat  et  cou-     eu  effet  sur  ses  épi^ulus  en  toute  v énér|iioi>, 
(érèrenl  avec  joie  sur  ce  qu'eiiueaient  lei     puis  il  se  rendit  à  ltei(iis  (V09).  « 
vri'onslances..,  Hais,  suivant  I  usage,  ils      ^  Ci;ci  fut  un  aeie  de  détolion  coniKieMi 

S>gitè['ent  la  cliose  aux  évéques  et  aux  pré-  raiui:iitau  mojreu  âtçe,  mais  non  uiisrieilii 
^res,  tout  prêts  è  suivre  I9  direction,  quelle  vasselage.  Louis  IX,  nu-pi^ds,  ne  pii(U-l-ii 
uu'elle  fût,  que  l'autorité  divine  impricaa-  l'as  oussi  la  sainte  couronne  d'épiiie.O  <^ 
rbit  il  la  chose,  dès  que  le  cieU'aurait  mani-  ^ourlant  il  ti'a  jamais  é'é  le  serf^epc- 
feslée.  Or,  roinme  de  toutes  parla  il  sem-  sonne,  pas  même  du  Pa)ie. 
^lait  préférabje  aux  ecclésiastiques  que  la  .M,  Michblet:  —  «Créature  des  évf-iia» 
paix  s'établit  entre  les  frères,  ou.  coasenlil,  cl  des  moines,  il  dul^leur  Iransl'érer  11  yf 
et  un  introdùismessmbassadeurs,auxquel3  grande  partie  du  pouvoir.  Rien  n'éiail[ilK> 
çn  accorda  ce  qu'ils  demandaient  (406).  ■  ju.-ile;  eux  seuls  savaient  el  pouvaient  tu- 

£b  bien  1  ceci  nous  prouve  uniquement  core  mettre  quelque  ordre  dans  le  désonir^ 
çTuè ,  dans  les  circonstances  difDciles .  les  absolu  où  se  Irouvait  le  y^ys.  Ainsi  le  capi 
|>rinces  «vaitot  recours  è  un  conseil  de  lulaire  d'Kpernay  L8^6J  confirme  le  \«tUiy 
conscience.  Muis  est-ce  que  ,  par  basard  ,  des.  attributions  des  commissaires  royaui 
l'avoué  que  je  consulte  devient  l'admiziislra-     entre  les  évéqucs  et  les  laïques;  celui  <); 

leur  de  ma  fortune  TEsl-ne   que,  parcelle     Kiersy  [857]   confère    aux  curés  i '"' 

marque  de  conliance,  je  tombe  nécessaire- 
tnent  sous  sa  lutelleï  Cesse-t-il  d'éire  avoué 
|iOur  devenir  le  maître  1  Ainsi  en  ful-il 
du  clergé  consulte  [lar  les  deux  souverains  : 
son  rAle  se  borna  à  celui  de  cu;iseiller. 
^  y.  UiCBELBT  :  —  >  Après  la  bataille  de 


■  Les  rois  et  l'armée  nflligés  d'un  âtre  Vi 
aux  mains  avec  Mr\  frère  et  arec  dos  Ctiré- 
liens,  interrogèrent  les  évèquas  sur  r« 
qu'ils  devaiuitt  faire  à  cause  de  cela.  Tuiis 
les  évéquesse  réunirent  en  concile,  etilliit 


exempt  de  tout  reproche;  mais  que  si  quel- 
qu'un, au  téinoigiinge  de  sa  |iro|ire  ciins- 
cience  avait  conseillé  ou  agi  daus  rflle 
guerre  par  colère  ou  haine,  ou  vaine  glniit, 
ou  par  queiqu'autre  rîce,  il  devait  avoufr 
sa  faute  en  conl'essinn...  Un  jeûne  d 


C3UI  qui  suiraient  Charles.  Ùais  les  moines 
■le  Samt-Méitard  de  Soissons  vinruntiu 
rencontre  et  le  prièrent  de  porter  sur  se» 
épaules  les  reliques  de  saint  MëdarileUt 
(luinze  autres  snints  que  l'on  lrans|iori>it 
'lan,s  leur   nourelle  basilique.   Il  lei>  |<orii 


Footenai,  les  évéques  s  assemblent,  dé- 
clQreqt  que  Charles  et  Louis  ont  combattu 
pour  l'équité  et  la  justice  el  ordonnent  uu 
Jeûne  de  trois  jours  {Ml).  ■ 

Ne  dirait-on  ^las,  d'aiirès  M.  Hiclielet,  que 

(iOSl  1. 1,  t.  3. 

(t03)Vtf.  Waitt.  1. 11.  c.  10  apvd  Haiill.,  nari 
f&rcHf.ficneif.  ;V,  p.501. 
(iU4t  Vbi  tupra. 
{iOîSj  Vbi  tufra. 


d'inquisition  contre  tous  les  malf-iile"" 
Cçtte  législation  tout  ecclésiastique  prïscr 
pour  rt:iuède  aux  troubles  et  aux  lirig^" 
duges  qui  désolaient  Ii;  royaume,  desscr 
ments  sur  les  reliques  que  prèleroju  I' 
hommes  libres  et  les  ceuleçiers.  Elle  rt 
commande  les  brigands  aux  in^lructioti 
épiscopales,  et  les  meoàce,  s'ils  persisleu' 
de  les  frapper  du  glaive  de  l'excommunie' 
1(00  (410].  ■ 
La  capilulaira  d'Eperoay,  D'sccorda  pi 


(406)  KiiBiRSv,  I.  IV. 
(WT)  Ubi  lupra. 
(ill8)  NlTHiRD.,  I.  lu.  ' 
\iH9i  Vti  lapra. 
(ilUj  Vbi  tupra. 


3n 


ClIA 


MCTIO:nfAIRE  APOLOGETHIOE. 


cni 


s» 


■11  (T^()ues  la  plus  gnnde  partie  du  [lou- 
foir,  (lui^que  les-functionj  des  1:001  mîssaîrvs 
furml  parlag^ttf^el  niAme  de  (elle  sort»  que 
lOr  les  quarante-trois  ihiuï,  destinés  aux 
qatlre-TÎtigt-six  districts  de  la  France,  il 
M  trouva  seulement  dJi-huit  ecclésias- 
tiques [iit;. 

Tie  nous  hissons  pas  trop  effrayer  par  re 
ireù  d'inçuisitio»  qae  les  curés  exercèreut 
kIorU.  Michelet;  car,  si  nous  recourons 
î  li  DOie  Iniîne  de  cet  historien,  nous  dé- 
rnuvmns  que  ce  droit  terrible  aboutissait 
i  faire  sortir  de  l'église  les  msiraiteurs 
pendant  Ips  offices  et  h  les  présenter  h 
rnCqae.  Dlile  police  des  mœurs  qui  oe 
Mrotaaîl  rien  au  roi  de  son  pouvoir  I 

Les  BAgislrals  tréiaieiit  serment,  il  esl 
mi.  !(os  juges  font  enrore  de  même. 
Qu'rslccqiie  cela  prouvi-T  Qu'ils  croÎL-Dl  an 
H^,  mais  non  qu'ils  proclament  la  suze- 
raîaelé  cl^riC'il>!.  Enfin  ,  si  on  menaçait  les 
hrifaods  de  l'eK-ommunication.  ce  n'était 
pas  qae  la  rnyanlé  abdiquât  en  faveur  des 
érCques;  hél.iil  elle  ne  faisait  que  déclarer 
»  radicale  impuissance  contre  le  crime, 
dans  l«  désordre  uiiiTersel  I  Ne  pouvaut 
saisir  le  coupsbie,  elle  tâcbait  au  moin:  de 
i'rSnyn. 

La  lé^slation  do  ix*  siècle  n'autorise 
dnoc  pas  les  assertions  exagérées  de  U.  Mi- 
chclK  sur  le  pouvoir  cifil  et  politique  de 
l-Egiife. 

U.  yicBELET:  —  €  Les  mstlres  du  pays 
élaienl  donc  les  évéqups.  Le  vrai  roi,  le  vrai 
pape  de  Fraucn  était  le  fameux  Hincmar, 
archevêque  de  Reims.  Personne  ne  contrî- 
lioa  «lavantage'  i  l'élévation  de  Charles,  et 
n'txerca  plus  il'autorilé  en  son  nom  dans  les 
lte:iiieret  années.  C'est  llincmar  qui ,  i  ta 
tMe  du  clergé  de  France,  semble  avoir  em- 

tMté  Loaîs  le  Germanique  de  s'établir  dans 
I  Neusliie  et  dans  l'Aquitaine  où  les  grands 
r*m>elaienl  (il2}.  ■ 

Ncas  saluerons  plus  tard  la  papaulé  de 
rarrhevëque  de  Reims;  nrrélons-nous  main- 
tenant devant  sa  rot/autt.  Personne  plus  qne 
le  roi  Hincmar,  n'a  donc  contribué  à  l'élé- 
vation du  roi  Charles  I  On  a  toujours  vu,  il 
est  vrai,  cet  archevêque  dévoué  k  Charles; 
mais,  cf^pendant,  quand  donc  l'a-t'on  vu 
êpr  anprfts  de  Louis  le  Débonnaire  poar 
qu'il  élevdt  aussi  i  la  royauté  ce  tilsdeiudith; 
ou  aupièsdeï  Lorrains, pour  qu'ils  l'étnauent 
sur  le-  Irtoe  Je  Loihaire  il ,  au  lieu  de  son 
roai|>^tiieur  Louis  d'Italie;  on  auprès  du 
Pa|ie,  pour  qu'il  Yélevàl  i  l'empire?  L'bis- 
totrn  se  tait  sur  tout  cela. 

Nous  avons  déjà  fait  remarquer  que  si.  k 
ré;KK|ue  de  la  première  invasion  de  Louis 
\«  Geriiisoiigue,  Hincmar  proclama  les  droits 
de  Ciiarlcs,  ce  fut  l'armée  de  Charles  qui 
furç3  Louis  k  respecter  ces  droits.  Eu  tout 

I  (lli  ITitl.  rfa  la  ririL  tm  Fr.  I.  U.  Ie«.  iiv,  p. 
t7.  —  IV  ICtui  nrrkitl.  A»  Fr.,  p.  IS6. 

ai2)  T.  If,  p.  su. 

\k\%}  T.  L  p.  586.  —  U.  Guiiot  ritant  le  même 
b  a  4ii  :  <  Pcnomie  a'igiiore  i|ue  l'^nvaliissemeiit 
«■  po«v«r  par  le  clercé  «st  le  caraclèi  e  iIuiiiiiaDl 
de»  régaes  de  Louis  lo>dxuiiuire  ci  du  Cbarin  le 


cela  OD  cliercba  vainemeul  la  royauté  de 
l'archevêque  de  Reims. 

H.  UicHUBT  :  —  ■  Peu  de  temps  après 
(au*  le  clergé  eut  lâché  tfarréier  U  roi  dt 
Germanie),  un  antre  concile  plus  nombreux 
fut  assemblé  k  Savonières  près  de  Toul , 
ponr  rétablir  la  paix  entre  les  mis  franc*. 
Charles  le  Chauve  s'adressa  aui  Pères  de 
ce  concile  (en  859} ,  pour  leur  demander 
justice  contre  Wénilon  ,  clerc  de  ta  cha- 
pelle ,  qu'il  avait  fait  archevêque  de  Sens , 
et  qui  cependant  l'avait  quitté  pour  embras- 
ser le  parti  de  Louis  le  Germanique.  La 
plainte  du  roi  est  remarquable  par  son  ton 
d*ham)1ilé.  Après  avoir  récapitulé  les  bien- 
faits qu'il  avait  accordés  k  Wénilon  ,.„  il 
BÎoute  :  «  D'après  sa  propre  élection  et  cdlu 

■  des  autres  évêques  et  des  lîdèles  de  notre 

■  royaume  ,  qui  eiprimaieni  leur  volonté  , 

■  leur  consentement  par  leurs  ac<:Iaiiia lions, 

■  Wénilon...  m'a  uonsi-rré  roi...  Après  celte 
a  cunsécralion  ,  je  ne  devais  être  repoussé 
a  du  Irâne  ou  supplanté  |iar  personne ,  du 

■  moins-saas  avoir  été  entendu  et  jugé  par 

■  les  évèques  |iar  le  ministère  desquels 
a  j'ai  été  consacré  comme  roi.  Ce   sont   eux 

■  qui  sont  nommés  les  IrAiMssdela  Divinité  ; 
«  Dieu  repose  sur  eux,  et  par  eux  il  rend  ses 

■  jugements.  Dans  tous   les  temps  j'ai  été 

■  prompt  k  me  soumetttre  k  leurs  correo- 
B  lions  i>alernelles,  k  leurs  {ugemenls  castî- 
a  galoires ,  et  je  le  suis  encore  k  présent.  • 
Uîncmanlil  plus  Urd  expressément  qu'il  a 
élu  Louis  Hl  (113).  « 

M.  Michetet  vient  de  nous  rappeler  deux 
documents:  un  discoorsde  Charles  le  Chauve 
et  UB  mot  d'Hincmar. 

Or,  du  discours  de  Charles  il  résulte  qu'au 
IX'  aiècle,  il  existait  uo  tribunal  ,  un* 
haute  eour  de  justice  pour  lea  rois:  Vê- 
lait le  concile.  Lra  évéqaes.par  consé- 
quent^ se  trouvaient  juges.  Cela  est  tpiI;^ 
nais  le  juge  u'esl  pas  le  souverain. 

Le  mot  d'Hincmar,  tel  qu'on  l'a-cilé,  don- 
nerait k  croire  que  le  prélat  prétendait  avoir 
cltoisi  seul  le  roi  Louis.  Hincmar  fut  plus 
modeste.  H  dit  au  prince  :  a  Avec  mes  col- 
lègues et  les  autres  fidèles  de  Dieu  et  de 
vos  ancêtres,  je  vous  ai  élu  pour  le  gou- 
vernement du  royaume,  k  la  condition  que 
vous  observerez  les  luis  comme  vous  la 
devez.  >  Et  le  roi,  de  son  cAté,  disait  :  a  Moi, 
Louis,  établi  roi  par  la  miséricorde  de  Dieu 
etréleclioii  du  peuple,  je  promets  d'obser- 
Ter  les  lois  (VliJ.  ■ 

Ces  divers  testes   rapprochés  nous   ap- 

rrenneitt  que  les  évêques  participaieol  k 
élection  des  princes,  et  [louvaieul,  en  cer- 
tains cas,  les  juger.  Uais.  de  ce  ({u'il* 
étaient  électeurs  et  jugtss  du  souverain,  il 
no  s'ensuit  paa  que  la  souveraineté  elle- 

Chamve,  joanu'au  momenlon  lonle  lecié**  gé^ale. 
lout  «Hivememeni  ceniral,  ili«pa«-drcut  pour  laira 
(dace  au  régime  féodal.  1  l  Rm.  ^  '«  ""'■  <"  ''■' 
l.  II,leç.ix«i,  p.  295.)  „   ,„  ,   ,         .. 

(4141  Voir  dans  wi*  ooie  ée  M.  ITichelet.  "»■  »"- 
fn,  la  répoose  entière  d'Uinciuar,  pu»  tan.  1. 


S73 


CH.\  DICTIQpiNAlRC  APOLOGETIQUE, 

râl  en  leur  pouvoir  el  qu'ils  l'eier- 


CtU 


sn 


Çassenl. 

M.  MicHBLKT  :  ~  «  Le  royaume  de  N  eus- 
Irifl  étuil  râeliement  une  république  Ihéo- 
or»Uque.  Lm  évoques  nourrissnient,  soute- 
iiuienl  ce  rui  qu'iN  avaient  fait;  ils  lui 
l>ermettaienl  de  lever  des  soldiils  parmi  lejrs 
iiommes;  ifs  gouveriiaient  tes  choses  de  la 
guerre  comme  celles  de  lu  nais.  ■  Charles, 

■  diti'annslisledeSainUBerliri.avaitannoncé 

■  qu'il  ira  il  au  secours  de  Louis  avec  une  or- 

>  ujée  telle  qu'il  availpu  la  rassembler,  levée 
«  CD  grande  parlie  par  les  évâgues.  ■  —  <  Lu 
«  roi,  ■  dit  i'hisiorieu  de  t'Eglise  de  Reiuis, 

■  chiti^pait  l'arctievéque  Uiticmar  de  tutites 
«  les  airaires  ecclésiastiques,  et  de  {ilun, 

>  quand   il  fallait   lever  le  peuple  contre 

■  I  ennemi,  c'était  toujours  6  lui  qu'il  don- 
•  nuitceltemission,  et  aussitdl  celui-ci,  sur 
a  l'ordre  du  rot,  convoquait  les  évoques  et 

■  les  cojiii&s  (1^13).  ■ 

.  La  Neusirie  était  un  royaume  qui  s'abî- 
mait en  un  désordre  de  jour  en  jour  plus 
profond,  mais  eltu  ne  formnit  pas  un  Etat 
tliéucralique.  Si  tes  évêques  avaient  fait  le 
roi,  c'était  de  concert  arec  lei  autre* fidiUt. 
mec  le  peuple,  comme  nous  l'ont  dit  Louis  111 
etHincinar;  si  les  évëques  nourrissaient 
le  prince,  ils  accomplissaient  un  devoir  de 
sujets  compatissants  ;  s'ils  founiisgaiont 
presque  seirls  à  l'urmée  royale  leur  coiitin- 

f;ent  de  soldats,  c'est  qu'ils  étaient  presi^ue 
as  seuls  seigneurs  restés  attachés  è  leur 
maître  ;  si  Hincmar  se  voyait  chargé  par 
Charles  lo  Chauve  de  toutes  les  alYaires 
ecclésiastiques,  c'est  que  Charles  en  faisait 
8011  ministre  des  culles;s'it  convoquait,  sur 
l'ordrvdu  roi,  les  seigneurs  lBÏi)ueaet  ecclé- 
siastiques pour  marcher  contre  l'eanemi, 
c'est  qu'il  devenait  comme  une  sorte  de 
secrétaire  du  souverain.  Ces  faits  prouvent 
duikt  que  le  clergé  fournissait  au  roi  des 
serviteurs  dévoués,  mais  non  que  les  ser- 
viteurs du  roi  fussent  ses  niallres  et  ceux 
du  pays.  A-t-ou  remarqué  quelle  coulradic- 
tiou  il  existe  entre  te  cainuieocemenl  et  In 
liu  de  cet  alinéa  de  M.  Michelul?  U'ubord, 
selon  notre  historien,  ce  sont  les  évâLjues 
qui  permetleut  au  roi  du  lever  des  troupes, 

fiuis  ensuite  les  troupes  dus  évëques  sont 
evées  par  l'ordre  du  roi,  qu'Hiucuiar  est 
chargé  île  transmettre. 

Je  dois  laire  ob.'server  que  li.  Micheiei, 
tout  en  proctauiaut  Charles  le  Chauve 
l'homme  et  le  serf  du  clergé,  a  pourtant 
glissé  quelques  restrictions  perdues  an 
milieu  de  tant  d'assertions  si  absolues.  Il 
a  dit  que  ce  fut  au  moine  dam  {et  premiers 
temps  que  le  roi  se  munira  l'homme  de 
l'Ëglisu,  mais  qu'un  moment  vint  où  il  s'eu 
tépura.  II  faut  exuuiiuer  la  vérité  de  ces 
concessions. 

U.  MicuBLET  :  —  «  (  Annal.  Berlin.,  an- 
née 8S3.)  Charles  distribua  aui  laïques  cur- 

(415)  T.  I,  p.  587.  fa^rc  accepter  la  nomlnalioii  f>iie  par  le  Pape.  V>* 

\i,ii\  T.  I,  p.  401.  —  Ce  lut  le  Pipe  Jean  Vl[l  hu>d,  t.  111,    CoucH.   Fomigoneme,   sus.  316,  p 

■|iii  «luUil  Aiiséijisede  Suiis,  «on  \icaîi*)t  el  priiiul  "'    ' 

<M  Gaulu  ;  CUdrlci  la  Ctiauv«  !ii't.a   «.:i.lemci:i  ilu 


tains  monastères  qui  n'étaient  jamais  ac- 
cordés qu'à  de*  clercs. — Ann.  SK.  L'ïMhjb 
de  Saint-Martin,  qu'il  avait  donnée  iléni- 
sonnablement  à  son  fila  Hlndavic,  il  la 
donna  sans  plus  de  raison  b  Hubert,  clerc 
marié.  Pendant  longtemps  il  avait  Itisw 
vacante  la  place  d'abbé,  et  l'avait  gardée  i 
son  profit.  En  861.  il  en  avait  fait  autant 
des  abhayes  de  SHinl-Quenljji  et  de  Saint- 
Vaast.  —  Ann.  870.  il  récompensait,  en 
leur  donnant  des  abbayes,  les  transfuges 
qui  passaient  dans  son  parti. —  Anu,8Ë5. 
Il  nomiiia  de  sa  pleine  autorité,  svaotquu 
In  cause  eût  été  jugée,  Vulfnde  à  l'atcW 
rêché  de  Buurges, .etc.  —  (Flodûard,  La, 
ch.  17,)  Le  .synode  de  Troyes,  qui  am 
désapprouvé  la  nomination  de  VulfaJe,  en- 
voyait au  Pape  le  com|)te-reudu  de  ses  déli- 
bérations. Charles  exigea  que  la  lettre  lui 
iùl  remise,  et  brisa,  pour  la  lire,  lesscem 
des  archevêques,  etc.  —  Voyez  aussi  (lui 
les  Annalet  de  Saint- Bertin,  ann.  ,876,  u 
conduitedureut  hautaine  envers  les  érétjtKi 
assemblés  au  concile  de  PonlUioa.  -^  En 
667,  il  avait  eiigé  des  évâque;j  el  des  sblttî 
un  étal  de  leurs  possessions,  alln  desamir 
combien  il  pouvait  en  exiger  de  serfs  |itiur 
tes  employer  h  des  constructions.  Dii  ans 
après,  il  lit  contribuer  tout  le  clen^é  pour 
lu  paii:mcnt  d'un  trittut  aux  Nufiasiids. 
{Annal.  Berlin.)  —  Dniis  ses  expédilioiii 
militaires,  il  se  lit  peu  de  scrupule  de  piiler 
les  églises.  {Jbid.,  ann.âiïl.)— On  alln  jus- 
qu'à douter  de  la  pureté  de  sa  fui.  [ItiH., 
an.  655,)  —  Nous  le  voyons  même  liuiuiliçr 
l'archevéquo  da  Reims,  auquel  il  défait 
tout,  en  donnant  la  primiitie  h  celui  ili, 
Sens  (416).  ■ 

Ce  récit  des  servitudes  de  l'Eglise  som 
Cliarle.'.  le  Chauve  présente,  h  la  suil«  <iii 
tableau  qu'on  nous  a  fuit  de  la  suuveraiiKl^ 
des  clercs,  une  étrange  contre-partie.  1«- 
tefois,  U.  Uichelet  a  tâché  d'éviter  la  mn- 
trndictiou,  en  avertissant  qu'un  moiouil 
vint  oi^  Charles  se  sépara  de  l'Eglise,  i^^ 
avoir  été  son  vassal  et  sonserf. 

Or,  à  quel  moment  l'auteur  fnil-i1  cnig< 
mencer  cettu  scissiunT  Le  premier  desstK^ 
lyranniques  du  roi  contre  l'Eglise  (tout  il 
ait  parlé  est  de  l'an  851  :  li'est  le  pillage  dcl 
temples.  Par  conséquent  l'année  851  dml 
diviser  le  règne  de  Charles  en  tlotti  l^ 
riodes  :  celle  de  la  dépendance  du  priticci 
et  celle  de  son  indépendance,  CependaiilL 
n'en  est  rien.  Les  faits  favorables  ou  coii' 
triiires  à  l'Eglise  sont  mSIés,  aussi  bi» 
avant  qu'après  la  date  de  851. 

Hn  8%6,  dans  une  assemblée  exlraordi; 
naire  convoquée  h  Eperony.  le  roi  s»i)uii| 
aui  seigneuis  laïques  les  règlements Iracw 
par  l'épiscopal  presque  entier  de  la  Neustnr 
suit  &  Meuui,soit  è  Paris.  »  J;uiiais,  d': 
l'annaliste  de  âaiul-Beriin,  l'épiscopal  m 
reçut  un  aussi  grand  ullront  sous  des  priueeJ 

■c  accepter  la  nonilnaiioii  faiie  par  le  Pape.  |Si« 


srr 


CIIA 


dk:tio.\>.vire 


rhrétiens.  qneilans  celle  asJ'embléed'Eijer- 
nir.  ■  On  lil  sorlir  les  évéï^ues,  et,  sans 
lcurparlici|iii|ioD,  le  rni  et  Iks  grands  clioi- 
firrnt  te  qu'ils  voulurent  dans  les  canons 
ite  rét^irme,  et  déclarèrent  le  resie  non 
treaa  (il7}.  Charles  le  Cbaure,  même  avant 
(El,  ne  se  gCoait  donc  guère  arec  les 
H^ues.  et  ceui-ci  n'aTsienl  pas  du  tout 
Tair  d'être  ses  suzerains. 

Après  Kl.Cliarles,  dît-on,  élait  séparé 
dt  l'Elise.  Pourtant  nous  trouTons,  riepuis 
retle  épo«|Uft.  bon  nombre  de  Enits  \vr 
It^nels  U.  Hicfielet,  dans  Is  courant  de 
Mm  btsioire,  a  voulu  prouver  la  souverain 
Delè  dêricaJe. 

Efi  851.  fut  concédé  aux  curés  un  droit 
i'mfwUian  coutre  les  malfaiteurs. 

839.  —  Hincmar.  à  la  lète  du  clergé* 
antM*.  d'après  U.  Ûichelet,  tmpéekrr  Louia 
U  Gtrmattiqiu  dt  t'itabtir  m  tfeuilrîe  tt  tn 
AquUmhu.  La  même  année,  au  concile  do 
SivODÏères,  Cbarles  présenta  sa  requête 
«ntre  le  traître  Wénilon,  et  reconnut  aui 
étêqnes  ie  droit  de  déposer  les  rois. 

S7±.  —  Hincmar  est  chargé  de  réunir 
l'aiHiée  qui  doit  marcher  contre  Carloiuan. 

La  chronologie,  en  mêlant  les  événements 
quDlf.  Uicbelet  a  systématiquement  divi- 
Hs  en  dpUK  classes,  se  rit  de  la  découverte, 
tt  ne  consent  pas  &  ce  qu'on  fasse  Charles 
le  Chauve  onze  ans  le  serf  de  l'Bjjlise,  puis 
ensuite  vingt-ris  ans  son  tyran.  En  (oui 
Vriups  il  se  servit  du  clergé  ou  le  pressura, 
ii4ou  ses  besoins. 

U.  Uicbelet  termine  par  un  anachronisme 
W!  grave  son  ineiacle  hisluîre  de  Charles 
leCUauve. 

M.  MicHBirr:  — €  En  875,  la  mort  de 
ImiÎs  11  laissait  rilalie  vacante,  ainsi  que 
Il  digiiiié  im|>ériale.  Il  {Ckarla  le  Ckautt) 
)«éneiit  A  R'.'me  les  ûls  de  Louis  le  Germa- 
iii-]ap,  li^  gagne  de  vitesse,  et  dérobe,  pour 
iiuïi  dire,  le  lilrc  d'empereur.  Mais  le  jour 
KÊniede  Noèl.  oil  il  triomphe  diins  Rome 
sajàs  la  daliiialiquo  grecque,  son  frère, 
■lallre  un  instant  de  la  Ntustnc,  triomphe, 
'ai  aussi,  dans  tu  propre  palais  de  Charles; 
fc  fuiurre  eni)»ereur  s'euruil  d'Italie  à  l'a|H 
f^ttche  d'un  de  ses  neveux,  et  meurt  île 
■  i:ihdie  dans   uu   villatte   des  Alues  [8771 

Ciiarles  mouml  en  revenant  d'Italie,  mais 

^vya  pas  k  l'époque  de  son  élévation  Ji  I  eni- 

'âre.  Ce  prince  tit  deux  fuis  le  voyage  d'I- 

"ktW:  d'alMrd  eu  875,  et  ce  fut  alors  qu'eut 

«n  son  éleclinn  ;  ensuile  fan  877,  quand 

-=I«I»e  Jeau  V|I1  l'appela  pour  venir,  comme 

v^pêreur.  défendre  S'iiiie  attaquée,  et  ce 

^^'-JUlurs  que  la  reine  Ricliilde     fut  sacrée 

>^l'<ratricB.  La  mort  de  Chnctes  arriva  au 

r^iimf  Je  cette  expédition  mauquée  cootre 

■*^' Sarrasins. 

4.  Ampère  a  résumé  en  un  tableau  d'en- 


AfOLOGETTOUE.  CCI  S78 

semble  Ions  les  îa\\s  relatifs  è  l'épiscopal, 
menlioniiés  dans  ce  paragraphe. 

M.  AupfeaB  :  —  «  Résumons  maînlenanl 
les  caracières  de  l'épiscoprit  personnitié 
dans  Hinrranr.  Au  ix*  siècle,  l'épist-opst 
était  placé  enire  trois  pouvoirs  sociaux  qui 
lutlaienl  incessamment  les  uns  contre 
les  autres,  et  luttaient  par  moment  contre 
lui  :  la  féodalité  qui  naissait.  In  royauté  qui 
mourait,  la  papauté  qui  se  dressait  déjà 
sur  le  siège  de  Nicnhs  I"  et  aiitionçail  du 
loin  Grégoire  VII.  L'épiseopai  tenait,  au 
IX*  siècle,  d  M'affranehir  à  la  fois  de  la 
féodalité,  de  ta  royauté,  et, jusqu'il  un  certain 
point,  de  la  papauté.  Dans  cette  lutte  contre 
trois  adversaires,  dout  deux,  la  féodalité  tt 
la  papauté,  ne  maiii|unient  pns  de  vigueur 
et  de  puissance,  t'épucopal  fil  prtique  tou- 
jours alliance  avec  lu  plus  faillie,  avec  /• 
pouvoir  royal,  et,  h  défaut  du  pouvoir  rojal, 
avec  celui  dont  ralliauco  pouvait  être  mo- 
mentanémenl  utile.  ■ 

L'Ei$lise  gaili&iue  répugna  toujours,  j'en 
conviens,  è  devenir  la  vassale  do  la  féoda- 
liié,  mais  jamais,  nous  le  verrons  plus  tard, 
elle  ne  repoussa  le  dogme  de  la  suprématie 
pontificale.  Quaut  à  ses  rapports  avec  les 

Iirinces,  comment  a-t-il  pu  se  faire  que 
'épiteopat  ttndtt,  au  ix'  tiècle,  à  i'affran- 
chir  de  ta  royauté,  et  pourtant  qu'il  ait 
fait  pretnue  toujours  alliaticeatec  lepoutoir 
royal.  H.  Aroj.ère,  qui  po»e  le  problème, 
aurait  dû  nous  eti  donner  la  solution,  pour 
ne  pas  nous  y  laisser  enirevoir  une  coutra- 
diction. 

Les  évègoes  obéirent  box  souverains; 
mais  l'esprit  Je  développement  inhérent  à 
toute  instilulion,  et  que  provoquait  encore 
le  besoin  d'un  pouvoir  pré[iuiidérant  dans 
la  décadence  universelle,  les  lit  intervenir 
en  une  foule  de  choses,  dont  un  siècle 
d'ordre  ne  les  aurait  [tas  vus  s'occuper. 

CHATEAUBRIAND ,  erreur  historique, 
relativement  h  la  bibliollièque d'Alexandrie. 
Voy.  BiBLIOTBÈQLK  D'AL»*:iua»,  S  !"• 

CHEVELURE  daus  tes  races.   Voy.  Races 

HUHIIIVE.I,  S  m. 

CHINOIS, — Les  tilres  qu'un  a  mis  en 
avant  pour  juslilier  les  prétentions  de  ce 
peuple  i  une  haute  antiquité,  sont ,  couine 
chez  les  autres  anciens  peuples,  leurs  an- 
nales historiques  et  les  uonnaissnnccs  astro- 
nomiques qu'ils  possédaient  déjè  dans  les 
tvmps  les  plus  reculés.  Nous  alkuis  cianii- 
uer  succestiv émeut  les  unes  et  les  au- 
tres. 

IL 

DnaBUlM  bbloriqnes  de*  CUnoIft 

Frappés  du  soin  prodigieux  que  la  nation 
chinoise  a  mis  du  tout  leiujis  h  dresser  et  k 
tenir  ses  annales,  et  saisis  d'admiration  h  la 
vue  de  ce  nombre  presque  infini  d'ouvrag;?» 
historiques  que  ce  peuple  possède,  les  uiiï* 


«n 


9.  L  m,  p.  (3,  Capîl.  exctrpla   lu      1.  xv,  >J  ann.  8i6. 
—  LoscoEfU.,  m,l.  tIt  fEgl.  guU.  ^tlS]  T.  l,  abf  mpra. 


DICTIONNAIBE  APOLOCETIQtK- 


r.iri 


cionnniri>s  el  nutrcssav-intsile  l'Huropeoiit 
priidigué  les  éloges  le«  nliis  Oatleurs  h  Tiiis- 
taire  «Je  la  Chine  et  l'on  tc!ev6et)ieti  au -ilessiis 
des  m'inuments  <)<]  toutes  les  autres  nnlioiis. 
Mais  il  ne  faut  point  eiagérer  \a  portée  ilu 
ce»  dln^^ps.  Pcnsu-l-onparciempleqiic  lors* 
(]iio  le  P.  Amiol  ei  les  ntilros  nnsstniiiiairus 
jt'sniii'S  disent  gue  lex  annalet  ehinoitet  sont 
prffirahht  aux  monumealt  kittori/fues  dt 
toutes  ItM  nations,  ilscom|irennent  dans  leur 
coinjiHrnison  les  monuriiciils  liistoriques 
dos  Ilâbri'uiT  Ce  semit  une  giariilQ  erreur 
dtt  lu  croiro,  car  le  motir  le  plus  puissant 
sur  leque.l  ifs  fondent  leur  nsserliori,  <^liuil 
que  les  annaleschinoiset  sont  tes  plus  dépoiiil- 
létt  de  fables  (419-420).  ces  Jésuites  n'out 
|)u  5u|)po5'tr  qtie  les  écrits  sacrés  dus  Hé- 
i)reiix  en  cniilieonenl.  D'ailleurs,  lu  P.  de 
Mailla  t'eiprime  assez  claireiiiont  sur  ce 
point  pour  qu'il  n'y  ait  pas  tiou  d'en  dou- 
ter :  4  L'histoire  aiillienlique  de  la  Cljîne, 
dit  ce  SBViint  jésuite,  est,  sans  diinculté,  de 
tomes  Ut  histoires  profanes,  ceWe  qui  nous 
do'ino  le  plus  de  conuiiissance  el  de  curli- 
tudo  de  rsnttqiiité  des  temps  (421).  ■ 

Mais,  objecio-t-on,  qui  pourrait  nier  iiiie 
les  Chinois  aient  pris  luulcs  les  précautions 
nécessaires  pour  iraiismellre  fidëlemunt  A  la 
postérité  les  fails  de  leurs  ancêtres?  No 
voyons-nous  pus  que  dès  le  règne  de  Yno, 
c'e>t-ft-djre  environ  deux  mille  trois  cent 
rinquanle-sept  ans  avant  Jésus-Cliiisl,  ils 
aviiienl  des  historiens,  el  même  des  astro- 
nomes qui  étaient  chargés  d'examiner  tous 
Ie5  mouvements  célestes?  Or  ce  fait  seul 
révèle  une  civilisation  déjà  fort  avancée ,  el 
donne  (lar  \h  même  h  lu  nation  cliinoisu  une 
eiislciice  qui  dépasse  toutes  les  limites  de 
la  ('bronu)ogio  de  la  Genèse. 

Qu.inlà  ladilDculié  (irise àe  l'astronomie, 
nous  en  renvoyons  la  discussion  au  para- 
graphe suivant,  oil  elle  trouvera  tout  iiHtu- 
rellenient  sa  place.  Nous  ré,!Ondont  b  l'au- 
Ire,  que  la  question  nVsL  point  précisément 
de  savoir,  si  les  Chinois  ont  réellemenlpris 
luules  l<!s  précautions  nécessaires  (lourcou- 
server  tidèlenienl  h  leur  nation  sa  première 
histoire;  mais  bi^n  plutûl,si  osa  des  preu- 
ves suHisantus  que  leurs  soins  et  leur  zèle 
ont  été  couronnés  du  succès  qu'ils  devaient 
naturellement  en  attendre,  cest-è-dire  s'ils 
possèdent  dus  annales  authentiques  sur  les 
temps  qui  ont  précédé  l'époquo  assigtiée  par 
la  Bible  ï  l'origine  du  monde,  ou  niômo  eu 
déluge  de  Nyé.  Or  c'est  ce  que  nous  allons 
«xnminer. 

Mais  avant  d'entrer  dans  celle  discussion, 
tl  n'est  pas  inutile  de  faire  remarquer  que 
h'S  Chinois,  pour  leur  histoire  coiunie  pour 
(out  lo  reste,  l'urmenl  un  peuple  tout  h  t'ait 
j||iar(,  une  nation  isolée  et  eutièretneut 

flùs- 


étrangère  an  contact  do  loul  aulru  iieiipie. 
Par  conséquent  c'est  par  elle,  cl  |.DPelli 
seul-;,  que  nous  pouvons  juger  laCliide-.i'Ila 
échappe  donc  nécessairement  ï  loul  aulro 
contrèle.  Mais  alors  commcnl  la  crilirinu 
pourra-l-elle  exercer  son  (iclion  cnmjilèij 
dans  l'eismen  de  ses  mnniimentsT  Qud 
moyen  aura-l-el1e  d'apprécier,  en  vctluilt 
ses  droits  les  plus  inviolaMps,  la  valeur  di;ï 
titres  qu'on  lui  présentera  T  Car  louli-  quïs- 
lion  de  la  nnlure  de  celle  qui  nous  orcupe 
en  ce  moment ,  forme  un  vérilab'e  proies 
qui  s'instruit,  eldnns  lequel  la  critique 
eieree  nécessairement  les  fonctions  liejii^e 
ou  d'arbilre.  Or  queijuge,  quel  arbitre imii- 
rail,  dans  une  cause  de  la  plus  hniilc  im- 
porlsnce,  pronnnuer,  comme  cnliènnie:!! 
conforme  ï  1b  vérité,  sa  sentiDce  surliiié- 
positibn  d'un  seul  témoin,  et  cticorv  il'ui 
témoin  grandement  iniéressédanslaciUKi 
bien  plus,  d'un  témoin  qui  est  l'aiCLi^f  liU' 
mèmeT  Voilà  pourtant  ia  position  tAu 
trouve  la  Chine  par  rapport  À  ses  annild 
hi>torîques. 

Parmi  les  savants  qui  ont  écrit  d'une  mi- 
nière vriiimcnt  critique  sur  l'anliijuiléilfi 
Chinois,  les  uns  regardent  comme  laylijo 
logiques,  ou  même  entièrement  Isbulra^ 
les  temps  qui  ont  précédé  le  règne  ilb  Vm 
(env.S!â57avantaus Jésus-Christ);  lesaulro 
prétendent  que  l'empereur  Fou-lii,  Clien- 
noung  r(  S9i  descendants  qui  régii^cenl 
jusqu  à  Hoang-ti,  appartiennent  aui  («nip 
douteux  el  incertains,  ou  semi-liisioriqut^. 
et  que  ce  dernier,  b  commencer  de  la  soiian'e 
et  unième  année  de  son  règne,  c'esl-i-diN 
depuis  l'an  2637  avant  notre  èru  (i32),liei.: 
de<i  temps  certains  ou  historiques. 

Ainsi,  en  accordant  à  la  critique  Isplus 
favorable  è  rauliquilé  des  Cliitiois  loul  ri 
qu'elle  peut  raisonnablement  oxigiT,  n^i  "- 
saurait  f;iir&  rsnionter  leur  origino ,  cu^iiic 
corps  du  n.rtian,  au  delà  de  rempvrentfiB- 
liii  e'esNb-dirc  au  delà  de  I*an  3161  3tM:l 
Ji^s us-Christ,  époque  ï  laquelle  nous  raiurna 
la  somme  totale  des  années  que  l'oni:Oin|i( 
pourles  règnes  des  divers  GmpereiirstjMUi 
sont  succéilé  depuis  Pou-lii  jusqu'il  Hmiiï 
ti.  Sans  prétendre  nier  l'exactitude  lien 
calculs,  présentés  el  adoptés  par  le  P.  Aiiiiui 
nous  ferons  cependant  remarquer  que  j>i^ 
arriver  b  l'année  3461  avant    iiulriièrc',  f 

Sirlant  de  la  soixante  et  unième  annéï  il 
oang-ti,  on  est  obligé  de  partager  hu 
cent  vingt-quatre  ans  de  règTie  entre  nni 
umjx'reurs  seulement,  comme  on  le  voit  in 
le  tableau  suivant  : 


HoaiiH-  ly.     .     . 
YiiiMy-yu-ouaiig. 


m  I' 


lis 


(,]  19-ISO)  Voy.  dans  les  ilimohet  a 
taire,  clc,  du  Uiiuoii.  la  Lettre  du  P.  Axi 

(tll)  aUioire  géuirale  de  ia  Chine,  l.  I.  Prcf., 


riait)  et  par  (oii&  les  corps  lilléraires  de  a  n\ 

uliï,  et  i|u'il  Ui  imprimer  dans  son  paliix  en  (  <'' 

rapporte  le  premier  cycle  île  so:xuiiic  aaiie.-s 

505  joors  el  U  linurea  cliarunc,  bisîatil  ai"»  j 

F*  1.  (iU  premières,  on   la  valistir  il'un  cyclt,  itin;  ' 

HU)  Cem  il  celte  aniicr,  en  effet,  <]ue  l'examen      icmira  duuleui.  (Voif.  U.  G.  PitiTaitk,  Chiiu,» 

crit:(|ue  lie  la  clin  m  olivaie  rliiiinisc  iiiie  l'empereur      p.  %T,  note.  PariB,  lt)37.  Yoij.  aussi  Mtmoiic" 

iliiuii-liruiig  lit  liiùe  des  Um-li»  {AcadéiHie  impé-      etriianl  tel  Ckinoit,  l.  XI11,  ]i.  Ï30.  ) 


Tj-lT- 

Ty-bj. 

Tr-»i»« 

■y-tcbntf. 

T;  Hn^nni.      .      ...... 

(À««-B<>un; 

SauBK  àdaniccbe  H  Nin-oua-die. . 
F«»*i 


Hnus  Terons  observer  eneore  qae  ces  ri- 
ptts  parsisseni  presque  «nlièrement  rem- 
(4is4ebil5  m;lboli>gîâue«,  s'ils  ne  sonl  pis 
lAotfK parement  fitliuieui;  ce  qui,  joint  A 
c«nc  stnW  de  si  longs  règnes,  fail  nallre, 
tbtme  înTolonini renient,  des  doutes  sor 
erif  furtie  de  l'histoire  des  Chinois.  Nous 
arioas  dont;  raison  de  dire  quelques  lignes 
j'Ius  b*ul.  que  cette  npinioii  est  on  ne|ieu( 
frfns  Eiroratile  h  l'anliquilé  de  ce  peuple. 

Qoot  qu'il  en  soil,  et  même  en  snppossat 
tHBies  ces  dates  d'une  eiaclîtade  parfaite, 
m  D'aarail  rien  à  craindre  pour  la  chrono~ 
l'igie  mosaïque,  car,  selon  la  remarqua  du 
P.  Amiot  lui-nnème,  les  huit  cenl  vingt- 
qoalre  ans  dont  nous  venoBS  de  psrler, 
■  «imités  k  CannéuSTaot  l'ère  vulgaire  363T 
(année  qui  eorrof>]iand  ^  la  soisaiitièiiie  de 
Hoang'ij-J,  donnent  pour  l'époque  de  réta- 
blissement des  Chiniiis  en  corps  de  nfltron, 
o^i,  ce  qui  est  le  même,  pour  l'épo'^ue  de  la 
(•ndation  de  leur  empire  |<ar  Fuu-hi,  l'nfl 
3W1  avant  Jésus-Christ,  c'est-à-dire  deut 
ctrni  cinquaiile-ciuq  ans  aprè.«  le  déluge 
Duiversel,  qui ,  par  une  supi'UlBtion  faiie 
sur  la  version  des  Sepldnte,  doil  être  arrivé 
U3716*  année  avant  l'ère  vulgaire.  D'oiï  il 
fm  conclure  quetquand  mSme  ces  lempi 
dogieox  et  incertains  du  cnmmtaceii:en(  de 
U  iiionaruhie  chinoise  seraient  regnr.tés, 
contre  lesenliinenl  unaniiite  de  la  nali.ou, 
eMDme  des  temps  rerlatneioenl  et  purement 
hisloritjaes,  crqni  est  rBp|X>rté  dans  l'Rcri- 
lore  saillie  do  ilélugedo  noâ  et  de  ses  ler" 
ribles  sniles,  n'en  serait  ni  moins  indubils- 
Ue,  ni  ]>lu9  ilimcile  à  eipliquur  (i23J.  ■ 
Le  même  P.  Aiuiot  avait  déjii  dit  dons  un 

(423)  Minuirt»  coHuna»!  Um  C'Mnoù.  t.  Xill, 

^(«l'j/W-,  p.78,  79. 

iil5)  Apfés  avoir  dit  que  H.  de  Guignes  >  omis 
4ms  la  prébce  de  «m  i/iclioniiaire  cbiaoii-liilin 
WaMMip  de  dtoses  ulik-s  aiii  viiminençdnis  iniir 
rasafe  mime  du  tlîciioiiiiaire,  J.  KUproih  ajouie  : 
>  Ka  manclie,  ireote  gmides  p^gei  iit-fulio  sont 
Ra|iics  par  une  sorte  Je  (lis>erUlion  bur  l'anlî- 
^ttde»  Chinois...  tJle  ne  conlieni  aiiire  rbose 
«•'aae  cealaiiie  de  passages  di»  écrits  des  Ueui 
■bskMiuires  0«*  ^P-  HadU  et  C*>bol).  rauacbés  k 
b  Htle  les  m»  des  aaires,  sur  le  d^uge  de  \ao, 
Tmcm  étal  de  la  Ctiiue,  sea  usages,  se»  aru,  ses 
■cincn,  et  particuliéreoieiit  son a»iroiiomie...  Nous 
hiiirinm  cdie  espèce  de  centoi)  poar  ce  qu'd  vaut, 
■ms  bonuui  iaierlir  le  rédacieur  que  la  plupart 
tes  asterlicMis  qu'il  j  répèle  oui  déji  été  coiulial- 
Ites  d  réluiees  «tcc  autant  de  sagesse  que  d'énidi- 
boB  par  le  P.  Amiol  {Jiémoirr»  coHtenuiitt  U*  C'fti- 
«3i>.  paiMV,  princijialemeht  dans  les  l.  Il  et  XIII), 
fl  qu'eu  pTvoaul  potir  guide  exclusif  le  P.  Cibut,  il 


AltMXWETlQOE.  CUl  5Ô« 

autre  endroit  :  ^  En  suivant  le  cntcul  des 
Septante,  on  peut  conserver  aux  Eg^plieiis 
leurs  trente  dynoslies,  avec  le  nombre  des 
princes  qu'ils  assignent  h  cliacnne,  et  faire 
régner  leur  Menés  sii  cent  cinquanle-huil 
ansfl[trè8  le  déluge,  la  3058'  année  a'vant  l'ère 
clirétienne.  On  pourrait  même,  s'il  en  était 
twsoin,  admellre  les  dii  princes  cliinois 
prédécesseurs  de  Hoang-Ij',  et  Gier  l'éfioque 
de  la  fondation  du  l'empire  de  la  Chine  par 
Fou-hi  à  la  2M*  année  après  le  déluge, 
3Û3  ans  avaul  Jésus-Christ.  Mais  nous  n'a- 
vons pas  besoin  pour  la  Cliine  d'un  si  grand 
espace  de  temps  ;  et  si  je  le  prends  ici ,  ce 
n'est  que  )>ar  supposilion,  pour  faire  voir 
que,quaiid  même  la  (lartie  de  l'histoire  chi- 
noise, depuis  ia  soiiante  et  unième  année 
du  règne  de  Boaug-ly  jus^u'h  la  première 
de  celui  de  Fou-hi,  qu'on  regarde  roninie 
douteuse  quant  à  sa  durée  de  liuil  cent 
TidgU'inq  ans,  serait  revèlue  de  toute  la 
Gcrlilude  et  do  loulel'aullien licite  qu'ils  ac- 
cordent aux  autres  parties  de  la  même  his- 
toire, ou  n'en  pourrait  tirer  aucune  consé- 
quence ';ui  ne  pAl  ëlre  admise  par  foui  Chré- 
tien ou  toul  bon  catholique. 

a  rouf  Chrétien ,  tout  bon  catholique  peut 
admettre  sans  inconvénient  une  chronolo- 
gie qui  ne  contredit  en  rien  les  monumt'nis 
sacrés  ou  les  dogmes  încnnleslables  de  la 
sainle  religion  qu'il  professe.  Tout  bon  cri- 
tique peut,  sans  manquer  aui  rèi^irs  de  son 
arl,  adopter   une  chronologie  qui  n'a   rien 

2UP  de  conforme  h  la  saine  raison  et  qui  est 
tajée  de  toutes  les  preuves  qui  suiriseiit 
pour  produire  une  certitude  murale  dans 
l'esirrii  de  quiconque  sera  saits  préju- 
gé  (iSii).  . 

Il  résulte  de  ces  obserralions  que  les  an- 
nales des  Cliinois  ,  en  leur  donnant  la  plus 
grande  étendue  [Kissible,  ne  diminuent  <>u 
rien  l'autorité  et  la  véracité  de  la  chronolo- 
gie delà  Cnir».  Mais,  on  ne  saurait  se  le  dis- 
simuler, ii  ya  contre  cette  opinion  qui  fail 
remonter  aussi  haut  l'empire  chinois,  îles 
difficultés  de  divers  genres  qui  paraissent 
aussi  insolubles  les  unes  que  les  autri^s. 
Quoi  qu'en  disent  cerlains  siiiolo^ues  ('f254^ 


est  tombé  sur  les  mémoires  les  plw  superOcieif  et 
les  |4us  systématiques,  sur  les  opinions  tes  plus  In- 
larrvs  et  les  plus  insnu tenailles  nue  ronticone  toute 
U  rolteclieii  <les  uiissioniiaires.  [SuppUmaU  au  ttci. 
(JuiiOM-(ali(t,  p.  43.)  »  Nous  souscrivons  Iics-ï<h 
louticrs  aui  reproches  adressés  par  Klaproll)  M 
dictionnaire  de  de  Guignes,  sous  te  rapport  plidu- 
lugique;  nous  avons  -ieiili  par  notre  propre  etpe- 
riencx  combien  it  laisse  à  d. sire",  et  nois  remer- 
cions le  savant  Prussien  du  Siip}>(^iu«nl  qu'il  a  pw- 
Llié;  mais  nous  devoji s  ajouter  que  s«s  auUa  re- 
crimiiiaiions  ne  soiH  nulL-nieiit  tonilées.  Uei  per-. 
wnnes  qui  savent  iocomparalileiuent  loieus  le  ctn- 
Dois  que  et  critique,  qui  ont  tu  et  étudié  beaucoup, 
plus  que  lui  les  écrivains  de  l'empin;  céleste,  et  qui. 
ont  passé  BOndire  d'auuécs  dans  ce  payi,  où  ils  se 
tout  familiarisés  avec  le»  liomines  «i  le*  cluisei, 
tandis  que  notre  censeur  n'y  a  jamais  niis  le  pied; 
ces  personnes,  disoiis-nouB,  penseni  que  1  eijMSt^ 
que  de  Guignes  a  fait  de  l'état  ancien  de  la  Çtii"«t 
est  plus  vrai  cl  plus  eiail  qiu:  tout  ee  qu'on  j  a  op- 
pose. AjoutoH*  qo'îl  nesi  pas  vrai  deUirei)»*  de 


s» 


cm 


DICTIO^NAlItE  APOLOCETIQUe. 


|icr«nnne  n'A  encore  rc|>oni]u  d'une  maiiiàre 
satis'aisiintii  pour  la  criliijuu  aux  urguiDeiils 
(Ju  P.  Kd  ou  Citiol.  Nuus  i-otivenoiis  sbtis 
|)uine  que  le  (ou  et  le  slyi-i  de  ce  sn*anl  jé- 
suile,  niani|uaiit  g^néraltimenl  de  relie  gra- 
Tilé  (|u'uii  (lareil  stijel  demande ,  n'vst  |>as, 
suus  ce  rap|)orl ,  à  ['abri  de  (oui  reproche  ;■ 
nous  convenons  aussi  ([uo  plusieurs  de  ses 
assertions ,  sur  certains  poinls  et  dans  cer- 
tains détails,  peiiTenl  éln  conlest^s,  et 
inftine  rejelées  («ir  d'aulres  écrivains  pro- 
fun>lénieul  versés  dans  la  nintiëre;  mais 
nous  soutenons  que  ses  preuves  relstive- 
uieul  h  l'ancien  élat  de  Jn  Chine,  conservent 
pour  le  fond  el  dans  l'ensiiiuble  tuule  leur  • 
force  et  loule  leur  valeur,  même  après  ce 
que  le  docle  P.  AuiJul  a  écrit  sur  le  uifiine 
sxj.'l  (iâGJ.  Et  s'il  tbllail  absolument  pren- 
dre un  parti  entre  ks  deui ,  nous  n'Iiésiie- 
iions  pas  è  nous  ranger  du  cbié dn  i)reuiiur; 
les  raisons  sur  lesquelles  il  s'spimie  nous 
avant  semblé  refioser  sur  un  fundenienl 
plus  solide,  qu<ii<{ue  moins  spécieux  au 
pretiiiL-r  abord.  Qu'il  nous  suDise  do  ciier 
parmi  ces  raisons  t'élel  il'eid'aiicu  dans  le- 
quel se  trouvait  encore  In  nation  cliiiioise 
suus  Yoo,  CImii  et  Yu.  c  Tous  les  munu- 
nients  qui  nous  restent  dii  la  liante  anti- 
quité, dit  lu  P.  Cibol,  parlant  au  nom  du 
1'.  KA,  cliinois,.  toutes  les  fables  ntfimes 
qu'un  en  débite,  rendent  [émoigiiBije  h  l'in- 
nucenue  et  à  la  douceur  des  mwurs  do  nos 
ancêtres  sous  les  bbureux  rèf^ncs  de  Vao, 
ile  Cbun  el  de  Yu.  Culte  innocence  et  celle 
douceur  du  mœurs  sont,  seluu  nous,   une 

Itrcuve  décisive  que  ces  bons  |iriiiutis  furent 
es  premiers  cbefs  de  la  colonie  qui  s'établit 
en  Chine.  Qu'on  ouvre  les  aunales  de  tous 
les  siicieijs  peuples  de  I'A^Il-;  plus  ou  re- 
tuoutera  vers  Jeur  ancienne  ori^jine  ,  plus 
on  y  trouvera  cet  auiour  du  bieu  public, 
celte  estime  (jénérula  de  la  r<.'rtu  ,  ccltu  vie 
frugale  et  uiiie,Ci'lle  huuiiinilé  de  senti- 
ment, du  Gunduiie,  celte  IVanclitse  et  ce  de- 
sinltiresseuient,  etc. ,  dont  il  ue  reste  que 
le  masque,  quand  une  fuis  le  faste  oi  ie 
luxe,  nés  à  l'oiubre  du  IrOne ,  rài^neiit  dans 
les  premiers  ordres  du  l'Etat,  par  lu  mé- 
pris, l'uppressiuu  et  la  servitude  des  peu- 
ples (427J.  ■  Une  simple  lecture  du  Choa- 
king  portera  jusqu'à  l'évidence  la  vérité  et 
l'exactitude  de  ces  rOUexîuiis.  Uais  nous 
sommes  beureux  de  pouvoir  les  cunlirmer 
par  le  ténioigna^e  même  ilu  i^ratid  adver- 
saire du  P.  Cibut  :■  Le  Chou  king,  remar- 
que fur!  judicieusement  Klaprutli, cet 

ancien  livre,  nuus  peint  les  mœurs  des  pre- 
miers Anes,  celles  d'un  peuple  simple,  dé^h 
iHilké,  et  qui  n'a  |>as  encore  déi$énéré.  Il 
iiou.s  montre  les  chefs  de  ce  peuple  occupée 
sans  cesse  du  soin  de  lu  bieu  (gouverner,  se 

Guignes  ait  prii  poHf  guiilt  exclatif  U  P.  Cibol,  nr 
il  a  einbrasM  des  opiiiiuits  opposées  à  celles  de  ce 
l'ère,  iinUinnMiil  sur  le<léltiK«  do  Yao,  que  ceiler- 
uiercuiiFuiid  avic celui  de  Noé:  cetjue  ne  fa'.t|Miiit 
lie  Cuigtit^:*. 
(4iU)  Him.  tonceTMHt  la  Ckîttoii,  t.  U,  Xill,  XV. 


dévouant  Ëui-niêmcs  et  sacriiianl  tout  [ujur 
l'ulilité  publique.  Vous  y  voyez  unem|«- 
reur  travailler  pendant  neuf  années  ih\tt 
écouler  les  eaui  de  l'inondation  qui  iint- 
tait  plusieurs  provinces  de  Sun  empire,  et 
|)«rla(i;er  avec  ses  sujets  retle  calamité  com- 
mune (^28).  ■  Ces  quelque.^  paroles  nous  re- 
Iracenl  de  la  manière  la  plus  Gdèle  ce  i)ua 
furent  les  règnes  de  Yao  et'le  ses  premiers 
successeurs.  Or  il  ne  faut  pas  oubliuri^uB 
c'est  par  Yao  que  Coufucius  cooiuieuce  mu     j 

Enfin  Mencius,  ce  philosoplie  si  vénéré 
parmi  Us  Cliinois,  et  dont  le  lémeigutu 
doit  par  là  niêine  élre  du  plus  grand  (nia, 
Meocius  Dou»  représente  claîremenl  Y*d 
comme  un  des  premiers  cbefs  du  |)eu|^ii 
chinois  et  (a  Chine  elle-même  coiiniii  m 
commençant  à  être  bab.tée  que  sous  m 
ràjjne  ;  voici  ses  propres  paroles  :  ■  Au 
Ieni|)S  de  Yao  J'empire  n'était  pas  eiicin 
bien  formé  {nondum  adhuc  franf ut(f uin).L« 
eaux  débordées  de  tous  les  côtés  inoiidawl 
la  terre  ;  les  parties  qui.  n'éiaienl  pas  iv"» 
mergées  étaient  couverles  d'herbes  el<i'l^  j 
bres  touifus.  et  remplies  d'oiseaui  el  di  I 
bêtes  féroces  sans  nombre.  Aucuns  dis  ; 
cinq  espèces  de  grains  ne  crulssail  nulle  | 
part;  les  oiseaux  cl  les  bêles  sauvages  in- 
festaient les  hommes;  on  ae  voyait  |>arlDul 
que  des  traces  d'animaux  el  d  oiscauiqui 
s'cEaitnt  répandus  jusqu'au  centre  de  l'eiu- 
pire.  Yao  en  fut  vivement  aOligé:  il  s'asso- 
cia Cliun  |jnor  remédier  à  ces  maux.  CIiud 
ordonna  îi  Yu  de  metlre  le  feu  aux  aviim 
ul  aux  herbes  (l'n  montft  et  loca  paludw]: 
ce  que  Yu  ayant  fait,  les  oiseaux  et  les  \>iM 
féroces  s'enfuirent  el  allèrent  chcrctieiiu 
loin  d'autres  asiles.  Yu,  de  soiicAté.creuH 
neuf  canaux  pour  faciliter  récouleiLciiLil» 
eaux  dans  U  mer,  où  il   dirigea  aussi  l( 

cours  Tsi  el  Ta Après  ces    Iravaui  k 

Chine  put  être  cultivée  et  nourrir  sesl»bi- 
taiits  (kîH).  »  Ce  philosophe  répèle  ailleurs 
la  même  chose,  mais  en  termes  dilféreDts: 
■  Sous  Y:iu,  dit-il  dune  encore,  les  eaui  >r- 
nues  contre  le  cours  de  la  nature  {adumi] 
avaient  inondé  remi>ire.  L.a  Chine  éiait  de- 
venue le  repaire  des  scrjicnts  el  des  dra- 
gons; le  peu^jle  n'avait  ni  séjour  ui  d^ 
meure  lixe.  Djïis  tes  plaines,  il  était  fmi 
de  monter  sur  les  arbres,  et  sur  les  nni^- 
lagnes.il  était  réduit  à  sti  logenlaiis  des 
cavernes Yu  ,  chargé  por  Chun  de  di- 
riger les  eaux,  éleva  des  digues,  creusa  des 
canaux,  et  les  fit  couler  ainsi  dans  la  mer. 
Il  chassa  aussi  les  serpents  et  les  drajjons, 

et  les  relégua  dans  les  marais Lesi'r 

rils  el  les  ubslacles  ainsi  écarlés,  el  le^o'' 
seaux  el  les  animaux  nuisibles  aux  houin)*^ 
ayant  disparu,  les  hommes  purent  lialiid'' 

un)  Mimoiret  coHcernaut  ttt  Ckiinii,  U 1.  p- 1^ 
145. 
(H8)  J.  KnPMTB.    Uémoiru  rtlatift  à  fAw. 

p.  m. 

(4*9)  Slaiiislas  JuLiea,   Umg-Ueu ,  (wn  F""- 
p.  iVi,  189. 


on 


KCTlONTIAmE 


unmtnemtnl  le  pa^s  (*30j.  •  Ces  celles 
5unl  iw|>tl»irs  pour  que  nous  Jiyons  besnin 
t'tmltr  qnelques  réflexions;  c'esl  jiour- 
quiii  nous  )>assuiis  ioiniédialeiiieiil  sus  au- 

in. 

«  des  □liDois.' 


Cnlsorlout  par  la  science  astronomique 

M  Chinois  qu'uD  a  prétendu  prouver  que 

rtiislenca  de  ee  peuple  doit  remonter  ju»- 

qi't  nne  époaue  bien  plus  recnJée  que  le 

it'^ugB  Je  Noe.  Nous  liions  dans  le  Ckou- 

fyj.i'twfil  les  ÎDcrMules,  que  Yao ordonna 

IHitliHo  de  cnlcuter  et  d'obserrer  Ira 

Ikui  d  les  mooTemenlsdu  soleil,  de  la 

Uiit  ri det  astres,  en  mentionnant  le  sols- 

Unà'ilè  et  le  solstice  d'birer;    et  d'aj»- 

(<nJn  ensuite  au  peuple  le  temps  et  les 

iiiso3t.  Cet  empereur  leur  apprit  en  même 

iFBji  que  l'année  est  de  trois  "en tsuisante- 

tii  jours,  et  que  pour  la  déterminer,  ainpi 

ont  sts  qnalre  saisons,  il   fsul  employer 

rioierraliiioii  d'une  lune  (UI).  Nous  Iroa- 

rpDs  de  plus  dans  le  même  Chou-king  l'ol>- 

ttniiioii  et  i'JDdicalioa  d'une  éclipse  de 

vlfil  qui  eut  lieu  pendant  le   règne  do 

Tcboog-lung  {k9i).  Or  ces  faits,  qui  ont  eu 

licu,  siTbir,  les  premiers  vers  l'an  3357,  el 

/«  Jeruier  vers  l'an  2)59  avant  Jésus^hrisl, 

»ip|M»enl  une  civilisation  assez  avancée,  el 

t'tr  con&é(|ueDl    un  corps  de    natioo    qui 

iii»[)it  (Ji'jà  depuis  fort  longtemps. 

Si  on  emmine  sans  prévnutioo  les  pas- 
>>:<>5  du  Chou'làng  allé|{ués  dau^  l'objec- 
i:>iii,  00  ue  pourra  s'empécber  d'en  tirvr 
biie conséquence  diamétralement  opiiosée  è 
Mie  que  nos  adversaires  en  oui  déduite. 
D'iboril ,  si  Yao  avait  été  un  astrunome 
'-'ene  de  ce  nom,  et  si  les  deux  personnages 
i'i<)uels  il  intima  ses  ordres  l'avaient  été 
<ci-iuëa)cs,  l'empereur  aurait  assurément 
<;ia|i]ojé  uD  langage  plus  aslronomique.  En 
KcoDd  lieu,  la  nature  même  de  ces  ordres 
M  de  ces  instructions  révèle  évidemment 
^1  peuple  qui  en  est  encore  k  l'étal  d'en- 
iuce.  N<ius  avons  déjk  vu  plus  baut  que 
«ur  calculer  la  longueur  d'ujie  année  et 
ititntr  les  aaisoDs,  il  n'était  pas  néces- 
lire  de  (lospédcr  uae  connaissance  scieD- 
ili'jue  (Je  l'astronomie.  On  peut  appliquer 
:i  ce  que  dit  trës-judicîeusement  Desbau- 
srajres  en  parlaut  des  découvertes  en  gé- 
érai  :  «  Nuu5  ue  rendons  pas  assez  dejus- 
«  aux  attcieiis  ;   nous  nous   iuiagiuuus 

'i39)  S-tàX.  Jn-iER,  Vaw-T(n,|wr(prior,p.S25. 
\G\)  Cluin^kiMa,  p.  6.  f,  8,  «dit.  de  «le  Guigues. 
ft»)  lHà.,  p.  IJ7,  68. 

itJÂj  DuKAOTuufu,  OtMTM/MM.p.  Iiiij,  dans 
liitetrc  f«B«raJ«  de  U  Chitu  du  P.  de  Uailu,  1. 1. 
i^l  Le  P.  Caubil,  jésuiie,  1  qui  appaniroL  a  Ue 
idtttioH,  renurqne  1*  qm  ta  oernien;  uu  b  trui- 
wc  iKiie  d'aulonne  eu  dans  le  caleudricr  d'alors 
•cuoêne  de  l'anDée  cliiooiM:  ;  i"  (|ue  celle  ex- 
cviem,  m'*  pat  iti ^ateord, est  l'expiessioa  d'une 
'pse  de  sôldl;  5*4iie  Faugea  le  nom  d'une 
■ddlalioa  diiadise  qui  oomuience  par  l'ëluile  > 
Kurpioa  et  toAparw  occidental,  prés  du  cteur 


LUS)  Mému  MawMM  lu  CUant,  :.  tlU,  p.  101, 


APOUKETIQDB.  CHI  »C 

qu'il  leur  a  fallu  benucoup  ds  sii'clcs  ftuur 
faire  ta  moindre  découverte  :  c'est  une  er- 
reur. L'bomme  est  nalurellemenl  iiiveotif, 
el  le  besoin  accélère  le  progrès  des  décou- 
vertes (433).  > 

Nous  (lirons  la  même  chose  par  rappnrl 
i  l'érlipse  snlaire,  qui,  suivant  le  Chou- 
kng,  eut  lieu  pendant  le  rèi^ne  de  Tciiuuj;- 
katigion  n'a  pas  besoin  d'être  aslrunoiue 
|wur  observer  une  éfilipse;  c'etl  le  cas  de 
dire  ave^  DcL-imbre,  que,  jiour  une  ftareillu 
observation,  il  sulTil  d  avoir  des  jeui  ;  mais 
ce  qui  dénoie  un  vrai  savoir  aslronomique. 
c'est  de  constater,  iledéterniiner  eldedécrii-e 
ce  phénomène  céleste,  comme  on  lecuitstate. 
on  ledélermiiieet  on  le  décrit  ordinairement 
dans  la  science.  Or  il  en  est  tout  aulrc- 
mcni  |>ar  rapport  A  notre  éclipse;  car  Toici 
comment  elle  osl  ra|i|M>rléa  dans  le  CAoït- 
king  :a  Au  premier  jourdc  la  dernière  bine 
d'automne,  le  soleil  al  la  lune  en  conjonc- 
lîon  n'ont  pas  été  d'accord  dans  Fang(Û4].  « 
On  voit,  en  effet,  que  le  Ckou-ki*g  ne  mar- 
que ni  la  grandeur  de  l'éciipse  ni  l'année 
de  l'empereur  Tchuung^ng  dans  laquelle 
elle  arriva,  ni  le  jour  du  cycle.  Aussi  les 
astronomes  cbinois  postérieurs  qui  ont 
voulu  la  calculer  ont  émis  des  opinion»  uif- 
férentes  sur  l'année  où  elleo  eu  lieu.  Ajou- 
tons que  le  même  désaccord  règne  entre  l« 
P.  tiaubil  et  Frérel,  qui  ont  aussi  voulu  en 
tixer  la  date. 

Mais  quand  nnus  disons  que  cette  éclipse 
n'a  nullement  été  rapportée  dans  le  CAoh- 
jtinj^  selon  le  langage  et  k  la  manière  iles 
astn>nonies,  neus  avons  pour  nous  l'aulorité 
du  P.  Amiol  lui-même,  autorité  d'autant  p:us 
précieuse  que  ce  savant  jésuite  embrasse  gé- 
uéralemeni  loutes  les  opinions  les  plus  favo- 
rables 11  l'antiquité  de  la  nation  chinoise;  voici 
ses  propres  paroles  :  «  La  fameuse  éclipsa 
du  soleil  arrivée  au  commencement  du  règne 

de  Tchoung-kang y  est  annoncée  (dans 

le  Chou-king)  non  pas  comme devanlarnvec, 
non  pa9  précisément  comme  une  éclipse, 
mais  comme  un  fait  ;  elle  y  est  annoncée 
sans  apprêt,  sans  échafaudage  srii-niilique, 
avec  la  même  simplicité  qu'on  j  annonce 
les  événements  les  plus  ordinaires.  Ce  n'est 
Iioint  un  astronome  qui' prédit  une  éclipse, 
c'esl  un  historien  qui  raconte  qu'il  y  en  a 
une  qu'on  avait  manqué  de  prédire.  Ce  ne 
sont  ]ias  Itis  opérations  bonnes  ou  mauvaises 
d'uD  calculalbur  qu'on  y  lait  valoir  el  qu'un 
y  censure,  etc.  [ï35).  » 

103. —  De  Cuignec  prétend  que,  snivant  le  Icile 
cltiiiois,  il  nV'sl  point  <)iiesii»n  d'écllpse  dans  ce 
passage,  vu  que  les  uuis  fo-tsy,  n'ittt  pa»  d'ac 
eord,  lie  Muraient  en  désigner  ene  :  <  ConiuirM 
admettre  en  effet,  dil-il,  que  t«nfuejus,  qui  te  sert 
loiijourg  du  inoL  cai  pour  n)arquer  une  et-llpsc,  ail 
cniplujré  une  nprcstion  diflereule  pour  reudre  la 
uiiïuie  iilécTCc  pbil'isopiie  a  voulu  Taire  voir  qiie 
les  asiroiiuuicB  s'éiaiciil  trompés  dans  leurs  calculi; 
mais  iln'a  pas  eu  ÎKteniinndi;  parler  d'une  ëclijiM.i 
lUiel.  Chili.,  prér,  p.  lïii.)  Niius  laissons  an  ti- 
ni)logue«  plus  lialiilus  que  nous  la  suUiluu  de  le 
prolilêiucdc  li[iuuislii|^ne;  mais  nous  feruDS  remar- 
quer que  ce  iiui  esi  du  iiumédialeuwnl  après  daua 


U7 


CHI 


UCTtOKNAIItB  APM,OGETIQt]B. 


cia 


Copentiaiit,  îl  faut  en  convenir,  l«  Chou- 
king  Joniifl  elaireraent  h  entendre  qu'il  eiis- 
liiit  une  niélhoJe  pour  supputer  les  ëciips'fS 
longlemps  avnnl  Ti;!ioun^-knng  (2159  atsiit 
Jt'siis-Chrisl);  car  il  esldidlcilo  d'expliquer 
dans  un  entre  sons  ces  paroles  :  a  Hi  ^i  Uo 
dans  leur  poste,  coionie  le  chi  {kM),  n'ont 
rien  VII  ni  rien  entendu.  Areug;les  sur  lésa  p^ 
p&reiires  célestes,  ils  ont  encuuru  la  peine 
portée  par  les  lois  dus  anciens  rois.  Selon 
ces  lois,  celui  qui  devance  ou  qui  recule  les 
temps,  doit  Être ,  »sns  rémfssiun,  puni  de 
mort  (i37).~»  En  eir>'l,  comme  le  remarque 
lt>  P.  GauftJl,  dans  cet  endroit  même  du  CAou- 
king,  uno  loi  si  sévère  cnntre  les  calculateurs 
d'éclipsés,  dons  les  temps  si  reculés,  déitoie 
une  oncienne  méthode  pour  Ips  calculer. 

Hais  il  est  une  considér^Hon  que  nous  ne 
pouvons  passer  sous  siience,  et  qui  ttifre 
une  dillicullâ  sérieuse  pour  ceux  qui  pré- 
tendent que  dès  ces  temps  anciens  l'état  de 
fa  science  était  florissant.  Après  l'éclipsé  et 
l'eliservaiion  des  solstices  dont  nous  venons 
de  parler,  el  qui  sont  enveloppées  dans  un 
vague  et  une  obscurité  complète,  il  faut 
descendre  jusque  sous  le  règne  do  Vou-vaug, 
vers  l'an  1104  avant  Jésus^LlirisI,  pour  trou- 
ver uue  autre  oliservalioo  des  sulstiees;et 
de  Ih  jusqu'eu  776  de  la  même  ère,  sous 
Yi:ou>vang,  pour  rencontrer  Is  seconde 
éclipse.  Ainsi  voilà  à  quoi  »e  réduisent  toutes 
les  ob^erVfiliujis  astronomiques  des  seiae 
premiers  sièck-s  de  l'histoire  chinoise.  C'est 
■eulement  vers  l'an  722  avant  Jésus-Christ 
que  Confucius  rapporte  dans  son  Tchun- 
tiiiou  des  éclipses  marquées  avec  exacti- 
tude. Depuis  celte  époque  jusqu'à  l'an  &60 
avant  notre  ère,  le  luéiue  Conl'ucius  en  rap- 
fwrlb  Irenie-six,  dunt  trente  et  une  sont 
parfaitement  conformes  au  calcul  astrono- 
mique. Or,  comment  se  fail-il  qu'un  peuple 
dout  on  vsnie  tant  les  coutiaissances  dan» 
l'asirououiifl,  n'ait  pas  conservé  une'plus 
Ionique  liste  d'éclipstts  ;  qu'il  n'en  ait  indiqué 
que  deux  pendant  l'espace  de  quinze  cenis 
ans,  «t  que  les  observutions  suivies  et  qui 
ii'^nt  éprouvé  aucune  conleslalion,  ne  com- 
iu«ncent  qu'en  T2Î  avant  Jésus-Christ,  et 
voDcourent  avec  l'ère  de  Nabonassar,  de  la- 
quelle partaient  précisément  les  asironooies 
^recs  pour  \u  calcul  de  leurs  ohservatiousT 
Quelque  réponse  que  l'on  fusse  è  cette  ques- 
tion, un  bon  critique  ne  pourra  s'empêcher 
de  penser  que  si  les  Chinois  avaient  été  plus 
liabiles  auparavant,  ils  aursicnL  consorvé  uo 
plus  grand  nombre  d'ubservatiuns  anciennes, 
et  ces   observaiious  auraient  été  rapportées 

le  Chou-kittg,  que  Caveuglt  a  fra^i  le  tambour  H 
•\»t  la  officitTt  et  le  ptuple  oui  cvurit  avec  précipita-- 
iten,  se  |)riiiii]ue  même  aujourd'hui  en  Cliiiie,  <iuatid 
il  arrive  uiie  éclipse.  Nuud  ajouterons  «{ue  ta  Ira- 
diicliou  du  P.  Auiiot  exprime  plus  claii  émeut  une 
éclipse,  el  qu'elle  est  plus  élcgaiiie,  mais  lu  quesiioii 
est  de  savoir  si  elle  rend  aussi  Ddéteniuul  lu  lexie. 
\aém.  cône.  U»  Chinoû.  1.  U.  p.  35t>.) 

{UGt  Lus  noms  de  JJi  el  Uo  doiiiiea  i  des  asiro- 
noiucs  ligureiil  ftous  Yïu  cciil  qualre-Tiiigi-=dii-kui( 
nus  auparavant.  Ce  sont,  pur  coiiséqiienl,  des  pcr- 
tuiiiia^et  diOéruuu,  cl  ci»  noms  déiiKiient  sana 


avec  toutes  les  cJrconsUiDccs  ii&essaire 
[•ourles  vérilier^ 

Un  fait  remarquable  vient  k  \'t\i\)\i\  di 
notre  raisonnement.  Même  au  vin*  liècl. 
de  notre  ère,  les  Chinois  ne  possédiicn 
pas  encore  un  moyen  de  calculer  sûreuien 
les  éclipses.  Car,  on  721,  uo  de  Cfs  pliénu 
mènes  célestes  calculé  selon  la  mélhodee 
usage  dans  la  nation,  se  trouva  faui.Pou 
Mnpécher  qu'une  seuihlabli;  erreur  dûI  lie 
dfi'is  la  suite,  l'empereur  Hiouang'lsuuni 

2ui  régnait  alors.  lit  appeler  à  la  cour  V-anf 
mieux  bonze  chinois  de  la  secle  deFoa 
Bouddha.  Ce  bonze  prit  tous  les  mom 
qu'il  crut  les  plus  propres  K  s'assurer  il\e 
bonne  méthode;  et  la  révolution  qu'il  opéi 
dans  la  science  astronomii|ue  prouve  cliin 
ment  qu'elle  élaît  encore  bion  arriâiéi:!^ 

Il  est  une  autre  considération  non  uiuia 
importante  et  non  moins  inuontcsiabiï.  ! 
les  couiiaissances  astronomiques  eu&seulél 
dans  les  premiers  temps  telles  qu'on  lesiis 
pose,  elles  auraient  dd  su  perfection  tien»] 
jours  de  plus  en  plusi  en  sorte  que  lesn»^ 
siouoaires  les  auraient  trouvées  dans  untU 
Qorissanl  lorsqu'ils  sont  entrés  dans  la  CbiiN 
Cependant  le  contraire  est  démoalré.  ill 
avaient,  dit  le  P,  La  Comte,  un  caleudmr  I 
des  tables  astronomiques  qui  étalent  Hpt 
corrects  qu'èi  peiD«  pou  vaienl-ils  prédire  gru 
sièremeiit  une  éclipse  desoleil(&39J.>llii.->l 
P.  Aœiot  lui-même  feit  à  ce  sujet  un  m 
refUarquable  :  <  Sur  la  fin  du  siècle  demie 
dit-il,  las  Chinois,  eu  réformant  leur  tM 
iiomie,  adoptèrent  tout  ce  uu'il  j  a  û'taa 
tiul  dans  celle  d'Europe  {kkà).  * 

L'abbé  Grosier,  qui  se  aïonlre  loujoui 
très-favorable  aux  Chinois,  et  quiidanscrll 
uintièro  en  particulier,  cherche  b  retiaus» 
leur  mérite,  reconnaît  cependiinl  qu'ils  il 
sont  guère  avancés  sur  plusieurs  points  asit 
im  portants  1  car  voici  ce  qu'il  dit  entre  iii>>'v 
choses  ;  >  Les  mathématiciens  jésulU^i'' 
lu  zèle  de  la  religion  conduisit  à  la  Cli»i< 
contribuèrent  beaucoup  à  étendre  les  m 
naissances  astronomiques  dans  cet  rtupi" 
Les  PP.  Bicci,  Adam  tichal,  Verbiesl,  W 
plet,  Gerbilluii,  Régis,  d'IiutrecoUs,]arloui 
Parrenin  ut  tant  d'autres  étaient  des  booinil 
que  leurs  talents  seuls  eussent  rendus  ctll 
lîres  même  en  Europe.  Ils  réformeront 
qu'il  y  avait  defaulil  dans  l'astronomie eU 
noise,  corrigèrent  les  erreurs  qui  se  [wrpl 
tuaient  duns  le  calenitrier,  et  communiqué 
rent  des  méthodes  iiouvelles  pour  I'uIjsd 
vstion.  Le  P.  VerbieSt  avait  trouvé  dai 
l'observatoire  de  Pékin  uu.certaiu  uotutu 

doute  des  litres  de  dignité  ou  de  charge.  —  Le  m 
ehi  signifie  celui  qui  représente  Je  mort  dan»  "S  " 
rémonies  ;  on  pourraii  le  rendre  ici  nar«J«w* 
comme  l'u  tait  U.  Pauthier  dans  sa  tradsclion  ilci 
passage  ;  lu  P.  Aniiut  l'a  Iratfoii  par  iiolMt- 1'' 
moiret  concemaut  Itt  Ckitioit,  I.  H,  p.  SSS.) 
a37)  l.hou-king,  p.  69,  édii.  de  de  Cuignei 
(458)  Viia-  pour  |>lus  de  détails  fHiilw"  ««f 
de  l'aitronoinieehimtite,  par  le  P.  Cavau..  .; 

(439)  Le  P.  Le  Coûte,  Leltret  idif..  1. 1.  ^  '* 
l440)  iiimoirtt    eoHetmaiU  fw  UmoU,  t  »■ 
p.  129. 


^  cm  IHCTIONXAIRE 

■j'iusIniiDeDlj  ea  bronze;  niais  les  jugfaot 
ii«j  propres  aux  opérations  aslronomiques, 
iMeur  en  subïliiua  de  oouveanx  qui  sub- 
ïiiieol  encore  [Vtt). 

fies  relations  assuz  récentes  nous  appren- 
r«al  qu'ili  le  livrent  i  l'astrologie  avec  ^Jus 
■jegodielde  plaisir  qu'A  l'aslronomie;nous 
n  iTODS  an  moius  une  preuve  assez  sensi- 
ble diDS  reoipi-reur  Kien-long;  ce  prince, 
le  |lus  pand  leilré  de  son  empire,  n'osa 
quitter  son  palais  Je  4  février  1795,  per- 
jiudéqDel'écIipse  qui  avait  tipu  présagcnnt 
ijBïlque  malheur,  il  ne  pouvait  rien  l'aire 
d'iniporlanl  dans  celte  journée  (U2J.  > 

Od  oLjede  k  cela  que  si  les  Cliinois  n'ont 
latliilde  progrès  dans  l'astronomie  de[iuis 
LKD  to  siècles ,  cela  vient,  d'uD  c6té,  dus 
gvms civiles  qui  déchirèrent  reoi|>ire  cini] 
îiiiceaLs  ans  avant  Jésus-Christ,  et  qui 
isierrompirecl  nécestaîremeu!  les  travaux 
dlrs  éludes  des  astronomes  ;  et,  de  l'autre, 
<le  i 'incendie  des  livres  qui  eut  lieu  pendant 
ierègM  de  Thsin-chi-hoang-ti,  euvirco 
d-ui  ceuts  ans  après. 

.Soiu  coaveooDS  que  les  guerres  civîics 
Ht  peudantloDglcmps  désolé  la  Chine  (mais 
u  u'a  jamais  éld  au  point  de  détruire 
Kaits  Im  connaissances  que  l'on  pouvait 
ivbir  acquises  dansJes  sciences  et  les  arts, 
(/uaui  i  t'incendie  des  livres  que  Chi-hoaag- 
K  urdnnna  d'après  les  conseils  de  son  pro- 
nier ministre  Li-ssé,  il  ne  fui  point  absolu- 
meiit  général.  Doseul  coup  d'œil  jeté  sur 
rfaisioire  du  temps  suffit  pour  prouver  que 
IfiODvrages  fcîentîGquea  ne  furent  |X>int 
taveloppés  dans  la  proscription.  L'etn- 
Itreur  n'avait  en  «ne  que  d'etnpèclier  le 
i-tii\-\e  de  penier  au  gouvernement  des  nn- 
tieiu  rois,  aux  oseiuplfs  de  probité  et  de 
^TTia,  enlia  aux  préceptes  laissés  par  les 
iweos  ;  pares  que  leur  conduite  comparée 
*>aiieD08  formait  un  contraste  qui  ne  lui 
tuii  DuUemaut  favorable.  • 

b'ajlleiirs,  quand  l'édit  inceodiaire  eût 
«ubrassé  tous  les  genres  de  livres ,  il  u'su- 
nil  pas  BU  uoeenlière  exécution;  il  yavail 
l^us  <j'uo  BiOfen  facile  de  soustraire  aux 
redierches  et  aux  investigations  les  plus 
rièuureuMs  lou»  les  livres  qu'on  voulait 
x^ïerier.  Hais  écoulons  ce  que  Fourmont 
dit judicieuMmeat  à  ce  sujet:  ■  Conimcul 
<!rs i{ew  d'esprit  su  sont-ils  persuadé  que 
uiuCbé-lHMiig-li toutes  lesarchiveaavaient 
vt^brdlées  (événement  impossible  par  cent 
ntsuns,  toutes  plus  fortes  les  uues  que  l«a 

Mlrts) 

•  Oisons  doue  plutAI....  chaque  partie  de 
Itiitiérainre  a  ses  temps,  chaque  siècle  a 
les  modes,  et  le  siècle  philosopoique  a  too- 
^n  diminué  l'érudition  :  celui  de  saint 
Tbitmas  ou  de  la  scolastique  en  général 
*()it-il  fort  amateur  d'histoire  ou  de  munu- 

IW)  BklaingMnUdi  U  Cfûntiu  P.  deHtiiX:!. 
<-  Ull,  p.  7».  Soppl.  par  l'atitié  Gbmieb. 

Ui)  r«ytfià  FdÎM.  I.  I,  p.  4t8. 

1^3)  FonMMTT  (l'aillé),  Hé/Uxioag  eriligwn  car 
"»  tauwTrt  éet  BMfifMt  pnpln,  L  U.  t.  m,  c.  21, 
».  m.  lit.  SoBV.  éi\l.,  faris.  17*". 


APOLOGEtlQUE.  CHl  S>0 

Bients  BDltques?  celui  de  Platon  et  d'Aris- 
lolel'élail-ilr  Or,  tel  a  élé  k  Ja  Chine  h; 
temps  de  Confucius  :  éblouis  de  la  beauié 
et  des  charmes  de  In  philosojiliie  prèrhée 

far  les  séries  ti'Tam  (Yans),  di'Mé,  lieLao- 
lun,  de  Cuitfuciutt  devenus  eAercArar*..., 
et  raisonneurs  éternels,  el  sur  le  gouverne- 
ment...,les  ChiDoisd'slorss'nccupaieiit,  non 
h  apprendre,  non  h  travailler  sur  leurs  an- 
cieiis  auteurs,  n3ais  è  poliliquer  sur  le  pré- 
sent; i  le  comparer  arec  un  passé,  selon 
eut,  plus  saga  et  plus  eslimable;  i  donner 
leurs  conjectures  sur  un  avenir  qu'ils  se 
représenlnienl  malheureux  ;  pouTaienl-ils 
plaire  è  Boam-ti  (Hoang-ii),  usurpateur  des 
jietitsrojaunies, jusque-là  sinon Iranquilles 
au    moins  libres.  Combien   Irouva-t-il  de 

lettrés  qui  lui  réMslérent  en  face? <juel- 

ques-iins  de  ces  lettrés,  jaloux  des  droits  des 
rois  vassaui,  leurs  maîtres,  déchirant  sans 
Cesse  dans  leurs  écrilsADom-li,  et  lui  répé- 
tant loulours  les  noms  illustres  des  empe* 
reurs  Yoo,  Xun  (ChunJ.  Yen-van,  eic.^ 
l'avaient  telleiueni  irrité,  que,  transporté  de 
fureur,  il  avait  pris  la  résolution  de  brûler 
tous  leurs  livres,  el  qu'il  en  donna  l'édit: 
on  ne  doit  pns  même  douter  qu'il  ne  s'en 
soit  brù.é  plusieurs:  ma;s  tous,  mais  les 
annales,  mais  lus  archivesT  Folie  de  le  pen- 
ser ;  il  n'en  voulait  qu'à  ces  philosophes 
moralistes;  et  son  bis,  bien  plus  avisé  que 
iui,puur  cela  même,  le  traita  d'iusensé(443).» 
Le  P.  Amiut,  en  faisant  aussi  cetlecilation. 
semblel'adoplersBns  restriction  Bucune(lili]ï 
pour  nous,  nous  jiensons  que  l'éditde  l'em- 
pereur s'étendait  même  aui  annales  et  aux 
archives  ;  car  c'est  dans  ces  monuments 
surtout  que  se  trouvaient  consignés  leslaits 
el  les  exemples  de  vertu,  qui  étaient  la 
censure  la  plus  amëre  «t  la  plus  flétrissante 
de  la  conduite  de  Uoang-ti.  C'est  du  moins 
un  des  conseils  de  Li-ssé  qui  provoquèrent 
lefameuxédil;  car  voici  ses  propres  paroles» 
telles  que  les  a  rap|torlées  le  V.  Amiot  lui- 
inénie  i  €  A  l'exception  des  livres  qui  Irai'- 
lent  de  mêdecîue  et  d'sgrirullure,  de  ceux 
qui  expliquent  lesjkouaou  ligues  de  Fuu- 
bi,  el  des  mémoires  historiques  de  votre 
glorieuse  djoastie,  depuis  qu'elle  a  cuoi* 
menc4  à  régner  dans  les  Etats  de  Thtin,  or- 
donnez, seigneur,  qu'on  brûle  généralement 
tout  ce  fatrasd'écrits  pernicieux  ou  inutiles 
dont  nous  sommes  inondés;  ceux  surtunloù 
les  mœurSt  les  actions  et  les  coulumes  des 
anciens  sont  exposées  en  détail.  N'ajrant 
plus  suus  les  yeux  ces  livres  de  morale  et 
u'Iiistoirc  qui  leur  représentent  avec  emphase 
les  liommes  des  siècles  passés,  ils  neseionl 
plus  tentés  d'être  leurs  imitateurs  serviles; 
lis  no  nuus  feront  plus  un  crime  de  ne  pas 
suivre  leur  exem|)Ie  en  tout  ;  ils  ne  feront 
plus  cette  comparaison,  odieuse  pour  uuus 

(U4)  KoDS  disans  EcelciiMnl  umbU  adopUr;  car 
DOUE  allons  voir  iniiiiédiatemeot  que  le  savant  Pèr« 
ëerait  uécessaîreuiem  donner  à  l'édit  de  lloing-ti 
DD  wH  plus  étendu.  lUim.  timteruittti  la  Chmoû, 
l.Xm.  p.  81.81.1  -     * 


501 


cni 


nCTlONNAIRE  APOtOOETIQL'E. 


cm 


»! 


dan^  leur  bouche,  du  gouvernement  do 
voire  niajesléavec  celui  des  premiers  empe- 
reurs delà  monarchie • 

Quelques  lignes  plus  has  le  même  minis- 
Ireojnute  :  ■  Commencez  pnr  ceux  de  vos 
maiiuiirjnsqui  présidentàThistnire  ;  ordoii^ 
ncz-lt'ur  de  réduire  en  cendres  lous  ces 
iiionumenls  inutiles  dont  ils  conservent  si 
précieusement  le  dépôt.  Donnez  un  ordre 
pflieil  aux  magistrats  dépositaires  des  lois  ; 
celles  qui  sont  émanées  de  voire  autorité 
suprême,  nusgucllcs  on  peutjoindrr;  toutes 
les  ordonnances  parlicutiëtes  que  vous  avez 
faites,  sufDroul  ao  reste  pour  leur  instruc- 
tion. > 

Enfin  Li-5sé  nous  fait  clairement  connstlré 
quels  élBÎent  les  ouTrnges  destinés  au  feut 
quand  il  dit  en  se  résumant  :  •  Le  Chon- 
king  et  les  autres  livres  dans  lesquels  on 
cherchait  ci-devani  les  règles  de  conduilet 
devenus  désormais  inutiles,  doivent  élre 
oubliés  pour  toujours:  qu'Ut  devittmenl  la 
proie  des  flammes  (445)1 ■ 

Sans  abuser,  comme  plusieurs  l'ont  fait, 
de  la  portée  de  cette  esrèce  de  réquisitoire, 
et  de  rinvendia  des  livres  qui  en  fut  la 
réalisation,  nous  ferons  observer  de  nou- 
veau que  dons  cet  arrêt  de  proscription  il 
n*est  nullement  question  des  ouvrases 
scientifiques;  par  conséquent,  tnus  Tes 
livres  i^t  autres  monuments  qui  avaient  trait 
à  l'astronomie  furent  épargnés.  t\  était 
même  de  la  bonne  politique  de  cireonscrire 
cet  acte  de  tyrannie  dans  les  limites  les  plus 
étroites,  et  de  le  coni|)enser,  en  quelque 
fcorte,  en  donnant  une  nouvelle  impulsion 
aux  sciences  et  aui  arts,  et  en  fovorisant 
leur  élude  et  leurs  progrès.  On  peut  croire 
que  Chi-hoanij-Ii  n'y  luanqua  pas.  Cetto 
supposition  d'ailleurs  paraît  d'autant  mieux 
fondée,  qu'il  s'occupa  immédiatement  ii 
faire  consiniire  de  nouveaux  édifices  pour 
embellir  sa  capitale;  dans  ce  dessein,  il 
renoilvela  loute  la  surl'aca  an  It-rrahi  sur 
lequel  elle  était  lifltie  ;  il  multiplia  les  de- 
meures rovales  tant  en  dedans  qu'en  dehors 
de  l'enceinte  de  In  ville ,  avec  une  magnili- 
C'nce  que  l'imoginstion  peut  è  peine  se 
représenter.  En  un  mol,  les  travaux  qu'il  lit 
l'iure  a  cvUe  occasion  paraissent  fabuleux, 
quand  on  en  lit  les  détails  dans  les  écrivaius 
chinois. 

Ainsi  t'incendie  des  livres  De  0t  pas  perdre 
aux  Chinois  les  coniiaissanuesastroiioniiques 
qu'ils  pouvaient  possédpr  è  cette  époque, et 
il  n'euq'ècha  pas  non  plus  les  prot^rès  de  la 
science,  si  celte  science  existoit  réellement 
BU  sein  de  la  nation.  D'où  il  résulte  que  si 
depuis  €hi-hoang-ti  ils  ont  été  de  si  faibles 


astronomes,  il  y  n  toullicu  decroire  qu'iU 
J'élaieni  auparavant.. 

Tout  le  monde  convient  descnnnaÏEjïnccs 
profomJes  du  P.Gaubil.lanl  dansTasironomie 

Zue  dans  la  langue  et  1  histoire  des  Cbinois. 
a{ilace,  en  particulier,  rend  du  lui  ce  té- 
moignage flatteur  :  >  Le  jésuite  Giiubil[eslJ 
de  lous    les  missionnaires  celui  qui  a  le 
mieuf  connu  l'astronomie  chinoise  [K\%].  t 
■  Le  P.  Aniiot  lui-même,  quoique  s'ecarlgnt 
parfois  des  opinions  de  son  cnnfrère,  rend 
vu  toutes  circonstances  honiieurct  hommage 
il  son   vastf  savoir  en  asironomie.  Or  le 
P.  Gaubil  ne  nous  donne  pas  une  idée  fort 
avantageuse  de  la  science  aslronnraiijuedii 
peuple  du  céleste   empire;  voici  ce  qu'ildit 
dans  un  endroit  :  •  Il  est  certain  que  souslei 
Han  (447)  on  ne  connaissait  pas  le  icquiï- 
ment  propredes  fixes,  el  quoiqu'ils  pussent 
aisément  voir  que  le  solstice  de  leur  tempi 
répondait  ï  d'autres    étoiles   qu'où  tempt       i 
d'Vao,  ils  n'étaient  nulh-nient  ou  fait  surit       i 
nombre  d'années  qu'il  faut  pour  que  IcsËm 
avancent  d'un  degré.  Plusieurs  de  cesii*       i 
leurs  (les  auteurs  desHaii}  croyaient  quels 
saisons  répondaient  cbnslamiiient  bui  lut- 
mes  étoiles,  ou  du  moins  nendnnt  bienilet      > 
siècles  ;  d'autres  commencèrent  À  douter  si 
après  huit  cenis  ans  elles  avsnçaicnl  d'un 
degré,  cl  tousélaieni  parfaitement  ignorante 
là-dessus,  comme  l'assurent  unanimcoifinl 
les  astronomes  desdynasties  suivantes(U8}.> 
Le  nigme   Père  dit  dans  un  autre  passage: 
«Ce  n'est  que  sous  les  Yucn  quelesChi'     < 
iiois  ont  ou  des  connaissances  assez  justes 
sur  le  mouvement  des  (ixes  ;  auparatanlili 
le  connaissaient  très-mal,  et  il  paraît  qu'ils 
les  croient  lanlAt  statiunnaires  ,  tantôt  et- 
roctes,  tantôt  rétrogrades,  etc.  (Ù9J.  * 

D'après  ces  faits,  dont  la  vérité  et  l'eiae- 
titudc  nous  sont  saliisammeot  earanlies  par    i 
le  seul  témoignage  du  P.  Gaubn,  on  a  droit 
de  conclure  que  les  anciens  Chinois  étaien 
bien  peif  avancés  dans  l'astronomie,  puti- 
qu'ils  ignoraient  le  mouvement  des  évoiln 
tixes.  Uais  il  est  une  autre  conclusion  atm 
moins  légitime,   et  qui  découle  jiiévilable- 
menl  de  ces  prémisses ,  c'est  que  s\  te  ibou- 
veinent  des  tixes  n'a   été  assez   bien  coonii  | 
que  sous  la  dynastie  des  Yuen  ou  Vosn,  la- 
quelle   n'a  commencé  qu'en  1281,  ou,  sui- 
vBiild''Butres,  qu'en  1360 de  rèrecliréUeniR, 
les  Chinois  nont  pas  puisé  celte  couDaia- 
sance  dans  les  travaux  et  les  docuoientsa»- 1 
Irononiiques  de  leurs  ancêtres,  puisqu'ils  ' 
ne  la  possédaient   pas.  Celte    connaisuDCi 
n'a  donc  pu  leur  venir  que  beaucoup  plus 
tard  ;  qu'ils  l'aient  acquise  par  leurs  proprri 
découvertes,  ce  que   l'histoire    rend    i<eu 
croyable  (4W>j,  ou  par  des  comaïuaicaliou* 


(445)  H4m.  concemamt  la  CAJnvif,  t.  III,  p.  SG9 
CI  sutv,— L'[/niMri,  etc.;  CAine.parU.  Piuihier, 
p.  Siïctsuiv. 

(Uli)  Laplice,  EtpotitioR  dm  igitème  du  monde, 
p.  M». 

(447)  L>  dynastie  des  Han  a  commencé  vers  l'an 
2UU  ava..i  Jesu;  Cbi'îst,  el  a  lini  l'an  StJ3  de  l'ère 
cliiéUvuiie. 


(448}  Ob$enntiom  tUT  U  Ckoii-kimg,p.  567,  éiU. 
de  de  (Guignes. 

(449)iftrf.,p.  479. 

(450J  Ce  que  doub  avons  dit  josqnlci  tondiinl 
r astronomie  des  Chinois  peut  aider  ft  U  soluti^a 
de  celte  question  ;  nous  nous  bornerons  à  citer  ut 
passage  de  U.  Pautbier  :  i  L'empereur  JUng-li'. 
dam  UD  petit  Lruiléde  géométrie  et  de  trigasviw 


nCTKffilUlBE  AF0U)GET1QI)E. 


^  If  pKt  dn  peuples  élnogen  ;  c'esl  chow 
i«a  iaporUote  poor  la  question  priocipalfl 
ijiii  Boof  oecut«,  ri  qui  na  consnle  pas  k 
diiiir  par  quelle  tcma  les  Ciiinois  des  temps 
f.'jfJTraeol  uoderaci  ont  acquis  des  no- 
Irvos  pfos  00  ntoiDS  xrienliTiques  en  aslro- 
LOiiie,  suis  i  constater  (|ii*i  son  origine  1« 
ctupla  da  CUrste  Empire  oe  possédait  pas 
Ols  celle  science  des  connaissances  qui 
<s:fiafsol  DM  cÏTilisaliao  fort  avancée,  et 
tr  ernséoDeot  une  eiisleoce  antérieure 
m  dtlc*  CMOookigtqaes  de  la  Genèse. 

âtoa,  ni  les  annales  historiques,  ni  les 
fftaaissaoeea  et  les  nonuments  astrono- 
K-TKs  des  aocieas  Chinois,  pas  plus  que 
tt:\  ies  Indiens ,  des  ijgf  pliens  et  des 
fJLiMtat,  ne  remontent  i  des  époques  as- 
tuntalées  dans  l'antiquité,  pour  donner 
ifl  iiaeati  foikdé  au  récit  de  UoïM  tou- 
dM  l'ig»  de  odre  globe. 

Cmoia,  leurs  lirm  altérés  et  sans  au- 
Ihflilidlj.    fay.  PBaTATKDQdK,  i  I  el  II.  — 
l/vutiqaité  réfutée  par  Haltehruo.  Fay. 
hicafluaK,  {III. 
CaiËTIANlSHK.     son    élablissemenl. 

r*! .  PaOHSATlOB  DO  CHHmUaUKK   et  Ht- 

(1611,1  IV. — A  rendu  euilérique  U  science 
:-^uIIâtiqaedes  Israélites.  Fay.  Acboama- 
ngn-  —  aoa  iotrodoction  chez  les  Hotten- 
Kis.  rpf .  Racks  ■uxaikes,  i  IX.  ;  chez  les 
r^.7et.  nié.,  i  X.  -  -  Est-il  une  mvibolo- 
pe!  r^.  Mmism*.  {  VIII.  —  Tubleau  da 
ttiristiaoisme.  r*y.  SÉbratcbausme,  {  IF. 
-  ReflTflrse  looies  les  théories  historico- 
piKbMsliqiiea.  F«y.  PaiuMoraii  nimiis- 
ntta  M  L  usTOlu,  S  lU.  —  A-t-il  été  em- 
pTidlé  par  Jésna-Clirisl  el  par  les  apfttret 
>3  autdâsme?  F^.  Muoéumb,  i  il.  — 
i-l-il  nui  an  déTeloppemeot  des  eoonai»- 
Hims  hunaioec?  Fay.  Sctncn,  {  II.  — 
Chrûlianiamr  et  joda^me.  Fey.  Juoûshb 
n  cBusTiAiitHK.  —  Christianisme  avant 
^i<u-Cluùl.  Fay.  Su^TT.  — Olgeclion  tirée 
•:  Mw  inefficacité  dans  la  pàué  et  dans  la 
■.■rtMal.  Ibïd^  I  U.  —  CbristiaDisme  nais- 
(ut,  tableau.  Fay.  rimtrodiictiou,  i  X.— 
Sm  froits.  JUd.,  f  XI  et  saiT.  —  Tableau 
'.*  soo  anîvarsalilé.  Vog.  l'Imtr^^d^letiom , 
tXJV.  —  Sa  stabilité  el  sa  permanence. 
'''•^4 1  XV,  — Tableau  bialorique  du  cfaris- 
i  uiisme  d'après  le  proteslaotisme.  Vog. 
'■^"i^  as  vos*  I  %'L 

CHROXOLOGIS  de  Moïse:  est-elle  con- 
l'oiite  par  les  annales  et  les  monumenta 
iiUonomiqDesdes  peuples.  Fay.  CuALinKwai 
'■BiKxs,  uvmns.  Cnixois.  —  Son  esten- 
ble.  l'ay.  PuiTATeD«os,  {  IX.— 


'«.^iiqee  T  taagpaiia  n  aMbodedaH  les  toïu 
H  '  itufcM'f  ■    i^ÊtUe  qne  leit  rMlorilé  da  oé- 


cnn  m 

.   Fay.  iHoisafSKK, 


'yr*iaai  qae  I  hag  ne  pslse  seirir  daa  trafaui 
*'  ■  fairBiamie  des  écriTaîM  arabes  h loahosté- 
'  i  fv  (écareM  et  éairireot  après  lui,  td  qne  le 
vxi  Uolife  Àt-MamnM  (né  en  IW  de  notre 
^  .  ^vi  Et  iradaiic  en  arabe  TAIniagesie  de  Pto- 
-OAF  M  les  «Ares  Ihrres  aleundrin*.  metmrerU 
"i  tamtt*  Mcoapom'  de  MaTcltes  laUet  en 
«>■  1  de  la  laae;  AOaiéBÏas,  qsi  Btiriuatt  «en 
<>  ««y.  d  l^m-ttmmt,  qaî  atMerrait  a«  Cave  vers 
DicnossAiKs  AroLossnQDs.  L 


f^ronologie  des  I 

i  III. 

CHUTE,  SES  swiiES  DAïis  L'acsturri.  — 
Les  conséquences  de  la  faute  d'Adam  n'onl- 
elles  atteint  que  sa  personnalité,  ou  bien, 
passant  outre  sTnc  le  péché  lui-mémr,  exer- 
cent-elles encore  sur  la  substance  héré<li- 
taire  de  l'homme  une  lamriilable  efficacité? 
C'esl  là  ce  qu'il  s'agit  do  saroir,  et  par  1& 
nous  louchons  oon-seulemenl  au  dogme 
fondamental  du  christianisme,  m^is  ao 
dogme  où  tout  ordre,  toute  morale,  toote 
politique,  prennent  arec  leur  source  la  rè- 
gle de  leur  cours.  Selon  le  parti  qu'embras- 
senl  kcetégard  les  sages  et  les  conducteurs 
des  nations,  tout  change,  lout  s'en  va  sur 
une  pente  ou  sur  une  autre,  pour  ne  sa 
rencontrer  plus  jamais.  Car  il  est  impossible 
qu'avec  un  point  de  départ  aussi  différcnl 
sur  l'état  intérieur  et  nalif  du  genre  hu- 
main, on  n'arrive  pas  ides  conclusions 
pratiques  d'une  irrémédiable  inimiiié. 

Nous  sommes  donc  en  présence  de  celte 
question  :  Adam  s'esl-ïl  corromps  dans  sa 
l>ersonne  ou  dans  sa  nature  ;  dans  sa  per< 
sonne  intransmissible,  et  ne  ponvanl  appar- 
tenir qui  lui,  ou  bien  dans  sa  nature  cnm- 
municable,  dans  cette  partie  de  lai-mèQia 
qui  devait  parrenirjosqu'k  nous,  pour  être 
noire  vie  après  avotr  été  la  sienne?  Le  pé- 
ché, séparation  profonde  et  injuste  de 
riiomme  avec  Di«u,  s'est-il  arrêté  k  l'homme 
primitif,  ou,  s'idealiGant  à  la  chair  et  as 
sang  de  l'humanité,  a-l-il  souillé  l'espèea 
elle-même?  Nais.fon$-noos  purs  ou  viciée, 
danala  sérénité  du  bien  ou  dans  la  coofusios 
du  mal?  Eoeore  une  fois,  e'eat  la  question. 

11. 
PrfpowMrwM  ea  Mw  d*  Md  tor  le  biea  par  b  bdHié. 

— pvliqHBtMéU^— parlIaiapacilêdabieB.'-Itoa 

■*aia(MS  ptf  IMcv  ;  bdob  b'hwui  paf  lV»aw.  — 

Cncne  m  dedani  de  boos. 

Des  sages  ont  éié  tellement  frappés  de 
l'état  d'ahfissemeni  et  de  misère  morale  où 
la  nature  humaine  est  plongée,  qu'ils  n'ont 
pu  se  l'expliquer  que  par  une  dégradation 


Erisiitive  et  nniverselle,  suite  de  quelque 
lute  qui  aurait  altéré  le  plan  de  la  créa- 
tion. D'antres  ont  un  si  vif  éloignemeot 
de  celte  pensée,  qu'elle  leur  parait  élra 
recueil  du  ebrialiauisme,  et  que  ries  ne 
peut  les  amener  k  eotendro  comment  la 
feule  d'an  homme  qui  n'est  plus  a  souillé 
des  buromes  qui  n  étaient  pas  encore  su 
moment  où  elle  se  commit.  C'est  entre  ces 
deux  courants  contraires  qu'il  nous  faut 
naviguer;  l'un  qui  noua   porle  k  pleines 

Tan  IMO.  Fioes  Mrions  platét  fondés  t  croire  que 
■i  T-taac  «■pninU  u  mdlbede  asimeoaiiqne  i  des 
ëiraaffen.  ce  fut  anx  ailronoaes  dn  l'Inde  qa'ii  p« 
faire  cet  cnprvM;  sa  qualité  de  prdue  de  Boaddàm 
dnail  lui  donner  ■■  accès  facile  ani  livres  indiens, 
doDt  il  est  probable  qu'il  connai&uit  b  lanfoe, 
cOBiDC  b  i^uparl  des  prêtres  de  Fo  l'ont  conslaH- 
■eal  coDDae.  >  {VUimrrt,  CUae,  p.  SI3.)  Noos 
biuoas  i  des  Jnges  plus  ttmpéiatu  qve  kms  la 
sein  de  décider  qui  a  raison  du  savant  enpersar 
■»;-lil  m  du  docte  siaologne  Iranfais. 

13 


oni 


nCTIONNJURE  APOLOGEUQUE. 


cnu 


voiles  ilms  les  eaux  du  christianisme,  l'ao' 
tre  qui  nous  repousse  dp  leur  sein  comme 
d'une  mer  sans  profondeur,  où  les  récifs 
se  monlrent  ï  la  surface  des  flol.<>.  Mais, 
grâce  è  Dieu,  nous  avims  une  éloile  pour 
nous  conduire,  et  cette  éloiIe,ici,  c'est  nous- 
mêmes,  notre  conscience,  l'histoire  de  l'iiu- 
manité  au  dedans  ot  au  dehors  de  nous. 
Pour  connaître  si  nous  naissons  dans  le 
Lien  ou  dans  le  mal,  si  nous  apportons  au 
monde  une  blessure  dont  la  cause  est  anté- 
rieure h  oolre  existence ,  il  suffit  de  sonder 
lecœurde  l'homme,  et  c'est  ce  que  je  vous 
prie  de  faire  avec  moi. 

Le  tissu  de  In  rie  liumaine  se  compose 
de  deui  sortes  d'actions,  les  unes  qui  ins- 
[lirent  l'eslime,  le  respect,  l'admiration  et 
l'amour;  les  autres  qui  cnftendrent  l'éloi- 
giiemi'nt,  le  mépris  et  jusq'i'à  l'horreur. 
(Jue  je  vous  ra[i|iello  Titus  disant  un  soir  à 
SCS  courElsans,  ou  plutôt  à  ses  amis,  puis- 
que c'est  le  nom  qu'il  leur  donnait  :  ■  Mes 
amis,  j'ni  perdu  un  jour,  car  aujourd'hui  je 
n'ai  fait  de  bien  k  personne;  *  vous  vous 
sentirez  louches  ;  et,  franchissant  les  siècles 
par  un  élan  subit,  vous  grossirez  de  votre 
voix  la  voix"  unanime  du  peuple  romain 
donnante  son  meilleur  césar  le  nom  le  plus 
beau  qu'un  homme  ait  jamais  porté,  le  nom 
du  délices  du  gtnre  humain.  Mais  que  je 
TOUS  rappelle  cet  autre  césar  envoyant  un 
meurtrier  au-devaut  de  sa  mère  sauvée 
d'un  naufrage,  ^t  cette  nère  disant  h  l'as- 
sassin: Fra;)pefetenJre,  vous  jetterez  un  cri 
et  vous  ajouterez  votre  malédiction  à  la  ma- 
lédiction qui  pèse  sur  re  monstre.  Et  pour- 
tant Néron  était  un  homme  aussi  bien  que 
Titus;  son  parricide  était  la  pensée  et  la 
volonté  d'un  liomme  aussi  bien  que  l'épan- 
chemcrt  de  Titus,  regrettant  un  de  ses 
joun  où  l'occasion  du  bien  lui  avait  été 
refusée.  Or,  que  pensez-vous  qui  doive  Glre 
le  plus  fréquent  parmi  nous,  des  actes  qui 
nous  rapprochent  de  Titus,  ou  de  ceux  qui 
nous  rapprochent  deNéronT  des  actes  qui 
nous  inspirent  un  pieux  respect,  ou  deceux 
qui  font  naître  l'indignation  et  le  mépris? 
Il  semble  que  ce  devrait  6tre  les  premiers, 
puisque  nous  sommes  inTOlontairement 
d'acrord  pour  les  environner  d'honneurs; 
mais  hélas  I  il  n'en  est  rien.  Ce  qui  est 
commun,  c'est  le  vice;  ce  qui  est  rare, c'est 
fa  vertu.  En  comparant  le  bien  et  le  mal, 
tnis  qu'ils  se  produisent  dans  notre  histoire 
h  tous,  nous  remarquons  d'abord  du  cÂté 
du  mal  une  étrange  et  terrible  prépondé- 
rnnce  de  facilité.  Le.  mal  ne  nous  coûte 
riin;  iiour  le  commettre,  il  sullit  de  se  lais- 
Sur  Hller.  C'est  na  navire  qui  a'a  besoin  ni 
de  voiles,  ni  de  rames,  ni  d'aucun  elfort, 

fias -même  de  la  lempéle,  parce  qu'il  a  en 
uî-méme  ses  venls,  ses  flots,  sa  pente  et 
son  ouragan.  Le  bien,  au  contraire,  ne  sort 
*dft  notre  Jme  que  par  un  enfantement  dou- 
loureux ;  vaisseau  fragile  et  mal  armé,  il 
faut  qu'il  remonte  le  cours  des  vagues,  et 
qu'ayant  contre  lui  toutes  tes  fureurs  du 
ciol  et  de  la  mer,  il  se  tienne  dans  sa  route 
•ans  décliner  jamais.  La  vertu  est  si  diffi- 


cile que  nous  l'avona  appelée  la  verla 
c'est-b-dire  la  force  par  eicellenee,  etqu'«Q 
toutes  choses  elle  se  montre  au  sobimet 
comme  le  suprême  elTort  de  l'hooime.  Hors 
d'elle  tout  est  fscile,    la  naissance,  U  fot. 
tune,  le  talent,  le  succès,  la  gloire  même; 
et  qui  possède  tout  no  la  possède  (leiiii  ea^ 
core.  Qu'un  prince  vienne  k   monter  son  le 
tr&ne,  il  aura,  le  jour  même,  autour  de  lai, 
pour  y  choisir  les  insIrumentsdesoflrègQs, 
des  hommes  de  tout  mérite  et  de  tout  re- 
nom :  mais,  si  Dieu  lui  a  donné  la  sagesu 
par  une  de  ces  bénédictions  qui  consolent 
quelquefois  la  terre,  il  discernera  da  pre- 
mier regard  une  place  vide  au  milip.u  de  ses 
courtisans,  et  le  soir  venu,   couvert  d'un 
habit  obscur,  il   ira  frapper  i,  la  porte  ds 
l'homme  île  bien  pour  le  supplier,  au  nom 
de  Dieu  et  de  la  patrie,  de  lui  apporter  le 
rare   secours   d'une    vertu    désiniéressèB, 
Que  nous  manque-l-il  dans  ce  grand  eiD|iir< 
fran^isT  Sonl-ce  les   liommes  d'esprit,  les 
lettres,  les  arts,  les  sciences,  la  ferlilîié 
du  sol,  la  beauté  des  rivages  et  ta  puissance 
des  mersT  Non,  le  ciel  a  énuisé  pour  nou» 
le  mystère  de  ses  dons;  nul  peuple  n'a  re^u 
davantage ,  et  nul    peuple  pourtant  n'est  , 
moins  le  mettre   de  son   sort  ;   que   nous  j 
manque-t-il  doncT  une  seule  cliose,  la  vertu.  | 
Et,  dans  chaque  siècle,  quand  ou  écoute  de  ' 
haut  et  en  silence  le  bruit  de  l'histoire, 
l'flme  est  avertie  que  les  passîoDs  domineDl 
et  que  la  vertu  n'a  que  des  heures  et  quel- 
ques héros. 

Il  y  B  donc  en  nous  certainanaent  pré- 
pondérance du  mal  sur  le  tiien  par  la  faci- 
lité, j'ajoute,  par  la  spontanéité.  Le  mil 
n'a  pas  besoin  de  culture;  il  naît  sans  pré- 
paration, comme  lus  ronces  dans  une  terre 
abandonnée.  Laissez  l'enfant  au  rours  natu- 
rel de  ses  instincts,  que  devtpodra-l-il  1  Un 
égoïste,  un  despote,  un  petit  monstre,  qui, 
après  avoir  abusé  de  sa  foiblesse  coutreu 
nourrice  et  sa  mère,  abusera  de  se  forte 
contre  ses  compagnons  d'Age  et  de  plaisiri 
jusqu'A  ce  que,  parvenu  a  la  maturité  du 
vice,  il  ne  présente  plus  qu'un  spcclaeli 
inférieur  A  celui  que  donne  le  sauvage.  Il 
spectacle  de  l'animalité  pure  se  repaissniii 
de  débauche  et  de  cruauté.  Il  faut,  il  Tau 
l'arrêter  de  bonne  heure,  châtier  sa  tyran 
nie,  lui- apprendre  qu'il  a  dos  devoirs  avar 
d'avoir  des  droits;  il  faut  courber  sa  IM 
et  ployer  ses  genoux  ;  il  faut  qu'il  s'humil'i 
qu'il  demande  pardon  de  ses  fautes,  qu^ 
pleure  d'avoir  offensé,  qu'il    subisse  »i< 

rersévérance  l'instruction  do  la  verge  i 
initiation  de  l'amour,  et  qu'abattu,  reioti 
froissé,  taillé,  caressé,  il  arrive  au  milii 
des  hommes,  sinon  doui  el  vraiment  a 
mable,  du  moins  poli  comme  uq  marbre  I 
sortir  de  l'âme  et  des  coups  du  sculpieu 
Sans  éducation  point  de  civilisation;  c'est' 
aire  que  l'honurie  est  natJTemvnt  barbai 
et  que  la  bonté  se  développa  en  fui  par  ui 
culture  profonde,  (iont  l'art  ex  (go  une^ail 
tendresse  dans  une  mâle  vertu.  Mallieur 
j'empire  qui  ne  sait  plus  élever  ses  enfani 
malDeur  6  l'empire  qui  confoinl  reuseigi 


DICTIONN.UIÏE  APOLOGETIQUE. 


CHU 


penl  arec  l'édacatiOD  ;  qui  croit  que  le  bien 
^liil  de  la  scifloce  et  de  la  lillérature^ 
(uelles  qu'elles  soient,  et  qu'aligner  dos 
itult  qui  se  pondèrent,  c'est  préiisrer  l'âme 
h  rbomme  et  du  citoyen  I  L'éducation  est 
Il  IntKtîoo  de  l'obéissance,  du  respect  et 
du  dérouemeDl,  à  uueflme  impalienle  du 
jnag  el  pélfie  d'égoïsme;  tradition  sublime 
liant  riea  ne  répare  l'absence,  et  dont  la  né- 
Hisité  prouve  inviociblement  la  prépondij- 
rince  iponldDée  dn  mal  sur  le  bien. 

Nous  roici  déjà  bien  loin  dans  la  con- 
uissaoce  de  notre  élat  moral  ,  et  dès 
miinlenaat  nous  pouvons  affirmer  que  la 
nature  humaine  est  penchée  dans  un  sens 
miuraif,  puisque,  prise  au  berceau,  avant 
loule  action  oe  l'homme,  elle  ne  s'élève 
unie  bien  que  lenlement,  par  des  voies 
trites  el  ft  l'aide  d'une  éducation  qui  lui 
liîDl  du  dehors,  tandis  que  le  mal  se  produit 
(0  ellti  d'uti  jet  facile  et  spontané.  Mais  ce 
^'«llpa5tout  ;  il  n';  s  pab  seulement  dans 
1.1  niiure  humaine  bcililé  et  spontanéité 
Jamil,  nout  y  remarquons  encore  l'inco- 
{.irJtédu  bien  sous  des  rapports  très-essen- 
iicli.  le  nomme  Dieu.  Dieu  était  notre  créa- 
i-iir,  notre  père,  le  seul  èlro  qui  ne  noua 
^ilt  rien  et  h  qui  nous  devons  tout,  il 
uiju^eque  nous  soyons  avec  lui  dans 
■iu  rajiporls  de  reconnaissance  et  d'amour; 
ilfit  juste  même  que  nous  l'aimions  per- 
dus tout,  puisqu'il  surpasse  tout  en  bon- 
'>t.O,  en  est-il  ainsi  r  Vous  tous,  qui  n'a- 
tn  fiutre  règle  que  les  principes  et  les 
KDllBenlsde  la  nature,  i)arce  que  vousavez 
Kyii  ceux  du  ctiristianisme,  eimez-vous- 
6rfgfKst-il  présent  à  votre  esprit?  Vous 
fmi-vousversiuipardes  actes  positifs  de 
Mteillaoce,  d'actions  de  grSces  et  même 
^jjiu|ilesouTpair?  Non,  évidemment  non, 
•toui,  tout  comme  vous,  lorsque  je  n'avais 
to  moi  que  ia  nature  humaine,  je  vous  '~ 


cjor^se ,  je  n'aimais  pas  Dieu .  je  n'y 
ptnuii  même  pas.  J'ailsis  &  mes  joies  et 
<ia»  affaires  de  jeune  homme,   laissant 


Hita  i  ses  affaires  cl  K  ses  joies.  Tel 
^titl  mon  état,  tel  est  le  vAtre;  et  cepen- 
liiut  l'amour  nous  est  si  naturel,  il  est 
"t^n  li  proche  parent ,  que  rien  ne  nous 
fil  [ilut  bcile  et  plus  nécessaire  que  d'si- 
BUr.  DeiaaiD,  tous  vous  lèverez  ;  il  y  aura 
4m  l'iir  uoe  douceur,  un  parfum  du  prin- 
'^'npt,  les  arbres  seront  mollement  emui 
l-trie  presseatiment  d'une  belle  journée; 
*'iut  ouvrirez  votre  fenêtre,  et  un  amour 
;iiliira  de  f)us  vos  sens  pour  aller  su-de- 
'•m  de  la  nature  et  s'y  enivrer  d'air,  de 
iJviÈre  et  de  chaleur.  Près  de  vous ,  sur 
»  (lierre  eilérieare,  noe  fleur  vous  regar- 
"Vt,  une  fleur  que  voos  aurez  vue  naître 
tiDi  le  b-oid  de  l'biver,  et  que  vous  aurez 
•^ijotée  aux  premiers  ravons  d'un  plus 
^oni  soleil;  TOUS  lui  rendrez  ion  regard, 
'(>iu  lanpprocberez  de  vous,  et  tout  ina- 
oinée  uu'eAe  soil  et  impropre  à  l'amour, 
toui  ferez  de  vous  fc  elle  et  d'elle  h 
lous  )e  M  tais  quel  commerce  où  le  cœur 
ne  tera  pas  étranger.  Mais  Dieu...  Ah  I 
Dieu,  ooios  que  le  veut,  uioio*  que  l'air. 


moins  que  la  lumière,  moins  que  la  petite 
fleur,  TOUS  a'y  pensez  pas.  Qu'est-ce  que 
Dieu  T  Vous  Vieillirez  ;  votre  jeunesse,  en 
s'éloigRsnt  de  vous,  ne  tous  renverra  plus 

3ue  des  souvenirs,  tristes  et  fragiles  images 
e  vous-même,  et  les  obscurcissements  de 
l'âge,  tous  gagnant  toujours,  il  ne  tous 
restera  blentAt  que  des  ruines  sans  amitiés. 
£n  ce  temps-là,  par  quelques  jours  d'au- 
tomne, quand  la  solitude  devient  plus  dure 
au  veillard.à  cause  des  mélancolies  du  ciel, 
vous  descendrez  pesamment  dans  la  rue. 
el  regardant  cà  et  là,  vous  chercherez  s'il 
n'y  a  pas  quelque  pauvre  animal  abandonné 
comme  vous  et  qui  ait  besoin  d'un  boa 
mutlre.  Si  la  Providence  vous  l'envoie,  vous 
le  recueillerez  doucement  dans  les  puus  de 
votre  habit,  et  le  portant  à  votre  foyer,  vous 
lui  ferez  sa  place  comme  à  voire  dernier 
omî,  le  dernier  qui  boira  dans  votre  tasse  et 
à  qui  vous  donnerez  de  votre  pain.  Et  si 
vous  êtes  pauvre,  souITranl  h  ta  ibis  de  l'âge 
et  du  besoin,  il  se  formera  entre  la  hôte  et 
vous  une  aiiiilié  d'uutant  plus  forte  et  plus 
sacrée;  tous  vous  retrancherez  de  votre  vî» 
pour  entretenir  ta  sienne,  et  lui ,  tous  ré« 
cliBufTant  de  sa  jeunesse  et  de  aa  reconnais- 
sance, tiendra  votre  cœur  vivant  jusqu'à 
son  dernier  soupir,  jusqu'au  jour  oii  tout 
étant  achevé  ,  vos  restes  s'en  iront  accom- 
pagnés de  deuz  seules  créatures,  le  prêtre 
el  le  chien,  le  prêtre  pour  vous  bénir  en- 
core une  fois  au  nom  de  Dieu,  le  chien  pour 
TOUS  pleurer  au  nom  de  la  nature.  Conclu- 
sion :  il  nous  est  plus  aisé  d'aimur  un  chien 
que  d'aimer  Dieu,  i;'est-à-dire  quF:,  par  unu 
incompréhensible  ingralitijdo,  D.eu  noua 
est  plus  étranger  que  quoi  que  ce  soit  sui 
monde.  Est-ce  là  ce  que  nous  deTÎoos  èlret 
Est-ce  là  l'état  où  Dieu  nous  aurait  mis  por 
l'acte  même  de  notre  créaLion  ? 

Nous  ne  sommes  pas  avec  nos  semblables 
dans  dn  plus  justes  rapports.  NousdeTrions 
les  aimer,  puisque  la  bienveillance  est  la 
loi  des  ralliions  entre  les  êtres  de  même 
nature  et  de  même  sang  :  or,  lus  aimons- 
nousT  Aimez-vous  l'homnieT  Vous  Ailliez- 
TOUS  d'aimer  l'homme,  je  ne  dis  pas  votre, 
père,  votre  mère,  vos  frères,  vos  sœurs  et 
vos  amis;  ce  n'est  pas  là  l'homm?,  c'est 
vous.  Hais  l'homme,  celui  que  les  ancinns 
appelaient  si  bien  hotlii,  l'Iiomme  du  de- 
hors, l'étranger,  cet  hommc-là,  i'aimez- 
vous7  Vous  êtes  riche  :  pensez-vous  à 
l'homme  pauvre  T  Vous  êtes  dans  la  joie  : 
pensez-vous  à  l'homme  qui  soutTreT  51 
vous  y  pensez,  et  je  le  crois,  ce  n'est  point 
su  nom  de  la  nature,  mais  en  vertu  d'un 
élément  supérieur  que  vojs  tenez  du  chriS' 
tianisDie  et  qui  agit  encore  en  vous-même 
lorsque  vous  en  avez  répudié  la  source;  et 
combien  est  faible  ce  mouvement  généreux  I 
Combien  il  est  loin  de  l'omiiiél  Vous 
croyez  beaucoup  faire  en  retranchant  de  vos 
plaisirs  et  de  votre  luie  un  insensible  su- 
perflu, et  cela  fait,  vous  tous  reposez  dans 
ta  peoséo  que  vous  êles  liumsînl  Vous  tous 
dites  :  ^ai  payé  ma  dette  au  malheur,  je 
puis  être  heureux  traaquiUeneal«  qu'on.or 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


cnu 


m'en  jiBrlfi  plas.  Encore  esl-ce  \h  rtffpl  d'une 
dnclnnequi  a  choagé  le  monde  ety  a  tiilro- 
diiit  Ib  charité.  Que  serait-ce  si  jo  vous  poi^ 

lais  de  rhoijHDfl  antique  T  Crojfez-vons  que 
les  Spartiates  aimassent  les  llotesT  Que  les 
vingt  mille  cile^ens  d'Altiènes  aimassent 

les  deux  ou  Iroiâ  cent  mille  esclaves  dont 
ils  STBient  besoin  pour  TÏtreT  Que  les  Ro- 
mains aimassent  les  dëtjtleurs  qu'ils  tortu- 
raient dans  leur  Ergattulum,  et  ces  milliers 
lie  malheureux  attachés  à  la  glôbe  de  leur 
gloiroT  Voyaient-ils  les  uns  et  les  autres, 
voyaient-ifs  leur  prochain  dans  l'esclave  et 
le  vaincu?  llsy  voyaient  un  instrument  de 
leurs  désirs,  quels  qu'ils  fussent,  une  cbair 
plus  parraite  que  celle  de  la  béte  fauve  ou 
lie  la  bêle  domestique;  et,  lorsqu'ils  la  flé- 
trissaient au  goât  de  leur  débauche  et  de 
leur  cruauté,  la  pensée  nu  leur  Tenait  mémo- 
pas  qu'ils  manquassent  de  justice  ni  d'hon- 
neur. Ils  montaient  de  la  tribuno  au  Capi' 
lolet  avec  l'assurance  d'être  un  ^rand 
peuple,  le  maître  du  monde,  l'ami  des 
dieux,  et  vous  les  eussiezjelés  dans  le  plus 
rare  éloonement  si  vous  leur  eussiez  annris 
qu'ils  n'étaient  que  d'illustres  et  sacrilèges 
meurtriers.  Tel  est  l'homme  pour  l'homme 
tant  aue  la  nature  humaine  n'est  pas  puri- 
fiée d  en  haut  par  l'attouchement  de  la  cha- 
rité; et  même  après  avoir  reçu  du  ciel  cette 
miraculeuse  inauguration,  il  y  reste  un  af- 
freux levain  d'égoïsme  qui  se  trahit  par  des 
pr^ugés  et  des  actes  inuumains.  On  nous  a 
dit  que  nous  sommes  frères  :  nous  le 
croyons;  et,  malgré  celte  foi,  il  suflil  de 
quelque  avantage  de  oaissance  ou  de  for- 
lune  pour  nous  faire  illusion  sur  la  distance 
2ui  nous  sépare  de  l'homme  de  irsvail  el 
'obscurité.  Une  femme  chrétienne  s'étonne 
d'fltre  de  la  même  nature  que  ses  gens,  et 
la  bonté  qu'elle  leur  accorde  lui  pnratt  un 
chef-d'œuvre  d'humilité  comparanle  i  l'a- 
baissement du  Fils  lie  Dieu  sur  la  croix; 
elle  se  forme  une  vertu  de  ce  qui  n'est 
qu'une  vérité.  D'autres  s'oublientjusqu'au 
mépris  envers  leurs  serviteurs,  envers  ceux 
dont  il  a  été  dît  par  la  bouche  do  nicu 
mfime:C«  que  vaut  fertx  auptaipttit  d'entre 
met  friret,  e'tst  i  moi  mime  gut  voue  l'attret 
fait  (Ml).  Et.  enfin,  après  tant  de  siècles 
éclairés  de  rËvapgilc,  les  races  humaines, 
toujours  séparées  en  peuples  et  en  partis, 
se  livrent  des  guerres  dont  l'élernelaiimeiit 
est  l'umbiliOD  de  tous  contre  tous,  h'ipée, 
malgré  la  prédiction  du  prophète,  n>  t'est 

foint  encore  convertie  en  toc  de  charrue  (^52); 
homme  s'est  adouci  pour  l'homme,  il  ue  I  a 
point  embrassé. 

Uais  du  moins,  séparés  que  nous  sommes 
de  Dieu  et  de  nos  semblables  par  nos  ins- 
lincts  natifs,  voués  à  ce  double  désordre, 
ne  trouverons-nous  pas  au  dedans  de  nous- 
mêmes  une  harmonie  qui  nous  console  do 
n'être  pas  meilleursT  Hélas,  sans  doute,  la 
paix  devrait  être  en  nous,  puisque  nous 
sommes  un,  el,  toutefois,  il  n'est  aucun  lieu 
du  monde  oCi  elle  soit  plus  rare  «t  plus  ab-.' 

(i5l)  ifatih.  Hv,  40. 


sente.  La  grande,  l'immortelle  perre,  la 

Suerre  sacrée,  c'est  on  nous  qu'elle  i  »in 
léâtre.  Notre  être,  malgré  son  tinilé,  » 
divise  en  deux  régions,  Tâme  et  lecortw, 
dont  chacune  prétend  h  l'empire  soDTeniin, 
ot,  chose  inouïe  1  ce  n'est  pai  l'âme  qui  est 
assurée  de  régner.  L'Ame  qui  connaît  ttqui 
nomme  Dieu,  l'ime  élevée  par  sa  siibsiance 
et  sa  vie  propre  au-dessns  de  tons  les  él^ 
ments  terrestres,  l'âme  sortie  du  ciel  eldonl 
le  mouvement  invincible  est  d'y  retourner, 
i'Arao  se  sent  dominée  par  ce  corps,  entril- 
nëe  par  lui  vers  d'innommBt>les  pauiorij. 
Même  assistée  de  l'esprit  de  Dieu,  elle  ne 
surmonte  qu'avec  peine  celle  horrible  Ij- 
rnnnie,  et  quand  1  esprit  de  Dieu  se  retire 
d'elle,  parce  qu'elle  eu  a  méconna  le  bewiin, 
il  ne  lui  reste  contre  l'ignominie  de  la  m- 
vitude  que  des  remords  impuissanli  qui 
augmentent  sa  honte  eu  lui  prouvant  sa  li- 
berté. Bile  est  libre  et  pourtant  csfhif. 
elle  est  Hbre-par  nature,  esclare  par  le  fuit; 
elle  peut,  elle  doit  commander  :  elle  n« 
commande  pas.  Sa  supériorité  subsiste  dsoi 
son  abaissement,  sa  responsabilité  dant  m 
faiblesse,  (<t  chacune  de  ses  fautes,  Uricv- 
Nsbie  témoin  de  sa  dégradation,  l'acaisc 

rurtant  i  son  propre  tribunal  et  la  rnp|ielle 
sa  grandeur.  Elle  soufre  ainsi  tout  en- 
semble deux  martyres  contradictoires,  l« 
martyre  de  la  chute  qui  lui  vient  de  nm 
corps,  et  te  martyre  de  la  conscience  qui 
lui  vient  d'elle-même.  Ohl  qni  de  r^u^, 
non-seulement  dans  les  ardeurs  de  la  jeu- 
nesse, mais  sous  les  glacH  de  l'ï^e,  n'> 
ressenti  douioureueament  eel  incroyati'e 
étal  de  noire  personnalilél  Qui  de  vous  s'il 
n'est  abandonné  tout  k  fait  k  rabjecliondi'f 
Sens,  n'a  pleuré  des  larmes  mrslérieufe: 
sur  lui-même  el  n'a  levé  vers  le  ciel  àr* 
pensées  incertaines  el  suppliantes  I  Amuiie 
force  d'esprit,  aucune  élévation  de  forlum 
ne  nous  défend  contre  les  atteintes  dv  <t 
mal  qu'on  pourrait  appeler  le  mal  caduc  lio 
l'Ame.  Les  anciens  le  savaient,  et  ils  nom 
l'ont  dit  dans  une  fable  qui  est  demcun^ 
ci^lèbre  entre  toutes  celles  qui  nous  vii'iinfni 
de  leur  génie.  Hercule,  l'homme  héroi<iiiF. 
avait  Tuincu  les  monstres  et  pacifié  les  em- 
pires ;  ou  comble  de  sa  gloire,  dans  la  mv 
lurité  d'un  Age  qui  ne  lui  annonçnii  phi 
(^iie  le  repos  d'une  impérissable  grandeur 
il  r(tj;ut  (les  mains  d'une  femme  une  tiini(|u< 
précieuse  qu'il  se  hAta  de  revâlir.  L'inlvt; 
tuné  I  b  peine  eut-il  sur  sa  chair  le  IrsH 
fragile,  qu'il  se  sentit  consumi^  d'un  i'-i 
dévorant  ;  il  y  porte  les  mains,  il  veut  1'"' 
rncher  de  ses  membres  généreux.  cVs 
vainement  :  le  iti  empoisonné  esl  plus  (<ir 

Sue  cette  main  qui  avait  abattu  les  tyrans 
ercule.  Hercule  I  ne  t'étonne  pas,  l'honini 
peut  vaincre  les  monstres;  il  n'arrache  |« 
de  dessus  sa  chair  la  tunique  de  Déjoaiit 
El  si  ces  accents  vous  semblent  trop  f>n 
fanes,  écoulex  saint  Paul,  le  jeune  hoioiu 
tombé  de  son  cheval  h  Damas,  et  apporiao 
au  christianisme  tout  le  fou  d'une  Atoe  <)i' 


DiCniKirUiafc  APOLOGETIQUE. 


cao 


tue  de  U  persécalHHi  à  l'oposlntal.  Ecou- 
a-le  se  nlaiiMlrc  des  lullt»  déchiranLet 
D'une  si  haute  prédi.-5lîii«tîon  u'avsit  pat 
iries  dans  son  sein  r  E»  ririté,  jt  ne  e»m- 
reméâ  pms  ce  9v«  je  ftii;  cmr  U  bin  que  n 
twr,  je  m€  le  faim  pas,  H  U  mal  quejt  kat$, 
t  tmtemmplim....  Jt  me  plais  datu  ta  lai  dt 
Am  nimm  fhmmÊmr  imUrinr,  swtf  jt  reiê 
l«u  «Ma  imewbree  taie  autre  loi  qui  al  coa- 
iratra  A  le  /«■  tie  mem  eeprit  et  qut  au  eemtivt 
ifaetMa  C9rpM  eom»  UjmMg  dm  pécki.  Mal- 
kamix  teieig  fve  je  euia ,  f kÎ  au  déti- 
tnrm  à»  ce  emrpa  de  mart  ((33)?  Tel  éiait 
^  cri  de  saint  Paul,  Tieilli  déji,  iwrUmt 
dma  sa  chair  la  morlîfiealioD  el  Im  slig- 
nalM  de  Jésus-Chrisi,  batlu  île  tci^i 
|«Mr  n  foi.  éimisé  de  aes  longues  pér^v- 
■Jliaai  et  se  hfltaot  au  marlfre  qui  défait 
rfieiinier  sa  course.  Cel  hoiama,  aaiol 
PaeL,  A  ne  lait  pas  ce  qu'il  tcdI,  il  fait  ce 
qa'ii  ne  veot  pas,  il  fréioil  de  U  domination 
ait)  éhNiffée  de  ses  sens,  et,  comme  Her- 
nie, sar  le  mont  Oela,  il  demande  h  la  mort 
4e  le  déiîTrer,  mais  k  une  mort  diTine 
4ii'BerEal«  ne  connaissait  point.  Que  sera- 
tt  dooe  de  nous,  mon  Dieu?  Qui  nous  dira 
te  que  ooos  smpnes  ?  Est-ce  le  crime  qui 
eH  Botre  nature,  est-ce  la  vertu  7  Si  c'est  la 
crime,  comment  en  aTOns^ous  le  remords? 
tt,  H  c'e»l  la  vertu,  comment  son  règne  nous 
tst-il  si  dfHilooreux? 

SjU  donc  que  noua  considérions  l'homma 

•liiis  ses  raf^ioris  avec  Dieu,  avec  ses  seo>- 

itisUes  el  avec  lui-m4me,  nous  y  reuiar- 

quoQi  une  ioeapacilé  natÎTe  du  bien,  un 

iutderimeiojosuel  Taux. Tout  bien  nous 

c  fti«  no  long  apprentissage  ;  mfime  après 

Cl  avoir  acquis  l'iiâbitude,  nous  De-l'accom- 

;  iissoiis  presque  jamais  qu'avec  effort,  el, 

<    O'^ia,  il  est  des  vertus  nécessaires  qui  sur- 

„i  ]Mital  nos  forces  oalarelles,  et  dont  Je 

t  Mi^-inaire  oous  demeure  inaccessible  tant 

I   sH  Diou  ne  ooDS  y  introduit  pas  k  l'aide 

H  k  un  secours  divin.  Du  edté  du  oial,  au  coo- 

t   ^"'"t,  loat  est  pour  nous  possibilité,  facilité, 

,,  l'iiUnéilé.  Double  pbénomèoe,  dont  l'un 

t'  ^"^Snue  l'aulre,  et  d  oi^  résulte  la  certitude 

I'  'tH':  l'homme  oalt  avec  un  libre  arbitre  ajfîu- 

{4  w  rt  ûrfÏM/,  pour  me  servir  de  l'expression 

li.  Kme  du  coodle  de  Trenie.  Hais  le  libre 

|i  *f-.-nn  est  le  centre  de  notre  acUviié  mo- 

{^^Ûl  résume  en  lut  l'intelligence  qui  dé- 
I  -^'f.  rimasioition  qui  ébranle,  le  cœur 
f<  l'i  i^Tioade.  ia  volonté  qui  commande,  et 
^1*'^  iltsiblissemeat  eit  ainsi  l'atTaiblisse- 
f^  "idt  (uules  nos  facultés,  sou  înclînai- 
,1  ^'^>r.u:ltuai$oa  oiauvaisc  de  noire  nature 

3 '■"'■ère. 
leuurquez  que  je  ne  vous  parle  point  des 
^  tiui  I  Ljsiques  de  rfaomaic.  iJe  ses  peiucs 
àf:  niT^  ei  |j'ei|irit.  Celle  gieiiilure  pourrait 
J  '-Jiic,  tuais  elle  n'en  Irai  fierait  |<a$  la 
iV^  lueDta  que  rtiouinie  soit  décliu  par  sa 
||7*|<'  <1;  l'eut  primitif  où  Dieu  l'avait  créé. 
J  ^'>  kiea  que  Dous  aiuiiuiis  à  nous  cepré- 
^  ;  'tr  ti  infoté  divine  comme  iucapable 
n  "'"Wtt  ttue  couffrauce  à  qui  ne  l'a  i«as 

'j    '^lB«..ii.l5,S2etsaiT. 


préalablement  méritée,  toutefois,  en  com- 
parant les  délices  de  l'étemelle  Tt.e  avec  l«t 
afflictions  de  la  vie  présente,  on  peut  conee- 
voir  qu'une  providence  aimable  et  douce  ail 
mis  la  jouissance  des  unes  aux  prix  de  l'ae- 
ceptalion  volontaire  des  autres.  Je  laisse 
donc  de  cAléJcel  ordre  de  considéra  lions,  et 
j'admbts  Sans  réserve,  ainsi  que  le  vent  la 
doctrine  de  l'blise,  que  Dieu  auratf  pu 
trier  l'Aeewie  ta  qu'il  wtU  aaieurd^kui,  vn 
aioutaot,  comme  le  tboI  aussi  la  doctrine  de 
I  Eglise,  saaf  le  péché,  sauf  le  mal  moral. 
Or,  n'est-ce  pas  un  mal  moral  que  l'affai- 
tdissement  de  notre  libre  arbitre  pour  la 
bien,  et  son  inelinaison  dans  nn  seos  oppo> 
aé?  M'98t-«e  pas  un  mal  moral  que  l'extrame 
diflîeulté  du  bien  comparée  k  l'eitréme  U- 
ciliié  du  mal,  et  surtout  que  l'incapacité 
native  d'arriver  è  des  vertus  sans  lesquelles 
nous  sommes  avec  Dieu,  nos  semblables  et 
nous-mêmes,  dans  de  fausses  relations? 
L'bomme  doit  naturellement  aimer  Dieu  el 
l'bomme;  il  doit  natorellamenl  respecter 
son  corps  el  n'en  pas  iiire  l'ioslrument  des 
plus  bomicides  et  des  plus  honteuses  vo- 
luptés; or,  il  est  constant  par  l'observation, 
d'accord  ici  avec  la  foi,  que  notre  nainrs 
actuelle,  abaodminée  k  ses  seules  ressources, 
n'est  pas  capable  de  remplir  ces  saintes  et 
strictes  obligations.  Elle  vient  donc  au 
monde  dans  an  état  non-genlement  impar- 
tait el  inférieur,  mais  dans  un  état  morale- 
ment mauvais.  Assurément,  Dieu  est  libre 
de  créer  des  êtres  fc  tel  deçré  de  perfection 
on  d'imperfection  qu'il  lui  plaît,  mais  noa 
pas  dans  on  état  contradictoire  fc  l'esscoea 
qu'il  leur  donne,  aux  instincts  qu'il  lear 
inspire,  aux  devoirs  dont  II  leur  Uit  le  OM»- 
mandemeut.  Il  peut  refuser  le  libre  arlntre 
k  uoe  créature,  s'il  ne  lui  convient  pas  de 
l'élever  k  l'hooneor  et  aux  périls  de  l'otdre 
moral;  mais,  s'il  \'y  appelle,  s'il  la  soumet 
au  fardeau  de  la  respoosabilité,  il  rime*- 
tira  d'un  libre  arbitre  proporlioaaé  àeetfc- 
Kénêreiise  vocation,  et  non  d'us  Idwg*^ 
bitre  affaibli  et  incliné,  manquant  de  ta  f»**- 
$aace  nécessaire  pour  répyôdre  pi"n™>»i«- 
aux  lois  de  son  uûice.  ' 
jii. 

De  rorigCne  dm  wjI.  —  Solnaon  jar  ia  l*»^ 


rtrJulÎjniTmf' 

Comment  doue  x 
rable  eut  dont  uoiu  i 
auJKt,  la  preuve  et  la  « 
fameuse  questia- -*-  ' 
taut  occupé  les  a 
en  effet,  de  iautn.--  j 
Inde  d«  rboni 

QuMid  Alexauar* 
pris  T>r  el  iiMin 
alla  dans  *a--    uaMi 

Mipiife-  Ja»aa»fi*.  i 


MS 


CIIU 


DICTIONNAIRE  AP<H^ETIOUË. 


cmj 


m 


maniter  aux  dieux.  »  Alexandre  demanda 
quelles  étaient  les  sources  du  Nil,  et  le  snge 
reprend  :  ■  Il  eût  ilé  digne  de  lut  et  plus 
Ifeureux  pour  nous,  qu'il  demandât  quelles 
sont  les  sources  du  mal,  car  il  nous  importe 

fieu  de  quelle  régioa  descend  le  Nil,  mais 
I  nous  importerait  beaucoup  de  saToir  d'où 
Tiennent  les  maux  qui  accablent  l'huma- 
nité. ■  Ce  que  Maxime  attendait  d'Alexan- 
dre et  de  Jupilor-Ammon,  tous  les  philoso- 
phes ODt  essayé  de  nous  le  dire,  et  il  est 
nécessaire  que  nous  parcourions  rapidement 
leurs  systèmes,  aQn  d'en  connaître  la  fra- 
gilité et  de  nous  préparer  par  cette  voie  në- 
Ijative  h  la  doctrine  au  christianisme. 

La  première  explication  nous  est  donnée 
|)ar  la  meilleure  des  philosophies,  par  la 
philosophie  spîrilualiste.  Que  noas  dit-elle  T 
Persuadée  de  la  TOfalion  de  notre  àme  au 
biea  par  ud  Dieu  sourerainement  sage  et 
bou,  elle  ne  voit  dans  ces  étonnantes  misè- 
res de  notre  état  moral,  qu'unn  épreuve  à 
laquelle  la  divine  providence  a  voulu  nous 
assujb/tLÎr  pour  nous  donner  lieu  do  mériter 
la  rëcoiupeose  d'une  plus  parraite  Tie.  Il  en 
est  des  pekies  de  cet  ordre  comme  dei  pei- 
nes du  corps;  les  unes  et  les  autres  ont  le 
même  but>  le  détachement  de  ce  monde, 
l'éducation  de  l'&me,  son  progrès  rersDieu 
par  la  vertu.  Si  l'humme  fût  né  dans  un 
éQuilibre  exact  entre  le  bien  et  le  mal,  il 
eut  sans  doute  mérité,  mais  il  n*eûl  pss 
connu  ces  occasions  formidables  où,  du  mi- 
lieu des  leutatktns  et  des  faiblesses,  le  cœur 
s'élève  jusqu'à  l'héroïsme,  et  rend  plus  de 
gloire  a  Dieu,  par  un  seul  sacriQue,  qu'en 
mille  actes  d'une  vulgaire  et  facile  bonté. 

Ces  idées  sont  familières  à  tous  ceui  qui, 
en  repoussant  le  christianisme ,  veulent 
néanmoins  sauver  dans  leur  esprit  les  fon- 
dements de  l'ordre  moral.  Mais  qu'ils  sont 
loin  d'y  réussir  1  L'aUTaiblissement  du  libre 
arbitre  n'est  ni  une  épreuve,  ni  un  moyen 
d'épreuve;  l'épreuve  est  l'occasion  offerte 
à  uue  intelligence  libre  de  se  sacrilier  au 
devoir.  Si  forte  que  suit  celte  iulelligence, 
si  maîtresse  d'elle-même  au'on  la  suppose, 
il  est  toujours  possible  h  Dieu  de  la  mettre 
aux  prises  avec  des  difficultés  qui  éprouvent 
et  exaltent  sa  vertu.  Et  la  faiblesse  de  l'Sme, 
loin  de  prêter  à  l'accroissement  de  ces  dif- 
ficultés, est  ou  contraire  uue  raison  d'en 
diminuer  le  furdeau,  de  peur  que  la  volonté 
ne  succombe  sous  un  péril  plus  grand  qu'elle- 
même.  Diev,  dit  l'Ecriture,  ne  permet  pas  que 
flotu  loyûtu  tentét  au-àettu»  de  not  força 
(iS^J;  il  demande  peu  à  celui  qui  a  reçu 
peu,  beaucoup  à  celui  auquel  it  a  élé  donné 
beaucoup  (&55).  C'est  la  loi  même  de  l'é- 
quité. De  là  vient,  dans  la  providence  de 
Dieu  sur  les  Ames,  un  progrès  parallèle  de 
i'éjireuve  et  de  la  vertu;  à  raeiuro  que 
l'bomme  se  fortifie  dans  sa  souveraineté 
morale,  Dieu  agit  plus  librement  k  son  égard 
et  lui  ménage  avec  moins  de  scrupule  les 
occasioDs  défaillir  ou  de  s'élever. II  nede- 


(4Bi)  I  Cor.  ., .. 
\^SS)  Luc.  iu,K 


13. 


mande  d'abord  ii  Abraham  que  le  sacrifiet 
de  sa  patrie,  pins  lard,  lorsque  le  cœurda  i 
patriarche  a  grandi  par  l'exil,  il  ose  lui  dira; 
Prend»  ton  fil*  unique,  que  tu  aimet,]iaat,  m 
dam  la  terre  de  vition,  et  ta  tu  me  Foffrim  ' 
en  kolocauMte,  tur  la  montagne  que  jtUftTai 
voir  [V&6).  L'accroissement  du  libre  arollrt 
entraînant  l'accroissement  de  répreuie.el 
la  diminution  de  l'un  étant  la  diminution 
de  l'autre,  il  est  sensible  que  le  mystère  de 
notre  état  natif  ne  s'exnlique  point  par  la 
raison  qu'en  allègue  la  pnilosopnin  spîrilua- 
liste. Plus  Dieu  avait  résolu  d'éprouTer 
l'homme,  plus  il  a  da  le  placer  dans  l'équi- 
libre entre  le  bien  et  te  mal,  et  mttan  incli- 
ner la  balance  du  cdlé  qui  assursit  à  ses 
aules  la  surabondance  d'une  pleine  liberlf. 
D'après  la  philosophie  spiritualiile,  l'ItoiD- 
me  vient  au  monde  avec  une  nature  com- 
plète, se  suffisant  à  elle-même  pour  ^a^ 
complissement  de  tous  ses  devoirs,  n'ayant 
rien  è  guérir  parce  qu'elle  n'apporte  aucun 
blessure,  rien  6  recevoir  de  Dieu,  parce qu) 
Dieu  lui  a  donné  selon  l'étendue  de  ses  1» 
soins,  mais  faible  comme  tout  ce  qui  nalltt 
assujetlie  à  la  loi  générale  dea  êtres,  qui  ul 
un  développemeni  progressif.  Or,  je  Ton 
ai  montré  que  tel  n'est  point  l'état  natif  di 
J'bomme,  mais  qu'il  y  a  en  lui  une  misera 
morale,  dont  la  philosophie  spirilualislt 
elle-même  se  demande  la  raison  sans  la  dé- 
couvrir, et  k  laquelle,  par  conséquent,  eilt 
est  impuissante  k  porter  remède  ,  ce  quil'i 
rendue  constamment  inutile  à  l'amél  ioralios 
de  l'humanité.  Bornée  à  la  nature,  la  hstun 
lui  a  répondu  |>ar  un  opiniâtre  refus  de  con- 
cours. Et  c'était  justice  :  car  comment  gui- 
rir  le  mal  avec  le  mal  ?  Et,  s'il  est  eiagéff 
de  confondre  la  nature  avec  le  mal ,  i  cano 
du  bien  qui  reste  en  elle,  du  moins  est-«llt 
malade,  et  le  malade  ne  se  suffit  pas  pour 
sa  guérison,  il  lui  faut  un  secours  ilu  da- 
hors,  d'autant  plus  énergique  que  le  ma! «A 
plus  sérieux.  La  philosophie  spiritualisM 
u'a  pas  même  songé  fc  le  chercher,  élit:  s 
fait  quelques  sages,  si  on  peut  les  apfeitl 
des  sages,  mais  elle  a  laissé  l'boœme  tel 

au'il  naît  et  le  genre  humain  tel  que  Jésui- 
hrist  l'a  trouvé.  L'expérience  l'aconviiiiicut 
d'être  aussi  impuissante  h  guérir  qu'à  Mii- 
Dsltre  nos  maux. 

Comme  l'ombre  suit  le  corps,  le  matéria- 
lisme suit  la  philosophie  spiritual iste.  Fili 
dénaturé  de  la  sagesse  humaine,  il  rentre 
au  sein  de  sa  mère  pour  le  dévorer,  el  soi 
doctrines  parricides  son  [  la  grande  vengeaDC^ 
de  Dieu  contre  l'orgueil  de  la  raison.  Pour; 
lui  rien  n'est  mystérieux  dans  notre_coni'| 
cience;  car  pour  lui  la  conscience  n'etislOj 
pas,  il  tue  ce  qui  l 'embarrasse,  et  fait  sa  lu*; 
mière  de  la  mort.  Vous  êtes  attristés  du' 
déchirement  intérieur  que  cause  en  voas  '•' 
lulte  du  bien  et  du  mal;  vous  pleurez TOlr«' 
faiblesse  sans  ia  comprendre,  et  demandïi 
'au  ciel  et  à  la  terre  le  secret  de  cette  dou- 
loureuse énigme;  le  matérialisme  T0usdii= 

(456)  C(H.  XXII,  2.  I 


M  CHO  IWTKMNAIIU:  APOLOGETIQUE. 

(jaelfe  tflnnge  inquiétude  esl  la  rôtre  T  Le 
untfèrc  qui  tous  tourmente,  c'est  roiisqui 
le'aitz.  Il  vou>  plall  d'appeler  certaines 
ihniri  itu  nom  de  mal,  certaioes  autres  du 
aora  de  bien,  et  d'opposer  à  Is  nature,  qui 
li:  el  qui  parle  eu  tous,  des  lois  qu'elle  ne 
(vnnill  pas.  Faut-il  tous  étonner  que  vous 
Msnyezpas d'accord  arec  vous-mënies,  ni 
ijue  11  nature  revendique  contro  fos  in*«n- 
imi$oB  impérissable  liberlél  Vous  fnites 
ItiiliisiQe  en  vous,  et  vous  vous  demandez 
iToù il  provient;  il  provient  de  voire  vou- 
loir. Sortez  des  cliimères,  et  vous  relrouve- 
rti  Id  paii  avec  l'unité.  Qu'ôtes-vousT  un 
(«rjis  qui  a  des  tJésirs  conformes  à  ses  lie- 
loiiif  etdus  voluptés  conformes  à  ses  désirs. 
QiiaDd  vous  écoulez  vos  désirs,  vous  n'é- 
oialuque-vos  besoins,  et  quand  tous  écou* 
■tiTos  besoins,  vous  ne  fuites  qu'obéir  h 
h  niiure,  qui  tous  récompense  par  des  to- 
lapiis,  Qa'jt  a-t-il  de  plus  simple,  de  plus 
in^le  a  de  plus  invincible?  Est-ce  que  la 
Silure  1005  dit  d'élre  chastes  T  et  si  elle  ne 
luuledjt  pas,  qui  a  le  droit  de  tous  le 
tut  T  Dieu,  peuL-élre  :  mais  Dieu,  puisque 
lOosT  crojez  ,  est-il  autre  chose  que  l'ao- 
'~irae  la  nature  ?  et  dès  lors  la  voix  de  la 


vm 


u$ 


DOS,  notre  Ame  enlrevoil  de  ]<Âa,  par  deU 
le  tombeau,  l'air  sans  tache  de  rimmorlaltté, 
où  peut-^lre  pourra-t-elte,  eo  se  plongeant, 
trouver  l'honneur  et  la  paix  qui  lui  raan- 

auèrenl  ici-bas.  Ainsi  jclons-nous  l'ancre 
es  saintes  pensées  sur  tous  les  rivages,  et 
encore  que  le  matérialisme  nous  arrache 
d'un  piitit  on  d'un  autre,  il  nous  retrouve 
debout  quoique  part,  nommanl  l'aveuir,  la 
justice  et  la  vérité. 

Entre  les  deux  doctrines  que  vous  Tenaa 
d'entendre,  l'une  qui  nie  le  mal  pour  ea 
explitjuer  la  présence  dans  Is  nature  bu* 
maine,  l'autre  qui  diminue  celte  présence 

fiour  en  rendre  raison,  s'est  placé  dèi 
onglemps  un  troisième  el  singulier  syn- 
lème  doiit  la  fortune  a  été  aussi  étonnante 


le  veux  dire  le  manichéisme:  Le  manichéis- 
me recoonaissail  la  difTércnce  du   bien  et 
du  mal;  il  avouait  que  le  mal  lieut  une 
grande  place  dans  l'buoianjté,  el  que  Dittu 
ne  peut  être   l'auteur  d'une  si  fausse  si- 
tuation. Mais,  ne  connaissant  pas  la  vérita- 
ble cause  de  ce  désordre,  il  cherchait  k 
l'eipliquerparune  pensée  tout  à  fait  étrange, 
__         qui  était  1  existence  coéluruelie  de  deus 
ilu.-e  est-elle  autre  chose  que  la  sienne     pouvoirs  également  souverains,  l'un  ponc 
[Oife!  L'idée  de  Dieu  ne  sert  qu'à  divi-     le  bien,  l'autre  pour  te  mal.  Cette  doctrine. 


liHr  (Dire  corps,  et  par  conséquent  à  diVi- 
■str  TDS  besoins,  vos  désirs  et.  vos  volup- 
ifa>.Ureite  est  un  songe, 
leu  m'abaisserai  pas  à  réfuter  celte  ez- 
|Uon  de  notre  étal  moral;  l'humanité, 
■Mlrcorrompue  qu'elle  est,  l'a  coostam- 
Hd méprisée.  L'Iiuiuanité  fait  le  mal,  mais 
^  croit  au  bien;  elle  le  veut,  elle  l'es- 
■Wislle  lecooiiDonde,  elle  dédaigne  qui- 
■D^ue  le  lui  refuse.  Rome,  jusque  dans 
toorgies,  respectait  le  feu  de  Vesla;  elle 
•leiiésil  qu'il  y  eût  des  Tierges  («ur  le 
tritT;iA,  toute  souillée  des  vices  de  sa 
«cadeiice,  tslle  abaissait  encore  les  faisceaux 
éetu  licteurs  devant  l'immémoridl  vestige 
ih  11  (hasteté.  L'âme  humaine  esl  comme 
iioe.  Déchue  dM  sa  sainteté  première,  elle 
^ea  rappelle  l'auguile  tradition,  elle  en 
prie  l'orgueil  justjue  dans  l'opprobre  de 
ta  «lulières  ;  el  si,  pour  tranquilliser  ses 
nniords,  on  la  Teul  flatter  de  ivélre  qu'un 
fcu  de  boue,  elle  se  relève  de  soi-même 
ti  ïODibnd  pnr  uo  r^;ard  cette  insoleute 
laturKalion.  Elle  aime  mieux  souffrir  et 
oiiuJre  que  d'oublier  sa  gloire.  C'est  là  la 
Kniimeot  qui  survit  k  toutes  nos  misères, 
ri  qui  Muve  le  monde  des  mains  sacrilèges 
*v  Dialérialisme  dogmatique.  Nous  nous 
■luoDS  eoiraloer  à  nos  penchants,  mais 
k'st  tenions  qu'il  noas  reste  un  sanctuaire 
•A  la  «erio  nous  possède  encore,  et  nous 
"I  voulons  paa  que  le  vice  en  renverse 
ritiiel,  tout  abandonné  qu'il  soit.  Si  quel- 
l««»-uns  portent  jusque-là  l'impiété  de 
*ari»«is,  le  plus  grand  nombre  ne  con- 
Mot  pas  k  leur  fureur,  el  une  gnrde  incor- 
uptible  veille  autour  des  débris  qui  conser* 
Knit  l'homme  l'idée  et  l'esfiérance  du  bien. 
^  mira  via  n'a  jtas  été  pure,  la  mort  nous 
rt>iepour  la  réparer;  si  la  mort  n'y  suOît 


e  pour 
parfaitement  absurde ,  puisqu'elle  supposait 
deux  infinis  contradictoires,  cul  au  fcHtd 
de  l'Orient  un  succès  qui  parvint  jusqu'aux 
plages  européennes  et  menaça  la  sécurité 
de  l'Evangile,  tant  l'esprit  humain  sent  la 
profondeur  de  ces  maux  el  a  besoin  d'en 
connaître  la  source  l  La  métaphysique  ma- 
uicbéenue  ne  supportait  pas  l'examen,  mais 
elle  donnait  au  cœur  une  sensible  satisfno 
lion;  elle  confessait  une  vérilé,  qui  eat  la 
surabondanre  du  mal  dans  le  moi)ile,jus- 
liliail  Dieu ,  el  ne  condamnait  pas  l'homme. 
C'était  beaucoup.  Sises-sedaleurs  eussent 
tiré  de  leurs  principes  une  épuration  mo- 
rale, il  est  probable  que  leur  succAs  eût 
été  plus  grand  encore.  Mais,  de  même  que 
le  spiritualisme  et  le  matérialisme  con- 
cilient à  l'immoralité,  le  premier  par  im- 
puissance ,  le  second  par  une  intention 
directe,  le  manichéisme  n'a  pu  échapper 
à  cet  inévitable  résultat  lie  toule  doctrine 
qui  ne  sait  pas  le  vrai  fond  de  la  naluro 
humaine  et  qui  par  ■:onséqneiit  ne  peut 
la  guérir  el  la  purifier.  L'horreur  mdlaphv- 
siqtie  que  les  manichéens  avaient  de  la 
chair,  comme  le  si^e  priRci|ial  de  notre 
corruption,  ne  les  a  pas  eni[)âchés  d'en  être 
les  victimes  et  de  devenir  à  toutes  les  gé- 
nérations uo  exempte  illustre  de  l'inOuence 
des  faux  dogmes  sur  les  mœurs.  Je  ne  vous 
en  dirai  pas  davantage  sur  cette  doctrine; 
la  mocl  l'a  jugée. 

Au  derniur  siècle,  (Urul  un  homme  qui 
aTail  respiré  en  naissantcetle  belle  lumière 
dont  les  ondes  se  mêlent  aux  Qols  du  laC' 
de  Genève,  et  qui  a  créé  tant  d'ingénieax 
espriu  ,  saint  François  de  Sales,  le  comte 
deMaistre,  et  entre  eus  deus,  quoique  bien 
dilTérent,  celui-là  même  dont  je  parla.  En- 
fant de  ces  riches  bords,  il  ne  trouva  pas 


caii 


l)ICTH»fN&IIUC  APOLOGGTIQOB. 


dnns  ton  siècle  «t  ne  Rarda  pas  dans  son 
Ime  la  (turelé  ds  lours  vaux.  Oa  lo  yit  da 
bonne  heure  s'en  éloigner,  pauvre,  errant, 
incertain  de  son  cœur  autant  que  de  son 
sort,  lorsqii't'iifin  un  jour  te  génie  et  la 
gloire  s'évelftërenl  cri  lui  d'un  niAniecoup. 
L'artisan;  fol  po0te,  le  vagabond  un  sage, 
et  cette  lyre  tardivemest  inspirée  ne  cessa 
de  charmer  son  temps  que  pour  laisser  au 
uAlre  dus  occeiils  dont  il  u  peine  encore 
i  se  dérendre.  Uais  tout  n'avait  pas  grandi 
lin  tnëme  élan  «ians  unesossi  rapide  fortu- 
ne; ta  vertu  n'/  arott  suivi  que  da  loin  le 
latent  el  li  renommée.  Pourtant,  malgré 
de  survirantes  pasaioiis,  eet  homme  ne  put 
descendre  dans  le  mal  aussi  bas  que  l'eUI 
soOhsilé  sou  siècle,  et  que  l'eussent  fait 
.craindre  Ivs  égarements  de  sa  pensée.  Il 
lui  resta  de  sa  jeunesse,  de  ses  montagnes, 
et  de  ses  preinîi'rs  malheurs,  je  ne  sois 
quoi  do  siucère  el  d'incapalile  qui  lui  per- 
mit toujours  de  se  pleurer.  Se  jugeant  aonc 
(•I  se  SHcttsul  corrompu,  il  en  clierchait  la 
cause  ,  et  so  disait  à  lui-même  :  ■  Jean- 
Jacques,  ne  sens-tu  pas  que  lu  étais  né 
bonr  Qui  l'a  rendu  mauvais?  Qui  a  dé- 
tourné les  sourcus  d'où  coulaient  en  toi 


blement  les  origines,  et  des  scadémtn 
se  trouvaient  pour  autoriser  ces  recherchu 
en  les  couronnant.  Que  s'élni(-il  pasi<  dt 
nouveau  sous  le  soleil  ?  Bien,  rien;  c'éliil 
l'éternelle  question  du  mal  reprise  sous  one 
autre  face,  mais  toujours  avec  l'inientloD 
d'excuser  l'homme  et  de  jusIiGerDieu.  La 
naturalisme  de  Jean-Jacques  Houssnu,  li 
estravagant  qu'il  fût,  puisqu'il  niail  un 
fait  aussi  éclatant  que  le  juur,  savoir  1i 
sociabililé  humaine,  ce  naturalisme  éliit 
)e  fruit  des  mêmes  besoins  qui  avaient  «n- 
famé  les  svstèoies  des  âges  antérienn.ll 
saiisfaisAit  1e  remords  en  rejetant  It  ùvitt 
sur  une  cause  uni  n'était  plus  le  cœur  du 
coupoble,  el  il  nunorsit  ta  philesopbien 
écartant  aussi  de  Dieu  la  responsabilité. 
Hélas  I  des  fleuves  de  sang  ontj passé  m 
tout  cela,  sur  la  doctrine,  sur  te  'pottt, 
sur  la  généralloa  qui  battait  des  miipit 
l'un  et  h  l'autre,  «I  aujourd'hui  détiboiii  ' 
par  l'expérienoe ,  quoique  non  pascenrnk 
lis  h  la  vérité,  nous  comprenons  i  peini 
t'eniliousiasuie  qui  accueillit  leslableiii^ 
l'Emile.  On  nous  parle  de  changer  11  »•' 
eiélé  do  fond  en  comble,  on  ne  nemjuritf^ 
plus  d'apostssier  de  la  civilisation  ;  et  cenfll 
qui  De  croient  pas  encore  au  cbritliani3iia| 


naturellement ' la  simplicité  cl  la  bonté?  .                 _.,.___ 

N'est-ce  pas  ton  siècle?  N'esl-cepas  la  société  'o  croieut  du  moins  plus  moral  queJeiiHl 

uùluuvécuT9{,ferdudèsionenfancedans  Jacques,  que  Manès,  qa'Epicare  et  miiDil^ 

1 .,.  ..       .      .                                   .  qyg  Platon.                                             • 

La  moralité  liea  conséquences,  dans  n\it 
fameuse  question  île  l'origine  du  n  '    ~ 


les  solitudes,  tu  n'eusses  rencontré  que  la 
nature,  les  champs,  les  bois,  le  ciel  et 
sa  douce  lumière,  est-ce  que  ton  âme  n'eût 
lias  acuri  sans  honle  el  sans  gloire  comme 
i'taerbe  dt^s  vallées?  Est-ce  qu'elle  eût  connu 
l'ingratitude  qui  natt  de  l'insoience  des  pro- 
lecteurs ,  l'envie  qui  s'engendre  de  l'orgueil 
d'aulrui,  l'ombitiun  qu'appelle  le  spectacle 
de  la  diversité  des  rang»,  la  débauclie  qui 
est  Qlle  de  l'amour  trompé,  le  dissiniula- 
tion  qui  est  une  défense  contre  la  duplicité 
des  bâbilos,  et  lanl  d'autres  passions  dont 
le  monde  l'a  révélé  le  mjrstère  en  le  jus- 
tiûanl  ?  Oh  I  que  n'eusses-lu  jamais  du 
moins  quitté  tes  montagnes  el  Ion  lac  I 
Las  grandes  villes,  en  to  donnent  la  gloire, 
ne  t  auraient  point  donné  leurs  vices,  et, 
mort  ignoré  de  tous,  tu  eusses  emporté 
soua  ta  simple  tombe  de  meilleurs  souve- 
nirs 1  »  Ainsi  se  parloit  k  lui-même  ceini 
des  faux  sages  qui  a  mérité  le  plus  de 
compassion,  et  cette  rêverie  métsncolique 
fta  traduisant  enfin  dans  un  système  régu- 
lier, il  posa  cul étonnaulaiiomv;  ■  L'homme 
nsli  bon,  mais  c'est  la  société  oui  le  dé- 
prave. ■  Ki>y.  PatCHOLOoiB,i  I. 

Lej  règuo  de  Louis  W  entendit  celte  pa- 
role qui  u'uvail  jamais  été  dtle  ;  elle  * — *-' 
coroQie  un  jugement  sur  la  société 
corrompue  qui  eût  été  depuis  la  chute  du 

Rugaoîsme,  sociëié  mûre  pour  sa  ruine  et 
eureuse  d'applaudir  l'éloquence  qui  la  pré- 
parait. 11  ne  fut  plus  question  parmi  ces 
efféminés  que  des  délices  et  de  l'innocence 
de  l'état  sauvage;  on  enviait,  semblail-il, 
le  bonheur  de  vivre  au  fond  des  forêts, 
loin  des  traces  elfacées  de  toute  civilisa- 
lion.  La  aociélé  n'était , plus  définie  qu'un 
élal  Goulni  netuii*  on  eu  cbcixhait  péul- 


jugé  la  vérité  des  principes.  Aucun  systènih 
en  dehors  du  chrialiaoïsme,  c'a  pu  fonda 
une   puiitsanco  qui  perfection ndl  j'iiomn 
et  lo  société.  Tous  uni  cherché  leur  poil 
d'appui  dans  Is  ^nature;  le  cliristisnisin 
seul  a  dit  :  il  faut  guérir  la  nature ,  et  wul 
en  disant  cela ,  il  a  donné  h  l'âiue  le  secrl 
d'une  force  qui  ne  lui  avait  jamais  #té  en 
tièremunt  refusée ,  mois  dont  elle  ne  sarii 
pas  ou  ue  voulait  pas  se  servir.  Il  résuit 
du  celte  double  expérience ,  l'une  qui 
l>rouvé  l'inellicacilé  de  la  philosophie  ho 
uiaiui}  apjiliquée  i  la  science  el  i  la  dei 
truclion  du  mal,  l'autre  qui  a  prouTâ  li 
jiuissance  du  christianisme  appiiijaée  i  a 
luôme  travail  de  moralisation,  qu'en  efFol 
la  nalure  humaine  est  malade,  el  qu'il  ; 
a  en  debora  d'elle  un  baume  destiné  jul 
Dieu  à  guérir  sa  blessure.  Ce  baume  diiiO 
aniérieur  au  mal  et  que  le  mal  u'a  pas  coo- 
sumét.est  le  principe  unique  de  la  peH 
fectibilité  individuelle  et  sociale  du  geiii^ 
bumaÏD;   saus    lui,  l'homme  ne  paririeD^ 
Lcito  )<a-     4u'^  UQB  vertu  imparfaite,  telle  qu'on  l'r 
le  tomba     remarquée  dans  les  héros  et  les  sages  dtj 
i  la  plus     paganisme,  el  les  peuples,  s'ils  s'élâTcoti 
'    '     '        a  une  civilisation  éclatante,    n'y  puiienfj 
qu'un  moj'en  d'opprimer  plus  d'Ames  soiik 
niijusticede  leurs  armes  et  de  leur  l^sis* 
latiOD.  L'homme  est  malade,  il  faut  le  guM 
rir,  on  peut  le  guérir,  le  cbristianisniel'i; 
guéri  eu  partie.  Voilà  des  vérités  de  fi'l  ' 
qui  nous  acbeminenl  i,  deux  autres  quei* 
lions,  l'une  qui  est  de  savoir  cofflincui  '» 
chute  do  l'homme  primitif  s*est  lraDSU)>s< 
i  l'iiUQianité  tout  enlière  [voy.  Picui  uu- 


eau 


DKTKWN&ilŒ  ATOLOCKTIQUE. 


CRU 


tu 


utu):  itSfCoaàBt  comment  l'hutiunilé  s'est 
n-leT(-«  il>^  cet  étal  d  injuslice  el  d'abaisse- 
iMtiit  (i57|.  Yo».  HBPàRinoH.  —  Mal.  — 

riICBOlOGIK,  II. 

CicTi  oMfiiHBLLs.  diiisqiiel  sens  (>Ile'i 
miroiJotl  la  mortdaas  le  monde.  Vojf.  Mort. 
-Chulfl  Rfioiilife,  GsmmsDt  Iransruise. 
ïtf.  Picak  OBieinsL',  |  lU.  —  ProuvL^e  par 
lurdlition  UDiverselle.  Vou.  DiHon,  S  (• 

CIEL  ET  TKHRK  ou  Tutus  kt  Cisl,  c'est 
h  lilre  J'uu  nouvel  ouvrage  pulilié  l'année 
JcrHière  par  U .  Jean  Rtjyiiaud. 

11.  Eugène  Pelltilan,  e^t  ei>  ce  moioenl 
irredejoie  et  d'orgueil.  Il  Tait  partie  d'une 
E^is«  qui  compte  trois  membres  :  Pierre 
Uroui,  pontife;  Jean Reja«ud,lbéolotsien; 
rllui-aéme,  troisième,  pour  tout  faire.  Ils 
tôt  cboisi  le  nombre  trois  pour  hono- 
m  Ij  Triadei  el  psrce  qu'il  leur  a  été  im- 
pKMt^e  de  réuuir  un  plus  grand  nombre 
«iJbéKob.  Urne  S«nu  Ta  quelquefois  à 
fw  prScbe,  mais  c'bst  pour  y  dormir,  et 
!■  Jourdsn  lui*mâmet  qui  s'en  approche 
hu^urs,  a'j  entre  jamais.  Or,  celte  Ëglise, 
itrjuUeEDeut  trioaire,  vient  d'enfsnler  sa 
NûIusioD  Jefoi.  U.  Jeannoytisud  a  mis  su 
Jmi  le  mmifesie  de  sa  théologie  démocra- 
mttl  lociale.  ■  Que  voulez-vous,  dit  M. 
nitita;  on  ne  nous  a  laissé  que -la  gloire 
«Il  iMDjéti  m  >  Nous  ne  pouvons  plus  pé- 
Mvilans  les  clubs,  ni  œentr  les  bœufs  aux 
*Oti  dorées  ruminer  sur  la  place  de  la 
wnrie,  au  milieu  d'un  essaim  de  vierges 
■ll(ii,il  faut  bien  foire  un[iou  de  dogme 
pv.Wis  désennuyer.  Kt  quel  dogme  I 
•Nçtteaient  calliulique  est  décidément 
fft,  et  l'auteur  de  Tare  tt  Ciel  est  le 
.Wnréfsagélique  delà  religion  de  i'n- 
^l—  cette  reliijiou,  ■  renouvelée  dos 
■ni.  ~  La  mission  de  l'Eglise  romaine 

abidemiBent  finie  >  et  elle  n'a  plus  qu'à 
iplaceii  l'Ame  de  la  Gaule.  > 
wameat  pourrions-nous  douter  de  celle 
MirlioD,  quelque  vague  et  hardie  qu'elle 
^  pirsisseT  Ne  voyons-nous  pas  que  <  la 
■titi'  >lesialelligeQGes>  (la  raison  sociale 
■HRe/uaud,  PeUelBn  et  C)  «  s'est  retirée 
wTi(P.  II.)  Veut-on  nne  preuve  plus 
Moiate  1  Ueportons-iious  >  au  fameux 
nm  de  rrimsire  :  Art.  1".  L'ère  des  Fran- 
pi  compte  de  la  fonda  lion  de  la  Uépublique, 
jKi  eu  lieu  le  22  septembre  1792  de  Tère 
Wflife....  L'été  vulgaire,  dont  la  Franco 
lot  lervio  jusqu'^  présent,  pendant  dix- 
Msitcles,  ajoute  la  Convention  nationale, 
HprttjMiervi  qu'à  Hier  dans  la  durée  les 
tV^  du  ianaiisme,  l'avilissement  dus 
J|l<uiii.  lu  triomplio  scandale nx  de  l'orgueil, 
■  Tiutei  (le  la  sottise,  el  les  persécutions, 
W^joiiiHu'tssuyèreut  la  vertu,  Jetaient, 
ifailusojibie,  iousdes  despotes  cruels,  ou 
pioiilTrireDt  qu'en  te  filt  on  leur  nom.  Le 
^p)  ouvre  un  nouveau  livre  i  l'hisioire  , 
•twa  M  narche  nouvelle,  majestueuse  et 
^enmiaa  l'égalité,  il  doit  graver  d'un 
^iMuI  el  par  les  annales  de  la  France 


On  ne  saisit  d'abord  pas  bien  quel  rapport 
il  iieut  y  avoir  entre  ce  pathos  conveiiliuii- 
nel,  où  ■  le  triomphe  scandaleux  de  la  sot- 
tise ■  éclate  visiblement  plus  qu'à  anctinu 
autre  époque  de  l'ère  vulgaire,  et  la  mort  de 
l'Eglisegromaine.  Mais,  lorsque  l'auteur  s'é- 
crie: «J'en  conclus  que  nous  sommes  au 
butfp.  Itô),  1  nous  comprenons  que  nous 
110  sommes  pas  dans  le  secret  des  espérances 
et  des  réveils  démagogiques,  et  nous  deman- 
dons à  Dieu  que  ce  mystère  ne  s'éclaircisse 
jamais..,. 

Après  une  vue  générale  de  la  lerre  prise 
de  Saluroe,  M.  Jean  Reynaud  examine  la 
condition  économique  de  l'homme  ici-ljaa , 
el  le  socialiste  rei>aralt  sous  le  druide.  Ce- 
pendant, il  rend  hommage  à  cette  grande 
loi  de  malédiction  qui  nous  a  condamnés, 
dés  le  fiommencemenl,  It  travailler  nu  milieu 
des  ronces  etdt-s  épines;4>t  comme,d'ailleurs, 
il  est  persuadé  que  notre  planète  u'est  qu'un 
des  plus  désagréables  purgatoires  dunt  est 
semée  l'immensilé  dos  cieui,  on  s'attend  h 
.lu  voir  apprécier  justement  les  rigueurs  et 
les  misères  de  notre  destinée  terrestre.  Mais, 
dès  tes  premiers  pas,  il  s'emporte  sur  le 
vieux  chemin  battu  de  la  réhabilitation  de 
la  chair,  et  les  songes  d'un  millénisme  en- 
chanteur lui  troublent  leiogeraenl.  La  plaie, 
«  dont  le  caractère  factieux,  dil-il ,  arec 
naïveté  (p.  76),  se  marqueassez  en  ce  qu'en 
tous  pays  c'est  la  pluie  qui  signiQe  le  juste 
opposé  du  beau  temps,  >  la  pluie  lui  prouve 
bien  un  instant  que  la  terre  n'est  pas  pré- 
cisément faite  pour  être  une  demeure  pleine 
de  charme,  et  il  a  un  vil  sentiment  des  pas 
de  géant  qu'il  nous  reste  h  faire,  en  snngeaat 
que  nous  n'avons  pas  «l'état  journalier  des 
girouettes  sur  toute  la  face  du  globe  (p.  79),» 
et  qu'un  des  plus  importants  progrès  à  résli> 
ser  serait  de  dresser  cette  bel  le 'Statistique  ; 
mais  tr>utaussit6l,  il  énumère  les  avantages 
sans  nombre  dont  nous  jouissons,  et,  saiai 
de  ravissement  à  la  vue  des  chemins  de  fer, 
et  en  découvrant  que  le  sucre  et  le  café  nous 
viennent  des  Antilles,  il  s'écrie  (p.6&): 
■  Adam  ne  possédait  pas  mieux  les  fruits  de 
son  étroit  uaradia  que  nous  ne  possédons 
tous  ceui  cie  notre  vaste  domaine.  »  Cette 
Uoulfée  d'orgueil  chez  un  homme  qui  a  pris 
son  café  bien  sucré  nous  semble  pardon- 
nable, niaisseutement  après  dîner,  et,  comme 
elle  contredit  les  propres  lameolaiioos  de 
l'auteur  au  début  de  son  eUpitre,  non 
moins  que  la  sens  commun  et  les  saintes 
Eciiiurcs,  elle  eût  ddse  dissiper  sous  l'em- 
pire de  la  riïtlexioa  à  jetïn. 

Ces  illusions  ont  l'inconvénient  do  jeter 
M.  Jean  Keynaud  dans  des  réminiscences  de 
phalanstère.  If  rêve  (p.  76]  des  rues  aussi 
impéuétrabies  aux  intempéries  des  saisons 
que  les  appartements  des  riches  de  nos 
juurs,  et  il  ne  peut  croire  que  la  mer,  sous 
le  mode  barmooieD,  ne  verse  jamais  «d'autres 
richesses  dans  notre  société  qu'un  peu  de 
sel  el  de  poisson.  »  (P.  69),  I)  proclame  que 
•  l'universaliié  i(u  bien-Êtreestlecbemiadu 


''<1|ir.l4<«uiiiv,6t*  eotif.  —  kcimit.  De  i'»rigiHe et  de  la_Ttpar»lion  du  mal. 


iJ 


411 


CIË 


DtCTlONNAlRE  APOLOGETiOtlE. 


ciel  ■  (r-  93)';  et  se  grisant  do  plus  en  plus 
de  ces  idées  capiteuses,  il  enseigne  qu'il 
moins  xl'iino  eiplosinn  de  la  |iliinële  ou 
(l'un  choc  fortuit  contre  les  nstrcs,  il  est  ini- 
possil)le  d'nssigner  aucune  limite  aux  pro- 
grès futurs  du  genre  humain,  et,  mattrt^s  de 
nos  destinées,  dont  nous  possédons  enfin  le 
secret ,  nous  raarclmns  fièrement  h  noire 
apothéose.  >  (P.  137.)  Cetto  fierté  convient 
h  un  homme  qui  se  bent  devenir  dieu.  La 
Satire  Menippée  nous  s  léKué  l'épitaphe  d'un 
LiourgcoJs  ilu  temps  étourdi  de  cas  fumées:  - 

Ci  -gtt  lean  de  Lajpiy,  qui  s'en  lit  trop  accroire, 
-U  pensait  éire  Dieu  el  mourut...  do  choléra. 

PiiiAsent  nos  modernes  divinités  éviter 
iine  fin  si  déploralile;  mnii,  couraB,«n  voie 
li'opothéose,  l'huDianitô  aurait  grand  tort  de 
se  rien  refuser,  ces  tltéories  nous  ramènent 
aux  quadrilles  de  Gdélité  bicompotée,  aioai 
noniiiiés  par  Fourrier,  parce  que  les  amou- 
reux s'y  trompaient  réciproquement  en 
p.<!rtie  carrée.  Toutefois ,  la  Vénus  de  M. 
J[ean  Reynsudjest,  nous  devons  l'avouer, 
beaucoup  plus  pudique  que  la  déesse  ef- 
frontée,a  quile  fameux  natriarche  du  bien- 
élro  universel  en  motièrè  d'amour  el  de 
cuisine  offrait  un  encens  de  t^russiôre odeur. 
Il  ne  la  salue  qu'en  passant  d'un  coup  de 
chapeau  assez  limidei  et  se  borne  è  lui  faire 
uxhaler  ses  espérances  dons  ces  lignes  élé- 
yiaqucs: 

«  Au  lieu  de  rejeter  comme  des  causes 
d'égarement  et  de  perdition  les  lient  poM- 
tagtri  qu'il  est  dans  les  conditiorts  de  nuire 
vie  de  nouer  ici-bsa,  que  la  rtligion,  lais- 
sant tomber  sur  eux  un  rr^et  du  ciel,  pour 
Ves  tancli/ier,  et  les  tournant  Ë  no're  profit 
étemet,  puisse  dire  h  l'inverse  du  moyt'n 
Age  ;  Trantitoriis  qitœre  atema  I  par  les 
dioses  Ironsitoires,  cberclie  les  éternelles.! 
(P.  1^8.)  Comme  ce  latin  termine  bien  la 
iirado  I  Que  celle  gaudriole  niystiiiue  est 
agréable  1  C'est  l'accent  et  l'onction  de  la  dé- 
claration do  Tartufe  h  I^lmire.  Fourier  est 
brutal  à  cAté  de  cela.  Cet  ancien  commis- 
vojageur  n'aurait  pas  su  envelopper,  dans 
tes  pris  de  cette  gaze  dé  vole,  le  complément 
du  culte  du  bien-être  se  couronnant  par  les 
jeux  folâtres  de  l'amour  et  du  hasard.  Et 
dire  que  M.  Petletan  ne  comprendra  jamais 
qu'il  est  souverainement  ridicule  d'accuser 
les  casuisttis  de  morale  relâchée,  lorsqu'on 
osl  d'une  religion  qui  sauctiUe  .ces  mceur* 
de  pigeonoier  I 

CIEL,  erreur  de  M.  Jean  1te;naud,refuli^e 

Far  lui-même  dans  son  art.    Théologie  do 
eacgclop^dienoueeUe.Yoy.PmoB^isjiOfniJiv. 

CIEDX  NOUVEAUX  ET  TERRE  NOU- 
VELLE. —  Après  avoir  parlé  de  In  rësur- 
rention  des  corps  et  du  jugement  universel, 
saint  Jean  continue  en  disant  :  Et  je  vit  un 
tiet  nouveau  tl  une  terre  nouvelle  ;  car  le  pre- 
mier eiet  et  la  première  lerre  avaient  ditparu, 
et  la  mer  n'étatl  plut,  et  moi  Jean,  je  vit  det- 
cendre  du  ciel  la  tainte  eilé,  la  nouvelle  Je- 
rutalim  qui  venait  de  Dieu,  parée  comme  une 


ipoute  pour  ton  époux,  et  j'mltnih  uni 
gronde  voix  tortle  au  Irine  dittint  :  Toici  h 
tabernacle  de  Dieu  arec  Xtt  hommti,  tt  il  de 
vieurera  avec  evx,  et  Ht  tnront  ton  pfiiph. 
et  Dieu  au  milieu  d'eux  ttra  leur  jhn,  n 
Dieu  ettuitra  let  larmes  de  leurt  yeux;  n  h 
mort  ne  tera  plus,  ni  le  deuil ,  ni  let  crii,  »i 
fa  douleur,  parce  que  ce  qui  était  autrtfoit 
sera  patte.  Âiort  ctlui  qui  était  astis  sur  tt 
trine  dit  ;  Voilà  que  je  fais  toutes  choiti  hob- 
velUt.  Et  il  me  dit  ;  Écrit,  cor  cet  panh 

sont  très  certaines  et  très-^éritabUt ilaa 

tout  let  pécheurs  auront  leur  partage  rfmi 
l'étang  brûlant  de  feu  et  de  soufre,  gui  al  k 
seconde  mort.  Et  l'un  des  sept  anget....m 
du  :  Venez,  et  je  vous  montrerai  i'èpotutie 
l'Agneau.  Et  il  me  trantporta  en  «prit  inr 
fine  montagne  grande  et  haute,  et  il  me  mm- 
tra  Jérusalem,  la  sainte  cité,  qui  deteemlml 
du  ciel  d'auprès  de  Dieu,  illuminée  de  la  clartj 
de  Dieu  ;  et  ta  lumière  était  sembltdile  à  wt 
pierre  précieuse ,  à  une  pierre  deiatpe  (rom- 
parente  comme  le  cristal.  Et  elle  avait  wt 
muraille  grande  et  haute,  et  doute  portet,H 
doute  anges  aux  portes,  et  det  noms  èerilt, 
qui  étaient  let  noms  des  douze  tribus  d'IiratU 
trois  de  tes  porte»  à  l'orient,  trois  nu  icpltn- 
trion,  trois  au  midi,  el  troit  A  Poccideal.  La 
muraille  de  la  ville  avait  douxe  fondemtiilt . 
et  sur  eux .  tes  douze  noms  dtt  apitret  it 
l'.igneau.  Et  celui  qui  me  parlait  arail  mt 
verge  d'or  pour  mesurer  la  ville ,  let  porlu 
el  ia  muraille.  Et  la  ville  était  bâtie  en  rarr/, 
autti  longue  que  large ,  et  il  metura  la  villf 
avec  sa  vetge  d'or,  iusqtt'à  l'étendue  dt  douit 
mille  ttadet,  et  sa  longueur,  ta  largeur  el  tt 
hauteur  tont  égalêt  ;  et  it  mesura  autti  la  «n- 
raille  qui  élnit  de  tmt  auarante-guatre  cou- 
dées, selon  la  mesure  ae  l'homme ,  ^'init 
celle  de  l'ange.   Et  la  muraille  était  bdtii  it 
pierre  de  jatpe,  mais  la  ville  était  d'un  or  pur. 
semblable  à  du  verre  très-pur,  et  lu  fonii- 
menlt  de  la  muraille  de  la  ville  étaient  onù 
de  toutes  let  pierres  précieuses  ;  le  premirf 
fondement  était  de  jaspe,  le  tecond  de  sapkir\ 
le  troisième  de  chatcédoine,  le  quatrième  iT^ 
mrraude,  el  le   cinifuième  de  sardoagx,  '< 
(jjt^me  de  sardoine ,  le  septième  de  clurgttti 
Ike,  le  huitième  de  béryl ,  te  ne»viimtatl9 
paxe ,  le  dixième  de  chrytopraie  ,  le  «nxtrn 
d'hyacinthe ,  U  douzième  d'améthyste.  El  U 
douie  portet  étaient  doute  perlet;   et  tki 
que  porte  était  faite  de  chaquw  perle ,  tt  1 
place  de  la  ville  était  d'un  or  pur  comme  « 
verre  transparent.  Et  je  ne  vis  point  de  te» 
pie  dans  la  ville,  parée  que  le  Seigneur  Dit 
(ouf-putMont  et  l'Agneau  tont  dans  le  lempti 
et   la  ville  n'a  pas   besoin   de  toUH  ni  * 
lune  pour  s'éclairer,  narce  que  ta  gloire  i 
Dieu  l'éclairé  et  que  I  Agneau  en  est  le  fia* 
beau.  Let  nationt  marcheront  à  ta  lumière. 
Et  tes  portée  ne  te  fermeront  point  thaqi 
jour,  car  il  n'y  aura  point  de  nuit  en  ce  lie 
et  l'on  y  apportera  la  gloire  et  l'honneur  à 
nationt.  Il  n'y  enirera  rien  de  souillé,  ni  a 
cun  de  ceux  qui  commettent  rabominalion 
le  mensonge,  mait  ceux-là  teulemettt  qui  to 
écrits  dont  le  livre  He  vie  de  l'Agneau.  El 
me  montra  un  fleuve   d'eau    vive    et   cbi 


NCTIONNAHtC  APOLOGETIQUE. 
i  torJail  du  trûna  dt 


CIB 


amm  dm  trùlal,  t 

JhVn  a  de  lÀgHeau  (M8), 

SiJDl  Pierre  iTBit  tJit  araiit  saint  Joao  : 
Qti  titut  Mndoni ,  MuivaiU  la  paroU  du 
Siipiwr,  dt  nouveaux  deux  et  une  nouvelle 
lirrt,  dans  leMqueti  la  juitiee  habitera  (kSQ). 
iHje  enlrurofiit  cette  seconde  création , 
^nit  il  diuit  :  Je  voit  créer  de  nouveaux 
{iru  it  tu»  terre  nouvelle,  et  le  paiid  ne 
mt  pfiu  dans  ma  mémoire ,  et  ne  l'étèvera 
ffii  (HT  MO»  cour.  R^ouiieex^ou* ,  loycs 
Im  felUgrate  pour  l'itemité  :je  voie  créer 
mJémutim  tonte  de  dilieee  etunpeupl* 
fttr  la  joie;  i'aimerai  mon  peuple,  je  trou- 
tnimajoie  daui  Jénteelem,  on  n'y  entendra 
fba  u  plainttt  ni  cJnmcurt  ;  on  n'y  verra 
fùu  d^'mfoÊU  ni  de  vieillard  qui  n'aeeom- 
flûuiajoun  :  la  vie  de  l'enfant  tera  autii 
■nb'iiwfKe  celle  du  vieittara,  et  le  pécheur 
mluu  la  àgu  erra  maudit....  Lee  'oure  de 
Wee  ftuple  igaleront  leejoure  dee  plù*  grande 
tktu;  In  ouvrée  de  lee  maine  ne  vieilliront 
bni .  Sa  travaux  ne  seront  pas  vains ,  lee 
pmn  à'tefMlertnt  plus  dans  te  trouble, 
mubéeie  au  Seigneur,  leur  poetériti  le  sera 
9kt  ta  :  je  les  exaucerai  dans  leitr  prière 
fitiaitaulerai  encore.  Le  loup  H  l'agnea* 
kjtwTMf  msai^le:  le  lion  et  le  taurem» 
WM eu i^mee  pâturages:  la  pouesUre sera 
muu  du  serpent  ;  aumn  de  en  animaux , 
m  U  Stigaeur,  ne  nuira  ni  ne  donnera  la 
jWw  toute  ma  monloffne  sainte  {160^.  La 
VkHltiie  avsil  rapporté  plus  haul  la  pro- 
Mk^b  Dieu  fait  i  Jérusalem  :  De  la  pa- 
Wfmripuclet,  de  la  fortifier  de  jaspe,  de 
aUeétriùr  les  saphirs  et  de  lui  donner  un 
^msl il  pierres  précieuses  choisies  (4fil). 
'  Il  {iliilowphiB  efiennëine  arait  pu,  au 
pN  de  ses  ténèbres  profundi;»,  aporce- 
it4<Klques  rijoDDemeDtB  des  splendeurs 
kMli  création  noorelle.  Platon  faisait 
plSocntcsur  te  point  de  mourir  :  «  Une 
Mtierrepare  est  au-dessus  de  la  ndtre, 
Iku  «el  pur  où  sont  les  astres  ;  les 
pii  lu  fruits,  les  montagnes  y  sont  d'une 
pli  qoi  eocbaale  ;  ailes  produisent  tou- 
PiorKj  de  pierres  précî«ases,  d'une  per* 
pon.  d'une  netteté  el  d'un  éclat  dont  rien 
Pprocbe;  celles  que  nous  estimons  tant 
fteoiDiiie  nos  émerandes,  nos  jaspes,  nos 
■nri.  n'en  sont  que  de  petites  parcellvs-.. 
■n  tuules  ces  beaalés  dont  je  vions  de 
W»,  Mte  heureuse  terre  est  ornée  d'un 
tH il'ua argent  qui,  étant  répandus  en 
P>  lieai  en  abondance ,  jettent  de  tous 
WitiQ éclat  qui  charme  la  vue;  de  sorte 
P  d«  TDir  Mlle  terra ,  c'est  le  spectacle 
p  uieubaureus Ceux  qui,  ont  passé 

Cm  tJB  élus  la  sainteté)  d'une  manière 
cuiière,Bout  reçus  lï-baut  dans  celte 
fore,  ofl  ils  hauileat  :  et  ceux  d'enire 


eux  guH  la  pbilosopliie  a  suflisamment  pup> 

fiés  vivent  pendant  toute  l'éternilé  sans 
sors  corps,  et  sont  reçus  dans  des  demeu- 
res encore  plus  admirables  et  plus  délicieu- 
ses qu'il  n'est  pas  facile  d'expliquer,  et  qua 
le  jwu  de  teoips  qui  me  reste  ne  me  permet 
pas  de  vous  dire  (163).  •  Ces  paroles  du 
philosophe  athénien  ont  paru  aux  Pores 
avoir  été  11  peu  prés  copiées  sur  celles  d'I- 
saïe  ii63}. 

Si  le  ciel  el  la  terre  doivent  passer,  sui- 
vant l'expression  des  Ecritures,  si  les  élé- 
ments embrasés  doivent  se  dissoudre,  si  la 
terre  doit  être  consumée  par  le  feu ,  com- 
ment iaut-il  entendre  cette  destruction  ou 
ce  bouleversement  de  toutes  choses?  Le 
soleil  et  la  lune  ne  brilltrunt  plus,  les  étoi- 
les ne  donneront  plus  de  lumière,  ce  que  les 
livres  saints  expriment  en  disant  qu'elles 
tomberont;  la  terre  sera  livrée  aux  flammes: 
mais  jusqu'oji  s'étendra  cet  incendie  du 
monde?  saint  Augustin  et  Eslius ,  s'ap- 

Euyant  sur  les  paroles  de  saint  Pierre,  te 
ornent  h  noire  terre.  Sera-1-elfe  entière- 
ment consumée?  Saint  Jean  répand  i  Et  je 
vis  un  grand  trône  blonc  el  quelqu'un  assis, 
devant  la  face  duquel  la  terre  et  te  ciel  s'en- 
fuirent, et  leur  place  même  ne  se  trouva 
plus  {kékj.  Faut-il  en  conclure  qne  le  pre- 
mier ciel  et  la  première  terre  auront  dis- 
paru en  efTet,  on  bien  aurunl  été  seulement 
Iransforniés  sans  4tre  anéantis,  ce  qu'on 
peut  appeler  une  création  nou  relie  T  il  n'y 
a  rien  dans  les  Ecritures  qui  s'oppose  k  co 
dernier  sentiment ,  d'autant  plus  qu'il  nous 
sauve  d'un  mystère,  l'anéantissement  de  )a 
matière,  et  qu'il  se  trouve  établi  par  la  (ra- 
dition.  L'Ecrilure  elle-même  semble  l'Insi- 
nuer, lorsque  Isaïe  dit  :  >  Que  la  lumière  de 
la  lune  sera  comme  la  lumière  du  soleil,  et 
la  lumière  du  soleil  comme  la  lumière  de 
sept  jours.  »  Quelle  sera  cette  noavelle 
terre  7 

tiuillaumede  Paris,  entre  antres,  assure 
qu'après  qu'elle  anra  été  puriHée  par  (e  feu, 
efle  se  recouvrira  de  fleurs  comme  aux  pre- 
miers jours  du  printemps.  Saint  Anselme 
pense  que  cette  nouvelle  terre,  qui  aura  été 
l'écondéa  par  les  embrassements  du  corps 
du  Seigneur  et  qui  aura  été  arrosée  par  le 
sang  des  saints ,  refleurira  comme  le  jardin 
de  I  Eden  et  répandra  le  doux  parfum  de  la 
viotelle  et  de  la  rose  perpétuellement  épa- 
nouies. 

Je  ne  m'arrêterai  p>s  è  rapporter  la  ma- 
nière dont  Thomas  Burnet  (465)  imaçoe, 
sans  aucune  preuve  ,  que  le  monde  brûlera 
el  renaîtra  de  ses  cendres ,  et  la  destinée 
qu'il  réserve  i  la  terre  ressuscitée  (466).  Je 
me  borncTiii  h  rapporter  ce  i]ue  dit  Susrès 
sur  ta  question  des  cieux  nouveaux  et  de  la 


!g'/f«r.m.l3. 

JW)  Jw.  ni 

•«  VkUf.  indttclhm  de  Hacieb. 
'y  fAiO.  Prcfwr  étant.,  lib.  ir,  c.  56. 
■'■'I  Iporil.  ij    11, 


(46!!)  TEunaiDB,  TÂemna  taera,  lib.  iv,'  De  cvfif 
RMii  et  Urra  mova. 

(iS6)  Suivant  cet  auieur,  elle  dcvicHiIra  uuo 
étoile  Qie.  Saint  Bonavenluro  et  Sotw  uni  cru  ^m 
la  terre  serait  i  la  Un  du  motiJc  cuuvcrU  d'eaa 
comme  au  commcncemenli  c'est  ï  Igrti 


&MH.OGETIQ0E.  OR  M 

■  Hnlidiclion  sur  ces  mots  :  La  {aiputifu 
quand  elle  agit,  mais  elle  n'agit  qut  par  fa 
charité.  Ceci  reKarife  saint  Paul;  l'eicnm- 
munication  tombe  sur  lui  du  plus  hsoldu 
Vatican, 

>  Damnation  et  malédidlion  sur  ees  pim- 
les  :  On  h  tépare  du  peuple  des  élue,  d§M  k  I 
peuple  juif  a  été  la  figure,  eldontJinu-Ckritt 
eet  la  léte,  en  ne  vivatU  pat  idon  rEvangiie, 
au  m  ne  croyani  pae  à  l'Evangiti,  D'o^  i'i 
résulte  que,  pour  rester  avec  les  «lus,  il 
n'est  besoin  ni  de  rirrd  »lon  rEraagile,  ni 
d'y  croira.  Et  qu's  dit  de  plus  VollaireT 

■  Anatlième,  damnation  et  inalàdicUon  mr 
ceci  :  JIim  de  plue  vatte  qut  l'Egliit  de  fiini, 
parée  que  teue  tee  ilu$  et  les  futttt  de  lùiu 
lee  tiielei  la  eompceent.  Ce  qai  veut  dtreqw 
relise,  telle  que  l'entend  Rome,  u'esl  p» 
ce  qu'il  y  a  de  plus  vaste  ;  cet  a? is  est  la 
nAlre,  et  ainsi  la  papaaté,  se  nisnl  elle- 
même.  Unit  en  cet  endroit,  comme  Istcé- 
san,  par  un  pompeux  suicide. 

<  L'analhëme  va  encore  frapper,  pir 
exemple,  cette  maxime  :  Le  jour  dit  dimon- 
eke  dtil  être  lanttifii  par  dee  lectwa  dt 
piéli,  rt  turto\U  det  eaintet  Bcriluree  ;  il  ot 
eaupablede  vouloir _détoumer  leCkrilithi* 
cette  lecture.  Homme  de  bonne  foi.  qui  vois 
cet  analbème,  di»-moi  ce  que  lu  veux  qaa 
j'en  pense...  Arant  que  le  inonde  esMfli 
rien  de  nourdau,  il  Taliait  que  le  prËIre 
livrât  lui-mftmeson  Dieu,  qu'il  fermAi  l'tQ- 
oien  livre,  et  que  cet  aveu  sortit  des  lâvret 
mêmes  de  l'Eglise,  que  tout  était  conmmaU... 
Vollaire,  Rousseau,  Uonlesquieu,  Dideroi, 
entrent,  la  tète  haute,  dans  uoe  place  lirréa 
d'avance  ;  ils  n'ont  pas  besoin  de  combsllrc-, 
ils  marchent  sur  des  cendres  (U8).  ■ 

En  Usant  et  relisant  la  huile  l/niflmtfw. 
M.  Quinet  ne  pouvait,  dit-il,  ea  croire  ses 
yeux;  moi  j'en  ai  bien  cru  aux  mieDs  ea 
voyant  les  extravagantes  distractions  d» 
cet  auteur,  tant  aes  ouvrages  el  ceux  de  tet 
frères  eo  haine  du  cttholicism*  m';  oui 

1>réparé.  D'ailleurs,  ces  fantasougorique* 
brmules  de  maUdieliom...  damnatio*  it  M" 
Udielion...  anathiiM,  damnaftoit  «t  wialédtc- 
lion,  qui  ne  sont  caries  pas  tir<ées  de  11 
bulle,  nous  avertissent  déjk  que  M.  Quinel 
s'enfonce  en  pleine  rhétorique. 

Dana  d'autres  circonstaocest  l'on  fenil 
observer  comme  un  oubli  d«  quelque  gn 
vile  que  la  condsmaatioQ  Je  Quesnet  esi 
datée  du  8  septembre  1713,  «t  non  («s  >i 
1712;  mais  qu'esl-ce  que  cela  quand  oi 
songe  ce  qu  il  nous  faudra  nolerl  ^w 
reprendrons,  comme  U.  Quinet,  l'une  aprJ 
l'autre  chacune  des  six  propocitious  d 
Quesnel,  après  quelques  remarques  prél 
minai  res. 

1*  H.  Quinet  ne  connaît  pas  sufQsan 
mont  la  valeur  des  mots  autour  de  Dieu 
ekarité;  il  croitque  de  ces  deux  loculioos, 
première  exprime  notre  affection  pour  Dio 
el  laseconde notre affeelion  pour  leprochai 
Pas  du  tout  ;  si  la  charité  sigoille  l'aïua 

(UT)  Ut  subtemnéité  de  roufer  subsiste  dans        (468)  Le  ealkolieiéme  el  ta  Rêntlmtim  trvtçé 
celte  nouvelle  crcitUm  leç.  m,  p.  St7  à  SW. 


m  GLE  MCTK»«NA1RE 

terre  nouvelle*  qu'il  est  de  foi  que  Diou  ne 
réduira  pas  au  néant  les  lilémenls  ou  les 
corps  célestes,  de  mSDière  qu'ils  tia  subsis- 
teraient plus,  ou  que  d'autres  choses  asm- 
lilabk-s  ne  seraient  pas  produites,  puisque 
l'Ecriture  assure  que  le  eiol  el  la  terra  non- 
ve'le  dureront  ëlernellemi'nt  (UT). 

CIEUX,  lie  leur  pluralité;  réfutation  do 
M.  Letrontie.  Yoy.  CosHOGHiFais ,  |  II. 

CIVILISATION  chei  les  patriarches.  Voy. 
PATauBCHSs.  —  Civilisation  des  peuples; 
déL-oule-l-ello  du  brahmanisme  f  Voy,  lu- 
DiEirs.  I III.  -~  Ce  qu'elle  doit  h  la  reliffion 
ehrétienne.  f*y.  Scikrcbs,  {  I.  — Ce  qu'elle, 
tist  sous  le  règne  du  cbristiauisme.  Voy. 
Vlntroductian.  IXm. 

CLASSIQUES.  Les  auteurs  classiques 
étaient-ils  exclus,  comme  le  prétend  U.  Li- 
bri,  des  bibliothèques  ecctésiatïqaea  au 
moyen  IgeT  Foy.  SciBiicss,  {  11. 

CLAVEL  (H.).  Traditions  universelles  sur 
les  aoKes  et  les  démons,  tirées  de  son  Hie- 
toire  dee  religione.  Voy.  Démon,  |  111.  — 
Réfutation  de  ses  idées  sur  l'origine  indoue 
du  christianisme,  foy.  Ikdumishb. 

CLEMENT  XL —Ce Pape a-t-il  condamné 
les  maximes  évan^éliques  de  l'amour  de 
Dieu  et  du  prochain  T  Ecoutons  la  réponse 
de  H.  Edgard  Quinet: 

«  Le  jansénisme,  ponssé  sur  les  voies  des 
réformaleuFS,  tendait  comme  eux  k  dimi- 
nuer l'autorité  des  prêtres  eo  tout  abau- 
donnant  h  Dieu...  Alors  qu'arriva- t-il  1  La 
chose  la  plus  extraordinaire  du  monde,  et  & 
laquelle  je  ne  puis  me  lasser  de  songer. 
C'est  que,  pour  en  finir  de  ces  armes  spiri- 
tuelles que  les  adversaires  empruntaient 
aux  Ecritures,  la  papauté  imagina  d'efTacer 
d'un  seul  coup  et  d'une  manière  soleonulle 
l'esprit  et  la  lettre  de  l'Evangile.  Je  m'ex- 
plique. 

■  Le  Siinl^ége,  en  1T13,  publie  sa  balle 
Vnigeniiue ,  monument  incroyable  dans 
l'histoire  du  christianisme.  Cne  vraie  slu- 
Mur  saisit  les  plus  fervents  croyants;  la 
rrance  en  est  déchirée  pendant  un  demi- 
siàcle  ;  et  si.  pour  ma  part,  je  lia  et  je  relis 
cette  bulle,  je  partage  de  nouveau  la  slu- 
peur  de  ces  (^néraiions;  je  oe  puis  en 
croire  mea  yeux. 

«  La  papauté,  après  avoir  afQriaê  pendant 
dix-huit  cents  ans,  nie  tout  eo  un  jour,  ex- 
cepté ia  puissance;  et  cette  négation  uni- 
verselle, elle  l'affiche  au  front  du  xviii*  siè- 
cle naissant.  Ces  incroyables  interdictions 
parleront  d'elles-mêmes. 

«  Analhème  à  celte  maxime  :Ditu  n'ett 
fat,  la  religion  n'ett  pae  oA  n'ut  pat  la  cha- 
rité. D'où  il  suit  que  Dieu  et  la  religion  vont 
l'un  et  l'sulre  saus  la  charité. 

■  Aaaihème  h  cet  aulre  :  Il  n'y  a  poê  de 
bontu  auvre  lani  famour  de  Dieu;  ce  qui 
veut  dire  qu'après  s'être  passé  de  chanté 
envers  les  nommes,  on  peut  se  passer  d'a- 
mour envers  Dieu.  Après  cela,  que  reste-il  ? 
Le  Pape. 


^pnehifl.  il  (Msi^e  aussi  et  Tvibcip&te- 
ntol  t'imoar  de  Dieu  par-dessus  loutes 
cho'M[M9;.  ,       , 

f  U.QuinsI  ignore  encore  que,  selon  la 
iïéo%e  (11)  queaqélisnie,  il  ii  y  a  noini  de 
ilurié,  il  nj  o  point  de  grâce  nors  de 
l'Ejlisi',  et  que  sans  grâce  il  n'y  a  point  de 
Hwiié,  l'iioninne  par  lui-même  ne  pouvaut 
qiit  le  mil  (^70).  Passons  mainlenanl  A 
.'(iUDQn  de»  idées  de  0«esnu(. 

U.  Quiiid  cruit  en  Dieu,  el  c'est  même 
nor  le  mieui  faire  connaître  qu'il  attaque 
Jï^liie.  Or,  si  on  lui  disait  :  «  Vous  svex 
Imu  adorer  le  grand  Dieu  de  l'avenir,  tous 
tus  sans  Dieu,  ■  il  regarderait  en  pitié 
I^Dlteur,  et  pourtant  l'insulteur  c'est  son 
Acnl  le  P.  l/uesnel,  qui  lui  répond  :  «  Dieu 
■Vil  pas,  la  religion  n'est  pas  où  n'est  pas 
h  cbirilé.  —  Hais  j'ai  la  charité  1  s'écrie 
K  Ouiael.  —  Vous  ne  iCavez  pas,  rtpoate 
Qdtinehroua  rejetez  l'Eglise,  par  coasé- 

em  la  obarilé  qni  n'esl  que  dans  l'Eglise; 
I  mini^uez  doDC  de  cliarité,  et  par  11 
■liiïdereligiou  et  de  Dieu.  *  Si  II.  Quinet 
lîipprouTe  pas  ce  raisonnemeot',  il  penis 
Muia  leSAiDt-Siége  selon  lequel  on  peut 
HBrelleinenl  coanattre  Dieu  et  loi  rendre 
H  toile. 
N.  Quinet  secourt  lea  paurres.  Eh  bien  1 

Ïgo  lui  dise  :  «  Vous  partagez  en  rain 
K  lufa  arec  rindigence  ;  Toire  cons- 
iau  D'i  pas  le  droit  de  se  réjouir,  vos 
■tau)  sont  des  crimes.  — Quelle  folie  I  ■ 
ilMnil-il,  et  il  sursit  raison.  Cependant, 
WMk)  folie  qu'il  défend  dans  le  P.  Ques- 
Mfi'tprès  ce  taéologieo,  aoiia  J'omsw  da 
Jw.ila'y  a  painC  de  tonus  mutra:  en- 
>iti,  quiconque  se  troure  hors  de  l'Eglise 

nie  d'iinour  d«)  Dieu.  D'où  il  résulte 
.  Quinet,  fort  peu  ami  de  l'Eglise, 
PiiDe|«i  non  plus  Dieu,  et  que  ses  actions 

Îaneilleures  deviennent  uéceiaai rement 
Jpéeliés. 
u  bon  SMis  et  la  fui  s'indignent  de  cette 
^ticiié.  Selon  la  doctrine  catholique,  l« 
lm,inème  produit  hors  de  l'Eglise,  est 
Mours  un  bien.  Il  n'a  pas,  il  est  vrai, 
pdraii  iiHel  h  la  récompense  surnalurella 
■b  Toe  de  Dieu,  mais  il  ne  laisse  pas  d'j 
iHirpirfoil  un  droit  de  convenance  (^71). 
te  winpier  le  salaire  que  la  Providence 
Hiixanle  en  gloire  et  en  succès  sur  la 
mt  im).  Clément  XI  a-l-il  donc  eu  si 
pnij  iori  de  euodamiier  lesdeui  premières 
NHMitions  que  H.  Quinet  S  voulu  protéger 
fc»o  éloquence? 

iLi Iroiiiéme  proposition,  dans  laquelle 
V»Dtl  soDlîent  (jue  ta  foi  n'mgit  gutpar 
krionV,  ESI  «atsi  ridicole  que  les  pecé- 
kt(«s.-~Dn  iHHDme  en  qui  se  réveille  la 
biïur  du  jogemeot  de  Dieu,  songe  à  ae 
[n'Mir,  et  se  dirige  vers  le  tribunal  de 
kpteitMca,  o6  par  l'absolution,  il  recevra 

(M)  V«tf  MB  les  catéchismes. 

'liOf  Toir  farmi  les  proposiUaiii  da  Qaesoel  qui 
•"ii«rM4iBwéH,  les  suimiiea:  29*,  58*,  itf. 

iTli  B«iuT  «  nsccmw,  Tkeoiugi»  do§malicatt 
"•"lu.  Ut  (nUa,  «ect.  X,  an.  1,  ul<i  do  mérita  de 


APOLOCETIQUE.  Cl.£  W 

la  charilé,  la  grâce  et  l'amonr  de  Dieu.  Or, 
quel  principe  d'action  n  conduit  cet  homme 
aux  pieds  du  confi^sseur?  n'esl-ce  pas  la 
foil  La  foi  peut  donc  agir  sans  h  charilé. 
M.  Quinet  inroque  ici  l'autorité  de  saint 
Paul  en  faveur  du  P.  Quesnel.  Rien  de  ce 
genre  ne  so  Ht  dans  les  Epllres  de  l'Apôtre, 
et  M.  Quinel  n'a  pas  même  indiqué  ce  qui 
lui  sert  de  prétexte  pour  s'appuyer  d'un  tel 
nom. 

Dana  la  quatrième  des  propositions  do 
Quesnel  dont  nous  nous  occupons,  il  est  dit 
qu'on  se  retranche  de  l'Ei^iise  ■  auui  bien 
en  ne  virant  pas  selon  l'Evangile  qu'en  ne 
croyant  pas  à  l'Kvansile.  » 

H.  Quinel,  après  avoir  altéré  le  teste, 
a'esl  amusé  ï  penser  que  l'Eglise,  en  oon- 
damnsnt  cette  doctrine,  voulait  qu'on  put 
se  sauver  sans  croire  et  sans  pratiquer  ce 
qu'ordonne  le  livre  sacré.  Ce  sens  ridicole 
n'est  que  dans  le  commentaire  de  H.  Qui- 
nel ;  car,  pour  le  Pape,  ce  qu'il  admet,  c'est 
que,  de  deu^  liommt^s,  dont  l'un  repousse 
1  Evangile  comme  plein  de  mensonges  et  de 
vicieux  préceptes,  tandis  c^ue  l'autre,  tout 
en  croyant  k  la  divioe  origine  de  ce  livre, 
néglige  parfois  d'en  observer  les  coronan- 
doments,  le  second  semble  n'avoirpasaKifJ 
6î«i  rompu  que  le  premier  avec  l'élise. 
C'est,  en  effet,  ce  que  décide  le  bon  sens. 

La  cinquième  proposition  de  Quesnel  ne 
compose  U  peuple  dont  Jénu  ttt  te  chef, 
e'est-è-dire  l'Eglise,  qu»  de*  jmttei  tt  da 
étiu;  la  Pape,  au  contraire,  se  souvenant 
du  Bon  Pasteur  qui  poursuivit  dans  le  dé- 
sert sa  brebis  égarée,  Ae  reul  pas  qu'on 
regarde  te  pécheur  comma  retranché  du 
peuple  chrétien  sur  la  terre.  Il  le  compte 
toujnurs  pour  l'un  de  set  fils,  (ils  malade,  it 
^est  vrai,  m&îs  du  salut  duquel  il  ne  déses- 
'père  jamais.  U.  Quinel  n'avail-il  donc  riea 
de  mieux  i  faire  que  de  chnrebar  dans  celte 
pitié  maternelle  de  l'Eglise  un  absurde 
siûel  d'épi^amme? 

Le  vies  de  la  sixième  proposition,  c'est 
de  faire  de  la  lecture  de  la  Bible  une  oé- 
eessité  pour  tous.  Queeoel  s'en  explique 
oneore  plus  formellement  dans  d'autres- 
endroits  également  condamnés.  Il  devait  se 
borner  è  recommander  aux  simples  fidèles 
colle  lecture  comme  utile.  Pour  qu'die 
devint  indispensable  au  peuple,  il  faudrait 
qu'il  n'y  eût  pas  d'autre  moyen  d'instruc- 
tion. C'est  celte  aMrmalioa  trop  générale 
que  Borne  a  condamnée. 

V'oîlk  ce  que  ;i#fiM  da  cet  anathimi  ai  dn 
ein^  autrtt  un  de  en  komme$  de  bonne  foi 
dont  M.  Quinel  a  saliicUé  le  jugement  :  je 
regarde  ces  analhèmes  comme  Fondés  aussi 
bien  sur  la  raison  que  sur.  l'enseignement 
orthodoxe  (473). 

Or,  si  la  condamnation  de  ces  proposi- 
tions et  des  qualre-vingt-quioze  aatres,noo 


(41S)  S.  Adgdsti:!,  CUi  dt  Dieu,  liv.  v,  ch.  15. 

1473)  Le«  sii  pruposltions  donl  t'eu  occupé  H. 
QuiiM,  ea  tes  iiidîqiisDt  dam  l'urdra  dont  U  eu  a 
parlé,  sont  les  58,  49, 51,  7S,  76, 82. 


»f 


CLE 


(CICTIONNAIRE  APOLOGETK^E. 


oo 


tioini  dures  ou  noti'  ntoins  folles,  a  troublé 
Jt)  xviit*  siècle,' n'est-ce  pas  à  l'outeur  des 
àlâmables  noureoutés  que  l'on  doit  s'en 
f.rcndre  T 

La  stupeur,  dil-on,  snisil  les  plus  fervenla 
croyants  h  l'apparition  de  la  bulle  Vnigmi- 
ftM.— Ce  serait  là,  j'en  conviens,  un  Irès- 
légitime  préjugé  pour  Quesnel.  Eh  bienl 
voyons  à  quel  parti  s'était  atlsuhé  le  per- 
sonnage d  alors  le  plus  justement  célèbre 
par  SB  piélé  aussi  douce  qu'éclairée,  en  un 
met  Fénelon.  Or,  l'archeTËque  de  Cambr&i 
a  publié  deux  mandements  en  faveur  de.la 
butle  et  un  écrit  adressée  l'auteur cundam- 
né.  Quant  h  Bossuel,  puurc[ui  conibatthit- 
ilT  11  était  mort  en  1713,  mais  son  historien 
naus  apprend  que,  chargé  par  l'arclievËquo 
d«  Pans,  en  1699,  de  l'einmen  du  livre  de 
Quesuel,  il  promit  un  avis  favorable,  i  la 
condition  loulefoia  de  nombreuses  correc- 
tions qu'il  jugeait  nécessaires  dans  les  Bé- 
fiexiont  morale»  tur  te  f/ouvtan  Tetlament, 
elqucOuesnol  rt-fusa  {H&}.  Bossue!  était 
doue,  mmwe  Fénelon,  contro  la  doctrine 
de  Qupsncl.  Kl  les  convulsionnaires  de 
Soint-MtdartJ,  que  soutenaiuni-ila,  la  bnlle 
ou  la  doclt'ine  analbématisée?  C'élail  en 
l'honneur  de  Quesnel  qu'ils  avaient  les  con- 
vulsions. Que  M.  Quinel,  k  la  vue  de  ces 
fanatiques,  cesse  donc  d'invoquer  contre 
l'teuvre  de  Clément  \1  ia  stupeur  des  fer- 
vents chrétiens. 

On  comprend  maintenant  si  J'ai  été  trop 
■évire  en  disant  que  M.Quinet  n'avait  alA 
solunient  rien  cunipris  au  jansénisme  ni  ^ 
la  butle  Unigenituf.  Le  philosophlsme  n'est 
donc  pas  une  conséquence  de  la  bulle,  et 
Voltaire  ne  peut  se  (arguer  d'être,  issu  de 
Clément  XI.  C'est  de  ta  rorrupiion,  c'est  de 
la  fange  du  XVIII'  siècle  qu'est  née  l'incré- 
dulité. 

An  reste,  (a  théologie  ne  souffre  pas  seule 
de  se  voir  si  cavalièrement  traitée  par  M. 
Quinet.  On  n'a  pas  encore  perdu  compléie- 
ment  le  souvenir  d'un  Rapport  présenté  &U' 
gouvernement  par  noire  auteur  en  1831, 
)K)ur  annoncer  la  découverte  de  tout  uu 
inonde  liltéraîro  dans  les  débris  du  xi*  siè- 
cle. Trop  cuurte  illusion  1  Le  Jouniai  dti 
tavantt  se  hâta  de  prouver  que,  hors  l'heu- 
reux déeoucreur,  [lersonne  n'ignore  l'exis- 
tence de  ces  poèmes  qui  se  trouvent  par- 
tout, à  commencer  par  la  Bibliotttique  dti 
romans  (Ii75).  La  leçon  a  été  alissi  rude 
qu'inulile,  et  ïl.  Quinel  n'a  pas  cessé  du 
prendre  l'inspirolion  poétique  pour  une 
science  universelle  ;  seulement,  c  est  en  re- 
ligion qu'il  essaye  surtout  de  découvrir 
niaintenaiil. 

CLEMENT  D'ALEXANDBIR.  a-t-il  pla- 
loiiisé  au  sujet  de,  !n  Triuiié!  Voy.  Nute 


XXIf,  !  VII  ,  a  la  Un  du  deuxième  viriume 
CLERUÉ,   ses  bibliotlièques  au  mojerî 

â{jc.  Yoy.  SciKifCKs,  S  III.  —  Clergé  giuloij, 

a-[-il  livré   les  Gaules  aux   Francs?  Vt» 

Clovis.  * 

CLOCHES,  l'nsage  de  les  sonner  lemilin, 

\  midi  et  le  soir,  date-t-il  de  14561  foy. 

Arago. 
CLOTAIRE  II  et  son  épouse  Badegniide; 

erreurs  historiques  réfutées.  Yoy.  ftiH.     1 

GOtlDE. 

CLOVIS  ET  LE  CLERGfi  GAOLOIS.  - 
On  a  prétendu  que  le  clergé  avait  lirré  les 
Gaulas  aux  Francs.  Pour  rendre  ce  con- 
cours probable,  on  a  supposé  les  évèqaei 
investis  d'une  autorité  civile  toule-pats- 
aenle;  et,  pour  le  rendre  odieux,  on  a  ni> 
présenté  les  Franks  comme  les  plus  barba- 
res d'entre  les  barbares.  —  foytt  Aag. 
ÏHiBBBT  {Hitt.  de  tu  tonq.  de  t'Atigï.  porta 
Xoniandt,  t.  I);  Guizot,  (ffiaf.  (H  la  civil, 
m  France,  t.  I,  teç.  vin);  Facrikl  [fli'tl, dt 
fa  Gaule  méridionate,  t.  I)  ;  Dk  VtL'DOn- 
couRT  IDicHonn,  de  la  eonverialion,  arl. 
Frtmki);  Michelkt  {HUt.  de  Franet,  I.  )), 
etc.  —  AI.  Gorini  résume  ainsi  la  ssvsmt  | 
réfutalion  qu'il  a  faite  de  ces  auteurs  iliiis 
son  bel  ouvrage  :  Défnue  de  l'Eglite  cnltt 
tet  erreur»  kittorique»,  etc.  : 

■  J'ai  prouvé,  dit-il,  que  les  évéqau 
n'avaient  pas  élé  aussi  puissants  ni  lestol-  < 
dais  de  Clovis  aussi  férocea  qu'on  l'i  dit. 
Nous  avons  vu  en  Bourgogne  el  cfaei  les 
Visigolhs  deux  ou  trois  évéques  souhailer 
la  domination  des  Franks;  mais  aucun  iie 
conspira.  Le  seul  qui  eût  pris  i  ces  guer- 
res une  part  active,  Galactoire  de  Lescir, 
n'était  pas,  h  proprement  dire,  sujet  d'A- 
larie. 

•  AGn  de  comprendre  la  rapidité  <I(>scon- 

3uAles  de  Clovis,  au  lieu  de  lui  ctien:l>L'r 
es  complices  dans  l'éplscopat,  il  a  sulTi  da 
se  rappeler  qu'il  avait  ties  truupes  aguer- 
ries. Contre  les  Bourguignons,  il  fut  tM 
par  une  partie  même  de  ce  peuple.  Il  eut 

Eour  alliés  contre  Alaric,  d'abord  Gonilt- 
aud,  puis  la  Mch?té  de  la  nation  et  le  long 
repos  où  elle  s'était  amollie,  et  dont  l'Oi- 
trogoth  Théodoric  l'avait  overlio  de  se  d^ 
Qer.  Aussi,  dès  quo-Théodoric  Tint  se  at^ 
1er  &  celle  guerre,  le  progrès  des  Frank» 
fut  arrêté;  ils  levèrent  le  si<^^  dont  ils 
menaçaient  plusieurs  villes,  perdirent  trienie 
mille  hommes  devant  Arles,  el  auraietil 
probablemunt  essuyé  d'autres  pertes  i-"' 
core,  si  une  discorde  intestine  n'eût  occuH 
la  plus  grande  partie  des  forces  des  diui 
peuples  golhs. 

■  Il  était  d'autant  plus  indispeosabli 
d'étudier  sérieusement  cette  questi'jn.  q"' 
riiitervenlion  du  clergé  dans  les  suvcès  >i' 


(474)  //iil.  rfe  Bouiwr,  1.  XI,  o*li.  —  Ugr  de  Quesnc).  C'cat  cncAre  l'errevr  dnns  UqaHIc  « 
BiuKsel  iiout  apprend  encore  que  l'avia  favorable  pourrait  lomlwr  en  Lrouvaiil  ceUa  '|tièce  dai»  1< 
réJigé  par  Bosiuel  (dans  l'espérance  que  les  corrcG-         '  '    "  "  "'' ' 

tioMs  exigées  d  autre  part  seraient  faites),  étant 
TMld  dans  les  papiers  de  l'évëquc  de  Heaui,  passa, 
il  la  mort  de  ce  préini,  dans  les  mains  de  (Juesnel, 
iii:i  osa  le  publier  dans  une  édition  de  son  livre; 
or  sorte  uva  Botiuct  fui  pris  pour  un  patron  de 


(Èuvrei  de  Bossuel,  si  l'on  n'avait  celte  espliraii<x 
(1751  Bulletin  du  *ciencet  kùloriqun,  «i(lti|a>'r: 
phtlotophie,  rédigé  par  MU.  CH\iiPOLi.io.t,  juin  I8J: 
n'  <■  oà  est  reproduit,  «ur  M.  Uuiiict,  »u  article  il 
Journal  dei  lavaiiU,  mais  Ifôl. 


in                      COn                   MCnONKàlRE  AP(HX)GEnQIIB.  CO»                    ttl 

C!dtîs  («1  présentée  parles  plus  émÎDenls  deDxChréiiens.On  peut  nssurcrqaeceMnt 

ë.TiT3iiis  eomme  un  fait  iodabîiable,  acquis  quc)(]ues-uDes  des  plus  belles  pages  de  DOlre 

j  il  science,  qu'on  atSrmera  désormais  sans  langue  française.  Nous  les  opposons,  ces 

If  tkiriiler.aKIowigh,  Agé  ée  *>ngt  ans,  dil  pages  si  pures,  si  suares,  i  celles  où  P.  L. 

ilUleaulirianij,  araîl  alEaqaë  la  Gaule.  £«  Courier  et  Al.  kfichelel,  traitant  le  mènifl 

mnamtmU  kUtoriquet  prouvent    que   son  sujel,  ont  laissé  roir  (aot  de  laideard^iotea- 

ib>ï<ion  fui  farorisée,  surtout  dans  le  midi  tion,  tant  de  gftût  du  scandale,  tant  d'inin- 

dc  II  France,  par  les  éréçiues  eallioliques,  telligenee  du  seus  religieui,  do  sens  moral 

ea  b.-<ioe  des  Visîgolhs  ariens  (VI6).  •  et  même  du  sens  commua. 

(  Or,  tous  ces  monuments  que   l'on   în-  aPour  bien  comprendre  les  richessesmo- 

t»:].ie,  nous  les  avons  coosullés  avec  soin,  raies  dont  lo  chrislianisme  ■  doté  l'buma- 

oous  les  STODs  tninolieuseiEPnt  analrsés  et  nilé,  il  serait  bon  que  nous  pussions   les 

romparés.   et  jamais   nous  n'avons   pu  en  regarder  un  moment  avec  les  yeux  d'un 

fiire sortir  celle  réponse  :  Les  guerres  de  sage  de  ranliquîté  païenne,  et   ressentir 

CUixis  ou  celles  de  ses  ÛU  furent  des  guer^  quelque  chose  de  l'admirstioa  qu'il  éproiH 

m  4?  religion    ■  vtrait,  si,  revenu   tout  d'un  coup  eo  co 

caerEK>lTE  ile  Dieu  et  de  la  matière,  monde,  il  voyait  se  déployer  les  merveil- 

Tty.  Hervoe.  leuses  créatitHis  que  la  parole  du  Verbe  i 

OCn  aCMAIN .  difficultés  qu'il  opfxP  enfantées. 

Mil  i  l'établissement  du  règne  de  Jésus-  Nous  ne  pouvons  nons  occuper  ici  que 

Clirisl  sur  la  terre.  Foy.  JAscs-Cakur,  art.  d'une  seule  inslitulioa  chrétienne ,  la  con- 

III,  1 1.  fession.  Hais ,  pour  rendre  plus  sensible  le 

COUBATSdetauresuxcbezIesÉgypIieos.  jour  sous  lequel  elle  nous  apparaît,  qu'en 

Tm.  Hoiicvksts,  etc.,  1  VIII.  nouspermetledesupposerPlatunelFénclon 

COMMUNAUTÉS   CHRETIENNES ,    leur  s' entretenant  ensemble,  et  l'éréque  chrélien 

formation   primitive  réfute  Strauss.   Yojf.  ri^t|>oiidant  aux  doutes,  aux  problèmes,  au\ 

llrniSBi,  i  V.  pressentiments  que  le  sublime  disciplo  de 

COMHCNION  UNIVERSELLE  des  biens  et  aocrale  iwrlait  clans  son  âme. 

des  niaox  on  solidarité. Foy.  klAL,art.l,|V.  Platon.  Divin  vieillard  des  tem|is  noii- 

C01ITE(1I.).  ce  que  c'est  quo  sa  philo-  veaux,  pourrez-vous  répondra  h  nnequi-s- 

upkit  p9Mititt.  Fey.  biaoR.  lion  qui  m'a  souvent  préoccupé  T  J'ai  (Jc- 

CONCBPTiON  de  la  doclriae  du  christia*  mandé  la  réponse  h  la  sagesse  de  Uemphis, 

cisme  par  les  apOlres,  est  un  miracle.  Foy.  e' ,  sur  le  seuil  de  ses  temples  ,  les  sphinx 

PaoTMiA-noii  Bo  CHUSTIAKISHX,  j  L  sont demenrésmuets.J'Bi interrogé laGrèi-e 

CONCILES,  démontrent  que  la  r^le  d'au-  raisonneuse,  et  elle  ne  m'a  rien  dil.  J'ai 

lorité  a  été  la  méthode  suivie  par  l'Eglise,  cherché,  dans  les  idées  éleroelles  le  rayon 

l'tfy.  SfesLs  DK  roi,  I IV.  de  lumière  dont  j'avais  besoin  ;  mais  la  por- 

CONCORDANCB  de  saint  Harc  avec  saint  'ion  de  la  divine  essence  qui  pouvait  éclair 

UaUhiea  et  saint  Lac.  Yoy.  Uskc  (Sainl).  rcr  ma  pensée  est  resiée  voilée  pour  moi. 

CONDUITE  de  la  vie  i  exige  la  foi  pour  Peut-éire  pourrez-vous  m'apprendra  ce  que 

toos  les  rapports  sociaux,  etc.  firy  Foi.  j'iguore,  si  quelque  f-nvoye  du  ciel  a  parlé 

CONFESSION  coNsiDiais  comms  imstitl-  aux  hommes. 

TT-s  ci*iusATwcK.— Nons  empruntons  l'sr-  fÉXUON.  Quelle   est  celle  question,  A 

:><'Je  qu'on  va  lire  an  bel  ouvrage  publié  merveilleux  génie,  admiré  dans  toiu  les 

.  _.     _    ..    .,  . .  ,  ^__.  _.   ,_.-_._.  siècles  T  quelle  est-elle? 

Platos.  Dites-moi,  si  vous  le  savez,  pour- 
Tau  ntr'U  éogme'eathotique  de  la  Peut-  quoi  les  hommes  sont-ils  restés  sauvagesT 
fnir<(V77]. Ce  chapitre  où  l'auteur  introduit  FiaiLoa.  Je  ne  voiu  comprends  pas, 
l'faiou  et  Fénelon ,  philosopbani  ensemble  Platon.   ^  *- 

iur  le  triimnat  de»  imet ,  se  bit  distinguer  Plator.  Ëcoutez-moî  :  nos  traditions  ra- 

:'>D  seulement  par  les  vues  profcndes  qu'il  content  qu'Orphée,  quel  que  soit  le  sage  que 

•i3re  k  ses  lecteurs  sur  les  avantages  de  la  l'antiquité  a  nommé  ainsi,  eut  pitié  des  an- 

ttjDftfssion ,  mais  encoris  par  une  sorte  de  célres  des  Grecs,  qui  traînaient  dans  les  bois 

Odiit  oà  il  fait  entrer  le  récit  d'une  des  une  vie  grossière,  triste,  dépourvue  de  reo- 

ilus  belles  scènes  qui  aient  le  plus  réjoui,  litude  «t  de  beauté.  Il  les  trouva  dans  un 

-•MIS  pourrions  dire  les  anges,  dans  ces  der-  élat  bien  misérable;  car  ils  n'avaient  ni 

Lieres   années  :  c'est  celle  de  la  premUn  lois  ni  tribunaux  pour  régler  et  terminer 

(■«nmtaïaK  d'une  jeune  femme,   laquelle  leurs  querelles.  Mais,  quand  il  ies  eut  initiéj 

■*âil  lien  au  moment  luème  où  son  époux  à  une  vie  nouvelle,  le  changement  qui  s'o- 

'«vevait  le  «iofifue   pour  se  préparer  au  pérq  dans  les  relations  de  ces  hommes  entre 

T'>T«gede  l'élemité.  Tons  les  lecteurs  sdmi-  eux,  comment  le  concevez-vous  T 

•-.hm\  cette  scène;  en  effet,  jamais  paroles  FitiBLoa.  L'individu  se  vengeait,  la  so- 

;  us  prtdondrs  et  plus  douces  n'ont  été  pro-  ciété  jugea  :  le  procès  remplaça  la  guerre. 

coQcées  sar  la  eonveraton  et  sur  ta  mort  de  ■<    Platoh.  Votre  réponse  renferme  un  grand 

ilTU  iMèaurmirniHéed*  rWiWtra  ^  Frmee.  PéOny. 

tnmiin  ncc  —  Voir  encore  daas  la  BiUiMài^ue  {117)  Ces  Vmi  sont  ftétMie»  des  CMuUfrafÎMU 

t  rEeoUén  CkmrU»,  %■  «Me,  i.  I,  le  rapport  dé  nr  fa  dagmt  aâitfralnr  éê  la  piéU  ettlulifu;  oa 

■.  td.  Latoïdije  sar  In  £iu(et,  de,  4e  M    4b  vel,  ia-li,  i  Paris.     '     ' 


rétemment  par  H.  l'sbbé  Gerbet  (aujoqr- 
.'*hui  évéqne  de  Perpignan),  sous  le  tiire  de 


IIS  U>:i  IHCTIU.N.UiaE 

iei»  CD  pfn  ilo  mots,  el  je  l'opprouve  benu- 
coup;  mais  roilà  )astcnicnt  pourquoije  vous 
demande  comnicnt  ii  se  f^it  (jue  les  liomnica 
Buîenl  eocortf,  tous  un  raDporI  Irès-împor- 
lant,  dans  lYlal  sauvage. 

FÉTOLon.  Uon  élonnement  redouble,  & 
Plalon  I  car  voas  ne  pouvez  ignorer  que  tes 
Iribunaui  et  les  lois  n'ont  pas  él6  établis 
seulement  chez  les  Grecs,  mais  encore  cbez 
beaucoup  d'autres  peuples  que  vous  api>elez 
barbares,  et  tous  savez  aussi  que  plusieurs 
de  ceux-ci  ont  possédé  ces  institutions  avant 
lesGrecs.  A  mesure  que  les  choses  humaines 
se  sont  perrecliMiiiiéea ,  le  nombre  des  cas 
où  le  pro<:às  s  remplacé  la  guerrp,  où  leju- 
Bemeiit  de  la  société  s'est  substitué  i  la 
vengeance  fougueuse  des  individus,  a  été 
en  augineutani.  La  civilisation  a  fait  reculer 
aes  limites,  et  l'état  sauvage,  reléjjué  aux 
confins  du  monde,  n'est  aujourd'hui  qu'une 
xoae  étroite  qui  entoure  i'humanilé,  comme 
une  ceinture  de  rochers  borde  quelqut<fois 
une  tte  spacieuse-el  fertilisée.  Ignorez-rous 
ces  choses,  6  Platon,  oracle  des  Grecsï 

Plito!).  Je  ne  réponds  pas  en  ce  moment 
k  voire  question,  et  tous  verrez  bienlAt  que 
cela  serait  inutile.  Mais  suivez-moi  encore, 

aooique  vous  ne  voyiez  pas  encore  le  terme 
e  la  roule  que  ma  pensée  suit  en  ce  mo- 
ment. Ne  roussembio-l-il  pas  que  ce  monde, 
où  nous  apparaissons  pour  pta  dà  lenips , 
esl  comme  un  IhéAIre  divin,  et  que  les 
hommes,  qui  y  sont  placés  par  le  Iheu  su- 
prême, ressemblent  k  des  acleursqui  vien- 
nent remplir  un  râle  sur  une  scène  conve- 
nablement disposée,  el  quiseroiit  couronnés 
dans  les  jeux  Olympiques,  s'ils  ool  observé 
ce  qui  leur  était  prescrit? 

FÉEiELOif.  Oui. 

PLtTOH.  Et  si  des  acteurs  s'acquittent 
mal  de  leur  rAle  en  présence  de  la  foule  ; 
s'ils  méiirisenl  les  loissacréesdu  rhylhme, 
faisant  de  faux  pas  ou  des  gestes  iuconvo 
naots;  si  leur  masque  est  difTonuet  si  leur 
▼oix  est  mal  accentuée,  ils  sont  ensuite  ré- 
primandés et  punis  sévèrement  par  le  chef 
du  ehceur.  En  cela  ils  sont  soumis  k  nna 
discipline,  et  n«  sont  pas,  comnit)  acteurs, 
dans  l'état  sauvage. 

FiifuoK.  Sans  aucun  doute. 

Platoh.  Et  quand  les  hommes  eoniBettent 
des  actions  mauvaises,  qui  troublent  la  so- 
ciété, et  que  la  société  s  vues,  les  magis- 
irals,  assis  sur  leur  tribunaux,  prononcenl 
aussi  contre  eux  des  peinM  sages  el  terri- 
bles. Les  magistrats  nesobt-ils  pas  les  chefs 
de  ces  chœurs  qu'on  appelle  nations,  et 
jusqu'ici  la  similitude  n'est-elle  paaexaclef 

FfinKLOH.  Parfaitement  exacte. 

Platon.  Mais,  si  les  acteurs,  avant  de  pa- 
raître sur  la  sc^e,  n'étaient  psa  examinés, 
insLruiis,  corrigés  dans  leurs  débuts  par  des 
hommes  habiles  dans  l'art  do  beau  et  roués 
h  la  conservation  de  ses  règles;  si  ces  hommes 
ne  réprimaient  pas,  loin  des  yeux  du  public, 
les  fautes  secrètes  des  acteurs  conireioes 
règles  HcrveilleuseSt  oes  fautes  qui  sont  la 
soureo  d«  toutes  celles  qu'ils  peuvent  com- 
iiivllrQ  devant  la  foule  assemblée,  oo  de- 


ai>uixh;gtique.  cds  i^ 

Trions-nous  pas  dire  que  cesacteun  sont 
disciplinés  et  indisciplinés  tout  k  lafqii- 
qu'ils  sont  disciplinés  ex lérieuremcot. inm 
intérieurement  indisciplinés  ou  ssavagest 

FÉKELOTt.  Il  faudrait  le  dire. 

pLkTOTt.  Etpuisqueles  bommessoDisoi]. 
mis  i  des  tribunaux  quand  ils  ont  violé 
l'ordre  i  la  face  du  soleil  et  du  rnoode,  et 
qu'il  n'y  a  point  de  tribunaux  pour  les  crimei 
cachés,  cl  surtout  pour  les  dispositions  *i- 
cieusesdel'âmCid'où  sortent  lous  tes  crimes, 
nu  devrons-nous  pas  dire  des  hommes  en 
que  nous  venons  de  dire  des  acteurs  ijue 
nous  avons  sup|:H>sés?  Nous  dirons  donc 
aussi  que  les  hommes  sont  civilisés  dxus  ce 
qui  tien  t  aux  actions  extérieures  el  pubtiqurs 
que  leurs  corps  accbniplissent,  mais  quu  les 
Ames,  k  d'autres  égards,  restent  dans  une 
espèce  d'état  sauvajjeT  Me  comprenei-ruus, 
maintenant,  6  FénelunT 

Féneloit.  Vos  discours  ressemblent  i  m 
sentiers  qui  conduisent,  par  des  détoun 
mystérieux,  h  un  temple  situé  au  milieu 
d'uneforèl épaisse. Ensuivant  leurs circiiiu, 
on  croit  quelquefois  ne  pas  avsocnr,  on 
craint  de  ne  pas  arriver  au  but.  Mais  toult 
coup  l'auguste  édifice  apnarall,  et  l'on  yen- 
Ire  lorsqu'oB  le  croyait  loin  encore.  Je  voii 
sortir,  des  longs  replis  dp  vos  questions, 
une  vérité  granue  el  sainte,  que  Dii^u  a  mise 
dans  votre  esprit,  û  Platon  1  cl  ce  Dieu  va 
mettre  sur  mes  lèvrss  la  réponse  que  vous 
cherchez.  Souvenez-vous  que  vous  avez  tJilt 
dans  votri)  Aleibiade,  que,  |>our  connaître  l« 
cultedA  à  Dieu,  il  fallait  allflndre  qu'un  en- 
TOyé  divin  lerëvéUt  aux  hommes.  Celui  que 
TOUS  attendiez  est  venu,  et  il  «  régéi^tétl 
eifasussé  toutes  chosns.  I^slëgislateurj  ilei 
peuples,  en  arrachant  les  hommes  i  la  ti<t 
sauvage,  ont  établi  des  tribunaux  pour  hs 
curps;  tuais  le  Christ  a  chBSsé.la  vie  5*ii- 
vago  de  l'intérieur  de  l'homme  mfimc  :  W  a 
établi  U  tribunal  dtt  dmei, 

PLiTox.  Daignez  m'expliqoer,  mon  suii. 
cette  jurisprudence  divine.  Dans  toute  cause 
criminelle,  il  y  a  l'examen,  l'Accusation,  l« 
iugement,la  peine.QucI  estici  l'exaroinaleurl 

FiaELOR.  C'est  le  coupable,  assisté  dua- 
pentir  el  de  l'espéraoce. 

Platoit.  Et  l'accusateur 

FiasLON.  C'eslencore  lui.  Le  même  inJi- 
Tidu  se  divise  en  quelque  sorte  en  deui 
mvj;  l'un  est  accusé,  l'aulre  accuse-  Dan' 
ce  dédoublement  mystérieux,  Is  volouli 
nure  se  dégage  de  la  volonté  corrompue  iju 
l'enlaçait  dans  ses  nœuds  tortueux ,  et  q4 
s'en  détache  et  tombe  comme  ua  serfienlqu 
expire.  I 

Platoiv.  £I  que  font  «lors  los  jugfîs?     | 

FâHELOH.  Ceux  h  qui  le  Christ  do  Dieu 
confié  le  pouvoir  de  remellre  k's  péchét 
foot  le  contraire  de  ce  que  font  les  ju^^ 
humains.  Dans  les  tribunaui  ordïnniresD 
juge  pousse  à  l'accusation  el  le  coupabla 
l'excuse;  dans  le  tribunal  surnaturel  di 
Ames,  plus  le  counabJe  s'accuse  .  plus  ' 
juge  cherche  dans  la  charité  toutes  les  • 
euses  que  la  vérité  permet;  et  s'il  pronoQI 
une  scutonce,  c'est  toujours    une  scrtted 


JïS 


COK 


DICTIONNAIftE  APOLOGGTlOtJË. 


CON 


Mt 


dt  gnice,  cur  la  peine  qui  l'accompugne  est 
tDiiéricirJieuse  et  guérissante  :  quelques 
prirations  pour  les  sens,  dos  anmdnes  et 
dfS  prières. 
PLiTOH.  Pourquoi  ces  trois  chosesT 
FhELon.  Le  périt  livre  qui  contient  les 
éléments  de  la  doctrine  ctirélîenne  ensei- 
gne, m  saraut  cûrame  à  l'ignorant ,  que  ces 
imit  chose*  composent  la  péoitence.  Tous 
If  croient,  mais  tous  n'en  conçoirenl  pas  la 
muin;  el  celui  qui  s'applique  H  méditor  les 
rhosesdiTÏDes  decDutrre,  dans  les  plus  tuI~ 
ams  enseignements  du  cftléchistne,  des 
tkirmonies  cacbi^es.  La  mntadie  morale  dô 
rhomniedériïe,  d  Platon,  de  deux  désordres 
vnDCiMDi,  Vorgueil  el  la  volupté  :  ces  deuK 
aèwjres,  en  se  mélangeant,  en  produisent 
un  Iroisiëme,  \'égoume  de  ta  richetse,  qui 
(itaiiJe  l'un  et  de  l'autre.  Les  privations 
mj^asies  aus  sens  ont  une  efBcacité  apé* 
ii;'l<:  contre  le  rolupté;  la  prière,  qui  huoii- 
iife  lliommedflns  le  sentiment  ud  sa  fai^ 
blt■^ic,  guérit  l'enDure  de  l'orgueil ,  et  t'au- 
mûne  éteint  l'égoïsme  avare;  l'aumÂneqnl 
w  répand  romme  une  rosée  terrestre  sur 
Celui  qui  reçoit,  pour  retnmher  comme 
g»;  rosée  du  ciel  sur  celui  qui  donne. 

PL1T05.  Je  voQs  rends  grâces  ,  Fénelon, 
«iv  rv  que  vous  m'avez  révélé  les  merveilles 
<lu  tribunal  des  flmod  ;  mais,  dites-moi,  tous 
Wi  b.)ni(nes  soni-ils  admis  h  participer  à 
tcut  civilisation  des  coosciem^s? 
VtetLos.  Tous  les  âges,  tous  les  rangs, 
lunin  Va  distinctions  se  confondent  sous 
Cfroinmun  Dîve&u  d'humilité  et  de  perfec- 
liiinoemBaL  Le  roi  s'agenouille  i  ce  Iribu- 
naUl/emecdianl  s'y  relève;  l'eursnt  à  peine 
u«iliniïon,  y  apprend  à  Mgnyer  la  lan- 
t>u«  qui  purîlie  ;  el  quand  les  di'rniers  sou- 
|iirs  h'm  iBOuraiit  se  Lransforment  en  hum- 
triareui,  sa  poitrine  oppressée  pèse  moins 
i  wn  Irne  plus  légère.  Souvent,  tandis  ^u'à 
uitileicAlés  decetrdne  de  planches  où  siège 
It  Diinijlru  du  Dieu,  un  grand  coupable 
l'*pprêle  à  décbirer,  comme  un  voile,  la 
^xijfue  nuit  de  toute  une  vie  de  forfaits  ;  de 
r«uirecAi6  l'innocence,  ignorauto  d'elle- 
araa,  u  révèle  eu  croyant  s'accuser,  ht 
ak  M  p««se  dans  tous  les  lieux  que  lu  sa- 
Itil  «[  le  cbrlstianisine  éclairent  :  il  n'y  a 
rpial de  langue  parlée  par  un  peuple  qui 
s'iitété  purifiée  par  la  confession  cnrétieii- 
>>(■  Je  ne  connais  pas  de  signe  plus  froppant 
lie  l'eicelleDCe  de  noire  nature.  On  a  vu 
'^-hi  lu  ^ui(;îiJe  uue  horrible  preuve  d'une 
Jf)  (ilus  nobles  vérités,  la  uislinclion  de 
''iiiieeldu  corps.  SieueETetnousn'étionsque 
.C'iière,  Dons  obéirions  niactiinaleinent, 
"Mume  loua  les  Aires  malériels,  ï  une  in- 
■'iTuontalHit  tendance  vers  notre  conserva- 
'"'II  :  pour  que  notre  organisation  puisse 
tijir  contre  elle-même  jusqu'ft  se  détruire, 
l'Iiuiqu'il  j  ail  en  elle  un  principe  Supé- 
"*urqiii  veuille  ce  qu'ulle  ne  peut  vouloir, 
Hbi  uuinunde  aui  forcus  vitales  d'être  les 
*i'catnci>s  de  la  mort.  Ëbliienl  je  crois 


UlcnOSHltKE  irOLOGÈTlQVE.  I. 


aussi  que  si  nous  n'éiioiis  qno  sensntion, 
c'est  ii-dire  orgueil  el  égoïsme,  l'accusation 
volonlaire,  ce  suicide  de  ror^ucil,  ne  serait 
Pns  possible  non  plus;  l'instinct  qui  porte 
l'bomine  h  cet  acte,  qui  lui  on  fuit  sou> 
vent  un  besoin',  n'aurait  aucune  racine 
en  nous.  Cet  instinct  oonire  rature,  si  toute 
notre  nature  consiste  à  éjirouver  des  sen- 
ftations  passagères,  se  réfère  évidemment 
h  des  destinées  plus  hantes  :  l'hoinnie  se 
confosse,  donc  le  ciel  eirsie.  On  a  dit  avec 
raison  qae  la  prière  est  un  signe  ciracté' 
ristiqaedol'espèce  humaine  i  mais,  quoique 
l'animiil  ne  prie  pas  Dieu,  le  concert  de» 
oiseaux,  par  exemple,  au  lever  de  l'astredu 
Jour,  semble  élre  une  imaite  de  nos  hymnes 
inoniant  vers  Dieu  :  les  poêles  l'entendent 
ainsi,  Maiaraecusatinn  spontanée  de  l'hom* 
me  ]jflr  lui-môme  est  si  éminemment  le 
sceau  distinclif  de  notre  nature,  qu'on  ne 
trouve  i  oet  égard,  di<ns  les  êtres  sentants 
intérieurs  h  nous,  pas  même  t'ombre  d'une 
analogie  matérielle  quelconque,  à  laquelle 
la  poésie  iiuisse  emprunter  une  métaphore. 
Si  la  philosophie  ancienne  a  im  délïnif 
l'homme  un  animal  qui  prie,  la  philosophid 
chrétienne,  sans  efTacer  l'antique  délliiilion^ 
peut  la  couronner  en  ajoutant:  L'hotnme 
est  un  ange  tombé  qui  s'accuse.  Par  quel 
vertige a-t-on  pu  méconnaître  les  puissantes 
affinités  qui  lient  cette  institution  reli- 
gieuse b  la  nature  de  l'horcimeT  Dins  un  de 
Ces  oraees  qui  agitent  de  temps  en  temps 
l'esprit  numsin,  Ta  tète  a  tourné  h  quelque* 
sociétés  chrétiennes;  elles  ont  aboli  la  con-* 
fession,son8  savoir  ce  qu'elles  faisaienlf 
mais  elles  commencent  h  la  regretter  (%7éj. 
Quant  è  ces  hommes  qui  ne  savunt  que  s'en 
moquer  avec  un  infernal  sourire,  qui  Ia 
haïssent  en  elle-même  et  pour  elle-même, 
le  sentiment  des  choses  divines  n'a  jamais 
été  en  «us,  el  le  véritable  inslincl  sooial  n'y 
est  plus;  ils  ne  comprennent  rien ,  pour  me 
servir  de  votre  expression,  à  la  civilisaiiou 
des  consciences  :  espèce  de  sauvages  mo- 
raux qui  préfèrent  que  l'homme  erre  el  s'en- 
fonce dans  la  solitude  de  son  fime,  \  travers 
lei  tempêtes  et  les  abîmes  des  passions,  et 
qui  bien  souvent  n'y  apprennent  eux-mê- 
mes qu'à  marcher  aveuglément  vers  la  mort, 
dans  une  Itçoorance  infinie  de  sas  suites. 

Platon.  Je  me  rappelle  avuir  vu  autrefois 
commâ  UD  emblème  frappant  d^s  hoipaios 
dont  vous  parlez.  Je  me  promenais  sur  les 
bords  de  la  mer.ilans  un  endroit  écarté,  noi 
loin  du  cap  Sunium;  c'élait  au  soleil  cou- 
chant. Une  figura  d'homme  était  accroupie 
sur  la  poîute  d'un  rucher  battu  par  les  va- 
gues. A  ses  vêtements  souillés,  à  sa  physio- 
nomie à  la  fuis  égarée  et  lixe,  je  me  persua- 
dai que  c'était  un  de  ces  hommes  poursuivi 
iutérieurement  par  les  Furies,  el  qui  errent 
loin  des  cités,  parmi  des  ruines  et  des  tom- 
beaux. Quand  il  m'aperçut,  il  se  dressa  sur 
son  toc,  et  il  parlait  tout  seul.  Je  ne  distin- 
guais pas  bien  ce  qu'il  disait;  mais  je  crus 

1  Ae  plusieurs  docteurs  prolesiauts  sur  l'u- 


m 


C0.1 


ncnOïfflAlRE  APOLOGETIQUE. 


CON 


«nleotlre  qu'il  iniiDdis5Bil  le  soleil  et  les 
juj|es  vengeurs  des  crimes,  el  l'espérance. 
Puis  il  se  mit  i  maudire  aussi  la  pierre 
étroite  et  glissaole  qu'il  avait  prise  pour 
f|«roier  asile,  et,  la  repoussaot  du  pieo ,  il 
se  précipita  dans  la  mer,  sombre  et  profoôde 
comme  la  justice  de  Dieu. 

FÊ9EL0R.  Que  j'aurais  de  choses  a  tous 
dire,  Platon,  sur  les  mystères  d'orgueil  qui 
conduisent  de  proche  en  proche  certains 
hommes  i  ue  Toir  dans  la  mori  qu'un  tout 
ttana  Combre!  Uais  je  feui,  eo  vous  Quit- 
tant, laisser  votre  Ame  se  reposer  sur  d  au- 
tres images. 

La  mort  dn  chrélien  est  le  chef-d'œuvre 
de  lafiarolede  vie;  et  comme  la  confession, 
qui  purifie  l'homme,  le  prépara  k  recevoir 
tous  les  duns  divins,  elle  a  sa  part,  sa  grande 
part  dans  la  création  des  saintes  moris. 
C'est  alors  surtout,  n'est  sur  le  seuil  de  l'é- 
lerDilé  que  l'Ame  de  l'humble  chrétien  ap- 
paraît dans  ses  magnifiques  proportions,  et, 
si  je  puis  le  dire,  avec  celte  haute  stature 
morale  que  u'ont  jamais  eue  les  plus  illus- 
tres mourants  de  voire  ancien  monde.  So- 
cratu  voire  maître,  Socrate,  dissertant  en 
face  de  la  mort  pour  prouver  qu'elle  n'est 
pas  un  mal,  était-il  au^si  grand,  dites-moi, 
etait-ii  aussi  beau  que  ce  philosophe  chré- 
tien qui  résumait  toute  sa  sagesse  en  ce  der- 
DÎer  Irait    de  lumière  :  Je  ne  croyais  poM 

?'u'i/  fût  SI  doux  de  mourir!  Si  vous  aviez  h 
aire  le  portrait  de  ces  deux  Ifitef,  pour  la- 
quelle réserveriez- vous  l'exiiressiou  la  plus 
inspirée  T  L'un  pardonnait  k  la  mort,  l'autre 
l'embrassa.  ■  Pourquoi  pleurez-rousî  Est- 
ce  donc  un  péché  que  de  mourir!  ■  disait  un 
jeune  villageois  expirant  à  sa  famille  age- 
nouillée autour  de  lui. De  pareils  mois  nous 
aonl  vulgaires.  O  vous,  qui  avez  écrit  le 
Phédon,  vous,  le  peiulre  k  jamais  admiré 
d'une  immortelle  agonie,  queue  tous  est-il 

(47&]  Ponr  l'inielligence  de  ce  qui  va  saivre, 
BUits  innscrivons  ici  une  note  de  M.  BouaeUy  i 
I  H.  t'ubbéGerlKt,  dit  le  savaiil  directeur  des  jIa- 
uaU*,  se  conrariDHDt  eaiit  douie  i  l'faumililé  pro- 
fonde de*  auieurt  de  la  sréne  qu*on  va  lire,  n'a  pas 
voulu  en  dire  les  nomi.  Nous  iie  croyons  pas  Mre 
lenu  il  la  m^e  réserve,  ma  in  tenant  surtout  qu'ils 
sent  morts  tous  les  deux  ;  nous  allons  donc  sup- 
pMer  su  silence  de  M,  rabt>é  Gerbei,  bien  ceiUin 
que  nos  lecteurs  linait  avec  plus  de  fruit  et  de  plai- 
sir cette  scène,  après  qu'ils  cunualtront  ceux  qui  en 
ont  été  les  acteurs. 

(  Le  cbrétieii  qui  recevait  le  saint  Tiaiique.ao 
usinent  où  sa  jeune  femme,  cniivertie  au  cailioli- 
citine,  raisail  sa  première  coininuniun  éuit  H.  le 
comie  Aibert  de  La  Ferronais,  Uls  de  l'ancien  am- 
bassadeur de  France  à  Rome.  (^Ite  résurrection 
apirihiclle  d'an  ci'ité  et  celle  mort  temporelle  de 
l'autre,  eutail  lieu  le  29  juin  iSZH  ;  H.  île  La  Fer- 
fonnait  n'avait  alors  que  21  aus.  La  jeune  femme 
dont  U.  l'alibé  Gerbet  nous  [race  la  conversion  si 
loucbaiite,  éiaii  la  fille  d'un  diplomate  russe  H. 
i'Aloptu;  ambassadeur  k  la  cour  de  Berlin.  De- 
puis ce  jour  solennel,  la  jeune  veuve  n'a  plus  quille 
ses  babils  de  deuil  ;  elle  même  est  morte  (ttlEilJ  au 
eouveut  des  dames  de  Saint-Tlionias  de  Vtlluiteuve 
après  avoir  cuiisacré  sa  vio  entière  i  la  ptaLiquc 
des  bonnes  œiivrea  et  des  j^us  louchanles  venus 
de  famille  et  de  lociétti.  Muus  avons  eu  l'boiiueur 


donné  d'être  lelémolnde  ce  qae  eous  toj om 
de  nos  jeox,  de  ce  que  nous  enleiiilon) di 
nos  oreilles,  de  ce  que  nous  ssisiiiODj  Ji 
tous  les  sens  intimes  de  l'âme,  lorsque,  pv 
un  concours  de  circonstances  qae  Dieu  i 
faites,  par  une  complication  rare  de  joie  f 
de  douleurs,  la  Dioit  chrétienne,  se  rété 
tant  sous  un  demi-jour  nouveau,  ressembii 
k  ces  soirées  extraordinaires  dont  ]ecri|iti) 
coie  a  des  teintes  inconnues  el  stns  raiii 
Quels  tableaux  alors  1  quelles  apparilioos 
Vous  en  citerai-je  une,  A  PlalonI  Oui,  ii 
nom  du  ciel,  je  voua  la  dirai.  Je  l'ai  vuei 
j  a  (Quelques  jours;  mais  dans  cent  inij 
dirais  encore  qu'il  n'y  a  que  quelques  joui 
que  je  l'ai  vue.  Voua  ne  comprendrez  [n 
tout  ce  que  je  vais  vous  dire  :  je  ne  peai 
TOUS  parler  de  ces  choses  q^ue  diDs  11  ito 
gue  nouvelle  que  le  Christianisme  ifiiie, 
mais  vous  en  comprendrez  louioin  li- 
sez (V19). 

Sachez  donc  que  de  deux  Imes  qni  s't 
talent  attendues  sur  la  terre  et  qui  s'| 
étaient  rencontrées,  et  que  Dieu  avait  unie 

Sar  le  nom  d'époux  et  d'épouse, eu  ouirar 
evanl  elles  une  longue  perspective  Je  ( 
qu'on  appelle  bonheur,  que  dee^sileii 
Ames,  l'une  arrivait,  par  une  volooU  purt 
k  la  vraie  foi,  au  moment  oii  l'autre  arn 
vait,  par  une  sainte  mort,  fc  la  vrsieiie 
l'une  sortait  des  ombres  de  i'erreur,coBii]i 
l'autre  était  près  de  sortir  des  ombres  il 
la  terre;  l'une  se  disposait  k  participerpou 
la  première  fois  su  plus  auguste  mjsièi 
du  Christ,  lorsque  l'autre  allait  le  recevoi 
comme  une  transition  dernière  k  la  cam 
munion  étemelle.  Or  c'était  uoe  ctei 
Sflinie,  consolante,  désirée  des  angeielite 
hommes,  que  ces  deux  Ames  pusscotic 
complir  chacune  sa  communion,  ou  |>lu''i 
cette  communion  une  et  double  ilansi 
même  lieu,  k  la  mémo  heure,  k  cOté  l'uuec 

el  le  bonheur  de  connaître  celle  femme,  (■  dw 
ment,  si  fermemiMU  chrétienne,  et  loule  sMn  i 
nous  nous  souviendrons  de  sa  parole,  cl  s«tii 
de  la  majesté  irauquille  de  ss  physionomie. 

f  Aucune  question  ne  lui  était  éiraa{ère, 
elle  éuit  à  son  aise  dans  toutes  les  converMiJ^* 
elle  s'y  mêlait  avec  une  parole  sttre,  an  seuseiqw 
son  opinion  éiait  la  plus  droite  el  la  plus  à'" 
point  de  ces  lïlonnemenls  et  de  ces  liétiuiiuyi  « 
le  bien  et  le  mal  ;  ferme  dans  la  foi,  plus  teuiEt 
core  dans  la  pfatii(ue,  on  ettl  dit  qu'elle  tinilil' 
conduite  les  jugements  de  Sun  esprit.  Sacliar^tért 
inépuisable,  et  quoiqu'ï  peine  cunnu  d'elle,  m 
avons  cil  plusieurs  fois  à  répandre  des  secuorsi 
auraieni  pu  pas&er  pour  des  libéralités,  el  ^""^ 
personnes  qui  tes  recevaient  sont  loin  da  »oap^ 
lier  la  source.  Aussi  est-elle  morte,  on  peuL  il>; 
dans  un  dénûmeiit  complet;  ses  amis  savent  q» 
ne  trouva  cliei  elle  pas  même  de  quoi  Vtax^'' 
Jamais  vénération  plus  profonde  que  celle  de  m 
qui  ont  eu  le  boulicur  de  la  connaître.  11  nmisii^ 
ble  voir  encoi'e  celte  physionomie  calme  et  wrtu 
révélant  la  candeur,  la  sincérité  d'une  ime  qii< , 
mais  n'a,  comme  le  vrai  israèlite  de  r&inf 
conçu  ni  dol  ni  mensonge  ;  toujours  tranquille,  u 
jours  à  raiae  et  y  meltaut  tous  ceux  qui  l'apP 
diaient.  Mous  conacrveraiis  toujours  le  suuveu'^ 
cette  aogétique  figure.  » 


riuin,  comme,  h  la  u-illa  d'un  voyage  q^ui 
lépire.  on  [irend  en  cotnamn  un  dernier 
rfMt  (je  famille.  Il  était  juste  aussi,  pour 
celui  qui  allait  partir  el  qui  avait  demandé 
itec  luit  d'inslaune  la  foifiour  celle  qui 
r»tiil,  il  était  Juste  qu'il  *II,  de  ses  der- 
aiers  regards,  descendre  en  elle  le  Di^u 
qu'il  allait  rejoindre,  aRn  qu'il  pâ(  dire 
djdïlnulel'élenduedt!  son  ctBur:Jlf ainfenonr, 
Siigneur,  laiinz  aller  votre  tervitear  en 
fvx,  puÎM^ue  BKi  jfeux  onl  eu  voire  lalul, 
4U1  [l'csi  Di  le  mien,  ni  le  sien,  mais  le  nd- 
ire,  6  mon  Dieu  1  Et  comme  le  (uiuvre  ma- 
inte oe  iKiuvail  aller  k  t'égliso  assister  au 
Hiot  SBcriticfl,  le  sacrifice  vint  i  lui  ;  el,  par 
ui>edisp4nse  miséricordieuse,  sa  chambrai 
pmque  Tunèbre,  fut  transformée  tn  sanc- 
iiuirtjWO).  En  facedece  lit,  qui  élnit  déjà 
tuoirue  une  es)ifrce  d'autel,  oii  l'ami  mou- 
nnl  du  ChrisI  olTrail  i.  Dieu  sa  propre  mort, 
ffoélcia  UD  ciBctiix  et  un  aulel,  ouïe  m/a- 
léredu  ChrisI  mourant  allait  se  renouveler. 
Blé;  suspendit  des  ornements  et  des  tltiurs, 
or  Due  première  communion  est  toujours 
ne  fêle.  Uais  les  broderies  que  sa  main 
UUclia  au  dflvcnt  de  l'autel  rappelaient  une 
Mire  fêle,  elles  avaient  été  portées  dans 
nue  autre  cérémonie,  dans  un  autre  jour 
aaslejour  de  la  séparation  ;  el,  apràs  avuir 
Clé  depuis  lors  mises  ii  l'écart,  elles  sor- 
tauiilde  nouveau,  elles  reparaissaient  \h 
«imme  pour  nous  dire  i^ue  la  joie  de  ce 
a»ùii  D'est  qu'un  tissu  h  jour,  bien  frôle, 
«I  lUi DOS  espérances  nesuiil  guère  qu'une 
futun  qui  se  déctiire.  Tout  à  ooup  cette 
il'imbre,  soabre  jusqu'alors,  s'éclaira  de 
JjJuuiiénî  qui  jaillissait  des  Qambeaux  de 
t'tuiei,  comme  la  mort,  la  téniibreuse  mort 
t'iiiiiDtioa  pour  le  juste  des  rayons  que  Dieu 
[itiil  en  réserve  pour  ses  derniers  regards. 
Uucnlice  cummenç.e,  et  il  était  minuit. 
A;un}uoi  Tul-it  célébré  k  cette  heure?  Je 
'"Ui  en  dirais  bien  une  raison  que  les 
boiiinies  savent;  mais  J'aime  à  croire  que 
'et  auges  de  Dieu  en  savent  d'autres  en- 
^^e,  parce  qu'ils  connaissent  toutes  les 
Djsiérieuscs  cuncordaiices  des  moments, 
ki  beures  et  des  nombres  sacrés.  C'était 
'iteitm  de  Ja  naissance  du  Christ,  consom- 
uieor  de  notre  foi,  auteur  de  Doire  ciel  ;  et 
I;  avait  là  aussi,  je  vous  l'ai  dit,  entre  ce 
ilile  mort  el  cet  autel,  une  double  nais- 
l'ice,  l'une  au  ciel,  l'autre  h  la  foi  :  rén- 
i'jii  rare  et  [irivilé^iée.  Je  crois  à  c»s  har- 
Hwiei  des  heures  en  faveur  de  certaines 
iit»;jecruLi  que  le  temps,  si  fantasque,  si 
WTtnl  fL-iitille  knos  arrangements  profa- 
K,  VU,  sous  la  main  de  Dieu  un  rliytbme 

ItM)  Oue  chambre  est  située  au  second  étage 
tôt  manon  de  ta  nu  Madamt,  d*  SS,  appaneuaitt 
m  à  H.  l'amiral  V«r  Duel.  La  riiinille  de  La  Fer- 
•uj)  Il  cwiKira  loiigleiups  coinnie  un  lieu  con- 
at,  el  iiHilul  qu'ellu  ue  Cûl  liabilée  que  par  lies 
iiaoret  de  bleu.  M.  l'abbé  Martin  de  hoiriieu,  le 
UionJaira.  H.  l'abbé  ComUalai,  l'ont  babliéa 
u^ktinpk.  Quand  b  mort  el  les  ré>olulions  dis- 
-rmtiil  b  timille,  nous  avons  vu  cet  apparlc- 
mt  halxté  par  le  neveu  et  la  nièce  de  rvniiial, 
I-  et  II"  V«r  Hu^l,  Hous  fltiMS  nous  niéate  cou- 


APULOCETlQUe.  CON  «9 

souple  et  docile,  qnl  obéit,  mîeai  que  nou-i 
ne  le  pensons,  aux  convenances  des  élus. 
Le  sncrifice  donccommençakminuit.Touln 
une  famille  y  assistait,  et  avec  elle  un  ami 
fidèle  à  toutes  les  douleurs.  De  vous  dira 
quelles  pensées,  quelles  émotions  passèrent 
alors  dans  (ouïes  ces  Ames,  je  no  j'essayerni 
pas;  nulle  d'entre  elles  ne  sait  elle-même 
tout  ce  que  Dieu  lui  a  fail  sentir.  Comme  en 
un  jour  oîl  le  ciel  est  moitié  sombre,  moi- 
tié serein,  un  éclair  n'en  traverse  nas  moins 
en  UD  instant  tout  l'espace  d'un  pole  i  l'au- 
tre; ainsi  en  était-il  du  sentiment  et  de  la 
Erière,  au  milieu  de  celle  admirable  scène, 
es  éclairs  de  l'dme  étaient  en  quelque 
SOrtQ  présents  b  la  fuis  sur  tous  les  points 
de  l'étendue  que  Dieu  a  donnée  au  cœurde 
l'homme,  depuis  les  pensées  les  plus  dou- 
ces jusqu'aux  pins  déchirantes;  car  tous  (es 
contrastes  étaient  réu[iis  dans  cette  cham- 
bre sacrée,  ils  y  étaient  représentés,  sensi- 
bles, vivants  ;  cet  autel  paré,  qui  semblait 
adossé  à  un  cercueil  ;  ces  Hrurs,  qui  prédi- 
saienl,  parmi  les  glaces  de  la  mort  l'appro- 
che de  l'éternel  et  invisible  printemps; 
celle  gardo-mniade  au  sombre  habit  qui 
se  leiiait  comme  une  mort  voilée  en  face  do 
l'aulie  et  de  l'étole  duprélre,  symboles d'im- 
mnrlulité;  ces  vôlcracnts  blancs  de  la  pre- 
mière communiante,  de  l'épouse  de  Dion, 
qui  allaient  sechanjjer  en  la  robe  noire  de 
la  veuve  de  l'homme  [i8t};  cette  première 
et  cette  dernière  communion  mêlées  en- 
semble; ces  sanglots  et  ces  actions  degrflccs 
qui  se  confondiiienl  duns  chaque  Sme;  celle 
hostie,  partagée  entre  l'époux  et  réponse, 
double  viatique,  pour  lui  tjie  lo  mort,  prjur 
elle  de  la  douleur;  toute  cette  famille  ense- 
velie dans  un  pieux  silence,  où  l'on  n'eti- 
lunduit  que  dus  larmes  qui  tombaient  snr 
les  livres  de  prières,  et,  su  milieu  de  en 
prosterncmenl  général,  la  tète  seule  du 
mourant  soulevée  sursa  couche,  dominant, 
calme  el  sereine,  toutes  ces  tètes  iacliuées 
par  la  douleur  1  Et  si  ce  divin  spectacle,  si 
expressif,  si  parlant,  n'était  lui-même  qu'un 
voile  qui  couvrait  d'autres  merveilles  sain-  ' 
tes; si  je  vous  disais  que  celle  qui  restait 
avait  demandé  la  foi  au  lieu  du  bonheur, 
et  que  celui  gui  panait  avait,  jeune  et  heu- 
reux, offert  sa  vie  pour  lui  obtenir  la  foi;  si, 
lorsqu'il  vit  celte  grâco  descendre  enfin  du 
ciel,  mais  comme  une  Dummo  qui  venait, 
en  consumant  sa  vie,  accomplir  l'holo- 
causte qu'il  avait  préparé;  si,  dis-je,  àcelle 
Vue,  recueillant  ses  forces  défaillanles,  il 
avait  tracé  en  quelques  lignes  et  sous  la 
forme  d'une  élévaiion   vers  Dieu,  ua  des 

naître  à  ce  jeune  ménage  la  grande  Kènequia'était 
passée  dans  leur  ciMuiore  nu(»iale;  ils  en  furtiit 
protondémeiii  toucbés  ;  mallieurenseiueat  ils  n'a- 
vaient pas  la  foi  de  celui  et  de  celle  qui  avaient 
trouvé  là,  l'un  la  fin,  t'anir«  te  coauoeocemeut  da 
de  leur  peieriiiage  chrétien.  (NoU  4*  11.  Bomnvvv.) 
(481)  H>*  Albertde  La  Ferronais,  cuniute  nous 
l'avons  dit,  n'a  plus  quitté  le  djuil  depoiii  oetie  uuit 
s'ilennelLu,  pendant  les  quinie  ans  qa  elle  a  encore 
vccu. 


DICnONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


|)lu«  .sifblinies  lestameDls  de  résigoalion 
[enilre  et  il'héroii^ue  amour  que  l'Ame  d'un 
chrélien  ail  jamais  inspiré  au  cœur  d'un 
époux;  si,  porlnnl  tour  a  tour  ses  pensées 
vers  les  anges  du  ciel  et  ses  regards  sur 
les  ëlres  chéris  qui  entouraient  son  lit  de 
mort,  ces  deui  apparitions  se  confondaient 
pnrfois  dans  son  esprit,  de  telle  sorte  qu'il 
semblait  prendre  les  unes  pour  les  autres. 
Dieu  permettant  cette  douce  méprise  pour 

?|ue  la  transition  de  ce  monde  à  l'autre  lui 
lit  plus  unie  et  plus  simple  ;  si,  au  moment 
où  i]  venait  de  quitter  la  terre,  son  imagOt 
peinte  sous  des  traits  d^jà  si  beaux  dans 
tous  les  cœurs  qui  le  connaisent  ÎTitime- 
ment,  commença  néanmoins  à  y  grandir  en- 
core, h  s'y  transfigurer,  parce  qu'ils  décou- 
vrirent tout  h  coup,  dans  de  modestes  pa- 
Siers  qu'il  avait  cacliés,  des  traces,  des  re- 
ets  de  son  dme-jusqu'alors  inconnus,  sem- 
blables à  ces  sillons  de  lumière  que  laisse 
après  elle  une  apparition  qui  sévanouill 
Non,  je  ne  puis  tous  dire  ce  que  j'ai  *u  et 
senti.  J'ai  lu  autrefois  les  méditations  des 
anges  sur  le  monde  futur,  je  les  ai  interro- 
gés sur  les  secrets  de  la  mort  et  de  la  vie  ; 
niais  les  clartés  que  j'en  ai  reçues  sont  bien 
ternes  près  des  révélatitms  qui  uni  éclairé 
celle  sainte  et  grande  Duill  Jamais  je  u'ai 
senti  si  vivement,  en  deçà  de  la  lombu,  la 
présence  de  ce  qui  esi  au  delà;  jamais  le 
voile  qui  s'étend  entre  les  deux  mondes  ne 
m'a  paru  si  transparent;  jamais  je  u'ai  eu 
une  pareille  inluiliou  du  notre iiumortalilél 
ie  prie  Dieu  du  me  réserver  ce  souvenir 
pour  l'iDsIant  de  raamort;  cars'il  me  réap- 
paraît alors,  il  me  pénible  que  mes  derniè- 
res pensées  de  la  terre  iront  se  joindre,  par 
une  iransilion  plus  douce,  h  la  première 
Tisioaqui  suit  le graud  réveil  I 

L'abbé  Pbilippe  Gerbbt. 


mégarde  dan*  l'ordre  de  Dieu,  ce  seraliraTattr  cette 
mission  el  ce  pouvoir,  et  en  hire  une  cér^nw 
vaine  et  inutile.  * 


Smith  caractérise  a 


™é«  par  le 


Ttoie  comprenant  l'aveu  de  plusieurs  doctenrt 
proleaianls  sur  l'utilité  de  la  confession  : 

I  Dans  une  des  notes  du  Dogmt  giuiraUnT  dt  la 
,  ^iti  eaihcliqut,  nous  avons  recueilli  quelques  aveux 
des  écrivains  piniestaiits  sur  la  confession.  Nous 
croyons  b  propos  d'y  ajouter  ici  plutieuri  autres 
Umoignages  du  méiue  genre.  Ils  sont  cités  dans 
l'oavmge de  Hcentnahaos,  iotiWiéi  la liéforme contr» 
la  réfornu,  traduit  de  l'alloinanil  il  n'y  a  pai  long- 
leuipi  (4«).  Mous  omettons  ceux  de  ces  aveux  qui 
ne  sont  que  l'expression  du  dogme  catholique,  nous 
iKirnaul  a  relater  les  assertions  iiiotivées. 

«  A  quiconque  vous  remettrci  les  péchés,  ils  se- 
ront remis  (Snial  Jtan,  x\,  23).  Ce  cominandeinenl 
de  Dieu  que  nous  avons  sous  les  yeui,  nous  ne 
pouvons  pas  ie  mutiler.  Dans  celle  inslilulion,  on  a 
désigné  «Uimnent  trois  persoiini's;  1*  la  personne 
du  pécheur,  dans  ces  mots  A  quicowrne  ;  2*  la  per- 
aoune  de  Dieu,  dans  ces  mots  ter<aa  umU  ;  et  i^  ta 
personne  da  prélre,  dans  ces  mots  à  fuî  «oui  Ut 
remnim.  Où  l'on  d<£tigiK  Irais  individus,  il  m  faut 
Irots;  oà  11  en  but  trois,  deux  ne  suffisant  pas. 
Vouloir  es  exclure  le  prêtre,  en  serait  pour  ainsi 
dire,  airacber  les  clefs  des  mains  de  ceux  i  qui 
JésuB-Cliiist  les  a  données  ;  effacer  les  mots  à  qui 
tout  Ut  TtmtUn»,  comnke  s'il»  se  trouvaient  par 


la  confession  correspond  sut  tMSoins  de  l'iroe* 
I  La  conscience  ou  seulement  le  soupçon  d'ainir 
mal  Tail  est  ponr  toute  àme  un  fudeau  pnaNf. 
tant  qu'elle  n'est  pas  endurcie  par  une  longue  m. 
liqae  dans  la  voie  de  l'injusLce,  elle  éprouve,  l 
cette  seule  penséede  l'angoisse  et  de  la  terreur,  Lei 
hommes  sont  dans  ces  circonsUnces,  comme  diiu 
tous  les  autreb  évéoemiinte  malheureux,  niiurtile- 
ment  portés  ï  se  décharger  du  poids  lUt  les  acuMe, 
et  I  épancher  le  tourment  de  leur  àme  dans  le  idu  | 
d*une  personne  snr  ta  discrétion  de  laquelle  ils^-  | 
vent  compter.  La  eotifosion  que  lenr  cause  tel  iin 
trouve  une  compensation  complète  dans  raU(e- 
menl  de  leur  ehagrîn,  amené  ordinairemeut  par  li 
sympathie  que  le  confesseur  exerce.  Ils  se  conu- 
lent  en  voyant  qu'ils  ne  sont  pas  indignes  de  louM 
estime,  et,  quelque  blimable  que  soil  leur  prért- 
dente  coniiuiie,  en  reconnaissant  que  la  dispùiiim 
aciuelte  de  leur  Ame  est  favurablemeni  jugù.  t 
(Theor.  der  menuA.  Empjitut.) 

Celte  instilution  est  appréciée  sous  un  autre  n^ 
pori  dans  ce  passage  de  KtTehkoff  : 

I  Nous  n'avons  pas  toute  science,  comme  Dien, 
pour  lire  dans  les  cœurs  ;  et  cependant  il  faut  qw 
nous  le  puissions  pour  veiller  complètement  aa  a-  \ 
lut  de  son  Eglise.  Hais  par  quelle  autre  voie  j  *^  | 
river  que  par  la  confession  privée  ?  Comme  on  ptnl  l 
émonvoirla  conscience  d'un  pécheur,  lorsqu'on  pt-  i 
nètre  dans  les  replis  de  son  inie!    Oui ,  ce  d'mI    : 

3 D'ainsi  que  l'ecciésiasiique  peut  devenir  ce  qu'il 
oit  être  selon  sa  haute  desLinatioii,  le  conseiller, 
le  consolateur,  le  guide,  le  protecteur  de  toutes  les 
maiiëres  spirituelles;  etceirest  que  par  là  que  peut 
s'élalilir  l'autorité,  rinOiicuce  qui  lui  apparlicst 
comme  vicaire  de  Dieu. 

«  Les  observations  suivante*  de  dfren  istenrs 
protestants  ont  pour  objui  de  signaler  niliisioa  q^ce 
sVsl  faite  le  luthéranisme  lorsqu'il  a  cru  suHrtw 
ï  la  confession  particulière,  prescrite  aux  catkoli- 
ques,  par  une  formule  générale,  qui  est  la  mtu>e 
pour  tous  les  individus.  C'est  eit  ce  sens  qu'il  fiut 
entendre  ces  mots  :  confession  giairalt  ;  que  m 
écrivains  prennent  ici  dans  une  acccpUim  diflé- 
rente  de  celle  qui  est  familière  aux  catlioli<|iii^ 
I  C'est  il  l'aide  du  calvinisme  que  des  secuirts 
rejetèrent  la  confession  fomme  une  œuvre  papalr; 
à  l'aide  du  déisme  nui  cherche  it  remplacer  la  in- 
ditioii  par  dts  suphismes,  et  peui-éire  i  cause  de  la 
commodité  des  posteurs  dans  les  f  randes  villi<s  q"' 
la  confession  particulière  a  été  détruite  en  beif- 
'  coup  d'endroits  et  transformée  en  confeuion  %if.t- 
raie,  qui  n'est  guère  plus  qu'un  exercice  de  dé»- 
lion.  Mais  l'expérience  est  là  pour  iioua  démoDirv  i 
que  depuis  cette  abolilion  le  noiabre  des  camiixi- 
niaiils  a  bien  diminué,  et  qu'en  dlant  la  confi-saM 
parliculicre  â  l'Eglise  evanuélique,  on  loi  a  arncl>«  i 
le  dernier  moyen  de  discipline  morale,  el  qu'on  t 

EresquK  fermé  aux  pasteurs  le  chemin  da  salut  éa 
mes  coudées  à  leurs  soins,  t  (Fk.  von  Anvoi, 
JfuiM.  CTitt.  tiittnJcft.) 

(  La  confession  céiiérale,  dit  Breischneider,  brlK 
le  lien  si  étroit  qui  unit  les  paslfurs  au  ti'ou|ieau. 
Dans  les  grandes  villes,  le  confesseur,  ne  conualt 
mente  pas  ses  pénitents;  beaucoup  de  pcrsonim 
vont,  sans  préparation  morale,  de  leur  travail  à  li 
confession,  souvent  encore  couvertes  de  U  pour 
sière  de  lenr  labeur  Journalier.  Ou  a  traniiernè 
l'exhortation  d'un  entretien  intime  en  un  seruiu" 
qui,  adressé  à  tous,  ne  frappe  personne  eu  psrU- 


(mj  S  vol.  ia-g%  à  Paris,  chn  Uaison  (1845),  avec  un«  fniroi/Nciia. 


GOiV 


nCTMmiAIRE 


Hier.  La  pénicaU  qn  asMfeït,  ca  se  temk»- 
bH,  ftcuieal  pHt  1  I'kU  McnûcBld.  inîTCnl 
i  b  cMfcskMM  icnérale  diuniu  ;  la  praii4|M  ■ 
fn^  atec  toa  iwUTidulilé  xw  eScaalé  monk. 
JiK  11  eiNiresNOB  iKarÙcolicre,  Od  a  «n  disparal- 
bt  la  derniers  débris  de  rancienne  disdjdÎDe  ec- 
(tiûaai^af.  Q«'esi-il  arriTélCestque  Ics^asteart 
«  ttHt  rélaite  u  rMe  de  limples  prédinUon, 
tmmt  M  If*  WWM  ea  bîM  des  eadroitt  :  ils 
■'<M  pat  fadiaa  sar  ces  ho—et  «orromiMs  qui 
anînt  Umt  kta*im  d'exhortatisM,  ^i  ne  tnnaem- 
(otfw  r^tliM  e*  ■assùicat jaajLH  tu  aenoon.  > 
jAM.dkrrf«fM.,/.G.) 

IFadlir  Ht  i  son  loir  :  t  Qfl'on  denande  an 
tana  :  Qb'^u-Ui  gagaé  k  I»  coofetsioD  giaéniel 
ipnaeiwn-t-irvoM  le  dira;  M  b'U  «nu  ré- 
pMd,  1  «4H  dira  :  Ccat  |riv9  Idl  faiL  C'eu  li  le 
paad  aoHige  ^b'U  a  lecaeilU.  Nedoil-oa  M*  ^ 
mir  a  wwnM  qae  des  paatears,  par  rintrodacuoa 
/f  b  walfiiimi  géoéralc  ci  l'aboli^oD  de  la  caii- 
t«îai  fartkalière,  onl  faTorisé  Papaihîe  religieuse 


»,  et  faits  se  sont  iinù  TOhmiatR-     et  s'enIreleDatit 
B-al  féparo   des  ftntes   confia  ï  leurs  soimf 
l».aSfaaa>  la  paatear  n'esl  atas  «onfessear,  nais 
laieaeat  pcédiealfar.   ■  {aae   lAtalaf.  aaaal^ 
MLf 


APOLOGETIQUE.  GOA  4U 

CONVERTIS  rNODVBAUX),  discipline  de 
l'Egliiii  i  leur  égard  dans  les  premiars  siè- 
dea.  roy.  BAslb  de  ret,  j  IV. 

CORPOKÊITÉ  DE  DIEC  — Dieu  dit.  dans 

lel"chap,ae\AGtnite,i.fA:Faiionttkomm* 
A  ««Ire  t'aide  ef  à  natrt  roMemblaiwe:  qu'il  dth- 
aUiw,  etc.  Dire  qae  l'boaime,  qui  s  un  corps, 
a  été  créé  \  ilDiape  el  k  la  ressemblance  de 
Dieu ,  n'est-ce  pas  érideinDient  supposer 
Dieu  ua  être  corporel  ni  lui  altribuer  les 
affeclioDSi  les  passloos,  et  les  actions  de 
rtiomme.  Oa  est  d'autant  plus  fondé  h  croire 
que  telle  a  élé  l'idée  de  Uoîse,  qu'il  lui 
prête  une  roii ,  un  souille  ■  drs  œains ,  des 
pieds,  etc.;  puisqu'il  nous  le  représente 
rojrant,  enteodanl,  se  promenant  dans  la 

Caradis  terreatrei  se  repentant  d'avoir  créé 
I  genre  humain,  descendant  pour  voir  îa 
lour  de  Babel ,  lui  apnaraissaot  ï  lui-môiua 
■  areclui. 


m  terwAnona  par  cette  anlre  renarqne  de  BreU 
ido*  :  <  Ld  conression  privée  fuarnil  an  nrè' 
kc  rawariaa  la  plas  favaralile  pour  des  iastracuons 
nCvidadlea  et  des  aveitiueaienLs  sur  les  tdaiiaBS 
iwrnitae»,  r>fVorU  qB*il  aurait  de  la  peiae  k 
tuter  aiHeârs  d^nae  aianière  aussi  coavcaaUa. 
lie  ctaUït  enire  le  pasteur  ei  le  troupeau  use  ia- 
lAiié  aassî  alJe  an  minîslèrc  de  l'un  i[u'au  be- 
kd   BMiral   de  Tautre.  >   {Baabd.  dtr  dogmaL,  I. 


COKFMVIIATIOII  de  la  (erre  et  du  ciel, 
KcantifMi  de  H.  Letronne  contre  Ja  Bible 
ti  ta  Pères  de  l'Eglise  ;  réfutalion.  Yoy. 
LeswXiBaPHiB,  I  m. 

CO!GSAISSANCES  PHYSIQUES,  ceux  qui 
ta  iiianquenl  oe  peurimt,  sans  détriment 

t-or  le»  Ames,  selon  saint  Augustin,  se  mâ- 
r  'j'ioter pféler  l'Ecriture.  ¥ou.  Coshoorâ- 

COXNEXION  dea  différentes  races  hu- 
utiles.  Vtg.  Hacis  bovaiiiu,  |  V. 

CONQUÉRANTS,  n'ont  pu  surmonter  les 
N-«lsclw  que  la  catholicité  «  vaincus  pour 
e  lêpandre.  Yvg,  CATHOUciit. 

CO^SEïfCE,  erreur  de  M.  Guizot  è  son 
''i>l.  Vom.  AaisTOCRiTiK  eALLO-aoïiiiin , 
,  Ul. 

CONSTANT  (Bauasn).  ce  qu'il  pense 
as  plaisanteries  impies  de  Voltaire.  Fay. 
nncKS,  1 1.  —  Son  apprécialion  des  llTres 
>iieas.  Yog.  PaaTiTiugua,  1 1. 

CONSTANTIN  (l'empereur) ,  ses  paroles 
■tiseateal  interprétées  par  Le  Clerc,  au  su- 
«  de  pf aïon.  Vog.  Note  XXU.  %  IX,  k  la  fia 
^t  aolnme. 

0)7CSfTBSTANTlBL  .  ce  mot  est-Il  em- 

^Gt£  aux  platoniciens?   Yog.  Note  XXII, 

^,  1  la  Sn  du  3*  volume. 

^^XVERSIUN  de  saint  Paul  ,  réfutation 

^  hvrxfthésas  imaginées  |>our  l'espliquer. 

^.  pAtL  tSainlJ. 


Arant  de  répondre  direclemenl  h  eett9 
objection,  nous  ferons  remarquer  qu'il  y  i 
dans  tous  les  idiomes  connus  deux  sorte* 
de  métaphores,  les  ones  qui  sont  unique- 
ment de  laxe  et  que  l'on  n'emploie  que 
pour  donner  plus  de  charme  et  dégrémeol 
au  langage,  les  autres  qui  sont  nécessaires 
et  inévitables,  c'est-i-dire  celles  dont  on 
fait  usage  quand  on  etprime  des  idées  abs- 
traites et  des  aeles  de  l'euteodempat.  On 
sait  combien  les  Orientaux  en  général  ai' 
ment  les  métaphores  ;  il  est  donc  tout  natu- 
rel de  supposer  que  les  Hébreni  avaient 
ce  même  goût  et  que  par  conséquent  oa 
doit  s'attendre  k  trouver  dans  leurs  livres 
une  multitude  d'espre&sioos  et  de  locutions 
figurées  qu'on  ne  doit  point  prendre  A  la 
lettre. 

Il  est  donc  absolument  impossible  de  par- 
ler de  cerlains  sujets  autrement  que  par 
mélaphori-a.  Car  comment  employer  aotre- 
nient  l'eipressioD  du  langage,  qui  est  toute 
matérielle,  quand  on  I  atiplique  h  ce  qui 
n'est  pas  matériel  ?  Le  philosophe  le  pins 
«pirilualiste  connaît-il  un  moyen  d'expri- 
mer sans  figure  les  actes  d'une  substance 
simple  7 

Dieu,  infini  dans  son  intelligence,  doit 
nécessairement  connaître  les  actions  de 
Thomme;  infiniment  juste,  il  ne  peut  trai- 
ter de  la  même  manière  le  vice  et  la  vertu, 
ce  qui  est  bien  et  ce  qui  est  mal.  Or,  Moïse 
devait-il  et  pouvait-il  même  exprimer  cetio 
connaissance  en  un  langage  difi'érent  da  ce- 
lui que  tout  le  monde  comprend  et  qui  est 
re<;u  par  un  nsage  universel?  Cela  posé, 
pourquoi  n'aorati-il  pu  dire  que  Dieu  a  les 
yeux  ouverts  sur  les  crimes  des  hommes» 
qu'il  en  est  courroucé,  que  sa  justice  eu  ti- 
rera vengeance?  Quel  est,  après  tout,  le 
sens  de  ces  formules ,  riuon  que  Dieu  voit 
la  perversité  des  bommes  ,  qu'il  l'a  con- 
damnée, qu'il  la  punira?  locutions  qai  ne 
sont  elles-mêmes  que  l'expression  simpl» 
et  rigoureuse  des  attributs  essentiels  de  la 
Divinité. 

Quand  ooiu  disoos   nous>mème»    d'un 


COR  DICTIONNAIBE  APOLOGETIQUE, 

homme  intelligent  et  habile,  qu'il  a  Um  yeus     la  luile.  Or, 


COR 


d*  i'ttprit  pénétrants,  noas  ne  préleodons 
|»as  sans  uoule,    ' 


'a  pu  le  bire  qu'en  prtimt 
fe  la  Divioité  lea  passions  el  les  affedioiii 
humaines^ 

En  vain  on  objecterai!  que  celle  trtiMn 
de  s'exprimer  ne  pouTail  manquer  de  Tm 
croire  aux  Hébreux  que  Dien  avail  réelle- 
ment un  corps  et  des  membres  comiDeun 
faom[De;CBr,  quelque  grossiers  ut  quelque 
slupides  qu'on  les  suppose,  ils  étaieni  lam 
de  s'imaginer  que  Dieu,  qu'ils  coosidériim 
d'ailleurs  comme  un  Atre  inGat,  immensï, 
c'etit-è-dire  qui  est  présent  partout,  qui  k 
trouve  en  même  lemps  dans  l'imaumiti 
des  cieux  et  dans  tous  les  lieux  de  la  terre, 
eût  UQ  corps  et  des  membres  coœma  in 
bomme. 

Secondement,  la  dérense  formelle  il«  l« 


donner  un  corj'S  ni  des 
membres  h  l'intelligence  humaine. 

Ajoutons  que  lorsqu'on  admet  t^ue  Dieu 
a  créé  l'homme,  et  qu'après  l'aroir  créé  il 
ne  l'a  pas  Dbandonné  h  lui-même ,  mais 
qu'il  a  entretenu  des  rapports  arec  lui,  il 
est  tout  naturel  d'admettre  aussi  que  ces 
rapports  ont  dû  Être  proportionnés  à  la  na- 
ture de  l'homme.  Or,  l'homme  étant  corpo- 
rel aussi  bien  que  spirituel,  faut-it  s'éton- 
ncrque  Dieu  ail  rendu  ces  rapports  sen- 
sibles? c'est-à-dire,  qu'il  ait  rendu  sa 
présence  sensible  dans  le  lieu  ou  il  roulait 
niatiifesterses  volontés  à  quelques-unes  de 

ses  créatures  ,  par  tel  coi^s  qu'il  lui  a  plu,        

par  une  lumière,  par  un  son  de  voix  ,  {)ar  représenter  par  aucune  tigure  était  un  pif 
uAe  nuée,  par  une  voix  humaine?  Ainsi  gervatif  aufnsant  ronlre  celte  erreur,  »l^ 
donc,  si  Dieu,  après  avoir  créé  l'homme,  l'a  tout  quand  on  considère  que  cette  défeDH 
placé  dans  un  jardin  délicieux,  lui  a  imposé     est  généralement  moliréesurcequele&iH 

îles  devoirs,  lui  a  donné  un  empire  sur  la     -'•■--='  -  •—  — ;-■ i--  j;~:~:i/.j- 

tcne  et  sur  les  animaux,  il  a  bien  fallu  qu'il 
se  maiiifeiiAl  h  lui  d'une  manière  quelcon- 
que dans  ce  jardin  où  il  l'avait  placé.  Or,  la 
nature  de  l'homme,  doué  de  sens  el  n'agis- 
sant o'rdinnirement  que  par  l'intermédiaire 
de  ses  sens ,  demandait  que  cetlo  manifes- 
lationl'ùt  sensible.  De  même  Dieu,  ayant 
choisi  Moïse  pour  être  le  chi'f  et  le  libéra- 
teur de  son  peuple,  et  sjani  voulu  lui  faire 
counalire  ses  desseins  sur  ce  peuple,  a  dâ 
se  maail'ester  6  lui.  Il  lui  a  donc  apparu 
anus  la  furme  d'un  ange  clans  une  flamme 
de  l'eu  ,  au  milieu  d'un  buisson,  et  il  lui 
a  fait  entendre  une  ruixqui  lui  a  parlé. 

De  plus,  Moise  instruisait  de»  hommes      .  ....  ,„  ._, , 

•t  non  des  anges;  il  a  doue  Uû  leur  parler  a  parlé  d'ailleurs  de  ce  peuple  d'une  IM- 
]e  langage  humain.  Uais  aucune  langue  o«  nière  si  défavorable,  n'a  pu  s'em^ctier  al 
saurait  exprimer  les  attributs  et  les  actions      leur  rendre  ce  beau  témoignage,  i^ae,  W- 

de  Dieu  autrement  que  cuoi  de  l'homme.      '-         ""- -  -  '—  ' '  ■"""»■" 

Par  cette  raison  ,  nous  sommes  forcés  d'at- 
tribuer abusivement  6  la  Divinité  lus  alTec- 
lîous  et  tes  passions  humaines  ,  l'amitié,  la 
compassion,  la  haine,  la  culëre,  le  repen- 
tir, etc.,  quoiqu'il  n'y  ait  eu  elle  rien  de 
sembluble.  £t  comme  le  langage  est  d'autant 
plus  ellicace  et  atteint  d'autant  mieux  son 
but,  qu'il  peint  plus  vivement  les  idées 
qu'on  veut  exprimer.  Moïse  a  dû  nécessai- 
rement, pour  produire  de  l'effet  sur  les  Hé- 
breux, emprunter  leur  langage  le  plus  vé- 
béintnl,  le  plus  passionné,  lorsqu'il  s'agis- 
sait de  donner  h  ce  peuple  une  juste  idée  de 
ses  prévaricalions  el  surluul  des  catastro- 
phes et  di;8  malheurs  qui  devaient  en  être 


d'Israël  n'est  point  comme  lei  diviailésdei 
autres  peuples. 

Troisièmement,  Moïse  lui-même  enseigne 
clairementaux  Israélites  que  Dieu  n'est  poini 
corporel,  lorsqu'il  leur  rappelle,  dans  it 
Dtutéronome  (IV,  10-15),  qu'au  jour  où  ils 
éuient  au  pied  du  mnut  Horeb,  ils  enlenli- 
rent  bien  une  rnix  qui  leur  parlait  du  ot'lieo 
d'une  flamme  arilente,  mais  qu'ils  ne  rM 
aucune  forme,  aucune  Qgure  seusible  :  El 
formam  penitvi  non  vidiitii...  «on  nifù'i' 
o/i'auam  timilitudintm. 

Qualrlëmement,  enfin  le  sentimeol  if 
Juifs  sur  la  spiritualité  rie  Dieu  étaii  li  ii\tn 
élabli  que  les  auteurs  païens  eux-m6mu  ou 
l'ont  pas  ignoré  ;  c'est  ainsi  que  Taciu,  qui 


(18.%)  Tacit.,  Bulor.,  lib.  v,  a.  K,  sur  ces  mois  : 
Judœi  meule  iota,  unumavt  numen  mtellignnl,  etc., 
M.  Burnouf  tait  cette  belle  cl  judicieuse  rcOeiion  : 
I  Cette  piiraM  et  lei  f  uivatites  sont  uoe  iDagnillqne 
réfutalion  du  mal  que  Tacite  vieni  de  dire  du  culte 
bébraique.  Et  comme  le  style  de  l'historieD  s'élève 
avec  k  sujell  A  l'eiitliousiaKaa  calme,  mais  pro- 
fondément senti,  avec  lequel  il  énumère  les  aiu-i- 
Ituti  de  ce  Dieu  unique  et  immatériel,  de  ce  Dieu 
iiiprèiue,  éternel,  immuable,  qui  ne  mourra  jamais, 
011  voit  <|iie  sans  lut  liens  qui  l'altacbent  ans  vieil- 
les divinités  du  Capilole,  ce  serait  là  sa  divinité. 
C'est  pour  avoir  enUrcvu  ce  Dieu  souveraii  et  ra- 


dis que  l'Egj-pte  adore  beaucoup  d  animu' 
et  se  taille  des  images,  pour  eux  ils  ne  "•" 
çoirent  Dieu  que  par  la  pensée,  et  n'en"" 
connaissent  qu'un  seul  ;  qu'ils  traitent  il""' 
pies  ceux  qui,  arec  des  matières  pens^ 
blés,  se  fabriquent  des  dieux  &  la  res^ 
blance  de  l'homme  ;  que  le  leur  est  le  ^" 
suprême,  éternel,  qui  n'est  sujet  ni  ««5^' 
gemenl,  ni  à  la  destruction  :  Mgyp'»  '"' 
raque  animalia  ef/tgteique  c(»mpo*i(«  'H 
rantur;  Judai,  mente  aola,  unvmqvt  num 
intelligunt.  Profanât,  qui  deutn  imaginM"'J 
taVibai  matiriii  intpeciet  Aomi'num  c/'^x^ 
Summum  itlud  et  ttlernum  neque  «niWV 
nunqsam  interiturum  [hSS).  J 

En  rain  objuclerait-on  encore,  que  P"! 

voir  obscurément  annoncé  dans  ses  philoiop^ 
eulretieiis,  que  Sucraie  but  la  cisûe  cbu  le  ^ 
le  plus  éclairé  de  la  terre  ;  el  rexistence  de  «1 
éUit  cheï  les  Hébreux  le  dogme  rondament»l-  q 
le  trait  caracléri«tif|ue  de  l'antique  religion  "'^J 
voilà  ce  qui  la  rend  digne  d'avoir  servi  ne  li^ 
ment  &  cette  religion  plus  sutribne  encore,! 
spirituelle,  plus  dégagée  de»  formes  exien">'J 
grossières,  qui  a  reiiouvdé  la  lace  du  "0"'^ 
qui  est,  pour  ainsi  dire,  la  vie  et  l'irae  de  »  "^ 
sation  modc^ne.  »  { J.-L.  BrMioup.  Tra4tM»9 
vettt  de*  KUtrei  eompièlti  ia  TaeUt,  etc..  <-  't 
609,  510.  ) 


DICTlOHNAinE  APOUKETIQUE. 


COS 


K* 


S'oD  ne  suppose  pas  de  simples  métaphores 
u  les  livres  laeréa  des  autres  anciens 
piuples,  tels  qne  les  ChÎDuis,  les  Indiens, 
etc-i lorsqu'ils  nous  représanlent  ta  Divinir 
swame  corporelle,  ou  doit  également  prea- 
^iJBDs  ie  sens  propre  les  expressions  anih- 
kgoes  qui  se  Irourent  ilans  les  écrita  de 
Moue;  car  il  y  aune  différence  Immense 
nlre  les  uns  et  les  antres.  Lorsque  ces  li- 
•Ksparleol  de  la  création,  ils  nedulinguent 
«iieséiwreDt  jamais  entièrement  l'être  ou 
ktétrei  créateurs  des  êtres  créés,  mais  ils 
lu  considèrent  comme  ne  formaot  tons 
f)iina  seule  et  mAme  sobslaoce ,  d'où  il 
Italie  évidemment  qu'ils  n'ont  pu  ensei- 
V  réellement  l'uniM.  la  simplicité  ou  ia 

Ïfiuiclité  de  l'Btredivin;  tandis  queHetse, 
les  premiers  mois  de  son  Penlateuque, 
■Ms  montre  l'Etre  créatenr  comme  essen- 
lHlemeot  et  subsUniieDement  distinct  de 
IHn  qa'il  donne  i  .ses  créatures,  et  met 


>Si  l'on  noa»  demande  maintenant  en  quoi 
pe  consiste  cette  ressemblance  que  Moïse 

■  être  entre  l'bommecréé  et  Diid,  son 
mieur,  nous  dirons  que  c'est  principiile- 
•bt  par  les  qualités  intellectuelles  et  mo- 
Iks  >!<•  son  èœe,  qui  est  immurlelle,  intel- 
hente,  libre,  caixible  de  béatitude  et  de 
iùuce.  Car,  par  ces  avantages,  qui  necon- 
femcni  point  aux  autres  créatures  lerres- 
te^U  tst  élevé  au-dessna  d'ellea;  il  les 
^oBiinCf  M  les  fait  servir  h  ses  usages. 
iiDsirJhnrIl  place  dans  le  monde  comme 
•i  «u/re/aî-mftme  ,  comme  une  espèce  de 
iriuilé  visible  pour  le  gouverner  et  y  exer- 
kr  l'mpire  de  Dieu  même.  C'est  dû  moins 
M  Qulosinuent  les  paroles  mêmes  de  la 
ptièse  :  f  owe»  l'hommt  â  nuire  image  et  à 
mn  reMtmblaïueieu'il  domine  eur  tee  poU- 

t'êde  la  vitr ,  rar  lee  oiuaux  dit  eiet ,  sur 
yrmdi  animaux,  tur  ht  reptilig  qui  te 
Hifli/daMS  taptnutiirt,et  mr  ttui  eequ'il 
)l  titr  la  terre. 

'COKPSde  la  nature,  doivent  participer 
|culu  de  restauration  et  de  pacification 
Mfersella.  Foy.  Cultb,)  I. 
TOSUAS,  ce  qu'il  faut  penser  de  ce  sa- 
tat.  Kmt.  CoaMoaupBn. 
e03MOGONIB.  —  Quelqu'un  a  dit  niai- 
iBineol,  en  perlant  de  lous  les  systèmes 
Jfagines  pour  expliquer  la  formadou  de  la 
frre  :  L'astronûme  te  figure  la  terre  eoirane 
hf  rnébuéeuM  emtdentée  ;  le  ehimitte  y  voit 
k  bwitie  de  potaiMîum  et  de  tilieium  oxj/- 
m;  réleetramamétitte  te  platt  à  y  dÂott- 
tir  l'analogue  ffwne  battent  galvanique  :  le 
kilogitlene  nianqutpat  d'y  rtconnaUre  un 
mrmt  animât,  tm  ttre  oyattl  vit,  dont  le» 
Mroiu  («m  let  uarinei,  dont  Ut  lavu  tatU 

■  MMy  et  dont  let  iremblementt  de  terrt  lont 

■  battemtHtt  arlérielt. 

LOn  ue  s'est  pas  contenté  d'inventer  une 
Ile  d'bypolbéses  sur  la  formation  de  no- 


tre ptanèle  ;  les  savants  en  ont  imagiiM  un 
grand  nombre  qui  embrassent  la  forma- 
tion non-seulement  de  notre  syttéme  so- 
laire, mais  de  l'univers  lui-même  tout  en- 
tier. Nous  n'avons  pas  l'intention  d'entrer 
dans  aucun  détail  au  sujet  des  romanes- 
ques inventions  qui  ont  été  proposées  dans 
les  xvii*  et  xvtii*  siècles,  sous  le  nom  pom< 
peuT  de  théorie  do  l'univers,  avant  que  Ips 
découvertes  scientiSques  soient  venues  don- 
ner au  moins  una  ombre  -ie  vraisemblance 
i  ce  qui  a  été  tenlé  de  notre  temps  dans  ce 
genre  de  hautes  spéculations.  Il  est  juste  de 
ne  pas  confondre  les  théories  admises  au- 
jourd'hui  dans  la  science  avec  les  hypo- 
thèses qui  ont  été  proposées  avant  qu'au- 
cune observation  exacte  ne  les  justifiât. 

Nous  ne  nommons  BulTon  que  pour  rap- 
peler la  réfutation  que  Laplace  a  faite  ()e- 
son  système.  Bn  vertu  des  premiers  prin- 
cipes de  la  mécanique,  il  est  démontre  que 
si  les  planètes  étaient  sorties  du  soleil, 
soit  par  le  choc  d'une  eomète,  comme  lo 
prétend  Buffon,  soit  par  une  furce  inté- 
rieure Inhérente  à  sa  masse  incandescente, 
comme  le  soutiennent  les  géologues  plus 
modernes,  elles  reviendraient  toutes  rsser 
sa  surface  k  chacune  de  leurs  révorulion», 
et  ne  pourraient  jamsia  circuler  dans  des 
ellipses  comme  celles  que  nous  leur  coo- 
naissons. 

Quant  ft  la  théorie  de  Laptace,  elle  enl 
devenue  femeuse.  Ce  n'est  pas  Laiilacequi 
l'a  inventée,  mais  il  l'a  développée  avec 
une  grande  babilelé  et  appliquée  h  noir» 
système  planétaire.  Elle  a  été  acceptée  plus 
ou  moins  complètement  par  tous  tes  savants- 
qui  se  sont  occupés  des  questions  d'nri- 

5ine,  comme  Lamarck,  Geoffroy  Saint-Hi- 
lire,  etc.,  etc.  L'idée  première  de  cette 
hypothèse  cosmogonique  appartient  b  W. 
Herschell.  L'illustre astronomoanglais  y  fut 
conduit  par  ses  recherches  sur  les  nébuleu- 
tel,  recbercbes  qui  ont  pris  une  grande 
extension  par  les  travaux  de  son  fils. 
■  Cette  conceptiou -consiste  ï  admettre  qu'il 
existait  au  commnuenienl,  dans  te  princips, 
c'est-à-dire  après  que  Dieu  l'eut  créée  (io^), 
une  matière  diaséminée  dans  l'espace  a  l'é- 
Ut  de  molécules  ploa  petites  que  toute 
quantité  donnée,  soumise  k  denx  forces 
simultanées,  l'attraction  et  la  répulsion,  et 
qui,  condensée  par  le  refroidissement,  au- 
rait formé  tous  les  corps  célestes,  y  com- 
pris les  nébuleutet,  oui  ne  seraient  autr» 
chose  que  celte  matière  diffuse  se  conden- 
sant pour  former  maintenant  encore  des- 
soleils nouveaux. 

Laplace,  s'emparant  de  ces  données,  dans- 
sa  Mécanique  céletle,  appliqua  la  lliéorte 
herschélienne  à  ta  formation  da  uotre  sys- 
tème planétaire.  Celle  application  parut 
d'autant  plus  plausible  qu'elles  le  mérite 
de  ne  mettre  enjeu,  pour  opérer  la  forma- 
tion de  notre  monde,  que  deux,  agents  les 

I  VU)  Cm  ce  qu'il  faal  forcément  reconnaître  et     i\ms  noos  l'avons  démantré.  (voji.  Gtintsi:  HAViai^- 
r  urUMcr  baMemeM ;  car.itlertvUtf  créalionelad-      i.i»ti.)  un  non-aeos,  une  iinpm^iiitiiliu-. 
KUrc  U  t9mwuH<erHeMl,  bd  principe,  c'eM,uiisi 


Ki 


cos 


DKTKHINAIRE  AP0U>GBTIQI)E. 


COS 


plus  simples  et  laa  plus  g<néraui,que  nous 
présente  sans  cessa  i'enseiublede  nosétuiiea 
nitlurelles,  la  pesonleur  et  la  chslour.  La- 
place  s'efforce,  dans  l'brpolhèse  cosraogo- 
nique  qu'il  déreloiipe,  d'expliquer  les  cir'> 
consIfiDCos  générales  qui  caroctériseiit  la 
eonsiilulîon  de  notre  systëmu  solaire  ;  telles 
que  l'identité  de  la  direction  de  toutes  les 
circulBtionsdesplanètesd'accidflDlen  orient, 
l'idontitri  de  toutes  leurs  sy rations  dans  le 
néine  sens  ;  la  conitanae  du  même  phéno- 
niène  el  dans  Is  circulation  orbitaire  et  dnns 
la  gyration  des  satellites;  la  faible  excentri- 
eiié  des  orbites  des  planètes  et  de  leurs 
satellites,  alors  que  toutes  tes  courbos  el- 
lipsoïdales sont  égnlement  possibles;  en- 
tin,  l'inclinaison  peu  considérable  des  plans 
erbilnirea  sur  le  plan  de  l'équatenr  so- 
laire (W5J. 

Une  fois  notre  soleil  formé  par  la  con- 
densation de  la  inalière  diffuse  el  ptios- 
phorescenle  d'une  immense  nébuleuse,  La- 
plnee  détache  successtTomentde  sonatmos- 
plière,  supposée  primiltveioent  étendue  jus- 

au'siix  liniiies  ue  notre  monde,  chacune 
es  planètes  de  notre  système,  et  il  fonde 
u  théorie  sur  lea  considérations  suiran- 
les: 

1*  En  Tcrtu  de  la  théoris  générale  de  la 
rotation,  et  plus  spécialement  en  vertu  du 
théorème  général  des  aires,  il  doit  exister 
un  rapport  conilaiil  entre  les  dilatations 
pt  les  contractions  sucoetsiresd'un  corps 
fil  la  durée  même  de  sa  rotation,  la  rola- 
ti<  n  durant  s'accélérer  <)uand  la  conlraclioo 
ffugmeiite,  et  se  ralentir  iorque  la  conlrac- 
tioD diminue, de  Ictia  sortequelesvarialions 
anguloireu  ei  linéaires,  que  la  somme  des 
sires  tend  k  éproover,  soient  exactement 
compensées. 

3*  Il  existe  un  rapport  non  moins  cons- 
tant entre  la  vitesse  angulaire  de  rotation 
du  soleil  et  l'extension  potsible  de  son  et- 
mosiihère  :  la  limite  da  celte  atmosphère 
est  inévitablimont  Siée  i  la  distance  oil  la 
force  cenirifugf,  due  &  la  rolaltou  du  sys- 
tème, devient  égale  i  la  gravité.  Donc  si, 
par  une  cause  quelconque,  une  portion  an 
celle  atmosphère  venait  k  sa  troDver  placée 
au  delà  de  oelto  limite,  eHe  cesserait  aus- 
sitâl  de  £iirc  partie  intégrante  du  soleil,  et 
Gonliiiuerait  a  circuler  autour  de  lui  avec 
In  vjtesse'acquise  au  moment  même  de  la 
séparation,  mais  sans  pouvoir  participer 
aucunement  aux  changements  qui  survien- 
ilraieol  dans  la  rotation  solaire  postérieu- 
rement à  cette  même  fénarstion. 

Ainsi,  la  limite  mathématique  de  l'atmo» 
sphère  solaire  a  dû  diminuer  sans  cesse,  h 
mesure  que  le  refroidissement  a  rendu  la 
gyraiion  Je  cette  nébuleuse  plus  rapide  ;  et 
o<'tle  atmosphère  a  dû  nécesssiremenlaban- 
duiiaer  successivement  des  zones  de  ma- 

(185)  Dsfltcl  Bernonllli  avait  déjï  calculé  les  chan- 
ces d'une  diEposilioD  aussi  remarquable.  Laplace, 
com|tléUnt  ces  oalculi,  en  avait  conclu  que  (i  la 
(listri billion  ^u  syslènie  ittaDéiaÎTe  avsiL  été  l'effet 
du  liaaai'd,  il  y  a^ail,  suivant  Ic.calcul  des  prutia- 


tièreS  diffuses,  qui  ont  constitué  l'étal  (n- 
milifde  nos  planètflS.  Celles-ci,  déltciiéti 
de  la  nébuleuse  principale,  se  sont  con- 
densées aussi  par  l'effet  du  leur  pniprt  rc 
froidissement,  et  ont  ainsi  engendré  th 
satellites,  en  vertu  des  mêmes  uusesqn 
les  avaient  elles-mômes  engendrées. 

Telle  est  la  théorie  générale  ds  laplacil 
dans  toute  sa  rigueur. 

Cette  hypothèse,  bAlie  avec  dei  hypothè- 
ses, est  contestable  de  tous  poinis.  Etd'i- 
bord,  ronstruite  en  dehors  de  l'jiitertHK 
tion  d'une  cause  première,  crénlrice  deii 
matière  et  des  forces  qui  la  régisrenl,  rUt 
ne  sérail  antre  chose  que' la  genèse  mii* 
rtalisie,  dont  nous  avons  fait  voir  \'i\ans' 
dite  el  les  impossibilités  (h86|.  Il  faut,  à 
toute  nécessité,  reconnaître  que  ni  Ie5iti>' 
mes  ni  Issoorpsqui  en  sont  composés h'mI ; 
l'existence  infinie,  immuable  in>liTi>ili|i, 
de  fiieu  et  des  idées  éternelles  ;  ils  iv^ 
et  par  conséquent  ils  ont  commencé  dM 
et  leur  existence  actoelle  n'a  rien  de  i^ 
oessaire.  Les  lois  de  leur  activité, dein 
Jouissance  motrice  et  de  leur  mobilii^H 
sont  pas  plus  nécessaires  que  leur  -^ 
tence  même.  E.a  conlingence  est  le  ( 
tère  de  toutes  les  lois  mécaniques,  mSmekt 
)<lus  élevées,  ainsi  que  l'ont  démontré  U- 
place,  Biol.  Poisson  et  A.Coraie  lui-miiM. 
pour  les  cinq  grandes  lois  qui  domiiiiii 
toute  tu  mécanique,  il  faut  donc  sdaMUrt 
une  raison  lUlTisanle,  extérieure  el  wp^ 
ricure  aux  atomes,  qui  a  déterminé  eh' 
lois.  L'ordre  actuel  n'dst  donc  point  li  coo-l 
séquence  nécessaire  de*  propriétés  tl  iti 
lois  du  la  matière,  telles  que  l'obserTilieD 
les  découvre;  mais  cet  ordre  snppoMdt 

Elus  un  arrangement  primitif,  une  Jislrt- 
ution  première  de  toutes  les  parties  iteli 
matière,  de  tells  sorte  que  de  celte  dis> 
siiion  première  le»  propriétés  et  les  loi** 
la  matière  aient  fait  sortir  l'ordre  idw 
qui  autrement  serait  sans  raison  sur 
santé. 

La  théorie  de  Laplaoe  prend  ponr  pw 
de  départ  les  •ébuteiua,  ces  apparocw* 
lestes  si  longtemps  problématiques,  w'; 
avancé  qoe  certaines  nébuleuses  dtsiei»»|| 
amas  de  matière  que  l'allraolioo  cooceuji»! 
itotuellemenl.  Hais  une  pareille  bypoiu»! 
est  ioeonciliable  avec  la  précipitation  >i'> 
pide,  nécessaire  pour  opérer  la  eoiifl>gMl'|" 
et  la  liquéfaction  ignée  des  molécules-  ''=' 
■qu'il  faut  la  sup(»ser  à  l'origine  des  coi 
planétaires,  et  l'on  ne  se  rend  pas  conii 
pourquoi,  après  tant  de  milliers  d»m 
il  en  reste  encore  h  so  former.,  0"  " 
pouvoir  déduiri  immédiatarunt  d'obitn 
tioni  faita  à  diffémlti  époquei,  qu 'l  >• 
ùoéré  da  «Aonffemen/s  tfftctift  danàja  «UJ»] 
Utu*  d-Andromédtf,  puis  data  ctUt  du  wtrn 
Argo  et  dani  tet  filataenta  ùotéi  qm  'Pf'^ 

briiiés.  157  mîHiarda  k  parier  cwilre  un  q«f«'j 
disposilion   auioil   6lé   lout    suite  que  c.i«  n 

(48C)  Yoy.  l'art.  GtaÈss  mjitéWiusie. 


GOS 


D1CTK»DUIRE 


lirvaml  A  lm»Amlau»d'OrioK;wimiir inégalé 
fùuûaee  da  txslmamii*  emptoyit  à  cet  di- 
«na  ^pofwo.  In  9arioti»nê  ds  notre  alino- 
ifUrt,  H  rf'oMfru  influaieet  de  nalun  opti- 
Mf,  j«flnU  iM  doiUe  légitime  lur  une  partie 
U  ta  rintttalM,  qnamd  on  Ut  eontidère  comme 
ia  itrwtM  dt  comparaiion  téguit  par  TAif- 
Uirc  det  ciotr.  (Bdmmk.bt,  Cotmot,  p.  89.) 
Jobn  H«-r&chell,  dans  fon  Traité d'attrono^ 
mit,  u*  S19,  pariant  de  h  nébuleuse  décou- 
iMle  par  Hu^ebeos  eo  lKi6,  dans  la  cons- 
ieUuioa  d'Orioo,  émet  la  même  opinion. 

On  s'accorde  géaérilemeDl  aujourd'hui  k 
recaotHlIre  cODime  démonirée  la  rétolmtion 
(B  Huile*  de  toutes  les  nébuleuses.  Ainsît 
■M  pccssentimenls  ne  noas  trouipaient  lias, 
torsqv't)  j  s  quinze  ans  nous  écrif  ions  dacs 
molrt  Jhmtemt  traita  det  leiencet  çéotoai- 
fny,  cbap.  9  :  ■  L'opiaion  qui  regarde  Tes 
MfNilcflses  comme  uae  agglomérstioD  d'é- 
toiles lro|i  éloigTiées  pour  être  aperçues  liis' 
tiDctement  k  l'atde  de  DCs  inslrutnenls  d'op- 
tique. Dons  paraît  la  plos  vraisemblable.  Il 
jt  dans  le  ciel  dtfS  groupes  qui  ne  présen- 
Itut  à  l'iEil  DU  qu'une  masse  confuse  da  lu- 
Bière,  et  doat  on  distingue  très-bien  les 
wiDcipales  étoiles  avec  le  secours  de  simples 
Wsitlvs.  Tel  est  le  cas  pour  tes  pléiades.  11 
*■  d'autres  taches  lumineuses  qu'on  ne  par- 
îient  k  résoudre  eo  groupes  d'étoiles  qu'au 
moyen»  de  télescopes  d'un  fort  pouvoir  tl'am- 
Hîlicatîoo.  Ce  qui  a  résisté  è  des  grussisse- 
BwiiUde  SO,  de  100,  de  150,  de  200  fois,  cède 
<|u»Bd  on  lient  pousser  les  grossi  ssemenls 
jusqu'i  1.000  et  au  delà.  Ainsi  Herscbell 
est  parveno  à  transformer  en  agglomérai  ions 
d'étoile  la  plupart  des  nébuleuses  que  Heis- 
«cr,  poorvu  de  laneltes  moins  puîssnnles, 
onjail  irréductibles  et  qu'il  appelait  des 
Mioleuees  sans  étoiles.  A  ce  point  de  vue, 
sus  eoolredii  le  plus  raisonnable,  les  nébu- 
leoses  sont  contraires  plulAt  que  favorables 
â  l'h^lQtlièse  asironomico-chimique;  car  ce 
wnient  des  mondes  tout  furmés,  et  non  à 
lé  al  naissant.  ■ 

Quelques  années  après,  an  astronome 
■Bslenr.  lord  ftoss,  parvenait  à  conslrHire 
on  lélescopekréfleiiondedeux  mètres d'ou- 
teriure.  Tonias  les  fois  que  l'on  a  dirigé  ce 
fi^nlnque  instrument  vers  une  des  nébu- 
leuses, efifl  a  complètement  cfaanj^é  d'aspect, 
H  s'est  si  souvent  transformée  en  éLoiles 
riialinctes,  qu'on  ne  peut  plus  raisonnable- 
hent  donter  qu'elles  ne  soient  toutes  réso- 
lubles, ainsi  que  le  grand  Herscbell  l'aTsit 
«'■tx>rxl  supjiosé. 

Abordons  les  autres  conditions  de  l'bjrpo- 
(bèse  cosmogonique ,  et  voyons  siellospré- 
lenient  plos  de  solîdilé. 

La  tbéorie  sopiiose  dans  la  matière  des 
Ibrces  uiotrices  qui  lui  seraient  inhérentes: 
l'attractioa,  la  répulsion,  etc.  Que  faut-il 
;-enser  d«  t'origiae  et  de  )a  nature  de  ces 
/'jrtes  ? 

Kous  touchons  ici  i  une  question  philo- 

so|-hiqoe  fort   controversée,  et  que  oous 

(TOTODS  devoir  exposer  avee  quelque  éiea- 

ijue  avant  de  passer  outre. 

<iuelle  idée  devonb-Dous  oous  faire  des 


ArOLOCETIQUE.  COS  4K 

substances  matérielles  qni  composent  l'uni- 
versT  Sont-elles  dunées  d'activité  in'erne 
seulement,  comme  le  veut  LeibnilzT  Les 
corps,  suivant  lui,  seraient  exclusivement 
composés  de  petites  âmes  dépourvues  du 
toute  action  réciproque  les  unes  sur  les  au- 
tres et  sans  aucune  activité  externe.  {&/ttime 
nottveau  de  la  nature  et  de  ta  tommumealiot^ 
det  tubtltmeet,  p.  1S6,  etc.  ;  Monadologie,  p. 
VOS.  etc.] 
Celte  activité  externe  est  remplacée  pr  ce 

au'il  appelle  Vharmonie  préétablie,  cett-à- 
ire  par  t'aclioR  de  la  puissance  créatrice 
qui  aurait  mis  dans  la  nature  de  chaque  être, 
pris  isolément,  le  principe  da  Ions  les  phé- 
nomènes qui  doivent  se  succéder  en  lui. 
Dans  ce  avstème,  les  causes  Tinales  ne  sont 
plus  que  la  volonté  de  Dien,  qui  les  réalise 
par  un  acte  étemel.  La  conseauence  logP 
que  qui  en  drcoule,  c'est  qu'il  ne  fauilrsit 
plus  chercher  dans  les  sciences  physiques 
comment  tel  corps  agit  sur  tel  autre.  ui»is 
en  rue  de  quelle  fia  Dieu  fait  correspond  ru 
tel  phénomène  parliculierA  tel  autre,  datis 
l'existence  simultanée,  mais  isoléu,  de  ci^s 
deux  corps.  On  a  tu  là  un  abus  étrange  «les 
causes  finales  et  une  hypothèse  tout  k  fuit 
erronée,  contraire  à  IVxpérience,  au  seus 
commun  et  à  la  raison. 

Les  cartésiens  ont  émis  une  autre  opinion  : 
fis  refusent  toute  aclivilé  aux  substances 
corporelles.  Halebrsnche  n'y  voit  que  iIl-s 
causes  efficientes ,  qui  sont  seulement  l«s 
eautet  oceatiotmeilet  des  volontés  particu- 
lières par  lesquelles  Dieu  opère  tout  dans 
le  monde.  Celle  hypothèse,  aussi  conlraire 
que  la  précédente  h  l'expérience  elau  sens 
commun,  qui  nous  disent  que  nous  agis- 
sons sur  les  corps,  que  les  corps  agissent 
sur  le  nAlre  et  sur  nous  et  les  uns  sur  les 
autres,  celle  hypothèse,  disons-nous,  con- 
duilà  faire  regarder  les  substances  comme 
de  simples  phénomènes  de  la  cause  qui 
produit  tout  en  elles  et  qui  les  produit  elles- 
mêmes  de  nooveau  \  chaque  instant:  en  un 
mot,  elle  conduit  direnlement  au  spinu- 
sisme.  Descartes  fait  de  l'étendue  le  seul  a(- 
trihui  de  la  matière;  Leibnitz,  au  contraire, 
supprime  l'étendue  et  réduit  tout  à  une  force 
interne  dont  nous  ne  pouvons  trouver  daus 
les  substances  corporelles  aucun  iiidici^  e( 
qui  est  iocoucillable  avec  l'élendue. 

Un  illo>lre  mathémsiicien  de  nos  jours  ^ 
renouvelé  l'hypothèse  cartésienne  (u.  Cau- 
chy,  dans  les  Comptes  rendue  det  téaneet  de 
rAeadémie  det  idencet,  iSkS).  H  refuse  auX 
corps  toute  aclivilé,  toute  causalité.  Les 
forces  physiques  sont  tout  à  fait  étrangères 
à  la  matière  :  elles  ne  sont  autre  chose  que 
Dieu  même,  agissant  immédiatement  dans 
l'étendue  d'après  certaines  lois.  C'est  la 
substitution  pure  et  simple  de  la  cause 
première  aux  causes  secondes. 

Enttn,  il  est  sur  cette  question  un  troî- 
sièdie  sentiment  :  c'est  celui  qui  considère 
les  substances  comme  douées  d'activité, 
mais  d'activité  eitenit.  Suivant  celle  opi- 
nion, il  ne  peut  exister  de  substances  esseii- 
lielleioeul  pas^ves  ,  car  ce  suraient  àvt 


DICTIONNAIRE  AIKH^OGETIQUE. 


dubslancrs  sabs  loi ,  toute  loi  étant  une  loi 
(l'acliTilé;  des  siibslauces  sans  facultés  ré- 
gies |uiri]«s  lois,  |inr  conséquent  saos  altri- 
Lul;  car  lout  attribut  imijlique  l'atitivité; 
est  une  condition  générale  qui  délermioe 
les  modes  d'activité  dont  une  suL)alauce  est 
coiialile. 

Que  serait-ce,  par  eietnple,  que  la  sim- 
plicité? Ce  serait  la  simplicité  de  rien,  si  ce 
n'élaît  lias  la  simplicité  d'une  force  indivi- 
sible; rindtvisibillLé  du  néant  n'est  jias  la 
simplicité  :  car  le  néant  n'est  ni  simple  ni 
multiple  :  il  est  le  néant  et  rien  du  plus. 
Que.  serait-ce  que  l'étendue  d'une  sutistance 
inacliveî  Ce  serait  une  étendue  purement 
idétile,  l'étendue  du  rien  ou  l'éteudue  d'une 
chose  quelconque,  indéterminéei  que  l'es- 
prit  conçoit,  mais  qui  n'appartient  h  aucun 
corps  réel. 

L'élendufl  n'est  réelle  que  par  la  puis- 
sance résjsifliite,pnrl'iuipéuétrabjli  té, qui  est 
une  force  limitée  h  un  curlain  espace,  mais 
invincible  dans  ces  limites.  Une  substance 
iiiaclive  serait  l'abstrait  pur,  ou  plutât  le 
néant.  L'esprit  ne  pourrait  concevoir  en 
elle  aucune  manière  d'être  ;  car  qui  dit  noa- 
niëre  d'être  dit  existence  réelle  et  persis- 
tanie,  et  cette  existence  est  impossible  sans 
Bltributs  et  sans  fuculté.  Il  ne  pourrait  se 
lunuil'ester  en  elle  aucun  phénomène;  car 
un  phénomène  est  un  changement  dans  les 
manières  d'être,  et  puisqu'elle  ne  pourrait 
en  avoir,  elle  ne  pourrait  en  changer.  Des 
phénomènes  dans  une  pareille  substance 
seraient  sans  support,  sans  sujet  véritable; 
ce  serait  iiue  idée  purement  abstraite,  ou 
plutAt,  comme  nous  l'avons  démontré ,  il 
D'y  aurait  pas  de  pliénomèaes  possibles, 
lout  iibénomène  sui>posanl  nécessairement 
l'activité  de  la  puissance  qui  en  est  le 
BUieU 

La  passiTîté  est  subordonnée  à  l'activité, 
et  la  suppose  évidemment.  Car  pour  uu'il 
y  ait  un  phénomène  passif,  il  faut  qu  il  y 
ail  une  substance  agissant  sur  une  autre  ; 
et  pour  que  celle-ci  soit  passive,  il  faut 
qu'elle  ait  une  force  cajuible  de  recevoir 
une  impression;  car  rien  n'éprouve  rien. 
11  faut  qu'elle  réagisse;  ainsi,  un  atome, 
mis  en  mouvement  jiar  une  impulsion, 
possède  une  force  motrice  égale  à  celle  que 
l'impulsion  lui  a  appliquée,  car  ici  la  réac- 
tion e^t  égale  à  l'action.  Telle  est  la  loi  des 
corps  en  ce  qui  conL-erne  la  f'trce  impulsive. 
Comment  dans  une  substance  inactive  la 
passivité  pourrait-elle  déterminer  un  phé- 
nomène T  Pourquoi  tel  phénomène  plutAt 
que  tel  autre,  puisqu'une  telle  substance 
H'auroit  aucune  faculté  propre,  et  par  con- 
séquent point  de  loil  Ne  voit-on  i^as  que 
le  phénomène  passif  d'une  substance,  cest 
le  phénomène  actif  d'une  autre  substance 
en  rapport  avec  la  première;  que  c'est  pour 
celle-ci  une  excitation  et  rien  de  plusT  Mais 
une  excitation ,  bien  qu'die  ait  son  prin- 
cipe dans  l'activité  d'une  substance ,  et 
qu'elle  existe  comme  acte  de  cette  sub- 


stance, n'eiislerail  pas  à  litre  de  ptiénomi 
passif  pour  une  autre  sutistance  en  qui  < 
n'exciternit  aucun  jibénomèiie  d'ictiri 
Cn  phénomène  passif  n'existe  donc,  i 
titre,  dans  une  substance,  qu'sutiDlqi 
produit  une  réaction  liaos  cette  substan 
Et  ce  qui  le  démontre,  c'est  qu'an  pliéi 
mène  ideolique  en  lui-même  et  diDsl'i 

9ui  le  produit,  exciie  des  réaciiODS  N 
itTérentes;  suivant  les  substaiicesiuiquel 
il  s'applique  comme  phénomène  Mss(fJ 
si  la  substance  qui  produit  ce  poénsmi 
identique  était  seule  la  cause  des  |>liâ 
mènes  qui  en  résultent  dans  d'aulressi 
lances,  ces  phénomènes  devraieut  être  l 
semblables  entre  eux,  quelle  que  fût  ii 
ture  de  ces  substances,  dont  le  r4!e  m 
purement  passif.  Mais  il  n'en  est  pii  aii 
tout  ce  qu  il  y  a  de  semblable,  c'esl  \'t 
tation;  ce  qui  diffère,  c'est  la  réaclion 
raison  un  est  que  celle-ci  est  produili 
l'activité  de  substances  différentes,  k 
par  différentes  lois ,  en  vertu  ilesqo 
telle  substance  réagit  du  telle  tau 
propos  de  telle  excitation  donnée, 
donc  action  réelle  des  substances  lui 
sur  les  autres  et  réactioB  de  cas 
tances  (1^87). 

Outre  la  substance  iiiGniet cause premaj 
et  absolue,  qui  se  fait  ^ternellemeat  ■ 
même  tout  ce  qu'elle  est  nécesssiremeiitl 
qu'elle  peut  être,  et  en  qui  nar  conséijacl 
toute  succession  de  phénomènes  esl  iuijioi 
sible,  il  ;  a  deux  ordres  de  subsiiDW 
comprenant  toutes  les  causes  itmàti 
ce  sont  les  substances  simples  et  l«w 
slauces  étendues.  L'activité  des  nnéitt 
est  interne  et  externe  k  la  fois;  elleesto 
riable  ,  successive  et  progressive;  n» 
n'avons  pas  fa  nous  en  occuper  ici.  I'kM 
des  substances  étendues  est  puKiM 
externe;  elle  est  immuiible  en  ellu-iaÇu) 
variable  seulement  dans  ses  effets,  sui<i 
les  substances  extérieures  et  les  ul>i( 
auxquels  elle  s'applic;ue.  Les  phéDOuèi 
de  cette  activité  externe,  régis  par  l»I" 
immuables  qui  les  détermiuenl  loujoui 
iiifailliblenient  de  la  même  manière,'"! 
les  mêmes  circonstances,  résultent  eDi4rU 
de  l'activité,  toujours  involontaire,  iie>' 
substances,  en  partie  de  l'action  eiercti  v 
ellus  par  les  substances  qui  se  trouient 
rapport  avec  elles.  Si  les  phénomèiiei 
l'aciivilé  externe  d'un  môme  agrégat dei 
substances  ne  sont  pas  toujours  les  nAa 
dans  les  mêmes  circonstances,  c'u^iqu* 
nature  et  les  propriétés  de  l'agré^sl  à\i 
geot  suivant  sa  constitution  iiilmie,  iti 
que  les  substances  qui  le  constituent,  c< 
è-dire  les  atomes  premiers,  ne  ctisDgeui 
de  nature  ni  de  propriétés. 

Le  caractère  essentiel  de  la  subsiai 
étendue,  en  tant  que  force,  c'est  que  l'i 
vile  do  chacune  de  ses  parties  constiluU 
se  borne  à  un  effort  externe  de  son  mou 
uient  d'action  et  de  réaction  auquel  elle 
peut  rien  changer  par  elle-même.  W>» 


(487)  Foy.  II.  Midti.x,   rhil.  de  la  nat.,  I.  I",  p.  217,  etc. 


lis 


MCnONHAIRE  APOLOGETIQVe. 


COS 


iJft 


au  thangement  de  iDOUTement  et  ait  psssBffo 
du  rep'isau  mourembnt  ou  du  mouTeraenl 
au  npos,  détruire  dans  )e  moteur,  par  celte 
résïMnnce,  une  partie  de  la  quaipllté  de 
mouTemeiil  égale  b  celle  qn'ii  produit  dnns 
l<!  moltite,  recevoir  BÏDSf  le  mouvement  »t 
le  coflimuniquur  suÏTaiit  les  lois  invaria- 
l>If>s;  enfin,  sans  se  mouvoir  EOi-mSinr, 
iMiJro  d'une  manière  uniforme  à  mouvoir 
Ir^aulrus  corps,  de  sorte  Gue  cette  facilité 
luujours  en  exercice  proauise  invariable- 
ai>'iit  5nn  elTut  sur  tout  corps  étranger  au- 
quel elle  peut  s'appliquer,  c'est  là  de  l'se- 
litilé  externe,  et  ce  qu'on  ne  peat  refuser 
\\a  subxlance  étendue. 

A  présent,  si  nous  considérons  le  pliéno- 
mtw  universel  de  l'attraction,  noua  Iroa- 
nnt  que  le  mouvement  est  produit  par  une 
tune  qui  n'appartient  pas  b  la  subslance  en 
linl  qu'elle  se  meut,  mais  en  tant  qu'elle 
■itirD  une  aulre  sulMianee.  En  effet,  s'il  n'y 
mit  aucune  action  etercée  par  le  corps 
«Hirant  sur  le  corps  attiré,  comment  le 
•)ri>s  attiré,  même  en  lui  supposant  l'intel- 
^sence,  proporiionaerail-il  t'intensilé  de 
von  mouvement  h  lu  masse  du  cnrps  vers 
*kquei  il  se  précipite!  Le  corps  allimnl  doit 
nécessaire  meut  élre,  soit  la  cause  elFicienle, 
fait  la  caase  finale  de  ce  mouvement.  Usis 
sne  cause  finale  n'agit  qu'autant  qu'elle  est 
niiDtie,  ou,  pour  mieux  dire,  ce  n'est  pas 
tV^t^Mi  agit,  mais  elle  est  le  motif  par  le- 

SikI  un  fttre  iiiielligenl  se  détermine  A  agir. 
T.  pour  que  chaque  particule  du  curiis 
mirint  fai  connue  du  chaque  particule  du 
fofl'stltiré,  il  faudrait  (oujoui's  l'action  & 
Jiuisia;  il  faudrait  de  plus,  dans  chaque 
[■«[liaile  de  matière,  non-seulement  une 
l'iieiLtelligenle  analogue  aui  monades  de 
Lribiijiz,  uiais  des  organes  de  sensatiou, 
imtse  mettre  en  relation  avec  les  parlicu- 
K» alliran les.  Qui  ne  roil  la  fausseté  de  ces 
d'-ui  dernières  hypothèses  et  leur  inutilité, 
[>ui»|uV(]es  ont  etles-mâmes  busoin  de  la 
pffuiière  hypothèse  è  laquelle  on  voudrait 
Ih  5iiltttiiuer?  La  première  stiule  est  vraie. 
Htns  i'allraction  réciproque  de  deux  corps, 
tbaque  particule  de  l'un  agit  comme  force 
tiolrictt  sur  chaque  particule  de  l'autre 
ofc  une  énergie  conslaole,  dont  l'effet  est 
*ii  raison  inverse  du  carré  de  la  distance. 
[H.  Hianif). 

■  Hais,  objec(e-t-on,  l'action  à  distonne  est 
iijconcevable  :  uo  corps  De  peut  agir  U  où  il 
u'csl  pss.  » 

Si  ce  prétendu  axiome  ^tait  vrai  dans  le 
lens  qu'un  lui  prête,  il  faudrait  nier  la  com- 
mufiiraiioD  du  mouvement  par  le  coiiUcl. 
tn  effet,  l'atome  moteur  n'est  en  aucu'i  ins- 
■lOl  dans  aucuue  )>arlie  du  lieu  occupé  en 
M  même  inslant  par  l'atome  qui  reçoit  l'im- 
l'uliion.  Donc,  enagis6snl  dans  oe  dernier 
Bioiue,  le  premier  agit  le  où  il  n'est  pas  tui- 
OitaïK.  D'ailleurs,  qu'est-ce  que  la  préimcef 
Ne  |«ut-ou  pas  dire  qu'une  force  est  en  quel- 
iiuobçnn  présente  partout  où  elle  agit  di- 
r<,-Gleu)ent,  et  qu'en  un  certaio  sens,  la  pré- 
(«lice  d'un  corjis  s'éleud  aussi  loin  que  sa 
l'uiiuace  motrice  imuiédiateT  La  presuoce 


d'action  d'un  corps  est  liée  h  la  présence  nor- 
porfllle;  car  la  puissance  d'impulsion  ft  de 
résistance  ne  peut  s'exercer  qu'aux  limites 
mêmes  du  lieu  actuel  du  cor|is,  et  la  puis- 
sance attractive,  proportionnelle  au  produit 
des  masses,  r'est-ji-d ire  bu  iiroduit  des  som- 
mes des  étendues  réelles  dont  se  compose 
le  corps  attirant  el  le  corps  atliré,  est  en 
raison  inverse  du  carré  de  la  distance  qui 
sépare  les  centra  de  gravité  de  ces  deux 
corps. 

On  a  imaginé  (Clarke,  Eulcr,  d'Alemhert, 
Ciidworlh}  un  médialeur  invisible,  intangi- 
ble, 6  l'aide  duquel  l'attraction  se  réduirait 
i  unecommuiiicstioi)  de  mouvecneiit  par  te 
contact ,  hypothèse  qui  ramènerait  6  une 
simple  impulsion  l'action  à  distanco.  Ea  8U|>- 
primnnt  ainsi  toute  force  naturelle  el  pnr- 
manente  de  puissance  motrice,  on  est  obligé 
de..recuurir  a  une  série  d'interventions  spë> 
oiaies  de  la  Divinité  pour  rétablir  le  mouve- 
ment toujours  prêt  de  s»  perdre  dans  l'uni- 
vers où  tant  d'impulsions  contraires  se  dé- 
truisent sans  cesse  :  hypothèse  non-seule* 
ment  inutile  et  gratuite,  mais  fausse  et  iiltiiiie 
d'évidentes  contradictions.  Elle  a  été  I  écueil 
où  est  venu  échouer  le  ^éiiie  de  Leibnitz  el 
celui  de  Descartes. 

Les  spéculations  cosmogoniques  sont  des 
questions  compliquées  d  autres  questions 
qui  aboutissent  pour  la  plupart  h  des  dilli- 
cultés  insolubles,  b  des  contradictions  ou  h 
des  impossibilités.  L'attraction  qui  joue  un 
si  grand  rfile  dsns  toutes  ces  baules  théo- 
ries sur  la  forinaiion  des  mondes,  nous  a 
conduits  è  examiner  lt!s  hypothèses  présen- 
tées sur  la  nature  et  t'urigme  des  forces  qui 
se  manifesteutdans  les  substaacas  matériel- 
les. Nous  avons  vu  que  les  plus  profonds 
sont  partagés  sur  ch  point.  L'opinion  de 
Leibuiiz  et  celle  de  Descaiies  el  de  sou  école 
nous  outparu  insoulenalilcs,  malgré  l'auto- 
rité de  si  grands  noms,  et  nous  avons  incliné 
è  reconnaître  daus  la  matière  une  activité 
externe,  un  effort  eilerna  d'action  el  da 
réaction  auquel  elle  ne  peut  rien  changer 
elie-niënie,  nous  admettons  que  toule  sulis- 
lancA  est  inséparable  de  sa  nature  propre  et 
que  cette  nature  consiste  en  une  certaine 
activité  réglée  par  certaines  lois,  c'est-k- 
dire  en  certaines  facultés  ut  en  certains  at- 
tributs que  ces  facultés  supposent.  Les  ef- 
fets de  cette  aclivité  diffèrent  suivant  les 
cjrconsisnces;  mais  dans  les  substances  dé« 

Eourvues  de  liberté,  des  lois  immuables  éta- 
lies  par  le  Créateur  déterminent  invaria- 
blement le  rapport  entre  les  circonstances  et 
les  réactious  du  chaque  substance  propre- 
ment  dite. 

Aussi,  pour  définir  par  exemple  une  sub- 
stance chimif|ue,  il  ne  suHirait  pas  de  dira 
ce  qu'elle  était  quand  on  l'a  vuej  il  faut  dire 
ce  qu'eik'  devient  eice  qu'tlle  0|>ère  dans  tel- 
les L-t  telles  circonstances  déterminées.  (Jat 
ne  sait  que  les  qualités  d'un'corj}s  k  l'état  so- 
lide ont  souvent  bien  peu  do  cnose  de  com- 
mun avec  les  qualités  de  ce  niiïinecur})S  k  l'é- 
tat liquide  ou  gazeux?  Hais  ce co''ps,  dans  les 
meutes  vircoustauces  taul  iulernus  qu'eiler^ 


Uf 


oos 


MCTIOHNAIRE  APOLOGETIQUE. 


Ms,  aura  (ôujnurs  Ifs  mèmea  propriétés  re- 
oonnnissebleS.  C'est  ta  que  n'aTaient  pas 
onmpi'is  tes  «DCteaSt  qui  croyaient  que  Is 
iialiire  propre  d'une  espèce  de  corpa  diipa- 
mîssail  sans  retour,  quand  les  qualités,  con- 
Hdârées  è  tort  comme  dislincIlTes,  runaient 
à  changer,  lis  ont  ii^noré  la  persistance  des 
siibslarices  déterminées  et  de  leurs  proprié- 
té? spéciliques  dans  les  cbangemenls  d'élat 
o(  i]ans  les  combinaisons  chimiques;  et  c'est 
16  une  des  raisons  pour  lesquelles  ils  u'oot 
jamais  eu  de  chimte  proprement  dite,  de 
cbimie  scientiflque. 

Hais  revenons  è  t'atlraclion. 

C'est  à  l'étude  de  cette  force  qui  régit  l'u- 
nivers que  nous  en  sommes  restés.  Nous 
avons  repoussé  l'iiynotliése  d'un  médiateur 
inTiiible  et  intangible,  au  moyen  duquel  on 
prétend  réduire  l'attraction  i  une  conimnni- 
ctttion  de  mouvement  par  le  contact.  Nous 
ne  Tojons  qu'un  syslèmff  insoutenable  et 
plein  de  contradictions  dans  J'opinîon  de 
Leiftnitz,  qui  attribue  la  pesanteur  et  f'at- 
Iraciion  universelle  à  la  pressi'in  de  l'élher, 
et  dans  celle  ife  Descsrtes,  qui  veut  l'vipli- 
qUer  par  ses  tourbiltoru. 

Des  hypotbèse^plua  récentes  ne  nous  sem- 
blent pas  plus  heureuses.  Ainsi,  M.  Gruyer 
(488J  supjiose  que  l'espace  est  rempli  d'ato- 
mes d'une  matière  subtile,  que  ces  atomes 
se  meuvent  en  ligne  droite  dons  toutes  les 
directions, avec  une  vitisse  infinie,  qui  com- 
pense l'extrême  petitesse  de  leur  masse,  et 
qu'ils  choquent  avec  une  fréquence  rorame 
infinie  chaque  atome  de  la  matière  pondéra- 
ble. Ou  p<;ut  l'arrêter  dès  le  [iremier  pas, 
el  lui  demender  d'oiï  viennent  ces  atomes  et 
oô  ils  vont;  quel  te  cause  détermine  la  direc- 
tion db  cliacua  d'eux,  quelle  cause  fait  ou'il 
7  en  s  tout  juste  autant  à  se  mouvoir  dans 
une  direction  que  dans  une  autre?  H.  Gruyer 
lui-même,  comjirend  qu'il  faut  que  les  vites- 
ses et  les  directions  de  ces  atomes  qui  se  croi- 
sent sans  cesse  en  tous  les  points  de  l'uni- 
vers, restent  toujours  les  mêmes.  Ainsi  il 
établit,  de  sa  pleine  autorité,  un  principe 
nouveau  de  mécanique,  en  vertu  duquel 
tout  atome  de  matière  subtile,  choquant  un 
autre  atome  semlilable,  mois  immobile,  im- 
primerait à  celui-ci  une  vitesse  égale  Scelle 
qu'il  avait  lui-même  et  qu'il  perdrait  tout 
entière,  et,  par  conséquent,  deux  atomes 
qui  se  choqueraient  en  allant  également  vite 
en  sens  directement  contraires,  se  substi- 
lueriiient  chacun  au  mouvement  de  l'autre, 
mécanique  évidemment  en  contradiction  avee 
la  mécanique  générale,  pour  ce  qui  con- 
cerne les  lois  de  la  communication  du  mou- 
vement. Combien  d'autres  arguments  que 
nous  omettons  et  qu'on  pourrait  opposer  à 
rette  hypothèse  I 

Enfin  on  a  voulu  considérer  l'atlraclion 
comme  un  résultat  de  la  répulsion  [hS9),  et 
Celle-ci  comme  la  seule  force  primitive  qui 
s'exerce  à  distance.  On  prétend  expliquer 

fiS8)  Prineipci  de  la  pliitoiopliie  phytifiu;PATit, 

(489/  H.  DE  SmT-VtauT  (  Mimoht  inr  ta  quei- 


COS  ui 

les  sltractions  mutuelles  tle  deux  corps  \m 
dérables  par  les  répulsions  inégales  que  l'é 
Vfaer  exercerait  sur  eux,  de  même  que  deui 
corps  Bottants  non  mouillés  semblent  s'iui 
rer  :  hypothèse  gratuite,  inutile,  inoonceti 
ble.En  elfet,  si  entre  les  molécules  de  l'éih* 
et  celles  de  la  matière  pondérable  il  ;  i  ri 

fiulsion;  s'il  y  s  répulsion  entre  let  aïolécu 
es  mêmes  de  l'éther ,  et  s'il  n'y  a  nnUs  [w 
attraction  réelle,  (a  matière  pondérable  et  l'i 
Iber  même  doivent  se  dissiper  dans  l'esiun 
à  moins  loutetbisque  l'élber  nù  nagelgu] 
(ière  pondérable  ne  soit  renferma  eo  in 
tAoa.  C'est  s'obstiner  k  vouloir  eipllquerl 
connu  par  l'inconnu.  Si  la  répuisîoo  a 
réelle,  pourquoi  t'atiraction  universe!le,M 
les  lois  sont  mieux  connues  et  si  simplri 
ne  le  serait-elle  pas?  Au  fond,  que  gai;w 
rait-ou  à  substituer  la  répulsion  UDiveriw 
h  l'attraction  universelle?  11  en  résolitiq 
tput  simplemi'nt  quels  répulsion serti^f 
même  que  l'attraction,  une  force  de  Iih 
lière  agissant  è  dislance. 

Laissons  ta  ces  vaines  hypothèses,» 
créent  des  ditlîcultés  inextricables,  m 
éviter  une  dlOîcullé  imaginaire,  et  rttm 
naissons  que  l'attraction  est  une  imusp.jki 
un  simple  résultat  ;  que  c'est  une  force  m 
premeni  dite,  une  puissance  motrice  im 
tenant  à  la  substance  étendue  et  potidénblt 
ayant  Dieu  pour  principe  nécessaire,  coninH 
l'existence  même  des  corps  ou  celle dei'i^ 
dre  du  monde,  en  un  mot,  comme  l'eiisiron 
dn  toutes  les  choses  dont  la  non-eiisleocl 
n'implique  point  contradiction. 

Quant  6  la  répulsion,  cette  force  siUp 
■liste  de  l'attraction,  elle  n'a  point  i^njà 
lieu  h  de  si  grands  débats.  Pourtant  il  i'»l 
trouvé  un  contradicteur  dont  nous  dinmi 
un  mot  ;  c'est  H.  Lamennais. 

y  a-l-it  "dtt  foreet  ripulsivei  T  se  demaaM 
i-it.  Ce  terait  etrtt»  quelque  ehote  iTrlrimgi 
ment  mjittérieux  q»e  cei  force»  oppBsit'j 
raffiniti  comme  à  Tattraction,  et  qui  la  m 
battraient  tant  et«<;  que  lUt  foret*  m  l^ 
dratent  directement  à  ta  u'paration  da  wj 
menli  de  tout  ce  qui  eit,  à  lu  diiioiuli"  «j 
l'univerê.  Suppottx  que  leur  ««ïi'on,  p/wf^j 
eante  que  lei  rëtietanctt  qu'elle  renconlri,"'; 
atteint,  libre  de  tout  obttacle,  ion  f'rnt*^ 
nier,  que  reêterail-il,  que  «iifriiii«roi(-i''.f* 
compogéi,\dieious  jusque  dan*  leun  dffïwn 
partieulei  coneeviàiln;  Vidée  même  di  C^ 
ditparaUrait,  tout  e'évanouirait  dans  la  n^n 
de  l'espace  vida  (490)...  C'est  très-posiU'» 
mais  pourquoi  tuppo$ex~vout?  Ai^  "i 
suppositions,  on  va  où  l'on  veut.  Fait""! 
la  êuppoiition  contraire,  vous  «"''"[^* 
une  autre  contradiction  avec  les  faits- .<o" 
méconnaissez  la  première  loi  deru'"''»^ 
celle  de  la  pondération  des  pouïoiH  «e  " 
nature;  vous  paraissez  oublier  (J"" '°. , 
halance  et  s'équilibre  dans  l'œurre  '"«'-J  „| 
leur,  dans  les  forces  el  dans  les  agents  j^o"' 
il  a  fuit  dépendre  la  conservstiun  et  l""' 

Iran  de  tavoîr  t'H exine  de*  wuuêa  «miiW*' 
(m)  Etqubit  <f wu  phUnoplm,  I.  IV,  P-  '^ 


cos 


MCTNMIUIBK  APOUKSnQUR. 


MNiM  da  moade  :  Ommia  m  «mmhf*  *t  tm- 
mm  H  ptmdtre  ditpinHit. 

Pour  M.  lameanaii,  le  ealoriqme,  ngftràé 
^l4M»lcs  physiciens  eomoifl  l'aRent,  sinon 
aniane.  du  moins  principal,  da  )a  répulsion, 
tuU/twiéê  dt  la  wU:\a  dilautton  dans  Isa 
«trpseslnn  phénomène  tital. 

Afee  M  mot  de  tn'e,  de  vie  taûvtrMelle,  sf^ 
fiJi^é  même  à  des  ^tres  qui  na  sool  pas  n- 
taU,  OR  croit  avoir  dîl  quelque  chose,  on 
croit  mAme  avoir  (oui  dit.  En  voyant  la  Tai- 
blesse  des  arguments  de  U.  Lsoiennais 
eoolre  la  loi  de  la  répulsion,  on  comprend 
qoale  célèbre  écrivsm  n'ait  guère  plus  de 
cbsm  de  succès  dans  tes  attaques  contre 
1(9  principes  de  la  physique,  que  dans  ses 
thstts  a^essiona  contre  du  hautes  et  saintes 
doetriDcs,4ont  les  divins  rayons  ne  cov 
maaanl  fias  son  géuie.  Telum  imbetU  aint 
kim. 

Oeoî  qu'il  en  soit  des  eégslions  de  U.  La< 
■miwis,  la  répulsion  est  uaiversellemeot 
sJiDise  eemme  la  cause  des  dilatations  et  des 
dungesMnls  d'état  des  substances  maté* 
rielles,  et  sans  celte  force,  en  effet,  toute* 
les  eotlnlationst  par  exemple,  celles  du  cal»' 
nqoe.  de  la  lumière  et  du  son,  seraient  im- 
pûsibles,  sînsi  qne  l'a  démontra  H.  Ampère. 
jfoos  erojons  donc  qu'en  bonne  physique 
cooma  en  saine  philosophie,  il  faut  admet- 
tre et  l'attraction  et  la  répulsion,  ces  deux 
modes  parlicoliers  de  la  force  gén^le  per 
laquelle  la  matière  agit  i  distance,  d'nns 
■anière  continue,  suivant  des  lois  ioraria- 
itles  fixées  par  le  Créateur. 

Après  c«tte  digression,  dont  chacun  aura 
uisi  Je  rapport  immédiat  avec  le  sujel  qui 
Mus  occupe,  nous  allons  rentrer  dans  l'exa- 
i*co  de  U  théorie  eosmogooique  de  laplice. 
Le  point  de  départ  de  la  théorie  est  la 
sapfKisition  d'une  immense  sphère  entière- 
■ttt  gaznnse  k  UQ«  température  extréme- 
BCtit  élevée... 

On  Toil  déjft  tODl  ce  qo'il  j  a  d'arbitraire 

dans  c«  point  de  départ.  Pourquoi,  en  effet. 

De  remonte-t-on  p3S  plus  haut  que  la  sphère 

éUt^ose  ioeandescente  T  La  science  «t  la  pbi- 

Itttophie,  quand  il  s'agit  de  l'origine  des 

tli«es  ,  perueitent-elles  de  suppcaer  que 

c'tst  là  l'état  vraiment  primitif  de  ta  maiièral 

N'iuioriseot-elles  pas  au  contraire  è  admet- 

'^e  que  In  matière  a  pu  passer  par  plusieurs 

uitres  états  aulérieurs  avant  d'arriver  k  ceinl 

'e  gaz,  paisquedaos  les  gsz  les  atomes  sont 

It-ja  groupés  en  molécules!  Pourquoi  toute 

<  mcuèra  n'aurait-elle  pis  été  prîmilive- 

b«ut  h  VéM.  d'atomes  chimiques,  ou  même 

'«tomes  premiers, suivant  la  dislioctiou  de 

^/tAins  théoriciens  T  Pourquoi  même  ne 

"^■usserait-on  pas  cette  division  jusqu'à  l'a- 

'«me  (In  fluide  universel,  de  l'éther.  Kt  au 

^ta  eocore,  qui  peut  dire,  qui  peut  imagi- 

^rr  ce  qu'ml  pu  dire  la  maiièr»  et  les  lois 

'jî  la  retpssentT  Qui  nous  déroulera  lasé- 

.'-  û«  toutes  les  transformations  de  la  ms- 

•-TveC  le  Jeu  de  tous  ses  éléments,  obéis- 

uii  à  tontes  les  nécessités,  ft  toutes  les 

"-^sauces  ul  les  énergies  de  leur  nature, 

•3i    i^s  différentes  l'hases  de  leur  exis- 


tence, sous  la  main  de  Dieu  qoi  les  modr- 
fiait  «t  les  dirigeoil  vers  le  grand  but  da 
l'qrdre  et  de  l'harmonie,  qui  devaient  un 
jour  témoiguar  si  magnifiquement  de  sa 
puissance,  de  sa  sagesse  et  de  sa  bonté  T 

Uais  puisque  dans  le  champ  infini  des  hy* 
pothèses ,  ou  s'est  arrêté  è  celle  d'une  imi 
uiensespbèredegazi  l'état  d'incandescence, 
acceplons-la  et  constatons  si  el!e  peut  se 
concilier  svec  les  exigences  «t  les  priudpea 
reconnus  da  la  science.  * 

Laplace  donne  k  cet  immense  amas  da 

gz  la  forme  d'une  apkire.  11  emprunte  celle 
rme  aux  nébuleuses,  qui  ont  jeté  laul 
d'illusions  dans  la  té(e  de  tous  les  eosmo* 
gonistes  depuis  Herschell.  Uais  aujourd'hui 
que  ces  fantastiques  nébuleuses  se  sont  éva- 
nouies du  ciel  ))Our  faire  place  è  des  soleils 
parfaits  et  non  embrjonairas,  toutes  ces 
analogies  qu'on  a  voulu  établir  entre  elles 
et  l'étal  primitif  des  choses  ont  disparu  avec 
•lies. 

Quelle  loi  maintenait  cet  immense  amaa 
de  gaz  dans  la  forme  spbérique  T  L'attrao- 
tionl  liais  la  répulsion  ne  devait-elle  pas. 
filre  prépoodérauta  et  l'emporter  dans  celle 
matière  gazeuse ,  incandeseentSi  puisque 
c'est  encore  aifjoord'bui  la  condition  pour 
tous  les  gaz  soumis  è  nos  expériences!  Il 
semble  dune  que  ce  n'est  pas  une  agglomé- 
ration Sj'hérique  ,  mais  une  dispersion  in- 
finie  de  la  matière  gazeuse  dans  l'espace, 
qui  devait  être  la  conséquence  d'un  pareil 
eUit  de  choses.  L'aUractiou  qui  conslilue  la 
GohéMOQ  étant  insensible  dans  les  corps  è 
l'état  gazeux,  nous  sommes  en  droitde  con- 
clure qu'elle  était  nulle  dans  la  masse  élé- 
mentaire dont  il  s'agiL  Y  avait-il  l'aitrac- 
IJon  atomique  appelée  affinité  T  Pour  aue  es 
mode  d'action  de  Taitraciion  puisse  s  exer- 
cer, plusieurs  conditions  sont  iiécessaires  : 
il  ne  suffit  pas  que  la  matière  soit  gazéitiée, 
il  faut  de  plus,  pour  qu'il  y  ait  combinaison, 
qu'il  y  ait  pression  et  par  conséquent  rési»- 
tance.  D'oiJ  est  venue  cette  pression  T  Qui 
est-ce  qui  a  produit  celle  résistance  daus  - 
une  matière  élémentaire  formée  de  gaz  es- 
sentiellement élastiques,  incandescents  et 
soumis  à  uue  expansion  indéfinie  eu  tous 
sens?  Evidemment  il  n'y  avait  pas  da  pre»- 
sion  et  par  conséquent  pas  da  combinaison 
possible.  Ainsi,  on  ne  voit  pas  qu'il  pût  jr 
avoir  place  pour  aucune  des  espèces  cou- 
nues  d'attraction.  Nous  venons  de  voir  que 
dans  une  immense  sphère  de  matière  nébu- 
laire  ou  gjazéiforme  k  l'état  d'incandescence» 
comme  celle  que  J.aplace  a  supposée,  il  n'y  - 
avait  place  {wur  aucune  des  espèces  connnes 
d'attraction.  Nous  pourrions  attaudre  que 
l'illustre  géomètre  ait  assigné,  en  dehors  du 
Créateur,  une  origine  acceptable  de  celle 
grande  loi  du  monde  physique.  En  atieo- 
oant  qn'on  la  découvre,  nous  la  supposerons 
trouvée,  et  nous  allons  voir  où  elle  peut: 
nous  conduira. 

D'abord,  où  la  placerons-nous  TSans  doute 
au  centre  de  l'iiuoiense  masse  globulaire. 
Uais  alors  les  éléments  de  la  nébuleuse,  & 
musure  qu'ils  se  solidifieront  par  le  reftni- 


«M  COS 

dtvsflimnl.  iront  ee  précipiter  vers  le  centre 
qui  Ittt  altirfl.  et  nous  n'auront  ainsi  qu'un 
glolie  solide  énorme  au  lieu  d'un  système 
de  globes.  Comment  préTiendrons-Dous  ce 
grave  Jnconvénienl?  Par  le  mouvement  de 
rolalion  qui  déterminera  l'action  de  la  force 
centrifuge,  atjlagonisle  de  l'ullraclioD,  ainsi 
que  le  prétendent  les  partisans  de  la  théorie 
tstranomico-chimique.  Soit  I  Mais  d'où  naît 
un  [tarcil  mouvement  dans  la  nébuleuse? 
Ici  ericore  se  présentant  de  nouvelles  et 
ineilricsbles  dinicuUés. 

lin  elTel,  comment  ineitre  en  mouvement 
sur  elle-même  celle  îiDinense  sphère  de  va- 

Ceur,  dont  l'énorme  expansion  devait  em- 
ras&cr  au  moins  l'énorme  snhôre  de  Nep- 
tune T  P«rmi  les  lois  de  la  physique  ou  de 
la  mécanique,  en  conuatl-on  une  seule  d'oiï 
l'on  puisse  déduire  l'origine  du  mouvement 
de  rotationT  Laplace  n  en  connaît  aucune. 
Cepeiidaiit  ■  CQtte-.mas&e,  dit  M.  Henri  Uar- 
tin,  ne  pouvait  avoir  uu  mouvement  naturel 
de  rotation  ;  car,  pour  produire  UD  tel  mou- 
veiiteut  dans  une  sphère  eittièremeni  ga- 
auuse,  il  faudrait  produire  séparémnoi,  sui- 
vant un  même  aie,  des  révolutions  de 
même  durée  pour  toutes  les  couches  con- 
centriques dont  elle  se  compose,  en  appli- 
quant a  ces  couches  des  forces  ceairales  et 
ùas  forces  tangentielles  différentes,  suiraut 
le  rayon  de  chaque  couche.  Or  il  est  im- 
possible de  concevoir  une  cause  physique 
qui  donne  ce  résultat  (i9f}.  • 

Nous  avons  admis  l'attraction,  quoiqu'on 
ne  donnât  aucune  raison  do  son  uritjine  dans 
rfay)iothëseUeL«place.  Admettons  de  même 
le  mouvement  giratoire  et  procédons  à  lo 
lormation  de  notre  système  planétaire. 

La  nébuleuse  tourne  sur  elle-même.  A 
mesure  qu'elle  se  refroidit,  des  masses  s'«n 
détachent  par  l'effet  do  la  force  centrifuge. 
Voici  d'abord  la  planète  Leverrier  ou  quel- 
que autre  planète  tacounue  plus  éloignée 
encore,  qui  se  détacbe  de  la  première  ooa- 
clie  équatoriale  condensée  de  l'atmosphère 
'  fulaire. 

Ctitle couche  équatoriale,  on  le  suppose, 
possède  une  force  centrifuge  sufBsaate  pour 
faire  équilibre  ^  l'attraction  centrale,  et  par 
conséquent  elle  peut  se  soutenir  indépen- 
damment de  la  force  d'expansion  des  cou- 
ches antérieures  concentriques,  sur  les- 
quelles dès  lors  elle  a  cessé  de  peser.  Figu- 
rez-vous donc  un  anneau  qui,  pour  Neptune, 
par  exemple,  avait  au  moins  deux  mille 
(fuairecentsmillioos  de  lieues.de  diamètre. 
-  Eh  bien  1  c'est  avec  cet  annoau  prodigieux 
qu'il  faut  faire  une  planète,  un  globe,  tjhor* 
chez  à  vous  rendre  compte  de  la  manière 
dont  le  phénomène  a  dû  s'opérer;  comment 


McnONMAIBS  APOLOCETIQI». 


les  éléments  de  l'annoan  qui  te  Ironvaicnl 
idem  mille  quatrecentsmillinnsdelieups, 
sont  venus  trouver  ceui  qui  élaienl  plscésà 
l'autre  extrémité  du  diamètre.  Vous  réjit. 
terez  ladite  opération  autant  de  fois  qui 
Tuussurez  de  planètes  Ë  former.  Puis,  <|Qanil 
vous  aurez  obtenu  toutes  les  {ilanètes,  ne 
croyez  pas  que  votre  construclioo  esi  ache- 
vée, que  votre  monde  est  bAii ,  que  toui 
les  problèmes  cosmogeoiques  sont  résolus, 
i\  vous  faudra  encore,  premièrement,  répé- 
ter la  flième  opération  pour  obtenir  chaque 
satellite.  Oui,  les  planètes  une  fois  fortnéei 
et  tournant  sur  elles-mêmes,  on  ne  sait 
pourquoi ,  émettront  fa  leur  tour,  et  i  l'iijt. 
tarde  la  masse  primitive  d'où  elles  eodI 
sorties,  plus  ou  moins  d'anneaux  qui  de- 
viendront leurs  satellites. 

Vous  aurez,  secondement,  fa  exptiqurr 
l'origine  de  la  force  tangentielle,  doot 
Laplace  ne  s'occupe  pas,  trouvant  plus  com- 
mode, sans  doute,  de  prendre  comsie  u 
fait  les  mouvements  elliptiques  des  plant- 
tes.  Cependant,  sans  impulsion  primitire, 
ee  mouvement  elliptiquedes  planètes.  qDisJ 
môme  on  le  supposerait  éternel,  n'eaterùl 
pas  moins  un  effet  snns  cause  (V9ii).  | 

.  Ce  n'est  pas  tout.  Puisque  raltraction  tgtl    j 
en  raison  directe  des  masses,  la  sphère  m> 
laire,  perdant  de  sa    masae    chaque  foit 
qu'une  couche  équatoriale  s'en  délsrhiil 

[lour  former  une  planète,  a  dû  faire  varier 
e  mouvement  de  la  première  planète  déU- 
obée  autant  de  fuis  que  cette  opération  t'ai 
renouvelée,  c'est-à-dire  au  moins  dii  t 
douze  fois.  Ainsi  pour  Uranns,  rar  exemple, 
raltraction  ne  serait  aujourd  faui  que  le 
dixième  de  ce  qu'elle  était  k  l'origiiie,  et  il 
eo  aurait  été  de  même  proportion  uellemeiU 
pour  toutes  les  autres  planètes.  Cbtqus 
modificaLioD  dans  le  mouveiusnt  d'une  pia- 
nète,  a  dd  en  déterminer  une  autre  dans  si 
forme,  et  par  suite  amener  uiie«érie  devi- 
riatioos  profondes  dans  tout  l'ensemble  dd 
phénomènes  qui  se  rapportaient  fc  celte  \*»r 
uète. 

On  fait  sortir  tes  satellites  de  la  tuas» 
des  planètes  :  ils  devraient  donc  par(ici|<er 
fa  la  nature  de  la  masse  d'où  ils  tirent  leur 
origine;  cependant  la  lune,  par  exeuip)e,u'i 
pas  d'atmosphère  ,  tandis  ijue  la  terre  en  i 
une.  D'où  vieut  encore  que,  parmi  ces  pli- 
nèles,  il  en  est  qui  n'ont  pes  de  satelliiei 
ou  qui  n'en  ont  qu'un  ,  (behIis  que  d'aulrei  ' 
en  ont  jusqu'à  six,  sept,  etc.?  EnQa.cooi- 
ment  expliquer  l'origine  des  comètes  T  L''J 
ft)ra-t-ou  Tenir,  comme  les  planètes,  de  11 
masse  gazeuse  principale?  Pourquoi  s'e" 
ne  sont-elles  pas  soumises  aux.  tuêmei  lui* 
de  forme  et  de  révolution...  ? 


rUi)  PJtUdMpJiû  iptrit.  de   lunaturtfi.  11,  p.  de  bagueltede  renlantH  meaten  veria  de  la  fatte 

JSti.  Unseiilielle.  Si  le  coup  de  baguetia  éuil  Trappe  se- 

(iOSJ  La  tane  tangenlieUe  d'une  planète  eil  celle  lou  le  diamètre,  le  cu^ceau  pourraiU  éire  prnjdêea 

qui  ta  porte  kauirni  uneiangeiiiefasoiioriiiie.  Celte  lluoe  droite,  mais  il  ue  tourneraii  pas  sur  lui-uiéaK. 

hirce  e«l  due  i  l'impulsion  primitive   par  laquelle  On  i  calculé  que  l'impulsion  pour   la    terre  )  dk 

celle  (lanèle  a  été  lancée  dans  l'espace,  impulsion  passer  par  un  point  silué  à  neuf  lieue*  euvirva  àù 

qui,  poiir  aucune  des  ptauètes,  n'a  passé  pai-  le  cen-  t^n  ceuire. 
\tt  ne  iraviié.  Le  cerceau  qui  roule  tous  les  con^ 


cos 


DICTH^miURE  APOLOGETIQUE. 


LOS 


Combien  d'objections  nooToDes  ne  pour- 
nouS'nous  pas  soulever  cnnire  celle  hiids- 
ricu»  el  vaine  b7|>otbèsel  Maisc'esl  assez. 
rentiinons  par  une  réDeiion  d'un  savant 
illwire  qui  a  passa  sa  vie  dans  les  jiUis 
nuies  contemplations  de  la  oatore  el  de  ses 
m: 

U  «Mtde  du  formationt  ciltitn  doit  être 
tttnié  comme  un  fait,  eomtnt  une  donnée  na- 
éruU  fut  ëe  dérobe  aux  âpécutationi  de  i'ei- 
wit  par  Cataenet  de  tout  tnchatnemeni  vitible 
k  MKu  à  effet.  En  d'autrei  termei,  ttt  rap- 
mrti  de  grandeur  absolue  et  de  poiiiion  rela- 
ht  de»  axta ,  la  relatioia  qui  exietmt  dani 
kiffidme  planitaire  entre  ta  dtniiUi,  («s 
fcràt  de  rotation  et  lea  exeentricUé»,  ne  nou» 
^KiÎHCTtf  pal  autrement  néceteaires  dont  la 
WiTf  que  la  dUlribation  relative  de»  axa, 
fciKlaittffu  qui  exiittnt  dan»  ta  contour» 
ttH»  continent»  ou  la  hauteur  de  »e»  chaîna 
h  wutntagna;  point  de  toi  générale  qu'on 
Wùae  étmir.  Sou»  ce»  diveri  rapport»,  dan» 
m  cifux  ou  dan»  la  inégalité»  da  coucha 
|m*rm,  ee  eonl  autant  de  fait»  naturel» 
WmduiU  par  h  conflit  de  força  multiplet  qui 
■I  agi  mtrefoi»  dan»  de»  eonditiom  tout  à 
lA  ûuomiKi  (fcS3). 

-  Ainsi  doue,  d«ns  cet  ordre   de  hfules 

^éculaiioDS,  oo  seni  i  chaque  pas  la  né- 

Vasité  de  recourir  k  une  inielligeoce  oui  a 

•HiVi  el  eiéeolé  dd  plan  d'ordre  el  d^iar- 

snaù,  d'invoquer  la  volunlé  d'un  légisia- 

%Mtifùi impose  des  loisà  la  matière  pour 

n  de  ses  eonreplions  et  pour  la 

m  de  son  œuvre  h  mesure  qu'elle 

*«  dénhffi/in.  Uais  quelles  étaient  ces  lois.? 

QaipevtU  dire?  if  est  probable  qu'elles 

tfebippenol  toujours  aux  iiivesliRalionsde 

t»  acKoce,  et  que  ■  celui  qui  a  étendu  les 

IBCBKttiloDDé  la  loi  b  toute  leur  armée 

{In.  Uf,  fi)  >  s'en  est  réservé  le  secret. 

•  fiir  aws  pensées  ne  sont  pas  vos  pensées  ■ 

~^mm  voies  ne  sont  pa«  vos  voies,  dit  t'£ler- 

tffauliDt  les  cieux  sont  élevés  au-dessus 

bti  terre, autant  mes  voies  août  au-dessus 

ifos  voies  et  mes  pensées  au-dessus  de 

^  lensées.  *  (/sa.  lt,  8,  9.)  Voy.  GExfcsi 

UAUmt,  IfONBS. 

MOG&AfHIB  DES  PÈRES  DE  L'E- 
-  Dans  la  Revue  de»  Deux-Monde», 
la  mars  1831,  oo  trouve  sous  ce  titre  ua 
%  article  publié  par  M.  Letronue,  daiig 
leiiCDlre  beaucoup  d'autres  choses»  on 
,  .f»  piuages  suivants  : 
Âi  Lm  saints  Pères  n'ont  voulu  admettre 
pu  l'exposition  des  passages  de  rEorilure 
■  ont  rajtporl  è  la  eotmologie,  que  l'iuler* 
■iutioa  littérale;  si  bien  que  toute  inler- 
Misiiou  prise  d'un  autre  point  de  vue, 
|«ii  dissimulée  plus  ou  moins  par  ses  au- 

i  tm)  Oa  BeooLBT,  CoiaHu,  1. 1",  p.  103. 
■ilUl  PSM  (WS-VOS.  613.  61(1,  eu. 

nS)  P.  wi-nna,  vit,  631,  etc. 

Piwi)  p.  ««,  liOi. 
U|JtP.fiM,6V5. 
Rwi  p.  btt5-«>7,  613,  61S,  617,  619,  630,  638, 

ll»|f>.  CW-Slleiaa  delà, 
lMV;P.  Cll.tic. 


teurs  et  écartée  par  les  théologiens   [i9k). 
m  Celte  interpréiiilion  emporte  tr'Dcssni- 
rement  des  conséiiuences  absunles  (k9$). 

■  Celle  inrerprOlation  néanmoins  est  la 
seule  orfAodoza;  en  ce  sens  du  moins  que 
st^ule  elle  répond  i  la  doctrine  de  l'inspira- 
tion absolue  de  Moïse  (t96j.  Mais,  au  fond, 
on  ne  peut  voir  dans  la  eoemotagie  de  l'E- 
criture, sous  peine  d'alisurdité,  que  l'ex- 
pression d'idées  populaires  (49TJ.  ■  D*oô 
il  résulte,  je  crois,  en  bonne  forme,  qu'il 
-n';  aurait  d'interprélalion  orthodoxe  de  la 
cosmologie  biblique,  qu'une  interprétation 
absurde;  mais  il  n'importu, 

.  K  Les  Pères  étaient  sous  l'empire  des  opi- 
nions cnomologiques  populaires  el  des  doc- 
trines ndnptées  par  les  écules  philosophi- 
ques de  la  Grèce  (^98]. 

■  Cosmas  a  construit  le  monde  d'une  Ta- 
çon  fort  divertissante  [hQ9),  et  ce  système 
est  une  cnnséqueuce  de  plusieurs  leites  de 
la  Bible  (500).  » 

Le  reste  appartient  de  prés  ou  de  loin  à 
ces  divers  chefs,  que  je  traiterai  sans  trop 
de  méthode,  pour  ne  pas  aOTevIer  un  appa- 
reil didactique. 

_  Je  demanderai  d'abord  ce  que  c'est  iiu« 
l'interprétation  littérale  ou  verbale  d  un 
texte.  Y  a-t'il,  peut-il  y  avoir  une  explica- 
tion littérale  absolue  d'un  texte  donné  T  la 
ne  dirai  rien  de  nouveau  si  j'affirme  qu'au 
moins  souvent  )a  chose  est  inadmissible, 
dès  qu'il  s'agit  d'un  texte  écrit  loin  de  nous, 
soit  dans  l'espace,  soit  dans  le  temps  (SOI). 

Quel  homme,  avant  une  idée  de  l'hernié- 
neutique,  s'imaginera  qu'il  sulUse  d'avoir 
un  texte  sous  les  yeux  pour  en  déterminer 
le  sens  assuré  au  moyen  du  seul  texle7  Tout 
ce  auenoua  apprenons  dans  une  expression 
quelconque  ne  se  dévoile  h  notre  intelligence 
qu'en  vertu  même  des  connaissances  anté- 
rieures que  nous  apportons  h  l'examen  ;  en  . 
sorte  que  la  probabilité  de  comprendre  uo 
passage  est  en  raison  de  ee  que  not»  sa- 
vions déjk  sur  l'objet  dont  il  y  est  traité,  el 
de  l'analogie  de  l'emploi  qu'y  reçoivent  les 
expressions  arec  celui  qui  leur  e^t  ailribiié 
dans  les  passages  connus.  Si  rol>jet  est  in- 
connu et  étrange,  si  le  discours,  avec  cela, 
se  met  peu  en  peine  du  dévelojiiiement  des 
idées  et  de  la  propriété  stricte  des  expres- 
sions, l'interprète  o'a  point  de  prise,  lu 
texte  estenire  ses  mains  une  énigme.  Nous 
le  voyons  même  dans  les  auteurs  grecs  ou 
lAtins  qui  nous  sont  les'  plus  familiers,  et 
où  quantité  de  passages  écliappent  aux  plus 
habiles  (502).  un  les  torture  parfois,  on  a 
recours  à  des  leçons  plus  nu  moins  forcées 
jusqu'à  l'instant  où  la  découverte  d'un  oio- 
DUHient  qui  les  éclaire  vienl  bire  voir  aux 


edciii.  KiuuuH-,  p.  48,  etc. 

(S03J  Fdllemm,  pp.  cit.,  p.  S7.  —  Ceax  qui  as 
■ont  poil»  éuangén  sus  études  philomJihiquM  de 
rAlleiniigne,  ou  inâme  qui  ont  en  tous  lôa  yeux  na 
caulogue  de  dissertations  puhliëes  en  ce  fùys,  sa- 
veni  comltlen  de  déitau  b'j  élèvent  puur  deux  oa 
ii-ois  mou  d'ua  claMi<|uc. 


'iU 


cos 


.mcnONNAIRB 


Arfiiltls  «:|u'îl  rr;*nit  oui  chaiigcmeni  k  y 
introiliiire,  fl  qu'il  n'y  miimiUAil  juique-lb 
gu'urificiioae  seulement.  Is  connaissance  du 
fait  ni4ini>,  pour  le  pouvoir  lire  daiu  ion 
exposition.  Que  (1«  texl«s  îles  écrivains  las 
-plus  éludîés  ont  reçu  et  reçoivent  chaque 
jour  une  inlerprélniion  noDrelle  par  les 
progrès  de  l'arcliëologie,  sans  qne  le  teils 
lui-même  ait  reçu  ou  perdu  une  lettre  I  Ceux 
qui  avaient  voulu  traduire,  et  ceux  qui 
Avaif^nt  condamné  les  copistes  ou  l'auteur 
avant  l'élude  ou  l'apparition  des  luonu- 
ments,  s'étaient trnp  pressés,  et  les  versions 
antérieures,  pour  liltéralesqu'ellesiieprélen* 
dissent,  et  peut-être  h  cause  de  cela  même, 
sa  soQt  trouvées  fausses  pnr  défaut  de  cou* 
naissances  subsidiaires  (903).  Cependant 
l'nulGur  attendait  en  paix  que  le  progrès  de 
l'étude  vînt  confondre  ses  obscurs  brasplié- 
niatfure  (50i).  Et  jusque-là  où  était  la  ver* 
«ion  littérale  T  11  n'y  en  avait  point,  parce 
que  sans  le  contexte  et  le  sans  du  texte  en- 
Irer.'Ies  mots  ont  Quantité  de  valeurs  pos- 
sil'les  el  pas  une  réelle. 

Unis  mslheurousemenl  pour  beaucoup 
d'Iioiuiues  instruits,  ce  qui  est  palpable  dans 
yn  auteur  classique  ne  l'est  plus  dans  le 
grand  livre  du  chrétien  ;  et  tel  qui  ëcrirail 
des  pages  sur  une  ligne  de  Cornélius  Neposi 
ou  BU  moins  d'Hérodote  [505),  a  son  parti 
pris  antérieurement  ft  toute  olude  sur  des 
pliapitrei  entiers  de  Moïsu. 

Où  est  le  ten$  littéral  du  début  d«  la  fî#< 
ttèst,  et  qui  peut  se  QsLter  de  le  voir?  L'B- 
glise,  qui  certes  s'en  occupe  depuis  long- 
temps avec  quelque  sérieux,  ne  nous  a 
l>oiiit  Qiés  là-dessud,  nous  autres;  et  la  R»' 
vue  da  Deua-AIondei  prétend  en  détertniiier 
le  mu  wthodaxel  Les  saints  Pères,  quels 
Iioiumes  I  n'auraient  fait  que  tâtonner  dans 
une  pareille  question,  ei  c'est  Heyne  oa 
H.  Polt  (506),  qui  viennent  en  lever  dé&ni- 
livument  le  voile  1  C'est  è  la  fois  bien  dii 
re»|tect  pour  les  docteurs  de  Goelliague  on 
d'Helmstadl,  et  bien  peu  pour  le  maître  do 
peuple  de  Dieu.  Or.  que  Polt  ait  tranefaé  la 
question  dstu  un  opuscule  du  siècle  der- 
nier,  je  l'admire  plus  que  je  ne  m'y  rends, 
Pienons  de  là  néanmoins  I  occasion  de  faire 

(B(KS)  Cela  ttl  si  vrai,  que  dans  tout  nouveau  pro- 
JM  d'explication  mur  un  texte,  c'est  la  lirammalie 
qui  >ouB  le  moindre  réle  ;  on  en  appelle  tuajours,  et 

treeque  tadmtmmt,  aux  laoriàres  ac^Hisea  d'ail- 
«rs  sur  le  faii  qu'on  propose  d'y  lire. 
{504)  La  cliuse  est  trop  fréquente  |iour  qu'il  aoil 
ncces&aire  d'en  citer  «les  eiemptea.  Ue  iretl  jtts 
d'alleurs  à  un  ardiéologue  qu'il  Taut  prouveras 

}iarL-iU  faiis;  H.  Letmnne  croirait  ï  bon  droitqua 
c  me  moque,  si  je  le  renvoyais  i  ce  mi'il  ue  peut 
ignorer;  aux  oui  rages  des  Heyne,  des  BœEliger,  des 
Uoekh,  etc.,  ponr  ne  parler  qae  des  iraTaut  nJ- 
ceiils,  el  des  Allemands  que  mon  auteur  paraît  af- 
CiUiouner.  Autrement  11  budrait  faire  la  liste  de 

Ïrcsque  tout  ce  qu'il  y  a  jamaiB  eu  de  pbilotogues 
itiik-a  et  de  sceliaslcs  iliitlngués. 
l^tOS)  Par  exemple  H.  Letronne,  dans  )e  XII' ton» 
à<»  MémoiTU  dt  t  Académie,  enire  autres. 
(NWt  Article  de  la  Rewut,  p.  SUS. 
(587)  Par  exemple,  il  y  a  quelques  années,  i  la 
FjuuII^  des  leitrcs,  on  s'appujraii  encore  d'nn  nonr 
allcuiauil  pour  expliquer  te  sacrifiée  d'Abraliain 


APOLeCKTIQUB.  COS  wt 

savoir  11  nos  profeaseorB  que  leol  le  b^Mh 
an  (ilie  point  pour  avoir  enUndii  citrr  on 
nom  ellemattd,  pas  plus  dans  on  artideiie 
Rivue,  qu'en  Soibonne  ou  BuCol%i!e 
France  (507).  Autrement,  j'aurais  eu  bjni- 
lAt  Uni  de  nommer  Bntsaec,  Kreg,  Werclmi, 
Engestroem,  Itambech,  Kircliroaier,  E«! 
nerl,  Kromayer,  Gramme,  Meisner,RniicD. 
beck,  Weissenbach,  etc.,  etc-,  Boiqiieljii 
cosmologie  biblique  n'a  pas  semblé  mnin. 
cable.  Hais  enfin,  ce  qu  il  y  a  de  mis  n- 
vanta  (et  je  ne  dispute  point  du  loul  i  [hV 
lemagne  sa  vérilsme  gioireence  georf)» 
peuvent  méconnaître  que  le  poiiu  de  Irw 
nom  équivaut  dans  une  question  iu[hw^ 
lin  leurs  raîsona,  ni  plus  ni  aiains;  d 
qu'une  fois  la  raison  trouvée,  ce  qui  d'h» 
partient  pas  &  tout  le  monde,  l'appréciiiioi 
de  cette  raison  appartient  à  tout  booiiDHt 
sens. 

Quoi  Qu'il  en  soit,  quel  est  donc  Itm 
littéral  (lu  début  de  la  Gemist?  paumiiM 
demander  M.  Letronna.  Et  qui  ta'i^  < 
cberait  de  répondre  sans  la  moindre  W- 
rodoxie,  que  jusqu'à  présent  il  n'y  cnt)»^ 
que  nous  attendons  pour  interpréter  Ivltilt, 
que  les  abords  en  aient  été  delilayés.  tir» 
qui  déblavés  ?  De  la  msin  de  U.  Lalrumct: 
vous  vouiez,  et  par  tout  antre  SAViril,  mt 
savant  véritable,  non  passeuleiDF'nlïn'W 
logue,  mais  naturaliste»  physicien,  gtiJ»- 
gue  ;  nous  les  appelons,  nous  les  mum 
nous  leur  disons  comme  aulrefuii  fb'r 
ture  :  Af nMb/ex-naiM,  éwertuei-toiutt  fail» 
«OUI  battre  (50SJ.  Compulsez,  maljsti, 
compurez  même  plussérieuiemeol'jiii'Mi 
ue  laites  jusqu'ici;  c'est  nous  oui  tmii" 
prions;  et  quand  vous  aurez,  cnacuidini 
votre  splière,  poussé  vos  lliéôries ,  h  dhs 
jusqu'à  l'absurde,  les  atrtres  jtiiqu'i  rti>- 
dence,  un  Ibéologien  qui  ne  tous  imiln 
pas,  ni  en  archéologie,  ni  va  sciences  m- 
tureltes,  ai  en  physique  géuérsle,  ma<ln. 
la  Bible  en  main,  expliquer  au  pluisiai^ 
la  profondeur  et  la  nauta  portée  de  te  qx 
TOUS  jugiez  pitoyable,  de  ce  que  tous  n** 
elariaz  enfauté  par  l'ignorance  popu'ort 
d'une  nation  à  peine  civilisée  {509}.  (Ju'i' 
lus  neptuniens  et  les  Tulcauistes  ■*»'' 
d'une  manière  tout  à  fait  msthigue,  c'est-à-<frtiK«- 
soire.  Hais  si  tes  noms  allemandi  ont  d"  *'!''||^ 
poids,  on  pouvait  en  citer  un  autre  bcaaowp  p" 
Kceul  à  l'appui  du  soatraire.  Vojm  ulw<llt4nt^ 
lion  publiée  à  Trêves  ea  1838,  je  croii,  oti'it»' 
préUlion  précoaiaée  at  Borlwoiiewt  (orrutïoiH^ 
rélutéa.  Je  sais  bien  qu'à  la  mauiére  dont  s'^ 
reut  anjourd'hui  beaucoup  des  ouvrages  fo^ii''- 
quett  français,  ceux  qui  en  cnniiaisseDi  le  i»}^ 
peuvent  être  te  niés  de  iherclier  liors  declitic" 
des  garaniies  d'érudition  vëriuMe  el  di-s  «"inc 
■Ions  toutes  formutéet.  Mais  je  sais  Bn$sl<|*'^?f 
sieurs  travaux  d'uutre-Rhin  ressemWenl  »"•  "*' 


en  passant;  dans  l'oi 
des  preuves. 

(308)  Coagn^mini I  rindiBwi....;  f«/J^' 

mini,  eî  rinciiaint  ;  atci>aile  m»,  et  rinàmmi-  (Wi 
VIII,  9.) 

IS99J  Aiticle  de  la  flniir,  p.  6lS. 


(ST 


C05 


DKTIONNAUtE  APOLOGETIQUE. 


tenniné  lenrs  débats  ;  quand  le  soulèfement 
àet  montagnes  aara   élé  jugé  sans  appel; 
qusDd  on  saura  si  H.  Poisson  a  dit  rrai  en 
[rnninant   l'atmosphère    |)ar    une   couche 
d'élu  qaî  lai  serre  de  limite,  etc.,  etc.,  ; 
fioat  arrÎTerons    arec    des    leites    clairs 
lomrae  le  jour,  pour  montrer  au  monde, 
noo  pas  que  nous  sations  lout  cela,  mais 
que  tout  cela  éiail  déposé  sous  le  sceau, 
entre  nos  mains,  nour  apnrendre  par  un 
SiOjen  nooreau  i  I  incr^duliié  des  dernier; 
l^es,qaeDitu'ett  le  maltreda  fcintcn  (510J. 
l^us  expliquerons  en  ouvrant   la  Genite, 
sur  les  monceaux  de  ros  rolumes  réduits 
désormais  è  leur  JDSle  Taieur,  l'énigme  di- 
Timda|«ssé,  comme  le  missionnaire  assis 
sur  les   ruines  de  Tyr  contemplait   dans 
l*4ie  ia  ponctualité  de  celte    histoire  de 
raveoir.  Voilà  sur  quoi  nous  comptons,  ce 
dont  ooos  nous  flattons;  et  ce. qui  fait  que 
nnus  TOUS  pressons  de  pousser  Tigonrense^ 
iLeul  vos  travaux  préparatoires,  car  Ils  ne 
soDl  que  cela.  Nous  savons  déjà  quel  verset 
de  Hoise  ou  des  saints  Pères  il  nous  faudrait 
preadre(511)  pour  jusIiBer  la  foi  en  adap- 
tant vos  sciences  \  la  pan>le  qui  ne  passera 
pas;  si  ce  n'était  là  faire  trop  d'honneur  k 
des  sciences  d'un  jour,  à  dés  sonnaissanees 
qui  D0  sont  que  nés  hypothèses,  lorsqu'el- 
les De  sont  pas  des  assertions  plus  ou  moins 
gratuilss. 

Cepandanl,  s'il  était  vrai  qu'aujourd'hui 
néme  le  sens  littéral  des  premiers  chapitres 
de  la  GaUae  -pût  bien  n'être  pas  assignable 
escoret  comment  se  ferait-il  que  les  saints 
Pères  coueut  précisé  ce  sens?  C'est  ce 
dont  il  s'agilt  et  ce  que  nous  allons  voir. 
T  a-I-i]  une  doctrine  cosmologîqne  corn- 
nuoe,  sinon  à  la  totalité,  du  moins  à  la 
BeDéralIté  des  saints  Pères?  On  doit  voir 
qse  celte  question  revient  tout  à  fait  à  cette 
luire  :  j  a-t-il  une  interprétation  de  la 
CMsinoloffifl  biblique  qui  ait  reçu  la  sanction 
d'ortbodoxie  T  Par  décision  ou  par  consen- 
tement commun,  il  n'importe.  Car  on  ima- 
Siae  aisément  que  les  Pères  de  l'Eglise 
Itnaîeol  à  l'orthodotie  et  à  l'Ecriture  sainte 
ivant  tout.  U.  Leironne  répond  à  celte 
luestioa  allirnativement,  et  moi  négaiive- 
u«ol.  &cs|e  è  peser  les  preuves  :  voici  les 
mennes.  Et  comme  tout  le  monde  ne  peut 
•as*avoir  entre  les  mains  la  Ramt  de»  Deux 
nonda,  j'en  citerai  souvent  les  expressions. 

(510)  i  IU9.  Il,  3;  PmJ.  xGiti,  10 
iitl)  Quelqii'iiii  TCul-il,  par  manière  de  distrac- 
qB.  ftSToir  â  qui  l'on  pourn,  dau  une  nouvelle 
il.lioii  ie  DultHDS  (Origine  dit  dieottveru*  UlrHuitt 
u  tm^étnn),  taîn  ttonnear  de  la,  Ibéorie  des  Ma- 
iimibU'  Je  lui  profOM Bupert.  un  ablté  da  m* 
Mcle  (*■  C^M*.  I,  U,  de.),  ou  au  nsoii»  Coméli» 
inritiMlMii.  célâire  coomienlateiir  de  ta  BikU  an 
'f  liêde.  Tcrlio  mumH  i\e  (tcit  De»*  urram  par- 
«  n^aÛerv,  iMniai  attargere:  wtidt  faeti  tuai 
■Mfes  gt  tmitt».  Et  iU  avaient  *e  eda  dans  b  ti»- 
"t  et  dana  les  Pmhmc*.  {tien.  1  ;  Pioi.  ciii.) 
'43/  M.  Lctrmne,  qui  a  oeruiacmeai  lu  avant 
'  ^il^r,  pank  avoir  fait  usage  d'un  exemplaire  de 
'  dihU,  qai  est  peu  catinii. 
'-l/13i  llA*ii~,  Atxmim.,  IU. 
V^145  CuKMsv.M  C«iiM.,  hom.  4. —  Jh  iacompr. 

ftacnOMMAIftB   AFOLOGÉTIQUB.    ti 


Selon  M.  Leironne,  ■  le  plus  granit 
nombre  des  Pères  crut  que  les  eaux  célesltt 
étaient  soutenues  par  le  firmament,  qui  avait 
des  portes  et  des  fenêtres,  car  c'est  ainsi 
que  l'on  interpréta  les  termes  de  cataracte» 
ou  de  fenêtres  du  ciel,  qui  se  trouvent  dans 
la  Gcniët.  ■ 

Ce  n'est  pas  qu'il  soit  précisément  ques* 
liun  de  fenêtres  du  ciel  dans  la  Genite,  ni 
même  h  ma  connaissance  dans  aucun  livre 
de  l'Ecriture  sainte  (SIS);  mais  enGn  comme 
les  psaumes  parlent  des  portes  du  ciel,  on 
a  pu  se  croire  autorisé  à  en  comuléler  l'ar- 
chitecture par  induction.  Quant  a  l'opinion 
indiquée  comme  appartenant  au  plus  grand 
nombre  des  Pères,  il  serait  aosulument 
possible  que  l'opinion  en  eût  été  puisée  par 
ie  critique,  chez  saint  Basile,  à  la  manière 
dont  les  théologiens  novices  prennent  quel- 
quefois, dans  la  Somme  de  saint  Thomas, 
les  objections  pour  la  doctrine  elle-méiue; 
car  saint  Basile  rapporte  k  la  rérlté  celte 
descriplion  d'un  ciel  percé  à  jour  (513), 
mais  H  termine  par  la  traiter  à'enfantillagt 
et  de  rimplicité,  iNuimie...  xsl  «rli;  lunofac. 
Du  moins  saint  Cfarysoslome  ne  coimaissait 
point  celle  doctrine  pour  orthodoxe  et 
obligatoire,  lorsqu'il  affirmait  (51k)  que 
personne  ne  saurait  décider  si  le  mut  eiel, 
dans  la  Genite,  indique  une  voûte  solide, 
on  des  nuages  épais,  ou  un  air  plus  dense 

3ue  le  nôtre;  et  franchement,  on  peu  plus 
e  lecture  des  Pères,  eût  montré  qu'ils  ne 
façonnaient  point  le  firmament  en  une  ma- 
nière de  toit  k  lucarnes,  puisque  les  uns 
(515)  en  font  une  sorte  de  sphère  nuflain- 
mée,  d'aulres  (516],  une  voûte  aérienne 
purement  et  simplement  :  à  l'appui  de  quoi 
saint  Ambroise  (517),  Olympiodore  (51SJ, 
saint  Basile  (519),  et  d'autres  encore,  ci- 
tent Isaïe  :  formavit  ealum  tient  futnum, 
ce  qui  n'est  point  la  leçon  de  la  Vulgale, 
mais  ce  qui  ne  prouve  pas  moins  leur  ma- 
nière de  penser.  D'autres  ^20)  n'y  voient 
qu'une  zone  de  nuages.  Saint  Augustin 
(521)  permet  de  n';  reconnaître  que  la 
région  su|)érienre  aux  tempêtes; auquel  cas, 
son  nom  firmamenlum  lui  serait  donné  par 
opposition  aux  agitations  de  la  région  infé- 
riGure;et  il  loue(5â)  l'idée  de  ceux  qui 
n'eulendaient  par  ciel   rien  autre  chose  que 

Dei  Mfara,  i. 

(515)  Gaafi.  Kvss.,  ffuwM.— Accusv.,  De  Genêt, 
ad  litl.,  I.  u.c.  3. 

|GI6)  Am.,  Bexaem.—Buu.,,  Bexaem. 

(51Tt  Awa.,  Utnunt.,  1,6.  —  Jauui.  Diusc.. 
Or$lM>d.  fd.,  l.  ii,c(. —  SavioiASCS  SbGuu.»., 
De  ereat.,  u,  elc.  etc. 

(SIS)  Oldw.   ap.  HicsTia,  Catena  ia  iiA,  ad  c. 


(510)  TasoDor..:!..  m  Genêt.,  quasi.  11. 1< 

Akaïtâb.  Suuît.,  Uesaem.  —  Cibill.  HiaaosoL.* 

(511)  Âdcdit.,  lu.  imperf.  de  Genêt.,  c.  It. 
(522)  Al-gubt.,  Gtnet.  ad  tilt.,  L  h,  c.  4.  —  U.» 

in  p*.  a,  sera.  î. 

15 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUF.. 


cos 


lu 


les  nues  et  l'air  qui  les  supporte;  (oui 
cennie,  c'est  lui  qui  parla,  nous  disons  les 
oiitaux  du  ciel  pour  les  oiseaux  de  l'air. 

Henri  de  Haïmes  (S23},  âlôve  d'Albert  le 
Grand,  Guillaume  d'Auvergne,  et  le  cardinal 
i^ierre  d'Aill;  (52k)  après  eui,  expliquent 
îea  eataracta  au  ciel,  si  lourdement  inter- 
prétées ici,  par  l'influence  tie  certaines 
«onslellstions  sur  les  pluies.  Et  saint  Cbry- 
si>stouie(!S2S]  avait  dit  positivement  que  les 
«atsractes  du  ciel  ne  sont  qu'une  expression 
figurée  j  saint  Tbomas,  qui  n'était  pas  un 
théologien  du  tiers  parti,  k  coup  sûr,  et  qui 
n'entendait  point  raillerie  sur  les  sentiments 
de  la  œajoriiâ  des  Pères  ou  sur  l'iuterpré- 
tntion  orthodoxe  de  la  Bible,  déchai^  de 
tout  scrupule  celui  pour  uni  le  firmament 
ne  serait  que  la  partie  de  l'atmosphère  oc- 
cupée parles  nuages  (526),  ou  encore  tout 
l'espace  compris  entre  Is  terre  et  les  as- 
tres (SOT). 

Saint  Augustin  (S28},  saint  Chrysoslome 
encore  i529],  et  après  lui  Michel  Glaças  (S30) 
et  Bëde  (&31).  doutent  s'il  faut  voir  dans  la 
création  du  tîrmament  autre  chose  que  le 
rassemblement  des  vapeurs.  Saint  Basile 
(S32}  et  Olympiodore  (533),  dont  il  a  déjk 
elé  tlit  un  mol,  confundenl  le  firmament 
avec  l'air;  el  de  fait,  l'Ecriture  no  parle-t- 
elle  pas  de  ja  route  deCaigle  dam  te  ciel,  elc, 
aussi  bien  que  des  oiseaux  du  eielt  Saint 
Ambroise  (53V}  fhit  venir  le  nom  du  firma- 
ment de  ce  que  Dieu  l'a  élebli,  quel  qu'il 
soit,  d'une  manière  durable;  en  sorte  qu'il 
ne  lient  pas  à  lui  que  vous  n'y  voyiez  une 
loi  du  momie  et  rien  de  plus,  Lar,  lorsqu'il 
explique  à  sa  manière,  comment  les  eaui 
peuvent  être  tenues  en  suspens  sur  le  Br- 
uiaineul,  il  termine  ainsi  (&35)  :  ■  Ce  t(ue 
«  j'en  (lis,  n'est  que  pour  montrer  qu'à  ce 
«  Qu'ob  nous  oppose  nous  avons  des  hypo- 
«  luèses  tout  aussi  probables  à  opposer 
•  nous-nièmes  (536),  ■  etc.  El  il  a  si  peu 
besoin  d'un  toit  qui  divise  les  eaux  supé- 
rieures d'arec  celles  de  la  terre  que,  pour 
eiiiliquer  leur  suspension,  il  se  contenterait 
volontiers  d'un  ordre  de  Dieu»  comme  celui 

(52S)  Comment.  AMma$ar. 

iSU)  Peti.  db  AU.UC.,  panim.  Vide  Sut.  Si- 
mm., Bibl.,  I.  II. 

(RU)  CiKTMST.,  in  Ceaa.,  hom  25. 

l&Vi)  S.  Thom.,  quieat.  68.  a.  I.  <  Potett  iutelligl 
pcr  OrmameiiluiD...  illa  pan  aeris  in  qua  coiiden- 
HblUT  nuttet...  Mcundum  banc  opioionern  nihU 
■Miailur    repufiuns  cuicunque  opinioni.   i  {II., 

(Si7)  S.  TMMài.,  qaxst.  68,  i.  1,  2,  et  qusesi. 
70,  a.  1. 
(598)  AmosT.,  Conf.,  1.  xiif,  e.  52,  etc. 
(8S9)  tiniiosT.,  im  Cent».,  bon.  4. 
(SU)  Glk.,  Âmal.iK  priaeifio. 
miJBKD.,  tfcXMM. 
iSHi  Babil.,  bom.  S. 
(5S3)  OLTvr.,  op.  cit., 
(su)  AjiiB.,  Uexatm.  —  Severianus  de  Gabala 


.,  loc.  cit. 


t»rh  à  peu  pri»  de  niéme.  —  De  ereat.,  or.  S* 

ISUtAna.,  ibid. 

(336)  Ajoutons  CCS  antres  paroles  plus  générales 
de  tt.  AuguMin,  poiirc«iix  qui  croiraient  que  S.  Am- 
biolie  a  ça  peu  d'iroluieurs  dans  ces  coucessipnE  : 
<  Libri  iitiuHin  muliipliciier  quantum  pului  euu* 


qui  sépnra  les  eaui  du  Jourdsindeigni  1^ 
peuple  hébreu.  Saint  Jean  de  DamijjSni 
cile.quatre  ou  cinq  opinions  sur  1i  Ditun; 
du  lirmamonl,  sans  ce  prononcer  ni  pour 
ni  contre  aucune  d'elles;  persatdé  stni 
doute,  comme  saint  Chrysostome[S3B),qu'il 
était  téméraire  de  vouloir  préciser  te  que 
l'Ecriture  entendait  par  le. 

Rupert  (&39J  proposant  son  explicatiou  du 
mot  firmammtum,  op{)Ose  la  deosiié  du 
nuages  d  la  subtilité  de  l'air.  D'antre)  peiH 
sent  que  ce  pourrait  bien  n'ëlre  qu'une 
désiguation  de  l'atmosphère  i  Ile-meme,  pir 
opposition  aux  régions  éibérées;  maiique 
de  fbis  a-t-il  été  répété  par  les  6criTiiiu  ec- 
clésiastiques, que  le  mot  hébreu  rendu  |iir 
firmamenlum  ou  truir^fia,  correspond  i  a- 
paniioa  el  non  h  lOltdiU. 

C'est  assez  de  témoignagejr,  ce  semblt, 
pour  une  seule  question  ;  et  je  ne  m'sndt 
que  pour  n'avoir  pas  l'air  de  les  enlssw. 
On  peut  voirdu  ruïle,  entre  autres,  siiM 
Euctier  (in  Genei.], saint  Jérôme  (^xufinj.l' 
cependant  je  n'ai  rien  dil  de  ceux  qui,  e 
fondant  sur  plusieurs  textes,  et  parliculit- 
rement  d'après  ce  passage  de  VApecalypa 
(5401:  ■  letgrandet  eaux,  ce  lofit  dtipeujita 
RomornifT,»  ont  vu  dans  les  eaux  supérieures 
la  Qiultitudedes  anges (541J.Or,quBndsai<il 
Augustin  qui  A  cru  pouvoir  le  dire  aprti 
d'autres,  semble  revenir  sur  ce  qu'il  tiiil 
avancé  A  ce  si^el,  il  dit  uniquemeDllS^i) 
que  la  ckoee  est  fort  obieure.  Du  reste, il 
reconnaît  fort  bien  le  droit  d'entendre  et 
texte  aulremeni  que  lui,  et  approuve,  comne 
nous  l'avons  indiqué,  l'interprélaiion  de 
ceux  pour  qui  le  firmament  couvert  i'»rl(S 
eaux  n'est  que  les  nuages  flottant  d») 
l'air  (543). 

Que  veut  donc  dire  H.  Letronoe,  lorsque 
décrivant  son  loit  percé  de  fenêtres,  il  •'- 
firme  si  nettement  quo  cette  d itpotittvs f>< 
regardée  comme  la  condition  inditptniabUii 
foule  cosmologie  prétendue  ortkoâoxtî  1'  "c 
dissimule  pas,  i  la  vérité  ,  un  passai^e  de 
Bergier  (544J,  oi)  re  ihëolugien  déclare  mi 
incrédules  que  l'idée  de  transformer  leciel 

deavi  proiulique  sententias,  de  verttii  >d  e»Kii^ 
liouem  nosiram  ebicure  potiliB;  noa  aliqiid  "*a 
lemere  atUmuni  cura  jû^udicio  alleriu»  upui- 
lioiils  fortasse  nelioris,  ui  pro  suo  raodulo  tl>p' 
quisque  quod  capece  poâsit  :  ubi  antem  inicUfp'^ 
'  iiOD  poiest,  ScriplurK  l)ci  det  hnnoreoi,  tiU  ■'■■■^ 
reiD.  I  (Auo.,  De  Cenet.  ad  liit.,  1. 1,  c.  ».)&«!> 
u'est  rien  pourunl,  au  prii  de  ce  qu'il  tlii  w  >i>>- 
IwpréUtino  de  l'Ecriuire  dans  le  Uvne  De  d^i"" 
Chrisiiaaa. 

(S3TJ  Dâxasc.,  OrlAorf.  fid 6. 

(538)CHRn.,i»G(iiH.,  hum.-i.   . 

(539)  Rcpuv.,  tn  Gêna.,  i,  SJL  —  GaK.  S^' 
Bexatm, 

(KiO)Ap«c.  iviii. 

(541)  AiiGtisT.,  L'on/M.,  XIII,  15  ti  SL-Ouon, 
cité  par  S.  Epiphaoe  et  par  S.  Ambr.,  btsta. 
—  S.  Grk.  Ntsi.,  Utaaem,,  etc.,  etc. 
-  (943)  AiwuBT.,  fbiract.  ii,  6.  •  Res  in  abdiHet 
valde.  > 

(243)  AuGDST.-,  Cena.  ad  Hit.,  n,  i. 

(544)  Dicl.  de  ihiol^ù,  arU  Citt  et  Ka*h  m 
par  .la  Bent. 


m  cos  mcTNffcuiRe 

Hi  une  loâla  solide,  recouverts  d'unecoucbo 
i'eaa,  H  perctfa  de  troos,  est  uDe  iOTen- 
lion  qai  leur  aMurtient,  et  dod  pas  k  Uoîse; 
Mit  Bcrgier  puisaDte  éridemment,  mui 
ne  tul-fm  menlion  de  ceUe  réfioiise  du  sa- 
tioi  tbéoloipefi  que  poor  y  ajouter  B*ec 
ene  issaraoca  piqaanle  que  le  doelear  de 
SofbooDe  rmmge  d'un  trait  iê  ptumt,  uuu  y 
mftr,  pTfSpu  iMif  U$  PIreê  tU  VEgtiêe 
^mt  ti  imêréduUt.  Vo  sofboDista  relevé 
n  bit  de  palristique  par  un  archéoloi{u6 
dauz'siède  I  |l  faut  eonveoir  que  la  taysU- 
iaùvfo  est  diTertissaate. 

in. 


•  L'idée  d'un  double  ciel  qui  dinse  le 
■Hiode  en  deoi  compartinienU,  >  dit  notre 
aaieor,  ■  o'sA  que  la  couséqaaace  de  plu- 
•leori  lestes   de    la    Bible   eotuudus  a  la 

teilfe.. La  plupart  des  docteurs  chrdlieiu 

tK(ilti|aaiil  littéralement  les  eipressions  de 
deux,  de  del  des  cieux.daos  plusieurs  pas- 
■afes  (les  livres  saints crurent  i  l'exis- 
tence de  plusieurs cieui.  >Et  ailleurs:aLa 
divisioii  domonde  en  deui  eotnpartimeuts 

Od  deas.  étages, paratt  (5i5}  atoir  élé 

•>:oplée  assez  géoéralemeul.  *  A  quoi' on 
lioute  qoe  lea  Pèies  ne  se  soûl  pas  bornés 
■«  nonibre  de  deui;i--equi  pourrait  déji 
faire  pr^aKer,à  celui  dont  le  parti  ne  serait 
pat  pris  d»ance,  que  la  Bible  n'était  pas 
pour  lea  écrivains  ecclésiastiques,  l'unique 
iource  du  «fatème  cosniograpfaique,  ni  res- 
ponsable par  cooséqnent  de  toutes  leurs 
«octriaes  coaoïologiques  d'autant  qne  H 
Lelroone  bous  bit  voir  peu  après  que  la 
Honlilé  des  ciaux  et  leur  disUibulioo  est 
toe  à  Pbilolaûs.  Ajoutez  que  (toujours 
l'ipréa  H.  Latronne)  le  sens  littéral  pant- 
inii  n'avoir  été  obligatoire  que  dans  les 
iiTres  de  l'Andeo  Testament ,  puisque  la 
koïkièma  ciel  dont  parle  saint  Paul  necon- 
tnint  point  saint  Augustin  (5U)  à  admettre 
■a  troisiinM  compartiment.  Saint  Augustin 
tet>eiidaiit  avait  été  cité  (M7)  comme  un  ri- 
giiJe  partisan  de  l'interpréialion  littérale  en 
i«l>it  de  la  raison. Mais,  enadmellanimème 
iTuu  cieux,  tes  saints  Pérec  eussent  marché 


APObOGEIIQDE.  COS  Mt 

è  la  suitede  Pjtbagore  (5t6)  auUnt  que  aur' 

les  pas  de  Moïse. 

J>u  reste,  les  saints  Pères  (519),  et  saint 
JérAme,par  exemple,  savaient  fort  bien  que 
le  mot  hébreu  qui  désigne  le  ciel  ou  [es  cieux, 
si  l'on  veut,  n'a  point  de  singulier,  et  peut 
signifier  entre  autreschoses:/Meauf  jup/- 
n'eur^f,  comme  qui  dirait  ta  région  detnuaga. 
Mais  il  ^  a  mieui,  c'est  que  l'idée  (Tun 
double  ciel  est  exclue  en-propres  termes  par 
saint  Cbrysoslome  (550) et  par  saint  Grégoire 
de  Njrsse  (551],  lequel  même  regarde  le  Sr- 
.mament  (la  plafond  de  M.  Letronne  (5Û) 
comme  étant  tout  uniment  une  désigoatio^i 
du  point  oiï  la  matière,  alteiguaal  son  plus 
baul  point  de  rarébction,  cesse  d'occuper 
l'espace,  et  il  qualifie  toute  autre  opinion  de 
philotophit  étrangère  (5531.  De  même,  pour 
Procope  de  Gaza  (554).  Saint  Chrjrsostome 
est  si  loin  de  lire  dans  l'Ecriture  la  pluralité 
des  cibux  on'il  reproche  {555J  h.  ceux  qui 
l'aQlrmeat  de  construire  le  miinde  à  leur 
bnlaisie.  Selon  saint  Justin  martjrr  (556), 
«  Moite  ne  parle  ni  d'Hit,  ni  <U  deux,  Rt  de 
pliuieurt  cietu.  » 

Je  suis  bien  trompé  si  ces  manières  de 
s'exprimer  de  la  pari  de  saint  CbrjrsostoiDe, 
de  saintGrégoire  de  Njsse,  etc.,  ne  prouvent 
pas  è  elles  seules  q^ue  la  pluralité  oes  cieux 
n'était  point  enseignée  par  la  plupart  de* 
doctenrschrélieflS.D'eilleurs,t  début  même 
de  la  valeur  qne  j'alliibue  kees  témoignages, 
on  compreodaisémenl  que  tous  ceux  dont 
j'ai  rapporté  la  bçoo  de  penser  au  sujet 
du  firmament  ne  réclament  poiutlt plafond 

3ue  leur  construit  M.  Letronne,  et  ne  lieu- 
raient  tout  au  plus  qu'à  un  toit,  e'est-à-dira 
pas  plus  d'un  ««I,  pour  mettre  les  choses  ■ 
au  pire  (557].  Quant  aceux  qui  auraient  en- 
seigné la  pluralité  des  cieux,  saintGrégoire 
de  Njase  (558}  et  d'antres  avec  lui,  Jei^  ei- 
plîquenl  d'une  manière  qui  n'est  point  ri- 
dicule du  tout,  en  disaal  que  le  raot  ciel, 
dans  l'Ecriture,  indique  une  région  distincte 
(et  non  pas  un  plancher),  c  est-à-dire,  le 
théâtre  d'un  ordre  de  laits  physiques  spé- 
ciaux, en  sorte  que  les  cieux  distincts  se- 
raient autant  de  sections  idéales  dn  monde, 
correspondant  chacune  à  des  séries  de  phé- 
nomènes euigenerie. 


iTtiâ)  pMiA.  OseUf  nooesbe  après  Unt  ée  re- 
cWtcJm*!  bu»  aussi  quelle  cviviescendance  après 
ue  aSmatitM  pure  M  (imfiie  !  Tuuleroii  j'oMnîa 
<j^  et  Mcalectraradironi,  je  pense,  avec  moi,  qoe 
cd>  ae  pa«ii  pas,  an  atma%,  coume  conséquence 
ttfEcriiMre. 

'  'A6}  S.  ABfiistÎB,  dlé  du»  ce  même  irticle  de 
a  Bam*  cl  â  ce  profHW,  p.  ttU.  Le«  Béaédictio* 
JmI   b  mbae  remarque  pour  S.  ChrjrtOMiHac,  in 

^7)  Alt.' de  U  Rmm.  p.  604,  603.  —  U  CD  sera 
t^\e  ^tm»  bat. 

(^Wl  Pwnics.  BAL,  c.  £49. 

i^iSj  s.  C«siMfST.,  i>  Cent!.,  bom.  4.  —  Taio- 
UMK.f,  m  Gaut.,  qucsi.  11. 

.i:-Af  CmiMMT.,  ia  C«a.,  4. 

<^^liGau.Ntka.,CMUr«fwuM»ai,  or.  IX,  etc. 

.-.».PH-6I5. 

:'..â3j  CsKC.  Niu-,  Baotm. 


(554)  Paocop.  Cu,  i*  Gt*et. 

(555)  CaaiMMT.,  i«  Qent*.,  m. 

(566)  JcsTis,  QnœU.  ad  orUmlextiê,  quxsi.  37. 

(551)  Comme  oeut  qui  n'ou  point  vu  l'arlide  da 
H.  Leironne  imagioeraienl  dimcilement  ce  que 
TÎcnl  Taire  ici  ou  pla/oM^,  quoique  noas  ayons  *a 
déjï  éuUir  un  toti  à  latine*,  je  leur  rapporterai 
rrapoié,  aUribué  aoi  Pèrea  dans  le  d*  delà  Btmu 
que  j'eiamine.  i  Seteriaiuu  it  Cabata  (nous  Ter- 
rons plus  lard  ce  que  c'était  que  ee  saint  père)... 
compare  U  monde  à  mc  maitoit  â  double  éloge,  doot 
to  une  terait  U  reii-dt-chauttie  ;  U  ciel  ûiurieur... 
U  plafoMd  et  U  ciett%pérûmr  U  toit.  >  {Home,  f. 
615.)  Cda  étant,  qui  oserait  se  joindre  de  ce  qu'oa 
a  percé  des  fenêtres  dans  ce  totll  Aussi  bien  on  les 
reirouverail  peut-être  dans  quelque  docteur  auui 
imposant  que  Sévérianns. 

^558)  Gaec.  Niss.  Bexotoi. 


'  Pour  établir  ce  qu'il  allribue  &  l«  plupart 
dm  Pères,  au  sujet  de  la  pluralité  descieui, 
l'arlicls  de  la  Sevue  citait  Baban  Haur  et  le 
Vénérable  Bède,   lesquels  d*>   reparaissent 

Elus  après  cette  mise  en  cause.Uais  puisque 
èiie  trouvait  place  dans  cet  ei posé  de  la 
eotmalogie  orthodoxe,  pourquoi  ne  lui  ac- 
corder qu'une  place  si  étroite,  et  ne  parler 
nullement  de  son  véritable  mérite  scien- 
tifique? II  n'eût  pas  été  hors  de  propos,  dans 
l^naiyse  de  la  cosmograptiie  adoptée  par  les 
docteurs  cbrétieos,  dé  nous  apprendre  que, 
sdon  les  éléments  de  philosophie  qui  por- 
tent le  nom  de  Bède,  le  passage  de  la  Gtniie 
OÙ  il  est  question  des  eaux  que  Dieu  suspend 
au-dessus  de  la  terre,  est  expliqué  par  l'é- 
vaporation  qui  forme  les  nuages  dans, l'at- 
mosphère; que  le  docteur  de  la  Grande- 
Bretagne  enseignait  la  sphéricité  de  la  terre, 
et  parait  avoir  soupçonné  l'influence  de  la 
lune  sur  les  marées  {559J.Si  je  signale  celte 
omission,  c'est  que  le  choix  des  passages 
empruntés  aux  Pères  (560),  par  M.  Lelroune» 
nie  parait  fait  à  charge,  sans  mention  de  ce 
qui  pourrait  ètrek  décharge;  d'où  il  résulte 
une  espèce  de  factum  coutre  les  Pères,  bien 
plus  qu'un  tableau  de  leurs  opinions  cos- 
mographiques. 


Ce  que  j'ai  dit  de  Bède,  et  du  plan  du 
monde  attribué  aux  saints  Pères,  me  con- 
duit k  l'idée  que  les  docteurs  ecclésiasti- 
ques ont  adoptée  sur  la  forme  de  la  terre 
et  des  cieui.  La  connexion  de  ces  opinions 
ne  permet  pas  qu'on  les  sépare  :  si  pour 
ces  écrivains  le  ciel  était  un  toit,  et  la  terre 
un  r«x-de-<^ausséti,  le  ciel  n'avait  k  faire 

?[ue  de  le  couvrir  et  k  représenter  tout  è 
iitune  toiture.  En  efl'el,  c  ih  concevaient 
tei  deux  comme  dei  hémiiphirH  concentri- 

£ttt  qui  venaimt  l'oppuyer  Mur  la  terre,  > 
a  note  ici  nous  cite  pour  autorité  c  teg 
naniehéem  »  (sic).  Je  ne  crois  pas  que  M. 
Letronne  compte  les  manichéens  parmi  les 
saints  Pères.  Que  veut  doue  dire  cette  note T 
Pour  moi  j'avoue  qu'elle  m'a  coofondu.Mais 
nous  pourrons  reparler  des  autorités  invo- 
quées par  notre  auteur,  Ce  qu'il  y  a  de  clair 
BU  moins  dans  le  texte,  c'est  que  les  Pères 

(S5&)  LuKiBD.,  Anliquitiet  of  the  Aagio-Saxon 
eIntTth.,  e.  IQ,  J  aime  mieux  renvoyer  i  l'édition 
aagtiitc,  syiDt  remarqué  pins  d'une  fois  quelques 
sappreBiiom  et  des  inexacUtudes  dans  la  iraductioD 
française.  Voici  le  passage  de  Bède  sur  les  ma- 
rées :  Ttmq*am  t«nœ  ipiti%ulam  MpiralioiiiftiM  tii- 
«tiai  prolrahalur  (Oceanus),  et  iierum  ejutdem  ei 
ceuaiUt  in  frapriam  memuTaig  refiindatuT. 

(560)  En  les  tenant  tous  pour  valables  :  car  je  ne 
mesuii  point  occupé  i  les  recliercher,  de  peur  de 
paraître  diaputer  sur  des  mois. 

(Sttl)  Il  appelle  le  ciel  en  touies  leUres  une  tphère. 
De  onHoéox.  pd.,  n,6,et  plus  bas:  Sphéroide; 
plus  iMS  encore  :  de  figure  iphirique.  El  il  rapporte 
UhiI  cela  comme  doctrine  reçue ,  tandis  qu'au  sujet 
des  partisans  de  rhémispbéricilé,  il  a  dit  :  rf'aulrci 
imr  tmaginé  iputeciel  n'eiail  ^a'ime  voûte, 

(S6SJ  AcsnsT.,  Geate.  ad  bit.,  ii,  9,  le  chapitre 
tout  entier. 

(5«3)  UiEKONTM.,  tn  Ita.,  1.  li,  c.  40. 


:  APOLOGETIQUE.  C08  t(| 

n'ont  point  voulu  d'un  cie)  qui  fût  autn 
chose  qu'un  hémisphère,  ouquelqaecbose 
comme  cela.  Quant  k  la  terre,  ceat  sn« 
base,  un  plan;  bors  de  lè  point  de  siluijg 
D'sttribue  point  b  l'écrivain  ce  qu'il  n'a  pij 
dit;  voici  ces  paroles:  Ce$  ^tranga kypt- 
ihêees  te  réuniiiaienl  toutet  dan*  Cexttmn 
formelle  delà  rondeur  de  la  terre.  Sainl  its- 
gtutin,  Lactanee,iaint  Baiile,iaint  Ambrùùt, 
Maint  Justin  martyr,  eaint  Jean  Càryioilmt, 
»aint  Cétaire,  Procope  de  Gaia,  SxeTimu 
deGabala,  Itiodore  de  Thartt,  etc.,iuper-  l 
mettent  pat  que  le  vrai  chrétien  conitm  Û- 
dtstuM  le  moindre  doute.  ' 

Mais  saint  Jean  de  Damas  le  permel  (561) 
et  avec  lui  bon  nombre  d'autres  eucore.Ei 
quand  saint  Augustin  semble  repoussercelle 
doctrine,  il  déclare  qu'à  son  avis  (5^ 
l'Ecriture  ne  se  prononce  point  li-desm 
Où  donc  aurait-il  pris  l'idée 'd'exiger  um 

Jirofession  de  foi  b  ce  sujet  7  Saint  JérAoït 
axe  d'ineptie  (563)  l'interpréta  lion  de  ceot 
qui  prétendent  fonder  sur  l'Ëcrilure  ssinit 
1  faémispbéricité  du  ciel,  en  le  réduisanl  1 
n'être  qu'une  voûte  (le  toit  aoi-disanl(K- 
thodoxe}  de  la  partie  que  nous  habitons. 
Saint  Jean  de  Damas,  comme  je  l'ai  fait  re- 
marquer, parait  faire  très-peu  de  casdeli 
doctrine  orthodoxe  dans  son  livre  de  la[»i 
orthodoxe.  Saint  Ambroise  n'est  pas  auuî 
exclusif  qu'on  ledit  :  il  se  contente  deciler 
quelques  textes  de  l'Ecriture,  et  aioaleque 
le  reste  n'a  que  faire  dans  l'enseigoeiueBi 
ecclésiastique.  Saint  Justin  (56fc)  dunnede 
son  opinion  de  fort  mauvaises  raisons,  où 
l'Ëcriture  n'entre  pour  rien  absolumeni. 
Sainl  Basile  (565)  fait  allusion  au  sysUou 
de  Ptolémée  san.«  l'anathématiserBucaDe- 
ment;  si  bien  qu'il  y  accommode  l'int«- 
prélation  d'un  passage  de  la  Bible.  Et  nui) 
nez-vous  aux  cilationsl  Saiiit  Anselme  (56G) 
dit  en  propres  termes  que  le  ciel  est  s^lié- 
rique  ;  et  s'il  eût  voulu  s'appuyer  pour  cela 
sur  les  Pères  et  les  docteurs  qui  l'avaient 
précédé,  il  eût  pu  citer  saint  Clément  Psf» 
(567),  saint  Grégoire  de  Nazianie,  siiol 
Hilaire  (568),  saint  Ambroise  (569)  qu'on 
nous  oppose,  sainl  Jérôme  (570),  saint  Au- 
gustin \yii),  qu'on  nous  représentait  encore 
comme  intraitable  en  ce  point;  BèdejSlij. 
etc.,  etc.  Je  crois  que  cela  petit  suflire  (SJ^- 
(561)  JcsTiit,  qoxst.  58,  ad  Orlhodos. 
(5G5J  BjtsiL. ,  Comnenf.  m  Ita,  xiii. 
(566)  Anbelh.,  De  im,  Mtnd. 

iSniS  Clek.  Rom.,  Rtcogmt. 
S68)  HiLAB.,  jn  pi.  cxxxv. 
S69)  AasHvs.,  in  pt,  civm,  13. 
5701  HiEsONTH.,  m  ha.  I.  xi,  c.  40.  —  Ih  tpùl. 
ad  Evhti,,  ].  n,  c.  3,  etc.' 

(S71)  AiiGusT.,  M  M.  cm.  —  i>e  Genêt,  ad  ha., 
1.  1,  c.  10;  1.  II,  G.  9. 

(51ï)  Bed.,  De  Créai.,  6  dier.  —  De  nalKrart- 
mm.  —  De  fetnporum  ratione.  t  Orlwm  terne  dici- 
mus,  non  quod  absoliite  orbis  sit  forma  la  lanli 
moDLium  camporumqnedisparilate-,  sed  cuju»!»- 

Elexus,  si-cuncia  linearum  comprehendantur  an- 
itu,  Uguram  absolut!  orbis  efficiait.  (Âp.  LiMiu. 

(573)' Je  trouverais  peul-éire  Uen  k  citer  S.  Cé- 
saire,  indiqué  comme  formellement  conlrairc,  tuais 
je  n'ai  poial  ses  Œuvres  sous  la  main. 


DICTIONNAIRE  APM.OCETIQUB. 


COS 


4M- 


Riceiolt,  auquar  on  ne  conteslera  pas, 
«rleï,  une  coannissaoce  iràs-passabla  de  la 

ismograpbie  des  Pares*  n'y  irait  point 
.rouTé  de  consentement  unanime  sur  l'ex- 
•Juion  formelle  de  ta  rondeur  de  la  terre  ; 
:u  Toici  ce  qu'il  en  rapporte  mh\  :  c  L» 
ttmbre  des  Perte  qui  ont  admit  latphéricité 
h  ciel  et  de  la  lerre,  eit  de  beaucoup  le  plue 
jnitd.  »Et,  sur  l'etistence  des  snlipodes, 
iliioQte  plus  bas  que  les  saints  Pères  ne 
uot  point  d'accord  pour  la  nier  {&75),  et 
lue  ceux  qui  la  nient,  n'empruntent  uotnt 
it  Ecriture  leurs  moyens  de  preuTe  (576). 
9rscontiu8  (S77),  poëte  cbrétien  idu  tu* 
ôëdc.  qui  se  proposait  pour  thème  de  ses 
i«Ts  le  râeif  tie  la  création  dans  fa  Genèse, 
ctoysil-il   la   terre  plate,  quand  il  a  écrit  : 

Eiûnr  terra>-< 

Et  ioliduite  globo,  gravior  per  «mu  pependill 

Or  TouTraçe  de  ce  pnële,  loin  d'encourir 
l'iDimadTersion  des  théologiens,  fui  publié 
fit  un  éièque  de  Tolède. 

Je  pense  aroir  Iriiiié  les  principaux  griefs 
(nitnognpfaiques  de  H.  Lelronee  contre  les 
tins.  Pour  la  forme  un  peu  légère  de  son 
rclEié,  elle  ne  fait  pas  plus  l'objet  de  ma 
eriiiqu^  une,  par  exemple,  la  discussion  sur 
Uloulile  occupée  par  les  anges;  attendu 
((u  aucon  eetmotogitle  ne  sera  gêné,  je  crois, 
(«arletir  ptacemeni,  et  que,  d'après  le  sa- 
nol  tcadémicieo  (578),  ce  qu'il  en  rapporte 
n'jaualorisé  parsocun  texte  de  l'Ecriture, 
/.'uniquebose  qui  importe  désormais  ft  la 
qtia[iat,iesi  de  saroir  jusqu'à  quel  point 
/eicnmnpins  ou  moins  nombreuses  des 
Pèm  ur  la  cosmographie  peuvent  les 
cturfuta  tant  que  docteurs  ecclésiasli- 
qun.  If.  Letronne  l'a  bien  senti  quand  il 
*  «U  tut  efforcé  de  ramener  leurs  erreurs 
i  D'Ara  qu'ooe  interprétation  de  l'Ecriture. 
Cragaedanale  fait  parler  d'une  cosmo- 
jtnjibiedes  docteurs  chrétiens,  sans  le  soin 
de  moDIrer  que  leur  doctrine  physique  ait 
éU  la  coDséquence  de  leur  doctrine  reli- 
^euK,  Serait  tout  aussi  ridicule  que  le  pro- 
iel  d'inerimiDer,  par  exemple,  le  corps  des 
DiédeciDJ  pour  les  bérues  historiques  ou 
pfailolo^ques  échappées  à  ceux  de  leurs 
confrères  i^ui  se  sont  occupés  d'hislOire  ou 
dapliilolugta  (679).  Notre  auteur  n'est  point 
ntoitiTisé;  il  va  droit  au  fond,  etsonbut 
e^lbiea  ce  qu'il  derait  £tre  pour  sauver  yoa 


titre  du  ridicule  ou  de  la  niaiserie,  savoir  : 
de  montrer  que  les  erreurs  des  théologiens 
en  cosmographie  sont  nées  de  la  théologie. 
Seulement  qu'il  se  soit  proposé  de  le  prou- 
ver et  qu'il  l'ail  prouvé  réeriement,  ce  sont 
deux  choses,  et  nous  allons  chercher  s'il  ar 
réussi.  Discussion  dont  il  pourrait  bien  ar- 
river pour  conséquence  qu'au  liée  qu'il 
follût  interdire  la  cosmologie  aux  théolo- 
giens, il  fallût  plutât  interdire  la  théologie 
aux  antiquaires. 

Supposons  que  je  n'aie  rien  prouvé  jus- 
qu'à présent  contre  M.  Letronne,  il  en  ré- 
suKerdit  tout  au  plus  que  la  maiorilé  de» 
ssinls  Pères  s'est  tristement  égarée  dans  les 
questions  de  cosmologie.  Je  nen  conviens 
pas,  comme  on  le  voit,  et  je  ne  pense  pas 
qu'il  n'y  ait  pas  lieu  d'en  douter  pour  le 
moins,  après  ce  que  j'en  ai  dit.  Mais  enSn, 
admettons  qu'il  n  y  ait  rien  de  fait,  s'ensui- 
Trait-il  quelque  chose  contre  )a  théologie 
on  l'orthodoiie  telles    qu'ils  l'entendaient 

S80)Tje  n'en  crois  rien.  Comment  cela? 
.  Letronne  ne  dit-il  pas  que  tous  ces  bi- 
zarres systèmes  avaient  leur  source  dans 
l'opinifltreté  à  suivre  Moïse?  ■  Tout  cela 
tirait  sa  lorce  principale  de  l'autorité  des 
saints  Pères,  qui  se  persuadèrent  que  la 
seule    cosmographie  possible    était  celle 

qu'ils  trouvaient  exposée  dans  la  Bible » 

■  Il  faut  convenir  que  si  les  phénomènes 
naturels  n'étaient  pas  là  pour  contredire  le 
texte...  l'explication  que  les  Pères  donnent 
de  ta  Bible,  et  les  conséquences  qu'ils  en 
tirent,  seraient  également  incontestables, 
etc.,  etc.  ^1).  » 

Je  conviens  que  la  JltetM  dît  cela  ;  maïs 
elle  dit  aussi  le  contraire.  J'ai  même  à  choi- 
sir entre  plusieurs  réponses  qu'allé  m'offre. 
Commençant  donc  par  profiler  du  secours 
qu'elle  me  prête,  j'indiquerai  d'abord  quel- 
ques-unes seulement  des  réfutations  qu'elle 
me  fournit. 

c  !■  Les  Pères  établissaient  absolument  la 
nou-sphéricité  de  la  terre  {S82).  —  D'autres 
pourtant  (quoiqu'on  ait  dit  que  lee  hj/i>o- 
thint  le  reuniëtaiemt  toulei  dme  l'exeluiion 
formelle  de  ta  rondeur  de  la  terre)  souf- 
fraient que  la  terre  fût  ronde,  pourvu  qu'il 
n'y  eût  point  d'antipodes  (583).  —  belon 
auelques-uns,  la  forme  de  l'univere  doit 
être  celle  d'une  grande  caiue  une  foie  plut, 
longue  que  large  (SSi).  —  Vna  tort*  de  granA 


(STl)  Ricciot..,  Atmagetl.,  I.  il,  WCt.  4,  C.  38, 
<lT.  I  Halto  plnrea  aunt  palrei  qui  C<eli  ac  terr» 
rM«BdiuiaD  sgnoTerunt.  > 

(STS)  Yffesj.g.  GiEC.  Ntu.,  m  Cantie.,  or.  10. 

fj'S)  Voy»  aussi  h  leKre  de  S.  Clément,  publiée 
i  IwM  es  18M,  par  Vabbi  Graibai,  n.  121. 

(5TT]  DucMT.,  HtxaeiH.,  éd.  Carpzor. 

|9TS)  article  d*  la  Bevne,  p.  619. 

|S79)  ruvrei-vous  l'effel  que  produirait  un  ar- 
Wi  iaiilBlé  :  Sur  lei  opinioat  philologiqiut,  ou  hû- 
*"iUK)  ia  médeeiiu;  pfailoiopliiquei,  à  là  bonne 
MkI  parée  ^H  les  recherches  médicales  peuTeut 
'■«Hroecasion  de  raisonner,  et  partant,  de  dérai- 
■*<•«  wr  la  i^iiloaophie.  Hais  tout  ce  qui  n'est 
f*«i  lié  aai  études  de  la  professinn  ne  peut  re- 
'■Ifecr  qw  sv  Tindividu  qui  s'y  fourvoie,  cl  uor 


sur  la  profession  quil  exerce.  Je  ne  ne  suia  étendit 
sur  cette  remarque  que  ponr  faire  eomprendre  con>- 
ment  un  tableau  qai  semblait  n'appartenir  qu'à 
rbistoire  littéraire,  est  nécesgalremeni  dAvenn  une 
question  d'exégèse,  sansqu'il  faille,  peur  l'en  rendr* 
compte,  supposer  dans  son  auteur  un  partipri» 


d'hosiililé  contre  l'Enlisé.   Les  questions  ont  un« 
force  logique  qui  leur  est  intrinsèque 
duil  les  jjommes,  fût-ce  i  leur  insu. 


(58S)  P.  602. 

(5U)  Vous  remarqBerei  qpe,  d'abrès  la  Bnme 
(p.  604),  on  iw  souffrait  pas  que  le  Bdclc  se  permit 


iCT 


MCTIONnxiRE  APOUtCETIQDB. 


COS 


toffre  oblùnç  (585).  Selon  d*«otrM,  c'était 
ettie  d'un  aufeoupé  par  moitié,  prrptndicu^ 
lairemtHl  A  ion  grand  axa  (586],  etc.,  etc. 
Tout  cela  découle-t-il  de  l'inlerprétAtion 
littérale,  el  Moïse  doil-il  être  char^  de  ces 
eoainologics  si  discordantesT  Notes  que  je 
m'en  réfère  uniquement  ici  k  mnakuteur; 
car  si  je  voulais  tenircompte  de  ce  quej'ai 
rapporté,  il  en  résullemit  que  (toujours 
d'sprès  UOIse*  puisque  les  ssinli  Pères 
n'ont  eu  garde  de  s'en  départir,  nous  dil-on) 
la  terre  est  une  sphère,  el  elle  est  un  grand 
plan;  les  cienx  sont  solides,  et  ils  ne  le  sont 
point  ;  Ils  sont  bu  nombre  de  neuf,  el  il  n'jr 
en  a  que  trois,  ou  même  deux,  et  enfin  jus- 
qn'i  un  seul  (!187},  etc. 

2*  et  3*  Quantités  d'opinions  cosmologi- 
auas  des  Pères  araient  leur  source  dans 
1  interprétation  allégorique,  el  toutes  étaient 
(t'sJlleuri  d'Origine  grecque,  sans  en  excep- 
ter une  seule.  Je  rapporterai  quelques-unes 
des  phrases  de  H.  Letronne,  pour  ne  pas 
être  incroyable....  «  Ces  auteurs  ne  le  cé- 
daient pas  beaucoup  sur  l'article  des  allégo- 
ries è  d'autres  docteurs  qui  en  araient  puisé 
le  goflt  chei  les  Alexandrins  (588).  >— Plu- 
sieurs Pères  refusèrent  de  s  «tlacber  i  la 
lettre  de  ces  textes  (589).  —  «  Cette  manie 
d'interprète  lion  ajmbolicine  gagna  lesltièo- 
logieus  du  moyen  âge  (890),  etc....  ■  Voilli 
pour  l'interprétation  allégorique  ;  voici 
maintenant  d  autres  passages  qu  il  s'agirait 
de  concilier  avec  cenx-lb.  a  Les  Pères,  for- 
cés tout  h  la  fois  par  le  sens  de  certain  dea 
jnots,  el  l'ascendant  d'nne  conviction  pro- 
fonde, croyaient  ne  pouvoir  hésiter  sur  les 
conséquences  de  l'inlerprélation  littérale  ; 
lia  fermaient  lea  yeux  sur  leur  absurdité; 
ce  qui  était  écrit  devait  être  vrai  ;  tant  pis 
pour  Ib  raison  humaine  (59fJ.  •  —  «  Saint 
Augustin  (K93)  ne  se  dissimulait  pas  com- 
bien cette  disposition  était  contraire  aux 
plus  simples  notions  du  bon  sens,  mais 
oomme  elle  était  pppu^ée  par  des  testes 
dont  le  sens  littéral  lui  paraissait  le  seul 
admissible,  etc...;  car,  ajoute-t-ij,  toute  la 
capacité  de  l'esprit  bumain  doit  céder  k 
t  autorité  de  l'Ecriture,  Ce  seul  mot  expti-  ' 
que  et  excuse  tant  d'aberrations,  »  etc.,  etc. 
Le  moyen  d'arranijer  tout  cela,  H  faut 

de  Miipconner  que  la  terre  pfli  £tre  spbériqoe,  et 
qne  ('M.),  k  prendre  la  Bible  pour  autorité,  il  ii'é- 
ûil^t  pouible  de  rien  répliquer  dang  le  TaiL  Ce- 
pendant rcDiarquei  encore  ceci  {p.  62t!J  :  Ceux  du 
ekrilka*  fM  pcriuidimi  à  croire  que  l'Ecriture  n'é- 
Uit  fwfRl  eoHtraire  an  tgttèttu  dt  Piolimée  expli- 
fMÙW  ntt  faeitUi  dam  ttur  tent  Ut  lextet  de  /'£- 
triture...  Jt$  g  Bogaient  la  lupEniion  de  la  terre... 
e'e*l-i-dirg  tnnmobUM  d'tuu  tphèfe  igaUmeitt  tol- 
iiciUt  dé  louie*  paru.  J'ai  pu,  comme  on  voit,  me 
contenter  d'une  vingtaine  de  testes,  puisque  H.  Le- 
ironoe  eu  si  traiulde. 

(S851  P.  608. 

I8W)  P.  609. 

<S87l  P.  «2S. 

(588)  P.  609. 

|589)  P.  616. 

<S90)  P.  609. 

(801    P.  60S. 

(t&ii  II  fani  avouer  que  M,  Letronne  joue  de 


opter  entre  des  impulalinni  contndicioi* 
res;  si  la  mejorilé  des  Ihéoiottienii'aniîni 
toujours  à  l'interpréta  lion  liiiëritifl  (ce  qut 
je  n'examine  point,  mois  ce  que  l'on  situais 
(593),  faut- il  les  faire  responsables  d'une 
cosmographie  basée  sur  l'interprélatioml- 
légorique  i  laquelle  on'  consacre  une  li 
grande  partie  de  rarlicleTQiiB  si  l'iulerpri. 
talion  allégorique  a  dominé  (59^,  ou  la 
moins  si  cest  elle  qui  a  causé  les  ploi 
^rendes  absurdités,  ou  des  absurdités  queU 
eonques,  faut-il  s'en  prendre  i  la  Bible  de» 
qu'ont  dit  ceux  qui  s'en  écarlaieni  i  leur 
gréî 

k'  UAme  difBculté  pour  accorder  ce  que 
l'OD  avance  sur  les  sources  où  étïienl  pui- 
sées les  idées  cosmologiques  des  théolo- 
giens. Dans  les  premières  pages,  le  fagie 
en  était  su  parti  pris  de  trouver  la  scienn 
toute  faite  dans  la  Genèse;' puis,  comme 
pour  enlever  aux  Pères  de  l'I^lise  le  mi- 
rite  de  l'invention,  on  montre  lenr  cosido- 
graphie  en  entier  dans  les  euseigncmeiii] 
des  vieilles  écoles  grecques.  Le  lecteurdin 
ai  j'y  mets  du  mien.  ■  Il  fut  un  temps...  oH 
toutes  les  sciences  devaient  prendre  leur 
orii;ine  dans  la  Bible.  C'él«il  la  base  uDJque 
sur  laquelleon  leurpermetlaîtdes'éleier... 
Les  sciences  avaient  leur  point  de  départ 
fixé  et  déterminé,  et  l'on  tragait  autour  <I« 
chacune  d'elles  un  cercle  d'où  il  leur  était 
interdit  de  sortir,  sous  peine  de  tomber  i 
riostant  sous  la  redoutable  censurv  d« 
théologiens,  quîavaient  toi^ours'au  serti» 
de  leur  opinion,  bonne  ou  mauTaise,  trois 
arguments  irrésistibles,  la  persécution,  li 

frison  ou  le  bûcher.  Ces  obstacles  que 
esprit  scientifique  rencontra  dans  touUe 
moyen  fige,  et  qui  retardèrent  si  longtempi 
les  progrès  des  sciences  d'observation,  li- 
raient leur  force  principale  de  l'autorilé  dn 
saints  Pères.  Ceux-ci  s'étaient  persuadéi 
que  la  seule  cosmographie  possible  était 
celle  qu'ils  trouvaient  exposée  dans  la  Bvbte, 
et  que.,.,  toutes  les  paroles  de  Moïse,  ins- 
pirées par  l'Esprit  divin,  devaient  offrir  le 
reflet  de  l'éternelle  «agesse  ^695).  »  —  ■  Ce 
n'est  vraiment  qu'à  l'aide  des  interprétations 
les  plus  forcées  qu'on  peut  voir  datis  It 
texte  de  la  Bible  autre  chose  qu:  ce  (\a'l 

malheur  dans  ses  citations.  Leurré  ici  par  une  pe- 
tite phrase,  il'  s'empare  de  S.  Augustin  ;  et  c'était 
précisément  S.  Augustin  dont  il  ue  Tatlait  pai  pro- 
noncer le  Dora  dans  cette  cause  malenconutuv  ; 
car  est-il  si  mince  commençant  en  théologie  qoi  nt 
sache  qu'un  texte  de  l'Ecriture  devient  entre  ks 
mains  de  ce  docteur  ce  qu'on  n'eftt  jamais  toii|è 
i  y  voir.  S.  Augustin  transforme  en  an  rigide  par- 
tisan de  l'inlerprétation  liltéralel  vraiment,  on  k 
pouvait  pa&  mieux  tomtier  pour  nous  faire  voir  m 
qu'est  un  savant  quand  il  sort  de  sa  apbére. 

f593)  P.  618,  im,  603,  604,  60S;  etc. 

(591)  Au  roud,iln'«fil  pas  douteui  que  les  SS. 
Pères  et  les  inlerprèles  orthodoses  de  la  Bible  s'xr 
cordent  généralement  i  préférer  rinierprétalion  ta 
pins  simple,  mais  ï  conciJlion  qu'il  n'y  ait  point  <0 
raison  pour  s'en  départir,  et  qne  le  teste  éOr*  réel- 
lement un  sens  clair.  Est-ce  le  cas  pour  le  picuiii' 
chapitre  lie  la  Cen^tr.* 

(595}  P.  601, 601. 


DKTIONMIRE  APOUKETIOUE. 


COS 


^  V  ulttPèrss  (SM),  »  etc.  J'ai  d^ï  rsp- 

^lA  précétlemmeDl,  et  j'flHraJs  pu  njoHter 

ui[i->rep)us)eurs  paisages  qui   répètent  la 

itocK  «  assertioa  avec  UD  ion  d'aRîriaalioD 

lie      l'on  appréciera  quand  on  aura   tu  la 

tnt  v-a-partie  dans  l'auteur  luï-mème. 

<  MLe)  Pères  étaient  presque  à  leur  insu 

YT  i   lous  l'infloenee  des  opinions  populai- 

tf  ciBi  domioaient  encore  les  esprits  mdme 

119^ éclairés,  Gide  celles  qui  sTaient  été 

ouienues  dans  les  écoles  philosophiques 

a    riiens...  La  plus  étrange  de  leurs  ex- 

jic-alioDS  (de  la  Bible)   a  aa  racine  dans 

tie  l<iua  opinion  de  ces  philosophes  païens 

)on  t  ili  méprisaient  beaucoup  la  morale, 

uisdonl  ils  ealimaienl  fort  le  javoir,  et 

n  Ht  aimùittU  toujoun  à  citer  h  l'appui  de 

l(iir5  propres  opinions.  C'est  ainsi  que  les 

id^tcoiDiographiques  auxquelles  l'autorité 

li»  fiints  Pères  donna  tant  de  crédit    r«- 

tutmtmt  preêque  tcuta  atw  éeotet  phiioio- 

fltifan  a*  la  Grie4  (598).  *  ~*  Les  argu- 

aieflts  de  Cosmas  datent  de  loin,  et  en  tout 

temps  ils  ont  été  trouvés  fort  bons.  Plutar- 

qus  les  meldéjà  dans  la  bouche  d'un  de  ses 

tnierlocntaurs,  grand  ennemi  de  la  sphéri- 

ciié  de  !a  terre  et  des  antipodes  (599;.  >  — 

•  Il  est  curieux  de  voir  après  tant  de  siècles 

reptrattre  une  des  notions  favorites  de  la 

I oimograpbie  des  poêles  Grecs  (600).  ■  — 

En  foi  de  auoi  sont  appelés  pour  lémoios, 

tiundre,  Ulmnerme,  Eschyle,  Aiilimaque, 

fhétfcyde  (601).—  ■  La  théorie  de  Cosmas, 

qui  vm  paraît  si  extravagante,  tire  encore 

son  on^e  de  la  philosophie  grecque  :  i( 

«sppuîehit-mômedel'outûrilédeXéDOphfl- 

»ie  el  rf'^hore Il   pouvait   y   ajouter 

Aniiimjne  \Wi).  »  On  peut  voir  encore 
l>.  631  «Dtre  autres. 

Tool  cela  esl-il  clair?  Mais  aussi  tout 
«Il  Bft'il  assoclable?  Ici  donc  encore, 
ronjijjsons  entre  des  assertions  opposées. 
Lafjuie  en  est-elle  aux  interprétations  soit 
lillërdles,  soit  allégoriques?  Que  nous  im- 
porlenl  «lors  Plolin,  Plularque,  Philolaiis, 
Dumére,  Parménide,  etc.,  etc.?  Ces  cosmo- 
frajibies,  an  contraire,  se  réclaœent-elles 
it'-ï  philosophes  grecs  de  l'aotiquitéT  Ne 
tous  en  prenez  donc  point  6  la  Bible  el  aux 

t artisans  du  sens  verbal  ou  symbolique, 
i'tux  eût  valu  un  peu  moins  d'érudition  et 
00  p«a  pins  d'ensemble,  ou  au  moins  de 
fnnchÎM;  car  que  résulte-t-il  de  toutes  ces 
citations  réanies  par  H.  Letronne?  Que  les 
«lociears  chrétiens  n'étaient  point  au  oireaa 
>lt  11  science  telle  qu'elle  existait  de  leur 

(596)pag.  604. 

(S9I)  Pre^ae,  n'est  pM  le  mut;  f^rk  quelaiies 
bfMt  de  là  H.  Leironne  vous  dira  que  c'était 
omme  va  pfaut  adopté,  uue  espèce  de  tactique  coa> 
K»9t  que  de  i*appuyer  sur  la  science  païenne. 

(538)  P.  605  M  «06. 

(399)  P.  601. 

1(00)  P.  «7. 

Ml)  fUwwt,  tbid.  —  Il  faut  avoir  de  rénidillon 
krtite  pour  u  prodiguer  à  propos  de  Co8inas  el  de 
womuni;  mai*  il  parait  qu'il  était  impossible 
)ii  pli»  tristes  écrivains  des  premiers  siècles  de 
itfitte  d'InagiDcr  uae  niaiserie. 

L«OijP.  6». 


temps?  Mais  on  dit  que  leurs  opinion» 
cosmographiaues  étaient  ceMes  d'homme* 
même  assez  éclairés  d'alors,  chose  en  vérité 
fort  pardoooabre,  et  qu'ils  s'appuyaient 
toujours  du  savoir  païen.  —  Que  s  ensuil-il 
donc  ?  Que  les  Pores  de  l'Eglise  n'ont  point 
été  coperDiciens?On  nous  t'eût  persuadé  k 
moins  de  frais.  —  Que  le  système  cosmo- 
graphique  de  Ploléinée  même  a  trouvé 
chez  eux  peu  de  faveur? Quand  cela  serait, 
cela  consli tuerait-il  contre  eux  une  charge 
bien  arnve  ?  Je  ne  pense  pas  que  pour  avoir 
adopté  les  doctrines  du  cosmologiste 
alexandrin  les  docteurs  ecclésiastiques  s'en 
fussent  mieux  trouvés  au  xix'  siècle.  Si 
cela  pouvait  du  reste  leur  être  de  quelque 
avantage,  nous  rappellerions  à  M.  Letronne 
ses  propres  paroles  (603),  que  des  docUuri 
recommandablBi  par  leur  latair  oiirent 
prendre  ouvertement  la  défente  dte  iditi  ' 
grecquti,el  te  proposèrent  de  prouver  qut 
rien  dans  la  lamte  Ecriture  ne  ê'oppoie  réel- 
lement au  ij/ttime  de  PtoHmée  (60^J.  II 
pouvait  .ajouter  que  Svnusius  appelle  l'ecoîe 
d'Alexandrie  une  école  divine. 

Mais  on  songeait  6  conclure  de  tout  cela 
ce  que  ne  disait  pas  précisément  le  litre, 
savoir  que  toutes  les  erreurs  cosmologiques 
honnies  ici  étaient  puisées  dans  le  (exln 
de  l'Ecriture.  Ce  but  indiqué  simplement 
çà  el  I&  dans  le  raursnt  de  l'article,  se 
montre  enfin  nettement  dans  un  appendice 
qu'on  a  eu  la  bonne  Idée  de  désigner  par  le 
titre  :  Conclusion,  en  grandes  lettres.  Le 
lecteur  dira  s'il  eAl  imaginé,  sans  cède 
ressource  typographique,  que  ce  fût  là  une 
conclusion  de  ce  quiavail  élé  dit;  ahstrac- 
tîon  faite  même  des  passages  par  o  je  me 
suis  permis  dft  reprendre  en  sous-œuvra 
l'érudition  du  mon  auteur,  i  Telles  sont  les 

frincipales  idées  cosmographiques  que  les 
èrea  de  l'Eglise  ont  tirées  de  VinterprétS'- 
tion  littérale  de  la  Bible.  »  Ce  qu'il  FiLLiiT 
DÉMOKTRBB.  Ce  n'est  pas  qu'on  ne  nous  ait 
dit  dans  la  même  pa^e  qu'ils  le»  avaient  ti- 
rées de  Xëoophane,  d  Ephorn  et  autres; 
mais  enfin  telle  est  la  conclusion,  ce  n'est 
pas  moi  qui  lui  ai  donné  ce  nom.  Et  l'on 
ajoute  :  ■  La  terre  plate,  le  ciel  formant 
une  voûte  solide  au-dessus  de  laquelle  est 
la  couche  des  eaux  célestes  (605),  voilA  les 
notions  foudamenlales  de  la  cosmologie 
biblique,  el  celles  que  les  saints  Pères  y 
ont  vues,  parce  qu'elles  y  sont  réellement 
(606)...  Tous  ces  vieux  préjugés,  lous  ces 
vains  systèmes...  reparurent  avec  bien  plus 

(603)  P.  60S. 

(fiOi)PoDTqttoitant  de  sobriété  tout  à  i.oap  dans 
l'érudition,  tles  que  les  citations  ne  conduiraieut 
I^us  qu'à  montrer  la  sciencedes  docteurs  chrétiens 
^ale  pour  le  moius  à  celle  de  leur  temps  T 

(605)  Si  l'on  voulait  absolument  voir  dans  la  Ge- 
niu  d'autres  eaux  célestes  que  les  nuages,  les  cos- 
mologistM  actuels  seraient  autorisés  à  se  dispenser 
de  vérifier  leur  eiiiieuce  aujourd'hui.  (  Voit  S.  Au- 
GD«TM,  Dt  Geneti  ad  tilt.,  m,  1,  d'après  la  u*  épl- 
tre  de  S.  Pierre,  m,  5,  6. 

(ii06)C'CHt  toujours l*Mlerpr^HIJoaJillAMf(,fMfirf 
nt^uic  ;  il  7  a  là  une  idée  fixe  évidommeul. 


471 


C05 


UICTIONHAIRE  àPOLOGETIQtiE. 


COS 


m 


de  force,  ^  l'abri  de  l'autorité  des  saints 
Pères;  ils  firent  une  nouvelle  iuvasion,  et 
se  répandirent  partout  &  la  suite  du  chris- 
tianisme ;  ils  régnèreot  peodant  tout  te 
moyen  âge,*  etc. 

Le  moyen  fige,  ici  condamné  eD  Boasse 
sansavuir  été  ouï,  et  englobé  dans  la  cause 
d*8utrui  comme  par  complicité,  nous  l'a- 
bandonnons pour  le  moment  è  son  malheu- 
reux sort,  afin  de  ne  point  Quitter  la  ques- 
liou,  qui  est  la  cosmologie  clés  Pères.Pour- 
tant  DC'Us  peasoas  avoir  plus  cilé  de  témoi- 
gnages contre  ce  que  dit  H.  Lelroone  sur 
cette  époque  qu'il  n'en  a  Uii-mème  apporté 
pour  appuyer  son  accusation  (607).  Mais  ne 
nuns  écartons  point. 

Définitivement,  y  a-t-il  une  cosmologie 
des  Pères,  et  nne  cosmologie  dont  la  Bible 
soit  responsable?  Et  s'il  y  en  a  une,  esl-elle 
absurde?  Vuili  sur  quoi  on  eût  aimé  k  trou- 
ver des  détails  plus  concluants.  Occupons- 
nous  en  donc  sous  U.  Letroane,  puisqu'il 
est  si  malaisé  de  décider  quelque  cnose 
avec  les  matériaux  qu'il  nous  a  ciioisis. 

Je  crois  avoir  montré  que  l'unanimité 
des  Pères,  eu  fait  de  cosmologie,  n'est  pas 
bien  établie,  principalement  en  fait  d'ab- 
sui'dilés.  M.  Letronne,  après  s'être  chargé 
de  montrer  que  ces  absurdités  ont  été  pri&es 
ailleurs  que  dans  la  Bible,  a  fait  plus  encore 
pour  avancer  ma  tâche,  en  choisissant  (et 
il  le  fallait  bien]  ses  plu9  absurdes  cosmo- 
logistes  parmi  les  plus  insignifiants  des 
écrivains  ecclésiastiques.  Car,  de  bonne 
foi,  que  sont  Cosmas  Indicopleusles,  Sévé- 
rianus  do  Gabala,  Théodore  de  Mopsueste, 
Diodore  de  Tarse?  £1  quel  théologien  a 
jamais  songé  à  lurer  par  cesnoms-t^?  Ce 
sont  cepundantiA  les  hommes  dont  la  cos- 
mologie est  présentée  couime  type,  et  dé- 
veloppée avec  un  détail  dont  la  diffusion 
tranche  sur  le  reste  de  l'article  d'une  ma- 
nière choquante. 

Cosmas,  un  marchand  devenu  moine, 
qui  se  donne  lui-même  pour  illettré,  dont 
Photius  même  a  ignoré  le  nom,  et  qui  ne 
nous  est  peut-être  connu  que  par  une  espèce 
de  sobriquet  (608);  dont  ie  livre,  d'après 
Photius  (b09),  annoncerait  par  la  forme  un 
homnu  au-dessout  du  vulgaire,  et  par  le 
fond  un  faiseur  de  conta. 

Sévérianus  de  Gabala,  orateur  assez  habile, 
mais  6  qui  sa  jalousie  et  son  inimitié  contre 
saint  Cnrysostouie  n'ont  pas  procuré  un 
rang  fort  avantageux,  ni  un  suffrage  bien 

(607)  H.  Letronne,  qui  porte  tant  d'Inlérét  à  Hii- 
troduciion  dei  sciences  physiques  et  mathémati' 
ques  d'Alexandrie  dans  tïglise,  eût  vu  Plolëmée, 
par  exemple,  en  possession  dans  quaniiié  d'écoles 
au  moyen  âge.  Conl  en  tons-nu  us  de  lui  rappeler 
l'ouvraée  de  Théodore,  grand  sacellaire  et  arcbi- 
diacre  de  Conslanitnople  au  siv  siècle,  lequel  vante 
•i  fort  Ptolémée,  Tbeon  et  Papous.  (Voir  Puai- 
ciOB,  Bibl.  Crieca,  ëd.  Harles,  I.  &. 

m»)  Fàuiui,  Bibl.  Grœea.  éd.  Harles,  t.  IV, 

(609)  PflOTiDS,  Bibl.,  c.  36. 

(91D)  SsvEiuN.,  Ot Creatione,  or.  I. 

i6llJPaoTiut,  SJM.,  c.  102. 


influent  parmi  les  saints  Péret.  InlcrprMe 
d'ailleurs  de  la  Genèse,  qui  s'annonce  lui> 
même  (610)  comme  visant  àdiredeschnseï 
nouvelles  et  différentes  de  ce  qu'ont  dit  iet 
Pères;  hardiesse  dont  ir  a  bien  qaelqui 
peine  à  s'excuser.;  mnis  enfin  il  {nsseoDire, 
en  priant  ses  auditeurs  ,  quels  jugeil 
d'examiner  le  mérite  et  non  l'Ige  de  » 
doctrine. 

Théodore  de  Mopsueste,  homme  d'uoe 
orthodoxie  pour  le  moins  proklémalique, 
et  dont  plusieurs  ouvrages  montrent  que 
ses  idées  propres  étaient  souvent  l'aniqua 

fnide  qu'il  suivait  dans  l'interprétatirade 
Ecriture. 

Diodore  de  Tarse,  désigné,  par  saint 
Cyrille  et  par  Photius  (611),  comme  le  pré- 
curseur de  Nestorius,  et  qui  parait  Biiir 
poussé  la  passion  de  rinterprélatioulitténlg 
'  jusqu'à  mer  les  prophéties  de  l'AncieD 
Testament  sur  Jésus-Christ,  ce  qui  n'éliit 
pas  fait  pour  lui  mériter  one  place  pimi 
les  interprètes  orthodoxeM  (612);  et  quint 
Photius  parle  de  ce  Diodore  qui  vent  éliMir 
sa  cosmographie  sur  l'Ecriture,  il  dit  qa'il 
n'est  ni  clair  ni  exact  (613);  que  ses  citations 
n'ont  nulle  valeur  {6ik);  qu'il  est  iu»i 
pauvre  par  la  logique  que  pieux  par  les  in- 
tentions (61S). 

Toili,  voili  tes  dieux  I  et  nous  les  adoroul 

Non,  ce  n'est  point  là  du  toutcequeoani 
appelons  les  saints  Pères. Lib.'e  à  qniTOudra 
de  décrier  ces  hommes  à  son  aiseLnousne 
tenons  nullement  è  leur  réputation,  ei  nous 
tie  verrons  même  pas,  sans  quelque  plw'i  ' 
ruiner  le  crédit  de  pareils  docteurs.  Ausn 
ne  prendrai-je  même  pas  la  peine  de  vërittc 
s'ils  ont  dit  tout  de  bon  ce  qu'on  leur  al' 
tribu». 

Cependant  pourquoi  ne  citerait-on  pas 
ces  auteurs,  tout  insignifiants  qu'ils  soni 
par  eux-n3èmes,  si  leur  doctrine  physique > 
été  jugée  admissible,  ou  s'ils  n'étaient  en  , 
cela  qu'organesdesidéescllm^)unesIPa^»)  ! 
s'il  en  était  ainsi,  mais  il  en  va  toutsutre-  ' 
ment.  Cosmas  ne  s'appuie  assurément  p)j 
de  l'enseignement  commun,  quand  il  nous 
annonce,  avec  une  emphase  pleine  de  boD- 
homie,  qu'il  est  redevable  de  sa  science  sui 
leçons  du  grand  Patrice,  chaldéen.aui  F»- 
meïiait  c'^lLe  doctrine  par  le  monde  (oUil- 
Snus  cet  aveu  désintéressé,  Cosmas  courait 
risque  de  passer  pour  l'inveoteur  de  la 
pieute  doctrine,  tant  elle  était  peu  conour; 
mais  il  s'en  défend  avec  modestie  (617;,  " 

(619)  L'interprétation  orUudoxe,  la  cOEmolopc 
orthodoxe  sont  du  style  de  H.  Letronne,  qui.*P"' 
moments  un  langage  exlraordinaPremenl  édlBaDl, 
comme  quan^  il  parle  de  l'un  de  grâce  iSM.  h  I» 
devais  ce  léDioiRnaee. 

(613)  PuoTios,  fiiM.,  c.  iS3,  au  début  de  son 
analyse. 

(«U)  PaoTiDS,  toc.  cit.  ad  1.  m. 

(615)  Photius,  ibid.,  à  la  Su  du  nètne  parl- 
era plie. 

(ijl6)  C'est  encore  M.  Letronne  qui  se  cbarp  « 
nous  citer  cela,  p.  611. 

(617)  Toujours  t'obligeaui  H,  Letronne,  ibii. 


n 


cos 


DICTIONNAIRE  AfW.OCETIQLE. 


AU 


qai  BiODlre  qo'an  ti*  siècle  ta  topographie 
ctrâiMteéUil  encore  nne  merTeillu  dont 
lui,  CosiDU,  était  an  des  dépositaires  pri- 
îilégiés. 

Pour  Diodore  de  Tarse,  on  sonli^e  ce 
qa'eD  dit  PLotigs  [618),  que  ses  idées  ■  ont 
biea  quelque  conoeiioa  arec  les  liTres 
uinls  ■  :  mais  on  ne  souligne  pas  celte 
luire  pbrasa  qai  sait  :  ■  on  lui  accordera  dif- 
Ë-jUement  qu'il  ait  Tait  preuve  de  sens 
àtni  sa  prelenlion  de  s'atlribuer  l'appui 
de  IXcriiure,  1(619]  ni  celte  autre  eipres- 
iii'D, qu'il  «  se  0gure  aToir  l'Ecriture  pour 
lui.* 

Lh  idées  attribuées  i  ces  écrivains  et.  h 
&ê<iniDUS  de  Gabala,  ainsi  qu'k  Théodore 
de  Moptsesie,  sur  la  forme  du  monde  et  le 
mourMBcnt  des  astres,  sont  désigaéds  par 

ftu,  prétoUiong  tU  quetques  auteun  ;  ei- 
pnuioiu  qui  sont  loin  de  les  signaler 
comme  od  enseignement  commun. 

Qupti  ToD  demande  comment  il  se  faisait 
que  ITcrïture  fût  alléguée  par  ces  songe- 
Ereox  «I  même  par  des  nommes  moins  nuls, 
pour  des  systèmes  de  même  force,  nous  de- 
BiDderODS  ï  notre  tour  comment  il  se  fait 
qae  chaque  jonr  daas  les  Iribunaus  ou  dans 
leschimbreslégislatives,  ou  dans  les  écrits 
pojiliquea,  le  code  soîl  allégué  dans  des 
sens  tout  opposés.  Ne  sait-on  pasque.qnand 
nnsuffrage  est  important,  c'est  A  qui  le  re- 
vendiquera ?  L'Ecriture  étant  une  aulorilé 
li  impoMiile  dans  des  temps  où  la  foi  était 
forts  «t  générale, chacun  prétendait  ;  rat- 
kcber  ses  doctrines ,  et  les  y  adaptait  de 
no  mieux,  pour  les  ériger  par  IJi,.s'tl  sa 
pouvait,  en  vérités  incontestables.  La  Bible, 
*!tc  Virgile,  Homère  et  la  mythologie,  n'é- 
uicDt- elles  point  les  pièces  généalogiques 
da  mojea  tge,  soit  pour  les  nations  soit 
/oor  les  bmitles  (621)  T  Et  l'on  ne  copiait 
luarément  point  ces  systèmes  dans  ces 
WDrces,  pour  les  y  avoir  réellement  trou- 
vés, mais  on  les  y  rattachait  pour  donner 
crédit  k  ses  inventions,  ou  bien  on  les-y  vn- 
yiit.paree  qu'on  avait  pris  le  parti  de  les 
;  voir.Tont  comme  tant  de  docteurs  luthé- 
riens et  calvinistes  on  lu  et  lisent  peulngire 
encore  dans  la  Bible  que  Rome  chrétienne 
eu  la  grande  prostituée,)  la  Babylone  ana- 
tliématiséeparrEsprit  saint,  et  même  qu'elle 
croulerait  &  telles  et  telles  années  bien  pré- 
cises, qui  ont  passé  depuis  sans  eacoin- 
kre  (@2).Toutes  choses  qui,  pourètre  tirées 

(«I9i  Article  de  la  Amu,  p.  6S4. 

TiJ)  PeoTioB.  BUl.,  c.  iii,  ad  Ub.  ni  et  vtic. 

lOÛi  Eocore  l'artide  de  la  Bntu,  p.  HiS  et  627. 
Car  c'cu  plaiiir  de  rencontrer  ud  adversaire  aussi 
Inac 

■Cil)  Voyei  par  eietnpte  Suidbl  de  BocBit, 
Mém.  wr  rkut.  aMcieime  dt  la  Saiut.  —  FciKi- 
tw.  Steria  et'  Totaamâ.  —  Le  baron  de  Redeh,  Ta- 
Mmu  fAtéabjifaei  de  Cempire  brilanKÛpu.  —  La 
Knc  des  rmi  primilirs  d'Espagne  chei  les  chronH 
tHVS  inséré*  dus  Bitpania  illatlrala,  etc. 

'6Sl  Par  esemple.  l'opuscule  inlilulé  :  Romtt 
•-•■M  fmmlû  8.  D.  1666,  mandii^w  jinit  Mfr  45>" 
ï'ti  csuM  ;  «K  tiiutœ  ai  Aiigiot  UùKm  ttnaiiUë 


soi-disant  de  l'Ecriture  sainte,  ne  laissent 
pas  moins  le  texte  sacré  fort  innocent  de  ce 
qu'on  lui  prèle. 

Les  Téniables  saints  Pères  et  docteurs 
de  l'Eglise,  et  même  les  écrivains  ecclé- 
siastiques distingués,  qui  ne  méritent 
pourtant  point  d'être  comptés  dans  les  deux 
premières  classes,  ces  grands  hommes, 
dis-je,  s'y  prennent  différemment.  Ils 
avaient  prévenu  ceque  M.  Lelronne  dit  de 
rrai  et  de  juste  dans  la  Rnue  ;  et,  plus  ëlu- 
diés  on  mieux  compris,  ils  lui  eussent 
épargné  par  leurs  avis  ce  qu'il  dit  de  faux 
et  de  hasardé. 

Ainsi  Théodore! (623)  dit  quelque  part: 
■  Je  n'affirme  point,  et  il  serait  téméraire 
d'affirmer,  qnand  ('Ecriture  n'offre  point 
un  sens  clair.  Que  quelqu'un  dise,  s'il  veut, 
le  contraire  de  ce  que  j  eipose,  je  ne  sau- 
rais  le  condahiner.  > 

Ainsi  Pholîus  (624)  vante  surtout  Théo- 
doret  pour  n'avoir  point  tranché  les  ques- 
tions qui  étaient  douteuses.  Ailleurs,  il  nous 
arerlit  (625)  que  Hoïse  avait  une  mission 
plus  haute  que  celle  d'enseigner  anx  hom-^ 
mes  les  sciences  ph/siques  ;  ce  qui  ne  veut 
point  dire  qu'il  leur  ait  fait  dÊs  contes  sur 
ce  sujet,  mais  ce  qui  montre  que  Pholius 
ne  se  tenait  pas  pour  enfermé,  quant  h  ces 
sciences ,  dans  un  errcfe  tracé  par  la  Gmi$i. 

Ainsi  les  saints  Pères  proprement  dits, 
et  les  docteurs,  ne  sont  point  si  décisifs 
sur  l'Ecriture,  qu'on  voudrait  nous  le  faire 
croire.  J'ai  montré  qu'ils  interprétaient  la 
Genèse  avec  une  grande  latitude  ;  on  peut 
s'en  assurer  davantage  dans  les  ouvrages 
qui  réunissent  sur  divers  points  leurs  diffé- 
rentes manières  de  voir  (626), .Or  cette  la- 
titude qu'ils  se  donnaient,  ils  la  laissaient 
aux  autres.  Je  pourrais  donner  en  preuve 
de  cette  largeur  d'idées,  des  textes  même 
à'oik  H.  Letroone  conclut  tout  le  contraire; 
par  exemple  celui  de  saint  Augustin  par 
oh  mon  auteur  termine  une  tirade  si  tran- 
chante contre  l'étroitesse  de  l'interpréta- 
tion littérale  (627)  chez  les  Pères.  >  ils  fer- 
maient les  yeux  sur  l'absurdité  des  con- 
séq^uences;  ...  tant  pis  pour  la  raison  hu- 
maine... car,  comme  dit  saiut  Augustin  : 
Major  ut  Seripturet  auttorilai  guam  omni$ 
humant  àigenit  capaeitOt.  >  Dn  peu  moins 
d'empressement  eût  permis  de  lire  le  pas- 
sage entier,  que  je  rétablis,  et  où  saint 
Augustin  exige  tout  simplement  que  par- 
mi toutes  tes  bypothèses  laissétis  a  la  rai- 

ttalo*,  quitus...  Babylenit  in  Àpotalfpti  Htmint  RO' 
matn  pcntifieiam  detignari,  Papamqatromamumipth- 
finmm  eut  AnficAriilKni  Siripliirii  prmdielum,  tt 
Btêliat»  dereHiiquere  et  Babylont,  urbt  neMpeAoM, 
annojam  iicto  MDCLXVf,  rxcidio  tt  'uuxu4iod§- 
ttnda  aiqut  fttnditiu  everUtida,  eenfetiiiu  arire  ad- 
iHoneulur.  Londres  1665,  ia-i',  avec  une  érudîliuB 
palristiiioe  et  biblique  quasi  cyclopéenne. 

(623)  TflEOnOBET,  û  Gtne».,  qnxsl.  4. 

(624)  PuoTics,  Bibl.,  c.  203. 

(625)  PnoTics,  BM.,  c  222.  i  19. 

JG26)  Conf.  V.  g.  SoiCES.,  Thetattr.  teeleàaslk. — 
Pethd,  TimtB,  HoLi!u,  De  op.  6  dUr. 
(G21)  Ailicle  de  )a  AerM,  p.  605,.60$. 


475 


COS 


DICTIONNAIRE  APOLOCETidUE. 


m 


luD,  ebacun  conserve  au  fond  du  cœur  la 
soumission  convenable  pour  le  vérilable 
sens  de  l'Ecrilure,  tout  en  se  donnant  libre 
carrière  lanl  que  l'autorité  n'a  point  pro- 
nonce. Il  s'agissait  là  dos  opinions  si  Uiver- 
gHnlfls  sur  ta  façon  d'enlundre  les  eaux  lu- 
pirUartt.  Le  saint  en  propose  et  en  loue 
même  plusieurs  toutes  diaérenles  ;  après 
quoi  il  termine  par  ces  mots  ;  «  Quoi  qu'il 
en  soil,  et  de  quelque  manière  qu'on  veuille 
entendre  ces  mots,  il  eiiste  une  réalité 
correspondante  à  l'expression.  L'Ecriture, 
garant  plus  solide  que  toutes  nos  imagina- 
tions, est  M  pour  nous  en  répoodre  (63»),  ■ 

Si  quelqu'un  doutait  encore  du  vérîtabie 
sens  de  ce  passage  i  iJ  s'en  convaincra  par 
d'autres  du  même  docteur  dontje  choisirai 
expiés  les  témoignages  préférablement  à 
d'autres,  pour  faire  voir  ce  qu'était  l'iu- 
'  flexibilité  de  celui  que  nous  cite  M.  Letroune 
comme  I«  plus  intraitable  des  Pères  sur  le 
sens  verbal. 

•  Imaginer,  dit  H.  Lstrunne,  que  Hoise  a 
pu  n'être  pas  inspiré  en  tout  ce  qu'il  a 
éoril;  distinguer,  comme  l'ont  fait  quelques 
modernes,  ce  qui  est  de  foi  et  ce  qui  est  de 
science,  c'est  lii  ce  qui  ue  vint  pas  et  ne 

touvait  venir  dans  la  pensée  des  Pères...  » 
es  saints  Pères,  il  est  vrai,  ne  paraissent 
pas  BToir  imaginé  que  Uoïse  ne  fût  point 
Inspiré  en  tout  cu  qu'il  a  écrit  ;  mais  dis- 
tinguer dans  l'Kcriture  sainte  ce  oui  ett  de 
foi  et  ce  qui  ett  de  icienee,  ils  Pont  fait, 
ainsi  qu'on  peut  le  voir  dans  saint  Augus- 
tin :  «  Dieu,  en  parlant  aux  hommes,  propor- 
tionne ses  paroles  à  leur  inlelligenre  (629).  i 
—  ■  Disons  en  deux  mots,  pour  ce  qui  est 
de  la  conliguralion  du  ciel,  que  les  auteurs 
sacrés,  tout  en  la  connaissant  fort  bien, 
inspirés  qu'ils  étaient  par  l'esprit  de  Dieu  , 

(628)  AoGUlT.,  De  Geiut.  ai  lia.,  n.  5  :  c  Quo- 
quo  modo  auiem  et  qualeslibet  >quar  ibi  sînt,  eiae 
eas  minime  Jubiiemus  ;  major  esl  ^uip|)e  Scrifiiurae 
liujiis  aucioritas,  quau  ooiiiis  humam  iugenii  ca- 
pacilas.  •  On  se  rappellera  que  ces  eaui  supérieures 
avaient  donné  lieu  a  des  tiypoiiièseB  bien  diilanlas 
les  unes  des  autres,  depuis  les  nuages  et  les  cou- 
ches d'eau,  jusqu'aux  ailles. 

^39)A(;cusT.,  in  Geaei.,  i,  S9.  i  More  humano 
in  ScriptuHs  Ueus  ad  horaiues  loquitur.  i 

(630)  AuGusT..  De  Cent*,  ad  tilt,  ii,  9.  i  Breviier 
divendiim  est  de  Itgura  cœlî,  lioc  scisse  aiiclores 
noslrog  quod  veritas  liabei;  sed  Spirilum  Dd  qui 
per  ipsos  loquetialur,  noiuisse  isla  docere  homines, 
Bullius  saluli  profuiura.  > 

(631)  Ttcho.,  Apuil  Riccioli.  Almagat.,  1.  ix, 
aect.  4,  HO. 

(G3Î)  SsppLKK.,  Nol.  < 
jTapkici,  et  Epiiome  aitt 

(633)  AuctisT,  Contra  Feiic.  Manieh.,  j,  ]0.i  Non 
legiuir  in  Ëvangelin  Uominum  diiisse  :  millo  vobis 
paradeium  qui  vos  doceal  de  cnrsu  solia  et  Iudx; 
christianos  eoira  volettat  facere,  nou  œaibema- 
ticos.  > 

(63i)  AuGDST.,  De  Genei.ad  fin.,  i,  19.  <  Plc- 
rumque  acciiUl  ut  aliquiJ  de  (erra,  de  cœlo,  de  cx- 
teris  bujusmodi  elemenlis,  de  moiu  et  conversione, 
Tel  eiiam  magniLutidine  ei  intervaLlig  siderura,de 
eenii  defeclibus  solls  et  lunx,  de  rircuitibug  anno- 
rum  et  tempomni,  de  naturis  auimaliuni,  rrucli- 
•uiD,  lapidiMu,  atqve  bujtismodi  casleiis,  eiiam  no» 


n'ont  point  voulu  enseigner  aux hommei  ta 
oui  ne  pourait  procurer  en  rien  leur  talm 
(630).  >  C'était  s'exprimer,  noii-geulemmii 
commeTrcho-Bralié  (631  ],  mais  atme  temmt 
Keppler  (632).  Cette  idée,  au  fund,  D'ettpat 
nne  merreille  parmi  les  ancteas  docleun. 
Saint  Augusiiu  dit  encore  (633)  :  •  Il  l^'e)l 

roint  dit  dans  l'Evangile  :  Je  vouseoToit 
Eiiprit-Saint  pour  vous  enseigner  le  court 
des  astres;  c'étaient  des  chrétiens  qu'il  l'i. 
gissaitde  faire,  non  des  cosmologistes.  ■ 

Voici  qui  est  encore  plus  formel,  ce  ma 
semble,  et  c'est  toi^ours  saint  AugosUa. 
Qu'on  dise  s'il  'faisait  abstraction  ds  li 
science  ,  même  profane,  même  paîdDrie, 

Eour  l'interprélalinn  de  l'Ecriture,  lonr|uH 
Iflme  si  bauteinent  ceux  qui  préleodeiil 
trouver  dans  les  livres  saints  un  inu  cer- 
fain  (comme  celui  de  M.  Letronne),  con- 
traire aux  démonstrations  scienliQquss , 
précisément  en  fait  de  cosmogrnpbie  el  dt 
connaissances  phjrsiques  (634).  ■  SouTtit 
des  hommes  non  chrétiens  doirent^l'a- 
périence  et  à  dés  études  solides  laconiuii- 
aance  incontestable  des  faits  physiquei;  ri 
c'est  cbq^e  déplorable  qu'entendani  IMu- 
sus  déraisonner  des  chrétiens  qui  prélu- 
dent s'appuyer  de  l'Ecriture  dans  leurs  u- 
sertions,  ils  prennent  en  pitié,  non  pas  seu- 
lement les  fidèles,  ce  qui  serait  lolérslile, 
mais  l'Ecriture  sainte, au détrîmentdeleufi 
âmes,  dont  l'inlérèl  nous  est  cher.  Commciil, 
en  etfet,  assurés  qu'ils  sont  des  résultats  de 
leurs  observations,  sesouonettraienl-ilspoor 
les  vérités  éternelles  è  un  livre  qu'ils  ju- 
gent en  défaut  dans  ce  qui  est  de  leur  ret^ 
sort  &  eux  I  Tout  ce  qu  il  y  a  de  sagepanoî 
nous  gémit  plus  amèrement  qu'où  ne  Mu- 
rait dire  sur  la  présomption  de  ceux  qui 
compromettent  ainsi  les  inlérèu  de  nottt 

Chrisiianui  ita  noverit,  ut  certlssima  riliODC  td 
eiperieiilia  leneat.  Turpe  aulera  esl  nimis  et  pa- 
niciosum,  ac  maxime  cavenduin,  uiCbristiauun  de 
bis  rébus  quasi  secundum  clirisli.inaB  litier»  1a- 
quentein,  ita  delirare  quilibet  inlldelis  audlK,  <» 
loto  cœlo  orrare  conipiciens,  risuin  lenere  vix  pot- 
siL  Et  non  tam  molMlutn  quod  errans  Itonn  aef>- 
detur,  sed  quod  «uclores  nostri  ali  îisqui  forisiiiûi 
latia  tensisse  credantur;  et  cum  inagno  eurun  »»; 
tio  de  quorum  lalule  salagimui,  tanquam  indixii 
reprebendunlur  aique  respuunlur.Cuaienim  quen- 
quam  de  uumero  CliristiaDorum  in  ea  re  qui' 
opljine  norunt  errare  deprebenderint,  el  viniB 
senienliani  suim  de  nostrts  titiris  astererc,  4«) 
pacio  illis  libris  credituri  suot  de  resumctionc 
inortuorum  et  de  spo  vita  aeierna  regooque  csl^ 
rum  !  quanJo  de  ils  rébus  quas  jam  «periri,» 
indubilaiis  numeris  percipere  potuernnt,  falbaicr 
puiaveriiit  esse  conscripios.  Quid  enim  mole»ii' 
irislilixque  ingérant  prudeutibus  fratribna  teuMnm 
pnesumpiores,  salis  dici  non  poiest;  cuBSiquanJ» 
de  prava  et  Talsa  opinione  saa  reprebeudi  ei  «•- 
vinci  cixperiDi  ab  ils  qui  nosiroruDi  littrorum  so- 
Gluriiaie  nou  tenenEur,  ad  defendeodum  id  qiiod  it- 
vissioia  temerilate  et  aperlissima  falsiiaiediieruui, 
eoNtem  libres  sanclos  unde  id  prubeni  prolerre  co- 
iiaiitur,  I  etc.  Je  suis  bonteux  de  citer  qiKlq>«* 
lambeaux  d'un  gl  grand  auteur  pour  lui  rt:«eiiilt- 
qiier  uue  doctrine  dont  tontes  ses  pases  soni  ta- 
preiates. 


DICTIOmAIllE  APOLOGETIQUE. 


COS 


m 


r»i,«n  Bitribuant  aax  auteurs  sacrés,  par 
uwlémérité  coupable,  re  qu'il  leur  a  plu 
V  liFP.  ou  es  qu'ils  y  cberchcnt  pour  rou- 
Vrirdes  assertions  hasnrdées  ■. 

Née  de  celle écolest  large,  la  théologie  du 
mnjen  4ge  n'avait  point  forligné,  quand 
eiitdisatl  au  xm*  siècle,  par  )a  bouche  de 
iiinl  Thomas  (635)  :  ■  Celui  qui  interprète 
rHJorletde  paasagas  dons  l'Ecriiure,  doit 
\i\ta  se  rappeler,  d'abord  la  Téracitë  du 
iMie,  que  nen  ne  saurait  ébranler,  puis 
qiK  le  sens  qu'il  rearerme  ne  saurait  être  en 
coDlradictrOD  avec  une  certilude  obtenue 
l<sr  d'autres  voies  que  celle  de  l'interpréla- 
tlan.  Car,  le  cas  échéant,  a'obsliaer  i  une 
fi^icalioD  différente,  serait  entètementet 
oiinqoe  de  respect  pour  l'écrivain  inspiré.  ■ 
£i  llelchior  Cano,  un  dominicain  espagnol 
Jditi*  siècle,  est  bien  pluseipiicite  encore 
4UDd  il  rnrmule  ce  principe  avec  tant  de 
uitelé  (636)  :  Toiu  Ut  tainti  mitmbU  ne  $e- 
■aiml  point  reeevabla  dans  lu  que$tiona  qui 
l'appoTtiametit  point  à  ta  foi.  En  quoi  on 
•«ut  Toir  si  la  condamnation  de  Galilée  , 
i«nt  parle  U.  Letrooiie,  l'fût  beaucoup  em- 
larrdué  (ATT). 

Hais  enfin,  que  répondre  aui  quelques 
«lies  des  véritables  SS.  Pères  qui  reste- 
rsient  intacts  dans  rerlicle  de  la  Revut? 
Nuut  répondrons  que  nous  les  admettons 
tanxhercber  b  les  vérifler  trop  niinutteii- 

tCS!&.Tious,  qiizsLSg,  a.  1.  ■  In  hujusmodl 
qu«<ii«iku  duo  £unl  observanda.  Primo  quideni 
m  itrtaMSnipuif£  inconcu&se  leiieatur.  Secundo, 
CI»  Scri^  divins  mullipliciter  exponi  possit, 
^■«■nUiupKitioni  aliquli  ita  |)rscise  inbsreat, 
M  •Kcm  wione  cOHBliteril  hoc  eue  Talium  qaod 
iJ^iii  M>Ra  ticriplur»  esse  credebal,  id  nibilo- 
mau  luerere  pnesunat;  ne  &cripiura  ex  boc  ab 
irifiMitii  dïridnlur.  el  ne  eis  via  credmidi  pro- 
liibniar.  iCe  u'eit  là  i)i)e  ta  doctrine  eiprimée 
(eniWurS.  ADgu»lio.(CoDr.  AuGusT.,  rp.  U5, 
rf  Mtrultia.  —  Imperf.  de  Gerut.,  i.— De  Cène». 
^  lii..  I,  g,  19,  20,  et  II,  9.  Ce  dender  chapitre 
«IBnii  i  lui  umi  seul.) 

jtJG)CuD>,  L.Ya.,   «n,  c.  s,  concl.  i.  <  Om- 
1  ettun  lanclorum  auclorilas  in  eo   génère 
lUoDim  quas  ad  fidem  diximui  minime  perli- 
— p.jidfniKMibciL  I 

<G';CuKadi,  buU  ai»  après  le  décret  d«  l'In- 
Ituiiiou  qae  nous  rappelle  H.  Leironite,  appelle 
iitutUioedet  inquisiteurs  une  opinion  (placimm) 
Ml  auiBcnt  ;  et  ajoute  en  propres  termes,  tout  en 
•nftsunt  son  respect  pour  ce  qu'elle  eiprime, 
l'ii  ae  ta  lient  nnltement  pour  article  de  foi,  et  u'a 
n  Mi  dire  qn'on  ait  Jamais  prétendu  la  qualifier 
iir%i  dans  l'E)diw.  (Epid.  ad  Peir.  Put.,  apuil  Ric- 
<-ii.  Àtmmgttt.,  1.  ii,  ted.  l,  c.  38.)  Quoi  qu'il 
"-Ml  du  reste,  de  Galilée,  puisqu'on  le  faisait  ap- 
iiiiire  iei.oa  nedevail  pas  Irancblrsî  rapidement 
*pjcf  qai  le  serrait  dés  Pères  ei  du  moyen  âge; 
•t  laltait  pas  dissimuler,  ou  bien  il  aurait  été  up- 
•niB  de  savoir  que  Copernic  éwil  chanoine; 
[■<'  liait  dédié  soo  onvraoe  au  pape  Paul  Itl,  et 
"XI publié  aortoot d'après  let  insunccs  du  car- 
^il  de  SclM»berg  et  de  l'ëvèque  de  Uuim; 
^-  M  duclriiws  Irouvèrenl  des  partisans  parmi 
<*<kviosieiia  (par exempte,  Diego  Sluiilca,Fos- 
^""1  et  Clavias  même,  quoiqu'en  mois  un  peu 
*"rrié),  en  même  temps  que  des  adversaires 
>^  ié»  savants;  entln,  que  l'inquisition  flte- 
l"";,  qai  s'elfraja  plus  lard  du  ton  aOIrraatif  de 
'"^,  ii'avaîl  aurqné  pour  l'ouvraue  de  Copernic 


sèment,  et  que  nous  les  recueillons  même 
soigneusement,  comme  un  témoignage  de 
l'esprit  qui  a  guidé  CtiS  grands  maîtres  et 
qui  doit  nous  guider  nous-mêmes.  Voici  en 
quoi  :  c'est  <fu  ils  nous  apprennent  que  l'é- 
lément de  liberté  représenté  par  un  grand 
nombre  des  premiers  docteurs  (638)  n*a 
jamais  été  poussé  jusqu'à  sejnut'rdii  texte 
sacré.  Toujours  a  prévalu  l'élément  prin- 
cipal, celui  de  la  foi  et  de  la  aoumis:«ion 
profonde  &  la  parole  divine  qui  ne  saurait 
errer.  Respect  que  quelques-uns  ont  pu 
porter  jusqu'è  i  excès,  en  croyant  pouvoir 
construire  la  science  de  la  matière,  la  science 
de  curiosité,- sur  ce  qui  était  destiné  i,  fon- 
der In  science  intellectuelle  et  morale  pqr 
excellence,  la  science  du  devoir;  mais  res- 
pect dont  nous  prions  Dieu  de  nous  faire 
les  héritiers,  en  nous  rappelant  que  la  con- 
descendance pour  l'aveuglement  de  cœur 
où  vivent  bien  des  hommes  k  esprit  éclairé, 
ne  doit  Jamais  aller  jusqu'6  nous  faire  sous- 
crire aucune  altération  ,  aucune  modinca- 
tton ,  aucune  composition  dans  le  texte 
inspiré.  Souvenons-nous  que  tout  ce  qui 
ressemble  è  de  tels  sccommodeirents,  ne 
doit  être  entrepris  qu'aux  risques  et  périls 
de  celui  qui  tondescend  à  ces  éclaircisse- 
ments, sans  qu'il  puisse  rien  en  résulter 
contre  la  Geni^se  elle-même,  que  nul  n'a  le 
droit  de  livrer  au  bras  séculier  (639).  Enga- 
que  An  suppresgiops  extrêmement  légères,  aux- 
quelles un  ne  se  fût  assurément  pas  borné  ai  on 
l'Kflt  cotisiil^ré  comme  une  doctrine  vraiment  théo- 
luglone. 

(658)  On  sait  que  nul  Père  ne  représente  à  lui 
sent  la  doctrine  de  l'Eglise;  c'est  leur  nombre  et 
leur  accord  qui  est  quciijue  cliose. 

f6391  Sans  vouloir  ni  relever  toutes  les  iiiexacli-- 
tuues  de  H.  Lctronne,  ni  préjuger  sur  tes  résultats 
de  la  science  qui  n'est  pas  faite  encore,  ni  adopte! 
exclusivement  aucune  interpréta  lion  du  premier 
cbapiire  de  la  Genète,  Je  ne  pais  m'empèclier  de  sl- 

Snalcr  l'intrépidilé  d'assertion  avec  taqnelle  l'article 
e  la  Rrtve  se  prononce  Bur  la  manière  d'rnienitre 
les  jours  de  la  création.  <  Ce  n'est  vraiment,  nous 
dit-il,  qu'en  changeant  le  sens  naturel  des  mots,  en 
boukveraant  la  suite  des  idées,  que  les  géoloRuea 
bibliques,  depuis  Burnetel  Wbision  jusqu'ï  Rir- 
vraii  el  Dieluc,  ont  pu  réussir  à  faire  accorder  la 
GïR^Mavec  leurs  idées.  Telle  est,  par  exemple,  leur 
explication  du  moi  jour  dans  le  reùil  de  la  fréaiioii. 
Seloncui,  ce  n'est  pas  unespace  de  vingl-ijualn: heu- 
res,c'est  un  intervalle  de  temps  înitélerminé...  Hais 
c'est  acheter  bien  cher  l'avantage  de  faire  do  Moise 
un  géologue,  car  cette  fameuse  interprétation,  con- 
traire à  I  ensemble  du  texte,  le  rend  complètement 
ihinteltigible...  Elle  ne  donne  h  Uoise  l'appareiice 
du  savoir  philosophique  qu'en  lui  étant  jusqu'^ 
t'ombre  du  sens  commun  (ûc).  Ce  récit  demeure- 
véritablement  inexplicable  lorsqu'on  part  du  point 
tie  vue  Bcieniillque,  <  etc.,  p.  604. 

Burnet  et  Whiston  n'avaient  que  faire  avec  le» 
Pères  de  l'Eglis'',  et  ne  sont  point  considérés  du 
tout  comme  interprètes  orthodoxes.  Aussi  leur  ap- 
parition ne  saurait-elle  s'expliquer  que  par  l'idée 
qui  perçait  dans  tout  cet  article,  celle  d'opposer  à 
I  Kcrilure  sainte  une  /S»  de  non  recevoir  dans  toute 
question  scienlilique.Hais  puisqu'il  s'agit  de  la  cos- 
mographie des  Pérès,  et  par  incidence  de  leur  cos- 
mogonie, les  études  faites  par  M.  Lelronne  sarcelle 
partie  auraient  dû  hii  faire  découvrir  que  l'idée 
d'une  sGoiblablo  eipticalion  remeoie  plus  haut  que 


cos 


MCTKtNNAlHE  APOLOGETIQUE. 


CRB 


geons  tl'nbonilles  géologaes el autres  savaiilit 
qui  se  pord'Dt  pour  tels,  i  s'entendre  entre 
eus  avant  d'appeler  la  Gotièse  à  leur  tribu- 
nal, et  tenons-nous-en  &  ce  fait,  que  plu- 
sieurs d'entre  em  expriment  parfois  avec 
un  air  de  candeur  dont  je  ne  veux  point 
percer  l'écorce,  savoir  :  qu'une  vérité  ne 
saurait  nuire  i.  la  vérité.  La  vérité,  nous 
l'avons,  nous,  dans  l'Ecriture;  que  ces 
messieurs  cherchent  la  portion  de  vérité 
qui  appartient  à  leurs  études,  et  quand  ils 
auront  bien  trouvé,  ils  admireront  combien 
était  avisé  notre  acquiescement  paisible  aux 
oracles  éternels.  C  est  l'homme  qui  court 
après  la  fortune,  et  l'homme  qui  l'attend 
dans  son  lit. 

Terminons  :  il  résultera,  je  pense,  detout. 
ceci  : 

1*  Que  les  erreurs  cosmographiques  attri- 
buées aux  Pères  n'ét&ient  pas  aussi  géné- 
rales qu'on  le  dit. 

2*  Que,  le  fussent-elles  autant  et  plus 
encore,  l'Ecriture  sainte  n'a  rien  ï  souffrir 
de  ce  qu'il  y  aurait  d'erroné  dans  les  opi-  - 
nions  cosmographiques  enseignées  par  plu- 
sieurs d'entre  eux.  J'aurais  pu  montrer  que 
les  saints  Pères,  au  contraire,  doivent  à 
l'Ecriture  des  aperçus  extraordinaires,  cos- 
niologiquement  parlant;  mais  ce  n'est  pas 
la  lieu,  et  netre  science  n'est  pas  assez 
avancée  pour  rendre  ce  triomphe  suffisam- 
ment éclatant. 

3*  Que  l'Ecriture  sainte  reste  intacte  au 
milieu  des  ténèbres  quelconqoes  des  pre- 
miers siècles  de  l'Eglise  e(  des  lumièrei 
quelconques  du  nôlrn. 

^'  Que  les  plus  habiles  gens  peuvenls'â^ 
garer  hesucnup  quand  ils  veulent  traiter  en 
pestant  ce  qui  mérite  et  exige  des  éludes 
sérieuses. 

Cette  dernière  conclusion  a  plus  d'éten- 
due que  les  autres,  au  moins  pour  la  pra- 
tique ;  et  celui  qui  voudrait  rappliquer  i 
tous  les  écarts  théolugiques  de  ceux  qui 
occupent  nos  chaires  publiques  è  litre  <I'en- 
sei^emenl  profane,  trouverait  peut-être 
tant  de  faits  à  glaner  en  ce  genre  qu'il 
renoncerait  bientôt  )  en  faire  le  relevé. 
C'est  là  sans  doute  ce  qni  a  fait  qu'on  s'en 
occupa  si  peu  jusqu'à  présent.  Cependant, 
ue  fût-ce  que  pour  empêcher  la  prescrip- 


tion, il  pourrait  n'être  pas  inutile  d'i^ 
signaler  une  çà  et  là.  Aussi  ne  veji-je  pjint 
répondre  que  moi  ou  d'autres  n'en  prennent 
la  peine  quelque  jour,  ou  du  moini  quel- 
quefoisen  passant.  Cela  pourra fornurane 
série  d'nrtinles  qu'on  intitulerait,  i  rimiis- 
tion  de  U.  Letronne  :  De  quti^i  optiivu 
iMologiqua,  etc.,  de*  komma  tkargitïm- 
teigner  la  jeuneue  de  Franct  au  xix'  linlt     i 

(eto).  I 

COSTE    (M.),    travaux   embrrnlogiqnn 

remarquables.  Voy.  Homme,  arl.  Il,  |  VIII. 

COULEURS  dans  les   races.  V09.  Kicn 

H[IM1I!IKS,  !   IIL 

COUSIN  (M.  V.},  admet  qne  la  création  tA 
nécessaire.  Voy.  CiiÉaTioii,  S  H.  —  Soutint 
l'hypothèse  de  la  transformation  dei  espè- 
ces, et  veut  que  l'homme  ait  traversé  toal* 
l'échelle  animale.  Voy.  Homme,  lubinit.- 
Selon  lui,  l'homme  doit  tout  à  la  tponu. 
oéité  de  ses  facultés,  rien  à  la  réréltiiti) 
proprement  dite.  Voy.  PsTcaoLoau  ni  i«ï 

CRANE,  est-il  plus  petit  chez  le  nipt 
qne  chez  !e  blanc?  Yoy.  Races  hcxiiiib, 

CRÉATEUR,  ses  motifs  pour  créer,  ft). 

CliiTtON,  )   IV. 

CREATION.  — C'est  un  faitquiestittesll 
par  tous  les  peuples  de  la  terre,  qut  li  , 
monde  a  eu  un  commencement.  On  Iroii» 
cette  tradition  dans  l'ancienne  Efflrpte,<fï» 
la  Chaldée,  dans  la  Perse,  dans  Vlade,  dans 
la  Judée,  k  Siam,  à  la  Chine,  su  JafMo, 
chez  les  anciens  peuples  du  Nord.enGii 
dans  l'ancienne  Grèce.  Si  nous  traversoni 
la  mer  du  Sud,  nous  entendons  la  nEfliE 
Toii  au  Pérou,  au  Mexique  ot  danstoiiin 
les  lies.  Or,  cette  tradition  aocienne  et  nii- 
verselle,  et  qui  a  rapport  à  un  faitqai pou- 
vait difficilement  être  inventé,  est  psruile- 
ment  d'accord  avec  l'histoire  de  la  créalioa 
donnée  par  Moïse.  La  division  de  la  semaine 
en  tept  jourt,  reçue  chez  tous  les  peuple 
et  dans  tous  les  pays,  est  encore  une  lie 
ces  traditions  anciennes  quîMoivent  remoii- 
1er  jusqu'à  l'origine  du  genre  buiiiaiii:or< 
cette  tradition  est  parfaitement  d'dccow 
avec  la  narration  de  Moïse,  qui  nous  dit  ijtie 
Dieu  travailla  pendant  six  jours  et  se  rejX»* 
le  septième.  Diderot  la  reRardail  miisi 
comme  une  preuve  saus  réprique  du  ri-cii 


Biimei  et  Wibiban.  Car  il  ne  peat  manquer  de  l'a- 
vmr  aperçue  dans  S.  Alliaiiase  {Or,  eonlr.  Ariauoi, 
3),  dam  Pbotius  [BÎHioih.,  c.  2S2,  S  2I>).  daiu  S. 
AURUsIin  {De  eiiii.  Dei,  \i,  50.  —  fmperf.  de  Ce- 
ne*t,  1,9.— De  C«nei.  ad  hit.,  iv,  32,  etc.),  dans 
Procope  (ia  tienes),  eU:.  ;  comme  aussi  dans  Pbiloa 
{De  mwdi  opifitio,  éd.  Pfeifler,  1786,  p.  42.  ~Al- 
ttgor.  I,  ibid  ,  p.  122,  iU),  pour  ne  rien  dire  d'O- 
rigéne. 

voità  pour  b  queuioo  d'érudition  ;  quant  à  celle 
de  U  cosmogonie  liiblique,  qui,  si  elle  éuit  jnsEi- 
ciable  d'un  tribunal  bumaii),  ressortirait  bien  plulét 
h  lAcadémiedesscieiicesqu'ài^lledesinscripiioDS, 
J?  me  cenienierai  de  citer  ii  U.  Letronne  deux  hom- 
mes qui  devaient  s'j  connalire  :  le  retigieus  et  sa- 
vant Amiré-liarie  Ampû-e,  qui  se  plaisait  ï  Taire 
remarnuer  l'accoril  de  la  sciciice  avec  la  Cetiite;  et 
le  célore  Georges  Cuvier,  qui,  pour  s'être  parfuis 


affranchi  du  joug  de  l'Ecriture,  n'en  a  pa»  m<^ 
écrit  ceci  entre  autres  choses  :  ilaiw  «o"  "  '*••' 
une  cotmogonie  dont  l'exattitmde  te  ririfie  (!'(■' 
jour  d'une  manière  admirable.  {  K05.  CK£itia!>,  )<' 
—  Dite.  t%T  le*  riml.  du  globe.)  Or,  j'avoue  g»:  f 
ne  suis  pas  assez  au  lait  des  proRrés  de  li  "''^ 

Kur  m'eipliquer  commeot  elle  aurait  >i  fort  " 
TÛé  Cuvier  depuis  lors,  qu'il  ait  pu  èlre  wt  " 
vieux  papier  dès  k  15  mars  1834.  Hais  S.  AvcuiU 
nous  avait  prévenu  d'avance  de  ces  diBëmces  pn 
duiles  par  ta  lecture  des  livres  saints,  qaand  il  "^ 
Tait  (fleCenM.  ad  lill.,  v,  5)  que  <  rEcrilure»* 
profondeurs  qui  se  jnueut  des  esprits  dédaigw^i 
en  même  temps  ({u'une  faauienr  qui  conquiert  l- 
ftmes  élevées.  >  Vog.  Cséitkm. 

(UOJ  Cfr.  C.  AcBESt,  AniuiUi  de  flaloeoplM  t*" 
tieMe,  t.  XVII,  3'  têiie. 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


CRE 


[e  U'ihe;  tA  elle  fait  (ant  d'impression  sur 

ur  lu  letlrés  do  la  Chine,  que ,  quand  on 
1  leur  oppose,  ils  en  restent  comme  in- 
triWt  (ÂIJ-  Grolius  B  fait  Toir,  dam  son 
'railédtla  vérité  de  ta  nligion  chrétienne, 
il3|,  que  le  réçii  de  Moïse  sur  la  création 
I  irnuTe  conârmé  par  les  IradilioDS  des 
ï^aiciens  <iaas  Sanchoniaton,  des  E^p- 
ensdans  Diodore  de  Sicile,  des  Indiens 
ir»  Hégaslbènes  et  Strabon;  des  Grecs 
uuLÏDUS,  Hésiode,  Eplctèle,  Ansiagore, 
liliin,  etc.  Toutes  les  cosmogonies  des 
(xieiii  peuples  ont  quelque  ressemblance 
rtc celle delfoïse, ou  plulAlne  sont  que  le 
fdl  de  Moïse  défiguré  par  les  ,idées  super- 
lieuses  des  idolâtres  ou  les  rêveries  de 
Wienae  phitosopbie  ;  et  ce  n'est  ^ue 
lins  le  premier  chapitre  de  la  Genèie  qu  on 
«ni  irourer  la  ciel  de  tous  les  systèmes 
niniiHigibles  formés  de  traditions  ancien- 
(SDiélées  aux  erreurs  de  la  philosophie  et 
m  ticlioDS  de  ta  noytbologie  (6UJ. 
Chose di^e  d'attention,  les  philosophes 
c  l'iniiquité  qui  crojaieRl  h  réternilé  de 
I  mWÈre,  tels  que  Platon,  ne  pouvaient 
epeodiot  s'empécber  de  reconnaître  dans 
Wmble  des  choses  visibles  le  caractère 
Tune  œuvre  travaillée,  et  ils  appelaient 
lieu  la  grand  architecte  de  l'univors.  C'est 
n'tn  effet  Tuoivers  porte  ie  signe  éclatant 
oc  MD  impuissance  personnelle,  s'il  est 
(Knsit  da  parler  ainsi,  et  ceux-lè  mêmes 
qum  l'iltrent  pas  jusqu'à  l'idée  de  sa 
cTÉilion,  j  discernent  pourtant  la  main  de 
r^riisit  fïi  l'a  touché  et  construit.  Ils  le 
'iieui  bit  encore  qu'ils  ne  le  croient  pas 
<Tét!,  eituN  cela  la  pensée  de  Dieu  n'au- 
nu  lucane  raison  dans  leur  esprit.  La  pro- 
dncimo  du  monde  est  un  dogme  q^ui  précède 
Itçgutmeiit  le  dogme  de  l'eiistence  de 
l'oeil;  nous  disons  :  Le  monde  est  produit, 
lue  DjïD  ust  ;  et  non  pas  :  Dieu  est ,  donc 
(looDdeest  nroduil.  C  est  le  raisounement 
biDcieas  philosophes  théistes  aussi  bien 
,oe  celui  des  philosophes  chrétiens,  seule- 
KAt  il  était  moins  complet  daus  les  pre- 
iKfi  que  dans  les  seconds.  Aristote,  par 
■■iijple,  après  avoir  admis  l'éternité  de  la 
nliére,  ae  pouvait  plus  remonter  à  une 
Uie  luiiriaie ,  si  ce  n'est  en  découvrant 
■Rs  11  iieture  quelque  chose  dont  la  prê- 
tée uu  s'expliquait  pas  sons  ua  principe 

.(UI)1I.J.  Reynaiid(T«TfflCt«f,  p.  158)  ad- 
■R  'oJMtîera  te  teplàiaîré  de  li  umaine  eomnu 
^iti  fièat  ie»  pliu  étouiumUt  de  kaxU  ùiniquilé 

■  Kwinu  tMicrWuJMfn'â  nom.  t  Je  le  res- 
ne  BÙK,  diL-il,  comme  un  des  monumenla 
(  «MI  cMiucréi  par  le  consenieoieot  géuéral 

■  boontei.  i  Toutefoii  c'est  si  vieux  le  seplé- 
»Rt  lioalui  subtiitosit  le  quaf^naire...  t'est 
ti|wprapiMe  H.  J.  Reynaud.  <  Que  par  le  per> 
'^"nmeuin  nppons  eutre  le  globe  et  le  geore 
■»*.  b  qualité  tie  travail  iiéc«>Mire  k  noim 
'■■■'•ce  fiente  i  subir  une  dioiiiiu'ion  BuOlMnle, 
i.xmb.je Toual'avoue, aucune  répugnance  a 
*^b  Itaiàenr  de  la  Koiaiiie  ('abréger  daos  la 
"■MiiwMK,  (4  si  jamais  ce  quaternaire,  que 
***  Sx  nffitket,  poutail  étendre  k  ce  point  son 
*^t  ifÊ'tfrù  uoi»  jtMitaéci  cvotacrées  aux  la- 


plus  élevé-  Tel  était  pour  lui  le  mouremenl 
des  corps.  L'analyse  de  ce  phénomène  l'a- 
Tait  conduit  à  reconnaître  la  nécessité  d'un 
premier  moteur,  et  il  avait  écrit  cette  nro-. 
position  presque  divine  par  sa  nrofonoear 
et  son  originalité:  ■  I)  y  a  quelque  chose 
d'immobile  qui  es<  le  principe  du  mouve- 
ment. * 


EcUirdnemeiii  sur  lei  mou  imbire  et  matière  —  Haltère 
première, m«liËre  seconde  ;i1uiiim.  — Notloudu  lemos 
et  de  l'éteniiié.  —  iDcompréhenilbiJttâ  du  rapport  do 
Col  t  itnflut. 

Ceux  des  philosophes  anciens  qui,  dans 
le  monde  corporel,  n  ont  été  fniji|iés,  comme 
Heraclite,  que  de  ,1a  variété  des  phénonià- 
Des,  ont  nommé  nalurt  la  succession  même 
des  phénomènes,  et  n'y  ont  vu  qu'une  va- 
riabilité indéfinie,  par  conséquent  inacces- 
sible h  la  science.  D'autres,  comme  Platon, 
7  ont  signalé  en  outre  un  principe  d'ordre, 
mais  ils  ont  cru  ce  principe  extérieur  et 
supérieur  aux  corps  de  l'univers,  et  ils  l'ont 
fait  consister  en  une  ou  plusieurs  causes 
intelligentes,  agissant  directement  et  immé- 
diatement sur  ces  corps.  Les  stoïciens,  au 
contraire,  ont  remarqué  surtout,  dans  le 
monde  physique  et  le  monde  moral,  l'ordre 
et  lastatiilité:  peu  métaphysiciens,  ils  n'ont 
pas  su  établir  la  distinction  entre  la  sub- 
stance infinie,  tes  substances  simples  et  les 
substances  étendues.'  Pour  eux,  la  natura 
a  été  Tordre,  c'est  fa-dire  la  loi  universelle 
du  monde  moral  comme  du  monde  physi- 
que, et  la  vertu  a  été  la  conformité  a  ta 
nature. 

Pour  nous,  le  mot  nature,  sans  autre 
désignation,  signifie  l'ensemble  de  tous  les 
êtres  corporels,  tels  qu'ils  sont,  q^u'ils  ont 
été  et  qu  ils  seront,  avec  leurs  activités  di- 
verses et  les  luis  invariables  de  ces  activi- 
tés. La  nature  comprend  donc,  pour  nous, 
l'ensemble  des  causes  secondes,  moins  les 
causes  intelligentes  et  libres.  Elle  est  ot^jet 
des  sciences  naturelles  qui  cherchent  ce 
qu'il  y  a  de  stalile  au  milieu  de  la  succes- 
sion des  phéuomènes  des  êtres  composés, 
c'est-A-dire  des  lois  suivant  lesquelles  ces 
phénomènes  se  produisent. 

De  même  que  la  nature  universelle  com- 
prend l'ensemble  Jcs  lois  du  monde  phy- 
sique, de  même  la  nature  de  chaque  être 

beurs  de  b  terre,  il  en  vint  iiue  consacrée  aos 
choses  du  ciel,  ce  urail  un  progrés  social  et  ra- 
ligieux  dont  les  amii  de  Dieu  et  des  hommes  ne 
pourraient  refuser  de  se  réjouir,  i 

VoiU,  il  en  faut  couvenir,  des  tendances  dëtotea 
tout  ï  Tait  édifiantes  dans  un  philosophe  de  cette 
force. 

(Uii)  Ce  traité  de  Grotius  est  lrès-es(iné ,-  Vol- 
taire a  eu  ses  raisomi  pour  le  déprimer  ;  il  était  trop 
évidemment  partie  trop  intéressée  pour  éirt  juge. 
et  sa  critiqua  est  au  moins  suspecte.  11  u'en  est  pas 
ainsi  des  élevés  de  Saint-ETremont,quî,  malgré 
son  épicurisme,  faisait  grand  cas  du  traité  de  Uro- 
tiua.  Ecrit  originairement  en  latin,  il  a  été  traduit 
par  l'abbé  GoL>jri,  Ivol.  in-12,  t7». 

(643}  Voy.  Dktut.  William  Jomss  et  HoatCi. 


tK 


CRE 


MCTIOMNAtRE  APOLOCETtQUE. 


comprend  lus  lois  stables  de  son  Bctiviif^, 
et  Venenee  U'nn  ëlre  est  sa  nature  considé- 
rée d'una  manière  abstraite,  de  telle  noria 
que  les  dires  de  nature  semblable  ont  une 
niânie  essence,  d'aulsut  plus  générale  et 
vide  de  r^inpréliensioD,que  la  ressemblance 
dénature  est  moindre;  d'autant  plus  com- 
préheiisivo  et  spécifique,  qae  cette  res- 
semblance est  plus  grande. 

Il  est  évident,  o^après  cela,  que  pour 
nous  la  nature  n'est  point  une  cause  pre- 
mière, ni  même  une  cause  distincte,  etque 
la  nature  de  chaque  être  n'est  point  non 
plus  une  cause  par  elle-même.  Cela  est  vrai 
de  tous  les  êtres;  cela  est  érideni  surtout 
en  ce  qui  concerne  led  fitres  libres,  dont 
les  actes  ne  sont  pas  tous  déterminés  néces- 
sairement par  la  nature  de  ces  êtres  et  par 
les  circonstances.  Ce  sont  les  substances 
qui  sont  causes,  les  unes  d'après  leur  aa- 
lure  et  les  ciiconstances;  les  autres,  non- 
seulement  (l'a|irès  leur  nature  et  le»  cir- 
cnflstaiices,  mais  aussi  d'après  leur  Tolonlé. 
C'est  donc  chaque  substance  inséparable  de 
sa  nature  propre,  qui  est  une  cause  réelle, 
et  il  n'y  a  point  d'autres  causes  que  les 
substances  actives.  Il  D'y  a  donc  point  dans 
le  monde  une  puissance  universelle  et  im- 
manente, distincte  des  corps  eui-mémes  ; 
la  nature,  ainsi  comprise,  n  est  rieii  qu'une 
vaine  concejilioo  de  notre  esprit,  imaginai- 
rcment  réalisée  par  une  expression  uéla- 
jihvsiijue. 

Pourtant,  il  y  a  dans  le  développement 
tiarmonieus  du  monde  physique,  la  preuve 
manifeste  d'une  puissance  inlelligeule  autre 
que  celle  des  Amos  unies  aui  corps  vivants. 
<JiieI(juefois  on  applique  à  cette  puissance 
le  num  de  nature,  et  l'on  admire  sa  sagesse. 
On  a  raison  :  ceUe  nature  sage  existe;  mais 
il  Faut  savoir  ce  qu'elle  est  et  ce  qu'elle 
u'esi  pas.  Elle  n'est  pas  immanente  au 
monde,  o(i  f  1  n'y  a  aucune  substance  intelli- 
gente qui  soit  la  nature.  Elle  est  supérieure 
au  monde,  où  elle  se  manifeste;  elle  est  la 
substance  infinie,  la  cause  première  du 
monde  ei  de  ses  lois;  son  nom  est  un  des 
noms  de  la  Divinité;  elle  est  Dieu,  consi- 
sidéré  non  en  lui-même,  mais  dans  son  rap- 
|iort  avec  les  corps;  elle  est,  sous  un  autre 
nom,  la  Providence  créant  et  conservant 
l'urdre  de  l'univers,  non  pas  par  des  mira- 
cles, mais  parle  maintien  des  lois  de  l'ac- 
tivité des  substances  créées. 

Une  suire  expression  qui  a  été  le  pré- 
texte de  bien  des  confusions  d'idées,  c'est 
le  mot  de  matière.  Certains  philosophes, 
tant  anciens  que  modernes,  nomment  ma- 
tière un  être  idéal  et  indéterminé,  qui,  sui- 
vant eux,  est  le  fond  commun  de  tous  les 
corps.  La  conséquence  logique  de  celte  no- 
tion de  la  matière  comme  d'un  être  indé- 
fini, sans  propriétés  et  sans  activité,  serait 
de  refuser  auxcorps,  dont  elle  est  lu  fond 
commun,  toute  existence  subataniielle,  el 
de  ne  leur  attribuer  qu'une  existence  idéale 
Ou  purement  phénoménale.  Quelques  phi- 


losophes n'ont  pas  reculé  devant  cette  coi- 
séquence,  que    nous  '  repoussons  ivec  la 

finncipe  d'où  elle  découle.  Une  itiéoriu  de 
a  matière,  toutediETérente  el  parCjiiemeDi 
ronciliable  avec  l'état  actuel  des  tcienus 
physiques,  résulte')  m  média  temenl  iles|jriii- 
cipes  que  nous  avons  posés. 

La  mollir»  première,  indéterminée,  n'est 
qu'un  vain  mot,  auquel  ne  correspooii  lu- 
cune  réalité.  La  matière  réelle  des  coc[e 
réels,  c'est  ce  qu'on  a  nommé  souveot  m- 
tiire  Meeonde  :  ce  sont  les  substacces  dont 
les  corps  se  composent,  c'est-à*dire,  les 
atomes  premiers,  substances  actives,  étao. 
dues,  impénétrables,  continues  chacune  eu 
particulier,  mais  distantes  les  unes  dei 
autres,  dont  les  divers  agrégats  constilu«iil 
tous  les  cirps.  Qusnd  les  corps  se  dissoireiK, 
leurs  atomes  subsistent  et  entrent  dsasdt 
nouvelles  combinaisons. 

Quelle  est  la  causs  de  l'existence desilo- 
roes,  des  lois  qui  présidant  à  leur  aciittil, 
à  leurscombinaisousetàleursmouvemeDlst 
En  d'autres  termes,  quelle  est  la  cause  pre- 
mière de  l'exislence,  des  révolutioas  et  île 
Torde  actuel  de  l'univers  T 

Les  atomes  dont  les  corps  se  com|>oseiil, 
ne  périssent  pas  avec  eux,  et  peuvent  irolr 
existé  avant  chacun  d'eu  i  ;  mais  ni  tes  ilo-  , 
mes,  ni  les  corps,  n'ont  l'existtnceiiiËQit, 
immuable,  indivisible  de  Dieu  et  dej  idc» 
éternelles  :  ils  dureiu,  el  par  conséquent  ili 
ont  commencé  d'être,  et  leur  existence  ac- 
tuelle n'a  rien  de  nécessaire.  11  faut  dose 
au'il  y  ait  une  cause  première  de  l'esisieQK 
e  chacun  d'eux  et  de  tous  ensemble. Lu 
lois  d»  leur  activité,  de  leur  puissance  diq- 
trice  et  de  leur  mobilité  ne  sout  pas  plus 
nécessaires  que  leur  existence  même,  llb^ 
donc  qu*.une  raison  suRisanle,  eiterieure 
et  supérieure  h  eux,  ait  d6lerminéces  \u\i- 
En  supposant  même,  contre  toute  ralsoiii 
que  ces  lois  fussent  nécessaires,  el  Que  ii 
matière  à  laquelle  elles  s'appliquent eiblli 
nécessaireiuenl,  l'ordre  actuel  aurait  eiiwe 
besoin  d'une  cause  prise  hors  de  la  msiierb 
En  effet,  il  est  bien  vrai  qu'étant  ilonnA  i"> 
certain  système  de  positions  et  de  mouic- 
menls  primitifs  pour  tous  lesslomes,  u" 
certaine  série  de  révolutions  résulie»ii 
inrailliblement  de  leurs  propriétés  et  dtilcur» 
lois  ;  mais  à  cbaque  système  de  posiliuns  el 
de  mouvements  primitifs  correspondrai  lu"' 
série  différente  de  révoiulions.  L'ordre  iC' 
tuel  n'est  donc  point  la  conséquence  néces- 
saire des  pro[vietés  et  des  lois  de  la  mal>i'& 
telles  qne  l'observation  les  découvre,  ma 
cet  ordre  suppose  da  plus  en  plus  un  cer- 
tain arrangement  primitif.  Il  faut  ilp"^ 
qu'une  cause  extérieure  et  supérieureili 
matière  eu  ait  distribué  primitivement  louli^ 
\e6  parties,  de  telle  sorte  que,  de  ci'lle  dit* 
position  première,  les  propriétés  el  les  lo" 
de  la  matière  aient  fait  sortir  nécessaireoieot 
l'ordre  actuel ,  qui  autrement  serait  stoi 
raison  suUisaiite  (6U). 
Il  est  donc  nécessaire  de  reconnaître  IH^o< 


fiU)  C«  dernier  argument  a  été  fort  bien    pr^setiié  par  la  baniabile  Genlll ,  mort  cardi»!  * 


m  CRE  DKTIONIUIIIE  APOLOGETIQUE.  CRE  JM 

faoe  part  comme  organisateur,  d'autre  l'eiistence  de  tel  corps  en  tel  (emfs  et  en 

part  eomma  créateur  de  la  matière,  dont  tel  liea  donnés.  Le  temps  et  la  durée  om 

l'eiisieDce  mAme,  aussi  hien  que  l'ordre  et  donc  leur  principe  dans  l'éternité,  mais  n'en 

In  loii. «apposent  une  cause  premièn(6fc5).  font  pas  iwrlie.  L'éternité  n'a  point  de  psr- 

lltdliiefl  vrai  ifue  les  causes  qui  tombent  ties,  el  napparlienl  qu'à  l'Etre  nécessaire  et 

MSI  oolre  observation,  soit  ioterae,  soit  imninableelfa  sesnianiëres  d'être.  Le  temps 

tileniejDeproduisentqoe  des  changements  est  la  durée  idéale  el  indéBoie  qui  embrasse 

Je  minières  d'être;  mais  l'idée  de  cause,  toutes  les  durées  réelles.  Celles-ci  sont  né- 

^i  »  révile  i  notre  raison  dans  toute  sa  cessairement  finies  qnaot  à  leur  partie  réa- 

(Mcililé,  à  l'occasion  de  l'observation  des  lisée,  et  elles  out,  par  conséq^uenl,  un  com- 

tnxi  particulières  et  de  leurs  actes,  est  mencement,  bien'qu'elks  puissent  être  illî- 

loe  Hléa  première,  absolue  et  affirmative,  mitées  quant  \   leur  avenir.  La  durée  du 

qn  n'exclut  point  la  production  des  sub-  monde  et  sa  oerfection  relative  tendent  sans 

nuw  actives  et  de  leurs  facultés,  et  la  cesse  vers  f'ingai,  qu'elles    n'atteindront 

nina  nous  montre  la  nécessité  d'admettre  jamais.  Cette  loi  de  progrès  sans  laquelle 

ttUi  produciioD.   Elle  ne  nous  en  fait  pas  l'optimisme  serait  insnu Leijable  ne  peut  se 

Mpraéra  iDeomuÊKiU;  mais  elle  ne  noos  concilier    avec    l'bypotbèse,    inadmissible 

blpueuBipreadre  non  plus  jusque  dans  d'ailleurs,   de    la  création   étemelle   d'un 

niuns  deniière  le  eomiment  du  la  pro-  monde  éternel  :  quand  même  les  mois  de 

^■ctioD,  cbaaae  jour  observée,  des  cban-  paué  el    d'm/fnt  n'exprimeraient  pas   des 

jEaailfdnisles4tres.L'obserTationinierDe  idées  essentiellement  contradictoires,  si  le 

•ouoHnlre  les  limites  de  notre  causalité;  mondeindéGnimeniperTectibleaTail un  passif 

l^liKnation  externe  ooos  laisse  entrevoir  infini,  il  aurait  d^è  réalisé  no  progrès  iu- 

wliBiiesde  la  causalité  des  antres  êtres  fini;  il  aurait  atteint  la  perfection  suprême, 

nBliDgenls;  mais  aucune  induciioD  légitime  (ju'il  n'atteindra  jamais,  en  ;  tendant  lou- 

WDous  autorise  k  imposer  des  limites  sem-  jours. 

wLIm  i  la  causalité  de  l'Etre  suprême.        Nous  ne  ccmprenons  pas,  il  est  vrai,  com- 

vtiJenrs,  je  suis  un  être  pensant,  el  par  ment  l'existence  indivisible  de  Dieu  el  des 

touéquent  simple;  mon  eiistence  est  son-  Tdées  nécessaires   est  présente   b  tous  les 

B-Miu  temps  et  k  la  durée;  par  conséquent  temps,  sans  être  elle-même  dans  le  Ibmps, 

die  D'est  pas  étemelle.  En  elTet,  mon  corps  et  comment,  par  conEÔqqeot,  l'acte  étemel 

'^  i>f,  d'hier,  et  aucun  souvenir  ne  médit  par  lequel  Dieu  crée,  est  présent  à  toutes 

^»e  j'ije  existé  avant  mes  oignes  corpo-  les  durees  des  créatures;  nous  comprenons 

n'u  tU);  or,  un.être  simple  ne  peut  com-  que  nécessairement  il  en  doit  être  ainsi  et 

Bercer  d'être   que  par  (a  création  de  sa  qo'il  o'en  peut  être  autrement.  Cela  doit 

)ul»[iace  indivisible  :  la  création  des  âmes  nous  suffire  ;  il  fant  nous  résigner  h  ne  pas 

M  peut  Jonc  être  qu'une  création  de  sub-  comprendre  l'in&ni,  et  surtout  il  ne  faut  pas 

tUnret,  et  il  d'j  a  de  doute  possibtu  que  essayer  du  le  rabaisser  à  notre  niveau,  de 

^l'époque,  el  non  sur  la  réalité  de  cette  le  réduire  à  notre  mesure,  de  créer,  pour  Je 

"^ioa.  besoin  de  notre  imagination  el  en  dépit  de 

Li  proJuetioD  des  substances  étendues,  notre  raison,  un  infini  composé  de  parties. 

<!'  Bitme  que  celle  des  substances  simples  nne  éternité  successive,  dont  la  moitié  sa- 

j**" éternelles,  doit  donc  être  attribuée  k  rait    écoulée.  Le  vrai,  incompréhensible, 

woi  qui  esl  la  source  même  de  l'être,  parce  mais  certain,  vaut  mieux  que  l'absurde  plus 

l*!'!  ta  a  en  loi-même  la  plénitude.  Tout  accessible  (647), 

'ipi  esl  étemel  esl  en  Dieu  et  participe        Ainsi,  ceux  qui  demandent  ce  que  Dieu 

^wmt  attribol  ou  mode  de  sa  substaoce,  k  faisait  avant  la  création  font  une  question 

M  eiiaience  une,  indivisible  el  immuable,  vaine,  k  laquelle  d'ailleurs  les  platoniciens 

•>weéterD«llede  l'espace  et  du  temps,  d'où  avaient  répondu  avant    Féneloo.  Dieu  n'a 

çwlle  la  possibilité  absolue  des  corps,  et  pas  été,  il  ne  continue  pas  d'être,  il  ne  sers 

Kiedela  volonté  divine,  d'où  résulte  leur  pas;  il  eit  et  il  cr/«.  Mais  le  monde  a  été, 

ii-t:HKe  réelle,  sont  éternellement  en  Dieu;  continue  d'être  et  sera.  Dieavoit  ces  rela- 

■  t«Di  éternellement  l'existence  delà  ma-  lions  d'antériorité  et  de  postériorité  Ik  où 

^Cf  dans  J'espace,  la  soccession  de  ces  elles  existent,  c'est-à-dire  entre  les  êtres 

umères  d'être  dans  le  temps,  ses  mouve-  créés  et  leurs  manières  d'être  successives, 

Koif  dansie  tempset  resi)ace,el,parsuîte,  el  non  en  lui-même  ou  par  rapport  k  lui- 

■etoelle,  et  avoir  éié  avant  ma  naîsMoce  un  Ctm 
saaiptTMiiuulilé,  nne  tanx  sans  conicieBce  d'elte* 
méiiM.  Hais  c'est  ta  duc  hypotliése  bien  invraiiem- 
Uatde.  Ainsi  ladonnéesileroltservaiion sont coDlre 
li  préeiislence  des  ines.  Hais,  d'aitlenra,  b  raison 
est  contre  leur  éierailé.  M  lool  ce  qoe  aons  avons 
besoin  de  proaver  <cî ,  c'est  qn'elles  ont  cummcoré 
(Tèlre. 

(647)  Sorla  distinction  da  temps  etdel'éiemiié, 
et  sur  u  vérilé  et  rintwmpréheniibililé  de  ta  créa- 
tion, voves  H.  Jutes  StHO.i  ,  Huinn  dt  CEtoU 
i-AUzamlru,  préf.,  t.  1,  p.  7-21  el  I.  H,  p.  «39  M 
suÎTtntes. 


^  iWiiiogica  juiemeit  estimé,  philosoptie  car- 
^Ka  ir.p  pea  cunnu.  (Tojei  son  Reeuttl  d*  dû-  . 


J  mmttt  tan  bien  la  néceuité  d-'t. 

'"îf.  Mais  sfce  la  réserve  bmitiére  à  Técole 
■*•ui«^  U  le  laU  s«r  les  fUMNirls  de  cette  canM 
»ç  reiMtcMx  des  êtres  contiDgents. 
i*t*)  H  «1  vrai  que  je  Fourrais  avoir  perén  la 
*»we.Nljranet'aToit  jamais  eueavani  m  ik 


DICTIONNAIRE  APOLMETlOtlC. 


mAmejcar  il  est  en  dehors  des  condilioDs 
du  lemiis.  Il  ne  fauiirsit  doDC  pas  demander 
Don  plus  de  combien  de  taDips  le  cominen- 
cemenl  du  monde  est  potl&imr  h  l'acte 
éternel  par  lequel  Dieu  crée.  Cette  ques- 
tion est  un  non-sens;  car  aucune  époque 
n'est  poslérieure  d'une  qusniîté  de  temps 
quelconque  à  ce  qui  est  éternel.  C'est 
comme  si  l'on  demandait  de  combien  de 
temjis  l'eiislenco  de  tel  corps  sptiérique  est 
postérieure  i  l'exisleoce  de  cette  Térité 
éternelle,  que  tous  les  rayons  (js  1b  sphère 
sont  égaux  entre  eux.  Dira-t-on  que,  si  le 
monde  n'a  psstoujoursété.  aueDieului  est 
antérieur,  et  que,  par  conséquent,  Dieu  a 
été  oisif  avanl  d'âlre  créateur?  Les  parti- 
sans de  la  création  éternelle  doivent  savoir 


d'avoir  des  parties  distinctes,  que  précité 
ment  par  le  commencement  de  l'eiiiieDM 
du  monde. 

Toutes  les  objections,  anciennes  on  rieet 
les  (648},  conire  la  création  non  é(eni«llï 
dans  son  eflul,  quoique  éterneila  dioi  u 
cause  immuable,  sont  de  l'espèce  de  câlin 
que  nous  venons  d'examiner  :  ellej  pijseoi 
toutes  k  cAté  de  In  doctrine  qu^  nous  itods 
exposée  (649),  et  qui  n'est  pas  nouvelU  ni 
ignorée  dans  l'bisloîre  de  la  philosophie. 
Fénelon  avait  pu  trouver  déji  le  [irincipedg 
ceitt!  doctrine  dans  Plalon'(650),  daniPIn- 
tarque  (631),  dans  Numéniui  (659}  et  diu 
Boëce  (653)  :  du  moins  en  ce  qui  conccm 
la  dislinclion  nécessaire  du  temps  et  de  l'é- 
ternité. Puissions-nous  avoir  formulA  etUt 


quelfltU/?riûni/delBcausekleffetpeutiiôlre  doctrine  d'une  manière  plus  complète,  plu. 

que /offiyu*.  Dieu  est  iQsiquementanléneur  précise  et  plus  inattaquable  1 

au  monde,  c  est-à-dire  que  I  existence  du  ^  *^      iuaii04Mi>u  » 

monde  dans  les  temps  suppose  nécessaire-         La  création,  acte  éternel  de  Dieu,  d'où  ré' 

ment  l'eiistence  éternelle  de  Dieu;  mais  ae  sultent  l'existence  non  élerneHe  del'enMB- 

n'est  pesa  direqueje  moude  existant  dn-  bleUeschosescrééesetteurduréesucceuiit, 

puis  un  certain  temps.  Dieu  ail  existé  oisif  est  donc  la  seule  explication  vraimenl  n- 

dans  un  temps  anléneur.  Dieun'o  paiexùlé  lionnelle  et  philosophiquement  accepliblt 

dam  un  tempi;  il  exitle  dans  l'éltmiU  una  j-"--^ ■--      >    

et  indiviiibU,  et  il  existe  comme  créateur. 
Ce  n'est  pas  Dieu  oisif,  c'est  Dieu  créateur, 
qui  est  antérieur  au  monde,  et  il  t'est  lo- 
giquement, comme  les  vérités  éternelles  le  ,  __.  ___  ,  __  ^_.  _ 

soril  aux  objets  auxquels  ulles  s'appliquent,  gence  bornée  qui  ne  peut  compreotli 
Dieu  n'a  pas  été  oisif,  puis  créateur  :  il  est  rement  l'infini  ni  même  le  ûnij;  pour  se  no- 
créateur  éternellement;  mais  l'ensembledea  dre  parfaitement  compte  d'un  ra)j|)ort,il 
choses  créées  a  commencé  dès  le  temps,  en  faudrait  en  connaître  parfaitement  les  dm 
Vertu  de  la  volonté  créatrice  éternelle.  De-  termes.  11  faut  se  contenter  de  savointutitt 
Diaudera-t-on  pourquoi  Dieu  n'a  pas  voula  rapport  existe  et  quelle  en  est  Is  Dattire.Lt 
que  l'existence  du  monde  commençât  plu-  rapport  du  Qni  k  l'iDllni  est  celui  de  l'efTei' 
tdt,elquelleraisansufiisanteil  aeuedefaire  '  •     .■  ~  . 


de  l'existence  des  substances  conl jugeait!. 
Cette  explication  n'est  pas  complâle  sam 
doute,  mais  elle  ne  peut  pas  l'être,  et  nous 
savons  pourquoi  :  le  rapport  du  dni  i  i"\n- 
fini  ne  peut  être  compris  par  une  inielli- 


commencer  l'existence  du  monde  en  tel 
point  plulât  qu'en  tel  autre?  Cette  question 
est  encore  un  non-sens  :  le  temps,  eu  lui- 
lueme,  est  lout-à  fait  indéterminé,  puisqu'il 
u'oït  autre  chose  quela  possibilité  indénnie 
de  la  durée.  Le  commencement  de  l'exis- 
tence du  monde  est  la  première  détermina- 
tion qui  ait'été  introduite,  le  premier  point 
qui  ait  été  posé  dans  le  temps  indétini. 
Ainsi,  Dieu  n  a  pas  eu  à  choisir  entre  plu- 
sieurs po.nts  préexistants  :  il  fallait  bien 
qu'il  j  eût  un  premier  instant  du  monder, 
ce  premier  instant  aurait  pu  être  diflTérem- 
□lent  situé  par  rajtport  ii  une  époque  donnée 
de  l'existence  du  monde  actuel,  mais  non 
pur  rapport  h  un  point  pris  en  dehors  de 
celle  cii^tunce  puisqu'il  n'y  en  avait  aucun. 
De  quelque  munière  que  le  monde  com- 


la  cause,  de  l'etTet  non  éternel  k  is  aw 
éternelle,  de  l'effet  qui  a  commencé  el  ijui 
dure  dans  le  temps  6  la  cause  qui  existe  dtQs 
son  éternité  indivisible-  Or,  une  cause  imui 

firoduiro  bors  d'elle-même, comme  le  prtiun 
a  production  journalière  des  modes  iI'uk 
substance  active  par  l'activilé  d'une  luiti 
substance,  qui  excite  l'activité  de  la  pn- 
miêre.  Les  substances  cootiDgenles,  qv 
n'ont  pas  en  elles-mêmes  leur  raison  d'^m, 
ne  peuvent  produire  que  des  modes.  1^ 
substance  nécessaire  qui  a  sa  cause  eav"^ 
même  peut  produire  des  substances, eld> 
en  produit,  puisque  des  sutjstances  iioo  nir 
cessaires  existent.  Le  rapport  du  fini  ^  !''<' 
fini,  qui  est  celui  de  l'elTet  à  ta  cause,ii'eii 
donc  pas  en  même  temps  celui  du  mode  ïi< 
substance,  puisque  les  attributs  du  Gui  i^" 
contradictoires  avec  ceux  que  la  raison  m\ 


mençUt,  il  n'aurait  pu  commencer  ni  plus  fait  entrevoir  dans  l'infliii,  puisque  le  io 

lAl,  lii  plus  tard,  soit  par  rapports  l'éternité,  nous  apparaît,  comme  étant  précisémeui  c 

seule  existence  réelle  qui  lui  soit  antérieure,  que  l'infini  ne  peut  pas  être,  et  réc)pro<;u° 
et  qui  l'est  logiquemool,  mais  non  |>ar  uq  *  ment;  mais  surtout  puisque  i'existetice  di 

intervalle  de   temps,  soit   par  rapport  au  substances  Unies,  et  d'abord  de  la  nMre, 

temps,  être  idéal,  qui  n'a  cessé  d  être  en-  titre  de  suitslance,  et  non  à  titre  de  siuipi' 

tièremeut  indéterminé   et  n'a  commencé  modes  d'une  substance  unique,  neuf  s' 


"  part.,  cliap.  IV, 
r  U  Timie  dt  Ptalon,  t.  Il 


(Q50)  Timée,  p.  37,  c.  38. 
(«51}  De  fitticriptioH  de  Delphtt,  c.  IH-IO. 
lttS2)  Cilépar  Evsëbe,  PrépHTùiion  AMUj<'if 
SI,  10. 
(653)  De  eontoUlivne  j^Uotophim,  Uv.v,  Go. 


oac  DKTOmuiREjkiioLaunara.::  ohd  m 

eaiidcs  nlslires,  iinparfiiiles«  fiflies-T  Is- 
ujez  df  oODSovair  los  causes  rvliliniMTui 
aiie  cause  «tuolue  t  l'fnipn&it  uns. le  piiw 
lail;  le  fini  saos  l'infini;  toos  ns  le  pourrri 
pu;  Tirai  fpuMcrec  dans  ce  vain  al&iri  fo- 
ire iatelhg«nc«t  TOui  j  pardm  voira 
Mison.  Or,  qu'est-ce  que  mite  JiB|K»iibtlilé 
absolu»  [)e  csBreT<4r  Je  Hni  lout  seul,  la 
rataitf  tout  seul  7  C'est  l'impossibilitâ  même 
da  coBcevoir  le  monde  sans  uue  causa  so- 
nr£nie,  parfaile.iufliiiei  le  monde  toul  seul. 
Le  wonda  vous  écbai^pe  doac;  sa  réalité 
rnnsfaît  eninne  on  TaiilAniP  dp  la  nuil. 
Afnt),  le  dualisme,  en  délriiisanl  la  nolirtn 
de  l'infini,  détruit  callo  du  fini;  il  détruit 
\m  notion  de  la  enuse  et  Mlle  du  l'cffel.  Il 
li*;  a  plus  lie  cause,  il  n'r  a  (ilita  d'effvli 
1\  n'y  a  vlua  de  uionde  t  c  est  le  etuoa,  o%H 
le  néant. 

La  salulioa  ilualisla,  en  nîtat  ta  réalilé 
des  ileus  termes. qu'il  s'agit  démettre  aii 
rapiiort,  détruit  le  fait  mèma  qu'il  faut 
aipliquAf  ;  noa.<  ne  (nUTons  diMic  vê$  ae* 
eeptcr  cette  soluttoni  Le  résullat  de  la  solur 
tiiHi  |)aiiUiéisiiqnp  est  uiaetamont  le  utémat 
qaekjties  réfloiions  T611I  notts  en  eoitf 
vainerei 

'  l«a  panlliéismc,  dans  ami  espresaioo  )■ 
plus  géaérate,  eonsiiHe  fc  alGrmer  que  It 
monde  apparliaol  i  la  sobstance  de  INeof 
qti'il  n'y  a  dans  M  mt»Bde  qa'irae  acule 
substaneej  la  substance  divine. 

Or,  s'il  r  a  un  prindpe  clair  dans  «olre 
mison,  c'est  ctslni-ci  :  lus  noilos  <l'une  suh» 
Stnnce  participent  aux  qualités  itibéreoles 
%  la  ftubsinnce  alle^mfirtie,  puisqu'ils  sont 
ta  siibsIsncQ  eile*mAins  modifiée  d'um 
ceriaino  inanfère.  La  substance  diviof 
étant  b'^upsnaire  et  iufinie,  tout  en  qn« 
Cette  substance  alftocte,  tous  les  modes  da 
celle  substance,  doivent  étrp  nécessaires  et 
Inllnis  iMimme  ello.  Il  est  donc  eonlradie- 
tpire  et  inipossible  que  la  sufaïUnce  diviva 
Soitenmfiinrt  lenips  finie  et  infinie  t  iolibfu 
"cn  Dieu,  finie  dans  le  mouda.  J'en  appaUa 
ï  votre  raison;  j'en  appella  k  votre  cou*- 
science;  conc^vet-vons qu'âne  même  aub^ 
slançe  soit  eu  même  temps  bornée  et  saas 
iKiriies,  finie  et  infinie  T  AIBnner  cette  «i» 
mulianéité  il'exislonres  qui  s'aicloenr* 
n'asl-co  nos  se  contredire,  tomber  dans 
l'absurde  7  Le  robnde  tiifianenant  i  l'esseoea 
(tlvinei  'élant  un  déVAloppomenI  de  lasuli* 
aianeb  divine,  est  donc  rigoureusement  i*t 
ndcessai  rumen  t  infini*  Mais  alors  il  est  Hé*- 
ccssnirede  transporter  au  monda  toulas les 
notions,  tous  les  caractères  de  t^inSnii  M 
il  faot  dire  que  le  temps  est  étemel,  ou 4« 
cnniingent  est  nécessaire,  que  le  relatif  est 
absolu,  que  la  multiplioilé  est  l'unité.  P^- 
■ons  sur  toute!  ces  ooulrsdiotîoos,  qui 
infligent  an  sens  bomaio  et  à  la  logique  le 
lilus  grand  outrage.  Il  fiiut  sller  plut  loin 
encore;  it  faut  dire  que  le  monde  est  de  soi, 
qii'iiMt  par  Soi.  qti'fl  est  M  cause  k  lof- 
Uléma.  Participant  A  la  subilaaee  divine,  fl 
ftosséde  Décessairenaat  ca  dernier  stiribut. 
nsusartiM  doM  «n  mend»  aécMsairamtut 

>9 


prmiTtfe  jmr  los  donbées  réahics  de  l'olHvr- 

TStfon  flt  de  la  raison. 
Vnlli  oommant  M  josqa^  quel  point  II 

nbilosrtpliîe  nous  seim>le  pouvoir  éclairer 

«  qnettion  générale  de  Torigiiie  des  êtres 

(iintingr-nlf. 

lit 

IhmWsM  mr  rorigliie  dn  dMMN,  dullne  et  àmmâ- 
d^cM  pMlUtaM  :  rdfWatiMi — U  dngn*  dirA- 
tlM.nd  KnpliMa  pwta  niM*.— De lldée  de  cmm 
ti  d'ef»  «t  do  eàt*  d«  erâaiiua. 

En  dehors  de  l'aihéisme,  dont  il  ne  pont 
hre  ini  qtieslien,  il  n'y  n  que  trois  solutions 
ponrblmlu  l'roljlèniede l'origine <lu  momltii 
•a  Mon  lo  monde  est  la  résultai  de  ddus 
Kuieipes  coéicrneit  et  nécessaires,  ou  bien 
Htsl  le  développement  de  la  siibslsnee  di-> 
(bw,  ou  enfin  il  est  te  produit  d'un  helo  touti 
fmunt.  qui  appelle  k  t'existencu  eu  qui 
a'viiMsit  (tes  snparavant.  Tous  les  anciens 
»f«(inFS  religieux  et  pHirosophiiliivs  ren* 
Mat  dans  une  de  ces  trois  hytiotnèses  ;  et 
)tf  lemps  BMKlem<>s  n'ont  pas  inventé  dé 
■œvHles  deetrlnes;  Or,  ta  première  de  ces 
lolulious  s'appelle  Ib  dualisme;  la  seronde, 
fémaiiation  00  lé  pattlhéisme;  ta  trotsièn» 
tfltiu  Kt  teditgme  clirélien  lui-mAme. 

Arint  d'aborder  la  discussioa.  il  faut  pot- 
ier les  cnndilinns  du  problème  qu'il  a'ngit 
ési^udre.  L'albdisme  écarté,  deut  fnilï 
Molnoonnus  el  admis  par  les  dUsIislos,  les 
VfOiétXet  et  les  chrétiens  :  d'uno  pari. 
raiiritMael  laréâlilcdu  monde  i  de  l'aillru, 
fciislenet  et  In  réalilé  d'une  cailse  du 
BiWa.Iajproblèmo  consiste  dflqc  k  décou- 
riîr/ef  rrais  rajiporls  enti-â  lo  mt>nilt>  el  sa 
niue;ei  Jisolulion  du  problème  doit  laissci* 
tBlwte  ei  inviolablo  la  double  réalité  dit 
wmét  et  du  sa  cause;  sans  cela  ou  sort 
ducuKiilionsdu  problème,  comme  du  sens 
wuuun  de  rbumanilé. 

EbliîBnlaii  non  do  sens  eommsn,  an 
ma  de  la  Iogiq«r,  je  porte  contre  les  deux 

K lires  aatulions  la  grave  aoensalion  de 
ire  et  d'anésutir  la  résilié  dea  deux 
brniss  qu'il  a'agpt  de  nottre  en  rapport,  et 
Arriver      aimi  k  de  iwlpairies  eontradio- 

fibord,  est-il  bien  difficile  deseconvain- 
tnqiie  le  dualisme  détruit  la  réalité  du 
jloii^Gt  la  réalité  île  sa  cause?  Lu  dua- 
■ttniB  consiste  h  sITIrnier  deux  princini'S 
(t^terorls  et  nécessaires,  Indépendants  I  uli 
ikTiutrc.  Cesdeut  pHtCtpes  se  llttlitam 
lhi|iToquen)ent,  tnulo  la  r^lilé  dd  l'un  est 

filuféek  Ik  r^alitâ  de  l'autre;  tout  ce  que 
n  possède  est  refusé  k  l'autre.  Par  con- 
••((uent  ils  ne  sont  infinis  ni  l'un  ni  l'autre, 
t^  lie  simt  pas  DU»  plus  infinis  par  leul- 
"-inion;  car  l'iolini  n  est  pas  uns  collée- 
"'n  de  parties  diverses  ;  il  est  «bsotdittent 
■•>  limiile,  iudivisibic.  Il  ifjr  fl  tlonc  pas 
4iaQurdsDs  cette  bvpolhèse;  il  n'jra  pas 
*t  Miaveraîu*  perfection.  Avec  la  odiioQ 
diaftv,  n  fauial«Bd«aflar  «lie  de  la  eaus* 
Mfrhae,  sDavamifie  et  perlsile,  qui  n'aat 
qiM'o  uiiertdel'inflni  tQ(>fnéiH.  ilaia«h>n 
(•^tiiau'ui  lera-M!  )>n«!iiblo  de  concevoir  les 


m  eu  OlCnOIIIUlU  tfOLOGETIQlIB.  O»  ^ 

•'UD  «ntrt  tM,  BOUS  KTDDt  VD  Dten  el  lénébreuie,  la  fore»  fâUItt  qui  le  déiilAi. 

Infini  iDui;  on  Dieu  qui  eiitl*  par  lui-  dans  le  monde,  s'éleod  dans  fttptuii'i. 

mCm»  ;  Do  Dieu  qui  est  1»  DéceiMin,  la  coule  daot  les  flaidas,  sa  raréfia  dtsi  |>tir 

Un,  l'absolut  l'immuable.  se  dilate  dans  les  911,  se  aolidiBe  dâû  It 

Kaas  arriroDs  ainai  h  un  dieu  cause,  k  miaéral,  végète  dani  Ij  planlt,  laot  «Uu 

un  diea  monde,  k  deurdieai,  k  deux  infl-  ranicanl  et  pense  dsns  l'homme. 
Dis;  <i'esl-k-dir«k  une  ecmlradiction  mous-  •    Ainsi  tous  ares  un  monde  uns  Oifij. 
iruaase  e(  ssbrersiTe  dt  toute  raison.         |f  tous  aboutissez  fc  l'athéisme  de  Tëcnle  lipl 

Dans  l'hypothèse  que  nous  eiaminons,  gélienne.  Nul  mojrea  d'échapper  k  l'alior- 

q«el  moyen  d'échappar  k  cotte  £a(ala  coo-  nalire  que  noua  venons  de  poser.  La  na- 

iradfction  t  Un  seul  sa  présent»  :  a'«st  d'af-  théisme  nie  donc  nécessatreniênl  on  Diea 

armarqoe  l'inttni  n'est  pas  Dien  isoM  du  ou  lemonde;  iln'estpas  danslesoindiiioni 

monde,  ni  le  monde  bote  de  Dieu,  nais  II  du  problème,  puisqu  il  délruit  le  bit  qu'il 

réunfoD  du  monde  et  de  Dieu.  Que  de  difU-  faut  expliquer  (654). 

eoKés,  que  daeootradielions  nouvelles  sont  -  Le  rejet  des  deux  hypothèses  que  «h» 

engendrées  par  cette  nooTclle  aiBrmatioiii  Taaonsd'exaniinerimplique-l-iirailmi»ion 

et  ne  permetteat  pas  de  s'y  réfugier  I  do  dogme  chrétieD  î  Oui,  si  nous  h  Tonloni 

Dans  celte  nouvelie  hypothèse.  Dieu  est  pas  rester  dans  uoo  i^'noraoce  fatale  el  dini 

inbai  00  non.  S'il  conserve  son  luBoîlé,  il  un  scepticisme  désolant,  louchant  uotdti 

D'y  a  plds'da  monde;  s'il  ne  la  eonsarve  quésiiona  qui  importa  la  plus  è  DomA. 

pas,  il  n'y  a  plus  de  Dieu.  gnité,  è  notre  félicité. 

BxaniQOns  la  première  supposition,  qui        Le  dogme  chrétien  repousse  tonte» 

attribua  l'iofinité  b  Dieu.    Dieu   est  doaa  tière»  toute  BUbslaoce  préeiistaale  k  l'idi 

véritablement  inBni;  u'est^k'.dire  qu'il  est  créateur;  tout  germe  antérieur  et  Islnli 

tout  rttret  et  que  btu-i  de  lui  il  n'y  a  rien;  foute  participation  fc  la  solistanee  diviui 

En  effeli  moarqaei  qae  nous  raisonoooa  il  affirme  une  produaion  réelle  é«  iub< 

dans  l'hypothèse  d'une  seule  subslaoce,  et  stances  qui  n'eitsLaienI  pas  auparavant. 
d^uBo  aeùla  substance  divine.  Que  peut-il        Cette  idée  a  été  exprimée  d'une  mmirt 

done  y  aTOir  bots  de  l'iefloia  et  nniqua  Irès-Juste,  dans   le   langage   [ibilosophiqnt 

aabstance  t  Quelle  réalité  distincte  de   la  el  tnéologiqtie,  par  ces  mou  :  Crmti*  » 

sienne  peul^il  exister?  Le  monde  peot-il  irihUo:  ereart  ut  tduerrt  atiquid  tsnikih- 

èlreautrechoseqa'uDmode,uQ  phénomène  Ici  le  rationalisme  nous  oppose  la  imWt 

ioteive  de  la  sobstanee  divine;  uo  rêve  de  maxime:  FxntAt/o  niktl;  et,  pour  se  méni- 

Dieu,  un  spedacle  qu'il  sa  donne  k  lui-  ger  une  facile  victoire,  il   commence  pu 

nènw?  Le  monda  n'est  en. réalité  qu'une  dénaturer  h  doctrine  -chrélienno,  ea  lui 

apperenee.une  illusion:  il  s'évanouit  comme  faisant  dire  ce  qu'elle  ne  dit  pas.EntendoDi- 

nn  EantAme  dé  l'être.  £1  qu'on  ne  vienne  nous  denc  bien  sur  un  point  de  doctrine 

|ias  nous- objecter  qoe,  dans  la  doctrine  aussi  important.  Est-il  Trai  que  nous  posiont 

■bfëllenne,  l'iofiDilé  de  Dieu  ne  nuit  pas  k  le  néant  comme  un  des  Acteurs  de  l'eiii- 

It  réalité  du  monde;  car  cette  doctrine,  psf  lenceT  est-il  vrai  qqe  nous  fassions  iottr- 

le  dogme  de  la  création  et  la  pluralité  des  venir  dans  la  création  nn  terme  purement 

substances,  se  sépare  profondément  de  celle  négatif  T  Si  cela  était,  nous  proctaffleriom 

qfta  nous  examinons.  sne  étrange  alMordilé.  Hais  non,  ce  a'tA 

La  r^lité  du  monde  est  donc  impossible  pae  nous  qui   posons   le  néant  comme  d 

dans  la  première  supposition.  Cette  coosé-  jirinripe  des  êtres.  A  cea  philoit^es  qik 

qncnee  vous  répugoe-t-ella  7  tous  répugne*  coosiilérant  Diea  comme  l'être  indéterniiiét 

t^ldevoir  le  monde  et  votre  être  propre  et  identiUsnt  l'être  stm  lo  néant,  venleni 

Vous  échapper  comme  un  songe  qui  fuit  au  ensuite  foire  naître. de  ce   néant  l'oniTtr' 

réveil  du   matin?  Voolex-vous  conserver  salilé  des  choses,  k  ces  philosophes,  di»iti 

Ja  réalité  du  mondri?  alors  vous  itesobligés  ce  reproche  (6t6j.  Pour  noua,  c'est  Divn, 

de  direqne  rinOni  u*a  pas  son  développe-  Dieu  avec  son  intelligeoce,  sa  volout^.» 

■neot  en  lui-4nAme I  qu'il  ne  se  déTeloppe  force,  sa  puisunce  întiuîes,  que  nom  p»- 

qao  par  le  monde  et  <ûns  le  monde.  Hais  sons  comme  le  principe  de  I  être  et  de  li 

kiora  il  faut  dire  aussi  que  Dieu  n'est  que'  vie.  Celle  puissance  inlinie  appelle  k  l'tus- 

l'I^re  et  la  forée  indéterminés,  le  centre  tencace  qui  o'eiistait  pas  auparavantictti) 

cocsiiqociapotntfocaltlegarmeenveloppé  l>esoin  dune    matière    préexlslantu  qu«l* 

M  «baour.     Dépouillé    d'intelligence,    de  conque,  sans  rien  communiquer   de   "*" 

volonté,  de  liberté,  il  est  la  force' aveugle  indivisible  et  inaltérable  itiostaDce,  eli* 

hmi^  eliaiae  le  matin,  os  qvi  eal  tnaalorm^  ta 

,  «lit  C^ Afl .  que  «onan  Iwiiàie.  iNxir  avoir  une  juue  idée  de  la  créditai 

MuM  roraulion  auMaM  «ne  maUère  préeiisUtiie,  il  m  bal  pat  m  la  ftgorer  comme  la  rorniaiioail'iiM 

■M,  Û  faut,  nalsta  qu^ii  en  ail,  supposer  en  ma-  ^liete  qui  eU  tirée  du  iiéaoi,  coniûWrée  c«mim  <■*■* 

dèn  de  ivéaiioB  m  h  uîs  quel  néant  préeiislatit,  maUtieik.  Crérr,  c*esl  donner  t'ekjsience  i  0^ 

'duquel,  comme  rvw  mattirt  rteUi,  les  cbotea  «hne  qui' ne  l'avstl  ^»  taparaTaiil,  c'est  l' 

«ré^i  oui  éié  tirées.  Je  conviens  nue  celui  notion  qu'une  cbose  q-'  "" "  —  """" "*    " 

a, ta  eUtel,  un  grand  airileconirMMtion.  Haftqai  

■e  Toti  sue  ee  n'eu  ft  «a'uM  piioyaM  aBafaitea 
#IM«>.  lïaa  eM-k  «a  potai  eaiMM  6ea  HrfMi  arf 
s'iBaffimai  qae  t'atwniriié  «st  an  4lr«  réel  .^s  la. 


jS50}< 


qui  n'aimait  pas  •■paravsnt,  uM 
la  défa  MiMaetaak  «embi 
itrfdMtea  daaseeUB  Méa.  *  A  f*^ 


m 


rue 


ncTHHeiAmE  apolocetiqlc 


CttE 


pos«  rctra  el  réilisa  la  subsUnca  Snî«.  Si 
raos  m»  drBundu  l«  fwmatt  Ue  MUemei^ 
tnliesM  produdioOfie  D'&i  riso  à  vous  ré* 
pondrei  et  cdie  impuisMora  ne  m'étoooa 
l«stet  elle  ne  doïl  pu  tous  étonner,  le 
■Msqy'enaŒrauateeUeproducUoai^'alQrma 
on  £iit  ioGomprébeosible.  Hais  js  sais  anssi, 
(1  ja  loU  cUiremcDl  qn'ii  7  a*  dans  les  bj- 
(MUbises  coaUaireff  au  lien  d'un  nijatére* 
de  palpablea  eoDtradicliona  destructives  de 
l'tLreda  Dîbu  et  de  Titre  do  iDonde.  des- 
tradiies  da  la  raison  ell&MDémet  Entre  des 
contndirljons  destractires  de  i*iiiteili- 
■tocacl  un  mrslire  qui  peut  élrn  la  con- 
•iUoD  nêoe  Je  J'ioteiligeDce >  mon  cboix 

n'ettpudouLeui. 
Ja  Doii  néanmoïos  devoir  insister  un 

(wap/ai  longuemeol  sur  le  do^nn  de  la 
créatjas.  Cueparlie  de  la  (ihilosophie  con> 
Icfflporajoe  a  amassé  tant  de  lénélues  au- 
Icw  da  celle  importante  vérité  <)U*ua  ne 
saonit  apporter  trop  de  soin  i  la  remettra 
tù  laaière, 

Titboiw  d'abord  de  nous  former  l'idée 
El  plus   Dictie  possible  de  la  création, 

Qu'esl-done  que  créer  7  et  comment  l'e^ 
fni  couçoU-îl  la  création  du  mouds  T  Un 
■rcbilecle  vent  construire  un  palais  1  que 
fiil-il  r  par  où  commeoce-t-il?  Il  coucoît, 
■1  farine  dans  soo  esprit  le  plan  du  palais 
k  élever,  il  le  conxlruil  en  idée»  il  le  pro* 
doit  dans  aa  pensée  avec  tous  lea  carao 
leres,  avec  tontes  les  propriétés  qui  doivent 
i<  dislîuguer  i  en  un  mol,  le  palais  est 
toal  enlivr  dans  J'esfirit de  rarchitecle.  nuis 
ttulsfflent  i  l'élal  idéal.  Supposez  mainte* 
stbl  que  cet  arcbilectf ,  en  venu  d'une  imis^ 
luct  souveraine,  jelte  bors  de  lui  ce  palais 
Uu!,c*(Ai»m(ce(t?conceplionetluiduDne 
]U  te  seul  acte  de  sa  volonté  uneesîsience 
/K-ie,  aae  subsistance  propret  dès  lors  ce 
F*<4ii,  aiuri  réalisé)  dcTiendra  une  véri- 
bUe  création  fubstaolielle.  Cette  camparai- 

!D  Duos  fait  entendre  ce  qui  arrive  en  Dieut 
biDclleioeot  Dieu  coiiQuil  la  monda,  il 
ncoit  loua  les  êtres  destinés  k  is  peupler 
ec  les  lois  qiij  doÏTent  les  régir,  il  voit 
I  propriétés  et  la  manière  d'être  de  cba- 
a  de  ces  êtres  1  en  un  mol,  le  monde» 
M  tout  ce  qui  doit  le  consliloer,  eiiiie 
■rDelientenl  k  l'état  idéal  au  sein  de  l'in- 
:igefice  divine.  «  II  asl  évident,  dit  saint 
iseliae,  qu'avant  que  toutes  choses  fussent 
Les  it  j  avait  dans  rinlel/ifinc*  de  la 
lure  suprême  l'atsmce,  la  qtudUé  et  le 
Nb  qoi  devaient  les  constituer.  C'est  poui^ 
oi.  bien  que  les  choses  qui  ont  été  uiles 
russent  n«a  en  elles-mêmes  araut  d'être 
les,  en  unt  qu'elles  n'étaient  pas  encura 
qu'elles  sont  mainlenaol,  el  qu'il  o'exis- 
I  en  outre  aucune  matière  -  dont  elles 
icnl  être  tUtaei  cepaDdant  elles  étaient 


quelque  chose  par  rapport  \  rinielIrgt'ocA 
créalrice.  par  laquelle  et  selon  laquelle  elles 
devaient  parvenir  k  l'être  (636).  ■  L'idée 
exacte,  complète  du  monde  résida  étemel - 
lemeut  dans  la  raison  divine. 

lib  bien  I  du  moment  où  Dieu,  en  verln 
do  sa  puissance  inGnIe,  prononcera  celle 
parole  souveraine  '.  it  rtus  que  cette  idéu 
>o>(  réalisée ,  que  ce  plan  soit  eiécùlé  ,  le 
monde  passera  da  l'état  puremeol  idéal  ou 
possible  k  l'état  d'existence  e(  de  réalité. 
Il  Sira  aâé.  Dieu  a  dit,  tt  loul  a  M  fait  i 
it  a  ordonné,  tt  tout  a  tUerH.  Tel  est  le 
vérilable  concept  de  ta  création. 

Voyons  maintenant  si  parmi  les  Idées  le« 
plus  communest  et  en  même  temps  les  pluv 
fonda  mentales  de  la  raison  humaine  nona 
ne  Irouveroos  |>as  une  preuve  nouvelle  de 
la  térîié  du  dogme  catholique. 

Nuus  portons  tous  su  fond  de  notre  it)« 
tt^IligL'nce  ridée  de  causet  elle  est  su  nom- 
bre des  éléments  priuiillEs  et  constitutifs 
de  la  raison  humaine.  Celte  idée  est  san# 
contredit  la  souru-B  et  la  base  de  presque 
toutes  nos  connaissances)  c'est  par  elle  que 
nous  alIlrfflODj,  c'est  par  elle  que  nous  jg- 
KBoos,  qua  nous  apjirécioos  toutes  cbose, 
oitdtque  nous  apercevons  un  acte,  unlail 
quelconque,  nous  iconcluons  k  une  cause* 
et  nous  nous  répétons  sens  cesse  k  nous- 
mêmes,  avec  ou  saDa  conscience,  Implicito- 
meDt  ou  expliciiemeot ,  ce  grand  principe 
que  la  jihilosopbie  a  formulé*  mais  qu'eU" 
u'a  point  créé.!  foui  igtt  a  viw  cewe»  rîed 
ne  se  fait  sans  cause< 

L  idée  de  cause  est  donc,  Uni  doute  sur 
Ce  poiut,  une  idée  originelle,  une  idée  pri- 
mitive de  la  raison.  Or,  Je  crois  et  je  vais 
essaj-er  de  le  prouver,  que  l'idée  de  caust , 
prise  dans  son  intégrité  et  dans  aa  uurelê 
native,  est  identique  k  l'idée  de  eréatioDi 
d*où  je  serai  en  droit  de  cooclure  que  l'idée 
de  création  est  un  des  éléments  coiistitulib 
de  l'esiiril  humain,  et  que  vouloir  la  rqeter 
c'est  détruire  la  ra'iMiu. 

Bous  l'Idée  de  cauae  on  comprend  deux 
genres  de  causes,  la  cause  première,  sou- 
veraine, absolue*  et  la  cause  seconde,  par- 
tielle, relative,  finie.  Mais  que  repréaeuU 
primitivement  et  proprement  dans  notre 
esprit  l'idée  de  cause ,et  qu't  se  paase*l-il  an 
Bousquaod  nous  l'appliquons  àaoe  cause  bot' 
née,k  l'une  de  cescauses  dont  nous  i<arlauS 
chaque  jour  el  k  toute  beureT  Tel  esl  1  énoncé 
du  problème  dont  la  solution  va,jerespèrct 
nous  mener  droit  au  but  que  je  poursuis. 

Quand  je  prononce  le  mot  «rua,  aans 
rien  ajouier,  je  l'entends  dans  le  sens  ab- 
solu, je  comprends  une  cause  pure  tl  sim- 
ple, uue  cause  sans  limites  d'aucune  sorte* 
une  cause  deos  toute  la  força  du  lera>e* 
Or,  pour  être  Icllc*  elle  doU  produire  mm 


497  CRK  IHCTiaNXAIBE  Ai-OU)Ct.TIQUE;  CUE  m 
|i8S  une  pari  de  ce  qu'on  ai>peHfl  son  effet,  l'iJée  de  cause  prise  au  sent  alHolD,  v.l 
nou  pas  telle  ou  lelie  face  de  l'effet,  laaii  cooime  l'idée  de  catise  constitue  un  Us 
j'eirei  (oui  entier,  l'effet  dans  toute  b«  réalité  premiers  [iriticipes  de  la  riison,  il  s'enjuii 
concrète  (657).  Je  m'eipUque.  Dans  sa  si-  que  l'idi^e  de  création  doit  6lre  niis  lu 
...=  __.■_-  ^ -'  soiue,  la  causr  --<■—*•     ' '—  '■*'—  • ' '-— " ■ 


({nification  pure  et  ab^joiu 


9  cause  réunil     nombre  des  idées  les  pins  originelles  etlù 


deui  propriétés:  elle  est  premièrp,  c'est-  plusc'aires  de  t'esprît  humiiin.SteneBet,it 

i-dire  qu  elle  ne  dépend  point  d'une  caose  est  impossible  de  séparer  l'acte  créateur  da 

antérieure;  cita  est  elBclenie,  c'est-è^ire  h  cause  efficiente ,  et  la  force créalricg dt 

qu'elle  ne  produit  pas  seulement  la  forma  la  puissanceeffectivat  si  la  causcetsnneRi*    : 

de  ses  effets,  ki  modalité   de  ses  cffi.'(s,  cacilé  sont  conçues  conraieinQniei  et  iW    j 

coiuuje  cela  a  lieu  pour  l'homme,  mai:»  toute  Nies.  Or  l'idée  des  causes,  même  sccomliiru    , 

tuur  substsntialite.  Si  la  cause  ne  produi*  vt  finies,  renferme  l'idée  de  la  cause  ^ 

sail  pas  la  substance,  l'fitre,  TesscDce  de  mi^re,  infinie,  et  celle-Ift,  est  une  simpl» 

l'effet  causé ,  serait-elle  complètement  eflî-  a1)strsctlon  et  une  modification  de  celle-t{;    ! 

cienteT  Le  serait-elle  su  sens  jiuret  absolu  donc  l'idée  de  création  est  dans  tous  Isàc» 

duinotT  Hépondrait-etle  (ntalcment  h  l'idée  inséparable  de  l'idée  de  causaliié. 
que  ce  terme  représente ?Ëridemment  non;        11  suit  de  M  que  sans  l'idée  de  er^iliin, 

elle  ne  serait  cause  efficiente  que  dans  un  non-sculement  nous  ne  pourrions  ptsti- 

sens  très-limité,   puisqu'elle  ne  causerait  (>liquer  Jentièrcmont   l'idée  de  cause,  ruiii 

que  la  forme,  le  mode,  restérieur,  et  non  il  nous  serait  impossible  d'attacher  ï  n 

le  fond  de  son  effet.  Et  que  faites-vous»  nrot  un  sens  qndcocque;  nous  ne  siuriHi 

que  se  passe-t-il  en  vous  quand  tous  pen-  pas  ce  qu'il  si^jn^tir,  nous  ne  le  Compaq 

sez  6  une  cause  [par  exemple,  &  un  ouTrier]  drions  en  aucune /açon^  le  mot  eautîKnil 

qui  ne  produit  que  la  forme,  une  bimplo  [>our  iious  un  ion  vide  de   sens.  Lnriqnc 

utanière  d'fitre  dans  ce  qu'on  nomme  son  j'exprime  une  cause  jiarticulidre  et  pirtitW 

effet?  Vous  apportez  une  borne,  une  limite  lorque  je  dis  :  cet  komme  a  fait  en  eud  j 

&  notre  idée  de  cause  efllcicnte;  et,  si  tous  telle  chott,  comment  ust-ce  qt'e  j'atiadie  un  i 

voulez  y  prendre  garde,  vous  reniarquertz  sens  à  cette  causatiun  dont  je  parleTETi- 

tout  de  $uite  que  cette  oausation  tie  rc-  deiumont  ce  ne  peut  £lre  ou  en  oppliauint  ' 

poiid  qu'k  une  partie,  à  un  cdté  de  votre  h  ce  cas    particulier  mon  idée  ^ëDéraU  el 

idée,  et  qu'elle  est  loin  do  l'épuiser  en*  absolue  de  cause,  que  jo   modifie,  queje 

lièrement.  Pourquoi?  Parce  que  celte  idée  limite,  qu9  je  circonscris,  dont  j'6ie,di>ul 

de  cause  eniporle  une  causalion  totale,  une  jo  retranche  quelque  chose.  Donc  Is  «ou- 

causalioopure,  abolue, une  causatiou  lubs-  liié  partielle,  finie,  relative,  n'est  intellisi* 

lantieile.  blu  (lour  nous  que  par  la  cflusalité  louk, 

Mais  s'il. enost  ainsi,  TOUS  voyez  la  coo-  infinie,  absolue,  en  d'eutres  termes,  |ur 

séquence  qui  eu  découle  immédiatement;  l'idée  de  création;  et  si  cette  idée  n'iiiil 

l'idée  de  cause  pure  et  absolue  doit  dès  constammen,!  présente  ii  notre  esprit,  janiiit 

lors  être  regardéu  comme  identique  à  l'idée  nous  ne  prononcerions  le  mot  coûte,  el  en 

de  création;  car  qu'est-ce  que  créer,  sinon  rentendanl,it  serait  pour  nous  un  son  loul 

produire  ou  causer  la  substance  d'un  effet?  matériel  qui  ne  pourrait  que  frai'ppr  riotn 

Causalion  substantielle  est  synonyme  de  oreille,  mais  ne  dirait  rien  h  notre  iuiet- 

création.  JLa  cause  ;]remiJre  e(  efjleienu  doit  ligence  (658). 

élrecréotrice,  parce  que  si  elle  n'était  point        II   en  est  do  m^me  du  mot  rf<l,  qui  et 

telle,  vite  ne  pourrait  point  posséder  ces  corrélatiT  de  cause.   Chaque  jour,  i  louli 

deux  propriélés.   Elle  ne  serait  point  pr^  heure,  ce  mot  est  mêlé  &   la  conversation', 

ifiï^re,  si  elle  lirait  d'ailleurs  la  substnntialilé  ch  bien  I  il  est  ininlclli{;ible  snns  l'idée  il>' 

deretfetproduil;elleueseraitpasotliciente,  créaiiou.  L'idée    d'un  elft^l  partiel,  reiiliC 

•i  elle  la  contenait  en  elle-méine,  et  ne  fai-  suppose  l'idée  d'effet  total,  subslanliel.  1\ 

sait  que  la  projeter  au  dehurs,  comme  for-  par  conséquent  celle  de  causation  sutisl'A'j 

taatrice  et  non  comme  créatrice.  Il  est  vrai  tielle  ou  do  créution  prottrenieul  dite, 

de  dire  que  l'homme  est  une    cause  eOl-'  '  Veili  où  conduit  leianien  attentif  il'uM 

ciente,  mais  quant  aux  modes  el  non  quant  des  idées  les   ntus   loudamcnlales    et  Itj 

aux  substances  ;  encore  n'est-il  pas  créateur  plus  pratiques  de  l'esprit  humain.  J'aborJj 

h  l'égard  dffs  modes,  parce  qu'il  les  pro-  nia  in  tenant  le  grand  problème  de  la  criîi' 

duit  Gommecauses  secondes,  en  vertud  une  tion  sous  un  poii-t  de  Tde  noaveau  Hqu 

lorce  q^u'il  6  reçue  du  la  cause  première,  ne  me  semble  |>as  moins  concluant.  Je  *■' 

L'idétf  de  créBlion  est  doue  inséinrable  de  prendre  un  acte  qui  se    p<ssa  a  cliiiiu 


(OST)  Sailli  Ttiomas  a  dijà  iashté  sur  celle  pen- 
tel?,  <iue  )a  cause  vnnertette  ou  absolue  doa,  i  la 
dilîéreitce  lie  11  eause  parlititliin  nu  rtrtetMe,  pro- 
a«ii«  jioH-sttultnMHl  la  forme ,  niaii  l'éira  Je* 
diOM^  (Voir£>»i.»ialiteol.,  parL  1,  q.  U  et  45.} 

(SStt)  Uji  remBr4ue  peu  ces  iJéea  générales  de 
l'aîprit;  M  néUDKrïnt  «llM  knii  l'aHmenl  el  le  fomM 
teMMevie  hitcHeGtMlle;  -iibm  en  laisoni  ooira.< 
laMiMat  *%»%-,  MUS  Im  ipptiqwiM  4  loale  keuN 
M  MMis  Mrttle  fermes  iHvtraM;  «Are  Mpril  ne  votC 
quti  f»f  tMr  luiiitre,  M  h  fiupavi  det   tioiiinies 


paisïDi  leur  TÏe  sans  les  dlslinguer,  sans  potier  n 
elles  kitr  aiieiiiJUB,  sans  v  penser  :  imusMniR's' 
étrangers  a  nona-mémKl'ADtai  malgré  iesiétM 
{■eneittsoà  je  vitins  d'ciiirer  au  sujet  de  L'iitwi 
cause,  je  u'imc  pas  encure  espérer  411e  je  irn'  P* 
Tenu  à  11  faiie  dairemçni  apercevoir  s  Imis  * 
lecLMra.  Il  est  des  (iikillgnces,  ««Nie  pSruii  en 
q«i  MHii. aMeaeuhivéea.'iitii  ne  penveat  P'*'!' 
pas  réUcliir  ler  ee  <i«t  w  pàsae  il»M  tcw  ■•< 
Ttesr;  elle»  sont  Wtijourt  (mr*  d'eVut-iutaiA' 


mt 


D1CTI0:fNAmE  APOLOGETIQUE. 


ctie 


VM 


aM  iletnfre  fleactuoltc,  unr  afliniialion 
i>-  fnas  faites  à  tout  momotil,  mots  dont 
wl-^lre  TODs  D'arei  jamais  songé  i  cia- 
inar  In  nNtura  et  le  rdraclère,  et  je  li- 
irni  de  montrer  que  l'itlée  de  création  en 
Inn  des  éléments  cnnstilutifs. 
Je  mm  en  fait  que  l'homme  ne  connaît 
min  jtre  particulier,  fini,  inUiTidiiel,  sans 
Ufedferontion.  Tour,  leprouver.fl  hous 
tfiri(fiDal;[seraTec  quelque  nitentioa  les 
ifflienls  qui  entrent  dans  toute  coanais- 
iDceiTKliTidiielIc.  ' 

Qaind j'affirme  ta  ntaliléd'un  Aire  parlf- 
iHer,  par  exemple,  d*on  arbre  déterminé, 
peîepaHe-t-il  dans  mon  esjiritî  quelles 
«llf!  idées  qui  composant  ce  jugemeotT 
ItMinone  trois  éléments  dans  celle  alllr- 
tttM'.nilte  d'arbre  en  général;  l'idée 
Itoitence;  cl  l'idée  d '■un  orbre  déterminé 
jntiji-searacIërespnrliculîcT!!,  doué  d'une 
Wdiee  iiropre  et  individuelle.  Considé- 
lu^^cl:cssiTeInenl  ces  trois  tvniies.  D'a- 
atd  il  m  manifeste  qu'au  moment  où  j'af- 
kBtl'eiistencedecet  arbre  oui  fraj^po  mes 

ÏrJj,  j'ii  dans  l'esprit  l'idée  d'arbre  ea 
Tat,  — tous  les  penseurs  un  |. eu  eior- 
A  lool  d'iccord  sur  ce  point,  —  idée  qui 
ijii  tirilfe,  éfeillée  en  moi  par  la  Tue  d  un 
m  ih\  et  particulier,  mais  qui  en  soi 
«Mitenelleet  pool  s'appliquer  égale- 
■Wilons  les  arbres  du  monde.  Celle  idée» 
**|fB*rale,  représente  donc  un  arbre 
■JJJminijolle  fait  ab^lraclton  de  tnule 
™t»KKi,ilo  loule  grondeur  Uélerminétt, 
•louli  ijuliié  parlirulière;  por  conaé- 
jwm  lUe  ne  répréseiile  point  un  arbre 
J^'i'iwn  arbre  réel,  msis  seulement  un 
mftuiblt.  Arrfttons-nous  un  instant 
Iwiiir  ce  que  renferme  et  ce  que  prouve 
weiiJéedu  possible,  qui  est  au  fond  de 
P*'"  jitgetnents  particuliers  ;  cjîr  nous 
•nw  sppîiqiier  ces  reraarquoi  k  l'ordre 
Wff  aeieiistencea  finies. 
|Jï«t-ce  donc  que  collo  idée  de  l'arbre 
PuIbT  Que  *orons-iious  quand  nous 
mil  que  des  milliers  d'arbres  sont  poj- 
Jw' Nous  voyons  que  ces  aibruS  pçur- 
■■'flre.bitn  qu'ils  ne  soienl  jias.  Mais 
l«  comment  le  Tojrons-nousî  Voir  que 
■  trtirej  jintraf  exister,  c'est  voir  uuo 
*»nM  tajisblo  de  tes  réaliser,  de  les 
■suifc.  cl  ne  les  produisant  point;  c'est 
■« 'Oir  qae  cette  puissance  n'est  point 
P«!iiê<  i  produire,  c'est  TOir  qu'elle  est 
•«  el  que,  si  elle  produit,  elle  le  fait  en 
g*  iiuerté.  Nous  roj-ons  cette  infloité 
•«f"  potsibtes  dans  une  puissance  inû- 
■««bsolumenl  indépendante  qui,  en  lus 
?«*»'il.  {leut  h  son  gré  lus  pioduire  ou 
!*/réiBniiredouc  que  Dieu  est  nécessité 
jPtt.cesl  détruire  noire  idée  du  pos- 
JJJtiitrlàDier  toute  connaissance  in- 

•<  l'ioHslcrai  pas  sur  l'idée  d'existence 


ou  d'être  en  général  :  Il  est  Irûp  érident 
qu'on  De  peut  affirmer  un  être,  une  eiis- 
tenco  particulière,  sans  avoir  présente  h 
l'esprit  l'idée  générale  d'existence.  Je  passn 
donc  sur-Ic-enamp  au  dernier  terme  de  la 
connaissance  individuelle. 

Toute  la  question  peut,  ce  me  semble,  so  . 
ramener  ft  ces  deux  poinis  :  l' l'existence 
que  j'attribue  ï  cet  arbre  qui  est  sous  me<i 
yeux  est-elle  néccssniroT  -^  2*  SJ  elle  n'est 
point  nére.<salrL',  d'nû  Ticnl-ello.  et  com- 
ment se  fait-if  qu'elle  soit  va  ce  moment? 
La  solution  de  ce  double  problème  Ta  nous 
rétéler  l'acte  créateur. 

D'abord  il  est  visible  que  cet  arbre  que 
J'afllrme  ne  présente  aucun  caractère  de 
nécessild.  Une  clioso  est  dite  nécessaire 
torsqu'elle  contient  la  raison  de  sa  réalité, 
et  qu'ainsi  l'esprit  fte  peut  la  penser  que 
comme  ré^Me,  comme  existante,  et  non 
comme  jiossible.  Mais  ici  c'est  précisément 
le  contraire  qui  a  lieu  (659).  Loin  de  con- 
cevoir  cet  arbre  comme  existant  nécessai- 
rement, fe  le  conçois  comme  appartenant 
&  une  classe  d'êtres  purement  nossibles, 
comme  un  individu  de  la  race  cles  possi- 
bles ;  je  le  vois  dans  mon  idée  générale  qui 
no  reiirésenle  que  les  arbres  possibles;  }t 
vois  donc  que,  ronsidi^é'  en  soi  et  avee 
lotito  son  espèce,  rM  arbru  est  purement 
possible,  et  que,  s'Ft  existe  aujourd'hui,  il 
doit  celle  ciislenee  h  une  cause  étrangère. 
En  nn  mot,  je  rois  clairement  que  l'exis- 
tenoo  (Je  cet  arbre  est  contingente,  c'cstJ- 
dîre  qu'elle  n'a  |ias  en  soi  sa  roison  d'être, 
mais  qu'elle  la  lient  d'ailleurs. 

Heste  le  second  terme  du  problème.  D'oik 
vient   celle  réalité  que  j'aperçois  et  que 

taflirmeT  D'où  vient  celle  existence?  Ne  rou- 
lions point ,  cet  arbre  n'a  pas  en  soi  sa 
raison  d'ôtre,  îi  n'est  pas  nécessaire,  il  est 
par  lui-même  au  nombre  des  choses  possi- 
bles :  d'où  vient  donc  qu'il  existe  en  ce 
moment?  D'où  et  comment  lui  est  venue 
celte  réalité  que  je  lui  reconnais  el  qu'il  ne 
lient  jiBB  de  lui-même?  Je  ço  vois  plus 
qu'une  seule  réponse  possible;  la  logtq^uo 
noua  forotr  de  dire  que  cette  réalité  conlin- 
geiile  vient  d'une  cause  qui  d'un  cAté  porte 
en  soi  la  raison  de  son  existencu  propre, 
e'esl-à-dire  d'une  C'ausenAeMafrf,  qui  est 
par  soi,  cl  qui  d'un  autre  cAlé  pivduit, 
cause  Iibremcnl  la  réalité  contingente  de 
cet  arlire,  Evidciiimcnt  celle  réponse  suit 
nécessairement  des  principes  éleblis,  et  il 
n'y  a  pas-  luoyt'n  d'un  révoqner  en  dnule 
'  la  vérité.  Uais  remarquez  cequ'elle  ren- 
ferme.  Qu'est-cedonc  que  produire  libre-  . 
ment  un  être,  une  suustanceî  Qu'est-ce', 
sinon  créer  tlnns  l'acceplion  propre  et  co- 
tliuliqiie  de  ce  mot?  Donc  loul«  existence 
parliculiére,  limitée,  déterminée,  indivi- 
duelle, suppose  la  création  ;  donc  il  est 
iui  possible  <1  uxpliquvroucuuo  connaissance 


f'Jr'f'^MdeichoKsqmconiposent  lenioiub  Fanimal,  de  la )>hiile  et  de  loatos  le^  aulre*  r^a- 

i,^^''',*  BOire  etprii  comme  exisiaut  néce^  liié*  Hnles;  Je  \tfiique  luiiius  eus  rcallléa  uiraleul 

^_|^j™-  Cal  te  on'oiit  eciii  fois  HaUi  lei  plii-  |ia  ne  pat  exister. 

~T'"«HHew.fcci>i!C«i8la  ii»B-eii»len«  (I*  - 


1»  £aB  BICTIOilNAlEE 

jndividueltfl  aani  )p  'création,  et  tout»  les 
fftïs  que  naui  afPrmoits  l'eiislence  d'une 
chose  quelcnnque,  noua  avons  présente  k 
l'esprit  l'idëo  île  création.  Ainsi,  pour  de- 
meurer daqs  l'cKemple  que  nous  avoni 
choisi,  loraue  nous  afOrmons  l'eiislence 
(l'un  arbrfl  individiiBl,  que  se  passe  Uil  en 
nous!  Le  Toici.  Moire  esprit  voit  une  intl- 
irité  d'arbrea  possilile;)  et  iutl^lefolinés  d.ini 
UHA  puissance  InQnle  et  aljsolue;  il  voit 
ensuite  cette  idée  générale  se  clrconscrirB. 
«edëtermiRor,  t'iniliTiilualiser,  et  acquérir 
une  réalité,  uoe  existence  propre  par  l'ac- 
tion de  celte  même  puissance  absolue.  Tvl 
csl  le  procédé  de  l'esprit  hutnaio  daiii 
toutes  ses  connaiisances  particulières  ;  aiea 
un  peu  de  réflexion  cbaoup  pourra  le  re- 
marquer. Et  qu'est-ce  en  dédnjtiTeque  Ir 
préetion  d'un  arbre,  sinon  ['jndivitiiialî.''a- 
tion  xoncrèta  at  sub&ienrielle  de  l'idée 
il'arbre,  qui  résida  éternellemeot  au  sein 
(le  rinleUigence  diviaer 

ArrMons  -  nous,  Je  crois  eroir  placé  le 
dogme  de  la  créalion  dans  un  jour  uù  tout 
œil  sain  et  altenlir  peut  ie  voir  et  le  ilis- 
rerncr  sips  peine.  Qu'on  prononce  msiu- 
tenant  sur  la  valeur  de  cette  philosophie 
-qui  De  craint  pasd'aliaauer  l'enseignement 
catholique  ou  nam  dt  u  rain>n  et  qui  ro 
pousse  comme  une  absurdité  la  création 
tm  «jAijd  OH  la  création  subsianilelle.  L« 
raison  porte  en  soi  trois  idées  foudamen- 
lales  1  Pidéfl  du  nécessaire,  celle  du  po»> 
cible  et  celle  du  o(Uitinge|il;  eo  niant  la 
création  fiulutantietle,  le  paptbéisme  détruit 
l'idée  du  possible  et  celle  du  contingent,  ji 
p'admet  que  l'idée  du  nécesaaire.  Dans  cet 
étrange  sjrstëme,  tout  est  nécessaire,  (oui 
fr'op^  pir  une  égale  et  invincible  nâces- 
ailé;  il  n'ya  lOus  de  place  pour  la  liberté 
|ii  pour  la  oonlingance  :  les  idées  de  posai- 
itililé  propi-ement  dite,  de  liberté  et  deeoo. 
lingenca  sont  anéanties.  Il  y  a  donc  de  ce 
clief  une  vraie  inutilalion  de  la  raisop,  Ûb- 
lervQns  en  outre  qoe  la  négation  du  pos* 
<ibl«  et  du  contingent  eulraJne  la  ruine 
de  la  coanalssance  individuelle,  puisque* 
comme  nous  l'avons  vu,  celie*oi  siijijiom 
loojoura  cet  deui  idées, 

Enfin,  en  niant  U  création  subslanliella, 
le  panthéisme  devient  impuissant  6  cipli» 
4|uer  les  idées  de  cause  et  d'elTet,  qui  sont 
«Ul(i{(il4e  la  plupart  de  nus  pensées;  il  les 
allftre  ùw  meote  les  détruit  copplètcment 
00  leur  enlevant  la  base  qui  les  porte,  c'i-slr 
i^  dire  en  méconnaissent  l'idée  de  causalité 
absolue  ou  infinie. 

JI  nous  ail  donc  perniîa  de  conclure  que 
la  panUiéUiDO,  en  refioutsapt  (-umme  irra> 
ttouel  le  4ngnie  catholique  de  \a  création, 
iblW(i(  À  la  fuiue  même  de  la  raisoa. 


«  Dieu,  dit-on,  est  l'être  ni'cfssaire  et 

immuable,  il  est  |)ar  lul-méue  ]>assif,  saoi 
iUi'rté  et  sans  action.  ■ 
Itieu,  util  (toaiCi  csl  l'éUe  néecisaire  cl 


APOU)GETIQi;£.  CU  m 

immuable,  mots  c'est  sur  son  «siHiteBïab 
sur  son  eiislenco  et  ses  allribuls  qualombs 
rimniuBtjre  néces<iité,  et  nonsurreurùn 
de  sa  puissance.  Variable  daoi  si  nsoi^ 
d'élre,  11  serait  imparraïl;  nécessité  dint 
ten  œuvres,  il  serait  impuissant.  Il  D'tiiii« 
évidemment,  il  ne  sent,  il  o'asil  queur 
lui-même;  comment  |)Ourrail-il  Être  M- 

tendant,  forcé,  nécessité  dans  ses  opéralinni. 
'arie  do  sa  loule>[iuissance  ne  produii, 
n'atteint  <.'t   ne  modifie,   en  se  maniretuol 
par  ses   ouvrages,   qu'un    objet  élraiig«rl 
lui-même  ;  il  pourra  donc  varisr  tans  ctui 
ses  )>roJuctloiis  et  ne  cessera  pas  d'éiit  i» 
musble.  La  raison    établit  une  diKieDct 
essentielle  et  absolue  entre  l'existeDCGn^ 
cessaire  de  In   cause  et  l'existence  conii». 
gepte  de  l'eff'et,  entre  la  Torce  et  sod  lelioo, 
entre  l'agent  et  les  êtres  sur  lesquels  il  igir. 
Vastre  oui  lui!  sur  nous  ne  varib  <fm\ 
soit  qu'il  nous  réchauffe  (]e  tm  t»yQM,m 
qu'il  nous  abandonne  i  la  rigueur  dtjli> 
mats.  Que  rCtemel  oi 'appelle  du  néim» 
(]a'il  me  force  A'j   rentrer,  qu'il  exerce» 
justice  contre  le  coupable,  ou  sa  boDlttn- 
vera  l'innocence  et  Is  vertu,  il  n'ae^uttri 
point  l'être,  il  ne  le   perdra  point,  il  oen 
sera    pas    moins   le  pieu    nécessuiremuil 
puisi^nt,  nécessairement  juste,  oécesuirt- 
ment  bon.  pisons-le  donc,  Dieu  estoitti- 
tairement  tout  ce  qu'il  e^^l,  comme  il  peut 
nécessairement  tout  ce  qu'il  veut;  Ian«u- 
sité  est   dans  son  être,  la    liberté  dans  si» 
aclinn,  la   mutabilité   dans  son  ouwi^. 
fleiuarquons  même,  pour   mieux  &\ti\\a 
tout  nuage,-que  ce    genre  de  mulcbilué 
extrinsèque  que  la  création  suppose  eillt 
conséquence  naturelle  des  perl'ectioas  iu- 
finies  de  Oieu,  et  qu'il  est  absurde  de  \f^ 
tendre  la  leur  opposer.  Ici-bas  même,  il  t» 
de  Is  nature  des  êtres  muraux,  do  l'auloril^. 
par  exemple     ci   de   la    juridictiOD  iiu'ui 
puisse  Tes  communiauer  ou  les  faire  (irLi 
Ciper  dans  un   degré  d'autant  [dus  ffAvi 
qu'on  les  possède  dans' uue  plus  grsuJi 
plénitude.  Le  roîpeuttoul  créer,  géuériui 
préfets,  maires  des  bonnea  villes,  elc.,1' 
préfet,  lui  dont  l'autorité  est  déji  liiu'i^'' 
conitiiueseuleineut  ies  maires  des  cumiuu 
nés  d'ordre  inférieur;  le  pouvoir  du  n>ii'« 
enfin,  se  borne  au  choix   (lu  ^nle-clut 
pétre,  etc.,  etc.  Peac,  pui^qua  Dieuetl 
plénitude  absolue, noniseulemeot  de  1'^"'' 
rite,  delà  juridietion,  mais  (le  l'être,  ilt 
de  son  essence   qu'il  puisse  manifester  i- 
ini;Oiii)>arab]es  perfections    en  appelant  i 
participatioQ  de  l'ëlre  qu'il    possède  uiSi 
lu^nt,  tel  ou  tel  ordre  de    créatures,  do 
rexi:>lence  Qnie  et  limitée  sera  unef»! 
resseuiblaiiee  de  son  existence  éterDcIte 
iiiQnie.  L'immutabilité  radicale,  lacouut 
Iraliao  nécessaire  en  el(e-utâate  de  la  pui 
saute  divine,  qui   pouvait    et  qui  a  «ot 
multiplier,  dans  rtaimeDsi*.â   de  l'es|ia 
les  innombrables  témoins  de  son  ellioc 
sans  bornes,  serait  une  stupïUe  négaii 
de  Dieu  et  du  monde  ;  elle  ne  serait  éga 
en  absurdité  oue  parla  mutisme  îuu) 
aui^ucl  riucrOduliié  et  riudUfOicuca  v( 


•ntcrma^km  jpMjogëtiouk.  eut             s« 

. . .  _       r  Weo,  m  déelaranl  h  sons  l'acte  libre  avec  U  fonàt  mtmt  de  notrt 

■rirade  ivpouibl».  Bt  d'iill«an,  comment  txiiteiKe,  il  démît  dire  que  c'est  précisé- 

noaaM.qnaMpoiir  lai'némennmjrslère,  ment  parce  qae-  nousne  sniumes  pas  créa* 

quaenilpresquerien  de  «OD  Ame,  qui  se  teurs qu'il  en  arrive  ainsi.  Hais  Dieu,  qui 

InadiinBa  loceasaaiment,  sans  qu'il  puisse,  est  créateur  dans  tonte  la  rigueur  du  terme, 

fasMiM  ■aaiftrct  te  Pexpliquer,  par  la  ne  Tait  rien    en  dehors  mec  le  fonds  de  sa 

HDiksIslJDi  de  mille  pensées  et  rolontés  propre  existence,  parre  que    pourcrénrcs 

ArMcsstiOBTent  cootradieloiras^oserait-  qn'il  veut,  il  n'a  besoio  d'aucunemalière,  ? 

ili'iUiqeer  aux  actes  de  la  Totoalé  créa-  soit  inlrin^èque,  soit  eitrinsèque.Poursui-'l 

kittiBiia  et  simplef ,  il  est  vrai,  dans  leur  vous.                                                             i^ 

CMean.aaisiDflBisetiiiaoccssiMesTDieii  .  u  créaliott  ditioe   est  de   la  nâmc  ' 

«I,  al  11  est   uBBoable,  non   de  cette  im-  nature  • 

MKiaaUWliMeisailiellenefilacliTeel  •"•"<>■■ 

Uiiaiil  fteonde.   Le  monde  eiilte.  s»  •  Dieu,  s  il  est  une  eauH,   pe«l  créer; 

MUUclaes  liailes  procleeieM,  Jusqul  et.  s'il  est  une  ceose  absolue,  il  ne peal  pas 

thUum,  qna  son  exlslenee  n'est    pes  ■•  pas  cr4er.  m 

■liiM'iu,  oti'ii  o's  pss  en  lui   la  rsiso>  Donc  Is   créslion  est  nteessalre,  et  Dieu 

omlieHa  rie  aon  être,  qu'il  n'est,  en  on  n'est   pas   litire.  Hais  si  Is  créslion  dirina 

Ml,  M  M  subsiste  que  par  l'setion  tout»*  est  ris  ta  siAite  lutHre  que  la  création  hu- 

rauHils  de  fa  Tolonlé  créatrice  et  conser-  maine;  si  celle^i  est  le  l;pa  de  celie-ii,  et 

'ilricsidone  la  création  et  l'immutabilité  si  la  création  dirine   est  nécessitée  et  nou 

fi'iaeianl  d«os  glandes  vérités  coeils-  libre,  que  deriendrs   la  création  humaine. 

lislM  qui s*aflireaeBt  loin  de  se  détruire;  et  per  conséquent   la  liberté  de  l'hoinmeT 

^l'«  oeponnaitesssyerd'opposerruoe  Devons-nous  regarder  Oien  comme  libre. 

I  l'nirs  que  par  le  pins  étrange  aboa  de  la  parce  que  l'borome  crée  librement;  ou  Eiut. 

niieii,  il  conaidérer  la  liberté    humaine   comme 

hisons  aux    erreurs    du    rationalisme  une  pore  illusion,   parce  que  Dieu  n'est 

fclMIiqns  sur  cette  maliére.  P*^  bbre?  Qoei  embsrrss.  et  comment  en 

1*  r_          M^  A                   1.       ,_i  sortir?  Si  nous  nous  en  lenons  ans  paroles, 

t Ç«;si.  : .  Créer  est  une  chose  triS|TM  „„„  p„„„„,  ,j„pi„  „,„(  d„,  j,Jj  ,e„; 

Mcile  1   concevoir,  car  ç  est  une  chose  ,„,  „^,  ,„„,,„  (.l"  ,„,    „,,,  ,,  „„„,  ,,i. 

qsiaoDs  IiisODsk  toutes  Jes  minutes:»  J,„.  ,„,(,„,  ,„e„Sion  soi  principes  d» 

ira,  nous  créons  toutes  les  fois  que  noua  b.  Coïsin,  à  lout  le  corps  de  a  doilrinc. 

fcsMsonacte  libre..- Aiusi  causer.çest  j  ,„  déclarations  les   plus  précises  et  les 

ofcri  Duis   avec  quoi?  avec  rienî   Non,  p,,„  ,|,i,„     „„„,  ,„f„„,  L,  fe  second 

»«.  doule  ;  tout  au  conlraire,  arec  le  food  i,„  „, ,,  „„,  p,,„,ii,|e. 

stiue  de  notre  exislence,cest-i-dire,  avec  „         ,.,     \                         ,     ^.i     , 

iMle  nolreforce  créalrice.  a.çc  toute  noire  ."  "l"'  '  ''  •"  ""'  f  ""•  >»"'  '!^'"  " 

'.s«lé.  tome  noue  scti.ité  voionteire,  svee  »  ''  "' ""»  ""'"  «'«"lue,  il  ne  peut  pas  ne 

>lis  personnalilé.  L'homme  ne  Ure  point  1!"  "*!,'■'''•",  "f'",i  '"]"',"■'■ '^  "' l' 

U  nfabl  l'aclian  qu'il  n's  |as  faite  euioi»,  "re  pai  du  néanl,  il  le  lire  de  lui-même,  de 

«qu'il  va  lairo;  il  la  lire  da  la  puisaauci  """  pui's'nce  de  caosalion  et  decréation 

m'ilsda  la  faire,  il  la  lire  de  luiHnéme.  dont    nous  aulrcs,  laib  es  hommes,  nous 

V.iU  le  Irps  d'une  création  (660)..  »  pojsédons  oneporlion.el  loule  la  dilTérenc. 

,^      "^    .        j       „        ..L  de  notre  création  k  celle  de  Dieo  est  la  dif- 

LIUB0ie.Ofiénnldsnslsctelibreeomm>  (B„„i;e  générale  de   Dieu  t   l'homme,  la 

o«e  aeooode,  et  non  comme  cauaa  pre-  duérence  de  la  cause  sbsolue  è  une  cause 

•*re.  ne  peut  «ra  appelé   vériublemanl  „laiive.  Je  crée,  car  je  cause,   le  produis 

rtttor.  L  scie  libre  »t  une  vmo  création  „„  effet  ;...  mes  créations,  comme  ma  force 

JJéaoménale.   pnaia    I  homme  ne  peu;  se  crtalrice ,   sont    relsllves,    cooliogentes. 

SlonOer  riu  privilège   de   celle    crésUoo,  |„n,é„;  mais  enfln  ce  sont  des  crésiions, 

3«  auaut  que   U  cause  nremére,  c  est.»-  „  u  „,  ,,  ,,„  j,  ,,  conception  de  la  créa- 

i:L!^,  TÎL"  ^"S'^^^ '^JZ'^  Uon  divine.;*^ 

amneoL  U  est  donc  absurde  de  considérer  „           ...  ,     .^        .        „    ,...„„.. 

b  voliUoo   bnmsioe  comme  la  tjpe  esset  «»"«  '"i"  loujonrs  dans  I  anlbropomor- 

tolacréalitw.Iln'esrpasplusrainnnsUa  f^S.'Tf- ,"'  «>«"'•  SI"   ''•••'  "<•   P«™8u 

fc  demander  avec  ««.lirciiis  Dieu  erée  ce  P^tiJ?"'  I  auteur  a  dit  que  nous  produisou.. 

1«il  erée; car.ai  piirdesB  on  eoModcous,  'acte  libre  ae«  I. fbeds  d,  noirs  aiiilnu.. 

kraus,  c'est  Bieilui-mêmaisi  psr  deZ  de  même  ici  il  dit  de  1  univers  que  Dieu  k- 

sn  «Sid  I.  aaliàrs  aiec  IsquelleTonvrier  ""'•  '•'-?''"'•  "-^  émanalisles  de  1  ludc 

librique  son  nuvrage.   je  dirai  que  l'idée  >">  l!"»'"  ""  "»  °"""«' 

itaJa  da  création   eidul  par   elle-même  «  Dieu,  erée  doue  :  il  erée  en  vertu  de  sa 

lacts  matière.  Tel   eat  le   sens   de  celle  puissance  créstrice;  il  lire  le  monda,  non  du 

Wiapbore  vulgaire  al   expressive  cr^  ris  néant  qui   n'est  pas  ;  mais  de  lui  qui  est 

ries,  méleptiors  que  U.  Cousin    censura  l'exislenee  absolue.  Son  caractère. éminenl. 

hijusleuienl.  Quand  il  ajoute  que  noosfai-  élanl  une  force  créatrice  absolue  qui  ne 

<Wj  /sIrW.  i  run.  4i  la  rM..  H  S.  ' 


9n                    CKE,                  IHCTieiiNAmF.  AMMjdiCEnQ^IB.-  CRI,               m 

peut  PM  MpakpMisr-h  l'acie,  il  •lût.  noM  •!  «oastiliitir<l«  tsdiWne  evMtn  ibtlan, 

qua  I»  eréaVion  est  possibld*  ouia  qu'elle  est  iroiiiuable.  identique  av«t  lui-mènie;  la  .li- 

Mces8aire;iIsuitqueDieucréaR(uosceuQ  rersilô  ne  lombe  que  sur  le  lunDu  tiiriii- 

vt  infinineal,  la  crealioa  est  iné|iuisalile  et  ^ètiue,  e'esl-à-dira  créer  ou  ne  pu  iTéer, 

se  maîulient  cunslamnieiil.  Il  y  a  plus  :  Dieu  cruer  de  telle  manière  ou  île  telle  autre,  li 

eréearec  lui-mfime;  donc  il  ciéti  avec  tous  tie  &ut  pas  coofundre  l'acte  iuluoeÂiii 

les  caractères  que  nous  lui  avons  reciuiaus,  «rec  sort  ternm  extérieur 

et  qui  passent  nécessatremcnt    dani  ses  «  Dieu  e»l  donc  «is«BlialletMi)ticti[il 

oeuvres Voîll),  Messieiirs,  l'unî^^s  crét-,  créatpur.  > 

nécessairement  crcé,  et  maiiifesliint  culut  {ci  est  la  oonfuaioa.  Oui,  Dieu  est  tsm 

qui  la  crée  (66IJ.  a  ttell^meat  aelif  «u  dodioa  de  lui-miati; 

'  Qu«  te  lecteur  reudle  bien  me  pardonner»  luais  il  ne  l'est  point  au  debon,  etc'eslixn 

si  je  lui  [larais  Bccuiituleriropde  cilalions;  cela  qu'il  n'est  noinl essenliellemeDk criii: 

■lai*  )a  me  crois  obligé  de  te  idiro.  imup  dé-  teur,  pa^cq  que  le  teruw  de  t'aole  qui  eréi 

lerminer  bien  claireitieiit  le  sens  de  la  doc  «si  eiirin&èiiue  nt  aou  inlrinsAquel  Iiim 

Uioe  que  j'ai  entrepris  d'expo-ier.  ie]Xiur-  ture.divine.Dnne  peutafnrnieriecoulnBi 

tais,  du  reste,  citer  plus  encore  si  je  )s  sans  tomber  dans  tes  plus  grsailes  ibsiri 

voulais,  mais  je  me  borna  aui  pusagos  les  dilés,  sans  nier  la  cotitiDgeoce  iIm  cbosi 

l>lus  décisifs  et  les  plus  propre?  k  mon  dps-  créées,  Is  liberté  divine,  la  mulUpliàiéiU 

iein.  Ceux  que  j'ai  cités  sufÙseol^je  crois,  substances.  Ju  ledis,(>arce  que  si  quéju'd 

pour  fairi!  cotm>reiidre  (t'uiievaniàrueisctCt  traitait  mou  raisODuenientd'abalfacliwisiM 

ce  que  pense  l'auteur  sur  la  nécessité  de  I4  lutjque,  il  promerait  aarlh  qu'il  igDWw 

Création-  Slals  il  nouy  a  proipisdu  nous  ett  premiers  éléuients  de  la  philosophie, 

ptiquer  sa  pensive  d^ins  un  sens  orilioiJoio,  «  Il  suit  de  là  qu'à  moins  de  iéfûm 

il  est  temns  d'écouler  se»  eiplicatioiis  ;  si  Dieu  de  sa  nature  et  de  ses  perrecliom  u 

par  hasaril  elles  renaU^Dt  k  justilier  nos  ren  «ei.tielles,  il  l^iilbieuadmotire  qu'une psii 

proches,  il  ne  faudni'l  point -nous  blÂuicr  hdco  essentiellement  créatrice  n'i  pu  F 

d'aroir  un  peu,  |»our  cela,  allongé  uotre  roi-  ne  i)bs  créer,  comme  une  puIssniicB  eiM 

Mnnemenl.  liellement  ialeUi|;cato  n'a  pa  créer  qu'an 

■  Elle  (la  pbrase :  N/ce«iîi/  de  la  cr^fioti)  intelligence,  comme  une  imissoiice  1^ 
De  couvre  aucuu  oijsièro  de  fatalisme;  elle  liellement  sage  et  bonne  11  a  pu  créer  i)U{ 
exprime  une  idée  qui  se  trouve  |>arloul,daD8  Tec  sagesse  et  bonli.  Le  mot  de  ttinnW 
loa  plus  saiulsdocieurt comme  daoslesplut  n'exprime  pas  «ulre  r^liuse.  il  vi[  iiicond 
^ands  pbilosopbos.  ■  vablé  que  déco  mot  on  ail  voula  linr| 

L'exorde  promel  beaucoup.  Mws  quelU  n'imputer  le  latalisme  uuiversel  ((i63|.i 

«st  cette  idéel  Ne  l'ai-jupaa  dit,  qu'en  se  défenilanl,) 

■  Dieu,  comme rhommekn'agU  otQfl  poui  Cousin  connrmeraitmon  accusallonllllil 
igir  que  conformément  à  sa  nature,  el  sa  donc  le  remercier  sincèrement  de  son  tpj 
liberté  même  est  relative  k  ton  esseocQ.  •  logîe,  carnoii-seulementil  repËle,  dau  a 

Si  l'on  veut  entendre  ces  paroles  dans  1«  endroit,  l'erreur  dont  il  voulait  sojaililk 

sens  qu'elles  présentent  à  tout  bomme  ri^i-;  et  il  la  confirme  dans  les  termes  les  plu)  « 

Miunable,  elles  reulent  dire  qje  Dieu  na  lennelsimaisil  nousfaitpénétrerpluta'il 

peut  rien  faire  qui  répugne  h  ses  aitribulSy  dans  les  secrets  desa pensée  et  nDusdécuufj 

liais  entre  une  induite  de  contingents  pos-  les  raisons  do  ses  écarts.  On  voit  uooiioq 

Bibles  qui  sont  conrormes  b  sus  attributs,  assimile  les  relations  de  Dieu  avec  lacra 

Bans  avoir  avec  eux  de  conuex-ion  uéws-  tion  Scelles  que  Deu  a  lui-mânie  mt>'. 

snire,  Dieu  peut  choisir  ceux  qu'il  veut;  il  tllributs.  De  même  que  Dieu  en  erioil  1 

peut  créer  et  ne  pas  créer;  autrement  les  peut  rien  faire  quisoil  iadiguadetuiWfl* 

jwsstblcs  çonlingouls  ne  seraient  plus  con-  contredise  ses  inllniesperreutions;  deiM 

tingeiits.  il  ue  peut  ni  s'abstenir  du  créer,  ui  tm 

<  Or,  en  Dieu  surtoul,  la  force  est  eilé-i  k  son  gré  dans  l«  nombre  inUui  ii«  am 

quale  i  lo  substance,  et  la  force  dixine  est  possibles  de  création.  Dans  les  dejiC^ 

toujours  en  acte.  *  uécessilé  est  égaie,  et  coiame  elle  esi  i^ 

La  puissance  divine  est  toujours  en  acte,  solne  dans  le  premier,  elle  ne  puui  '" 

parce  qneOieu  est  uQacfe pur,  selon  la  belle  moioa  grand*  ni  moins  invincible  dam  1 

«xpreision  de  l'école  que  je  me  plais  h  ré-  second.  j;ticu  ne  pouvait  pas  plus  s'at^ia" 

peler  ici,  sans  crnindre  les  dégoûis  de  noire  de  créer  l«  iDOiid»  «L  de  1»  créer  tel  ^ 

siècle;  mois  celte  acte  divin  qui  cunstilitela  Mt,  qu'il  ne  peut  cesser  d'être  sage  et  u'^ 

divine  essence  et  qui  lui  est  intrinsèque,  qu'il  ne  peut  anéantir  &es  perfectious  "" 

aucun  lien  ne  le  rattache  i  la  création  d'unn  nies  ou  détruire  sa  pro|ire  nalurc.  >\,^ 

manière  absolue.  Cet  acte,  il  est  vrai,  serap-  clair  que  M.  Cousin  allribue  aux  \irOfrte» 

IKirte  à  la  créature  si,  de  loute  éternité,  Dicii  intrinsèques  ou  extrinsèques  de  Die  «I 

adécrélâlacréaljon;  mais  en  tant  que  libre,  valeur  égale,  et  qu'il  n'éublll  >u<^"''^,l 

cet  être  souverain  pouvait  voulnir  créer  ou  férence  entre  la  manière  dont  la  '"''"'^^ 

n«  pas  créer  i  créer  do  telle  ou  de  telle  ma-  Dieu  se  replie  sur  elle-même,  c'eit-t-o'^ 

uièretet  quel  que  râl80ndéerel,racteiatetne  sur  sod  essence  diviiie,  «t  celle  dool  <" 

(Ml)  Intraé.irhht.JtUpkil..  lecoD  S,  pag.  liict'suiv. 

(«2)  f>«j,  fkU.,  lo:».  I,  pag.  24.  "" 


mtmwattg!  ArotmimtLVi 


-  <9E 


■t>|il!aM  Mit  rOiHfBgfliHk  TtosaRflM,  tiwna 
ide  de  leur  eréaliftli.  Hais  eomnivot  la 
vfonJ  pliili»o|>hea-t-il  dotiopu  ot>iitondr* 
aclioH5  si  ditTëreolesT  Cainment  n'a-l-il 
i>  lu  que  pour  les  confoiHlre  ainsi ,  il  lui 
llïil  unir  diDs  la  mâisa  cat^rie  1m  élé- 
riili  l«s  plus  disparates,  tels  uue  la  néces- 
lé  cl  la  coDlingeiice,  lenlatilet  l'absolu? 
telle  tfi  la  sourca  d'une  erreur  aussi 
lotine  TLarépoaM  estEsitiln;  la  (lantliéis- 
c.  Suiriul  les  dogmw  de  oeUe  Ooctriao, 
«me  il  d'j  a  qu'une  seule  SHbstance,  la 
tlinetion  enlre  les  attriltuls  inlrins^ues 
le»  ripporls  eilriosèiiues  de  Di«u  n'a  au* 
Il  badeiDeiil  :  loule  cuose  est  un  altriliul 
nin}  toiil  pbéaomdae  4  lieu  en  Dieu,  esl 
Mie  iulégrauta  de  la  nature  divine^  Le 
het  das  paothéisles  a  tes  mêmes  oblige- 
ixu  eoTers  le  monde  qu'eniers  lui-mfinie, 
lUque,  qusnl  l  la  substance,  le  wonUo  esl 
ieu;  la  création  est  nécessaire,  el  en  inâoie 
m^j  imp»ssible ,  en  prenant  les  termes 
iQi  leur  rigueur,  parcu  q^ue,  si  Dieu  créait 
tiuboile,  il  se  créerait  lui-uiôme.  Tout  au 
lus  pcul-il  engendrer  le  munde  de  toute 
umllé,  de  nidmo  que,  selon  la  foi  cliré- 
icouei  le  Père  engendre  le  Verbe,  mais  il 
le  jieul  le  crépr.  Voilli  comment  les  so- 
'bisoei  lur  lesquels  on  appuie  la"néces- 
4itdg  lieréaliou,  tirent  ttur  force  du  pat- 
ItUlMpiutbéîïtiquel 
bitUNu-aous  un  instant  pour  examiner 
bucthemiTÎepar  l'auteur.  D'abord  il rÀ- 
iluiiiuitiies  fautes  &  uue  peccadille,  c'est- 
•tlirti  uaeeiprassioii  impropre  qu'il  sa 
fro;«ie  if'eiplitiuer.  £/(»  ne  couers  aueu» 
^tOri il [aialùatet  dit-il,  el  la  preuve,  c'est 
lue  i'idje  qu't'lle  exiirimu  »  troute  dans  ta 
Mit  pnù  pkitoiopbei  et  dans  la  p/us  iaitUt 
Mari.  Or  celte,  idée,  la  voici  :  Dieu  esl 
^f  Dèceiiité  à  créer  uu'i  ôlre  bon  el  sage; 
'  Muiie  «SI  aussi  uèuessaiie.  ni  plus  ni 
Kiii),que  l'uscucu  et  les  nerfuctious  di- 
mi!.  ' 

^i'rts  ïTOlr  sTOuâ  celle  bagatelle,  qui, 
K'iiig  ou  le  Tuii,  esl  ropiuiuu  d»  pltu 
'>*i'i  fliiloiophu  el  da  plut  taintt  diteteuri., 
'*J0uU:  l«mo{  de  nécttiili  n'ixprime  poM 
"rttAui.  Ruus  le  sovions  Irés-bien.  U  al 
*9KnahU  qvt  de  ce  mot  «n  ail  voulu  firçr 
>9i»pultr  te  fatatitme  univtrtel.  Ûais 
Jitji^e  dune  quelw  fatalisme  uuÏTarsel, 
mon  celiî  Peul-on  faire  une  profession 
tiililisioeiilus  cUtre,  plus  précise,  plus 
"'«•lut  eelbi  que  fuit  l'auteur,  pr^isé- 
Hiilili'ut  le  lieu  iiù  il  veul  prouver  qu'il 
'^]»i  falalisleT  £l  qu'y  a-l-il  de  plue  l'n- 
*^(ca(li,  ou  bien  da  croire  M.  Gouaiu  fa- 
I^Biur  la  parole,  quand  il  nous  La  d&- 
H"  itii-tuemu  en  voulant  faire  profession 
•LOoirâre,  ou  bien  Uo  toir  il.  Cousin 
***«  jusqu'à  ce  point  dnrindulgetice,  j'al- 
■li  dirsitu  la  boiihMniit!  de  »es  lecleurs  T 
,  ««  nwre  aulvur  s'anima  î  il  (ait  de  l'é- 
/Wice,  comme  si  les  ligures  de  rtiéln- 
iwlL'*'"*'"'*   détruire   J'éTi-Jwico  dt« 

r  ' '^''  J*éc(i«-l-il,  parce  que  je  rapporle 
'""•'•''icuisasubslauccméuicjt  con- 


sidère cAlle  atittan  onmme  aveugle  «f  fatale  f 

Non,  M-  Cuiisin.  non.  personne  n*tït 
assez  Gini)il«  pour  nier  que  l'action  de  Din 
il  rapporte  à  la  tuLâlanee  divine,  en  tant  que 
celle  siib.«liini;i!  ^.-sl  la  causa  librement  créar 
Iricc.  Uais  tout  'bon  pliilosnpho  nii-ra  qu« 
i'acliim  de  Dieu  te  rapporte  à  la  êubttanet, 
fi  vous  considérez  ce  rapport  connue  l'é- 
manation nécessaire  d'un  elTet  nécessaire* 
ment  produit  par  sa  cause,  si  vaus  admetli'X 
l'unilé  da  substance,  si  vous  faites  la  liTuiy 
tle  l'action  identique  è  rautînnelle-méuiei 
si  Vousnilaquez  la  substaiilialité  propre  des 
jllioses  créées,  si  vous  sQirmcz  queculies-ci 
ne  sont  que  de  purs  phénomènes  produiljS 
par  la  substance  absolue.  Or,  que  lullo  soit 
Toire  doctrine,  cela  résulta  inconleslui;!»'^ 
nietitde  tout  oe  que  nous  avons  dit  jusqu'ici. 

«  Quoi,  il  y  a  de  l'impiéié  ii  mcUre  un  «1- 
trilHit  du  Dieu,  la  liberlé,  en  biiruiooie  svee 
tous  ses  autres  attributs  et  avec  la  naturp 
divine  elle'mëiae  la 

Une  s'agit  puint  ici  de  mettre  en  barmonia 
la  liberlé  de  Dieu  avec  ses  autres  attributs 
el  avec  sa  nature  elle-niAme;  il  s'agit  da 
voir  ii,  d'apr&s  vos  propres  princi|>es.  Dieu 
est  libre.  On  ne  vous  rc|iroche  poiut  ici 
d'accorder  à  Dieu  une  liberté  bi^nne  cl  m^v 
'(faire  le  contraire  serait  uno  i(ii|)iéU-],  uA 
tous  raproclio  de  lui  ûter  toute  liberté.  Sil- 
lon novs,  Qieu  est  libre  sans  aucun  préju- 
dice de  se»  outres  perfeolions  ;  car  ciéur  oti 
ne  pas  créer,  choisir  telle  ou  telle  chosç 
dans  une  inliiiité  d'ordres  possibles  (reinari- 

auez  que  je  ne  dis  point  dans  nie  inlliiiié 
0  désordres),  e^t  également  digue  cl  de  sa 
.boulé  et  de  t>a  saftesse.  Selon  vous,  au  con- 
traire. Dieu  est  tteentiëllemenl  erialeur,  il 
nu  (leut  pus  plus  s'absU-iiir  de  créer,  qu'il 
ne  peut  changer  sa  propre  essence.  Selon 
Vous,  tout  ce  que  fait  Dieu  esl  si  nécessai- 
ruiueut  uni  à  le  nature  même  do  sesaitri^ 
buts,  qu'il  lui  serait  inipossiblo  de  fuira  la 
coiilruire.  Qr  i  s'en  tauir  i  ces  termes, 
cummeutpveu  peul>il  élro  libre?  Cuinmimt 
pouvei-vaus  vous  vanter  de  mttir»  ta  tibe'-lé 
(M  hatmouie  avec  tout  lei  autra  altributi  d»  - 
Dita  «(  avec  ta  natwe  divin»,  si  d'après  vouSf 
Jtt  liberté  est  uue  ctiimàret 

«  Quoi,  lu  piété  et  l'ortliodosieconsisteDl 
i  soumettre  tous  les  aiiributs  de  Dieu  è  uu 
seul,  da  sorte  que  |>arluul  où  les  grands 
uallres  ont  écrit  :  les  luis  éternelles  de  \k 
jiiMice  divine,  il  faudra  mettre  :  les  dét:rets 
arbitraires  de  Dieu  ';  partout  où  ils  ont  écrit  : 
il  convenait  à  la  naiuro  de  Ditui,  b  sa  sa- 
4Ii.>iise,  à  SB  bunlé,  etc.,  d'agir  de  tulle  uu 
telle  manière,  il  faudra  mettre  que  cela  ne 
coiivetiait  ni  ne  disconvenait  h  sa,  nature, 
uiHis  qu'il  lui  a  plu  arbitrairement  de  faire 
ainsi  I  C'est  la  doctrine  de  Uobbcs  sur  la 
législation  humaine  lraiiS|>orlée  à  la  lé^^isla- 
tion  diviue.  Il  ;  a  plus  de  deux  mille  ans. 
i*lalan  foudroyait  déjà  cette  ductriue  el  la 
poussait  dans  VEulhgphroa  aux  absurdi- 
tés les  plus  impies.  Suint  Thomas  lu  coiu- 
iiattil  dès  qu'elle  reparut  dons  ri£uro|>e 
vtirélieufle,  et  on  (Ktuvsil  croire  .qu'elA 
avait  jiéri  suus  les  coa8é4iuences>iu'on  avait 


tue  M<nrio:4iMiRe  amloceiiouk.  cm       '     ^ 

itUqae  M.  CouHB,  al  qui  en  iiêinfl  tioira 
ftrofSsse  I«  doctrine  de  Bnbbes,  li  doetrint 
condamnée  et  combaltue  par  Piston  «i  nir 
saint  Thomas  f  Quia  jamais  fait  coniijitr 
ia  iiberlé  de  Diea  dans  ie  pMToWd'atlértr 
les  perfections  diviees  ou  l'essence  élfr- 
Dell*  des  ohojes,  d'agir  sur  les  einuon- 
tiogenls  d'une  manière  qui  rdpagne  k  leur 
essence,  ou  aui  perfecItOAs  oiriBeiT  11; 
8  si  loin  de  celte  dodrine  k  calla  des  dttïn- 
seurt  de  ta  liberté  d'trine  et  de  la  libertf 
humaîne»  qu'elle  est  diamétralement Dppo< 
Bée  i  Ta  leilr.  Aussi  furei-je  remarquer  que 
Hul>bes,  Spinoaa  et  tous  les  autres  sopliiste], 
adversaires  déclarés  de  l'initnetabililideli 
Yérilable   morale ,   ont    été   fatali'stei.  Et    ' 
U.  Cousin  qui  est  pantliéiste,  et  falalislt» 
moins  quanti   la  divinité,  devrait  lu» 
rejeter  la  morale,  s'il  s'en  tenait  rigoDren- 
sèment  aux  principes  de  son  sjslime.  Kiii 
j'ai  Mie  de  le  dire,  il  abjure  complélécKil 
sur  ce  point  les  conséquences  de  sa  ihinrit', 
le  sens   droit,   le  caractère  Kénéreuitt 
l'homme  ont  eu  sur  lui  plus  o  empira  <)H 
la  iMîqufl ,  on  ne  peut  concilier  la  monli  i 
avec  le  panthéisme  ;  en  effet,  si  la  suIisUdh  | 
des  pbénomèDes  est  la  substance  roSnit  dt 
la  diTtnilé,  le  mal  doit  se  rapporter  1  Diri 
commekson  principe,  et,  dansée  cas,  ilo'j 
a  plus  de  différence  absolue  entre  le  bien  tt 
le  mal  ;  tout  ce  qui  arrive,  le  juste  comme  . 
l'injuste,  étant  des  oeuvres  diviues,  eslp»  ! 
lï  même  absolument  bon  ;  cette  doclrioeesl  i 
en  tout  celle  deSpinosa.  Au  contrtiH,<A 
admettant  la  liberté,   il   faut  absolummi 
reconnaître  une  loi  morale  ïinmnBble,  pttn 
que'Ja  faculté  de  cbotsir  suppose  rigoureu- 
sement une  règleélernellequienctrcoiucri- 
tel'exeroicQ.Pour  la  liberté  de  Dieu  coiumt 
pour  celle  de  l'bomme ,  cette  règle  c'est  Dm 
lui'mème:  c'est-i^dire,  la  perTuction  de  ton 
intelligence  et  de  sa  nature  qui  embrai» 
les  essences  éternelles  et  imoiuablet  dei 
êtres.  Si  Dieu  pouvait  agir  contre  ces  <lcui 
ordres,   loin  d'être  libre  il  ne  serait  plm 
Dieu,  il  s'anéantirait  lui-même.  En  un  DlO^ 
celui  qui  admet  la  liberté  dans  la  sphèreilrt 
choses  contingentes  ne  pttut   retendra  et 
choses  nécessaires,  l'immutabîtité  de  ccllei- 
ci  étaut  la  base  de  la  contingence  de  mW^' 
le  et  du  libre  arbitre  qui  s'exerce  sur  t\i<^ 

_ —  Yoy.  PAHTBilSMI. 


tirées  I*intrépide  logiqae  dVkkam  (883).  i 
-  Permeliet-nous  de  Tous  le  dire ,  H.  Cou- 
sin, TOUS  divaguez,  ou  tous  roulez  nous 
donner  le  change.  Vous  confondez  troii 
questions  Irès-différenies  ,  et ,  après  les 
«voir  confondues  ,  vous  appliquez  k  une 
d'entre  l'Ites  ce  qui  oeconTientqn'auxdeui 
autres.  On  peut  poser  trois  questions  sur  la 
tiberlé  divine  : 

1*  Dieu  est-il  libre  eo  ce  qui  concerne  sk 
nature,  ses  attributs  prc^es,  c'esl-h-dire, 
pput-it  altérer  son  essence  ou  dierquoi  que 
ce  soit  k  ses  perfections? 

S*  Dieu  csl-il  libre  par  rapport  aux  es- 
sences éternelles  des  êtres;  et,  en  vertu  de 
celle  liberté  ,  peut-il  les  romlre  autres  que 
ce  qu'elles  sont  en  elles-mêmes  ;  peut-il, 
))sr  conséquent,  altérer  les  vérités  mathé- 
matiques, morales,  métaphysiques,  et  mettre 
les  choses  eiislantes  en  contradictioa  avec 
les  choses  possibles? 

3*  Dieu  est-il  libre  par  rapport  aui  choses 
contingentes,  c'est-k-dire,  peut-il  k  son  gré 
les  créer  ou  non  ;  peut-il  cnolsir,  comme.il 
lui  plaît,  tes  effets  de  la  création ,  quand  ils 
ne  contredisent  nt  les  essences  éternelles 
des  choses,  ni  la  nature  divine,  ni  aes 
perfections  înQriies? 

De  ces  trois  points,  le  dernier  seul  est 
controversé  entre  les  catholiques  et  M.  Cou- 
sin. Quant  eux  deux  autres ,  nous  sommes 
entièrement  d'accord.  Or  que  dit  M.  Cousin 
sur  le  troisième  )K>int  ?  Que  Dieu  n'est  pas 
plus  libre  de  créer  ou  de  ne  pas  créer,  de 
déterminer  les  elTets  de  sa  création,  que  de 
dianger  les  essencet  éternelles  et  de  se 
changer  lui-même.Qu'objectentk  celte  doc- 
trine les  catholiques?  Ils  objectent  qu'elle 
anéantit  la  liberté  divine,  uu  elle  introduit 
un  fatalisme  divin  dont  la  conséquence 
nécessaire  est  le  fatalisme  universel.  11  Cou- 
sin s'iudigne  kcette accusation, et s'apprétek 
y  répouiire.Maiscommei)l  lefait-ilTPeut-être 
en  prouvant  qu'on  a  mal  interprété  ses  paro-' 
les,etiju'il  admet  le  libre  arbitrede  Dieu 
dans  l'ordre  des  choses  cod t ingénies T Nulle- 
ment :  il  accuse  ses  adversaires  d'exagérer 
la  liberté  de  Dieu,  et  de  l'étendre  des  choses 
Cdiitinuenles  aux  choses  nécessaires.  Ad- 
mirez cette  étrange  manière  de  se  justiQar:  au 
lieu  de  se  défemlre  comme  accusé,  l'illustre 
auteur  se  tn\l  lui-même  accusateur;  et  de 
quelle  façon?  Les  catholiques  lui  repro- 
chent de  faire  la  création  nécessaire,  et  il 
leur  ré|)ond  en  criant  k  la  calomnie,  parce 
qa'vnepuiiianct  euentitUement  eréalriei  n's 
pflf  pu  iiepa*  cr4er.  Les  catholiques  l'sccu- 
i.eiit  d'ûier  k  Dieu  la  liberté  sur  les  choses 
Je  l'ordre  contingent  :  il  répond  que  c'est 
de  la  plus  grande  fausseté  .  parce  que  ses 
adversaires  étendent  la  liberté  divine  aux 
choses  de  l'ordre  nécessaire.  Et  quand  il  en 
serait  ainsi,  quciiid  d'autres  se  tromperaient 
sur  ce  puiul,  en  serail-il  moins  ceriain  que 
U.  Cousin,  en  refusant  k  Dieu  la  libre  dé- 
terminaliOD  par  rapport  aux  choses  conlin- 

Siïulcs,  annule  en  réalité  la  liberté  divine? 
lais  quel  est  le   critique  ortfaoïloie  qui 
_  I6C3I  Fruf.  phil.,  lom.  1,  pa(.  32,  ». 


in. 

Dlea  »-l41  pa  crier  la  moail 


,  dalootatlenlli* 


Les  philosophes  et  quelques  ttaéologlent. 
dans  leur  soif  insatiable,  de  rechercbes 
oiseuses  ou  même  téméraires ,  se  soiii  p")' 
posé,  relativement  k  ta  création,  dtitrso 
questions  qu'il  importe  grandement  dei*- 
miner  i>our  rétablir  des  vérités  trop  mw''^ 
nues.  Ils  se  sont  d'ebord  demandé  si  |*> 
êtres  Qnis  ne  pouvaient  pas  avutréié  trei-' 
de  toute  éternité.  Il  suEUsail  du  simple  M 
sens,  peur  résoudre  par  la  négative  ce  fn- 
b'ème  élémentaire  ;  mais  le  simple  bon  »w 
tst  trop  faciletuenl  ouNié  quMid  o»  cHe ' 


nCTIOEOfilUE  AK)M)ÇETIQUR. 


eu 


Xiê 


ttt\t  ridlcnls  manie. d'oppofilîon  et  d'indé- 
pendtflM  qui  tourmenta  la  paiirre  intelti- 
p>nea  Itumaine.  S'il  est  uoevi^rilé  firfdentv 
ei  qat  l'on  doife  ranger  su  nombre  dps 
iiiomes,  c'est  sans  daule  eelle  qui  élsbtlt 
•l>ip  lODle  eaase  vraïment  eflldenle  doit  avoir 
iritethlé  i  l'ellbl  firoduit  par  elle  ;  car,  si 
l'eff)»!  H  sa  cause  ont  toujours  existé  en- 
senible.  l'idée  de  production  s'éranoait,  et 
pour  toute  raison  saine,  l'etTet  ne  sera  plus 
lafirodnit  de  la  cause  qui  l'a  précédé  dans 
l'ordrv  de  raison  seulement,  et  nuttemeol 
(fins  l'ordre  das  réalités  physiques  ;  la  cause 
(t  l'elTet  seront  alors  nécessairement ,  et  an 
fuéme  degré  ,  les  produits  indépendants 
d'une  cause  commune  qui  les  a  précédés 
Tmd  elt'iiulre,  et  qui  est  la  raison  dernière 
4>lear  eiïstence.Leaexemplespar  let'iaels 
t(t  iljévlogiens  dent  nons  parlons  prett;n- 
éiient  défendre  leur  insoutenable  srsième 
knat  mieux  ressortir  l'erreur  qu'n  s'agit 
<lc  eiMDballre.  La  lumière,  disaîenl-iis ,  ■  le 
tsieil  pour  caoseefficiente,  et  cependant  le 
•oiril,  par  sa  nature  même,  a  toujours  été  II 
Il  fois  eiistant  et  luisant ,  donc  t'elTel .  oui 
eu  td  la  lumière,  et  aa  cause,  le  soleil, 
•ni réellement  coexisté  toujours;  donc  la 
(«éesisleaee  dVM  pas  une  condition  essen- 
tielle de  toute  cause  efficiente.  Ce  raisonne- 
BMil  n'efi  eu  fond  qu'un  sophiime  :  jl  est 
éèsHHitré  aujourd'hui  jusqu'à  l'éfidence 
«Mis  Inmièru  du  soleil  emploteSsecondet 
klnadiir  l'esiiace  qui  la  séparede  la  terre; 
f)  donc  la  soleil,  au  montent  de  sa  créstiont 
<»ii  MUté  notre  globe,  cette  lumière  co* 
rvMtiDtti  l'astre  au  jour  aurait  éié  non 
(00  fuvduil  ou  son  rlTel,  mais  le  résultat  dtt 
Il  (clouté  créatrice,  el,  par  conséquent,  la 
p^iisl«nc«  de  l'effet  k  la  cause,  dans 
ttfu,  aussi  èTideiite  qu'elle  peut  l'être, 
IWBiéUphjrsiciens  ajoutaient  encore  :  sup- 
fMuis  qu'on  pied  ail  été  crtté  dans  la  pou»> 
llér%  j'eufireinta  de  ce  pied  sera  son  effet  ; 
k  piéd,  par  rapport  A  «lie ,  sera  une  eauw 
tériuUeoMDi  efBeieata,  et  cependant  l'eF- 
litniiatt  conisléatecsaoaase.  Non,  niilte 
(liioou  ;  car,  ai  le  pied  avait  été  créé  dans 
biuusaièrf,  la  place  du  pied  ou  son  eaiv- 
Kciiite  aonit  été  fait*  parla  cause  créalrits 
alle-mêiw  et  n'aurait  pas  été  pruduite  par 
l«  pied.  Cette  place,  celte  empreinte  ne  ac- 
mui  réellement  t'ellet  de  la  cause  seeon- 
ilitr*,  deveuue  proprement  cause  elfioianlt, 
que  lorsque  le  pied  préexistaul,  obéissant 
ifactiAB  dd  la  TulODlt,  se  sera  posé  lui- 
nénie  dans  la  poussière.  Ces  frivoles  coin- 
paraiauos  o'tml  dune  aucune  portée ,  mais 
H  a  voalu  les  appujer  d'un  argument 
«Dpruuté  à  la  raison  pure.  Dieu  a  eiistéile 

(Mi)  *  Kee,  dil  Baykt.  éUnt  inflaimenl  boercex 
a  toi  Bil^t  cl  ■'sT^'it  ■ucufl  besoin  dêi  créaUirus, 
a'*  pu  >f  oir  d'aiiue  moiif  de  les  créer  que  M  boiHi 
M  k  déûr  de  le*  rendre  heureusf-i,  mais  licnreuus 
d'aa  boebcar  ^al  tes  perrecliontie,  <)iii  les  éubliue 
M  )«  waiBlkone  dans  l'ordre  et  la  justice  ;  «r  la 
iMlé  4e  IbM  doit  eue  d'accord  avec  sa  Minieli. 
f«blHmiMipas  avoeés  par  la  siim  raison.  8o- 
UokaCMlIna,  M(MUaire.hs  Dica  inliéBMal 
t«  mnil  mûét  iom  fqm  dcincl  penr  dooner 


toute  éternité,  donc  il  a  pu  créer  de  (ouïe 
éternité,  donc  il  a  pu  être  éiemelleiBent 

créant,  donc  la  créature  a  pu  être  éternelle. 
A  ce  raisonnement  frÏTolé  nous  répondrons 
simplement  :  Dieu  ne  peut  pas  acluer  un 
cercltj  carré,  il  ne  peut  pas  faire  que  deux 
et  deux  ne  fassent  pas  quntre  ;  donc,  nuisi^ue 
la  créature  est  essenlietlemenl  contingente 
et  successive,  Dieu,  tout  Dieu  qu'il  est,  ne 
peut  pas  et  n'a  pas  pu  la  faire  éternelle.  Le 
temps,  et  l'être  contingent  on  la  créatore 
sont  deux  choses  inséparnhles;  or,  avant.le 
temps  et,  parconséquenl,  avant  la  créature, 
it  j  a  l'immense  éternité  de  Dieu.  Et  d'ail- 
leurs, l'élre  élemel  est,  par  son  essencp, 
nécessaire  et  iuQni  ;  on  a  beau  dire  qije, 
quoique  existant  de  toute  éternité,  la  créa- 
ture n'en  aurait  pas  moins  dans  Dieu  la 
raison  de  son  6lre,ators  même  qu'elle  aurait 
coexisté  avec  Dieu  :  cette  assertion  ne 
serait,  a»  fond,  qu'une  véritable  logoma- 
chie. Si  l'existence  de  l'être  créé  n'ajsmafs 
été  si^parée,  de  fait,  de  celle  de  Dieu,  ce  ne 
sera  point  Dieu  qui  aura  limité  l'être  créé 
en  le  faisant  ce  qu'il  est  ;  il  aura,  bon  gre, 
mal  çré,  son  principe  en  lui-même  ou  faurs 
de  Dieu,  oe  qui  est  absurde. 
|V. 

Double  DMUIe  dali  vslaotédcDin.ae  wéinl,nflalM 

«ittrieuraKlebaah«w<leiMGré*Uret  —  WAiMloi 
de  Biyle  qui  o'admet  qu«  le  demkr  noUT.—  Mal  per- 
miipourun  plu*  gnud  bien  ;  démoaslraltoo.  — !■  re^ 
•ralièUanM  polot  de  ne  du  bla  i âotral. — DIca  pMt 
.ulalMerlectloM  iapunll—  UrutaDon  de  f  iwfqoaa 
l»ndo»ei  de  U.  de  LuaenulL 

Dieu  se  sufBt  k  lui-même  t  indépendant 
d«  son  ouvrage,  sa  volonté  est  sa  loi  el  son 
motif;  il  trouve  dans  la  jouissance  de  ses 
perfectionsinfiniesunbonheurinfini  Domuta 
«lies,  auquel  par  conséquent  tous  les  êtres 
eonliiigenis  ne  sauraient  rien  ajouter.  Il  a 
done  été  snuverHtoeœent  lilire  dans  l'acte 
de  la  création;  il  fiauvail  créer  ou  ne  pat 
«réer,  tirer  du  néant  le  monde  que  nous 
habitons,  ou  donner  la  préférence  li  un 
autre  momie  supérieur,  inférieur  oii  égal. 
Voilé,  ce  nous  semble,   le  seule  consé- 

Înence  légitime  du  principe  de  l'indéiieU- 
inue  divine,  également  reconnu  (lar  lus 
philosophes  et  les  théologiens.  Eayla  ne  se 
omiiente  paa  de  celle  conclusion;  selon  lui, 
Diuu,  n'ayant  aucun  besoin  des  créalunia, 
n'a  pu  donner  l'exiatence  è  des  êtres  intel- 
ligents, que  pour  exercer  sa  boolé  {Mb)< 
mais  c'est  \i  faire  sortir  d'un  principe  vrai 
ce  qu'il  ne  contient  pas,  c'esl  en  conclure 
une  absurdité  et  une  im|)ossibilîté.  Cea 
paroles  sont  dures,  nous  devous  les  jus- 
tifier. 

l'ciisleoee  k  des  konnes  qal,  après  avoir  été 
preiqiM  loua  malbeureux  dans  ccllt  vie,  vont  lUfMr 
dans  l'autre  les  tourmcnis  burriblei  de  la  dautiia- 
lion.  On  parle  de  péclië.  et  en  particulier  de  celui 
d'Adam,  source  de  luus  iéi  autres  ;  mais  contuiRnl 
en  Dieu  bon  el  sage  a-t-il  fait  dépendre  Iq  sort  do 
tous  de  la  fidétitt  d'uu  seul  T  Comment  un  Dieu 
saiflt    a  t-U   laiué    le    pédtâ  pénéiror   dcaa    te 


MCTI0Ï4!<AIRE  APOtOCETIQUE. 


Quoiqu'il  ae  suOIso  k  lui-aiéme.  Dieu,  en  mimes  «tlrlbuU  dtiu  las  dont  au'i)  csnart 
se  d^-idoDl  1  créer  le  monde,  a  nu  filre  (16-  .à  s«s  créatures  après  lu  avoir  lirtes  du 
lurmîaé  par  deux  molïTs  :  celui  ue  sa  gloirr  néant,  dans  les  éromlions  SDcceuiiei qu'il 
Ultérieure,  et  celui  du  I)onbeur  de  ses  créa-^~  leur  fait  parcourir  pour  J'accompliuetDni 
lures.  Le  premier  de  ces  molîTs  est  certai-  de  leurs  destinées.  Que  penser  d'ailltun 
tiemenl  hors  de  toule  proportion  aiec  le     *" —  "" — "  ■' ' " 


second;  'pourquoi  celui-ci  serait-il  le  seul 
mobile  de  la  Tolonté  créalrice?  Entre  deux 
.raisons  d'agir  d'uoe  force  trèa-ioégale,  U 
st^Mse  infinie  le  serail-ello  arrêtée  fc  la 
niuias  décisîTeT  N*élait-il  pas  plus  digne 
d'elle  de  les  prendre  toutes  deux  en  consi- 
dération T  Oui,  sana  doutCi  et  la  doctrine  de 
l'Eglise  le  montre  admiralilemenl.  D'après 
son  enseisnemeul.  Dieu  Teut  teUemenl  le 
Jjonheur  de  l'ange  et  de  l'homme ,  qu'il  les 
M  créés  pour  les  faire  eulrer  en  partage  du 
aien  ;  mais  on  comprend  qu'ils  ne  sauraieul 
xlevenir  ses  enfants  et  ses  hériliers,  sans 
VAIre  rendus  digues  par  leur  piété  filiale 
de  cette  sublime  destinée.  Quoil  un  bomme 
«le  l>ien  croirait  manquer  de  sagesse  en  ne 
se  proposant  pas  dans  ses  ceurres  de  rendra 
hommage  è  ranleur  de  son  être,  et  Diea 
lui-même  aurait  eu  des  vues  moins  hautes 
que  sa  créature  T  £n  faisant  servir  des  Imes 
libres  h  publier  sa  gloire,  fl  les  honore 
elles-mêmes  incomparablenienl,  et  il  serait 
forcé  (le  renoncer  h  ce  dessein. 

Il  ne  le  peut  pas.  L'homme  a  tout  reçu 
de  lui,  il  doit  donc  lui  témoigner  sa  recoii- 
uaisaaoce  comme  h  son  bienfaiteur ,  lui 
obéir  comme  à  son  roi,  l'aimer  cornue  sou 

Itère.  Ces  devoirs  sont  sacrés,  ils  prennent 
our  source  dans  la  loi  éternelle,  iaimuable> 
«font  Dieu  lui-même  ne  saurait  dispenser. 

^  Pourquoi  d'ailleur»  TeHl-«n  que  le  créa- 
tion n'ait  eu  d'autre  oÛ^t  que  de  mettre 
an  exerciee  la  bonté  de  Dieu  toute  seule,  à 
l'exclusion  de  ses  autres  attributs  ?  La  bonté 
ne  trouve-t-elle  pas  dans  l'vssence  inânle 
MO  développemeut  nécessaire,  aussi  biea 
que  la  puissance,  la  sagesse,  la  justice  et  la 
Mintete?  Ces  attributs  ne  «ont -ils  pas 
égauxT  I^urs  droits  ne  sont-ils  pasideuli- 
quesT  Kst-il  possible  k  Dieu  de  donner  la 
iiréférence  k  l'un  sans  porter  atteinte  aux 
«utroN?  La  laibtfisse  de  notre  entendement 
nonH  fbree  de  décomposer  la  nature  divine, 
jfia  de  la  considérer  sous  ses  différents 
aspects,  mais  en  soi  elle  est  nneet  indivi- 
«ible;  l'action  de  Dieu  doit  participer  de 
cette  unité  en  reOétanl  chacune  de  ses  per- 
fections dans  une  part  égale.  Le  cbrisli»- 
liisme  a  bien  compris  cette  nécessité.  Il 
semble,  h  la  vérité,  donner  immensément 
k  la  bonté,  et  mettre,  pour  ainsi  dire,  k  son 
Service  tous  les  autres  attributs  ;  mais  c'est 
après  leur  avoir  donné  sntisfaction  par  l'in- 
rarnattOD,  par  les  souffrances  et  par  la  mort 
du  Fils  de  Dieu.  Cependant  ils  ne  sont 
point  enchaînés,  ils  sout  seulement  suhor- 
Uunnés  k  la  miséricorde. 

CVst  qu'eu  effet  il  est  impossible  que  la 
livoté  Agisse  seule.  Et  d'abord  il  tuk  faut 
iiufl  matière  sqr  laquelle  elle  s'exerce,  je 

«eui(  dire,  des  êtres  intelligents  dnns  la 
création  desquels  Dieu  a  d^ik  défiloj'é  &a 


d'une  bonté  a'exer|^nt  sans  disceraeneni, 
sans  sagesse,  sanajuslicelAsiuréKeiitelto 
serait  indigne  de  Dieu. 

Donc,  le  grand  principe  de  Bajrle  «M  non. 
seulement  contestable,  mais  iosouteOiblt. 
Si  l'on  trouve  que  nous  alloni  trop  loin, 
bornons-nous  k  dire  •|u'ii  ue  saortit  (in 
prouvé,  rela  nçus  suflit;  car  dès  que  lu 
londement  n'est  pas  solide,  l'édiSce  ae  peol 
l'être  ;  le  principe  étant  ébranlé,  Id  eoiu6- 
quences  oe  sauraient  rester  debout. 

Hais  eussions-nous  accordé  que  li  bnnlè 
aeule  a  dû  pré«iderk  la  création  de  l'uni- 
vers, on  ne  serait  pas  plus  avancé.  Fou 
être  autorisé  k  conclure  que  Dieu  n'i  pc 
permettre  le  «lal,  il  faudrait  d'abord  iw 
prouvé  oue  ce  mal  n'est  ui  utile,  ni  nécM- 
aaire  k  la  perfection  de  l'univers,  ou  di 
moins  que  ses  avaotages  oe  balaoceol  pu 
ses  iocoovéni  entai;  on  n'en  viendra  jamiii 
k  bout.  Dieu  déteste  souverainement  le  i 
péché,  il  le  repousse  de  toute  la  puisHnce 
de  son  être.  Si^entre  une  iulinité  de  mondet,  ' 
dont  l'exemplaire  est  éteroellemeni  présent 
k  sa  pensée,  il  en  a  choisi  an  où  le  péeU 
tient  une  ai  grande  place,  il  a  dû  être  dé- 
terminé par  des  raisons  d'uiie  imporlinu 
infinie.  Sans  les  connaître,  noua  pouriHii 
leasupposer;  les  Dotions  lesplossimnlestle 
sa  sagessi,  de  sa  saioteté,  de  sa  booie,  doui 
/  conduisent  naturellemeut.  On  n'oienii 
condamner  un  homme  sage  et  vertueux  lur 
une  démarche  équivoque;  plus  ii  sembla 
s'aventurer,  plus  on  se  sentira  porté  i 
expliquer  sa  conduite  par  des  motifs  d'ua 
ordre  supérieur.  Serait-il  défendu  de  rei- 
aonner  de  la  même  maulire  k  l'égard  de 
DieuT  c'est  impossible. 

A.  la  vérilét  soutenir  qu'un  monde  ok  il 
j  a  du  mal  vaut  mieux  que  celui  où  il  sa 
ae  trouverait  que  du  bien  r  c'est  eu  sw»- 
reuce  défendre  un  paradoxe;  rieo  aeil 
pourtant  plus  vrai,  et  nous  espérons  le  éè- 
montrer  avec  la  dernière  évidence.  Oetu 
vérité ,  eitraordiaaire  au  |n«mier  coa|i 
d'ail,  oe  choqua  pas  les  idées  reçues,  «a- 
tant  qu'on  pourrait  le  noire;  el/e  iroun 
son  explication  et  sa  juali9aatioB  dans  ce 

aue  nous  voyons  tous  les  jours.  Las  jardioi 
e  Versailles  sont  une  merreilfa;  l'irl  » 
épuisé  acs  resaources  |wur  y  muliiptier  lu 
ombrages,  les  eaux  jaillissantes,  les  iipi) 
de  verOure,  les  grottes,  les  bassins  omèi 
(lu  statues,  les  |>.-ilais  enchantés  ;  que  sjii$-j«7 
Tout  ce  qui  peut  plaire  k  la  vue,  tout  ce 
qui  peut  Qaller  les  sens  et  l'imagination  t'j 
trouve  rossemblé,  on  y  renrontre  mettre 
quelques  sites  agrestes  et  un  nen  sauvogn 
qui  sont  comme  l'ombre  du  tableau  ;  en  un 
mut.  c'est  le  derniur  efforl  de  la  puissauix 
et  de  l'industrie  humaines.  £h  bien  1  I* 
aimnie  nature  l'emporte  de  beaucoup  :  »> 
ëévercs  beautés  rcmueai  le  cteur,  fra|>i«i>l 


l»uissan<e  et  m  sagesse.  Il  dcploiu  ces     l'imagintiioa   d'uue  bien  i>tus  |>ui»Miii* 


us 


CBE 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


IHF. 


BI4, 


niHoièra.  L'In-iiitiie  est  faU  iwur  la  luUe  et 
lu  Jan^iT,  il  éprouve  un  Ber  plaisir  à  èlra 
ijiiKiiii  du  gIioc  des  élémeiils,  h  enlendru 
I«  muijisseuienl  de  la  icnipéle,  i  conlenipler 
6f  sublimes  Ijnrreiirs.  Le  monde  eïl  beau 
Je  «es  ciifitrasles;  arec  ses  risDls  pajsagos, 
in  Tralchcs  vailles,  ses  cnuranis  d'eaux 
jutislbles,  btdc  SCS  vergers,  ses  vignes,  ses 
l'iairies,  il  ne  serait  que  gracieux  et  élé- 
^inl;  Mtec  ses  moningncs,  ses  torrents,  ses 
|trécipi»s,  fi  est  suUjiuo. 

Saint  Augustin,  fjui  a  lotit  tu,  svaft  Lii'Q 
ïnD[iHi  celle  vérifë,  et  il  n  su  en  faire  l'np- 
)iliiaiiOD  au  monde  morat.  Selon  ce  grand 
docteur  (66^,  Dieu  n'aurait  crëë  aucun 
ns'<  ni  aucun  tiouime,  si  en  prévoyant 
Icars  péclics,  II  n'aVdit  connu  aussi  com- 
otni  II  pouTBil  tes  faire  servira  l'avantage 
te  bons  et  h  ia  perfection  de  son  ouvrage. 
Il  Dialics  et  le  châlimrnt  des  coupablis 
nlive,  eniliellit,  fait  éuinter  dnvanlBije  la 
Minleté  et  le  bonheur  dts  Justes;  le  péché 
iltTient  l'occasion  des  plus  grands  prodiges 
de  la  sagesse  et  de  la  bonté  de  Dieu.  Ainsf 
Il  perfectior.  d'un  poâme  natl  du  la  diver- 
«lié  des  caractères,  île  la  lutte  des  passions; 
«ti  rÎTalilés  de  gloire  et  d'ambilioii,  dus 
Kènes  variées  du  combat  et  do  Ia  viuloirt', 
de  11  Ininfl  cl  de  l'amiliii,  de  l*amuur  e(  do 
W  letigesnce  ;  ainsi  Is  simple  langage  em- 
Vnmie  toutes  ses  be.-)Utés  aux  Quences,  aux 
MArtiies,  aux  Oppositions  des  paroles,  des 
(■eûtes,  des  scniirnenls.  Ces  contrastes 
Mnimvvenl  dans  l'homme,  dans  la  famille, 
iJjeili  uiion,  dans  le  genre  liumain,  dans 
niisiarre, tl^iMS  l'univers;  c'est  la  poésie  et 
r^fft|oence ,  nrtii  des  paroles ,  mais  des 
tbOKi,  que  Dieu,  source  première  du  beau 
*l  duTrai,  se  plaît  6  faire  éclater'dans  toutes 
ftiviTTcs.  L'Ecriture  nous  l'enseigne  en 
KriDti  formels  :  •  Le  bien  est  conlreirt] 
•B  Dul,  tarie  i  la  mort  et  le  pécheur 
I  rbomme  iusle.  Cnufidérez  tontes  les 
W'rej  da  Très-Haut,  tous  les  trouvère* 
lOHjours  deux  ft  deni,  et  l'une  opposée  i 
liDin  f6e6).  > 

Si  ta  mal  jieat  contribuer  h  la  pcrfeclion 
da  nonde,  uniin|uoi  Diuu  ne  le  permettrait^ 
il|>asTPar  boulé! Mais  renoncer  i  un  plus 
riDd  bien  h  caose  des  inconvénients,  <^e 
u'ut  pas  bonté,  c'est  faiblesse,  c'est  dérai' 
uo,  lorsque  ces  inconvénients  ne  balan- 
"nt  pas  les  avantages.  Une  mère  serait 
li'lmée,  qnî  refuserait  son  consentement  k 
«lia  o|)ération  douloureuse  mais  nécessairs 
ï  11  sauté  de  son  dis.  Il  thut  mesurer  l'é- 
Indae  da  mal  snr  la  grandeur  des  résul- 
ttd.afin  de  joger  s'il  a  été  raisonnable  d» 
It  penueltre,  c'est  un  simple  calcul  k  ftlre; 
Saosdonle  la  permission  du  mal  est  désas- 
treuse pour  les  réprouvés,  et  il  n'en  résulto 
lunin  bien  pour  eux.  Uals  on  ne  duft  pas 
wi  toDtidértr  isolément  ;  il  f^ot  les  etivisa» 
Vf  dins  t'eiisemble  de  la  création  et  voir  l« 
Plin  qu'ils  j  ocnifienl.  Si  les  réi^ooTés 
liiieoi  seuil  au  muude,  la  conduite  <le  Dion 

<«ei  CM  b  fNnr.  lit.  ir.  di.  ir  - 
riWi  KwlMuiifM,  ch.  iiiiii,  1. 13, 


l  leur  égari)  serait  loi'le  dilTûronla  :  ou  il 
Tes  aarait  luisséb  uaiis  te  néant,  ou  il  em- 

Rloierait  dos  moyens  Bitraordinafres  pour' 
ts  convertir  et  changer  leur  malheureuse 
destinée.  Cela  est  évident,  les  réprouTés 
ayant  seuls  reçu  l'existence,  ce  serait  Te 
mat  pour  le  mal  sans  aurune  compensation. 
Au  ronlraire,  les  méchanla  font  partie  d'un 
tout  immense,  où  le  mal  de  quelques  par- 
ticuliers produit  le  bien  général;  la  bonté 
de  Dieu  doil^lle  faire  céder  l'intérêt  com- 
mun h  l'intérél  prîTé  ?  Ce  serait  une  bonté 
bien  dépourvue  de  raison.  Que  dirail-on' 
d'un  roi  qui ,  par  la  crainte  d'un  petit  mal , 

R riverait  son  peuple  d'immenses  avantageât 
ùQS  disons  un  pelil  ttinl  par  comparaison 
avec  le  bien;  car,  en  lui  même  et  par  rap-'  ' 
port  BU  réprouvé,  il  est  épouvaniable.  C'est 
de  lé  que  vient  la  confusioiA  des  idées;  on 
se  représenlf)  vivement  les  sujiplices  des 
damnés,  puis  venant  ft  songer  que  Dieu  est 
leur  créateur  et  leur  père,  ut  oubliant  louia 
autre  penstîe,  on  ne  peut  plus  comprendra 
comment  il  lus  s  laissés  lomber  dans  des 
maltienrs  si  horribles.  Oui,  Dieu  est  le  père 
des  réprouvés;  mais  il  e^t  aussi  celui  des 
élus;  il  est  do  plus  législateur,  juge,  mo- 
narque, Dieu,  et  il  doit  régler  son  ociioii  en' 
conséquence  de  ses  diiïérents  titres.  L'tioni- 
nie  IiM-iiiéiiie  n'esl-il  pas  obligé  de  concilier 
ses  différents  devoirs,  et  deïes  subordon- 
ner les  uns  aux  autres  selon  leurimportaitco 
n-lativeT  Son  litre  de  père  le  disponse-l-il  da 
ce  qui  lui  est  commandé  par  sa  qualité  de 
citoyen  et  de  sujet  de  Dieu  î 

firntus  est  allé  trop  loin  en  présidant  luî-^ 
même  au  sup)ilice  de  ses  QIs  ;  le  sage  poëie 
(6flT)  n'osant  le  justifler  lout-î-fail,  renvoie 
le  jugement  de  sa  conduite  è  la  postérilé; 
el,  au  lieu  de  donner  des  louanges  6  sa  fer- 
meté  héro'ique  ,  il  se  contente  de  plaindra 
son  infortune;  mais  si,  snns  étouffer  les 
Sentiments  de  la  nature,  l'intlexible  consul 
eût  laissé  la  loi  suivre  son  cours;  et  aban- 
donné il  son  collègue  le  soin  d'en  l'aim  t'a)»- 
plication  aux  coupables,  personne  n'oarail 
songé  k  lui  reprocher  un  patriotisme  bar- 
bare;on  le  blftmerait,au  contraire,  s'il  ■• 
tût  opposé  à  un  exemple  de  justice  néces» 
saire  h  l'afferoiissemenl  de  ta  nouvelle  ré- 
publique. 

Lorsqu'on  nous  représente  un  vieux  guer- 
rier plein  d'honneur,  slndignant  à  la  nou- 
velle de  la  fbile  de  aon  Gis  devant  troia  eO- 
Herois  ,  el  aîmsnl  mieux  le  voir  mort  que 
déshonoré,  toutes  les  Ames  s'animent  de  se* 

5 énéreux  sentiments,  c'est  un  ni  général 
'admiration  arraché  par  son  héro'ique  en- 
thousiasme. 

De  nieme  n-t-cn  toujours  admiré  la  mkn 
lacédémonienne ,  lorsque,  armaiit  lejeunti 
soldat  du  l)ODclier  pour  la  première  fols , 
elle  lui  répétait  celte  fléee  et  laconique  ex- 
hortation :  Atee  «h  «ht.  Nous  pourrioii* 
multiplier  les  exemplea  de  ca  genre;  ils 
MDl  dans  la  mémoire  de  tous  les  bosaoM*. 

(M7)  EiMMe,  HT.  vi.  ' 


McnaKKAïKE  APOLOceriocc 


|Mree  qu'ils  répondent  lox  plus  nobles  sei>* 

tîmeiils  de  noire  Ame. 

Dieu  I  eu  d«s  raisons  d'uns  imporlance 
souTeraina  [>our  jiermettre  le  ptabé,  s'eii- 
sait-îl  qu'il  doire  le  laisser  iminim  T  Peul- 
ili  uns  cesser  d'èlrs  jusiei  d'Être  saint, 
.c'est-k-dire  sans  cesser  d'être  Dieu,  traiter 
de  la  même  manière  les  lions  et  les  né- 
ehsnlf  T  Le  peut-il  nième  saascesser  d'être 
bon?  Ne  sersil-ce  pùs  encourager  l'inçiie 
I  se  déijreder  de  plus  en  plus  par  le  crime» 
«t  le  juste  è  fouUr  aui  pieds  une  jQstice 
dout  la  privation  n'entraînerait  aucuocliA* 
UmeniT  Voilé  les  questions  auxquelles  il 
but  d'abord  ré|ioDdre.  Or,  on  ne  uuraîl  le 
nier,  sauf  quelques  hommes  qui  se  lien- 
nent  k  l'écart  du  genre  humain,  la  réponse 
de  tous  les  siècle.^  est  unanime,  le  vice  et 
ia  *ertD  doitont  éprouver  un  sort  diCTéreut. 
Hais  la  justice  de  Dieu  read>etle  eiacte- 
ofienl  h  chacun  selon  tes  œuvres  dans  la 
vie  firésente?  L'histoire  du  passé  et  l'ex- 
périence lie  tous  les  jours  nous  aileslent  la 
toiitrsîre  en  nifime  lemps.Nes'ensuit-îlpat 
qu'il  est  une  autre  vie  où  l'iiomme  est  traité 
selon  sc-s  mérites.  Tous  les  siècles  ontac 
ceplé  cette  conséquence;  c'est  U  foi  du 
gcure  humain. 

JeneureiiéteDnepas.lapuaitionda  vice 
et  la  rémunération  de  la  vertu  s'accordent 
avec  les  idées  lus  plus  pures  que  l'honrme 
■il  pu  se  former  de  la  Divinité  ;  au  contraire 
l'impunité  du  crime  contredit  les  notions 
les  plus  claires  de  !■  nature  divine,  elle  fe- 
rait douter  de  l'existenco  de  Dieu.  On  la 
coœprenJrait,  si  l'on  roulait  un  moment 
écouter  la  raison  toute  seule-  Mais,  pour 
juger  »«ns  prévention,  il  faudrait  ua  uo- 
uienl  se  dépouiller  de  ses  passions  et  être 
tans  iutérél  dans  la  controverse  ;  il  faudrait, 
|)Our  eiosi  dire ,  se  placer  eo  dehors  du 
iiunro  humain  et  de  ses  destinées,  afin  da 
considérer,  en  oliiarvateur  impartial,  l'en- 
senihlo  des  lois  du  monde  e(  leurs  résultats; 
le  ninibeur  eit  qu'étant  intéressés  dans  la 
question  et  voulant  céder  au  vice  sans  per« 
Ufe  les  iécom|>enses  de  la  vertu,  il  nous  est 
presque  impossible  de  conserver  la  liberté 
ûti  notre  juj^ement,  et  du  ne  pas  favoriset 
l'erreur  qui  nous  met  à  l'aise,  en  nous  dé- 
livrant d'une  crainte  importune. 

Il  ne  s'agit  pas  d'aOlrtuer  que  Dieu  aurait 
pu  faire  un  monde  où  le  l>ien  seul  eût  ré- 
Hiié,  la  question  D'eslpoiiit  là  préseolement. 
Luasuiis  maintenant  ce  que  Dieji  aurait  pu 
l'»ire,parlofisdeee  qu'il  a  lait  inotn:  monde 
vst  mêlé  de  bien  et  de  mal ,  comment  duiti 
il  être  gouverné  t  Voilk  le  point  de  ta  dif^ 
liculié.  Nous  nous  metiona  souvent  à  la 
iilaue  de  la  Providence,  et  c'eal  ce  qui  noua 
Uil  déraisQiiiwr,  parce  que  noas  formons 
des  plans,  non  d'après  les  idées  divines  quj, 
BOUS  sont  incoDQUM»  loais  d'après  nos  pru^ 
|ire9  psuiéea  ei  le  plus  aouveut  d'après  dos 
ywfliaiu  aveugles;  s'il  éuit  pqasible  quoi 
nous  affranchissant  de  la  loi  commune,  Dieu 
BOUS  cootiAt  l'fliercice  de  sou  autorité  dans 

(MA)  EtfKÏiw  rf'KM  phUcicpkit,  t.  n,  pas.  St. 


le  gouTernemenl  du  monde,  noDi  piraXnit. 
il  sensé,  équitahle  de  laisser  par  l'impuniid 
la  champ  libre  au  meurire,  à  la  Ijraniile,  i 
la  rapine,  i  l'aduliére?  Le  cri  des  viciimei 
n*appelle-l-il  pas  la  vengeance  sur  lei  <i|>- 

fire^seurs  1  De  peur  d'être  rigourem  euvert 
es  forts,  Caut-il  donc  laisser  écraser  Ih  Ai. 
blés,  dont  le  nombre  est  toujours  la  plm 

f;rand7  Et  comme  les  mauvais  exemples  et 
es  mauvaise»  doctrines  exercent  louiouti 
une  longue  et  funeste  InQuence.  est-if  per> 
mis  de  compromettre  l'avenirde  rbunuail^i 
pour  épargner  une  juste  peine  A  un  corrup. 
leur  des  lois  ,  de  la  morale  et  des  dogmei 
de  la  reliKÎooT  Faut-il  mettre  en  un  piril 
évident  I  existence  mêmede  la  sociétét  pour 
sauver  le  coupable  du  remords  T  D'où  vient 
donc  cette  compassion  étrange  pour  lei 
scélérats,  et  cette  insensibilité  pour  leon 
vicllmes?  Un  homme  sage,  équitable,  di. 
sons  même  bon  et  humain ,  s'il  était  clû^ 
de  gouverner  le  monde ,  ne  pourrait  j  bu 
blir  la  loi  de  l'impunité,  et  l'on  veulqu 
Dieu  le  fasse  I  C  est  trop  visiblemiot  M 
tromper  soi-même. 

«  L'idée  même  de  punition,  dît  H.  de  Lf 
mennais,  suppose  que  Dieu  peut  sacon* 
plaire  dans  les  souETrances  de  ses  créaluret; 
chose  qui  est  destructive  de  la  notion  d« 
Dieu,  puisqu'elle  serai!  exécrable  mémadau 
Thomme  {iX8).  »  L'idée  de  punition  os  iu|)- 
pose  nullement  le  plaisir  do  la  vengesDca, 
on  le  voit  tous  les  jours  dans  les  irihuoiui. 
Le  juge  est  ordinairement  sans  psssion, 
bieD  souvent  il  voudrait  sauver  du  supplicu 
celui  que  l'intérêt  géuéral  l'oblige  da  eoa- 
damner,  et  ce  aentiraent  est  conforme  1 
celui  du  législateur  dont  lea  lois  les  plui 
rigoureuses  sont  toujours  inspirées  par 
l'amour  du  bien  public,  jamais  par  on  stroct 
besoin  de  puQir.La  punition  et  la  vengeini» 
sunt  deux  choses  fort  dilléreoles;  cella-d 
suppose,  en  eETet,  que  l'on  resaent  une  bor- 
riblujoie  de  lasoutfrance  du  son  eanecali 
mais  Dieu  n'a  paa  besoin  de  se  venger,  il 
est  asseigrand  pour  se  contenter  d'être  jusl«. 

■  Cette  doctrine  ,  ajoute-l-on  ,  décoursga 
l'homme,  elle  lui  montrç  la  vie  sous  u» 
aspeiil  sombre  et  désespéruut,  elle  pèse  suf 
lui  comme  une  sorte  de  destin  terrible, 
mystérieux,  fatal.  »  VollA  de  grandes  pi- 
rules,  mais  jusqu'ici  on  ne  s'apergoil ;iii 

Îue  les  méchants  soient  découragés  ;  plùtk 
ieu  qu'il  en  fût  ainsi  1  ils  y  gagneraieU 
les  [iremiers.  Quant  aux  justes  «  la  craints 
de  l'enter  lés  excite  A  se  rendre  tous  li-j 
jours  plus  parfaits  ,  A  multiplier  sans  fs^u 
leurs  bonnes  ceuvres',  selon  he  conseil  us 
saint  Pierre,  aliu  de  rendre  leur  prédu^tlM- 
tion  certaine  (669)  ;  il  n'y  a  point  de  détoi» 
ragemeut  parmi  eux,  non  plus  que  dauJ  li 
grande  société  calhulîque  où  se  sont  k; 
compljs,  sous  l'influence  dea  mêmes  seuli- 
meots,  tant  de  progrès  merveilleux,  où  m 
tdriueut  eucore  chaque  jour  tant  d'admira- 
bles'institutions.  Si  le  découragement  » 
truuve  quelque  part,  c'est  parmi  c«ux  qui 

(6«»)  11*  éplt.,  eh.  I,  V.  (B. 


MCTlOmiAIBC  APOIM^IQUE. 


CliE 


SU 


.  Ml  fwdy  U  toi  «01  promcsseï  de  la  relr- 
giiM.  En  vérité,  on  ne  asitoù  l'suteur  ■  fait 
teiobtemiioiu.  11  co&tinue  :  ■  Et  n*esl-ce 
pis  de  celta  doclrine  qu'on  est  parti  pour 
cMfigner  tui  hommes  que  ,  Tensat  sur  la 
lerrepourjr  sultir  le  supplice  auquel  l'Être 
Muterainement  juste  et  sauverai oem en t 
twnWscoiulamDaorisinaït'^ment,  la  société, 
hIoo  le  plan  tiivin,  ne  devait  erre  que  i'or- 
gmiHtioa  de  ce  supplice.  »  L'E|;iîse  iie  dit 
)u  un  mol  de  ckIb  ;  elle  enseitjiiu  que  bleu 
■003  a  créés  pour  le  servir  dans  ce  moude, 
ifin  d«  le  posséder  dans  i'aulre  ;  que  la  so- 
ciété est  organisée  pour  noire  rélianililstion, 
MO  pour  noire  supplice,  La  douleur,  les 
ftJD»  de  la  vie.  In  mort,  qu'il  n'est  pas  plus 
ttnisonnablfl  d'attribuer  nu  péché  d'Adniïi 
al  l'inslilution  primitive  du  Créateur, 
«trisnaenl  pour  Iboinme  entre  les  mains 
^U  Providence,  de  puissants  instruments 
fesalut;  telle  est  la  croyance  de  t'Ejflise, 
Ettertn  elle  est  [ilus  glorieuse  à  Dieu  et 
iot  utile  i  l'honinie  que  les  noureaui  {irio- 
Bfuque  l'on  voudrait  lui  substituer. 
Si  le  cbitioieot  des  coupables  répugne 
iniallribut*  de  Dieu,  il  n'a  pu  transmettre 
tUsoeiélé  an  droit  qu'il  ne  possède  pas, 
{doi  lie  punir  ie  crimu;  il  est  donc  iulen- 
^la  légirialeur  d'établir  des  lois  pénales; 
«tksqui  eiistPDt  constituent  une  usurpa- 
ttM  et  un  alleniat;  les  couda nioalions  k 
■Mpfonoacées  par  tous  (es  tribunaux  de 
laltmsont  dca  assasiinals  juridiques;  la 
MiadnJcs  peines  înOigée  au  plus  crinii- 
■rJdnhoauDes  est  un  acte  du  violence,  un 
êiiaéeU  Toree.  Voilii  des  principes  dont 
te  eentéqiieoces  peuvent  isener  loin  :  c'est 
aaibcmnies  de  sens  et  de  réilaiion  h  voir 
l'IIS  fculeal  les  adopter  et  les  Suivre  jus- 
^'nbouL 

Ua  iuisle  et  on  dit  t  «  Si  la  jasiice,  ta 
agtsit,  la  uiolttté  de  Dieu  l'obligent  ï  pu- 
atrlecrima,  ne  robligenl*elles  pas  égale- 
■cutk  le  prévenir?  Sa  bonté  surtout  ne 
a  tû  bii-elle  pas  uue  loi  ?»  La  différence 
M  grande:  ai  l'oii  me  demande  pourquoi 
Mcy  permet  le  péché .  Je  répoudrai  aussi- 
il,  avec  loua  les  catholiques,  qu'il  le  per- 
Nt  pour  uo  plus  grand  bien,  et  c'en  est 
mn  pour  mettre  I  esprit  en  repos;  mais 
k  l'impanité  du  crime  que  peut-il  résul- 
^,  si  ce  n'est  l'audace  elTrénéa  des  me- 
nants, le  découragement  des  gens  de  bitn, 
1  en  peu  de  temps  le  triomphe  du  vice  et 
loéantisseaient  de  la  Terlu  sur  la  terre.  En 
Amot,  lapermiasion  du  pécbé  est  la  source 
l'on  bien  imoieiue,  rimjmnilé  du  coupable 
«vrirait  ane  libre  carrière  h  tous  les  cri- 
M  :  on  ue  saurait  donc  raisonner  de  la 
Mme  manière  sur  deux  lois  dont  les  ré^iul- 
■ts  sont  Husi  op|H)sés  que  la  lumière  et  les 
iaèbrea. 
Il  est  temps  de  revenir  au  sujet  de  ce  pa- 
■graphe.  Nous  avons  dit  que  Dieu  a  créé 
I  monde  po«r  M  gloifft  et  le  Iwalieitr  de  eea 

i<Ti)ju«.i.ie!  ^ 


élus:  c'eat  l'enseignement  de  rKeriture  et 
de  la  foi  de  l'Eglise;  on  pourrait  uouter, 
c'est  la  croyance  au  moins  implicite  de  tous 
les  peuples.  «  Les  cieux  rheonlent  la  gloire 
du  Très-Haut,  s'écrie  le  Prophète,  et  le  fir- 
mament publie  le  granduur  de  sa  puis- 
sance (670).  > 

.  La  création  est  un  livra  ouvert  où  let  plut 
ignorants  savent  lire;  Dieu  l'a  déroulé  aux 
yeux  de  tous  les  hommes,  aliti  qu'ils  y  np- 
prennent  à  le  connallre  et  à  le  bénir;  il  ne 
IMiurait  se  proposer  un  plus  grand  objet, 
car  il  est  l'alpha  et  l'oméga,  la  commence- 
ment et  la  fin  de  la  science,  de  la  philoso- 
phie ,  comme  de  la  vertu  et  du  bonheur. 
Aussi ,  d'après  saint  Paul  (671),  le  Créateur 
a-l'il  combiné  son  plan  de  manière  que  lee 
choses  qui  ne  se  voient  pa.s  deviennent  in- 
telligibles psr  celles  qui  frappent  les  sens , 
et  il  n'a  poiiit  manqué  son  but,  puisqu'ou 
ne  trouve  nulle  pert  dans  le  mopde  un 
peuple  sans  Dieu  et  sans  religion. 

Le  Sage  s'explique  d'uoe  manière  encore  ' 
plus  netle  et  plus  précise  :  Le  Srigniur^  dit- 
il  ,  a  tout  fait  pour  lui,  même  te  wiéchtaU , 
afin  de  le  faire  unir  à  ta  ghir»  au  jour 
mauvaii  [673].  Uais  ce  n'est  pas  U  toute  la 
vérité;  Dieu  a  tout  fait  aussi  pour  les  élus« 
tout  jusqu'è  Tincarnalion  de  sou  fils,  qui 
e;l  descendu  du  ciel  pour  notre  salut,  ainsi 

2ueIedécUrerBglisedanssonSynÉboli!(673]. 
etl,e  double  vérité  fut  annoncée  par  les  es- 
prits bitinheureui  après  la  naissance  du  . 
Sauveur,  lorsqu'ils  firent  entetidre  leur  ad- 
mirable cantique  (674)  :  Glùiri  à  Dieu  a» 
flu§  haut  dtt  deux,  et  paix  aux  AomixM  de 
onne  volonté  lur  la  terre.  Que  Dieu  faase 
tout  pour  lui-même  et  tout  pour  ses  éios, 
cela  s'explique  facilement,  puisque  les  pré- 
destinés doivent ,  par  la  méuialion  de  Jésus- 
Christ,  être  consommés  en  un  avec  leur 
Créateur.  Une  seule  eho.«e  pourrait  embar- 
rasser, c'est  ce  qui  est  dit  du  méchant  ;  mais 
il  est  aisé  d'en  rendre  raison  et  de  faire 
voir  qu'au  jour  du  jugement,  la  bonté  même 
de  Dieu  sera  gloritiée  à  l'occnsion  du  l'im- 
pie. En  elTel,  ou  verra  alors  qUa  Dieu  lui  a 
aceordé  beaucoup  plus  de  grâces  qu'il  n'en 
fallait  pour  assurer  son  salul;  qu'il  lui  a 
présenté  dans  sa  vie  mille  occasions  du 
rendre  sa  prédestination  certaine  ;  on  verra 
que  la  Providence  lui  a  épargné  bien  des 
crimes ,  et  que  le  temps  de  la  miséricorde 
étant  passé ,  le  Juge  suprême  use  encore 
pour  lui  de  clénten'ie,  en  adoucissant  la  ri- 
gueur de  son  supplice.  On  admirera  com- 
ment Dieu,  ne  pouvant  sauver  les  impics 
malgré  eux,  a  su  fairn  Survir  leur  malice  h 
'l'avantage  df!S  élus  et  au  bi«>n  général.  Ces 
considérations  recevront  ailleurs  le  déve- 
loppement convenable;  On  voit  assez,  en 
attendant,  que,  puisque  la  bonté  de  Diea 
'  rHuit  jusque  dans  la  destinée  des  méchanis, 
k  plus  forte  raison  doit-il  en  être  ainsi  de 
•••  entres  illributa. 

(673)  Sfmtote  ie  VUUl 

lC7l)  Iv.  Il,  IC  ^  , 


Bf9  £he  uicriONMAine 

■  GoticTuons.  Le  mnndH  s  é(â  lire  du  néant 
foar  il  gloiro  de  Dieu  et  le  bonlieur  des 
créatures.  Camine  l'élernelle  société  des 
élus  Blteint  parfaitonienl  ce  double  bul  et 
Me  la  manière  la  plus  sublime ,  loul  ce  f^iri 
imii  h  préparer,  A  parfecllonner  et  i  pon- 
Miiiimcr.cettd  société,  a  dû  néccasaircmeiU 
«ntrcr  dans  le  pion  du  Créaleur,  l'ojr.  Ual. 
I VI. 


'  Oa»tcrton.-~Ladéci)»TertenHoâtmti  deM 
reieneeê,  de  laphytiquet  t^'  foitronùtnir,  dt 
/«  çéotogie,  de  la  palioHiolvgie  t  ">nl  ineon' 
'etliabtn  met  U  récit  de  la  créutioA  tel  quil 
ttt  eoniigné  dont  la  Gaète. 
•  Ces  dlflieuttés  n'existent  qlie  dnns  les 
■théories  de  ceux  qui  veulent  absolumeul 
que  Hois«  «oit  un  cosmogonisle  et  un  géo- 
Ittgue ,  et  qui  bnuletenent  le  tekte  de  la 
.  maniérées  plus  étrange  poar  le  Taire  cadrer 
'avec  leurs  bizarres  iiiTentions.  Hais  le  pre- 
mier chapttre-de  la  Genèse,  inlerprélé  com- 
ine  It  l'a  été  pat-  lea  Pères  desnrcmiers  aiè- 
'des  de  l'Oise,  par  l'illustre  wtseman,  pdf 
4e  douleur  Auckland  el  par  une  fuule  d'aii- 
ires  auteurs  aussi  reeooimandables  par  leilr 
ortltmloxiequn  par  letrr  science, coupe  court 
4UI  objections  involubles,  aux  ditlIcuUék 
innoinbrabliïs  qui  se  présentent  dans  tsut 
ïyslème  d'ftiterprétation  différent  de  coldi 
qtic  nous  allons  brièvement  exposer. 
'  Au  comenccliienl  de  touies  choses  Dieu 
tré<  le  ciel  et  la  terre,  c'esl-k-dire  le  soleil, 
Iss  étoiles,  los  plandles  et  la  terre  elle-même. 
Cette  première  supposition  n'a  rien  qui 
■puisse  alarmer  les  orthodoxes  »  puisque  le 
aenllment  commun  des  interprètes  est  quB 
non-seulement  la  terre,  mais  Iss  cioux,  of^t 
été  créés  dès  le  commi:hce[nent,  krant  l'é- 
poque des  six  jours.  Il  est  Vrai  que  prosaue 
tous  les  intCTjirdtes,  depuis  le  Vénérable 
VàOe,  ont  cru  que  les  cieux  dont  il  est  \t\ 

tnrlé  sont  le  ciel  eœpyrée,  la  demeure  dos 
ienhuureux  :  mais  le  jésuite  Pererlns ,  uti 
dos  plus  sa'rants  commentateurs  de  la  Ge- 
nèse, lie  fait  pas  difficuilé  de  les  abandon- 
ner en  ce  point,  narce  qu'il  s'agit  éridem- 
inenl,  dans  le  récit  de  Uolse,  des  cieux  vi- 
sibles, dé»  cieux  qui  sont  l'ornement  de  cel- 
'universi  de  Ces  cieux  qui  ne  cessent  de  ntt- 
1>lîer  la  gloire  du  Créaleur.  Il  faut  donc  nire 
avec  lui  qdu  lés  ciaux  matériels  furent 
créés  eu  mètne  tompk  que  la  lerre.  Or,  les 
cieux  lualériels  ne  sont  aulro  chose  que  les 
astres,  puisqu'on  a  démoiitré  'qu'il  n'y  s 
|ilud  de  cieux  solides,  pos  oiëme  de  fluides, 
^qui  rBuii>lisseut  les  espaces  Célestes,  mats 
'uM  vériiabte  vide,  fererius  dit,  li  la  vé- 
Jilét  que  ces  aslrËs,  quoique  l'ïéés  et  Jis- 
'|)osés  «u  leur  ordre  préneiit ,  u'étaieut  pas 


APOLOCETIQltE.  CRT:  a 

lumineux  ,  pttîsqiie  ta  lumière  n'ftnit  ^i 
faite;  ninls  cnniment  coiiceroir  dC5  eoriq 
lumineux  par  cUi-mèmcs ,  tels  que  «ont  l« 
sok'it  et  les  étoiles,  sens  qu'ils  eiitoienl  ii 
'lumière  1  Enlin,  des  cieux  saris  astres  lucni. 
ueux  ne  sont  pas  des  cieux;  dans  le  InnEij^ 
ordinaire.  Ainsi ,  en  disant  que  In  eiem 
'Ont  é lé  créés  avant  l'éiHiqne  des  fiij'mn, 
on  ne  dil  rien  qui  ne  sotl  conforme  «ui  in- 
ler{)rële$  callioliqups,  ou  qui  ne  soil,  ttn 
moins,  une  conséquence  légilime  delenn 
Seniimcnls.  Ce  fut  vrBiscntbTablemenlkrj. 
poqub  de  cette  créaiion  nue  toutes  les  pli- 
iièlcs  furent  peu|>lées  d  habilanis.  CoTnrne 
leur  liisloire  ne   nous  intéressait  noiiii. 
Moïse  ne  nous  en  a  rien  appris,  el  ilrnm 
loul  de  suite  il  t*é(8t  nii  était  notre  rlanthi 
au  moment  où  Dieu  voulut  la  peupler  dm 
Seconde  fois  d'êtres  vivants  :  cnr  ri  ptri-ll 
qu'une  grande  révolution,  arrivée  sur  nnin 
-globe,  leS'araît  tous  fait  périr;  eMe^H', 
selon  la  force  d«  l'orti^nat,  vatiUa%,rt 
Vaste  solitude,  scmblsblo  h  un  pajrs  dénsli, 
inanttof,  c'est-ft-dire,  selon  In  furte  du  nihn 
oHi^iiial ,  un  lieu  où  11  ne  se  trouve  iilm 
tien  d»  ce  qui  en  foiseil  l'nrnetnenl,enit:in 
une  maison  vide  de  mi.Hjbles.  \.t  ^r»\\\Tm 
û'Of»Ulf>i  rend  ces  mois  de  l'orît'insl  itr 
deiotata  et  eaetta;  el  cdle  de  lonaittin  t-i  ' 
encore  plus  expi-essiw,  cnr  il  trmlnilM 
mots  pnr  vatva  nomimbui  Bt  fumemU  {V!Sj. 
lérémie  s'est  servi  des  expressions  qu'cin- 
plofe  ici  Moïse,  ponr  décrire  rélal  où  «liii 
Jérusalem  nprës  sa  dévastation  par  tes  Ctul- 
déens;  et  On  les  trouve  aussi  emplo^ 
nar  l'saie   dans  une   semblable  ocursion. 
Moïse  poutait-il  expliquer  plus  clsireimni 
l'élat  ue.déTaslBliou  où  sa  trouvait  aoin 
globe  après  la  caleslropba  qui  avait  [>ii  I 
périr  ses  bahilantsT  Ceux  qui- ont  [Wnsé,  ' 
avecDeluc^  que  Moïse  eTall  voulu  décrin; 
la  confusion  ue  tous  les  élénienli  <]ui  t>iit| 
eu  Heu  avant  l'action  dos  loii  génénlet,  i 
T^ont  pas  bit  attention  qu'il  suppose  Im| 
éléments  bien  séparés*  la  terre  el  reauqui 
la  courre,  l'air  agité  par  uii  vent  vioteni; 
puisqu'il  BjDule  que  la  lerr>>  était  toolsiiA- 
inergée,  que  d'affrpusrs  ténftbres  couvni^i'i 
les  .abîmes  dont  elle  était  inondée,  qu'i» 
vent  Itapélueui  souQlail  sur  les  t»\ji-  I' 
est  impossible  de  dire  quelle  fut  ta  c>u« 
de  celte  révolution  première.  Quoi  qa'il  o 
soit  de  l'état  antérieur  de  notre  plnnêie  « 
des  causesqui  l'avalent  produit, que Muin 
ne  nous  apprend  que  d mte  oiaïuére  tri^ 
obscure,  il  nous  montre  cUireineol  ce(|i": 
Dieu  flt  pour  la  renouveler  et  la  rendre*! 

'  demeure  des  virants  :  Il  commence,  w  V^ 
niicr  joor,  h  dissiper  en  partie  les  épiiKSi'^ 

'nèbres  qui  la  couvraienl  tout  entière;  i'i"< 

'  dune  :  Que  la  lumière  soif  ;  et  celle  liiuii^'^- 
qui  exislail  déjà  dans  ie  sojeil  ei  le*  au'r^ 


•  CM*  Bteftienc  M  nop»' 


(«15)  »  PminpiDi,  dit  H.  Onsstll»  (  A'AMifMii    •  la  Gwèae 

défçUét  m  mogtitiit  la  CméM,l807j,  la  terre  éiaîl-  eunverte  «l*eH.  et  cet  vaut  fevéwes  4'iim  ■■»» 

eU«  vide  el  déwrte  T  si  ce  r'«U  parce  qu'elle  était  pbéte  opaqne  cl  léBébreasc.  fx  qui  i\'aa«i>uo:  ci~ 

privée  tl'au-ct  viviints  et  brgSiiiMâ,  duiit  iSns  déule  iJineiHenl  point  ee  cbw»  oà  IMS  Ut  éléwesU  *r 

elle  aTaildéJAMpeapléc.cartiiiaepeutiirep^iTé  ratent  coiilondait.  pwsqu'its  foni  s^ré^  io  ** 

aa  cboees^u'on  n  >  pat  encore  patïeJéei.  Ëusuile  |rudes  mastes.  >                  ^  .    < 


m  CRB  DICTIONNAIRE 

tsites  qus  Diea  avait  formés  en  créant  la 
cirl  .'676),  s'insinue  bu  Iravers  de  cette  at' 
nnsphère  dense  et  optique  qui  entourait  ta 
Une,  et  commence  b  l'éclairer  de  ses  faibles 
mnns.  La  lUfiposîlion,  que  nous  faisons 
la,  d'une  lumière  faible  qui  conanaence  au 
liffiuier  jour  d'éclairer  le  globe  et  que  nous 
àiHins  proTeair  du  soleil,  est  admise  par  le 
tnn\  Pérérius,  dans  son  Commentaire  sur 
\i  Gtnèie;  il  suppose  que,  qunnd  Dieu 
aiiii  lumière,  iJ  allumât  pour  ainsi  dire, 
itiismbesu  du  soleil, qui  étaitcomme  éteint  ; 
luii  celle  lumière,  semblable  à  celle  du 
Ké|>uicule,  était,  selon  lui,  trop  faible  pour 
nuilre  les  astres  brillants  :  ce  ne  fut  qu'au 
oioinèmejour  qu'elle  acquit  ce  degré  de 
feru.  Uais  qui  se  persuadera  que  l>ieu  ait 
loulu  faire  le  soleil  à  deux  reprises?  f4'esl-il 
Bi  jilDS  simple  d'attribuer  ces  gradations 
M  lumière ,  Don  au  soleil  lui-môme ,  mais 
m  iibslacles  qui  étaient  autour  de  la  terre 
1  ciiJ|jËchaiem  ses  rayons  d'y  pénétrer?  A» 
"rilt:,  lu  moyen  de  celle  supposilioii,  qui 
lu  iiioi[is  D'à  rien  d'hétérodoxe,  on  conçoit 
ILKmenl,  ce  qui  paraissait  auparavant  con- 
bidicicHre,  que  la  lumière  a  pu  es ister  avant 
iesoleil,  et  qu'il  j  eut  une  succession  de 
hniires  et  de  ténèbres,  des  jours  et  des 

|îli|  L«  nbbios  croyaient  que  la  lumière  dont 
lu  parlé  daoi  le  verset  S,  fStail  le  soleil  même, 
■iptai'eit  que  par  récapiiiilation  qu'il  est  fait 
MÉMltucréatioi)  daiisle  verset  16.  (Foj(.D.Cal- 
■I,  Omam.  de  la  BièU.)  Origéne  adoptait  ce  seo- 
teoiinmicDait  qu'il  D'y  avait  aucune  raison  de 
eiin  ;«  Ik  irois  premiers  jours  du  monde  aititi 
eiiaiakil,  tant  lune  et  tantitoUet,  {Dt  prineip., 
U-",  ci.i)  Saint  Thomas  semtilc  aussi  être  de 
Uitti.  qunil  il  dit  que  le  soleil  eut  ^ors  une  lu  - 
ùit  àfurfailt ,  laquelle  nu  lui  parjàile  que  le 
foiwjûitr.  luette  interprétation  est  inllniment 

Kuiarcllf  ÇiW  celle  qi|i  admet  la  création  tie 
«wrt  indëpen  dam  meut  du  soleil,  sans  pouvoir 
•ipifr  pir  conséquent  aucun  fojcr  d'oii  elle 
•lut.ctqui  fï'ii  naître  une  nouTelle  dilBcullé 
f'-a  Dc  Mil  comnenl  résoudre.  ■  De  ce  que  les 
Wbn  r'iiiieBt  point  visibles  pour  la  terre,  dit  H, 
«°>Mlin(oBn«  cil,),  B'ensuil^il  qu'ils  ne  fussent 
fKl  cms!  Il  est  certain  que  le  feu  existait,  puis* 
fKÎnu  était  QuîJe.  Or  le  ha  ne  se  fait-il  paa 
WWsaM  Jonncr  aucune  lumière,  et  b  lumière 
■■Hlitued'aDcun  astre  lumineux T  Sans  doute  le 
^1  HÎitait  puisque  Dieu  l'avait  créé  en  méiqe 
•"^  que  le  glotte  terrestre;  car  qu'est-ce  qae  Je 
^^Bi  parle  b  Gtnèuna  premier  verset,  si  ce 
irii  coit  ToAte  immense  que  nous  vuyons  parse- 
•k  d'une  innltiuide  innombrable  de  corps  opaquei 
JI^DiiKH!  Hais  ces  astres  éUient  restés  iiivisi- 
"^imtla  terre,  parce  que  celle-ci  était  cnvelop- 
'"'■M  atiiMjibëre  si  dens?  que  leur  lumière  ne 
jfl"'"  la  pénétrer,  jusqu'à  ce  que  cette  atmos- 
1''^,  rendiie  perméable  aux  rayons  de  ceUe  lu- 
^1"  Pa'  Il  p«role  de  Dieu,  efll  acquis  un  certain 
«f  lie  Inntparence.  Avec  cette  demi-lranspa- 
'"««.  Il  terre  jouit  du  btenfail  de  la  lumière,  mais 
*"kiivaeJH  ton»  mâmcsnui  l'occasionnent  ou 


le  des  corps  mêmes  qui  l'occasionnent  ou 
<l°>  ui  MUi  11  uiurce;  et  comme  elle  tournait  sur 
Wi  lie,  iinii  qu'elle  fait  aujourd'hui  (  l'aplatis- 
"""l  des  pAlct  le  prouve  ),  elle  en  jouissait  auc- 
""iifTMRl  pir  les  diBërenls  points  dc  sa  surface  : 
*''Jl'il(enaiiredo  jour  et  de  la  nuit  qnl  peut 
^""r  tiiii,e||e„ent  sans  ifiM  le  soleil  so  montre 
'  >"«  tw,  I 
^'J'nuat  au  thétriogien,  son  iQlerlocuICttr ,  ' 

PlapnTIAlKR  APOtOGÊTlQVE,   It 


apologétique;  cre  a% 

nuits,  avant  qu'il  ^kûI  dans    les  cieux. 

Au  second  jour.  Dieu  dilnle  encore  cette 
atmosphère,  peul-étre  en  y  envoyant  ung 
plus  grande  abondance  de  calorique  :  c'est 
ce  que  Moïse,  dont  il  ne  faut  pas  alteiidrs 
un  langage  conforme  aux  nouvelles  déoou* 
vertes,  exprime  par  c-is  mots  :  Fiai  expan^ 
sio  inter  aguai ,  el  dMdat  aquai  ab  aquii. 
Le  résultat  de  celle  expansion  et  du  calorique 
qui  la  produit  est  iavaporisalion  des  eaux, 
leur  ascension  dans  l'atmosphère  el  Je  dé* 
gagement  d'une  partie  du  globe. 

Au  Iruisiôme  jour,  la  masse  des  eaux  qui 
couvraient  encore  notre  ginbe  était  diuii* 
nuée;  mais  il  s'en  fulldil  encore  beaucouj) 
qu'il  fAt  entièrement  dégagé.  Dieu  creusa 
alors,  par  des  ruptures  et  des  afTaissements, 
un  lit  immense  et  profond,  liienldi,  par 
leur  tendance  naturel io,  les  eaux  sa 
précipitent  dans  oes  cavités,  et  noire  conti- 
nent parait.  Le  même  jour  Dieu  revêt  le  con- 
tinent desséché  d'une  agréable  verdurei  il 
ordonne  à  la  terre  de  produire  des  arbrefif 
des  plantes  el  des  arbres  fruitiers. 

Jusqu'au  gualrième  jour,  une  sombre  \\\- 
mière,  semblable  A  celle  que  nous  recevons 
dans  les  jours  nébuleux,  avait  éclairé  la 
terre;  mats  avant  de  créer  le$  «nimau^  ,  il 

M.  J.IIeynBud(dans  Ciel  tl  lerrc.p.  107),  s'cxprims 
ainsi  :  i  Ne  reconnaissci-vous  pas  que  la  création 
des  astres,  que  \ous  intercalez  entre  la  crâiiiun 
des  végétaux  et  la  création  des  animqux,  prend 
place  aussi  naturellement  il  la  suite  iramédiaK  de 
la  voOte  du  Qrmament  aUrlbuée  au  seouiil  jour,  , 
que  la  création  des  animaux  inimédiaiement  après 
celle  des  véséUux,  sans  compter  l'interversion  qui 
résulte  de  1  apparition  de  ceux-ci  aiitérieuremcni 
au  soleil  7  Uaieré  mon  admiration  pour  l'elTcl  su-r 
blime  de  la  méprise,  je  suis  liien  obligé  d'en  dire 
autant  dc  la  préséance  donnée  par  l'écrivain  sacré 
k  la  lumière,  qui,  au  lieu  de  intit  précéder,  devrait 
au  contraire  tout  couronner,  El,  à  ce  sujet,  Tousne 
me  défendre)!  ^as,  sans  doute,  de  plaisanter  en  pas^ 
sant,  CCS  oens  d'expédients,  qui  ont  imaginé  a'ap< 
peler  id  Descartes  ù  l'appui  de  Uoïse,  prétendant 
que  si  l'étber  est  le  principe  dc  la  lumière,  il  est 
juste  de  placer  sa  création  avant  celle  des  astres 
el  de  toutes  choses  ;  ce  à  quoi  je  consens  assuré  ■ 
ment,  pourvu  qu'ils  veuillent  bien  entendre  qu'à  l.i 
suite  de  cette  grande  parole  ;  El  la  lumière  fui,  i| 
s'est  répandu  clans  )e  sein  de  l'univers  tout  autant 
de  jour  qu'il  s'en  voit  en  pleine  nuiL  Qui  ne  «*t 
aujourd'bHi  (pie  la  lumière  n'est  pas  un  objet,  mais 
une  senulîonT  C'est  l'effet  produit  sur  nuire  ânia 
par  les  ondulations  de  l'éLber,  causées  par  un  corps 
pondérable  et  perçues  par  nos  organes.  OIcï  la  vie, 
vous  éiei  du  même  coup  la  lumière.  Reeiifions 
donc  avant  tout  un  désordre  que  rien  ne  juslille. 
et  dont  j'aimerais  à  voir  fa'tre  justice,  s'il  éuil  poi. 
sible,  par  l'hypothèse  de  qnelquo  transposition  dans 
les  manuscrits,  i  Toutes  ces  difflcullés  disparais  ■ 
sent  devant  l'interprétation  que  BOUS  avons  pré- 
sentée. Nous  ajouterons  que  le  Rat  tux  ne  nous  pa- 
rait signiller  autre  cluise  que  I  effet  vibratoire  pro- 
duit dans  l'éiher  par  la  parole  loulc-puissanre,  car 
la  lumière  existait  déjà  comme  impondérable  ou  à 
l'état  d'éther,  puisque  le  règne  minorai  existait  ainsi 

3 lie  l'eau  i  l'état  liquide.  Loiiçoil-un  l'éiat  liijnmu 
e  l'eau  sans  calorique  et  le  calorique  sans  dU)^, 
principe  commun  du  calorique  et  de  la  lumière  qui 
n'en  sont  que  des  modinraliQu»  Ruivaitt  certaÎMlil 
lus} 

vt 


savants  catholiques  eux-mêmes. 

On  objectera  que  celte  uxrlicalioQ  h 
violence  aux  paroles  de  l'écriTaiu  sgd 
mais  en  quoi  est-elle  moins  vraiseniblN 
que  celle  de  Deluc,  qui  cnlt^Dd  )ejjoursi}9 
Moïse  dit  avoir  eu  un  soir  el  un  malin  u 


&U                   CRB                    MCTIONNAIRE  APOLOGETIQUE.  CttE                J 

oonvL'nnit  Je  rétablir  l'astre  du  jour  dans  Ou  dira  que  cette  eiplicatioaesinouielH 

son  ancien  domaine  :  le  jour  deTail   ëlio  mais  on  p&ut  en  direaulantdacellequiii 

marquii  par  l'apparition  de  ce  brillant  lumi-  tend  la  station  du  soleil  sous  Josue,  a 

iiBJre  ;  la  nuit  uevait  être  éclairée  parla  lune  d'une  station  véritable,  mail  d'une  staii 

el  les  étoiles.  Aussi  le   Seigneur  ordonna-  apparente;  et  cependant  on  peut  soult 

l-il  au  soleil  de  paraître  dans  les  cieni,  et  ce  sentiment  sans  craindre  la  ceDsute,qu 

4e dissû>er  jusqu'aux  moindres  vos ti ces  de  qu'il  soit  opposé  aux  idéas  recues.etii 

l'oliscurité  du  premier  chaos.  L'écrivsin  sa-  ait  été  Qélrt  par  le  tribunal  do  l'Ioquiiii] 

cré  dit,  k  la  vérité,  que  Dieu  fit  ces   lumi-  quoique  ce  système  prenne  crëdilpamii 

naires  ainsi  que  les  étoiles  :  Ficil  luminare  ........ 

tnajui,  el  luminare  minus ,  et  ttetlai.  Mais  il 
faut  remarquer  que  l'Ecriture  parle  assez 
souvent  selon  ce  qui  paraît  extérieurement, 
et  non  selon  ce  qui  se  fait  réellement  ;  elle 
dit,  pareiemple,  que  le  soleil  s'arrête,  quoi- 
que cola  ne  se  fasse  pas  réellement,  e(  n'ait  di'S  époques  composées  de  plusieurs  miiti 
heu  que  selon  les  apparences;  aindi  elle  a  de  siècles?  Nous  ne  forçons  lias  plu)! 
pu  dire  que  le  soleil  fût  fait,  quoiqu'il  ne  expressions  de  l'Ecriture  que  tie  le  fal 
fût  pas  Isil  réellement,  mais  seulement  se-  Bullet,  lorsqu'il  dit  que  le  soleil  a'a  ^li 
Ion  l'apparence  eitéricure.  Eireclivement,  trogradé  au  temps  d'Ëzéchias,  tnais^mn 
si,  au  moment  que  Dieu  faisait  ainst  parai-  sont  uniquement  ses  rayons  qui  anliiit- 
ire  le  soleil  dans  le  tirmament, quelque  nou-  clinéj  de  manière  à  produire  le  phéucnta 
vel  habitant  de  la  terre  l'eût  vu  subitement  d'une  production  apparente.  Au  restt.li 
montrer  son  disque  caché  depuis  tant  de  récildeMoïseétanttrès-succiDCt,elei|inB 
temps,  n'eûl-il  pas  pu  dire  que  le  soleil  était  d'une  manière  conforme  aux  idées  |.u|iulil 
produit,  était  l'ailsur  la  terre?  Un  flambeau  res,  il  oe  faut  pas  ;  chercher  une  précisiq 
qui  u'éelaire  pas  n'est  rien  pour  ceux  qui  philosophique  et  prendra  6  lariguaurUnte 
n'en  reçoivent  pas  la  lumière;  on  peut  dire  ses  paroles;  il  suffit  que  le  fond  soitiérilf 
qu'il  est  fait  pour  eux,  au  moment  qu'il  ble,  et  que  la  chosese  soit  passée eilérini 
commence  i  les  éclairer.  Au  reste,  le  verbe  remenl  comme  il  nous  la  décrit,  iuuek 
oMoh,  dont  Uo'ise  se  sert  en  cet  endroit ,  ne  avant  qu'on  eût  fait  aucune  découierie  s 
sigaiBe  pas  toujours  la  production  réelle  physique,  OD  prenait  les  (larolea  <le  Uuu 
d'une  chose;  il  siguitie  encoie  le  passage  selonfeursens  populaire;  on  disait, en [>n 
d'uoecboseà  uDuouvelélat.lapréparalioaet  séquence,  que  la  lumière  avait  élé  ci^ 
la  disposition  qu'on  en  fait  pour  produire  avant  le  soleil,  que  les  cieus  éiiicnl  a 
certains  effets  :  ainsi  l'on  dit,  faire  de  l'or  lliies,  qu'il  y  avait  des  eaux  au-dessus  i> 
tl  de  l'argent  à  Baal,  pour  lt$  contacrer  à  Qruiament.  Les  découvertes  pliysiquesot 
celle  faune  divinité;  faire  Caurore  el  In  lé-  fait  abandonner  ces  explications,  quoiqu 
nibret,  pour  iet  amener  tucceiiivement  iur  la  les  plus  communes  et  tes  plus  julorisft 
terre.  Ainsi  faire  le  soleil  pouirait  si^nilier  Pourquoi  les  faits  géologiques  qu'on  tiei 
le  faire  luire  tur  la  terre.  EnHa  le  soleil  se  de  découvrir  dans  ces  derniers  leuiiis  ' 
prend  assez  souvent  pour  la  lumière  qu'il  nous  feraient-ils  pas  abandonner  l'eiplm 
produit  :  ainsi /litre  <e*o/«( serait  produire  tiou  la  plus  commune  sur  la  créatmu  ; 
talumiire,  soleil  et  des  astres,  puisque,  selon  les  ri 
Or,  c'est  ce  que  Dieu  Gt,  dans  notre  expli-  gles  de  saint  Augustin,  il  faut  toujuursc 
oliuu- 11  ne  créa  point  la  substance  du  so-  pliquer  l'œuvre  des  six  jours  d'une  niaiiifi 
Itiil,  qu'il  avait  déjà  faite  dès  le  commence-  conforme  aux  expériences  certain^^T 
jueut  ;  mai»  il  produisit  sa  lumière  sur  fa  On  dira  encore  que  nous  enleveoslv^ 
terre  ;  il  lit  qu'au  quatrième  jour  elle  parvint  moyen  de  prouver  Te  dogme  de  la  i^rùu^ 
«vec  tant  d'oJioudauce  sur  la  terre,  qu'elle  y  par  l'Ecriture  ;  mais  nous  eonservoos  M 
m  paraîtra  l'imagedu  soleil.  Au  reste,  celte  la  force  de  cette  prouve,  puisque  noutD'n 
interprétation  n%st  pas  nouvelle;  car  Péré-  tendons  point  ces  premières  paroles:' 
rius,qui  soutient,  avec  tous  les  auteurs  juifs  prineipio  ereatii,  etc.,  d'un  renouveUïuinD 
et  plusieurs  interprètes  catholiques,  que  le  mais  d'une  création  proprement  dite  duci 
boleil,  avec  tous  les  autres  astres,  avait  été  ot  da  la  terre.  D'ailleurs,  combien  ij'au>r 
fait  dès  le  commencement;  qui  prétend  passages  peuveulêlreapportôs  commepri; 
niAiiie  qufl  c'est  lui  qui,  au  premier  jour,  ves  du  dogme  de  ta  création  I 
nvait  produit  la  lumière,  est  obligé  de  ne  Mais,  ajoutera-t-on,  tes  autres  écriïii' 
pas  prendra  à  la  rigueur  le  verbe/eci(;il  dit  sacrés,  qui  ont  fait  allusion  aux  paroles  lie 
donc  que  le  soleil  ne  fut  pas  fait  quant  à  sa  Oenite  sur  la  production  du  suleile'*- 
liubsiance,  mais  seulement  ijuanl  à  celle  lu-  astres,  les  ont  entendues  d'une  profluct» 
luièro  plus  forte  qu'il  produisit  le  quatrième  propienient  dite,  et  non  d'une  simple  apr 

iour.  Ainsi, selon  cet  auteur  Irès-orttiodoxe,  rition.  L'objection  serait  lorle,  si  nuussu 

a  force  du  mot /^tci^  ne  tombe  {las  sur  la  posions  que  Moïse,  dans  lerécit  delà  t^' 

substance  du  soleil,  mais  seulement  sur  .sa  *•'•"   "''  ■-"'"'"  ""-'■*  "■•■■  'i'"nB  »iiiisriiii 
lumiAre.  Or,  c'est  ce  que  nous  disons  aussi  : 
'i>ieu,  selon  nous,  lit  la  lumière  du  soleil 
sur  la  lerru;il  laproduisitde  manière  qu'où 
«Il  l'iuiugu  du  iOlcil  dans  les  cicux. 


tiOD,  n'a  jamais  parié  que  d'une  s|)|iiri'" 
des  astres;  mais  nous  soutenons  que,  <J» 
commencemeDt  da  son  récit,  il  parla  '^  "< 
production  véritable,  puisqu'il  dit  que  >!< 
le  commencoiDeai  ï^'.^u  créa  leciil.c'l" 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


CRE 


;iM]i6]ueat  toas  tes  astres ,  sans  lesquels 
in  ne  peut  le  conceroir.  Ainsi  il  n'est  point 
iKmiunl  que  les  autres  écrirains  sacrés 
ueiit  supposé  que  ces  asires  ont  été  Téri- 
ablement  produits. 

Oq  dira  de  plus  que  nous  supposons,  le 
jlobe  peuplé  avant  1  œuvre  des  six  jours,  et 
|ue  l'Ecriture  et  la  tradition  ne  nous  ont 
irnipprisde  celle  population  primitive. 
Jaii  l'Ecriture  et  la  Iradilion  parlent^elles 
ie  ia  pluralité  des  mondesT  et  cependant 
4ertil-on  avancer,  malgré  ce  silence,  que 
«tenlimeol  qui  l'sdmet  soit  contraire  h  la 
ti!Si  les  découvertes  aElronomiques  ont 
Ridu  ce  dernier  sentiment  vraisémljlBble, 
iour<]uoi  les  découvertes  géologiques,  qui 
mas  montrent  des  dépouilles  auinisleset 
li^itles  déposées  dans  le  sein  de  ia  terre 
ungUmps  avant  l'époque  des  six  jours,  ne 
eDilnienl-ellespas  aussi  vraisemblfible  le 
«niaient  que  la  terre  a  été  primitivement 
bbitéeTLa  création  du  ciel  et  de  la  terre, 
|o«ïoise  suppose  avant  l'œuvre  dus  six 
nun,  l'élatde  dévastation  et  de  désordre 
AildéGrille  globe  au  moment  que  Dieu 
nnnseDce  i  opérer,  ne  vienoenl-iis  pas  à 
Taiipui  des  faits  géologiques  pour  rendre 
Mt  upiDÎan  vraisemblable  T  L'iJcritura 
uîDie  DB  nous  dit-elle  pas  que  ce  que  nous 
tonuiuons  des  œuvres  de  Dieu  n'en  est 
tn'tiu  légère  partie,  et  comme  l'exlrémi lé 

*n»tiords  de  cet  immense  tableau?  Uutta 

ttf-tttàt  iimt  tnajorahù;  pauea  tnimvi- 
iaiu  tftrum  ejui  :  guam  duiderabitia  om- 
'iiQpnijut,  ce  que  le  sage  conclut,  après 
^'uTltJilgpJus  magnifique  description  de 
l'<Mirre  des  six  jours.  Doit-on  .s'étonner, 
>ur],  que  toutes  les  œuvres  de  Dieu  n'y 
kÎEol  t«inl  contenues  T 

Au  ruie,  celte  explication  n'étanlopposée 
•mun  texte  formel  de  l'Ecriture  ni  kau- 
tuiie  décision  de  i'Egtise,  ne  supposant  rien 
(«Tépugoe  en  soi,  pourquoi  ne  la  propo- 
*riilK)n  pas  aux  incrédules,  comme  une 
imibése  propre  h  résoudre  toutes  les  diflj- 
ullés  que  présentent  1b  pbjrsique,  la  théorie 
^  la  terre  et  les  découvertes  astronomie 
JiesTCar,  en  l'admettant,  toutes  les  objee- 
""iis'éTaDouisseut.  1*11  ne  faut  plus  do- 
under  comment  la  lumière  qui  est  produite 
"r  le  toleil  elles  étoiles,  soit  par  émission, 
■■ilpir  vibralion,  a  pu  exister  avant  les 
trpi  lumineux,  de  manière  h  produire  la 
uecniiondu  jour  et  de  la  nuit.  La  réponse 
)' ÉTidiDIe:  Celle  lumière  n'exista  point 
*ûiil  11  création  des  corps  lumineux ,  mais 
ulementivaulieur apparition, comme  elle 
>»ie  daai  les  temps  sombres  et  nébuleux, 
l^*nd  le  soleil  est  caché  dans  les  nuages. 
*l'ue  fiulplui  se  plaindre  que  le  temps 
HiijDé  par  Moïse  n'a  pas  élé  suffisant  ponr 
Mmer,  depuis  l'époque  des  six  jours,  les 
vuchii  successives,  les  pétriâcalions  et 
"aiilliiaiioos  qu'on  observe  dans  l'inté- 
lïur  du  globe  :  la  terre  a  existé  longtemps 
'«{■iraïaDi,  et  l'on  peut  prendre  autant  de 
UMuqueTua  voudra.  3' Il  ne  faut  plus 
"''UJitiJercDiuaient  il  se  trouve  à  de  sigrsn- 
^MTuloudeurs  tant  de  dépouilles  végétales 


et  Animales  qui  paraissent  être  t)'es|ièces 
difîérentes  de  celtes  qui  existent  aujour- 
d'hui :  on  répondra  que  tous  ces  dépdis 
viennent  des  plantes  et  de»  animaux  da 
monde  primitif,  dont  ia  tempéraiure,  diffé- 
rente de  celle  du  monde  actuel,  devait  don- 
ner lieu  à  des  espèces  diO'érentes,  et  propa- 
ger les  animaux  qui  vivent  mainienanl  sur 
notre  globe,  dans  les  citmals  où  ils  ne  pour- 
raient plus  subsister,  et  que  toult^sces  dé- 
nouilles avaient  élé  déposées  sur  le  globe 
longtemps  avant  la  grande  catastrophe  qui 
l'arail  dépeuplé.  4°EnQn,  si  rastronome  est 
choqué  deceque  Dieu  ait  fait  pour  la  terre, 
qui  occupe  une  place  si  petîle  dans  notre 
système,  non-seulement  tous  les  autres 
corps  qui  tournent  avec  nous  autour  du  so- 
leil, mais  encore  toutes  les  éloilus,  c'est-à- 
dire  une  multitude  innombrable  de  systèmes 
tous  aussi  considérables  que  le  nâire;  nous 
lui  répondrons  qu'il  n'est  point  obligé  do 
le  croire,  puisque,  selon  notre  explication. 
Dieu  les  a  tous  créés  longtemps  auparavant 
pour  les  desseins  de  son  intime  sagesse,  et 
qu'au  quatrième  jour  il  les  ^  seulement 
rendus  visibles  à  la  terre,  alin  qu'outre  les 
autres  fins  que  Dieu  a  eues  on  les  créant, 
ils  pussent,  comme  dit  Moïse,  marquer  les 
jours  et  les  nuits,  les  saisons  el  les  an- 
nées. 

EnGn  quelqu'un  pourrait  peut-étre  ob- 
jecter l'autorité  du  iv*  concile  de  Latrau  , 
aui  a  décidé  contre  leb  albigeois,  espèce 
e  manichéens,  que  Dieu,  dès  le  commen- 
cement, a  tout  créé  ensemble,  les  esprits 
et  les  corps  :  Qui,  Mua  omnipotenii  vir- 
tult,  simui  ab  inilio  Ktramqut  dt  nikilo  can- 
didit  creaturam  tpirituaUm  et  eorporalem, 
angelicam  vidtUcet  tt  mundanam,  ac  dtinde 
kumajtam,  ifuasi  communem  ex  epirifu  et  cor' 
pore  eonililutam. 

Il  es!  facile  de  répondre  que  le  concile  da. 
Ijilran  n'a  rien  dit  qui  combatte  notre  opi- 
ijion  :  il  décide  seulement  contre  les  mani- 
chéens, qui  admettaient  deux  principes  dil- 
férenis  pour  la  produciion  des  esprits  et  des 
corps,  que  tout  a  été  fait  en  même  temps, 
$imut,  par  le  Dieu  tout-puissant;  que  les 
anges  et  la  matière  ont  été  créés  dès  le 
commencement,  et  qu'ensuite,  deinde,  c'esl- 
&-dire  dans  un  autre  temps  que  le  concile 
ne  détermine  pas,  les  créatures  humaines 
ont  été  formées.  Or,  il  a'y  a  rien  dans  cette 
décision  qui  soit  contre  notre  hypothèse, 
qui,  n'ayant  jamais  élé  soutenue  par  les 
albigeois,  ne  pouvait  devenir  l'objet  des 
décisions  du  concile. 

C'est  ici  le  lieu  de  réluter  cerlaioes  er- 
reurs d'exégèse  da  H.  Vacherot. 

M.  Vachekot.  —  *  Le  mot  hébreu  bara 
signifie  au  PKOPBB  tailler,  eouptr,  et  par 
extension  tiparer ,  oAfiiiir.  Les  Seplanta 
l'ont  traduit  par  JitcteTtv,  soit  qu'ils  ne  joup* 
{tonnassent  pas  la  diUicuIté,  soit  qu'ils  ne 
voulussent  pas  la  toucher.  Le  pasaage  du 
livre  de»  Mackabéti  n'a  paru  décisif  dans  le 
sens  de  création,  que  parce  qu'il  a  élé  in- 
exaelemoM  traduit.  Le  texte  grec  sv  l«auiil 
la  traduction  latine  a  été  Taite  r 


DICnO.NNAIIlE  AI>0L0GETIQUE. 


CRE 


Hl 


convonnil  de  rëtaMir  l'astre  du  jour  dans 
«on  sDcien  domaine  :1e  jour  devait  élru 
marqué  par  l'anparition  de  ce  brillant  lumi- 
naire ;  ia  nuil  aevail  élre  éclairée  par  la  lune 
et  les  étoiles.  Aussi  le  Seigneur  ordonnâ- 
t-il BU  soleil  de  paraître  dans  les  cieni,  et 
^  dissiper  jusqu'aux  moindres  Tcstiges  de 
l'oltiicurilé  du  premier  chaos.  L'écrivain  sa- 
cré dit,  è  la  Téi'ilé,  que  Dieu  lit  ces  lumi- 
naires ainsi  que  les  étoiles  :  Fecit  iuminare 
majut,  et  Iuminare  mtnu«,  el  tfellat.  Mais  il 
laul  remarquer  que  l'Ecriture  parle  assez 
touvenl  selon  ce  qui  paraît  eilérieuremenl, 
et  non  selon  ce  qui  se  fait  réellemeut  ;  elle 
dit,  parexemple,que  le  soleil  s'arrAie,  quoi* 
que  cols  ne  se  lasse  pas  réellemeul,  ei  n'ail 
heu  que  selon  les  apparences;  ainji  elle  a 
pu  dire  que  le  »oleit  fût  fait ,  quoiqu'il  ne 
fût  pas  lait  réellement,  mais  seutemenl  se- 
lon l'apparence  extérieure.  Eirectivement, 
si,  au  moment  que  Uieu  faisait  ainsi  paraî- 
tre le  soleil  dans  le  lirmamenl,  quelque  nou- 
vel habitant  de  la  terre  l'eût  vu  subitement 
montrer  son  disque  caché  depuis  tant  de 
temps,  n'eût- il  pas  pu  dire  que  le  soleil  était 
produil,  était  fait  sur  la  teneT  Un  Qambeau 
qui  u'éelaire  paa  n'est  rien  pour  ceux  qui 
li'en  reçoivent  pas  la  lumière;  on  peut  dira 
qu'il  est  fait  pour  eux,  au  moment  qu'il 
commence  b  les  éclairer.  Au  reste,  te  verbe 
aiah,  dont  lUoïsa  se  sert  en  cet  endroit ,  ne 
sigoiQe  pas  toujours  la  production  réelle 
d'une  cnose;  il  signi&e  eiicoie  le  passage 
d'une  chose  a  un  nouvel  état,  ia  préparelioa  et 
la  dispositiOD  qu'on  en  fait  pour  produire 
certains  effets  :  ainsi  l'on  dit,  faire  de  l'or 
et  de  l'argenl  à  Baal,pour  te*  eoruacrer  d 
cette  faune  divinité  ;  faire  l'aurore  tt  Ut  fé- 
nibrei,  pour  let  amener  eucceisivemtnl  tur  la 
terre.  Anisi  faire  le  tottil  pourrail  si^nitier 
le  faire  luirt  tur  la  terre.  Èntin  le  suleil  se 
prend  assez  souvent  pour  la  lumière  qu'il 
produit  :  ainsi  faire  le  ioteit  serait  produire 
ta  lumière. 

Or,  c'est  ce  que  Dieu  Qt,  dans  notre  expli- 
cation. Il  no  créa  point  la  substance  du  so- 
leil» qu'il  avaitdéja  faite  dès  le  commence- 
jueiit  ;  mai»  il  produisit  sa  lumière  sur  la 
lerrs  ;  il  lît  qu'au  quatrième  jour  elle  parvint 
«vec  tant  d'Abondance  sur  la  terre,  qu'elle  y 
lit  paraître  l'image  du  soleil.  Au  reste,  celte 
interprétation  n'est  pas  nouvelle  ;  car  Péré- 
rius,quisoulient,  avec  tous  les  auteurs  juifs 
et  plusieurs  interprètes  catholiques ,  que  le 
boleil,  avec  tous  les  autres  astres,  avait  été 
l'ail  dès  le  commencement;  qui  prétend 
même  que  c'est  lui  qui,  au  premier  jour, 
iivait  produit  la  lumière,  est  obligé  de  ne 
l»as  prendre  à  ta  rigueur  le  verbe  fteit;  il  dit 
(loucque  le  soleil  ne  fut  pas  fàii  quant  à  sa 
substance,  mais  seulement  ijuant  à  celle  lu- 
mière plus  forte  qu'il  produisit  le  quatrième 
iour.  Ainsi, selon  cet  auteurtrëï-orthodoxe, 
a  force  ilu  luul  ftcil  ne  tombe  pas  sur  la 
substance  du  soleil,  mais  seulement  sur. sa 
lumière.  Or,  c'est  ce  que  nous  disons  aussi  : 
Oieu,  selon  nous,  fil  lo  lumière  du  soleil 
sur  la  terrctil  laproduisJtde  manière  qu'où 
vît  l'image  du  tolcil  dans  les  uieui. 


On  dira  que  celle  explication  esttiouvellr; 
mais  on  peut  en  direautantde  celle  qui  eih 
tend  la  station  du  soleil  nous  Josué,  nnn 
d'une  station  véritable,  mais  d'une  «taliun 
appbrente  ;  et  cependant  on  peut  soulcnir 
ce  sentiment  sans  craindre  la  censure,  quai- 
qu'il  soit  opposé  aux  idées  reçues, d qu'il 
ait  élé  flétri  par  le  tribunal  do  l'iuquisilion, 
quoique  ce  sjfstème  prenne  crédit  parmi  let 
savants  catholiques  eux-mêmes. 

On  objecti^ra  que  cette  explication  fiil 
violence  aux  parole.^  da  l'écrivaiii  tmk; 
mais  en  quoi  est-elle  moins  vraisemblable 
que  celle  do  Deluc,  qui  entend  le^joursque 
Uijïse  dit  avoir  eu  un  soir  et  un  malin  {nr 
des  époques  composées  de  plusieurs  millieo 
de  siècles  T  Nous  ne  forçons  pas  plasiti 
expressions  de  l'Ecriture  que  ne  le  bil 
Bullel,  lorsqu'il  dit  que  le  soleil  n'a  pure 
irogradéau  temps  d'Ëzéchias,  mais  que» 
sont  uniquement  ses  rayons  qui  onléUii- 
clinés  de  manière  à  produire  le  phéQooibit 
d'une  production  apparente.  Auresleile 
réci  I  do  Moïse  étant  trës-succincl,elei|iriiDt 
d'une  manière  conforme  aux  idées  ikjjiuIii' 
res,  il  ne  faut  pas  y  chercher  une  précision  i 
philosophique  et  prendre  à  la  rigueur  luiiti 
ses  paroles  ;  il  sumt  que  le  fond  soit  lériu- 
ble,  et  que  la  chose  se  soi  t  passée  eitériee- 
rement  comme  il  nous  la  décrit.  AuireliH!, 
avant  qu'on  eût  fait  aucune  décourerle  eu 
physique,  on  prenait  les  paroles  de  Utw 
selon  leur  sens  populaire;  on  disait,  on  cou- 
séquence,  que  la  lumière  avait  élé  ciéle 
avant  le  soleil ,  que  les  cieux  élaîenl  »■ 
lides,  qu'il  y  avait  des  eaux  au-dessus  ili 
firmament.  Les  découvertes  physiques  acii 
l'ait  abandonner  ces  explications,  quoique 
les  plus  communes  et  les  plus  auiorljécs. 
Pourquoi  les  faits  géologiques  qu'oa  vieul 
de  découvrir  dans  ces  derniers  leoiiis  w 
nou."  feraient-ils  pas  abandonner  l'eiplK^ 
tion  la  plus  commune  sur  la  créatiuu  i!» 
soleil  el  des  astres,  puisque,  selon  les  rè- 
gles de  saint  Augustin,  il  faut  tnujuursci- 
pliquer  l'œuvre  des  six  jours  d'une  maiiiè'c 
conforme  aux  eipérieuces  certaiae.<T 

On  dira  encore  que  nous  enlevous  leui 
moyen  de  prouver  le  dogme  de  la  tréaliM 
par  l'Ecriture  ;  mais  nous  eouservoQS  tauK 
ia  force  de  cette  preuve,  puisque  nous  n'en- 
tendons point  ces  premières  paroles: A 
pTincipio  creavit,  etc., d'un  renouvelleuieBi. 
mais  d'une  créaiionproprementditË(luc>>'l 
el  de  la  terre.  D'ailleurs,  combien  d'autres 
passages  peuveulétre  apportés  commeprvu* 
ves  du  dogme  de  la  création  I  . 

Mais,  ajoutera-t-on  ,  les  autres  écrîTii"! 
sacrés,  qui  ont  fait  allusion  aux  paroles  delà 
Genitt  sur  ia  production  du  soleil  eU'*^ 
astres,  les  ont  entendues  d'une  produciiui' 
proprement  dite,  et  non  d'une  simple  ipii)' 
ritiou.  L'objection  serait  forte,  si  ueustup- 
posions  que  Moïse,  dans  le  récit  de  la  ^J-^'' 
tion,  n'a  jamais  parié  que  d'une  appariiiOD 
des  astres;  mais  nous  soutenons  que,  liéih 
commencement  de  son  récit,  il  fiarlo  >'  <>"* 
production  véritable,  puisqu'il  dit  guB«l" 
ie  couinienccmeni  ^'.^a  iTéa  lecit-lje*!'" 


mCTIO!)NAinE  AP0LOCET1Q13E. 


CRE 


OHuéqiieat  tous  les  astres,  sans  lesquels 
on  ae  peut  le  coDCeroir.  Ainsi  il  n'est  point 
iUNiDaDt  que  les  antres  écrinins  sacrés 
lient  supposé  que  ces  astres  oot  élé  rérî- 
Ubleœenl  prodoils. 

Oa  din  de  plus  que  ooas  supposons  le 

globe  peuplé  aiaot  I  œuTre  des  six  jours,  et 

qu8  l'Eerilure  et  la  tradition  ne  nous  ont 

ntii  appris  de  celte  population  primiliTe. 

lii*  l'Ecriture  et  la  tradition  parlenl^elles 

de  11  pluralité  des  mondesT  et  cependant 

ostniL-OD  STancer,  malgré  ce  silence,  que 

U  mtinieni  qui  l'admet  soit  contraire  à  la 

i]i?SJ  les  découvertes  actronomiques  ont 

nodo  ce  dernier  sentiment  vraisemlilable, 

loor^BOi  les  découvertes  géologiques,  qui 

iMUMPalrent  des  dépouilles  animales  et 

légèi^Bs  déposées  dans  le  sein  de  la  terre 

loogleaps  arant  l'époque  des  sii  jours,  ne 

tfodnjFDl-elles  pas  aussi  TraisemblHble  la 

«olimentque  la  terre  a  été  primilivemenl 

btbiiéeT  La  création  du  ciel  et  de  la  terre, 

^De  Moïse  soppoae  avant  l'œuvre  des  six 

jours,  l'état  de  dévastation  et  de  désordre 

oAildécrit  le  globe  au  moment  que   Dieu 

commence  k  opérer,  ne  viennent-ils  pas  à 

l't|i|>ui  des  faits  géologiques  pour  rendre 

tt\lv    opinion    vraisemblable?    L'Kcriture 

uiole  ne  nous  dit-elle  pas  que  ce  que  nous 

conoaissoas  des  œuvres  de  Dieu  n'en  est 

(]o 'une  légère  partie,  et  comme  l'eslrémité 

ei  lesborâs  de  cet  immense  tableauT  Mulia 

^$eçndila  lunt  majora  kU;  pauea  eninci- 

imut  ffpemnt  eju$  :  quam  daidtrabilia  om- 

M  optra  guM,  ce  que  le  sage  conclut,  après 

'TOt  iâit  fa  plus  magnifique  descriplion  de 

l'eavre  des  six  jours.  Doit-on  .s'étonner, 

aura,  qua  toutes  les  œuvres  de  Dieu  u'j 

fciienl  point  contenues  ? 

Au  reste,  celte  explication  n'étantopposée 
1  aucun  teite  formel  de  l'Ecriture  ni  •  au- 
cune décision  de  l'Eglise,  ne  supposant  rien 
qui  répugna  en  soi,  pourquoi  oe  la  propo- 
Knii-on  pas  aux  incrédules,  comme  une 
b'pothèse  proprti  à  résoudre  toutes  les  diflî- 
:ultés  que  présenleut  la  pb/sique,  la  théorie 
iv  la  terre  et  les  découvertes  asironomi- 
|ues7Car,  en  l'admettant,  toutes  les  objee- 
luns  s'évBDOuisseut.  1*  11  ne  faut  plus  dé- 
moder comment  la  lumière  qui  est  produite 
xr  le  soleil  et  les  étoiles,  soit  par  émission, 
oil  par  vibration,  a  pu  exister  avant  les 
urps  lumineux,  de  manière  i  produire  la 
acct4sioD  du  jour  et  de  la  nuit.  La  réponse 


et  animales  qui  paraissent  éire  d'esfièces 
différentes  de  celles  qui  ex'istent  aujour- 
d'hui :  on  répondra  que  tous  ces  dépAis 
viennent  des  plantes  et  des  animaui  du 
■monde  primitif,  dont  la  température.  diOTé- 
renle  de  celle  du  monde  actuel,  devait  don- 
ner lieu  è  des  espèces  différentes,  et  propa- 
ger  les  animaux  qui  vivent  maintenant  sur 
notre  globe,  dans  les  climats  ofl  ils  ne  pour- 
raient plus  subsister,  et  que  toutes  ces  dé- 
pouilles avaient  élé  déposées  sur  le  globe 
longtemps  avant  ta  grande  catastrophe  qui 
l'avait  dépeuplé,  i*  EuGo,  si  l'astronome  est 
choqué  deceque  Dieu  ait  fait  pour  la  terre, 
qui  occupe  une  place  ai  petite  dans  notre 
système,  non-seul emenl  tous  les  autres 
corps  qui  tournent  avec  nous  autour  ilu  so- 
leil, mais  encore  toutes  les  étoiles ,  c'est-à- 
dire  une  multitude  inoomt>reble  de  systèmes 
tous  aussi  cocsidérabips  quele  néire;  nous 
lui  répondrons  qu'il  n'est  point  obligé  de 
le  croire,  puisque,  selon  notre  eiplication. 
Dieu  les  a  tous  créés  longtemps  auparavant 
pour  les  desseins  de  son  infinie  sagesse,  et 
qu'au  quatrième  jour  il  les  a  seulement 
rendus  visiblesi  la  terre,  afin  qu'outre  les 
autres  fins  que  Dieu  a  eues  on  les  créant, 
ils  pussent,  comme  dit  Moïse,  marquer  les 
jours  et  les  nuits,  les  siisons  et  les  an- 
nées. 

Enfin  quelqu'un  pourrait  peut-être  ob- 
jecter l'autorité  du  ir'  concile  de  Latrau  , 
3ui  a  décidé  contre  leh  albigeois,  espèce 
e  manichéens,  que  Dieu,  dès  le  commen- 
cement, a  tout  créé  ensemble,  les  esprits 
et  les  corps  :  Qui,  tua  omnipotmti  vir- 
tutt,  simul  ab  initio  ulramgue  de  nihito  can- 
didil  ereatuTom  MpiritiuUem  el  earporolem, 
angelicam  tidttieet  et  mundunam,  ae  dtinde 
Aunuman,  f  uof  ï  coBURimeai  ex  tpiritu  et  cor- 
pore  eonttttulam. 

Il  est  facile  de  répondre  que  le  concile  de 
Latran  n'a  rien  dit  qui  combatte  notre  opi- 
nion :  il  décide  seulemeut  contre  les  niaui- 
chéens,  qui  admettaient  deux  principes  dit- 
férenls  pour  la  production  des  esprits  et  des 
corps,  que  tout  a  été  fait  en  même  tempe, 
•t'tnuf,  par  le  Dieu  louL-puissoot;  que  les 
anges  et  la  matière  ont  élé  créés  dès  la 
commencement,  el  qu'ensuite,  dtinde,  c'est- 
à-dire  dans  un  autre  temps  que  le  concile 
ne  détermine  pas,  les  créatures  humaines 
ont  été  formées.  Or,  il  o'y  a  rien  dans  celle 
décision  qui  soit  contre  uolre  hypothèse. 


Il  érideole:éetle  lumière  n'exista  point     qui,  n'ayant  ismais  été  soutenue  par  les 
s,  mais     albigeois,  ne  pouvait  devenir  l'objet  des 


raul  la  créalion  des  corps  lumineu' 
mlement  avant  leur  apparition,  comme  elle 
liste  dans  les  temps  sombres  et  nébuleux, 
iaod  le  soleil  est  caché  dans  les  nuages. 
Il  ne  £iul  plut  se  plaindre  que  le  temps 
signé  par  Moïse  n'a  pas  élé  suffisant  ponr 
rmer,  depuis  l'époque  des  six  jours,  les 
uches  successives,  les  pétrifications  el 
isullisatioDS  qu'un  observe  dans  l'inlé- 
;ur  du  globe  :  la  terre  a  existé  longtemps 
paravant,  et  l'on  peut  prendre  autant  de 
ïvles  que  l'on  voudra.  3*  Il  ne  faut  plus 
uiauder  comment  il  se  trouve  à  de  si  gran- 
sprofoudeurstanlde  dépouilles  végétales 


pouvait  ( 
décisions  du  concile. 

C'est  ici  le  lien  de  réluter  certaines  er- 
reurs d'exégèse  de  H.  Vocherol. 

M.  VACKsaoT.  —  «  Le  mot  hébreu  btra 
signifie  au  PaOPBE  lailier,  couper,  et  par 
extension  eiparer,  cAoinr.  Les  Septante 
l'ont  traduit  par  iwthtttt,  soit  qu'ils  ne  soup- 
çonnassent pas  la  difficulté,  soit  qu'ils  ne 
voulussent  pas  la  toucher.  Le  passage  du 
tivrt  des  Machabiei  n'a  paru  déosif  dana  le 
sens  de  création  que  parce  qu'il  a  été  ïn- 
exaciement  traduit.  Le  texte  grec  sur  lequL-1 
la  traduction  loline  e  été  faite  o>l  :  ii  «v* 


DICTIONNAIRE  APOLMETIQUE. 


?iie  tous  les  élrps  qu'il  avait  produils  ;  il 
mit  In  source  à'où  ils  proTensient  par  une 
émenatioti  naturelle;  ce  n'élait  pas  un  Hieu 
personnel,  qui  Taisait  tout  par  sa  parole  [686], 

Ainsi  la  cosmogonie  des  Hébreux  n'an- 
pArtieiit  pointa  la  même  catégorie  que  celle 
dus  aulres  anciens  peuples;  et  comme  n'est 
la  seule  qui  contienne  le  vrai  principe  de 
l'existence  des  choses,  principe  dont  toutes 
les  outres  ont  manifesipment  dévié  par  des 
divcrf^ences  opposées  les  unes  aux  autres, 
elle  est  11  seule  aussi  que  l'on  doive  consi- 
di^rer  comme  un  récit  original,  tandis  gue 
toutes  les  autres  ne  peuvent  ôlre  envisa- 
gées, aux  yeux  d'une  saine  critique,  que 
comme  des  altérations. 

Dans  toutes  les  cnsmogonies  on  trouve  un 
fond  général,  une  idée  fondamentale  qui  a 
(]uelque  chose  de  vrai  et  d'historique,  et  des 
idées  particulières,  étrangères  o  ce  fond 
généra],  mais  qui  y  ont  été  ajoutées.  Or, 
toutes  ces  idées  particulières  sont  aulonl  de 
nijllies  qui  varient  non-seulement  suivnnt 
le  tjoùt  et  le  génie  de  chaque  nation  qui  les 
a  introduits,  mais  encore  selon  tes  localités 
i;l  les  climats  divers;  en  sorte  que  chaque 
iialîun  a  une  mythologie  qui  lui  est  propre  : 
ce  qui  est  une  preuve  évidente  que  le  fond 
yénéml  n'appartient  à  aucune  ua  ces  na- 
tions, mais  que  c'est  un  emprunt  fait  ail- 
iours.  Au  contraire,  lo  cosmogonie  mo- 
saïque renferme,  il  est  vrai,  un  élément 
sénéral  et  des  idées  particulières;  mais  cet 
élément,  qui  e^t  Ja  théocratie,  lui  appar- 
tient en  propre;  et  les  idées  particulières 
3ui  s'y  rattachent  intimement  ne  sont  point 
es  mj'thL's,  mois  des  réalités  non  moins 
Kijsitives  et  non  moins  hisi.oriques  que  le 
>nd  Iui-m6me.  Prouvons  par  des  exemples 
la  justesse  do  ce  raisonnement.  Les  six 
jours  de  la  création  qui  se  rapportent  an 
sahbat  et  aux  années  sabbatiques  et  jubi- 
laires ;  la  création  attribuée  si  positivement 
li  Jéliovah  au  deuiiJimti  chapitre;  entin  la 
manière  tout  humaine  dont  la  Genète  le 
lait  parler,  commander,  punir,  etc.,  sont 
autant  do  faits  qui  se  rapportent  au  gou- 
vernement théocratique.  qui  est  lui-même 
un  fait  historique  incontestable.  En  un 
mol,  la  cosmogonie  hébraïque,  se  trouvant 
Miroitement  liée  6  l'histoire,  dilTère  essen- 
lieliemeul  de  celles  des  auties  peuples,  qui 
ne  s'offrent  i  nous,  dans  c»  qu  elles  ont  de 
propre  et  de  particulier,  que  comme  le  ré- 
sultat de  fables  chimériques  et  de  pures 
fictions. 

Le  récit  de  la  création  est-il  une  poésie, 
an  système  philosophique  T 

On  convient  assez  que  l'iiîsloire  de  la 
création  ne  doit  être  considéréi;  ni  comme 
une  poésie,  ni  comme  une  théorie  philoso- 
phique; cependant,  on  croit  trouver  dans  le 
récil  mosaïiiue  quelques  indices  que  cette 
liistoire  {.ourrait  bien  n'être  au  fond  qu'une 
poésie  ou  un  système  philosophique. 

Mais  ces  indices  ne  sulTiseut  pas  pour 


autoriser  h  conclure  que  celle  bis(oiren'«ii 
au  fond  qu'une  poésie  ou  une  philosoptiie. 
D'abord,  la  tangue  des  Hébreux  élaméffii> 
nemment  poétique  de  sa  nature ,  il  n'pst 
pas  étonnant  qu  un  sujet  tel  aue  la  création 
ait,  malgré  toute  la  simplicité  de  la  narri- 
lion,  un  certain  coloris  poéliaue.  D'na  tnire 
cdté.  Moïse  ne  se  montre  nullementcommi 
un  philosophe  qui  établit  une  théorie,  ni 
comme  un  poète  qui  compose  un  po«mei  . 
c'est  un  historien  qui  rapporte  simpleroTOl 
les  faits  tels  qu'ils  sont  arrivés.  Que  si  l'on 
trouve  dans  le  premier  chapitre  de  ,1b  Gaia 
une  poésie  ou  une  philosophie,  il  faut  que 
cette  poésie  ou  celte  pbiIoso[)hie  suit  ton- 
jours  basée  sur  le  récit  historique,  qui  doit 
exister  avant  tout  le  reste.  Ainsi  les  csnc- 
1ères  poétiques  ou  philosophiques,  si  lanl 
est  qu'il  s'en  trouve  dans  la  narration  de 
Hoïse,  ne  i>euvent  détruire  la  vérité  hislo- 
rique  de  son  récit. 
Ajoutons  que  ce  récit  de  Moïse,  eu  so^ 

E osant  l'idée  de  la  création,  est  vraiment 
islorique,    puisque    l'origine  de  loulti 
choses  a  eu  nécessairement  pour  cause  cet 
acte  immédiat  de  la  volonté  du  Tout-Puis- 
snnt  ;  autrement  il  faudrait  admettre  f^    \ 
/âi(me(réternilédela  matière],  ledaalisniï.     { 
c'est-à-dire  l'existence  des  deux  priucipH>     i 
et  les  émanations  éternelles  et  snccessi'H 
des  êtres  formés  de  la  substance  mfimeJe 
Dieu  :  toutes  choses  fausses,  absurdes,  et 

3ui  ne  peuvent  être  historiques.  Ce  ser»it. 
'ailleurs,  détruire  la  différence  essentielle 
qui  existe  entre  ce  qui  arrive  dans  le  temps 
et  ce  qui  est  éternel,  différeace  parfailemeol    ! 
conservée  dans  le  récit  mosaïque. 

Quant  aux  arguments  critiques,  on  ne 
saurait  en  produire  un  seul  qui  combatte  11 
vérité  do  la  narration  de  Moïse.  On  n'/ 
trouve  rien,  en  effet,  que  cet  historien  iil 
pu  emprunter  des  autres  peuples  :  car  la  no- 
tion des  chérubins  qui  gardaient  le  paradis 
terrestre  ne  vient  point  des  étrangers, 
comme  oc  l'a  prétendu  ;  c'est  une  id^* 
essentiellement  théocratique.  Si  les  Jui» 
avaient  imaginé  le  récit  du  paradis  ter- 
restre conséquemment  h  leurs  idées  popo- 
Inires,  ils  l'aurainnt  infailliblement  plsc^ 
dans  la  terre  de  Chanaan,  et  l'auraieDl  suj>- 
posé  arrosé  par  leur  Jourdain  (687). 

Hais  un  caratilère  de  réalite  histori()ue 
qu'il  est  impossible  de  méconnaître  damis 
Cdsmogonie  des  Hébreux,  c'est  la  maDiére 
même  dont  elle  est  racontée.  ,     , 

Le  style,  la  forme  et  le  système  scicnli- 
Gque  suivis  dans  le  récit  génésiaque  ru 
montrent  clairement  la  vérité  historique. 
En  effet,  la  diction  la  plus  pure  et  la  l*'"! 
nette,  les  termes  les  plus  simples  et  lesi'N'^ 
-naturels,  la  forme  hislotique  dans  tout  fi 
qu'elle  a  de  plus  rigoureux  et  de  plus  sé- 
vère, puisque  c'est  une  narration  pure  et 
£impledestails,sans  réflexion  aucune,  bieo 
que  le  sujet  en  suggère  tout  nalurellemenl 
a  l'esprit  presque  h  chaque  phrase  :  voIm 


/lîWt)  Y.y.  L'.iiTt  DE  PiEC. 
lt8T)  Vuy.    II.    A.  Cil.  H. 


derhiu  Krit.  EiaUilHng  in  das  Mie  TMtnmfsl.Tb.l, 
naiidiuch      Al>lti.  Il,  S  1  Ift,  soit  ;flU-2oO. 


MCTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


CRE 


K* 


•sinilsciracléristiqiies  tlo  ce  récit.  Moïse 
Mj,  liant  se5  beaui  contiqiies,  fait  preuve 
un  fSprit  énergique  et  ïéhément,  d'une 
SM  sensible  et  tendre,  d'une  imsginotion 
w$\  briHaale  que  riche  et  fécondn,  cache 
(dissimule  si  bien  ici  ces  qualités  lillé- 
lirfs,  qu'on  n'en  découvre  [>ss  mèiue  ta 
lus  légère  trace. 

On  ne  IrouTO  dans  son  récit  rien  d'eia- 
rri,  rien  de  C6  merrei lieux  qui  fait  le  fond 
rtoul^sles  autres cosinogonies;  la  mani- 
sUiioa  nécessaire  de  l'iiitre  créateur  h  ses 
itaiures  qu'il  vient  de  tirer  du  néant  et 
lee  leïquelles  il  doit  continuer  ses  ra|>- 
uTlj,  c'est  accompagnée  d'aucun  miracle 
tlraoriltnfiire;  la  raison  elle-même  ne  voit 
B  cnnimeot  il  pourmit  v  a?uir  moins  de 
wneilleui  dans  un  fait  de  cette  nature,  et 
uTiaul  dans  la  communication  de  la  Divi- 
<ii«  liée  l'homme.  Le  tangage  métapho- 
i()ue  est  le  seul  possible  dans  ce  cas.  (To^, 
mi  01  DiiD,}  £1  encore  faut-il  convenir 
iDeUoise  n'en  fait  usage  dans  le  tableau 
:e  la  création  que  Ib  où  il  est  absolument 
npiissilile  d'emplojrer  le  sens  propre  des 

EnfiD,  dans  fout  ce  qui  n  rapport  h  la 
nmt,  Uaïse  est  aussi  simiile  et  aussi  na- 
iJitl.  Il  Qe  connaît  ni  tes  termes  recherchas 
MilKDODiencIalurea  étudiées,  ni  les  ctas- 
t'âalioos  savantes  ;  il  définit  et  représente 
l»''iiteis,  tels  qu'il  s  apparaissent  au  simple 
"^rd.  Le  ciel,  c'est  une  élévation  et  une 
Kitg  ileadue  ;  jg  terre,  quelque  chose  de 
^i,  dmUntur  et  en  même  temps  une  par- 
l'i!efma.ll  divise  les  végétaux  «n  herbes 
iiiii|il«  ou  gazons,  en  plantes  renfermant  la 
sfBieûce féconde  par  laquelle  elles  se  repro- 
ilttiMul,  et  en  arbres  fruitiers  et  non  frui- 
U"i;<nvision  qui.  pour  ainsi  parler.saute 
'"i.itui  les  moins  attentifs.  Le  soleil  et  la 
wioiit  (leui  grands  luminaires  destinés 
'  wliirer  la  terre,  l'un  pendant  le  jour, 
'•'lire durant  la  nuit.  Quant  aus  bâtes  ter- 
''t|r«,il  les  partage  en  animaux  grands  et 
*l»i  ou  reptiles,  terme  sous  le-^uel  il  com- 
f^nj  JËsasimaux  qui  se  traînent  sur  leur 
ntrc,  et  ceux  dont  les  pieds  sont  si  courts 
|t  II)  paraissent  b  peine,  ou  point  du  tout. 
'fo»is8ge  encore  les  bétes  terrestres,  les 
>!'«)  comme  apprivoisées  et  domestiques,  et 
l^auirej  comme  sauvages  et  habitant  les 
«éli.  Pour  tes  poissons,  il  dit  seulement 
|i«  Dieu  en  créa  de  grands  et  de  petits  ;  et 
'  «borne  i  remarquer,  relativement  aux 
Ji'esoi,  (^u'il  en  fut  créé  deioulessorles.il 
■"Me  k  I  homme  le  nom  de  créature  tiret 
^taltrrt,  et  h  la  femme  celui  de  tMe  de 
'«■•e,  dénumînatinna  qui  s'accordent  par- 
"[(inent  avec  l'origine  (lu'il  assigne  à  l'un 

C«  ne  lonl  pas  \h  les  seules  attaques  qui 
"W  été  dirigées  contre  l'tiisloire  de  Is 
['«•l'on  rapportée  d.nis  la  Genèie;  on  o 
Lii!l  '  '^^  P'"*  ^^'v\ie  ne  doit  être  t-on- 
"«r*8  qu« comme  une  pure  fiction,  parce 
t"  1  un cûlé  elle  ■  pour  objet  un  fattduiit 

■*•*)  ï^.  Doti-ET,  Eiplkalion  de  l'ouvrage  du 


personne  n'a  pu  être  témoin,  et  que  de 
l'autre  elle  suppose  des  choses  ^out  k  Tiit 
impossibles  :  par  exemple,  que  Dieu  a  (rn- 
vaillé  pendant  six  jours  et  s'est  reposé  lu 
septième  ;  qu'il  a  employé  cinq  jours  pour 
former  la  terre,  tandis  que  dans  un  seul  il  a 
créé  le  soleil,  la  lune  et  cette  multituilo 
d'astres,  semés  aveu  tant  de  profusion  dans 
la  vaste  étendue  des  cieui.  De  ce  (qu'aucun 
homme  n'a  pu  être  témoin  d'un  fait,  il  ne 
s'ensuit  pas  qu'il  soit  fabuieui  ou  marne 
incertain,  si  Dieu  l'a  révélé  k  l'homme.  Or, 
il  est  impossible  que  Dieu  n'ait  pas  favorisé 
l'homme  de  cette  révélation ,  car,  en  lisant 
attentivement  la  description  que  fait  Uoïse 
de  la  création  du  monde ,  on  voit  qu'elle 
porte  partout  l'empreinte  de  la  vérité;  on 
sent  même  que  c'estainsi  que  Dieu  dut  »voir 
procédé  dans'  la  formation  de  ce  grnntt  ou- 
vrage. Jamais  un  homme  n'aurait  pu  de  lui- 
même  faire  parler  et  agir  l'Etre  suprémci 
avec  tant  de  majesté.  Il  n'est  pas  dtmné  à 
l'espril  humain  d'inventer  de  cette  iDniiiëre. 
Aussi  l'œuvre  des  six  jours  B-t-elle  toujours 
fait  l'admiration  des  sages  et  des  pliilosu- 
phes  ;  car,  sans  parler  des  Pères  et  des 
docteurs  les  plus  éloquents,  saint  Basile, 
saint  Ambroise,  saint  Augustin,  saint  Jean 
Chrysostome  et  Bossuet,  qui  t'ont  si  magni- 
fiquement commentée.  Descartes,  Newton, 
Leibnitz,  Euler,  l'ont  crue  et  t'ont  révérée. 
Bacoo  Is  donnait  comme  le  principe  de 
toutes  ses  connaissances,  ot  te  célèbre  Oeluc 
la  regarde  comme  une  démonstration  rigou- 
reuse de  la  révélation.  Secondement,  Moïse, 
eu  disant  que  Dieu  dans  la  création  s  tra- 
vaillé pendant  six  jours  et  s'est  reposé  le 
septième,  n'a  pas  prétendu  le  confondre 
avec  un  ouvrier  ordinaire,  qui  a  besoin 
d'un  certain  temps  pour  accomplir  son  ou- 
vnige  et  de  repos  après  son  travail;  mais 
c'est  Dieu  lui-même  qui  a  voulu  agir  pen- 
dant six  jours  et  se  reposer  te  sepiièinu, 
atiu  que  son  opération  fût  le  modèle  du 
travail  de  l'homme  qui.  après  avoir  travaillé 
sii  jours,  devait  lui  consacrer  le  scplièmc. 

Dieu,  il  est  vrai,  pouvait  donner  ai  l'uni- 
vers toute  sa  perfection  dans  un  seul  mo- 
ment ;  et  s'il  y  a  emjiloyé  six  jours,  c'est 
qu'il  voulait  instruire  ptutdt  qn'étounur. 

il  nous  apprend,  eu  e7el,  par  celle  lon- 
gue suite  d  ueuvres  admirables,  de  quel  tré- 
sor et  de  quelle  fécondité  élites  partent.  Un 
interrompant  le  cours  de  ces  productions, 
il  montre  à  quoi  point  il  est  libre  de  le  cou" 
tinuerou  de  le  Unir;  et  en  s'ovani^ot  par 
degrés,  il  nous  fait  entrer  dans  les  profon- 
deurs du  sa  sagesse,  sans  nous  accabler  par 
un  spectacle  trop  subit  [HSS). 

Troisièmement,  dire  qu'il  «st  impossible 
que  Dieu  ait  mis  cinq  jours  è  créer  la  ttrie. 
avec  tout  ce  qui  en  fait  l'urnemeiit,  et  qu'il 
n'en  ait  employé  qu'un  seul  dans  lu  créa- 
tion de  tous  les  astres,  c'est  évidentiuciil 
iiier  se  toute- puissance.  D'un  autre  cûii's  il 
n'est  pas  dillicite  de  supposer  un  motif  â 
cette  Gouduite  de  Dieu.  En  effet ,  en  créant 

fix  jmtn,  p.  47,  nouv.  édit,,  Piris,  1740. 


Go» 


cet 


DICriONNllRE 


In  (erre  siiccessivenK^nt,  il  a  toiiIu  quo 
riiDiiime  cniiifirtl  davanUgf  le^  sains  atten- 
tifs lie  sa  providence,  et  sa  boulé  loute 
Aiiéeiale  enviTs  Itti  ;  puisque,  pir  celle  pré* 
férem-e  occonlée  h  la  terre  dont  il  ilevnit 
Aire  comme  le  malLra  et  le  rui,  ce  divin 
Créaienr  semblait  lui  prouver  qu'il  SToit 
loni  fait  pour  lui. 

CMÉATioif  siHDLTANÊEOu  suocessivb;  réfu- 
tation. Vay.  Optiuishb.  —  L»  soluLion  de 
tous  les  problèmes  de  la  cré.-ilion  est  dans 
l'incarnaiion.  Voy, Wal  art.l.SV.—  La  doc- 
trine de  M.  J.  fteynaud,  sur  la  créaliim,  con- 
duit ju  panlliéismu.  Yog.  Progsôs  comtiru. 

—  Tiiéorie  de  la  création  dans  la  Ihéodiuée 
liunianilaire.  Voy.  Tséoiucée  humanItiikB. 

—  Cn^Qlion  sensible,  eiprime  les  perfections 
invisibles  de  Dieu.  Voy.  Culte  ,  i  1.  —  La 
création  esl'Clle  uii  mvllieî  Vou,  CrÎatioit, 
JVII. 

Cbéation  ULLTiPLE  dcs  espèccs  dans  l'hit- 
manit^i-einmendeLettelIiéorie.  Voy.  Kagks 
niJUAinHS,  S  If. 

CltÉATUUtS,  leur  rapport  au  Créateur. 
Yoy.  Etres. 

CltËDlBILITÉ  do  riiisloire  évangéliqne 
dtjmoiitréu  par  les  Actes  des  apâtres  et  |iar 
les  Epltres  du  Nouveau  Testament.  Yoy, 
note  Jx  bit,  h  la  Sn  du  volume. 

CRICHNA.  Y»y.  Ihoukisme,  |  V. 

CROISADES.  Voif.  Fànitisue,  S  III. 

CItOYANCE  UNIVERSELLE  au  dogme  de 
I  enfur.  Yoy.  Enfeii,  g  I,  et  note  II,  à  la  tin 
(lu  volume.  —  Cro^auiîo  religieuse  des  sei- 
gneurs gallo-roniams  aux  iv*  et  t*  siècles. 
Koj/.ABisTocaiTiEGALLo-BOMiinE.— Croyan- 
ces égyptiennes.    Yoy.  MosLUEMTî,   etc.,j 

CRtXiFIEMENT,  différence  enlroles  évon- 
gélisltis,  par  rapport  h  l'heure.  Voy.  Jeam 
(Saint)  l'Evaiig<îlis[e ,  |  H.  —  Objeciions  do 
btraiiss  sur  la  conduite  de  Jésus  avant  le 
crucillmnent.  Jbtd. 

CUSA  (le  cardinal)  a  soutenu  le  mouvo- 
liient  de  I.i  terre  avant  la  ii.iissance  de  Co- 
l'erniu  et  de  Galilée,  Voy.  Terre. 

CULTE  CATHOLIQUE. 

Le  beau  esl  la  sp!eiMleu/  du  vnl. 

Le  beau  eu  ce  qui  pUlt  ii  la  Tcriu  écUIrée. 
(Comte  M  HtistsE.) 

11  n'est  (\\\<i  trop  eommuti  de  rennonlrer 
itesliouitiiesijni  vivent  comme  sans  religion 
i>l  bniia  Dieu;  soit  qu'ils  affectent  d'être 
iiiécréanls  par  sj>âlème,  soit  qu'ils  s'endor- 
ment dans  une  iusouciaoce  douce  err  appa- 
rence, et  si  funeste  en  réalité.  Athées  pra- 
itqueSt  ils  contemplent  les  merveilles  de  la 
nature,  sans  jamais  s'élever  jusqu'è  leur 
nuteur;  ils  jouissent  <ie  tous  les  bienfaits  de 
la  création  ,  sans  les  faire  remonter  rera 
leur  .tourte  parla  reconnaissance;  et  comme 
«'ils  étaient  hors  de  l'empire  du  souvemin 
Brbîli'u  de  toutes  ctioses,  ils  ne  prennent 
tn>ur  règle  de  leurs  sentiments  et  de  leurs 
ftcliitns  >i«e  le  penclianl  qui  k-s  donihiL-. 


AtHlLOGCTIQtJË.  CUL  5^ 

Dans  les  hommages  de  l'esprit  et  du  CŒur 
rendus  è  la  Divinité,  dans  le  culte  iiilérleur, 
ils  ne  voient  qu'une  chose  inutile-.dansli'i 
hommages  eitérieurs  et  publics,  dans  li-s 
rites  sacrés  et  les  fêtes  religieuses ,  ils  ne 
voient  que  des  pratiques  puériles  et  des  su- 
perstitions populaires. 

Malheureusement  l'impiété  trouvera  tou- 
jours un  appui  secret  et  puissant  dans  l'or- 
gueil de  l'esprit  et  la  déprsvatioa  du  cœur. 
L'homme  veut  Aire  indépeedatit;  et  la  pen- 
sée d'un  Dieu  rappelle  un  insllre  q^i  com- 
mande et  qui  veut  être  obéi  :  rtmoiiiis 
voudrait  vivre  au  gré  de  ses  désirs,  tl  h 
doctrines  religieuses  l'irritent,  p^rcequ'ellH 
gênent  ses  penchants.  Toujoars  les  ûstiom 
murmureni   contre    le   frein  de   liulnriij 
divine;  indociles,  impatientes,  elles dwr- 
cheni  h  le  briser.  L'orgueil  ne  veut  pis  m 
supérieur,  pas  même  d'égal.  Le  même  etji-il 
de  rébellion  qui  soulève  quelquefois leu- 
jet  contre  le  monarque,  le  fils  eom\i 
père,  le  serviteur  contre  le  maître,  soulht 
l'homme  cnntre  Dieu.  Il   est  des  lioflinwi 
irréligieux,  par  la  même  raison  qu'il  eslii» 
sujets  rebelles,  des  tils  ingrats.  Par  urgueii.  , 
l'homme  se  contemple  lui-même  avec  une  ; 
complaisance  secrète;  il    ne  voit  que  Im  1 
dans  cet  univers;  il   se  préfère  i  loulrt| 
même  &  Dieu  :  et  voilA  pourquoi  l'orgueil , 
cïtunesorte  d'athéisme  Gommencé.OliI  qu'il 
faut  que  les  doctrines  religieuses  etmoriM  j 
tieunent  eu  cœur  de  l'homme  par  de  pro-| 
fondes  rac!::es,  pour  qu'elles  aieal  pur-'*! 
sisler  aux  passions  toujours  liguées  pDurlei  j 
détruire!  Rien  peut-être  ne  prouve  miïuii 
leur  empire  et  leur  nécessité,  que  le  peiii 
nombre  d'impies  qui  de  loin  en  loio  ooiv-i 
les  combattre. 

Sans  doute  la  substance  de  tout  calie'^ 
gitime  se  trouve  dans  les  hommages  iul*- 
rieurs  de  l'esprit  et  du  cceur;  lesdehurslei 
i)l\is  pompeux,  les  fêtes  les  plus  briUiuleS 
le  plus  magnilique  appareil  du  culte  elle-' 
rieur  et  public,  ne  seraient  qu'un  vainn 
mulacre,  sans  les  sentiments  et  les  inl(^)-; 
lions  pures  qui  en  font  le  prix  et  le  mériiCi 
la  Divinité  veut  surioul  régner  dans  le  «FJr.; 
et  ce  qui  ne  servirait  pas  à  y  établir  jii>i. 
empire  ne  serait  qu'une  illusion.  Les saç^^ 
du  paganisme  n'out  pus  ignoré  ces  vérilrii 
témoin  Zalencus,  daus  la  fameuse  pt^J^': 
lie  ses  lois,  quand  il  disait  qu'où  duil  P''' 
seoier  è  la  Divinité  une  ime  eieupii: /l' 
souillures  ,  et  se  persuader  qu'elle  eslluw^ 
moins  honorée  par  do  pom|>«usescériii''" 
nies  que  par  la  vertu  ;  témoin  Pline  'e  \^''*- 
dans  son  célèbre  panégyrique  d-j  ÏW-- 
quand  il  dit  qu'il  vaut  l>ien  uiieui  srnu' 
BU  temple    avec   une  âme   sainte  et  !")'' 

2 u'aveo  des  cantiques  composés  avec  >r'- 
ette  doctrine  était  bien  clairement  eiisd' 
giiée  chez  les  Juifs  ,  ce  peuple  toulefciis  >' 
enclin  h  placer unecontianceexcessitedai'^ 
son  temple  et  dans  ses  céréownies.  On^' 
avec  quelle  véhémence  le  proplièie  Iw- 
s'élevait  contre  ces  fausses  et  uomiicu*" 
upiercuci'S.  Keoutts,  s'écrioit-il  à  t-'  ■'' 


CT 


CIL 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


CLV 


jrt  (689),  prétex  fortilteà  la  pnroU  de  votre 
D'tu  :  Qià'ai-jt  besoin ,  vaut  dit-il  par  ma 
binirh,  de  la  mtiliilude  de  toi  victimtt  ?  Que 
nr  fait  le  sang  des  ftoNCf  el  dei  tavream  ? 
YatTf  eneeni,  je  l'ai  en  abomination  ;  je  hais 
M' fttet  etvos  Molrnnités;  lorioue  vous  iltn- 
ittzvtrtmoi  des  mains  suppliantes,  je  dé- 
i.'imrrat  fliM  renards.  Avant  tout,  purifiez 
rnirauri;  itex  de  devant  mes  yeux  la  malice 
it  totpttuées  ;  astistex  Copprimé,  faites  Jus- 
tin à  f orphelin ,  et  après  cela  présentez-vous 
oTff  totifiance  devant  It  Seigneur  votre  Dieu, 
On  Mit  bien  que  te  christianisme  est  vt'im 
jmrfecUoiiDer  tout  ce  que  la  raisnn  ou  ta  toi 
iuMl(|ue  avaient  sur  cette  matière  do  plus 
si^et  ileplus  pur,  et  que  sa  tin  essentielle 
KiJe  former,  au  milieu  de  tous  les  peuples 
d*liltj[Te,  un  peuple  d'adorateurs  en  «s- 
pnui  en  Térilél  Mais  enlin,  pour  éviter 
uiieicès,  n'allons  pas  ooas  jeter  dans  un 
inire,  qui  ne  serait  ni  moins  condamnable, 
ni  moins  funeste.  En  vain  de  faux  sages 
t/m  diraient  qu'ils  ne  routent  d'aulre  culte 
ije« celui  de  la  pensée,  d'nulre  concert  re- 
lificui  que  celui  d'une  vie  consacrée  k  faire 
iluliie»  OUI  bommes,  d'autre  temple  que 
li  tialnre.  Ce  n'est  ta  qu'une  Tsine  enflure 
i'-  paroles,  qu'une  orgueilJeuse  exagération 
uineiiliefiar  l'expérience,  par  Ii  rdison.par 
luitoiimeet. 

lV««Wl  )  Dten  llKHBnuga  de  km  inugtaillon  et  dfl 
*a  w&  ~  NituraliMue  panttif istiqHe.  —  PrétenUon 
"  '(T^?'°"  '*''  praiestantisoie.—  PerTeclioDs  1d- 
'iUj^JtMeaeiprfnK^esriitHemen/dins  la  criialion 
i-i«iWf  _Lp«  corps  mêmes  de  I*  uttnre,  q-ie  l'hom- 
".fvrndiiile,  «  laltH  les  complices  de  su  dtr^gle- 
uoidoiieniparilcipmu  tulle  da  resUuralioD  et  de 
ixaaixia  UBÏTCTselle. 

Ilfl'est  pas  besoin,  ce  semble,  d'élublirlu 
««(«ilé  d'ua  culte  extérieur  et  sensible. 
Vuinesail,  entre  autres  raisons,  combien 
l<|umle  réagit  sur  la  pensée,  l'acte  sur  In 
Tulunié,  l'expression  sur  le  sentiment  :  si 
jwi '4oe  nos  propres  pensées  n'arrivent, 
»niil-on,  k  l'élat.  distinct  de  conscience, 
luipfii  avoir  passé  par  l'état  sensible,  et 
iHreTiies  elles-iDfimus  dans  (eur  oxpros- 
««"!•  Nier  rolilité  des  rites  el  des  pratiques 
'»  nwière  de  religion  el  tlo  motalo,  dit 
wflilis,  c'est  faire  preuve  de  déraison  et 
•""ciilie;  car  c'est  nier  rempifô  do»  no- 
wK  lentibles  &ur  doa  ôtres  qui  ne  sont 
W*Jb  fiurs  esprits  j  c'est  nier  encore  la 
•""■eilel'bBbitude.  Les  rites  et  les  proliques 
*"nl  Ma  morale  et  aux  vérités  reliRieuses 
«;|ue  les  signea  aont  aux  idées  {690).  » 

31  iliomme  d'uitleurs  doit  linmmage  k  h 
«'inné,  ce  doit  être  tout  l'homuio  :  son 
■X'^iHialion  et  ses  sens,  comme  sun  esprit 
n  »oi  oinir.  Que  ferait-il  de  sa  nature  seii- 
^'".*>l  m  l'amplojiait  p.is  au  mémecultuî 
-»nlfai,t,,u'iiCfl(;cupe,il  nedépendpa»  rie 
'^1  tle  s'en  d'épouillrr  ;  elle  le  suit  ou  elle 


rempnrta,  el  ne  serait^tre  q^ 
être  détourné  par  elle,  il  fautd^ 
lui-même,  el  la  fasse  servir  It  ro^ 
adorations.  Qu'on  iie   dise  pas  qL 
étant  pur  esprit  el  lisant  dans  le  foi. 
cœurs,   n'a  pas  besoiu  qu'on  use  de  Si^ 
^oensibles  pour  lui  faire  parvenir  l'homoifa,^ 
de  rinlelllgence.  Il  ite  s'agit  pas  du  besoiL 
de  Dieu  dans  la  religion,  mais  du  besoin, 
mais  du  devoirde  Tbo^mme.  Or,  l'homme  a 
besoin  d'exprimer  ce  qu'il  sent,  do  parler 
ce  qu'il  pense,  pour  bien  le  sentir  même  et 
bien  le  penser,  surtout   lorsque  l'objet  du 
ses  sentiments  et  de  ses  pensées   contrariu 
ses  penchants  el  sa  faiblesse.  Il  doit  s'aider 
alors  de  toutes  ses  facultés  et  de  ses  aen& 
eux-mêmes,  pour  ne  pas  être  entraîné  par 
eux  h  des  ctioses  étrangères  ou  même  con- 
traires ;  il  doit  les  enrôler   au  service  de 
Dieu  avec  les  forces  de  sa  pensée,  comme 
ces  révoltés  ou  ces  lAches  dimt  un  habile 
général  se  délie,  et  qu'il  force  à  se  batlreeit 
les  mêlant  aux  lions  soldats. 

N'Oublions  paseusuiloque  la  religion  doit 
unir  les  bommes  entre  eux  par  le  lien 
même  qui  les  unit  à  Dieu,  Klle  doit  saisir 
l'humanité  dans  son  tout  comme  dans  ses 
membres  ,  pour  la  consommer  dans  l'unité 
divine.  Il  t;iut  dès  lors  qu'elle  revête  ded 
formes  extérieures  el  sensibles  qui  réunis- 
sent les  hommes  entre  eux*  el  agissent  sur 
eux  collectivement. 

La  prétention  de  certains  pbilosopbea  de 
nos  jours  est  de  dépouiller  la  vérité  chré- 
tienne de  ses  symboles,  comme  ils  disent, 
et  d'élevtrpeu  â  peu  la  raison  à  la  contem- 
pler librement.  Les  poètes  de  cette  école, 
ne  pouvant  se  passer  entièrement  d'images, 
affectent  de  se  répandre  eu  je  ne  tais  quel 
naturalisme  pantbéistique,  oit  la  terre  et  sa 
verdure,  le  ciel  et  ses  nua^^es,  la  mer  «'t  ses 
flots,  leur  [Kiraissent  eipriui'.'r  mieux  la 
Divinité  que  la  croix  de  Jésus-Christ. 

Mais  sans  exclure  le  sublime  langage  de 
la  création,  dont  nos  écrivaius  sacrés  sont, 
du  reste,  des  interprètes  bien  aulremcnt 
éloquents  que  les  écrivains  auxquels  je  fais 
allusion,  je  soutiens  que  s'iiltaclier  ninsi 
exclusivement  h  cet  ordre  naturel,  c'est 
saper  le  chiislianisine,  qui  est  fondé  sur  un 
ordre  surnaturel,  sensiblement  periouniftiJ 
en  Jésus-Christ  et  son  Egtise,  et  que  c'est 
mentir  a.  notre  nature  elle-même  dont  bi 
iatbiesse  réc'aoïe  otjustifle  ce  divin  secours. 
Aussi  un  théologien  proleslanl,  Viuct,  dit- 
il  foit  bien  :  ■  Je  ne  comprends  rien  au 
Dieu  vajiue  el  insoîsissable  du  poète  Lamar- 
tine: il  n  a  pas  dus  pieds  que  je  puisse  buijjuer 
de  mes  lannes,  des  genoux  que  je  puissu 
ejiibrosser,  des  yeai  où  Je  puisse  lire  lun 
gi'Acc,  une  bouche  qui  puisse  la  prononcer; 
il  n'est  pus  un  linnioie,  et  j'ai  besoiu  d'un 
Dieu-Honmie  (tiSlj.  » 

Le  protoslaiilisuto,  cependaQl.  n'a  con.oer* 


'"'"ifM.i.  IO«tïwi.  p.  513. 

•Vx),  IhCMsagt  «t  <U  i'aiut  dt  VetprH  ohiiosoaki-  cliriaiia 

'^■'-ll.p.  Wi.  lliii;,t.-s 
ildl,  Ï.KIÙ  it  philosopliit  moritU  el    rdi 


—  Lr  ciiléhrc  Mcfauhr  disait  aussi  :  t  Le 

nisLiic.  de  nos  pliiluaOjilK-s  et  de   iioi]inif 

uiuJei'ii'-s  u'e»!  plus  lucliriiitiiiiiismc  pm: - 

iui)i.  baua  un  L>iuu  poiïuinid,  suns  l'indiviituuli: 


S5S 


DIC'i'IONNllRE  AI'ULOGëTIQUË, 


eut 


^ 


In  lerra  successivement,  il  a  voulu  que 
l'hoiume  crjiiijirîl  davaiitaijp  le:j  sr>ins  attuii- 
lifs  de  sa  providence,  et  so  bonlâ  toute 
Aliécidle  envtTs  lui  ;  puisque,  par  CPtle  pré- 
féretii'e  accordée  h  la  terre  dont  il  devait 
fifre  coiuiue  le  maître  et  lu  roi,  ce  divin 
Créateur  seoiblaiL  lui  prouver  qu'il  avnit 
tout  fait  pour  lui. 

CltÉATion  siucLTAnÉBOu  stiadE9S)VB ;  réril- 
latioD,  Voy.  Optimisas,  —  La  solution  de 
tous  les  problèmes  de  la  création  est  dans 
l'incaniallon.  Foy.MAL  art.  I.5V.—  La  doe- 
frine  de  M.  J.  Rej'nauct,  sur  la  créatiim.  cou- 
(luitiiu  psDtliéisme.  Voy.  PRocmÈs  contiru. 
—  Tliéoiie  de  la  création  dans  la  théodicéo 
liunionilaire.  ¥ou.  TifÉoi>icÉE  bumakitiirI!. 
~-  Cn^olion  sensible,  exprime  les  perl'ections 
invisibles  de  Dieu.  Yoy.  Culte,  |  I.  — La 
•-■réalion  est-elle  un  mvlheî  Vov.  Création, 
S  VIL     . 

CséATtoN  uuLTiPLE  dcs  espèccs  dais  l'hu- 
manilé,  examen  de  tettt;  théorie.  Yoy.  Kaces 

DUUAINBS,  j  H. 

CUËATUltLS,  leur  rapport  au  Créateur. 
Voy.  Êtres. 

CllËDIBlLITË  de  l'histoire  évangéliqua 
démonlréu  par  les  Acltta  des  apAtres  ei  par 
les  Ëpltres  du  Nouveau  Testaïuenl.  Yoy. 
Hote  Ix  bii,  h  la  fin  du  volume. 

CRICHNA.  Yay,  liiDiAifiSHE,  |  V. 

CROISADES.  Voy.  Fanatisme,  j  111. 

CROYANCE  UNIVERSELLE  au  dogme  dn 
I  enfur.  Yoy.  Ehfeii,  g  I,  et  note  II,  à  la  lin 
du  volume,  —  Cru^aiiiio  ruligieuse  des  sei- 
gneurs gallo-roniams  aux  iv*  et  v"  siècles. 
roy.AHiSTocBATiEGALLO-HOUAiNE.— Croyan- 


CRCClFIEMENT.différenceenlrelesévan- 
gélisliis,  par  rapport  è  l'heure.  Yoy.  i&m 
tSairil)  l'Kvatigt-liste,  J  IL  —  Objeciions  do 
titrniiss  sur  la  conduite  de  Jésus  avant  le 
t'i'ucilleinent.  Jbid. 

CUSA  (le  cardinal]  a  soutenu  le  mnuvc' 
hient  de  I.1  terre  avant  la  naissance  de  Co- 
pernic et  de  tiulilâe.  Voy.  I'brre. 

CULTE  CATHOLIQUE. 

Le  beaa  est  ta  spleiideuf  du  vnJ. 

Le  beau  ut  ce  qui  pUtt  it  I*  Tcrtu  écialréB. 
(Comte  H  Mahux.) 

Il  n'est  qne  ti-op  commua  de  reiUMmtrer 
tlusliommesqui  vivant  comme  sans  religion 
ri  Mtna  Dieu;  soit  qu'ils  afTeclenI  d'être 
mécréants  par  système,  snit  qu'ils  s'endor- 
ment dans  une  insouciaoce  douce  en  apjia- 
reiice,  et  si  funeste  en  réalité.  .4lhées  pra- 
tiques  I  ils  coulempicnl  les  merveilles  de  la 
Holure ,  sons  jamais  s'élever  jusqu'i  leur 
auteur;  ils  jouissciil  ùe  tous  les  bienfaits  de 
)a  créelioR  ,  sans  les  fftire  remonter  vers 
Itïur  source  par  la  reton naissance  ;  et  comme 
s'ils  étaient  hors  de  l'empire  du  souvenu» 
Arbitre  de  Imites  choses ,  ils  ne  preiineot 
4itjur  règle  de  leurs  sentiments  et  de  leurs 
Actions  <{ue  le  )>enchfti>1  qui   les   d'iiurne. 


Dans  les  hommages  de  l'esprit  et  du  ua\: 
rendus  i  la  Divinité,  dans  le  culte  iutérieur, 
ils  ne  voient  qu'une  chose  inutile-,dansh 
hommages  eitérieurs  et  publics,  <iins  li-s 
rites  sacrés  et  les  fêles  religieuse»,  iU  m 
voient  que  des  pratiques  puériles  et  dt^su- 
persliiious  populaires. 

Malheureusement  l'impidté  trouvera  ton- 
jours  un  appui  secret  et  puissant  dans  l'or- 
gueil de  l'esprit  et  la  dépravation  du  tsiir. 
L'homme  veut  fiire  indépendant;  et  la  \m- 
sée  d'un  Dieu  rappelle  un  matlre  ci:i)  com- 
mande et  qui  veut  être  obéi  :  Vbmm 
voudrait  vivre  au  gré  de  ses  désira,  tl  le< 
doctrines  religieuses  l'irritent,  pArcequ'vlIn 
gênent  ses  penchonts.  Toujours  les  pissiort 
murmurent  contre  le  frein  de  liuinriii 
divinn;  iudociles,  impatientes,  elles ditr- 
chent  jt  le  briser.  L'orgueil  ne  veut  pis* 
supérieur,  pas  même  d'égal.  Le  même  ei^nl 
de  rébellion  qui  soulève  quelquefois  !mi- 
jet  contre  Je  monarque,  le  fils  couinl: 
père,  le  serviteur  contre  le  maître,  smitén 
l'homme  contre  Dltiu.  Il  est  des  liomm 
in-éligieux,  par  ta  même  raison  qu'il  esti!» 
sujets  rebelles,  des  tils  ingrats.  Par  onjueil, 
l'homme  se  contemple  lui-mèmu  avec  une 
complaisance  secrète;  il  ne  voit  qus  l»i 
dans  cet  univers;  il  se  préfère  t  tout  ri 
mCme  il  Dieu  :  et  voilà  pourquoi  l'orgimi 
cttuaesorttid'albéismeGommencé..Olt!  qu'il: 
faut  que  les  doctrines  religieuses  eimonln 
tiennent  au  cœur  de  l'homme  par  de  pro- 
fondes raci::es,  pour  qu'elles  aient  pu  ^^ 
sisler  OUI  passions  toujours  liguées  pour  la 
détruire  1  Rien  peut-être  db  prouve  mieui 
leur  empire  et  leur  nécessité,  que  le  pelj 
nombre  d'impies  qui  de  loin  en  ioiu03t«i| 
tes  combattre.  | 

Sans  doute  la  substance  de  tout  colle  lii 
gitime  se  trouve  dans  les  itommages  iul^ 
rieurs  de  l'esprit  et  du  cœur;  lesdeborsle 
vAMs  pompeux,  les  fêles  les  plus  brilliul<^ 
le  plus  magnifique  appareil  du  culte  ti:<{ 
rieur  et  public,  ne  seraient  qu'un  vainsr 
mulacre,  sans  les  sentiments  et  les  inli^ 
lions  pures  qui  en  font  le  priiet  le  mériif 
Ift  Divinité  veut  surtout  régoer  dans  le  cH 
et  ce  qui  ne  servirait  pas  à  y  établit  soi 
empire  ne  serait  qu'une  illusion.  Less.i,|(l 
du  paganisme  n'out  pus  ignoré  ces  vérité 
témoin  Zaleiicus,  daus  la  fameuse  préM 
de  ses  lois,  qnaud  il  disait  qu'on  doit  pn 
senter  à  la  bivinilé  une  âme  eiempii;  a 
souillures  ,  et  se  persuader  qu'elle  eslN 
moins  honorée  par  de  pomgwuies  cérénm 
nies  que  par  la  vertu  ;  témoin  Piioe  le  Ji'U"' 
dans  son  célèbre  panégyrique  d^  Traj"* 
quand  il  dit  qu'il  vaut  bien  mieJi  »'"*< 
au  temple   avec   une  Âme    sainte  et  yoi 

2 u'avec  des  cantiques  composés  avec  jrj 
ette  doctrine  était  bien  clairement  e»»^ 
giiée  cbeK  les  Juifs  ,  ce  peuple  toutefois  1 
enclin  à  placer  une  confiance  excessifedaii 
son  temple  et  dans  ses  réréuranies.  On  »| 
avec  quelle  véliéraence  le  proplièie  Is^' 
s'élevait  contre  ces  fausses  et  irooit*"'* 
upi  ercncL'S.   Kceules,   s"éeriaU-ii  à  a'  5- 


CIL                    DICTIO.NNj^IRE  APOLOGETIQUE.  CIL                       S» 

yt  i'S89),  prélis  foreilleà  la  paroU  de  votre  l'eni|iorle,  el  ne  sffrnit-ee  que  pour  n»  pas 

'B'tit  :  Qu'a i-]'e  besoin ,  vous  dit-it  par  ma  6tre  détourné  par  elle,  ii  faut  au  il  la  lourne 

iovhf,  dt  la  multitude  devoi  victme»?  Que  lui -môme,  el  le  fasse  servir  b  l'objet  Je  ses 

«r/nil  te  tang  an  bouci  tt  de»  taureaux?  adorations.  Qu'oa  ne   dise  pas  que  Dieu, 

iotn  ntrni.  je  l'ai  m  abomination  ;  je  haig  ëtoni  pur  esprit  et  lisant  dans  le  fond  des 

r»{lltitlvoi  lolenniiés;  lorsquevouf  élen-  cœur»,   n'a  pas  besoiu  qu'on  use  de  signes 

irr:  rrrimoi  de*  maim  sappltanlet.  Je  dé-  -sensibles  pour  lui  faire  parvenir  l'IioniDia^e 

[.'irumiifflH  regards,  Atant  tout,  puri/iez  de  rintelJigeuce.  Il  ne  s'agît  pas  du  besoin 

rti  court;  dtes  de  derant  m»  yeux  la  malice  de  Dieu  dans  la   religion,  mais  du  besoin, 

dr  101  ptniéei  ;  aniite»  l'opprtmé,  failei  }ut-  mais  du  devoir  de  l'tio^aie.  Or,  l'homme  a 

iKt  i  {^orphelin ,  et  après  cela  préfentexvDus  besoin  d'exprimer  ce  qu'il  sent,  de  parler 

cm  ttmfbmce  devant  le  Sei^eur  votre  Dieu,  ce  qu'il  pens&,  pour  bien  le  sentir  mèine  ejt 

0(1  »j(  bien  que  le  christianisme  est  venu  bien  le  penser,  surtout   lorsque  l'objet  do 

r«riwltonuer  lout  ce  que  la  raison  ou  la  loi  ses  sentiments  et  de  ses  penséus   contrario 

iMistique  «raient  sur  celte  matière  de  plus  ses  pencbanls  et  sa  faiblesse.  Il  doit  s'aiilnr 

njeeldeplus  pur,  el  que  sa  Un  essentielle  alors  de   toutes  ses  fscullés  et  de  ses  sens 

ni  de  former,  au  milieu  de  tous  les  peuples  eux-mêmes,  pour  ne  pas  èlre  entraîné  par 

■l'Iiterre,  un  peuple  d'adorateurs  en  es-  eux  à  des  choses  étrangères  ou  même  coc- 

yiiel  en  vérité  I  Mais  entin,  pour   éviter  traires  ;  il  doit  les  enrôler   au  service  du 

Ml  eicès,  n'allons  pas  nous  jeter  dans  un  Dieu  avec  les  forces  de  sa  pensée,  comme 

luin,  qui  ne  serait  ni  moins  condamnable,  ces  révoltés  ou  ces  lâches  dont  un  habile 

il  laoins  funeste.   En  vain  de   faux   sages  général  se  délie,  al  qu'il  force  à  se  battre  en 

ii'jiis  diraient  qu'ils  ne  Tculent  d'aulre  culte  leii  iiiôlanl  aux  bons  soldais, 

jlue  celui  (te  la  pensée,  d'nulre  concert  re-  N'oublions  pas  ensuite  que  la  religion  doit 

!i:ieuiquecelui  d'une  vie  consacrée  è  faire  unir   les   hommes   entre    eux  par  le    lien 

itu  bien  Bux  hommes,  d'autre   temple  que  niéme  qui  les  unit  à  Dieu.  Klle  doit  saisir 

ti  iMlure.  Cen'esl  \h  qu'une  raine  enflure  l'humanité  dans  son  tout   comme  dans  ses 

4>^ paroles,  qu'une  orgueilleuse  exagération  membres  ,  pour  la  consommer  dans  l'unité 

>i^iDeB(iB(iar  l'expérience,  par  la  raison, par  divine.  Il  i^ut  dès  lors  qu'elle  revête  des 

le  MOliment.  formes  extérieures  et  sensibles  qui  réunis- 
sent les  hommes  entre  eux,  et  agissent  sur 

'  *•  eux  cotleciivemnnt. 

iVwiMiï  Dira  Hmniiiugs  de  «m  iougliutfiin  et  de  L&  prétention  de  certains  philosophes  de 

r.^SîLl''"'"'^"*"'  P»nll>i5istiqne.  —  Prétenifon  nos  jOUrs    esl  de  dépouiller  la  Térité  chré- 

i^hioIf.  -  Lpt  corpi  mêmes  de  la  utlure,  que  rtiom-      ^t  d  élevLTpeu  a  peu  la  raison  a  la  contem- 
««.piinefairie,  a  EiUilMcoaif^tcesdBsesddrâgle-      pler   librement.  Les  poëtcs   de  cette   école, 

......1.-J      —  eido     nepouvant  se  passer  entièrement  d'imagos, 

affectent  de  se  répandre  eu  je  ne  tais  quel 
naturalisme  panthéislîque,  oit  la  terre  et  sa 
verdure,  le  ciel  et  ses  nua^tes,  la  mer  vl  sl'S 
flots,  leur  jinraissent  cxpriiii'.>r  mieux  la 
Divinité  que  la  croix  de  Jésus-Christ. 

ïlais  sans  exclure  le  sublime  langage  de 
la  création,  dont  nos  écrivains  sacrés  sont, 
du  reste,  des  interprèles  bien  aulreiiK<nl 
éloquents  que  les  écrivains  auxquels  Je  fais 


■I  n'est  pas  besoin,  ce  semble,  d'établir  h 
iw»»ilé  d'un  culte  extérieur  et  sensible. 

Vui  ne  sait,  entre  autres  misons,  combien 
I' [«Mlfl réagit  «ur  la  pensée,  l'acte  sur  la 
Tuiunié,  l'expression  sur  le  sentiment;  si 
ixeii 'ja«  nos  propres  pensées  n'arrivent, 
il'nii-on,  ï  r^iat  distinct  de  consciencf, 

luiprèsavoir  passépar  l'état  sensible,  et      .  . ., -,__    .    -.      -.   . 

>>^'re  vues  elles-mAmes  dans  leur  oipros-     allusion,  je  soutiens  que   s'atLiciier 
luaJiNier  l'utilitédes  ritesetdespraliques     exclusivement  i    cet  ordre   natui 


saper  le  chiislinnisnte,  qui  est  fondé  sur  uu 
ordre  surnaturel,  sensiblement  personnifié 
en  Jésus-Christ  et  son  Ejjiiso,  et  que  c'est 
mentir  a.  notre  nature  elle-mënie  dont  hi 
liiitjlesso  réclame  otjuslifle  ce  divin  secours. 
Aussi  un  théologien  prolesiant,  Vinct,  dil- 
il  fort  bien  :  a  Je  no  comprends  rien  au 
Dieu  vaKue  et  insaisissable  du  pooteLanmr- 
riiomme  d'ailleurs  doit  hommage  b  la  tine:il  n  a  pasdes  piedsquejepuissebui^iier 
in'ioilé,  ce  doit  être  tout  l'hummo  :  smi  de  mes  larmes,  de»  genoux  que  je  puissu 
'""jiiialion  et  ses  sens,  comme  son  esprit  embrasser,  des  yeux  où  je  puisse  lire  ma 
"mi auur.  Que  ferait-il  de  sa  nature  sen-  KiAcc,  une  bouche  qui  puisse  la  prononcer; 
|,'l>e.»'il  ne  l'employait  jms  au  même  cuilu?  H  n'est  pas  uo  homme,  et  j'ai  besoiu  d*un 
V>  tiiitqu'ill'occupe,  il  no  dépend  pas  du  Dicu-Hoiimie  ((î91j.  > 
lui  (Je  s'en  d'épouilhtr  ;  elle  le  suit  ou  elle        Le  protestantisme,  cependant,  n'a  con.^er- 

p.  313,  —Le  ccléhre  Nlcbulir  disa'tt  aussi  :  «  Le 
cliristiaiiisiiio  Je  non  iiliilosoiiln-s  et  Je  nos  patt  • 
ihOislPS  nioJeiiirs  nVsl  plus  le  eliristiaiiiMiir  |"ii.  • 
uiui.  Sans  un  l>icu  iiti soniu-t,  sans  finiliiidnali: 


"  niiiière  de  religion  et  do  morale,  dit 
™rla|jî,  c'„i  fgjry  preuve  de  déraison  et 
sitieiilie;  car  c'est  nier  l'empire  dut  no- 
uant sensibles  bur  des  Aires  qui  ne  sont 
[«Jde  purs  esprits  j  c'est  nier  encore  la 
l'rccte  l'habitude.  Les  rites  et  les  pratiques 
"«l  i  la  morale  et  aux  vérités  religieuses 
t'-iue  les  signes  sont  aux  idées  (liBO). 


iSiSifw.i.  lOei  acq. 

'i/Wi  be  fmiagt  et  de  i'aius  de  t'aprit  phUasoithi- 
^■_^  Kp.  i«4. 
iWtj  i^aû  rf«  p.'i(iuMjjfti(  momie  tl    rtli'juuK, 


ncnONNAlRE  APOLOGETIQUE. 


CVh 


*6  laf-mAme  que  t'abslrsclion  de  ce  Dieu  ; 
et  rranchtmeni,  li  vnjr  ses  lemples,  «n  ne 
(lirait  pas  que  c'est  lui  qu'il  y  adore,  ni 
rafiine  qa'][  en  adore  aucun.  Ce  sont  des 
t^irices  confortables,  où  on  est  bien  à  son 
iiisp,  mais  qui,  du  reste,  sont  parfaitement 
vides  de  loui  ce  qui  peut  rappeler  h  l'homme 
sa  dépendance  et  nourrir  sa  piété.  CVsl  la 
iimisun  de  l'horamo  et  non  la  maison  de 
Dieu.  —  A  cela  les  protestanls  répondent 
que  c'est  par  respect  pour  Dieu,  que  rien  ne 
snurnit  représenter  di^nemenl;  et  ils  jettent 
auciiliioliscisme  le  reproche  d'idolâlrie. 
Mais  on  se  demande  si  le  respect  pour  Dieu 
peut  se  concevoir  sans  le  sentiment  de  la 
faiblesse  humaine,  et  si  ce  n'est  pas  6tre 
dépourvu  de  ce  dernier  sentiment,  et  par 
conséquenide  respect  pour  Dieu, que  de  se 
croire  nalurellemenl  assez  dégagé  pnur  ,ïe 
passer  de  tout  mojen  sens'ble  de  s'élflfer 
vers  lui,  le  contempler  dès  ici-bas  face  à 
face,  et  se  donner  dans  un  corps  de  bous 
les  privilèges  des  purs  esprilsT ...  On  se  de- 
ninnde  si  celte  prétention  à  la  nalure  imœé- 
dinle  de  l'ange  n'émsne  pas  du  même  sen- 
timent qui  inspira  à  lange  lui-même  la 
préLenlion  de  s'égaler  au  Très-Haut;  si  ce 
n'est  pas  de  l'idolâtrie  enfin,  et  la  pire  de 
loutes,  l'idolâtrie  de  soi-même?.. .  On  se 
demande  suflout  si  ce  n'est  pas  dn  l'incon- 
séquence et  de  l'impiété  ou  point  de  vuede 
la  foi  chrétienne,  laquelle  repose  principa- 
lement sur  In  nécessité  d'un  médi.ileur  vi- 
sible, sur  le  Verbe,  c'est-ù-diie  Dieu  lui- 
ludine  fait  chair?... 

hâ  question  de  sïivoirde  quelle  manière 
l'homme  doit  adorer  Dieu  ne  peut  d'ailleurs 
êlre  résolue  par  l'homme.  Cela  implique. 
Dieu  seul  doit  être  juge  de  son  propreculle. 
Or,  Dieu,  même  au  seul  point  de  vue  natu- 
rel, nous  a  manifesté  sa  volonté,  &  celégard, 
d  une  manière  incontestable. 

La  religion,  en  effet,  se  compose  dedeux 
ordres  de  relations:  les  unes  par  lesquelles 
Dieu  se  réïéla  è  nous,  les  autres  pur  les- 
quelles nous  acquiesçons  à  lui.  Les  pre- 
mières doivent  être  évidemment  la  base  des 
secondes.  Or,  les  premières,  même  dans  la 
nature,  revêtent  des  formes  sensibles.  Ce 
n  est  qu'à  travers  ses  œuvres  que  Dieu  nous 
Apparaît  :  il  a  fait  de  l'univers  comme  un 
lemjile  où  ses  perfections  invisibles  sont 
exprimées  visiblement.  Pourquoi  voudrloas- 
nous  maintenant  renverser  c«l  ordre,  et 
nous  afft-anchir,  pour  lui  répondre,  de  la  loi 
à  laquelle  il  s'est  en  quelque  sorle  soumis 
luF>même  pour  nous  parler?  Pourquoi  ces 
niâmes  créatures,  ces  mêmes  signes  sensi- 
bles, qu'il  n'a  pas  juiiés  indignes  de  servir  a 

biimaine,  sans  nne  croyance  histflTii[ue,  il  n'y  a 
pas  de  chrlslianisme,  Il  n'y  a  plus  qu'une  pbilo»>- 
pliie  inlelleciuelle.  J'ai  déjà  dil  souvent  qje  je  ne 
voulais  pas  de  Dieu  métaphysique;  je  ne  reconnus, 
quant  k  moi,  que  le  Dieu  de  la  Bible,  qui  esl  le 
cœur  au  cœur.  >(Cilé  dans  la  Revue  brilannique  de 
décemlirelUO.) 

(692)  C'est  i  un  proUituRr  que  nous  avons  eni- 
pi'iinlc  la  itéilucllon  de  «.vUe  conséquence,  qu'il  fait 
ïuivre  de  cclie  réDci  on  ;  i  On  kouffre  d'élte  oblitsé 


la  manifestation  de  ses  attribals  ttntn 
nous,  ne  seraient-ils  plus  convenables  mr 
l'exercice  de  nos  sentiments  envers  luil... 
La  raison  qu'un  oppose,  que  ce  serait  ei< 
poser  l'homme  à  se  mépreQ<lre,ïsDlûiiiuer 
le  signe  è  Is  réalité,  le  culte  eilérieurta 
culte  intérieur,  et  b  glisser  dans  l'idoldlrieiles 
exemples  mêmes,  quelques  nombreux  qu'ils 
soient,  qu'on  relèverait  è  l'apiiui  de  c«lia 
raison,  tout  cela  tombe  de  soi-mËme  devint 
notre  argument.  Car  si  ce  raisonnement  étiit 
absolu,  et  si  de  l'obus  de  la  cliose  nous  de- 
vions coijclure  ï  sa  suppression,  il  (auilmi 
commencer  par  incriminer  Dieu  lui-iu£itie, 
qui  le  premier  nous  y  aurait  eiposés,  et 
faire  de  l'outrage  et  de  la  destruction,  s'il 
était  possible  de  ses  plus  belles  ceuvres,  le 
fondement  de  notre  adoration  envers  lui.  U 
soleil,  la  lune  et  les  étoiles  ont  éléunolijel 
d'adoration  pour  beaucoup  de  peuples  pg- 
licés,  et  le  sont  encore  de  nos  jours  m 
quelques  parties  du  monde.  Il  y  a  oiéaieit 
sein  de  nos  ponulBlions  des  gens  qui  m- 
raient  tout  portes  h  ce  culte.  Or,  qui  e!l-u 
qui  oserait  soutenir  cette  absurdité,  i[ue 
Jaute  de  pouvoir  se  défaire  du  soleil,  de  la 
lune  et  de  toute  l'armée  du  soleil,  il  bui 
fermer  les  yeux  pour  ne  pas  résister  i  li 
tentation  de  les  idolâtrer?  Voilï  iiourtantles 
conséquences  de  ce  puritanisme  qui  prnstrit 
tout  culte  extérieur  par  la  crainte  de  la  su- 
perstition (692).  Mais  le  bon  sens  se  révolii.', 
et  s'écrie  :  Cali  marrant  gloriaai  Dti,  t' 
opéra  ntanuuni  ejui  annunliat  firmaountum! 
et  la  reconnaissance  et  l'amour  de  l'honiDie 
n'hésitent  pas  à  s'emparer  de  ces  oifimes 
leuvres,  pour  eu  faire  les  instruments  de  suu 
culte  envers  leur  auteur. 

Cet  argument  grandit  dans  le  chrislia- 
nisine,  parce  que  dans  cette  religion  JeFjli 
et  l'égal  de  Dieu  a  daigné  par  condescen> 
duiice  pour  noire  faiblesse,  qui  n'enleniliil 
plus  le  langage  de  lo  création ,  revêtir  noire 
'  cliuir,  nos  sens,  les  ennoblir  et  les  diviniser, 
et  les  faire  entrer  lui-même  dans  le  cuHe 
qu'il  a  le  premier  rendu  &  son  Père,  pour 
nous  apprendre,  â  son  exemple,  le  Dio;en 
du  lu  rendre  à  notre  tour. 

Ceci    nous  conduit  à  une  dernière  vue  ' 
plus  haute  : 

Le  christianisme  est  la  restauration  ili  ' 
la  nature  Itumaina  par  le  Christ.  Tout  a 
qui  entre  dans   la  nature  humaine  e(  tout 
eu  qui  s'y  rattache   doit  participer  par  vois 
de  suite  à  cette  restauration. 

Tout  se  tient  dans  les  œuvres  de  Oiea. 
depuis  le  chérubin  jusqu'à  la  planta,  jus- 
qu'à la  pierre.  Une  cuatne  merveilleuse 
court  d'anneau  en  duneau    dans  tous  tes 

de  descendre  ides  comparaisons  auui  IriviiK 
pour  attaquer  des  préiugcs  encore  aussi  rttffcfs 
dans,  un  siècle  comme  le  nôtre.  Et  c'est  attc 
ces  préjugés  siupides  qu'on  a  la  prétention  de  pr<>- 
fesser  une  religion  éclairée,  qui  doit  un  jour  eiJTaliir 
tout  ta  monde!»  (Uulleii,  De*  beaus-arli  d"* 
le  cuite  de*  Eglieei  réformée*,  p.  87.)  Ces  réOe<i<'iii 
sont  justes,  mais  infécondes  ;  l'appel  tardif  quç'' 
protestantisme  ferait  aux  l>i-aui-arls  ne  saurait  i-w 
entendu,  nous  en  donnerons  la  raison  (tans  ui>  imUA 


III 


CIL 


DICTIONNAIRE 


(l'sràdeb  créalion,  et  les  relie  arec  soa- 
|.:es»  rt  uae  pinfonda  unité.  I/homme  en 
pirlinilîer  est  l'enoeau  de  jonction  du 
mtiit  ioTisible  des  esprits  et  du  monde 
tisibicdes  eorps;  il  loucfae  k  toas  les  deux, 
lu  plus  bas  degrâ  de  l'uo ,  au  plus  haut 
iepé  (jfl  r«utre;  et  sans  les  confondre  il  les 
nifrocbe,  il  les  relie.  Composé  miste, 
miffi  de  la  terre  et  du  ciel ,  il  ce  peut  pas 
l'ai  répudier  l'un  que  Tsalre;  et  il  ne  peut 
H  déplKcr,  se  dégrader  ou  s'ennoblir,  snns 
:^-iiBr  dins  le  méinesens  sur  le  milieu 
.-<  il  est  le  centre. 
QiQi  rjga  d'or  de  ses  destinées  primi- 
titjidool  le  sniiTenir  a  été  conservé  par 
Ml» les  Iredilion.»  de  l'univers,  toute  la 
MiiiKlnobéissait  immédiatement  comme 
1  )«a  roi,  ri  devait  être  élevée  en  lui  h  des 
ifrf<pliits  de  spiritualité  et  de  glnire. 
Aifnsedétachant  do  Dieu  par  le  déré- 
■■ta-ralde  tk  libre  volonté,  l'bomme  en- 
fnlat  lEt|iiritael  dans  le  charnel,  et  lecoo- 
in^ioup  t'en  fit  sentir  dans  la  nature  en- 
'■■;*.  CelltMri  OB  fut  plus  pour  lui  qu'une 
""'irée,  et  il  acheva  de  ta  dénaturer  en  la 
liiitni  1*  fomplicfi  de  ses  déréglemenis. 

Le  Réparateur  de  ce  grand  désordre,  le 
Béisï  Verbe  qoi  avait  créé  l'ordre  primitif, 
i«  Christ  est  venu  relever  ce  qui  était 
l"3iljé.  A  cet  effet ,  il  a  pris  notre  nature , 
('(it-i-dire  notre  Ame ,  c'est-à-dire  notre 
c-V.  c'esl-k-dire  par  tuile,  la  nature  en> 
l^coiïrfl  corps  se  forme  et  de  laquelle 
^  'il-  Selon  la  belle  expression  de  nos 
u  m  livres .  la  Sauveur  a  gtrmé  de  ta 
^t  II  pU  (fu-  ciel.  Aussi  a-t-il  souffert 
l'êtes  les  nécessités  et  toutes  les  dépen- 
'■'<'^  île  celle  nature  sensible,  cumme 
■'i>,|>ar suite  du  péché  qu'il  venait  expier, 
■''i.  par  cette  eiptation  même,  il  l'a  rele- 
I  ^  MDctiGée,  réintégrée  avec  nous  en  lui, 
<K(IflraBgd'oii  nous  l'avions  fait  déchoir, 
"'.Jim  sa  transfigura  lion  et  son  ascension, 
•^•j'ni  pas  seulement  notre  nature  propre, 
'-ji'iles  éléments  terrestres  de  la  nature 
-■<si(]ue  don[  elle  se  compose,  qui  ont 
''»i(iH-ncé  h  jouir  en  lui  de  celte  gloire 
'(«'i  il  nous  a  frafé  la  roule  et  dans  la- 
[!■''?  nous  nous  lèverons  un  jour. 
J-^uyChrist  a  rétabli  ainsi  en  sa  personne 
■iiDanité  dans  tous  ses  rapports  ,  et  par 
-iiai'liorts  il  a  rétabli  toutes  les  choses 
'-!'l<^  ou  invisibles,  qui  en  sont  roiijel. 
^'ij  en  belles  paroles  de  sninl  P«ul  :  i.« 
^ff  ut  Vimagt  du  Dita  inviiibte  et  It 
'''"iti-né  de  toute  créature;  car  en  lui  ont 
'  Téttt  TOUTES  CHOSES,'  oux  cUuT  fotnme 
' -TTi ,  TI5IKLES  OU  ixtisiHLES  ,  tesqutllti 
"rpitiau  m  lui.  El  austi  Itt  a-t  il  récon- 
"I  m  lui,  pacifiant  par  U  lang  lie  ta 
-u  laniea  dtata,  toit  en  la  ttrre,toit  ai4;r 

Wj  pnsé ,  et  le  culte  que  nous  devons 
1  n-à  Dieu  n'étant  que  la  suite  et  ra|>- 
-)'ioi  de  celai  que  notre  chef  Jésus- 
":l  lui  a  ren-tu  le  premier,  il  est  dans 
-'  !:e  lie  cv  |ilaii  divin  que  nous  fassions 

ifc'"',  fl^hu.  i,  15-17. 


APOLOGFTIOOE.  CUL 

|tarticiper  ft  ce  cuUe  de  reslaun. 
crGcalion  universelle.  non-seulenK 
i:ullésdenolreâme,maisctillesdenoti 
celles  même  des  autres  corps  de  lanalQ, 
en  dépendent ,  et  que  nous  entraînions  v 
dans  noire  retour,  comme  nous  avions  fc. 
tratiié  tout  dans  noire  égarement. 

Sans  doute  ces  trois  degrés  de  participa- 
tion au  culte  divin  n'ont  pas  la  même  im- 
portance ,  et  le  culte  spirituel ,  l'adnralton 
m  tsprit  et  en  vérité,  doit  marcher  à  la  tête  ; 
mais  le  culte  sensible,  l'adoration  eité- 
rieare ,  ne  peut  pas  no  pns  suivre  comme 
élaot  modèle,  informé  par  lu  culte  spirituel  ; 
et  il  ne  peul  pas,  h  son  tour,  ne  pas  mfxle- 
ler  el  tn/onner  de  la  même  manière  la  nn- 
ture  physique  qui  t'environne,  et  dont  il  dis- 
pose. Ces  trois  choses  secommandenticelui 
qui  aime  ne  peut  s'empêcher  de  le  dire  et  de 
1  exprimer,  et  non-seulement  de  le  dire  et 
de  1  exprimer,  mais  de  le  faire  dire  k  tout 
ce  qui  est  autour  de  lui;  et  loin  qu'en  faisant 
cela  il  altère  et  épuise  le  sentiment  qui  en 
est  le  mobile,  il  le  purifie  par  le  sacrilice 
de  tout  ce  qu'il  met  à  sa  dévotion,  il  l'exalte 

Par  la  réaction  même  du  mouvement  qui 
y  entraîne. 

Nous  avons  un  bel  exemple  de  celle  vé- 
rité dans  l'Evanxile.  Vojez  la  Madeleine  : 
l'amour  divin  a  pénétré  son  âme  :  aussilOt 
que  se  passe-t-il  en  elleT  va-t-elle  se  borner 
k  exprimer  cet  amour  tu  eiprit  et  en  térilét 
i  aimer  mentalement T  Oh  I  non  1  Elle  court, 
elle  cherche  son  Sauveur,  elle  se  jette  & 
ses  pieds,  prosternée  dans  les  larmes;  elle 
les  embrasse,  elle  tes  couvre  de  ses  baisers, 
elle  les  essuie  de  ses  cheveux,  elle  les  adore 
iion-seulemeot  de  tout  son  esprit,  et  de  tout 
son  corps,  elle  fait  plus:  on  vase  de  parfum, 
objet  précieux,  objet  étranger  non>seulement 
à  son  Ame ,  mois  à  son  corps ,  va  parlicijicr 
aux  actes  de  celui-ci,  de  celle-lè:  il  va  être 
brisé  comme  son  coeur ,  versé  comme  ses 
larmes;  il  va  venger  Dieu  par  sa  géiiéreu>e 
profusion,  de  l'usage  criminel  auquel  il 
était  de5tinécontrelui;el,  de  profane  et  sa- 
crilège il  va  de  venir  pieux  et  sanctihé  comme 
l'amour  qui  lu  répand.  Que  l'orgueil  pha- 
risaique  se  scandahse  de  ces  exagérations 
idolâtres  :  Jésiis-Olirîsl  les  approuve,  el  i( 
en  prend  même  sujet  de  reproctier  h  S"U 
bêle  sa  froide  réserve.  Prenez  modèle  sur 
cette  femme,  dit-il.  Je  tuit  entré  dant  voire 
demeure,  et  voua  n'avez  pai  o/ferl  de  Crnu 
pour  me»  pied*:  elle  let  a  arrotét  de  itt  larmes, 
les  a  essuyés  de  set  cheveux. — Vous  ne  m'are% 
pas  donné  le  baiser  de  réception;  elle,  du 
moment  où  je  tuis  miré,  n'o  pat  tetté  de  bai- 
ser mes  piedt.  —  foui  ne  m'avez  pas  crrsé 
sur  tes  chevtax  l'huile  de  tenleur  ordinaire, 
elle  a  embaumé  mes  pieds  de  t'estence  la  plat 
précieuse.  A  cause  de  cela  il  lui  sera  beau- 
coup remis,  parce  qu'elle  a  beaucoup  ai- 
mé (69V}. 

C'est  ainsi  que  la  vérilédu  culte  intérieur 
enlrnliie  et  {ustilie  le  culte  extérieur  par 
le  lien  mèuie  qui  unit  l'esprit  au  corps»  et 

(694)  Ue.  TU.  41,  4!i. 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


CUL 


SU 


{)sr  lui  à  tous  les  corps  du  inonde  visible 
qui  l'entoure;  que  la  vraie  religion  doit 
restaurer  toutes  clioses  en  les  ramenant  à 
l'auteur  et  au  ré(ianiteur  de  toulns  choses; 
et  que  la  nature  enliëre,  s'il  se  peut,  animée 

fiar  le  génio  de  son  Uni,  doit  prendre  avec 
ui  une  altitude  d'adoration,  et  devenir  la 
cuwpagiie  et  la  cooiiÉratrice  de  son  rclour, 
eomme  elle  avait  éi6  la  victime  cl  la  com- 
plice de  son  désordre. 
'  C'est  sur  eus  bases  larges,  profondes,  na- 
turelles, que  repose  le  t>eul  vrai  culte,  le 
culte  universel  ou  catholique, 

S"- 
Acte  prlDcipal  du  cylte,  h  messe.  —  Les  plus  sublimes 
créalioiu  des  arts  sont  Inspiri^es  par  le  culle  cxtbollqae. 
—  L»  prtKttce  réélit  en  eit  !e  faùd  el  t«  snbslance.  — 
Les  évéDenJeatsdebdeduCbristTevieimebl  pour  noua 
(Unsune  suiU  de  Tètes  qui  partagent  l'année  en  solen- 
nités sa([iles.^^Tabteau  desKips  chréU enn es.  —  Culte 
(tes  saints,  et  priÈre  pour  les  niorls  ;riSpoo«e»upr»- 
teai^ntisme.  —  Pn^qnes  de  divotjon  jiMliflée*. 

De  ces  principes  généraux  ,  descendoDs  à 
quelques  applications. 
,  Si  ou  ramène  le  culte  catholique  h  sa 
]i1us  essentielle  expression,  rien  de  pttis 
simple  et  qui  se  prête  mieui  i  l'eTiguilé 
des  circonstances:  un  peu  de  pain,  un  peu 
de  vin  ,  et  quatre  mots  de  la  bouche  d  un 
prêtre,  voilà  le  sacrrtice  de  la  messe  qui  en 
est  l'âme  et  auquel  il  peut  se  réduire  rigou- 
reusement. 

Dans  la  simplicité  de  cet  acte  se  trouve 
en  efTel  rcnTermé  plus  que  tous  les  mnndps 
visitiles  et  Invisibles  ne  peuvent  contenir 
cic  richesses,  puisque  l'oljjet  qui  est  offert 
h  Dieu  est  i  égal  de  Dieu  lui-m^me ,  est 
Jésus-Christ  réellement  préseiiL  et  s'olTrant 
è  In  souveraine  justice  de  son  Vère  dans  le 
mémo  état  de  victime  où  il  s'est  mis  en 
mourant  une  fois  sur  la  croix.  C'est  ce  sa- 
crilîco  m^me  de  la  croix  renouvelé,  non 
dans  rimmolalion,raais  dans  l'offrande  de 
la  formidable  victime;  c'est  son  application 
réitérée  et  suo.-ossivo  dans  la  généralité  des 
temps  et  des  lieux. 
.  Par  ta  simplicité  de  cet  acte  principal ,  le 


culle  chrétien  peut  être  diflicileracnl  IiUm- 
romiin.  Aussi  s'esl>il  toujours  exercé  ilans 
les  temps  les  plu.^  mauvais  comme  dant les 
lieux  les  plus  déserts.  Un  cachot,  un  grenier, 
une  grotte,  le  fond  d'un  bois,  tout  peut 
devenir  un  autel  el  un  temple  iiourlecnlia 
de  celui  (Jui  n'avait  pas  mSme  mtpitrri 
oii  reposer  sa  tSte ,  mais  qui  sancIiOe  tautts 
choses  de  sa  présence.  Ce  dénûmeal  du 
culte ,  lorsqu'il  n'est  pas  l'eGet  de  In  négli. 
gence ,  mais  de  la  persécution  ,  de  lu  |i(u- 
vreté  ,  de  l'exil  souffert  pour  la  foi.neïc 
rend  que  plus  beau;  parcn  qu'il  exprime  cl 
qu'il  reproduit  dans  ces  circonstances  le  sa- 
nriflce  qui  en  fait  la  gloire,  et  qu'en  ceietii 
on  peut  dire  qu'il  l'urne  de  tout  eu  lionlil 
le  dépouille.  Aussi  le  catholicisme,  nu  mi- 
lieu des  plus  grandes  solennités  du  noi 
jours  prospères,  n'a-t-il  rien  dans  sesiuleit 
de  plus  immuable  et  de  plus  dislinclif,  qn: 
ce  qui  lui  rappelle  ses  catacombes  el  ses 
martyrs:  des  luminaires  et  un  tombeau. 

Mais  ce  même  cuite,  qui  est  si  simpitm 
lui-même,  se  prête  dans  ses  développeniwili 
extérieurs  aux  pompes  les  plus  mngiiiGi|UH 
que  l'imagination  poisse  concevuir,  i  a 
point  qu'on  peut  dire  qu'il  nourrit  touslts 
beaux-arts  des  seules  miettes  de  sa  liWt: 
e'est-è-dire  que  ce  qui  n'est  en  lui  que  st- 
condeiro  et  accessoire  devient  le  fonli 
inème  el  le  fonds  le  plus  riche  d'où  te 
génies  de  l'archi lecture,  de  1?  statuaire,  i!« 
In  peinture,  de  la  musique  .  de  la  poésie  H 
do  l'éloquence,  ont  tiré  et  tireront  à  jsiuw 
leurs  plus  sublimes  créatioDS  (695]. 

Ut  cependant  la  religion  catholique  porte 
toutes  ces  richesses  avec  indépendante,  ti 
n'en  est  pas  gênée  le  moins  du  monde  lUm 
l'exercice  de  son  culte  spirituel.  Coioim' 
une  grande  reine  à  qui  tout  cela  rtviin'- 
naturellement,  elle  se  laisse  parer  pluu'i 
pour  le  bonheur  de  ses  sujets  que  p'nirl'^ 
siens,  sentant  bien  qu'ellt;  éc)ipseses;'n>^ 
près  ornements,  el  que  c'est  elie-mêinc  i|iri 
les  consacre.  Elle  permet  plutôt  qu'elle  lii 
demandequ'ou  l'embcllisso  f696j. 

C'est  qu'il  y  a  ea  elle  quelque  chosequ 


(695)  Pour  ne  parler  que  de  la  musique,  qui 
fait  l'en iv rement  de  uoire  siècle,  ce  <[ue  nous  avons 
de  plus  sul>lime  *)ai»  cet  art  a  c\é  inspiré  et  pro- 
tctie  par  la  religion.  C'est  à  l'ombre  des  temples 
catliolii|ucs,  dans  les'  chœurs  des  calliêdrales  que 
naquirent  et  se  développèrent  les  talents  des 
Hnydu,  des  Hoiart,  des  Lpsueur,  des  Grélry,  des 
Uénul,  desCIturon,  des Cherubini, etc.,  qui  seraient 
restés  sans  objet  et  nous  auraient  été  inconnus, 
faute  d'une  siluaiioii  qui  leseàiaussi  bien  Favorisés 
que  celle- lu. 

(69(i)  L'art  musical  avail  entièrement  dégénèri! 
dans  le  milieu  du  xvi*  sièclecn  llalie,  el  s'était  rendu 
hiili^'iie  de  lui-même  en  devenant  indigne  de  la  re- 
li){ii)n,  lorsqu'un  décret  du  concile  de  Ti-enle  inier- 
vijit,  qui  prononça  i'uboliliun  de  tante  musi[|ue 
prolane  et  lascive  dans  ses  airs  ou  ses  mouvements, 
c'est  ii-Jirenu'il  abolissait  toute  musirjue,  puisque 
t'était  la  seule  qui  régnait  alors.  Le  Pape  nomma, 
eu  l'anuce  1S61,  une  cnngrégation  de  cardinaux,  à 
W'fTfX  de  pourvoir  à  rcxécuiioii  des  canons  du  cun  • 
<'i!K  et  lie  ce  dëcret  en  panicnlier.  Saint  Cbarics 
Uo.roinéu  fai^l  partie  de  celte  cunuuîjsiou,  et, 


homme  de  goût,  comme  l'ont  été  tous  los  m' 
saints,  il  Qt  mander  Patestrina,  <Ionl  il  cuniiaî^i) 
riiabitelé.  Le  il)  janvier  1565,  Palcslrina  fut  clu'i; 
par  la  commission  d'écrire  une  musse,  dont  onV 
prescrivit  le  nouvel  esprit.  On  ne  lui  <racba  pas  <f 
ou  succès  de  cette  épreuve  dépendait  le  isortdr 
musique,  et  que  s'il  ècbouait,  elle  devait  ëltt  pn 
toujours  bannie  de  la  maiiion  de  Dieu-  Palesiro 
malgré  celle  terrible  rcsponsabil  ité  pour  un  an  •! 
lui  était  si  cher,  ne  recula  point.  Au  bout  d*;  i>< 
mois,  il  reparut  avec  trois  messes.  La  con^ri^^'aii 
reconnut  qu'on  ne  pouvait  rien  diisircr  ite  wi'< 
et  décréta  la  conservation  de  la  inasique  à-'* 
service  divin.  Ui,  c'est  celte  musique  qui  a  lal^ 
Paiestrina  d'ëire  appelé  le  SaMi<nir  d«  I»  ntuM; 
VUomèrt  de  l'ancienne  musique,  comme  ra|ipi'l'' 
docteur  Ituruet.  En  l'entendant  pour  ta  preiui 
Tois,  le  cardinal  Pisani,  doyen  du  sacré  Cotk>''. 
tournant  vers  le  cardinal  âerbellunl,  appliqua  '■ 
rcusement  cci'vers  di^  Dante;  «  IJne  iuniiou:c 
belle  el  si  douce  ne  ikui  venir  que  tics  cieui, 
le  bonheur  eut  éfcriicl.  i 


CtL 


DICT(0!(KAIRE  APOLOGETIQUE. 


Cb'L 


SU 


en  rBtt,  la  prëoceape  avant  tout  el  par- 
dtmt  tout:    c'est  son  dirin  époux  Jésua- 

Clirijl,  c'est  cet  agneau  de  Dieu,' celte  Ticlime 
siiutedei'amour,  qui  lui  MiflisaK  dans  les 
ciUcombes,  eldont  toute  la  solennité  des 
uiliMrali»  ne  peut  la  délouraer. 

U  prùaut  ritih  eonslilue  toujours  le 
(crDilel  la  substance  du  culle  catholique; 
cKl  eJle  qui  fait  le  sérieux,  le  riel  de  ses 
pompes,  et  leur  enlève  tnut  ce  qu'elles  au- 
n:ent  de  ScEir  el  de  Ibéàtral;  elle  iesoio- 
Mc,  die  les  conceatre,  elle  les  balance  de 
MiipoidsJnQui,  ou  ptutdt  elle  lesanéanli- 
riiiouies  de  sa  grandeur,  si  elle  ne  iBur  eu 
{■'umuni^uail  pas  une  parlie. 

ht  liiéranouit  le  vain  reproche  d'idolA- 
(rieliiln  calbolicisme  par  luérésie  ;  caries 
iui^lesslatues.  les  tableaux,  les  chanis,  et 
.'ftumenieDls  Je  tout  genre,  qui  reiuplissenl 
uisljujlti|ues,  el  les  basiliques  elles-mâines 
acMffli  qu'un  acheminement  à  l'autel,  au 
tibtiait\.v,  et  à  la  Divinité  qui  y  réside, 
licilr-ri  est  la  Qn  de  toutes  les  adorations: 
loul  le  reste  n'est  que  moyeu  et  degré. 
Lu  beaux-arts  forment  le  cortège  et  la  suiLe 
iJela  religion,  et  non  la  religion  tnême.  La 
prùon  ridtt  seule  cooslilud  Ja  base  de 
MU  culte,  elle  seule  remplit  le  lieu  saint, 
t>l«  wule  le  sanctifie;  si  bien  qu'en  l'ôtant 
i>ii£leeD  même  temps  jusqu'à  l'obligation 
du  recueillement,  el  que  le  temple  n'est 
iim  qu'uD  musée. 

<.t  n'est  qu'eu  se  plaçant  i  son  point  do 
■ue  (i'jDcrédulîté  à  la  préttnee  rMle,  que  le 
{■raieslanlisme  nous  accuse  d'idoiâLrre. 
AuMt  lui-niéme,  sous  jieine  d'encourir 
iKiirusemeal  celte  accusation,  s'est-il  in- 
Mjjt  jiar  ta  (l'avoir jamais  deculte  sensible, 
^■uni  qu'il  bsso  d'Ailleurs  pour  en  avoir  un, 
Uatei  ce  prix  i  qubi  qu'il  tente,  pour  se 
iiHJlenir,  d  ap[>eler  entiu  à  son  aide  les 
t^aui-arLs  qu'il  jBVait  proscrits,  ceux-ci  ne 
f^{>uii(|ruut  jamais  i  son  appel,  parce  qu'il 
uiiien  qui  les  échaulTe,  et  qu'il  ne  leur 
K<^enia  pas  de  fond.  Pour  avoir  voulu 
p'icer  la  figure  là  où  est  la  réalité,  il  s'est 
Kiiéde  iwuvoir  rien  tigurer  à  sun  tour, 
(rii  plutAt  il  s'est  condamné  à  n'être  lui- 
mime  qu'une  vaine  ligure,  el  qu'un  fan- 
lûiiie  sur  qui  rien  ne  pourra  jamais  teair 

Ldirréseoce  personnelle  de  Jésu»-Christ 
turltisaulels  du  caltiolicisme  lU  mulive  et 
tu  inspire  donc  tout  le  culle.  L'inlei  vcntion 
iK  ta grdce ilaui  lesautres  sacrements  vient 
fuci^re  fie  prêter  aux  cérémoiiii:^  les  plus 
tinéea  et  les  plus  toucbaules,  et  leur  don- 
ner la  Tralcbeur  el  la  vie,  comme  l'eau  cacbiie 
<ict  ruisseaux  en  fertilise  les  bord^  et  révèle 
*>  présence  vivitianle  h  leur  técondilé.  Les 
•liffcrents  Ages   et  les   diverses   siLualiiins 

(UT)  Ckote  Temarqoahle,  pemlaiit  que  le  progrèt 
in  itmièfu  uispire  au  pJbiloiopAûme  la  préieiiiion 
te  depoaitter  la  vériié  cbrélieuiie  de  m*  tymbvla, 
rnprit  de  coDMrralion  ^us  juiliàeax  du  prowiian- 
tuw  le  parte  an  contraire  a  l'eu  revêtir;  maii  ni 
k  fMuàuitaie,  ni  le  philesophisme  n'arriveront 
a>^rsiDt.  Une  vérité  qu'on  peut  aussi  rapricicu- 
ic^nt  déittîr  uu  revfiiir  de  son  culte  el  de  sl-s 


de  la  vie  butnaioe,  l'enfance,  la  jeunesse, 
l'Ape  mûr,  la  vie  et  I«  mort;  les  plus  vifs 
sentiments  de  la  nalnre,  ses  espérances  et 
ses  repentirs,  ses  joies  el  ms  alarmes,  ses 
cafamilés  et  ses  triomphes,  vienn(;iil  perdre 
leur  souillure  ou  leuramertume  à  ces  sour- 
ces sacrées,  y  revêtir  leur  fleDr,  y  puiser 
leurs  consolations  ou  leurs  charmes,  et  les 
y  répandre  en  les  recevanL  Les  détails 
nous  entraîneraient  trop  loin,  il  faut  résister 
\  leur  séduclioD. 

Comme  par  sa  présence  el  parseagrAces 
le  divin  médiateur  fait  la  fond  'du  culle 
catholique,  par  le  tableau  de  sa  vie  il  fait  la 
matière  de  toutes  les  fêtes.  Cette  grande  et 
divine  ligure  du  Christ  reparaît  tous  les  ans 
dans  SI  naissance,  dans  ses  travaux,  dans 
u  passion,  dans  sa  résurrection,  dans  son 
ascension,  dans  la  descente  de  son  esprit, 
enlindans  l'inslilulion  de  sa  présence  eu- 
charistique. Ces  diverses  phases  de  son 
existence  terrestresont  devenues  les  phases 
de  l'existence  temporelle  de  l'humanité.  Sa 
naissance  attendue  ou  advenue  remplit  déjà 
tous  les  temps,  et  forme  le  point  d'ioterseo 
tion  des  siècles  antérieurs  et  postérieurs. 
La  commémoration  des  princiiuiux  événe- 
ments de  sa  vie  vient  ensuite  partager 
l'année  en  solennités  saintes,  qui  saisissent 
le  temps  dans  toutes  ses  parties,  et  raltl- 
cticnt  cbaqueiour  à  l'étcrnilé. 

Par  là,  ie  Cbrist  n'a  pas  seulement  vécu 
sous  le  régne  de  Tibère,  en  Galilée;  il  rit 
toujours  el  partout  aussi  réellement,  quoi- 
que d'une  façon  différente,  cl  se  mêle  à 
I  humanité  dans  toutes  les  évolutions  de 
ses  destinées.  Ce  qu'il  til  après  sa  résurrec- 
lion,  apparaissant  à  travers  les  portes  fer- 
mées à  ses  sfiAIres  rOuois,  il  le  fait  partout 
où  des  chrétien!  se  trouvent  rassemblés 
en  son  nom,  selon  les  rites  fixés  par  son 
Eglise,  et  en  accomplissement  delà  pro- 
messe qu'il  a  faite  à  celle-ci  d'être  avec  elle 
jusqu'à  la  6n  des  temps.  La  réaliléde  sa 
personne  personnelle  sur  les  autels  du  ca- 
tholicisme vient  préciser  encore  cette  per- 
pétuité, en  la  faisanl  porter  sur  l'acte  capi- 
tal de  SB  médiation,  le  sacrifice  de  la  crnix, 
auquel  il  nous  fait  participer  en  tout  temps 
et  en  tous  lieux-  Celte  présence  de  Jésus- 
Christ,  ainsi  doublemcDl  assurée  dans 
l'inslilulion  de  l'Eglise  etdaos  Je  sacrement 
de  l'aulel,  imprime  à  toutes  les  solennités 
du  culle  catholique  une  réalité  correspon- 
dant aux  événements  de  sa  rie  qui  en  font 
le  sujet.  Chacun  de  ces  grands  événements 
s'universalise  et  se  per|iélue  ainsi  comme 
sa  personne:  c'est  plus  qu'uno  commémo- 
ration, c'est  une  représeu talion,  ou  pluidl 
c'est  une  exlensiou  permanente  de  son 
existeuctl  qui  en  fait   déjà  sectfr   l'élernité 

symboles  ne  saurait  être  divine,  puisqu'elle  n'est 
pas  assez  immuable  ci  a sseï  profonde  pour  avuir 
rencontré  kb  formes  iHemclles  el  universelles  du 
calle  qui  lui  oonvkni.  L'immutabilllé  «lu  culte 
catholique,  et  sa  conveuBce  â  tous  les  pa^  et  à 
tous  lea  temipi,  est  oM  propriété  «iiilincuva  qui 
révèle  sa  divinité. 


Sil  C(;L  DlCTIONNAmE  APOLOGETIQUE.  CUL  ((| 

dans  le   lumps,  et  n'en  revAt  l'apparRnne  les  plus  pathétiques  et  les  plai  péDétnalt, 

périodique  que  pour  se  prêter  6  notre  mu-  Quel  morceau  de  philosophie,  diloquïDn 

tabilîlë.  tJe  poésie*  et  de  musique,  peut  ètra  eon- 

Aussi  les  prières  et  les  cérémonies  de  peré,  même  de  loin,  au  flitt  ire,  pour  d« 

l'Eglise  font-elles  revirre  pour  nous   ces  parler,  en  ce  momeiil,  que  de telia prosel 

événements.  Le  point  de  vue  où  elle  nous  Quelle  religion  que  celle  qui  fait  une  obli- 

place   n'est  pas  rétro.» peclif,  il  est  direct  galion  du  touvenir  et  une  verla  de  tapi. 

et  immédiat.   Ainsi,    (lar   Ips   aventi,   elle  rtince,   et  qui  les  consacre  et  les  TitiGs 

nous   reporte  avant  la    naissance  du  Sau-  par  des  rîtes  aussi  touchants  et  aussi  mo- 

Yeur,  et  nous  y  prépare  comme  leï  patriar-  raux  I  Les  anciens  embaumaienllescorpi 

elles  et  les  prophètes  s'y  préparaient  ;  elle  des  morts,   le   catholicisme  embaume  leur   ' 

évoque  les  siècles  antérieurs,    et  les  fait  mémoire;    il  l'empêche  de  se  coironprc 

soupirer  de  nouveau   après  le  Désiré  des  et  de   se  dissiper,  en  l'enveloppant  de  su 

iiRliuns  ;  et  quaijd  le  moment  de  cet  avé-  commémorations,  de  ses  prières,  da  tet 

ntt.iienl  tantalieudu  est arrifé, quand l'beu-  espérances  éternelles.  Chose  adminblelll 

re  nocturne  a  sonné,  elle  fait  éclater  les  amortit  le  premier  coup  de  la  douleurquu 

cliniiis  des  anges  dans  les  cieus,  et  nous  nous  cause  la  séparation  des  êtres  qui  noui 

convie  autour  de  la  crèche  avec  les  ber-  sont  chers,  et  il  nous  les  rappelle  qusiil 

gers,  pour  venir  j  voir  et  adorer  le  petit  nous  les  avons  oubliés  ;  il  en  perpèl'itlt 

enfant  qui   noiu  e$t  ni,  et   pour  U  lairo  regret    en   rnSme  temps  qu'il  le  lemp^: 

naître  dans  nos  âmes.  Plus  lard,  elle  fait  il   àte  à  la  fois  à  notre  deuil  et  ciqo'ii 

briller  l'étoile   miraculeuse,    et  nous  ra-  a  de    trop -sombre  et  ce  qu'il  a  de  Itov 

mène  à  Bethléem  avec  les  rois  de  l'Orient,  fu|titif.  Et  puis  quel  superbe  tgLlesu(|K 

pour  nous  faire  entrer  en  partage  des  sen-  cerui  de  celte  immense  cité  des  espnii, 

liiiients  qu'ils  y  apportèrent  et  dei  grAces  avec  ses  trois  ordres  toujours  en  rapparti  i 

qu'ils  y  ret^ureDl.  Le  carême  s'ouvre  en-  Le  monde  qui  combat  présente  uneiniio  | 

buile;  il  vient  nous  associer  6  la  vie  péni-  au  monde  qui  touffre,  et  saisit  de  \'mUt  i 

lenie  de  l'Homme-DIeu,  el  nous  préparer  celle  du  monde  qui  (nom|)Ae.  L'adiOD  il< 

A   le  suivre  jusqu'au  Calvaire.  La  semaine  grâces,    la    prière,    les   satisfactions,  h 

suiuie  achèvtt  ei  recueille  ces  disjKisilioas;  seco-jrs,  les  iaspiralions ,  la  foi,  \'es\*- 

ullu  nous  ideotilie  avec  toutes  les  soulTran-  rance  et  l'amour,  circulent  de  l'un  i  l'auin 

ces  de  noire  divin  Modèle;  elle  nous  le  comme  des  fleures  bienfaisants.  Rien a'cK 

fait  accompagner  dans  toutes  les  slationn  isolé,  et  les  esprits,  comme  les  lames  d'un 

de  son  supplice;  et  au  milieu  du  reteu-  faisceau  aimanlé,  jouissent  de  leurs  profirM 

Hssemenl    des  anciennes    prophétiei   qui  forces  et  de  celles  de  tous  les  autres  [63S,. 
l'ont  aniioncé ,  des  leçons  el  homélies  des        11  faut  convenir  que  l'hérésie  a  Ëli  bien 

Pères  lie  l'Eglise  qui  l'uni  appliqué,  elle  re-  malheureuse  de  supprimer   toutes  ces  di- 

plece  le  tnlileau  ou  plutâl  l'action  mémo  vines    choses,  et  qu'elle  on  a  bien  M 

Ou  ce  grand  sacrifice  qui  a  tout  consommé,  sentir,   par  ses  attaques   mêmes,  toute  la 

et   \>ne   qui  la    terre  a  reçu  le   baiser  du  vérité,  toute  la  beaulel  Le  culte  des  saioli, 

ciel.  Ainsi  de  la  ffiie  du  Pâques,  de  la  Pen-  dit-elle,  est  de  l'idolâtrie  et  un  délourçr 

luuôle  et  des  autres,  ment  de  la  gloire  tiui  u'est  due  qii'i  Die» 

C'est  sur  ce  fonds,  et  pour  ea  développer  el  au  médiateur  Jésus-Christ.  MAs  l'iguo- 

en  nous  l'intelligence  et  le  sentiment,  pour  rance  seule  a  pu  fournir  une  pareille  ol^ 

nous  imprégner  par  toutes  nos  facultés,  jection.  Qui  ne  sait  que  le  culte  catbolii|iig 

|iur  tous    uos  sens,     par   tous   nos  pores,  des  saints  consiste  uniquement  à  les  pritfr 

ei  j'use  dire,  des  exemples  et  des  vertus  non  de  nous  rien  donner  eux-mêmes,  tma 

«le  Jésiis-Clirist,  et,   nous  reformer  \  son  de /irier  pour  nou»  l'unique  auteur  de  tom 

image,  que  l'Eglise  déroule  des  chonls,  des  les  donsTQui  ne  sait  que  le  culte  pi'" 

cérémonies  et  des  pompes  d'un  admirable  les  saints  dans  le  ciel  eo  posture  «fiRirr- 

efl'el ,  et  dont  la  beauté  incomparable,  de  ctneun  et  de  iupplioRti,  el  que  par  lai)' 

l'aveu  de  tous,  emporte  avec  elle  lu  témoi-  séqueut  il  rehauste  la  grandeur    de  Di'Ui 

gnage  sensitjle  de  la  vérité  dont  elle  est  il  rapporte  toute  gloire  à  sa  gloire,  c'«>ii 

la  splendeur.  i-diie  qu'il  fait  précisément  le  conirain^ 

Los  fêles  dos  saints  ol  le  recours  à  leur  ce  qu'on  lui  reproche?  QubqI  aux  priera 

intercession,  le  souvenir  des  morts  et  le  pour  les  morts,  elles  blessent,  dit-on.  t 

secours  apporté  à  leurs  soulTraucesexpiiitri-  doctrine  de  la  prédestination,  laquelle  di 

ces  par  nos  prières,  font  l'objet  des  autres  permet  pas  d'admettre  aucune  indt^gi*t 

solennités.  Les  grandes  vérités  de  l'immor-  dans  le  cœur  de   Dieu   pour  sa  cré^tui' 

talilé  de  l'Ame,    de  la  justice  divine,   de  fatalement  sauvée   ou  damnée,  seloû  1' 

le  solidarité  des  fautes  et  de  la  réversi-  tat  dans  lequel  la   mort  l'aura  trsduiiç 

bililé  des  mérites,  de  la  sociabilité  bu-  son  tribunal.  —  Hais  quoi  1  cette  docinu 

maine  dans  ce  qu'elle  a  de  plus  impres-  elle-même   u'é touffe- t-elle    j^as  la  misén 

criptible  et  du  plus  sublime,   c'est-è-dira  corde  T   Ke  blesse-t-elle  pas  la  ii>.*^" 

tout  ce  qui  fait  la  dignité,  la  grandeur,  N'oulrage-t-elle  pas  la  sainteté  de  Dieu*' 

la  vertu,  le  bonheur  de  l'homme,  iiiéiue  Dieu  n'est-il  plus  un  père?  Oublie-t-ii,' 

ici-bas,  revél  dans  ces  solennités  les  acceuls  quelle  argile  il  oous  «  lui-même  peliit 

"lG9B)  H.  m  Haistm.  .  ~    ,         .    .  ....         - 


CCL 


UCTiONRAIRE  ArOLOGETIQDE. 


CCL 


sso 


M  bien  sa  triple  Mioleté  peut-elle  s'allier 
>ree  oos  souillures  f ...  La  raison ,  le  coeur, 
tout  M  réfolte,  lout  proleste;  et  les  pierres 
Bimes  des  tombeaux  se  souIèTeol  conlru 
ctUe  doctrine ,  dure  comme  l'orgueil  d'où 
rlle  rieuL 

Qunt  k  la  gloire  de  notre  difin  inédia- 
leur  Jésas-Christ.  loin  d'âlre  appaurrie  par 
le  nlie  des  saints  et  des  morts,  elle  j  est 
10  contraire  lionorée  et  reliaussée  de  U  nia- 
iiiAre  ta  plus  formelle.  C'est  lui  que  nous 
honorons  dans  se*  membres,  c'est  le  Iriom- 
|iIm  de  sa  grdce  que  nous  célébrons  dans 
ses  saints,  c'est  la  rerlu  de  son  sacriRce 
étal  WHU  faisons  l'application  aux  vivants 
dsn  Bions.  IJ  est  comme  on  océan  d'où 
fluBi  aoù  refluent  tous  les  mérites,  et  la 
P>/rr  médiateur  par  lequel  passent  tontes 
k»  prières  et  toutes  les  grAces  entre  Dieu 
M  ooos.  Par  Notrt-Stigneur  Jétvt-Chriil, 
fâ  vif  arec  ««lu  dont  t'unilé  du  Saint-E$- 
prU  amx  fiitlet  dei  iiislet,  te!  est  le  motif  |iar 
Itqiwi  sa  terminent  et  â'appoiiUent;  pour 
liosi  parier,  toutes  nos  prières. 

£ofiu  les  pratiqua  de  dévotion  font  courir 
DO  Morire  de    supériorité   sur   certaines 
tèires,  je  le  sais  ;  mais  ce  que  je  sais  aussi, 
c'est  qu'il  est  plus  aisé  de  se  moquer  des 
cmii]aea  de  dévotion  que  de  s'en  jtasser, 
^uuhJ  on  veut  être  complètement  vertueux. 
Kcontons  Franklia,  qu'on  n'accust;ra  cer- 
isiueiBeni  pas  d'avoir  manqué  de  philoso- 
|<bie.  Voia  ce  que  dit  cet  nomme  célèbre, 
lUos  des  mémoires  desiinés'k  l'instruction 
de  ses   enfants: —  ■  Comme  je  connaissais 
vu  crojais  coonatlre  te  bien  ou  le  mal,  je 
ne  Tojais  pas  pourquoi  Je  ne  pourrais  pas 
toujours  Cure  l'un  et  éviter  l'autre;  mais  Je 
m'aperçus  bientAt    que    j'avais    entrepris 
■ov  lAcbe  plus  diflicilij   que  je  ne  l'avais 
HMgitié.  Pendant  que    j'appliquais   mon 
aiieutioQ  et  que  je  mettais  mes  soins  i,  me 
I  réserver  d'une  laule,  je  tombais  souvent, 
saos  m'en  apercevoir,  Uaus  une  autre.  L'ha- 
bi^jile  se  préralail  de  mon  inatleniion,  ou 
iMco    le  penchant  était   trop  fort  pour  ma 
r»iiOO.   Je  comprit  à  la   fin  que,   quoique 
ioo  tùl  spéculative  me  ut  persuadé  qu'il  est 
^t*  notre  ialérélil'éUeeomplitemenlvertHevx, 
leifa  «mifietion  était  iusuftisaute  pour  pré- 
venir DOS  taux  pas;  qu'il  tallait rompre  les 
LAliitadeS  contraires,  enaequérir  de  bonnes, 
M    *'j   mffitrmir ,    avant    que   de   pouvoir 
:xMii|>ter  aur  une  eousiaote  el  uniforme  rec- 
utuOe  de  conduite.  •  Après  ce  préambule, 
t  rmnkiin   rend  compte  de  U  méthode  qu'il 
s'éuii    fireserite  ;  elle  consistait  dans  uu 
*■— <■   /«KTiid/icr  de  sa  cousdence,  et, 
Kvur  Eiciliter  cet  examen,  dans  la  tenue 
rfwa  felU  tivre,  où  il  notait  sous  chaque 
■lire  ds  vertu  ses  fautes  et  son  amendement. 
«-e  petit   litre  avait  pour  épigraphe  divers 
x«ites  qoi  rappelaient  Dieu.  11  iugea  aussi 
—ifs*9tre,  dit-il,  pour  implora-  son  assis- 
^->ute,  de  composer  et  de  meltre^en  léte  de 
*^  i^lrfes  une  courteprià**  pour  s'en  ser-. 


Tir  tous  les  Jours;  cnCn  il  avait  fait  un  plan 
pour  l'emploi  des  vingt-qualre  heures  du 
)uur  naturel.  Frankliu  finit  l'exposition  de 
cette  pratiqua  par  ces  paroles  remarqua- 
bles: 

■  Il  est  peut-être  utile  à  ma  posiérilé  de 
savoir  que  c'est  à  ce  petit  artifice,  el  k  l'aide 
de  Dieu,  que  leur  ancêlroa  dû  le  bonheur 
rooslant  dosa  vie  jusqu'i  sa  soixante-dix- 
neuvième  année,  pendant  laquelle  ceci  est 
écrit.  Je  me  proposais  de  faire  un  petit 
commentaire  sur  chaque  vertu,  et  j'aurais 
intitulé  mon  livre  l'AaTnBLA  vertu  :  et  une 
méthode  de  bien  se  conduire  valait  mieux 
qu'une  simple  exhortation,  qui  ressemble 
an  langage  de  celui  dont,  pour  mu  servir 
de  l'expression  d'un  apêtre,  la  charité  n'est 
qu'en  paroles,  et  qui,  sans  montrer  è   ceux 

Îui  toKt  nu*   et  ont  faim  le  moyen    d'avoir 
es  babils  et  des  vivres,    les   exhorte  à 
se  nourrir  el  k  s'hubitler  (699).  ■ 

La  nAAadeque  Franklin  voulait  rédiger, 
et  qu'il  eût  présentée  comme  l'artdetavtrtUf 
la  religion  nous  la  donna  dans  les  prati- 
ques qu'elle  nous  recommande.  Or,  les 
préceptes  de  la  religion  sont  plus  puissants 
et  plus  sûrs  queue  pourraient  1  être  les 
ronseilsd'un  simple  particulier,  sans  mission 
et  sans  caractère. 

Ceux  qui  se  moquent  des  pratiques  de 
dévotion  me  paraissent  ressembler  à  des 
gens  qui  suivant  le  iil  de  l'eau,  et  gui 
portés  sans  effort  par  le  courant,  raille- 
raient ceux  qui,  voulant  le  remooleri  se 
prennent  aux  herbes  du  rivage.  H  ;  a,  entre 
ces  deux  classes  du  gens,  toute  la  distance 
qui  sépare  ceux  qui  se  connaissent  el  ceux 
qui  ne  se  connaissent  pas,  ceux  qui  veu- 
lent avancer  dans  la  vertu  et  ceux  qui  n'as- 
f tirent  qu'à  rester  au  poiul  oCt  leur  naturel 
es  soutient,  c'esl-èt^lire  oii  ils  n'ont  rien  à 
faire.  Les  premiers,  c'est-à-dire  les  dévots, 
sont  de  vrais  philosopbes,  [ta rcequ'ils«c4it- 
nai$tent  eux-mémei,  et  qu'ils  aspirent  à  la 
tagttte.  Rien  n'est  petit  k  leurs  jreux  de  ce 
qui  peut  les  aider  a  grandir  dans  la  vertu. 
Ce  qui  est  petit,  c'estde  ne  pas  savoir  qu'on 
l'est  ou  de  se  résignera  l'être;  c'est  d'être 
grand  à  ses  propres  yenx  :  car  alors  on  n'a 
pas  même  l'idée  et  le  sentiment  de  la  vraie 
grondeur.  Les  pratiques  de  dévoiiuu  défe- 
luppeut  et  nourrissent  eu  nous  cette  idée  et  ce 
sentiment,  précisémeut  parce  qu'elles  nous 
ramènent  à  celui  de  notre  faiblesse.  ■  Les 
évolutions  religieuses,  a  dit  un  excellent 
esprit,  comme  les  processions,  les  génu- 
Uexious,  les  inclinations  du  corps  el  de  la 
lête,  la  marche  et  les  stations,  ne  sont  ni 
de  peu  d'effet  ni  de  peu  d'importance: 
elles  assouplissant  le  ccsur  à  la  piété*  et 
courbent  l'esprit  vers  la  foi.  Ponrêtrepieax, 
il  (sut  qu'on  se  fasse  pt:tiL  Aussi  dit-ouque 
la  piété  nous  porte  à  nous  anéantir  devant 
DieufîOOj.» 

Le  même  moraliste  a  encore  fort  bien 
dit  :  <  Il  laut  être  religieux  avec    naïveté» 


(TM)  PtvUtf,et 
p.  119. 


u  éeJJoahen,  Ll* 


nCTIOKNAIRE  APOLOGETIQUa 


SR 


abandon  cl  bonhomio,  et  non  r><s  avec  di-  mêler  les  pratiques  piiérile!<  ia!i  miuriiseï 
gniié  ot  bon  ton,  gravemenl  et  mathémati-        Qunnt  h  la  preinièru  sorte  d'abus,  f\m 

qiienieiit(70l).  »  rta    plus   énergique  dans  l'Eïangilo  ei  jg 

Sans  doute  la  prière  ne  consista  pasdans  plus  formel  dans  sa  )>réiJicalioii  utlioliqus 

le    mouvement   dus  lèvres  et  dans   la  posi-  que  le  lilâmc  qui   lui  est  opposé.  Quoi  de 

liun  des  getioui  et  des  maitis;  elle  doilâtre  plus  souvent  rappelé  dans  nus  clioirrïflUB 

une  émanation  ot  comme  une  ôvaporation  eus  paroles   du   Sauveur  i  Ce  ni  iinu  fa 

atrectueuse  do  l'âme  vers  son  auteur;  en  ce  ceux  qui  ditenl,  Sxioneijh,  Seigheds,  rùi 

sens,   la  prière  intime  et  inarticulée   est  la  ctus  gui  font  la  volonté  de  mon  Pin,  fui 

meilleure    et   celle  à  laquelle  nous  devons  enlreranl  dam  ion  royaume,  —  Afalimi^  À     i 

titndre.  Mais  quel  e.st  c^lui  qui    prie  ainsi  voui,  tcribrt  et  pharûienM  hypocrit»,'ijâ    i 

do  prime  abord  et  quand  il  veut  ï  qui  passe  pnyes  la  dine  de  la   menlhe,  de  i'anttK  « 

delà  dissipation  au  recueiliemeat  et  do  la  du  cumin,  et  qui  abandonnrx  ce  qu'il  y  a 

lerreaucicl,  sans  LriinsiLiouetsaiisprôludo?  de  plut  important  dant   la  loi,  noorr,  la 

Or,  la  prière  articulée  et  tout  ce  qui  s'y  rat-  jutlice,  la  miséricorde,  la  foil  c"<laitHt-lâ 

tflclie,  I*   temps,  le  lii^u,  la  ri^pétuion,    les  det  ekotea  qu'il  fallait  pratiquer,  stxs  stm- 

signes»  la  position  du  corps  marne,  etc.,  tout  uoihs  ouettkb  lbs  autbks.  —  Uéckint  ta 

cela  cnnstitite  précisément  cutle  transilioi,  caurs  et  non  toi  vétemetilê ,  etc.  —  C'est  arit 

ce  prélude,  el|  pour  ainsi  parler,  la^mna*-  cotte  énergique  autorité  que  l'enseignemenl 

tique   sacrée  de   la  prière:    comme   l'aigle  catholique  rappelle  sans  cesse  que  tes [« 

partant  de  la  vallée,  agite  ses  ailes  pe-  tiques  ne  sont  rien  sans  les  disposilioniilj 

fiantes    et   fouette   l'air  éjmis,   jusqu'il  ce  cœur,  et  que  leur  observation   ne  snrtil 

qu'ayant  gagné  les  hautes  régions,  il  plane  (■■ira   un  moyen  de  salut  qu'autant  qu'ans 

ioiiixibile  dans  l'azur  du  ciel.  piélé  sincère  et  franche  en  ost  le  prjud|K; 

Mais  l'abus,  s'écrie-l-oUt  et  la  supersti-  et  le  nom  seul  de  eurérogation ,  crèË  M 

lion    ne    viennent-ils    pas  trop  aisément  exprès  dans  ta  langue  catholique  pouro 

eiivabtr  l'usage,  et  se  substilueri  lapiétéT  raclériser  ces  pratiques,  lémuigoo  tiault 

Je  leconfessetilpeut  y  avoir, iljy  aquel-  ment  de  cette  sagesse  de  la  religion  à  pré- 

quefois  abus;  mais  l'ËXcellenca  de  l'usage  venir  leur  substitution,  ou  môme  leurco^ 

étant  reconnue,  que  prouve  l'abus T  £l  que  fusion  avec  les  actes  de  vertu  vériialile. 
ue  renverserait-on  pas  avec  une  pareille        Quant  à  la  seconde    sorte  d'abus.  (  ' 


objcctioii  I  Lbomme  abuse  de  tout,  et  sur 
loul  de  ce  qu'il  y  a  de  meilleur;  il  n'y  a 
que  du  mal  qu'on  n'abuse  pas, 

El  pull  on  no  remarqua  pas  une  chose: 
c'est  que  les  pratiques  u«  dévotion  ne  font 


consiste  h  introduire  dans  le  culte  iles^t)- 
tiques  puériles  nu  mauvaises ,  ce  qu'il  là^.! 
précisément  admirer,  c'est  qu'ua  tel  tliui 
n'ait  jsmiiis  pu  prendre  racine ,  et  qv,'î 
l'iieure  qu'il  est,  après  avoir  traversédii- 


lias  en  nous  cette  disposition  à  la  foi  ou  à     huit  siècles  de   préjugés,  d'erreurs    et  i» 


lasupsriilition;  elle  y  estd^à  parelie-mâmo 
funcièremunt,  nalurellemeut,  chez  tous  les 
hommes.  Livrée  à  ses  propres  inspirations, 
cette  disposition  s'égarerait  bien  plus,  et 
tomberait  bientôt  dans  dos  ineptiei  moas- 


ténèbrcs,  le  culte  catholique  ne  coûtieuiiu 
aucune  pratique  qu'il  ait  à  cacher  ijeiani 
le  soleil  de  notru  civilisation,  ou  ploi^ 
dont  il  n'ait  à  se  glorifier  comme  UicIm 
par  une  profonde  connaissance  du  «eur 


Irueuses,  dont  les  plus  grands  esprits  ne  humain,  et  honorée  par  l'exemple  eiiv 

pourraient   se   garantir  dès  que  la  conta-  suffrage  des  plus  grands   esprits.  Ce  D'«i) 

gion   s'en  serait  développée  autour  d'eux,  pas   que  l'esprit  humain    o'ail   travailla 

Les  pratiques  de  dévotiou  préviennent  pré-  insinuer    ses  folles   imagioatiOQS   dans  u 

cisément  ce  débordement  de  superstition,  culte;  mais  l'esprit  de  sagesse  qui  est  i« 

en   régliinl  et  en  appliquant  ii   son   véri-  dedans   les  a  toujours  repousséss.  iiBH\> 

lalila   objet   la   dispoïiiliOQ   qui  en   est  la  elles  n'ont  pu  faire  corps  avec  lui,  el  sur 

source.   En    ce  sens,   on  peut    dire    que  prendre  son  assentiment   ou  rnëme  sa  ta 

la  toi  catholique  .  la  dévotion  catholique,  lérance.  a  C'est  que,  comme  dit  FoulKncliv 

sont  comme  des   garde-fou*  qui  ont  puis-  les  préjugés  ne  yont  pas    communs  d'eu) 

aamment  aidé  le  progrès  des  lumières  en  mêmes  à'ia  vraie  et  aux  fausses  rvlisioni 

{«revenant  le  retour  aux  ténèbres  du   paga<  ils  régnent  nécessairement  daas  celtesquiil 

iiisme,  et  dont  le  secours  est  d'autant  plus  sont  l'ouvrage  que  de  l'esprit  humain;  au 

nécessaire  aux  hommes  qu'ils  soûl  |>Jus  dans  la  vraie,  qui  est  l'ouvrage  de  Uie 

élevés.                                          ,  seul,  tout  ce  que  ce  méiue  ospiit  huioai 

Au  reste,  l'objection  d'abui  nous  ramène  y  ajoute  de  nouveau  est  sans  fondeuic»' 

&  notre  sujet  prévis,  en  nous  dontiant  lieu  il  n'est  pas  i:apable  d'ajouter   rieu  de  r<! 

«le  faire   remarquer  la  grande  sagesse  du  et  de  soiye  à  l'ouvrage  lio  i>ieu  (70^:-  ■ 

christ ianisoie  pour  prévenir  l'abus  de  ses  £t  remarquez  encore   la    sage  coniiii' 


propres  pratiques. 

Dieux  sortes  d'abus  peuvent  s'y  glissw: 
la  première,  c'est  de  donner  une  importance 
trop  exclusive  aux  pratiques  bonnes  et  aulo- 


risées  en  ellBs-mèmes;  (a  seconde,  e'eal  d'y     dans  la  catholicité  u'ont  pas  une  égal 


l'Eglise,  et  avec  quel  diacerneiiicii 
quelle  mesure  et  quelle  poadâralion,  c' 
agit  suc  ce  point  comme  sur  tous  les  3 
très.  Toutes  les  pratiques   qui  ont  cou 


PI)  Vin 
-  P-  "17. 


PiiMin,  niait  et  maimei  dt  J.  Joubert,         (702)  IltiMln  dei  oraela,  p.  3.  édU.  Elievii. 


COL 


MCnOIQUnE  ArOLOeETlQVE. 


cm. 


piirtaaee  k  le»  jraax.  Il  eo  est  qu'elle  pres- 
crit, cooinie  lejirûaa  et  l'abslioeoce,  a  des 
iMips  aurqués;  il  eo  est  qu'elle  conseilla, 
caaiae  la  récitation  du  coapelel;  il  en  est 
eefin  qa'elie  tolère  lorsqu'elles  n'ont  rien  de 
naavais  ou  d'iodéceol  eo  el  les-mémes,  que  ia 
perelé  d'inlention  peut  en  justifier  l'emploi, 
H  qu'il  j  aurait  plus  de  troubla  que  de 
Motal  pour  las  consciences  i  les  déraciner  I 
Maù  jamais  elle  ne  fléchit  devant  des  pra- 
tiqaw  bUmables ;  et,  au-dessus  Dvème  de 
celles  qu'elle  prescrit,  elle  (ail  planer  un 
«spril  d  «BOur  el  de  liberté  qui  en  ditpnue, 
lonqse  la  négligence  ou  le  mépris  o'ont 
pas  it  part  à  leur  abandon. 

le  rscretle  de  ne  pouvoir  entrer  dans 
qoelqaes détails,  et  faire  Toir  tout  ce  qu'il 
/  a  «le  nusoo  et  de  vériuble  pbilosoptiie 
(lus  nos  plus  buiobies  pratiqués  de  déro- 
lion;  je  citerai  »eulemi;u(,k  l'occasion  d'ana 
stule,  ca  luoi  d*ua  grand  esprit  :  a  Toutes 
les  fois  qu'une  ctioso  arriTO  &  la  peroéluilé 
M  à  Puiurersaliiét  elle  renferme  oecesssi- 
Ttmeot  une  mystérieuse  birmonie  arec  les 
basoÎBS  M  les  destinées  <i^  l'homme.  Le 
ntionalisle  sourit  eo  to; ant  passer  des  files 
de  geos  qui  redisent  une  même  parole  : 
celui  qui  est  éclairé  d'une  meilleure  lu- 
mière comprend  que  Tamour  n'a  qu'un  mol. 
li  qu'en  le  disant  toujours  il  uv  le  répète 
jaoïais   (703J.    a 

Celui  qui  esl  éclairé  d'tMs  muilUwe  lit- 
miirt  comprendra  également  loul  ca  qu'il 
7  s  de  douceur  sous  le  joug  de  la  piélô 
dirétienne,  el  combien  ses  pratiques,  si 
pesaute»  et  si  arides  en  apparence  t  dou- 
heat  de  légèreté,  de  force,  et  de  contente- 
Eeni  è   l'exisleoce. 

hcaulex,  monfili,  rttevtx  tm  avia  iage, 

Mn  rtjtUx  pat  wum  emucti.  Mttta  vos  pieds 

ima  ma  frrt,  el  engagax  voire  cou  d«u  tu 

wiae>.  Jtaûut  votre  épaule  et  porles-ia,tt 

*t  T«w  CMavwez  point  de  let  /tau.  Appro- 

<>«a  vaut  d'elle  de  tout  vùlre  ccrur,  et  gardez 

MM  xoiet  de  toutet  vot  forcée.  t'her*ke*-la 

M*ec  SMM,  ci  elle  tout  sera  découverte;  tt 

^tajtd  tout  raitrex  une  fois  eimbrat^e,  ae 

Mo  fioUrx  point .-  cor  «oui  y  trotneret  à  ta 

^n  votre  repoi,  et  elle  te  chmgtra pour  voit» 

«■  n  tmjet  de  joie.  Ses  fert  dniemlront  pour 

■^FOmt  mne  forte  protection  tt-dee  fondemeate 

^0e  rertn,  el  eet  ekaUte»  us  habiUemmt  de 

l^^'vt  :  car  il  jf  a  dont  elle  une  ittiuté  qui 

■^tf— i  ta  vie,  et  te»  lient  tout  det  bandoigee 

^^M  guéritiaU.   Youa  tou»    rtvél^ox  d'elle 

^*"*t  d'une  robe  daçloire,  et  vou»  la  ma- 

^■^lisurtout  eomni  une  couronne  dejoie{'nk). 

I»l 

1  nous  reaterait,  pour  compléter  wtte 
«'^Nric  esquisse  d'un  sujet  qui  demanderatt 
■*  ht  seul  un  ouvrage  spécial  ,  è  pnrier 
•^•^'a  partie  la  pins  sensible  du  cuNe  caiholi- 


que,  la  partie  esUiélique,  par  laquelle  il  se 
rattache  aux  beaui  arts.  Mais  les  maîtres 
du  goût  ont  déjà  traité  cette  matière  avec 
une  supériorité  qui  nous  arrête. 

En  relefSDl  t'homme,  le  cbristianisme, 
>^ioa  aue  nous  l'avons  déjk  dit,  a  relevé 
toutes  les  choses  inférieures  qui  sont  sous 
soit  empire.  Une  fois  entré  dans  son  cœur, 
il  s'est  étendu  è  toutes  svs  facultés,  à  tous 
ses  rapports,  el  t  loul  ce  monde  exlérieor 
qu'il  anime  de  son  génie.  Il  a  tiré  tout 
h  lui.  Par  sa  doctrine  el  sa  morale,  il  s'est 
emparé  des  idées  et  des  mœurs  ;  par  celles- 
ci,  des  heaux-aris  qui  en  sont  les  organes 

.  plastiques  ;  et ,  par  les  beaux-arla,  de  la 
matière  sur  laquelle  ils  s'exereeni,  et  qui, 
elle  aussi,  a  été  par  là  rachetée,  ckrieiim- 
nitée.  11  en  a  élé,  eo  un  mot.  dans  l'ordre 
de  la  révélatioD  comme  dans  l'ordre  de  ta 
nature  :  l'invisible  s'est  reflété  dans  le 
visible,  et  le  cbristisiiifime  a  r-réé  une  twu- 
velU  terre  eu  révélant  de  nouveau»  deux, 

Daoscette  voie  d'observation,  la  première 
chose  qui  se  présente,  c'est  rarcbiteclure, 
cet  art-roi,  comme  l'appelle  justemeal  Victor 

-Hugo. 

L  archîtcclure  de  nos  basiliques  respira, 
de  la  manière  la  plus  naive  el  la  plus  har- 
die, l'esprit  chrétien.  C'est  la  fMtuA  ekri- 
titnnt.  Aussi  un  abtme  \i  sépan»-t-elle  de 

.l'architecture  antique. 

La  direction  de  ses  édifices  vers  le  Iiaul, 
leur  élévation,  est  le  premier  caracl^  qui 

.  les  distille.  L'architective  antique  otoOr- 
pail  beaucoup  de  place,  mais  c'était  «i 

-éleodue  horizontale.  U  semble  que  le  c»- 
gard  de  l'homme  ne  se  levait  \iss  aloa 
las  le  ciel.  Eu  relevant  ce  regard,  la  cbrîs- 
lianisme  a  dd  relever  la  voûte  des  (empîce. 

4]elte  inleoljon  est  manifeste.  Les  tours  etlas 
flèches  de  nos  cathédrales  nous  forceat  eu 
quelque  sorte  à  détacher  nos  jeux  de  le 
terre,  et  à  redresser  sur  elles  dos  vues  vent 
UD  moode  supérieur. 

En  conservant  même  le  style  anoien,  \b 
cbrislianisme  l'a  modifié  d'une  manière 
remarquable  en  ce  sens.  Il  a  soufflé  sm  voiï- 
tes,  etena  fait  saillir  la  coupole.  Lorsque 
Hichel-Aoge,  à  la  vue  du  Panlbéou,  s'é- 
cria :  <  Je  le  mettrai  dans  les  airs,  •  c'est  le 
génie  cbrélien  qui  l'animait,  et  c'est  aussi 
la  fui  chrétienne,  cette  foi  à  laquelle  il  a  été 
promis  de  transporter  les  montagnes,  qui 
le  lui  fit  exécuter. 

Hais  oix  la  pensée  cbrélienne  s'épanouit, 
c'est  surtout  dans  l'architecture  si  impro» 
prement  appelée  gotkùpte. 

La  légèreté,  h  h.ir(liessc,et,  pour  mieux 
dire,  I9  fugue  de  tpules  s^  directwos,  ex- 
priment au  plu^  haut  degré  le  délaoheraeni, 
la  foi,  l'espérance,  ia  réascensien  de  notre 
nature.  Dans  le  genre  aree,  les  colonnes 
uorteul  l'édifice  ;  dans  le  gothique ,  elles 
l'emportent.  Leur  petite  dimension  ajouta 
encore  à  l'elfel  de  leur  hauteur.  Ces  colun- 


<^ 


— ,  Le  IL  P.  LtcoBMUE,  Via  de  taiui  bomniani,  p.  133. 
:44\  TftU.,  «1,  U  ■  52. 

fhcnOXX.    ArOLOCÈTtOL'E.  I. 


<.Vl 


nCTfOKNAIRr.  APOLOGETIQUe. 


CHL 


nall«9  en  faisceau  (vive  cipres^ion  ca4lioli- 
qoe  de  la  pluralité  dans  l'unité)  s'élancent 
comme  des  jets  que  rien  n'arrête,  el  qui 
pirteni  snns  retour.  Le,  point  de  cbanileau, 
point  de  cornicbe,  qui  fassent  temps  d'arrêt: 
c'est  de  plein  vol  que  ces  colonnes,  ou  plu- 
tdt  ces  liges  vont  se  perdre  dans  les  voûtes. 
Et  ces  voûtes  elles-mâmes,  quel  cnrnctère 
remarquable  ne  présentent-elle?  pasT  Dsos 
l'arcfaiteclure  antique,  la  voûte  (dans  le  style 
grec  c'est  un  plarond)  est  une  seule  ligne 
cintrée  qui  retombe  des  deui  cAtés  et  vient 
se  repAser  sur  les  corniches.  Dans  le  gelhi- 

3ue,  ce  sont  deux  lignes  qui  se  coupent 
ans  leur  essor,  deux  paraboles  qui  se  croi- 
sent, et  dont  aucune  ne  revient.  L'ogivo 
«jonle  par  le  i  In  hauteur  déji  firodigieuse 
de  l'édifice  une  hauteur  imaginaire  et  indé- 
^nîfl  qui  spiritualjse  le  regard.  Elle  exprime 
■Ainsi  énergifiuementla  tendance  distiautive 
■du  christianisme.  Elle  semble  donner  è  la 
pierre  mernc  l'impatience  de  la  terra  et 
n'nnleur  des  cieux.  —  Les  bas-càtés,  par 
-opposiiionà  la  nef,  concourent  encore  pour 
•en  faire  ressortir  l'élévation  En  multiplianl 
It'S  enire-colonnements  et  les  arêtes  ogiva- 
les, en  variant  leurrroisé  à  chaque  pas,  ils 
ulTrenl  è  la  pensée  an-dédale  mystérieux  où 
tAÎe  s'enfKQce,  où  elle  aime  h  se  perdre  el 
AÙ  elte  puise  lu  sentiment  de  l'infini.  Ce 
sentiment  ressort  surtout  de  ces  innombra- 
l)les  découpures  et  ornements  qui  épuisent 
ratten(ioii,qui  semblent  purger  entièrement 
la  pierre  de  sa  nature  brute,  el  faire  de  l'é- 
difice  moins  une  oonsM'uction  matérielle 
qu'une  pétriâcation  spirituelle.  Les  signi- 
Doations  ihéoiogiques^ui  v  sont  représen- 
tées, et  qui  paraissent  I  animer,  ajoutent 
encoK  è  IMIusion;  on'dirsitJe  niondo  in- 
visible fiorpris  dans  ses  mystères,  et  y  at- 
tirant notre  âme  comme  une  sœur.  Que 
dire  de  cette  mullilade  de  chapelles  et  de 
retraites  si  favorables  k  ta  méditation,  h  la 
pénitence,  h  la  crainte,  à  l'amour,  et  qui 
invitent  le  cœurfsliguéfc  se  reposer,  ks'iso- 
tter  des  hommes,  i  se  rapprocher  de  Dieu  t 
—  EnQn  le  magique  effet  dus  vitraux,  leurs 
belles  peintures,  leurs  représentations  mys- 
tiques, semblent  jeler  sur  tout  cela  une 
l'unière  surnaturelle;  et  lorsque  le  soleil 
lèvent  ou  couchant  vient  les  IfAverserdeses 
rayons,  s'y  teindre  de  leurs  couleurs  et  les 
f>eiaer  dans  l'intérienr  de  l'édiBce,  on  dirait 
voir  cette  Jérusalem  céleste  dont  parle  l'A- 
pdtre,  toute  reluisante  d'or,  de  pierreries 
vl  de  rubis. 
Telle  est  l'arcbiiecture  chrétienne.  Elle 

(7K)  Vord  HR  tableau  de  leur  énciitm  qui  nous 
d  «A  irauiui»  pnr  un  «ontCBiporaiD,  el  qui  pantl- 
ira  fsbuletii  i  nos  tempN  dÀgéDérés  :  i  Qui  i  ji- 
«uisottit  (écrivait  en  IliSl'iibbcde  Saiiil-Pierre, 
wipérieur  d'un  mouastèrc  en  Normandie,  qai  vit 
«urair  une  caibéJrale  maj;niltquc  Ji  la  place  de  sa 
HHKlesie  ^iie  ),  ■  i|ui  a  jamais  vu  des  priiit^,  des 
s^gneurs  pui«satii»  dans  le  siècle,  des  honintca 
d'aroiN  et  des  remmed  délicates,  plier  leur  cou 
MUS  le  Joug  auquel  ils  se  lai&seiii  auaLber  comme 
4m  bélM  (le  somme,  pour  charrier  de  lowrfebr- 
deanxTOn  les  renconlre par  nilliera,  Iralnanl  par- 


constilire  une  vérttnble  création,  Itiil  elle       ' 
contraste  avec  les  types  de  l'snihilectiinui-      i 
tique.  Sans  doute  nous  ne  sommei  puiin      i 
ceuxqui  méconnaissent lesbeaulésdecellc-      i 
ci,  ouand  elie  se  renfemifl  dans  son  domilM, 
et  dont  l'admiration  trop  excluiive  pour  le 
gothique  borne  le  goût  ;  mais  il  (sut  mm- 
nir  que    l'architecture   antiqne  ne  s'alliu     < 
qu'avec  des  idées   terrestres ,  sensoell», 
bornées.  Elle  presse   le  sol  el  s'y  iUuIh 
comme  &  la  seule  pairie.   Sa  régularité  m- 
œélrique.  In  pureté  de  ses  lignes,  el  ceilit 
bérmonie  d'ensemble  qui  se  perçoit  d'wi     i 
Seul  coup  d'œil,  qui  repose  de  tons  cAtés  li' 
regard,   et  ne  lui   laisse   rien  k  désirer, à 
deviner,  expriment  le  contentement  île  » 
qui  est,  le  bien-être  absolu,  le  re|;ws<leh 
satisfaction  actuelle  :  rien   au-dessus,  riu 
au  delà.  Aussi  convient-elle  parfaitcDiiiih 
uothéAlre,  h  une  bourse,  aux  pslaisilr' 
grands.  Hais  elle  refoule,  elle  écrase,  (Ho 
insulte  la  douleur,  le  sacrifice,  la  toi,  W 
pérance,  l'immortalité,  toutes  ces  t^mlsncn 
spirituelles  et  morales  dont  la  fin  n'est  (Ht 
ici-bas,  et  dont    la  culture  fait   l'honinDi 
grand,  divin.  L'architecture  gothique,  ci 
contraire ,    s'harmonise    merveilleu»emtnl 
avec  ses  tendances;  elle  les  expriine,  el)ii 
les  inspire.  Sa  fuite  vers  les  eieut,  Ispuiii- 
sance  et  la   légèreté  de  ses   élaiicemenK 
l'indéterminé  de  toutes  ses  directious,  Tin- 
fînité  mystériensu    et   changeante  de  us 

Eerspectives,  celle  tasiité sombre,  cooimcdil 
lontaigne,  et  ces  échos  prolongés,  immen- 
ses ;  tout  y  spiritualise  TAilie,  mm|il  ses 
atlaches  terrestres  et  la  fait  frëmirdeiem 
sais  quel  pressentiment  piystéricui  d'un 
avenir  meilleur,  et  qu'elle  ne  saurait  Ireti 
payer  par  toutes  les  vertus. 

Au  reste,  comment  l'srcliileclare  dire- 
tienne  n'inspirerait- elle  pas  ces  idées  et  c» 
sentiments  T  elle  en  est  le  produit  le  plu' 
spontané  et  le  plus  naïf.  Lea  temples  grec- 
expriment  le  goût  individuel  à  la  solde  du 
pouvoir;  les  monuments  d'Egypte,  la  fom' 
brute  et  servile;  nos  cathédrales  respiteni 
la  force  spirituelle,  collective,  sociale,  àé- 
vouée  libremettl  è  uneoauvre  de  prédilec- 
tion. On  y  sent  circuler,  comme  une  sén 
mysiitjue  puisée  dans  les  entraides  de  li  Tpi 
catholique.  On  dirait  que  ce  ne  sont  pasilt:i 
mains,  mais  des  idées  qui  les  uni  loties,  da 
coeurs  qui  les  ont  cimenldci;  on  dirait  i^ui 
ces  pierres  se  sont  ani[Bé*is  au  souffle  de  II 
foi  ue  tout  un  peuple,  et  ont  été  s'arrangei 
d'elles-mêmes  an  chant  des  sacrés  cantique 
qu'ellease  plaisent  à  répéter  ^OS). 

fois  une  seule  machine.  tcUemcnl  elle  est  peunii 
et  iransporlanl  k  une  grande  dîsLaiice  du  (romen 
du  vil),  de  l'huile,  de  la  cliaui,  tïan  pierres  d  d'il 
1res  matériaux  pour  les  ouvrit^rs.  Rien  bc  lu  * 
réie,  ni  niouls,  ni  vaux,  4ii  même  tes  rtvicm-,  i 
tes  iraverseni  comme  autrefois  le  pevple  de  Itir 
Hais  la  merveille  est  que  ces  troupes  innomlinU 
marctient  sans  désordre  et  uns  bruîl...  Leurt  ii>i 
ne  se  font  entendre  qu'au  Ei|;nai  doBné  ;  aUin 
chaulent  des  cantiques,  on  itnploreai  luerô  pi 
leurs  péchés...  Arrivés  i  leurs  destinalûin»,  (es  u 
frères  environ Deol  ré|liM  ;  Us  ae    sveuncut  •>>* 


DICTIONNAIRE  APOLOGETtQUE. 


Pro&aes  béritiers  de  cas  mODumeatsde  la 

Dh  Je  nos  ancêtres,  si  Dous  ne  savons  les 
repnduirei  saclions  du  moias  les  coDserrer, 
IH  Itérer,  les  aimer,  les  visiter  dans  la 
aimt  esprit  qui  les  a  coDstruits  et  qui  les 
noplit  encore  de  sa  majesté  I  Eatendons 
liToiiaui  sort  de  leurs  voûtes,  de  leurs 
piliers,  oe  leurs  dalles  usées  par  la  prière; 
e'esl  la  grande  voii  des  siècles  écoulés,  la 
Toit  des  géoératinns  saintes,  qui,  après  les 
tioir  érigés  dans  les  transports  de  leur  foi, 
i';  Motcoucbées  dans  l'espérance  de  leur 
iiàmortalilé,  et  semblent  errer  encore  autour  . 
de  nous,  invisibles,  et  nous  presserde  nous 
iuliaer  k  aolre  tour  devant  ce  même  Dieu 
1^  t  isit  leur  force,  qui  fait  aujourd'hui 
Idt  récompense,  et  k  (lui  nous-mêmes  il 
mi  faudra  aller  rendre  compte  de  notre 
uâdélité. 

«Jamais  oa  n'ealre  dans  les  églises  ca- 
ibaliqnes»  dit  madame  de  Staël,  sans  res- 


DGL  558 

sentirune  émolton  qui  fait  du  bienà  l'Ame, 
et  lui  rend,  comme  par  une  ablutîoi]  sainte, 
sa  force  et  sa  pureté  (706J.  » 

Il  n'est  pas  d'âme  si  dégénérée  qui  n'ait 
fait  l'eipérience  de  relte  vérité  ;  et  on  «n  a 
vu  même  (]ui  avaient  résisté  aux  preuves 
les  plus  directes  de  la  vérité  chrétienne, 
céder  è  celle  salutaire  impression*  et  rap- 
porter de  leur  simple  passage  dans  une 
église  un  germe  de  foi  qui  déterminait  lût 
ou  tard  leur  conversion  (707). 

CULTES  RELIGIEUX  i  leur  nature  ideo- 
tique,  quant  h  l'essence,  chez  tous  les  peu- 
ples. Voy.  SUBNATURILISUE,  f  1. 

CULTURE;  son  inDiience  sur  les  plaotes* 
Voy.  BoaiHB,  ort.  I,  S  III. 

LDVIKK;  sa  controverse   avec  Geoffroy 
Saint-Hilaire  sur  l'unité  de  composition. 
Yoti.  UoHHB,  art.  Il,  §  1. 
■    CY&US;  snn  édit  en  faveur  des  iaita. 
F«y.  UizDÉisMB.  s  11 


D 


DiHIRON,  rejette  toute  révélation  im* 
BéditledeDieu  et  attribue  loul  dévelop- 
ptnent  intelleeluel  i  la  aponlanéité  des 
ImUÏiila  rhomme.  Foy.  Pstcbolmik. 
Il&ilw,  oalur«  des  peines  qu'il  endure. 
Ti|.tmaiTÉ  DBS  pKiHU,  1 1. —  Proportion 
ia  peitu.  Ibid. 

BAHl^,  sa  prophétie  sur  la  venue  du 

Vfait.  r»y.  PKOPHfcTiES.  I  11,  et  Note  XV, 

{VII, lit  tin  du  3*  volume. 

DlNTB,  cité  sur  l'enfer.  Ym.  Ehvih,  {V. 

DÏCODVEaTKS  MODERNES  (les)  coullr- 

wm  11  véracité  du  Pentateuque.  Fey.  Prn- 

nncQDi,  {  IX.  —  Sont  d'accord  avec  nos 

hTrtj  siiots.  Foy.  Scikucsb,  |  1. 

DÈGÈNERATION   de  Tbomme    ou    des 

ncM,  circonstances  qui  y  concourent.  Fsjr. 

tutt  aUMAlRBS,  I  Xll. 

DËLUGK.—  L'important  dana  la  question 
4u  déluge  est  dé  bien  saisir  Je  sens  du 
■nie.  Nous  allons  essayer  d'en  donner  une 
■HrrprétsIion  au  moins  pour  les  circona- 
Docei  principales. 

il- 
iMwpréUllondulBiie;  DuhemHté  Ai  déluge. 

Gaàt,  sbap.  vi,  v.  1.—  «  Après  aue  les 
booDiet  eureul  coianiencé  à  se  multiplier 
iurU  terre...» 

Leiliommes  avant  le  déluge  étaient-ils 


*  km  ^re  coaiiDc  des  toldau  dim  leur  camp  : 
>  a  mil  lonlMioe  od  aUuine  dei  cierfei.  on  en- 
>mm  la  prière,  on  porte  l'offrande  sur  les  reliques 
■*^M;piti  les  jftttn»,  les  clercs  elle  peuple  !!• 
*|^»çi  rHowneiii  avec  nue  grande  éeificatiou, 
■■Ma  dau  iM  lujer,  nurchant  avec  ordre,  en 
f****Aiaat  cl  priau  poiir  tes  nialatles  et  les  a(Di- 
P-*|Hina,dik. S. Peiri  super  Divan.)  Voji. 
W.  Au.  ^,  S.  Bewd.,  tome  VI,  p.  m.  ) 

cm  ùi  M/loMfw,  urne  \",  p.  U. 

tlVIlÇr.bato  pAtfaMpMfaei  lur  1«  chriUia- 


constitués  en  grandes  sociétés?  V  avait-il 
des  étala,  des  royaumes  ?  Rieo  dans  la  Bible 
ne  le  fait  supposer.  Il  n'v  est  question  qu» 
de  la  seule  ville  d'Henocn,  bâtie  par  Cajin,  Ji 
l'orient  de  la  province  d'Eden  (706).  L«s 
uns  pensent  que  c'esl  Hanuchta  que  Plolé- 
mée  place  dons  la  Susiane.  D'autres  (H.Ed. 
Wells)  la  transportent  dans  l'Arabie  désert*. 
D'autres  encore  la  placent  dans  le  Caucase, 
au  milieu  des  jff^iocAt.  Quoiqu'il  eo  soil, 
il  ne  parait  pas,  d'aprôa  le  seul  monument 
qui  nous  soit  parvenu  de  l'histoire  du  nMUUle 
antédiluvien,  que  les  hommes  se  soient 
éloignëa  h  de  très-grandes  distances  du  lieu 
qui  fut  le  berceau  du  genre  bnmatn  ou  pro- 
vince d'Eden.  Point  de  fossiles  liumaios, 
point  de  ruines  de  monumeals,  point  d'ob- 
jets d'art,  qu'on  puisse  rapporter  à  ces  Ages 
primitira.  Seulement  le  livre  sacré  dislingue 
doux  races,  celle  de  Selbt  race  des  saints 
ou  des  enfanté  dt  Dieu,  comme  les  appelle 
l'Ecriture,  et  celle  de  Gain,  race  iierverse, 
avec  laquelle  les  descendants  do  Sélh  s'al- 
lièrent par  des  mariages  d'oCi  lorlirent,  dit 
ta  Geaëse,  d«>  enfimtâ  qui  furent  dn  Aom.- 
mei  pUMJwUi  et  fameux  daiuleiiiclt  (vi,  4). 
De  la,  sur  la  terre, cette  profonde  corruiition 
qui  amena  l'efiroyable  cbâtiiDent  du  déluge. 
Si  rien,  dans  le  teite  sacré,  n'autorise  à 
penser  que  l'eapAco  bumaine  eût  furnsA 
avant  le  déluge  de  vastes  établi sseniunta 

nitmc,  (,  III.  —  Le  Génie  d*  ckriêUeHi4we.  —  M- 
/iniM  d*  cluittutûinte  ou  Coufirttuee  twr  le  Ttli- 
fion,  par  U.  D.  FsATSftifioiis, 

tOo)  CeUe  viUe  n'élail  probablemenl  que  ce  <|u< 
noua  appelons  un  village  plus  ou  nioiuii  coaiîdé- 
rabic.  i  Eu  éaaril  au  Lemp».  el  aus  circuoilancea, 
dît  H.  l'abbé  Jamei,  le  lertne  bébrau,  rendu  par  d- 
vjjaww  flans  la  Vulgate,  ue  siinifla  pas  aulra  çhoea 

Îu'un  groupe  de  qiM^MS  abànes.i  (flt«t.  A»  CJ^k», 
Ml.  1. 1,  p.  !î.  ; 


IHCnONNAIRE  APOLOGEtfQUE. 


t>EL 


diu  des  régions  élatgntei  de  son  berceau, 
>  il  b't  a  toeufie  nécessité  d'admeUre  que 
le  delage'se  soil  étendu  au  detft  des  contrées 
peapjées  è  celte  époque. 

Dieu  dite  Noé  :  «  Failes-Toas  une  arche 
de  pièces  de  bois  aplanies;  vous  j  ferez  de 
petites  chambres...  sa  longueur  sera  de  300 
coudées,  sa  largeur  de  50  et  sa  hauteur  ds 
90.  k(vi,  U,  15.) 

La  coudée  valant  0",  555,  la  longueur  de 
l'arche  était  de  166",  500.  sa  largeur  de  77-, 
750  et  sa  haulvur  de  16-,  650. 

Malgré  les  dimensions  considérables  de 
Tarche,  nous  ne  pensons  pas  qu'elle  dût 
contenir,  outre  la  nourriture  qui  leur  était 
nécessaire,  un  mêle  et  une  femelle  de  tous 
les  animaux  purs  et  sept  mâles  et  sept  fe- 
melles de  tous  les  animaux  impurs,  si  ces 
animaux puri  et  impuri  embrassent  ter^ne 
-animal  tout  entier.  Il  est  bien  plus  dans 
l'esprit  du  texte  d'admettre  que  Moïse  ne 
mentionne  que  les  animaux  les  ytus  rappro- 
cbésde  l'homme,  et  qu'il  neparleque  de  ceux 
qui  liabitaienl  le  même  pays  que  notre  espèce 
(709).  Tout  porte  fa  croire  que,  dans  le  récit 
du  déluge.  Moïse  ne  parfe  que  de  deux 
classes  d'animaux,  les  oiseaux  et  leamam- 
raiieres;  car  le  mot  bébrea  traduit  ordinai- 
rement jiar  replîle,  désigne  aussi  les  petits 
mammifères  qui  se  meuvent  prés  de  le 
terre.  Dans  ces  conditions,  lu  travail  et  les 
soîuB  exigés  pour  lus  animaux  de  l'arche, 
se  trouvent  réduits  à  des  proportions  faci- 
lement exécutables,  même  pour  moins  de 
huit  personnes. 

«  L  année  000  de  la  vie  de  Noé,  le  dix- 
sflptiAme  jour  du  second  mois  de  la  raéme 
année,  les  sources  du  grand  abîme  furent 
fOBQpoes  et  les  cataractes  du  ciel  fureut 
«uverles. 

«Et  (a  pluie  tomba  sur  la  terre  pendant 
quBriQle  loars  et  quarante  nuits.  »  [riii  11, 
.lt.1 

Lti  eoHTMS  du  grani  abtme  furent  ram~ 
■pua... 

a  Les  anciens  Hébreux,  dit  un  célèbre 
interprète,  avaient,  sur  la  disposillon  de 
l'univers,  un  système  assez  différent  do 
celui  de  nos  pltilosophes  modernes.  Ce 
système  était  fort  simple  et  fort  populaire  ; 
et  l'Ecriture  le  propose  plutdt  comme  un 
sentiment  établi,  auquel  elle  est  ot>ligée  de 
-se  proportionner,  pour  se  faire  entendre  du 
peuple,  qu'elle  ne  l'établit  et  ne  l'approuve, 
comme  un  dogme  sur  lequel  elle  exige 
notre  créance  et  notre  soumission.  Elle 
laisse  ces  dispales  aux  recherches  des  phi- 
losophes {Eccie.  I,  13j,  «t  si'S  expressions 
sur  cala  nu  doivent  point  tirer  h  consé- 
quence. 

•  Us  eroysii-ni  (les  Hébreux)  que  la  terre 


était  Irès-Tasle,  plaie,  immobile  (/  Par, 
XVI.  30.  P*.  xcii,  I  ;  ter,  10  ;  cm,  S;  Jtrm. 
X,  19;  Li,  15;  Eccle,  i,  k),  enTironn^  p«r  Ig 
mer  de  tous  cAiés,  et  fondée  sur  les  um. 
{Pialm.  XX III,  3  ;  /.  Rtg.  ii,  8  ;  Ptalni.  xin, 
16;  Joan.  ii,  7;  Ptaim.  cxixr,  6.) 

■  Ils  croyaient  que  la  terre  était  tout  im- 
bibée, toute  pénétrée  par  les  eaui;  que 
toutes  les  fontaines  et  tous  les  fleurei  en- 
trent dans  la  mer,  d'où  ils  sont  sortis  ;1lO), 
{Eecfe.  I.  T.) 

■  Les  anciens  Hébreux,  de  méms  auela 
plupart  des  Orientaux,  encore  h  pre^ni, 
crojraieni  que  J'abtme,  la  mer,  les  ciui, 
environnaient  toute  la  terre;  que  la  lerrc 
était  comme  plongée  et  flottante  sur  Vditmi, 
A  peu  près,  disent-ils,  comme  un  milon 
d'eau  nage  snr  l'eau  et  dans  l'eau  qui  Ib 
cuuvre  dans  toute  sa  nioitiii;  ils  rroyAitil 
de  plus  que  la  terre  était  fondée  sur  lusum 
ou  do  moins  qu'elle  avait  son  (Ondenon 
dans  l'alitme  (711).... 

■  Les  fontaines  et  les  Oeuves,  au  senlioieni 
des  Hébreux,  avaient  tous  leur  source  dtDs 
l'abîme  ou  dans  la  mer  {Eicle.  i,  ^)  ;  ils  en 
sortent  par  4ies  canaux  invisibles,  et  s* 
rendent  par  les  lils  qu'ils  se  sont  formée 
snr  la  terre.  Au  temps  du  déluge,  les  Tan- 
taines  forcèrent  lenrs  sources,  et  se  t^pin- 
dirent  sur  la  terre,  dans  le  luèfue  temps  qui' 
les  eataraetes  du  ciel  s'ouvrireul  etinonut- 
reot  tout  le  monde  (713J.  > 

Conformément  h  cette  inteqirétaliaD. 
nous  ne  voyons  dans  le  oiimea  fonta  abi/ai 
magim  mptt  ttmt  qu'un  grossissemeni 
extraordinaire  des  fleuves  qui  détrarduni  n 
inondent  la  terre  et  nullement  une  irruj» 
lion  de  la  mer  sur  le  continent.  ■  FaïUûf 
ae  dit,  dans  l'Ecriture,  de  taules  sortes  <l'' 
«ourcfls  d'eau;  par  exemple:  Touta  ltt[M- 
tamu  du  grmui  abîme  te  rompirtnt  (713).  • 

■  Omues  roATKS.  Omnes  acaturiifinu». 
omnes  riri,  omnia  orilicJa,  omnes  v«i>a'> 
omnes  auuaa  ductus  ex  abysso  prodeenies 

pii).. 

Ainsi  Moïse,  dans  son  récit,  se  coufomc 
à  l'opinion  reçue  relalivemeut  i  l'origiav 
des  Oeuves  et  admet,  pour  être  compr» 
-dos  Hébreux,  que  tous  les  fleuves  qui  d«- 
bordèrent,  lors  du  déluge,  tiraient  leur» 
eaux  do  la  mer. 

Cette  iiiLeiprétalion  nous  parait  bîcnplu> 
naturetle,  bien  plus  simple  et  inhoimtn. 
plus  vraisemblable  que  Cblla  qui  enlen-Jp?'' 
ces  mots  :  Omnet  fonles  abyut  magnœ  rupl: 
(Ufii,  une  invasion  de  rOuèan  sur  la  terre 
ferme,  seiilicnent  qui  entraîne  d'ineitrica- 
bles  dinicuttés  et  jque  le  contexte  semble 
aussi  r(»iousser.  En  effet,  ninsi  que  n"ui 
l'avons  fait  voir  ailleurs  (715),  il  est  biti 
remarquable  que  la  pluie  est   partout  nu" 


(709)  C'csi  aus&i  le  sciiii  kciîI  de  H.  l*aU>e  Hau- 
f  led,  mm,  fhamme  et  le  monde,  t.  III. 

(ÎMfDomCitLKT,  iiirl.<f<ia  BiUe,  arl.  Monde. 
'  \TI1)  Noin  avons  îiKlii|ué  les  leiiei  de  l'tfcrilure 
diM'li  corps  de  la  ciuiion  prétédeiHe  du  même 
auieur. 

(Hi)  Dom  CU.IIEV,   Diet.    de  ta   Bible  ,    art. 


Abtme. 

(715)  D.  Caiket,  IHel.  île  U  Bible,  iii  nint  fn 

(714)  CanncLiDs  i  Laiide,  Cun.    eompl.,  t.  ^ 
col.  5tT,  éMi.  ttiptt. 

(715)  Vop.  nen-e  Dici.  de  Cesmof.  ei  de  Pat/er. 
ïn  molCAirufrnrd. 


M 


DiCTlOnMAIRE  APOLOGETIQtlK. 


pRL 


mt 


tiooDiic  dans  le  récit  comme  csase  du  déhig* 
UDdbqae  rinrasion  de»  eaiit  de  la  mer 
n'eil  nulle  part  indiquée  d'une  m&Bièr« 
predso  (716).  La  |<n;mièfa  fois  que-  celle  ' 
cioseeat  mcnlioBoée,  c'esl  Dieii  lui-même 

}ui  parie  h  Noé  et  qui  lui  dit  :  Adhue  ttpint 
iaupUnego  pldah  <u^rr  ttrram  quadro' 
pludUbut  et  quadraçiKta  noctibut.  (iSeit. 
tu,  fc.)  Si  l'Océan  s'étail  déversé  alors  sur 
Iticonliaenis,  cellecausa  du  di^luge  aurait 
dû,  ce  semble,  élre  considérée  eomm%  la 
principale,  et  In  pluie  seuletnaiil  cumme 
DM  cause  secondaire,  el  pourtant  c'est  ce 
dernier  phénomèue  qui  est  seul  annoncé 
ïKoéeonime  la  cause  du  déluge  qui  va 
itxmder  la  Isrre  (717). 

Lu  mêmes  paroles  sont  répétées  par 
Sobeaa  Tsrset  12  et  17  du  même  chapitre, 
lurpnet  S  du  chap.  riii;  et  lorsque  Dieu 
fàil  illiance  ariiC  Nué,  il  place  le  signe  de 
celle  alliance  dans  leS'  nues,  tn  nubiùui. 
CaiÊqtu  obduxera  nubibtu  calum,  appardiil 
arttu  atma  m  nubibui  ;  el  reeardabor  fade- 
rti  mei  tabiiemn  et  cum  omni  anima  tnetUe 
jKa  eameai  végétât ,  et  non  trunt  u/tro 
flmc  ditmii  ad  dttendum  unicertam  camem. 
tCn.»,  11-16.) 

Il  nous  semble  que  ces  textes  ne  laissent 
JMCDO  doQle  sur  la  cause  rentable  et  unique 
da  déluge,  les  plaies  torrentielles  et  toutes 
uiracnleuses  qui  tombèrent  pendant 40 jours 
el  U>  Quils.  Puisque  Dieu  place  dant  tet 
iHMf  le  signe  de  son  alliance,  c'est  donc  des 
unes  que  sent  venues  les  eaux  vengeresses 
du  déinge  qui  Gt  périr  tous  les  hommes 
alors  existants.  Le  texte,  la  logique  et  le 
tMHiseas,  tout  nous' semble  ici  parfaitemeiit 
«l'accord  (718). 

Etaqiucpravaluenaitnimii  luptr  tcmut; 
«pertique  luM  omsut  monlu  excelii  niA  tia^ 
9tno€ala. 

Qm^uiecim  tidiitU  aliior  fait  aqwi  laptr  ' 
— w/g»,  quoi  operueral.  [Gen.  T|t,  19,  SO.) 

■  I-es  eaux  grossirent  considérablement 
au-dessus  de  la  terre  et  couvrirent  toutes 
les  hautes  montagnes  qui  étaient  dans  le 
vaste  horizon. 

«  L'eau  s'éleva  de  quinze  coudées  [envi- 
ron S  mètres)  au-dessus  des  montagnes 
qu'elle  arait  couvertes.  » 

Il  est  évident  qu'il  no  s'agit  ici  que  des 
montagnes  qui  étaient  en  vue  dans  l'horizun 
de  l'arche  el  nullement  des  plus  hautes 
monlasiies  du  globe,  du  Chimborazo,  par 
•exemple,  qui  a  9iSS9  m.  d'élévation,  ou  du 
Dtiawalagiri,  haut  de  plus  deKMMm.  Les 

(716)  Nous  HioDireront  idus  loin,  dans  la  ré- 
Hase  aax  objecUons,  que  les  vapeurs  condensées 
M  ratMMwpliere  onl  amplement  siilB  pour  élever 
h|  cwix  dn  déluge  k  plus  d'une  deuiî-Iicue  au- 
4eaa—  JaioL 

(717)  L'hiilorien  Josèpbe  ne  faîl  aucune  menlion 
'c  rOc^n  ou  de  la  wer  et   ne  reconnaît  comme 
f^^mic  da    ddsgeqiiela  pluie   de  quarante  jours. 
*    T»«.  Smi.  4*4  Jnift,  lÎT.  I.  ) 

(7IS>  fiow  laoïUrcroiw  dans  la  note  1,  à  h  fin 

'  ^a  *«lâiBa  b   ainxtùlé  d'adnielire   dans    l'anlia 

•■•b^  l^s  espèce*  aitiuulcs  niaiîucs,  lacu&lres  el 

"  a  iiroavout  absolument  que  l'Océan  ait 


montagnes  qui  se  Uouvaiefit  dans  l'tlorizoH 
(le  Noé,  pouvaient  bien  n'être  que  de  liau* 
tes  collines  (719). 

De  ces  considérations  et  de  beaucoup 
d'autres  que  nous  pourrions  ajouler,  nous 
concluons  que  le  déluge  n'a  pas  été  utiiver* 
sel  dans  toute  la  rigueur  du  terme ,  c'est^* 
dire  que  le  déluge  n'a  pas  couvert  de  ses 
eaux  absolument  loulesles  parties  du  globe 
habitées  et  nan  habilécs  ;  mais  nous  admet- 
luns  que  cette  terrible  catastrophe  a  été 
universelle  eu  ce  sens  qu'elle  a  fait  périr 
toute  la  rase  bumaine  el  les  animaux  qui 
vivaient  avec  elle. 

Dans  ces  derniers  lemps ,  V'ossiiîs  est  un 
des  premiers  qui  aient  prétendu  que  te4 
eaux  n'ont  pas  absolument  inondé  tout 
l'univers,  et  que  par  conséquent  on  devait 
restreindre  les  paroles  de  Uoïse  h  nue  inon- 
dation partielle.  Le  savant  natiiraliste  Duluc 
a  détendu  cette  opinion  ;  el  c'est  aussi  celle 
que  sout  iennent  la  plupart  des  critiques  d'Al- 
lemagne et  plusieurs  savants  d'Angleterre. 

•  L'idée  d'un  déluge  tmicar»/,  mesaif  u«  ou 
hitlorique,  dit  A.  Boue,  n'tet  pas soutenabte t 
telle  est  l'opinion  de  la  plupart  des  géolo- 
gues du  continent  (72^,  et  le^  preuves  de 
l'absurde  sont  si  évidentes  »  que  dès  long- 
temps le  clergé  luthérien  a  abaodoanêla 
partie;  eD&n,  dernièrement,  le  clergé  an- 
glais, le  plus  tenace  do  tous,  a  rendu  les 
armes.  Il  a  reconnu,  enfin,  par  l'organe  de 
HU.  Sedgwick  elConybeare  (7Sl),Que  s'il 
y  a  eu  des  déluges,  ils  n'ont  pas  été  géné- 
raux, et  que  le  déluge  mosaïque,  dût-il 
avoir  eu  lieu  tel  qu'il  est  raiiporié,  n'a  pu 
en  aucun  cas  produire  les  ailuvions  an- 
ciennes ou  le  prétendu  dilavium  (733).  > 

Ceux  qui  n'admettent  point  que  le  déluge 
ait  été  absolument  universel,  sefforcentâu 
réfuter  les  arguments  du  leurs  adversaires 
et  d'établir  p4r' des  raisons  positives  que  le 
eatacljsme  n'a  été  qu'un  déluge  particulier. 
Voici  comment  raisonnent  ces  critiques. 

Le  premier  argument,  tiré  de  l'universa- 
lité des  expressions  qu'a  emplojées  Uoïse, 
ne  prouve  absolument  rien,  puisqu'il  y  a 
dans  l'Ëcriture  une  mulliluilc  de  passages 
où  les  expressions  les  plus  universelles 
doivent  être  restreinles  ;  et,  sans  rechercher 
ici  tous  les  livres  sacrés  qui  pourraient  nous 
en  Tournir  mille  exemples,  couleulons-nous 
de  ceux  que  nous  donne  Hoïse  lui-même. 
Il  dii,  nu  cliap.  xû  de  la  Genisi,  v.  1,  que 
la  famine  régnait  sur  toute  la  terre  :  or  il 
n'y  a  pas  un  inter[ir{;le  qui  no  cunvienaa 

envabi  les  conlÎDcnls  lors  du  déluge. 

(719)  Nous  prcscnions  dans  Li  noie  1,  3i  la  Sa 
du  volume  de  nouveaux  développements  sur  le  sens 
des  priucipaax  textes  bibliques  rclalits  au  débige. 
HouB  renvojoiu  à  cette  noie. 

(720)  Vos.  une  nolke  de  H.  Fébu^isic,  a»»s  le 
BtUUiia  Huii.,  février  1827. 

(721)  Von.  le  discours  de  H.  SeDCwics  i  la  So* 
eiclé  Rcologiaae  de  Londre»,  pour  1831,  et  jtiui.  o( 
pMilo..,  miti  1831. 

(722)  Mimoira  féoloy.  el  peléonlçlosiquet,  |>U- 
bUés  |Mr  A.  Bout,  1. 1,  p.  149. 


OEL 


MCTtONNAlRB  APOLOGETIQUE. 


DEL 


qô'il  but  borner  cette  expression  et  l'en- 
tendre d'une  très-petite  partie  de  l'unirers. 
Il  dit  encore,  dans  le  Deutéronome ,  aux 
chapitres  xi  el  xt,  que  la  (erreur  du  nenple 
li^breu  s'était  répandue  chez  toutes  les  na- 
tions qui  sont  sous  (OUI  li?s  cieux  ;  nr  il  est 
bien  éTidenl  que  celte  généralité  d'expres- 
sion doit  être  limitée  aax  iigIIods  Toisfnes 
de  la  Palestine.  It  dit  encore  dnos  \'Exode, 
que  les  plaies  affectèrent  toute  VEgyple, 
due  toutes  les  eaux  de  toute  l'Egy nte  furent 
cnangées  en  sang,  que  tout  le  bétail  pé- 
rit, etc.  Or  d'tiabiles  inlerprëleM  de  l'Ecri- 
ture ne  font  pas  diiTiculté  de  liorner  le  sens 
des  expressions  de  Moïse  6  la  ville  rojala 
et  aux  pa.?s  d'slenlour  :  par  conséquent,  on 
peut  n'entendre  par  les  paroles  de  Moïse, 
quand  il  perle  du  déluge,  que  la  terre  con- 
nue, les  pnys  haliîtés,  et  cette  portion  de 
l'univers  où  était  concentrée  la  race  hu- 
maine, sens  les  étendre  absolument  à  tout 
l'uDirers.  Ainsi  tous  les  animaux  des  ptjt 
habités  périrent,  toutes  les  monlagues  des 
mêmes  lieux  Turent  submergées  :  toiIÏ  I'u- 
niversaltté  qui  conrient  «ux  j)aroles  de 
Holse. 

Hais  les  défenseurs  du  déluge  unÏTersel 
font  remarquer  que  tout  en  convenant  que 
les  expressions  générales  toute  la  terre, 
tout  l'unireri ,  toute»  les  contrées ,  doivent 
souvent  6tre  restreintes  i  un  seul  pa;s,  fc 
une  contrée  particulière,  on  est  pourtant 
forcé  de  convenir  que  ces  mêmes  locutions 
désignent  beaucoup  plus  souvent  encore  le 
monds  entier;  el  que,  par  conséquent ,  c'est 
par  les  circonstances  et  par  le  contexte 
qu'il  faut  jugerdu  vrai  sens  de  ces  formules 
et  autres  semblables.  Or,  ajoulent-ik.  les 
exemples  cités  [>ar  les  adversaires  portent 
leur  limitstiOD  en  eux-mêmes  ;  il  n'en  est 
pas  un  seul  dans  lequel  la  nature  même 
de  la  chose,  ou  le  récit  de  l'écrivain,  ne 
suppose  une  restriction,  tandis  que  dans  le 
passade  du  déluge  il  n'y  a  absolument  rien 
qui  limite  l'étendue  des  termes;  tout,  au 
contraire,  exprime  do  la  manière  la  plus 
formelle  l'universalité  sans  bornes,  qui 
est  encore   c<Hifirméu   par  l'exception  de 

(720)  Ce  n'eit  pas  seuleineiit  chez  les  JuiTstiua 
les  mots  monde,  terre,  toute  la  terre,  etc.,  si^tiiHaienl 
un  payH  ou  ses  habitanis  :  il  en  était  de  mciiie  cbez 
les  Egyptiens.  Dans  un  bas-relief  du  palais  d'Amé- 
nophia-Hemnon,  k  Loaqsor,  ladéosse  Tbamoun  ou 
'Ttiébes  eit  appelée  la  grande  reetrict  du  monde.  11  j 
ert  dit  4)u'elltt  a  mis  en  la  puissance  dason  client 
toutes  les  eontriei  et  qu'elle  lui  a  donné  Kimé.  Le 
monde,  ici,  c'est  Kémé,  et  tUniié  est  l'Egypie;  toutes 
les  conlréeti,  ce.  sont  les  eanions,  les  nmaes  ée  l'E- 
gypte. (CBnnroLLioif,  Lettre  du  i5  mars  iSi»  >  Ké- 
me,  ii'esl-ce  pas  CliainT  Un  Ptoléméc  est  aussi  ap- 
pelé Seigneur  du  monde.  (Id.,  Ibid.)  Rbamsès  le 
Grand  ou  Sésoslrîs,  assis  snr  le  trdiie  de  son  père, 
domine  lar  la  terre,  est41  dit  dans  une  dédicace  ;  il 
eai  l'ami  du  monde,  {tbid.)  Dans  une  inicripiion, 
Arsijioé,  femme  de  Piolcméc  Pbilopaior,  est  âuali- 
liée  de  domiaairice  du  monde.  {Ibid.)  Dans  sa  Lellre 
du  18  juin  suivant,  H.  ChampoUion  décrit  des  mo- 
numeoU  ;  Ici  Aminon-Ra  aeconle  i  Rbamsès  le 
Grand  la  domination  inr  «wrct  ks  tontries;Sm' 
tarae,  unr  longue  vie  ponr  gouvertur  le  monde;  U, 


Noé  avec  ce  qui  se  trouvait  dans  l'arclit. 

De  leur  cdté,  les  critiques  du  leniimeDl 
opposé  prétendent  que  ce  sont  précisément 
les  circonstances  qui  exigent  qu'on  donn« 
un  sens  limité  aux  paroles  de  Moïse  ;  csr, 
disent-ils,  un  déluge,  tel  que  nous  l'admel- 
tons,  suQII  pour  l'accomplissement  du  but 
que  Dieu  s  est  proposé  ,  d'après  le  tene 
même  de  la  Bible,  et  il  ne  donne  point  liea 
aux. difficultés  insolubles  qui  rësullenl  d'ua 
cataclysme  absolu  et  universel.  Si  iott 
l'expression  toute  la  terre,  etc.,  eslsuscen» 
tible  de  restriction,  c'est  surloaldsnsls 
récit  du  déluge  (723). 

Detuc,  en  particulier,  fait  plusieurs  ré- 
flexions que  nous  ne  devons  point  niiscr 
sous  silenee  :  «  Je  remarquerai  d'ioard, 
dit-il,  qneï'usaee  connu  des Orientaui , dt 
mettre  souvent  Fe  tout  pour  la  partie,  nous 
empéebe  de  regarder  les  fous  que  nous  Iroi- 
voos  dans  les  récits  de  Moïse,  comme  ia 
tous  ebsoltis  ,  lorsque  cela  n'est  pas  déitt- 
miné  par  la  nature  de  \a  cttose.  C'est  im 
que  lorsque  Dieu  ordoona  à  Moé  de  prendre 
toute  chose  qu'on  mange,  pour  scrTirdo 
nourrilure  i  lui  et  aux  animaux,  ce  tout  w 
pouvait  être  absolu  ;  puisqu'il  eût  eœbraisé, 
pour  ainsi  dire,  toute  les  classes  de  stibs- 
lances.  Il  ne  signifiait  donc  évidemment 
que  tout  ce  qui  était  nécessaire  pour  uour- 
rir  lui  el  tous  les  êtres  vivants  renferaiéj 
avec  lui.  Ainsi,  le  loul  des  animaux  è  ren- 
fermer dans  l'arche  ne  signiliait  non  pim 
que  tout  ce  qui  éleil  nécessaire  pour  qu'au 
sortir  de  l'arche  Noé  el  sa  lamille  peu- 
plassent d'animaux  le  pays  qu'ils  baeilE- 
raienl;  ou  telle  extension  que  la  s«ge»e 
diviiie  jugea  i  propos  d'y  ajouter  el  qui  lal 
connue  de  Noé  pour  la  partiequi  dépendu! 
de  son  etéculiou 

■  Lorsque  Dieu  manifesta  sa  Tolonlf  i 
Noé  à  l'égard  des  habilants  de  touiti 
classes  de  fa  nouvelle  terre,  elle  fut  «• 
primée  en  ces  mots  :  <  J'établirai  mon 
alliance  avec  vous  el  votre  race  iprèt 
TOUS,  tant  des  oiseaux  que  du  t>éiail,  <* 
de  toutes  les  bêtes  de  la -terre.  »  (Gn.  Hr 
9,  19.)  Voilà  manifestement  une  esle^ 


le  dieu  Clions  lai^Ile  le  uigneur  du  momia 
reine  Nofrë-Arf  l'appelle  de  même,  et  elle  se  qm- 
liQe  <  la  déesse  épouse,  ta  royale  mère,  l>  ro;^ 
épouse,  la  puissante  dame  d»  monde.  >D»s  * 
Lellre  du  ÏO  juin,  il  mentionne  une  inseripuoii  «* 
Aroéunpbis-Memuori  est  dit  erlù  t/mi  tient  u  «••* 
êH  repof.  Une  autre  inscription,  citée  dans  m1^<^ 
du  iS,  appelle  modiralrict  touBeraint  du  aumdc  clii- 
cune  des  deux  femmes  de  Piolémëe  Eter^u  11. 
Ptoléniée  Sotcr  II  éiait  aussi  le  seigneur  du  nt'^'- 
(Lettreàu  50  juin.)  Thonlbmasis  IH  ou  HatrisHni 
le  K/averain  de  la  haute  et  basse  région,  le  grati  'M 
dont  taule*  les  parltet  du  monde,  le  dieu  greàns 
du  teigiieur  du  monde,  bienfaiieur  du  monde.  S"' " 
atilre  monument,  le  roi  des  dieux,  AHi'non-" 
aitresse  à  Ahamsés  ht  Grand  nu  Meîamoun,  un  lun 
discours  où  11  l'appelle  miriire  du  monde,  et  il '" 
dit  :  I  Toute  force  i  appartient  tur  la  Urre  tmiert^ 
(Même  Lettre.)  Ainsi  pour  les  Egyptiens,  le  uunM, 


{éreinent  k  l'Egypie  par  la  conquèb 


ML 


NCnOtMAlBB  AP0LOGBTH)UC. 


fiao  qui  embrasie  des  aaimaux  dislincU 
de  ceui  qui  sont  sortis  de  l'arche  en 
iRlmslempsaue-Noé  et  sa  AiniHIe  étaient 
tiK  etii  (m)-.  ■ 

Le  secood  arftutneDi  que  l'on  lire  de 
la  IrtditioD  prouve  seulement  que  toute 
Il  rice  lMiniBine>  fc  rexcsplion  de  Noé  et 
it  S»  EiiDilIfl,  a  ))éri  daiis  les  eaux  du 
déii^e.  Uais,  pour  cela,  il  n'est  nullement 
uénsMÏreque  i'inondatiocr  ait  été  absolu- 
ntui  UDir<jrselle;  i>  suffit  qa'elle  art  subi- 
raient Eubmerijé  tous  les  pays  habités; 
itriei  n'oblige  h  l'étendre  jusqu'aux  im- 
WDHS  déserts  de  l'Amérique. 

k  ces  preuves  négatives,  les  adver- 
nrii  du  déluge  universel  ajoutent  quel- 
i)B»  raisons  positives  en  faveur  de  leur 
ididoieut.  Ils  disent  premièrement  que  Dieu 
iliu  M  sagesse  en  envoyant  le  délugu 
i>oiir  pooir  la  race  humaine  ,  qui  s'était 
(«rrouipue,  s  dû  nécessairement  le  limiter 
uiiieuKiù  elle  était  établie.  Son  but  se 
iiuuiiit  |>ar  là  complètement  rempli,  et  si 
jwlite  suffisamment  vengée,  puisque  au- 
tnn  iou|>8ble  n'échappait  au  châtiment. 
Of.si  nous  fouTons  en  juger  par  les  pro- 
pii  que  la  population  a  fuiis  depuis  le 
*Muptil  parait  qu'avant  cette  cataslro- 
rtv  elle  n'était  f>as  irés-araDcée,  et  que 
In  hoDKDes  antédiluvieDS  ne  devaient 
(lèK  s'étendre  au  delà  de  l'Asie.  Ainsi 
ik  M  inutile  de  ravager  tout  le  reste 
ii  lM)t  et  d'y  axterminer  tous  les  ani- 
ma. 
Chi^u  n'admettent  point  un  déluge 
l'-fiotiaKia  uairerset,  se  fondent  encore 
)ur  riDtWtsibililé  de  Iruuver  dans  la  na- 
uifi  uaa  quantité  d't-au  assez  considé- 
nblï  poar  submerger  le  terre  b  la  hau- 
iw  de  quinze  coudées  au-dessus  des 
M  hautes  moDlagiies. 
•QasDl  à  nous,  dit  M.  l'abbé  Glaire, 
flou  tu  dirons  franchement,  la  dillicullé 
■■w  muble  augmenter,  h  mesure  que 
BMit  étnUions  d'avantage  la  question.  A 
W'rériié,  les  expressions  dont  s'est  servi 
■otse  semblent  indiquer  un  caiaclysn}e 
•iMOluiaenl  nniversel;  cependant,  comme 
•l'uncdté  ces  mêmes  expressions  sont  sus- 
t^'libles  d'éprouver  une  oerloine  reslric- 
bim  dans  leur  sans;  que  de  l'autre,  ii  j 
Mraii,  k  les  prendre  dans  toute  ï'étendue 
'■,  leer  acception,  des  difficultés  f^ui  pa- 
niiMol  ÏDsolubles  ,  et  qu'enfin  ,  le  but  de 
!■  justice  divine  se  trouve  complètement 
|*<»pli  par  an  déluge  qui  détruit  toute 
ltncehaiiia)ne,et  inonde  la  plusgrandepar* 
'|f^u  globe,  il  ne  uaralt  pas  entièrement 
^KOXMtré  que  le  reeit  de  la  Gtniie  doive, 
t*f  la  leale  force  des  paroles  du  texte 
"(rtf  l'entendre  nécessairement  d'un  ca- 
wjtme  qui  aurait  couvert  de  ses  eaux 
*iw>iuiDent  toute  la  surfice  de  la  terre. 
■Les   adversairuB  du  déluge   universel 

(■U)  J.-A.  DiLDG,  Lettrtt  phytiq^tt  ri  nwraUt 
•V  ThifriM  4t  U  Une  et  de  l'nommt,  i.  V,  teUve 
™-™.P-««î-fl«8. 


supposent  qu'au  moment  de  celle  cnlas- 
tropbe  ,  assez  rapprochée'  de  l'origine  du 
raoo4e,  les  hommes  nn  s'étont  pas  eD< 
core  beaucoup  multipliés,  n'avaient  pu 
se  répandre  dans  un  cercle  bien  étendu  et 
par  conséquent  s'établir  dans  toutes  les  par- 
ties de  l'univers.  Celle  supposition,  il  est 
vrai.  i>'a  d'autre  fondemeol  qu'une  simple 
conjecture;  mais  cetlo  conjecture  n'est  pas 
dénuée  dn  vraisemblance,  et  l'opinion  con- 
traire ne  repose  pas  sur  une  base  ['lus  so- 
lide. D.  Calmel  lui-même,  <out  en  com- 
ballanl  Vossius,  qui  soutenait  qu'eu  temps 
de  I4oé  il  n'y  avait  pas  de  pays  peuplés 
au  delà  de  la  Syrie  et  de  la  Mésopotamie, 
avuue  pourtant  qu'il  n'assurerait  pas  que 
les  hommes  se  soient  tellement  multipliés 
avunt  le  déluge,  qu'il  y  en  eût  dans  tous 
tes  coins  du  mondu  (72i*J.  »  • 

A  celle  question  se  rallache  un  fait  qui  a 
été  jugé  diversement,  et  qui  est  assez  im- 
porlanl  en  lui-même  [lour  que  nous  ne 
puissions  point  le  passer  sous  snenoe.  D.  Ua- 
billon,  s'étont  trouvé  à  Rome  en  1685.  au- 
momenl  où  la  congrégalion  de  \  Index  était 
convoquée  pour  examiner  les  ouvrages  de 
Vossius  relatifs  aii  déluge,  fut  invité  a  don* 
ner  son  avis.  Le  savant  bénédictin  expos» 
aux  consulleurs  les  raisons  que  l'on  pouvait 
faire  valoir  contre  Vossius.  aussi  bien  que 
celles  qui  militaient  en  sa  faveur.  Ainsi  il 
fait  observer  que  l'opinion  du  critique  ne' 
contient  aucune  erreur  capitale  contre  La  foi 
ni  contre  les  bonnes  mœurs  ;  que  l'auteur  de 
Ce  système  ne  l'a  proposé  que  pour  répondrtf 
plus  facilement  aux  otijoctions  des  impies, 
qui,  à  cause  des  dilTicu  liés  que  présente  le  dé- 
luge universel. le  regardent  comme  un  fait 
controuvé,  et  prennent  de  là  l'occasion  de  dé- 
truire l'autorité  de  l'Ecriture.  Mabîllon  ajouta 
que  Vossius  ne  dit  rien  d'injurieux  {aeerbum) 
contre  l'Eglise  catholique  m  contre  l'opinioir 
reçue,  se  bornant  à  présenter  la  sienne 
comme  plus  vraitembiable  ;  qu'il  est  util» 
d'admettre  ou  du  moins  de  tolérer  des  sens 
divers  daps  l'eiplicalion  de  l'Ecriture,  quand 
ils  ne  sont  pas  contraires  h  l'autorité  mani- 
feste des  livres  saints  et  do  l'Eglise  ;  comme 
cela  s'esl  déjà  vu  par  rapport  b  l'explication 
des  six  jours  de  la  création  donnée  par  saint 
Augustin  (72!t),  et  suivie  par  saint  Themae 
et  d'autres  interprètes  après  lui;  que  les 
expressions,  toutes  Ut  monlagnee,  toutt  ekaif 
peuvent  légitimement  {cimgruenler)  s'en- 
tendre de  la  partie  de  In  le^re  alors  habitée. 
Suisque,  comme  l'écrit  Vossius  dans  sa  lellrtr 
Colvius,  le  mol  tout  est  quelquefois  ces- 
Ireinl,  dans  l'Ecriture,  à  un  sujet  pai'ticulier; 
d'autant  plus,  dit  le  docte  bénédictin,  que 
saint  Augustin,  entre  autres,  fait  observer 
que  l'usage  de  l'Ecriture  est  d'employer  pour 
la  partie  des  expressions  qui  ne  conviennent 
qoau  touti  Scripturœmot  est  ita  loquide 
parte,  tanquam  dt  toto  (73G)  ;  et  que  Cfijulan. 

p.  1ST. 

(7S5I  AncvsT.,  De  Het 
aiii)  AnusT.,  Efitif.  I 


MCnOUNAntE  APOtOGKTIQUC. 


W 


qai*  iTCcriasieurs  doeleun  calboliqg«s,  ei- 
eepl«  de)  idodiIbIjod  quelqnes  scHnmetsdei 
plus  liaates  monlsnies  {eaeumina  montiuM 
êupereminentimn) ,  dit,  (jise,  selon  le  seoli- 
ment  coniniun  ues  interprètes,  la  moDlagn* 
oùdtaitsituéle  paradis  terrestre  ne  fut  («int 
submergée  (7?7;.  D'après  eeseoosidératiuns, 
Habillon  conclut  qu'il  ne  faut  point  prendre 
trop  rigoureusement  au  pied  de  la  lettre  les 
paroles  de  l'Ecriture,  comme  si  rien  abso- 
lument n'avait  échappé  bd  désastre  du  dé- 
luge unirersi-l  ;  que  par  conséqaent  touto 
la  controverse  ne  roulera  plus  que  sur  le 
plus  ou  la  moins;  qu'enlin  l*^lise  n'afant 
jamais  formellement  rien  déOni  sur  cette 
questioD,  ni  înQigé  aucune  censure  contre  . 
ceiix  qui  limitaient  le  déluge  h  la  parlin  de 
la  terre  habitée  au  temps  de  Noé,  et  que  l'o- 
oinion  de  Vossius  n'ayant  été  jusque-ik 
t.s'est-ii-dire  pendant  trente  ans)  attaquée 
par  aucun  docteur  catholique,  mais  seule- 
meul  pnr  les  protestants,  il  n'y  avait  point 
de  péril  à  le  tolérer,  et  qu'il  valait  mieux  le 
laisser  sans  le  censurer,  que  de  se  mèter 
dans  des  dispuli-s  agitées  seulement  entre 
les  prolcslants  (728).  Dans  son  abrégé  de  la 
vie  de  Habillon,  0.  idassuet  dit  aue  les  car- 
dînaui  coosullenrs ,  frappés  d  admiration 
poar  son  érudition  et  sa  sagesse,  suivirenl 
son  sentiment  (729).  C'est  ce  que  disent  en- 
core de  Bnze,  Iluinart,  Tbuillier,  Clément, 
Gouget,  Drouel,  et  plusieurs  autres  béaé- 
(Ji  clins. 

H.  l'abbé  Glaire  conclut  de  celte  discus- 
sion que  ■  les  expressions  toute  chair,  toute 
la  terre,  lesquelles  se  trouvent  plusieurs  fois 
reproduitssdans  le  récitdu  déluge  mosaïque, 
et  qui  sont  souveol  limitées  dans  l'Ecriture  è 
un  sujet  particulier,  peuvent  se  restreindre 
è  la  partie  du  globe  habiiéo  au  temps  de 
Noé,  sans  former  un  obstacle  à  l'accomplis- 
soment  du  but  que  Dieu  s'élait  proposé,  ce- 
lui de  détruire  la  race  humaine,  qui  avait 
mis  le  comble  h  sa  perversité. 

«  L'Eglise  n'a  jamais  détinî,  comme  dogm» 
de  foi,  que  ce  grand  déluge  ait  submergé 
absolument  toutes  les  parties  du  globe, 
même  celles  qui  n'éLaieol  pn$  habitées. 
Ainsi,  dans  le  cas  où  on  ne  trouverait  aucun 
autre  moyen  de  résoudre  certaines  difficul- 
tés (car  il  ne  fnut  pas  se  dissimuler  qu'il  en 
existe  de  réelles,  et  que  les  réponses  qu'on 
y  oppose  ordinairement  ne  sont  nullement 
satisiaitantes)  ;  dans  ce  cas,  disons-uous,  oa 
pourrait  légitimement  recourir  au  sentiment 
contraire,  qui  fournil  des  solutions  incon- 
testables, mais  inadmissibles  dans  l'tiypo- 

imt  CuBTiirm,  lit  Genêt.  ■ 
(7S8)  Jean  Huilloii,  Œuvra  fottlmout,  t.  U, 
p.  60MMq. 

(729)  I  Itomx  dum  morauir,  ad  coDgreftaiiooeia 
Indicis  inier  cuosullores  vocaïus,  Sfnieuliani  pro- 
nuntiare  suflragîumqiie  promere  j'ussus  tle  quÏDiis- 
dam  librls  Vosstanis  de  diluvia  noD  unirenali. 
tanla  cum  erodtlioneci  inodestia  proiutjt,  ui  mi- 
raii  cardinalea  (ecandum  eum  tententiam  dii^ 
riot.  I  (Amulca  «rJiiiù  S.  B*»tdietL  L  V,  p.  xviii, 

(730)  Un  géognoitc  liabilc  que  uoui  aroQS  déî^ 


thèse  de  l'universalité  absoloe  du  itiop,, 
Nous    o'ignnrnfts    pas    qu'on  ■  donné 
comme  preuve  du  déluge  les  coquiltiui 
marins  qui  se  trouvent  snr  le  hint  oa 
montagnes,  la  présence  dans  oospiTtiles 
débris  d'animaux  qu'au  suppose  avoir  «p> 
parteon  è  d'autres  climats,  la  consenaiiuii 
dans  lea  glaces  septentrionales  d'un  petit 
nombre  de  rhinocéros ,  d'éléphants ,  etc. , 
avec  leurs  tissus  organiques,  euGo  lesbloe 
erratiques    répandus  sur  le  sol,  loiné» 
montagnes,  d'où  ces  roches  panissenl  dé* 
tachées  ;  nuis  comme  cette  preuve  ne  dois 
a  point  paru  sufOsammenl  établie,  nom  pré- 
férons nous  en  tenir  è  la  démooslraltoo 
historique  et  traditionnel  te  que  noas  illou 
présenter  tout  h  l'heure.  D'un  antre  eété, 
tous  les  géol<^ues  consciencieux  s'sccot- 
denl  i    reconnaître  qu'il  n'y  a  rien  co 
géognosie  qui    puisse  infirmer  le  fail  ta 
déluge  (730).  Plusieurs  mômt  d'entre  m 
sont  portés  à  crtHre  qu'il  7  a  do  cetlù 
nombre  de  faits  géororgiques  qui  smVn- 
raient  trouver  leur  explication  dans  cegriml 
cataclysme.  C'est  ainsi,  par  exemple,  que 
U.  Constant  Prévost,  après  avoir  combaitii 
par    plusieurs   arguments   le  systèmt>  d«i 
submersions  itératives  des  coutineiilj  ac- 
tuels, ajouta  :  ■  Cependant,  ja  ne  suis  pu 
moins  disposé  i  recoanaltre  avec  Mue, 
avec  H.  Cuvier.  avec  le  professeur  Bud- 
land,  qu'un  grand  nombre  de  faiu  géologi- 
ques Tiennent  appuyer  les  traditions  bisto- 
riques  de  presque  tous  les  peuples,  et  ootu 
apprendre  qu'à  une  époque,'  que  l'on  pourra 
peul-élre  fixer  parde  cerlaiDS  chronomètres 
physiques,  cerlaioes  parties  des  terres  dé- 
couvertes ont  été  momentatiâmflct  ravagées 
Earde  pandes  inondations  qui  ont  sAremeDl 
lit  périr  des  milliers  d'animaux  terrestres 
et  sans  doute  une  grande  partie  des  faomnes 
sur  les  points  ni^  ils  étaient  établis  l73t).  > 
Cuvier,  dans  son  Dùcotir»  sur  tei  réto- 
iutiotu  de  ta  surface  du  globe,   donne  des 
preuves  pliysiques  de  la    nouveauté  dei 
coolinetits,  puis  il  conclut  ainsi  :  ■  Je  penie 
donc,  avec  MM.  Deluc  et  Dolomieu,  que, 
s'il  y  a  Quelque  chose  de  constant  en  géo- 
li^ie,  cest  que  la  surface  de  notre  globe  1 
été  la  victime  d'une  grande  et  subite  réfO- 
lutinn  dont  la  date  ne  peut  remonter  tu 
delè  de  cinq  ou  six  mille  ans;  que  cette 
révolution  a  enfoncé  ot  fait  di^iaraltre  les 
)iBys  qu'babitaieot  auparavant  les  bommes 
et  les  espèces  des  animaux  aujourd'bui  le* 
plus  connus;  qu'elle  a,  au  contraire,  misk 
sec  le  fond  de  la  dernière  mer,  el  en  a  formé 

dté,  mais  qui  lomlie  quelquefois  dans  rexagdraiîm, 
H.  A,  Boue,  va  ptu  Idu  encwe,  car  il  dit  eiprt*- 
aémeat  :  «  Je  serais  lûen  Ocbé  qu'on  pU  mt  cfw« 
asMi  slupidepournîcr  qu'une  inondauoii  OH  qu^f 
caïaslropbe  a  eu  lieu  daus  le  monde,  on  pluldt  ijuu 
la  contrée  habilëe  par  les  hummcs  anLedtluTieiit. 
Pour  mot,  ce  fait  me  semble  aussi  liîsiorîque  que  k 
rèane  de  César  ï  Rome.  >  (llimoirtt  géaUgi^ma  d 
MMonM/Mifiui,  publiés  par  A.  Booti  1. 1,  p.  147. 

(731)  ConslaDi  Psevost,  Dotnmemtt  ptmt  fU^ 
IMT*  det  teTTaàms  urtiairet,  p.  ^6,  77. 


t  DEL  mCTKMWAlRE 

I  p>fs  aUJoard'hui  liabîléâ  ;  qae  c'est  de* 

lis  celte  rérolutiOD  oue  le  fûlit  nomlire 
t  iDdifiJus  épargnes  par  elle  se  sont 
l«ridjs  et  lironagés  sur  Ifls  terraius  nou- 
Uetnent  mit  a  sec,  ni,  par  conséquent, 
iii<'eilii(>puis  celte  époque  seuk-meiil  que 
<«  sdciéli's  ont  repris  une  ninrclii!  fii-c^res- 
I  <ju'clle5  oui  formé  des  établissements, 
if^ilps  rooDumeuls  .  recueilli  des  faits 
lurels,  et  combiné  des  fnils  scieniiliques.> 
lUt  ne  cliiTcberoiu  pas  è  faire  ressortir 
Ht  ce  qu'il  y  a  d'tTroiié  darfs  ce  passage 
de  ronlrndicloireavfc  d'autres  assertions 
leCuner  établit  cumme  autant  de  prîn- 
iK-sdsnsce  même  discours;  nous  nous 
xiitniLTons  de  citer  les  rélleiioiia  d'un 
iiufiliste  qui,  sans  contredit,  mérite  plus 
'  coilîauce  dans  une  quvstion  de  cetto 
:;un'. 

'C'est celte  conclusion  qui,  ré|>é(ée  dans 
chaire  chrétienne  par  un  grand  orateur 
nminoiis),  et  redite  dnns  une  Toule  de 
cueils,a  concilié  i  Cuvier  la  bienveillance 
albéolo^iens.lis  se  sont  arrêtés  6  lasuner- 
deiiesénoDCés,  sans  pénétrerdaus  le  fond 
I  sjsième;  ils  ont  cru  ^'trouver  un  accord 
tiléttec  la  tradition  mosaïque.  D'autres 
finies,  placés  &  un  autre  point  de  vue,  ont 
"uiéCuTiord'BToir  déguisé  son  matérialis- 
KiKjurimirder  la  science  avec  Uoïse.  Mais 
l' tu  DOS  ni  les  autres  ne  nous  semblent 
Kiiitunfirij  la  question,  car.  si  d'une  pari 
tiiTKT, ^ qiietqu es  phrases,  semble  favo> 
''<cr;t  ttcilde  Moïse  sur  le  déluge  univer- 
^^l' lit  l'iulre,  son  système  est  impossible  à 
'■"iwifefjfMloulIerestedu  récit  de  Moïse, 
niuiiit  de  faire  au  texte  la  violence  In  plus 
ytnit,  de  renverser  toutes  les  lois  du 
iDOie,  de  la  philologie  et  delà  ltigj(|ue, 
'n'eue,  cette  conclusion  d'un  déluge  que 
'>uld.<iu  les  sciences  historiques  et  tradi- 
^'bncllEj  démontre  certaine,  n'est  en  géo- 
îe,  dios  l'éiat  actuel  de  la  science  ,  ni 
yév,  u\  inrirmée,  et  cela  vaut  beaucoup 
^uique  d'identifier  une  doctrine  certaine, 
•nàe  Uoïge,  avec  des  systèmes  destrue- 
Mi  du  jour  au  lendemain  (732).  ■ 
tn  piéliminaires  établis  sur  le  vérila* 
I  (eij  du  texte  génésiaque  dans  le  récit 
"i^'Dge, nous  allons  nous  occuper  delà 
■itiiûa  Jes  objections  (733J. 

SU. 
:«fU«io  rcMre  le  délagr  DKMâaae.  Traditloas  »ur  le 
iétoft,  «ur  l'irdie,  lur  liai,  eu. 

•  Cvui,  dit-on,  qui  érriroiil  sur  les  dé- 
^)k  la  fin  de  ce  siècle  seront  vraisem- 
tuleoipnl  dispensés ,  par  suite  des  nro- 
"des  saines  idées  do  géologie  et  d'his- 
■J».  d'aborder  par  une  discussion  sérieuse 
■•Ijuleuse  tradition  du  déluge  universel, 
■itnoktpas  du  même  de  iiotru  lumps. 
'  récit  biblique  est  si  frappant,  il  a  telle- 
'ntdAtniné  nos  pères,  nous  sommes  si 
^'  l'sbitués  à  lui  voir  donner  place  dans 
♦^'peiouiM  Itt  ki$loire$t  coniuic  &  une 


APOLOGETIQDC.  DCI'  fi^ 

vérité  reconnue  du  mimdt,  entier,  que , 
lors  mèiD«  que  nous  ne  croyons  plus  i 
Vinondatio»  miraeuleuit,  nous  sommes  tout  ' 
disposés  encore  à  croire  à  Tinoudalion  na> 
lurclle.  11  nous  parait  donc  nécessaire,  en 
terminant  cet  article,  de  jeter  quelques 
traits  de  critique  historique  sur  cette  Ira- 
dilion,  et  de  montrer  au'elie  ne  posséda 
pas  la  moindre  solidité  ea  ce  qu'elle  a 
d'essenlii'l. 

■  D'abord  il  est  aisé  de  se  convaincra 
que  le  récit  de  l'auteur  juif  offre  au  plus 
haut  point  tous  les  caractères  qui  consii-< 
tuent  la  tradition  poétique  et  fabuleuse. 
Rien  n'y  manque  :  I  interveDiion  directe  de 
la  Divinité,  dont  les  divers  entretiens  avec 
Noé  sont  fidèlement  rapportés;  l'emplet 
continuel  des  périodes  exactes;  lus  eaux 
tombant  précisément  pendanlquaraotejours; 
les  sommets  des  monlognes  apparaissant 
précisément  le  premier  jour  du  premitir 
mois  de  la  première  année  du  vi*  siècle  de 
Noé;Ja  fausseté  évidente  des  circonstancoft 
socondaires;  il  sufTil  de  citer  l'embarqua- 
ment  de  lous  les  animaux  à  respiration  aé- 
rienne, dont  il  y  a  AU  moins  un  millioad'es- 
pëces,  y  compris  leur  nourriture  pour  une 
navigntioQ  de  six  mois  ;  enGo,  l'invraisem- 
blonce  générale  du  l'événement;  la  longue 
durée  de  la  tradition  orale,  la  confusion* 
apparente  en  plusieurs  points.dc  plusieurs 
textes  différents.  A  la  rigueur,  rien  de  tout 
cela  no  démontre  que  lo  fait  fondamental 
du  déluge  no  puisse  èlre  vrai,  car  la  tradi- 
tion d'un  fait  vrai  peut  fort  bien,  en  pas- 
sant de  bouclie  en  bouche,  s'obscurcir  et  se 
ubargiT d'accessoires  merveilleux  od  dqbd- 
sun^ers.  Mais  en  voyant  Timaginalion  du 
narrateur  antique  jouer  un  si  grund  r&le 
dans  l'ensemble  du  récit,  on  est  naturelle- 
ment porté  ^  soupçonner  que  colle  imagi- 
nation a  dû  s'étendre  jusquH  sur  le  fait  fon- 
damental, sinon  |)Our  l'iiiver.ler  de  louiet 
pièces,  du  moins  pour  le  rendre  plus  frap- 
pant et  plus  mémorable  en  lui  donnant 
plus  de  grandeur,  > 

Nous  avons  plus  d'un  argument  &  oppo- 
ser &  la  préli-nliun  dos  critiques  qui  veulent 
que  l<:  grand  cataclysme,  rapporté  dans  la 
Gtnète,  no  soit  pss  un  fait  réel,  mais  un 
conte  qu'il  faut  reléguer  parmi  les  fableS; 
anciennes.  I.e  premier  est  tiré  du  caractère 
méms  do  Maïse,  qui  nous  en  a  transmis  le 
récit.  A  la  vérité  les' mythologues  ne  regttr- 
dent  pas  Moïse  comme  1  auteur  de  la  Gtniit, 
mais  celte  uréïenlion  est  insoutenable, 
comme  nous  le  montrons  au  mut  Pent^tru- 
QLB.  Dn  second  argument  en  faveur  de  la 
vérité  du  délogo  nous  est  fourni  par  lesan- 
iisies  des  divers  peuples  du  monde,  los- 
quellcs  font  toutes  mention  d'une  catastro- 
phe tout  &  fait  analogue.  Entin  l'origine 
des  nations  aussi  bien  que  celle  des  scien- 
ces el  des  arts,  quand  on  les  étudie  avecal- 
tention,  vienuent  à  l'appui  de  cetlo  tradi- 
tion universelle. 

If»'  '^""''■«  «*  HniMEB,  HiiJ.  de*  ttimcet        (733)  Nous  rmpriinlons  ces  obiectiwn  à  raiiitih 
*"•  '■  W.  P-  Wl-  Ditu^  msàri  daii>  VEat^tovidit  nounltt. 


Wl 


MX. 


MCnOHMURE  AK»,06ETI0Ue. 


Pour  ré|>ondrf>  victorieusement  aux  D17- 

thnlogues  qui  DÎenI  la  réalité  historiqabda 
rticil  biblique  loucliant  le  déluge,  il  saOl- 
rail  de  remarquer  que  Uoïse  n'a  pu  ni  étra 
trompé Di  vouluir  tromper surce  grand éré- 
nement. 

Et  d*abord  il  n'a  pu  être  ioduit  en  er- 
reur sur  un  fait  aussi  éclalanl  et  aussi  uni- 
vorsel,  qu*il  dit  avoir  eu  lieu  h  une  épo- 
que aussi  récente  el  aussi  rapprochée  de 
lui;  car  cet  hisiorien  ne  vivait  qu'environ 
huit  eonis  ans  après  le  déluge.  Or  k  celte 
époque  le  monde,  surlout  dans  Ttipinion  de 
nos  adTersniriis,  devait  être  plein  de  mo- 
numents qui  auraient  réclamé  haulemenl 
contre  son  histoire.  Ainsi  dans  la  supposi- 
tion où  le  déluge  ne  fût  pss  arrivé,  tes  an- 
nales des  peu|>les,  le»  inscriptions,  les 
VDTS  anciens,  les  livres,  les  villes,  les  édi- 
fices publics,  devaient  remonter  besueojp 
au  delà  de  rép«que  qu'il  osait  assigner  au 
monde.  Conçoit-on  en  effet  que  Moïse,  qui 
éiait  né  en  Kgyple  et  en  coiinsissatt  tous  les 
monuments,  n'elK  pas  aisément  découvert 
que  le  monde  élail  beaucoup  olus   ancien 

3ue  ne  le  suppose  la  date  qu'il  donne  au 
éluge  T  Qui  oserai!  mainlenanl  écrire  qu'un 
semblable  Dénu,  qui  a  eu  lieu  iJ  y  a  envi- 
ron mill»  ans,  a  ravagé  la  terre  et  a  détruit 
tous  les  fflonumeutsT  Ce  sersit  assurément 
un  acte  de  folie  dont  aucun  écrivain  sensé 
ne  saurait  être  soupçonné  sans  injure.  Pour- 
quoi donc  en  supposer  capnble  l'auteur  de 
l«  Gmite,  nui  réunit  d'ailleurs  tous  les  ca- 
ractères de  l'historien  le  plus  sensé,  le  plus 
sage  et  le  plus  inlelligenlT  Ainsi  Uoïse  n'a 
pas  pu  être  trompé  sur  un  fait  aussi  écla- 
lanl, aussi  univt>rsel  et  aussi  récent,  qu'il 
suppose  avoir  été  le  déluge. 

En  second  lieu  il  n'a  point  voulu  trom- 
per :  car  autrement  il  n'eût  point  assigné 
au  déluge  une  date  aussi  voisine  de  son 
temps;  iT  n'eût  point  désigné  ses  ancôtres 
comme  la  souri:c  du  genre  humain  ;  il  n'eût 
point  déterminé  arec  tout  d'exaditude  les 
origines  des  autres  peuples  de  la  terre  ;  en 
un  mol,  il  eâl  suigneusciuent  évité  démet- 
tre dans  son  histoire  un»  multitude  de  cir- 
constances inutiles  à  son  dessein  el  qui 
pouvaient  si  aisément  survir  à  le  convain- 
cre d'imposture.  AJouions  ici  les  reflétions 
Judicieuses  de  Bergier  sur  cette  question. 

«  Cet  historien,  dit-il,  n'a  pu  avoir  aucua 
motif  d'ioveoler  ce  fait  :  plus  il  est  éton- 
nant en  lui-même  et  (Inn-i  ses  circnnstances, 
moins  il  y  s  lieu  de  penser  que  Uuïse  l'ait 
for^é.  Il  ne  pouvait  s'attendre  )>  autre  chose 
que  révolter  ses  lecteurs,  à  perdra  toute 
croyance  auprès  d'eux  et  à  décrédiler  toute 
son  iiisloire.  Il  écrivait  pour  des  hommes 
qui  avaient  été  instruits  aussi  bien  que  lui 
par  les  descendants  des  patriarches,  et  qui 
ne  hii  ouraienl  ajouté  aucune  loi  s'ils  ira- 
vateot  jamais  ouï  raconter  h  leurs  aïeux  les 
événements  qu'il  rapportait.  Son  style  n'est 
point  celui  d'un  enthousiaste,  d'un  poëte 
uu  d'un  romancier;  il  ne  cherche  ni  à  éton- 


ner, ni  h  faire  de  poinpeaseï  deMri|i(ioof 
ni  à  satisfaire  la  curiosité  de  ses  leclcun'  ' 
Il  rapporte  froidement  et  simplement  In 
faits,  il  supprime  plusieurs  circonttufti 
que  nous^  voudrions  savoir,  mais  dont  Vi. 
gnoranca  ne  nous  cause  aucun  préjadiee; 
son  seul  dessein  est  d'apprendre  sui  hom- 
mes ï  redouter  la  jastice  divine.  11  fillait 
que  Moïse  fût  bien  assuré  qu'il  d'j  mit 
sur  la  terreaucun  peuple,  aucun  iQonum«ut, 
aucun  vestige  d'mdustrie  humaine  «nié-  1 
rieur  à  l'époque  du  déluge,  pour  oset  ilbt- 
mer  qoe  cette  inondation  avait  fait  périr 
tous  les  hommes,  à  l'exception  de  Noé  et 
de  sa  famille  (73k).  >  Ainsi  Moïse  n'ivtnt 
ni  voulu  nous  tromper  dans  l'histoira  du 
déluge,  ni  pu  être  induit  lui-même  en  tt- 
reur  sur  son  existence,  son  témoignage  di 

fieut  être  que  très-véridique  et  le  déluge 
ui-méme  qu'un  fait  d'une  réalité  histori- 
que tout  i  Hit  incontestable. 

A  moins  que  de  tomber  dans  te  tn^> 
cisme  historique  le  plus  révoltant,  ou  m 
admettre  un   fait  quand  il  est  attesté  nt 
toutes  les  nations  de  la  terre  :  ortonleslcs 
nations    attestent  l'eiislence  d'an  délugt 
qui  a  submergé   l'univers.  Ces  iradilians 
se  trouvent  non-seulement  dans  les  bisiiH- 
res,   mais  dans  les  mylhofo^ies  de  lonsin 
peuples  du  monde.  Et  ce  qu'il  j  a  de  liic» 
remarquable,  c'est  que  toutes   ou  presqn* 
toutes  placent  l'événement  vers  le  lahm 
temps,  et  qu'elles  ne  s'accordent  pas  œoin) 
sur  un  autre  point  aussi  essentiel  el  mitit 
plus  essentiel  encore,  savoir,  qtie  legenrt 
iiumain  fut  détruit  par  le  déluge  h  ruicep-. 
lion    de    quelques    individus,    et  que  celUi 
de?ilruction  fut  le  châtiment  infligé!  Qoi: 
race  d'hommes  impies. 

Quelques  mots  de  Cuvier  nuffironi  pour 
justirier  noire  première  assertion.  Aprii, 
avoir  dît  que  les  géologues  ont  recamiD, 
d'après  l'étal  actuel  des  couches  superticieH 
les  du  globe  terrestre,  que  la  surface  i^ 
noire  planète  doit  avoir  éprouvé,  i  uaeép^ 
que  relativement  peu  éloignée,  une  grandi 
révolution,  qui  abtms  sous  les  eaux  Itis  coa 
lînents  alors  habités  pjr  les  hommes,  eicJ 
système  iiidé|ieiidant  de  la  question  qui  rod 
occupe  ici,  lo  savant  naturaliste  ajoulej 
a  Divers  peuples  ont  conservé  un  souveoil 
plus  ou  moins  confus  de  cette  calaslropN 
où  recommença  nécessairement  l'hisloii! 
des  hommes,  telle  qu'elle  a  pu  nous  Sii 
transmise;  et  ce  qui  est  fort  reœarquabi 
c'est  que  ceux  des  (leuples  qui  ont  gnnli 
moins  de  relations  entre  eux,  s'accorJei 
cependant  h  placer  cet  événemeul  k  H 
près  iliins  le  mfttne  temps,  c'est-à-dire  4 
quatre  h  dnq  mille  ans  avant  l'année  {^ 
sente  1820. 

■  Chacun  sait  en  elTel  que  les  livre?  • 
Mi)ise,  d'après  le  texte  îles  âe]>tante  lct| 
qui  allonge  le  plus  l'intervalle  etilre  led 
lujje  et  noirs],  ne  font  remonter  (e  délui 
quîi  53iO,  et  selon  le  teste  héltraïquo.du 
1.1  chronologie  est  la  plus  cuurletà  itfiDt< 


p34)  fkaniu,  D'ictionnairt  de  TIMogit ,  an.  Dilage. 


va. 


DICnOTfNAtRE  APOLOGETIQUE. 


DEL 


S7i 


nrftaot  le  eslcnl  (TDssfriiis,  ou  h  4393.  en 
liJnDl  celui  de  Frérel;  mais,  ce  que  I'od 
■  ipu  remarqué,  c'est  que  res  (Istes  don- 
tiesi  cette  catastrophe  par  les  Chaldéens, 
'tiCbiuoïs,  les  Indiens  et  les  Rrecs,  sont  i 
Pta  près  les  tn£mes  ÇJ3SJ.  *  Il  Taiil  bien  ob- 
turer qaa  notre  (hëse  esl  tout  i  fait  indé- 
fndtDle  des  opïaions  dîrerses  quf>  l'nn 
Krumil  adopter  reiativemenl  i  la  réalité  et 
i  II  certitude  bistorique  de  ces  catat^ïvsmes  ; 
ar.  que  les  iradilions  dont  l'autorité  leur 
terl  de  fondement  paraissent  fomliSes  ou 
■M»,  cet  accord  sur  la  date  prouie  claire- 
Beat  qu'il  j  a  eu  su  moins  un  déluge,  puis- 
que en  railmeltant  ce  infime  accord  se  con- 
toîtel  s'ciplique  loul  naturellemeni,  tandis 
qu'cD  le  nfctanl  il  deTient  une  énigme  ab- 
fo'um^iÈl  ioeiplîcable. 

Qfuot  i  DOtre  seconde  assertion,  elle  se 
troaia  aussi   pleinement  jusiiliée  par  les 
tiiU  «DÎTaoIs.El  d'abord  les  Hindous  croient 
qae  do  k-.mpsdu  règne  de  Salbjavrata  toute 
U  terre  fut  inondée  et  que  toute  la  race 
fut  oojée,  k  l'exception  du  pieui  monnrque 
SjtTSTnta,  des  sept   richJs  et  de  leurs  fem- 
c:e3. Celle pm/oya ou  destruction  esl  le  sujet 
^•1  {>remier  Pourana  ou  poëme  sacré.    Ce 
mfctne  caiael/sme  esl  également  raconté  en 
quelques  mois  dans  le  huitième  lirre  du 
Ùagatttta.  ■  Le  démon  Bajagrivs ,  y  est-il 
iilr  ajani  soustrait  les  Védas  è  la  garde  de 
Brahms,  pendant  que  celui-ci  dormait,  k  la 
indosiiièmemanTanlars. toute  la  race  des 
k'-ntmes  devint  corrompue,  à  i'excepcinndes 
SHrt  rit-biset  deSaljovraïa.qui  régnaitalors 
S BraTira,  région  marilime,ausud  de  Csmi- 
fl.  (^  iirince  faisait  ses  fthlulions  dans  le 
fleuve  Crilamsla,  lorsque  Vi>:hnou  lui  appa- 
Ki.1  sous  la  forme  d'un  petit  poisson,  et  lui 
akessa  cas  paroles  :  ■  Dans  sept  jours,  toutes 
Sestréaluresqui  m'ont  offensé  seront  délrui- 
#ap2r  un  déluge.  Quanti  toi,  tu  seras  sauTé 
Auf  un  grand  raisseau,  construit  miracu- 
Voïemeiit.  Ainsi  donc,  prends  toutes  esjièces 
JTerbes  médicinales  et  de  grains  pour  ali- 
aseot,  et  avec  les  sept  hommes  saints,  leurs 
^iimes  et  un  couple  de  chaque  espèce  sui- 
vie, entre  dans  l'arche saiw  crainte.  Alors  la 
«jnnali  ras  Dieu  face  h  face,  et  tnules  tes  ques- 
MIU5  recevront  one  répouse.  >  Ayant  ainsi 
■^'!é,  il  disparut.  Sept  jours  après,  l'Océan 
^vutuençaàdéborder  ses  rivages,  la  terre  fui 
i&undée  par   une  pluie  non  interrompuet 
»««|ueSal;avrala,  méditant  sur  la  Divinité, 
i-SiX  un  grand   vaisseau  se  mouvoir  >ur  les 
Mux.llyeDln,Bprësavo^rexécutélcsordret 
li^VicfaDAu,qui,ayant  pris  la  forme  d'un  im- 
v«9is«poiHon,permitkSatyavrBta  d'attacher 
e    vaisseau  k  sa  corne  incommensurable,  au 
»o;en  d'un  grand  serpent  de  mer,  employé 
T.4    guise  de  r-âbk'.  Lorsque  le  déluge  eut 

^TH)  CaviEi,  Ifou  sur  retie  qoesiton .  Le*  Mu- 
>^  fOfgfèf  et  ie  Deuea&on  imt-ih  det  irinemtnti 
e^'^  (t  fmrtifuliert,  <m  eu  Iradiiieti*  «tlirU»  0* 
fZ  *ft  maiwenei  f  dins  le  voltime  des  Mitamorpke- 
^»    flHMe,  p.  vni,  iiv,  tiit.  deN,  E.  Lemaire. 

•  Xq  To;ex  CkromXofy  of  tki  Hindat,  b;  V, 
_■—   ni    U,  p.   HK,  Atimt.  Rettarcktt.  —    De 


cessé,  Vichnou  tua  le  démnn,  reprit  les  Yt- 
das,  el  instruisit  Sntyavrata  dans  la  connais- 
sance divine  et  le  nomma  le  septième  He- 
noo  (736).  ■  JV^D^en  hébreu, est  aok,  oatfo» 
ou  trouh:MeHotih  esl  le  même  nom;  le  mt, 
première  syllabe,  n'étant  qu'un  article. 

La  tradition  ctialdéenne  raconte  un  éré- 
nemeiil  semblable  arrivé  sous  le  règne  de 
Xisutbnis,  dixième  nu  de  Babyiene.  Chro- 
nus  apparut  k  Xisuthrus,  et  lui  prédit  que, 
te  quinzième  jour  du  mois  daésius,  le  genre 
humain  sera  détruit  pnr  un  déluge.  Il  l'en- 

Snges,  par  conséquent,  k  écrire  une  liîsloiro 
u  commencement  et  de  la  Bn  de  toutes  cho- 
ses, et  k  l'enlerrer  dans  la  cité  du  soleil  k 
Lippara;  puis,  k  construire  un  vaisseau 
pour  lui,  ses  amis  et  ses  parents.  ï  le  charger 
de  provisions,  ainsi  que  de  toutes  espèces 
d'animaux.,  tant  oiseaux  que  quadrupèdes, 
et  k  se  conRer  sans  craînie  k  l'arbitraire  da 
Outs.  Sur  la  demande  où  i)  dirigerait  le  vais- 
seau :  «  Vers  les  dieux,  ■  lui  fut-il  répondu. 
Xisulbrus  obéit  k  l'ordre  divin,  et  construi- 
sit un  vaissenir  ayant  cinq  stades  de  longueur 
et  deux  de  largeur.  Il  y  mît  (oui  ce  qui 
était  prèl,ely  entra  le  dernier  avec  sa  femme, 
tes  enfants  el  ses  amis...  Après  que  les  eaux 
qui  inondèrent  la  terra  se  furent  un  peu  re- 
tirées, Xisuthrus  &t  sortir  du  vaisseau  quel- 
ques oiseaux  qui, ne  trouvant  pas  d'aliments 
ni  d'endroit  pour  se  reposer,  revinrent  bieo- 
tM.  Quelques  jours  après,  il  fil  une  seconde 
fois  sorlirdes  oiseaux, qui  revinrent  comme 
les  premiers,  Enfin  cet  essai  ayant  été  fait 
pour  la  troisième  fois,  les  oiseaux  ne  revin- 
rent plus,  ce  qui  Gt  penser  à  Xisuthrus  que 
la  surface  de  ia  terre  avait  apparu  sur  les 
eaux.  Il  m  ensuite  au  vaisseau  une  ouver- 
ture par  laquelle  il  vil  qu'il  avait  louché  terre 
snr  lepDiichaul  d'une  montagne  en  Armé- 
nie (737). 

Lus  traditions  égyplicnnps  ne  nons  don- 
nent aucun  détail  sur  le  déluge.  Hanéllion, 
cité  par  le  Syncelle  et  Eusèbe,  dit  seule- 
ment qu'il  lira  les  matériaux  de  son  his- 
toire ■  des  inscriptions  hiéroglyphiques 
gravées  sur  les  colonnes  élevées  par  Thoth, 
fe  premier  Hermès,  et  qui,  aprit  U  déluge 
{pn-K  vil  mxtakjafin)  furent  traduites  du  dia- 
lecte sacré  en  tangue  grecque  (738) 

■  Tout  le  monde  connaît  le  déluge  de  Dm- 
ca/ioR,  par  la  description  qu'en  font  les  au- 
teurs cla»si:pies  grecs  et  latins.  Nous  fe- 
rons seulement  observer  qu'ici,  comme  dans 
la  réeil  de  Uoîse,  le  vai&seau  sur  lequel  se 
sauva  Deucalion  cnnleiiaît  également  un 
eoupU  de  ekaqite  espèce  d'animau*  (739).  Du 
autre  point  remarquable,  c'est  que  le  vais- 
sniii  de  Deucation  est  appelé  |iar  les  auteurs 
grecs,  non  pas  noû»  («ne),  ni  phion  (clair'), 
mais  tqmax  (U^imiE)  ,  nom  qui  correspond 

BeaBTom-hunLx,  Qnatli^e*  mauiem,  vr  ikt  foofc 
9f  Gmenê,  etc.  j».  189  ;  Lomtofi,  lUS. 

(737)  Foyct  Beiosvs,  dans  Uorf'«  ANdml  fraf- 
wienU,  p.  2K.  Le  Sinckllg  et  Eôsua.  F*mcm, 
BiMwtkrcn  jrwa,  vol.  XIV,  p.  IM. 

(73S)  Corjr'i  XtuieM  (regmentt,  p.  Itt. 

(739)  LvciAH..  tk  été  5f ria. 


e-rS  MA.  DICTIONNAIRE  ANLOGETIOIE.  UL  \r,i 

cxACtemeat  h'  celui  do  coffre,  arcfu  (7W).     dans  une  barque  .  ou  ,  selon  d'iulrei  Imji 
''■■"Z  les  Chinois,  les  livres  sacrés  les  plus     tir>ns.  itnns  un  radeau  d'aliuRhiiele  (citprts 


tat  dittiekia).  La  peinture  repréieulc  Cot* 
eux  nu  milieu  do  l'eau,  étciiilu  dans  ut»; 
barmie. 

a  La  montagne,  dont  le  sommet  coumni;; 
d'un  Brbre  s'élève  sii-dess'is  des  eaui,  csi 
l'Ararat  des  Mexicains,  le  pic  de  Colliuatin, 


iinciens  parlent  d'une  inondation,  bien  qu'ils 
n'oatrenl  dans  aucun  détail  précis  à  ce  sujet. 
Ainsi  on  lit  dans  le  Chou-knig)  :  ■  L'empe- 
reur {Yao)  dit  :  Oh  I  Ste-yo  ÇIU],  on  souffre 
beaucoup  du  lu  grands  inondation  des  eaux 
qui  couvrent   les  collines  de  toutes  parts, 

surpassent  les  nionlagnes  e(  paraissent  aller  La  corne  qui  est  représentée  à  Kauchi>,eil 
jusqu'aux  cieus  (T^S).  >  Ce  passage  cepen-  l'hiéroglyphe  phonétique  da  Colbuacin.  An 
dant,  nous  devons  I  avouer,  ne  semble  point  pied  de  m  montagne  paraissant  les  lËiei  dt 
désigner  le  déluge  universel;  il  marque  plus  Lojcoi  et  de  saiemme...  Les  hommes  nés 
probablement  une  inondation  particulière  aprësledéluge  élsienlmuels  :  unecolonibr, 
qui  eut  lieu  sous  l'empereur  Yao.  Les  ob-  '  '  ■  "  -  ■  -  ■-  -  •  ■  ^  _  ,.  . 
servalions  que  fait  de  Guignes  à  ce  sujet, 
dans  la  préface  de  son  Dictionnaire  chinois 
(pag.  XVIII  et  suiv.),  sont  au  moins  pour  la 
(dupart  d'une  justesse  incontestable. 

Chez  les  anciens  Perses,  il  était  fait  men- 
tion d'un  déluge  universel  envoyé  pour  pu- 
nir une  race  méchante  ^^l^3). 


du  haut  d'un  arbre,  leur  distribue  des  1id- 
guej  représentées  sous  la  forme  de  peiite 
virgules.  Il  ne  faut  pas  confondre  celle  M' 
lombo  avec  l'oiseau  qui  rapporte  ï  Cqicoi 
la  nouvelle  que  les  eaux  se  sont  écouléi<!. 
Lt'S  peuples  de  UéchoacanconserTaienlmii; 
tradition  d'après  laquelle  Cotcoi,  qu'il* 
appelaient  Tezpi,  s'cnUiarqua  dans  Tioiflli 


On  trouva   même  parmi  les  peuples  du     spacieux  avec  sa  femme,  ses  cnfanlL^Iu 


Nouveau'Uonde  des  traces  évidentes  d'une 
tradition  semblable. 

Les  TIascalans  croient,  sur  d'anciennes 
traditions,. que  la  monde  est  éternel ,  mais 
qu'il  a  changé  deux  fois  de  forme,  l'une  par 
un  déluge,  et  l'autre  par  la  furce  du  vent  et 
(les  tempêtes,  etc.  [7«i}. 

Noé,  ainsi  que  nous  l'avons  déjii  remar- 
i)ué,  est  le  Coxcox  des  Mexicains.  ■  L'his- 
toire corumence  par  le  délugi!  de  Coicox, 
dit  M.  de  HumboldL,  l.  Il,  p.  175.  Ce  cata- 
clysme arriva ,    selon  les  deux  systèmes 


leurs  animaux  et  des  graines  donllifi» 
servotiou  était  chère  au  genre  liumaiu. 
Lorsque  le  grand  ssprîtTezcatlipocaoHouni 
que  les  eaux  se  retirassent,  Tezpi  fit  sorlir 
lie  sa  barque  un  vautour,  le  Zopilile  (Vvl- 
lur  aura).  L'oiseau,  qui  se  nourrit  decbal' 
morte,  ne  révint  pas,  i  cause  du  gritul 
nombre  de  cadavres  dont  était  JQDciiéeb 
tfrro  tout  récemment  desséchée.  Tezpi  en- 
voya d'aulres  oiseaux,  parmi  lesquels  \if!f 
librl  seul  reviol,  entcnaot  dans  son  bec  ou 
rameau    garni    de  feuilles;   alors  Teii'i. 


chronologiques  reçus,  ou  mille  quatrn  cent  voyant  que  le  sol  commenvAÏt  b  se  coumil 

tlix  sept  ans,  ou  dix-huit  mille  vingt-huit  d'une  verdure  nouvelle,  qutlla  sa  barqil 

ans  après  le  commencement  de  Vdge  de  ta  près  de  la  montagne  de  Golouacan.  » 

tare.  L'énôrmo  ditTérence  de  ces  nombres  lititin,  on  trouve  parmi  les  Péruviens! 

duit  moins'nous  étonner  quand  nous  nous  parmiles  diverses  peuplades  de  l'AmÉTiqn 

rappelons  les  hypothèses  que,  de  nos  jours,  septentrionale  dos  traditions  anato(,'uej  s» 

Bailly,  William  Jones  et  Bentley  {Rtch.aiiat.  lesquelles  il  est  inutile  lî'insister  pluslon| 

loi».  \U}  ont  mises  en  avant  sur  la  durée  temiis. 

des  quatre  yougai  des  Hindous.  Parmi  les  Quand  on  étudie  sériousemcnt  l'antiquil 

diirérenls  peuples  qui  hiibitent  le  Mexique,  de  toutes  ces  traditions ,  on  voit  par  l'IiU 

lies  j)ciutures  qui  représentaient  le  déluge  loire  même  qu'elles  ne   remoolcat  pu 

de  Loxcos,  se  sont  trouvées  chez  les  Azte-  des  temps  bien  reculés;   et  si,  d'un  auti 

Îues ,  les  Miziëquus  ,  les  Zapolhèques  ,  les  cdté,  on  examine  avec  soin  leur  conlem 

lascallèques  et  les  Méchoacanosos.  Le  Noé,  on  ne  pourra  guère  s'empêcher  de  recol 

Xisullirus  ou  Menou  deces jieu{)les,s'appelle  naître  qu'elles  offrent  toutes  des  copies  '' 

Coxcox,  Tflo-Cipaetli  ou  Teipi,  Il  se  sauva  ou  moin^  altérées  du  récit  de  la  Gf»'" 

conjointement  avec  sa  femme  XochiquetzaI,  lalif  au  déluge  do  Noé  (^kS).  Hais  écouioi 


(740)  ApoLLODOBDS,  Bibl.  lib.  I. 

{71lj  Sie-yo  sisiiille  en  chinois  quatre  monlagnes, 
Tuiie  i,  l'orient,  I  autre  î  l'occident,  la  troisième  uu 
■od,  la  quatrième  m  nord.  C'est  sous  c«Ue  idée  et 
mMi  ce  nom  qu'on  déiigiiail  quelquetuia  tuits  les 
grands  <lc  l'emidre. 

(7ii)  Voy.  Lhoit-kmg,  pari,  i,  cl).  1.  Celle  tra- 
duction eM  cette  du  manuscrit  du  P.  Uaubil,  resti- 
tuée par  H.  P:iutbi«r  dans  In  Livrtt  tacréi  de  l'O  ■ 
rient,  p.  i9.  Il  faut  avouer  que  les  verf^ious  de  tb 
passage  diOcrciii  eiilri;  elles  dans  tes  molP,  mais 
uUe*  rendeiil  touWs  U  n>éine  iilée  uuaat  au  fond. 

(743J  I  Vi'tei'Dni,l'eraarum  ortliodoxi  crcdunt  dt- 
luviam,  idque  luissé  univeriiale  et  totaiu  tcnam  oc- 
GJiEUH!...  El  Zuroaulris aulein  senteniiaaiunt  quod 
HOii  fuisset  dilHTiuia  nisi  proptcr  iiiiquitaiein  et 
tliabolica  prcstîaia  uoiuisRiiiii  lioniinia  ,  liaicus 
Ouidli{unt  Caïu),  •  eu.    (ihbe,  De  religime  veter. 


Peri.  rnp.  I.  p.  171.) 

(TU)  tiY.t.RE»k,BiiloireféméraUdeivc)49it, 
XVIII,  p.  597,  édil.  Iiol. 

(745)  Cuvier  fait  ano  remarque  qui  vient  i 
pDi  de  cette  aisertion  :  <  Si,  dît  es  savant,  les  pf 
ves  lMEtuni)ues  qne  Fwi  a  prétendu  donner  <lt 
deiuitédes  dduges  de  SanioUirace,  d'AruJicri 
Dcucaiiuii,  et  surtout  de  leur  date,  et  lesciplicatii 
physii(ues  que  l'ou  a  îniaeinéca.  dispsraissrjjlii^l 
unécniiquescrleute.ii  n«n reste  pas  moins  irèH! 
bablc  que  tout  ce  qu'il  v  a  de  réel  dans  ceï  in 
lions,  et  même  dans  celles  de»  (téliiges  d'Ogiféi^ 
Syrie,  dePliryg'bc,d'Asïyrice(  de  Chine,  sofipp^ 
au  Kouveoir  ^'uu  seul  et  même  étéiivmciU,  ilc 
lui  qui  est  connu  tlana  les  annales  fac^iraïqu^  ^i 
le  nom  de  déii/ge  uKhetiei  (Noie  !>ur  ode  qS'«<>{ 
Let  déluge»  d'Ugifiùi  cl  de  Deucalion,  cic.  >  il3°< 
Ji^iamorphoseï  d  Ovide,  p.  xk^iu,  cdil.  de  n.C- ! 


C7 


lMfMtMaltseai-iiiêuifts;leur(ë[noign8sc, 
ipirl  les  erreurs  desjslèmequi  s';  rstu- 

(bMt,  est  précieux  pour  la  cause  que  nous 
•téfeiiÀins. 

«Pouittuoi.  <lî(  Bailly  dant  ses  ttttres 
lertriyine  dtneimcts,  pourquoi  l'eSusion 
iauitt  es(-«lle  lo  bàse  de  presque  loulus 
In  rètw  snliquesT  pour(]uoi  ces  idées  de 
4éloge,  de  oalacl^ sme  universel  T  pourquoi 
fHlSIetquien  sont  des  commënioralioRS? 
Lti  Cfaaldéflos  ont  leur  histoire  de  leur 
ÏÏPithna,  qui  n'e&l  que  celle  de  Nné  un 
MU  iliérée.  Les  Egyptiens  disaient  que 
wrtofe  avait  gravé  les  principes  des  scien- 
•awrites  colonnes  qui  pouvaient  résister 
laOèlugr.  Les  ChinoM  ont  aussi  leur  mor- 
WiiDf  des  dieux,  qui  échapiwdans  une 
toqaaâ  l'iiioiidetion  générale.  ■ 

«  L'idée  du  déluge ,  dit  Frérel ,  toile  que 
Mu  l'avons  recueillie  chez  les  dilTéronts 
nples,  est  la  tradition  d'un  fait  historique, 
1»  ne  cherche  point  h  perpétuer  la  mé- 
Mire  de  ce  qui  n'est  point  arrivé.  Ces 
Vloires,  différentes  pour  la  Torme,  mais 
■Bblibtes  quant  au  fond,  qui  présentent 

■  mené  fait,  partout  altéré ,  mais  partout 
aeseivé;  ce  coasenteoiunt  unanime  des 
aoplei  roe  parait  une  forte  preuve  de  ta 
*iltdeM&il(7U).  > 

•  llbot,  dit  BoulaDger,  prendre  dans  la 
tartan  des  hommes  un  fait  dont  la  vérité 
M «QnefselleoneDl  reconnue  :  quel  est-il  f 
JSB'ntoi)  point  d'autre  dont  les  monu- 
*Mi  loiiRi  plus  généralemeDl  allestés 
ffwcesignuous  ont  transmis  cette  révo- 
kHoa  léfiii^ae  qui  s  ,  dit-on  ,  changé  au- 
WaiiftJac«de  oolre  globe,  et  qui  adonné 
tmi  m  renouTellemeoi  total  de  la  société 
^iioe;en  un  mot,  le  déluge  me  paratl 
b  rénliMe  époque  de  l'histoire  des  naliom. 
iw-MuIement  la  tradition  qui  nous  a  Irans- 
ûcelflit  est  la  plus  aticieuDe  de  toutes, 
■u  encore  elle  est  claire  et  intelligible  i 
Il  aous  préseota  un  Cail  qui  peut  sejus- 
fcr el  H  ooQfirmer  par  runiversalilé  des 
ttt^es,  puisque  la  traditiga  de  ce  fait  se 
ÉDredans  toutes  les  langues  et  dans  tou- 
tleicontrétis  du  monde  ;  par  le  progrès 
Kiblï  des  Dations  el  la  perfection  succes- 
*•  de  tous  les  arts,  etc..  Ainsi,  la  révo- 
ilioii  qui  ■  submergé  notre  globe,  ou  ce 
Ul'oa  a  DomiDé  le  déluge  universel ,  est 

■  bu  que  l'on  ne  peut  récuser  et  que  l'on 
oit  furcé  de  croire,  quand  mémo  les 
Htiotis  ue  nous  eu  auraiuul  point  iisrlé 

i  but  que  cette  preuve  en  faveur  du  dé- 
■t  fcsil  bien  couslalée  et  bien  établie, 
wqu'elki  ait  convaincu  des  savants  lois 
li  Millj,  Frérpt  el  Boulanger,  qui  se  fui- 
Aeiti  une  sorte  de  gloire  de  teur  incrédu- 
le, et  qui  ne  négligeaient  pa?  une  seule 

tni.  V07.  eependantce  qoe  nous  Tenons  âc  dire 
MfMi  lignes  ptoi  haut  tiir  i'inonilatii>n  ilc  ta 
ti««  ■«  tMvps  de  ïao. 

|1,ti  Tom  IMurehet  tnr  (n  iraâiHoni  nligieu- 
*tfln'oi«fkimnuda  lnëiei:t,63iitt  rtfiifoirc  de 
i.téifit  4n  fntcHfifimt  I.XVHI,tn-l*. 


MCTWKIIAlRe  AP0L06ETIQHE.  DEL  5T8 

occasion  de  s'Inscrire  en  faux  contre  lus 
oraciea  sacrés  de  la  révélation. 

Il  est  encore  un  fait  qui  ne  permet  pas, 
ce  semble,  de  douter  qu  au  temps  de  Noé 
un  déluge  a  couvert  lo  globe  do  ses  eaux. 
En  effet,  si,  comme  le  raconte  Moïse,  tout 
le  genre  liumsin  ,  h  l'uiceidion  d'une  seule 
famille,  a  été  détruit  par  l'effet  de  ce  cata- 
cljrsme,  i  l'époque  rixt^e  par  cet  bisiorien, 
Ib  partie  de  l'Asie  où  il  suppose  que  se  irou- 
vnil  celte  famille  doit  avoir  été  le  berceau 
du  genre  humain;  c'est  de  ce  point  ceiilrnl 
que  se  sont  nécessairement  sépurt's  les 
hommes  pour  repeupler  l'univers;  c'est  do 
cette  époque  que  doivent  datur  l'origine  des 
l'euples,  les  liisloires  véritables,  It^s  nnmu- 
ments  certains;  les  sciences  et  les  nrls  ne 
doivent  pas  surpasser  In  liniilo  de  temps 
déterminée  iiar  Uoïse.  Or,  on  ne  saurait 
nier  la  vérité  de  toutes  ces  conséquences, 
sans  s'inscrire  en  faux  non-seulement  con- 
tre io  témoignage  génénii  des  historiens 
de  tous  les  temps,  mais  encore  contre  l'en- 
seignement de  nos  savants  modernes,  dont 
les  éludes  les  plus  approfondie»  et  les  tra- 
vaux les  plus  consciencieux  sur  l'ethnogra- 
phie des  anciens  peuples  du  globe,  ont  eu 
pour  résultat  de  montrer  que  l'histoire  des 
nations,  les  progrès  de  leurs  émigrations  el 
de  leurs  popuhilions,  nous  ramènent  forcé- 
ment BU  punit  central  déterminé  par  Utjïse. 
Fréret,  qu'on  n'accusera  pas,  sans  doute,  do 
partialité  pour  nus  livres  saints,  dil  exprès* 
sèment  qu'après  avoir  discuté  toutes  les 
anciennes  chronologies,  même  les  plussni- 
bitieuies,  il  n'en  a  trouvé  aucune  qui  re- 
monte au-dessus  de  l'époque  mosaiiguu  :  on 
ne  peut  citer  aucun  monument,  aucune 
observation  astronomique  ,  aucun  art  qui 
déftusse  cette  limite. 

Nous  avons  rapporté  les  principales  tra- 
ditions des  peuples  concernant  le  déluge; 
il  en  existe  d'autres  non  moins  remarqua- 
blés,  concernant  les  lieux  où  s'arrêta  l'ar- 
che. Suivant  le  récit  de  Moïse  {Gtn.  tiii), 
ce  fut  daiis  les  montagnes  do  l'Arménie, 
dans  la  chaîne  de  l'Ararat.  «  11  est  cortain  , 
dil  Cuvier,  que  la  tradition  du  déluge  exis- 
tait en  Arménie  longtemps  avant  Uuïsv  ds 
Cborène,  le  principal  dos  historiens  armé- 
nieni  du  mojen  âge;  la  ville  qui,  selon 
Joséphe  (7^8),  était  appelée  le  lieu  deladei- 
cenfe,  sulîsrste  encore  su  pied  de  l'Ararat, 
et  porte  le  nom  de  Ifachîtichetan,  qui  a  en 
eCTut  ce  sens-là  (7^9).  > 

Idallebrun ,  qui  a  beaucoup  voyagé  et 
laissé  sur  la  géographie  des  travaux  uni- 
versellement esiiiiH's,  s'exprime  en  <;•» 
termes,  lorsqu'il  parle  da  la  géographie  de 
Moïse  et  de  la  Bible  :  «  Une  clintiie  de  mon- 
tagnes est  nommée  Araral,  et  si  l'on  com- 
pare tous  les  passages  où  il  i-ii  est  parlé  (750], 

(7f8)  AnUtf.  Jud.,  lib  1,  cb.  5. 

(119)  G.  (Cuvier,  Dite,  «ur  let  rétot.  du  ghlie. 
Ltlluslrc  auteur  renvoie  ici  à  la  prcUcc  dus  Irères 
Wtiision  sur  Uoïse  de  Choicue,  |ùee  1. 

(750)  GtH.  TUi,  i;  II  Reg.  xis.il;  h*,  issvti, 
58;/.rr.ii,«;  Tb».i,«. 


ri  rf  déni  iff,  a  va  Dt-propos. 


MCTIONHAIItE  APOLÛCKTIQUE. 


on  reste  persuadé  quo  c'est  dans  le»  bran- 
ches du  Isurus,  ré|t8{]âues  en  Arnaënie«t 
en  Churdistan,  qu'il  fsul  chercher  oes  fa- 
meuses tnODtagnes,  près  desquelles  l'his- 
torien hébreu  place  le  second  [berceau  du 
genre  humain  (751].  • 

Voici  luairilenantua  auteur  plus  jeune  , 
innis  diSjà  célèbre  aussi  par  des  bonnes  ueu- 
vrtis  de  plus  d'un  genre;  c'est  M.  Eugène 
Bore.  ■  Les  Arméniutis,  dil-il,  se  fondant 
sur  1.1  tradition  biblique,  qui  donne  lu  mont 
Araral  cotiinie  lieu  où  s'arrêta  l'orcbe,  prè- 
lendenlqueNné  s'éKblJ  I  d'abord  en  ces  iieiil, 
et  que  la  ville  de  Nakhdjatan-,  qui  signifie 
lieu  da  la  première  descente,  cûniirme  ce  fait 

far  l'ancienneté  de  son  nom  (7S2).  Ilsajou- 
eiilque  c'esl  dans  le  même  endroit  que  le 
palriarche  planta  la  Tigne.  Aussi  oiontra-l- 
on  à  Cbardio,  à  une  lieuu  d'Ërivan,  un  petit 
clos  que  l'on  assure  Être  celui  tie  Noo.  Ce 
fait  serait  attesté  par  le  nom  d'Agorhi,  que 
porte  cette  petite  bourgade,  cl  qui  viendrait 
des  deui  mots  arg  ouri,  sigiiifioal  il  planta 
la  vigne... 

■  De  l'Araieaui  bords  du  Tigre  et  jus- 
cj^u'aux  rives  de  l'Euphrato  et  du  tac  de  Van, 
s  étendent  île  longs  chaînons  dont  la  partie 
la  plus  élevée  eslle  eélèbre  montArsrat  des 
saintes  Ecritures.  Lest  anciens  l'appelaient 
Mali»,  nom  qu'il  conserve  encore  vulgaire- 
ment dans  le  iiays;  mais  les  Turcs  lui  don- 
uent  aujourd  hui  celui  i\'Âgri-Dagh  [753J.  » 
Plus  tard,  U.  Bore  dans  un  mémoire  sur 
la  Chsldée  et  les  Clialdéens,  adressé  à  l'A- 
cadémie des  Inscriptions  et  Belle^Letlres, 
revient  par  occasion  au  lieu  oit  s'arrêta 
l'arche.  ■  Nous  cbercboas,  dil-il,  k  établir 
uu  fait  digne  d'attention,  et  pent-éire  nou- 
veau ,  c'esl  que  la  nation  chuldéeiine,  It 
uiAme  qu'ont  cilée  les  auteurs  sacrés  et 

{751)  Maltsmck,  iiiogr.  U  renvoie  id  itBochart, 
t'IiaUf.  I.  5. 

(751)  I  Plusieurs  autres  noms  de  lieu  fort  an- 
li(|UC8,  itit  eii  note  H.  Buré,  semblent  perpétuer  lu 
souvenir  tradilionuel  de  l'éublluenietit  priuiilif  de 
la  ruiiiille  sauvée  du  déluge.  Ainsi  l'un  lait  dériver 
l«  nom  de  la  petite  pruviiice  d'Arliiiaîoila,  siLuét;  à 
l'urk-nt  du  niuiil  Ararit ,  de  trois  mots  sigiiiliaiU 
amprè*  du  pied  de  Noi,  parce  que  Noé  se  serait  ar- 
rêté dam  ee  union  en  eorlaot  de  l'arcbe.  La  v'Ila 
de  Uaraul,  siluëe  dans  rAderbûdjau,  vers  le  lae 
d'Ourmia,  liicruit  tua  nom  des  mots  utair  ani,  c'est- 
à-dire  la  mire  eil  là,  parce  que  Noemzara ,  la  pré- 
tendue fi'uiiue  de  Noc  ,  aurait  été  enterrée  en  ixt 
emlroiu  L'origine  de  ces  noms  est  antérieure  au 
clirisliaiiismu ,  puisqu'ils  tout  eités  par  Ptoleniée  et 
l'bislorûii  Joséplie;  et  te  seul  moyen  d'e«pilijuer 
celle  cOMcidencc  est  assez  remariiu aille ,  c'est  de 
l'aitritHier  aui  Juifs  Tenus  antcrioiireiaeiit  en  Ar- 
ménie, et  qui  avaient  éulili  leurs  cotouies  sur  les 
bords  de  l'Aiaxe,  dans  les  euviron»  de  ceUe  pro- 
vince. > 

(7S3J  Eug.  Duré,  Uiit  de  l'Ariuénie,  page  1,  6, 
8,  dans  Vtliiieeri  pittoruifue  ,  cotleciioii  d'Histoires 
publiée  par  Fiiiniu  bidut. 

(754)  tugèae  Bokë,  Corretfondanee  et  mémoire» 
d'Hit  tot/ageur  eH  Oritul  ;  DiCiiiuii-c  adressé  k  HM. 
tes  meuibres  de  l'Académie,  part.  1,  S  1,  toni.  Il, 
vaa;.  158.  Paris.  lltW. 

(755)  U.,  ibid,  S  8,  pag.  1C8. 

(756)  Siii\B!)X,  lib.  XVI  ;  —  Celukiw,    Uti.  lU, 


profanes  de  la  plu  haute  BDUquilé,eiiiia 
leluellemeat  àa  centra  de  l'Asie  ocddet. 
taie,  et  s'y  est  coDservée  dans  son  ihiégriié 
primitive  Ç^M').  ■  Il  déclare  eniulta  qn'n 
écrit  son  mémoire  «  au  pied  m6me  d«t  ma- 
tagnes  des  Chsidéens.  •  Kt  plus  loin  (76S), 
il  s'exprime  en  ces  termes  :  ■  Les  Cbildéeu 
habitent  encore  les  DiontajiiDes  dont  lachilDt, 
épanouie  entre  Hossoul,  Diarbéiiir,  Vin  ei 
Suleimania,  couvre  le  pajs  de  ses  innHn- 
brables  rameaux.  Retranchés  là  cobiiik 
dans  une  forteresse  inexpagnable,  ils  u 
sont  maintenus  dans  uns  lodépeailaon  ti 
une  liberté  sauvage,  qu'ils  prisent  toujcwn 
BU-dessus  de  tous  les  autres  biens.  C» 
nionis  portaient  anciennement  lenoame 
Gorduiens,  Carduiens  ou  Cardou  CK)  li- 
près  l'Ecriture  et  la  prononciation deiChil- 
déens  et  le  témoignage  des  livres  uaii 
La  version  syriaquei  en  effet,  na  dlifu 
comme  le  tes  le  hébreu  et  la*  lraditHlI^ 
ménienne  {757),  que  l'arcbe  se  soilinfM 
Bumont  Ararat,  mais  bien  sur  le  miri 
de  la  moatagne  Cardou  CJSS). 

«  Les  premiers  Chrétiens  bâtireni,  u 
lieu  désigné  par  la  tradition^  an  cout«iiUiI 
le  Monastère  tle  l'arcbe  (7&9),  où  ils  c^ 
braient  une  fétfl  annuelle,  en  mémôirt  <!ii 
jour  où  le  patriarche  «u  était  sorti  imc 
famille  (760}.  Selon  le  compagnon  damip 
de  l'abbé  Seslini  (761),  Sullivan,  dei  dcn> 
ches  musulmans  y  entreliunneul  Bclutll^ 
nieni,  dans  un  oratoire,  le  feu  pen>^iutl 
d'une  lampe.  On  montre  toiqours  au  lo;)- 
geur  ce  sommet  vénéré,  sur  le  cheminiii 
Uossoul  à  AmadÎBi  les  Turcs  l'ippcileB 
Djniidi,  Alors  le  moot  Cardou  sérail  le  m^ 
que  l'Ararat,  nommé  ifwia  par  les  Aroi 
nieus  l76â)  et  Agri  Dagh  pu  les  mtliw 
tans;  opiuiODS  dont    le  désaccord,  loiu  ih 

cap.  S;  —  AsBBMAKi,  BibUot.  orienf.,  tom.lU,r.l 
p.  7U. 

(757)UoiM,G».  1UI,  4;-  Moïse  DE  doux,  ■ 
u,  cap.  6,  pag.  00.  —  TcHâiiTrs.,  loni.  U,  p.» 
Giogr.  anc.  de  l'Armai.,  p.  577;  —  Toi»!*i« 
loio.  Ill,  p.  316  ;  TnveU  of  Marier,  p  Sli  |J* 
meneenieiii  de  l'Mitoire  arménieiiiu  dtJtan^l] 


nS»)  Touré  Cardon. 
(759)  Beit-Cliévéfih. 
(7(i0j  AsHu.  BibHolk.  eruHt.,  loni.  ILp-  i'^  ' 

(761)  Renkells,  ;i(«lr.a/'(*e*i(terf  «/iMd 
ptd.  of  Cypru*.  p.  163. 

(762)  S&iicT-MiBTiN  ,  ilétuoire*  mut  rir^" 
loin.  I,  p.  19,  364,  Keb  Pobteb  Trntti,  V»- 
p.  18i,  iU,  loiu.  il,  p.  6U.  —  Parmi  In  .^r» 
nieiis,  phiitieurs  montagnes  disputei.t  à  l'Ant 
rhoiiueur  d'avoir  servi  de  port  an  vaisseaadtw 
Ainsi  on  nous  a  indiqué  (.oniiiie  k  Hacii  »■  f 
irès-élevé  nui  domine  les  solitudes  eA  laaonH  »* 
Grégoire  l'iiluminateur,  dan»  te  voiùnigt  ■i'^" 
gain.  Quelques-uns  citent  encore  l'Arakadi,  <l^ 
sooiinut  tit  blanclii  par  des  nei^eii  eicrMw 
comme  celui  de  l'Ararat  auipiel  il  eu  op|iaW'  " 
découvre  encore,  à  l'ouest  du  lac  de  Van,  une  i'* 
montagne  que  l'on  nomme  Subka»  Tha^,  ^Kt  l' 
le  patriarcale  ou  prophète  tiac,  au  fW""* 
Turcs  ou  des  Curdes,  dcscendaul  de  l'arati  p 
nonça  ces  mots  :  Subfaaa  AlUli,  c'csi->HlutrM 
à  Dit»,  fious  irwluisoDS  surlenl  «e  moir  d'*f"*  ' 


BEL 


DICTIONNAIHE  APOUlCtniQUE. 


DEL 


luirak  beonrorde  do  (exics  sacrés,  prouve 
la  nolnire  que  ce  bK  mémorable  9  est  ae- 
coopJi  dioï  celle  partie  de  l'Asie.  Les 
MitiCirdoUillacis,  Ararit  De  sont  d'sil- 
leon  que  iei  anneaux  de  l'immense  cbnlne 
tfoelée  Tiarus  \1G3),  qui,  du  Liban  jus- 
ffiiVu  Ciucue,  diTise  el  morcelle  le  soi  de 
Fiiie  ofdJeaiale ,  eu  {irenant  des  noms 
diKnoU. 

I  £b  insistant  sur  ce  point,  nous  tOuHods 
MUirer  raticit^niielé  historique  des  monts 
ijidou,  que  nous  pensons  avoir  été  cong- 
lioBfDl  le  ('lys  central  des  Cbaldéens.  » 
\ïa^t9omk,ibid,,p,  168.) 

!Jmi  kuoiis  de  constalor  les  Iradit  ioOR  sur 

rirdietdes  lii-ux  o&  elle  s'arrêta;  nous  al- 

iDuretntTcr  Nué  dans  les  hisloiros  et  les 

bUHdtl'uiliqiiilé,  cbez  tous  tes  peuples. 

l'ei;«itd'il>oru  les  métamorphoses  que  l'i- 

ajffouion  des  poëtes  a  fait  subir  à  Iloé. 

SMurm  eut  de  kbée  ou  Cvbële,  qui  était 

Jiisi  5J  sceur,  plusieurs  enunls,   dont   les 

plusH>osidcrablc-s  furent  Jupilur,  Neptune 

«PlulDD.  Il  les  dévurail  tousoules  enfer- 

oiii,  de  crainte  U'cD  être    délrAné;   mais 

leur  mire  sauva  ces  iroiS'Ci,  en  les  cachant 

diuiuueraveriie.  Peu  île  temps  après  les 

rinls  ou  Titans,  c'est-à-dire  led  Aufaols  de 
Ime,  déclarèrent  la  guerre  à  Jupiter  rt  i 
(Mil  le  ciel,  dans  lequeF  ils  voulaient  uon- 
Kr,  oMisapiès  s'fitra  élevés'bien  haut,  ils 
furent  |irécipités  et  liés  par  Jupiter. 

C'eil  la  i-Dpie  des  trois  entants  que  Noé 
tuverra  seuls,  enfermés  dans  l'arche  lors 
«déluge  qui  eugloalil  tout  le  genre  bu- 
luin,  d-îscendu  du  premier  homme.  Ces  ti- 
luiiDesoi't-cepasIes  nouveaux  et  audacieux 
aUiiUdela  terre  qui  entreprirent,  après 
b  déluge,  d'élever  Ta  tour  de  Babel  au-<les- 
KKles  nues  ,  dans  le  dessuiu  de  se  sous- 
inue  au  p..uvoir  de  Dieu  1 
U  rapport  des  trois  enTanls  de  Saturne 
411  lurent  sauvés,  et  du  partatfe  de  l'univers 
■lire  eux,  avec  le  partage  de  toute  la  terre 
entra  les  trois  eufiiuls  de  Noé  M  moutre  de 
ai-ait  ui^, 

OH  prisiiif  de  soa  ndieal  ehaldéen,  qai  revient 
-niiiirlliwfl  iUm  b  litai^  sous  ta  forme  de 
Vr«iUU.  TieketMkkU,  Gioitt,  Uamnair.  iLram. 
r4.  dr  H.  M  S*ct,  1. 11.  p.  70J  1^  tianieor  de. 
tutmamiagmt,  que  Hac-Kenneir  awelle  SipuM,  eu 
■tti  Doze  nUle  pieds  aa-des»us  un  niveau  de  la 
c*.  Ueavi.  danssaclirooiquequiremoDieïl'aD- 
Kiln  Grec»  1077,  rapporte  que  l'arclie  sbonla 

■  Mkl  CardM.  (Asscau  B'Miotk.  oricKl.  tom.  lU, 

■  I,  ».  «7.) 

I  Tbo^  Taons  est  le  mol  Tor  on  Twr  de*  Ungties 
uUwane,  phêakieune,  aralie,  bebraîque,  etc., 
piÉaai  mmUafiK,  auquel  tes  Grecs  oui  dounê 
Ktawûui»on  liellêaique  (Ta«r»f).  Les  aoleiirv 
»EB«u  parteni  d'une  uuniagiw ,  diie  i>urM , 
«iMuai  les  muuU  Sini  cl  Saisoon,  daus  b  pru- 
Me  d'&noik  qui  esl  l'Ariaue  des  écrivains  du 
M-Eaptrc.  (pHMor.  Dt  ètlla  Penieo,  lib.  i,  p.  i^  ; 
la.  M'tTTiiii.  lib.  i&v,  cap.  ^  ;  Autb-,  Ii1>.  ■*, 
IH);  Ceùfs-r  Aim.,  Veni^,  ISH,  p-  6i,  71. 
UHt  diaos  aotiqui  (uam  som  res  prisca)  vocabanl. 

(An  ptMnicr  liv.  de*  fatttt.) 
K;  Ue  siuMl  caaaas,  cur  de  cidestibui  unus 
SiiqncMMd  ■  lergn,  si|nu<^qaid  anle.  vide*. 
{Ibià.} 


Janns,  souvent  confondu  dans  les  fables 
arec  Saturne,  est  également  recounsissable 
dans  Noé.  Ovide  fait  sortir  l'univers  de  ses 
mains  (après  le  déluge),  comme  H  était 
sorti  du  iiremier  chaos  (76&).  Ce  poète  fait 
comparaître  Jaous,  qui  débite  qu  il  a  fermé 
le  premier  monde  que  lu  déluge  replongea 
dans  le  chaos  (  de  icéme  que  Noé  l'afaii 
fermé  quand  il  ferma  rarcJieJ;  et  comme 
il  a  ouvert  et  vu  renaître  |>ar  sun  minis- 
tère lenoveau  monde  (comme  fit  Noé,  quand 
il  ouvrit  l'arcbe  et  qu'il  eu  sortit  avec  sa 
fauiille  pour  peupler  dti  nouveau  l'univers;, 
Janus  explique  et  s'attribue  ce  renouvelle^ 
ment  à  peu  près  conime  Hésiode  eu  avait 
coulé  la  première  pioductioo. 

C'est  de  là  qu'on  le  peignait  avrc  deux 
visages,  dont  l'un  voyait  derr.èie  lut  te 
qui  s'était  passé  dans  l'ancien  monde,  et 
1  autre  élait  tourné  sur  le  nouveau  qu'il 
■Tait  vu  renaître  et  rétablir  (765).  Ce  qui 
convient  uniquement  ft  Noé,  qui  avait 
vu  et  prévu  la  lin  de  l'un  et  le  rétohlissu- 
ment  de  l'autre.  C'est  aussi  l'origine  des 
noms  de  Ctiuiat  et  de  PtUtUdut  (766),  que 
l'on  donnait  A  cette  copie  de  Nué  qui  seul 
élait  désigné  par  ces  noms,  uour  avoir 
fait  la  clôture  du  premier  monae  et  l'ou- 
verture du  second.  C'est  pourquoi  on  le 
foisalt  présider  aux  portes,  aux  entrées  el 
aux  sorties,  d'uA  vient  son  uum  latiuJailus 
(T67J,  dejontia,  une  |iorle;  et  relui  de  ^ 
«uarïu*,  janvier,  donné  au  premier  mois 
de  l'année. 

Son  portrait  tenait  une  clef  dans  une  main, 
el  par   la  disposition  des  doigts  de  l'autre 
main  on  représuulait  les  365  jours  qui  coni- 
poseut  l'année  (768),  (wrce  qu'on  le   regar- 
dait comme  l'auteur  et  le  dieu  des  années 
et  du  temps  qua  l'on  mesure  par  le  inouve* 
ment   des  osires  qu'il  semblait   avuir  ra- 
menés. Tout  cela  spparlieni  à  Adam   et  k 
Noé,  premier  et  second  chefs  du  genre  hu- 
main, que  la  fable  a  confondus,  comme  elle 
confond  Jaous  avec  Satunte,  dont  le  nom 
grec  ChroKo»  (76tf}  signifie  le  lemi».  Le 
(T66)  Nomina  ri'ld>iB:iiiodo,nainqoeI*alulcius  Idem, 
El  modo  ucnSco  Cluiiui  ure  Tocor- 
Quidquid  ubtque  vides,  cœlam.  mare,  niibib, 
[temt, 
Omuiaionlnoilra' dansa,  palentqnenunn. 
Prxsideo  foribus  coeli,  eic. 

(Premier  lit.  des  Fatttt.) 

(767)  Inde  vocor  Janoi.  liid. 

(7ft8)  Bios  Punx,  liv.  xxii<r,  cb.  7,  el  dans  Ht- 
caou,  Solaroatet,  liv.  1,  cb.  7. 

U  esl  vrai  qnel'anaée  dvite  ne  Ait  fliée  h  Rome 
i385  jonrs  que  wns  Jules  César,  nmii  cela  peut 
taire  croire  qne  l'idée  de  la  sUlue  m  pent-^tie  la 
suiae  Diéine  vcaail  d'^n>le  00  de  la  Grèce ,  car 

e  regiemei 
__.._.  ûr  tl'Aleii 

écTpUens,  m.  saivant  qeetqncs  anleurs,  Tbai 
testea,  pliuieors  siècles  aTioiCés»-,  avant  mesaré 
raniiée  aur  k  coars  du  loleîl,  l'avaientréfléekce 
Bootbre  de  365  ioors.  (Htaowrrs,  Hv.  1,  eb.  14.  — 
ALstAimaa  a»  Alex.  «n.  ditr.,  tk.  U.—  M.  IkuM- 
BEL,  en  son  CaUadrur,  part,  t,  lîv.  II.  C  i.) 

(7G9)  KfiàMT  on  X^Mf,  Saïunic,  sa  ■"livre  ries 
5aiarMlr*dellicaoae,rh.  KL 


prêtres 
ilésHi- 


RRL 


OIGTIONNAïaB 


teiBps,  qui  commença  avec  Adam,  parut  re* 
COiDiDeiicer  avec  Noé,  pourqui  Dieu  reiiuu- 
veJa  sa  loi  et  sa  promesse  pour  l'ordre  ties 
temps,  dos  annéfis,  du  jour,  (1q  la  nuit  et 
des  saisons  (770). 

Les  poêles  otil  fait  de  belles  descriptions 
de  l'Age  d'or.  Les  uns,  comme  Virgile,  l'oQl 
mis  sous  Saturne  (771);  les  autres,  sous  la- 
Dus,  comme  Ovide  (77z],  qui  fait  dire  h  ce 
dieu  que  sous  son  règne  les  dieux  habitaîunt 
la  terre  pour  y  converser  avec  les  hoiumes; 
que  la  religion  et  la  sainteté  y  régnaient  ; 
qud  les  criiOBs  et  l'impiétâ  n'en  avaient  pas 
encore  uliassé  la  justice.  Saturne  vit  finir 
cet  heureux  fige  sous  le  règne  deJupiter^ 
qui  l'avait  détrAné,  et  itous  lequel  la  vio- 
lence, l'usurpation,  l'injuslice  et  l'impiété 
élnMiruiil  l'âge  de  fer.  Dès  lurs  les  hommes 
Qdëk'S  et  justes,  avec  lesquels  les  dieux 

firenaicnt  plaisir  d'entretenir  commerce, 
uruiit  furt  rares. 

..  Celte  idée  convient  aux  premiers  jours 
d'Adam  dans  le  paradis  terrestre,  et  au  pre- 
mier siècle  de  Noé  après  le  di^luge;  elle  ne 
peut  avoir  été;prise  d'ailleurs.  Aussi  ce  pré- 
tendu beau  règne  de  Saturne,  ul  son  âge  d'or, 
sont  traités  de  fable  par  Platon  (773).  Adara 
no  fut  pas  longtemps  dans  ce  jurdin  déli- 
cieux uù  tout  lui  était  soumis;  et  quand  il 
en  fut  cbB'Sé,  il  vit  Unir  cet  âge  heureux  ; 
■1  fut  litige  de  travailler  à  la  terre  et  se  vit 
exposé  à  toutes  1ns  misères.  Les  hommes 
demeurèrent  cependant  sans  servitude  et 
sans  domination  jusiju'au  temps  de  Noé. 
Alors  même,  pendant  I»  premier  siècle  du 
monde  renouvelé,  ce  fut  un  nouvel  ftge 
d'or;  liberté  oniière ,  société  des  biens, 
uniformité  de  langage  (77U  dans  une  même 
tamilLo,  jusqu'à  ce  qu'elle  f(ll  divisée  du 
temps  d'e  Piialeg.  Noé  vit  terminer  ces 
lieuruux  touM'S  parmi  ses  descendants,  par 
Nemrod  (775),  petit-Qls  de  son  fils  Cliam, 
Celui-ci,  non  cuulent  du  partage  fait  par  Noé, 
sou  bisBteul,  entreprit  a  usurper  la  portion 
de  Seiu,  introduisit  par  son  ambition  les 
guerres  et  les  conquêtes,  s'assujettit  parles 
armes  lopajs  de  fiabylono  et  fonda  le  pre- 
mier empire,  soit  que  ce  fût  le  Bélus  As- 
syrien ou  Ninus  dont  parle  Justin  (776),soit 
qu'il  en  ait  été  ditTérent.  L'injustice  et  l'im- 
piété cbassèreul  alors  la  piété  et  la  justice. 


APOLOGETIQUE.  DEL  j)| 

Eopolème,  diins  Ensèlje  (277),  raumrie 
que,  suivant  la  tradition  Jei  BabylomeDs 
il  y  avait  eu  un  premier  Bélus,  quSndisBil 
aussi  être  Saturne,  qui  avait  pour  etiùnis 
un  autre  Bélus,  et  Chanaan,  père  desPh^ 
nicieiis.  Ce  second  Bélus  pourraiieLrcNcni- 
roit,  petit-fils  deCham,  ou,  suivant  eui.dï 
Saturne,  dont  ils  tirent  BA  ou  Bail.  C'éUil 
une  tradition  des  Baliylouiens,  danslepan 
dtisqaels  Noé  avait  fait  son  séjour. 

Dans  ce  premier  Age,  Dieu  arait  eolre- 
tenu  un  commerce  familiers vec  les  homuits, 
quelquefois  par  lui-même,  elsouyeiii  pt 
I  entremise  ae  ses  anges.  Il  le  coDliouiile 
temps  en  temps,  mais  rarement  dauxlisuilb 
L't  avec  un  petit  nombre,  Abraham, JgiDb, 
Hoisc,  qui  lui  demeurèrent  lidèles. 

Sur  ce  qu'il  est  dit  dons  l'iiistuire  saisie, 
que  Noé,  par  ses  trois  enfanis,  seioaelri- 
pandit  le  genre  humain  sur  toute  \t\rm 
(778),  qu'il  s'appliqua  b  la  cultiftr,  qoil 
'  enseigna  les  moyens  de  la  rendre  léM;, 
qu'il  planta  la  vigne,  et  qu'ayant  tiudun 
il  s'enivra  et  s'endormit  a  deiuiitudtinu 
tente,  on  a  attribué  h  Saturne  d'avoir  en- 
seigné aux  hommes  la  niélhude  deculiiier 
et  d'engraisser  la  terre  |)our  la  reiidieli- 
conde,  après  que  ses  trois  enibiils  eurent 
partagé  f'uuivers;  on  l'a  tait  le  Oieu  iIh 
fruits  prËstdaut  h  l'agiiculture,  et  ou  Im 
donnoàltome  le  nom  du  SteTculinf^. 
c'est-à-dire  celui  qui  a  appris  à  fuDicrlu 
terres.  On  lui  a  aussi  attribué  l'bOBneur 
d'avoir. te  premier  planté  la  vignt  cl  d'eu 
avoir  enseigné  la  culture  ^80);  et  en  uii'- 
moire  de  I  ivresse  de  Noé  on  célébrait ') 
fête  do  Saturne  ,  ces  faini-uscs  saturmb' 
dans  la  débuuclie  et  l'ivrognerie. 

Parce  qne  Noé,  dans  cet  état,  avait  p^u 
nu,  et  que  son  UlsChsm  lui  manqua  du  res- 
pect, en  découvrant  avec  une  maligne  nll- 
lerie  sa  nudité,  ce  qui  fit  que  Nad  porliii 
sentence  que  Ctiam  «t  sa  postérité  sermit 
rosclare  de  ses  frères  (râlj,  on  célébraîicii 
saturnales  dans  une  extrême  licence,  ir> 
esclaves  surtout,  qui  vivoiont  ues  jouri-U 
dans  l'iiHlépendauctf.  C'est  aussi  ce  qui  u' 
attribuer  àiiBturneanB  loi  qui  portait  qu'on 
ue  verrait  iws  impuuémeni  les  diviuii'> 
nues  (782). 

Ln  fable  qui  fait  mulilcrSaturne  dansMi 


(710)  Cuaciii  diebu  term  wwe«ii  et  mttùt,  fri- 
jjM  (I  (B(iM,  iciiui  ei  kieiM,  tt  tax  a  die§,  non  re- 
quUtctut,  ilii  biuu  je  Hoé,  au  viif  cl),  de  \»  Ctnèt». 
(771)  friuiim  itb  «tliereo  venit  Sulumus  OI;r'"P"' 
Aurcaquu,  ul  perbibent,  illu  wb  rege  ruuru 
Sacula.  (Lu.viHdoVEnéidt.) 

(77i)  TuHuegu  regiiabain,  paiicui cujii  terra  Ueo- 
(mm 
Ebsiii,  cl  tiiiiuania  oumina  miiia  tucis. 
NoiidBui  juïtiiiatu  faciuuB  laarlale  fugiral  : 
Uitima  de raperic  illa  reliquil  tiumuut. 
(Liï.  !•■  des  ^'iiiiM.) 
Macrobe  met  autsi  tige  d'or lou»  Jauus. 
i^^H  Uaiu  iaii  liv.  IV  des  l-ii. 

(774)  fc'rni  lena  tabit  xHiiit.  ((^cmm,  rb.  11.) 

(775)  Nemroti  eapit  mm  peMui  in  têrra,  tt  trat 
Tobitttui  tiiiator  coram  Domino,  FuU  a»tem  •riaei- 
piiim  rrjnt  ejui  Babylon,  et  àraeli,  tt  Ackad,  tt  th«- 


Imnt,  In  ttrra  Seanaar  (Au  xnii*  cb.  de  h  CV»»-! 

(776)  Au  couiiuencemeul  de  ^on  BiiUirt. 

(777)  Livre  ix  de  la  Pr^paralion  <roNjJ(H»'> 
cb.  17. 

(778)  A  Iriiui  filiit  Soe  ditte.r.inatum  nt  «"" 
j^oiB*  Inminvm  luper  unirtrtam  Urrat»,  cap^'il'' 
/fot  vir  agriiota  rxeratrt  urratit,  et  piaumit  '■■ 
neam;  bibtntqaeviuuminebriatKtetl,  «i  ii*Jaiuj<-' 
cmit  in  labtTnttc%ta.  (Au  ix-  cti.  de  la  Ueiùt.] 

ÏTS)  Djds  pLUTAiiotiE,  en  aes  Ô"0MiMtrw**"^ 
uaoBK,  au  )iT.  i  dus  Satarnatt;  c(i.  T. 
(78U)Vili!iaiorcurvain^-rv3ii!tsubiinipDcblcni. 

(Liï.  vrid«l'fcNMf-< 
(781)  Au  ch.  H  du  In  Gtnue. 
\ltH) ...  A  falcifero  ki  srne  (aia  jubei,. 
^vwrc  ln»t  lenterana  <iui*_ 
u  iuviiDs  Itiinina  rem  ddM. 
iCAi.i.mow.) 


UCTIONNAIIU:  APOLOCETitttE, 


DEL 


SU 


iRMW  (NT  Jupiter,  son  Gis  (78S),  si  répan- 
due tba  les  poêles,  eî  qui  a  ra|>(K>rtéque)- 
quëbit  Mlle  entrtrprive  h  Saturue  ménia 
l'iSi)  contra  Cœlus,  a  éié  rejeiée  comme  in- 
digM  pir  WD  absurdité  d'ém  écoulée  ;  les 
ItMMif»  DO  souffraient  pas  de  lela  cooles 

loeàari  [786>,  dans  sod  Pkaltg,  pense  qae 

«lie  lidioa  a  est  iatrwiuîle  par  la  ressem- 

iùMB  da  lieux  mois  hébreux,  A  l'oc^'aïion 

dtu  <jueCliaia.  ajraol  >n  son  père  liéoju- 

tïrt[tfiit/ia(787);ceqge  l'tiébrea  exprime 

ur  M  mol  fmiagfa  ;  et  en  la  même  langue, 

\m§ii  signifie,  il  U  mutila.  On  a  pris  ce 

ilfrwr  BOl  pour  le  premier;  iquoi  l'on  a 

Ac  tint  par  la  malédiction  que  son  pèro 

fnwo{t  coa  Ira  lui  et  eoittre  sa  postérité. 

il  nucde  cfrlle  erreur  est  sensible. 

AjMKeqiiftcefutsurlesiDontsCordieDSt 

jaiTcawflt  dita  Corcyréens»  en   Arménie, 

q»  rarcbe  du  Moé  s'arrêta,  et  où  il  reçut 

u(le ioMlte de   son  Sis  Cbam,  les  poètes, 

IfOBtpfi  par  uae  autre  re&»emblanco   des 

bouii  fT88J,  placèrent  cette  fable  dans  111e 

i/e  Corejre.  ou  des  Pbéacicris,  qu'ils  dppet- 

leiiliuMiÀ-/|Hnu,  du  nom  grec  Drépànon 

i'll>j,qui  leutdlreuoe  faux, par  laquelle  ils 

boi  feiul  que  Saturne  y  avait  été  mutilé. 

krosa  CbalJéen  {790}  dit  que  de  son  temps 

M  Tojait  encore  des  restes  de  cette  arune 

tur  la  aioDlagne  des  Gordiens  en  Arnénie. 

Méfflifl  rapporte  que  plusieurs  auteurs  ég;- 

Hieiii  et  |4iéiiiciens  en  )>arlent  de  mém«. 

Mot  Cjrrille  (791)  emploie  les  témoignages 

d'Altxaudre  PoIjUistor  et  d'Abjdène  puurjc 

■•^e  siùeL 

L'urigrue  de  lalaux  aiet  laquelle  Saturne 

tua  npréseaté  (792)   était  venue ,   selon 

f Miques-uos,  de  ce  que  le  temps,  dont  Sa- 

twoe  était  le  dieu,  abat  et  moissonne  tout; 

aloa  d*aoireS(  de  ce  qu*il  avait  enseigné 

icBltiver  at    recueillir   les   fruits  (793),  et 

[KHjr  recouuelire  qu'on  lui  devait  les  luuis- 

UOS. 

Celait  einsï  qu'il  était  particulièrement 
imclérîsé  dans  lus  u-édaillesqui  le  repré- 
•i^laieui  avec  J8uua(79b). qui  Tarait, disait- 

iTSSISaierMU  aJoveligUBset  castrali».  (Dîna 
•uu  tUiUL».,  tft  iinf  gtinium,  kjiuag.  i.) 
<SU;CiCKKO,  Dt Nml»rm  deor.,  a.  MetU. 
iT8^  Colai  a  Mil  liberia  axMcUi  dot  apad  Ro- 
•MM  aariiiar.  (Uuni  **ilu.iCàKaAHK,  liv.  u.) 
i7«8)  Au  Ut.  f,  Ai  1"  ch.  PluUef. 
llST)Tidit    Cèmm  fMUrCkaiuMM  MttHda  pairii 
i,  a  mumiUriâ,  ea  liébreii   Kriojgrf,  k  quoi  l'on  a 
h«itMé   Vmàmgml,  aiteidU. 
(J8S/  Bmwab-t,  la  di.  1"  du  li*.  r*  du  PluiU§. 
CM)  a* <■»■■>  >■«  f«ilK. 

|7|0)  JUpgart^  (MT  J«rtf«,  ch.  3  «la  li(.  I"  da 
t  Miu^in. 

,Tyt>  Au  iiv-  t"  amiM  Julien. 
'i^j  tf'oè   il  éiaii  apf«l^  Fgtcifer,  cMcswa,  et 
„  ILicK«as,  Ml  liv.  I"  des  SutnaUê,  cfa.  8. 
^931  Faleem,  ÎMifoe  meuis.  (Au  cli.  7  tin  tDime 

,"  Je  HAcaon.) 

~Uj  AixCuvs  Vktoh,  Hc  rori^Mt  éet  Bamaim. 
19$)   Aa  susdit  ch.  7  de  Hacmbb;  et  ATatiMs 
(t  le»  DtJfmofpUitti,  liv.  n,  ch.  14. 
Dscno^HAiBB  aPOLwfiiriQrB  I, 


na,  reçu  en  Italietflppelée,per  celle  raison. 
Saturnienne.  Jaous  ou  Saturne  y  était  Tiguré 
(795J  avec  la  télé  i  deux  faces,  dans  on  cAlé 
(ce  qui  cnnvieut  i  Noé);  et  dans  un  aulro 
cdlé  la  navire  ou  l'arche,  biéroglypbe  propre 
de  Noé.  Garce  5;iubole,  s'il  avait  seulement 
marqoéque  Saturne  était  veimsur  un  vais- 
seau en  Italie  [796}.ne5eraitni  assez  éclatant, 
ni  assez  propre  à  Salurue  pour  le  désigner; 
et  le  seul  véritable  sens  qu'il  présente  k  la 
preoûëre  vue  se  rapporte  k  l'arcbe  merveil- 
leuse de  Noé.  Aurélius  Victor  ajoute  quece 
fut  quelque  temps  après  que  la  terre  eut  été 
toute  couverte parun  déluge  que  quelques- 
uns  qui  s'en  sauvèrent  vinrent  s'établir  en 
Italie.  Ce  fiireut  les  enfants  de  Jspbet  qui 
recoanaisssieut  Noé  pour  l'auteur  de  leur 
race.  De  celui-ci  on  a  fait  Saturne,  duquel 
Virgile  a  dit  qu'il  était  le  premier  venu  du 
ciel  (797).  Suivant  le  méma  bistorien,  on 
appelait  entanu  du  ciel  et  de  la  terre  ceux 
dont  on  ignorait  l'origine. 

L'Italie  fut  appelée  Latium  (798),  dans  les 
fables,  |)arce  que  Saturne  dont  elle  prit  le 
nom ,  s  j  était  caché  pour  se  sauver  de  la 
colère  de  Jupiter.  Ce  qui  vient  des  originaux 
sur  lesquels  Saturne  a  été  copié,  soit  d  Adam 
qui  se  cacfaa  après  son  péché,  soit  plus  vrai- 
seniblablemealde  Noé  caché  et  réfugié  dans 
l'arcbe  daus  laquelle  il  se  sauva  dulléau  de 
Dieu. 

La  fable  et  le  culte  de  ce  dieu  avaient  étd 
portés  par  les  Pelades  ou  Grecs  en  Italie* 
suivant  l'ancien  poëie  Accius  (799J;  ceux-ci 
les  tenaient  de  l'I^pte.  Mais  ce  qui  prouva 
que  ce  culte  avait  été  pris  des  Ht-breux. 
c'est  qu'un  le  célébrait,  suivant  le  témoi- 
gnage de  Uacrobe,  avec  la  tète  couverte, 
coiume  un  l'avait  appris  des  Pélasges  et 
ensuite  d'Hercule  [oOO).  C'était  une  lui  de 
Uoise,  que  le  urèlre  ue  découvrirait  pas  aa 
tète  pi). 

€  Ce  que  Tacite  dit,  que  la  cessation  dii 
travail  chez  les  Juifs  au  ïeplièma  jour,  ap-  - 
pelé  sabbat,  est  attribuée  à  Salurne  et  était 
instituée  en  son  honneur  (S02),  parce  que 
lus  ancêtres  des  Juils  (dit'ilj  avaient  suivi 

(796)  Caoïa  raiîi  sapereU  :  Tuscub  rate  venU  îa 

AdIc  vererrato  falcifer  orbe  deui. 
UacHoSaturuum  nieiuiniiellarareccçiaai, 

CaCiibus  fcgiiia  a  iore  pubni  ersu 
Iode  din  aenii  uiaiiMl  SaUinia  nouieii. 
(Au  I"  li*.  dci  r«(lM  illHiua.) 
f797}  Primus  ab  albereo  venh  SiInmuB  (Hyn^ 

(Au  tiv.  Tta  4a  i'Kmiide.) 
(iWi  Lalimniiue  vocari 

Hahiit,  bis  quoniam  liintaMt  luu»  iu  oria. 
"■-"'-.  bv.  vm.) 


fli,  qau   primo'  a   Pëbsgia,   poal  ab  Bercute,  : 
ean  a  prinnipio  ractitaian  païaaL  (Au  snadit  ek.  * 
4h  liv.  1"  de  MuBOBi.) 

(801)  An  XII*  ch.  du  UvUiftt,  f  10. 

(MH)  Septimo  die  otium  ptaeaiiae  ;  et  booercm 
eiitnSsinmohalwrt.  (TiciTB,  t.vdeacalfiu.,  c  t. 
19 


esT 


f»EL 


DICTIONHAIIIE  APOLOGETiQllR. 


Saturne  (803),  foit  voir  cleiremenl  que  Ss- 
lurne  n'esl  auire  queHoé.  dont  le  nom,  en 
bôbreu,  Teut  dire  eestation  du  travail  (804), 
comme  le  signifie  aussi  lu  mol  snbbat.  Ainsi 
atlrîbuer  le  sntibulàSftlurne.c'esl  leprendre 
pour  Noé  (8(»).  . 

Nous  Tenons  de  voir  que  Woé  esl  le  Sa- 
turne et  le  Janui  <jes  nivttiologues;  quant 
icc qu'il  est  dans  les  Iraditions  liittonques 
«les  peuples,  nous  nous  bornerons  h  quel- 

3ues  témoignages  ;  car  si  nous  entreprenions 
e  les  rnpiiorlep  tous,  nous  sortirions  des 
liornes  que  la  nature  île  cet  ouvrage  nous  a 
tracées. 

NoéeslleXMtKArusdesChftltléens.Commft 
le  nom  de  Noé,  celui  de  Xisuthros  reul 
(lire  repot ,  consolation.  Bérose,  ctialdéea 
de  nation,  «  liomme  connu  de  tons  les' 
Crées  qui  cultivant  les  lettres,  dit  Josèphe 
(contre  Àppion,  liv.  i,  S  19},  i  casse  dei 
écrits  qu'il  a  publiés  en  grei;...,  Bérose. 
compulsant  et  copiant  les  plus  anciennes 
histoires,  présente  les  mfimes  récits  que 
Moïse  sur  le  déluge,sur  l'arebe  dans  laquelle 
Noé  fut  sauvé,  et  qui  s'arrêta  sur  les  mon- 
tagnes d'Aruténie,  ■  etc.  Malbeureusemant 
Il  ne  nons  reste  de  Bérose  que  quelques 
IVagineiits;  celui  qui  se  rapporte  h  notre  . 
tujet  a  été  conserve  pnr  Aleiandre  Pol^his- 
tor,  pui?  par  ie^tffiet/te.Noiu  l'aroDs  donné 
(ilus  baul. 

■  Quant  h  nos  antiquités,  dit  Moïse  de 
€horène,  cité  par  Volney  [tteeh.  nouv.  sur 
t'hist.  anc,  c\i.  i3,  ftn^e  1*3),  les  COiopila- 
teurs  ne  sont  pas  d'accord  sur  tous  lef  points 
entre  eux,  et  ils  diffèrent  de  la  Geniie  sur 
quelques  autres  :  uependant  Béruse  et  Ab^- 
flène,  d'accord  nvec  Moïse,  comptent  dix 
générations  avant  le  déluge...;  ils  comptent 
aussi  trois  ciiefs  illustres  avant  la  tour  de 
Babel  ;  Ils  eiposent  fidèlement  la  navigation 
de  Xisullirus  en  Arménie.  Ja  sybilie  béro- 
sienne  (que  Volney  pense  être  la  lllle  de 
Bérusej  dit  :  ■  Avant  la  tour  et  avant  que 
«  le  laiiguge  des  liommes  TOt  devenu  di- 
■  vers,  adirés  la  navigation  de  Xisluhrus  en 
«  \Tmiti\e,2erouan,TitaHetYaptto§thesou' 
«  vernaient  la  terre  ;  s'étant  partage  le 
«  monde,  ■  etc.  —  «Ce  fragment,  oit  Tolouy, 
s  une  analogie  marquée  avec  le  Stm,  Chan 
ii\  Japktt fifila  Genise.  >  Volney  Tait  d'autres 
citations,  uolaiumtinl  celle  qui  est  tirée 
d'un  ■  volutnii  que  le  syrien  Mao  I  Bas 
trouva  dans  la  bibliothèque  d'Arskak , 
quatre-vingts  ans  après  la  mon  d'Alexandre, 
«1  qui  portait  pour  titre  :  Ce  volume  a  été 
traauiidu  ekaldiea  en  grec. Il  contient  Chu- 
tQÏre  vraU  des  ancîeiu  perionnagti  Uluatrtt, 

Îu'il  du  .eommeacer  a  Zirovan,  Titan  et 
apetosth;  et  il  expose  par  ori^e  la  lérie 
dei  hommu  iUuttrti  ni»  de  eee  Irait  cktft.  ■ 
Kt  après  avoir  fait  la  citation,  Volney  les 
lannioe  toutes  en  s'exprininnt  en  ces 
termes  (ibid.,  p.  118)  :  *  Voili  donc  un 
livre  orininal  chaldéen,  qui,  k  raisoa  dn  s« 

(803)  <Jho>  cuin  Saiurno  pulsoi,  et  coiiditorei 
KCiitin  acoopÛRut.  (TiciTi,  au  raénic  eiidrail.) 
(SU4)  Noé,  ctuUio  vi't  Ttquie*. 


célébrité,  excita  la  curiosité  d'Alfimidre 
et  oui,  par  ce  léçer  fragment,  noui  prouïè 
1*  I  antiquité  réelle  des  traditions  recueillies 
p6r  Bérose,  pur  Abydène,  pnr  la  «jbille- 
K*  t'anslogie  de  ces  traditions  avec  ccIIhiIq 
livre  juif  appelé  la  Gtnin.  Celte  analcnr» 
est  sensible  uans  ce  qui  concerne  le  déluee: 
l'homme  sauvA  dans  un  navire,  les  trois 
princes  ou  chefs  du  genre  buiniin  issui  de 
cet  homme,  la  séparation  de  leurs  enf&nlj, 
renlrepri«e  de  la  lour  de  Babel,  lacanTD- 
•ion  qui  en  résulte,  *  etc. 

Volney  (rtirf.,  ehap.  15,  pag.  H»}  hit 
encore  cette  lemarque  :  «  Les  Indoaller- 
miiKtit  eHtte  durée  (du  monde  depuis  l'o- 
rigine) |vir  un  déluge,  et  ils  remplisient  le 
temps  antérieur  par  dix  avatars,  ou  s^ipi> 
ritions  de  Vîsbnou,  qui  répondent  anxià 
roit  otiAdtiuvient  (ou  nus  (/i>  Mtriarcbfij. 
Ces  analoKles  sont  remarqusb^s  et  ain- 
leraieni  d  être  approfondies.  > 

Sur  quoi  il  est  à  propos  de  remarquer  q<K 
les  Egyptiens,  dons  l'histoire  des  Alli!i- 
titJes,  comptent  également  dix  géflémliom 
avant  le  déluge; que Sanchoniaton  dePhrj. 
gie  parla  aussi  de  dix  générations  dei 
dieui  ou  héros,  qui  remplisseitt  le  \aa^ 
que  dura  la  première  race  des  mortetsique 
les  Tartares  et  les  Arabes  conservent  d« 
même  le  souvenir  de  dix  génératioDu,  fl 
s'accordent,  quoique  séparés  par  d'immeiisci 
distances,  i  marquer  ces  généiatioiis  ptt 
les  noms  des  patriarches  de  la  Geniet. 

Après  t'eiamen  que  nous  venons  de  teiie 
de  la  question  du  détuge  moBaïque,  nout 
plaindrions  le  leeleur  qui  ne  serait  pu 
rrapi>é  de  la  force  et  de  l'ensemble  tlo 
preuve»  qui  l'élablisseDl,  et  qui  ne  vernit 
dans  le  récit  de  cette  grande  eslastrophi 
dont  tous  les  peuples  ont  gardé  le  souvenir, 
au'uneinidff(onpo^ft9iiee(/'afru/«(iM,coDiiui 
I  appelle  l'auteur  de  l'article  DiiJb&K  à* 
\'Éneyclopédi«  nouveÛa. 

«  Hien  n'y  manque,  dit-il  :  l'intorventioa 
directe  de  la  Divinité,  dont  les  divers eDire- 
tiens  avec  Noé  sont  Adèlement  ra[ip(»> 
tés...  • 

Ce  u'est  pas  ici  le  lieu  de  démontrer  U 
révélation  et  l'intervention  dm  Diau  djiu 
le  gouvernement  du  looBde  physique  el 
moral,  aioii  que  les  ^at)pf»rls  DëMsstittt 
qui  existent  antie  l'homme  el  son  Créateur. 
Lette  inlervemioii ,  ses  cousi^quences  sut 
les  destinées  de  l'homme,  ne  suol-elles  pat 
ie  point  le  plus  capital  de  l'bistoire,  d*^ 
i'eiistence  et  de  Taveair  de  rbommeti 
Ainsi  riiumanilé  tout  unlîèrer'  l'huiuaDiti 
passée  el  présente,  aurait  élâ  (Uns  unt 
longue  erreur  Jusqu'k  ce  joisr  sur  sa  nature 
son  origine,  ses  destinées  el  s*  fin  MI  bu- 
drait  nier  ici  la  raison  de  tuus  les  sièeletr 
da  tous  les  peuples,  et  proKlamer  comuMl 
une  invincible  erreur  la  foi  de  toutes  iM 
générations  qui  se  sont  succédé  k  traveia 
les  Ages  1  Qui  se  sent  assez  de  courage  pou 

amCtnféniutitUiFiikUmtt  rBiiioirtumm, 
cb.  5,7,  p.  H,  67,  iurir,f  édil..  AvigMM,  I83it 


DICTIUNNADtË  APfH.OCETlQUE. 


ÏM 


iccenler  celle  nuil  profonde  dont  on  sent 
Ifs  froides  téoèbres  s'épaîsair  autour  de 
Doire  intelligence  et  de  noire  raison,  toutes 
les  fois  qa'oo  met  en  snspicion  ces  grandes 
bises  de*  tocfétés,  ce  fondement  de  l'ho- 
nisniié  mArne  f  Arraches  re  fondemeal,  gue 
TOUS  reste-1-il  ?  le  scepticisme  uoiversei. 
Kiis  les  sociétés  ne  Tifeot  pas  de  scepli- 
dUBe;  leur  vie,  tous  le  uvez,  c'est  la  Té- 
rili,  c'est  la  foi. 

•  L'emploi  coDtinuel  des  périodes  euetes; 
Us  Mux  tombent  [H-écisément  pendant  qua- 
nale  jours,  les  sommets  des  montagnes 
i|i(iirsisseDt  précisément  le  premier  Jour 
ia  premier  mois  de  la  première  aooée  du 
mime  sièclu  de  Noé.  a 

bcieaiérité  est  bien  peu  sérieui.Si  les 
NSI  èlaieol  tombées  pendant  ceni  jours. 
qs«  les  sommets  des  montagnes  eussent 
af^nihTingt'-cinquièsie  jourdu  troisième 
ffloii  de  la  quatrième  aonae  da  cinquième 
vk.te  de  Noé.  qu'asrail-o»  dil?  C'eût  lou-> 
ynn  été  l'emploi  de  périodes  exactes.  Dés 
que  les  temps  sont  tités,  c'est  l'eiuploî  des 
liériodes  biBClus;  et  qu'est-ce  que  cela 
inuTcT  qn«  l'évéoemeot  a  été  assez  frap- 
pant pour  qu'on  en  ait  retenu  la  commeo- 
ceacnl.  la  dur^e  et  la  Qa. 

Letialres  objections  cllées  tombent  dw> 
Tul  l'aiplicstion  du  texte  que  nous  avous 

éUDtt. 

huoni  i  des  objecUons  d'un  autre 
onin. 

*  Lt  Mfondatueoial,  dit-on,  eit  de  telle 
Aaten  ^ïl  est  de  toute  impossibilité  que 
h)  mmleur  ait  pu  en  •acquérir  counais- 

tUKS.  « 

l^ajeucs  qu'il  en  est  de  celte  affirmAlion. 

Usé  fui  saua  douta  lémoia  du  fait  fonda- 

■■ialdii  déluge;  8em.  son  lilst  fut  aussi 

'    NBOinde  cet  éTéoemeni.  Arphaïad,  fils  de 

'  éan,  naquit  deux  an»  après  le  déluge;  il 

en  fui  donc  pour  ainsi  dire  témoin,  el  son 

tkt  le  lui  raconu  cerUiuemeot.  Sem  a  vécu 

tisij  cenla  eus  après  la  naissaoca  d'Ar-> 

f4uiadi  y«ïseett  te  quatorzième  desceit- 

MRldvSen  de  |)ère  un  QU.  Abrettatn  a 

i^u      cent      quatre  ans  avec  Sum,  Isaac 

Ml  ans  et  Jacob  quarante  ans.  De  Jacob  h 

Nuise  il  n'y  a  que  quatre  lètesj  et  si  Huïse 

>'  l'i  pas  TU  Jacuut  Amram,  son  père,  l'a  cer- 

'  dioemeol  tu*  I^  tradiiioa  du  déluge  n'a 

Ane  d4  passer  que  par  quatre  bouches  au 

fifls  pour  arriver  k  Uolse,  et  oo  pourrait 

•taie  conceToir  qu'elle  u'ait  passé  que  par 

énii.  cellM  de  Jacob  el  d'Amrun.La  nation 

^  Moïse  descendait  de  Noé;  celle  uaiioo 

'Tiit  nn  soin  parliculii'r  de  conserver  les 

Mffléalogtes  de  ses  aocAtres  «l  les  évéoe- 

^uU  uiéaiorables  de  leur  temps.   Est-il 

'«^ijable  qu'elle  eût  pu  ne  pas  se  seuTeair 

'^'uu  (ait  «usai  important  pour  elle  que  le 

'^uge,  puisque  c'était  de  ce  (ail  qu'elle 

3^ilati  pour  aiosi  dire  son  orit^ae.  Moïse. 

^\«iliUus  la  science  des  Egjrpiieus,  coa- 

AwiiDi  uD  people  rebelle  &  sa  parole,  rs- 

^•M  qu'un  dwuge  a  eu  lîeu  onTiron  liuît 

''iiieus  iTant  lui,  sans  crainte  d'Aire  dé- 

'■«Ki  par  sou  pet^c,  par  les  moitunieiiti 


de  l'antiquité  des  nations  ^ar  leur  histoire, 
leurs  traditions,  etc.  Il  donne  ce  délujfe 
comme  étant  le  fioiiit  de  départ  de  tous  les 
peuples,  et  fournil  ainsi  lui-même  dans  son 
récil  toutes  les  circonslancps  qui  suraient 
pu  serTir  è  le  convaincre  d'imposture,  si  te 
lait  fondamental  dont  il  parle  n'aTSil  pas  élé 
dans  la  traditioo  publique  et  dans  la 
croyance  de  son  temps.  Or,  it  est  passable- 
ment singulier  qu'après  trois  ou  quatre 
mille  ans  on  Tienne  refuser  la  possibilité 
de  s'assurer  d'un  fait  à  un  auteur  qui  le  te- 
nait de  firemière  source,  surtout  lorsque 
la  tradition  de  tous  les  peuples  confirme  Je 
récit  de  cet  auteur  el  que  l'on  o'a  absolu- 
ment  aucun  doetfment  pour  le  nier. 

Oo  dit  qu'il  a  été  impossible  è  Noé.  aiofl 
qu'à  ses  descendants,  de  oonnattre  et  d« 
constater  soit  l'étendue,  soit  l'uniTersalité 
du  déluge.  —  Il  faut  bien  ramener  la  ques- 
tion à  ses  Trais  termes  t  il  ne  s'agit  pas  de 
savoir  si  Noé  ou  ses  desceoditnts  ont  iiu 
constater  l'universalité  ou  J'éiendue  du  ué- 
luge,  mai?  bien  s'ils  ne  se  sont  pas  trompés 
en  aOirmanl  ou'il  s  eu  lieu  e(  qu'il  a  fait 
périr  tous  les  nommes;  car  tel  est  le  point 
capital  du  récit  de  Uoïse.  Celle  première 
remarque  suffirait  seule,  car  nous  n'aurions 
plus  qu'fa  montrer  que  l'historien  du  déluge 
ne  s'est  pas  trompé  dans  son  récit;  mais 
parcourons,  en  les  annotant,  les  assertion^ 
de  nos  adversaires.  «  El  (>ar  quel  moyen, 
eo  elTet.  disent-ils.  vuudrait-nn  que  dans 
ces  temps  d'ignoraocegéographique  (la  géo- 
graphie da  Hoïse  est  pourtant  démontrée 
assez  juste)  quelques  familles  (une  famille) 
échappées  k  un  déluge  qui  avait  dératl^ 
leur  pays  eussent  pu  apprendre  ce  qui  s'é- 
Uit  passé  dans  les  pays  loiolainsf  L'iuon- 
dation  aurait  couvert  toutes  les  contrées 
de  la  terre,  en  même  temps  que  la  leur, 
qu'elles  n'en  auraient  rien  su.  et  elle  aurait 
respecté  toutes  les  contrées  de  la  terre, 
sauf  Ja  leur,  qu'elles  ne  l'auraient  pas  su 
davantage,  ai,  è  pari  les  élus  de  Tarcbe. 
toute  la  i>opulaliou  terrestre  a  été  noyée, 
il  faut  nécettairtment  admettre  que  les  sur- 
vivunta  ont  fait  eux-mêmes  (ou  leurs  .les- 
ctindants)  le  (our  du  monde  pour  a*en  assu- 
rer (nous  ne  voyons  nullement  la  nécesailé 
d'un  pareil  tour);  et  si  l'inondatî^n  s'est 
éteadue  sur  toute  Ja  lerre,  eo  laissant  sub. 
sister  seulement  ci  et  Ik  quelques-uns  de 
ses  babitsnts,  sur  les  sommités  des  monta- 
gnes, il  faut  encore  admettre  que  des  voya- 
geurs partis  de  tous  les  points  du  mondu 
[si  tous  les  iioinls  du  monde  étaienl  babi- 
lés}.  mèmeu'Amérique(si  elleélait  habitée, 
ce  qui  est  douleui],  sont  venus  informer 
Nue  ou  ses  descendants  de  l'uniTersalité  do 
la  catastrophe.  » 

Uoise  a  lui-même  répondu  h  toutes 
ces  assertions.  Noé,  nous  appreod-il ,  est 
seul  sauvé  du  déluge  avec  $a  famille;  sa 
race  se  multiplie,  les  onfants  de  l'un  de  sea 
fils  vont  peupler  l'Europei  ceux  de  Tautre 
vont  peupler  l'Afrique,  ceux  du  tioisième 
voui  peupler  l'Asie.  I<vs  annales  de  la  plu- 
liarl  decvs  peuples  cooQrmeal  cette  origine; 


on. 


DXTIONNAUtfi:  AIHn.OGETIOi:E. 


DEL 


S» 


Yoilli  donc  Ips  descendants  de  Noë  qui  psr- 
reiit  d'auprès  de  l'arche  el  qui  s'en  vont 
voj^ager  par  toute  la  terre  ;  ils  disent  qu'elle 
est  (féserlp,  p(  qu'A  mesure  qu'ils  la  pen> 
plent  de  [ifoche  en  proche,  ris  n'y  trouvent 
pas  trace  hiimniiie.  Ces  peuples  conservent 
des  raiipftrts  curlnins  entre  esx;  cl  quatre 
cenl»  sus  après  le  déluge,  A  bratram  descend 
de  la  Ctialdi^een  Palestine,  et  de  )a  Palestine 
en  Egyple,  et  partout  il  peut  reconnstlrA 
les  peuples  sortis  de  la  même  souche  que 
lui.  Moïse  nrrite  huit  cents  ans  après,  et 
le  genre  humain  voyageur  avait  eonslalé, 
sur  tout  le  monde  connu  alors,  qu'il  n'y 
avait  pas  d'autres  hsbtiants  que  ceux  qui 
étaient  snrtis  de  t'arctre;  Hoise  en  fait  le 
ttâOdniirreinenl ,  et  il  est  d'accord  avec  tes 
annales  de  lous  ces  peuples  sur  leur  ori- 
gine. Ainsi  les  voyages  que  l'-on  demandai! 
ont  été  fHJts,  et  on  a  pu  en  conclure  rigou- 
reusetneni  que  toute  fa  rsee  humaine  avait 
été  détruite  fiar  le  déluge,  universel  en  ce 
point  au  moins.  Quant  à  l'Amérique,  il  fau- 
.  drail  prouver  d'ahord  qu'elle  était  habitée 
avant  ou  mAme'du  temiis  de  Moïse,  cr,  cela 
o'est  pas  prouvé;  el  d'ailleurs  l'Amérique 
eltcHnéme  vient  apporter  son  témoignage 
au  fait  du  déluge.  Qu'il  nous  suffise  pourle 
mcineiit  d'avoir  montré  quo  l'on  n'a  pas  le 
droit  df  conclure  en  ces  termes  :  «  Or,  tl 
est  incontcslelile  qu'atieune  nation  de  l'an- 
liquilé.etje  n'en  eicfpie  pas  même  rERypl{>, 
n'a  réuni  les  conditions  de  savoir  inaupttf 
Sttbiti  pour  pouvoir  transmettre  ovec  certi- 
tude à  la  poslérilé  un  pareil  récit  (il  suOi- 
sait  de  la  narole,  el  f'Bgj'ple  comme  les 
autres  peuples,  non-seulement  savoil  parliT, 
mais  encore  écrire  et  élever  des  monuments; 
c'esl  beaucoup  plus  qu'il  n'en  faut  pour 
Conserver  la  trauition  d'un  événemeni  tel 
que  le  déluge).  La  tradition  du  déluge  uni- 
versel, h  moins  que  l'on  ne  consente  è  la 
ilélacher  de  rhisloire  commune,  pour  la 
r^ardcr  comme  directement  inspirée  aux 
hommes  nar  l'esprit  de  Dieu  (ehl  pourquoi 
pasi),  et  l'accepter  par  conséquent  dans  son 
entier,  ne  repose  donc  sur  aucun  argument 
valable  (la  jiarticiile  donc  est  commode, 
c'est  t'arguoicitl  de  ceux  qui  n'en  ont  pas, 
et  ici  la  proposition  dniit  elle  fait  partie  est 
fausse  et  ne  repose  absolument  sur  rien|. 
Et  si  un  pareil  déluge  s'est  jamais  produit 
sur  lo  terre,  ce  Jojit  il  nous  reste  h  nous 
enquérir,  c'est  ailleurs  que  dons  les  écrits 
des  Hébreui  qu'ils  fout  en  chercher  les  té- 
moignages. ■  Et  pourquoi  pas  dans  les  écrit! 
des  Hébr«niT  ne  votent-ils  pas  ceux  d'un 
autre  peuple  ?  ne  sont-ils  même  pas  comim- 
rables  h  des  conjectures  géologiques  ou 
autres?  Leur  caractère  religieux  et  sociul 
est  leur  défaut  I  —  ■  Supposons  un  instant, 
continue  l'objection,  que  Noé,  la  déluge, 
dont  ses  comiinlriotes  venaient  d'être  vic- 
liinci,  termine,  eût  voulu  s'assurer  si  l'inon- 
dation  s'élail  réellement  étendue  sur  toute 
Il  terre.  Noé  aurait  pris  en  main  le  bAton 
de  pèlerin,  et  parcourant  dans  toutes  les 
directions  les  continents  devenus  de  nou- 
veau s«rs  et  pniticobles,  iJ  serait  allé  cons- 


tater en  chaquo  lieu  les  Irices  nécegsiire- 
ment  laissées  par  le  s^our  dei  etui. , 
A  quoi  bon  loules  ces  supposilioni  ;  c'est 
toujours  déplacer  la  question,  car,  encore 
un  coup,  suivant  le  récit  de  îloise.  il  m 
s'agissait  pas  de  savoir  si  les  eaux  s'étaient 
répandues  par  toute  la  (erre,  mait  bim  ti 
tous  les  homnas  et  les  animant  lu  plu 
rapprochés  de  l'Iiomme  avaient  péri;  ot il 
n'était  pas  besoin  de  prendre  le  Ûtoi  dl 
pèlerin  pnar  a'aaurer  d'une  telle  itaslruc- 
(JOD.  Noé  connaissait  sans  doute  qn^s 
étaient  les  principaui  pnyslmbilés  aTiotle 
déluge  ;  il  connat  l'élévation  des  eaui 
au-dessus  des  plus  houles  mniiiagnes  du 
vaste  horizon,  il  put  en  déduire  l'élemlue 
de  l'inondation,  et  après  la  calaslroplieler- 
mioée,  il  lui  fut  ftcile  de  constater  um 
long  voj'Sge  qie  tout  avait  péri,  puisqu'il 
n'y  avait  plus  d'habitants  sur  la  terre;  f' 
■on  fifs  8ero,  qui  véeui  encore  ]ilusdetiD^ 
cents  ans  après  le  déluge,  etdulempaduqiv 
arriva  la  dispersion,  put  bien  mieux  encoit 
le  conslaler.  Voilé  ce  qae  dit  lel>on  iïMi 
et  cela  suffit. 

•  Mais,   dit-on,  ee  que  Noé  n'a  etrjoiiu- 
fnent  eu  ni  l'idée,  ni  te  moyen    d'eiéculer, 
nous  pouvons  le  bire.  (CertaiDeuenl  NoJ 
n'a  poini  eu  l'idée  défaire  UD  voyage  géo- 
logique). Que  l'on  songe  aux  marqoes nom- 
breuses  el  profondes  qu'une  aussi  violente 
et  aussi  extraordinaire  invasion  des  eaiii 
aurait   dâ  causera    la  surface   de  luusiei 
pays  et  l'on  eoneevra  aisément  que  ce  ne 
iont  pas  les  pluies    tombées  dans  l'espiM 
de  quelques  siècle*  qui  auraient  pa  \ti 
effacer   enLièreiuent.  Il  y   a   d'ailleurs  d» 
contrées  ou   il  ne  pleut  jamais.  Dene,  les 
seuls  monuments  sur  lesquels  l'opinion  de 
Noé,  eu  sujet  de  l'univorsalité  du  déluge, 
Bureil  pu  raisonnablement   se  fonder,  sont 
encore  debout  pour  servir  de  fondement  1 
la  nAtre.  Il   s'agit  ici  de  géologie  et  non  I 
d'bisloire.  A  défaut  de  témoins  oculaiits. 
c'est  exclusivement  i  oetle  dernière  sciec* 
qu'il  appariient  aujouni'htii,   comme  celi 
lui  aurait  Bfmarlpnu  daas  tous    leslemjx. 
du  donner  des  preuves  directes  de  Vuui* 
versalilé  ou  do  la  non  universalité  du  dé- 
luge. »  Nous  dirons  :  Il  s'agit  ici   d'histoin 
et  lion    de  géologie;  avec  tant  de  létiioint 
oculaires,  c'est  exclusivemeni  h  cette  pre- 
mière science  qu'il  apiiarifent  aDJourd'bui. 
comme  cela  lui  a  apparlenu  dans  tous  lu 
temps,  de  donner  des  preuves  directes  é« 
l'universalité  ou  de  M  non  universalité  da 
déluge.  Mais  poursuivons  aveo   nos  adver- 
SHÎres  tout  ce  qui  tient  h  Id  gi^ologie.— «Or, 
dit-on,  qu'est-il  besoin  de  dire,  sinon  aui 
personnes  peu  versées   datis    les  cunoais- 
sanees  géologiques,  que  rien  n'est   mieui 
dénoDlré    par   les  observations    niodenut 
que   la  foustelé  du  récil    liébraiqueT  Oii 
trouve  à  la  vérité,  à  la  surfaofi   des   cnnli- 
neiiis,  une  multitude  d'indices  de  déhigM 
locaux,  et  rien  i  coup  sûr  D*esl  plus  naïu- 
rel  ;  mais  il  n'y  a  pas  un  seul  i'aH  qui  auie* 
rise  è  penser  que  ces  diverses   inoiidationt 
ont  éléconiemi>oraiiies.  L*eas9ent-elle«  éi^ 


DICT10.NSAIIUÏ  ATULOGEIIQUC. 


•EL 


n  bioo  gratuiL««l  bien  liasfinliic, 

fJlESDS  fenieiit.  ralatÎTemsnl  i    l'élendue 

Mil«  dei  conlineoU, qu'un  eiisomble  tl'i- 

Dondiliofl  loul  &  lâ(i  partiel,  el  ii  liemeu- 

renit  pwiiiltinient  avéré  que  les   eaux  de 

tt'iétuge  ge  iiHil  répaotlaes  dans  quelque! 

l'Kililéj  ieulenieiit,  surdes  vallées  et  des 

régiou  b*»s«a.  il  qu'en  général  elle  ne  se 

Kntjjas  aéioe   éleféuï  juxau'au   niveau 

displuî  médiocres  colltaes.  N  esl-il  psrcer- 

liin  qes  si  les    eaux  d'un  déluge  avaient 

jiEuis  jQODtlé   lo«te  In    terre,  leurs    allu- 

riODisr  seraient  forcément  déposées  dans 

Itiplui  luutes.  vallées  des  manlcgnesTOr, 

Ibuifi  les  ol>«ervalioD3  constatent  qu'il  n'y 

ifuaoMule(«inple<Jflc^rifa6/<(a1luvtous 

iit»  da   tels  lieux.  N'asl-il    (tas  .certaia 

tirarcguc  les  eaux,  en  venant  baigner  les 

*iM^s  de  scories  spongtuuses  el  désa- 

ifTt^-ique  vomissent  les  volcaos,  les  au- 

nitfliriHtéaient  démolies  et  dispersées? Or, 

'a  nomiH-euses  montagnes  de  cette  esftècs 

l'is^aiiaées  fD  llalie»  en  Auvergne,  en  Vi- 

nnit,  sur  les  bords  da  Rbin,  en  lani  d'au- 

itesptys  qu'llseraii  inutile  de  nommer, 

illMlenl  d'une  manière  irrécusable,  par  la 

conservation    parraile  de  leurs  formes  pri- 

ailijKs  que  gainais    les  eaux  d'un  diHuge 

n  uni  mouille    leur  flanc.    Il    faudrait  doue 

(IiregueceUe   armée  de    volcans,  tous  au- 

Icrieurs  aux  temps   bistoriques,  a  paru  sur 

la  terre,  comme  [)ur   eipiosiun,   dursnl   le 

wurl  intervalle  qui  séfiarei'époquedudéluge 

(■eNoédc  celle  des  plus  anciens  souvenirs 

ue  nos  annales,  et  donner  siD:(i  pour  cnaiiilé- 

ini-iit  h   l'iiiTeiition  d'un  cataclysme  d  eau 

iinteution  Doo  moius  téuiéraiced'un  esta- 

ij'&ine  de  feu. 

•  Il  existe,  à  la  vérité,  non  pas  au  som- 
'uel  des  montages,  mais  sur  des  pentes  et 
•^i  plateaui  losccessifales  aujourd'hui  è 
i^uis  iuoudatiiiD  locale  que  l'ou  puisse 
Laaginer,  de«  alluvioiis,  dont  la  présence 
incvs  liuux  semble  ne  pouvoir  s'expli- 
<iui;r  que  par  des  mouvements  de  rOuéaa 
y-en  su|>érieurs  eu  violeuceet  eii  étendue 
ictui  dout  nous  avons  parlé  jusqu'ici. 
Ujis  ces  lerrainsauxquels,  par  un  biflma- 
li'e  abus,  quelques  géologues  ont  altrUiué 
eooin  de  terrains  diluviens,  sont  précisé- 
zuDt  caractérisés,  de  l'aveu  même  de  ces 
;^Iogues,  par  l'absence  de  tous  débris  bii- 
luins  et  par  les  ossemaals  d'espèces  aui- 
uoJes  aujourd'hui  éteintes  ou  re)ioussées 
"•s  des  latitude^  iilus  méridionales.  I^s 
Jiéanmènes  auxquels  ces  témoignages  se 
ipcorlenl  sppArlienuent  donc  aux  annales 
«  la  période  tertiaire,  et  demeurent  com- 
'('leoient  endehors  de  celles  du  genre 
amain.  Si  durant  Celle  période,  couimu 
orient  k  le  penser  plusieurs  monuments 
m»i>lérsbles,  de»  massifs  de  monlagnesi 
1»  qu'uoe  partie  des  Al|»es,  se  sont  brus- 
Jeineol  soulevés,  de  vastes  régions  ont 
1  éire  ébranlées  |)ar  cette  crise,  et  les 
)U  de  l'Océan,- secoué  puissamment  dans 
s  profondeurs,  surtout  si  le  soulèvement 
est  Opéré  dans  son  seîn,  ont  jiu  se  trou- 
!r  ebu5sés    sur   les  coulroeuls  dans   uu 


rayon  géographique  étemln,  i  ane  grande 
distance 'les  eéles,  el  jusque  sur  de»  |>eates 
élevées.  Pnut-être  anssi  quelques-unes  dé- 
cès alhivinns  doivent-elles  simplement  la 
place  singulière  qu'elles  occupent  k  des 
exhaussements  partiels,  )instérieurs  k  l'épo- 
que de  leur  dépAl.  Bn  tous  ca*,  In  nature  de 
la  populationde  la  terre,  au  moment  oi^  ces- 
inonualions  ont  eu  lieu,  nous  est  suffisam- 
ment révélée  par  le  caractère  des  ossements 
qui  sont  ensevelis  dans  les  terrains  charriés 
alors|iarleseaut;el  puisque  les  hommes  n'e- 
xistaient point  encfire.  ces  inondalioDSsoiit 
louti  &ilé.nngèresausujelde  cet  article.* 
On  ne  préconise  tant  les  preuves  géolo- 

g'tfues  que  psrce  que  l'on  veut  ï  tout  prit 
a'''.erles  preuves  historiques  donton  sent 
tout  le  poids  dans  celte  thèse.  On  demande 
k  la  géologie  une  preuve  de  l'universalité 
du  déluge,  et  rien  n'autorise  dans  le  récit 
de  Uoîse.  h  admettre  cette  universalité.  On 
veut  que  les  eaux  aïeul  formé  des  attuvion» 


(lu'ellesaientdAnofjel  ditpené  Um  montagHm 
de  aeoria  tpangieutet  et  détagrégée»  fus 
tomUtttit  let  volcana...  Que    ces  eaux  aient 


formé  des  alluvîons  plus  ou  moins-  consi- 
dérables dans  les  vallées  des  régions  qu'elles- 
ont  inondées,  il  sarajlbien difficile d«frron- 
ver  leconiraiFC.  Qu'elles  n'aient  ni  d^aiofi  ni 
disperié-\e5  inotilagiios  de  scories  spongieu- 
ses et  ilésïgré jées  de  l'iialie,  de  l'Auvergne 
elsutres  pays  où  il  peni  s'en  trouver,  o  est 
parco  qu'elles  n'y  sont  pas  venues,  ou  parce 
qu'allesnese  sont  pas  élevées  jusqu'è  cette 
hauteur  dans  ces  contrées,  ou  parce  que  ces 
scories  ont  été  vomies  jur  les  voteans  de- 
puis ce  calaclysme.  Pour  ce  dernier  cas. 
il  n'est  nullement  iiéccssairc  île  recourir 
à  l'ittiviiiioiid'uK  catadyimt  de  feu, 

Qunnlaux  aUuviont  que  l'auteur  rapporte 
aux  terrains  tertiaires  et  qui  ne  renferment 
point  de  délu-is  humains,  parce  que  dit-il, 
les  hommeso'exisiaient  point  encore,  nous 
pensons  comme  lui  que  les  inondaiiotu 
qui  les  ont  formées,  lonl  tout  à  fait  étroit- 
girti  ou  tuftl  de  cet  article,  et  nous  n'avons 
puiiilànoiiS  eaoccupi;r  ici,  iiou-  plus  que 
du  soulèvement  dus  Aljies. 

L'auteur  continue  cl  procède  pan  excla- 
malions  et  intercogstions,  formules  h  grands 
e£[ets.  ■  Quel  io'ioncevaUle  dér^n^emenl,- 
dans  l'onire  de  la  nature,  n'aurait-il  pas 
été  nécessaire  d'imaginer  pour  rendre  rai- 
son delà  produclioad'un  tel  phénomène  (du 
déluge}?  >  Ceci  en  vérité  est  un  peu  trop 
niiïT.  Tous  les  géologues  et  les  paléontolo- 
giïles  reconnaissent  au  moins  une  douzaine 
de  soulèvements  de  chaînes  de  montagues 
qui  ont  autant  de  fois  et  successivement 
déplacé  rOcésu.  mis  h  nu  le  fond  des  mers 
et  submergé  les  contîueiils.  On  a  lieu  de 
s'éioaner  que  notre  auteur  ne  songe  pas  i 
demander  compte  à  ces  savants  de  ces  ■»- 
concevabteë  dérangemetUi  qurtU  mU  imaginie 
dans  l'ordre  de  la  nature. 

■  L'Océan  au-dessus  du  sommet  des- 
montagnes 1»  Oui,  au-dessus  des  montagnes 
ou  collines  plus  ou  moins  élevées  du  voile  ' 
horizon,  dit  te  texte  sacré. 


JIS%  DEL  nCTIONnAIRE  APOLQt.fiTIQUC.  DEL  j» 

)itiysicieii  conipùLecUqiii  ne  ln»avltsucoii< 
traire  noire  caicul  trds-naodâré  «t  cerUinD' 
ment  Irès-lbiiiié.  Il  notu  souble  d'ailleurs 

3 ne  l'einression  si  énTgique  ita  eatùnatt 
u  ctei  dotil  assert   i'£cri[nre,  «M  lolnda 


•  Soogo-l-on  que  pnur  arriver  tji,  lu  pro- 
fondeur luorenne  lie  la  mer  étant  de  mille 
mètres,  il  faudrait  Terser  sur  la  terre  dix 
oct^ans  égaux  b  l'Océan  actuel  T  > 

Noui  n'aruEis  pas  à  aaus  occuper  de  ce 
calcDl  qui  ne  peut  dire  d'ailleurs  que  Ifës- 
«OBJeetural.  La  raison  en  est  daas  ce  que 
nous  Tenons  de  dire,  qu'il  n'eat  question 
daDs  le  telle  quo  des  éminences  qui  se 
troaraienl  dans  l'horizon  da  i'orche,  et  rien 
ne  nous  dit  quelle  en  était  la  lisnleur.  Avant 
d'amener  l'Océnn  sur  les  coalinents,  il  fau- 
drait d'abord  être  liien  sûr  qu'il  en  est  oubs- 
lion  dnns  le  récii  biblique,  mais,  ainsi  que 
mus  l'avons  fiil  remaniitifir,  la  chose  n  Mt 
rien  moins  qu'évidenlo  et  le  texte  paraît 
insister  iiiiiquement  sur  les  pluies  torreti- 
lielles  tombées  comme  inalrument  de  la 
vengeance  divine  pendant  quarante  jours 
t-t  quarante  nuits.  Vous  qui  vous  livrez  à 
dve considérations  superbes  sur  la  physique 
du  globe,  sur  ce  qui  a  dû  Être  ou  ne  pas 
Cire  dons  les  l'Iiénomànes  dontnntre  planète 
a  été  te  th<}Atj-e,  vous  ovez  sons  doute  cal- 
culé tout  ce  qu'il  y  a  d'ena  dans  une  atmo- 
sphère de  SS  lieues  de  hauteur  (806).  Vous 
savez  le  nombre  de  mètres  cubes  d'eau  que 
produirait  In  Ta peuraqueuseaccumulée dans 
cet  immense  océan  aérien,  sous  lu  soie'it  d>;S 
tropiques,  au-dessus  des  vastes  mers,  puis 
iTOudensée  et  amenée  des  quatre  vents  du  ciel 
sur  une  région  )>endanl  quarante  jours  et  qua- 
rante nuits.  Eh  bien  1  même  en  écartant  ce 
qu'il  y  a  de  miraculeux  dnns  le  phénomène  et 
noiit  fondant  seulement  sur  des  faits  phj'si- 
ques  incontestables,  nous  serons  facilement 
conduite  fi  reconnaître  igue  la  pluie  seule  a 
pu  causer  le  déluge  et  élever  les  eaux  à  une 
[irodigieuse  hauteur.  Ainsi  sans  rappeler 
ici  bon  nombre  du  faits  analogues,  nous 
mentionnerons  une  averse  tombée  è  Gènes, 
le  25  octobre  1822,  et  qui  a  produit  83  cen- 
timètres d'eau  (SOT),  Admettons  que  cette 
averse  ait  duré  unu  demi-heure.  Dans  iO 
jours,  it  ;  a  1990  demi-heures,  lesquelles 
multipliées  par  82  centimètres,  nous  dun- 
iient  1574  ~  M)  de  profondeur  perpendicu- 
laire pour  les  eaux  tombées  du  ciel.  Si  au 
lieu  de  83  centimètres  d'eau  par  demi-beure, 
nous  supposions  un  mètre,  ce  qui  nous  don- 
nerait euvirOD  unedeiiii-lieue  pour  ta  hau- 
teur des  eaui  du  déluge,  pourrait-on  dire 
que  nous  dépassons  les  limites  naturelles, 

S 'une  telle  hypothèse  est  improbsbte  et  an 
liors  des  lois    do    la    nature?   Personne 
n'oserait  le  soutenir,  et  il  n'y  a  point  de 

(806)  PouiLLET,  KlénunU  dt  phftiqtie  expirim., 
1.  1.  p.  118,  S*  édit.  —  U.  Aia^r)  a  Uil  voir  <)u'ui) 
tier«  seulement  de  t'eau  qui  tombe  sous  forme  île 
ptiile  dans  le  bassin  de  la  Seine  est  repoi'lé  k  la 
mer  par  eeUe  rivière.  Lee  deux  auirei  tiers  remon- 
teM  daaa  l'atmuspbére  par  évaporalion,  ou  serveiiL 
il  reairttien  de  la  vie  animale  ou  tégéUie,  mi  go 
fraj'enl  une  rouie  vers  la  mer  par  d<«  cuiitJuils  sou- 
Urrmins.  (Annuaire  de  1835.) 

On  a  calculé  que  l'éviipnraiioD  aiitiueltc  repré- 
Muiaii  le  travail  du  80  niillions  de  millions  d'Iiom- 
ines.  t,a  supposant  <)uc  600,000,000  soient  la  |>o- 
|>ulïlioii  du  hIoIic,  cl  iiuc  la  luuiiié  ^culeuiuiit  de  ce 


nous  laisse^ supposerqu'il  ne  s'agit  ici  que 
d'une  pluie  oruinaire. 

•  Je  conçois  que  dans  l'enfance  de  la  cos- 
mologie celte  diincullé  ait  semblé  peu  enj- 
barrassante,  et  que  l'écrivain  sacré  Tiit 
résolue  da  bonne  lot  et  sans  inquiàiade  eo 
faisant  appel  aux  grands  réservoirs,  source 
intarissable  des  fleuves,  que  l'on  croyait 
placés  dans  les  cavités  souterraines,  et  i 
ceux  non  moins  vastes  que  l'on  croyait  iu9- 
pendus  dans  l'espace  au-dessus  de  la  voflic 
du  ciel:  Cknui  twU  fonto$  abytn  tt  catantlt 
cmti.  > 

L'écrivain  sacré  n'a  nu  être  in^armiié 
devant  un  fait  universellement  attesté  pi 
sur  lequel,  ainsi  que  nous  l'avons démonln^, 
il  n'a  pu,  ni  être  trompé  ni  vouloir  tromper. 
Nous  avons  aussi  répondu  plus  haut  i  l'A- 
jpciion  tirée  de  la  physique  des  HélirKui. 
Quant  aux  riier*oirj«u(p«idM  dans  l'espin 
nous  venons  de  voir  que  rien  n'est  plas 
fondé  ;  seulement  it  paraît  que  les  lsogu«s 
orientales  ne  connaissaient  point  la  lermi- 
nologie  de  nos  météorologistes  modemest! 
qu'elles  emploient  des  figures  ih  où  ctjni-i-i 
emploient  des  termes  qu  ils  appellent  scien- 
tifiques ou  techniques. Vous  devez  être  tout 
houleux  de  vous  laisser  ainsi  surprendre, 
csronsoK,  dè^  le  collège,  faire  eus  dlstttiL'- 
tions  entre  le  génie  des  langues. 

*  Je  conçois  encore,  vu  l'état  uû  se  trou* 
vsit  alors  h  physique,  qii'k  j'aiile  d'un  veut 
violent,  et  adduxit  ipiritum  tuptr  ttrram. 
l'écrivain  ait  cru  pouvoir  sécher  Is  terre  en 
quelques  mois,  et  se  délivrer ,  sans  ^hs  et 
scrupule,  de  toute  celte  eau.  Hais  ju  iiicis 
au  déli  tous  les  géologues  actuels,  jiiir$,u> 
Iholiquesou  protestants,  de  justifier  sur  ci' 
point  leur  tradition,  et  d'enolfrirlamoiadrit 
explication  raisonnable,  bref,  da  monlrcr 
comment  une  masse  d'eau,  décupla  du  ai\k 
de  l'Océan  a  pu  fairelout  d'un  coup,  Kpin- 
riliou  sur  la  terre,  et,  ce  qui  n'est  pasnHiiiii' 
épineux,  comment  elle  a  pu  en  partir  B)iri> 
y  être  arrivée.  ■ 

Laissons  là  d'sbord  la  miuie  d'eau  décuptt 
de  eeUe  de  i'Ot^on  dont  nous  n'avons  tiuv 
faire,  et  puisque  rien  ne  nous  autorise  1 
amener  l'Océan  sur  la  terre  ferme,  nous 
n'avons  pas  h  nous  occuper  da  moyen  ttc 
l'eu  faire  retirer.  Le  défi  porté  à  tous  tn 

nombre  d'individus  puisse  Iravaillor,  la  Tiirrc  (■"' 
ptuvée  par  la  nature  dam  la  formaiion  des  uii^r>. 
sera  ^ale  à  800,000  fois  le  travail  dont  Tni»»' 
iiumaine  tout  entière  e^t  capable.  Ajontci  qav  <■>** 
CD  prodigieux  dévr)<)))penMn(  i\n  force  niécjwiqu'. 
roperatioii  de  b  nature  est  contiiiue,  iavi«it>li:  li 
silencieuse. 

M.  Poisson  lermiiie  l'atinosplicn-  par  une  cixkI-^ 
dVuu  qui  lui  suit  de  liitiite.  {Auitala  dtpkilo*-  ''"  < 
51  «M.  1838,  p.  ÎCO.) 

(807)  PotiiLLET,  Elimenlt  de  y/iuniiiui.  exf:  >■  "■ 
P.7Ï8,  5'cdil. 


DEL 


WCTIOWlAIRfi  JU>OU>GF.TIQUe. 


Iirrrodooiont;  01  nourjl et  l'on  pas<e  outre, 
lïolre  aukar  qui  décide  avec  te  iDëme 
■piotoii  eo  métMfologie  quVii  géologie, 
ii'idiBH  (as  tju'un   T«nt   tidIs'iI  soiifOsiit 
li;gu:tli  lin  de  manjuMue  vers  la  fin  du 
uiciitl'ACiobro suivant,  cest-k-direpeadant 
(lusdesisuois,  ail  |>u  ^cher  la  terre. Les 
GeniiiNiit  dû  sans  doute  efn|ii>rtfr  une 
|.-riiecoiuiJérabliidas  eaux  dans  les  mi-rs, 
■lenure  partie  a  dû  féiiélrer  dans  le  sol. 
114 tijui|>eut dire cooibien,  pendant  pl'is  de 
M  uoîj.  il  a  dâ  en  reioonUr  dnns  TaLiun- 
i(irièrel808)T  Lp  teste  sacré  est  remarquable  : 
ïkMitduxit  ipiTÏtum  super  terrain  tl  immi- 
■■rc  tôt  aqum—.  Xeveriaque  lunt  aqua  de 
iiiattiiaet  reiUuntei,elcaptrunlmminui. 
lS-%.  no,  1-3.)  Nol*-zcet  eanle» ulredeuniei, 
"liiif  wuOle  d'un  vent  ioipétucui.Ea  voici 
'•rsimoeDlaire  fait  par  la  sciencu  du   xii* 
iiiik:i  Dans  une  atmosphère  paifaileuienl 
u'uie,ré>apDration  est  lente,  taudis  que. 
lims  âne  simuaphère  agitée,  elle  devieot 
ié  plDi  CD  jtius  rapiile,  i  cause  que  les  cou- 
ttias  uoQ  saiurées  sont  sans  cesse  ramenées 
ncoQtJcIaTecIuliquide.Dn  vent  sec,  anima 
•i'nie  tiiesse   infinie,  en  souflhnt  sur  la 
Mrfica  d'un  bc.  y  produirait  une  évapora- 
tco  aussi  instantanée  que  celle  qui  se  pro- 
duirai! dans  un  vide  infini,  car  les  molécules 
<le  vapeur  seraient  emportées  si  vile  qu'elles 
ne  jiourrsii-nt  exercer  aueuae  pression  sur 
•ti  molécules  d'eau,  pour  les  empènher  de 
K  Tiporiser  h  luur  tour.  ■  (809) 

Poutez-rous  nous  dire  quelle  fut  lati- 
tau  cl  quels  durent  Ctre  les  effets  de  ce 
tnl  que  Dieu  envoie,  adduxit,  soufElanl 
p«oilaui  sept  mois  d'été  sous  lus  ardeurs 
<l'uii  soleil  de  S;rriel 

•  La  supposition  la  moins  folle  est  peul- 
tm  celle  du  savant  Whislon,  qui  pensait 
a'uoe  comàte  d'eau  avait  été  poussée.  i>sr 
uieu  sur  notre  plantte,  et  qu'atirës  l'avoir 
peu  i  peu  enveloppée,  de  mamtirB  h  couvrir 
■«s  plus  bautes  montagnes,  cet  océan 
<i^l)ond,  abaodoDnanl  Tarcbe  sur  l'Ararat, 
iNil  poursuivi  sa  route  dans  le  ciel.  Mais 
uurquoi  taat  de  malheureux  efforts  pour 
Puieiiir  uoe  iraditiou  que  la  critique  «st 
iiintenaut  en  droit  de  juger  sans  scandale, 
1  que  des  observations  positives  condam- 
ent  l'Ieineiuent  T  La  seule  ressource  que 
«clartés  qui  illuminent  i  présent  cette 
testioa  laissent,  en  désespoir  de  cause, 
IX  croyants  invincibles,  est  de  prétendre, 
«me  l'insinue  ,  h,  pmnos  des  terrains 
hviens,  11.  Cuvier,  que  ta  terre  primitive 
Vc  ses  moDuments  et  les  ossements  des 
âmes  qui  rtuliitaient  est  vraiseniblalii»- 
■nt  enfouie  loin  de  nos  regards  dans  les 
biesde  la  mer,  ou  bien  encore  qu'il  i>'a 
I  |>lu  k  la  divine  Providence  de  permettre 
délags  de  déposer  les  traces  de  son 
uge  sur  la  terre.  ■ 
lous  crojons  avoir  démontré  que  Moïse  - 

UtS)  fof «s  ratam-demiéfe  ik>ic. 

tir.1-  Pm(ii.i.ct    KUmrnu  ie  fkffiqnt  esp.,  L  ], 

'm.  3-  édiu 


n'a  miliement  besoin  d'aurnne  folU  luppo- 
sition,  pas  plus  de  la  eomili  d'eau  lie  Wa'if- 
lon  que  de  rhjpotbise  de  Cuvier,  quo  la 
science  repousse  aussi  bien  que  la  texte. 
Hais,  si  Whiston  et  Cuvier  se  sont  trom- 
pés dans  leur  explication,  le  but  qu'ils  se 
proposaient  n'en  tait  pas  moins  honneur  à 
leur  caractère.  Ils  n'ont  pas  trouvé  au-des- 
sous de  leur  génie  de  s'occuper  de  ce  grand 
fait  biblique,  et  loin  de  le  metirn  en 
doute,  ils  ont  cherché  i  eu  expliiiuer 
certaines  circonstances.  Ces  circonstances, 
le  teste  mieux  compris  permet  de  les 
expliquer  d'une  manière  très-satisfaisanle 
sans  recourir  i  des  moyens  extraordinaires. 
Notre  critique  aurait  mieux  fait  d'imiler 
ces  illustrée  savants  nui  reconnaissaient 
dao!>  Moïse  le  grand  nomme  et  le  véri- 
dique  historien,  que  de  se  livrrr  ft  des  dé- 
clamations de  rhéteur  sans  portée  scienti- 
fique comme  sans  dignité  (610).  —  Voy.  Mo< 
aoKEHTS,  etc.,  I  IV. 

DEMON,  DIABLE,  SATAN. 

Satui  I  miis  c'est  le  chrlsllioisiiM  lool 
eeller  ;  pu  de  Stlan.  pM  de  Sanvenr. 

pTooiei  MDiemeiK  aui  iotmjtata  l'ctU 
(leiMedes  maunis  e«priU,  et  fOM  le« 
*eirat  rorc^eot  otiligrA  àA  tmm  M- 
conkr  tou*  vm  do^îe*. 

Baiu,  dm. 

En  dehors  de  tous  les  dogmtfs  cbrétiers 
justifiés,  réhabilités  par  la  science  et  l'é- 
ruditi'm  moderne,  il  eu  est  un  ou'on  pa- 
rait avoir  oublié  et  qu'on  a'sborue  jamai<:. 
c'est  la  reconnaissance  dessubatauces  spiri- 
tuelles et  surtout  leur  intervention  dons 
les  affaires  de  ce  bas  monde.  Oui.  toutes 
ces  milices  invisibles,  impalpables,  qui 
selon  la  foi  nous  entourent,  nous  obser- 
vent, nous  soutiennent  ou  nnns  éprouvent 
i  notre  insu,  tous  ces  dieux  inférieur»  (811), 
double  aristocratie  du  ciel  ou  dea  enfers. 
toutes  ces  essences  spirituelles  reconnues 
(Kir  tous  les  siècles,  sous  les  noma  d'ncges, 
d'ejprils  ou  démons ,-- tout  cela  n'existo 
plus  I  Sur  tout  cela  le  siècle  a  dit  son  der- 
nier mot. 

Ce  dernier  mot  regarde  surtout  les  de- 
MiMu.  Quoique  ces  deux  ordres  oppnsés  de 
substances  spirituelles  se  nécessiient  et  se 
prouvent  l'un  par  l'autre,  on  conserve  en- 
core un  respectueux  souvenir  pour  la  dor.- 
triue  des  bons  anges,  doctrine  d'ailleurs  si 
précieuse  aux  beaus-srts,  maison  se  venge 
de  cette  réserve  sur  les  démotu,  et  sur  leur 
compte,  la  raison  n'admet  depuis  longtem|>a 
aucune  espèce  de  transaction. 

Il  esl  facile  de  s'en  assurer. 

ïnterroKÔ  sur  ce  sujet,  le  panthéisme  ré- 
pond :  «  iVe  iachoHt  rien  lur  le»  bontetpritt, 
noire  ieitnct  t'eâl  éaalement  débarroMiée  de» 
wuittvaii...  Àujimrd'nui  que  U  mondealleint 
la  minorité,  tl  le  rit  au  diable  tvmme  le 
•  jmnt  homme  te.  rirait  de  Croquemitaine  (812).  * 

(810)  l'uir  U  îiiHie  I.  à  la  lin  ttu  I"  vulumr. 
4811)  VofC  <le  Haiïvre,  f,'*Mi  *w  te»  êotnpcet. 
\%M)  Et  cepeiHlsiii  Bajlc,  qui  «wuaissaii  k|t»- 


f>EU 


MCTlU>!tAIRE 


L'cdectisine  interrogé  ré|iftTl  :  tnra- 
tine  de  lotts  ca  failM  tnervtUffux  ni  dans 
«ne  illuiion  pt^ckologique...  Cn  faitt  ne 
font  pat  même  partie  de  la  religion.,.  Celle 
croyance  aux  génies  rendait  fou  (813). 

Quant  au  rnlionalism*^,  c'est  bien  nuire 
rlioso;  poiir  lui  la  néRSlion  du  merTetlIeux 
l'St  la  grande  «(Taire.  C'est  toute  son  essence 
et  toute  sa  fln. 

11  est  vrai  qu'il  a  ft  ce  sujet  une  etcuso 
que  n'ont  \ias  tous  lej  nutres  ;  cette  excuse, 
il  peut  la  puiser  dam  l'étude  des  sciences 
physique*  et  niiturellos ,  sur  lestjuelles  il 
s'est  loujours  appuyé  de  préférence.  Que 
de  fois,  en  pfTet,  l'éclat  projeté  par  celles-, 
ci,  et  lti  magniHcence  de  leurs  conquêtes 
toujours  progressantes,  n'ont-ils  pas  dû 
fasciner  Jusfitraux  meilleurs  esprits,  et  leur 
pi-rsuader,  ^u'en  dehors  de  la  nature  et  de 
ses  lois,  il   n'y  avait  plus  que  leur  atileur. 

Comment  ne  pas  se  laisser  éblouirl 

Nombrer  tous  les  soleils  avec  Laplace 
OH  Leverrier ,  conjurer  la  foudre  avec 
Franklin,  décomposer  les  corps  avec  Ber- 
zélius  et  Davy,  découvrir  et  ausculter  da 
nouvelles  lésions  organiques  avucLaenn'^c 
et  Uorgngnî,  foudroyer  la  douleur  avec 
Simpson,-trsFk!Hieltre  la  pensée  (connue  l'é- 
clair d'un  hémisphère  h  l'autre,  abaisser 
toute  barrière, rapprocherlout^distance,  et, 
parce  DÎvelleiiictit  de  la  terre,  réunir  peut- 
être  un  jour  toutes  les  nations  en  une  seule  1 
Que  de  litres  do  ^lo  re,  et  comiuenl  ne  pas 
croire,  dans  i'cnivremcnt  qu'ils  tous  cau- 
sent, i  l'unique  H  exclusive  réalité  d'une 
création  matérielle,  avec  laquelle  ou  i  pro- 
pos de  laquelle,  on  produit  de  si  grandes 
choses  I 

Que  les  naturalistes  louteroissachentabaîa- 
scr  un  peu  leurorgiiuil  1  Supposonsavec  eui 
que  cet  univers  phénoménafet  sensible  n'eût 
plus  de  mystère  à  leur  céler,  plus  de  véri- 
tés à  leur  taire,  tout  serait  loin  d'être  dit. 
Quand  ils  parviendraient  i  compter  tous  les 
astres  sus|  endus  sur  nos  têtes  ;  allons  plus 
loin,  quand  le  cristal  de  leurs  tubes,  ama- 
nant  jusqu'à  nous  tous  les  mondes,  leur 
permellruit  de  sonder  leur  -prufondeur,  de 
mesurer  leurs  contours;  que  dis-je  T  de 
toucher  tous  les  êtres  animés  qui  peuvent,  qui 
doiteni  certainement  y  trouver  l'existence; 
quand  ils  rencontreraient  enfin  la  grande 
loi  qui  régit  l'univers,  ils  connattraieiit,  il 
est  vrai,  une  création  sublime,  mais  ils  ne 
^e^flil-nt  pas  sortis  encore  de  ce  monde  mit- 
tériel  et  visible,  simple  image  de  ce  monde 
invisible,  impalpable,  qu'ils  ne  soupQon* 
nent  pins  depuis  longtemps,  et  qui,  cepen- 
dant, déGant  la  puissance  de  leurs  plus 
précieux    in^ruoients ,    les   enserre ,    et , 


APOLOGETIQUE.  ŒH  ^^ 

comme  nous  le  disions  lonl  h  l'hcurs,  1» 
observe,  les  soutient,  et  trop  snurem  \n 
éprouve  en-dépîl  de  leur  inerWalil*. 
'  Ce  n'était  pas  ainsi,  cependant,  que  Oli, 
Bonnet,  l'illustre  philosophe  de  Gendc, 
comprenait  la  créait  ion  ;  écoutons-le: 

•  Entre  le  degré  le  plus  élevé  H  le  riegrd 
le  iilus  bas  de  la  perf^rlion  corpnrelle  fi 
stiirituplle,  il  est  un  nombre  presque  iiiRni 
de  degrés  i nie rmédia très.  La  suite  de  m 
deçrés  compose  la  chstne  universelle;  elle 
unit  tiius  les  êtres,  lie  tous  les  monijei, 
embrasse  toutes  les  sphères;  un  seul  kn 
est  hors  de  cette  chaîne,  et  c'est  ci-lui  osi 
l'a  fuite.  » 

Voil&  comme  nous  comprenons  aussi  li 
création  I  Pourquoi  donc  la  science  conleiD- 
poraine  la  dénmmbre-t-eMe  i  sa  guise  H 
snpprime-t-elle  &  sa  fantaisie  tous  les  ile^ 
intermédiaires  entre  l'homme  et  Dieu! 

Quant  aux  sciences  mf'diccles,  si  h;- 
temps  préoccupées  des  maladies  h^- 
naturelles ,  leur  incrédulité  d'oujourJW 
pourrait  bien  aussi  trouver  quelque  oicn» 
dans  la  ressemblance  assez  (rom]>eu»dt 
ces  dernières  maladies  avec  d'autres  mil)- 
dies  très-naturelles,.  Hais  qui  pourri  W 
pardonner  jamais  leurs  uégalions  conu 
toute  évidence,  dès  que  ciilie-ci  g^ne  fi 
contrarie  tant  soit  peu  leur  doctrine!  On 
aura  peine  Ë  comprendre  un  jour  le  ileg^ 
d'acharnement  manifesté  par  elles  cmilrt 
toute  idée  surnaturelle;  en  dirait  vrnijjei'l 

Qu'elles  n'ont  pas  d'autres  euiiemis,  |»i 
'autres  maladies  i  combattre. 
Vous  entendez,  par  exemple.  M.  \a  docteur 
Leurel  s'écrier  que  :  «  Tout  homme  liui 
s'avise  de  croire  h  un  esprit,  dnit  Clreiffi- 
médistemenl  renfermé  ft  Charcntoii  (8h}.  • 

•  Dans  nos  temps  modernes,  dit  i  S"i* 
tour  le  docteur  Leiut  [815),  s  oui  peine  iTtln 
prie  pour  un  fpu  halluciné,  on  ne  smiriiii 
plus  se  prétendre  en  communtcaiîon  e^Ki 
aucun  agent  surnature),  i/uel  qu'il  loil.  >   I 

Le  docteur  Parch.ippe  est  encore  mnir;! 
poli  pour  les  limplrt  qu'il  attaque  :  •  tîri- 
duellement  affaibli  de  siècle  en  siècle, 'e 
surnaturalisme  a  été  définitivement  fAom' 
du  domaine  de  la  science,  dès  la  lin  ilu 
siècle  dernier,  et  c'est  à  peine,  aujourd'lim, 
s'il  se  trouve  encore  sérieusement  accréOit^ 
chez  un  petit  nombre  d'individus  apparle- 
nant  aux  classes  Ut  plut  infimet  et  les  [>1<J> 
ignorantes  de  nos  sociétés  cirilisées  (8I6;.> 
Que  d'imprudents  aoatlièinesl 
Quant  à  la  littérature,  cette  exprettionii 
la  société,  elle  se  garde  bien  de  rester  >»- 
dessous  île  toutes  ces  invectives.  «  l^' 
sciences  modernes,  nous  fatt-elle  direp>f 
l'un  du  ses  organes  périodiques  les  plus  ré- 


théiime  mille  fois  mieux  ou'on  ne  le  coniuli  au- 
jimnl'liut,  fioyte  disait  :  <  Il  n'y  a  pas  de  pliil^to- 
pliie  qin  ait  lîioins  le  dnili  ite  mer  les  etpriis.  Qui 
eet<e  itoiic  qtii  a  pu  porter  Spinnsa  à  les  nier  ?  tst- 
ce  qu'il  a  ci'ii  que  pour  produire  Kius  uesulTfls  (rua- 

Î;i(|ties)  il  rauilrail  avoir  un  corps  aussi  rnas^irqueci-- 
iiî  do  l'hinnnieT  >  Hais  celte  peiL<«e  serait  ridictile. 
Part-'uLUDus  lui  donc  le  front  ^airain  qv'\l  fmt  acoij- 


pour  l'iutcrinemfaKt  contre  des  faistdeeemMt^n.» 

(815)  El  cependant  t'éclecli sue  moderne  aine  > 
se  i-aLtadier  surtout  i  celU  aiicieiine  école  d'Aleu*- 
drie,  qui  était  avant  tout  nue  écotu  ibéoriitiK  << 
Irii-pTatiqKe  île  magie. 

(811)  Fragmenu  vtm-hoto^^ifee, 

jSinj  Ou  dimoH  dt  Soerait. 

[MlCJ  MittUttdes  lorcuret. 


ora 


MCnOMNAHte  APOLOGETtQOC: 


HEU 


en. 


I<»)dui,  oui  perlé  k  celle  croyance  ans  es~ 
Ifiis  an  coup  dont  hj.k  ik  sk  KELi^ssA 
jj>ii«.  el  celle  prédulil^  esl  à  peiiit*  ei«u- 
tibltçbei  l«  inlelligences  faillies  ou  i(;no- 
tinlM.  > 

On  le  foit,  nous  ne  ilissimiilons  rien  ;  il 
Hm'A  impOKible,  jusqu'ici,  de  retironlrer 
iineférité  plus  Âff«ttfr,  un  dngme  plus  ré' 
jiudi^,  une  opinion  plus  compmnitfttanle.,.. 
|iOur  les  mnltieureui  écrivains  qui  auraient 
aajé  de  la  faire  renallrti  ou  ue  la  défen- 
dra. M  si  nous  avons  tenu  h  enregistrer  si 
lilléraltioeiil  loute  l'pxpression  de  oe  pro- 
fwil  mâpris,  c'est  afin  au*elle  subsiste,  et 
que, dans  quelques  années,  dans  quelques 
'  uii  peut-^tre,  on  puisse  la  consulter 
cNinis  un  monumanl  très-curieux  des  plas 
Ml)  préjugés. 

Depuis  longtemps  le  e\eT^é  s'occupait 
KM  peu  de  ces  matières.  D'un  cAlé,  la 
jndeiice;  de  l'autre,  peut-dlie  ud  peu  d» 
«lie  préreution  qui  gagne  parfois  jus- 
ou'iDi  mailleurs  esprits,  suivant  le  milieu 
uns  lequel  ils  se  tmuTent,  lont  devait 
itoinau  eerlain  nomlire  du  ses  membres 
Irèi-indicis  devant  des  phénomènes  sem- 
liiibltj,  Irès-«ircouspect  devsul  l'opinion 
générale. 

Il  n'est  done  p«s  fori  élonnanl  qui*  l'Cn- 
fidif/diimoderme  (817J,  trompée  par  quel- 
<Vjes ticefitions,  se  soil  iiermisde  résumer 
n«t  ctlie  injusiicD  l'opinion  Ihéologique 
HtiHll«tur  les  nnges  el  les  démons  :  ■  Il 
«ItûiMi,  diUello,  que  les  croyances  cbré- 
'ifiiDdHinodi&ein  forcémentavec  les  pro- 
S'if  lie k  raison,  el  que  si  les  dogmes  de 
'%'m  lie  sont  pas  cbangés,  plusieurs  sont 
«lu  «Kiini  abrogés  fiar  VoaltW  ;  le  clergé  Ins 
l"»!  |inid«mnieni  tommtUter,  sans  sanc- 
''«•er  (oui  haut  une  încréduiitd  qui  se 
'ancrait  bien  contre  lui.  ■ 
PooTail-il  élre  vrai,  cependant,  qu'uno 
ti'k  croyance  pût  jamais  être  abrogée  pnr 
'oubli  (lu  clergé?  Etait-elle  donc  si  peu 
F"e,  ou  s'agissail-il  ici  de  l'un  de  ces 
'H'imt  «econdaires,  apparlenaut  aux  pre- 
miers jours  des  religions,  croyances  asm-z 
■Biigoiliinles  au  fond,  el  dont  i'ubscurcis- 
if'nem  n'entraîne  aucun  péril  T 

<-elle  croysnce  si  minée,  si  honnie,  si 
pt'i  défendue,  est  précisément  l'Ame  et 
mr  ainsi  dire  la  raison  de  toule  lo  doc- 
triiK' clirëltenue.  ■  Si'tanl  disait  Voltaire  h 
"Il  Jhéoloijien  trop  coulant:  Salanl  mais 
'->il  le  cbrislianiitoie  tout  entier;  ris  us 
t>T*i,  ris  DK  sauviur  [818).  > 

Un  le  Mil,  l'apdlre  saiiil  Paul  faisait  sur- 
li'ul  coniisier  la  lutte  des  chrétiens  sur  la 
■rrre  dans  la  résistance  aux  malictê  invi- 
*<l]<ut  répandues  dans  ralmosphère  (819}. 
^<*iil  lui  Ibs  Ecritures,  avec  lui  tous  liss 
>|iiiret,  après  lui  leus  les  Pères,  puis  loute 

(»<7iArticle  Aitgi. 

>«I8|  Il  ett  venu  |k  Sauveur)  pour  délniire  In 
n'm  (ta  dialtle  :  ■  Vi  deitrMtet  opéra  diaboti,  ■ 
'it  a  *na  lonr  l'Evangile. 

iSII)  I  Ct  h'mI  pat  senleroenl  contre  la  chair  «t  le 
"«{qw  toniavriï  tulier.iiiiiifi  ct>u}rc  let  matica 
•H'iUKUef  T^iidncs  dans  te»  airs  e(  '.uiiirc  les  es- 


l'figlisa,  nuis  tous  les  saiuts,  ne  coMeiH-de'. 
rappder  les  mêmes  paroles  «1  d'agir  eons*- 
tamment  dans  le  mftiae  sens,  ou  par  )eiirs< 
enseignements,  ou  bien  par  J'exorcisme,  > 
sans  parler  ici  du  baplëiHfl,  qui  esl  lui-, 
même  le  premier  de  tous  les  exorcismes,  el 
une  dépossession  formelle  au  prudl  d'un. 
DOnvenu  maître  (820). 

Tout  le  cbrislianisme  esl  si  bien  \h,  que 
Bayîe,  le  plus  savant  des  incrédules,  disait, 
après  quinze  siècles  de  controverse  è  ee 
sujet  :  ■  Prouvez  seulement  aux  incroyants, 
l'existence  des  mauvais  esprits,  rr  vous  lrs- 

VBHBEZ  rOBCiHEriT  OBLIGE  DK  VOOS  ACCOK- 
DBB   TOUS  VOS   D06IUS.    »    (Dict.) 

Belle  leçon  donnée  par  l'oracle  de  Viaçfi- . 
dulilé  savante,  h  ces  apologistes  indiffé-. 
rents  qui  reculent  devant  ces  prétendues 
que-itions  surahkébsI 

Encore  une  fuis,  oui,  tout  le  cbrisliauisme 
esl  ih.  Le  surnaturel  esl  un  monde  i  iiartie' 
double,  dont  le  côté  lerriblo  et  le  c.6lé  con- 
solant se  prouvent  et  se  nécessitent  l'un' 
Snr  l'autre.  Lumiiret  el  lénibres,  Jekovah  et 
'tlial,  Jénu-Chriit  el  Satan,  voilà  les  deux 
camps,  les  deux  étendards,  les  deux  côtés, 
bien  définis,  bien  opposés,  f  Tout  ce  qoo 
l'Eglise  prend,  dit  le  baron  Guiraud,  ellp  1». 
prend  h  Satan  ;  tout  cb  qu'elle  abandonne 
e!le  le  livre  h  Saian(821).> 

Sens  donner  ici  dans  l'hérésie  des  deux 
principes,  puisque  de  nos  deux  forcer  l'une 
esl  créée  et  l'autre  esl  créutrice,  il  n'en  est 
pas  moins  vrai  que  tout  l'édilice  cbrélien 
esl  suppnrté  par  deux  colonnes  :  celle  du 
bien,  celle  du  mal.  Essnyez,  pour  embellir, 
le  temple,  de  rompre  l'une  ou  l'autre,  el' 
vous  verrez  comme  il  conservera  l'équi- 
libre. .  ; 

Au  lieu  d'une  question  indifféreole,  c'est! 
donc,  au  point  de  vuu  chrétien,  la  plus' 
grande  des  uueslions,  la  question  mère  par 
excellence.  Il  s'ngit  désormais  de  savoir  fV 
la  Bible,  d'abord,  et  si  l'Eglise,  ensuite,  se' 
sont  vraiment  trompées  sur  une  de  leurs' 
bases  les  {jIus  rond^imentules.  Pour  un' 
homme  rempli  de  déâirs  cliiélien^  et  eu. 
même  temps  de  respect  pour  rauioriié  dâ 
L'évidence,  tout  ceci  devient,  on  le  coni-. 
prend,  de  la  plus  haute  gravité.  Il  y  va  de, 
toute  la  fui,  ni  plus  ni  moins;  et  comme 
nous  D'iidmelton*  dans  les  saintes  Ecritures, 
dans  un  langage  que  l'on  dit  inspiré,  ni  des. 
maniirei  de  parler,  ni  lîes .  complaitancet 
)iiiur  le  siècle,  ni  da  retlet  d'ij/noranct,  on' 
nous  pernietlra  de  le  dire  :  s'il  nous  ^lait 
prouvé  que  la  Bible  a  pris,  au  temps  des, 
Pharaons,  pour  de  vrais  magicittu ,  de 
sim[iles  et  misérables  jongleurs;  |>our  tins 
enchanteurs,  de  pauvres  eharlatani;  pour  Ium 
foux  dieux  des  nations  (822),  quelques  prê- 
tres fourbes  ou  menteurs;  pour  do  vraies 

prilE  Ttcleun  de  ce  inonde  du  ténèbres,  i  (S.  Pacl, 
iph.,  cl).  3.) 

(820)  <  Sors  de  ce  cœur,  de  ces  membres,  de  ces 
O^Ennes,  >  dit  le  prèlre  au  dcmun. 

(821)  Phihi.  cath.  de  VHiUoire. 

(8ii)  <  Tous  les  dieux  des  iiatîoas  soiil  îles  ea- 
priis.  »  (ft.  «ï.j 


DlCTtONMURE  APOLOCGTIQUE. 


tfMcaMof»,  (le  »tm|)les  mnmrriéa;  fiotir  des 
t$prif  dt  i^ihoH,  Jes  cataleptique»  délimn- 
tM,  etc...;  s'il  nous  élnil  protuô  aue  Jésui- 
Chrlsl,  en  aocordiint  ï  sfs  disciples  le  don 
«t  les  règles  de  rtxputtion  des  démons,  se 
m*preiiail  sur  une  quesiion  de  pure  \ihy~ 
«lofofsie...;  «'il  nous  était  prouvé,  enfin,  que 
l'Eglise  catholique,  en  instituant  l'exor- 
cisoie  el  en  iMçnnt  les  Tirmules  précises 
el  Biirantes,  et  surtout  en  les  mettant  en 
pratique  pendant  une  duré»  de  dii-huil 
tiicies,  a'est  trompée  pendaiit  ces  dix-liuil 
siAcles....  Ohl  alors!  c'en  serait  fait  i  tout 
jamais;  le  christianisme  serait  jugé  dans 
notre  e5|>ril,  et  nous  renoncerions  bien  vile 
h  uoe  autorité  si  peu  sûre  et  si  peu  judi- 
cieuse, 

t'irnportnnce  du  dogme  est  donc  surabon- 
dammsnl  établie;  h  présent  découlent  de  ce 
dogme  bien  d'aulres  conséquences  pra- 
tiques, morales,  sociales  même,  qui  se 
prouvant  toutes  seules  (823). 


C'est  un  des  point!>  de  la  doctrine  an- 
cienne que  Dieu  gouverne  le  monde,  mftme 
matériel ,  par  le  ministère  des  esprits,  se 
servant  des  bons  pour  maintenir  l'ordre 
générai,  pour  veiller  aux  eœpires ,  pour 
proléger  les  hommes  et  répandre  sur  eux 
Hs  bienfaits  «l  permettant  aui  maurais  de 

(825)  Broussais  n'est  plus,  mais  une  nouvelle 
Mule  te  reiiij^tace,  el  le  remplacera,  nous  le  crai- 
piUMS,  ^vec  les  plus  grands  avantages. 

Celle  école  a  pour  nom  la  philnophie  poiiliee,  et 
puiir  chefs  deux  hommes  d'un  rare  mériie  intellec- 
Ud,  UM.  Cooile  ei  LiUre.Ie  preniîer  proclamé,  dit- 
an,  par  l'AiiRleMrre  le  Newton  du  xn  siècle,  el  le 
Mcoitd  vue  du  célcbrllés  mcdi<:ales  de  ringtiliii. 
Ueanmednnc  lérieuseirent  que  cette  philosupliie 
reiifenne  Vatenif  du  monde,  et  (ceci  serait  bien  au- 
Iremeol  lérieui)  que  c'est  etic  qui,  dans  le  mo- 
ment priuiit,  exerce  le  plus  d'influence  sur  la  jeu- 
oewc  de  nos  écoles,  et  principalement,  dit-on,  sur 
iMire  Ecole  polytechnique.  Tenons-nous  dune  pour 
Ihmi  el  dûment  avertis,  car  s'il  esi  vrai,  coiuioe  un 
le  prétend,  que  cea  doctrines  doivent  un  jour  eom- 
peàer  loul  le  Credo  politique,  philosophique  et  reli- 
gieux de  nos  eufautii,  nous  connaisMU  uoU-e 
■venir. 

Pères  de  ramille,  sacbei-le  bien,  jjources  non- 
veaui  apôtres,  <  lonli-e  ne  peut  se  Taire  dans  les 
esprits  que  le  juOr  où  ta  psjcliulojfie  ne  sera  plus 
qu^une  pliytiqne  cérébrait,  et  l'bisiuire  une  aorte  de 
fiikjrtt^iie  tociiUe  {a},  i  Ce  sont  leors  «xpressious; 
quant  k  leur  programme  religieui,  en  voici  le  ré- 
Miné  :  I  M'empruntons  lucuiii:  donnée  k  aucune 
iHiervention  MmaiarcKe ,  lu  philesophit  potimt 
nuits  débarrassera  a  tout  jamais  des  systèmes  tltéo- 
k>||it|ueE  01  métaphysiques  qui  suppuscul  mut  le 
cuutfairc.  >  Q.iaut  à  la  cinulusion,  la  voici  : 
(  Giiee  au  progrès  des  sciences,  si,  par  un  besoii. 
de  satisfactiuû  iudi>idiiellc,  on  reteiiaii  ridée  d'un 
tire  thiahgi<imt  queleuuque,  mulliple  au  tiiufM,  il 
n'en  buUrait  pas  ntoins  auMitôt  le  concevoir  ré- 
duit i  b  liUllile  et  à  un  oflico  nominal  et  surérogi- 
loire...  Car,  ainsi  que  le  disait  Laplace,  c'est  <lé- 
■onuais  une  hgpvthete  inuiUe  (fr).  > 

(a)  De  ta  pftilwopfti;  ptuiiivc,  par  le  docteur  Linti. 


les  éprouver,  rommf'On  le  «oii  lUiisl'bis- 
loire  de  Job  \Sik),  ou  les  chnrgi'aDU'Mf- 
curer  les  arréls  de  sa  justice.  Partout  l'Ecri- 
ture rappelle  ce  ministère  desespiiU!H|>é- 
rieurs,  el  è  quelque  époque  quon  Teuill« 
remonter,  ou  ne  trouvera  f)oint  sur  la  lerrs 
dé  tradition  plus  constante.  L'EvsDgilenout 
montre  Jésns-CbrtEt  lui-inème  tenté  lur 
Satan,  et  guérissant  des  liommas  soumis  i 
la  puissance  des  esprits  de  mslice.  {Viiy. 
PoasESSiDX.)  (Tout  la  ttprili  eiltila  iDRliri 
mi'nif  (rei ,  selon  saint  Paul ,  et  ii  la  ncpii 
pour  nnui  aider  à  reennUir  i'hirilagt  in 
Malut  {lleb.  I,  ik);  pour  nout  défenàrt en- 
Ire  celui  qui  a  éli  homicide  dit  le  cownmf- 
eemeni  {Joati.  vni,  Kk),  et  gui  tovntvu 
ccêie  avlour  de  nous  comme  un  tion  pnr 
noH»  dévorer  (/  Petr.  v,  8)  ;  nom  n'osm 
put  d  lutter  teulemetU  contre  ta  chair  d  fi 
lang,  mai*  contre  let  priHcipavlù  tt  la 
puiitaitcei,  contre  ceux  gui  ont  pomoir  in 
ce  monde  de  ténUtret,  contre  lei  nprilttt 
chatitt  réoandut  dant  l'air  {Eplui.  vi,  li] 

Il  serait  inulile  de  motiiplier  les  paist- 
ges  ,  l'Anctcii  et  le  Nouveau  Trstameol  en 
sont  remplis  et  tout  le  monde  les  cotiiisU. 

Nous  lisons  dans  le  livrt;  de  la  Sagesse: 
«  Diifu  a  créé  l'homme  dans  t'innoa'Dceeli 
t'a  Âiit  è  l'image  de  sa  ressemblance.  Hiis 
par  l'envie  de  Satan,  la  mort  est  enU^' 
dans  l'univers,  et  ceux  qui  l'iiuilentsunl 
sa  ftart.  »  (C.  ii,  23-2i.} 

LeTalmud  enseij^neque  la  souillureilM 

On  le  voit,  Cft  nouveau  potflîrwme  remporte  t  un 
degri!  Irèa-prononcÉ  snr  l'ancien,  par  rimrreiirqiH 
lui  inspire  IokI  ajtent  mystérieux,  Vn  lltt  iWori- 
fHr  f  ue/rOHf  ne  y  causerait  Hne  épuu tante  in JicilJf. 
et  ces  ccBars  d'airain,  caMtdes  de  rester.  coimncX 
aage  d'Horace,  impassibles  et  dclwut  sur  II';  niion 
du  monde,  vous  les  veniui  peut-être  a'éïiiiouiti 
U  vue  il'u»  ttprii  ;  aussi  pienueiU-ils  le  parti  ilc  n  \ 
pas  croire.  Mais  ce  qu  on  a  peine  à  s'^pliqnci 
c'est  la nt  de  peur,  Uiit  de  recommandalioi»,  N 
de  mesures  de  sûreté  contre  nue  croyance  i|ui  lij 
aujourd'hui  sourire  de  pitié  nos  bonnes  d'eniioU 
et  le  dernier  écolier  ite  nos  villages. 

mA)  Voyex  ch.  1  et  S.  —  iok  vivait  quinie  a«< 
ans  avant  Jésus-Christ  et  éuit  comeinponm  *■■■ 
Moïse.  —  i  U»  jour  que  tes  lils  de  Dieu  asWnH^ 
M  tenaient  devant  le  Seigneur,  Satan  se  UW' 
aussi  lu  milieu  d'eus.  Le  Seigneur  luidii:U>< 
viens-luT  -  Satan  répondit  :  J'^i  parcouru  la  i«i! 
el  ji!  l'ai  visitée,  t  etc.  (Job  i,  «,  7.)  —  Qiiflqii'| 
personnes  trnuveiit  élrange  ce  conseil  de  Mii'l 
des  antres  et  elles  dcmanOcnt  ponniuoi  SjUu  11 
admis  a  ligurer  dans  ce  cniiseilT  l^orsiiue  le  v}" 
dit  que  let  e.i(aMt  de  Dieu  parurent  devaNifc^'' 
^nr,  c'est  par  le  moyen  de  l'imuteDsilé  de  1)>" 
qui  remplit  tout  et  qui  fuit  que  le  Seigneur efJpr>^ 
sent  pai-ioiit.  Dans  ces  moments  le  Seigneur  >n 
couimuniqué  à  cbucon  des  anges  par  la  toiiutli 
luanircslaiion  ou  Je  rinspiralimi  et  an  démou  prc 
babjeinent  de  la  même  manière.  Nous  voyitni  il«j 
passiigcs  semblables  i>  celui-ci  :  tll  Roii,  ""■  •" 
HlZacliaT.tn  et  iuiv.  Comme  nous  ne  pouiun- 
eo.iccva.r  la  manière  de  communiquer  enU'**"' 
des  êtres  spirituels,  l'Ecriture  a  recoun  »  ées  iwi 
ges  sensililes  pour  s'accommoder  !»  la  faiWesM  * 
nuire  intelligence. 


DICnDKNAIfœ  AP0U»CCI1Q(IE. 


Dta 


sa» 


rtitinUiTKn  Tient  des  rapoorbiqD'pltseui 
(tac  W  serpmi  (093). 

9>ai  l0  Z«*ar,  qui  m(,  comme  le  Ti)^ 
■■d,an  (ta  Imes  let  plus  aacieni  de  la  Sj- 
■qpainK.  il  est  Harest  qu«s(ion  àa  tialte 
iraillare{8WI. 

Le  Km  catialUliqus  Medruieh-MtUk  en- 
«i^  que  loulH  lea  g^oératioD*  ont  élé 
•oaiUécs  priaitir«tneat  par  la  d^mon. 
•Ceft,dil  ee  linv,  et  ^me  mmu  avant  «n- 
Im*i4irtim»t  éwtmir*,  ni  FmaUtU  sa- 
pi  ir  iMn  frMeutWTw  (W).  » 

•  Qa'il  me  soit  permis,  dit  le  saTant 
V.  Dnck,  da  m'arréter  on  pen  poarrappor- 
MrofM  lea  rabbins  Im  plas  aociena  en- 
wpMall  régardde  la  natore  dn  serpeul 
MMnr,  ca  qo*ila  enleodaîent  jMr  l'ancien 
wpMre'eai,  d'après  lear  propre  eiplica* 
^kitaan  lentateur.  appelé  aussi  daaa 
WiiTPe.JMflB,  ««HMlf,  U9iatkm,  Str- 
f»lltrlat»M.  Ange  déchu  par  suite  de  aa 
tinUê  eaatre  le  Créaimr,  il  sédiiisfl  par 
n'ie  DOS  pmniers  parents  sons  la  forme 
«  ttfpesl,  el  seloD  d'autres,  en  se  serrant 
MoerHilile.  dont  il  fit  rioslnimeol  d»  sa 

I/s  Chinois  ont  conservé  le  souvenir  d'an 
m  de  fftioité  et  de  repos ,  où  Tivaient  les 
pmiiier!  pires  du  genre  humain  avant  leur 

Ad  rapport  de  Lopi,  le  peuple  répétait  de 
wa  lenjis  ce  rieoï  iiroverlie  :  Le  fituv» 
HmmurtatUé  iort  du  paradis  tetrettre. 

Le  Ckaa  hai-Kiag  et  iTem-Mm-rs»  par- 
•tM  d'an  arbre  d'iuimorialilé. 

f»^^ù»f-iong  parle  en  ces  termes  du 
fawlis  rerrestre  :  ■  Le  mont  Kouei^un  est 
*»n  l'Occident  et  le  Nord  ;  c'est  d»  là 
ivrtt  sortie  la  vie;  son  sommet  est  uni 
nec  le  ciel.  ■ 

*1ot  pires,  dit  Lopi,  nons  ont  laissé  en 
"^iliuu  qe'ila  «Taient  appris  de  leurs  an< 
*n:i  qu'il  existe  un  mont  Kouen-lun  , 
■«s  que  maintenant  il  n'est  donné  k  per- 
BMede  pouvoir  y  arrirer.  > 

l'  philosopha  Lw-rjM  parle  aussi  d'une 
*>uBltpie  d'oA  sortent  quatre  Qeuvea  qui 
K  répsDdeot  daoa  les  quatre  partiea  du 
•oade. 

l'ii  des  livres  canoniques  de  la  Chine ,  le 
^■-X'mo,  parle  ainsi  des  temps  du  roi 
Bu  :  ■  Hélas  I  hélas  I  les  esprits  des  mon- 


la^ni-s  el  ile»  eaux  <^tiiicnl  conlinuellenient 

tréseiil».  Les  oiseaux  même  du  ciel,  lea- 
êtes  de  la  terre,  les  jioiMODS  de  la  mer, 
d'un  commun  oonsenlemenl,  obéissaient  k 
l'homme.  ■ 

TehowmgStu,  en  parlant  des  temps  qu'il 
appelle  X^iiieU  de  ia  vertu  parptiU,  ajoute 
ces  remarquables  paroles  :  •  L'homme , 
n'ayant  aucune  science  du  mal.  ne  n'éloi- 
gnait  pas  de  la  vertu  ;  il  vivait  dans  l'igno- 
rance et  dans  Is  simplicité  sans  aucun  désir 
du  mal  ;  innocence  el  simplicilé  qui  »onl  les 
avaolages  d'une  nature  inti^  et  se  [lossé- 
dant  elle-même.  • 

B»ai-*aM-Tieu  s'exprime  d'une  maniéru 
qui  n'est  pas  moins  signiScative  :  ■  Au  conj- 
uencement  de  la  grande  pureté,  dît-il,  leut 
était  dans  la  ct'ucorde  et  dans  la  soumissiuii 
la  plus  parfaite,  de  sorle  que  les  passions 
ne  faisaient  pas  entendre  le  plus  léjjer  mur- 
mure. L'homme,  dans  sou  intérieur,  adhé- 
rail  k  la  suprCme  sagesse,  el  k  l'extérieur 
toutes  ie»  actions  étaient  conformes  k  l'é- 
quité et  kla  justice;  sou  âme,  éloignée  de 
la  fraude  et  du  mensonge,  jouissait  d'uu 
plaisir  ineffable  ;  sa  conduite,  éloignée  da 
tout  déguisement ,  était  d'une  admirable 
simpliciié.  Les  saisons  suivaient  leurs  cours 
régulier;  ni  les  vents,  ni  la  pluie  ne  rava- 
geaient la  lerre.  ■ 
Sie-ata-Tiiam  est  aussi  positif  :  ■  Dans  la 

firemière  antiquité  etk  l'origine  dn  monde, 
e  ciel  et  la  terre  répondaient  aux  vœux  ées 
hommes  :  les  saisons  étaient  toujours  tem- 
pérées, l'homme  était  doué  de  la  vraie  ver- 
tu, et  tous  les  fruits  (le  la  terre  naissaient 
s^ontatiémeul ,  et  en  «tendance.  Alors  il 
n  existait  ni  maladies,  ni  Qéaux,  ui  irort. 
Ce  temps  s'apiielle  le  grand  tempe  de  la 
nature  parfaite.  > 

Hais  cet  heureux  état  d'innocence  el  de 
bonheur  ne  détail  pas  durer  longtemps. 

Tchouaog-Tseu  atlrihuea  la  cause  de  tous 
les  maux  de  ce  monde  au  désir  immodéré 
de  savoir.  > 

«  Lorsque  l'homme  eal  acquis  lasciencei 
dit  Lopit  toutes  choses  lui  devinrent  hos- 
tiles. B  11  dit  ailleurs  que  cela  arriva  après 
que  la  nature  eut  été  corrompue  (829). 

An  Japon,  quand  on  représente  la  créa- 
tion ,  on  emploie  la  figure  ii'un  arire  autour 
duquet  «e  ronU  wn  horrible  terpent  (890). 


(ti5i  Tmtmmd,  iniié  Sek^kbol,  fol.  146.  rrclo; 
*»'it  rduMi.rol.  103,  verso;  Uailé  Batoda-Zara, 

u.  a,  tcTM. 

*»i  ZalMr,  t'  panie.  «rt.  153.  —  Rablii  Eli- 
f.  KabU  Tettub,  Rablti  Abrabam  Setung,  en- 
'VMM  b  siéne  decirioe  daas  le  Zokar.  —  i  Yof. 
^*r,  col.  175.  —  lUd.,  col.  112.  —  Ibid.,  talio 
•.ai.  i.) 

itili  ktâtmtk  Bmtk,  p.  6i,  cd.  i. 

ik±t!  L«  uvanl  liébnUanL  cite  vne  muUÏUitk 
''prtrwM  qB'il  Mrait  lr(^  loiif  de  rapporter  ici. 
^*a,  Lt  péeàé  vrigintl  ttlom  là  Sjpimgoga»,  dans 
Fi  A«mIcj  ^    mkUimmàit  ekrétûiuu,    S*    «ériCà 

.lïi.,         '^"^ 

"iJi  ToBft  les  mus  çne  noas  venons  de  ciinr 
■^ir  fhtàtm»  kaancient  litres  cbÏMis  par  le 
.  ....  y  rva^n.  nai  II  i  i  rastciiililcs  dan»  Hm- 


pottant  otiTra|»  qm  a  pour  titre  :  Seleeia  vnligit 
dogmaïuim  Ckntiiancrmm,  etc.  Sans  dovte  ce  gnit^ 
trsnil  contient  plutieurs  données  bjrpiHbéiiqura; 
mais  il  renrcriue  aussi  an  gnml  nombre  de  faits 
posUifs  qui  mériient  au  plus  haut  degré  ratleniiiHi 
des  savants,  tn  eAei,  M.  Panlliier,  qui  s  coaiestô 
quelques-unes  des  iradncUons  proposées  par  le  I', 
Prémare,  n'a  pas  réToqué  en  doute  la  coaclusii>{i 
foudamenUle  ;  ei  il  aDOrme,  dans  nin  liïre  inlilulê 
La  CUnc.que  l'ancienne  religion  da  Céteste  Empire 
pré«rnte  de  frappantes  analogies  »sec  les  dogmes 
cti retiens.  C'est  aux  Àunalet  de  philotopiie  ekré- 
'lietine  qne  l'on  doit  b  traduclioa  d'une  p^irtie  de 
l'ouvrage  dn  P.  Prêmarc,  dont  le  inanuacril  rst 
cnnNerié  a  la  BibHoihpiiuc  impériale.  (Voir les Iw- 
ui -s  XIV  à  XIX  (â-  M-rie)  de  ces  Amialet. 
[Hj^))  Hou.,  Coimojonie,  Jipon, 


MCnOJINlIRE  APOUN*BTlQt:& 


Le  soureiiirdu  pécliéoti^inel  est  si  pro- 
fondëmenl  grsvé  dans  riiiia^iiiation  du 
peuple  hindou,  que  M.  OU  va  jusqa'i  pen- 
ser que  toute  la  civilisation  breliinsniquH 
rst  fondée  sur  le  dugnie  de  la  chute  prioii- 
liTC  {881). 

H.  Clavel  qui  n'esi  pas  favorahie  h  no» 
doctrines,  ne  dissimule  pas  le*  traditions 
des  peuples  de  la  nresiiutle  iFidi4tniiG. 
«Après  Is  création,  di(-il,  se  succédèrent 
quatre  périodes  ou  quatre  Ages  appelés 
Tougai,  dont  la  durt^e  diminue  graauelle- 
incnl.  Dons  le  Krila-Youga,  la  Justice  sOus 
la  forme  d'uii  taureau  ,  se  maintient  ferme 
sur  ses  quatre  pieds  ;  la  vérité  règne  et 
nuctm  dos  biens  acquis  par  l'homme  ne 
provient  de  l'iniquité.  Mais  dans  les  Ages 
suivants,  par  l'effet  de  l'acquisition  illicite 
des  richesses  et  de  la  science,  la  Justice 
perd  suceesstvumenl  un  pied,  les  avantages 
nonnAles  diminuent   graduellement    d'un 

3uarl,et  l'empire  <le  la  fausseté,  de  la  frau- 
e  et  du  vol,  s'établit.  Pendant  le  premier 
âge,  les  hommes,  exempts  de  malaiiies,  vi- 
vent quiilre  cents  années  et  voient  tous 
leurs  vcBux  accomplis.  Dans  le  Trita-Youga 
et  les  Ages  suivants,  leur  existence  diminue 
pur  degrés  d'un  quart  du  sa  durée  |833].  > 

Chez  les  Indous,  Siva,  le  dieu  du  mai,  est 
représenté  couronné  de  tèrpenti  (833). 

Hauricà  dit  qu'ils  appellent  ie  chef  des 
démons,  roi  des  serpents  [834J. 

Dans  un  lype  sj-n-holique  de  la  création 
brahmanique,  nous  trouvons  un  souvenir 
frappant  de  la  chute  originelle.  Devant 
l'radjapati  est  placé  déjà  entr'ouvert  l'œuf 
d'or  U'où  sortent  les  créatures.  Au-dessus 
de  l'ouverture  sont  placés  un  homme  et  une 
femme  se  donnant  les  mains;  sur  le  côté 
KBuuhe  de  l'œuf  un  génie  ailé  élève  ses 
mains  vers  la  divinité  qui  piréside  h  la  créa- 
tion; sur  lu  cdté  droit  on  aperçoit  un  être 
R'j'SférIeux ,  qui  ne  peut  être  autre  chose 
que  Satan  ;  il  est  représenté  tout  II  fait  sous 
les  mêmes  formes  que  lui  donnent  nus  pein- 
tres européens,  c'est-à-dire  qu'il  a  des  cor- 
nes et  des  siltts  de  chauve-souris.  Il  jette 
sur  le  couple  humain  un  rrgurd  de  colère 
et  d'envie  (835). 

Cet  immense  système  religieux,  qui  ne 
compte  pas  moins  de  170,000,000  de  secta- 
teurs (836) ,  le  houdhisme ,  a  conservé  des 
souvenirs  très-frappants  de  la  chute  primi- 
iive ,  au  Tliibet ,  daus  la  Mongolie  et  daus 
rindo-chine. 

£coulous  Ib  tradition  de  la  presqu'île  ma- 
laise : 

(831)  Toir  Ott,  Mmiul  d'Bulont  mcieniu. 
LlJnde. 

(832)  CLiVEt,  Bitlùin  it»  rtiiglom.  Nnuj  reFu- 
Icrnns  k  Tancle  Iudunisiie  les  principales  erreurs 
de  H.  Clavel. 

(835)  Dtihois  DE  Jt!(ciGMv,  V!ude,  pi.  10. 

(8U)  Maurice,  Uitloirt  de  VaiitdotutaK,  t.  L 
th.  i. 

(853)  DoBOis  DE  Jamigkt,  et  lUtiioin,  Vlnde, 
pi.  3. 

{llÔG|NouR  suivons  Itiilbi. 

(83T)  BiCASDET,  friHcipaux  poiiiii  du  ttfslime 


■  I>es  ra/oas  de  lutoièreMTtronmieuilii 
premiers  hommes;  ilsnttWrefMÎssaieniqiM 
de  pures  délic«s,  jtuis  ils  seutireat  le  beeoiu 
de  nourriture.  Le  mie-tluit,  esfèrsde  miel, 
leur  en  strrl  d'abord ,  puis  vient  le  iinuut 
ca-le-ltan.  Mais  celle  nourritore  grossière 
transforma  leurs  corps;  la  coocuiùsno» 
eommença  :  honteux  de  leur  état,  il)  u 
couvrirent-  d'habits  suspendus  k  i'irbra 
Padeca.  I.a  lumière  de  leur  corfis  dispinil; 
ils  ne  purent  plus  monter  au  civl  coang 
auparavant  ))our  retrouver  la  luniàrade  leu 
corps  (837).  >     . 

-  Le  ayatàme  Ihibétsio-mongol  «'est  pw 
moins  furiuel  :  ■  Nos  premiers  përés,4tUi, 
perdirent  psr  leur  faute  leur  félicité  ptf 
mière.  A  la  surface  du  sol  croissait  eoilioir* 
dance  la  plante  duiekimœ  blancbuelâouit. 
SuQ  aspect  séduiMt  un  homme  qui  ea  om- 
gea  et  en  oITrit  h  ses  semblables,  et  louiWl 
consommé,  llsconnurenl  qu'ils  étaientH 
leur  corps  subit  une  transformai! u,  ili 
sentirent  la  faim  ,  ils  perdirent  leuniin 
et  ils  no  vécurent  plus  que  1,000  ans.Li 
péché  leur  ravit  aussi  la  luoiiàre  qui  rij»- 
natt  do  leur  visage  et  éclairait  leurs  |«i 
(838).  . 

Nous  n'auroas  pas  besoÎD  de  beaucoapii 
faits  )>our  constater  chez  lus  anciens  Perw 
I»  dogme  du  péché  originel.  Nou&'tlloni 
laisser  parler  un  des  adversaires  conlfi)- 
pomiiis  du  christianisme,  qui  a  dooné  uiu 
analyse  de  la  doctrine  du  Ze»(t-Atietla. 

•  Metehia  et  Mettiiiane,  dit  M.  Clavel,  Mil 
les  nialtres'de  la  race  actuelle  des  liiiiuiD>'&. 
Leurs  premières  années  s'écoulaient  ilin 
l'innocence,  car  ils  avuttiiit  âLé  créés  i>iiui 
le  ciel  ;  mais  ils  se  laissèrent  séduira  lur 
Alirimani,  et  ifeicAioiu  fut  la  premiers  itul 
céda  aux  suggesliousdu  teolaieur.  U'sbofil, 
ils  acceptèrent  de  sa  main  Une  coupe  plaut 
du  lait  d'une  chèvre,  et  A  peina  eureuùli 
goûté  de  ce  breuvage,  qu'ils  si'Htircat  l<i- 
atteintes  du  mal,  qui  leur  avaàt  élôinconM-, 
jus(^ue-lè.  Ënoouracé  par  ce  premier  succès  : 
Ahrmiane  leur  présenta  des  fruits.  Ils  1^ 
portèrent  h  leur  bouche  :  cette  ïaute  \e> 
rendit  sujets  i  la  luorl  et  leur  Ut  peiilrtihi 
béatitude  h  laquelle  ils  étaient  tlesliob 
(839).  » 

Le  Guibrea  un  baptftme  de  feu  et  it'«n 
deBlinéàeilflcçr  la  tacliedu  péché  origiiitl> 
comme  l'Amérique  des  ablutions  pour  I» 
enfiints  de  Maiigo  G«pau,  conime  R<"u 
elle-même  des  ablutions  pour  le  nauveau- 
né  (84m. 

Kn  Egypte  /su  et  Oitrts  rappellenl  A<Jao> 

Buddhiiit,  etc.,  dans-^es  AnmaUt   é»  pbUtitpHt 
ekrétitnne,  3<  série,  I.  VIII,  p.   85  et  960. 

(838)  Benjamin  BHiGHAini.  SgilèNu  Mitiez 
mongol;  dans  tes  Annelu  dt  vMt»ummUa  ekritkt^t. 
i"  série,  l.  IV,  319. 

(839)  Clavel,  UiHoire  det  wltoteiM,  liv.  iv,  l.  H 
p.  150. 

(810)  RitssicmL,  Lenrtê  «itr  JA«»-Clnitt.  t.  < 
leUrc  u.  Si  l'on  veut  avoir  des  déisils  plus  ^ruSa 
a  plus   importants,  OD  peut  consulter  AHon"^ 

mot'rci  et  CAtaiimie  étt  itutriftiotu,  t.  LXVL 


DClf 


DKTIURIUIRE  APOl.OCETIQIJE. 


E» 


nEr?,  que  l'hdbreu  nomme  h  et  lu;  el 
T]'|iboa,  que  JxblOBski  Lraduit  pac  «prtl 
Nuirai,  esl  le  mauvais  principe  qui  les  A 
iiidJDés  lU  nul.  Au  resle,  i|ui  ne  coonill  le 
Tjpbéfl  grec  doDl  il  est  le  lype? 
OTÎde  appelle  Tj'pbon  la  terrttir-  dt$  peu* 

fia  m. 

ip^aion  assure  que  c  était  un  monstre 
dont  h  partie  inf^ieure  était  composée 
ulniMases  replis  de  Tîpère  (8kS),  et  Plu- 
lin|ua  bit  obserTer  qu'il  7  a  de  l'analogie 
liée  les  sspriU  rnsoTsis  qu'Kmpédocle  dit 
attiriléebassés  du  ciel,  el  il  ajoute  qu'il 
nii  lout  en  eombosiion,  remplit  de  niaui  cl 
Itniilrts  le  ciel  el  la  Icrre,  et  qu'il  en  fut 

mm 

liijMleailleDrs  celle  réfl^Mion  singulitV 
nimil  torieusa  :  ■  La  partie  de  l'âme  [ws- 
Mfiiée, Tioleole,  déraisonnable,  folle,  eït 
Jftkoa ,  lieDl  de  Tjpbon  (8U}.  » 
il  f«t  liUears  une  autre  remarque  qui 
l'etlpu  moins  singulière  :  ■  Je  ne  sais  si 
■wi  Dfl  devons  pas  admellre ,  tout  étrange 
fi'die  BOUS  paraît ,  cette  opinion  que  tan- 
HfâUnêiu  *  trmamUe  :  qu'il  ;  a  Jes  dé- 
■Ms  envieux  et  méchants,  qui  s'attachent 
iBi  bommcs  vertueux,  mettent  otittàcle  è 
tan  bonnes  actious  et  leur  jettciot  dans 
'oprit  des  lrout>les  el  des  frsreurs  qui  Bgi> 
oit  et  quelquefois  même  ébranlent  leur 
'(riB,  de  prur  qu'en  demeurant  fermes  et 
Bébnoisbies  dans  le  bien,  ils  n'aient  en 
•rlige,  après  leur  mon,  une  meilleure  vie 
lie  n'est  la  lear  (8i5).  • 
Le  [«été  Manilius  nous  représenta  Ty- 
àn  sous  la  figure  il'uu  seqieut  monté  »ur 
*i  pieds,  avec  des  ailes  aui  épaules,  exba- 
«1  la  fureur  : 

sMû  Aasurii  ryp&om  furemltm  [>Mj. 


Sur  la  porte  du  temple  de  Ramsés  V  on 
sit  les  (Ueut  combattre  le  serpent  Apo- 
tii  (tt7t. 

Eb  Grèce  comme  dans  la  ScandîoaTie  , 
'en  la  femna  ^ni  termiae  l'Age  d'or  (8iS). 
Le p^Uiagoriden  Philolaiïs  avançait  «que 
tts  les  ancieiM  pnëles  et  théologiens  di- 
lient  que  rinie  était  ensevelie  dans  le  corps 
MU  me  dans  uo  tombeau,  en  punilloQ  de 
Klqtie  pécbé  (8Ui).  » 

Potpbfret  toat  peu  favorable  qu'il  était 
icbristianisme,  reconnaissail  en  uous  une 
tfurt  btMieveriée  (850). 
Msun  crojrBîl,  avecTiméedeLocres.que 


les  facultés  de  l'homme  ont  été  ehangéeï  el 
corrompues  d6s  sa  oaissaiice  (851). 

Homère ,  Hésiode  el  Escfajie ,  les  trois 
princes  de  la  vieille  lillérsture  grecque, 
rappellent  les  mêmes  souvenirs  (85S). 

Dans  le  jardin  des  Ue^pérides,  les  pom- 
mes d'ur  sont  gardi^cs  par  un  drngou  que 
Pindarunppele  vnnemicles  dieux.  Son  pèie, 
qui  l'engeiMlra  dans  les  ténèbres,  est  le 
Tartnre  00  Typhon  {853J. 

Les  Grecs  prétendaient  qu'il  y  avait  en 
de  nombreux  rapports  entre  la  femme  et  te 
serpent  (851»). 

ie  Tiens  de  citer  Plularoue  qui,  après 
avoir  rap|K>rlé  l'opinion  de  Xénocrate,  qai 
attribue  aux  esprits  de  ténèbres  les  maux 
de  l'humanité,  .dit  qu'Emfiédode  avait  des 
ojtintons  tout  è  fait  analogues  (855). 

Hésiode,  dont  les  {Htésies  se  rattacheol 
aux  plus  anciennes  traditions  de  la  Grèce, 
contient,  sur  la  chute  primitive,  des  sou> 
venirs  de  la  plus  haute  importance.  D'après 
lui,  celui  qci  le  premier  reçut  pour  épousa 
une  vierge  formée  par  Jupiter,  est  le  même 
que  celui  qui  causa,  dès  le  principe,  tout  le 
mal  des  industrieux  mnrEels  (856). 

Dans  un  autre  [)oéme  ,  après  avoir  parlé 
de  Proméibée,  qui  voulut  dérotier  le  feu  du 
tiel,  il  ajoute  :  «  Pun'cui  d'avoir  été  (rompe 
par  ProQiétliée,  Jupiter  nous  déroba  la  cor- 
naissaoce  des  secrets  de  la  tie.  VoUàpour- 
quoi  il  condamna  les  howmti  aur  erurft  «>«• 

cil,  et  leur  cacha  le  feu Ce  dieu,  qui 

assemble  les  nuages,  lui.  dit  en  son  cour> 
roux  :  —  Fils  de  Japfael,  6  le  ]>lus  habile  de 
tous,  tu  le  réjouis  d'avoir  dérobé  ie  ko  di- 
vin et  trompé  ma  sagesse,  mais  ton  vtd  lera 
fatal  A  toi  et  aux  homme*  A  tenir.  Pour  me 
venger  de  ce  larcin,  je  leur  eoverrai  un 
funeste  présent,  dont  ils  seront  tous  char- 
més au  fond  de  leur  âme,  chérissant  eux- 
mêmes  leur  propre  fléau.  —  Un  acherant 
ces  mots,  le  père  des  dieux  et  des  hommes 
sourit  et  commanda  à  l'illustre  Vulcain  de 
composer  un  corps,  en  mélangeant  de  la 
terre  avec  de  l'eau,  de  lui  commoniquer  la 
force  et  la  roix  humaine ,  d'en  former  une 

vierge  d'uue  beauté  ravissante Tous  tes 

dieux  viennent  faire  leur  présent  h  celte 
Btlrajanteel  pernicieuse  merveille.  Jupiter 
ordonna  de  la  conduire  vers  Hpimelhée. 
Epiméthée  ne  se  rappela  pas  que  Prométbée 
lui  avait  recommandé  de  ne  rien  recevoir 
de  Jupiter,  mais  de  lui  renvoyer  ses  pré- 
sents, de  peur  qu'ils  ne  deviintent  funestes 


(Ul)  Otok,  MéUMorrkoieM,  1.  438. 

(U3)  AroLUMou.  BfUîolWmrc,  t.  cb.  6.  a.  5. 

ifK)  PLCT4B01IC.  J(û  et  OurU,  o.  U. 

^  PLCTiaoïac,  /Hrf.,  n.  il. 

tttS)  Karuoex,  fie  4c  Mm,  n.  f  1,  inéuciian 

ttU)  MuoLiat.  Aitnmtmiem,  n,  51». 

(UTj  CumoLLH»),  Lellre*  $»r  CEggpU,  xhi. 

lU»)  RoMtcra^  Utirtê  iur  JiMtAJuitî  ;  kUre 

,«(U<fa,  table  Tii. 

(Hdj  CUmtxT  •'àiMXkUMiw,  StriMUta,  liv.  m, 

*■  S.  p.  4:^3,  in-rolio,  «dU.  1688. 

|tM}  PiMnnK,  tte  Caivimaee,  liv.  m. 

i.KjI)  Feues,   DirftoniMire    Uttort^e,   article 


PUtaa. 

(852}  BoMiiE,  (MyuA,  diaol  ■",  Tcrs  33;  1|£- 
■lOfta,  TUogomie;  Rouwbol,  set  saTanis  ariicJ«s 
sur  le  Promélkée  d'Escbvl«  «laui  les  A»ii»Ut  dt  pUy 
fofopAte  ekrititHne,  S*  iérie,  L  XVIH  et  XIS. 

(853)BTGi5,fa*.l!a;PiitD4iE,P|l*.  i,l8;P*c- 
sun*s,  III,  eb.  7;  Otim,  Mttamorpk.  1,  veniSd; 
Stumm,  fui  ;  LocàiH,  PkanaU,  v. 

(8&4)  HosHCiKM.,  iMtni  «ar  Jinu-Cirùl,  kl- 
Ire  S. 

(855)  pLDTAaQCE,  Itiê  et  Oiin*.  a  St. 

(856)  HtSKWB,  TkiswiU,  vers  510  et  hÛp 
tanls. 


«1 


DICTfO?i:(AIRE  Af  (Ni)CETlQf;i:. 


MU 


MU  mortels  :  il  sccepti  donc ,  al  Du  reçoit* 
uul  le  loal  gu'sprëii  l'avoir  re^u.  ■ 

H^iodfl  tjoale  immétlialeaieni  : 

■  Auparavant,  los  tribut  dtm  hommei  ri- 
vaient sur  II  terre  eiemptes  de  maux,  d« 
pénible  travail  et  de  cruellea  maladies  qui 
amènent  la  vieillesse;  ear  les  hommes  qui 
souffreDt  vieillissent  prompte ment.Pandora 
lenanl  dans  ses  maios  un  graod  vasf,  e» 
souleva  le  couvercle,  et  les  maux  lerritile:i 
sa  répandirent  sur  les  hooinies.  L'upérance 
aettlt  retta;  arrêtée  sur  les  Itords  du  vase, 
elle  ou  s'envola  pas,  Paodore  ayant  remis  le 
couverrle  par  l'ordre  de  Jupiter.  Vepuii  ce 
j»ur,  miU»  ealamilét  trrMt  parmi  lu  kêm~ 
mai  la  ttrre  ttt  rtmpH»  dt  auttc,  Itt  mat»- 
dUi  u  plaùeni  à  lowm*tUtr  Itê  morltU  nuit 
et  jour  (857).  • 

Wminous  ces  curieuses  citations  d'Hé- 
siode itar  quelques  vers  relatifs  è  Ti/plio*, 
qui  r8pi)elleiit,  sou*  des  formes  oiylbiquet, 
le  Sala»  ei  la  révélation  primitive. 

«  La  terre  «ngeodra  T;t>lioD  aux  ceut 
télés  de  dragon,  dardant  cbacune  uue  langue 
nuire.  11  aurait  usur^ié  l'empire  sur  les  hu- 
mains et  sur  les  immortels,  si  le  [lère  des 
dieui  n'eût  deviné  ses  projets.  Jupiter  bnva 
s»n  tonnerre,  il  s'élança  du.  haut  de  l'O- 
Ij'tiipe  sur  TypboH,  le  fraiipa  et  réduisit 
en  (loudre  les  énormes  léies  dace  motisire 
fllTrajant,  qui,  vaincu  |>arses  coups  redou- 
blés, IoidIjb  iiiutiléf  el(  dans  sa  cbule,  lit 
retunlii'  la  terre  iitiiueiise  (S58}.  ■ 

Dans  les  anciens  iitjslères,  ou  criait:  KvàI 
ti  l'un  montrait  unierpenfaux  initiés  (859). 

Le  Promélhée  enchainé  d'Iîsctiylu  contient 
des  traces  si  frs)ipaules  delà  cliute  du  pre* 
uiier  Lomiue  01  de  U  puniiion  gui  lui  fut 
inlliijéat  que  je  ae  sai*  pas  surpris  de  voir 
un  M  i^raud  uombre  d'écrivains  distingués 
attacher  une  telle  impuitouce  aux  douuées 
(iliilusopbiques  de  ce  urume  importaut. 

M^.  UuirauU  (8601,  Nicolas  (861J,  Dabat 
(jiBi),  Rorfigooi  (StUlj,  ont  duoné  tour  k 
tour  une  explitalioa  des  grandes  véiilés 
contenues  daus  la  tiBtjédin  giecque.  Nous 
repruduison»  sans  /  l'aire  aucuue  modilit;»- 
liuu  lecommeutairudunné|iarlil.Hufisi){nui, 

rrce  que  ce  travail  nous  parait  sunéiieuf 
loua  les  auUes  par  la  solidité  et  I  impor- 
lince  des  conclusions.  , 

U.  Ru&sigQOl  résume  en  uuelques  lignes 
loul  l'ensemble  du  fromitlut  tnikiUni.Vro- 
méUiée  prend  le  feu  du  ciel  ;  l'Age  d'or  est 
leruiiué,  les  maux  vieiiiieiLl  sur  la  terre 
avec  son  aiuuur.  Cependant  reapéisnce 
brille  dés  le  commencement;  si  elle  reste 
au  fond  du  vase,  JA^mtJ  révèle  à  son  bis 
qu'il  aura  ilu  tit>éfBteur  ;  kû  ne  seia  pas  la 
puissance  de  sou  frère,  ni  celles  des  sacri- 
licea  ou  des  prières  qui  brisera  sescbaluos. 
La  feaiiuâ,elleaussiiualbeureuse,  est  pour- 
suivie par  uue  colère  céleste.  Une  viei-go 

{857)  HtsiODC,  La  tratmia  tt  la  jeun,  tert  il  uL 
suiv. 

l85tl]  HtsiODC,  Thioguide,  vers  S49  et  suit. 
iK9)  Qmho»,  Dt  uriiaie  rttigioiiii  C   ' 
(aOO)  tiuiuuD,  VHmnili  culnli^e, 


eiifantera;  son  royal  fils  apport.<n  La  \m\ 
h  l'homme  et  k  la  femme.  Juiiiler  stn  M 
Irftoé,  un  nouvel  ordre  de  choses  auneon 
mencé  pour  rbumaoité  entière. 

Portons  maintenant  nos  regiinUiur  I 
scène  d'B'chyie  :  ■  Nous  Kiniiiias  id  ctnli 
de  \'Ànt,  sur  la  (dus  célèbre  et  II  nli 
sainte  moniagoa  des  temps  sorieni.  CV 
vers  le  Caucase  que  l'antiquité  tnuroeui 
cesse  ses  r^ards;  c'est  autour  de  set  luo 
mets  que  se  remuent  les  poinilationn  pt 
mitives;  on  y  voit  les  Jlfmlei,quePronii 
tliée  domine,  descendre  de  ses  hiulen 
pour  aller  en  Egypte;  c'est  lACncattif 
est  la  citadelle  de  et»  Dewi,  si  fsntm 
si  redoutés  dans  l'histoire  fibuleusetli 
Perses  ;  les  Amazonea  s'y  trouvent;  c'i 
dans  les  montagnes  dti  Caf,  pour  amiiloji 
uu  mot  oriental  ,  que  régnait  Sufbf 
géant  et  divedes  premiers  temps  dumonli 
Le  iiioiit  Pir'Pmjat,  pour  lequelieslsto 
ont  tant  de  vénération,  se  trouve  dwli 
clialcie  du  Cnucase  ;  c'est  i^  que  Baiil]'  pw 
l'âge  d'or;  ApolloJore  établit  daDicesn 
(^iuns  h yperboréennes  le  jardin  des  Htsp 
rides  ;ce^  aussi  sur  ce  tbé&ire  du  cna 
el  de  la  punition  prjuiilive  que  Prooidbé 
ce  bis  d'Asia,  selon  quelques  mytlioloijiK 
est  frappé  par  la  justice  divine.  Lei  uiiu 
Ireii  du  dieu  qu'il  n'a  pas  reapvcié,  le  cbi 
sem,  l'eulratuuiil  :  le  voici  sur  la  àauii 
sulée  du  Caucase,  seul  comme  AilaQi,|»i 
qui  ia  terre  veuait  d'être  maudite,  a 
moindre  bruit  fait  peur  à  I'iib  el  à  l'iulr 

V  Quelle  scène  1  je  ne  puis  la  ropii 
saus  terreur.  Ce  rocher  aérien  etl  cu»n 
un  autel  immense  sur  lequel  est  ciMii:hM 
vicliuiu,  seule,  ne  voyant  que  le  ciïiruul 
sur  sa  tète,  el  les  Qots  de  la  mer  mugir ii 
tour  d'elle.  Quels  sont,  avec  Is  tirr  TiU 
les  jireniiers  peisoiiuagesqui  se  firéstulti 
^ur  lu  scèuef  fùchjla  les  appelle  Kralul 
héphetlo;  cesuul  iv»  mÎDisireaJHlijtitii 
diviue;  mais  le  poëte  était, trop  pbilaiofl 
pour  ne  donner  è  l'uo  et  h  l'autre  que 
violence  pour  caractère.  RapréseatuiU^ 
la  Divinité  suprême,  il  ne  fsHitt  pts<;Bl 
fussent  sans  entisillea  tous  ivui.ii'» 
■st  roida  el  inflaiible;  HépîuMtat  gfuii  ■ 
voudrait  sauver  le  coupable. 

■  Puudant  que  Prowéltiée  est  lié  sut" 
roc  bauvagu,  que  ses  bourreaux  ruDt  d'i 
uiembie  k  l'autre,  pruaaaiit  leicbain  (|" 
dtiS  liens  puissants,  elUéchirantsipoiinB 
lu  Titan  ub  profère  [laa  une  |V(Hi.  * 
lèvres  ne  laissent  pas  échapper  le  oioia'' 
soupir  :  il  y  B  quelque  chose  de  loleii" 
doua  ce  silence;  c'est  une  Ame  d'Iuni'»' 
c'est  un  Dieu  qui  JoulTi-e, 

•Quand  les  miaislres  de  la  juslius»i>r 
me  l'ont  abandonué  dans  cette  réjjiuH  <■ 
douleurs,  j'allais  dire  dans  celte  viH^' 
larmes,  qui  est eocure  un  désert,  il  ità"^ 

(881)  Nicolas,  Et*dt*  pbUotefkii»**  f  ^"'"* 
ItuMime,  II. 
(VfiS)  t)Aais,  Revue  du  Ëlidi. 
(805)  llowifiiiOi., ^nkoJm  <k  fljlMjfkucI"^'-"' 


Ilj  D£H  mCTIUNNAUlEi 

MiTenlKpii  passent,  nui  fleuTes  qu'il 
TDil  couler,  aux  flots  retenltssBnls,  a  li 
ttm,  du  soleil  qui  marehe  dans  l'espace,  à 
l'tipiee  dans  lequel    lui-mftme    se   perd, 

■  Voyei,  dil-il,  CB  que  les  dieux  me  font 
•  souffrir,  (oui  dieo  que  je  suisi  regardez 
I  «5  liens  qui  me  broient  I  jti  fea  porterai 

■  ilii  mille  ans  I...  Telle  est  la  récompense 

■  ijiiee  rajOD  divin  que  j'ai  pris  au  ciei 

■  poor  lu  faommes  1...  > 

•  CNiteot  l'esprit  de  l'homme  dans  ce  que 
ItbJroid'Escbjle  peut  avoirde  plus  divin. 
iuii  bim  esl<ce  de  llioiomia  ou  de  l'hu- 
mailéi^mbofiséedans  le  Titan  qu'ils'agtt 
tlini II  grandiose  tragédie  grecque.Comme 
h«aiélbé«,  Her  si  malheureux,  le  genre 
kwiin  fui  pour  des  milliers  d'aunées 
(hbiliié  sur  la  terre;  comme  lui,  plein 
<Vgueil,  l'homme  d'autrefois  ne  voyait 
tttn  de  plus  sublime  qu'une  Aïoe  plongée 
éotuiiiblme  de  douleurs,  j  couservant 
nfurtuol  de  sauvages  désirs;  cumme  lui, 
flMiuiiieD'Bvait  point  de  consolations  sur 
it  roc  où  il  était  ioml»é  des  deux,  qu'une 
UiUiiiia  espérance,  qu'un  fort,  qui  n'élait 
ru  Dé;  la  premier  liomme,  surtout  comme 
klili  deltiéuiis.  sans  allié  sur  cette  terre, 
iMffruI  d'indicibles  doultiurs  en  attendant 
l(  puiuiDce  amie  à  lui  signalée  par  1« 
Bien  juile,  comme  i  Proméihée  t<ar  la 
*^Hilt  la  justice,  sa  môre(86&J.  > 

iliDi  Homère,  le  personnage  \i'ÀU  ré- 
1^  tontre  le    père  des  dieux    et  dos 

nuBiM,nppella  d'une  oinniÀre  frappante 

'f^jfkniti  la  itiéogonie  d'Hésiode. 

'UqM dit  Homère  de  la  déesse  J/rf,  dit 
■Dl'u.'iUtle  de  Jupiter,  ce  démon  de  discorde 
M  lit  malédiction,  dont  l'emploi  est  de 
(■^  lies  pièges  el  faire  du  mal  à  tous  les 
Wttt,  ijUB  le  uialtre  des  dieux,  dsDS  sa  ■ 
JMiitulère,  avait  précipitée  du  ciel  avec 
*wul  ijLi'ella  u'y  rentrerait  jamais;  tout 
Wtdu^B,  donne  lie  u  de  croire  que  l'his- 
*n  liai  anges  apostats,  ennemis  desljom- 
W,  Impliqués  i  leur  nuire,  opposés  k  leur 
jHlie-jr,  et  relégués  pour  toujours  dans  les 
^n.  a'étail  pas  inconnue  aux  aacieos 

u  effet,  noua  voyons,  daas  l7/iarfe,Aga- 
tiUDou  jusii&er  ainsi  sa  aucrclle  avec 
^lle  ;  ■  Que  pouvais-ja  alorsTUnedi- 
laiiése joue  des  aveugles  humains;  elle 
Bitcable  l'un  |)ar  l'autre;  errant  au  seiu 
«léoèbres,  elle  marche  sur  nos  têtes,  et 
mdiui  l'univers  le  malheur  et  l'outrage. 
*ni  elle  offensa  Jupiter,  qu'on  dit  ôtra 
*tiu-desaus  des  bummes  et  des  dieux... 
*wUiii  Jupiter  saisit  Al4  par  sa  brillante 

,  9Ui  BoHwaoi,  k  PromUkit  d^lKtirle,  dans  lof 
iM^df  pMlModHc.  f.  XVItl.  p.  528  et  suh. 

iKJ)  BoUDi.  Traif^  ia  Eiadtt.  t.  m. 

fW)  Boiàai,  HUde,  Irad.  Daga»41fintbd,  dl. 
»■  «n  M  et  iwv. 

JK^I  CKtMa,  FrmfÊmf.  p.  488,  Mit.  Oralli. 
•  al  nât  AufMtJB  fui  bous  s  csnwné  ce  fni- 
^  4aiK Ma  Mvrage  CMlra  Jmtitmvm,  I.  iv,  di. 
■*-'■  il,  Mil  HiKM,  1.  X,  p.  778.  Il  jri  cela  de 
^vquble  ^«e,  undii  qne  Cicénm  dit  sue  ce 
*t  In  niiat  ^fâ  avaienl  cuitscrvë  eeue  iToiiiio», 


APOLOfiETlUUE.  SE»  eU 

chevelure,  el,  enflammé  du  colire,  il  pro- 
nonça le  serment  terrible  :  Que  dans  l'O- 
lympe el  la  ciel  étoile,  Até  ne  reparaissA 
jamais,  bile  qui  noos  frappe  tous. En  parlant 
ainsi,  Jupiter,  d'une   maia  vigoureuse,   la 

firécipite  des  cieux,  et  bitnidt  elle  atteint 
es  [erres  cultivées  par  les  hommes  (866),  » 

Cicérou,  à  la  fln  de  son  Borlmtiui,  noua 
a  conservé  un  précieux  lémoignege  de  II 
chute  primitive  ;açrës  avoir  parlé  des  maux 
de  l'humanité,  ii  egoute  ;  <  De  ces  diverses 
erreurs  et  peines  qui  allliçcnt  la  vie  hu- 
maine. Il  arriva  gue  parfois  les  anciens, 
soit  prophètes,  soit  interprèles  de  l'esprit 
divin  pour  les  traditions  des  choses  sacrées 
ou  des  commencements,  en  disant  que  nous 
étions  nés  pour  eipler  les  peines  que  flous 
avions  méritées  pour  quelques  crimes  com^ 
mis  dans  une  vie  précédente,  paraissent 
avoir  vu  quelque  chose  de  juste.  En  sorte 
qu'il  est  vrai,  comme  le  dit  Aristole,  que 
nous  sommes  punis  du  même  supplice  que 
les  personnes  qui,  tombées  au  pouvoir  des 
brigands  d'EIrurip,  étaient  mises  à  mort  par 
un  supplice  inouï,  qui  consistait  eu  ce  quu 
le  corps  du  vivant  était  nllaché  face  è  fuce 
arec  celui  d'un  mort;  c'est  ainsi  que  nos 
esprits  sont  liés  avec  nos  corps  comme  des 
vivants  nvec  des  morts  (867).  * 

Virijile  et  Ovide  ncigncni,  comme  les 
poëtes  indiens,  l'âjje  du  bonheuret  de  l'in- 
nocence. 

«  Avant  le  règne  de  Jupiter,  il  n'r  avait 
point  de  colons  quicuMvaisentles  cnampsî 
il  n'était  pas  permis  d'en  faire  le  partsjje, 
ni  d'y  tracer  des  limites;  on  prenait  toutes 
cliuses  où  on  les  trouvait,  et  In  terre,  sanii 
aucune  cullure^  rap))ortail  tontes  choses 
avec  plus  d'abondance  (868).  •  —  €  L'Ige 
d'or  fut  établi  d'abord,  sous  lequel  les  houH 
mes,  sans  aucun  juge,  spotiiaDéunent,  et 
sans  loi,  pratiquaient  la  fidélité  et  la  vertu. 
La  terre  elle-môme  sans  travaux,  sans  toc 
et  sans  charrue,  portait  spoulanémeni  toute* 
choses. 

À*na  prima  latm  nt  «lu,  fM«,  MHtfica  nito, 

Spouiê-tua,  ùna  lege,  fiàem.  rteiwn^iu  cettbta. 

/pia  mioqiit  tnunstti*,  raiirdfiw  intaeiM  mte  aJ/it 

Sauela  wmeribit$,  per  u  iabal  emttia  Ittliu. 

(Ov.,  Milam..  i,  89,  103.]  i    , 

L'épicurien  Horace  ne  conteste  pas  !• 
tradition  universelle  :  «  L'audacieux  ill$  d« 
Japbet,  par  un  vol  impie  duuna  ia  feu  au 
mortels.  Après  le  feu  dérobé  aux  demeu- 
res célestes,  la  maigreur  el  une  nouvell* 
légion  de  maladies  vouvrit  la  terre  t  ai  la 
nécessité  de  U  mort,  qui,  auparavant,  n'atri- 
vait  que  tard,  précipita  sa  niarcbe.  > 

le  saint  dectear  dU  scaleiBent  (w  Ckértw  a  dit 
celi  ;  lUruM  eiUntia  inclut,  uus  se  iMVeair  <k 
la  trace  des  traditions  primitives, 
(SCS)  Alite  Jovem  luilli  lubigebint  srvs  colooi  ; 
Hec    siguare  quidem    sut    partiri    Jlmita 

fcaïupum 
Pas  erat.  la  aedlvm  qusrebaul,  Ipuqne 
[lellus 
'  OHiaia  l^berias,  nullo  poscente,  (ènbaL 


eu 


DKTiœfKAIRE  APOLOGETMHIE. 


DU 


«M 


.    Aitrfttt  itpui  f OHM 
Igium  fraude  mata  gmiiw  iuiUil,  etc. 
<0J.  1, 5,  ST.) 

Nous  IroiiTons  las  mêmes  Iraditions  chez 
Jtig  anciens  |)euj}Ies  du  l'Amërirjue. 

Dans  t'âtfi;  d  or  rlu  Mexique,  Quttsoleo- 
huall,  le  dieu  de  l'air,  et  le  {leraunnaKe  le 
|>lus  ni>slér)eui  de  loule  la  mj'lhologie 
meiicatne,  régnait  niors  sur  celte  contrée. 
Ci.>  fut  l'âjju  du  boniteur.  (Toy.  l'IiisioirB 
d''S  diCTéreiiU  Aj^es  do  la  terre  et  les  liiéro- 
gl^j>hi.'s  qui  les  réiirésenceot  dans  ^es  An- 
naU$  de  phil.  t.  X). 

Cliez  les  Aizèques,  on  troufe  quatre  âges, 
qui  rai  clleiil  confusément  les  ^ougas  de 
rlnde,  les  quatre  époques  iirimiliTes  de  Ja 
Grèce.  {Ib.,  t.  X.) 

.  Une  |>eiiiture  atzique  représente  UD 
groupe  ainsi  com|)o<é  :  on  voit  Cihuaco- 
liuall,  ai'celéo  aussi  la  femme  de  notre  chair, 
en  ra[ijMii'l  avec  le  griind  serpent  qui  se  lieiU 
dressé  devanl  elle.  Derrière  le  serpent  se 
trouvent  deux  (igures  nues,  l'une  blai.clie, 
l'autre  noire,  et  dans  ra.lilude  de  la  luUe. 
[Ib.,  t.  X.) 

On  a  trouvé  h  Java  un  monument  cu- 
rieux qui  pareil  avoir  Is  iséme  signifiealion. 
CVst  un  bas-relief  en  pierre;  d'un  r^té  et 
au  milieu  de  la  pierre,  un  arbre  couvert  Je 
fruits  et  d'oiseaux  divers.  Un  serpent  enlace 
Iij  tronc  jusqu'au  feuilloi^e.  In  bomiue  se 
liCDt  d'un  i'6lé  do  l'arbre;  de  l'autre,  une 
ftimaie;  tous  deux  revfilus  d'uue  drape- 
rie (869). 

.  Quelle  multitude   de    faits  1    Cependant 
combien  n'en  avous-iiout  pas  encore  à  op- 
poser à  nos  adversaires  I 
lit. 


!t  déuMiia  prouTée  ^r  les  tndtliDDS  ODlver- 
wIlM  MT  l8  lerpmt  comne  oljet  d^wionikm  eld'boc^ 
reur. 

'  Les  explorations  que  poursuit  avec  tant 
de  succès  de  nos  jours,  el  sur  tant  de  points 
divers,  ta  science  historique,  ne  permettent 
plusk  tout  homme  de  bonne  foi  de  contes- 
ter l'ideritilé  des  premières  tr^dilions  cbi'i 
tous  les  peuples  du  monde.  La  nécessité  de 
ratltrcher  ces  traditions  li  une  révélnll»n 
(Jitine  pour  en  expliquer  la  morale  .sublime 
41  se  rendre  raison  des  respects  dont  toutes 
ko  religions  les  ont  entourées,  est  devenue 
tout  à  tait  incontestable,  et  c'est  un  point  que 
tous  les  bons  esprits  ne  discutent  plus. 
Comme  l'homme  n'invente  pas,  la  vérité 
qui  hit  a  été  révélée  se  trouve  au  fond  de 
toutes  CfS  fables,  «Iles  errenrs  dont  il  l'a 
défigurée  ne  (ittnnent  qu'à  son  Impuissance 
(l'on  conserver  les  traits  primitifs  sitAt  qu'il 
a  perdu  sa  première  innocence;  car  il  lui  a 
manqué  dès  lors  celte  faculté  sympathique 
qui  pouvait  seule  lui  en  faire  saisir  et  ap-^ 
précier  toute  la  beauté.  Qu'on  ne  soit  donc 
{•as  étonné  si  il  chaque  découverte  que  fait 
rbisloira  niodcroe  dans  lu  sens  mural  des 


laits,  dans  l'entenle  oyslérieuie  itt  itn\i, 
dans  ce  sanctuaire  inlime  de  la  MQiéa an- 
tique, où  si  peu  avaient  pénétre  juiqu'iti, 
la  vérité  comniance  l\  ko  déioilsr  aux  rs- 
gardschrëtiens.qui  ne  cbercheDi  nu'elle,  n 
si  nuits  nous  empressons  de  [iroclsmer, 
irouji,  enfants  privilégiés  d'un  même  Uifu, 
ees  rapports  de  famille  qui  se  manilHlenl 
à  nous,  et  qui  attestent  en  mènit-  lem|isqut 
notre  fraternité  universelle,  su  sollicilutle 
infinie,  et  l'égalité  absolue  de  ses  iiremien 
dons. 

L'histoire  d«  la  chute  origtaelledu  genn 
humain  se  rattache,  dans  la  doclrioe  mt- 
saïiiue  et  chrétienne  è  l'histoire  aDiérieuit 
de  la  chute  des  anges  rebelles,  duoi  W  cM 
enimé  d'envie  contre  l'Iiomme,  devint,  laus 
la  forme  du  serpent,  le  teiitaieur  de  ni» 
premiers  parents,  el,  comme  dit  l'Evangile, 
te  premier  Aomicidc,  le  grand /la^lictde,|11Ji^. 

3ue  c'est  pour  lui  que  la  mort  est  nilrft 
ans  le  monde,  et  que  l'humanité  touin- 
tièra  en  eat  devenue  la  proie. 

Les  philosophes  et  les  sages  du  iiMt 
qui  nous  a  précédés,  et  une  grande  pi^iw 
des  demi-savants  de  celui-ci,  ont  secoué  li 
tète  en  entendant  ces  récits,  el  mus  rieu 
connaître  de  l'humanité,  snns  s'ei>quérit, 
sans  demander  b  qui  que  ce  soit  si  cet* était 
bien  ainsi,  téntéraii-ement,  h  la  lectort»- 
periicielle  el  légère  du  bit,  se  prirent  i  rire, 

glosèrent  dans  leurs  salons  sur  toute!  tci 
istoires,  et  déclarèieul  d'un  aircapablufl 
avec  l'assurance  d'un  ténaoin  oculaire, i|n'il 
n'était  rien  de  tout  cela. 

El  après  avoir  ainsi  discrédité  le  livre  di. 
nos  vieilles  croyances,  après  avoir  ss|)tlt); 
fondements  de  la  religion  antique,  et  <ov, 
vert  du  voile  du  doute  ces  grandes  ques-j 
lions  :  d'où  nous  venions,  ce  que  nom 
étions,  où  nous  allions,  ils  nous  oiilsTeris 
qu'ils  remettaient  h  savoir  dans  un  auW 
inonde,  si  par  hasard  ils  avaient  «ht  m 
uensé  quelque  chose  de  tvrI  dans  Rj 
lui-ci. 

Et  nous,  les  enfants  de  ces  pères  friiDlO^ 
et  inconséqoenis,  nous  avons  d'AbonI,  m 
grand  Donibre,  ri  comme  eux,  nié  connu* 
eux,  douté  comme  eus.  Puis,  nous  u(wi| 
sommes  demandé  si  nous  étions  aussi  d^ 
sérables  el  aussi  abandonnés  deUieu'.tj 
alors  nous  avons  désiré  connaître  ooM 
histoire,  celle  de  la  pauvre  bumsnil^;^ 
dans  ce  but,  délaissant  en  grand  m^M 
les  plaisirs  et  les  inuiilités  de  notre  m 
nous  nous  sommes  mis  ^'interroger  )ett>^ 
lions,  leur  histoire,  leurs  traditions,  M 
croyances,  leurs  erreurs.  leurs  pr^np 
Nous  avons  étudié  et  traité  toutes  ces  grai 
des  questions  avec  la  profondeur,  laD»»i 
rllé.la  gravité  qu'elles  méritent;  et  de  toi 
eûtes  ont  jailli  des  lumières  inconnu)^ 
nos  pères. 

£t  cas  prétendas  contes  ,  dont  ils  riaie» 
se  trouvent  être  l'histoire  de  l'bumaDiii 


{809}  V07.  Atiafte.  JoBrul,  juin  tSSt.  —  Cliei  èlnteu  eei-ildeBiëDieen£npt«>(AiiMla  ^'P^ 
le*  Groa  un  rencmue  des  svnilMtleB  SDalogues.  1.  XIII.  i'  lérie,  153.  —  Voy.  encore  Amw» 
(Voir  AmtatM  4t  phiM.,  I.  XVIII,  143.)  —  Peut-      till.  ei  de»  aru,  t.  X,  Wi. 


nCTK)7l!UIRE  APOUtCeTIQDR. 


Oait  Ifl  d^Teloppemenl  dooné  aux  étndes 
kiiUKiqaes,  l'éluda  des  Eiiis,  introduite 
diiu  lootes  les  scieneos  h  la  plflc<>  des  sjs- 
liÎMseldes  tBÎsonnements,  produiront  une 
{■meoso  conrersion  dans  les  esprits  les 
plu  rAelles  aux  Térités  religieuses. 
En  ilteodaot  ce  ctiaagemctit,  nous  allons 
iffiliqner  cette  méthode  6  la  question  qui 
Bou  occupe;  interroger  tons  les  peuples 
iQrce  qu'ils  sarenl  de  cet  être  que  nos 
litres  niiits  nous  ont  fait  coonattre  caché 
tau  la  forme  d'un  serpent. 

(  Objet  d'borreor  ou  d'admiration,  dit 
tUlraubriaod,  les  hommes  ont,  pour  le  ser- 
pent, ne  baioe  împlacahleou  tombent  de- 
niiL  son  génie;  le  mensonge  l'appelle,  la 
pndcDcele  réclame,  l'eaTie  le  porte  dans 
too  finir,  et  l'éltjqucnee  a  son  caducée.  Aui 
ettfen.  il  arme  la  fourche  des  Furies  ;  aa 
ciel,  l'ilemité  en  fait  un  sjmhole.  Il  pos- 
séde  encore  fart  de  séduirel'innocenc»:  ses 
rr^rds  enriianlenl  les  oiseausdans  les  airs, 
tt,  dans  fa  fougém  de  la  crèche,  la  brvbis 
lai  aliAiidonna  son  lait.  Hais  il  se  laisse  lui- 
nJèrne  charmer  par  de  doux  sons,  et,   (tour 
1«  dompter,  le  berger  n'a  besoin  que  de  la 
Aille  (870).  ■ 
Cest  avec  une  profonde  ïnlelligenee  de 
piitflotre  que  Chateaubriand  affirme  que  le 
serpent  a  été  tour  A  tour  un  objet  d'adora- 
iHiu  et  d'borreur.  Ce  double  phénomène 
t'at  pas   dillicile   k  expliquer  si  l'on  se 

Clice  au  point  de  me  de  la  tradition  calbo' 
]ue. 

t  En  effet,  dit  II.  Boanetty,  les  lirres 
liots  nous  [larient  d'un  être  fui.  d'abord  la 
ik*  belU  et  /a  plut  puiuanle  de$  créotitres 
frr«  Oieu,  se  rérolla  contre  lui  ;  ils  disent 
f'i  son  sujet  il  y  eut  un  grand  combat 
uis  te  cM,  i  la  suite  duquel  il  fut  précî- 
fcè  daus  an  abîme  (871).  Puis,  ils  nous 
bntreot  ce  même  être,  tombé  et  décbu, 
biroduisant  furtivement  dans  le  jardin 
SUeo,  sous  l'ignoble  figure  du  serpent,  et 
%  aJres-iant  des  paroles  insidieuses  k  la 
befflièra  femme,  qui  cède  i  ses  perfides 
IdsoiIs,   méconnaît  l'autorité  de  Dieu  et 

Kre  sur  elle  et  sur  sa  race  cette  condittoo 
iTaise  dans  laquelle  nous  végétons  tous, 
Hauts  inalheureus  du  père  bon,  créatures 

Cvies  et  iulïrmes  d'un  créateur  riche  eu 
;nificeaeeeltoai-puis9anteaforce(S72).  • 

|nt)  Chatbadhu»,  GiitU  i*  ekriUiauùme,  liv. 

■II)  «  El  bchun  est  pr^inni  magnum  in  ccelo. 
I .  .  .   ......  et  non  TaliMmiit,  neque  locut 

[iHai  est  eoram  unptini  in  cœio.  Et  projccius 

tlnco  Uie  Bucniii,  terpcns  Intiqum  qui  voci- 

tiiabotu*  et  âtaaas,  qui  Kdncit  uDiteranm  or- 

a,  es  pnijeeu*  est  in  lernm,  et  aiigeli  ejus  CHm 

«fttui    SBDt.  I  (Afoc.  su,  7.  8,  fl.) 

V7£|  Bmusttt,   Um  cuIU  Ttndu  au  urpeni  ckex 

iiWérvu  wmafef.dans  lus  Ann^efde  •AUMopMe 

ttZmJmx,  l"KriF,  t.   IV,  p.  S9.  —  HoHXLi,  (da 

'-kncK^a   ifc  t«  awrl  aKitl  rkomeme;  PatMUE,  Se- 

^    ^K^tigim  :   Uefijamin  ConTigrT,  De  la  rttigioM 

■^    M^     Mtntrtt,  tet  farat/t  tt  itt  dH^opperuM»; 

m».mt»Ct   TrmditiOM  uaiidittaTet. 

^  ;^f    W4>g,    Bsul^mia  CiisTUT,  De  la  nligioti, 

IVscrio!in iiiB  troi^oGfriQrE.  I. 


A  la  Chine,  le  peuple  adore  des  serpents 
et  leur  offre  des  sacnfires  (873).  ^ 

Fo-Hi,  si  Ténéré  des  Chinois,  estrepré- 
senlé  comme  un  .serpent  avec  une  téie 
d'homme,  et  l'on  donne  h  Cbiu^ong,  le  di- 
vin laboureur,  un  front  de  dragon  (87k). 

Tous  les  livres  sacrés  des  Hindoue  sont 
remplis  de  récits  où  il  est  fait  mention  du 
serpent.  Leurs  légendes  parlent  unanime- 
ment  du  sernent  mystérieux  qui  jouait  un 
grand  rôle  6  I  origine  des  temps;  ou  l'appello 
Ananla  ou  MahaSécha.  Oo  Iroure  un  teni- 

rie  érigé  en  son  honneur  dans  un  lieu  do 
Hindoustan.  appelé  Soubra-Maniab. 

Indépendammentde  la  vénération  que  l'oo 
a  pour  ce  serpentbistorique,  les  brahmanes 
mootreol  encore  beaucoun  de  resneut  pour 
■n  serpent  que  l'on  appelle  Capei,  dont  la 
morsure  donne  presque  subitement  la  mort. 
Quand  les  Hindons  ont  découvert  quelques 
trous  oii  se  tiennent  ces  serpents,  ifs  vunt 
porter  à  l'entrée  du  lait  ou  des  baosnes,  et 
si  quelqu'un  de  ces  terribl&a  reptiles  s'in- 
troduit dans  leurs  maisons,  ils  l'environ- 
nent de  toutes  sortes  d'iionnaurs,  malgré  le 
dai^erque  la  présence  d'un  pareil  bAtebil 
courir  sans  cesse  i  la  famille  (875).  Aux 
Indes,  on  célèbre  la  fête  de  Nagara-PantT 
chaoïy  en  l'honneur  des  serpents  (87G). 

Les  Egyptiens  employaient  le  serpent 
dsna  presque  tous  les  symboles  de  la  reli- 
gion et  delà  science.  D'après  le  témoignage 
d'Elien ,  ils  le  regardaieut  comme  ayant  uu 
caractère  taeri  et  vénérabte,  et  comme  |tos- 
sédant  quelque  cbosfl  de  Irit^ivi» ,  qu'il 
n'était  pas  aranlageux  ue  connaître  (sTl). 

En  ^ypte,  les  prêtres  représentaient  Se- 
rapis,  comme  les  Chinois  Fo-iii,  avec  une 
tète  humaine  et  un  corps  de  serpent.  Knepli 
était  figuré  par  une  couleuvre.  Le  cercle, 
symbole  de  l'Etre  suprême,  était  euviruunû 
de  deux  serpents  (878).  Un  ser|ient  entier 
représentait  le  Tout-Puissant  (879). 

Il  ne  faut  donc  pas  être  surpris  si  le  sym- 
bole du  serpent  se  trouvait  partout  chez  les 
Egyptiens.  On  en  voyait  autour  du  sceptre 
d'Osiris.  Les  statues  d'isis  eu  étaient  pâtées. 
On  rendait  k  ceux  qui  environnaieut  le  sym- 
bole de  cette  déesse  de  grands  boiuieurs; 
on  les  regardait  comme  immortels,  et  on 
prétendait  qu'ils serv aient  èdisceruer  le  bien 
et  le  mal  (880).  ^ 

(S74)  ?0y.  Benjamin  CmsTiirr,  li*.  tv,  eh.  13.  * 

(815)  Fm.  Dowis,  Mmtin  et  ituiituiioiu  de*  kh- 
pUi  de  Clade,  t.  U,  ch.  12.  p.  iSù. 

(S76)  Yo$.  RcHJamin  Cohituv,  De  la  nHfmi, 
liv.  VI,  cb.  tt.  Aitleurs,  il  convient  irèc-eipticiteinent 
qw  le  culte  dn  lerpenl  se  rapptine  au  sunveiiir  itëa 
anges  lombes.  (  Vof.  Benjaniin  Cousvanv,  De  la  re- 
iigiom,  liv.  x,  en.  4.) 

(«17)  l.es  expressions  d'Elien  «mI  Irés-remar- 
qaabtes  :  OAmv*  ixn  ti  iwl  àpiaan,  Û«  nlç  «71H- 
Téxtat  T^icTï,  Suirtpn,  wi  tiiim  «ùliMitOif  awriv. 
tELKN,  i)eta  minr*  <<MutRi«u,  Uv.  x<,  ch.  ll.< 

(878)  Yoy.  Diosoti  m.  Sicili,  BiHioiàifae  kûta- 
ri^,  ti*.  V. 

(819)  Noet,  Dkliamuire  de  la  feèle, 

(880J  Vva.  Klirk,  Orfa  ualmndrtmim 
1,  rh.  31. 


SI9 


DGB 


MCTlpNNàiaB  APOLOGETIQiqï. 


Les  |>rdtres  [KtfUraatdes  serpents  autour 
(le  leurs  Itonnels,  el  le  dindème  ded  Pbo- 
rftons  on-^leit  cooronnë  (881h  coomie  dans 
}'lnda  et  dons  l'Eiliiopie,  on  leur  élevoitde& 
lempies  eton  vo^aU  ces  animaui  liam  tous 
les  sanctuaires  da  l'Bg.rple{883}.  '■ 

Eii 'Afrique,  il  n'est  paà  de  culte  plus  po- 
pulaire que  celui  dusRrpenl.  Tous  les  voya- 
geurs ont  été  frappés  des  particularités 
bizarres  ft  l'aide  (lesquelles  les  tribus  afri- 
caines prélendenl  boaurerce  reptile  (6S3]. 

Chez  les  Grecs,le  serpent  était  le  symbole 
îles  dieux  du  jour  et  cle  la  médecine.  Les 
Alliénit>ns  eu  nourrissaient  un  qu'ils  regar- 
•liiient  comme  te  dieu  lutélaire  de  leur  cilé. 
Ils  prétendaient  que  les  serpents  connais- 
saioBt  l'avenir,  et  ils  en  conservaient  dana 
leurs  naitons,  sQn  de  pouvoir  les  consulter 
dans  (nules  les  circonstances  (884). 

Les  Itoniains  rendaient  aussi  aux  serpents 
des  lionneurs  divins.  Valàre-Haxinie  ra- 
conte que,  leur  ville  étant  désolée  par  la 
peste,  ils  envoyèrent  usa  députalion  à  Epi- 
daure,  alin  de  consulter  Eseulape.  Au  mo- 
mont  oà  les  ambassadeurs  alluent  partir, 
im  serpent  sortit  du  temple,  moDla  «urla 
gnlère  des  Bomains  qui,  après  l'avoir  re^a 
avec  une  vénération  religieuse,  la  condui- 
sirent dans  leur  cité,  et  lut  érigèrent  un 
pala^  dans  l'Ile  du  Tibre,  «u-dessus  du 
[>ont  Palatin  (8»). 

L'histoire  nous  montre  également  le  culte 
du  serpent  établi  obez  les  barbares  du 
Nord,  dans  la  Liihuanie,  l'Estonie,  la  Li- 
vonie,  la  Prusse,  la  GourJande  et  la  Samo- 
gilie  (88C). 

Les  llonscjs,  Iriiius  de  l'Amérique  du 
Nord,  prafesMut  un  grand  respect  pour  le 
ser|>eBl  i  sonnettes,  qu'ils  appelleni  lear 
«raad-p«re  (887). 

Il  ne  nous  sera  pM  difficile  d'établir  la 
«econde  assertion  de  Cbiteanbriand,  que  les 
peuples  regardaient  aussi  le  serpent  Gooirae 
un  êiredécDu,  principe  du  mal  etarlisMi  des 
dnuleurs  qui  dcr«reat  la  triste  et  lamenlap 
i>le  liumanité. 

En  Chine,  nous  trouvons  des  symboles 
frAppanls  des  rapj>or(s  ilu  serpent  avec  le 
génie  du  mal. 

L'r'King,uo  deslivressncr^sdesCbinois, 
dit  I  «Le  dragon  révolté  souffpe  inainleaaul 
■Jc  s«n  orgueil  [888J.  • 


(881)  Yof.  DioMME  K  Sicnj:,  fiJUrolM^w  Utlo- 
riifnt,  liï,  », 

itKtS)  Pait.iRcsiis,  ché  dans  Eucn,  Dt  ta  nature 
en  naiMi»,  liv.  svii,  cb.  S. 

(8ft3)  Koy.  NoBL,  OUiiùt,*mrt  et  U  {Mt,  wj- 
lliotugit;  africaine, 

(88()  foy.  P1USA5US,  Vùj/agthâlprituttnGriet, 
liv.  11. 

.  (881)  VivïhE'Uaiihe,  &■  dilt  et  4h  faiU  mr- 
wilkM.  U*.  I,  ch.  8,  n.  2. 

(887)  Benjamin  Co.tïT*xT,  liv.  n,  cli.  S.  —  Noua 
ferons  reinan|uer  ki,  une  lois  pow  leutes,  4|ue  icx 
cllatiaaadaBmiainînConauiiL^iieiJOus  indiicioiit 
H  irouveul  qnelqiiefmri,  non  pas  dans  le  luxic,  ninis 
dans  InuoiL's  de  son  oHvr?gi-,  qui  suiii  scuvciil  furi 


Mais  quel  est  oe  dr^on  mystérii-ui  <lDnl 
parle  la  Iradilion  ctiinoiseT  N'est-ce  m 
celui  dont  le  Choii-King,  aulre  livre  surré, 
parle  en  ces  termes  :  ■  D'après  kt  anciens 
documents  de  nos  ancêtres,  Tcbi-Teon  fui 
te  premier  auteur  de  la  révoile,  puit  cetlt 
révolte  s'étendit  i  tous  les  nf^uples  ideli 
sont  nés  tous  les  criàies  (889). 

«  Le  commenlateur,  dit  le  Ï.Prfniirt. 
fait  observer  que  Tchi-Teou  est  le  chef  tl 
le  prîuce  des  neuf  noi'rt,  donllelimBo- 
Toii  /890}  a  fait  le  portrait  suivant: 

«  Ils  sont  qnalre-vingt-un  frères;  ilfODl 

■  le  corps  d'une  bâte  féroce,  le  pajîer  i» 
f  hommes,  une  Iftle  (fairain  etucfroolde 

■  fer.  Us   mangent  du  sable,  sont  tes  hi- 

■  venteurs  des  armes,  et,  pleins  lie  cd.1- 
«Qance  dans  leurs  glaives,  leurs  laornel 

■  leurs  grands  arcs,  its  effrayent  le  mW' 

■  et  se  livrent   b  une  cruauté  Siinsfreio.  > 
Le  roi  Bouge,  dit  Ven-Tseu,  est  li  oli- 

mité  du  feu;  il  s'attribue  à  lui-niëmtiksœ 
de  ui^eur  du  flammes,  et  la  Glose  ijult'. 
Le  roi  Rouge  est  Tclti-Teou. 

Tchi-Yeou,  par  sa  révolte,  alluaahlrt 
des  mftrs  :  c'est  pour  cela  qu'il  est  an^it 
Ho-Tsai. 

Le  livre  Po-Kou-Tou  nous  assure  (;u^ 
dans  l'antiquité,  c'était  l'usage  de  sguI|>i« 
sur  les  vases  l'image  de  Tchî-Yeou,  poir 
déluuroer  les  booiuies  de  la  débauclie  et  Je 
la  cruauté. 

Les  annales  Tong-Kien  disent  oDurle- 
ment  que  Tchi  -Yeou  est  le  mouvait  gitii. 

En&â,  l'histoire  chinoise  rnppot'e  •iiu^ 
sous  un  empereur  qui  vivait  l&O  ans  iiajt 
Jésus-Cfarîst,  Tcbî-Veou  apparut  en  \m 
jour  dans  le  territoire  de  la  villodeTtî 
Voenjcapitale  d«  la  provinco  de  Cliin-ïi] 
il  avait  des  pieds  de  lortuo  tt  me  Uu  * 
serpent.  Coœnie  il  lourmenlaii  les  lialiiUul 
de  cette  contrée,  on  lui  éleva  uu  lanifl 
pour  l'apaiser,  »  i 

Kong-^oog  pri^-senle  au^si  un  sjmiM 
auilogue  h  celui  de  Tchi-Yeou.  C'est  l'ii 
posteuret  l'architecte  de  tout  mal.  teliij 
koueilzang  dit  :  «  Koiig-Kong  a  \t  fit 
d'an  homoie,  le  corps  d'un  ttrptBt  i 
nberelure   rouge;  hommt    et   noii  hai 
âtrpent  et  no»  serpent,  il  n'est  que  tDïPM 
et  tromperie  (891J.  a 

M.  l'abl^  Dubois  atteste   ce  que  c 

étendaes. 

j888;C-et    _.._     _. 

bellis  el  pervicai  draco  doict  de  sua  snprr 
(  Vof.  Pii&XAU,  Vettigia  uUcia,  dans  lei  ^ 
deAUotophàe  eirilUtiHe,  S'  série,  t.  XVI,  p. 
—lie  P.  Bcgis  Iraduil  à  peu  près  de  mtmt  ;<  I 
Iran^ressus  e&l,  e^t  quod  pœiiilcal.  ■(  Vof.  I 
Y-Kimf,  édil.  UuliL,  cb.  i,  Êpipfaonéoïc,  6,  j 
et  iVi.)  ^ 

(889)  Ckom-Sing,  i"  parlie,  cb.  97,  p.  Wj- 

(89UJ  U.  Boan«uy  fail  reaiarquer  que  If  li 
n'est  pas  un  livre,  mais  un  des  signes  Ae\'\- 
{ Vog.  Ro:isxTi\,  Àiuule*,  ir  série,  I.  Wl,  p 
iiole  1.) 

(891)  Yay.  PaÉMABB.  Selecia  t^sli^;  li 
Roiincuy  dant  Jea  Annalci  dt  philompki*  (AiH 
î-séiie,  1.  XVI.p.  MO. 


DICTIO»(AAS  APOLOGETiQUE. 


VfM 


nasdfikditquele  terpeQt  e»t  oonsidérd 
Ml  les  Hindous  comme  1«  symbole  du 
rincipe  miaTsis  (S9S].  Un  fait  qua  nous 
nosdéjfieilé  prouve  qu'il  ea  ett  de  isèaw 
ilipQn(893). 

Iluieiir  de  Sekak-Nianeh,  de  même  que 
tincieni  Perses,  identifie  l'Image  du  ser- 
Efll  irec  celle  du  génie  du  mai  (894). 
HJoicbiia  Uénaut  fait  remarquer  que, 
'iftii  les  sectsieurB  de  Zorosstre,  les 
mou  niiiTsis  génies  reTëlant  quelque- 
ut  liTornie  de  Ucouleuvre  pour  (ouroien* 
f  l«  iDonde  (89%).  AhriiDSfli  leur  clief, 
lit  rcprésenlé  fOug  Ul  forme  d'un  serpent, 
U-Gnignisat  dit  que  dans  l'Iran  on  la 
prdail  comme  l'auteur  de  la  cliula  dy 
^icr  homme  et  de  la  presaière  feœrae, 
HdJiietUesGhianë  (890). 
Qici  les  Egfptieas,  Typhon  qui,  selon 
qimm  Confiant,  représentait  le  mauvais 
neipo  (897),  était,  comnin  nous  l'iivoos 

tCaitreourquer,  souvent  représenté  sous 
rtneiI'uD  serpent  (896).  Si  l'on  en  croit 
4u,  l>|)hQn  Brait  une  forme  humaine  { 
ib  il  iTsii  les  doigts  et  les  caisses  en> 
Ii«iileierpenls(e99). 

Oui  les  Grecs,  on  relroure  ce  Typhon 
Mlennplus  anciennes  légendeE;on  dit 
llii  qu'il  ne  ressemble  ni  h  Dieu  'ni«ux 
lUui  il  est  effrayant  et  monstrueux ,  il 
KleOéia  des  ixorlels  (9001.  L'hymne 
[^^,  qu'on  a  Uribue  à  liomère,  dit 
inuéDorme  et  féroce,  qu'il  est  le  de»- 
Mtvlu  hommes  et  des  animaux  (901]. 
Mm  lie  le  peint  pas  sous  un  jour  plus 

^'  fc  uvv  TaifTÛftf  xtt-  . 

Ta,  9i{n  nUfUM, 
^TfimtmàfKi^  (902),  elC. 

•IntéluBju  dans  l'horrible  Tartnre,  cet 
■»  ilei  dieux.  Typhon  aux  oenl  tè- 

i'ïic. 

to'  1ij.  Drwi«,  Mauri  et  iaitUutlont  4et  «■- 

jJCrt*.  I.  il,  Ili<  part.,  ch.  «. 

m^m.  Cuitirâli  caikolique,  U  VI,  2*  série, 

r>  '«¥■  FisMDu,  Stiuk-Nameà,  Indaaioii 
'"(Ortie. 
m  v«|.  JoMbim  Hé»ht,  Zoraattn,  dogme, 

*i  Fq.  Cdichiagt,  Nota  tttr  Creuxer,  noie 
"'  ".  M(f  5;  MX.  aussi  Viiivenili  eaiholiqiie, 

*M.ïi,^.8i:  '  ' 

pi  f^.  B«i^iuiu  GngT4NT,  De  U  nlipon, 
Pj**!.  ViùttnHi  eatholifut,  2»  séiie,  (.  VI, 


JJ.  l«j.SotL,  Blcîlottiiûlrt  de  lafable,  article 

["l  a»iàu,  /IfnMe  i  Apollon,  vers  305,  MI, 

J  Pi»i«£,  PjtlkifliiM,  I,  M.  —  II  ctt  irés- 
**>  wnairquer(|ue  dans  llésiode  ce  monstre 
''pracii[«  piT  «ni  lélet  de  dragon.  (Voy.  Vnt- 
*"»iWi(M,  ^  j^e.  p,  8i.—  H.  Crandpicrre 
^^itSitioptiilarorincdu  dragon  pour  p>tI>t 


Hésinde  fait  luUto  Typlion  de  la  larr«  et 
du  Tarlnre  : 

Tojjtâ/iev  it  fùàtim  îià  XP"'^  'Afp^in*  (905). 

r  «  Ghée  engendra  pour  dernier  enfant 
Typhon  qu'elle  svoit  ou  du  Tortare,  par 
l'entreirrtse  de  Vénus  dcx-ée.  • 

Apotlodore.  Après  aïoir  raconté  fa  Ititto 

Îue  Typhon,  fils  du  Tarlsre,  soutint  coiilie 
itpitor,  le  dieu  soprôme,  dit  qun  cchii-ci 
fut  obligé  de  le  foudroyer  et  de  l'enserdir 
sous  la  montagne  brûlante  de  l'Rlna  (90fc). 

K  Typhon,  dit  H.  Séguier  de  Saint-Âris^ 
son.estlepAre  de  louslesélrcs  malfaisanU. 
Ainsi,  c'est  de  lui  et  d'Echidna  (ta  vipère) 
que  sont  nés  la  Chimère  que  combattit  Bel- 
lérophon,  le  lion  de  Némee,  le  dragon  qui 

girdail  le  jardin  des  Hespérides,  le  chien 
rthros  qui  gardait  les  vaches  de  Géryon, 
levButourquidévoraitlefniede  Promélhée  sur 
leCiïocase,  enfin  le  sphinx  qui  proposait  des 
énigmes  àui  itortes  de  Thebes,  qu'OiîdIpd 
ût  périr  après  les  avoir  aipliquéea  (905). 

Le  serpent  Python,  dont  le  nom  n'est  qo« 
l'anagramma  de  celui  de  Typhon  (90<i),  est 
assurément  un  des  symboles  les  plus  inté- 
ressants du  paganisme  occidental.  Ovidu 
l'appelle  le  serpent  îniiOBau,  lalerteurdes 
peuplea  (90T). 

«  En  Grèce,  dit  y.  RoseJly  (de  Lorgues). 
le  péché  ou  le  mal  se  représentent  par  le 
serpent.  Apollon,  ^Qts  du  grand  dieu,  tu« 
arec  sesQèches  le  serpentPython.Eeculape, 
fils  d'un  dieu,  tue  le  serpent  pAr  le  bois;  et 
parce  qb'i)  a  tué  le  serpent ,  Apollon  eut 
déclaré  dieu  de  Ja  médecine,  il  donne  aoi 
simples  leurs  vertus.  Il  a  découvert  le  re- 
mède de  i'humanilé,  et  sa  renommée  s'é^ 
(end  sur  la  terre;  el,  comme  c'est  areo  unq 
flèche  de  bois  qu'il  s  tué  le  serpenir  >'  est 
représenté,  ainsi  au'Escu'ape,  armé  de  la 
*  s'enroule  un  serpent Ce  nu 


(903)  BisiODB,  ThéogouSe,  821. 

(004)  Yof.  Apollodorb,  BibliothèifM,  lir.  i,  p. 
17.  —  Virgile  dtt  anmi  que  "Typhon  est  enseveli 
BOUS  l'Elna.  (Vomt  Vibcile,  Eniiie  lir.  ii,  vers 
7I6.li 

i.   (905)    SfCClEK    DE     SiiSV-BkISSOH.    JHtMTlùtiOR 

mr  C»fi\Henticiti  de*  fragmenit  de  i'hinoire  ptiiiii- 
denne  de  SanehonialhoR  dans  le»  AimùUi  de  phi- 
loiophie  ekritiaae,  2- série,  t.  XVIII,  p.  417.  - 
M.  Bouillet  en  dit  autant  :  <  Ëcbidna,  monstre  moi- 
tié femme  et  moMi  urpent,  produit  par  Cbrysaor, 
issu  lui-même  du  eaiis  de  Hédnse.  Du  commerce 
de  ce  niotislre  avec  Tvpliun  naquirent  Orbèr^ 
rhTdre  de  Lerae,  la  l^liimère  île  Beltérephon,  la 
Spliini  de  Tliiibcs,  le  Lion  de  Némcc.  et  plusieurs 
autres  monstres.  i[Bouillet,  Dictionnaire  univerul, 
article  Echidna.) 

(906)  Benjamin  Cojislani  rcconnail  ccUe  idcniStë 
de  Typhon  etde  Python  :  i  Tjphon,  ledicu  dn  nal 
dans  h  croyance  égyptienne,  snarce  de  vice  et  de 
souillure,  exerçant  sifunesle  ItiDuenee  sur  runtvers 
et  la  destinée  des  hommes,  devient,  en  Grèce,  un 
monstre  vaincu  par  les  dient.  >  (Elenlamin  Cois- 
TAKT,  De  la  religion,  \W.  x,  ch.  t.) 

(907)  OviDt,  MiMmorphoue,  lir.  t,  et  les  Mi' 
moiret  de  t'Aeadimie  detiinnivtiOHtetielletAtUMt, 
t.  III. 


DEM 


DICTIONNAdœ  APOLOGETIQDE. 


uni 


•ont  pai  seulement  tes  mnuT  du  corps  que 
vient  guérir  £sculn[)e.  Sa  propre  statue, 
dans  le  temple  d'Gpidaure,  le  représentait 
■assis  OH  deboul  sur  un  trûne,  tenant  d'une 
main  )e  bois,  de  l'autre  le  serptnt  Tsincu 
par  son  loucher  divin.  Et,  de  pour  que  l'on 
î>ùt  se  oiâpreadre  sur  son  genre  de  euéri- 
son,  de  peur  qu'on  oubliât  qu'il  est  Te  mé- 
dmin  des  âmes,  les  bss-reliafii  de  son  trône 
ttjfursient  tous  les  mystères  de  la  réliabili7 
tati«n  et  de  la  rédemption  future,  1b  des- 
truction du  grand  uragon ,  Beliérophon 
iloniplaot  la  Cliiinère,  Persée  tranchant  la 
lAle  de  Méduse,  cet  autre  nœud  gordien 
formé  des  replis  du  serpent.  A  cause  de  ses 
bienfaits,  il  poriait  la  couronne  d'AiiolIon, 
«lieu  de  la  lumière,  son  laurier  double, 
•igiie  de  l'harmonie  et  de  la  victoire.  En 
«tfet,  le  rétablissement  de  l'harmonie,  c'est- 
k-dire  de  l'unité,  forme  le  but  de  l'essence 
de  la  liiérapeulique.... 

■«  Les  uhilosophes  païens  coaTenaient  de 
ridentité.  entre  Esculape  et  Apollon.  Las 
MsluiHciens,  Proclus  et  Sallusle  plajjaieul 
•n  conséquence  dans  le  soleil  la  résidence 
d'Esculape,  médecin  des  âmes.  Croyez-vous 

r'un  pur  hasard  ait  mis  le  serpent  sous  la 
minalioQ  d'Eseutapet  Pourquoi  le  dieu 
«1»  la  lumière  et  derharmonie,  c'est-à-dire 
de  Tunion,  est-il  le  maître  delà  médecine? 
n'est-ce  pas^ur  a«oir  détruit  la  serpent 
Pyihon  T  Et  qu'est-ce  que  Python,  sinon, 
«oiunie  la  Typhon  des  Egyptiens,  l'emblème 
du  mal  spintuetT  Point  de  dwte  à  cet  égard, 
ces  noms  apportent  les  preuves.  Python  n'est 
qtie  l'anagramme  de  Typhon.»  Et  qui  a  re- 
vêtu Esculape  des  altribula  de  l'Apollon 
nylhiun  1  N'est-ce  pas  ia  glaire  d'avoir  vaincu 
l'antique enneiniT  Et  comment  e&t-ildeveou 
le-eaHveHr  de  rhumsiiité?.CompreDez-vous 
maintenant  pourquoi  la  prêtresse  qui  devait 
déclarer  l'aveuir  luulaU  aui  pieds  la  peau 
éeailleuse  du  trépied  mystérieux  ?  Veuiilez 
vous  rappeler  que,  suivant  la  tradition  grec- 
que, Pj  thon  est  tué  à  l'eulria  de  la  grotte 
uu  la  vûrjfe  de  la  justice  divine,  ïliémis, 
rend  sus  oracles,  buivez  cetteîntime  liaison 
d'images ,  ei  répondez-nous  vous-mémus 
s'il  faut  l'aUribuur  au  hasard  (908J?  > 

J)ans  uno  légende  dos  Grecs,  un  dieu,' 
troiisroriué  en  serpent,  vienl  pervertir  une 
Temine  (909). 

it'aulres  Jiitftent  qu'une  race  d'iiommes 

/!)0S).ÎUt5Ei,i,T  {de  tiorgues),  De  ta  mon  maut 

(9091  Voy.  Plutirque,  Yie  d'Alexandre. 

(910)  Vqy.  Elikn,  Û«  la  nalure  it*  awlnuiMX,  liv. 
XII,  di.  59:  el  Pluib,  Binaita  tuiureilt,  liv.  vu, 
cb.4i. 

(911)  Foy.  Elikn,  De  la  nature  de*  animaux, 
Jkv.  XI,  cb.  i.  I  Cliitiles  llijijous,  le  sccpenl  Caly, 
dilU.  Boaneuy,  élait  un  mousLrc  molt.c  femme  et 
uoilié  serpent.  •  (Bo«>ettt.  Du  tulle  reiida  au  ter- 
penl  cket  la  digirmu  ptupUi,  diiiis  les  Annatet  de 
philtnopkie  ehriueniu,  i"  série,  t.  )V.) 

(912)  Vof .  Elies,  De  ta  mture  dtt  nnimaux,  liv. 
il,ch.  IC. 

(913)  RoiELLT  (<Ic  LorsiiGs),  De  la  mort  «vont 
Vttommt,  cil.  3,  {  lit. 


élait  née  de  la  fumme  et  du  lerfienl;  en 
appelait  à  cause  de  cela  ophiogènei  (9i 

LheE  les  Epirotes,  une  vierge pouvaitl 
seule  prêtresse  des  serpents  qu'ils  adoraii 
comme  s'ils  eussent  voulu  par  Ihcoiistf 
le  souvenir,  les  rapports  nrimilib  rit 
femme  avec  l'ange  déchu  (9(1).  11  m  i 
de  même  à  Laviniom  oit  letjeuo»ï 
étaient  prêtresses  du  grand  serpent  que 
.  Romains  y  adoraient.  Si  le  teriient  neo 
geait  pas  les  gâteaux  que  lui  présenUii 
jeune  prêtresse,  on  supposait  qu'elle  t 
perdu  sa  virginité,  et  elle  était  luipitojil 
ment  mise  à  mort  (918). 

Pourquoi  les  Furies,  les  Gorgone)  et 
Méduses  sont-elles  représentées  couron[ 
de  serpents,  tandis  que  l'homme  neseï 
jamais  en  pareille  cumpagnieTN'est-ti 
parce  que,  comme  le  dit  très-bien  U. Ion 
(de  Lorgues),  l'aDliquilé  veut  nous  lâ^ 
entrevoir  ■certains  rapports  entre  lejiqi 
el  la  femme?  Tout  près  du  serptntj 
femmeapparatt.  La  renconlredu  ser[>«t' 
fatale  à  la  compagne  d'Orphée,  princel 
Lyre.  Unserpent  menace  Andromèiie.Si 
l'arbre  merveilleuzdes  HespériiJesieni 
un  serpent.  tJii  serpent  défend  l'ippn 
de  la  .Toison  d'or.  La  mythologie  du  ■ 
nous  montre  aussi  le  serpent  Hiilganl; 
rapports  avec  Angerliode,  cause  de  n«i 
heurs.  Le  serpent  Sciur  porte  la  parait 
l'envie  (913J.  » 

Il  n'est  pas  inutile  de  remarquer <|De 
serpent  Hidgard,  né  de  la  géante  AngerM 
messagère  des  malheurs,  avaii  puor  f 
Loke,  calomniateur  des  dieux,  rirtistni 
tromperies,  l'opprobre  des  dieux  elJeibj 
mes,  brau  de  visage,  mais  d'ua  cspnll 
vers  (9UJ. 

On  dit  encore  que  ce  serpent  r| 
loppela  terre  de  ses  replis  (915),  rij 

fiaraltra  terrible  et  mcuaçaot  au  uiomn 
a  fin  du  monde  (9irtj. 

a  Loke,  diiltiambourg.  est  père 
Fenris  (917J,  du  serpent  Uidgani  (9 
Heia  (919).  »  Or,  ou  ns  peut  s'cmji^i^ 
fyire  un  rapprochemeitl  ,  et  de  il<;i 
persuadé,  lorsqu'on  se  rappelle  quel 
le  péché,  la  destruction,  sont  eNlrési 
monde  au  moyen  de  la  ruse  eiDj)IO[ 
l'esprit  séducteur,  que  ce  ne  s  ' 
réminiscence  recouverte  d'un 
allégorique  (920;. 

(9U)  roy.  Uallet,  Julroduetion  i  rh> 
fiaMiNort,  et  Benjamin  I^hstaut,  lit.  ii' 
Ce  dernier  appelle  ce  grand  serpent  M'ifl 
géante  Angerliode  Auguuabodt,  noui  "* 
pourquoi,  prutMblemenl  par  disiraclion. 

(915)   fojp.  Rmkbuorg.   L'Edda  n» 
avec  Ut  iraâilient  bitliquei,i»as  les  i**<"'' 
toiophie  ehrélieuiu. 

(916]  Voy.  Arme  irilAHfltfite,  1831  ;  on  f 
une  analyse  reonarquajile  des  lÙdM. 

(917)  La  deslrucûoii. 

(91HJ  Le  péclië.  —  On  TOÎl  ici  encore  > 
vclle  orilto|iraplie  île  ce  noai. 

(919)  La  mort. 

(DiU)  KunioiBC,  JUd, 


nCTIOLf  NAIRE  APOUÏGETIQUE. 


DE» 


Efl  Afrique,  ce  Mot  les  jeunes-  Min  qui 

WU  auiaerées  ux  Mrpools  que  Ibs  nègres 

idarfDl.Les  AAîcaitts  eroieni  que   si,    an 

mniemps,  )«s jeunes  Glles  reoconircnt  vers 

)eiuiri)iieUioe  serpenU   l'ipprocbe  da  ces 

■nruires  leur  tait  perdre  la  raison  (93t]. 
M.  de  Humboldl,  «près  avoir  reproduit, 

i»y  a  fu  dn  CordUtirt»,  une  curieuse 

MiluretoQsacrée  par    les  Aztèques  ^t  ^ 

U^D  De  nius  avons  déjà  fail  sllusinn,  ajoute 

te  paroles  re:narquat>Ies  :  ■  Ce  groupe  re- 

rrte'Dle  11  célèbre  femme  du   serpent   Co* 

icci-ibull,  apiielée  aussi  Quilasili  ou  To- 

ucadbaa,  femme  de  notre  chair;  elle  est  la 

m;«^ede  Tonacateuctii.  Les  Hcxicaius 

iirt^Jiirnt  comme  la  mère  du  çcnre  liu- 

tiui,  tl,  après  le  Dieu  du  paradtt  céUate, 

Uj^eleuclfî,  elle  occupait  le  premier   rang 

jj.-ciles  diviniiés  d'Anafauac;  oa  la  voit 

li.^aun  représeuiée  en  rapport  avec  un 
{:;iii  serptiut.  D'autres  peinturas  nous  of- 
l'-^l  one  couleuvre  panachée,  mise  en  piè- 
<b  p.T  le  grand  esprit  TeztalÛcopa  ou  par 
liulciï  personoIQe,  le  dieu  ToDBliuh.  Ces 
i-jjfies  rappellent  d'antiques  tradiiioas 
i^iAsie:  on  croit  voir  dansla  femme  au 
Kftnt  de«  Aztèques,  l'Eve  des  peuples  sé- 
•::  qut-s,  dans  la  couleuvre  mise  en  pièces, 
^liujeux  StirpenlKsIigs  (9£)  ou  Kalinaga, 
ui.-.cu  |iar  Vislinu  {^f£i),  lorsqu'il  a  pris  la 
k;;ut:  Ji:  Krischna  (92i}.  » 
Il  âcmble  que  nous  avons  maintenant  le 
.'v.l  Je  melLre  sous  les  yeui'de  nos  lec- 
ture, L-oinme  tout  i  fait  incontestables,  les 
•vicieuses  cooclusiona  de  H.  Roselly  (de 
(jr^uesl  : 

(Il  est  clair,  dit-il,  qne  le  serpent  Ggura 
ns  uo  titre  et  pour  une  pari  ouelconque, 
1^5  cet  acte  mystérieux,  dont  la  scène  fut 
paradis  de  la  terre,  et  les  spectateurs  lei 
leliigeDces  du  ciel,  puisque  sur  tout  le 
ï.L«,  par  toutes  les  Dations  et  les  contrées, 
icr^H^ni  est  pris  pour  le  signe  de  la  perfi? 
t.  du  meoson^e  et  de  la  ninrl.  Bien  plus, 
bs  la  savante  Egrpte,  il  signifiait  la  science 
il*.««tdu  rosi.  Vbuloir  éounérer  les 
ftic^,  les  coutumes,  les  rites  de  vénéra- 
la  ou  d'horreur  dont  il  est  IVbjot,  serait 
is«r  eD  revue  tous  les  peuplas  et  tous  les 
ties  éteints  ou  vivants.  Il  n'est  rovaume 
^uplade  qui  ait  pn  s'exempter  d'houo- 
'OU  de  baîr  ce  symbole.  Pourquoi  atta- 
er  à  celte  forme  une  telle  importance  T 
ur^aoî  l'adoption  simullaoée  de  celte 
•je  dans  la  rvli^oa  du  vrai  Dieu  et  dans 
ft^iiLsine  ?  N'entrer  oyez-vous  pas  dans 
le  Bbîqpilé  quelque  chose  d'estraordi- 
I*  T  Poortiuoi  le  serpent  figure-l-it  dans 
ïoctes  sanctuaires  de  Uempbis  comme 
li  Ea  butte  du  jongleur  de  i  Oliio  et  du 
Lrié  ?  Si  l'bistoire  de  la  déchéance  était 
^tire  ioveolion,  serait-elle,  ainsi  que  la 

ai ,    K«9-  Hmi.,  MciiMNnn  it  U  (M4,  article 

— *  ,'m,  BommUv  rappelle  Cdv  avec  H.  Duhait.  _— ,.  -    .- 

-.-.    n_  Vichnoti.  *'*  énlilion.) 

■±i ,    ne  UcnoLkT.  r«  da  CcrdBlmi.  L  Ml,  (M5)  Koullt  (de  Lorgnes),  De  ta  »ort 

ii  JL-Daas  1rs  ÀxmaUt,  t.  î,  ]►.  »,  où  se  iroa-  rknmt,  ch.  î,  l  Ut 


tradition  sur  le  déluge,  commune  i  toutes 
tes  régions  habiléesT  Les  sauvages  du 
Grand-Lièvre,  de  la  Tortue,  des  Longs-Cour 
leanx ,  sont-ils  allés  la  chercher  dans  la 
Grèce,  la  demander  i  l'Iran?  Puisque  las  na- 
tions séparées  par  la  mer  immense,  le  Isa- 
gage  et  l'orgueil,  plus  infranehtisables, 
u'ont  pu  se  la  communiquer,  il  faut  donc 
qu'elle  vienne  de  plus  loin  et  soU  antérieur» 
aux  migrations  primitives  ,  pour  avoir  été 
ainsi  emportée  dans  les  cinq  parties  du 
monde... 

■  Ces  faits,  ces  rapprochements,  ces  con- 
nexions portent  avec  euK  ta*  meilleure  dia- 
lectique. Noos  bornant  à  les  exposer,  nous 
vous-  laissons  i  conclure.  Notre  opinion 
vous  paratl-elle  erronée  T  Hais  alors  veuil- 
liezoous  expliquer  comment  le  serpent,  si 
inférieur  dans  l'échelle  de  la  création,  ce 
vil  habitant  delà  fauge, des  bronssailles  et 
des  ruines,  a  été  représenté* fur  tes  autels, 
honoré  pat  les  mages  de  Badvloup,  les  pi^ 
Ires  deMemphis ,  du  Gange,  de  la  TarUrie, 
de  la  Chine,  des  Archipels  indiens  et  des 
deux  Amériques?  Diles-Dflus  pourquoi  il 
est  devenu  le  signe  impérial  de  la  luenar- 
chie,  comme  emblème  de  la  sGi(>nce  du  bien 
et  du  malt  Comment  aujourd'hui  enaore. 
dans  les  immobiles  nations  de  l'exlrénio 
Asie,  il  figure  sur  1»  cachet  des  empereur» 
et  les  étendards  des  armées?  Si  ce  n'est 
point  &  cause  de  son  rate  dans  la  cbiue  , 
trouvez  un  autre  motif.  Et  si  l'importance 
universelIe-du  serpent  provient  du  révit- 
de  la  décbéasce,  donc  ce  récit  parut  dans 
l'origine  assez  justitié  f>our  mériter' une 
créance  absolue;  donc  il  fut  antérieur  è  la . 
dispersion  des  peuples;  donc- cette  trsdi* 
lion  est  primitive.  El  alorS'  la  théorie  ds 
progrès  continu  s'abîme  pH-  sa  liese,  puis-^- 
que  le  fétichisme  initial  et  progressif  fut 
impossible.  Non-seutameut  la  Sgure  An 
serMUt  ijénésiaque  n'est  |>oinl  fatale  au  ca- 
tholicisme, mais-elle- réhabilite  sou  eo$el~ 
guement,  et  de  nos  jours  encore,  selon  l'i- 
mage des  Israélites  dans  le  désert  de  Bor-k. 
les  morsures  cruelles  laites  i  la  fui  par  Itt 
serpent  calomniateur  du  siècle  dernier-sAnt.. 
guéries  h  la  vue  du  serpent  historique  et 
posé-sous  son  véritable  aspect  (925).  K 

I  m. 

TndiUoDLDOiTeisetles  tur  les  tram  at  ta  mutirit  angw 

ifiprès  UiTel  et  Ben^in^ttUoL 

Tradifioiu  dtt  Biidout  nr  lu  anget 
et    lei    démtiu* 

m  L'univera  est  peuplé  d'une  foale  da 
divinités  chargées  do  missions  spécialea  el 
désignées  sous  les  noms  génériqutsde  dA- 
vu,  (futwns  géuies»,  et  d'aaawrof,  9U  g^ 
oies  malfaisants,  » 


veM  les  âwres  dece»pws«>Mies-(ïf^.  sarErii' 
cbDs  ou  bichDS.  U  Cknn  et  CtMitgiU  (t  AUcsu- 
gnel,  ■■•  puUe,  Umoignaje  des  paieas,  L  U  4e  b 
î~é- 


DfC-nOïfminE  Af>OLOGKT]QUK 


a  Le»  déTBSsoRt   (ifusque  louiours   en 

Suerre  avec  tes  asouras.  Dans  les  com- 
aU  qu'ils,  sa  livrent,  les  uns  et  les  au- 
tres sonl  sujets  aui  blessures  et  à  la  inortt 
mais  leurs  gevroui  ou  atchAryat,  qui  sonl 
leurs  directeurs  spiriluels  et  leurs  méiie- 
cIds,  les  guérissent  et  lesroppelltint  à  la 
Tie.  Les  devss  sont  au  nombre  do  trente 
crores  ou  lrolseeQtsiiiillions;et  les  asou- 
ras  au  nombre  do  quatre  vingt  crores  ou 
huit  ceiils  millions;  ccus-cî  sont  voués  6 
Siva;  les  autres  b  Vicfamni.'  ■  (Clavel,  Bii- 
loire  des  rtligiont,  lîr.  i,  cb.  3,  ) 
Traditioni  Aindou»  lur  la  ehutr  dit  a»gtt 
identifiée  avec  celte  de  Phamme. 
■  Dans  l'origine,  les  intelligences  cé- 
lestes formaient  une  multitude  de  légions, 
commandées  par  des  chefs  iisrliculiers,  qui, 
-à  luur  tour,  obéissaient  aux  trois  di*inilés 
stipérieurea  :Bra)ima,  Vichnoa  et  Siva.  Ces 
inielllgences  jouissuient  d'un  înitaense 
|>ou<oir  et  d'une  félicité  sans  borot^s.  Heu- 
■  reuse»  d«  leur  condition,  la  plupart  d'en- 
tre elles  ne  cessaient  de  chanter  les  louan- 
K*sde  l'Etre  souverain,  ul  de  se  monlier 
les  dociles  roinistros  de  toutes  ses  volontés. 
Les  autres,  au  roolraire,  qu'on  nomiBsit 
atoNrsf ,  supportaient  imiûtiemment  le 
joug  salutiiire  auquel  elles  étaient  sou- 
mises; car  l'orgueil  et  l'aicbilion  avaient 
trouva  aecès  dans  leur  Ame.  Cédant  aux 
suggestions  de  Uabediâsoura,  tuur  ebef, 
ils  levèrent  eoQn  l'étendard  de  la  révoKe 
et  Idntèrenl  de  s'emparer  du  souverm- 
uieot  de  l'univers.  A  la  oeaTelleds  leur 
rébellion  les  angea  Gdiles  furent  frappé» 
lie  surprise  et  d'indignation  :  tt,  pouF  (• 
firemiére  /oii»  fa  eiel  connut  ta  douhyr. 
Cependant,  avant  de  sévir  contre  les  cou» 
pa)»le3rl*Uemel  voulut  essayerrfe  les  foire 
rentrer  dans  le  devoir  par  la  dooceur  et 
la  perauasion:  il  leur  députa  donc  les  trois 
éiMnalioas  directes,  Brabms,  Vivhnou  et 
Atva^  qui  fh-eat  d'inutiles  effoits  pour  las 
ramènera  de  meilleurs  sentiments.  Alors 
Uiea  investit  Siva  de  sa  tout&'puissancc, 
et  lui  ordonna  de  cbasser  du  Swarga  les 
«Eourss  révoltés  et  de  les  plonger  dans 
l'abJoifl.  Biais  o'élail  une  entreprise  diili- 
cilu.;  et,  quoit^'elle  Qt,  l'année  entière 
des  dévaa  commandée  par  Indra,  ne  put 
|)srv«nir  à  la  réaliser  »  la  lutte  fut  ionguo 
et  acharnée;  i  la  fin  îfabecbâsoura,  méta- 
morphosé en  bufn»,  apràs  avoir  soulen» 
pemlaol  eeot  ana  ëes  combats  conti- 
nuels, v«inquil  hidra  et  les  -siens,  et  les 
«xpulaa  eusKiiéme»  d«a  Uemeums  céles- 
tes. •  (CuvBL,  Bittoire  dtt  vet\g,\9iu  liv. 
-1.  cb.  5.) 

Traditiont  cMnmier  dei  Tao-ne  aw  Valait 
idenlifiéei  atec  celhi  du  détuge, 
«'  Il  éclata  da'ns  1e  'ciel  une  l'évOllâr  dont 
Kong-Kong  fut  t'insligntenr  et  le  chef. 
Pour  rendre  l'univers  mitlhcureuir  il  excita 
te  déluge,  brisa  les  liens  qui  unissaient 
hj  cîol  et  la  terre,  et  accabla  les  hommes  di> 
laiildc  maux  qu'ils  ue pouvaient  lessuppor- 
ier.  Êaïuade  comiiassiun  pouf  les  souJraa- 


ces  de  la  race  humaine,  Niu-Va  déployiiej 
forces  toutes  divines,  nombattitKong-td» 
le  détit  entièrement  et  le  i^ass».  CbUbtIc! 
loire  dbtenue,  elle  rétablit  lu  miatre  point) 
cardioanx.  >  (Ci.&rKt,  Bitànreia  rell^Mt, 
liv.  n,Gh.i.) 

Traditiont  ektnoiteide»  Too-ue  nr  Ici«j|ii, 
ta  som/j  et  Iti  dtfnoni.  . 

«  Le  ciel,  la  terre  et  les  enfers  udI  pu- 
plés  de  génies  de  diverse  nalure.  liDiii- 
diatement  au  dessous  de  Cbang-TI,  os 
le  souverain  suprême,  sont  les  cir.u  Cbing- 
Ti  secondaires,  ou  les  esprits  des  élémenb, 
qui  président  aux  cinq  parties  du  ciel,m 
cinq  saisonadont  l'année  se  compo»,!» 
cinq  dynasties  qui  doivent  tour  ï  loit 
régner  sur  les  dynasties  du  milieu.'.... 

A  la  suite  de  ces  cinq  génies  vieiuieiil 
dans  l'ordre  hiérarchique, les  Atm,  ou siinQ 
c'est-à-dire  les  dmes  des  hommes  (\ai,fs 
de  pieuses  pratiques,  et  par  l'eiercindi 
de  toutes  sortes  de  vertus,  ontmériith 
retoorner  6  leur  source  divine.  Proslmib 
aux  pieds  de  Cbang-Ti,  ils  nsKecI  di» 
les  délices  d'une   éternelle  félicité. 

'  '■'  Êiifini  il  y  a  des  esprits  œilfiismli 
nommés  tehimoet,  lie-cMn,  et  plus  cqia- 
munémcnl,  ngo-kautl.  Ceux-ci  vivenl  « 
hostilité  continuelle  avec  les  boffliD»  H 
avec  les  chin.  Sans  l'intervention  des  lle^ 
niers,  ils  ne  manqueraient  pas  de  Iran- 
Wtr  les  airs,  d'cKiter  les  Tents  elleioit- 
ges. 

»  lis  eOrayem  l«  monde  par  la  tw"» 
site  d«  leur  nature  et  par  l'énormili  iN 
leurs  crimes.  Tel  firoce  tyran,  telle  «m* 
aux  conseils  funestes,  cités  avec  opproM 
dans  les  annales  de  l'empire,  n'élBi^n'^ 
réalité  que  des  ngo-kouei  déguis"'  ' 
fCuvBL,  Biitoire  des  religioni,  1"-^ 
eh.   4.) 

Tradition  de*  Eg^tUnt  lur  Sata». 

■  Le  principe  du  mal  «I  du  désordre  ^ 
Typhon,  frère  et  enneipi  d'Oairis.»  (Ciii" 
Biitoire  de»  retigioAé,  Ut.  h,  cb.  *.] 

TriuHHonë  du  3rend-Âvala  mr  In  i»$n 

■  Au  moyen  de  la  parole  (honover],  Ol 
muzd  fabriqua  l'univers.  D'abord  il  ci* 
son  imagosii  génies, nemoïés-lniKfi'wp" 
qui  entourent  son  trône,  qui  sont  ses  (H| 
nés  auprès  des  esprits  inférieurs,  anpreia 
hommes,  qui  lui  en  Ironsmeltent  lespnW 
obtiennent  pour  eut  sa  faveuretlui  sene 
eux-mêmes  de  modèle  de  pureté  et  «  p( 
fuction. 

■  "Orrnuïd  créa  ensuite  des  gôm«  J 
deux  sexes,  nommés  Ixedt.au  nomljft 
vingt-huit,  qui,  do  concert  arec  loi  e'V 
les  amschasfiands,  veillent  au  bonheoM 
pureté,  h  la  conservation  du  monde,  « 
ils  sont  les  gouverneurs.  Us  servent  p»" 
lement  de  modèles  aux  liooimes,  et  « j* 
dent  les  iulorprète»  de  leurs  vœuï  «^ 
leurs  |iriérce> 


UCTKKlffAmE  AI>OU>GETIQUE. 


(Ofnmi(Ier4»,eDoatre,  nn  irDi9ièro»or- 
^8  d'ctprils  pars,  inSoimefil  plus  nom- 
Imui  que  les  premiers  ;  n  sont  les  fé- 
nteri,  protDt>pes,  modèfes  de  (oin  les 
(iTMj  idéi'S  qtte  Je  premicr-né  du  temps 
un  bornes  coDSulie  loojours  avanl  de  pro- 
(Her  ï  la  formation  (les  choses.  Par  eux, 
tout  Tii  diDS  la  nature.  Us  sunt  placés  au 
Mtommedes  seolinolles  vigilantes  con- 
hAbrimaQe,eL  ils  portent  h  Ortnuzd  les 
rrJtmdes  hommes  pieui,  qu'ils  uroléxent, 

Slljptirjflenl  de  loatei  souillures  et  «ffran- 
iseol  de  tout  mal.  ^>  (GLAm,  Bistoin 
ImrtiiqwKt,  llr.  u,  cb.  1.) 

Iradillant  du  Zend-A^tla  nir  Satan. 
•  Firopposilion  à  la  lumiëre^b  Ormuzd, 
■fuirent  tss  ténèbres  ou  Ahrimane  le  se- 
■il-né  de  l'Eternel  ;  le  maiiTais  principe) 
IttHircede  loutA  impureté,  de  tout  vice, 
kieul  [nal.  Emané,  comme  Ormuzd,  de  la 
■MrcprjmitiTe,  et  non  moins  pur  que  lui, 
■iiaœbitieux  et  plein  d'orgueil,  Ahrimaoe 
)|ild«Tenu  ialoui  du  premler-né.  Sa  haine 
lun  orgueil  l'avaient  fait  contlamner  pat 
m  sujirËiQe  i  habiter,  pendant  une  p^ 
m  de  douze  mille  ans,  les  espaces  que 
wiire  aucus  rayon  de  lumière,  le  noir 
ftùrtdei  ténèbres.  »  (Clavil,  Aiifffin  dtt 
■|ini,liT.  iv,  ch.  j.) 

BidiiiMi  du  Zmd'Avttta  ntr  ha  (Umoni  et 
nir  leur  révolte. 

«hiiinl  (ja'Orrouzd  créait  et  disposait 
wrtowj  pures,  Ahrimane  ne  demeurait 
[Boii/f.fle  son  côté,  11  donnait  l'existence 
inciDiillitude  d'fitres  malfaisants  comme 
■L  Jai  sept  siQschaspands  il  opposait 
minki-4m,  destinés  &  paraliraer  leurs 
pni  pour  le  bien,  et  à  mettre  le  mal  &  sa 

iPonr  résister  aux  izeds  et  auï  ferouers, 
viinine  produisait  l'immense  cohorte  des 
^' qu'il  efaafgeall  de  réjtandre  dans  le 
Mêles  douleurs  i^jsîques  et  morales, 
Mmué,  ii  calomnie,  rivresse»  les  mala- 
*».  1»  piUTrelé. 

■fi  r  "iil,  en  outre,  das  génies  d'un 
Ht  inférieur,  auxquels  les  arcbideTS  et 
•"en  commamiaienl,  et  qui  eiécutaient 
■Péraenl  leurs  ordres. 
•m* deux  ertfalions,  céleste  et  infernale, 
"wt  aubof  ées  ;  mais  Ormuzd  régnail  en- 
«  jeol  sur  la  terre.  Il  s'était  écoulé  jus- 
►Jueui  périodes  de  trois  mille  ans  eba- 
■*-  Au  comnMDcement  du  Iroisiàme  Sse, 
*Hire  dans  la  eoura  du  septième  Jes 
«»  millénaires,  Ahrimane,  A  la  léia  da 
«K»  de»a,  Ut  invasion  dans  l'empire 
J^utd  et  iwvint  jusque  dans  les  cieiix. 
««f^n*,  éUit  si  lém<3rBire,  iiue,  dès  tes 
"Weri  pfli,  l'arma  àt»  ders  s'arrtta,  et 
P*Knra«ia  lui-ai«Bia  ne  pnl  se  défendre 
^  •*'*»*f«aBt  de  erainte.  Néanmoins, 
"*  M  forme  d'un  serpent,  ii  s'élança  du. 
iml'  '','<*"•  pénétra  jusqu'au  contra 
«wre  ptioète .  s'iusiiiua  dans  tout  ce 


flQ 'elle  contenait;  dnns  le  taureau  primor- 
dial où  étaient  déposés  les  gi;rmes  de  toute 
«ie  orKaniqne,  qu'il  altéra;  dans  le  feu,  ce 
^ymbofe  visible  d'OrRnuzd,  qu'il  souilla  par 
]é  contact  de  la  fumée  de  la  tetre.  Après  ce 
premier  succès,*  Ahrimane  et  les  siens, 
seolant  grandir  leur  courage,  s'élanceront 
de  nouveau  vers  leciel,  répandant  do  tous 
calés  l'impureté  avec  les  ténèbres.  Hais  ce 
triomphe  du  mal  fut  de  courte-  durée.  Ue- 
vena  bientftt  de  la  surprisa  où.  l'avait  jeté- 
celle  agression  soudaine,  le  premier-ne  du 
temps  sans  bornes  réunit  autour  do  lui  les- 
amschaspands,  les  iteds,  1er  ferçuers,  les 
hommes  justes,  et,  avec  l'dide  de  cette  in- 
nombrable armée,  ii  refoula  l'ennemi  daiis 
tes  profondeurs  de  Douzakb,  après  uû  com- 
bat de  quatre-vingt-dix  Jours  et  d'un  nom- 
bre égaf  de  nuits.»  [Clavel,  Bûtoire  dn 
rtUgiont,  lir.  ir,  cIk  1.} 
Traditiont  d»  tinteUme  japùnaie  tur  le*  o»- 

gei,  Ut  sainte,  lei  démons,  la  ehult. 
-  m  Les  atpl  Kamis  sont  les  esprits  céles- 
tes, s 

.  «  Le  ciel  est  peuplé  d'autres  sin,  qui  ne 
sont  que  des  hommea  déifiés  pour  prix  de 
leurs  vertus  nu  de  leurs  exploits,  et  que  la 
nation  regarde  comme  des  génies  tutélaires. 
On  doune  à  ceux-oi  le  nom  général  de  sion- 
jr«->tn. 

■  Un  éuorme  serpent  enveloppe  de  deux 
replis  de  son  corps  te  tronc  de  I  arbre  du- 
quel toutes  choses  sont  issues  ;  deux  génies. 
Celui-ci  h  tète  de  chien,  celui-l}i  \  tCto  do 
cerf,  serrent  dans  leurs  mains  la  gueule  du 
S'irpeni;  Is  queue  du  reptile  en  contenue 
par  les  efforts  d'un  sin  et  de  deux  rois,  l'un 
desquels  a  quatre  visages.  •  (Clavel,  Bis- 
loire  des  religions,  lir.  ii,  ch.  s.} 
Traditions  des  Eddas  tur  les  démons  tt-sW' 
Satan. 
«  Indépendamment  de  tous  leurs  dieux, 
les  Scandinaves  eu  admettaient  plusieurs 
autres  dont  les  penchants  étalent  mauvais. 
Au  premier  rang  il  faut  placer  Loke,  le  cu' 
lomnialeur  des  dieux,  lesrand  artisan  des. 
tromperies,  l'opprobre  des  dieux  et  de& 
hommes. 

a  Loke  avait  un  beau  visage,  mais-sef  in- 
clinatiODS  étaient  inconstantes  et  son  esprit 
méchant.  Souvent  il  exposa  les  dieux  aux. 
plus  grands  péfila,.at,  cuaqiM  fois,  il  les  en. 
garantit  par  ses  artiâc0S;.il  avail  pourfemmo 
Signie,  qui  était  aussi  cruelle  que  lui  ;  de 
celte  union  naquireut  Nare  et  plusieurs  au- 
tres Dis.  Loke  eut  aussi,  do  la.  géante  An- 
Ïerbode,  trois  redoutable»  enfants  :  le  loup 
«nris,  tu  grand  serpent  de  Midgard  ((»  de- 
meure du  milieu),  et  Héla  (h  mort).  Celte 
fbmille  de  mauvais  esprits  se  complétait  par 
les  géants  et  les  nains.  ■  (Cuvel,  Biitotn 
des  religions,  lir.  iv,  eh.  S.) 

Traditiont  du  ckamaniime  tur  lu  ongti  tt  les 

saints. 

'  I  Suivant  les  prêtres  du  oliainaiitsuB«l'£* 


fôl 


KU 


MCTHWNAIftE 


Ire  si)|>r6ino  a  parfafti  le  gouvAroement  du 
monde  et  la  direclioii  des  destinées  de 
l'homme  entre  ua  grsod  nombre  de  dieux 
inférieurs,  bons  et  mauvais:  les  premiers 
obéisseni  direclemeot  k  ses  ordres;  les  der- 
niers dépendent  du  chef  appelé  Boun  pap  les 
Tongouses  et  Kanoa  par  les  Kamtchadales. 
Cette  espèce  de  Satan  supérieur  occupe 
\v  premier  rang  après  la  Bifinité  univer- 

selle 

;■• 

«  Outre  ces  divers  esprits,  les  cbaaiaas 
vénèrent  encore  leurs  aïeux,  leurs  héros, 
et  les  orèlres  défunts,  comme  autant  de 
saints  Joui  les  dieux  se  serTenl  en  qualité 
de  conseillers,  et  qui  intercèdent  auprès 
d'eux  en  faveur  des  vivants.  »  (Ci.*tbl,  Ai'a- 
toire  dtt  rtUgiotu,  lir.  ii,  ch.  a.) 

Traditions  dei  Slavet  lar  Ut  anga  et  Ut  dé- 

tRfffK. 

«  Aa-dessoas  de  toutes  les  divinités  les 
Slaveâ  plaçaient  des  génies  de  différentes 
sortes.  Le  domotroî.  que  tes  Polonais  appe- 
laient Numiia»  el  les  Moraviens  Stlok$, 
lilaienl  des  esprits  domestiques. 

H  Les  goslos  élaienl  des  esprits  malfai- 
sants. Un  d'entre  eux,  Harovit,  qu'on  nom- 
mait aussi  Kikimora ,  était  represeDté,8veo 
une  tète  de  lion,  des  bras  ramassés,  couverts 
de  plumes  et  d'écaillés,  el  une  longue  robe 
il  tleur5.  »  (Clavel,  Histoire  des  religiotu, 
liv.  IV,  ch.  3.) 

Traditiont  dtt  Slavet  sur  Satan.    *"™" 

■  Czernobog  (le  dieu  noir),  ou  ZIelog  (le 
dieu  malfaisant),  répandait  parmi  tes  hommes 
l'infortune,  la  douleur  et  la  misère.  On  le 
ligiirait  sous  lafbrme  d'un  lion  debout  prêt 
il  s'éluncer  sur  sa  proie  et  entouré  des  ima- 
ges de  la  mort.  On  lui  offraiL  des  sacriiîces 
sanglants.  »  (Clivbl,  Biitoire  dtt  redgiontf 
liv.  ir,  cb.  3.) 

Traditioiu  dei  Péruvimt  tur  Satan,    f^ 

■  Ils  opposaient  au  dieu  suprême  Cupaï, 
esprit  méchant,  auteur  du  mal,  dont  ils  ne 
pronongaioitt  le  nom  qu'avec  tous  les  signes 
d'un  profond  mépris.  »  (CLiria,  Bittoir§det 
ritigtont,  lir.  m,  ch.  6,] 

Tradition  dtt  Virginieni  tur  Satan. 
1  Le  mauvais  génie,  disaient-ils,  se  préoc- 
ciipail  essentielTemeni  des  choses  de  ce 
inonde;  it  se  plaisait  6  enfanter  tous  les 
innui,  i  bouleverser  l'ordre  de  la  naiure.  » 
(Clavbl,  Bitloire  det  rtHgiont,  lir.  iii, 
•ih.  S.) 

Tradilivni  des  Eliront  et  dtt  Algonquint  tur 
^      Ut  ange  t. 

■  Ils  pensaient  que  tout  homme  avait  un 
génie  lulêldire  qui,  à  l'exemple  de  nos  an- 

Ïjea  ganlicDS,  l'averlissalt  de  ce  qu'il  devait 
■ire  et  de  ce  qu'il  fallait  éviter.  Ces  génies 
étaient  appelés  okki  par  les  Huroiis,  mam- 
(ou  par  tes  Algonuuins  et  par  la  plupart  des 
autres  peunltis  de  cette  région.  Chaque 
guerrier  adoptait  un  symbole  qui  repré- 
MDlail  i  ses  yeux  H  mtujilou  jirolcctcur. 


APOtOGETIQUE.  DU  {jj 

Il  s'adressait  k  lui  dans  les  antrsfirisu  pé- 
rilleuses, ou  lorsqu'il  amliitionDiit  qnctqu 
faveur  particulière.  »  (Cutsl.  Aitiiirt  fa 
religiofu,  liv,  m,  cb.  5.) 
.  -^  Traditiont  det  Fhridieia  iw  Solm. 
•  Ils  croyaient  aussi  i  l'eiijtence  il'oa 
manvais  génie  appelé  Toia,  qui  eontntiiit 
sans  cesse  les  desseins  bienfaisants  de  ti 
Divinité.  >(Clatbi..  Eittoirt  dtt  rctigiMt, 
liv.  III,  cb.  ».} 

Traditiont  det  Tapuyai  sur  Salât. 

■  Ils  adoraient  un  génie  inilIéisBni  ip. 
pelé  Boneha,  qui  commandait  i  d'iairti 
génies  de  même  natare,  et  qui  voulait^ 
imploré  avec  mystère.  Toutefois,  il  stu^it 
se  jouer  des  prières  et  des  vœui  qui  Iil 
étaient  adressés,  et  le  caprice  seol  M  le 
mobile  des  faveurs  et  des  grkei  qallK- 
cordait.  »  (Clatel,  Bittoirt  du  rdijii^ 
liv.  Hi,  ch.  7.) 
Tradition!  det  Caraibet  sur  let  oiijrctSlii 

àémont. 
ïï  ■  Absorbée  dans  la  jouissance  de  tw 
bonheur  ineffable,  la  Divinité  suprétna éljii 
indifférente  i  la  destinée  de  son  ffUTn,rt 
ne  songeait  pas  même  h  punir  les  oflttim 
dont  elle  pouvait  être  l'objet  de  la  pirldes 
mortels.  Elle  avait  abandonné  le  gouTeme- 
ment  de  l'univers  à  des  dieux  stcondiirti 
ou  génies,  d'instiDcIs  ai>posés,  qui  si  li- 
vraient des  combats  perpétuels.  L«  m 
appelés  chement,  étaient  essentiellenital 
bons  ;  ils  pourvoyaient  à  tons  les  Itsam 
des  hommes  et  les  protégeaient  conlrelH 
attaques  que  leurs  adversaires  dirigeaient 
sans  cesse  contre  eux  ;  les  autres  Domioà 
mcÂoyat,  ou  ximei,  sa  plaisaient,  la  coo- 
traire,  à  répandre  tous  les  maux  danili 
monde,  d  soulever  les  tempêtes,  i  liaccrlt 
foudre,  à  enfanter  les  épidémies,  la  diseli* 
et  mille  autres  fléaux.  »  fCLàTKL.  Biuvn 
det  religioHt,  liv.  m,  ch.  6.)  , 

Traditidnt  dtt  tauwaget  de  la  CtlomiU 
tur  Satan. 

«  Le  mauvais  principe  qu'on  appelle  H 
Yrocan,  on  Onattpa,  ou  Jo1okiaiuo,ié\vi* 
à  nuire  aux  hommes,  k  rendre  les  boisdf 
serts  et  la  terre  stérile.  »  (Glatbl,  BMef 
drt  religioni,  liv.  m;  ch.  6.) 

Tradition  det  7uainamA(M  tur  Ut  enjti, 
Satan,  Ut  dfmont,  riMmorinliii.  j 

■  Les  bons  génies,  aiioïaneuës,  dépn 
daieni  directement  deXupa;  ilséUientlt 
exécuteurs  de  ses  décrets  souverainï,  IJ 
instruments  de  sa  bienfaisance;  cétiirt 
eux  qui,  saivant  les  besoins  de  !■  terre 
dissipaient  les  nuages  qui  JnterceptaieolK 
rayons  du  soleil,  ou  faisaient  tomber  H 
rosées  ou  les  plaies  fèeoodaoïej-  I^ 
oniaoupins  ou  mauvais géDies,Bvaieiiip("< 
chef  immédiat  Géropari.  Ils  répandaieni  i 
stérilité  sur  tas  campagflss ,  faisaient  m' 
les  maladies  et  tous  les  autres  Béaoi  q< 
affligent  l'iiumanilé. 

a  Les  TupinamboB  croyaient  k  uoa  " 


mCTlONNAIRB  APOLOGfiTIQIIG. 


DEU 


EiâUM*  àa  Unem  pnMir«  nr  l'erairira  im'lb  e*eF< 
niettBrlulKMMiaAvtat  I*  (enue  daIeau*-Cbrat 
tiHCliccsaitlDD  mfrïculeiue  des  ondea  ileputeb 
fgUciUin  de  L'Ennglle. 

•  E(  qno  IcMu  colKnr,  publicain  deoram 
open  Beno  MMit  ;  neqne  mirvm,  si  tin 
Mollit  «nnispeateclvilasTexatureum  Mxtn- 
bpiat  et  altl  dit  lODge  alulDt  ib  ea.  > 

(PMFm.  apod  Eon*.  Fr«)>.  ».,  llb.  v, 
op.  1.) 

I.  -  Si  la  démon  a  pa  exercer  quelque 
pouvoir  sur  les  hitannes,  c'a  élé  ou  snr  la- 
cerps  par  (tes  mBladies,  ou  sur  l'esprit  pdr 
M  impeslares. 

Cm  nn  lait,  les  hommes  instruits  par 
une  Irtdition  presque  aussi  sneibnne  que 
If.  inonde,  ne  doutaient  nullement  de 
Teiiilence  des  déœons,  non  plus  que  de  leur 
{«utair.  Avant  lésus-Chriattous  lesjiaïens, 
t'ïU-ï-dire  tous  les  huoames  qui  n  étaient 
fifjaifs.  regardaient  les  dénions  comme 
•rsdJTiDÏiés  subalternes,  qni  avaient  Iftdi' 
ndioD  des  choses  humaines,  et  Hânaodre 
ki  appelle  dans  celte  idée  Hvn^uytl  ts6 
Sm,  comrae  on  diroit  Guidtt  aertli  dtM 
loiifflu  dant  la  çarriire  de  la  vie.  Aristote 
ftwi  fu'iV  faut  réduire  tout  i  vue  leult  lub- 
UiiMt  pTimilive  el  i  plutieurt  mbttanctt 
tthtrionnJu  qvi  fouvtnmt  tout  eilti  (H c- 
ti|<h.iiLi.  UT,  c.  8,  p.  lOOe.  Edit.  Paris,  1629). 
Tdtiiit  sans  doute  le  démon  do  Socrste, 

iiuii(esique  le  fait  soH  réel,  comme  l'ont 
(nites  savants  r  iD^rne  trés-peu  crédules, 
if'i  qoe  Uclero  (  Bibt,  ckou, ,  t.  XXII. 
f>.4«,i.  XXIII,  p.  236),  et  d'autres,sur  la 
Mi  d*  Platon  et  de  XénopTion,  fliseiptes  de 
ngrind  pltMosopbe,^  qui' assurent  que  son 
^on  ou  son  t>ut>  génie  ne  IVivail  jemai» 
rwKéàrieo,  nMis  le  dissuadait  de  tout  ce 
fol  pouvait  lui  être  nuisible.  \H  ajouleot 
^epar  ses  secrets  avis  il  avait  préservé  et 
>iii  eues  amis  de  bien  des  malheurs,  ettjue 
<«utqui  na  le»  avaient  pas  suivie  areiefit 
M  coBtUflimeot  siijel  de  s'eit  repentir. 

Les  Juifs,  qui  joignaient  k  la  trsdi- 
IîodIvs  lumières  des  éorila  sacrés,  étaient 
plut  portés  k  regarder  les  démons  comme 
^e  mauvais  ef'prits  auxquels  Dieu  per- 
iwiuit  de  punir  les  hommes,  en  les  sf' 
hgaiiH  par  diverses  maladies.  Ces  mala- 
die* étaient  réelles,  et  semblent  avoir  été 
Has  fréqventes  dans  les  temps  de  Jésus- 
tliriii  :  ce  qD«4Dieu  permit  peut-être  pouc 
toofondre  le  sadaeéisme  chez  le^  JùiTs  , 
iiliihéisme  d'Epicore  lurmi  les  païens,  et 
pour  éloigner  ou  affaiblir  <iu  moins  dimx 
ptod*  obstacles  capables  de  retarder  le* 
KDgrtt  de  ilivengile.  Il  est  visible  d'ail- 
IminqM  Âiva  le  perniil  pour  répandre  pi»s 
rfMlMiur  Ib  niniflère  de  son  Fils,  liesl 
tOHitotuueNotre-Seigneurgui^rilun  graud 
iuubre  de  ees  sulades,  de  l'aveu  même 
^t  iuits,  qui  disaient  qu'i/  thaMtait  Uà 
iiidiiu  ptrBeth^uth  firinee  du  diabla.Oa 
«'iilhQGore  les  71  disciples  levenir  pleins 
lia  joie,  tu  disant  i  Jésus-Christ  :  Seigneur, 

'tt  dc'moiu  mtmii  nout  iot^t  asiujeltu  en  vo- 


tre «em  (lat,  x,  18.)  On  ToM  aussi  les  apd- 
Ires  tantôt  délivrer  les  hommes  de  la  puis- 
sance de  ces  esprits,  tantôt  leur  livrer  des 
coupables,  comme  aox  exécuteurs  de  In 
vengeance  divine.  C'est  ce  qu'indique  ce 
fameux  anathème  de  saint  Paul  contre  t'in- 
cestueox  de  Corinthe  (/  Cor.  r,  4et5): 
Youi,  H  mon  ttpril  ilatU  atiembléi  au  nom  ie 
f{olre-S»igntiir  Jésuâ-Chriit,  avec  la  puittanee 
de  Notre- Set^eur  Jéeue-Chriet,  j'ai  déjà 
jvgé,  comme  lif  était  prêtent,  ^ue  aeltU  qui  a 
eommii  une  Mie  action  toit  livré  à  SataUt 
afin  que  ta  chair  leit  détruite,  el  que  ton  âme 
eoil  sauvée  a»  jour  du  Seigneur  Jetue-Chriet, 
Ces  termes  livré  à  Salan,  etc.,  onl  élé  ex- 
pliqués per  de  ssges  interprètes,  mie  dant  la 
puitsanee  du  diable,  peur  être  tourmenté  et 
affligé  par  dtt  maladive. 


Au  reste,  pour  nier  que  les  démoniaque» 
oui  furent  guéris  par  Jesus-Chrislet  tiar  ses 
disciples  étaient  réellement  possédés  du 
melin  esprit,  il  hudrait  nier  absolument 
tous  tes  Evangiles.  Les  auleers  de  ces  saint» 
livres  7  évitent  soigneusement  tout  ce  qui 
eAt  pu  donner  lieu  de  croire  que  ce  n'étaient 
que  des  maladies  d'un  genre  ordinaire;  et 
il  De  paraît  point  que  les  anciens  chrétien» 
aient  mis  dans  ta  classe  dos  démoniaque» 
les  fous,  les  épilepliques.  ou  les  personne» 
travaillées  d'une  DOire  métanoolie. 

On  voit  d'ailleurs  dans  les  livres  sacrés 
les  démons  contestant  avec  J^sus-Christ  pnr 
la  bouche  des  démoniaques.  Qu'avone-noue 
i  faire  avec  vouf,  Jéiut,  Fils  de  DieuT  Etet- 
voue  venu  ici  pour  noue  lourwienfvr  avant  Ir. 
tempt?  [Uauk,  vin,  29}  Quavone-nout  à 
faire  atee  vaut,  Jétue  de  Nazarel\f  Etei- 
toui  eniu  poar  nous  dArut'ref  Qu'ai-je  à 
faire  avec  tout,  Jéeut ,  File  du  Trie-Baut  T 
A'e  me  tourmentex  point,  je  vous  prie.  {Luc- 
TU,  28.) 

De  telles  plaintes  ne  pouvaient  être  attri- 
buées au  malade  délivré  par  Jésus-Christ 
qu'en  supposant  que  te  démon  forçait  se» 
organes  k  les  exprimer,  Los  termes  que 
aaint  Marc  (ix,  35)  emploie  dans  l'histoire 
de  l'cnfenl  possédé  ,  Alart  cet  eepril  ayant 
j£lé  un  grarùi  cri  et  l'ayaM  açité  avec  beau- 
eoup  de  violence ,  en  eorlil,  joînl  h  ce  que 
Motre-Seigneur  ajoute  (r.  28),  Que  cette 
torle  de  démon  ne  pouvait  élretkatté  quepar 
h  prière  el  par  le  jeûne;  tout  cela,  tiis-je, 
ne  laisse  aucun  doute,  ni  sur  le  pouvoir 
tiercé  par  les  démons,  ni  sur  la  pui^Ancer 
divine  qui  les  chassait  des  corps  dont  il» 
l'étaient  rendus  maîtres. 

C'était  déjk  beaucoup  que  les  malins  eS' 
prit»  eussent  reçu  la  permission  d'adligerl» 
corps  des  Iromme»  :  maia  était-il  ea  leur 
pouvoir  d'influer  sur  leurs  peoaées.de  car* 
rompre  leurs  comirs.  et  de  les  entreteer  par 
leurserliëces,  on  k  l'idolltrie,  nu  eu  orimeT 
Je  sens  combien  il  est  délicat  de  toucher 
k  ce  genre  de  séduction,  k  cet  empire  secret, 
qu'on  0  souvent  attribué  au  démon,  cl  qui 
sembla  n'avoir  été  imaginé,  ou  porté  «i> 
delà  de  ses  légitimes  bornes,  que  pour  cou- 
vrir le  Iionlous  abus  de  la  liberté  t  mais  t( 
y  0  up  aHjIre  étueit  non  «oins  Jwigorcuxy 


taê  DEH  IMCTKKVUIRE  APMAKETIQUE.  DEM  ««( 

«t  il  r«ut  qu'il  Mit  bien  digne  de  noire  at-  d'autres  synonymes,  s'ils  ne  doqs  peigniai 

teiition,  puisque  c'est  Bayle  qui  oous  l'iu-  pas  les  arliBces  qui  ont  été  laîuësiu  pou- 

dique.  La  rahon,  4it  ce* philosophe,  fournit  Toir  du  diable  puur  altaquer  rinuocBDia  d« 

de  forlu  difficuUét  contre  Vimpire  dw  cfio-  l'homme,  lanlfit  par  les  atfraits  de)  ptiisb, 

Ut,  fondées  avr  ieg  nolionê  qne  t'oa  a  de  la  tanidt  par  l'éclat  de  l'or,  d'autres  fois  pir  le 

tayeiieet  de  l»  bonli  deOieu:  mai*  c'ett  une  relief  de  l'autorité  et  des  distinctions.  Si  le 

entreprise  fort  ténéraire,  pour  ne  rien  dire  démnn  a  eu  l'audace  de  préseoler  su  Flli 

de  pit,  que  de  «ou/otr  accorder  avec  l'Ecri-  de  Dieu  mCnie  la  pnmpe  des  royaumes,  ill 

ture  la  rti'xtion  de  tout  le  pouvoir  du  diablt  a  osé  se  flaller  de  le  séduire  h  lafaTcurde 

(V.  $on  Diction,  au  mot  Rufgieri,  aot.  D.);  l'jiumsDilé  qu'il  a?ait  rerëlue,  quel  fond 

et   lorsqu'il  parlp,  en  divers   eudroits   du  n'a-l-il  pas   dâ  faire  sur  nos  passions,  lut 

môine  ouvrage,  des  moyens  par  lesquels  les  notre  ignorance,  sur  notre  faiblesse  T  El  li 

espri<3  bons  ou  mauTais  se  communiquent  de  simples  mortelii  ont  queiquefoii  laol  de 

sus  hommes,  et  en  particulier  des  appari-  facilité  à  nous  corrompre  par  les  nises,  lei 

lions  et  des  songes,  oa  est  surpris  de  le  pièges  et  les  dégaisements  de  leurœiiict, 

«oir  ébranlé  et   avuuet*  que  de  tels  faits*  quel  STanlage  n'auraient  pas  surlesbom- 

dont  l'univers  est  tout  plein ,  embarrassent  mes  ces  esprits  déchus,  qui  joindraieni  l 

{lias  les  esprits  forls  qu'ils  ne  le  témoignent-  un  cmur  envenimé  pour  oolre  perte  (9îS), 

lest  étonnant,  à  la  vérité,  que  des  gens  qui  toute  la  supériorité  de  l(;ur  génie! 
sedonneDijpour  philosophesse  laissent  per-        Que  s'il  leur  a  été  permit  de  niettreï 

suader  de  faits  qui  sont  peut-Atre  autant  de  l'épreuve  la  raison  humaine,  oa  de  l'affui- 

j'ables,  tandis  qu'ils  rejettent  sens  hésiter  quer  par  leurs  prestiges,  si  ces  malbeureut 

les  mystères  et  les  miracles  de  la  religion  esprits  font  leurs   délices  des  erreurs  a 

chrétienne.  Jfaùiditle  Clerc,  dans  le  JraiV^  de  Is  corruption  du  genre  humain  ,  quel 

de  rineréduUié  (part,  i,  ch.  1,  p.  321,  let  in-  plus   beau  champ  pouvaîent-îls  avoir  que 

crédulee  y  ajoutent  fui,  pendant  guUerefu-  dans  le  paganisme,  d^6  peul<èlre  leur  ou- 

unt  de  croire  l'Etangile, parce  que  ce$  sortei  vrage?  Et  où   pouvaient-ils  mieut    placer 

d^opiniont  n'ont  aucun  rapport  avec  la  eon-  leur  art  détestante  qu'à  soulonir  une  reli- 

duile  de  la  vie,  et  ne  sont  nullement  tneom-  ligion  oui  justiHail  le  vice  par  l'eiemple    ' 

patiblei,   comme  la  morale  chrétienne  ,  avec  même  de  ses  dieux  T 
Uurt  mauvaieti  habitudea.  Pour  appuyer  une  telle  reliçron  que  \<ot- 

Le  savant  Gérard  Vossîus  (Epitt.  dt  Py-  valent-ils  imaginer  de  pins  imposant  que 

thoniua  Saulit),  dit  avoir  souvent  remar-  l«s  oracles  oui  annonçaient  la  volonté  on 

que  que  cens  qui  niaient  l'opération  des  dieux  et  la  destinée  des  hommes,  dans  dei   ' 

mauvais  esprits,  ou  faisaient  peu  de  eau  de  temples  magnifiques,   avec  tout  l'appireil  ' 

l'anlorilé  des  saints  livres,  ou  en  avaient  des  mystères,  et  de  ce  qui  a  coutume  d'io-  ' 

peu  de  connaîsaanee.  En  effet,  outre  qu'il  spirer  une  vénération  religieuse, 

fiaudrait,  pourautoriser  cette  négative,  nier  ><  Mais  tout  ce  faste  consacré  couvrait  de*  j 

riiistuire  de.  lA  tentation  du  premier  hom-  botreurs  dignesde  la  religion  qu'il  appuyaiit  I 

me  [Gen.   m,  15}^  et  de  celle  de  Jésus-  at  les  oracles  en    particulier  aulorisaieni  \ 

Christ  (Matth.  iv,  1),  quand  nous  lisons  la  tant  de  crimes,  qu'il  ne  semblait  pas  queli 

parabole  du  semeur,  où  nous  voyons  ces  dépravation    humaine  eût  pu  suffire  pour  ' 

termes  formels  ;  L'ennemi  gui  tème  Citraie,  les  foirer.  On  est  frappé  de  voir  que  rei  | 

c'est  le  diable  (ifo^lA.  xiu,  39),  ou  ces  paroles  oracles  qu'on  disait  venir  du  ciel  exigeaient  ; 

de  saint  Pierre  (/  Pttr.  v,  bJ  :  X<  diable,  des  victimes  humaines,  admettaient  dam  ' 

votre  ennemi ,  tourne  autour  de  vous  comme  les  temples  les  impudicités  les  plus  moits*  ; 

un  lion  rugissant,  cherchant  qui  il  pourra  dé-  trueuses,  enseignaient  la  magie ,  incitaieni 

vorer:  et  celles-ci  encore  :  Simon,  Simon,  aux  guerres  et  aux  séditions,   déeernaiebl  : 

Satan  a  demandé  à  te  cribler  eomwu  le  blé  :  les  honneurs  divins  è  des  scélérats,  ineul'  ' 

mais  foi  prié  pour  loi,  que  ta  foi  ne  définit  quaieut   le  dogme  d'un  destin  aveogleet  | 

pejnf  (£h«.  XXII,  31}  ;  lorsque  oous  pronoo-  inévitable,  principe  affreux  qui  renrerse  , 

fons  l'Oraison  Dominicale  :  Délivrex-nous  toutes  les  lois,  autorise  tous    les  crîmesel 

du  matin,  ou  que  nous  voyons  Satan  entrer  ruine  toutes  les  vertus  parmi  les  hoiniDes. 
dans  Iscarieth  (Luc.  xxii.  S),  ce  qui  est  et-         C'est  ce  que  Eusébe ,  Clément  d'Aleian* 

Îrimé  ainsi  par  saint  Jean  (un,  2  et  27):  drie,  Tbéodorel ,  Orîgëne,  Atiiénagore  éta* 

e  diable  ayant  mis  dans  le  cœur  de  Judas  blissent  avec  la  dernière  force,  et  c'est  sut 

Istariolk  te  dessein  de  trahir  Jésus-Christ,  ees  fondements  que  le*  anciens  ebrétieDS, 

etc.;  si  nous  aioutons  la  manière  dont  le  les  auteurs  ecclésiastiques,  et  générale- 

dteigpe  saint  Paul  0pi«».  ii,  2)  :  Le  prinet  ment  tous  1«  Pères  de  I  Eglise  ont  reeonxi 

du  puisian€m  de  tmr,  eit  esprit  qui  ofit  le  démon  pour  l'auteur  de  l'idolâlrie  «I  <1« 

dasu  lesrtbttks;  ou  eoiBroa  l'exprime  saint  oracles  en  particulier.  Tous  ont  cra  et«^ 

Jean  (7  Joau.  j,  19),  en  parlant  de  celui  qui  sei^né  que    les  démons  s'étaient,  emparés 

est  né  dt  IHeu...l€  malim  esprit  ne  le  touche  des  temples  où  se  rendaient  ees  oradts. 

peJK/,  quesigoifleDltouioespassagesettant  pour  soutenir  plus  efficaeemeot  KidolUn* 

OM)  U  lariRuge  des  Pères  en  Ici  d'aicord  avec  Dieu.  »  fCïPRu».,  lib.  De  idol.  eanii.)  El  mîbi  J^ 

eoel  de  rEcriUrtf.  «  Cet  esprits  perdus,  dit  saiirt  dit  :  <  l.>iicien  serpent  qui  est  appelé  diajite  ei  »- 

Cvprica,  m  cessent  de  Invailler  i  perdre  les  hom-  lan,  qui  séduit  tout  le  monde, flil  précipiic,  >  O^ 

mm,  <■  In  détouruni  du  vrai  eut»  qui  est  dt  à  {ipce.  xn,  9,  et  ».) 


m  Kl  THCTMNNAiRE 

au  pr^udica  du  culte  dn  Tmi  Dieu,  et  (]ue 
sins  élre  capables  de  prédire  l'aveoir,  il 
éuit  ds  leur  pouioir  de  Taire  illusion  aux 
hommes  par  ues  réponses  captieuses  et  par 
du  preslifies  (030). 

A  la  vérité,  ils  ne  croyaient  pas,  comme 
la  leur  imputaient  par  erreur  Van  Dale  et 
FoDtenelle,  que  ces  oracles  fussent  ren- 
doi  par  des  idoles  en  vertu  d'unpouvofr 
BUgiqoe,  mais  par  des  prêtres  et  des  prô- 
Iresses  inspirés  de  is  prétendue  fureur  re- 
ligieuse parles  démons,  nuteurs  des  su- 
perstilions  et  des  fuui  mirncles  du  paga- 
pisme.  Théodoret(/ii{n'prrf.  tn  ptatm,  cxiii] 
l'en  eipli^ue  foriDelleraenI,  de  môine  que 
Aihênagore  (Apolog.),  Loclance  (II.  18),  ni- 
RDlius  Félix  [inOclavio),  Tertullicn,  etc. 
(tu  ipotog.),  è  quoi  saint  Augustin  (lib.  Dt 
airml.  dam.)  ajoute  que,  quoique  ces 
oncles  ne  fussent  que  mensonge  ou  que 
conjectures,  ils  D'éiaient  pas  inoius  leur 
tuTrage. 

La  rapidité  arec  laquelle  on  jugeait  que 
CM  êtres  pouvaient  se  transporter,  une 
(onoaissanee  plus  inlîme  6es  signfs  eslé- 
ncurs,  une  pénétration  rasie  dnns  la  com- 
biniiion  des  choses  humoines,  pouvaient 
let rendre  capables  d'opérer  de  pareils  pro- 
diget. 

,  Kiis,  outre  les  motifs  que  tes  Pères  ti- 
ntent de  la  nature  de  la  religion  païenne 
ddc  celle  des  oracles,  si  projires  à  accré- 
dite In  erreurs  les  plus  grossières,  ils  foii- 
iiiMl  leur  crojance  sur  l'autorité  dts  li- 
"w  ïrinement  insjiirés.  Nous  y  voyons 
wiemeiilioD  fréquente  de  l'esprit  de  Py- 
i^n,(|es  pytlioiiisses  et  (i^s  oracles  révérés 
cliei  les  peuples  de  la  Palestine,  tous  sem- 
blaliles&ceiis  de  la  Grèce.  Dieu  avait  fait 
une  défense  formelîe  d'y  recourir  [Deuter. 
irm,  10  et  If)  z  Une  se  trouvera  purmivout 
firiouE  çuï  fane  pauer  ton  fili  ou  ta  fille 
f^  it  (eu,  ni  qui  contuUe  Vnprit  de  Python, 
■ilu  ûnini  (ira.  vin,  19).  Les  prophètes 
(u  avaient  fait  k  la  nation  juive  un  fréquent 
«ijttde  reproches. 

Uais  quand  on  regarderait  tous  ceux  qui 
K 'aillaient  de  révéler  l'avenir  comme  des 
tjurlKs  et  des  imposteurs,  quand  ou  met- 
inil  dans  ce  rang  la  pythotiitie  (TEndor  'J 
"(f.  ixvni),  qui  parla  néaumoinssi  juste 
i  iiaiil  sur  sa  destinée  et  sur  celle  de  bon 
rojanme,  que  dire  de  cet  esprit  menteur 
quaUichée  (/  Reg.  xxii,  W)  représente  sa 
itnani  derant  l'Kttirnel  et  allant  par  sa  per- 
■uiuion  inspirer  de  faux  oracles  aux  pro- 
pliitej  d'Acnab,  pour  l'engager  au  combat  T 
jjuel  exemple  nous  peint  plus  distinctement 
'luHuence  des  démons  que  celui  d'Ochosias, 
niil'krvèl  [//  ileg.  i),  qui,  désirant  de  sa- 
'oir s'il  relèverait  du  sa  maladie,  lit  con- 
>uller  Beetzebutb  ,  dieu  d'Hekron  ou 
'■Acaroo,  le  même  que  saint  Uallfaieu 
("■<  ît)  appelle  Beelzebulh,  prince  des 


APOLOGETIQnE.  MW  Mt 

diables?  Ne  serait-On  pas  autorisé  ï  inférer 
de  ces  exemples  que  Dun-seulcment  les 
démoDs  induisaient  les  hommes  è  certains 
actes,  mais  encore  qu'ils  s'érigeaient  en 
divinités,  et  qu'ils  suggéraient  A  leurs  prê- 
tres des  oracles  propres  h  séduire  la  multi- 
tude. Ne  se  pourrait-il  pas  encore  que  dans 
ta  multitude  de  ces  oracles  auxquels  ori 
suppose  que  les  démons  avaient  quelque 
part,  il  s'en  trouvAl  de  vérilabies,  qui  sulli- 
saient,  quoiqu'on  petit  nombre,  pouratlirer 
la  vénération  6  tous  les  auti-es. 

Aux  exemples  dont  je  viens  de  faire 
mention,  ajoutons  encore  celui  de  l'esprit 
de  Pytbon,  que  saint  Paul  (Aet.  xri,  1U) 
chassa  du  coros  d'une  fille  devineresse 
et  qui  en  lortit  à  Pheure  même.  Il  paraîtra 
que  c'était  sur  la  fui  des  Ecritures,  tant  du 
Vieux  quedu  Nouveau  Testament,  que  les 
Pères  ont  cru  les  démons  auteurs  des  ora- 
clés  du  paganisme. 

On  est  moins  surpris  de  voir  les  Pères 
dans  cette  pensée,  lorsqu'on  a  vu,  en  un 
siècle  au»8i  éclairé  que  l'éiait  le  précédent, 
le  célèbre  Grolius  (Traité  de  la  vérité  de  la- 
religion  chrétienne,  p.  903  et  SOT)  établirque 
les  démons  pouvaient  opérer  des  ohosesqui 
tenaient  du  miracle;  è  quoi  il  ajoute;  Il 
était  jutte  que  Dieu  abandonnât  à  ces  illusions 
ceux  qui  dis  longtemps  refusaient  dt  l'ado- 
rer. On  sera  moins  surpris  encore  du  sys- 
tème dtfs  anciens  cliréliens  sur  le*  oracles, 
en  entendant  cet  aveu  de  la  bouclle  de  Pon- 
leiielle  (Jïiat.  dts  oracles,  chnp.  5,  édfl.  de 
Paris,  17^3,  p.  SMj  ;  Jamais  tes  démons  n'ont 
entant  de  pouvoir,  et  n'ont  fait  tant  de  ehoiti 
surprenantes  que  du  temps  de  Jésus-Christ  et 
de  ses  apàtrtt;  et  cet  autre  plus  formel  en- 
core :  Les  démont,  qui  cnt  sans  contredit  it 
pouvoir  de  tenter  les  hommes  et  de  lewtmdri 
des  pièges,  favorisaient,  aatant  qu'il  était  t» 
lux,  ierreur  grossière  dis  paient.  Des  es- 
firits  capobtes  de  tenter  les  hommea,  de 
leur  teniJre  des  pièges  et  de  faire  des  pro- 
diges, devaient-ils  avoir  plus  de  peine  A 
suggérer  des  oracles  qui  montrassent  leur 
pénétration,  quelquefois  vraisetd'tiutres  fois 
ingénieux  TKt  devait-il  semliler  plus  extraor- 
diunlrc  de  voir  les  démons  séduire  les  liom- 
mes  dans  les  temples  par  leurs  orsoli'S.quo 
de  les  voIrhabiierlecorpsdBsdémoniaquesi' 
ou  Se  jeter  dans  antroupeau  de  pourceaux? 

11.—  S'il  est  vrai  que  le  démon  eut  un  pou- 
voir si  préjudiciable  k  la  vérité  et  aux  mœurs, 
it  était  digne  de  la  majesté  de  Dieu  qu'il  CQ 
fi&t  enfin  dépouillé  avecéclal,  et  cette  révo- 
lution ne  pouvait  arriver  dans  un  temps 
Elus  convenable  qu'A  la  venue  de  Jésuo- 
hrist,  destiuée  à  ramener  sur  la  terre  la 
vérité  et  la  vertu.  Pour  détruire  l'empire  du 
diable,  tl  Aillait  renverser  le  pouvoir  et 
l'illusion  des  oracles. 

'  Dieu  lui-même  avait  aaaoncA  que  les 
hommes  seraient  éprouvés  par  des  prodigea 


<Kt)  (  Let  (UiBOH,  ditiii  Lac  lance,  offuiqueiit  ■  L'Evangile  n'eit  caché  qu'aux  incrédules,  aax- 

"  <inié  de  léûbre*  ;  iU  ateaglent  les  hommes,  ûe  quels  le  dieu  de  ce  siècle  a  aveusH  l'entendement, 

KiU'iltMrecounaiiSCOlleur  PéreelleurDieu.i  alin  an'ila  ne  soient  point  frappes  de  la  Splendciir 

a  qui  acmUeiil  priseï  de  II  Cor.  it;  3,  4  :  de  n^vanple.  * 


et  par  dei  nracIeB.  S'U  l'éllvt  au  milieu  de 
toi  quelque-prophète,  ou  quelque  rongeur,  qui 
faite  devaM  tôt  gus/juf  tigne  ou  quelque  mi- 
racle', H  me  ce  tigne  ou  miracU  arrive  ;  t'il 

le  dit  :  Aiton$  après  d'autriê  dieux ,   (u 

n'écouterai  point  leeparoleede  eeprapMteni 
de  ce  êongeur  :  car  VEtrmel  voire  Dteu  voue 
éprouve  pour  savoir  si  vous  nmet  VSlemel, 
de.  (Oeut.  XIII,  1.)  Mais  liG  uiâiRB  Dieu 
qui  attnonco  comme  une  éprouve,  des  pro- 
diges réels  ou  lelletueal  spécieus  qu'ils 
pussenL  aisi^meniétre  envisagés  comme  tels, 
dnigne  en  iDème  tempt  par  la  bonté  préibu- 
(lîr  son  peuple  contra  l'erreurt  en  l'avertis- 
sant da  caraclèro  dislincUr  auquel  il  pourra 
la  rewnnoitri;  ;  et  eoân  il  lui  prédit  la  ehule 
âciaianle  de  ces  prestiges. 

Ce  grand  événemenl  parait  avoir  été  an- 
noncé aux  bocunes  d'ane  manière  bien  for- 
nwlle  par  cet  oradt!  de  Zacharie  (ch.  xiu,  1, 
2):  En  ce  temps-là  ilvauraune  source  ouverte 
à  la  noieon  de  Daiiid,  et  aux  habitants  de  Jé- 
rusalem pour  le  pichéx  II  arrivera  auesi  en  ce 
temps  (dit  l'Eternel  des  armées]  que  je  re- 
Uraneherai  les  noms  des  faux  dieux  hors  du 
pays,  et  on  n'en  fera  plus  mention,  et  j'itérai 
aussi  liu  paj/i  les  prophètes  et  l'esprit  d'im- 
pureté. 

Nombre  da  témoignages  formels  rendus 
par  Nolre-Seigueur  et  par  ses  apâlrcs  répon- 
liani  i  celte  prophélîa  et  en  fixent  i'accom- 

EiîasamuDt  k  sa  venue,  c'est-i-dlre  i  l'éta- 
lissemant  de  sou  règne  par  la  prédication 
de  son  Evangile. 

Ainsi,  lorsque  les  soixante-douze  disciples, 
lui  reudantcomplede  leur  mission,  lui  par- 
lent de  oette  maniire  :  Seigneur,  les  démons 
tnimesnous  sont  auujettiiparvotrenom  {Lue. 
x,  17  et  80),  Jésusleur  répond  :  Je  voyais  Sa- 
lot  tomber  du  cieleomme  un  éclair...., pour 
nous  marquer  la  rapidité  desa  décadencepro- 
sbaine;  carpour  l'époque préetsn, quoiqu'on 
Iroave  dans  les  écrivains  du  Nouveau  Tes- 
laiaent  des  expressions  qui  tombent  sur  le 
passé,  le  présent  et  l'avenir,  elles  se  rdu- 
Dîssent  toutes  h  désigner  l'époque  dn  mi- 
Bistàre  de  Jésua^hrisI,  consommé  par  sa 
mort  et  par  son  ascension  dans  le  ciel,  C'eM 
dans  cet  esprit  qu'on  pcutcoocilisr  avec  te 
passage  de  situt  Luc  oeux  de  saint  Jean  : 
C'est  maintenant  que  le  prince  de  ee  monde  va 
être  ehoisé  Ucam.  xri,  ai];  le  prince  de  ce 
monde  ut  d^à  jugé  (Joan.  xvi,ll);  et  celui 
da  saint  Paul  [Bebr.  ii,  ih):  lia  participa 
comme  eux  aux  mène*  choses,  ajtn  de  détrutre 
par  la  mort  celui  qui  a  l'empire  de  la  mort, 
e'e§t-i-dire  le  diable  [Rom,  xvi,  SO]  :  Le  Dieu 
4iepaix  écrasera bieniit  Satansouivoi pieds. 
Jusqu'ici  on  voit  qu4  l'idée  du  pouvoir 
llosdéinoas  et  de  leurs,  artifices  dans  les 
DTAQles  est  fondé  sur  le  langage  de  l'Ecri- 
ture, et  qu'il  y  a,  h  cet  égard,  uoe  parfaite 
barmoni4  entre  les  ailleurs  sacrés  du  Vieux 
T«s|BmantelceuxduNouTeau:  les  premier* 
prédisant  la  cbule  des  démons  et  de  leurs 
oracles,  et  ceux  du  Nouveau,  autorisiîs  du 
iésus-ChristiiiJ^œe,  nous  en  marquant  t*é- 
(touueb  sa  venue. 

Il  est  vnii  q>ie  ce  lémoignago  perd  nue 


APOUWBTiQUGi  DQH  ■  ^ 

grande  partie  da  sn  force  pour  eaui  qui 
n'admetlenl  pas  les  livres  saints  comme d{< 
vinemeni  révélés,  quoique  dans  ce  cas  et 
dans   plusieurs  antres,  il  pùl  nous  solTira 

Sue  l'on  donafllaux  historiens  laGrésIemiise 
egrd  de  confiance  que  l'on  donne  tout  \t* 
jours  aux  hisioriens  profanes.  Hais  suppo^j 
que    ces  derniers  inspirent  moins  de  dé- 
Dance  h  ceux  qui  ne  sont  pas  encore  écliirét 
sufQsammeot,  nous  pouvons  en  tirer  du 
faits  qui  semblent  fortifier  la  preuve  deceite 
inâitence  surnaturelle  des  démons  dans  )u 
oracles  du  paganisme.  J'avoue  que  i'bistoire 
ffiurnit  peu  sur  cet  article  :  elle  manque  di 
cette  espi^ce  de  monuments  et  de  ces  tlélaiii 
circonstanciés  dans  lesquels  on  entre  1on< 
qu'on  prévoit  les   objections  et  qu'on  veul 
mettre  un  fuit  i  l'abri  d»  loute  coiitestiUoD, 
Maii  ce  soin  pouvait  paraître  superflu  aui 
aulriurs  paieiis  dans  un  temps  ou  leur  re- 
ligion était  dominante,  et  oil  les  oracles  qui 
la  favorisaient  avaient  pour  eux  la  cré^uu 
universelle^  Ce  que  nous  avons  lA-dessni 
des  hisLoriens  ou  des  philosophas  a  rooiui 
pour  objet  de  pronvcr  par  des  f:iits  cerlsidi 
sur  quels  fondements  les  oracles  les  nlus 
célèbres  élaiunt  en  possessiou  de  la  veoé- 
ration  religieuse,  que  de  dévorlac  Tiiiipot* 
ture  de  ceux  de  cas  0racle5,  qui,  après  avoir 
entraîné  le  respect  public,  avaient  été  e»< 
suite  honteusement  dégradés.  On  voit  par 
là  et  par  divers  traits  d'bisloire  que  lex 
princes,  les  magistrats  et  les  philosophes 
portèrent  leur  ailentiou  et  leur  examen  sur 
des  suporcheries  poreilles;  d'où  il  semblo 
qu'on  ait  lieu  de  présumer  que  ceux  d'enira 
les  oracles  qui  soulinreut  celte  éprau  vefureni 
ceux  qui  étoientaidé.s  de  l'artifice  des  mau- 
vais esprits,  Jusqu'à   ce   que    Jésus-Cliritt 
eiït  désarmé  leur  pouvoir;  après  quoi  les 
oracles  q^ie  l'on  vit   encore  ne  fureut  pluf 
que  des  imitations  frauduleuses  et  puremccl 
bumainea  de  ceux  auxquels  ie  Fils  de  Dieu 
avait  imposé  silence. 

Malgré  la  disette  da  ces  monuments  quo 
notre  curiosité  désire  et  surtout  de  faits 
d'un  tel  genre  qu'ils  ne  pussent  être  attri- 
bués avec  vraisemblance  a  aucun  agent  iiu< 
main,  voici  quelques  cas  rapportés  par  dei 
bistpriens  païens  dans  lesquels  ils  nous 
insinuent  que  l'incrédullé  des  personoet 
les  plus  déliantes  al  les  plus  propres^  faire 
respecter  leurs  doutes ,  fut  vaincue  par  des 
preuves  auxquelles  ni  eux,  ni  leurs  adhi- 
reutSt  n'eurent  plus  rien  h  opposer. 

Trajan,  pressé  par  ses  amis  de  consulfc 
l'oracle  d'Héliopolit  sur  l'expédition  qu'il 
méditait  contre  les  Partîtes,  y  était  peu  dis- 
posé parla  dévotion,  et  crut  auparaviDl 
devoir  cssaj'er  do  mettre  l'oracle  en  défaut 
nar  un  moveu  qui  lui  semblait  infaillible. 
Il  débuta  donc  par  lui  adresser  tine  lettre 
caebclée  avecbeaucoupde  précaution, doKt 
lui  seul  avait  le  secret,  et  qui  devait  ftlre 
produite,  mais  sans  être  ouverte.  L'oracle, 
pour  toute  réponse,  commanda  qu'on  lui 
renvovAt  un  papier  tout  blanc,  liien  pliétt 
^ien  cacheté.  Les  )irètres  furent  etfrajés  de 
cet  ordro,  parce  qu'ils  no  savaient  pas,  ilit 


MCTIOBIMAIIIR  AHHX>G£TIQtIE. 


«Ml 


Macroi)e(£>fitrn.,'ltb.  I.  cb.  33],  quelle  était 
UleUrederempereur;  mais  TrajaD  Ta^aiH 
r«^ue  en  fut  dans  l'admirsIioD,  en  vojant 
ujie  réponse  si  semijiat>le  h  ia  letlie  qu'il 
iTiil  eoTOfée. Ainsi  oanvaincu,  dil-on,  qu'il 
n>  anil  («int  de  fourberie  daos  cet  oracle, 
il  it  consulta  sur  soa  eipéditioD  avec  lute 
|ilei(is  confiance. 

Pliilari|De  IDe  defeet.  orae.)  noua  cito  ud 
nilre  exempls  qui  accrédilA  beaucoup  l'o* 
ncled0l(opsuesteeiiCilîcie.Le  gouverneur 
de  celle  (iruviuca,  titré  aux  stjnlimeotsdes 
c|jicurJeo5,  eotreprit  de  confondre  le  dieu 
ijai;|)réiidait.  Pour  cela  ri  lui  envoya  UQ 
ilofoesiique  aDïdé,  chargé  d'une  lettre  ea- 
éHée,  a  laquelle  il  deoianilail  une  péponse 
qui  ne  (levait  se  rendre  qu'en  songe.  Le  do* 
nrsliqae  lui  rap[>orla  ce  qu'il  avait  vu  et 
Oui  J^nsson  soniuieil,  et  le  gouverneur  fui 
irèj-surpris  que  la  réponse  convint  Giexac< 
lemenlï  la  lettre  qui  lui  fut  renvoj[ée  telle 
futile  était  portie.  La  questioD  qui  y  était 
(UDleuue  était  conçue  en  cçs  termes  :  T'im- 
mltrai-jt  un  bauf  blanc  ov  ntirf  et  le  do- 
Dtsiiquecrut  voir  en  songe  un  bomme  de 
l"jniie  mine  qui  lui  dit  ce  seul  mot  :  n»jr. 
Usépicarionsnon  plus  que  le  gouverneur 
n'eureni  rien  à  répliquer. 

Ou  met  dans  la  métaa  classe  le  fameux 
'^nde  rendu  à  Crésiis  par  l'Apolloo  de 
hlph»,  lorsque  ce  roi  voulut  tenter  ou 
immer  sa  divinité.  C'est  Hérodote  (Siit., 
Iiti.i)qui  le  rapporte.  Ca  génie,  selon  lui, 
ttnnturt  juste,  en  disant  aux  envoyés  de 
n  pnwe  ce  que  leur  maître  faisait  i  Sar- 
iJeiifjaile  temps  même  qu'ils  le  consul- 
ll:(nl|elil  se  trouva,  en  effet,  qu'k  cette 
Oij'ijï  heure,  Crésus,  comme  l'avait  dit  l'o- 
'^e,  bisait   cuire    une   tortue  avec  un 

L'oracle  de  Cteros  d(int  Tacite  {Annal., 
''b'  II]  parle  au  sujet  de  Germanicus  aui  lu 
Msulla,  n'eAl  pas  été  moins  merveilleux, 
M,  comme  le  dit  cet  bisiorien,  le  prêtre  de 
H Umple,  choisi  dans  crrtainesfamines  de 
iM,  e\  le  plus  souvent  très-igàaraot, était 
tu  éist  (le  répondre  en  vers,  il  ce  que  le 
nniullant  avait  dans  l'esprit, sans  auirese-' 
(aurs  que  celui  d'avoir  le  nom  et  le  nom- 
bre de  ceux  qui  allaient  ieconsulter. /;na- 
f» pJertinif ue,  dit  Tacite, edii  reipotuater- 
"liiucompotilit  Muper  rtbuê  quas  quùmmta 
tmtpii. 

Voili  des  oracles  qui  ont  p»ru  être  par- 
tiitemeut  dans  lo  cas  désiré  deFonteuelle, 
''tiii-dire  rendus  en  de  telles  circooslan- 
M  qu'on  ne  pût  les  attribuer  à  l'ariifice  des 
J'iUn.  On  peut  voir  Ih-dessus  i'Bitloire 
^ft  eracia  de  ce  célèbre  écrivain,  en  la 
^'EipariDt  h  la  réponse  du  P.  Battus  (Ré- 
P->»K  i  tkùtoire  du   orael»,  p.   226  et 

h  H  voudrais  pas  cependant  donner 
(çUa  prauve  eomnB  aulGsanle  pour  établir 
iiuntlafonindabilable  l'inBueuce  des  4é- 
''M»  sur  Ifl»  oracles  du  psgaui9Dtie>  quoi" 
'lue  da  tels  bits  ne  me  paraissent  pas  oli- . 
ijolunienl  méprisables,  en  y  joignant  l'in-  . 
''uctiou  qu'on  a  coutume  de  tirer  do  la  to- 


,  gue  exlraordinrire  doot  ces  oraolcs  otH  élA 
en  possession  pondant  deux  mille  ans.  |( 
n'est  pas  coraprébensibie,  en  effet,  que  l'art 
intéressé  des  prêtres  ou  la  politique  chaa- 
géante  des  princes  eût  pu  soutenir  peuiiant 
si  longtemps  le  crédit  d'un  artifico  si  80u.> 
veni  croisé  par  des  intérêts  contraires,  ou 
jnéme  traversé  par  la  simple  critique  da 
ceux  qui  n'étaient  pas  disposés  à  les  ro»- 
pecter. 

Mais  lies  faits  poreilsk  ceux  que  j'ai  al- 
légués ne  sont  point  indifférents  pourceux. 
(fui  reçoivent  le  texte  sacré.  Car  si,  cumma 
I  avoue  Bayle,  on  ne  peut  concilier  aveo 
I  Ecriture  sainte  la  r<-jeclioQ  du-pnuvoirdu 
diable,  où  est-ceque  ce  pouvoir  devait  plui» 
naturellement  s'exercer  que  dans  un  genre 
d'illusions  si  propre  h  Mouleiiir  un»  religtur^ 
monstrueuse  par  son  cuUe  el  par  sa  nio* 
raie?  El  si,  selon  les  propres  aveux  da 
Fontenelle,  hi  dimoni  ont  pouvoir  de  fm- 
Itr  tei  kommei  et  de  isur  lenare  du  piégets 
m',  co(nme>-il  ajoute,  il»  foeoritaient  autant 
qu'Ut  l»  pouvaient  l'erreur  grouUre  du 
paient ....  ti  jamaiê  iU  n'ont  fait  tant  d« 
chotet  twprenantee  que  du  tempe  die  lituê; 
Chritt  el  de  tei  apôtrei,  sera-(-uQ  surpris  do 
voir  dans  riiisloire  des  traits  singuliers  da 
ce  pouvoir,  non  t>as  h  la  vérité  en  rendant 
de  vrais  oracica,  mais  en  en  su^érant  dq 
très-captieux,  ou  en  accompagoanl  ceux 
que  les  prêtres  rendaient  de  certains  actes 
merveilleux,  propres  à  soutenir  leur  oré- 
liit  î  Et  si  encore,  selon  l'aveu  de  Fonta- 
nelle dans  SB  préface,  1/  «il  indubitable  que 
le  démon  te  méii  de  la  magie,  les  faits  histo-. 
riques  que  j'ai  rapportés  ne  pouvaient-ils 
pas  àlrs  (le  ce  genre,  et  ne  fallait-il  pas  né- 
cessairement qu'il  j  eneûtdepareils,  dont 
le  merveilleux  atlirU  Ja  vénération  des 
hommes? 

•  Do  plus,  c'est  mal  raisonner,  scloa 
Clarke(daDssnnexcellentouvrage  Da  {'esi$- 
ttnce  et  de»  altribult  de  Dieu,  cliap.  19),  que 
de  prétendre  que  les  prodit^es  attribués  par. 
l'Ecriture  aux  esprits  malfaisants,  ne  sont 
que  des  prestiges,  des  illusions,  ou  des 
tours  de  passe-passe.  Car  si  l'oa  attribue,, 
cnntinue-t-il,  au  diable  un  pouvoir  naturel, 
d'agir,  fût-il  aussi  borné  que  celui  du  moin- 
dre des  hommes,  il  est  évident  qu'à  moins 
que  Dieu  ne  le  restreigne. ...  il  pourra,  h  . 
cause  de  son  invisibilité;  faire  des  miracles 
réels ....  outre  que,  en  imposer  aux  sens, . 
agir  sur  les  organes  de  telle  manière  que. 
les  choses  parussent  autres  qu'elles  ne  sont, 
serait,  selon  lui,  un  miracle  b  tous  égards 
aussi  réel  et  qussi  grand  que  de  produire 
un  cbangeiaent  réel  dans  les  choses  mA- 
mes.  ■ 

H  est  donc  plus  que  probable,  par  toulea 
ces  raisons  et  selon  Tes  principes  de  ceux 
qui  attaquent  l'ioflueùce  des  démoas  sur 
les  oracles,  païens,  que  leur  pouvoir  s'exer- 
çait sous  lo  paganisne  par  des  actes  parefis 
a  ceux  oue  rapportent  les  historieM;  par 
des  artillccs  propres  b  accréditer  les  oraclts 
frauduleux  des  prêtres  de  cette  fausse  relî- 
gicn.  Si  cela  est,  il  étaitdigne  df;]é^as> 


«47 


ttM 


DKTKMfflxmG  APOUWmODB. 


Christ  de  détruire  laors  prestiges  et  de  Taire 
par  \h  métne  tomber  les  oracles.  Il  reste  ft 
voir  s'ils  ont  cessé,  vn  elTei,  à  l'époque  ^e  sa 
Tenue. 

Les  Clirétiens  trauToient  de  la  dcrniàre 
évidence  que  les  oracles  païens  avaient 
coniiaencéa  déchoir  depuis  que  Notre  Sei- 
gneur avait  exercé  son  ministère  par  l'es- 
l>ultion  des  esprits  qui  en  éiaient  les  au- 
teurs, non  pas  toul  d'un  coupi  comme  on 
le  leur  a  lait  dire,  pour  les  combattre,  mais 
par  degré.  Les  Pères  enstignenl  que  cet 
événement  miraculeux  doit  être  attribué 
1  Msus-Christ,  h  son  iiouvoir  sur  les  lié- 
uons  et  à  celui  qu'il  orait  donné  aux  fi- 
dèles de  les  cliasser,  lorsqu'il  dit  en  mon- 
tant su  ciel  :  Voiei  lu  miraetet  ^ui  aca>m- 
jngturonl  ttux  qui  auront  cru  :  ttt  chasM- 
ronf  lei  démoni  tu  ma*  nom,  etc.  {Mart.  xti, 
i7.) 

Ce  fut  là  un  des  arguments  dont  Tertal- 
tjen,  Minuiius  Félix,  Lactance,Athéi]egoreet 
d'autres  se  servirenl  comme  d'uue  preuve 
des  |ilu8  illustres  et  des  plus  frappantes  de 
l€  divinité  de  la  religion  chrétieane.  Clé- 
ment d'Alexandrie,  Théodorot ,  Eusètie, 
saint  Cfprien  et  loute  rsntiquité  chrélienne 
Krenl  de  ce  silence  merveilleux  des  oracles 
nn  [luissiint  argument  contre  l'idolAtrie. 
Kussent-ils  osé  le  Taire  s'ils  n'avaient  eu  de 
<|HOi  répti'ndre  aux  objections  de  tant  de 
{intens  célèbres,  atlentifs  k  défendre  et  à 
soutenir  le  lustre  mourant  de  leurs  ora- 
cles? 

D^b  1)  ii'f  avait  nulle  conteste  sur  lefait 
même  de  leur  décadence  h  l'époque  dont  je 
parle.  Les  savants  païens  qui  ont  écrit  de- 

f>uis  l'établissement  du  christianisme  en 
ni&afent  eux-mèoies  l'aveu.  L'oracle  telail 
dl>e'pA««,  disait  Lucain,  ff  par  là  notre  tii- 
cte  perd  ta  plut  brillante  faveur  que  letdieux 
auteni  jumait  faite  aux  h^mmei  (931).  £e  f  i- 
lenee  de  Delphes,  li'il  Stacc,  fera  longtempt 
répandre  des  larmti  {93S,).  Le  genre  Aumoin, 
dit  Juvénal,  ttt  condamnià  ignorer  l'avenir 
depuit  que  let  oracle»  de  Uelphet  ont  cette 
(933].  Slrabon  en  dit  autant  de  celui  de  Do- 
lione,  le  plus  ancien  de  In  Grèce.  L'oracle 
dt  Bodone  a  manqué  comme  let  autret  (93k). 

Sans  vouloir  rai)porter  bien  d'nuires  té- 
moignnges  équtvafenls ,  contentons-  nous 
'  (Tojouter  celui  de  Plutorque,  d'oulant  plus 
considérable,  qu'outre  sa  profonde  érudi- 
tion, étant  prêtre  d'Apollon  à  Delphes,  il 
avait  grand  intérêt  k  maintenir  la  gloire  de 
«es  oracles.  Cependant,   noD-seuleinent  il 

'      (93t} Non  ulta  sxcula  dono 

Neiilra  carcDt  m^ore  deurn,  quam  Delptiica 
[t&ita 

Quod  silnit 

(LocAii.,  Pkar.,  lib.  v,  v.  5.) 
(PSS)  HaiiHiae  ptorabere  IMphia.  ,  . 

iSvATMs,  TM.,  lib.  vui.)       y 
(KS) ....  Delpliis  aracnla  ccsmiU, 

El  iMiHS  livnHitnB  dsMiiai  caligo  fnturl. 

(JUVEN.,  SaL  VI.) 

,tSi]  Orai'iiluni  Doilunnum  defccit,  ticui  et  rc- 
lH|ua. 

(StiiJkSO,  lib.  VII,  De  Kpiro-i 


Ui 


convient  de  leur  décadence,  maisilittroii 
appelé  à  rechercher  la  eause  d'une  rérolu. 
lion  si  singulière,  dSns  un  ouvrsijudaB, 
lequel  il  rassemble  tout  ce  que  le  un\T 
l'esprit  et  la  philosophie  de  ce  lemp^iî 
pouvoient  lui  fournir  de  secours  sur  es 
grand  sujet  f935).  (Pldt*ic..  I,  Dt  iàni. 
orac,  Turneno  inlerp.]. 

Si,  comme  l'a  cru  ronfenellg,  ih  éiaient 
tombés  par  des  voies  toutes  naturelle), 
comme  1  eussent  été  celtes  des  guerres, d» 
révolutions  de  la  Grèce,  etc.,  Pluiarque  h 
serait-il  donné  la  peine  d'entrer  dans  du 
discussions  plus  embarrassa Dles.T  Au  lii>u 
d'un  dénoûment  si  facile,  il  croit  poarwr 
trouver  la  caosede  la  chutedesoraclesdiiu 
l'un  ou  l'autre  de  ces  principe.*  :  ou  qaalei 
génies  qui  y  présidaient  sont  sujetskii 
mort,  ou  que  les  dieux  avaient  retiré  leuri 
bienfaits,  ou  qne  la  terre  épuisée  no  toar- 
nissait  plus  ces  exhalaisons  précieuses  qui 
inspiraient  aux  prêtres  la  fureur  diviDe.K 
dont  les  dieux  se  servaient  comme  d'iiu- 
Iruments  pour  donner  aux  hommes  le  don 
sublime  de  prophéties  (Coloku,  Dt  (a  ni. 
cAr^f.,  etc.,  tom.  I,  p.  137.) 

Cicéron  avait  déjè  mis  en  œavre  cette  si>- 
lation,  lorsque,  recherchant  pourquoi  dïi 
le  temps  de  Pjrrrbus,  Apollon  ne  reodiit 
plusses  oracles  en  vers,  il  fait  dire  ï  nn 
de  ses  interloculeur.s  :  Quand  on  prettelart 
défenseur tt en  rendre  raiton.  Ut  vous  ripon- 
dent  que  ta  vertu  toeaîe,  cet  esprit  de  ta  tore 
qui  excitait  la  Pythie  à  rendre  det  orada, 
s'ett  dittipéeàta  fondue (93S].  Mais  il  ajoute 
tout  de  suite  avec  ce  sef  et  cet  enjouemeiil  : 
qui    lui  sont  propres  :  Ne  diriex-voiu  pu 

?'u'il  s'agit  d'un  ragoût,  dont  le  fumet  uperi  \ 
ortqu'on  le  garde,  ou  d'un  vin  dont  It  (n 
t'exhatepar  ta  vieillasef 
^Cicéron,  païen  comme  Plularque,  mais 
plus  délié  sans  doute,  sentait  toute  l'absui* 
dite  d'un  pareil  système,  qu'une  exhalaison 
terrestre  pût  donner  h  t'âme  une  vertu  sur- 
naturelle, ou  que  la  terre,  douée  do  cel^e 
vertu  divine,  pût  perdre  avec  le  temps  u» 
privilège  si  rare,  Plutorque  lui-même  D'y 
avait  pas  conSance  ,  puisqu'il  sa  lourii; 
d'un  autre  côté,  en  supposant  que  les  %iu\fi 
qui  inspiraient  les  oracles  étaient  mortels; 
et  c'est  i&-de!sus  qu'il  funile  ta  créanci! 
qu'il  donnait  à  l'histoire  doTliâmus.  Ce|ii- 
lole  égyptien,  naviguant  Vers  Utalie.^soui 
l'empire  de  Tibère,  et  se  trouvant  ecl» 
Corlou  el  Cétiliaionîe,  ouït  distioclemeul 
uno  voix  qui  rappelait  par  son  nooi.  Elle  lui 

(935}  Plutaroue  vécut  son:!  l'empire  de  Domilien. 
de  Trajan  el  J  Adrien.  On  a  obwivé  que  dans  ki 
nominaux  écrîu  il  ne  fait  pas  ta  moindre  uieiUioa 
de  la  religion  ch retienne.  Pcal-éire,  dit  TiHenoai, 
parce  qu'il  n'usait  en  penser  en  bien,  et  qu'il  se  i^ 
rail  lait  peine  d'en  parler  en  mai;  ou  plulM  pan« 
qa'il  n'avait  Jamais  examiaé  cHie  reURioa  M  ^a'il 
n'y  avait  pris  aueua  intérêt,  U  pl>îl<M'>P^  <*  '"^^ 
toiro  ajuii  pris  tout  mu  leup*  et  ucfivpé  icvus  k* 
pensées. 

(930J  Ciciao,  lib.  De  Diviaaiicne,  edJt.  Unli-. 
Paris. 


DCU  DICTIONNAIBC  iPOLOCKTlQUE, 

I,  lonqa'il  sérail  arrivéà  une  cer* 
urne  hauteur,  depublîpr  la  mort  du  Grand 
nn.  L'eiécution  da  cet  ordre  au  lieu  dési- 
gné, fol  suiTJn  d'an  liruil  confus  de  gémi»- 
mnents,  comnie  d'un  nombre  de  personnes 
■airgées  da  eetle  aoDTelle.  BienlAl  elle 
puTJDt  k  l>iDpflreur  Tibère ,  qui  voulut  en 
eoJfnifre  le  récit  de  la  bouche  de  ThÂmns; 
ipris  quoi,  ayant  consulté  les  personnages 
ta pliis  habiles  de  fioœe,  pour  savoir  qui 
IiWTiil  être  ce  Grand  Pan,  il  fut  décidé  par 
uaca&recoosulte  que  c'était  lefiis  deHer^ 
cen  et  de  Pénéiope.  C'est  ainsi  que  PiU' 
trqae  rapporte  le  fuit  sur  la  foi  d\£milis- 
BUS  rhéteur  estimé,  Gis  d'Epitherses,  qui 
imnil  avoir  été  témoin  de  crt  événement 
Mii(<far  sur  le  vaisseau  du  Tbflmus. 

Le  récit  dePlutarque  neméritaitpas  toute 

Tififalton  que  plusieurs  des  PP.  de  i'Kglise 

/ont  donnée.  A  supposer  que   le  fait  fdt 

M  qu'il  est  rapporté,  il  ne  s'agissait  que 

<hli  mort  du  Grand  Pan.  Rien  n'était  plus 

«tueur  Di  moins  aisé  k  déterminer  que  la 

*énié  cachée  sons  ces  paroles.  S'agissait-il 

Ude  Jésus-CbrisI,  dont  la  mori  avait  dé- 

Iniji  l'empire  du  démon,  ou  du  prince  des 

dAnans dépouillé  de  son  empire!  une  pro- 

cliiiation  si   ioiéressante  exigeait  plus  de 

«Ivié  pour  eD  Uiar  le  but  et  l'usage.  L'obs- 

eariié  impéuélrable  qui  s'j  rencontre  est  un 

défaut  si  essantie)  dans  le  fait  dont  il  s'agit, 

qu'oon'j  poDvail  jiuiser  avec  confiance  aiu- 

oin  secours ,  moins  encore  en  lirar  une 

preuve  de  la  cfaute  miraculeuse  des  oracles. 

On  ne  larda  pas  néanmoiDs  k  faire  de  c« 

récit  un  usage  bien  dilférenl,  surtout  dès 

'lu 'fusébe  {Prtepar.  n„  lib.  r,  c.  17)  l'eut 

«1  quelque  sorte  adojité,  en  rapportant  tout 

>u  long  le  fait  singulitir  de  Thâmus.   Ou 

préieuJit  que  les  circonstances  du  temps 

■gquel  celle  proclamation  était  arrivée  ré- 

t>uiidaieot  au  temps   ojk  fésus-Christ  coi>- 

tersaii  ^vec  les  hommes  et  chassait  les  es- 

I  nu  JmiDDodes. 


À  l'occasion  d'une  peste  borrible  qui  ravagea 
l'empire  romain  sous  l'empire  de  Volusien 
fil  de  Gallus.  £t  dans  un  livre  unique iDniit 
destiné  i  soutenir  le  paganisme  uar  l'auto- 
rité des  oracles,  sous  ce  titre  De  la  Philaio- 
pkiepar  In  oracltt,  il  s'exprime  de  cellu 
manière:  ■  Faut-il  s'étonner  si  les  maladies 
régnent  dans  la  ville  depuis  si  longiemps. 


D'autres  trouvèrent  qu'elle  cadrait  mieni 
i>ee  l'époque  de  sa  passion,  lorsque,  par  sa 
loori,  il  détruisait  les  puissances,  et  surlénl 
:«Ile  du  diable. 

£a  foal  cela  on  allait  beaucoup  au  deik 
Its  vues  et  de  Plularque  «1  d'Eusèbe.  Plu- 
tr^ue  ne  s'élaot  proposé  que  de  justifier 
Idée  générale  sur  la  décadence  des  oracles 
'es  l'eupirB  de  Tibère,  sans  |)Oser  eu  fait 
!ur  cessation  totale  et  subite  i,  cette  épo- 
ue;  Busëbe,  de  son  cAté,  ne  rapportant 
bîMioins  de  TtiAmus  que  pour  appuyer  ce 
u'il  avait  avancé  ,  que  les  païens  les  plus 
rlairés  recooaaissa lent  et  publiaient  eux- 
Ames  celte  décadence  générale  des  ora- 
es,  depuis  le  lempsde  Tibère,  c'est-4-clire 
!{iuis  la  venue  du  Sauveur  du  monde. 
«uisiA,  loin.  I,  p.  130,  U8.) 
fl  e«l  vrai  que  Ëusèbe  (tfrt'd.,  e.  1)  semble 
1er  plus  loin  eo  rapportant  ce  passage  de 
>rpbjre,  qae  •  depuis  que  Jésus-Cbrist 
ait  commencé  d'être  adoré  ,  personne 
ivait  plus  éprouvé  le  secours  des  dieui, 
i  araienl  rompu  dès  lors  tout  commerce 
ËC  les  taommrs.  »  Porphyre  parlait  ainsi , 

J>SCTI0:(5AUI  IFOLOairtQCE.   I. 


relires  d'entre  les  hommes.  Car  depuis  que 
l'on  a  commencé  i  adorer  Jésus,  personne 
n'a  ressenti  ouvertement  les  bienfaits  des 
dieux.  »  (Ap.  £usisE ,  PriM).  evang.,  lib.  v. 
cap.  1.) 

Porphyre  ne  parlait  pas  sans  doule  de 
celle  manière  pour  fournir  désarmes  contre 
lui-même,  ou  conlre  la  cause  du  paganis- 
me ;  ce  que  Fontenelle  {nUioirt  de$  oraclu, 
édit.  de  Paris,  p.  239J  aurait  eu  raison,  eu 
ce  cas,  de  trouver  absurde  ;  mais  pour  aiiirer 
la  baine  publique  sur  le  nom  CDrélipa,  eu 
faisant  envisager  Jésus  comme  la  caïkie  d'une 
privation  ai  funeste  i  tout  i'empire.  Cepeu- 
daut  c'est  I&  un  aveu  des  plus  éclalauts  de 
la  chute  miraculeuse  des  oracles,  puisque 
c'était  par  des  oracles,  révélés  en  soiig«, 
que  Esculape,  selon  les  païens,  guériiisail 
les  malades  qui  allaient  dormir  dans  son 
temple,  eu  leur  prescrivant  de  certains  re- 
mèdes; et  ce  que  ce  témoignage  y  ajouta 
d  extraordinaire,  c'est  d'attribuer  k  Jésus  la 
cessation  des  oracles. 

Supposé  que  jusqu'ici  l'on  n'ait  £til  autre 
chose  que  de  prouver  l'opération  des  dé- 
mons dans  les  oracles,  et  leur  silence  h 
1  époque  du  christianisme,  présompliun  déjà 
bien  forte  en  laveur  du  prodige  que  l'on 
nous  annonce,  s'il  fallait  encore  des  preu- 
ves de  ce  fait  intéressant  que  Jésus-Cbrist 
et  ses  disciples  les  ont  dépouillés  de  leur 
pouvoir  d'une  manière  miraculeuse,  où  s'en 
trouverait-il  de  plus  fortes  que  dans  l'aveu 
des  démons  eux-mêmes,  aveu  que  les  chré- 
tiens leur  arrachaient ,  en  les  forçant,  au 
nom  de  Jésus,  de  confesser  qu'ils  n'élaisut 
que  des  esprits  séducteurs  ;  eu  les  contrai- 
gnaul  de  plus  à  quitter  les  prêtres,  les  prê- 
tresses et  les  temples  dont  ils  s'étaient  em- 
[larés.  Tertullien  (in  Âpolog.)  nous  dit  que 
les  chrétiens  étaient  si  sûrs  du  pouvoir 
que  ce  nom  sacré  leur  donnait,  qujis  pro- 
voquaient les  païena  k  en  faire  l'expérience 
devant  les  tribunaux,  sous  peine  à  ceux  qui 
échoueraient  de  subir  le  dernier  supplice. 
Cependant  les  esprits  protecteurs  des  ora- 
cles nou-seulemeol  se  désbonoraient  iiar 
un  aveu  si  humiliant ,  mais  eocora  ils  re- 
nonçaient pour  jamais  i  tous  les  avantages 
qu  Ils  reliraient  auparavant  de  leur  imiius- 
ture.  ' 

Bcotttona  Lactance  {Div.  itutit.,  lib.  ir, 
cap.  27)  :  ■  Que  l'on  amène,  dil-il,  un  hom- 
me véritablement  possédé  du  démou,  qu'oo 
nous  présente  le  prêtre  même  d'Apollou 
de  Delphes,  ils  frémirom  l'un  et  l'autre  au 
seul  nom  de  Dieu;  Apollon  sortira  aussi 
promptementde  son  faux  prophète  que  le 
démon  de  ce  possédé,  el  le  prapfaèie  aban- 
donné du  dieu  que  la  conjuration  aura  mis 
SI 


CSf 


&EM 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUK. 


en  '  faftB ,  sera  pour  jamais  réduit  su  si- 
lence. » 

Le  mtone  LaMsnce  assure  qu'un  seul  chré- 
tien assistant,  sans  Aire  connu,  à  la  pompe 
d'an  sacrilice,  )es  arusplces  n'avaient  pu 
(îrer  aucune  lumière  des  entrailles  de»  tic 
tïjues ,  ni  rendre  aucune  réponse.  Sur  quoi 
le  prfiire  s'élant  écrié  qu'il  y  avait  dans  la 
foule  quelque  profane,  le  peuple,  animé 
par  ce  discours,  avait  excité  une  espèco  de 
tumulte. 

«  Venez,  dit  saint  Cyprien  {Lib.  contra 
DemelriùH.),  el  reconnaissez  ia  vérité  de  ce 
que  nous  vous  annonçons;  et  puisque  vous 
faites  profession  d'adorer  les  dieux,  croyez- 
en  au  moin^  ceux  que  vous  ju({ez  dignes  de 
votre  culle.  > 

Il  Les  mauvais  esprits  ,  dit-îi  ailleurs, 
conjurés  par  le  vrai  Dieu,  nous  obéissent 
fins  iiésiter,  se  soumettent  h  nouR,  et  sont 
contraints  du  sortir  des  corps  qu'ils  obsè- 
dent. > 

«  Que  celui,  dit  saint  Athanase  {L,dffncar- 
nat.  YerbiDti),  qui  voudra  l'éprouver  vien- 
ne   au  seul  nom  de  Jésus,  il  verra  coio- 

menl  les  démons  fuient,  comment  les  oracles 
cessent  et  comment  lamogieavec  ses  en- 
cbnntuments  reste  confondue.  » 

Minuiius  Félix  (in  Oclav.)  en  atteste  les 
païens  eui-mémea.  «  La  plupart  d'entre  vous 
u'ignurent  pas  les  aveux  que  les  démons 
nous  ont  faits  toutes  tes  fois  qu'ils  sont 
forcés  par  nos  exorcismes  et  par  nos  prières 

de  sortir  des  possédés Ûentiraient-ils 

pour  se  déshonorer  en  votre  présence  f 
Cruyez-co  donc  leur  propre  témoignage ,  et 
qu'ils  disent  la  vétilé  lorsqu'ils  reconnais- 
sent qu'ils  ne  Pont  que  des  démons.  ■  —  «Ce 
nom  Seul  de  Jésus  (dit  Arnobe,  adv.  Gent.) 
met  en  fuite  les  mauvais  esprits  et  fait  taire 
les  oi^les.  ■ 

Se  tels  faits  sont  bien  exlraordinairea; 
mais  ces  démons  chassés,  ces  oracles  con- 
fondus, ces  aveux  arrachés  élonneronl-iis 
ceux  qui  seront  bien  persuadés  de  l'histoire 
de  ri^vBBgile?  après  avoir  tu  ces  mêmes 
démons  s'écrier  avec  douleur  :  «  Je  sais  qui 
tu  es,  le  saint  de  Dieu  {tue,  ir,  3i^}  ;  v  et 
plus  tias,  dans  le  même  chapitre  :  «  Les 
déotuns  soriaieni  de  plusieurs,  criant  et 
disant  :  Tu  e»  le  Cbnst,  le  Fils  de  Dieu 
{ib,,  41).  •  N'avail-on  pas  dû  prévoir  que 
cela  arriverait ,  lorsque  Jésus-Clirist ,  quit- 
tant la  terre,  étendit  en  faveur  des  autres 
lidèles  le  [louvoir  qu'il  n'avait  donné  jus- 
(Hie-lii  qu'à  ses  disciples.  ■  Voici  dit  Jésus- 
Christ  les  miracle»  qui  accompatsnercnt 
ceux  qui  auront  cru  :  ils  chasseront  les 
démons  en  mon  nom  ;  ils  parleront  de  nou- 
velles langues  {lUarc.  xvi,i7).  ■ 
-  Kn  eU'el,  s'il'  luiportait  h  la  gloire  de  Dieu 
que  le  pouvoir  des  démous  cessât  en  Judée, 
f III portai l-il  moins  que  leurs  prestiges  fue- 
Miïl  détruits  dans  le  reste  Ue  l'uni versT 
Sans  cela,  le  but  de  Dieu  dans  la  Tocôtion 
des  gentils  eût-il  étés!  exaciement  rempli  T 

Du  (DUS  les-Qiifarksqiii  oiiî  été  opérés 
pour  l'établissenwDt  du  chriiiianisme,  au- 
cun ne  pouvoiiétreplut  eilicace.  C'est  celui 


qui  a  le  plus  étonné  les  païens,  el  «i, 
selon  un  grand  nombre  de  Pérès  de  l'E^j» 
et  d'uulras  eculésînstiques ,  a  le  plus  oiM 
de  conversions.  Les  plus  obsliDés  ont  dÀ 
être  vaincus,  non-seulemnnt  pardej  déSs 
aussi  pressants  que  ceux  quaron  liestilt 
voir,  mais  encore  par  des  succès  aussi  iiie> 
Teilleux. 

On  trouve  dans  jCicëron  {De  ditinal. , 
lib.  Il},  quoique  pour  des  vues  bien  dilTi- 
Tentes,  la  conséoiience  que  durent  en  lircr 
les  protecteurs  les  plus  éclairés  lia  pïj^. 
nisme  :  a  S'il  j  a  des  dieux  ,  il  doit  y  nvoir 
des  oracles,  et  un  art  pour  connaUrt  (m 
volonté,  qu'on  appelle  divination.  Il  y  i 
des  dieux,  donc  il  y  a  un  art  pareil,  tl  da 
oracles.  Il  serait  bien  plus  prol>able  dédire: 
Il  n'y  a  ni  divinatiou  ni  oracles,  donc  il  n'j 
a  point  de  dieux.  > 

La  conséquence  était  juste,  parce  ç^u'eUi 
était  fondée  sur  une  vérité  indubKsblr, 
c'est  qu'une  divinité  réelle  devait  avoir  n 
moyen  réel  de -sa  révéler  :  des  dieux  qoi 
n'avaientaucun  moyen  de  se  révéler  duiil 
la  fausseté  n'eût  été  reconnue  ou  démuth 
trée,  étaient  des  dieux  chimériques. 

Bn  réunissant  las  lumières  Je  l'Ecrilun 
sainte  aux  faits  attestés  par  les  ancieni 
ailleurs  du  ctirisliaoismo,  je  orois  avoir oiii 
dans  ton  jour  la  preuve  du  pouvoir  que  lu 
démons  exerçaient  avant  la  venue  de  iétut- 
Ctirist,  et  le  miracle  qui  les  dé()auiUail  ât 
ce  pouvoir.  Je  devrais  h  présent  exposi^r  it» 
le  même  détail  les  raisons  sur  lesquelles  si 
fonde  le  système  qu'on  y  oppose. 

Nous  verrions  bien  des  modernes,  de  txai 
mâiiie  qui  cecoivenl  les  écrits  révélés,  iùït 
absolument  l'existence  des  démoes,  et 
d'autres  nier  au  moins  l'exercice  de  leur 
pouvoir.  Mais  ceux-16  doiveai  pramièrenîent 
concilier  leurs  idées  avec  les  textes  formeli 
de  i'Fcriture  :  je  n'en  voudrais  pas  dire  ûi> 
Tantflge. ' 

Nous  en  Terrions  d'autres  avouer  avec 
Fontanelle  {Hitl^  <ttt  oractt»,  dia&ert.  I,  ch.5. 
pag.  JJhS) ,  que  ^  les  démotij  ,  qui  ont ,  sans 
ixuitredit  le  pouvoir  de  tenter  les  houmeJ 
et  de  leur  tendre  des  pièges .  fevorisaieDl 
autant  qu'il  était  en  eux  1  erreur  grossière 
des  païens.  ■  Mais  ils  nient  eo  même  teatpf 
que  les  démous  eussent  aucune  pari  aui 
oracles  ,  au'ils  regardent  coname  le  pur  oa> 
Traite  do  la  fourberie  des  prêtres.  D'où  ilt 
inlérent  qu'il  ne  s'est  point  feit.de  miracles 
pour  les  faire  décttoir  d'uoe  vénéraiioit 
dont  on  était  déjà  prêt  à  se  désabuser  h  \t 
venue  de  Jésus<Ctlrist. 

EoCn  plusieurs  nient,  comoie  lui,  lef>i> 
posé  par  lesPères  de  l'Eglise,  que  les  oracle.' 
du  paganisme  avaient  cessé  à  la  venue  di 
Notre  Seigneur,  et  quant  eux  mirscles  qut 
l'on  dit  avoir  été  opérés  |iar  les  clirélieiiï 
lorsqu'on  assure  qu'au  noui  de  Jésus  iV 
rendaient  luuels  les  prêtres  des.  oracles,  or 
a  une  réponse  toute  prête  ,  c'«st  •  tfue  1« 
païens  eh  imposaient  facïleuieiit  au 
peuples ,  tandis  gu'ils  n'araient  personO' 
qui  les  éclairât  ;  mais  qu'ils  u'u&aKMil  lii" 
eutrepreadc^  de  pareil  au    prëscuce  de 


10               I^Ji                     DICIWiNAIItl  AroiiKETlQUB  DBM  '                  OU 

ïhrfliens.  ■  Celle  salulion  ne  rend  nalle-  fable  de   ««  soutenir  par  let  aea^ai  rw~ 

mnl  raison  dea  aveux  humilfanls  qae  les  sources  de  l'imposlars  et  d'une  industrie 

ehréiîeos  leor  ■rrachafenl.  Mais  c'est  d^ft  parement  bomaine. 

briucoupd'avouer et  le ponToirde.t  démons  Au  reste,  on  ne  prétend  point  que  les 

Sur  jeler  les  hommes  dans  l'errenr,  et  le  oracles  dictés  par  les  démons  fussent  pro- 

I  da  silence  des  oracles  en  présence  des  prement  de  vrais  oracles  ;  la  fausseté,  l'im- 

dtréliens.  Il  semble  qu'il  n'y  avait  plus  posture  et  le  prestige  étant  les  caractères 

qo'ua  pas  A  faire  ponr  reconnatlre  le  fait  des  malins  esprits.  Ce  serait  leur  attribuer 

I-Oiépir  les  Pères,  surlontlorsqa'on  avoue,  UDeinlelligeoce  parfaite  que  de  leurtuppo- 

mflime  le  bit  Fontenelle  {ibid.,  p.  9M)  ser  une  connaissance  exacte  de  l'avenir  : 

•  Qae  jamais  les  démons  n'avaient  fait  tant  c'est  bien  assez  que  dans  quelques-uns   (te 

/fcfxHes  inrprenanies  que  du  temps  de  ces  oracles    ils  rencontrassent    juste',    ou 

Moi-Cbrist  et  de  ses  apAires,  et  que  quand  par  l'étendue  et  la  fbrce  de  leur  génie  oa 

Oitu  1  nermis  aux  démons  de  faire  des  pro-  par  Ja  hardiesse  de  leurs  conjectures  (937). 

<{i^,ii  les  a  en  même   temps  confondus  S*  Objution.  «  Lei  oracles  ont  dû  tomber 

lafdH  prodiges  plus  grands  fpag.  3i5)-  ■  nécessairemeni,  à    mesore  que  le    monde 

(^  fMirrait-on  conclure  de  plus   naturel  s'éclairait,  ou  par  la  philosophie  ,  ou  par  le 

df  (Hcspèces  de  préliminaires,  si  ce  n'est  christianisme.  •  Ce  ne  tont  pas  les  oracles 

fw  les  oracles  étaient  l'un  de  ces  prodiges  (dit-on)  qui  soutenaient  le  paganisme,  mais 

difLud'^Ire  confondus  par  la  puissance  de  l'ignorance  des   païens  qui   soutenait  lea 

Jàas-Cbrisl ,  ou  l'un  de  ces  pièges  dange-  oracles;  la  ebule  du  paganisme  a  done  né- 

reui  auiqnels    il   n'était  possihie    d'arra-  cessairement  entraîné  dans  sa  ruine  celte 

dier  les  hommes,  qu'en  réduisant  les  es-  des  oracles. 

(*it5*é)lac1eurs  qui  les  opèrent  à  un  silence  Selon  celle  idée,  on  établit  qu'avant  la 

^nt\.  venue  de  JésuxChrbt  les  seotes  les  plus 

EojDpposvit  néanmoins  quelesobjec-  fameuses  des  philosorthes  étaient  déjà  con- 

Iinos  dont  j'ai  parlé  peuvent  avoir  qael(fie  duites  par  la  philosophie  k   mépnser  les 

t'Oit]*,  je  vais  les  réduire  ft  quelque  chose  oracles;  que  les   plus  beaux   es[Hits  s'en 

itp'.as  précis  ,  et    j   joindre  les  réponses  moquaient  oDvertemenl,  et  que  le  chrislia- 

I^rlfsqaellesj'eslime  pouvoir  les  résoudre,  uisine  venant  k  être  plus  repanJdu  acheva 

frrmiên  objection.    «  Les  Oracles  étaient  d'éclairer  le  genre  humain. 

ItSeï  de  rimposlure  des  prêtres,  et  celte  A<^o><«.llest«rai(9^)quelefMiattsnedet 

>|Df>03tare  est    prouvée    par  l'ambiguïté,  oracles  fut  encore  plus  grand  dans  la  Grècet 

'''bscoriié  et  la  fausseté  des  réponses,  par  et  dès  le  i^mps  de  Pyrrhus,  il  semble  qae 

des  artifices  découverts,  et  des  oracles  coo-  l'on  commença  à  respecter  moias  univer- 

t>i-dus.  >  sellemeot  les  oracles.  Près  de  trois  siècles 

A'fiffiur.  Oo  convient  qo^t  y  a  en  de  avant  l'empired'Augnste,I>éiaoathène  avait 

l:iupi>slure  parement  humaine  en  bien  des  osé  dire  que  la  Pythie  philtppisail,  e'est-k- 

Oraefes:  mais  il  ne  s'ensuit  pas  de  là  qn'il  dira  qu'elle  était  corrompue  et  insfdrée  par 

■■V  si>  point  PO  d'oracles,  et  mèa:e  en  grand  les  émissaires  du  roi  Philippe.  AristopboBa 

'"mbre,  inspirés  par  le  démon.  Il  est  déjS  ne  craignit  point  d'exercer  sa  plaisaateria 

■rêi-epparent  qufi  les  oracles  forgés  par  les  aur  les  oracles.  César,  CalOD,  Cicéront  bm 

pt^lrt» ,  ne  ravaienl  été  qu')  l'imitation  de  paraissaient  pas  en  faire  beaucoup  ds  cas  ■ 

KQi  que  les  démons  avaient  inspirés.  Leur  et  l'on  sait  en  particulier  ce  mot  oe  Caloo  , 

■"bdèle  était  déjà  l'ouvrage  de  l'imposlure,  uialgré  son  austère  sagesse:  «  Qu'il  ae  eon- 

■uis  suggérée  par  le  démon  roflme,  qui  en  prenait  (Uis  que  deox   augures  pussent  se 

*"ulenait   plus  elBcacement  le  crédit    par  rencontrer  sans  rire.  >  P.  Claodius  ménagea 

f^  artifices  ;  sans  cela  on  aurait   [«ine  k  moins  encore  cette  partie  de  le  religion , 

ninpreodre  comment  les  oracles  eussent  lorsqu'il  til  jeter  è  la  mer  les  poulets  sacrés 

;i  conserver   leur  vogue  pendant  plus  ce  qui  refusaient  de  manger.  «  Ils  ne  mangent 

•^ut  mille  ans,  et  surtout  s'y  maintenir  en  pas,  dit  cet  amiral  romain,  eh  bien  1  qu'ils 

les  siècles  très -éclairés.  Ce  qui  uinfirme  Iwivent.  »  L'événement  oe  justifia  pas  son 

M  te  idée,  c'est  ce  que  nous  remarquons  en  audace,  et  il  fut  proscrit.   L'impunilé  eât 

>*s  hecle»  aussi  oombreuses  peut-èlre  qua  ruiné  dans  l'esprit  du  peuple  le  crédit  poli- 

>uil  le   paganisme ,  telle  que  celle  des  tique    de    ta    religion.    De    pareils    trails 

uliomélaits  et  des  lamas;  car  quoique  leurs  prouvent  qae  ,  dans  tous  les  temps  ,  il  y  a 

vCtr»  n'aient  pas  marqaè  moins  de  zèle  eu  des  esprits  libres  qui  s'affranchissaient 

<  <ie  génie  à  aouteuir  leur  religion  par  loua  de  la  croyance  commune.  Mais  la  foule . 

a  ariiUces  dont  l'esiirit  humain  est  ce-  les  villes,  les  provinces,  les  rois  mène, 

•Ue,  ils  u'onl  jamais  fait  te  moindre  usage  étaient  encore  remplis  de  respect  pour  lea 

'■  Celui  dODt   nous  parlons,  ce  qui  donne  oracles,  et  dans  les  siècles  les  plus  éclairés 

ïui  lieu  de  croire  qu'ils  l'ont  jugée  iDca>  de  la  Grèce  et  de  Rome,  ceux  qui  poevaieol 

(IS7)  Uns  tm  en  pooùUe  qn^il  tarte  ie  vnis  poijlkâsoM  et  vovdra  vous  eatnlner  à  m  finx 

tdes  ée  la  boacfea  des  \wn  praphéus,  ^mI  sera  «alie,  a'ea  doeICK  plus,  c'est  ua  lani  pn^bète. 

onciBcdela  vraie  ia^ifaiioii  (pu  m  peut  ve-  (Jlntimm.  siH,  1,  %  i.) 

rqwde  DîewTIMseMMM  l'appreod tei-oéoM en  (938)    iMstertaiim  Mr/«  âigirtûu  de»  ttCtgttut 

■«es  fonwls  daM  le  «eas  cm  :  Lorsque  celoi  qvi  tnapit  H  rsawiiM,  par  H.  l'atm  Cotuu 
n  uc  pf édieiiaD  au  «a  oiirado,  favariiora  k 


DEH 


DICTIONNAIRE  APOU)r>ETIQUB. 


linnncr  ic  ion  mis  autres,  tels  que  Tile-Uve, 
TAciiH,  Suétone,  Viritile, Ovide,  Pljiie  l'An- 
rien,  Séiiè(]uc,  et  k  peu  yrès  tous  les  grands 
lioiunifl»,  ceux  mfrioe  qui  méprisaierit  les 
sorts,  les  auspices,  les  songes,  les  prodiges, 
les  augures,  vantaient  les  oracles,  et  ténioi- 
gnaieut  fitro  (lersusilés  tju'tls  étaient  divins, 
vt  comme  Je  langage  de  l'Etre  iiiQni  (939), 
Pour  ce  qui  est  dus  sectes  célèbres,  Socrate 
et  Ses  disciples,  Zenon  et  les  siens,  l'ancienne 
AcndémiK  ,  et  les  premiers  péripat^liciens, 
■  tous ,  dit  Cicéron  (9b0) ,  excepté  Epicure  , 
(|UL  ne  Cuit  que  bégayer  sur  la  nature  liflS 
dieux  ,  étaient  partisans  de  la  divination.  > 

Exceptons  encore,  si  l'on  veut,  de  celle 
fouis  Garante,  les  cyniques,  qui  rejetaient 
toutes  les  sciences,  et  peul-éfra  fa  nou- 
velle Académie  dont  Cicéron  faisait  gloire 
•l'être,  et  qui  no  prononçait  rien  de  cer- 
tain. ■  J'en  parlerai,  dit-il,  mais  sans  rien 
alBrnier;  je  rechercherai  tout  ce  qui  pourra 
in'éclnirer,  mais  ce  sera  en  me  réservant  la 
liberté  du  doute,  et  *en  lua  défiaot  toujours 
lie  naoi-fflème  (sVlJ,  * 

'  Observons  cependant  que,  quoique  Ci- 
«éron  étale  ses  doutes  et  répande  le  sel 
iJa  sou'badinage  sur  plusieurs  usages  con- 
sacrés par  Ja  religion  païenne,  ilménagea 
lua  oraclea,  et  consulta  pour  soo  propre 
intérêt  celui  de  Delphes  (942). 

Le»  oracles  étaient  donc  bien  éloignés  de 
leur  chute ,  eu  égard  k  la  disposition  géné- 
rale des  eaprils,  lorsque  Jésus-Christ  vint 
«u  monde;  ainsi  l'on  ne  saurait  dire  avec 
fondement  qu'ils  fusieut  touibéa  d'eux- 
uiémes. 

dr  Objeetian.  «Mais,  dit-on,  les  oracles 
n'ont  pas  tous  cessé  h  ta  venue  de  Jésus- 
Christ.  Il  y  en  a  eu  longtemps  après,  et  il  sufQt 
Îu'il  soit  resté  un  seul  oracle  depuis  celtâ 
poque,  pour  prouver  que  Jésus-Christ  no 
MB  a  pas  réduiti  au  silence  par  un  mira- 
cle. • 

Réponie.  Cette  objection  s'évanouit  dès 
qu'il  est  connu  que  les  oracles  n'ont  com' 
niencé  à  déchoir  que  de  la  venuedeJésus- 
Cbrist,  et  que  ceol  ans  environ  «près  sa 
mort  le  plus  grand  nombre  ne  rendait  plus 
de  réponses,  selon  l'aveu  de  Flularque,  l'un 
de  leurs  prêtres  les  filus  célèbres.  Eusèbe 

(S39)  Les  païens  éctairéi  éiaienl  bien  ëlai^nés  <le 
pouier  camme  te  vulgiire.  C'est  ce  qu'on  voit  entfe 
atureipar  un  passage  de  saint  Augusiiu,  qui  lenil  Jk 
prouver  que  daus  le  Tond  le  polylliéisme  des  païens 
m  rcduisail  à  l'uuiié  d'un  seul  prtiicrpe  :  (  Jupiter, 
dit  ce  Père,  est  selon  les  philosophes  l'àme  du 
monde  qui  prend  des  noms  diflerenls  selon  la  di- 
Tertiié  des  effets  que  sa  sageKse  produit.  Uuhs  tes 
espaces  éthérés  on  l'appelle  iupittf,  dans  l'air  Ju- 
■<ni,  daiiB  la  mer  Neptune,  dans  le  soled  Phébus, 
dans  les  devins  Apollon,  i  etc.  (AticasTin.,  De  citi- 
laM  D*i,  lib.  iv,  e.  11.)  Le  savaul  BaucKsK,  Dt  pA»* 
lot,Ctllar.,  p.  Ul,  observe  encore  que  c'était  un 
des  grands  f)rincipe8  de  la  tliëologie  celtique,  que 
h  Diritiilé  eiait  répandue  dans  tout  l'univers  ;  que 
It-s  démons,  ei  sans  doute  tous  les  esprits  eu  tai- 
saient pallie,  et  que  de  là  venait  leur  langage,  pa- 
rctt  à  celui  des  sioiclens,  4ii  in  Ùeum  redeunl.  Tout, 
nk^me  les  dieui  inlérieurs,  retourne  au  Uieu  su- 
prême, comme  à  la  aonice  commune. 


(  Dém.  Ar.,  liT.  r,  ch.  1  et  17)  asiure  qua 
jamais  avant  la  naissance  du  Ssuveiir,  il 
n'était  arrivé  qua  les  oracles  fussent  de- 
meurés muets,  c'esM-dire  qu'on  let  eût 
consultés  en  vain,  et  que  dès  lors,  au  con- 
traire, les  oracles  et  la  coutume  bad»re 
d'immoler  les  hommes  avaient  cessé. 

Au  reste,  en  niant  Ib  miracle  du  sîlents 
imposé  aux  oracles  sur  le  fnndempm  qw 
tous  les  oracles  du  monde  n'eviieDl  pasiiï 
rendus  muets,  on  n'aurait  pas  plus  dérai- 
son qu'en  niant  la  guérison  d'un  boiteui, 
parce  que  tous  les  boiteui  n'auraient  pas iii 
guéris.  II  eût  sulû  que  plusieurs  onêlei, 
disons  plus,  ou'un  seul  oracle  jusuus  U 
célèbre,  eût  été  iodubiiablement  coDroada, 
pour  démontrer  le  pouvoir  divin  qui  u- 
compagnait  le  nom  de  Jésus.  Or,  an  n» 
pouvait  douter  qu'il  ne  fût  arrivé  diveriai 
pareils,  en  lisant  l'histoire  ecclésiasliiiiit, 
et  en  voyant  avec  quelle  conHance  lesu- 
ciens  chrétiens  en  attestent  tout  l'uniTst. 
Et  comme  Jésus-Christ  nb  guérit  pas  an 
doute  tous  les  démoniaques,  les  clirélien! 
et  ses  disciples  ne  dépossédèrent  pas  lout 
les  oracles.  11  sufnsait  d'en  faire  taire  plit- 
si«urs,pour  désabuser  les  païens  raison- 
nables qui  étaienlà  porléed'en  êlreirtilruiK 
Peut-être  aussi  (et  cela  résulte  asseï  vm- 
blement  des  textes  sacrés)  que  les  oratlH 
qui  continuèrent  à  être  en  réputalion  iii 
celle  époque  se  soulinrenî,  non  cumnieia- 
naravant  par  le  pouvoir  des  démons,  iotA 
l'empire  était  détruit,  mais  par  la  fourtKm 
des  prAtres  qui  jouissaient  encore  des  Tniiii 
d'une  aveugle  superstition,  partout  où  ils 
trouvèrent  les  peuples  disposés  à  y  idb(- 
rer. 

Gomme  ce  sont  Ift,  k  mon  av  îs,lespriDi> 
pales  objections  et  le  précis  des  reiHjui'J 
que  l'on  peut  y  faire,  je  ne  m'étendrai  \ti 
davantage  sur  ce  siyet.  Le  lecteur  s'en  in- 
struira plus  au  long  dans  l'ingénieuse  II"- 
toire  du  Oracta  de  FonteuolTe,  cl  dciis'i 
savante  réfutation  du  P.  Ballus  (Kipoui 
à  l'Iiùtaire  detoraettà,  Strasb-,  lIO'i). 

Par  l'ei^Kisilion  de  ces  deux  systùuits. 
je  n'ai  prétendu  éblouir  personne,  ci  "* 
séduire  moi-œèiue.  Ainsi  au  ras  qus1ei4- 
ralléle  qu'on  en  fera  n'aboutisse  pas  à  cuu- 

(9U)  <  Heliqui  omncs  (pliilosophi)  prxicr  Epio^ 
mut  bat  bu  lien  te  m  de  naiurndcorum,  Jivinuliuuca 
pi'obaverunt.  t  (Ciceso,  De  dieiual.,  liL.  !.) 

(9il)  <  Uicendum....  sed  ita  niliil  ut  jninMA 
quxram  oninia,  dubiUns  pleruinque,  ul  unlii  i?" 
luIDdeaB.  > 

[Ut)  Cicéron  était  rempli  d'espérances  cl  iH*» 
sur  tes  ailes  de  rainbliiim  su  jelcr  léie  baiSM'e  ilm 
les  alTaires  du  gouvernciucnt  ;  mais  il  (ni  <ia  t^ 
rcfruidi  par  un  oracle  qu'd  reçut  à  Uciplini  oi 
uyant  demandé  au  dieu  par  quelle  vuie  il  p<>unti 
se  rendre  irès-glorieui,  U  Pyibic  lui  répondit  qut 
ce  urait  tn  prtnatit  poitr  guide  rie  la  ne  un  t"^ 
naturel,  et  no»  pat  l'opimon  du  p4Upie.  C'est  pi'*' 
quoi,  quand  il  Tut  ariùvé  Ji  Runie;  il  se  couduisii  il'*' 
bord  avec  beaucoup  -de  réserve,  etc.  Ce  n'ed  1* 
que  la  polilique  ne  put  avoir  l>caucoup  iks*^' 
cette  déinarclie  de  consulter  l'oracle  auL  yeui  <i'i* 
peuple  qui  le  respectait.  (Plutakquk,  \'u>l*i^ 
ren,  L  \U,  p.  îàU,  Ind.  de  Dacier.J 


er  DE»  DICTORWAmE 

uiotnit  h  réslitéilu  intracle  qni  détrui- 
iiii'afpiiireiletdâiBons  m  qui  rendit  muels 
bond»  de*  païens,  il  restera  en  Taveur 
ilH penoDiw  )ei  plus  diflScilesè  se  rendre, 
un* «plicalioD  si  simple  et  si  lumineuse, 
^u'clleoiiliflatlraaisAmeDllousIes  suffrages. 
Cm  celle  que  l'on  peut  tirer  d'£u5èbe 
iQHtitme  quoique  fortement  persuadé  qus 
kidfmoni  étaient  auteurs  des  oracles  du 


«Les  oracles,  dit-il  {Prapar.  n.,  c.  1), 
Ml  cfué  depuis  que  la  doctrine  salutaire 
it  l'Eniigile  à  commencé  &  se  répandre 
wlalerreetâ  éclairer  les  hommes  de  sa 
hmitrb.  ■  Ce  qu'il  confirme  dans  son 
«iriga  de  la  démonstration  évengélique. 

Ajoutons  ce  qun  dit  saint  Alhaua-ie: 
iDejiuii  que  Jésus-Christ  a  été  annoncé 
tuViui,  celte  fureur  des  pythies  a  cessé,  et 
Tanne  Tpil  plus  de  ces  devins.  Depuis  que 
t  Fil)  de  Djea  a  paru  sur  la  terre,  l'idoU- 
lit  D'iugmeote  plus  ,  au  contraire  elle 
Miiblit  loua  les  jours.  Les  ténèbres  de 
lUoIltrJe  n'ont  plus  de  force,  et  toutes  les 
^in  du  monde  se  remplissent  de  la 
Iwièredesa  doctrine  >   [L.  d»  tnc.   ferbî 

H 

Ctli  retiendrait  i  pea  pr£s  )  la  pensée 
fcCirtron  [DeDivinai.)  mais  en  .y  ajoutant 
Imoiup.  Qaando  ittaviinanuitf  Anpost- 
fHhMnuf  minus  credufJMJscaperufiJT  Les 
■nln  lont  tombés  à  mesure  que  les 
Jmih  se  sont  désabusés  du  culte  des 
wuKiiTinités,  et  qu'ils  ont  connu  la 
Muiéetia  pureté  du  culte  annaneé  daiu 
l'iDgrlt. 

Ceieni  est  sans  contredit  très-beau,  el 
H  uinele  serait  presque  également  grande 
ntTue  te  nom  de  Jésus-Christ  ait  fait 
Mriei  mouTsis  esprits  des  lieui  dont  ils 
nbleDt  emparés,  soit  que  par  la  força 
Marieuse  de  sa  lumière,  il  eût  confondu 
iiKpasiDre  intéressée  des  prÔLres  du  paga- 
Ume.  Désabuser  des  peuples  entiers  de 
■rstliujioQSj  opposer  de  vrais  miracles 
viliui(r^r  on  ne  saurait  contester  les 
WKi  miracles) ,  réduire  ceui  qui  avaient 
Ml  d'imérét  ft  parler,  è  un  silence  éternel 
«tdes  STeux  flétrissants,  c'était  égale- 
Rniliprture  d'une  force  et  d'une  reli. 
}'»)  toute  diiine. 

Haoi  l'un  et  l'antre  de  cea  sans,  les 
ateiieos  pouvaient  dire  avec  l'apdtro 
«lot  Jean  dans  VÂpacalypte  (  xii,  10 }  : 
iCut  préieotementqu'esl  venu  le  salut, 
iwrce,  le  règne  de  notre  Dieu  et  la  puia- 
wce  de  ton  Christ,  car  l'accusateur  de 
>^>rères,  celui  qui  Us  accusait  jour  et 
wiUevant  notre  Dieu,  a  été  précipité.  ■ 
*H|-Vey,  PoasB&sion,  AnaB^  Pecbâ  ouoi- 

**>- 1 1,  'ASTEONOMIE,  HUXUCINATIOH. 

UtllON,  soB  eiîstence  et  soo  inilueoce 
jws  le  phénomène  des  hallucinations. 
r*f.  HuxuciSATiofi'.  —  Pen(-U  foire  des 
^V^iUn  I  Yo]f.  iwwuknuh  &  ■•  —  Imite 

t^CTr.  D(l«r«Ilfian  ckrilimuu,  par 
|JII}  UiBdUz,  Canciim,  chap.  IV. 


APOLOGGTIQOE.  me  6SS 

les  rlls  des  sacrements,  suivant  Terlunien 
et  saint  Justin.  Yoy.  ÉucBtHiSTTB,  J  III. 
—  Croyance  universelle  h  l'exisltmce  et  h 
l'intliience  des  démnns.  Toy.  Possessioir. 

DÉMONIAQUE.  Foy.  Possïssioh. 

DÉNOMBREMENT  ordonné  en  Judée  par 
Auguste;  diOLcullés  résolues.  Toy.  Luc 
fsaini). 

DESHOULINS,  nie  l'unité  de  la  race  hu- 
maine.   Yoy.    RlCBS   HDMAIltBS,  $  J. 

DESTINÉE  des  races.  Yoy.  Racb*  bu- 
ifiiitBS,  s  \III.  —  Destinée  de  l'homme, 
sou  dernier  terme.  Yoy.  Eucbabibtib  ,  %  U. 

DÉVELOPPEMENT  RELIGIEUX  de  l'hu- 
manité, existe-t-ilT  Yoy.  Philosovhik  Pin- 

THÉISTIQUE    DE  l'hISTOIRB,  j   U*  —  DéVClop- 

pement  des  dogmes  catholiques ,  réfuta- 
tion. Yoy.DoauKS,  g  II.  —  Développement 
progressif  des  êtres,  qu'en  faut-il  penserl 
Voy.  HoHiiB.  —  Développement  spontané 
et  progressif  de  l'esprit  numaio,  ce  qu'tt 
fdut  en  penser.  Voy.  PayasoLoaiE. 

DEVENIR,  qu'est-ce  dans  la  philosophie 
dti  Hegel  ?  Yoy.  Pbiuuofbib  ss  l'ibsold  , 

DIABLE.  Voy.  D^Ken. 
DIABOLOS,  emi>loi  et  sens  divers  de  ee 
oiôl  dans  l'Écriture.   Yoy,  TBitTATioir  de 
Jâsub-Cbrut,  SI. 
BIËD. 

Dieu  eipHqnB  h  mmile  et  le  maDde  la 
prouve,  ntito  l'atliia  nia  D1«b  «d  m  prtr 
■eoce.  (RiTAMK,.! 

Des  prenTM  contra  l'oililenM  d'une  in. 
tclllsence  soprime,  on  a'eo  a  JiBtlt  ip. 

[VoLtiiM,  uotes  sur  lei  eabala.) 

II. 

Noos  ne  croyons  pas  nécessaire  de  pré- 
senter ici  les  preuves  de  l'existence  d'un 
premier  Etre,  qui  est  lui-même  l'essence 
de  l'être,  et  par  qui  tout  vit,  se  meut  et 
respire.  Ces  preuves  sont  partout  et  qui  ne 
les  cannait  ?  Toutefois  si  jamais  le  hasard 
vous  faisait  rencontrer  la  phénomène  d'un 
homme  [qui  niAt  Dieu  a  c'est  une  grande 
question  a'i)  s'en  trouve  de  tels;  et  quand 
il  serait  ainsi,  cela  prouve  seulement  qu'il 
y  a  des  monstres  [9H);  ■  vous  pourriez 
vous  borner  h  lui  adresser  te  petit  discours 
suivant  : 

«  Mon  ami, je  m'engage  &  me  faire  athée 
comme  vous,  lualériSlisle,  et  tout  ce  que- 
TOus  voudrez,  quand  vous  m'aurez  appris 
h  me  rendra  compte  seulement  de  la  eréa* 
tion  d'un  être  vivant.  Si  ce  n'est  pas-Dieu» 
par  exemple,  qui  a  créé  l'homme,  clier-- 
chons  d'où  il  peut  venir,  car  il>  faut  bien, 
que  cela  ait  commencé  par  quelqu'un. 

«  Eh  bien  I  quoique  l'Agn  connu  du 
monde  soi!  de  six  milla  ana^je  vais  vous 
accorder  une  chose  qui  oe  s'est  jamais  vue 
depuis  qu'il  existe  i  c'est  la  création  spon- 
tanée d'un  ankaat:quelconqufl.  Il  o-'e.Ht  poink 
arrivé  pendant  ces  six  mille  années»  qu'iM. 

«iei  neles  de  âcifncu  de  Corrcvon. 


DtCTIWNAIBS  AI>(H.0GET1QVE. 


tioatme,  bI  «ucun  individu  d'une  aulrset-' 
fièce,  soit  nâ  tout  seul,  de  nuit  ou  de 
jour,  sous  UD  cbéne  ou  sous  une  aulié- 
pjnu  ;  mais,  pour  vous  faire  plaisir,  J'ail- 
mels  qu'il  ait  pu  en  sortir  un,  )e  ne  sais 
d'où,  ni  qiiasd,  ni  comment.  Toutefois, 
je  phénooiëae  dnit  tous  paraître  rare  A 
TOus-mômelt  puisque  jamais  vous  n'avez 
ouï  dire  qu'i^  sa  soit  répété  nulle  part,  à 
aucune  époque,  et  que  de  votre  vie  il  aa 
TOUS  est  Tenu  k  l'esprit  de  tioire  U  chose 
possible. 

'  «  A  présent,  mon  ami,  voyons  ce  que 
nousallons  faire  de  rhomme-phénomëne 
(]ui  est  Dé  tout  seul.  Prohablenitist  il  est 
l>etit,  puisque  tout  commence  par  Ib;  et 
alors  je  le  vois  bien  embarrassé,  sans  mère 
pour  l'allaiter,  sans  Tètemeots  pour  se  cou- 
vrir; au  milieu  des  bètes  féroces,  s'il  y 
ea  •  déjb,  ou  rampant  tout  seul  dans  la 
boue,  s'il  «  été  le  premier  h  en  sortir.  Mais 
enfin,  comme  je  vous  ai  promis  d'être  rond 
et  coulant,  paseons  stircfs  difficultés.- Notre 
itetil  homme  trouve  moyen  de  vivre  un  an 
ï  (fuatre  pattes  dans  les  buissons,  sans 
qu'il  lui  arrive  mallieur  :  après  quoi  il  de- 
vient ^  qu'il  peut,  enfermé  dans  les  forêts 
•t  dans  lus  tleuves. 

■  Je  ne  sais  trop, -mon  ami,  oA  cela  se 
passe;  mais  n'importe,  notre  petit  homme 
mourra  Décessa  1  rement  dans  son  coin*  de 
terre,  et  probablement  paa  loin  du  lieu 
oà  il  »  surgi,  si  un  autre  miracle,  tel, 
qu'où  D'en  a  point  vu  depuis  que  le  monda 
«st  monde,  ne  fait  pas  naître  de  la  même 
manière  un  autre  petit  enfant  du  seie  fé- 
minia,  qui  sera  aussi  bien  embarrassé  de 
son  i:ûlë  pour  arriver  seulement  à  TSKe 
de  marcher  sur  ses  deux  pieds.  Ainsi  voilà 
deux  choses,  dont  pas  une  ne  s'est  rovuo 
dans  l'espace  de  six  mille  ans,  qui  doivent 
-  être  arrivées  h  la  uiêoie  époque,  pour  que 
lions  puissions  commencer  â  comprendra 
notre  premier  point,  qui  est  d'avoir  uue 
créature  sans  créateur. 

«  Mais  ce  n'est  pas  tout,  mon  ami;  )a 
terre  est  grande,  jI  faudrait  que  les  pro- 
diges dont  nous  venous  de  parler  s'y  re^ 
nouvelassant  bien  des  fois  avant  que  les 
deux  seule  habitants  du  ^obe  vinssent  k 
se  reuconlrer.  Jugex  oimbien  un  genre 
humain  comme  celui-là  serait  dilhcile  à 
réunir  sous  le  même  arbre  ;  combien  de 
Biillious  d'années  et 'de  hasards  devraient 
coDGDurir  h  opérer  une  pareille  rescoatre; 
combien  enfin  notre  pauvre  couple  aurait 
le  temps  de  mourir  de  fois,  chacun  de  son 
c6té,  avant  de  se  trouver  face  à  face  au 
bord  d'une  rivière!  Ainsi,  oe  serait  tou- 
jours un  phénomène  à  recommencer  sur 
uouveaux  frais,  et  qui  oe  Tiendrait  jamais 
à  bien.  Comiaisses-voui  une  supposition 
qui  soit  plus  simple  et  moins  compliquée 
que  cel)e-l&? 

'  ■  Et  puis,  examinez  cette  organisalion 
ai  partait^  cette  chai'pente  humaine,  si  bien 
arrangée;  cette  réunion  de  membres,  de 
libres,  de  aens  et  d'organes;  cette  com- 
binaison si  complète  de  matière  et  d'intelli- 


^enee  1  Coubien  tout  cela  devriii-ij  n^ 
jeté  de  fui»  dans  un  autre  uouloqutli 
main  de  Dieu  pour  former  un  tel  ea»ai. 
ble  1  Quoi  I  vous  voulez  sortir  ainsi  imt 
équipé  du  sein  de  la  terre,  ou  lîu  iitxv. 
taloire  de  la  naiure  I  Mais  eombiuD  ciitie 
nature  ne  devra-t-elle  pasmsnqundafoit 
son  ouvrage,  avant  de  rBcberur  et  de  tèunir 
foutes  les  parties  qui  composent  un  tin 
vivant?  Tantôt,  ce  sera  un  bras  on  tint 
jambe;  tanlût,  les  yeux  ou  les  oreillesi 
tantôt  le  sang  et  les  os  ;  lanlât  la  tels  ou 
la  looilié  du  bloc  qui  manqucTcuLBiKon 
est-ce  beaucoup  vous  accorder,  puisqtit 
Jamais  on  n'a  vu  la  terre  produire  îé-^ 
rément  ni  un  œil,  ui  une  jambe,  ai  u 
nez  d'homme,  ni  un  ongle,  ni  uo  tilde 
paupière. 

«  Mon  ami,  on  connaît  quelque  àm 
qui  paraît  bien  plus  facile  k  exécuter  i)iii 
tout  Cela  :  c'est  de  ranimer  un  hoKM 
tout  construit,  tout  fait  et  achevé.datii  le^ 
le  dernier  soufDo  de  la  vie  s'est  seulenuil 
éteint.  Ne  vous  semble-I-il  pus  que  celui- 
Ib  soit  plus  f^cilt)  h  remettre  debout  qu'os 
autre  à  tirer  du  néant,  et  en  qui  toulnl 
à  faire.  Eh  bien  cependant,  avec  cette  bellt 
charpente,  encore  toute  dressée  et  compo- 
sée de  toutes  ses  parties,  la  sciencK,!» 
ans,  les  efforts  de  l'habileté  humaioe,  ne 
sont  jias  parvenus  une  seule  fois,  en  sii 
mille  ans,  à  faire  quelque  chose  qui  pïl 
se  rajuster  'et  marcher.,  Vo^ez  ce  jeuns 
homme  qu'on  retire  de  la  rivièrfe  où  ma 
bras  vigoureux  fendait  tout-M'heure  ia 
sillons  et  jouait  avec  le  péril;  il  d'|  i 
qu'une,  minute  que  la  vie  s'est  retiréa  di 
lui.  Toute  son  organisation  est  intacte, d 
certes  le  voilii  plus  avancé  sous  ce  rapfiorl, 

3ue  Ib  prétendue  créature  que  vous  oivi 
emander  toute  vivante  à  la  matière  brûle 
et  au  hasard.  Ce  devrait  être  une  michloe 
plus  facile  &  remonter  qu'une  autrti  duul 
on  n'a  pas'la  première  pièce.  El  ce|ieadatil 
il  n'y  a  pas  d'exemple  qu'on  oit  jaiutu 
pu  parvenir  i  lui  rendre  le  mou veoii-U 
■  Maintenant  ,  mon  ami ,  décidez  si  j< 
puis  risquer  mes  croyances  ou  seulemcol 
ma  raison  sur  des  suppositions  conmielu 
TÔtres.qui  compliquent  jusqu'à  l'absurdilJ 
l'idée  sr  simple  que  ta  créature  deJCcnJ 
de  la   main   du  Créateur  .  » 

Au  iieu  d'un  homme  vous  pourries  pn> 
dre  un  fétu,  car 

£iia«  eetpet  probal  eue  Demm  (Tiiiuu). 

Notre  eaprit  porte  en  Ini-méme  law- 
titude  qu'il  y  ■  un  principo  das  cboM' 
et,  en  outra,  que  ce  principe  est  eéce» 
sairement  nu  Dieu  ou  It  nalare.  Il  ue  s'iÇ' 
plus  que  de  choisir,  et  une  aaBÎ."e  de  clii>i| 
est  tout  autre  l'hose  qu'une  situation  oi 
Je  raisonnement  doit  tout  créer.  HettoDi 
un  moment  uo  regard  le  tbéiame  et  le  çi'>' 
théisme,  et  rechercboos  lequel  des  dçU 
est  en  harmonie  avec  la  nature,  l'inlell)- 
genca,  la  conscience  et  la  société. 

Dieu  est  ici-bas  le  plus  populaire  de  tau-' 


nCTIONNURE  APOLOGETIQUE. 


MNreii  tandis  ()ub  lapanlliéisme  «st  un 
5v)Ièffle  puremenlscientifiqae.  Au  milieu 
déi  thampSf  appuyé  sur  son  inslruntent  du 
inMit,  le  laboureur  lèvt  aes  yeui  vers  le 
(iel,  el  il  nomme  Dieu  k  ses  eufimls  par 
un  mouTement  simple  comae  son  flme. 
LfpiiiTre  t'appelle,  te  mouraoi  l'invoque, 
l«  perfen  le  eraint,  l'homme  de  bien  )e 
bénit,  les  mis  lui  donnent  leurs  cduron- 
nett  porter,  les  ariU^S  le  placent  en  tâte 
de  leurs  bataillons,  la  victoire  lui  rendgrAce^ 
Il  délai  la  f  cherchH  un  secours,  les  peu- 
ples s'irBiant  de  lui  contre  leurs  Ijrans; 
Il  n'en  pas  un  lieu',  un  feiops,  une*  oe- 
cuiDn,Bn  sfflliment  où  Dieu  ne  paraisBe 
((  lia  soit  nommé.  L'amour  lai-mértie,  si 
tflr  d»  son  charme,  si  conflaot  dans  soa 
InGtorlalité  propre,  n'ose  pas  pourtant  se 
pitier  de  lui ,  el  il  vient  su  pied  de 
HsiDiels  lui  demander  la  confirmation  des 
rremesseï  qu'il  «  tant  de  fols  jurées.  La 
olèraeroil  n'avoir  atteint  son  eipressfon 
«préme  qu'après  avoir  maudit  cet  a  dora- 
Ma  notn ,  et  la  blasphèutfl  est  an  hnmraage 
«ncere d'une  foi  qui  se  révèle  en  s'oubjiant, 
(uedinit-je  du  parjure  T  Voilh  un  homme 
fjieit  en  possession  d'un  searet  d'où  dé- 
Knd  M  ferlane  ,  son  honneur  ;  lui  seul 
M  ronniK  sur  Ja  terre,  lut  seul  est  son 
t»(t.  Hais  la  vérité  a  un  oompliee  éternel 
d  Di*a  ;  elle  appelle  Dieu  &  son  secours  , 
Hk  met  le  oœur  de  l'homme  aux  prises 
imlt  lerment,  et  celui-là  mAme  qui  sera 
(triWië'fln  violer  la  maiesté  ne  le  fera  pas 
Mu  m  tremblement  intérieur  ,  comme 
if'Ml'KUoa  la  ptusl&cheet  la  plus  force-' 
çfc-Klpoin-lanlqu'ya-MI  dans  cette  parole: 
h:»  jurer  Kien  qu'un  nooi ,  il  est  vrai, 
Hii  c'est  le  nom  de  Dieu.  C'est  le  nnm 
fi'Hit  adoré  tous  les  peuples,  auquel  ils 
■tiUii  des  lemplea,  consacré  des  sacer- 
BM,  adressé  lies  rriàres;  c'est  le  nom 
"plus  fçrand,  le  [itus  saint,  le  plus  efli- 
JJtt.  le  |ilus  [toputaire  que  les  lèvres  de 
re|iiome  aient  reçu  la  gréca  de  prononcer. 
En  «t-ii  de  uiéme  du  panthéisme  T  Où 
■■  chercherons- BOUS  T  Venez  avec  moi, 
hppoiis  h  cette  porte;  elle  est  illustre,  et 
r^i  d'une  main  célébra  aussi  l'a  heurtée. 
wui  tolci  devant  un  sage.  Prions-le  de 
*^i  expliquer  le  mystèra  de  nos  desli- 
^"ii  w  il  l'a  pénétré.  Mais  que  noua 
■(hIT  qu'il  n'y  a  au  monda  qu'une  seule 
«il-ilanee.  Pourquoi  T  Parce  que  la  aubs- 
wte  est  ee  qui  est  en  soi ,  el  que  ce  qui 
w  en  soi  est  nécessairement  unique ,  in> 
*ni.  ilemel.  Dieu.  Voikà  donc  tout  l'éclair- 
^HtBi'Qlde  notre  via  posé  sur  «ne  déûni- 
tûn  Dftaphyûque.  Je  n  asamiae  pas  si  elle 
t>t  Traie  Qu  fiausse,  si  les  coDCliisJwig  qu'en 
*>!  lire  soDl  légitimes ,  s'il  est  aisé  ou  non 
"•  définir  autrement  la  substance ,  et  de 
'HitMser  par  cela  même  tout  l'édistaudaga 
«utttdortrine.JedéSe  seulement  l'huma- 
"■<«  (la  la  eompreodre ,  ear  rieo  n'est  t)lus 


'Çjnfterles  veines  de  volm  front,  un»-s«rt&' 
d'éblouisscment  saisir  votre  pensée  nu' fond 
de  ses  plus  intimes  replis  ,  et  tout  dispa- 
raître devant  vous,  le  réel-  et  l'idéal ,  dans 
uue  défaillance  douloureuse.  El  ce  senti 
là,  dans  ces  subtiles  et  iiiahordables  pro>- 
fbudeurs  ,  que  la  vi^rilé  première  aurait 
caché  SB  faee  1  Ce  serait  là  qu'elle  attendrait 
legenre  humain  pour  lui  dicter  son  sort  I 
Le  croyeE-vous  t  Pour  moi ,  je  ne  le  crors 
pas,  JB  crois  au  Dieu  du  pauvre  et  du  sim- 
ple; je  crois  au  Dieu  que  la  cabane  con- 
naît, que  l'enfance  écoula,  dont  le  mal- 
heur sait  le  nom,  qui  a  trouvé  des  voies 
pour  arriver  à  tous,  si  petits  qu'ils  soient» 
et  qui  n'a  d'enuemis  que  l'orgueil  de  la 
BcîflBce  et  la  corruption  du  cœur,  ia  croift 
h  ce  Dieu-Û  ;  j'y  crois  perce  que  je  suis 
homme ,  et ,  en  répétant  avec  tous  les  peu- 
pies  et  tous  les  Ages  In  premier  article  du 
symbole  de  l'Ë^liss,  je  ne  fais  que  medire- 
boume  et  m'inscrire  k  mon  rang  dans  kt 
-communauté  naturelle  des  Ames. 

La  nature  est  un  grand  spectacle,  elle 
épuise  aisément  nos  yeux  et  notre  imagi- 
naiioD  :  mais  a-t-elle  le  caractère  d'un  Clm 
sans  cause,  d'un  Aire  qui  existe  parscif 
Peut-elle  dire  comme  Dieu  d^insMotsa: 
£00  >um  9111  tum. —  Je  luis  celui  qui  tuit  f 
L  infini  est  le  premier  caractère  de  l'ôire 
S8QS  cause  ;  la  nature  a-l~elle  ce  caraolèro  ? 
Aegardons>la,  tout  ce  qUe  nous  y  Voyons  a 
des  limites,  tout  y  est  Ûgure  et  mouvement,, 
fiijure  déterminée ,  mouveoaent  calcula; 
tout  y  tombe  sous  l'empire  étroit  de  la 
mesure,  même  les  distances  qui  demeu» 
rent  inconnues  i  nos  instruments,  mais  qui 
ne  le  sont  point  à  nos  conceptions.  Nous 
senlon.*  la  borne  lit  môme  oti  notre  oeil  ne 
la  voit  pas.  Il  nous  suflU  do  la  ssisir  dans 
lin  poinl  pour  la  conclure  partout.  L'intiai 
est  indivisible,  et  n'y  eût-il  dans  l'uniraca 
qu'un  atumo  soumis  À  notre  faible  maîn, 
nous  saurions  (}ue  la  nature  est  finie,  et 
que  son  immensité  n'est  que  le  voile  écl»- 
tant  de  sa  misère. 

Si  ia  nature  était  par  soi-fnftme,  elle  au- 
rait de  plus  le  caractère  de  la  liberté  afa»- 
solue,  c'est-à-dire  delà  souveraineté;  «ar, 
de  quoi  peut  dépendre  un  être  qui  n'a  pa» 
de  cause? Hais  esl-ce-là  ce  que  nous  remar- 
quons dans  les  opérations  qui  nous  mani- 
iestentsa  vieT  L  uuivers  estserf  :  il  roula 
dans  son  cerela  oâ  n'apparaît  aucune  spon- 
tanéité: la  pierre  resle  où  la  main  l'a  mise„ 
et  l'asli'e  suit  un  orbile  où  nous  la  re- 
Irouvoos  totûonra.  Ces  mondes  prodigieux 
par  leur  maase  et  leur  mouvemoat  n'oan 
jamais  révélé  h  l'observateur  qu'un  anéoa- 
nisme  sourd  el  aveugle,  une  force  esclave, 
une  désespéraote  impuissauee  de  dévier  de 
leur  loi.  Et  l'homme  lui-même,  l'htmaiK 
au  qui  seul  apparaît  sur  la  terre  cette  libwtè 
dont  nous  i'charchons  vainement  la  trace 
dans  tout  le  reste,  l'homme esL-il  souverain? 


"'^  <i^  la  sa^cilé  méiaphysiqua,  que  cet  Nalt-il  à  l'beura  qu'il  a  loarquéeT  Meurt'il 

^Mui  écarte d»  devant  lui  toutes  les  réa-  b  l 'heure  qu'il  désigoeraT  Peut-il   s'alfran- 

tti.  et  |iétiètra  d'un  regard  tixe  le  monde  chir  de  ce  qui  limite  et  meurtrit  san  exlv- 

'•*i  iwtriciions.  Vous  semiriei  bientftt  se  tencu  l  Gomme  la  nature  dont  il  fait  partie» 


BIE 


DICTlONNUftE  APOLOGGTIOkiE. 


BIE 


M 


flaia  grandeur,  mais  une  grandeur  qoi 
trahit  d'aulanl  plus  son  infirmilé.  11  est 
semblable  h  ces  rois  qui  suivi) ieni  te  triom- 
phateur BU  Capitote,  et  dont  l'abaissement 
s'accroissait  des  restes  mAmes  de  leur  ma- 
îeslé.  Aussi  deux  sentiments  naissent  i  la 
fois  du  spectacle  de  l'univers;  l'admiration 
H  la  pitié.  Et  tous  les  deux  se  fortifiant 
l'un  par  l'autre,  concluent  ensemble  à  la 
Tanîlé  de  la  nature  et  à  la  reclierche  desnn 
■uleor.  C'est  )e  langage  des  mondes,  c'est 
leur  éloquence  éternelle,  c'est  Id  cri  de 
leur  conscience,  si  l'onpouTait  donner  ce 
nom  à  la  force  qui  les  contraint  de  parler 
pour  un  plus  grand  qu'eux,  et  de  r^ire  & 
tout  les  échos  du  temps  et  de  l'espace  le 
cantique  delà  créature  au  Créateur  :ffoit 
nobii.  Domine,  non  nobit,sed  nomi'ni  tuo  da 
gloriam, —  Jfonpaâ  ànous,  Seigneur,non  pai 
à  noui  la  gloire,  maii  à  votre  nom /Oui, 
mondes  sacrés  qui  roulez  sur  dos  tèles, 
astres  brillants  et  joyeux,  qui  meoez  votre 
course  sous  la  mainduTrès-Haat,  Iles  for- 
luoéea  qui  dressez  ros  rivagesdans  l'océan 
du  ciel,  oui,  vous  n'arez  jamais  menti  fc 
l'boiDmel 

11  n'importe  pasde  savoir  si  lepanthéls- 
me  essaie  ou  non  de  détourner  d»  son 
sens  le  spectacle  de  la  nature.  Ce  qui  im- 
porle,  c  est  que  l'homme  pris  en  général, 
Vhomme  du  l'humanilé,  voie  du  premier 
coup  d'ceil  que  l'univers  n'existe  pas  par 
lui  même.  Jamais  la  mélaphjrsique  ne  dé- 
truira celte  impression  profoude  causée  h 
l'homme  par  la  vue  des  choses  dont  se 
compose  la  scène  où  nous  vivons.  Un  en- 
fani  saisit  l'incapacité  du  ciel  et  de  lattirre; 
il  la  voit,  il  la  sent,  il  la  touche,  il  y  re- 
viendra toujours  comme  à  un  sentiment 
invincible  qui  fait  partie  de  son  être.  Vous 
aurez  beau  lui  dire  qu'il  est  Dieu;  il  lui 
suffit  d'avoir  eu  la  tièvre  pour  comprendre 
que  vous  vous  moquez  de  lui. 

En  regardant  la  nature,  l'homme  voit  des 
réalités;  en  regardant  son  intelligence,  Il 
voit  des  vérilés.  Les  réalités  sont  finies 
«tomme  la  nature  qui  les  contient;  las  vé- 
rités sont  infinies,  éternelles,  absolues, 
c'est-è-dirè  plus  grandes  que  l'intelligence 
où  nous  les  découvrons.  La  nature  nous 
montre  des  figures  de  géométrie;  l'inlelli- 
gence  nous  révèle  la  loi  malliématiqueelle- 
Hiflme,  la  lo)  générale  et  abstraite  de  tout 
les  corps.  Elle  (ail  plus,  elle  nous  révèle  la 
loi  oiéLa physique,  c'est-i-dire  la  loi  de 
l'Aire  quel  qu'il  soit,  la  loi  qui  s'applique 
aussi  bien  aux  esprits  qu'auxcorps.  A  celle 
hauteur  et  dans  cet  horizon ,  l'univers 
dispsrall  aux  regards  de  notre  esprit,  ou 
du  moins,  nous  ne  le  voyons  plus  que 
commelereQetd'unmondesupérieur,  comme 
l'omlM-e  d'une  lumière  sans  rivages  ;  le  réel 
s'alisorhedans  le  vrai,  qui  est  sa  racine,  l« 
réalité  se  mesure  par  la  vérité. 
^  Hais  où  est-elle,  la  vérité?  où  est  son 
lieu,  son  siège,  sud  essence  vivante?  Esl- 
•^  une  pure  abslraction  de  notre  esprit  f 
,  N'esl-ce  que  l'univers  agrandi  ;>ar  un  rfiveT 
S'il  en  était  ainsi,  notre  intelligence  elle- 


même  serait  un  songe;  la  vérité  qui  nom 

Parait  le  principe  de  lout,  ne  serait  qua 
exagération,  et  comme  l'extravigtnce  d» 
la  réalité  sensible, 

DiroQS-nous  que  Is  vérité  s  pour  sien 
notre  propre  es(>ri[T  Mais  nuire  eipril  en 
borné,  la  vérité  ne  l'est  pas;  notre  etprit 
a  commencé,  la  vérité  est  éternelle;  n»irt 
'  esprit  est  susceptible  de  plus  et  da  moini, 
la  jrérité  est  absolue.  Dire  que  notre  espni 
est  le  siège  de  la  vérité,  c'est  dire  en 
termes  obscurs  qua  notre  esprit  eit  la 
vérité  même,  la  vérité  vivante;  qui  est  tsiei 
insensé  pour  le  croire?  Outre  la  conln- 
diction  qui  existe  entre  la  nature  de  twln 
esprit  et  la  nature  de  la  vérité,  oa  voycai- 
BOUS  pas  les  intelligences  dont  se  com- 
pose le  genre  humain  dans  une  guerre  p*r. 
péiuelle  d'alUrmalions  et  de  négalioniT  Li 
vérité  serait  donc  en  guerre  avec  elifrmËmt. 
Elle  dirait  oui  et  non  à  la  fois,  lout  en  ra- 
tant absolue  :  c'est  le  comble  de  la  démeM. 

Si  la  vérité  n'est  pas  un  vain  nom,  eUt 
n'est  dans  l'univers  qu'à  l'état  d'expresiinp, 
et  dans  notre  esprit  qu'6  l'étal  d'apparition, 
elle  est  dans  l'univers  comn)erarli(tri  ûm 
son  œuvre,  elle  est  dans  notre  esprit,  coaiu* 
le  soleil  dans  nos  yeux.  Hais  par  ilrli 
l'univers  et  notre  esprit,  elle  suhsitlacn 
elle-même,  elle  est  une  essence  réelle,  in* 
tinie,  éternelle,  absolue,  existant  par  m, 
ayant,  conscience  et  ialelltgence  de  sui; 
car,  comment  la  vérité  ne  s'enteodrail-elic 
pas  elle-même  puisqu'elleesl  la  source  de  tout 
enleudemeot?Or,dire  Otila  delà  Térilé,c'esl 
délin.r  Dieu;  Dieu  est  lenom  propre  délava-  ' 
té,commelavériléestIenDmabstraildsDieu.  ' 

llj*  a  donc  un  Dieu,  s'rl  y  a  une  vérité. 
Vous  plat(-il  de  dire  qu'il  n'y  a  pas  de  véri- 
té? C'est  votre  affaire,  etje  ne  vaispascoDtn. 

Peut-être  vous  Renlirei  mieux  encore  io 
force  de  cette  uonclusioa  en  l'appliquant  s 
l'ordre  de  la  conscience.  De  même  que  ^ 
vérité  est  l'objet  et  la  vie  de  l'esprit,  la  jiu- 
tice  est  l'objet  et  la  vie  de  la  conscience,  li 
conscience  aperçoit  et  approuve  une  r^>e 
des  droite  et  des  devoirs  antre  les  êirei 
doués  de  liberté  ?  Cette  règle  est  la  justi». 
mais  où  esI-eUe,  la  justice  ?  Est-ce  un  sim- 
ple résultat  de  la  volonté  humaine?  En  •:< 
cas,  la  justice  n'est  qu'une  conrerition.  oQ^ 
loi  fragile  née  aujourd'hui  qui  tombera  de- 
main. Est-ce  un  ordre  fondé  sur  ,1a  naUm 
même  de  l'homme?  Hais  celte  nature  e»l 
variable,  oorruplible,  sujette  à  des  psssiou 
qui  l'égarent.  Ce  qui  est  l'ordre  pour  l'oD 
sera  le  désordre  pour  l'autre.  Il  fauldoflc.ii 
la  justice  est  une  réalité,  qu'elle  soit  uneloi 
éternelle  et  absolue,  réglant  les  rapports dei 
volontés  libres,  comme  les  mslhématiqucf 
sont  une  loi  éternelle  et  absolue,  réglant  \o 
rapports  des  êtres  fflatériels,  et  la  métspbf- 
sique  une  loi  étemelle  et  absolue  ré^s»' 
les  rspftorls  des  intelligences  avec  tous  I» 
êtres  soit' existants,  soit  possibles.  £d  dv 
hors  de  cette  notion,  la  justiee  n'est  qu  un 
mot  qui  arme  les  forts  contre  les  faibles.  I>'* 
heureux  contra  les  malheureux.  Or,  ceti* 
notion  entraîne    nécessairumeut    celle  w 


HE 


UCnOfra AI»  APOLOGETIQUB. 


DOG 


Dita,  (Mutqo'oDe  loi  Jloroelle  el  absolue 
ustuniteirs  une  réalité  que  dans  la  per^ 
Miaed'ta  (Ire  subsisianl  par  soi,  a/ant 
UK  loloDléaeiive  et  droite,  capable  de  pro- 
aulgaerun  entra,  de  le  soalenir,  de  récnm- 
IcBMr l'obéissance  el  de  puoir  la  rébellion, 
b  jihli  est  le  premier  nom  de  Dieu ,  la 
;ii!ice  est  le  second. 
Or,  qn'il  /  ait  des  hommes  pour  qoi  la 
fériléellB  justice  ne  soient  qu'un  jea  phi- 
li>M)Jiiqne,  qui  s'enrerment  dans  la  solitude 
«igueilleasa  de  lenr  pensée  pour  y  bilir 
ifurgloira  sardes sjstèmesqui  portenlleur 
MB,  «la  H  comprend.  Hais  rbumaoité 
|4ii(K  N  tottffrsnle  n'en  est  pas  là  ;  elle 
ibtmadsrérité  pour  se  nourrir,  de  Jus- 
tin [M  se  déftndre ,  et  elle  sait  que  le 
lénlifil*  oom  de  l'un  el  de  l'autre,  c  est  le 
mmitùita  ;  que  la  rëritable  force  de  l'une 
«deTiulre,  cest  la  force  de  Dieu.  Elle  ne 
«V  ts(  junais  trompée.  Quand  on  l'opprime, 
tilt  \Èt«  ses  mains  vers  Dieu ,  elle  eo  ins- 
TilIcBornsBr  seadrapeaui,  ellediti  Top- 
nanT  cette  deroiire  et  solennelle  parole 
(  i'Jst  qoi  croît  et  espire  :  Je  tous  cite 
I  triDuQu  de  Dien  I 

Getribuotl  a  Idt  ou  tard  son  heure,  son 
nra  temporelle  et  visible,  outre  son 
aratenietle.  Les  rois  y  comparaissent 
a  iei-bu,  et  les  nations  aussi.  C'est  ce 
ibonal  permenent  an  sein  de  l'erreur  et 
'riaiqailéqui  aaoTe  le  monde.  En  vain 
^oeil  Tcut  l'abattre;  le  peuple  sauvé  par 
ileuuTeksoo  tour.  S'il  n'^sTait  parmi 
«qoa  des  sages,  Fidée  de  Diea  pour- 
if7  périr,  ear  un  bomme  seul  est  toujours 
ÎMant  contre  Dieu;  mais  heureusement 
initions  sont  faibles  contre  lui,  parce 
'ellesnepeuTuitse  passer  de  justice  et  de 
filé.  Biles  le  protégeai  contre  les  asTantes 
inères  d'une  taasse  sagesse;  elles  en 
■Dlienoent  la  mémoire  avec  une  fidélité 
tD'eo  eonserre  pas  toiijours  la  parfaite 
boa,  mais  qui,  du  moins,  n'a  pas  permis 
<qB^  présent  que  le  soleil  et  l'histoire 
Net  un  peuple  alliée.  Quoi  qu'on  ait  £ail, 
West  resté  la  pierre  angulaire  de  la  sa- 
lé fanmaine;  aucun  législateur  n'a  osé  la 
lOir,  locun  siècle  ne  l'a  igooré,  aucune 
Bnen'^  effacé  son  nom.  Aussi  bien  sur 
krre  que  dans  le  ciel,  il  est  parce  qu'il 

Usai  Dieu  a  poor  lui  la  nature,  l'intel- 
ioee,  la  conscience  el  le  société,  que 
l^t-il  an  paothéisma  T  où  sera  son  point 
Ppai 7 11  le  cherchera  dans  les  ténèbres 
M  métapbjsiqoe  abstl-use:  il  s'isolera 

toetas  les  réalités,  de  tous  lesseoti- 
■U  et  de  tous  les  besoins,  pour  se  com- 
*r  un  labyrinthe  doot  la  pensée  ne  saura 
1  retrourar  les  issues.  Il  en  perdra  Ini- 
tiale ûl;  enfermé  daas  la  prison  subtile 
ij  se  sera  oonslruîte.  il  sera  pris  du  rire 
i'ergneil  qui  s'est  trompé  lui-même,  el 
«laat  à  lui,  du  fond  corrompu  des  Ages, 

esprits  curieux  des  doctrioes  rare»,  il 

)t3l  Eilrmiafmml,  c'etl-i-Hn  fai  va  en  dekon, 
CM  ncciiiriqiie,  qui  députe  lis  sem  boiisiit , 


^etlera  sur  Dieu  et  tar  le  genre  bomain 
'anathème  du  mépris.  Dieu  passera  Sans 
l'entendre,  el  le  genre  humain  sans  lui 
répondre.  Faisons  comme  eus,  passous 
aussi.  Voy.  PAifruéisiiE. 

DiBD,  eslril  aimé.  Foy.  CBO-nt,  |  I.  — • 
Comment  les  êtres  sont  en  lui.  Voy.  BniKs. 
—  Qu'est-il  pour  le  ralionalismeT  Yoy.  Ri- 
vftLiTiON  rxiMiTiTE.  —  Ss  uolion  dans  la 
système  philosophique  de  Fichte.  Toy. 
PfliLOsopHiB  UK  l'absold,  )  II.  —  CODsidé- 
ralions  sur  ceux  de  ses  attributs  qui  ne 
peuvent  se  manifester  que  par  la  rédemp-; 
tioo.  Foy.  AsTaoKoms.  —  Esl-il  trop  grand 
pour  s'occuper  de  la  terre  si  petite  et  Je 
l'homme  qu'il  y  a  placé  T /6id. -^  Peut-il 
naître,  sootfrir  et  mourir?  f<w.  BÉr*aATion, 
illl. 

DIEUX  INFERIEURS  chei  les  Indiens, 
leur  multitude  innombrable.  Foy.  InDiinis- 

ME.   j  V. 

DIODORE  DE  SICILE,  témoignage  en 
tireur  de  Moïse.  Voy.  PEnTiTECQua,  {  IV. 

DISCOURS  de  Jésus:  objections  et  ré- 
ponses. Voy.  JuN  {saint)  l'évangéliste,  (  111 
et  IV. 

DISPROPORTION  entre  la  fnnte  et  le 
chitiment étemel;  réfutation.  Foy.  E^teb, 
I  V. —  Disproportion  infinie  entre  lu  mérite 
des  créatures  et  la  récompense:  réponse  h 
cette  objection.  Yoy.  Mal,  art.  I,  f  V. 

DIVINITE  DE  JESDS^HRIST,  manifes- 
tée par  sa  rie  intime.  Yoy.  Jéshs-Cheist, 
art.  1".  — Par  sa  puissance  publique.  Foy. 
J^ds-Chbist,  art.  11.  —Par  rélBbiissemeat 
de  son  règoesurla  terre.  Foy.  J^sus-Cbrist, 
arl.  III. — Divinité  do  Pentateuque.  Ytg/. 
pBiruTBDQDB,  {  X.  —  Diviuilé  du  christia- 
nisme prouvée  par  son  établissement.  Foy. 
PiopAOïTioa  se  CHBiSTiAHiSHE. — Divinité 
du  christianisme  prouvée  (>ar  ses  fruits. 
Yoy.  Cintroductio*,  {  XI  et  suiv.  —  Divinité 
des  Evangiles.  Foy.  Evarqile,  |  VI. 

DOCTRINES,  aucune  n'a  t>u  vaincre  les 
obstacles  que  la  catholicité  a  surmontés 
dans  son  expansion.  Foy.  Cathoucitè, 

DOtiUES.  —  Quand  l'inlelligence  de 
Dieu  tombe  dans  rinlelligeDce  de  l'homme, 
elle  doit  nécessairement  y  jeter  quelque 
chose  qoi  ne  peut  être  ai  crée,  ni  demouiré 
par  la  raison.  Or,  ce  qui  ne  peut  être  ni 
créé,  ni  démontré  par  la  raison,  a  évidem- 
ment un  cnraclére  d'extravagance  (9i5), 
caractère  qu'on  ne  saurait  couiesler  h  la 
doctrine  catholique.  Que  nous  enseigne-t- 
elle, en  effet?  Un  Dieu  eo  trois  personnes, 
un  Dieu  qui  a  fait  le  monde  de  rien,  uu 
homme  qui  a  perdu  toute  sa  race  par  une 
f^ute  personnelle,  un  Dieu  qui  s  est  fait 
homme,  qoi  s  été  crucifié  pour  eipier  des 
crimes  dont  il  n'avait  pas  la  responsabilité, 
un  Dieu  présent  sous  les  appsrences  du 
pain  et  du  vin.  Quels  dogmes,  et  c'est  là 
pourtant  toute  l'architecture  de  la  doctrine 
eatholiqoel  11  est  trop  évident  que  la  raison 
n'a  créé  aucun  de  ces  dogmes,  et  ne  ssorail, 

saivant  le  mot  de  saint  Paul  qui  dit  qa'iUpfa  à  Diat 
it  ittuttr  U  mondepar  la  foUe  it  la  prétlifMtiom. 


nCTIO^HAIlUE  AnH^BTIQUlti. 


MtC 


Mr  IM  propres  farcei,  eu  déatdntrer  aucun. 
El  cela  doit  fttre,  car  si  la  doclrine  eathn- 
liqufl  élait  unQceuvrb  de  lu  raison,  elle  na 
serait  (las  une  œuvre  surhumaine;  si  elle 
était  une  f)liil(isopliier  elle  ne  serait  paa 
une  religion.  Au  lieu  de  doi;nies.  tous 
auriez  des  ibéorëmes  de  niaihéinailquBs. 
Voire  raison  n'n  [laa  fait  les  dogmes,  parce 
«qu'elle  ne  peut  ni  les  faire,  ni  les  démon- 
trer, parce  qu'ils  soDt  supiérieurs  >  toute 
raison, 

SI- 
Le  doKine  doit  tur(u«er  U  nfMn.  ~  H  «l  !■  elerda 

h>ute  eipliuUoD  tt  Itf  DiBiid  de  i«iu  Ica  mj^irei. 

Nos  adreri&ircs  ftrnsent  nous  effrayer 
beaucoup  par  ce  seul  mot  :  Hais  ce  que 
vous  avancez  16  ësCvrlravagantl  Je  le  crois 
bien,  et  qu'aurais-je  à  tous  dire,  ai  je  n'a- 
vais h  tous  dire  nen  d'extravagant  ?  si  je 
n'avais  ft  voua  apprendre  que  ce  quu 
l'Iiomiue,  eu  secouant  ses  tisons  au  coin 
de  son  feu,  peut  savoir  par  lui- même T 
Qu'esi-ce  que  la  religion,  qu'est-ce  que  la 
cominerce  aven  Dieu,  s'il  laissait  notre  es- 

E rit  juste  SB  point  où  il  était  auperavantr 
lieu  se  serait  rois  en  rapport  arec  nous,  et 
nout  arte  lui,  pour  av'oil-  la  satlsfaclton 
réciproque,  l'un  de  ne  r'en  donner,  l'autre 
de  ne  riei»"  recevoir.  Vous  voyez  que  la 
supposition  n'a  pas  de  sens,  et  qu'il  faut 
en  revenir  à  ce  n  ot  fameux  d'un  docteur  : 
Credo,  quia  ubsurdwn.  —  J«  le  crois,  parce 
aue  cela  ttt  abMurde.  L'expression  est  trop 
forte,  mais  il  est  facile  d'en  réduire  l'exn- 
géralion  et  de. comprendre -qu'en  effet,  s'il 
n'y  avait  rien  d'exlravngant  dans  la  doc- 
trine, OR  ne  croirait  pas.  on  verrait  tout 
simplement.  Il  fniit,  pour  croire,  quelque 
choie  qui  surpasse  la  raison,  et  ce  qui 
surpasse  la  raison  a  évidemment  pour  elle 
un  caractère  d'exiravagance-  C'est  pourquoi 
saint  Paul  disait  :  Si  quelqu'ita  de  voue  pa- 
fait  $agt  à  te  ùécie,  qa  il  sefiuiê  fou  powr  ■• 
faire  uge  (%6}. 

Eh  bien  I  me  dîret-vous,  voilà  un  beau 
mérite  1  C'est  justement  le  mérite  de  Is 
superstition,  ie  vais  vous  dire  la  diffé- 
rence. 

Premièrement,  nous  cro^oas  nos  dogmes. 
Tindis  que  vous,  savaDLs  et  philosophes^ 
vous  ne  croyez  pas  aux  propres  inventions 
de  votre  esprit,  et  que  le  doute  les  mine 
sons  cesse  par  une  sourde  inGitratron, 
nous,  catholiques,  nous  croyons  sincëre- 
ineut  ces  dogmes  que  notre  raison  n'a  pna 
faits  et  qu'elle  ne  se  démontre  pas.  Nous 
les  croyons  depuis  dix-liuil  siàcles  passés, 
juaqu'i  donner  notre  sang  pour  eux.  C'est 
assurément  là  une  naude  merveille:  Ja 
doute  de  la  raison  àî't^rdde  ses  propres 
(Buvres,  la  foi  de  la  raison  envers  des  œu- 
vres qui  ue  sont  pas  tes  siennes  I  Uats  il  y 
a  plus,  nou-seulemefll  nous  croyons  dos 
dogmes,  mais  noua  vous  les  proposons  et 
nous  vous  les  faisons  croire,  à  vogs,  hommes 
tl«  raisoo,.l]omiBes  d'orgueil,  boDimes  indi* 
goés  de  notre  extravagance.    Un  jour  ou 

(9iO)ICoT.iu,  IB. 


l'autre,  vkhis  y  venez  t  un  joar  oq  Tauire 
vous  nous  apportez  h  genoux  l'tdornion' 
volontairt?  de  ce  que  vous  avlei  hsl  si  m*. 
priée.- Nul  ne  vous  contraint.  Et  ce  phéno- 
mène inimaginable  de  la  coiirtrsjun  dcli 
raison  à  l'exlravagance,  ne  se  posa  pu 
obscurément  dans  Quelques  âmtsptnJaes, 
il  se  passe  chaque  jour,  è  la  face  du  taieil, 
dans  une  multitude  d'eispriii.  Il  n'etlpi» 
une  heure  de  l'Eglise,  où  elle  m  t^tim 
des  embrassemenls  longtemps  rebellei,  oiï 
ellcn'enlBnleà  la  foi  et  à  l'amour  ses  prnvrei 
ennemis,  mère  heureuse  qui  est  n^connoe 
de  ceux  qu'elle  n'a  point  allaité),  qui  ti\ 
serrée  dans  les  bras  de  ceux  qui  1»  vim- 
triasaient.  On  lui  naît  par  le  bisfphjns 
comme  On  lui  naît  par  la  bénédiction,  0<i 
lui  naît  dans  la  force  de  l'âge  mûr,  corrin 
nn  effet  des  longues  veilles  de  rinielligem, 
des  expériences  de  l'homme  d'GtilJ^ 
illuminations  de  l'homme  de  génie,  OpU 
neli,  comme  un  vaisseau  entre dantli^ 
après  les  tempMes  d'une  tonijue  navlfitin. 
On  lui  donne  la  dernière  vue  de  l'esprii,  tt 
dernier  mouvement  du  cœur,  la  ferme  tt 
inébranlable  palpitation  de  l'Ame  qui  »  iros'é 
et  qui  se  repose.  Tel  est  son  soït  depuis 
saint  Paul  jusqu'à  Bosquet. 

Qu'en  dites-vousrn'est-cepasIAonseffi- 
cacilé  surhumaine  1  Car  enfin  ,  qui  pvit 
vous  faire  croire?  quelles  armes  oa  qua 
art  possède  la  doctrine  catholique  |»V 
s'emparer  de  vous  qui  ne  vonlez  pUSdelv, 
pour  vous  persuader  des  dogmes  iaw^ 
sibles  à  la  raison  f  QnelmaléQèea-t-eilejdt 
sur  vous  T  Qui  a  mis  dans  sa  main  la  ressnl 
invisible  dont  elle  dispose  et  par  oà  dIJ 
vous  pousse,  comme  l'effort  suprfn»  n 
votre  destinée,  à  adorer  reilravai!,anc«)  I 

Il  est  vrai  que  sa  prétention  n'^'n 
seulement  de  vous  faire  croire  ses  doffm 
mais  aussi  d'en  rendre  compte  à  votre  ri 
son,  tout  supérieurs  qu'ils  lui  sotii.  Cil 
de  même  que  dans  l'ordre  des  mceuist  >'' 
travagancg  doit  être  unie  au  sublime  (tt' 
il  est  nécessaire  que,  dans  l'ordre  d« 
vérité,  l'extravagance  ne  soit  pas  sé\« 
de  ta  plus  haute  lumière.  C'ust  pourq>iui 
doctrine  catholique,  qui  n'a  pas  tftt* 
dogmes  et  qui  na  les  démontre  p^'- ' 
présenio  pourtant  à  la  raison,  une" 
acceptés  d'elle,  comme  la  science  w\<'^ 
dé  la  nature  et  da  l'bunianitié,  cou)n>e 
nœud  de  tous  las  mystères,  la  tItM 
toute  explication,  le  lien  de  toute  ton 
nation  de  U  pensée,  le  ebef-d'a:D*re  j 
l'erttendemenl,  en  dehors  de  quoi  l»  f<^ 
«ta*  Jitir  dana  lee  lérnèbret,  selon  l'eip" 
sion  de  l'apAtre  saint  Jean.  Comme  !'<<* 
du  jour  illumine  loat  sans  être  illuxi" 
par  rien,  ainsi  la  doctrine  calbolîque,  fUii 
beau  premier  du  monde,  répand  sarq' 
conque  ne  ferme  paa  las  yeux  oneirf"" 
lioD  souveraine  qui  le  ravît  et  luidécon" 
avec  l'faoriion  de  l'diernitdi  rboriioa  * 
moins  mystérieux  du  tMRps.  Be  lï  "| 
sorte  d'hommes   eussî  nouveaux  que  1 

(U7)    r«K.  SUKTITt. 


MCTUMUUIU  AHHjOGM.VQW. 


MJoUi  méliiit  auènble  !■  plus  profoads 
philosophie  i  la  plus  ardente  foi,  tels  qua 
«jol  iugastin,  saJDt  Aaselmfl,  saint  Tao- 
BU,  siiol  BoiiaventurB,  et  tous  leurs  pa- 
reils, bomues  hardis  cnmtDa  le  pbilo^onlis 
et  limples  coœaie  Veatanl,  ne  reculant 
deiïHliucune  question,  n'ajanl  peur  d'au- 
dia  doule,  ruteadant  tout   et  répoodaot  à 
mU  bilissaul  par   l'aOirination  le  grand 
Uikti  de  Ja  rerité,   le  dérendant  par  une 
paiéiDique  quotidienne  contre  tout  venant 
t(  loDt  assaillant.   La  doctrine  catliulii}ue 
tit  la  leuls  qui  ait   produit    celle    race 
d'tKiOKDu;  araot  elle  et  en  dehors   d'elle* 
ï<  u'f  I  pas  plus  de  théologiens  qu'il  n'y  a 
liesvoti.  Les  théologiens  sont  dans  J'ordre 
M  b  térité  ce   que  les  saints  sont  daus 
l'ordre  lies  mœurs;  ils  sont  destinés  k  éta- 
bir  liiupréuiatie  de  raison  qui  est  dans 
il  dodrÎDe  catholique,  comme  les  saints 
fus!  desiioés  à  en  manifester  la  suprématie 
iDo.ile.  A  mesure  que  le  monde  enfante 
Jï/lastres lettrés  pourcombaltre  la  doctrine 
iHDieo,  l'Eglise  entante  d'illustres  théolo- 
giens ^ur  les  tenir  en  échec,  pour  opposer 
pi^ie  a  génie,  science  à  science,  raison  À 
nison,  et  assurer  i  tout  le  moins  à  nos 
■'O^mes  l'honaeiir  d'un  combat  qui  ae  finit 
liouii. 

.4:iuî  pji<!SODS-noas  de  siècles  en  siècles, 
1  irarers  les  nations  les  plus  civilisées, 
i''^.''aiaDl  et  discutant  ;  aQirmant  nos  dogmes 
unjiiie  venant  de  Dieu,  les  discutant  comme 
1*111  n'en  venaient  pas,  enlevant  la  raison 
fiDi  baul  qu'elle-infimo,  nous  rabaissant 
[lUqa'i  elle  pour  lui  faire  plaisir,  également 
brfs  per  rexirsragance  et  par  le  raisonne- 
B«ni,  rebutés  pour  l'une,  craints  pour 
lulre,  respectés  pour  tous  deux.  Si  l'tr- 
ear  nous  serre  de  trop  prés,  si  quelquefois, 

Ëis  la  suite  des  âges,  une  Tacillstion  se 
I  se/ilir  dans  le  trop  plein  de  notre  vie, 
Oui  assemblons  un  concile,  antre  pbéno- 
tine  encore  qui  n'est  qu'à  nous,  dont 
■IledodriDe  n«  supporterait  l'essai.  Pen- 
■ai  i|ue  TOUS  disputez,  nous  délibérons. 
OÊ  fieillards,  chefs  et  juges  de  la  doctrine, 
Bseieot  en  cercle  sur  des  fauteuils, 
ioienl  Jb  genou  devant  Dieu,  invoquent 
Esprit-Siint ,  écoutent  une  dîseussioa 
'•^nelle,  en  pré&ence  de  l'univers  qui 
I  regarde,  et  se  levant  une  dernière  fois, 
n  d'eox-mAmes  et  de  Dieu,  magistrats 
fa  Tériléf  ils  prononcent  l'arrêt  qui  unit 
»  les  esprits,  et  posent  une  pierre  contre 
pielle  nul  um  ae  heurtera  pins  sans  t'y 
Mr  la  leie.  (Vojf.  UTSitsK,  Sesiutura- 

«B,  EuCHAKaSTU,  TSIHIT^) 


i^ue  et  de  la 


■  da  H.  AftMd.  —  RMétatioà  d* 

n  HT  l'orislBs  lia  dofm*  de  l> 

A  eoùlràn  k  reDceuneseBl  de  l'K- 

tTMfilkHi.  —  StSal  OémeiiL  —  Ter- 


r  dip«  GnMH,  Hiftoive  de  /« 
!  rMMM,  IV,  traduake  GaiM^ 
c  ifuelle  sJresae  le  niionalifime  l'emparé  dei 
~:>.<,tts  t^eparéa  par  la  ttiëologie  proicaiaBta. 


Fatigués  de  s'entendre  reprocher  sans. 
cesse  les  variations  de  leurs  symboles.  les 
prolestaols  essayèrent,  dès  le  stii*  siècle,, 
de  retourner  contra  la  théologie  catholiaue 
le  ftH-midahIe  argument  qui  pesait  sur  leur 
tète  depuis  la  publication  de  ce  chef-d'ieu- 
Tre  qui  s'appelle  VOUtoin  det  titriatiamt. 
lis  entreprirent  donc  da  démontrer  que, 
semblable  è  un  fleuve  immense  qui  reçoit 
dans  son  lit  profond  les  eaux  des  lorrenls 
et  des  ruisseaux  fangeux,  le  catholicisme, 
dans  sa  marche  à  travers  les  igns  des  tén^ 
hres,  avait  mêlé  i  la  parole  du  Seigneur  les 
spéculations  de  ses  docteurs  et  de  sas  phi- 
losophes. Uais  une  fois  que  l'on  sopposait 
que  l'Epouse  du  Christ  u  avait  pas  été  pr^ 
servée  de  l'erreur  par  un  privilège  tout  di- 
Tîo ,  il  était  impossible  d'admeilre  bien 
longtemps  que  rÊgliae  des  temps  primilib, 
par  un  miracle  de  plusieurs  siècles,  avait 
été  exempte  de  toutes  les  erreurs  et  de  toutes 
les  illusions.  Les  sectaires,  en  généraliaaol 
le  principe  même  do  proteslanlisme,  élimi- 
nèrent successivement  du  christianisme  tous 
les  éléments  les  plus  essentiels,  qu'ils  relé- 
guèrent dédaigneusement  au  rang  des  illu- 
tiont  mifitiqua  et  des  âaécttlmtiomM  ekiméri' 
guft  (9«8). 

C'est  ik  précisément  ce  qui  est  souteoa  en 
ce  moment  per  les  disciples  les  plus  émî- 
nents  de  U.  Cousin.  Nous  ciloni  parmi  Ofla 
multitude  d'articles  qui  expriment  les  m^ 
mes  idées,  le  travail  de  M.  Artaud,  iospec- 
leur  général  de  rGniverarté  :  •  Origène, 
dit-il,  le  chrétien,  appartient  k  cette  përiude 
d'enfaniememt  ihéologigut  qui  suivit  la  pr^ 
dication  de  l'EvaDgiie.Les  nouvelles  notions 
sur  Dieu  et  sur  le  monde,  que  coDtenail 
l'enseignement  de  Jésus-Obrist ,  avaient 
besoin  d'être  développées,  rédigéeseloon»' 
tiluées  en  corps  de  doctrine.  De  16,  ce  long 
travail  des  siècles  suivants  sur  les  [iroblèmes 
de  la  Rédemption,  de  laTrioilé,  de  laGiâee, 
de  l'Incarnation,  etc.  Les  dogmes  o'appara- 
rent  d'abord  qne  sous  des  forma  obacmre$i 
inddeUa.  Origène  est  k  peu  prèa  le  jireoiier 
qui  comprit  la  nécessité  d'en  former  un  en- 
semble et  de  les  systématiser;  mais,  peur 
accomplir  cette  œuvre  laborieuse,  le  secours 
de  la  pMlotopkiê  lui  était  iodiapensahte. 

■  Profondement  versé  dans  l'étude  des 
anciena  philosophes,  il  employa  toute -la 
puissance  de  son  génie  à  concilier  ta  double 
9ut9rMtie  la  fitiel  de  la  rmttm.  C'est  Ikca 

f[ui  lui  donne  un  caractère  è  part,  et  qui 
ait  son  originalité  dans  l'histoire  intellec- 
tuelle des  premiers  siècles  de  l'Eglise...  Les 
adversaires  d'Origèoe  ont  prétendu  faire  de 
lui  le  père  des  Ariens,  des  liaoédoDKns,des 
Pélagiens,  des  Eulyehéens,  c'cst4^ire  de 
toutes  les  hérésies  qui  ont  tour  k  tour  di- 
risé  l'Eglise,  sur  le  verbe,  sur  le  Saint>Bs- 

Le  cMra  iTAitliiirfiaUcm/iudM,  par  M.  GeiiM, 
tat  une  preuve  noiveUs  da  la  lactayN  ^/m  mtm 


m 


DOC 


|)ril,  sur  rincarnatinn,  sur  la  chute  person- 
iielk',  en  un  mot,  sur  tout  l'ensemble  du 
dogme. 

«  Levrnt  Jans  tout  cela,  c'eil  que  si,  en 
efTot,  Origène  n'a  pas  fu  fixer  nellemeni  la 
symbole*  de  lafoîcrirétienne,  sur  les  dogmes 
detaTrinilë,  de  la  Grâue  el  <fe  l'IncsrDa- 
lion,  ces  dogmes,  encore indécÎM  h  celleépo- 
que  pour  toute  l'Église,  n'étaient  pas  alors 
arrivés  i  leur  point  de  maturité  et  a  l'heure 
de  leur  développement.  H  a  fallu  les  travaux 
subséquents  des  Aihanase,  des  saint  Basile, 
des  saint  Augustin,  des  saint  Cyrille,  pour 
préparer  une  solution  suflîsamment  précise 
■le  ces  dogmes,  qu'Origène  n'avait  fait  qu'é- 
baucher m9).  > 

Hais  le  rationalisme  devait  pousser  le 
principe  jusqu'i  sa  dernière  conséquence. 
Il  fut  obligé,  par  les  impérieuses  nécessités 
de  la  logique,  de  supposer  q^ue  le  Christ  lui- 
même  n  avait  été  exempt,  ni  des  illusions, 
ni  des  préjugés  qu'on  reprochait  à  ses  suc- 
cesseurs; et  que  si  l'Ëglise,  dans  son  déve- 
loppement progressif,  s'éiait  assimilé  les 
doctrines  qui  paraissaient  les  plus  propres 
Il  compléter  la  dogmaliquet  le  libérateur  du 
genre  humain  n  avait  pas  dédaigné  lui- 
même  de  faire  entrer  dans  ses  révélations 
les  éléments  les  plus  purs  des  pbilosophîes 
ot  des  religions  qui  l'avaient  précède.  Le 
cTtustlanisme  n'était  plus  alors  qu'un  paga- 
nitme  perfectionné,  )e  paganisme  lui-même 
n'était  plus  qu'un  christianisme  antici- 
pé (950). 

«■  E.  Saisaet-,  comme  M.  Artaud  dont  nous 
citions  les  paroles  tout  à  l'heure,  soutient 
aussi  le  développement  progressif  de  la  dog- 
matique chrétienne.  Il  prétend  que  le  dogue 
chrétien,  et  notamment  le  dogme  de  la  Tri- 
nité, a  été  pendant  quatre  siècles  soumis  à 
un  raste  travail  d'élaboration,  qu'on  ne  le 
trouve  pas  arrêté  et  liié  avant  te  concile  de 
Niuée  et  que  l'école  d'Alexandrie  peut  re- 
vendiquer une  large  pttrt  dans  sa  formation. 
I>'oâ  l'on  doit  conclure  au'il  e^t  autant 
l'œuvre  de  l'homme  que  1  œuvre  de  Dieu, 
et  qu'il  n'était  nullement  nécessaire  que 
Dieu  le  révélAtau  monde.  Invoquez-vous  le 
léinoignage  de  la  tradition?  Les  ouvrages 
dea  premiers  Pàrea  de  l'Ëgltse,  vous  répon- 
dra-l-oii,  ne  démontrent  pas  que  l'égalité  et 
que  la  consubstanti alité  des  trois  personnes 
divines  fussent  «lors  explicitement  recon- 
nues. Toutes  ces  assertions  sont  autant 
d'erreurs.  Rien  ne  nous  serait  plus  facile 
que  de  le  faire  voir  pour  chaque  dogme  en 

(9t9)  Hiciiomt.  itt  uienett  philo».,  an.  Orighie. 

(950^  Ce  lont  les  propres  expressions  de  H.  Ed- 
gar Qolnet  dins  le  ùénie  da  rtligioHt. 

(951)  Efo  et  Pater  tixoM  HmMi,  (/odR.  x,  30.) 

(9521  £l  it  MÎAi  agn  vailii  ertdere,  optribiii  nv- 
diU.  (J<HM.  X,  36.) 

(9K3)  Ego  a  Pâtre  exivi  tt  «ni  in  munduM.  IJooh, 
xn,  S8.) 

<8&4}  Acl.  apott.  V,  3,  4. 

(U5)  Joan.  xv,  K.  Le  SaiDl-Espril,  comme  te 
iwnai^W  sailli  Augueliia,  ne  peut  procéder  du  Père 
sans  prtH^cr  en  méine  temps  du  Fils,  t  Cuoi  de 
■  itio  (SpirimJ  Filiui  lotiucretur  ait:  t/t  l'aire  prt- 


fiICTIONHAIRE  APOLOGETIQUE.  DOC  a 

Ïirticulier.  H ontrons-la  pour  1«  ih^ede  !i 
riniié. 

Et  d'abordffaîsonsDneremarqiieiQDeie 
proposent  les Pèresde  l'Eglise  d>nsli>!étrili 
dont  parte  M.  fi.  Saisset*  d'expliquer  et  de 
commenter  l'enseignement  de  Jésus-Cbriit. 
Mais  cet  enseignement,  où  leirouviieDt-ilst 
dans  l'fivangile.  Eh  bieni;  vojnieal-ili 
l'égalité  et  la  consubslanlialité  de;  irali  per- 
sonnes divines,  du  Père,  du  Fils  etduSiinl- 
Esprit,  clairement  exprimées?c'est  ce  qu'il 
s'agit  d'examiner. — J'ouvre  donc  l'Evangile, 
pt  j'entends  Jésus-Christ  nous  dire  ;  Un 
Pireelmoi,nouM  sommet  witTitiiECWK{^\^. 
Dans  ces  paroles,  il  nous  apparaît  se  diiiin- 
guant  du  Père,  en  tant  que  personne,  idiii 
aussi  il  s'attribue  avec  lui  une  idenlilépii- 
faile  de  substance  et  de  nature*.  Et  voilidU 
proclamée  la  consiibslantialité  que  deminJi 
M.  E.  Saisset.  Mais  ce  Père  dont  pnrle  léii* 
Christ  est  Dieu;  il  l'est  doue  aussi.  D'ailltui 
continue-t-il,  (■  voue  n'ajoutes  paifoiin 
parolei,  eroyex  à  nt*  ouvra  (9S3).  El  m 
OBurresqu'il  opère  en  témoignant  de  sidl' 
vinilé,  ce  sont  des  miracles.  Cet  arguoitil 
est-il  assez  fortT — Voulez-vous  matnlenid 
l'exacte  détinition  des  rapports  gui  eiu^iti 
nent  l'une  h  l'autre  ces  deux  personuctl 
Je  tuii  eorti  ttu  Père,  et  jt  auii  tenu  duMll 
monde  (953).  Le  concile  de  Nicée  ne  |Drl<" 
pas  autrement,  il  dira  aus^i  que  Jésus-CW 
est  sorti  du  Père  par  voie  de  généra  lion. 

Voici  maintenant  pour)eSaint-Esprit.U 
textes  qui  établissent  sa  divinité  al)ODdenl| 
le  choix  seul  nous  embarrasse.  Arrêlou 
nous  à  celui-ci  :  Comment,  dit  saint  Pierni 
Ananie,  Satan  a-t-il  tenté  votre  cinT,jt{ 


'.M 


qu'à  voue  faire  mentir  au  Sainl-Etprùt. 
Ce  n'ett  patauxhoatmetque  vautave^  ' 
mois  à  DIEU  (954).  Et  de  plus,  cet 
Saint  qui  est  Dieu,  procède  du  Père  et  m 
du  Fils  (955}.  Tel  sera  reoseignemeot  i 
concile  ae  Nicée.  1 

Remarquons  la  conséquence  qui  dJco^ 
de  ces  textes  :  n'esl-il  pas  évideut  n'^n 
galité  absolue,  que  la  consubstantialilM 
trois  personnes  divines  sont  explicilenM 
aflirmées  dans  l'Eoangiti,  dans  les  Ac'i 
dans  les  EpUree  du  apdlreaî  Pour  se 
vaincre  de  cette  vérité,  il  sulfisaitï  i 
Saisset  d'ouvrir  nos   livres  saints,  ol 
prendre  quelques-uns  dea  grands  trail 
la  Trinité,  que  l'Eglise  lui  présente;  il  I 
vait  choisir  entre  saint  Augustin  et 
Hilaire,  entre  Petau  et  le  P.  Perrpoe  : 

I  eedit .-'quoniimPater processioDis  ejns eft)< 
I  qui  lalem  Filium  genuit  et  gignendo  ei  tlMi 
I  eiiam  de  ipso  procède rei  Spiriius  sauctui. 
t  niai  pmcederet  ei  de  ipso,  nuit  dicertt  dii^i) 
(  Aeeipiie  Spiritum  tauetum.  »  (Cottira  Utn* 
Aria».,  1.  11.  c.  U,  n.  !,  I.  VUI,  p.  770,  éi\ 
Higiie.  )  Saint  Cyrille  d'Alexaadne  tut  « 
ver  que  ■  Jésus-Clirlsl,  en  disant  que  1c  Sa^ 
I  prit  procède  du  Père,  eDsâgse  l'idettti|é  w 
1  sUncedHFIIseiduPèn:etceuedoclriM,.3l 
(  t-il,  est  celle  des  Pères  qai  l'ont  pricue: 
<  cloc«mPiilnim/M«r«ti^HiM*tfl<>ilff>iC^ 
ia  Jtan.,  in  f.  2ti,  il,  cap.  xv.) 


DKTHMNAIia  AP(X,OGETIQUE. 


nii  iroBf é  dans  ce  dernier  la  réfutation  de 

touitt  sti  objections, 
fi  po»,  tJ  aarsit  aion  eompris  la  râleur 
d»t(itMqae  l'on  tira  des  écrita  des  Pères, 
fliJMHrail  épargné  lea  réflexions  qu'ils 

uisuj^èrenl.  Donnons  un  exemple  de  son 
i^menUUon.  Il  ciied'abord  ce  passage  de 
■iinl  ClÂnent  sur  i'EpUra  aux  Corintkiau, 
f S'ivons-noRS   pas  uo  même  Dieu,-    un 

Abc  Cbrisl.  un  même  Esprit  'ia  grâce 
■if»o6u  inr  dous  (K16]?  >  El  il  sjoaia  : 
I  Jt  demanda  ce  qu'une  critique  exacte  peut 
.wHurecl'DD  tel  passage,  alors  même  qu'on 
.tnpprucharaît,  arec  tout  l'art  du  monde, 
■:'vintiain  nombre  depassagesanalogues. 
ItTOiill  trois  noms  encore  assez  peu  pré- 
tis:Dtw,  le  Christ,  l'Esprit  de  grâce.  Où 
Mliidélenninaiion  de  la  nature  de  ces  trois 
itmts*.  Où  est  la  dirioilé  du  Christ?  Où  est 
:fiede  l'Esprit?  Où  sont  l'égalité,  la  con- 
dbibnliililé  du  Pènt  et  du  Fils  f  Qui  m'as- 
jre  aime  qu'il  faut  s'arrêter  k  trois  per- 
■ants  et   que  l'énuméralioQ  est  termî- 

Sans  doute,  si  tous  faites  commencer  à 
inl  Cléiuent  l'ensei^ement  de  l'Eglise 
\r  il  Trinité,  tous  ne  pourrez  rien  conclure 
!  ce  passage;  mais,  afin  de  rendre  plus 
rile  le  soutien  de  rotre  thèse ,  ue  brises 
s  cet  enseignement.  Bemonlez  de  saint 
^enl  aux  apAtres  et  h  Jésus-Christ  ;  rap- 
ocbezcepassdgederErangile,  H  alors  vous 
itmamderex  pStu  et  qu'une  critique  exacte, 
uamt  dt  eàtétoul  l'art  du  monde,  peut  en 
f-lure,  el  alors  vaut  ne  verrex  plus  là  »eu~ 
tnt  iroi»  nome  asttx  peu  précu ,  Diat ,  fa 
ritl,  CKtprit  de  grâce  :—vout  eerex  certain 
U^aut  B'arréter  à  troii  rertonnet  et  que 
luméralion  est  terminée.  Vous  vous  éton- 
1  que  l'Evéque  de  nome  ne  détennina 
I  dans  toa  éultre  la  nature  de  ces  trois 
BU,  ne  proclame  pat  la  divinité  du  Christ 
:elte  dm  Saint-Esprit,  l'égalité  et  la  eon- 
itauialité  du  Père  el  du  Fils!  Et  qo'a- 
i-it  beaoin  de  le  faire?  Vous  oubliez 
K  qu'il  s'adressait  aux  premiers  chré- 
is,  c'est-i-dire  i  des  hommes  encore 
L-oieal  impressionnés  de  l'enseignement 
Siareur,  et  se  nourrissant  nuit  et  jour 
la  lecture  des  saints  Evangiles?  Ne  lui 
tsâii-il  pas  da  prononcer  devant  eux  ces 
is  augustes  7  Et  aussitdt  la  nature  el  les 
torts  de  Dieu,  du  Christ  et  de  l'Entrit  de 
«se  présentaient  k  leur  esprit.  Laissez 

■Si  Somme  »m*m  Omm  ftotravi  et  bimik  CkH- 


>T)  M.  Ë.  SjtissBT.  Euait  t»r  la  pkiloi.  el  la 
»  u\'tièete:  de  rEeeled^Alexanine,  p.  154-55. 
'<»,  eu  smp.,  p.  157. 
iSj  Sl  Ics&ck.  "-  - 
■z  Efkes.,  f. 
>t|  <  uaasi  non  etUnitagirralîaDaliur«.-oIIecIa, 
km  lacût  :  M  TrÎDilM,  ratiooaliier  espsusa, 
ittm  contlîlHat.  *  [Adner.  Praxeam  ,  ch.  3; 
r«diûoa  de  Higoe,  t.  lit.  p.  158.) 
it,  t  Qaod  opas  Eiangelii...  si  ooa  exinde  Pa- 
t  ("iliui  «t  Spiritus,  irei  creditî,  onuiii  Deum 
r(.  I  (l»trf.,  c.  31,  p.  \m.)  L^sjmbolc  catb»- 


sgir  les  Pères  de  l'Eglise  :  quand  ies  rit' 
constances  le  demanderont,  quand  des  hé- 
rétiques s'élèveront  pour  corrompre  la  lof 
Îu'iisoDl  mission  de  répandre,  ils ourrirool 
evant  «nx  rETaDgiie.et,  sans  «jouleroa 
retrancher  un  ioia  è  l'enseignemeol  du 
Sauveur,  ils  sauront  bien  le  défendre. 

Après  le  passage  de  saint  Clément ,  U.  K. 
Saisset  discute  successivement  les  tuiles 
que  l'on  tire  des  ouvrages  de  saint  Hrrmae, 
de  saint  Ignace,  de  saint  Justin,  etc.;  el 
comme  il  oublie  de  tenir  compte  îles  livres 
du  JV«iiDeaii  Testament,  il  s'applaudit  du  fii- 
cite  triomphe  qu'il  remporte.  —  Voici  en- 
core nn  exemple  de  son  procé<lé  :  ■  Saint 
Justin  dit,  il  est  vrai  :  Le  Fils  est  Dieu.  Mais, 
demande  M.  Saisset,  comment  l'est-iiT  Voilà 
la  question  (958).  >  Vous  avez  la  réponse  de 
l'Evangile,  et  vous  nous  en  donnez  uneaulre 
vous-même  dans  un  texte  de  sotia  ignaest 
que  vous  mettez  sous  nos  yeux  :  •  Accourez 
tous  ensemble...  è  un  seul  J4sus-Christ  qui 
est  engendré  d'un  seul  père  [939J.  ■ 

Voulez-vous  voir  la  distinction  des  trois 
personnes  divines  dans  l'unité  de  sobs- 
tance?prenez  st  lisez allentivemeiitlelraité 
de  Tertullien  contre  Praxéat.  Vous  savez 
quelle  était  la  doctrine  de  ce  dernier:  rf  ac- 
cusait les  Chrétiens  de  prêcher  deux  et  même 
trois  dieux;  el  pourquoi?  Parce  qu'ils  ne 
confondaient  pas  dans  une  seule  et  même 
personne  le  Père,  le  Fils  el  le  Saint-Esprit. 
Quant  à  lui,  il  s'imaginait  que  celte  confu- 
sion était  la  seule  manière  légitime  de  pro- 
fesser l'anilé  de  Dieu;  «  cdoime  si,  disait 
Tertullien,  l'Uiiité,  réduite  i  elle-mèms  hors 
de  tonte  raison,  ne  constituait  pas  f'bérésia, 
de  c:ême  que  la  Triniié,  raisonnablement 
comprise,  constitue  la  vérité  (960J.  >  Ainsi, 
voua  le  vo^ez,  au  temps  de  Tttriulliea.  nier 
la  Trinité  c'était  tomber  dans  l'hérésie. 

Hais  cette  Trinité  dont  Praiéss  ne  oouUûl 
pas,  différait- elle  beaucoup  de  celle  du  con- 
cile de  Nicée?  Ecoutons  l'apologiste  des 
chrétiens  ;  ■  A  quoi  bon  l'Evangile,  lui  di^iU 
si  depuis  il  n'a  pas  fallu  croire  que  Dieu  est 
un  en  trois  personnes,  le  Père,  le  fils  et  lu 
Saint-Esprit  (961).  >  Et  ces  |>ersonnes,  il.ne 
faut  pai  les  confondre;  «  car  je  soutiens 
qu'autre  est  le  Père,  autre  te  Fils,  autre 
rEsprit  saint  (963J.  Mais  dans  quel  sent 
sont-ils  autres?  En  nersonnes,  el  non  en 
substance;  ils  sont  distincts,  mais  non  sé- 
l«rés  {963}.>  Voulez-vous  maintenant  la 

fique  ne  dil  pas  antre  dwse  :  <  Fldes  aniem  eitlMK 
1  lica  est  lucc  ut  onum  Deum  in  Trînilaie,  et  Trini- 
■  laUm  in  Qoluie  venereninr.  i  (S$»bvle  4»  wirt 
Athaaate  récité  dan  il'oSce  de  l'Eglise  k  dîwaacfat  à 

(902)  (  Eece  emni  dic«  atiein  esae  Pairem.et  aliam 
Ftduia,  etalÎBinSpiriliiiD.  t  Aét.Praxrmm,  c.  9,  p. 
164;  c'estencorece  qaeditnoire  SgoiMe:  <  Alta 
e»t  enim  peraona  Patria,  alla  Fitii ,  alia  Spiritos 
lancti.  I  rSjmAofe.) 

(963)  I  Non  divisiom  alias,  5o)distinctioDe.fhtf- 
ch.  9.  —  Neque  su  bslanti  a  m  séparantes.  >  (^ni*.) 
-—  Tennllîen  dit  encore  :  *  Ne  oerds  jamais  oé  vae 
le  principe  établi  par  moi,  que  le  Père,  le  Fila  el  le 
Saiut-Espril  sont  inséparables...  Le  Père  eu  aam 


t» 


DOG 


lUCTlONHAIRK  &P(tt,0GET1Q{]E. 


DOS 


m 


ddfinilion  exacte  des  rapports  qui  les  unis- 
sent? Voici  d'abord  -pour  le  Fils  :  ■  Il  est 
égal  BU  Père,  Fils  primitr~né,  paroe  qu'iliest 
tBgendrë  avant  toutes  choses  ;  vni^iu,  parce 
que  seol  il  est  eogeodré  de  Dieu,  «t,  à  pro- 
pvenenl  parler,  couçoet  engeodrédaDs  son 
«Bur,  ainsi  que  l'atteste  le  Père  lui-mérne  : 
MoA  eiMur  a  laine  échapper  le  Ytrbe.  excellent 
(964).  >  —  ■  L(*  Saint-Esprit,  lui,  ne  procède 

Ki  d'ailleurs  que  du  Père  par  le  Fils  (965).» 
issonii  Tcrtullien  résumer  lai-ntème,  ea 
uuelques  mots,  la  doctrine  qu'il  vient  da 
ilévelopper.  «  lis  sont  trois,  non  pas  en 
ttteneet  tuais  en  degré  (966);  nou  pas  en 
substance,  mais  en  forme;  non  pas  en  puis- 
sance, mais  en  espèce;  tous  trois  ayant  une 
seuil  et  môme  subaience,  une  seule  et  même 
nature,  une  seule  et  même  puissance; 
parce  qu'il  n'y  a  qu'un  seul  Dieu,  sous  le 
nom  (le  Père,  UeFiUetde Saint' Esprit  (9fi7].a 

lit  sarez-vQus  où  Tertullien  puise  les 
preuves  sur  leMineiles  il  agipuie  celle  doc- 
trineî  ■  Dans  les  Ecritures  el  dans  leur  lé- 
gitime interprétation  (968)...  Le  symbole, 
dit-il  encore,  nous  a  été  transmis  dès  le 
commencement  de  l'EvuDgile,  mime  avant 
les  premiers  hérétiques,  h  plus  forte  raison 
avant  Praiéas,  qui  est  d'hier  (969).  b 

Eh  bien  1  que  pense-t-on  de  ces  teilesl 
Sont-ils  réellement,  cumme  le  prétend  M.  E. 
Siaissel^cafu»  et  indécis,  à'une  authenlitilé 
incertaine  {S7Q)7  On  demande  des  preuves 

^ue  le  Fib,  eu  ce  stm  qua  celai  qui  engeadre  ett 
autre  çne  celui  ipij  est  engetulti  ;  tu  ce  leni  que  c&- 
lui  qui  envoie  eu  auire  que  celui  qui  est  envoyé  ; 
eu  ce  sens  que  celui  qui  produit  est  autre  que  ce- 
lui qui  est  produit.  Heui«usenientpour  notre  cause, 
le  Seigneur  lui-même  a  eruployéce  mot  à  l'occasion 
itu  Paraclet,  pour  marquer  non  pas  la  division, 
RiaU  l'ordre  et  la  distribution  :  Je  prierti  mon 
Pire  et  il  vaut  donnera  Hn  axirc  eontoUletir,  qut  ett 
rEtpritiU  vétité  {Joan.  xtv,  16).  Que  fait-il  parla! 
Il  (trouve  que  le  Paradel  est  autre  que  lui,  de  mèma 
que  nous  boiitenons  que  le  Fils  est  autre  que  le 
Père...  D'ailleurs,  le  nooi  de  Péie  donné  ï  I  un,  le 
nom  de  Fils  donné  à  l'autre,  ne  prouvent-ils  pa» 
qu'ib  sont  distincts?  Tout  ce  que  représente  leur 
nom,  ils  fe  seront  ;  tout  ce  qu'ils  seront,  leur  nom 
le  repréMnier*.  *  {Adv.  Praxean,  c.  9.  —  Dans  la 
mdueKdes  Pères  deU.piGsnorDE,  t.  Vil, p.  477.) 

(964)  (  Exiiirfeeum  paccm  sibi  faciens,  de  quu 
procedeDdo  Fijius  faclus  est,  priinogeuitu*  (Col.  I, 
IS),  ut  anie  onmia  geiiilus  ;  et  uniifirnifut  {/  Joan. 
IV,  â),  uisolug  ex  Dco  genitus  ;  proprie  de  vulva 
curdis  ipsius,  secundum  quodet  Pater  ipse  tesia- 
lur:  Eritelamtearmeumtermoverlt  opli«tuni(Pi.  xliv, 
3.)(r(rtHll.,c.T,p.lGl.)Fitiusa  Paire  solo  est,  nou 
tacius,  mm crealuG,  sed  gnuiiM.  (DanslcSgiBliule.) 

(!1QS|  ^fituu  non  aliunde  puio  quam  a  Fatre 
per  Filium.  (Iài4.  c.  i,  p.  159.)  — .  Spiritug  saniuis 
a  Pâtre  el  FiJjo,  non  lantu,  nec  creaLus,  aec  geiii- 
'  lus,  sed  proMrftnj.  Dana  le  Symbole,         r  ■    • 

(9fiA)  A  L'oceasioa  de  ce  mol  degré,  H.  E.  Saisset 
Tail  une  remarque  que  sou6  ne  devons  pas  passea 
sous  lilence:  <  Us  quel  droit  un  ptiiiosoplie,  inler- 
|HéUnt  uu  telle  de  Te rtui lien  oft  il  est  dit  etcprti- 
eément  que  les  Irotj  perionne*  lunl  du  degrés  de  la 
salMtaiH»  divine  et  qu'elles  diflèrent  enire  elles  par 
le  degré,  aCQrmcra-l-il  que  ce  Père  n'a  pas  entendu 
latroduirc  dans  h  Trinité  des  différences  de  dci;ré  !  ■ 
((JH  moral  p.  159.)  —  El  d'abord,  Tertiillien  ne  dit 
jfM  tsprtiUmëtit  que  les  troiê  perioiinù  de  la  Tii- 


qui  élabUssent  que  ■  l'égalité  absolus,  que  U 
coDsubsaDlialilé  des  Iroi*  penonaei de l> 
Sainte-Trio  lié,  étaisnt  explicitemeTil  iSir- 
méescl  consenties  dans  les  preniertsièdti 
de  l'ère  cfarélienoe,  el  l'on  prodsoM  btula- 
ment  que  les  apologistes  da  la  religion  De 
le  déiDoairenI  pas  le  moins  duaioBde{9TI).t 
Mais  de  bonne  foi,  cette  Ihèse  est-«li«  uro- 
lenablc?  N'est-ii  pas  évident, au  cooirairc, 
pour  quiconque  ne  se  laisse  pas  aveugler 

fiar  un  système  préconçu,  que  ces  pasuges 
s  prouvent  invinciblement,  —  qu'ils [vî- 
lenlent  .l'égalité  et  la  c&naii6ilaiitialit<  ila 
trois  personnes  de  la  Saitite-Trinilél  Oii 
vient  d'entendre  Tertnilien  ;  nous  pournon: 
inlerroger  aussi  saint  Juslin,  Athétuigori, 
Origine,  Clément  d'Alexandrie,  et  nous  Iroa- 
verions  dans  leurs  ouvrages  la  mÈme  doc- 
trine nettement  exposée. 

Quand  on  prétend  que  le  dogme  da  ii 
Trinité  el  la  doctrine  chrétienne  en  génénl 
n'élaient  pas  constitués  avant  la  naisiure 
de  l'école  d'Aleiandrie,  tous  ces  srguoiw, 
il  faut  en  convenir,  peuvent  être  fori  eir 
barra&fants.  On  trouvera  donc  mo^ett  de 
déprécier  leur  valetir,  ou  môme  de  les  re- 
jeter :  ainsi,  voici  venir  M.  E.  Saissel,  qui 
vous  demande  d'abord  quels  sont  ces  Pir» 
que  l'on  cite  de  préférence?  Des  bonunei, 
répond-il,  justement  suspects  d'bérésie.il 
nous  dit  alois  comme  quoi  la  forte  itnagiiu-  ' 
tion  de  Tertullieo  s'accordait  peu  avec  It  | 

mié  sont  des  dépit  de  la  sufasUnce  divine,  bû  ' 
il  dit  que  ces  personues  sont  trois  en  degré  {\m , 
gradu).  Le  sens  de  cet  deus  expressions  n'etipiN 
ce  nous  semble,  le  même,  et  la  seconde  seule  pt-  ' 
sente  la  Iraducli ou  fidèle  du  texte.  —  Ensnjw'l 
lieu,  si  M.  li:.  Saisset,avail  tu  le  traite  deTerialt<n| 
contre  Praxiat,  il  aurait  compris  que  cePên,  f 
disant  que  ces  personnes  sont  trois  eo  defn,  *'*\ 
pas  entendu  introduire  dans  la  Tiiuiié  des  ^{H 
Uflcct  d*  de) T^,  c'est-^^lire  tes  faife  kiégaies.  Vuw 
comment  il  explique  lui-inéme  ce  hiou  Après  vu». 
d  it  q  ue  te  Fils  est  engendré  du  Père,  et  que  k  Siii»^ 
Esprit  procède  du  Père  et  du  Fils,  il  ^oute:  <  Twil 
chose  qui  sort  d'une  autre  est  nécessairement  b  i'' 
conde  par  rapport  ï  celle  dont  elle  sort,  mais  vm 
en  être  nécessairement  sépaiée.  Or,  il  y  a  ua  s««« 
là  où  il  y  a  deui  ;  it  y  a  un  troisième  là  oA  il  1 4 
trois.  Car  le  troiilèeie  est  l'iilsprii  qui  piocèle  H 
Pèreeldu  Fils,  i  (rerla/^,cS.)N'eBt-Upasc^ 
d'après  ce  passage,  nue  Tertullien  emploie  le  "^ 
degré  pour  marquer  l'ordre  de  distribution  des  iiM 
personnes  de  la  Trinité?  An  premier  rang,  Mfr 
mier  degré  se  place  le  Père,  an  second  te  Fils,  h 
troisième  le  Saint-Esprit;  mais  le  Père,  leFil«d 
le  Saint-Esprit  ont  la  même  nature,  la  méoie  suis- 
tance;  ils  sont  égaux..  | 

(9G^  Ires  autem  non  statu  sed  gradu  ;  netfài 
Etantia,  sed  forma  :  nec  poiestaïc  sert  specie:  «H 
aBtemsubstanllKCiuiiin^tstaliis,  etunluspolcWûi 
quia  unuj^  Deus,  ex  quo  et  grailus  istl.  el  fbm-T  i| 
species,  in  nominc  Patiis  et  Fîlïî  et  i^ïritus  sno 
depuiantur.  ^Ibid.,  i:  2,  p:  tS7.) 
'  |9E18)  hares  ipsa  formam  suamScripturisel^ 
lerpreialionibuB  earum  patiociiiaiitibus  TiitdicaH 
(Ibtd.,  c.  5,  p.  1S9.) 

(989)  Hane  rogulam  ab  hriiio  E-rangriH  deewwl 
risse,  eiiani  ante  priores  qnosçne  Itaereticos,  ncéni' 
inie  Fraxeam  hestemum.  {Itttt.,  c.  i,  p.  (57.) 
~  (97D)  M.  E.  S.\tS£ET,  Hiinp.  ;  p.  fSif. 

(971J  Itid.  I 


BOG 


DICTI(»l!4Â.iRE  APOf.OGBTIQL'E. 


I>OC 


673 


^ilj,  Il  précision ,  la  mesure  qu'exige 
j[(iac(e  Ihéologie  ;  —  comme  quoi  encore 
!miéritl\sme  peut  se  placer  ^ous  son  pa- 
mift;  —  romme  quoi  eiiGn  il  s  donné 
■KbaisséedRDHles  erreurs  de  IHon  tan  (972). 
-Il  qu'imporleol  tous  ceS  reproches  r«la- 
Koenlk  la  question  qui  nous  occupe T  No 
iffiicei  pas  ninsi.  Il  a'agit  An  savoir  si 
ilogme  lie  Ib  Trinité  se  trouve  nettement 
rtulé  dans  les  ouvrages  de  Tertullien. 
Tout  è[es  forcé  du  t'y  reconnalire,  cou- 
geidonc  que  ce  Père  devait  être  fortement 
Miré  (le  renseignement  de  l'Eglise,  puis- 
l'il  ne  ratière  pas,  malgré  sa  fougueuse 
tfinalint  ^HJ  j  accordait  pta  acte  la  téti- 
n,  ia  fTiz\tion  et  la  meaure  d'une  exacte 
kUjit.  —  Et  d'aMIeurs,  quand  il  aurait 
^surce  point,  ■  Ce  n'est  pas  tant,  comme 
urque  très-bien  M.  J.  Simon,  du  senti- 
(I  (l'uD  Père  qu'il  s'agit,  que  de  la  doc- 
«  lEfme  du  cliriiliauisuie  dout  l'Eglisa 
ntrselle  estassurâmenl,  ni6ma  au  point 
ntdela  lidélitâ  purement  bistorique  , 
K<le  plas  compélenl  et  le  plus  sdr.  Si 
il  que  l'on  remonte  dans  I  hi&toire  de 
fw,  l'égstilé  des  personnes  divines, 
iH-Oireia  perfeciion  ileia  nature  divine 
aies  trois  hyposiases,  est  évidemment 
bilrioBonliodoxe;  et  les  hérésies  mdmes, 
iau  eu  fKiur  ot>jel  de  sutiordonnur  une 
Hue  t  une  autre,  et  qui  toutes  ont  été 
Nisniasdès  leur  Daissanee,  en  sont  une 
J«4i[Ju8(9T3J.  » 

■WfiiM autre  procédôdeM.  E.  Stisset. 
^idn  Pères  plaloiiiciens  d'AlexaodrieT 
IIPKiiM  les  passages  que  l'on  giourrait 
Wde  leurs  ouvrages,  et  voici  pour- 
^11  Unit  piquant,  dit-il,  dese  serrir 
pn  |>arolea  pour  fortiâer  une  tbèse 
(Ind.aa  moins  indirectement,  h  nier 
f 'tSuence  de  Platon  ot  d'AIeiandrie 
m  farmaiioa  du  cfarislianisme  (974),  ■ 
l!e  piquioi  ne  se  trouve-i-il  pas,  au 
tutt,  uaDi  Iji  tlië«e  que  aoutient  H.  G. 
M!  A  moins  de  se  condamner  h.  nier 
fcuce,  ou  i  rnjeter  te  Nouvesu-Tesla- 
t, [lest  forcé  d'admettre  qu'on  trouve  ' 
fEta»gUe,  dans  les  Actt$  et  dans  les 
w  (les  «pâtres,  l'égalité  et  la  consuhs- 
iliié  des  trois  personnes  divines;  et 
Uint  il  prélentl  que  le  dogmo  de  la 
■*(  u'élait  \,»g  lise  avant  In  naissaaco 
*»le  d'Atexandrie  1  II  recounett  les 


dlSTérences  profondes,  essentielte»  queM.i. 
Simon  signale  entre  la  Trinité  de  Ptoiin  H 
relleduchrlslisnistne,  et  11  vent  qse  eelle-rt 
soit  sorlie  de  «elle-làl  Non,  Platon  el  lea 
Atexandrins  n'ont  pas  «lereé  sur  la  forma- 
tion du  dogme  ctjrétien  l'inOuence  dont 
Eirle  H.  E.  Seissel.  Ce  qu'it  fau|  leur  attri- 
uer,  ceque  leurs  conceptions  ont  produilv 
ce  sont  les  hérésies  anti-trinilaires  qui  ont 
agité  l'Eglise.  Petau  l'a  prouvé  surabon- 
damment (97S]. 

EnQn,  voici  le  grand  argnntenl  qne  H.  E. 
Saisset  fait  valoir  en  faveur  de  sa  thèse. 
Il  letirede  l'existenceet  des  progrès  extra- 
ordinaires de  l'arianisme  au  !▼*  siècle  de 
l'dre  chrétienne,  f  Supposez,  dit-il,  qu'alors 
la  doctrine  fût  arrêtée,  organisée  sur  tous 
les  points  ;  supposez  surtout  que  depuis 
Irols  siècles  elle  n'etjl  p<is  un  instant  varié  : 
Je  vous  demande  de  m'expliquer  comment 
une  hérésie  qui  la  renversait  de  fond  en 
L-omble  a  pu  taire  une  si  prodigieuse  for- 
lune;  comment  un  simple  nrôire  d'Alexan- 
drie a  pu  tenir  en  échec  l'UKiise  tout  entière. 
Ce  prèire  obtcur  (976)  se  lève  un  jour,  et 
propose  sa  doctrine  sur  Jésus-Ctirisl.  Son 
évéque  veut  étouffer  aa  voix  ;  il  persiste, 
et,  quelques  années  après,  sa  querelle  est 
celle  du  inonde  (977).  » 

Ces  phrases,  nous  le  reconnaissons  volor:* 
tiers,  sont  fort  bien  tournées;  elles  peuvent 
ftiire  illusion,  mais  l'argumeiil  de  H.  Saissel 
est-il  absolument  décisifT  C'est  une  autre 
question.  Avant  delà  résoudre direr-lemenl, 
nous  demanderons  h  M.  Ë.  Saissct  si,  en 
prenant  ses  propres  eipressiens,  il  ne  sérail 
pas  possible  de  montrer,  au  même  titre,  que 
la  doctrine  de  l'Eglise  n'était  pas  fixée  S 
l'époque  oà  le  pro  lestant  isme  parut  t  Es- 
sayons ;  M  Supposez,  dirons-nous  done, 
qu'au  xTi*  siècle  elle  Î(U  arrêtée,  organisée 
sur  tous  les  points;  supposes  surtout  que 
depuis  quinie  lUcttt,  elle  n'eût  pas  un  ins~ 
teot  varié  :  expliquez-moi  comment  un* 
hérésie  qui  la  renversait  do  fond  en  conible 
»  pu  faire  une  si  prodigieuse  fnrlune  ;  com- 
ment un  simple  moine  4' Allemagne  %  pu  tenir 
en  échec  l'Eglise  tout  entière  T  Ce  moïttc  se 
1ère  un  jour  el  propose  sa  doctriue  sur  les 
tacrtmtnl»  et  sur  les  indulgencit.  Le  Papt 
veut  étouffer  sa  vois;  il  persiste,  et,  quel- 
ques années  après,  sa  querelle  est  celle  du 
luoude  entier.»  boot  conclurons-nous,  à 


^  ^•i.SuutTt  Etêaiê  t*T  lo  philoiopbu  elta 
Hiiiix'iiùff  :  de  l'icole  d'A/«xiiWrie,p.l60. 
^  »■  1.  SiM«s,  Uiu.  4e  V&cdU  d'Alex.,  U  1, 

'I  tH  t-p-,  p.  «59. 

*!  tr.  hw..  De  Trinit.,  !.  i,  c.  12.  —  Peih 
""il.  UitoL,  Dk  TaiHT.,  c.  i,  édll.  de  Htgne, 
'•II''.  —  I  La  coBilneaiMMi  des  doctnaes 
">>  et  lidléal^iieft  qu'un  iavoque  a  eu  vé- 
•mt  Iku,  dit  U.  lalibé  Muet.  <tu'a-i<-fU« 
■^  le  ibitune  cattiolique?  Non:  c'est  son  coii- 
■  le  'logme  liéréijqne,  qui  est  sorti  de  cet  al- 
'iTlitvi.ckr.,p.i&i.) 

•I  L«Ue  épiibàc  m-elle  jetée  là  pour  produire 
'^-■^«11  ae  uvens;  toujoura  est-il  qu'Arius, 
•it  mtupt  b  divinité  de  Jéttu-Clu-iu,  avsHt 


déj^  fait  du  bruit  dans  Alexandrie.  On  sait  qo'il 
avïit  embrassé  leterreurs  de  Uélèce.  Reçu  de  nou- 
veau i  la  communion,  élcv^  même  an  diaconat  par 
saint  Pierre  d'Alexanjrie,  on  fut  oblige  de  l'excom- 
munier bientôt  après,  i  eante  de  ses  liaisons  avec 
tes  scbisniatiquei.  Et  puis,  saint  Aohillas,  iveee»- 
Mur  de  saint  Pierre,  luipacdanae,  l'ordtMine  préirr, 
et  lui  conlie,  avec  l'une  des  principales  églises.  <t'A- 
Lusanilrie,  rt^seigncnicnt  des  saistcB  lettres.  Alora 
sa  vanjié  ne  coiinatl  plus  de  bornes  :  il  s'appelle 
l'/Z/uj/re;  à  fenleudre.  Dieu  lui  a  cimirauniqué. 
dans  une  mesure  «tra ordinaire,  ta  science  et  la 
sagesse...  Tels  furent  les  aniécëdeuUd'Arius.  Il  n'é- 
lail  donc  pas  aussi ofrKHrqnaH^E.tlkWIiTvoadnlt 
le  Caire  croire. 

;977)  /Hrf.,p.  16». 


«79 


MCTtONNiUlLE  APOLOGETIQUE. 


nropM  de*  suw.^  du  proiestanlisme  comme 
H.  S.  Saissel  le  fait  à  propos  des  progrès 
de  J'arùflisme,  donc  U  doclriue  de  l'Ëgiise 
■'éuit  ))aS|  au  xti'  siècle,  arrêtée,  organisée 
sur  lous  lea  poials.  Cet  argument  est-il 
invincible? 

Si  quelqu'un  s'arisait  de  le  firésenler 
coiDine  tel,  on  lui  opposerait  aussilAt  ren- 
seignement et  la  pratique  pendant  les  quimxe 
tiieUtaui  précédèrent  t  apiurilioD  de  Lulfaer. 
Ainsi  lil-on  dvecArius.  Quand  ce  prêtre  se 
leva  dans  Alexandrie  pour  dogmatisur.  com- 
ment procéda-t-il  T  11  nia  que  Te  Fils  fût  égal 
el  coéternel  au  Père.  Uais  ce  dogme  qu'il 
repoussait  ainsi,  était-il  nouveauTUu  oien 
avait-il  des  racines  dans  le  passé?  Nous  pour- 
rions nous  contenter  de  celte  réponse  de 
M.  E.  Saisset  :  c  II  s'agissait  d'un  dogme  es- 
sentiel, lié  i  la  Trinité,  h  l'Incarnation,  & 
la  Bédemption,  qui  touchait  à  toutes  les 
croyances,  è  tous  les  principes,  à  toutes  les 
cérémonies  du  culte  (978j.  ■  Oui,  ce  dogme 
est  vraiment  l'Ame  du  christianisme;  et, 
comme  le  christianisme  comptait  d^à  plus 
de  trois  liiclei  d'eiistence,  lorsque  Ariusse 
présenta  pour  le  renverser,  nous  en  con- 
cluons que  l'Eglise  devait  avoir  depuis  long- 
temps une  doctrine  arrêtée  sur  ce  point. 
Cette  conséquence  nous  parait  rigoureuse. 

Signalons  maintenant  quelques  faits  lais- 
sés dans  l'umbre  par  M.  £.  Saisset;  elle  res- 
sorlira  mieux  encore.  Arius  commenga  à 
peine  k  répandre  ses  erreurs,  et  «ussitftt 
saint  Alexandre,  son  évèque,  esspie  de  lu 
ramener  à  la  f»ieatkoliqwi  par  ses  ménage- 
menls  et  par  ses  lettres.  Ses  efforts  restent 
inutiles.  Il  rassemble  alors  un  concile,  et 
100  évéques  d'Egypte  et  de  Libye,  témoins 
et  délenseurs  de  la  croyance  de  l'Egypte,  le 
condamnent  avec  une  douzaine  de  ses  prîn- 
cipaut  adhérents,  prêtres  et  diacres.  Arius 
excommunié  le  retire  dans  la  Palestine; 
il  ne  larde  pas  à  se  faire  un  grand  nombre 
de  partisans.  A  cette  nouvelle  saint  Alexan- 
dre, malgré  son  grand  ége,  retrouve  toute 
la  vigueur  de  la  jeunesse,  et  il  s'empressa 
d'écrire  nux  évéques  de  cette  contrée,  a  ceux 
de  la  PMviciê  et  de  la  CéUtyrie,  pour  se 
plaindre  qu'on  ait  admis  l'hérétique  i  la 
communion  de  l'Eglise.  Aussitôt  ces  évé- 
ques lui  répondent  pour  se  justiRer  et  s'ex- 
cuser, les  uns  avec  sincérité,  les  autres  avec 
déguisement  el  hypocrisie.  <  Il  y  en  eut,  dit 
Tirlemont,  qui  déclarèrent  n'a  voir  nullement 
reÇu  Anus;  ceni-ci  avouèrent  qu'ils  l'avaient 
reçu  par  ignorance,  et  cnux-là  pour  le  gagner 
et  le  ramener  à  son  devoir  (979).  •  Quant  h 
l'imiiression  produite  par  les  lettres  de  saint 
Alexandre,  elle  dut  être  très-grande  :  nous 
savons,  en  effet,  que  l'hérésiarque  ne  trouva 
de  refuge  que  cbez  Eusèbe  de  Nicomé- 
die  (980). 

Cette  victoire  éclatante  ne  contenta  pas 
saint  Alexandre;  il  voulut  dresser  un  nio- 
numeol  qui  attestât  la  croyance  universelle 


I/Mnp..  p.  m. 
,   Himoirtt  pour  unir  à  Vhhlotrt   teclit., 
p.  S23. 


(978)  i 

(97B)  , 

L  VI.  p. 


de  l'Eglise.  Il  envoya  donc  dans  lej  prniin 
ces  un  mémoire  ou  lomt,  qjs  Us  éiiqne 
catholiques  souscrivirent,  afin  rt'élouii 
l'hérésie  par  leur  accord.  Lorsqu'il  partii 
6  saint  Alexandre,  évéquedeConstintinoph 
il  était  déjà  signé  par  toute  r%pi(eil 
Thébaidetpsr  la  Libye  el  la  Pentapoit,fit\ 
Syrie,  la  Lycie,  la  Pamphylie,  VAiit  prnpr 
ment  dite,  la  Cappadoce  et  pur  les  auln 
provinces  voisines.  El  les  évêquesdelnulj 
ces  contrées  lui  avaient  envoyé,  autre  Jti 
signature ,  des  lettres  pleîues  d'indigDiii 
contre  les  nouveaux  ennemi)  de  li  i 
rilé  (981).  Que  dira-t-on  de  cet  accord?  I 
B-t-il  pas  16  une  preuve  évidente  que  lui 
Irine  qu'il  constate  était  arrêtée  et  mi 
sullement  reconnue? 

Et  celte  doctrine,  quelle  étail-elle!5i 
la  trouvons  nellemeni  exprimée  dioié 
lettres  de  saint  Alexandre  qui  sont  (larta 
jusqu'à  nous.  La  première  est  adrari 
l'évëque  de  Byiance.  Saint  Alexandre)! 
d'abord  ressortir  Is  tactique  et  les  pn» 
corrupteurs  des  ariens,  a  Arius  elles  s 
ont  depuis  peu  formé  une  coDSpiralion. 
tiennent  continuellement  des  assemblés 
ils  s'exercent  h  inventer  des  calomniui 
Ire  Jésus-Christ  et  contre  nous.  Hsca 
rent  la  laine  doctrine  det  apùtrn,  el,  M 
les  Juifs,  ils  nient  la  divinité  de  nuinl 
veuret  le  déclarent  pareil  auxauimki 
mes.  Dans  ce  but  impie,  ils  recueilleMi 
soin  tous  les  textes  qui  parlent  de  m 
carnation  et  desonabaissemeol,  etR|< 
sent  ceux  qui  parlent  de  son  éternelle' 
nilé  el  de  sa  gloire...  Ils  excitent  looi 
jours  contre  nous  des  séditions  et  dei 
sécutions,  soit  en  nous  traduisant  it 
les  tribunaux  par  le  crédit  de  quelques 
mes  indociles  qu'ils  ont  séduites,  soi 
déshonorant  le  cnrislianismo  pr  l'ioMl 
desJBunesûlles  de  leur  parti  qbel'DI 
courir  dans  les  rues.  Ayant  donc  cous 
leur  conduite  et  leur  entreprise  impiev 
les  avons  cbasséa  de  l'Eglise  qui  ailM 
Christ.  Eux,  courant  de  cAté  el  d'i 
cherchent  i  surprendre  uos  collèijues,; 
prétexte  de  leur  demander  la  paix  el  l'a 
mais, dans  la  réalité,  pouren  entraloKi 
ques-uos  dabs  leur  pestilence  pnrdel 
paroles,  en  tirer  de  grandes  Iftttreil 
puissent  lire  à  leurs  dupes,  afin  de  les 
nir  dans  l'impiété  comme  ayant  aitc 
des  évéques.  Mais  ce  qu'ils  ont  ensei|l 
fuit  de  mal  chez  nous,  ils  le  patseol 
silence  ou  Je  couvrenl  de  paroles  trod 
ses.  * 

Saint  Alexandre  relève  ensuite  le  m 
de»  ariens  pour  la  tradition.  ■  Ni  la  ^ 
divine  des  Écritures,  ni  l'accord  de  ddi 
lègues  n'arréleut  leur  fureur.  »  El  il  oi 
à  leurs  erreurs  la  croyance  catholique. 

■  Nous  croyons,  avec  l'Eglise  aposM 
en  un  seul  Père  n^n  mgendré,  qui  ii'i,<4 
principe  de  son  être;  immuable  et  if 

(9801  TiLLiMon,  ibid.,  p.  SSS. 
(dSI)  Voir  l'Iiistorien  Socitrc,  I.  i,t.  <>  F 
—  I>aiw  TiLLEMHT,  ibiâ.,^  Sï«. 


Ci 


or  DOG  UCTIONNjUKG 

nlili, lonjoars  la  mènie;  Inca^iable  de-;ira- 
friiou  de  iinmulion  ({^2};  qui  a  donné  la 
w.  les  prophètes  et  les  érangiles,  qui  est  le 
jtigDeurde»  pilriarcbes.  des  npÂlres  at  de 
IMS  lu  Hinli.— Et  en  an  seul  Jésus-Chrisl, 
k  Hli  unique  de  Dieu,  engendré,  non  du 
i^nl,  miii  du  Père,  qui  est,  non  à  la  ma- 
ijéredw  corps,  par  retranchement  ou  écou- 
linenl, comme  feulent  Sabeilius  et  Valeii- 
liii,  mais  d'une  manière  ineGTjihle  el  inf^nar- 
nble,  comme  il  est  dit  :  Qui  racontera  sa 
Âir^ion  (9fi3jTel  comme  il  a  dit  lui-mGme  : 
hrunu  ne  connaît  qai  est  le  Pite,  ti  ce  n'est 
kf  iJi;  <f  prrtonne  ne  eonnaU  qui  est  le  Fil», 
ittitu  U  PcTf  [98&}.  Nous  avons  appris 
ill  est  immuable  et  inaltiJrable  comme  le 
ke,  qu'il  n'a  besoin  de  rien,  qu'il  est  par- 
ai et  leiDblffble  au  Père,  et  qu'il  n'a  de 
IvniquRde  n'être  pas  non  engendré.  C'est 
Itesens  qu'il  a  dit  lui-même  :  U  Pire  ett 
^ymdqut  moi  (985).  Nous  croyons  aussi 
Nie  Fils  procède  toujours  du  Père;  car  il 
Viipltnaear  de  la  gloire  el  le  earactire  de 
JniMla»  palemetle  (986).  Mais  qu'on  ne 
Mi  soupçonne  pas  pour  cela  de  nier  qu'il 
ttengeouré;  car  ces  mots,  il  était,  et  tau- 
M,  tarant /m  liécles,  ne  signifient  pas  la 
kicciiose  que  non  m^fndrrTlIs  semblent 
l^iiler  comme  une  extension  du  temps; 
É  lis  ne  (>eurent  exprimer  dignement  ta 
hniit,  et,  pour  ainsi  dire,  l'anliquité  du 
kiùijue;  les  saints  les  emploient  pour 
1(^ut  ce  my slàre  autant  que  possible, 
•riciiDiiit  l'indulgence  de  leurs  auditeurs. 
iwlifuHcoaserTer  au  Père  cette  dignité 
Itf'tii  n'itre  point  engendré,  en  disant 
^'  n'i  aucun  principe  de  son  6lre  ;  mais 
piiiiissi  rendre  au  Fils  l'honneur  qui 
]L>P[«riienl  :  lui  attribuant  d'être  engendré 
ffmnins  commeucemenl,  el  reconnais- 

t^ome  ta  seule  propriété  du  Père  de 
'mnl  engendré. 
■!lou5  conTessons  encore  un  Sainl-Etprit, 
l> également  sanctifié  les  saints  de  1  An- 
ITniafflent  el  les  divins  docteurs  du  Nou- 
Pi  uoe seule  Eglise  cathotitjue  etapuslo- 
Pi toujours  invincible, quoiquele  monde 
krcouspirek  lui  faire  Isgaerre.et vîcto- 
mde  toutes  les  révoltes  impies  des  ho- 
iries, le  Père  de  famille  noua  en  ayant 
1^  l'astoranne  lorsqu'il  s'écrie  :  Ages 
k*te.fn  vaincu  le  monde  (987).  Après 


APOLOCËTIQUE.  DOG  Mi 

cela  nous  reconnaissons  la  résurrection  des 
morts,  dont  noire  Seigneur  Jdsus-Chrisl  h 
été  les  prémices,  ayant  pris  de  Marie,  mère 
de  Dieu  (SisTixaf).  un  corps  véritable,  non 
en  apparence.  Sur  la  Gn  des  siècles,  il  a  ha- 
bité avec  le  genre  humain  pour  détruire  le 
péché;  il  a  été  cruciSé,  il  est  mort,  sans 
aucun  pr^udice  de  sa  divinité;  il  est  rt-s- 
suscilé,  il  est  monté  au  ciel,  et  il  est  assis  ft 
Ja  droite  de  la  Majesté.  Voilà  ce  que  nous 
ensei;;noiis,ce  <{ue  nous  prêchons;  voith  les 
dogmes  npostoliquos  de  l'Eglise,  pour  les- 
quels nous  sommes  prêt»  K  souffrir  la  mort 
et  les  tourments  [988).  » 

La  seconde  lettre  de  saint  Alexandre  nous 
montre  combien  son  argumentation  émit 
vive  el  pressante  ;  nous  voyons  aussi  que  . 
pour  établir  la  croyance  qu'il  constate,  il 
s'appuie  toujours  sur  les  divines  Ecritures. 
'  Qui  peut  entendre  dire  à  saint  Jean  :  Ah 
commencement  était  le  Verbe  (989|,  sans  con- 
damner ceux  f\\ii  disent  :  Il  a  été  un  tempii 
qu'il  n'était  point  î  Qui  peut  ouïr  dans  l'E- 
vangile :  le  Fila  unique  (990),  el  :  tout  a  été 
fait  par  lui  (991),  sans  délester  ceux  qui  di- 
sent que  le  Fils  est  une  des  créatures  T 
Comment  peut-il  être  l'une  des  choses  gni 
ont  été  faites  par  lui;  ou  comment  eat-il  hil$ 
uhique,  s'il  est  mis  bu  nombre  de  tons  les 
autres?  Comment  est-il  sorti  du  néant, 
puisque  le  Père  dit:/e  Cai  engendré  de  mon 
iein  avant  l'aurore  I99i).  Comment  peul>il 
ôtre  dissemblable  au  l'ère  en  subêtance,  lui 
qui  est  l'image  parfaite  el  la  splendeur  du 
Pire  (993),  et  qui  dit  :  celui  qui  mevoil,  Vùit 
aussi  mon  Pire  (994).  S'il  (.«t  le  l«7>r  c'eet-^- 
dire  la  raison  et  la  sagette  du  Père,  comment 
n'a-t-il  pas  toujours  été?  Ils  doivent  donc 
dire  que  Dieu  a  été  sans  raison  el  sans  sa-' 
gesse?  Comment  peut-il  être  sujet  au  chin- 
gemenl,  lui  qui  dit  :  Jesuit  dans  le  Père,  el 
te  Père  est  en  moi  (996);  el  encore  :  Uci  et 
lé  Pire  nous  sommes  une  même  elios*  [996]  ; 
et  par  le  prophète:  Yoyex-moi,  parée  qiu 
je  suis  et  ne  change  pas  (99T).  Car  quotquu 
ces  paroles  puissent  se  rapporter  su  Père  , 
on  les  entend  toutefois  mieux  du  Verbe, 
parce  que,  devenu  homme,  il  n'a  pas  changé  ; 
mais,  comme  dit  t'ApAlre  :  Jésus-Christ  ett 
le  même  aujourd'hui  quhier ,  et  dans  totu  le» 
«j^c/»(998).  Quelle  raison  ont-ils  do  dïru 
qu'il  a  été  fait  pour  nous,  quaod  saint  Puul 


tti  Aiifi,  lelKca  qml'EgliM  adorait  aa  lemps 
aàiAlmailre  et  qa'elln  adore  maîolenant  en- 
\  ■ëU<(  pas  le  IHeu  perftciioit  que  H.  Du  Val- 
■àliçpeUeUplM  admirable  earteature  de  Fi- 
*^  d*  182».  (II«mu  anûlglique  et  enlique  des 
■*t  taaumporaïKt,  p.  t78.)  nous  recominait- 
I  W  oaitTaKe  k  ceux  <|"'  désirent  coiinallre 
jMn  Hiii  daiiBereax  tes  romaiM  modentes. 
'^  linituionem  ejus    fws   «urrotil  t  {Aei, 

Kl  .Ynusotlt  Pmlrem  nùiPiUiu;  eliumo  »»• 

f™"  ■»  Pater.  {Maltk.  xi ,  97.) 

»i  futr  major  me  al.  (/mm.  iit,  U.) 

"*'  (N  am  tit  tptmdor  atorte  et  âgarâ  tub- 

■Jf'Ju-IHrtr.  I.  S.) 

^''j^*pdeit,tfê  «ici  mmwdum.  {Joan.  ivi,K5.) 

DlCTIO.imlnE   iPOLOGKTIVIIR.   | 


aUt.eeetéa.,  1. 1,  c.  3. 

(WU)  /m  frincMo  erat  Iferkam.  iJoan.  i,  1.; 

(990i  Ukmî  uiàgeuiti  a   Pairet  (Joan.  i  et  ali- 
bl.l 

(991)  Omnia  per  Ipsum  faeta  swi.  {Joan,  I,  3.) 

(992)  Ex  kUTO  ame    tucifenm  geitui  U.  {Vsul. 
cix,   5.) 

(993)  Ci-deani,  flrtr.  i,S. 

(99i)  Qui  vidtt  me^riéeiet  Palremmeum.  {J—n. 
xtv, 9.) 

(995)  Palcr  i»  me  est  el  ego  in  Pair»,  (/oan.x.  38  ) 

(996)  Efo  et  Pour  muhh  swMu.  iJom.  x,  W.) 
(M7)  Ego  mim  DomiuMt  et  Mm   Muter.  (Jfoto- 

fk,  m,  a.) 

ifiM)  J«nM  Chrûm*  keri,  M  hodit,  ifpst  eli»  ic 
ctifti.  {Hebr.  \m,  8.) 


<U3 


DOC 


DICTIONNAIRE  AP(H.OCETIQUE. 


DOG 


m 


écrit  que  tout  nt  pour  lui  et  par  lui  (999). 
Quani  è  oe  l}ias|4ièmo,  que  le  Fils  ne  con- 
naît pas  parra  item  eut  le  Père,  il  renverse 
vetle  parole  du  Sauveur  :  comme  fe  Pire  me 
eonnatt,  ainti  moije  contiaii  te  P^f  (1000). 
Si  tlûiic  le  Père  ne  connaît  le  Fils  qu'impar- 
faîlement,  le  Fils  connaît  le  Père  de  même. 
Que  s'il  ii'est  [>as  permis  de  le  dire,  et  que 
le  Père  coanai.sse  parraitemeal  le  Fils,  il 
est  évident  que  le  Fils  counalt  de  même  son 
fère. 

«Cest  ainsi  que  nous  avons  aouTent  ré- 
futé les  ariens  par  les  divines  Ecritures; 
Bjaisilschaagent  comme  le  caméléon  (1001).  > 

'Ce  langage  est-il  assez  clair,  assez  précis  T 
€eE  dogmes  sorrf-ils  timidement  formulés  7 
La  doctrine  catholique,  au  contraire,  n'ap- 
liaralt-elle  pas  \h  entièrement  organisée  T  £1 
qu'on  no  1  oublie  pas  :  ces  lettres  ont  été 
écrites  avant  l'ouverture  du  concile  de  Ni- 
céO'i  ue  détruisent- elles  pas  le  système  que 
uaus  Gdmbaltoiis  T 

Nous  trouvons  encore  une  preuve  que  la 
cj'oyauce  de  l'Eglise  était  depuis  longtemps 
arrêtée,  dans  1  accord  unanime  des  trois 
cents  évêques  réunis  &  Nicée  pour  con- 
d«mnar  Arius;  —dans  le  cri  d'indignation 
qui  s'éleva,parmi  eui,  lorsque  cet  héréti- 
que proposa  sn  declrine;  — dans  la  rapidité 
avec  laquelle  ils  formulèrent  la  foi  de  l'E- 
glise. Cette  dernière  considération  surtout 
nous  parait  importante.  «  Jusque-là,  dit 
M.  l'aillé  Kolirbadier,  l'élite  de  i'bumanité 
jiaïLiine,  'les  philosophes  avaient  beaucoup 
liissurlé  sur  Âieu,  sur  sa  nature,  sa  (trofi- 
dence,  l'ensemble  de  ses  œuvres  ;  cl.  après 
lies  siècles  de  dissertations,  du  raisonne- 
méats  et  de  subtilités,  pas  une  vérité  n'aveil 
été  déCnie  d'un  commun  accord,  ni  mise  à 
la  portée  (hi  commun  des  hommes.  Or,  ce 

3ue  a'avaitmt  pu  les  philosophes  grecs  après 
il  siècle»,  ce  que  ne  pourront  les  philo- 
sophes de  iinde  après  trente  et  quarante, 
les  pasteurs  chrélieus  l'ont  fait  mi  peu  du 
joiiraÏNicéfl;  ils  l'ont  fait  malgré  toutes 
les  ruses,  toutes  les  arguties  du  philoso> 
pJiisme  «rien;  ils  l'ontfait  en  consignant 
dans  leur  Credo  la  doctrine  qu'ils  venaient 
de  confesser  d&ns  les  prisons,  su  fond  des 
iRJnes,  deviint  las  tyrans  elles  bourrcAux 
(;ui  leur  avaient  crevé  les  yeux,  brûlé  les 
uiains,  coupé  le  jarret  ;  doctrine  héréditaire 

Îu'ils  avaient  rc^ue  des  martyrs,  les  martyrs 
es  apûtres,  les  apOttes  du  Christ,  le  Christ 
de  Dieu  ;  et  ce  Credo  qui  déQnJt  avec  une  si 
merveilleuse  précision  les  vérités  les  plus 
sublimes,  deviendra  jusqu'à  la  fin  du  monde, 
et  pour  tout  l'univers  chrétien,  un  chant 

(999)  PnpUT^m  otminrt  pêrqiumomiiia.  {Bekr. 
II.  10.) 

(l'wO)  Sicut  notil  me  Pater,  el  ego  agnoKO  Palrent. 
(Wï'.lB.) 

(10011  Dans  TvtoMUT,  1. 1,  o.  i. 

(1002)  Hiêt.  mmers,  de  t'Est.  cMh.  «  t.  VI , 
p.  205. 

(I0S8)  MinoirfM  pomr  tenir  i  tlâiloire  eceténai- 
tifW  ifei  lis  premier*  liéetet,  t.  VI,  p.  656. 

(IIHU)  Od  peut  latme  dire  avec  H.  Rohrbacbcr  : 
I  Le  mot  emmbuantiel  n'éUUpai  nouveau,  et  ù'il- 


populaira    de   foi ,     d'cspéraore  el  d'n- 
mour(l002).  ■ 

Déjà  Tillemont  avait  fait  une  remirqa» 
semblable  : 

■  Le  concile  (de  Nîcée)   voyant  quelle 
était  l'hypocrisie  des  ariens,  rnmassalautu      ' 
les  expressions  de  l'Ecriture  i  l'é^rd  du      ' 
Fils,  et    les  renferma  toutes  snui  le  mut      ' 
de  contubitantiel,  c'esl-è-dire  qui  a  la  tnSni      ! 
substance,  et  tous  les  évêques,  apr^  «i 
avoir  longtemps  délibéré ,  s'arrêtèrent  h  n     ' 
terme.    C'est  ainsi    qu'après   avoir  lilen 
examiné  toute  la  doctniiQ  de   l'Evangile  H 
des  apAtres,  les  prélats,  fondés  sur  les  di- 
vines Ecritures,  établirent   avec  beiiucou|i 
de  circonspection  fa  règle  parfaite  de  li  U 
catholique  (1003)?  > 

Ainsi    donc,   quand  Arius    se  présente    ' 
avec  une  doctrine  qui  renverse   iu  dogw 
de  la  Trinité,  l'Iigliâe  lui  oppose l'ensci^w 
nient  constant  de  Jésus-Christ,  des  s]AUts 
et  de  la  tradition  ;  il  n'y  a  de  nouveau ^h'. 
le  mot  qui  l'eiprime  et  le    résume  (10m;- 
Cet  enseignement  de  Jésus-Clirist,  des  i\A- 
1res  et  de  la  tradition;    tous     les   éTÔtjuei 
présents  au  concile  de  Nîcée,  les  srieiissui-  , 
mêmes ,  le  reconnaissent    el    procUinenl- 
Théonas  et  Second  demeurèrent  seuls  ui'i- 
uiâirément    attachés  h    Arius  ;   aussi  lït 
condamne-t-OD  avec  ce  novateur.  Voilà  iii 
faits  qu'il  est  impossible  de   nier;—  il<^ 
faits  qui  prouvent  qu'anlérieuremeni  >u 
concile  de  Nicée,  il  y  avait   dans  l'Egliui 
une  doctrine  organisée,  précise,  eiiiUuiVe 
sur  la  Trinité. 

Est-ce  pour  diminuer  la    force  des  arj^"  ! 
ments  que  l'on  pourrait  en  tirer,  queU-K 
Saisset  t'ait  cette  remarque  :  «  11  est  curicul 
de  voir  Constanlin,  trois  uns  h  peine  avim, 
ce  concile,  rappeler  Ensèbe  de   Nii:uaif4: 
et  Arius  lui-même  (1005) Ta  Mais,  pour)» 
ne  pasajouter  que  cet  eiD|iercurful  Irou  ', 
d'abord  par  Constaocie,  sa    sœur,  puis) 
un    prêtre  arien,     qui    lui     persuailèn 
qu'Arius  ne  pensait  pas    difTéremmenl  < 
Pères  de  Nicée,  et  qu'il  souscrirait  i^et 
décrets,  s'il  daignait  l'aduietlra  en   sa  pt  , 
sence  (tOO€)  I  liais  pourquoi  ne  pas  avi>ii  . 

Îue  cet  hérétique,  ËusèLte  de  Micom^di* 
héognis,  nrésenièrent  ù    Coiistan'in  I 
profession  ae  foi  qu'ils  dirent  ut  uu'd  e 
ëlre  conforme  au  symbole   dt»  Nioee(IlW 
U.  E.  Saisset  deiuand»  encore:  «Mil-' 
bien  que  1»  concile  de  Milan,    qui  a 
damné  et  déposé  sainl  Atliao«s«,  co 
s'était  (lersonniHée   la  foi    de   Nicée. 
composé    lie  trois  cents  évfttjues  (1D08 
—  Sans  doute,  00  lésait:    mais  iguoie-i 

lustres  évËqaes  de  ftome  et  d'Alexandrie  [t'*f 
les  deux  uials  Den^i)  ,  s'en  li-tuienl  servi»  [ 
condamner  ceux  qui  disaient  que  le  Fils  rl«ii 
Mivnge,  ci  non  pu  coiuub&lKikliel  &u  ^èie.  I 
tèbe  de  Césarée  fut  obligé  de  le  recoouallK  'i 
mttae.  i  Ubid.,  L  Yi,  p.  iOS.) 
(1U0&)  M.  E.  SfcKfiBT,  «li  «Mpr.  p.  163.  I 
iHm)  Socn.,  1. 1,  c.  26.  j 

(lOOl)  Vofr  S0CR.,l.i,c.>4 Soi..l.»,C-l 

(1WW>  y.  E.  SusMT,  Ukl,,  p.  165. 


DOC 


DICTIOiNSAlRE 


II),  que  pirmi  eux  beauroup  élAienl  ariens, 
tttxmit  leliaroés  de  saint  AlhanasaT  >e 
ronoall-ii  pas  lea  efforU.  les  nienvces ,  les 
oioTiii  IrailamafiU  empjojrés  par  CoDSUnce 
pour  irradier  aux  éfèques  orlhodoies  la 
{ooduonalion  tie  ce  saint  prélat  TN's-l-îl  pas 
In  <bbs  l'histoire  la  résislaoce  opiniâtre  que 
l'nipereur  rencontra?  A-t-il  oublié  que 
Cluiieun  aifflèrenl  mieux  suivre  Atlianase 
ibn*  l'eiil  qua  d'obéir  à  ConslauceT 
Quint  i  saint  Eusiache  d'Ànliochn ,  faut- 
il  np)M:ler  ft  M.  E.  Saissel  les  macbiuations 
IWDleoKi  auxquelles  les  ariens  eurent  re- 
van  pour  le  p«rdre  ?  Ne  sait-il  pas,  comme 
Roai,  ce  qu'il  faut  penser  de  cette  prostituée 
^i  K  porta  son  accotalrice,  montrant  un 
tliUi  la  mamelloi  et  criant  avec  impu- 
dcMtqa'elle  l'avait  eu  de  l'éréque  Eusta- 
tbttOa  le  déposa,  il  est  vrai,  d'après  celle 
--].  Hais  Socraie  et  Sozotnène  ne 


■vus «ppreoDeDt-ils  [ws  que  cette  malbeu- 
rtuttuiintttsur  le  point  de  mourir,  déclara 
•(aVIlearail  élé  engagée  i  celte  calomnie 
pour  de  l'argeDl  (1009;.  «  Tellti  était  la  cons- 
ciflicedei  deux  fiusébe  et  de  leur  plia- 
loige  (lUO).  m 

ti  cependaDl  s'il  faut  en  croire  U.  E. 
Missel,  Eusètte  de  Nicomédie ,  >  sans  aroir 
tegDDil  caractère  et  le  génie  de  saint  Alba- 
WK,  n'était  ft*t  moins  sincère  que  lui ,  el 
■mus  attacbô  A  la  Iradilioa  des  apd- 
>rei(IO||].  ■  Mais  oit  donc  troUTe-t-oD  la 
^«UTednceltesincériléet  de  celte  lojauléT 
kas  l'infâme  procédé  auquel  il  eut  recours 
W  faire  condamner  et  déposer  saiut 
uislallie  d*Antioche7  Dans  sa  souscrii)- 
■uii  irauJuleusfl  aux  actes  <iu  concile  de 
^Kée  (1012i  T  Dtas  la  profession  de  foi  Irom- 
wue  qu'il  adressa  a  Conslantio  pour  ot>- 
'uirsou  rappel  de  l'exil  T  Laissons  cet  em- 
«rcur  tui-môma  nous  démasquer  ses  four- 
tcrics.  ■  Pendaul  le  concile  de  Nicée,  avec 
nifl  empressement  et  quelle  impudence 
Muibe  a-i-il  soutenu,  coutre  le  téinoignage 
H  sa  conscience,  l'erreur  convaincue  de 
*ai  câlé»  T  Taotùt  eu  m'envoysot  diverses 
KTMnoes  pour  loe parler  en  sa  faveur;  lan- 
fti  eo  implorant  uia  protection,  de  peur 
|u'éi«Dl  conraiucu  d'un  si  grand  crime  ,  il 
Ktûi  privé  de  sa  dignité,  il  m'a  circonvenu 
'surpris  bODteuaemenI ,  et  a  fait  passer 
■fies  ctkoses  comme  il  a  vuulu.  Kucore 


APOLOCETIQtE.  DOC  CW 

depuis  peu,  voyez  ce  qu'il  a  fait  avec  Théo- 
RDis.  l'avais  commandé  qu'on  amenAl  d'A- 
lexandrie quelques  déserteurs  de  notre  foi , 
qui  allamaient  l)i  discorde.  Ces  bons  évè< 
ques^qne  le  concile  avait  réservés  pour  faire 
pénitence,  non-seulement  les  ont  reçus  et 
protégés,  mais  encore  ont  communique  avec 
eux.  C'est  pourquoi  j'ai  fait  prendre  ces  in- 
grats et  je  les  ai  envoyés  nu  loin  (1013).  a 
—  Et  son  attaekement  k  la  tradition  des 
«pdtres,  le  raontra-t-il  cnsoulenaot,  contra 
le  lémoig»age  de  ia  eonieienee ,  une  doctrine 
qui  renversait  cette  tradition  elle-même  T 

La  prétendue  bonne  fui  li'Arius  (1014)  ue 
nous  fait  pas  plus  illusion;  il  nous  pareil 
très-dilDcile  de  la  concilier  avec  tons  les 
moyens  qu'il  employa  pour  propager  son 
erreur. 

Terminons  calte  discussion  par  quelques 
remarques.  H.  B.  Saisset,  aUu  d'établir  son 
»slèmo  sur  la  formation  successive  du 
dogme  chrétien,  cite  un  passage  de  saint 
Htlaire  :  c'est  un  tableau  de  la  triste  siiua- 
lion  dans  laquelle  l'arianisme  jeta  l'Eglise 
au  IV*  siècle.  Cet  illustre  prélat  rappello  en 

!  gémissant  les  nombreuses  professions  de 
oi  qui  se  succédèrent  alors,  et  U.  E.  Sais- 
sel  en  infère  toujours  que  la  doctrine  de 
l'Eglise  n'était  pas  arrêtée.  Nous  sommes 
vraiment  surpris  de  la  conséquence  qu'd 
tire.  Pourquoi  n'a-l-il  pas  iu  tout  entier  la 
II'  livre  de  saint  Hilaire  à  Fempemir  Cont- 
tance?  il  aurait,  A  la  suite  du  passage  qu'il 
cite,  trouvé  l'explication  de  ces  nombreuses 
professions  de  foi.  ■  La  cause  principal»  do 
nos  errements,  dit  l'illustre  évèque  de  Poi- 
tiers, la  voici  :  nous  nous  prétendons  tt- 
lachés  à  la  doctrine  des  apAtres,  et  nous  ne 
voulons  pas  embrasser  I  enseignement  da 
l'Evangile;  —  Jésus-Cbri^t  nous  a  a|>pris 
lui-même  ce  que  nous  devons  croire  de  lui, 
et  nous  ne  le  croyons  pas;  nous  changeons 
ce  qui  est  immuable ,  nous  abandonnons  la 
tradition  et  nous  lui  substituons  nos  con- 
ceptions irréligieuses... Voulons-nous  éviter 
l'erreur?  Attachons-nous  i  la  seule  foi 
évangélique,  k  celte  foi  que  nous  avons  cou- 
fessée  sur  les  fonts  de  tuptème;  la  seule- 
ment se  trouve  le  snlut Quant  ftntoî, 

je  tiens  fortement  à  la  croyance  que  j'ai  ru> 
eue,  et  je  ne  change  pas  ce  qui  vient  de 
Lieu  (1015).  > 


uv,  Biêt.  ecct.,  L  i,  c.  il 

i,  ibid.  L  VI,  p.  265,  où  II 

A  Suiumèiie. 
iluil)  U.  E.  SAi*s>T,i»>if.,.p.  165. 
ilOti;  PfctfaNloffe  (I.  n,  c.  9>,  auleurjrien,  nous 
Ipml  «la'Eiiièlic  de  Nicoiuédie,  en  Mnitcrivani  au 
'Kile,  iMén,  daa»  le  mot  âfutvviK,  un  ioia,  ce 
H  lauaii  iyirwimc,  c'eUràMliro  temblabtt  m 
■^■'Mfir,  as  lie«  4ue  le  premier  sisuiQe  dt  mime 

il«t3|  CeUc  leure  de  Constantin  est  adressée  à 
^{tUedeMicouédie.  (Fotr  Luu,  L  11.  p.  277  ; 
'  Au»  In  (EMm  pei^tut-laiùm  Ae.  (>»uslanliii , 
tM.Ujcs  dans  b  précieuse  Patrologie  de  H. 
•M^Hipict.  VUI,col.  521.) 
[VHii  t  t:rMI-ou,ilciuaiiUcL'iicor(;lI.  E.  Salssot, 


Îa'Arlns  ne  fit  pas  d'anni  beane  fal  qne  férèiina 
'Alesandrie  f  >  (P.  lS5.t  Noo  :  jamais  nous  ae  croi- 
rons k  la  bonne  foi  de  lenteur  de  Thalit.  Quanil, 
poiir  prop^it^r  une  doctriae,  oa  compose  dès  ou- 
vrages lemMahles  i  c«hiidtmtaon parlons;  auiml, 
pour  populariser  ses  Uaspbèmcs  camre  le  Ckrisi, 
011  ne  rougit  pal  d'avefr  reeoors  k  des  chanimNi 
boulTonnes  ci  licencieasw,  alors  oa  se  combmac 
loi-méme.  on  slmpriaie  imeOéiriBaureinehfaUe. 
(1015)  I  Sed  impiMaiis.îpsiua  Une  val  pnoeipue 
causa  perpétua  est  quod  idem  apoatoUcan  tepia- 

Ko  proferenfaH,  ipsi  tamen  Idmn  namfeticMm  no- 
Rus  conSurJ...  Evfiamui  de  Damiao  ChriMa  «a 
credere,  qnx  de  se  daeuit  CRdmda...  ;  dubcmm 
demniamus,  et  aceepta  pcrdlmas,  et  irrdîgioia  p>3i^ 
SMmfiuus...  TuiJMtuivm  noiris  esi.  primaa  ei  n- 
lan  evatigelicsm  HJem  cOHfcasam  ta  baplisuo,  iu- 


i)OG 


DICTIONHAIRE  APOLUGETIQUE. 


DOC 


m 


Ëst-oe  U,  (Icmaniicroiis-iious  i  noire 
lour,  lu  langage  il'un  lioiniue  iJoAl  les 
cruyances  ne  sont  pas  Ëxées  -el  arrêtées?.-. 
El  .puis.,  quelle  est  cette  doctrine  qu'il  dit 
immuable  I  déposée  par  Jésus-Chnsl  daii." 
r£vangite,  enseignée  par  les  apdires  et 
transmise  par  lalradition?  Quelle  est  cette 
doctrine  i^ue  Ton  ne  neut  abandonner,  sans 
s<i  précipiter  dans  l'erreur?  La  ductrine 
ciiretienne  elle- même,  dans  tout  son  en- 
semble, et  nolammeot  le  do^me  âe  la  Tii- 
iiité  (1016)T  N'est-ce  pas  elle  qu'il  défend  T 
i»^el-ce  pas  pour  la  faire  triooipber  des  at- 
(ai)ues  de  l'arianisme,  qu'il  consume  ses 
furees  etSMi  génie  I  II  nous  apprend  ,  il  est 
vriii,  que  dans  lesdii  provinces  de  l'Asie  où 
iJ  esteiilé,  il  n'a  trouvé  qu'un  petit  nom- 
bre de  prélats  qui  la  connussent;  mais 
l>ourquoJ?  Parce  qu'on  a  chnssé  de  leurs 
siéfjei  presque  lous  les  évéques catholiques, 
et  qu'on  les  a  remplacés  par  des  arieus  qui, 
eus,  Iravailleul  sans  ce»se  à  propager  I  er- 
reur. Comment  celte  remarque  a-t-elle  pu 
écbapper  à  M.  E.  Saisset? 

■Nous  l'avons  suivi  sur  le  terrain  où  il  a 
placé  la  discussion  ;  nous  croyons  avoir 
répondu  à  toutes  ses  objections;  nous 
croyons  aussi  avoir  montré  de  quel  cdlé  se 
trouve  la  vérité.  M.  £.  Saisset  la  reconnnl- 
tra,  nous  n'en  doutons  pas,  il  a  une  intelli* 
uence  trop  élevée  el  trop  droite  pour  ia 
pQpousser.  Nous  nous  hâtons  d'ajouter  que 
si  quelques  parules  amôres  ou  blessantes 
uous  sont^cbappées,  nous  les  désavouons. 
Ettnaintenanl  nous.dirons,  eu  faisant  une 
l^n  modilicntion  aux  propres  expressions 
lie  U.  Saisset  :  «  Plus  oaus  relisons  ces  té- 
moignages,plus  ooussommes  persuadé  que, 
dti  louius  les  entreprises,  la  plus  diûicile 
serait  d'établir  que  la  doclrinu  cbrélienne 
u'él'ait  pas  Qiéa  au  ii*  siècle,  avant  la  for- 
mation de  l'énote  d'Aleiandi'iu,(10n}.i>  Fcy. 
XaïaiTi. 

I  HI. 
IKigme  d«  h  Prâwnce  Rdelle  démontré  par  httadltion 

La  plupart  des  écrivains  prolestants  ont 
fait  de  prodigieux  efforts  pour  démontrer 
que  ie  dogme  de  la  présence  réelle,  inconnu 
aux  premiers  sièeies  du  christianisme,  était 
une  invention  de  la  barbarie  du  moyen 
flge.  Blondei  croit  que  cette  opinion  n'a 

tellecumque  retiaere...  Quod  accepi,  teneo,  ncç 
deniuta  quodDei  est.  i  (S.  Hilabii,  ad  ContioMiam, 
1.  II,  n.  6,  7  ei8,  Uans  la  fialroloaie  de  M.  Uigiie,  t. 
X,ï- de  saint  Uilaire, col. âiM,  5ti9.) 

(10161  Saint  HiLalre  s'aïUcbe  surloul  éprouver 
'.tue  le  Fils  ii'ea  pas  seulement  iieml)labteà  Dieu  le 
l'ère,  mais  qu'il  lui  eut  é^,  qu'il  a  la  même  siibs- 
Liiice  et  la  iiieaie  iiaturi:  ;  il  dU  que  le  mut  comubt- 
iMtielett  le  plus  grand  et  méiue  l'unique  moyen 
d'assurer  ritiiégrile  de  la  Tul...  llbid,,  Contra  (.nn- 
MHliHm,  u.  U;  ItUt.,  Àlil.  Uigne,  col.  S9i.) 

(10171  La  Httut  de  i'iiuiTuciion  publique  [15 
nora  1846,  p.  88i)  dit  :  4  A  coosulter  les  leiies  et 
l'urdra  des  tompi,  il  parait  peu  probable  que  le 
iJugiBflcbrélieii  delà  Trinité  auil  un  emprunt  lait 
aux  discîplet  d'Amuiouius  pa^  les  premiers  Pères 
lie  rEylise.  i  Un  voit  que  uous  allons  plus  loin,  on 
H  1  aussi  pourquoi. 


commencé  h  se  produire  qu'après Bérenget. 
Anbertin,  Larnque,  Basnagueld'aulrts,or.l 
remonté  au  vu*  siècle  ;  c'est  Anislan  k 
Sinaïte,  disent-ils,  quia  découvert  que  nom 
recevons  dans  l'Ëucbarislie,  non  l'sDti-lype, 
mais  le  corps  de  Jésus-Cbrist.  —  Qusnt  h 
l'Occidenl,  Aubertin  prétend  oue  Pssihass 
Bstbert,  moine  et  ensuite  abbe  de  Cortùe, 
dans  un  Traité  du  corpt  et  du  taig  au  Sn- 
gneuT ,  composé  vers  l'an  831 ,  et  dédié  i 
Charles  le  Chauve,  en  8i4-,  est  le  premier 
qui  ail  rejeté  le  sens  figuré,  el  enseigné  la 

Erésence  réelle  ;  que  cette  nouveialé  s'îli- 
lit  aisément  dans  un  siècle  trës^eu  écliirf, 
qu'elle  gagna  si  rapidement  les  esprits, qoe, 
lorsque   Bérenger  voulut  l'attaquer,  dui 
cents  ans  après,  on  lui  objecta  le  conseoii'- 
ment  de  toute  l'Eglise,  comme  eiislnnid* 
temps  immémorial  en  faveur  du  dogme  de  U 
réalité.  Beaucoup  de  rationalistes  ont  sccapU 
avec  empressement  toute  cette  théorie  lin- 
torique.  Je  me  contente  de  citer  H.  MichtlK 
qui,  dans  son  Histoire  de  France,  BlUnt 
sans  le  moindre  embarras  que  le  dogueA 
la  présence  réelle  ne  remonte  pas  aui  ^ 
miers  siècles  de  l'Eglise.  Comme  de  pareilles 
assertions    sont    reçues    aujourd'hui  sbid 
examen  par  laplupari  des  lenteurs,  nousne 
croyons  pas   inutile  d'en  donner  ici  un» 
réfutation  abrégée.  Ceux  <iui  jeUt:n>nl  un 
GOupd'œil  sur  les  textes  qui  suivent,  verroiil 
avec  quelle  légèreté  certains  écrivains  t»i- 
tent  ces  graves  questions,  eux  qui  rougiraitui 
de  ne  pus  examiner  avec  toute  l'atteiriiun 
possible  les  faits  les  plus  insignifiants. 

L'Iiuchnristie  a  toujours  été  regardée  ilsns 
l'Eglise  comme  le  sacrement  des  sacrements, 
et  la  nomenclature  si  remarquablemeul  n* 
che  et^ignificative  qui  s'y  ra^iporte,  lonnc! 
déjè,  h  die  seule ,  une  démonstration  sulit-i 
samment  explicite  de  la  foi  de  r%li»J 
relativement  &  sa  nature  ÎDtime  et  k  sb  «M 
gnité.  I 

L'Eucharistie  est  noiDtnâ«  le  bien  H 
excellence  (1018),  la  chose  ou  les  choM 
saintes  (10i9J,  te  mystère  ou  («s  mysièreij 
et  aussi  les  saints  mystères,  l«s  divins  ID)I 
tères,  les  redoutables  mystères  (lOSO),  etc. 
on'  t'appelle  encore  le  SacrecaeiU  de  Tad 
tel  [1021),  la  consécration  (1022J,  la  tabled 
Seigneur,  la  table  de  Jésus-Cbrist ,  !a  Ubl| 
mystique,  la  table  sainte  (1023) ,  le  bauqu^ 

(1018)  Basile,  Ep.  ad  Ampkiioch.  <ni)  on.  S3 

(1019)  Textcllieh  ,  Speei.  ,  kxv.  —  Cimui 
Lapi.,  377.  (Bai.)  ~  Coucil.  Laod.,  c.  U.  —  (J^ 


Ep.,  cap.  5,  et  Ep.  caa.,  c  i,  S. 

(1020J  Justin  ,  Apol.,  i,  m,  —  Tbeoik».,  !■ 
L'or.  XI,  16,  et  lu  I  Cor.  si,  25.  —  Uumu-  ,  i 
L'AâHitn.,  XII.  —  Crrtsostobk,  Oe  Virf.,  t.  ^ 
Saeerd.,  vc,  4.  —  Theodob.,/»  ICor.  xi,  S7,  5('.' 
Consi.  Apott.,  vm,  14,  15.  —  Tbcom».,  im  l  U 
x,  16  ;  XI,  â3.  —  Cii'>ii.i.E,  VU.  ,  XKiii ,  ik  i^. 
CaBYsosTOHE,  Prod.  lud.  Bot»,,  t,  a.  I,  Ad  ÛU 
Mtn.  Cal.,1,  n.2. 

(1031)  Augustin,  Ùetimt.Ùn,  s,  6. 

J10Ï2J  Gbëgoibe  Ntss.,  iHCanftc  IwMi.,  !'■' 
EviGSE,  II,  3.  —  DBNfs,  UitT.  Kcel.t  c.  Z. 

(103;^)  Thëobob.,  Iiisl  Cor.     xt,    tO.  ~  SciU 


DOC 


DICTIONNAIRE 


diiiD(lttt)t  le  Min  de  Diea  ,  le  pain  du 
SdgMur  {MSi,  le  (uin  eéiestp,  le  pain  sob- 
tlintiel,  la  pain  quotidien  (1026)  que  Jéaas- 
Chriil  nous  a  enseigna  i  demsuder  i 
Dieu  (ion),  le  ealiee  de  bénédicrion,  le  câ- 
lin de  ulnl,  )e  calîee  de  la  vie  (109B),  le 
torptsacré,  le  corp«  da  CbrisI,  le  corps  du 
Seigneur  (1029),  le  sacrement  de  l'eutel ,  le 
ucmnenl  de  la  table  du  Seigneuri  le  sa- 
rrtiaenl  du  calice,  le  sacrement  de  l'Eucha- 
riilie(1030). 

Elle  Ml  encore  appelle,  i  an  autre  point 

«letge,  rsswmblée  (1031),  parce  que  les 

CbrMenj  se  réunissent  pour  j  participer; 

ranion  (10^    on  la   communion   (1033), 

futtqfle  nous  derenons  par  elle  une  seule 

rboKifM  Jésus-Christ  et  arec  tous  les  H- 

iHI»;eafiD,  elle  est  désisnée  par  les  noms 

irC'jfbirislie  (I03fc)  et  d^eulogie  (1035).  k 

nmielt  béoëdiction  qui  en  accompagne 

deélétiratioD.  Le  moteulogie  a,  da  reste, 

ftuitan  autres  ligQiacBtions ;   il  désigne 

nssi  les  dons  afferu  poor  le  sacrifice  (1(»6), 

m  bien  le  pain  bénit  que  les  évAques  s'en- 

wjtmi  en  signe  de  communion  (1037),  on 

bien  eocore  le  pain  aue  l'on  flistribuait 

irrh  la  messe  aux  fidèles  qui  ne  commu- 

iiuieot  pas  (1038).  L'Eucbaristie  est  aussi 

mi^ée  méùphoriquenient  par  le  symbole 

da  poisson  (1039)  ou  du  charbon  enQain- 

«*(lttO). 

Les  anciens  enseignent  positiTeuent  de 
I  taeharislie,  que  Jésns-Gbrist  ;  est  rrai- 
Dénier  posilÎTeoient  et  réellement  présent. 
Siint  Ignace  l'appelle  expressément  la 
A*ir  de  Nôtre-Seigneur  Jésus-Christ  (1041). 
Nildes  docèles,  qu'ils  s'abstiennent  de 
^««haristie,  parce  qu'ils  ne  veulenl  pas 
KODDilire  qne  rEucharistie est  la  cbairde 
«suï-Cbrist  notre  rédempteur,  laquelle  a 
eafferl  pour  nos  péchés,  et  que  ta  bonté  du 
Vre  a  ressuseilée  (lO&S)  ;  et  si  ailleurs,  il 
eitugfl  l'Eucharistie  sous  un  point  de  tus 
«remeat  moral  (1043),  c'est  éTldemmeot 

l'»- Aof., /,  10.  — HirroLin. /HPfOD.  ix,  |. 
-TiM»«t,,  In  /  fi^.,  qu.  3.  —  CT111.LE,  Deadtr. 
^«If^.,  I.II1.  —  CaiiMMTOaB,  Da».,  a  Pnl, 
'■-  S.  M  /■  S.  Lmeia.,  a.  i. 
(lUttj  UirrOLiT.,  In  froc.  ix.  —  Cuisostoke, 
"  tw-.,   faim.   «;   ~   Zmoi»,  (VérouJ,   L   ii, 

(IWâj  Iea*c«,  Eph.,  n.  5.  —  OsictSE,  In  Matih., 

»<lS"  **•   Tbeophil.,  Ep.  Patekal.,t. 

IJWG)  Crmiu*.  fût.  iiii,  ï.  —  Clébkht.  Exe. 

***■.  \  a.  —  Ctiillb,  Cal.    xini,  15.  — '  Ctr. 

*-*icT.,e.j»ri.,  H,  g.  _  Jéiome,  Jk  tu.,  h, 

•v— AtewTiii,  OfoMl.  (ÎD  FosTiBi,  Sm.  ëtlic. 

■*^.L  U.)  — Crr.  TXBTVLLIEH,  Ot  oral.,  e.   1. 

illttl)  PiKUS  Cuu.,  Srrni.  68.   —  Ch.  Txa- 

Wm,  Orof.,  c.  6. 

(I«8)  Bajilx,  Spir.  S.,  e.ï7.  —  Ciwixe,  Cat. 

'".■  5- —  C«at.  spotl.,  Tiii,  15. 

\im]  0«b«,  Celt.,  Tiii,  53.  —  CwiLiB .  Cm. 

°a.VL  —  Cmu(.  apotl.,  ii, 57.  — EoetsE,  /»  h. 

".'■  — C«ut.  ^oiu.,  Il,  53  ;  Tiu,  14.  —   Te«- 

^^.  ''•d.,  IX.  —  Ctmies,  Ep.  X,  elc. 

»"»)  AKBWis.fieC».  Dfi,  X,  t.~nDeptee. 

"«■  "  Ttm..  1,  M,  n.  M.— Textollier,  Cor.  mil., 

'•■-»m.  I»,Î4;  T.  8.  — ClPEira,   Ep.  lxiu,  o4 

''■*1)  CtKu.LE,    Cal.  iviii,  33.  —  Dems,  Hier. 


APOLOGETIQUE.  DOC  690 

parce  qu'il  suppose,  arec  la  réatîlé  de  l'Eu- 
charistie, la  foi  de  l'Eglise  è  celle  réalité,  el 
dans  les  fidèles,  la  connaissance  de  celte  foi; 
c'est  qu'il  ne  reut  pas,  dans  ce  qui  est 
réel  et  véritable,  laisser  passer  le  cAté  sjrm- 
bolique  sans  eo  développer  la  signification 
et  sans  en  tirer  profit  pour  les  mniirs.  On 
voit,  du  reste,  les  autres  Pères  s'effûrcer 
ainsi,  en  toute  circonstance,  de  tirer  des 
réalités  de  la  foi,  une  nourriture  pour  l'es- 
prit, et  on  mojea  d'édification  pour  la  vie 
pratique. 

Saint  Irénée  exprime,  en  un  grand  nombte 
d'endroift  de  ses  écrits,  la  doctrine  de  l'Eu- 
cbarislie.  Partout  il  présuppose  dans  rEu> 
charistie  la  présence  réelle  de  Jésus-Christ;, 
partout  il  regarde  comme  un  principe,  hors- 
de  contestation,  la  croyance  oe  l'Eglise  qpi- 
considère  l'Eucharistie  comnie  le  vrai  corps- 
et  le  vrai  sang  de  Jésus-Christ;  et  il  en  tire,, 
contre  les  bérétiqnes  de  sou  temps,  contre 
les  valentiniensparliculièrement,une  preuve- 
décisive  enfaveurdeis  doctrine  catholiqMO 
de  la  création  et  de  la  résurrection.  Il  mon- 
tre en  effet,  dans  quelles  contradictions  ces- 
hérétiques  s'embarrassent,  en  retenant  d'une 
part  ia  doctrine  et  la  pratique  de  l'Eucha- 
ristie, pendant  que  de  l'autre,  ils  nient  la 
Création  du  monde  par  la  puissance  divine, 
et  la  résurrection  de  la  chair.  <  Comment 
savent- ils,  dit  le  saint  docteur,  que  le  pain 
sur  lequel  ont  été  prononcées  les  paroles  de 
l'action  de  grâces,  est  le  corps  du  Seigtieur» 
elle  via,  le  calice  de  son  sang,  puisqu'ils 
ne  veulent  pas  le  reconnaître  pour  le  Fiîs  du 
créateur  du  monde  (IMi)  ?  >  Et  ailleurs  ^ 
■  Comment  le  Seigneur,  s  il  a  un  autre  père 
que  celui  qui  a  fait  le  monde ,  a-t-il  pu 
prendre  dans  ses  mains  le  pain  de  cette  créa- 
lion  qui  lui  est  étrangère,  et  dire  qu'il 
était  son  corps  ;  prendre  le  via  qui  eiait 
dans  le  calice  et  dire  qu'il  était  son  sang 
(10^5)  7  •— ■  Comment  disent-ils  que  la  chair 
touibe  en  dissolution  etqu'ellenepeut  plus 

En(.,e.3,  n.1.  — crr.   Tmtdllixh,  Fug.iuptr- 

*M.,  C  li. 

(1032)  IsiDOu,  L I,  £p.  228.  —  Dents  ,  Bier. 
Eetl.,c.  3,  n.  1. 

(1033)  IsiDOKE,  ].  I,  Ep.  238.  —  Jkah  D&usckiiB, 
Ortk.M.,  n.  13,  l.  I,  p.  273. 

(1034)  Igimcr,  Smyrn.,  n.  7,  PU.,  n.  4.  —  Jot- 
Tin,  Ay^.  I,  65,  66.  —  tXmtt,  iv,  18.  n.  5,  etc. 

(1035)  CiULLK  Alex.,  In  Jomn.  vi,  56,  xui, 
23,  elc 

(1036)  HimiTT-,  De  Ckaritm.fC.  19.  —  CoNfi. 
■p.,  vai,  31.  —  TiEOFti.  Alex.,  can..  7.  —  So- 
GBiTE.  vu,  2.  —  Je*h  Mosc,  frai.  S|nril.,c.  15. 

(1037)  SiKMOTO.,  Diu.  de  e^og. 

(1038>  Ulicue,  Capil.  et  caroHotioiut ,  lib.  i, 
cirp.  7. 

(1059)  AncDSTiN.  Conf.  xui.  21,  d.  29,  23, 
n.  34. 

(1040)  Ejveem,  In  II.  VI.  —  Cfr.  GiRaui-  (Phi- 
bd.).  De  Eueh.  c.  1.  —Cfr.  Nxuto  (CIsj.),  Ep, 
poil.,  p.  117,  ed.CappcUeUi. 

(ini^l  Phit.,  n.  4. 

(1042)  Smyrn.,  n.  7. 

(11)43)  Trait.,  u.  8.  —  Ram.,  n.  T. 
(lOU)  IV,  18,  B.  4. 

(1043)  tV,  53  B.  2. 


vu 


fiOG 


MCTIONNAinB  APOLOeETlQUE. 


nue 


reveiiiren  vie,  puisqu'ils  savent  bien  qu'elle 
esl  nourrie  du  corps  et  du  ssngdu  SeigneurT 
Qu'ils  abandonnent  donc  leur  sentimeiiliou 
(^u'ila  cessent  d'offrir  le  sacrifice  eucharis- 
tique (lOM).  ■ — «  Celui  qui  déclare  la  cliair 
oj)posée  h  Dieu,  dit-il  encore,  et  qui  t'ex- 
clut de  la  rédemption  et  de  la  résurrection, 
doit  rejeter  aufsi  l'œuTre  tout  entière  de  la 
rédemption  et  l'Eucharistie  que  Jé&us-ChrisI 

I  instituée  (1017J.  ■ 
Voici  comment  s'exprime  saint  Justin 

sur  la  célébration  de  l'Eucharistie  parmi  les 
Chrétiens,  et  sur  la  participation  ses  fidèles 
aux  saints  mystères:  «  Nous  ne  prenons 
pas  celle  nourriture  comme  un  pain  ni 
•^ommeunbreuvage  ordinaires;  mais  comme 
Jésus-Christ,  notre  Sauveur,  incarné  par  la 
parole  de  Dieu,  a  pris  chair  et  sang  pour 
notre  salut,  de  même  on  nous  enseigne  que  . 
cet  aliment  béni  par  la  prière  qu'il  nous  a 
transmise,  et  qui  devient  notre  propre  chair 
et  notre  propre  sang,  est  Térilablemenl  la 
chnir  et  le  sang  de  Jésus  incarné  (  lOtë).  » 
La  foi  de  Terluiiien  h  la  vér>té  du  corps 
et  du  sang  de  Jésus- Christ  dans  l'Eucharis- 
tie, ne  sBuraknon  plus  être  douleD3e(10b9}. 

II  dit  du  houvesu  baptisé,  qu'après  le  bap- 
tême, il  est  nourri  dans  l'Eucharistie  de 
l'abondance  du  corps  de  Jésas-Christ.  Ail- 
leurs, il  fonde  sur  la  participation  aux  sa- 
rrements,  et  spécialement  sur  la  communion 
du  corps  et  du  sang  de  Jésas-Christ  dans 
l'Eucharistie,  la  dignilé  de  notre  corps  qui 
reçoit  tous  les  sacrements,  et  la  vérité  de  la 
résurrection  (1050).  11  trouve  aussi  dans 
l'Eucharistie  une  raison  pérempCoire  à 
opposerau  docétisme  des  maruionites  [1051). 
Ailleurs,  il  gémii  de  voir  des  Chréiiens  tra- 
vailler è  fabriquer  des  idoles,  et  venirainsi, 
après  avoir  formé  un  corps  aux  démons, 
porter  leurs  moins  sur  le  corps  de  Jésus- 
Christ.  0«  mains  crimineHes  (1052J,  s'écrie- 
t-il,  6  mains  qui  méritent  d'être  cou- 
pées, puisqu'elles  profanent  le  Saint  des 
soinIs(1053}  !  • 

^  Clément  d'Alexandrie,  exposant  comment 
l'homme  reçoit  Ju  Verbe,  la  naissance  et 
tnut  le  développement  delà  vie,  ■  Le  Verbe, 
dit-il,  est  tout  pour  l'entant,  il  est  son  père 
L't  sa  mère,  son  pédagogue  et  sa  nourrice. 
HangÉz  ma  chair,  dit-il,  et  buvez  mon  sang. 
C'est  la  nourriture  choisie  que  le  Seigneur 
nous  donne;  il  nous  présente  sou  corps,  et 
nous  versa  son  sang,  et  rien  ne  manque  à 
ses  enfants  pour  l'accroissement  et  le  sou- 
tien de  leur  vie.  0  mystère  étonnant  pour 
rintelligencelll  nous  ordonne  de  dépouiller 
j  ancienne  nature,  charnelle  et  corrompue, 
fit  de  nous  abstenir  des  anciens  aliments, 

(1046)  IV,  18,  n.  G. 

(1047)  V,  ï,  n.  ï. 

(1048)  Apot.,  I,  «6. 

il04g)  Pudie.,  c.  9.  Cfr.  Bapt.,  xn. 
10501  jR«.  eam.,  c.  8. 
1051)  Adwi.  Jfarc.v.  8. 
lOSSJ  Ihidololatr.  ym. 

(10S3)  Le  docteur  Klee  explique  trèi-l>i«]  qiiel- 
t^iies  pasBages  obtcors  de  Tenullten,  dont  les  pir- 
Uuns  du  KUB  figuré  oui  abu&é.  iVujez  Haiiutl  de 


■  aDn  que,  participant  h  la  boUTullemarriiurg 
qu'il  nous  a  préparée,  nous  puissiam,  i\\ 
est  possible ,  le  recevoir  et  le  reôfemier  eu 
nous,et  possédant  ainsi  notre  S«u¥«ur  ilant 
Doire  sein,  guérir  par  son  secours  ysimm, 
notre  Ame  de  sesp8asionscbarnellsi>[loili).t 
Dans  un  autre  endroit  du  même  lim, 
recommandant  la  modération  dans  j'ustgï 
du  vin,  il  est  conduit  h  parler  duyerli«,qui 
pst  la  grappe  vériiable,  laqualle  a  Été,  pour 
notre  salut,  écrasée  sous  le  pressoir,  et lionl 
nous  buvons  le  sang  dans  l'Eucftariilie;  tt  il 
expose  comment  ceux  qui  regoivenlaiK 
foi  ce  sacrement,  y  puisent,  pour  leurror|« 
et  pour  leur  Ame,  un  princij)e  de  sauclilici- 
tion  et  d'immortalité  (1055).  Lorsqu'iUil 
un  peu  plus  loin  que  c'est  bien  du  vin  i^ut 
Jésus-Ctirist  a  béni(1056),  il  n'a  évidcniDitjil 
d'autre  intention  que  de  désigner  la  mgtit» 
employée  par  Jésus-Christ,  et  de  prounr 
par  là  contre  les  encratites,  que  le  vin  n'en 

Point  l'œuvre  du  mauvais  principe,  eit;» 
usage  du  vin  n'a  rien  en  soi  d'illégrlifut. 
Ongène  dit  que  le  baptême  n'a  euiieu 
d'abord  qu'en  figure,  dans  la  nuée  et  dim 
la  mer,  mais  que  Ta  régénération  s'accomplit 
maintenant  en  réalité  dans  l'eau  el  le  âiint- 
Esprit;  de  même,  dit-il,  le  peuple  de ItJ«u 
fut  nourri  autrefois  de  la  manne  il« 
désert,  qui  n'était  qu'une  figure;  mais  lo- 
jourd  hui  il  reçoit  en  réalité  la  vériliibK 
nourriture,  la  chair  du  Verbe  de  Di(tu[l(^:- 
Ceux  oui  s'approchent  de  I'£ucliaristie  5110 
avoir  la  pureté  de  conscience  nécesuitt, 
dit-il  ailleurs,  prolànent  le  corps  de  Jéius- 
Christ,  et  n'échopperont  pas  au  jugement  ili 
Dieu  (1058).  11  distingue,  du  reste,  la  parti 
cipalioit  au  sang  de  Jésus-Christ,  par  le 
sacrements,  de  celle  qui  consiste  dausl 
simple  communication  de  sa  doctrine  (lOSIj 
par  où  il  est  évident,  qu'il  ti'entend  poiti 
que  la  communion  eucharistique  puisseaToi 
lieu  seulement  en  esi>nt  el  parla  foi.  Q 
conçoit  d'ailleurs  facilement  que,  dans  1 
controverse  avec  Celse,  il  s'exprime  si 
l'Eucharistie  avec  beaucoup  de  rëserv 
qu'il  l'appelle  simplement  un  synjl«i 
d'action  de  grAce  envers  Dieu  (1060)t< 
bien  que,  soulevant  un  peu  plus  le  voilet 
secret,  il  la  nomme  un  corps  saint  et  ssixJ 
fiant  (1061);  personne  ne  doit  élre  tur|i 
non  plus  que  parfois  son  langage  sur  TE 
charisLie  prenne  une  teinte  de  Iropotogie 
d'allégorie:  ilsufltl  de  se  rappeler  que  c'i 
lA  sa  manière  habituelle  et  sa  tendance  un 
naire;  qu'il  tourne  tout  un  allégorie.  I>i 
cerdoce,  le  temple,  les  vases  sacrés,  Jé< 
satem  el  mèmeles  fêtes  chrétienDes,la  Vicf 
la  PentccAle,  le  dimauctaot  etc.  (lOtîSO- 

rbittoirt  det  Uognta  ehriliau-  IndodioD  HiU 

(1054)  PttdM,,  I,  6. 

(1055)  Ibid.,  it,  %  t.  I,  p.  570. 

(1056)  lbiit.,\i,%  (.1.  p.   386. 
(t057)  h  iVum.  homil.,  7.  n.  8: 

(1058)  Jn  Pialm.  sxxvii.  hom.  d.  6. 

(1059)  Hora.  16,  ».  9 
(lOfiO)  Cet*.,  Tiii,  57. 
(1061)  CtU.,  T111,  53. 

(IWai  Cfr.  surluutCc/i..  vui,  SV 


DOC 


DiCTM»iNMRE  UOEiOCBTmDE 


OOG 


Sunt  Hîppoljte  explique  le  festin  qoe  Amuonrus ,  poar  éloigner  les  fidèles  de 

U  Siiietse  prépare  à  tes  amis  (1063),  de  la  l'usage  iadigne  de  l'EucnarJstie,  nppelle  la- 

cnnaiiunre  qui  dous  est   donBée  de  la  terrible  punition  du  roi  Ballhpzar.  Ce  prince^ 

Stiole  Triailé.fll  de  la  giarlicipaiion  su  eorpa  dît-il,  perdit  soa  empire  terrestre  pour  avoir 

iiiuMngdi)Nolre-5eigneur,4]uisontcbaque  proraee  lefc'Tases  aacrés;  celui  qui  boit 

Jour  offerts  eu  sac  ri  lice  sur  la  table,  m^s-  indignement  le  tid  nirsiique.  par  lû|U«t  !«$ 

iiquf(t06fc).  fases  précieox  de  l'élise  sont  sanctifiés,. 

Saiol  CjprisD,  d'accord  eu  cela  avec  tout»  sera  exclu  du  royaume  de  Dieu  et  condamna 

FEgise  catholique,  demande  instamment  au  feu  éternel  (1073]. 

i,u'oii  traite  arec  plus  de  douceur  les  Gdèles  L«8   constitutions    apostoliques    recom- 

qnîMiil  lombes  dans  la  persécution  ;  ilio-  mandent    aux   fidèles   d'honorer,  en  toute 

iiileiirement  surlanécessiléderéadmeltre  manière,  les  prêtres,  qui  sont  leurs  bien- 

1 1«  eemmunjon   de  l'Eglise,  même  aoi  faiteurs  et  leurs  ambassadeurs  auprès  de 

»|i(iKiclKa  meQatanies  de  nouveaux  oraguv,  .  Dieu  ,  qui  lès  oot  régénérés  par  I  eau..^* 

ttoiqui,  après  avoir  failli  dans  la  perse-  qui  leur  ont  donné  le  corps  de  la  rédemp- 

<  sbOD  précédente,  ae  sont  givrés  BTec  ardeur  lion  et  le  précieux  sang,  qui  les  ont  (féli- 

ui  «frciccs  de  la  pénitence;  il  veut  qu'on  vrés  de  leurs  péchés  et  les  ont  rendus  par- 

Icfirawponr  la  lulteoùilsvontélreengagésj  licipants  i  la  Irès-satnto  Eucharistie  (Iffli). 

i/arorps   et  du    sang  de   Jésus-Cbrisl  qui  Dans  un  autre  endroit,  elles  décrivent  ainsi 

fjiueleur  donner  lu  force  et  le  courage  de  l'ordre  qu'on  doit  observer  en  s'appruchant 

•irscf  leur  sang   pour  st,  cause   (1065).  de  la  sainte  table  :■  Ensuite  doit  avoir  liau' 

iilkan,  il  adresse  de   vifs  reprocussaux  lu  sacriGce,  pendant  lequel  toitt  le  peuple- 

jTéiretqaidOQnenirEucfaaristieauifidèles  se  lient  debout  et  prie  en  silence;  puis» 

Dmbés,  avant  qu'ils  aient  réiiaré  leur  faute  lorsque  le  sacrifice  est  achevé,  chaque  rang 

i4r  U  fiéniteofe  et   ia  confession,  et  qui  doit  se  présenter  pour  recevoir  le  corpi  du 

{tufi^tnl  ainsi  le  corps  de  Noire-Seigneur  Seigneur  et  son  précieux  san^,  s'avançaiil 

I066j,  il  professe  la  méme'doclrine  en  beaU'  en  ordre,  avec  crainte  et  avec  respect,  vers 

C'upd'ajlresendroitsda  se5écrits(1067).  le  corps  de  son  Roi  (1075).  »  L'évéque  dit. 

1^  schismalique  Novalien    faisait  jurer  en  présentant  l'hostie  :  «  C'est  le  corps  de 

}i5  adeptes  par  le  corps   et  parle  sang  de  Jésus-Christ;>el  celuiquile  reçoit  répond  : 

^ot^e- Seigneur  lésus-ChrisI,  pour  s'assurer  Amen.  De  même,  le  diacre  dit  en  présentant 

ya'ilsluidemeureraient  fidèles, et  qu'ils  ne  le  calice  :  ■  C'est  te  sang  de  Jésus-Christ,, 

lasKraient  point  à  la  communion  de  saint  le  calice  de  la  via ,  ■  at  celui  tjui  le  reçoit 

Curneille  (1068).  répond  :  Anun  {1076}.  Après  la  communion, 

^int  Deoysd'Alexandrieexprimedansles  le  diacre  dit  :  «Nous  qui  avons  reçu  le 

i<;rmes  les  plus  eipliciles ,  sa  erojance  è  la  précieux  corps  et  le  précieux  sang  de  Jésus- 

KéseoL-e  réellit  (lOfid);  aussi  exige-t-il,  pour  Christ,  rendons  grâces  k  celui  qui  a  bien 

la  réception    de    l'Eucharistie,    même    la  voulu  nous  admettre  à  la  participation  de 

[•ureié  Uu  coriis  (1070).  ses  saints  mystères  (1077).  • 

Uacairtj  Hagnes  (vers  266} ,  dans  son  ex-  Nous  trouvons  plus  lard  la  foi  i  llf"^ 

■•Oiition  de  la  doctrine  chrétienne,  enseigne  sence  réelle  professée  par  Eusèhe  (1078)  et 

at  la  manière  la  plus  nette  et  la  plus  ex-  par  saint  Biiaïre,  qui  explique  comment. 

l-TBsse,  la  présence  réelle,  rejetant  comme  par  l'Eucharistie,  nous  sommes  unis  avec 

t"ali  fait  îDsoutenable,  l'eiplicalionquine  Dieu  le  Père,  puisaue  le  Père  est  dans  le 

luit  dans  l'Eucharistie  qu'une    Ggure  do  Christ ,  et  le  Christ  dans  l'humanité  ou'il  a 

corps  lie  Jésus-Christ,  eiplicjlion  déi^  pro-  revêtue ,  et  que  cette  humanité  de  Jésus- 

|x)sée  de  son  temps ,  on  ne  sait  par  quels  Christ  est  vraiment  présente  dans  PEucha- 

"c»al«urs  (tffTl);  il  dit  ailleurs  du  corps  de  ristie  (1079).    Saint  Cyrille  de  Jérusalem 

JéjaM^hrist  daus  l'Eucharistie,  qu'il  ne  se  invoque,  pour  établir  la  présence  réelle  dA 

«jrrom)it  ni  Qe  se  consume,  mais  qu'il  rem-  Jésus-Clinst  dans   l'EucIiaristie,  la   parole 

iJ>i  d'une  force  diviue  celui  qui  aeaoonr-  même  du  Christ  (1080),  qu'il  faut  croire 

ril  (107^.  plutôt  que  les  sens  ;  et  il  prescril  auxjiéo- 


[IM3)  Pm.,\x,i. 

MOU)  Frmg.,  in  Gallu».,  n,  p.  W8. 

<  lOt»)  Ep.  ».  «f  C«ra«f.,  n.  2. 

(IW6)  Ep.  s,  0.1. 

(1067)  Ep.  63,  «1.  Cœeil.  de  Upt. 

{tW»)  CoUEiLLK,  Ep.  ad  Fat.  àmtûtch. 

|l<l69j  linropoie  anPapeuiDl  Siiie  11,  le  eu 
Hnial  k  rewndra:  Vnt  peraonae  qai  ■  reça  le 
bK*e  chea  ks  héréi^aes  et  q«î,  «Miii,  ayaot 
'Mitié  à  l'adminUintiOD  dtt  kaptéûe  chei  les  ca- 
iMiqws,  a  iroNvé  qa'ils  le  donnes!  d'âne  loai 
*tiUe  maaière  qne  cens  par  tesqnels  elle  a  élé  bap- 
■iMx,  a  des  doum  série«s  sar  un  baptême  et  dé- 
nuule  à  are  toptuée  de  noavcau.  Saut  Uenyï  dé- 
^-anocMa  pwta^  ce  dunie.  ce  baptême  ayant 
(■.  diMl,  par  b  réception  de  rEitchariïUe,  tin  com- 
"* "      --£/».  4,  ap.  Eisfcic,  vil,  S.  — 


CIT.,  Pêtnlo^  [éd.  Mipie),  t.  V,  p.  K. 
(1070)  Kf.  emoM.  a.  (in  Roora.,  Bdif,  snr.  n, 

n_  393.) 

■-  udt.  Tkf»itatem,  lib.  nr,  la 
-CTr.  fatntogit  {éé.  HÏ^), 
L  V,U4-Ï5(). 

(I07Ï)  L.  lu.  cit.  Pragm.,  ap.  Lïo  Aix.,  E«r- 
cii.,  ada.  CrMgiAm.. et  Gkti-,  cil.  p.  Uï. 

il073)  In  Dm.,  v.  ICmmt.  i«r.  nt  Om.,  Bp.. 
H&i.,  i;  p.  U.) 

(1074)  II.  33. 

(1079)  u,  57. 

(10761  vn^  14. 

(1077)  VIII,  fi. 

(1078)  Xn  fM.  LUI,  17. 

(1079)  Tfin.,  nn,  13.  U,  15. 

(1080)  C'alfcA.  »ui. 


DKTIONNjURE  AFOLOGETIQUe. 


l'Iifles  le  maïDlien  el  la  tenue  qu'ils  doi- 
veiit  obserrer  lorsqu'ils  rpçoÎTent  le  corps 
et  l«  isng  du  Seigneur,  leur  disant  comment 
ils  doivent  l'adorer  :  puis  répondre  :  Amen, 

Ïuand  on  le  leur  présente  (1081).  Saint 
BsIIe  considère  la  communioD  q^uotidienne 
du  corps  et  du  sang  de  Jésus-Cbriit,  comme 
)a  condition  de  la  persérérance  en  nous  du 
principe  de  la  vie  [1082). 

Saint  Jacques  de  Nisibe  dit  que  Jësas- 
Christ,  arant  de  mourir  sur  la  croix,  donna 
son  cDrps  et  son  san^  b  «es  disciples  (1063J. 
Comme  autrefois  ,  dit-il  ailleurs ,  la  manne 
fut  la  nourriture  des  Hébreux,  de  même 
aujourd'hui  nous  sommes  nourris  du  corps 
de  Notre-Seigneur  (108%). 

Dans  uu  autre  discours,  il  recommande 
la  garde  sévère  de  notre  bouche ,  atln 
qu'aucune  parole  impure  ne  souille  la  porte 
par  laquelle  le  Boi  est  eQtr.é  en  nous  (1085). 
La  communion  du  corps  et  du  sang  de  Je- 
sus-Cbrist,  dil-it  encore,  purifie!  Ame  du 
pécbé  (1086).  Son  disciple,  saint  Ephrem. 
est  plein  aussi  de  magnifiques  témoignages 
en  faveur  de  nos  saints  mystères  (1(67), 

Citons  encore  comme  témoins  de  la  foi 
antique  de  l'Eglise,  saint  Grégoire  de  Nj-sse 
(1088);  Julius  Firmicus  Malernus  (1089), 
oui,  comparant  l'initiation  chrétienne  k 
)  initiatiou  païenne,  Iroure  d'un  cÂié  un 
poison  mortel,  Je  l'antre  la  rie  elle-même, 
c'est-k-dîre  le  pain  et  le  calice  de  Jésus- 
Chrisl,  qui  donne  au  fidèle  la  substance  de 
sa  majesté,  et  dont  nous  buvons  le  sang 
Immortel ,  ce  qui  nous  soumet  le  démon  et 
tous  ses  artiQces  (1090)  ;  —  saint  Zenon  du 
Vérone,  qui  appelle  l'Eucharistie  le  festin 

S;lorieux ,  pur,  éternel,  céleste,  qui  apaise  la 
aim  pour  toujours  ,  et  qui  donne  la  béati- 
tude [1091]  ;  le  pain  el  le  vin  nouveau  qui 
rassasient  el  enivrent  l'Ame ,  et  lui  font 
trouver  dans  l'ardeur  de  l'Esprit-Saint  les 
transports  du  bonheur  (1092);  la  victime 
que  ne  peut  contempler  sans  sacrilège  celui 
qui  n'a  pas  reçu  l'onction  sainte  (1093);  — 
saint  Optât  de  Milève,  q^ui  reproche  aux 
donatislea  ,  entre  autres  impiétés,  d'avoir 
détruit  les  autels  sur  lesquels  on  consacre 
le  corps  de  Jésus-Cbrlst ,  d'avoir  brisé  ou 


(1081)  Cateeh. 

(10SS)  Epist.  9 

f.»7é<ljparis. 


)  CaUeh.  nui,  n.  SI,  SS. 

I.  93,  ad  Cmiariam  PafrtcUm,  t.  III, 
r.H,j  eu..  Paris,  1839. 

(1083)  Swni.  14,  Dt  PaicÂa,  n.  t. 

ilOSi)  »M..n.  0. 

H08S)  Serai.  5,  De  ieitmio,  n.  i. 

U08«)S«m.  4,  Oeomt.,      - 

(108.        ■ 
Serm.  ' 

(10881  Or.  col.,  cap.  37.  OraL  de  bap.  Chriui. 

(1089)  Deenor.  prof,  retig.,  c  19. 

(10901  Ibid.,  XIII. 

M091)  Lib.  Il,  tract.  38. 

(1099    Lib.  Il,  tract.  53. 

(1095)  Lib.  I,  tract.  S,  d.  8. 

(109J)  Deiehitm,  Bonat:,  vi,2. 

(1095)  fie  Jr9ii.,G.8,  ii.47,48;9.n.53.  In  pi. 
luii,  n.  S((.  Saer.,  iv,  i,  S. 

(1096)  /»  JfHllA.  hoin.,25,n.S,  4;50.  n.  2,3; 
SX,  n.  S.  Pien.,  hem.  9,  n.  I.  Pop,  Aatiock.,  buui. 
I,  u.  9,  etc. 


vendu  aux  païens  les  calices  dam  leuneli 
le  sang  de  Jé8ti»^brial  est  tous  letioon 
renfermé  (1091). 

Nous  avons  aussi  snr  l'Rncbiristie  dn 
témoignages  de  saint  Ambroiseri  nombren 
et  si  précis,  qu'ils  ne  peaveni  doniwrlisu 
k  l'ombre  même  d'un  doute  (1095).  Il  en  ett 
do  mèfflede  saint  Cbrjsostome  (1096),  qa] 
s'attache  particulièrement  k  faire  ressortir 
l'identité  du  corps  de  Jésus-Christ  dioi 
l'Eucbarislie  avec  celui  dans  lequel  iituy 
Christ  vécut  sur  la  terre  (1097)  ;  de  siiu 
Epipbane  (1096), de  saint  JérAine(109î], de 
saint  Augustin  (llOO) ,  qui  affirment  que  le 
Qdèle  indigne  reçoit  rËuchsrisiîe  toniiu 
celui  qui  est  pur  (1101) ,  d'où  il  suit  quels 
sacrement  a  en    lui-même  son  eiisteuit 
objective  et  immuable,  el  que  sa  réaliiéest 
tout  à  fait  indépendante  de  la  disposiriN 
du  sojet  qui  le  reçoit.  Si ,  dans  d'iulrti 
passages,  oii  il  parle  de  la  maniera  doolil 
faut  concevoir  la  réalité  sacramenielle  tes 
l'Eucbarislie,  il  rejette  l'idée  capbiraiilt 
de  la  œanducation  chamelle  (1103);  si, ta 
parlant  de  l'Eucharistie,  il  nomme  qaelqw- 
fois  les  symboles  qui  en  sont  le  sipie  s«o-  | 
sible  (1103J ,  personne  do  songera,  sus  ; 
doute,  k  voir  dans  ce  langage  une  reslriciioi 
de  sa  profession  de  foi ,  si  précise  el  u 
explicite  partout   ailleurs.  Signalons,  » 
dernier  lieu,  les  témoignages  parfBilcmtDl 
clairs  et  irrécusables  de  saint  Cyrille  d'A- 
lexandrie (1104],  de  Théodore!  (Il03j,de 
saint  Pierre  Chrysologue  (1106),  de  saiDl 
Léon  (1107)  et  de  saint  Sopbrone  de  léru- 
salem  (1106). 

Pour  ne  pas  dépasser  les  limites  dans 
lesquelles  nous  devons  nous  renfermer, 
nous  nous  bornerons  ici ,  comme  euis* 
pie,  k  la  démonstration  Iradilionnelle  det 
deux  dogmes  de  la  Trinité  et  de  l'Euelu- 
ristie,  que  nous  venons  de  donner.  Le 
lecteur  éclairé  sait  bien  qu'il  nous  serait 
tout  aussi  facile  de  démontrer  l'origiDe  sur* 
naturelle  de  chacun  des  dogmes  de  la  réfe- 
lation  chrétienne.  On  pourra  consulier  It 
Manuel  de  l'hittoire  dec  dogme*  chritiai< 
par  le  docteur  Henri  Klee,  ouvrage  uù  •* 
perpétuité  du  dogme  catholique  est  dèmoc- 

(1007)  C.  inom.  n,  n.  5.  h  Matih.,  bon.  H. 
n.  4  ;  Jr  II  Tim.,  bom.  2,  n.  4. 

(1098)  AneoT.,  n.  &7. 

(1099)  Ad  Til.,  i,  7-9. —Ai  Bedib.  u,  1»  M'"*- 
XXVI,  M.  ., 

(1100)  €oHt.  ads.  Ug.  et  pro^t.,  n,  ti,  a-  '*■ 
Cfr.  I.  39.  C.  fmtl.,  xii,  10.  rriN..  iii,  10. 

(IIUI)  fie  iaplitm.  cont.  Douât.,  ▼,  8,  n>  9- 
(nos   Enarr.  m  pi.  icviii,  n.  9. 
(1103   C.  Fauil.,  xx,il,»c  —  CMt.Aiim..t 
«,  n.  3.  —  In  p,at.  iii. 

(1104)  FroomeMl.  apud  N*l.,  Cfntici  ikIim. 
I.  i,  p.  575.  Cfr.  Adof.  (piffrfriieiwril.,  svti.  M. 
NetloT.,  IV,  5,  6.  Hom.  6,  i»  myi(.  «m.  ,  •'  **^- 
VI,  56,  »i,  27. 

(1105)  /n  Cantic.  m,  11,  Reprek.  toMtk.  Cf-. 

(1106)  Scrm..  î,  34.  67,  68,  71.  , 

(1107)  Ep.59  (Batl.)  ad  eUr.  popu/HMf .  CwX-;*- 

(1108)  Ap.  iUu,  Spifiteg.  P -"«-«- 


.TH.^»• 


RGT  iHcnmnAmB  atologetique.  ect  cm 

BROIT  ROMAIN,  «  contribué  Jt  inlrutluira 
l'erreur  d'un  élm  de  uature.  Foy.  Pstcbo- 

LOOIK  ,  I  H- 

DDALISHE  réfulé.roy.  HotiBK.Cmi«Tioii, 
i  I ,  et  Philompbib  rAKiBftisTMHiB  m  l'bh- 

TOIBK,    \  II. 

DneOIS-ATMË,  réfulationde  l'QipIiea- 
tioD  qu'il  8  donnéo  du  récit  du  pnsuge  de 
Id  mer  Booiifl  par  les  Hébreui.  Voy,  Passas* 

DK  LA  HBB  RODGR  ,  {  V. 


Iréa  ntt  une  érudilion  si  large  et  si  rariée, 
■H pénélralioD  d'esprit  si  rare,  une  con- 
HisUDCê  si  approfondie ,  non-seulemcat 
lie* dodrines  orifaodoies,  mais  eDcore  des 
opiniiMM  de  tons  les  hérôtiqaes  qai  ont  es- 
Hjé,  (4DI  de  fois  depuis  J'urigine  da  catbo- 
iici>oie,ile  substilaer  leurs  opiDÎons  per- 
wonïlfes  h  l'aulorilé  de  Jésus-Christ  et  da 
m  Eis^is^iUta).  Vof/.  Edchakutib. 

DOMESTICITE  des  animaux,  est-elle daa 
i  uw  iptilude  Dslareller  Vog.  Hohmb.  an.  1. 


E 


UCMDtenae  dans  l'atmospbère,  a-l-elle 
niE  poor  Doyer  te  genre  bnmain  au  temps 
«(■•JélugflT  Vojf.  ]»ftLii6K,  S  11  et  note  I,  h  II 
b  do  Tolume. 
£BBON.  fùm.  Hircmab.  |  IX  et  X. 
ECOLE  HDIf  ANITAIRE.  Yay.  Tréodicéx 
natimiBi.  —  Ecole  écossaise,  erreur  sur 
['origine  de  nos  conasissances.  Toy.  Pst- 
mBLoaE,  {  X. 
ECRITORE;    il  o'exïste   aucnue   preuve 
|a'<lle  ait  servi  de  règle  de  foi  an  temps 
In  ipdlres.  r»g.  Rèslb  db  foi,  j  I. 
EUES;  sa  situatiOD.   Yoy.  PaxcaoLoen, 

HMT  DE  NAHTES.  révocation.  Vov.  Fa- 

ITUMB,  I  III. 

EDCCAMLITË  des  races.  You.  Racbs  ho- 
*»M,  §  XIL 

EGLISE;  esameu  de  celte  maxime;  kor$ 
Bf/ûe  paimt  dt  Bolut.  Voy.  Mal.  art.  Il,  !  I. 
-  lobillibilité  de  l'Eglise.  Yoy.  RAolb  ds 
M.  Pipe.  —  L'Eglise  peut-elle  Être  accusée 
!»naiisme  dans  son  enseignement  public 
l'Ianssa  conduite?  Yoy.  Faratishe,  g  II. 

Eglise  nationale  ;  Hiucmar  a-t-il  essayé 
NI  fonder  une  en  France?  erreur  de 
■  Guriol.  Yoy.  HiifCMAB,  {  XVI.  —  Eglises 

Rome.  Yoy.  Rèslb  de  «m,  S  VI. 
KYPTE;  la  Trinité  vient-elle  de  l'E- 
p>e?  Fey.  TsiBiTi.  {1.  —  Accomplisse- 
Mt  des  prophéties  concernaut  celte  con- 
*■  Voy.  PBOPHfrnEs.  t  III. 
BGÎPTIENS.  —  On  a  beaucoup  fait  valoir 
uale  antiquité  de  ce  peuple  pour  com- 
'tre  la  chronologie  de  Holse.  Comme  on 
tt  principalement  appuyé  sur  les  docu- 
ets  historiqut»  de  ce  peuple,  ainsi  que 
'SA  science  et  ses  monuments  astrono- 
fues.aoas  allons  discuter  succeSiiTemenl 
laleor  de  ces  différents  titres. 


Ire  n  est  nullement  en  opposition  avec  l'é- 
poque assignée  par  la  Gaute  i  l'origine  de 
notre  planète.  Dans  celle  discussion,  nous 
soivrons  pas  k  pas  Cuvier,  parce  que  nous 
ne  connaissons  aucun  éeriTain  qui  présenta 
on  résnmé  de  la  question  aussi  clair,  aussi 
précis  et  aussi  judicieui. 

Noos  dirons  donc  arec  ce  savant,  que, 
pour  bien  jnger  de  la  nature  des  annales 
que  les  prêtres  égyptiens  prétendaient  pos- 
séder,  il  suffit  de  rappeler  les  extraits  qu'ils 
en  ont  donnés  eux-mêmes  eu  différents 
temps  et  à  des  personnes  différentes. 

Ainsi,  environ  550  avant  Jésus-Christ, 
ceux  de  Sais  disaient  h  Solon  que  l'Egypte 
n'étant  point  sujette  aux  déluges,  ils  avaient 
pu  conserver  non-seulement  leurs  propres 
annales,  mais  encore  celles  des  autres  peu- 
ples ;qtie  les  villes  de  Thèbes  et  de  Sais 
avaient  été  bAties  par  Uinerve.  la  première 
depuis  9000  ans«  et  l'autre  denuis  8000;  et 
è  ces  dates  ils  sjoutèrunt  les  table*  sur  les 
Atlanles,  sur  )a  résistance  que  les  Thébaias 
opposèrent  h  leurs  conquêtes,  ainsi  que 
toute  la  description  vraiment  romanesque 
de  l'Atlantide  (1110);  car  on  y  trouve  des 
faits  et  des  généalogies  seml)lable5  k  celles 
de  tous  les  romans  mythologiques. 

Vers  kSO,  c'esl-k-dire  un  siècle  pliu  tard, 
les  prêtres  de  Memphis  tirent  k  Héroiinla 
des  récits  tout  différents  (1111).  C'était  Me- 
nés, premier  roi  d'Egypte,  qui  av^il  cons- 
truit Memphis  et  renfermé  le  Nil  dans  des 
digues,  comme  si  de  pareilles  opérations 
étaient  possibles  au  premier  roi  d  un  pays. 
Depuis  Menés  ils  avaient  eu  trois  cent 
trente'trois  autres  rois  jusqu'à  Mœris,  qui 
r^nait,  selon  eux,  900  ans  avant  l'époque 
où  ils  parlaieut  (1350  avant  Jésus-Cbrist). 
Après  ces  rois  vint  Sésostris,  qui  poussa 
ses  conquêtes  jusau'k  la   Colcliide  ;  et  au 


inn  ite*  SgTpUeiu. 
^)Dr  pen  qu'on  réfléchisse  sur  les  frag- 
otsqui  nous  restent  des  traditions  égyp- 
ines,  on  s*aper{oitque  l'élément  mythique 
domine  géDéralêmeiil,  et  que  la  faihie 
tie  réellement  historique  qui  s'y  reocoo- 

VIM)  Nms  devoDS  i  M.  ribbé  Halrire,  ene  «- 
I  de  cet  ovirago.  Paris,  chez 


t  jusai 
total  il  y  eut  jusquà  Sétbos  trois  cent  qua- 
rante-un rois  et  Iruis  cent  quarante-un 
grands  prêtres,  en  trois  cent  quarante-nue 
générations,  pendant  ISWans,  calculs  dont 
l'absurdité  paraît  s^^osible  par  la  répétition 
seule  du  même  nombre.  Cependant,  pour 
donner  u»  garant  au  moins  spécieux  à  leor 

(IMO)  Vint,  le  TimA  M  le  Critiiu  de  PLÀTtM. 
(Hll)  HduwoT.,  Evtnpe,  d>.  99 et  suiv. 


CCI 


BKTwniunE 


3; 


cbronologie,  ces  prMres  d«  Msmpbis  luu- 
raieel  que  pendaDl  cet  iolenalle  le  so- 
leil s' é1aî(  lefé  deux  fois  à  i'or^ideot,  uns 
•Je  rieo  eût  clungé  dans  la  climat  ou 
lans  les  productions  <lu  ptf  s,  et  sans  qu'a- 
lors ni  aupnrsvont  aucun  dieu  se  fût  mon- 
iré  et  eût  régné  en  Egypte.  Ils  ûrenl  égale- 
ment sur  SéfiOsIris,  sur  Phéron,  Hélène, 
Hiiamrifiinite,  et  les  rois  qui  ont  élevé  les 
pyramides,  et  un  conquéraut  éthiopien 
nommé  Sabacoi,  les  contes  les  plus  ab- 
surdes et  les  plus  ridicules. 

De  leur  cdl<f,  les  praires  de  Tbëbes  mon- 
trèrent h  Hérodote,  comme  ils  l'avaient  fait 
.luparavani  àHécatée,  trois  cent  quarante- 
cinq  colosses  de  bois,  représentant  autant 
de  grands  préiros  qui  s'étaient  succédé  de 
Itère  en  fils,  tous  hommes,  tous  nés  l'un  de 
l'autre,  mais  qui  avaient  été  précédés  par 
des  dieui  (1112).  D'autres  Egyptiens  lui  di- 
rent avoir  des  registres  Irës-exacts^  non- 
seulement  du  règne  des  hommes,  mais  aussi 
(Jeceluhdes  dieux.  Ils  comptaient  17,000 
ans  depuisHercule  jnsqa'k  Amasis,  «t  15,000 
depuis  Bscchus.  Pan  avait  encore  précédé 
Hercule  (fll3). 

Nous  le  demandons  h  nos  adversaires, 
n'est-ce  pas  là  évidemment  da  la  pure  my^ 
thûlogie?  Peni-on  donner  le  nom  de  chro- 
niques ou  d'annales  historiques  à  des  lé- 
gendes aussi  clairement  fabuleuses?  il  faut 
i'avouer,  ce  n'est  qu'à  Séthos  seulement  que 
commence  dans  Hérodote  une  histoire  un 
l>eu  raisonnable.  Or,  cette  hîitoire  conH 
mence  elle-même  par  un  fait  qui  concorde 
nvec  les  annales  hébraïques,  par  ladestruD- 
lion  de  l'armée  de  Sennachénb,  roi  d'Assy- 
rie (1114};  et  ce  qu'il  est  important  de  re- 
morquer, c'est  que  cet  accord  continua  sous 
Kécho  (1115)  et  Honbra  ou  Apriès. 

Deux  siècles  après  Hérodote,  c'est-à-dire 
vers  l'an  260  avant  l'ère  chrétienne,  Ptoié- 
niée  Philadelphie,  prince  étranger,  voulant 
connaître  l'histoire  du  pays  que  les  é*én^ 
menta  l'avaient  appelé  à  gouverner,  un 
prêtre,  Haoéthoo,  se  chargea  de  l'écrire 
)H>ur  lui.  Or,  quelles  sont  les  sources  où  il 
alla  puiser  celte  histoiref  Ce  fut  dans  les 
livres  sacrés  d'Agathodcsmon,  fils  du  second 
Hermès  et  père  deThot,  lequel  l'avait  co- 
piée sur  (les  colonnes  érigées  avant  le  dé- 
luge parThot  ou  le  premier  Hermès,  dans  la 
ferre  Sériadique  (1116J.  Hais,  il  faut  bien  le 
dire,  ce  second  Hermès,  cet  Agathodnmon, 
ce  Tbot,  sont  des  personugges  dont  on  n'a- 
vail  jamais  parlé  auparavant,  non  plus  que 
de  ces  colonnes,  ni  de  cette  Sériadique.  Kt 
ce  déluge,  n'est-il  pas  lui-même  un  fait  en- 
tièrement inconnu  aux  Egyptiens  des  temps 
antérieurs,  et  sur  lequel  Manétbon  garde 
le  silence  le  plus  absolu  dans  ce  qui  nous 
reste  de  ses  dynastiesT 

Le  produit,  selon  la  remarque  judicieuse 

()I13}  HiBODOVE,  Euterpe,  ch.  145 
(111Ô)  Ibid.  Gh.  Ui. 
(tlli)  £iiterp«,  cb.  111. 

(IllS) /tM.  ch.  1S9;  et  comparez  le  quatrième 
livre  des  RoU,  cti.  six,  ou  le  deuxicme  des  Panlip. 


àSOUXSTHiVS.  Kl  JD 

de.Cavier,  ressemble  à  lasooree:  Don-tn. 
lemeal  tout  est  plein  d'abssrdit^,  nui)  a 
sont  des  absurdités  propres  et  impouiblu 
à  concilier  avec  celles  eue  des  prèirei  plni 
anciens  avaient  racontées  k  Soloa  et  klù- 
rodote.  Ainsi,  dans  sa  liste  des  rois  dirim, 
c'est  VulcaÎD  gui  est  en  tète  et  quirè^e 
9000  ans;  les  dieux  et  les  demi-dietii ripent 
1985  ans.  Ni  les  noms,  ni  les  saecussioni, 
ni  les  dates  de  Hanéthon  ne  reisentl>lnitï 
ceqa'on  a  publié  arant  et  après  lui.  ijoutn 
à  cela  qu'il  devait  être  bien  obscur  et  bien 
embrouillé,  puisqu'on  ne  voit  pas  la  poisj- 
bilité  d'accorder  entre  eux  les  fragincnls 
qu'en  oui  recueillis  Josèphe,  Jules  Kinm 
et  Eusèbe.  On  ne  convient  pas  même  du 
sommes  d'années  de  ses  rois  humains.  Se- 
lon Jules  Africain,  elles  vont  à  5101  sas; 
suivant  Eusèbe,  6  4723,  et  selon  George  |g 
Syncelle,  à  3555.  Or,  ces  difTérences  de  non 
et  de  chiffres  ne  viennent  pas  seulenw 
des  copies;  carJosènbe  cile  au  long  un  fis- 
sage  dont  les  détails  sont  en  contradicliu 
manifeste  avec  les  extraits  de  ses  suce» 
leurs. 

Un  document  que  l'on  appelle  Vaaeifmt 
dwanique  égyptienne  (1117),  et  que  les  an: 

i'ugent  antérieure,  les  aatre5,  postérieure  i 
lanélhon,  présenteencore  d'autres  calculs: 
la  durée  totale  de  ces  rois  est  de  36,53Saiis. 
sur  lesquels  le  Soleil  en  a  régné  30,000,  le» 
autres  dieux  39S4.  les  demi-dieux  lll;il 
ne  reste  pour  les  hommes  que  S339  nu: 
aussi  n'en  compte-t-on  que  cent  treize  s^ 
oérations,  au  heu  des  trois  cent  quaraoK 
d'Hérodote. 

Eratoslhèoes,  savant  astronome,  décou- 
Trit  et  publia  sous  Plolémée  Evergète,  un 
S40  avant  Jésus-Christ,  une  liste  particuliiit 
de  treute-huit  rois  de  Thëbes,  commenEtoi 
à  Hénès  et  se  continuant  pendant  ll^aDSi 
nous  en  avons  un  extrait  copié  par  le  Sjiv 
celte  dans  Apollodore  (1118).  Or,  presqui 
aucun  des  noms  qui  t'y  Irouveat  ne  corru 
pond  aux  autres  listes. 

Vers  l'an  60  avant  notre  are,  par  ca^di 
quent  deux  siècles  après  Manétbon  et  quiirj 
après  Hérodote,  Diodoro  de  Sicile  étaDlifl 
en  Egypte  sous  PtoléméoAalètes.yrecuH 
lit  aussi,  de  la  bouche  des  prêtres,  TbislM^ 
du  pays;  mais  il  la  recueillît  de  nomeil 
toute  différente  (1119).  Car  c«  n'est  pH 
llénès  qui  a  construit  Meraphis,  mais  CcM 
réus.  Longtemps  avant  lui,  Busiris  11  iii| 
construit  Tbèbes.  Osymandyas,  builiM 
aïeul  d'Uchoréus,  a  été  mattre  delaBil 
triane.  Longtemps  après  lui ,  Sésoosij  ' 
poussé  encore  plus  loin  ses  conquêtes;' 
est  allé  jusqu'au  delà  du  Gange,  et  esin 
venu  par  la  Scythie  et  le  Tenais.  Haïs  cou 
meut  se  fait-il  que  ces  noms  de  rois  M)in 
inconnus  à  tous  les  historiens  précédrou 
et  qu'aucun  des   peuples    qu'ils  aviifl 

cb.  XXXII. 
(1116)  ¥03.  Gbobcb  le  SyDceUe.  Cirai.,  l-*^ 
(I)i7)»i<f..  p.SI. 
MH8)f»i<(.  p.  Sletsuiv. 
(1119)  Diop.  Se,  >.  t,  sec*,  u. 


M 


ECT 


toDquis  nVii  «il  conservé  l«  plu*  légir  soit- 
KDJrTOu'Dt  'ux  ditfux  el  demi-dieux,  il« 
oatré)[D6 18,000  ans,  et  les  hommes  15,000; 
quire  ceul  soixBnte-(iix  rois  araient  été 
Éi\\AKas,  quatre Elhiopieos,  seos  compier 
lei'P«rseiell«sHaeédoDteD).CelU)  histoire 
J'ailleor»  eil€i]lr«D4l^e  de  contes  qui  ob 
kMbol  poiot  eo  puérilité  à  ceux  d'Hé- 
tvinle. 

L'ta  18  de  Jésas-ChrisI ,  Germaoieus, 
R«*ea  de  Tibère,  s'étant  reodu  en  Egypte 
•liai  k  déïir  de  connaître  les  antiqnités  de 
ce  pijs,  les  prêtres  de  Thèbes  ne  fui  parlé- 
itDi  ai  de  Sésostris  ,  ni  d'Osjrmandyas 
(bmne  de  conquérants,  mais  UDiquemmt 
jtILtiiiii$èB,qui,  i  la  (été  de  sept  cent miOe 
Mii'H  avait  eorahi  la  Lib^e,  l'Eihiopiet 
Itilnlie,  la  Perse,  la  fiaciriane.  Il  Scytbie, 
n-if^Hineure  et  la  Syrie  (1120). 
Eiifiu,  dans  l'article  de  Pline  sur  les  obé- 
'■i{iiei(llH}f  on  trouve  encore  des  noms 
ilEMisqua  l'on  ne  roit  nulle  part  ailleurs: 
Milhû,  Unevift,  Zmarreus,  Eraphius.  Mesti- 
rts.  un  Semenpserteus.  conlemporain  de 
?Tllugore,  etc-  Un  Ramilés,  que  l'on  pour- 
rait croire  le  même  que  Rhamsès^  ;  est 
frëteaté  comme  conlemporain  du  siéjje  de 

A  ia  rérilé,  on  a  essayé  de  concilier  ces 
dilTéreQlos  listes  en  supposant  que  les  rois 
onlporté  plosienrs  noms;  ipait,  commo  le 
reioarque  trés-bian  Cuvier,  quand  on  ne 
cnosidère  pas  seolemeni  la  conlradictionde 
»s  divers  récits,  mais  qu'on  porte  son  at- 
Miion  sur  oe  mélange  de  faits  réels  a'ttes- 
'^  par  de  grands  moDumenis  avec  des  es- 
nvsganees  puériles,  il  semble  înSniment 
ius  naturel  d'en  conclure  que  les  prêtres 
igfplieijs  n'avaient  point  d'hisloirs;  qu'io- 
rieurs  encore  h  ceux  des  Indiens,  ils  n'a- 
Vèùi  pis  même  de  fables  convenues  «t 
Bitiei;  qu'ils  gardaient  seulement  dos 
•SI»  plus  ou  moins  fautives  de  leurs  rois 
I  quelques  souvenirs  des principBuxd'enlre 
Bi.  de  ceux  surtout  qui  avaient  eu  soin  de 
<in;  inscrire  leurs  noms  sur  les  temples  et 
s  autres  grands  ouvrages  qui  décoraient 
ip'j'S;  mais  que  ces  souvenirs  étaient 
lulus,  qu'ils  ne  reposaient  guère  que  sur 
n^ilicaiion  traditionnelle  que  l'on  donnait 
»  représentations  peintes  on  sculptées 
If  les  monaments,  explications  fondées 
clément  sur  des  inscriptions  hiérogly- 
iiîques  oooçoes  en  termes  très-généraux 
ISJ),  et  qui,  passant  de boueheen bouche, 
•Itéraient  dans  les  détails  au  gré  de  ceux 
iii  lescommuRiquaieot  aux  étrangers,  et 
ii'il  est  par  coDsequenl  impossible  d'établir 
KQue  proposition  relative  t  l'antiquité  de 
Nre  globe  sur  les  lambeaux  de  ces  tradi- 
OBi,  déjà  si  incomplètes  dans  leur  temps 

(II»)  TuiT.  Jbm,.  I.  Il,  c  60. 

tllil)  Pua.,  kb.  sxxn.  cap.  S-ll. 

(1122)  Telle   est  celle  de  Rametiés,  dont  nom 

MvuBs  mat  inlerprélation  daoi  Amuileu-UarGcl- 

■,  lib.  svii,  c  é. 

(H«S)  CLÉa.  Alex.  Slromal.,  I.  vi,p.  633. 

(llit^  Vûf.  CsiaroLLioi*  le  jcane,  t'réeh  ém  iff- 


mctiomnajue  APoixiceTiQue.  egt  ïh 

et  devenues  tout  è  Ait  méenMriaisssbIra 
sous  la  ftlirme  de  ceux  qui  noua  tes  ont 
transmises. 

Ce  qui  prouve  encore  notre  assertion, 
c'est  la  liste  même  des  ouvrages  sacrés 
d'Hermès,  que  les  prêtres  égyptiens  inr- 
talent  dans  les  processions  solennelles. 
Clément  d'Alexandrie  nomme  tous  ces  ou- 
vrages, qui  sont  au  nomlire  de  quarante- 
deux  (1123};  or,  il  ne  s'y  trouve  pas  même 
an  livre  qui  ait  la  prétention  d'être  un  rt^eit, 
de  Gier  d  une  manière  quelconque  aucune 
grande  action,  ancun  événement. 

Le  résultat  de  quelques  recherches  de 
Champollion  le  jeune  confirme  aussi  noire 
sentiment  sur  le  manque  d'iilstoire  cbuzles 
prêtres  égyptiens  (liS4}.  Ce  savant  a  lu 
dans  une  série  de  tableaux  hiéroglyphi- 
ques dn  temple  d'Abydos  (I1S5)  Im  pré- 
noms d'un  certain  nombre  de  rois,  placés  h 
la  suite  les  uns  des  autres  ;  et  les  dix  der- 
niers de  ces  prénoms  s'étant  retrouvés  sur 
divers  autres  monuments,  accompagnés  de 
noms  propres,  ii  en  a  conclo  qu'ils  sont 
ceux  des  rois  qoi  portaient  ces  noms  pro- 
pres; ce  qui  lui  a  donné  i  peu  prés  les 
mêmes  rois  el  dans  le  même  ordre  que  cent 
dont  Hanéihon  compose  sa  dfs-huitième 
dynastie,  celle  qui  chassa  les  pasteur».  Ce- 
pendant la  concordance  n'tist  pas  complîtle, 
car  il  manque  dans  le  tableau  d'Abydossix 
des  noms  portés  sur  la  liste  de  Manélhoii  ; 
d'un  autre  cAlé,  il  yen  a  qui  ne  ressemblent 
pas  i  ceux  qui  devraient  leur  correspondre 
dans  cette  liste;  enfin,  il  se  trouve  une  la- 
cune avant  le  plus  remarquable  de  tons,  le 
Uhamsès  qui  parait  le  même  que  le  roi 
représenté  sur  un  si  grand  nombre  des  plus 
beaux  monaments  de  l'Bgyple,  avec  les  ai- 
Iributs  d'un  grand  conquérant.  Enfin,  si 
l'un  admettait  dans  leur  entier  et  la  vérité 
liistorique  de  ces  bas-reliefs  d'Abydos,  et 
son  accord,  soit  avec  la  partie  des  listes  de 
Manétbon  qui  parait  lui  correspondre,  soit 
avec  lesaotres  inscriptions  hiéroglyphiques, 
il  en  résulterait  déjà  celte  conséquence,  que 
la  prétendue  dix-huitième  dynoslie,  la  pre- 
mière sur  laquelle  les  anciens  chronotogis- 
tes  commencent  à  s'aocorder  un  peu,  est 
aussi  la  première  qni  ait  laissé  sur  les  mcH- 
nnmeats  uue  trace  de  son  existence.  Ha- 
néihon a  pu  consulter  re  document  et  d'au- 
tres semblables;  mais  il  n'en  est  pas  moins 
certain  qu'une  série  de  noms  ou  de  |wr- 
iraits,  comme  il  y  en  a  partout,  est  loin  de 
eunsliluer  une  histoire  (1198). 

Cependant  Champollion  parle  souvent  ds 
l'fftflstrs  ^Egypl*  de  Hanéihon,  el  quel- 
quefois comme  si  ce  qui  nous  en  reste  for- 
mait encore  ans  véritable  histoire,  où  la 
suite  des  Idts  appoyerait  assez  la  clirofl»- 

Am»  kiiroftnki^ne  été  mciau  EgmtieM,  f.  U5, 
et  UtUe  kU.U  duc  de  Blam,  p.  (5  et  hùv. 
(1125)  Ce  bas-relief  se  irouve  enfé  liaH  la 


m  KY  UCTKRfN&IRE 

logte  pour  conserver  è  cell»-ci  un  caractère 
iropOMol.  ■  Cette  manière  <le  voir  ou  de 
s'exprimer,  dit  Tort  judicieusement  H.  de 
Borel,  dcmBDile  une  explicaiion  :  il  ;  a  ici 
équiroque  ou  malentendu;  il  faut  leslever. 

■  Les  anciens,  en  effet,  continue leaivant 
préJal.  fout  mention  d'une  histoire  d'Egypte 
(HPDiposéa  par  Hanéthoo.  mais  qui  n'est  pas 
lurvanue jusqu'à  nous,  el  qu'ils  ne  font  pas 
loème  assez  connaître  pour  que  nous  puis- 
sions D4US  en  former  une  idée  juste.  J. 
Africain  et  Eusèbe  aussi,  si  l'on  veut,  en 
avaient  extrait  la  succession  des  dynasties, 
les  noms  des  rois  de  cbacune,  l'ordre  et  la 
durée  de  leurs  règnes  ;  ce  n'était  plus  I& 
(|u'une  Domenclalure  cbronologique  ,  el 
quelques  (rails  isolés,  clait^semés  dans  une 
longue  suite  île  siècles,  quandiis  ne  seraient 
lus  la  plupart  fabuleux  ou  insiRnifi8nls,n'en 
leraieut  point  une  bisloire.  Il  n'y  a  donc 
rien  dans  ce  qui  nous  reste  de  l'ouvrage  de 
Manéthon  qui  puisse  servir  de  preuve  k  sa 
PfOfl'gieuse  cbronoloi^ie.  Dans  les  divisions 
réelles  ou  factices  qui  la  partagent  sous  le 
nom  impropre  de  dynasties,  point  de  ces 
événements  remarquables,  qui,  dépendant 
les  uns  des  autres  et  se  soutenant  muluel- 
lemant,  donneraient  la  mesure  du  temps 
que  leur  dévelonpemeol  avait  exigé,  el  vé- 
nSeraieul  ainsi  la  durée  que  l'bistoire  aasi- 
Ipie,  soit  k  chaque  règne,  soit  à  ia  dynastie 
enliin).  Dans  le  passage  d'une  dynastie  i 
(autre,  point  de  signe  du  cbangement  sur- 
venu dans  l'ordre  delà  succession  au  trftne; 
rien  qui  apprenne  comment  et  pourquoi  la 
dynastie  précédente  a  fini,  comment  s'est 
établie  la  dynastie  suivante;  rieu  par  con- 
séquent ()ui  constate  si  l'une  a  remplacé 
I  autre,  si  cbacune  est  è  sa  place,  si  toutes 
forment  une  séria  liée  par  les  faits  et  véri- 
tablement continue,  il  fiiut  croire  sur  la 
«eule  parole  de  Uauélbon,  comme  il  fau- 
drait admettre  sur  la  foi  seule  de  Gtésias 
«:ette  ioDgue  et  stérile  liste  des  rois  assy- 
riens, qui  ne  lui  a  coûté  que  des  noms  et 
des  chiffres,  pour  nous  reporter  à  la  tour 
de  Babel. 

«  Le  nom  de  dynastie  s'emploie  dans  l'his- 
toire pour  marquer  une  suite  de  princes 
de  la  même  race  et  qui  ont  régné  dans  le 
même  pays  ;  telle  est  la  signification  usitée, 
et  c'est  ainsi  probablemeot  que  Haoétbon 
i  entendait.  Mais  il  n'est  pas  possible  d'en 
véritier  l'application  dans  sa  liste  dénuée 
uo  faits;  il  est  même  visible  en  plusieurs 
endroits  que  la  môme  famille  passe  d'une 
première  dynastie  à  une  secoude,  à  une 
troisième  rnâme.  Les  monuments  de  Tbèbes 
cnoot  fourni  une  preuve  irrécusable  et 
qu'on  ne  pouvait  découvrir  dans  Manéthon, 

fjui  ne  donne  presque  jamaislesoomsvrais, 
es  noms  royaux  des  pharaons....  Pour  tout 
homme  qui  les  examine  sans  prévention, 
les  dynasties  égyptiennes  ne  présenteront 
que  des  divisions  arbitraires,  laites  dans  le 
seul  but  de  couper  les  temps,  saus  égard  à 

(1127)  Dei  dfnoiliet  igypiieiinet,  par  M.  vb  Bo< 
VBV,  ancien  arcbevôque  dit  Toulouse,  p.  13,  li. 


APOLOGETIQUE.  Kl  ^ 

la  suite  des  diverses  races  riginoici,  g,,, 
événements  qui  ont  amené  leur  êléiMion 
ou  leurcfaale,  h  ladnréedechicaaed'ellet, 
k  la  filiation  des  rois,  aux  noms  même  m 
ces  rois  ont  portés  et  qui  auraient  pu  ]| 
faire  reconnaître  ;  parce  qn'en  ettei  leiécri- 
Tsins  qui  entreprenaient  de  remplir  it« 
quelques  souvenirs  vagues,  qnelqoej  aui- 
riaux  altérés  et  confus,  les  milliers  de  liè- 
des  qu'ils  se  figuraient  devant  eui,  ne  tt- 
valent  rien  de  tout  cela  (IIST).  ■ 

Il  est  difficile  de  concevoir  une  spprfcii- 
tion  des  dynasties  deUanéibon  plus  juiig, 
plus  éclairée  et  plus  cri  tique  ;od  n'y  opi»- 
sera  jamais  rien  de  solide,  rien  de  judicient. 
Nous  avons  vu  d'un  autre  cétë  les  coDlra- 
dictions  sans  nombre  que  présentent  louia 
les  autres  relations  concernant  les  ieiB{« 
primitifs  de  l'Egiypte  ;  relations  d'aill«un 
dépouillées  presque  entiàremanl  île  M 
caractère  historique.  Ainsi,  on  ne  saursi 
sérieusement  opposer  les  prétendues  auu- 
les  des  Egyptiens  k  la  chronologia  m- 
Mïqoe. 

in. 

— ^,„_iMiilqaes  — ^  ._^ 
elles  leur  uiiiiuildr 

Hais,  objecte-on,  si  les  Egyptiens  ne  nous 
ont  pas  laissé  d'aAnales  historiques,  l'inti- 
quité  prodigieuse  de  ce  peuple  n'en  esl  (hu 
moins  attestée  par  tes  progrès  qa'ii  a  [ails 
dans  t'astrenomie,  et  par  des  obseriatioi» 
dont  la  date  est  facile  h  assigner.  Ainsi,  li 
longueur  de  l'année  en  trois  cent  soiisnle>  i 
cinq  jours  et  un  quart  leur  était  parfaite- 1 
ment  connue,  et  comme  pour  eux  c'étiient  1 
les  levers  héliaques  de  Sirius  qui  délenni- 
naient  l'année,  cette  longueur  n'a  pu  ëidI 
filée  que  par  la  connaissance  exacte  iIb| 
l'année  héliaque  de  cet  astre  ;  mais  celle-d 
étant  exactement  de  trois  cent  soiianlt^ 
cinq  jours  et  un  quart,  il  s'ensuit  que  la 
détermination  égyptienne  était  lrès-e»ct« 
eHe-méme.  Or,  une  exactitude  aussi  parfaits 
suppose  des  observations  faites  inriidanl 
longtemps  el  avec  beaucoup  d'eiactiiui'^ 
De  plus,  celte  année  de  Sirius  ne  s'est  iro.<- 
vée  égale  à  trois  cent  soixante-cinq  jours  •d 
un  quart  que  pendant  la  durée  d'une  é[*- 
que  comprise  entre  2,700  el  1,3(K),  cequt 
fait  remonter  les  observations  asU^Mui^i* 
ques  au  moins  è  deux  mille  cîoqcPaU)>» 
^Tsni  notre  ère,  et  suppose  une  civilisalK* 
déjà  avancée,  et  par  conséquent  place  l'ori- 
gine du  peuple  égyptien  à  une  époqui  en- 
core beaucoup  plbs  reculée- 

Cette  objection,  qui  est  prise  de  Fouritti 
(1128;,  a  d^à  été  réfutée  par  plusieurs  «en*: 
vains,  notamment  par  Cuvier  et  parl'au-i 
leurdes  âoiWes  deifonlJA^.  Ce  demii^.' 
louleii  reproduisant  le  travail  de  Cuvier, 
lui  a  donné  une  forme  plus  simple  el  I»' 
conséquent  plus  à  la  portée  du  commundr-i 
lecteurs.  Pour  ce  motif,  nous  avons  clioîa 
de  préférence  sa  rédaction,  en  y  kisi'* 

Il  128)  Vos.  le  MimoiM  de  FatrUr  daM  k  P«J 
ouvfiige  sur  l'Egypte,  Mém.  1.  I,  p.  8U3. 


M!  ECT  IMCTlONKAIitK 

umrtiDltpielqiiM  léKerschangflDtenU(l  1S9}. 
Fourier  préleod  donc  que  les  btùervs- 
lioos  islraaooiîqyes  des  ^fptieos  sur  Sî- 
riui  sDppOf eut  dda  ciTJli&alion  ««aocée  et 
tut  soinélé  tris-aocienne.  UaJs  cette  con- 
(luijon  n'ctl  nullement  logique.  Oo  a  pu 
rtiD^quiT  ie  retoor  du  lever béliaqueil'una 
ttoile aussi  belleque  Siriusapràs  trois  cent 
wiiinre-cinq  jours  environ  sans  avoir  em- 
{lotf  iJti  aDsd'observalions  célestes,  mais 
ij'«!iWT>((ons  grossières  telles  que  peut 
.obire  uu  (wuple  pasteur.  Si  la  durée  de 
i>lie  innée  s*e3l  trouvée  être  par  basant  et 
i>nli)ngl«uip3  de  trois  cent  sniianle-cinq 
j.'iK  ïl  an  quart  exaclemeot)  il  De  résulte 
)4ideUque  lus  Egyptiens  aient  attendu 
L-tiiu  ou  quarante  siècles  d'observations 
jtnrwGier  à  trois  cent  soixaate-ciDq  jours 
'I  (ta  qoirt;  ils  auront  très>bien  pu  et  au- 
roiil  oïl  même  tout  simplt:ment  et  tout  oa- 
ior«./eoieiit  adopter  les  résultats  de  leurs 
p.'toiièresobservalions,  comme  un  résultat 
urjiDjjre  et  imonuablf,  d'autant  qu'un  petit 
Jimitit  d'années  a  suffi  pour  bire  recou- 
uiire  cette  fixité. 

i;aa(ons  que  le  système  que  nous  com- 
4;iuus  repose  sur  une  hypothèse  également 
pftisée  i  la  nature  et  à  l'histoire  de  l'es- 
nt  bumain.  Il  suppore  que  les  Egyptiens 
■roDi  voulu  de  prime  aonrd  déterminer  k 
Le  minute  près  la  véritable  durée  de  l'an- 
ù  solaire,  qu'ils-auront  du  reste  idenli- 
k  liée  l'année  de  Sîrtus,c'est-k-dire  avec 
niervalle  compris  entre  les  deux  levers 
:ii*ijue;»  de  cet  astre.  Or,  pour  déterminer 
K  uue  telle  précision  la  révolution  so< 
ire,  il  but  RenénleoieDt,  en  eDèt,  bien 
■  siècles  d'observatioBS.  Hais  ce  n'est  pas 
Ce  qu'oat  Toolu  les  premiers  observa- 
irs,  el  la  marche  qu'ils  ont  suivie  natu- 
IcoMiit  daus  leurs  premières  recherches 
tt  être  toute  contraire.  Ils  ont  reconnu 
boni,  at  le  plus  souvent  par  hasard, 
udépendamment  du  mouvement  diurne, 
«feil  occupait  dans  le  ciel  des  positions 
HUes,  doDt  la  succession  formait  une 
>o4e  qu'tH)  •  appelée  l'année'  Or,  corn- 
iiunt-ilsrecoona  cela? Indubitablement 
les  mtaies  moyens  que  nos  livres  élé- 
uaires  imliqoent  aux  enfants,  c'est7k- 
:  par  le  retour  des  ombres  méridionDies 
'*s,  ou  des  mêmes  amplitudes  solaires, 
le  la  correspondance  du  soleil  avec  telle 
)lle  étoile.  Par  exemple,  ils  ootvu  le  soleil 
mcfaeruDcertainiourcnmèmetempsque 
deeesastres.  Le  lendemain,  il  se eoucbait 
ques  minutes  iilus  tardqueeette étoile; 
rlendeoiaia,  plus  tard  encore;  et  ainsi  de 
i,  de  sorte  qu'il  y  avait  chaque  jour  on 
TMu  retanl  qui  s'ajoutait  aux  préoé- 
(.  ils  se  sont  donc  attendu  tout  natu- 
■eot  à    voir  reparaître   la  première 


ArOLeCETIQIHL  ECT  70» 

coïncidence  au  bout  d'un  certain  nombre 
dejoors,  qu'ils  auraient  pu  calculer  d'avance 
avec  les  année*  acquises.  Eoire  le  trois  cent 
soixante^nquièmeetleirois  cent  soixante- 
sixième  jour,  mais  bien  plus  près  du  pre- 
mier, la  coïncidence  en  question  s'élanl 
représeulée,  ils  se  sont  dit  que  la  révolution 
annuelle  était  de  trois  eeut  soixanle-ciuq 
jours,  et  ils  ont  pu  croire  d'abord  que  ce 
compte  était  exact,  attendu  que  la  fraction 
n'a  pu  étie  mesurée  à  l'œil.  Pour  les  Egyp- 
tiens, l'étoile  de  comparaison  a  été  Sinui, 
d'autant  plus  que  vers  ces  temps  reculés 
son  levLT  hélioque  coïncidait  a  peu  près 
avec  l'inondation  du  Nil.  Mais,  au  bout  d'un 
petit  nombre  d'années  (une  dizaine  suffisait 
pour  cela,  supposons  uu  siècle],  ils  se  sont 
aperçu  facilement  que  la  période  annuelle 
supposée  de  trois  cent  soisanle-einq  jours 
n'était  pas  la  véritable  période  solaire,  pui»- 
qu'A  Ja  lîn  d'une  de  ces  années,  la  coïnci- 
dence héliaqne  du  soleil  et  de  Sirius  n'a- 
vait pas  lieu  )i  beaucoup  près,  et  qu'il  fnl- 
lail  attendre  vingt^cinq  jours  de  plus  pour 
la  ramener.  Au  moyen  de  ces  données,  ils 
ont  conclu  siiDS  peine  que  l'année  supposée 
de  trois  cent  soixanle-cinq  jours  était  trop 
courte,  et  (jue  les  vingt-cinq  jours  devaient 
être  répartis  entre  les  cent  années,  ce  qui 
donnait  un  quart  de  jour  pour  chacune; 
ainsi  l'année  totale  se  trouvait  de  trois  cent 
soixante-cinq  jours  et  un  quart.  Ce  simple 
exposé  montre  qu'il  n'a  pas  fallu  cent  ans 
d'observations  giour  arriver  k  ce  résultat. 
Uais  on  remarque  ici  une  double  erreur, 
l'une  de  confondre  l'année  héliaqne  de  Si- 
rius avec  l'aunée  sidérale,  Sirius  n'étant 
pas  sous  l'écliptiqae;  l'autre,  de  l'identitJKr  . 
également  avec  Vannée  tropique,  qui  eu 
dilTère  par  le  fait  de  la  préetstion.  De  sorte 
que  quand  même  l'année  béliaqua  de  Sirius  . 
eât  subi,  par  la  suite,  en  vertu  de  ces  deux 
causes,  les  petits  cbangemeuts  que  subis- 
sent en  général  ces  périodes,  les  Egyptiens» 
qui  n'auraient  pu  s'en  apercevoir  qu'à  la 
longue,  auraient  déjà  fixe  leur  année  sur  . 
les  premières  observations  sans  supposer  de 
ebangemenis  possibles  de  cet  état  de  cho- 
ses. Hais  de  plus,  et  par  le  singulier  hasard 
d'un  concours  de  circonstances  astronomi- 
ques et  locales,  il  s'est  trouvé  que  pendant 
uu  millier  d'années  et  k  la  latitude  lie  Tliè- 
bes,  les  variations  de  l'année  héliaque  de 
Sirius  ont  dû  être  insensibles;  de  sorte 
que  celte  année  est  restée  fort  longtemps  de  , 
trois  cent  soixanle-cinq  jours  et  un  quart 
presque  rigoureusemeiil.  Ce  fait,  couslalé 
par  les  calculs  de  fisinbridge,  du  P.  PcUu, 
de  La  Nauze,  d'ideler,  et  de  Fourier  lui- 
même  (tl30),  a  dû  coudrmer  les  Egyptiens 
dans  leur  supposition  erronée,  ou  plutOt 
les  a  privés  de  l'occasion  de  reconnaître 

î^  .^J     «TAÏiiinn.  Pari*.  Iftlt  Boiimw  attrimomtquei  Met  meiau,  UMmI.  «  M- 

«M.  i.  V,  c  e,  p.  108  ;  L*  NicxE.  Sir  Cbh-      wnmfi  sur  l  KgJPtC  *'*•'  '•  '•  P-  *"*■ 
ifruefut",  Aemdituitiet  bclUt-Leliret,  t.  UV,  ', 


7« 


ECT 


DKTHHRUmE  AFOLOCETIQtlE. 


lear  errenr.  Cotte  marche  parallau  mnins 
beaacoup  plus  natorello  st  plus  conforma 
sax  hsbituilei  de  l'esprit  humain  que  le 
sjsi^me  lrè»-grala>t  de  Foorier. 

D'ailleurs,  selon  la  remarque  de  Cuvier, 
il  n'est  pas  enlièremeDl  certaîu  <iue  ce  soil 
dîrectemeni  el  par  des  obt^rvalioos  faites 
surSirins  lui-mftme,  <}ue  les  Egyptiens  ont 
filé  l'année  de  cet  astre;  puisque  des  astro- 
nomes espérîmeotés  aflirmfiit  qu'il  esl  im- 
(«fsible  que  le  lever  hétiaque  d'une  étoile 
ail  pu  servir  de  base  &  des  observations 
eiacles  sur  un  pareil  sujet,  surtout  daus 
un  climat  où  te  tour  de  Vlûtrison  eit  t<m- 
joun  ItltemeHt  chargé  de  vapmrt,  qiu  dont 
U$  Mit*  nvit*  on  ne  voit  iamaii  d^ittiUe  à 
qutlquit  degrét  au-deetiu  de  l'horiian,  dan* 
tel  âeeonde  tt  troisième  grandeur*,  et  que  le 
eeleil  mime  à  ion  lever  et  à  ion  coucher  *e 
trouve  eiiliiremtnt  déformé  (iiSl).  Ces  méoiK» 
astronomes  soutiennent  que  si  la  longueur 
■le  l'année  n'eût  pas  été  recoraïue  autre- 
mi^nt,  ou  aurait  pu  s'y  tromper  d'uD  et  de 
ileui  jours  (1132).  Ils  ne  doutent  donc  pas 
ijae  eetle  année  de  trois  cent  soiisnle-cinq 
jours  et  un  quart  ne  soit  celle  de  l'année 
tropique,  mal  déterminée  par  l'observatiun 
de  l'omljre  ou  par  celle  du  point  où  le  so- 
Ifii  se  levait  chaque  jour,  et  identiSée  par 
l'ignorance,  unnime  nous  venons  de  le  dire, 
avec  l'année  héliaque  de  Sirius;  en  sorte 
que  ee  serait  un  [)ur  hasard  qui  aurait  tixé  la 
durée  de  celle-ci  pour  l'époque  dont  il  eat 
question  (1133]. 

Hais  nous  avons  d'antres  motifs  de  refu- 
ser aux  Egyptiens  cette  longue  série  d'ob- 
servations, et  surtout  d'observations  exac- 
tes qu'on  leur  prâte.  Car  s'ils  les  avaient 
réellement  faites,  Eudote  de  Gnide,  cet  as- 
tronome si  distingué,  qui  mourut  vers  l'an 
350  avant  Jésus-Christ,  el  qui  étudia  treize 
ans  parmi  eux,  aurait  apporté  en  Grdce  une 
aslnmouiie  plus  parfaite,  des  cartes  du  ciel 
moins  grossières  et  plus  cohérentes  dans 
leurs  diverses  parties  (113^;  Ptoiémée,  qui 
écrivait  en  Kgypte,  ne  se  serait  pas  servi 
des  observations  des  Chaldéuns  et  des  Grecs, 
sans  citer  une  seule  fois  celles  des  Egri>* 
tiens  (1135). 

Ce  qui  c!t  plus  fort  encore,  comme  le  re- 

(1131)  Ce  lont  les  eipressiOD*  de  feu  Nouet,  as- 
iroiiome  de  l'eipédilloii  il'Eg)pte. 

(1132)  Df.i.K»tt£,  Abrégé  d'aitronomie,  p.  HT  ; 
eldanssa  noie  sur  les  paranslellaut,  Hi$ieire  de 
l'atiroHome  du  moyen  âge,  p.  tlj. 

(1133)  Delâmbhb,  Aupport  «iir  te  UéiHoire  de 
II.  de  Carave]'  iitr  U  Mpkère,  dam  k  I.  Vlll  des 
Piiuaiellei  annalci  de*  eouue*.  Jmuf  Cuvieb,  Oue. 
p.  «33,  Ï34. 

(113i)  Vo]f.  Dklimbbs,  Hiitoire  de  t'atlroHomie 
autittuu,  I.  1,  p.  lïO  et  Buiv. 

(1135)  Dklaiuhe,  Bhtoire  de  CtutTOitome  du 
mi^en  Age,  p.viij  etsuiv. 

-(1136)  L'aaiiée  civile  ou  sacrée  des  EgypUeas 
éUat  de  3lt5  jours  suilenient,  et  leur  année  asiio- 
noaiqaeou  soliire  de  36fi  un  quart,  il  résuiiait 
(f*B  chaque  année  civile  antici|)ail  aur  l'anaée  no- 
taire d'un  qujrt  de  jour,  ce  qui  Taisiil  1  jour  en  1 
ans,  i  joura  en  8  ans,  etc.,  enliii  3tS5  jours  eu  1460 
aui.  Ce  n'eiait  qn'au  bout  de  1460  années  solaires 


msrqne  Cuvier,  c'est  qu'Hérodote,  qni  ) 
tant  vécu  avec  les  j^g'plietis,  ne  pgrle  nul- 
lement de  ces  six  heures  .qu'ils  «jouigifQi 
\  raDo4e  sacrée,  ni  de  cette  graiida  période 
sotbiaque  (1136)  qui  en  réialuil;  il  dit,  » 
contraire,  que  les  Ëgypliens  fiis«nlleur>n- 
oée  de  trois  cent  soixante-cinq  jour],  Ui 
saisons  reviennent  au  même  point,  en  «ire 
que  de  son  temps,  on  ne  i>arslt  pas  eocorc 
s'être  douté  de  la  nécessilé  de  ce  quart  de 
jour    (1137).  Thaïes,  qui   avait  visilÉ  tes 

K4trts  d'Egypte  moins  d'un  siècle  arini 
érodole,  ne  fit  aussi  connntire  è  ses  cont- 
patriotes  qu'une  année  du  troisceulsoiiinle- 
cinq  jours  seulement  (1138),  ut  si  l'on  coo- 
BÎdèru  que  les  Hébreux,  à  Tépoque  de  l«ur 
sortitid'Et^pte.  vers  1500  «vanl  Jésus-Chriil, 
ne  connaissaient  que  l'année  lunaire,  tl 
(|ue  vers  le  même  temps,  Cérrops,  né  t 
bais  et  fondateur  d'Athènes,  n'importa  en 
Grâce  que  cette  même  année  lunaire,  m 
aura  quelque  droit  de  croire  qne  l'aiioétù 
trois  cent  soixante-cinq  jours  ell«-iite 
n'existait  pas  encore  eu  Egypte  tians  w 
siècles  reculés. 

On  objectera  sans  doute  qus  Uacrobe  il- 
tribue  aux  Egyptiens  une  année  solaire  de 
trois  cent  soixante-cinq  jours  un  qimi 
(1139);  mais  cette  objection  n'a  presijiic 
aucune  valeur  dans  la  question,  cai  cet  au- 
teur, comparativement  réceol,  étant  ncti 
Ibugtemps  afirès  l'établissement  de  l'apD« 
fixe  d'Alexandrie,  a  très-bien  pu  confDndn 
les  époques;  d'autant  mieux  qae  DiodoreJt 
Sicile  et  StrahoD  attribueot  une  telle  iwn 
aux  TbébaÎBs  seulement,  sans  dire  quVib 
fâtd'un  usage  général  (IIMQ.  D'ailleurs  t^ 
écrivains  ue  sont  venus  eux-mêmej  '\Bt 
longtemps  après  Hérodote  qui,  comme  i.uii4 
venons  de  le  voir,  dit  eu  termes  npiii 
que  les  Egyptiens  faisaient  leur  anuèe  di 
trois  cent  soiiaolercinq  jours, 

■  Ainsi,  dit  judicieuscmant  Cuvier,  lis! 
née  EOthiaque,  la  grande  eunée,  a  dA  tffl 
une  invention  assez  récente,  puisqu'elliin 
suite  de  la  com|taraisou  de  l'année  àfM 
avec  cette  prétendue  Booée  héliaque  il 
Sirius;  et  cest  pourquoi  il  n'en  esl  pHj 
que  dansdcs  ouvragesdu  ii*  et  du  m' siH 
après  Jésus-Christ  (llïl),  et  que  le  Sjn<:t>l{ 

que  le  premier  jour  de  l'anée  civile,  on  le  j>n«^ 
du  mou  de  Thoi ,  coïncidait  avec  le  premirt  j^ 
de  l'année  soUire;  mais  alors  il  a'éull  écemlc  iM 
a  nnéeii  civiles.  Ainsi  noe  puicle  période  m<^ 
mençait;  «c'est  cette  période  de  1461  ans  <|"> 
appelait  1»  gruHde  mutée,  le  egele  ctmKtU»r*.  'i"\ 
cl»  cjfMifitf,  te  c^Ut  de  Strïiu,  le  ei/eU  ou  U  ft"* 
ulhiùque,  parce  que  c'était  l'époque  de  la  i-uu>" 
coïncidence  du  premier  jour  de  raniicecJTilf  >" 
le  lever  héliaque  de  Sirius  uu  Soihis  (  caTCti''c' 
mots,  dont  l'un  erec  et  l'autre  cgviiticn,  soet  »<t> 
iiyraes),  qui  représentaii  pour  les  Eg^rtiflu  (e <M 
niencemem  de  la  vérilaUe  année  sula.re. 

(1137)  Vuif.  Hérodot.,  Euterp*,  ci. 

(1138)  Diuo.  LuRT.,  lib.  i.  m  Tluriel. 
(113»)  Haoiob.,  Satmmel.,  1.  i,  c.  15. 
(lltOl  DioDoa.  Sic,  BItt.,  I.  i;  Stram,  Cnf 

p.  ios. 

(Mil)  Vof .  sur  la  nonveaoté  prohaLVdet'i 
période,  l'eiccdleute  dtsierunion  de  M.  Biut  » 


ECt 


UCnONNURE  APOLOGETlQUe. 


BCT 


71* 


ieul,danile  neavièfne,  semble  citer  H*- 

nétboncommeeDSjsDl  fait  mentioa  (11^3). ■ 

Uplacenebit  que  confirmer  les  idées 

que  Doos  (tods  émises  dans  celte  discus- 

iioo,'  TOici  l'areu  de  cesaTant  astronome: 

I  Nous  UTons  Irès-peo  de  renseignements 

ctrtfJDS  inr  l'astroaoïuie  des  Kgf pliens.  La 

jtrcdîoiieiacledesfacesde  leurs pjramides 

iwtlesquitre  points  cardinaux, doniieuue 

id^ ifiniigeuse  de  leur  nanidre  d'obser- 

Tïr;iaiis  aocanede  leorsobserralions n'est 

pneDoe  jusqa'i  nous.  On  doit  être  élooné 

que  ^tti  astronomes  d'Alexandrie  aient  été 

breà  de  recourir  aux  observations  ebal< 

aéeooes;  soit  que  la  mémoire  desobserva- 

bou  égjplieooes  ait  dès  lors  été  perdue, 

wiiqitles  Bgyptiens  n'aient  pas  touIu  les 

conasriqoer.  |i«r  UD  sentiment  de  jalousie 

■(«'ipabire  naître  la  lareur  des  sourerains 

/««r l'école  qu'ils  sTsienl  fondée  (i1%3).  ■ 

Nou  D'ajouieroos  rien  k  des  témoignages 

inui nombreux  etaussi  imposants  parTau- 

lADié  de  leurs  auteurs;  car  ce  serait  ou 

lapposer  le  lecteur  bien  ignorant,  ou  Jeter 

iarti  bonne  foi  les  soupçons  les  plus  in- 

lurieui,  d'antaol  plus  que  les  coosidére- 

iHMis  luinntes  sont  également  de  nature  k 

IcTcr  tous  les  doutes  d'un  esprit  sincère  et 

Muré. 

iUL 

Oo  a  préteadn  qu'indépcodammeDl  des 
noosissapces  astronomiques  qu'ils  ont  pu 
iTuir,  les  Egyptiens  ont  laissé  des  monu- 
ii«iits,  tels  par  exemple  que  les  zodiaques 
k  Ueuderab  el  d'Esnë ,  monumeuts  qui 
«rleat,  par  l'étal  do  ciel  qu'ils  représenteDl, 
oti  date  certaine ,  et  qui»  en  même  temps, 
uiDe,  parsabaule  aniiquité,  laclironologio 
iosai(jue.  Le  premier, sculpté  daus  le  grand 
'Biple  de  Deoderah,  montre,  dit-on,  le 
tistice  d'été  dans  Le  Lion ,  c'esL-à-dire  i 
litaate  degrés  du  point  qu'il  occupe  main- 
uunt;  d'uù  II  résulte  que  depuis  la  coos- 
uciiou  de  ce  zodiaque  jusqu'à  nous,  le 
AiUce  aurait  rétrogradéde soixante  degrés; 
comme  il  rétrograde  d'un  degré  par  soi- 
lOte-douie  ans,  il  s'«&suit  qu'il  a  dû  pré- 
der  notre  fif^e  de  quatre  mille  trois  eeal 
[<Kl  ans.  L'autre  zodiaque,  découvert  daus 
'ne,pré5t:nte  le  solstice  d'été  daus  la  Vierge, 
!St-»-diru  à  qualre-Tingt-dix  degrés  du 
ioi  oiiil  eat  maioteiisul;  ce  qui  doune  à 
zodiaque  une  aotiquilé  de  six  mille  quatre 
at  quatre-vingts  ans.  Hais  si  les  Egjrplieiis 
lieu!  assez  avancés  dans  l'astronomie  il 
I  euvirou  &iz  mille  ans,  pour  tracer  un 
iiaque  et  y  déterminer  les  points  solsti- 
>ux,  ils  devaient  exister  depuis  bien  des 
vies,  tar  ÎI  en  a  fallu  un  grand  nombre 
ur  arriver  à  ce  progrès  aslroDomique;  ce 
i  est  dire  que  les  dates  chronologiques  du 

Bukereka  êmt  plmtiemn  fointi  4t  ftlnnemiê 
V<waa«,  p.  lUeiiuiv. 
Ittf)  Ccvfu,  Oiwmn  ter  Ut  ritçt.,  etc.,  p. 


monde  données  par  la  Genèse  sont  compié- 
tement  erronées. 

PoDf  an'on  puisse  mianx  comprendre  et 
la  difiicDlté  qu  on  nous  opposeel  la  soluliou 
que  nous  espércHis  en  donner,  nous  pré- 
saoterona  d'abord  une  courte  description  da 
ces  zodiaques  ;  nous  l'empruntons  i  Cuvier. 
qui  l'a  prise  lui-mémedans  le  grand  ouvrage 
sur  l'Egypte. 

«  Ainsi  k  Deoderah (l'ancieDoe  Teotyris), 
ville  au-dessous  de  Tbèiies,dans  le  portique 
du  grand  temple  dont  l'entrée  regarde  le 
nord  (llki),  on  voit  an  plafond  les  signes  du 
zodiaque  marchant  sur  deux  bandes,  dont 
l'une  est  sur  le  cAlé  oriental,  et  l'autre  du 
c6té  opposé  :  elles  sont  embrassées  chacune 
par  une  figure  de  femme  aussi  longue 
qu'elles,  dont  les  pieds  sont  vers  IVoIrée. 
la  télé  et  les  bras  vers  le  Dond  du  portique; 

fiar  conséquent  les  pieds  sont  au  noru  et 
es  tètes  au  sud. 

■  Le  lion  est  en  tète  de  la  bande  qui  est  à 
l'occident;  il  se  dirige  vers  le  nord  ou  vers 
les  pieds  de  la  figure  de  la  femme,  et  il  ml 
lui-même  vers  ie  mur  oriental.  La  Vierge, 
la  Balance,  le  Scorpion,  le  Sagittaire  et  le  Ca- 
pricorne le  suivent,  marchant  sur  une  même 
ligne.  Ce  deruier  se  trouve  vers  le  fond  du 
portique  el  près  des  mains  et  de  la  tôle  de 
la  grande  figurede  femme.  Les  signes  de  la 
bande  orientale  commencent  h  I  extrémité 
où  ceux  de  l'autre  bande  fiuissenl,  et  se  di- 
rigent par  conséquent  vers  le  fond  du  fior- 
tique,  ou  vers  les  bras  de  la  grande  figure. 
Ils  uni  les  pieds  vers  je  mur  latéral  de  leur 
côté,  el  les  têtes  en  sens  contraire  de  celles 
de  la  bande  opposée.  Le  Yerseau  marche  le 

Ïremier,  suivi  des  Poissons,  du  Bélier,  du 
aureau,  des  Gémeaux.  Le  dernier  de  la  sé- 
rie, qui  est  le  Cancer  ou  plulOt  te  scarabée, 
car  c  est  par  cet  inbecte  que  le  Canctr  des 
Grecs  est  remplacé  dans  les  zodiaques  d'Ë- 
gyple,  est  jeté  de  cAlé  sur  les  jambes  de  la 
grande  ligure-  A  la  grande  place  qu'il  aurait 
dû  occuper  est  un  globe  posé  surle  sommet 
d'une  pyramide  composée  de  petits  triangles 
qui  représtiDtent  des  espèces  de  rayons,  tt 
devant  la  base  de  laquelle  est  une  grande 
tête  de  femme  avec  de  petites  cornes.  Un 
second  scarabée  est  place  de  c6té  et  en  tra- 
vers sur  la  première  bande,  dans  l'angle 
que  les  pieds  de  la  grande  figure  forment 
avec  le  corps  et  en  avant  de  l'espace  ofl 
marche  le  Lion,  lequel  est  un  peu  en  arrière. 
A  l'autre  bout  de  Cette  mâiiie  bande,  le  Ca- 
pricorne est  très-près  du  fond  ou  des  bras 
de  la  grands  ligure,et  sur  la  bande  k  gauclie 
le  Verseau  eu  est  assez  éloigné,  cependant 
le  Capricorne  n'est  pas  réféié  comme  le 
Cancer.  La  divisiun  du  ce  zodiaque,  dès 
rentrée.se  fait  donc  entre  le  Lion  et  le  Can- 
cer, ou  si  l'on  pense  que  la  répétition  <iu 
scarabée  marque  une  divisiun  du  signe, «lie 
a  lieu  dans  le  Cancer  lul-mSme;  mais  celle 

(ll43)Lui.ACE,  ExfMitiouJM  igtlhmt  4u  mondt, 
p.  SU,  3«3;  V  édiiioD  ;  Paris  \i\i. 
(IIU)  Vt^.  lepMd  oavrseem  l'Enfle,  iai»- 


711 


EGT 


MCTIOMNAIRE  APOU»CETIQUE. 


diifond  te  foit  entre  le  Capricorne  et  le  Ver- 
seau. 

«  Dans  une  des  salles  intérieures  du 
même  temple  était  un  planisphère  circulaire 
inscrit  dans  un  carré,  celui-là  même  qui  a 
été  apporté  &  Paris  par  M.  Lflorrain  et  que 
l'on  Toit  i  la  bibliothèque  du  roi.  On  y  re- 
marque aussi  les  signes  du  zodiaque,  parmi 
beaucoup  d'autres  figures  qui  paraissent  r»* 
l^ésenter  des  constellalions  (llUi). 

«  Le  Lion  y  répond  h  l'une  des  diagonales 
du  carré;  la  Vierge,  oui  le  suit,  renondà 
'  une  ligne  peqiendiculaire  qui  est  dirigée 
vers  1  orient;  les  autres  signes  marcheut 
dans  l'ordre  connu  jusqu'au  Cancer,  qui,  «u 
lieu  de  compléter  la  chaîne  ,  en  répondant 
au  nireau  du  Lion,  est  placé  au-dessus  de 
lui,  plus  près  du  centre  du  cercle,  en  sorte 
que  les  signes  sont  sur  une  ligne  un  peu 
spiral  e> 

«  Ce  Cancer  ou  plutdt  ce  scarabée  marche 
en  sens  contraire  des  autres  signes.  Les  Gé- 
ineaui  répondent  au  nord,  le  Saglltflire  au 
midi  elles  Poissonsb  l'orient,  mais  pas  Irès- 
eiacteiuent.  Au  cdté  oriental  de  tie  planis- 
phère e^t  une  grande  ajoure  de  femme,  la 
tète  dirigée  rers  le  midi  et  les  pieds  vers  le 
nord,  comme  celle  du  portique. 

«  On  pourrait  donc  aussi  élerer  quelque 
doute  sur  le  point  de  ce  second  zodiaque  où 
il  faudrait  commencer  la  série  des  signes. 
Suivant  que  l'on  prendra  une  des  perpen- 
diculaires ou  une  des  diagonales,  vers  l'en- 
droit où  une  partie  de  la  série  passe  sur 
l'autre  partie,  on  le  jugera  divisé  au  Lion, 
o'j  bien  entre  le  Lion  et  le  Cancer,  ou  bien 
entin  ani  Gémeaux. 

«  A  Esné  [l'ancienne  Lalopolls)  ,  ville 
placée  au-dessus  de  Thèbes ,  il  y  a  des  zo- 
diaques aur  plafonds  de  deux  temples  dif- 
férents. 

«  Celui  du  grand  temple,  dont  l'entrée 
regarde  le  levant,  est  sur  deux  bandes  con* 
tiguës  et  parellèlei  l'une  h  l'autre  le  long  du 
c6té  sud  du  plafond  (IIU).  ' 

«Les  figures  de  femmes  qui  les  Ambrassent 
ne  sont  pas  sur  leur  longueur,  mais  sur  leur 
laideur,  en  sorte  que  I  une  est  en  travers 

Crès  de  l'entrée,  ou  h  l'orient,  la  tête  et  les 
ras  rers  le  nord,  et  les  pieds  vers  le  mur 
latéral  ou  vers  le  sud,  et  que  l'autre  esldans 
le  Ton  il  du  portique  ,  également  en  travers 
et  regardant  la  première. 

«  La  bande  la  plus  voisine  de  l'axe  du 
))Ortique  ou  du  nord  urésente  d'abord,  du 
cAlé  de  l'entrée  ou  de  I  orient  et  vers  la  tête 
de  la  figure  de  la  fe:nme,  le  Lion  placé  un 
peu  en  arrière  et  marchnnt  vers  le  fond,  les 

tieds  du  cAté  du  mur  latéral  ;  derrière  le 
ion,  6  l'origine  de  la  bande,  sont  deux 
lions  plus  petits;  au-devant  de  lui  est  le 
Scarabée,  et  ensuite  tes  Gémeaux  marchant 
dans  le  même  sens;  puis  le  Taureau  et  la 
Bélier,  et  les  Poissons,  rapprochés  les  uns 
dos  autres,  placés  en  travers  sur  le  milieu 


de  la  bande  ;  le  Taureau,  la  tête  T«ri  le  it,ur 
latéral,  le  Bélier  vers  l'axe.  Le  Verseau  {jl 
|>lus  loin,  et  reprend  la  ménie  direclm  nn 
le  fond  que  les  trois  premiers  signes. 

<t  Sur  la  bande  la  plus  voisine  du  mur 
latéral  et  du  nord,  l'on  voit  d'abord,  miis 
assez  loin  du  mur  du  fond  ou  de  i'ocnidenl, 
le  Capricorne,  qui  marche  en  sens  cooirtite 
du  Verseau,  et  se  dirige  vers  l'orient  ou 
l'entrée  du  portique,  les  pieds  touniés  ven 
le  mur  latéral.  Tout  près  de  lui  est  le  Ssgii. 
taire,  qui  répond  ainsi  aax  Poissons  et  lu 
Bélier.  11  marche  aussi  vers  l'eDtrée;  mais 
ses  pitids  sont  tournés  vers  l'axe  et  eu  seoi 
contraire  de  ceux  du  Caprîcorûe. 

■  A  une  certaine  distance  en  avant,  et  |irj] 
l'uti  de  l'autre,  sont  le  Scorpioe  et  uiic 
femme  tenant  la  balance;  enfin,  un  peu  plut 
en  avant,  mais  encore  assez  loin  de  l'eilré- 
mité  antérieure  ou  Drieutale,  est  la  Vietge, 
qui  est  précédée  d'un  sphinx.  La  ViergeN 
la  femme  qui  tient  la  balance  ont  busmIci 
pieds  tournés  vers  le  mur,  en  sorte  qBt'w 
Sagittaire  est  le  seul  qui  soit  placé  la  lêiei 
l'envers  des  autres  signes. 

«  Au  nord  d'Esné  est  un  petit  templt 
isolé,  également  dirigé  vers  l'orienl,  et  doni 
le  portique  a  encore  un  zodiaque  (1U7);  il 
est  sur  deux  bandes  lalérales  et  écarts»', 
celle  oui  est  le  Ring  du  cdté  sud  comiuence 

far  le  Lion,  qui  morche  vers  le  fond  ou  itn 
occident,  les  pieds  tournés  vers  le  mut  ou 
le  sud  ;  il  est  précédé  du  Scarabée,  et  celui- 
ci  des  Gémeaux,  marchant  dans  leméoie 
sens.  Le  Tjiureau,  au  contraire,  vient  ïleur 
rencontre,  se  dirigeant  à  l'orient;  mais  le 
Bélier  et  les  Poissons  reprennent  la  direc- 
tion vers  le  fond  ou  vers  l'occident. 

«  A  fa  bande  dncAté  du  nord,  le  Verseii' 
est  près  du  fond  ou  de  l'occident,  marcbiiil 
vers  l'entrée  ou  l'orient,  les  pieds  leuruéii 
verN  le  mur,  précédé  du  Cspricome  et  d« 
Sagittaire,  qui  marcbeat  dans  le  mèmesei'i 
Les  autres  signes  sont  perdus;  maisiletl< 
clair  que  la  Vierge  devait  marcher  eu  Itie 
de  cette  bande  du  cAlé  de  l'entrée. 

■  Parmi  les  figures  accessoires  dece[felil 
zodiaque,  on  doit  remarquer  deux  bélic* 
ailés  placés  en  travers,  l'un  entre  le  Tu- 
reau  et  les  Gémeaux,  1  autre  entre  le  StPf 
pion  et  le  Sagittaire,  et  chacun  presque  m 
milieu  de  sa  bande,  le  second  cependaat  i» 
peu  plus  avancé  vers  l'entrée. 

■  On  avait  pensé  d'abord  que,  din*  I* 
grand  zodiaque  d'Esoé,  la  division  d«  l'en- 
trée se  fait  entre  la  Vierge  et  le  Lion,^ 
celle  du  fond  entre  les  Poissons  et  I*  Ver- 
seau. Mais  M.  Hamilion,  MM.  de  iull»>>'< 
Villiers,  ont  cru  voir  dans  le  spbiot  1'" 
précède  la  Vierge  une  répétition  aiiiii^«  " 
celle  du  Cancer  dans  le  grand  zodiaque  d^ 
Denderab;  en  sorte  que.  Selon  eux,  i*  d'" 
vision  aurait  lieudans  le  Lioo.  Bneffet,uii« 
celte  explication,  il  n'y  aurait  que  ôoi 
signes  d'un  cdté  el  sept  de  l'autre. 


(1145)  Vm.  te  granil  ouvrage  sur  l'Egjiiu:,  Aiili-  (1147)  Vw.  le  grand  Mvr^  SW  rSfjpw,  J'^ 

VMilà,  \ut.  IV,  pi.  XXI.  quiiit,  vol.  f,  pi.  lixxvii. 

(1 14G)  ibid,,  vol.  I.  pi.  Lxxii.  ' 


m 


BCT 


DtcnoMiAiRc  apoim:etique. 


ER1 


*u 


.Qu«nl  au  pciil  zmlfaqun  fhi  nord  d'R»- 

té.  on  ns  siU  si  quelque  eniblènid  aiul«>giie 

i  et  $|ih>Di  t'y  trouvai!,  (larce  qao  cette 

jKiriie  est  détruite  (IIM).  > 
4prèj  ces  détails  qui,  comme  nousr<.-nons 
e  le  dire,  jettent  besiicou|t  de  jour  sur  la 

jiejlion,  nmis  répondons  que  Tes  raisons 

'jr  lesquelles  nos  adversaires  se  fondent 

l'runltribner  i  nés  zodiaques  une  antiquité 

J3W  recalée,  fonl,  les  unes,  lrès-conte5- 

lûilrf  au  moins,  et  les  aulres  cerlaÎDement 

(.Tui^ef.  Nous  allons  essayer  de  Iq  prou- 

iff, 
D'ibord,  de  ce  qu'on  a  remai-quâ  que  imr- 

Kita  tDiJiaques  les  uns  reprësenlent  le 

ulito  d'été  dans  leLion  el  les  autres  dans 

bticr|t,on  a  cm  pouvoir  en  conclure  que 

M  mnoimeots   remontaient  k  une  haute 

Ultiquilé.  Or,  ee  raisonnement  n'est  pas  à 

l'iiride  loul  reproclie;  on  peut  en  conle»- 

IrrVgtlinicnieHL  la  validilâ.  aDans  les  deux 
/TdDJfrs  zodiaques,  remarque  très-judi" 
lifuiement  M.  Letronae,  le  signe  initial 
pinlt  être  le  Lîon  ;  dans  les  deui  autres, 

>)!  celui  de  la  Vierge.  Cette  circonslaoce 
il  d'abord  croire  que  ces  monuments  étaient 
i-r\»Dàent;  en  leur  appliquant  la  préces- 
'.''D  des  équinoxes,  on  crut  pouvoir  déœon- 
rer  que  ces  monuments  remontaient  au 
f.i  lies  (emp<  historiauas,  et  détruisaient 
leToDii  en  comble  la  cLronologie  biblique. 
''aulKs,  au  contraire,  prétendirent  y  re' 
Mir.allre  ene  époque  beaucoop  plus  ré- 
Mt.  CbacuD  donna  ses  raisons,  toutes 
»  ou  moins  arbitraires;  et  ce  qu'on  en 
«>lui  de  bien  positif,  c'est  que  fiersonne 
Hiftil  au  jnsle  ni  la  date  ni  l'obiet  de  ces 
Miumenis  (llfcO).  «  Ajnsi,  en  supposant 
<t  I3  question  fût  uoiquemunt  circoufcnte 
<S5  ces  limites,  elle  serait  au  moins  dou- 
M,  perjonne  n'aurait  le  droit  d'iuférer  la 
nie  antiquité  de  ces  zodiaques;  mais, 
bme  elle  offre  plusieurs  aulres  points  de 
f  sous  lesquels  on  doit  l'eDviuger,  ce 
Il  surtout  ces  autres  points  de  vue  qui 
raissenl  peu  favorables  6  la  prétention  de 
iidtersaires,  comme  on  va  le  voir. 
>De  seconde  preuve  en  faveur  de  notre 
«,  c'est  que  tes  Egyptiens  ne  connais 
ait  pas  autrefois  la  longueur  de  l'année  ; 
b  lavons  d^à  montré.  Or,  si  depuis 
*n  mille  ans  ils  eussent  possédé  des 
ia^ues  assez  perfectionnés  pour  mar- 
I  le»  poiuls  équinoiîaux  et  solsticiaus, 
auraient  eu  iufailliblemeDt  celte  coa- 
Mnce. 

■c  plus,  les  astronomes  égyptiens,  quoi 
»  puis>ie  dire  de  leur  babilelé,  ne  con- 
Mient  pas  avant  Hipparque  la  jiréces- 
I  des  équinoxes.  Or,  s'ils  avaient  eu  sous 
yeux  ces  deux  zodiaques,  ils  auraient 
Elu  très-facilement  cette  précessioo. 

iK}  BnitÈà  Revitm,  février  1817,  p.  136  ;  et  à  tmre  de  tEgypte  pendant  lo  donùtutlion  dit  Greet  tt 

>4e  delà  Lettre  critique  utr  la  Zodiacomanie,  p.  4eâ  Ronuiùit,  p.  456,  i57. 

-LcvKa, Mcc««n,  etc.,  p.  %SU-i57,  note.  (1151)  LeTRm^fE,  ObuniaiioMtcritiqneteiarft/a- 

Uti  L^TKMHn,  Ricàerekeê  pour  unir  à  Ckit-  logitfiut  mr  l'objet  de»  repTétemmtionê  todiaeêle*  fw 

dt  rt^au  pemdaai  ttt  doimiaaiioM  dtt  Grect  et  noci  rutent  de  l'aïuiatâté,  etc.,  p.  3V,  Paris,  ltf%^< 

*<««■».  (lt5i)itW.,  p.  M. 

t^i-  U.TB<M(RE,  BtchtTchet  fomr  tenir  k  Ckit-  , 

DicnoxH.  Apologétique.  I,  S3 


Ajoutons  que  suivant  Champollion,  le 
grand  temple  de  Denderali  étant  de  la  troi- 
sième époque  de  l'art,  vu  l'indécision  des 
contours,  les  articulations  grossièrement 
indiquées,  etc.,  doit  être  regardé  comme  un 
des  monuments  las  plus  modernes  des 
Egyptiens.  Or,  si  le  temple  sur  lequel  est 
construit  le  pavillon  qui  reafermait  le  so* 
diaque  circalaire  o'esl  pas  antérieur  au 
règne  d'Augnsle.  ce  sodraque  lui-même  Dd 
saurait  éire  d'une  date  plus  aneiennet 

Ce  n'est  nas  tout,  les  joscrlptiniu  gfec- 

2ues  trouvées  aur  les  temples  mêmes  où 
Laient  les  zodiaqueS)  trahissent  une  date 
moderne;  c'est  du  moins  le  sentiment  de 
M.  Letronne.  Ce  savant  arcliéologue  dit^  ed 
effet  :  «Enfin,  l'examen  attentif  de  quelques  - 
inscriptions  grecques,  gravées  sur  Ta  fagade 
ou  dans  l'intérieur  des  temples  où  les  zo* 
disques  avaient  été  trouvés,  m'appril  que 
ces  édifices  avaient  été  construits  el  ache- 
vés sous  les  empereurs  romains,  et,  par 
exemple,  que  le  pronaos  de  Benderab  avait 
été  construit  sous  Tibère,  et  celui  d'Esoé 
sculpté  sous  Antonio.  H.  Champollion  le 
jeune,  au  moyen  de  l'alphibet  hiérogly- 
phique qu'il  découvrit,  reconnut  la  vérité 
du  »it  quej'avais  avancé,  eltroura  eooDlre 
que  le  planisphère  de  Deoderah  date  du. 
temps  de  Néron,  el  le  zodiaque  d'Eané  du 
temps  de  Claude. 

■  Il  resta  donc  démontré,  par  le  fait,  que 
les  quatre  fameux  zodiaques  égyptiens  ont 
été  exécutés  du  temps  de  la  domination 
romaine,  entre  Tibère  el  Aptonin.... 

■  Ainsi  toutes  ces  représentations  zodia^ 
cales  ont  été  exécutées  dans  l'espaee  da 
moins  d'un  siècle,  entre  les  années  57  el  IVÎ 
de  notre  ère.  Et,  pour  apprécier  toute  la 
valeur  de  cette  donnée,  il  faut  remarquer' 
que  ces  zodiaques  sont  les  seuls  qui  aient 
été  découverts  en  Egypte)  qu'on  n'en  a 
trouvé  dnos  aucun  des  temples  de  la  Nubie, 
dont  l'époque  est  autérteure  aux  Romains, 
dans  aucune  des  momies  que  nous  connais- 
sons. D'où  nous  devons  conclure  que  les 
représentations  zodiacales  n'étiiient  ni  dans 
les  usages  religieux,  ni  dans  les  habitudes 
nalionales  de  I  ancienne  Egypte  (1150}.  * 

Enfin,  ce  qui  prouve  la  nouveauté  des 
zodiaques,  et  montre  en  même  temps  que 
celte  division  en  tel  ou  tel  signe  n'a  aucun 
rapport  i  la  précession  des  équinoxes,  ni 
au  déplacement  du  solstice,  c'est  un  cer- 
cueil de  momie  rapporté  dans  ces  derniers 
temps  de  Ttièbes,  par  U.  Caillaud.  Ce  cer- 
cueil ,  qui  contient,  d'après  l'inscription 
f;recque  très-lisible,  le  corps  d'un  jeune 
lomme  mort  la  dix-neuvième  année  de 
Trajan,  116  ans  après  Jésus-Christ  (115i;. 
oITre,  en  etfet,  un  zodiaque  divisé  au  même 
lioint  que  ceux  de  Deoderah  (1152}.  Or, 


lis 


ELU 


DlCnONNAmE  APOLOGETIQOE. 


ELU 


d'apris  lODies  les  apparences,  celle  division 
marque  quelque  thème  astrologique  relatif 
k  ce  jeune  bonnne;  conelusiou  qui  doit 
aussi,  ce  semble,  s'appliquer  h  la  airision 
des  qaatre  xodiaque^  qui  nous  occupent  eu 
ce  momeot.  Ainsi,  elle  marque  ou  le  thème 
astrologique  du  moment  de  leur  érection, 
ou  celui  uu  prince  pour  le  salut  duquel  ils 
avaient  été  vAtés,  ou  tel  antre  instant  sem- 
blable relativement  auquel  la  position  du 
soleil  aura  paru  importante  k  noter, 

«Ainsi,  dit  Curler,  su  sont  évanoaies 
pour  toujours  les  conclusions  que  l'on  avait 
voulu  tirer  de  quelques  monuments  mal 
expliqués  contre  la  noureaulé  des  conlî- 
nenls  et  des  nations,  et  nous  aurions  pu 
nous  dispenser  d'eu  parler  avec  tant  de  dé- 
Mail,  si  elles  n'étaient  pas  si  récentes  et  n'a- 
vateot  pas  fait  assua  d  impression  pour  con- 
server encore  leur  iofloeace  snr  les  opinions 
de  quelques  personnes.  »  (Cdtiks,  Dis- 
cours, etc.,  p.  279.) 

EGYPTIENS,  leur  classification  des  races 
humaines.  Yay.  Racbs  bchaihbs,  |  I.  — 
Ont-ils  parlé  du  passage  miraculeux  de  la 
mer  Rouge  par  les  Hébreux?  Fay.  Pusaok 
DK  LA  ma  RouoB,  {  IV. 

BICBHORN,  théologien  naturaliste.  Voy. 

NATCBALISm. 

£LEUTUÈRB  (le  Pape},  ful-il  relire  du 
momanisme  par  saint  Irénée  T  KéfulBlion  du 
M.  Tbierrr.  Voy.  Uinig  (SaiotJ,  J  VI. 

ELISABETH  (Sainte),  cousine  de  la  sainte 
Vierge,  ses  paroles  I  calle-ci.  Voy.  noie  XV, 
)  Vlil,  &  la  fin  du  2*  volume.  —  Eluibrth 
lâaintp]  de  Hongrie,  trait  héroïque  cité, 
rftv.  Siiinvri. 

ËLOHIH.  Yoj/.  UniTi  de  Dieu. 

ELUS.  —  Dieu  nous  a  créés  par  amour; 
Il  nous  a  racbelés  par  un  amourplus grand 
encore,  et  toute  oreille  a  entendu  de  la 
bouche  même  de  la  vérité  celte  chère  pa- 
role :  Ditu  a  tant  aimé  la  monde,  qu'il  a 
donné  pour  lui  ion  FiU  unique  (1153)  l  Qui 
n'eût  cf  u  que  tant  d'amour  ou  tant  de  pou- 
voir obtiendrait  son  effet,  et  qu'6  pari 
quelques  intelligences  obstinées  follement 
Jans  leur  ingratitude,  le  monde  entier,  uu 

J'uurdu  banquet  nuptial»  se  trouverait  assis 
I  la  table  du  Père  de  famille,  et  que  lui,  se 
promenant  tout  autour,  se  réjouirait  de  no 
voir  aucune  pince  TÎdei  aucune  Âme  ab- 
sente, aucun  enfant  échappé  aux  étreintes 
de  la  souveraine  affection  T  Voilà  ce  que 
l'homme  se  figure  dana  son  cœur  pauvre 
et  mortel.  Mats  est-ce  là  ce  que  nous  pro- 
phétise l'Ecriture?  Est-ce  \i  vraiment  la 
conclusion?  Est-ce  le  bien  qui  l'emporte 
sur  le  mal,  ou  n'est-ce  pas  pluiAt  le  mal  qui 
l'emporte  sur  le  bien?  Je  lue  fais,  en  voire 
nom,  la  demande  aveu  ellroi,  et  j'ellenils  la 
réponse.  Quelle  est- elle?  6  mon  Dieu  I 
quelle  est-elle?  Ecoutez  :  Il  y  a  beaucoup 
tTappelét  ttptu  d'^Jiu  (115V).  - 

Voilà  donc  le  dernier  mot  I  Dieu  a  donné  ' 
son  sang  pour  glaner  le  long  des  sièclus 
ttuelquesdiues  é^iarsos,  et  te  reste,  troupeau 

(1155)  JoaR.  111,1(1, 


perdu  dans  l'iniqnilé,  s'en  va,  par  |ilMl»n^«) 
pressées,  grossir  l'abîme  qui  ne  nui  jaiuiii 
ce  qu'il  a  reçu;  l'abtme  qu'liabitent !« 
pleufs  et  les  grincements  de  deuls,  un  feu 
qui  ne  s'éteindrajamais,  etleverauiron^e 
toujours.  Ce  n'est  pas  moi  qui  le  ais;  c'est 
une  autre  main  que  la  mienne  aui  a  grtié 
celte  menace  :  Il  y  a  beaucoup  a'apptlf$  it 
peu  {Titui,  Qu'est-ce  quejepuis  (xinlremie 
si  manifeste  prophétie?  Qu'est-ce  que  jt 
puis,  moi,  le  simple  dépositaire  d'untp 
rôle  qui  n'est  pas  la  mienne,  mais  la  paroi; 
de  Dieu,  contre  un  arrêt  si  clair,  si  pfécij, 
si  au-dessus  de  tnule  interprétation!  la 
soug  du  Fils  de  Dieu  est  d'une  éloqneon 
d'amour  que  Je  ne  saurais  nier;  iloiïcKe 
des  choses  qui  remuent  mes  enitaillts 
jusqu'au  fond;  mais  cette  parole  :Jl)ii 
beaucoup  d'appelée  tt  peu  d'élue,  est  i'tn 
éloquence  de  terreur  qui  ravage  l'tliue (lia 
ravit  ses  tendresses  et  ses  sécurités.  AI 
qui  me  dira  ce  que  je  dois  vous  dire,  tt^ 
apaisera  mon  inlelligence  troublée,  [«» 
que  je  verse  dans  la  vAlre  le  baumf  d'une 
vérité  qui  ne  corrompe  ni  une  bont^ltarn- 
peute,  ni  une  justice  plus  sévère  que  Dieu 
ne  l'a  faite  et  ne  la  voit.  J'ai  l'espémce 
que  Dieu  m'assistera  ;  je  me  perssstle  quVi 
comme  ailleurs  il  y  a  dans  les  mjsl^rci 
divins  une  porte  cunsolante,  une  porle  con- 
nue des  Ames  qui  ne  cberclieni  ni  h  dimi^ 
nuer  ni  k  obscurcir  les  ombres  de  \il<ùj 
Au  lieu  de  restreindre  ce  sujet  terrible,  j^ 
veux  même  l'élendre,  et  me  demandet  poii 


vous  et  avec  vous  quel  est  le  rapport  coa 

Faratif  du  bien  au  mal,  non-seultmetil  liioj 
éternité,  mais  dès  aujourd'hui  dit»  t 


temps  que  nous  habilons.  Appel(ms  i.  n 
tribunal  la  bien  et  le  mat  présents,  lebi 
e(  le  mal  futurs  :  pesons-les  dnus  uiiel 
lance  équitable,  autant  qu'il  est  peraiiij 
des  hotumes  de  le  faire,  et  sachons  qui  M 
deux  l'emporte  réellement. 

Je  commence  par  le  câté  le  plus  proi 
de  nous,  ^jar  celui  qui  est  sous  nos  jeuiJ 

il. 
Do  bien  el  du  mal  prâseols.  —  Le  bien  l'emportr-i-: 


celui  qui  ne  l'est  pas.  -^  Qnaulité  des  >t 
posée  a  la  quiulilidea  ictes  mauvais. —  Le  bKu.c< 
la  vie  :  le  mal,  c'eal  la  idltL;   leure  efTeUd; 
vldu,  dans  les  aiiioas,  dans  rhumaniié. — 
de  la  peine  el  de  la  jouissance  avec  l'ordre  niorilr. 
Le  laboureur.  —  Le  bien  servant  k  l'eipiaUoa  i' 
et  cumpeDMalparuBTÉOdeur  suriulurelleUqx 
matérielle  de  celui-ci. 


Je  vous  prie  de  remarquer  qu'en  ton 
comparaison  il  faut  tenir  compte  de  dr 
éléments,  de  In  quantilé  nialéri<;lle  eldt 
quantité  morale,  ou,  si  votis  l'aimez  niteU| 
de  la  masse  et  de  la  qualité.  Un  géant  sa 
passe  eu  grandeur  mathématique  un  botoo 
ordinaire;  mais  celui-ci  peut  surpat^t  ' 
géant  par  la  beauté,  le  génie  et  la  Terti 
Lors  doue  que  nous  nous  demandoui  ^'  ' 
bien  l'empurle  sur  le  mal  dans  rhuQianr<j 
nous  devous  tenir  compte  des  di'Ui  c» 

(il54)  MttitH.  IX,  l«. 


ELU 


MCTIONMAIRE  APOLOGETIQUE. 


G 


BcnU  nilarels  de  loule  eomparaison,  et 
fmiit*:l»  bien  rem|>orl«-l-il  dans  le 
nondo  10  qnaotilé  niAtérieMe,  l'emporte- 
i-il  tn  quotité  morale  sur  son  ennemi  T 
ie  TOU  prie  de  remaruoer,  en  second 
liHtqn'il  ne  s'i^il  pas  seulement  dans  cette 
(cnpinison  &a  biou  surnstnrel,  mais  du 
bien,  en  général ,  quels  qu'en  soient  la 
nane,  le  mérite  et  I  effet.  Le  bien  surna- 
lDrel,eeiDi  1Q)  a  la  foi  pour  principe  et  la 
tinm  dÎTine  poar  ternie,  est  le  seul  l)ien 
nrbtl,  le  seul  qui  donne  à  une  créature 
.'(«tténnee  et  te  droit  de  posséder  Dieu  Tace 
IfiuiDiiis  tout  autre  bien  est  agréable  k 
Ihn  itat  son  ordre,  et  l'Eglise  a  condauiiié 
cni^iiiitaieot  anathème  è  tout  acte  ila 
Trftd  énué  de  moins  haut  que  le  souffla 
itr  rE'pnl'Saint.  La  probité  nalurelle,  la 
Ufliiè  du  CŒur,  la  grandeur  d'Ame,  la 
napusion,  la  tempérance,  la  force,  mille 
tvlnt  (DoaTemenIs  généreui  se  pressent 
i40fieu\BÛe  l'homme,  et  encore  qu'ils 
l'iinl  p»  la  gr4«e  pour  moteur,  et  l'Uran- 
nie  pour  règle,  ils  Tiennent  de  Dieu  par  la 
»i>iaeace,  et  Dieo  les  reçoit  comme  un 
unjini|fl  indirect  et  imparfait  rendu  k  sa 
wraiDe  perfection.  Il  les  récompeuse  i 
nr  place  et  dans  leur  mesure,  et  même  il 
B  firl  i  auelqu«  degrâ  un  restibule  qui 
Kdoit  deloin  aux  illuminations  de  l'ordre 
«nulurel.  Il  ne  nous  est  donc  (>as  permis 
1 1rs  dédaigner  dans  une  appréciation  de 
tUi  moral  du  genre  humain. 
tnûn,  remarquez  encore  qu'il  ne  sufUt 
l!iPoar  connaître  l'étendue  com)iBralive 
I  bien  et  du  mal,  d'onposer  la  vice  à  la 
Ma,  nais  la  quantité  des  actes  Iwns  k  la 
Molité  des  actes  mauTais.  La  rertu  est  un 
Ktltble,  complet*  qui  suppose  une  âme 
i"Dnée  de  tooles  parts  dans  la  justice  et 
rérité,  et  par  conséquent  cet  état  est 
tt  liodis  que  le  rice  est  commun.  La 
u  grande  pnrtie  des  hommes  est  iraTaillée 
<)aelque  passion  qui  altère  l'harmonie 
lean  habitudes  morales,  el  ce  n'est  oue 
Wnienl,  par  beaucoup  d'elTurts,  qu  ils 
nitDDeot  h  se  dégager  des  ombres  de  ce 
He  empire  pour  se  reposer  dans  la  paix 
ne  conicienoe  qui  ne  leur  reproche  plus 
■  des  imperfections.  Hais  cet  élat  cora- 
la  n'est  pas  stérile  en  actes  dignes  d'a- 
>;it  n'a  pas  pour  conséquence  l'impos- 
)liié  de  produire  du  bien,  et  mAme  mille 
iplusdebieD  que  de  mal.  Cet  homme 
imbilieux ,  Il  sacriliera  beaucoup  au 
)r  de  son  élération;  cependant,  il  est 
tt,  sobre,  exact,  incapable  de  vengeance 
iTiDfidélîlé  ;  il  honore  sa  rie  par  un  dé- 
imeut  sérieux  h  la  chuse  publique,  et 
i>  l'obscurité  pieuse  de  la  famillii,  on  le 
reu*e  meilleur  en  exemples  et  en  alTec* 
1.  Ainsi  en  est-il  d'un  grand  nombre, 
limes  coupables  d'un  maufais  (lenuhant, 
De  sont  ni  dans  la  grflce  de  Dieu,  ni  daua 
gloire  de  la  vertu  saos  lâche  el  sans 
1A«;  mais  il  y  aurait  injustice  à  prendre 
n  jours  comme  ua  tissu  de  crimeSi  el  & 


i:^}  Ont.  xsK,  15  «t  IL 


ne  pas  reconnaître  en  eux  les  instruments 
d'un  bien  plus  grand  que  le  mal  dont  ils 
sont  les  auteurs.  Dieu  les  voit  tels  qu'ils 
sorVt;il  compte  leurs -fautes,  il  écrit  leurs 
bonnes  œuvres,  et  lui  seul  sait  le  degré  de 
miséricorde  où  les  place  son  équité. 

£o  prenant  donc  l'ensemble  des  bits  hu- 
mains, non  nas  dans  un  lamps  nî  dans  un 
lieu,  mais  dans  la  suite  total»  des  généra- 
tions. Dieu  découvre-t-tl  au  monde  une 
quantité  de  bien  matérielletnenl  supérieure 
à  la  quantité  de  mal!  Voilà  la  première 
queslioi). 

Or  il  est  certainement  dirBcîIe  de  ta  ré* 
soudre.  Qui  a  dressé  jamais  la  statistiqn» 
du  bien  el  du  mal  T  Quel  œil,  honnis  celui 
de  Dieu,  connaît  les  pages  du  livre  de  la 
vie  et  du  livre  de  la  mort?  Cn  jour  les 
sceaux  se  briseront,  et  devant  I  nnivars 
assemblé  toute  conscience  apparaîtra  ce 
qu'elle  fut.  Uais,  jusque-li,qui  peut  accuser 
le  genre  humain  d'avoir  semé  plus  de  mal 
que  de  bien  dans  le  champ  douloureux  de 
son  eiil  I 

Lorsque  nous  voulons  connaître  l'étal  de 
santé  du  corps  de  l'homme,  la  Providence 
y  a  pourvu  par  un  moyen  aussi  simple  que 
i>ûr.  Lo  cœur,source  de  la  vie,  communique 
son  mouvement  aux  artères,  où  il  jello  le 
sang  qu'il  nous  a  préparé,  et  celle  impul- 
sion retentit  jusqu'aux  extrémités  de  nos 
organes,  \h  où  leur  frêle  enveloppe  nous 
permet  de  les  iolerroger.  Y  a-l-ij  aussi  nn 
cwur  el  des  artèrea  dans  le  genre  humain? 
Nous  est-il  i)OS»ible  de  les  toucher  de  près, 
et  de  conoailre  è  leur  battement  quel  est 
l'état  moral  de  ce  grand  corps  dont  nous 
sommes  les  membres,  el  auquel  nous  por- 
loDS  le  flux  de  noire  vie,  et  qui  nous  reud 
le  reflux  de  li  sienne?  Je  le  crois,  et  peut- 
être  en  me  lisant  ne  m'accuserez-vous  pas 
de  pousser  trop  loin  l'inTestigalioii  d  un 
mystère  où  il  suffirait  du  doute  pour  ras- 
surer notre  esprit. 

Moïse  avait  conduit  son  peuple  aux  porle« 
de  la  terre  promise.  Averti  de  sa  lin,  et  qu'il 
allait  se  rapprocher  de  l'heure  où  le  Dieu 
qu'il  avail  vu  dans  les  ombres  et  les  foudres 
du  Sioaî  lui  apparaîtrait  dans  la  simplicité 
nue  de  son  essence,  le  front  brillant  encore 
des  deux  éclairs  redescendus  avec  lui  des 
hauteurs  de  l'Horeb,  ii  assembla  les  généra- 
tions du  peuple  élu,  et,  debout  devaut  alleti, 
après  leur  avoir  rappelé  les  miracles  el  les 
lois  du  Dieu  de  leurs  pères,  il  éleva  la 
ivoix  et  leur  dit  :  Je  prends  le  eiet  et  Im  terre 
â  témoin  que  jt  vous  nt  proposé  aujourd'hui 
la  vie  et  la  niùTt,  la  bévédiclioH  it  la  malé~ 

diction Cotuidère,   6  liront,   quaujour- 

dhui  même  je  l'ai  propoié  la  vie  et  le  bien, 
et  d'un  autre  e&U  la  mort  et  le  mal  (1155). 
Ainsi,  ce  crand  législateur,  jetant  sur  la 
nalicn  qu'il  avait  formée  un  dernier  et  pro- 
phétique regard,  lui  révélait  son  avenir  |iar 
un  seul  mot  qui  explique  au»si  l'histoire 
de  toutes  les  races  buuaioes:  le  bien,  c'est 
la  vie,  le  oui  ;  c'est  la  mort.  Le  bien,  c'est  ta 


7IU 


DICTIONNAIRE 


vie  dn  corps,  de  l'dme  el  «les  sociétés;  )c 
mal,  c'est  la  mort  du  corps,  de  l'âme  et  îles 
sociétés.  En  effet,  qu'est-ce  que  le  bien, 
■inon  la  conforaiité  à  la  loi  éternelle  do  l'Are 
telle  que  Dieu  la  porte  en  lui-uiôme,  cl 
qu'esl-ce  que  le  mal,  sinon  l'opposition  à 
celte  loi  7  Quiconoue  fait  le  bien  se  con- 
forme à  la  loi  de  l'être  ;  quiconque  fait  le 
mal  s'éloigne  de  cette  loi.  El  la  loi  de  l'dtre 
étant  nécettsairemeiit  celle  de  ta  vie,  puisque 
la  vie  n'est  que  l'être  en  actiTÎté,  il  s'ensuit 
que  le  bien  se  confond  avec  la  vie  môme, 
el.  le  mal  avec  la  mort.  L'expérJciice  nous 
le  prouve,  s'il  est  possible,  encore  (ttus 
iiinnifeKteinent. 

Vous  Mes  jeunes,  je  le  suppose,  vos  yeux 
4-ayonnent  de  l'iramortalitë  de  loul  ce  qui 
«orameuce,  et  vous  sentez  dans  les  derniers 
replis  de  voire  chair  une  obéissance  à  vos 
désirs,  qui  ne  vous  permet  pas  même  de 
croire  h  la  fragilité  de  vos  années.  Cepen- 
dant, prenez  garde  :  prenez  garde,  non  pas 
il  la  foudre,  tuais  au  péclié.  Si  vou!>  ouvrez 
voire  âme  et  vos  sens  à  cet  hdte  mystérieux, 
il  y  opérera  sourdement  des  ravages  dont  le 
contrecoup  apparaîtra  bientât  sur  votre 
front.  Des  rides  précoces  en  terniront  la 
chaste  limpidilé;  la  lumière  de  vos  regards 
s'affaiblira  sous  vos  paupières  devenues  {>«• 
saules;  vos  lèvres  coniraclées  ne  laisseront 
plus  passer  qu'un  sourire  diminué  el  triste; 
une  profanation  lenle  s'étendra  sur  tout 
voire  visage,  el  y  gravera  les  ruines  que 
votre  âme  se  fnit  au  dedans.  Vous  vous 
broirez  seul  aveu  voire  conscience;  mnis  la 
mort  7  est  avec  vous,  e(  elle  traduit  inces- 
samment vos  débauches  en  une  éloquente 
accusation.  Tout  œil  ta  reconnaît.  Kl:e  est 
la  sœur  du  péché,  et  le  péché  est  son  ai- 
guillon :  Slimulut  auitm  mortit  peecalum 
(il36}.  Comme  le  bœuf  se  hâle  sous  le  dard 
qui  le  preiise,  ainsi  In  mort  se  hâte  sous  les 
coups  du  péché;  elle  s'inûltrc  dans  les  vei- 
nes pour  en  tarir  le  sang,  elle  relâche  la 
vigueur  des  nerfs ,  elle  pénètre  au  fond  des 
os  et  en  dévore  la  substance,  jusqu'à  ce 
qu'enÛQ  elle  et  te  péché  se  saisissant  dans 
une  dernière  étreinte,  le  cadavre  tombe,,  et 
le  ciel  el  ta  lerro  passent  avec  mépris;  car 
il  ;  a  là  un  homme  qui  a  tué  lâchemenl  la 
vie  dans  son  sein. 

Le  même  el  effrayant  mystère  s'accom- 
plit dans  les  nations.  Le  bien  les  fonde,  le 
mal  les  couche  au  tombeau.  Ni  l'antiquité, 
ni  lo  grandeur,  rien  n'est  copabic  de  sau- 
ver un  peuple  corrompu.  Il  traîne  quelque 
lentps  sur  la  scène  du  monde  les  rentes 
iguabics  de  son  histoire,  défendu  par  la 
jalousie  de  ses  voisins  el  parce  je  ne  sais 
quoi  qui  tieni  enl'oirunédilice  ruiné;  mais 
lOt  ou  lar^}  se  décadence  morule  avertit  le 
destin.  Il  vient,  on  ne  sait  d'où,  des  races 
neuves  el  innooiuiées;  elles  rogurdent  de 
loin  cul  empire  usé  qui  semble  encore  vivant 
par  SCS  fonctions,  ses  magislraluius ,  ses 
armées  et  ses  souvenirs,  mais  qui  n'a  plus 
de  substance  ni  du  cimeni,  parce  «lu'il  n'a 

(lIMlj/Car.iv,  5C. 


apouketkioe:'  RUi  n 

plus  de  vertus.  Elles  se  diseut,  TitiliKbnxh 
El  quelque  chose  leur  répond  :  Venet,Dii^ 
tiotns  ,  venez,  mes  Parthesl  N'ajeipln 
peur  de  cette  vieille  [lourprc  qui  est  eocwi 
au  dos  de  la  maltresse  du  mtmdc,  cir  dl 
ne  couvre  plus  Scipion,  elle  ne  coum 
que  le  vice  el  la  mort  avec  lui.  Passez  le  llbii{ 
insultez  le  Danube,  reuversez  l'£u|ih[ai| 
étendez  6  terre  vos  peaux  de  bêles,  eijeiei 
y  votre  proie  1 

Si  je  ne  me  trompe,  nous  sioas  iléc» 
vert  dans  l'humanité  deux  artères  cspibl 
de  nous  révéler  le  secret  de  sou  élainiiin 
l'artère  de  la  vie  et  l'artère  de  la  morl, 
viequi  est  le  signeellarécompensetiubie 
In  mort  qui  est  le  signe  el  la  rècomiienseï 
mal.  Or, en  les  inlerrogeani,  que  nous  dirm 
ellesT  Elles  nous  diront  sans  <IouIb(|r 
mal  esl  grand  dans  le  monde,  {luisquel 
mitions  y  meurent,  mais  elles  qoi»  iliM 
aussi  que  le  bien  y  est  plus  grsJxi  eui 
puisque  l'humanité  vil.  L'Iiumaniliivil^J 
a  traversé  des  phases  sans  uomlire  il 
des  siècles  multipliés,  se  renouTeUutuiii 
la  nature  qui  pousse  de  jeunes  niait 
sur  le  tronc  épuisé  des  forêts,  et  liredi 
corruption  même  un  élément  de  l'ijun 
On  l'a  vue  dans  tous  les  temps,  sauin 
par  1»  main  de  Dieu,  s'épsnuuir  eou 
civilisation,  l'élever  [tar  des  vertus,  \am 
rir  de  dévouements  obscurs  aulaQl  'f't 
nombrables,  puis,  la  dépravation  s'iiiin^ 
sanl  à  la  longue,  rejeter  les  (leuplesiicw 
pour  en  suscilerd'aulres,  et  rendre  14 
nouveaux  figes  un  spectacle  d'hoondj 
H'esl-.ce  pas  le  l'hisloiieT  Les  TicissiliM 
dont  elle  est  remplie  sont-elles  autre  du 
que  les  lempêtes  par  où  le  genriï  liiiutt 
aidé  de  ia  Providence,  purilie  t'aimaipH 
morale  qu'il  respire,  et  perpétue,  msl^ 
puissance  du  mol,  la  supériorité  du  M 
No  sentons-nous  pas  tous  qu'un  peuplsi 
subsiste  que  parsos  vertus,  el  que  si '«' 
vient  y  usurper  le  trône  du  tiiea,  ilj 
iuévilablBnieiit  condamné?  Or  cesconJ^ 
nations  ne  sont  pas  de  tous  k'ïjoin^ 
foudre  vengeresse  n'ulleinl  qu'à  de  M 
intervalles  l'existence  séculaire  de^  i 
lions.  Il  est  donc  permis  de  croire  w 
bien  y  prévaut  longtiiiups,  cl  lorsque 
succombent,  il  est  permis  de  croire  M 
que  Dieu  donne  ou  réserve  leur  plicunj 
peuples  meilleurs.  j 

J'en  appelle  encore  h  deux  autres  s« 
lûmes  parallèles  qui  me  semblcul  prw 
à  ttous  éclairer  dmi  cette  dillicilu  quo'^ 
De  même  que  le  bien  el  le  mal  snul  u° 
la  vie  et  à  la  mort  comme  à  leufs  '"" 
quences  logiques,  ils  sont  un  nuire  su 
dans  la  peiiiç  cl  la  jouissance,  eus  dcui'^] 
qui  composent,  par  leur  disiribulion  s' 
les  houHiics,  le  sort  général  Uu  ë«"^M 
main.  Vivre  et  mourir,  ce  sont  les  iCfj 
extrêmes  où  .i.ous  sommes  contenus;  ^ 
frir  et  jouir,  ce  sont  les  ictiubs  inicrirt 
qui  résument  les  pulsations  (loiioln;^ 
Ur,  si  nous  cherchons  quuls  tout  !«>'< 


ELD 


DKTKMCUmE  APOIX)GETlQCe. 


porttdeU  peine  et  de  U  jouissance  aiee 
rwlre  ownl ,  il  nous  esl  aisé  de  voir  que 
Il  peJM  correspond  au  bien  ,.  et  que  la 
jMisiioce  correspond  au  mal.  Non  pas, 

caleadfi-lebien.  que  jouir  soit  parsoi-oième 

ucriiDf,  oi  qu6  souffrir  loit  par  soi-méEne 

cMTerlu.  Non,  assurémenl.  La  peioe  peut 

c,K  ponëe,  sjos  en  connaître  le  pris,  elle 

■,*u\  èira  DD  motir  de    t^tssphèma  el  de 

kne  contre  Dieu;  comme  aussi  la  jouis- 

sive,  Uiule  corruptrice  quVIle  soit  de  M 

iiturt,  |jeul  anCinlerdes  actions  de  grâce, 

in  mti&ces,  des  ausiérités,  et,  dans  tous 

'ti  m,  tire   l'objet  d'une   généreuse  mor 

dcn:iaa.  Uaîs,  civile  réserve  faite,  il  n'en 

Rflt  pu  moins  vrai  que  la   peine,  c'est-à- 

i;;rt  iiinTsil  sous  toutes  ses  formes,  est 

bimb!«iu  développement  du  bien,  parce 

iuVtpflhfie  le  corps,  détourne  les  vaines 

ilàasfis  pensées,  dimicae  les  moyens  du 

BJj,  en  retranche  les  occasions ,   et   nous 

lifilenGu  devant  Dieu  <Ians  un  état  con- 

tjrmeU'ei|iiatianqui  esl  la  source  unique 

.cuoire  salut.  La  jouissance,  4u  contraire, 

'.'^!4-iIua   la  satisfaction  de  l'être  dans  le 

-''[''S,   conlîent   un   pnison    qui    énerve 

•'iiue  t\  ea  déracine  lentement   la  virilité. 

L'i.i>iD(ue qui  n'a  rien  h  faire  pour  vivre  que 

■i*  nir»,  et  qui  n'applique  pas  ses  facultés 

i^  e'Iètie  honoratjle  d'un  service  volontaire. 

itui-li  tombe,  par  une  pente  rapide ,  de  la 

•t^eardans  l'ennui,  et  de  i'eunuî  dans 

it5  désordres  du  cœur.  Ce  n'est  qu'à  la  lia 

^  l'Âge,  lorsque  nous   avons   pajé  notre 

Idle  au  Irarail,  et  que  la  vie  diiiiinué>!  dans 

Oui  nos  sens  nous  retire  les  Dots  Iniii  vifs 

'tioa  activité,  ce  n'est  qu'alors  que  le  re~ 

u  Dous  sied  et  que  Dieu   1%  bénit.  Le  re- 

R>  Jb  vieillard  est   un  droit   el  une   ma- 

sié.  Assis  à  sonitre.il  fait   doucement 

bLliller  dans  sa  mémoire  le  souvi-iiir  luu- 

Bte  du  bien  qu'il  a  fait,  «I  il  réveille  en 

■L'ui  la  vertu  par  le  S{ieclacle  de  la  paix 

B  cooruime    ses   ans.   Uais  se  reposer 

k.,J  on  u'a  rien  produit,   se  reposer  dès 

j^Jnes^e ,  livrer  à  une  jouissance  pré- 

Ktti  couiiiiue  son  âme  et  son  corps,  c'est 

nr  i-ré|»arer  d'effroj-at)le9  corruptions. 

L'tiiîtoira  vous  l'a  dit,  la  ruine  morale 

kii  i>euple    commence  par  le  rejios   liun- 

>i  de  ses  grands.  Tandis  que  la  vie  se 

Q5erTe  encure  avec  le   travail    dans   les 

»»  obscu»,  elle  s'enfuit  déshonorée  dés 

tilcs   régions   de   la   société.  Des  mœurs 

Aes  r    appellent  des  mœurs  dissolues; 

*  plus  généreux  sangs  s'aviljsseul  dans  les 

liii'iés  après  s'être  aCbiblis  dans  la  mol- 

^,  el  la  dépravation  gagnant  de  proche 

iT'jcbe,  il    oe  reste  quelque  souffle  h  ce 

dH?  vieilli  que  par  Ta  quantité  de  sueur 

'il   est   strictement  obligé  de   répandre 

nr  ne  pas  uourir  do  faim. 

^ela  étant  ,    la  peine  étant  un  signe  du 

^i  el  la  jouissance  un  si^ne  du  m»l,  en 

iiaiiière  ut  dans  les  limites  que  j'ai  po- 

*■  -I  UOU9  esl  iK>ssible  d'en  tirer  qutique 

rujc  •(«  |>oiir  l'appréciaiion  de  l'état  nto- 

ll^Tf  Cen.  m,  19. 


ml  du  genre  bumbtn.  Noos  n'avons,  en 
effet ,  ^^u%  nous  demander  lequel  l'em- 
porte ici-bas  de  1t  peine  ou  de  la  jouis- 
sance ,  du  trovail  ou  du  repos.  Or,  assu- 
rément la  réponse  n'est  pas  difficile.  Dieu 
s'y  est  pris  de  bonne  heure  pour  nous 
attachera  la  nob|e  gymnastique  d'une  la- 
borieuse aetiTité;désque  nous  eûmes  failli, 
il  prononça  contre  nous  l'arrêt  du  labeur, 
dans  ces  miséricordieuses  parol&t  qu'il  no 
faut  jamais  se  lasser  de   redire  :  Tu  maa- 

«erailon  pain  à  latutËtr  de  ton  {roiU(\iTîl), 
>epuis  lors  l'arrêt  n'a  pas  cessé  de  s'accom- 
plir. Eu  vain  la  civilisation  s'est  formée; 
en  vain  les  arts  de  la  paii,  le  commerce, 
l'industrie,  les  inventions  économiques  ûe 
la  science  ont  succédé  aus  dévaiitAtioiis  de 
la  guerre;  rien  n'a  pu  soustraire  l'homme 
à  la  loi  du  travail  pénible,  et  c'est  à  peine 
si,  après  soixante  siècles  d'elluris  pour  en 
diminuer  lo  fardeau,  il  a  pu  se  flatter  d'un 
imperceptible  succès.  Lechrisliaitisme.  i  la 
mort  du  Fils  de  Dieu,  a  retranché  des  mi- 
sères de  notre  sort;  il  a  relevé  l'esclave,  la 
femcne,  l'eufunt,  aJouci  le  pouvoir,  donné  à 
notre  cœur  i  ertainos  larmes  qui  apaisent 
l'am^ixtume  di^s  autres  :  mais  il  n'a  risn  dié 
de  leur  résistance  aux  fruîdes  couches  do 
la  terre,  et  de  leur  ardeur  aux  rayons  du  so- 
leil. Nous  sommes  demeurés  les  sujets  du 
travail  pour  demeurer  lefc  frères  de  la 
vertu. 

Cependant,  je  le  répèle  encore  une  fois, 
afin  que  vous  n'accusiez  |>as  ma  pensée,  in 
peine  n'est  pas  de  soi-même  un  bien  ni  la 
jouissance  un  mal.  L.i  peine  nous  incline 
au  devoir  par  un  état  permanent  de  sacri- 
ûce  et  d'impuissance;  elle  est  lu  rivage 
escarpé  qui  repousse  l'erreur  de  nos  flots 
et  les  retient  dans  le  cours  que  leur  trace 
la  volonté  de  Dieu.  Souvent,  du  haut  de* 
montagnes,  j'ai  regardé  les  pleines  fécondes 
qu'arrosent  les  sueurs  de  l'homme;  j'ai  vu 
le  laboureur  prévenir  le  jour,  et  une  multi- 
tude de  femmes,  d'enfants,  de  vieillards, 
de  jeunes  gens,  le  dos  courbé  vers  la  terre. 
y  creuser  des  sillons  ou  en  recueillir  les 
richesses  semées  de  leurs  mains.  Je  les  ai 
vus,  après  de  longues  heures,  prendre  un 
sobre  repas  sous  l'ombre  étroite  d'un  arbre 
ou  d'un  pan  de  mur,  et  le  soir  venu,  s'en 
retourner  par  bandes  fatiguées  au  seu;l 
hospitalier  de  leurs  rustiques  maiauns.  Ce 
spectacle  m'a  tuuclié  toujours,  il  m'a  tou- 
jours donné  l'idée  que  Dieu  le  voyait  avec 
plaisir,  et  que  si  toutes  ces  Ames  n'étaient 
jias  pures  devant  lui,  du  moins  elles  ne 
l'offensaient  pas  sans  quelque  compensation 
pour  son  coeur  de  père  et  son  équité  de 
juge.  Autre  chose  est  le  mal  se  diJvelu^>pant 
sans  frein  dans  la  Bèvre  continue  de  1  oisi- 
veté, autre  chose  le  mal  comprimé  p-ir  des 
jours  sans  repos  et  des  nuits  sans  illusions. 
La  poésie  antique  avait  placé  la  vertu  sous 
1c  ctiaume;  elle  disait  que  les  dieux,  des- 
cendant de  r01ymj>c,  s'ariëtaieiil  vulonti'ers 
ddns  les  vallons  obscurs,  au  bord  des  ger- 


MCnONNAIRE  APOLOGenQOE. 


bes  amoRceléet  par  la  main  paciSqaa  de 
l'homme  des  champs.  La  sagesM  a  ré- 
pété sor  un  autre  mode  ces  accents  de  la 
pnisio,  et  le  christianisme ,  en  oous  révé- 
lant la  foi  nalre  des  campagnes,  nous  a 
pennis  de  dire  en  uo  sens  plus  élevé  que  le 
poète  romain  : 

0  fortaiuU)s  nimiiiai,  sua  tà  bon  norinl, 
Agricobs! 

Dieu  n*a  pas  todIu  que  la  plus  grande 
part  des  hommes  étouffât  dans  l'air  nesant 
des  villes,  au  foyer  de  toutes  les  ricnesKes 
et  de  toutes  les  lentatinns.  Il  les  adispersés 
•isni  les  soliludes  de  la  terre,  le  long  des 
fleuves,  au  pied  des  monlagnes,  en  face  du 
llrmamenl  qu'il  habite,  pi  il  leur  a  fait  d'un 
travail  plus  pur  et  plus  df^pendanl  de  sa 
providence  un  singulier  secours  et  une 
pernéluelle  religion. 

Hélasljele  5ais,  tout  se  corrompt.mâme 
\i-$  cliamps.  Hais  cette  corruption  n'est  pas 
l'élai  naturel  des  choses  ;  el  le  accuse  un  poi- 
son venu  de  plus  haut,  et  prophétise  les 
catastrophes  qui  préparent  la  chute  ou  le 
renouvellement  des  nations. 

Bref,  de  la  oomparnisDn  de  la  peine  niée 
la  jouissance  el  de  In  vie  avec  la  moii,  ce 
douille  symptAme  révélai eur,  nous  pouvons 
i-oiiclure  que  la  quantité  matériello  du  bii>u 
l'em|K>rte  ici-bas  sur  la  quantité  matérielle 
du  mal.  Hais,  encore  que  nos  calculs  man- 
quassent de  vérité,  la  Question  ne  serai[-|iBS 
résolue  rentre  la  Providence.  Car  il  ne  suffit 
)>as  de  comparer  les  laits  aux  faits  et  de  les 
jitiser  dans  la  rigueur  servile  d'une  balance 
luaihémalique  ;  il  tnul  surtout  coiinatlre 
leur  valeur  métaphysique  et  morale,  et  tes 
juger  sous  ce  rapport  qui  décide  de  loul. 
Or,  métflphysicfuement  et  moralement,  le 
bien  domine  le  mal  d'une  inconteslable 
lisuleur.  Le  mal  n'est  qu'une  négation,  il 
introduit  dans  l'être  une  difTormilé  qui 
blesse  l'ceil  de  Dieu,  mais  qui  n'y  détruit 
pas  substantiellement  son  oiivra^je  :  Dieu 
y  rcconnatl  encore  sa  main.  Comme  une 
stalue  mutilée  sort  de  la  terre  où  les  siècles 
l'avaient  enfouie,  ainsi  l'dme  dégradée  pur 
le  péctié  api'sratt  aux  regards  de  .son  [lëre  ; 
c'est  un  marbre  déshonoré,  mais  où  respire 
encore  la  vie  et  auquel  l'artiste  suprême 
peut  rendre  sa  première  beauté.  Il  y  tra- 
vaille avec  ardeur;  il  aime  ce  dél^ris,  il'y 
frappe  des  uoups  qui  émeuvent  son  espé- 
rance et  «tlendrissent  st^s  rei^rets.  Ce  n  est 
qu'à  )a  mort  que  le  mal  persévérant  prend 
une  ooflsiatanue  b  l'épreuve  de  ramourdivin. 
Kl  que  Dieu  le  voit  comme  un  impanlunnu- 
ble  ennemi.  Jusque-là  il  apparlieni  encore 
k  l'archileclure  du  bien,  il  est  une  pierre 
espérabie  d|e  la  sainte  cité  ,  el  peut-être  y 
cntrera-t-il  en  un  lieu  magnifique,  qui 
étonnera  l'innocence  sans  la  décourager. 

Vous  {e  voyez  donc  ,  la  quantité  maté' 
riulle  disparaît  ici  devant  la  valeur  mélha- 
pliyaique  et  morale;  l'opposition  absolue-, 
t-nlre  le  bien  et  le  mal  n'est  j>asu  ne  rtfaiitédu' 
temps.  Diuu.dii  haut  ilosn  providence,  ne  dé- 
couvre pas  l'bumauité  lerrc!.lie  connue  par- 


tagée en  deax  camps  pour  jamais  s^fttit 
des  monstres,  le  des  malheureux.  IItuIii 
loul  des  èlres  faibles,  les  uns  qui  odIi 
rédé  leurs  frères  aux  rég-'oDsdc  It  it\ 
les  autres  quiaspirenl  h  les  rejoindre,» 
ci  plus  proches,  ceux-là  plus  loin,(|ueIqi 
uns  désespérés  d'euz-ménjes,  mais  non 
de  la  bonté  divine,  tous  duGd  fortturil 
seul  corps  dont  les  membres  s'assisleni 
où  le  mal  sert  h  promouvoir  le  bien,  cou 
le  bien  sert  à  l'expiation  du  mal.  C'est  |x 
quoi  il  est  écrit  que  dix  justes  inri 
suffi  pour  obtenir  de  Dieu  le  psrion  d' 
ville  réprouvée,  parceqaecesdtijusia 
ajipliquant  leurs  mérites  i  destrcies 
minels,  mais  cafiables  encore  àe  reioi 
de  miséricorde,  auraient  rétabli  daDsli 
lance  divine  un  équilibre  entre  le  hi«oi 
mai.  Qui  sait  d'ail  leurs  à  quelle  furceJliii 
silé  peut  atteindre  la  vertu  el  quel  ilevieÉ 
prix  dans  ces  immolations  iiiliinesqu* 
révèlent  imparrnitemenl  la  vie  àvsS 
Le  comte  de  Hnjstre  a  diloicellciDM 
«  Il  7  a  eu  d  Jns  le  cœur  de  Louis  XVld 
acceptations  capables  de  sauver  la  Fiie< 
N'y  en  a-t-il  pas  d'autres  plusoliscuretl 
vaut  les  hommes. mais  plus  précicuseti 
Cire  devant  Dieu?  Les  jours  d'u»tissr 
charité  nesulBraient-ils  pas  pourliina 
tre-poids  aux  crimes  d'une  inulliuJtN 
le  crois  sans  peine,  puisque  DieuBtl 
mandait  que  dit  justes  pour  épir^M 
ville  coupable  de  désordres  qu'on  iiell 

Îias  même  nommer.  Je  lu  crois  eacortœi 
orsque 
est  dâ  i 
parable 

sonne  e  _      .      , 

frait;  mais  qui  cependant,  toute  projtlf 
gardée,  nousprouve  querinlensilédij 
dans  une  âme  unique  peul couTriruna 
d'iniquités. 

0  TOUS  donc  ,  enfants  du  ical, 
malgré  foIre  nombre,  qu'il  nedépr 
de  VOUS  de  prévaloir  contre  la  cité  li 
el  d'en  obscurcir  l'éclat  suraliondnnll 
a  suffi  pour  renverser  Goliath;  vi 
suHit  h  Dieu  pour  se  faire  un  renipart 
l'année  de  vos  infidélités.  Il  y  vw 
ardeurs  qui  éloufferolit  les  lûlres, 
baumes  qui  purilieront  la  terre  dfl 
de  vos  nuils.  Allez,  faites  Toire  ' 
dormez  votre  sommeil,  comme  tous 
Bussuut  :  tandis  que  vous  ell^icci  u' 
l'image  de  Dieu  pur  des  souiliurcs 
vous  voudriez  vous  cacher  la  boiu^ 
que  pauvre  jeune  fille  veille  pour 
Ihoni.eurd  une  virginîlé  qui  a  toi 
la  misère,  la  séduction,  lajeuue» 
beauté,  le  besoiu  d'aimer,  quit;>l>' 
dans  les  cœuis  purs.  Tandis  quero^ 
sez  l'or  daus  un  luxe  sans  rrull,  4' 
servante,  la  vôtre  peut-être,  rélfK 
pain  de  chaque  jour,  el  en  fait  i  1' 
denne,  dans  le  sein  des  nulheu'^"'- 
criliie  qui  la  justifie  de  votre  ibihIi 
durcie.  Tandis  que,  («Pur  iineo^'^ 
voire  urjjueil  a  légiiimenieiit  sw"'''^' 
répandes  le  sangd'un  Iiommc.  d''*'"" 


m  ELU  HCTHKINJUnE 

Joaaeni  le  leur  aax  extrémilés  da  monde 
jOtiraffinner  la  fui  qui  sautsn  leurs  bour- 
reiDit  el  ils  tirent  de  leur  supplies  plus  de 
grke  <jD'i' n'eu  faut  pour  laver  cent  fois  le 
tinçdool  TOQS  êtes  courerl.   Ainsi,  sous 
riciiDQ  da  Dieu,  la  grandeur  surnAturelle 
ia  bitn  compeoie,  s'il  en  est  besoin ,  la 
qnjiiIJIé  malérielle  du  mal,  et  rbumanilé, 
nuigré  KS  tantes,  ne  présente  point  au  ciel 
«  spectacle  horritile  dont  on  voudrait  acca- 
bler oolre  foi.  Le  mal,  tel  qu'il  est,  coatribae 
plntUi  l'aecrois^emeDl  du  bien,  comme  la 
Km  corrompue  donne  k  la  végétation  un 
ilinfol  plus  Ibrl. 
Go  josr  viendra  peut>6tre  où  le  mal  l'etn- 
poncn  réellemem  sur  le  bien,  suit  en 
4UDUié,soit  en  intensité  :  ce  sera  le  si- 
fMifeli  fia.  I^s  justes  ne  faisant  plus   le 
oMira-poids  des  méchants  par  leur  nom- 
À7!  flf  pjr  leurs  vertus.  Dieu  prononcera 
noirelegenra  humain  tout  entier  l'arrêt 
qi'ilitiQtde  fois  prononcé  dans  le   cours 
des  siècles  contre  les  nations.  Comme  il 
tcrîTit  de  M  m  atn  sur  les  murs  de  Bab;- 
loafl  la  prophétie  de  sa  cbule,  ainsi  écrîra- 
l-il  dans  les  umées  la  ruine  du  monde   dc- 
*enn  la  derovère  Babylone,  ei  la  sentence 
Mnlt  même  que  pour  Balthazar:  Tu  a*  été 
fondant  la  frotenc»  «c  en  t'a  trouvé  léger. 
iuqae-li.  Dieu,  qui  tient  cette  balança  lor- 
nidable  par  son   équité    même,  n*a  point 
Modamoé  h  mort  le  genre  faumain.  Rëspec- 
iMii  sa  justice  avec  sa  clémence,  et  ne  lui 
•ppOsODS  pas  DOS  crimes  pour  accuser  son 
puveraeiBeot.  D'ailleurs  le    temps  n'est 
ese  l'épreoTe,  il  n'est  pas  le  résultat.  C'est 
HDt  l'eteraitâ  qu'il  fout  jeter  nos    regards 
pour  juger  déflaitiTement  la  Providence, 
He'eM  là  uns  doute  que  vous  m'allendez, 
ntés  de  ce    mot  fameux  :  Ity  a  beaucoup 
ttfptid*,  mmi*  peH  Sélut. 

I  n. 

h  Hea  et  âa  mal  faton.  —  Le  peUt  nondire  An  élus 
it'empm  ■Bdonedebi.  —  loierpréiailMiiesieiiei 

*  lïna^le  oA  U  ctt  parlé  du  pelit  nombre  des  élm 
Hde  ta  parla  étrdie  —  Hort^té  de«  eafuits  de  II 

n  lire  fe  U  qoatonlèiDe  innée. — L«  tu  el  la  duritd 
la  fesMe.  —  Le  paoTie.  —  ûnidlutoa. 

J'obéis  i  TOire  impatience,  et  je  puis  la 
limer  par  nue  Irèa-siinule  déclaration  :  le 
!lit  nombre  des  élus  n  est  pas  uu  dogme 
iroi,mais  unequestion  librement  débal- 

*  dans  l'Eglice.  Je  voua  TaOïrme  et  je  vous 

I  doDoe  iiuDBédiatemeot  la  preuve,  si  vous 
soohailez. 

farmi  les  écrivains  du  dernier  siècle  qui 

II  honoré  relise,  il  en  est  un  d'une  ré- 
italion  modeste  et  grave,  dont  le  savoir 
al  point  eonlesté,  dont  l'orthodoxie  l'est 
fiai  encore  :  Je  vous  ai  nommé  Bergier. 
,  Bergier,  Irailant  la  question  qui  nous 
cupe,  s'exprima  ainsi  :  •  On  esprit  solide 
iufQsaminent  insiruit  ne  se  laisse  point 
raaler  par  une  opinion  problématique,  et 


APOLOGETIQUe.  ELU  TM 

sur  laquelle  l'Eglise  n'a  point  prononoé, 
(elle  qu'est  celle  du  grand  nombre  ou  du 
petit  nombre  des  élus  (llâS).  ■  Et  ailleurs, 
après  avoir  exposé  le  désaccord  des  Pères 
de  l'Eglise  et  oes  commentateurs  de  l'Ecri- 
ture sur  ce  sujets  il  ajoute  :  ■  Si  les  parabo- 
les de  l'Evangile  peuvent  servir  de  preuve, 
on  en  doit  plutAt  conclure  le  grand  nom- 
bre que  le  petit  nombre  des  hommes  sau- 
vés, Jésus-€hrisl  compare  la  séparation  des 


bons  d'avec  les  méchants,  au  jugement  der- 
nier, à  celle  que  l'on  fait  du  bon  grain  d' 
vec  l'ivraie.  Or,  dans  un  champ  cultivé  avec 


soin,  l'ivraie  n'ajamais  été  plus  abondante 
que  le  bon  grain,  il  la  compare  k  la  sépa- 
ration des  mauvais  poissons  d'avec  ks  boas  ; 
h  quel  pécheur  est-il  arrivé  de  prendre 
moins  de  bons  poissons  que  de  mauvais?- 
De  dix  vierges  appelées  aux  noces,  cinq 
sont  admises  b  la  compagnie  de  l'époux. 
Dans  la  parabole  des  talents>.  deux  servi- 
teurs sont  récompensés,  un  seul  est  puni; 
dans  celle  du  festin,  un  Mul  des  couvives 
est  chassé  [1159}.  ■ 

Je  pourrais  en  rester  Ik  :  car,  puisane 
vous  êtes  libres  de  croire  au  grand  nombre 
des  élus,  croyes-ji  et  ne  vous  en  inquiétez 
pas  davantage.  Hais  il  ne  sera  pas  inutile, 
je  le  pense,  de  vous  faire  connaître  los  mo- 
tifs qui  ont  empêché  l'Eglise  de  se  pronon- 
cer sur  celte  grave  question. 

Llicriture  en  est  sans  contredit  la  cause 
première.  Car,  bien  que  ce  fameux  texte, 
t^  jr  a  beaucoup  d'appelig  et  peu  (rétu$,  vous 
paraisse  d'une  évidente  clarté,  il  est  bien 
loin  d'en  être  ainsi.  C'est  précisément  le 
texte  qui  a  le  plus  divisé  les  Pères  et  les 
commentateurs.  En  effet,  il  n'est  écrit  que 
deux  fois  dans  l'Evangile  avec  des  circons- 
tances qui  lui  donnent  un  sens  opposé  an 
sens  vulgaire.  Dans  la  première  occasion, 
le  royaume  du  ciel  est  comparé  k  un  père 
de  famille  qui  loue  des  ouvriers  dès  le  ma- 
tin pour  travailler  h  sa  vigne,  et  qui  en  re- 
çoit d'autres  successivement  k  des  heures 
plus  avancées,  jusqu'è  ce  que  le  soir  venu, 
il  donne  k  tous  la  même  récompense  sans 
faire  aucune  distinction  entre  ceux  qui 
sont  venus  le  matin  et  ceux  qui  sont  venus 
tardivement.  Sur  quoi  les  premiers  mon- 
trant de  l'indignation,  If  père  de  famille 
leur  dit  :  De  quoi  vaut  plaignex-voutt  us 
êui$-je  pae  convenu  avec  voue  d'un  denier  f 
Preiiez  ce  gui  voui  appartient  et  altex-voui-  ■ 
en:  quant  à  celui-ci,  qui  ett  venu  bien  aprêê 
voue,  il  me  plait  de  lui  donner  la  mime  ré- 
eompeMt  qu'à  vous.  Eit-ee  que  Je  ne  tuit  pag 
libre  de  faire  ee  que  je  veux,  et  faut-il  que  vo- 
tre ail  toit  maucn»,  parce  que  je  euit  bonT 
Âimi,  ht  premitrt  teront  Itt  dtrniert,  et  les 
darniert  teront  lei  premierâ  ;  car  il  y  a  beau- 
coup d'appelé»  et  peu  d'éiut  (1160)-  Il  est  m» 
nifeste  que  la  dilbcullé  de  la  parabole  ne 
consiste  pas  dans  la  petit  nombre  des  ou- 
vriers récompensés  de    leur  travail;  cil* 


IISS)  DictiamMohe  Ht  ihéolagie,  au  mot  Elu.  édit.  in-S*. 

li:>9l  Traité  de  la  truie  relipM,  lom.  X,  p.  ZSS         (1160J  Ma 


consiste,  au  contraire,  en  ce  que  tous  élanl 
ffécorni<ensës,  ceui  qui  paraissent  aroir  le 
moins  (le  loérile  ne  sont  pas  plus  mBllrailés 

3ue  lesaulres.  Eirexnlication  qui  en  est 
onnâe  estcelle-Ct  :  C'til  que  la  prtmieri 
ffr«nf  la  dtmierg  ef  gue  la  dtmiera  scrtml 
lt$  prtmieri,  Usis  celte  explication  étant 
obscure  elle-mëaie,  le  père  de  famille  l'é- 
claircit  par  ce  mot  :  Car  il  y  a  beaucoup 
à'upptUt  etptu  d'élui.  Ce  qui  veut  dire  Don 
pas  qu'il  y  a  peu  d'hommes  sau?és,  conctu' 
sion  qui  n'aurait  aucun  rapport  arec  la  pa- 
rabole ou  même  la  contredirait,  mais  que 
IWBUcoup  étant  appelés  par  une  grâce  com- 
mune, de  premiersqu'ils  étaient  deviennent 
les  derniers,  tantiis  que  quelques-uni 
étant  olioisis  par  une  grAcit  spéciale. de  der- 
niers qu'ils  étaient,  deTiennent  les  pre- 
piiers. 

Dans  la  seconde  Oucasion,  le  royaume  du 
ciel  est  comparé  è  un  roi  qui  prépare  les 
noces  de  son  Gis,  et  qui,  tout  étant  prêt,  en- 
voie ses  serviteurs  aux  invités  pour  tes 
presser  de  venir.  Hais  ceux-ci  refusent  sous 
dirers  prétcxies,  et  quelques-uns  même 
maltraitent  les  envoyés  du  prince,  lequel, 
irrité  de  leur  conduite,  fait  entrer  à  leur 
place  dons  la  salle  du  festin  tes  premiers 
Venus  que  l'on  a  rencontrés  sur  les  clie- 
mins.  Pois,  entrant  lui-même  après  eux 
pendant  qu'ils  sont  h  latile,  il  aperçnil  Tun 
des  convives  qui  n'est  pas  revêtu  de  l'ha- 
hil  nuplial,  et  il  lui  dit  :  Uqji  ami,  pour- 
quoi élet-vout  entré  latit  avoir  Chabit  nup- 
tial? Et  eelui'Ciu  taisant,  te  roi  dit  à  itiof- 
ficiert  :  Liez-lui  le»  pietù  tl  lei  main*  et  ft~ 
les-le  dont  ta  ténêbra  extiriearet,  là  où  tJ  y 
aura dei  pleurs  et  des  grincementi  de  dents: 
car  il  y  a  beaucoup  d'appelés  et  peu  d'élus 
(1161).  Il  est  manifeste  enrore  que  la  diflî- 
«ulté  de  (a  parabole  ne  porte  pas  sur  le  pe- 
tit nombre  des  convives  déGnitivement  ad- 
mis, puisqu'on  les  a  ramassés  inJifférem- 
Cpeat  sur  les  routes  et  qu'un  seul  est  chassé 
de  ia  salle  du  banquet.  Si  donc,  en  cette 
circonstance,  il  y  abenucuup  d'appelés  et 

fieu  d'élus,  cela  veut  dire  seulement,  duns 
a  bouche  du  roi  comme  dans  celle  du  père 
(le  famille,  que  peu  d'hommes  reçoivent 
une  grâce  spéciale  qui  leur  permette  de  se 
conduire  avec  plus  de  familiarilé  que  les 
autres  dans  les  choses  divines,  et  de  comp- 
ter dur  une  surabondance  de  miséricorde  h 
leur  égard.  C'est  la  tentation  d'un  certain 
nombre  qui,  étant  appelés  au  hasard  sur  le 
chemin  pour  remplai;er  d'autres  invités,  se 
persuadent  qu'ils  sont  des  élus  de  faveur, 
et  qui  négligent  d'assurer  leur  salut  par 
une  exacte  Gdélité.  Jésus-Christ,  dans  celte 
parabole,  veut  leurapprendro  que  s'il  y  a  en 
effiit  des  derniers  qui  deviennent  les  pr^ 
miers,  il  n'appartient  à  personne  de  présu- 
mer ainsi  de  soi. 

Vous  le  voyez,  vous  voilà  loinde  laclarté 
que  voua  aviez  cru   reconnailre  dans  ce 


APOLOGETIQUE.  ELU  » 

leste  :  Ily  a  beaucoup  d^appMi  a  fuH- 
lui.  Hais  il  en  est  un  autre  que  je  ne  doit 
pas  vous  dissimuler,  et  qui,  tint Mtedici. 
sif,  otTre  cependant  un  sens  mcini  beil». 
ment  réductible  à  notre  vœu  d'élend»  le 
royaume  du  ciel  autant  que  nous  le  permet* 
ti'Dl  les  fondemenLs  de  la  foi.  Oins  watet- 
mon  sur  la  montagne,  lésus-ChrisI  dinll  i 
la    multitude:  Entrex  par  ia  porlt  Âwli, 
parce  que  ta  porttesl  largtel  Utoieatifi- 
ciitue  qui  ttune  à  ta  perdition,  et  Ut/ a* 
beaucoup  qui  entrent  par  elle.  Comiia  ut 
étroite  la  porte  et  resserrée  la  voit  qui  cet. 
duit  à  la  vie,  et  il  y  en  a  peu  pii  ia  treuru 
.  (1162).  La  force  de  ce  texte  n  est  pas  dini 
i'o{i(iusition  de  la  voie  large  et  de  li  inie 
étruUe;  car,  de  ce  qu'une  voie  eiiritroile,!! 
ue  s'ensuit  pas  que  le  petit  nombre  ;  |ius(, 
lorsqu'elle  est  la  seule  qui  conduise lubiL 
Les   Thermopyles   n'étaient  qu'un  sealic 
tortueux  et  rude  dans  lesmunlsgncs.id»- 
pendant  l'armée  de  Xerxès  le  frBDchil,[ira 
qu'elle   n'avait  pas  d'autre  issue  pomi^- 
nétrer  en  Grèce.  Ueis  iésus-ChrislijM 
qixe  beaucoup  entrent  par  la  «oit  largtil{M 
peu  trouvent  la  voie  élroile,  parole  qui  a- 
rait  décisive  si  elle  s'appliquait  t.  tous  lu 
temps  et  tous  les  lieux.  Or,  il  n'est  pis  ni- 
uil(.'Ste  qu'il  en  soit  ainsi.  La  Vulgste  s  in- 
duit la  phrase  hébraïque  en  une  niiDièrt 
qui  la  restreint  aux  commencements  d*  '■> 
prédicfltiûQ  de  Jésus-Christ,  et  ce  n'est  pu 
sans  doute  par  inadvertance  qu'elle  a  p'^ 
féré  cette  traduction.  EDCOUiparaDltei<Jis- 
ceurs  du  Soigneur  entre  eux,  on  y  nom- 

Sue  fiius  d'une  fois  la  distinction  du  deui 
poques  diversement  caractérisées,  Vèpt- 
^ue  de  son  ministère  et  celle  de  sa  luorL 
b1l  dit  :  La  voieeit  étroite  quimintil^^ 
et  tl  y  m  a  peu  qui  ta  trouvent,  il  tlitsusii: 
Lorsque  j'aurai  été  élevé  de  terre,  j'attirm^ 
tout  à  moi  (1163).  Les  deux  paroles  s» 
vraies  dons  leur  temps.  Jésus-Christ,  locH 
qu'il  s'adressait  au  peuple  sur  la  mODli|in| 
n'avait  &  sa  suite  que  quelaues  discipJa 
choisis,  et  tout  autour,  aussi  loin  que  i^^ 
tendaii  le  monde,  une  multitude  qui  dVd' 
tendait  point  encore  sa  voix.  Mais,  lar.'qu| 
jetait  son  regard  par  delà  sa  mort,  il  vn}N 
les  nations  entrer  en  foule  (Jant  son  E£li>« 
les  rois  et  les  reines,  selon  ta  préiieliM 
d'Isaïe,  baiser  la  trace  de  ses  pieds,  et  ■ 
croix  portée  parmi  les  élendards  » 
mains  pénétrer  plus  loin  que  tuul  ein|ii« 
connu.  Sou  Ame  alors  ne  pouvait  plusdinn 
Il  y  en  a  peu  gui   trouvent  ;   elle  di>}il 

J)uand  j'aurai  été  élevé  de  terre,  j'atItTtn 
out  i  moi. 
Ajoutez  que  la  quesliOD  lai  ayant  i'" 
nettement  posée,  Jésus-Christ  n*8  pas  vtm* 
la  résoudre,  mais  la  tenir  en  suspens,  u 
lui  disait  un  Jour  :  Seigneur,  y  ena-t-Hp' 
de  sauvés  (il6&]T  Itien  n'était  plus  dur 
que  répondit-il?  Il  répondit  :  TdcAei  (fntri 
par  la  porte  étroite,  car  ily  en  a  beautetl'-!^ 


(1163) /(iwi.  XII,  ôî. 


Dfcnoinuwfc  APOLOcenQUE. 


ELU 


730 


nrfrwl  mnr  H  ^n'tmtreroml  paa  (tiVi). 
Cfliit  un  ennui I  atile,  qiit  ne  d^lruÎMiil 
p4iiil  II  njsière  mile  aussi.  Vous  me  direz 
real-ttraipoDrqooi  rénondet-rous,  puisque 
JiMf^farist  n'a  pasreponda?  JAsiis-Christ 
n't  pas  Téfoaàtt,  parce  qu'il  élsit  Dieu  et 
qg'il  eill  bit  un  dopne;  je  réponds  parée 
qoe  je  luii  na  homme,  el  que  je  ne  fais 
■tusDcopiDien.  Haiseelte  opinion  est  libre, 
(t  il  NHts  est  permis  de  la  TurliBer  arec  mei 
{«r  II  considérai  Joo  des  ruses  admirables  de 
Et  Pntiiileace  poor  accroître  le  nombre  des 


Din  edt  pa  décider  qne  nul  n'entrerait 

urDTMffle  des  cieui  qu'après  avoir  pris 
■M  put  personnelle  k  la  laite  du  bien  et 
da  ni,  tt  accepté  le  sang  de  son  Fils  dans 
Il  libn  plénitude  de  la  raison.  C'est  le 
atutin  qu'il  a  voulu.  Il  a  ouvert  aux 
nàati  les  portes  de  Tinnocence  pt  du  mé- 
rilf,  il  ■  dit  d'eu  i  :  Laiut%  Ut  enfantt  vmir 
à  mi,  Hiults  empêches  pat,  car  le  royaume 
éi  n'd  e$t  eompoié  denfaïUê  (1166)  et  les 
regirdagt  une  autre  fois  d'un  œil  plus 
dooi  encore,  s'il  est  possible ,  il  disait  :  La 
nlMiédartlre  Père  qui  ttt  an  ciel,  n'ett  pa$ 
jt'MUtulieeti  enfànlt pérUte  (1167). Quelle 
pin/le  dans  une  boucba  où  toute  parole 
étiil  vérité  el  efOcacité  t  Aussi,  dès  l'origine 
do  monda,  une  source  particalière  de  salut 
»ii[  élé  pré|iarée  pour  l'âme  des  enfants. 
ComiDe  ils  SDcent  le  lait  de  leur  mère  sans 
Il  tonnaître ,  Dieu  a  voulu  qu'ils  bussent 
*oi  mamelles  de  la  foi  et  de  la  cbarilé  sans 
nonatlre  oi  l'une  ni  l'autre»  et  que  le  sang 
M  son  Fils  leur  filt  veràé  goutte  k  goutte 
l'^nf  même  que  leur  œil  s'ouvrit,  que  leur 
KYille  entendit,  et  que  leurs  lèvres  pussent 
vûDoncer  son  nom.  Dans  les  temps  qui 
irtcédèreoi  la  mort  du  Christ  et  la  promul- 
niion  de  l'Evangile ,  les  enfants  étaient 
mrft  dons  ta  foi  de  le»r$pèru.  Dieu  vou- 
•ni  les  regarder  comme  une  même  chose 
vee  eox,  el  leur  imputer  les  vertus  qui 
n  sTaient  mis  au  monde.  Hais ,  parce 
[9e  la  foi  des  bommes  iionvait  manquer 
llrthir  ainsi  la  miséricorde  de  Dieu  à  l'é- 
*rd  des  Ames  nouvellcoient  descendue', 
p  [Tovidenee  j  pourvut ,  k  l'heure  de  la 
tnsommation,  en  conHant  ces  Sœes  k  la  foi 
Kléfeclible  de  l'Eglise,  et  en  ordotinant 
i>lle  répaoritt  en  eux  nar  le  baptême  la 
>ice  de  la  grAre  el.  du  salut.  Puis,  afiu  d'ac- 
wver  ce  mystère  d'ineiTsble  bonté.  Dieu 
un  pacte  avec  la  mort;  en  lui  donnsiit 
V.  |>récocité  divine,  il  la  chargea  de  muîs* 
«ner,  avant  l'âge  du  mal,  la  troisième  partie 
>  genre  humain.  Souvent  dans  le  cours  de 
>t:e  vie,  nous  nous  plaignons  d'avoir  trop 
•;",  el  nous  aous  écrions  avec  Joh  :  Pour- 
voi ta  lumière  a-t-etle  été  dohn/c  au  malheu- 
u-,  ri  la  vie  à  ceux  qui  lont  dant  l'amertume 
rdaie[ittS)1  Dieu  a  entendu  ces  plaintes. 
,  Svu»  le»  croire  justes,  il  lui  a  plu  de  les 


eiiQcer  pour  on  très-grand  nombre.  L'ange 
eilenainateur  est  devenu  le  bras  droit  dit 
Christ;  il  choisit  parmi  nous  l'innocence 
avant  que  ta  raison  en  ait  terni  le  premier 
éclat ,  et  il  conduit  au  ciel  des  multitudes 
è  qui  l'éternité  ne  coâte  que  d'avoir  passé 
ici-bas  pour  j  sourire  k  leur  mère.  Une 
autre  partie,  moins  nombreuse,  il  est  vrai, 
•urvit  h  cet  See  bienbeureox  qui  précède 
la  puberté  de  I  esprit,  mais  pour  s'éteindre 
aux  fronlières  d'une  autre  puberté,  avant 

aue  (en  passions  aient  jeté  leur  premier  cri 
ans  le  cœur,  et  lorsque  la  raison  n'eut  en- 
core dans  la  plupart  qu'un  docile  flambeau. 
Bi  TOUS  voulez  connaître  maintenant  jus- 
qu'où s'élève  cette  recrue  prématurée  des 
Imes,  la  science  moderne  vous  le  dira.  Le 
tiers  des  enfants  meurt  «ntre  la  première  et 
la  septième  année  de  sa  naissance,  plus  de 
la  moitié  entre  la  première  et  quatorzième 
année  (1169). 

Voilk  donc,  en  diminuant  ce  nombre  par 
les  exceptions ,  près  de  la  moitié  du  genre 
humain  qui  est  en  dehors  du  malheur  su- 
prême de  la  damnation  proprement  dite, 
soit  qu'elle  art  bu  le  sang  de  la  rédemption 
dans  la  foi  de  ses  pères  ou  dans  la  coupe  du 
bapt£me,soitqu'étrangèreà  ces  deux  moyens 
de  salut ,  elle  ait  porté  k  Dieu  le  poids  seul 
de  la  faute  orizioelle,  et  trouvé  du  moins 
dans  l'asile  des  limbes  une  existence  qu'elle 
ne  regrette  pas.  Je  sais  bien  qne  les  babi- 
lanls  des  limbes  ne  peuvent  pas  se  ranger 
parmi  les  éUi!i  de  la  vie  divine;  car,  s'ils  y 
prenaient  place,  la  question  du  nombre 
des  élus  serait  mathématiquement  résolue, 
mais,  sans  les  y  ranger,  il  reste  vrai  qne  la 
mort  prématurée  sert  la  clémence  de  Dieu, 
même  quand  elle  ne  satisfait  pas  entiëre- 
meut. 

A  la  grâce  de  l'enfance,  si  particulière- 
ment  favorable  su  salut  des  bommea,  il  faut 
ajouter  la  grâce  du  sexe.  Dieu,  en  tirant  du 
sein  de  l'homme  la  compagne  de  ses  jours, 
el  en  lui  imposant  le  devoir  d'une  censlanto 
subjection,  I  en  adédommagéepatdeuxdoDs 
précieux ,  le  don  de  la  foi  et  le  don  de  la 
cliarilé.  Il  a  dit  k  In  femme  en  la  meltant  au 
monde  :  Tu  croiras  el  tu  aimeras.  Bien  des 
pi^es  sans  doute  ont  entouré  vus  mères, 
pour  leur  dérober  l'hootieur  de  cette  voca- 
tion. Mais,  si  je  leur  manquais  ici  de  respect, 
si  j'outrageais  eu  elle  l'éminence  du  carac- 
tère chrétien,  vous  les  vengeriez  dans  votre 
cœur  en  y  rappelant  leurs  vertus,  et,  raalgriS 
tant  defaiblessescélèbres,  vous  témoigneriez 
du  privilège  de  grâce  qui  leur  fut  accordé. 
Le  jeune  homme,  quand  il  regarle  le  mondL>, 
pL'ul  douter  de  la  femme;  il  ne  le  peut  plus 
quand  il  regarde  sa  mère.  Le  monde  cor- 
rompt tout,  même  la  femme;  Uiais  cllu 
échappe  au  monde  par  deux  portes  que  Dieu 
lui  a  dès  longtemps  ouvertes,  la  virginité  el  la 
niateruité.  IJ'esl  \h  qu'est  son  troue,  el  ce 


IH63,  Ue.  nu.  i*. 
ill6«jM«rc.  s.U. 
\mi)  Mmtl».  xvui,  14. 


731 


ELU 


DKTKHIHAIBK  APOLOGETIQUE. 


lrAn«  est  debout.  S'il  en  eri  qui  en  descen- 
denl,  et  il  n'en  est  que  Imp,  Dieu  leur  « 
préparé  des  secours  (l'une  ei&cacilé  qui  les 
rappelle  aisëmenl.  Leur  jeunesse  est  courte; 
comme  la  feuille  tombe,  ainsi  tombe  celte 
beauté  qui  conjure  leur  perte  :  elles  se 
Toîeni  déchues  presque  «ussilAl  que  reines, 
et  leur  ime .  désabusée  de  l'homme  qui 
n'aime  qu'un  jour,  se  retourne  Ters  le  seul 
coeur  qui  contienne  une  inextinguible  affec- 
tion et  qui  soit  digne  du  leur.  L'éternelle 
beauté  se  pencbe  vers  elles,  et  sans  rendre 
h  leur  front  un  éclat  qui  les  tromperait 
encore,  il  leur  rend  la  jeunesse  d'une  foi 
»iTe  etdVne  ardente  charitél  On  les  Toil, 
dans  leur  faible  chair,  soutenir  l'flpreté  de 
la  pénitence,  et  elles  feraient  douter  quel- 
quefois laquelle  est  la  plus  précieuse  de  la 
▼erln  qni  n'a  jamais  péri  ou  de  la  vertu  qui 
est  sortie  dnlombenu.  C'est  pourquoi  deus 
paroles  presque  également  sublimes  ont  été 
dites  à  la  femme  lijins  l'Evangile  du  Fils  de 
Dieu  :  la  Vierge  Harie  entendit  l'une,  la 
pécheresse  Madeleine  entenilil  l'auire.  La 
première  disait  :  Je  vaut  lalue ,  pleine  dt 
grâce  (IITO).  La  serond  disait  :  Beaveoup 
de  pichet  lui  tont  remÎM,  parce  qu'etle  a  beau- 
coup aimé  (ini). 

Hflîs  enfin,  quoi  que  Dieu  fasse,  il  reste 
l'homme,  l'homme  Ger,  dur,  froid,  adora- 
teur et  esclave  de  sa  raison  qui  croit  diffici- 
lement, qui  ainie  plus  dtEnciIemenl  encore. 
Qu'est-ce  que  Dieu  aura  lentd  pour  aplanir 
en  st  faveur  la  voie  étroite  du  salut  T  Ab  1 
qu'est-ce  que  Dieu  aura  tenté!  il  a  plus 
que  lente,  il  a  fuit.  Il  a  fait  le  pauvre.  Je 
dis  le  pauvre  et  non  le  peuple,  parce  que 
je  parie  la  tangue  de  l'Evangile,  langue  plus 
purs  que  celle  des  hommes,  et  que  ies  [Mis- 
sions ne  corrompront  jamais.  Le  pauvre 
est  celui  de  nous  qui  gagne  sa  vie  de  cha- 
oue  jour  par  le  travail  de  ses  mains,  et  qni, 
étranger  a  l'orteil  de  la  richesse,  de  la 
science  et  du  pouvoir,  rencontre  dans  le  la- 
beur et  la  dépendance  un  auxiliaire  perpé- 
luel  el  les  vertus  qui  font  le  chrétien.  Comme 
renfant  et  la  femme,  le  pauvre  est  naturel- 
lement soumis,  sentant  m  besoin  de  Dieu, 
n'ajrant  aucun  intérêt  h  le  maudire  ou  i  le 
mépriser, Nul  autre  ne  porte  plus  assidûment 
sur  ses  épaules  la  croix  du  Sauveur,  nul 
n'accomplit  mieux  dans  sa  chair  la  mortifi- 
cation de  l'Evangile;  et,  pour  peu  qu'il  con- 
sente pieusement  à  son  sacrifice,  il  est  le 
vrai  pénitent  du  monde ,  l'holocauste  qui 
fume  devant  Dieu  et  lui  rappelle  incessam- 
ment la  voie  douloureuse  que  suivit  ici-hns 
son  Fils  unique  et  bien-aimé.  Le  pauvre  est 
celui  dont  Jésus-Cbrist  disait  :  Je  vous  rende 
grâecM,  â  mon  Père,  teigneur  du  eîel  et  dt  la 
terre,  de  ee  que  vous  ates  caché  cet  ckotrtaux 
«mm/*  pour  let  révéler  aux  petite  (tl72J  Le 
pauvre  est  celui  dont  l'apdlre  saint  Ja<[ues 
disait  :  Est-ce  queDieu  n'a  pat  ckoiti  Ut  paw 


vrta  de  ce  mond*  pour  en  faire  ta  rithn  ii 
la  foi  et  le*  héritière  du  royaume  [1113]  ? 

Je  sais  qu'on  me  reprochan  de  itnir  u 
langage,  comme  étant  inopportun  :  maiique 
voulez-vous  que  je  fasse?  Ce  qui  ut  éMit«$t 
écrit.  Les  malheurs  de  notre  siècla  ne  peu- 
vent pas  me  retirer  le  droit  ni  m'Ater  ledeTDir 
du  justifier  les  voies  de  Dieu,  et  si  ces  voitt 
sont  aujoupj'bui  coufondues,  k  qui  le  doii- 
oqT  Qui  a  corrompu  le  pauvre  I  Qui  a  bit 
descendre  jusqu'à  lai  le  sommeil  da  l'indif- 
férence et  le  rire  de  l'impieT^ui  luis  bit 
une  science  pour  le  dégoûter  de  Dieu,  tl 
une  autre  acience  pour  l'enivrer  du  momlil 
£st-ce  ma  faute  k  moi.  est-ce  celle  de  Dient 
Le  pauvre  est  trop  généralement  dans  un  re~ 
greltableélat;  mais  cet  état  est  contre  natura, 
il  est  le  fruit  d'une  longue  conjuration  it  li 
science  et  du  pouvoir  contre  le  cbhsiii- 
nisme,  il  accuse  les  hommes,  et  les  ell«ii  rt- 
vélateurs  nui  en  découlent  sont  une  iim- 
velle  iustiucalinn  de  la  Providence,  à^i- 
quelle  l'impiété  ne  s'attendait  pas. 

L'enfant,  la  femme,  le  pauvre,  cette  Iriplt 
faiblesse  et  celte  triple  vie  de  l'huDunili, 
voili  les  bénis  de  Dieu  ,  et  qu'est-ce  qn  1 
le  reste  en  comparaison  7  Qu'est-ce  que  1« 
reste,  quand  il  irait  tout  entier  aux  tblmet 
d'oil  le  crime  et  la  douleur  ne  sortent  j<-  ' 
mais?  Qu'est-ce  que  le  reste,  qaind 
rétemilén'y  moissonnerait  pas  nue  seule 
Am'e  ?  Uais  il  est  loin  d'en  âtre  aioii.  Qat 
la  Providence  ait  destiné  des  grleei  p<r- 
ticulïères  aux  portions  de  l'humsnili  lu 
plus  nombreuses  et  qui  eo  sont  comme  \( 
soubassement,  c'était  son  droit,  et  c'étiil 
aussi  un  calcul  de  son  ioelTable  miséricorde  i 
mais  il  ne  s'ensuit  pas  qu'il  ait  abaadoaDé 
au  mal  la  richesse,  la  science  et  lepouvoirice 
magnifique  et  nécessaire  couronnement  du 
genre  humain.  Non,  gardez-vous  da  le  penser. 
A)  rësque  leSauveureut  émiseelte  sévère  p». 
roi  e  :  Combien  difficUemint  Ut  richet  entTtrnt 
dont  le  royaume  au  ciel  (111b)  1  il  ajoute  im- 
médiatemeul;Ge  oui  etl tmpottibtt  aux  ki»- 
met  ne  Cestpat  àbieu  (1175).Et,  dans  leùil. 
tous  les  siècles  ont  vu  souvent  la  ebarilJ 
descendre  des  hauteurs  da  l'opulence  A 
demander  au  pauvre,  en  échange  du  bien- 
fait temporel,  la  compensation  gela  prière: 
ils  ont  vu  des  rois  toucher  de  leur  front  ks 
stigmates  de  la  crois,  et  des  sages  bamilîff 
leur  raison  devant  les  mystères  que  la  duI- 
litude  adore.  Le  Christ  a  tont  réparé,  loul 
béni,  tout  vaincu,  et  ses  mains  géoéreuMi 
tiennent  l'univers  embrassé.  Qui  s'en  écha|t- 
pe,  péril  pnrsa  faute;  et,  après  cequenoui 
venons  de  dire,  il  est  au  moins  douleui 
que  te  plus  grand  nombre  appartienne  \tt 
triste  sort.  Les  enfanls  morts  dons  la  foi  Je 
leurs  pères  ou  dans  la  foi  de  l'Eglise  pari* 
bnptème,  selon  les  temps,  composent  i  eut 
seuls  une  innombrable  armée  d'élas;  )«> 
|iauvres  jT  ajoutent  leurs  muliitudes,  suil 


(1170)  £w.  1,28. 
«ni)  tw.  VII.  47. 
11171)  Matth.  11,  3 


(1173)  Efrfir*  MiAofMM,  dn».  n,  v 

(H74lll«rc.i,S3. 

(1I1S)  LiK.  s,S7. 


m  UA  OKTIOKIAIIUE 

qt'ellef  lient  porté  lear  finleaa  dsDS  la 
sii])[ilicilé  d'une  foi  toute  utholîquK.  soit 
^u'éaréia   chez  des'  nations  corrompuas 
uir  MKhisme  et  l'iiérésie,  el'es  aient  dû  k 
Il  bonne  foi  de  l'igooraoce  inrincible    de 
d-rOForer  dans  le  bénéfice  de  la  vérité;  lea 
tier^  el  les  mères  cbrétiennei.  et  tant  de 
l^na,  déwbusées  aa  feu  roftme  des  pas- 
mas,  lugmenteot de  leur  innoceoce  ou  de 
l-arrepeolir  les  pages  de  fiminortalilé;  et 
toôn,  d»Bî  le  reste,  tel  qoe  nous  le  tojoos 
luUjar  ds  nous,  de  tionoe  heure  nu  plus 
Uni,  cl  jusqu'au  sein  de  la  mort.  Dieu  re- 
twriia  encore  le  fruit  du  sang  qu'il  accepta 
lOVDoasdès  l'oriKioe  dn  monde.  Que  si 
kumbre  et  la  durée  des  peuples  en  qui  le 
dttK^isme  n'a  point  eu  ou  n'a  point  la 
tomtfua  établissement  public,  effrayent 
IdeipéraDces  de  notre  charité,  il  faut  con- 
Mércr  deux  eboses  :  la  première,  que  lieau- 
(Mf, parmi  ces  peuples,  ont  pu  se  saorer 
fit  les  toies  pro* idenliellea  que  nous  avons 
luIiqDées  ailleors;  la  seconde,  que'nous 
i^Doroos  la  mesure  des  Ages  où  Dieu  a  cir- 
CMucriidans  sa  pensée  l'action  du  christia- 
BisBs,  «1  la  mesure  aussi  de  puissance  et 
d'uaivenalité    que   l'Eglise  atteindra  dans 
l'itcair.  L'avenir,  s'il  en  est  besoin,    peut 
Hrvflue  compenaation  du  passé.  Nul  n'en 
Mil  le  terme  ,   le  mode  et  le  fruit.  L'in- 
aof attce  est  œaliresw  d'en  faire  des  fuiié- 
nilles,  la  foi  une  résurrection.  Hais,  i  tout  le 
■oins,  si  Dieu  s'en  est  réservé  le  secret,  ce 
Ncrctpeat  tomber  dans  la  balance  du  biun 
necauiaot  dn  certitude  qne  dans  la  balance 
di  mal ,  et  ainsi  la  question  demeure  voi- 
lée aa  profil  de  la  liberté.  Ce  qui  est  au- 
itssns  de  toute  évidence ,  c'est  la  bonté  de 
M'-a,  le  pris  qu'il  s  donné  de  notre  salut, 
H  l'art  avec  lequel  il  a  disposé  les  membres 
H  les  fondions  de  la  famille  humaine  peur 
■uvnr  1  un  plus  grand  nombre  les  portes 
le  l'éiernilé  (1176).  Foy.   PatoESTiHATioa, 
^TurtSHK,  Ual,  paum. 
tLUS,  considération  sur  leur  nombre  et 
'^nr  élévation.  Vo}/.  OmniSHS  et  PafcDis- 

HlTIOU. 

EMANATION.  —  Le  système  de  l'émana- 
ioB  consiste  à  admettre  que  Dieu  a  produit 
DDîvers  avec  son  propre  6\to,  mais  en  le 
Mdaiit  étranger  à  lui-mCoie,  eoloi  donnant 
ne  existence  fc  part.  Selon  les  partisans  de 
Htedoctrioe»  il  n'y  adaiis  le  munde  qu'une 
:u!e  sut»t3nce,  la  substance  divine  ;  ils  uiit 
I  principe  commun  avec  les  panihéistes, 
^aisils  s'en  séparent  aussildl.  A  leur  avis, 
ûa  peut  aliéner  une  portion  de  lui-même  ; 
p^ul  détacher  de  sa  substance  infinie  des 
ircies  qui.  ainsi  détachées,  limitées  les 
D«i  par  les  autres  et  par  le  loul,  donnent 
l'Ssat.ce  anx  êtres  bornés  que  nous  soin- 
les,  et  que  nous  voyons  dans  le  monde.  iJl 
E>ce  propose  queltjue  part  une  hyi>otbèsa 
i>ur  KSpliqoer  la  formation  de  l'univers.  II 
'i-;-Qi9  qu'il  existait  d'abord  une  masse 
1  ijif,  énorme,  unique,  animée  d'un  même 
v'tvefuenl  ;  qu'ensuite,  |iar  les  lois  de  ce 


APOLOCETIQUB.  EVi  734 

mouTemenl  même,  des  fragments  furent 
lancés  hors  du  tourbillon,  et  constituèrent 
des  systèmes  k  purl  avec  leurs  révolutions 
et  leurs  apparences  diverses.  Cette  hypo- 
thèse do  La  Place  est  une  image,  matérielle 
sans  doute  et  grossière,   de  ce  qui   s'est 

fasse,  selon  cerlaini  philosophes,  lorsque 
!  monde  a  paru.  Ici  et  là  nn  fonds  unique 
d'où  tontes  choses  sortiront;  ici  et  ^h  une 
existence  solitaire,  nniforme,  immense  et 
tonte-puissante,  puis  des  êtres  multiples, 
différents,  bornés  et  bibles;  enfin,  iei  et  le, 
ponr  opérer  ce  changement ,  la  séparation 
par  laquelle  eulrenl  du  même  coup  dans  le 
monde  la  limite,  la  distinction  et  la  variété 
de  la  vie.  Seulement,  poar  l'astronome,  le 
fonds  primitif  s'épuise  en  se  répandant, 
tandis  que,  pour  les  philosophes.  Dieu, 
après  celte  grande  dispersion,  demeure  tout 
entier. 

Cette  doctrine  ne  manque  pas  de  gran- 
'deur;  et,  en  ramenant  toutes  les  exist>;oces 
à  une  seule,  elle  satisfait  le  besoin  d'onité 
qoi  travaille  l'esprit.  Hais,  d'an  antre  c6té, 
elle  soulève  des  dilEeultés  dont  il  est  bon 
de  se  rendre  compte. 

1*  Qu'est-ce  que  cette  division  d'une 
substance  spirilaelleT  Je  ne  puis  compren- 
dre, i  tonte  force ,  eomment  ce  qui  est  un 
et  simple  se  triwve  partagé.  Il  ne  vient,  par 
exemple,  h  l'idée  de  personne  que  l'ime  de 
l'enfant  soit  formée  de  l'âme  du  père  et  de 
la  mère,  ctHome  son  corps  est  formé  de  leur 
corps. 

S^  Qu'entend-on  précisémmt  parl'înBnilé 
de  l'être  en  Dieu?  Je  sais  ce  que  c'est  que 
la  grandeur  d'un  corps;  elle  se  mesure  par 
l'espace  qu'il  occupe,  et  celle  grandeur  est 
bornée  dès  là  qu'elle  hisse  en  dehors  d'ello 
certaines  portions  de  matières  ou  certains 
points  de  ue  même  espace.  Uais  est-ce  ainsi 
que  se  calcule  la  grandeur  des  esprits  I  Un 

Ïetit  esprit,  un  grand  esprit,  une  grande 
me,  tout  le  monde  entend  ces  mots,  et 
personne  assurément  n'y  attache  aucune 
idée  de  nombre,de  quantité  :  on  ne  considère 
que  la  force  intérieure,  son  énergie,  ses 
effets  ;  ici  comme  là  le  fonds  est  le  même ,  il 
n'y  a  de  différence  que  dans  les  attributs  et 
les  degrés  de  ces  attributs.  Ecoutez  Pascal 
comparant  l'homme  h  la  nature.  Dans  un 
moment,  il  est  vrai,  il  semble  les  mesurer 
matériellement  :  préoc<:upé  du  dessein  de 
confondre  notre  orâueil,  il  représente  l'hom^ 
me  englouti  dans  I  infini,  néant  à  l'égard  de 
l'infini,  égaré  dans  ce  canton  détourné  de  la 
nature;  mais  ailleurs  il  est  plus  vrai;  aussi 
tout  le  monde  a  reconnu  le  mot  profond  (^u'il 
a  jeté  sur  celte  matière  :  «  L'humme  n  est 
qu'un  roseau   le  plus  faible  de  la  nature, 

mais  c'est  un  roseau  pensant Toute 

notre  dignité  consiste  donc  en  la  pensée. 
C'est  de  11  qu'il  faut  nous  relever,  non  de 
l'espace  et  de  la  durée  qne  nuus  ne  sau- 
rions remplir.  »  S"agil-il  de  discerner 
l'Ame  divine  des  âmes  humaines,  nous  som- 
flics  guidés  |Mr  le  même  principe.  L'infinité 


■UTO,  Cfr.  Lac»».,  Coii[ir.,  l.  tV.  —  AcTnnii.  ;  Dt  rùriginc  fl  de  ta  rip.  du  mal. 


•m 


DICnOWtAlRE 


de  Diau  nous  apparaît  dsaa  la  perrection  de 
puisMUce,  de  ugesse  et  (tamour  qui  ne  sa 
Iroure  qu'en  celle  suprâme  uaité. 
-  Est-il  dans  celte  Routle  d'eau,  dans  celle 
.  pierre,  dans  celte  plante,  dans  cet  aniiaai  ? 
Oui,  dites-rous,  autrement  il  serait  limité. 
Alurs  répoudrai-je,  prenez  garde  qu'il  n'y 
ail  du  vide,  comme  il  y  en  n  en  effet  :  ou 
voilt  TOtre  Dieu  hornë.  Il  n'eiiste  rien  de 
plus  grand  que  lui,  je  l'avoue  ;  lui-même  il 
pourrait  être  plus  grand  ,  et  ainsi  son  im> 
mensilé  est  perdue.  Uais  non;  l'Jmmensitâ 
lie  Dieu  u'cNlcatue  pas  sa  présence  réelle 
dans  chaque  point  de  l'étendue.  Tout  com- 
me cous  savons  que  notre  Ame  a  pouvoir 
«ur  notre  corps,  qu'elle  le  pénètre  de  son 
influence,  quoiqu'elle  ne  soit  pas  réelle- 
ment dans  notre  main  et  dans  notre  pied, 
lie  même  nous  admettons  que  Dieu  a  pou- 
voir sur  tout  l'espace,  qu'il  le  pénètre  tout 
entier,  plein  ou  vide,  de  sa  vi'rlu,.avec  une 
l)it;a  autre  autorité.  C'est  vraiment  par  \h 
qu'il  est  immense.  Renonçons  donc  à  cette 
estimation  maiériulle  des  choses  iotellec- 
lublies,  et  recunuaissons  que  l'iafinité  île 
Dieu  n'exige  point  que  le  moniie  soit  fait 
de  sa  sulistunce. 

3*  Que  signifie  ceci  :  Dieu  aliène  une 
portion  de  sa  substance,  e(  comment  se 
peut  concevoir  un  pareil  décrelTAinsîDieu 
semblerait  dire  :  Ce  qui  est  moi  cessera 
d'être  moi  :  ie  ne  penserai  plus,  je  ne  vou- 
drai plus  par  cette  partie  de  mon  être,  je 
n'aurai  plus  conscience  de  ses  actions;  elle 
inesera  étrangère. 

A  certaines  conditions  probablement.  Les 
partisans  de  celle  Ihéone  nu  sont  pas  su 
dépourvu.  Selon  eui,  du  moment  qu'on 
parle  d'une  iiorlion  du  snbslnnce,  on  parle 
deoueliiiie  chuse  de  litnilé.  Ainsi,  |iar  cela 
seul  quelle  est  un  fraijment  du  tout  et 
qu'elle  n'est  pns  le  tout  1ui-m6mo,  elle  ne 
possède  que  partieilemonl ,  que  dans  une 
mesure  plus  uu  moins  étroite,  les  qualités 
infinies  de  l'être  d'ofi  elle  dérive.  Tel  est  le 
secret  de  notre  force  et  de  notre  faiblesse, 
de  nos  passions  basses  ou  généreuses,  do 
notre  science  incomplète,  de  nos  doutes,  de 
DOS  erreurs;  tel  esl  lasei:ret  aussi  des  exis- 
tences inférieures,  de  leur  inertie  et  de 
leur  aveuglement. 

Je  laisse  là  les  objections  de  détails,  et 
renferme  les  parlisaus  do  cette  lljéorie  dans 
cet  unique  dilpmme  :  Ou  la  limitation  de 
l'être  entraîne  nécessairement  la  limitation 
des  attributs,  ou  elle  ne  l'entraîne  point.  Si 
oui, je  coucoTs  fort  bien  notre  faiblesse, 
mais  je  ne  conçois  plus  la  perfection  main- 
tenue en  Dieu;  car  il  est  évidentqu'il  n'a 
plus  ce   qu'il  a  donné,  qu'il  a  relrenelié 

S[uelque  chose  de  son  propre  être  pour  en 
sire  les  créatures  que  nous  sommes  :  il 
D'est  jdus  entier;  et  alors  on  n'a  pas  le 
droit  de  conserver  sa  puissance  entière.  Si 
non,  je  conçois  la  perfection  divine  ,  m^is 
non  plus  noire  faiblesse;  car  pourquoi,  de 
plusieurs  parties  détachées  du  même  être, 
l'une  est>elle  inûninient  supérieure  aux  au- 


APOLOCETIQUE.  KHA  tj, 

IresT  On  prétend  diviser  Dieu,  on  i«  mai. 
tiplie. 

On  m'arrête  ici.  Oui,  dit^on,  la  pléni|u,lg 
des  allributs  et  la  plénitude  de  l'Aire  im 
indépendantes.  Ainsi,  en  délachnu  un« 
portion  de  son  êlre.  Dieu  est  libr*  d'en  fiire 
ce  qu'il  lui  platt.  En  conséquanee  Je  es 
pouvoir,  par  un  décret  particulier,  i!  Ig 
dépouille  de  ses  anciennes  qualités  peur  lui 
en  donner  de  nouvelles. 

Quelle  est  cette  opération  T  Due  partie  de 
laiDtulance  divine,  dosée  de  tous  les  iitri. 
buts  qui  conviennent  à  l'Klre  souvenin, 
fera  soudainement  dégradée,  privéeéeeti 
attributs,  reléguée  au  rang  d'ua  hûmmt, 
d'un  lion,  d'un  arbre  ou  d'une  pierre. Je  Did 
trompe  :  pour  faire  un  bomnie,  Dieu  D'iun 

K as  k  changer  ses  attributs;  il  n'aura  qn'i 
is  limiter;  ce  sera  lu  mémo  (ubilancert- 
vêluo  des  mêmes  qualités,  b  des  dtgr^ 
différents.  Les  partisans  de  l'éinaailiM 
nous  disent:  Cet  être  ainsi  limité  nefnl 

Élus  être  è  Dieu,   donc  il  est  un  autreèm. 
Il  quoi  ils  se  font  illusioii.  Oui,  sangdonlt, 
cet  être   limité  n*a   pas   le  caraolëre  dmn; 
mais   la   question  nest    pas   là.  Jasuppo» 
qu'un  des  animaui  dont  |>arlâ  de  Un\\«, 
un  poisson  volant,  par  exemple,  égaré  loin 
de  la  mer,  devienne  un  oiseau,  par  l'juilutiKe 
dos  cirionslances   nouvelles  où  il  est  pitcé, 
il  changera  d'essence,  il  passera  dam  ua 
autre  genre,    il  aura  une  nature  flouielle; 
ce  ne  sera  plus  le  même  être  que  le  premier, 
si  vous  considérez  sa  nature  altérée,  ce  »ri 
lo  mémo   si  vous  considérez  que  c'est  I» 
même  individu    qui  a   subi  ces  méUtao!- 
pboses,  qui  s  éprouvé  ces  modilicalioas, 
qui  en  n  eu  la  conscience.  Pareilteoienl,  si 
vous  limite!  Dieu,  vous  n'avez  plus  un  Dieu, 
Ci^tte  limitation   donne  naissance  à  une  na-  , 
ture  dilTérente.  L'être,  ainsi  borné,  n'est  plui  i 
le  même  suus   le  rapport  des  eitribuls,  du  | 
genre;  i\  y  a  ici  une  personne  qui  ebanj^f,  j 
mais  y  a-t-il  donc  un  changement  de  |>e[-, 
sonnes?  Rien  ne  vous  donne  le  droit  i!>?, 
ruQirmer;et   vous  ne  devez  pas  cotifoinlf! 
une  substitution  avec  une  simple  mélaïunr- 
phose,  une  aliénation   totale  avec  une  I'Un^ 
aKéraliou.   Au  moment  où  il  se  limiieti, 
Dieu  aura  la  conscience  qu'il  se  limita,  il  | 
se   verra   passer  de  l'un  A    l'autre  étal;tB| 
sera  toujours  le  même  être  avant,  pinilant 
etaprèsco  changement.  Sans  doute, pAri'u 
décret,  rbomroe  paraîtra,  qui  n'eïislail;«, 
tout  à  l'heure,  mais  cet  homme  c'est  Dît»; 
humanisé.  Dieu  tombé.  £t  nous  voilidsusj 
le  panthéisme.  i 

Ainsi  la  doctrine  de  l'émanation  ne  peut 
passe  tenir.  Maintenant  è  la  foisl'uniléi|<;, 
substance  et  la  multiplicité  des  êtres,  etw 
demeure  un  compromis  assez  malbeurdJi 
entre  la  doctrine  vulgaire  de  la  créalion  cl 
Je  spînosisme  qui  I  attire  et  l'absorbeâio 

S"- 

Ce  système  a  trouvé  de  nos  jours  un  ue- 
fenseur  illustre  et  d'una  singulière  vigueur 
dans  .Vf.  de  Lamennais.  J'examinerai  1» 
raisons  qu'il  propose  avec  la  considéraliO" 
que  mérite  un  tel  esprit. 


i:T  BHA  MCTtONNAIRE  APOLOGETIQUE.  EHA  7S» 

t  L'iJJAiJe  sobstance  ou  d'Aire  esl  une,  tliscerimbia  cl€  la  sul)5lBiH,'e  incré^e....  nti 
^lue,  jflTsrialile;  car  nous  enlendons  ferait  arec  elle  qu'une  mAnse  substance 
if  iiibiranee  ce  quelque  chose  lie  primitif  rigoureusemenl  une.*  Oui,  cela  est  frai 
id'ineomprébensible  en  soi,  que  Ton  con-  encore,  ai  vous  supposez  un  moment  de  l« 
Mlromme  la  fonds  nécessaire  de  (oui  ce  durée  où  il  n'existerait  que  cesdeui  aubs-> 
li  ul  et  de  tout  cequi  peut  être,  abslrac-  lances,  sans  aucun  atiriliut,  sj^solament 
M  faite  de  toute  propriété  qui  le  apéciQe  vides  et  nues;  il  eat  certain  que  rien  ne  lea 
tltdélerniine,  de  touice  qui  constitue  un  distinguerait,  et  qu'elles  se  fondraient  en 
ire  pirliculicr,  inlini  ou  Rui,  aeoomplj  «e*  une  seule;  mais  nous  sommes  ici  dans  les 
iDunalure.  hypothèses  el  nousavons  déserté  la  nature. 

<CKii«sé,évi<lemnieiitla8ubs(aDceD'e8t  Dès  que  nous  y  rentrons,  nous  trouvons 
u  suiceptible  d'être  conçue  sous  deui  Dieu,  autwlance  non  point  vide  et  nue,  mais 
«.ma.  la  substance  créée  serait  donc  fiche  d'attributs  sublimes  el  infinis.  Admel- 
wnlieilement  indiscernable  de  la  substan-  tons  qu'il  s  créé  une  subtunce,  elle  ne  dif- 
KJDcréée;  et  comme  elle  existerait  dans  férera  pas  de  la  substance  divine  en  lanl 
>lli-ti,  c'esl-A-dire  dans  l'immeusilé  à\-  que  substance,  mais  cd  différera,  d'abord 
w.liorj  de  laquelle  rien  ne  peut  exister,  parce  qu'elle  sera  créée  et  que  la  première 
iicSdiir  que  la  substance  infinie  absor-  ne  l'est  point,  ensuite  parce  qu'elle  sera 
Itnii  la  lubsiance  tinie,  qui  ne  ferait  avec  sans  atlnbuls,  tandis  que  la  première  en 
hau'one  même  substance  rigoureusement  est  magniljguement  douée.  Que  si  elle  n'est 
«(1177).  ■  pas  h  l'état  de  pure  substance,  mais  revéluo 

TliboDS,  A  notre  lour,  de  reconnaître  la  de  qualités,  elle  différera,  en  outre,  par  ces 
nt  nolion  de    lu  substance.  Je  ptnte,je     qualités. 

KE;  dans  chacune  de  ces  propositions  il  ,  Levice  du  raisonnement  qu'on  examina 
1  pinsieurs  idées  contenues  :  dans  la  >cii  est  du  mettre  la  logique  à  la  |>lace  de  In 
mnièrf,  j'affirme  une  pensée  et  une  sut»-  réalité.  Prendre  U  sub^aneed'un  être  vi> 
umquiiwnse;  dans  la  seconde,  une  ro-  vani,  ■  abstraction  faite  de  toute  propriété 
Mi  et  une  substance  qui  veut.  Un  objet  qui  la  spécifie  et  la  détermiitedolouteequt 
MfTc,  wi  9f>ff I  eo/ore,  encore  ici  deux  {déei  constitue  un  être  particulier;  »  puis  la 
w  clueuue  de  ces  propositions  :  dsnl  la  comparer  b  la  sabstance  d'un  autre  être  vi- 
TKl^rt,  l'idée  du  son  el  de  la  substance  va>i>>  dégagée  par  le  même  procédé,  s'est 
lAilibrl;  dans  le  seconde,  l'idée  de  cou-  proprement  une  opération  arliitraire.  -qui 
I*" tl da sahstaDce  qui  la  supporte.  Ainsi  n'a  de  voleur  que  pour  l'esprit,  el  ne  tou- 
w  BiDilnie  la  substance  sous  les  phério-  eiia  en  rien  aux  choses,  l'observalisn  nenoiia 
■fondant  elle  est  le  soutien;  ce  sonteux  donnant  toute  substance  que  déterminéey 
vlnouili  révèlent.  Ce  sont  eux  aussi  qui  que  sous  l'apparence  d'un  être  particulier. 
l^eriEincnt  el  disrernent  les  substances  uidépeudamment  de  l'observation,  eonstdé' 
™ta.  Cooinie  on  le  voit,  en  fait,  dans  ranl  les  choses  en  elles-mêmes,  la  sapposi-* 
■Rrration  ,  toute  substance  nous  est  >)0n  d'une  substance  nue  ,  complètement 
Wt,  noti  point  abstraite  et  vague,  mais  indéterminée,  sans  aucun  attribut,  qui  ne 
^u  nature  distincte  et  précise.  Mais  possède  aucune  tenu  spéciale,  qui  est  Îh- 
*Hi-rou5  de  la  définir,  ces  distinctions  djlférente  è  toute  action,  h  toute  modifica- 
tion, cette  supposition,  dis-je,  est  inadmis- 
sible, comme  est  inadmissible  la  supposition 
d'uue  étendue;  sans  forme,  d'un  mou" 
veulent  sans  dirt-ction;  une  telle  subslauce 
est  un  élre  chimérique,  une  conception 
sculastique,  qu'il  n'est  plus  permis  de  l'aire 
revivre,  après  queLeibnitz  l'a  mise  a  néant. 
La  philosophie  moderne,  éclairée  par  ce 
profuud  penseur,  regarde  une  substance 
vide  do  propriétés  comme  un  pur  rien,  et 
substitue  heureusement  i  celte  abstractioi» 
la  force  réelle  et  vivante,  essentiellement 
douée  par  cela  beul  qu'elle  existe,  de  cer- 
loioes  aptitudes  bien  déterminées,  tendant 


AcBDt  :  la  substance  n'est  pas  essentiel' 
Knlce  qui  pense  el  veut,  car  on  la  trouve 
tint  ni  l'un  ni  l'autre  caractère;  elle 
Mpi) davantage,  el  pour  la  même  raison, 
foi  ejt  sonore  et  coloré.  De  même,  on 
.pourra  la  définir  par  la  notion  d'esprit, 
iqu'alle  paraît  aussi  bien  sous  la  forme 
corpi,  et  réciproquement.  Puisqu'elle 
*>'  Sùot  le  premier  ou  le  second  attribut, 
tan  des  deux  ne  lui  est  nécessaire;  et  la 
fciiion  n'embrasse  que  les  caractère» 
'Xoeels.  coostiluiifi  de  l'être  défini. 
*reile-l-il  doue  A  la  substaneeT  qu'est- 
■  au  feod,  quand  on  néglige  tous  les 


■■l^ntsT  Elle  est  ce  que  M.  de  Lamennaiii  &  un  certain  développement,  appelant,  re" 

"todt  <  ce  uaelquechose  que  l'on  conçoit  poussant  certaines  actions  des  objets  étrsn- 

B«ie  le  fonds  néceKaire  de  tout  ce  qui  gcri,  les  recevant,  selon  ce  qu'elle  est,  de' 

lel  de  tout  ce  qui  peut  fi(re...  ■  Jusqu  ici  meurant  toujours  elle-même,  au  milieu  des 

oleilbien;  notre  auteur  continue:*  Evi-  plus  grands  changements,  parla  vertu  d» 

«niett  la  Bobslsnce  n'est  pas  suscepiiltle  son  orgaaisaljon,  qui    persiste  sous  cetj* 

(Ctcoiifue  soni  d«m  notions^  »Kt  il  a  mobilité  el  vit  par  le  mouvement.  11  auitda 

"''■^tora,  a'if  entend  q«'il  n'y  a  de  li  que,  pour  comparer  deux  sututaoces,  si 

Ijitunosesqg'oue  seule  définition  Vraie,  t'ou  doit  conclure   de    ce(t«  comparaison 

^>  telle  n'est  pas  Sa  penséOi  ■  La  suIm-  quelque  chose  pour  la  réalité,  il  ne  ùa\  lias 

■■ucréfc  savait  donc  essentiellement  in-  les  comiiarer  seulemuiil  bb  Uni  que  suua- 


EHO  MCnONNAIRE  APOLOGETHIUB.  EMB  7» 

former  une  idée  du  plan  suivi  ptr  li  dmuts 
dans  la  coii5titutioD  du  r^oe  aDÎnil,  il  &« 
suffit  pas  d'étudier  les  organismes  doot  la 


lAnce,  mais  suivant  Inut  ce  qu'elles  sont, 
les  concevoir  comme  elles  existent,  avec 
leurs  propriélés  essentielles.  Dans  l'ordre 
de  la  réalité,  il  faut  prendre  It^  contre-pieil 
de  Is  proposhion  de  H.  de  Lamennuis  ;  il 
fautamrmer  sans  crainte  que  la  subsinace 
ne  peut  être  conçue  sous  une  seule  notion. 
Ditesdonc,  si  vous  le  voulez,  que  la  subs- 
tance  est,  dans  cbaqueélre,  ce  qui  en  cons- 
titue le  fond  ;  mais  ensuite,  i>our  savoir  s'il 
;  en  a  une  seule  ou  plusieurs,  ne  recou- 
rez pas  à  la  logiqUB  qui  ne  snurail  rien  vous 
«j>prendre.  mais  adressez-vous  i  l'observa- 
Uon  :  elle  vous  dira  si  toutes  les  substances 
ont  mèfues  atlribuls,  mAme  énergie,  même 
développement.  Quand  il  s'agit  de  notions 
si  iiupurlanles,  on  ne  sauniil  trop  s'assurer, 
se  laisser  tfuider  par  l'observation,  sinon 
un  risque  d'éprouver  ce  que  peut  l'inlempé- 
rance  de  la  logique  dans  un  esprit  vigou- 
reui. 

A  défaut  de  l'argument  que  nous  renons 
de  combatlre,  U.  de  Lamennais  en  produit 
un  autre  :  «  Comme  la  substance  créée 
existerait  dans  l'incréée,  c'est-d-dire  dans 
l'immensité  divine  hors  de  laquelle  rien  ne 
peut  exister,  il  est  clair  que  la  sabsiance 
infinie  absorberait  la  substanee  finie,  qui  ne 
ferait  avec  elle  qu'une  même  substiin>:e 
rigoureusement  une.  «  Cette  raison,  si  elle 
«bt  vraie,  est  péremploire;  mais  nous  n'avons 
plus  à  nous  prononcer  sur  sa  valeur.  Nuus 
avons  déjà  déterminé  va  qu'on  devait 
entendre  par  l'inflniié,  par  l'immensité 
(le  Dieu.  Si  l'on  enlend  une  iulinitl^  en 
étendue,  il  est  clair  qu'elle  ne  peut  lais- 
ser rien  subsister  en  debors,  que  tout 
être  la  bornerait  et  la  détruirait;  mais,  s'il 
n*;  a  pour  les  esprits  qu'une  seule  infinité, 
l'infinité  de  puissance,  de  {lerfection,  com- 
ment la  Toule-Puissance  est-elle  limitée 
pordes  éties  qu'elle  )iroduil?Commei)ilii 
|ierfeclion  eat~ello  limitée  par  des  êtres 
imparfaits?  Nuus  concevons  Dieu  comme 
8|iiriluel,  et  nous  parlons  de  lui  comme 
s  il  était  uifllériel;  nous  nuus  obsliiions  à 
lui  attribuer  uue  grandeur  jalouse,  qui  ne 
souffre  rien  au:our  d'elle,  au  lieu  de  cette 
autre  grandeur  bien  autrement  désirable, 
plénitude  de  pouvoir,  de  raison  eld'amour, 
i|ui  déborde,  répand  [lartoul  l'être  et  la  vie, 
infinité  plus  large,  plus  vralu,  qui  comprend 
aussi  l'iotinie  fécondité. 

La  solution  de  H.  de  Lamennais  est  lo  n 
d'élre  satisfaisante,  mèiue  pour  luiii  H 
reste,  dit-il,  Ik  concevoir  cunimeni  la  itiénie 
substance  peut  subsister  simultanément  à 
deux  états  divers,  l'un  Bni,  l'uutre  inliiii. 
C'est  tk  le  mystère  du  la  création,  et  il  se- 
rait absurdude  préteudre  le  pénétrer,  puis- 
que nous  savons  que  la  substance  est,  pour 
tuus  les  êtres  finis,  radicalement  lucumpré- 
bensible.  ■ 

A  la  bonne  heure!  Cette  confession  est 
précieuse. —  Foy.  CHiATioi(,j  1",  et  Philo- 

■OPDII  PiMTHfclSTlQUK  DE  L'BISTOIRB,   %  II. 

KUANATISUE.  Voy.  Cr&atioh,  {  I". 
KlbBllYOLOGIE,    tbahsforhatiONS    nu- 
»BYOLOuiQiJss.  —  Lorsqu'on  tliciclie  à  m 


développement  est  achevé,  et  de  comparer 
entre  elles  les  espèces  h  leur  état  psrfiiti  il 
faut  aussi  suivre  pas  k  pas  la  puiutnte 
créatrice  dans  la  production  des eiemiiii- 
res  nouveaux  de  chacune  de  ses  wuTr» 
zoologiquea,  et  de  la  sorte  assister,  pour 
ainsi  dire,  è  la  formation  de!!  ëlres  dont  dd 
voudrait  déterminer  le  caractère  et  les  np- 
poris  essentiels. 

Pendant  longtemps,  cependant,  les  naln- 
ralistes  croyaient  i>ouToir  négliger  les  ob- 
servai ions  embryologiques.  On  tHtnsait  S!S« 
généralement  que  le  jeune  animal,  ilèi  Ig 

Crémier  moment  de  son  existence,  ressen- 
le  en  tout,  sauf  fe  volume,  ï  ce  qu'il  Il^ 
vient  plus  tard;  on  le  représentait  ronii 
uue  sorte  de  portrait  en  luiniaturiideri»- 
mal  adulte,  et  on  supposait  qu'au  débmrit 
la  vie  le  germe  de  tout  être  animé  reoiinH 
déjà  la  totalité  dss  organes  dont  sera  poini 
l'individu  que  ce  germe  va  former;  ooid- 
nieltail  que  ces  parties,  encore  trop  lèuvM 
ou  trop  délirjites  pour  être  saisies  par  dk 
sens,  n'avaient  qu'à  se  raffermir  et  k  gnoilir 
pour  donner  fc  l'organisme  sa  coDitilulion 
définitive;  en  un  mot, que  c'est  par  un  phé- 
nomène de  simple  étolution  que  l'enifarjon 
devient  un  animal  parfait  dans  son  cspèct. 
Suivant  cette  iliéorie,  l'être  en  viiiedalor- 
mation  aurait  été  comparable  k  une  ilew 
plaquHS  dfigiierrietiues,  qui,  frajipée  (ur  li 
lumière,  porte  tiéjh  h  sa  surface  louietb 
empreinies  du  mervcilletix  dessin  dont  th 
doit   bientôt  se  couvrir,   mais   n'en  laim 
rien  apercevoir  jusqu'à  ce  que  la  vapeur  di 
nrierctire   soit  venue  donner  coq»  k  ctlie 
image  virtuelle  et  en  faire  peu  à  peu  resia» 
tir  tous  les  détails.  Préférer  l'examtn  ilmit 
esquisse  vague  et  microscopique,  lorsqu'il 
a  soud  les  yeux  le  même  tableau  [leioin'M 
des  teintes  vigoureuses  et  sur  de  çrauM' 
proportions,  ce  Serait  se  créer  à  plaisir  M 
difficultés  inutiles;  et,  par  conséquent,  im 
comjireiid  fnciltïment  que  sous   1  mllueniv 
d'une  ^semblable   doctrine   les  natumlisl'^ 
devaient  être  en  générai  peu  disposés  k  é!l^ 
dier  l'organii^aton  des  animaux  dans  i" 
êtres  à  I  état  d'embryon-  Or,  jusqu'en  (f^ 
derniers  temps,  la  théorie  de  la  furmaiiondii 
corps  vivants  par  le  simple  dérfloppeiueiii 
de  parties   préexistantes  était  adopl^u  fU' 
presque  tous  les  matiresde  la  science, eun 
y  croyait  si  bien  que  l'on  ne  reculai!  iie^»'* 
aucune  des  conséquences  qui  en  décou)fl:"> 
ïembottemeni  inJétiui  des  germes,  par  ei'ui-i 
pie,  idée  dont  l'imagiriation  la   pius  liarJi*j 
semble  devoir  s'effrayer  et  dont  notre OH"^'' 
ne  saurait  embrasser  l'immense  étendue. 

Tous  les  zoologistes,  il  est  vrai,  n'>;'c<-|>- 
talent  p.s  ces  doctrines  génésiques;  L'ill>i>* 
Ire  Uurvi'y,  par  exemple,  se  refusait  kTOt 
dans  la  cicatricule  d'un  œuf  le  cor;is  (u'" 
eutier  d'un  jeune  poulet,  et  à  ses  jreux,  l'or- 
gsnisme  en  voie  u«  fomiation  se  nonin'l 
lomiue  un  édifice  dont  la  ciislrui-tion  ue  it 
l'oit  pas  d'uu  seul  jet,  mais  s'etfeciue  i* 


w 


DKTIONIUIRE 


portioBS,  d  dtmt  U  nuuse  lugmeole  au 
IMJ6D  iJ'sdjiHiclioDS  successives, tasqu'à  ce 

ÏitoËa  le  pIsD  précoofu  par  i'arctiilecte  ait 
é  rempli  dans  loole  sùo  étendue.  Une  noa- 
n\\e  (béorie  embryologique,  celle  de  la 
(DBstilulioD  du  corps  Tiraal,  par  épigéniie, 
prit  «osi  naissaoce;  mais,  mal  comprise 
pnt-ïint.  elle  resta  longtemps  stérile,  et  les 
uiu  itDporlaats  dont  l'étaya  Gaspard  Wolf 
K  Hiffireol  pas  à  7  dODOer  cours  dans  la 
Kience.  De  nos  jours  encore*  nous  l'avons 
tie  repODSsée  par  le  plus  grand  de  nos 
uwlogities;  depuis  cinquante  ans  cepen- 
dnt  tout  tendait  k  la  faire  prévaloir  ;  clia- 
qwftHfqoe  l'on  étudiait  avec  soin  les 
fctwitc»  périodes  du  travail  génésique,  on 
déannût  quelque  nouvelle  preuve  da  la 
lonulÎM  des  organismes  par  l'adjonction 
wcnHiTe  de  parties  créées  de  toutes  places; 
«ibenldt  il  devinl  manifeste,  non-seulement 
qiK  IWbrjon,  en  te  conlemplanl  ainsi  peu 
ipea,DffradBnsson  ensembledes 'Caractères 
différents  aux  diverses  périodesde  son  fiis- 
leoce,  msis  aussi  qoe  cnacun  de  ses  organes 
ta  H  développant  change  de  forme  et  de 
iiniclure  ainsi  que  de  volume,  et  subit  de 
irrilatites  métamorphoses. 

Od  tftiDprit  dès  lors  tout  l'intérêt  qui  do- 
nil ■'•itacfaer  aux  recherches  d'embryolo- 
^;  aussi,  vojons-DOus  qu'après  ëlre  res^ 
ireptndanthieD  des  siècles  presque  station- 
mire,  celle  branche  de  l'histoire  des  ani- 
uui  a  tait  tout  Â  coup  de  rapides  progrès. 
Cn  grand  nombre  d'observateurs  habiles  ont 
)^s  pour  sujet  de  leurs  investigations  la 
lïcie  (les  phénomènes  génésiques  que  nous 
preseDleot  les  oiseaux,  les  mammifères  et 
m  batraciens;  on  a  recueilli  aussi  divers 
[•■u  refatiis  au  développement  dus  animaux 
intérieurs,  et  quelques  naturalistes  philoso- 
Hies  se  sont  appliqués  h  saisir  le  carac- 
>^B  des  changements  qui  s'opèrent  dans  la 
ttMisiilutîon  des  êtres  animes  en  voie  de 
bvDialion  el  à  chercher  les  lois  auxquelles 
ut  modilicatioiis  sont  soumises. 

^grandes  et  belles  découvertes  sont  ve- 
nnei  couronner  les  travaux  dirigés  vtsrs  ce 
^t  élevé;  mais,  en  défricliant  le  terrain 
ii&'gii  de  l'embryologie  comparée,  ks  haï  dis 
^uuDiers  de  la  science  n'ont  pas  toujours  su 
w  défendre  des  illusions  auxquelles  les  es- 
Riit inventifs  aonlsouvent  eiposés;Gt  plus 
l'un  Daluralisle,  s'etagérant  la  |iortëu  du 
K<il  nombre  i|e  faits  dont  il  avait  été  lé- 
boin, s'est  arrêté  devaiil  un  coin  du  tnbleau, 
'joyaal  ea  avoir  embrassé  l'cnscnible,  et 
''i»i  trop  bAté  de  conclure.  Bien  des  idées 
'«nues  ont  été  ainsi  introduites  dans  dos 
tcult»;  et  les  théories  que  l'on  a  cru  pou- 
loir  présenter  comme  lois  générales  et  ab- 
ibluet  de  la  zoogénie,  se  sont  rapidement 
Culées  S0U5  le  poids  des  faits  nouveaux 
loiit  elles  oe  sont  pas  l'expression.  Cepen- 
Itni.cesbypo thèses  avaient  presque  toujours 
u  elles  quelque  chose  de  vrai  ;  et  pendant 
tu  lenips  elles  ont  pu  servir,  chacune,  ft  lier 
■1  i  coordoDDCr  des  observations  qui,  en 
estant  é|«rses.  seraient  demeurées  iuipro- 
iiuûvcs;  la  scieucs  lerait  Joue  inifrale  si,' 


&P0L0GET1Q1IIS.  esD  m 

tout  en  faisant  justice  de  l'erreur,  elle  n*a» 
cordait  un  large  tribut  d'éloges  aux  hommes 
dont  l'intelligence  puissante  a  su  créer  dvn 
instruments  qui,  hier  encore,  lui  étaient  pré- 
cieux, bien  qu'aujourd'hui  elle  en  repoussu 
l'usage. 

Au  nombre  de  ces  théories  qui,  nées  d'ob- 
servations incomplètes,  sï>nt  fausses  Vsn^ 
leurs  principes,  mais  ont  servi  pendant  un 
temps  aux  progrès  de  la  science,  il  faut  ran- 
ger la  doctrine  de  la  consti(u[ioi  du  régie 
animal  tout  entier  par  une  suile  d'arréis  de 
développement  dans  la  série  des  créaii-ns 
organiques,  employées  par  la  nature  p'iur 
produire  chaque  individu  de  l'espèce  la  plus 
élevée  et  la  plus  parfaite. 

L'idée  mère  de  cette  hypothèse  paraît  ap- 
parleoir  à  Kœlmayer,  l'un  des  toiidatrurs  de 
ci'tle  école  allemande  des  philosophes  de  U 
nature,  qui,  pendant  un  demi-siècle,  a  joué 
UR  grand  rOle  dans  presque  toutes  les 
sciences. 

Ou  savait,  par  les  expériences  dé}h  an> 
tiennes  de  Redi,  de  Wallisnieri  et  de  Swaiii- 
merdam,  que  les  mouches,  Iss  abf^illes  et  un 
grand  nombre  d'autres  insectes  naissent  dans 
un  état  d'imperfection  extrême;  qu'en  sor- 
tant de  l'œuf  ils  ont  l'apiiarence  d  ua  ver,  et 
que  c'est  aj>Tès  avoir  vécu  un  certain  temps 
sous  cette  forme  qu'ils  ar-quiàreoldes  pattes, 
dus  ailes  et  tous  les  caractères  de  l'insecte 
parfait.  Swammerdam  pensait,  il  est  vrai , 
que  ces  larves,  ainsi  que  la  chenille,  ne  sont 
autre  chose  que  des  insectes  ordinaires  en- 
veloppés nt  déguisés,  pour  ainsi  dire,  sous 
un  masque  veriuiforme;  mais  les  partisans 
de  la  théorie  de  l'épigénèse  devaient  voir 
dans  ces  métamorplioses  un  phénomène 
d'adjonction  org<iniuue;  et  lorsqu'on  clier- 
ctiait  le  caractère  du  changement  qui  s'o- 
père ainsi  dans  l'insecte  en  voie  de  forma- 
tion, on  DO  pouvait  être  que  frapiié  de  la 
ressemblance  qui  existe  entre  ces  êtres  em- 
bryonnaires el  les  vers  proprement  dits  : 
aux  yeux  d'un  observateur  snperQciel ,  la 
mouclie  et  l'abeille  devaient  passer  par  l'état 
de  ver  avant  aue  de  devenir  insectes.  Les 
belles  recherches  de  Swflmmerdaiu  avaient 
montré  aussi  comment  la  grenoiu^le  se  cons- 
titue primitivement  sous  la  forme  d'uno 
sorte  lie  poisson,  et  devient  ensuite  un  ani- 
mal terrestre,  lorsqu'oprès  la  dispariiiuo  des 
branchies  et  de  la  longue  queue,  dont  elle 
étiiil  pourvue  dans  le  jeuns  Age,  soji  orga- 
nisatmn  se  comj)lè:e  par  le  développement 
des  poumous  et  des  pattes,  qui  lui  £ont  né- 
cessaires pour  respirer  dans  l'iiir  el  se  mou- 
voir sur  le  sol.  hh  également  il  semblait 
que  c'était  en  continuant  le  travail  géné- 
sique  nécessaire  pour  la  formation  du  pois- 
sou  ,  que  la  ualurc  donnait  naissance  au 
iMtrscieii.  Entin  ,  des  ressemblances  bitii 
grossières ,  il  est  vrai ,  mais  de  nature  à  eu 
imposer  au  premier  abord  ,  avaient  été  si- 
gnalées entre  les  jeunes  embryons  des  ani- 
maux élevés  et  les  types  zonlogiques  i»fé-' 
rieurs.  Le  poulet,  par  exemple,  était  repré- 
senté comme  se  cnnsliluant  if  abord  sôus 
la  forme  d'uu  jetil  corps  vermiculaiic  ;  et 


EHB 


DKTIONNAIRG  APOLOGGTIOUB. 


•m 


osseusp  chee  les  dirers  »ertflirfe  fnii  riV 
bord  son  ailenlinn:  et,  cherchant k relrou- 
ver  dons  la  lèiede  l'oiseau  el  du  (missoDlti 
représenlants  des  pièces  solidRi  dont  a 
eompose  le  crAiie  el  la  face  cheil'hoœniR, 
il  s'aperçut  bientAI  que  dans  le  jeuiic  lg« 
ces  analogies  sont  bien  plus  éridenluqus 
chez  les  animaux  adultes;  en  remoniiDt 
jusqu'à  la  période  embryonnaire,  >l  put  dé- 


la   réunion  plus  parfaite  de  ses  éliumi 
cnnstitulITs. 

On  l'oniprit  dès  lors  tout  l'inlérfitqtitt- 
Tait  s'otlai'her  ji  l'étude  eomparati»  in 
êtres  en  voie  de  formalion  et  des  [yfies dirai 


Irtrsquoplns  tard  il  acquicrl  des  membres-^ 
ces  appendices  semblaient  ^tre  d'abord  com- 
parables à  des  nageoires  plutôt  qu'à  des 
pâlies  et  6  des  aile', 

b«8  faits  aussi  singuliers  devaient  néces- 
sairement frapper  l'esprit  des  homtnes  mé- 
ditatifs ;  el,  au  premier  abord  ,  on  pourrait 
croife  qu'en  etre^  l'insenle  est  un  rer  pcir- 

feclionné  par  l'adjonction  d'ailes  el  de  pattes;  ,.    ^    _    _^.       _^ ., , 

lu  grenouille,  un  poisson  dnnl  le  développe-  couvrir  chei  l'oiseau  et  le  raammifim  dis 

ment  a  éLé  poussé  ou  delà  du  terme  assigné  raraclères  osléologiques  qui  s'effaceol  plin 

BU  type  icblliyologique  ;  et  le   poulet,  un  lard,  et  qui  rappelleriE  ce  qui  existe  chez  le 

étte  (lonl  l'organisme  est  éleré  peu  b  peu  poisson  parvenu  h  l'état  parfitit-,  enanmoi, 

de  l'état  de  ver  ou  de  poisson,  jusqu'à  ce  il  sassurs  qu'à  certaios  égards  bu  moins, 

qu'enSn  il  soit  devenu  oitieau.  Généralisant  le  squelette  du  poisson  ressembla  au  sqne- 

ces  apparences  vagues,  on  pouvait  mémo  telle  d'un  vertébré  supérieur  dont  le  d^re- 

être  facilement  conduit  à  supposer  que  c'est  loppemenl  se  serait  arrêté  avant  terin«,ti 

16  en  effet  la  marche  suivie  par  la  nature  le  squelette  d'un  oiseau  i  un  squelelteilf 

dans  la  création  de  tout  être  animé,  et  qu'a-  vertébré  inférieur,  qui  se  consoliderait pv 

vani  d'arriver  au  terme  de  son  développe-  '"   --•— ■ —  -' —  — '-'--  -'-  —  "'— ■ 
Bient,  l'organisme  des  espèces  élevées  passa 
par  les  divers  modeii  de  constitution  propre 
aux  classes  inférieures. 

Dans  celte  théorie,  l'aiiimsl  le  plus  parfait, 

l'homme  lui-même,  commencerait  à  exister  que  nous  offrent  les  organtsmû' parfiiii; 

sous  la  forme  d'un  ver,  deviendrait  ensuite  l'ulililé  de  cbtle  comparaison  pour  la  dèler- 

mollusaue,  nuis  poisson,  et  subirait  une  minatioo  des  parlics  analogues  dans  leur 

série    de  métamorphoses  dont-  les  divers  essence,  mais  différentes  par  leur  fornie,t:i 

ternies  auraient  pour  représentants  les  dif-  la  nécessité  de  recherches  semblables  put 

férenis  types  inférieurs  do  la  créatioQ  zoo-  arriver  è  des  idées  justes  louchant  kvltn 

logique.  général  de  la  création  zoologique.  L'anil>- 

A  l'époque  où  vivait  Kielmayer,  on  con-  mie  comparée  s'enrichit  ainsi  d|un  levier 

naissait  si  peu  la  structure  des  animaux  nouveau  dont  l'emploi  ne  peut  plus  i^ 

inférieurs,  el  la  science  était  si  pauvre  en  négligé  aujourd'hui ,  et  l'impulsion  ilonnée 

résnltals  embryologiques  bien  constatés,  par  les  travaux  de  Geoffroy  tisiiit-Hilairene  , 

que  l'idée  de  cette  Sorte  de  progression  gé-  larda  pas  6  faire  naître  un  grand  niouveoiCDl 

nésique  ï  travers  tous  les  types  du  règne  scientifique.  MM.   Tiedmann ,  Serres,  Ko- 1 

aniDjal   pouvait  séduire  l'imagination    des  Jaiido,  Prévost  et  Dumas,  fiœr,  Diilhke  n 

naturalistes;  mais,  lorsque  les  observations  plusieurs  autres  physiotogisles,  dolèreDlli  ' 

précises  ont  commencé  Jl  se  mullipliet-,  on  zoologie  de  beaux  travaux-  sur  le  moitif 

a  vu  que  celle  hypothèse  n'était  pas   l'ex-  développement    des    principaux   sjslènifi 

pression  de  la  vérité.  En  effet,  il  était  facile  dont  recompose  l'organisme  des  vertébrés; 

de  se  convaincre  qu'il  n'existe  entre  la  larve  et  Geoffroy  lui-même,  puis  le  fils  et  rémulo 

apode  d'un  insecte  et  un  animal  de  la  classe  de   ce    naturnlisle  philosophe,  M.  Isidore 

des  vers  que  des  ressemblances  grossières,  Geoffroy  Saini-Hil.iire,  soumirent  i  une  '"' 

et  que  l'embryon  du  poulet  n'est,  h  aucune,  vesligaiion  du   même   ordre   les  produii 

époque  de'snii  existence,  constitué  h  la  ma-  anormaux  de  l'espèce  buniaiiie  el  ut;  qu«- 

nière  de  ces  mêmes  vers,  des  poissons  ou  qutts  autres  animaux  supérieurs.  Cesot>>tr- 

des  reptiles.  La  doctrine  des  philosophes  valeurs  constatèrent  ainsi  certaines  resseu- 

allemaoda  semblait  donc  devoir  disparaître  blunces  entre  les  jormes  transitoires  <l^ 

de  la  science;  mais,  au  lieu  de  périr,  elle  principaux  organes  chez  l'embryon  du  mm- 

se  modifia  seulement,  et  sous  cblle  forme  inifère  ou  de  l'uiaeau,  et  les  forines  pirui'^ 

nouvelle ,  nous  l'avons  vue  grandir  rapide-  nenies  de  ces  mêmes  parlies  chez  les  nf^\ 

ment  et  exercer  bientôt  sur  toute  la  zoolo-  les,  les  batraciens  ou  les  poissons;  e:>' 

gie  une  iufluence  considérnble.  devint  dès  lors  assez  naturel  de  se  deman- 

Un  do  nus  naturalistes  les  plus  célèbres,  der  si  les  différences  essentielles entreiou' 

Geoffroy  Saint-Hitsire,  guidé  par  les  près-  ces  animaux  ne  consistent  pas  dans  di^ 

senlimenls  du  génie  plulAt  que  par  les  lu-  arréli  de  dételoppemtnt  qui,  chi>x  les  i>5p^ft' 

uiiëres  de  l'eipérience,  venait  de  s'engager  imparfaites,  Siéraient  les  formes  pré|i*r 

dans  une  voie  peu  explorée  jusqu'alors,  ■--    -'  ' 

mais  féconde  en  découvertes  précieust;s; 
abandonnant  la  recherche  des  différences 
qui  distinguent  les  animaux  entre  eux,  il 

s  appliqunit  à  démêler  au  milieu  des  vuria-  _    .      .    .      _   .    ._  , 

lions  sans  nombre  déformes  et  d'usages  de  grandes  ressemblances  entre  les  formi) 

que  présentent  les  organismeit,  les  maié-  transitoires  de  notre  cerveau  et  !a  slruciuf 

risux  communs  de  la  machine  animée  et  la  de  l'encéptiale  d'animnux  placés  plus  '» 

disposition  essentielle  de  ces  éléments  gé-  moins  bas  dons  le  règno  «iiimaf.  Vera  ■ 

uéraux.  La  constitution  de  la  charpente  même  époque,  U.  Serres  molliplî*  1)^*"' 


toiresdes  parties  dont  le  développem*"' 
s'achève  chez  les  espèces  supéiieures. 

Ainsi  Tiedmann  ,  en  étudiant  avec  l'f'*''- 
vérance  le  système  nerveux  de  ntomme»"' 
diverses  périodes  de  la  vie  utérine,  entrer^' 


ncnONNAIRE  AI«S.06f:nQtX. 


l\n 


Mp  les  temn  île  ceHa  eaiapinitOB  en- 

rJMJCi  ED  formula  k'S  résultats  ifune  iDa- 
litt* plus prétim,\iiiM  générale;  el  orriva 
kgrtlftc«MlMi(in,qii«  li  systèws  nerveux 
|tl'liôiiaie,pour  se  rf^relopper,  parcourt 
■cettiiTenent  tst  ^ncipsux  degrés  d'or- 
|Mittl>otian<|Dets  il's'efrdle  fiour  toujours 
Îm  ks  «rinsDi  iDMrieuTS. 

Le)  reeticicbes  de  lkck«l,  et  Ruf  ondA,  de 
lir,d«BBtbke  et  do  (tlusieurs  ai>(r«  ob- 
mileursoM  conéajt  quelque?  physiolo- 
^kttoettrc  t'eKislencetrarfalogies  non 
Itins  renHvquabtes  entre  les  élots  trsnsi- 
kimde  l'appareil  clreulatoir*  des  matonii- 
iMODderoiseati  en  ToiedeforaMirioo,  el 
iKonMires  perHMnema  de  ce  nréme  9ys- 
•utlifïles  poimonf  «1-4^»  los  reptiles.' 
I  njin^ij»  de  )a  naissance ,  le  cœur  e(  les 
m  taisBMU^  oïTrent  effeclivetnent  dans 
WcehamiHfteune  disposition  qui  est.k 
nniii]  égards,  comparable  h  ce  qui  etisto 
1r  Im  reptries  adultes,  puisque,  chez 
iRiItRBurpuloMffîBifecotnnmniqaeavec 
ttturirtériel,  soit  directement,  seit  par 
hlfrni^distrB'  des  crosses  du  l'àerte  au  du 
■il  Ttineiix. 

tmdtnt  nn  Instant  on  pensa  au!isi  que 
tÊhijta  des  mammifères  rI  de  l'oiseau 
Nmie  dans  le  jeune  ége  un  appareil  bran- 
lu  (omcne  en  ont  les  iioissoiis;  car, 
nPl^picfluBlques  ressemblances  ragues 
Mceelae  positron,  on  prit  les  premiers 
•"pi  des  mAcholres  et  de  l'os  b^oïdien- 
^'SBin-s  branchiaux, 
"«luioinîste  a  ers  pouroir  aller  plus 
peiitwt  et  assimiler  l'organisation  des 
MMinesi  celledc  i'ceuf  humain  à  peine 
^|«l>p£,  mais  dont  la' membrane  caduque 

RwTeDDe  permanente  et  se  sernil  en 

"^e  sorte  osslBée  pour  constituer  la 
lede  ces  snifnaux.  Le  mëtne  auteur 

!i  que  le  lombric  terrestre,  considéré 
'pDtni  de  Tue  anetomiqae,  rëpâLé  dans 
Mimses  métamorphoses  le  polype  d'à- 
M,  puii  le  lénia  j  b  une  troisième  période 
i'Diboide,  et  dans  uti^  quatrième  et 
■ière,  l'arénicole.  Pour  cft  phîlosoplie,  il 

S'aii  aiosi  du  r6gné  animal  tout  entier; 
lertébrés  iuMrieurj  ne  seraient  que 
îmibrjons  permanents  des  larerlébrés 

fus  parraits;  les  uns  et  les  autres  au- 
l  leurs  représenta ais  dans  les  organis- 
I  dîs  embryous  des  vertébrés  et  de 
JBme,  dont  les  formes  fuKiliVes  et  pas- 
fcei  uraienl  analogues  aux  {ormes  ar- 
jp  et  permanentes  des  zoophyles,  des 
nsques  ou  des  insectes.  Enlin,  les  or- 
iiïiKs  animaux  les  pliis  élevés,  c'est-à- 
■  <lu  mammifères,  revêtiraient  eo^uitQ 
Cicïcières  de  ceux  des  poissons,  des 
uli'i  tl  des  oiseaux.  JEn  un  mot,  Tor^- 
|tuie  de  l'être  le  plu9  poi-fsit  serait, 
^>ll.  Serres,  une  an&lowie  comparée 
Mtoire,  comme  i  sop  tour  l'anatomia 
*(xrée  serait  l'état  fixe  et  permanent  d« 
VoQgéoie  de  riiomme;  le  règne  animal 
btiléré_  dans  sei  «rganismes  ne  serait 
j*^  qu'uae  longue  chaîne  d'embr/ons 
"«o*»  d'espace  en  espace,  et  arrivant 
DKnoKRAnK  iroLOG^iqDB.  I. 


eoGni  Thmome  ;  ou  plutât  tous  les  anioiM  < 
ne  serarant  en  quelque  aorte  ad'im  seul  et 
wttme  animal  en  voia  de  foranatiuri,  doBt  les 
dirersea  parties  s'arnétéraientdans  leur  àé- 
vrtoppeoient,  ici  plus  tdt,  là  plus  tard,  et 
ddleriiiiiieraient  nnst  k  chaque  temps  du 
repas  le  caractère  d'une  classe,  d'une  Jswijlla 
■on  d'an  genre. 

On  comprend  facilement  quesieelte  opi- 
.  nion  était  fondée,  tes  espèces  innombrables 
'  dont  se  compose  le  règne  animal  ^e  lieraient 
réellement  entre  elles  de  friçon  à  constituer 
«De  série  linéaire,  et  que  l'idée  tfe  le  ctialne 
des  êtres  dertendrnil   l'erpression  d'une 

firande  et  belle  vérité.  L'nniié  de  pfan  dans 
B  créMion  fcoologique  tout  entière  serait  un 
fait  Boqnis,  et  le  rang  è  as.^if^per  è  chaque 
animnl  dans  ce  vasië  ensemble  nous  ferait 
donné  par  la  date  de  la  période  oreçanogé- 
nique,  qui,  donsleiféveloppemeiit  Je  l'em- 
bryon humain,  en  représentait  ta  structure. 
«Lorsque  J'étais  jeune,  dit  M.  tfitna 
Edwards, séduit  parfs  simplicité  et  la  gran- 
deur de  ces  vues,""  j'ai,  comme  beaucotlp 
d'eutres.  embrassé  sveo  ardcmr  la  Ihétfriit  do 
la  cofiatitution  du  ré^m:  animai  part'etl^t 
-d'uae  série  d'airèis  de  dévelapneiflants  ; 
mais  en  avançant  dans  la  voie  de  l'obserrfa- 
lion,  je  me  suis  bientâl  aperça  que  je  m'en 
étais  laissé  im^>oser  par  des  ressemblances  . 
auperficietles  et  des  apparences  trompfusi». 
«Epellél,  l'étude 8i)))rofondie  des  animaux 
inférieurs  m'a  bientôt  couvattïcu  de  la  faus- 
seté ^  lOHtes  ces  comparaisons  i  et  en  por- 
tant eusuite  mestuvestigatioins  sur  te  mode 
(la  développement  des  organismee,  ^'ai  dû 
abandonner  luie  h  use  toutes  les  bases  du 
cattedectrine.  » 

Il  noos  suffit  desRotioosles  plus  élémen- 
taires d'analomie  «joraparée  eC  d'embryo- 
logie pour  Rons  eontajncre  qu'un  animal 
supérieur  ne  présente  h  aucune  période  du 
son  développement  ressemble  de  caractdrt'S 
propre»  aux  types  Mologiques  inférieurs; 
que  l'homme,  par  exemple,  n'est  pas  dans 
le  sein  de  sa  mère  un  mollusque ,  puis  un 

fiorsBon  el  un  reptile,  avant  que  de  posséder 
e  rnmle  d'organisation  propre  i  l'espèce 
humaine.  Il  n'est  aujourîi'but  aucun  natu- 
raliste qui  songerait  è  soutenir  une  opinion 
semblable,  et  nous-  n'avons  pas  k' nous  y 
arrêter  iei. 

liais,  alors  qu^  aeue  faut^il  attacher  b 
cette  comparaison  autre  ï'edsanble  des 
créations  xoologioaea  et  latine  des  modi- 
fieatioiii  qna  subit  l'embryon  d'uo  animai 
supérieur!  ConoMot  l'espèae  humaine  m- 

firéseniersil-aller  dans  ses  états  iransitoirei, 
es  modes  d'organisation  si  *arié&d«s  classas 
infér.aures  t 

'  L'crganisma  d'un  qnlnal  an  wîs  de  for- 
malien  offrirait-il  successivement  les  earaiN 
1ères  que  les  zoologistes cansidèreDlennime 
étant  essentiels,  dominateurs  danschaf^oA 
des  typas  dont  il  serait  le  représentant  iraQ' 
si  toire  bien  qu'il  n'en  revAtâ  jamiis  laform* 
générale  1 

Il  suflît  eneure  d'«a  petit  sopbre  de  f^tU 
bien  connus  des  naturalistes  pour  prouver 


■-  m  EHB  -acTWMXAraE  APOLOGETtQOÏ.  'OB  ?» 

qafl  rembrroR  d'une  espèce  supérieure,  en     pemMoenle  les  cluses  inférJMrw  dnriine 

:  ^nrrAlanl  uans  différenles  phases  de  son     animal? 
développeaieDl,  ne  Bréiaolerait  'iamais  le        Non,  ielle  ne  ma  pacall  pas  âlrrliiu. 
earoclère  eueutiel  d^une  classe  iarérieiire     dancegénérale  de  la  tMlure;alceHni(,)e 
quelo)aqDv.4Jo««8(on)iate  célèbre,  dont  je     pense,  donner  de  la  slnicture  dei  orpM 


rrgreUe  de  ne  pouvoir  adopter  ici  loutes  les 
Tuea  iogéoieuses,  H.  Serres,  a  ciié,  comme 
oITrsDt  un  exemple  remarquable  de  celle 
sorte  de  progression  zoologiqae  de  l'em- 
bryon en  voie  de  furmalion,  le  lombric  ou 
ver  de  (erre,  qui,  d'après  lui,  revêtirait  suc< 
cessivement  les  caractères  analomiques  du 
poljpe,  du-lénia  et  de  l'arénicole  avant  que 
d'arriver  au  -niode  d'organisation  qni  est 
.  propre  à  son  espèce.  Mais  rien  de  semblable 
n'eiiste  chez  le  jeune  lombric;  jamais  il  ne 
possède  ni  la  système  respiratoire,  ni  les 
vaisseaux  sanguins,  ni  i'apoareil  digestif, 
"i  Im  organes  locomoteurs  d'un  arénicole; 


des  animaux  inférieurs  une  idée  fiant  qn 
de  la  représenter  comme  étant  sembliUsî 
celle  des  organes  encore  inoomplau  d'ai 
embrjroD  humain.  La  piùtUBce  erfuri» 
peut  employer  des  procédés  aemUsbJtipoir 
constituer  deax  animaux,  dwtl'uHnw 
imparfait  tandis  que  l'autre  acquiert  une 
grande  sDpériorite  physîologiqat!;  ul  posr 
imprimer  au  premier  son  cachet  protirc 
elle  s'éloignera  meîn,>  de  l'état  Irwailein 
commun  A  tous  les  deux  40e  pourtcbcnr 
l'organisation  du  second  :  celui-ci,  ïl'dn 
d'embryon,  sera  alors  moins  tUIféreni  dt 
l'animal  iuférieur  qu'il  ne  le  serait  iri)i 


SueslioMS  du  plus  haut  iolérât;  ouisuH 
ludeatieiitivedespjiénooièucsgénésiquri 
et  de  la  structure. permanente  dus  iniuiin 
inférJuursrHÎt.TOirqutiCu  n'est  pas  un  sirHN< 
arrêt  de  développemeiU  dans  la  sériBib 


jamais  il  ne , présente  on  seul  des  caractères  adulte;  et  par  contéqueut  c  est  avec  niw 

génériques  du  ténia,  et  &  aucune  époque  de  que  GeolTroy  Saiul-Hilaire  ■  coDi|<irila 

[  sou  existence  il  ne  ressemble  i  uu  pèiype.  poissons  h  1  emhryou  du  msmml'èreHii 

Jo  ne  comprends  même  pas  ce  qui  a  pu  l'oiseau,  lorsquit  a  voulu  saisir  les  luW- 

'  faire  naître  l'idée  de  ce  j-approcbement.  gtea  dans  la  composition  delà  cbupeM 

Il  a  été  posé  en  principe,  aiHe  dit.  que  les  ^"ilj^''"  <=*"■?»  .''"  1*""  "'.'^ï't  ÏÏ 

organismes  inférieurs  des  invertébrés  ont  ^^^^^Aa  a  conduit  égQlemçpt  M.  SeHa 

leurs  représentants  dans  les  formes  fugi-  «^^  résultats  imporliuits  pour  luilot^ 

.  Mves  et  passagères  de  l'embryon  -huipnTn.  cofrparée  du  cerveau,  e    elle  est  iidisp»- 

Uais  les  résuîlals  de  l'observation  s.«.(  en  «abie  pour  la  solution  d  une  niulU.udsie 
désaccord  flagrant  avec  celle  théorie  eiu- 
bryogénique.  Ainsi  l'animal  vertébré,  en  3» 
coiistiluanl ,   ne  présente  à  auiuoe  période 
de  son  existence  le  mode  de  groupement  des 

organes  quidonneaui  radiniresteur  carae-  ,        ,  ■>        .  .    ,       .^, 

1ère  essentiel;  il  n'otTrejamai»  la  segmente-  '"nsfoi^moUons  organique»  du  Ijps  «»b- 

lion  annulair;  qui  est  si  remarquable  cli*«  -B'^ï"",  '«^  P"""  ^'"é  qui  détermine  le  «r» 

le»  animaux  articulés  ;  on  ne  lui  reconnaU  '^'i"  '*''  cluicuii  des  grand»  appareils  dieilt^ 

pas  davantage  la  structure  <.flrticuliére  aux  animoui  mCÉrieurs.  , 

mollusques.  Enfin,  si  ce  vertébré  en  voie  do         ^'"f'  'e  sjJiiènm  nerTtiuï  d  un  urt  ^ 

lormation  appartient  A  l'espèce  humaine,  il  ""  l'^Êsenlo  jamais  le  .mode  d  orjgauiuu^ 

u'otTrira  jamais  les  coraclèrVs  en  vtrtu  des-  caracléristiquo  de  ce  juéine  svstioio  cbtt 

quels  un  poisson  est  un  poisson,  un  serpent  "f  "'ol  "«qu?  ou  «"  articulé.  Chez  ces  »i 

fst  uu  re  dile  et  une  polde  est  un  oisNU.  "'^,"'    "  princi(«ux  rentres  médulla  r^ 

En  lestreiguant   même  davantage  le  champ  .""*'  e"/.'"''  «V  Pa^  descoinmissures  Mi 

de  le  coniiiraison,  on  n'arrive  pis  à  d'autres  connecUfs   plus  ou  moins  longs  .fur.^ïul 

résultats.  Ainâi,  A  aucune  période  de  sa  vie  '■«muieonlesait,  une  sorlede  tollieraulo 

.  embryonnaire-,  l'organisme  de  rhomma  ne  'i'^  '  œsophage ,  el  sont  situés    ts  uns  « 

lu-ésente  les  caraclères  auxquels  le  200I0-  «^"f"*'  '«s  autres  au-dessous  du  tubiid^ 

;Bisle  recunnaltra  un  animol  de  l'ordre  des  g«'.'f-Chei  les  vertébrés,  au  conlraire. 
rougeurs,  un  pacbydermei  un  ruminant,  ov 
Uiêiue  un  guauruiuane. 

La  concordani'e  entre  les  types  zoologi- 
qties  inférieurs  et  la  structure  primitive  et 
transitoire  des  animaux  les  plus  parfaits 
n'existe  donc  pat  dans  la  nature.  Hais  si 
cette  eomçaraieon  entre  l'enibryoïi  d'un  ani- 
mal  eupérieuret  les  formes  permanentes  des 
espèces  moins  élevées  est  reconnue  fausse 

«o   ce  qui  mncerne  l'ensemble  de  l'orgn-  __  _ 

uisme,  elle  pourrait  encore  être  *r«ie  pour  ^  cëi^éganirainsrqu'e  n"our"?ènsembleill 

■ebacun  des  grands «ppareils  considérés  is*  sou  oi^anisation,  Tembryon  du  premieiiH 

iéioeoL  représente  pas  d'une  maniëre   traosiloifj 

£n  restreignant  de  la  sorte  la  théorie'  de  l'èisl  permanent  du  second.   Il  en  tst  « 

la  cimcordancedesmétamor^ihoses  embryo-  même  quant  S  la  composition  de  cesysi*i>ir. 

■géniqueseidcs  types  zoologiques inférieur 9,  Les  anolomistes  ne  sont  pas  d'accord  surU 

e)sn(>4Jii  dire  avec  raison  j  L'orgaoogénie  délurraination  des  parties  qui  entrent  djiu 

liuiiiainu  est  le  tableau  mouvant  des  étals  In  formation  de  In  cbstne  gairglioniiBi_c<uH 

vrgaaïqiitts  qui  nous  olfrenl  d'une  moiiide  invertébrés;  mais  quelhi  quu-  soit  IX'!"^ 


gestif 

fes  foyers  d'innervation  'sont  pla.;és  du  ci 
dursal  de  ce  canal  et  y  .coiistilucQl  l'tl 
cérébro-ïpinal.  Or,  dès  rori^iiie.  cesjïl*» 
cérébro-spinal  occupe  dans  réuonoieie  ! 
plaue  qu'il  doit  conserver,  «l  il  n'«  janm 
avec  l^ppareif  digestif  les  rapports  deiMisi 
Tion  qui  existent  entre  cet  appareil  et  lei' 
semble  Jt^s  ganglions  nen-eux  dumollus'jii 
ou  de  l'articulé.  Le  plan  d*aiirès  lequel» 
parties  sont  disposées  n'est  donc  i>as  U 
Oléine  chcï  le  vertébré  el  chez  rinverléb:*; 


EHB 


ftCTtONNAIRG  APOLOGETIQUE. 


mise  que  l'on  mlople.  on  arriva  «u  mime 

rbulUI  en  ce  qui  looche  h  la  théorie  de  la 

TOtrardanee  dei  formes  embryonnaires  et 

iH  \]pti  lootogjques    inférieurs.    Elfec- 

tJTMitenl,  pour  les  uos  le;. ganglions  eépli«- 

liqan  de  l'insecle   seront   l'analosae  du 

c*ri»i]de  l'boaiiiie,  et  la  moelle  allongée 

de  nlui^ci  aurait  pour   représentsnls  les 

pDgIioni  post-œso|i)isgiens  du  premier; 

sr  uM  pan-flfe   di^ooction  des  élémerjls 

itJiie  céTÔbro~si\iiiA\  n'eiifle  chez  le  Ter- 

Uitiï  jncuue  période  de  la  vie  tnibr^-on- 

laire,  el  cet  axe   offre  dèa  l'Origine  uiio 

sttitlBre  i)ui    n'eiisle  dans  les  ganglions 

i'naa  inrerléliré.   D'autres  anoioniistes, 

nlofiim  les  Tues  iiigéuieuses  de  M.  Serres, 

rMsiilïrcDl  tous  ces  ganglions  de  l'ioTer- 

iéiiri  toiutae  élaul  les  anulog'ief,  non  pas 

dicuMoarérébro-spinal,  mais  des  ganglions 

faite  raient  sur  la  racine  postérieure  des 

Hr&nchidiens  du  Tertébre.  Mais,  s'il  ea 

tUtimi,  i  quelle  période  du  déreloppe- 

meol  IroDTerail-on  chez  ce  dernier  uue 

ilJip05ilioii  analogue  T  Quand    verrait-on 

iliDt  reœbrjiOD  buœain  un  système  nerveux 

cbapiué  de  nerfs   rachidieos   avec    leurs 

ppE'ions  radîciiix.  et  point  de  cordoo  ra- 

dudien  ni  d'enc^phaleT  On  sait,  «u  coo- 

inire,  que  cbi-z   le  varlébr'é  l'axe  cérébru- 

Italie  montre  dès  les  premiers  moments 

iBlranil  organiiiue,  el  tout  porte  à  croire 

(nl/t^mmeuce  i  se  former  avant  que  l'en- 

«oble  des  nerfs  périi>bérîques  ne  se  soit 

o^re  coDSIîlué, 

Je  le  répèle  donc  :  à  aucune  période  da 

I  Tie  embrjonoaire  le  syslàme  nerveux  du 
tnéb:é  ne  présente  les  caractèrei  essen- 
Cf  du  système  nerveux  du  mollusque  ou 
i  f'arlicalé  t  et  ne  peut  Être  considéré 
bme  en  offrant  (raosiioirement  1a  dis* 
nation. 

l't:ucé|ihale  d*uu  mammifëre  ne  passe 
■  <iaTjiniage  par  l'état  caractéristique  du 
rreju  d'un  poisson  ou  d'un  oiseau.  En 
el,  chez  l'embryon  des  mainmifîsres  on  ne 
Ujiouis  aucune  tracti  de  c-is  lobes  infé- 
pri  qui  sont  si  retnar(|uable3  chez  la 
lïson  et  chez  les  batraciens;  et  l'encé- 
l'e  Je  ces  vertébrés  supérieurs,  longtemps 
UjI  que  de  rappeler  vaguement  la  forme 
lérafe  d'un  cerveau  d'oiseau  adulte,  pos- 
eiléjà  uurorps  calleux  eld'autres  parties 

II  l'encéphale  do  l'oiseau  sera  toujours 

I  est  également  bicile  de  montrer  que  lo 
e'ette  en  se  constituant  chez  un  animal 
ir>ear  ne  préseulo  pas  d'une  manière 
'iiloin  la  disposition  anatomique  qui 
ictéhse  la  ebarpeole  solide  dans  les 
ii-i  inférieures  du  règne  animaLEneflst, 
t  le  vertébré  cet  appareil,  au  inomentde 
remière  af)|iariiioo,  de  même  que  pen- 
I  luui  lureslede  la  vie,  est  radii;aleuienl 
Tciit  du  squei«Ue  tégumontaire  d'un 
;ulé  ou  de  la  coquille  Cun  mollusque  j 
al  eurué  ou  calcaire  d'un  inseclb  ou  d'uu 
tacé,  ainsi  que  la  coquille  du  mollusque 
une  Uéueo^'i^c»  >le  U  peau  et  ne  peut 
considéré  (]Ue  rOmme  I  analogie  de    la 


tunique  épidermiiiue  des  vertébrés,  tandis 

Spe  le  squelette  ae  ces  derniers,  logé  pro- 
ondément  dans  l'économie  et  n'ayant  au- 
cune relation  avec  la  peau,  est  composé  de 
parties  dont  on  ne  voit  point  de  traces  chtJ^ 
les  animaux  inférieurs.  Or,  il  n'exisle  à  c<  t 
égard  aucune  dilTérence  entre  l'embryon  ci 
l'animnl  adulte.  J'ajouterai  aussi  que  le  sque- 
lette de  l'embryon  humain,  quoique  com- 
posé d^  pièces  oss(;uscs  distincltjs  qui  doi- 
vent bientôt  se  confondre  ]Uus  ou  moins 
complètement  et  qui  restent  toujours  sépa- 
rées chez  quelques  verlébrés  infériciii*s, 
n'est  jamais  semblable  su  squelette  d'un 
poisson,  d'un  reptile  ou  d'un  oiseau;  aux 
jeux  Je  t'analomk'te  observateur  il  n'en 
sera  jainaîj  l'équivalent. 

Serait-il  plus  vrai  vie  dire  ({ue  l'appareil 
circulatoire  en  se  consiituntit  dans  l'embryon 
des  animaux  les  plusparfaits,  passe part'jii!i 
les  étaisquece  même  sjstèmenous présente 
d'une  maiiière  permanente  dans  les  lyjies 
zoologiques  inférieursTNon,  pas  davantage. 
Dans  l'embrj'on  humain,  par  exemple,  la 
circulation  ne  se  fait  jamais  comme  chez  un 
insecte,  un  crustacé,  uu  un  mollusque;  les 
organes  affectés  &  cette  hinctton  nepréîen- 
teiit  pas  l'ensemble  du  caractères  propres  à 
l'appareil  circulatoire  des  poissons  et  i  au- 
cune période  du  développetntot  ils  ne  peu- 
vent être  confondus  nvcc  leurs  analogues 
chez  un  reptile  quelconque. 

L'appareil  respiratoire  d'un  mammifèraso 
constitue  également  saas  pitsser  par  lesdi»* 
(losilions  variées  qno  nous  ollï-enl  les  orga* 
Des  dont  les  usages  sont  les  mêmes  chez  fea 
dirers  animaux  inférieurs.  U.  Serres  i>ens» 

3ue  les  branchies  dorsales  des  tritonieS,  el 
es  éolides,  tes  branchies  latérales  dcS  pa- 
telles et  des  oscabriona,  enlin  la  chambr» 
respiratoire  creusée  dans  le  manteau  de  I-i 
plupart  des  gastéropodes,  ne  sont  quedcs 
degrés  variés  des  vaisseanx  om|>halo-mé- 
semériques,  des  villosités  du  chorion  des 
mammifères  el  de  l'allantoide  des  vertébrés 
su périeurs.J 'avoue  qu'il  m'est  iai|>05sible  do 
deviner  sur  quoi  repose  cette  opinion,  et 
je  crois  même  qu'il  serait  inutile  de  la  dis- 
cuter ici;  car  lors  même  qu'elle  réunirait 
en  sa  faveur  assez  de  faits  pour  être  adoptée 
par  quelques  zoologistes,  elle  ne  saurait  les 
conduire  b  voir  dans  l'organisme  naissant 
du  mammifère  ou  de  l'oiseau  les  représeu- 
tanls  du  système  trachéen  d'un  insecte  ou 
d'un  mynapode,  par  exemple,  ni  même  les 
branchies  d  un  poisson;  el  par  conséquent 
on  ce  qui  concerne  les  inslrumeots  de  la  res- 
piration, il  resterait  toujours  démpoiréqu» 
l'organogéuie  des  animaux  supérieurs  o'of> 
fre  pas  uue  représentation  fugace  de)  stme- 
tiires  demeurées  permarienies  dans  les  rangs 
inTérieurs  du  règue  animal. 

Les  organes  sécréteurs  et  l'appareil  de  la 
reproduction  sont  dans  le  même  cas.Bn  un 
piol,  quel  que  soit  le  système  d'organes 
doot  on  étudie  les  métamorphoses  cbet 
l'embryon  d'un  animal  supériaor,  on  u'y 
retrouve  jamais  je  tableau  mobiio  des  for< 
mes  qui  sont  fixes  et  pcrmaneutos  dans  *«« 


.  m  EMB  «CTIO-^NAIRE  APOLOCt^TIQ^'E. 

ilivera  lypes  zootogiqucs  dont  la   reog  est 

moins  élevé.  On  voit  que  la  tcndnnce  géné- 
rale do  la  nature  n'est  [las  do  se  servir  des 

lijodes  deslructure  propres  à  ces  types  in- 
férieurs comme  d'auianl  do    préliminaires 

dans  le  travail  conslitulif  des   organismas 

plus  parfaits;  souvent   elle  met  eu    usuj^e 

(les  procédés  analogues   pour  obtenir   des 

malcriaui  analomiqucs  dont   l'essence    et 

les  formes  dé'initives  doivonl  ôlre  très-dif- 
férentes, mais  il  est  bieii  évident  qu'elle  ne 

se  borne  pas  h  avancer  de  plus  en  plus  vers 

la  pertcctton,  en  suivant  un  seul  et  même 
.  plan. 

L'hypothèse  d'un  simple  arrêt  de  déve- 
loppement dans  Ja  série  des  changements 

']Ue  subissent  les  organes  un   voit-  de  for- 

loaliau  clioz  les  anlmaui  les  plus  élevés,  ne 

suffit  donc  pas  pour  nous  rendre  compte 

Ul's  modifications  sans  nombre  duiil  l'aiia- 

lumie  compnrL'e  nous  révèle  l'uxislence 
.dans  les  parties  correspondantes  de  l'écono- 

Btie  animale  chez  les  animaux   inférieurj. 
'    La  doctrine  de  lu  concordance  des  formes 

embryonnaires  de»  animaux  supérieurs  et 

lies  formes  délinilives  dos  espèces  inférieu* 

res  ne  Siiurail  donc  être  admise,    ni   iioUf 

reiisemhte  de  l'organisme,  ni  pour  les  Iraits 
distinclif^   ou    cariictères  dits  dominateurs, 

ni  pour  les  grands  ai'pareils  considérés 
isolément. 

Les  éludes  eml)ryologi<]ues,  loin  de  four- 
nir, comme  on  l'avait  cspijré,  une  dérnons- 
IratioD  de  l'unité  de  plan  dans  le  règne  ani- 
mal tout  entier,  et  de  rendro  palpable  l'en- 
chaînement de  tous  les  êtres  uniniés  en  uno 
Joiigue  série  linéaire  qui  s'éleudrait  dej'Uis 
ju  monade  jasqu'à  l'homme  ,  conduisent 
même  au  résull'itle'plus  opposé.  Ellesnuus 
montrent  la  diversité  des  types  fundameu- 
laux  dés  le  début  de  la  vie  embryonnaire  et 
nous  apprennent,  mieux  que  nu  saurait  le 
l'ail  e  t'auBlomie  comparée  ordinaire,  coui- 
Liienles  plans  d'organisation  employés  dans 
la  consiitution  du  rètjne  animal,  dilTèniil 
entre  eux  par  leurs  linéanieiils  généraux 
aussi  bien  que  par  les  détails  de  leur  mise 
en  œuvre. 

-Ainsi,  non-seulemenl  fa  s'.iucturc  d'un 
vertébré  adulte  n'est  ^jas  réductible  au  plan 
fluatomique  d'un  mollusgup  ou  d'un  articulé 
et  l'embryon  du  premier  ne  icprésenie  ja-- 
mais  d'une  manière  transitoire  le  muUo 
d'organisation  permanent  chcz'cesdernii.Ts; 
njais  l'unité  de  type  n'existe  pas  même  chez 
ies  embryons  de  ces  animaux  comparés  en- 
tre eux  à  une  période  (Quelconque  do  leur 
Oôveluppement.  Ués  qu'un  veilébrô  com- 
uieucçi  se  consliiuer  il  poile  en  lui  le  car 
çhel  du  sou  embuiichement  et  (.itfère  e;.- 
SGUtJtlIement  de  tout  animal  verlObré,  sojt 
.adulte,  soit  umbryonnaiie. 

iùi  «tfet,  lors(]ue  ta  matière  (dastique  quî 
Joil  consliiuer  un  mammifère,  un  oiseBu, 
uu  reptile  ou  un  [fbisïun,  laisse  apercevoir 
les  premiers  résultats  du  travail  orgsiioijé- 
nique  dont  elle  est  le  sié^e,  une  ligijelun- 
gitudiuale  se  dessine  sur  iH'b'.asiodutme  et 
4uir(4ue  la  place  (Ju  futur  at<f  cérébro-spinal;' 


m        a 

chez  l'embryon  d'un  mollus(jue,  d'uniru. 
culé  ou  d'uu  ver,  celle  ligne  racliidicDiie  m 
se  montre  pas;  et  la  raison  du  celle  Jilti. 
rence  primordiale  est  facils  i,  cnaiiireniire 
puisque  l'analogue  de  l'aie  cÉrél>rû-s[iiiiil 
du  vertébré  no  doit  Jamais  exister  dnîiui 
animal  invertébré. 

La  portion  de  l'organisme  qui  sp  consii. 
tue  en  premier  chez  lej  animaux  ilïTeDi. 
branchement  supérieur  esl  donc  jticisi- 
ment  une  partie  qui  manque  toujours  dioi 
la  slruciure  de  l'inri-rtébré;  et  celle  |>3r;it 
primordiale  de  l'animal  vertéltré  esl,  um 
conlrfdil,  un  des  éléments  les  plus  Impor- 
tants de  son  économie,  un  deslrsilslniilui 
cantciérisiiquosdeson  modedecoDsIitulioi^ 
Toulcs  les  observations  s'acoontm  i 
montrer  que  le  jeune  embryon  de  leiliW 
en  se  développant  davantage,  8cquicrlb.u- 
tAI  les  premiers  éléments  d'un  Rulre<i<jc. 
me  org.iniqiic  dont  les  animaui  inléilo» 
so'ilioujours  privés;  car  à  puinjlaii,! 
racliidientiti  est-elle  devenue  un  iiWin 
un  canal,  qu'on  voit  se  former  de  tii^ii 
calé,  le  long  do  ses  bords,  une  sétit  k 
pièces  sûlides  destinées  ï  composer  l»m- 
lèbres. 

Il  est  également  h  noter  que  les  rjp[ortt 
du  petit  Mre  en  voie  do  formation  am  i 
masse  viielline  ilont  il  doit  tirer  ses  y^i." 
rinux  conslitutifï,  sont  différents  tliei  h 
TQi'tébré  et  chez    les.  onimaui  inKrir 
L'embryon  du  premier  est  en  relaliuo 
le  vilelius  parla  face  ventrale  desoJiw, 
et  les  connexions  entre  ces  parties  n'u-xv 
peut  que  la  région  abdominale.  Une  dis» 
ailion  sem'hiable  n'a  été  observée  ctii;i If 
Cun  invertébré.  Chez  les  articuléi.  lejei" 
l'Ujbryon  repose  sur  la  masse  vilelliua 
la  face  dorsale  de  son  corps,  c'est-i-dlre 
tecâlA  où  se  trouve  le  centre  nerveuipi 
ci  pal,  ctilui  (jue  l'on  compare  d'ordinairt 
cerveau  des  suimeux  supéiieurs.  (J^tl^I 
anatoniistes  ont  cru  pouvoir  expliquai 
différence  primordials   en    supposant  , 
l'articulé  était  un  vertébré  renversé  iuri 
dos.  Mais  cette  hypothèse  ue  suIQi  ["n 
ramener  t'orgunisaLion  de,  ces  deux  lyi'i^l 
un  mfimo  plan.  En    effot,    les   rapporU 
pusiliun  deviendraient  ainsi  les  uiêmei 
tre  le  vilelius,  le  canal  digestif  et  ht  S 
glions  thiirni'i.tues  dorariicuté,  d'une  l'i 
elle  vilelius,  I  intestin  et  la  moelle 
Fe  du  vertébré,   d'autre  pari;    mais 
que  lesceuires  nerveux  céphaliqucs 
dernier  sont  situés  du  même  câl<i  (1< 
digestif  que  la  moelle  épinière,  lesgi>'>c'|' 
cérébroîdes  de  l'articulé  se  trcuvenlducl 
0))pusé,  c'esl-B-dire  efttre  le   vilellu»  t^' 
canal  alimentaire.  Le  piincipe  dali'i'^i^ 
bilité  des  conneitons  urgani(iuvs,suil'^^ 
on  aurait  à  s'appuyer  puur  établir  des  •>« 
togies  entre  les  diverses  parties  du  cu'l 
d'un  vertébré  marchautsar  le  vt;ntieei<JJ 
inverlébi-é  marcbanl  sur   le  dos,  viedilnj 
donc  à  faire  défaut  en  ce   qui  loocb«  « 
systèmes  les  plus  iin portants  de  l'orgin»' 
et  cela  dès  le  début  du  irsveil  génfs»)* 
cor,  si  l'on  reprérente  jwr  les  lettres  »,  •. 


lis  Mi 
ics  df 

i  (JuH 
gnn^ia 

iMldUCÏ 


!53 


ÊMif 


r  cerroau  et  ses  dépendarices*  le  tubo  <ji- 
i^tif  et  le  vîlejlus,  ou  voit  que  dans  Tteuf 
gl  rerléUré  \a  posiliou  relaUve  t)e  ces  par- 
fit  est  indiquée  par  l'ordre  de  successiuQ 
■f  res  lettres  ellâs-mômes,  tandis  que  ciiefc 
•^nibryou  de  J'articuli  on  aurait  ia  série 

H  Cl. 

Oifi  Ipx  mollusques,  la  séparation  entre 

ttilellus  et  les  parties  permanentes  de  l'or- 

kiisnie  du  jeune  erabryoa  est  en  général 

■lucoDu  noins complète;  mais  toutes  les 

pqu'ella  devient  n>anifeste,  elle  présente 

■nracières  particuliers,  et  ne  se  laisse 

■ener  ni  k  l'un  ni  à  l'autredes  typesdunt 

Il  d'être  question.  Ainsi,  chez  les  cé- 

_  podes,  o&  la  dijliDclioQ  entre  le  corps 

tinbryon  en  voie   de   rnrmalion   et  la 

M  rilçllioe  est  aussi  tranchée  que  cticz 

«ùeaui  hu  lesreptilos,  on  voit  que  cv 

l  ni  par  le  dos  ni  par  la  face  inférieure 

Utdomeo  gue  ces  parties  sont  en  con- 

OD.  mais  bien  par  la  région   buccale  ou 

ÎDgieQae  du  Jeûna  mollusque, 
lai  primitif  de  l'embrj'ona'un  iiiammi< 
ou  d'uD  oiseau,  d*un  céphalopode  et 
crustaoé»ou  d'an  insecte«estIout  aussi 
runl  que  le  sera  plus  lard  le  mode  d'or~ 
latïoa  définilif  de  ces  animaux.  L'em- 
jogîe.  de  mAïUH  que  l'ânatofflie  compa- 
iKHis  cooduîtparcoDséquflnt  badmellre 
ft'j  a  piï  ii>ulrfd«p/(in  dans  la  consti- 
M de  tous  les  animaux,  et  que  lanaluro 
H  ccf  (1res  d'après  plusieurs  types  fon- 
Tiaxtien  distincts. 
relit  actuel  de  ia  science,  il  serait 
Are  prtfcna'uré  de  vouloir  déterminer 
DlM-e  de  ces  types  primitifs.  Il  est  ce- 
nt facile  da  se  convaincre  que  la  na- 
filé  fort  sobre  dans  l'eioj.lui  de  ce 
Beitrfiue  do  diversilicnlion  ;  et  ici 
»,  les  données  fournies  par  lereibr/o- 
s'accordent  ijl€inemt.>nl  avec  les  résul- 
>Dd(^s  sur  l'étude  aiiatomiquo  desatli- 
'  adultes. 

li,  eu  prenant  pour  guide  l'anatomie 
irée  seulement,  Cuvier  avait  rccounu 
itii  les  mammifères,  les  oiseaux,  les 
ts  et  les  poissons  sont  constitués  d'a- 
)u  laftuiu  pliin  général  ;  que  les  moditi- 
Ss  de  structure  qui  s'y  rencontrent 
Dëuie  légères  t:t  que  les  dilTéreiJces 
ou  d'S'juelIas  le  zoolugïsle  divise  ces 
lui  en  classes  et  en  fauiilles  distinctes 
pendent  que  du  développement  ou  du 
tionr  de  quelques  parties  qui  ne  chao- 
tien  h  Tessence  du  plan  fundamcntal 
}.  Les  travaux  importunls  île  Geuiïroy 
-Hdaire  sont  venus  conlîrmer  et  éten- 
^lie  vérité,  car  ils  ont  fait  voir  que, 
lool  l'embrancbement  des  vertébrés, 
lirniilé  de  composition  e.st  beaucoup 
grande  qu'on  ne  l'avait  pensé. 
n,  les  observations  de  tous  les  am- 
'i^ifiles  de  nos  jours  nous  apprennent 
KiJTemcnt  c'est,  pour  ainsi  dire,  d'une 
ftiauche  organique  que  In  nature  lire 
1  lour  un  mammifère  ,  un  oiseau ,  un 

Vt^l)  BigM  animal,  pretuiéi'«  éililiUii  (I81?J  t*  '"i  P^S-  57. 


mfnoHNAiurAPOLOGETiQtn:.  ïua  m 

reptile  ou  un  poisson  ;  car  dans  les  premiers 
Heoips  do  leur  existence  tous  ces  êtres  se 
ressemblent  si  complètement  qu'on  ne  sau- 
rait deviner  h  quelle  classe  ils  doivent  ap- 
partenir. L'enibryou  du  vertébré  qui  com- 
mence h  se  développer  porte  déj&  ,  comme 
nous  l'avons  vu,  le  caractère  de  son  embran- 
cliemenl,  et  ne  saurait  être  assimilé  ni  k  un 
Zoopliyte,  ni  à  un  mollusque,  nié  un  arti- 
cule; mais  il  ne  présente  encore  aucun  des 
caractères  en  vertu  desquels  il  sera  un  mam- 
mifère plutôt  qu'un  oiseau,  ou  un  reptile, 
ou  un  poisson.  Sa  forme  est  d'abord  une 
forme  commune  à  tous  ces  animaux,  C'est 
un  vertébré  et  un  vertébré  seulement;  mais 
par  les  progrès  du  travail  erabryogénique, 
cette  unironiiilé  de  composition  diminuera 
de  plus  en  plus  entre  les  divers  animaux 

S jui  dérivent  ainsi  d'un  type  commun;  la 
ondrestera  lemëmeÂcertains  égards,  mais 
des  dilTérenciis  organiques  d'une  grande  im- 
portance viendront  bientôt  séparer  le  pois- 
son du  mammifère  ou  de  l'oiseau;  puis 
d'autres  dilTérences,  moins  profondes,  s'é- 
tabliront enire  diverses  espèces  d'une  mèms 
classe  ou  d'une  même  famille. 

L'embryon  d'un  crustacé.d'un  insecte,  d'un 
'bracbiiide,  d'un  myriapode,  ou  vaêtao  d'un 
ann^ltde,  offre,  dans  les  premiers  temps  de 
son  existence,  un  mode  d'organisation  qui 
ne  saurait  être  confondu  avec  la  structura 
d'un  vertébré  naissant,  mais  qui  est  com- 
mun h  tous  les  articulés;  les  caractères  les 
plus  saillants  de  l'embranchement  des  an- 
nelés  s'y  dessinent  de  bonne  heure,  et  ne 
permettent  pas  de  le  confondre  avec  uu  em- 
bryon de  mollusque;  c'est  plus  tard  que  les 
caractères  de  classes  se  mauiiestenl,  et  par 
conséquent  il  semblerait  aussi  que  tous  ces 
onimaus  ne  sont  que  des  dérivés  d'un  mémo 
type  fOMilamenlal. 

'  Nos  connaissances  relatives  k  l'embryolo- 
gie des  mollusques  et  des  zoopliytes  sont 
encore  trop  incomplètes  pour  qu'il  soit  pos- 
sible de  démontrer  de  ta  même  manière  la 
parenté  réelle  des  animaux  dont  se  compo- 
sent l'un  et  l'autre  de  ces  groupes  zoologi- 
ques ;  et  peut-être  arrivera-t-on  h  trouver 
que  les  céphalopodes  ne  dérivent  -pas  du 
raôme  type  fondamental  que  les  gastéropodes 
et  surtout  les  ascidies;  peut-être  aussi  verra- 
t'On  que  les  infusoires  proprement  dits  et 
que  les  spongiaires  ne  sont  dans  l'originB 
comparables  ni  h  l'embryon  naissant  d'un 
mollusque, ni  h  un  zooptiyte  en  voie  défor- 
mation. S'il  en  était  ainsi,  on  serait  conduit 
h  reconnaître  un  plus  grand  oombrede  types 
ou  formes  zoologiques  essentielles  que  Cu- 
vier n'en  avait  établi,  d'après  des  considéra- 
tionspurementanatomiques.  Mais,  dans  l'état 
actuel  de  la  science,  cette  diversité  primof^ 
diale  est  loin  d'être  démoiitrée,  et  par  cou- 
séquent  nous  no  devons  pas  l'admettre;  car, 
ainsi  que  nous  l'avons  répété  plus  d'une 
fois,  l'une  des  tendances  les  plus  constantes- 
delà  nature  consiste  è  économiser  les  moyetis- 
qu'elle  met  en  œuvre  pourobteuirdesresuK 


7SS  Xm  IXCTKHtNAIRE 

Ma  Taries,  et  par  tonsAquent  nous  deTont 
croire  h  l'emploi  d'un  inSme  plan  organique, 
)inrtoul  où  Voiistence  d'un  [itan  nutiveau 
U'esi  pas  mnbifeste. 

L'etD bryologie  dous  motitre  iloflc  toutes 
les  espèces  animales  cOmms  se  produisant 
Il  l'aide  de  l'un  des  organismes  rudimenlai- 
res  dont  i'embrjonnaissoiil  du  vertébré,  do 
l'insecle,  du  mollusque  ou  du  potj'pe  nous 
offre  l'exemple;  mais  elle  nous  enseigne 


nussi  que  cbacuo  de  ct-s  tvpcs  primordiaux 
peut  se  dérelopper  de  plusieurs  manières 
dilTérenles,  et  que  dans  Te  mode  d'emploi  de 


ce  Ibnds  commua  pour  chaque  cmbrnnchâ- 
menr  70ologlque,  U  nature peuladopler des 
pinns  secondaires  bien  dislincts. 

Ainsi,  l'imbryon  du  mammifère  qui,  dans 
le  principe,  ne  différait  pas  de  l'embryon  de 
lOutnULre  vertébré,  cesse bientAl  de  reSsem- 
I>lGr  au  poisson  et  Au  batracien  en  voie  de 
formation,  ta  roule  généstque  qui  élait  d'a- 
bc rJ  unique  pour  tout  ]'emDrancliement,ae 
iiturque  en  quelque  sorte  pour  conduire 
'd  un  eùié  t  U  création  d'un  poisson  ou  d'un 
batracien,  de  l'autre  k  la  production  d'un 
reptile,  d'un  oiseau  ou  d'un  mammifère.  Dès 
Jurs,  le  plan  d'après  lequel  se  construisent  un 
poisson  et  un  mammiTèro,  tout  en  conser- 
vant une  même  disposition  générale,  se 
modifie  diversement  pour  chacun  de  ces 
rnimoux,  et  on  voit  dériver  du  type  primitif 
du  verlëbrô deui  Ijpes  secondaires,  d'après, 
lesquels  seront  consiruits,  d'une  part  le  pois-' 
son  et  le  balracien,  d'autre  part  les  reptiles, 
lus  oiseaux  et  les  mammifères.  Puis  la  voie 
tjéuésitjue  dans  luquelles'engngentà  fa  fois 
lù  is  les  vertébrés  des  trois  classes  supérieu- 
jes,  se  bifurque  à  son  tour,  et  l'une  de  ses 
divisions  est  suivie  par  les  reptiles  et  les  oi- 
seaux, tandis  que  l'autre  n'admet  que  des 
mammifëtes.  La  premièredecesbifurcationB 
correspond  à  l'instant  oii  l'organisme  nais- 
sont  produit  la  tunique  amniotique  et  l*ul- 
iuntoïile  chez  les  vertébrés  supérieurs,  et 
poursuit  sou  développement  cbei  le  poisson 
ai  lu  balracien  sans  être  le  siège  d'aucun  tra- 
vail organogèniuue  semblable:  la  seconde 
est  marquée  d'abord  par  la  formation  des 
vil'osilés  du  cborion ,  mais  se  caractérise 
uii  ux  encar<i  par  l'appaj-itiou  des  parties  de 
l'encé|.tuleilont  les  mammifères  sont  pour- 
vus, et  dont  les  oiseaux,  ainsi  que  les  rep- 
tile<.  Sont  toujours  privés. 

Iiiijépendummeut  des  divers  plans  fouda- 
uienlaux  bien  distincts  que  lu  nalure  n:et  en 
tcuvre  pour  constituer  le  règne  animal,  il 
existe  donc  un  certain  nombre  du  types 
stieoiLd.iies  ,  et  il  ne  serait  pas  plus  vranle 
dire  que  le  mammifère,  par  exemple,  est  un 
poisson  perfectionné, qu  ilneserait  exacide 
repj'ésenter  le  vertébré  comme  une  consé- 
quence du  ijerfeclionnemenld'uD  mollusque 
vu  d'un  nnnelé.  Le  mammifère  et  le  |>oisson 
sonllirés  d'un  type  primordial  commun; 
lUiis,  lorsque  l'organisme  cotloruié  d'après 
co  type  général  est  prêt  6  prendra  un  cacbet 


&POLOGETIQIIK.  |»C  ju 

particulier,    il  n'est  encore  careelMté  ui 
comme  potnoD  nf  comme  mamnitère;  « 

3uandil  revêt  l'une  de  ces  formel  lecas. 
aires,  il  ne  passe  ismaii  ï  Tautre  par  lu 
progrès  de  son  développement. 

La  i])ultiplicitédeslypeszoologlquei,soil 
primordiaux,  soit  secondaires,  me  sesbli 
donc  un  résultat  acquis  i  la  science;  et, 
Bujourd  hui,  moins  que  jamais,  il  neunii 
Tiermis  de  considérer  fe  règne  îuimsi  looi 
eniier  comme  représenté  par  le  dé»elo[i[«- 
raent  d'un  seul  et  même  animal  donlleln- 
vnil  organogénique  s'arrêterait  kdaipéricF- 
des  diverses  de  la  vie  embryonniirs.  Quel 
que  soU  le  point  de  vue  auquel  on  m  pliei 
nour  étudier  celte  question,  on  toit  qnt 
l'ensemble  des  animaux  ne  forme  pu  nm 
série  linéaire,  s'étendant  depuis  la  aoudr 
ou  l'éponge  jusqu'k  Tbomme,  e(  quels 
métamorphoses  de^orgauismes  sopiriein 
en  voie  de  formation  ne  représenlul[iÇ 
davantage  les  divers  chatnoasde  celle  wit 
-imaginaire. 

EMBRYOLOGIE,  j  S-t-il  unité  etiilaliU 
de  gorme  dans  le  règoe  animal?  ¥09.  Honv 
art.  Il,  S  VIII. 

EMMAUS,  apparition  du  Chrisliuidlsô- 
nies  qui  s'y  renaaieot;  difficultés  et  solution. 
Voy.  Luc  TSaint). 

BUP1RI9UR  des  sensations,  son  illiuioiL 
Vou.  Ahb.bV. 

ENCYCLOPEDIE  NODVBLLE.  -  Wt 
Leroux  etReynaudont  publié  sous  ce  lim 
une  lourde  compilation  ou  le  mauTBiiEtti 
el  l'ignorance  le  disputent  è  l'implélé.  ^ 
public  n'a  pas  tardé  à  comprendre  qu'on; 
outrageait  àla  fois  la  religion  et  taTériUbl* 
science  ;  il  l'a  rejetée  avec  mépris  et  la  oo»* 
velle  Babel  est  restée  inachevée. 

Les  auteurs  de  celte indigeslepublieitid 
se  proposaient  de  continuer  la  traditioali 
xviii* siècle.  La  traditionl  mais  quellaln' 
dition  peut-il  y  avoir  à  suivre  sur  lesIrW 
d^s  pfiilosopbes  les  plus  anti-traditiooDd 
qui  se  soient  jamais  vus  au  mondeTAmsil 
que  l'on  ne  veuille  puérilement  jouer  li 
les  mois,  la  tradition  ne  peut  consiUrrl 
répéter  et  à  suivre  les  exIraragaiicesil'iKj 
génération  isolée  do  penseurs,  mais  blwl 
garder  l'enseignemeul  qu'une  chaîne  Hj 
iiilerromnuerattache  fax  principes dagii^ 
humaiu.  Les  auteurs  de  l'Encyclop^ît"* 
telle  prétendent,  il  est  vrai,  conserterwW 
cbal'ie  j  mais  comme  ils  rejettent  lu  '6™ 
historique  des  monuments  qui  en  fonll 
premier  anneau,  comme  ils  Iroubleotlrt 
pire  de  la  critique  par  l'emploi  des  »M 
rations  germaniques  sur  les  mythes  *IJ 
symboles  appliqués  indistinclemenli  low 
les  parties  de  t'antiquité.-dès  lors,  lefM 
uit;s  traditionnels  sont  saps  valeur,  et  ffl 
delés,  comme  une  cire  molle,  aux  aV"' 
de  l'esprit,  ils  deviennent  ce  qu'il  p^ 
chacun  de  les  faire.  Pour  ce  qui  eii« 
doctrine,  les  nouveaux  eucyclopédw! 
laissent  beaucoup*  désirer  (tH*);  «**' 


(1179)  ftemarquei  que  je  parle  seulement  des  parlies  de  VEnenclopidît  mouvetle  qui  oui  r^V» 
auK  KkuGCi  spéculaiives  et  religieuses. 


MCTUUUiK  ArouicniQCi: 


-»C 


cm 


Ceafiorteal  qoetouefors  sar  Im  inck-édulet 
«luiiAde  (mMéj  il  ne  faut  poiut  oulilier  que 
fignoriDce  de  etrai-ci  éUit,  en  matière  de 
rdigioo,  je  ne  dirai  |>as  eslraordinaïre , 
mail  preiqiM  bba(euse.Toulerois*suifiraJt- 
ii  de  anrpeucr  Tersiie,  pour  èire  uo 
Adùllade  Ibrce  el  de  valeurT  liais  ce  qui 
Ml  plot  admirable  eoeore,  e'esl  qae  les  ino- 
doMi  eaeyelopddislM  oot  ca  hsBla  estime 
le  mérile  de  liaurs  prédécecsears  ;  ils  les 
lieaBsal  poor  Tfctorieox,  el,  dans  l'appré- 
cialiOB  qu'ils  foot  de  la  valeur  des  aulres, 
ibdoiiiMol  la  mesuredela  leur  propre.  Ils 
disani  fraoebeioefit  fuc  la  lutte  entre  la 
fMtttpkfe  tt  U  ehriêlimitme  tst  finit  déior- 
mm  :  que  la  eonlinuer  ttratl  pour$uivn 
imiammt  la  victoire  (1180).  Ils  adirmeot 
iToo  loa  plus  ridicule  encore  que  la  philo- 
Mphîea  a  Irioiuphé  da  cbrisluoismo ,  ao 
taUaqoéat  par  son  eàlé  raible*  c'est-t-dire 
«•  palTérisaot  aes  mrtbes  et  se*  sTmboles 
(1181}.  • 

Certes,  qeand  du  JcriraÎD  vient  dire  d'un 
Isa  ^Tfl  el  aentencieux  que  les  crojances 
religieusea  de  Beeoo,  de  Leibnilz,  de  Nev- 
lon,  de  Pascal,  de  Bossuet,  de  Vico,  d'fiular, 
<wl  été  rMmiUi  m  f»udre  par  Vollaire , 
Oidervt,  d'Holtweh,  les  déistes  anglais  ou 
tas ralioaalisles  allemands;  quand  uo  écri- 
vain parla  de  la  sorte,  sans  se  douler  mâme 
I'ilcomprometsaproFredi^niléetlagraviié 
sas  lecteurs  ou  de  ses  auditeurs,  il  n'y  a 
qo'aD  seBlseotimeal  qui  puisse  étouffer  le 
rira  ioastîDguibledool  parle  Homère:  c'est 
cetie  impression  de  pitié  que  provoque  la  vue 
des  vidini'-s  d'une  erreur  monstrueuse  et  dé- 
plorabla.  En  etfel,  quoi  de  plus  siosalier 
«lue  de  cbsDier  victoire  après  uae  dtfiaite  ? 
Qoe  de  vouloir  changer  en  marche  triom- 
|ibale  uoe  fuite  ignominieuse  T  Citei-moi 
teulemeal  on  point  sur  lequel  le  christia- 
oisoie  ait  été  réduit  em  pouore  par  la  philo- 
sopbia,  el  je  me  condamne  k  un  éternel 
silence.  Si  quelqu'un  de  mes  adversaires 
acceptait  te  déft,  qu'il  prenne  bien  garde  de 
ne  prouver  par  la  que  son  ignorance;  car 
j'ai  coDoa  de^  hommes  Irès-inslruits  dans 
■elle  ou  telle  lirancbe  des  sciences  profanes 
■I  eo  mâme  temps  irréligieux  ;  uiais  des 
boiames  tout  k  la  fuis  irréligieux  et  versés 
dans  le  eooaaissaoce  de  la  religion,  je  n'en 
Il  jamais  connu  un  seul.  Quanti,  nos  nou- 
teaas  encyclopédistes,  je  crois  qu'ils  se  sont 
persuadés- cette  singulière  opinioDi  dans  lu 
désir  d'afoif  un  terrain  net  et  dégagé  pour 


?  élever  us  bcHiv  «)  édiûco,siVa*««irreiif- 
barrfs  de  démolir  l'ancien,  et  aaus  wurir 
le  risque  de  bilir  eu  l'nir.  Il  était  possible 
ilans  le  paganisme  de  faire  des  découvertes 
religieuses  ;  on  le  pput  croire  hors  du  chris- 
tiauisme;  dans  tous  les  cas,  eependsnl,  si 
ces  inventions  nouvelles  prennent  racine*, 
-elles  seront  un  renouvellement,  el  non  une 
innovdtiou.  Mais  partout  où  règne  le  cnlle 
chrétien,  partout  oà  il  est  connu,  la  ten- 
tative ne  ueut  réussir.  Car  le  type  du  vrai, 
qui  brille  a  tous  les  yeux,  ne  saurait  le  per- 
mettre; la  connaissance  de  l'originsl  dé- 
masque les  mauvaises  copi es, el  fermeloute 
voie  an  fanatisme  et  &  la  fraude.  Voî|ji 
pourquoi  les  fruits  de  cette  esjtèee  meureot 
avanl  de  naître  elne  sont  que  dediétifset 
ridicules  avortons  (1162).  L'exemple  récsut 
-et  nalional  des  ibéopliilanlhropes ,  celai 
surtout  des  saiots-simonïens,  avec  qui  ils 
sont  unis  par  une  communauté  d'idées  et 
d'origine,  aurait  dâ  ouvrir  les ycui  à  nos 
nouveaux  encyclopédistes,  et  leur  propbér 
tiser  la  fin  qui  les  attend.   Peu  im(>orte 

Ju'après  avoir  échoué  dansTélsblisseineiil 
*UD  culte  positif,  ils  n'aspirent  humblement 
aujourd'hui  qu'è  fonder  ou  mémo  h  prépamr 
une  rttligioo  philosophique.  Car  )  essence 
de  toute  religion,  c'est  le  dogme;  or,  une 
fois  endehorsdui)aganisme,iTne  lesle  plus 
qu'une  chose,  admettre  le  dogme  cslbor- 
liqus  ou  le  rejeter,  o'est-i-dire ,  tomber 
dans  l'iocrédnlité;  quelle  que  soit  la  foruie 
qu'elle  revête  ou  le  voile  dont  elle  se  cou- 
vre |1 183}. 

C  eat  une  suprême  folie  que  de  vouloir, 
comme  nos  encyclopédistes  Douveauii  coq» 
server  le  dogme  religieui  sans  être  chrétien, 
ou  répudier  le  christianisme  sans  tomber 
dans  la  rationalisme  (118^).  El  d'ailleurs, 
d'où  tirer  le  nouveau  dosmel  Des  tradilions? 
Uais  en  délaissant  le-fiT  direct  et  légitime 
de  la  tradition  hébraïque,  chrétienne  et  ca- 
tholique (et  toutes  les  traditions  du  monda 
se  tiennent},  on  détruit  l'autorité  du  prin- 
cipe traditionoel,oaiotroduit  un  inextricable 
chaos.  La  traditiou  légitima  qua  les  catho- 
liques recoouaisaent  est  la  seule  qui  puisso 
faire  autorité,  parce  que  seule  elle  est  ré- 
gulière, continue,  hiérarchique;,  seule  elle 
présenta  une  règle  ferme  et  inébranlable 
pour  la  distinction  du  vrai  el  du  faux  an 
milieu  des  monumeots  du  genre  Itumain, 
monuments  épsrs,  altérés  elconfus-Ou  bien 
imaginerez-vous  de  vains  fanldmes,  luur 


).55S. 

(iisn  ftirf.,  p.  556.  Prenei  garde'  i  la  aingala- 

6ié  Ac  reiprc^iM.  ComaieM  peut-on  réduite  m 

«■rfiv  ee  qui  a'tsisie  pu!  CuaiaMnl!  pour  ridnire 

^  pmiÊdre  des  Bylkct  el  de*  sgrirtalct,  ou  veut 

>âp««y}M'  U  pbilMOpliieT  Et  eamaicat  réduire  e» 

MMdn  dcanjUiei  d  des  ajrnbolM,  Ceue  tielle 

>hr3a«  4ait  tif  wtter  ki  rétuier,  puisqu'il  est  quui- 

..*«  ie  dactrine  :  or,  uo  se  peut  réruier  que  l'cr- 

•■«r,  coauBCBl  serail-tl  donc  possible  de  réduire  em 

ffirt  des  utlIrs  et  des  fijinbole*,  c'i-ii-à-dire  des 

■Ues  et  des  âttécoriesT  AuUnt  vouloir  réTuUr  les 

f!i%m»tfkuii  d'Ovide  on  la  lanpe  bline.  Nos 

HKiesascacTeïopéiitleBTctiIcMdHeiiue  la  yhi- 


loEophie  a  réduit  en  ponilrc  le  cbrisiïaaiiow,  ea 
nieiiaDi  ses  dogmes  et  tes  mirades  a«  nm  des . 
.  sjnitmles  et  des  mythes;  ils  le  voalaient,  nais  ib 
n«  l'ont  pas  dit;  et,  au  lieu  d'énoaoer  une  TantMlé, 
ils  proTèreat  (  rit  ténia  verbo!  )  une  sotliie.  Celte 
ignorance  de  la  langue  est  très-fréquente,  pour  ne 
pas  dire  coalinueUe,  cliez  nos  iUutlres  compila- 
icun. 

(1182)  roHM'tf^roiioni  nr  ta  dottriue  dt  Y.  Ciw- 
Min.,  G.  5.  a*  ini,  p.  188-193. 

(1183)  Le  ralionaliinie  théologiqne,  par  exemple, 
est  une  \ériul>le  incrédultié. 

1181)  Voy.  art.  BvLfscaaoae,  t.  Il,  p.7M,  7<l^ 


MCTniauiKEifouwniim, 


1«ar  ftfrC  ternir  lïpla»  der  suf-ioteHigiblBsT 
Maispenoune  neToudra  se  réduire  kaocsp- 
l«r  dei  fantAfflAs  po»r  dei  vArilés  et  de» 
iDfatères;  personne,,  s'il  a  l'esprit  sain.  64 
s'il  e«nnalt  les  doelrines  ehrélieones.  Cela 
pouvait  arriver  quelquefois  chei  les  païens 
rd«  DO)  jours,  il  ne  saurait  eu  âtre  «iR»i> 
CMr  celui  qui  réelle  les  mystdre*  de  k  r^ 

i  fétalion  n  fstpu  disposé  àecceuterceui  de 
l'însxination,  à  moins  que  partiasard  eelte 
dernierefaculténe  l'emporte  chez  lui  surift 
raison,  ou  qui;  sa  lumière  rationnelle  ne  soit 
obsourcie,  c'esl-i-dire,  h  moins  qu'il  ne  soit 
«lupide  ou  imbécile.  Or,  ivi  stupides  et  les 
Smlwciies  fout  noaabre,  mais  ne  font  pas 
MCte.  Voulez-TOUR  eniin  avoir  recours  S  la 
raison?  M«ii  alors  vous  composez  uU  pur 
système  plûlosopluque,  et  nou  pas  une  reti" 
jioB  ;  vous  retombez  dans  les  vieill*»  or- 
aièrea  du  déisnae. 

De  ptus,  pour  faire  uu»  religion  eu  use 
philosophie  nouvelle,  il  faut  des  dogmea 
nouveaux,  c'est-è-dire  iSuipoesHile;  car, 
ians  le  oerole  <lu  vrai  idéal,  la  nouveauté 
substanlielie  das  coDceiits  est  impossible. 
Au  re&le,  nos  nouveaux  encyclopédistes  sont 
si  k)in  das  découvertes  et  du  nouveau,  qu'ils 
a'oul  pas  mAfa«  celui  que  l'ou  peut  obienir 
Jaiis  les  s«i«aces  spécutatirea,  Leur  système 
n'est  <^u'uii  syncréLisme  indigesie, une  copie 
incolierente  et  superlicielle  des  docLrines 
slletnandes  coofondutw  avec  la  vieille  incré- 
dulité française,  et  tout  cela  avec  quel  sel 
-et  quel  attrait I  Dieu  seul  pourrait  le  direl 
Aussi,  quand  je  les  vois  se  déchaîner  arec 
■làiil  de  fureur  contre  M.  Cousiu,  ils  me  pa- 
raisseut  bien  ingrats;  car,  qu'ils  le  veuillent 
OU  non,  M.  Cousin  esit  leur  loatire.  En  effet, 
s'iln'evait  introduit  en  Francs  le  panthéUme 
et  le  ralLonalisuie  allemands,  en  les  distri- 
buant par  lambeaux  du  haut  de  sa  chaire, 
nrnés  avec  l'éléjance  et  la  gr6ce  fratiçiiises, 
jamais  l«a  sâinls-sioDOnienset  lus  nouveaux 
eMcyGlD{>édistes  n'auraient  vu  le  jour.  Il  est 
certain  que  (eurs  théories  sur  le  («rogrèi, 
leur  ridicule  idéal,  le  mélange  du  maiéiia- 
li:iine  et  du  sfiiritualisme',  le  panthéisme 
iiiysli4uo  et  sybillin  qu'ils  protesseol,  et 
litui  ce  qu'ils  débitent  sur  les  symboles  el 
les  m;ytaes  de  la  Bible,  cie  cont  que  des  im- 
|iortaiiunsallemaDdes,  dépouillées  de  leur 
valeur  relative  ,  c'esl-À*dire,  de  (cLte  nou- 
veauté, du  cette  profundeurque  l'erreur  peut 
avoir  encore,  quand  elle  est  l'œuvre  d'es- 
prits inAles  «t  érudits.  On  voit  percer  chez 

'  les  modernes  encyclopédistes,  comme  chuz 
tous  les  imitateurs  ambitieux,  l'ardent  désir 
dû  vouloir  être  oeids  et  hors  de  ligne,  et 
l'imiHiissiuice  d*y  parvenir.  Dans  leur  style, 
UD  remarque  al>»euce  totale  de  subiiélé  ,  de 
uiouvemeat.de  clarté;  une  manière  sautil- 
lanle^décausue,  déclamatoire;  une  affecta- 
tion de  ftiux  brillant  et  d'iuiages  ;  une  élude 
^utiuuelle  à  remplacer  le  génie  par  l'esprit, 
«t  les  idét;a  par  les  mot»;  une  proliiilé 
Tipoteuse  el  semimeulale  que  Koûlent, 
j'ignore  comment,  les  Français  daujour- 

lUUJ  Xct.  Ciel»  t  m,  p.  CU7. 


-dliùi.  La  onde  rtapricl«uié  d\ifir  pagr  ]| 
prose  da  style  poétique,  durtwl  qand  j| 
s'egil  de  uiatièrea  seieoliBqws,  U  luiùt 
d'un  nénlo^me  inntiia  soet  l<s  «inn 
ccrtaina  d'une  grflBdepaurreté<i'id6n,fuDi 
Jaculté  d'inventioa  stérile  ouépaisèe  il'tii- 
pioi  d'une  eipressien  propre  etiimple  tU 
inséparable  de  la  fécoôdité  du  gfinie,  Ku 
nouveaux  encyclopMiftea  Idisserteram  i 
l'infini  sur  la  psychologie^  la  m6ls^]ru^, 
■les  doives  chrétiens  el  toutes  In  ■iiiérâ 
ies  plus  difficiles  ,  qui  réelimuM  ta  plu 

Srande  précision  et  la  ptusgraDdeexatuuè 
e  taiigège,  et  cela,  sans  connaître  ntaielti 
-termes  les  plus  élémentaire»^  de  laKiniot, 
qu'ils  emploient  le  plus    souvent  h  coiln- 
aena,  s'imaginaut  suppléer  par  les  fteundt 
rhétorique  et  la  poésie»  k  l'iDexattiUid» dt 
leur  élocution.  Est-il  possible  d'imigii» 
luiu  métaphysique  plus  confuse,  ae  plu 
extrAme  erabrouillaotiai  mie  eeai  iut- 
ticlesCtEf  et  ComeimceT  Une  dépetwA- 
rudition  théotc^ique  plss  Iwrs  de  pnvn 
-que  dans  les  articles  AuguMtin ,  BapUm, 
^hritlianiimi,  Conciln,  Conft$4ion,C9iii- 
motion f  Si  eeçcnre  de  penserai  d'ictitt 
«'introduisait,  il  faudrait  itésespérer  eoli^ 
rement  de  la  philosophie,  da  la  critiqua,  it 
-l'hisioire  et  de  toutes  les  autres  hnschK 
les  plus  importantes  du  vrai  ssvoir. Cas- 
aient imaginer  une  sotUsa  plus  borletqu 
que  les  articles  ^moHr  et  Aniistff  Et  l'oBt'i 
pas  rougi  d'insérer  dans  unaeneyclopéilie, 
qui  Hst  pourtant  une  ceavre  sérieus,  du 
moins  dans  la  (>ensée  d«  ses  auteurs,  4es 
-Uraheaux  écrits  aveu  le  style  de  Ftori«a  « 
de  Berquin.  On  trouve  convenable  i'imn, 
dans  un  livre  dootrinat,  U*un  style miniéri. 
léché,   édulcoré,  affadi,   qu'un  hoawa  dt 
ocBur  ne  vuudriitpas  mettre  dans  une  idïUt 
-ou  un  romani  £t  c'est  dans  ce  livre  qaei'M 
bias|ihème  la  ruligioa  1  Et  l'on  pousse qus|-| 
quefuis  le   sarcasme  el  riadécence  ja$<jut; 
un  point  oCl  u'auraient  pas  voulu  desceiwit 
les  écrivains  ies  plus  éhontés  du  dernitf 
siècle.  Par  exupipte,  dans  celte  singuliiM 
apostrophe:  c  Ah  I  Christ,  votre  ixndï 
iu'éi>ouvaiite,    el  j'aime  mieux  ma  via  1'"' 
sagère  aveu   tous  ses  désappoiatemeiAt  <' 
toutes  ses  peines,  que  votre  imnierlali'' 
avec  toutes  ses  joies  et   toutes   ses  (i| 
compenses  (1183).  >  El  dans  celte  aulrtj 
«  Vous  avez  connu,  ôJésus,  lesdouleursa 
corps,  mais  vous  n'avez  pas  plus  coDQuli{ 
douleurs   de  l'ftoie,  que  ,  tous  n'en  m 
connu  les    jouissances  1...     Ijissei-iuN 
croire  que  vous  auriez  ctivisagé  lacocdilifl 
des    fetumes  avec  plus    de  charité  tli 
profondeur,  si   sur    votre  Irajel  vous  < 
aviez  reocoolré  une  digue    de    vous  aiiS^ 
et  d'éira  aimée  de  vous^ft  le  plus  leudcei 
le  plus  sublime  des  «cours    (1186}.  *0M 
uneceuvre  aussi  grava,    aussi   bévère  « 
celle-ci,  fa  en  juger  du  moins  par  son  tji 
personne  no  se  sersit  altendu  à  reflconv 
de  ces  gaietés  impies,  qui   sentent  ^ 
fuis  lo  ridicule  el  linfernal.  11  fiiudrsil|*> 

{imi  Ail.  CéUbatt  U  UI,  ||-  55S. 


fSK 


d'efpiH  quaaoua'facvond  à  noiradii- 
{WiitioD,  ^ourdonoer  ui  ér-liaitlillon  con- 
pkiio  Lsgage  p)iitose|iliique  t  iiistoriqae 
«tteligieuide  nos  comptlsleurs.  Le  prio- 
ripa)  mérilB  d'ufl  tliclioniiaire  scientifique 
eoiiiiiie  datu  un  exposa  clair,  succind,  prè- 
âi,iie{a\l&  biaa  choisis;  ee  n'esl  iju'en 
uIj  qu'il  peut  Être  de  quelque  uttlité  aux 
gciis  d'éludé  qui  le  coD3uU«ni.  Or,  c'est  ee 
qut'on  IrouTQ  bi£D  rureoMiit  dans  VEn- 
ifthMit  nouvelle  ;  cbaque  arlicle  y  est 
rempli  le  plus  soiiveot  de  vogues  génereli- 
tft,<le  dëcUmalioos  triviylos,  sans  dire  an 
Kulmotde  ce  qui  devrait^  ftlre  traité. 
Liseï,  par  exemple  l'arlicle  cMsr,  et  vous 
tarez  UD  eiemple  de  oeitu  manière  de  corn- 
pscr.  Quelquefois,  ils  tombent  (wr  inad- 
nflinee  ou  par  ignorance,  dans  deserrf^ufs 
liitmijues  pour  ainsi  dire  incroyables  daos 
réuUcLuel  delà  science. Quel  est, es  effet, 
rHlmograiihe  qui  rangerait  aujourd'hui  les 
nifiieuseï  lesPersesdu  leiops  d'Aleiandre, 
pirini  les  peuples  sémitiques,  par  opposi- 
Ëun  itec  If.s  indogermaniques  (1187).? 
IN^nil  i  la  philosopTiie,  Jes  idées  de  nos 
Wipiiiteurs  sont  tout  à  fait  confuses, 
BBiDeoapeul  s'en  convainore  par  les  ar- 
Idattakfur,  CondiUac,  ÇoMcienee,  Eclec- 


BKnusnuRK  inuKiETiQUE.  risc  ^^ 

fijtiiiiliigir  nwite^iw.  nivale  LvmennaNwi 

sans  contredît  un  écrivain  dtoqBéiit  MplÀin 
d'él^ance,  mnis  il  ne'fn^'(«  pas  ceptstm- 
ntofit  uira  gronde  réiinlation  tomrrte  politi- 
que ,  coffiino  érudil  ,  comnra  Ihëologiert  , 
infime  err  tenant  coivpte  de  tes  prMuters 
écrits.  Je  cite  cejngemeni,  parce  qu'ti  peal 
faire  concialir»  quelle  est  la  valeur  des 
«pprécîaiions  des  auteurs  do  V EneytflvpMig 
aouvelk,  dans  les  matières  philDso^ttriqoei. 
Il  faut  peut-6re  tin  peu  plus  d'érudlliofl  poar 
*a  rendre  compte  de  lesr  jugement  sur  ta 
ptiilosopbîe  de  saint- Bonaventure.  ■  lloo 
cherche  pas,  disent^ils,  le  foTidem4>iit  de  «a 
foi  dans  l'ontologie  pare ,  comme  saint 
Thomas  (1191).  >  Saint  Bonaventure,  mat- 
gré  la  aégl Ij^etioe  des  historiens  h  son  égard, 
est  un  des  );-hilo90pbe8  lis  pivs  éminems  du 
noj'ea  Age ,  et  il  excelle  surtout  comoie 
grand  untologue,  comme  plus  grarid  oi»- 
tologue  encore  quesaim  Thônus.  Mais  ma 
eompiialeurs  sont  déiteieui  sorloutiÉanlISs 
sciences  théologiques.  €i  vous  aver  la  pa- 
tience de  ies  lirer  vnus  appreudrei  que  les 
lu  réi;it  mosajijuf) , 


objections  laites  Contre 

au  sujet  de  l'arche  sont  insoluljles   (119^ 

que  le  déluge  ne  peut  être  univirset,  psrm 

, ,  ^ — , , que  les  eaux  de  l'Océan  ne  sauraient  mteio* 

nu  et  autres;  il  est  impossible  de  cûnce--  ure  k  labsuteurdes  montagnes  (ll9S);que 
l&lear  sjstëma  d'uoH  manière  précisa,  ^ans  le  cas  contraire,  il  n'y  eureit  plm 
IntpaatliéLjm?,  leur  doclriue  sur  l'inâ-  ■  aucune  garantie  danses  monde  pour  |fa 
■»  Qb  amiide,  sur  l'iuimorlatité  de  l'âme  -éiablissemeots,  auxquels  nous  mettons ladt 
de  peine  et  de  travail,  »  et  que  Iti  tati^- 
pienlt  d*  ("etprit  itraient  expo$éi  à  périr 
eotume  ceux  de  la  richene  (IIWI:  perla 
perU  confustoo'  de  la  psychologie  avec     véritablement  déplorable,  surtout  s  il  s'agit 

W""'^'  ■•-"'"•■'" -  -"  ■-■■■"—  --  '- 


»  (IISS),    conliaonenl  taut  de   con- 

n,  qu'il  serait  fastidieux  de  les 

r,  Onne  peut  pas  mieux   s'expli- 

perU  confustoo  de  la  psychologie  avec 

Pplituologie.  La  manière  dont   ils   coto- 

^'it  les  doctrines  du  M.  Cousin  et  de 

1^0}  sur  ces    matières,  donne  lieu  de 

Ce  que  c&f  robustes  critiques  ne  con- 
t'ui  pas  même  les  éléments  de  lascieo- 
t«l^u[  ils  traitent  arec  tant  d'uplomb.  Eu 
F>cral,  on  seul  dans  tout  l'ouvrage  l'db- 
pJiiuiiiibonnesétudes,  d'études  élémenlai- 
P;  bu  Sent  les  ioconvénients  que  causent 
B  lectures  désordonnées  ,  et  faites  sans 
%raiioD,  sans  éducatioa  convenable. 
«tihint  tiiitiquer  aulreoient  les  éloges 
W'-ï  et  puériles  qu'ils  donnent  à  la  philu- 
4^iâ  ffiingaise  du  siècle  dernier:  c  La 
f)it:rit:use  puisstince  do  la  philosophie 
■faise,  révélation  nouvelle,  voix  de  no- 
«(icj{ije,  voix  du  genre  humain,  voix  du 
KK  (1189)  ï  >  Comment  expliquer  aulre- 
>!'<  la  CDuiparaisou  qu'ils  él<jblisjeiiE  enlie 
^milite  de  M.  de  Lamennais  sur  la  terli- 
w.  ei  la  critique  de  la  raison  pure  (1190), 
«'•-Wiip  entre  le  travail  le  pfu3  superti- 
>«'  ei  le  plus  insullisant  de  nos  jours,  et 
■""rage  qui  est,  malijré  tous  ses  délauts, 
't'iusprelbnd  et  le  plus  neuf  de  toute  la 

tU«)  Art.  AtexaadTe,  L  I,  p.  264. 

i  l£j  A".  Catherine  II,  t.  lU,  p.  33L 
W)  Art.  lUUelitTHt.  1"  pan,  G  1,  fiolt. 
WlArt.  BflMBMWMff.  (.  Il,  n.  fsû. 
»^*t)hn.  Ardu,  Ll,  pageÎBS.   Voy.  Ùti-oat. 

t'iK)  in.  tmtge,  livrais.  25,  p.  2«t,  262,  «3. 


des    testaments  encyclopédiquei    que    1  oii 
rédige  duns  ce  siècle,  et  qui   ttitH,  »ùts  de 


durer  éterovllement,  ^  moins  qu'il  n'arrifa 
un  nouveau  déluge.  Vous  o)iprendrci  que 
le  christianisme  naguit  du  moria^*  (je  cUu 
littéralement),  du  dogme  orimtai  avec  Uf 
philotophie  grecque  (1195)  (Siraus  (1196)  lui-- 
uiéme  [l'a  point  osé  donner  ce  seotimenl 
-comme  fondé);que  •  on  est  élomié  de  ton- 
xtes  les  raciues  que  le  christiaRivme  avatt 
déjA,  lorsqu'il  commença  à  prendre  son 
nom;  os  est  surpris  de  voir  qu;i.le  pa- 
ganisme lui-même  lui  a  servi  de  berceau; 
on  est  daos  l'admiration"  en  comprensat 
-que  celte  religion,  si  nouvelle'  eu  app^ 
rence,  fut  la  réalisation  et  le  conséqiieiKe 
-dB  ce  que  Ja  philosophie  svuit  enseigné 
de  plus  élevé  sur  la  nature  divine  (1197).  k 
Le  lecteur  sera  plus  itoané  de  voir  qu« 
l'on  tasse  naître  le  ebristianisoM  du  paga* 
jii^me ,  ta  lieu  de  considérer  celui-ei 
comme  une  régénération  do  celui-là.  Que, 
<t  la  penâée  chrétienne,  la  pensée  initiale,  et 
pour  ainsi  Oire  plastique  du  cbrislianUme,  > 
apparlient  fc  1  ariauisuie  non  maim  qv,'om 

ITojf.  DiLuu  dus  ce  DiGtioneair» 
III94J  Art.  Amiibl^vitn»,  1. 1,  p.  CUI,  SOS. 
(I1Q5)  Aru  AtvMnirt,  I.  1,  p.  3Ui. 
(1196)   Vu  de  JiM,  Irad.  jwr  Litlré,  Paris» 

1839,  scct.  I,  chapitre  1)5,  %  11,  tuai.  I,  puk  i,  is 

(Ù97)  AiL  Ârimâmt,  U  l.p.  Slt 


:.V»  :KIC  .      MGTWnr&UtE 

i  talh»lkifmi ,  quotqut  l««  «r Jm*  utûnnt  la 
.  iUvintti  dm  Yerbt,  et  qu'ils  eussent  étitbii 

■  «M*  rttigion  différent*  de  la  religion  ealhe- 
./l'f lie  .(1198);  que  uint  AlhaiiASe  et  saint 
,  Aiisufltiii  Tureiil  los /ofiffaleur*  dw  catholi' 
,  <iême  {  que  jtuqtt'au  militu  du  ir*  eiècle,  le 
.  dogme  ckrélien  n'avait  pa*  d'unilé;  tfutiaint 

Aliiamaii  établit  toliiiement  la  divinité  du 
éjkriât,  et  It  dogme  d'un  Dieu  en  troii  per- 
.sotMe»  ;  qu»  saint  Aujjusiin  et  io  cttristia- 
-  uisiuerureiil  pref^uo  manicliéens  ;  que  le 
.  dogme  du  pécoé  ori{fin(il  est  un  manicMims 
fAr^b'en;  el  que  ropinion  catholique  et  celle 
lin  Uaoès,  ■  c'est  absolument  la  même 
chose,  ûu  moins  quanl  à   l'existence  du 

■  mal  et  è  l'emiiire  qu'il  exerce  tur  Is  terre 
.  (1109).»  (Et  que  dinieot-ili  ces  habiles  Ih^o- 

wttiens.  si  je  leurtUmontrais  comme  on  peut 
t  le  faire  île  Is  manière  la  plus 'rigoureuse, 
(|De  sans  le  dOKme  du  pécfaé  originel,  le 
véritable  waniraéisme  est  inévitable.)  Que 
.  la  formule  chrétienne  ■  de  Dieu  le  Père  et 
do  Dieu  le  Fils...  veut  •  dire  t  la  fatalité 
.règne  dans  la  création,  ou  pour  eoiploj'Cr 
,lt.-s  termes  mystiques,  dans  le  sein  de  Dieu 
.la -Père;  mais  le  règne  de  l'inieltigence 
■vieodj-Si  et  la  falnlité  sera  vaincue  (I900J  :  ■ 
■Uufl  Luther  nia  la  présunce  réelle  (1201}  ; 
que  ee()andaDl  «  Luther...  entendait  les 
riiijstères  du  Christianisme  aussi  catholi- 
quemeut  que  Bossuei  {1202}  ;  »  que  Bos- 
.suet  tacrijuiit  tant  façon  beaucoup  de  prali- 
■4iuei  dtt.calkolieiiime  aui  protestants;  qu'il 
-lit  wu  muvrede  proleilanlittnt  :  qu'il  était 
rdM  fond  atteint  tt  pénétré  du  proteelantieme 
11303)  ;  que  le  proteslanlisme  doit  être 
loué,  parce  qu'il  délivra  le  monde  de  celte 
■éfotÊmmtabU  tyrannie  ilu  culte  des  sainls 
-qui  faisait  mépriser  la  terri  et  tautei  let 
répulationt  de  la  terre  (JÂO^)  :  que  le 
■ckriMtianitme  épuûé  n'a  pu  résoudre  les 
,problèmrs...  et  de  qui  7  de  V.  Uzi^le  (1201))  ; 
que  le  conuile  du  Nicée  ne  savoit  pas  l'as- 
Lronomjo,  parue  qu'il  faldcsuendre  leChr-st 
-aux  enfvrs  et  luontereu  cîul  ;  que  Ips  as- 
;tronumes  modernes  ont  la  gloire  d'avoir 
rtùné  de  fend  en  comble  ce  fabuleux  édifice 
-(i30t>)  ;  que  dans  les  premiers  conciles,  les 
.évoques  iréiaieiit  euLto  cliose  que   Ihs  re- 

Kréseolants  du  peuple,  et  que  le  synode  de 
icéu  fui'  une  véritable  assemblée  consti- 
tuante, une  xérilableconvenlion{i201);q\)6 
liiut  individu,  dans  l'avenir,  (quand  l'i- 
4léat  descendra  sur  la  Ivrn)  sera  pour  soi- 
■tutmv  Pape  Bl  emptreur,  et  cela  e^t  si  vrai, 
que  l'auteur  croit  le  voir  écrit  en  hnul  sur 
Mta  talonna  de  brmxe  1120H),  etc.  etc.  Hais 

(119S)  Art.  Arianlsme,  U  I,  p.  820,  821. 
'  a'"^'  ^^^'  *'''^''*'<  Aa^iR,  t.   Il,  p.   191, 

(1*200)  Art.  ArMiUMnifiNf,  t.  il,  p.  6l.It  fitui  lire 
toute  ccUe  page  tl  l'on  veut  avoir  une  idée  de»  inep- 
tie* me  peut  déliiler  un  plillosoplw  Kur  les  dogntet 
IctiDieiii,  fluanil  il  ne  les  connaît  pM. 

(fMI)  Art.  Bénuger.  I.  Il,  p.  010,  «11. 
'.  jlWS)  Art.  fioHiwi,  U  U,  p.  824. 

(12US)  Ibid.,  p.  821,  823.  S2I.  L'abbé  Ikrgier  fat 
pins  inalheapeai  eticuTé, .  car,  amln  qu'it  ctait  «x 
trois  qtàarti  preieUttil  el  pkilasoplu  tamau  on  l'était 


AMLOGETIQDI.  ÏIK  m 

ea  Tuila  assez  ixmrdonnflr  au  ledcar  nn 
éetioniillon  de  VEnevelopédie  «siivfiJf.  Si 
ces  peliis  morMaui  lui  font  venir  l'esQ  i 
ta  bouche,  il  peut  aller  è  la  source  mtma 
pour  s'y  abreuver.  Pour  mot,  je  ne  crois 
)>ai  ou  il  soit  k  propos,  je  l'avoue  (lion  \t 
os  de  nécessité),  de  rompre  une  imct 
contre  délais  champtons,  armés  d'une  cri- 
tique étrange  M  aussi  formidable. 

Avant  de  tinir  ,  je  régalersi  le  Uctm 
d'un  petit  extrait  de  VEneyelopédit  Hts- 
telle,  qui  donne  l'idée  d'une  réjouiuiule 
imagination.  «  Voilh  trois  siècles  qui  » 
sont  passés,  dit  un  des  illustres  comjii- 
lateurs,  sans  que  le  chrislisnismeril  con- 
voqué on  seul  concile,  et  aujourd'hui, 
un  concile  orthodoxe  de  tous  lesévtqunt 
et  docteurs  du  chrislianisme  serait  jiru- 
qoe  aussi  en  '  arrière  de  l'état  de  b 
science  el  de  la  foi  humaine,  qu'un  tond'i 
des  pontifes  de  l'Egypte  nu  des  prh» 
de  Jupiter,  n'il  était  possible  d'en  rssmi-  ' 
hier  un  (1909).  >  Qii  aucua  catholiqoe  m 
a'iniiigne  ft  ces  paroles  ou  qu'il  ne  [m 
point  observer  qne,  quand  même  leipui- 
teurs  catholiques  sersienl  aussi  ignortou 
des  sciences  humaines  qu'il  plaît  au  docte 
encyclopédiste  de  le  supposer,  un  concili 
ne  serait  ni  absurde,  ni  ridicule,  puisqu'il 
n'aurailè  s'appuyer,  en  i&aiiéra  dedogmt^ 
qne  Sur  les  traditions  -constantes  el  [lerpA- 
tuL-lk-s  de  l'Eglise  ;  en  parlant  de  11  soru, 
il  montrerait  qu'il  n'a  point  compriileKB 
de  \' Encyclopédie  nou«e((e.  En  effet,  " 
moyen  de  leur  aldiiiuîe  de  mylho)  el  it 
symboles  ,  nos  encyclopédistes  irouml 
sous  les  dogmes  chrétiens  les  plus  beim 
secrets  du  monde,  et  en  loucbanl,  pO"' 
ainsi  dire,  la  reUgien  de  leur  baguelle  nu- 
gique,  ils  la  font  devenir  ce  qu'il  leur  piii^ 
Aussi,  je  ne  m'étonnerais  pas  s'ils  réussii- 
soient  a  prouver,  par  exemple  que  lei  Pi- 
res de  Nicée  ont  résolu  quelque  problèiffl 
■de  trigonométrie  èproiiosde  la  Trinil*.,el 

3U0  ceux  de  Trente  agitèrent  une  queiW 
e  cliimie  dsns  la  controverse  de  la  Irans- 
substanliation.  Dans  ce  sens  il  est  irès-ttii 

3ue,  pour  n'être  pas  en  arrière,  un  com* 
uvrait  élre  encyclopédique.  Et  corame  « 
litre  ne  conviepi  è  personne  mieux  qu^ 
nos  compilateurs,  qu'ils  ont,  d'autre  \i^ 
donné  un  magnilique  échantillon  d'éruai- 
liyn  itiéoio^iquQ  de  profonde  bsbiis"  ' 
inUTpréter  avec  clarté,  précision  et  elou- 
cité ,  ce  que  les  théologiens  catlioli'iD" 
n'eiilendent  plus  (ISIO),  je  pense  en  cous'- 
quencet  que  le  seul  concile  grave  ol  um* 

de  ion  leinps,  c'est-ï  «lire  iocrédule,  U  ^^f**^^.^ 
chriiliatùime  et  le  catkolieitm  «or*  Ut  t»"**'' 
(on.  BergUr,t.  II.  p.  615).  l'a  livre  a  W»! 

(1204)  An.  CanonualioH,  L  111.  ^  219. 

113051  Art.  Soyte,  t.  1.  p.  519. 

(1206)  An.  Ciel,  I.  Ul,  p.  G04. 

(1207)  Ibid.  p.  «8.  Art.  C«((e,  Utraife».  ^ 
IGO. 

1208]  Art.  CoHdles,  I.  lU,  p.  7li. 
(1209)  Art.  CoHeilet,  t.  Ill,  p.  727. 
(tSlOl  Art.  Btr0ier,  1,  II,  p.  6IS. 


VICTKMnfâlIlE 
derriiH  £lre 


«POLOOETiQUE. 


-V« 


qai  soit  pMStW*  rfB  noijwirs,  derriii 
(•«o  pir  Its  pèns  d«  lïxeydopMM 
kOc. 

BiictcuwsMR  iiODnLLB,son  attict^Ù/lugt 
réfeU.  F«y<  BiLD«s,  i  11.  —  Son  o[>inîon 
tar  rnrigine  d«  riiomma  «t  des  êtres  or- 
faiii»éa.  Voy.  Homhe  «ub  inil.  —  Foy.  aussi 
PiosKài  coutikit.  Hie  dêishe,  etc. 

RNEHGUMENB.  Voy.  PosSKsiioit. 

ENFANT,  comment  il  se  développe.  Toy. 
PttCBOUMli,  5  X.  —  Enfant!  morts  sans 
l>a]il£me.  Toa.  Pécbë  ontai'tBL ,  |  II ,  et  Pi- 
irTEHKE,  1 111-  —Mortalité  des  enfants.  Yoy. 
ÉLUS,  I  II.— Enfants  séquestrés.  Yoy.  Pbt- 
caoLOsn,  |  XI. 

ENFER.  >-  A  ce  mol  terrible,  il  sembla 
TOcl'nitn  les  convictions  que  l'apologiste 
•fa  chrfstiaoisme  était  parvenu  h  rallier  h 
Il  férité  TOnl  lui  échapper.  Snr  tou»  les 
«ulrfs  points  on  avait  roBsenti  k  l'écouter 
m  iiioiDS,  et  la  lumiire,  perçant  peu  h  psu 
flaiu  lu  iotelligeaces  avait  fini  par  leur 
itécfiiivrlr  des  rapports  si  biAi  lias  «t  un 
<JM«ein  si  partait  dans  la  religion,  que  Is 
•livinité  d«  la  main  qui  l'a  établie  et  qui 
U  porte  avait  été  reconnue  et  acceptée.  Mais 
>ci  HB  niurmure  s'élève  du  fond  de  toutes 
'  les  ifliéa  et  couvre  sa  vois.  On  lui  relire  en 
■n  inïtint  toute  la  sjnnpatfaie  que  de  longa 
tCbrts  loi  avaient  gagnés ,  et  tout  l'édifice 
et  lOD  apologie  vtaisparatire  dans  l'abîme 
^l'il  a  eu  la  témérité  d'eatr'ouvrir. 
11. 
I  de  1*  négaUiMi  da  dogme  de  l'ealér.  — 


Noos  le  distms  a*ee  une  pleine  assarantie 
tt  oiatgré  la  violence  du  pr^ugé ,  non  ,  le 
éegDfl  de  l'enfer  n'eat  pas  une  auperfétation 
ri  an  bora-d'œuvre  dans  le  système  de  la 
Térilé  catholique;  il  est  au  contraire  si 
ri^ransement  lié  \  tout  l'ensemble  de  ce 
difin  s/slètne  et  tellement  pris  6  sa  base  , 
qntiéstter  le  moins  du  monde  h  l'admettre, 
•c'est  hésiter  k  admellre  loales  les  autres 
tériiés ,  et  que  le  rejetec,  c'est  tout  rejeter. 
Nier  l'enfer,  c'est  oier  la  rédemplioo  ;  nier 
!■  rédemption,  c'est  nier  le  saluL  du  genre 
liDmain  par  la  croîi  de  Jésus-Christ,  c'eiil- 
à-dire,  le  plus  adoruble  de  tous  les  témoi- 

fages  d'amour  que  te  ciel  pouvait  donner 
la  terre...  C'est  nier,  par  suile ,  la  raison 
de  loates  les  institutions  de  charité  que  cet 
nemple  d'un  Dieu  mourant  pour  ses  créa- 
tures s  enfantées ,  et  tarir  la  «ource  de  ce 
qu'il  7  a  de  plus  doux ,  de  plus  consolant , 
du  plus  secourable  pour  l'humanilé. 

Cbmaisses  donc,  el  décidez-vuus:  loul  le 
majestueux  édifice  de  la  vériLé  catholique 
est  là  devant  vous ,  assis  sur  les  ruines  du 
)M^uisma.  entouré  de  l'hommage  de  dii- 
buit  siècles,  fortifié  et  grandi-  dans  la  ricis- 
■itude  des  choses  bumaiDcs,  qui  a  tout  en- 
lorié,  qui  emporte  tout,  excepté  lui.  Il  faut 
le  renverser  entièrement,  le  raser,  et  passer 
1)  cliarrue  sur  le  sol  qu'il  occupe  ,  si  vous 
(«liez  «■  retirer  la  verilé  de  l'enfer,  . 


Vous  TOI» décfdezfMnl^tre  I  cette  grAO^< 
négation...  Eh  bien  ,  soit  I  Vous  voilï  d<i«e 
hors  de  cette  Eglise  qui  avait  l«nt  d'intérêt, 

-  disiez-vouï,  au  dogme  de  l'enfer  pourservir 
de  relrancbement  ft  son  autorité  1  Vous 
n'avez  plus  il  craindre  la  maxime  Bart  4t 
tEgliie  point  de  salut,  car  il  n'y  a  qu'elle 
au  moDoe  qui  l'a  fait  eolendre.  Vous  voilà 
libre  ;  plus  d'autorité ,  plus  de  menaces  ,  lo 
libre  examen,  le  proleslanlisme...  et  ses 
variétés  et  ses  variations...  Que  de  chances 
pour  éviter  la  vérité  que  vous  voulez  fuir  I 

Mais  quoi  1  toutes  ces  chances  n'abcu- 
tiasenl  qu'à  vous  la  faire  rencontrer  plus 
inévitablement.  Toutes    les  vérités  catho- 

-  liques  ont  été  marquées  du  marteau  4e 
l'hérésie,  plusieurs  ont  été  démolies,  p#s 
une  qui  n'ait  été  riformii,  et  réfortnde  daijs 

.  le  si?ns  favorable  aux  .vues  de  la  roiion  el  de 
lafiberjtf.'leoélibatdesprStreStlaconfessiiHt, 
la  présence  réelle ,  le  culte  el  ses  pratiquas 

-  assujettissantes,  etc...:  )a  vérité  seule  d  qn 
.  enfer  est  restée  debout,  înlaste^-'t  Jb  nw 
'  trompe,  elle  a  été  élargie  aux  dépens  du 

dogme  du  purgatoire,  qui  a'été  supprimé^. 
Il  n'y  D  plus  de  milieu  dans  le  proleslan* 
lisme  pour  la  faible  humanité:  le  ciel  «u 
l'enfer. 

Rejetons.  dîres>vous  peut-être,  le  chris- 
tianisme tout  eniferl  Maia  y  ponsez-vount 

.  le  christianisme,  cette  source  de  vérité  et  da 
vie,  ce  fuyer  de  civilisation  ,  cette  grande 
lumière  k  la  clarté  de  laquelle  marchent  l«s 

.  nations,  et  en  qui  reluisent  tous  lea  carac- 
tères de  Jb  divinité  1...  Hors  de  lui  qu'eapé- 
rex-vous  trouver,  sinon  la  barbarie,  lasa- 
perstition,  in  nuit?  Et  cepwdant  c'est  K 
que  vous  voulez  aller  roua  jeter  pour  évjter 
la  vérité  de  l'enferT  C'est  la  région  de  la  vé- 
rité et  de  la  lumière  que  vous  quittez  pour 
[lasscrdani  celle  de  l'erreuret  des  léiièUresT... 

.QuitlsacriticevousfailesàvotroincrétJulitéL. 
Eh  bien,  soit  encore I  promenez  votre 
scepticisme  dans  tons  les  pays,  dans  lu^s 
les  siècles  i  vous  ne  ferez  qu'accroître,  que 
combler  la  mesura  de  la  vérité  qui  vous 
poursuit.  Pas  un  temps  ,  {tas  un  lieu  ,  oCi  la 
croyance  b  J'enfer  n'ait  constitué  le  fonds  4" 
toutes  les  religions.  Nus  piiilosophes  uq- 
dernes  reconnaissent  eux-mêmes  et  ont 
formellement  én>mcé  dans  leurs  livres  qiffl 
du  leiops  de  Moïse  el  des  rfébrcux,  et  dans 
les  temps  subséquents  ,  les  Cbaldéena  ,•  les 
Assyriens ,  les  Egyptiens ,  croj^aicnt  k 
des  peines  éternelles.  «  La  doctrine  d'un 
étal  futur  de  récompense  el  de  chAtîment, 
dit  Botingbroko,  paratt  se  perdre  dans  tes 
ténèbres  de  l'antiquité:  elle  précède  loat  ce 
([ue  nous  avons  de  certain.  Dès  que  nota 
commençons  h.  débrouiller  le  chaos  de  l'his- 
Inire  aucienne,  nous  trouvons  celte  croyance 
établie  ,  de  It  maaière  la  plus  s^ilide,  dans 
l'usprit  des  premières  uationa  qun  MWS 
connaissions  (1211,'.  • 

Unns  tous  It»  .pays  découverts  |<er  la 
ravigalion ,  des  ezirémilés  de  l'oneol  4 
celles  de  l'occident,  el  jusque  dans  lea  Um 


(iStl)  BoLLiCMnu's   irtrrfci.-Tol.  T,  ^  «SI,  iu4*. 


'  ia  W#  OCTKHM&OK 

'  '  teii  yiiyt  'éioteiiéé*  «t  les  phis  inconRii«y,  on 
'  4  troflTé  toat  coeur  d'Immine  péoélré  dô  la 

•  cr*if*(ed'iin  ertftr  èl«riMl. 

'  '  iQuI  a  inspiré  cfrtte  craînlfl  au  s^ore  hu- 
main tnui  «ntierf  Et  costment,  i  travars 
"lafit  dVsp«o©s ,  de  degrés ,  de  Tariétéj  in«- 
'  nies  (ta  temps,  tte  Ljtux,  de  nmurs  ,  de  cbu- 
'  luTTieB,  de  fumlèl^s,  lous  les  honuncB  au- 
raient-ils élé   ^gaiement  persuadés  de   la 

■  méoie  croyance,  si  elle  n'iteil  qu'âne  tnw»- 
tftmf  IVtra  penvenl  il»  la  tenir,  si  ce  n'est 

'd'une  révrilallon  primitive  el  de  la  méafl 
Bourcn  d'où  leur  Tient  dëjà  la  conscience  et 
tes  imprf^cHnlibles  voilés? 

'  ^  de  qui  serait  calte  înTontlanlDes 
rois,  dït«-l-on.  —  Lisez  les  poêles  du  paga- 
Bfsnie ,  et  tous  verrez  que  presoue  tous  les 

•  réprouvés  qu'th  citent  avaient  été  mis  :  les 
'  Sisyphe,  tes  Taclale ,  lés  Isinn,  las  Oanaù^, 

•  et  lanl  d'autres.  Ce  ne  ïont  dooc  pas  eux 
'OUi  ont  inventé  «et  enfer  contre  euT-jnénies. 
"ComsM&t  d'ailleurs uitte  iareMion  te  serait- 
elle  cOmmunlqade,  oomine  en  un  ctin  d'œil, 

i#inie  extrémité  du  mondeirautreT..,  L'iti- 
'Crédulité  doit  savoir  se  borner  elle-mésie 
't^Gn ,  si  bile  «é  voet  tomber  dans  Vabturde 
•■pour  échapper  à  Vineompréhenti^te,  el  perdre 
la  rnisqn  pour  éviter  la  foi. 

HAi8,dirpz-vous,  dois-je  en  croire  une 
'mullftude  îosen«^TEt  le  genre  taumaid , 
dom  Je  ne  feat  déclinar  le  témoignage, 
n'esl-il  pas  mieux  représenté  par  les  intel- 
'ligénfws  d'élile,  par  les  penseurs  en  qui 
'Viennent  se  radreaser  toutes  les  erreurs, 
'«'épurer  tuas  les  préjugés  T  Ne  puisse  pas 
'Mre  appel  «a  iribunai  ua  [e  {>hilosopRia  de 
-la  décislonda  vnlKairef 
"^  Je  rOBS  l'aceordet  alloni  dotK  an  tribu- 
~  Ml  de  la  philosophte. 
~    le  ne  vous  citerai  pas  les  grands  génias 

2ui  ont  honoré  l'humanité  depuis  Jésus- 
hrtst.  Ils  sont  déjfi  récusés  comme  chré- 
lî«ds,et  cependant  quels  nomsi...  depuis 
luSlin  jusqu'à  Pascal.  —  Mais  passons. 

Les  plus  anciens  philosophes  de  ranlt-' 
'quilé  furent  les  poètes  ;  or,  tous  ont  ensel- 
'gnéet  décrit loTiirtareel  lea enfers; Orphée, 
'  lissée,  Unus,  Hésiode,  Virgile,  Ovide,  Ho- 
race. £(  qui  ne  se  rappelle  ces  vers  du 
poêle  romain  que  nous  avons  étudié  dans 
"notre  joHoesso. 

Sedet  xTEhsuague  tedtbil 

Jnfelix  Thtuui  (1ÏI3} 
Voilà  un  réprpuvé  cloué  pour  une  éter- 
,  nilé  sur  un  si^ga  de  douleurs,  dont  il  est 
,<x>ndaaiaé  à  oe  se  relever  jamais.  Voyez  Tilye 
-  livfé.i  la  fureur  d'un  vautour  qui  le  ronge 
^éteraellemâot, 

Ihbmtau  jeeur  tandetit,  feamdaqu*  maii 

ViteraHm). 
C»  qui  faât  dire  4  l'impid  Lncrècs  :  «  Gom- 
'  mut  fei  TMlours  pourraient-ils  trouver  en 

'      (1«2)  TiHC,  Xneid.,  Ilb.  n. 
''    1(1119)  Id..        IM. 

■  iliU)  UsaKT.,  tib.  ui. 

(»1SI  OviD.,  Milamnh.,  iv,  11». 
(«16  GOKU*., 


Tllye  an  aliment  ^acfiel^  CwBMBt  lui- 
mime  poiirnil-tj  EOt&ir  ÉteriMMuieBtT» 

Nt£,  QMDif  inb  maqno  tenlanlUT  pcrtorc.niVnM 

PEftPETUAH  aralem  p»lr*u»t*ifmttfn{ttu..^ 

Nm  tamen  xtehAum    fêtait  ffi^t  M»m 

'   Née  prt^ere  ei^m  pro;*w   rfi  taivttt  mt- 

Ka(l»U) 

Même  éternité  dans  le  supplice  dé  Sisj- 
pbe: 

Sitmhoa  ouîcinu,  tur  hie  «  fTUlTÎhiu,  mtpût 
PÉRPETtJAS  PiTiTU»  PŒSAS  (1Î15). 

Encore  une  fois ,  tons  les  kogas  da  I'mk 
tiquilé  rendent  lémoigns^te  t  ce  dogme  qi» 
vous  osez  rejeter. 

Ne  verriez-TOUs'dans  tout  cela  qoed» 
exagérations  poétiques  ?  Voici  venir  f  liKn, 
le  grave  Platon,  qui'  chksss  les  infltBS  dt  u 
répubtiqae,  mais  qui  retient  lèun  viritft. 

—  «  Les  vils  scélérats,  dii^,  dont  l'bt 
ptrverse  a  mérité  d'être  incuratile,  s«i 
léduits  à  servir  d'épouvaiilail;  et  leurs  tkt 
limants ,  gtli  Us  tourmetitetu  «mu  tet  jtuHr. 
De  sont  utiles  qa'aBX  lémoles  bi  lbdi  a- 
nazABLE  ET  DoubooBBDsz  érBBinTi  (lUËj.l 

—  «  les  Ames  <f«i  ont  oomoiis  des  ama 
plus  grands,  dit-il  aiUaurs,  sent  préci|»- 

lé«S  DaRS  l'^MHB  Qu'on    &PPBUi£  lmfu, 

OB  d'un  Dom  semblable...  itmite  hocome, 
tel  est  te  jugameat  des  dieux  q«i  lubltHl 
le  ciel  ;  des  dieux  que  («  t'imagines  d*  pu 
s'occuper  de  loi.  Les  bons  seront  râuni» 
aux  bons,  et  les  méchants  aux  Ames  des 
méehaals  (1217].  > 

Socrale  enseignait  aussi  ou'il  y  adeiclit* 
mins  divers  pour  leit  Ames,  l(>^sq^'elleIto^ 
laot  du  corps  :  celles  des  médiants  pren- 
tteoi  un  cbeniB  détourné,  qnl  les  eonilait 
loin  des  assemblées  des  dieux  (1218). 
ËnChi ,  dans  les  prsiuiars  temps  du  cbrb- 

itianjsme,  un  [Âiiloiophe  paï-en ,  enncni 
ardent  de  eette  haligiou,  Celae,  écriviil  : 

, —  a  Les  Chrétiens  out  raison  de  penser 
que  ceux  qui  vivent  saiotetneiit  seront  r^ 
compensés  apr^s  la  mort,  ei  que  les  mi- 
chinti  sutiiront  des  scppuckb  Érmiiiu.  Du 
reste,  ajoute-t-il,  ce  sentiment  leur  «1 
commun  avec  tout  It  monde  (1S191.  • 

Toui /eniontfsdenc,  poêles,  pfailosoplies, 
sujets,  rois,  anciens,  modernes,  civilisai 
barbares,  tout  le  monde  croit  é^lemrnti 
la  vérité  de  l'enfer.  V^ité  terrible  OKO- 
dant,  et  que  tout  le  monde  a  intérêt  as^ 
couer.  «  Il  n'y  a  plus  de  repos,  écrivsil 
l'impie  Lucrèce,  il  est  impossible  de  ilnroir 

.  trauquille  :  pourquoi!  Parcs  qu'on  est  Tortié 
de  craindra  après  la  via  dtts  PEram  ivif 
RBLLCs,  et  qu'aucun  morlel'ne  peut  tW 
heureux  aveo  ta  crainte  de  ces  peiiies- 
Il  faut  k  tout  prix  arracher  celte  crainte 
du  cour  des  honimes,  et  la  bannir  i  iauui) 
de  l'univers  t  car  'Ha  trouble  foeta  la  (vîi 
du  geore  humain  ;  elle  ne  permet  de  goQW 

fISIT)  Ut.  4éê  Lait. 

(1218)  Gowus. 

(lï!^  Ows.,  C-  CtUe.  —  »  L-o^i^tmé-fi  p^ 
gatoire  ainsi  que  d'un  eufer,  dit  Voluirc,  est  k  a 
ptas  haute  antiquité.  >  {  M4U.  k  l'Iiut.  ft^-l 


jH  '  E^F  BICTK»<MAW£ 

tacoMiicatité,  aucun*  joie»  aucim  plsi- 

iif[iao).. 

f  jine  rage  qui  ne  peut  que  secouer,  SQtis 
Iiroopr»,  celte  cbalne  c^e  la  justice  éttr- 
oellequi  retient  le  monde  daos  ses  loisl... 
Le  Goui  dei  hommes  a  continué,  d«çuis 
Lucriea  comme  avant,  et  il  continuera  jus- 
qu'il* Qd)  i  porter  le  Jnu^  de  celte  crainte 
uluuir*,  qui  est  pour  lui  le  fondement  dt; 
bfittiue  el  le  rempart  de  la  r<é1icilé. 

C'est  dobc  arec  un  sens  profund  que  VoVi 
uira  répondait  à  ce  complai-'aiit  «mi  qui 
Hiulajtd'avqir  trouvé  enQu  la  preuve  da 
liDon-Biistunoe  de  l'enft^'r:  fou«  élei  biat 
iuratxl  U  JHii  iai'n  de  là. 

C'est  qu'en  eJTL-t  pour  eu  venir  lè  il  laut, 

{\M)Swt  ralitf  nuUa  eu  nttaniti.nitlla  faeul- 

Iw, 
fnuii}  tpiimiam  p(e^i3  in  morte  rimentfunt  : 

El  mittt  We  forM  prgeept  AeÂtrntit  Oftrubtw 
l-'tWinj  tiHMMiM  fw  Hlon  jRrhU'o*  tmo, 
OiMM  MjpMuba*  ■««(*  Mfron,  lufw  lUtaM 
i*n  MfuWfm  iif>i4mt  pvrcmfW  reHi/Kil. 

IT.  liiiCKBiH,  Xk  M'M'.  rcr.,  lit>.  ij,  m.) 
[ISI)  He  qiM  aultm  omuitim  natura  cOnuiUil,  iit 
vuiiutuatue ui.  (  De  MtHrft  Dter.Aib.  i,  nura^ 

r.) 

|I3!]  FtHilet,  Ettaii  el  Uaximet  de  1.  Joubut. 
il.  p.  318. 

t'MMHOfiM  déê  nWtlioni'  «ar  TiB/kr. 

•  IKtMi  <n  owapie  deof ,  Is  NiUaiai  et  ta  Nw< 

Ml; la  todicoB  tHi6l  trois,. untôi  ou^twe.  et 

frif)iKcte»ju4qu'iqiiau%-vw9i*.Ciiei  l»Pu-- 

a)il;a  avait  sept;  ily  eo  >  ciitq  chi-i  tes  Bir» 

WH,  Irenii^lrois  cIiëe  tes  japonais,  trois  au  Ti- 

H  MÎ]  sutxli visés  en  dix-near  régi ODi  oii  lespei- 

■n  un  dUersiffées. 

I  tci  tnibrs  des  'nbéiatns  sont  Gnieha-Jonj- 

U^njFi  El  Resmé.  Le  GotelYa  est  divisé  ta  deux 

Mt,  celle  du   froid  el  celle  itu  eband,  partagées 

ditiiue  en  Iniït  autres.  Dans  celte  dernière  les 

àatù  loni  coucha  sur  une  terre  recouverte  d'un 

ktottft,  tts  avateiit  du  fea  liquide  :  ils  sont  écra- 

■B  (Dire  lieux  rochers,  puis  nus  dans  des  cuillères 

Kfcnirs  aiec  lesquelles  les  déiituns  reniKent  le  kr 

H  \t  plomb  (badus  :  Ils  sont  sciés  en  deux,  ou  jelés 

Mrdn  éjiéeE  brUlantes,  ou  écartelés  en  quatre,  en 

Ui,  n  trente  om  en  aolianle  parties,  i  ftisoic. 

iiplui.  m.  p.  185, 369,  seej 

■  1^  tnreri  des  livres  Kends  sonl  placés  au 
brdd'une  onde  letide,  noire  comme  la  poix,  froide 
vnot  la  neige.  Les  tmev  condamnées  s';  agitent 
Bui  cesH.  Une  fumée  Caisse  sort  de  cet  antre 
fti^tnt,  a  rintérieur  est  rempli  de  scorpions  et 
*t  lerpenti.  L'infurip  îles  Gaulois  est  une  contrée 
■"r^nfiral^le  aux  rayons  du  jonr.  Des  animaux  ve- 
iiKMiii  Mini  les  CDmrajpioiis  et  les  liouricaux  des 
■*l>iiinu  de  crue  alm:usc  demeure.  Des  loups  aF- 
'■pKi  les  dévorent.  Us  invoquent  la  mort,  mais  en 
^iu.  Après  avoir  servi  de  proie  aux  bëies  farou- 
^i^  renaissent  pour  leur  oITrirane  pâture  nou- 
velle. Les  plus  coupaliles  sont  étendus  dans  une 
Mnbrtcaferue  au  milieu  d'innomt) râbles  reptiles. 
Il  poiïiin  qui  les  briMu  tombe  sur  eux  goutte  h 
IMiic.  Pariout  r^ne  un  Iroiri  si  perçait  que  ces 
**bre*  Misérables  seraient  bieuloi  converties  eu 
PM,  li  elle»  u'êtsieui   destinées  k  des  douleurs 

V^>  Indiens,  tnalgré  Ta  douceur  de  leurs  dis- 
f*Hcw  uturelles,  n'ont  pas  des  enlers  moins 
vrwvanbUet.  Yama,  juge  des  moris,  prononce  la 
JJIH»».  C*M  qui  ont  obligé  les  préceptes  de  la 
"■«MM  HM  punis  durant  uu  nombre  U'aunécs  ^1 


^mjoGetvsnt. 


xat 


f*î 


berl^  que  «  iies  qu'un  raisonnement  (itlaque 
['instinct  et  la  pratique  untTerseis,  il  noul 
Stre  diflicile  à  réfultr,  ni^is  i  coup  f^r  \\ 


rejeter  radicalement  tout  le  catlioltcisliie, 
tout  le  christianisme,  toutes  les  religions 
(le  la  terre,  le  sentiinent  universel  de  tous 
les  siècles  ^  et  s'inscrire  seul  contre  le  genfi 
humain  tout  entier.  Il  y  a  lii  de  quoi  l>iira 
reculer  l'esprit  lu  pJus  osé,  et  H  faut  bien 
se  rendre  a  ce  vieux  axiome  do  sens  <ta«i- 
[Dun,  que  ce,  qui  a  ëtë  cru  (oujourj,  p^ir- 
tout  ,  et  par  tous  ,  est  vérité  ;  que  c« 
Sar  qaoi  les  opinions  de  tous  se  rencoii7 
treiil,  comme  dit  Cic^ron  ,  est  néeenaire- 
ment  vrai  (I^t);  et  enfin  ,  comme  dH  Joti-, 
berl^  que  «  d&s  qu'un  raisonnement  (itlaque 

Pins ...       -3 

être 

est  trompeur  (1222). 

4UX  clieveui  qui  couvrent  leurs  léles.  Les  ailiécf 
sont  percés  de  part  en  pan  en  tombant  sur  deâ 
armes  aigois.  Les  coi  item  pleurs  des  brames  sont 
coupés  en  pièces  el  jelés  dans  l«  feu.  L'aduliérd 
ODlmMB  ifcs  tiniulaores  rongta  par  la  SMame.  D«# 
t]»rlie4Uf  au  bec  d'airwi  Aécliirnit  t'iulldéte  ^A  a 
rçaié  sa.  caste.  Lq  BWunrûjr  .  d'iin  bwiBie  ou  ii'tni 
animal  est  plungë  dans  un  f  ou&e  ùtrscL  Le  ypn 
luplueux  marclie  pieds  nus  sur  du  ronces  Le  fa•^ 
lilmniaieur  cliarge  da  chaînes  e^t  nourri  d'aLiraeuiq 
immondes.  L'avare  eut  dévoré  par  des  vers  iosalia-v 
Mes.  Celui  dont  la  main  sacritégo  a  immolé  une' 
met»  devient  une  enclume  vivante  fk-appée  par  ui» 
niiHean  tirOlanl.  Ld  faux  lélMlH  roule  de  rue  en 
FM,  idgnatu  de  son  sang  Icnra  pAlales  acérées,  HC 
Içs  corps  «te  ta»  iuiortvun  compom  d'uM  m^iièrii 
iiupalpi|ble  se  rejoignent  comatela  vif-wgeul^pMin 
suijir  de  gouieaux  supplices. «y 

<  l'artouL  on  yuil  des  juges  pour  ceux  qui  at's-^ 
ccndeut  aux  enrers,  et  des  supplices  pour  les  cou- 
pables, 

i  \'ania,  comme  on  lY'vn,  est  aux  Indes  le  juge 
dea  enfer».  A  t'entres  de  chaque  enfer  des  Birman^ 
EODI  placés  de»  juges.  Tout  le  munde  connaît  les' 
arrAs  célèbres  prononcés  en  Egypte  aux  tords  du 
tleuv«,  image  de  ceini  que  les  ombres  tra ver- aient.' 
Un  sait  qu'avaiil  de  procéder  i  la  cérémonie  fuiié^ 
raire,  un  tribunal  de  ijuaranie  Juges  examinait  U' 
conduire  du  mort  et  décidait  s'il  mériiail  nioiineuf. 
de  la  sépuUare.  En  us  d'alUrmative  on  invciquait' 
les  dîeai  du  monde  souterrain,  présidés  pr  S«ra- 
pis.  Ce  Irilninal  des  dieux  parait  assemblé  sur  un 
cercneil  égyptien  déposé  au  muséum  brltauniquc  et' 
dont  Zoiffi  nous  aonne  l'explicaiion  (Dt  oSeUu. 
308).  Uu  rouleau  de  papyrus  enseveli  avec  uue, 
momie  que  l'expédition  dxgypte  nous  a  procuréu 
reproduit  le  même  tableau.  (Uemdh,  Voy,  eu  Eg^^te. 
PlanclK  itl.J  Cet  anli((uaire  Ingénieux,  Dlai^  un 
peu  léger,  j  reconnaît  à  ion  une  iniliaiion.  Usir.s 
y  siège  avec  ses  alinbnts  ordinaires,  ayani  devant  ^ 
lui  une  fleor  de  lolus,  symbolu  de  la  vie  élcinelle.  \ 
'  IJunne.  Une  petite  ligure  humaine  est  pc!<ce 


naiious  matérielles;  l'autre  d'i-p.:nicr,  emblème  de  , 
Iz  nature  divine.  Ces  génies  oui  tous  deux  iin.e . 
main  sor  la  lialaoce  et  semblent  plaider  devaiil  ' 
USiris.  I  (Benjamin  CoasTUT,  De  la  telitio»,  liv, . 
IX.  ch.  8,  t.  IV.)  ' 

PiiTocT,  dans  rOeéanie,  les  votueubs  tbouvï-,, 


KENT  raOFESSËE    t.X  CBOVANCE   EK    UNE    Vil  rUTUW,  , 

avec  des  récompenses  pour  les  ftmes  des  bons  e| 
des  peines  pour  lus  Ames  des  méchants,  ccUeS'Ci 
infligées  dans  un  enfer,  ccUes-li  décernées  dai|s  iw  , 
paradis,  le  plus  cumuiuiiémeut  appelé  Uirott,'  et 
qui  présente  la  même  idée  que  le  mont  Méruu  def , 
brahmanes.  Par  une  sîtigiitanié  non  moins  élrange, 
un  de  CCS  paradis,  celui  des  iniolairei  da  11  Vwr 


ncTio^KAme  apologétique 


£f* 


'  Tenons  (autefuis  aux  raison iicmentii  : 

L^ite,«nctkM  du  frMvenicnsat  dMn,  —  Ca  dogme 
M'a  pu  él6  atUauiB  p»  ITféTètlc.  --  ToatM  cboae* 
comprlsea  entre  deux  termes,  les  priaclpei  et  les  eoa- 
dmoM,  couvl^uences  pour  l'âtabllnement  du  dogme 
4e  l'éunkâ  4es  peioee.       -s 

tf)  gouveroemenl  divin  a-I-ilune  sanction? 
Ses  sujets  peuvent-ils  i'iopunément  mépri- 
ser Sa  puiseaacB  et  se  soustraire  k  sa  ro- 
ioalé  1  Sa  volonté  est  de  noua  conduire  i 
la  béatitude  par  la  perfection  :  mais  si  nous 
p'j'  coBsenttios  pns ,  si  notre  libr»  arbitre 
te  refuse  à  ce  bul  généreux  de  la  Providen- 
te,  qu'orrlvera-t-il  de  nous?  Vous  pouvei 
aujourd'hui ,  maîtres  «bsolus  de  votre  sort, 
insulter  à  la  bonié  qui  vous  a  faits  et  qui 
tous  a  sauvés;  le  pourrcT.-ïous  toujours? 
Entre  Dieu  et  l'homme.  Dieu  bienfaiteur, 
rbomme  ioi^raU  est-ce  Dieu  qui  nura  l'empi- 
W  âMlemBnl,  ou  bien  restero^il  a  l'iiommo? 
..  La  doctrine  chrétienoe  noss  apprend  qus 
toute  créature  qui  dédaigne  absolument 
d'arriver  )  sa  fin,  n'y  arrivera  pas,  et  telle 
«M  la  ffluctioii  du  gouTernefDtnt  do  Dieu, 
Le  bnl  tous  est  (iropusé,  il  çsttoul  in  votre 
^veur,  il  surpasse  en  bienbil  ce  que  vous 

Kourricz  par  l'imaginaliou  du  diïstr  sou- 
aiter  do  plus  grand  :  c'est  h  voua  de  voir. 
Si  vous  Kuulez,  entrez;  si  vous  no  roulez 
MSt  deiuourpz  :  savbez  seulement  que, 
t'heore  de  la  liberté  passée,  votre  chois 
sera  faitpour  Kéternilé,  et  que  vous  serez 
à  Jamais  ce  que  vous  aurez  voulu  être  au 

jàh-TiéiinAtt,  esi  de  tous  points  semUatile  au  V^- 
tulladetaiicieua  Scandianvei.  *  {Cniu^UiUtin 
àtt  religioiii,  looie  II,  liv.  m.) 

Le  Siagyrisle  remirquc  qiie  ce  qui  paratl  vrai  à 
au  pelil  nombre  itc  safies  jouîl  utOs  cuutrcdtt  de 
quelque  probabilité.  Cette  probstiilild  devient  plus 
^nde  pour  ce  que  tous  !ea  nages  rcgarderl  coidiuq 
ihcon  les  taille  ;  mais  ai  iju'apjMouveiil  non-Kule^ 
ment  tous  les  aa^ts,  mais  encore  toua  les  autres 
par  UD  conseil taiieiit  perpétuel  et  coiislanl,  doit 
Aire  iiécessairt^nieiil  Ma,  ({uoiqu'iU'eu  tmuve  quel- 
ques-uns qui  doutent  (a}.  Il  conliimc  as  paroles 
a'a>i)i  ses  livres  de  murale,  oit  il  traite  des  opinions 
qUÎ  iiuus  parviennent  par  une  longue  succession  : 
(  L*aiiti([uiié,  dit-il,  mérite  notie  loi,  parce  que  les 
hommes  qui  nous  l'ont  Iranamise  sont  prÈiuniÉA 
avoir  Hé  instruits  par  Dieu  même,  t  Cicéioii,  dans 
i»  preiuière  Tu^eulaiic,  Taii  mieux  ressortir  encore 
U  torcc  d'un  pareil  témoignage  :  <  Pour  continuer, 
4lt-il,  votre  seotiiiieiit,  nous  pouvons  nous  servir 
des  meilleures  anturitds,  ce  i|Ui,  dans  toutes  lus 
causes,  doit  et  a  coutume  d'jvuir  une  irês-grande 
valeur.  El  d'abord,  nous  pouvons  employer  le  lé- 
moignige  de  toute  l'antiquiié,  qui  vojau  sans  doute 
d'autant  niieut  ce  qui  était  vrai  qu'elle  était  plus 
près  de  sa  source  et  de  son  origine  divine,  i 

'C'est  pourquoi  nous  invoquons  avec  taut  de  con- 
ianee  la  loi  de  nos  pères.  llUe  est  notre  dernière 
ressnnpce  quand  rinvréduliié  ut  le  scepticisme  vie»- 
nint'nous  envahir.  On  le  rejette  alors  vers  les  sié- 
ctet  anciens;  on  luur  demande  avec  angoisse  ce 
qatls  ont  cru,  on  scrute  touï  leurs  Inonninenla,  on 
sonde  leura  minos,  on  Interroge  tous  leurs  souve- 
ntn,  et  puis  on  respire  au  leiu  de  ces  tradillons 
liritnitlvcs  ;  leur  tniJLhtur  ranime  nos  àines  éieiti- 
kk:  car  nous  avons  Iwsoin  de  cioire  aussi  hisn 


(IcrBier  mOfUcnl  Je  votre  vie,  uni  k  Dinr 
nu  séparé  du  lui.  Mais  tous  sioln  birn 

3 non  n'échappe pss  h  iq  destinie,  etïnnq 
estioée  telle  que  ta  perfection  et  la  béili- 
tiide  dans  le  sein  de  Dieu,  sans  tiu'il  en 
résulte  une  douleur,  et  celte  douleur  lusij 
durable  que  sa  cause,  sers  par cooséqumi 
éternelle,  élemelia  dans  l'âniei  éternellt 
dans  le  corps.  Cest  la  menace  de  l'Ecrilurc, 
Il  loi  de  l'Eglise,  et  dans  les  inerofinlt 
l'objet  d'une  terreur  qui  trouble  leur  ptn- 
sée,  et  11  laquelle  ils  opposent ,  pour  la  con- 
jurer, toutes  les  ressources  du  raisonne- 
ment. Je  dois  leur  Aler  ce  frêle  appui, el 
les  appeler  au  jugement  de  Dieu  par  le  If* 
moignage  de  la  conscience  et  de  ïs  raison, 
autant  quo  par  les  ordres  souvet4ni  ds 
Ta  foi. 

.C'est  une  chose  bien  exlrBor(linsire,<)u'i 
aucunç  époque  (les  â|jHs  chrétiens,  la  doctrine 
ds  l'éternité  des/powés  (le'i'autrii  via'n'ail 
engendré  ces  Tories  répulsions  qui  ont  vw 
né-dans  l'Eglise  tant  de  déchireoients.  Taui 
dogme  a  été  alUqué,  sauf  celui-lii  (wl 
point  imporlani  dd  la  théohjgie  révélés  a 
donné  fieu  ë  des  discussions ,  des  diviitous 
l't  des  décisions  :  uu  seul,  le  plus  terrible 
de  tous,  ■  échappé  à  cette  commune  loi, 
e'i  l'éternité  de  l'impie  est  venue  jusqu'à 
nous,  siDS  avoir  rvncoiUté  sar  cette  lon- 
gue voie  un  esprit  qui  en  contesUt  Is  HU- 
tiea,  ou  du  moins  qui  en  ébraallt  osui 
uno  partie  de  son  siècle  la  formidable  M<- 
tllude.  Origine  l'cssaja,  dit-un,  il  eu  fui 

que  de  vivre,  ei  nous  croyons  pleuiein«ii  ce  Qk 
tous  oni  cru,  puisqu'il  est  iiapossible  que  ce  i>i  i 
&A  regardé  corame  vrai  par  tous,  dâui  tous  let 
lieux  et  toujoura,  soit  une  ^venlion  buin]iiK;]e 
délie  quiconque  de  le  prouver;  celle  foi  géuéMlert 
consume  nous  vient  de  Dieu.  L'humaniw  n't'l«l|« 
pas  dû  toujours  posséder  dans  sou  sein  les  milâ 
essenli(^ll«sî  Dans  le  cas  contraire,  où  serait  h  lai- 
sou  el  le  priucipe  de  son  proarès  que  l'on  hdU 
tant!  Oit  lu  genre  humain  aurait-il  trouvé  auei  M 
lumières,  assez  d'énergie,  aisea  d'instinct  du  «m 
pour  le  conquérir,  s'il  n'en  avait  pas  en  loi  niéuie 
le  principe  et  la  règle  inrailUlile  qui  s'eiprinie  |nr 
le  sentimenl  de  tous,  la  plus  haute  maniresiali» 
humaine  de  la  véritéT  Car  il  rémigne  encore  um 
rois  que  tous  puissent  croire  i  rinipoBiiUe.  Je  ue 
nie  pas  le  progrès,  mais  il  me  vemble  que  le»  pl"i 
grands  admirateurs  de  la  force  intrinsèque  de  l'M- 
itianlté  sont  ceux  qui  méconnaisseot  le  plu>.^ 
droits,  parce  qu'ils  la  «ciodeuL  L'humanité  a eH 
pas  modeirie,  et  bien  que  nous  possédions  jujout- 
d'bui  eu  échange  de  beaucoup  de  perles  des  per- 
tei:lionnemenis  réels,  résultais  nécessaires  du  lnU 
accomplis,  nous  n'avons  pas  été  leltemeul  traui- 
formés  que  nuï  pères  aient  pu  cmin:  a  ce  qui  mit 
paraît  absurde;  1<:  fond  reste  tot^uurs  le  uèise,  k 
k«ns  commun,  la  raison  de  tous. 

Pour  s'élever  contre  la  foi  de  tous  les  siécici,  » 
faut  avoir  ptxdu  la  raison  ou  iup  dévoie  t"'* 

Ainsi  donc,  tous  les  lémoifuages  nous  suesiaa 
qu'on  a  loujiiuiB  el  partuul  cru  i  l'enfer  hors  *  « 
\ie.  Ceux  qui  Bqjourd'hui  t'efforcent  d'anéaatir 
celie  croyance,  sont  oWigé»  d'avouei  ou'dle  iw« 
de  Ja  plus  haute  autiquite  et  qu'elle  ,■  oUeau  u  l« 
d^  loua  les  peuples. 


im  AaMiAr.  ta  lib  T<i(iii^.,  dtMer«ni  At  hli  qua  Ode  Ogna  sont. 


cv- 


mcnoieuiRs  ArouioenQiiE.  ' 


Exr 


rr 


ttfdiTeMDt  aeeuȎ  ;  miU  ni  l'empira  de 
taigème,  ni  U  grandeur  de  m  mcntoire, 
m  pveiit  Armer  demère  lui  un  UMOli- 
■eiilei|Mbt»  de  deventmii  scUsme  ou  uoe 
WnHir.  Le  sein  qiie  prit  JusUnien  do  le 
brn  eofldaainer  fol  UD  Min  stifterfla,  un 
opricc  impérial  qui  demeura  mm  honneur 
(Ims  l'Efflise,  et  l'article  uiêine  de  celte 
coDiiioiDalion  i  disparu  du  lAxte  des  cos- 
cilet,  «  jamais  il  j  fui  inséré. 

Les  païens  eux-mêmes ,  nous  l'aTODS  Tn. 
i  part  une  excetiiion  que  nous  aTons  si- 
gnilir,  ont  cru  à  l'étomilé  de  la  rindicld 
diriM  dans  le  monde  folur,  et  Virgile  a' 
ai  l'inlerprAlo  de  la  croyance  commune 
uus  ce  rers  fameux  déjk  eilé  : 
-  Seétt  mUTMMWuut  ttdtUt , 

!*[dfx  TfewK* 

9'oilTÎenl  cet  accord?  Pourquoi  un  dogme 
qnr  éloigne  te  i*CBur  de  nos  faibles  {{«înéra- 
Ijoasi'l-îl  traversé  (atil  de  siècles  sans  ren- 
roalrtr  ie  doulo  ,  et  même  sans  paraltte 
eiriler  le  scutimetit  d'une  pieuse  InsEosse? 
Ea  iisani  l'aniiquité,  quaud  elle  (larle  de 
l'enfer,  on  croil  iilutAl  reconnaître  l'acceul 
d'une  sortede joie  qui  prend  part  au  succès 
lie  la  justice  (ii*ine  e(  ;  trouTe  une  con-; 
folalJun  des  maux  présents  du  rhuma- 
ailé.  D'où  vient  cela?  Qui  peut  expliquer  ce 
siugulier  phéiiuniëneT  C'est  que  le  dogme 
(le  l'éiernné  des  peines  est  tnvinciblonient 
lié  11  fa  noUttn  invincitila  aussi  de  ta  dilTÔ' 
rtDie  du  bico  et  du  mal ,  el  que  qjicon-, 
que  sent  ceiia  différence  avec  éneigie  et 
prolowJeDr  Mntdu  même  coup  la  néces- 
>ilé  d'une  irréuiédiabit]  séparation  entre  les 
loiesqui  ont  élé  jusqu'au  bout  les  in&Iru- 
BiFDls  du  mal  et  celles  qui  oui  été  jusqu'à 
Ui  tin  les  or^nes  incorruptibles  du  bien. 
linclle:,  toulM  cboses  jdoi  compriies  eolre 
i'eoz  leroMS,  les  principes  •!  les  coaclu* 
■KHii  ;  el  e«e  deux  li-rmet  sont  de  leur 
(Klure  absolument  el  uOcessairement  4ler- 
icis.  Les  prîaeiiies  le  sont  :  car  s'ils  ne 
étaient  pas.  Us  auraient  une  source  an- 
ifieuro  i  eux*  et  par  cnnséquent  ils  ns 
craienl  pas  principes.  Les  conclusions  le 
Oui  aussi;  car  si  ellea  ue  l'étaient  pae,  elles 
Braient  noe  suite,  el  par  conséquent  elles 
10  seraient  pas  des  conelusioas.  Tout  est 
onc  pris  fatalement  entre  ces  deux  co- 
rnues d'8ercnle,  l'étcrnilé  qui  commence 
(  rélernllé  qui  clAt,  h  latAas  qu'il  ue  s'a- 
issti  de  Dieu*  lequel  étant  sans  principe 
'ê  pas  de  conclusion,  et  subsiste  iimi- 
siblemeul  dans  sa  propre  el  unique  éivr- 
ilé.  Hais  loute  autre  cboseque  lui,  c'c»(- 
-dire  toute  créature,  tout  acte,  tout  état, 
ul  nombre*  a  un  point  qui  est  le  premier 
un  autre  point  qui  esl  le  dernier,  uuo 
eue  qai  ouvre  le  drame  etuneautrescèoa 
li  le  cODcluL  Si  le  principe  manquait,  la 
ose  oe  serait  pas  i  si  la  conclusion  ne 
uait  jaawis  ,  la  nbose  serait  éleruelleoieut 
I  vwiu  ,  e'eml-à-dire  qu'elle  u'aurail  pas  de 

riSS3)  <  Si  IM  WaaelMOesdo  la  vie  sent  iaUi- 
«  dewtte  s<Hte«iMlccriiaiDCl,k<)«Kiqiieeicâs 
^rewcat  qaM  ««h  parrcmi.  tawwi*  (aujoan 


bol.  Or,  une  chose  aahi  but  esl  mélajihX- 
siqnemeot  impossible,  parea  qu'elle  le-r 
rstt  sans  raison.  Tout  se  ouuclul  donc,  «t 
toute  coDclusîon,  comme  loul  priucipe,  est 
éteroilé. 

D'où  il  mit,  qu'il  faal  k  l'ordn  moral*- 
aussi  bien  qu'fc  tout  le  reste, une  conclusion, 
conclusion  qui  est  nécessairement  éternelle; 
et  au'aiosi,  pour  se  soustraire  au  dogme., 
de  I  éternité  des  peines,  force  est  drj  sutiir- 
celte  proposition  qui  révolte  le  sens  ^lopu-- 
laîre  eolant  que  le  sens  du  métaphjrsicieOr' 
savoir,  que  la  conclusion  du  bien  est; 
identique  à  la  conclusion  du  mal,  ou,  en.' 
d'autres  termes,  que  la  juste  et  le  scélérat' 
arrivent  inévitablement  à  la  même  éternité.* 
Or,  affirmer  cela,  c'est  nier  la  dislinctioa* 
du  bien  et  du  mal.  Car,  il  est  manifeste 
que  si  le  bitn  délinitif  sort  du  mal  aussi' 
naturellement  qu'il  ton  du  bien,  l'etTeli'Iaiiti 
lemâme,  la  cause  l'est  aussi,  i  noios  do; 
renverser  dans  l'écrit  bumnin  cet  axiome  > 
fondameulal,  que  l'elTel  est  proportioooé-à'i 
la  cause,  et  la  oonclusionau  prineip(^  t 
Ce  raisonnement  a  frappé  toutes  )es'gé«> 
néralions,  et  lu  plus  sàre  fireuve  paal-Mie) 
que  la  notion  du  bien  et  du  mal  a  diraineé* 
dans  notre  âge,  c'est  la  (Feine  que  lui  cantea 
uo  dt^me  tans  lequel  l-ordro  moral  n'e«(T 
plus  qu'un  simulacre  el  presque  iin  jea.1 
Néanmoins,  malgré  cet  BaaibiissemeBt  du 
sens  intérieur,  la  difficulté  esl  vue  de  l'iD-)' 
lelligeoce  même  en  notre  lonps,  el  icao-^ 
Jacques  Rousseau  cMifassait  «  que  lee> 
méchants  sont  on  grau'l  embarras  en  c*) 
monde  et  en  l'sulre.  ■  Aussi  a-t-on  bil  des*) 
efforts  Qfïur  éluder  l'évidanee  qui  lie  r:éleiM' 
iiilé  des  ohiiiiHenls  à  la  dlstinctioii  mèieet 
du  bicQ  et  du  mal. 

in.  i 

La  criiMi  de  ta  vie  prAaMiB  penat-lb  «"aiptat  ^etai 

ta  HoitT   lUaaaUM  lie  J.   iUummL  —  Vmlimmi. 

d'Imard.  —  SnMMde  ta  tniwtgwtMw  •»  Oftenl^t 

réMattno.— Vie  de  l'konaM  tu  U  lerre.  Mite  de  firt- . 

On  a  dit  :  Ponrqnni  l'homme  coupable^, 
el  mort  sans  réparation  envers  Dieu,  n't*» 
tiendrait-il  pas  son  pardoi  après  des  souf-' 
frances  expiatoires  proportionnées  anx 
crimus  de  sa  vidT  Est-ce  la  même  chose 
d'arriver  k  la  béatitude  sans  passer  par  la 
douleur,  on  d'y  arriver  par  le  détour  des- 
larmes  el  des  gémissemenUT  N'est-ce  pas 
confondre  le  langage  d'ap[»ler  du  même: 
nom  des  sorls  si  diver:),  el  d'affirmer  que  la 
conclusion  du  bien  serait  identique  k  la 
RoncJusion  du  mal,  parce  que  flnalemeot- 
toute  créature  se  reposerait  en  Dieu  T  S'il  . 
faut  mille  au>  k  Dieu  pour  punir  une  âiur, 
il  la  retiendra  mille  aus  hors  do  son  sein, 
et  lorsque  les  portes  de  l'éteroelle  félicitd 
s'ouvriront  enfin  devanl  elle,  qui  pourra 
repracher  k  la  justice  de  ne  rtire  pas  sati*. 
faite,  et  d'avoir  accueilli  avec  une  égale 
iDdiUéreuce  le  juste  flt  le  pécheur  (1SS3J  T 

lihre,  paisse  UmJohts  rentrer  ca  lui-uéme.  prier^ 
"  — -"alir,  esyier,  aicrilcr  irkcc,  nr  quels  niullfi 
v  fue  la  WHt  dtaae  leut  ,a  cuuii  ■  ais.a>.ca^ 


WIP 


tsr. 


DlOnONNAiaC  AMSiHUniQDE.  - 


(kt  l'AoM  qui  «tig»  I&  eomouix  à»  étai 
dutsas  :  Il  grAce  et  )i  Ijbwtd,  et  »  l'iiseiii 
l'-antre  n'appartionnent  plai  i  ItnteHiunte 
sarlie  dus  coodîlions  .à*  l'ipnau  pu  li 
iDorL  La  mort  met  ie  nétheat  eBUféMTM 
^'..n..  ax.:ix  ~..;  —  1.^  i_; i.._  j'     r^" 


'lA  rthS'ila  tihAnm'  n'en  au  leroïc,  et  I 
temps,  li  long  qu  il  soit,  no  mutile  pus 
JlAtarnité.  L'éternité  sbdI*  est   une  conclu- 
sion, et,  par  quelt}ue  cheioia  qu'on  j  (»r- 

Tieone,  Klle  fait  a   l'élre,  au   moment  oà  ,  -  —  ,,.™,„ 

«n«lflBnwil,  le  don  invisible  de  soi,  un  d'un»  férité  qui  ae  lui  laisse  plus  de  chnii- 

diOH  qui   renferme  toute  durée  avec  tout  il  rail,  il  sait,  il  est  eertaio  d'une  certîtodÈ 

repOS)  et  '\ni,  sans  produire  eu  chaque  élu,  qui  accable  sod  libre  arbitre,  el  pourlaat  il 

è' osuse  de  ia  diversité  des   mérites,  on»  nosetourae  pas  vers  fi^eu  pour  l'inplorèr, 

égale  sensation,  met  eo  tous  une  parfaite  parce  que  la  grflce  lui  eït  refusée, pitu 

et  inénarrable  (éliciié.  Si  le  mécbant  y  a  qu'elle  sentit  déjà   le  pardoo,  ce  [isnion 

di«it  comme  le  juste,  Tainement  vous  lai  qu'ils  dédaigné  quand  il  pouriit  l'otiieair 

parlem  des  sombres  passages  qui  Vy  con-  et  dont  il  ne  Teul  même  pas  dans  l'aliloM 

ttekoDl  -.  il  saura  que  l'éternelle  iiéatitude  où  il  est  tombé.  Car  la  mort,  q\n  l'a  siçni 

lai  appartient,  que  Dieu  lui-mflme  n'a  pas  du  monde,  ne  l'a  point  séparé  de  son  cœur; 

le-fH)uvnir  de  la  lui  ravir,  et  meilleur  logi-  l'orgueil  et  la  haine  y  surviveot,  aecnit  H 

céea  que  vos  menaces,  il  rira  des  terreurs  nourris  par  son  infortune»  et  blaspbémaieur 

(we,  par  respect  métaphysique  pour  la  dif-  éternel,  il  r^ette  cqntre  Itiea  (oui  ce  qu'il 

menée  du  bien  et  du  mal,  vous  chercheree  Toit,  tout  ce  qu'il  saijt,  tout  ce  qu'il  siil. 

à  lui  inspirer.  La  conclusion  lui  est  assurée,  Ij  faudrait  donc  que  Dieu  vînt  4  fui  tUKlgtt 

une  eooêlusion  dont  mille  siècles  ne  retrsn-  lui,  et  qu'à  un  jour  marqué  tel  siècle  w> 

cheront  pas  an  jour  :  que  lui  importe  le  nant  tulle  Iieure,  cette  Ame  passât  'dtk 

rasIsTll  lui  faudrait, poar  en  tenir  compte,  douleur  sans  repentir,  que  dis-jel  de  li 

trouver  une  différence  essentielle  entre  uub  haine  et  du  bissphôme  à  l'étroit  embrasse- 

étanuK  de  bonheur  (>réeédée  de  souffrances  roenl  de  l'amour  divin.  Et  cela  sérail  le 

|iKEagèref  et  une  élernité  de  bonheur  pure  droit  I  El  cela  serait  le  dernier  mot  da  com- 

eljinple;  mais  cette  différence  n'est  qu'un  merce  entre  Dieu  et  l'homme  I  Et  cela  seta;l 

accîdani,  et  la  force  iuGoie  de  la  cooolusioa  su  d'avance,  pour  fonder  ici-bas  la  vdiiU,    i 

nielle  tout  eoqui  n'est  pas  elle  daasl'iiia-  la  justice  et  la  religion  I  Dieu,  le  Dieu  trois 

nué.    '  fois  saint,  serait  le  iMlrimoîDeiDaliémliIï 

lOasapposaqu'il  sulBtd'uneerlain  temps  de  lout  pécheur  parvenu  k  ud  certain  Igt    ' 

«In  souffrances  pour  expier*  t>ors  4é  cette  (^ingratitude  et  do  révolte,  et  les  cieui    > 

vi^.  Its  laules  oe  edie-ci.  C'est  nnn  erreur  s  ouvriraient  pour  Néron  comme  pour  uiot    , 

(llMrMtive  elte-m£akede.la  uolioo  du  bieu.  Louis,  avec  celte  différence  que  Nfruu  )'    \ 

tiila:  md.  La  peintt  louM  seule  D'ex[Àe.  cmrerait  plus  tardivement ,  afi'i  qu'on  loi   j 

rtas,  pares  iju'eUe  ne  change  rien  dans  la  laissai  te  temps  de  couronner  rim[ii.'nitencï 

cour;  Dt  qui  espie»  c'est  U  peyie  aocep(é«.  oe  sa  vie  par  i'impénilence  du  son  eiiiit'  I 

çM  Ift  repâioir.  Or,.  IcrepenUr  est  ua  état  tioo(l^)! 


à  une  lëtii^lign  eentraiM?  B  est  évideniineal  arbi- 
Ifaln  dt  «apyoMr  ^ne  l'inaawialité  conserve  la  vie . 
■An  oooserver  en  mtate  Um^  la  bcoilé  du  r^tea- 
tir  eonniK  reetes  les  autres,  L'ine  coupalile  u'nt 
pas  aveDgMe  plus  irréinédfsbleaml  iprés  avoir 
paisé  par  lii  mon  qu'elle  ne  l'était  loparavint,  car 
14  nort  D'est  qu'va  accidout  aus^i  incapable  de 
ctMHgar  laiulufe  de  l'àme  qae  de  changer  les  dis- 
puûuons  dt  Dieu.  Ce  qu'était  l'àme  U  vi-illc  du  iré- 
pu,  elle  l'est  le  iendeiiuin  ;  il  lui  avail  plu  de  fer- 
mer hs  }euK  i  la  luraiére;  mais  coDune,  de  ce  cM 
da  tombeau,  elleétait  maltmiedelM  rouvrir,  ellt  - 
liât  encore  de  Taulre,  et  d'anlaut  aiktix  que  lo  di- 
vin «oiell  dont  elle  se  prive  daas  sa  blie  n'csi  fu 
VK  soictt  passif,  nais  «1  Mteil  gui  icut^ce  cou* 
Mapté.el  4ni  ta  sait  prendre  les  piuy<;nii  eu  scvis- 
■aat  aiis«L  rudement  et  aussi  lûnuiemps  qu'il  le 
ffiil  cbtttre  les  avciiales  volouuirea.  ■(Terre  et  eUl, 
ppr  i.  IU.Tnu>a,  p.  SiO.) 

{t224J  Voki,  sur  les  peines  éternelles,  l'opinion 
aiullvéu  d'un  tiounne  iloué  d'an  grand  sens  |thilo- 
■epblque,  et  d'une  M  flairée  pur  feipérieuco  de 
l\uereduliié.  ' 

'  «  Si  l'vir  aiedeaMiirie  qu'elle  est  vw  opinioa  sur 
laiMt  des.li^iiiesa|>rfc0ieuriui>ri,.ei  ce  qu'il  fiiut 
Ntoulre  par  lu  ptinea  doiU  purle  là  relifiiou,  voici 
(«s  fd^iiSB  :  .      . 

4.  Ubo  iiuu, .  ou  soii  uti  homme-esprît  dëgagé  do 
la  chair,  qqi  aura  Utiles  ou  telles  alTccflons  bonnet' 
ou  niauvaiites,  dcrivaules  du  genre  d'autotir  qui  le 
damine  ici-bas,  et  qui  le  dominera  eneore  dava».  ' 
lage  dans  k  vrai  séjour  de  Iq  lie,  parte  qwtea  fa< 
mtéa  aitnmi  alon  Ueh  pfn  d'énevKie  ff  qiw  s«i 


nnoDr  IrooTera  bien  plas  d^diaaent;  «1  htwMi   I 
dis-je,  esislera  tant  nne  tpéèn  4t  aitaà  fi^neM 
dtfré  4a  bopkeuE   ou  d'aHiété  aaalogite  à  cd  | 

(  Ces  peines  ou  celte  anxiété  qu'éprouveralliua- 
me  méclibnl,  c'est  lui-iii/me  qui  les  iiuraiiiii  ur 
le  genre  d'imenr  auquel   il  •an  livre,   c(  qui  ks  ; 


ptrpéthe   ' 


I  persislaul    voioNtotrmiMi    dans  ctl  | 


f  Celte  grande  vërilé  bous  est  n 

ce  Diende  (eu  uwtn  les  v^riin  cilesi»  restcst  ' 
losjoun  écriies  sous  wu  ;eiu  :  UHit  (Upend  de  » 
voir  tn  lire)  ;  p«r  «leiuple  :  —  Ce  sage  qui,  ne  K  | 
l-vraol  qu'à  des  amouis  légilimea,  n'a  dans  le  ctt"r  j 
«lue  dts  alTccU'oirs  douces  ei  pures  j  cet  époiii  iini  1 
presse  dans  ses  bras  une  épouse  adorée,  et  dnrl  1' 
sGnslbilltâ  répand  le  bonheur  dau»  sa  hmifle,  ^  1 
lënl  déji  dus  félicités  qui  cAnlra^rlcfit  avec  tes  wc-  , 
salions  pénibles  él  les  Busiél^,  qu'éprovreni  o* 
IramiiicS' féroces  qui  se  aavrrisaênl  de  cruels  k»- 
tùaeuis,  et  les  épuax  hahipas,  if  t^os  de  leur  n.t- 
»ag».  Ceux-ci  c^t^nJaiU.  quoique  uullieureui  |ur 
lus  «ensaûuus  qui  corresponde  ut  à  leurs  alfecliMSi 
y.  persistent  tolamairtmcm.  Leur  raisou  lear  si^l 
ludiqué  le  danger;  leur  rot^Hii  poiiraii  rètiir'' 
ii'arce  qu'elle   conservait  dam  le  principe  aun  *< 
iorce  pour  vaincre  leur  pettcbani,  qotlqae  eau^ 
irani  qu'il  pât  être  ;  mais,  eu  s'y  ftvraBt  par  cb«t> 
eo  pliaiii«WcMtaireMeai.souaiaj««gdakQif*uni> 
passion,  en   se  laissant  éncbaluer  par  l'BikiudC' 
ili  ea  viCiiBeul.au  puùil  qu'ils  n'ont  aluîla'*)'^ 
de  ainore  lear.a:»w)r  douiinant,  et  qa  lU  iRifirri' 
B>Am(  l'affscHW  jouissaitcc  qulls;  lr«uvc;:l  i  l^'-" 


rr 


nv 


MCnONRAIftE 


l'itttqiailA ,  celle-tfc  même  qui  n'a  point 

nuls  lOBicrire  à  l'éternité  des  peines,  a  eu 

horreur  de  ladoctriaa  qui  Tait  du  saoi  eliA- 

linefll  un  droit  à  posséder  Dieu.  Elle  a 

pnxluil,  pour  j  échapper,  un  sjrslèoie  qui 

ni  iiiu  dei  plus  belles  gloires  de  sa  philo- 

lophif,  parce  qu'il  accuse,  Inul  prroné  qu'il 

tait ,  UD  *ir  untimenl  d'arersion  pour  le 

oui  el  de  retnecl  pour  la  saînfelé  de  Dieu. 

L'OnenI  en  fut  l'auteur.  L'Orieul  eut  Iod- 

)onrs,  eu  te  qui  est  des  cljoses  divines,  un 

rqird  plus  passionné  aue  nous;  il  semlile 

qoe  Dieu  apparaisse  de  moins  loin  i  ses 

i^iuijfi  enunis,  el  qu'ils  le  décourrent 

1  (nicfs  la  pureté  de  leur  ciel,  comme  nous 

TOfDDJ  les  étoiles  h  traTers  la  faible  trans- 

■mtedo  odtre.  L'Orient comprïtque  tout 

koBMqai  ne  s'est  pas  purifié  de  ses  dé- 

bMtnml  de  quitter  la  TÏe,  est  iodîjjne  de 

ftbéiirlHttt,  et  que  celle  purification  est 

iiipNnUe  «n   delà  du  monde  préieoi,  ai 

Pieu  H  renouvelle  dans  un  autre,  pour  les 

iDia  souillées,  les  chances  de  l'épreuve  et 

de  II  liberté.  Il  se  figura  donc  qo  il  en  était 

liusi,  el  que,  jusqu'l  leur  parfaite  traiisfi- 

guniioD  dansle  bien, les  iioes  s'en  allaient 

i'ua  ejcle  de  libre  expérience  k  un  autre 

i;i:le  de  même  nature,  en  buvant  au  passage 

m  ejoi  de  l'oubli ,  alin  que  le  souvenir  du 

N55é  ue  diminuât  en  rien  le  mystère  de 

WDOUvelle  responsabilité.  Celle  doctrine, 

'Ici  ua  motus  déshonorée  par  les  fables  de 

I  innsmigratioD  ,  était  capable  en  soi  de 

wiJBirtt  des  esprits  élevés,  tels  que  Pjrtlii- 

gure,  qui  la  rapporta  de  l'Orient  dans  les 

wlitudes  do  la  Grande-Grèce.  Mais  si  iagé- 

iieuse  qu'elle  M>il,  il  est  aisé  d'en  saisir  le 

tituii  :  ce   défaut  est  d'enlever  i  l'ordre 

lorel  toute  GODclusiop,  et  de  livrer  Dieu 

Hu  défense  à  la  dépravation  indéfinie  de 

I  créalUFa. 

Ku  effet,  pourquoi  l'âme,  qui  a  refusé  de 
Mmallre  el  d'aimer  Dieu  dans  le  premier 
rda  de  l'épreuTe,  se  repentirait-elle  dans 
Hcond  7 1^  second  est,  comme  le  premier, 
1  oiélango  d'ombres  et  de  lumières,  un 
lu  propice  A  la  séduction  dit  l'esprit  et  des 


t" 


APOLOGETIQUE.  iSf  7TS 

sens,  où  l'âine  est  libre  de  son  cboii  ;  d'oA 
vientqu'ellechuisirait  mieux  T  C'est  la  mémo 
âme  :  elle  peut  ignorer,  j'j  consens ,  ce 
qu'elle  fut  dans  la  première  expérience  rie 
M  vie.  Hais,  i  moins  de  rompre  en  eWt  la 
tradition  occulte  de  sa  personnalité,  ella  est 
iniérienremeni  la  même  qu'autrefois.  Ello 
porla  au  dedans  la  cicatrice  de  ses  cliules, 
et  encore  qu'elle  en  fût  préserrée  par  reflet 
réparateur  d'une  seconde  naissance,  tou- 
jours est-il  qu'elle  peut  faillir  comme  elle  a 
déjà  failli,  et  mourir  encore  une  fois  dans 
la  séparation  volontaire  de  Dieu.  Il  faudra 
donc  qu'elle  reprenne  avec  un  intarissable 
droit,  le  cours  de  ses  immigrations  dans  la 
hiérarchie  dt^s  mondes,  sans  que  Dieu  puisse 
l'arrêter  jamais  et  la  poniraulremeot  qu'en 
lui  donnant  le  moyen  de  l'offenser  lomours. 
Ne  dites  pas  qu'elle  se  lasserait  de  la  mo- 
notonie de  sa  course  et  de  ses  butes  :  (a 
péché  est  un  abtme  qui  ne  s'épuise  pas,  mais 
qui  renaît  de  lui-même  plus  grand  el  plus 
tasciuateur.  Cette  terre  que  nous  habitons, 
tout  étroite  qu'elle  est ,  lui  suffirait  pour 
l'éternité,  el  le  pécheur  ne  lui  demande  quu 
la  durée  pour  en  être  content.  Que  serait- 
ce  d'un  séjour  sans  cesse  rajeuni  par  la 
transmutation  des  temps  et  des  choses  ?  On 
s'y  préparerait  comme  h  une  suite  de  voya- 
ges enchantés.  Au  lieu  de  cette  effrayante 
Perspective  dujugement  qui  fait  de  la  mort 
écueil  solennel  de  la  vie,  le  pécheur  s'en 
irait  au  tombeau  avec  la  sécante  d'un  pa:^ 
tant  qui  franchit  un  portique,  el  se  dirait 
dans  rironje  de  son  impunité: L'univers  est 
grand,  It-s  siècles  sont  longs; achevons  d'a- 
bordlacircumnavigationdes  mondas  et  des 
temps.  Passons  de  Jupiler  k  Vénns,  de  Vé- 
nus â  Saturne ,  du  premier  ciel  au  second , 
du  second  au  troisième,  et  s'il,  arrive,  après 
des  espaces  et  des  périodes  sans  nombre, 
que  les  soleils  viennent  k  nous  manquer, 
nous  nous  présenterons  â  Dieu  pour  lui 
dire  :  Nous  voici  I  Notre  heure  n'est  pas 
venue ,  fais-nous  des  cieux  et  des  astres 
nouveaux,  car  si  tu  es  las  de  nous  attendre, 
nous  ne  le  sommes  point  de  marcher,  de 


'  aulns,  qooîqa'ils  aienl  r^eUemmlï  ROdOrirtles 
■uiMHis  aiubifue*  et  cornspoiKtaiites  à  leurs  af- 
Uon»  perrenes. 

■  Rqirêseniex  à  ce  iooenr  qu'il  sicnfle  u  for- 
C  wa  rtpom^  u  repaUlîon;  il  r^MHid  qu'il  te 
1,  tl  il  joae.  Diles  k  ce  dâMuché  de   rengucer   fc 

(oAu  crapaleai  ;  il  en  connaît  unie  la  lurpi- 
e,  te  duipr.  a*  il  réddîvc.  Tous  penîsieat  m- 
'^remtmt  dau  le  fnucHe  amour  qui  fait  leur 
b  «r.  —  Cdni-ci  ne  taurail  être  auribué  ■  Dieu, 

leut  nu  coainire  le  bonbenr  de  tous  les  hom- 
•,  et  emplme  piNir  cela  tous  les  moyen»  que  sa 
ice  permet  à  son  aisonr.  Hais  connue  il  a  ac- 
te à  rttooame  le  dm  de  la  Uierti.  et  que  Dteu 
HriAB  pas  ses  dons,  il  ne  peut  pas  prendre  des 
ens  conraSUé  pour  Uur  cet  ilr«  dans  le  bîeo 
pé  lai.  pane  qu'il  n'y  anraîl  plus  liberté 
e;  comme  U  a  ^lemeul  doué  rbuuiiM  d'im- 
«iitf,  il  Bcpeul  pas  empêcher  qu'il  ne  puiâse 
Mer  éirrtuU^mtiHii»usle  genre  aamour  qu'il  a 
n  ;  eftfiii,  contme  sa  sagesse  a  dO  auacber  des 
lie*  aux  anionrs  qui  troublent  l'ordre,  afin  qoii 
stwdre  ne  pr^alûi  pas  (pe.nes  qui  ne  peuveul 

PiCnOHMAISI   iPOLOG^IQCK.  L 


pas  être  moindres  pour  être  efficaces,  çujiime, 
malgré  leur  rigueur,  le  mal  est  encore  prit  à  preva- 
loirf  ;  comme  ces  lois,  une  fois  établies,  sont  auisi 
fniinuables  que  Im  lois  de  ta  physique  naturelle,  il 
ne  peut  pas  taire  que  td  genre  d'amour  u'eiArahie, 
dans  ceux  qui  a'j  livrenl,  tel  |eure  de  peiue.  — 
Nous  iurioni  frappés  d'adnûrauoB,  s'il  était  an 
notre  pouvoir  d'apprécier  totue  réqaiié  du  coJa 
edesie  et  toute  b  justesse  des  bahittces  divises. 
Le  vice  qui  pèfen  lé  plus  à  notre  préjudice,  c'est 
Vorgiuil,  qui  tait  que  nous  n'aîmous  que  nous-niê- 
raes,  el  qui  est  ta  premi^   source  de  tout  mal.  » 

IisnuB ,  HoM  dm  ditfokn  mr  l'imBurtmtiU  4$ 
•imt,  p.  81-Si,  édition  de  1803.) 

Oa  considéra  lions ,  pleines  de  Justesse  et  de 
profondeur ,  nous  paraisseai  bien  propres  à  fair« 
entrevoir  k  ta  raison  l'hannonie  admicaUe  q«a 
rëitfemeni  les  mystères  les  plus  sccaldants  ponr 
elle,  et  à  la  Gonvaincrc  qu'ils  ne  lui  écluppent  qea 
par  bublimilé,  et  parce  que,  se  croyant  natureQa- 
loeni  capable  de  tea  saisir,  elle  les  mesure  trop  k  se 
portée. 


13» 


ERF 


MCnONHAlKE  AFOLOeETIQDB. 


to  naodire  et  d«  *  nom  pSMer   de   loi  I 
Teiltf  esti  dan»  la  dodrtne  de  la  iransmi- 
cralioD  des  Ames,  la  coDclusion  dooeée  h 
rôrdre  moral.  Je  tous  laisse  ea  juger. 

D'ailleurs,  ae  tous  y  trompez  pss,  câ  qu'il 
j  a  dans  celle  doctrine  de  misérU-ordieux» 
existe  en  réalité  dans  le  olan  chrétien  de  la 
PrOTÏdence. Notre  TÎe,  telle  queDîeu  nous  l'a 
(«ile,  est  uoe  suite  de  oiéleiiips/coses  ou  de 
transfigurations  qui  nous  conduisent  i  lui. 
Nous  passons,  en  la  traversant,  par  une 
foule  lie  oioudes  oit  le  bien  s'offre  à  notre 
lue  sous  des  horizons  divers  et  la  sollicite 
par  des  charmes  qui  ne  se  ressemblent 
point.  L'enfance ,  Is  jeunesse ,  la  maturité  , 
(a  rieillflsse,  la  mon  sont  autant  de  cycles 
révélateurs  qui  se  succôdenl  l'un  è  l'autre 
pour  nous  éviairer  et  nous  tenter  de  Dieu. 
L'entant  croit,  le  jeune  homme  aime,  rtaom< 
ne  mûr  gouTeme,  le  vieillard  est  las,  le 
mourant  découvre,  et  chacun  de  ces  étals 
renferme  quelque  chose  de  divin,  propre  h 
nous  faire  au  cœur  la  blessure  de  la  Térilé. 
Enchaînés  l'un  k  l'autre  par  des  nuancea 
mulliiiles  et  par  des  événements  qui  se  cor- 
roborent, ils  forment  dans  notre  Ame  un 
progrès  surhumain ,  dont  nous  ne  nous 
aperceTons  pas  toujours,  mais  doul  le  tissu 
s  ébranle  tout  entier  k  certaines  heures ,  et 
nous  donne  en  un  seul  coup  la  sensation 
totale  de  notre  TÎe.  Qui  de  tous  n'a  ressenti 
de  ces  secousses  magiques  ,  où  Dieu  remue 
l'homme  de  tond  en  comble,  an  suscitant  à 
la  fois  devant  lui  tous  les  mondes  qu'il  a 
parcourus  T  Qui  de  nous  n'a  mêlé  dan*  une 
amàre  et  féconde  joie ,  la  piété  de  ses  pT9' 
uiers  ans.  les  allections  de  son  adolescence, 
les  leçons  cruelles  de  l'Age  mûr,  et  ne  s'est 
élevé  dans  ses  souTenirs,  si  loin  qu'il  fût  de 
Dieu,  h  quelque  presseniîment  du  la  vertu 
qui  sauve  en  puritlanlTJ'ai  vu  l'enfant  sur  le 
seiu  de  sa  mère,  et  j'ai  admiré  la  clémenco 
qui  nous  fait  commencer  lA  le  pèlerinage  de 
réteruilé.  J'ai  entendu  les  soupirs  qui  s'ex- 
halent de  la  poitrine  enflammée  du  jaune 
bomme;  j'ai  compté  les  épinesqu'il  arrachait 
le  matin  de  sa  chair  meurtrie,  et  il  m'est  ap-. 
paru  combien  est  douloureux  cet  oreiller  de 
la  jeunesse,  oil  dorment  avec  tant  de  chimè- 
res, tant  de  coupables  voluptés.  Dieu  vous 
rappelle  ainsi,  jeunes  gens,  il  vous  rappelle 
au  grand  amour  pour  Tequel  il  vous  a  uiis. 
U  vous  qui  n'êtes  plus  de  cet  Age,  mais 
que  la  pléiutnde  de  la  vie  contient  dans  sa 
force,  j  ai  connu  aussi  te  monde  et  la  lu- 
mière que  Dieu  tous  a  préparés.  Ce  monde, 
cette  lumière ,  c'tist  le  gouvernement.  A 
quaranteans.it  faut  gouverner,  gouverner 
sa  laiDille,  sa  fortune,  et  avec  la  chosft  pri- 
vée, une  part  de  la  chose  publique.  Or,  on 
D'est  pas  longtemps  sous  ce  fardeau  du  gou- 
verDemeoL  des  hommes  sans  apprendre  qu'il 
flsl  difficile  k  porter,  et  que  Dieu  seul ,  du 
sommet  invisible  de  sa  providence,  est  le 
premier  ministre  de  tout  ordre,  de  toute 
paix,  de  toute  puissance  ,  de  toule  vénérs- 
tiun.  Si  on  nelapprend  pas  le  premier  jour, 
on  l'apprendra  le  lendemain.  Tût  ou  lard, 
la  fragilité  des  empires  se  révèle  aux  plus 


forts  des  conqaéraats  comme  an  plu) 
habiles  des  légtslateors,  et  la  eooiiil,  imti 
bien  que  l'enfant  sur  las  geoeui  de  h 
mère,  «nteod  la  roix  qui  ordooae  de  eroin 
et  de  s'humilier.  Dieu,  c'ait  la  répotueilt 
la  mère  A  l'enranl;  Dieu,  c'est  li  ré(«iiitd« 
l'amour  au  jeune  homme;  Dinu,  c'est  u 
réponse  du  Capitole  A  toute  JDleliigaiesqui 
gouverne. 

Et  si  ces  rérélations  progressives  de  li 
vie  DB  suIGsent  pas  A  vaincre  les  lëDèbrèi 
de  l'Ame  où  elles  viennent  fra|<per,  iiien. 
dez  encore,  voici  un  nouveau  monde  diru 
les  cheveux  blanchis  du  vieiltartl.  Celui-ci 
a  vu  à  fond  les  jours  de  l'homme,  il  s  limé 
et  gouverné,   maintenant  c'est  un  téoMin 

aui  se  recueille  dans  le  désiotéressami 
'une  carrière  achevée.  L'aube  de  li  i6rili 
se  lève  pour  lui  sur  des  ruinra  qui  loutet 
seules  réclairenl  déjA.  il   lui  suflUde» 
souvenir  pour  prophétiser.  Et  en&alBiiMl, 
dernier  instrument  de  la  Providence, lii 
jettera  aux  portes  mêmes  de  rélernitc.in 
suprême  appel.  U  se  verra  au  burd  iltW 
blme,  sa   conscience  d'un  cdté,  Dieu  M 
l'autre,  le  monde  fini,  toule  espérance  trt- 
nouie,  hors  celle  d'obéir  A  la  vérité  quilt 
visite  encore  une  fois,  et  si  après  Unldi  ' 
jours  qui  ont  sollicité  son  Ame ,  celoi-li  It 
trouve  insensible  ,  s'il  meurt  plus  forlqirt  | 
Dieu  et  toutes  les  ruses  de  sa  grAca,  je  jHiit  i 
plaindre  sonsort,  parcequejasuiitioniiDt;  i 
mais  je  comprends  qu'if  est  confirma  dim 
le  mal,  et  que  c'est  vaineoienl  que  Dieu  lui 
accorderait  d'autres  Agra  tt  d'autre*  mondii 
pour  éprouver  son  cœur.  Ce  cœur  esljui;i: 
enire  lui  et  Dieu  il  faut  une  couilusioB, 
et  mille  ans  de  retard  ne  seraient  que  milli 
ans  perdus  pour  la  justice,  sans  autre  fruil  , 
pour  le  coupable  que  d'ajouter  dix  lièdni 
ses  iniquités. 

jir. 


Aussi,  l'incroyonce,  A  qui  n'échappe  pu 
la  force  de  ces  raisonnements,  cliercbe- 
t-elle  uoe  branche  de  sslut  dans  unedefni^n , 
spéculation  de  t'esjirii.  Elle  se  demsuiltii 
la  justice  divine  ne  serait  pas  salisfaiie  ]« 
l'anéantissement  du  pécheur.  L'anéaulissc^ 
ment  est  une  peine,  une  peine  pouraiuu| 
dire  inhniu  dans  un  éire  destiné  arioiuio.* 
Ulité,  et  au  outre  elle  donne  A  l'ordre  m- . 
rai  une  indubitable  conclusion.  Que  bu<-i' 
(le  plus  f  J'en  conviens ,  raoésntisseocuti, 
le  double  caractère  d'une  peine  et  il'uoe 
conci  usion,  mais  d'une  peine  insudîsaDie,  ft 
d'une  conclusion  qui  fait  du  coopable  le  M- 
minateurde  Dieu.  La  peine  est  InsuflistDiei 
parce  que  le  pécheur  la  désirel,  el  que  isi 
ne  désire  u  o  chilimeut  si  ce  n'est  par  amour  iJi 
l'ordre,  amour  qu'on  ne  peut  atuibueriu 
-pécheur  obstiné.  Le  pécheur  ohsliaé  Tel' 
son  anéantissement,  parce  que  l'auésoti'- 
semeot  le  délivre  de  Dieu  et  l'en  déliii^ 
pour  jamais.  Je  ne  dis  pas  assez  :  c^ 
aspiration  contre  nature  est  une  manin' 
d'anéantir  Dieu  lui-même;  car  Dieu  e» 


^selqni  délruitcelouvrtigfl 

luente  à  sDa  peméc  et  i  on  aet«  pur  «là 
IhrB  i*<d  reoda  rivant  hors  de  lui.  Ost 
pMcrqnoi,  lOBl  eo  contessaDt  que  l'anéan- 
liswaient  da  péebeur  a  le  caractère  d'uns 
owelaiioD,  puifqu'il  est  éternel,  j'ajoutais 
^eeeUe  conclusion  soumet  Dieu  au  pé- 
dteur,  poiwfB'elle  la  enntraint  de  défaire 
te  qu'il  a  fait,  et  ee  qu'il  a  fait  pour  Atra 
UMioiin.  Quoi  I  l'uaivera  ne  périra  poial; 
tu  |>lut  obscurs  él^enff,  conservés  et 
innsfonnés  par  la  loote-oaissance  divine, 
teniroal,  sefon  saint  Paul,  il  la  liberté  de  la 
ffm  4tÊ  mfmU*  de  Dieu  (1995)  ;  la  jalousie 
M  Créilear  veillera  éternellement  sar  lear 
boiilé délivrée  do  la  eomiptioa  :  et  il  serait 
fOMib'e  qu'one  Ame  périt,  parce  que  cette 
iMB'urait  pas  voulu  coonatlre  Dieu!  Le 
ck^'oDvre  de  la  sagesse  incréée,  le  vase 
ibimatfu  pour  qui  tout  le  reste  a  été  fait, 
tmiH  la  olarci  da  péctiearl  Le  pécheur, 
(prèi  avoir  tué  son   corps  ici-bas,  tuerait 
«-biut  son  tme,  et  ce  meurtre  da  son  Ame, 
k  [lias  grand  de  tons  les  crimes,  serait  son 
vDique  chAlimetil  I  Non ,  n'jr  crojez  pas, 
'"UJ  ue  toerez  pas  votre  Ame.  Vous  le  >ou- 
itin  liieu  dès  a  présent  ;.vous  ne  travaillez 
qol  rainer  sa  lumière,  sa  liberté, sa  grâce  : 
oiis  c'est  eo  vain.  Quoique  habitant  le  sé- 
jour de  la  caducité,  cette  sublime  essenre 
Mupjte  A   vos  coups  :  que  sera-ce  lors- 
q^n'efle  abordera  les   rivages  où    nen  ne 
tillèreetoikriiDmorlalité  se  respire  comme 
Dous  respirons  l'air  ici-bas  T  On  ne  lue  pas 
luîmes  dans  le  temps:  comment  les  taerez* 
Toof  dans  l'éterDiléT  Elles  vivront  donc, 
Files  vivront  h  jamais  ;  ouvrage   le  plus 
f>réciens  da  Créstear,  vous  aurez  pu  les 
iouiiler  mais  non  pas  les  détruire,  et  Dieu, 
»  f  metlanl  le  scean  de  sa  justice,  parce 
(Of  vous  l'«ar«z  obatinémenl  Vbuln,  saura 
a  faire  jusque  dans  la  perdition  dea  signes 
'e  l'ordre  et  de*  hérauts  de  sa  gloire. 
Ni  l'auéaatiesament,  ni  l'épreuve  indéinie 
*r  la  txansaiigratiou,  ni  l'étemiié   bien- 
cureuse  après  des  supplices  passagers, 
en  de  ces  faibles  inventions  ne  résout  au 
iii  de  cefta   vie  In  problème  de   l'ordre 
oral,  et  n'assigne  au  drame  de  la  liberté 
juste  et  nécessaire  eonclusioD.  Or,  que 
Me-t-il  en  dehors  de  ces  trois  systèmes? 
tu  que  le  ■7Blè(He  chrétien.  Il  eat  donc 
li,  et  si  le  n'y  croyais  pas,  toute  certi- 
ie  de  bien  et  du  mal  disparaîtrait  dans 
m  esprit ,  parce  qoe  les  voyant  l'un  et 
otre  abfMitir  au  même  terme,  je  ne  dis- 
roeraia  pltts  entra  eai  qu'eue  apparente 
chiioérique  distinction. 


lais  il  ne  doit  pas  me  suffire  d'avoir  direc- 
lenl  établi  le  dogme  inviolable  de  Téier- 
:  des  peines  :  je  sens  aux  palpitations 
voire  intelligence  qu'il  y  survit  ties  dif- 


APMJKETIQOE.  EMF  78{ 

ficaliés  ;  je   les  connais ,  el  je  Teox  les 
atteindre. 

Voes  vous  dittM  ou  dedans  de  vous  : 
Qu'est-ce  que  nous  venons  d'entendre  r  Des 
raisonnements  de  métaphysique.  On  nous 
s  montré  que  tontes  choses  étaient  com- 

Frises  entre  un  principe  et  une  conclusion, 
an  et  l'antre  éternels,  et  que  l'ordre  moral 
ne  pouvant  échapper  A  cette  lot,  il  était 
nécessaire  qu'une  éternité  fUt  au  bout  d'une 
vie  coupable;  éternité  inrailliblement  mal- 
heureuse, h  moins  qu'on  ne  prétemltt  assi- 
gner au  mnl  la  même  conclusion  qu'au  bien, 
ce  qni  impliquerait,  contre  la  conscience 
unirerselte,  ndeolité  de  tous  les  deni.  A 
la  bonne  heure,  mais  qu'est-ce  qoe  la  mé- 
taphysique contre  l'évidence  du  sens  moral? 
Qa'esl-ee  que  la  métaphysique,  même  la 
pins  irréprochable,  contre  la  voix  întérieurn 
de  la  justice  qni  nous  crie  que  la  peine  est 
néeessairemeni  proportionnée  avec  la  fauter 
Et  qaelle  faute  l'homme  pourrait-il  corn- 
meure  dans  son  eœor  aussi  faible  qu'étroit, 

Îui  mérite  une  peine  mesurée  par  l'éternité? 
'éternité,  en  qnelqne manière  on'on  veuille 
l'entendre,  et  snriout  appliquée  à  un  être 
borné,  est  on  abîme  où  la  moinire  douleur 
prend  ce  caractère  immense  que  nous  ap- 
pelons l'infini,  et  n'a  plus  dès  lors  aucune 
proportion  avec  la  fante  qu'elle  doit  punir. 
Affirmerez-Tous  que.  ta  fante  est  infiDie?La 
conscience  se  révolte  contre  cette  afRrma- 
tion.  Nierez-vous  que  la  peine  le  soit?  La 
conscience  vous  rerosera  son  assentiment. 
Direz-vous  qu'une  faute  finie  mérite  one 
peine  infinie? La  conscience  parlera  encore 
plus  haut  contre  vous.  Elle  vous  tient  en- 
fermé dans  ces  alternatives,  el  ne  voos  laisse 
aucune  issue  poar  échapper  A  l'évidence  du 
votre  iniquité. 

Avant  tout  j'éearlerai  celle  pensée,  que 
Diea  condamne  éternellement  le  pécheur 
pour  nne  Ciate  unique  qui  lui  serait  échap- 
pée par  haaard  avant  de  mourir,  comme  st 
la  Providence  épiait  en  quelque  sorte  la 
minute  de  nos  manquements  |K)ur  «o  foire 
la  minute  snprAme  de  notre  mort  el  de 
notre  réprobation.  Sans  doute  il  est  de  foi 
qu'une  seule  bâte  grave,  c'est-à-dire  com- 
mise sciemment  et  pleinement  contre  une 
voloalé  formelle  de  Dien,  séfiare  l'humme 
de  la  communion  divine,  et  l'eipose,  s^l 
meurt  en  cet  état,  an  sort  des  r«>rauTés. 
Mais  il  n'est  pas  de  foi,  bien  s'en  faut,  que 
Dieu  poursuive  les  observateurs  de  ses 
commandements  d'une  vigilance  inquiète  et 
sombre,  n'attendant  que  lliaure  d'une  chute 
passagère  pour  les  précipiter  dans  l'abtme 
d'une  mort  sans  pardon.  Toute  l'Ecriture 
est  pleine  des  patiences  de  Dieu,  même  h 
l'égard  des  plus  grands  pécheurs,  et  il  n'est 
pas  un  de  nous  qni  o'ait  en  dans  sa  vie  la 
preuve  de  cette  miséricordieuse  longani- 
mité. Lt  Stigneur.  dit  saint  Pierre,  ne  re- 
tarde pas  t'aceotttpUuement  de  tee  prameMiei, 
comme  le  penetnl  queiquts-unt,  «ou  II  agit 
palitnment  d  eauie  de  cou,  ne  mnda»t  pas 


MCTIONNAIRB  APOLOGETIQUE. 


ew 


g  M  ptnwuu  périite,  mai»  que  tout  rmm- 
ttent  i  péntttmet  (1226].  Il  est  vrai  qa'en 
tl'aiilres  passages  l'Evanfple  nous  dit  de 
Teillert  et  gîte  iijour  dt  Duu  tiendra  eowau 
un  voleur  [1227];  mais  ces  deroières  et' 
{iressioDS  sappliqDenl  h  la  fin  du  (noode> 
et  eocnre  qu  ellea  fassent  diles  pour  Tavé- 
nemflDl  particulier  relaUrk  chacun  de  nous, 
il  ne  s'ensuÏTrait  [>as  qae  la  Prorideitce 
«herche  k  nous  saisir  inopio^meat  daos 
une  seule  faute,  pour  avoir  le  plaisir  de 
nous  perdre,  il  faut  veiller,  parce  ma  tetprit 
«1  prompt  et  que  la  chair  est  fatoit  (1228)  ; 
mais  il  faut  croire  aussi  k  la  parole  qui 
disait  :  Paix  nir  la  terre  aux  kowmtt»  da 
iatuu  volonté  (1229).  Tout  bomme  qot  pé- 
rira, périra  malgré  les  efforts  de  Dieu  ;  il 
périra  cofifaincu  d'iograiitade,  rejeta  non 
par  hasard,  niais  par  J'opiniâtrelé  de  soa 
mauvais  vouloir. 

Cela  posé,  reste  la  question  tonle  seule 
de  la  proportion  entre  la  peine  et  la  fiiute. 
Cette  proportion  est  nécessaire,  je  l'accorde, 
elle  est  de  droit  naturel,  et  la  foi  nous  com- 
mande d'7  croire  autant  que  la  raison. 
L'Ecriture  nous  dit,  en  effet,  que  Dieu  rmdra 
à  chacun,  selon  tea  eiuvru  (1230),  et  l'Eglise 
n'a  cessé  d'annoncer  aui  nations  l'équité  des 
iugements  de  Dieu.  C'est  pourquoi  l'éter- 
nité, bien  qu'uniforme  dans  sa  durée  mé- 
(ophvsique,  ne  l'est  pas  quant  k  l'rffet 
qu'une  produit  sur  la  cooscieuce,  l'Ame  et 
le  corps  des  damnés.  Chacun  d'eux  en  re- 
çoit le  coup  vengHur  selon  qu'il  le  mérite, 
et  celte  distinction  dans  leur  sort  subsiste 
éternellement,  comme  la  nature  de  leurs 
fautes  et  l'éiat  moral  de  leur  cœar.  La 
persévérance  de  la  peine  n'en  change  pas 
le  degré,  et  surtout  ne  lui  donne  pas  le 
caractère  de  l'infini  ;  ce  caractère  n'appar- 
tient qu'à  l'éteroilé: considérée  en  Dieu, 
{larce  qu'en  Dieu  Téternilé  est  la  durée 
indivisible  de  l'étrt)  substantiellement  un 
et  présent  k  lui-même  dans  un  moment 
immuable  qui  n'a  ni  passé,  ni  présent,  ni 
fulur,  ni  commencemeot,  ni  fin.  Hors  de 
Dieu,  l'élernilé  n'est  plus  que  1«  persistance 
d'un  être  tmroé,  un  fleuve  dont  le  cours  se 
partage  en  une  multitude  indéterminée  de 
points  dont  chacun  n'a  que  l'étendue  et  le 
iwids  du  fini,  et  ne  donne  aux  Ames  per- 
dnes  qu'une  seosalioD  fixe,  toujours  ^le 
k  elle-même,  et  qui  conserve  k  leur  cuii- 
ment  la  mesure  voulue  de  Dieu.  Ce  qui  nous 
trompe  en  ceci ,  c'est  que  nous  appliquons 
k  la  dorée  persévérante  de  l'autre  vie  les 
mimes  lois  et  les  mêmes  effets  qu'k  la  durée 
persévérante  de  notre  vie  mortelle.  Ici-bas, 
le  temps  règne  sur  nous,  le  temps  qui  est 
progressif  et  dont  les  coups  croissent  en 
énergie  par  leur  répétition  ;  au  deik  de  ce 
iDonile,  le  temps  n'est  plus,  parce  que  tout 
Y  est  clos  et  arrêté.  Une  ère  nouvelle  / 
place  toute  chose  sous  l'empire  de  la  stabi- 

(1298}  f  f  F«ir.  tu,  S. 

imT]/T*cuai.  T„a. 
IVtm  Une.  s|T,  58, 


lilé  pure:  cette  ère  eal  l'élemité  rtiHe  iwnr 
les  esprits  qui  vivent  en  Dieu,  elle  eiM'é- 
ternité  imparfaite  pour  lus  êtres  qui  meut 
hors  de  lui,  c'est-^ire  une  durée  morte  d 
sans  progrès,  d'où  résulte  un  genre  de  wi- 
sation  qui  nous  est  complétemeol  iuppi^- 
ciable  et  inconnu.  Si  nous  respirioas  un 
quart  d'heure  hors  de  tout  nonveiieM, 
nous  eu  aurions  quelque  idée-,  miis  cet 
acte  nous  est  impossible,  le  noiiTeaMai 
nous  presse  de  toutes  parts,  il  est  es  doos 
et  hors  de  nous,  et  avec  lui  une  vie  qui  m 
nom  permet  pas  de  comprendre  une  ttùi- 
leur  stable  et  toujours  protwniannic  ï  )i 
faute  qu'elle  punit  sans  l'expier.  L'iiiugi> 
nation  faillit  la  dux  ordres  de  notre  raison; 
mais  la  raison  demeure,  et  c'est  elle  qu'il 
faut  consulter  pour  juger  la  justice  de 
Dieu. 

iamaïs  je  ne  croirai  que  Dieu  ne  soit  pu 
assez  puissant  pour  imprimer  au  coujHilf 
la  sensation  qu  il  mérite,  et  pour  faire ieli 
durée  un  instrument  équitable  de  SAin- 
rets.  La  durée  obéit  k  Dieu  comme  loult 
chose,  et,  conduite  par  sa  main,  ellefnHit 
dans  la  mesure  où  elle  doit  frapper.  CcU 
me  suffit.  Je  ne  veut  pas  dire  que  les  peim 
de  l'enfer  ne  sont  f>oint  formidables,  cir 
j'ai  entendu  cette  parole  :  //  e$t  hùrrihhit 
tomber  entre  lei  mains  du  Dieu  vintiu  [HH]. 
Je  veux  dire  que  la  persévérauce  de  leur 
durée  ne  détruit  pas  leur  prsfiorlion  ii» 
les  crimes  qu'elles  doivent  cbitier,  propor- 
tion qui  est  de  nécessild  de  justice  pour 
Dieu,  et  nn  dogme  de  la  foi  comme  noeéii- 
dence  de  la  raison. 

La  question  de  justice  écartée,  fie-  ' 
croyance  se  rejette  sur  la  bonté  de  Diee.  ' 
Dieu  est  hon,  dii-»lle,  c'est  son  premier  ii- 
trihut,  celui  qui  recouvre  en  quelque  sont 
les  autres,  et  I  Ecrilure-elle-meme  a  dit  :  i^ 
Seigneur  est  doux  envers  tvutei  ekowi,  ri 
s«f  miséricordes  sont  le  vélrwumt  de  tsutaui 
mrrw.  —  Suacis  Bominua  imtMrns,  il  m- 
strationes  ejut  super  omnia  opéra  qui  (1332). 
Pensive  que  Hilton  a  rendue  sdmirableiueol 
dans  son  ifarodû perdu,  lorsque, iprèsiTOir 
tracé  tout  l'ordre  de  la  rédemption,  il  Iiil 
dire  k  Dieu  :  «  La  justice  sera  stUsbiiti 
mais  la  miséricorde  aéra  toujours  la  ploi 
remarquable,  et  après  avoir  brillé  la  pre- 
mière, elle  brillera  la  dernière.  •  Or,  com- 
ment brillerait-elle  la  dernière,  s'il  n';  anit 
aucune  rémission  pour  les  pécheurs;  si. 
après  des  siècles  écoulés  sur  leur  cEiâtiiiieiii, 
Dieu  demeurait  insensible  k  cette  éponitn- 
table  infortune,  et  regardait  d'un  câd  tec  li 
continuation  de  leur  éternité T  Comment» 
rendrait-il  k  lui-même  Te  témoignage  qu'il 
est  bon,  et  qut  ta  miiéricorde  est  te  véteiut 
de  toutes  su  auvreiï  Un  homme,  tout  hMt 
qu'il  soit  dans  la  bonté,  ne  serait  pu  ci- 
pable  d'une  vengeance  éternelle  :  eommeiii 

(»30)  Mallh.  XVI,  27. 
(1«M)  H^r.  I,  5t. 
(1233)  PitU.  CUiv,  9. 


MCnONKUBE  APOUWETiatlE. 


BW 


Di»  eo  npportenil-il  le  specUele  et  la 
ttnina  1 

Il  esl  Trai.  on  homme  os  inrail  pas  ca- 
pable de  punir  éteiuflllemaal,  d'ftwrd  parce 
ffl'ilae  comprend  pu  l'éteroité,  el  ensaite 
^raa  qae  lAules  se*  vertas  sodI  eourtea 
tomme  sa  rie  et  étroites  eomme  son  ooiur. 
Tous  iaToqaez  U  boaté  :  savez-TOus  bien 
a  qae  c'est?  Savez-Toiu  qoe  c'est  la  bonté 
qoi  met  le  sceaa  i  la  réprobation  des  pé- 
dieun!  Ja  vons  étonne  sans  doute  :  mais 
NMlei-moi,  el  connaisiez  eoSo  combien 
■ont  Tatiles  les  espérances  el  les  raisonne' 


aT«z  fait  de  tous.  Quelle  sera  votre  res- 
source ?  Votre  ressource  Sera  de  ne-  point 
TOUS  lasser,  d'eapérer  contre  Pespéranee,  de- 
croire  i  l'efficacité  d'un  saotilnent  aussi 
vrai,  aussi  fort  que  le  rdtre.  riojez  le  ge- 
nou, s'il  est  bescAn  ;  abaissez  votre  orgueil  ; 
que  rien  ne  tous  coûte  pour  mrsuâder  l'in- 

Sratitude  et  pour  réduire  l'insensibilité-, 
lais  enSn,  si  tous  ne  réussissez  pas,  que- 
ferez-TOusT  Je  tous  donnerai  un  conseil 
que  je  tiens  d'un  pand  nwraliste.  LabrujAre- 
a  dit  :  «  Lorsqu'on  a  beaucoup  bit,  et  beau- 

-     coup  fait  en  Tain  pour  être  aimé,  il  T  a  sQ- 

MBUderbomme  contre  les  jugements  de     core  noe  ressource  :  c'est  de  m  pnis  lîea 
Vu*.  faire  du  tout.  >  On  a  repoussé  votre  em- 

Tnsliez  dan<  Toire  esprit  l'idée  de  boulé     preasement,  essajet  l'abandon.  Je  n'enlends- 
1  Tidh  d'an  pardun  toigonrs  possible  et     pu  un  abandon  nocère,  défloilir,  mais  uà 
■I .  I A      abandoo  d'épreoTe  où  la  tendresse  se  mé- 
nage le  retour.  Après  cela,  ce  dernier  effort 
de  Tolre  âme  étant  demeuré  impDÎ&saat, 


tutjom  acconlé,  quelle  qoe  soit  la  persé- 
**naee  du  mécbant  dans  le  mal;  vous  en 
âittsiiosi  un  adverssira  irréconcilisble  de 
bjuttice,  et  TOUS  brisez  en  Dieu  l'unité 
amsMîfe  de  ses  perfectioDS-  le  ne  m'ar- 
rtiepâsàTous  dire  que  c'est  Ik  une  pensée 
itcn\ige  qui  détruit  dans  l'iatelligence  la 
MiioD  métapbjaique  el  morale  de  Dieu  ; 
■ooB  dessein  est  d'aller  plus  loin  au  Ibni  des 
fte»»,  et  de  tous  bire  voir,  en  définissant 
''  boolé,  comment  elle  s'accorde  aTee  la 
JuiiieeiNMir  assurer  l'éteroelle  réprobaiion 
il«i  pécoeurfl,  une  fois  qu'ils  ont  perdu  avec 
it  lempt  de  l'épreuTe  le  temps  de  la  récon- 
filûiioa.  Qu'est-ce  donc  que  la  bonté?  La 
■«oié.  c'est  l'amour  gratuiL  Celui-li  esl  boa 
'lui  irm«  sans  cause,  qui  aime  le  premier, 
<]ui  aÏDie  STtfc  ardeur,  qui  aimi;  jusqu'à 
i-ourir:  el  lel  est  l'amour  de  Dieu.  Dieu  ne 
■Mu deiaitriea, puisque noasn'étions  pas; 
il  De  découTrait  en  nous  aucune  raison  de 
i>r>at  siioer.  puisque  nous  n'aTÎons  rien 
iraol  qu'il  ooiBS  eOt  donné  quelque  chose  ; 
un  amour  pour  nous,  comme  pour  toole 
»£atare,  éuil  donc  uo  amour  gratuit,  an 
xit:  d'inQuie  bonté.  Or,  écoutez  bien,  je 
lotu  prie,  l'unour,  tout  bon  qu'il  soit, 
:  userais  dire,  tout  STeuglément  l>on  qu'il 
Ml,  a  partout  un  besoin  qui  est  dans  son 
essence  el  doot  il  ne  peut  s'affranchir  :  ce 
■csvio  de  raoïour,  étoanez-vous  tant  qu'il 
t  -u*  plaire,  ce  besoin  de  l'amour,  c'est  d'être 
i^oié.  L'amour  pardonne  tout,  sauf  une 
vule  chose,  qui  est  de  n'être  pas  aimé.  Je 
Audrals  ija'il  en  fdt  antreoient,  si  c'est 
uUv  désir,  mais  je  me  croirais  tomtié  en 
'^oieoce  de  ne  pas  pardonner  k  l'amour  ce 
■=suiu  qo'U  a  d'éire  aimé.  Et  s'il  ne  l'est 
u,qae  fer»-i-il?  Cetiu'il  fera?je  vai^TOus 
:  dire,  eu  tous  dérobant  k  * oas-mème,  au 
'r.d  de  votre  cour,  le  secret  de  l'amour. 
Ou  je  me  trompe,  ou  vous  avez  aimé,  ne 
ii-c6  qu'une  lois.  Je  ne  distingue  pas  eo 
c  OKimeDt  les  affections  légilimes  de  celles 
û  ue  le  soot  fias;  je  le»  prends  toutes, 
ourvu  qu'elles  soient  sincères  daai  les  en- 
'>..ie9  de  Ivur  réalité.  Vous  avez  doneaimé, 
I  je  suppose  qu'aujourd'hui  même  votre 
me  esl  utu*  l'empire  de  cette  généreuse  et 
:rnble  passion.  Elle  a  choisi,  elle  a'est 
rjouée,  elle  se  dévoue  tout  entiire  :  mais^ 
lijuleurt  oa  icpousse  ce  don  que  vous 


buse  paa  plus  longtemps  de  cette  faculté 
d'aimer  qui  t'a  été  donnée  d'en  haut;  re- 
tourne k  la  raison,  prenda  ton  ême  et  va- 
t-en.  Telle  est  l'histoire  dn  cceur  humain 
dans  l'amour,  el  telle  est  aussi  celle  de  Dieu. 
Car,  au  ciel  et  sur  la  terre,  l'amour  n'a 
qu'un  nom,  qu'une  essence,  qo'une  loi, 
qu'un  effet. 

Dieu  vous  a  prévenu  d'affection  de  toute 
éternité.  Vous  n'étiez  rien  pour  lui,  rien 
pour  l'univers,  rien  pour  vous-même;  il 
vous  a  chmsi  avant  que  vous  fussiez.  Ce 
corps,  dont  tous  profanez  la  grlce,  c'est  lui 
qui  tous  l'a  donné  comme  no  rase  antique 
soni  tout  pur  de  la  main  du  statuaire;  il  a 
ouvert  vos  jeui  pour  que  voua  le  vissiez 
dans  le  monde  avant  de  le  voir  dans  sa  subs- 
tance; il  a  creusé  vos  oreilles  pour  que 
vous  entendissiez  sa  voix,  et  dessiné  vos 
lèvres  pour  que  vous  lui  répondissiez.  An 
dedans  de  ee  chef-d'œuvre  sorti  de  ses 
amoureuses  mains,  il  a  mis  une  lumière 
vivante  qui  se  luit  i  elle-méffle,  et  dont  les 
ramona  ont  une  affinité  avec  sa  propre  lu- 
mière, afin  que  l'une  et  l'autre  se  recher- 
chassent pour  s'unir  un  jour  dans  reslasar 
d'une  même  flamme  et  d  une  même  éleeni-- 
té.  Mais  TOUS,  fils  ii^at,  d'une  piété  aii 
gratuite,  tous  aTez  fui  l'amour  qui  ne  tous 
demandait  que  l'amour.  Vous  STes  ramené 
sur  TOUS  l'adoration  que  vous  lui  dcTiez; 
TOUS  avez  fermé  Tos  jeux  pour  ne  pas  le 
Toir,  TOS  oreilles  pour  ne  pas  Fenteodre,. 
TOS  lèvres  pour  ne  pas  lui  répondre  ;  et  per- 
du dans  la  détuucbe  d'un  llcfae  égoisme, 
TOUS  avez  préféré  vivre  souillé  et  malhan- 
reui  loin  de  lui  que  d'attendre  eu  une  paiz 
saus  reproche  l'heure  de  sa  dernière  reTé- 
lalion.  Dieu  s'en  est  affligé;  il  a  craint  d'a- 
voir trop  peu  lait  pour  vous,  el  descendant 
des  ombres  qu'il  avait  laissées  sur  lui,  il 
est  venu  placer  devant  vous  sa  personne, 
sa  Toii,  se*  actes,  sa  Tie  ;  et  de  peur  que  ce 
ne  fût  pas  encore  assez,  il  est  mort  sous  tos 
yeui,  cruciUé  de  vos  mains.  Cela  lait  pour 
tous,  il  s'en  esl  armé  contre  chacun;  il 
poursuit  rhumsnité  &me  par  Ame,  jour  par 


DlCTIMNjURe  APOLOGETIQUE. 


JODF.  al  M  n'est  que  vaineu  el  méprisé  jii<^ 
tin'i  la  dernière  heure,  qu'enfin  il  reprend 


ENT0Z0AIRG8,  mnt-ils  dm  klag«o«r)- 
lion  siioutaiiéeT  Voy.  G&iiêk4Tioh  wosu- 

MB  amoor  et  s'en  tb  pour  jaiBsis.  Car  l'u-  kbk. 
iBour,  o'aat  m  loi,  ne  repasse  point  aux        BMGENiWfc, sysfème snbslituô & celuid'È- 

méœflS  riraoes,  el  one  fois  qu'il  les  a  quil-  Tohïtion.  Voy.  EHBKTOLOGn. 
lés.  il  n'y  reparaît  ploa.  EPISCOPAT,  fol-il  brisé  parGrégnîr*  VIIT 

DBBifl  a  ta\»  sur  Is  porte  de  son  enfer  —  Béfulatîou  d'Edgar  Qaiaet.  foji.  Gié- 

ratte  faneuse  imcripHpn  :  soirb  VII,  §  Ifl. 

,        , ,,         .      ,.,.      „    .    ,  EPHEDVE.  —  L'épreuTe  a  pour  liât  de 

5"'"?^r°««!^f*'i*'!,T'i'u"J^':  ftîre   connaître  are!-  certitude  la  «leur 

îi;;:o1Sa%^d'r  Sn^^oî^fi.^  d;-  «'re.  Tout  être  est  une  pnis.f,«q.; 

Vensquieniroi,  his8«l'espéraiice.  demeure    obscure    fl    inapprécisble  liol 

,  ,  quelle  nés  est  pas  maniiestéo  parseiades, 

Mais  pourquoi  laisser  1  «spéranceT  Pour-  ^t  ^'g,!  répreuTe  qui  lui  donne  lieii  de  si 

quoi  en  ud  Heu  où  la  boilé  ilrTifte  doit  te  meiiiCesler.  Cela  est  irai  même  des  «tes 

1rou»er,,paitqu'ell6BstiH8éparablail«Dieu,  nialérieis  qui  n'ont  aucune  liberUd'aciion. 

faul-il  abdiquer  toute  heureuse  perapec-  Ou  jeg  ^prouTe  par  des  moyens  chimii|u»j, 

iive,  ai  laiulaine qu'elle  soUT  Le  poêle  nous  afin  d'arracher  i  leur  substance  inerteel* 

reiphque  dans  uu  ver»  que  je  no  me  rap-  lendeuse  le  secret  de  leurs  [iropriélés.C* 

pelle  jamais  sso*  un  tre&sailleoK'Dt  d'admi-  bien  plus  l'épreuve  sera-t-dle  uéceam 

"'ion  :  pourirémèlerrerond  d'une inlelligencelita, 

Cesl  l'étenicAe  justice  ^i  «'a  fait,  et  le  premier  pour  saroirce  qu'elle  pense,  ce  qu'elle  icV, 

lanioar.  ce  qu'elfe  peulT  Aussi  l'Ecriture  ilii-ellt: 

Si  ce  n'était  que  la  justice  qui  eût  creusa  Qui  non  ttt  tentaïus,  qutd  tcitJ  V\ami 

l'abtme,  il  y  aurait  du  remède,  mais  n'est  qui  n'a  pai  été  éprouvé,  aiwMJM'([f2Kini 

l'amoDr  aMsi,  c'est  U  premier  amour  qui  l'a  ne  sait  rien,  parce  qu'il  ne  se  Siil  |>u  lui- 

fait  :  voilà  ce  qui  dte  toute  espé»'ance.  t^uanil  luëine, 

on  eat  condamné  par  la  justice,  on  peut  re-        Qu'est-ce  donc  que  l'épreuve TL'fpriMin 

courir  k  l'amour  ;  mais  quand  on  est  coq-  est  l'occasion  offerte  h  un  être  libre  de  u  . 

damné  par  l'amour,  i  qui  reconrra-t-ou  ?  sacrifier  su  devoir  ou  de  sacrifier  le  d«'w  j 

Tel  est  le  sort  des  damnés.  L'amour  qui  a  à  soi-même.  Par  où  vous  voirez  qu'il  çDtrt 

donné  son  sang  pour  eux,  cet  amour-là  dans  la  ooiioa  qui  la  constitue  plusieun 

iDème,  c'est  cehii  ijui  les  maudit.  Eh  quoi  I  éléments,  dont  le  premier  de  tous  est  lalK 

VD  Dieu  sera  venu  lei-bas  pour  vous,  ilaura  berlé  morale.  Sans  la  liberté  morale,  ep  el- 

pris  votre  nature,  parié  TOtre  langue,  lou-  fol,  l'Atre  ne  se  possède  pas  lui-même, il «i 

ehé  votre  maiiiT  guéri  vos  blessures,  résus-  l'instrument  passif  d'un  autre  que  lu!,tl 

citô  vos  norta;  que  dis-jeT  un  Dieu  se  sera  manquant  ainsi  de  toute  valeur  oersonnEWi 

livré  pour  roos  aux  liens  el  aux  injures  de  i)  devient  inutile  de  l'éprouver.  Il  n'eii  nm, 

bi  Iranisoi),  il  se  sera  laissé  mettre  nu  sur  parce  qu'il  ne  peut  riao.   C'est  pourquoi 

«ne  place  publique  entre  des  prostituées  et  Adam  était  libre,  il  était  libre  pour  fott 

des  voleurs,  attacher  h  uu  poteau ,  déchirer  one  valeur  devant  sa  conscieDce  et  dt^iut 

de  verges,  coaroniiar  d'épines;  i(  sera  mort  Meu;'  et  nous  ses  héritiers,  nous  somoiri 

enfin  pour  vous  sur  une  croix]  Et,  après  cela,  libres  aussi  pour  avoir  notre  valeur,  NoDi 

Yoos  penses  qu'il  vous  sera  permis  de  blas-  sommes  libres,  afin  do  tirer  de  nous-mîn'W 

phémer  el  de  rire,  et  d'tlter  sans  crainte  aux  une  succession  d'actes  qui  soient  notre  ufl 

noces  de  toutes  vos  volu|>(és  I  Oti  I  non,  dé-  éternelle,  qui  forment  le  patrimoine  mhe- 

trompex-TOUS,  l'amour   e'esl   pas  un  jeu;  nable  de  notre  immortalité;  qui  subs>ftail 

on  n'est  pas  impunément  aimé  par  un  Dieu,  à  jamais  dans  notre  soavenir  et  dans  letou- 
on  n'est  pas  impunément  aimé  jusiiu'au  gi-     venir  universel  des  intelligences  dont  Di^ 

bet.  Ce- n'est  (las  la  justice  qui  est  sans  mi-  est  le  chef,  comme  étant  notre  pari  dm! 

sérioOFdti,  c'est  l'omour.  L'amour,  nous  l'a-  i'œuvre  que  Dieu  a  commencé  seul  el  fut 

VORS  trop  éprouvé,  c'eel  ta  vie  ou  la  mort,  nous  achevons  avec  lui.  S'il  nous eâl  (loi)nt 

«l  s'ii  s'sgil  de  l'amour  d'un  Dieu ,  c'est  Té-  le  corps  sans  l'Ame,  et  t'âaie  sans  la  liberUi 

tvrnelle  via  ou  i'éterael-lâ  mort  (1939),  foy,  noua  serions  des  étoiles  sans  doute  et  lu 

XTEKKiTi  DKs  PBiaBB.  plus  belles  du  firmament  ;  mars  nous  ne  it 

ENFËU,  y  a-t-il  exagération  dans  les  pciii-  rions  que  l'œuvre  sans  être  l'ouvrier,  elDi^ 
luresqu'enfont  lesprédiealeurs  cotholiquesî  an  nous  regardantite  connaîtrait  que  sa  pu» 
Y»y.  EriRMTt  dx»  PBittBS,  1 1.  —  Son  eiis-  sanceetoiieson  propre  prix.  L'épreuve ll»'^ 
tence  prouvée  par  le  sens  que  ce  mol  ex-  ne  nous  rat  pas  venue  ni  au  premier  d»  d'* 
]>rima  dans  l'hébreu,  le  grec  et  le  latiu.  foy.  pères  :  k  quoi  bon  éprouver  ce  qui  ne  1"" 
note  11,  à  la  fin  du  volume.  oi  descendre  ni  grandir,  et  dont  la  riçow 

ENsâEIGNBMENT,  oritsine  de  nos  connais-  est  infaillible  comme  le  son  que  rend  l'iin" 
sanceti.  Voy.  Pstcholo&ix,  S  IX  et  suiv.  sous  te  ter  qui  le  mburtrilt 

ENiaoUSIASMB  :  les  «pâtres  ont-ils  été  La  seconde  idée  cont(;nuedam  la  défioif^ 
séduit*  par  une  imaginauoa  plein»  d'en-  de  ré|)reUTe,  est  celle  du  devoir.  Car  ii 
ibonsiaame?  Yoy.  AvOtwm.  n'existe  pas  de  devoir  pour  les  iotelligeu^ 

(lUS)  Vof.  ta  noio  It,  à  h  On  du  vuiutne,  sur  ruuirersaliié  de  b  cntvaoce  à  l'enfer. 
(I25t)  tccli.  xuiv,  9. 


DiCTUnUlRE  APOLOGETIQUE. 


Kbttâ.  tooi  les  actes  sont  indifférents;  les 

uns  ae  lonl  pn  jastrs,  honorables,  grands, 

•  héroiqDN,  ni  Im  aolres  honteux  et  abjects. 

Ils  uol  égAhmenl  indignes  de  biflme  et 

d'tstjnte,  el  parconségoenl  toeapables  d'^ 

pfta*A.  C'est  Is  devoir  qui  est  le  principe 

ia  méntt  ei  du  défcérile,  et  qui  donne  lieu 

ii  tooder  les  imes  pour  en  Tsire  jaillir  le 

Mcrifica  «I  la  Tcrlu.  Car  l'idée  du  devoir 

eninlse  l'idée  du  sacrifice,  eomme  l'idée 

ài  MCTilïca  est  celle  mime  de  la  vertn.  le 

ûbim  qu'on  ■  préteuda  eonrondre  le  de- 

nir  trre  rintérei,  et  qu^  y  i  loote  une  si- 

groc  artrale  qui  repose  sur  celte  a^simila- 

Ua.  Kiis,  dsn*   la  doctrine  du  christiit- 

nimt,  an  sbtine  In  sépare  l'un  do  l'antre. 

Cir,  ka  qu'il  y  ait  )  rempNr  son  devoir,  an 

iiéiit  ioiniain  et  final,  e  est  nn  iniérfit  in- 

TwUe,  discutable,  auquel  on  est  libre  de 

Mp»  croire,  el  snquel  la  passion  ne  croît 

ri*-Cequi  est  c1«ir  pour  elle,  c'est  l'oLjel 

rr^lqai  h  sollicite;  tout  le  reste  s'éva- 

nnit,  pour  ne  laiaser  aux  prises  dans  l'Sma 

uiéoéf  ijDe  la  jouissance  et  le  sacrifice  ;  et 

>i II  l>as>ion  est  vaincue,  elle  ne  l'est  que 

p*r  DD  acte  de  foi  douloureux  t  lldéedude- 

Torr.  C'bsI  mon   devoir  :   tel  est  le  mot  su- 

t*tmK4«  la  conscience.  Jamais  la  conscience 

e'idit:  C'est  mon  intérêt.  Si  elle  le  disait, 

tflesenjt  perdue,  parce  qu'elle  sa  désarrae- 

nii  eo  substituant  une  idée  basse  ft  une 

■Vegéfiéreuse.  un  calcul  susceptible  d'illa- 

^Kn  k  une  certjlade  dogmatique  absolue. 

ToDl  ce  qui  s'est  lait  de  grand  dans  le  monde 

l'est  bit  an  cri  du  devoir;  tout  ce  qui  *'j 

al  bit  de  misérable  s'est  (kit  au  nom  de 

rint^réL  L'histoire  de  l'homme  aussi  bien 

ÏucsbDoeur  ne  permettront  jamais  de  con- 
i^re  deux  mobiles  qui  sont  phis  que  dis- 
(cmbl^btes,  paisqu'ils  sont  ennemis,  et  au 
hiOT  mésnt  uù  Dieu  couronnera  les  bons, 
rien  ne  brillera  plus  sur  leur  tfile  réeompeo- 
>^qui;  ta  naïveté  de  leur  dévouement. 

Fiul-il  être  pauvre?  Ko  vain  me  direz- 
><ias  que  c'est  mon  intérêt,  que  tout  le 
uoaiie  ne  f<eiit  pas  élre  riche,  qu'en  voulant 
wijr  dtt  ma  position  je  donne  k  ceux  qui 
il»!  plus  pauvres  que  moi  le  droit  de  sortir 
le  U  leur  et  de  me  dévorer.  Ce  raisonnement 
3t-il  irréprochable,  il  me  semble,  ft  moi 
auvre,  nue  dérision.  Pourquoi  ne  mandi- 
lit-je  pas  mon  sort?  Pourquoi,  fût-il  sans 
tiueJe,  n'aecuserais-je  pas  Fa  société,  la  na- 
ore,  et  Dieu  qui  les  institua?  Poorquoi 
i-'iiiierdirais-je  I  envie  el  la  haine  contre  les 
l'iirit  du  hasard?  Aht  voulez-vous  me 
fucher,  prenez-moi  par  te  cAté  sénéreux  de 
ts  entrailles.  Dites-moi  que  la  panvrelé 
n  on  grand  sacrifice,  qoe  je  sois  nn  soldat 
ui  Ironlièrea  de  la  société,  que  j'y  duis 
■oarir,  s'il  la  faut  ;  que  c'est  ma  vocation , 
>a  i;loire;  qou  la  vertu  et  non  la  terre  sont 
:  bien  de  l'homme;  que  Dieu  lui-même, 
nu  parmi  nous,  est  né  dans  la  cabnne  du 
l'ivre,  qu'il  a  vécu  avec,eux,  qu'il  en  a 
■rUgé  les  travaux  et  les  humbles  joies. 
>iles-mot  que  le  temps  n'a  qu'une  heure, 
l 'lue  le  témoignage  d'une  lx>uue  conscience 

l'éluniilé.  Je  vous  enlcudrai  peut-être  par 


le  seul  eOtort  du  cœur,  et  si  j'ai  la  foi,  je  vous 
entendrai  par  tous  les  pores  de  mon  ita^. 
Je  bénirai  la  place  où  Dieu  m'a  mis  ;  j'jr  dd- 
mêlervi  des  grandeura,  et  j'jr  susciterai  dn 

^'oies.  L'espéininee  aoasi  piaatira  par-dessus 
e  sacrifice,  mais  fonte  divine  qu  elle  soit  et 
différente  d'nn  intérêt  visible  et  terrestre, 
elle  ne  viendra  pourtant  qu'après  l'amour, 
k  la  seconde  place,  fille  de  la  vertu  et  nua 
pas  sa  mère. 

Voilk  le  tangage  qui  peut  susciter  la  vertu, 
et  que  serait-cesi je  vous  parlais  delà  vertu 
poussée  JDsqu'k  l'héroïsme?  Quel  intérêt» 
par  exemple,  animait  ee  martvr  chinois  k 
qui  le  bourreao  demandait  quelque  argent 
pour  lut  abattre  la  tète  d'un  coup,  et  qui 
répondait  :  ■  Atmts-la  en  autant  de  coups 
qu'il  te  plaira;  pourvu  qu'elle  tombe,  cela 
sufllt;  quant  k  mon  argent  j'aime  mieux  le 
Hisser  aux  pauvresl  ■  Quel  ialérêt  animait 
Roulas,  lorsque,  ramené  de  Carthage  k 
Rome  sur  sa  parole,  il  conseillait  an  sénat 
de  ne  pas  signer  la  paix  après  une  défaite, 
sAr  qn'cn  donnant  ce  conseil  il  se  vonaît  k 
un  fuppliee  inexorable  et  lâche?  Arisse 
donc  une  fois  pour  toutes  cetteidée  de  l'in- 
térêt apptiqaee  k  l'accomplissement  du 
devoir!  Entre  le  devoir  et  l'intérêt,  il  existe 
le  même  rapport  qu*entre  Régulos  et  ses 
bourreaux,  entre  Rome  et  Carthage  :  Car- 
thage était  une  boutique,  Rome  était  le  Ca- 
pitole,  maître  du  monde. 

Et  maintenant  il  vous  est  aisé  decom< 
prendre  le  but  suprême  de  l'éprenve.  Ce 
but  est  de  coonatlre  par  an  acte  irrAcosa* 
ble  la  quantité  de  sacrifice  qui  est  conte- 
nue  dans  une  Inte.  1a  connaissex-vous, 
voire  quantité  penioinelle  de  aaerifice?  8a- 
vez-vous  jusqu'où  vous  irez  dans  l'abn^a- 
liun  de  vous-mêmes  eo  présence  d'un  de- 
voir? Vous  êles-vous  mesurés  avec  la  pau- 
vreté, l'exil,  la  torture,  la  mort,  le  déshon- 
neur? Et  pourtant  vous  ne' valez  quelouv 
chose  que  par  cette  quantité,  qui  ni  obs- 
cure el  inconnue  an  fond  de  votre  âme.  Ce 
n'est  ui  le  génie,  ni  la  naissance,  ni  la  for- 
tune, qui  déterminent  la  valeur  réelte  d'un 
homme  :  ce  sont  le  des  dons  de  Dieu  dont 
on  peut  user  ou  «baser,  et  qui  d'eux-mê- 
mes conduisent  indifféremment  k  l'oppro- 
bre ou  k  la  gloire.  Le  génie  oblige,  la  nais- 
sance el  la  forlnoe  aussi,  el  k  quoi  obligent* 
ils,  si  ce  n'est  k  de  plus  héroïitues  dévoue* 
roenb?  C'est  pourquoi,  si  vous  tenez  k 
connaître  ce  que  vaut  un  homme,  mettez- 
le  k  l'épreuve,  et  s'il  ne  vous  rend  pas  le 
son  du  saerifiee,  quelle  que  soil  la  pôurpr» 
qui  le  couvre,  détournez  la  tête  el  passez  t 
ce  n'est  pas  un  homme. 

klais  comment  mettre  k  l'èpnave?  Cea>- 
ment,  pour  me  servir  du  langage  algébn- 
qoe,  dégager  cette  grande  iaconnue  du  M- 
criBce  au  sein  d'une  âme  qui  t'ignore  ello* 
même? 

Je  ne  sais  si  les  ancieu  avaient  bit  en 
Dieu  de  l'occasion  ;  je  le  croit,  car  il  n'est 
guère  de  chose  puissante  k  laquelle  ils 
u'eusscnt  accordé  le  vêtement  de  la  divinité. 
Or,  l'occasiou   est  aoe  chose  puissante  ; 


EPfl 


MCTUNNAIBE  APOUMETIQUE. 


EM 


m 


aans  elle  tout  avorte,  avec  elle  toal  réosiiit. 
Auguste,  né  au  temps  de  Scîpion,  n'eût  élé 

3a'on  hoiDDie  f  ulgaire  ;  né  avec  la  déca- 
eoce  de  la  République,  il  eut  ce  qu'il  fal- 
lait de  vices  et  de  vertus  pour  ÎDauRurer 
l'einpire  romain-  Et  toute  vie  en  estlk.  Il 
n'est  pas  uo  de  dous  qui,  regardant  en  ar- 
rière daûs  sa  dpsiinee,  n'y  découvre  des 
accidents  dont  !a  rencontre  a  élésouvertiue; 
c'est  l'occasion.  Kt  de  m£me  qu'il  jr  en  a 
dans  l'ordre  de  la  fortane,  il  7  en  a  aussi 
dans  l'ordre  du  bito  et  du  mal  ;  de  mAme 
qu'ua  champ  do  bataille  fait  le  gr«Dd  ca- 
pitaine, un  autrecbaittpde  bataille  fait  ou 
antre  genre  de  héros,  us  prêtre  enlevé  sur 
mer  par  des  pirates  devient  saint  Vin- 
cent de  Pau);  Louis  XVI  en  reuconlrant 
l'échafaud  dérobe  l'âme  d'un  marier.  Et 
ainsi  i'épreure  morale  n'est  autre  chose 
qu'une  occasion  de  sacrifice  qui  nous  est 
uRerte  par  la  Providence,  afin  qu'en  i'accep- 
laotou  la  rerusaot  nous  manifestions  le  de- 
gré de  faiblesse  ou  de  vertu  qui  est  en  nous, 
ou  plutAt  afin  que  nous  saisissions  dans  la 
dîQiciIlté  même  la  raison  d'un  élan  vers 
Dieu  par  l'obéissance  an  devoir. 

Ne  vous  étonnez  donc  pas  qu'Adam,  no- 
tre premier  ancêtre,  ait  été  soumis  h  l'é- 
fireuve,  et  que  la  vie  de  l'humanilé  se  soit 
Dsugurée  par  une  situation  qui  n'a  pas 
cessé  d'être  la  nAtre.  Aujoord  hui  comme 
alors  la  vie  de  l'homme  est  une  épreuve,  et 
Ic!  sages  eux-mêmes,  en  considérant  l'é- 
trange variété  des  choses  dont  nous  subis- 
sons la  loi,  n'ont  pu  s'empêcher  d'y  recou* 
natlre  le  dessein  d'une  Providence  qui  es- 
saye nos  forces  dans  la  lutte  et  prend  plaisir 
i  nos  venus.  Voici,  disailSénèquu,  unipte- 
tactt  digne  d*  Dieu,  un  homme  aux  prie» 
avie  faavernlé.  —  Eee$  par  Deo  tpectacu~ 
lum,  tir  eum  advtrtit  eompoêilua.  Cétait  la 
même  cbose  que  disait  saint  Paul  dans  un 
langage  encore  plus  grand  :  Spectaeutum 
faeti  tumu$  muudo  et  angeli»  et  kominibui. 
—  iVffu/  Mons  été  dou»ii  en  tpectacle  au 
monde,  aux  anget  et  atix  hommeg  (1S35}.  Ce 
^ectacle  dure  encore,  et  il  ne  finira  qu'avee 
la  vie  présente  du  genre  humain.  Toujours 
sur  sa  roule,  l'homme  rencontrera  des  cir- 
constances qu'il  n'aura  pas  choisies  et  qui 
Le  mettront  dans  la  nécessité  de  se  pronon- 
cer par  un  acte  entre  le  bien  et  le  mal,  en- 
tre le  devoir  et  la  passion.  £t  plus  la  sa- 
gesse divioe  prendra  intérêt  k  l'élever,  plu^ 
elle  tracera  autour  de  lui  la  sublime  cir- 
eonvallatioo  de  l'épreuve,  lui  tendant  des 
piégea  proportionnés  h  sa  force  et  l'aidant 
par  le  péril  i  la  joie  du  dérouemeut.  Encore 
qn  il  n'y  eût  en  cela  aucune  volonté  ex- 
preste  de  la  Providence,  la  chose  nallfeit 
d'ejle-même,  par  le  seul  entrelacement  dea 
activités  libres,  et  par  les  vicissitudes  iné- 
vilablea  qui  doivent  en  résulter;  mois  Dieu 
l'a 'voulu  formellement,  avaol  même  que  le 
cours  aaturui  des  générations  eût  amené  sur 
hi  scène  du  monde  les  tragédies  innombra- 
bles qui  nous  éprouvent,  les  uns  dans  le 

(l»5)  I  Ccr.  IV,  ï. 


bruit,  les  autres  'd.iiis  l'obicnrité,  miis 
tous  efllcacemeot.  Je  vous  en  ai  dit  li  ni- 
son,  «t  nous  n'avons  plus  qu'h  sivoir  quel  . 
genre  particulier  d'épreuve  Dieu  fti^n 
au  premier  homme  dans  les  solitudes  tn- 
tunees  de  l'antique  Eden. 

L'incrédulité  n'a  rien  omis  poar  iptjeier 
le  ridicule  sur  cette  page  de  1  histoire  r<>- 
ligiease.  Elle  a  feint  de  croire,  peul'^tre 
même  a-t-ellecrosincêremeal,quelcin;)- 
ports  primilib  de  l'homme  aveu  Dieu,  irli 
que  le  christiacisme  les  eipose,  anienleu 
pour  base  un  commandement  arbilnirs 
donné  pir  Dieu  sans  motifs  et  liolé  pir 
l'homme  sans  raison.  Cest  confondre  d'i- 
bord  le  devoir  avec  l'éprenve.  Le  deioir 
d'Adam,  la  loi  naturelle  et  divloa  dont  li 
lumière  formait  sa  conscience,  c'éuii  la 
loi  même  qui  fut  promulguée  au  Sioii  d 
renouvelée  dans  l'Evangile  :  Tu  ainmilt 
Seigneur  ton  Dieu  de  tout  toneaur,  di  M 
tonâme,  de  tout  ton  esprit,  et  ton  (itmIm 
comme  toi-même  (1236).  Entre  Dieu  et  la 
intelligences  libres,  il  n'y  a  pasd'aulrtloi; 
car  toutes  les  autres  découlent  do  celM. 
et  eelle-là  «st  l'ordre  éternel,  nécesulK, 
absolu,  qui  règle  les  rapports  de  tous  la 
êtres  moraux  entre  eux  et  avec  leur  Ci^- 
teur.  Quiconque  arrive  à  la  vie  dans  une 
substance  pensante,  tombe  sous  le  cou|i  de 
ces  deux  mots  qui  éclairent  l'éierailé  :  Tê 
ttimtra».  Adam  les  avait  lus  dans  soo  lut 
dès  qu'il  s'éveilla  du  néant  ;  il  les  ami  lui 
en  Dieu  k  la  lueur  de  la  grâce  :  SOD  deioii 
était  d'y  être  fidèle  en  aimant  Dieu,  quilt- 
vait  aiiué  le  premier.  Voilàquelle  élaitw- 
tre  eux  la  question,  et  sur  quoi  se  jouii^ul 
les  destinées  du  genre  humain.  , 

Hais  le  devoir  appelle  l'éureuv^  je  lu, 
montré  tout  k  l'heure,  et  il  1  appelle  surlou) 
quand  le  devoir  est  l'amour.  Car  l'amoii' 
suppose  le  dévouement,  et  le  déroueffleui 
ue  se  produilqu'ft  l'aida  d'une  occasion gm 
lui  est  donnée.  Il  fallait  donc  qu'Adam »n- 
contrAt  dans  les  joies  de  l'Ëden  qutlqui 
chose  qui,  sans  détruire  sa  félicité,  m^f- 
mit  de  s'éleverjusqu'au  sacrifice.  El  qu' 
pouvait-ce  être?  Si  nous  le  regardons u" 
côté  du  corps,  il  était  impassible  et  imisûr; 
tel.  Du  celé  de  la  nature,  il  en  était  le  m 
obéi  et  respecté.  Du  cêté  de  l'intelligenct, 
il  savait  tout,  et  les  mystères  dont  il  ai- 
vait  pas  l'intuition  directe  k  cause  de  leot 
profondeur  surnaturelle.  Dieu  lui  eu  anii 
donné  prophétiquement  la  révélation.  D» 
cdtëde  l'Ame,  il  était  heureux,  de  touU' 
bonheur  d'une  innocence  sans  tache,  d  uu 
amour  sans  nuages,  d'une  plénitude  a^ 
vide  et  d'une  espérance  infinie.  II  était,  «u 
un  mot,  par  nature  et  par  grâce,  en  deno^ 
de  toute  occasion  de  sacrifice,  etparcouiç' 
quent  de  toute  épreuve;  car  le  libre  arbi' 
tre  n'est  pas  l'épreuve  klui  seul,  il  n'en«i 
qu'un  élément.  C'était  donc  une  uécesiii* 
qu'il  intervint  quelque  circonstance  éira- 

§ère,  qui,  sans  diminuer  en  rien  rinlegrjic 
e  ses  dons,  lui  dounât  liea  de  choisir  eo- 

(1236)  JVati/i.  xxn,  57, 39. 


ncmmUIBE  APOtOGCTIQOK. 


Ira  it  bîM  et  le  mal.  DJen  y  poanut  en 
plïçinl  au  eenin  mAnie  da  (uradis  terres- 
Ire  OM  réaiiU  symlmliqafl  qu'il  appela  d'un 
■na  mji^étimn,  Parbre  de  la  seiraee  àa 
biea  el  da  mil,  auquel  il  défendil  au  pra- 
■ttr  honne  de  toueber  lous  peine  de  moii. 
Je  es  ne  réalilA  symbolique  pour  tous 
tfurpier  d'un  Mul  mol  la  tentatioD  de  vons 
■épniKlfe  at  de  De  voir  lii  qu'un  arbre  et 
u  fruit  propres  tout  an  plus  h  éprourer  la 
(Bor  d'an  enfant.  Est-ce  que  vous  ne  savez 
fu  qn  ridée  change  toat?Est.ce  que  tous 
ae  Mfai  pas  que  la  première  chose  venue 
Klmufigore  sous  le  bnrÎD  qui  la  sjmbo- 
lut?  îa-cs  que  l'Helvélie  du  uv*  aibcle  eut 
«opriM  d'enfant,  lorsque,  avant  abaltu 
ItAnJaalioD  do  Gésier,  elle  choisit   l'ar- 
bnuqaei  ce  gouverneur  avait  attaché  le 
flipciwsa  tTraanie  pour  en  faire  on  si- 
lot  tTiffraocnissemenl  et  le  symbole  glo- 
ficaidatrioBipheoalionairEsl^ceque  vous 
(fDjez  qu'alors  an  arbre  esl  un  arbre?  Est- 
M^ue  vous  ignorezqu'uo  drapesu  est  une 
atuOD,  el  que  la  msin  qui  le  porte  le    rft- 
tiendra  su  prii.  de  mille  moris  plulAt    que 
4e  UîMer  dans  la  boue  d'une  baUille  ce  si- 
goeJe  l'booneur?  Allez  donc,  pourle  plai- 
itr  de  blasphémer  contre  le  christianisme, 
l'Iez  dire  a  an  régiment  qui  est  en  batailla 
ile»nt  t'ennenai  d'abaisser  son    drapeau; 
iiin  dire  au  peuple  de  Guillaume  Ttll  d'a- 
tuiire  sou  arbre,  de  le  coucher  par  terre  et 
>ie!ebrfiler.  Otezanssj,  Alezde  vos  places, 
de  ro5  palais,  de  vos  temples,  les  sjmboles 
natioiiaui  qui  rappellent  aux  regardsetè  la 
peusée  les  saioles  Iradilionsdu  passé  elles 
promesses  <i«  l'avenir  I  Je  tous  le  demande, 
>  a-HI    uo    homme   sensé  capabla  de  tels 
Mes  el  qui  do  sache  respecter  l'idée  dans 
ta  forme  extérieure! 

Vous-mêmes,  qu'est-ce  que  vous  éles? 
féles-vuus  pas  de  la  terre  pélriti,  du  saoK* 
If  lachairTQuoi  donc  vous  fait  grands?  Le 
fii  vous  Isil  grands,  c'ent  l'idée  vivante 
iui  habile  en  vous.  Eh  bien  1  de  oiéme  que 
>>eu  a  jeté  une  âme  dans  un  corps,  vous 
Bss),  imitateurs  de  sa  puissance,  vous 
Kt-z  une  Ame  dans  uo  morceau  de  bois  ou 
étuffe.  Cn  drapeau,  c'est  de  ta  toile  au 
Ml  d'un  bâton,  mais  un  bitoo  qui  vit,, 
■eloile  qui  parle,  et  où  l'&me  de  Ireote 
iiliuns  d  hommes  a  passé  avec  toute  son 
sluire  el  lonle  sa  vertu. 
Ainsi  en  ôlait-il,  au  paradis  terrestre,  de 
t  arbre  Eameoi  où  Dieu  avait  résnmé  sous 
i  nom  «ijjaificatif  loui  le  mystère  du  bieu 
du  mal.  Il  était  une  idée,  un  symbole,  la 
uite  morale  que  Dieu  avait  posée  à  la 
uverainelé  de  l'homme,  pour  éprouver 
Dt  son  obéissance  la  vérité  de  son  amour. 
,en  ce  seol  point,  Adam  reocoiilrail  t'oc- 
.iofï  de  se  souvenir  qu'il  n'élail  qu'une 
alore,  et  que,  roi  du  monde  vlsiole,  il 
it  le  sujet  de  Dieu. 

I  j  reocontrail  encore  uo  aulre  genre 
prenre.  Sana  diminner  la  perfection  at 
félicité  de  son  ioielligence,  l'arbre  aym- 
ique  de  r&den  lui  parlait  d'une  sorte  de 
Ence  loysiérieuse  et  terrible  dont  il  n'a- 


vait pas  la  clef.  Adam  connaissait  le  bien 
directement;  il  ne  le  connaissait  pas,  heu- 
reusement pour  lui,  psr  l'etpérience  de  son 
eoniraire,  par  l'espérience  du  mal.  Or,  c*es.t 
nne  grande  science  que  le  mal.  Klle  esl  là 
seconde  révélation,  celle  que  Dieu  a  pré- 
parée aux  aveugles  qui  refuseal  de  voir  la 
Kremière,  et  son  éclst  léoélireuz  ne  conlri- 
je  pas  moins  que  la  lamière  divine  i 
maintenir  sur  la  terre  le  r^e  de  l'ordre  el 
de  la  vérilé.  Après  Dieu,  il  n'y  a  pas  de  plus 
grand  révélateur  que  l'Ame  du  scélérat; 
après  l'enseignement  de  l'Eglise,  fondé  snr 
Jésus  Christ,  il  n'y  a  pas  de  plus  salutaire 
eoseignemeot  oue  celui  des  sectns  qai 
trament  dans  I  ombre  par  leurs  doctrines 
et  leurs  actes  le  renversement  du  monde 
moral.  Esprits  snperbes,  vous  n'écoutez 
pas  l'évangile  du  bieu ,  vous  entendrez 
tét  ou  tard  l'évanffile  du  mal-  Vous  ne 
voulez  pas  croire  a  Dieu  qui  vous  msnt- 
fesle  la  loi  da  la  société ,  vous  croirez 
aux  roinea  qui  vous  rediront  no  jour  la 
même  loi.  Celait  de  celte  révélation  que 
Dieu  menaçait  le  premier  homme  en  met- 
tant sous  ses  yens,  au  centre  de  sa  de- 
meure, l'arbre  prophétique  de  la  science 
do  bien  et  du  mal.  El  par  ii'.  en  même 
temps  qu'il  l'avertissait  de  soumeltre  son 
intelligence  à  rtnlellïgenea  divine,  il  le 
metiail  fc  l'épreuve  d'une  seconde  limite,  la 
limite  de  l'inconnu  en  face  de  l'esprit.  Dier- 
rière  ce  voile,  qu'il  pouvait  déchirer,  qu'y 
avait-il  ?  Nous  le  savons,  nous  ne  le  savons 
oue  trop  pour  notre  malheur  :  il  y  avait 
I  bisloire  de  l'huroanilé  déchue,  la  révolte 
de  uos  sens  contre  la  raison,  l'obscurcisse- 
meutde  la  vérité,  la  séparation  des  hommes 
en  races  ennemies,  la  gnerre*  la  serviluda, 
les  larmes,  la  mort.  Nous  le  savons,  Adam 
l'ignorail.  La  clarté  de  ses  yeux  lui  mon- 
Irait  tout  le  bien  ,  parce  que  le  bien  ételt 
partout  devant  lui;  elle  ne  lui  monlraii  pas 
le  mal ,  parce  que  le  mal  n'éteit  nulle  part. 
Ou  s'il  le  voyait,  c'était  d'une  vue  abstraite, 
par  voie  de  couclosion,  et  son  intelligence 
n'était  pas  moins  sollicitée  par  celle  science 
mystérieuse  que  Dieu  lui  cachait  derrière 
le  symbole  iolerdil  è  sa  souveraineté. 

Eotin  une  troisième  épreuve  y  était  en- 
core renfermée,  d'un  ordre  ioférieur,  il  est 
vrai ,  mais  nécessaire  pour  que  l'bomma 
loul  entier  eût  part  au  mérite  el  su  démé- 
rite de  son  choix.  L'arbre  de  la  science  du 
bien  el  du  mal,  bien  qu'étent  une  idée  et 
an  symbole,  était  aussi  une  réalité,  et  en 
tant  que  réalité  il  correspondait  aux  sens 
de  l'homme  dont  il  limilaitla  jouissance 
par  le  devoir.  C'était  Ik  le  cAté  accessoire 
de  l'épreuve  el  son  complément ,  tandis 
que  l'incrédulité  a  voulu  en  faire  la 
chose  principale,  afin  de  jeter  une  cou- 
leur puérile  sur  le  drame  qui  a  décidé  da 
cours  de  nus  destinées.  Vu  h  Mm  rang, 
cet  accessoire  éUit  dans  l'ensemble  da  l'é- 
preuve ce  qu'est  le  corps  dans  l'organisa- 
tioo  totale  de  notre  vie,  el  pour  s'en  mo- 
quer, il  faudrait  auparavant  avoir  séparé 
uotre  âme  de  l'enveloppe  qoî  la  relient.  La 


EPR 


IHCTIOKfAlIlE  APOLOCETIQUe. 


en 


besulé  morale  tlet  ohotM  lifliil  k  leur  har- 
moiimi  et  il  est  4isé  de  les  défigarer.  en  oe 
reniant  (]ut)  la  l'ace  par  où  elle*  regardunl 
alles-mémes  te  monile  iutéricai,  T»at  que 
l'homme  contiendra  le  limoD  dont  il  fut 
))élri,  liai  que  le  *er  de  terre  aura  le  droit 
d'y  recoiinallre  sa  pjlurei  il  y  aura  en  nous 
uae  parenté  avec  ia  plus  profonde  misère, 
et  oetie  misère  laisaut  contraste  avec  ootre 
cÂté  sublime,  nous  serons  facilement  la 
proie  tiesAsprUs  qui,  h  l'iœitalîOD  de  Ctaara, 
voudront  U-Ter  ia  voile  de  notre  audité. 
Oui,  cttia  est  vrai,  aifioe  au  jour  de  notre 
oréalion,dans  la  splendeur  de  notre  premier 
soleil,  lorsque  nous  élioos  riergex,  saints, 
rois  immortels  et  presque  déjà  divins,  il 

}'  avait  en  nous  des  seus  que  la  beauté  d'un 
ruit  pouvait  séduire,  et  notre  âmOf  toute 
grande  qu'elle  était  par  son  essence,  pou- 
vait se  rendre  coooplice  d'un  vil  désir  et  en' 
accepter  la  lamentable  solidarité.  £n  doulez' 
vousl  Si  vous  n'oii  doutez  pas,  respectez 
les  desseins  de  Dieu  qui  vous  an  a  crus 
capables,  et  n'attribuez  pas  à  l'épreuve 
qu'il  aoiis  fît  la  bassesse  qui  n'est  qu'en 
iKHis.  Cette  épreuve  devait  nous  toucher, 
et  elle  nous  touchait  par  tous  les  points 
vulnérables  de  noire  être;  elle  était  sublime 
à  l'endroit  où  nous  sommes  sublimes,  pe- 
tite à  l'endroit  où  nous  sommes  petits.  Elle 
nous  traitait  en  dieui  et  en  enlaots,  larce 

Îue  nous  sommes  des  dieux  et  dus  enfants, 
'est  pourquoi  la  divine  Pruvideuce,  qui 
nous  oonnaissail  bien,  aGo  de  mainteDtr 
dans  ré|*reuve  l'équilibre  entre  le  bien  et 
le  mal,  avait  placé  en  face  de  l'arbre  repré- 
sentatif du  pécbé  et  de  la  mort,  un  autre 
symbole  repréveutatif  du  devoir  et  de  l'im- 
mortalité, qu'il  avait  appelé  l'arbre  de  la 
vie.  Parallèle  touchant,  qui  avait  pour  but 
de  nejainata  laisser  l'homine  en  présence 
d'un  attrait  sensible  pour  le  mal,  qu'en  lui 
offrant  le  secours  d'an  attrait  aeoaiute  pour 
le  bien. 
•  Tel  était  donc  en  Eden  l'état  de  la  ques- 
tion; t«tle  l'épreuve  h  laquelle  avait  été 
soumis  le  père  du  genre  faumalu.  Et  si 
TOUS  vous  en  élonnei  encore,  mettant  de 
cdlé  rfEcritare  et  la  raisiui,  j'en  appellerai 
Su  spectmle  même  qui  est  sous  vos  yeui . 
L'Ëden  n'est  plus,  mais  l'homme  vit.  Il  a 
emporté  de  son  berceau,  A  travers  les  si^ 
des,  les  ruines  de  tout  ce  qui  lui  avait 
été  donné,  son  corps,  son  ftttie,  son  Dieu, 
et  aussi  son  épreuve.  Kien  n'est  changé  en 
lui  el  autour  de  lui  substantiellement;  il 
est  tout  hii-mème  avec  an  corps  de  poudre. 
Hegardes-ie  donc,  el,  dans  l'homme  déchu, 
reconnaissez  l'histoire  de  l'homme  virgiual. 
Il  n'y  a  pas  deui  drames  dans  l'Iiumanilé,  il 
n'y  en  a  qu'un.  Comme  une  limite  avait 
été  posée  h  la  souveraineté,  h  la  science  et 
à  la  jouissance  d'Adam  pour  l'éprouver, 
ainsi  subsiste-t-elle  pour  vous  éprouver 
aussi.  11  y  a  une  limite  à  la  souveraineté  : 
Pouvea-vous  toult  A  votre  science  :  Savcz- 
vous  tout?  A  votre  jouissance  :  Jouiîsez- 
vous  de  toutî  Vous  n'osuriez  le  dire.  Et 
TOUS  souffrez  de  ceUe  triple  limite ,  elle 


voua  tm|ioriuiw,etlaeiit  la  causa ttucene 
ranaissaoleoii  de  voire  soainiuion  t  Dii:a 
ou  de  votre  révolta  contre  lui.  HuajblenieBt 
acceptée,  comme  une  situalioa  Tnulaa  du 
plus  légitime  et  du  meilleur  des  nullrc), 
elle  produit  en  vous  l'ordre  el  la  paii,uui 
retombent  ensuite  autour  de  vous,  dâaslt 
société  domestique  el  civile ,  en  fruits  bec- 
reux  d'une  paii  et  d'un  ordre  plaignadt. 
Kiyetéa  par  l'orgueil,  elle  vous  Hvn  m 
hasards  d'une  convoi  lise  sans  frein  du  corfi 
et  de  l'esprit,  el  prépare  au  monde  lei  bot- 
leversemants  dont  se  eonspose  t'Iiiiton 
de  l'bomaBité.  Votre  épreuve  est  donc  li 
nème  que  eelte  d'Adam  :  elle  part  dti 
mêmes  idéea  et  loucfae  aux  mêmes  pnnu 
de  rtme.  Et  ai  vous  y  regardez  de  ploi  pris, 
vous  discernerez  aisément  sur  vos  téta  b 
rameaux  entrelacés  de  l'arbre  de  lavisttdi 
l'arbre  de  la  science  du  bien  el  du  buI,i« 
les  deux  oi^nisés,  aclifi,  iniMrt«ls,«lH 
disputant  dans  une  guerre  iniplacablolii- 
rection  de  vus  facultés. 

N'en  tendez- vous  pas  une  voix  do  dtbon 
qui  vous  dit  :  La  souveraineté  voas  iiiur-    j 
tient.  L'homme  est  le  terme  le  plis  mi    \ 
de  la  vie  universelle  qui    se  résonn  tu    ' 
lui,  et  sa  volonté  est  le  seul  principe  di 
juste  et  de  rinjuste,  la  seule  loi  de  tes  k- 
les  et  leur  seule  sanction.  Quiconque  re-  j 
conuatt  une  autre  autorité  ei>t  un  «icliiti   i 
et  quiconque  l'établit  un    tyran.  Arrièn  j 
aussi  les  ombres  du  sanctuaire,  les  dogniet  ; 
que  la  raison  n'a  pas  bits,  el  qu'on  toi>-  | 
drait  lui  imposer  au  nom  d'une  vérité  tupi-  ; 
rieure  et  mystérieuse.  La  raison  alla  vériit  , 
ne  sont  qu'upte  chose;  la  raison  voit  (oui 
ce  qui  peut  fiire  vu  ,  et  tout  ce  qu'elle  rtt 
voii  pas  n'est  pas.  Arrière  encore  la  leap^ 
rance  et  la  retenue,  ces  autres  eatrifestl« 
la  nature  humaine  trompée,  par  où  on  lui 
ravil  le  libre  essor  de  ses  désirs.  L'faooiue 
peut  tout,  i)  sait  tout,  il  doit  jouir  de  loul. 

Cette  voix ,  quelque  nom  de  secle  ou  m 
système  que  vuus  lui  donniez,  celle  'On 
antique  qui  précède  et  qui  sait  tuus  I» 
crimes  ;  qui  les  précède  pour  y  exciter,  qui 
les  suit  pour  les  justiSer,  cette  vois,  i:^' 
l'arbre  de  la  science  du  bien  al  du  mal.  Ell«  ; 
rencontre    trop   souvaol   un  complics  »  i 
dedans  de  vous,  mais  elle  n'est  pas  iodj-  j 
mêmes.  Elle  vient  du  dehors,  alla  estuM 

fiuissauce  assise  qui  prend  vulootiersloutH  I 
es  autres  à  son  service;  el  s'il  n'en  éUJI  i 
une,  austère  et  inoorruplible  qui  la  tieuleo  | 
échec,  il  y  a  longtemps  que  la  terre  d> 
serait  plus  qu'un  cloaque  at  l'hoian»  aoe 
débauche.  Hais  heureusement  l'srbre  *le 
vie  n'a  pas  cessé  non  plus  d'étendre  so' 
vous  ses  rameau  1  protecteurs.  K  opposa 
ses  teçoQb  et  sos  fruits  aux  lagons  et  sut 
fruits  de  son  terrible  rival.  Il  nous  iovi» 
h  respecter  les  conditions  divines  de  aoue 
sort,  qui  sont  la  dépendance  de  Diea.'< 
foi  en  sa  parole  et  ses  promesses,  le r^leœeoi 

des  désirs  par  l'esprit  de  sacrifice,  la  «[«^ 
vous  entendez  celte  seconde  voix.  Les  a<ai 
réalités  qui  se  disputaient  la  CŒard'A<un> 
aai>eradis  lerreslre  sa  disputait  la  i4^> 


âKTKMHAIRE  APOUKETHHIB. 


Tirbre  de  l«  vfe  est  h  votre  droite ,  l'arbre 
i»  It  science  da  bien  el  du  mal  i  votre 
)■  iciie,  et  TOlrp  destinée  personnelle,  unie 
1  eede  de  monde,  dépend  du  cboix  que 
TVJi  fefw. 

EPREUVE  par  la  liberté,  irantages  de  ce 
fj^time.  ¥o]f.  LiBEiTt. — Peul-elle  se  couci- 
Iicf  >*ec  nmpeccabi)ité7i(yj(f. 

EXCOLANf ,  médecin  italien,  confirme  les 
dtoarertes  de  M.  Van  Beoeden  stir  la  gé- 
iiénlioB  de  enlozoaires.  Voy,  GtntMAnoti 

tSSBDRS  sur  l'éternité  des  peines,  fog. 

lllÉllCOt  DIEUX. 

ÎSCHENUArEIt,    réfate  Strauss,   fov. 
Iln«ii«.!V. 
ESDIAS,  n'a  pas  fabriqué  lo  Penlaleaque. 

Fef.  fnTATRUQUE,  i  VI, 

£trÈCE,  y  en  a-i-il  plusieurs  dans  Phu- 
iun:léT  Toy.  Ri£es  hdmaises,  f  II.  ~  Ca- 
iiciéres généraux  de  respéce.  Jbid.,ilU. 
~  &|'^ces  animales  et  végéLilesde  la  créa- 
lion  aclui-lle  ,  leur  pernianence.  Tov. 
BoMwt,  art.  1. 

KPRIT,  De  peut  être  constaté  direcle- 
inenldans  son  existence;  obieclion  et  ré- 
fonse.  Voy.  Ahr,  )  VII.  Voy.  Chai«-  — 
Eiprit  humain,  ses  progrès  SOUS  le  rèxne 
in  efarisliauisnse.  Vojf.  ï'iiuro^ciion,  {  XII. 
~  Esprits  supérieurs  bons  et  mauvais.  Voy. 
PÈCai  OBIQIÏfBL,  (I. 

ESQCIUADX.  Voy.  Races  bukaihes, 
1  Vill. 

ESQUISSE  D1INK  PHILOSOPHIE;  eia- 
men  de  ce  livre  Je  H.  de  Lameouais.  Voy. 

TsioDIcàR  BUMAniTAiaE. 

ESSËNIENS.  —  Sectejuive  qui  cxïstailnu 
«maieiJCemeDtdenolredre.  MU.  P.Leroux, 
Mivailor,  des  feuillelonûles,  une  faiseuse 
le  romaos  et  quelques  autres  dont  oo  voit 
t  nom  en  Uite  des  Etuda  mr  Us  réforma- 
ftrt  coHtempiniiîmt,  par  L.  He^baud,  ont 
lis  en  «Tsni  les  esséoieos  comme  ie  prio- 
i|>edu  cbrisUaoisme.  llsoatdressé  cela  sur 
!  |>issage,je  ne  dis  point  comme  une  pierre 
'icfioppement,  mais  comme  une  petite  co- 
lone  destinée  à  j'iustroction  du  voyageur, 
h  bien  J  si  voua  passez  par  \h,  je  vous  oon- 
il!e  de  vous  Bloquer  de  la  petite  colonne 
de  son  ioscriptioa  ;  voici  pourquoi  : 
Qe'ii  y  ail  eu  de  braves  gens  chez  les 
ïéuieiu  1  c'«st  possible;  mais  conimeot 
Hl-oa  pas  TU  que  ces  prétendus  pères  du 
riaiiaaisaie  o'éiaient  que  de  bons  pylhago- 
:ieus  sortis  des  écoles  alexandriues  (12J7JT 
s  savants  qur  ont  pria  la  i>eine  de  lira 
us  lignes  sur  les  principes  de  cette  secte, 
raieul  fait  preuve  de  persévérance  en  mé- 
ant  qiielt|uee  heures  sur  l'époque  con- 
liffor^iae  et  les  écrits  de  Flaiius  Jo- 
>iie  (1238)  i  car  c'est  lui  qui  m'a  fait  con- 
tre cms  puîlosopbes  juifs,  et  m'a  dit  leur 


css  m 

nom.  Quoi  I  parce  que  les  essénlens  ne  for- 
gcaienl  ni  glaive,  ni  enîrasse;  parce  qu'ils 
étaient  sobres,  vivaient  en  communauté  et 
se  se  mariaient  pas,  ifs  sont  la  aouree  de 
notre  religion  eatkoHqueT  Autant  vandrali 
dire  que  Jmos  le  charpentier  et  les  pèchear* 
dn  lae  de  Génézarelfa  ont  été  nourris  de  la 
littérature  boudbique,élevésdansunepagn- 
dedeN8nkin,oadanslessoulerraiDSileBo-  . 
narès.  Les  esséniens  sont  des  fatalistes(12S9), 
et  on  les  regarde  comme  le  point  de  départ 
d'usé  doctrine  gui  leur  est  radiealemeni 
opposée.  Les  esséoiens  considèrent  la  do- 
mination comme  une  injustice  impie  (ISM)  ; 
et  on  Teat  les  rangeravec  le  Christ  qui  rend 
i  chacun  ce  qui  lui  appartient,  et  dont  las 
disciples  forment  les  meilleurs  soldats  de 
l'empire  I  Ceux-ci  sont  les  enfants  de  l'hu- 
manité entière,  ei  ceux-lï,  en  rejetant  la 
femme  (12^1)  que  sauve  le  christianisme, 
décliirenl  eo  deux  le  genre  humain,  et  le 
vouent  psr  leurs  principes  h  la  stérilité  et  fe 
la  mort  ;  et  on  veut  les  confondre  I  Les  es- 
séniens  se  cachent  dans  les  villages;  Jésus 
enseigne  dans  le  temple  et  la  synagogue; 
lont  ce  qu'il  a  dit  et  fait  a  été  publié.  Ii>~ 
sèptae  compte  les  esséuiens,  et  trouve  que 
leur  petite  pupulation,  cachée  dans  un  angle 
de  la  Judée,  se  compose  de  quatre  mille 
£me&;  et  on  ose  les  prendre  pour  les  Chré- 
tiens qui,  du  temps  de  l'historien  juif, 
élaieut  déjk  innointirables,  répandus  dans 
le  monde  et  persécutés  I  Uérode  a  toujours 
aimé  et  protégé  les  esséuiens  (1242);  pour 
£)ire  mourir  Jésus,  il  égorgea  tous  tes  en- 
fauts  de  Bethléem.  L'opposition  est  moins 
encore  h  la  surface  qu'au  fond  même  des 
choses;  non-seulement  la  communauté  es- 
sénienne  n'a  pas  eu  la  ronjesté  de  la  révéla- 
tion évangéliqne.  elle  n'en  a  jamais  eu  la 
sève,  rénergie,  la  féconde  élévation,  et  elt» 
a  été  condamnée  |iar  Jésus  et  ses  dtscipl'is 
dans  lout  ce  qui  lui  est  parlicolier. 

Cherchez  les  replis  les  plus  cachés  des 
esprits  et  des  cœurs,  en  Judée,  i  cette  épo- 
que, et  dites  franchement  si  vous  ydécou- 
vrez  les  principes  que  le  Christ  proclame  t 
Prêtez  l'oreilie  Ji  toutes  les  voix,  et  dites 
s'il  y  en  a  une  seule,  hors  celle  de  J>?sns, 
qui  ait  eu  le  secret  de  sa  doctrine,  et  lui  en 
ait  dicté  la  sublime  pensée  I  Entendez-vous 
dana  qnelque  sjDa$ogae,  sur  quelque  mon- 
tagne, au  fond  de  la  vallée,  des  docteurs 
dont  il  ait  retenu  les  leçons?  Aspirez-vous 
quelque  part  l'air  que  vous  respirez  dans 
notre  atmosphère  cnrétienoe  ?  Je  ne  sais  si 
je  me  fais  illusion,  mais  il  me  semble  qu'il 
faut  être  bien  injuste,  ou  singulièrement 
préoccupé,  pour  afGrmtr  avec  Strauss  un» 
l>ariléque  l'histoire  ne  noua  signale  point, 
et  avoir  une  connaissance  bien  superfleieUo 
des  puissances  de  l'esprit  et  de  I  imagina- 


'*37;  Amtiq.  jmi.,  Irad.  D'AinicD  d'Asdiuv,  liv. 

cfa.  13,  p.  591  etniiv. 

-iôS)  Il  Les  compare  eacore  inx  Plhttt  des  Da- 

—  Amti^.j»d..L  xvui.eU.  i.  f,  679. 

£y^)  Atttiii.  jmA.,  1.  lui,  ch.  9,  p.  ilT,  in-folio 


(tXiO)    VOTrPBILOH. 

(lui)  I  Gees  miU,  nae  aOa  temÎMa,  tecia  pat- 
nmn.  ■  (  Jolm  Muaux  dUM  Fume,  liv.  v^ 
ap.  17.  ) 

\\Wi)  dMif  ■  jui.,  I.  XV,  cb.  U,  p.  59L 


m 


irE 


nCTIOMIUIRE  APOUWfcTlQUE. 


tton  lie  l'homme,  pour  les  recoaniltre  «laaii 
une  OHJire  dont  )e  (yp«  est  introuvable. 

Imirourable  ;  coinprenei  bieo.  Je  franchis 
l'étroite  enceinte  de  la  Palestine;  je  ne  dis 
plus  seulement  aue  les  maximes  aa»  Uillel, 
des  Bhsmmaï,  des  Rabbi  Samuel,  toutes 
marquiiesau  coin  des  idées  netionales,  sont 
incapables  de  composer  un  tout  qui  soit 
en  harmonie  a*ec  les  maximes  et  les  adîoDS 
de  Jésus;  il  n';  a  pas  une  seule  figure  au 
monde  comme  la  sienne,  un  système  de 
morale  sen.blable  h  celle  qu'il  a  prftchée;  il 
n'y  a  pas  deux  Christ  ;  Jésus  esl  )e  dis  uni- 

alla  de  Dieu.  Tacite  a  raison  d'appeler  ses 
isciples  les  mn^mit  du  genre  humain,  puis- 
que la  doctrine  chrétienne  repousse  toutes 
les  docirinesde  l'homme. 

Notre  siècle  le  sent  apràs  toutes  ses  ex- 
périences et  ses  déceptions  ;  le  paganisme 
aussi  le  reconnut;  tous  les  âges  ont  dit,  «t 
l'avenir  répétera  avec  ceux  qui  entendaient 
parler  Jésus  :  —  Non,  jamais  bomme  n'a 
(larlé  comme  cet  homme  ;  —  ou  bieo  avec  le 
K'iran  :  l'Evangile,  flambeau  de  la  foi;  Jésus 
l'a  reçu  de  Dieu  (1243). 

Ë(  ne  fallait-il  pas  ou'il  en  fAl  ainsi?  Le 
Christ,  pourfilre  le  Dieu  de  l'humaailé,  ne 
devait  pas  élre  )a  mesquine  expression 
d'un  préjugé  national. 

ËSSOTÉRIQUE  ou  EXOTÉRIQUE.   Foy. 

AcKOAlliTIQUe. 

ESTHÉTIQUE,  uu  des  beeux  arU  dans  le 
culte  caihiilique.  Voy.  Cdlti,  )  III. 

ETERNITE  DES  PEINES.  -  >  Si  Dieu 
voulait  sérieusement  diminuer  le  mal,  di- 
sent les  philosophes,  se  montrerait-il  si 
sévère  dans  la  punition  des  fautes  de  ses 
eofanisl  Le  dogme  de  l'éternité  des  peines 
est  inconciliable  non -seulement  avec  la 
bonté,  mais  aussi  avec  la  justice  de  Dieu, 
En  adoptant  la  foi  catholique  sur  la  nature 
et  la  durée  des  chAtimeuts  réservés  au  péché 
dans  l'autre  vie,  nous  sommes  forcés  de 
consîdérerlePère infiniment  miséricordieux 
comme  un  tyran  injuste,  cruel,  implacable  ; 

t unissant  par  des  tourments  sana  On,  dont 
I  seule  pensée  fait  frémir,  une  faiblesse 
d  un  moment;  faisant  expier  par  des  sup- 
plices éternels  le  malheur  bian  pardonnable 
d'avoir  cédé  une  fois  ft  des  penchants  nés 
avfC  nous,  d'avoir  été  abusés  par  les  sug- 
gestions fallacieuses  d'un  ennemi  fécond  en 
ruses  et  va  noires  malices.  Une  tulle  doc- 
trine répugne  h  la  raison  et  h  la  coiiscieiice, 
elle  sulTit  h  elle  seule  pour  convaincre  le 
ebristianisme  de  n'être  qu'une  invention 
humaine.  Ainsi  parlent  les  philosophes.  ■ 

II- 


— CooiteiieiKMdelaiMHi-éteniitâ.  — Detpelnet  on 
d'un  cblanenl  temponlm.  ~-  Dleo,  en  panl*MDt  une 


-, „l  que  po«»lt„,  __ 

-  Incariluide  de  le  mort,  KcIdenU  et 

wan  aTaBUgei,  —  NtUira  <lei  petnw  do  danmA.  — 
—  ProporUoD  de*  pelbM.  —  Y  »-l41  de  reiuinUoii 
dau  lei  pelatarei  de  l'eoler,  blln  par  )e»  pridlcttean 

(lïW)  KoTUH,  ch.  5,  appelé  la  TabU,  yen.  50. 


U  T  a  6  l'objection  précédentfî  odc  ripnm 
bien  simple  :  il  ne  s'agit  poial  ici  ifiisï 
croyance  chrétienne  seulement,  miii  d'ut 
article  fondamental  du  symbole  de  tout  Ih 
peuples  de  la  terre.  Sur  ce  point  Hihonti 
parle  comme  Jésus-Christ,  1  idolllra  peoH 
comme  nous,  le  sauTsge  est  d'accenl  im 
l'homme  civilisé.  En  dépit  des  passions  hu- 
maines, toujours  hostiles  k  ce  ouï  les  con- 
trarie, le  dogme  de  l'enfer  éternel  se  retronit 
chez  toutes  les  nations  i  touleslnsépoqnei 
de  leur  existence,  malgré  la  divenité  du 
mœurs,  des  temps,  des  climats.dulti^^ 
delà  religion,  des  intérêts,  et,  pouriiuj 
dire,  de  l'espèce;  on  a  erré  sur  loullenilf, 
même  sur  l'unité  de  Dieu  ,  jamais  «ur  ii 
durée  des  peines  de  l'autre  vie.  Eu  un  moi, 
dans  tout  l'univers  et  dans  tous  les  sïèda, 
malgré  l'ialérèt  contraire  des  pasiioi]i,n 
a  crue  l'éternité  des  peines;  donecedogit 
ne  répugne  ni  k  la  raison  ,  ni  k  la  o»- 
science. 

Mais  le  temps, qui  amène  les  grindcs  dé- 
couvertes, n'aurail-t-il  pas  révélé  i  nasfihi- 
losophes  que  le  dogme  de  l'éternilé  dti 
peines  est  un  mensonge?  Non,  car,itdepuii 
trois  cents  ans  les  socinieos  et  les  philoso- 
phes avaient  trouvé  un  seul  argumeol  pé-  , 
remptoire  contre  l'enrer ,    la  plus  simpli  1 
fomœe    rougirait   d'y   croire   aujourd'bgi.   | 
Quand    une  vérité   est  bien  démontra,  P   , 
faut  peu  de  temps  pour  la  meiire  aurdesiu  i 
de  toute  discussion;  personne  n'oserait ni«r 
mainlenani  le  mouvement  de  la  terre  lulour 
du  soleil,  la  circulation  du  sang ,  Is  peuD- 
leur  de  l'air;   personne  n'oserait  soutenir 
que  l'eau  monte  dans  le  cylindre  creux  d'ui 
corps  de  porapp,  parce  que  la  nature  s  lior- 
roiirdu  ride.  Cependant,  que  le  phéuomÈiia 
de  l'ascension  de  l'eau  soit  produit  psr  >i 
pression  de  l'air  ou  par  une    force  occqIi* 
de  la  nature,  que  nous  importe?  liais  litoi 
i  un  eufer  éternel  nuus  regarde    loui  per- 
sonnellement, elle  nuus  touche  danscaqm 
nous  avons  de  plus  sensible,  elle  heutle 
toutet  DOS  passions,  elle  est  la  terreur  iJm 
genre  humain;  le  juste  même  doit  craiod», 
parce  qu'il  peut  faillir  et  être  surpris  pirlt  ; 
mort  avant  d'avoir  réparé  sa  faute.  Si  donc  i 
i)  existait  contre  le  dogme  de  l'éternité  d« 
peines  un  seul  argument  sans  répliiae, (oai 
les  hommea   s'em  presseraient  de  se  rendre 
b  l'évidence:  les  découvertes  les  plus  bril* 
lantes,  les  plus  utiles  se  répandant  leote- 
meat,  celle-U  sa  propagerait  arec  la  npidilé 
de  l'écliiir. 

Les  philosophes  ont  tout  dit  ;  ni  le  temps, 
ni  la  liberté,  ni  l'esprit  ne  leur  ont  inanqudi 
il  ne  faut  rien  attendre  de  plus  de  l'avenir; 
Bayie.  Voltaire,  Rousseau  ne  seront  puii» 
surpassés.  Lesargumantsqu'on  nousop)»» 
ne  dépassent  point  la  portée  d'un  esprîl  or- 
dinaire, tous  les  hommes  peuvent  tes  om- 
prendre  snns  peine;  mais  fussent-ils  a.iX 
fuis  plus  didiciles  )  saisir,  la  grande  Egl'-'^ 
catholique  possède  assez  de  lumières  pour 


DKTMHfflAUlE  U>OLOGETIQ0E. 


kiippiéàMi  leornl«ar;aou9so(DmMde 
BoIre  tièelê  et  de  notre  paye,  le*  philoso- 
pbei  MMil  de  simples  mortels  comme  nons, 
Mriiellaaéffle  lengae,  rivant  au  milieu 
it  II  nèow  société.  Uoo  Dieu  I  si  le  dogme 
ifi  reofer  élail  aussi  ibsarde  qu'on  le  su|t- 
pnie,iMMt  le  Terrions  comme  loal  la  monde, 
BNi  aorioot  usez  de  probité  pour  eu  con- 
neiri  mas  m  tojtods  pas  pourquoi  il  se- 
nHperaisiux  pbiJosopbes  de  se  croire 
«sis  êù  possession  du  sens  commun  et  de 
Il  boone  foi.  Eo  vérité,  on  ne  rsTienl  i>as 
é  Ku  étonnemenl,  quand  on  voit  des  bom- 
■H  eooine  nous  sommes  tous  ,  o'ajant  k 
tonloir  quedes  ar^nmeou  bien  connus, 
(nilersree  une  pitié  insnilante  la  foi  des 
CMieoi,  sans  piratlre  se  douter  le  moins 
4iMada  que  Uni  de  personnages,  aussi 
émmts  par  leors  Inmières  gue  par  leurs 
iMst,  ptMirraient  bien  iroir  raison,  en 
adi«r>tial  11  eroyanee  de  tous  les  temiû  et 
dtloui  les  pajrs,  repoussée  à  peine  mf  un 
pdil  DOfflbre  de  contradicteurs,  dont  la  plu- 
piit,  esdavet  du  vice,  sont  trop  intéressés 
Aai  b  question  pour  en  être  (es-juges,  et 
tnp  pm  fermas  daos  une  incrédulité  qu'ils 
RBuiM  iTordiiaaire  k  la  mort  pour  la  foire 
préraloir  sur  raulorité  du  genre  bumain. 

Siil-oB  bien ,  d'ailleurs ,  où  aboutirait 
rwésBlisseme  ut  de  la  foi  h  un  eufer  éler- 
idf  Comme  oe  dogme  est  fondamental  dans 
*  ~  les  religious  de  l'univers,  s'il  était 
~n  dus  ,  il  s'ensuivrait  que  tous  les 
>*,  de  tous  les  temps  ei  de  tous  les 
lisex,  peuveot  se  tromper,  même  lorsqu'ils 
jageot  eootrairement  i  leurs  passions  les 
plu*  chères  ;  il  s'ensuivrait  que  Dieu  n'a 
^Moi  k  l'bomma  ni  naturellement  ni  sur- 
islardleownt ,  aucun  moyen  de  connsllre 
MO  avenir.  De  quel  droit  dealers  voudrait- 
œ  nous  imposer  des  opinions  parlicufières 
IV  l'existence  d'une  vie  fntureT  On  poui^ 
rail  croira  uns  trop  de  témérité  que  le 
nmea's  rien  k  craindre  aisdelkdu  tombeau. 
b  l'absence  de  toute  foi  i  an  avenir  for- 
■idable  aux  méclianls,  où  trouver  un  contre- 
nids  aux  ^passions  humaines  7  bientAt  louies 
■s  iniquités  avec  tous  les  malheurs  se 
'Moeraient  rendez-vous  sur  la  terre,  où 
B  peu  de  temps  il  ne  resterait  pas  l'ombre 
*  la  justice;  la  société  civile  deviendraii 
apossil>ler  k  plus  forte  raison  la  société 
iiure  30e  Dona  attendons. 
La  foi  k  uo  chétiment  temporaire,  réservé 
I  crime  dans  une  autre  vie,  ne  remédie- 
nt k  rioD  ,  l'expérience  l'a  démontré.  Un 
iltimeal  temporaire,  c'est  notre  pursa- 
ve,  qui  ae  prévient  presque  jamais  les 
êtes  les  plus  aisées  k  éviter  ;  certes,  il  ne 
snil  inspirer  assez  de  crainte  pour  corn- 
•oder  des  sacriOees  dil&ciles ,  le  pardon 
9  injnres,  la  répression  d'une  passion 
olente  *  de  l'amour,  de  la  haine,  de  l'am- 
lîoo,  de  la  cupidité,  puisque  l'eufer  le  peut 
raremeol.  Il  en  serait  ainsi  non-seule- 
eut  dans  l'b/potbèsed'nn  châtimeDi  suivi 
la  tKMibear  quelconque ,  puisque  ce  qui 
lit  ne  mérite  pas  d'être  couipté  dans 
nslCDM  d'un  ém  immortel  mais  aussi 


dans  la  supposition   de   ranéantiasemenl 
egirès  l>.- 5up|)1ice. 

Nous  pouvons  tirer  de  Ik  plusieuia  coosé- 
queitces.  Puisque  la  société  terrestre  est 
impossible  sans  un  enfer  étemel,  cet  enfer 
eiiste  :  c'est  bien  le  moius  oue  Dieu  ait 
voulu  l'esistflnce  de  la  société  acloelle, 
fondt^ment  nécessaire  de  ses  desseins  ulté- 
rieurs, et  qu'il  ait  su  trouver  les  moyens  de 
la  rendre  possible.  Hais  il    n'y  a  pas  d« 

Proportion  eutre  des  tourments  éternels  et 
importsnce  d'un  dessein  qui  se  bornerait 
k  la  vie  présente;  donc  il  est  une  vie  à  venir. 
C'est  trop  peu  dire  :  Comme  Dieu  ne  permet 
le  mal  que  pour  un  plus  grand  bien,  l'enfer 
suppose  dans  lesdesseins  de  la  miséricorde 
divine  quelque  chose  d'incompréhensible, 
d'inSni;  les  Chsmps-EIysées,  le  paradis  de 
Uahomel,  les  espérances  de  toutes  les  reli- 
gions, hors  la  n6>Te ,  ne  suffisent  pas  [tour 
expliquer  l'enfer,  auquel  je  ne  croirais 
poiut ,  si  je  n'étais  catuolique.  Mais  pour 
^ui  aitend  la  possession  éternelle  du  bien 
infini ,  il  doit  être  difhcile  de  concevoir 
comment  Dieu  aurait  pu  mettre  eo  péril  la 
destinée  de  sw  élus,  par  la  peur  de  punir 
trop  sévèri;menl  des  actes  dont  un  seul 
sDftit  pour  ruiner  les  plans  de  sa  sagesse, 
ou  pour  mettre  k  leur  exécution  des  obs- 
tacles insurmontables  sans  la  mort  de  sou 
Fils.  Les  dimensions  de  l'ouvrage  de  Ditu 
OQt  été  calculées  avec  une  précision  ma- 
thématique; l'incarnation,  le  sacrifice  du 
Calvaire,  le  ciel,  l'enliBr  s'expliquent  réci- 
proquement. 

Ouaud  00  s'étonne  de  ce  quo  Dieu  nous 
punit  d'avoir  céJé  k  nos  pencfaaots  natu- 
rels, on  ne  parle  pas  sérieusement.  Vou- 
drait-on dire  qu'il  est  permis  de  faire  tout 
ce  que  l'on  désireTque  la  calomnie,  le  vol, 
le  parjure,  l'adultère,  l'homicide  cessent 
d'être  opposés  k  la  monie  étemelle,  lors- 
qu'ils sont  inspirés  par  une  violente  pas- 
sion T  Pourquoi  donc  l'opinion ,  la  loi ,  la 
religion,  les  plus  grandes  puissances  de  la 
terre  se  déclarent-elles  si  éoergiquement 
contre  ces  crimi'S?  Pourquoi  nous-mêmes 
les  flétfissons*  nous  dans  les  autres  bomm»; 
de  notre  niilignalion  et  de  notre  mépris  K 
Pourquoi  regardons-nous  comme  des  uions- 
très,  iodignes  de  porter  le  nom  d'hommes, 
ceux  qui  se  livrent  sans  retenue  k  ces  peu- 
chants  nalurela  dont  nous  voulons  nous 
(aire  une  excuse?  Mais  non,  personne  au 
monde  u'ose  céder  en  tontes  clioies  aux 
désirs  de  son  cœur,  pas  mémo  les  babitants 
des  bagnes  et  des  lieux  de  prosiitotiou, 
lam  la  pudeur  et  la  justice  conservent  en- 
core d'empire  sur  Tes  êtres  les  plus  dé- 
gradés 1 

D'ailleurs,  s'il  est  en  nous  de  vils  ins- 
tincts, d'abominables  penchants,  nous  y 
trouvons  aussi  des  passions  nobles,  des 
aspirations  sublimes;  pourquoi  ne  pas 
obéir  k  celles-ci  T  Ne  forment-elles  pas  la 
fond  de  notre  être?  N'appartienneot-clles 
pask  l'institutiou  primitive  de  noire  na- 
ture, tandis  que  les  penchants  ignobles, 
moDumeaU  lamentables  de  notre  cbutet  M 


N5 


RTE 


DKTHKffiAIRÏ  APOLOCETIQOE. 


ÏTE 


■ont  BDfl  divialion,  un  dérant^ement ,  udu 
altérAlion  mAnifesle  T 

Il  doit  nous  êtro  permis  de  conclura  que 
le  dogme  de  l'étemité  de»  peines  ne  tA- 
pugne  ni  h  la  raison,  ni  h  la  conscience; 
tDjiia  nous  avons  entretins  une  lAcbe  plus 
difBcil-,  nous  devons,  pour  rester  dans  les 
temes  de  notre  tbèse,  prouver  que  Dieu, 
eu  punissant  une  faitilesse  d'un  moment 
par  un  supplice  sans  fin,  quelles  que  soient 
les  apparences,  a  limité*  te  malneur  des 
réprouvés  autant  que  posjililfl.  Ce  paradoxe 
va  devenir,  nous  l'espérons,  une  vérité 
cUîre  comme  la  lumière  du  jour. 

Dieu  a  bit  l'ange  et  Ttiomaie  pour  les 
associer  à  sa  gloire,  à  sa  félicité  éternelles, 
ou,  en  d'autres  termes,  pour  les  rendre 
aussi  grands,  aossi  henreus  qu'ils  peuvent 
l'ôlre;  il  en  est  venu  h  bout  par  la  Ht>erlé, 
par  lo  lentatiun,  princijHileinent  |iar l'incar- 
nation et  ses  suites  impossibles  dans  un 
ordre  de  t-hosts  d'uù  la  iiberléct  In  leiits:ioo 
auraient  été  exclues.  Hais,  en  premier  lieu, 
la  possession  du  souverain  bien  suppose 
certaines  conditions  de  justice,  de  sainteté, 
(ellenieut  que  si  nne  âme  en  étal  de  péché 
|»ouvait  s'introduire  dans  le  ciel,  elle  u'oso- 
rait  soutenir  les  regards  de  Dieu ,  ni  le 
conirasle  de  la  beauié,  de  la  sainteté  sa- 
|iréiiicsave«  ses  souillures;  elle  se  précipite- 
rait d'elle-aiéme  dans  les  abîmes  pour  se 
dérober  à  une  intolérable  confusion  ;  car  le 
ooufiable  ae  sent  au  fond  des  enferii  dans 
un  État  moins  violent  que  s'il  était  placé  au 
milieu  de  l'assemblée  des  saints,  sous  les 
veus  de  Diou.  Ko  deuxiàme  lieu,  l'ange  et 
rbomoiet  comme  tous  les  êtres,  devaient  - 
avoir  des  qualités  proportionnées  i  leur 
destination,  ils  devaient  être  immortels  et 
capables  de  connaître,  d'aimer  et  de  pos- 
séder l'être  iniini. 

La  perfection  de  noire  monde  dérive  des 
mérites  de>s  saints;  ces  mérites  n'existe- 
raient pas  sans  une  épreuve  sérieuse,  ils 
resteraient  incomplets  sans  les  souffrances 
ai  la  mort  du  Verbe  incarné,  c'esl-à-Uire 

Sue  la  réalité  et  la  grandeur  du  mérite  des 
lus  supposent  l'existence  du  péctié.  Dans 
un  ordre  de  nhoses  où  des  cbules  particu- 
Itères  étaient  inévitables,  Dieu  se  devait  k 
lui-iuèine  de  prendre  des  précautions  pour 
diutiauer  le  nombre  des  fautes  et  en  alté- 
uu«r  les  conséquences.  Il  pouvait  dans  ce 
dessein  procéder  de  deux  manières  diffé- 
rentes, soit  en  élevant  la  nature  des  êtres 
libres,  en  leur  donnant  plusda  moj'cns  d« 
se  porter  au  bien ,  de  se  garantir  du  mal, 
cunimu  il  a  lait  (Kiur  les  anges,  de  sorte 
qu'il  leurfàl  plus  dil&cite  debillir,  mais  da 
sorte  aussi  que  la  |>remiàro  cbute  resttl 
sans  remède  ;  soit  eu  l'iposanl  ses  créatures 
6  des  dangers  plus  grands  avec  moins  de 
ressources  pour  y  résister,  alin  que  le  péché 
pût  Être  panlonné  :  telle  a  été  sa  conduite  h 
(  èijarddu  l'homme. 

S  il  ne  s'agissait  que  de  pardonner  nos 
iniquités,  la  difficulté  ne  serait  \i»s  grande 
pour  Dieu,  on  oublie  aisément  uo  crime 
uujii  on  n'a  point  l'auteur  sous  lesycui; 


mais  lui  donnor  son  amitié,  soi  ettinv,  a 
Gonfisnce,  comme  s'il  n'aTArl  jimiit  Iglm 
c'est  ce  qui  parait  impossible.  Qii'uDépoBt 
Outrogé  consente  i  recevoir  sous  son  toil 
la  femme  infidèle,  il  pourra  dissimuler,  j] 
n'oubliera  jamais  l'injure  qu'  il  ■  nm- 
qu'un  père  s'efforce  de  rendre  u  ttndreM 
au  fils  qui  a  levé  sur  lui  une  maia  oieor- 
Irière,  il  aura  beau  taire,  la  blessure  du 
cœur  paternel  ne  sa  fermera  plus,  le  boo- 
lieur  de  la  famille  est  empoisonni  pour 
toujours]  qu'uu  criminel  tlétri  par  les  tri- 
bunaux revienne  è  des  sentiments  de  lerig, 
son  ijjnominie  n'en  reste  pas  moins  mrlui, 
nul  bommed'bonnearDe  voudra  l'odiueitit 
dans  son  alliance.  Mais  l'offensé  fQUIt*. 
pable  d'oublier  l'offense  comme  il  elle 
n'avait  jamais  esisl^,  le  coupable  ne  l'oit- 
bliera  poiol;  toujours  on  le  verra  cootninL 
embarrassé ,  confus  devant  cpoi  qui  on 
souffert  de  son  crime  ou  qui  le  connaiHHt 
Il  ne  semble  pas  qu'il  puisse  en  être  iiii» 
ment,  le  crime  commis  doit  peser  éterii#h 
ment  sur  lu  criminel.  Cependant  Dieu  rtfol 
dans  le  sein  de  son  éternelle  lumière,  t»» 
j  jouir  è  jamais  d'un  bonbeur  pur,  tw 
nuage,  des  hommes  qui  ont  blaspbéHié  foc 
nom,  maudit  son  existence,  prc^ané  letoqt 
de  son  Fils,  persécuté  son  Eglise;  de 
hommes  qui  se  sont  ravalés  au-oesuusdei  ! 
anioiaux  en  se  livrant  avec  fureur  i  d'ibo-  , 
minables  passions.  Voilft  un  prodige  queli  : 
toute-puissance  de  notre  Dieu  rend  ï  pnot  | 
concevable;  l'étonnement  redouble,  qoind 
on  songe  k  que)  pris  il  a  mis  son  aeiilit  i 
pour  les  plus  viles,  les  plus  indignes  dn  , 
créatures. 

Tout  Dieu  qu'il  est,  il  n'a  pa  ouvrir  du 
voie  plus  large  au  salut  de*  bommesi  qD'n 
s'eogageant  à  leur  remettre  tons  Icunnv 
mes,  n'importe  le  nombre  ou  la  grtTiU. 
Jusqu'au  dernier  momeul de  la  vie,  lurni 
seul  acte  de  repentir  Mucère.  Mais  cvcame 
le  repentir  devieul  impossible  par  Tinflueiire 
iirésistible  des  passions  sur  les  lolotilic 
longtemps  asservies  h  leur  empire,  camw 
presque  tous  les  hommes  auraient  été  ei- 
[lOïés  à  ce  malbeur  irréparable*  s'ils aroieit 
vu  devant  eux  d'une  manière  assurée b» 
longue  suite  de  jours  h  parcourir,  il  i  ^>' 
nécessaire,  dans  l'intérêt  commun,  que  ^ 
moment  de  la  mort  fût  incertain  pourlovi- 
L'incerlilude  de  la  dernière  heure  est  1* 
motif  le  plus  puissant  pour  le  pécheur  de 
se  convertir  sans  délai,  pour  la  juM^ 
persévérer  inviolablemêot  et  de  bireto»' 
les  jours  de  nouveaux  progrès  dioï  It  |i>^j 
lice.  S'il  était  reconnu  que  Dieu  ooHi 
frapper  le  coupable  au  milieu  des  IjcIIhI 
années  de  sa  jeunesse,  nous  cuurrioai  Ia>i> 
le  risque  de  tomber  de  chute  en  ebule  liiB* 
un  endureissement  irrémédiable;  ce  D'e>> 
pas  dire  assez  :  s'il  était  établi  qa'<>"i 
certaine  mesure  de  bouiiaa  œuvres  doix» 
le  droit  de  faillir  iinpuuéraenl  ,  les  fi"* 
jusies  seraient  tentés  de  pratiquer  niouit»- 
lanément  la  venu,  alîa  d'acquérir  lef^»"' 
lége  de  «'abandonner  au  vice  sans  péril- 1 
est  donc  nécessaire,  pour  B^MStr  lonooiw» 


ITE 


MCnONlttffiE 


j  ^1  élu  «t  dJDtinusr  celai  des  réprourés, 
l^»r  iHgODenter  le  mérite  des  uns  et  «Ité- 
BMjer  1er  crimes  des  satres,  que  tous  les 
ttoamesHDS  dîilinellon  puissent  âire  sur- 
pi-i's  10  moment  le  plus  défavorahle  |)Our 
n*t  ;  el  celle  loi,  fondée  manifesleuienl  sur 
la  miséricorde  de  Dieu,  pour  ne  rien  dire 
le  ses  aolrei  altribuis,  doit  être  la  plus 
D*iol«b)e,  la  plus  sacrée  de  toutes  les  lots. 
Votl  il  sait  ^a'il  existe  des  coupables  que 
M  mort  «iteinf  avant  qu'ils  E:ei:t  eu  le 
lemps  de  satisfaire  k  la  justice  dJTiiie. 

Dira-4-oa  qoe  les  catastrophes,  les  acci- 
J«sts  Indiques  sont  trop  multipliés?  On  ao- 
oil  plalOt  Ifl  droit  de  souteuir  qu'ils  ne  le 
sool  pas  assez,  puisque  personne  ne  s'en 
en;ut  menacé,  presque  tous  les  bomtoes 
mmcoiniaefe'ilsDe  pooTsient  être  surpris 
^Ismort.  Mais  admirons  le$  conseils  delà 
ttsfidence;  noire  orgsaisaiion  est  si  fréie, 
lefenaemjs  qui  peuvent  la  briser  si  non»- 
hnux,  qna  nous  devrions  k  chaque  instant 
iMus  élODoer  de  respirer  encore  et  ne  per- 
Ire  jamais  b  noort  de  vue;  cependant  Dieu, 
|ai  enJère  par  milliers  les  entants  inno- 
wts,  a  ordoDoé  les  choses  de  telle  sorle 
fM  les  aduJtes  coupables  sont  presque  lou- 
imn  avertis  de  leur  dernière  heure.  Le 
|lon  hymain  aurait  peut-être  péri  tout  en- 
Mr  depuis  longtemps,  si  la  Providence  ne 
Mmillait  lejeu  des  forces  de  la  nature. 
Aille  prévenait  toujours  les  effets  désas* 
Biuda  leur  puissance,  une  trop  grande 
fhwM  devîeoilrait  la  cause  do  noir»  perle 
■fa'UiUe.  C'est  donc  une  nécessité  doulou- 

C>,  imposée  an  gouvernement  divin,  de  ' 
r  quelquefois  les  lois  du  monde  ame- 
rdescalsslropbes,  de  permettre  de  loin 
leio  queues  évéuemenls  funestes.  Sup- 
m  qu'un  adolesceol  vient  d'ëlre  frapjié 
iODiMil  OÙ  pour  la  première  fois  il  corn- 
iiit  «ne  faute  damnable,  et  voj'Ons  ce 
ira  devenir  cet  iolbrtuné. 
s'agit  ici  d'ufl  péché  mortel,  comme 
tel  itaseatboliques,  d'un  péché  q^ui,  étei- 
Bt  loul  fc  fait  la  charité,  anéantissant  la 
lc«  d«as  l'teie  coupable,  y  détruit  dans 
KÎDA  ia  vie  turoalurelle.  L'Ame  crimi- 
I  était  destinée  k  vivre  étemellemeat 
i  DieUr  comme  l'éfnusa  avec  l'époux, 
■  l'îDtloiilé  de  l'uiiion  la  plus  tendre, 
m  Vtei  effusions  de  l'amour  le  plus  vélié- 
■li  ceU«  âme,  telle  que  le  péché  l'a  faite, 
TàivaitQe  UD  objet  d'horreur  pour  Dieu; 
m  eile  et  lui  il  n'y  s  plus  rien  de  com- 
'm,  la  lumière  et  les  téuAbres  ne  sont 
Iptus  opposées.  S'il  élsit  resté  à  cette 
■riuoée  une  racine  de  justice,  une  élin- 
lid'aoour,  uu  souffle  de  vie  surnaturelle, 
pt  l'aurait  pwitiée  par  las  expiations 

ÉDire,  tout  oe  serait  pas  perdu  sans 
ai*  il  n'y  •  plus  rien  de  sain  dans 
ee,  )a  cwroplion  a  pénétré  au  fuiid 
«.Ainsi  toute  union  est  impossi- 
[  se  séparer. 
l  supposer  avec  quelques  auteurs, 
me  coupable  d'un  seul  péché;  ein- 
^taut  l'exclusiun  de  la  béalitudu  suma- 
"^k'Nk,  ser«  relégué,  peur  aiust  dire,  dBU« 


APOLOGKTIQIIE.  ETE  «Mt 

nn  enfer  ft  part,  oà  1«  tyrannie  du  démon , 
où  l'acUon  des  flammes  vengeresses  ne  se 
font  point  sentir  ;  mais  que  d'autres  dou- 
leurs vont  fondre  sur  lui  t  La  honte,  la  folio 
d'un  péché,  pour  lequel  il  a  tout  sacrifié, 
resteront  éternetlement  devant  ses  yeut;jî 
se  fera  des  reproches  amers,  il  s'oliandoa.- 
nora  h  un  incon5oIab1e  désespoir  d'avoir 
perdu  pour  toujours  et  par  sa  faute  le  bien 
souverain.  On  sait  eoiabieu  s'eslimeut  mal- 
heureui.  les  hommes  qui  se  soûl  vu  enle- 
ver leur  fortune,  leurs  dignités,  leur  consi- 
dération; que  dirai-je  de  l'exil,  de  la  perte 
d'un  royaume,  du  malheur  d'être  haï  «t 
méprise  de  tous,  mAme  de  ses  proches,  de 
vivre  avec  la  certitude  de  ne  rencontrer 
jamais  une  Ame  k  qui  l'on  puisse  inspirer 
un  seoliment  d'amitié  ou  de  compassion  ? 
voilA  des  douleurs  que  les  îamenlatioits  ne 
peuvent  exprimer,  et  auxquelles  la  mort 
pnrsilraît  une  grâce  signalée.  Uélas  I  le  pé- 
cheur qui  a  perdu  l'intini  pour  toujours  est 
inoomparablemeut  plus  h  plaîudre  :  il  était 
fait  pour  Dieu  ;  Dieu  est  sa  lumière,  sa  juie, 
son  amour,  sa  vie;  l'air  est  moios  nécessaire 
h  la  poitrine  oppnessée,  la  clarté  du  jour  est 
moios  vivement  désirée  du  prisonuier,  le 
banni  ne  demande  pas  avec  auiant  d'ardeur 
le  reLourau  milieu  des  siens.  Qui  voudra 
se  tàife  une  juste  idée  de  la  grandeur  de 
Dieu,  de  la  suif  qu'une  Ame  dégainée  dts 
sens  a  de  le  voir  et  de  le  posséder,  com- 
prendra pourquoi,  d'après  nos  docteurs,  la 
Iierte  élurnelle  du  ciel  est  un  tourment  si 
lorrible.  Quel  qu'il  soit.  Dieu  n'y  contribue 
en  rien,  si  ce  n'est  en  laissant  les  choses 
suivre  leur  cours  naturel  et  nécessaire. 

Nous  sommes  encore,  pour  ainsi  dire,  i 
l'entrée  de  l'enfer,  armons-nous  de  cou- 
rage et  ue  craignons  pas  de  descendre  au 
fond  de  ses  abîmes.  Les  juges  de  la  terre 
sont  ordinairement  incapables  de  propoi^ 
lionner  la  peine  sux  crimes;  ils  cundam.- 
nenl  au  même  supplice  l'homme  coupable 
d'un  seul  meurtre  et  l'assassin  de  cent  vio- 
tiuies,  leur  impuissance  les  excuse.  Il  n'eu 
est  pas  ainsi  de  Dieu  t  aussi  sa  conduite  A 
l'égard  des  coupables  ne  peut-elle  ressem- 
bler A  la  nélre.  Si  le  plus  condamnable  des 
réprouvés  était  puni  comme  te  moins  cri- 
minol,  de  la  seule  douleur  d'avoir  perdu 
les  biens  étemels,  Dieu  encouragerait  les 
méchants  A  multiplier  leurs  crimes,  chose 
évidemment  contraire  A  sa  sagesse  et  A  sa 
sainteté,  disons  même  è  sa  miséricorde, 
(larce  que  le  grand  nombre  des  péchés 
produit  non-seulement  des  habitudes  in- 
destructibles, par  conséquéut  la  damna- 
tion des  cou|iables;  mois  aussi  des  séduo- 
tions,  des  scandales,  cause  certaine  de  la 
perte  d'une  multitude  d'Ames  faibles,  iuca*- 
pables  de  résister  A  l'entraînement  de 
l'exemple.  Au  reste,  Dieu  voulùt-il  meure 
tous  les  réprouvés  aur  la  même  ligne,  il  ne 
le  pourrait  pas.  Nécessairement  il  méprise, 
déleste  plus  le  moustre  dont  la  vie  n  étà 
un  long  enchaînement  de  forfaits  atrucus, 
que  l'iiifarlunée  victiuiu  de  la  séducliuii  uu 
u'uu  moment  de  faiblesse,  uécesMU'ttUicut 


«•Mi  tt  fiimtuer  ém  c«>  ««MfotV*  fptwra 
•n*  tfmiwwm  p'w  piBd«,  des  >«»ofJ» 
^•M  c»i<«ltM,  fr«:>.«wi,  la  ■ilb>WW» 
^'i.  •  fcftaf  it  »«-Mi«i«c«  de  laal*  la 
yiiMa fc»  4«  k«r  lk*i«i«,  les  votttes  îife^ 
«4l*«  rttewiawc  «■  hxa  dci  aakdietiaas 
4«A(  t>*  l'aetafeai.  Il  m  anrail  ca  étr« 
•ofre««M,  Mes  p^w^  dëfkosi  1er  U  vie- 
UMe  dB  dml  de  haér  H  de  Baadin  sm 
dM«»*^r  tan^ae  cette  victisM  lot  de- 
mmio*  jmitiai,  pe«t-il  la  Isi  nrfaaerT  Ea 
«Ma  readaat  tvtçfmMutts^  il  a  nalract< 
••ce  fm  t'tmgMftm'M  laeite  de  paair  le» 
»€êuà»-«M-  VitJù  .l4Kntm  pnmr  cas  pends 
«Mrawfca  setait  ane  larberie  s  f^^rd  des 
— >■-— «  d'iaCortsués  qu'ils  ftndatnl  dans 
■  loi  «fui  dHcnd  k  csmiptjon  d« 
,  rofriiftariea  des  biblas,  las 
a  cooira  Ij  foi,  devrait  être  i^ 
_  e  Mie  ibsarda  dérisioD,  si  elle 

^'anîl  fomr  ssortio»  ae  sajiplïca  particu- 
lier, IHe«  a  le  droit,  sans  doala^  de  pardoo- 
■cr  la  pécW  eam»iàéré  tommm  désobéis- 
•aaee  à  son  awlonlé  saprCnie;  il  ne  peut 
l«i  iiire  grice,  lorsque  les  îotérMs  de  ses 
eréaiores  ta  sont  lésés,  il  ne  peol  promet- 
Ire  rioipnniié  aox  aolcurs  de  la  damoation 
de  leurs  frires  (ISU);  U  ibdiqoerait  dès 
Sors  ses  titres  de  juge  et  de  monarque;  ao 
désoidre  do  siècle  préseot,  qui  ne  s'expli- 
qua que  par  l'ordre  parfiil  du  siècle  k 
venir,  suceéderailUDecoDfasion,  ooe  anar- 
cbieélanielles,  dont  les  pécheurs  scandaleux 
seniaol  les  premiers  à  se  plaiudre  ;  csr,  en 
rabseoee  da  tout  gouveruemenl,  efaacun 
s  la  droit  da  se  faire  justice  <' 


OOSMdl 

locapal 


propres  mains;  et  des  êtres  méchaots, 
sédes  de  l'ardeur  de  la  leogeaDce,  sont 


incapables  de  rester  daos  les  justes  tÀrues, 
de  ncsorer  exaclemeal  la  peine  sur  la  mè- 
bit.  Donc  il  est  oécessalrp  que  Dieu  exerre 
son  jugement  sur  les  réprouvés,  et  qu'il 
reMB  a  chacun  selon  ses  œuvres. 

On  repracbe  quelquefois  aux  prédicateurs 
caiboliquesde  faire  des  peiutures  exagérées 
de  reiiler,  c'est  bien  6  tort;  l'imagiDalionla 

Clos  hardie  restera  toujours  au-dessous  de 
I  vérité.  Oii  peul  s'en  cooraiiicre  par  un 
simple  calcul,  en  supposant  le  principe  in- 
contestable de  la  correspondance  du  cliAti- 
nif  ul  au  uombre  et  è  l'éiiormité  des  rjîmes. 
Prenons  pour  jwiut  de  départ  le  sort 
d'uu  réprouvé,  coupable  d'une  seule  faute, 
dool  la  gravité  ailaint  le  point  précis  où  le 
fléché  véuiel  Unit,  où  le  péché  iitortei  com- 
luence;  ce  malheureux  souffrira  éteruelle- 
luent  d'avoir  perdu  le  ciel  par  sa  faute,  et 
celte  souffrance,  horrible  eu  elle-mâme,  le 
deviendra  incomparablemeat  plus  par  sa 
durée;  c'eat  \if  cependant,  lo  moindre  de. 
tous  les  lourmeols  de  l'enfer.  A  une  fauta 
cent  fois  plus  énorme  devra  répondre  une 
Mine  cent  fois  plus  graiide;  un  crime  mille 
lois  répété  devra  atlirer  sur  le  coupable  wo 
diitiuieot  mille  fois  plus  rigoureux.  CM  cala 


^,  Di«iïC«p»linil«pfc 

CM»  |<«Kaeat  petsooBels,  Hu  iiiflaeii{«M 
les  adioas  d*aninii,  sont  pw  de  cbow  j 
aaaaffaison  de  ces  eriaws  k  janiis  HM 
raUes  qui.  pervcrfissanl  des  uliaiug 
Uétvs,  préeipileDt  des  millions  dînes  (' 
i'tmSerl  On  bérésiarqne,  qd  penfcui 
raalaor  d'on  livra  ioQine  on  impie, 
aonemis  de  U  foi  et  des  mceun  snni 
poossbles  de  tous  les  crimes  qn'ilt 
bit  et  qu'ils  ferool  commettre  josqu'i  li 
do  noode.  Qui  pourra  en  dire  le  naut 
On  compterait  plus  aisémenl  les  éloila 
ciel  oo  les  grains  de  sable  qai  unt  si 
bord  de  la  mer.  Bh  bieol  voili  «ulmli 
fers  mérités  par  le  coupable.  Elann 
nous  après  cela  iSet  fiammes,  du  ter 
genr,du  déses(ioir,descris,des grinces 
de  dents,  de  tout  le  cortège  de  doulw 
remplissent  ft  jamais  ce  lieu  dsdiiolt 
Hélas  I  loin  d't-xagérer  le  malheur  du 
nés,  notre  imagination  ne  peut  pasi 
j  atteindre. 

On  prétend  que  la  sagesse,  la  jnsli 
bonté  de  Dieu  sont  inconciliable!  ite 
peine  éternelle,  infligée  l  un  crime  qi 
duré  au'un  moment  ;  on  se  trompe,  li 
mile  du  crime  se  mesure,  iionsursiil 
mais  sur  le  bien  qu'il  empêche  el  li 
qu'il  produit  ;  elle  se  mesure  sur  lï 
tance  delà  loi  violée,  et rimportana 
loi  sur  la  grandeur  du  dessein  luqg 
est  nécessaire.  Si  l'on  recORoall  i 
gislaleur  humain  le  droit  de  sincti 
M  loi  par  une  peine  proportionoée  ) 
portaoce  de  son  dessein,  on  qs  le  re 
pas  sans  doute  è  celui  de  qui  énani 
droit,  totile  puissance,  toute  autorili 
l'on  se  fasse,  s*il  est  possible,  une 
idée  de  l'immeosilé  du  plandiTin,el 
cessera  de  trouver  de  la  disproporlioi 
le  but  el  les  mojens,  entre  les  tn 
de  la  loi  et  la  gravilé  du  chllini 
en  punit  la  transgression,  entre  la  gn 
des  intérêts  compromis  par  le  pé< 
rétemi(é  des  peines.  En  infligeinlia 

Eables    impénitents   un    supplice  U 
ieu  n'a  point  dépassé  le  but  ;  car,  qi 
nd  que  soit  le  cfafltimeol ,  le  àess 
igesse  infinie  l'est  encore  dsti 
Dieu  a  fait  le  monda  afin  de  noui 
participanis  da  sa  divinité.  Or,  le 
mortel  rend  l'exécuiioa  de  ce  dessr 
ta  physiquement  impossible  k  \'è^ 
l'Ame  dans   laquelle  il   subsiste.  Ih 
par  l'eOfet  rie  la  communion  noiveree 
tre  lea  «très  libres,  un  seul  péché 
peul  entraîner  li!S  plus  éponvautable 
séquences,   devenir  poor  une  mu 
d'Ames  destinées  à  rélamelle  poss 
du  bien  supréaie,    la  cause  de  l>] 
grande  de  toutes  lés  pertes,  du  plui  I 
riMe  de  tous  les  asaibeurs.  Que  dts-je: 
péebé  de  Lucifer  a  causé  en  effet  Ue>  m 
sans  nombre  ;   il  pouvait  en  ott«»>"t 


(lUi)  Dlen  pent  pankmner  le  pédié  d»»  «  «^ 
•oude.  parce  que  rincertiioée  de  b  mowi,  fii  ea  é^  « 
aM.wuM  poTiéuielle,  empêche  v*il  »•  sert  *t     -'^ 


ivec  kaédHar:  A  tofitwt  4i 
it  M  U  ae  cent  «ie,  bict  Kl*"' 


KTE 


DICTIONIUIRE  APOLOGETIQUE. 


ETE 


Jus  grands  sncors  et  nmoDer  la  ruine 
Inulei  les  créaturos  inielligemea;  le 
Jd'Âdsm,  funeste i  taol  d'homoges,  su- 
jtti\\i  tout  iegeDrehumain  laas  la  mort 
^us-Christ;  le  péché  cause  tou»  les 
{des  désastres  iiotnenses,  il  esE  le  mal 
fraiD  de  l'aose  et  de  l'homme;  dnnn 
ic  dmil  A  Jui-mème,  il  devait  àss 
(deoousëloigDer  du  péché  par  le  plus' 
i  de  lous  les  châtimeots.  Le  grand 
liredeiréiirouTés,  dûnl  ou  se  fait  une 
,'coiilre  Dieu,  prouve  plus  que  tout 
iiHa  nécessité  (Tua  eofer  éternel.  Sans 
mur  de  ses  supplices,  la  société  des 
l'iuratt  pu  se  lormer,  le  ciel  serait 
Itert. 

IID'i  point  manqué  de  boiXé  en  ins- 
■j  du  lois  dont  l'enfer  est  la  sanc- 
ifbircfl  que  la  twaté  d'uu  monarque 
fiJitti  jiDiais  à  renoncer  à  un  grand 
pour  éviter  un  muindne  mi\,  ni  à 
ier  l'aiantage  des  bons  è  TintérÊI  dea 
HU.  La  coDsenriition  de  la  aociélé  est 
iuprime  :  s*il  y  a  de  la  barbarie  à 
ODer  i  mort  l«  violateur  d'un  sim- 
{lemeDl  de  police,  il  y  aurait  de  la 
Ke  i  n'oser  jiunir  du  dernier  sup- 
U  transgression  des  lois  les  plus 
kirii  au  salut  de  la  patri«.  Tous  les 
iùiilaires  prononcent  une  peine  len- 
Wre  la  sentinelle  i  qui  la  frayear 
■Rtu  son  poste  en  face  de  l'eiMieaai  ; 
pleVirmee  l'exige  ;  aussi  peranofte 
■liii'eQ  plaindre,  nul  o'a  la  pen^e 
■er'elijjislateur  ou  Iesjugesd9cruau- 
Hl  facile  de  déclamer  pouipeusemeot 
tics  aiigences  de  rinlérôt  méfierai, 
jieot  fatale)  aux  particuliers;  maio, 
m  qae  tous  les  décl;imaleurs  du 
|ib!  sauveraient  pas  de  l'animadver- 
Uiliqja  un  mioistre  assez  ignorsal 
iderairs  [lOur  mettre  en  péril,  avec 
■De  et  la  vie  des  citoyens,  l'existence 
deTHlai,  en  m  refusant,  par  une 
Bbécile,  à  frapper  les  auteurs  de  sé- 
*,  de  conspirations,  de  /évoltes.; 
neu  loî-ménie  ne  pourrait  être  jus- 
ril  cûuiiirooieltai t  le  succès  d'un  des- 
iGuioient  grand,  l'intérêt  capital  de 

Ee  société  des  êtres  libres,  par  une 
un  intempestive  pour  les  coups- 
telle  coniidérafio».  Las  réprouvés , 
*  I»  Élus,  étaient  appelés  a  la  pos- 
Q  Éternelle  du  bieu  inQni;il8  l'oat 
(tas'entraloaot  les  nos  les  autres  dans 
■ué.  Dieu  qui,  en  sa  qualité  du  mo- 
ti  de  juf^e  universel,  est  obligé  de 
tt  ta  main  la  défense  de  tous  les 
i^pe  pvul  manquer  non-seulement  de 
duo cUameal particulier  les  péclieurs 
il«4ii, cDoinw  nous  l'avonsdéjA  dit, 
Mcore  de  proportionner  leur  peine 
"Bfflige  qu'iia  ont  causé.  N'ecl-il  pns 
N*  Évident  que  leur  supplice  n'aura 
ton,  pditqu'ils  ont  fait  perdre  k  leurs 
'OD  luen  m6ni ,  dont  la  justice  doit 

*l  '  Par.  n,  It. 
BtCrtMliDU  APOLOefcTlQCI.  h 


être  élernelleTCe  serait  une  détestable  rail- 
lerie que  de  condamner  le  ravisseur  d'une 
immense  fortune  h  une  amende  dont  on  lui 
laisserait  le  droit  de  se  libérer  par  une 
seule  pièce  de  monnaie?  Toutefois  la  grande 
et  la  petite  ftomrae,  quelque  distance  qui  les 
sépare,  ont  toujours  un  rapport  matliéms- 
tique,  que  le  faible  lang.-tge  suffît  pour 
déterminer  rigoureusement;  mais  entre  le 
crime  d'avoir  fait  perdre  Dieu  h  celui  qui 
était  destiné  à  le  posséder  éternelleiiient, 
et  un  chAiiment  o'autant  de  millions  de 
siècles  qu'il  y  a  de  grains  de  sable  sur 
le  bord  de  la  mer,  il  n'existe  pas  plus 
de  proportion  qu'entre  l'étro  et  le  néant. 
Kt  ne  disons  pas  que  ce  raisonnement 
ne  s'applique  qu'aux  pécheurs  xcandaleux, 
car  le  péché  étant  contagieux  do  sa  na- 
ture, tous  ceux  qui  s'y  livrent  peuvent 
devenir^  à  chaque  instant  les  auteurs  de 
la  ruine  des  autres  hommes  ;  Dieu  a  dtï 
faire  tout  ce  qui  était  on  lui  pour  éloigner 
ce  danger,  c'est-b-dire  nienncor  tout  péolié 
grave  d'une  peine  éternelle.  , 

Pour  établir  que  le  do(;me  caiiiolîque  de 
l'enfer  contredit  les  notions  de  la  justice 
divine,  nos  adversaires  devraient  démontrer 
que  Dieu  est  inique  en  laissant  l'immortalité 
fa  un  être  immortel,  et,  i  une  âme  faite  pour 
posséder  l'infini ,  lo  douleur  de  l'avoir 
perdu  par  sa  faute  ;  ils  devraient  prouvtr 
qu'il  n'r.apas  d'équité  i  proportionner 
le  châtiment  k  l'imiiorlancede  la  loi  violée, 
è  l'étendiu  du  dommage  causé  à  autrui,  as 
nombre  et  à  l'énormité  des  crimes.  Pour 
alGrmerque  la  doctrine  de  l'Eglise  est  en 
opposition  avec  la  sagesse  et  la  bonté 
de  Dieu,  les  philosophes  devraient  d'abord 
nous  fairo  voir,  ou  que  la  réalisation  du 
plan  divin  ne  produit  pas  assez  de  bien 
pour  balancer  le  malheur  des  réprouvés, 
ou  qu'une  peine  temporaire  suffisait  pour 
faire  réussir  les  desseins  delà  Providence. 
Ils  n'en  viendront  jamais  è  bout  :  car,  en 
premier  lieu,  si  nous  voulions  soutenir  qui^ 
ie  dogme  de  l'éternité  des  peines  a  fait, 
soit  parmi  lesanges,8oit  parmi  les  hommes, 
cent  millions  de  fois  plus  de  bienheureux 
qu'il  n'y  aura  jamais  de  réprouvés,  et  quo 
la  gloire  du  moins  grand  des  élus  l'emporte 
immensément  bur  tous  les  maux  de  l'enfer. 

3uel  homme  vivant  sur  la  terre  aurait  le 
roi  t  de  nous  contredire  7  En  second  lieu, 
si  malgré  les  terribles  menaces  de  la  foi, 
un  grand  nombre  d'anges  et  une  multitude 
d'hommes  peut-être  beaucoup  plus  consi- 
dérable ee  sont  perdus  sans  retour  ;  si 
l'on  voit  tant  de  schismes,  d'hérésies,  do 
scandales  de  toute  nature;  si  le  juste  est  A 
peinesauvé, comme  ledit  saint  Pierre  (1245), 
que  produirait  l'espérance  de  l'auéaiiUsse- 
ment  après  aulsot  de  siècles  de  souffrance 
que  l'on  voudra?  que  résulterait-il,  à  plus 
forte  raison,  de  l'attente  d'un  bonheur  qui, 
devant  être  sans  Un,  absorberait  dans  sou 
éternité  le  temps  de  reiiiiationT  Le  nau- 
frage  des  ioceuis  davieuaraU  bicoK^I^- 


«n 


ETE 


DICTKHIHAIBE  APUUKETIQUE. 


nous  mène-t-il, mon DieuTCepenJanilet pé- 
chés purement  persoDDett,  uns  iofluMin  tut 
les  «ctioiis  d'aulrui,  toDl  peadecbose  en 
co  m  fia  rai  son  de  ces  crimes  h  jamiis  dèplo- 
ral)lea  qui,  çerrertissant  des  ulions  tiH 
tiares,  précipitant  des  millions  d'iniu dam 
l'enfer!  Dn  hérésiarque,  ud  perséeuleur, 
l'auteur  d'un  livre  infâme  ou  impie,  lu 
ennemis  de  la  foi  el  des  maunKDtm- 
ponssbles  de  tous  les  crimes  qu'ils  oui 
uit  et  qu'ils  feront  commettre  jusqu'k  li  Ëa 
du  monde.  Qui  pourra  en  dire  le  nombre  1 
On  compterait  plus  aisément  les  dtaileidu 
ciel  ouïes  grains  de  sable  ()ui  sont  lurli 
bord  de  la  mer.  Eh  bien  I  TOilï  aulmt  du- 
fers  mérités  par  le  coupable.  EtoniHiii- 
nous  après  cela  des  Qsmmes,  du  rer  rt» 
geur,  du  désespoir, des criStdesgrlncemetili 
de  dents,  de  tout  ie  cortège  de  douleun^ 
remplissent  i  jamais  ce  lieu  de  désoliiiM 
Hélas  I  loin  d'exagérer  le  malheur  dud» 
Dés,  notre  imagination  ne  peut  pasahi, 
y  atteindre.  ' 

On  prétend  que  la  sagesse,  la  josliM,^ 
bonté  de  Dieu  sont  inconciliables  amd 
peina  éternelle,  ioSigée  k  uo  crime  qDidl 
duré  qu'un  moment  ;  on  se  trompe,  l'M 
mité  du  crime  se  mesure,  non  sur  sa  dira 
mais  sur  le  lùen  qu'il  empêche  el  k  n 
qu'il  produit  ;  elle  se  mesure  surl'lnpt- 
tance  de  la  loi  violée,  et  l'importaDceltl 
loi  sur  la  grandeur  du  dessein  auqudib 
e«t  nécessaire.  Si  l'on  reconnaît  i  lat- 
gislateur  humain  le  droit  de  sanctioBH 
sa  loi  par  une  peine  proportionnée  )  l'i» 
portance  de  son  dessein,  on  ne  lereNtR 
pas  sans  doute  k  celui  de  qniéoiineM 
droit,  toute  puissance,  toute  aulOflté.Ql 
l'on  se  fasse,  s'il  est  possible,  une  jùl 
idée  de  rimmeosilédu  plan  diTin,el  A 
cessera  de  trouver  de  la  aisproporlioD 4 
le  but  el  les  moyens,  entre  les  araoUl 
de  la  loi  et  la  gravité  du  cbKimenii 
eo  punit  la  transgression,  entre  la  $mit 
des  iulérèla  compromis  par  le  pécbt 
l'étarailé  des  peines.  En  infligeant amifl 
pahles  impénitents  un  supplice  étem 
bieu  n'a  point  dépassé  le  but  ;  car,  qneU 

!;rBod  que  soit  le  châtiment ,  le  desstiii 
0  sagesse  inSnla  l'est  encore  dsTSi'l 
Dieu  a  fait  le  monde  aBo  de  nous  m 
^rticipants  de  sa  divinité.  Or,  le  jn 
mortel  rend  l'eiéculioa  de  cedesuinl 
taphysiquement  impossible  k  Véprij 
l'flme  dans  laquelle  il  subsiste.  De  i 
par  l'effet  île  ta  coromunion  oniverselll 
tre  les  4trea  libres,  un  seul  pécbé  lol 
peut  entraîner  les  plus  épouraii tables! 
séquences ,  devenir  pour  une  niu'ill 
d'âmes  destinées  fc  rélarneile  nossefl 
du  bien  suprême,  la  cause  de  l>  I 
grande  de  toutes  les  perles,  dn  plusl 
rible  de  tous  les  malheurs.  Que  (Iis-j4 
péché  de  Lucifer  a  causé  on  elTel  de^  4 
sans  nombre  ;   il  pouvait  en  occ«si>4 

(IIU)  Dieu  peut  pardonner  le  péché  dam  ce  connivence  avec  le  pécheur  ;  si  l'esiiértKC  'il 
inoude,  parce  que  l'iucertitude  de  1i  mort,  ijui  eet  don  l'ëtendiit  au  delà  de  celle  vie.  Dieu  seniiV 
uw.aKDMe  per|iélnelte,  enpécbe  qu'il  ne  s«it  de     uUenoit  le  buleurde  riiiiqu.iié.  | 


eusit  le  premier  de  ces  coupables  éproure 
une  confusion  plus  grande,  des  remords 
plus  cuisants.  D'ailleurs,  les  malheureux 
qu'il  a  perdus  )e  nnursuiTenl  de  toute  la 
puissance  de  leur  naine,  les  voûtes  infer- 
nales retentissent  au  loin  des  malédictions 
dont  ils  l'accablent.  II  ne  saurait  eo  élre 
autrement.  Dieu  peut-il  dépouiller  la  vic- 
time du  droit  de  bs!r  et  de  maudire  son 
assassin  T  Lorsque  celle  victime  lui  de- 
mande justice ,  peut-il  la  luirefuserT  En 
Duus  rendant  responsables,  il  a  contracté 
avec  noua  renuagemenl  tacite  de  punir  les 
scaudaleux.  LMudulgence  pour  ces  grands 
coupables  serait  une  barbarie  è  l'égard  des 
millions  d'inTortuoés  qu'ils  entraînent  dans 
i'abtme.  La  loi  qui  défend  la  corruplioii  de 
l'inuoceuce,  l'oppression  des  faibles,  les 
persécutions  contre  la  foi,  devrait  élre  re- 
gardée comme  une  absurde  dérision,  si  elle 
i^'arait  pour  sanction  un  supplice  puriicu- 
Iter.  Dieu  a  le  droit,  sans  doute,  de  pardon  • 
ner  le  péché  considéré  comme  désobéis- 
sance k  son  autorité  suprême;  il  ne  peut 
lui  faire  gréce,  lorsque  les  intérêts  de  ses 
créalures  en  sont  lésés,  il  ne  peut  promet- 
Ire  l'impunité  aux  auteurs  de  la  damnation 
de  leurs  frères  (13U);  il  abdiquerait  dèa 
îors  ses  titres  de  juge  et  de  monarque;  au 
désordre  du  siècle  présent,  qui  ne  s'expli- 
que que  par  l'ordre  parfait  du  siècle  à 
venir,  succéderait  une  confusion,  une  anar- 
chie élemellea,  dont  les  pécheurs  scandaleux 
seraient  les  premiers  à  se  plaindre  ;  car,  en 
l'«bsence  de  tout  gouvernement,  chacun 
rentre  dans  le  droit  de  se  faire  justice  de 
ses  propres  mains;  él  des  êtres  méchants, 
[lossédés  de  l'ardeur  de  la  vengeance,  sont 
incapables  de  rester  dans  les  justes  bornes, 
de  mesurer  exactement  la  peine  sur  le  mé- 
fait. Donc  il  est  nécessaire  que  Dieu  exerce 
soojuRemenI  sur  les  réprouvés,  el  qu'il 
rende  a  chacun  selon  ses  «urres. 

On  raprochequelquefoisaut  prédicateurs 
catholiquesde  faire  des  peintures  exagérées 
de  l'enier,  c'est  bien  k  tort  ;  l'imagiDalionla 

Clos  hardie  restera  toujours  au-dessous  de 
I  vérité.  On  peut  s'en  convaincre  par  un 
simple  calcul,  en  supposant  te  principe  in- 
conleslable  de  la  correspondance  du  châti- 
ment au  nombre  et  h  l'énormilé  des  mmes. 
Prenons  pour  (toiut  de  départ  le  sort 
d'un  réprouvé,  coupable  d'une  seule  faute, 
dont  la  gravité  atteint  le  point  précis  où  le 
liéché  véniel  Unit,  où  le  péché  mortel  com- 
mence; ce  malheureux  souffrira  éternelle- 
luent  d'avoir  perdu  le  ciel  par  sa  fanle,  el 
cette  souffrance,  horrible  eo  elle-même,  le 
deviendra  incomparablement  plus  par  sa 
duré»;  c'est  li,  cepeudaiil,  le  moindre  de. 
tous  les  tourments  de  l'enfer.  A  une  faute 
cent  fois  plus  énorme  devra  répondre  une' 
peine  cent  fois  plus  grande;  un  crime  mille 
lois  répété  devra  attirer  sur  le  coupable  un 
châtimeot  mille  fois  plus  rigoureux.  Où  cela 


tn 


sn 


UCnORlUlM  APOUtCETIQUE. 


ETE 


»M 


de  plus  grwidi  sncora  el  imoner  li  mine 
dt  loutet  les  créatures  înlelligeiilei;  le 
l>ècU  d'Adam,  fuoesleï  Uot  d'homiqes,  au- 
nil|>erdii  («at  la  geore humain  uns  la  mort 
it  tisot^br'isl  ;  le  péché  cause  loos  les 
>iandes  désaslres  immeoses,  il  est  le  mai 
tooTerain  de  l'anee  et  de  l'homme  ;  donc 
Dieo  te  deyait  Â  lui-même,  il  devail  ha» 
boulé  de  nous  éloigner  du  péché  par  le  plus 
(nod  de  fous  les  cbjlimeols.  Le  grand 
umbn  des  réprourés,  dont  ou  se  rait  une 
inae  conlre  Bien,  prouve  plus  que  tout 
Jt  reste  la  nécessité  d'un  enfer  éleroel.  Sans 
It  lemor  de  ses  supplices,  la  société  des 
Ë'^i  a'aarait  pa  se  ibnner,  le  ciel  sérail 
ttaé  désert. 

Dira  D'apoint  manqué  de  bonlé  en  ins- 

fi(u«Ql  des  lois  dont  l'enfer  est  la  sanc- 

uoor  parce  que  la  booté  d'uu  monarque 

ne  cunaikli)  jamais  k   renoncer  k  un  grand 

bten    pour  étiter  un    moindre  m»'.,  ni  à 

Mcrifiêr  TaTantagedes  bons  ft  l'intérêt  de* 

■B^hants.  La  conservation  de  la  société  est 

]!  loi    suprême  :  s'il   y  a  de  la  barbarie  k 

AQ&UDDer  à  mort  le  violateur  d'un  sim- 

A«r«gleQient  de  police,  il   y  auraîl  de  la 

Vacnce  à  n'oser  jiuuir  du  dernier  sup- 

fice  la    transgression    des  lois  les  plus 

tfcessairés  au  salut  de  la  pairie.  Tons  lei 

«les  militaires  pronouRent  une  peine  ten- 

iUe  contre  la  sentinelle  t  qui  la  frajeur 

lit  déserter  son  poste  en  fwe  de  reouemi  ; 

•salul  de  l'armea  l'exige  ;  aussi  pentOBOe 

c  songe  à  s'en  plaindre,  nul  n'a  la  pensée 

'«ccoser  le  législateur  ou  les  juges  de  cruau- 

.  Il  est  facile  de  déclamer  powpeusemcat 

«lire  les  exigences  de  l'intérêt  géoérel, 

souveal  fataUs  aux  particuliers;  mais, 

■   même   qne   tous   les  déclaoïateurs  du 

«ode  ne  sauveraient  pas  de  l'anioiadver- 

On  publique  uu  ministre  assez  igaoraat 

tes  devoirs  pour  mettre  en  péril,  avec 

fcriooe  et  la  vie  des  citoyens,  l'existence 

lue  de  l'Etal,  en  se  refusant,  par  une 

fié  imbécile,  à  frapper  les  auteurs  de  sé- 

Kons ,     de    conspirations,   de    révoltas; 

|n  l>ieg   lui-oiénie  ne  pourrait  être  jus- 

ié,  s'il  compromettait  le  succès  d'un  de»- 

ËLuiment  grand,  l'intérêt  capital  de 
»e  société  des  êtres  libres,  ptr  une 
ioa  inlempeslive  pour  les^  coupe- 
Ut  eontidération.  Les  réprouvés , 
■vue  les  élus,  étaient  appelés  a  la  nos- 
•ion  éternelle  du  bien  infini;  ils  l'ont 
nlu«in  s'enlralnsnt  les  uns  lesautresdans 
fiécbé.  Dien  qui,  en  sa  qualité  du  mo- 
rque,  de  juge  unirersel,  est  obligé  de 
tôdra  en  main  la  défense  de  tous  les 
ÂiSr  D«  peut  manquer  non'Seulemenl  de 
nir  d'oo  «^liment  particulier  lespéclieurs 
jOdA/eus.* cojome  nous  l'avons  déjk  dit, 
'  '  de  proportionner  leur  peine 

^  i;u'il8  ont  cansé.  N'est-il  pas 
lent  que  leur  supplice  n'aura 
-  «le  fin,  paîsçu'ils  ont  fait  perdre  k  leurs 
resnn  biea  mfini,  dont  la  justice  doit 

1345)  /  J*<tr.  IV,  I». 

picntoiiMAnB  aroLOefanouK.  h 


élre  élernelleTCe  serait unedélestsbie  rail- 
lerie que  de  condamner  le  ravisseur  d'une 
immense  fortune  i  une  amende  dont  on  lui 
laisserait  le  droit  de  se  libérer  par  une 
seule  pièce  de  monnaie?  Toutefois  la  grande 
et  la  petite  nomme,  quelque  distance  qui  les 
sépare,  ont  toujours  un  rapport  mathéma- 
tique ,  que  le  faible  lang-igti  suffit  pour 
détenniner  rigoureusement;  mais  entre  le 
crime  d'avoir  fail  perdre  Dieu  i  celui  qui 
était  destiné  i  le  positéder  éternellement, 
et  UD  châtiment  n'autan:  de  millions  de 
sièeles  qu'il  y  a  de  ^ains  de  sable  sur 
le  bord  de  la  mer,  il  n'existe  pas  plus 
de  proportion  qu'entre  l'être  et  )e  néant. 
Rt  ne  disons  pas  que  ce  raisonnement 
ne  s'applique  qu'aux  ftécheurs  scandaleux, 
car  le  péché  étant  contagieux  do  sa  na- 
ture, tous  ceux  qui  s'j  livrent  peuvent 
devenir^  è  chaque  instant  les  auteurs  da 
la  ruine  des  autrea  hommes  ;  Dieu  a  dâ 
faire  tout  ce  qui  était  tn  lui  pour  éloigner 
ce  danger,  c'esl-k-oire  menacer  tout  péelié 
grave  d'une  peine  éternelle.  , 

Pour  établir  qne  le  dogme  catholique  de 
l'enfer  contredit  les  notions  de  la  justice 
divine,  nos  adversaires  devraient  démontrer 
que  Dieu  est  inique  en  laissant  Timmortalilé 
ï  ua  être  immortel,  et,  à  une  Ame  faite  pour 
posséder  l'infini  ,  la  douleur  de  l'avoir 
{wrdu  par  sa  faute;  ils  devraient  prouva* 
qu'il  n'r  a  f>as  d'équité  i  proportionner 
le  cbAtiment  A  l'imiiorlancede  la  loi  violée. 
k  l'étendue  dn  domma^  causé  i  autrui,  ao 
nombre  el  à  l'énormité  des  crimes.  Pour 
affirmerque  la  doctrine  de  l'Sglisu  est  en 
Opposition  avec  la  sagesse  et  la  bonté 
de  Dieu,  les  philosophas  devraient  d'abord 
nous  faire  voir,  uu  que  la  réalisation  du 
plan  divin  ne  prodait  pas  assez  de  bien 
pour  balancer  le  malheur  des  réprouvés, 
ou  qu'une  peine  temporaire  suffisait  pour 
faire  réussir  les  desseins  de  la  Providence. 
Ils  n'en  viendront  jamais  è  bout  :  car,  en 
premier  lieu,  si  nous  voulions  soutenir  qur 
le  dogme  de  l'éteroité  des  peines  a  fait, 
soit  parmi  lesanges,soit  parmi  les  hommes, 
cent  millions  de  fois  plus  de  bienheureux 
qu'il  n'y  aura  jamais  de  réprouvés,  et  que 
la  gloire  du  moins  grand  des  élus  l'emporte 
iflUDMisémeot  6ur  tous  les  maux  de  l'oifer. 

3uel  homme  vivant  sur  la  terre  aurait  le 
roit  de  nous  contredire  ?  En  second  lieu, 
$i  malgré  les  terribles  menaces  de  la  foi, 
un  grand  nombre  d'anges  et  une  multitude 
d'bommes  peut-être  beaucoup  plus  consi- 
dérable se  sont  perdus  sans  retour;  si 
l'on  voit  tant  de  schismes,  d'hérésies,  do 
scandales  de  lou(e  nature;  si  le  juste  est  h 
peinesauvé,comme  ledit  saint  Pierre  (12%5}, 
que  produirait  l'espérance  de  l'auésntisse- 
mant  après  autant  de  siècles  de  souffrance 
que  l'on  voudra?  que  résulterait-il,  &  plus 
lorte  raison,  de  l'attente  d'on  bonheur  qui, 
devant  être  sans  Un,  absorberait  dans  son 
éternité  le  temps  de  l'expiation?  Le  nau- 
frage  des  joœuis  devienarail  bieolU  nui- 


MCTtONNAIIIK  .VMILOCETIOIIR. 


versM;  et  la  société  civile  ne  tarder.iit  pas 

i  se  (iissou'ire. 

G  H. 


ilans  la  conduite  <Je  sa  ppoiiiiwiM  sur  Ib 
dtres  libres,  surtout  k  l'éenrd  des  fèprcnirh, 
doni  la  destinée  semble  népirerjououTriEè 
et  porter  atteinte  h  sti  gloire. 

Lea  desseins  do  Dieit  sonidis  ihloei'jl 
est  téméraire  de  Toulorr  le»  Joger  lar  b 
apparences,  pour  ainsi  dire,  k  ii  pttniièrt 


De  la  boute  ile  Dieu  k  l'égtn)  de*  réprouTés. 
Personne  n'eAt  tenté  de  contester  la  mi- 
séricorde de  Difu  sur  les  prédestinés,  leur       ,,  -  .  ,  -      ,  -  ..  ,...„.„ 

rie  tout  entière  fût-elle  un  long  enchaîne-  vue;  croirait-on  queronpeutseforineriii, 

DiMit  de  persécutions  et  de  douleurs;  les  idée  magnifique   de   la  bontâ  fiuprïniB  m 

misères,  les  traverses  de  la  Tin  sont  en  effet  l'étudiant  dans  ta  destinée  de  rimnist  mn, 

un  témoignage  de  la  prédilection  du  Père  certes;  et  cependant  il  en  est  siusi.  jefon. 

comniun,  puisque  la  récompense  doit  être  prends  aisément  la  sollicitude  de  la  Prcfi- 

mesuréesurréprenve.  Mais  quoi  I  Dieu  dont  dence  h  l'égard  des  élus,  il  doi?eiitiinicrfi 

la  sagesse  est  si  féconde  en  ressources  pour  bénir  Dipu  pendant  toute  l'étemilé;  isii< 

Ërncurer  h  ses  élus  des  occasions  de  mérite,  quand  je  rois  cette  même  ProTidenrcsii:- 
ieu,  qui  tire  leur  plus  t{rande  gloire  des  lènliTc  h  diminuer  le  nombre  etlj  gniii. 
fureurs  de  l'impie,  ne  fait-il  donc  rien  pour  des  fautes,  et  par  conséquent  la  rigueorii 
l'impie  lui-mëmeTOu  bien  lui  dnnne-t-il  des  chltimentdesréprouTés;  c'est-ï-dired'ti-^ 
grflces,  surabondantes,  si  l'on  veut,  seule-  ingrats,  qui,  non-seulemt'nt  ne  ll^HnIt^ 
ment  pour  se  mettre  i  l'abri  du  reproche  ront  pas  de  ses  soius,  mais  la  iniufiraH! 
d'injustice  el  ne  pas  fournir  à  ses  ennemis  jamais  ;  je  l'avoue,  rien  ne  me  psnS  ri- 
de trop  fortes  ormos  contre  sa  ProvideneeT  diTtn,  plus  digne  de  l'éternelle  aitutm 
Ëa  un  mol,  a  l'é^flrd  des  enfants  de  perdi-  des  bienheureui.  Essayons,  peurli^'T 
lion,  Dieu  dépouille-t-il  la  commisératioi:  de  notre  Dieu,  de  mettre  la  TéntédinM 
du  Père  pour  s  inspirer  uniquement  de  l'iii-  son  jour, 
fli'iible  sévérité  du  jugeT  Dans  le  premier  Age  du  monife  oi  I>- 

Notre  faiblesse,  incapable  de  comprendre  nocence ,  la  simplicité,  la  foi  s'étiieut  as- 

l'unité  infinie,  la  décompose,  la  fractionne,  servées  presque  sans  altération,  la  mk 

et,  ne  pouvaul  l'embrasser  d'un  regard,  la  l'bomme  était  longue,  il    pouiiit  mirn 

Goasidëre  successivement  sous  divers  as-  beaucoup  ;  dès  que  la  corruption  des  imte 

pects  afin  de  s'en  former  une  idée  quelcon-  se  répandit  sur  la  terre,  la  mort  ne  fui  ^ 

que;  il  en  est  de  même  de  la  création  :  son  si  lente,  afin  que  la  dette  des  r«u|)jbleii 

itumensité  nous  écrase, nous  sammes  réduits  s'aggravât  point  d'une  manière  trop  coDsiH 

à  étudier  les  détails.  Hais  Dieu  n'ojière  pas  rstile.Leraccourcisseinentde  la  Tieljp<nl 

comme  nous  pensons;  il  agit  toujours  en  semble,  en  elfet,  avoir  eu  pour  primid 

Dieu,  c'est-k-diro  avec  tous  ses  attriiiuls;  motif  l'intérêt  des  pécheurs;  Ik  ne  K  M 

essentiellement  bon  autant  que  saint,  sage,  nent  point  les  précautions  de  la  ProvideM 

juste  et  puissant,  partout  où  se  montre  l'un  Sur  notre  vie,  maintenant  si  conrle.elH 

de  ses  attributs  doit  donc  paraître  eu  mémo  lève  encore  au  péché  le  temps  de  l'enM 

temps  sa  bunlé.  La  miséricorde  domine  dans  les  heures  du  sommeil,  et  urdinitremeotl 

le  ciel,  cependant  la  justice  n'y  perd  aucua  de  la  décrépitude,  si  souvent  semblib!ekl 

de  ses  droits  ;  la  justice  règne  dans  l'enfer,  seconde  enfance.  Dans  ce  qui  reste,  il  a 

mais  elle  ne  saurait  détrdner  la  miséricorde,  placer  le  travail,  les  affaires,  les  n»N 

11  est  aussi  impossible  de  concevoir  Dieu  sansparlerdescha^rins  et  despeinesiJel' 

sans  pitié  que  sans  justice;  uo  jugement  oiï  les  jours,  dont  aucuco   couditiou  n 

la  clémence  n'aurait  point  de  part  est  indi-  exempte  (I3UJ. 

gnede  lui.  Sa  bonté  ressemble  h  la  lumière  Combien  de  préservatifs  et  de  temiiiU 

du  soleil,  il  n'existe  pas  de  crime  assez  péché  la  miséricorde  infinie  de  Dmi* 

monstrueux  pour  eo  paralyser  tout  k  lait  elle  pas  préparés  è  l'homme  T  Les  éliuj 

l'acliOD,  comme  il  n'est  pas  de  nuage  assez  profitent  pas  seuls  :  ■  Dieu,  dit  ['&nm 

sombre  pour  nous  dérober  loua  lea  rayons  fait  lever  son  soleil  sur  les  bon*  et  suri 

du  jour.  méchants,  il  fuit  pleuvoir  sur  les  jositf 

L'hommeparlassîtude  on  par  mépris,  reste  aur  les  injustes  (13^7)  ;»  les  uns  et  lesiui 

souvent  dans  ses  oauvres  au-dessous  de  son  sont  gouvernée  par  les  n:émcs  loiSi*'*' 

mérite;  Dieu  ne  néglige  rien,  il  ne  se  rebute  est  permis  de  le  dire,  assis  è  la  méiaft 

d'aucun  détail,  toujours  égal  h  lui-même  comme  les  enfants  d'un  Père  commuD,! 

dans  les  grandes  et  dans  les  petites  choses,  aisae  quelquefois  k   choisir  ses  bén» 

Toutefois  on  comprend  qu'il  a  dû  se  mon-  {■"'™i  1^^  {>'ns  crioiinels.  Or,  ce  qaiaii^ 

irer  encore  plus  atlellti^  s'il  est  possible,  prédestiné  k  ne  pas  tomber  ou  i  se  rtlH 


{iUti)  Nas  ptailosoplies  s'indigneni  de  ce  qa'un 
grand  noml>re  d'htnnuica,  après  ivoir  souSert  les 
loaux  de  ce  monde,  loi»I>eni  dans  les  maux  plus 
grandi  de  t'éteroilé  ;  ils  leinblcnl  croire  que  Dieu, 


que  napwrait  le  r^roavé  a  Tivra  ici-bas  sans  m- 
vvrte*,  saiu  malidies,  sans  humiliaUoiu,  ilTrancbî 
de  kiuM  iM  épreuve!  de  noire  condition  présente! 


Dans  le  sein  d'une  cens  tante  prtnpériU!,ilili^ 
draii  un  menslre  d'orgueil,  de  débaocbe, ik •' 
ratesse  ;  son  eiem;>le  Mnii  faul  i  plmki'^  ' 
encouTTait  puor  rélemiléun  cbitinieol profvw 
h  se»  scandales.  Quand  les  précaution»  fl*' 
ricurdieuMi  que  sévèrei  de  la  Proiidww»' 
épargneraient  qu'un  Kul  crime,  il  aunU  o^ 
ment  k  se  fëliciler  d'avoir  élé  malbenmi  f  *» 
sa  vie  mortelle. 
{XUlf  Mmk.  V,  45. 


^n  ETR  BICTMNIIUURE 

ftnd  aéEnniremenl  les  chotss  du  pécbenr 
•HDi  loorde*  et  plus  rares.  En  vain  le  ré- 
pMrrt  leeMI  s'étoardir,  ît  est  reteoo  en 
Bille  ctraoBstanees  par  ta  erejnte  ds  l'aolèrt 
fÊt  l'eipérieDce  du  nmords,  par  on  senti- 
ncotdepodear  nalorelle;  il  s'arrAte  dans 
la  arrière  do  crinM;  pour  ne  pas  eompro- 
BMBra  a  sanl^,  sa  fortane,  son  hoonenr, 
soanpoi'  Il  anbit  malgré  Ini  l'inQuenee  dn 
bœ  ntaiple  el  de  la  religion,  il  redoute 
r«fiiio(i,  les  discours  du  public,  les  plain- 
(en,  It  silence  loéme  do  sa  famille.  S'il  ne 
ptÊsl  tépriner  ses  passions,  il  en  caclie  an 
OHiBi  let  excès,  et  il  s'épargne  ainsi  le  plus 
Spsdik  tons  les  crimes,  le  scindale. 

Utloftrt  des  pécheurs,  agîssanl  paroii- 
tnlMMtt, par  habitude,  sans  réaexion.sont 
.«tttaiMblables  aux  bourreaux  du  SauTflur, 
r  JîBtmnal  ce  qu'ils IbnI. Jésus-Christ  sem- 
t*A  «ciuer  les  moins  excusables  de  tons, 
^mqu'il  dit  en  parlant  i  ses  apôtres  :  «  Voici 
•e  irmpi  où  tout  homme  qui  Tons  mel- 
n  i  mort  croira  m  rendre  agréable  à 
Mai  (tSW'i.  a  Celte  obserralion  rapplique 
^cnfièrement  anz  nations  in6dèlBS  qui, 
Joegée»  dans  la  plus  proConde  ignorance, 
fflfeoi  i  peine  au  degré  de  coonaissanea 
feasaire  pour  cmstituer  la  responsabilité 
•nie.  Itaos  les  malheureuses  contrées  où 
p«i<  de  fausses  religtoos,  le  nombre  des 
Htt  esl  sans  doute  bieu  petit,  mais  peut- 
V  leurs  habitants  ne  cooiraetent-ils  que 
ijpgères  souillures  par  des  acies  qui  so- 
mt  à  DOS  jrenz  des  fautes  énormes.  Au 
It.si  les  fausses  religions  produisent  peu 
rerlus,  elles  emplcbenl  beaucoup  de 
mes,  parce  qu'elles  reconnaissent  toutes 
cloi  morale  plus  ou  moins  séiére,  dont 
ilfT  est  toujours  la  sanction. 
Ifux  qnî  connaissant  la  vraie  religion. 
Une  les  memt>res  des  différentes  sectes 
étienoes.  Tirent  néanmoins  pour  la  pln- 
IdaDS  la  twnoe  foi.  Jusqu'A  l'heure  du 
ur,  l>ieu  permet  que  .des  préjugés  enra- 
b,  de  vieilles  calomnies  les  tiennent 
•gnés  de  noos,  et  les  empêchent  d'appro- 
lir  la  vérité. 

es  péebenrs  catholiqnes,  à  cause  des 
les  et  des  lumières  plus  grandes  dont 
•DOt  iÏBTOrisés,  subiront  sans  doute  un 
bnesit  plus  rigoureux  que  les  auires 
•uTës  ;  mais  de  lent  de  sacrtiments  re- 
1  il  est  difficile  de  supposer  que  pas  un 
r»it  été  d'une  manière  utile,  et  que  le 
fmbio  ne  se  troure  ainsi  déchargé  des 
pBîlés  d'une  partie  de  sa  vie  ;  la  Provi- 
ee  sait  toujours  préparer  quelque  heure 
cable  à  la  grfice,  un  revers,  une  maladie, 
tort  d'une  personne  chérie,  que  dis-je  7 
itiélé,  le  d^;oàt  qui  snit  la  jouissance. 
le  péchenr  converti  momentanément 
Dber  dans  ses  anciens  crimes  et  j  mou- 
son  rtttour  passager  h  la  vertu  serait 
m  un  grand  bien  pour  lui  ;  car  il  n'aura 
f  à  reodrt)  compte  des  années  écoulées 
a'au  jour  Je  sa  rechute. 


APOLOGETIQUE.  ETE  »» 

Dn  péeheur  est  snipris  par  la  mort  dans 
l'acte  au  crime  ;  c'est  un  châtiment  épouvan  - 
table  rendu  nécessaire  par  la  malice  des 
hommes,  qu'il  faut  de  temps  en  temps  rsp- 
peler  aux  pensées  de  la  foi  par  ces  grands 
coups  de  la  justice  divine.  Cependant  on  ne 
peni  dire  que  la  raiséricorde  n  ait  ici  aucune 
part;  qui  sait  si  la  main  de  Dîen  ne  frapiw 
pas  de  préférence  celui  qu'une  vie  plus 
longue  aurait  rendu  plus  coupable,  et  qui 
n'aurait  vieilli  que  pour  multiplier  ses 
crimes  T 

Après  nn  long  abus  de  la  grâce.  Dieu  laisse 
tomber  un  mituvais  chrétien  dans  l'endur- 
cissement ;  c'est  encore  un  châtiment  terrible 
et  une  leçon  nécessaire  aux  autres  hommes, 
qui  ont  besoin  de  voir  par  des  eiemples  ir- 
récusables jusqu'oil  peut  conduira  l'oubli 
des  lois  de  la  rehgion.  La  hommes  jotioHi- 
naira  et  lu  trompeur»,  dit  le  Psalmiste,  n'ae- 
eoiimtirontpialamoilii(lelei^attmnies{lÂ9), 
et  i  expérience  a  prouvé  la  vérité  de  ses  pa- 
roles. Lorsque,  pour  l'intârèl  commun.  Dieu 
n'arrête  point  le  cours  des  iniquités  d'nn 
réprouvé  en  retranchant  an  nombre  de  ses 
jours,  il  atténue  au  moins  ses  torts  par  la 
soustraction  des  grAces  dont  l'abus  lui  au- 
rait préparé  un  plus  rigoureux  châtiment. 

Nous  sommes  obligés  de  nous  borner  k 
des  réQtixions  générales  ;  s'il  nous  était  donné 
de  pénétrer  le  secret  des  destinées  particu- 
lières, qne  de  mystères  d'amour  nous  dé- 
couvririons dans  la  coitdnite  dA  la  Provi- 
dence sur  les  plus  grands  pécheurs  I  Que  de 
pensées  de  cnmes  éloignées  1  Combien  de 
tentations  prévenues  1  Combieu  d'occasions 
dangereuses  écartées  I  Los  réprouvés  ont  un 
ange  gardien  comme  les  élus,  et  certes,  il 
faut  croire  qu'il  remplit  fidèlement  sa  mis- 
sion, et  en  déloumani  du  péché,  el  en  exci- 
tant  â  des  actes  de  vertu. 

Dieu  fait  bien  tout  ce  qu'il  fait;  le  vil 
insecte  est  on  chef-d'œuvre  dans  sen  genre 
comme  le  plus  bel  astre  dn  firmament.  Si  la 
Providencu  veille  d'une  manière  spéciale 
sur  la  destinée  des  réprouvés,  comme  nons 
le  disons  et  comme  il  n'est  pas  permis  d'en 
douter.è  peine  avons-nous  pu  donner  un  bi- 
ble aperçu  des  merveilleux  moyens  qu'elle 
emploie  pour  préparer  une  sentence  moins 
dure  aux  plus  criminels  des  hommes. 

Est-ce  tout?  Le  pécheur,  une  fois  entré 
ddDS  l'éternité, n'a-l-il  plosi  atteudre  de  son 
Juge  qu'une  rigueur  inStsibleT  La  foi  nous 
défenâ-ella  de  penser  que  Jésus-Chrislsdou- 
cira  un  peu  la  sévérité  de  la  sentence,  qu'il 
retranchera  quelque  diose  au  châtiment  mé- 
rité? Nullement,  car  l'opiaioa  que  Dieu  ré- 
compense au-dessus  el  punit  an-dessous  du 


mérite  esl  commune  parmi  nos  ihéoloRiens, 
et  elle  semble  être  clairement  exprimes  ^r 
une  magnifique  parole  de  saint  Jean  :  Oieu 

I.    Di»    j:i  Z^  _.fi.i: JL ji:...     -   ^.au.^ 


ir  Pire,  dit  ce  sublime  évangélitte,  a  domU 
d  êo»  jUt  te  pouvoir  de  Juger  ttt  AaauMs, 
parce  qu'il  at  lui-mime  FiUde  f  homme  (ISSI^. 
N'est-ce  pas  comme  s'il  disait  :  >  Le  Pèro 

(ISM)  JffM.  V,  «. 


«s 


KTR 


DKTIOKNAIRE  APOLOCeTIQUE. 


commun  obligé  de  panir  les  coupables,  a 
voulu  user  d'indulgence  h  leur  égard  autant 
que  possible  ;  c'est  pourquoi  il  leur  n  dortué 
fioiir  juge,  uti  ami,  un  frère,  un  Sauveurl  » 
Qu'on  nous  (iiso  ce  qu'il  pouvait  de  plus 
(1251).  Votf.  KîtFE». 

ETEfiI<jlTf£,  ETOILE,  etc.  Yoy.  col.  8Vâ. 

ETimS,  COHUIINT    un    BOUT    E?)   DfEU.  — 

I.  Dieu  éldnt  l'Être  simple,  ee  qui  ett,  -tout 
GO  nui  est;  j'élre  des  crékturpa  ne  peut  6tre 
quelque  chose  d'aiouté  à  l'Être  divin,  de 
distinct,  en  tant  qu'être,  de  l'^ître  divin,  de 
aorte  que  t'ËJre  do  Dieu  augmenté  dR  l'élre 
des  créatures  soit  quelqu«  chose  de  plus 
qu«  l'être  de  Dieu  prifi  tout  seul  :  «ar si  cela 
etoil.  Dieu  se  serait  ni  l'être,  ni  infini. 
Après  1«  créntion,  il  u'jr  a  donc  pas  plus 
d'élrc ,  pim  enli»  ,  coiume  K'eiprioicrciit 
i'école,  mais  plus  d'êtres,  plura  mtia,  plu- 
ro  Jiabauia  m>.  L'être  des  rj-éalures  oe 
peut  donc  Être  qu'une  participatton,  qu'une 
GODuntinicationi  qu'une  -co-possension  de 
râtr«  (le  Dieu, quelque  chose  que  la  créa- 
ture jMissède  avec  Dieu,  mais  d'une  ouaière 
différente.  Elle  particJpA  à  l'Etre  dans  des 
limites fiaies;  dansDieu.il  est  sans  liHiites; 
etJe  n'est  pâs  Dieu,  mais  dte  perlieipe  de 
Dieu,  elle  a  son  être  en  Dieu  :  7n  ipio 
«nùn  «tviintM,  et  movtamr  et  atuntif.  tJnui 
Dma  l'attr  ex  quo  omiua,  et  fut  in  Uluntm 
Ella  eat  comme  tiae  autre  manière  d'être 
de  l'Etre  divin,  ipiiut  çmuM  raqua.  Son 
Aire,  eu  laiil  qu'il  est  limité,  qu'jtasttel  ou 
iel ,  «st  pro>prepieDt  son  6tre,  BlDstraciion 
laite  des  limites,  de-la  taliU,  c'est  t'étrefle 
Dieu.  Ainsi  s'exprime  saint  Augustin  (1S&2)  : 
aSonum  hoc,  boiiun  iiiud;io\lttkooi!\Utuil, 
et  vide  ipinm  banum  si  potes,  non  aliu  botio 
bonum,  sed  bonuin  omnit  boni.  >  Ecoutons 
aussi  l«  cardinal  Gerdil  :  ■  Il  n'y  a  uu'i  ren- 
trer en  soi-même ,  et  consulter  l'idée  de 
Dieu,  ou  de  l'Etre  sans  reslrictioa  ,  pour 
éh<9  pleinement  coovaiocu  que  l'Etre  sans 
restriction,  celui  qui  est,  doit  coni}irendpe 
toute  réalité  k  laquelle  oe  nom  d'être  peat 
s'étendre  ;  car  e'iJ  y  avait  quelque  réalité 
liora4e  DIhu  ,  oai  ne  Eût  pas  dans  Dieu,  il 
est  évident  que  Dieu  ne  serait  pas  la  pténi- 
iDdede  l'Etre;  iJ  serait  une  tellesorle  d'Etre, 
et  non  l'Elte  même.  Or  la  réalité  des  6tres 
tinis  ne  peut  pas  être  formol icment  en  Dieu 
telle  qu'elle  estdaos  les  êtres  finis,  c'est-à- 
dire  accompa^éede  défauts «(  de  négations, 
L'Sf  es  Dieu,  il  n'y  a  certainement  aucuu  dé- 
faut,  aucune  négation  de  réalité,  puisque 
c'est  une  eontrodiclioa  que  dons  l'Etre  mê- 
me, il  y  ail  négation  de  l'Etre;  il  faut  ilonc 
qnelaréatilédasêtrestîoissetrouvEienDifiu, 
sans  défaut  et  isos  imperfections  (12&31.  * 

JL  tt  reourquons-Je  bien,  il  ne  suûil  p»s 
que  J'dirs  dei  créatures  suiléquivalemment 
en  Dieu,  comme  uacenliuie,  par  exemple,  se 
Iroare  éqnivalemmeot  et  plus  iffirfaîiedient 
ààa»  nos  oiàce  d'or;  il  faut  que  l'être  lui- 
mtme  (te  la  enéatura  «e  trouve  et  dons  la 
créature   el  doos  Dieu,  dans  la  créature 

(ISkI)  VetfM  la  Noie  lli  à  la  fin  du  voliinie. 
(ISn)  Lib.  De  Tri».,  cap.  S. 


avec  ses  liaiitos ,  ilnni  Bitu  sim  n^,. 
tes;  car  autrement, «ie  nrfan  qu'iu  ««. 
tiiBe  ajouté  à  Ispièea  d'or,  ta^ntik  n 
valeur  réelle,  l'être  des  créitaru  ifoutét 
l'être  de  Dieu  serait  pliisqua  l'^  u^\^ 
Dieu,  «e  qui  répBgoe  évideaneol.  Td  e» 
le  sens  d'uu  passage  remirquÉile  (leSutTei 
(125^)  :  e  Suppoaendum  est  «ealuraj àfii,. 
citer  posse  cousidprari  ;  une  nioilQ  kcud. 
dum  «sse  quod  habnU  i%  Dto,  fxd^iHiJai 
tue  Ht  formaliter  m  ipto  Dto,  el  niionr 
îilius  creaTura  dfciJur  esse  eminrnki  m 
DbO,  et  hoc  tuodo,  cruNlura  iu  Dec  log  m 
crentura,  sed  ipsaimt  creilrJi  «semii,, 
juila.illud  loanais  :Oiiodfactmna,ttifii 
*ila M-ai ;  aHent  moilo ,  sociuidua  im^n 
eâsenlids  eorum  .  .oognosoeudo  wa  skt 
perfedionem  quoni  babent  in  IKii,  w 
eliam  gêtamiabenlvet  pOMiunt  habeta*. 
OMB  ùnperfeetiona  «JmtttoM,  iien» 
iiotilaiionie,  et  àittiiMUone  earumàmi.- 

Idl.  IJ  B«ût  de  ces  principes  \wiMi- 
blés,  que  l'être  descréalures  en  Uolifi'liK 
ne  Gfiirt  pas  du  néant  ;  oiir  il  a  toujours  »ulr 
dans  Dieu  qui  est  l'Etre  de  lomeil^t* 
tuces,  AoniHM  omnie  boni,  Ce:>iuiiwh 
néant,  ce  qui  de  non-uxistoot  (leiiciilm 
tant,  «'est  la  fiarlicifiatioD  è  i'Eirsàt 
liéua  le  degré  aâiwsBaine  pour  tontiiM 
telle  ou  telle  créature.  L'Etre  de  Dini 
patrtjcipable  h  tel  degré  :  voili  l'ordre  t 
pofistliies  :  l'Etre  de  Dieuest  (iirlicifrll 
degré  ;  vAilfa  l'ordre  des  eiisleaeei.(|i 
factum  eit,  tn  wao  vita  erat.  Cellevtrllii 
découle  de  l'idée  nièoke  de  rË(re,aei 
pas  |)fîu  h  BOuB  doioer  une  notioa  etitii 
leeréalion  et4e  aa  rnissibilité. 

IV.  Eciaircistoos  «que  nous  (toas 
sur  cette  malière  si  diflicile  etsiobsuurt 
elle-mécne,  h  l'aide  de  deux  cempunn 

Première  MmjMxraiêon.  ConsidËroot 
bloc  de  marbre  indéfini;  puisilinsM 
defiiartM-P  une  staJue  d'une  gramltanll 
minée.  L'élro  'le  .cette  statue  pariicif^ 
l'être  du  tiioc  de  marbre  ,  son  être  l« 
commua  avec  le  bloc  de  marbre;  i\ei 
être  en  tant  qu'il  est  terminé  )>ar  lellrb 
on  telle  tigure,  de  telles  dimeusioniii 
l'être  du  globe  de  marbre  en  tani  q<i1 
sans  limites.  OUe  statue  elfe  bloc  de  d 
Défont  pAS  plusque  le  bluc  de  tati^'* 
seul.  Le  bloc  de  marbre  nccontienlp» 
lemenl  équivalusnœeot  l'être  de  la  sun 
le  contient  réellemeiU  ,  nuls  d'une  i 
manière  :  aussi  pour  «cftier  la  alslUt,! 
il  pas  nécessaire  de  tirerdu  nëani  la  mi 
dont  elleesteoaposÂe,  il  suffit  dedod 
catle  matière  déjA  exislanle,  les  limiU 
contours  qui  séparaot  la  slstue  et  do 
de  marbre,  et  de  tous  lesaulressolidei 
quels  il  peut  donner  Daissaoca  par  li 
ticipation  soustelleou  leUa  forme  à  li 
stanee  indéfinie  dont  il  est  ronoé.CeUt 
paraieon ,  an  le  sent*  n'est  qo'uo  pn 
jtas  vxrs  le  vérité;  elle  est  fausse  eDtt 
que  l'être  de  la  atatoeest  «oc  ffortiosl 


(1254)  De  Oeo,  lib.  u,  < 


EÏH 


DtCTlONNilRE 


lUwJemttbre,  tandis  (jtie  l'^lrs  de  la 
Mure,  ni;  peut  èlre  une  (lorlioii  fltHode 
tniitia. 

V.OiuièM  towtparaiion.Vn  rotgouver' 
AmuImb'  TOjtufae  ely  escrçail  tquit} 
tailé  i  il  éUil  ï  ta  fois  gândrnl  il'arinéo, 
(jtl,  nuire  )  jugf,  elc,  ou  r<I»UM  îl  n'y 
HIeDccriBUVun  général ,  flueun  préfet, 
na  iuire,  Bocan  juçe  ;  ei  ee  n'itst  pas 
tlmlorilé  quicoastilua  et  ttistiogunle 
éil,  le  préfet,  utc.,De  fût  déjft  ;  elle  était 
15  l'iuiorité  du  rei ,  qui  en  contenait 
Mii'éalité,  EBflia  elle  y  éUilssos  cette 
mIiU,  uns  ces  limite»  absoltHBent  ia- 
(Httlfles pour  distinguer  le  f;énéral  du 
titfrélei,  du  juge,  ctc  tlB  jour  i4  plnl 
jwterija,  par  un  usage  libre  de  sa  puis- 
tR,iiefiire  participer  à  son  autorité  un 
ihiii  Domine  du  ses  sujets,  en  coniitttueol 
.lasgéuéraui,  les  airlres  préfets,  ks  au- 
iiralrL'i,  elc.  Il  serait  faui  de  dire  qu'il 
mlori  ifaiis  le  FOyaumo  plue  d'autorité, 
tttfloTiiatii ;  il  y  eut  seutement  plus 
totilii,  il  y  Ail  eut  plus  aj^aiK  l'autorité, 
mytcnta  attçlarikiiam.  Rien  en  sllét 
bl  fiar  li  ajouta  h  l'autorité  du  poi  ; 
Beistuleoieiit  eutrèrent  avec  lui  eu 
IWDtioD.encO'possession  de  raulorilé; 
lilinelg  iwsséilërent  pas  delà  même 
|t(equelai.  Ainsi  l'autoritédu  géoéral 
TWeciiéda  roi  en  tant  qa»  liHHiâeau 
■mtoeDi  de  telle  année;  l'autorité 
Iriktut  l'aulorilé  du  roi  limitée  fc  l'ad- 
WHionde  tel  dépertemeat,  etc.  Otez 
mtaijai  séparent  ces  autorités  les 
itt'iauirts  et  da  l'autoritédu  roi  :<|a« 
nauDedevieniie  tout  le  départemeol, 
Mdf^riaiDent  deTienoetoulle  rojau* 
ilptlidniiQi9trati8Q»an  lieu  de  sebor- 
ihcj'nl ,  compreiiiie  l'administration 
pt,  judiciaire,  tic  ,  vous  retrouverez 
tiUduroi.  Et  remarquez  eocoraque 
ki'l^  du  général  ,  celle  du  préfet,  du 
itic.,  ue  sout  point  une  portion  f  uae 
liijijuoledâ  1  autorité  du  roi,  chacune 
IUL  Muleœent  l'autorité  du  roi  limitée 
VeouDiéru,  participée  h  tel  degré; 
ItKuit  rien  hors  de  l'autorité  du  roi, 
tttsenta*ee  elle,  etc. 
TOilà,  ie  crois,  la  comparaison  la  plus 
^  Il  plus  facile  que  l'on  puisse  appor* 
■  l'on  substitue  h  l'autorité  du  roi, 
iw  Dieu  ou  l'£tre  simple,  aux  autori- 
irlieflet  du  général,  du  préfet,  etc., 
»tn  êtres  qui  forment  la  création,  oa 
■K  sur  toutes  les  vérités  que  nous 
>  di'jà  établies,  sur  les  rapports  des 
toniiagenls  aTecl'Elre  nécessoira,  etc. 
itumparaison  diffère  de  la  vérité  en 
quil  s'agit  ici  da  la  communication, 
i^-fosseisioo  d'uB  être  simple,  mais 
■"tiuoral,  Tautoritédu  roi,  taodis  ()ua 
■)  criJaiioD,  on  considère  la  parlicipa- 
Mco-possession  d'un  être  simple  aussi, 
Watas  dans  la  uremière  comparaiaun, 
'"•  t'bf siqua,  J'Être  divin.  La  vérité  (o 
^  uiiu  une  espace  de  miliou  entre  les 
' ciinipitaisons ;  et  l'un  conçoit  que  (le 
"quuo  être  siai|ite,  murol,  l'nutorilé 


APOlXtCETIQUi:.  ETtl  fit» 

du  roi,  peut,  par  un  libre  exercice  de  sa 
puissance,  se  communiquer  ï  un  le]  degré, 
sjins  rien  perdre  de  ce  qui  le  constitue,  sans 
éprouver  Aucun  eliangement.de  ménx  l'être 
simple  et  tout-pnissanl  de  Dieu,  peut  appe- 
ler librement  uiin  multitude  de  créatdres  h 
posséderavee  lui,  mais  d'une  manière  rinici 
la  substance  illimitée  et  infinie  qui  est  son 
essence.  En  deux  mots  il  doit  y  avoir  nn« 
oomBHuiicaliou  sens  division,  sanseh&nge- 
ment  de  l'être  simple  pbysique,  euinnïe  il  y 
tt  une  comniuoicatioa  morale  de  l'Clrc  sini- 
[>le  et  abstrait. 

VI.  £n  partant  de  cette  seconde  contparai- 
son,onaufa  donc  une  idée  satlsfaisanlodes 
rapports  do  ta  créature  au  Créateur.  Il  y 
aura  loiq'ours  ici  mystère  en  ce  sens  ^ue  la 
nature  intime  del'Etresinjpla  et  infini  nous 
étant  toujours  inconnue,  nous  n«  compren- 
drons pas  encore  comment  il  se  eommarri- 
qne  sans  se  diviser;  eommcut  teut  inlîni 
qu'il  est,  il  existe,  si  ^  puis  m'exprimer 
ainsi,  d'unemanière  Bnie  dans  les  créatures. 
Les  réflexions  précédentes nousauront  seu- 
lement appris  que  cette  ootanHinieation  est 
possible  ,  qu'elle  existe  môme  dès  qu'il 
existe  des  êtres  contingents;  et  qu'il  ne  ré- 
pugne ims  plus  que  reira  infini  de  Dieu 
existe  d'une  manière  finie  dans  les  créatu- 
res, qu'il  Qe  répugne  que  l'autorité  du  roi, 
en  quelque  sorte  infinie  par  rapport  6  l'an- 
torilé  du  maire,  existe  dam  l'autorité  du 
maire  d'une  manière  finie. 

VU.  Scholi».  Les  idées  que  nous  venons 
d'énoncer,  sont  loin  de  conduire  au  spino- 
sisme  ou  an  panlbéisme;  elles  excluent  for- . 
melleraeut  ces  monstrueuses  erreurs ,  ellijs 
en  sont  la  véritable  réfutation  :  car  de  même 
qu'il  est  absurde  de  dire,  dans  la  seconio 
comparaison  dont  nous  nous  sommes  servi. 
Que  l'autorité  du  roi  n'est  que  la  somme, 
1  ensemble  des  autorités  des  généraux,  des 
préfets,  des  maires,  des  juges  de  son  royau- 
me, il  ne  serait  pas  moins  absurde  de  dire 
que  l'Etre  divin  n'est  que  l'ensemble,  la  réu- 
uiu»  des  êtres  de  toutes  les  créatures;  au 
contraire,  de  même  que  l'autorité  du  roi  est 
une  réalité  distincte  de  i'ensemble  des  au- 
torités qui  gouvernent  sous  lui,  réalité  né- 
cessaire, et  qui  a  précédé  ces  autorités  par- 
tielles, ^i  leur  a  donné  l'existence;  ainsi 
l'Etre  divin,  absolument  distinct  de  l'en- 
semble des  créalurc),  est  une  substance 
nécessaire,  infinie,  qui  a  précédé  toutes  les 
créatures  existantes;  et  les  créatures  n'exis- 
tent que  parce  que  l'Etre  divin  les  a  appelées 
à  la  participation  de  son  être.  En  un  mot 
les  créatures  étant,  dans  notre  manière  do 
voir,  des  participations  de  l'Etre  divin,  toat 
nécessairement  distinctes  de  lui,  et  rendent 
son  existence  nécessaire.  Comme  il  sérail 
absurde  de  dire,  que  dans  le  royaume  tout 
est  roi,  parce  que  les  géuéraux,  les  pré- 
fets, etc.,  participent  d'une  manière  finie  i 
l'ftutorilé  du  roi,  de  même  on  ne  pourrait 
sans  absurdité  prétendre  que  tout  dans  la 
nature  serait  Dieu,  parce  que  toutes  les 
créatures  participeraient  d'une  manière  finie 
h  l'Etre  de  Dieu  ;  et  aous  dévoua  dire  lu 


contraire  que,  comme  le  général,  le  pré- 
lelf  etc.,  au  soDl  pas  rois,  parce  qu'ils  ne 
partiGipenl  ^ue  d'une  tnsDîère  finie  à  l'au- 
lorilt^du  roi,  ainsi  dans  notre  système  les 
créatures  ne  seront  \uts  Dieu  précisément 
parce  qu'elle»  ne  participent  que  d'une  ma- 
nière fioie  i  l'Etre  de  Dieu  ;  on  pourra  dire 
seulement  que  Dieu  est  tout  Etre,  nomme 
on  affirme  que  toutes  les  autorités  partielles 
se  résoirent  dans  l'autorité  du  roi,  b  laquelle 
elles  empruntent  leur  réalité. 

VIII.  Coroilaire.  Ces  idées  semblent  jeter 
un  grand  jour  sur  toutes  les  questions  de  la 
philosophie  naturelle  et  de  (a  théologie; 
ainsi  par  exemple  elles  nous  font  compren- 
dre : 

1*  Comment  les  créatures  sont  &  Dieu, 
qui  exerce  sijr  sites  un  domaine  tellement 
essentiel,  qu'il  cesseraitd'étreDieu,  $i  elles 
cessaient  a'fitreà  lui  :  comme  unj-oi  cesse- 
rait d'élre  roi,  si  un  général,  un  préfet, 
cessaient  d'administrer  en  son  nom  et  se 
rendaient  indépendants. 

3*  Que  Dieu  doit  nécessairement  exiger 
de  tous  les  fiires  qu'ils  soient  rapportés  à  ss 
gloire,  et  en  particulier,  des  élres  raîsoona- 
Bles,  qu'ils  le  connaissent,  l'aiment  et  le 
serrent;  parce  que  l'Etre  divin,  qui  se  com- 
munique h  la  créature,  s'aime  essentietle- 
iiieot,  cherche  esseBliellemenl  sa  gloire. 

3*  L'énormité  du  péché  qui  préfère  une 
parlicipalioû  finie  de  l'Etre  dtvin  h  Dieu  lui- 
même,  qui  tourne  centre  Dieu  l'Etre  même 
de  Dieu,  qui  le  force  en  quelque  sorte  à  se 
hsïr.  Le  pécheur  n'est  pas  moins  coupable 
que  l'insensé  qui  préférerait  l'autorité  d'un 
maire  h  celle  du  roi,  ou  que  le  général  qui 
tournerait  contre  son  prince  I*BU[orité  dont 
celui-ci  l'aurait  revêtu.  On  pourrait  encore 
comparer  le  pécheur  à  un  enfant  qui,  devenu 
tout  h  coup  raisonnable  et  litire,  prendrait 
un  plaisir  farouche  à  déchirer  le  sein  qui  le 
]>orte  et  le  noorrit  de  sa  substance. 

k'  KDes  nous  apprennent  comment  Dieu 
est  dans  les  êtres  simplement  existants,  vit 
dans  les  êtres  vivants,  sent  dans  les  êtres 
doués  de  la  faculté  de  sentir,  comprend  dans 
les  élres  raisonnables,  par  une  communica- 
tion de  sou  Etre  vivant,  sentant,  intelli- 
gent, etc.;  comment  Dieu  est  tout  employé 
aux  usages  del'homme,  commeotil  travaille 
et  agit  dans  tout  pour  le  bonheur  de  ses 
créatures,  etc.;  que  lui  seul  est  puissant, 
bon,  savant,  etc.;  que  les  hommes  n'ont  ces 
qualités  reconmantiablea,  que  parce  qu'il 
est  en  eux  et  leur  communique  quelques 
parcellos  de  ses  perfections  infinies,  de  telle 
sorte  que  lui  seul  est  vraiment  digne  de 
notre  estime  et  de  notre  amour,  parce  que 
lui  seul  est,  et  que  le  reste  n'est  que  paf 
lui  et  en  lui.  La  comparaison  vient  encore 
Ici  h  notre  secours:  Dieu  est  un  roi  aimable 
et  sage,  qui  ne  multiplie  ses  représentants 
en  leur  communiquant  son  autorité,  que 
pour  s'offrir  sous  diverses  fo^me^nul  hom* 
luagesetb  l'amour  de  ses  sujets,  veiller  dans 
Ivs  plus  petits  détails  à  leurs  intérêts,  el  se 

(lîSB) /(.<w.  VI,  S4  el  sniv. 


l>KT10NNAmG  APOLOGETIQUB. 

dépenser  entièrement   poor  leur  t 


5*  Elles  font  ressortir  d'une  oinlèrt  fnn! 
pante  la  folie  de  la  créature  qui  te  complii- 
rait  en  elle-même  en  tant  que  eréilure,ti 
qui  ne  mettrait  pas  toute  sa  gloire  dini  li 
participation  de  l'Etre  divin  :  se  complaire 
en  elle-même  autant  que  créature,  wriii 

Sour  elle  se  réjouir  de  ce  qu'elle  ett  impit- 
lite,  limitée,  etc.,  c'est-Mire  de  m  qu'elle 
n'est  rien.  Elleressomblersilïnnmiinqiii 
se  glorifierait,  non  de  ce  qu'il  participe  t 
l'autorité  du  roi,  nuis  de  ce  que  sonigm- 
rHé  est  limitée^  l'administration  d'une  cooi- 
mune,  etc.  On  voit  aussi  par  Ik  le  crime  dt 
ceux  qui  attribuent  h  leur  propre  mtiijn- 
dénendamment  de  Dieu,  le  bien  que  Diit 
opère  en  elles  et  par  elles,  etc.,  etc. 

6*  Enlln  elles  rendraient  plut  éfUnle 
encore  cette  vérité  que  Dieu  n'esl  pu  ru- 
leur  du  ma),  qu'il  n  est  (mi  plus  rvipt» 
ble  du  péché  de  ss  créature,  qu'un  mi'nt 
responsable  des  abus  d'autorité  de  caiiqti 
le  représentent,  abus  qui  suivent  nkim- 
roment  de  ce  qu'il  partage  son  sutoriiËntt 
des  êtres  libres  et  impatfsils,  abusqn'ilù'til 
pas  tenu  d'empêcher,  qui  ne  le  fomoliv 
a  conserver  pour  lui  seul  l'autoritâ,  sauh 
communiquera  qui  que  ce  soit,  alHis  qijl 
lui  sulDt  de  réprimer  en  les  ntiniuiuipi 
des  châtiment»  proportionnés  a  leur  gnnli( 

EUCHARISTIE  (du  grec  Eâ^B^'ir»,  »lù] 
de  grdcei),  mystère  ou  sacrement  de  li  l| 
nouvelle,  par  lequel   les   Chrétiens  rtDiJ4 
gr&ces  à  Dieu,  par  Jésus-Christ,  dubieiw 
de  la  rédemption;  appelé  aussi  eofflnwii^ 
parce  que  c-'est  le  lien  d'unité  deifriil) 
entre  eux  et  avec  Jésus-Christ.  —  Cuifi 
excellence  et  sans  réserre  le  sacremeoi  I 
l'amour  ;  ce  qui  faisait  faire  à  Anne  il<G' 
zague  celle  belle  réElexion    jostemeiil 
mirée  par  Bossuet  :  «  Depuis  qu'il  i  H 
Dieu  de  me  mettre  dans  le  cœur  t)i:e 
amour  est  la  cause  de  tout  ce  que  u 
croyons,  cette  réponse  me  persuade  plu)' 
tous  les  livres.  ■  Uais  pour  croire  i  rtiw  : 
i)  faut  lé  partager;  ce  n'est  qu'i  l'aiQ"' 
juger  l'amour,  selon  cette  belle  paroli 
disciple  bien-aimé  :  Celui  qui  n'oint} 
ne  connatt  point  Ùitu,  car  Dieu  est  anM 

Ecoutez  Jésus-Christ  nous  con&inl 
derniers  secrets  du  sa  charité  pour . 
consumer  arec  elle  dans  un  divin  eoi 
sèment:  £n  vérité  jt  von$  le  dit," 
ne  mangez  ta  chair  du  Fi'/a  de  ["Bomni 
voue  ne  buves  10*  eang ,  voue  n'aure:  | 
la  via  en  voue.  Celui  qui  tnangt  ma  cM 
qui  boit  man  tang  a  ta  vie  étemelli,  ''; 
reifHMtlerai  à  ta  fin  det  joure;  car  «a  i 
ett  vérilabtemenl  une  nourriture  et  moi 
Ml  véritablement  im  breuvage.  Celui  qui» 
ma  chair  et  qui  boit  mon  tang  dtmeiirt  tt 
tt  moi  en  tut  [125B).  Voilk  la  mot  siil< 
de  notre  communion  arec  le  Fils  de  I 
devenu  le  Fils  de  l'Homme.  Ce  mot  <A 
digieux,  il  acrable  ta.  p«Rsée  d'une  lu< 
qui  l'effraye,  comme  ces  coai<s  de  w 
qqjpn  enteod  k  l'imprOTide  sur  le  soir.i 


bdBJDur.Cweiidanl  ae  perdons  pas  eoursK* 
tl  ilebon*  d  eoleodre  celle  élrange  ïuTDièra 
qaHeraiaei  l'borizon  le  Kjcle   de  la  16- 


■  M  liTfT  qol  l*ittecnie  ;  J^MiMlirisl.  tojer 
MiiieMateUe  ennoof.  —  Corps  niritnel de 


Il  m  suppose  an  foyer  permanent 
qsi  tl  eonlim  et  d'où  elle  se  répand  daos 
InHns  préptrés  )tour  la  receroir.  Eo  Dieu, 
.it>}tr  de  la  vie  est  la  subsUoce  divine 
t'jf^éoe,  éjpleiDent  comniune  aai  trois 
VfnnBOts  ifui  coroposeni  par  leur  distiuc- 
iKAttWwiDdivisibililé  le  nijslèrede  l'iu- 
fai.Sjiurunirers,  le  fojer  de  la  vie  est  le 
Tuifieùi  delà  nature,  océaa  sans  tKtrnes 
'ii,l^tt,  où  sont  plorigés  les  mondes  aussi 
lia  que  les  vermisseaux  ,  et  qui  donne  è 
uran,  si  grand  ou  si  petit  qu  il  soit,  son 
tio Jeefcaaue  jour  (1256).  Daus  l'humanité, 
i  (lier  de  la  rie  est,  quant  au  corfu,  le  soi 
carpe  p^rcfMqne^uple,  et  quant  k  l'es' 
ntilidoclriiiB  qui  prévaut  dans  leur  eu I- 
kf  et  leur  tradition.  Ainsi  en  est-il  h  tous 
titfféi  où  se  manifeste  la  vie  :  nulle  part 
u  ne  rencontrerez  un  Cire  vivant  sans  un 
fheaqai  l'mioure,  jmur  me  servir  de  l'ex- 
biion  scîeiitiQque,  et  où  il  puise  avec  le 
lacipe  de  son  existence  le  mojw  de  sa 
ipélaité.Or.  par  une  seconde  lotgéaérale, 
ne  est  looiours  proportionnée  au  fiiyer 
f^fe  s'alimeate  :  changez  le  foyer,  vous 


ArOliOCETIQUE.  EUC  tSS 

changerez  la  vie,  et  réefproqoeinent,  si  rons 
voulez  changer  la  vie,  il  voua  faudra  ehan- 

5er  le  foyer.  De  Ik  vient  l'importance  qae 
I  médecine  et  ta  morale  allachenl  aussi  bien 
l'une  que  l'autre  ,  h  la  nalore  des  relations  : 
l'une  vous  ordonne  de  quitter  un  ciel  trr>p 
rigoarCBX  potir  vos  organes,  l'autre  du  quil* 
ter  une  société  dangereuse  pour  Tolre  es* 
prit. 

Donc  Jésus-Christ,  le  ré)>araleur  univer- 
sel de  l'humanité  déchue,  ne  devail  pas  se 
contenter  de  prendre  notre  chaire!  de  mou- 
rir, en  |>assaol,  pour  nous,  ni  même  de  nous 
communiquer  d  eu  haut  le  germe  d'une  nou- 
velle vie  :  auteur  de  cette  vie  par  son  incar- 
nation, il  était  naturel  qu'il  en  fût  le  foyer, 
et  que  la  chair  qn'il  avait  prise ,  il  la  gardât 

Pour  nous  la  aonner  tout  imprégnée  de 
esprit  divin,  comme  on  présente  au  malade 
une  substance  vile  et  incafiable  de  guérir 
par  elle-même,  mais  qui  a  élé)ilongéedans 
un  baume  énergiaue  et  vivilîcateur.  C'est 
pourquoi  voyant  l'incrédulité  de  quelques- 
uns  Je  ses  disciples  au  sujet  de  celte  manne 
surnaturelle,  il  leur  disait  :Cett  l'etprilqai 
vivifie,  ta  ehairne  itrt  de  rien  {1257J.  C'est- 
à  dire,  ue  croyez  pas  t^ue  c'est  mon  corps, 
eu  tant  que  corps,  qui  vous  transfigurera, 
mais  l'esprit  divin  qui  habite  en  lui  pour 
jamais. 

Cependant  vons  ne  laissez  pas  dfl  murmu- 
rer nu  dedansde  vous,  à  l'exemple  des  Juifs  : 
Comment  eelui-ti  nom  donnera-t-it  ta  chair  à 
maHger[l^)  7  Tant  l'intelligence  humaine 
résiste  aux  choses,  dàs  qu'elles  prennent 


iX}  t  Toalea  les  cr£aiares  lendeui  à  se  prrfee- 
■f,  cdb  Teut  être  i  passer  d'une  vie  nioiui 
ue  â  KM  vie  piM  parfaite;  mais  iJ  faut  pour 
fi'dies  perdenl  leur  vie  propre.  Ainsi,  les 
(laorpniqim,..  en  ilereiiani  ta  nourrilure  des 
I  Mfasiqoes,  pcrdeiH  leur  vie  propre  pour 
ke  celle  de  l'être  qui  se  les  assimile  ;  le  rteé- 
tiM  toer,  esc  abswlié  par  l'aniaul  qnilui 
■uqee  sa  vie  eu  le  iraïuTonDant  dans  sa  sut>- 

■  :  te  tégétal,  t'aoiaal,  toas  les  règnes  sent 
ka  par  l'bomnM  qai,  en  te  tes  issimilaM, 
i^MflnïqNe  sa  vie.  Dieu  enfin  attire  t'homnie 
le  rasûmile  et  loi  comniBnique  sa  vie  divine 
mortelle...  En  possédant  l'Iionime,  Dieu  pos- 

■  piênitede  ilesexeuTres....  Or  c'est  dans 
■viiLe  que  Dieu  change  ainsi  l'IioniiiM  en 
lae  et  ramené'  ruainn  à  l'unité.  •  (Gagu, 
Léeptném.,  t.  IV,  p.  ÏSO.} 

>7|  Jo»M.  TI,  64. 

«I  Jm«.  ti.  53. 

t  locviion,  WÊOxgtr  la  ektàr  d'mmt  penonne, 
'■os  la  laitue  sataie,  une  signilicaiiDn  très- 
■we  qttsaJ  on  l*einplo;aît  dans  un  sens  sym- 
t-  Elle  signifiail  toujours  :  faire  par  pensée 
Mlio3,  niais  snrioul  par  la  calomnie,  une 
i*j«re  i  quelqu'un  (u).  U  en  eu  encnre  de 


1  Terre  Sziaie  (t),  circonsiaiice  I 


digue 


d'altmtion,  puisqu'il  est  rec^innu  par  tous  les  tioui- 
mes  compél«nts  que  les  écrits,  les  bal)itu>les  et 
même  les  sentiments  de  ce  peuple  sont  le  mojeii 
le  plus  sûr  d'expliquer  la  Sainte  Ecriture.  Je  ferai 
la  mime  remarque  sur  le  sjro-clialdéen,  tai)K"C 
que  priait  Notre- Seigneur  (c).  Il  est  donc  évident 
que  si  les  expiessions  dont  il  s'aait  out  été  quel- 
quefois prises  dans  un  sens  mé(a[iliori^ue,  ce  que 
nous  n'avons  aucun  intérêt  ï  nier,  Liea  au  con- 
traire, —  elles  Tont  teujoim  été  dans  une  signifi- 
(ation  qni  n'a  pas  le  moindre  rapport  avec  la  loi. 
D'ailleurs,  quand  même  on  parviendrait  à  les  espli- 

![iier  de  ceite  façon,  ou  ne  se  déturrasserait  pas 
acilemenl  de  ces  mots  remarquatilcs  —  ioirt  ton 
hh;. Comment  le  Sauveur  aurail^IpuemptoTerune 
inreille  figure  s'il  n'avait  voulu  se  servir  que  d'une 
simple  métaphore,  lui  qui, savait  que  laclionde 
boire  du  sang  était  intûdite  aux  Juifs  sous  les 
peines  les  plus  sévères  (4)  î  Quant  à  manger  de  la 
chair  humaine  ou  à  boire  du  sang  humain,  il  n'en 
est  jamais  parlé  dans  les  livres  saints  que  comme 
de.u  plus  aSreuse  matédîcAon  dont  Uicu  paisse 
Trappe r  ses  ennemis  (e). 

Aussi  les  Juifs  ne  se  trorapèreiit-ils  pas  sur  le 
sens  des  paroles  du  Seigneur.  C'est  un  avantage 
peucommun  que  de  savoir  en  pareil  cas  l'impres- 
kion  qu'un  discours  produisit  sur  ceux  qui  fentea- 
djreat.  Qui  pourrait  se  vanter  maintenaiu  d'avoir 


tj.F^.  nn,  SL  — Ja*,iu.22.  —  ltk*.M,  S. 

9t  eeoae  tMvmwoA  les  teiiea  du  Knan.Mrs  un, 
Kmn.  —  Ea.  ffiwAsiB,  etHl.  Schuliens,  d*  IW. 
■a.  éiM  ScftMltees.  CMMtnl.  m  Ji*.  p.  480.  — 
^'ide  rV^^wMdam  l'AnlAofMi*  dr  ' 
■ — tic  vtét,  lu.  - 


cilé  diBS  SiauLTBia,  m  Ji 

^'.    ' 

U}  CWmd*,  ThmaMn.  ,. .      . 

MrewetckatdM,  1.  l.faM.  1,  p.  »1.-Jm,i 

•TMMmewii  rikaMco-nriactf  Iûmic,  p.  t73. 

{d)  GA.,  n.  t.  —  I^M.  xy»,  M.  -  Jwtilk.  u.  I»,  1 1 

(<)  Stf.  XI,  T.  —  /(FMh.iO,  8,  L  —  ifKaf.  xti*  6. 


•»  ÊDC  ncnOHNAlRE  AHHXWËTIQIIE.  EW  s, 

dMf  leor  «ftplieatioa  une   fenna  goe  lei  la  lumièreet  è  laebateuritepéiiilrerinuhii 

jeux  a'ont  pas  coulumede  voir  (l3&S].VoDS  profond  de  To(re  vis  pour  (s  touttnir  ;  q, 

ne  Toaa  étotinez  p»  de  respirer  Vair  par  lot  mystères  i)ar  où  votre  tin  se  mtl  m  relt- 

lèvrea,  d'oùilposaedaos  tos  entrailles  pour  tion  avec  rimioeiiie  foyer  de  la  DilQreelT 

y  transformer  voire  taog;  TOUS  permettez  à  puise  le  miracle  de  u  subsislanca,  kw} 

mieux  uiû  lo  mus  du  dÏMoars  de  iésoM  ipM  set 
propret  auditeor»!  i  Conment,  dirent  les  Juif»,  ce^ 
lui-ci  peuMl  doui  donner  sa  ctiair  â  nianger?!  Ur, 
iiue<levaii  (aire  le  Saureor  voyaDKjD'ilsiitiieiidaient 
mal  sa  docirine?  Les  avertir  ((u'itt  avaient  tort  de  la 
prendre  dans  le  sens  liuérsl  cl  faire  disparaître 
ainsi  un  préju^^  qui  les  écartait  de  b  voie  du  ciel. 
ToMeeas  qni  cnaDaitsent  sa  cbaritéet  son  lèie 
poor  le  salni  des  Ames,  ne  peovent  donier  de  son 
empressement  â  nootrer  k  ses  agditeurs  qu'ils  se 
iroauMientgrosiiérement  sur  la  siiuittcation  de  ses 
paroles.  Nous  u'eu  sommes  pas  d'ailleurs  réduits 
sur  ce  point  à  des  conjectures.  En  lisant  atienti' 
vemeni  l'Eraugile,  oa  voit  que  le  Sauveur,  quaiid 
il  s'éléTc  une  objection  contre  ses  enseignements, 
soit  parce  qu'on  ■  prit  h  la  lettre  ce  qu'il  disait  au 


tignré,  sait  pour  toute  autre  raison,  a  toujours 
d  avenir  ses  auditeurs  cl  de  leur  lalre  comprendre 
xa  véritable  pensée  (a).  U  e£t  aussi  fort  oi^ne  de 
rvnurque  que  louies  les  fois  qu'il  s'exprimait  dans 
le  sens  littéral  cl  que  l'on  attaquait  la  doctrine  qu'il 
proposait,  il  répétait  les  paroles  mêmes  nui  avaient 
été  un  objet  de  scandale  (b).  Or,  daba  le  cas  dont 
il  s'agit,  au  Ken  de  faire  enlendre  que  ses  expres- 
sions SOHI  figurées,  il  conllrrae  son  assertion  en 
«nplojniit  l'alUriHation  la  plus  ûgnificaliTe  :  ■  En 
vérité,  en  vérité,  je  vous  le  dis  :  Si  vous  ne  mar- 
ées la  cbair  du  Fils  de  l'homne  et  utt  buvez  son 
•ang,  vous  n'aurez  poii|l  la  vie  en  vous.  »  Dira-ton 
qu'il  ne  s'agissait  pas  d'un  dogme  important,  et 
que  le  Clirist  pouvait  sans  iucouvénleut  laisser  tes 
auditeurs  daus  leur  erreur?  Celte  ressource  fait 
encore  défaut  à  nos  adversaires.  Il  est  en  eflet  ques- 
tion d'un  préceple  tellement  grave,  d'après  les  pa- 
roles mêmes  du  divin  Uallre,  <{ue  la  vie  éternelle 
en  dépend.  Or,  est-il  possible  d'admeiire  que  le 
Bédempteur,  pour  promulguer  une  loi  aussi  im- 
portante, K  soit  servi  d'expressious  figui-ées,  con- 
traires à  toutes  les  babitudes  du  langage  reçuT 
Lorsqu'il  enseigne  la  nécessité  du  baptême,  il  s'ex- 
plique absolument  de  la  même  façon  que  lorsqu'il 
fait  à  tous  les  Chrétiens  une  obligation  de  recevoir 
sou  corps  et  son  sang. 

Sans  parler  de  heaucoup  d'autres  raisons  qui 
aclièveraleni  de  montrer  nue  Hnlerp relation  litté- 
rale esl  la  seule  admissible,  Je  me  conienicrai  de 
taire  remarquer  la  conduite  du  Sauveur  à  l'égard 
de  ses  disciples  qui  se  scandalisent  de  b  doctrine 
qu'il  vient  de  leur  annoncer,  t  Celle  parole  est 
uure,  disen[>ils,  et  qui  la  peut  écouler  ?  i  Ces  bom- 
mes  .eussent- ils  parlé  ainsi  s'ils  aviiient  uru  qu'il  ne 
s'agit  que  de  la  foi  en  lui?  Ne  l'avaient-ils  pas  re- 
i:oiinu comme  l'envoyé  de  Dieu?  Or,  quelle  est  dans 
une  circonstance  si  grave  la  conduite  deJesus?  i)it- 
11  un  seul  mol  pour  relen.r  &es  disciples,  pour  les 
empéclier  de  se  perdre  en  abaiidunnaoi  le  Fils  de 
Dieu  !  Il  ne  leur  donne  pas  la  moindre  explication, 
et  il  les  laisse  daus  une  erreur  qui  eût  été  véntable- 
meut  invincible,  si,  comme  on  le  snppose,  il  avait 
voulu  parler  dans  un  sens  méiapboiique.Uais  com- 
parons &  la  conduite  des  disciples  iucrcJules  celle 
des  douze  apôtres.  Jésus  leur  demande  s'ils  ne  sont 
pas  aussi  décides  i  le  quitter;  Pierre  dit  au  nom  de 
ses  collègues  ;  <  Seigneur,  à  qui  irons-nous?  Vous 
avex  les  paroles  de  la  vie  éteruelle.  >  N'esl-ce  pu 
comme  sUls  avaient  répondu  :  ■  Vous  seul  connais- 
Hi  iM  mjtléres  du  ciel;  il  ne  nous  appartient  pa! 

la)  jrsidi.xni  Jeen.  >■,  vm. 

m  ll«ik.n;  Joon.  vw. 

(«)  C'est  ttypcitale  placée  «aire  ses  deoi  «170^ 


d'opposer  à  vos  paroles  les  luBÙèrei  de  MltcbiHe 
intelligence.  C'est  i  vous  de  parler,  à  mu  fttét 
avec  une  foi  humble  et  docile.  Le  Cbriït,  kfisét 
Dieu  vivant  ne  peut  jamais  induire  sa  ditcipta  a 
erreur.  >  Faut-il  donc  être  wrpii  ^at  Sidm- 
Pierre  el  les  autres  apôtres  aieni  écoulé  leur  uiirt 
dans  un  silence  respectueux  lorsqu'il  pToiMD^Iti  1 
proies  solennelles  par  lesquelles  il  In^liiai  le  u- 
crement  de  l'Encbanslie  ?  lia  savaient  qac  k  leM 
donueraît  à  ses  disciples  une  noarritoK  msxt 
leuse;  Jésus  leur  avait  dit  ii  CapernaûaïqKMt 
Doarriiare  serait  sa  cbair  et  son  saug,  amam 
pouvaieiil-tb  donc  s'élonncr  de  levwrtuauiB 

fromesse  au  moment  où  U  allait  remanier  icnM 
ère! 
.    (IS59)  Singulière   préoccupation  delirwb- 
maiiie!  Le  prolesiant  argnederinipoSiiljlliriiiM 
la  pr^wirce  rielU,  et  déjà  il  croit  ï  l'nicinnn,! 
la  résurrection  et  à  Téial  gltirieits  du  eorp  kk- 
Sus-Cbiist;  commesisa  comprébension  HinitH 
été  épuisée  dans  ces  divers  sujets,  ets'illina[<>- 
lait  eucore  de  quoi  mesurer  le  deraicr  qt'oil* 
propose.  —  Le  déiste    n'est    pas  ami  iMw 
quenl  :  car  en6n  le  mystère  de  la  crémioa  dout 
Stances  dépasse  de  beaucoup,  ce  semble, celui dcii 
iTanuuéiiantialioa,  et,  sans  la   créfiioD,  It  \b» 
d'un  Dieu  s'évanouii  avec  son  inDiilté  defanllii'^ 
éternité  de  la  matière.  Le  déiste,  sans  piritr  te 
autres  couditions  de   l'Etre  souvenin,  «t  tot 
obligé  de  dévora-,  dans  la  simple  «rajaauea^ 
et  d  un  seul  coup,  autant  ou  ptua  de  mpùm^ 
tout  le  ciiristianisme  n'en  contieol,  et  ne  ft^W 
conséquent  arguer  de  l'iiupossibililé  de  cwi-fi  >J^ 
se  ruiner  lui-même.  —  Que  diraV^ede  l'siti»''* 
lui-U  devrait  éin:  le  plus  docile  1  tout  croire,  i» 
lue  qu'il  est  à  vivre  de  contradiction;  elttiienw 
qui  admet  déjà  qu'ana  ehoie  s«  foil  ««M  •™''''' 
pas  bienvenue  à  s'élouner  qu'une  cboK  wiio» 
géeeu  une  autre. 

Que  de  propositions,  d'aillears,  dans  les  kw« 

esaoes  elles-mêmes  qui  paraissent  abtsnlti,* 

«ibles ,  et  dont  on  a  cependant  la  désHum 


pftSSlbl 

Ainsi  lorsque  le  géomètre,  nous  ni<iatniiia| 
ligne  courbe  placée  entre  deux  lignes  driHUi  A 
nous  annonce  et  nous  démontre  que  la  ligM»*'' 
doit  s'approcher  continuellement  des  liguatlr^J" 
sans  cependant  les  rencontrer  jamais;  *'^^^ 
gré  toute  la  répugnance  que  peut  éprouieru* 
son  à  se  tigurer  des  lignes  placées  «iflei«J 
plan,  tendant  sans  cesse  l'une  vers  l'auire  k  !■ 
en  plus  sans  pouvoir  se  rencontrer, il  fauiu^"* 
le  géomètre  sur  sa  démonstration  eise  cm<)'>< 
par  là  que  partout  où  est  l'inllui  la  nef* 
salerait  en  vain  d'apprafoudir.  , 

De  même  aussi  lorsque  l'algébrixte,  parueM 
de  propositions  loutca  ioconteslablcs,  itovi  )m 
à  ce  resulUt  qu'entre  deux  nombres  eolien  (" 
cutifs  U  esi  des  grandeurs  numériques  qui  att 
pua  desfractions  (d),  la  raison  se  révolte  tamm 
on  jui  proposail  une  absurdité;  parce  qu'eu  (H 
purali  contraire  aux  premières  notions  du  !■«■* 
qu'entre  2  et  3,  par  eiemple,  il  existe  uw  1«"*, 
nombres  qu'on  ne  peut  pas  représenta  P»'  y 
une  fraction,  ou  par  3  moins  une  Iraellon,  ■'" 
ne  sont  ni  fractionnaires  ni  enlieis;  cepentort" 
propositlun  n'est  rien   moins  qc'alMttrdc  i  <'!' 

pwies.  .  ..     . 

(d)  Ce  sont  les  nombres  «lu  00  aiçeUe  !»«•"■ 
rablet. 


Ëvd 


ncnONNAlRI  APOLOCBTIQtJE. 


ECC 


ns 


pinissent  ries  bila  TulgAirM  qui  u'ont  pii  - 
néffle  basoio  d'explication  :  «t  tous  enirea 
en  slapMr  si  le  msllre  da  monde,  l'auiear 
des  k)if  qui  tods  taal  rivre,  se  sert  de  ces 
■DdDCS  lois  (lour  introduire  en  tous  des  é\é- 
nrnU  mille  fois  plus  purs  que  ceux  qui  y 
portenirnisience  quotidien nemenl.  Oer  lîi 
Istr.  ai  II  luniière,  ni  la  cbaleur,  ni  ducun 
d«i  Oeides  qui  coureal  sans  poids  et  sens 
Ibniwdsiis  les  nlilmes  de  l'espace,  ne  sau- 
nieoiTOBs  donoer  une  idée  du  corps  de 
Jéi'M-CljrisI,  tel  que  l'a  fait  lo  gloire  de  li 
réiorrcclion  et  de  l'imaortaiité.  Ecoutez 
uiiit  Piul  TOUS  en  parier  au  lieu  de  moi. 

TnUtMair  n'ett  paa  la  mime  ehmir 

nlmtont  laeorpicélettnetUêcorpi  terra- 

Ittt autre  ta  lumière  du  loteil  et  celle 

irlalune  et  de»  étoiles atiui  en  tera- 

l-ilii tariturrfctiaii  detmortM.  Nauitemone 
itMi  U  corritfUioH,  nous  ressusciteront  dans 
fÎKomplibilité:  nous  tentons  dont  la  hante, 
nti  rettiuciterons  dont  fhonneur  ;  nous 
tttuiit  dont  la  follette,  nout  rettutciteront 
im  la  puittanee  ;  nout  tentons  un  corps 
isimal,  nout  reiiuteilerent  dont  un  corps 
ipiriljieî,  car  t'il  y  a  un  corps  animal,  il  y  a 
nun  mt  corps  tpirituel  (1260).  Ainsi  saiot 
P*ul  ajoute  aux  trois  degrés  biérarchigues 
il<-  la  matière,  la  solidité,  la  liquidité  el  la 
lluiiJi(ë,  UD  quatrième  échelon  qui  est  la 
spiritualité.  Le  corps  huuMiih  par  l'effet  de 
\t  résurrection  glorieuse,  oUeindra  une 
l-Diilede  [lerrecliou  si  sublime,  il  s'appro- 
chera ai  près  de  la  nature  des  esprits,  sauf 
l'ialeiligeDCe,  que  la  langue  inspirée  de 
l'Ecriiure  ne  («eut  plus  It  déBnIr  qu'en 
l'appelant  tm  «orpt  tpiriluel.  Et  quel  eat  la 
pbjsicien  qui  osera  s  en  étonner,  lui  qui  est 
cootrainl  par  Dieu,  ou  s'il  l'aime  mieux, 
pir  It  nature*  k  celle  confesùoo  :  le  Brsnil 
et  la  lumière  sont  deux  corps  T  Quel  est  le 
piijtiefan  qui  osera  se  plaindre  que  le  corps 
de  Jésus-Ciirist  lienoe  si  peu  de  place  à 
l'aslel,  lui  qui  est  eontraiot  par  Dieu,  «u 
s'il  l'aime  lateui,  par  la  nature,  d'avouer 
qu'une  goutte  imperceptible  deTa[>eur,  en 
|«tsanl  de  l'étal  Quide  è  l'état  li()U)de,  tient 
qiutorze  mille  fois  moins  de  place  qu'aupa- 
nTsoi,  sans  qu'elle  ait  perdu  son  es^enee 
lijDS  une  si  raerreilleuse  dimiDUlion?  Et  si 
I  on  ioroque  la  différence  des  corps  organisés 
iTbc  Ceux  qui  ne  le  sont  [tas,  quel  est  le 
l'Iijiicieo  qui  ne  soit  obligé  de  reconnatlre 
itjdt  Je  mj'stëre  de  la  génération  humaine 
UD  corps  bumain  tout  eniier  sous  un  volume 
qui  délie  la  perspicacité  de  l'iBÎlT  C'est  que 
l>  quantité  uidtérieila  n'est  dans  le  corps 
qu'un  acciUeui  lariable,  et  que  Dieu,  s'il 
lui  plail,  peut  la  réduire  à  l'io^imeal 
l«<il. 

Mais,  direz-Tuusi  quelleque  soit  la  subti- 
lité delà  chair  passée  i  l'état  spirituel,  corn- 
>t>utt  coitcevoirqueceilede  Jésus-Christ,  qui 


est  toajoors  une  véritable  ehtrir,  osntenuo 
•oas  la  Tonne  naturelle  el  dans  un  espace 
déterminé,  puisse  être  présente  k  la  fois  en 
■ne  Bauttitud»  de  lieux  et  se  eemmunhrun- 
réellement  et  sidistanliellemenl,  comme  le 
veut  la  foi,  aax  fidèles  du  monde  entier 
dans  te  mime  moment  T  Si  l'espace  n'est  pas 
une  chimère  et  la  distinction  des  êtres  une 
illusion,  comment  concetoir  qu'un  même 
corps  occupe  en  uiéme  temps  des  lieux 
séparé*  par  d'immenses  intervalles,  qu'il 
soit.su  ciel  elsur  la  terre  en  reposât  eo 
moureraenl,  et  tonjours  néannioim  en  pos- 
session de  son  identité  et^  de  ion  mité. 
Saint  Thomas  d'Aqain  est  de  votre  avis  :  it 
ne  croit  pas  qu'un  corps  puisse  remplira  la 
fuis  plusieurs  lieux  distincts^  et  que  ce  soil 

Far  un  effet  de  translation  que  celui  de 
Homme-Dieu  siège  vérilableraentdansses 
tabernacles,  sur  tous  les  autels  de  la  chré- 
tienté, ie  ne  vous  exftoserai  \»»  sa  doctrine 
i  ce  sujet;  elle  est  dilticile  ft  entendre  at 
j'aime  mit;ui  me  servir  d'une  explication 
plus  simple,  que  l'Ei^lise  n'a  point  désafi'- 
prouvée,  et  que  les  découvertes  de  la 
science  ont  peut-être  éclairée  dans  ces  der- 
niers temps. 

Tout  cor|M  est  doué  d'irradiation,  c'est«k- 
dire  d'une  expansion  de  lui-même  ban  dd 
lui,  par  laquelle,  sans  rien  perdre  de  ce 
qu'il  eat,  il  pnqette  au  loio  sa  substance,  sa 
forme  et  sa  vie.  Comme  un  édilîee,  frappé 
de  la  lumière,  vient  se  peindre  avec  louloa 
ses  t>arlies  les  plus  délicates  el  les  mnios 
visibles  sur  la  feuille  de  métal  qui  lui  est 
présentée,  ainsi,  d'une  manière  latente  e« 
auinireste,tout  corps  rayonne  autour  de  lui. 
Et  s'il  est  permis  d'en  douter  puur  quelques- 
uns,  il  est  impu<iBible  de  ne  pas  li:  recon- 
naître dans  les  fluides  qui  peupleal  iitvisi- 
blemem  l'estuce  et  où  s  abreuve  la  vie  uni- 
verselle. Combien  plus  duit-il  en  être  ainsi 
du  corps  arrivé  |>ar  la  résurrection  k  la 
splendeur  de  rincorruptibililé,  et  surLoutdn 
corps  de  Jésus-Christ,  lequel  n'est  pas 
seulement  au  plus  haut  def^éde  la  transfi- 
guration de  la  nature  par  la  grêce.  mais 
possède  encore  le  souffle  tout-puiasaot  delà 
divinité  T  Qui  pourrait,  s'il  eu  a  le  désir, 
arrêter  eu  lui  le  mouvement  de  l'irradialioi), 
et  d'une  irradiation  int^rale,  conteuflol  sa 
substance,  sa  forme,  sa  vie,  toute  sa  vérilaltle 
chair  pleine  de  son  fline  et  du  Verbe  divin  T 
tu  soleil  nous  envoie  bien  de  la  sorte,  du 
liaul  du  firmament,  une  lumière  qui  est  tout 
ce  qu'il  est,  sauf  la  quantité  ;  mais  la  quan- 
tité matérielle,  nous  l'avons  dit,  n'est  qu'un 
accident  des  corps,  et  le  plus  ou  le  moins 
o'ajou'le  rien  fc  leur  essence  el  n'en  retranche 
rien.  La  lumière  est  ta  lumière,  l'or  est  l'or, 
en  quelque  mesure  qu'ils  se  dounent,  etiî 
est  rigoureusement  vrai  dadirequelesuleU, 
dans  un  seuldeseB  ra>ons,nouscemmuniqu» 


nûe  cl  feikaeiil  vraie  qu'on  ne poDTTaît  essayer  rinBiii,  et  en  particolierdurail  de  la  présence  sut>- 

de  h  réTsqaer  en  donie  sans  ruiner  par  ta  hue  les  Uanttette  de  l'infini  lui-mAnie!  KJt  Eail  peeL-il  ne  |as 

■WhfTUiqae»  eUes-eiémes.  «tre  le  plus  étonnant  el  le  plus  in&aieissaUe  ée  Mas 

Q«e  doil^  dttDC  en  ^ire  d'une  science  cou  nw  tes  mystères  î 

ctUe  da  b  rel^iiHi,  qui  se  dirige  uoiquemenl  vers  (IWO)  /  Car,  sr,  39  ctsuiv. 


DKTIOMNAIRE  APULWËTIOUE. 


SUC 


l'inlégrjté  do  son  eire.  Que  sen~ce  de 
t'iioaini6-Dieu,  de  celui  que  l'Ecrilure  ap> 
l«lle  le  loUil  d«  jwtict,  et  qui,  devenu  le 
foyer  de  la  vie  regénérée,  ua  pris  noire 
chair  que  pour  nous  la  rendre  avec  le  béné* 
tlce  de  su  morl  el  de  sa  résurreclion  T  Quoi  I 
un  peu  de  boue  suspendu  dans  l'espace 
répand  sa  substanne,  sa  fnrme  et  sa  vie  sur 
l'univers,  el  l'Homme-Dieu  ne  le  pourrait 
point?  Quoi  I  l'homoie  tout  seul,  si  Taible 

au'ilsoilt  trouve  dans  ses  entrailles  le  secret 
e  si^  dédoubler  pour  cimmuniquer  sa 
substance,  sa  forme  el  sa  vie  h  un  autre  que 
lui,  el  l'Bomme-Dieu  ne  le  pourrait  point  T 
Sans  douie,  ce  ne  sont  \h  que  des  images  el 
dei  com^raisons;  mais  les  images  el  les 
comparaisons  sont  des  avertisseoienls  de  la 
nalure  h  l'orgut^il,  un  doute  proposé  à  l'in- 
telligence. Celui  qui  a  semé  tant  de  mystères 
dans  le  œuoile  visible,  a  pu,  sans  doute, 
pour  nous  sauver  plus  qu'il  n'a  fcil  pour 
nous  créer. 

Oui,  comme  il  y  a  un  pain  de  la  nature,  il 
y  a  un  nain  de  la  grftce  ;  comme  il  ^  a  un 
pain  de  la  vie  mortelle,  il  y  a  un  pain  de  la 
Tie  élernetla.  Je  crois  fa  Jésus-Christ  quand 
il  joe  dil  :  Je  mû  emu  pour  leur  donner  la 
«i((1261).lllj'y  croisenccirequand  il  médit: 
Jt  bhU  U  pain  vitant  descendu  du  ciel  (1262). 

J'ouvrirai  ma  bouche,  et  j'y  recevrai  ce 
|Min  céleste  sans  m'étonner  :  car  de  quoi 
m'étonneratS'jeTEsl-CD  que  ma  bouche  n'est 
pas  un  organe  spirituel,  préparé  d'avance 
pour  de  sublimes  opénjliotis?  ÉsUce  que  mon 
âme  ne  l'habile  point?  Rst-ce  que  la  vérilé 
ne  sort  pas  do  ses  lèvres  entr'ouvertes  avec 
le  Dot  sacré  de  la  parole  T  Pourquoi  la  chair 
transfigurée  de  l'Homme-Dieu  ne  pesserail- 
elle  point  par  les  portes  où  passe  la  vérité 
qui  vient  de  lui  T  0  bouche  de  l'homme, 
vase  mystérieux,  ouvre-loi  pour  recevoir  le 
Dieu  qui  t'a  (ait,  le  Dieu  dont  tu  parles,  le 
Dieu  qui  connaît  les  sentiers  pour  aller  fa 
l«n  Ame  et  y  commencer  l'embrassement 
«obsianliel  qui  se  consommera  dans  l'éler- 
nilél  Ouvre-loi  sans  crainte  et  sans  orgueil: 
sans  crainte,  parce  que  le  Dieu  qui  vient  k 
toi  est  doux  et  humble;  sans  orgueil,  parce 
que  tu  n'sspoinlmérilédele  loucherd  aussi 
près.  Ouvre-loi  pour  manger  la  chair  du  Fils 
de  l'Homme  et  pour  boire  son  sang  :  ce  sont 
les  termes  exprès  dont  il  s'est  servi  pour  te 
nonvier  h  ce  festin.  Il  n'en  a  point  eu  peur, 
il  lui  a  plu  d'élre  hardi  dans  ce  mystère  plus 
aa'eii  aucun  autre,  bRo  de  nous  rassurer  par 
I  effrayante  nudité  de  son  langage,  il  nous  a 
dit:  Uangez  et  buvez  ;  mangez  ma  chair  et 
buvez  mon  sang.  Et  s'il  est  des  disciples 
qui  se  sont  épouvsnté.4  de  son  discours  et 
qui  lui  ont  ré|iondu  :  Celte  parole  ett  dure, 
etqui  peKtrejUeHdre(iiS3)lS'\\  en  est  d'au- 
tres qui  l'ont  quitté  pour  ne  plus  le  revoir, 
rbumanilé  n'a  |K)inl  obéi  fa  leur  faiblesse* 
DÎkleur  trahison;  elle  est  venue  au  banquet 

<lttl)iom.x.  10. 
itVmjom.  VI,  SI. 

il%6S)  Jmh.  vi.VI. 

(ISUi;  R9LLI»,  Traité  dct  ituJt$  :  Ot  lu  lecture 


de  la  grtce,  elle  a  dressé  des  tables,  plie  i 
bflli  des  monuments  mngniS<|ues  pour  rou- 
vrir d'ombre  et  de  gloire  le  p»in  donlIeFits 
de  Dieu  a  dit:  Ceci  est  mou  curpt. Ellea 
cru  que  puisqu'une  mère  peiil  porter  son 
fils  dans  ses  entrailles  et  le  nourrir  eueon 
de  sa  substance  après  l'avoir  mis  au  moQde, 
il  n'était  pas  impossible  fa  Dieu  d'avuir  la 
même  puissance  dans  la  même  tendresse, 
«I  de  renouveler  «nlre  nous  et  lui  les  min- 
cies de  la  roslernilé.  Enfin  tout  a  eUi, 
quelle  qu'en  soit  la  raison,  fa  cette  ptrole  : 
ÈÊangex  et  buves.  Le  genre  humain  a  atBfjk 
en  adorant  sa  nourriture;  il  a  l^u  eu  adorsiil 
son  breuvage  :  la  folie  de  la  foi  atgsléli 
folie  de  la  charité. 


Flgnr 


1". 


Dieu.  —  £i(  le  mojfa  fciineat  de  r^ginénUoi  «k 
peKectlon.  —  [neffable  déleciatloo  de  l'imeduao 
union  «tec  Dieu.  —  VIb  Intérieure.  —  Ai«iu  mw- 
qiublei  d'aa  célèbre  protesluit.  —  Denier  nH  * 
ooire  desUnée. 

Cette  grande  vérité  a  été  préflguréa  dira 
tout  le  monde  ancien.  La  manJucalion  dt 
la  chair  des  victimes  se  retrouve  cbetlaos 
les  peuples,  et  à  toutes  les  époques,  comme 
faisant  partie  intégrante  du  sacritke.  fia 
rapportant  la  description  d'un  sacriGcfi, 
d'après  Homère,  Rollin  dil  :  >  Quand  lei 
cuisses  de  la  victime  furent  toutes  coaiu- 
mées  par  le  feu,  on  fit  rôtir  la  enlrail(at\ 
on  les  partagea  entre  les  assistants.  Celle 
cérémonie  est  remarquable,  elle  teriuiiutt 
le  sacriBce  oITert  aux  dieui,  et  était  comme 
une  marque  de  communion  entre  tousceui 
qui  y  étaient  présents.  Le  repas  suivait  le 
sscnQce  et  en  faisait  partie  (1364).  ■  Nou) 
pourrions  citer  certains  s^criBces  usit^ 
chez  d'autres  nations,  et  qui  présenienlï 
cet  égard  des  rapports  bien  reniarquablK 
avec  Te  vrai  sacrince  do  libérateur  attendu, 
dont  tous  les  sacrifices  n'étatent  que  It 
ligure.  Parmi  ceux-ci  nous  rappellerons  un 
des  plus  célèbres  sacrifices  de  l'Iode,  où 
l'immolation  et  la  roandueation  d'un  agoeiu 
étaient  accompagnées  d'une  prière  «laus 
laquelle  on  récitait  fa  haute  voix  ces  mois  : 
Quand  ett-r-e  qut  le  Sauveur  naîtra  (lSfô)T 

Le^  païens  se  dallaient  dans  cette  eircons- 
lance  de  manger  acec  les  dieux,  idée  bien 
remarquable  et  qui  confirme  notre  point  i)e 
départ  sur  l'aliment  de  l'dme,  qui  est  la  rie 
même  de  Dien ,  el  qui  devait  descendre  du 
cjul  pour  se  redonner  fa  nous  fa  l'élat  de 
victime  expiatoire,  el  comme  gage  de  niHre 
réconciliation  avec  son  auteur. 

C'est  d'ailleurs  chez  le  peuple  juif.  Tdaïc 
de  tons  les  peuples,  qurl  faut  aller  cher- 
cher lo  véritable  espt-it  du  sacrifice,  puisque 
c'est  de  Ifa  qu'il  s'est  répandu  avec  le  g«Br« 
liumain  par  tout  runivers.  Or,  c'est  une 

ifHomère.  _.  , 

(1565)  tïllrt  à»  P,  Beueker  àUurt.uXH^ 
Ltiiret  *d\{.,  p.  SI. 


m  EIX  DICnONNAIRE  AP(H.OGETIQUE.  EUC  8» 

que  sa  mort ,  que  son  [ncsmalfon  ;  tout  est 
realité,  tout  eat  accomplissement  des  ligures 
anciennes,  parce  que  Inut  doit  l'Alru,  et  que 
les  parolesTormeiles  lie  Jésus  Christ  viennt'nl 
imprimer  i  celle  iiiiJuclion  ddjh  si  forte  lo 
sceau  de  mou  aiitorilé  :  En  vtniTA,  en  vinnk, 
je  vou$  le  dit,  ma  chair  est  vhaiubnt  viande, 
et  mon  lang  est  rÉRiTAOLEUSKT  breuvage. 

S'il  fions  conronddavanlnge,  il  accomplit 
par  cela  même  le  but  qu'il  s'est  proposé, 
qui  est  de  nous  amener  au  parlnge  do  son 
amour  par  le  parlaçe  de  se»  siicrilîces,  pour 
nous  élever  ensuite  au  partage  de  son 
triomphe  et  de  sa  félicite.  Amour  pour 
iHDOur,  sacritice  pour  sacrifice  ;  Dieu  st  dé- 
[Kluilie,  il  faut  que  nous  nous  dépouillions; 
il  nous  donne  dos  gages  d'amour,  il  faut  que 
nous  lui  donnions  des  gagps  de  foi  ;  le  Verbe 
élernol  anéantit  sa  divinité,  son  humanité 
même,  sous  les  apparences  du  pain  et  du 
viuj  il  faut  anéantir  uolre  raison  et  nos  sens 
dans  la  foi  à  cet  anéantissement  lui-même, 
et  nous  mettre,  pour  être  dignes  de  le  re- 
cevoir, dans  la  coiidiliou  correspondante  h 
celle  où  il  s'est  mis  pour  se  donner  à  aom, 
La  raison  frémit,  les  sens  es  révollonl,  la 
nature  humaine  se  débat,  mais  c'est  Jik  pré- 
cisémenl  le  martyre  de  l'amour  et  l'épreuve 
du  la  foi  ;  et  si  celle-ci  prend  le  dessus,  elle 
grandit  avec  l'amour  de  tous  les  abaisse- 
ments de  la  nature,  se  réjouit  de  mériter 
))ar  là  celui  de  Dieu,  de  souffrir  pour  lui, 
comme  lui,  avec  lui,  et  de  pouvoir  lui  dire; 
J'ai  tout  quitté,  tout  sacrifié,  il  ne  me  reste 
plus  rien  ;  je  voudrais  pouvoir  vous  donner 
dovantage,  car  je  sois  que  celui  auquel  je 
me  fie  est  la  vérité  môme,  l'amour,  et  je  lu 
reconnais  non -seulement  aux  sacritices 
auxquels  il  s'est  soumis  lui-même,  mais 
encore  è  ceux  qu'il  exige  de  moi. 

Le  vrot  amour,  uous  ne  saurions  trop  en- 
visager notre  sujet  sous  ce  point  de  vue, 
veut  cesser  de  s'appartenir  b  soi-même  pour 
ne  dépendre  que  uo  l'objet  aimé,  expirer  à 
sa  propre  existence  pour  ne  ri.'Spirer  plus 
que  dans  celle  d'aulrui;  toulns  ses  démar- 
ches, tous  ses  témoignages  aspirent  h  cela; 
c'est  son  dernier  période  :  il  faut  que  la 
dualité  disparaisse,  et  quu  l'unité  se  con- 
somme et  se  consomme  dans  tout  l'être  : 
dans  le  corps,  comme  dans  l'esprit  et  dans 
le  cœur.  Voyez  la  môre,  elle  voudrait  s'in- 
corporera l'enfant  qu'elle  nourrit,  le  monter, 
comme  la  nature  le  lui  fait  dire  vulgaire- 
ment; et  les  baisers,  et  les  embrassements, 
et  les  étreintes  d'une  vive  amitié,  d'un 
ardent  amour,  sont-ils  autre  chose  que  des 
mouvements  de  cet  instinct  naturel,  qui 
voudrait  rompre  les  parois  des  sens  pour 
passer  à  l'identification  des  âmev,  qui  vou- 
drait posséder  ce  que  l'on  aime  pour  s'en 
nourrir,  pour  s'y  unir,  pour  en  vivre,  pour 
se  le  tnniubilantier?  Et  quel  est  l'amour 
parfait  qui  ne  ferait  le  miracle  de  lalrar»- 


yiri\i  qui  n'est  pas  contestée,  que  toutes  les 
cfrémonies  de  la  loi  mosaiqua  étaient  Ggu- 
raliresdes  mystères  de  la  foi  évangélique, 
et  da  ce  qui  devait  se  réaliser  et  se  con- 
wmoierdani  la  personne  du  Messie  promis 
ayi  nattons.  Il  est  également  reconnu  que 
l«s  Juifs  mangeaient  les  victimes  dans  le 
dejsein  de  participerai!  sacrifice,  selon  ce 
que  dit  saint  Psul  :  Voyez  l'hraè'l  lelon  la 
(iair;  ctnx  pi  mangmt  dei  victimes  n'ont-its 
fn  zùrniminton  avec  /'ou/tI(126G}? 

La  sacrement  de  l'Eucliarislie  a  donc  pour 
Igt,  irec  l'assentiment  des  peuples  moder- 
uti,  le  presseutimenl  de  tous  les  peuples 
■neiBiJs;  et  la  doctrine  mie  nous  venons 
il'ei)iaser  revêt  les  caractères  de  toutes  les 
[liH«5  divines,  de  toutes  les  choses  cliré- 
linnei:  la  perpétuité  tt  l'universalité. 

t'n  résDllat  plus  directement  applicable 
l'iiloclriDe  catholique  s\ir  la  prétenee réelle 
ton  de  celle  considération,  el  vient  frapper 
le  protetitaotisme  d'un  argument  sans  ré- 
Inique. 

Si,  comme  on  ne  peut  s'empêcher  de  le 
rnonniiltre,  les  cérémonies,  et  notamment 
lu sicrifices  de  la  loi  ancienne,  n'éiaient 
i^uedes ligures  du  vrai  sacrifice  qui  devait 
loccomjilir  sous  la  loi  nouvelle,  il  faut  bien 
nùcisaireinent  que  tout  ce  qui  se  passe 
«Ht  celui-ci  soit  supérieur  11  la  fÏRure,  soit 
'M;  cer,  si  la  maliôrn  du  sacrifice  des  Chré- 
iitu,  par  laquelle  ils  y  participent,  n'est 
tllt-meine  quune  figure,  qu'une  image, 

funereprésenlation,  que  du  pain,  duvin, 
fWi/erienl  In  supériorité  du  sacrifice  do 
''lui  oouvetle  sur  ceux  de  l'ancienne,  oCt 
^K'erertréseotali on  était  plus  auguste,  i^etle 
■fxge  plus  frappante,  celte  figure  plus  sen- 
"titî  Le  culte  de  la  loi  de  grâce  n'aurait 
wic  lucune  prééminence  sur  celui  de  la 
Mjaijajque?  Saint  Paul  en  (lensait  tout 
■"'renient,  lui  qui  disiiit  :  Itous  avons  un 
*''  011;^/  n'oiaf  psint  droit  de  participer 
''l'i  qui  servent  ou  tabernacle,  c'esl-à-dire, 
^prêtres  et  les  lévites  de  l'ancienne  loi 

, Si  les  prolestants  sont  conséquent^,  il 
•ut  aussi  qu'ils  aillent  jusqu'à  dira  que 
■Dinolaiion  do  Jésus-Christ  n'est  qu'une 
Vfe,  que  ce  D'est  ps  une  mort  effeclive- 
*nleipialoiru,  mais  une  uTort  spirituelle 
|*o>}'sli(iue.  Ils  doivent  aller  plus  loin,  et 
^réalité  du  l'incarnalion  du  Verbe  elle- 
Kruedoit  s'évanouir  devaut  cette  nouvelle 
■fiiise.  C'est  ce  qu'ils  ont  appris  à  faire 
'XI  iociniens  et  aux  unitaires,  qui,  comme 
">  !<:  sali,  en  sont  venus  là  (1268}.  Et  il  faut 
jDS  tout  le  protestantisme  aboutisse  h  celle 
j^nrlusion  subversive  de  toulo  religion 
t^élétf,  ou  qu'il  embrasse  la  doctrine  catbo- 
''{ue.  Celte  doctrine  seule  se  concilio  avec 
hle-meme  et  se  soutient  dans  toutes  ses 
l-iriies.  Dans  cette  doctrine,  la  manducatlon 
Ju  corps  de  Jéjus-Chrisi  est  aussi  effeetivt 

ll%6)  J  Car.  X.  18.  «n  ce  que  IcgnB-Clirlsl  moaranl  a  prié  pour  tes  pé- 

(■»^)  Btir.  un,  10.  cheurs,  nn  ce  que,  par  sa  luorl,  il  a  coiiArmé  loule 

lilSI)  I  La  mon  de  JèanK-Clirist  sur  1^  croix,  sa  doclriitc.  >  (Uergieii,  IHUionHMre  ihM.,  V  Sa- 

*^'*'>^<lki  n'a  M  qu'ail  tacnfict  improprcmcnl  dil,  trifiee. 


nibtldiUtatiflfit  s'il  {lait  en  son  pouvoir,  el 
qui  ne  dirait  aussi,  et  dirait  avec  délices  h 
I  ubjet  aimé  :  frtnex,  nange»,  crci  est  mon 
coriisT.. 

Eh  bien.  Dieu,  qui  est  l'aniour  mâma, 
(Jont  tous  les  amours  nu  sont  que  des  d(iri- 
vationg  ou  des  détournements.  Dieu  a  fait 
ce  miracle,  parce  qu'il  le  pcruvsit,  et  que 
c'est  le  pro^ire  de  I  amour  d'aller  jusqu'aux 
dernières  limites  du  {lOïsible.  S'élant  fait 
homms,  s'étsnt  £eit  victime  f>oup  l'homme, 
il  ne  devait  pas  s'srrftier  Ih,  et  lu  loi  de  l'a- 
mourdevftit  k  porter  à  Touloir  èlre  la  nour- 
riture do  l'homme,  et  h  le  devenir  en  effet, 
{•oisqu'il  le  pouvett,  et  que  d'ailleurs  il  n'a 
ait  en  cela  que  rétablir  la  nature  des  choses, 
L-n  vertu  de  Inquelle  il  est  déjà  la  vie  et 
l'aliment  de  dos  Ames,  et  que  se  redonner  à 
nous  soua  une  lorme  adaptée  à  notre  intir- 
miié. 

Voil^  la  raison  philosophique  de  Timpé- 
nélrabilité  naturelle  du  mystère  eucharisti- 
que; comme  c'est  la  consommation  de  l'a- 
mour qui  en  est  le  but,  c'est  le  plus  grand 
sacriGcede  l'homme  et  de  Dieu  ijni  en  de- 
vait Atre  le  moyen;  et  k'  génie  intuitif  de 
Platon  avait  entrevu  cettu  belle  vérilé  à 
Irarers  les  figures  de  l'ancienne  théogonie, 
lorsqu'il  écrivait  :  «  Tous  les  sacrifices,  et 
ces  choses  auxquelles  préside  la  science 
sacrée,  et  par  lesquels  la  Divinité  s'unit  aui 
hommes,  ont  pour  objet  la  coaservittioa  de 
l'amour  (1269),  * 

Mais  un  nouvel  aperçu  se  découvre,  non 
moins  riche  que  celui  que  nous  venons 
d'exposer  ;  c'est  qu'en  ravivantainsî  l'amour, 
le  sacrement  de  l'Eucharistie  ravive  la  per- 
fection en  nous,  et  nous  régénère  dans  tout 
notre  être  et  &es  rapports. 

C'est  une  vérité  commune  que  tout  l'hom- 
me, ce  qu'il  y  a  de  plus  émineut  et  de  plus 
substantiel  en  lui,  se  résuma  dans  la  cons- 
t:ieDce,  dans  te  stru  moral. 

Mais  cette  conscience  elle-mâme  n'est  pas 
toujours  vive  et  exacte  au  mdme  de^ré; 
elle  se  dérange  aufroissementdes  passions; 
elle  ne  marque  plus  le  devoir  avec  la  même 
délicatesse,  et  ne  fait  plus  sentir  que  de 
tuin  et  faiblement  son  action;  elle  en  vient 
même  quelquefois  à  cesser  enLiftrement,  ou 
&  varier  au  gré  des  désordre»  qu'elle  devrait 
prévenir  en  nous. 

Qui  est-ce  qui  altère  en  nous  )e  sens  re- 
ligieux ou  m&me  simplement  lesens  moralf 
n'est-ce  pas  la  subtilité  de  l'esprit,  lo  tu- 
multe des  sens,  celle  vie  de  relation  avec 
lus  choses  créées,  qui  nous  répand  tout  en- 
tiers au  dehors,  et  nous  fait  pcidre  de  vue 
cet  autre  monde  intérieur  et  moral  de  la 
vérité  et  delà  vertu,  avec  lequel ouuscom- 
muniquons  par  la  conscience?  Le  raisonne- 
ment prend  d'abord  peu  à  peu  la  place  de  la 
conscience  chez  les  hommes,  parce  que, 
par  le  raisonnement,  ils  se  conduisenl,  et, 
par  la  conscience,  ils  sont  conduits,  et 
qu'ils  ne  veulent  pas  être  conduits.  La  cons- 
cienco  est  une  souveraine  qui ,  indép^n- 


APOLOGETIQUE.  EUC  «^ 

damment  de  It  rigueur  des  daioin  nu'tiit  : 
prescrit,  gêne  l'orgueil  humiin  pareelistul  ' 
qu'elle  est  soaveratne,  qu'elle  a^l  seul»,  I 
qu'elle  prérieiu,  qu'elle  révise  et  qu'oDg 
casse  souvent  les  arréls  de  rest>r>t  uni  lui 
en  rendre  compte  et  par  instinct.  Cetledic- 
lalure  déplaît  :  de  ]h  celle  tendineei  nlj- 
btituer  le  raisonnement  au  sens  iotime,!» 
calculs  à  la  conscience,  œètot  cka  \ts 
moins  dépravés.  C'est  là  le  principe  dumil, 
l'orgueil,  contre  lequel  il  faut  seroidirptr 
la  soumission  incessante  A  cettu  voii  înlé- 
Heure  qui  parle  en  nous.  A  ce  prcmiervice 
accourent  tous  les  autres,  et  les  sensualités, 
les  cupidités,  les  passiom,  ne  lardent  Mil 
l'exploiter  au  proQt  de  leurs  crimiDellesel 
fiiusses  jouissances.  Pour  n'avoir  pas  toulii 
se  soumettre  à  la  conscience,  resprit  ne 
peut  plus  se  soumettre  A  lur-mâme  les  pii- 
sîoirs  ;  il  en  devient  le  jouci,  le  com[i1ici:, 
l'esclave,  et  tout  l'homme  est  dépravé. 

11  faut  donc  porter  le  glaive  delas^- 
ration  jusque  dans  ce  nœud  si  cher  !»  lui' 
gueil,  et  nous  réduire  A  ce  qu'il  y  a  de  (îlot 
substantiel  et  de  plus  simple  en  nous;(iom 
faire,  en  un  mot,  selon  la  belle  expression 
de  l'Ecriture,  <imj)/ei  dt«aur. 

Mais  ce  travail  suppose  un  terme  iler^ 
laiion  qui  eu  soit  le  molïf  corresponJant. 
L'homme  ne  peut  se  détacher  da  luilien 
dans  lequel  il  vit,  et  encore  moins  dp  lui- 
même,  sans  s'attacher  à  quelque  ebjel  qai 
remplace  ceux  donlil  se  séparei  et  eo  Tue 
duquel  il  s'en  dépouille.  Or,  quel  objet 
peut  avoir  cette  puissancesupérîeureAtoul, 
si  co  n'est  Dieu?Kt  par  quel  sant>meat|ilus 
actif  peut-il  l'exercer,  si  co  n'est  par  celui 
del'amourr  et  enfin,  quels  motifs  plus  dé- 
terminants pour  développer  en  uoui  ce 
sentiment  que  ceux  qu'il  nousprésenledins 
le  sacrement  de  l'Eucliarisiie,  où  lui-iuSme 
nous  donne  le  premier  exemple  du  dépouil- 
lement le  plus  absolu,  de  l'amour  le  |>lui 
infini  T 

Quelle  puissance  de  détachement  test- 
crement  ne  doit-il  pas  eiercer  sur  l'ime 
humaine  par  la  considération  delà  saiDteit, 
de  la  grandeur,  de  l'amabilité  du  Dieu 
qu'elle  y  reçoit  IQiiel  objetau  monde,qaell« 
Bllcctioo,  quel  intérêt,  n'est  p.is  éclipi^ 
désunc'liaiité  pur  ce  rapproclicmeiil  ;  et  com- 
bien celte  communion  avec  la  pi:rrecliOiiji»f 
essence  ne  doit-elle  pas  opérer  notre  oA- 
union  d'avec  tous  les  faux  biens  de  cette 
viel  .    ■    , 

Le  motif  de  l'oUscuriié  du  mystère  devient 
liés  lors  évident.  C'est  cette  obscurité  qui 
consomme  l'opération  de  notre  dépouille- 
ment, en  nous  forçant  pour  la  pénétrer  \^^ 
là  foi,  de  déposer  nos  sens,  de  quitter  jus- 
qu'à notre  roison  privée,  et  de  no  garJef 
S ^uela  volonté,  et  la  volonté  soumise.  Be- 
uulés,  concentrés  dans  la  partie  la  plus 
indivisible  de  notre  être,  nous  expirons 
alors  à  toute  vie  eilérioure,  et  en  quoNjau 
sorte  à  toute  ifie  propre;  nous  sommes  iti- 
sevelis,  anéantis  à  l'égal  du  Dieu  qur  "«i 


V^  f^r.  NCnONNAIRE 

se  JonniT  &  nous;  nous  rerirnns,  pour  ainxi 
pirlff,  lians  le  iié«iil  d'où  il  nous  a  tirés  ; 
niais  c'esl  pour  y  renaitre  et  reprendre  mi 
Dieu  une  nouvelle  fie,  celte  vie  fipirilu«lle 
qu'il  répandit  avec  son  souffle  dans  Lepre- 
inirr  bomiuc,  el  que  celui-ci  ne  sut  pas 
garder. 

Il  ne  sera  jamais  donné  à  ceui  qui  sepri- 
fcnl  du  sacremcnl  de  l'fucliaristie  de  cuoi- 
prendre  ce  qui  s'y  f>assf,  il  n'est  pas  même 
ilimnéà  ceiii  qui  le  gnûlenl  tl<-  l'eiprinier. 
C'est  un  Secret  d*aaiouroolre  rime  et  Dieu. 
Aussi  je  n6  ^uis  pas  surpris  de  roir  Vollaîre 
Toalant  de  bonne  t»i  s'ima^ini-r  l'olTet  de 
re  sacremcnl.  er,  croyant  lui  rendre  Ikibi- 
œage,  le  d^'iieindre  ninsi  :  ■  Voilàdes  honi- 
ti.»qut  reçoiv4;nt  Dieu  dans  eui,  nu  milita 
ftu  cérémonie  augiule,  à  la  lueur  de  ceal 
nrgrt,  après  vne  mutique  qui  a  enchanté 
/nrrffn»,  nu  pied  d'u»  uuiel  briUant  d'or. 
L'imagination  est  lubjuguée,  l'âme  saisie  et 
alteodrie;  on  respire  à  peine,  on  est  déta- 
tU  de  tout  bien  lerrcslie,  on  est  uni  atl'C 
Dieu,  il  est  dans  nolro  chair  et  dans  noEr** 
>3nç.  Qui  osera,  qui  gnurra  cuiuiueUre 
?Iires  cela  une  seule  faille,  en  coaceToir 
seulement  la  pensée!  Il  était  impofiiibJe, 
«ans  doale,  d'imaginer  un  nojslère  qui  re- 
tint plus  fortement  les  bomme.«  dans  la  verlu 
ililù).  » 

i'cn  demande  bien  pardon  «u  |)0ête,  mais 
le  philosophe  (eh  I  qui  pourrait  s'en  étou- 
tier?)  s'est  conijilélcmenl  mépris  :  la  céré- 
monie, IcM  ciergei,  la  musique,  la  beauté  de 
fatilelf  ne  font  rien  6  l'impression  de  l'inie 
en  ce  moment.  C'est  l'iuverse  :  ils  la  con- 
(rarienl.  Tout  ce  qu'elle  épiouve  lui  Tient 
do  dedans.  Ce  qu'elle  clicrche  arnnt  loui, 
c'est  la  solitude,  c'est  le  silem^e,  c'est  lu 
retraite.  Tout  ce  qui  lui  rdj)pelfe  la  Urre  et 
les  liomiues,  et  lot  fait  ressouvenir  qu'elle 
est  (^Dcore  de  ce  monde,  rimporluiie  et  l'af- 
flige. Toalc  h  son  Dieu,  elle  voudrait  se 
tcnlner  commi!  Uadcleine,  et  s'en  aller 
aver  lui  au  désert  jiour  y  perpétuer,  puur  j 
cofisoDimcr  è  jamais  son  union  Sans  doute 
uoe  musique  l'eocbanle,  une  lumière  la 
ravit,  une  beauté  la  passionne,  mais  c'est 
uoe  atusiuue  intérieure,  c'est  une  lumière 
suruaturetle,  c'est  une  beauté  immatérielle, 
«lool  les  sens  et  l'imagination  ne  font  nul- 
lemeDl  ies  frais,  el  dont  elle  goâle  d'aulant 
plus  les  cbarnies  qu'ils  ne  s'en  tnélenl  fias. 
Les  pins  douces conimuoions,  les  plus  vives 
et  les  plus  efficaces,  sont  celles  qui  se  font 
sans  autre*  pompes  que  celles  d'uu  ccear 
bien  prépare.  La  simplicité  de  l'autel  alors 
rt'esl  que  plus  conforme  k  l'anéantissement 
delà  Tîcliioe,  el  c'est  d'elle  seule  que  rien- 
uent  l«s  transports  de  l'éaie  qui  la  reçoit. 

E4  c'est  là  précisément  pour  l'âme  une 
preuve  directe  de  la  présence  réetU,  que 
celte  présence  se  fasse  d'autant  plus  sentir 
i]ae  rtmajsînatîoo  et  les  sens  y  oui  moins  de 
part.  Uae  vie  tout  iulérieura  est  survcnuo 
eo  «ile*  eoname  si  au  autreeœur battait  dans 
flODCCear*  sf  une  autie   runscit-nce    se  re- 


AP0L0CET1QUE.  RCC  ilSl 

muait  dans  sa  conscience.  Olle  roix  intime 
et  s^rée,  qui  constilun  le  sens  moral,  a 
acquis  une  délicatesse  et  une  sonorité  qui 
révèlent  ta  présence  immédiate  de  son  au- 
teur. Ce  n'est  plus  abstraction  iaslinctive. 
c'esl  uoe  réalité  distincte,  personnelle,  qui 
parle  el  qui  rE^jtoud  -,  c'est  un  épanchement 
i>rotDod  el  réciproque,  comme  celui  d'un 
amiav^cson  ami,  d'une  épouse  avec  sou 
époux.  L'âme  n'est  pas  seule  enQn,  eo  elle 
bâbite  un  liAti'...,  uu  Dieu. 

Ainsi  vivifiée  eten  relation  avncle  monde 
intérieur  et  surnaturel,  elle  revient  pren- 
dre sa  place  dans  celui-ci.  Mais  quel  cban- 
gement  I  Celle  vie  terrestre,  qu'elle  avait 
laissée  pesante  f\  amère,  elle  la  retrouve 
lé^re  et  douce.  Elle,  lui  sourit,  tant  elle  se 
sent  forte  )>our  la  [lOrler  dans  ce  qu'elle  a  dit 
pénible,  pour  lui  échspoer  dans  ce  qu'elle  a 
de  corrupteur.  Uieii  ne  fui  coûte  :  elle  court, 
elle  efUeure  ce  seotier  des  devoirs  uù  elle 
enfonçait  naguère  i  chaque  pas,  et  dout 
toutes  les  épines  semblent  être  devenues' 
des  roses.  Tout  en  elle,  tout  autour  d'elle, 
obéit  h  un  principe  divin  qui  l'anime,  el 
dont  elle  continuée  se  nourrir. Ce  principe 
a  la  double  projiriélé  de  la  détacher  de  ce 
monde,  |>ar  l'attrait  intérieur, jusqu'au  mé- 
pris, el  de  l'jr  allacber,  par  l'amour  de  Dieu 
el  des  hommes,  jusqu'k  la  mort.  Il  satisfait 
ainsi  è  ta  fois  et  double  l'une  par  l'autre, 

,  et  la  vie  in^slique  el  la  vie  pratique,  dont 
l'harmonie  constitue  l'htimnie  parfait.  Il 
fait  d'elle  enGn,  par  l'amour  qui  la  lui  unit, 
un  instrunieut  dévoué  au  ré^e  de  l'ordre 
dont  il  est  la  source,  un  ministre  de  ks 
grâces,  un  témoin  et  uu  ambassadeur  de  si 
vérité,  un  ange. 

C'est  ainsi  que  dans  le  ciiristiaoisiae  l'Ru- 
cbaristie  vivilie  le  ctpur  de  rboinse  giar 
l'amour,  comme  l'enseignement  vivilie  son 
es])rLtp3rla  vérité.  Chose  vraiment  i>elle, 
et  qui  révèle  bien  cet  ordre  divin  que  noue 
retrouvons  partout  dans  celle  religion  1 
L'homme  moral  est  esprit  et  ctsur  ;  il  a  be- 
soin de  deus  choses:  de  nourriture  el  du 
Jumière.  Connaissance  el  amour:  voilà  les 
deux  pôles  de  son  être  sur  lesquels  rouleitl 
iRS  destinées.  Le  catholicisme  pourvoit  ail- 
mirablement  à  ces  deux  lins.  Par  l'infailli- 
bilité de  son  enseignemeul  il  détermine 
l'entendement  humain,  et  le  dedans  la 
certitude  de  la  vérité; par  la  parlicipaliuB 
eucharisiiquo  il  attire  son  cœur  el  le  repose 
dans  l'amour  de  celte  même  vérité.  Par  la 
doutriuLi  il  c»(  pour  lui  comme  la  coloiuie 
de  nuée  lumineuse  qui  guidait  Israël  daus 
lo  dé£t;rt,  et  par  le  sacrement  comme  la 
manne  céleste  qui  l'y  nourrissait.  Ce  sont 
comme  deux  tables  placées  deçà  et  delà  : 
l'une  est  la  table  de  la  loi  divine  quicootieut 
et  enseigne  la  vraie  liji,  l'autre  est  la  lattle 
de  l'autel  sacré  où  est  \a  pain  de  vie  qui  la 
rend  sensible;  par  l'une  il  nuus  éclaire, |iar 
l'antre  il  nous  réchaulTe;  d'un  côté  il  nous 
iiistruil,  l'c  l'autre  il  nous  persuade  :  de 
toutes  parts  il  nous  saisit,  et  il  nous  relève, 


(KTV)  Qm£s6mu  lar  rEiiryflopédie,  l.  Vf,  c.Iil.  de  Genève 


8-4  EUC  DICTIONNAIRE 

i>t  il  nous  tlÎTinise.  Car  c'u5t  1o  même  Dieu 
qui  se  donne  h  nous  arec  une  égale  rialiti 
de  pré$enee  dons  l'&nseignement  de  son 
Eglise  e(  dans  le  banquet  de  son  amour.  Le 
Verbe  éternel  serontinueel  habite  substan- 
liellemenl  au  milieu  de  nous  d.Biis  la  doc- 
trine commu  dans  le  sacrement,  et  c'est 
avec  une  égale  Torce  que  s'applique  &  IVin 
et  b  l'autre  Ta  Térité  de  cette  parole  :  Je$'uii 
moi-même  avec  voum  tout  le»  jours  juiqu'à  ta 
ftndumonde.  Admirable  accord  cncoru  uriu 
luis,  solidorité  profonde  que  l'hérésie  e!l«- 
niéme  n'a   pu  rompre,  qui  l'a   forcée  à  se 

f river  de  tout,  rt  &  unir,  daHs  sa  commune 
rupuissance  de  les  détruire,  et  la  chaire  et 
l'autel. 

L'auteur  des  Lettres  (TAttieus,  Fili-Wil- 
liam,  quoique  né  dans  le  protestantisme, 
a*ait  saisi,  par  la  seule  force  de  son  remar- 
(lunble  esprit,  la  vérité  catholique.  Il  a 
consigné  1  oi<iressîon  de  so  pensée  h  eu 
sujet  dans  des  pages  dont  le  petit  nombre 
GO  rachète  par  une  grande  hniituur  de  vue. 
ItecEierL-hanl,  à  la  tin  de  cet  éctii.quel  est  le 
meiltenr  tyttime  de  gouvernement,  il  en  vieut 
è  parler  am«i  des  sacrements  lie  la  Pénitence 
et  de  l'Eacharittie  (1371)  :  «  Tuules  les  na- 
tions oui  leur  religion  et  leurs  lois;  leur 
religion  pour  inculquer  la  vertu  et  la  mo- 
rale, et  leurs  Inis  pour  punir  les  crimes.  En 
cela  les  catholiques  romains  et  tous  les  au- 
tres ont  le  mfiine  but  Mais,  dans  le  seule' 
religion  catholique,  il  existe  dts  lois  d'uno 
autorité  bien  plus  impérieuse,  et  sur  les- 
quelles, par  aucun  art,  jiar  aucun  sopbismc>, 
ou  ne  peut  .tu  faire  illusion;  des  lois  cal- 
culées non-seulement  pour  inspirer  l'amour 
de  la  vertu  et  tte  la  morale,  mnis  encore 
pour  obliger  h  les  suivre  ;  des  lois  qui  ne 
se  bornent  pas  à  punir  les  crimes ,  mais 
encore  qui  lus  préviennent.  Ces  lois  cousis- 
lent  dans  l'obligation  qu't.'lles  imposent  h 
tous  les  catholiques  de  communier  au  moins 
une  fois  par  an;  dans  leur  fénéraiion  pour 
ce  sacrement,  et  dans  l'indispensable  ei  ri- 
goureuse préparation  pour  le  recevoir;  ou, 
eu  d'autres  termes,  dans  leur  croyance  à  la 
présence  réelle,  dans  la  confession,  la  pé- 
nitence, l'absolution  et  la  communion.  On 
peut  dire  que  dans  les  Etats  catholiques 
toute  l'éconumie  de  l'ordre  social  ruulesur 
CD  pivot ,  ut  que  c'est  h  lui  qu'ils  doi  vent 
leur  solidité,  leur  durée,  leur  sécurité  et 
leur  bonheur.,..  Les  préceptes  que  cette 
religioD  impose  h  ses  en  l'un  ts,  et  les  défenses 
qu'elle  leur  fait,  sont  si  peu  connus  des 
sectaires  qui  la  combattent,  qu'à  peine  en 
otit-ils  une  légère  idée.  Les  uns  par  igno- 
rance en  détournent  leurs  regards,  les  autres 
par  prévention  les  traitent  avec  dérision.  > 
(L'Auteur  eipose  ki  la  rigueur  de  ta  doctrine 
CBlliolique.]  ■  Telle  est,  conlinue-t-il,  telle 
a  toujours  été,  depuis  dix-huit  siècles,  la 
doctrine  fondamentale  et  immuable  de  l'£- 
glise  catholique.  Et  si  l'on  ose  dire  que  ses 
enfauti  sont  méchants  et  pervers,  malgié 


APOLOGETIQUE. 


ECC 


les  liens  dont  elle  enchaîne  el  lesdevoin 
qu'elle  inipnse,  que  dirons-nonsdes  bocnnu 
libres  de  ces  salutaires  entraves!  Les  habi- 
tants de  la  plus  heureuse  et  de  la  plui  fiô- 
rissanie  monarchie  qui  ait  jamais  brillé  lur 
la  terre  s'en  sont  tout  A  coup  délivras. Quelle 
en  a  été  la  conséquence  T  Ces  malheureui 
insensés,  n'ayant  plus  de  frein  pour  les  re- 
tenir, ont  tout  osé  ;  et  leurs  crimes,  commâ 
unn  mer  qui  déborde,  rompant  des  digues 
que  Dieu  seul  pourra  rétablir,  ont  baale- 
versé  l'Ëuropo  et  inondé  le  monde 

«  Pour  prondncer  sur  toutes  les  quesLions 
d'une  importance  générale,  il  est  nécessiire 
et  juste  de  prendre  pour  base  leurs  eiïei) 
généraux.  C  est  ce  que  j'ai  fait.  Uiis  telle 
est,  hélasl  la  fragilité  hiimaine, que  tousl» 
callioltques,  j'en  conviens,  ne  prorueiilpu 
des  avantages  qui  leur  sont  offerts.  Si  ptr- 
sonne  ne  s'en  écartait  jamais,  la  que>IiH 
ne  serait  pas  :  Quel  est  le  meilleur  des  gH- 
vernementsî  mais  plut&l  :  Dans  un  U\  gui- 
ve.nenient  quel  besoin  y  a-t-il  d'iuirts 
luis  7  Peut-être  que  toutes  les  lois  humalnei 
y  seraient  superHues,  aussi  inutiles qu'ellei 
sont  impuissantes  partout  oili  la  religion 
GSihoIique  ne  leur  sert  pas  de  fondemeni.». 

«  Tout  ce  que  je  viens  de  dire  en  fsieur 
des  gouvernements  catholiques  doit  titH 
envisagé  sous  le  point  de  vue  poliii>]iM'. 
Cependant  je  ne  puis  m'empècher  de  nie 
demander  à  moi-môme  si  une  religion  qui 
cuntribue  évidemment  RU  bonheur  uns  tiuui- 
mes  d'une  maiiière  si  solide  et  si  admin- 
ble,  n'est  pas  une  religioo  divine  dans  iojI 
ce  qu'elle  commande.  ■ 

Le  premier  et  lu  dernier  mot  Je  notre 
destinée  a  toujours  été  de  nous  uuir  i  Di^u 
dons  la  perfection  et  la  béatitude  de  sod 
éternelle  vie.  Au-dessous  de  ce  terme, 
l'homme  n'est  rien  encore,  et  si  grands  que 
soient  les  prodiges  d'allianou  qui  se  swil 
TUS  entre  Dieu  et  lui,  ce  ne  sont  pourlial 
que  des  signes,  des  préparations,  des  avant- 
coureurs,  ce  qu'est  l'ombre  du  matin  ï  H 
clarté  du  midi.  La  jour  viendra  où  la  chair 
même  du  Verbe  divin  no  sera  plus  fx'ur 
nous  une  nourriture  sullisaate;  nous  QOiis 
en  souviendrous  comme  les  Israélites  |iar- 
Tenus  è  la  terre  promise  se  souvenaieDl  de 
la  manne  (hi  désert.  L'arche  sainte  en  con- 
servait la  mémoire  dans  un  vase  d'or,  nisi' 
l'enfant  d'Abraham  n'en  subsislaiiplus.il 
mangeait  sous  sa  vigne  et  suus  son  liguicr 
les  fruits  de  la  piitae,  et  buvait  joyeux  *ui 
sources  de  la  montagne  de  Sion.  Ainsi  ^f 
venus  à  notre  tour  au  delà  du  ïourdaio. 
nous  y  retrouverons  dans  riticorruptibiliti 
ta  chair  du  Christ,  notre  bien-aiméSauTeur; 
nous  toucherons  de  uos  lèvres  ses  raiwi 
bénies,  nous  nous  rassasierons  i  ses  pieils 
des  baumes  lointains  de  sou  sacrifice  ;  uous 
uoiis  dirons,  dans  un  langage  que  nous  ne 
connaissons  pas  encore  :  Voila  celui  <)ui 
nous  a  aimés  jusqu'à  mourir  1  Hais  I09 
méiue  qu'il  nous  plairait  de  manger  ta  tiait 


(ISll)  Non*  rcmitons  de  ne  pouvoir  donner  ki     slaniiel  ;  ît  demande  k  Mn  la  duu 
que  de*  eslraiis  d'un  écrit  aussi  plein  M  aussi  &ub-      Uoutonuieu  ne  le  détavoucrail  yas. 


UiCTIUXNAIRE  APOLOGETIQUE. 


SUC 


ei  lie Ituire son  saut;,  pamnsouveoirdeiint 
tiéliees  pauées,  ooas  iio  pourrioDs  rassasier 
aùtn  cœur  h  ce  foyer  de  notre  ancienne 
ti«  :  DicD  seul,  Dieu  tu  face  è  face,  Dieu 
pnssédé  dans  sa  substance ,  Dieu  coulant 
JsDt  nos  entrailles  comme  un  fleuve  sans 
ri^igeJ.  TOili  quel  sera  notre  dernier  bon- 

Suei,  lebinauet  du  vin  nouveau  et  étL'rnel 
uDl  Jésui-ClirJst  disait  dans  ta  nuit  do  la 
cène  :  Jt  ni  boirai  pjui  de  ca  fruit  de  ta  vi- 
fu,  jvtqa'à  et  qutje  le  boive  noutrau  avec 
cou  dmi  le  royaume  de  tRoii  Pire  (1272). 

sni- 

OMlqincè.eclioni  detproiesUnla.  —  Uess  et  Néander; 
JHMUrïbotreteiprii,— Imponibllitédel*  présence 
rrpcrtlle  d'im inAne  coipieD  plosleura  lieux;  sen- 
lamt  de  Pabert  el  de  LelbuiU-  —  Les  piroles  de 
^â^CbrlH  dan)  I'IihUIdIIoii  de  l'Euctuiluie  «uit- 
(Ibiie  pinbote  f 

Suiianl  Hess  et  Néandcr,  tout  ce  qu'il 
nul  j  avoir  d'obscur  dans  le  Nouveau  Tes- 
iimtal  sur  la  question  de  l'Eucharistie  est 
.'uOisaiDiiieiit  expliqua  par  les  paroles  que 
Ji-ius  adresse  à  ses  disciples  en  lerriiinaut 
Ib  télèUru  discours  de  Ca|ier-Naum  :  ■  C'est 
l>5pril  qui  vivifie,  la  chair  ne  sert  ï  rien  ; 
'K|iirolei  que  Je  vous  dis  sont  esprit  et 
lie  [ma).  >  Celle  objection  est  tiès-popu- 
Mit,\i  i>lui)art  des  protestants  s'iinoijiiieni 
qu'il  o'j  a  rien  «ie  suliiie  à  répondre  a  cette 
il^llé.  Que  des  personnes  étrangères 
m  i|i)estioiis  tl'eiégese  aient  une  sembla- 
bit  wnière  de  voir,  je  n'eu  suis  Dullement 
iiirpfi$;  niais  je  suis  étoané  que  des  théo- 
logiens counue  Bess  el  Nâander,  aient  re- 
ivursiune  interprétation  abandonnée  par 
kus  les  i-ouiiiieiitat<?urs  éclairés,  même  de 
XureoniEDuniou.  Aussi  noua  nous  burne- 
ausi  réfuter  par  uue  observation  unique  , 
■lij  décisive  ,  cette  manière  d'entendre  le 
fasuge  de  saint  3eao. 

Les  mots  chair  et  ttprit,  oj>|>osés  l'un  à 
fwiredans  le  Nouveuu  Testament,  ont  une 
HlÇiiitlcaliun  invariaute,  très-diffûrente  de 
ail«  Que  l'on  veut  leur  douner.  Il  suffit, 
pMirsen  couvaiiicre,  de  lire  le  ctiapitie  viii 

mt)  Meilh.  xxvr,  SA. 

lliTSjJoaH.  Ti,  U3.  —  Vnîci  le  leile  de  ce  ver- 
M  iii^runl  :  Ti  xvfûfui  isri  xi  C»»irB(sûii,  i  akfi 
Ayjthi  a:Sn.  Ta  /!nf«ni  tiy^  liUlqm  v/«'», 
'1^  Ini  nd  (ma  irtn. 

\}i'H)  Kuîitdil  (M  JoM.  V],  I.  Il),  après  avoir 
«li^M  riulerprétalion  qu'on  dooiie  vulgairvucul 
bxu  communion  à  ce  (lassage  célèbre,  ajuule  : 
' ^ hzc  verborum  iDierpieUiio usu Imiueiiiti  scri- 
luraia  Nftvi  Testaoïeiiti  cumprobari  neijuil...  Prx- 
tw»  ifiuir  mibi  eoruni  raiio  quîbus  mtOfui  ut 
tfltOMn,  lybHiuior  lenlieDdi  el  Uatuendi  ralio 
«B  ductriu  Ctarisli  eHicit  ;  «ifpE  tiumilis,  vilii 
tiiiciidî  laiiu,  i;ii>li»  erat  Judaurum,  i\ui  pne- 
M«pu«de  Me«sia  elbonia  inejos  regiio  exspo- 
<U«li>  opiHÎones  foveltaiil  :  ut  adro  seasun  ait  : 
>'*dKen  dtlietii  opinion. bus  veslris  prxjuiticaiis, 
*■  wUiinkir  lanum  leoiiendi  cl  staïueiuli  ac 
fBudi  raiiu,  «vcSjw  Mluiem  ofleri-  bumilii,  vi- 
lUaUiewUac  grandi  ralio  judaica  llla  ralin, 
*fi.  «ihit  coalèn  ad  vcram  fellcilaieui.  >  —  Ulo- 
udl,  i|û  copie  KuiiMKl,  dit  auui  :  <  Que  cette 
ndwiioii  lia  iraduoiou  prôiesUBie  populaire)  ue 
«vi  «Ue  prouvée  d'aprèi  I'm»  loq*mit  de  l'tcri- 


de  relire  aux  Romaine,  depuis  le  versel  J" 

i'usqu-au  H*.  Ce  piiss.ige  prouve  seul  qu'il 
But  entendre  par  le  mot  chair  les  disposi- 
tions perverses  et  les  mauvais  sentiments 
de  la  nature  humaine,  et  par  uprif  les  sen- 
timents de  riiomme  régénéré  iiar  la  grâce. 
Ceci  posé,  il  n*est  pas  difficilo  d'eipliquer 
le  vrai  sens  du  passage  de  saint  Jean,  dont 
on  fait  tant  de  bruit.  Il  veut  dire  simple- 
ment :  Les  paroles  de  Jésus-Christ  sont 
esprit  et  vie,  elles  sont  telles  que  la  chair, 
ou  l'homme  réduit  h  ses  propres  forces,  no 
peut  les  recevoir,  et  qu  il  taul,  pour  les 
agréer,  le  puissant  secours  de  lo  grâi-e. 
Ainsi,  ce  texte,  loin  d'être  contraire  h  l'in- 
terprétation que  nous  avons  donuée  de  tout 
l'oflsemble  de  ce  discours.  In  fortiHo  évi- 
demment. N'est-il  pas  naturel,  eu  elfet, 
qu'après  avoir  proposé  il  ses  auditeurs  une 
vérité  que  la  rbair  et  Te  sang  ne  sont  |ias  en 
état  de  comprendra,  le  Sauveur  dise  à  oeux 

aui  l'écouteiil,  qu'ils  ont  besoin,  pour  pro- 
ter  de  ses  paroles  ,  du  s'élevrr  au-dessus 
de  la  terre,  cl  d'implorer  du  ciel  un  secours 
particulier  T  II  me  semble  inutile  d'insister 
davantage  sur  ce  point,  nralgré  l'iniporlanco 
que  quelques  écrivains  |irotestaDts  semblent 
eni'ore  y  attacher.  En  etTet,  parmi  eux,  les 
exégèies  les  plus  inslruils  reconnaissent 
maintenant  que  l'inlerprélalion  du  versel 
6i*  du  chapitre  vt  de  saint  Jean ,  proposée 
par  Hess  et  {wr  Néaiider,  ne  peut  être  lié- 
îéndue,  pour  peu  que  l'on  tienne  quelque 
compte  de  la  langue  du  Nouveau  Testameni, 
el  que  l'on  ne  sacrifie  pas  les  intérêts  de  la 
science  aux  intérêts  passagers  des  partie 
(1274). 

Cependant  Hess  et  Néander  s'accordent 
à  trouver  dans  lus  circonstances  rie  l'ins- 
titution de  l'Eucharistie  un  motif  qui  a  dû 
obliger  les  ap6Lres  d'euleodro  dans  un  sens 
symbolique  les  paroles  de  leur  Uailre. 
Comme  ils  voyaient  Jésus  présent  devAnt 
leurs  ^eux,  ils  ne  pouvaient  s'imaginer 
qu'il  eût  la  pensée  de  leur  donner  dans 
le  nouveau  sacrement  son  corps  avec  sou 

tare.  >  —  Home  est  du  même  «vis  :  <  Le  Saiui- 
Eipril,  dil-il,  est  mis  pour  ses  effets.  ■  (//  Car. 
III,  6.)  Ici,  par  le  rnol  leiire,  auui  dévoua  enieiiilie 
la  toi  écrite  avec  des  lettres  sur  tu  pierre.  Par  l'es- 
prit, il  r«iit  eiiienilre  la  doctrine  saluiaire  de  l'tl- 
vangile  dont  t'Esprit-Saint  iwt  le  premier  aulear. 
C'est  dans  le  même  sens  que  Jetius -Cbrisl  a  dit 
{Joan.  VI,  63)  :  Les  paroles  que  Je  dis  sont  e«piil  et 
vie,  c'est-à-dire  elles  sont  inspirées  par  l'Etpritde 
Dieu,  el  conduiront  à  la  lie  éurnelle  celui  qui  les 
recevraavecunefui  vériialle.  {/nlroductten,  vol.  Il, 

L4S5,  7*  édit.)| —  Dans  son  Index  dit  langage  lym- 
ique  de  t'Ecrilun,  au  mot  ekair  it  tilt  encore  : 
Apparence  extérieure,  cundiiion,  cinunsiaiicet.  o- 
raciére,  etc.  (yonii.  ii,  V3)  :  La  ciiair  ne  s«rt  tie 
rien.  {IHd.,  vul.  VI.)  —  Yoftt  aussi  ScuLEUSNia, 
au  root  HpÇ.  —  Kopp,  £xciiniii  in  Eoiu.  mi  iitUt. 
— Sàitobius,  DiueTtalio  théologie*  MKflioMvacit 
aàpC  lu  N.  T.—  Stobh,  ComauiUmtio  it  vocvm  tmr- 
hUcI  iDtriiut  gtnuiHo ^eiu». —  Scumid,  Deaauttmte 
eotabuui  tfàjixiE  el  wytiiuaat  In  N.  T.  bul^ecta,  — 
KoLLKB,  Ht  meum  tàfJi  et  ««ivfui  in  l'auli  tfitt, 
ai  Lulmlat  leaiit. 


m  F.Ur  DiCTfONXAIRE 

sang.  L'imi'Ossibilité  de  la  pré9<'i)Ci:  ror- 
poreWo  U'u/i  corps  en  plusieurs  lieux  ost 
trop  évUlentti  pour  qu'elle  n'ait  )>as  fni[>pé 
les  apdlr«s. 

Je  ne  nisontieroi  pat  loogiiement  sur  ces 
prétendues  imposâiujlilës.  Pereonue  n'i- 
gnore que  la  question  de  IVssence  de  la 
matière  portage  toujours  les  savatils.  L«s 
uns  «ferment  arec  Des<:iries  (ISTâJ  que 
l'étendue  est  essevlielle  à  la  matière ,  les 
autres  disent  arec  Leitinilz  que  cette  (ifo- 
posilJOQ  n'a  aucune  base  vrsiuieol  (thilc^ 
sophique  (i9^&).  Kanl  a  mis  les  deux  opi- 
nions aux  prises  dans  ses  céièi)re«  anti- 
nomies ^iâ77].  Tant  que  les  pliiJosophes 
n'aurout  pu  s'enteodre  sur  celle  question 
fondaioenlHle ,  nous  ourons  le  droit  de  faire 
bien  peu  de  cas  des  dilBcultés  qu'ils  pour- 
ront opposer  au  -dogme  de  la  présence  d'un 
corps  eu  plusieurs  lieux.  Aussi  les  proles- 
Uflts  écUirét!  ne  songent  plus  guère  à  nous 
lairo  des  objections  que  l'on  reltiurDerait 
lacileuieiii  contre  les  autres  mjfstères  du 
cbrJsliAoisaie.  Le  savant  théologien  augJiuiD 
f  aberl,  dans  ses  Difficulté*  du  Bomauitmt, 
s'exprime  sur  ce  point  avec  une  fraucbiw 
qui  lui  bit  grnod  honueur: 

•.  lîii  discutant  sur  ce  sujet, 'dil-il,  ou 
ou  ne  là  Loucbant  qiiei>ariuciûef)I,  quelques 
écrivaioe  ,  j'éprouve  de  la  douleur  h  la  J ire, 
se  sont  niootrés  trop  prodigues  de  ces  ter- 
mes inconvenants:  abtiurdiu, impo$tibiiité t 
Le  moindre  reproche  qu'on  puisse  taire  h. 
un  pareil  jangage,  c'est  qu'il  manque  de 
bons  procédés.  Un  outre  défaut  beaucoup 
plus  sérieux  qu'on  peut  y  reiKcndri;,  c'ist 
ce  Ion  de  présouiption  et  u  urgueil  qu'il 
laisse  percer,  et  ûui  ne  sied  nullciuenZ  à 
une  créature  dont  les  facultés  sont  si  bor- 
nées. Cerlaineuiijnt  Dieu  ue  veut  rien  l'aire 
d'absurde,  et  ne  peut  rieu  faire  qui  soit 
iiUij>ossible.  Uais  il  ne  s'ensuit  pas  rigoU" 
reusuuienl  que  nous  voj'ions  toujours  le» 
vbuses  d'une  manière  parfàiteinenl  exacte, 
et  que  nous  ne  puissions  jamais  nous  ot^é- 
prendre.  Nous  pouvons  facilement  nous  ima- 
giner voir  des  coulradictions  là  où,  de  fait, 
il  n'y  en  a  pas  le  ii.oius  du  monde.  Donc, 
avant  de  taxer  une  doctrine  de  contra- 
diction, il  faut  être  sûr  d'avoir  une  in- 
telligence pari'aile  de  la  maliùre  qui  y  eigt 
proposée  :  car,  aulremeril,  la  cDiilraUiutiuu 
pourrait  bien  ne  pas  être  dans  ta  matière 
elltt-iuéme  ,  mais  dans  uolru  manière  da 
la  concevoir.  Pour  moi,  comme  lacona* 
cience  que  j'ai  des  bornes  de  mon  inld- 
ligence  ne  me  permet  point  de  vouloir  va 

(1975)  Il  CM  reinar<|aaLlB  c)iie,  malgré  la  diff^ 
reiice  de  leurs  priiicipei  sur  ressèiii.i;  ite  la  matière, 
Beteariet  et  Leilaiiit  uiu  travaillé  à  démontrer  U 
IKWubiliié  de  la  piétoiiw  t«eUc  au  point  de  vue  da 
leur  pl)iloKipttîe. 

(lïïOf  TajWtdePufsv,  Jtulraeiien  patUraIttmr 
h  mtfiun  it  l'iLuciuuûiit,  —  El  LeiiutiTE,  Hjft' 

(1^77;  On  a  fait  juiqu'ici  beaucoup  tl'«ffarts  pour 
rêMudrcccue  aiuiHVuiie.  Kuum  n'a  été  couruntié 
de  kuccé»  :  sur  loutr»  let  ijupsLiuna  Cuuilaneutaks 
la phtlosoplite  raiiooaliïic  lolbuie  cvuiuiu au  jujv 


APOLOCETIQUE.  EUC  m 

faire  In  mesure  de  tout  ce  qui  est  coDv^ 
nabla  et  possible,  il  me  semble  qu'il  est 
è  la  fois  plus  sage  et  plus  coaveDable  de 
ne  poinl  attaquer  la  docirinedeli  Irans- 
substanliaiion,  surce  reproche  d'alitutililé. 
de  contradiction  et  d'impossibililé  au'oii 
allègue  contre  elle.  Suivra  co  plan  ifalti- 
que,  c'est  vraiment  abandonuer  le  lerrain 
d'une  argumentation  rationnelle  et  pu- 
sunsive.  La  doctrine  de  la  Iranssubslaiiiii- 
tion  ,  comme  celle  de  la  Trinilé,  im(|us 
une  molière  ^ui  se  discutu  [lar  des  raison- 
ncmenls  abslrails  ;  c'e^I  u;il>  question  île 
purtévidenc-i.  Noi  s  regardons  la  réïéijtiou 
divine  comme  une  règle  esscniielle  et  iu- 
faillilile  de  la  vërîlé.  Le  plus  simple  guiut 
nous  n'est  (ws  de  nous  pcn'lrc  daus  dt! 
raisonnements  abstraits  sur  i'^bjurdiliel 
les  prétendues  contradictions  de  la  Inm- 
substanliation  ,  mais  c'est  de  rechercha, 
h  l'aide  des  meilleurs  moyens  qui  sén 
en  notre  pouvoir,  si  la  sainte  Ëcriluntir 
seigjie  véri tutoiement  cette  doctrine.  Cm 
sullisamment  prouvé  et  délcrmiué,  iioui 
serons  certains  que  la  doctrine  u'est  m 
absurde  ni  contradictoire.  Je  soulieuiira 
lou/ours  que  la  doi  trine  de  la  traussulisiao- 
liation ,  comme  celle  de  la  Tviriilé,  eil  wt 
question  de  pure  éoidt»ct  (1278J.  > 

Leibnitz,  le  plus  gruud  nom  dt-  la  \'\é.- 
Insophio  protestante ,  est  encore  plus  ci|4i- 
cite  :  Il  repousse  absolument  toute  iilfe  de 
contradiction  dans  le  dogmu  catholique,  d 
fait  observer  que,  bien  loin  qu'on  piiissu 
démontrer,  comme  on  s'en,  est  vaiiléaiet 
tant  d'éclat,  a  qu'un  corps  ne  ^auraii  tUc 
en  plusieurs  lieux  h  la  fois,  ou  peul  au 
contraire  prouver  solidement  que,  quoique  i 
l'ordre  natunil  des  choses  exige  que  Ii 
u.aLière  soit  dérinitivemenl  ciicouscrilt . 
cela  cependant  n'est  jias  d'une  absolue  lie- 
cessité  (1279).   > 

Si  les  ap&tres  avaient  été  phi  lujopbes,  il! 
n'auraient  eu  donc  rien  a  objecter  ï  Ij 
doctrine  que  leur  divin  Maître  prepouii 
Il  leur  croyance.  Mais  ils  étaient  coiu|ili- 
lement  étrangers  i  ces  discussions  il^-  \ 
traites.  Pour  nous  former  une  idée  del'éui 
de  It:ur  intelligence,  nous  devons  eiauiioer 
avec  un  peu  craUeuliou  les  hommes  pi^ui 
et  sensés  de  la  classe  à  laquelle  ils  if>- 
parlenaient.   Or,    on   cherctierait  en  ta» 
dans  cette  classe  des  notions  exaciei  mt 
ce  qui  ost  in)possil>le  et  contradictoire,  i'i-   i 
dée  que  les  gens  du  (leuple  ont  du  p05Si-  | 
ble  se  mesure   toujours  sur  la  jioissance  i 
do  celui  qui  agit.  A  leurs  jeux  riea  u'cil  i 

de  sa  naissauce. 

(127)1)  Le  céléDfe  ihtelogieH  cniMid  par  b  la  etr- 
tituite  morale.  Il  veut  dire  qu'il  n'est  p»  qimliM   | 
de  savoir  «  la  préseaoe  rédie  est  cMifonM  i  l>  i 
pliiltHupLic,  mais  si  elle  a  4iê   évideniMat  **" 
vélée.  ' 

((170)  LGiemrt,  S^umm  tàtniofiewm,  f-  »-.' 
Quant  mx  Itar.tuies,  Ziinaiar  Icwa  pmivéïfii'i* 
point  ie  vne  Jt.'s  priiicÎMS  de  leur  imltre,  Hs"' 
pouvËiil  nrcr  la  possibililé  de  la  préMKe  w"- 
(  Vojie»  ZrwEK,  rnMffffe  êpéemtt,  i.  Hl,  )  iH>| 


ESC 


MCTIONNAIRE  APOLOGETIQlie. 


EtlC 


fopiMSible  sa  Toul-Paisunt,  è  celui  qui 
gooTtnia  ta  natora  avec  une  arrtorité  ab- 
Mine.  Or,  Isa  èctjoas  da  Sauveur  avaieol 
dA  leur  donner  de  son  pouvoir  lldée  ta 
fia!  complète. 

^''ïTair-Il  pas  en  Teui*  pr^senee  fendu 
id'oriseal  mot  lasBoté  aux  infirmes,  l'obïe 
loi  sourds,  la  vue  aut  areugiesî  N'a- 
KFDt-ils  pas  été  témoins  de  la  résurrec- 
■udes  morts?  La  nature  h*arait-(HIe  pas 
■»  ordres  suspendu  constamm*»!  toutes - 
^loisT  Jésus,  sous  led  yeux  de  ses  apÂ- 
i,  s'était  promené  sur  le  turiTaeo  des 
p  (1280).  Aux  Doces  de  CbAb,  il  avait 
ksformé  l'eau  en  vin  (136l}i  dèirt  deux 
"-i  circonslafiees  il  avait  fait ,  d'une 
ire  plus  frappante  encoret  violence  a 
aies  lofs  de  la  nature,  en  nourrissent 
■  aille  liommes  avec  cinq  pain*  et  deux 
^Ds,  et  quatre  .mille  avec  cin({  peins 
B).  Ce  Bpeciacle  éleudit  si  loin  ridée 
Kludàtresae  faisaient  de  la  toute-nuis- 
HirMallre,  Qu'ils  ne  durent  tenir 
pte  de  l'idée  d'impodsibiliié  ou 
^  Eliclion,  lorsqu'il  fut  question  dans 
'  d'interpréter  ses  enseignements. 
B  même  nos  adveneires  parviendraient 
■[•liquer  le  prodige  de  la  multiplies^ 
vdes  pains»  et  à  le  concilier  avec  leurs 
'trin  sur  les  lois  de  )a  nature>  la  sub»- 
m»,  l'éleodue,  etc.;  toujours  est-i)  que 
nwaiblables  miracles  devaient  sing;alièr»- 
|Mnt  disposer  des  Itommei  tels  que  les 
Wtm  t  croire  que  leur  Mettre  pouvait 
Wf'^  toutes  les  merveilles  qu'il  aonon- 
Kl  Od  se  tromperait  donc  étrangement  en 
*ij3ai  que,  pour  eipDquer  ces  paroles  : 
kl'  t$t  ftion  eorpi ,  ils  auraient  eu  recours 
flbpossibilité  du  sens  littéral,  et  qu'ils 
Nirateiit  dit  :  ■  Il  a  changé  Teau  en  vin; 
■  privé  son  corps  de  pesanteur;  il  a 
■lijplié  quelques  paioa  de  bçon  h  itourrir 
le  multitude;  mais  ceci  est  tellemeot  dif* 
Bol  des  miracles  qu'il  a  opérés,  qu'il  noua 
M  pour  la  première  fois  douter  de  son 
•voir  et  prendre  tm  Mroies  au  figuré.  » 
iWaraiaDl-ila  fait  d'ailleurs  de  t»a  magoi-> 
Mi  raisoanemeou,  lorsqu'ils  virent  le 
rft  du  Rédempteur  trieerser  les  porlea 
«^'sftaSSJT  Mail,  si  Jea  fiiite  dont  je 
Mit  lie  parler  devaient  denoer  aux  dia* 
fkt  la  plua  baute  idée  du  pouvoir  de 
■r  Uattre.ses  eoseiguemenls ,  loin  d'af- 
Utr  leurs  dispositions,  étaient  au  con- 
tre de  nature  b  les  forlitler.  A  chaque 
Usât  Jésus  vantait  la  foi  de  ceux  qui 
nsO)  Tôt.  Mmtk.  iiv  :  Mare.  vi. 
mi)  iMK.  n. 

ls«)  V«v.  vm,  1-ft:  iom.  vi,  6-14. 
ISsSi  /«m.  XI,  1»-M. 

laU)  V*yM  raulriie  do  aneileB  (««M.  ix)  ; 
It  dH  oeitt«riofi  (Matik.  *ni)i  cette  d'un  M- 
•I  (/Md.>;  Il  répoHc  de  Uatilie  (Jmr.  xix, 

a). 

■  tHS)  yoy.  Mmiik.  Tiii,16;  x»,  U. 
iVtb)  io*m.  VI. 

(«7^  Lmt.  viu,  II,  ri  Matlh.  »n,  5-Ï5.  —  Le 
to  de  ce  deraier  contlniK  loul  ce  gne  je  dis  ici  : 
>  4i*tipUa  l'appnehMt  M  Mrmt ,  Pmr^oi  leur 
'bt-CMU  <K  fMfcMM  I  —  ht  U  Uur  nIpomUl  : 
bicnoMMiraK  APOLooKTiQva.  I. 


croyaient  .sans  bésilalton  en  aoa  pouvoir, 
il  recommaudait  cette  foi  comme  la  preffifère 
?.'ÎH?A"°i'-  P°"^  parvenir  h  la  vie  éternelle 
(«8».).  Si  quetquelois  il  réprimandait  sé- 
vèrement ses  disciples ,  c'était  pour  avajr 
manqué  de  cOnQanoe  (1385)  en  sa  parole, 
nous  lavons  vu,  quand  il  annonça  l'ios- 
tilBtioodelEucbartstie,  laisser  partir  sana 
regret  les  disciples  qui  avaient  douté  et 
leliciler  sps  apôlces  d'avoir  accepté,  sans  ba- 
lancer, une  doctrine  qui  avait  scandalisé  tous 
les  autres  (ia8«).  II  les  avait  donc  préparés 
de  longue  main  à  recevoir  Lous  ses  eosei- 
gnemenls  areti  uae  foi  complète  et  &  ne 
paa  opposer  les  conceptions  de  leur  întelll- 
geoce  aux  afSrtnaliODs  de  celui  qui  leur 
révélait  les  mystères  de  la  vie  éternelle. 
Hess  met  eaavont  une  deiiiiàre  dilliculté 

?ui  ne  mérite  pes  une  longue  diseussioii* 
■es  apAtres>  sslûu  lui,  étaient  habitués  à 
eeténure  leur  Usllre  se  servir  de  paraboleSt 
et  ils  durent  eroire  sans  peine  qu'il  conti- 
nuait de  parler  ainsi,  lorsqu'il  iustitus  l'Eu- 
charistie. Uais  cctla  objection  oe  peut  être 
{ilauslble  que  pour  un  homme  qui  n'a  pas 
Bit  une  étude  sérieuse  de  l'Evangile.  Si  le 
Sauveur,  se  conformaol  au  génie  de  l'O- 
rient, se  sert  souvent  de  siuiilituiles,  il  a 
soin  de  montrer  à  ses  apAlras  le  sens  pro- 
fond de  ces  comparaisons.  Ainsi,  après  avoir 
raconté  la  parabole  du  semeur,  il  leur  dit  : 
«  La  semence  est  la  parole  de  Dieu  (12S7).  » 
Toutes  les  fois  qu'on  se  trompe  aur  la  sigm- 
(tcdtion  d'une  parole  obscuru)  il  r.n  eiplique 
le  véritable  sens  h  ses  disciples  avec  une 
bonté  pateroelle  (1388).  Or,  dans  une  qu»- 
tioa  aussi  importante,  en  ce  moment  anluir-. 
nel,  lorsqu'il  laissait  à  ses  apAtrea  ses  der- 
nières instructions,  peut-on  croire  qu'il  ait 
négligé  d'employer  les  eioressions  les  plus 
claires,  qu'il  se  soit  servi  des  paraboles  ï 
l'aide  desquelles  il  essayait  de  faire  com^ 
Iirendreau  peuple  les  vtfrités  les  plus  pro- 
tondes  de  son  easeignement,  quil  se  soit 
conlié  complètement  h  l'intelligence  de  ses 
disciples  dont  II  connaissait  si  bien  les  pré- 
jugés at  les  travers  7  Ûoe  telle  supposition 
ne  mérite  pas  de  nous  arrêter  plus  long'^ 
temps. 

Nous  citerons,  en  terminant,  ces  paroles 
l'on  reujsrquabies  d'uu  ciiièbM  tliéoiogieu 
protestant  :  ■  Les  explicaliuus  que  l'Ecri- 
ture elle-même  nous  en  donne;  l'eniembla 
de  la  doctrine  biblique  et  la  pratique  da 
l'ancienne  Eglise,  décident  en  fiiv«ur  de 
lluterprétatiou  littérale  (1389).  ■ 

PëTCt  fs'U  to»§  ml  doHHi  dt  eoHitaltn  Ut  wi^uiret 
eu  T9)aum*  ie  Dku;  mbû  pour  eux  mic  coituait- 
MNM  JH  leur  Ml  pu  aetotdU...  Hturetix  tôt  ytvxt 
pwtt  pt'iU  vottHlf  et  «ManriliM,pBre(  qm'tllei  aum- 

4Mtl 

(ISU)  Vofti  l'enlretieB  de  Jësui  avec  Nicodin» 
(J«aii.  m);  —  l'avertiiMBeat  aux  disciples  inr  la 
levain  dea  pharisiens  eides  tadducéeos  (Matik.  xvl, 
6,  et  Lue.  iii,  1);  l'explicaliou  Je  la  nourriture  du 
llbrisi  (Jam.  XV,  32);  et  ptuateurt  autres  pointa. 
(JoaH.  Il,  11;  Malth.  xit,  U;  JMn.  viii,il,  5S( 

m.) 

(1289)  Hermaa  Olskiuseii,  CvfKVfuuiain  tît/tfM 
MIT  la  puuioit. 


DKTKXmMftE  APOLOGEUQUE. 


B»: 


m 


«  C'est  «ur  ion  ensei^ement  d'une  manne 
de  nnuvelle  espèce,  dît  H.  Jean  Re^naud, 
queWeu  fait  descendre  du  cie),  qui  est  une 
personne,  qoi  a  l'clllcaea  de  conférer  la  Tte 
éteroelle  è  ceui  qui  t'en  nourrissenl,  que 
les  Juifs,  nrenaot  Jésus  pour  uo  incensé,  se 
retirent  ae  lui  ;  des  mages  l'auraient  pris 

Îaur  un  blasphémateur  et  lui  auraient  dit  : 
u  le  prétends  donc  le  DiR4  Uoid?  Jésus 
venait,  en  effet,  de  donner  à  ses  disciples, 
en  ce  peu  de  paroles,  en  la  rallacfaant  ii  tui- 
mftme,  toute  la  substance  de  la  Ihéolegie 
laazdéenno  touchant  la  nourriture  céleste. 
Longtemps,  je  l'avoue,  il  y  a  eu  pour  moi, 
dans  cette  inslilulion  de  Jésus-Ctirist,  une 
source  de  perplexité  qui  ue  s'est  caltaée 
i^ue  lorsijue  i'ai  commencé  h  découTrir  l'an- 
tique filiation  du  mystère.  Je  me  demande 
comment  il  était  possible  qu'une  idée  aussi 
complètement  étrangère  au  sens  commun, 
tel  qu'il  avait  existé  jusqu'alors,  fût  entrée 
dans  l'intelligence  d'un  homme  par  une 
voie  naturelle;  ou,  en  la  supposant  raine  et 
sans  aucune  conTenance  réelle  à  la  condi- 
tion du  genre  humain,  comment  il  se  )jou- 
TSit  qu'une  li  itrangt  folie  (1290)  eâl  séduit 
les  hommes  et  servi  pendant  tant  de  siècles 
k  la  glorification  de  son  auteur.  Il  me  sem- 
blait ilonc  que,  si  elle  avait  de  la  vileur,  il 
ftllnil  nécessairement  la  rapporter  k  une 
révéloUuii  surnaturelle,  c'est-à-dire  accuser 
d'une  certaine  manière  lu  vertu  du  genre 
humain,  et  que,  si  elle  n'en  avait  pas,  il 
allait  revenir  encore  i  coitilamuer  te  genre 
humain,  et  d'autant  plus  sévèrement.  Mats 
mon  incertitude  s'est  résolue  en  une  latit- 
faclion  parfaite,  quand  je  suis  arrivé  à  voir 
c|ucle  doijme  eucharistique,  loin  d'être  né, 
îndéjiendQiiimeiil  de  toute  tradition,  dans 
un  esprit  isolé,  correspondant  par  sa  racine 
au  principe  même  des  choses  humaines, 
éuiBciait  directement  de  la  période  sacrée 
des  origines,  bans  autre  nom  d'auteur  r^ne 
Dieu  et  riiomme,  et  recommandé  depuis 
lors  au  respect  do  la  théologie  par  l'autorité 
d'une  croyance  constante  tj  ai  compris  que, 
consommant  effectivement  sa  desttnée,  Jé- 
sus, pur  i'éfablissement  de  ce  sacremeiil 
iMpitat,  n'avait- fait  qu'engager,  sous  une 
forme  particulière,  le  munUe  romain  diins 


l'alliance  théoloçique  que  loi  prépinieni  à 
son  insu,  depuis  le  commeoceiotDl  des 
temps,  les  lois  des  Dations,  et  gai,  lai  cooi- 
muniqoant  une  nouvelle  vie,  i  décidé» 
véritable  çrandear  ;  et  de  celte  nisDiire,ce 
que  j'avats  estimé  anomalie  n'a  plus  ùé 
pour  moi  qu'un  progrès  régulier,  et,  si  je 
puis  ainsi  dire,  qu'une  Douvalle  pousse  au 
tronc  orientai  (1291).  > 

H.  E,  Quioet  ne  pense  pas  ditTéremment: 
■  Jl  faut  que  l'homuie  goAta  la  parole  »• 
crée,  qu'il  eo  fasse  sa  pAture,  ion  oreun^, 
qu'il  communie  avec  l'univers  loot  «dIiu 
en  buvant  le  soc  mystique  de  l'arbre  de  ii« 
diBs  le  vase  de  Djemsçhid,  qui  Sgure  li 
caupe  du  monde.  Il  faut  ciu'il  mange  la  cbiir 
divine,  le  paiu  d'Ormuzai  sur  les  l-ililesde 
la  liturgie.  Voilé  le  principe  de  la  Cèoe  el 
de  l'EucIiaristie  païaune  au  iaui  dutiiuel 
persan  (1292).  » 

Nos  adversiirea  s'entendent  merreillea- 
sèment.  Pendant  que  MM.  P.  Leroux  etSi^ 
vador  (1293)  font  nsttre  le  mystère  de  l'Ei- 
cbaristie  dans  les  communautés  essénenno, 
MM.  J.  Reynaud  et  E.  Quinel  n'y  inienL 
qu'une  Iran&Ibrmation  du  sacri&ee:IuHu[u, 
dont  l'origine  se  perd,  selon  eui,  djiis  b 
profondeurs  de  la  haute  antiquitél  SilW 
s'était  bi%n  rendu  compte  de  la  sijjuiQtiliOQ 
el  du  culte  du  Bom,  on  ne  serait  psi  sur- 
pris de  voir  les  sectateurs  de  ZoioastreH- 
tribuer  au  jus  de  cet  arbrisseau  dis  tetiai 
presque  divines.  HM.  J.  Keynaudel  E.Qui; 
net  ne  me  paraissoul  avoir  saisi  ni  l'uDoi 
l'autre  la  vériiable  sens  de  cette  pirlisdef 
croyances  mazdéennes.  On  ne  doit  pai  ou- 
blier que  les  Perses  avaient  gardé  U  m»>*'^' 
nir  de  l'arbre  de  vie  planté  (ur  la  mai»  ^' 
l'Ëternel  dans  les  jardins  d'£den.  IN»  >^' 
guraient  que  le  Uom.  véi^éial  des  inoi- 
tagnes,  était  cet  arbre  meiveilleui  qui^' 
trouve  dans  tant  de  traditions  du  lieui 
monde  asiatique  (1391).  U  était  tout  nalr 
rel,  h  ce  point  de  vue,  qu'on  s'imagùié'qoe 
cette  plante  avait  des  propriélés  admiril))»' 
qu'eue  développait  les  forces  du  l'tuK; 
comprioiait  les  penchants  mauvais,  assurai 
h  l'immortalité  future  les  droits  lesplu^^ 
crés.  11  ne  foui  donc. pas  s'étonner  si  li ''' 
tur^ie  des  Mages  en  parle  avec  tant  dm- 
thousiasme,  si  elle  le  célèbre  comme  ii 
breuvage  divin,  comme  une  émaualiun  i^' 
Dieu  même  de  la  vie. 


(1290)  Oii  lU!  Rvient   pas  de  son  étonnemeni  (1291)  J.  Revhidd,  an.  7oroaitr«,  818. 


rains  iraiienl  la  doctrine  et  tes  mystères  de  la  ré- 
vélation, qu'ont  iustifléa  el  défendus  tint  de  fêta  les 
plus  puiss:iiiU,  les  plus  profonds  génies  des  li>rnps 
modernes.  Pour  lie  parler  que  de  la  présence  réelle, 
tJont  il  eu  ici  qucstioit,  J.  Heynaud  devrail-il  igno- 
rer avec  quelle  ciiateur  elle  a  élé  dt^feiidue  parUes- 
cartes,  Leibniii,  Bossuel,  Arirautd,  Pascal,  Féne- 
ioni  S'il  tallaiLchnisir  entre  des  audiriiés  siiiiplu- 
meut  huniaincf,  j  aurait-il  lieu  de  balancer  entre 
l'uplniun  de  ce*  grands  liomnies  et  celle  des  din-i- 
ti'urs  de  VEuryclojiiah  nouBtlIe,  qui,  pour  nie  ser- 
vir d'une  udiii.ratile  p:injle  de  l)us:iui;l,  i  pour  ne 
pai  croire  d'iiicumfA-ëlienslIiles  vérilês,  se  sont  je- 
tés dans  d'iiicoinpi'êlieiis^blct  erreurs.  > 


(1495)  Cfr.  SkLvtiM»,Jitus-CltrUittMéte" 
II,  165.  —  Benjamin  Constant,  qui  (ieni  i  f"^"^ 
a>iBsl  son  utopie.  Insinue  que  les  brabuinMMi  i 
venté  les  premiers  l'idée  de  la  préMnce  reellc- ''' 
IIeiuakin  CoEiSTAifT,  lit  ta  niigioH  cotuiiMi  i^ 


i«  touret,  ut  formtâ  et  wi  itireloppeme»U,  lf>  " 
—  Quand  donc  uos  adveriaiiea  j/Sn-ie-'-"'-'' 
s'entendre* 


{liSi}  I  Au  sominei  de  la  famille  honii: 
croyons  que  nus  premier*  pères,  apprles  mœ; 
VcJah  hiK  grandi  prA^dcHU,  léguèienli  1»"' 
lea  idéei   itétiérates  que  nous  reiroovaiit  >"' 
lerj-e;  il  n'y  a  que  te  clirisiianisme  qui  '. 
GvUe  étrauje  colncideuce.-'  ï*.  4 


El'fî 


BICTIONNAiRE  ArOLOGETIQDE. 


EUC 


I  LegnodOrfDuzd.dil  un  célèbro  lliéo- 
iit^tn  de  noire  époque,  a  créé  à  l'origine 
lirbrederte;  cet  arbre  symbolique,  appelé 
Sm,  croll  dans  les  eaux  de  la  source  pure 
«(  TiTtSanle  qui  sort  du  trône  d'Ormuid 
nième.  11  éloigne  la  mort,  il  opère  la  résur- 

netioD,  et  fera  vivre  les  bietiheureux 

Après  en  afoir  eitrait  le  lus,  qu'on  reçoit 
dini  la  coupe  sacrée,  on  le  boit;  car  il  est 
dit  qae  etlui  fut  boira  ee  jut  nt  mourra 

Celle  crOfBDCfl  remarquable  n'est  pas  par- 
ticulière aux  teeiateurs  de  Zoroasire;  nous 
h  renconlroDa,  avec  toute  son  énergie,  dans 
l«  {hauts  du  Soma-Véda. 

■  Le  Jus  de  la  plante  5oniii,  dit  H.  Nève, 
nlteri  aux  dieax  en  libation,  est  aussi  deve* 
nu  me  përsonnificatioD  divine  que  les  ado- 
nieurs  de  la  lumière  veulent  se  rendre 
propice  par  leurs  chants;  le  pouvoir  surnn- 
Iiinil  àa  sa  liqueur  puriQée  est  tel,  qu'il 
éant  hs  mauvais  génies  ou  Rakscbasss, 
fnnemis  des  hommes  et  des  dieux,  pertur- 
baiears jaloux  des  sacrifices,  et  qu'il  ossure 
1  ceni  qui  l'ont  préparée  la  richesse,  la 
toru  et  la  félicité  (1396).  > 

•  Teui-lu,  fi  Sotua,  dit  encore  un  des 
tiir«s  sacrés  de  l'Inde,  nous  donner  la  vie, 
«ms  ne  mourrons  plus  (1297).  »  Ce  n'est 
putiaDS  celte  doctrine  qu'il  faut  chercher 
Votigine  de  l'Eucharislie  catholique  ;  les 
liKt!  que  nous  venons  d'exposer  ont  évi- 
itmnHtt  leurs  raciues  dans  co  besoin  ini- 
j-érieuidela  ihéurgie  qui  semble  ëtre,dan3 
H  wjélé  païenne,  une  véritable  maladie 
inimis  désespérées (1298).  C'estdelà  que 
U'jtaient  )a  consécration  des  sl&tues  pour 
lliire  habiter  les  dieux  immortels,  la  pro' 
ii)(ic  continuelle  des  incanlatioos,  toutes 
R>  babitudes  étranges  et  mj'stérieuses  qui 

jllSS)  GuMT.  C^miidératuHt  nr  U  dogmt  gé- 
wtiMr,  21.  —  Vinlerpràuiion  que  ooui  avaiu 
■HBéedu  ucrificfi  du  Hom,  se  trouve  coDiirmée 
f"ptuiwartpasftagc3  très- remarquables  du  Zend- 
Wmi.  _  Cfr  AitguETiL'DDPEBioi*,  Zend-Avttta, 
'•tpéred.  XIV  C»rdé.  —  YtHdidad,  Fargar  XX, 
-  CtmadftncA,  I,  XVEU,  XXVII.  Pn>l-i<re  pour 
'*KiJkr  tntre  eus  Ira  dlffïrents  païuges  des  Iivki 
■^i,  qui  panisKut  la  premier  coup  d'œil  li  cuu- 
"■■iKWircs,  faui-it  adnelire  qn'un  «prit  céleile 
■Mui  dans  l'artire  du  Uoni,  doQl  on  diatingoail 
**iMp«ca.  C'ettU  ca  qui  paraît  résulter  du  IX* 
»  it  nutchné.  ~  Cfr  >uui,  ibid.,  X-  Ha  ei  Xi- 
jU-  —  Oo  pourrait  trouver,  même  dans  rbîstoire 
Il  papDisme  occidental ,  des  exemples  de  ce 
^f,  puitqne  l'esprit  des  dieux  résidait  souve.jl 
■*■*  dâ  ebotea  iDanlmées,  par  esemnle,  dans  les 
«ta». 

.  ItïM)  Cfr.  HkvB,  Oburratioiu  iur  U$  ekantt  Jh 
""«-VMo,  dans  les  Atmatn  de  la  Moi.  chiii,, 
"•  >é.k,  XII. 

l[137j  Rig.¥idM,  li,.  1,  ch.  91,  str.  6. 

l™)  Le  tuénie  phénomène  moral  se  montre 
'*«  «lai  dans  l'Litloire  de  la  soclélé  greco-ro- 
■aïoi;.  „  Cfr  BcMAmH  Coiist^iit,  Delà  religion 
f—ilétit  dam  $a  tourte,  ta  fomut  et  tu  Héit- 
rB*"«U.  U,  ».«.  —  P*4T,  HUtoirt  de  ticltc- 
_»«<  eUzandrim.  —  Gcubt,  Contidiratioiit  t\tr  te 
'^  féUrtUmr  de  la  piéti  ratholitue.  —  Fianx 
UUiartcNv.  Ltt  CUart. 


su  développèrent  nvec  tnnl  d'énergie  dans 
les  mystères  de  Uitbn  (1299).  D'ailleurs  il 
ne  faut  pas  oublier  que  le  paganisme  n'était 
la  jilupart  du  temps  gii'ude  alléraiioo  crîmi- 
ni;llâ  des  tnidilions  et  des  espérances  les 
plus  anciennes  du  monde  (1300).  Au  milieu 
de  ces  pratiques  sacrilèges,  inventées  par 
les  terreurs  ou  par  les  passionsdeshoraines, 
on  aperijnit  presque  toujours  la  trace  des 
souvenirs  primitifs  du  gt'nrebaaiain.  Noiis 

Kouvons  donc  accorder  voloiitiiTS  h  M.  Jean 
evnaud  qu'on  rencontre,  même  dans  des 
cultes  païens  lrès*corrompus,  des  imilationa 
de  ce  sabrifîce  prophétique  oQTert  par  les 
pslriarcbes  dès  l'oriKine  du  monde,  qui 
n'était  qu'une  figure  ao  l'oblulion  éternelle 
instituée  par  celui  que  David  appelle  prêtre 
selon  Tordre  ileMelcbisédec.ll  ne  fauiilonc 
pas  être  surpris  de  trouver  chez  les  Uuges 
ce  sacrifice  du  pain,  dont  la  trace  est  visible 
dans  presque  tous  les  cultes  du  vieux  luonjc. 
On  faisait  eu  effot  dans  leurs  cérémon  e< 
des  offrandes  dt!  pain  ut  de  fruits,  anique'l  s 
les  assistants  pai'iicipaii.'nt  après  te  >ac  iike. 
Rien  de  plus  solennel  que  les  prières  qui, 
dans  la  liturgie  oiazdécnne,  accnmiiajjiiei'ut 
ce  rite  imposant  (1301).  Terlullita  nousaf' 
firme  qu'une  oblation  du  pain  existait  aus>i 
dans  les  initiations  de  Mithra  (130^.  Dans 
l'Inde,  la  nourriture  du  corps  était  consi* 
dérée  comme  le  symbole  de  la  vertu  divine 
qui  forliQait  les  Ames  (1303).  Au  Mexique 
et  au  Pérou  (130^),  ainsi  qu  en  Chine,  on 
trouve  l'oblatiun  du  piiin  (1305).  Reu^blia 
(1306)  nous  atlesle  que  les  sacrifices  des 
jiyihatjoriciens  se  faisuienl  avec  le  pain  et 
le  vin.  Le  uiëiae  usat^e  se  renLOiilro  cIili 
les  anciens  Celles  (13D7).  Tout  le  monde 
sait  qu'il  se  passait,  chez  les  Gre 'S  et  cbci 
les  Romains,  des  cérémonies  analogues 
(130i). 

(11190)  Terlullien  dit  que  le  déinen,  dont  les  fonc- 
tions consistent  k  intervertir  la  vérité,  imite,  dans 
les  mystères  (les  idoles,  les  rites  du^  sacrk-meuts.  — 
Tektullicn,  De  pTceicripiiombut,  il.  —  !Saint  lus- 
tin,  après  avoir  raconté  l'ihstitulioadii  rojsiérede  . 
l'Eucnaristie,  ajoute  :  ■  Lcn  démons  ont  enseigné 
dans  les  mystères  el  les  initiations  de  Uithra  une 
pratique  qui  est  une  imitation  de  ce  sacremeiii.  i 
(Saint  JosTiH,  Apologie,  II.) 

(1300)  Cfr  nuMBouKG,  BtuionaUim  et  trati- 
lipH.  —  LÉL1.M,  Nouvelle  dimontlraliom  étangé- 
liqfte,  dans  les  /l^nioniiraiian*  de  Higne.  —  Uiv- 
PIED,  Prodrome. 

(ISVl)  Cfr.  AnguETiL  Ddpeuo»,  Ze«d-.iattta,  II. 
Alirin  des  sept  Amscbaspands  ;  Affrin  du  Gahaii- 
bar,  et  Aflrlii  de  Zoroasire. 

(IS09)  ExponlûiiMs  dtlietonmde  tataen  rqr»- 
miilit  Mitlira,  alebrat  et  panie  eHuttonem.  (Tia- 
TDLLUH,  De  prmteriptiOHibui,  xu.) 

(1503)  CIr.  D'EatstEia,  U  tatlialiipie,  IV,  210. 

(1304)  Un  trouve  des  sacrillces  faits  av>-c  le  pain 
de  maU  auxquels  le  peuple  participait. —  ClrCiiLi, 
L«nru  amirttaiHet,  1,  154-155. 

(150b)   Cfr   BiDNCT,   Peratlite  dtt    rtlifioiu,  I, 
HO,  1"  part. 
'  (1306)  Cfr  RossiCHOL,  Uttrtt   lar  Ji.iu-Cbrkl, 

u,m. 

(1307}  Cfr  Driihet,  PtrallHe  det  retigioiii,  I,  80, 
II'  partie. 
liâOS>Crr   GcBBET,   ConsidirutioHt  tur  le  iogmt 


SiT  ETA  DKTtONMAlHe 

Quelle  conclusion  Tiiut-il  tirer  de  lou$  ces 
foilsî 

■  Le  rilfl  fondamenlal  an  sacrtuee,  dît  H. 
Gerbet,  complète  l'unilà  da  calto  primitif, 
dont  le  pIsD  se  décuuTro  alors  tout  entier. 
Suivant  \i  foi  Biilii)uc,  Dteu,t|ui,  h  l'origine, 
se  rendait  personne lleioenl  présent  b-hliom- 
am,  a  contiDué  d'fitra  présent  h  t'homiDe 
tlégénéré.  Par  quel  nio^eii  pourait-on  par- 
ticiper è  ce  secours  di vin  T  Par  le  moyen  de 
la  prière,  accompagnée  de  t'offrandr,  et  en 
vertu  d'une  cinialiofi/îpur/e  par  le  tacrifee, 
Muis  celle  union  elle-niême  avait  une  forme 
txtéritJireiaos  la  participation  itUi  aliment* 
coneacrét  par  l'offrande  et  à  la  chair  des 
victimes.  Ainsi,  une  commnnion  h  la  fois 
epirilueïle  et  corporelle,  invisible  tlaos  son 
essence  et  visiblement  manifestée,  tel  était  le 
centreaur^uel  aboutissaient,  dans  ce  qu'elles 
avaieht  de  commun,  les  liturgies  de  tous 
les  peuples;  tel  était  le  fo^er  vital  du  culte 
quelque  fût  son  état  d'altération   (1309).  ■ 

■  Outre  les  elTorts  &  la  poursuit»  d'une 
lumière  supéribiiré,  dilun  des  plus  profonds 
tliéulogieiis  de  ce  siècle,  on  a  toujours  sou- 
l>iré  après  la  découverte  d'un  principe  qui 
pût  réijënËrér  le  cœur  humain  et  le  rétablir 
dans  une  cothmunton  ptut  étroite  atee  la 
Divinité,  comme  autrefois, dans  l'état  normal 
uù  il  avait  été  créé.  De  quel  autre  sentiment, 
va  GlTet,  aurait  pu  naître  la  coutume  de  par- 
liciper  aui  sncrilicês  offerts  aux  dieux  du 
pogaïiisnieT  (^ct  acte  mëuje  n'expliquait-ii 
pat  qtie  la  victime  était  devenue  la  propriété 
du  dieu,  et  pour  ain^i  dire,  sa  nourriture  T 
Les  hommes  outraient  eu  société  avec  lui 
ou  devenaient  ses  hôtes;  et  ain^i  associés 
avec  lui,  acquénieitt  des  dioits  à  sa  protec- 
tion etb  son  BUiitii^.  Dans  certains  lieux.  Il 
y  avait  encore  une  reisemblattca  plus  mar- 
quée avec  la  (i&que  de  In  loi  nouvelle 

L'esprit  du  nhi1oso|ihe,  sans  entrer  dans  dus 
examens  subtils,  s»  cootente  de  voir,  dans 
toutes  ces  inslilulîons.lebesojn qu'éprouvé 
râuio  humaine  d'un  principe  régénérateur 
et  furliQsnl,  d'une  nourriture  vivifiante  et 
solide,  chargée  de  la  grâie  d'en  haut,  qui 
(iuisse  la  meitre  en  couiiuuaion  avec  le 
Dieu  qui  la  lui  donne. 

■  Si  notre  divin  Sauvaar  est  venu  sur  la 
terre  pour  rétablir,  autant  que  pouvait  lu 
pernieltre  la  dégradation  de  nos  («cultes  in- 
tellcciut'tles  et  morales,  l'homme  malheu- 
reux dans  l'état  de  bonheur  dont  11  est  dé- 
chu; s'il  est  venu  pour  sutiâfaire  lous  les 
justes  désirs  de  l'huuianité  pour  ce  qui  est 
bon  et  uint,  noua  devons  nous  attendre  à 
IroHVer  dans  sa  religion  aainte  et  daus  TE* 
glise,  son  paradis  terrestre,  des  iosiitulioui 
parfaitement  en  rapport  aveu  ces  grands 
objets  Or,  le  catholique  croit  qu'il  eu  est 
ainM  [1310).  Voy.  Bwub,  |  111.  » 

ETABLISSEMENT  du  règne  de  Jésus- 
Christ  sur  la  terre  ;  dilScultés.  Foy.  J&sus> 
Christ,  art.  111,  |  l  et  IL  —  Etablisseoient 


APOLOGETIQUE.  EVà  m 

du    christianisme,  fvy.  PKOMDuinoil  m 
chbistiauishk. 

ETAT  DE  NATURE .  refaUtion.  Fsf, 
PsTCHOLOoii.  —  Ktal  sauvage.  Fuy.  Ruas 
HUHiinEa,  S  XII.  —  htBt  80«il  10  point  de 
vuepanibéialfl.  Fvy,  taiLOSopH»  Tia^niÉif- 
TIOUK  M  l'hiatoirb,  )  V. 

BTEHNITE.  Dieu  a-l-il  pa  créer  le  nooda 
du  toute  éternité?  Yoy.  GitmoH,  1 111.  - 
Eternité  de  la  matière  soutenue  oarPlitoci, 
etc.  Yoy,  Cré&tiom.  tuA  tntL  —  Eternité  des 
peines-,  P.  Leroux  les  reietteeoy  subsliluint 
une  observation  qu'il  appelle  rtmitMMi 
dans  l'humanité  ;  réfutation,  foy.  Hciu^ 
Sâi*CK  Dins  L'BUHAUtri. —  Foy.  aussi  Cib- 
TION,  i  11. 

ETOILE  des  mages,  objections  résoluei. 
Fou.  NiisSiNce  DK  Jésvs-Christ,  S  I. 
.  ETRE,  éléments  qui  le  mshifestent.  Foii. 
JiSGs-Cuust,  art.  Il,  |  I.   —  Etres,  leur 
hiérarchie.  Yoy.  Ptcak  obigihbl,  JI. 

EUTROPE,   erreur  de  M.  Guizot  l  SH 

fiUJet.     Yoy.    AaiSTOCEiTIE    OlLLO-BOMilNI, 

i  iiL 

EVANGfiUSTES.  Foy.  HrrsisuE,  |U,T 
et  X.  —  Sont  des  historiens  de  bonne  foiel 
n'ont  pu  tromper  ni  être  trompés.  Yt^ 
EvtKGiLs,  {  V,  —  Leur  caractère.  Ibtd. 

EVANGILE.  —  Tout  le  monde  eoDciU  et 
on  ne  se  lasse  noint  de  reproduire  les  flo-  ' 
quents  avenx  de  J.-J.  Rousseau  sur  llits- 
loire  évangélique,  aveox  où  la  futtedeli 
térité  se  fait  d'autant  plus  sentir  qu'elle; 
est  victorieuse. 

■  Je  vous  l'avoue,  )■  majesté  dei  Erritom 
ni'étonne,  la  sainteté  de  l'Evangile  pirlet 
mon  cceur.  Voyez  les  livres  des  phiiosoi'bu 
avec  loute  leur  i:ou)|ie;  qu'ils  sout  petit) 
près  de  celui-là  I  Se  peut-il  qu'un  livre  lia 
fois  si  sublime  et  si  simple  soit  l'oafrtge 
des  hommes?  Se  peut-il  que  relui  doutil  ' 
l'ait  l'histoire  ne  soit  qu  un  homme  lai-  > 
mèmel  Ëét-ce  li  le  ton  d'un  enthousiaste  ou  ! 
d'uD  ambitieux  sectaire?  Quelle  dsuc«<irl  . 
quelle  pureté  dans  ses  mœursl  quelle  g'I» 
louchante  dans  ses  in^tructionsIquelleéléTi- 
lion  dans  ses  maximes  1  quelle  proroiiJe 
sagesse  danà  ses  discours!  quelle  pré^n» 
d'espritl  quelle  ânesse  et  quelle  juitessa 
dans  ses  réponses  1  quel  empire  rur  m* 
[lasftions  I....  DiroDS-Dotis  que  rfaistoiredt 
l'Evangile  est  inventée  è  plaiaîrT  Uomoii) 
G&>n'est  pas  ainsi  qu'on  iRventejet  iesUi^ 
de  Socrate,  dont  personne  ne  doute,  sou' 
moins  attestés  que  ceux  de  Jésus-Christ. ^t> 
fond  c'est  reculer  id  diOicullé  sans  la  dé- 
truire :,  il  serait  plus  incoaceVable  que  plu- 
sieurs lîoiiiuies  (1  accord  eussent  làhriquéM 
livre,  qu'il  ne  J'est  qu'un  seul  en  ait  luiirDi 
le  sujet.  Jamais  les  auteurs  juifs  n'eu^ax' 
trouvé  ni  ce  ton  ni  cette  murale; et  ]'&ii^ 
Kilo  a  des  caractères  de  vérité  si  grands,  ii 
frsppauts,  si  parfaitemeai  inimitables,  qv^ 
l'inventeur  eu  ser^îl  plus  étouuaut  ijue  l< 
béios(1311).  ■ 

(1310)  WisEaiH,  Confér.  wr  le.  dvetrina  it(S^ 
alite  cathct.,  confér.  16. 
(1511)  t'ntffc.  11*.  IT. 


ETA 


DKIWNNAIRE  AP0L0CET1QUB. 


ETA 


?oïli  Icf  EVBDfples,  e'esl-ft-dire  qualra 
lislafrescoolaaiporainesdela  fiede  Jésus- 
Chrisl:  poarqaoi  ne  pas  les  «viresalbeo- 
liMec,  poaniuo)  ne  pas  les  croire  vrais  T 

root  Tienl-il  dans  Vidée  de  saspectrr 
t'iullmilidié  des  Aan*les  de  Tacite ,  de« 
Connoentaires  de  César  f  Hou,  certes.  Sk 
bien  donc,  par  quel  prÎTilégede  d^fiaoea 
i>irtbenlicilé  des  ETaogiles  trOBvertil-etle 
noÏDS  de  crédit  aaprèK  de  voasT 

r  >-t>îl  quelque  loolif  de  suspecter  «'ette 
lalbmljcîté  T    a-t-OQ    décoofert    quelque 

(irt^*e,  quelque  {indice  ai£me,  qai  crtt  sur 
1  trace  d'une  supposition  oo  d'une  altéra- 
boa  de  ces  histoires?  NiiMemenl.  — Sont- 
cllsdénieiilîes  par  d'antres  histoires  eonteoi- 
pnmes,  oa  en  cootndiclion  arec  les  cir- 
«Mstaoees  et  h»  OMBors  au  sein  desquelles 
tfles  paraiasf  al  avrar  été  écrites?  Loin  deli, 
dlessont  dans  te  plua  parfait  accord  arec 
tilts.  —  8onl-Hles  dépoorvoes  de  ee  cachet 
de  Tîe  et  de  sincérité  qui  noos  persuade 
dans  les  autres  hi^oiresqueaous  admettons? 
au  eonlriire,  elles  le  portent  au  plus  haut 
degré.  —  Sont-elles  enfin  accompagnées  de 
eesoupconaccusalearquîne  manque  jamais 
de  s'attacher  aui  œuvres  8pocr;rp'ios f  Tant 
t'en  faut;  jamais  livre  n'a  joui  de  plus  de 
cooSaoce ,  il  a  toujours  été  leou  pour  la 
férité  mftme,  à  ce  point  qu'on  eu  a  tait  la 
bise  do  serment. 

Puis  donc  que  loua  les  caractères  de  l'aa* 
Ihenlidlé  se  rencontrent  dans  ce  livre, 
pourquoi,  je  ne  dirai  pas  le  mécoiinattre> 
mais  le  mettre  seulement  en  question? 

•  Poarquoi  ?  répondent  les  sceptiques , 
c'est  qu'il  est  rossiiLE  que  les  Evangiles  ne 
soicDl  pas  auibentiqaes,  donc  il  ne  faut  pas 
le»  teoir  ponr  tels.  >  C'est  à  ce  fondement 
que  se  réduit  l'incrédulité. 

Quelque  pilojable  que  soîl  ee  fondemeat, 
il  est  aisé  de  raoéaaltr.  et  d'enlever  jusqu'il 
celle  postiùiiité  que  les  Evangiles  ne  soient 
pas  authentiques.  C'est  ce  que  noua  allons 
eoi reprendre,  et  nous  anrons  ainsi  détruit 
du  mâiue  coup  riiiterprélalioo  mythique 
soutenue  parle  docteur  Slrauss. 

|L 

IcnMNgBSKes  de  nul  Iréû^,  de  TeTtunien.âe  Miot 
UcBenL  JrAUiJDdrie,  de  Thécwlitle  d'Anliocfae,  de 
miBi  JiHtIn.de  niot  PolTcarpe,  de  P*pfas,  CLC  —  T£- 

<es  des  MfMqoes,  ifc  Tir- '- 

iICMS.  dca  Btnlidk».  ^  ' 


,  de  CebB,  <fe  Pwpfern.  cta. 
L.a  iradîtion  prouve  qu'un  livre  est  an- 
beotique,  quand  une  suite  de  témoignages 
>on  interrompue,  et  qui  remonte  jusqu'à 
'oriisine  fuéme  déce  livre,  le  rapporte  rëul- 
eiiienl  au  temps  et  i  l'écrivain  auquel  on 
'a:iribue.  Or,  c'est  un  avantage  qu'où  ne 

\t3t^  «  îton  enin  per  alios  dîspesUioDeni  uln- 
4  oustne  ci^iiaTiaius,  quam  par  eos,  perijuns 
langefiuia  perveoil  ad  uos  :  quod  quidem  tune 
r.cc«Hiaveniiil,  pMtea  ver»  per  t>ei  Toluntatem  in 
'.riflmwi*  boIm  uadidenini,  rundameoraoi  et  co- 
ataxtm  Stlcft  nnsuz  faliiraiii.  ((Ibeh.,  A4r.  tares,, 

1.  c.  «.  p-  172,  edÏL  D.  B.  Nasâucl.) 

lf  JJ3>  tmxsi.,  iHà.,  p.  171. 


.saurait  légitimement  contester  k  nos  qoatre 
Evangiles:  et  les  adversaires  que  nonscoin- 
ballons  tri  sont  forcés  d'avouer  eux-mêmes 
qu  ils  élaient  unanimement  reçus  par  les 
chrétiens  au  comnieocement  du  nr  siècle 
de  l'Eglise.  Cet  aveu,  cDeame  on  le  voit, 
rend  tout  k  fait  inutile  ladiscussioa  des  au* 
teurs  eccléuBStiques  q^ui  ont  écrit  dans  les 
ut*  et  IV*  siècles.  Ainsi  nous  pouvons  nous 
borner  eux  deux  premiers,  maia,  comme  les 
lémoînsqueuousavonsàinvoqoerdaDseetla 
période  appartiennent  i  trois  classes  diBë- 
rentes,  c'esl-k-dire  que  les  uns  sont  catho- 
liques, les  autres  hérétiques,  .d'autres  enfta 
païens  ou  ennemis  du  christianisme,  nuus 
allons  les  produire  eosuivsBtpar  ordre  cha- 
cune de  ces  classes,  et  en  commençaol  par 
ceux  du  II*  siècle. 

Il  n'est  pas  difficile  de  produire  parmi  ha 
écrivains  catholiques  des  deux  premiers  siè- 
cles plusieurs  témwns  irrécusables  de  l'au- 
thentidlé  de  nos  quatre  Evangiles,  Nous 
commencerons  la  liste  de  ceux  que  nous  de- 
vons citer  par  saiut  Irénëe.  dont  l'autorilé 
n.traltétre  du  plus  grand  (wids,  riàs  que  l'OD 
connaît  les  principaux  traits  de  son  histoire. 
Ce  saint  docteur,  en  ^et,  qui  souiTrii  lu 
martyre  l'an  S(K  de  l'ère  chréUenne,  était 
conlemporaifl  des  disciples  immédials  dea 
apôtres;  il  les  avait  écoutés  et  eonsnliés 
«vecsoin.  Il  avait  eu  _pour  oiallre  saint  Po- 
lyrarpe.disciçledesauitieaa.Aiootezkcela 
qu'après  avoir  quitté  l'Asie,  ou  il  était  né 
et  oii  il  avait  passé  sa  jeunesse  sons  la  dis- 
ciplfne  de  saint  Poljcarpe,  et  après  avoir  vi- 
nté  la  moitié  du  mondechrétien,ee  qui  loi 
avait  permis  de  s'informer  exaeiemeotde 
tout  ce  qui  se  passait  dans  ces  Eglises,  il 
était  venu  dans  les  Gaules,  et  s'éuit  fixé  à 
Lyon,  dont  il  était  évéque.  De  plus,  n'étant 
encore  que  simple  prèlre,  il  avait  lait  le 
voyage  de  Rome  pour  ytraiierd'aflaireseD> 
clésiastiques.  Or,  ce  même  Père  nous  dit  que 
les  apôlres  et  leurs  disciples  ayant  prèehé 
d'abord  l'Evangile,  l'ont  consigné  dans  leurs 
écrits  pour  servir  de  colonne  et  de  fonde- 
ment à  ootro  foi  (1312).  1)  fait  immédiat** 
ment  après  l'éiinmération  de  dos  quaire 
EvoDgites  dans  l'ordre  où  nous  les  avons 
encore aujourdbui  (1313).  Ailleurs,  il  affîraie 
que  ces  quatre  Evangiles  sont  si  certains, 
que  les  hérétiques  eux-mêmes  leur  reodeoL 
témoignage,  et  qu'ils  s'eiToreent  d'établir 
sur  leur  autorîle  leurs  fausses  doctrines 
(13U).  Enfin,  notre  savant  Père  compare  let 
quatre  Evangiles  aux  quatre  points  cardi- 
naux du  mODde,aux  quatre  vents  qui  souf- 
Henl  partout  l'air  pur  de  la  vie  cteroelle. 
enfin  aux  quatre  Ebérubins  qui  euviroo- 
naient  l'arcbe  d'alliance  (1315). 

Si  nous  passons  mainlensut  des  GauU« 

(ISIiJ  f  TanU  est  aviem  drca  EraftKclia  bxc  Rr- 
milas,  met  îpti  hsFetici  testimoDiuin  mldanlns, 
et  CI  îpsb  egredieus  unas^nisqoe  eorum  cone- 
Inr  giiaiD  confirmare  dociniistn.  >  (L.  m,  e.  il, 
p.  ll<9.) 

(I3t5]  <  Ncqtie  auiem  phira  numéro  gnain  bçc 
Fuut.  neqiie  rursos  pauciora  capît  esse  Evaitsclia. 
Quuniaoi  cnîm  quatuor  rcgiones  mnndi  met  îb  qHQ 


dktio:inâire  apologétique. 


EVA 


dsDS  l'Afrique,  nous  y  trouverons  un  autre  té-  - 
moin  illustre, conlemportin  desaiBlIrénée, 
)e  uélèliR  Terlullien  ,  digne  re|iréseiilaat 
de  la  foi  dans  l'Eglise  d'Afrique  ou  w  siè- 
cle. Or,  ce  sarant  docteur  nous  aflirme  de 
la  manière  la  plus  eiprease  que  nos  quatre 
Bvaugiles  ont  été  admis  de  tout  temps  dans 
l'Eglise  etqu'iisremontent  jusqu'aux  temps 
apostoliques:  il  dit  dp  plus  qu'ils  ont  étâ 
composes  ou  par  les  apAlres  ou  par  leurs 
discifiles,  c'est-ft-dire  |>ar  saint  Ualthîeu  et 
saint  Jean,  ap6lres,  par  saint  Lue,  disciple 
de  saint  Paul,  et  saint  Marc,  disciple  et  inler- 
prèle  du  saint  Pierre.  Il  dit  encore  que  ces 
ETaiigilesonl  eu  leur  faveur  le  léoioigna^e 
iion-seuiementdes  Eglises  apostoliques,  mais 
de  loules  celles  qui  leur  sont  unies  par  le 
sceau  d'une  mèiue  foi;  enGn,  que  ceaquslre 
Eraiigiles  nous  viennent  des  ap6tre9(i316). 

Saint  Clément  d'Alexandrie,  quL  vivait 
daus  le  même  temps  que  Tertullien  et  saint 
Irénée,  ce  âigao  représentant  de  la  foi  clirô- 
.tienne  de  l'Eglise  d'Egypte,  exprime  de  son 
cAlé  un  témoignage  aussi  formel  que  celui  ' 
de  ces  deux  grands  docteurs.  Il  parie  de  la 
collectioB  de  nos  quatre  Evangiles  comme 
généralement  adini^e  dans  l'Eglise,  et  il  les 
cite  dsus  ses  ouvrages  comme  autant  d'écrits 
dont  l'auloritë  est  aors  du  plus  léger  doute. 
Or.ce  Père  mérite  d'autant  ptusIacoDâance, 
qu'il  a  eu  occasion  du  s'entretenir  comme 
saint  Irénéu  aven  des  dticteurs  anciens  qui 
étaient  aussi  disciples  dus  apAlres,  et  que 
«'est  d'après  leur  autorité  qu'il  reconnaissait 
l'autlienticitéde  nos  quatre  .Evangiles(iyi7). 

Dans  le  même  temps  et  uiâme  un  peu  plus 
tôlflorissait  Théophile,  évdque  d'Aolioctie, 
et  qui  h  ce  titre  devait  connaître  !a  foi  de 
toutes  les  Eglises  de  Sjrie,  dont  Anliocbe 
éuit  la  métropole;  Théophile,disoDS-nous, 
dans  son  ouvruge  adressé  h  Autolycus,  ou- 
vrage qui  est  une  défense  de  la  religion 

tsinni,  et  quatuor  princlpalea  si^riUis,  et  dissemi- 
■ala  est  Eccleiîa  super  oronem  lerram,  oolumoa  an- 
Uat  et  HrnMmeiilum  Ecdesi»  est  EvaDgellum,  ei 
Bfiriu»  vîlx;  consequeni  est,  quatuor  luiwre  eat|i 
(.-ulumiias,  undique  flantes  iiicorntptibilitaU;iii,  et 
vi\illcaiiiei  lioDiineE.  Ex  quibi»  manifcslum  est, 
quoniam  qui  est  omnium  ^riifei  verttum,  i|ui  sedet 
super  Cfaeruliim,  ei  continrt  omiiia,  declaralus  iio- 
mlnibuB,  dedil  nobis  quadrirorme  Evangetium  quod 
uno  sniritD  coniiaetur.  i  ilbid.,  p.  IVO.J 

(I31G)  f  Consiituiiuus  iroprimis,  evangelicuni  iu- 
■trumenuin  aposlolos  auctores  habcK,  miibits  l)oc 
muDUS  Evannelii  promqtgandi  ;kh  ipsn  ûornino  tit 
iiMposituif!,  SIC  aposloticus  viros  non  laiiicn  sotos, 
kJ  cum  aposlolU  et  posl  sppstolos.  Quoniam  prs- 
dicatio  discipulonim  sus|Kt'û  licri  pokset  de  gtorix 
Studio,  si  non  adsistai  ith  aucloi'iUH  magisironini, 
îmoCbrisii,  qui  magislros  apo^utus  Tecit.  Oeaique 
nobis  Udcm  ex  aposioiii  Joannes  vt  Uauhxiis  iiiïi- 
nuanl,  ex  aposloucii,  Lucas  et  Harcus  iusUuraiit.  i 
(TcRTCLL.,  Adt.  Mareion.,  I.  iv,  c.  2.)  — <  In  suiii- 
wrii,  ïi  cousut  id  veiius  quoJ  prius,  îd  [(rlug  quod 
ui  ab  iiiitîo,  id  ab  initia  quoJ  ab  apusiulis:  pariier 
uLiqueconsuOil,  idt-SieanapastoLs  iradiluui,  quod 
;i^d  Ecdusiasaposloluruiu  fuerit  sacrosaiictuot... 
l>ico  ilaque  illas,  uec  sulas  jaiu  apostalicas,  sed 
*pud  oniversat,  qux  illis  de  gocielaie  sucramcuti 
voufuib.Tanlur,  ïd  Evangebum  Lucx  ab  iiiiiiu  edi- 
Uuni»  ïux  ^liM,  quod  cum  maùiac  tuceiur...  Ea- 


Ghrélienne,  rapporte  plusieurs  pastagasdu 
Nouveau  Testament,  et  en  larticuliur  ilu 
Evangiles  de  saint  Luc,  de  satntJeanelde 
saint  Matthieu  ;  et  s'il  n'allègue  aucun  té- 
moignage tiré  de  saint  Marc,  c'est,  mIob 
la  judicieuse  remarque  d'Olshauseo,  qus 
celévangélisle  cootieol  peu  de  choses  qui 
ne  se  lisent  point  dana  les  trois  autrat,  ri 
que  d'ailleurs  on  trouve  rarement  citîs  les 
quelques  traits  qui  luisent  excluiifemedi 
propres(1318}.Ajoulonsqu'iodépeodaiDaieDt 
ue  ces  citations,   qui  forment  déj^hellM 
seules  une  preuve  suOisante  de  l'autheali- 
cité  de  nos  Évangiles,  Théophile  a  composa 
un  Commentaire  sur  ces  divins  livres. Mous 
ne  possédons  plus  ce  Commentaire,  il  ul 
vrai,   mais  saint   Jérôme    allesle  l'avoirlu 
(1319),  et  même  dans  un  autre  endroit,  il 
rapporte  rexplicstfon  de  la  parabole  del't- 
conome  infidèle  (I-ne.  t,  1  et  suir.)  doonfii 
par  cet  évéque  (1320}.  Hais  si  le  témoigaigt 
lie  Théophile  prouve  que  uoa  EvsDgila 
étnient  reconnus  de  son   temps  pour  au- 
thentiques duns  la  Syrie  occidentale,  li 
version  syriaque  dite  Peâehiio  ne  nous  pv- 
met  pas  de  douter  qu'il    n'en  fût  de  iii^un; 
dans  la  Syrie  orientale,  limitrophe  de  l'em- 
pire des  Partbes.  Cette  version,  qui  contient 
nos  quatre  Evangiles    traduits  sur  le  grev, 
remonte  au   moins  au  ii*  siècle  de  Tèru 
chrétienne.  Ainsi  toutes  les  Eglises  de  Syrie, 
qui   se  servaient  k  cette   époque  de  cette 
version,  admettaient  doue  déjà  la  collection 
de  nos  quatre  Evangiles. 

Hais  un  témoignage  important  et  ^1» 
ancien  que  tousceux  qui  viennent  dèlre 
rapportés,  dit  OUhausen,  nous  vient  de 
l'autre  partie  du  monde,  c'est-A-dîre  ds 
l'Italie,  et  indlibitahlement  de  l'Eglise  ro- 
maine. Ce  témoignage  nous  est  fourni  par 
le  catalogue  des  livres  sacrés  queMuralori 
nous  a  fait  conaallre  et  qu'il  a  trouvé  dus 

dem  auctoritas  Ecclcalanim  aposiolicarun  oderii 
quoque  ETanseliis  patrocinatiitiir  qus  proinde  per 
ntai  et  secuuuum  lUat,  habemus,  Joanniidicstl 
Haubxi  ;  licet  et  Harcus  quod  edîdit,  Peiri  adfir- 
■netur,  cnjuB  inlerpres  Harcus;  nam  elLsatëi- 
gestuin,  Paulo  adicribert  wtrnl.  >  {IM.,  c  5.) 

(1317)  <  Quod  auiem  hoc  Terpm  sii,  sic  ttn- 
ptum  est  in  EvanRe|io  secundum  Lucam  :  Ahn«*«- 
UM  quindeàm  Tîtcrii  CiFMrti  facimm  ttt  Mrà» 
Dti  luper  JoaHKtm  Zaekaria  Aftiiin.  i(Ci.ek. Alo. 
SiroM.,  I.  i,p.  407.)  —  I  In  EvaDptlio  aulen  w- 
cuodum  Haubxum,  que  ab  Abraham  deduciiur  (i- 
ncalogia  osq«e  aJ  Mariam,  matrem  Uonlnî,  tcrm 
natur.  i  (Ibid.,  p.  409,  edit.  PoUer.) 

(1318)  Tbeoph.  ad  Auiolacum,  I.  ii,  a.  (3,  it; 
1.  111,  n.  13,  (4.  Les  diatioiisque  fait  ce  Père  soiil'- 
Luc.  xvni,  S7  ;  Jean,  i,  1-5;  Matlk.  v,  5S,  44.  Mi: 
VI,  5.  Voy.  U.  OLsutiKH,  Die  Ecktiuit  der  tkr  t«- 
nonutkm  Evangeliai,  Seit.  S80,  28 1 . 

(15l9)i  Legisuttejusnopiiuein  Etq^gtUaMeo»- 
meniarios.  »  (Hitaos.,  Catalog.  tiror.  •"■«I^  •* 
tof.  TasopHiLusO  Mous  ferons  observer  a«cc  Ob- 
hausen  (seit.  270)  que  dans  le  tangage  des  Pém  « 
l'Eglise  le  tnul  Etangilt  m'it  au  singulier  ^ignik  <> 
culIeclioD  des  ouatre  :  tù^rjùi-n  ittpiuoffa,  cw^ 
lue  dit  saint  Iréoée. 

(15W1  HiEBOK.t  CoDinuiii.  in  Mutth.,  inproow. 
Op.,  I.  iV,  p.  I,  p.  5,  edit.  Hartianay,  et  trâl.  M 
Atgniam,  lou.  cit.,  p.  |9'7- 


MCnONnAIRE  APm^KETIQtJE. 


Ï>A 


X» 


■m  manuscrit  de  la  lublioDièqne  de  HIHan, 
niinuserit  qui  parait  aroir  mille  ans  d'an- 
lt(|uilé.  Ce  catalogue  est  si  remarquflble  et 
q  piriieulier,  (jall  porte  en  lui-nifime  la 
(ireuredesoD  aathentîcilé,  et  il  n'y  a  point 
lie  doute  qu'il  ne  renferme  le  canon  d'une 
très-^eieniie  Eglise.  Il  remonte  au  moins 
n  11*  siècle  ;  car  celui  oui  l'a  dressé 
dit  que  le  iirre  d'Hennas  a  été  composé  de 
ioairmps  sous  le  pontificat  du  Pape  Pie  I, 
ccqtii  fait  reoionter  le  catalogue  au  moins 
aopODtificat  d'Auîcet,  successeur  Je  Pie  I, 
i)ueTisita  saint  Poljcarpe.  Or,  ce  catalogue 
(DBlieat  nos  quatre  £*angiles  {13S1-92}. 

Lês  monuments    liistoriques  prouTent, 
tomiie  on  le  TOit,  que  nos  auslre  Efangtles 
Hûnl  reças  parmi  les  Chrétiens  dans  la 
Honde  moitié  du  ii* siècle;  et  quand  nous 
dÎHOS  parmi  les  Chrétiens,  nous  rentenilons 
de  toulca  les  Kglises  chrétiennes  du  monde, 
(luisque  ces    uionumenls   embrassi^nt    les 
tituies,  l'Asie  Blineure,   l'Italie,  l'Afrique 
et  ia  Syrie.  Hais  une  tradition  qui  était 
aussi  Kéuérale  et  aussi   unanime  dans  la 
féconde  moitié  du  ii*  siècle,  a  dâ  néces- 
sairement  prendre     naissance     longtemps 
lopararant,  et  elle  suppose  aussi  ineontes- 
lablemcat  quels  formation  dn  canon  éran- 
géliqui;  remonte  à    une  plus  anciennoépo- 
•jue.  D'où  il  résulte  que,  quand  bien  même 
nous  ne  pourrions   Irourer  aucune  trace  de 
J'eiisleuce    do   ces    écrits  sacrés   dans   la 
première  moitié  du  ii*  siècle,  nous  serions 
luffisammeut   fondés  h  l'admetlre,  ru  qu'il 
/aurait  de  la  fotie  et  de  f'exlravaganee  A 
supposer  que  ces  lirres  divins  ont  pu  se 
Irourer  tout  d'un  coup  répandus  dans  tout 
l'notrers    chrétien.  Unis    nous  arons  des 
documents   positifs  qui  conCrment  nos  in- 
ductions :  cvs  documents  nous  sont  fournis 
parplnsieurs  Pères  dont  l'autorité  est  d'un 
poids  immense  dans  cette  matière.  Le  pre- 
mier est  snint  Justin,  connu   dans  l'Eglise 
SOU5  Je  titre  glorieui  de  martyr.  Il  naquit  A 
NaploDse,  rille  de  la  prorince  de  Samaria, 
(-n  Palestine»  vers  l'an  103.  D'abord  philo- 
S'jplie,  il  fut  conrerti  è  la  foi  chrétienne  è 


l'ige  da  trente  ans  et  martyrisé  en  f6T,  un 
an  après  saint  Polycarpe.  Remarquons  que, 
né  en  Palestine  au  commencco<ent  du  n' 
siècle,  il  a  dû  connaître  beaucoup  de  ner- 
bonnes  qui  araient  vécu  arec  saint  Simeon, 
disciple  et  proche  parent  de  Jésus-CbrisI, 
et  second  erAque  de  Jérusalem,  couronné 
de  la  palme  du  martyre  l'an  lOT.  Saint  Ju:^- 
tin  a  du  rirre  aussi  avec  des  disciples  do 
TapAtre  saint  Jean,  mort  vers  l'an  100  du 
l'ère  chrétienne.  De  plus,  il  est  allé  i  Ro-ne, 
où  il  a  composé  sa  petite,  c'esi-^-dîre  sa 
seconde  Apologie  (1323).  Il  a  même  par- 
couru  plusieurs  autres  parties  de  l'Italie, 
car  il  a  visité  k  Cumes  le  temple  de  la  si- 
bylle. Il  a  aussi  demeuré  i  Alexandrie,  est 
allé  dans  l'Asie  Mineure,  et  c'est  à  Bphèse 
qu'ils  composé  son  dialogue  avec  le  juif 
Tryphon,  Ainsi  il  a  visité  les  grandes  Eglises 
du  monde  chrétien ,  Rome ,  Ephèse  et 
Alexandrie,  et  il  a  connu  par  conséquent 
les  Evangiles  qui  étaient  à  leur  usage.  Mal- 
heureusement la  plupart  des  nombreux  ou- 
vrages qne  le  saint  martyr  a  composés  ont 
pf'ri  par  les  ravages  du  temps,  loutefois, 
dans  cent  qui  sont  parvenus  jusqu'ft  nous, 
on  trouve  la  preure  que  le  savant  Père  con- 
naissait les  écrits  évangéliqnes,  et  qu'il  les 
révérait  comme  dépdt  sacré  de  la  foi  des 
Chrétiens.  Il  est  vrai  qu'il  ne  les  désigne 
jamais  par  le  nom  de  leurs  auteurs,  et  qu'il 
se  home  h  leur  donner  le  titre  général  do 
mémoires  ou  commentaires  des  apAlrcs 
('Air!i^v«(i»>rj;i>Ta  tû*  AiroïTilui).  Cependant  il 
est  incuiilestat)le  qu'il  a  eu  en  vue  les  écrila 
de  nos  quatre  évangélistes;  car  il  cite  ces 
mémoires  comme  ajfant  été  composés  par 
plusieurs  auteurs;  if  dit  encore  que,  parmi 
ces  écrivains,  les  uns  étaient  apôtres  et  l>3 
autres  disciples  des  apAtres;  il  ajoute  aussi 
que  ces  mémoires  étaient  communément 
appelés  Evangiles,  et  la  preuve  évidente 
que  c'est  de  nos  Evangiles  qu'il  parla  réel- 
lement, c'est  que  dans  ces  mêmes  endroits 
il  rapporte  des  passages  comme  tirés  de  ces 
mémoires,  et  cela  dans  les  propres  termes 
employés  iiarnoséTangétistes(132VJ.  «  Dans 


(1521-ît)  OLSUUSEH,/>w£cAt*ei(,eu.,s(!il.S81- 
SU;  McuTOfti.  Aalif .  ilai.  aud.  cri  ,  1.  Ul.  p.  851- 
iH.  Hue  préUMd  ŒiaUit.  iai  tl.  Tut.,  Ih.  I,  S  IV, 
S.  109.  zMwiW  iafi.)  ^ue  ce  catalogue  esl  du 
wDiiieficeiiient  du  m'  tiâ-'le  et  qu'il  ne  saurait  re- 
uooier  plus  haut,  puisqu'il  repousse  TEptire  de 
.aint  Paul  aux  llitreux,  lanuclte  ne  fut  mise  en 
Ivuie  qu'à  cette  époque  par  Caïn,  prêtre  ronain, 
luifal  penL -être  1  auteur  de  c«  catalogue.  Hais  0I>- 
aaico  conbai  celle  opiaioa  cl  la  raison  qui  Iw 
en  iV  ÂNKlemenl. 

1  IDiSf  Euure  antres  iHiïrages.  saint  Justin  a  com- 
•  te  ikax  AptdogU*  dt  I»  râigioH  chritiauu,  iloiil 
■aee«t  fort  longue eU'antre  irès-courie.  Dans 
ircsqae  toatei  ks  édilioBs  des  œuvres  de  ce  Père, 
'«I  ta  petite  Apolf^ie  qui  est  placée  )>  première, 
boaie  ayant  été  coiupoiée  avaul  ta  grande  ;  iioiu 
cnsous  avec  beaucoup  de  criiiques  que  c'est  par 
rreor,  el  que  la  peliie  n'a  été  écr'iLe  qu'après  ta 
randc  l  Vam.  D.  CiiLLiEa,  BiH.  finir,  de*  auUan 
tttéM  et  e^xlé*.,  L  U,  p.  9,  10.) 
(15U)  •  !■  librii  qui  suul  ab  ejus  (Cbridi)  di- 
cipvlis    ipsoranqiie  secUtoribu»  couipositi,  mc- 


morie  iHandauin  est.  sudorem  iptios  iMqnn 
gntlas  sanguinis  defluxiue  in  lerran,  eo  depre- 
canie  et  dicente  :  Tratutût,  ù  fitri  poUU,  pocutmm 
lue.  t  (Dio/oj.  «M  TrjipH.,  p.  531.)  —  i  «am  apo- 
sloli,  in  commenlariis  suis,  qnx  vocantur  Evangc* 
lia,  iia  sittl  mandasse  Jesum  tradiderunl  :  enm 
Rcilicet,  accrpto  pane,  cam  gratiaa  egnset,  diiisse: 
Bae  faeiU  in  mmm  eommtmarMiitmem  ;  hoe  ttt  eor- 
pM  nwwai;  et  pocnio  siroililer  accepto,  aetitque 
gntiîs,  diusK  :  aie  est  taugmit  meut;  ipsisque  sulis 
trailidisse.  »  (ApoUq..  i,  p.  98.)  —  Quant  au  notti 
de  Hiaioiiu  que  saini  Justin  seul  de  lous  les  Père* 
emploie  pour  désigner  les  Eviugiles,  il  esi  plus  <»ie 
TraiBemblal>le,  comme  te  remarque  Obhauscn  {.BU 
Ecklhtit  der  vitT  tan.  Emng.,  S.  ÎSft-MO) .  que 
ce  saiut  docteur,  qui  avait  appartenu  i  l'école  do 
Socrate,  el  qui  savait  que  Xéiioplion  avait  donne  le 
nom  de  ttimoirt*  aui  quatre  livres  qu'il  a  écnls 
sur  la  vie  ei  ta  doctrine  de  ce  philosophe,  a  vouli 
par  analogie  apj^îquer  cette  dénomination  aux 
quatre  Evangiles,  qui  ir»ileul  également  de  b  vie 
eideU  docirine  de  Jésus  Christ.  Seulement  ua 
ajouté  det  apitrei.  mol  qui  désigne  les  aakurs,  an 


loate  >a  suite  de  tes  ootragâs,  dit  Iqcsrdi- 
•laldoLa  Lazerne,  il  supposa  l«  vérité  de 
rbiitûira  évan^lîqae.  II  s'iittacb«  surtout, 
dans  son  dialogua  avec  le  juif  Trj'phoo,  î 
moiilrei'  l'accord  parfait  des  prophéliesju- 
daïtfues  arec  les  faits  de  la  vie  de  Jésus- 
CIinfN,  tels  que  nos  érangâlistes  tes  racon* 
tcnl.  Ki>Sa  (W1I6  beeiicniip  d'endroits  il  rite 
fnrrDL'Ilement  les  (^van^ilus,  présentanl  lex- 
(Ubllemeot  leurs  ex|<ressions.  Userait  beau- 
C'tUf)  Irop  loDg  de  rap[>ort<>r  ici  toutes  ces 
vilations,  je  me  contenle  d'en  indiquer  quel- 
ques-unes tirées  seuleaient  d'uno  partie  de 
M  preinière  Apologie  (1325).  ■  Le  savant 
cardinal  ne  rB|>poNe  ijue  des  textes  tirés 
de  saint  UaUhieu,  de  saint  Msrc  et  de  saint 
Lue;  mais OIsbauiieu  non-seulement  en  cite 
et  en  discuie  un  grand  nombre  empruolés 
par  siiiit  Justin  à  ce»  trois  évangélistes, 
mais  il  t^xamine  plusieurs  passages  et  plu- 
sieurs! manières  du  parler  qui  appartiennent 
exclusivement  à  l'EvaDgile  dQ  saint  Jean; 
tel  est,  par  exemple,  le  passage  de  sa  pre- 
mière ApuloKie  (pa^.  9i]  où,  après  avoir  re- 
marqué que  le  Lnrist  avait  dit  :  Si  vout  n'é- 
lu riginér4i  «oui  a'aUrtrts  point  dan^  le 
Toyaumfi  dee  deux,  il  ajoute  ;  ■  En  effet, 
tout  le  monde  sait  pi^rfaKement  qu'il  est 
impossible  &  ceux  qui  sont  déji  nés  une 
fuisd'entrer  dans  le  sein  de  leurs  mères;  » 
MF  il  est  de  toute  4videace  qu'il  s'agit  ici 
de  l'entretien  du  Sauveur  avec  Nicodème 
au  «liet  du  baptâme,  entretien  rapporté 
dons  1  Evangile  de  saint  Jean  (t|i  et  suit.). 
Telle  asi  encore  l'expressiou  Vtau  vive,  J'eau 
itlavie,  que  nous  lîsonsdnns  ludiglogue 
avec  lejuif  TryphoD  fpag.  343),  et  que  saint 
Jean  met  d^iis  la  bouche  de  Jésus-Christ 
parlanl  &  !«  Samaritaine  (iv,  10)  :  eulia', 
qu'aucuv  Butfe  des  écrivains  du  Nouveau 
Testament  ne  lui  a  jamais  prêtée.  Dans  lé 
mémedialogiiejpaii.316;,  ilestdit  de  saint 
Jean-Baplisie;  Lesliommes  pensèrent  qu'il 
était  le  Cbrist,  et  il  leur  cria  :  Jenjuuiipai 
te  Chriit,  mail  la  voix  de  caiviaui  crie.  Or 
ces  paroles  :  Jt  ne  luw  pae  le  Chritt,  ne  se 
trouvent  encore  que  dans  l'Evangile  de  saiiit 
Jean(i,  2Q).  En  vain Bretsclineioer soutient- 
il  que  saint  Justin  et  l'évangélisle  ont  puisé 
tous  tes  deux  ft  un»  mtoie  source  (13^6)  ; 
son  assertion  est  purement  gratuite,  et  par 
conséquent  ellij  ne  mérite  aucune  considé» 
ration.  Dans  sa  prenrière  Apologie  (pag.  64, 
65)  saint  Justin  rapporte  ces  paroles;  Celui 
•/u)  m'mffiKf,  entittà  celui  qui  m'a  envoyé'; 
UT  ne  soni-eJles  pas  une  allusioa  évideHte. 
quoi  qu'Mdise<'ticoreBretsol)naider(/6id.}, 
a  celle»<i  que  ikmis  lisons  dans  saint  Jean 
(t,  !M)  :  Celui  gui  ent^d  ma  parafe,  tt  qui 
aroit  en  celui  qui  m'a   envoyé,   etc.  Enlin, 

iieu  du  liant  du  Chriij,  qui  en  tx\  le  priocipil  objei. 
\a,\t  Gcue  pe^iie  dinreuce  ne  dioiiuqe  eu  rien  la 
pruba^iiljië  lie  luitre  byMibèse. 

(tSiS)  C.  G.  de  Li.  LuzEBNE,  ÙiueT\atio»t  nt  ta 
itiriU  delà  «fiflion.  t.  l,p.S3,ï4;  Parla,  Méqiii- 
eiion  Junior,  USO.  El  jwior  les  cilaiions,  p.  315- 

HZKiCiT.  Ttimiplu  BfttTscBSEiDKR,  Probabilia 
«t  EtmijtlU  II  EpiiiçlaTum  Joamii  nponcli  inivte 


APOLOGETIQUE.  CVA  » 

neus  reprodoirons  encore  avec  Olshiuuc 
un   passage  de  saint  Justin,  qui  utrouig 
dans  les   fragments  que  Grabe  a  renueillit 
des  ouvrages  perdus  de  oe  Père,  et  qui  nom 
oITre  une  nouvelle  preuve  ifareiiileDceda 
notre  quatrième  Evangile  dans  ta  premièra 
moitié  du  II*  siècle  (1327).  Saint  jusliodit 
donc  I  //  leur  permit  de  le  lûocKer,  et  il  Inr 
montra    les  /taux  dei  clou$.  Or  ce  passiu 
n'esl-il  pas  copié  dans   rBvauKJ'e  oùuml 
Jean  iait  dire  h  saint  Thomas  :  Si  k  ne  wii 
dane  les  maint  les  lieux  des  eloui  tt  lijt  u 
meti  mon  doigt  dam  te  Heu  du  tlov.ni 
JésuB-Christ  :    Portez  ici  votre  doigt  il  n- 
gardez  met  maint  (xx,  25,  9fT)T  II  estmi 
que  les  citations  du  saint  docteur  oejoDi 
pas  dans  les  termes  mêmes  eoiployâs  (igr 
nos  évangélistes;  mais  il  est  évident  que 
telle  était  son  inleoiion,  puisque  dsasdilTé- 
renis  endroits  de  ses  oavrnps  il  rapporte 
les  mêmes  faits  et  les  marnes  paroles  di 
Jésus-Christ  avec  des  mots  et  dans  un  onlit 
très-différenfs.  Celle  observation  s'appliqut 
i  ce  qu'il  dit  de  la  conceplioa  du  SauYeur, 
de  son  luptéme,  de  la  prédication  de  Jmd- 
Baptiste  et  de  plusieurs  discours  de  J4sus- 
Christ;  phénomène  qui  s'expliqne  Bisémeni 
si  l'on  suppose  que  saint  Justin  cils  de 
mémoire,  et  que  saas   s'embarrasser  det 
motQ,  il  ne  s  occupe  que  des  choses,  mtis 
qui  devient    tout  a  ftflt  inexplicable  dint 
I  hypothèse  qu'il  a  toujours  cité  teitutile- 
ment  et  mot  a  mot;  car  comment  les  mé- 
moires pouvaient-ils  contenir  surlesmé- 
mes  choses  des  expressions  diiïérentes  tl 
uptout  autre  arrangement?  Il  e^t  encore  vrai 

Îu'il  se  trouve  dans  les  cïtations  de  siinl 
ustiu  quelques  passages  évangeliquesqm 
ne  se  lisent  pas  dans  nos  quatre  Evangiles; 
maison  peut  dire  que  saint  Justin  (es  temij 
de  la  tradition,  qui  était  toute  fraîche  Ju 
$on  temps,  ou  ^lutât  de  l'Evangile  bëbreii 
desaiut  Ùatihteu  conservé  chez  les  nsu- 
réens.  Evangile  dont  il  avjil  probablemenl 
connaissance, puisqu'il  éiail  oeenPalestiDe- 
Comme  cet  Evangile  passait  pour  l'origioil 
de  saint  Matthieu,  il  a  cru  pouvoir  en  eiu- 
prunier  ces  additions,  qui  bu  reste  sont  très- 
peu  considérables,  et  serrent  h  l'explicaliCKi 
de  la  via  du  Sauveur.  Une  aul^  preare 
oertviue  que  saint  Justin VecOiinBissaitDi» 
quatre  Evangiles,  c'est  qu'ils  ont  été  adnjus 
parTatien  son  disciple,  el  i}  n'est  nasdim- 
cile  de  moQlrer  jusqu'à  l'évidence  la  vérili 
de  celle  dernière  assertion.  Car,  dans  son 
Ôucours  aux  Grecs,  ouvrage  contre  le  [it- 
^nisme,  composé  peu  de  temps  après  1< 
martyre  de  saint  Justin,  très-vraîsemblable- 
menl  avant  qu'il  fût  tombé  lui-même  dios 
l'hérésie,  et  qui  a  été  im)triiDé  à  la  Bo  de* 


,  p.  m. 

Chibg,  Spidleg.  Patrum.,  t.  H,p-  W-- 
I  (Uie  Edilktit  dtr  vier  eaU.  Èmj.,  t- 
in  second  passage  recueilt!  psr  Cnbc;!» 


et  origine,  p.  192. 

{iZii)  chibg,  r 

Olsbavmk  {li' 

^9]  elle  un  s ^ „- r—   - 

voici  :  Selon  qu'il  u  dit  q»e  dont  le  eiêittt  mottti^ 
meure.  Mais  on  pourrall  coniesier  f  ne  ce  »«'  '<<■' 
lemerit  une  imiution  du  texte  de  sninl  '<"■.  '*'*' 
i):  Il  y  a  ftuiimr*  dememret  dont  la  leKOO»  " 
ma»  Père. 


EVA 


MCTIOMUIRE  &IOU)C£T1Ql'E. 


OEava  de  ce  Père  {Paris,  1630,  in-fnl.}, 
Tiliea  die  dâui  passages  iocoiilestalilG- 
Dwnl  lires  du  premier  cLjpitre  «te  I'Ethu- 
gileseluosaiDlJenD,  quand  il  dit  (pag^lSâ]: 
<  L'ImeD'ett  p«r  elle-même  que  ténèbres; 
tllene  cooiient  aacan  poiol  fumineux:  et 
c'est  précisément  ce  que  reulenl  (tire  ces 
firo]es:  Lu  Unibru  ne  eompretintnt  pat  la 
hmUrt:  >  et  lorsqn'f!  dit  ailleurs  (pag.  15SJ: 
Ttuln  tkeitt  ont  iié  faitet  par  lui,  tt  sant 
Iti  rifK  n'a  m  (ait.  Brelsctioeider  [irélend 
que  ce  dernier  passag»  n'a  Dullement  été 
(vtié  dans  l'EraoKite  selon  saint  Jean , 
nais  oo'il  peat  se  faire  que  Taliea  et  saint 
len  ini-œême  l'aient  pmprantë  tous  les 
dfni  t  quelque  lÏTre  ai>ocrypbe  qui  a  été 
[xidii  comme  tant  d'antres  de  ce  genre.  Le 
Dfae  critique    ne   Toît    dans  ce  passage 

Ji'uae  simple  formule  dogmatique  que 
mécrÎTains  ont  |iu  énoncer  sans  s'être 
ropiés  l'un  l'aatre  [I338j.  Hais  il  nous  sem- 
ble qae  s'il  était  permis  de  raisonner  dt; 
eeffe manière,  >l  en  serait  bit  de  raulhea^ 
licite  de  tons  les  livres  anciens.  Il  7  a  plu- 
fieun  autres  raisons  puissanles  qui  ne  pei^ 
nie'ieBl  pas  dedoulerqne  Tatienait  connu 
ITTsagile  de  saint  Jean  aussi  bien  que  les 
Irais  preeiîers  ;  nous  les  exposerons  un  peu 

Elus  bas,  lorsque  nous  aurons  k  produire 
sléoKriiis  hérétiques.  Ainsi,  saint  Justin 
areeODDii  nos  quatre  Efangiles  pour  au- 
iheatiqaes,  et  comme  d'ailleurs  son  témoi- 
l^ige  se  (roaTB  eonfinné  par  tous  les  hé- 
rétiques «c  par  Ceisfl  lui-même,  son  coo- 
tentfioram,  comme  nous  allons  le  monirer, 
il  s'ensuit  que  nos  qaatre  Erangiles  étaient 
«nîrersellmueDt et  unanimRmeDt  reçus  dans 
te  praBÎère  oioiliédu  ii*  siècle.  Hais  il  fagt 
joindre  k    saîni  Justin  ,  saint  Polycarpe  , 

S\ai  wintà  Rome  dans  le  même  temps  visHer 
a  Pape  saint  Anicet,  et  Papias,  contenipo- 
niodesBinl  Pol;carpe.  Or  l'un  et  t'aalra 
»Dnai»MÎent  el  recevaient  nos  quatre 
KTangite*.  El  d'abord,  saint  Poljcarpe,  dans 
«o  Ep4ire  aux  KtiHppitiu  {n.  S,  7}  ,  cite 
les  passages  qqi  se  IrouTeet  dans  saiftt 
'allOJeo  (t,  3,  10;  ti,  13;  xxti,  M),  dans 
aini  Marc  (x-it,  38)  ,  et  dans  saint  Luc  (ti, 
7.  38).  Quant  k  aoint  Joan  il  est  Trai  qu'il 
e  fait  xneotion  d'aucun  endroit  de  son 
■angilt»;  mais  dans  sa  iitême  Epttre  aux 
kitippims  (n*  T},  il  cite  la  première  Epllre 
:cei  apAtrè  (iv,  3^.  Or,  c'est  un  fait  rc- 
wo»  en  critique  et  qui  n'a  jamais  été  çoo- 

fl52S>  bvTscuuHa,  PnoM.,  etc.,  Seit.  lU- 

1 1529)  ■  Porro  ideai  Painai  lesiIaioDiii  ex  priera 
ianis«pïs(ro!3,elaprioreitidcn  Pétri  «fesumpU* 
lur.  >   (EcSEB..  Bitt,  etel.,  i.  m,  c.  99.) 
1350)  Èjjwmm.,  OU.  ■—  $cbl«emadMr  «taprJa 

BlMie«n  aMolMieai  allanaKla  oai  iité  aae  le 
i-rigwarf  Am  Jcsn  le  prltrc  en  bvem  de  l'Ëvan- 

de  ûîoi  MarcMrsppoTlfttÏDOlra second  Ktan- 
.  parce  que.  AAcai-ilt,  ce  livre  suit  Idéleanem 
drc  des  eréMBenU,  Mndis  ^m  cdiii  doul  parte 
I  i«  prétTK  âait  éerii  au  -mE**,  c'astè-dire  uoa 
re  cbroDotosi^ae.  Mai»  liioiutk  a  irè^bien  dé- 
•  Iré  que  l'eiprrtskiii  greopM  n'a  ^s  unique- 
t  le  3cn»Tin«;luidoiiiKiiiccftfcéologwnt<£Jiiafr> 


lesté,  aue  cette  Eptlre  de  saial  Jean  n'a  pu 
avoir  d  antre  auteur  que  celui  de  l'ÊTangile 
qui  porte  ce  nom.  Ce  que  nous  disons  de 
saint  Polycarpc  par  rapport  i  l'Evan^Ie 
de  saint  Jean,  nous  pouvons  le  dire  aussi  do 
Papias.  Si  cet  écrivain  ne  fa  pas  cité  ex- 
pressément, il  a  reproduit  dans  son  Bitpoii- 
tio»  dt$  ditcouri  du  Seigmwr  qnelqoes  pas- 
sages de  VEpUrt,  c'est  an  moins  ce  que 
{irétend  Kusebe,  qui  connaissait  cet  ouvrage 
et  qui  rn  rapnorle  même  plusieurs  frag- 
ments (1339).  Uois  Papias  naos  fournit  en 
faveur  des  antres  Evangiles  dea  preuves  plus 
directes;  et  ponr  qn'on  puisse  mieux  ap- 
précier l'autorité  qu'il  mérite  sur  celte  ma- 
tière, nous  rapporterons  quelques  particula- 
rités qu'Eusèbe  raconte  de  lui.  Papias  donr, 
sïlen  cet  historien,  n'avait  été  k  la  vérité 
disciple  d'aucun  des  douze  apôtres,  il  ne 
les  avait  pas  mérae  vus;  mais  il  s'était  in- 
formé avec  soin,  auprès  de  ceux  qui  les 
coonaîssaient,  et  qui  étaient  dans  leur  in- 
timité, de  ce  qui  concernait  la  fui.  ■  Quand 
je  reficontrais,  dît-il,  quelque  ancien  qui 
avait  vécu  avec  les  apAlres  ,  je  m'informais 
avec  sein  de  ce  qu'ils  avaienl  eoseifjné,  de 
ce  qu'avaient  dit  André,  Pierre,  Philippe  , 
Thomas,  Jacques,  Jean,  Matthieu,  ou  quel- 
que autre  disciple  do  Seigoenr;  de  ce  qu'a- 
vaient dit  enfin  Aristion  el  Jean,  prêtres, 
lesquels  étaient  aussi  au  nombre  des  dia- 
cipfes  du  Seigneur.  >  Busèbe  ajoute  que 
Papias  avait  été  disciple  particnliërement 
d'Arislion  et  du  prêtre  Jean,  et  il  rapporte 
ce  que  ce  prêlre,  différent  de  l'apAtre  du 
même  nom,  lui  avait  appris.  «  il  me  disait 
(cr'est  Papias  qui  parle}  que  Harc,  qui  était 
interprète  de  Pierre,  avait  écrit  tout  ce  qu'il 
ennservait  dans  sa  mémoire  avecexaclilude, 
maisDOD  dans  l'ordre  dans  lequel  le  Seigneur 
favNt  dit  ou  fait;  car  il  ne  i  avait  ni  enten- 
du iH  soivi;  mais,  comme  je  l'ai  dit,  il 
avait  accompagné  Pierre,  qui  faisait  ses 
rnaructions  suivant  le  besoin  de  ceux  qui 
l'écoulaieiit,  sens  s'attacher  k  an  arrange- 
ment régulier  des  discours  du  Seigneur. 
Ainsi  Uarc  n'a  nuUenent  eu  tort  (  •vlJ» 
if»f^)  d'écrire  aiosi  oeriaines  choses  d'a- 
près ses  souvenirs,  puisque  son  unique  soîil 
fut  de  ne  rianometire  de  ce  qu'il  avait  appris 
et  de  u'y  rie»  changer.  >  Quant  è  saint 
Uatihieu,  c'est  encore  Busèbe  qui  le  remar- 

Îne,  Papias  raconte  de  lui  qu'il  a  écrit  son 
rangile  «u  hébreu  (1330).  >oilè  duiic  trois 

4tr  Eaaxg,  Ctt^.,  seiL  245);  car  elle  peut  Irèi- 
bieo  s'cmi^arer  pour  désiguer  une  iirit  à  taqMttU 
il  mamtfue  ^meliput  Urmet,  Ci  pir  coaséqiieul  un 
Evangile  qm  comme  le  nAÎre  rapporte  incoinpléte- 
meal  les  faiia,  ea  «awt  beaacoup  et  les  prévale 
d'me  Manière  détat^ée.  U'aillears  l'aelear  M- 
■tèiae  parait  avoir  enUDde  ainsi  ceUe  cipraarion, 
MMqoe  qadques  lignes  pias  bas  ildil,  cooiBMt  poai 
bjiuiiier,  que  sailli  Uarc  n*a  pas  eu  lort  d'écrire 
ainsi  certaines  choses  d'après  ses  u>a«cnir«.  On  peat 
Kiiarqaer  eaeore  que  le  prêlre  Jean  dîl  que  cet 
évaiwCtiUe  écrivit  tertMitu  fmU  {fèm)  el  non  loua 
les  laili  de  b  m  de  Jésus.  <Vayes  Eugcue  Htia- 
Mar,  KxmêM  criUfa<  au  tfUèmt  fit  Siraau,  p.  t8, 
MUkJ 


EVA 


mCTIONMAIRR  APOLOGETIQUE. 


ETA 


évangiles  dont  l'aulticiiticité  est  ^nrontie 

Ear  Papias.  Or,  l'pxislence  de  celui  de  saint 
uc  6  l'époque  où  vivait  cet  ancii-n  écrivain 
ne  peut  ofrrir  aucune  diûicullâ  sérieuse, 
même  en  supposant  que  Papiss  o'en  ait 
jamais  parlé,  dès  qu'il  tist  prouvé  que  les 
trois  autres  existaient  déjà  à  cette  même 
époque.  Ainsi,  tes  éi  rÎToins  catholiques  de 
la  demie' e  partie  du  second  siècle  prouvent 
ii'unu  oiuiiière  démonstrative  que  dos 
évangiles  sont  réellement  l'ouvrage  des  au- 
teurs dont  ils  portent  les  noms'. 

Nos  Evangiles  élaat  déjà  reconnus  uni- 
versellement comme  autneoliques  par  les 
Pères  qui.florissaient  d«ns  la  première  par- 
tie du  second  siècle,  il  en  résulte  néces* 
sairemeiit  qu'ils  existaient  déjè  dès  le  se- 
cond siècle.  Car  il  est  tout  à  fait  impossible 
ijue  ces  divins  j  écrits  aient  commencé 
tout  à  coup  à  6tre  regardés  comme  re- 
liant réellement  de  la  main  des  auteurs 
iloat  ils  porteiit  le  nom,  sans  aucune  preuve 
et  sans  qu'ils  aient  été  bien  connus  aupa- 
ravant. P?ut-on  supposer  en  effet  qu  un 
livre  dont  jamais  personne  n'avait  ouï 
parler  jusqu'alors,  soit  devenu  en  un  ins- 
tant la  règle  de  foi  universelle,  et  que  l'E- 
glise, déjà  répandue  chez  différenls  peuples, 
l'ait  adopté  d'un  consentement  unanime  T 
Ce  serait  un  pliéoomèue  par  trop  singulier 
et  par  trop  incroyable.  Mais  si  nos  évangi- 
les existaient  dès  le  premier  siècle,  les 
suints  docteurs  qui  ont  écrit  durant  celle 
période  les  ont  sans  doute  cités;  c'est  ce 

3ui  parait  certain  par  rapporté  l'un  de  ces 
octeurs,  et  très-probable  par  rapport  eut 
autres.  Ainsi,  pour  commencer  par  saint 
Ignace,  raartvr,  nous  dirons  qu'il  est  assez 
vraisemblabrs  qu'il  a  emploj'é  dans  ses 
Lttlra  des  passages  de  nos  Evangiles  ;  nous 
dirons  de  mèuie  do  saint  Clément,  pape.ea 
ajoutant  touterois  que  si  sa  seconde  lettre 
était  réellement  de  lui,  son  témoignage  dé- 
poserait en  toute  certitude  en  faveur  delà 
thèse  que  noussoutenons,  puisque  ce  saint 
Pontife  dit  dans  l'uo  des  nassages  évangé- 
liqaesftsrlui  cités  f\a'unt  icriturt  rapporte, 
et  dans  un  autre  que  Jésus^hriM  dit  don* 
l'EvamgiU(i33i).  Oo  a  prétendu,  il  est  vrai, 
que  ces  anciens  Pères,  ne  nommant  pas  po- 
sitivement les  évangélistes,  tenaient  de  la 
tradition  les  maximes  et  les  sentences  qu'ils 
;  rapportent  dans  leurs  écrits;  mais  cette 
prétention  n'est  pas  appuyée  sur  un  fonde- 
ment bien  solide,  comme  nous  espérons  le 
montrer  un  peu  plus  bas  en  répondant  aux 
difficultés  de  nos  adversaires,  (juant  à  saint 
Barnabe,  il  est  incoutetlable  qu'il  a  cité  un 
document  écrit,  puisqu'en  rapportant  les 
[laroles  de  Jésu^-Cbrist  :  ily  a  beaucoup 
d'Qpptiét,  mail  peu  iféliu,  il  ajoute  la  for- 
luiilo  usitée  pour  les  citations  de  rEcriture  i 

(1331)  Vojr.  IcniT.,  £piii.  ad  Ephet,,  n.  14;  ad 
Sm$TH,,  n.i-.ad  Potfearp.,  r,  S, M  ciimpir.  Matik. 
XII,  53;  III,  15;  x,  Itf.  Yof.  ausu  Clem.,  cpiat.  1, 
n.  t3-ili,  et  MBipar.  Luc.  vi,  36,37.  ilmltk.  xviii, 
S;  iivi,  14.  M,TC.  Il,  a.  Luc.  ivii,  a.  Vos.  Eii- 
cure  Clem.,  epiM.  2,  u.  î,  3, 4, 8,  8,  9,  ei  coiniiar. 


teton  gu'il  itt  écrit.  Et  comme  ces  fiamlu 
se  lisent  textuellement  dans  saint  Uaiihicu 
(xxii,  ih),  elles  doivent  tout  nalurallemeU 
nous  conduire  à  comparer  avec  Is  lim  de 
cet  évangétiste  les  autres  cilalioos  éii^C 
liques  de  saint  Barnabe.  Or,  ce  saiot  cils 
encore  comme  étant  du  Sauveur  ces  ptroles: 
Je  (utf  venu  appeler  non  /et  juilci,  mait  la 
pécheurt,  et  ces  mêmes  paroles  se  trouienl 
éi^alement  dans  saint  Matthieu  (is,  13).  u 
rapporte  aussi  ce  précepte  du  Seigneur: 
Domex  à  quiconque  voui  dimandt  (133!{, 
comme  il  se  lit  textuellemeut  dans  tiini 
Luc  (vi,  30}.  D'après  cela,  il  est  permis,  eu 
nous  semble,  de  raisonner  de  celle  mimtre. 
Si  saint  Barnabe  n'eût  jamais  fait  une  cili- 
tion  d'un  monument  écrit,  tous  les  piui- 
ges  évangéiiquea  contenus  dans  son  B|)tln 
pourraient  absolument  venir  de  la  IradiliDu; 
mais  puisque  dans  un  eodroit  il  en  ip- 
pelle  à  un  monument  du  r-etle  ualii^ 
il  est  certain  qu'il  n'a  pas  puisé  ses  o- 
tations  uniquement  dans  la  tradition, 
Or  le  passoge  qu'il  doit  avoir  écrit ,  sa  !>' 
sani  textuellement  dans  l'Evangile  de  uinl 
Matthieu,  el  tous  les  autres  qu  il  produit» 
trouvant  pareillement  dans  ce  mètne  ina- 
gile  ou  dans  celui  de  saint  Luc,  nous  unî- 
mes en  droit  de  conclure  que  toutes  les  cV- 
lalions  évangéliques  de  saiut  BarotU  oui 
leur  source  dans  nos  Evangiles. 

Les  hérétiques  du  it'  siècle  nous  font- 
Dissent  eux-mêmes  des  preuves  irréeuu' 
bles  de  l'aulbeoticilé  de  nos  quatre  Evidj^- 
les.  Nous  citerons  d'abord  Tatiea,piieB 
converti,  et  qui  fut  disciple  de  saint  JutliOi 
mais  qui  eut  le  malheur  de  tomber  diu 
l'hérésie,  et  de  donner  son  nom  à  la  sedi 
des  encralites.  Outre  les  citations  qu'il  fui 
de  l'Evangile  de  saint  Jean,  et  que  doiu 
venons  de  rapporter  quelques  lignes  plu 
haut,  il  nous  prouve  encore  de  piuaiean 
manières  qu'il  connaissait  nos  Evangiles  et 

3u'il  les  regardait  comme  les  fomlemcoU 
e  la  foi,  transmis  par  les  apûtres;  car  pr^ 
œièrement,  lors  mfime  qu'il  se  lut  sépiri 
de  l'Eglise,  il  ne  contesta  jamais  l'aulbea- 
ticiléde  ces  livres  sacrés,  qui  le  coodiof 
naient  formellement;  il  se  contenta  de  le» 
tronquer  et  de  les  accommoder  à  ses  tiremu 
En  second  lieu,  il  composa,  selon  que  l4 
rap)>ortenI  Eusèbo,  saint  Epiphaoe  el  Tbéf 
doret,  uu  ouvrage  qu'il  intitula  Viatwarft 
(aiKTivirdipMi],  c'est-à-dire  teton  Iti  quain- 
Or  cet  ouvrage  élail  simplement  uue  cul' 
leclion  et  une  suite  de  textes  tirés  des  qui- 
Ire  Uvaiigiles,  et  une  snrte  de  concordaoM 
formant  uue  histoire  suivie  de  Jésus-CUrii- 
II  n'ajouta  rien  au  texte  évangélique,  m)i> 
il  en  retrancha  ce  qui  était  contraire  t  ir* 
fausses  doctrïDes,  el  narticulièremeot  Iti 
géaàalt^ies  du  divia  Sauveur,  et  U>us  ^ 

Kaltk.  IX,  15;  X,  31;  vu.  îi.43.  L«.  iiii.37.  WA  j 
VI,  14;  XVI,  16.  lB£.  XVI,  11.  Maith.  su,  50.        1 

(1331)  BuiiiB.,  £i»Ml.,  a.  4.  S,  18. 

0533)  EusBB.,  HUt.cccl.,  1.  i«.  cl9;C*^'. 
PmcAuI.  «4  «ijtiwi<rf..l38;  EwMUW..  hxrei. »t 
TiiEODOB.,  lib.  1  Bœretic.  fatiii.,  c«p.  ».  I 

I 


.  DICllONNAIRE  APOLOCETKIUE. 


EVA 


8SS 


nisMges  qui  la  l'réseDtunt  comme  le  <tei- 
ci!n<l(UlileDBTid  sclot:  la  chair  (1333).  Cet 
iiucnge  âlait  lrës-r<!pandu,  Don-seulement 
^rTDî  Ibs  sectateurs  de  Talien,  mais  m£me 
;i]nni  tes  chrétiens  ortbodoxos  qui  n'ea 
dperceTaieal  pas  le  Tenio  ;  et  il  était  deveDu 
(<  eoDimon  dans  les  ^lises  de  Gyr, 
ijne  Théodoret,  évëque  de  ce  diocèse,  af- 
nrme  y  en  avoir  trouvé  plus  da  deux  cents 
(i«in|)laires  qu'il  rassembla  et  mit  de  cdté 
pour  Taire  lira  en  leur  (itace  les  quatre 
lunplei  cauoni^ues  <  1334 }.  KicDlioro 
ibmieDi,  il  est  vrai,  que  tes  quatre  évangé- 
ijiies  qui  composent  cette  concorde  ne  sunt 
iglIemeDi  les  pôtres,  et  il  demande  com- 
lEHii  ThMorel  a  pu  savoir  que  Talien 
FMiUiil  DOS  Evangiles.  ■  Nous  pourrious 
iiHnlour,  remarque  fort  judicieusement 
Esitot  Uussarl,  demander  i,  ce  savaut 
(umient  il  sait  qu'il  nd  les  possédait  pas. 
nieinblequeThéodorei,  qui  avait  vu  plus 
It  deui  ceols  exemplaires  de  l'ouvrage 
loil  liODs  DOUE  occupons,  pouvait  mieux 
iffTétiei  la  source  d'où  il  avait  été  tiré  , 
an  le  prorejseur  allemand,  qui  n'a  pu  le 
oonaltioque  par  quelques  citations  em- 
nulées  h  ce  oiëme  Tliéodoret  (133K).  » 

KIons  que  celle  prétention  d'Éichbora 
li  émise  que  pour  soutenir  son  svs- 
iot  d'un  Evangile  primitif,  système'  si 
MnUiié  aujourd'hui  parmi  les  critiques, 
qnpHionoe  De  l'enseigne.  Ajoutons  eii- 
nnqutDenis  Barsalibi,  écrivain  svrien  , 
nUiJuula  Bibliothèque  orimtalt  a'Asse- 
wufl.  I,  pag.  S68J,dit  expresséuienl  : 
rjlieo,  disciple  de  Justin  le  martj^relle 
tilteoptie,  a  n>rmé  un  seul  Evangile  des 
girt,  et  il  l'a  nommé  Diateitaron.  Saint 
pttm  l'a  expliqué  dans  un  commentaire, 
kpremiers  mots  de  cet  ouvrage  sont: 
tttmmaurment  4laitle  Yïïrba.  ■  KnÛn  £u- 
Ha  nous  affirme  d'noe  manière  positive 
k  lu  sévériens,  secte  d'bérétiqnea  donl 
Kitoélaille premier  cbef(n^o:f^  i'p7i^7it), 
JEKtliieDt  (a  Loi,  iet  Prophilea  et  Um 
inji'n,  mais  qu'ils  rejetaient  tes  EpUrtt 
luint  Paul  el  les  Acla  dcM  apâtriM  (1336). 
rdprèides  témoignages  aussi  formels  et 
■■I  précis,  peel-ou  supposer  encore  quel- 
Ki^uivoque  sur  les  quatre  Evangiles  qui 
*Mie[j|  la  concorde  de  Talien  i  II  est 
*c  iiiGonlest«ble  que  cet  bérélique  el  sou 
Mt  reconniissaienl  nos  quatre  Evangiles 
Aoit  ayant  une  origine  apostolique. 

(loin  TlEOBOSET,  lot.  eit. 

(1155)  Ekbboh,  EtiUril.  tn  da*  N.  T.  Band  i, 
*■  ^  Eugène  Hus&tKT,  licencié  en  ibéologie  el  m». 
fr  in  uinl  Eransile,  Examt»  crtltoac  du  tyi- 
•^  ^  SiniN,  p.  li,  note  1,  i*  éJit.  Genève, 

!<•»)  Ecwi.,  HHt.  Kcl.,  I.  IV,  c.  M. 
t<MT|<  Et  Mper  Imbc,  id  qeod  est  Mcandam  Ly- 
*■  t^iu|eiiiim  dmimciMiis,  et  onnîa  <|u»  sunl 
<  punâoBe  Demini  conMriDM  luferens,  h  de 
"*'"»  MraioflDin  l>Mniiii  mulîa  anterem...  ;  m- 
"^'fma  eue  veraeiorem  quam  innt  hi  qui  l^vun- 
'^K  LradideniBt  spotloll,  suaiit  iliKi|julii  suis 
M  r.TiDgetium,  Kil  particBtaia  Eiangclir  Irxlens 
'-  >  lUn.,  CoMr.  kœrei.,  1.  i,  c.  27.)  <  Gum  au- 
v  iil  lam  ileinia  (raditioiiem  qun:  est  gb  apoiie* 


Mnrcîon  ,  bérélique  antijudaïsant ,  qui 
publia  ses  erreurs  avant  l'an  iSO  de  lere 
chrétienne,  est  encore  un  témoin  irrécu- 
sable de  l'authenticité  de  nos  Evangiles, 
puisque  lors  même  qu'il  se  déchaîne 
avec  une  sorte  de  fureur  contre  ceux 
de  saint  Matthieu,  de  saint  Marc  et  de  saint 
Jean,  i)  ne  se  plaint  nullement  qu'on  les 
«ii  donnés  sous  des  noms  supposés*  mais 
ii  se  Imrne  &  reprocher  aux  apâtrn  tt  aux 
diicipteM  qui  les  ont  rédigés,  d'avoir  mêlé 
des  doctrines  juives  à  celles  de  leur  Maître, 
et  qu'il  a  conservé  celui  desniiitLuc  comme 
ajrant  été  compote loui  let  ytux  de  laîntPaul 
et  comme  étant  plus  conTorme  è  ses  opi- 
nions. Aussi  saiDl  Irénée  el  Tertullien, 
qui  l'ont  Ni  fort  blâmé  d'avoir  rejeté  les 
ouvrages  des  trois  évan^élisles,  pour  n'a- 
dopter que  celui  de  saint  Luc,  et  encore 
en  le  mutilaut,  ne  l'ont  jamais  accusé  de 
révoouer  en  doute  leur  origine  autheotiquo 
(1337].  Mais  Terlullion,  dans  sa  polémiauo 
contre  Msrcion,  montre  d'une  manière  plus 
explicite  encore  que  l'hérésiarque  connais- 
Bail  nos  quatre  Evangiles,  et  qii'il  ne  les 
avait  pas  toujours  répétés;  d'où  il  résulte 
clairement  que  Marcion  lui-même  dépose 
eu  faveur  de  leur  authenticité.  Entrons  dans 
quelques  détails;  le  sujet  en  vaut  la  peine; 
nos  preuvps  d'ailleurs  eu  rccevroiil  un  nou- 
veau degré  d'évidence.  Terlullieri  rappelle 
donc  à  Marcion  qu'il  a  cru  autrefois  tout  ce 
que  saint  Matthieu  raconte  de  l'i-^tahle  et  de 
la  crèche  du  Sauveur,  de  l'adoration  des 
pasteurs  et  des  mages,  el  qu'il  l'a  avoué  lui- 
même  dans  une  de  ses  lettres  (1338),  él 
qu'il  a  ensuite  rejeté  ces  vérités  comme 
contraires  è  ses  erreurs.  Le  savant  Père 
l'accuse  encore  d'avoir  rejeté  les  Evonf^iles 
qui  flélrissaieut  évidemment  son  opinion, 
et  d'avoir  corrompu  celui  qu'il  admeltail* 
en  ajoutant  qu'en  effet  l'Evangile  de  saint 
Jean  sudjsait  pour  le  confonilre  (1339).  De 
plus,  Marcion  avait  composé  un  livre  d'an- 
tilbèses,  où  il  onposait  la  Loi  i  l'Evangile, 
voulant  persuaaur  par  là  que  le  Dieu  de 
l'Ancien  Testament  n'était  pas  le  même  que 
celui  du  Nouveau.  Or,  il  est  évident  que  col 
bérélique  n'aurait  pat  attaqué  l'Evaugilej 
s'il  ue  l'eût  trouvé  déjà  reçu  dans  l'Eglise; 
et  ce  fait  suflirait  seul  pour  démontrer  que, 
de  l'aveu  même  de  Uarcion,  noire  canon 
érangéiique  existai!  dans  la  première  par- 
tie du  II'  siècle.  Mais  il  est  surtout  ud 

lis,  quK  per  luccessionei  preBbvterorum  in  Ecclesits 
rusl(Hlitur,pn)Vocamus  cox,  ailv<  rwiiUui'  Indilinni, 
dicenles  w  non  solum  presbyteris,  Hed  eliam  apo* 
Moiu  estisunies  upieniiores,  siiicenm  iove^ibse 
vëriUiem.  ApoUolus  eniin  admlscuisse  ea  ijihb 
•UHl  lefialia  Sâivaloris  verbit.  >  (L..  m,  c.  2.) 

(1338)  (  Qui  (Chri&liaHUs)  cum  Tuiiises,  eisci- 
dtali  resôndeudo  (|UOtl  reu-o  credidisii,  sicuL  cl  ipse 
CDuBieria  îd  quadiiu  epistula  «t  lui  uon  ne^aul 
«  nustri  protunl.  i  tTuiuu-,  Ûi  cariti  Chruti, 
C.  S.1 

{IS3/0)  t  Si  Scriplnrai  opinioni  hue  retistcnlci, 
nn  de  indiiUna  alias  rejecisses,  alUa  corrupliws, 
confudiaset  le  in  bacapa-ie  loaunis  EvanguUum.  i 
(i>ld.,  c.  3.) 


ses 


ETA 


NCTIONNAIRE  APOIjOGETIQUE. 


passan  de  TerlulHea,  qui  ne  permet  pas  le 
plus  léger  doute  sur  la  férilé  du  sentiment 
que  nous  déffndons  fci.  ■  Je  soutiens  que 
tDOD  Erangile  est  véritable,  dit  ce  savant 
Père,  dont  nous  no  faisons  qu'HnaIvser  le 
teste,  et  Harcion  prétend  que  c'est  le  sien. 
Qtij  est-ce  donc  aui  doit  jug»r  eiitra  lui  et 
moi  T  Ce  sera  l'ordre  des  temps  qui  donnera 
de  l'auloriléau  plus  ancien, e(  qui  montrera 

?ue  celui  qui  se  trouve  plus  récent  est  aussi 
tus  corrompu.  Car  le  faux  étant  une  dépra- 
vation du  vrai,  il  faut  nécessairement  que 
la  vérité  précède  la  fausseté.  Or,  il  parait 
ai  constant  que  notre  Evangile  est  plus  an- 
cien, que  Urircioo  lui-môme  y  a  cru  avant 
que  de  sortir  de  l'Eglise.  Ëd  corrigeant 
Dotre  Evangile,  il  le  conQrme  et  fait  voir 
qu'il  était  plus  ancien.  EnQn,  il  est  certain 
que  l'Ëvangiie  des  apAtres  a  le  plus  d'an- 
cienneté, et  l'on  ne  saurait  douter  que  celui 
qui  est  teçu  comme  sacré  par  les  Eglises 
apostoliques  ne  soit  celui  que  les  apAtres 
out  donné  par  tradition  (ISbO).  ■  Il  résulte 
évidemment  de  la  polémiuue  de  Tertullien 
contre  Marcion,  que  cet  Iiérétique,  avant 
d'être  tombé  dans  l'erreur,  avait  reçu  ao» 
Evangiles,  qu'il  svaitcru  à  tous  les  faits  qui 
s'y  trouvent  rapportés,  et  que  la  raison  pour 
laquelle  il  les  avait  rejetés  n'était  nullement 
parce  qu'ils  ne  paraissaient  pas  authentiques, 
et  qu'ils  n'étaient  pei  re^u  par  les  Eglises, 
mais  uniquement  parce  qu'il  croyait  que 
les  apAtrei  qui  en  étaient  les  auteurs,  avaient 
donné  dans  des  idées  purement  judaïques, 
et  qu'il  n'y  flvait  que  saint  Paul,  qui  était 
tu  principal  auteur  de  l'Evangile  de  saint 
Lac,  qui  en  eût  été  eiempt,  et  qui  etU 

Parfaitement  compris  la  vraie  doctrine  d« 
âsus-Cbrist.  Entio,  si  Harcion  avait  cru 
que  nos  Evangiles  qu'il  rejetait  ne  vinssent 
pas  des  apfilres,  aurait-il  manqué  de  l'ob- 
jecter comme  un  moyen  de  jiisliSer  sa  sé))a- 
ration  de  l'Eglise,  et  Tertullien  lui-même 

aui  le  suit  pas  è  pas  aurait-il  pu  s'empêcher 
e  lui  répondre  sur  un  point  aussi  impor- 
tant? Cependant  l'illustre  docteur  ea  use 
tout  autrement.  La  grande  raison  qu'il  ne 
cesse  d'opposer  ï  son  adversaire,  c'est  la 
nouveauté  de  son  Evangile,  qui  n'est  recii 
que  par  sa  secte,  tandis  que  les  nôtres  qu  il 
rejette  sont  plus  anciens,  nous  viennent 
des  apOlres,  et  sont  reçus  unanimemunt 
dans  toutes  les  Eglises,  idais  si  nos  Ëvan- 
gilea  n'avaient  pas  été  en  effet  généralement 


reçus  au  temps  d^  Marcion,  coIoalaDlTe^ 
tuilien  aurait  il  pu  lui  OF^>oser,  coioin«  il 
le  fait(im},letémoigaagede3CorinihicBs, 
des  Gtlates,  dea  Epliéeieai,des  Philippieoi, 
des  The^salooieieas,  des  Roatiot  et  il«i 
Bstises  d'Asie  fondées  par  saint  Jeinltt, 
s'ils  D'avaienl  pas  été  ragus  de  te»  leôpt, 
comment  pouvait-il  lot  opposer  l'iutonlé 
des  Eglises  apostoliques,  qui  biiueol  n- 
monter  TorigiDe  de  ces  Evangiles  jesqu'tui 
spAtres  qui  les  avaient  fondéeil  Aioii, 
nous  le  repétons,  il  est  clair  et  auaileilt 
par  tons  ces  passages  que  HorcioD  u  oiiit 
poiotqae  nos  Evangiles  Tinssent  des  tpAlrti, 
maia  qu'il  prétendait  uDlaugtDent  qoe  lu 
apAtres  s'étaient  trompés  dans  l'aiposiiioi 
de  la  doctrine  du  Sauveur,  à  l'exeeplisa dt 
saint  Paul,  d'où  il  s'ensuivait,  comme  lui 
objecte  Tertullien,  que  si  les  spAtres  choitis 
par  Jésus-Christ,  et  envoyés  par  lui  ii» 
le  monde  pour  prêcher  sa  doelrine,  aimt 
corrompu  son  Evangile,  cette  acEUuiiet 
petombiiit  sur  jéaus-Christ  inêffie,  etqueù 
celte  accusation  ne  tombait  que  sur  les di» 
ciples  des  apAtras,  elle  atteignait  siiDlUit, 
dont  néanmoins  luiMarcioa  rocevsil l'Ef»' 
gile  (13*2). 

Les  vslenliniens,  hérétiques  fameui  do 
II*  siècle,  qui  tirent  leur  nom  da  Vikotin,  < 
dont  nous  allons  psrier  uo  peu  plus  bu, 
rt  qui  se  nommaient  aussi  gnoslit|uei,  | 
rendent  Clément  témnignsge  à  l'authiiHi- 
«ité  de  nos  Evangiles.  En  effet,  saint  Uévk 
dilexpresaêmeat  que  les  valentinieuspit-  I 
feraient  l'Erengile  de  uiot  Jean  aui  luim 
(que  cependant  ils  adiseltaient  lustiji 
qu'outre  les  Evangiles  et  les  écrits  ipoti»- 
liques  ils  sppujaieDt  leur  doctrine  sur  li 
loi  et  les  prophètes  (lâbA).  Une  maliiia4i 
de  passages  tirés  de  leurs  écrits  conGruieal 
ee  témoignage  de  saint  inénéo. —  Béracléoi 
et  Ptolémée,  contemporains  de  saint Iréoit 
et  antérieurs  à  Harcion,  étaient  les  deui 
plus  célèbres  disciples  de  Valeotin.  Or,  Be- 
racléon  avait  composé  sur  l'Evangile  de  hibI 
Jean  un  commeoture*  dont  Origéne  nom  i 
conservé  un  grand  iiomtirede  fragmeol^- ''° 
long  passage  coaservé  et  cité  par  saint  Clé- 
B)eDld'Alatandrie,sembleautoriser  ïctoirt 
que  cet  hérétique  avait  fait  aussi  un  f«o- 
mentaire  sur  saint  Luc,  dont  Glémeutdl- 
lexsndrie  nous  a  conservé  un  long  pi^^^- 
fiiiQn,  dans  son  commentaire  sur  saiolJ^"^ 
Héroclévn  cite  deui  fois  saint  HattbieuK^ 


M5i0)  Tesvull..  Àdv.  jr<r«fM.,I.  iv,c  i,5. 

(1341)  Tertull.,  ibid..  c.  8. 

(iim  (  Sed  enim  Harcion  naciOB  Bpittotam 
Panli  ad  Gatata$,  etlam  ipsog  apoitolns  stigiUaiilia, 
ul  pon  recio  pede  incedentei  ad  veriiatMa  Evsn^ 
geliï,  simul  ei  accusaDlis  paeadapoHolos  qttosdam 
perrenentei  Evangetiuo)  Chrisli  cOniiitiWrad  de- 
elraendutn  staiiim  eorum  Evangetlorum  qm  pro* 
firia  el  sub  aposlutoram  nonine  odenlur.  vel  eiiam 
aposiolicoruin  ;  ut  Kilicet  Udem,  quam  illis  adimîl, 
8U0  ceiiferat.  Porro,  elai  repretiensug  e«t  Peirua  et 
Joannes  d  Jactrittis,  qui  eihMwatwiiUir  coloniBn, 
lnanî^e^(D  causa  est...  adro  itoii  é9  prandicalioue, 
Md  de  rouvcrsatioDc  à  Paulu  denuiabantur...  tgi- 
Iw  disiinguenda  eruDi  îinijula.  Si  aposlulos  pncva- 


ricatioois  ei  simiilailonis  suspectes  Hardoa  bb« 
qncriter  uique  ad  Evaugctii  depravalioMB,  Cbri- 
Bluiti  jam  accusât,  accusando  quoa  Cltriitu  d^ 
Si  ver»  spottoli qeidem  inlegrum  Craogeliuii  (v 
mlerunt,  de  aob  convicUis  iuzqualitale  reprefca»'. 
pseudapoBloli  aiHev  veriuiem  eonim  inUffol>- 
rant.etindeauBtiHKlralUgesU;  i|iu(d  critir''- 
num  illud  apo&loloraiu  iH&irunaeiitun),  qii~ 
lervm  paMum  eu!  qiwU  Paulum  jUiiaiini 
M  Luramt  Aut  ^  tan  tauditiia  deleium  f^  '' 
uiadirsino  quodan,  iu  inutMtaiiooe  fal^rM'>■ 
ajjlilteraUiDi  ;  jam  otro  nec  lUrcîoii  lul)el icrM' 
{TuTULL.,  ibid.,  o.  3.)  , 

(13U>  iBBs.,  Ait.  hgm.,  I.  1,  praf-,  t-  ■.  *•  '• 

t.  lU,  c  11. 


I  «ritiw*- 


MCnOWAIRE  APM-OGBTfOUE. 


ETA 


bfDrflifeMlM  fBmmgtte  (18M}.  Si  saiot 
lire  MM  irovfe  pu  ciM,  c'est  (|u'il  De 
rtnliMl  prewiiie  rien  qui  Idi  soiteicluii- 
iHncni  propre,  comme  nous  l'aroDs  déjk 
biiobserrur. D'ailleurs,  ce  siionce  •ursaiol 
llgrc  Dt  pnmta  rien,  contra  l'autbenlicité 
«t  m  STBMile,  poisqne  tout  lé  monde 
iim  que  HerscléoB  admettait  ia  canon 
(iiDgéliqin.  Quant  à  Plol^mée,  saint  Epi- 
[Ab»  dous  a  couserré  de  lui  nim  lettre 
krilei  Flora,  laqaelie  contient  on  nombre 
ujeicomidérabledecilatiiHislirriesdeSBint 
Iblitiio),  et  une  très-inconleslable  tirée  dé 
umtlun,  arec  la  formule  tapâtn  dit  (13i5). 
Suai Irénée, qui  8T^t  lu  aes  oavrBges>noua 
inilsildeluidescitatiODsd'après  lesquellea 
M  M  saurait  douter  qu'il  ne  reçût  notre 
(UDoérangélique.  —  Tbéodote,  autra  dis" 
ti^»i!s  Valetitiit ,  dont  les  errdurs  furent 
aiadmiiés  par  le  Pape  aeinl  Victor,  aucceS' 
Mttesainl  fiJttulhère,  peut  encore  âtre  cil4 
pimilat  témoins  qui  iMposaot  en  toute 
«riiiadflque  dèa  Id  aeinsod  siicle  nosËvau- 
pies  éiiiflot  déjà  counua.  BU  eObt ,  à  la  fia 
tes  œuTres  de  Clément  d'Ateibndrie  se 
nuiti  uQ  petit  extrait  (émrapai)  des  ou- 
Rg»  ilfl  Tbéodote,  fait  par  un  goostique 
•t»  sectateurs,  dans  le  but  d'otiposer  )a 
tdriae  de  son  maître  à  celle  de  Valentïu. 
b^ouirequecet  ouvratje  est  rempli  depas- 
■IHtsprQnlés  au  Nouveau  Testament  en 
mniyii  rapporlu  en  abrégé  et  d'après  nos 
l*tt{tlMuu  grand  nouibru  d'actions  et  da 
^«1  lie  Jé3U:>-('.lirisl.  Il  cite  arec  exac- 
Ifiii'v/ilusieurs  seutoDces  de  ce  divin  Isau- 
fir,  u'B|irè4  saint  klatlbieu,  saiul  Luc  et 
DDlJnèii.  Il  rsi:oaie  sa  tclraiie  dans  le  dé- 
M  iuc  (les  cii-vonslaijoes  qui  uu  se  trou- 

K<ju»  dans  saîDt  Mare,  et  il  emploie  la 
uki'apiire  4it  une  fois  en  rB})purlBut 
•  na[  lit;  saint  Matltiteu  et  de  saint  iban, 
lunij  autrefois  entrauacrivaiU  un  passage 
luiui  Luc  (13U).  Un  quatrième  disciple 
iValeuuu,  itotuBié  Itlani,  était  aussi  tVés- 
l(lfe;ur,  saint  Iréué?)  qui  le  rËlute  au 
^  ilBus  sou  (ireuiter  litre  des  Jifr^(i«i. 


tfMf  V«y.CLiiH.  Met.t  SiToiuat.,  c.  9.  Ex  leri- 
t  prurtciamw  Eettm,  c,  t5  ;  Uua«,  SpicUtg. 
to".  I-  U,  p.  85-117;  HuKDBK,  EtavieUVMg 

euAtnndcii  gntulùchen  StiUtu,  SeiU  IfiU  ; 
18(8. 
lU)  EpiMut.,  bgera.  33. 
VIK]  r«g.  Hcc^îKinleiT.,  Tti.  i,  Seit.  6S.  —  Lon 
■tfuelacircanBUncesaTecIesqueneaThéodota 
•rà  le  ttloar  tu  Saavcur  dus  le  4é«êit,  pour- 
vu la  rigKW  M  n^wter  à  d'aubvs  évaitgé- 
Rt, celle  Mule  raittMi  ne  inffirail  poiul  pour  prou- 
r^u'ia  leinps  de  cet  hëréiitiui  rfc,v>iigile  de  ssiiii 
fi  n'utiuit  pas  eucore.  vu  qu'une  ^nude  par- 
le Cïl  Ev a II (file  se  trouve  il;iiis  saiDl  Luc  ou 
b  uiiii  MaiibieU.  D'ailleurs,  comme  le  remar- 
*  M  jndtcieuMnicui  Oh>tiiiiseii  {Dei  Ectitluit, 
',  Sitii.  aso),  lur»iue  ilous  trouvons  cités  en- 
aUeuiDiHiuliKu,  bitiiit  Luc  et  saint  Jenn,  nous 
■iwi  condwc  3Vec  fuDdeiueai  au  recueil  com- 
t  *«  QM  qoMre  Evaui|iles. 
[iWj  Ce  pau«se  da  saiai  Harc  est  le  verset  38 
dupurc  lU,  où  l'étaiijjéliste  fail  dire  ï  Jêsus- 
'!•>.  en  t'adreuani  aut  tlis  de  Zébédée  ;  t  Pou- 
i-iuDî  Hn  liap[is.'t  du  Laptèmi:  dnnt  je  vais  £tru 


sages  de  saint  Hattbteu  et  de  saint  Luc  è  la 
doctrine  de  s6a  éons,. et  qu'il  oitait  m6ro« 
un  endroit  du  saint  Haro  (1317).  Il  ne  rap- 
porte i  la  vérité  aneua  endroit  de  setut 
Jean  ;  mais  on  ne  saurait  en  conclure  qu'il 
se  l'admallait  \xnhit  puisque  tout  le  monde 
accorde  que  l<-s  valentlnlens  recevaient  t'Ë' 
vangile  de  saint  ^an.  —  Burdesane,  héré- 
tique fort  instfuil,  de  la  secte  des  rslenti* 
niens,  admettait,  d'après  le  témoignage  ex- 

Près  de  saint  Eiiiphsne,  tous  l<-8  livres  d6 
Ancien  et  du  Nouveau  Teïtiiment ,  ce  qui 
est  dire  positivement  qu'il  recoi  naissait  nos 
quatre  Evangiles  (13M).— De»  disciples  pas* 
sons  au  maître  lui-même,  c'est  nous  rap- 
procher encore  davanlagedes  .temps  sposioli'- 
qoeSi  Valadtia  était  oonlemporefn  de  Uar- 
eiob  ;  il  parut  vers  l'an  13i  de  Jé6us-Cliris(. 
Brelscfaneider  prétend  que  cet  hdrétique 
o'a  jamais  connu  l'Evangile  de  saint  Jean  ; 
il  avoue  cependant  qu'il  était  admis  par  aes 
disciples  (1M9).  Hais,  ai  Valentin  n'eùl  pad 
reçu  cet  Evangile,  ses  diaolpIcH  ne  l'eussent 
pas  reçu  non  plus, parce  que^  dans  du  ininî 
ausai  important,  ils  ne  ae  seraient  certai» 
Dément  pas  éloignés  de  la  doctrine  de  leur 
maître.  En  second  lieu,  tes  Pères  n'ont  ja- 
mais accusé  Valentin  d'areir  réjeté  les 
Evangiles  ,  mais  d'en  avoir  dénaturé  le 
sens  (1350J.  Troisièmement,  la  lei^miaologie 
(Irs  éons,que  les  valeoliniena  tenaient  in- 
canteslablemont  de  leur  obef,  est  sans  aucun 
doute  tirée  de  l'Evangile  de  saint  Jean. 
Quilrièmement ,  enfin,  d'après  Terttilfien, 
Valentin  aurait  composé  un  ouvrage  sous 
le  litre  de  Sapkia  (13S1},  et  Bug  remarque 
que  le  musée  Britannique  possède  une  veC'* 
sion  copie  de  cet  ouvrage,  laquelle  a  servi 
à  WoJde  pour  l'édition  de  son  Nouveau 
Testament  copie.  Or,  cette  traduclion  con- 
tient plusieurs  passages  tirés  de  nos  quatre 
Evangiles.  —  Basilide,  natif  d'Aleiandrie, 
PI  qui  vivait  aiaez  près  des  temps  aposto- 
liques, est  encore  un  léMoto  que  nous  pou- 
Tona  invoquer  en  faveur  de  la  tbèse  que 

bapiiséT  t  {Yoy.  IMH.,  Aifp.  Aorai.,  1.  >,  c.  18, 
p.  M,édit.Gral>ii,ou  bien  iuÂmolalioMi  vartore», 
p>  69,  qui  soBi  i  ta  Un  des  «euvres  de  salât  liénie 
dans  l'édition  de  il.  Hasiuet. 

(1348)  ËPiMAM.,  harea.,  5S. 

(lâii)  BRKTKamiDa, Pnbab.  de  Etaiu,*tEpitt, 
JoannU  apoit.  IndaU  et  origitu,  p.  M,  S13. 

(13501  (  SI  Taleiitlnui  Integra  Insvainenio  Hli 
vldeiur.  non  callidlore  liigenio,  Harcion,  manus 
jMHlIt  v«rUaU.  HBTciolraiilM  lurta  eipatam  ara- 
cbara  non  <iyla  utis  est,  quonbuu  ad  materiaM 
■uan  czdem  ScripiuraruBi  contecit.  Valeutiiius 
autem  peperqit,  quoniani  non  ul  materiam  Scri- 
ptural, sed  maieriam  ad  Scripiuras  eiCOBit'>^'t>  ^t 
umen  plus  abslulil  et  plus  adiecit,  auferens  pio- 
ptiuUtcg  singulorum  quoqift  vcrboruih  et  aitjidtn* 
dtsposilloljesnoncoDiparcnliumilernm.»  {Testull., 
Defrauript.  hatiliconm,  c.  38.)  SaiBi  Iriwée  et 
saiul  Epiphane,  qui  ont  écrit  ihuI  coaireViku- 
Un,  no  l'ont  Jinuili  aceusé  d'avoir  njeié  les  Lvao- 

"  (IMt)  IsM-,  Arf»,  hxra.,  L  i,  c.W;  Eîiiumi., 
hsrcs.  ï7,  c.  5. 


«C7  BVA  DKnomAlU  APOLOGETIQUE.  EU  m, 

BOU  Mulenoot.  Bo  eOet ,  au  rapport  d'£a-  cependaDl  ces'  hibilet  (tocteun  nViot  poiDi 
aèlwt  Agrippa  Castor,  dans  no  oovrsçe  qu«  réclamé  contra  l'autheaiiciié  des ETingilai; 
cet  historieii  a*aîtlu,  faiMit  nteolion  da  aa  contraira,  ils  ae  sont  accordés  ji  l«t  ig. 
Tiogl-quatrelivreagueBasilideaTaitcompo-  connaître,  quoique  desÎPtërêtsdssctleiM 
ses  lurl'iiTanKile.  Or.  celte  expression,  vS-  d'opinion  dussent  porter  plasieort  d'enlrt 
vançiU  (tb  Eù«7r£Ua>},  D'ayant  aucune  autre  eut  h  les  combattre.  Or,  cet  aceord  auDiiu 
détermination ,  ne  peut  désigHer  que  les  parmi  des  hommes  qui  ne  se  VKA  poiui 
écrits  évaiigéliques  contenus  dans  le  canon  entendus  sur  tout  ie  reste ,  prouve  iiûqui 
tiM  Nouveau  TetlamenU  Car,  s'il  s'agissait  l'éTidence  mCme  combien  était  UDiTerûllt 
d'un  Evangile  apocrjphn,  Rnsdbe  n^uraît  et  ancienne  la  conviction  des  Eglises  dh 
(MIS  manqué  d'eu  faire  la  remarque,  d'autant  verses  auxquelles  ils  appkrteosieni  el  dom 
mieux  que  celte  expression  pure  et  simple  quplqoes-uus  d'enire  enx  étaient  les  cbeb. 
a  toujours  signifié  les  Evan^les  canoniques,  Hentarquons  encore  que  ces  cini  lémaiu 
comuie  les   mots  l'Ecriture,   IttEcrilura,  sont   tr^s-ancîens ,    puisqu'ils  étiienl  nji 
n'ont  jamais  été  employés  par  les  auteurs  avant  la  mort  de  saint  Jean;  et  commeili 
sacrés  et  les  écrivains  eccfésiastiques  dans  avaient  des  principes  différents  el  diim^ 
un  sens  autre  que  celui  d'écrits  qui  font  tralement  opposés,  la  sup{iosiliaii  qu'ils 
partie  du  canon  sacré.  Et  si  Agrippa  eût  aient  reçu  ces  Evangiles  les  uns  des  luim 
voulu  parler  de  l'Evangile  de  Ba&itide,  Bu-  devient  absolument  impossible.  L'Bgli» 
sèbe,  qui  nous  apprend  cette  particularité,  romaine  elle-même^,  malgré  sa  grande  ii^ 
aurait  nécessairetiient  dit  mo»  Evangile  aa  tonte,  n'aurait  jamais  pu  faire  recevoir  TE- 
lieu  de  VEvmtgiU.  D'ailleurs,  dans  un  frag-  vangile  de  saint  HaLthien  ni  celui  de  uial 
ment  d'Isidore,  ûls  de  Basilide,  et  chef  d'une  Harci  Alexandrie,  ni  celui  de  saint  Jean  en 
école  gnostique  comme  soa  pare,  fragment  Asio,  si  les  Chrétiens   instruits  par  to 
rapporté  par  Clément  d'Alexandrie  au  com-  apdtres  n'en  eussent  jamais  entendu  pirln. 
mencement  de  son  livre  m  des&romalM,  «  Si  le  canon  évang^liqoe  ,  dit  OIshausen, 
nous  lisons  le  commenlaire  d'une  réponse  avait  été  l'ouvrage  d'un  seul  parli  Id  que 
laite  par  Jësus-Chml  à  ses  disciples.  Or,  le  les  ralenliniens  ,  ou  d'une  Eglise parltru- 
leite  qui  a  fourni  ce  commentaire  n'est  pas  lière,  cellede  Rome,  par  exemple,  lesaulres 
tiré  duo  Evangile  apocryphe,   mais  il  est  o'auraientjamais  pn  s'accorderkrsdmeUrt. 
évidemment   emprunté  de  celui  de  saint  Comment  en  effet  les  marcionite^  ou  les  or- 
if  aiiliiou  (xix,  11, 12).  Enfin,  il  est  encore  à  thodoxes  auraient-ils  reconnu  les  livres  d» 
remarquer  que  les  Pares ,  tels  que  Clément  valentiniens,  les  livres  sur  lesquels  ceni-.i 
d'Alexandrie,  saint  Epiphane  et  Origène,  fondaient  leursdoclrinestCommeDLencoR 
qui  ont  écrit  contre  les  basilidiens,  ne  leur  les  Alexandrins,  les Sjriens,  les  AsiBlique;, 
ont  jamais  reproché  de  ne  pas  admettra  auraient-ils  accepté  les  Evangiles  venus  de 
l'autnenticilé  de  nos  Evangiles.  Cette  obser-  Rome,  sans  avoir  d'ailleurs  aucun  inditede 
vatioQ  peut  très-bien  s'appliquer  à  Carpo-  leur  authenticité  ?  Ce  recueil  eùt-il  été  (ici- 
craie  el  à  son  fils  Epiphone,  qui  répandaient  lemenl  introduit  en  Asie,  si  les  disùplei  ds 
leurs  erreurs  dans  la   première  partie  du  Jean  n'eussent  été  certains,  et  si  les  Eglists 
u'  siècle;  jamais  saint  Irénée  et  saint  Epi-  elles-mômcsdc  celle  province  neserutsriii 
pbanene  les  en  ont  accusés.  Ces  illustres  bien  assurées  auparavarit    que  l'EvingiV 
docteurs  nous  apprennent  su  contraire  que  couienu  dans  ce  recueil  sous  le  nom  d* 
les  csrpocratiens  cberchaienl  )i  établir  leur  saint  Jeau  était  réellement  l'ouvrage  de  cm 
iiiCïme  doctrine  sur  des  passages  de  nos  apdire  T  Se  son  cdté,  Rome  aurait-elle  adniii 
Evangiles  (1352).  le  canon,  si  les  Chrétiens,  qui  vivaitatdam 
AvHnl  de  passer  aux  témoignages  des  au-  son  sein,  avaient  appris  de  laurs  pèresquc 
leurs  païens,  jutons  avec  Olshauseo  un  coup  Luc  n'avait  point  écrit  d'Evangileou  en  mil 
d'ceil  en  arrière,  et  rapprochons  les  dépo-  écrit  un  diHérentT  Et  si  les  Qdàtes  deSjtiti 
siliona  des  principaux  témoins  ciue  nous  de  Palestine  et  d'Alexandrie  en  Egypte  euf- 
avons  interrogés  séparément  et  I  un  après  sent  entendu  dire  la  même  chose  au  saj^ 
l'autre  ;  ce  rapprochement  nous  fournira  une  de  Matthieu  ei  de  Marc,  aoraient-ils  jaœan 
nouvelle  preuve  plus  frappante,  ou  conflr-  voulu  adopter  un  recueil  mensongerd  Eua- 
mers  au  moins  celles  aue  nous  avons  déjik  giles  qui  auraient  porté  faussement  et  pu 
exposées.    Veri  l'nn   140  ou  150   de  l'ère  fraude  ces  noms  vénérables  (1353)  T  • 
chrétienne,  saint  Anicet,  évéque  de  Rome ,        Les  autours  païens  el  les  ennemis  do  nom 
Pape,  saini  Polycarpe  de  Smyrue,  disciple  chrétien,  qui  vivaient  an  ii*  siècle,  coiicou- 
de  saint  Jean  et  de  plusieurs  autres  apAlres,  rent  également  à  nous  fournir  des  preuiei 
saint  Justin  ,   qui  appartenait  à  l'Eglise  de  irrécusables  de  l'origine  apostolique  de  lO: 
Palestine  et  qui  avait  visité  celle  d'Alexan-  Evangiles.  Nous  citerons  en  premièru  ligi' 
drie;  d'un  autre  cAté,  Harcion  de  Sinope,  Celse,  philosophe  païen,  qui  a  poru  vers  '* 
ville  de  Pont ,  el  Valemio  d'Alexandrie  ,  milieu  de  ce  siècle.  Il  a  composé  contre  It^ 
liéréliques  également  célèbres,  mais  d'opi-  Chrétiens  un  nuvrage  intitulé  Diseourttài' 
ilioos  très-dilTérentes  ,.  se  trouvaient  tous  taùle  {OuSic  lô^ar),  ot  qu'Origëne,  dans  l« 
réunis  k  Rome.  A  celle  époque,  notre  caoou  rél'ulation  qu'il  en  a  faile,  nous  a  conserva 
évangélique  y  était  maaifestemenl  re^ju ,  et  en  très>grande  partie.  Or,  ces  Dombreui 


,,i'.'"' 


Olshausm,  Die  Echtheii,  etc.,  SdL  SK^ 


NCTKWNAK8  APmAGETfQIIE. 


CTA 


iwBeoliraprodoîUdiiisOrigëneBoniplus 

-IzZ^iCm^^tm    »»>■■     AA^ïBBtMrtM*     lnH«     «Sain»* 


ispirliil  qne  Celse  reeoonaissait  réelleownt 
riulbeDiicilé  de  nos  Evangiles,  et  qu'il  sup- 
posait nidne  qu'ils  étaJeal  uni  verset  lenient 
■duti  par  les  Chrëtiens  eoalrs  lesquels  il 
«criTiit.  D'abord  ,  ce  philosophe  nous  «p- 
prmd  lui-utine  qu'il  avait  vu  chez  des 
|irélres  chrétiens    des  livres  barbares,  oi^ 
Égonient  des  noms  de  démoos  et  des  récils 
de  jNWt^es  (135%).  Il  dit  ailleurs,    après 
noir  objecté  aux  Chrétiens  nnemallitude  de 
bits,  qù  U  les  a  empruntés  à  leurs  écritures 
oiiaes,  n'avaDi  pas  besoin  de  recourir  i  au- 
fsaaiiire  témoin.  Or,  Origène  traduit  ce  mot 
Enilure  par  noa  Svangita;  et  d'ailleurs  ces 
lutt  eilés  fwr  Celse  se  lisent  réellement 
ifuiees  divins  livras  (13S5).  Dans  un  autre 
eodnrit,  il  Mfirme  qu'il  passe  sous  silence 
baacoap  d«  choses  qu'il  aurait  A  dire  de 
Sitës,  ehoaes  tpn  sont  vraies,  et  qui  se  trou- 
icai  es  opposition  avec  celles  quu  ses  dis- 
cit^es  ont  écrites  (13S6).  EnHn,  il  se  sert  du 
■01  Etmmçile,  lit^m  (I357J.  Or,  en  faat- 
iJ  davantage  pour  prouver  que  Celse  con- 
naissait  nos  Évangiles,  aurtont  lorsque  l'on 
considère  que  c'est  dans  ces  divins  livrtis 
qu'il  puis«  presque  toutes  ses  attaques  con- 
tre I»  dogmes  eoréliens,  et  qu'Origène  luî- 
Brfae  sappoae  toujours  dans  sa  réfulation 
«tue  son  adversaire  cile  nos  évangélîstes, 
eu  loi  reprochaui  senlementde  ne  les  avoir 
pu  las  avec  assez  d'attention  7  N'oublions 
l<H  qu'en  désignant  leurs  écrits  par  le  mot 
i'vMMgiU,  tnift  au  singulier,  Celse  suppose 
«TjJemmeotque  nos  quatre  Evangiles  étaient 
fiqà  réunis  en. un  seul  corps  d'ouvrage,  et 
<jae  par  conséquent  le  cauon  évangélique 
ciislait  ft  celte  époque.  Hais  doonpns  quel- 
ques preuves  plus  explicites  du  témoignage 
ue  Cfllsa  en  faveur  de  l'authenticité  de  cha- 
cun des  BvaDgiles  en  particulier  :  1*  Il  est 
tmonteMableqne  le  philosophe paiena  connu 
'e  Jfvre  de  •aint  Matthieu.  En  effet ,  il  parle 
le  Ions  les  événements  contenus  dans  les 
leux  premiers  cha)nttes  de  cet  évangéliste 
t  qui  n'OQl  été  rapportés  par  aucun  autre, 
els  qa«  l'étoile  uni  conduisit  les   mage5, 
nir  arrivée  k  Belbléem,  les  devoirs  qu'ils 
eaiiireut  au  Sauveur  nouveau-né,  les  i>ré- 
ruls  qu'ils  lui  firent;  les  persécutions  d  Hé- 
xle;  l'apparition  de  l'ange  A  Joseph  pour 
nertîr  de  se  tenir  eu  garde  contre  les  em* 
Ifties  d'Bérode;  la  fuite  de  Bethléem  et  le 
jour  de  Jésus  en  ^pte  (185SJ.  Hais,  ca 
t'il  faal  bien  remarquer,  c'est  que  Celse 
t  avoir  tiré  loua  ces  faits  des  Evangiles 
s   Clirétieus  (1359).  Il    rapporte  aussi  la 
«■lion  des  apAtres,  et  cite  même  ces  pa- 
lus du  saiut  Ualihieu  fx ,  23]  :  «  S'ils  wnu 


tZSliOKtsMM.fCoHM  C<l(Kai.  L  vi,a.4e,édil. 

La  Rue.  .,..    . 

15^5;  OUG&X'.  >*<^-.  ■-  ».  >>•  ^*- 

l-'iJC»  Oaiceii-.iW''-,  I.  n.n.  15. 

l5âT,  OK»ce:<  .  »W.,  I.  ii,  n.  47. 

i:i^\  OmtCKJ*.,iM.,  I.  il.  n.  S8,  S4,  5S,  61, 

Im9i  Obickt)-.  iHd-,  D.  74. 


pôurtnitent  étmt  tm*  rttU,  foftt  ému  une 
amtre  (1360).  »  Il  parle  encore  du  la  prédic- 
tion de  la  trahison  de  Jodas  et  des  renie- 
ments de  saint  Pierre,  de  la  prière  de  Jt^sua- 
CbrisI  au  jardin  des  Oliviers  (xxvi,  391  : 
Mon  pèrt,  que  te  calice,  t'il  e$t  potsibU,  fi- 
tvignedemoi;  du  fiel  et  du  vinaigre  donnés 
ï  iesus-Christ  dans  sa  passion  ,  des  prodi- 
ges arrivés  à  sa  mort,  des  ténèbres  et  des 
tremblements  de  terre,  tels  qu'ils  sont  dé- 
crits par  le  même  évangélisle.  Ce  n'est  pas 
tout,  Celse  dit  encore  que  Jésns-Chrisl  a 

Îluéri  les  aveugles  et  les  boiteut,  ressuscité 
es  morts,  prédit  la  venue  de  faux  prophè- 
tes qui  opéreraient  des  prodiges  ;  il  nous 
parle  de  cette  voix  du  ciel  qui  déclare  té- 
sus-Cbrist  Fils  de  Dieu  (1361);  et  il  rapporte 
plusieurs  maximes  contenues  dans  le  ser- 
mon sur  la  montagne,  maximes  que  Jésus, 
selon  lui,  a  empruntées  des  écrits  de  Pla- 
ton, et  qu'il  s'est  attribuées  ;  il  «n  produit 
d'autres  qu'il  met  en  oppofeilion  avec  la  loi 
de  Xolse  (1362).  Après  cela  ,  est-il  encore 
permis  de  douter  que  Celse  ait  connu  l'E- 
vangile de  saint  Uattliieo? — Ce  philoso- 
phe, il  est  vrai,  cite  peu  de  passages  qui 
soient  exclusivement  propres  A  saint  Hsrc, 
puisque  tous  les  faits  evongéliques  qu'il 
produit  se  lisent  également  dans  saint  Uat- 
tbieu  ;  cependant,  quand  il  objecte  (1363) 
qu'il  n'y  a  qu'une  femme  qui  ait  vu  Jésus- 
Christ  ressuscité,  et  encore  une  femme  fré- 
nétique litip»urp9ç) ,  il  fait  certainement  al- 
lusion A  saint  Marc  (xvi,  S,  8),  le  seul  des 
évangélisles  qui  aient  remarqué  en  effet  que 
les  femmes  qui  étaient  allées  au  sépulcru  du 
Sanveur  pour  embaumer  son  corps,  furenl 
effrayées  de  l'apparition  de  l'ange  (JïtSapQi»»- 
oin),  et  qu'elles  s'enfuirent  Ircmbiantes 
irpip^t)  et  comme  b<vs  d'elles-mêmes  (f<- 
cTuaif).  —  L'Evangilede saint  Luc  n'était  pas 
moins  connu  de  Celse  :  ce  philosophe  se 
plaint  dans  un  endroit  de  I  insolence  des 

généalogistes  {niç  ywttmiiojiawnmt),  qui  font 
remonter  la  g6uéalOi$ie  de  Jésus  jusqu'au 
premier  liommo,  Adam  (136ft).   Or,  celte 

Cirticularilé  ne  se  trouve  que  dous  saint 
uc,  le  seul  des  évangélisles  qui  conduise 
la  généalogie  du  Sauveurjusqu*A  noire  pre- 
mier père  (lue.  m,  23,^.)  — Eniin,  Celse 
rapporte  une  multitude  de  passages  (jui 
prouvent  qu'il  avait  eu  sous  les  yeux  I  E- 
vaogile  de  saint  Jean.  Cet  ennemi  du  nom 
chrétien  parle  en  effet  de  la  doctrine  du 
Verbe  considéré  comme  Fils  de  Dieu  ,  dDO> 
trine  qui  appartient  exclusivement  A  cet 
évang(-!isle.  Il  parle  encore  d'une  liquuir 
sortie  du  corps  de  Jésus-Christ  crucitié ,  et 
de  la  demande  faite  au  Seigneur  d'un  signe 
qui  devait  prouver  sa  diviuité.  Or,  ces  par- 
fis») Oawoi.,  iAirf.,  L  i.  a.  ^  ,_  ^,  _, 
J1361)  OaKU..  iUd.,  1.  u,  s.  9,  i%  18,  »,  ». 
57,  4S,W.53,55.Ϋ. 

il36i)  Okkks.,  ikU.,  I.  VI,  m.  16;  vn,  ■■  18,  ». 
SI  ;  vni,  n.  7. 8.  _    „ 

(1363)  Obicci..  iM.,  I.  n,  n.  S5,  S». 

(1364)  OuGU.,  iHâ.,  L  n,  ■.  ÏS. 


et  doud  en  particDJiar  des  eonnaitaioos 
Décesaaires  pour  bien  ifiprécier  un  ouTrtp 
sous  le  rapport  de  la  orilittue  t  et  u  atai 
temps  uD  nomme  qui  o'«  iamtis  enlcndg 
parler  île  nos  quatre  Evangilest  et  ealn  \a  i 


ni  ETA  MCTlONNAmB  APOLOGETIQUB.  ETA  m 

ticolariléssa  renooBtreal  unlquemant  dans  sur  ce  Ion  de  caadear  et  da  rwtardqw 
saint  Jean  (1365).  Geise  rapporte  encora  l'imposlnra  ne  peut  jamais  imiter;  nren 
l'eipressioa  :  le  Fil$  de  DieU  eH  vniH  d'e»  aveux ,  ces  mots  Diïfe ,  erapreinti  d'uni 
AflHi-  il  dit  aussi  que  seloo  les  Chrétiens  iwDiM  foi  qui  porta  néoeasairedient  Ig  emi- 
Jésus-Christ  aTail  prévu  et  prédit  ce  qui  TÎotion  dans  l'esprit  des  lecteurs  (13691. flr, 
«levait  lui  arriver;  nnfln,  il  emploie  les  mots  -  plus  on  étudie  les  Evangiles  «t  euftntmei, 
lumUrt  et  vie  pour  désigner  le  divio  Sau~  et  plus  on  y  découvre  d'une  mabière  Inp- 
veur.  Or,  (ouïes  ces  «irconstanoes  et  toutes  pafite  tous  ces  carabières  d'autheniiclli 
ces  expressions  ne  se  trouvant  encore  que  L'exposé  saivanl  ne  Uissera,  nOusI'tspé- 
dans  l'Evangile  de  saint  Jean  (1366).  Brel-  rons»  aucun  doute  k  cet  é^rd.  Nous  j  su)- 
sclaaeider  s  bien  enayé  de  détruire  ces  vroas  presque  pas  k  psS  le  critique  qui,  à 
preuves  UréeS  de  Celse  en  faveur  de  J'au»  notre  avis,  a  le  mieux  traité  «e  sujet, la» 
tbenlicilé  de  l'Bvangita  de  isint  Jean,  mais  vaut  Uug ,  que  nous  Bvens  déjà  cité  jiv 
ses  objections  bous  ont  paru  si  faibles,  que  d'une  fois  (1S7(Q. 
noui  n'avons  pas  cru  devoir  Wt  rapporter  Suppo&ons  un  homme  insUoit,  judiusi 
(1867).  "    ■     ' 

Nous  pourrions  qoulM'  su  témoignage  de 
Celse  celui  de  Porphyre,  qui  i  sans  contes- 
ter l'sulheDticité  de  dus  Evangiles,   s'est 

attaché  uniquement  k  en  attaquer  la  véritéf  „      . 

nuus  pourrions  ;  joindre  euca;re  relui  de  mains  duquel  on  les  met  pour  la  (nemièrt 
Julien  l'Apostat,  qui  n'a  pas  fait  de  diOi-  feisi  s'il  vient  à  les  ouvrir*  à  les  lireiiien- 
cuité  de  fwonnaUre  que  nos  Evangiles  tivement  et  sans  prétentiou  Sucuoe,  eoGii, 
élaieot  réelletneat  l'ouvrage  de  Hatlbieut  s'il  prend  la  peiuede  tes  analyser  et  tli  lu 
de  Uarc,  da  Lue  et  de  Jeani  raaia  comme  le  Juger  seulement  d'après  ce  qu'ils  coBliHt- 
premier  de  ces  ennemis  du  ohristianismo  nent,  voici  l'opinion  qu'il  se  formen  imlu- 
n'a  écrit  qu'au  m*  siècle,  et  ce  dernier  au  Litsblennentde  leur  origine,  de  iear  ia\» 
IV*,  époques  auiquelles  tout  le  monda  quitéet  du  caractère  de  leurs  auleuri.l 
avoue  que  nos  Evangiles  étaient  unaoi-  verra  d'nbord  que  ces  livres  sont  éeriis  a 
meineut  reçus,  il  est  inutile  d'iosisler  sur  grec,  mais  dans  un  greequi  o'esl  pointe» 
leurs  témoignages,  formée  aucun  des  dialectes  de  cette  iiopi. 

Telles  sont  les  preuves  d'aulheoticité  qui  o'esl-i-dire  fa  un  grec  dégénéré,  qui  àm  li 
nous  sont  fournies  par  les  monumeDls  de  sigoifioationel  l'arràugenienl  des  mottiB» 
i'biatoire,  et  que  ('on  trouve  amplumunt  bien  que  dans  la  construction  graxamilicile. 
développées  daus  quelques  écrivains,  tels  les  locutions  et  les  totimures,  approciMu 
que  Larduer,  Paley,  Chr.  Frid.  Scbmid,  Hug,  fort  de  l'faébreut  qu'on  no  peut  s'empicti» 
et  surtout  OIsbausen,  qui  nous  a  beaucoup  de^  conclura  que  leurs  auteurs  soct  itt. 
servi  dans  celte  discussion  (136S).  1!  faut  Juifs  d'origine,  qui  pensant  un  hébreu  écn- 
convenir  qu'il  n'est  pas  un  seul  livre  pru-r  vent  en  grec.  Il  Ue  larde  pas  non  jiiusi 
fane  un  peu  ancien  <ioat  l'authenticité  rs'  s'apercevoir  que  ce  sont  des  écrivain]  étnih 
pose  sur  des  raisons  extrinsèques  aussi  géra  aux  scieuces  des  Grecs  et  i  leur  v* 
l'orlea  et  aussi  nombreuses.  Voyons  si  les  uiëre  il'écrire  l'histoire;  des  bomoies  du 
preuves  intrinsèques,  qui  militent  en  faveur  peuple  qui,  avec  quelques  conaalssiucn 
de  nos  Evangiles,  possèdent  ees  quatitétî.  des  écritures  juiîaïques  ,  M'ont  aucuoepré-' 
I II  lention  i  la  littérature  profane,  ft  \afjotk' 

-  -     -       '    '  ila  ne  font  mémo  jamais  aucune  allusianJ 

remarquera  encore  que,  malgré  la  brièrel'; 
et  la  simplicité  de  leurs  récits,  ils  déptiiw^. 
avec  tant  de  vivuciié  et  de  naturel  toulir 
qu'ils  nous  racontent,  décrtrani  avec  tf 
du  vie  l'altitude  et  les  mouvements  deape* 
sonnes  qu'ils  inetieiit  eu  action  et  l'imam' 
sion  produite  sur  les  témoins ,  qu'iU  buis- 
btuiit  avoir  encore  sous  Iq^  yeux  ces dimKi 
sûétiea.  Oui,  nous  le  répétons,  voili  ceque' 
dira  iufaillibleuient  tout  critique  impnrii^' 
qui,  d'après  Its  seuks  données  descaiw 

hc«  de  CbrieiejA.  Wôlf,  a  para  à  Brème,  en  1734. 
~-  A  VHB  of  Ibe  ttidenca  of  CtrùlfaMif.  bj  Wil- 
liam PiLET;  ce  livre,  traduit  en  fnaçaispirU. 
Levade,  a  été  imprimé  i  Lausanne  eii  1106.' 
HUtoria  tt  tUidieaîio  auMttt,  sacwrï  tibr.  FriiL 

SCHID. 

(1369)  J.-E.  Célérier,  De  reri§i»e  «illtwiiifvffl 
divine  d»  JVuutwiiM  TctumeMi,  dm.  51,  M.  GtiK'^ 
1829. 

<t5T0)  rw.Bvi.  EMett,  in  tlu  SçhHfUi»  i» 
.  N.  T.  Th.  1,  S.  7,  ir. 


I«ll^,    L 

tecies,  de  l'artnë .      ...  . 
[Aie,  lie  la  gfograpniâ,  em. 

Les  preuves  inCrinsèques,  qu'on  nomuie 
aussi  critiques,  reposent,  tantôt  sur  une 
ressemhianoe  de  style  et  d'idées  eoire  un 
livre  na'oa  examine  et  les  autrea  écrits  du 
même  temps;  tanièt  sur  l'absence  des  ano^ 
ohrunismes  oudes  Boéiiriiea  dont  les  ftus- 
saires  n'ont  jamais  pu  se  garantir  ;  tanidt 

(1365)  Yay.O»Ktit.,€antraCtUam,\.  n,Sl,36; 
1. 1,  67,  et  oomnr.  /ooïki,  I;  xix,  ii;  ii,  18. 

(1566]  Voy.  ÔHiCEfl.,  ibid.,  L  i,  n.  50^  1.  ii,  n.  13, 
49,  et  coDiparez  Joa«.  m,  31;  vm,  S3;  xviii. Quant 
aux  expressions  litmiin^  «t«,  elles  seul  appliquées 
i  Jésus-Christ  presse  il  chaque  page  dalLvangke 
deSïinlJean. 

(<36T)  On  peut  voir  se  euiptua  Olshausen,  qui 
b'est  donné  la  peine  de  les  réfuter  dans  Dei  Ech~ 
lAdl.,  eic,  Seil.  St&-554. 

{136HJ  N.  L&miiB>,  Tkê  ertUkUit^  ofOit  Cèpe/ 
Aiftitry  :  cet  ouvrage,  traduit  en  latin  avec  une  pré- 


HCTKWIUmE  APOUKEnQUE. 


ETA 


S7I 


téfCf  îdmdcs  ,  eherebem  k  te  former  one 
opisiOD  lur  ees  livret.  Or,  c*e5l  Ift  préeisé- 
BMl  M  qoe  peDSCDl  loas  les  Cbrélien*. 
Soinnl  m,  les  auteurs  de  ces  onvrages 
wfll  isint  Mallhieu,  snint  Mnrc,  saint  Luc 
pl  niai  Jean,  loas  Juifs  d'orijjine,  pour  qui 
le  p«  D'éUit  poiul  la  langue  aniiemelle, 

JDi  écrivaient  dans  ud  grec  fMiiiculier  aux 
nib  bdléniffles,  el  erapreinlde  tous   les 
iAolisints  proitres  k  la  longue  hébraïque  ; 
dHboaimes  qui  par  leor  étal  el  par  leur 
pnifessiOQ  n'anifltil  pu  rereroir  ane  éiluea- 
lioa  relrvée,  qoi  devaient  ignorer  Icb  scien- 
eu  el  les  sris,  et   n'afoir  d'aaires  coDnais- 
UBtn  que  celle  de  leurs  livres  sacrés.  Saint 
Locwol,  qai  était  médecin  el  avait  reçu 
BK  édueatiOD  plus  soignée,  se  dislingue 
tfe*  Irais  antres  par  an  sLyle  plus  pur  et 
f>l«  correct,  quoiqu'il  ne  soit  pas  non  plus 
ncmpt  d'bébraïsmes.  Ces  mêmes  bommes , 
fui  Tivaieul  dans  les  derniers  temps  de  la 
r^pablique  juive,  «vant  la  destruction  de 
JéniMlem,  furent  tous  ou  témoins  des  faits 
qu'ils  racânteot,   on  disciples  de  témoins 
«ruUires  qui  1rs  avaient  instmiu.  Parcon- 
féqueol,  i»  ont  dA  donner  h  leur  récit  celle 
vivacité,  ce  oalurel,  cette  formedramaiiqne 
qu'on  ne  manque  jamais  de  retrouver  dons 
lin  écrivains  qui  oui  tu  les  événements  se 
fisser  sous  leurs  jeux. 

Du  plus,  cvl  observateur  allentif,  pour  ne 
pas  s«  tromper  sur  l'époque  de  la  compoïii- 
liuo  de  cei  livres,  devra  partir  de  ce  prin- 
cipe îDcouteslable ,  que  les  histoires  des 
Miames  qui  ont  eu  quelque  célébrité  por- 
tent toujours  l'erapreinto  du  siècle  pI  dn 
(<»ys  où  elles  ont  été  compoiées^  qu'elles 
«opposent  les  luis  civiles,  les  coutumes  et 
les  DKBars  du  pajs  et  de  Tépoqoe  oii  vi- 
vareol  les  personnages  qui  jouent  quelque 
rOle  dans  ces  histoires;  que  celte  empreinte 
est  d'aulsDt  plus  forte  que  l'historieo  était 
['lus  rapproché  Iui-m6uie  de  cetio  époque; 
Je  manière  que  s'il  remarque  celte  cuuleur 
lu  siècle  dans  les  moindres  détails,  et  s'il 
'oil  que  l'outeur,  sans  même  j  penser,  bit 
lOe  a/fusiou  continuelle  À  tout  ce  qui  avait 
«o  dans  ce  siècle,  il  oe  pourra  s'emriècher 
'tu  inférer  que  cet  auteur  a  réellement 
écu  do  temps  oJI  il  fait  agir  celui  dont  il 
crit  rbiftloire,  parce  qu'il  est  moralement 
'(•ossible  qa'uu  écrivain  plus  récent  prenae 
i>si  parfaiiement  la  couleur  el  l'empreinte 
un  siècle  el  d'uu  pays  auxquels  il  est 
ranger.  Ôf»  si  cet  observateur  judicieux 
plîijue  celle  r^ie  de  critique  k  nos  quatre 
angileSf  if  ue  lardera  fus  à  conclura 
'i\s  ODl  élé  écrits  dans  les  temps  el  par 
I  auteurs  auxquels  les  Chrétiens  les  rap- 
rtenl.  De  savants  énivains  nous  ont  tracé 
istoire  du  temps  oil  a  vécu  Jésns-Christ ; 
Dons  oat  fait  conoatlre  la  forme  du  gou- 
rnemenl  et  les  lois  civiles  qui  régissaient 
Juifs  h  celle  époque;  les  rois  et  lesgou- 
tieurs  aux:]uels  ils  étaient  assujettis;  la 
g:oo  et  les  sectes  qui  les  divisaient; 
r  esprit  et  leurs  préjugea  k  cette  même 
•■}ue  ;  ils  aoDS  oui  padé  des  dîiférentes 
luaies  qui  avaient  cours  parmi  eut  ;  ils 
OKrTSO!i<iAWS  troLOflfcriQDS.  1. 


sont  entrés  dtas  des  détails  minutieoi  sur 
la  Io|>ogrsphie  du  pays,  du  temple,  de  la 
ville  el  de  tous  les  lieux  de  la  Palestine  ;  il^ 
ont  fait  remarquer  Ips  noms  que  porlaiviil 
dilTérenles  villes  en  ce  même  temps  et 
qu'elles  ont  perdus  plus  tard.  Or,  en  com~ 
parant  l^ut  ce  que  nous  disent  nos  évan- 
gélisles,  avec  les  recherches  faites  par  ces 
savants,  on  j  trouve  le  pins  merveilleux 
accord.  Tnus  les  elforis  des  critiques  les 
plus  habiles  et  les  plus  ennemis  du  clirir- 
iiaiiisme  pour  trouver  pn  détaut  nos  saints 
Evangiles,  ont  été  jusqu'ici  sans  succès.  Ce 
qu'on  avait  cru  d'abord  être  une  difficulté 
s  est  changé  en  preuve  après  un  plus  mdr 
examen.  Mais  établissons  notre  assi^rtion 
sur  des  preuves  plus  précises,  el  pour  cela 
entrons  dans  qiieli|ues  détails. 

Les  évantïéiistes  nous  parlent  des  souve- 
rains de  la  Judée  au  temps  de  Jésus-Chrisi, 
d'Hérode  le  Grand  ,  de  son  successeur  Ar- 
chélaiis,  et  d'un  autre  Hérode  qui  avait 
épousé  Hérodiade,  la  femme  de  son  frère; 
ils  foni  mention  d'un  certain  Ponce-Pilale 
qui  gouvernait  la  Judée  dans  le  même  ten>|is 
qu'Uérode  était  léirarqne  de  la  Calilée,  Phi- 
lippe son  frère  tétrarque  de  l'Jturée  et  de  la 
Tracooite,  etLjrsanias  télrarqne  d'Abylène. 
Kniln  ils  citent  un  certain  Gaiphe  qui  était 
grand  prêtre  dans  le  même  temps  que  Pilate 
gouvernail  la  Judée.  Or,  Ions  ces  divers 

Ïersonnsges,  sur  lesquels  il  était  si  facile 
un  écrivain  moderne  de  se  méprenilre, 
ont  Uius  existé  et  gouverné  dans  les  lem|is 
assignés  par  les  évangélistes,  comme  nuus 
l'amireDd  l'historieD  Josèpbe,  qui  vivait  k  peu 
près  k  la  même  époque. 

Les  évangélistes  nous  représentent  les 
luiCs  comme  très-zélés  pour  leurs  Ecri- 
tures, pour  la  sainteté  de  leur  temple,  pour 
l'observa  lion  de  leurs  lois  et  en  particulier 
pour  celle  du  salibat,  et  en  même  temjis 
comme  très-corrompas  dans  leurs  mwurs; 
de  manière  que  les  Juifs  qui  accusèrent 
devant  Jésus-Christ  la  femme  sdutière,  se 
trouvèrent  toua  coupables  du  même  crime. 
Si  nuus  parcourons  les  autres  parties  du 
tableau  que  les  évangélisles  nous  ont  tracé, 
nous  y  verrons  les  Juifs  servilement  atta- 
chés k  la  lettre  de  la  lui,  et  en  n^liger  lout 
k  fait  l'esprit;  nous  les  verrous  se  porter 
par  un  zèle  mal  entendu  aux  plus  grandes 
violences,  supporter  avec  peine  le  joug  des 
Romains,  el  soupirer  ardemment  après  leur 
liberté  ;  ce  que  prouve  clairement  la  ques- 
tion captieuse  faite  k  Jésus-CfaritI  sur 
rimpêt  exigé  par  Céur,  question  nui,  soit 
dit  en  passant,  suppose  de  plus  répoque 
précise  où  ce  divin  Sauveur  a  vécu;  car 
plus  Idl  ou  plus  lard  elle  n'aurait  aucun 
sens.  En  un  mot,  nous  verrons  dans  les 
Juifo  uu  peuple  asservi  qui  menace  de  rom- 
pre ses  chaînes,  et  qni,  par  sa  rébellion  «1 
sa  haine,  va  bienlAt  allumer  l'incendie  qui 
doit  consumer  ses  villes  et  son  lemple. 
Tels  sont,  disons-nous,  les  Juifs  d'après  les 
évangélisles  :  or,  il  suffit  de  lire  attentive- 
ment les  livres  de  la  titurr*  das  Juif», 
composais  parJosèplie,  peur  vOirqnece  sool 


McnomumE  apouketiqce. 


ETA 


ItrécfiéiDwiI  les  iraiU  zous  lesquels  il  les 
crepeiiil  lui-même  fc  celle  période  de  leur 
histoire. 

Leaévangélisles  dous  font  envisager  les 
pharisien!!  et  les  saduc^ens    comme  deux 

Rrincîpales  secliisqui  dirisaienl  les  Juifs  li 
)ur  é|>oque.  Ils  n'oublient  pas  les  Samari- 
tains, GOnlre  lesquels  les  Juifs  conservaient 
loujnurs  une  grande  animosilé;  et,  chose 
adnnrable,  ils  font  toujours  parler  le  Sau- 
veur (l'une  manière  entiëremeni  conforme 
aux  principes  et  aui  préjugés  de  ces  diffé- 
rentes sectes.  Par  exemple,  aiiaad  Jésus- 
Christ  parle  aux  pharisiens,  il  leur  reproche 
DOD-seulement  leur  zèle  outré  pour  leurs 
tradiiions,  qu'ils  melleitt  au-dessus  de  la 
loi,  mais  encore  leurs  jeûnes  affectés,  leurs 
aumAoes  faites  par  ostentation,  leur  or- 
gueil, leur  hj'pocrisie,  et  la  fureur  de  leurs 
prosélytisme.  Au  contraire,  quand  il  s'a- 
dresse aux  saducéens,  c'est  un  toui  autre 
langage  ;  il  les  traite  d'ignorants  et  de 
charnels  qui,  s'arrètant  à  la  lettre  des  Ecri- 
tures, »os  en  pénétrer  l'esprit,  nienl  la 
résurrection  des  morts.  S'il  a  k  traiter  avec 
les  Samaritains,  ce  sont  d'autres  idées  et  un 
langage  différent; ainsi  iJ  ajouteau  reproche 
d'iguurau«e  l'accusation  de  schisme,  et  il 
leur  déclare  que  le  saJul  doit  venir  des 
Juifs.  EiiQn,  SI  c'est  au  peuple  assemblé 
qu'il  parle  ,  il  emploie  encore  un  autre  (on 
et  un  autre  langnge  :  mais  ses  discours  n'eu 
sont  pas  moins  tous  puisés  dans  le  carac^ 
1ère  moral  de  celle  nation,  que  rETSDgile 
DOUS  représente  tanlât  comme  zélée  et  re- 
ligieuse, laoldt  comme  emnorlée,  violente, 
impétueuse  et  facile  t  se  laisser  entraîner 
dans  des  démarches  téméraires  dont  elle  ne 
se  donne  jamais  le  temps  de  calculer  les 
conséquences  ;  tantôt  entin  comme  atten- 
dant avec  ardeur  la  venue  du  Messie ,  mais 
c'est  d'un  Uessie  conquérant  qui  doit  la 
délivrer  du  joug  de  ses  ennemis.  Or,  c'est 
e&aciement  Ule  portrait  que  Josèpbeel  Uius 
les  historiens  contemporains  nous  ont  tracé 
des  Juifs,  des  pharisiens,  des  SBducét;os 
et  des  SamarilBiiiB  eu  temps  de  Jésus-Christ. 
Les  évaugélistes  supptisent  qu'à  l'é|ioque 
où  vivait  le  Sauveur,  il  y  avait  chez  les 
Juifs  un  mélange  de  lois  juives  et  de  lois 
romaiues.  Ce  que  dit  Jésus-Christ  dans 
saint  Uatlbieu  (v,  85)  sur  la  nécessité  de  se 
récom;ilier  avec  son  frère,  est  effectivement 
fondé  sur  une  loi  romaine  qui  donnait  droit 
au  créaacier  de  se  saisir  de  son  débiteur  et 
de  le  conduire  devant  le  juge,  de  manière 
que  s'il  ue  s'accordait  pas  avec  lui  sur  le 
chemin,  il  était  condamné  par  le  juge  h  une 
amende  qu'il  devait  payer  sur-le-champ; 
autrement  il  élait  mis  en  prison,  d'uù  il  ne 
pouvait  sortir  qu'il  n'eût  payé  jusqu'à  la 
dernière  obole.  La  parabole  du  débiteur 
rapportée  encore  dans  saint  Uatlbieu  (xivui, 
99],  suppose  tout  h  la  fuis  une  couiuuie 
juive  et  une  loi  romaine.  La  première  par- 
tie de  cette  parabole  suppose  uu  rpi,  c  est- 
k-dir«  un  tétrurque  qui,  pour  ce  qui  le 
concernait,  n'était  pouit  soumis  aux  lois 
romaiues;  mais  la  sucoade,  qui  parle  du 


r  que  lo  principal  détiilenr  |>rm<l 
;e  et   qu'il  jette  daoi  ud  ckIwI, 


serviteur  c^ 

i  la  goi^e  et  qu'il  )eltê  daoi  ud  ckIwI, 
suppose  une  loi  romaine  excessitenieiildBre, 

3U1  donnait  droit  au  créancitr  de  h  uiiir 
e  la  personne  de  son  débiteur  el  ds  le 
retenir  en  prison  jusqu'i  ce  qu'il  eût  lujè 
toute  sadetti*.  Miiis  ce  quimonlreiliTaiiligt 
le  mélange  des  coutumesioivesigrflGquMi:! 
romainrs,  ce  sont  les  differemes  ei^ew,  dt 
monnaies  qui  avaient  cours  i  ré)>aqueoâ 
nous  supposons  qu'éGrivflient  les  étmgi- 
lisles.  Nous  voyons  dans  l'E*angile  luork 
tour  eu  usage  le  liclt  hébreu ,  le  Hàmlau 

f;rec  et  le  denier  romain.  Or,  ce  mélangn  it 
uis  et  de  coutumes  si  différeatei  dui 
reporte  nécessairement  au  temps  oil  ïini 
le  Sauveur,  temps  auquel  en  effet  lesJuii), 
a|>rès  avoir  été  soumis  aux  Grecs,  te  trou- 
vaient sous  la  domination  des  Boœ«ins,qui 
avaient  introduit  parmi  eux  leurs  loitei 
leurs  monnuies,  comme  l'avaient  sans  doule 
fait  aufiaravant  les  Grecs  eux-ϙmei.  Aj^u- 
Ions  (|ue  l'emploi  de  ces  monnaies  se  IruuTi 
narfnitement  en  rapport  avec  la  positinDilc 
la  Judée  à  répo()iie  de  Jésus-Cbrisl.  Lcj 
tmpûts  antérieurs  1  la  domination  des  Ho- 
maius  sont  évalués  en  monnaies  grecque; 
par  exemple,  la  capilation  (xvii,U;li- 
BRPH.,  De  betlo  Jud.,  vu).  C'ostdBDS  cell» 
Ih  que  l'un  fait  des  dons  au  («mplel^ 
XII,  fcS;  Luc.  ixi,  2),  et  c'est  d'aprèt  iii- 
cienne  monnaie  nationale  que  l'on  cooi-i 
une  somme  i^ayée  par  le  trésor  du  »w- 
luaire  lUatih.  ixvi,  15.)  Mais  toulei  i» 
fois  qu  il  est  questioD  d'affaires  Giiil'i 
d'achats,  de  négoces,  de  salaires,  ilm^ 

Srié  que  de  pièces  romaines.  {Mata,  i 
;  XX,  %;Marc.  xiv,  &;  tue.  xii,  6;Jh> 
VI,  7  ;  XII,  S.}  Les  nouveaux  myàu  m 
égalemeut  évalués  dans  la  monuaie  du  ^& 
pTe  qui  soumet  la  Judée  è  soo  eiD|ii" 
[Uatlh  XXII,  lS;Jfare.  XII,  fiSiIiir.ii.^ 
Les  évaugélistes ,  dans  la  descripiio 
qu'ils  nous  font  des  lieux  où  se  soni  fti>i 
les  événements  qu'ils  racooleot,  s'accôrdti 
parfaitement  avec  ce  que  les  auteuiijuU 
et  profanes  nous  apprenneul  de  la  W 

fraphie  de  la  Palestine  i  cette  époque.» 
crivaias  laborieuionl  employéleursTeil'' 
k  rassembler  tout  ce  qui  se  troute  <l>i 
Philoo,  dansJosèphe,  dans  le  Tsiujuil  < 
autres  monuments  anciens,  toucbaiU  i'ci 
tO(>o^ranhique  de  la  Palestine  au  lemimi 
vivait  Jésus-Christ,  et  quoique  leurs  > 
vantes  cullectîons  ne  soient  pas  eiicu 
complètes,  cepeudanl  elles  nous  eu  ati|>rt 
lienl  Bsset  pour  que  nous  puissions  jug 
sûrement  do  l'exactitude  des  auteur»  i 
Nouveau  Testament  en  général  et  ds  k\ 
du  nos  Evangiles  eo  paritculiar.  Or,  jiiii< 
un  □«  trouvti  nos  évangélistcs  eu  u^I^u 
assez  souvenl  même  ils  complèteal  ce  q 
mumiue  dans  U  coUeclioa  de  ces  sayu 
Les  exemples  suivants  nous  en  fourniist 
des  preuves  ]>osilives.  Et  d'abord  uinlie 
(xix  ,  13^,  racuDlant  la  passiou  de  Hn' 
Christ,  dit  que  Pilate,  qui  était  dans  le  pi 
toire,  entendant  les  clameurs  des  Joifsrsa 
avec  ie  Sauveur,  et  s'assit  sur  sou  triliuD 


IT7  EVV  MCTIOXNAIRE  APOLOCCTfQUE.  ÉT.\  RTS 

mtm  et  s'nppfla  (f'abnrd  Cisnréeet  ensuite 
JuliaHe,  du  nom  de  Julia,  fille  d'Augiisle. 
Sons  lerigiie  de  Tibère,  cetln  TÎIIe  repril 
le  nom  de  Céïnrée.  Bnlïn,  après  la  mort  de 
Tibère,  elle  s'ap^iefa  encore  Juliade,  et  elle 
ne  Tut  iilus  con^iiilérée  comme  faisant  par- 
tie de  la  Galilée.  Or.  |)eii(-on  supposer  qu'un 
aulenr  qui  aurait  écrit  longtemps  après  ces 
érénetnenls  n'aurait  pas  appelé  celle  tilIc 
de  quelqu'un  de  ces  noureaui  noms,  et  lut  • 
«nrait  conservé  so-i ancienne  dénomination 
héliraïque  Btthwn'ide,  qu*oa  ne  Iroure  dans 
aucun  des  auteurs  qui  en  ont  parié  depuis 
Jésus-Christ?  Nous  jtoarrions  pousser  plna 
loin  ce  détail,  mais  nous  nous  contenteront 
de  renrojer  le  lecteur  carieui  d'en  snTuir 
ilBTantnge  sur  ce  sujet  &  Lrgthfool,  Reland, 
Wetalein  et  6  tous  les  aulres  écriTains  qui 
oni  parlédeU  gé(^apbie  de  la  Patesline 
nu  temps  de  Jésus-Ohrist,  D*ailleur>,  nous 
cr(»yois  en  areir  assrz  dit  pour  convaincre 
tunt  homme  impartial  do  l'eiactilude  toi>o- 
graphique  de  nos  éTangélistes.  Or,  celle 
exactitude  esl  une  démonstration  iaTjncible 
de  rautbbnticilé  de  leurs  écrits;  rar  la  Tacè 
topographique  d'un  pajs  varie  presque  à 
chaque  instant.  L'activité  de  l'homme,  les 
arts,  l'agrictiltore,  les  phénomènes  de  la 
nature.  la  politique  et  la  guerre,  lui  don- 
neni,  dans  un  court  inierralle,  nnaspeel 
tout  différent.  Les  villes  sont  détruites  oa 
perdent  leurs  noms,  leadéserts  sa  couvrent 
d'habitations,  les  iwys  cultiva  seehangeut 
en  solitudes,  les  fleuves  sont  déloaroés,  les 
routes  publiques  prennent  une  autre  direc* 
lion.  Or,  dans  un  temps  où  l'on  ne  con- 
niissait  point  de  cartes  gé<^Bphlqaes,  il 
était  bien  difficile  h  un  écrivain  qui  Tirait 
on  certain  temps  après  les  événenientsqu'il 
raconte,  de  les  placer  toujours  dans  leurs 
vrais  lieui.  Les  meilleurs  bistorieui  pra> 
fanes  sont  tombés  dans  de  grossières  m4- 
prises  è  cet  égard,  dès  qu'ils  ont  en  k  par- 
ler de  temps  antérieurs  a  leur  sièile.  Ainsi 
ce  n'est  pas  seulement  k  Virgile  qu'on  ■  tait 
re  reproche,  c'est  encore  è  Quinie-Curee  et 
A  Tite-Live  lui-même.  Ce  dernier,  par 
exemple,  oubliant  entièrement  la  dilTAreiMe 
des  temps  et  des  circonstances,  confond  la 
géographie  ancienne  avec  la  nouvelle;  car 
■I  parle  de  Siouesae,  de  Proneste,  d'Arpi, 
noms  modernes  usités  de  ion  temps,  lors- 
qu'il aurait  dd  nommerSinope.  Argu»,  Hîp- 
pium  et  Stéphane.  C'est  de  cette  manièro 
qu'où  a  découvert  l'iaipostura  de  Pliilos> 
trate,  hislurien  du  fameux  Apollonius  de 
Tjsne.  Il  nous  astare  afuir  cou»posé  son 
hisiuire  d'aprèa  les  inémoires  de  Daaais. 
compagnon  de  Tojage  de  ce  pfaiiosopliu.  et 
ceptniJant  sa  narration  est  presque  toujours 
en  contradiction  avec  l'état  des  lieux  oit  il 
le  fait  «ojager.  Ainsi  il  conduit  ecMi  héros 
i  Babyloiie,  qu'il  nous  décril  comme  une 
granju  et  superbe  cité,  tandis  qu'k  cette éi>o- 

(1573i  Um,  EMdi.  Th.  u  Sdi.  18-». 
fl574j  JuiTM,  £)ril«nM  trop,  L  s^xv,  c  3; 
Stubo,  I.  svi. 
(ti73)  laawa.,  Aniif..  1.  xi,  c.  t». 


dins  an  lieu  nommé  XilAoafrolo*,  qui  par 
emtséqnent  n'était  pas  éloigné  de  snn  palais. 
Or,  Josèplie  parle  de  re  même  lieu  comme 
d'une  dépendance  du  temple  près  de  la  Tour 
Antoaia.  D'un  autre  cdié,  Philon  nous  ap- 
prend par  hasard  qne  la  demeure  du  gouver- 
neur romain,  ou  le  prétoire,  était  dons  le 
palaij  d'Héro<Ie  (1771).  que  nous  savons 
■Toir  été  situé  au  nord-ouest  du  temple  et 
delaTourAntonis. 

Saint  Pierre  et  saint  Jean  gnérissent  on 
bnileux  i  la  Bttle-Porte  ilii  temple,  et  de  ik 
ils  root  au  portique  deSalomon;  circons- 
tiDce  tO|)Ographique  confirmée  par  Josèphe, 
qoi  uous  dit  dans  un  endroit  de  ses  ou- 
TTigm  qu'il  y  avait  A  l'ouest  une  porte  dts- 
lispiée  par  sa  beauté,  et,  dans  uu  autre,  que 
ia  même  cAté  se  trouvait  le  portique  de 

&lMHHl(1372). 

Relliphagé,  d'après  les  évangélrstPsfifa/fA. 
III,  l;JrafT.  XI,  1;  £,uc. SIX,  29),  n'était 
pas  dans  l'enceinte  de  Jérusalem,  quoiqu'il 
m  fdt  assez  près.  Or,  d'après  un  passage 
dg  Talmud  de  Baby lone  ,  qui.  selon  Hug. 
n'avait  pas  été  entendu  jusqu'ici ,  et  sur  Te 
Kss  duquel  Lighlfool  s'élatl  lui-même 
uéjins,  telle  était  etTectivemenl  la  position 
lO[  uipaphiqae  de  Belhphagé  (13^}. 

L'Evangile  place  des  receveurs  d'ïmpdis 
i  Jéricho  et  à  Caphamaiim  ;  or,  nous  sa- 
vons par  l'histoire  qu'une  des  plus  riches 
productions  de  la  Judée,  c'est-à-dire  le 
ttaunie,  se  recueillait  aux  environs  de  Jéri- 
cho et  oécessitait  par  conséquent  le  minis- 
tère d'no  reeereur  dans  celle  ville.  Déplus, 
les  Phéniciens  et  surtout  les  Arabes  appor- 
'ant  en  Palestine  leurs  marchandises  par  le 
Jourdain,  passaient  ce  9euve  vis-à-vis  de 
Capharnaam  (137^}.  où  devait  naturelle- 
Bieut  se  trouver  le  receveur  des  impdts 
loor  recevoir  le  droit  d'entrée. 

Saiui  Lue  nous  dit  (vu,  1-tl]  que  Jésus 
partant  de  Capbamaûm  eu  Galilée,  vint  à 
Naîui,  et  que  de  là,  s'avançant  le  long  du 
Juardain,  il  arriva  aux  environs  de  Jéru- 
«alem.Or,  Josèpbe  nons  apprend  que  quand 
les  Galiléens  traversaient  la  Samarie  pour 
Se  rendre  à  Jérusalem  aux  jours  de  fêtes,  ils 
(essaient  par  Nais,  qui  esl  incoiitestable- 
H'ent  NaiiD  (1775]. 

Saioi  Jean  nous  parle  (tr,  5)  de  Sichnr, 
c*est-à-^re  Sichem,  selon  qu'on  en  convient 
généralement.  Or,  tel  était  en  effet  l'ancien 
i>OJj  de  cette  ville  de  Samarie.  nom  qui  peu 
de  temps  après  Jésus-Christ  fut  changé  en 
txluî  de  néaitolis,  que  nous  trouvocs  sur 
ks  médailles  frappées  après  la  ruine  de 
Jérusalem.  Le  même  évangéliste  dit  (xii,  3t) 
de  l'apAtre  saint  Philippe  qu'il  était  natif 
de  Betbsaide  en  Galilée.  Or,  cette  ville,  qui 
au  temps  de  saint  Jean  portattetfectivement 
le  boiii  de  Bethsaîde  et  qui  était  considérée 
comme  appartenant  A  laGslilée,  jiarce qu'où 
7  parlait  (jaliléco,  perdit  bieutùt  sou  auciea 

(1ST1)  loscn.,  Dt  Mi*  ijU.,  I.  vi,  d.  8,  cdiL 
Baierc;   VmnA,  l>e  Ufui.  ad  Cnwm. 
.I37i)  Joscrm.,  IH  Mi.  imd.,  I.  v,  c.  B,  n.  3,  « 

ÀMlii  ,  1.  ^X,  c-V,  b.  '. 


m 


ETA 


MCTIONNAIRB  &POLOCETIQIJE 


ETA 


qne  Babylone  n'olTraU  plus  qu'un  désert, 
qu'uiw  vasle  ruine.  Il  commut,  par  rapport 
k  8(>arte.  une  bévue  non  moins  {{rossiere; 
il  nous  la  représente  comme  une  ville  libre, 
dans  le  Icmps  même  qu'elle  se  Irouvait  as- 
serviesuioug  dos  Romains  (1376).  C'est 
«ncore  ainsi  qu'on  a  découvert  que  l'bis- 
loirede  la  guerre  des  Juifs  que  nous  avons 
sous  le  nom  d'Hégésippe  élail  apocryphe. 
L'auleuriqui  sedil  contemporain  d'Anto- 
nin  el  de  Commode,  nous  parle  de  Constan- 
linopie,  de  rBcosse,  de  la  Saxe,  qui  u'exis- 
laieul  point  alors,  ou  qui  portaient  des 
noms  biendifféreDts(137T).  Maiss'il  estdif- 
ficitek  un  bislorien  modurne  de  décrire  la 
topographie  d'un  pays  comme  elle  existait 
dansles  temps  anciens,  il  l'est  encore  bien 
davantage  quand  il  s'agit  d'une  contrée 
comme  celle  des  Juifs  au  temps  de  Jésus- 
Christ.  ■  Rappelons-nous  en  effet,  dit  Cel- 
lérier  d'après  Hug,  rappelons-nous  la  posi- 
tion unique  où  se  trouvait  la  terre  sainte 
«lire  les  bou levers» meots  religieux,  poltli- 
quea,  géographiques,  moraux,  qui  précédè- 
rent et  suivirent  immédiotemeni  cette  épo- 
que, lorsque  divisée,  et  toujours  d'une  ma- 
uière  nouvelle,  entre  les  procurateurs  ro- 
naÎDS,  lesHérodes  et  les  gouverneurs  de 
laSyrie,  la  Palestine  passait  des  uns  aux 
autres,  suivant  le  caprice  des  Césars,  lout 
en  conservant  quelque  chose  de  ses  loispro> 
près  et  de  ses  magisLrais  accoutumés  ;  lors- 
que voyant  tous  les  jours  quelques-unes  de 
ces  Tilles  recevoir  de  ses  tyrans  un  nom 
nouveau  ou  être  victime  de  leur  furie,  elle 
perdait  rapidement  sa  physionomie  anti- 
que, et  remplaçait  son  ancienne  topographie 
par  une  loiwgraphie  nouvellequi  allaitdis- 
pa  rat  ire  à  son  tour;  lorsque,  séjour  de  trois 
nPDples  différents  de  mœurs  et  de  langnge, 
les  Hébreux,  les  Uellénislespt  les  Romains, 
elle  en  recevait  nécessairement  ï  la  fois  la 
triple  empreinte,  et  lorsque  tour  ft  tour 
prise  par  Pompée,  opprimée  par  Hérode, 
désolée  par  Titus,  et  presque  anéanlie  par 
Adrien,  qui  déiruisit  cinquante  grandes 
villes  et  neuf  cent  quatre- vingt -cinq  villa- 
ges (^1378),  elle  semblait  enfin  changer  cha- 
que jour  de  nom,  d'aspeul  et  de  loist  comme 
d'habitants  et  d'oppresseurs.  Commeni  un 
imposteur,  un  siècle  après,  se  serait-il  tiré 
de  ce  dédale  et  aurait-il  su  retrouver  les 
noms,  les  mots,  la  langue,  l'autorité  qui 
eorrespotndsit  précisément  ft  la  chose,  au 
lieu,  k  l'instant  dont  il  avait  k  parlerT  Or, 
loulea  ces  méprises  qu'il  pourrait  avoir  fai- 
tes, nous  sommes  en  état  de  les  découvrir. 
.Les  travaux  des  savants  modernes,  leurs 
recherches  érudites,  les  témoignages  des' 
auteurs  profanes,  comparés  et  discutés  avec 
soin,  uouaen  fournissent  complètement  tes 
moyens.  —  Cet  examen  a  été  fait.  —  Eh 


bieni  cliose  remarquable,  cet  etimen  i^ 
vère,  dirigé  souvent  par  des  inlentioni 
malveilianles*  a  toujours  eu  le  m^me  ré- 
sultat, celui  du  démontrer  l'élonniinleeiit- 
tilude  de  nos  écrivains  sacrés  (1379).  >  In- 
dépendiimmenl  des  coïncidence."  que  naui 
avons  déjà  remarquées  entre  [e.<irécitsé'an- 
Reliques  et  les  sources  de  l'histoire  iirufom, 
Laruner,  Hichaëlis  etPaley  en  ODI  si|n)lè 
une  foule  d'autres,  qui  sont  d*auliiil  plus 
convaincantes  qu'elles  ne  paraissent  imint 
recherchées  par  les  évanêélîstea,  quïHo 
sont  souvent  très-peu  saiManlas,  en  soni 
qu'il  faut  beaucoup  d'éludo  et  d'allenlioi 
pour  les  découvrir;  enfin  qu'elles  se  \iii- 
senient  en  si  grand  nombre,  qu'elles  m 
peuvent  venirdu  bssnrd.  Nous  De  saurio» 
nous  empécherd'eu  citer  quelquc^uDesqù 


nous  sont  fournies  par  Paley  (1380). 
Selon  les  évangélisles,  le   ~  ~ 

2ui  présidait  è  la  condamnât  _ 
hrist  se  nommait  Caïphe,  et  exerçai!  U 


souveraine  sacriGcalure  dans  le  mémelein[« 
que  Pllate  était  gouverneur  de  laJudée.Or, 
cefnit  se  trouve  contirmé  par  Josè{iLe,qDi 
ne  s'en  est  certainement  pas  douté.  En  el- 
fel,  cet  historien  racouteeu  passanl  réléii* 
Ifonk  la  souveraine  sacrificature  d'un  ttt- 
tain  Joseph  autii  appelé  Caiphe;  iuoiéilii- 
tement  après  iJ  rapporte  que  Pilale  iletir> 
gouverneur  de  la  Judée.  Plus  tard,  il  Dniu 
apprend  la  destitution  de  Pilale,  elpen 
après  celle  de  Caïphe.  Il  résulte  decejilil- 
férenles  circonstances  lorsqu'on  les  rappru- 
che,  que,  suivant  Joièiihe,  Caïphe  fut  gran<l 
prêtre  avani  l'arrivée  Je  Pilate,  et'  ne  ces» 
de  l'être  qu'après  la  destitution  dece  gou- 
verneur; ce  qui  est  conforme  su  récit  étiii- 
Sélique.  D'après  la  narration  de  saint  Lge. 
eux  personnages  différents,  Anne  el  Caf 
pbe,  portent  en  même  temps  le  litre  dt 
grand  prêtre,  nous  avouous  que  cela  peut 
étonner;  aussi  en  a-I-oa  fait  la  nmtièn 
d'une  difficulté  ;  mais  comme  Josèpbe,  jus» 
bien  que  l'évangéliste,  donne  quelqueCoii 
ce  même  tilreèdeux  personnages  diffë[tai!i 
il  s'ensuit  que  le  passage  de  saint  Luc  ul 
inattaquable,  et  que  cela  tenait  à  queiqm 
usage  ancien  ou  a  quelque  autre  urcoii*- 
lance  qui  nous  est  inconnue. 

Nous  lisons  dans  l'Evangit  e  que  PiUte  ^ 
altacber  à  la  croix  du  Sauveur  un  écriieiU 
hébreu,  grec  et  latin.  Or  Suétone  et  Dioi 
Csssius  nous  apprennent  que  les  Raxeia: 
étaient  dans  l'usage  d'adicner  près  des  coD 
damnés  le  motif  de  leur  supplice.  A  ^ 
autorités  nous  pouvons  joindre  celle  de  h 
séphe.  Cel  historien  nous  apprend  eo^Hu 
que  les  autorités  juives  oromulguaieQt  sioj 
leurs  avis  en  plusieurs  langues. 

D'après  les  éraugélisles,  Jésus-Christ  fo 
frappé  de  verges  avant  d'être  mis  en  croii 


(1376)  YitttÀpolt.  ruan.,  perPaiLOSTBAT.Leiiiii.; 
S«H.  1. 1,  0.18:1.  IV,  c.  S. 
11^77}  UsHsirp.,  De  bdto  Jui.,  1.  m,  c.  5;  1.  V, 

(1378)  Dio  XiPBiLW.,  in  YUa  nairiam.,  pas.  266; 
H.  ^e^.  Ui-8-.  Ed.  WecJicl.,  psg.  87*.   . 


(1379)  J.-E.  CsLLUiBi,  Eftai  fm»*  Htni.  e* 
a»  N.  r.,  pige  8-10. 

(1380)  W.PiLKi.  Taktemdf  prMvf  èàinf 
éit  chriuiattitnu  ;  indùt  ie  fntofaii  fv  ^-  >* 
vAU,l.lI,paB.  153-l«l. 


SI 


EVA 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQOe. 


ETA 


ttt 


Dr  trou  passées  deJosft)ihe  et  un  de  Tile- 
Lire  nous  font  roir  qne  telle  était  la  cou- 
lumedes  Romains  de  flageller  t-«ux  qu'ils 
eondiainaienl  au  supplice  de  la  croix. 

l'Erangile  nous  montre  lésas  portant  lui- 
taimt  la  croix  sar  laquell»  il  allait  être  a(- 
bilié,  Ur.  Plnlarque  nouSBjtpnmd  que  ce 
nfGDeraeal  de  cruauté  était  encore  oaité 
cheiles  Romains  dsns  ces  derniers  temps. 
EnHri  saint  Jean  rapporte  qu'k  la  prière 
drs  Juils,  Pilate  fit  rompre  les  jambes  des 
deux  larrons  qui  étaient  crucifiés  avec  Jé- 
Ni^hrisl.  {Jaim.  zix,  31,  Sî.)  Or.  Auré- 
lini  Victor,  auteur  [»ïeo,  faisant  l'éloge  de 
IMI  de  Constaaiia  qui  abolit  le  supplice 
it  11  croix,  rappelle  la  circonstance  de 
ronpreles  jambi-s  [enuibus  MuffringendU), 
Aijui  les  caractères  internes  de  nos  quatre 

Erinples    prouvent   inrînciblement  l'au- 

lÈeatîâté  de  ces  divios  écrits. 

I  IIL 

Atlhwticitij  dM  ETugUes;  fmaie  indirecte. 
l-esraisons  que  nous  venons  de  Taire  va- 
hir  suffisent  sans  doute  |>our  convaincre 
tout  esprit  raisonnable  de  l'auihcnticitéde 
DOS  érxngiles  ;  cependant,  pour  ne  pas 
laisser  k  nos  adversaires  l'ombre  même 
iTun  prétexte  plausible,  nous  allons  mon- 
trer qu'il  est  tout  i  fait  impossible  que  ces 
divins  écrits  aient  été  supposé*. 

Les  docteurs  de  l'Eglise,  en  remontant 
depais  le  second  sîèclede  l'Are  chrétienne 
juÂ]u'aux  temps  apostoliques,  forment  en 
bvtfurdeVautnenliciléde  nos  Evangiles  une 
rbaloe  de  témoignages  à  IsquelTe  ii  ne 
manque  pas  un  seul  anneau.  Nous  l'avons 
prouvé  d'aiie  manière  irrécusable.  Nous 
foulerons  qu'Origène,  qni  suit  immédiate- 
mont  les  Pères  du  second  siècle,  qui  a  été 
disciple  de  saint  Clément,  et  son  successeur 
■ians  l'éeofa  d'Alexandrie,  Origène  aflirme 
iju'il  tient  de  la  tradition  qœlei  qualreévan- 
gilet  Mmlm  Mont  admis  sans  eonlradieUoH 
l<nu  toute  fEgtise  de  Dieu,  qui  est  tous  U 
^et  li3Sl).  Cettt?  tradition  existait  en  effet 
laos  toutes  leséijlises,  parce  que  toutes 
vaiftnt  élâ  fondées  par  les  apAlres  ou  par 
eurs  successeurs,  et  qu'k  mesure  qu  ils 
mdaienl  une  église,  ils  lui  remettaient  le 
rre  dtes  saints  évangiles,  et  j  établissaient 
M  |iasteura  (13^)  ou  évèques,  qui  étaient 
Mrgt's  du  dép6t,  c'est-k-dire  de  la  saine 
wtrînn  eC  des  livres  sacrés  dans  lesquels 
le  était  contenue,  et  qui,  rendus  déôosi- 
ires,  (feraient  le  garderavec  soin  et  le  re- 
L-iire  pur  et  entit;r  i  le,urs  successeurs. 
Timolh.  vi,  30.)  Or,  demande  avec rsisou 
cardinal  de  La  Luzerne,  à  qui  nous  em< 
unions  le  fond  de  notre  preuve,  ■  quel 
fcitie  aurait  eu  un  pouvoir  assez  fort  pour 
Ttt  recevoir  J  quelciues  églises  nos  Evan- 
.'S  coiotats  les  seuls  venant  des  apôtres  ; 
l>ouTOir  assez  étendu  pour  les  faire  re- 

iSSl 


SSl  )  OBifiK"'.  ■'■  UaUk,  1. 1,  spod  Edsei.  ffi«l.  tirili  it  la  religion,  t.  I,   page 

I     Ti    C-  Z3.  Uéqnîciion  Junior;  i.  I",éd.  Si 

.iftit    eusaca..  fflil.  tttt,,  I.  m.  c.  57,  (15St)  I.-E.<;ï;lle«iei,  De  l 

3tt5>  (^  G.  «c  Li  LuEsn,  IHuertalhiu  tar  («  et  divine  eu  N.  T.,  pag.  115-llth 


ceroir  à  toutes  sans  exception,  un  pouvoir 
tssfz  absolu  pour  les  faire  recevoir  ainsi 
sans  réclamation  (1383)  T  > 

Le  court  intervalle  qui  s'est  écoulé  entre 
les  auteurs  sacrés  auxquels  nous  stlriboons 
les  évaogilnset  les  premiers  Pères  qui  dé- 

rient  en  faveur  de  leur  authenticité,  rend 
supposition  d'autant  plus  difficile,  que 
c'était  dans  la  religion  on  point  tellement 
important  de  savoir  de  qui  étaient  les  li- 
vres fondamentaux  de  la  foi,  qui  conte- 
naient les  faits,  les  dogmes,  les  préceptes 
du  christianismH,  que  Tes  maîtres  ne  man« 
qoaient  pas  de  l'apprendre  k  leurs  élèves. 

K  La  critique,  ait  judicieusement  Cellé- 
rier,  a  trop  de  ressources,  pour  qu'un  livre 
supposé  puisse  résister  aux  investigations 
successives  d'hommes  savants,  qui  le  com- 
parent tour  à  tour  arec  les  livres  de  la  mê- 
me époque,  avec  les  monuments  plus  an- 
ciens et  avec  les  faits  plus  récents,  qni  l'ex- 
plorent sous  le  point  de  rue  des  temps. 
des  mceurs,  des  lieux  et  de  la  langue,  qui, 
venant  les  uns  après  les  autres,  recommen- 
cent toujours  cet  examen  avec  unecapacilé, 
une  ardeur  et  une  érudition  notivelEes. 
L'expérience  le  prouve,  et  l'oo  peut  affirmer 
qu'aucune  imposture  historique  n'a  pleine- 
ment réussi.  Les  plus  adroites  ont  fini  par 
paralEre  grossières  (138&).  •  Cela  est  vrai  de 
tout  livre  ordinaire,  mais  bien  plus  encore 
d'un  livre  qui  intéresse  vivement  une  so- 
ciété entière,  qui  fait  sou  litre  constitutif, 
aui  renferme  le  code  de  ses  doctrines  et 
e  ses  lois  morales,  et  qui,  en  un  root,  est 
la  base  de  sa  religion.  Il  est  incontestable, 
pour  quiconque  a  lu  l'histoire  comparée 
des  Romains  et  des  Chrétiens,  que  les  pre- 
miers ne  portaient  pas  plus  d'intérêt  aux 
actions  de  leurs  ancêtres,  que  ces  derniers 
aux  faits  évangéliques.  Or,  aurait-on  jamais 
pu  persuader  aux  Romains  que  les  histoires 
qui  portent  les  noms  de  Tite-Li*e  et  de  Ta- 
cite étaient  de  ces  auteurs,  si  elles  ne 
fussent  réellement  sorties  de  leur  plume? 
Cependant  jamais  ce  peuplen'a  eu  pour  ces 
écrivains  le  respect  profond  que  les  Chrétiens 
avaient  pour  les  fondateurs  de  leur  religion  ; 
ce  qui  est  dire  qu'ils  auraient  bien  moiiis 
souffert  qu'on  leur  attribuât  des  écrits  qu'ils 
n'auraient  pas  composés;  car,  plus  ils 
avaient  de  vénération,  de  déféreoee  et  d» 
soumission  pour  leur  autorité,  plus  ils  exa- 
minaient avec  attention  si  ce  (]u*oo  leur 
disait  venir  de  leur  i>art  en  Tenait  réelie- 
menl. 

Avant  le  tu*  siècle,  les  apMrcs  avaient 
répandu  leur  prédication  dans  l'Italie,  dans 
l'IîgTpte,  dans  la  Grèr»,  dans  l'Asie  Mineure 
et  dans  plusieurs  autres  paya  ;  et  dans  chaque 
région  ils  avaient  fondé  plusieurs  églises. 
Or,  n'est-ce  pas  le  comble  du  ridicule  que 
-d'imaginer  qu'un  faussaire  ait  pu  non-seu- 
lement persuader  i  tant  de  sociétés  ainsi 


Se  54  ;  Parts  lUO, 
ligne. 
furi^M  arnihentifit 


sa 


DKTIOMNAIRE  AP(»X)GETIQUE. 


EV4 


dispersées  giie  des  ouvrHxcs  dont  elles  n'a- 
vaient jamais  ciilendii  parler  étnieut  iJe  leurs 
preoiiers  fondn  leurs,  mais  encore  faire  adop- 
tericelle  multilude  innombrable  il'homnies 
en  Diâme  temps  et  sans  réclamation  de  la 
part  d'aucun  li'suii  un»  imposluru  qu'ils 
avaient  tant  d'intérêt  et  de  rucililé  h  dévoi- 
lerT  La  supposition  de  ces  livres  divins  de- 
vient plus  incrojable  encore,  guand  on  cou- 
sidère  qu'il  aurait  fallu  les  faire  recevoir  à 
plusieurs  sociéléN  opposées  entre  elles,  ii  des 
SQctes  eniifmies  les  unes  des  autres  ;  car  l'his- 
toire ecclésiastique  nous  apprend  que  dès 
les  premiers  siècles  il  s'est  formé  dans  le 
sein  du  cliristiaaisœe  des  hérésies  aninaées 
d'une  baine  oiorlelte  contre  l'Eglise,  qui  de 
un  cAté  les  condauinaît  sévèrement.  Or,  les 
«leui  camps  étaient  trop  ennemis  et  trop 
attentifs  k  veiller  les  uns  sur  les  autres,  pour 

au'une  fraude  de  celte  nature  pût  s'intro- 
uire  et  surtout  s'établir.  Si  l'un  des  partis 
avait  essaj'é  de  faire  passer  de  nouveaux 
(îcrils  sous  le  nom  des  apdtrea,  l'autre  au- 
ràit-il  pu  l'ignorerT  Auraii-il  voulu  le  souf- 
frir 7  Dira~t-on  que  l'ua  des  deux  ayant 
commis  l'imposture,  a  eu  le  pouvoir  de  la 
faire  adoj)ler  à  l'autre,  ou  qu'ils  se  sont  ac- 
cordés pour  la  commettre  ensemble?  11  nous 
semble  que  l'incrédulité  devrait  rougir  de 
se  voir  réduite  k  choisir  entre  ces  absurditiis. 
Pour  avoir  même  une  simple  apparence 
déraison  dans  leur  prétention,  d'ailleurs  si 
peu  fondée,  nos  adversaires  devrsieot  su 
moins  assigner  l'époque  où  nos  quatre 
fivangiles,  œuvre  d'un  ou  de  plusieurs  faus- 
suires,  ont  été  frauduleusement  iotroduils 
(fans  lechrisiianisme  sous  les  noms  de  Mat- 
thieu, Marc,  Luc  et  Jean.  Or,  c'est  ce  qu'ils 
n'ont  jamais  pu  et  co  qu'ils  ne  pourront  ja- 
mais faire  avec  quelque  ombre  de  probaoi- 
lilé  ;  et  c'est  è  bon  droit  que  le  cardinal  de 
La  Luzerne  s'écrie  en  parlant  de  r:es  incré- 
dules :  ■  Nous  leur  portons  hautement  le 
déll  d'indiquer  un  temps  où  lu  fraude  ait 
été,  nous  ne  disons  pas  seulement  etfecluée, 
mais  possible.  Assignera- l-on  le  temps  où 
les  apà très  vivaient  encortiT  Mais  alors  il 
faut  dire  que  la  supposition  s'est  faite  ou  à 
leur  iosu,  ou  de  leur  consentement,  ou  de 
leur  opposition  :  tontes  ces  hypothèses  se 
réfutent  d'elles-mêmes.  Voul-oo  que  ce  soit 
Aftrès  la  mort  des  spAlres  que  les  Evaugiles 
oient  été  produits?  D'abord  l'a.'^serlion  serait 
réfutée  par  les  témoignages  des  Pères  apos- 
toliques que  nous  avons  cités,  par  l'iuipus- 
sibililé  que  nous  avons  remarquée  d'abuser 
ttui  d'églises  différentes,  tant  de  sectes  op- 
posées. De  t>lus,  les  apdLres  avaient  formé 
des  disciples,  avaient  laissé  des  successeurs 
chargés  du  gouvernement  des  églises:  au- 
rnil-oii  |>u  en  imposer  à  tous  ces  personuages, 
Kl  leur  faire  prendre  pour  des  écrits  de  leurs 
uiatires  des  ouvrages  dout  leurs  maîtres  ne 
leur  auraient  jamais  parlé?  Aurait-on  pu 
les  associer  tous  à  la  fraude,  cl  les  engager 

iiZKi  C'C.  OE  L«  Lui£UE,  DuKTi.,  u  I,  pascs 
f&.  U.  «4.  uilluiKiKHi. 
{Xyyj)  Cikiu,,  Al».,  c*wra  JuIùm.,  Lx. 


à  recevoir  tous  unanimement,  comme  ou- 
vrage desatiâtres,  des  livresqu'ilsaoreientsa 
ii'éire  pas  des  apAtresT  Enfin  passera-t-oatui 
bues  Suivants  pour  y  placer  la  supposiiioa 
des  EvangilesT  Plus  on  la  recule,  pljs  un  li 
rend  incroyable  et  impossible.  Du  plcs^nnil 
tioiiilirc  (le  Pères  antérieurs  qui  ont  uilëlei 
livres  saints  démontre  la  fausselédei'asur- 
lion;  un  plus  grand  nombre  d'églises  tuo- 
dées  dans  des  pays  plus  éloignés  rend  l'u- 
nHiiiriiilé  plus  impraticable;  un  plusgraiiil 
nombre  de  sectes  rend  le  concert  plus  ab- 
surde (1385).  1  Ainsi,  le  syslème  delà  su]>- 
position  frauduleuse  de  nos  Evangiles,  drjà 
déraisonniible,  parce  que  [personne  n'aiirsil 
pu  efTectuer  celte  i-upposilion,  l'est  encore, 

fiarce  que  dans  aucun  temps  oo  n'aurait  (lu 
a  faire.  Ajoutons  qu'une  fraude  de  cette  tu* 
turu  n'auraitJHmais  pu  s'introduire,  quelqus 
précaution  qu'un  eût  prise  nour  )a  tenir  se- 
crète, sans  que  K'S  ennemis  uu  christ ianisme, 
Fi  acharnés  contre  lui  et  si  atteniiCs  à  saisir 
toutes  les  manières  de  le  combattre,  n'ea 
eussent  eu  aucune  connaissance,  et  s'vn 
fussent  servis  comme  d'une  arme  profère  ï 
faire  triompher  leur  cause.  Cf pendant  t«t 
une  seule  réclamation  ne  s'est  élevée  de  leur 
part.  D'un  cAlé  les  Juifs,  qui  dans  une  foule 
d'écrits  non-suuleiueiit  se  sont  répandus  en 
invectives  et  eu  injures  sanglantes  contre  U 
religion  du  Christ,  mais  encore  lui  ont  o^ 
posé  tous  les  argutueuls  oue  l'esprit  buiDiin 
puisse  imaginer,  et  de  l'aulre  Celse,  Por- 
phyre et  Juljen,  qui,  comme  dous  l'avons 
montré  plus  haut,  connaissaient  les  Kvsd- 
giles  et  en  eilnquaient  la  véracité,  n'enoal 
jamais  cuuteslé  l'origine  apostolique.  BiïO 
plus, Julien  les  attillMiu  formel lemeutk leurs 
auteurs,  et  il  combat  lu  divinité  du  Sauveur,  i 
en  disant  que  ni  Paul,  ni  Maltliieii,  ni  Lue,  \ 
ni  Marc  ii  en  ont  parlé,  et  que  Jean  est  M  i 
premier  qui  ait  osé  la  mettre  en  aiaul.  i 
(1380).  I 

Il  résulte  de  cet  exposé  que  l'origiDe  apos-  i 
lolique  da  nos  quatre  Evangiles  se  trouve  i 
démontrée  par  les  trois  soriea  de  preuvei  i 
qui  servent  ordinairement  dans  la  crilii^ue  | 
iiélBblirrambenticiléd'un  livre, c'eat-i-dire  ; 
par  les  preuves  intri usèiiues ,  exlriasèques  i 
et  indirectes.  Ajoutons  uu  il  n'est  pas  un  seul  ; 
livre  de  l'anliquilé  pro»ne  qui  réunisse  au- 
tant  de  caractères  d'aultieniicilé,  et  que»  , 
concert  de  preuves  est  si  manifeste  ei  ^  , 
frappant,  qu'il  n'y  a  pas  lieu  à  former  ru-  j 
sonnablementledoutelopliis  léger  sarcel's 
de  nos  quatre  Evangiles  il387J.  ' 

.   |IV. 
iQlâErité lies  EïinEilej.  — LwE«Bglle«»'«rtpc*i>lW    1 
■Iiërés  diM  les  (boM*  MMDtleUM. 
Di  livre  peut  être  altéré  ou  inierpoJéile   | 
deux  manières;  dans  sa  substance,  ou  dani    , 
ses  parties  moins  essentielles;  et  toutes lei    : 
fois  qu'il  s'agit  de  défendre  riulégriléoe 
nos  livres  saiuts,  nous  eotenJous  qu'ils  saw 

(1387)  Voy.,  i  b  fia  du  Tolume,  la  Noie  IT,  ?^ 
soni  rt'jwliie*  les  obiecliens  oMtn  r— •*  ■■'■"'* 
(les  Kvaiisilcs- 


mCTIONNAlBE  APOLOGETIQUE. 


ftn  H  oifnpU  de  tooiff  iiilerpolslion  sabs- 
UDMIe,  nais  non  point  de  ces  altéraliona 
Mg^re*  qui  ne  Inacbeal  en  rieo  id  food  de 
l'enTi^e.  D'après  ce  prineipp,  nous  ne  fe- 
rons pM  diffirâllé  d'sToaer  avec  les  oieil- 
lesramliques,  qoe  par  la  négligence  des 
tOfMtles  il  •  pn  M  glisser  quelqDes  faole» 
%4ret<f«iisaossainls  Evangiles,  et  d'accor- 
der néiMqiie  quelques  verseU  qui  n'apper* 
lÎHUenl  point  aai  ëcrÎTaîns  sacrés  ont  vu 
ibsolgawnt  passer  de  la  marge,  où  on  les 
mit  mis  d'abord,  dans  le  texte  tel  qoenons 
Je  possédons  aujourd'hui  (1388).  Ainsi  la 
qieslion  sa  rAduit  è  savoir  si  nos  quatre 
Kriflgiles  eonliennenl  aujourd'hui  quelque 
tiitiaporlanl,  quelque  point  de  doctrine, 
^Bdi)Be  règle  de  mœurs  que  ne  renfermaient 
pu  les  origioatix  tels  qu'ils  sont  sortis  de 
Il  nin  des  érangélislea  eux-mêmes. 

iliisloire  de  l'Oise  nous  fournit  uns 
fvMTS  de  l'iatégrilé  de  dos  Evangiles  dans 
>f  iMe  et  la  Tigitanre  constante  des  Cbré- 
tîciis  i  mainlanir  ce  dépôt  sacré  dans  toute 
sapereté  primilive.  Dès  les  premiers  siècles, 
fe*  Mrëliqaes,  nonr  accréditer  leurs  erreurs, 
esMièrenl  d'altérer  en  quelque»  endroits 
DOS  écrits  évangéliqoes:  mais  i  peine  ils 
fMiniencèrent  i  publier  leurs  copies  falsi- 
fia, qu'il  fl'Alera  dans  toute  l'Eglise  un  3ri 
Diuaime  eootre  ce  sacrilège.  Les  saints  doc- 
teon  signalèrent  avec  force  ces  altérations  ; 
qo'iJ  nous  Bulfise  de  nommer  saint  Irénée 
H  Terlutlien  parmi  ces  sentinelles  vigi- 
'■nles.  Ainsi  ces  premières  tenlalives  d'al- 
'''rer  la  pureié  du  teste  évangélique  ont  été 
^■les  sans  iiuecèa  ;  la  fraude  a  élé  décou- 
f frit  an  moment  même  où  effeaété  conçue, 
fi  les  exemplaires  falsifiés  n'ont  pas  même 
(vrvécn  eux  sectes  qui  les  avaient  enrentés. 
>s  hérétiques  postérieurs  au  iti*  siècle 
■''Hi(  pas  090  imiter  ceux  qui  les  avaient 
■récédés  :  ils  ont  bien  détourné  le  sens  du 
elle  qui  condamnait  leurs  fausses  doc- 
rines ,  mais  ils  n'en  oitl  jamais  contesté 
'QlégrilA.  Un  fait  rapporte  par  Sozomène 
wnîre  jusqu'è  quel  point  on  a  toujours 
BiMé  dans  I  Eglise  t  ce  que  les  Evongiles 
luent  i  l'attri  de  la  plus  légère  altération, 
''rjjfij/le  ,  érêque  de  Lèdres  au  iv*  siècle , 
rani ,  dans  un  discours  où  il  citait  cette 
irule  de  Jésus-Christ  :  Toile  grabalum 
mm  et  ambitla,  substitué  nu  mol  gnAalum, 
l'il  oe  trouvait  pas  assez  noble,  celui  de 


teimpodium,  qui  lui  paroi  plus  relavé,  saint 
Spiridion,  éf^iue  de  Trémithonle,  qui  était 
|irésent.lfl  reprit  vivement,  lui  demanda 
s'il  savait  mienx  que  l'évangéliste  de  quai 
terme  il  onnvenail  de  se  servir,  et,  k  la  vua 
de  toni  le  penpie,  il  se  leva  de  son  siège  el 
s'en  alla  [1389).  Ce  tèie  et  cette  vigilance  ft 
ivtnserver  pur  et  inlacl  le  iexie  sacré  de  nos 
£vangiles  ne  se  sont  jamais  démentis  un 
seul  inslanl.  Personne  n'ignore  qur  le  verset 
18  du  chapitre  xvii  de  l'Evangile  selon  saint 
Jeao  a;ant  été  altéré  dans  le  Nouveau  Te»- 
lameot  selon  la  Vulgate  imprimée  è  Uons , 
il  s'est  élevé  des  réclamations  mds  nombre, 
et  qn'i  l'édition  faisiûée  on  a  op|>osé  loua 
les  manuscrits,  toutes  les  éditions,  et  toutes 
les  versions  du  texte  (1390). 

Les  écrits  des  Pères  font  foi  de  l'intégrité 
actuelle  de  nos  Evangiles  ,  aussi  bien  que 
des  autres  livres  du  Nouveiu  Testament. 
•  Parcourez,  dit  avec  raison  Duvoisin .  par- 
courez les  écrits  innombrables  des  Pères 
de  l'Eglise ,  qui  dans  leurs  commentaires, 
dans  leurs  traités  dogmnliques ,  dans  leurs 
homélies,  uni  transcrit  en  quelque  sorte  le 
Nouveau  Testament  tout  enlîor,  vous  j  trou- 
vez le  sens  et  presque  toujours  les  paroles 
niémes  de  nos  livres  saintd,  en  sorte  que  si, 
par  impossible,  ces  livres  venaient  i  diSF«- 
ratlre  tout  k  coup,  il  serait  aisé  de  les  refaire 
en  rassemblant  les  citations  éparses  dans 
les  auteurs  ecclésiastiques  :  preuve  démons- 
tralive  de  l'intégrité  cooslanlv  des  livres  du 
Nouveau  Testament,  puisqu'il  en  résulte 
que  nos  exemplaires  actuels  sont  parbile- 
mcnt  conformes  fc  ceux  de  la  jilus  hi:ute 
autiquité  (1391).  » 

¥Ôj/.  la  nol«  V,  i  la  fin  du  volume. 
|v. 
Véradlé  dn  Er*agilei,  —  Le*  èvia^hlei  u'oalputt 
IrompOT  Pi  eue  Irompis.  —  O  sonl  îles  hWorteni  <te 
Quand  Ht  imleiil  tmlu  lr»aiper,  tr 


Pour  avoir  droit  de  conle^ler  la  vérité 
des  faits  contenus  dans  nos  Évangiles,  il 
faudrait  de  toute  nécessité  qu'on  pQt  prou- 
ver que  les  écrivains  qui  les  rap[iorluul  ont 
élé  eus-mimes  induits  ei>  erreur,  ou  bien 
qu'ils  ont  voulu  tromper  les  autres  ,  et 
qu'ils  ont  récHemenl  réussi  dans  celte  ten- 
tative. Or,  nous  croyons  au  conti-aire  |niu- 
voir  démontrer  que  les  évaugélistus  u'out 


ilÂSS)  Le6  trcnle  ■illa  variama  rassemblées 
t  HiU  dans  son  «litHM  du  Nouvean  Tesiauicnt, 
les  MMuMte  mille  au  moiua  nne  il'auLres  oui  ro- 
"tUie*  dqmïa.  ne  changent  rien  à  la  sutwlaiice  du 
tM  ;  tous  les  critiques  en  conf  iennenl  ;  H  n'est 
)  œ  livre  profane  de  même  volume  que  le  Nou- 
n  TesiMnenl,  eitelqiie  correct  qu'cm  M  suppose, 
I  n'offre  le  (hPuMe  de  leçons  diffêreiib-s,  si  ob 
e  avec  le  screpute  et  U  cévérilé  qu'on  a 


:^illir  ks  variâmes  du  NoureauTcstameiil.ini 
tu  omple  de  li  moindre  diflérence  dans  la  pro- 
'(u  îatton  des  mot*,  itans  l'emploi  de  l'evprit  don 
I  rarlr,  dans  cHui  de  Parlirle  déterniiuMif,  daiis 
«tire  et  la  poaitioii  des  uuU  ,   bicB  qoe  lé  soas 


des  mots  ei  des  phrases  rcsiât  lOHJniirs  le  mënic. 
£t  encore  pour  ôliieRir  ces  k^ùrcs  tariaiion!>,  on 
no  scst  pas  bonié  »  conrérrr  lii  manuscriu  du 
leiie,  mais  on  a  aussi  consnlié  luutea  les  aucienna 
versions  et  loulcs  les  ciiaUons  qui  te  ironTeM  dans 
les  ouvrages  des  Pères,  composes  à  diOvrenie*  ê|iu- 
qiiei  penUanl  cinq  cents  ans,  guiduk  l'a  judicivii- 
ai^ment  icnurquc  11.  Norton  dans  stM  A^themitili 
ée*  EtaugîUt. 

(1389)  Soioacs.,  fTijt.  «cri..  1. 1,  e.  2. 

(I3M>  LeteUe  ordinaire  de  saint  Jean  porte: 
(  Quos  dedisli  milii  cuslodivi,  et  nemo  ex  iis  periît, 
miti  fliins  perdiiiouis  ;  i  au  lien  de  tiiiJ,  l'éditeur 
de  Hmu  avail  mis  ted;  atibtiituliou  qui  ebangeea- 
tièreinvnl  le  sens  de  la  phrase. 

(1391)  l>uvet>ui,  Dèmmmâti.  imtf.,  cfa.  i.  a.  S. 


B87 


EVA 


OICTIOHNIIRE  A1>0L0GETIQUE. 


Hé  nDllement  trompés  fur  les  événements 
(qu'ils  nous  racontept,  qu'ils  snnl  des  histO' 
nens  de  bonne  foi ,  c'est-è-dire  qui  n'ont 
pas  cherché  à  en  iinpos<T  dsns  leurs  écrits, 
•l  qu'il  n'aursit  pus  été  en  leur  pouTOir 
de  tromper  quand  ils  l'auraiRnt  voulu. 

PremtèrenienI,  les  érnngélistes  n'ont  pii 
èlre  dans  l'erreur  pnr  rapport  aux  événe- 
nients  qui  font  l'objet  de  leurs  ouvrages, 
s'il  leur  a  été  non-seulement  possible,  mais 
tnème  facilt*  d'avnii-  une  connaissance  exacla 
de  ces  événements.  Or  la  cliose  nous  semble 
démontrée.  Et  d'obnrd,  parmi  les  quatre 
évangétisles ,  Matthieu,  Marc,  Luc  et  Jean  , 

3ui  se  présenlenl  h  nous  comme  historicii's 
es  actions  et  de  )a  dnctrine  de  lésus-Chpist, 
deux  d'entre  eux,  Haitbieu  et  Jean  ,  sont 
non-seulement  contemporains,  mais  encore 
témoins  oculaires  de  la  plus  grande  partie 
de  tout  ce  qu'ils  nous  racontent.  Les  deux 
autres ,  Marc  et  Luc ,  sont  aussi  contempo- 
rains et  ont  entendu  les  témoins  oculaires. 
Saint  Marc  a  écrit  d'Hprës  les  instructions 
de  soint  Pierre  ,  le  clief  des  apôtres.  Saint 
Luc  est  un  bomme  très-instruit  des  devoirs 
d'un  historien  ,  uomme  il  le  prouve  par  son 
prologue.  Ce  n'est  pas  tout,  il  était  lié  avec 
saint  Paul ,  qu'il  avait  accompagné  dans  ses 
voynges  ;  il  avait  vu  et  connu  les  autres 
apôtres  qui,  ayant  vécu  eux-mâmes  dans  la 
pàj'S  où  s'étaient  accomplis  les  faits  éran- 
géliaues  ,  avaient  pu  en  suivre  le  cours  et 
le  développement.  Quant  au  petit  nombre 
de  circnntitances  parlieuliôres  sur  la  nais- 
sance et  l'enfance  de  Jésus,  elles  ont,  selon 
ta  remarque  judicieuse  de  Janssens,  un  ga- 
rant irrécusable  dans  la  véracité  qui  a  pré- 
sidé h  toutes  lesaulres  partiesde  son  histoire 
(1392).  Quoique  tous  les  évangélistes  aient 
écrit  peu  de  temps  après  la  mort  du  Sau- 
veur, cependant  ils  n'ont  pas  tous  écrit  dans 
le  même  temps  précis,  ni  dans  le  mâme  lieu, 
ni  dans  la  même  langue,  ni  du  même  style. 
Quuiid  on  compare  leurs  qu'itre  Ëvangnes, 
on  voit  que  eu  sont  quatre  auteurs  dont 
chacun  est  original  en  son  genre,  etqui  tous 
ont  travaillé  indépendamment  l'un  de  l'autre. 
Les  uns  racontent  des  choses  que  les  autres 
ont  omises;  ils  ne  placent  pas  tous  les  mêmes 
faits  dans  le  même  ordre.  Us  ne  les  disent 
pas  dans  les  mêmes  termes  ni  avec  les 
mêmes  circonstances;  et  cependant  ils  ne 
se  contredisent  jamais.  Le  st^le  de  chacun 
d'eux  ,  quoique  d'une  simplicité  admirable, 
ne  ressemble  i  aucun  des  autres.  De 
toutes  ces  observations,  il  résulte  clar- 
reuient  que  Icbquotru  évangélistes  ont  com- 
posé leurs  ouvrages  sans  s'être  concertés 
«nsombis  ;  principe  d'où  découle  nécessai- 
rement lu  conséquence  que  chacun  d'eux 
vlflit  assuré  de  ta  véracité  du  fait  qu'il  ra- 
contait. Jomais,  ce  semble,  les  quatre  his- 


toires de  Jésus-Christ  compoiési  p«r  ]» 
quatre  (évangélistes  n'auraient  puAlretoui 
conformes  qu'elles  le  sont,  si  chacun il'iai 
n'edt  [loint  puisé  h  une  source  pure  et  cer- 
taine, et  d'un  autre  cAté.  jamais  elles  n'ia- 
raienl  pu  être  aussi  différente!  qu'oa  let 
voit,  si  les  quatre  évangélistes  les  eussent 
composées  ilA  concert  (1393)/  Qu'on  notu 
dise  msintenanls'il  ya  jamais  eu  un  hoano», 
(quelque  illustre  qu'on  le  suppose,  dont  ' 
1  histoire  ail  été  écrite  par  on  si  gnai 
nombre  de  témoins  aussi  bien  ioformd*  et 
aussi  croyables?  1 

En  second  lieu,  que  les  évangélistH  m 
soient  montrés  historiens  de  bonne  foi.t'eit    i 
è-dire  qu'ils    n'aient   pas   voulu   trompa, 
c'vat  ce  dont  il  n'est  point  permis  de  doutfr, 
dès  que  l'on  considère  la  nature  mkme  dt 
leur  ouvrage,  leur  position  et  leur  conduite, 
anfm  le  caractère  personnel  du  héms  dnnl 
ils  nous  ont   transmis  l'hisloire.  1'  Tnul 
bomme  qui  écrit  une  histoire  veut  être  cm 
de  ses  lecteurs  :  ce  sentiment  est  dans  la 
nature.  Mais  celui  qui  écrit    une  histoire 
remplie  d'événements  merveilleux,  et  qui 
ne  ressemble  à  rîun  de  ce  que  les  homoiu 
avaient  vu  jusque-là,  craint  sans  cesse  non- 
seulement  de  n'Être  pas  cru,  mais  encore 
de  passer  pnur  un    homme  [>eu   inslruit, 
d'esprit   faible  et  crédule,  et  pour  un  ii- 
sioiinaJre  ;  et  pour  parer  i  cet  inconvénient, 
il  prépare  avec  soin  ses  lecteurs  h  receiuir 
ce  qii  il  va  raconter;  il  s'efforce  de  l'élaMir 
par  des   raisonnements,  ou    il  promet  des 
preuves;  il  ne  manque  pas  surlc^t  de  citer 
ses  ({Biants,  ou  bien  il  s'ensage  i  let  si- 
gnoler   dans   l'occasion;    précautions  qui 
décèlent  toujours  un  écrivain  se  défiant  do 
lui-même,  ou  de  son  sujet,  ou  da  set  lec- 
teurs, et  que  les  évantjélisles  ne  preniwDl 
jamais.  En  elTul,  la  confiance  qu'ils  ont  diu 
la  vérité  est  telle  qu'il   ne  leur  vient  mime 
pas  b  la.  pensée  de  recourir  aux  ressourcu 
de  l'art  pour  1b  faire  recevoir  ;  et  quoiqu'ili 
commencent  leur  livre  par  lu  récit  du  mi' 
racle  le  plus  étonnant  ni  en  même  leucf 
le  plus  secret  qui  ait  jamais  été  fait,  dduj 
voulons  dira  la  conception  d'un  Hotnini!- 1 
Dieu, par  la  seule  opération  iluSaint-Esiitit,  | 
dans  le  sein  d'une  femme  resiée    toujoun  i 
vierge,  ils  n'avertissent  pas  seulement  leon  | 
lecteurs  que  les  prodiges  que  Jésus-Cbiiil 
a  opérés  un  public,  et  dont  tout  lu  moadei 
été  témoin,  sont   si  grands    qu'ils  doiieM 
faire  croire  à  ceux  dont  hl  a  été  lui-même  le 
sujet,  quoiqu'ils  n'aient  été  vustJe  persODae- 
Cn   autre  caractère  de  vérité  qui  ne  peut 
manquer  d'être  saisi   par  les   lecteurMlU 
Evangiles,  c'est  la  simplicité,  nous  dirioni 
volouliers  la  nudité  même  du  récit.  Danscei» 
histoire, tout  est  fait,  événemeni;  jamais  le^ 
auteurs  ue  disent  rieo  d'eux-môipes.  Oo  d> 


(139i)  J.-H.  Janwehs,    Hermen.    taer.,   %  25i,  niers  évangélistes,  qui  Bout  considérés  comine  J" 

n.  Stfl.  réviseurs  des  premiers,   n'ayani  jamais  ciMitml» 

(I3VS)  Dans  t'opîniiin  même   des   critiques    qui  posiiivi-inuiii  teurs  devaucicn,  c'esi  une  pn-mc^"- 

tvtcndeni  que  cuaque  évan^éliali:  a  cou  nu   l'ou-  deiiie  qu'ils  avaieni  fui  eu  Texaclitude  île  Ir'ur  >ii>* 

vi'ii;;u  de  se» prédéct^sMura,  mnrt:  «rguiiicnl  coiiscr-  loire,  et  qu'ils  u'avaicul  riea  à  upposcr  àla  vtttf 

vcivii  luiijiiuvi  uue  teriiiiM  (urce,  fuîytuc  tus  dur-  de  leur  uaintUva. 


(13»; 
pretcnij 


BTA  DKTIOIflUIRE  AfOL06GTIQU&  BVjk  8M 

laires  des  fait*  eui>mAm.es,  les  Mitres  té- 
moins auriculaires  de  ceux  qui  avaient  tu 
les  éTânements  d»  leurs -propres  ynui,  ce 
qui  a  fait  dire  è  saint  Jean  :  a  Nous  tous  an- 
nonçons ce  que  nous  avons  entendu,  ce  quu 
nous  «Tona  vu  de  dos  yevx,  ce  que  nnui 
avons  regsrdé  avec  alleolion  et  que  nous 
avons  toucbé  de  nos  mains.  >  {I  Joan.  i,  1,  S.) 
Ajoutez  b  cela  que   les   âvangélistes  n'ont 
pas  été  seulement  dos  hommes  d'une  probité 
irréprochnlile,  mais  encore  dH  la  plus  haute 
sainteté.  Tout  en  eux  respira  le  plus  pur 
amour  de  HWu,  la  charité  la  plus  tendre  et 
la  plus  généreuse  pour  le  prochain,  le  dé* 
lâchement  le  plus  héroïque  de  tous  les  biens 
dont  l'anibition,  la  cupidité  et  les  aulres 
passions  iitspireni  ordinairement   le  désir 
aux  mortels.  Vit-on  jamais  des  hommes  plna 
justes,  plus  amis  de  leurs  semblables,  plus 
modestes,  plus  chastes,  plus  tempérants;  ea 
un  mot,  des  modèles  plus  accomplis  de 
toutes  les  vertus  î  Et  ce  seraient  ces  mêmes 
hommes  qai  auraient  démenti  tant  de  bttllel 
qualités,  déshonoré  tant  de  mérites,  en  po- 
bliaiit  comme  vérités  ce  qu'ils  s.ivaient  être 
mensonge  et  imposture  I  On  les  a  traités,  il 
est  vrai,  de  séditieux,  de  perturbateurs  du 
repos   public,  d'ennemis  des  empereurs, 
d'impies  e(  de  magiciens;  et  sous  ces  pré- 
te^tles   ou  les  a  poursuivis,  tourmentés  et 
misa  mort;  mais  nous  savons  que  toutes 
ces  accusations  voulaieut  dire  uniquement 
qu'ils  étaient  chrétiens,  qu'ils  annonçaient 
TEvangile  avec  un  zèle  intrépide,  qu'ils  Ira- 
Taillaient  avec  ardeur  et  sans  relSche  k 
faire  connaître  sus  |iaïens  la  vanité  de  leurs 
idoles  et  l'impiété  du  culle  qu'ils  leur  ren- 
daient, et  qu  ils  opéraient  des  miraclea* 
Ainsi,  les  perséculioos  sont  la  preuve  la  plat 
éclatante  de  leur  vertu,  comme  leur  vertu 
elle-même  est  une  démonstration  sensible 
de  la   vérité  de  leur  récit.  Ainsi  la  mort 
violente  des  évangélistes,  le  sang  qu'ils  ont 
répandu  pour  soutenir  les  faits  qu'ils  ont 
écrits,  après  les  avoiV  prêches  de  vive  voix, 
voilà  le  témoignage  le  plus  fort,  le  plua  ir- 
récusable de  la  véracité  de  nos  Evangiles.  — 
8"  Le  caractère  personnel   de  Jésus-Christ, 
dont  les  évangélistes  font  l'bisloire,  quand 
on  le  considère  attenlivemeol,  nous  fournit 
une  nouvelle  démonstration  de  la  sioeériti 
et  de  la  bonne  foi  de  ces  historiens  sacrés. 
Ce  caractère,  dit  Hug,  dont  nous  empruuioas 
les  expressions,  est  en  effet  si  ^rand,  eî 
noble,  si  sublime,  qu'il  ne  saurait  être  le 
fruit  de  leur  imagination.  Un  homme  qui, 
ma.'gré  l'éducation    la  plus  commune  et  II 
plus  vile,  a  su  s'élever  de  lui-même  an  plus 
haut  degré  de  la  raison  et  du  génie,  qui  a 
pu  concevoir  et  môme  mûrir  dans  son  es- 
prit un  plan  aussi  vaste  ut  aussi  élevé  que 
celui  d'opérer  la  rélorme  morale  de  sa  na- 
tion, d'épurer  et  de  periectionner  ses  lois  et 
ses  préceptes,  et  changer  même  tout  l'uni- 
vers, qui,  sans  être  ébranlé  fiar  les  obstt- 


]«are  loeun  BMt  qai  ait  élé  mis  pourfrap* 
KT  l'fipril,  flatter  l'oreille  ou  remuer  les 
•ntmi.  jamais  ils  ne  prouvent,  jamais  ils 
If  tirtnl  de  conséqui'nee  ;  pâmais  ils  ne  font 
le  réSeiious;  jamais  ils  n  avancent  de  con- 
Hliiret;  jimais  ils  ne  disent  ni  ne  font 
Mil  ment  enlravoir  ce  qu'ils  pensent  des 
féuvoeiili  qu'ils  rncontenl.  ni  des  person- 
jgH  qni  y  jouent  un  rêle  quelconque. 
ïrcniiséi|ueiil,  on  ne  voit  jamais  coulerde 
torplunte  un  seul  mol,  soil  d'admiration 
«<l'a|iprol>ation,soit  de  blême  nu  de  rail- 
•rif.  Ainsi,  dans  aucune  circon.*tance  ils 
le  se  iwf  matleot  de  juger  ni  les  personnes, 
li  iMifs in(L-ntioos.  ni  leurs  actions.  Delà 
ifnt  (|u'on  ne  trouve  point  de  portraits 
Itij  leurs  écrit»,  comme  on  en  rencontre 
litntfDlttans  tons  les  historiens  profanes, 
tfmhs  jilus  sincères  et  les  plus  véridi- 
nt^i.  Ajoutons  que  la  manière  -  dont  Ips 
nngtllftes  fiarlent  d'eux-mêmes  et  de 
idrsti:i)i]»^nons  nousoffre  encore  la  preuve 
1  p(as  éTiileott  de  leur  sincérité  el  de  leur 
«inief'ii.Enellel.ils  nous  racontent  l'obs- 
mléileteor  naissance,  leurs  défauts,  leurs 
rUf!i!es,  leurs  liantes  les  plus  humilian- 
X  simplement  comme  des  choses  liées  aux 
fÂjfineitls  de  la  vie  de  Jésas- Christ,  et 
li  Sont  des  circonstances  de  ces  événe- 
W>li.  Lfl  même  simplicité  et  le  même  ns- 
nl  >«  font  remarquer  dans  tout  ce  que 
■  tiingélisles  nous  rapportent  de  leur 
fhiu  Maître;  ils  n'ont  jamais  un  root  de 
tMnjtpour  aea  vertus,  ses  bienfaits  mé- 
Kt  mrers  enx  ;  jamais  un  seul  reproche 
frtjsé  k  ses  ennemis,  à  ses  persécuteurs 
tim  bourreaux  (139V}.  —  2*  Quand  une 
lloire  qui  contient  de  grands  évériemeuls 
ié  érrite  et  publiée  par  un  auteur  con- 
■r>orsin,  qui  recoule  des  choses  qu'il  a 
ks'ruHiiéme,  ou  que  des  témoins  oculaires 
I  ont  a)iprises,  et  qui  étaient  d'ailleurs 
diliqucmant  connues  de  son  temps,  sans 
R  personne  se  soit  inscrit  en  faux  conire 
e  récil,  ni  dans  la  nation  chez  laquelle  il 
Iqiie  ces  événements  se  aoni  passés,  ni 
"bj!  les  peuples  voisins;  cette  histoire  est 
irrefsullemenl  regardée  comme  Térilabla 
idi^ncdefoi,  quel  qu'en  eit  élé  l'auieart 
fesqu'elle  se  trouve  munie  du  sceau  do 
thiruboiion  du  siècle  dans  lequel  elle  a 
«[luliliée.  Aussi,  jamais  un  homme  sros4 
!  s'èTiseroit  de  révoquer  en  doute  la  Té- 
cilé  d'un  ouvrage  revêtu  d'un  pareil  ca- 
tlire,  eût-il  été  écrit  par  un  homme  sans 
Hors  el  sans  probilé,  tel  que  fut  Sallusle, 
tf  ciemple,  parce  que  l'approbation  don- 
k  ï  l'ouvrage  par  les  contemporains  sup- 
'tmil  assez  è  ee  qni  manque  k  l'écrivain 
wrse  faire  croire.  Or,  l'Evangile  contient 
is  événements  de  la  plua  haute  importance, 
n  (ivénements  publics  qui  ont  eu  lieu  à 
I  (acf  de  toute  une  génératiou.  Quant  aux 
'iigélitles,  ils  ont  été  contemporains  des 
iiu  qu'ils  rapportent  ;  les  uns  témoins  ocu- 

Il'.«t|  En  jeunl  un  limple  coup- d'ail  sur  In 
'l'If ilrt,  00  UouvEra  TacUfinent  le  développement 
c  hMltt  CCS  cousàdÉradous,  que  dws  ne  pouvuDi 


présenter  neut-nêiiie  Ici  <IM  d'une  .naidéte  0* 
aérale. 


KVJk 


MCTlONNAOtC 


des,  a  pu  conduira  un  si.ernnd  dessein  à 
exédulion  ;  el  qui  a  même  donné  poiircati- 
tion  sa  rie,  qu'lt  a  effuctirement  perdue  aa 
mjliea   des  p!us   cruelles   doulenrs  et  des 

fini*  sanglnntes  ignominies  ;  un  tel  Régulns 
si  nous  pouvons  l'appeler  ainsi),  qui  se  dé- 
Toue  d'une  manière  si  généreuse  non-seu- 
temeiit  [lour  son  peuple,  mais  pour  tout  le 

5enre  humain,  nous  ofTre  cerlainemenl,  eu 
gard  au  tpmps  où  il  a  vécu,  un  modèle 
Inip  achevé  pour  n'élre  qu'une  ficiron  des 
éran^éliiies.  Tels  sontnéairmoins  les  Iraits 
d'après  lesquels  Jésus  nous  est  dépeint  dans 
('Evangile.  Il  est  toujours  si  égal  et  si  par- 
fait dans  toutes  les  sitnaiions  de  la  vie,  dans 
son  rejios  et  son  action,  au  milieu  dos 
jouissances  et  des  prirations,  dans  ta  gloire 
et  dans  l'ignominie,  parmi  ses  amis  comme 
•»eo  ses  ennemis,  que  jamais  un  sage  io- 
Tt>nt«nt  la  vie  d'un  autre  sage  n'eût  trouvé 
rieu  de  pareil.  Partout  sa  dignité  et  le  seo- 
tiineutde  sa  grandeur  l'accompagnent;  dans 
les  différentes  scènes  de  sa  vie,  sa  conduite 
et  ses  discours  sont  toujours  en  harmonie 
STeo  les  choees,  les  temps,  les  personnes  î 
et,  dans  loules  les  circonstances  où  il  S4 
trouve,  fl  [laratt  constamment  plus  grand  et 
pliis  noble  qu'on  ne  saurait  l'imaginer.  Au 
milieu  d'une  eiiilence  d'agitations  et  de 
BOuiri'SDces,  et  jusqu'au  terme  de  sa  vie, 
Jéfciis,  toujours  le  même,  présente  certaine- 
ment en  lui  le  plus  beau  modèle  de  toutes 
les  Tertus  qu'il  venait  apporteraux  hommes. 
Représenter  et  soutenir  jusqu'au  bout 
I  idée  d'un  si  excellent  personnage,  était 
ooa  entreprise  que  l'esprit  aUltardi  des 
Juifs  de  Cette  époque  était  bors  d'état  de 
oi>nceToir  et  d'exécuter;  en  effet,  ces  idées 
si  pures  et  si  belles  sur  la  religion  et  la  mo-: 
«le,  cet  essor  sublime  qui  le  rendit  si  8u- 
iièrieurau  judaïsme,  celte  vue  profonde  qui 
l'i*  P^n^lrer  dans  les  secrets  les  plus 
cachés  de  l'ordre  moral,  sont  tout  h  fait 
ao*dessus  de  la  portée  de  son  siàcle  e(  des 
^e»  qai  l'avaient  précédé,  et  surpassent 
eaiièremerH  la  oapacrlé  de.la  nation  qui  l'a 
produit,  et  dont  il  est  sorti  comme  un  phé- 
nomène unique  et  sans  exemple.  Quand 
Platon  et  Xénopbon,  retraçant  le  caractère 
de  leur  malire,  en  ont  tait  un  portrait  qui 
semble  éclipser  tout  ce  que  la  sagesse  du 
restedes humains  peutoliriri  l'admiration, 
on  peut  soupçonner  qu'ils  ont  formé  leur 
lablpao  de  irsils  imaginaires,  ou  que  du 
moins  ils  l'ont  embelli  en  le  rapprochant 
d  une  beauté  idéale  ;  mais  outre  que  le  ca- 
ractère de  Jésus  esl  iniiniment  au-dessus  de 
celui  de  Hocrste,  nos  évangélisles  n'étaient 
t^s  des  Platon,  et  les  Juifs  n'avaient  ni  de 
Xénophon  ni  d'Ëscbine.  Nos  pauvres  pé- 
cheurs de  Galilée,  privés  des  avantages  d  un 
esprit  cultivé,  étaient  incapables  d'iaventor 
l'image  de  la  perfection,  de  donner  même 
è  un  porlrait  de  fantaisie  une  noblesse  réelle. 
Ils  ne  pouvaient  que  Irensmeltre  avec  une 
fiJélilé  naïve  et  une  simplicité  sans  fard  ce 

Su'ils  avsiuat  reçu;  par  conséquent  Jésus 
ojl  avoir  été  tel  qu'ils  nous  l'ont  décrit.  11 
Qoil  oécessairemeut  avoir  agi  t>t  parlé  comme 


APULOCETIQOE.  hU  m 

les  évangélisles   l'ont  lait  agir  et  pitl«r, 

Qu'on  n'objecte  poiot  que  81  vie  eal pleine 

de  miracles.  N'est-il  pas  lui-toËma  loplut 

Srand  de  tous  les  prodigesT  cnr  uù  InutK 
ans  SB  nation  une  école  capable  da  former 
un  pareil  élève,  de  porler  dans  un  lempiti 
oouri  un  tel  génie i  M  msturilé,  de  pro- 
duire en  un  mot,  è  l'ftfte  de  Ireole  ini,  m 
nouveau  Socrale  qui  surpasse  incolnpl^^ 
blement  celui  d'Athènes  par  sa  via  et  |Mr 
SA  mort,  par  la  grandeur  de  ses  vuei,  pirli 
sublimité  de  sa  sagesse  et  la  pureliile  » 
morale  ;  et  cela  h  une  é(»(iUB  où  d'un  titi 
la  force  des  pnijugés,  delà  superililioa  u 
de  l'autorilé;  et  de  l'autre,  les  vues  élroiis 
de  ses  contemporains,  aussi  bien  que  i*  < 
prit  dégradé  de  la  Dation,  devaient  néw- 
sairemeiit  arrêter  les  plus  nobles  eflortid' 
déconcerter  les  entreprises  les  plus  b«nli«t  | 
El  combien  de  temiis  a-t-il  «m|ilofé  Xn-i 
vailler  è  celte  réfbrmalion  de  son  peupkit 
h  cette  régénération  du  genre bumiia,dD« 
lu  vie  la  plus  longue  {wrait  à  peine  iuQÎiiiili 
pour  jeter  les  premiers  fondemenltl  ta\ 
d'années  seulement,  car  il  n'a  fait  qui  pu- 
ser,  et  on  pourrait  justement  comparer  l| 
durée  de  sa  iiiissio»  k  cello  de  sou  fuit 
avènement,  qu'il  a  dit  lui-même  devoirtui 
rapide  comme  l'éclair  qui  part  de  l'orienU 
brille  tout  )i  coup  jusqu'à  1  occident.  [1A4 
xiiv,  27.}  Lui  el  la  grande  révolulion^A 
a  produite  dans  le  monde  soûl  dt:t)ii)«ir 
menés  uniques  dans  l'histoire  du  gem 
humain.  Comntent  le  chrislianisnie  i-1-ilM 
être  créé  dans  l'espace  de  trois  innËBJ 
oomuieni  a-t-il  pu  se  former  compléieoM 
d'un  seul  jet?  Quelle  esl  ta  cause  'ti\utm 
d'un  phénomène  si  estraordinsireT  M 
pourra  jamais  découvrir  la  liaison  da  u  Uj 
avec  les  causes  onlioairesT  qui  )tourral'(4| 
piiquer  par  les  événements  snténeund 
eoolemporainsT  Et  puisque  le  csriclère  m 
Jésus-Christ  et  la  graude  révolution  qu'ilj 
produite  dans  le  monde  sorleat  enliëreDici 
de  l'ordre  commun,  celte  révolutiOD  DH 
elle  pas  dû  exiger  des  moyens  exlnonlin 
res,  et  nécessiter  l'opération  des  nrodiieu 
D'ailleurs,  ce  que  nous  savons  du  peuM 
BU  milieu  duquel  Jésus-GbrisI  s'éltva,  mi 
prouve  clairement  qu'il  fallait  des  miracH 
car  c'est  par  là  seulement  qu'il  pouviiln 
blir  son  autorité  el  les  droits  de  sa  miuîN 
parmi  les  Juifs,  et  leur  faim  admi^tlre  le  dm 
veaa  plan  de  religiou  qu'il  leur  proposiil{ 
Le  Messie,  d'après  la  croyance  géDénl| 
de  ta  nation  judaïque,  devait  opérer  dij 
prodiges;  donc  Jésus ,  qui  s'anoon;» 
comme  le  Uessie  prédit  par  les  propbiiM 
ëlail  dans  la  nécessité  d'en  faire  j  il»  élaiei^ 
ia  condiiioa  iudispenfable  de  la  souui»io{ 
el  de  la  fui  qu'il  demandait  el  pour  lui» 
pour  sa  doctrine:  en  un  mot,  la  coodiiiDi 
do  son  succès.  Or,  ce  succès  esl  devant  nu 
yeux  ;  Jésus  a  oblenu  créance  daus  M  V*' 
trie,  théêlre  de  ses  enseignemenis;  ils] 
esl  fait  des  pnrlisans,  sans  que  ni  !■  P"'*' 
sance,  ni  la  force  des  armes,  ni  les  ricit^ 
ses,  ni  la  protection  des  grands,  lui  licpj 
prêté  lu  miâiulro  appui.  Bien  plus,  quoiiiu" 


EVA 


MCTIOlN.XAIRG  APOLOGETigVB.  E\K  Mh 

que  dans  )«a  prsmlerf  siècles  de  TEgUse  ktui 
ceux  qui  emlirassaieiit  le  clirisliaiiisme  'Je- 
TAJent  renoncer  ooii-«eulement  aux  lion- 
neurs  et  aux  richesses,  mais  h  la  Tit;  mAioe, 
&t  t]ue  cependoHt  il  eiîïlail  déjà  Lnnt  de 
Chrétiens  du  temps  de  Terlullien,  que  dsn* 
son  Apologétiiiue  ce  Père  écrivait  que  l'em- 
pire romain  ne  serait  plus  qu'un  déstrt  si 
les  Chrétiens  en  sortaient ,  il  nous  açra  >lé- 
tD'tntré  que  dans  les  circonstances  où  f« 
trou?aienl  lesévangéliste.*.  il  l«ur  était  ab- 
sniuiiient  impossible  de  faire  passer  pour 
vrtis  dea  faits  qui  ne  sersieut  point  réelle- 
ment irrivés  (1397). 


«1  Mj  opprimé  et  mis  h  mon  a*eo  le  con- 
raiiri  de  l'aulArité  publique,  quoiqu'il  ail 
^m  \tén  fiar  le  plus  iiiHiiie  supplice,  au 
luoowntoù  il  arait  i  pe'oe  jeté  les  premk-rs 
(iiidemcnts  de  sa  doolriae,  il  a  été  «près  si 
vrt  l'objet  d'une  foi  si  v'iie  et  ai  forte, 
Uïcialant  bJenlAl  sa  dehors  de  sa  patrie, 
:lt  i'e*l  répaulue  en  peu<le  temps  dans 
«ut  IsniriTS.  HaJntenani,  puisque  le  suc- 
ft  éliit  Miroitement  lié  dans  son  pnys  h  la 
Ttliié  it  ses  miracles,  et  qu<:  nous  somme» 
nréstj'iiJiiietlre  qu'au  moins  une  partie  de 
4  ii.-iiuD,  malgré  ses  préjugés  et  ses  inté* 
U  l«s  |i|iiB  tliers  dans  ce  moade.  a  cru 
m  bits  éranijéliques  au  point  de  subir  les 
wmenH  et  la  mort  pour  en  maintenir  la 
ihiU. poiiTons-nous  séparer  uoe  croyance 
■iltfwet  si  constante  de  l'opération  des 
rdiftsdrni  l'histoire  de  Jésus-Christ  est 
iflne{i395)f  Ainsi  le  caractère  personnel 
tJùut-Chrisl,  tel  que  le  représentent  les 
finalistes,  nou»  fournit  unedémonstra- 
M  rigoureuso  de  leur  sincérité  (1396). 
TroiiièoieiDenl  enfin,  quand  bien  mémo 
Icrangélisles  aoraienl  voulu  lrom|>er  dans 
tliji! qu'ils  nous  racontent,  ils  ne  l'au- 
idl jamais  pu.  En  effet,  il  ne  faut  pas 
Ktiie  rue  que  les  évangélistea,  araul  de 

Kiter  leurs  livres,  avaient  annoncé  en 
iDus  les  bits  qui  y  sont  contenus.  Ils 
luuuncaient  également  en  public  pen- 
M  tia'ils  composaient  leurs  livres;  et  fia 
niatireot  la  mëuie  prédication  après  les 
IH' ait  par  écrit.  Or,  dans  cet  état  de 
te»,  il  était  absolument  impossible  aux 
fi^'^lisles  d'en  imuosersur  les  faits  qui 
toaiesl  le  sujet  de  leurs  écrits,  Csr  si  ues 
piuientété  eoulrouvés,  lus  Juifs  qui 
Ifcnt  lécu  avec  Jésus-Christ,  et  qui,  par 
^ueit,  cuDtMifsaient  h  laerroille  et  ses 
Rturi  et  sus  actions,  n'étaieni-ils  pas  là 
*r  les  convaincre  de  fraude  et  d'inipos- 
>**i!Di  Surtout  qui  avaient  le  plus  {(rand 
■ff^ikurouver  la  fausseté  d'une  histoire 
tfuue  itocirine  qui  entraînait  Décessaajrfl< 
•fia  ruine  de  leur  religion  natioualu, 
■JMBiis,  h  moins  d'avoir  perdu  le  sens, 
*»  s'imaginer  que  si  ce  que  les  évan- 
iDi'i  racoutaienl  de  leur  naître  eût  été 
n-t'ilsn'nvaieot  pu  cooQrmé  leurs  pa- 
«l>or  des  miracle»,  ils  auraient  pu  por- 
'n  Juifs ireaunceF  h  la  religion  de  leurs 
■*).  ruligiou  è  laquelle  ils  étaient  attachés 
tpiniêtréfflPHi,  pour  leur  faire  adorer 
Mine  leur  Messie,  comme  UD  Dieu ,  cet 
Bine  qu'ils  avaient  naguère  crucitié  d« 
"ipioiires  mains;  et  qu'ils  auraient  dé- 
"Ditu!  les  païens  fc  abandonner  un  cuits 
N  liuminail chez  tous  les  peuples  du  mua* 
'•l'()i;liie  nation  juive  exceptée,  un  culte 
M'urableiux  liassions  humaines,  pour  en 
■'wuMr  uu  eusai  austère  que  celui  de  Je- 
'^iitisi,  qui  proaurivait  impitoyablement 
vl  i«Ficliaui  vicieux,  toute  passion  con- 
uctaUTenuIâi  nous  considérons  encore 

f-%1  Vtf.  Hix,  EinUii.  iai  N.  T.  Tk.  i,  Seit.  porirsii  de  Jésos-Chrisl  par  J.-l.  Rousseau. 
'  <;.  CuLuu,  ItUToé.  M  ff.  T.,  pQg.  5»1.  (1397)  Yof.  la  Note  VI,  k  la  Sn  de  vehime. 
l'-^i)  Voy.  au  oDUBSeacaBieiil  de  cet  aftîde  k         (ifOi)  V<q|.  le  S  prôo^deai  el  l'^rUde  MiatM. 


On  ne  saurait  légitimement  révoquer  en- 
doute  la  divinité  d'un  livre  qui  contient  unit 
doctrine  conflrmée  par  des  mîraclfas  sans 
nombre,  |iar  des  prophéties  éclatantes ,  et 
par  l'accord  parfait  des  événements  qu'il 
rapporte  aveo  d'anciens  oracles  prophéti- 
ques qui  les  ont  annoncés;  une  doctrine 
qui ,  considérée  d'ailleurs  en  elle-même,  est 
beaucoup  plus  parfaite  que  toutes  les  doc- 
trines naturelles.  Or,  tels  sont  les  titres 
avec  lesquels  les  Evangiles  se  présentent  i 
nous. 

Que  la  doctrine  contenue  dans  les  Btbd- 
giles  ait  été  coriQrniée  par  de  nombreux  mi- 
racles, c'est  un  point  qui  a  été  porté  jusqu'au 
plus  haut  degré  d'évidence  par  les  apolo- 
RÎstes  chrétiens,  qui  ont  démontré,  par  tous 
Tes  moyens  que  fa  critique  peut  mettre  eu 
Œuvre,  ces  deux  vérités,  savoir  t  que  Jésus- 
Christ  s  réellement  opéré  les  miracles  nft* 
portés  dans  nos  Evaiigiles,  et  que  ces  mé> 
mes  miracles  soit  une  preure  irrécusable 
de  la  mission  diviue  du  Sauveur.  Ce  que 
nuus  eu  avons  dit  nous-mèue  (1398),  suOit 
pour  en  convaincra  tout  esprit  raiaoniiabla 
qui  ne  se  laisse  pas  aveu^er  rolontairement 
par  des  préventions  injustes. 

La  doctrine  évangélique  a  élu  encore  cou- 
firmée  par  les  propnéties  éclatantes  que  la 
Sauveur  a  faites,  et  qui  ont  eu  leur  accom- 
plissement, conformément  k  ce  que  lesévan- 
gélistes  nous  out  rapporté.  On  ne  pourrail 
déclinerla  force  de  cet  argumeal  qu  en  r^a- 
laut  l'authenticité,  l'intégrité  et  la  véracité 
des  Evangiles;mais  nousTsaoos  dt démon- 
trer qu'il  n'y  avait  aucune  raison  légitime 
de  le  faire.  Or,  les  propliéties  du  Sauveur, 

aue  les  évaogélistes  nous  ont  transmise* 
an»  leurs  écrits  ,  et  que  l'histoire  atteste 
avoir  eu  leur  parfait  accomplissement,  sont 
d'abord  celle  de  sa  mort  par  la  supplice  d» 
la  croix,  avec  le  détail  ae  toutes  ses  sour> 
(rances  et  de  toutes  ses  ignominies;  qu'iL 
serait,  par  exemple,  couvert  d'iujures  ,  Qa- 
Relié,  qu'un  lui  cracherait  nu  visage,  qu'on 
\\i  livrerait  non-seulement  au  pouvoir  des 
Juifs,  mais  encorek  celui  des  Gentils;  qu'ils 
le  cruiHIitiraieut;  qu'il  sérail  trahi  par  un  de* 
siens  qu'il  désigna  de  manière  k  ue  laisser 


m  Vlk  IMfîTIONNAIRE  APOLOCETIQUC.  ETA  ik 

aueuii  doute  sur  ce  Irsllre,  qu'il  sernit  renia  iets,  a-l-«lle  pu  opérer  diDi  h  monJeiiDi    ' 

jusque  Irtits  fois  par  saint  Pierre,  H  qu'il  révolution  si  subits  et  li  étendoeT  Conment 

SB  Ttrrsit  sbsndonnédelous  sesapdires;  en  dei  dogmes  qui  s'élèTeot  si  biol  la-dnim 

second  lieu,  celle  de  sa  résurrection  le  troi-  de  l'es|)rit  bumsin,  qui  oblisenl k  croirclei    i 

siénie  jour  sprès  sa  mort,  et  de  son  oppari-  mystères  les  plus  incomprébensibles;  ron.    I 

tionA  SHS   disciples  en  Galilée;  troisième»  ment  une  moralequi  Tealfjue  l'on  combine 

ment,  <*elle  de  son  ascension,  de  sa  gloire  continuellement  et  que  l'on  crjciSe  uni    i 

future  et  de  la  conversion  de  lous  les  p«!uples  ))ilié  les  fiassions  les  plus  cbères,  el  qui 

h  la  foi.  Une  prophétie  de  Jésus-Clirist  oui  prescrit  une  mort  perpétuelle  t  tool  loi.   | 

mérite  surtout  noire  allenlion  k  causettes  uièmfltcommenluoepareilledoctrioeiqnib   j 

détails  nombreux  de  tout  genre  dont  elle  est  elle  été  re^ue  aussi  promptemefli  el  lusii    I 

environnée,  c'est  celle  de  la  ruine  de  Jéru-  uni rersetlement   sf   aile  o'élalt  poial  di* 

sslem.  Car  ce  divin  Sauveur  a  prédit  tous  vine  (1999]? 

les  signes  qui  devaienl  âtre  les  précurseurs         Le  style  et  la  manière  dont  les  Ersiigiln    I 
de  cette  grande  calaslropiie,  coiume   la   fa-  sont    écrits    prouvent  jusqu'i    l'éiiiltut 
mine   et  les  autres  ealamilés  qui  pesèrent  que  les  plumes   qui  les  oui  tracéi  éliirtt 
sur  la  nalinn  Juive  pendant  le  siège  de  netle  dirigées  par  l'Esprit  saint.  Nous  iTonsd^   I 
ville.  Il  aunonçB  ,  par  exemple,  que  parmi  vu  que   la  laintelé  de$  Evangila  parMin 
IttsJuifï,  les  uns  périraient  par  le   glaive,  caur  méiDed'un  grnnd  déisle,  Bitpoisldi 
lea  autres  seroient  conduits  en  captivité;  que  lui  faire  avouer  qu'un  livre  à  ta  fou  li  »  ' 
Jérusalem   serait  prise  et  foulée  sous  les  btime  et  n  limple  ne  pouvait  éln  Ciuvrap 
pieds  des  Geotils,  et  que  le  temple  serait  dnAammei. Quelle  preuvesurlouleofiitur 
itétruilaufMiintqu'iln'earesterjiiliias  pierre  de  l'inspiration  de  t'Kvangile,  que  cel  lit 
sur  uierre.  Or,  nous  le  répétonit,  toutes  ses  d'indifférence,    celte   sorte   li'inpassibililj 
(véuiciions  ont  eu  un  accomplissement  lit-  qui  règne  dans  les  écrits  des  évangëliMbl 
léral,  personne  ne  saurait  l'ignorer  aujour-  Qu'on  ste  Qgure,  si  on  le  peut,  des  luievn 
tl'hui.  assez  passionnés    envers  leur  héros  jiuur 
La  doclriaa  des  Evansile.*!  ne  se  trouve  s'eiposer  à  mille  dangers,  endurer  leg ptr- 
iws  moins  confirmée  par  raccord  parfait  qui  sécutions  el  la  mort  mdme  dans  l'uui^iu» 
viîste  entre  les  événements  qu'ils  rappor-  dessein  de  le  fnire  connallre,  elcepemltal 
teut,  et  d'antiiens  oracles  prophéliques  qui  raconlant  une  assez  longue  tiistoiro  des  bi- 
les ont  annoncés.  Il  sullît  de  comparer  l'An-  milialions  dont  il  a  été  abreuvé,  des  opptp- 
laeu  Testament  avec  le  Nouveau  iraur  vois  bres  les  plus  inouïs  dont  il  a  été  tKa>\é, 
que  presque  lous  les  faits  évangéliques  qui  des  tourments  les  plus  crueis  dont  il  ii>i 
concernent  Jésus-Cbrisi  se  trouvent  décrus  accablé,  sans  que  jamais  on  puisse  les  sur*  i 
dans  les  prophètes  de  l'ancienne  loi.  Eu  prendre  ayant  l'Ame  émue,  sans  que  j^oiiit  ! 
vain  les  incrédules  et  les  partisans  de  la  il  leur  échappe  un  seul  luot  ou  en  lawv 
nouvelle  eié^èse  se  sont-ils  inscrits  en  faux  de  l'innocence  et  du  courage  sublime  de  I) 
contre  celle  conformité  des  oracles  des  Ué-  victime,  ou  contre  la  perlidie  et  la  cruititi 
breuiavec  ce  que  les  évangi^lisles  nous  Bp>  des  juges  et  des  bourreau iT  C'est  uolri>p 
prennent  de  Jésus  le  vrai   Uessie   atttii'Ju  grand  effort   pour  la  nature  humaine;  ell* 
tiar  la  nation  juive,  leurs  efforts  et  leurs  len-  ne  va  pas  si  loin.  Oui ,  il  a  Wlu  atix  éTin* 
lalives  n'ont  abouti  qu'A  rendre  cette  vérité  gélisles   toute   l'inQuence   de  l'inspinlloi 
plus  éclatante.  La  Christologiede  Hengslen-  divine  pour  dire  avec  autant  de  santj-troiii. 
berg  a  détruit  lous  les  arguments  des  exé-  et  sans  ajouter  aucune  réflexion  :  tt  en» 
gèles  rationalistes.  Nous  ii'ignoruas  pas  ce  fixerunt  eum,  «  plus  on  fait  atlenlion  mo- 
que quelques  critiques  ont  opposé  à  certai-  raclère  inimitable  des  évaugélisles,  remir- 
ues  particularités  dans  lesquelles  l'auteur  que  judicieusement  Rollin,  plus  on  y  recon^ 
peut  en  effet  paraître' attaquable;  mais  nous  natt  la  conduite  d'un  autre  esprit  que  cel« 
aavonsaussi  que  le  fond  de  ses  preuves  n'a  de  l'homme.  Ils  se  contentent  de  dire  en  m 
rien  perdu  de  sa  force  et  de  sa  solidité,  et  mot  que  leur  mettre  fut  cruciHé ,  uns  mit- 
nous  ne  craignons  pas  d'ajouter  que  les  at-  quer  ni  étonnemeut ,  ni  compassion ,  ni  n- 
taques  inspirées  par  le  raiionalistne  out  élé  connaissance.  Qui  parlerait  ainsi  d'un  m 
jusqu'ici  entièrement  impuissantes.  qui  aurait  donné  sa  vie  pour  lui?  Queltlls 
u  doctrine  évungélique  porte  en  elle-  rapporterait-d'une  manière  ai  courte  sl^ 
même  un  cacbetde  divinité  qu'il  est  difficile  simple  comment  son   père  l'aurait  exempté 
de  ne  pas  recunnallre.  Non,  jamais  Jésus  de  du   dernier  supplice   en  le  souffrant  iH 
Nazareth ,  jamais  d'ignorants  Ualiléens.  b  place?  Mais  c'est  «o  cela  que  le  doigt  <n 
looiiis  d'être  éclairés  par  une  lumière  di-  Dieu  est  évident  :  et  moins  rhommepirui 
vine,  n'auraient  pu    inventer  des  dogmes  dans  une  conduite  si  peu  humaine,  pli» 
aussi  sublimes,  une  murale  aussi  paiiuite,  l'opération  de  Dieu  est  oiBnlfeste.  l.«s{>iU' 
Nous  l'avons  déjà  dit,  et  la  question   que  phètes  décrivent  tes  souffrances  de  JéH» 
nous   trailuiis   nous    otili^e  à   le   répéter:  Christ  d'une  manière  vive  et  touchante,  [»' 
Comment  la  doctrine  évangéliqiie,  prèchée  Ihétique.  Ils  sont  pleinsde  réôexions  (lUWIi 
par  douze  pauvres  pécheurs  qui  ne  conuais-  mais  les  évanRélistes  lesracooteat  il'>i'" 
saieot  guère  que  leurs  barques  et  leurs  il- 


mais  les  évangélistes  les  '  racooteat  < 

manière  simple»  sans  oiouvemeslSf 


(1599)  On  peut  voir  dans  lo«  tes  inilés  «le  la  re- 
biHHi  lea  iUvdo|>p«aieiuqne  Ic&Uiévlosîeiia  polé- 


miques oiil  donnés  &  celle  preuve. 
(liOO)  Pê.  XXI,  uvui  :  J«r.  XV,  i 


m  nu 

réleiiMU,  mm  ri»  permltra  h  leur«l- 
■irMioa  et  k  leur  reconDaisMnce,  mos  p*- 
ntiTF  avoir  «ucaDdesMiD  de  changer  lears 
iMeurtêndiiciplMdeJésus-Chrial.  Il  n'élait 
|iu  DalHf»!  que  des  témoins  nculairca  de  sa 
c»ii,  et  si  zélés  fNHir  sa  gloire,  pailasseut 
d*yae  maniera  ai  modérée  do  crime  iuouï 
tnaiDis  contre  se  personne.  Le  zèle  des 
érangëlisM»  eût  été  aiu|)ecl,  celui  des  pro- 
pbèles  ne  pouvait  l'être;  mais  si  les  évangé- 
'iiles et  les  proplièles  u'aTsient  étéiuB|iires, 
lei  premiers  eussent  écrit  d'une  manière 
plus  animée,  et  les  seconda  d'une  maniéru 
plus  îndiflërente-  Les  uns  eussent  ourqué 
oodMsein  da  f>ersusder,  et  les  eutrea  une 
limîililé  el  une  béaîlalion  dans  leurs  conjec- 
tem  «fui  o'eAt  touché  personne.  Tous  les 
prephéiti «ont  ardenis,  zélés,  pleins  de  res* 
;«cj  et  de  Ténérstion  pour  les  mystères 
qu'ils  annoncMil;  tous  les  évangélistes  sont 
(naqgdles,  «1  atec  uo  zèle  égal  k  celui  des 
popliètes,  ils  ont  une  modération  inimita- 
Me.  Qui  peut  ne  pis  reconiialtre  la  main 
fui  acoocDÎt  les  uns  et  les  autres  Tel  quelle 
pnave  peat  être  plus  seasible  de  la  di*înîté 
ta  Ecritures,  que  de  ne  ressembl.T  en  rien 
i  loul  ce  qn'^eriTant  les  hommes  (lUl^T  > 
il  ne  faut  donc  pas  a'élooner  si  les  Chré- 
lima  ont  toujours  en  pour  les  Evangiles  un 
agnod  respect,  one  vénération  si  proroude, 
n<i  toutes  les  ^liaes  chrétiennes  lus  ont 
lotjoun  regardés  non-seuleiDenI  comme 
aspirés  par  l'Esprit  saint,  et  fiar  conséquent 
■unis  du  sceau  de  l'autorité  divine,  maia 
nmine  la  partie  la  plus  importante  du  canon 
Ies  livres  aecrés,  puisqu'ils  conlienDenl  les 
«rôles  qui  sont  sorties  immédiatement  de 
1  tKHiciie  dn  Fila  de  Dieu  lui-uièDie.  En 
Cri,  peitoul  aillegradana  l'Ecriture,  Dieu 
irle  par  ses  prophètea  ou  par  sas  apAtres, 
'tttrae*  remplis  de  son  eaprit,  mais  aimples 
réatoree,  placés  au-deasous  de  lui  de  touie 
I  disuoee  do  Bni  è  l'infini,  tandis  que  dans 
Evangile  il  s'exprime  par  l'organe  de  son 
ro|ire  Fila,  la  splmideur  de  sa  gloire,  l'image 
arfaila  de  sa  substance,  et  qui  est  assis  au 


APOUtGETlQDE.  FAS  mS 

plus  haol  du  ciel  h  la  droite  de  aa  sonveralne 
majesté,  comme  le  dit  saint  Paul  dans  sa 
dernière  E|>Ilre  :  MuUifariam  mullûque 
modii  oiiai  Dnu  loquetu  palribui  in  pro- 
fktlù,  M.Qviiimt  ditb¥t  U(U  IocuIum  ett  nobiê 
M  Filio...  Qui  citm  tit  tplendar  gloriœ  et 
figura  âubttanliœ  ejus.-.  tedet  ad  dtxleram 
WMJestatit  in  exctliiê  (Htbr.  i,  1-3). 

EVANGILE,  l'Orienl  au  lemt>s  de  sa  pré- 
«lication.  l'oy.  UrreisiiE,  )  VL  — Ce  qu'était 
l'Asie  occiiienlale  k  la  même  é(^>oque.  Ibid, 

—  Puhliciié  des  laits  évangéliques.  i6id., 
I IX.  —  Son  unilé,  son  originalité,  sa  eo- 
blimîté,  sa  sincérilé.son  universalité.  i6îd  . 
i  X.  — Sa  publication  a  Tait  tomt)(>r  les  ora- 
cles du  paganisme.  Voy.  DiMun,  {  IV.  — 
Peut-on  appliauer  aui  Tails  évanjjéliques 
la  théorie  de  rtiallucinaiion.  Foy.  HiLLiicf- 
KATiox,  i  III.  —Telles  de  l'Evansile  relatifs 
au  petit  nombre  des  élus;   interprétation, 

—  roy.  Elus,  {  11.  —  E*angito  primitif,  ea 

au'il  faut  en  penser.  Vog.  Note  IV,  k  la  &a 
a  volume.  —  Originalité  do  l'Evangile. 
foy.  note  Ml,è  la  fin  du  volume  second. — 
L'Evangile  prnscrit-il  le  célibat?  Toy.  Càu- 
•AT,)!.— Origine  apostolique  des  Evangiles, 
preuves  internes.  Fay.  Uxthismb,  S  ".  — 
Evangile  de  saint  Uarc,  son  nuibenlicité; 
réfutation  do  Strauss.  Foy.  Uaic  (Saîntj; 
o'est-il  aii'un  abrégé  du  premier  et  du  Iroi- 
sièmeT  Ibid.  Réfutation  de  Strauss  au  sujet 
des  deux  récits  miraculeux  particuliers  k 
aaiol  Uarc.  Ibid.  —  Fay.  Loc  (Saint);  Jbah 
(Sainl). 

EVOLCTION.  examen  de  ce  système  em- 
brjrolojfique.  Kay.  Embktolooik.  —  Evolu- 
tion rationnelle  ue  l'houime,  ses  condition». 
Yotf.  PsicaoLoaiB.  S  IX.  et  suiv. 

EXAMEN  PRIVÉ,  réfuté  comme  rèjle  de 
foi.  Voy.  KkoLR  dk  foi. 

EXODE,  sou  authenticité,  etc.  Foy.  Pm- 

TATKtlQUB. 

EXORCISTES,  leur  ordinalioD  n'esl-eHe 
qu'une  simple  pratique  de  discipline.  Faf. 
■^  JIV. 


F 


FABERT,  ton  aenliment  sur  l'Eucharistie. 

7.  BOCHAKUT»,  I  111. 
ACOLTÊS  de  Ihomme,  ne  permettent 
is  d'adtneure  l'étal  de  nature..  Foy.  Psi- 
Htuicn.  i  VI.  —  Facnllés  intellectuelles 
imparées  dans  les  dïTersev  races  btuaalnea. 
■y.  RacBS  mxmummt,  i  VIII. 
FAITS  iueooteatables,  inexplicables  sans 
résarraetioa  de  Jésus-Chnst.  Fay.  M- 
-aascTioii  ■■  iÉaas-CBusT.  {  III. 
FAlXOUX  (Alfred),  son  mémairt  sur  la 
lint-Sarlhélemjr;  ses  belles  paroles  au 
Migres  ■dentifiqae  d'Angers  en  18^3.  Foy. 
iMAnsMMt  i  IIL 

VAUIIXES  BDHAINES,  leur  distnbultoa 
t^rapbiqoe.  Foy.  Racks  momaiii».  |  i. 

OHM)  «autt,  TroW  da  éuia,  L  U.  cb.  S,  |  J. 


FANATISME,  ta  rtUffion  veng/e  du  tê- 
jtrocht  de  fanaliMmt.  —  Je    ne    sais  |»ar 

Îiuelle  blalité  il  arrive,  a  dit  un  écrivain 
rai>{;ais,  que  les  choses  dont  on  parle  le 
plus  parmi  les  hommes  sont  ordinairement 
celles  que  l'on  comprend  le  moins.  Celte 
réflexion  singulière,  si  l'on  veut,  s'est  par- 
ticuiièrement  vérifiée  au  sujet  de  ce  qu'on 
appelle  fanatitme.  De  nos  jours,  ce  mot  n'a 
pas  été,  comme  autrefois,  reléjjué  dans  les 
livres;  il  a  été  sur  tootes  les  lèvres,  il  a 
circulé  dans  toutes  les  classes  de  la  société  ; 
le  peuple  même  l'a' prononcé;  et  pourtant 
il  est  manifeste,  par  I  usage  qu'on  en  faisait, 
que  la  bouche  le  proférait  sans  qoe  l'esprit 
y  attacbil  aucune  idée  nette  et  précise.  A 


rAN 


MCTiomAme  apolocetique. 


cette  époque  de  déieslres  où  lesnonleiirs 
nortaieni  le  plus  étrange  renTcrsemenl  dans 
In  laDgnge  comme  dans  les  idées,  que  de 
victimes  ont  succombé  sons  la  vague  accu- 
sation de  fanatisme  1  Malheur  alors  à  coux 
qui  traTflillaient  h  couserrer  quelque  étin- 
celle du  feu  sacré,  k  saurer  la  reliKion  et  la 
morale  d'uD  naufrage  universel  I  Ils  étaient 
traités  de  fanatiques,  et  l'on  croyait  avoir 
accumulé  snr  leurs  têtes  toutes  Ins  accusa- 
tions, lorsque,  par  une  locution  nouvelle, 
qui  n'a  f>as  luôme  le  mérite  d'être  françfiise, 
00  les  accusait  de  fanaliter  te  peuple.  Le 
temps  lie  notre  délire  n'est  plus;  mais  en- 
core aujourd'hui  combien  font  un  uMge 
|)eu  éclairé  du  mot  fanatisme  l  Aux  yeux 
d'un  athée,  je  suis  fanatique,  parce  que  \e 
crois  en  Dieu  ;  aux  yeux  d'un  déiste.je  suit 
fanatique,  imrce  queje  crois  en  Jésus-Christ  ; 
enfin,  aux  yeux  do  je  ne  sais  quel  bel  esprit 
liborlin,je  suis  fanatique,  parce  que  j'adresse 
une  prière  au  Dieu  6  qui  je  dois  le  jour  qui 
nréclaire  et  le  pain  qui  me  nourrit.  Ainii 
on  flétrit  d'un  nom  odieux  ee  qu'il  y  ■  de 
plus  respectable;  et  par  ce  moyen  la  baine 
et  le  mépris  des  choses  les  plus  sacrées  ne 
peuvent  que  se  perpétuer.  A  mesure  que 
nous  reviendrons  h  des  idées  plus  saines, 
noua  mettrons  sans  doute  plus  de  vérité 
dans  notre  langage;  la  justesse  des  idées 
ramènera  la  proitriété  des  termes,  et  nous 
saurons  enfin  el  penser  et  parler.  C'est  pour 
concourir  h  cette  rérorme  salutaire  que  nous 
allons  fixer  le  sens  du  mot  faïuUieme,  mot 
terrible,  qui  a  coûté  tant  de  aang  et  de  lar- 
mes. Distinguons  ici  le  faniâme  de  la  réalité, 
el  sans  rien  dissimuler,  sans  déguiser  les 
excès  qui  mérilenl  d'être  qualifiés  de  fiua- 
lisme,  montrons  qu'il  est  injuste  d'en  ac- 
cuser la  religion  chrétienne. 

T  a-Ml  qaelqoe  (race  de  iHuUme  dioa  les  acUov  «t  tM 
tuilmes  de  Jésua-OiTist. 

En  donnant»  comme  on  l'a  fait  de  nss 
jours,  au  mol  /oiuifitnis  une  signitîcalion 
plus  étendue  qu'il  n'avait  autrefois,  ou 
imurrait  aualifier  de  ca  nom  l'sœour  outré, 
excessif  d  une  opinion  quelconque,  vraie  ou 
fausse;  dès  lors  les  sciences,  les  lettres,  les 
arts,  la  liberté,  l'égalité  auraient  leurs  fa- 
natiques, puisqu'ils  oui  eu  des  partisans 
fougueux,  eulhousiestfs,  qui  D'oui  connu 
ni  burnes  ni  mesures.  Ainsi  ce  serait  le  fo- 
iislisme  des  sciences  naturelles  qui  aurait 
fait  oublier  l'élude  la  plus  digne  de  l'homuie, 
celle  de  l'homme  ei  de  ses  devoirs  ;  ee 
serait  le  fanatisme  de  l'égalilé  qui  aurait 
voulu  effacer  jusqu'ft  la  plus  légère  trace 
des  distinctions  sociales  ;  ce  serait  l'amour 
faoalique  des  Grecs  et  des  Romains  qui 
aurait  outené  parmi  flous  hi  mépris  de  nos 
ancêtres,  l'oubli  de  leurs  grandes  actions, 
la  haine  de  leurs  institutions  el  des  mœnrs 
françaises.  Mais  pour  nous  borner  h  ce  qui 
regarde  la  religion,  qu'est-ce  que  le  fau»- 
lismeT  11  est  sens  doute  un  altacheoieDl 
raisonnable  à  la  religion,  uu  zèle  sage  el 
modéré  pour  ses  intérêts,  que  les  possioos 


seules  peuvent  chercher  à  reoérD  odicm,  ^ 
qne  respectera  tout  homnie  sensé  parmi 
ceux-IA  même  qui  auraient  le  milfacunit 
ne  voir  dans  la  religion  qu'une  inreiiliaD 
humaine.  Qui  dit  fanatisme  dit  einpiirtt- 
ment,  violence,  fureur;  el,  si  I'ud  «em 
s'entendru.  on  appellera  fanatisme  un  ièl« 
vioknt  el  sanguinaire.  Or,  rien  dt  plus 
injuste  que  d'en  accuser  U  reli^fion  cliré- 
lienne. 

8i  je  voulais  <>n  accuser  le  cbrlsiiiDîiaw, 
je  lAcherais  d'en  découvrir  des  tracts  ou 
dans  les  aciiuns  el  les  inaiimes  de  Um 
son  fondateur,  ou  dans  la  conduite  ellV 
seignement  de  l'Eglise  qu'il  s  établie  iltp»- 
sitaire  des  vérités  révélées,  ou  dans  in 
actes  pleins  de  violence  et  de  barbonequ'n 
eût  le  droit  de  regarder  oomme  l'ouinj» 
même  de  la  religion  ;  car  est-il  rien  de  piot 
inique  que  de  nire  retomber  les  n^  k 
quelques  Chrétiens  sur  le  cbrisUauisowqLi 
les  condamne  ? 

C'est  bien  dans  l'histoire  de  Jésni-Chriil 
et  dans  ton  Evangile,  qu'il  faut,  avant  loa', 
étudier  l'esprit  de  la  ri-liKion  que  mm  ^- 
fessons.  Or  ici  nù  »ont  les  signes  d'un  lèlc 
eruel  et  faroucheT  Que  fnt  Jésus-Cliritt sur 
la  terre  T  le  plus  doux  des  enfantsilFiboDi- 
mes  :il  n'achève  pas,  comme  disent  les  li- 
vres saints,  de  briser  le  roseau  hdemiciHi, 
ni  d'éteiudre  la  miche  qoi  fume  entort. 
Ami  des  pauvres,  consolateur  des  ilDigt', 
défenseur  des  foiblvs  et  des  petits,  il  ftst 
en  faisant  du  bien  h  tous  ,  el  ses  miriclti: 
BOut  des  miracles  de  boolé.  Si  Pierre  ini 
le  défendre,  il  arrête  son  tèle;  il  embrawl 
le  disciple  qui  le  trahit ,  il  souffre  unsw 
plaindre,  il  prie  pour  ceux  qui  leperi^ 
lent,  il  meurt  en  nardonnsut  à  si-s  Immn; 
reaux;  quel  blasphémateur  insensé  iiniH 
rail  pa«  louché  de  l'béruique  simplicité  d» 
tant  de  vertus?  Que  Irouverei-voun  du» 
son  ËvangileT  Lui-même  il  nous  sppnN 
qu'il  est  venu  pour  servir,  et  non  fmttn 
servi  ;  il  euvoiu  ses  disciples  au  milieu  •><■ 
nations,  comme  dea  agneaux  au  milieu  «M 
loups  ;  il  prédit  les  persécutions  que  va  \m 
susciter  la  haine,  et  ne  leur  permet  d'o[f 
ser  è  la  fureur  de  leurs  euneinis  qut^ 
patience.  S'il  dit  qu'il  est  venu  appeau 
non  la  paix,  mais  le  glaive,  ce  n'est  iti" 
glaive  exterminateurquifersasasiedes^O: 
ut  de  carnage,  mais  ce  glaive  ialuiair«4>" 
combat  les  passions  ,  et  qui  abat  li>ui>'i 
rejetons  funestes  de  cette  ligeempoisoDoit 
ir  est  bien  vrai  que  la  religion  s  est  |impi' 
gée  au  milieu  des  persécutions,  ma 't 
milieu  des  perséculiess  qu'eila  s  loultf 
tes,  et  non  de  celles  qu'elle  avait  aUnarfe^ 
ca  qui  faisait  dirai  un  aociea  qus  la  loidd 
Chrétiens  était,  non  d'égorger,  mais  de  m 
laisser  égorger  pour  la  vérité.  Si  Jésus  m> 
dil  encore  qu'il  est  venu  allumer  un  feuwi 
ia  terre,  et  que  son  désir  est  qu'il  se  f^ 
paiide  su  loin,  ce  n'est  pas  ce  feu  àéin^ 
leur  qui  dévore  les  cites  et  lee  eampijpefi 
mais  ce  feu  divin  qui  consume  les  xm 
iiourrit  les  vertus  et  enflamme  les  oein 
de  col  amour  pour  iM  lionuiMe  qû  n)ii>' 


UCnOKUUE  APOLOWncp». 


m'1  bira  liiBer  im  emwinii.  Sans  doute 
tt\m  qui  i  dit  (lUH)  :  J*  aM*  /■  tériU,  a 
toula  i|a0  iOii  Eringik  fût  «nDoocé  A  IouIm 
la  uuoM  el  profeisé  par  elle*.  If  a  eoit* 
Ânad  d'année  les  ftprits  rebelles  qoi  ré- 
listpnifOl  A ••  liiiniére  tuffisaniiiienl  maiii- 
fesiée,  en  dinal  {ikOS)  :  Celm  gui  me  croira 
ft$ urt  eomdawuU ;  et  voiU  bien  l'inlolé- 
noca  eDTsrs  louiei  las  erreurs,  qui  est  l'un 
4»  earaclères  de  la  religion  rénlat>le.  Usis 
laui,  laraque  deux  de  ses  disciples  lui  de- 
eandeot  de  taire  descendre  le  feu  du  ciel 
luroof  rillif  criminelle,  il  répoud  (iVA)  : 
T»<u»i  mctt  pat  à  quel  ttprit  votuappar- 
Uta-.jctuiâveMU  pomr  tauver  Iti  âmiM,  et 
•M  favr  ÙÈ  perdre;  et  ?oilà  celte  tolérance 
cbwHDe  euTers  les  personnes,  oui  n'est 
lulfidNMe  que  II  chanté.  Ainsi,  aans  Jô< 
Hf^ltriit  rien  quinerespiire  l'esprit  dadou- 
CMr,depaix,de  persuasion,  et,  par  eonsé- 
qMoi^en  qui  lie  soil  éloigné  du  lanstisuie. 
It  passe  a  ransetgnement  public  el  à  la 
cnodaile  de  l'Eglise.  Ce  n'est  ni  dans  quel* 
quel  Chrétiens,  ni  dans  une  Eglise  partieu- 
li^,Di  dans  quelques  pontifes  dp  la  religion, 
qu'il  tant  ebercber  l'Eglise  enseignanle,  dé- 
miuira  de  la  révélation,  et  enarijéa  par 
iésus^CbrisI  mèina  de  nous  apprendre  loota 
férité.  Cette  Eglise  enseignante ,  c'est  le 
corps  des  premiers  pasteurs  nuis  k  ieur 
(tMf,leséTéqnesa7aDtk  leur  lAle  celui  de 
Kom«  qui  est  le  pasteur  nnÎTersel.  Or  je  dé- 
nude qu'on  me  die  une  profession  de  foi, 
ta  sjrmbole,  un  déeret,  une  institution,  ou- 
mge  de  l'Eglise  unïTerselle ,  qui  com- 
••Dde  nu  qui  aolorise  la  zèle  plein  de  rio- 
nceet  de  famnr  qui  earaelérise  le  fsna- 
itiae.  Si  tous  narcouref  l'histoiredes  pre- 
Mn  âges  de  I  Eglise  etirétienne,  quetmn- 
crez-vons?  des  apologistes  et  des  docteurs 
tteqne  Tertollien  ,  saint  C^pricn,  saint 
itfJimUiavt,  saint  Ambroise ,  qni  ensel- 
Mut  formel  loaaenl  que  la  foi  doit  s'établir 
*r  Is  persuasion  et  nun  par  ta  violence 
MS).  Si  dans  les  trois  premiers  siècles  les 
iMipIes  de  l'Evangile  le  propagent  au  mi- 
ni des  nalioas  idolâtres  .  loin  de  l'établir 
fer  ei  la  flamme  i  la  Qiain,  ils  n«  savent 
M  même  se  venger  de  leurs  ennemis. 
'«(  eu  marchent  sur  leurs  traces  que  les 
tBBKs  apostoliques  de  tous  les  temps 
'mi  pénétré  au  milieu  des  nations  inCdèles 
le  |iar  le«  seules  armes  de  la  patience  et 
'Itc-barilél  Si,  depuis  Constantin,  les 
■pcreur»  ou  les  autres  princes  catfaoll- 
:esoni  défendu  l'Eglise  contre  les  nova- 
irs,  cl  fait  respecter  ses  lois;  si  même 
sesoRt  armés  contre  eux,  c'étaient  \à 
tnesnrea  de  [iroleciion  et  de  politique,  et 
1  des  masures  de  violence  pour  forcer  les 
ucienees;  et  souvent  il  a  été  nécessaire 
déplojar  la  force  publique  contre  des 
Mires  qui  étaient  ennemis  de  l'Eiat  «u- 

HM)J»mm.  XIT^C 
1403)  M^re.  vu.  IC. 
iWi)  Lmt.  u,  55,  SG. 

IMS)  fvf.    UDiwitF.  £•*«{  nr  U  foUtuu, 
i,  à  la  suite  d«  la  ÙiwtoiMr.  ivatg^ptt. 
ItW)  l>wi.lib.i.er.». 


laut  qne  de  la  religion,  et  qoi  éfaUissaieul 
leurs  doctrines  au  milieu  du  pillage  et  de 
l'incendie.  Je  sais  bien  que  des  princes  oo 
des  docteurs,  égarés  |tar  un  faux  xèle.  peu- 
vent avoir  passe  les  bornes  l^iiimes  ;  mais 
ce  sont  Ik  des  écarts  particuliers  qui  ne 
prouvent  rien  contre  i'i-sprit  général  de  la 
religion.  Toujours  elle  api>laudira  i  ces  (>«- 
rôles  du  Pape  saint  Gié^oire  le  Grand  à  un 
évéquedeTerracine, qui  était  trop  sévère 
envers  les  Juifs  (lfc06)  :  «  C'est  par  la  dou- 
ceur et  les  et  borUlioos  qu'il  faut  appeler 
les  inSdèles  au  christianisme;  il  ne  faut  pas 
lt!S  «u  éloigner  par  les  menaces  ni  par  la 
terreur.  > 

lit. 

Feal-«i  nbooiubleincnt  Kruser  de  bnaiiinM  TeOMl- 
Simiicni  public  et  la  omdufie  de  l'Eg.iseT  —  Une  doit- 
—I pMWT,  en  pirUenlkT.de  Ii  eaadMMUoo  *■  erUm 


Les  incrédules  n'ont  rieo  oublié  de  ee 
qui,  dans  les  annales  de  l'Eglise,  présente 
uu  caractère  de  zèle  persécuteur  et  farouche  ; 
et  voici  ce  qu'ils  étalent  avec  complaisance. 

Oo  cite  un  prélre  nommé  Vii^ilc,  persé- 
cuté, dit«n,  au  nu' siècle  i>ar  le  Pape  Za- 
charie,  pour  avoir  enseigne  l'uiislence  des 
auliiKXles  ;  voilà  ce  qu'ont  siipfiosé  d'Alem- 
bert,  et  l'olliée  qui  a  écrit  i'Ki^iste  du  ta- 
bleau hiitoriqut  de  l'esprit  kuaiam  (1407).  Or, 
il  faut  savoir  que  ce  Virgile  svait  été  dé- 
noncé, non  comme  soutenant  la  rondeurda 
ia  terre.  opinii>n  très-indiO'érente  ,'  mats 
eomma  enseignant  une  doctrine  tendant  h 
persuadorqu'ilr  avait  sous  la  terre  d'autres 
hommes  qui  navaienlpas  avec  nous  une 
origine  commune,  o)iinion  irèt-réprébeBsi- 
ble.  Celte  coutestation  fut  ai  peu  de  «base, 
et  Virgile  fut  si  pt'u  perséenté»  qu'il  fut  fait 
évéque  de  Saisbourg  (1408J. 

On  cite  Galilée  condamné  et  persécnlé 
par  le  Saiol-Offiee  ,  pour  avoir  enseigné  le 
mouvement  de  la  terre  sur  elle-même.  Beu' 
reusement  il  est  aujourd'hui  prouvé ,  par 
les  lettres  da  Guichardin  et  du  marquis  nj- 
colini,  ambassadeur  de  Florence,  tous  deux 
amis,  disciples  et  protecteurs  de  Galilée  ; 
par  les  lettres  maniiserUes  el  par  lea  ouvra- 
ges de  Galilée  lui-même,  que  depuis  an 
aiède  on  en  impose  an  public  sur  ce  ttit. 
Ce  philosophe  ne  fut  pas  persécuté  comme 
bon  astronome,  maistnmme  mauvais  lhé<^ 
logien,  pour  avoir  voulu  se  mêler  d'eiplw 
qner  la  Bible.  Ses  dteouvertes  lui  siisctlè* 
rent  sans  doute  des  ennemis  jaloux  ;  mai* 
c'est  son  eolAiemanl  è  vouloir  concilier  la 
Bible  avec  Copernic  qui  lui  donna  des  ju- 
ges, et  sa  pétulance  seule  Ait  la  cause  da 
ses  chagrins.  It  fut  mis,  non  dans  les  pri- 
sons de  l'inquisition,  mais  dans  l'apparie- 
ment  du  Fiscal,  avec  pleine  libfVtédecoaH 
muiiiquer  au  dehors.  Dans  sas  défeases,  il 
ne  fut   point  question  au  loud  da  son  sjs- 

(1407)  Page  SSS. 

(4IW)  VtftM  des  CefawciMMMin  sur  ee  Ikit . 
dani  l'ouTrage  JHliMlé:  Le  ^rittinUmu  ée  Baten, 
um.  II.  page  SIS.  —  V«ér  aufsi  l'uiide  AxTiNMm 
daua  ce  IHttiemiaiM. 


VAN 


ncnoMUWE  apologbtiqi». 


Van 


lime  t  i>»l<  do  **  pr^UiDdaa  coDcilialiea 
avec  la  Bible.  A|irès  la  senlenee  rendue  et 
la  féiraclalioo  eiigée  ,  Galilée  fut  le  maître 
de  relourner  k  Florence.  On  doit  ces  ren- 
eeignementsk  un  proteslaDl.Mallet  Dupan, 
qui,  appuyé  sardes  pièces  origiosle»,  a  ici 
Tengé  la  cour  romaine  (1400). 

Certes  il  est  bien  peu  philosopbic^ue  d'on* 
blier  tout  ce  que  les  lettres,  les  sciences  et 
les  arts  doivent  au  Saint-Siège,  pour  ré- 
cbaulfcr  uns  cesse  une  anecdote  eiagérée 
dans  tous  ses  détails.  Mais  ce  même  Galilée» 
pour  avoir  enseigné  une  nouvelle  théorie 
sur  la  cbule  des  corps  graves,  Tut  d'abord 
liafoué  par  les  anciens  docteurs  aeë  collé- 

S;ues,  ensuite  dénoncé  aux  magistrats,  et 
orcé,  comme  un  novateur,  de  quitter  la 
ville  de  Pise;  et,  lorsqu'il  aoDonça  ensuite 
sa  découverte  des  satellites  de  Jupiter,  il 
fut  traité  d'imposleur  et  de  visioRnaire  : 
budrait-îl  pour  cela  déclamer  sans  tcesse 
contre  les  corporations  savantes? 

Pierre  Remua  fut  dénoncé  ft  François  1" 
comme  criminel  d'Etat,  pour  avoir  com- 
battu la  dialectique  d'Aristole;  poorsuiv! 
par  l'Université,  il  fut  déposé  de  sa  chaire 
el  banni  de  Paria  :  faudrait-il  pour  cela  in- 
sulter Il  la  gloire  de  cette  Duiversilé,  mère 
iw  sciences  et  des  arts? 

FaudraiMI  aussi  compter  pour  rien  tous 
lea  grauda  services  que  peut  avoir  rendus 
fc  la  France  l'ancienne  magistralufe,  parce 
oae  le  parlement  de  Paris  voulut,  pour 
I  honneur  d'Arislote,  maintenir  par  arrêt  sa 
ptailotophie,  ou  plus  récemment  s'opposer 
•  la  pratique  de  l'iooculalioD? 

Dans  son  ffiitoirt  de  t'Aitronùmie  modem* 
(IMO),  Bailly  a'est  exprimé  plus  sensément 
•ur  la  conduite  du  Saint-Ouice,  en  disant  ; 
■  Nous  ne  devons  pas  juger  cette  faute  avec 
les  luiDières  de  notre  siècle.  Le  système 
de  Cofieraîc  n'avait  alors  de  partisans  qu'en 

Allemagne; la  foule  aea  astronomes 

iUit  contraire  (lUl).  > 

On  cite  un  tiérésiarque,  nommé  Jean 
Hua,  condamné  dans  le  xv*  siècle  par  le 
concile  général  de  Ou'nstanoe,  et  livré  aux 
Bammea  malgré  le  sanf-cooduit  qui  devait 
mettre  sa  personne  en  sûreté.  Mais  certes 
il  est  facile  de  justifier  le  concile.  It  con- 
ilamoa  Jean  Mua  oomme  hérétique,  el  il  en 
avait  le  droit  t  ensuite  ce  fut  l'empereur 
Sigismond  qui  le  lit  livrer  au  supplice, 
Hiui'is  comme  hérétique  que  oomme  pertur- 
bateur dangereux.  Ce  n'est  pas  le  concile. 
Biais  l'empereur  qui  avait  donné  le  sauf- 
eoDdnili  encore  même  est-il  facile  de  prou- 
ver qu'il  ne  viola  pas  la  foi  publique,  que 
lesauf-cooduit  n'était  que  pour  garantir  la 
personne  de  Jean  Hus  sur  la  route,  pour 
qu'il  pût  Iranquîllemeot  arriverèConstaoce, 
où  il  allait  plaider  aa  cause  (IVIS). 

liais  voici  ce  qui  lait  un  8^iet  de  perpé- 

(IW9)  Yoftt  le  MfTCBTt  de  FroMt,  du  17  juillet 
iTU,  n-S9;  ou  Uen  te  Oieticmmairt  de  Théologie, 
.^■r  Bnciu,  article  MoHdt  ït  SeitHce. 

lUtf))  Liv.  II.  I  52,  ton.  Il,  pat.  151. 

Juin  Vof .  lart.  Tbmb. 

tl4tl>  DitiioMain  deê  Birétitt,  vnat  U,  pâ|e 


tnelios  déclamaltoos  coolre  la  rHigion  a. 
Iholiqne  en  parlicolier,  ce  qui  foemii  la 
prétexte  la  plus  apparent  de  l'aecUHr  dt 
fanatisme  daoa  sa  conduite;  c'est  ce tritmaj 
de  rang  qui  a  fait  tant  de  Tietimes,  qui  nt 
juge  \iM  seulement  les  actions,  otiii  \ti 
consciences  ;  c'est,  puisqu'il  tant  bien  li 
nommer,  l'iiu^utat/ion.  Ne  pensez  pei  que  je 
vienne  me  faire  l'apologiste  de  l'Iaquiiiiiu 
espagnole.  Hais  je  n'y  vois  qu'une  iuiito. 
lion  locale  et  parliculière,  odieuu  m 
Français,  étrangère  h  nos  lois  et  k  nos  dh- 
gt)S,  iocoonue  chez  un  grand  aoBibred'Gclj- 
ses,  un  tribunal  dont  il  n'est  ^as  penaiidt 
faire  retomber  sur  l'Eglise  universelle  \h 
excès  qui  ont  pu  le  souiller.  Je  pourrais  si 
borner  h  en  peu  de  paroles;  mais  il  impoM 
de  se  foire  des  idées  moins  va^es  otR 
qu'on  a|>pelle  en  général  vmàiUton. 

Je  fais  observer  d'abord  qu'on  ne  |iti>i 
contester  aux  deux  puissances  eccléiiiui- 
quea  et  civiles  le  droit  de  prendre  des  mt- 
sures  et  de  se  concerter  ensemble  poer  l'op- 
poser à  des  nouveautés  funestes  qui  ne  nia- 
promettent  jamais  le  reofis  de  l'Eglin  »ni 
altérer  aussi  celui  de  I  Etat;  que,  dans  le 
sociétés  civiles  les  plus  modérées,  il  eiiM 
des  tribunaux,  nou^seulemeot  de  juBi», 
pour  punir  les  crimes  commis,  mais  tmn 
de  âûrelé,  de  aurreillanee,  pour  aller  lu- 
devant  des  crimes,  prévenir  des  éarti  tl 
des  complots  qui  pourraient  troubler  U 
tranq^iillilé  publique;  qu'il  est  bien  perBùi 
aux  pontifes  et  aux  magistrats  de  peestr 
que  les  mauvaises  doclriues  conduiseDltu. 
mauvaises  aclions;  que  nul  n'a  le  ànt' 
d'être  séditieux  sous  prétexte  de  libettt  dV 
pioions;  qu'eu  général  la  violence  ne  pnl 
être  repoussée  quejiar  la  violence, ainsi  qot 
l'a  dit  Gicéron  (Ï412*),  et  que,  si  les  raoïfM 
de  répression  ne  passent  (-as  les  borM 
légitimes,  Ils  foni  la  sûreté  des  gens  de  Itieb 
et  ne  peuvent  déplaire  qu'aux  méchiais. 

Je  fais  observer,  en  second  lieu,  quetpoff 
juger  sainement  les  choses,  il  but  ce  Iracf 
porter  au  temps  oft  ce  tribunal  fut  éUidii 
temps  d'alarme  où  des  seaes  turbuleaM 
faisaient  trembler  la  puissance  el  prêcbiitii 
les  armes  h  la  main;  que  ce  trib«nal,dM 
ce  ^u'il  7  a  de  plus  effrayant,  vient  it^ 
politique  des  princes.  C'est  l'empereur fi<- 
déricU,  qui  su  xiii'  aiècle  (llil3},  porul 
Padoue  les  édits  les  plus  rigoureux  en  tMt 
matière;  c'est  vers  la  du  du  Xf*  n^ 
(1413*)  que  l'inquisition  fut  établie  ee  &" 
pagne  par  SixtelV,mais  sur  la  dei)Mnde''S| 
roi  Ferdinand;  c'est  au  xvi'  siècle  \MM' 
qu'elle  fut  établie  en  Portugal  parPaulHI*' 
mais  A  l'iastauce  du  roi  Jeao  lll:oosd 
qu'à  Venise  elle  fut  établie  par  ordeDR)Wt| 
eapresse  du  sénat,  et  que  trois  sénateort»! 
étaient  membres.  Aussi  l'auteurde  l'ounip  ' 
qui  a  pour  Ulre  VAmi  des  Aaaiac^  elqai<^  I 

150  et  suiv.  diDi  la  note. 
(Iil2*)  Kpitt.  ad.  famU.  lib.  UI,  n.  UL 
{MM)  13  février  1324. 

(1415-)  En  1M3.  I 

(lili)  &i  iSiS. 


ra 


UCTIOlfNAIRB  APOLOGETIQUE. 


irtrii^loî^éd'iioieree  tribunal,  B  dit  (Uti*): 
«  L'inquisition.  M  tribunal  pffrnjant  aulre- 
(nij  djiis  l'ordre  civil....  était  lui-même  de 
rinslilotion  des  priaces.  •  Pourquoi  donc 
It  reprocher  DniqnemeuL  à  l'fglise,  eonime 
ttfoat  KseoneniîsT 

El)  troitième  lien,  je  fais  observer,  h  la 
iontnge  de  l'Eglise  de  Rome  (et  ceci  est  un 
l«inl  cipilal).  que  chez  elle  ce  tribunal  a 
eu  In  formes  les  moins  sévères,  qu'on  n'j 
I  point  coDim  ces  etéciilions  sanglantes 
qu'on  repmcbe  i  TEspjigne  ;  ef,  dans  son 
ffftiièae  discours.  Fleur;,  d'ailleurs  opposé 
iriiiquisilion,  remarque  expressément  (IfclSJ 
que  les  Sonveraini  Pontifes  avaient  faii  plu- 
iimn  constitutions  pour  en  modérer  l.i  ri- 
tD(a-.AussidaDsr£'i)cyc<op^di>menie(U15'), 
uij'élife  bien  contre  les  procédures  et  les 
ïUfiplices  des  lûpagnols;  mais  en  même 
leoipi  on  s'étoDoe  qu'ils  aient  mis  tant  de 
ngiHfur  doiu  Vextrcien  (Tuiu  juridielîon  »ù 
Ut  Iialùmt,  tes  tmvaUeurs,  metlaient  lanl  de 

Je  le  sais,  lorsiiu'oD  reproche  aux  Espa* 
gools  leur  inquisition,  ils  la  défendent  eo 
lii<ant  raroarauer  que  tandis  que  la  France, 
rAllemagne,  l'Angleterre,  les  Pa^g-Bas,  la 
î^iise.  ont  été  en  proie  aux  discordes  civi- 
1».  l'Espagne  avec  son  tribunal  fut  tran- 
quiJIe.  Dans  son  fwoi  imt  Vhirtoirt  générale, 
Vbliâire  bit  observer  qu'il  n'y  enl  eo 
^ragnp,  dans  les  xvi'et  xvii*  siècles,  an- 
tune  de  ces  révolutions  sanglantes,  de  ces 
cADspira  lions,  de  ces  châtiments  cruels  qu'on 
>'t  dins  tes  autres  cours  de  l'Kurope,  et  que 
«u  Ut  korreurt  de  finquititioit,  oh  n'aurait 
n  aitwt  riem  à  reprocher  à  l'Etpagne.  Hais, 
lit  i  ce  sujet  ua  écrivain  de  nos  jours,  ■  je 
te  sais  ce  que  le  plus  ardent  ennemi  de  l'in- 
luiïilion  répondrait  à  un  Espagooî  qui  la 
•iiilieraît  eo  ces  termes  : 
*  V'ous  6tes  mjope:  vous  ne  voyez  qu'un 
«ial.  Nos  lâsislateurs  r^ardaient  d'en  naut, 
*  voyaient  T'eDsemble.  Ad  commencement 
u  ivr  sidcle.  ils  virenl,  pour  ainsi  dire, 
>»tr  rBurop^;  pour  se  soustraire  h  l'in- 
totiiegénérmlt  ils  employèrent  l'iaquisilion, 
m  tst  U  wufjftm  poliiiqu»  dont  Ut  teiervirent 
•v  maimiaûr  f*nUé  retigieuu,  et  prévenir 
I  gmerret  de  religion.  Vous  n'avex  rien  ima- 
'■é  de  pareil;  examinons  les  suites,  je 
t(ue  foui  autre  juge  que  l'expérience. 
<  Voyez  la  guerre  de  Trente  ans  allumée 
t  les  arguments  de  Luiber;  les  excès 
Mils  des  anabaptistes  et  des  paysans;  les 
«rre* civiles  de  France,  d'Anglelerreet  de 
Hklres  ;  le  massacre  de  la  Sainl-Barthélemi, 
massacre  de  Uérindol .  le  massacre  des 
veoo^*;  l'assassinat  de  Harie  Smart,  de 
nri  III.  de  Henri  IV.  de  Charles  I",  du 
uee  d'Orange,  etc.,  etc.  Un  vaisseau  flotte- 
l  sur  le  saniï  que  vos  novateurs  oat  Cail 


i  ei  le%  Yiet  dtt  P*tu  at 
DscnoNKAraR  iroLocfa^CK.  I. 


répandre;  l'inqoisition  n'aurai!  versé  que 
le  leur.  C'est  bien  è  vous,  ignorants  pré- 
somptueux, qui  n'avez  rien  prévu,  et  qui 
avez  baigné  l'Europe  dans  le  sang  ;  c'est  bien 
Avons  qu'il  appartient  de  blâmer  nos  rois 
qui  ont  tout  prévu.  Ne  venez  donc  point 
nous  dire  qse  l'inquidition  a  produit  tel  on 
tel  abus,  dans  tel  ou  tel  moment;  car  ce 
n'est  point  de  quoi  il  s'agit,  mais  bien  de 
savoir  si,  pendant  let  Iroit  demieri  tiielett  il 
y  atu,r»  vertu  de  l'inquitition,  pitu  de  pais 
et  de  bomheiir  en  Etpagne  que  dont  le»  autrre 
eonlréee  de  CEwape.  Saeritier  les  générations 
actuelles  an  booneur  problématique  des  gé- 
oérations  rtttnres.ce  peut  être  le  calcul  diin 
philosophe,  mais  les  législateura  en  font 
d'autres  (UI6).  > 

Je  laisse  cette  apologie  pour  ce  qu'elle 
est  ;  qu'on  la  blâme  ou  qu  on  l'approuve , 
peu  importe  k  la  cause  que  jn  délends:  je 
veux  venger  l'Eglise  calholique,  et  l'Espa- 
gne n'est  |»as  plus  touie  l'Eglise,  qu'un  tri- 
bunal particulier  n'est  toute  la  magistrature 
de  France. 

On  a  dit.  on  dît  encore,  on  dira  toujours 
sur  le  ton  le  plus  affirmalif,  et  comme  si 
le  lait  était  incontestable,  que  saint  Domi- 
nique fut  le  premier  inquisileur  dans  la 
Gaule  Narbonnatse;  ctrpendant,  rien  de  plus 
incertain  que  ce  fait  avancé  avec  tant  de 
confiance.  Les  historiens  de  la  vie  de  saint 
Dominique  et  de  savants  criiiqnes  moderoea, 
a'appuyant  sur  les  auteurs  contemporains 
les  jilns  tidèles,  prétendent  que  saint  Domi- 
nique ne  couiiul  jamais  contre  les  héréti- 
ques d'autre  voie  que  l'instruclion  et  la  pa- 
tience, et  ce  que  sa  mission  eut  de  plus 
amer  fut  d'imposer  des  peines  satisfacioire). 
tels  que  des  jeûnes  et  des  prières,  aux  héré- 
tiques convertis  par  sa  charité. 

On  a  dit,  et  Uonlesqoieu  (e  suppose,  que 
les  Juifs  étaient  punis  poor  le  seul  fait  de 
leur  religion  :  cela  n'est  pas  exact.  L'inqui- 
sitidu  ne  recherchait  que  les  Juifs  qui,  après 
avoir  professé  le  ebrislianisme,  apoatasiaieut 
publiquement  pour  judaiserde  nouveau. 

S'il  /allait  croire  aux  écrivains  incrédules 
du  dernier  siècle,  rBs(«gne,  par  les  suites 
de  son  inquisition,  était  une  terre  qui  dé- 
vorait ses  haluiants;  et  toutefois  il  est  vrai 
que,  depuis  la  dynastie  actuellement  ré- 
gnante, l'iiiquisilion  a  perdu  successivement 
ses  rigueurs,  et  que  le  dernier  snio-da-fe 
est  de  1680  sous  (Charles  il-  On  écrivain 
dont  le  témoignage  n'est  |ias  suspect,  un 
Français,  ennemi  de  l'inquisition,  ambassa- 
deur de  France  en  Espagne  a  dit  dans  son 
l'ofrlcau  de  fEepagne  moderne  (1416*J  :  ■  L'in- 
quisition pourrait  être  citée  de  nos  j,ours 
comme  un  modèle  d'équité....  Plus  de  neuf 
ans  de  séjour  et  d'observations  m'ont  prouvé 
qu'avec  quelque   circouspectioo  dans  ses 

rfcf  merlyn,  tndiiilcs  de  l'Mglaîa,  envraga  plein 
d'une  Iwune  criUqee  :  >«  A  août,  nota,  pajfe  SS, 
lom.  Vil,  édit.  de  1811. 

(1416*)  Bonrgoiitg,  ainbassadear  som  le  Direc- 
imre.  Too.  1,  pagelMS. 


907 


FAN 


DtCTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


FAX 


m 


nru[)OS  et  sa  cooduitc,  retativement  &  la  r«- 
lîgion,  on  peut  facilemenl  lui  échapper  et 
vivre  aussi  tranquillement  en  Espagne  qu'en 
aucun  outre  pays  de  l'Europe,  a 

En^n,  nous  abandonnons  sans  regret  k 
la  censure  des  protestants  et  des  incrédules 
l'inquisition  d^Kspagneet  de  Portugal;  ce 
li'est  là,  encore  une  fois  ,  qu'une  institu- 
tioo  localet  temporaire,  pnrticulîère,  plutôt 
politique  qu'ecclésiastique.  Il  f  s  aussi  peu 
'de  philosophie  à  partir  de  là  pour  accuser 
de  fanatisme  la  religion  catholique  ei:  gé< 
néral,  qu'il  ^  en  aurait  II  accuser  d'athéisme 
une  académie)  parcn  ([u'elle  aurait  compté 
quelques  athées  parmi  ses  membres.  Mais 
aussi  je  voudrais  savoir  quelle  setle  a  le 
droit  ici  de  jeter  la  première  pierre  h  ce 
tribunal.  Chez  les  nations  qui  embrassè- 
rent la  réforme ,  gue  d'édils  sanglaoti 
fiertés  par  les  hérétiques  contre  tes  catho* 
iques,  su  par  une  secte  contre  une  autre 
secte!  Calvin  fut-il  bien  tolérant  envers 
•Serve!,  et  envers  tant  d'autres  qui  inno- 
vaient comme  il  avait  innové  T  gu^l'e  ne 
fut  pas  la  rigueur  du  Danemark'et  de  la 
Suède  contre  les  catholiques  I  En  Hollande, 
avoc  quelki  fureur  ne  furent  pas  poursuivis 
les  Arminiens  I  Barneveldt  eut  la  tfile  tran- 
chée, Grottus  fut  condamné  à  une  prison 
perpétuelle.  Nous  dirions  surtout  aux  an- 
glicans :  II  vous  sied  bien  de  reprocher  h 
rEgltse  Romaine  l'inquisition,  à  vous,  dont 
la  législation  contre  les  catholiques  est  rem- 
plie des  plus  atroces  dispositions  quijamais 
aient  souillé  lecod«  d'aucun  peuple  civilisé. 
Nous  difiODS  è  la  seele  incrédule  du  der- 
nier siècle  :  Vous  convîent-il  de  reprocher 
ï  l'Espagne  les  anciens  auto-da-fé,  à  vou.*, 
dont  ies  principes  et  la  conduite  devaient 
amener  une  inquisition  capable  de  faire  en 
trois  ans  plus  de  victimes  g^ue  n'en  ont  pu 
faire  eB  trois  siècles  toute^es  inquisitions 
de  la  domination  «spagnoleT  Ici  t  nous, 
Français,  reconnaissons  que  nous  avons 

Eerdu  le  droit  d'endoctriner  dos  voisins; 
aissuns  («3  yeux ,  et  foiions  aaraade  hono- 
rable par  la  rougeur  du  notre  front;  gémis- 
sons sur  les  égarements  de  l'homme  em- 
porté par  ses  passions  et  surtout  par  son 
orgueil;  protllons  de  nos  Aules  passées 
pour  devenir  meilleurs,  su  lieu  de  nous 
élever  avec  tant  d'amertume  contre  celles 
de  nos  semblables;  jetons  un  voile  sur  nos 
torts  réciproques;  c'est  le  vœu  de  la  reli<- 
gioD.  Soyons  unis  autant  que  nous  avons 
été  divisés,  et  parilounons  puiirqu'oo  nous 
pardonne  (*4l7),  ' 

Ainsidans  Jésus-Cbrist,  ledivinauleurde 
la  religion,  rien  qui  ne  respire  ta  charité  la  ^ 
plus  pure;  dans  l^glise,  riun  de  plus  saint 
que  sa  doctrine,  qu'il  est  injuste  de  juger 
d'après  l'opiniou,  ou  la  vonduim,  ou  les  in- 
tenlioos  d'une  portion  de  ses  memlin-s 
quelquefois  égarés  par  un  faux  zèle.  Hais 
u'est-il  pas-des  évéuements  dans  lesquels  on 


ne  trouveqoe  haine  et  fureur,  eLqiierutiilnit 
regarder  commu  l'ouvrage  mAmedu  lore- 
ligionT 

S  m. 

H'est-ll  pu  au  motos  dei  étéaeinnlt  od  l'on  m  lcg«n 
que  hiiae  el  fureur,  et  que  l'od  doit  rrginln  nmat 


I  ouvrage  mime  île  la  rengion  :  —  Le»  pif  rw  de  re- 
ligion )  —  les  croisjules;  —  le  nusucre  dn  IdiIiiihï 
l'époque  de  11  découverte  du  nourem  imode:-!! 

Telle  est  la  mnrcht:  dus  incrédules;  il; 
dissimulent  'es  biens  inimenses  que  k 
chrislianismp  a  fails  è  la  terre,  el  ils  Ht- 
lent  avec  complaisance  les  abus  qu'en  w[ 
pu  faire  les  passions  humaines.  Lpsscbis- 
mes  el  les  hérésies  qui  ont  troublé  les  Eiiii; 
Iks   querelles  sanglantes     ot   les   gumet 

au'oiit  enfumées  ces  divisions;  les  crolu- 
es  qu'on  présertle  comme  le  frail  i'm 
faux  enthousiasme  religieui;  le  œasucrc 
des  Indiens  à  l'époque  de  la  découverte  du 
nouveau  monde,  la  Sainl-Bsrtliélcmf,  li 
révocation  de  l'édit  de  Nantes  :  votli  « 
qu'on  rappelle  en  le  donnant  pourTonm^e 
m'éme  de  la  religion  ',  et  le  chtislianijiut, 
ainsi  peint  des  plus  noires  couleurs,  ncid- 
rait  plus  h  1  imagination  eialtée  quuu 
monstre  ennemi  de  l'humaniié. 

A  toutes   les  déclamations  iii>pirAe!  fi' 
la  haino  et  le  préjugé,  je  puis  d'abonlt^ 
pondre  avec  VÉiprit  des  loi*  ^1^11*)  :  «C'c^t 
mal  raisonner  contre  la  religion  de  niMui- 
hier  dans    un   grand    ouvrage  uua  \o%t<: 
énumération  des  maux  qu'elle  a  produili, 
si  l'on  ne  fait  de  même  celle  des  biens  qu'ttlit, 
a  faits,  Si  je  voulais  raconter  tous  les  miDi, 
qu'ont  produits  les  lois  civiles,  la  ooaarclnt, 
le  gouvernement  républicain,  je  dirait  iki, 
choses  effroyables.  »  Avec  celte  belle  ui>- 
niëre  de  raisonner  contre  la  religion,  am 
celte  manie  de  la  rendre  responsable  il» 
abus  qu'eu  font  les  bommes,  d'oublier  In 
biens  dont  elle  est  la  source  pour  nera^ 
peler  que  des  maux  dont  elle  est  le  préieiitr 
savez-vous  o{l  l'on  sbouliraitT  Arearenit 
l'ordresocial.hnousramenerè  l'élatsaurip. 
Car  enfin  moi  aussi  je  puis  rappeler  les  niant 
qu'a  enfantés  la  société,  et  dire  :  PammiK 
les  annales  des  peuples  anviens  el  hioIk- 
nes,  des  Egyptiens,  des  Perses,  deilino 
<^t  des  Romains ,  des  barbares  qui  oni  <ir 
versé  l'empire  romain,  des  nations  fornK 
de  ses  débris;  étudiez  l'histoire  des  qtui 
parties  du  monde,  qu'y    liouverei-M" 
des  vices  qui  sont  te  résultat  de  la  ci*i>ii 
lion,  une  suite  de  crimes  qui  fout  lionti 
des  divisions  et  des  guerres  en  queiq! 
sorte  perpétuelles,  qui  n'ont  cesse  à't 
sanglanler  la  terre.  A  peine  dans  lu  rioj 
quatre  heures  qui  divisent  le  jour,  end 
il  une  seule  où,  sur  quelque  poinl  du  g'uli 
le  sang  humain  ne  coule  par  le  gl«i*e<!' 
combats;  tairt  la  société  (leul  eutaut^r  ^ 
calamités  cruelles,  tant  il  serait  bon  f«ur 
genre  humain  de  vivre  errant  dans  1»  » 
l'éts  L-omuio  les  animaux  I  Ce  que  rouin 


(Ii47)  Voy»  l'ouvrage  qui  a  pour  litre:   Para-      KtmMfageeH  E$pagKe, tnic\e  Im/uiiitio»,  ftp^ 
rfo«i  ùtltratanu.  —  tté^oiite  à  la  Uttre  d'un  pa-  [éiY)  Livre  xxiv,  cbap.  t. 

triot€  *Hr  riuitléranee  des  uctii,  pa$e  HT.  —  Nom- 


M  FAN  (HCTI0»?JA1RE  AI>OI.OCETIQUE  FiN 

le  christianisme,  eurent  î  soutenir  

guerre  cruelle  contre  Uasimin,  qui  sfe  mit 


ponJrtt  i  cet  déclanki  lions  contre  l'ordre 
McUI|  je  la  répondrai  à  ceux  qui  déclamenl 
cours  la  religion.  Dans  la  société ,  il  na 
t'i^l  pu  de  savoir  ce  qne  peut  derenir  la 
puisHDce  dans  les  .mains  de  cenx  qni  eu 
jbweDl,  nuis  ce  que  deriendrsit  la  sociéié 
«Ile-ffiAoïfl  sans  là  puissance  qui  la  gou- 
teroe  :  ainsi  dans  le  christianisme  ne  cher- 
thet  pas  ouiquement  l'abus  que  l'Iiommb 
peut  en  faire  ,  mais  ce  que  deriendaiênl 
uni  le  clirisUuiisme  les  oalions  qui  le 
(•rolessanl. 

Vous  rappelez,  dirai-je  aux  incrédules, 
(«guerres  de  religion,  et  tous  dissimulez 
que  c'est  la  politique  ambitieuse  et  r&^ 
niuiolequi,  dans  le  secret,  tramait  ces  pro- 
}tti,  et  qui  ensuite,  au  nom  de  la  religion, 
wuleiiil  les  peuples;  Jean -Jacques  en 
(UBTJeoL  Tous  avez  calculé  par  approiima- 
IJOD  le  nombre  di^s  rictîmes  que  jteuTent 
iJoir  Liiles  les  querelles  relitjieuses  dans 
tVipue  de  dJz-huit  siècles,  et  tous  en  avez 
tuaiplé  six  mille  par  année,  réparties  sur 
la  diverses  nations  chrétiennes  ;  et  vous 
dissimulez  qne  les  maximes  de  la  religion 
ml  rendu  les  guerres  moins  cruelles  et  les 
rjiolulions  moins  fréquentes,  qu'elles  ont 
iDirodail  parmi  les  peuples  on  certain  droit 
ia  guu  et  des  régies  d'éqilîté  qu'on  ne 
uurait  trop  reconnaître .  et  que  par  Ik 
Diioie  elles  ont  épargné  l'effusion  du  sang 
humain.  ■  Saos  sortir  de  uolre  France,  dit 
no  ipologisle  moderae  (lllSJ,  je  soutiens 
que  It  seule  institution  des  hépiiaux  pour 
Ict  eulanU  Iroorés,  et  les  soins  qu'inspire 
lui  parents  l'idée  do  baplôme ,  conservent 
iDuies  les  années  plus  de  six  mille  Frau- 
çcis....  La  cruauté  des  Chinois,  poursuit-il , 
liuK  périr  toutes  les  années  plus  de  trente 
■lileonlaou,  de  compte  fait  ;  et  les  pbilo- 
H>l.hes  nous  vantent  les  mœurs  chinoises. 
Li  turbarie  des  Romaius  laissait  mourir  de 
(uni  et  de  maladie  loua  les  ans  un  grand 
ipmtire  d'esclaves,  et  les  philosophes  n'en 
ti^eut  rien.  »  Vous  affectez  de  répondre 
tue  les  sanglantes  querelles  de  religion,  le 
Kie  persécuteur,  ne  se  trouvent  que  dans 
e  cbrisiianismec  nuis  l'histoire  des  peu- 
^  de  l'ancienne  Grèce  nous  présente  une 
pKrre  sacrée,  dont  la  religion  fut  le  motif, 
pi  fut  poursuivie  avec  fureur,  et  qui  dura 
>a dos  (1%19);  mais  Xeriès,  adorateur  du 
^Mélémeouire,  détruisit ,  en  ravageant  la 
'rtce,  les  temples  de  ses  dieux  ;  mais  eu 
^pte,  pendant  qu'un  peuple  élevait  noe 
i|«ce  d'animaux  Sur  les  autels,  ses  voisins 
B  avaient  en  abomination;  de  là  des 
luerres  continuelles  d'une  ville  contre  une 
Qtre  ;i4aoj  ;  mais  le  zèle  du  paganisme  til, 
todsiit  truiï  siècles,  rui&selerr  le  sang  chré- 
itu  dans  les  provinces  de  l'empire;  mais 
lu  IT*  siècle,  les  Arméniens,  qui  avaient 
iiubrassé  et  qiii  prolcssaieot  paisiblement 


lui-même  &  la  tète  de  ses  troupes  pour  aller 
les  forcer  dans  leurs  montagnes,  et  releVer 
les  idoles  qu'ils  avaienl  abattues;  mais  Ju- 
lien le  philosophe  Gt  i  la  religion  une  peN 
sécution  plus  retloulable  que  colis  de  Né- 
ron; mais  le  calife  Omar  détruisit  plus  de 
quatre  mille  lciD(ilrs  païens  ou  églises  chré- 
tiennes, et  étendit  au  loin  par  la  force  des 
armes  la  doctrine  du  faux  prophète;  mais 
des  querelles  religieuses  sur  le  Coran  out 
fait  naître  entre  le  Perse  et  le  Turc  des 
guerrvs  sanglantes;  mais  de  nos  jours  l'in- 
crédulité ,  sous  le  nom  de  philosophie  « 
après  s'fitre  armée  de  sophismes,  s'est  armée 
aussi  du  glaive  meurlrier  contre  les  disci- 
ples del'Evaogile;  et  imis,  qu'où  osé  avan- 
cer que  le  chi  istianisme  seul  a  été  souillé 
par  des  querelles  sanglantesl  PloignoBs  rba-> 
manité  d'être  capable  d'abuser  de  ce  qu'il 
7  a  de  plus  sacré  Sur  la  terre  ;  mais  que  les  . 
maux  dont  le  christianisme  peut  avoir  été 
le  prétexte  innocent  ne  fassent  pas  oublier 
les  tlienfaits  que  nous  lui  devons  pour  les 
Vertus  qu'il  fait  pratiquer  aux  hommes. 
Après  qu'on  a  tu  le  soleil  éclairer,  animer 
la  nature  de  son  éclat  et  de  sa  chaleur, 
faudrait-il  donc  insulter  së  lumière,  parce 
que  ses  feux  élèvent  quelquefois  de  la  terre 
des  vapeurs  qui  enfamentles  orages  (iûl)? 
Que  dirons-nous  des  croisades  1  Ne  nous 
bâtons  pas  de  blAmer  ici  nos  pères  et  de 
coodamoer  des  entreprises  extraordinaires 
qui  ont  en  tant  d'inOuence  sur  les  destinées 
de  l'Europe.  Peut-être,  si  nous  voulions  j 
réfléchir  sérieusement ,  Irouverions-nons 
que  nos  pères  lurent  guidés  plus  sârement 
par  le  sentiment  religieux,  que  nous  .ne  le 
sommes  par  notre  froide  raison;  et  que  les 
guerres  saintes  prouvent  autant  leur  pr^ 
voyance  qne  leur  courage.  Je  veux  que  le 
désir  de  délivrer  le  Saint-Sépulcre  et  les 
lieux  consacrés  par  la  piété  du  monde 
chrétien  ait  eu  beaucoup  de  part  k  ces  ex- 
péditions loinlaines  ;  que  ce  fnl  li  le  seul 
motif  populaire,  comme  c'est  encore  le 
c6té  poétique. de  ces  entreprises  qui  parais- 
sent incroyables.  Tonlerois,  &  travers  cet 
enthousiasma  qui  entraîna  l'Occident,  est- 
il  donc  impossible  de  démêler  les  vues 
d'une  politique  aussi  Intime  que  profonde? 
Je  ne  prétends  pss  dissiinulerjie  blwriiuage 
et  la  licence  d'un  grand  nombre  de  croisés, 
ni  lit  manière  imprudente  dont  les  guerres 
saintes  furent  conduites  dans  bien  des 
puints,  ni  la  folie  de  certains  attroupements 
tnmnliueui  qui  partaient  d'Europe  Sans 
discipline  et  sans  r^e.  Dans  les  guerres 
les  pinsjusles,  les  plus  sagement  conduites, 
quelle  éuuméralion  n'aurait-on  pss  àJaire 
des  excès  qui  les  déshonorentl  L'homme 
porte  partout  avec  lui  les  éijarements  «te 


(itlS)  BnciEB,  TfûU  rf«  la  M 
Ptn..  tbap.  -.,  1 19,  UMM  X,  ptge  U7,  iD-'ll ;  Um. 
lUAn  (i,Hrre*  «M^.  ite  JbrjMr,  éé. Higiic. 

:itl9)  BoLLra,  HittwremcifiiM,  li*.  siv,  }  S, 


MM  VI,  în-13,  page  40. 

(ItSU)  IM.,  li*.  I,  ehap.  3,   S  I,  Ume  I, 
mgtli.    - 

mH)  Paraiotn  intinumU,  pages  375  et  U0. 


«CTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


FAN 


m 


sou  esprit  et  de  iion  cœur.  II  s'agit  d'exa- 
miner, dans  leur  eosemble  et  dans  leurs 
effets,  ces  croisades  entreprises,  suivant 
les  règles  des  guerres  ordinaires,  \  ta  Tm  du 
11*  siècle,  sous  Philippe  1";  dans  le  xii*, 
par  Louis  le  Jeune;  et  dans  le  xm*,  par 
saint  Louis.  Si  je  les  coosidëre  dans  leurs 
motifs,  je  trouve  bien  que  la  profanation 
des  lieux  uiots,  l'oppression  des  cbrétieua 
de  la  Palestine,  les  insultes  cruelles  faites 
aux  pèlerins  des  nations  chrétiennes,  furent 
le  moyen  puissant  dont  on  se  serrit  pour 
exalter  les  courages;  mais  peut-on  dissi- 
muler que  le  but  des  puissances  liguées 
fut  de  sauver  leurs  contrées  de  l'invasion 
dont  elles  étaient  menacées  T  Quelle  était 
redoutable  celte  puissance  mahomélaue 
qui  avait  fait  tant  de  progrès,  et  qui  sem- 
blait ne  conquérir  que  pour  détruire  par- 
tout la  civilisation  et  le  christianisme  I 
L'Europe  devait-elle  donc  attendre  Iran- 
qailtement  la  honte  et  les  Qéaus  de  la  ser- 
vitude? Chaque  nation  chrétienne  devait- 
elle  se  laisser  opprimer,  au  lieu  de  faire 
jiveo  toutes  les  autres  une  sainte  ligua 
contre  l'ennemi  bommun*  On  admire  An- 
nitMl  passant  les  monts  pour  porter  la 
guerre  en  Italie,  et  vaincre  Borne  dans 
Kome  même,  et  l'on  voudrait  que  les  peu- 
pies  européens  se  fussent  endormis  dans 
un  lâche  repos,  plutôt  que  de  porter  la 
guerre  jusqu  au  centre  de  l'empire  de  leurs 
ennemis  1  II  est  même  bien  avéré  que  le 
zèle  dea  latins  fut  vivement  excité  par  les 
envoyés  de  l'emi  ereur  Alexis,  qui,  au 
concile  de  Plaisance  comme  k  ct^lui  de 
Clermont,  sollicitèrent  leurs  secours.  Je  ne 
sais  si  l'on  roudrn  mettre  au  rang  des  fana- 
tiques le  prince  des  philosophes  modernes, 
l'immortel  Bacon;  mais  je  sais  bien  qu'on 
trouve  dans  ses  couvres  un  dialogue  :  Oe  ta 
gutrrt  lacrée,  dont  les  principes  lenJent  à 
justilier  les  guerres  faites  aux  mahométens. 
Ce  n'était  pas  unenibousiaste  absurde  que  le 
judicieuxFleury;or,daassonJ)ifrourifur/ei 
CrobadM(U23J,  dontil  ne  dissimule  pas  cer- 
tains ioconvénients,  il  ne  doute  pas  que  les 
chefs  De  fussent  animés  par  des  vues  poli- 
tiquesiel,daas/«ifaiiridwCAr^lieni{llâ3J, 
il  dit  ces  paroles  bien  remarquables  :  «  Ces  en- 
treprises étaient  devenues  nécessaires.  11 
n'^  avait  point  de  prince  chrétien  aasex 
puissant  en  particulier  pour  arrêter  les 
progrès  des  mabométans,  euaemis  déclarés 
de  tous  ceux  qui  ne  veulent  pas  embras- 
ser leur  religioD  ;  ils  pillaient  impuné- 
uent  l'Italie  depuis  deux  cents  ans;  ils 
étaient  maîtres  de  la  Sicile  et  de  presque 
toute  l'Espagne.  Par  la  force  des  croisés, 
ils  ont  été  chassés  decelte  partie  de  l'Eu- 
rope ,  et  notablement  affaiblis  en  Egypte 
rï  wi  Sjrrie.  ■  Ce  n'était  pas  un  iguorant 

tiOS)  Sepîièmt  Dite,  lur  l'hUl.  eeelit.t  n  I. 
(1423)  (M. 

114U)  Tom.  mvil,  in-i*.  p.  497.) 
(14Ï5J  Hùi.  de  Fraïut ,  prein.  pari. ,   L  III, 
p.  978.  ' 

(ItSG)  Tome  XXI,  in-t*,  p.  S.  Vojk*  le  livre  ia- 


qu'un  écrivain  de  nos  jours,  donl  on  Innn 
une  dissertation  sur  les  croisades,  Jadi  lu 
MimoirtM  de  l'Académie  du  Jnwrtptimi  K 
Belle$-Leltrei  [l^ik),  je  vbux  parler  du  »• 
vant  H.  de  Guignas.  Voici  ses  propres  ]v- 
rôles  :  >  Quand  nous  blâmons  cps  enlr». 
prises,  c'est  que  nous  n'avons  pagis»! 
réfléchi  sur  l'état  des  affaires.  Lej  muiul- 
msQS  ,  après  s'être  emparés  de  la  Sjrie, 
s'étaient  rendus  maîtres  de  l'Afrique, 
ensuite  de  l'Espagne  et  de  toutes  I»  liu 
de  la  Héditerrnnée ,  d'où  ils  iasuliaieni 
les  eûtes  de  l'Italie.  Par  l'Espagne  el  par 
la  Corse,  ils  entraient  dans  nos  proiiaces 
méridionales  qu'ils  ravageaient;  ils  pil- 
laient tous  nos  vaisseaux.  Constantinople 
était  pour  eux  une  barrière  puissaolctl 
s'ils  avaient  pu  la  franchir,  cooniQ  ïn 
tentaient  de  le  foire,  toute  l'Europe  élatl 
menacée  et  courait  risque  de  (omberious 
leur  puissance.  En  les  attaquant  dans  li 
centre  de  leur  empire,  on  pouvait  espjrtr 
de  les  alTaiblir  considérablement;  ce  qui 
arriva  en  effet.  On  leur  porta  un  coup 
dont  ils  ne  purent  se  relever.  » 

Ainsi  CCS  guerres  furent  comme  une  di- 
gue opposée  au  débordement  des  barbirti; 
elles  sauvèrent  la  civilisation  et  le  chris- 
tianisme; ajoutons  qu'elles  délivrèrenii» 
peuples  de  l'Europe  de  leurs  propres  fu- 
reurs et  firent  cesser  l'oppression  en  affii- 
blissant  la  puissance  des  grands  etforltSiol 
l'autorité  royale.  Voilk   ce  qu'a  reconouli 
présitieut  Hénault,  quand  il  a  dit,  en  pl^ 
lant  des  croisades  (liSS)  :  «  Elles  ne  snri-  , 
rent  pas  peu  à  nos  rois  à  se  défaire  de  m  i 
tyrans  importuns  qui   allèrent  porter  ii  ' 
loin   leur  inquiétude,    el  laissèrent  l'Eut 
en  repos.  ■ 

Entin,  il  est  indubitable  qu'elles  raoinil- 
rent  le  goût  du  commerce,  des  scJenceJ,ilH 
lettres  tt  des  arts,  et  préparèrent  cetle  ré- 
Tolulinn  qui  devait  amener  les  siècles  ili 
Léon  X  et  de  Louis  XIV.  Ici  eucora  je  puis 
invoquer  le  témoignage  d'écrivaios  m 
suspects.  Dans  VBiiloire  unteerwHe  (ilMj, 
traduite  de  l'anglais,  il  est  dit  :  «  Les  (toi- 
sades  ont  mis  le  plus  grand  obstacle  tli 
puissance  des  mahométaas;  elles  ont  Ui 
connaître  aux  princes  de  l'Europe  le  pnl 
d'une  marine,  el  elles  ont  frayé  le  cbeuiù 
aux  grandes  découvertes.  » 

Ne  soyons  donc  pas  étonnés  qu'un  ^*- 
vain  fran{;ais,  qui  voit  les  choses  de  fia 
haut  oue  le  commun  des  écrivaiui.  <>' 
dit  :  [U27J  :  ■  Les  yeux  malades  da  It  biM 
n'ont  pu  saisir  l'ordonnance  génértli^dun 
si  vaste  tableau  ,  et  ne  se  sunt  fiiéi  qu» 
sur  quelques  détails  ;  car  la  petilesse  d'trs- 
prit ,  je  veux  dire  l'esprit  des  peli'^^ 
choses,  est  le  caractère  de  la  philo.-op'ii« 
moderne...    Malheur    aux    temps  et  nK 

lilulé  :  De  Cin^venu  det  cnitadtt  mr  l'iitt  éa 
ptwpUt  de  ["Europe,  par  M.  m  Ghoukhl  i'iiut- 
GMisT,  ouvrage  qui  a  paruiï  le  prii  déamc  f 
t'inihlut,  en  Vm. 

(UÏ7)  Oe  Bohàu..  UaittâtÎM  priiuiiK,  1 1"^ 
Df'ie.  polit.,  {  8. 


m  rUi  nCTIONHAIRC  APOLOCETIQlJe.  FAfl  Ml 

peiplM  chez  qui  les  m'otifi  qui  inspiré-  dre  hominageàl*vérilë,disonsplutAtqueae 
ml  les  croisades  ont  pa  être  attaqués  fuliinepoHlîquefiiroUGbeet  laressenliineHt 
iiopuBémeol  par  des  déclamât! t-ns  de  rhé-     proroiuî  des  troubles  qui  avaient  déjfc  agita 


trarf,  ou  défigurés   par  des  sublilités  de  sonrègne.et  qu'il  rautroirdaoseeinassaere 
Mfibiilesl  >  Cest  assez  pour  que   fa  jeu-  d'odieuses  représailles.  Ed  effet,  le  despo- 
cesH  soit  STertie  de  parler  sTec  réserre  lisme  fanatique  Jh  la  r«ae  de  Nsfarre,  in- 
du eroisades,  et  de   ne  pas  eu  prendra  fstuée  des  nouvelles  opinions,  avait  iiûli- 
oeaiioa  de  irailer  la  religion  ares  uoe  Irë»-  gné  les  Etats  du  Béarn.  Leurs  remontrances 
rf[>fébensible  léf^reté.  et  leurs  clameurs  furent  inutiles  ;  le  dAies- 
Je  riens  an  massacre  des  Indiens  par  les  poir  arma  les  Béarnais  ;  leur  patrie  désolée 
Etpignols. On  a  été  jusqu'è  écrire  de  nos  devint  le  théâtre  de  la  discorde.  Sous  les 
mn.qa'oùaraitimmot/iJénudouxemil-  murs  de  Nararreinson  combattit  avec  fu- 
Miu  it  nalureU  du  pays.  Quand  on  lit  on  reur.  A  Orthez  se  fit  un  caroago  horrible, 
quindou  entend  de  si  atroces  calomnies,  surtout  des  religieux  et  des  prêtres;  oa 
osdemeDreimmobiled'élonDemenl.Je veux  voyait  des  ruisseaux  de  saog  couler  dans 
<iwdes  Cfarélieas  ou  des  prêtres  espagnols  les  maisons,  les  places  el  les  rues.  La  Gava 
nunt  été  égarés  par  un  zèle  violent  et  parut  tout  eusanglaolé,  et  ses  eaux  por- 
Dtiirtrjer;  où  serait  la  justice  de  reprocher  lèrent jusqu'aux  mers  voisines  les  nouvelles 
ir^ise  chrétienne  des  excès  de  quelques-  de  cet  épouvantable  désastre.  Le  massacre 
uni  de  ses  membres,  quand  elle-même  les  d'Ortbez  fut  suivi  de  celui  de  la  fleur  de  la 
ibhorra  T  Et  ne  sait-on  pas  que  c'est  è  la  noblesse.  Comme  si  le  Sk  août  eût  été  dans 
cruelle  avarice,  è  l'insatiable  rapacité  des  ce  siècle  une  époque  sinistre  consacrée^ 
premiers  conquérants,  qn'est  dû  It*  malheur  des  exécutions  barbares,  ce  jour-U  même 
desludieos,  et  que  la  religion  n'est  interve-  on  grand  nombre  de  gentilslrâmmes  forent 
ooe  dsns  ces  conquêtes  que  pour  en  lem-  fioignardés  i  Pau,  contre  la  foi  des  traités, 
pérer  les  rigueurs?  Ici  ce  n'est  pas    un  et  par  la  noire  perfidie   des  calvinistes, 
oomme  suspect,  c'est  un  presbytérien  (1^28)  L'histoire  dépose  que  Charles  IX  jura  de 
qui  vengera  l'Eglise  romaine.  Après  avoir  s'en  venf;er.  On  Ut  à  ce  sujet,  dans  rj7ù- 
fiil observer  qu«  ce  n'est  pas  k  la- politique  loiVede  Âai>arre,ces  paroles  remarquables: 
do  cabinet  d'Espagne  ^u'on  doit  la  dépopu-  ■  Ces  nouvelles,  dit  l'auteur  en  rapportant 
Ijtion  de  l'Amérique,  il  ajoute  :  «  C'est  avec  le  massacre  ôe  Pau,  lâchèrent  eitrémeoMiit 
pJus  d'injustice  encore  que  beaucoup  d'é-  le  roi  Charles,  qui,  dèa  lors,  résolut  en  son 
trivains  ont  attribué  à  l'esprit  d'intolérance  esprit  de  faire  une  seconde  Saint-Barthéle- 
de  la  religion  romaine  la  destruction  des  my,  en  expiation  de  la  prvmiérB.  •  Aussi, 
Américains,  et  ont  accusé  les  ecclésiastiques  lorsqu'il  semblait  reculer  devant  le  crime 
ttpagnols  d'avoir  excité  leurs  compatriotes  k  qu'il  méditait,  la  reine  mère,  pour  raffermir 
aassdcrer   ces  peuples  innocents ,  comme  son  Ame  effrayée,  ne  lui  disait  pas  :  Souve- 
les  idolâtres  et  des  ennemis  de  Dieu...  Ils  nez-rous  decequerou8d^Tezala  religios; 
'areot  des  mioislres  de  {uiix  pour  les  ln~  mais  elle  lui  disait  (1429)  :  Pourquoi  ne  pas 
liens,  et  s'efforcèrent  toujours  d'arracher  la  avoir  la  force  de  vous  défaire  des  gens  qui 
lerge  de  fer  des  mains  de  leurs  oppres-  ont  si  peu  ménagé  votre  autorité  et  votre 
Burs.  C'est  à  leur  puissante  médiation  que  personne? 

B  Américaios  durent  tous  les  règlements        On  rappelle  que  le  pape  Grégnire  XIII  fit 

uj  tendaient  &  adoucir  la  rigueur  de  leur  dire  à  Rome  des  réjouissances  sur  cet  évé- 

itrt.>  Oa  sait  même   qu'un   membre  du  cernent:  mais  on  a  soin  de  ne  lUS  dire  que 

l'Tgé,  Barthélémy  de  Las-Casas,  s'est  im-  Charles  IX,  pour  pallier  sou  crime  et  pour 

lorialisé  par  son  zèle  ardent,  infatigable,  h  donner  le  clunga  aux  cours  de  l'Europe, 

laider  la  f^ause  des  Indiens.  j  leur  avait  député  des  courriers  pour  y  ré- 

ifaioleaaot.  que  diron«-uons  de  la  Saint-'  pandre  qne  la  découverte  inopinée  d'une 

irtbélemy  ?  Nous  dirons  que  c'est  là  une  conspiration  contre  sa  personne  et  son  ao- 

WTible  jouniéa  qui  sera  la  honte  élcruelle  lorité  l'avait  forcé  i  des  mesures  violentes, 

t  iios  aonales:  el  sans  doute  il  n'est  pas  et  qu'il  avait  échappé  au  péril  imminent 

i  vrai  Francis  qui  ne  désirât  de  pouvoir  dont  il  était  menace.  Je  veux,  pour  un  mo- 

kbirer  les  pages  sanglantes  qui  en  retra-  ment,  que  quelque  prêtre  insensé  eût  ap- 

mt  le  soa*eoir.  Hais  si  cette  journée  est  plandi  à  ce  massacre  :  où  serait  la  bonne  loi 

freuse.  c'est  aussi  une  affreuse  calomnie  de  faire  retomber  sur  la  religion  cet  excès 

le  de  l'inapuler  i  la  religion,  comme  si  la  de  son  indigne  ministre?  Faudrait-il  donc 

ligîOD  l'avait  commandée,  comme  si  elle  déclamer  éternellement  contre  l'ancienne 

iTsit   approuvée,  comme   si  cette  éf.oo-  magistrature  de  France,  parce  que  quelques 

laiable    Irais^die  éuit  dans  les  maximes  magistrats  auraient   vendu   la  justice;  ou 

daos    l'eaprit  du    christianisme  ;   il  est  bien  contre  les  lettres  eU'imprimerie,  parce 

éré  qu'il  n  V  eut  ni  prêtre  ni  évêque  dans  que,  dans  le  dernier  siècle,  un  écrivain  en 

eooseil    où    cet  horrible  massacre  fut  auraitabusépendantquatre-vingtsanspour 

■ola.  Il  est  fort  aisé  â  des  déclamalaurs  prêcher  le  libertinage  et  l'impiété? 
ivsneer    qafl    le  faux   zèle   avait  armé        Si  l'on  n'éuit  pas  égaré  par  la  haine,  on 

larles  IX  ou  fer  bomicide;  mais,  pour  rea-  observerait  que  dans  ce  massacre  on  grand 

rf428)  RtMCSTsra.  BuUirt  de  rAmiriqnt,  liv.  (14»)  Bossdet.  AMfé  4e  CHiêlMn^ét  Frne; 

I,  «1  note  71 ,  lom.  IV,  iii-12,  pag.  142et  5%  ii%m  de  Ctuiles  IX. 


^S  FAN  DICTIONNilRB 

nomttrt  ni£me  de  catholiques  périrent  vie- 
limes  (le  Teogeances  personnelles;  qu'à 
Lyon,  ft  Toulouse,  à  Bordeaus,  plusieurs 
des  proscrits  durent  la  conserTstinn  de 
leurs  jour;  &  des  ecclésiastiques.  Ou  sait 

a  ne,  buivaiit  une  tradition  respectable,  leao 
ennuyet-,  ârfiqne  de  Lisieux,  s'opposa  au 
massBcfe,  et  que  sa  courageuse  clémence 
toucha  leUetnenl  les  calvinistes,  qu'ils  firent 
abjuration  entre  ses  mains.  Où  est  l'écri- 
Tain  ecclésiastique  quf  n'sil  porléarec  hor- 
reur de  ce  jour  funeste  T  L'historien  de 
Henri  JV,  Péréfiie,  l'appelle  *  une  action 
exécrable,  qui  n'avait  jamais  eu,  et  qui 
n'aura,  s'il  platt  h  Dieu,  jamais  de  sem- 
blable,' ■  Bossuet  De  rappelle  qu'arec  des 
aeatiments  d'exécratioa  cette  elTrovable 
journée.  On  a  dît,  je  le  sais,  qu'un  sboé  de 
Caveyrac  avait  fait  l'apologie  de  la  Saint- 
Barthélémy  ;  le  fait  a  été  avancé  d'abord  par 
d'Alémberl  et  par  Voltaire,  comme  on  le 
TOlt  par  leur oorrèapondanoe;  il  a  été  répété, 
et  il  l'est  encore  de  nos  jours.  Vous  sentez 
bien  que  la  cause  de  cet  écrivain  n'a  rien  de 
commua  avec  celle  de  la  religion  ;  et  qulm- 
porlerait,   après  tout,  au  christianisme, 

au'uQ  frénétique  se  fût  fait  l'apologiste 
'une  frénésieT  N'y  aurail-il  donc  plus  de 
bonne  philosophie,  parce  que  le  philosophe 
Sénéquo  a  fjiii  l'apologie  d'un  monstre 
pieurlrier  de  sa  mère  T  Hais  ici  les  soj)histes 
p'ont  pas  le  triste  mérite  d'avoir  fait  celte 
dégoûtante  découverte  ;  leur  imputation  est 
Ooe  calomnie.  Dès  la  première  page,  l'au- 
t^r  dit  I  «  On  peut  répandre  des  clartés 
>ur  les  motifs  et  les  elTets  de  cet  événement 
tragique,  sans  être  l'approbateur  tscile  des 
uns,  ou  le  contemplateur  insensible  dvs 
autres;  et  quand  ou  enlèverait  h  la  journée 
de  la  Saint-Barthélémy  les  trois  quarts  des 
harribles  excès  qui  l'ont  accompagnée,  elle 
serait  encore  assez  affreuse  pour  être  détes- 
tée de  ceux  en  qoi  tout  sentiment  d'huma- 
irité  D'eat  pas  entièrement  éteiht.  C'est  dans 
eelte  confiance  que  j'oserai  avancer  : 

«  l'Que  la  religion  n'y  a  eu  aucune  part; 

■  3°  Que  ce  tut  une  affaire  de  proscription  ; 

*  3*  Qu'elle  D'à  jamais  dû  regtirdér  que 
Paris; 

'  f  k'  Qu'il  y  a  péri  beaucoup  moins  de 
PKtode  qu'on  oe  la  écrit.  » 

Que  ces  assertions  soieut  fondées  ou  non, 


(I430j  Au  congrès  icieniiflque  d'Angers  en  1843, 
qnalques  p«rgoniie«  qyant  essayé  de  coraluiUre  té 
beau  Mimoin  put>tié  par  ^.  Alfred  de  Fallous  (  Voir 

SI  CotTeipandant,  i.  ly)  ei  d'él^Li|ir  qu'il  y  »vaîteii 
ans  la  Safnt-Bnnbelcoiy  ou  prémédiiation,  ou  du 
tiioiiis  complicité  religieuse,  H.  de  Falloi)i  pi-il  la 
parole  en  fournissant  de  nouTdles  preuves.  <  Voùi 
«véUndei,  a}outa-t-il  en  lerminant,  que  c'est  la  ré- 
bpon  qui  eît  derrière  la  Sainl-Banhelémr  ;  eh  bien, 
pioî,  je^ulieiis  quedans  la  biluation  où  se  trou- 
l^aifuL  alors  les  fsprils,  il  n'j  avait  i|ue  la  religion 
qui  eût  pu  l'empSch^r.  Un  peu  de  jiliilieopliie,  a-t- 
on dit  autrefois,  coniluil  i.  ralh^israe,  tie^uçnup  de 
philosophie  ramène  à'  la  croyante.  J'emprunlers|i 
"Cette  forme  pour  rendre  ma  pensée,  et  je  dirai  ;  Un 
peu  de  religion  laisse  dans  le  cceur  beaucoup  de 
jwniéei  perverses,  plus  de  religion  les  prévient  ou 
tel  anëanlil.  Appliquez  par  l'imagina  lion  ce  que  Je 


APOLOGETIQUE.  FAK  }|« 

il  y  a  bien  loin  de  là  k  l'apologie  du  mis- 
sacre  ;  confondre  ces  choses  est  un  Inil  jt 
mauvaise  foi  auquel  ou  refuserait  île  croir«, 
si  l'on  n'en  avait  la  preuv«  sous  iei  mi 
(1430). 

Il  me  reste  i  vous  entretenirde  la  r^nca- 
tton  de  Cidit  de  Nantti,  et  déjï  tous  Hu 
impatients  de  savoir  comment  j'envisigeiii 
UD  âvéoement  plus  rapproché  de  iious,iJont 
le  souvenir  est  venu  si  souvent  répauJre 
tant  d'aigreur  daos  dos  discussioQi  puii- 
tiques.  Impartial  comme  je  l'ai  été  jasqu'ià, 
je  dirai  les  choses  comme  je  les  vois,  etj'eu 
parlerai  sang  détour  comme  sans  pissiUD. 
rallût-il  condamner  cette  mesure  comnuli 
fruit  d'une  fausse  politique  ou  d'un  ba 
zèle,  je  ne  verrais  p^s  en  quoi  ce  seraitu 

§rana  sujet  de  triompbe  .pour  les  eoneoiis 
u  troue  et  de  l'autel.  Louis  XIV  est  tssct 
f;rsnd  pour  se  faire  pardonner  ua8fiule.el 
a  religion  est  trop  sainte  dans  les  préceplo 
qu'elle  donne,  trop  pure  dans  lessealimïDli 
qu'elle  inspire,  pour  être  souillée  pirlet 
excès  personnels  de  quelques-uns  de  su 
sectateurs.  Essayons  de  saisir  le  vrai  i  In- 
vers les  exagérations  et  les  sophismei. 

Et  d'abord  prenons  garde  à  accuser  tmp 
légèrement  le  grand  roi  d'un  farouche  des- 
potisme, et  n'allons  pas  lui  foire  udcmim 
d'avoir  régné  dans  des  circonstances  el  sous 
l'inQuence  d'opinions  alors domioaDlesqui 
étaient  bien  loin  d'être  leq  odtres. 

Les  longues  et  sanglantes  guerres  de  »- 
lîgiOD  étaient  encore  vivement  préseni») 
tous  les  esprits,  et  le  souvenir  des  miui 
passés  invitait  h  prendre  des  mesures  unut 
en  prévenir  le  retour..'  Je  ne  m'altauierii 
pas,  «dit  h  ce  sujet  t'aiiguste  élève  de  ¥ét»  | 
ion.  le  duc  de  Bourgogrie  (1%3]),  •jeni  j 
m'attacherai  pas  à  considérer  les  Œaui  <['>' 
l'hérésie  a  faits  en  Allemagne,  dans  kî  i 
royaumes  d'Angleterre,  d'Ecosse  et  d'If- 1 
lande,  dans  les  Provioces-Unies  et  ailleurs:  | 
c'est  du  royaume  seul  dont  il  est  question,  i 
Je  oe  rappellerai  pas  même  dans  le  déiiil| 
cette  chaîne  de  désordres  consignai  diiu  ' 
tant  de  monuments  authentiques,  ctsti-'^ 
semblées  secrètes,  ces  serments  d'assDcn- , 
tion,  ces  ligues  avec  l'étranger,  ces  refus«  : 
payer  les  tsillos,  ces  pillages  des  deoiiii 
publics,  ces  menaces  séditieuses,  ces  ronju- 
rations  ouvertes,  ces  guerres  opioiJirF-S 

pose  en  principe  j  au  lieu  d'une  cour  pleine  iif 
trlgués  et  d'adullères,  supposes  une  cour  oà  npt 
llEvBngile,  où  la  loi  de  Dieu  soit  puissanie  mr  n 
puissants  ;  au  lieu  de  Calberine  et  de  Cbirlci  I^ 
mettez  sur  le  Irfine  Blanche  et  saiut  Louis  :  ci  [a» 
Je  vous  ledeinandemaintenanl,,..auprcraief  ipfff 
de  votre  jugement  propre,  au  premier  cri  de  '""^ 
conscience,...  dites  si  la  Sainl-Barlhëletni  ru* 
àlbrs  possible,  i  A  ces  mois,  touie  l'atseuMec  }< 
leva  avec  de  bruyants  applaudissenenlSi  «"■'" 
criant:  Non,  non!  —  <  Voire  cri  a  lermifté  ui"^ 
cQsaion,  i  reprit  aloraM-<)e  Faltoui;  «  il <!««*■ 
dii  de  la  iriltiine  au  milieu  des  félk-iuiioa>  t^l" 
de  tous  les  bords.  (Ctr.  Lingiiih,  Aimin,  el>:.) 

(113()  Mémoire  lur  la  rhoeaiion  it  l'tiii  " 
Nanten,  par  M.  le  duc  de  Bourg0{rne.  VoF*  Ij  ''J 
du  duc  de  Bourgogne,  t782,  tome  U,  page  H  « 
suivauies. 


DICnOSiHURE  ArOLOGBTIQlIE. 


FAN 


918 


ce>  sta  dfl  Tilles,  ces  ioceodies,  ces  mas- 
Hcces réfléchis,  ces  altenlAlscoDlreïes  rois, 
res  sacrilèges  mnllipliés  el  jusqu'alors 
iooDis;  il  me  sufiit  de  dire  que  depuis  Fran- 
(oif  1"  jusqu'à  nus  jours,  c'est-à-dire  sous 
lepl  règnes  différents,  tous  ces  maui  et 
J'aulres  encore  ont  désolé  le  rojaume  arec 
plus  ou  moins  de  fureur.  Voila,  dis-je.  le 
uU  hitlorique  que  I'od  peut  charger  Je  di- 
vers iocidents,  mais  que  l'on  ae  peut  cod- 
tdsler  substaotiellemeiit,  oi  révoquer  eo 
donle;  et  c'est  ce  noiot  capital  qu'il  faut 
luDjonrs  envisager  (fans  resamen  politique 
•!■  celte  affaire.  ■ 

Plein  de  ces  pensées,  le  goareroement 
s'occapait  depuis  longtemps  aminerinseo- 
tïblemepl  un   parti   redoutable,  qui  avait 
poné  l'audaca  jusqu'à  Touloir  former  un 
EU  réjiublîcaÎL   au    milieu   même  da  la 
Fruce  [1^.  Les  arrêts  et  les  édits  se  suc- 
c&iiieat  rapidemtot,  dit  l'illustre  historieo 
delossuel;  oo  pensait  alors  que  les  édits 
précédents  de  loférance  et  de  pacification 
nétaieatpas  des  traités  d'alliance,  mais  des 
ordoonauces  faites  par  les  rois  pour  l'utilité 
liDblique,  et  sujets  à  révocation  lorsque  le 
bien  (le  l'Elal  le  demande.  Tel  était  le  seo- 
tiiDSul  du  docteur  Arnauld,  et,  ce  qui  est 
plus  remarquable,  de  Grrtlius  lui-même  : 
•  Le  gouTernement  français  paraissait  soi- 
Tre  le  même  sjrstëma  politique  que  les  gou- 
leruemeuls  protestants  avaient  mis  depuis 
l'^jflemps  à  eiéculioD  contra  leurs  sujets 
Mlholiques;  ut  même,  an  comparant  leur 
e«Ie  pénal  arec  celui  de  la  France,  il  serait 
bcile  de  prouver  qu'il  se  montra  plus  in- 
dulgent et  plus  tolérant  (1^.  » 

Il  était  ndèle  depuis  quinze  ans  à  cette 
iMrehe  progressive,  et  rien  n'annonçait 
'aboJilion  entière  de  l'édit  de  Nantes,  lors- 
que des  complots  alarmants,  qui  éclatèrent 
^  1683,  la  firent  mettre  en  délibération. 
Les  protestants  du  Poitou,  de  la  Saintooge, 
de  laGuieone,  du  Languedoc,  des  Cévennes, 
du  nrarais  et  du  Dauiihiné  (1434),  formèrent 
BU  projet  général  d'union  pour  relever  tes 
limplas  qui  avaient  été  démolis,  et  recon- 
quérir les  privilèges  dont  ils  avaient  été 
dépoaillés.  L'étendard  de  la  révolte  fut  ar- 
t-tré  dans  quelques-unes  de  ces  provinces, 
cl  des  IroDpes  furent  mises  sur  pied  pour 
Its  conieoir.  Celte  affaire  devint  I  objet  plus 
lubiluel  des  pensées  du  roi  et  de  ses  coo- 
leils.  EuBn  l'édit  fut  révoqué  (1435}. 

■  L'opinion  générale  {laraissail  alors  lelle- 
nienl  consacrer  la  sagesse  de  celte  mesure, 
<(ue  Louis  XIV  reçut  les  félicitations  de  tous 
1«  ordres  de  son  rojaumc.  Tous  les  parle- 
ments s'empressèrent  d'enregistrer  un  édit 
qu'ils  avaient  prévenu  eux-mêmes  par  une 
multitude  d'arrêts  particuliers,  dont  l'édit 


de  révocation  ne  semblait  être  que  la  sanc- 
tion générale.  Les  inscriptions  qu'on  lisait 
encore,  il  ;  a  vingt-cinq  ans,  au  pied  de  la 
statue  de  Louis  XIV,  à  la  place  Venddme  et 
à  l'Hâtel-de- Ville  de  Paris,  paraissaient  n'a- 
voir été,  par  leur  conformité  avec  ce  qui 
nous  reste  des  mémoires  conlemporaius, 
que  l'expression  sincère  de  l'opinion  pu- 
blique (143fi).  >  El  c'esi  avec  raison  qa  un 
auteur,  qui  n'est  pas  suspect,  disait,  en 
1789,  que  £ou»  XIY  n'avait  fait  Ç*t  céder 
au  Mcu  générai  de  la  nation  {lL37). 
t  On  avait  cru  trop  aisément  qoe  les  uns 
seraient  contenus  par  la  rrainte,  et  que  les 
autres  seraient  gagnés  par  la  persuasion  ;  la 
résistance  armée   des  protestants  fit   voir 

3u'on  s'était  trompé;  el  le  amena  des  mesures 
e  rigueur  qui  n'entraient  que  trop  dons  le 
caractère  violent  de  Louvois,  et  l'on  ne  peut 

Îue  gémir  sur  les  excès  déplorables  commis 
es  deux  cAtés. 

€  Enfin  la  paix  de  Riswick  vint  rendre 
le  calme  à  la  France,  el  permit  au  gouver- 
nement de  s'occuper  du  sort  des  protestants. 
Le  marquis  de  Loutois,  la  plus  ardent  [n-o- 
moteur  (tes  mesures  de  rigueur,  n'existait 
plus,  et  Louis  XJV  était  touioors  disposé  k 
accueillir  tous  les  morens  (u  douceur  et  de 
raison  qui  étaîenlconformesà  sa  modération 
et  à  son  équité  naturelle.  Les  cris  da  tant 
de  victimes  innocentes  ou  coupableH  avaient 
retenti  jusqu'ft  son  Ame  sensilile  et  géné- 
reuse. Sa  religion  même  s'était  indignée  de 
l'abus  criminel  qu'on  avait  osé  faire  de  son 
nom  et  de  son  autorité,  contre  ses  iiilen- 
lions  bien  connues  el  souvent  exprimées. 
Le  cardinal  4e  Noailles,  qui  était  également 
opposé-par  caraclèreet  par  principes  à  toutce 
qui  pouvait  ressemblera  la  contrainte  et  à  la 
violence;  Kossuet,qui  n'availjamais  voulu 
employer  quQ  les  armes  da  la  science  et  les 
mojrens  d'instruction,  firent  prévaloir  peu  à 
peu  les  conseils  de  la  douceur  et  de  la  mo- 
dération. Ils  furent  heureusement  secondés 
par  les  insinuations  encore  plus  persuasives 
do  Umede  Haintenon,que]gpilié  naturelle 
à  son  sexe,  el  une  raison  douce  et  calma 
rendaient  toujours  accessible  à  des  maximes 
avoirées  par  la  religion  comme  par  l'buma- 
uité-(14^.  a 

En  exilant  les  ministres,  Louis  XIV  avait 
défendu  aux  sectateurs  de  leur  communion 
de  quitter  la  France;  mais  L'émigration  des 
pasteurs  entralpa  celle  d'une  partie  de  leur 
lrou|ieau.  ■  BasuagCi  écrivain  protestant, 
porte  è  trois  ou  «quatre  cent  mille  le  nom- 
bre des  proleslants  réfugiés.  Cette  seule 
énumération  de  trois  ou  Quatre  cent  mt7te, 
dans  une  pareille  matière,  est  faite  pour 
inspirer  de  la  méfiance  à  uu  critique  ju- 
dicieux. 


(1432)   Voycx  le  Hcrcarc  <1«  J<  r«)K«,  UNue  U,  an- 


(liS5j  Le  21  octobre  1685. 


(U36t  Bhloire  de  BdumI  ,  ibid. ,  lome  IV, 
pi«e  «3. 

(liai)  Sii!iT-Li.»EBT,  Jausses  roMii  adressi» 
au\  étals  téneraux. 

^1458)  Biiioire  de  Boukci,  liv.  ii,  r.  17,  I.  IV, 
paye  97. 


tl9  FAN  UCTIOMNAIRB  APOLOGETIQUE.  TUS  n 

tiplier  de  toutes  paris  Im  éloffet  pr^itu- 
SI3S,  i«s  meubles  superbes,  1«s  iibleiut 
des  grands  matires,  tes  msisou  ricbtoieul 
décoras  ? 

A  l'éfioque  de  la  réTocalioir,  notre  eotï- 
merce,  k  peine  sorti  des  uiaius  île  Colbcri 
son  créateur,  était  encore  dans  renranct. 
Que  pouvions-nous  sppremlre  h  nos  ririui, 
de  qui  nous  avions  loot  appris?  L'Andeterre, 
)«  Hollande,  l'Ilalie,  nous  avaieDl  aeiiniiét 
dans  la  carrière,  les  manufactures  de  Lou- 
Tîers  et  de  Sédsn  ont  eu  leurs  modètestliei 
nos  voisins.  Le  nom  seul  d'un  Irës-graud 
nombre  de  nos  fabrications  rapiielle  Londru, 
Florence,  Naples,  Turin,  ei  décèle  sinsi  uu 
origine  étrangère. 

La  Prusse  est  presque  le  seul  Etal  oi  ki 
réfugiés  aient  fait  des  établissemants  con- 
sidérables; Brème,  Hambourg,  Lubeck  H 
plusieurs  autres  villes  Q'élaieDl-ellei  fu 
riches  el  puissantes  avant  toutes  les  imi^t- 
tiODS  T  On  voit  ici  avec  quelle  légèreté  Vol- 
taire et  ses  copistes  ont  avancé  quejusque- 
ih  le  nord  de  l'Allemagne  n'était  qu'une}! 
agreste. 

Sans  doute  le  clergé  pat  bien, avec  le  resie 
de  la  France,  applaudir  h  une  mesutequ'on 
regardait  comme  dictée  par  une  sage  |» 
li tique:  mais  on  peut  dire  que,  s'il  estenité 
pour  quelque  cliose  dans  les  sanslsuls  H 
réciproques  excès  qui  va  ont  souillé  l'eié- 
cution,  CB  ne  fut  que  pour  en  être  la  tic- 
lime  ou  pour  les  adoucir.  . 

Il  nous  sera  facile  maintenant  d'apprécier 
k  SB  juste  valeur  ce  vagua  reproche  deb- 
natismeque  l'on  fait  i  la  religion.  Sadmiii 
nous  déher  h  l'avenir  de  tous  ces  ëcrivaini 
qui  ont  étudié  l'hlBloireeD  sopliistei,et[iijD 
en  pbitosopbes  ;  qui,  égarés  par  la  haine  dti  i 
cbrisiianisme,  se  montrent  épris  des  veriui  I 
païennes,  exagèrent  les  vices  de  nosancî-  i 
très,  se  taisent  sur  leurs  grandes  quililés, 
relèvent  avec  une  amertume  pédsuiesqDt 
les  [rails  d'ignorance  et  de  barbarie  qui 
peuvent  souiller  leur  histoire,  et  caclieul 
ou  affaiblissent  ce  que  leur  caractère  ««ii> 
de  noble  et  de  magnanime.  Ali  I  si  k» 
Godefroi,  si  les  Joinville,  si  quelqu'un  ik 
ces  héros  antiques,  pleins  de  loi,  fidèles  1 
leur  Dieu  comme  i  leur  patrie,  reviDit 
parmi  nous  pour  être  témoin  de  notre  fruiilc 
lodiffèreoce,  et  de  cette  corrupliou  d'espn! 
qui  fait  compter  pour  rieu  la  religion  ili- 
quelle  se  lie  tout  ce  qu'il  f  a  de  beau  eiil( 
Çrand  parmi  les  peuples  modernes,  n'aunii' 
il  pas  le  droit  de  nous  dire  :  Frsoi^i^ 
quavez-vousfaitde  la  religion  de  Tosjiin»< 
et  sans  elle  que  devieudrez-vousT  Penjei- 
vous  qu'on  puisse  impunément  insulter  i 
ciel  el  défier  son  courroux  T  Vuus  reprociit. 
à  vos  ancêtres  leur  ignorance  ;  mais  vom 
superbe  savoir  vaut-if  mieux  que  leur  sim- 
plicité? Toutes  vos  connaissances  ii'odI  |>'i 
vous  sauver  du  monstrueux  athéismB'Vuui 
nous  vantez  vos  sciences  el  vos  arts;  <" 
cela,  vous  êtes  comme  des  eufants  qui  ^^r- 

1,  p»? 


«  Ln  Uarliuière,  é^lemeot  nroteilaut» 
rMuit  ce  nombre  i  trois  cent  mitle. 

■  Larrey,  aussi  prolealant,  le  réduit  à 
deui  cent  mille. 

•  El  rbistorieo  protestanl  de  la  révocation 
de  Tédil  de  Nantes,  Benoit,  s'arrête  aussi  k 
deux  cent  mille. 

■  On  sent  qu'il  est  permis  de  conserver 
au  moins  des  doutes  sur  des  calculs  aussi 
vagues,  lorsqu'on  voit  des  écrivains  de  la 
meioe  communion,  placés  à  l'époque  même 
des  événements,  ditférer  de  quatre  cent  mille 
à  deux  cent  mille,  sans  donner  i  leur  éva- 
luation des  bases  qui  puissent  en  garanlir 
]a  certitude  (ik39).  ■ 

Ecoutons  le  due  de  Bourgogne,  qui  avait 
fait  d'exactes  recherches  sur  cette  matière: 
<  On  a  exagéré  inQnimenl  {li^OJ  le  nombre 
des  huguenots  qui  sortirent  du  royaume  k 
cette  occasion,  et  cela  devait  être  ainsi. 
Comme  les  intéressés  sont  les  seuls  qui 
{«rient  e(  qui  crient,  ils  affirment  tout  ce 
qui  leur  plaît.  Un  ministre  qui  voyait  son 
troupeau  dispersé  publiait  qu'il  avait  passé 
chez  l'étranger.  Dn  chef  de  manufacture  qui 
avait  perdu  deux  ouvriers  faisait  son  calcul 
comme  si  tous  les -fabricants  du  royaume 
avaient  fait  la  môme  perte  que  lui.  Dix  ou- 
vriers sortis  d'une  ville  où  ils  avaient  leurs 
WHinaissances  et  leurs  amis,  faisaient  croire, 
par  le  bruit  de  leur  fuite,  que  la  ville  allait 
manquer  de  braa  pour  tous  les  ateliers.  Ce 
qu'il  y  a  de  surprenant,  c'est  que  plusieurs 
maîtres  des  requêtes,  dans  les  instructions 
qu'ils  m'adressèrent  sur  leurs  géoéralités, 
adoptèrent  ces  bruits  populaires,  el  annon- 
cèrent par  Ift  combien  ils  étaient  peu  ins- 
truits <ie  ce  qui  devait  les  occuper  :  aussi 
leur  rapport,  se  trouva-l-il  contredit  par 
d'autres,  et  démontré  faux  par  lavériticalion 
laite  en  plusieurs  endroits. Quand  le  nombre 
des  huguenots  qui  sortirent  de  France  A 
cette  époque  monterait,  suivant  le  calcul  le 
plus  exagéré,  à  soixante-sept  mille  sept  cent 
treute-dijui  personnes,  il  ne  devait  pas  sa 
trouver  parmi  ce  nombre,  qui  comprenjit 
'  tous  les  Ages  et  tous  les  sexes,  assez  d'hom- 
mes utiles  pour  laisser  un  grand  vtde  dans 
les  campagnes  et  dans  les  ateliers,  et  in^uer 
sur  le  royaume  entier.  II  est  certain  d'ail- 
leurs que  ce  vide  ne  dut  jamais  être  plus 
sensible  qu'au  moment  où  il  se  fil.  On  ne 
s'en  aperçut  pas  alors,  et  l'on  s'en  plaint 
aujourd'hui  I  il  faut  donc  en  chercher  une 
autre  cause:  elle  existe  en  effet,  et,  si  on 
veut  la  savoir,  c'est  la  guerre.  Quant  à  la 
retraite  des  huguenots,  elle  coûta  moins 
d'hommes  utiles  è  l'Etat,  que  ne  lui  en  eu~ 
levait  une  seule  a'nnée  de  guerre  civile.  > 

S'il  fallait  écouter  certains  déclamateurs, 
00  croirait  que  les  richesses  et  la  prospérité 
avaient  fui  la  France  avec  les  protestants 
réfugiés,  et  cependant,  je  le  demande,  le 
commerce  et  l'industrie  oot-ih  cessé  de 
prendre  des  accroissements  T  Dans  le  cours 
uu  xvtii*  siècle,  n'a-l-on  pas  vu  se  mul- 

(1439)  f/i*ii>jr<  ifc  BaiMifl,  liv.  Il,  ii.    15,  t.  IT,  (1410)   Vie  du  duc  de  Bmrgegw,  I 

(»K«  t*^-  10». 


riiciri  k  m  qui  ambellil  l'édifice ,  uns  Irop 
Mioir  si  lu  fondetnents  sont  raioeui  on 
Mifidc*.  Noos  ■*ioDs  des  ridicoles ,  et  tous 
»ei  des  tvilimes  qui  ranleni  l'bonime 
juH)»^  la  brute;  nous  «vions  des  vices, 
aiu  Iles  philosophes  ne  nous  appreiuienl 
pu  1  les  nommer  des  vertus.  Nos  théXlras 
snisiien.où  les  choses  saintes  élaienljouées 
par  fiité,  excilfrut  «os  mépris  et  vos  risées  ; 
a  nias,  c'est  pur  imiûélé  que  vousavez  joaé 
Il  religion,  et  il  a  fallo  que  le  blasphème 
liai  sa  mêler  à  l'obseénité  pour  égayer  vos 
)ainrf.VoiiB  nous  reprochez  l'enthousiasme 
itn  guerres  saintes;  et  sans  elles  les  pays 
ffu  (OU  babilez  auraient  eu  la  sort  de  Unt 
d«  belle*  contrées  de  ta  Grèce  et  de  l'Asie. 
lo|iiU,  TOUS  jouissez  en  pais  d'un  superiM 
iwïUp  conservé  par  la  vaillance  de  vos 
>•:>!.  et  vous  insultez  à  leur  mémoire  I  Je 
ihiisiToir  la  justice  de  dire  que  vous  avez 
ifrtlé  de  leur  valeur;  mais  la  religion  a*- 
■an  11  prospérité  des  Etals  comme  des  fo- 
s  lîes.  Ab  I  ireniblez  que  votre  insouciance 
unr  elle  ne  tous  attire  te  châtiment  de  la 
OJr  disparaître  du  mitieude,vous  ;  tremblez 
ue  le  christianisme,  fuyant  vos  contrées, 
eious  laissa  dans  la  nuit  de  la  barbarie, 
KBinetant  d'autres  riions  où  il  n'est  plus 
■joanl'bui  qia'imparTsitement  connu  ,  et 
le  Toos  ne  deveniez  plus  barbares  que 
i  pèrts,  sans  rien  avoir  de  l'IiiirMSme  de 
trs  seoiimen  ts  et  de  leurs  vertus. 
FEUMK  CHRÉTIENNE;  H.irip,  Uère  de 
ta .  en  est  le  ijpe.  foy.  Makie.  —  Sa 
luioo.  Ibid.  —  De  sa  foi  et  de  sa  charilé. 
»!■  Elcs.su. 

tEMSiKS.  —  Suivant  M.  Aîmé-Mattin, 
^'■le  u  a  montré  la  vertu  sut  femmesque 
115  les  austérités.  €  Nos  pères,  diMI  dans 
l'irre  De  C^dacation  dtimèrti  de  famille, 
uundireol  longiemps  l'ignorance  avec 
luo.ence,  el  de  là  vinrent  tous  leurs 
ai:  Ou  voulait  les  femmes  niaises  dans 
ilerèt  des  maris ,  et  les  peuples  igno- 
(1  dan»  l'inlérfit  ju  pouvoir.  Les  femmes 
M  assimilées  au  peuple,  ne  ruçureut, 
'(ne  le  peuple,  aucune  espèce  d'ins- 
ciioQ.  Tont  fut  contre  elles,  la  science,  la 
i$!4lioo  et  la  théologie  ;  là  théologie 
w  prenait  alors  pour  la  religioii,  et  qui 
«ur  moolrail  la  vertu  que  sous  les  coujis 
udiseiplioe  et  dans  )e5  sustérilés  île  la 
ileoce.  Voilà  comment  nos  pères  enten- 
»i  la  sagesse  de  leurs  femmes.  C'est  en 
[•nvant  de  leur  âme,  c'est  en  les  livrant 
3  petites  pratiques  sans  morale  qui  bé- 
^  les  esprits,  qu'ils  espéraieut  lescon- 
(>'  purej  el  sans  tarlic.  Que  les  femmes 
■icuuservé  assez  U'iutelligence  pour  re- 
tire digueiuent  ans  prévisions  de  leurs 

un  Lîv.  I,  eb.  6,  p.  46.  —  L'anleur  ranijiiiie 
i:  *  LivRs  de  boiiDC  campagnie,  cilés  ilaiis  les 
ESH  par  les  dames,  cilés  Jau:»  îles  sernraiis  par 
Minct  qnî  linUaient  Elienue  Dalel,  coupjble 
)ir  traduit  Ptaloo,  et  bbaîeiil  forger  Baiiius, 
«ittea  d'avoir  pensé  contre  l'atis  d'Arisiote.  » 
I  t*t  condamoé  i   morl,    en    I54G,   couime 


MC1K»KAIRK  APOLOSETIQUE. 


FU 


un 


maris,  c'est  ce  qu'on  peut  voir  dans  les 
Conte»  de  Louis  XI,  de  Boci-ace.  de  la  reine 
de  Navarre  et  de  Bonaventure  des  Perivn  : 
U  se  tronvent  tous  les  bénélices  de  rigT>o- 
rance,  dont  les  Séries  de  Bouchel .  Patita- 
ymH  el  U  Mm/m  de  partenir  complètent  le 
gothiqne  tableau,  livrer  joyeux  dont  oo  ne 
parle  aujourd'hui  qu'à  roreille.  mais  qui 
étaient  alors  des  livres  de  bonne  eompaonis 

«  Quel  sort  que  celui  des  femmes  I... 
Autrefois  la  religion  les  instruisait  du  bant 
de  la  chaire  ;  mais  en  conrentrent  sa  morale 
dans  la  pénitence,  e!ie  donnait  plus  de  res- 
sort au  repentir  qu'i  la  vertu.  Les  If  assillon, 
les  Bnnrdaioue,  les  Bossuel  travaillaient  à 
étouffer  les  passions  :  ils  auraient  dû  ap- 
prendre à  les  diriger.  Loin  de  soutenir  l'bu- 
manîlé,  ils  la  brisaient  sous  le  joug  d'une 
doctrine  violente  qu'ils  éclairaient  des  feut 
de  l'enfer.  El  voyez,  leurs  plus  grands  pro- 
diges n'étaient  pas  de  nous  faire  vivre 
honnêtement  dans  le  monde,  mais  de  nous 
en  arracher  :  il  leur  voiz,  La  Vullière  se 
couvre  du  sac  de  la  pénitence,  lesCtaevreusa 
et  les  Longueville  courent  au  désert  pleurer 
leurs  fautes,  et  les  reines  élèvent  des  tem- 
ples, fondent  des  cloîtres  et  vont  s'bamilier 
sous  leurs  voâles  (1U2].  ■ 

Je  n'ai  à  venger  ni  la  science  ni  la  légis- 
lation des  impertinents  dédains  dont  H. 
Aimé-Martin  les  croit  coupables  envers  nos 
aïeules  du  moyen  Age.  Je  m'en  liens  fe  ce 
qui  regarde  la  théologie  et  l'Eglise. 

L'Eglise  n'a  jamais  négligé  d'eiise^er 
aux  femmes  les  obligations  de  leurs  divers 
étals.  Que  si  elle  a  mêlé  k  ses  le{;ons  de  mo- 
rale des  conseils  de  [léniience,  jamais  elle 
n'a  fait  des  austérités  l'essentiel  de  la  piété  ; 
elle  les  proposait,  en  ayant,  d'ailleurs,  la 
sage  précaution  de  ne  demander  que  ce  que 
l'Age,  la  santé,  l'état,  le  travail,  pouvaient 
permettre;  elle  les  proposait,  dis-je,  non 
lias  comme  étant  elles-mêmes  la  morale  et 
la  verin.  mais  comme  une  g.rmnastique  reli- 

Sieuse  nous  formant  i  l'obéissance  souvent 
l'en  difOcile  exigée  par  la  morale,  et  aux 
violents  sacrifices  que  demande  parfois  la 
vei-iu.  La  péuitence  est  l'eierciee  du  soldat 
du  ChrisU 

Uais  je  conviens  de  bobne  foi  que  l'édu- 
ralion  donnée  par  l'I^lise  aux  femmes  n'a 
jamais  élë  aussi  forge,  aussi  prtfonde  que 
celle  du  livre  doot  H.  Aimé-Uartin  leur  a 
fait  hommage.  Elle  ne  dit  pas,  par  exemple, 
avec  ce  moraliste  : 

Sua  DiEo.  —  ■  Dieu  ne  se  prouve  pas. 
Aucune  faculté  animale,  aucune  faculté  Ue 
l'intelligence  n'arrive  i  lui.  La  Iwique  le 
nie,  le  raisonnement  le  nie,  la  métaphysique 

de  h  vengeanre  de  Cbarpeatier,  médecin  de 
roi,  qu'il  atait  empécbé,  en  siznalant  sou  îeiiorancc, 
d'obleuir  une  cbairedemalheuutiques.  {Voir  Mo- 
■EBi,  arliclei  DoUt  et  flamu.  Sur  Dokl  en  parti- 
culier,  tmr  B^tle,  DictioBAtirt,  etc.,  article  IMei, 
et,  ï  la  an  de  ce  volume  de  Bajle,  les  nolet  o4  il 
est  pTOnré  que  ce  savant  Tut  condamné  par  k  par- 
lenWHL) 
(I4i2J  LiT.  I,  cb.  li,  p.  76. 


922 


FEU 


IHCTIONNAtRE  ATOLOGETIQUE. 


FEX 


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le  nie,  los  liassions  le  nient.  Qu'importe  1 
i'âme  ie  voit  (1^43).  > 

Sur  la  MiTiÈHR.  —  L'Eglise  ne  s'écrie 
PAS  :  •  Au  premier  aspect,  il  y  a  quelque 
chose  d'effrayant  dans  la  part  que  la  nature 
fait  à  la  matière.  La  prévoyance,  i'inlelti- 
geooe,  les  votoniés  aniiDnles,  tous  les  ins- 
linelfi,  toutes  les  passions  lui  appartien- 
nent (14U}.  ■ 

Sdr  le  màrusb.  —  L'Eglise  ne  défend 
pas  les  secondes  noces  que  proscrit  M. 
Aioa^Harlint  heureux  époux  cependant  de 
la  veuve  de  Bernardin  de  Safnt-Pierre  (1445). 

Que  prêchent  donc  les  préIres  aux  fenimosT 
L'accomplissement  de  leurs  devoirs.  On 
comprend  sans  peine  que,  dans  ce  para- 
grapne,  je  n'en  puis  recueillir  qu'un  hien 
petit  fluiubre  do  prouves. 

Saint  Grégoire  de  Nazianze  écrivait  i 
Olympias  :  «  Ua  fille,  je  t'envoie  aussi  mon 
présent  de  noces,  moi  Grégoire, .ut  ce  sont 
de  tendres  conseils,  ce  qu'un  père  a  de 
meilleur...  Honore  Dieu  d'abord,  ensuite 
ton  mari,  cet  œil  de  ta  vie,  ce  conseiller  de 
la  pensée... Cède  à  ton  époux  dans  sa  colère; 
soulage-le  dans  ses  peines;  prodigue  les 
douces  paroles,  les  sages  conseils.  Un  pru- 
dent gardien  n'endort  fias  avec  la  violence 
le  courroux  du  lion  qui  s'exhala  en  rugis- 
sements entrecoupés;  il  le  dompte,  au 
contraire,  avec  une  main  caressante,  avec 
un  son  de  voix  flatteur.  Ne  va  pas,  quelle 
que  soit  Ion  émotion,  lui  reprocher  une 
perle  d'argent,  car  il  est  pour  toi  le  plus 
riche  trésor,!  etc.  (1446). 

Saint  Amhroise  revient  souvent,  dans  ses 
instructions,  sur  les  devoirs  des  parents, 
notamment  des  mères,  è  l'égard  de  leurs 
enfanta.  11  leur  montre,  par  l'histoire  des 
malheurs  de  Jacob,  les  suites  funestes  des 
préférences  que  des  mères,  comme  jadis 
Rébecca,  témoigneraient  pour  l'un  de  leurs 
fils;  et  les  soins  de  Sara  pour  son  jeune 
Isasc  fournissent  au  saint  évèque  l'occasion 
de  rappeler  aux  femmes  le  devoir  d'allaiter 
elles-mfimes,  quand  elles  le  peuvent,  les 
enfants  que  Dieu  confie  à  leur  tendresse 
(1447).L'Brch6v6quedeHilan  mérite,  comme 
on  le  voit,  de  participt^r  aux  hommages 
rendus  par  U.  Aimé-Martin  à  llousseau, 
pour  avoir  aussi  voulu  que  les  femmes,  en 
ne  refusant  pas  leur  lait  aux  enfants,  en 
devinssent  une  seconde  fois  les  mères  (1448). 

Entre  cent  autres  choses,  souvent  char- 
mantes, et  toujours  fort  justes,  écrites  par 
saint  Jerûme  à  Lœla,  à  Eusiochium.àPau- 
line,    è  Gaudence,  sur  l'éducatiun,  je  re- 

(1443)  Uv.  Il,  cb.l6,p.  160. 

(1444)  Liv.  Il,  ch.  21,  p.  187.  —  H.  Aimé-Har- 
lin  nnus  lionne  pourtant  une  Ame,  dont  la  destina- 
tion est  uniquemeiK  d'ëlre  en  rapport  avec  l'inlini. 

(1445)  La  proliibiliou  des  secondes  noces  est, 
•elou  H.  Almé-Uanin,  un  principe  de  la  loi  naïu- 
relle,  e(,  quoiqu'il  n'ait  pas  voulu  formuler  si  uet- 
lement  son  opinion,  il  la  montre  assez  en  insistant, 
•pécialemeiii  liv.  iv,  cb.  7,  p.  445,  sur  ce  qu'on  ne 
Mut  (  aimer  d'amour  qu'une  fois  ;  >  sur  ce  que 
Dieu,  i  versant  chaque  aniiéo  sur  ta  terre  autant 
de  lilles  <|uc  de  garçons,  donue  une  fcnimc  à  ctia- 


;  marque  ce  conseil  :  ■  Il  faul,  non  pai  gou^ 
mander  votro  tille  si  elle  est  lente  àcoa- 

Ç rendre,  mais  au  contraire  l'encounger.., 
eillez  surtout  k  ce  qu'elle  ne  prenne  jm 
l'étude  en  aversion,  de  crainte  que  csdt- 
Kofit,  conçu  dans  l'enfance,  neieretrouTe 
dans  ua  âge  plus  avancé.» 

Que  de  leçons  données  aux  fenimes  pir 
saint  Jean  Cnrysostome  1  ■  Notre  vie,  dii-ii, 
étant  composée  de  deux  sortes  de  choies, 
les  unes  privées,  les  autres  publiques,  Dieu 
en  conGeunepartàchaquesexe:ilstt[Dnie 
le  soin  de  l'intérieur;  k  rbomme  lesaSira 
publiques,  le  barreau,  les  jugemenls  du 
sénat,  le  guerre  et  tout  ie  reste.  La  îmm 
ne  peutagiter  une  tance,  nidarderuajaielDi, 
mais  elle  peut  prendre  la  quenouille,  liuet 
de  la  toile  et  parfaitement  remplir  les  lulm 
emplois  domestiques.  Elle  ne  peut  éœelin 
un  avis  dans  le  îénat,  mais  elle  peut  déci- 
der sur  les  intérêts  de  la  famille,  et  souTcnl 
sa  prévoyance  t'emporte  sur  celle  da  min. 
Il  ne  lui  est  pas  permis  d'administrer  l'EM, 
mais  il  est  beau  qu'elle  soigne  réducalinD 
de  ses  enfants,  le  premier  des  biens; dU 
peut  corriger  les  négligences  des  serTinl», 
retenir  la  famille  dans  le  devoir,  il,  sut 
beaucoup  d'autres  points,  tranquilliser  s«ii 
époux  et  le  délivrer  de  nombreuses  inquié- 
tudes par  son  attention  à  veiller  sur  les  [>m- 
visions,  sur  le  travail  de  la  laine,  sur  li 
cuisine,  la  propreté  des  vêtements  et  autres 
objets  dont  il  ne  serait  ni  bienséant  ni  &■ 
cile  à  un  homme  de  se  charger,  sup[>a^ 

Su'il  le  voulût.  Et  c'est  là  encore  un  biunbtl 
0  la  divine  Providence,  que  celui  fui 
moins  de  qui  i!ont  confiées  les  affaires  pri<i- 
oipales  se  trouve  peu  propre  ft  de  moiodrei 
afiaires,  pour  que  l'intervention  desfuiDiDe) 
soit  indispensable  (1449).  > 

11  existe  encore  d'autres  devoirs  queli 
religion  impose  aux  femiûes.  Voici  en  qwli 
termes  saint  Chrysostome  les  eifioie  : 
a  Comment  instruire  un  mari  par  lesœunei' 
Quand  il  ne  vous  verra  ni  méchante,  nicï- 
rieuse,  ni  amie  de  la  parure,  ui  dËsireust 
de  dépenses  superflues,  mais  conteoitài' 
ce  que  vous  avei,  alors  il  consentira  )  ^^ 
cevuir  vos  avis.  Que  si,  très-sage  en  parole, 
vous  faites  le  contraire  de  ce  que  vousditt 
i!  condamnera  voire  loquacité,  liais  si  f* 
paroles  et  vos  actions  sont  d'accord  [>'><" 
instruire,  il  vous  prêtera  l'ureille,  etiff» 
hieu  plus  disposéà  vous  obéir, par eieai|)'^ 
lorsque  vous  rechercherez  non  pas  l'or,  m 
los  perles,  ni  les  magiiiliques  vélemaiHi' 
mais  la  modestie,  la  tempérance,  liiii"' 


saint  Paul  ma)  compris.  (P.  448,  cb.  S,  lu- 
cl  liv.  111,  et).  17.) 

(I44<i)  Trad.  de  H.  Cullombet,  dans  la  desûc^ 
édition  de  Sgnisiui,  p.  xvu  de  ta  préface. 

(1447)  L.  lur  Jacob  a  ta  vie  bieiîkiMmtt.  -  '- 
du  patriarche  Jacob.  —  Uexamérm.  —  ^  "' 
Abraham. 

(144S)   Edueat.  da  mhet  dt  lamitU.  i,  1    ,„ 

(Ui'J)  Opéra  S.  Chruiosiomi.  édiL  Mi|jD.-.l  '"' 
p.  MO,  Homil.  5  :  laut  Maximî.   Quaitt  rf""»* 


FEM 


HCTIOM^fAIRB 


Trillmu;  lorsque  vous  montrerez  toutes 
crjqualilés,  TOUS  les  pourrez  eiiger  de  lui... 
KuD,  l'or  De  TOUS  rendra  pas  aussi  aimable 
Imi  jeui  que  la  i^mpéraiice,  ella  bien- 
reillaoee,  et  la  disposition  à  sacrifier  pour 
lui  TOire  ne.  C'est  à  cela  que  les  époux  se 
liisseol  prendre  (1V501.> 

Je  n'eilrai»  rien  ae  saint  Ançustiu.  Il 
nffil de  remarquer  que,  quand  il  peint  le 
dugrio  ir  ^fond  et  toutefois  si  patient  de 
!iiDle  Monique  au  spectacle  des  erreurs  de 
wn  Sis,  il  trace  de  la  sorte  aux  mères  les 
rtgics  les  p)as  sages,  en  leur  préseotaal  le 
plot  eieellant  modèle. 

Aq  t*  siècle,  saint  Paulin  disait  aux 
thritieDoes  :  ■  Que  roui  sert  d'exténuer 
loin  corps  par  les  mortîflcalions,  si  Tor- 
gaaileoQeToIre  espritTQuelle  louange mé- 
ritta  tapilenr  de  rotre  Tisage,  si  la  jalousie 
JeraHl  eacore  plus  liTideT  Quelle  Terlu 
penl-ilsetrouTer  dans  l'abstinence  du  vin, 
Klabiioe  et  la  colère  tous  eoiTrentT  Les 
luMéfiléi  D'oot  leur  beauté  et  la  pèu-ienna 
corporelle  ne  mérite  des  éloges  que  si  l'es- 
prit est  |  jeun  de  riees...  Gourernez  et  ré- 
dusffei  comme  sous  ros  ailes  les  gens  de 
*o(re maison,  pour  que  tous  sembliez  plus 
Ucère  que  la  maîtresse  de  c«ux  qui  tous 
tarironnenl.  Obtenez  leur  soumissisu  moins 
pirsérérité  que  par  bonté.  Que  TOtre  pre- 
■ier  Min  soit  de  conserver  à  Totre  époux 
son  antorilé;  toute  la  maison  apprendra  de 
TOQS  ce  qu'on  lui  doit  de  respect,  et  plus 
Toai  l'honorerez,  plus  tous  serez  honorée 
nxit-méme  (1451).  ■ 

Walbde,  archevêque  de  Boui^es  au  ix* 
■ikie,  après  aToir  recommandé  aux  maris 
b  tendresse  pour  leun  épouses,  s'adresse 
t  celles^i  :  c  Que  les  femmes  chérissent  de 
Mme  leurs  maris,  et  qu'elles  s'étudient  h 
bur  plaire  en  tout...  Nous  conseillons  aux 
(auats  riches  et  è  tuâtes  les  mères  en  gé- 
■éril,  nous  les  supplions  de  nourrir  leurs 
lobalsde  leur  propre  lait,  et  de  ne  pas 
ibindonner  i  des  servantes  le  soin  de  les 
(leier  (lUiS),  a  Le  rieil  archevêque  a  donc, 
Nusi  bien  que  saint  Ambroise,  devancé 
buueaudaris  larévélalion  faite  aux  mères 
fe  devoir  d'allaiter  leurs  enfants,  liaffeo 
V(^o  en  avait  fait  autant,  au  xv' siècle, 
■buson  traité  /)e  educa/ione  iiAcrorum,  etc. 
Co  poète  du  xr  siècle,      Uarbode,    év6- 

SïdeEennes.  a  versifié  sur  le  mérite  des 
iines  une  touchante  épltre.  Il  ooils  moo- 
In  la  femme  actire  au  milieu  des  soins  du 
Dtotge;  oubliant,  enlisant  sonnouTeau- 
>*.lBBdoaleurs  qu'elle  Tient  de  souffrir; 
Hsise  avec  plus  d'attention  que  l'homme 
ro  cbevel  d  uD  pauvre  malade  et  le  soignant 
'■me  main  plus  doucement  amie  que  la 
>£lre;[Dais  sachant  toutefois,  quand  il  le 
'Ut,  laisser  éclater  an  esprit  viril  (1453). 


APOI-OGETIQDE.  ffiU  K6 

Ce  prélal,  pas  plus  que  ceux  que  riuusavutis 
préfiéde  m  ment  cités,  n*a  |iiiiul  songé  à  faire 
consister  la  vertu  de  nos  mères  et  de  nos 
SŒurs  h  se  couvrir  de  cendres  et  à  se  revê- 
tir d'un  cilice. 

Au  milieu  du  xiii*  siècle,  il  y  avait  à  la 
tète  des  frères  Prêcheurs  un  prieurgénéral 
nommé  Uumbert  de  Romans,  dont  on  pos- 
sède un  excellent  traité  d'observations 
morales  h  l'usage  des  prédicateurs.  L'auteur 
s'j  occupe  beaucoup  des  femmes;  il  détaille 
fort  au  long  leurs  priTtléges  aux  direrses 
périodes  de  l'bisioire  du  moude,  et  ce  n'est 
pas  iine  morale  de  larmes  et  d'austérités 
qu'il  ordonne  de  leur  annoncer.  Dans  les 
sept  chapitres  où  il  examine  les  onslités  et 
les  défauts  de  la  femme  en  général,  puis 
spécialement  de  la  religieuse)  de  la  grande 
dame,  de  la  bourgeoise,  de  la  femme  des 
petites  villes,  de  la  jeune  flile,  de  la  ser- 
vante, dans  le  chapitre  même  où  il  donne 
des  conseils  de  direction  applicables  aux 
personnes  qui  auraient  mené  une  mauvaise 
vie,  jamais  il  ne  commande  la  mortific-ation. 
Tout  06  qui  présente  qnelque  rapport  à  ce 
sujet,  rapport  certes  fort  indirect,  c'est  cette 
phrase  ;  ■Plusieurs  sont  si  délicates  qu'elles 
craignent  la  moindre  douleur  phvsique , 
tandis  que  sainte  Blisabelh  portait  Dieu  un 
cilice  sur  son  corps  royal.  >  Ce  qu'il  recom- 
mandait sur  toutes  choses  aux  sceurs  hospi- 
talières, c'étaient  les  œuvres  de  miséri- 
corde (1454). 

Bounlaloue,  i  le  cour  de  Louis  XIV,  bien 
loin  de  voutuir  coneentrer  lamoraie  don*  ta 
pénitence,  disait,  k  propos  du  rigoriame jan- 
séniste :  ■  On  voudrait  voir,  comme  autre- 
fois, les  pécheurs  humiliés  sous  la  cendre, 
couverts  de  cilices,  exténués  de  jeûnes; 
beaux  dehors,  mais,  du  reste,  dehors  trom- 
peurs, si  cependant,  et  avant  toutes  choses, 
on  ne  les  oblige  pas  h  satisfaire  aux  devoirs 
naturels  de  lo  charité  et  de  la  justice.  Ces 
lois  de  police  et  de  discipline,  que  l'Eglise, 
dans  la  suite  des  temps,  a  trouvé  buu  de 
miliger,  on  les  voudrait  encore  dans  toute 
leur  rigueur,  et  je  lesy  voudrais  moi-même, 
mais  è  celte  condition  essentielle,  que  d'a- 
bord ces  lois  fondamentales,  ces  lois  capi- 
tales, dont  jamais  ni  l'Eglise  ni  Dieu  même 
n'ont  dispensé,  fussent  observées  (1455).  > 
Telle  fut  la  morale  adressée  aux  femmes  et 
à  tous  par  Bourdaloue  et  lesaulres  orateurs 
chrétiens,  et  tel  eu  tout  temps  fui  l'ensei- 
gnement de  l'Eglise,  qui  ne  cessa  jamais 
de  mettre  eu  première  ligne,  pour  un  sese 
comme  pour  l'auire,  l'accomplissement  des 
devoirs  de  notre  état. 

Dans  son  indignation  contre  les  prédica- 
teurs, 11.  Aimé-Alartin  ne  peut  s'empêcher 
de  souffleter  Bossuet,  Bourdaloue  et  Uss- 
sillon  avec  l'histoire  de  quelques  belles  p6- 


(itsm  T.  VIO,  p.  »i ,  i 

nui)  Op€T»  s.  P^udim 


bomiJ.  6S,         (li53)  Cip.    i.    —  Les   (Envrea  de  Martrade 
ioalà  U  BDiie  de  celles  d'Hîtdeberl. 

vp.   ad  Ct-         (Itôt)  Mûx.  Bibt.  Kl.  Patr.,  t.   XXV,  p.  500, 
etc. 
(ti55)  Second  Avent,  u*  dimanche,  ii'  partie. 


ia 


FEM 


DtCTlONMIRE 


cheresses  ;  il  prend  en  {litié  ces  merveilleux 
tliseurs,  qui  aiiraifnl  bien  dÙ  s'iLslruire  î 
diriijer  les  passions  et  &  faire  des  aaintes 
dans  le  monde  plulûl  que  des  pénileattis 
prjur  leciollre. 

C'est  donc  h  dire  que  les  8c«od«les  des 
Chevreuse,  des  Longueville,  des  La  Val - 
liëre,  prouveraient  que  nos  grands  orateurs 
De  savaient  pas  prêcher  la  moralet  qu'ils 
n'ont  jamais  retenu  personne  sur  la  pente 
du  vite,  qu'ils  n'ont  point  formé  d'épouses 
uj  de  mères  dévouées  7  Est-ce  donc  la  faute 
du  prédicateur,  si  tous  les  auditeurs  ne  sont 
pas  dociles  Tel  M.  Aimé-Uarlin  oublie-t-il 
l'histoire  de  ce^j'nine  homme  bien  connu  de 
lui,  que  la  religion,  ni  la  morale,  ni  tet  eon- 
reili  deiet  amtt  n'avaient  ou  arrttvr  (H56)  1 
£(Bienl'ce  donc  l'amitié,  la  morale  et  la  re- 
ligion qui  se  trouvaient  en  défaut,  ou  le 
CceurdupauvreéKaré?S'il  est  vrai  que  le  plus 
beau  triomphe  de  l'éloquence  ctirétieune 
ait  été  d'arracher  du  monda  des  personnes 
qui^  avaient  oublié  la  vertu,  je  le  conçois: 
est-ce  que  le  plus  éclalaul  exploit  d'un  cs~ 

{litaine  est  de  faire  parader  sur  un  bou- 
evarj  des  troupes  soumises  T  ne  consislo- 
t-il  pas  &  ramener  de  la  l>alaille  les  ennemis 
ciptiCsT 

Les  sarcasmes  de  H.  Aimé-Martin  contre 
les  hommes  qui  sont  Ja  gloire  de  \a  chaire 
française,  non  plus  que  ses  lamenlslions 
Jurladeslinéedes  femmes,  ne  sauraient  donc 
nous  faire  croire  que  I'EkIIso  ait  concentré 
Uacs  la  pénitence  les  devoirs  de  nos  mères. 

Selon  M.  Aimé-Martin,  l'Eglise  a  en- 
seigné que  les  femmes  n'ont  point  d'âme. 

■  Dans  des  temps  qui  ne  sont  pas  eneore 
trôs-éloignés,  de  graves  docteurs  leurre- 
fusaient  une  Amej  mais,  comme  si  la  Provi- 
dence avaitpris  soin  de  venger  un  teloutrago, 
alors  vivait  au  Louvre  cette  Isabeau  qui 
livra  la  France  à  un  roi  d'Angleterre,  et, 
dans  une  puuvre  cabane,  aux  courins  de  la 
Lorraine,  cttie  Jeanne  d'Arc  qui  sauva  sa 
fwtrie,  battit  les  Anglais,  et  mourut  de  la 
mort  des  mnriyrs,  après  avoir  vécu  de  la 
vie  des  héros... 

€  Le  siècle  1«  plus  malheureux  pour  elles 
fut  ja  siècle  dus  clercs  et  des  docteurs  ; 
lA  s'éveillent  toutes  ces  questious  imper- 
lineoles  sur  la  prééminence  des  hommes 
et  sur  l'infériorité  des  femmes  ;  on  trace 
l'alphabet  de  leurs  malices  et  l'histoire  de 
leurs  imperfeLtions;  on  va  Jusqu'à  mettre 
en  doute  l'eii^ilence  de  leur  ème,  et  les 
théologiens  eui-mémes  ,  dans  le  trouble 
qui  les  agite ,  semblent  oublier  un  moment 
que  Jésus-Cbrist  tenait  à  l'humanité  par  sa 
mère  (1457).  > 

(ii56)  EétuMUm,  etc.,  liv.    »,  cfc.  51,  p.  Î63. 
*]«')  Liv.  I,  ch.  «,  p.  44  et  46. 

(1458)  Dictionttaite,  eic,  art.  Geddiem.  —  Les 
deux  mois  que  j'ai  ccriib  entn^  pareil ibè»es  soiil 
a  la  marge  dans  le  livre  île  Bayle.  A  la  lin  dn  vo- 
luuie  ou  ni.  l'arlicle  Utddim ,  l'erreur  de  bayle 
«l  trèa-emcleniejit  corrigce. 

(1459)  UiH.  tccl.  trauc,  viu,  ÎO. 

(1460)  LVrrcur  de  M.  Ain»ë-H;iriin  a  clé  répc- 
«e  a  I  Assemblée  iiatonale  par  MM.  Laureui  (de 


APC^'UeLTIQUE.  nsk  « 

Cette  bouffonne  tradition  surdei  ib^ilu. 
gÎKns  discutant  pour  savoir  si  les  ftiunet 
ont  une  âme,  nous  a  tous  quelquefois  bu 
sourire;  mais  combien  elle  deiieiil  plu 
égalante  quand  on  voit  M.  Aimd-UiRlH 
la  prendre  au  sérieux  et  ;  trouver  le  l«iie 
d'une  déclsmation  contre  l'^lisa  1  [1  lertii 
faomme  à  croire  à  la  papesse  Jeanne. 

Mais  sur  quel  document  s'appuie-t-il!Il 
n'en  cite  aucun,  |iarce, qu'en  eÛd  il  Du- 
rait i  rappeler  que  quelque  chnnsODnelti 
grivoise  ou  une  erreur  de  BajIe.Ce  deruitf, 
a  l'occasion  d'un  pamphlet  badin  tam 
l'existence  d'une  Ame  cbez  les  femmej,! 
écrit  :  a  Ce  que  je  trouve  de  pluséltugE 
estde  voir  que,  dans  un  concile  [deUâou^ 
on  ait  mis  en  question  si  les  femmes  éiik 
une  créature  humaine,  et  qu'on  o'iii  d^ 
i-idé  l'afCrmative  qu'après  un  looKeiiM 
(1W»8}.. 

Or,  au  concile  de  M&con,  qui  se  IIdIm 
S85,  l'on  ne  mit  pas  en  quesliaa  si  Is 
femmea  sont  des  créatures  hunuiaej.iii 
y  eut  dans  ce  synode,  dit  saint  Grégoireilt 
Tours,  un  des  évoques  qui  dissiiqucit 
femme  ne  pouvait  être  appelée  liomne. 
Mais  il  s'arrêta,  a;ant  reçu  des  préltU  unt 
suffisante  explication;  car  le  livre mcHiIe 
l'Ancien  Testament,  parlant  de  la  er^Uixi 
do  l'homme  par  Dieu  .dans  le  principe, 
noua  apprend  qu'il  le  créa  mâle  et  froidli 
et  le  nomma  Adam ,  c'est-à-dira  boamn 
de  terre,  appelant  par  conséqueiitdu  oii» 
nom  la  femme  et  l'homme,  puisqu'il  lo 
nomma  l'un  et  l'autra  homme.  Eusuileli 
Seigneur  est  appelé  Fils  de  l'houme,  pii» 
qu'il  est  le  fils  de  la  Vierge;  c'est-tiiin . 
d'une  femme.  La  difQculté  ayant  éii  édait- 
cie  par  beaucoup  d'autres  témoigasge^J^. 
vèque  se  tut  (1U9).  > 

b'sprès  cette  anecdote  de  saint  Grégoirti 
seul  souvenir  que  nous  ayons  du  détulei 
question,  qu'esl-ce  qui  se  passa  eu  CM^ 
cile  de  5S5?  Un  évèque  par  trop  putiiV 
soutint  que  le  mol  homme  ne  pouvait  (w 
le  nom  commun  des  deux  seies ,  puisi]ii'(U 
était  déjà  chargé  d'en  désigner  sp^cii'^ 
ment  un  ,  te  sexe  masculin.  Il  eië'^ 
donc  non  point  de  l'âme  des  femmes,  su 
de  leur  nom;  ce  n'était  pas  une  quei>u> 
de  philosophie  qu'on  débattait,  c'éiaiii» 
point  de  grammaire   (liSOI. 

A  en  croire  Bayle  ,  un  écrit  qui  refiuiil 
1UIU  Ame  aux  femmes  trouva  de  nomlimi 
partisans  au  xvii*  siècle,  et  le  pape  ileu»* 
dre  Vil,  l'au  1651,  condamna  un  livre  itilit* 
sur  cette  matière  (lUl). 

Mais  que  prouvent  la  maaTaise[iliis'i^ 
erie  de  quelques-uns  de  ces  docte*  M  • 

l'AnJèche]  et  Crémieux.  Un  autre  reprétniiH  '' 

teuple,  U.  H.  de  ttiaiicey,  a  doctement  «<pflK  > 
1  mémuire  eu  défaut  de  ses  boiiorablei  tclu^ 
(Voirie  journal  ia  Yoii.  de  la  Yériii,  HjuitlaiW' 
A°  3il  ;  VAmi  de  la  Stti^o*,  mène  mai.) 

(1461)  iWelioumiire,  elc. ,  artïctea  Aài*a^* 
Geddicut.  —  Bayle  fait  observer  ^'Awdiliiif  " 
fui  pas  l'auteur  du  pamphlel  couire  te  ''V^' 
mais  qu'il  M  iHirna  à  faire  connaître  i  vn  lik"'|' 
le  livre,  qui,  au  fond,  u'éiaii  qu'une  s»li«  w"" 


M  rE.1  DfC-nOKKAIRB 

initËSt  folie  des  mires  f  Les  théologiens 
.ioiienl-ils  èlre  solidaires  de  ces  auteurs, 
ilDfll  lune  mime  eoodamna  ropiDJon? 

Si  les  femmes  n'aTBÎnnI  été,  su  jnge- 
lont  d«s  ihéologiens.  que  des  machines 
uns  Joe,  d'où  Tenaient  donc  tant  de  soins 
;4ar  en  faire  des  sainlesTPourqnoi,  comme 
e  soutient  H.  Hdftîn,  ne  leur  aurait-on 
irèehé pour  toute  veitii  qne  la  pénitence, 
ii  on  leur  STail  en  mémo  temps  prêché 
|ue  les  femmes  n'aTBienl  point  d'Ame  que 
Ylle  p^itence  pût  sanctiQerT  Comment 
Inoc  l^llse  catnoliqut!,  qni  plaçait  sur 
M  autels  les  images  de  tant  de  chastes 
ntr^a,  de  tant  de  veures  pieuses,  et 
liiitèrcj  habitantes  du  clottre,  et  de  lea- 
'.fnwins  de  famille;  qui  leur  élcTait  des 
li:iD|>Jti  si  œagnîGques  et  leur  consacrait 
'r<  f^Msi  solennelles,  qui  recueillait  leurs 
;55tait:nli  dans  des  châsses  d'or,  qui  don- 
til  iD  ciel  et  è  la  terre  pour  reine  la 
iergeUère,  comment  Voa<lratt-ou  faire 
Wi  que  l'Eglise  permit  d'enseigner  que 
s  femmes  '  u'avaieut  point  tu  d'Ame, 
■>I)l-s  D'éialent  plus  rien  T 
Us  tbé&logiens  ont  bien  cru  et  croient  en- 
TKl  ijaelqae  infériorité  de  la  femme ,  non 
scej«Ddanten  vertu,  en  tendresse,  en 
intc,  en  bon  sens.  Mais,  pour  réprou- 
rcelle  doctrine,  H.  Aimé-H^rtiD  deTraît 
BOieocer  par  effacer  da  son  livre  ces  mots 
ktséï  i  M.  de  Lamarliite  :  ■  Pour  moi, 
tdii  que  TOUS  parlez  aux  forts,  je  me 
>i3'lresséaux/aï6fu.  J'ai  appelé  les  mères 

boiilte  A  la  nioralîsalion  de  la  famille 
"lu  i>avs...  Ne  repoussez  pas  cette  pois* 
■te ,  quelque  faible  qqVlle  tous  na- 

'I  eii  étonnant  qu'on  accuse  surtout  le 
tie  lie  ta  théologie  d'avoir  tracé  lalphi- 

des  malices  féminines.  Chaque  siècle 
.f-«u  Iméraire  n'a-t-il  pas  produit  sa 
irt  des  femmes?  c  Tous'les  poêles  grecs, 
iiis  Orpbée  Jnsqu'A  saint  Grégoire  de 
uanze,  selon  VEMyclopédU  de  Diderot, 

<lil  beaucoup  de  mol  des  femmes.  £u- 
Hle  s'est  acharné  A  les  insulter,  et  il 
Wnii  reste  presque  de  Simonide  qu'une 
IcDle  inTectiTe  contre  elles.  Les  poêles 
u  De  seul  pas  plus  favorables  (lfc63j.» 
^  tous  les  crimes  de  lëse-galanterie  ré- 
cités par  H.  Aimé-Martio  aux  théolo- 
u,  il  n'y  a  donc  de  vrai  que  celui 
roir  enseigné  l'infériorité  des  femmes 
rapport  aux  hommes  en  quelques  points, 
I  pas  loatefois  en  ce  qu'elles  aoraieut 

fTirées  d'une  Ame. 
ÛlMES,ice   qu'elles  doivent  A   la  re- 
'M   clirétienae.  Yoy.  Patkiakches. 
uELON.  —  La  religion  de  l'Evangile 
ï-t-elle  de  Fénelon  TËcoutoas  U.  Aiiué- 
liu. 

Le  cbrisUaoisme  a  reçu  l'empreinte  de 

Arâiîas.  Om  j  aïonmil  ^'en  nunl,  comaie 
««tiûM  pracAlé*  dlnlerrrélsiion,  on  fai- 
^•nir  <le  l'Ecritare  sainM  UM  ce  que  l'oo  vou- 
Anliitn  tt  ti  pin  lard  taibnlinuc. 
Ma.'  Pane  3,  déoicace  dn  livre  a  M.  de  La- 


ArOLOCETIOUe.  PEX  9» 

toutes  les  grandes  époques  historiques ,  at 
cette  empreinte,  il  la  plus  ou  moins  con- 
servée... Voilà  la  cause  des  conlradictinoa 
a|iparentes...  Ainsi,  nous  avons  la  religion 
des  anachorètes  et  des  moines,  qui  date 
de  Basile  et  de  Benoit;  la  religion  des 
saints ,  qni  s'est  modifiée  A  chaque  époque, 
depuis  saint  Jérdme  jusqu'A  snint  Domini- 
que, et  depuis  saint  Dominique  jusqu'A 
saint  Labre  ;  enfin  la  religion  de  l'Evangile, 
qui  date  de  Fénelon. 

€  Les  deux  premières  ne  viv  nt  que  de 
pénitence,  déjeunes,  d'AUStérités  ;  elles 
eroient  A  un  Dieu  terrible,  qui  se  venge 
sur  son  Ouvrage;  pour  elles  les  hommes 
sont  des  damnés... 

■  La  troisième  doctrine  n'enseigne  que 
la  charité  :  elle  croit  que,  si  la  vertu  de 
l'homme  est  de  faire  du  bien  A  ceux  qui 
lui  font  du  mal ,  la  justice  de  Dieu  ne 
saurait  être  de  se  venger  étemetlemenl... 

•  L'indulgence  et  l'aïuour,  celte  entente 
nouvelle  de  la  r<^lîgion  évan^lique,  sont 
l'expression  d'un  siècle  de  lumière,  comme 
le  fouet  et  la  pénitence,  celle  entente  vieillie 
de  la  doctrine  des  saints,  soDl  l'expressiou 
des  siècles  de  barbarie. 

■  Sous  le  règne  do  Louis  XIV,  après 
Descartes,  Pascal  et  le  grand  Arnaud  (tUib). 
en  présence  de  Bossuet  et  de  Leibmtz  ,  il 
se  trouva  lonl  A  coup  que  la  pensée  hu- 
maine avait  fait  d'immenses  progrès.  Alais 
ces  progrès  n'étaient  exprimés  nulle  part; 
Dolte  part  on  ne  voyait  i^crile  celle  doc- 
trine céleste  d'amour  des  hommes  et  de 
Dieu,  qui  s'éveillait  dans  toutes  les  coos* 
ciences.  Pour  la  donner  une  seconde  fois 
au  monde.  Dieu  avait  élu  une  créature  tnnie 
divine,  et  lorsque  Fénelon  vint  répandre 
sur  nous  les  trésors  de  son  Ame,  mêlés 
aux  trésors  de  l'Evangile,  il  put  entendre 
les  bénédiclious  du  petit  nombre^  persé- 
cuté, mais  honoré,  la  gloire  le  suivit  dans 
l'exil;  sa  parole^aTait  été  copnrise,  et 
la  doctrine  de  vie  ne  deTait  plus  mou- 
rir (lUS;.  » 

11  n'y  a  point  d'esprit  délicat  n!  da  cœur 
vertueux  qui  ne  partage  l'enthousiasme  de 
U.  Aimé-Hartin  pour  ParufaeTèque  de  Cam- 
brai; il  est  vrai  pourtant.  Je  crois,  qu'un 
n'avaiijamais  célébré,  entre  les  mérites  du 
prélat,  celai  d'avoir  nié  la  n&;B)silé  de  la 
pénitence  et  l'éternité  des  peines. 

Je  n'entreprendrai  pas  de  prouver  ces  deux 
points  de  la  doctrine  chrétienne,  n'ayant 
rien  k  ajouter  aux  excellentes  choses  écrites 
sur  ce  double  sujet;  je  me  borne  A  di^ 
culper  Fénelon. 

Or,  qu'est-  ce  que  ce  prélat  pensait  sur 
l'existeuce  de   l'enfer  7 

<  Toutes  les,  volontés,  disait  -  il ,  sont 
soamises  A  l'ordre  :  les  unes  en  l'jiimanl 
et  en  persévérant  daus  cet  amour  ;  les  au- 


(14V3}  Article  Femma. 
(1464)  LitetAnamU. 

(liCSi  à'dacaiioJi  det  mèrf$  ie  famUte,  IIt.  IV,' 
•h.  5,  p.  èil. 


FEN 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


FKN 


très  en  3  rcnlranl  par  to  repentir  de  ieiirs 
parements  ;  les  autres  par  le  jusio  clifl- 
tiœent  de  leur  iiupénilence  finale.  Ainsi, 
i'ordrn  prévaut  en  tous  les  hornincs  ;  il 
est  iaviolîiblement  conservé  dans  les  in- 
nocents, réparé  dans  les  pécheurs  conrer- 
tis,  et  vengé  parut»  éternelle  Justice,  qui 
est  elle-même  l'ordre  souveraiu  dans  lei 
pécheurs  impénit«nls  (1^60).  * 

a  Qu'on  eut  Imureux  quand  on  souffre, 
écrivait-il  ailleurs,  pourru  qu'on  veuille 
bien  souffrir  et  satisfaire  à  la  justice  de 
Dieu  1...  Une  éternité  du  supplices,  clisngés 
en  quelques  inlirrnilés;  ta  perte  de  Dieo, 
la  rage  et  le  désespoir  des  démons,  changés 
en  une  souffrance  Irsnquille  et  courte  , 
où  l'on  adore  la  main  dont  on  est  frappé 
par  miséricorde  1  De  telles  croii  méritent 
des  romerclments  et  non  pu  des  plaintes 
(li671.  » 

Voilà  bien  l'enfer  et  son  éternité  et  mèm* 
ses  démons. 

—  Mais  je  ne  puis  comprendre  cette 
▼engeance  éternelle  du  Dieu  bon  1  dira 
sans  doute  H.  Aimé-Martin.  —  ■  Tout 
hoRimo  qui  ne  sera  pas  indisposé  par  !'*• 
inour-propre,  répond  le  saint  archevftqne, 
ne  s'étonnera  point  de  ce  que  Dieu  exclut 
de  son  roj'auine  céleste,  qui  n'est  dâ  h 
aucun  homme  et  qui  est  une  pure  grAce, 
les  hommes  qui  vivent  contre  leur  propre 
raison  et  contre  l'attrait  de  la  grace(li6»-70J.» 
Si  l'archevêque  de  Cambrai  appelle  orgueil- 
leux celui  qui  refuse  d'admettre  le  dogme 
de  la  justice  éternelle  de  Dieu,  comment 
nommerait-îl  celui  qui  veut  lui  faire  hoo- 
iieur  de  celte  incrédulité? 

Fénelon,  lur  la  question  de  la  pénitence, 
pensait-il  comme  l'Eglise  ou  comme  M.  Ai- 
mé-Usrii  a  T 

Distinguons  entre  les  mortifications  com- 
mandées par  l'Eglise  et  les  mortifications 
volontaires. 

Le  prélat  exigeait  ri^ureasement  la  sou- 
mission aux  lois  ecclésiastiques  sur  le  jeûne 
et  l'abstinence  ;  nous  i'apprenona  de  ses 
nombreux  mandements  de  carême,  où  nous 
le  vovoDs,  pendant  tine  goarre  qui  désola 
sondincèse,  n'accorder,  pour  la  pénilunce 
quadragéaimale,  quelques  adoucissements 
qu'à  ret^el,  oiéme  en  laveur  des  soldaU, 
exceptant,  d'ailleurs,  de  la  dispense  plu- 
sieurs d'entre  les  cbefs  (1471), 

ht»  rigueurs  monastiques  obtenaient  non- 
seulemeul  son  approbation,  mais  excitaient 
encore  son  admiration.  Dans  un  panégyri- 

3ue  de  saint  Bernard,  il  loue  ce  religieui 
'avoir  été  «  implacable  contre  la  nature 
(U73).  »  Il  écrit  i  une  carmélite  :  >  Suivez 
sans  relAche  les  commandements  et  les  con- 
seils de  l'Evsngile,  expliqués  par  votre  ré- 
gie (1V731.  »  Or  ou  sait  quel  rude  commen- 

(1466)  Letim  lur  ditert  eujett  4e  milaphytùr-ie  et 
dt  relinoH,  leilre  i*. 

(1467)  DivtTi  wnltnwnii  et  avii  ehritiint,  art.  29. 
(1468-70)  Voir  h  5°  dek  L<llrM  lur  divert  iitjeu 

de  yUlaphytiqne,  eLc. 
(U71j  HauJoiieiii  piur  le  carême  de  1701. 


tuire  la  règle  des  carméliies  donnait  m 
conseils  et  aux  commandements  d»  l'Eun. 
gile.  Voilà  ce  que  pensait  Féuelou des |i^i. 
tences  physiques  obligées. 

Voici  maintenant  ce  qu'il  enseignait lut 
les  austérités  volontaires. 

Au  temps  des  débats  sur  le  quiëlisniê,  b 
adversaires  de  l'archevêque  réproebèreiii) 
son  opinion  d'affaiblir  l'utilité  et  n:èni«  là 
nécessité  de  ta  pénitence.  «  Esl-w  aèilijt 
l'utilité  ou  la  nécessité  des  mortifictlion, 
répondit-il,  que  de  reconnaître  (dso)  le  litn 
des  Maxime»  det  lainlt)  la  nécessité  de  ii 
mortification,  d'autoriser  les  auslériti) cor- 
porelles, qui  sont  par  leurinslitutiaatréti 
salutaires,  et  enfin  de  vouloir  que  les  lu» 
les  plus  parfaites  fassent  une  péuiirKt 
proportionnée  h  leurs  forces,  à  leur  gricM 
aux  épreuves  de  leur  état  T....  Ûiiseaq») 
consiste  cette  pénitence  T  Dans  uDepririlioa 
continuelle  de  tout  ce  qu'on  ne  goûlm 
que  pour  se  contenter  (1*711).  ■ 

Il  est  vrai  qu'en  admellaul  le  (irinciptit 
la  pénitence  extérieure ,  l'archevêquï  ih 
Cambrai  n'en  abandonnait  pas  la  pnlm  ' 
k  la  faniaisifl  de  chaque  fidèle.  1  Pour  la' 
austérités,  recommandait-il,  il  fiutafiuil 
égard  à  l'attrait,  h  l'état ,  aux  beiolosel»! 
tempérament  de  chaque  personne Sa- 
vent une  mortification  simple,  qui  coiiiitHi 
dans  une  continuelle  fidélité  dans  les  «ni 
de  la  Providence,  est  au-dessus  de  la  »\ 
cherche  des  grandes  austérités,  qui  readoli 
la  vie  plus  SHigulière  et  tendent  h  de  raioai 

complaisances Quand  une  personi^eol' 

également  prèle  6  rechercher  tes  ansi^rilit, 
ou  &  ne  les  rechercher  pas ,  on  peut  tu  li 
laisser  faire,  ou  la  retenir,  ou  l'eitiiEii 
selon  les  besoins  qu'elle  a  de  se  précauiw 
ner,  mais  toujours  en  ménageant  son  oxa 

et  son  esprit  (U75) L'infirmité  elle»; 

gime  sont  deux  bonnes  péoitences.  •  Ai^ 
donc,  Fénelon  réglait  la  pénitence,  miisii 
la  supprimait  pas. 

La  croyance  de  Fénelon  sur  la  pénîieM; 
et  l'eufer  étant  bien  constatée,  nom  i°t^ 
drions  rapprocher  des  extraits  si  conduaM 
que  nous  avons  recueillis,  ceux  qui  0Dt»f4 
i  II.  Aimé-Martin  pour  établir  une  M*, 
toute  contraire;  mais  il  n'en  donne  i^i^i 
11  aOIrme  et  s'en  lient  li.  I 

Peut-être  M.  Aimé-Martin  a-l-il  été troa{t| 
par  les  deux  réfioxions  suivantes,  etlni^ 
de  la  correiir>ondBoce  de  FéneloB,  ei  cilM 
par  forme  d  épigraphe  en  télé  d'un  àuvv* 
Oe  VEducation  dei  n^ei:  aSansexcéilrrld 
bornes  d'une  vie  commune,  et  sans  sjosM 
aucune  croix  aux  peines  de  notre  étal,  oo^ 
mourons  sans  cesse  à  nous-mêmes,  el  n"' 
sommes  inépuisables  dans  les  sacrifiGeiq*: 
nous  faisons  à  Di<;u.  >  ( Cnrres|iOiidaDcri 
1. 1,  p.  Vt3.]  ■  II  ne  faut  point  re<:ouritrJi| 

(1472)  Première  partie.  ' 

(1473)  Voir  lit  S-  des  Leiirca  à  wu  umSiii- 

(1474)  itépunse  k  la  ilédaraiîou  sur  l'JùpM'ii" 
det  Jfaxtffl«  du  lainU.  , 

(1475)  Divêrt  teniinuttii-et  awAtititu.*^'*' 
de  la  MorUficaiiou. 


DHmOHNAlUE  ArOLOCETIQCE. 


FCI 


931 


juirFt  H  a»\  cilices  ,  ni  s'enfuir  ilans  un 
lii^rl;  il  o'j  »  qu'a  laisser  prendre  h  Dieu 
Im  anusemenls  d'enTimls  qn'il  nous  die.  ■ 
Litirt  0»  ridame  d'Amirm ,  CorrespOD- 
dinn.Ll  [1476].] 

Cet  deai  citations ,  malgré  la  bizarre  va- 
n^ié  de»  indications  qui  les  accompaçoenl. 
5.int  tirées  de  la  même  lettre  an  vidame 
d'Amit-oï,  i  la  date  du  25  mars  1711. 

Pnnr  bien  saisir  la  portée  des  conseils  de 
F'iielnD  au  TJiiame,  nherchoos  ce  qu'étuit 
te  r^rsounage ,  nnnimé  plus  tard  duc  et 
uirechil  de  Chaulncs.  C'était  no  militaire , 
<iD  malule,  un  bomme  arraché  à  l'indicé- 
reorc  religieuse  el  aux  plaisirs,  «{irès  de 
hiip  efforts  de  Fénelon.  Or  s'açissait-il 
d'imposer  à  ce  soldat  malade  la  baire  et  le 
cùm*.  Vous  royi:z  donc  bien  que  son  pieux 
tm\itnit,  comme  il  le  fit  et  comme  l'au- 
niifirt  tout  autre  directeur*  se  borner  i  lui 
(f/re  :  (  Pour  la  mortification,  comentez- 
louj  de  celle  d'un  régime  etact  et  de  la 
muffrance  de  rolre  mal.  (Lettre  du  k  janrier 
l'Ii.)  Pour  les  lectures  de  ruriositéi  qui  ne 
ftnenl  qu'i  contenter  l'esprit,  je  les  re- 
Inncherais  dès  qu'elles  iraiout  însensible- 
neul  jusqu'à  vous  passionner.  (Lettre  du 
31  mirs  1707.)  Dès  que  tous  sentez  que 
quelque  occupation  tous  passionne,  flatle 
•o^  «nonr'prv>pre  el  tous  éloigne  de  Dieu, 
»ilem>inpez-Ia.  ■  (  Lettre  du  la  septembre 
niO.J  Eh  bienl  ne  Toilà-l-4i  pas  delà  péni- 
Kare,  et  Fénelon  n'aTiit-il  pas  raison  de 
^irtsur  ce  sujet  aui  examinateurs  de  son 
'litn  des  Maximfi  det  soifUj  :  ■  Peul-OD  doo- 
KT  une  règle  plus  rigoureuse  et  plus  éteii- 
Ine que cellft'lk  fU77}T>  Par  conséquent, 
*\\i  conseiller  I  usage  du  cilice,  Fénelon 
3i^fait  dea  mortiticatioDs  peut-être  plus 
bibles. 

Ti)uie  la  pensée  du  prélat  sur  l'enfer  et  la 
^itcnee  se  résume  dans  celte  pbrase  ai 
ve  i  notre  orgueil  et  ï  notre  faiblesse, 
■u  cette  phrase  que  doirenl  lui  envier  les 
Mie,  les  JérÂme,  les  Dominique,  tous  ces 
Mines  et  ces  saints  de  la  religion  de  la 
foii,  comme  dit  H.  Aimé-Uarlin  :  ■  Ce 
Vst  que  par  la  violence  an'oa  entre  dans 

I  rojaume  de  Dieu....  La  porte  en  est 
mile;  il  but  awttre  k  la  gAne  la  corps  do 
tcbé  ;  il  fant  s'abaisser,  se  plier,  se  traîner, 
B  {lire  petit.  La  grande  porte  où  passe  la 
>u^E,  et  qui  se  présente  toal  ouverte,  mène 

II  perdition  {1178}.  ■ 

•fous  sommes  donc  maintenant  très-con- 
tiiK'us  que,  ai  les  saints  et  les  moines  ont 
l'reJ'uis,  coiBioe  le  pense  11.  Aimé-Martint 
iué  perdre  la  morale  du  Christ,  Fénelon 
!  l'a  pas  retrouvée ,  sa  docirine  étant  celle 
'■  tous  les  siècle*  cfatéliens. 
FtRRONNAYS  (dk  L4),  beaux  traits  de 
rlj  dans  celte  noble  famille.  Voy.  Co:ifss- 

FF.TES  et  solcDiiitOs  du  culte  catholique. 

'f.  ClLTK  ,  i  U. 

It'6i  U*.  iT.  di.  6,  p.  4ST. 

ItiTi  Réponse  à  la  decUntion  sar  VExpontivm 

'■  Mexima  dtt  saJUj. 


FRTICHR,  oiiginp  de  ce  ool.  Toy.  Rtcrs 
nLHAiNKs,  j  IX.  —  Qu*csl-ce  qu'uu  félicbeT 
ibid. 

FEnCHISHE.Foy.  PsiL0SOPBiBptNTn£ts- 

TIQUE  DK.L'niSTOIBE,  §  \. 

FICHTE,  son  système  philosophi(|ue.r«y. 

PBItOSOPnlS  DE  L  ABSOLU,  |  I,  el  PAXTHilSHI!, 

PIGCRALISME  hébraïque.  Yoy.  AcaoïMA- 
TiQCE,  etc.  —  Il  n'est  pas  une  ioTenlion  ré* 
cente  de^  hellénisles.  Ibid. 

FILS  DE  DIEU  ;  Jésus-Christ  s'est  dit  le 
Fils  de  Dieu  devant  ses  di*:('i{iles,  devant  le 
peuple,  devant  les  magislnts,  malgré  tous 
les  motifs  qui  deraieiil  l'en  détourner.  Yoy, 
Jèsus-Cbkist,  art.  1,  j  I.  —  Sincérité  de 
Jésus-Clirisl ,  se  disant  le  Fils  de  Dieu,  dé- 
montrée par  es  trois  élémmis  da  caractère 
humain.  Ibid.,  art.  I ,  j  II.  -  Mépris  des 
morens  humains.  Ibid. 

FIM,  )iicompréhen«ibiIité  du  rapport  du 
fini  h  l'infini.  Voy.  Cbâatiok,  {  Il 

FIRHAUENT,  sa  structure;  réfulalion  de 
H.  Letronne.  Voy.  Coï^iioghaphib.  j  I. 

FLEADX,  simblenl  coïncider  avec  de 
grandes  perturbations  dans  la  nature  morale. 

Voy.  MiKACLB,  J  I. 

FLOUKENS,  ses  travanx  sur  la  peau.  Yoy. 
Races  HUMAiifES,  S  lU.  et  Note  XVIII,  k  la 
Un  du  2*  volume. 

FOI.  —  La  foi  est  cet  acte  par  I<;qnel 
l'homme  répond  k  Dieu  ,  en  tant  '^ue  Dieu 
l'éclairé  prophétiquement,  c'est-ft-dire  lui 
manifeste,  au  moyen  de  la  parole,  des  véri- 
tés  qui  surpassent  la  portée  de  son  enten- 
dement ralionm  I.  Cet  acte  ne  saurait  éire 
un  acte  de  science;  car  la  science  suppose 
la  démonstration ,  el  Dieu,  dans  la  prophé- 
tie ,  ne  démontre  i>as  ,  il  affirme  avec  auto- 
rité. Il  affirme,  et  l'homme  croît.  La  foi  est 
la  réponse  que  sollicile  It  prophétie,  non 
pas  uneloî  aiengle,  nuis  nne  foi  molÏTée 
sur  les  caractères  divins  qui  enlonreni  et 
pénètrent  le  témoignage  révélaieur. 

On  fait  deux  objections  :  on  nous  dit  d'à- 
bord  que  l'acte  de  foi,  par  lequel  l'homme 
corresuond  à  la  parole  divine,  est  nn  acte 
qui  n  a  point  aon  semblable  dans  l'ordre 
natureif  0%  loul  se  passe  [lar  voie  de  science 
et  de  démonstration,  el  qu'ainsi  il  j  a,  sons 
ce  rapport,  une  anomalie  qui  détruit  la  syn- 
thèse entre  les  deux  ordres  naturel  et  sur- 
naturel. Bien  qu'on  ne  voie  pas  clairement 
la  nécessité  d'une  synibôse  ou  similitude 
constante  entre  ces  deux  ordres,  je  prouTe- 
rai  cependant  qu'elle  existe  dans  le  cas  dont 
il  s'sgiL 

On  nous  dit,  en  second  lien,  que  l'acle  de 
foi  étant  irraliouDei  de  sa  nature,  puisqu'il 


tiou,  l'homme  n'est  pas  le  maître  de  le  pro- 
duire quand  il  veut ,  par  une  simple  appli- 
cation de  son  intelligence  et  de  sa  liberti.^; 
mais  qu'il  est  le  fruit  du  hasard,  de  la  cou- 
tume, de  certains  penchants  de  l'âme,  et 

(1478)  Rifesion  Miafti  fovr  Ioh  Ut  fomn  dm 
moi»:  11*  joaméc. 


S3S 


FOI 


LICTIOSNAtRE  AW)LOCET1QOE. 


au'ainsi  il  ne  saurait  6tre  en  deToir  at>solu 
*où  dépende  noire  commerce  avec  Dieu. 
Je  prouTerai  ,  contre  cette  objection ,  que 
l'acte  de  foi  est  un  pouvoir  réjjuliep  ila 
i'liomme,'et  que  la  révélation  lui  élanl 
connue,  Tincroyance  est  un  rerus  libre  d« 
sa  part,  un  refus  coupable  par  conséquent, 
el  qui  l>ri.«B  ses  rapports  avec  l»  lumière  et 
l'amour  divins. 

Commençons  )»r  la  première  difficulté, 
celle  de  la  synlbëse  entre  l'ordre  Daturel  et 
surnaturel  sous  le  rapport  de  la  foi. 

Ce  n'est  pas  seulement  ta  révélation  pro- 
phétique qui  introduit  dans  notre  inlelli- 
gencu  l'élément  de  l'incompréhensible;  la 
raison  elle-même  y  est  assujettie,  et  ses  plus 
Nensibles  clartés  aboutissent  de  toutes  paris 
à  des  mystères  profonds  [1479J.  En  même 
temps  i)u«  la  nature  épanouit  ses  phé- 
nomènes, que  la  science  démontre,  et  que 
l'esprit  se  satisfait  dans  l'évidence,  I  in- 
coiii,iréheDsible  apparaît  et  exige  de  nous 
un  acte  de  foi.  Je  dis  un  acte  de  foi  :  car, 
en  quelque  manière  que  l'incompréhensi- 
ble nous  soit  présente,  lors  même  qu'une 
démonstration  directe  nous  est  donnée 
de  «on  existence,  il  apporte  k  notre  be- 
soin de  connaître  une  limite  qui  suppose 
lie  notre  part  Tacceptatiou  soumise  dont  le 


(1479)  Y<rg.  UitxtM. 

(lUU)  Il  n'en  pu  rare  d'entendre  dire  k  de  jou- 
iics  et  iiiiine  à  de  vieui  médrcins  :  Qitind  j'aurai 
découvert  dans  le  cor|js  la  place  de  l'âme  je  cioiiai 
à  l'fima.  On  peut  nipondre  ;  Voue  croyez  donc  aux 
corpd,  parce  i|ue  vous  en  avex  vu!  Ëh  bien '.  je 
voua  aniiouce  une  tiUte,  une  déplorable  nouvelle, 
c'est  que  vous  n'en  avei  jamais  vu!  Qu'avez-vous 
vu.enelTet,  dans  ce  que  voik  nommez  au  corps! 
certaines  ptt^riétéa ,  l'éiendue ,  la  pesanteur,  la 
couleur,  ta  ligure  ;  nais  la  substance,  ce  qui  esl  li^ 
dessous,  je  vuus  dis  que  vous  ne  l'avez  pas  vu.  Si 
vous  en  voulei  la  preuve,  indépendamment  de  toute 
réOeiion,  élevez  la  Isiupératun:  de  quelques  degrés, 
que  deviennent  te^  propriétés,  l'étendue,  la  p«san- 
lear,  la  couleur,  lalIgureT  Toutchange,  tout  ecliap- 
pe,  Cumme  la  liulle  de  savon  qui  sévanouil  dans 
l'air.  Tous  ne  teuei  que  l'eitérieur,  li  vous  vous  j 
attactici  comme  si  c'était  quelque  eliogedesubsiau- 
tiel;  mail  pour  peu  que  les  conditions  changenl, 
que  la  cbaleur  de  l'atmospliére  monte  de  quelques 
degrés,  tenl  tous  esl  ravi,  vous  restez  seul  dans 
votre  latjoratoirB.  El,  cependant,  vous  croyez  à 
l'e^iiience  tJes  corps,  vous  y  croyei  fermement,  et 
vous  laites  bien,  parce  que  vous  avez  daus  les  phé- 
nomènes des  raisons  suffisantes  d'y  croire.  Mais 
c'est  une  loi,  non  pas  \\n»  foi  divine,  puisque  Toli- 
jet  n'en  esl  pas  divin,  pas  plus  que  les  phénumèucs; 
c'est  une  foi  naturelle,  et  si  tiien  une  loi,  aux  yeux 
mêmes  du  aeos  vulgaire,  que  rien  n'est  |dus  fré- 
q^uent  que  d'entendre  des  expressions  comme  oelto* 
SI  :  Je  crois,  il  cro.t  à  t'eaislence  des  corps. 

Il  en  est  de  même  dans  tes  sciences  pliysiolo- 
logioues.  On  étudie  les  pliéuamàues  de  U  vie,  «m 
les  ilecril,  on  les  compare;  on  voit  s'expliquer  l'un 
par  l'autre,  et  se  correspondre  le  mal,  le  remède, 
les  modillcallOLis  qu'il  produit.  Mais  ta  sulistance 
de  la  vie,  la  connaissez- vous  1  Pour  les  uns,  c'est 
l'oi^anisation  ;  belon  d'autres,  c'est  le  sang;  ceux- 
ci  pensent  que  c'est  l'esprit;  ceux-li  confessent 
n'en  rien  savoir.  Empressée  à  recueillir  des  faits* 
la  science  se  soucie  même  peu  d'aller  plus  loin,  et 
quand  on  lui  parte  de  la  substance,  elle  croit  sa 


nom  propre  est  la  foi.  Ce  n'est  pu  uns 
donle  une  foi  du  même  ordre  que  celle  qui 
adhère  aux  dogmes  révélés  et  qui  s  yam 
garant  la  parole  de  Dieu;  mais  n'est  une  foi 
réelle  accordée  au  témoignage  de  li  niiUre 
sur  des  réalités  qu'elle  ne  nous  ciplique 
pas,  et  qui  s'enveloppe  dans  des  Unèbr» 
luaccessililes  h  lads  les  efforts  de  notre  pé- 
nétration. Aussi,  de  même  oue  la  psroltde 
Dieu  fait  des  incrédules,  la  nature  ei  li 
science  en  font  aussi  de  leur  cMé.  ttftf- 
ticisme  n'est  pas  autre  nhuse  (qu'une  rMig 
de  la  raison  contre  tes  obscurités  où  elle  !c 

J>erd  dès  qu'elle  veut  descendre  un  peu  i^ro- 
iitidénient  dans  les  entrailles  du  vni;  ri 
c'est  pourquoi  la  science,  aussi  bienqtieli 
religion,  veut  de  ses  sectateurs  celte  nul- 
lité qui  est  une  grande  partie  da  senscnn- 
mun.  Le  savant  véritable,  initié  au  secm 
de  sa  faiblesse  par  les  merveilles  qu'ils ie- 
terrogées,  S'Incline  devant  celui  qui  >  ctit  ; 
l'univers,  et  qui  seul  en  connaît  loiuki  ! 
ressorts.  Il  avoue  qu'il  ne  sait  rien;  non  pi!  ' 
comme  lo  sceptique  dans  un  sens  abiolo, , 
mais  dans  le  sens  qui  implique  un  sbiisse-  ; 
ment  volontaire  de  l'esprit  de  l'bumoieJr-i 
Tant  l'esprit  de  Dieu,   et  cet  sbaiuewH: 
volontaire  esl  la  foi  même  ;iW)0].  I 

Du  reste,  la  science,  si  impariaile  qu'elt 


rendre  bnaiinage  i  eUe-^nême  en  disant  :  Jc'v 
m'occupe  pas  de  ces  eboses-li,  ce  n'est  puni  li« 
positif;  mon  domaine,  cesoni  les  faits.  C'esicnw 
si  elle  disait  :  Uon  domaine  est  dans  la  superi» 
je  ne  vais  pas  une  ligne  plus  bas.  Ou  croil  Juc» 
core  à  la  vie  de  la  môme  façon  que  l'on  cro.l  iQ 
corps,  parce  qu'on  en  voit  les  phénomènes  nit 

Au  deU  de  la  vie  des  sens  est  celle  de  l'^sfrli 
perceptions  primitives,  idées  acquises,  inicnMV 
dé.luciions  ,  principes  et  conséqucotts,  MM 
choses  dont  nousavoosen  nous  la  consciEMeak 
certitude.  Hais  la  snlutance  qui  pense,  la  ^vj*": 
vous!  Lks  spiritualistes  l'appellent  Ime,  ci  # 
nient  que  c'est  une  substance  totalement  diflàaR 
des  cujps,  sans  Ugure,  sans  couleur, sans  pndtitn. 
sans  divisibilité,  être  qui  échappe  à  Uhu  «fnt  M 
l'imagination  pour  se  le  représenter.  I^  niMni- 
listes  soutiennent  que  l'ime  esl  une  thimht,  ' 
que  la  pensée  esl  le  résuhai  irès-sin^ile  d'au  # 
Uùie  perfection  dans  les  organes  du  coq»,  tt  fi 
e>t  prouvé,  selon  eux,  entre  aalres  raÎMiii,  P* 
développement  parallèle  de  l'esprit  ei  de  li  tiO 
lure  physique  dans  la  série  ascendante  d«!>  à» 
Aussi  Tien  u'est  plus  commun  qae  ces  eiprusn"*: 
Un  tel  croît  à  l'Ame,  tel  autre  n'y  croil  p)s- 

Eulln  si  vous  sortez  des  sciences  particslivtt 
pour  considérer  l'ordre  logique,  qui  est  le  f"»* 
ment  de  toute  connaissance,  il  vous  faut  nmiié 
a  des  premiers  principes,  à  des  aiiomes  qae  ■** 
avouet  ipdémoutrabks,  faisant  de  la  sorte  lepa' 
les  propositions  qui  se  démontrent  sur  des  pnp 
sitions  qui  ue  se  démontrent  pas  et  bilisMRi  !* 
lice  de  la  raison  sur  des  fonderaenta  qui  Dta  •■ 
point  eui-mémes,  et  que  vous  appelez  superleji* 
du  nom  d'aiiomes.  Vous  dites,  il  esl  vrai,  fM» 
axiomes  sqjit  si  évidents,  qu'ils  n'ont  pu  Ikmu  * 
preuves,  et  qu'il  est  iuipossilile  4e  ie0Ogiei)| 
delà.  La  vérité  n'a  pas  de  colonnes  d'Bercalt.  y* 
te  cadran  de  la  vérité,  votre  aiguille  parcotrt  ■■ 
certain  espace  ;  elle  va  de  midi  a  six  beem.  K 
exemple,  puis  voyant  venir  les  ténèbres,  TOiUili>n' 
t>n  oe  paiK«  plub.  Vous  voustrompci.lavmipp»^ 


DiGTHHraAIRE  APOLOGETIQUE. 


FOI 


9Si 


lOJU  l'est  pu  l'état  général  de  i'homanilé  ; 
elle  esl  le  prifiléga  d'un  très-petit  Dombr« 
d'bnsimes  disséminés  àaas  son  seio.  La 
mollitôde.  asservie  h  des  Irariux  qui  ne  lui 
lirueol  pas  le  loisir  des  soins  de  respriU 
ijporo  la  démoDslration  des  choses  doat 
m  0»  et  (les  règles  qu'elle  appliqoe  h  sa 
fie.  Soit  que  l'erreur  od  la  rente  la  gou- 
terne,  elle  est  goaTernée  par  persuasion 
el  pir  latorité ,  cest4-dire  par  la  foi.  Elle 
n  où  11  pousse  la  bataillon  privilège  des 
prîDcesae  l'iatelligence,  jwussé  lai-mème 
[iir  Qn  ascendant  iaconno  qui  a  sa  source 
dus  les  siècles  antérieurs  et  dans  le  Bot 
logique  de  loua  les  événements  accomplis. 
Ui  réiolDlions  de  l'esprit  humain  n'ont  pas 
d!iuln  cause  ni  d'autre  lot  ;  elles  ne  s'o|iè- 
noljjmais  par  roie  de  démonslrslion ,  pas 
fijsqae  les  t>alaines  ne  se  gagnent  par  la 
fcieoce  du  soldai.  Le  soldai  ignore  ce  qu'il 
tiilet pourquoi  il  le  lait;  immobile  sous  le 
Ita  og  marchant  &  TeoDemi ,  il  donne  et 
reçoit  la  mort  par  des  ordres  dont  le  prin- 
npe  lui  échappe,  dont  le  résultat  lui  est  uo 
Ji}itère  jusqu'au  dernier  moment.  Il  obéit 
lûu  les  hasards  i  une  pensée  iovisible  dans 
aquelle  il  a  foi ,  el  cette  foi  même  est  la 
notlié  de  sa  force  et  de  la  victoire;  une 
inGéeqoi  doute  est  une  armée  perdue,  une 
insée  qui  croit  commande  à  la  défaite  et 
Hi  arrache  son  salut.  Ainsi  en  est-il  des 
MUilies  de  riolelligence ,  de  ces  grands 
Kuiemeots  de  l'opinion  qui  entraînent  les 
«oples  k  de  DOavelIas  destinées  ;  la  foule 
iuit  des  chefs  qui  la  persuadent,  elle  obéit 
D  crojant  comiilaoder. 
hmùi  sur  celte  terre,  la  parole  qui  per- 
uJe  et  qui  commande  ne  se  tait  un 
ni  Jour;  elle  ne  périt  dans  une  boucbe 
le  poor  naitre  dans  une  aulrc,  et  si  le 
iaple  cessait  do  l'entendre,  n'aj;ant  plus 
^i  el  a'ajant  pas  la  science,  il  ne  lui 
siérait  de  l'ioteiligence  humaine  que  la 
tahé  d'une  plus  grande  dégradation' 
Hais  rassurez-Tous,  ce  qui  est  nécessaire 
rnuiDiBiié,  quoiqu'il  arrive,  ne  lui  man- 

i^  Easake  votre  ligûUe  reviest  sur  set  jns. 
t  Ktonnie  i  midi,  el  voua  dites  envore  ;  Id  il  ; 
Mç  de  luiaiére  poor  qn'Û  toit  bcMin  de  passer 
"i  Voat  vous  irompez  une  seconde  foiB,  la  Té- 
>i-9«  toujoam;  car  la  vérité  appelle  la  vérité  ; 
Il  était  pennik  d'aperceroir  la  lumière  iii- 
1  forioas  que  La  lumière  va  i  la  Inmière, 
e  à  l'évideocc,  et  ({ne  riDflni  rencouire,  sa- 
'  ■  raence,  arrivée  i  un  point 
e  Tarréie,  voua  crie:  Halte- 
1*  b  vérité  ne  «oas  dit  ianais  d'*rré(er  nulle 
-a  Tériié  est  camme  un  Deuve  ;  il  descend  i 
I,  cl  les  lapeors  venues  de  l'Océan  remon- 
K  M  source  pour  l'alimenter  ;  en  sorte  qite  soit 
~Mm,  (oit  1  l'enboDchure  ,  c'est  toujours 
a  tooleoiier  qui >e trouve.  Kl  nous,  placés 
'  'cpetile  Rei  iatellectueUe,  nous  rcraonlons 


n  im  Boive  et  i 
Laws  foKoairou.  comme  des  calandes  in- 
Kitiakks,  ces  aiiomes  qui  nuiu  eniptcbcnt 
1  ploi  bâut  vers  lei  oriniiiei  de  b  vérité  ; 
taire  calé.  Dous  découvrons  l'océan  de  l'iiiflaf, 
kvtn  lequel    nous  n'osons  tuivre  les  consé- 

9  de  b  vériié.  I^noiii  et  toujours,  au  com- 

DlCnO!iIIAlat   SPOLOCBTIQnK.    1. 


qaera  point.  La  scii^iice  y  suliira  des  édip* 
ses,  parce  qu'elle  est  la  lumière  du  [«tit 
nombre  ;  l'aulorilé  ;  survivra  h  toutes  les 
calasti^)phes,  et  si,  après  ayolr  élé  l'organe 
de  la  parole  qui  en  avait  l'inveslilure,  voas 
venei  i  la  perdre,  n'importe  pour  quelle 
cause,  sachez  qu'un  autre  ratnassera  le 
sceptre  tombé  de  vos  mains,  et  que  l'inter- 
règne de  la  foi  n'est  pas  plus  possible  ici- 
bas  que  l'interrègne  d«  la  vie. 
Comment  l'humaiiité  conaailrail  elle  sa 

Propre  bisloire,  si  la  foi  de  l'homme  k 
homme  pouvait  subir  une  réelle  inter- 
ruption? L'histoire  n'est  pas  visible  d'elle- 
même  à  l'horizon  de  la  postérité,  une  fois 
Jes  acteurs  el  les  spectateurs  d'un  siècle 
enlevés  dans  la  tombe  à  leurs  projircs  re- 
gards, ils  disparaissent  aussi  devant  les 
générations  qui  prennent  leur  place,  el  le 
cours  des  âges,  ensuivant  son  flot  rapide, 
les  rejette  de  plus  en  plus  dans  la  soli- 
tude obfcure  où  la  mort  les  lient  cachés. 
Qui  les  fait  revivre  malgré  le  temps  T  Qui 
tient  debout  en  face  de  leur  plus  loîii- 
laine  descendance  l'image  ioensevelie  des 
aïeui  T  C'est  la  foi  seule,  la  foi  de  l'homme 
vivant  k  l'homme  mort,  le  témoignage  de 
Celui  qui  a  vu  passant  de  mémoire  en  mé- 
moire h  celui  qui  n'a  pas  vu.  Essayez  si 
une  démonstration  quelconque,  en  dehors 
de  l'autorité  humaine,  amènera  sous  vos 
yeui  Sésoslrisou  Cjrus,  Bab.vloneou  Alem- 
phis,  ou  tel  autre  plan  évanoui  de  l'an- 
tiquité. L'instrument  qui  poursuit  les  étoi- 
les dans  les  profondeurs  immesnjables  da 
Ormamenl  ne  peut  rien  découvrir  dans 
l'étroite  orbite  de  la  tombe,  et  le  calcul 
qui  se  soumet  des  nombres  fuyant  daiu 
une  perspective  indéfinie  ne  peutcompter» 
ni  ranger,  ni  dira  les  morts.  L'éternité 
seule  les  voit  dans  leur  ordre  et  leurs 
secrets,  et  l'histoire,  pAle  copie  de  l'éter- 
nité, en  propose  le  spectacle  a  tout  homme 
qui  croit  en  l'homme.  Si  >ous. n'y  croyez 
pas,  l'humanité  perd  sa  propre  trace,  et  set 
générations  ne  sont  plus  qu'une  chute  de 

neneemeal  ei  k  b  In,  la  Inmière  ^i  édaire  l'oi»- 
bre,  l'ombre  qni  obscurcit  la  lumief  e,  k  cbenÎR  et 
h  borne,  b  science  et  b  Toi. 

Vojes  oA  je  sais  arrivé.  Jusque  sur  le  torain  de 
la  logique,  qui  domine  tout,  qui  t'applique  k  tout, 
qui  prouve  tout  :  jat«jue  dans  les  axiomes,  fonde- 
luenl  de  la  race  humaine,  nous  avons  reconeu  on 
âéraent  obicur,  et  par  conséquent  an  élémeni  de 
toi  ;  non  que  les  asiones  ne  soient  de  b  dernière 
évidaMe,  mais  cette  évidence  n'empéctae  pas  que  je 
chercbeqndqee  chose  an  ddà  d'eni-mtoes,  I  axio- 
me sabsUniiel  au  lieu  del'axioBe  logique,  la  le- 
mière  étemelle  au  liée  de  b  lumière  communiquée, 
la  vérité  par  soi  au  lien  de  U  vérité  descendue  a  un 
efprit  qui  peut  b  perdre  par  un  accident,  par  ta 
tofie.  Ce  qui  nous  coitdoit  k  voir  que  le  monde  na- 
turri  eu  lié  k  un  nrade  supérieur,  an  monde  divin; 
la  science  naturelle  k  la  scieace  divine  ;  b  loi  na- 
Uirelle  k  b  foi  divine  i  M  que  l'axiome  est  préciaé- 
ment  le  point  de  rencontre  et  de  jonciioe  de  ces 
deux  ordres  auxquels  nous  ^tpartenons,  et  fue 
nous  n'avons  ni  le  droit  ni  1«  pouvoir  de  s^rer* 
si  nous  vouloDs  eue  conséquents. 


n» 


UCTIONNAIRE  APOLOGETKIUS. 


entre  deui  pri-nlemp8  qui  s'ignorenl 
l'un  i'aulre.  Si  vous  y  croyez,  n'accusez 

Élus  la  religion  de  vous  demander  pour 
iieu  ia  foi  que  rous  avez  en  Diomme; 
confessez,  qu  il  est  nssez  sim^ile  de  con- 
naître Dieu  par  la  foi,  puisque  j'huoranitâ. 
ne  se  connaît  pas  autrement. 

Vous  venez  de  le  voir  pour  le  psisé, 
arrivons  au  présent.  Aujourd'liui,  1"  octo- 
bre ISSi-  de  Vère  clirdtiennet  nous  voici 
S'Jr  la  terre  un  milliard  d'hommes  partagés 
entre  quatre  ou  cinq  contiaenls  ei  en  cent 
nations.  Comment  nous  coanaissons-nousT 
Combien  avons-nous  vu  de  ces  êtres,  nos 
semblables,  qui  respirent  le  même  air,  qui 
foulent  le  même  sol,  qui  habitent  le  méme- 
icmps,  qui  composent  ensemble  et  dans  le 
mAmc  travail  la  vie  d'un  seul  corps?  Nous 
en  avons  vu  un  ou  deux  mille  tout  au  plus, 
et  encore,  de  ce  nombre  si  limiié,  c'est  à 

Îeinesi  nous  nommerions  la  dixième  partie, 
out  le  reîte  nous  échappe,  sauf  par  les 
relations  que  nous  en  apportent  les  livres 
et  les  voyageurs ,  c'est-à-dire  par  la  foi 
que  nous  ajoutons  aux  récils  qu'oc  nous 
en  fait. 

Allons  plus  loin,  laissons  nos  contempo- 
rains absents  et  ne  parlons  que  de  ceux  qui 
vivent  avec  cous,  gui  nous  heurtent  sur 
nos  places  publiques.  Rassemblés  sous 
les  yeux  les  uns  des  autres,  nous  touchant 
de  nos  regards,  il  doit  nous  être  aisé  de 
nous  connaître  d'une  connaissance  directe, 
où  la  foi^'ait  aucuHo  part;  et  cepeodant, 
en  est-il  ainsi  T  Qui  êtes-vous  et  qui  suis- 
i«r  Quels  sont  vos-sentimenis  et  quels  sont 
les  miecsT  J'ai  beau -tendre  les  ressorts 
de  mon  esprit  pour  pénétrer  de  front  et 

Sar  une  claife  vue  dans  lesTeplis  devotro 
Ire,  il  n'en  sort  quedes  Meurs-suQisantes 
pour  d'attirer  ou  me  repousser  d'instinct, 
mais  non  pour  me  donner  la  science  de 
votre  cœur.  L'homme-esl  une  flcue,  et  l'âme 
ignore  l'&mo,  jusqu'h  ce  qu'une  parole  dite 
h  l'oreille,  dans  les  ég^anchemenls  de  l'a- 
mitié im  de  la  rdigion,  -ea  ail  -livré  -le 
mystère  et  mérité  d'entendre  celle  réponse  : 
]e  vous  crois.  La  foi  est  le  noeud  de  -tous 
nos  rapports  personnels  ;  elle  va,  média- 
trice icfaligablo  et  chère,  de  l'ami  h  l'ami, 
de  l'époux  a  l'épouse,  de  l'enfant  h  la  mère, 
du  droit  qui  commande  h  la  liberté  qui 
<ibéil;i^t,  dons  les  plus  solennelles  actions 
<Ies  empires*  comme  dans  le»  plus  tendres 
■alfusionS'de  l'amour,  l'homme  s'eiprimo 
ioul  entier  par  ces  mêmes  moLsj  Vousavez 
ma  foi,  je  vous  donne  ma  fui.  On  ne  la  v«ud 
Jnmais,  on  la  donne,  parce  qu'elle  est  d'ufl 
prix  si  grand,  que  quiconque  la  vend  est 
racapDfale  de  la  tenir.  Et  sur  ce  seul  mot  : 
ia  vous  donne  ma  fui,  l'homme  expose  sa 
Coi'Uine,  sa  vie,  sa  famille,  son  honneur.  Il 
croit,  ou  ouïe  croit,  c'est  assez.  Il  lui  vaut 
mieux  tout  perdre  que  de  trahir  la  foi, 
tant  i>«rrai  tes  actes  vils, -celui-ci  fait  des- 
cendre bas  le  coeur  qui  eu  est  convaincu. 
Ije  mensonge  lui-même,  bien  qu'il  n'ait 
pas  lo  caractère  d'une  trahison  proprement 
dite,  mais  patccla  seul  qu'il  mvnque  a  It con-  ' 


Bance  qu'un  honnête  homme  doit  i  la  paraît 
d'un  autre,  le  mensonge  Bttire  le  Eii\mi 
el  c'était  une  icjurp,  estimée  litoutenjoe 
parnosBccêlresdeJa  chevaleri8,queniijnfe 
de  ces  mots  :  Tu  mas  menti  !  En  ;Sel,  quand 
un  homme  a  menti,  il  n'a  plus  de  parole, 
puisqu'il  ue  mérite  plus  de  fui,  et-n'ijam 
plus  de  parole,  que  lui  reste-il  d'une  tut! 
-  Mais  qui  le  croirait,  ce  r]u'il  y  a  de  plu 
matériel  su  monde,  ce  qui  seinLle ticiqnt- 
ment  soumis  aux  lois  du  calcul,  l'arum 
lui-mAme  est  un  objet  de  foi  entre  In 
hommes.  Il  ne  passe  de  main  en  maio,  Il 
ne  se  multiplredansune circulation  fécoodi 
qne  par  Peffet  du  crédit,  et  tout  événetnni 

3ui  altère  la  ctmfiance  dans  l'avenir  Itril 
a  même  coup  l'essor  de  l'argeut.  Tout  l 
l'heure  il  sollicilidt  la  main  à  le  prendrE; 
sous  .la  forme  et  sur  la  foi  d'un  vil  papier, 
il  courait  d'un  peuple  è  l'autre,  parloul  ac- 
cepté sous  celte  forme  idéale  qui  en  [loriitl 
la  valeur  bien  au  delà  de  sa  réelle  quantité; 
et  voilà  que  tout  h  coup  ce  papier  lomk, 
l'argent  se  cache,  les  fabriques  s'arrSleDt, 
le  commerce  languit,  le  travail  manque, 
une  sorte  de  défaillance  universelle  uni 
tout  en  suspens  et  semble  une  parihsit 
de  la  société.  Quel  coup  si  profond  l'a  mti 
alleinteT  Je  vous  l'ai  dit.  il  y  a  enene!hi 
une  soustraction  de  foi.  Ce  penpleaces'di 
de  croire  en  lai  ,  ses  ressources  ntoralNl 
ne  lui  ont  point  jiaru  aussi  grandes  qui| 
ses  périls,  et,  tandis  que  Rome  venJail  >i| 
cbsmp  où  campait  Anuifaal,  parce  que  Roini 
avait  foi  dans  sa  vertu,  ce  peuple-ci,  ines'H 
rant  son  sort  6  sa  corruption  s'est  M 
lui-même  au  chêliment  de  la  peur.  H  lo-' 
ché  son  or,  comme  les  anciens,  dans  Im 
calaslropbes  do  la  patrie,  cachaient  (ïin 
dieux.  Olez  la  peur,  et  I  argent  rede»^ 
uublic  'et  mobile  ressuscitera  le  IraniU 
rinduïlrie,  le  commerce,  la  richesse,  etm 
qui,  vous  le  voyez,  est  .une  liile  de  iiW 
C'en  est  assez  pour  établir  que  la  toijOH 
un  aussi  grand  rflle  dans  l'ordre  liuimil 
que  dans  |  ordre  divin,  et  qu'ainsi  il  d']  j 
pas  antithèse,  m&is  synthèse  eutre  tesM 
ordres  sous  ce  rapport.  Pourtael  il  oer^ 
pas  inutile  ,  avant  de  finir ,  d'ec  rechm 


anc  Dieu,  nous  ne  voyons  pas  bien  p 
quoi  elle  le  serait  au  nonsoierce  de  l'Iioaui 
avec  l'iiomme. 

Sachons  donc  que  la  vie  des  esprits  pnj 
cède  de  deux  p6les,  l'un  immualHe  et  v 
solu,  qui  est  le  pAIe  de  Va  vérité,  l'aulnl 
mobile,  qni  est  le  pOle  dv  la  liberté.  StstJ 
premier,  les  esprits  détachés  de  tout  pc« 
llie  iraient  i  l'aventure  dans  la  nuit  fl 
doute  et  dePigaorauce;  sans  le  secH 
privés  de  mouvement  propre,  ils  nt  |j 
raient  que  les  satellites  obéissauts  dl 
ruécanisme  fatal.  Leur  vie  est  donc  k  l>^ 
une  œuvre  do  *énié  et  de  lïberiél  Eam 
qu'cBuvre  do  vérité,  elle  est  un  objet  <| 
science;  tu  tant  qu'oeuvre  de  liberté,  c" 
est  un  objet  de  foi.  Car,  selon  qua  le  dt 
soient  des  anciens,  fluxi  non  »f  s eiaii**t  ' 


lit 


roi 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQtlE. 


U  t'y  pot  <te  teienee  de  ce  qui  poste.  Or, 
riea  n'tsl  plus  instable,  plus  rapide ,  plu» 
iupréTU  que-  la  liberté,  et  c'est  pourquoi 
ji  et  difficile  de  se  connatlre  soi-mftine  , 
mt  présent  que  I'od  soit  à  sod  propre 
tsar.  Que  ferai-jedeiDflinTOù  tne  coodnira 
l'iocontluiee  de  ma  Tolonlé?.  A  quelles  len- 
Ulionsseni-Je soumis?  Y  succomberaî-je, 
l'j  sueccmberai-je  pas  7  Ja  pais  l'enlreToir 
p<al-élre,ja  ne  puis  m'en  assurer  absolu- 
menu  Cd  livre  qui  me  tombera  sous  la 
DiiD,  nue  parole  que  j'entendrai,  uoo 
injure  qui  me  sera  faite,  un  ami  que  je 
dispaieriï  Tainement  i  la  mort,  une  famille 
qae  le  reol  jettera  sous  mes  pieds ,  je  nu 
uisqaoi  enou,  tout  et  rien  sont  ca^bles 
de  bouICTerser  mes  seniimeiits  et  d'inspi- 
rer loi  TolontÔ  d'inattendues  résolutions, 
loloriaiidl  TOUS  voulez  que  je  vous  donne 
Il  ieieae»  dfl  moi-mime,  et  moi-mCme  je 
o'igoofe,  moi-mtmc  je  me  suis  un  objet 

C'ait  la  liberté  oui  introduit  dans  les 
iHMes  bumaioes  l'éléfflent  de  la  foi,  et  qui 
i&il  le  seul  moyen  de  nous  connaître 
ieiproquement.  Si  nous  n'étions  pas  libres, 

scieuee  disposerdtt  do  nous  cumme  dit 
stade  la  nature;  elle  pèserait  un  homme 
lia  marne  façon  qu'un  peu  de  terre,  et 
Btei  les  lois  de  l'Iinmanité  se  réduisant 
des  nombres,  nous  n'aurions  besoin  pour 
w  gouverner  que  d'une  académie  de 
Hbéoialiciens.  Tel  est  aussi  i  notre  égard 
rtvafioal  du  matérialisme.  Pcrauadéqu'il 
r  a  rien  dans  l'bomme  qu'une  matière 
pDïsée,  il  recbercbe  la  combinaison  su- 
nie  qui,  tenant  les  passions  en  équilibre, 
Mairait  un  ordre  purement  scientifique, 

te  crime  et  la  vt^rEu  u'auraient  plus  de 
n  Di  de  nom.  Kcndez  tous  les  hommes 
vi>  par  exemple,  d'une  égalité  mathé- 
lique  ;  fajtes-«n  des  cbiffres  alignés  ; 
[ritiuez-Eeur  selon  une  même  mesure  les 
Hs  qui  flatteoL  les  sens  et  qui  contentent 
gneii  :  que  leur  maoqutira-t-il  pour  Être 
'«Dent  et  souveraiuement  heureux  f 
n,  sans  doute,  s'ils  ne  sont  que  des 
|is;  mais,  si  par  hasard  une  Ame  vit  en 
,  et  dans  cette  âme  la  liberté  du  vouloir, 
•rez-vous  que  le  ciel,  la  terre  et  la  mer, 
liés  eiT pâture  à  cliacun  d'eux,  o'assou- 
iJt-nt  pas  la  jaJousie  réciproque  de  leur 
^té.  va  moment  sulQt  h  la  passion  pour 
>rer  des  Diondes,  et  si  la  liberté  n'est 
TinfiDi  par  la  substance,  elle  est  l'iotim 
le  désir.  C'est  pourquoi  il  n'y  a  pas  de 
h^matiqaes  de  !a  liberté,  et  ceux  qui  en 
thent  l'équation  dans  la  matière  sont 
blables  fc  cet  enfant  que  saint  Augustin 
«uira  sur  un  sable  de  l'Afrique,  et  qui 
roposail  d'épuiser  la  mer  avec  une  co- 
te rejetée  par  les  flots.  Ces  grands  calcu- 
irs  sont  les  deruiers  des  hommes  pour 
luvememeut  de  l'homme;  ils  s'étonnent 
ement  de  la  résistancti!  que  rencontre 

génie.  De  sa  doutant  pas  que  la  liberté 
plu  vaste  que  tout  empixe,  plus  puis- 


«1)/m 


,99. 


sente  que  tùut  César,  plus  profonde  que  tout 
abîme,  et  que  la  foi  seule  lut  commande, 
parce  que  la  foi  est  clle-mftme  an  acte  do 
liberté. 

Ainsi,  par  Is  même  raison  que  nous  som- 
mes des  êtres  libres,  nous  sommes  deséire^s 
tid'foi,  et  il  faut  dire  dans  l'ordre  naturel  ce 
que  Jésus-Chriât  disait  dans  un  ordre  plus 
Haut  :  Bienkatrevx  ceux  gui  n'ont  pas  pu  et 
qui  ont  cru  (1*81).  C'est-à-dire,  bienheureux 
ceux  qui  n'ont  pas  besoin  de  la  démonstra- 
tion, parce  que  la  démonstration  n'atteint 
qu'un  petit  noiubre  d'intelligences,  en  des 
choses  de  seconde  portée  tandis  qoe  la  foi, 
tout  ensemble  populaire  et  sublime,  va  de 
l'Ame  de  tous  è  l'âioo  de  tous,  en  des  choses 
qui,  puisant  leur  racine  dan-i  la  liberté,  sont 
le  fondement  de  la  vie  humante  I 

Je  le  ré(iète,  la  foi-  est  le  corrélatif  de  la 
liberté,  comme  la  icience  est  le  corrélatif  de 
la  nécessité,  et  demander  pourquoi  nous 
devons  croire  ,  c'est  demander  pourquoi 
nous  sommes  libres.  De  lï  d'écoulé  une 
conséquence  que  je  ne  puis  vous  taire ,  et 
qui  achèvera  de  vous  expliquer  le  grand 
rdlede  la  foi  dans  l'ordre  purement  naturel. 

La  science  se  rapportant  K  la  nécessité, 
c'est  i-dire  It  ce  qui  est  immuable  en  soi, 
il  suffit  de  l'esprit  pour  être  savant  ;  il  n'eu' 
est  pas  de  même  |K>ur  6lre  croyant.  La  foi 
est  un  acte  de  confiance,  et  par  conséquent 
une  affaire  de  cœur.  Bile  suppose  en  celui 
qui  l'accorde  la  même  droiture  qu'en  celui 
qui  l'inspire,  et  jamais  n'en  furent  capa- 
bles, ni  l'ingrat,  ni  le  fourbe,  ni  l'égoïste, 
ni  aucun  de  ceux  que  l'Ecriture  appelle' 
énergiquemeut  les  tnfantt  de  la  défian- 
ce (l(Sz).  Se  confier  c'est  se  donner  ;  nul  ne 
se  donne  que  les  magnanimes,  ou  au  moins 
les  généreux.  Non  pas  que  la  foi  exclue  la 
prudence,  et  qu'il  faille  se  livrer  à  la  pre- 
mière parole  tombée  d'une  bouche  incon- 
nue, mais  parce  que  la  prudence  supposée 
satisfaite,  il  faut  encore  un  élan  pour  arra- 
cher de  soi  ce  mot  difficile  :  je  crois. 

Alexandre,  roi  de  Uacédoioe,  était  sur 
les  bords  du  Cydous.  Il  y  fut  atteint  d'un 
mal  qui  menaçait  de  sauver  la  Perse  ;  et  son 
médecin,  qu'il  aimait  tendrement,  dut  lui 
préparer  un  breuvage  décisif.  Hais  la  veille, 
un  billet  tracé  par  une  main  connue  avertit 
le  malade  d'être  eu  OéQance  de  son  ami 
comme  d'un  traître  qui  avait  vendu  ses 
jours.   Alexandre  se  tut.  Le   lendemain, 

auand  la  coupe  lut  fut  «(^portée,  il  tira  de 
essoub  son  chevet  le  papier  accusateur,  le 
remit  6  son  médecin,  prit  la  coupe  et  l'avala 
d'un  trait.  Toute  l'antiquité  a  loué  cette 
action  d'Alexandre,  et  ses  plus  fameuses 
victoires,  Granique,  Issus,  Arbelies,  n'ont 
pus  environné  sa  tête  de  plus  a'a  tmiralion. 
Sur  quoi  un  écrivain  célèbre,  mais  que  je 
ne  veux  pas  uommer ,  se  demande  ce  qu  il 
y  a  de  si  beau  dans  cette  action  si  rantec  : 
car,  enSn,  Alexandre  était  le  chef  d'une  ar- 
mée nombreuse  eougée  sur  an  lerritoire 
ennemi,  le  maître  d  un  royaume  puissaDl, 

{\m)  Efit$.n,t. 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE.' 


ps  même  la  Toi  divine,  mnis  celle  foi  Titue 
innommée,  intiflscriiiLiljlii,  qui  faille  Gni^ 
du  tout  ce  qui  est  grand.  Aussi  quaadsiioi 
Paul  prononce  ce  souvernin  arrSUSoMli 
foi  il  ul  imptiiible  d4  plaire  à  Dm  [VVI&V 
on  peut  ajouter  et  aui  Loioaies.  ' 
De  là  vient  la  faiblesse  de  ta  sociélélins 


est  la  TÎe  de  l'homine  naturel  comme  Itfoi 
divine  est  la  vie  de  riiomme  surnaturalisj, 
et  ces  deux  bomoies  n'en  faisant  qu'aD,li 
foi  divine  entretient  la  foi  humaine,  cotDaM 
la  foi  buaiaine  appuie  la  foi  divine,  ne  [uU« 
qu'en  prouvant  la  synlbôse  qui  existe  coin 
les  deux  ordres  dont  les  éléments  dittiocu. 


l'honame  de  la  Grèce,  diargé  de  ses  ven- 
geances et  de  ses  desseins;  iT devait,  à  tous 
ces  litres,  respecter  sa  vie,  d'où  dépendait 
le  sort  de  tant  d'autres  ,  et  quel  mérite 
élail'Ce  de  l'exposer  sans  défense  aux  tia- 
sards  d'uu  empoisunnementTUais  l'écrivain 
que  j'ai  cité,  ai>rès  avoir  fait  ces  reraar-' 

qucs,  se  reprend  et  dit  :  ■  Ce  qu'il  ;  a  de  si  les  temps  présents.  Jamais  la  scien»  „ 

beau  dans  cette  action  d'Alexandre  I  Infor-  jeté  sur  les  choses  une  dIus  vive  e(  plut 

luBés,   pourrez-vous  le  comprendre,  s'il  complète  illumination  quaitjouril'hui;  ji- 

faut  vous  le  dire?  Ce  qu'il  y  a  de  si  beau,  mais  non  plus  le  lien  social  n'a  été siltcile 

c'est  qu'Alexandre  croiuil  b  la  vurtu,  c'est  6  se  rompre  dansles mains(|ui essi;«nll«ir 

qu'il  croyait  sur  sa  télé,  au  péril  de  sa  viel  >  à  tour  d'en  rassembler  le  faisceau.  Ce»  que 

Voilà  une  miLgnirique  eipliuiitioii  de  la  la  science  n'est  pas  le  princifie  de  l'omit 

foi  d'un   grand    cœur,  et  c'est  aussi  l'm-  h-jmain  ;  elle  n'en  est  qu'un  glarieuiorw- 

plicatioEi    de   toute     foi  ,   qu'elle    s'adres-  luent,  et, si  elle  opprime  la  fui  au  lieude^ 

se  à  l'homme  ou  qu'elle  s'udrds&e  è  Dieu,  soutenir,  elle  n'est  que  rinftrument  pam- 

Quiconque  fail  un   acte  de  foi,  qu'il  le  sa-  cide  d'une  ruine  uii  l'homme  recooiului 

die  ou    non,  boit   la  coupu  d'Alexandre;  trop  tard  qu'il  faut  croircnour  vivreuoMul 

il  croit  luràatéte,  au  péril  de  sa  tie;H  entra  jour,  même  quand  il  ne  faudrait  pas  am 

dons  CBlle  lijjiiée  d'Abraham  appelé  /«  pire  pour  vivre  éieruellenienl.,  La  foi  huœiint 

de  JDUjfM  croyaiUJ  (1^83),  parce  que,  dans  "' '  ""  '"  '"-  -  -  ■  • 
sa  viejllesso,  épuisé  d'âge  mais  non  do 
cœur,  il  leva  un  fer  obéissant  sur  l«  (ils 
unique  qui  était  tout  son  amour  et  toute  sa 
race,  esjiérant  contre  l'espérance  en  la  pa- 
role qui   lui  avait  promis   une  postérité, 

El  s'il  est  une  créature,  qui,  à  l'opposé  do  .__  

-ces  magnanimes  souvenirs,  n'ait  jamais  tiré  mais  harmonieux,  composent  notre  destinée, 
(le  son  Âme  un  acte  de.  foi,   vous  pouvez        Celle  première  diOiculté  résolue,  on  io- 

l'scuuser  sans  crainte  d'avoir  déshonoré  en  sisle,  et  l'on  me  fail  remarquer  une  diili' 

elle  l'ouvrage  de  Dieu.  Car  la  foi  n'est  pas  renco  considérable  entre  la  foi  qui  xAi» 

seulement  une  vertu,  c'est-à-dire  uu  effort  moj'en  aux  rapports  des  hommes  entre  euv 

généreux  et  eflîcacp  vers  le  bien ,  elle  est  le  et  la  foi  qui  sert  de  moyen  h  leur  Gommera 

portique  sacré  par  où   passent  toutes  les  avec  Dieu,  c  Dans  celîe-là,  dil-on,  il  estii'^ 

■  vertus,  le  prodrûme  sanglant  où  commea-  de  reconnaître  quand  et  à  quel  degrd  1' 

tent  les  sacriGcos  et  où  reviennent  les  vie-  doit  donner  sa  couliance  à  un  témoigiu. 

timcs  justement  immolées  au  sanctuaire  de  purement  humain  relatif  è  des  ciiosesâJ 

Dieu.  It  n'y  a  pas  uu  acte  de  dévouement,  des  idées  qui  nos'écarteut  point  de  laiji^'' 

pas  un  acte  d'amour,  pas  un  acte  honoroble  où  nous  sommes  ;  dans  ceJle-ci  au  cunln 

ûu  saint  qui  n'ait  été  d'abord  un  acte  do  tout  surpasse  nos  facultés,  aussi  bien  lu 

foi,  et  telle  est  la   raison  pour  laquelle  vélation  divine  en  elle-même  et  daut 

l'Ecriture  déclare  si  souvent  que  c'est  par  signesexlérieursqueles  mystàresquif 

iafui  que  l'homme  estjustilié  et  sauvé*  Les  contenus.  Nous  croyons  à  l'homaie  t( 

juifs  s  imaijinaieut  que  le  principe  du  salut  tiers  et  itslurellemeut  parce  que  11)01 

était  l'observance  de  la  loi  en  vue  des  ré-  c'est  nous  ;  nous  croyons  à  Dieu  par  bi   . 

compenses  de  Dieu  ;  saint  Paul  ne  cesse  de  et  diDicileraeni,  parce  que  Dieu  ce  u'nià 

leur  dire  que  les  œuvres  sont  impuissantes  nous.  Comment  dès  lors  faire  de  cetlti 

si  elles  ne  sont  vivifiées  par  un  élément  su-  l'instrument  privilégié  de  nos  rapporiiiH 

périeur.  Jtn'y  a  qu'un  Dieu,  s'écrie-t-il,  ;ut  le  monde  invisibleT  Est-ce   notre  fpUl 

jiutifie  te  circoncit  par  ta  foi  et  l'incireoncii  elle  ne  subjugue  point   notre  cŒUrl^M 

Mcore  par  /a/o((l&â&J.  Qu'est-ce  que  les  nous  dites  qu'elle  est  un  elTet  de  persiuiii» 

œuvres,  en  elfet,  si  elles  sont  accomplies  eh  bien  1  persuadei-nous,  ooud  vous (uN 

sous  l'impulsion  d'une  vuepuremeritscien-  tons: qui  vous  empêche  de  nous  persiu-la. 

titique?  Un  simple  calcul  d'iutérèt  ou   do  Tout  a  l'heure  vous  nous  averiissicJ 4^ 

bonne  administration  de  soi-même  cl  des  quand  une  parole  perd  son  autorité  <lsiul 

autres.  On  est  juste*  sobre,  économe,  labo-  monde,  elle  trouve  iofailliblament  ue  i* 

rieux,  fldèle  observateur  de  sa  parole,  parce  cesseur  qui  s'empare  du  irdaa  vacant.  Ci 

que  c'est  là  un  ordre  dont  l'exacliliide  rap-  ce  qui  est  arrivé  pour  la  namle  dont  <u 

porte  plus  qu'elle  ne  coûte;  mais  placez  ces  êtes  l'organe;  mats  'faul-îl  nous  I'îidiidùi' 

esprits  bien  réglés  en  présence  de  la  coupe  Fout-il  nous  condamner  ou  nous  plai'.* 

d'Alexandre,  cest-à-dire  en  présence  d'un  si  la  parole  humaine  s'est  subsliluétipJirui 

sacriQce  qui  se  peut  éviter  sans  dommage,  à  ta  (larole  divine,  si  nous  sommes  ncsJ^ 

en  face  d'une  vertu  qui  u'a  passa  rémuné-  un  siècle  où  l'homme  est  plus  puissaïKîi 

ration  visible,  alors  vous  connaîtrez  le  vide  Dieu,  où  l'on.écoute  pluldl  les  sagei  <i« 

d'un  cœur  où  manqua  la  loi.  Je  Q'eoieuds  les  théologiens  ?  11  est  possible  ^ue  no^ 


(1483)  Rsm.  n,  11. 
{iiM}  Rom.  III,  W. 


(1485)  Hebr.  xi,  C. 


W  roi  DtCTlONNAIIIE 

■é[rff)(ion  se  (rnnipc  ;  mais  Hic  n'est  poisl 
rKlmr  de  ses  lénèbre;,  elle  en  esl  la  rio- 
tJBf.  fhs  pères  onl  pTé\iaré  la  cnope  oh 
mas  burons;  ils  7  onl  mis  tant  d'art  et  de 
paiœBce  que  nos  ièrres  s'y  oni»renl  natu- 
Kllemrnl,  et  goe  la  naissance  et  l'errear  ne 
Wil  pODr  nous  qu'ui  seul  acte  dans  un 
iDéme/oor;  qae  Dieu  donc,  au  lieu  de  nous 
roiidimner, Tienne k  notre  aide;  qu'il  parle, 
qu'il  dnnne  grAce  i  sa  parole,  e>,  s'il  est  vrai 
qoeninfis,  autrefois  visible  parmi  nous, 
lit  nsiutàié  (les  morts,  a)i  I  qu'il  rnssuscile 
ioiK  le  genre  hamain  tout  etilierl  C*i>st  Ik 
terrai  mon.  Vous  nous  avez  dîl  que  l'élo- 
qimte  est  la  sabslilution  de  l'amc  qui  paHe 
1  lime  qui  ficoole  :  eh  bien  I  que  Dieu  soit 
rtoqnnl.  Est-ce  trop  lui  demander  pour  le 
fiitldu  monde?  El  s'il  ne  le  veni  pas,  s'il 
Mteiiil  pas,  si  l'incrédulité  demeore  notre 
AM  mure),  tandis  que  la  foi  n'est  qu'un 
Aitd'ttcoi  lion,  de  quoi  peul-il  se  plaindre? 
Uttt d'Atre  tels  qu'il  ooos  s  créés  T  > 

Totre  objection  suppose  que  la  foi  divine 
nirtligiease  esl  an  accident  de  l'esprit  hu- 
■uiD,  tandis  OD'ctle  est  l'état  universel,  per- 
lai et  public  de  l'humanité.  Je  me  borne- 
v  kone  remarque,  c'est  qu'il  n'y  eulja- 
Hif  iSam  le  nwmde  que  deux'  époques  oh 
■Bcr^ulilé  cil  eu  quelque  esfMfrancc  de 
Mnntiion  :  l'ig»  d'Auguste  et  !e  nôtre, 
■led'Aui^sle  qui  rit  périr  la  république 
M>tie,  et  le  notre  qui  n'a  produit  encore 
•e  des  tempêtes;  deux  époques  en  six 
die  ani,  toutes  deux  marquées  par  les 
BDes  ei  les  effets  du  déclin.  Non  que  je 
Mille  rropiiétiser  votre  ruine;  même  an 
(de  d'Auguste,  ce  n'était  pas  la  ruine. 
ÏDcrnvauce  de  l'ancien  inonde  était  l'avé- 
tteol  heureux  d'un  monde  nouveau,  du 
lodu  chrélim.  Ainsi  en  sers-l-il  de  vous. 
Mn  vaisseau  tremble  et  descend;  mais  la 
pu  qui  Je  pousse  dans  l'abîme  le  trsns- 
rtera  vers  le  ciel,  el  votre  postérité  con- 
Beau  port  admirera  dans  voire  histoire 
dans  la  science  une  nouvelle  preuve  que 
Kroyaoce,  loin  d'éire  une  siaiion  de 
■HDiaité.  CD  esta  peine  un  écaeil.  Déji 
tiques  baume*,  avant-coureurs  de  l'avenir, 
IttiËDt  ce  pressentiment,  et  encore  que 

■  espoir  ne  fût  pas  une  preuve  pour  vous, 
Werait  toujours  que  la  seule  époque 
Krédulilé  dODt  noua  connaissions  le  dé- 
np[»ement  iiilégral  a  été  suivie  de  l'eial- 
OD  du  cbristianisme,  c'est-k-dire  de  la 

■  ^snde  el  de  la  plus  mémorable  expan- 
1  lie  foi  qui  ail  eu  lieu  dans  le  genre  ha- 
0-  Cela  suffit  pour  me  donner  le  droit  de 
dure  que  la  foi  divine  ou  religieuse  n'est 
on  accident  de  notro  esprit,  mais  âoo 

général  el  vrai,  et  que  l'homme  croit 
heu  aussi  S|>oniBnémeut  qu'il  croit  & 
mme.  ce  qui  ue  veut  pas  dire  qu'il  y 
1  sai.B  travail  et  mfime  ^ns  combat. 
I  n'est  plas  naturel  fc  l'homme  que  de 
e.  el  cependant  la  vie  n'est  pas  chose 
oe  eoùto  aucun  effon.  La  vie  est  un  Iro- 

et  un  combat  :  combien  plus  la  foi, 
que  la  foi,  dans  sa  définition  même, 
'Tte  l'idée  d'une  vertu,  et  que  toute 


APMMZeTKHIC  FM  9W 

vertu  est  d'un  enfanleroent  laborieux,  h 
cause  des  passions  qui  s'opposent  t  son 
règne  sur  l'Ame. 

I  ;  Ne  vous  étonnez  donc  pas  s'il  faut  quelque 
soin  pour  croire,  comme  pour  être  juste, 
vrai,  chaste,  honnête  homme,  el  même  éton- 
nez-vous qu'il  faille  si  peu,  la  foi  étant  non- 
seulement  une  verlu  humaine  mais  une 
vertu  divine  et  la  porte  de  toutes  celles  qui 
conduisent  è  Dieu. Vous  Tie  croyez  pas,  et 
TOUS  en  concluez  que  la  foi  est  impossible; 
pour  moi,  j'en  conclus  que  vous  ne  faites 
lias  ce. qui  est  nécessaire  pour  croire^et  je 
vais  vous  le  prouver  en  pen  de  inols. 

La  première  cause  de  nncrëdulilé  esl  Pi- 
giiorance  volontaire.  Pas  plus  la  foi  qae  la 
science  ne  peut  s'acqnérir  sans  une  cerlaine 
appIicaiiQn  de  l'esprit.  Dès  que  l'esprit  ne 
sapplique  pas,  il  est  inerte,  il  cesse  d'être 
une  puissance,  il  est  h  l'égard  de  l'objet  dont 
il  se  détourne  comtae  s'il  n'élait  pas.  Qu'est- 
ce  que  les  mathématiques  pour  une  inlelli- 
gence  qui  n'ii  jamais  réfléchi  aux  lois  du 
nombre,  de  l'étendue  et  du  mouvement? 
Qu'est-ce  que  la  philosophie  pour  un  homme 
qui  ne  s'est  jamais  demandé  ce  que  c'est 
que  l'âtre,  l'idée,  l'atisolu,  le  relatif,  la  cause 
et  l'effet  ?  Et  par  la  même  raison,  qt'esl'Ce 
que  la  foi  pour  une  Ame  qui  n'a  jamais  sé- 
rieusement pensé  aux  rapports  de  la  créa- 
ture avec  Dieu. 

Soyez  vrais  :  \  quel  Age  et  après  quelles 
études  avez-vous  décidé  qae  la  religion 
était  une  erreur?  Est-ce  h  quarante  ans? 
Non.  Vous  l'avez  décidé  dans  la  fleur  de  votre 
Age,  au  moment  où,  sortis  des  langes  de 
l'enfance,  le  raisonnement  et  la  passion  fai- 
saient ensemble  leur  joyeux  avènement  h  la 
surface  même  de  votre  élre.  Simples  et  sou- 
misjusgue  là, pieux  adorateurs  des  pensées 
de  votre  mère,  vous  n'aviez  rien  interrogé, 
rien  contesté  ;  vous  viviez  d'une  foi  pure 
comme  votre  cœur.  Mais  k  peine  la  dooblo 
pubertéde  l'homme  eot-elle  fait  eonoaltre  à 
vos  sens  et  à  votre  esprit  son  vif  aiguillon  t 
que,  sans  rous  doioer  le  temps  de  mûrir 
votre  puissance,  impatients  des  mystères  de 
la  nature  el  des  mystères  de  Dieu,  vous  avez 
été  saisis  de  (a  honte  decroire,  en  même 
temps  que  vous  perdiez  cette  autre  honte 
qui  esl  la  divine  gardienne  de  l'insoceDca. 
Incapables  encore  .d'aucun  acte  civil,  vous 
avez  prononcé  souverainement  sur  l'homme 
ei  sur  Dieu  ;  vous  avez  douté,  nié,  aposta- 
sie, méprisé  vos  pères,  accusé  vos  maîtres, 
traduit  à  voire  tribunal  les  vertus  et  les 
douleurs  des  siècles,  fait  enfin  de  votre  Ame 
un  désert  d'orgueil.  Puis,  celle  ruine  ac- 
complie, vous  avez  choisi  pour  voire  but  une 
des  ambitions  de  l'homme,  la  gloire  des 
armes  ou  celle  des  lettres,  ou  moins  baot 
encore,  selon  le  hasard  ;  el  tout  l'eflort  de 
vos  facultés  s'est  tendu  vers  l'idoIAlrie  de 
votre  avenir.  Vous  n'avez  plus  risn  appris 
que  pour  être  un  jour  le  béros  eftecUi  de 
vos  rèvcs  ;  vous  avez  sacrifié  vos  jours  et 
vos  nuits  i  cette  image  égoïste,  n'en  réser-' 
vaut  une  iwrt  secrète,  incuniiue,  qu'à  l'autre 
égoï-ime  de  l'homme,  la  volupté.  El  jamais, 


FOI 


nCTIOIII?iAIRE  APOLOGETIQUe. 


duraol  ce  double  el  triéle  songe,  la  reli^ioo 
na  voua  e<t  apparue  q»fl  comme  un  souve- 
nir Tulite  de  TDS  premiers  ans,  une  faiblesse, 
ou  une  tw'poci'isie  de  rbumanité.  Vous  o'a- 
vez  pas  aai|$iié  lui  donner  une  beure,  une 
lecture,  on  désir,  et  si  quelquefois,  attiré 
par  un  nom  célèbre,  vous  avez  frsncbi  le 
seuil  d'un  livre  ou  d'une  basilique,  vous 
l'avez  fait  avec  la  bauteur  d'un  esprit  qui  a 
juge  et  qui  n'entend  pas  revenir  de  son  ar^ 
rèt.  0  confiance  de  la  jeunesse  dans  l'erreur  I 

0  sécurité  des  âmes  qui  n'ont  encore  vu  de 
la  vie  que  sa  première  aube  I  Oh  I  que  Dieu 
a  été  bon  de  oe  pas  vous  rappeler  ï  cette 
beure  de  l'ignorance  el  de  l'encbanlement  I 
Car,  déjb,  TOUS  n'en  êtes  plus  pour  la  plu- 
part BUS  certitudes  naïves  ;  le  temps  vous  a 
ramené  le  doute  et  les  pressentinients  obs- 
jursde  In  vérité.  Vous  comprenez  que  vo- 
tre incroyance  est  née  d'un  acte  pqéril,  et 
qu'elle  a  besoin,  pour  votre  honneur  et  vo- 
tre  repos,  d'une  raliGcatiou. 

C'est  CB  second  travail,  ce  travail  de  re- 
tour et  d'eiamen,  qui  fonde  la  foi  dans 
l'homme  et  la  maintient  dans  l'humanité. 
La  foi  sans  doute  est  aussi  un  don  de  l'en- 
fance ;  tille  pousse  ses  racines  dans  l'âme 
qui  vient  de  naître,  maisc'exl  l'action  lente 
de  la  vie  qui  la  porte  è  sa  maturité.  Quand 
l'homme  a  vu  l'homme  pendant  de  longues 
années,  quand  il  en  a  connu  la  faiblesse  et 
Ja  misère  par  des  expériences  qui  ne  lui 
laissent  plus  de  doute,  et  que  défi  la  gran- 
de figure  de  la  mon  lui  apporte  de  plus 
près  la  dernière  des  prophéties,  alors  son 
-  regard  devient  naturellemeot  plus  profond. 
Jl  discerne  mieux  la  trace  oivine,  parce 
qu'il  connaît  miteux    ce  que  ne  peut  pas 

1  booinie,  et  la  lassitude  des  choses  présen- 
tes lui  ouvre  aussi  le  goût  des  cboses  qui 
ne  se  voient  point.  C'est  pourquoi  un  écri- 
vain dont  le  npm  m'écliappe,  adit  eicelleua- 
ment  :  ■  A  vingt  ans,  oo  croit  la  religion 
fausse;  à  quarante  ans,  on  commence  à 
soupçonner  qu'elle  pourrait  être  vraie;  \ 
cinquante  ans,  on  désire  qu'elle  soit  vraie; 
à  soixante  ans,  on  ne  doute  plus  de  sa  vé- 
rité. >  La  lumière  marche  du  même  pas  que 
fa  vie,  et  la  mort,  en  nous  désabusant  de 
tout,  achève  cette  révélation  continue  qui 
avait  commencé  pour  nous  aux  lèvres  de 
notre  mère.  L'eni'ant  et  la  femme  sont  l'a- 
vant-garde  de  Dieu,  l'homme  mûr  en  est 
l'apdlre  et  le  martvr  :  Voas,  jeunes  gens, 
TOUS  n'en  êtes  que  les  transfuges  d'un  jour. 

Je  sais  bien  que  l'ignorance  volontaire 
n'explique  pas  toute  seule  le  phénomène 
douloureux  de   l'incrédulité,  et  qu'il   est 
des  hommes  versés  dans  les  choses  reli- 
gieuses qui  n'arrivent  point  au  bonheur  de 
la  foi.  L'exemple  en  est  rare,    mais  je  l'ai 
rencontré.  Ceux-là  sont  les  viciimes  d'une 
passion  la  plus  opiniâtre  de  toutes,  qui  est 
l'orgueil  de   la  science.  L'orgueil    du  la 
science  est  celle  inratuation    d'un  esprit 
.enivré  de  lui-même,  qui  se  mire  dans  ce 
qu'il  sait  comme  Narcisse  dans  son  lac,  el 
/ 
(i486)  JfwiA.  m,  7. 


qait  estimant  toute  limite  une  injure  i  » 
capacité,  entend  traiter  avec  Dieu  il'é^il  i 
égal.  Il  n'étudie  point  par  imour  de  li  te- 
nté, mais  contre  elle;  il  est  heureui  it 
soulever  des  nuages,  de  dérouTrir  un  piis 
^e  sable  qui  soit  un  blasphème  el  qs'il 

finisse  rejeter  contra  le  ciel.  Begerde-i-il 
es  astres,  c'est  pour  ;  dérober  le  secret  de 
l'éternité  du  monde;  descend-il  diu  b 
entrailles  de  la  terre,  c'est  nour  ;  clienhtr 
des  armes  cootre  un  grand  fiil  biUlqu; 
înterroge-t-il  les  nécrojwles  du  l'Eijjpieua 
les  ruines  de  Babylooe,  c'est  pou^  i  ealtn- 
dre  upe  voix  qui  nie  quelque  ciiDHte 
plus  antiques  traditions.  Sa  science  e'tsl 
qu'un  duel  acbari^  entre  lui  et  Diea. 

Qui  pourrait  demeurer  vrai  devint  one 
telle  pasaiun  ?  Qui  l'accepterait  pouriagt! 
La  foi,  nous  l'avons  dit,  est  un  acte  decst- 
fiance  ;  elle  suppose  la  .sincérité  d'un  tm 
droit  et  aimant.  Or,  les'  gens  dont  je  pnit 
ne  croiraient  pas  même  à  des  démoutri' 
lions  mathématiques,  si  elles  avaient  khk 
but  fltponr  coiclusion  des  vérités  de  l'or- 
dre religieux.  Comme  Jean-Iacqnei,  ils  li* 
meraient  mieux  se  déclarer  fous  que  de» 
déclarer  convaincus.  Et  certes  ce  n  est  poitJ 
16  une  j)einture  imaginaire,  liilerrogu  !« 
souvenirs  de  votre  conscience.  N'ateM») 
jamais  t>attu  des  mains  quand  on  TWiit- 
sait  :  Voici  un  argument  contre  Itiv-'- 
ChristT  Demandex.etil  vaut  $tradoMi;àB- 
ehex,  et  cou*  trouvtrex  ;  frapptt  d  il  »• 
itra  ouvert  (i486)  :  telle  est  la  pttam 
condition  pour  arriver  h  la  foi.  Le  soleilsi" 
réte  en  vain  au  plus  haut  du  firmioieai,! 
la  lumière  n'est  pour  nous  qu'une  raison' 
lui  refuser  nos  regards. 

Enfin,  une  troisième  cause  de  l'iaawi 
lité,  estla  dépravation  des  mœurs.  It  1 
veux  pas  dire  que  toutes  les  faitiiesses  I 
notre  malheureuse  nature  soient  sa  am 
cleàla  foi,  puisque  la  foi  est  elle-oii"') 
principe  de  la  cliastelé,  et  que  Jésu^br^ 
a  prononcé  contre  les  pharisiens  celte  dim 
parole  :  Let  femmet  que  vout  appdti  N 
duet  voM  précéderont    dam  le  ro]|aiw  ' 
ciel  {IhSI).  Il  ;  a   un  vice  qui  se  coua 
qui  se  méprise,  qui  se   frappe  If  po''" 
je  ne  dirai  pas  qu'il  est  cher  ï  D'<'».- ' 
Dieu  peut  le  guérir  comme  il  a  guéri* 
leine.  Il  y  a  au  contraire,  un  vice  d'or? 
un  vice  qui  lève  la  tète,  qui  rit  et  se  ^"^ 
celui-lè  Dieu  le  bail,  et  il  est  ufl  a\^} 

tiresque  invincible  à  la  foi,  parce  (||iil 
a  réunion  de  deux  perversités  qui  * 
cluent  par  nature  et  dont  la  rencontre 
h  rSme  les  dernières  ressources  du  u 
Déjà  l'orgueil  tout  seut  est  Et  insupi'Oi^ 
à  Dieu,  qu'il  préfère  lo  vice  buniblel 
vertu  superbe  :  que  sera-ce  du  vice  ^ 
gueilli  T  Or,  rien  n'est  moins  rare  quel 
lamentable  disposition  du  cœur .-  *>« 
que  l'on  est  des  plus  vils  penchauls  v' 

Iilus  honteuses  pratiques,  oo  se  drspei 
a  Berlé  d'une  conscience  sans  rcpro: 
on  en  appelle  à  son  honneur,  à  si  P"" 

(1487)  JVaKA.  1XI.M 


FOU 


KCntHlNAlRE  APOLOCt-TIQUIl 


i-i»£àiie,  ri  l'oii  couvre  (ID  nom  de  fii- 

tiInHS  siiubles  la  (irostiluliOD  de  tous  ses 

^ens  i  la  loluplé.  Ou  emploie  un  demi-si^ 

tlaàperrerLiraulourde  soi  rigODraoca  de 

ûjenoesieel  la  beeulé  de  la  vertu,  et  après 

arojr  préc  pilé  dans    l'ubjetlioD     nouibre 

il'iateidanlO'i  ne  liaigne   nas   oiéoie  res- 

ptder  les  ruioes  d.-ins  sa  mémoire  ,  au  lieu 

<le  dire  i  Dieu  comme  saint  Pierre  :  Seigneur, 

fE(vu-v«iu  de  Mai,  parée  qHe  je   tuU  un 

iemtK pAtieivlliSS),  ou  sv  plaint  du    (leu 

de  loiai^  que  Dieu  a  mis  dans  ses  CBUTres, 

M  on  lui  împule  le  malheur  qu'on   a  de   no 

pu  le  connaître   et  de  ne  pas  )<:  servir. 

Cn^ei-fons  que  des  miracles  sont  dus  h 

dewfes  plaintes,  et  qp'il  y  aiirsule  à  Dieu 

de  H  répondre  que  par  le  filence  et  l'eu- 

diraiiraient?  Ob  l  oui,  les  ffomue  que  noue 

effdns  perditet  noiu  préeéderont  doit*  le 

fifeaudu  ciel,  parce  que  prcsipie   toutes 

Ml  été  viclimes  avant  détre   uieneuaires  , 

•1  que  du  Tond  de  leur  aliaissemeni,  il  leur 

IR1K  de  lever  vers  Dieu  ce  rej^ard  doui  et 

bomble  qni  est  plus  qu'un  remords,   s'il 

D'est  pu  encore  uue  venu.  Dieu  les  enteri- 

ifn;  il  entend  le  moindre  soupir  sincère,  et 

it  ichève  toute  larme    que  l'on  commence 

poarJuJ.  Mais  l'orgueil  de  l'ignorance,  l'or- 

loeilde  la  science,  l'orgaeil  du   vire,  il  Jes 

■éprise  tous  trois;  il  les  attend  au  jour  où 

Its  anges  etunteronl  une  secoude  fois.,  en 

présence  de  tout  l'univers  assemtflé.  l'hymne 

au  Dieu  tait  homme  :  Gloire  à  Dieu  au  plut 

Imu  du  eiet,  et  paix  tur  la  terre^aux  homme» 

dt ionu  volonté  I  {Lue.u,  Ik.)  (1489)  Foy. 

tkaLK  m  roi. 

FOI  acKUMK,  es)  la  vie  de  Tbomme  na- 
(Brel,  comme  la  foi  divine  est  la  vie  de 
niomiaesnrnaluralisé.  Voif.  Foi. 

FO.fTKNËLLR.  réfuté  sur  l'origine  des 
Hules  païens.  Voy.  Dêhon,  $  IV. 

rosCE,  le  sacrement  est  un  organisme 
|si  la  coDtieot.  Voy,  SACinuiiT,  |l.-i- Sa 
tffi&itiou.  i&id  — Constatée  dans  l'homme, 
faus  les  nations,  dans  l'univers  phjrsique. 
'(id.  —  Force  d'expansion  et  de  coocen- 
niion.  Jbitt.  —  Ë'st  le  mode  de  manifesta- 
lOa  de  DicO.  Kov-  JAsus-chbist,  arl.  II,  1 1. 
-  Forces  nstoreltes,  leur  impuissance  pour 
tous  (aire  vivre  d'one  vie  divine.  Toy.  Sdb- 
uvvxALisiiE,  I  VI.  —  Forces  dans  la  ma- 
lére,  divers  systèmes  sur  leur  origine  et 
mr  nalare.  Voy.  Cosmogoiiis. 
FORNE,  y  a-t-it  unité  de  forme  dans  le 
t,jne  animal  7  F9y.BOiiiiE,arl.  II. 
FORTCNAT  (Ssinl),  ern  urs  historiques 
e  HU.  Tiiterr;  et  Guizol  réfutées.  Yoy.  R4- 
i«0!iDK,  i  IX.  et  suiv. 
FOSSILES,  ont  porté  un  coup  mortel  i 
lijpotbèsepantbéistesurroriginede  l'taom- 
«  et  de«  ^tres  organisés.  Voy.  Hohmb, 
1.  1. 1  IV. 

FOURIBR  ,  membre  de  l'expédition 
Cgfple,  aut«ur  des  calculs  sur  lesquels 
appuyait    raniiquité  des  zodiaques  ,  n'a 


rien  écrit  pour  la  défendre  contre  les  ob- 
jections multipliées  et  décisives  qui  la 
eamballeut  et  la  détruisent.  Voy.  Pkstateo- 

QUK,   J  IX. 

FOIjBIÊRISME.  —  Nouveau  syslèmo 
social  et  iuduslrîei  imaginé  par  M.  Charles 
Fourter  qui  lui  a  donne  son  nom.  Voyant 
dans  la  nature  les  élémeais  du  bien-être 
répandus  avec  une  sorte  de  jirofusion  , 
frajipé  des  vices  de  la  civilisation  opéréu 
par  rindustrialisme  tel  qu'on  l'a  C0B{u  do 
nos  jours,  et  frappé  des  malheurs  qui  pè- 
sent sur  les  pays  les  plus  avancés  de  cette 
civilisation,  H.  Fourier  avait  cherché  les 
causes  de  celte  étrauge  aniimalie.  Mai»,  se 
pldçant  hors  dps  croyances  catholiaues,  il 
crut  trouver  l'oriipfluilu  mal  dans  la  con- 
tradiction perpétuelle  que  la  société  apporte 
aux  vocations  naturelles  des  hommes,  et 
dans  le  morcellement,  par  la  vie  de  famille, 
des  intérêts,  des  Iravaut  et  des  jouissan- 
ces que  la  nature  destinait  h  être  mis  en 
communauté.  Le  remède  coosislait  .dans 
l'association  combiuée  avec  l'attraction  , 
l'harmonie  et  l'équilibre  des  passions  dans 
lesquelles  il  reconnaît  eiclusivement  l'in- 
dice des  vocations  natuielles.  Dans  son 
iilan,  l'univers,  au  lieu  d'être  morcelé  en 
amtlles,  le  serait  en  agrégations  sociales 
qu'il  nomme  phaUnulêret  agrieoUi  tt  tiidus- 
Iriett,  et  dont  la  population  pourrait  £tro 
d'environ  mille  huit  cents  habitants  de 
tout  Age  et  de  tout  sexe,  lesquels  seraient 
divisés  eu  $érie»  paeaionnétt,  c'est-è-dir-j 
classées  suivant  leur  vocation  principale 
D'après  cette  méthode,  an  moyen  de  la  vie 
commune,  |)ar  des  plaisirs  communs  et  pnr 
un  travail  intelligent  et  attractif,  distribué 
suivant  la  loi  des  attractions  ou  vocations, 
on  obliendrail  une  telle  économie  do  temps, 
de  fatigues  et  de  denrées ,  et  es  mémo 
temps  uue  telle  augnieotalion  de  produits 
de  toute  espèce ,  que  chaque  membre  de  > 
l'association  harmonienne  aurait  une  part 
du  jouissances  variées,  au  moins  éi»*B  h 
eelie  réservée  aujourd'hui  aui  individus 
les  plus  riches.  De  plus,  le  perfectionnement 
moral  et  physique  des  êtres  amènerait  une 
régénération  com{>lêie  dans  les  familles  du 
l'espèce  humaine.  Quelle  q^ae  soi|  la  va- 
leur de  celte  théorie  économique  et  indus- 
trielle, elle  n'est  chez  U.  Fourier  que  l'ap- 
plication d'une  doctrine  métaphysique,  cos- 
mogouique  et  psycholç^ique,  qui  n'est 
elle-même  qu'un  panthéisme  ra&lérialiste  ; 
nous  allons  en  donner  une  esquisse  rapide. 
Les  formules  abstraites  et  le  néologisme 
barbare  dont  se  sert  U.  Fourier  pour  expo- 
ser son  système,  en  rendent  1  accès  irès- 
diôîcile  et  souvent  même  impossible  (U90J. 
Il  y  a  trois  principes  :  Dieu  principe  ac- 
tif et  moteur,  la  matière,  principe  passif  et 
mu.  les  mathématiques,  principe  neutre  -el 
arbitral.  Dieu  a  les  douze  passions,  un  corps 
de  feu;  il  n'est  pas  séparé  de  la   matière; 


(1490)  De  TMOKiattea  étmeui^M  MrieaU,   pat 
su*  et      N.  Cdarles  Focimi.     —  Article  sor  Fearicr,  ) 
H.  Bsiiuu»,  ftnac  det  Onx  Monén,  1$  n 


"i^! 


FOC 


HCTININAIM:  «MMiOGBTIQUE. 


assertion  i«  téoioignoga  de  qaelaiu 
listes.  Svammerdsin  dit  formellen 


rtftD  ne  MTaitde  rien;1e  monde  «st  <ter-  passioai,  c'est  diriDiser looi Im lUioritts, 
net.  Les  trois  principes  ne  sont  qu'un;  tons  les  Tices,  toales  les  dégradtUou  qui 
Ûieu  est  tout  ce  qni  est.  penreat  rabaisser  rhomiDeai-dettOBsdeli 

La  volonté  unirerselie  se  manifeste  par  oéle.  Espérer  et  croire  qu'avec  la  priocipt 
l'atlraction  unirersellequi  produit  cinq  mou-  de  la  It^siiimité  des  passions  oa  poorra  ir- 
vemeuls  :  mouTetnent  matériel,  orgaoique,  river  k  les  satisfaire,  k  leur  poser  Ifs  bar- 
inslinclufll,  aromal,  social.  De  rallraclion  nés  qui  cependant  sont  iodliptiutlilet  i 
universelle  vient  l'analogie  universelle  :  l'exisience  de  l'associAtion,  c'est  inècoo- 
toutes  les  passions  ont  leur  analogue  dans-  natire  entièrement  la  oalare  de  riiomnuM 
la  nature.  celle  de  la  passion,  c'est  s'abuser  toi-mê» 

L'bomme  est  un  petit  dieu.  Toutes  les  elabnser  ses  lecteurs, 
passions  sont  légitimes.  lien  existe  douze  FOURMIS.  —  On  lit  au  chapitre  ti,v.M 
principales  ;  les  unes  sont  sensitives  ,  les  des  Proverbe»  que  la  fourmi  pradeDlemé- 
autressonlafTectires  et  tlistribulives.  Autant  pare  sa  nourriture  pendant  l'été  et  qutlle 
de  passions  fondamentales,  autant  d'impui-  fait  des  provisions  au  temps  de  la  moiitOD, 
sions  légitimes.  La  loi*  le  devoir,  le  bien  de  La  science,  dit-on,  dément  cette prévDjinu 
l'homme  est  d'obéir  h  ses  attrictions  :  voilà  de  la  fourmi  et  l'on  cite  à  l'appui  de  csile 
toute  la  morale.  Les  idées  de  rico  et  de  .__.-...._■_     ...  , 

vertu,  de  bien  et  de  mal,  sont  radicalement 
fausses  :  le  bien,  c'est  le  développement 
barmonique  de  l'homme;  le  mal  ,  c'est  la 
civilisation  actuelle.  L'œuvre  extérieure  de 
l'homme,  sa  destinée  terrestre  est  la  gestion 
et  la  culture  du  globe,  son  but  le  bonheur, 

et  ses  voies  l'associalion ,  l'harmonie  uni-  provisions  pour  l'hiver,  ce  qui  aulorise  i 
verselie.  La  volonté  de  Dieu  étant  le  bon-  penser  qu'elles  ne  mangent  rien  tsnl  ipic 
beur  de  l'homme  et  le  développement  com-  l'hiver  est  rigoureux,  tomme  cela  eti  v- 
plet  de  tous  les  êtres,  nos  passions  doivent  dinaire  à  la  plupart  des  inseclei,etl 
Aire  pour  nous  une  révélation  permanente,     quelques  espèces   d'abeilles,  qui,  daai  )c 

ear  le  bonhtur  contiste  A  avoir  btaucoup  dt     '         ' ' 

pauitmi  tt  beaucoup  dt  moyens  de  let  $alit- 
fàire. 

Le  devoir  vient  des  hommes,  l'attraction 
vient  de  Dieu.  Le  devoir  varie  (fe  siècie  en 
siècle  et  dans  chaque  région,  tandis  que  la 
nature  des  passions  a  été  et  restera  invaria- 
ble cbeï  tous  les  peuples.  ,  „ 

L'immorlBlité  de  l'Âme  n'est  autre  chose  et  cent  recherches  m'ont  appris  que  b 
rjue  la  ruélempsycoso  ;  nous  renaîtrons  fourmis  ne  savent  ce  que  c'est  que  île  fairi 
sous  des  formes  nouvelles.  des    provisions.  Quand  elles  porteut  de 

Après  ces  doctrines  viennent  des  pro-  grains  de  blé  et  d'autres  grains  i  itvt. 
phëlies.  La  terre,  les  climats,  l'humanité  ,  babilations,  elles  les  y  portent  précisémeiii : 
seront  transformés  au  moyen  de  l'organisa-  comme  les  brins  de  buis,  pour  les  bùij 
tion  pbalanstérielle.  Des  révolutions  sidô-  enlrerdans  la  construction  de  leurédiSce.-;' 
raies  s'opéreront»  qui  placeront  notre  globe  11  n'y  a  peut-être  point  d'insectes  poui^i" 
dsds  des  conditions  nouvelles  ;  une  nou-  toute  celte  prévoyance  et  tout  ce  travs'H*^ 
velle  création  ae  développera  en  lui.  Ici  l'i-     — -'  —  '  — '-""' 

maginalion  de  Fourier  prend  un  libre 
essor;  elle  peuple  notre  terre  d'animaux, 
merveilleux;  les  facultés  humaines  sont 
élevées  à  leur  plus  baule  puissance  (U91J  ; 
la  (erre  est  le  séjour  des  délices;  le  bon- 
heur y  coule  k  plein  bord. 

Le  [lanlhéisme  ds  M.  Fourier  et  ses  ten- 
dances matérialistes  sont  évidents;  son  sys- 
tème philosophique  n'offre  donc  rien  de 
nouveau.  Nous  nous  bornerons  à  une  re- 
marque sur  la  base  morale  de  cette  théorie  : 
la  légitimité  de  toutes  les  passions  et  la 
nécessiléde  leur  développement.  Ne  donner 
(l'autre  loi  à  la  passion  que  la  passion  elio- 
méme;  nier  la  loi  morale  destinée  &  régler 
.et  h  diriger  la  passion,  admettre  dans  le 


Ifiufts  nilun- 
illement  qa'il 

n'a  jamais  aperçu  dans  les  fourmilières  cet 
divers  appartements  conslmils  avec  irl,  d 
disposés  selon  les  lois  de  rarchilecluredoni 
les  auteurs  font  mention,  ni  oksenéqae 
les  fourmis*  pendant  l'été,  amassent  an 


temps  froid,  s'abstiennent  absolument  de 
toute  nourriture.  Rédumur  s'exprime  eoMK 
là-dessus  d'une  manière  plus  précise  dus 
les  termes  suivants:  ■  Quelque  établi  qu'il  i 
soit  que  l'industrieuse  et  prudente  (iHitu  | 
se  fait  pendant  l'été  des  magasins  quidoimi  ! 
servir  à  la  nourrir  pendant  l'hiver,  tous  ces 
prétendus  magasins  n'ont  rien  de  réel;(fi' 


sent  plus  en  pure  perle.  A  quoi  Eerviriid-l: 
des  amas  de  blé  pendant  l'hiver  i  deifDur>i 
mis  qui  le  passent  amoncelées  les  uui^*' 
les  autres,  et  si  immobiles  qu'elles sembli>t| 
mortes  T  Bien  loin  qu'elles  eussent  Itlcf^'l 
d'entamer  des  grains  de  blé,  elles  d'odi  m 
alors  celle  de  se  mouvoir....'.  La  «raie  ptr 
dence  des  fourmis  se  réduit  à  se  Diei'r«9 
plus  i  l'abri  qu'il  leur  est  possible  dufiùt 
dont  un  degré  assez  médiocre  est  ca{>i4 
de  les  priver  de  tout  mouvement.  VeriJ 
commencemenldem9rs,ily  a  ordinaire^ 
des  jours  assez  chauds  pour  lesraiiiDei;ai'i4 
elles  commencent  â  paraître,  elles  tooIcd^ 
cher  de  la  nourriture.  ■  .     4 

De  son  cûlé,  le  savant  Latreillc,  quie« 
une  étude  toute  particulière  de  ces  ii  ~ 


sens  le  plus  absolu  la  légitimité  de  toutes  les  ajoute  :  ■  On  a  célébré  avec  raisou  \t  r 

(Itôl)  (  Lorsque  le  slube  sera  organisé,  dît  Fou-  millions  ée  géomèlree  égaas  ï  Newton,  tnnie-^ 

rier,  elportë  au  etmiiI  complet  <le  Iruis  milllarjs,  millions  de  comédiens  ^aDs  iMoUére,  d  >>*'J 

Ity  aura  habitueUeaiaiit  sur  le  «lobe  irenle-sept  louilei  laleoU  imaginsires.  Ce  SoaittdeiB'''' 

mlUiOBi  de  poëtet  égaax  à  Uomère,  trente-sept  lions  approximatives.  * 


MCTtOXYURE  kPOUMÏETIQUC. 


FOD 


«K 


f>iiiire  lie  euinsMlesvl  leur  omour  io5«- 
liiblepourla  Irafail.  Mais  onse  méprend 
«  rirtje  sur  lagr  but.  Ils  n'amatsnnl  poinl 
(If  proTisioiu  de  boucbe  pour  l'hiver,  puis- 
qa'jlssofil  alors  engourilis  et  iocapables  de 
ptcO'ln  de  la  oourrilure.  Les  grains  de  blé 
H  autres  différentes  sabstaDces  qu'ils  char> 
rieni  dans  les  beaux  temps,  ue  sodI  que  des 
aialériaax  de  constniclioa,  et  deslinés  à 
élcndreelicoiisoliderleursouvrages(IUt2}.* 
EiiSd,  tous  ItfS  naturalistes  de  dos  jours 
iofit  du  in£me  seuliment. 

CtHe  objeclioo  est  beanconp  plus  spé- 

ticDW  que  soliiie.  D'abord  les  naluralisies 

em-méiBes  feconoaiisent  que  les  fourmis 

14)1  Bfie  certaine  préTOj'aace.  ■  Elles  élèvent 

H  MHirrisseni  convenablement  dans  des 

y.r.cid'étables,dîlUuméril,d'aatres  espèces 

d'iiurates,  et  surtout  des  pnceroos,  qu'elles 

uigatol  pour  les  traire,  et  pour  en  obtenir 

tioslimeolassnré  dans  les  temps  de  disette, 

HMDoe  Dcus  tenons  en  domesticité  nos 

TKbes,  nos  cb&rres,  nos  brebis.  Ces  mulets 

coorrissenl  eux-mêmes  toutes  les  larves, 

Hies  des  miles,  des  femelles  et  des  seulres; 

ils  les  protègent  aussi  sous  la  forme  de 

Drnifibes,  et  pendant  tout  le  temps  que  ces 

laiividus  peuvent  élre  utiles  et  nécessaires 

t  il  société  (1493).  ■  De  le  Hubert  avait  dit 

kn  agréablement:  ■  Cnefourmilière  est  plus 

ba  moins  riche,  selon  qu'elle  a  plusoa  moins 

4e  pucerons;  e  est  leur  bétail;  ce  sont  leurs 

ticlies   el  leurs  cfaèvres  :  on  n'eût  jamais 

[ensé  que  les  fourmis  fussent  des  penpies 

pi<tf-(irâ<IU)4).  >  Le  même  savant  dît  encore 

tn  parlant  des  fourmis  :  «  Lorsque  l'biver 

n'est  pas  rigoureux...-  leur  aclivilé  c'est 

jM  interrompue.  Sans  des  ressource!  parfi- 

cDlières,  elles  seraient  donc  alors  exposées 

i  lérir.  Les  pucerons  fournissent  à  leurs 

kesoins Les  fourmis  qui   n'ont  point 

finsiiuct  de  se  les  approprier,  conoaissent 
^n  moins  les  lieux  où  ils  sont  cachés,  et 
ripporteot  k  leurs  compagnes  le  peu  de 
ntiellée  qu'elles  ont  recueilii  auprès  d'eux. 
ii-'.es  leur  font  part  de  ces  liquides  dont 
l 'éiaporstion  est  alors  très-lente  ou  presque 
[•u-^DSible(]fc95).i 

En  second  lieu,  noos  ferons  observer  que 
'^Iijtrction  de  nos  adversaires  est  apiiujée 
fit  une   supposîtiou    dont   nous  pouvons 

il49ï)  AoMCM  OifiioiuMJK  fMfloJr*  natureUt, 
1 1.  Ftwàcmru,  t.  XII.  p.  17.  Paris,  Déterrille, 
»IT. 

il41â)  A.  M.  OwtUnt  DfwtaiL,  EHme»i*  4a 
^itmea  ««larrUc*,  L  U,  p.  133;  Pari»,  lltôO,  4' 

I.JU 

\  \9l)  .Twrv^  DietioMJi,  thittoirt  natmrdle,  art. 
'  -mnmh,  p.  1(3, 

•  HVS)  IM.,  84,  S5.  Bnber  el  Lalreîlle  ont 
iBiUlé,  par  lears  irtMenatiof»,  que  qaau«  ou 
>M|  «spèw»  an  okhbs  lasseaitileiit  an  fond  de  lear 
>  :  J.  «■rMsl  rfau  la  aunMûc  —tutn,  de*  puceroiia 
A  l««r»aMfa  véoics.  Quant  anx  fournis  des  pa^ 
Auds,  il  est  bien  woBTë  qa'clks  font  des  provi- 
.Mi%%,  Le  cotood  sjke*,  pûdaat  soo  séjour  aux 
r  .i-*,  J  a  obtervé  uiie  côfèce  de  fourmi  que  M.  Uope 

■-Mbuiec  foormi  f^^W)amlt,  apparteuanl  an  néine 

nr<r  qa?  ta  bateiue  fuurDii  dît  eitilt,  qui  déli*re 
.  i'>Ji<|iKHCnl  i'itme  (ouk    (l*iiuccies    ouiûliki 


k^gilimemphl  cfinloster  la  vérité.  Nosadver- 
saires  supposent  en  effet  que  le  livre  des 
Proverttes  enseigne  que  les  fourmis  conser- 
vent pour  l'iiiver  les  provisions  qu'elles 
amassent  pendant  l'été;  mais  ni  le  texte  ori' 
giml,  oi  les  andennes  versions  ne  portent 
une  semblable  leçon;  on   7    lit  seulement, 

3ue  pendant  l'été  elles  profitent  dâ  temps 
e  la  moisson  pour  recueillir  leur  nourri- 
tare;  mais  il  ne  dit  nullement  qu'elles  font 
des  provisions  pour  l'hiver.  D'ailleurs  cette 
addition  ne  parait  nullement  nécessaire  «u 
but  et  au  dessein  général  de  cet  écrivain, 
qui  est  simplement  du  chercher  ^  tirer  le 
liaresseux  du  son  oisiveté  et  de  sa  torpeur, 
en  lui  cilani  l'exemple  de  la  fourmi,  qui 
quoiqu'un  des  animaux  les  plus  petits  el  les 
plus  faibles  (populua  infirmus,  bébr.  non 
ca/if(tM)  sait  proliter  de  la  chaleur  de  l'été 
iiour  sortir  de  sa  fourmilière,  où  le  froid  de 
l'hiver  la  tient  captive  une  partie  de  l'année; 
el  ne  manque  pas  de  courir  partout  où  Is 
moisson  lui  offre  no  aliment  ;  el  cela  sans 
qu'elle  ait  un  maître,  un  clief,  nn  prince, 
pour  la  diriger  et  la  conduire.  En  renfer- 
mant dans  ce  cadre,  qui  est  celui  du  texte 
sacré,  reloge  de  son  habileté  el  de  sa  dili- 
gence, la  fourmi  peut  parbilemept  être 
proposée  pour  exempfe  aux  hommes  lâches 
et  paresseux. 

H8is,en supposant  mëmeque  le  texte  sacré 
n'exprime  pas  explieilemenl  toute  la  pensée 
de  l'auteur,  parce  que  le  sljle  concis  de  la 
Bible  permet  bien  souvent  de  soos-cntendre 
lecomplémeot  d'une  phrase,  l'objection  de 
nos  adversaires  ne  serait  cependant  passons 
réponse.  En  eitel,  c'est  une  des  règles  de 
l'apologue,  qu'il  n'est  pas  nécessaire  que 
l'objet  de  comparaison  soit  réel  on  même 
possible,  mais  il  suffît  qu'il  soit  propre  k 
l'application  qu'on  v  fait.  La  simililode,  la 
comparaison,  l'exemple  sont  des  apologues 
abrégés.  Or,  quel  est  le  but  de  la  similitude 
ou  comparaison?  C'est  de  faire  connaître  de 
plus  en  plus  le  snjetdont  on  parle  en  leeom- 

Carant  à  un  autre  qui  a  quelque  ressem- 
lancesvec  lui.Quelesllebut  de  l'exemple? 
C'est  de  donner  un  modèle  de  conduite  et 
d'animer  à  l'imiter  par  la  vue  de  ce  que  pra- 
tique celui  qu'on  donne  pour  modî&Ie;or, 
dans  l'un  et  dans  l'autre  cas,  l'apparence  ou 


rinlérinr  de*  iNismia  i  Surinam.  Après  les  km- 
gnei  pluies  aai  imalwiit  ani  Iodes  durant  la  mi^ 
son,  ou  voit  la  fourmi  prùmyeMU  occupée,  par  une 
belle  journée,  a  traniponer  du  (ood  de  ses  na((Mias, 
où  l'eau  a  pénétré,  des  semences  de  ^nminées, 
des  grains  de  mais,  eic,  qu'elle  place  par  petite  las 
i  la  surface  de  la  lerrc  puur  tes  Taire  sécher.  L'ob- 
ïcrvalîoit  (le  Satomoii  peut  donc  très-bien  être  priie 
3  la  lettre,  et  il  est  iré»-prol)aLle  que,  sous  leclimat 
de  la  Palesuiie  copiuie  aux  Iodes,  les  fourmis 
amasient  des  protlsious. 

I  Beaucoup  d'actes  assurément  raisonnes  se  re- 
marquent da  us  la  conduÎLe  hattiuidle  on  accîé»- 
lelie  des  founuis;uu  connaît  leurs  prorisiOMS  da 
graines  disposées  dans  de  larges  galeries  SNpeqM»- 
sces  par  étages  ;  là  le  grain  se  Irouve  no,  la  ballr 
a  été  laiùée  à  la  porte,  OMnme  inutile  et  sèimNlB 
à  Tuiuirer  dans  d'etioîts  IwvaHx.  1  (Ihicta.  f'kfsiv 
logie  eemparée,  t.  I,  p-  uU7. 


tu  CEI  ncnomAiRE 

l'o.-naioD  est  aussi  propre  qae'  la  fériCë  k 
produire  ces  effets. 

Oo  croit  GoannuDément  qo«  la  colombe 
est  sans  fiel;  dëç  lors,  sans  eiamiDer  la  vé~ 
tHA  du  tail,  oo  dira  à  an  vindicatif  qu'il 
faut  être  sans  fiel  comme  la  colombe.  Qu'on 
|tro|iose  pour  modèle  on  hypocrite  aui  Mit 
si  bien  se  masquer  qu'il  est  oDirersellemenl 
cru  bomme  de  bien  :  sa  conduite  sera  anssï 
propre  h  inspirer  de  boones  moars  que  s'il 
était  rertneui. 

Les  bommej  voient  les  fourmis  emporter, 
pendant  l'été,  quantité  de  i^insdans  leurs 
fourmilières;  )\s  ne  les  voient  point  sortir 
l'hiver  pourchercberdela  no'jrnlure;  ils  les 
Toiebtrcparattrapleinttsde  vie  au  printemps, 
ils  ont  naturellement  conclu  de  1&  qu'elles 
s'étaient  nourries  pendant  l'hiver  du  blé 
qu'elles  avaient  recueilli  an  tems  de   la 


apologeuque.  gu  va 

moisson:  telle  a  été  jusqa'ft  nosjouràVopi- 
nîon  de  fous  les  hommes  saDseicepiion. 
Celte  opinion  ainsi  établie,  on  a  [lu,  »ii< 
faire  de  pins  amples  recherches,  tes  prniio- 
ser  pour  modèle anTparessem,qai,p3iS3iii 
la  belle  saison  dans  roisivelè,  se  iroutphi 
dans  l'indigence  pendant  l'hiver.  Il  y  a  pins; 
c'usl  que.lors  même  qu'on  a  recenuQ  la  tan}- 
selé  de  ces croj-aoces  vulgaires,  on  rteliisH 

fias  de  les  conserver  dans  te  tangage.  Il  ji 
onglemps  qne  les  sirènes  soDt  rei^uéei 
parmi  les  fables,  on  dit  cepenilant  tous  I» 
jours  qn'une  jeune  personne  qui  a  unebellc 
voix  chante  comme  une  sirène. 

FRANCE,  bibliothèques  qu'elio  posiéiliil 
au  moyen  Age.  Yoy,  Scmces,  }  111. 
FRDIT  DBPENDU.  Vog.  Epbbdte 
FUITE  EN  EGYPTE.  difUcuIltis  r^iuc!. 
Voj/.  NAisstRCK  DE  Jésus  CnaifT,  { II. 


GALILÉE,  examen  de  son  affaire  avec 
l'inquisition  romaine.  Yoy.  TnaK,  Cosho- 
URAPHIK,  1  III  et  Fahatisme,  I  11. 

GALLICANISME  de  Saiot-lrénée,  suivant 
M.  Ampère  ;  réfutation.  Voy.  laéitia  (Saint)* 
S  VIL 

GEANTS.—  Les  géants  sont-ils  une  tra- 
dition purement  mythologique  T  N'est-on 
pas  d'autant  plus  fondé  î  le  penser  que, 
selon  Moïse  [Gen.  vi ,  i  -  5),  cette  race  des 
géants  est  proveoue  du  commerce  qu'au- 
rarent  eu  des  anges  avec  des  femmes  T 

Psrmi  les  interprètes  tant  anciens  que 
modernes,  les  uns  ont  admis  l'exislence  de 
vrais  géanLs,  c'est-â-dire  d'hommes  d'une 
taille  incompnrablemeiit  supérieure  h  celle 
des  hommes  ordinaires;  les  autres  au  con- 
traire ont  cru  (]ii'il  s'agissait  seulement 
d'une  race  d'individus  qui  se  distinguaient 
par  une  force,  «ne  audace  et  une  violence 
extraordinaires.  Le  mol  rbfhilih  dont  eo 
effet  s'est  servi  Moïse,  ne  désigne  nullement 
une  taille  git;Bntesquu;  mais  aussi  il  faut 
convenir  que  sa  signiûcation  rigoureuse 
nous  est  à  peu  près  inconnue.  Cependant 
on  s'accorda  assez  généralement  à  le  rendre 
par  brigand»,  déprédateur»,  qui  fondent  ino' 
pinément  sur  quelqu'un  {irruentet),  comme 
la  traduit  Aquila  [iitiictvnit) i  on  peut  ajou- 
ter et  Sj'mmaque  ,  cor  c'est  certainement 
l'idée  qu'il  attsciiait  au  mot  violent  {pain) 
'  dont  il  s'est  servi  (U9e).  Au  reste,  dans  les 
traditions  de  tous  les  j>eu|iles,  géantt  étnit 
presque  synonyme  de  méchants  ,  vu  qu'ils 
étaient  considérés  comme  des  êtres  révol.és 
contre  la  Divinité. 

Pour  donner  au  récit  de  Moïse ,  touchant 

(1406)  Sans  entrer  dans  h  dtscnsBio»  du  mot 
Itëitrcu,  nous  nous  b:  nieroiis  à  remarquer  que  les 
éljnnologistes  qui  le  Iradui&eiit  par  ilre  inii^nf,  re- 
MMrfMctfc,  ne  sont  peuiHHre  pas  éloignés  du  vrai 
•ena  ;  qnwquc  la  siguîHcaiin;!  de  lomber  viofemmtiu 
sur  quelqu'un  timert}  nous  ail  pni  ii  mstiu'in  plus 
probajrfe. 


les  Séants,  nn'càrsctère  mjihique,  oa  r>ogr 
le  cTasaer  parmi  les  histoires  puremeolli- 
buleuses,  et  nier  ainsi  la  véracité  de  m 
écrivain  sacré,  les  mythologues  se  foadnl 
principalement  sur  ce  que  le  texte  biblique 
présente  cette  race  d'hommes  exlraordingi- 
res,  comme  provenant  du  commerce  qa'iu- 
raient  eu  des  anges  avec  des  femmes. 

Cette  difficulté,  quand  on  l'eiamioeaTM 
attention,  se  réduit  en  dernière  anilmi 
une  question  presque  exclusivemeat  pDilo- 
logique.  L'expression  du  texte  hébreu  But 
Hablohim,  à  la  lettre ,  tet  fUi  dt  Disc,  «m- 
me  on  lit  dans  les  Septante  et  la  VuljiK 
Ifilii  Dei),  se  prêtante  plusieurs  signiliti- 
Uonsdifférentes,  a  dû  Déceessiremeot  tloo- 
ner  lieuàdiverses  iulerprétatious.  De  11  les 
uns,  comme  Winer  et  Gesenius  daas  leon 
lexiques  hébreux,'  l'ont  rendue  par  dei 
anges  ;  sens  qu'elle  présente  iocontesUlile- 
ment  dans  plusieurs  passages  de  Job  [IW!; 
d'autres  l'entendent  des  descendaots  dt 
Seth  etd'Enosqui,  étant  demeurés  jahio'»- 
lors  fidèles  au  Skiqkbur,  avaient  mérite 
d'être  appelés  enfantt  da  Disn  ;  d'autres,  en- 1 
tin,  parmi  lesquels  U.  Calmet  nomnw  le  | 
Chaldéen,  Symmaque,  l'Arabo,  Olcasltf>  | 
Aben  Ezra,  Salomo»,  Jarchi ,  Vatable.  Fi-  ! 
gins,  Chatiilon,  Louis  de  Dieu,  tradjiseDi:  I 
ïe$  fils  des  princet,  c'esl-h-;liro  les  fit  ia 
grands,  des  hommes  puissants  :  interprétatio!)  : 
qui  nous  a  paru  la  mieux  fondée,  urcellc 
û'anges  ne  semble  nullement  probable  pour 
les  raisons  que  nous  allons  déduire;  cel" 
de  descendants  de  Seth  n'est  appuvée  que 
sur  uno  fausse  interprétation  du  cliap-i''' 
vers  26  [U98}  ;  enûn,  le  mol  Elohib,  IH»:- 

(1497)  Jo».  I,  6;  n  1;  xxxvin,  7. 

(IWS)  Mol  il  mot  :  Ttne  cttptum  eil  watu 
Homine  Jeuotx.  Sans  entrer  ilan;  la  discussioa  m 
cdle  plirase,  nons  ferons  rentaïqacr  que  11  kiof- 
tton,  tocare  in  «omine,  ou  per  noaten  Jksoj.c,  àp' 
iiu  dans  tous  les  autres  passas^  di:  l'Aiitie"  Trt- 
lainent  ;  lato^verle  nom  de  rlS'erRef,  rménàm* 


eu 


DICTHMKAUE 


n.'eriraol  Diio.  signifie,  uns  aucun  dnule, 
granJi,  wt^gutroU,  ptçu,  dios  plusieurs 
emfroils  Je  l'Ecriture  (1^99);  ce  sens  se 
(route  ei'nfirmé  |iar  l'expression  suirante 
vte  laquelle  le»  mois  fis  de  Dieu  sont  mii 
en  apfXMilîoo*  eVst-a-dire  : /m  fUUi  des 
kêtmtM  du  ftftpU  iBmoth  Hoadam]  ;  loua 
I«  h^raisants  sareut  4>)*c*)  el^t^t  le  oiol 
Abu  désigne  ua  homme  d'une  basse  con- 
dilioo,  fortoul  quand  il  pct  joint  i  laça, 
jomme  d'une  coodilion  plus  ou  moios  éle- 
lêe  l'ffirj,  ou  bien  1  .Scia,  primée ,  grand  tti- 
fw,  elc  Ainsi,  il  ne  s  agit  donc  jias  ici 
de  l'alliaDCO  de  quelques  anges  aiec  des 
[cm  mes. 

Oei  iolerprèles,  lan[  parmi  k-s  anciens 
que  parmi  les  modernes,  Iraduisect  le  ver- 
fH  l  du  chapitre  ti  de  la  Genite,  de  ma- 
nière à  bire  comprendre  que  les  géants,  qui 
Dciiibienl  [tas  jusqu'alors,  prirent  nais- 
f  Dca  1  l'époque  da  ces  unions  ;  c'est  en 
effei  le  sens  que  présenle  la  Yulgale;  mais 
Je  leile  hébreu  et  la  Tersion  des  Septante 
sujiposent  qu'il  ;  arait  déjà  des  géants,  et 

?;ua  ceux  qui  naquirent  de  celte  alliance  ne 
jreni  pas  les  premiers.  Voici,  mot  pour 
BOFf  ce  qu'on  lit  dans  l'original  :  «  Les 
jt^aitls  étaient  sur  la  lerrt?  en  ces  jours-U; 
c[  iiifme  après  que  ks  fils  des  grands  s'é- 
'i-il  approchés  des  filles  du  peupk-,  elles 
en  ifaieut  eu  des  enfants.  Ce  sont  ces  hé- 
rot  GciBBOBiM,  forUfpttiBiantt  qui ,  dès  les 
irmpa  les  plus  anciens,  étaient  des  hommes 
ùl  rcLOiu.  >  L^  telle,  comme  on  le  roit,  ne 
<i'l  pas  Uléma  que  les  eufanis  issus  de  celte 
auioo  fussent  des  géants.  Que  si  cependant 
«ù  aoit  pooTOir  le  conclure,  rien,  d'un 
*atre  côte,  n'empêchera  de  supposer  que 
Ii-un  pères  étaient  eui-oi6mes  des  géa..l». 
fi  té^alle  de  celle  discussion  que  Uoise 
M  dit  nullement  que  les  géants  soient  pro- 
'ti.us  do  commerce  qu  auraient  eu  des 
»>-i,ts  avec  des  femmes.  On  nous  objecte,  & 
!a  *ériié,  que  plusieurs  anciens  Pères ,  tels 
lue  uiiil  Justin,  Athéoagore,  Hiuuiius 
lé'.'n.  Clément  d'Alexandrie,  Tertullien, 


APOLOGCTIQUE.  CE.N  |U 

aatnl  Cjrprien,  etc.,  éfaienl  dans  celle  per- 
suasion. 

Ces  premiers  Pères  ont  été  probablement 
trompés  par  quelques  anciens  exemplaires 
des  Septante,  qui  porleni  :  Ltt  angrt  dt 
Z)ini,  et  peul-èlre  aussi  parle  lifre  a|>D^ry- 
phe  d'Benoch. D'ailleurs,  selon  laremnrque 
de  D.  Calmel,  ■  ce  sentiment  ne  doit  pas 
paraître  si  extraordinaire  dans  un  temps  od 
l'on  croyait  communément  que  les  ançer, 
bons  et  maurais  sTaient  des  corps  et  étaient 
capables,  comme  nous,  de  passions  char- 
nelles. Hais,  poursuit  le  saraol  commeola- 
teur,  les  Pères  qui  sont  venus  depuis,  ajaut 
niieux  examiné  celle  question,  ont  soutenu 
qne  iet  anges,  n'ayant  point  de  corps,  n'ont 
pu  concevoir  aucune  passion  pour  les  fem- 
mes, et  que  sous  le  nom  A'enfatita  de  Dieu, 
on  doit  enlcndre  les  descendants  de  Selh, 
qui  étaient  la  rare  choisie,  et  sous  celui  du 
jiUt»  dn  kommcM,  celles  de  CaîR  et  de  ses 
descendants,  lesquelles  étant  corrompues 
comme  leurs  pères ,  engagèrent  dans  lo 
crime  ceux  de  la  race  de  Seib.  qui,  charmés 
de  leur  lieautt^,  voulurent  les  avoir  pour 
femmes  (fSOOJ.  ■ 

Ainsi,  Moïse  ne  nous  dît  point  que  les 
géants  soient  le  fruit  de  l'union  des  anges 
avec  des  femmes,  par  conséquent,  ce  pré- 
tendu caractère  mythique  n'exisie  point 
dans  son  récit ,  lequel  réunit  au  contraire 
tous  les  éléments  historiques  d'un  fait  réi-l 
et  positif  (1501). 

GÉHENNE,  sens  de  ce  mot.'Foy.  Note  II, 
h  la  lin  du  roluiue. 

GÉNÉALOGIE  DE  JÉSUS  -  CHRIST.  — 
SaintHatthieu, commence  son  Evangile  par 
une  liste  gi^néalojjique  des  ancêtres  de  Jé- 
sus-Christ; de  son  cù\é,  saint  Luc  donne 
aussi  au  chapitre  ui  du  sien,  une  généalo- 
gie du  Christ.  Or,  disent  nos  adversaires, 
ces  deux  généalogies  sont  absolument  in-  , 
codciliables,  et  chacune  d'elles  renferme  ' 
les  faussetés  les  plus  frappantes  (1302). 


m  etlu  pmUie  et  tétotmtt;  voj.  entre  autres,  Cn. 
u.8:sni,  4;  ski. 33;  isf i,  15:  Im.  xii,4;  su, 
3.  i'i.  cr,  I  (  Wmlgût.  cit.  I)  :  I  Par.  iti,  8. 

-1(99)  Tôt.  i>t.  lui,  I,  S  (fa/jal.  lssxi,  f,  6); 
^U.  su,  €;  SSII,  7,  S. 

\yab)  Cvmmemt.  Utléret  $mr  la  Cetme,  n.  i. 
4lMrt  elle  conaie  êUDi  <le  ce  sealiment  Mini 
hinoMOMT,  hamtiie a  **rtm  Coûte;  Tbëodoret, 
fc-iliim  M  sur  le  aiéaic  IJire  ;  Mini  Cjritte  é'k- 
uadrïe,  bv.e  ii  temtu  l\tita,  et  saint  Aagntlia, 
■te  tv  de  la  cm  de  Dieu,  ctiap.  X3;  Cassien, 
M*l.  S,    «feap.    21;   saiut  Euclwr,  VMté  Ku- 

■  lôftlt  Ce  M'eal|Bt  Salomon,  soiviBl  H.  4e  La- 
atliae  (  Faff*?'  **  Ortnt,  lom.  II.  p^e  159).  qaî 
ckié  les  étoamares  «mslractioiM  de  Balbék. 
h  crois  plaint,  «>il-«l,  4M  et*  pterres  gigaaies- 
Ki  «M  éMé  reMBées,  «oit  par  «es  preiùèrcs  races 
haweaqMe  lewca  lea  histoires  ptiBitives  appd- 
X  EÂsu.  WNlpar  les  Iwbiinc*  MieditnieMi.  Oa 
Mr«  qa«.  aoo  kim  de  1>,  daas  nme  vallcc  de 
kKtt-Libaa.  wii  dêcuutie  des  ossemeais  baBain». 
»»*:  f  laadcar  imncase  ;  ce  bruit  a  bm  telle  con- 
U9  .e  psraii  ks  Arabes  Toisins,  que  le  cvomI- 


géatral  d'Angleterre  en  Sjrrie,  V.  Farren,  homae 
d'one  hante  imlnidjon,  se  profioie  d'aller  inces- 
samment Tîsiier  ces  sépnkres  mvslêrieui.  Les  Im- 
dilions  orientales,  et  le  monumrâl  mente  élevé  sur 
le  soi-disant  lombean  de  Noé,  i  peu  de  dislance  de 
Balbek,  assignent  ce  s^ont  à  ce  patriarcbe.  I.es 
nier*  horames  sortis  de  Ini  ont  pa  conserver 
>re  la  Uille  et  les  forces  que  l'hniaa- 


Cmiei 
lien 


.lURiaiiie  penTent  avoir  cnancé  :  qui  nous  dii  que 
cent;  inielligenee  pins  jeune  o^vaii  pu  ïmcnié  des 
pro<'éilcs  mêcaniqnes  plus  parlaiu  ponr  mnocr, 
coiume  on  grain  de  poussière,  ces  masses  qn'nne 
armée  de  rem  raille  hommes  n'ébranlera  il  pas  an- 
jourd'bDÎ  T  Q^ioi  qa'il  en  UHI,  qBeti|ne»-unes de  ces 
pierres  de  Balbek,  qui  ont  jnsqn'à  soi&anle-de»  . 
pîctlsde  longueur  ei  vingt  de  bifc  sur  qnînic  d'é- 
paiurnr,  bOul  1rs  maues  Ira  plus  prodigieuses  qne 
l'biiniaiiilé  ail  jamais  remuées.  ■ 

(1502)  Voici  le  isLIeau  sjoopiiqnc  des  deax  ^- 
nêalogies  ;  nous  ne  les  prenons  qne  depuis  David, 


DICTIONNAIRE  APOLOGEIlQUfe. 


Avant  de  répondre  ft  cbtle  objection,  nous 
croyons  deroir  faire  quelques  réCleiioDS, 
emprutitt^es  en  graiule  iiarlie  8ai  Bépon$t$ 
criti^un  de  Bulîtil.  D'abord,  lors  mAïufl  que 
les  diilicolliis  que  présenlent  les  généalogies 
du  Sauveur  Burnieiil  quelqut;  fondement 
réeli  elles  n'infirmerai  eut  en  rien  le  ténioi- 
({uoge  des  évangélislea  sur  les  faits  niira> 
culeui  qui  éLabiisscnt  si  solidement  la  di- 
vinité de  la  religion  chrétienne;  car  ces 
faits  miraculeux  sont  autant  de  monumeuls 

fiublics  nototrus  et  très-importants,  sur 
esquols  les  évangélislen  ne  pouvaient  ni 
Aire  trompés,  ni  vouloir  troiojier,  ni  même 
jtouvojr  tromper  quand  ils  l'auraient  voulu 
{Voy,  Evanoilb);  tandis  que  ces  tables  gé- 
néalogiques nyant  été  tirées  des  registres 
domestiques  conservés  dans  l>>s  familles,  il 
pourrait  absolument  s'y  être  glissé  quelque 
erreur  qu'il  était  moralement  impossible 
d'apercevoir  et  de  corriger.  Las  évangélistes 
ayant  trouvé  ces  généalogies  conservées 
reliKieusement  dans  la  famille  de  Joseph,  et 
ne  Tes  voyant  pas  contredites  par  les  Juifs, 
ont  pu  les  alléguer  comcne  des  monuments 
autbentirtues  qu'il  ne  leur  était  point  loisi- 
ble de  récuser,  sans  s'embarrasser  des  er- 
reurs cachées  qui  [louvalenl  s'y  être  glis- 
sées. C'étaient  comme  des  srRumenis  ad 
h»mineA  que  les  Juifs  étaient  obligés  d'ad- 
mettre. Ainsi,  voulant  bur  prouver  que 
Jésus-Christ  était  descendu  de  David,  les 
évangélistes  cilaicnl  6  l'appui  de  leur  pré- 
Icntion  le  monument  authenlîque  de  sa 
descendance  conservé  dans  la  f'ami<l^  du  ses 
liarenis ■'c'était,  en  effet,  un  titre  qui  fai- 
sait foi;  car,  sans  cela,  ^aiiil  Matthieu  et 
saint  Luc  se  seraient  bien  gardée  lin  le  pro- 
duire et  de  le  présenter  avec  tant  de  cou- 
Uance  aux  Juifs. 
En  Sfcond  lieu,  on  ne  peut  raisonnable- 

parce  que  c'est  depuis  ce  degré  Mulement  qu'elles  paraisseui  opposées. 

GENEArOGIE  DE  NOTRE  SEIGNEUR  JESUS-CHRIST 


ment  exiger  de  doos  que  nous'  monlriDu 
avec  évidence  l'accord  de  ces  dEuiiliKn- 
ments,  et  que  nousolTrious,  pour  les  diffi- 
cultés particulières  qu'elles  renfermfal.dtj 
solutions  si  certaines  et  si  plausililes  qu'el* 
les  réunissent  tous  les  esprits;  il  su0il  que 
nous  en  donnions  de  probables,  et  dori  ki 
adversaires  ne  puissent  démontrer  la  Tsui- 
selé.  La  raison  en  est  que  nous  ne  connii». 
sons  qu'imparfaîleuient  à  présent  l'hislDirg 
des  temps  et  des  personnages  amquelstn 
généalogies  se  rapportent.  Nous  igooroni 
aujourd  hui  une  multitude  de  circonsUnu 
qui,  si  elles  étaient  bien  connues  ,  kw«i 
très-vraisemblablement  disparaître  ces  itiP 
Qcultés. 

Du  reste  ,  ce  que  nous  disons  id  «9l  le 
langage  que  tiennent  tous  les  criliqws 
quand  il  s'agit  des  diillcultés  et  des  obscu- 
rités que  présentent  les  écrits  des  aultun 
profanes.  Aussi ,  le  savant  Prideaui  >  ilit 
fort  judicieusement.-  «A  peine  est-il  uni 
histoire  écrite  qui,  dans  lo  siècle  suivsm,  nt 

farajsse,  par  rapport  au  temps,  aui  lieui  ci 
d'autres  circonslances,  chargée  de  codI* 
diciions  apparentes  qu'on  a  bien  de  la  peint 
h  concilier  quand  la  souvenir  de  ces  fiiu 
vient  à  s'effacer  de  la  mémoire  des  bomisei. 
Combien  plus  sommes-nous  sujets  knos 
méprendre  quand  nous  portons  les  jHt 
sur  des  objets  qui  sont  éloignés  de  noush  , 
plus  de  deux  mille  ans,  et  que  nousn' 
pouvons  apercevoir  qu'à  la  faible  lueurt; 
quelques  restes  d'histoires,  si  obscurs els 
peu  suivis,  que  nous  sommes  réduitsïnni*. 
cher  h  tatous,  quelque  lumière  que  noue 
en  puissions  tirer  {1503}.  » 

Un  fait  remarquable  vient  à  rap|)ui« 
celte  judicieuse  remarque.  Le  sacro  ft 
Louis  XIV  était  arrêté  pour  un  jour  nwrqw 
(1504) ,  et  il  fut  différé  par  un  incidecl  a« 


Selon  S.  «attlàea.  ' 

Sdim  S.  Lue 

DAVID.                  _ 

sIL 

'Nailuii. 

Bobuiuh 

UtUiaU. 

Abia. 

UcDua. 

Au. 

Meiea. 

JosipbaU 

ËIIAi:». 

Jonm. 

Joua. 

l  Ocbosias. 

Joseph. 

ï  Joai. 

Juda. 

(  Amasios 

Siinûon. 

bilax. 

Lf%1. 

ÎMUian. 

UahaUi. 

Adur. 

Jurlin. 

•ûécblu, 

EUJier. 

«■UHè^ 

iHai. 

Amou. 

tWr. 

Josia». 

ICInaclan. 

Jfcliunlas. 

OlSïD. 

(1S05)  PaiDEAvx,  tthioin  (/,j  /ttifi  a  det  itci'Plei 
WHilM,  1. 1,1.  i,  p.  91,  !)i. 


3etm  S.  Utai/àen. 

Sdon  S.  ÙK. 

SALATHIEL. 

ZUHOBAUËL. 

Ab/ud. 

hL 

Eliaclm. 

Jmdd*. 

Aior. 

Juda. 

Sadoc. 

•^: 

Adiin 

EMiid. 

HaUurtU». 

Ki.^aiar. 

MLtaat. 

Halbaii. 

NagKé. 

Jaiwb. 

Uesl). 

;  JoMph. 

Nabum. 

)  Epuui  de  Mïrie. 

AnHH. 

)  mère  Je 

U*tbififu. 

Jowpb. 

Janné. 

Uelcbl. 

Li5«i. 

Halhat 

Nélt. 

JESUS 

fl'i''l)    lliiîohe  des 

oBtrajei   rfe»   tamtt, 

109, 

p.  ÏSI. 

DfCnONNAIBe  APOLOCBTIQVe; 


»31 
qui  lear  assoMJeot  le  droit  de  lui  donner 
Dsissanca  ,  cl  tâcher  de  saisir  Ions  les  fils 
qui  rallBcliBient  leur  Tamille  h  la  soiicbe  de 
David .  Les  JuiTs  avaient  eoeora  un  autre 
motif  assez  imissant  de  conserTcr  précieu- 
sement leurs  géuéaloijies.  La  descnndance 
d'Aaron  el  de  Léri  élait  le  seul  litre  oui 
donnât  droit  au  sacerdoce  et  su  niinisiero 


tnrial.  Lei  médailles  élaieDt  fnppées  ,  et 

elles  tobsistent  encore  avee  une  dale  dilTé- 

RO(e  de  jour  de  la  cérémonie.  Supposons 

pnar  bd  moment  que  D.  Ruinart  u'ail  pas 
Mil  gHIh  observation  ;  comment,  dans  deoi 
OD  irais  siècles ,  les  savants  auraient-ils  pu 
toDcilier  la  médaille  avec  dos  bistoriens? 

celle  dilDcullé  ,  <|ui  n'en  est  («s  une  pour      . 

Doui,  o'aurait-eile  pas  été  iosuraioulabla     du  sanctuaire;  celle  de  David  assurajt  sçuIb 


pvareai? 

A  l'obscarilé  des  temps  se  joignent  encore 
\es  uMges  du  peuple  juiT,  d'après  lesquels 
l&DiéBie  personne  pouvait  avoirdeut  pères, 
un  pire  naturel  el  un  père  adoplif,  et  peul- 
flre  même  un  père  d'sfSoilé ,  le  beau-père 
poavaDl  Ûre  appelé  père;  de  plus,  la  mdree 
fxrwone  pouvait,  d'après  la  même  coutume 
doinifs,  porter  plusieurs  noms  différents. 


le  droit  i  la  rojaulé;  ajoutez  A  cela  qu'il 
était  nécessaire  pour  loutciloveD  ilejirouvur 
qu'il  descendait  de  lelle  tribu  ou  de  (f>lle 
lamills  pour  élre  babile  à  succéder  ;  d'au- 
tant plus  que  d'après  la  loi  \ks  biens  nu 
pouvaient  passer  hors  de  I?  faiiiille  el  encore 
moins  burs  de  la  irihu.  Aussi  clu-z  les  JuiJs 
cet  usage  étail  commun,  non-seuleitieiitaus 
Esmilles  royales  el  sacrrdolales,  ninis  encore 


A-,  celle  multiplicité  de  pères  el  de  noms  h  toules  les  autres,  fie  là  vient  que  nous 
doil  iToir  laisH&  dans  les  généalogies  une  trouroii'>  dans  l'Ecriture  les  généalogies 
Bultilade  de  difficultés,  qui  sont  pcul-étre  des  personnes  les  plus  obscures.  Chez  les 
pour  nous  iosurmonlables.  Ainsi ,  on  n»  autres  peuples,  on  n'avait  pas  les  mèmea 
doil  pas  exiger  que  nous  donnions  la  vraie  motifs  de  veiller  si  scrupuleusement  sur  la 
el  anique  raison  des  discordances  et  des  ligne  de  la  descendance,  et  de  saisir  lous 
difficultés  de  ces  généalogies,  mais  seule-  les  fils  qui  ramenaient  à  la  soucbe  princi- 
Oeoi  que  nous  offrions  une  solution  pro-  paie.  Voilft  pourquoi  il  7  a  si  peu  de  géoéa- 
tuble.  lugies  qui  remonlenlsi  haut.  ■  Il  esl  bon 
I.  Ce  qui  doit  nous  faire  rejeter  non-seu-  d'observer,  dit  Bergier,  que  par  la  consti- 
lement  la  généalogie  du  Christ  produite  par  tolino  de  leur  république,  les  Juifs  avaient 
uioi  Uatlbieu,  mais  encore  Celle  qoe  saint  soin  de  constater  et  de  conserver  soigueu- 
Luc  nous  a  transmise,  c'est  l'impossibilité  sèment  leurs  oénéalogiti ,  non-seulement 
absolue  oîk  étaient  nécessairement  les  évan-  parce  que  les  biens  el  les  droils  d'uoe  fa- 
E^lislcs  de  trouver  nulle  part  une  lable  gé-  mille  ne  devaient  pas  passer  k  une  autre, 
D^ilogique  de  pères  successifs  qui  se  suc-  mais  parce  qu'il  fallait  qu'il  fût  auibeoti- 
<^eal  en  droite  ligne  pendant  l'espace  auement  prouvé  que  le  Ifessie  descendait 
de  deux  00  même  de  quatre  mille  ans.  do  David.  Ainsi ,  i  l'ocrasion  du  dénom- 
mes familles  les  plus  illustres  de  noire  breioent  de  la  Judée,  Josepb  fut  obligé  de 
lenp!,  sur  lesquelles  des  millions  de  per-  se  faire  inscrire  sur  les  registres  de  Belh- 
WDoes  avaient  sans  cesse  les  r^ards,  ne  léem ,  parce  que  c'était  le  lieu  de  la  nais- 
;«avenl  pousser  la  suite  de  leurs  ancêtres  aauce  de  David  ,  el  que  Joseph  descendait 
asqu'i  plus  de  mille  ans;  comment  les  de  ce  roi;  et  Dieu  roulait  que  Jésus  naquit 
ivangélisies  ODi-ils  pu  trouver  la  descen-  ^  Belbléem  pour  la  même  raison  (1505}.  > 
lince  en  ligne  directe  de  personnes  aussi  Dire  que  ces  sortes  de  monuments  se  sont 
euvres  el  aassi  obscures  que  l'étaient  perdus  i  la  captivité  de  Babyloue,  c'est  une 
iirie  et  Joseph,  d'autant  pus  que  les  assertionaussifaussequeléméraire.EoelTet, 
imilles  issues  de  la  souche  priucipale  se  nous  lisons  dans  Néhéinie  que  tous  les  JuiJa 
fparanl  en  différentes  branches  succès-  qui  revinrent  de  Bab>lone,  à  l'excecliofl 
ives,  il  élait  impossible  de -ne  pas  perdre  d'un  Iràs-pelit  nombre,  prouvèrent  qu'ils 
iGIquiles  rallachait  loules  au  tronc  pri-  descendaient  de  Jacob.  Ils  avaient  donc 
lilif  d'où  elles  étaient  sorties.  conservé  leurs  généalogies  ;  car,  sans  Cftla. 
Celle dilBcu lié  suppose  qu'il  n'yavalt  chez  comment  auraient-  ils  pu  fournir  celte 
s  Juifs ,  au  temps  où  les  érangélistes  écri-  preuveT  Ce  ne  fut  que  sous  Trajan  que  les 
lient ,  aucun  monument  certain  qui  eons-  Juib  négligèrent  de  conserver  leur  géuéa- 
Ul  la  généalogie  de  Joseph  el  de  Uarie  ;  logie  ;  el  les  lalmudi»tes ,  dit  Bullel,  auquel 
;  c'est  ce  qu'on  ne  peut  prouver,  et  il  est  nous  empruntons  une  grande  partie  do  cet 
cile  de  montrer  le  contraire.  Jamais  article,  se  plaignent  amèrement  de  ce  qu'on 
mple  ne  fui  aussi  soigneux  de  ses  généa-  ail  laiùé  perdre  des  documents  aussi  pré- 
giesque  les  Jnits,  Comment  ne  l'auraient-  eieux  (1506).  On  voit  par  U  qu'il  y  avait 
'pas  étéTiis  avaient  les  motifi  les  plus  chez  les  Juifs  des  registres  puhlics  où  1  ou 
lissants  de  l'être.  D'abord  ils  tenaient  à  conservait  les  généalogies,  comme  on  lient 
innenr  de  descendra  de  la  tribu  de  Juda  parmi  nous  dos  tvEistres  de  baptême.  L  iu- 
de  la  famille  de  David,  d'où  devait  sortir  térâi  public  el  personnel,  la  lui  de  Dieu 
Messie.  Comme  ce  Uesste  élait  conti-  s'opposaient  à  ce  qu'on  violât  ces  registres 
lehement  attendu  et  que  l'espérauce  s'en  aultientiques. 

Qouvelait  k  chaque  siècle,  ils  devaient        Hérode,  i  la  vérité,  Qi  brûler  les  archives 

:.!er  avec  le|dusgfaad  soin  sur  les  titres  où  se  conservaient  ces  monuments,  nuis  les 

\Ur.)  DUGUB,  Oitivmn.  dt  tUtlope,  arL  C^  (1506)  Tr»îh!  Pesusik,  c'esi-S-dire  ta  W7«». 

l;u,,«.  cité  daes  les  Réponta  crUùpitt,  L  U,  p.  ioO. 


OGS  CES  DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE.  CES  Kl 

registres  ne  furent  pas  tous  délmils  ;  ils  su  dA  s'arrsDger  de  manière  à  ea  éeirter  U»t 

conseruionl  iinssî  dans  les  familles  parti-  ce  qui  pouveit  souffrir  qnelqae  diffiealtj. 

«Dlières.  Hégésippe ,  qui  écrîvail  au  second  S'ils  ne  l'oul  point  fait,  c'est  qD'ili  éliiïM 

siècle,    racoiile    que    certains    hérétiqaes  nos  et  guidés  |Mr  un  sentiment  d'amoir 

dénoncèrent  à  Oomilien  plusieurs  parents  pour  la  vérité;  et  toute accaution ou mti» 

de  Jésus  comme  dncendanti  de  David  et  tout  soapçon  de  fausseté  de  leur  part  mm 

chrétiens,  et  que  cet  empereur,  n'ayant  ra  semble  aussi  faux  qu'injurieux  pour  leur 

en  eux  que  des  hommes  simples  e(  pauvres,  mémoire,  qui  commande  au  contraire,  sou 

n'en  conçut  aucun  ombrage,  et  les  reuToja  tous  le^ rapports,  le  respect  et  IsTénérdlion 

(1507).  vais  cotnmeut  aurait-on   pu  les  re-  la  plus  profonde. 

connaître  pour  tels  ,  s'il   n'y  avait  eu   des         II.  Saint  Matthieu  ,  ohjecte-l-on  encore, 

titres  pour  constater  la  descendance  de  ce  promet  de  donner  la  généalogie  de  lésus- 

princeTilestdoncconstant  quels  généalogie  Christ,  liber  generationii  Jnit  Ckriiti,  et  il 

de  Jésus-Chrisi   n'a  pas  été  déirnite  par  ne  retrace  que  celle  de  Joseph,  en  dtsaU 

Hérode  ,  mais  qu'elle  a  été  conservée  dans  même  expressément  qu'il  n'est  point  «ta 

sa  famille.  père.Or,auelle  confiance  peut-ODaToirdgns 

Ajoutons  que  si  les  éraogélisles  n'ont  pas  ■*  véracité  d'un  pareil  écrivain  T 
trouvé  ces  généalogies  dans  des  registre*        On  doit  remarquer  que,  quoiuueJésusna 

pubjics,  il  faut  direqu'ils  les  ont  fahriquéest  fût  pas  Gis  chaniel  de  Joseph,  if  était  aém- 

mais  celte  dernière  supposition  ne  saurait  moins  son  vrai  fils,  d'après  le  droit  du  un- 

être  avouée  par  la  bonne  critique.  En  effet,  (iage,  paisqae,  étant  né  sous  le  voile  d'uo 

les  évangélistes  n'auraient  pu  imaginer  ces  mariage  légitime,  il  était  comme  unftoil 

généalogies  que  dans  le  dessein  d'établir  que  le  Seigneur  avait  fait  OïKre  daos  nn 

que  Jésus-Christ  était  de  la  tribu  de  J'jtla  fonds  qui  spparlonail  k  Joseph,  il  eoéliit 

et  issu  de  David  ;  mais  c'était  un  fait  connu  le  fils  légal  et  l'héritier  légitime.  Or,  tous 

et  admis  par  les  Juifs;  autrement,  saint  Paul  ces  litres  sont  suffisants  pour  fïire  regarder 

écrivant  aus  Hébreux  aurait-il  usé  leur  dire  d'une  manière  légale  Joseph  comme  »u 

2u'il  est  certain  et  manifeste  que  Jésus-  |>ère,et  tous  les  aïeui  de  Joseph  comiDe  b 

hrisi  est  sorti  de  Juda  :  Mmifeitum  ut  mm  siens  propres.  Jésus-Christ,  en  effet,  n'ayant 

S  ad  es  Juda  orlus  $U  Dominus  noilerf  (vfi,  point  de  père  sur  la  terre,  ne  peut  avoir  de 

.)Comment  lafoolequi  suivait  le  Sauveur  généalogie  charnelle  du  c6té  de  son  pire; 

et  les  démons  qu'il  chassait  l'auraient-ils  |>ar  conséquent,  ai  l'évangéliste  lui  atuibin  ! 

appelé  si  soovent  du  nom  de  filM  de  David  T  celle  de  Joseph  son  père  légal,  ce  ne  pcul 

•  il  était  impossible,  dit  encore  Bergier,  être  que  d'une  manière  légale.  Si,  d'aprài 

que  la  généalogie  de  Joseph  et  de  Marie  fût  ■«  loi,  Joseph  était  père  de  Jésus,  et  qut 

inconnue  aux  Juifi,  et  que  l'on  voulût  en  saint  Matthieu  lui-même  hii  en  donue  1; 

imposer  sur  ce  sujet.  Or,  les  Juifs  n'imt  nom,  pourquoi  n'aurail-il  iias  pu  appeler 

jamais  nié  que  Jésus  fût  né  du  sang  de  Da-  aussi   les  aïeux  de  Joseph  les  aieui  d! 

vit!  ;  ils  l'ont  même  avoué  dans  le  Talmud  ;  Jésus  ? 

on  peut  le  voir  dans  la  réfutation  du  Muni-        Mais,demaode-t-OD,  pourquoi  l'évangé-  ' 

mm  fldei,  par  Gousset  (p.  i,  c.  l,n.  3).  Ce-  liste  ne  fait-il  pas  plutût  la  généalogie 'Je 

rintbe,  les  carpocratiens,  les  ébioniles,  qui  Marie,  dont  Jésus  descendait  selon  la  cluirï 

niaient  que  Jésu5.Cbri8t  fût  né  d'une  vierge,  A  celle  question  nous  répondrons  que  siini 

ne  lui  contestaient  point  la  qualité  de  des-  Matthieu  écrivait  i>our  les  Juifs,  qui  ordi- 

cendaol  de  David.  Les  malade*  qu'il  gué-  nairemect  ne  donnaient  point  de  géoéi- 

rissait,'le  peuple  de  Jérusalem  qui  le  sui-  logie  aux  mères,  selon  l'axiome  des  d«- 

vait,  le  nommaient  publiquement  fUi  de  teursjuifs,  que  fa  familt»  de  la  mèri  *'*" 

David  (Luc.    xviu,  X;  Matth.  xxtl,   etc.).  poinf  une /ami7/«.  Saint  Matthieu  ne  se pro- 

Celse  et  Julien  ne  lui  disputent  point  ce  pose  dans  son  Évangile  que  de  montrer 

titre  (1S08}.  >  coulre  les  Juifs  que  Jésus  est  rbéritierde 

Secondement  ,  les  évangélistes  auraient  David,  et  qu'à  lui  appartient  son  icoplrt.  ' 

complètement  manqué  luur  but  eu  fabri-  Or,  il  le  prouve  pai^uement  en  monini» 

quant  ces  généalogies  ;  car  les  Juifs,  si  soi-  que  Joseph,  dont  il  est  le  fils  légal  et  l'Iiéri- 

gneux  et   si  utteniifs  sur  un  point  qui  les  tier  légitime,  descend  da  la  branche  atnit  ' 

intéressait  au  plus  haut  degré,  n'auraient  de  David,  ce  qu'il  fait  en  produisant  sa  g^  ' 

pas  manqué  de  découvrir  la  fraude  ;  et  dès  néalogie. 

lors  la  véracité  des  évangélisies  tombait  en        On  dira,  il  est  rrai,  que  cette  explicilioa 

ruine,  sans  qu'ils  pussent  espérer  d'inspirer  n'empécbe  pas  saint  Matthieu  de  IrompH 

jamais  la  plus  légère  condancc.  ses  lecteurs,  en  déclaranl  qu'il  va  leur  pn- 

Enliu,  SI  les  évangélistes  avaient  voulu  senier  la  génération  de  Jésus-Cliristi  i'^'^ 

nous  tromper  en  inventant  de  fausses  gé-  que  ce  n'est  nullement  par  voie  ilegéné- 

néalogies,  ils  se  seraient  bien  gardés  de  les  ration  que  Jésus  tient  i  saint  Juseiih  ou  i 

charger  d'une  foule  de  cin:onsiances  qui  nu  tout  autre  personnage.  Mais  tout  dans  i«  , 

siiut  nullement  nécessaires,  l't  qui, su  moins  réuil  de  l'éveogéliste  monire  clsireuieiitqu'il  ' 

eu   apiiarence  ,  se  trouvent  en   opposition  ne  faut  pas  plus  presser  le  sens  du  mol f^  ! 

BVecrAucienTestamenl;ils  auraient  même  n^a/ion  que  celui  du  mot  p^rs,  que  mut 

(IS07)  Hscisip.,  apad  Edkb.,  lliu.  eccl.,  I.  ni,  c,  20,  S2. 
|<5.S)  Bcuiu.icM  riiMo. 


6EN 


ncnwNAiRE 


Uittbieu  lionne  sossi  à  Josegih.  Or,  il  e5t 
éiideiil  qu'il  n'enteod  poinl  par  le  nom  de 
1^  un  |4r*  charnel,  buUqu'il  nnus  ap~ 
[Tfod  loi-infime  (jue  lessaveur  a  élé  curçu 
HT  l'opéniioD  du  SaiDl-Esprit.  I>oi:c,  on 
wul  dire  anssi  qoe  la  gëoéralion  donl  il 
'«rie  n'ol  point  urw  génénlion  cbarnelle 
«rnpporti  Jésua,  mais  simplement  une 
tinénUoa  légale. 

icnrilODS  eepeDdaol  que  le  mot  de  gé»é- 
im'oa  doire  être  pris  au  pied  de  Ja  lellre, 
ilqaesaîDl  Uallbieu  se  propose  Térîiable- 
seU  de  donner  la  géoératioD  charnelle  de 
ldu»-Cbrisl,  Bl  de  prouTer  qu'il  esl  le  Gis 
!c  DiTid  selon  la  chair  ;  f  oici  ce  qui  s'en- 
!d>n  :  c'est  qu'il  faut  alors  que  Joseph  ail 
::i;  5^  1  rocbe  parent  de  Uarie  qu'ils  se  soient 
r.:iiéï  dans  la  mâffle  souche,  de  mauièra 
Ij'cn  doQDsnl  la  génération  d(ï  Joseph,  il 
iipirli  même  donné  la  géoératioD  de  Ûa- 
.«,  el  que  cela  ait  été  noloire  parmi  les 
^.b  lu  temps  de  saiot  Matthieu.  Car  voici 
t  nisoLDemeal  qu-'il  est  permis  de  faire  : 
liai  Ualthieu  déclare  expressémeot  que 
isus  d'i  pas  de  pj-re  charoel  ;  par  consé- 
i)eiii,s*il  a  dessein  d'exposer  sa  généralioQ 
iiniËlle,  il  doit  la  donner  du  cdlé  de  sa 
>ir<.  Or,  oéaDiDuius  il  la  donne  du  côté 
!  Joseph;  donc  il  but  que  Marie  sa  mère 

I  clé  si  proche  parente  de  Joseph,  qu'en 
i^tal  la  géoéalugie  de  Joseph  il  trace  eu 
éoB  temps  celle  de  Uarie.  Et  en  elTet, 
ta  n'empËibe  de  »upi<oser  que  saiola 
me,  mère  de  la  sainie  Vierge,  fût  sœur 
!  Jacob  et  ne  descendu  de  Ualban  qui  en 
lii  le  l'ère.  Dans  celle  bf  polhèse,  ilarte 

II  Hé  cousine  germaine  de  Joseph,  degré 
:  («renié  ojt  Ja  loi  permetlail  le  mariage, 
iui,  leus  les  aieui  de  Joseph,  k  l'exccp- 
»  de  Jscoh,  eussent  élé  les  aïeux  de  Ha- 
(.iiusi,  saint  HallUieu  en  pré^enlant  la 
téilogie  de  Joseph  donnait  en  même 
Bpi  celle  de  Uarie  et  de  Jésus- Christ, 
ii  en  éiait  le  QIs.  Il  ;  aurait  cet  artnlage 
u  celle  supposition  :  uînl  Uatibieu  pré- 
blerail  la  généalogie  du  côté  d'Aune  sa 
ïre,et  par  conséquent  du  cAlé  de  ses  aïeux 
iWniels;  tandis  que  saint  Luc  ,  comme 
u  allons  te  montrer,  l'établirait  du  cOlé 
uint  Joadjini^  c'est-^-dire  du  cdié  de  ses 
»n  paternels. 

III.  Saint  Haltbiea  prétend  que  Salmon 
iBooz  de  Rsbab  (f,  5).  Or,  quoiqu'il  soit 
'f[vné  an  livre  de  Kulb  (it,  ti}  que  Sal- 
n  engendra  Booz,  on  a'y  Toit  pas  que  ce 
-de  Ksbab  ;  ce  qui  d'ailleurs  paraît  im- 
uible  ;  car  il  7  a  trois  cent  soixante-six 
I  depnif  losué,  contemporain  de  Bahab 
w-u,l},)usqa'il)atid,  et  oéanmoins  saint 
■tUtiea  ne  compte  pour  tout  ce  temps  que 
lu  générations,  Booz,  Obed  et  Jessé.  Ur, 
ar  (|ue  ces  trois  généalogies  remplissent 
iatervallef  il  badrait  que  Booz,  Obed  et 
»é  u'ensseal  engendré  tous  les  trois  qu'i 

iWji  Pu»  soa  prcsier  lirie  Cmiln  A^i<m, 
r^-^  dil,  tm  eau,  que  lou*  tes  Juif*,  de*  leur 
»  M^ufance,  Rfardem  leurs  llrres  coDuae 


APOLOGETIQUE.  CES  9U 

l'flgede  ct-.nt  ans,  ce  qui  esl  tout  h  bil  in- 
Traisembtable. 

Celte  objection,  il  faut  en  convenir,  est 
très-spécieuse  ;  cependant  elle  présente  plu* 
sieors  moj'ens  de  solution.  Et  d'abord,  est- 
il  absolument  impossible  que  Booz, Obed  el 
Jessé  D'aieiil  tous  engendré  qu'à  l'Age  d« 
cent  ansT  nos  adrcrsaires  ne  sauraient  le 
démontrer.  Il  peut  se  faire  qoe  dans  ces  an- 
ciens temps,  où  les  bomnies  étaient  incon- 
teslablemeni  plus  robustes  qu'A  présent, 
trois  personnes  sncceisivemeot  aient  eu 
des  entants  à  un  âge  aussi  avaucé  ;  qu'on 
le  remarque  bien,  nous  sommes  loin  d'ad- 
mettre celte  supposition  comme  solidement 
fondée;  si  le  làil  était  dament  constaté,  il 
présenterait  en'  physiologie  une  sorle  de 
miracle  ;  il  n'est  donc  guère  Traisemblable, 
noua  l'arouons  ;  nous  prétendons  seulement 
que  la  science  ne  saurait  en  démontrer 
Pimpossibilité  absolue. 

On  peot,  ce  semble,  ré[>onâre  avec  plus 
de  probabilité  que  cette  femme  qui  dans  la 
généalogie  de  saint  Haltbîen  porte  le  même 
nom  que  celle  donl  parle  Josué,  n'est  pour- 
tant pas  la  méma  personne;  elle  pouvait 
être  issue  de  la  première,  et  avoir  conservé 
son  nom.  Or,  celte  supposition,  dont  il  est 
tout  fc  fait  impossibla  oe  prouver  la  busseté, 
détruit  toute  la  fiirce.  de  la  diOiculté  de  nos 
adversaires. 

Eufin,  il  est  no  troisième  moyen  de  ré- 
soudre l'objection,  c'est  de  supptuer  que  ta 
généalf^e  de  Joseph  esl  impanàile  en  cet 
endroit,  el  qu'elle  u'énumère  pas  tous  les 
personnages  qui  appartiennent  k  l'échelle 
généalogique.  Nous  n'insislerous  pas  sur 
ce  point,  la  Bible  fournît  mille  exemples  de 
ce  genre.  Au  reste,  c'est  la  coutume  des 
Orienlaux  en  général  d'omettre  plusieurs 
doscsodaots  dans  leur  généalogie ,  parce 
que  leur  but  est  pinlût  de  faire  connaître 
certains  personnages  illustres  que  de  pré- 
senter une  énAméralion  complète  de  tous 
les  descendants.  Jl  ne  faut  pas  ccmfondre 
une  lisle  généalogique  incomplète  avec  oue 
généalogie  fautive,  il  y  a  entre  l'une  et 
r«ulre  une  di>tance  immense. 

IV.  Saint  Uatibieu,  dit-on,  décèle  la  plus 

Îirossiire  ignoranct?  daus  son  arbre  géoéa- 
ogique;  il  omet  trois  rois,  Ocbosias,  Joas 
et  Amosias,  qui  doivent  nécessairement  y 
entrer.  Car  il  dilque  Joram  engendra  Osias. 
Or,  selon  tous  les  dénombrements  et  U 
suite  incontestable  des  rois  de  Juda,  Jorani 
fut  père  d'Ochosias,  Ocbosias  de  Joas,  et 
Joas  i  son  tour  eut  pour  Qls  Amasias,  le- 
quel engendra  Osias. 

Quiconque  a  lu  l'Erangile  de  saint  Ual-  ■ 
thieu  avec  quelque  attention  ue  peut  nier  f 
qu'il  ne  connût  l'Ancieu  Testameul,  puis- 
qu'il en  a  cilé  plus  de  passages  que  tous 
lesaulres  érangélisles.  D'aillems,  tous  les 
Juib  lisaient  les  Ecritures,  et  n«  cooiiai»- 
MÎeot  guère   d'autres  livres  (1309;;  saJut 

éÏTiBS,  qu'ils  les  observciil  conunmcpt,  ci  qu'ils 
BWBmu  avec  plaUir  pour  en  aouicnir  la  vérilc 


CKl 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


bW 


Matthieu  surtout,  qui  arail  pour  but  de  con- 
vaincre les  Juifs  par  le  témoignage  de  leurs 
Ecritures,  doillesaroir  lues  et  cuanaltre  nn 
peu  l'histoire  de  sa  nation.  Or,  commer.l 
supposer  qu'un  homme  qui  a  (u  l'histoire 
de  son  pays,  qui  donne  ex  profeito  la  suite 
des  rois  qui  l'ont  gourerné,  a<t  pu  ignorer 
t'existence  de  ces  trois  rois,  et  surtout  celle 
d'un  monarque  aussi  célébra  que  Joas. 
Ainsi,  ce  ne  peut  être  par  ignorance  que 
saint  Matthieu  a  fait  cette  omission;  ce 
n'est  point  non  plus  pour  tromper  son  lec- 
teur; il  n'avait  aucun  intérêt  A  le  faire.  Dne 
pareille  imposture  ne  pouvait  même  que 
louruercoiltre  lui.  Ainsi,  on  est  certain  que 
cette  omission  ne  vient  ni  de  l'ignorance 
ni  de  la  mauvaise  foi.  Pourquoi  donc  saint 
Ualthieu  l'a^l-il  faiteï  C'est  ce  qu'on  ne 
peut  savoir  au  juste  sans  une  révélation. 
Plusieurs  critiques  ont  prétendu  que  c'était 
une  lauie  des  premiers  copistes;  mais  tous 
les  manuscrits  et  toutes  les  versions  sont 
uniformes  sur  ce  point;  et  d'ailleurs,  les 
quatorze  géuérstioDS  que  noire  évangélista 
compte  depuis  David  jusqu'à  la  captivité  ne 
se  trouveraient  plus  si  l'on  insérail  ces 
trois  rois  dans  la   liste  généalogique.  Ce- 

Sendsnt  la  critique  fournit  deux  moyens 
ilTérents  d'expliquer  cette  omission. 
Le  premier  est  de  supposer  que  ces  noms 
manquaient  dans  les  tables  généalogiques 
dont  s'est  servi  l'évangéliste,  hypothèse 
d'autant  plus  probable  que  les  noms  des 
personnes  intermédiaires  manquent  asses 
souTCDl  dans  plusieurs  généalogies  de  l'An- 
cien Testament.  Or,  il  ne.  les  a  point  sup- 
pléés, perce  qu'il  ne  voulait  rien  changer 
aux  tables  qui  avaient  cours  parmi  les  Juifs, 
d'autant  mieux  que  le  nombre  de  quatorze 
générations  servait  à  son  dessein,  commo 
nous  allons  le  montrer.  Le  second  moyen 
d'expliquer  l'omissioD,  c'est  de  supposer 
que  uutreévangéliste  a  cru  devoir  suppri- 
mer les  noms  des  trois  rois' qui  manquent 
dans  son  tableau:  ■  Saint  MatlUieu,  renïar- 
que  judicieusement  Bullet,  en  partageant 
cette  généalogie  en  trois  classes  égales,  qui 
commencent  toutes  par  quelque  époque 
célèbre,  parait  avoir  voulu  soulager  la  mé- 
inoiret  et  donner  plus  de  facilité  de  la  rete- 
nir. Au  reste,  en  omettant  quelques  per- 
sonnes dans  la  généalogie  qu'il  rapporte,  il 
n'a  fait  que  suivre  l'usage  de  sa  nation,  car 
on  ne  trouvera  peut-être  pas  dans  les  au- 
teurs sacrés  deux  généalogies  coniplàies  et 
cotièreSf  lorsqu'elles  renferment  un  espace 
de  temps  considérable.  £sdras,  dans  sa  gé- 
néalogie, omet  sept  de  ses  ancêtres,  en  sau- 
tant (l'Amorias  k  Achitob  11,  père  de  Sa- 
doc  II,  ainsi  qu'on  s'en  convaincra  en  com- 
parant les  cinq  premiers  versets  du  chapitre 
vu  d'Ësdras,  avec  les  versets  3  jusqu'au  15 
du  chapitre  vi  du  livre  premier  des  Paralipo- 
mèiies.DanslemfiniechapilreduméoieJivre, 
OD  Terra  que  dans  la  lisle  des  descendants 
d'Auron  on  en   a  omis  quelques-uns  quo 


l'on  reirouTO  dans  Joseph.  Li  géflJBlocle 
de  Saiîl,  pour  un  espace  ds  huit  cea»  lus, 
ne  nomme  que  sept  personnes  soi  lerseli 
3et5du  chapitre  ti  du  premier  lirredu 
Faralipomènes.  Depuis  Mariiochée  jusqu'i 
Jemint  ou  Benjamin,  qui  vivait  douze  cenli 
ans  auparavant,  on  n'en  nomoM que  qustra 
au  verset  5  du  second  chapitre  d'Esibet. 
Depuis  Kuhen  jusqu'à  Béera,  quifuteio. 
mené  captif  par  Tég)athphaIasar,on  wam 
donne  que  doute  générations  pour  remplir 
un  espace  de  plus  de  mille  tas,  Dids  li 
généalogiede  Judiib,  on  ne  met  quesH» 
vénérations  pour  nn  espace  b  peu  pr^^l. 
En  Qxant,  comme  on  le  fait  cumiuanëment, 
la  génération  à  trente-trois  ans,  on  >oJl 
évidemment  qu'il  y  a  bien  des  degrés  ooiti 
dans  ces  généalogies  (1510}.  »  On  se  Iroio- 
perait  d'une  manière  étrangi;,  si  on  loiiil 
les  écrivains  sacrés  d'ignorance  oudeui- 
gligencepour  ces  sortes  d'omissiont  dans 
tous  les  autres  auteurs  tant  orienlim 
qu'occidentaux.  Car,  comme  le  remarque 
encore  fiullet,  «  on  trouve  parellk'muiiN» 
généiilogies  imparfaites  et  tronquées  dias 
les  auteurs  profanes.  Eusèbe  nousspi<rei>4 
dans  sa  Chronique  que  depuis  Perdii:»;  I' 
jusqu'à  Alexandre  le  Grand  il  v  s  eu  Tiiiet 
rois  de  Macédoine  de  Is  mémo  familla,  pr- 
mi  lesquels    on   compte    trois  Perdiuu, 

Juatre  Amyntas ,  deux  Archélaûs,  deoi 
hilippe,  trois  Alexandre.  Justin,  qui  écrit 
l'histoire  de  ces  rois,  n'en  nomme  que  neuf 
depuis  Perd  iccas  jusqu'à  Alexandre  IcGraad. 
Eusèbe  compte  neuf  rois  d'Alhèoes  on  ii- 
nérations  depuis  Erichthéu  Jusqu'à  Codrai, 
et  Justin  n'en  nomme  que  quatre.  BérodclB 
ne  parte  que  de  quatre  rois  des  Hèdes,  » 
Toir:de  Déjocës^  de  Phraortes,  deCysut! 
et  d'Astyage.  Oiodore  de  Sicile  en  niirqut| 
dix,  Eusèbe  et  Syncelle  buit.  ,    j 

*  Mais  pourquoi  relranchor  Ochosil). 
Joaset  Amasias  plutdt  que  d'aulresTNoi'-' 
demandons  à  notre  tour  pourquoi  d'auli» 
plutAt  que  ceux-là  T  Une  difficulté  que  l'un 

Peut  former  contre  toute  disposition  ifo^ 
00  voudra  prendre,  n'en  'combat  bucdm 
on  particulier  (15IIJ.  ■ 

Mais,  objectent  nos  adversaires,  en  fsisini 
celte  omission  saint  Matthieu  commet  0°^ 
fausseté  manifeste,  puisqu'il  dit  que  lano 
a  engendré  Osias,  qui  néanmoins,  d'iprK 
l'histoire,  a  eu  Amasias  pour  père.  — CeUe 
fausseté  n'est  qu'apparente  ;  c'est  unrésu- 
tat  inévitable  des  omissions,  et  qui  ua  p**" 
•choquer  lesgénéalogisies,  ui  mbtae  lessiD' 
pies  lecteurs  qui  connaissent  un  pet» 
matière.  Si  donc  Joram  o'a  pas  eogeiuin 
Osias  immédiatement,  il  j'a  engendr^  i»'' 
dialement,  puisqu'il  a  eDgeaUrè  celui  q<i' 
a  donné  naissance  à  son  père.  Celte  forai 
du  langage,  consacrée  dans  les  généalosi<>' 
n'a  rien  de  plus  faux,  rien  de  jjiuséiriD? 
que  l'idiotisme  si  connu  qui  peroiel  •)' 
donner  le  nom  de  père  h  un  aïeuli*^"' 
bisaïeul,  etc.,  et  celui  de  fil»  k  un  petii-^' 


S3 


CEN 


MCTIONNAIHE  iPOLOCETIQUC- 


GEH 


V» 


IIP  vrière^tit-flU.  ele.  Maigre  ca  vice 
do  iMpSSf  l«  f^ît  préseale  Osias  eoinme 
dcicndiai  de  Joram.  Or,  il  n'y  a  rien  Ik 
qw  de  Iria-confonne  k  la  vérité;  et  c'est 
Mt  ce  que  Miiil  Msllbieu  a  todId  nous 
ipfre«tr»;csr  lebul  prioeîpal  de  lODt  sé- 
néiiogûta  ut  de  montrer  le  véritable  ordre 
àmeumom  daoa  lei  iodividua  qa'il  DOm- 
mt,  e(  DiiHtvenl  de  &ire  une  éoamératioo 
ttapMa  de  loos  lei   deaeoidaota  d'une 


V.  Il  est  ëvidrnl.  disent  ooa  adversaires, 
(pwii  l'on  justifie  saint  Matitaien  sar  romis- 
sîMiles  (roia  rois  Oebosias,  Joaaet  Ams- 
lits,  oo  BU  pourra  l'excuser  de  n'avoir  placé 
diDili  ïeeoode  classe  que  treize  généra- 
lins,  qaoiqa'il  en  assigne  luHDaâoMqua- 
UKUeoanne  pour  las  deni  autres. 

0D|ieolO|]j)Oser  à  cette  ot^ection  pinsteors 
SDltfioosqai,  quoiquesujettes  elle»4némes 
iqodques  difficultés,  ne  senraient  éire  lé- 
gniieal  rget^es.  D'abord,  oo  peut  ré- 
(■otiire  k  DOS  adversaires,  comme  le  Ciissït 
Miol  JérAme  i,  Forpbjn  (ISIS),  que  le  Jé- 
thoBÙi  qui  forme  la  secoude  classe  est 
Méreul  de  celui  qui  ouvre  la  troisième; 
or  le  preouer,  qui  portait  anssi  le  nom  de 
iaiktm,  n'est  autre  que  Jécbooias  le  père, 
M  le  dernier  est  lui-même  Jécboaias  son 
Ut.  SiiDt  Matlbieo,  pour  abréger,  a  omis 
^diteqae  ce  Joakim  avait  engendré  Jé> 
<koaiai,ee  que  tout  le  monde  savait  d'après 
CUsioire.  Celle  solution  pareil,  h  la  vérité. 
P»  utorelle  ;  cependant  elle  ne  présente 
ricD  d'impossible;  hiloos-DOOS  de  dire 
in'ella  a  même  obtenu  l'assenlimeot  de 
udarc,  es  critique  d'ailleurs  si  difficile  et 
tibanlL 

Ou  peut  dira  encore,  avec  la  plupart  des 
■slHprétes,  qu'il  y  a  une  omission  en  cet 
ladroît,  et  qu'il  but  insérer  Joakim  entre 
■otîas  el  Jéètiooias,  puisque  nous  lisons  au 
(annème  livre  des  HoU  (kxiu},  qne  Josiaa 
«1  plusieurs  6U  parmi  lesquels  se  trouve 
'aïkiin,  etqoe  ce  Aoakim  en^odra  lécho- 
ûs.  Ou  préleod  donc  que  par  la  négligence 
les  copistes  le  nom  de  Joakim,  qu'on  lit 
■tOTP  dans  dis-huit  manuscrits,  a  disparu 
«  la  généalosie  de  saint  Matthieu.  Or,  en 
BppoMot  celte  faute,  on  aurait  réelle- 
Kot  quatorze  géuérations  dans  la  seconds 

lUK. 

£ofin,  HD  troisième  moyen  de  retrouver 
es  quatorze  gdnéralious,  c'est  de  placer 
■vid  è  la  Bo  de  la  première  classe  et  au 
iiBiBeQoemeat  de  Ja  seconde.  Que  si  l'an 
l*|ecle  qu'il  y  a  oo  défaut  esseoiîel  dans 
Hie  manière  tle  placer  un  même  person- 
W  dans  deui  classes  ditférentes,  nous 
t>ir<Mw  pouvoir  répondre  légitimement 
'ecBulIetï  ■  Ou  o»  peut  appeler  défaut 
'léculîon  du  dessein  de  l'evaagéliste  ;  il 
'■opte  lui-même  qasiorse  génératioos  do- 
ns Abrabain  ju»ju'k  David;  David  est 
l'Cuicui  couipris  daus  ce  nombre  ;  car  s'il 
léUiie&clUt  il  n'y  en  aurait  que  treize. 


Saint  Matthieu  place  de  nouveau  David  k  la 
lète  de  la  sectHide  classe,  en  disant  qu'il  y 
a  quatorze  générations  depuisDavid  jnsqu'à 
la  transmigration  qui  se  fit  è  Babylooe. 

<  Si  l'on  demande  encore  pourquoi  l'é- 
Taogélisle  met  David  h  la  léle  do  la  seconlit 
classe,  et  s'engage  ainsi  è  compter  deux  fois 
ce  saint  roi,  nous  répoodrooa  qu'il  en  «agi 
de   la  sorte  parce  que  1*  ce   prince  est  le 

Elus  considérable  des  ancêtres  de  Jésns- 
brist  ;  S*  c'est  i  lui  que  les  promesses  du 
Messie  ont  été  plus  particulièrement  laites: 
3*  le  Messie  devait  oatlre  de  mio  sang: 
l*  saint  Matthieu,  jiar  sa  généalogie,  se  pro- 
posant de  faire  voir  que  iésus  était  le  Mes- 
sie, s'est  principalement  allacbéè  montrer 
au'il  descendait  de  David,  duquel  le  Messie 
evait  être  issu  ;  c'est  pour  toutes  ces  rai- 
sons quç  l'évaogélisle  a  distingué  ce  rai  de 
tons  les  autres  aocêtres  de  Jésus-Christ,  et 
qu'il  l'a  placé  è  la  télé  de  la  seconda  classe. 
quoiqu'il  se  trouvât  déjà  dans  la  première 
{1513).  . 

VI.  D'après  fe  tableau  généalo^que  tracé 
par  saint  ïlaithieu,  Josias  engendra  Jécbfh- 
nias.  Or,  disent  nos  adversaires,  nous  li- 
sons au  premier  livre  des  Paralipomènes 
(ui,  16j.  c)ue  Jéchooiss  eut  pour  père  Joa- 
kim :  Dt  Joakim  naluë  ut  Jtehonia».  Quel- 
?|ucs  interprètes  répondent  qu'il  y  t  une 
■ule  de  copiste  dans  la  généalogie  de  saint 
Matthieu,  vt  qu'il  faut  lire,  au  lieu  des 
mois  :  Jogiai  genuit  Jeekoniam,  ces  autres: 
JoMiat  geauil  Joakim  et  Joakim  gmttit  Jt- 
choniam,  comme  le  portent  encore  dii-huit 
manuscrits,  suivaut  que  nous  l'avons  re- 
marqué, en  répondaut  à  la  difficulté  pré- 
cédente. Quoique  cette  hjpolbèse  oe  soit 
pas  absolument  impossibre,  et  que  par  U 
qième  nous  avoDS  plein  droit  de  l'opposer 
è  l'objection  de  dos  adversaires,  nous  l'a- 
bandonooDs  sans  peine;  mais  nous  ne 
croyons  pas  cepsndenl  nue  dans  ce  débat 
la  victoire  reste  A  ta  partie  adverse.  En  ef- 
fet, nous  sommes  en  droit  de  prétendre 
que  saint  Mattbieua  omisJoskima  dessein, 
comme  il  a  omis  plusieurs  descendants  in- 
termédiaires dans  d'autres  endroits.  Pour 
ce  qui  est  de  la  fausseté  historique  qui 
semblerait  résulter  de  cette  omission,  et 
par  conséquent  la.rendre  inadmissible,  c'est 
une  difliculié  qui  n'est  qu'apparente  et  que 
nous  venons  de  résoudre  dans  le  numéro 
précédent,  en  disant  que  dans  la  langue  et 
le  style  des  généalogistes  le  mot  titgemdrtr 
se  prend  quelquefois  {>our  une  génération 
médiate.  Ainsi,  on  peut  dire  que  Josias  a 
engendré  Jéchonias,  parce  qu'il  a  engendré 
Joakim  son  père,  comme  on  pourrait  dire* 
conformément  h  cette  licence  du  .langage, 
que  le  mêtne  Josias  est  le  père  de  Jécbo- 
nias,  quoiqu'il  ne  soit  eu  réalité  que  son 
aïeul. 

Vil.  On  peut  dire  encore,  avec  Bnllel  et 
quelques  autres  critiques,  que  Jécboniaa  qui 
ligure  dans   la  liste  généalogique  de  saint 


(1313)  BoMom.  CMMUKt.  m  Dwt.,  c  I. 

|I3I3I  BcLLET,  K^^MMi  rnirf«ci,  I.  U,  p.  SU,  Ut. 

DlCTIOlt^AmS   AFOLOfiÉTIQCB.   I. 


871 


GEH 


DICTIONNAIRE  ArULUGbTIQUE. 


Mailliiuu  n'est  pat  Jéctionjss  roi  rle3ii'lB, 
iiin^s  Johsnnm,  (ils  lin  JobIm,  qui,  un  ta 
neuvième  Année  du  règne  de  Jnakim  son 
frëre.'ful  conduit  captif  h  B.iliylooo  par 
^aliuehodonosor.  Or ,  ce  prince  pouvait 
avoir  deux  noms,  comme  cela  arrivait  as- 
sez souvent  parmi  les  Juifs;  car  l'Ecriture 
nous  en  offre  une  foule  d'exemples.  A  la 
vérité,  il  n'y  a  pas  de  preuves  positivas 
queJéehenias  ait  porté  deux  noms;  mais 
la  chose  ^aiit  possible,  c'est  tout  ce  (|u'il 
faut  pour  pésoHdM  II  difficulté  qu'on  op- 
|H>se  au  récit  de  notre  évsngéliste. 

Or  lit  dans  la  même  taitle  généalogique 
(i,  11]  :  Jatiat  engendra  Jéchoniaaet  iti  fri- 
Tts  pendant  la  captivité  de  Babytane  ;  ce  q«ii 
aiippuse  éridemmeiit  aue  Jéchontas  avnM 
plusieurs  frères.  Or,  c'est  sncore  une  er- 
i-eur'(iistorique  qui  se  trouve  démentie  psr 
tin  passage  du  premier  livre  dos  Paratipo- 
mêneM  (m,  16),  où  il  n'est  question  que  ilun 
seiH,  nommé  Séilécias. 

Celte  objection  n'oirra  pas  une  difficnlté 
l>iun  séri(!use.  D'abord,  dans  l'hjpolhèso 
assez  probable  dont  nons  venons  de  parler 
au  numéro  précédeni,  cl  en  vertu  de  laquelle 
on  distinguo  deux  Jéclionias  différents,  l'un 
roi  du  Juda,  père  de  Sédéclas,  fl  l'autre 
qui  n'esl  queJohannai),  fils  de  Josias,  elle 
tombe  d'elle-même,  puisque  le  Jécliontas 
dont  il  est  fait  mention  dans  le  passage  des 
Paratipomènei  n'étant  pas  celui  qui  figure 
dans  le  récitde  saint  Matthieu,  il  u'j  aplus 
opposition  entre  les  deux  écrivains  sacrés, 
et  par  conséquent  l'auteur  des  Parolipomi' 
nef  ne  dément  tiullement  l'otserlioB  de 
révangélisle.  En  second  lieu,  «n  supposent 
même  que  le  nom  de  Jéclionias  ne  désigne 


qu'un  seul  et  même  individu,  on  n'est  pas 
en  droit  d'en  conclure  qu'il  v  a  cunlrsiiic- 
tion  enire  les  deux  textes  bibliques.Eneffet, 


l'auleuf  des  ParalijaomèaeM  ne  uomrue  que 
Sédéclas  comme  frère  de  Jéchunias,  mais 
rien  dans  saphrase  n'annonce  q«e«e  der- 
nier n'ait  jamais  eu  d'autres  Irères.  Gomme 
ce  sont  les  deux  seuls -qui  se  soient  foit 
connaître  de  iiiamir«  6  ce  que  les  généalo- 
gitles  aient  cru  devoir  transmettre  leur 
nom  à  la  postérité,  il  n'est  pas  étonnant  que 
leurs  autrea  frères  aient  été  passés  sous 
silence.  II  est  reconnu  que- les  généalogistes 
ne  relaient  dans  leurs  tables  que  les  noms 
des  personnages  qui  jouent  un  rôle  de 
quelquq  importanca  dans  l'histuire.  Enfin, 
u'est-il  pas  pussible  que  les  autres  frères 
de  Jécbonlas  soient  morts  jeunes,  et  que 
par  conséquent  l'auteur  desParalipomëues 
ait  cru  inutile  d'en  parler? 

VUl.  Selon  saint  MaUbieu  [i,  12),  Sala- 
lliîel  engendra  Zorobobel,  et  &eIon  le  pre- 
mier livre  des  Paralipomènei  (m,  17-1'd),  ce 
même  Zorobab^l  était  lils  de  Pliadaïa;  d'où 
H  résulte  que  l'évan^éliste  s'est  singulière- 
ment  mépris. 

Nus  adversaires  a^.usent  trop  légèrement 
saint  Maliliieu  de  méprise.  Ou  peol  dire, 
cvec  Bultel,  que  Salalbiel  et  Zorubabel  dunl 

flS14)  BvLLET,    Riponiu    rrilifuti,  t.  Il,   p.  338: 


les  noms  se  trouvent  inscrits  dms  |(  ||,|g 
IjénéalogiiHie  dressée  |  ar  saiol  Utubieu  nt 
sont  point  les   mêmes  personLagej  dom n 
est  parlé   au  chapitre  m  du  preuifr  liTrg 
des  Paralipoménet ,   mais  ceui  qui  son 
mentionnés  dans  le  prophète  Agiféeetdtia 
fisdras.  ■  La  dislinclioo  des  deux Zorobtlitl 
et  des  deux  Salatliîcl,  poursuit  noire  cri- 
tique, est  fondée  sur  ce  que  le  prophèls 
A(;géi>,  qui   nomme  cinq   feis  -Zarobaliel, 
l'appelle  toujours  flisde  Salalhiel  ctjtmiit 
fils  dePhadaïa,  d'où  il  suil'qDe  le  Silalliid 
d'Aggée  est  le  père  deZorobabeJ,  taailiiqm    | 
le'Salalbiel  dont  il  est  parlédansie  premier    i 
livre  des   Paralipominn  est  l'aiieul  de  Zo-    . 
robahel  dont  on  ;  fait  mention  ;  et  qu'onm    ' 
soit  pns  surpris  devoir  des  personoM  <lii-    > 
lin)$uées  qui  rirent  dans  le  même  leopi 
porter  le  même  nom;  car  eeia  n'éuil  pis 
rare  chez  les  Juifs.  Abia  fits  deSoboam,  H  i 
Abia  fils  de  Jéroboam,  Joram  mi  d«  lnli 
et  Joram  roi  d'Israël,  Joas  roi  de  JihJi  tt 
Joas   roi   d'Israël  ,  étaient    contemiKHiiDs 
(ISli).  ■  Dans  cette  hypellfèse,  qui  samlile 
très-probable,  l'objection  de  nos  adver»i-  i 
les  difparall. 

Si  toutefois,  cette  hypothèse  «esetnia-  ' 
vani  point  fondée,  il  fallait  abselumenlu 
recoauallre  qu'un  seul  et  même  iodiiidP 
ap|)elé  dans  rEerilure  Solathiel  et  qu'un 
seul  Zorobabel,  ta  touuiJiutioo  entre  le> 
deux  écrivains  sacrés  |;ourrait  bien  u%t 
simplement  qu'apparente.  Car  rien  u'en- 
(têunede  supposer  que  saiul  Malihieu  iil 
omis  à  dessein  le  nom  de  Pbaduïa  poar|iré- 
senler  sur  sa  liste  généalogique  la  noœbn 
evact  de  quiitorxe  générations.  Nuus  le-  '■ 
nona  de  voir  qu'il  a  également  passé  seni 
silence  les  noms  de  trois  rois  de  Juda.Lt  : 
seul  inconvénient  qui  résuUenii  de  ot>te 
explication,  c'est  qu^elle  présenterai!  Sili- 
Ihiel  comme  ayant  engendré  Zurobabel,»  : 
qui  ae  trouverait  opposé  à  ta  vérilé,  puu- 
que  d'après  rbypollièae.  conforme  en  tri» 
au  premier  livre  dea  Paraiipomintt,  lîm 
PhadaïB  qui  a  dâ  engendrer 'Znrobabel.llù 
on  7  rnmédierait  facilement  en  Moeurui 
encore  ici  fe  la  di8iiiit>tion  dea  deux  sent> 
de  génèratiens,  immédiate  ^  médislr.  ta 
appliquant  cette  dernière  i  Satolhiel  et  lo 
disant  qu'il  a  engendré  inimédiateiiieiil 
Pbadaîa,  et  parPhadaïa  Zorobabel. 

IX.  Saint  Matthieu,  comulaut  tes  desceo- 
dauls  de  Zorobabel  par  Abiud,  n'en  trou» 
que  dix  jusqu'ft  saint  Joseph  inclusivenenl, 
tandis  que«aint  Lur,  ^lécrivaiit  ceux  dt  m 
même  prince  par  Résa,  son  autre  ttls,  t& 
trouve  dix-neuf  dans  le  mècoe  iuiervalleOr, 
demandent  nos  adversaires,  est-il  cruyible 
que  dans  deux  branches  d'une  même  eou- 
ctie  l'une  surpasse  l'autre  en  généraliuiii  d( 
muiiiéT 

Puisqu'on  a  eu  le  courage  de  dire  u.« 
pareille  oLtjectlon,  il  laut  que  nous  syani. 
iiousaussi,  celui  à'y  répondre.  Que  denr- 
constances,  en  eflfei,  peurcut  auteuer  aH 
dilTérgnce  aussi  coosidérat^lel  Saiis|«[lct 


MCnONIfAlRE  APOLOGETIQUE. 


J'aoe  foule  (l'autrM.  ii»  sulBt-il  pas  pour 
nli  que  les  niembrca  d'un»  branche  s« 
niHeal  da  bonne  heure,  al  qoe  ceui  de 
Tiuire  ne  contractent  des  unions  que  dans 
an  iga  plos  avancé?  ■  Ouï,  répond  très- 
iiKliciessemeni  Bullel,  deui  branches  dans 
iemJme  espace  de  l«mps  peuTent  différer 
û-iacoup  dans  le  nombre  des  ]{énéraIions. 
Grotiiu,  ani  coDusi»sances  duquel  on  se 
ûtn  MBS  peine,  assure  que  cela  arrire  sou- 
Tent,  liasi  qu'on  le  Toit  dans  tes  arbres 
^éilogiques  :  Srp*  e»dem  lamporii  tpatio 
fnaliu  inUr  te  eomparaloM  gaurationa  lut- 
irt  MMfli  atU  alttram  pjura  tt  paueiore$  ; 
fud  n  ûwmiàu»  tltmmaiibu»  viden  ett. 

■  Veut-on  un  eiemple  d'une  grande  ine- 
rte île  généraltoDs  dans  les  différentes 
bnoclies  d'une  même  souche  T  rEcrîlura  en 
nr^Dle  on  bien  TrappaDl.  Les  enfants  de 
Jmb  [Htam.  i,  m)  formèreDl  chacun  ane 
bnncbe  on  tribu  ;  lorsque,  une  année  après 
Itur  sortie  de  l*Egjple,  Moïse,  par  l'ordre 
de  Dieu,  fit  Is  dénombrement  de  ehacone 
deeeilribns,  il  s«  trouva  entre  elles  une 
jrodigieusfl  in^slilé;  mais  la  plus  aurpre- 
niDte  est  celle  qu'on  vil  entre  la  tribu  de 
Uri  et  celle  de  Juda  :  celle^i  comprenait 
ioîuate-qualorze  mille  mâles  depuis  l'Aga 
de  rta^  an*,  et  celle-là  vingt^eus  mille 
trois  cents  mtfes  t  les  compter  depnis  un 
Mil.  Ce  n'e>(  pas  Ik  une  supériorité  de 
oxfiiîé  senlemeot,  mais  de  plus  des  deux 
lim. 

■  Autre  exemple.  En  comparant  la  généa- 
loçe  da  grSDd  préire  Stdoc  avec  la  généa- 
fo^a  de  mrïd,  on  voit  que  la  première  est 

Eu  ooiobreusfl  de  moitié  qne  la  seconde. 
l'id  était  coolemporain  de  Sadoc  :  d'un 
■utrecéié,  Naasson  était  dans  le  désertcoi^ 
temporain  d'Kléazar,  ancélre  de  ?adoc  ;  or, 
(Dire  Naasson  et  David  ou  ne  trouve  quu 
Uiiioo,  Booz,  Obed  et  Jessé  ;  an  lien  qu'eu- 
m  Eléazar  et  Sadoc  on  trouve  Pbinéès  (  1 
^.  VI.  4  et  suiv.) ,  Abisiné,  Bocci,  Ozi» 
^riai,  Hérejol,  Amarias  et  Acbitob  :  quatre 
l'on  cÂié  at  huit  de  l'autre. 

■  Voici  oue  seconde  réponse  qui  n'est  pas 
■oins  solide  que  la  première.  Saint  Hdl- 
bieo  ijaot  Bxé  le  nombre  des  générations 
itpuis  Abrabam  jusqu'à  Jeans -CbrisI  à 
|uranle-deax  on  à  trois  fois  qaalorze,adû 
lire  des  retranchements,  qui  ne  nuisent 
oint  à  la  vérité  de  la  descendance,  puisque 
nti  que  l'on  relrancbe  n'empêchent  pas  que 
Mn  tila  oe  soient  immédiatement  les  en- 
arts  de  iews  aneélras  (1515).  > 

I.  Dans  SOD  lableco  généalogique,  saint 
ialihieu  donne  Jéchonias  pour  pèr»  à  Sa- 
tliiel  ;  en  quoi,  disent  nos  adversaires,  il 
(teoniredit  par  saint  Loc,  qui  le  fait  Bis 
>  ^iri.  Ce  D*est  pas  tout;  seiim  salut  Hat* 
lieu,  Zorobabel  a  en  ponr  fils  Abiud  (i.l3). 

Selon  saint  Luc,  Résa  [m,  9f7l  :  autre  dé- 
cnti  doooié  au  premier  évangéliste. 
Encore    ici  ces   deux    contradictions  ne 
ut  qu'apparentes;  il  suffit,  [«ur  tairedis* 

(>SI!;i  BcusT.  tUfmit*   criiifaa,  l.   U,  p.  ^. 
(I5l«j   r<  y.  Owoa.  Ctmtr*  UU..  ï.  il. 


(laratlre  entièrement  Ja  première,  de  nin- 
peler  que  chez  lesiuils  on  pouvait  être  fils 
de  plusieurs  manières,  savoir:  |>ar  oatore. 
par  la  loi,  par  alliance,  par  adoption  et  par 
éducation.  Ainsi,  il  peut  se  faire  que  Jécho- 
nias étant  mort  sans  cnlânl,  Néri  aitéoonsé 
sa  veuve.  Dans  ce  cas,  Salathii-I  sera  fils  de 
Néri  par  nature  et  fils  de  Jéchonias  par  la 
loi.  Il  peut  se  faire  aussi  que  Salattaiel  ait 
épouse  la  filn  unique  et  bérilîèra  de  Néri. 
et  que  les  deux  famillvs  sa  soient  ainsi  eon- 
Cmdues.  Dans  celle  hjpotbèsa,  Salaihiel 
serait  fils  de  Jéchonias  par  nature,  et  fils  de 
Néri  par  alliance. 
Pour  détruire  la  seconde  contradiction 

Îoa  l'on  prétend  trouver  entre  les  deux 
rangélisies  an  sujet  du  fils  de  Zorobabel, 
il  suQîl  d'une  considération  bien  simple  et 
bien  naturelle.  -ZurobAbel  a  pu  avoir  deux 
fils  de  son  mariage.  Abiud  et  Résa.  Or,  ces 
Olsajani  formé  deux  branches  dans  la  des- 
cendance de  Zorob>ibel,  saint  Uatthien  s'est 
attaché  à  nous  donner  la  branche  d'AËiod* 
et  saint  Luc  celle  de  Résa. 

Si  on  admet,  avec  Bullet  et  bien  d'aotrei 
critiques,  que  Salalhiel  et  Zorobabel  dout 
parle  saint  Matthieu  ne  sont  pas  les  mêmes 
que  ceux  dont  il  est  question  dans  saint 
Luc.  il  n'y  a  plus  entre  les  deux  auteurs 
sacriis  ancune  contradiction  même  appa- 
rente, puisque  celte  contradiction  n'a  d'au- 
tre apparence  de  réalité  que  dans  l'ideutilé 
de  ces  personnages. 

XI.  Saint  Matthieu  termine  son  tableau 
généalogique  en  disant  :  Jatob  mgmdra  Jq- 
t€pk  r^poHX  d«  Maru,  de  laqiuUt  est  miJéttu 
f  III  ut  appelé  Ckriat  (i,  16}.  Or ,  disent  nos 
adversaires,  c'est  coolrarfenfent  à  la  vérité 
que  cet  évangéliste  donna  Jacob  pouijpère 
à  saint  Joseph  ;  du  moins  saint  Luc  affirme 
que  le  père  de  Joseph  se  nommait  Héli  (m, 
23).  Quelle  confiance  peuvent  mériter  ees 
ducuments,  qn'on  nous  donne  cependant 
comme  une  des  bases  fondamentales  sur 
laquelle  re|K>se  le  dogme  de  la  divinité  de 
Jésus-Christ,  el  par  conséquent  de  l'origine 
divine  du  christianisme  T 

Les  ennemis  du  nom  chrétien  ont  de  tout 
temps  beaucoup  insisté  sur  cette  objection. 
On  sent,  en  elfel,  de  quel  intérêt  et  de  quelle 
importance  elle  est  pour  leur  cause.  Celse 
t'a  opposée  à  Origène,  comme  on  le  voit 
dans  I  ouvrage  que  ce  Père  a -composé  pour 
loi  répondre  [1516).  Le  leeteur  nous  par- 
donnera donc  si  nons  la  traitons  ici  avec 
une  certaine  étendue.  Quelque  spécieuse 
que  soit  cette  difSculié,  on  peut  y  opposer 
plusieurs  moyens  de  solntioo  propres  à 
satisfaire  uu  esprit  raisonnable,  c  est-à-dira 
qn'on  peut  montrer  qu'il  n'y  a  point  de  con- 
tradiction réelle  entre  nos  deux  érangéliates, 
et  que  par  conséquent  on  ne  doit,  eu  bonnu 
critique,  tenir  aucun  compte  de  toutes  les 
inductiORs  que  rincrédulité  s  tirées  de  ce 
prétendu  dtsseutimenl. 

Le  prMner  ikojea  de  Mlolioo  iww  «M 


WCTlONNAmE  àl'OLOCKTIOUE. 


fourni  par  iules  Africain,  qui  vivait  dans  la 
Palestins  au  GOmmeneeraent  du  troisièino 
!>ièc)t.  D'après  cal  écrivain  (i'Sn;,  Jacob  élnil 
père  da  luieph  lelon  Is  nature,  et  Héli  l'était 
selon  la  loi.  Africain  assure,  daus  ea  lettre 
à  Aristide,  qu'il  tenait  celte  opinitHi  de  quel- 

aues  pareitts  du  Sauveur.  Voici  coiniuenl 
s  espiiqiinient  celte  filiation.  UalhaD,  des- 
cendu de  David  par  Saloraon,  et  Melchi.issu 
du  DiCinoDuvid  parNalhan,  é[iauBèrent  l'un 

3irès  l'aHlre  une  fetnme  nommée  Kstlia. 
athnn  en  eut  Jiicub,  et  Melchi  en  eut  Héli. 
Ainsi,  JaolielUéli  élsieiM  frâres  utérins. 
Héli  s'élant  marié  et  é4solniortsan9eurBnt'j, 
Jacob  épousa  sa  veuve,  d'ajirès  la  loi  du  lé- 
viral  [Deut.  XXV,  5]tttt  en  eut  Josepb.  D'où 
il  résulle  que  loset>b  élnil  âls  tlo  Jacob  par 
nature,  comme-le  dit  saiut  Uatlbieu  :  Jaeob 
gmuit  Jon-ph;  el  qu'il  était  fils  d'Hélî  seloa 
la  toi  du  levii-at,  qui  attribuait  «u  iVàre  dé- 
funt l'enfaut  provenu  de  so-veuvc,  comme 
la  rapporte  sainl  Luc  :  Joieph  qui  fuit  Heii 
(m,  23}.  Celle  soluiion  «l'Afiicain  a  été 
adoptée  par  presque  tous  les  anciens,  et  uo- 
tainmenl  par  Eusèbe  de  Gésarétt,  ssiul  Gré- 

Ïiire  (le  Nazîanze  ,  saint  Aoibroise  ,  saint 
ugu&tin  et  saial  JérAïue;  elle  est  encore 
soutenue  par  plusieurs  modernes  et  en  par- 
Itcalier  par-Hug. 

La  seconds  solution,  donnée  plus  com- 
munémenl  de  nos  jours ,  consiste  à  dire 
simplement  que  Josepb  était  Sis  de  Jacob 
tiar  nalure,  comme  le  dit  saint  Uattbieu,  et 
tils  d'Héli  par  «lliance.  ayant  é[)Ousé  Marie 
ia  iille  unique;  de  manière  que  seiot  Mat- 
tbieu ,  qui  écrivait  pour  jes  Juiis.avaiU 
donné  la  généalogie  da  Josepb,  père  iégai 
de  Jésus-CbrisliSSiut  Luc,qui  écrivait  pour 
les  gentils,  la  dosoa  du  «Até  de  Marie  qui 
était  sa  Doère.  il  7  a  même  des  interprètes 
qui  rapportent  le  relatif  non  pss  à  Josepb, 
maisA  Jésus -Cbrisl,  de  celle  manière  iJttut 
frat  ncipieni  triginta  annorum  [ut  pulabatur 
fiUui  Joitph),  qui  {tciliett  Juut)  fuit  Heli  : 
itempt  nepoi,qtti  moreJudaorum  ttiamfiliui 
ttppetiabatur.  Ainsi  sainl  Luc  ferait  la  gé- 
néalogie d«  Jésus^brist  par  les  parents  de 
sa  mère. 

Nous  devons  h  la  véiilé  de  dire  qu'on  a 
opposé  plusieurs  difficultés  k  ces  deux  sulu- 
tioos  i  iuai4  nous  ne  craignous  pas  d'njuuler 

31M  ces  diilicullés  ne  sont  pas  de  uuiure  & 
étruire  leur  force  probante;  nous  espérons 
le  montrer.  Dans  tous  les  cas,  on  ne  saturait 
en  tirer  Bucuae  conséquence  légitime  contre 
la  Téracilô  de  saint  M«tlbi«u  iii  de  saint 
Lue. 

1.  D'abord,  qaant  è  ia  solution  de  Jules 
Africain,  la  première  OifflcuJté  qui  se  pré* 
santé,  c'est  que  celte  solution  est  contraire 
au  texie  de  saiiil  I<ue,  qui  met  Matbet  et 
Lévi  eutro  Uelcbi  cl  Héli,  laadia  qu'Afri- 
cain et  ceux  qui  l'ont  suivi  donufijl  à  UéU 
iiour  père  immédiat  M^lchi,  qui,  selon  suiut 
Luc,  est  lepèrede  Léfi.  Mais  il  y  a  plusieurs 
luoyras  d  y  répontlre. ,  Premièrement ,  les 
deux  noms  Lévi  el  Ualbat,  qui  se  trouvent 


plus  baul  dans  la  généalogie,  oal  Hi  ml  i 
projios  insérés  ici  par  rinadrerlmcecieseo- 
nistes,  puisqu'ils  ne  se  lissienl  point  dmi 
les  anciens  manuscrits.  Sainllrénée,  quing 
compte  que  solianle-douie  gériéraliaotilaDi 
)b  généalogie  de  saint  Luc,  ne  les  liiïii  pu 
dans  le  manuscrit  dont  ri  se  lervail;  pui^ 
qu'en  les  admettant,  il  aurailcoai[)té  soiitaiï- 
quatorze  générations.  Africain  ne  les  liuii 
pas  non  plus  ;  autrementf  il  n'aurait  iiuiit 
pro))osé  son  hypothèse,  puisqu'elle  les «■ 
dut  formellenienl.  Les  Pèresqui  l'ont  aiiop- 
tée,  ou  ne  les  lisaient  poioLou  duœoinilei 
regsrdsieDl  comme  fautifs;  sans  cela  bd- 
raient-ils  janaais  soutenu  le  sealiaianl d'A- 
fiicain,'Câmmele  plus  propre  i  acconlerb 
généalogies T  Uais  m  les  anciens  minoicrili 
ne  coHltfuaient  point  ces  noms,  les  auniu- 
crils  actuels  qui  (es  contiennent  peuTenieiru 
iBulifs,  el  ne  déiruûeiil    po  pt  Déceutc* 
menl  la  solution   do:ia<W  par  Afiiciio.Ce- 
jkendant,  coinuie  tous  les  oianuicrils  si-lueli 
et  toutes  les  anciennes  rcrsioas  réunluml 
ces  deux  noms,  il  est  dillicile,  d'après  b 
lois  de  Is  cnlique,  de  les  rejeter.  Austi,il 
vaut  mieux  dire,  avec  plusieurs  interprèles, 
que  le  manuscrit  d'Africain  étant défrClueui 
et  omeliant  Léri  et  Uitbat,  il  aura  Iriu- 
porté  &  Helcbi  ce  qui  ne-convie  il  réellemcDt 
qii'k  Ualbat.  Alors  son  erreur  o'aCTetteri  pis 
ce  qu'il  y  a  de  priocitial  dans  son  tijpotlièse, 
q^ui  esl  que  Jacob  el  Héli  éuientfrèref  ul«- 
riDs,  et   elle  ne  tombera    que  surkpètï 
d'Héli  qu'il  aura  cru,  d'après  son  Biausscni 
fautif,  être  Melchi,  tandis  que,  d'après Ui» 
les  autres  manuscriis,  c'est  lîatbat. 

Une  autre  diiticulté  qu'un  oppose  au  sd- 
limeul  d'Africain  est  qu'il  suppose  qu«  li 
loi  du  lévirat  Tegardait  les  frères  ulériiu. 
tandis  qu'elle  ne  concernait  que  les  iikta 
issus  du  même  père.  Car  c«ltu  loi  SïSBl pour 
objet  d'euipécaerque  les  biens  ou  ile(uui 
ne  sortissent  de  la  famiUe,  c'était  au  plui 
proche  parent  du  cfKé  paternel  de  suScUf 
des  erfauts  À  son  frère;  le  frère  utéria  (Cli- 
vant avoir  pour  père  un  boninie  d'uoe  JUirt 
famille,  el  quelquefois  in^me  d'une  la^ 
tribu,  était  loin  dfitre  le  plus  proclie  pin"< 
du  cOté  du  père  dudéfuul.  Uais  celle  <ii'^' 
cul  lé  «si  d'autant  moins  péremptûire  qui  '' 
loi  du  léviral  concernait  Itss  frères  uUnni. 
aU'muios  quand  ih  étaient  de  la  mêtae  ihtu 
et  liurUiut  de  la  môme  famille.  Or,  Jacob  f. 
Héli  éiaienl  par  leurs  aieux  de  la  o^i'^" 
tribu  et  de  la  même  famille,  qui  ét«iiecl'<:  ii< 
David.  Il  est  vrai  quMs  étaient  dudeus  ii'ty 
ebes  dilTéreoles,  l'un  de  la  brancbe  de  ^'^ 
mon  et  l'autre  de  celle  de  NaUun;  niaiili'-' 
gui  défendait'le  trauspori  des  biens  ne  r- 
gardait  que  les  famillos  et  ooa  lesdilTère'- 
les  branchea  de  ces  familltts:  car  lou'  " 

gu''e11e  voulait,  c'e^l  unljiieatni  que  >'' 
iens  ne  sortis^nt  pas  de  la  fan  Ile.  f''' 
leurs,  il  peut  se  faire  que  Jacob  el  Hï.i[<^ 
sent  encore  dans  cette  onacbe  le»  piiiiF"" 
cbes  pareqt^  oiAmB  du  cAté  |«Un.'il,  toi- 
les autres  parents  des  deux  bnncbes  po"' 


\,K\1)  AtMCui.  mt  AmHd.,  apud  EuGU.,  flid.  tecl.,  I.  i 


.  7. 


CEH 


SKTIOMXâlRE  ArOLOSETHlUE. 


CCI 


WTi 


tml  Un  morts.  Enfin,  il  ne  paraît  pas  cer- 
(lin,  quoi  qn*en  dise  Gmlius ,  que  la  loi  Ju 
Infini  DP  s'étendit  pas  aui.Trèn's  utérins. 
Lemol/i'crfP't  pris  dan»  ceilR  loi  absoln- 
meat  d  Mni  liiuitation.  Or,  où  la  loi  n«  dis- 
tingue [US,  nous  np  devntit  pas  dislin^ef 
nnnplas;  d'autant  mieux  qne  celle  loi  ne 
(Jil  («i-il  que  res  mariages  doivent  avoir  lieu 
poar  rmpécher  le  transport  des  biens  bon 
de  la  famille,  mais  unjqui-meiit  poursuaci- 
Ur  des  enTants  au  frère  déruni,  afin  que  snn 
mm  ne  «'^teigne  point  dans  Iiiraël.  Or,  te 
frère  utérin  tx'uvail  aiissi^tjicn  le  faire  que 
le  frère  itu  père.  MJcIiaclis,  qui  dans  son 
DtbiI  motaùfut  a  eianiiné  ^x  profnto  celle 
loi  ifir  lé*ital,  ne  parle  point  de  l'exclusion 
dn  frères  utérins;  il  est  trai  que  SëlJen 
Jliae  la  plupart  des  rabbins  prétendent 
[foe  celle  loi  ne  reganlait  pas  les  frères  ulé- 
fiis;  mais  les  rabbins  ne  sunt  nai  toujours 
retersUles  sur  le  *rai  sens  îles  lois  de  leur 
%sljltira,  comme  le  montre  encore  ïli- 
rfaiêlis.  Il  résolie  deretie  discussion  que  la 
sftondedtlliciiilé  qu'on  oppose  au  seoliineiit 
d'XIricain  n'est  pas  bien  fondée- 

La  troisième  diflicullé  qu'on  oppose  au 
K-itiment  d'Africain,  c'est  qu'il  paraît  \a- 
crojable  que  saint  Luc,  qui  écrivait  pour 
tes  geolils,  ait  Toulu  leur  donner  la  Kém^a- 
hsie  iégalB  ea  rertu  de  la  loi  du  lérirat,  à 
lii]uellt;  j!s  ne  pouvaient  rien  comprendre, 
et  que  saint  Ualthieu,  qui  écrivait  |>our  lus 
l'iiTs,  ait  omis  celle  génération  lé^ileà  la- 
quelle  ils  élaienl accoutumés,  pour  leur  doo- 
ber  Is  génération  cbarneile.  Mais  saint  Lue 
n'éciÎTaîl-il  pas  aussi  pour  les  Juifs  bellé- 
niites,  qui  dans  ces  premiers  temps  compo- 
«ieiit  la  majorité  desEjjlises  chrétiennes? 
>,  ces  Juifs  comprenaient  parfaitemenl  la 
;èu^nlioii  légale  qui  procédait  du  léviral;. 
1  les  i;enlils  qui  se  convertissaient  pnu- 
licat  aisément,  soit  par  la  mojren  des 
|[irétiens,  soit  par  les  livres  de  Hoïw  qu'oui 
iïait  (laos  les  églises,  parvenir  â  la  couusis- 
ince  de  cette  espèce  de  géoécation. 
L'iie  quatrième  dilQculté,  c'est  que  saint 
ac,  éouméraat  dans  sa  table  généalogique 
es  générations  chamelles,  eût  dû  avertir 
ts  lecteurs  que  celle  de  Joseph,  loin  d'ètro 
ela  même  nature,  o'élail  qu'une  généra- 
OB  simplement  légale;  autremenf,  il  les 
jrluisaîl  dans  one  erruur  grossière. — Hais 
ourquoi  cet  érangéljsie  aurait-il  dû  avertir 
Osi  ses  lecteurs  T  La  chose  était  notoire  de 
M)  temps.  On  savait  parfaitement,  en  elTel, 
lie  si  Joseiib  était  lis  cliarnel  de  JaL-ob, 
>:ii[iie  lo  dît  saint  Uatlliiuu ,  Jacob  genuit 
tuph,  il  ne  pouvei;  être  G's  d'Hûli,  selon 
le  le  d'il  saint  Luc,  qui  fuU  Bdi,  que  pur 
loi  du  tévirai.  De  plus,  tout  juif  instruit 
:  Il  loi  ne  fwuvait  ignorer  que  dans  une 
i<<ii  longue  suite  d'aieui  il  avait  dû  arri- 
T  qiiehjueruîs  que  lus  cbeCs  do  famille 
ourussent  sans  avoir  eu  des  enfants,  et 
le  par  cMinséquent  ceux  qui  leur  étaient 
Iribués  d-ins  les  généalogies  ne  fussent 
11.  s  en. a  its  que  d'une  manière  légale. 
EnBo,  une  cinquième  difllcnlté  qu'un  np- 
'<•:  au  sentiment  d'Africain,  c'est  qu'on  n? 


voit  point  la  rai:iOfi  pour  laquelle  aatnt  Lar, 
écrivant  pour  les  gcnlih,  leur  aurait  donné- 
cette  généalogie  légale,  tout  k  faildifféreiHit 
de  celle  de  saint  Uatlbteu.  —  Il  ne  faut  pas 
un  grand  elTbrt  d'esprit  pour  voir  qne  Mint 
Luc  a  voulu  compléter  dans  «m  Evangile 
tout  ce  qui  regarde  la  géuéalogie-de  Joseph. 
Saint  Ualtbteu avait  éiiuméré  tousses  aïeux 
charnels,  saint  Lac  éaumère  de  ton  cbli 
tous  les  aïeux  de  son  père  légal.  Ainsi ,  Jo- 
seph est  oon-seelement  par- le  sang,  mais 
encore  psr  la  loi ,  Ois  de  David.  Par  consé- 
quent, Jésus-C brist,  qui  passe  pour  son  fils 
et  qui  l'est  réellement  par  le  droit  du  nia- 
riagi',  réunit  tous  les  titres  de  fils  et  de  suc- 
cesseur de  David;  c'est  donc  à  lui  que  son 
tréne  appartient  très-légitimement.  Pour- 
quoi saint  Lur,  après  avoir  trouvé  un  nou- 
veau document  généalogique  qui  constate 
encore  davantage  les  droits  de  Jéaus^hrist 
au  tràne  et  à  l'héritage  da  David,  ue  l'aurait- 
il  pas  inséré  dans  son  Evangile? 

Celle  discussion  prouve  clairement,  ce 
semble,  que  rien  n'empëcbe  d'admettre  l'b;- 
pitlhëse  de  Jules  Africain,  hypothèse  qui 
met  en  accord  les  deux  évaiigélistes  sbf  la' 
filiation  de  Joseph.  Mais  il  faut  btetr  lu  re- 
marquer, quand  même  les  diineoUés  qu'on-' 
y  oppose  seraient  vériioblement  insoluttles. 
Il  ne  s'ensuivrait  pas  que  la  filiation  légale 
de  Juseph  jiar  tléli  soit  inadmissible;  la 
seule  conséquence  qu'il  seiait  permis  d'en-- 
tirer,  c'est  que  l'explication  d'.Africain  n'est  ' 
fias  propre  à  la  prouver.  Au  reste,  ce  qu'il  jr. 
a  d'essentiel  dans  cette  explication^  c'est  q<i» 
saint  Luc  décrit  la  généalogie  légale  de  Jo- 
seph, tandis  que  saint  Matthieu  décrit  sa 
génération  charnelle.  La  manière  d'expli-  ■ 
quer  celte  génération  légale  est  eu  quelqua 
sorte  accessoire. 

Africain,  comme  nous  l'avons  remarqué, 
tenait  son  explication  d'nne  tradition,  des 
parents  de  Jésus-ChrJst;  mais  celte  tradition 
avait  pu's'altérar  dans  l'espace  de  trois  cents 
ans.  Ainsi,  l'on  pourrait,  comme  le  fait  le 
savant  critique  Hug,  abandonner  Cutte  tra- 
dition inceruine,  et  se  eooteuler  de  soule- 
mr  simplement  la  filiation  légale  de  Joseph, 
qui  seaie  suffit  pour  accorder  les  deux  érsn* 
gélistes.. 

3.  La  seconde  solution,  qui  est  la  plus 
commune  parmi  les  interprètes  modernes, 
consiste  h  dire,  comme  nous  l'avons  déjà 
remarqué,  que  saint  Luc  donna  îa  généalo- 
gie de  Jésus-Christ  par  les  aïeux  de  $a  mère, 
après  que  saint  Matthieu,  qui  écrivait  pour 
les  Juifs,  a  donné  sa  géiiédlugie-  j>ar  Icï 
aïeux  de  Josejih.qni  |>assait  pour  sou  pcn-. 
Soi..!  Luc.  qui  écrit  pour  les  gcntiU,  diMin^' 
sa  généalogie  pnr  lesa^icélresde  sa  mère,  et 
conii)lète  ainsi  ce  qui  iiiaiir|uait  ^  la  tifble 
dressée  par  saint  Maltliieu.  Cnr,  quoique 
celle  géiiéflloriio  mniilre  très-bien  que  Jésus 
possédait  tous  les  dniits  de  Joseph,  et  qu'il 
fût,  en  conséquence,  1»  véritable  liériticrde 
David,  cepondnni  elle  no  prouve  pas  diree- 
lem^nl  que  Jésn*  soit  issu  du  sang  de  Da- 
vid; çeq-rt-lablit  of  icaccmeiil  la  généalogie 


ÎW 


CEN 


MCnONNAIRE  APOLOGETiQUR. 


iléeril*  par  ntnt  Luc,  en  énumérani  les 
«ïeDi  de  Marie. 

Cd  senlimenl  estjtarfailemenl  conforme  li 
Utradilion  des  Ju'ls,  aussi  bien  qu'A  celle 
d«  l'élise  chrétienté  :  •  Les  Juifs  eux- 
mêmes  (1518},  dit  D.  Calmel,  nomment  la 
uinta  Viem  filU  (TBéli^  et  Jésus  flis  de 
Panlher.  GsMlm  raconte  qu'un  docteur  juif 
noniaié  Haccadus  aj-nnt  été  consulté  par  un 
consul  romain  nommé  Anlonin  sur  le  snjpt 
de  la  mère  dn  Messie,  lui  répondit  ;  Voia 
(fevcx  lavoir  que  h  pire  de  ta  mère  aura  deux 
nomi,  l'un  Béli  et  l'autrt  Joakim.  Quant  ft 
la  tradition  ecclâaiasiiiiiie,  elle  atteste, 
comme  le  soyenl  tous  les  chrétiens,  que  le 
nère  dn  la  sainte  Vierge  s'sppe'ail  Joakim. 
Ici  nous  devons  faire  remarquer  aux  lec- 
-  leurs  peu  familiarisés  avec  la  langue  sacrée 
de  l'Ancien  Testament  que  les  noms-hë- 
lu-eux  que  l'on  a  transcrits  EH,  Etiakim, 
Eliacbim  ou  BéU,  Héliakim,  BUiaehim  et  Joa- 
kim, JoacMm,  étaient  coniiilérés  cbu-z  tes 
Hébreux  comme  synonymes;  et  pour  n'en 
citer  qu'un  seul  exemple,  nous  dirons  que 
Joakim,  roi  de  Juda,  est  aussi  nommé  Blia- 
kim.»  [Va\çH,Etiacim,  If  Boit,  xxiii.  Si; 
xxiT,  11)  Ainsi,  d'après  ces  autorités,  Héli 
est  le  père  de  Marie,  et  par  conséquent  loua 
les  ancélres  d'Héii  so-it  les  ancêtres  de  Ma- 
rie el  de  Jésus-Christ  selon  la  chair. 

Il  faut  avouer  cependant  que  cette  expii> 
cation  est  sujette  è  une  dilEculié  réelle;  elle 
est  en  opposition  avec  le  texte  de  saint  Luc, 
qui  «exprime,  au  moins  selon  toutes  les  ap- 
jMrenoes,  que  Joseph  était  Qls  d'Hélî ,  do  la 
même  manière  qn'Héli  était  lui-même  fils  de 
Hattiat,  Hathal  de  Lévi,  et  ainsi  deauiie; 
ce  qui  parait  indiquer  que  l'évangélisie 
iloDoe  encore  la  généalogie  de  Joseph  el 
non  celle  de  Marie.  Mais  il  fsul  dir»  aussi 
qu'on  peut  donnera  celle  difilculté  plusieurs 
raisons  satisfaisantes.  D'abord  on  peut  rni»- 
l>orler  les  mots  qui  pu  fit  d'Béli  (qui  fait 
ife/i)  ft  Jé^us-Christ ;  car,  dans  le  st^ie  de 
l'fcrilure,  le  relatifou  tout  autre  mot  qui  le 
représente  ne  se  rapporte  p»t  toujours  i  la 
chose  ou  k  la  personne  qui  précède  immé- 
diatement. Ainsi,  quand  on  dit  dans  la  Ge- 
nèse :  Oo/iAoau,  /UtiJ'Ama,  fUU  do  Sibion, 
le  second  mol  Ule  se  rap|)orle  h  Oolibauia 
aussi  bien  que  le  premier.  Ou  voit  en  elTet 
dans  le  même  cbapilre,  verset  3V,  qu'Ana 
était  filte  de  Sébéoii  ;  d'oi)  il  résuite  que  le 
sens  de  la  phrase  est  :  Oolibama,  fillt  iTAna 
et  petilt-filïe  de  Siléo».  De  mèiue  quand  saint 
Uatlhieu  dit  du 'Sauveur  :  Jésus,  fit  de  Da- 
vid, fili  tT Abraham,  le  second  /t/i  se  rapi>orte 
éTidemmenI,  non  point  h  David  qui  précède 
i  (Il  média  terne  ni,  mais  au  mol  Jésus,  quoique 
le  iijus  éloigné-  Il  jr  a  d'autant  plus  de  rai- 
son d'appliquer  cette  locution  au  passage 
de  saint  Luc,  que,  selon  la  remarque  de 
plusieurs  linbilus  commentateurs,  le  mut 
Jotepk  paraissant  jr  ûiire  partie  d'une  phrase 

(UIS)  Taltm  Uiot^vm.  fol.  TT  ;  »^<fitm.  trmct. 
Smln4riM.  twl.  SI,  rjii;  «tans  I).  Cjujut,  Oiutrt. 
tHr  t*  mtuMagit  ie  J^imi-CMiia. 

(1319]  Lts  mbls  'ndix  f'n  It  trcyaii  fih  •'* 


Infidenle  et  renfermée  entre  pirenlhèifi, 
n'est  pBs  te  sujet  de  la  propusiiion,  miii 
que  c'est  le  mut  Jiiut  qui  joue  es  rfile  dim 
la  phrase  principale;  en  $ortt>qne  lesensda 
versPtSSest  celui-ci  :  Or,  Jéiut eommtxfùi 
la  trentième  ann/e,  étant  Âtt  d'Bili  (par  Hirie 
sa  mère),  tandii  qu'on  te  croyait  fUt  de  Jt- 
KpA(15I9J.  Quant  BU  mot  grec  uio>(i>%'|,  il  i, 
comme  eo  hébreu  bkn,  les  divers  sens  de  |Ui, 
petit-JUt,  et  en  géoéral  de  deteendaiU,  comnn 
«B,  sIgniQe  pire,  aïeul  et  ancêtre  i  quelqosdt- 

§ré  que  ce  soit-  Dans  cette  Jistn  généalt^qu 
e  saint  Luc,  il  signifie  jieft/-/fu  par  rammrt 
k  Héli,  arrière  petit-fli  jwr  rappurti  Uilnit, 
et  ainsi  de  suite.  On  objecte  que,  si  onidini-i 
cette  explication,  on  est  obli£|é  de  snpiiléer 
le  mol  àliui  devant  BJli;  mais  n'esl-oo  ps» 
obligé  de  te  suppléer  dans  toute  la  suite <le  li 
généalogie?  On  dit  encore  que  si  laparlicolc 
grec  it  [ùt),  signiGail  réellement  ici  lori^, 
tondit  que,  elle  serait  infailliblement  suiiii 
d'une  autre  particuleeiprimaiit  l'opposilioD, 
telle  que  di  {èi),  mait,  cependant.  Hais  qui' 
d'etirpses  encore  plus  dures  ne  troare-l  on 

Eas  dans  le  NonveauTesiament  et  daussaiol 
uc  lui-même  en  particuIierT  Ainsi  il  nous 
semble  qn'on  ne  peut  démontrer  la  faussein 
de  celte  inlerprélalion,  et  que,  par  consé- 
quent, la  contradiction  qu'on  prétnml  Iroum 
entre  saint  Matlliieu  et  saint  Luc  n'étjinlsini- 
plemeni  qu'apparente,  ne  saurait  serTîr  de 
preuve  contre  la  véracité  de  ces  dcui  Atiif 
géliïtes. 

Supposons  cependant  q;ue  les  mots  fu< 
/bf  yt/i  d'Béli  [qui  fuit  Béli)  doivent  néos- 
SBÎremenl  être  rapportés  k  Joseph  ;  dos  td- 
versaires  ne  gagneront  rien  à  celte  conces- 
sion. En  effet,  Joseph  nyant  épousé  la  liîle 
d'Héii,  iiouvail  irès-bien  en  être  appeiË  le 
Ois  è  raison  de  celte  alliance.  Combien  de 
lissages  dans  nos  livres  saints  où  les  Donis 
du  ftit  ou  de  fiHt  sont  donnés  à  des  gendres 
etftdes  brusT  Cet  usage  parait  élre  lelleiueui 
dans  la  nature,  qu'on  le  retrouve  en  vigueur 
non-seulement  chez  les  Grecs  elles  Romains, 
mais  encore  parmi  tous  les  peuples  de  U 
terre.  Écoutons  Builet  qui  en  a  recucil'i 
quelques  exemjiles  :  ■  Les  Israélites,  dii-J. 
donnaient  au  gendre  le  nom  de  Gis  ;  rËcritut* 
en  fournit  bien  des  exemples.  Au  cfaa|>i'ri; 
xxxvii.  verset  35,  on  lit  dans  l'hébreu,  ijue 
tout  Iti  fitt  el  toutet  let  filet  de  Jacob  cinrnl 
pour  eontol^  le  patriarche,  qui  croj/ail  qut 
ton  filt  Jottphétail  mort.  Et  dans  lesSepUi''*' 
on  lit  au  même  endroit,  que  tous  ses  li'i  vt 
Ultes  vinrent  et  s'elforcèrent  de  le  consoler. 
Jacob  n'avait  qu'une  tille;  ainsi  celles  H'"! 
l'ËL-rilure  nomme  ici  sus  litles  étaient  Ici 
é|>ouses  de  ses  fils.  On  répète  dans  le  ntiM 
livre,  au  xlvi*  chapitre,  versets  6  et  7,  iiui-' 
Jacob  vint  en  Égji»le  avec  sks  QIs.  ses  («lil*- 
tili  et  ses  filles,  qui,  au  verset  SG,  sont  «])- 
pelées  les  épouses  de  ses  Ûts...  DaviJ,  »}• 
I  rem  e.  livre  des  Ruis,  cfaap,  xxiv,  verset  1^ 


Joufk  romwnt 
ki  lonmt,   ' 


Mrealbàie.  Lt  kfk  hi 

Hl,iJi- 


'liiTtM(77aitJM  ^   {cum,'i*mi.  (y^_^-^ 


MaTHMXAiRE  ir«U«ETtei  E. 


ge:i 


•Mî 


j.(H-ll<>  SsûrMDpére.el  Saiil,  rcrstU  17, 
,ji<,«lle  *0D  fiU;  il  la  aomitie  fticnre  ils 
uhat  ta  cliapilr»  xxti,  *f  rdels  21  el  î!5. 

<  Cel  usag«n'éuil  |Niinl  |iarliculirr  aui 
B-dMwi;  on  k  voit chfi- le«  nre*;».  Priani 
.,  p  .l'Hélèna  Mclière  lille  {tltade,  111.  l«2i. 
r.  B<-.ènfl  itil  qae  Priain  a  lonjours  été  (loii'r 
clic  un  trndre  pèra  (ibid.  suv.  ick  ta-Bn]. 

<  On  la  voit  cbex  les  Mieiena  |»eu|'I<-» 
iliilie.  Tiiniii9.au  lÎTre  SJI ,  vers  13  de 
Tiiéiifa,  doDiie  le  dobh  de  |<iËre  au  roi  La- 
iàûia,  qui  lui  avait  promis  aa  fille  LaTÎoie. 

tll  M  iroave  chi-x  let  Romaios.  Nous 
nom  um  médailla  de  CansuMitia  où  il  eal 
MaMné  fils  des  deux  Auguslas,  ru.  luos,  ce 
qii  M  peut-aVx^ii  (Uer  ^u>en  dtaanl  que  ce 
Hiue  étoit  INs  d'uo  Augusln,  i  aaTeir  de 
CoM-MTe Chlore,  el  gendre  d'iia  autre,  h 
nmr  HaxiiDieo  Hereult: ,  duat  il  drait 
rpoofé  la  fille  nomiDée  Fausla  ;  car  il  u'é- 
mt  Gli  par  adoption  d'aocup  Augusie. 

*ûn  reoiatqufl  aus^i  celte  oMoiAre  de 
t'npriatrr  presque  ibez  tout  Ica  peuples; 
mit  i-arliculièreaianl  parmi  nous,  non- 
i  ulciDcoi  le  gendre  appelle  père  le  père  de 
Mioé,ea»e,  meia  il  joint  encore  i  ce  titre 
iM éi'iliièie qui  désigne  la  considéralidn,. 
Mie  nommant  beau-père,  ut  celui-ci  par 
to  reluiir  d'estime,  appelle  le  mari  de  u 
.  e  bctu-fila;  ^f§t  ainsi  que  tes  reliKieai  ^ 
|>ie  DOus-  «ppeloos  aujourd'hui  réierenils 
«r»,  étaient  autrefois  qualifiés  de  beaai- 
«res. 

•  Ea  Danemark  el  en  Suède,  la  bru  at>- 
«l>e  Iie8u-}»ëre  la  père  de  son  mari ,  d 
<ile-ei  la  traits  de  fille.  Eu  Espagnit.  la  bru 
:pe!le  (lère  le  père  de  ran  mari,  «(  celui-ci 
*PV«lle  fille  (tSM).  > 

On  objecte,  il  est  vrai,  que,  quoique,  dai>» 
(diKOurs  ordinaire,  oti  dunne  en  un  sens 
■fgeelimiiropn;  le  nom  de/S/vaui  grndrri, 
'«e  doit  pas  eiv  être  de  même  dans  k-s 
inéali^ieaoù  il  parait  nécessaire  de  preii- 
R  le  nom  de  Jff>  dans  son  sens  propre  et 
fonreni.  Ainsi  on  nedoit  introduire  dans 
HIe  sorte  de  récils  sous  le  nom  de  fils  que 
^i  qui  le  tout  par  nature  ou  par  la  loi  du 
^iii' —  Sous  convenons  sans  petne qu'on 
e  doive  i-oîdI  ofdinai renient  introduire  les 
nJres  dans  les  généalogies,  parce  qoe 
-Ile  fiiitiion  impropre  pourrait  y  causer 
Hlqoe  confusioD;  mais  cet  inconvénient 
^*il  psi  craindre  par  rapport  fa  Joseph, 
w  l'ius  les  Ju  h  savaient  bien  n'èire  que 
•;*-ii'Jre  d'Hél);  et  d'ailleurs  saint  Luc, 
ttliDl  donner  ta- descendance  ile  Jé^us- 
tiriji  du  cAté  de  Uarie,  comme  celte  au- 
iite  Vierge  ne  pouvait  figurer  dans  la  gé- 
b!4^£ie ,  vu  que  les  noms  des  femmes  ns 
>nl  |i3s  ordinairement  fKtrtés  sur  les  labiés 
Héilo^ques  ,  il  fdllail  bien  la  romnencer 
>r  J'i*e|>ti  sou  é,>nui,  qui,  étant  en  culte 
i>ijfé  le  Bis  d'alliance  d'Héli  et  le  père 
:;al  dn  Sauveur,  était  aussi  nécessairement 
[•reiiiier  terme  de  cette  alliance,  terme 
iquel  tous  k-s  atanx  maternels  de  Jésus 
-*i:ent  se  rsUacber*  Enfin  on  peut  suppo- 

lt;.l>   BiiLET,  BéfOaUi  erili<{urt,  1.  II.  p.  315,      5«. 


ser  que  Uarie  élaîl  fille  unique  d'Héli,  •'! 
ikuî(|(te  héritière  du  la  braiche  <!e  sa  f^- 
ntille.  Or,  dan»  ce  cas,  il  y  avait  une  raison 
spéciale  |>Our   que   Joseph   entrât    dans    la 

féiiéalogie  des  ancêtres  de  Marie.  Car  il  faut 
iïlingiier  deux  e.^pèces  de  gen'.lres;  tes  uns 
qui,  éjiousani  la  bile  unique  et  seule  héri- 
tière ,  réunissaient  en  luur  (lersonne  Ions 
les  droits  d'une  famille;  et  les  autres  qt;i 
é[>ousa:eiit  let  fillt-s  qui  n'étaient  [loini 
uniques  et  seules  héritières.  On  peut  accor- 
der que  ces  derniers  ne  figuraient  point  sur 
les  Iules  généalogiques;  mats,  quant  aux 
premiers,  il  ermble  qu'il  doit  en  éire  tout 
autrement,  puisqu'ils  contlBuaienl  la  snc- 
ceasiondes  aïeux  de  la  lamille.  Les  femmes 
étant  orlinairement  exclues  des  tables  gé- 
néalogiques ,  c'était  uaturellemeut  à  ct>s 
gendres  devenus  les  possessuurs  de  tous 
leurs  droits  l^ux  i  y  prendre  leur  placi'. 
Or,  on  peut  supposer  que  Marie  ,  a  qui 
l'Évangile  n'attribue  ni  StBurs  ni  frères ,. 
était  fille  uuiqiie  el  seule  héritière  d'Hélix 
donc  Joseph  son  époux,  qui  recueillait  Ino» 
les  droits  de  H  fagiille.  a  dû  être  compris. 
dans  la  généalogie  de  ic%  ancèires;  cl  si. 
saint  Luo,  comme  on  a  droit  de  le  supj>nser 
encore,  a  réellement  voulu  donner  la  filia- 
tion cbaroelle  de  Jéjus-Chrisl,  ne  pouvant 
LEaire  figurer  Uarie ,  puisque  l'usage  des 
ils  s'j  oenosail,  il  a  dû  j  mettre  Josejib, 
qui ,  possédanl  tous  ses  droits ,  était  Sou 
rafirésfnlant  et  devenait  le  terme  nécessaire 
auquel  se  rattachait  la  succession  de  toui 
les  aïeux  de  sa  bniille. 

Il  résulte  de  .celte  discussion  «lue  let-denx 
solutions  que  nous  venons  d'eiposer  pré- 
sentent-beaucoup  de  prutMbilité,  et  peuvent 
par  conséquent  servira  résoudre  la  diflicolti) 
proposée.  Uais  quand  on  pariiendrait  t  dé- 
montrer qu'ellea  sont  fausses  toutes  deux, 
on  ne  pourrait  eu  tirer  aui-uoe  crnséiiuenctt 
défavorable  è  la  thèse  principale  que  iious 
soutenons  dans  ee  chapitre,  la  véracité  d-: 
l'Evat^iledesaintUallhieu,  ni  préjudiciable 
k  l'eiaciitude  histurique  de  saint  Lue  lui- 
même;  car  il  esl  ioGOnlestaltle  que  la  con- 
tradiction qui  se  trouve  entre  ces  deux  évaii— 
gélisles  nest  simplamenl  qu'apparonte . 
qu'elle  n'a  pas  été  réelle  surtout  pour  1rs 
anciens.  En  effet,  les  deux  Evangiles 
élant  sulhentiques,  il  en  résulte  que  eu 
sont  saint  Uallnieu  et  saint  Luc  eux-uièmes 
qui  ont  inséré  ces  deux  taMes  généaloj^- 
ques  dans  leurs  Evangiles  respectifs.  Or, 
cela  |iosé,  il  est  iuijiossible  qu'il  a'jr  trouvu 
quelque  coniradicEion  fiositive  ou  réelICiL 
Û'aburd  ,  la  chose  esl  claire^ dans  le  cas 
où  ,  comme  le  prétendent  d'habiles  eriti- 
qnes,  Hug  entre  autres,  saint  Luoeurail  vu 
I  Evangile  de  saint  Ualtdicu,  el  sVn  sérail 
même  servi  pour  la  composiiien  du  sien; 
car,  persuadé  qu'il  était  de  l'autorité  apos- 
tolique de  saint  Ualthien,  il  n'a  pu  vouloir 
insérer  dans  son  livre  un  récit  importaui 
qui  se  trouvait  en  optHMiiion-uee  le  sicu  ; 
ceût  éié  trw  Tisiblemvnl  contrwlire  un» 


NS 


G» 


MCnOJEHAIRE  ATOLOCETIQUE. 


GEH 


lU 


aolorité  si  uerée  pour  lui,  ei  nuire  trop  ou- 
vertement à  la  cause  da  ehrisllanisme,  dont 
il  élail  un  si  zélé  défenseur.  Ainsi  il  faut,  de 
toute  nécessité,  qu'il  ait  cru  que  le  dncu' 
loeot  généalogique  qu'il  a  inséré  dans  son 
Evangile  ne  contredisait  pas  celai  de  saint 
Mnliliieii. 

U«i5  nous  croyons  pouvoir  défendre  notre 
cause  sans  recourir  ft  cette  liypollièse.  En 
effet,  la  conlrailiction  que  nos  adversaires 
reprochent  aux  évangéltsles  ne  saurait  ëlre 
réelle,  sxns  qu'elle  soit  en  même  temps  pel- 
paLite,  et  sans  qu'elle  saule  aui  yeux  des 
moins  attentifs.  Mais  alors  cocimeat  suppo- 
ser que  les  Juifs  qui  se  contertissnient  en 
foute  dans  les  premiers  temps  du  ehristfa- 
iiisme  ne  l'aient  pas  a[ierçueT  et  s'ils  l'ont 
aperçue,  eommeni  ont-ils  pu  reoevutr  comme 
divines  et  ranoniqués  deui  pièces  aussi  tI- 
«iblt^ment  conlrailictoiresT  Comment  mutes 
les  Eglise!  les  on'.-elles  admises  dans  le  ca- 
non des  Eerjlures,  et  les  ont-elles  tiées  dans 
In  lilnrgieT  En  supposant  vn  mnyeti  de  con- 
ciliation connu  dans  les  anciens  temps,  on 
explique  toutes  ces  diltcullës;  mais,  en 
supposant  la  réalité  de  la  contradiction, 
elles  sonl  tout  i  fait  inexplicatiles.  Il  est 
donc  nécessaire  qu'il  y  ait  un  moyen  d'éli- 
miner  la  conlraaietion  apparente,  et  si  les 
lieux  solutions  que  lous  svons  proposées  ne 
ret>osent  point  sur  un  fondement  solide,  il 
faut  de  toute  nécessité  supposer  qu'il  en 
«xlste  une  qui  ne  laisse  rien  h  désirer,  et 
■CGoiier  noire  propre  ignorance,  qui  seule 
nous  empêche  de  la  connsllre. 

Mail  nou»  ne  terminerons  point  cette  dis- 
cussion sans  réponilre  en  quelques  mots 
aux  difficuités  que  Winer  (1581)  fait  rsloir 
conife  noire  Ihèsei.  Ce  critique  prononce 
lianliment  que  ces  deux  généalogies  sont 
absolument  inconciliables,  et  il  s'edtorce  de 
réfuter  les  deux  hypothèses  que  nous  Te- 
nons de  développer.  Il  avoue  que  la  solution 
de  Hug  est  Irds-ingénieuse,  mais  exlraordi- 
nairemeot  compliquée,  puisqu'il  lui  faut 
admettre  dans  la  généalogie  oe  saint  Mat- 
thieu troia  personnes  dont  la  Hiation  e'est 
éublie  que  sur  la  loi  du  léviralt  chose  dont 
cel  évBDgéliste,dil^il,  aurait  dû  prévenir  son 
leclenr,  comme  il  aurait  dû  ne  pas  caiploycr 
le  mot  igmniti  {kitmt,  gtn}àl\,  it  a  «ftj;cn- 
dr/,  TU  que  ee  mot  indique  une  génération 
chnrnelle.  —  Noue  pourriona  d'abord  de- 
mander pourquei  saint  Uallhieu  aurait  M 
Obligé  d  aTerlir  d'une  chose  qui  devait  né- 
cessairement arriver  dans  une  aussi  longue 
suite  de  descendants.  Le  grand  nombre  de 
noms  )>orléa  sur  les  laUes  avertissait  sufn- 
saHimoAl  le  lecteur,  qai  d'ailleurs  ne  devait 
|tas  ignorer  que  la  Sliatioo  légale  n'était  pas 
négligée  dans  les  généalogies.  Quant  au  mot 
égennisé,  il  a  engmdré,  il'conTiout  d'aulHut 
mieux,  que  c'est  jwr  voie  de  génération  vlisr- 
nellfl  qnele  pAre légal  acquérait  des  enfant*. 
De  plus,  ce  verbe  se  prenant  souvent  dans 
un  autre  sens,  on  ne  voit  pas  pourquoi  l'é- 
crivain saoré  n'aurait  pas  use  de  cetie  li- 


cence, d'autant  mieux  que  les  eirrcniliMei 
sudisaienl  pour  dissiper  l'obscurité  pt  li  con- 
fusion qui  auraient  pu  naître  du  cet  emplsl 
impropre. 

Winer  nie  aussi  que  les  tdln-jUItt  dn 
les  Hébreux  rnsseol  appelées  simpleoKDt 

Stlei,  et  que  Marie  fût  unique  héritière.- 
ous  acconloos  è  Winer  que  les  piungu 
du  livre  de  Ruth,  que  beaucoup  de  criliqua 
allèguent  pour  prouver  que  les  Hébreut 
confondaient  )ms  frrut  sous  le  nom  daftin, 
sonl  mal  choisis.  Voili  pourquoi  nousiTim 
fait  une  lacune  au  texte  de  Bullet  que  nnut 
venons  de  citer;  mais  les  autres  pauigei 
bibliques  que  nous  avons  allégués,  tt  qit 
nous  paraissent  d'une  raison  prnlunlt 
incontestable,  suHîsaut  pour  réfuter  mt- 
tre  savant  adversaire  sur  ce  point.  Quitt 
k  la  qualité  d'uniijue  héritière  dans  Hirie, 
quoiqu'on  ne  puisse  point  l'élablir  d'au 
manière  rigoureuse,  nous  sommes  en  im, 
par  ce  que  nous  avons  dit  dans  Iscuuranld; 
celte  discussion,  de  U  supposer,  saot  qu'on 
puisse  oiiposer  k  notre  sentimeul  des  argii- 
ueuts  plausibles. 

Winer  objecte  encore  que  si  Héli  a'étiit 
que  beau-père  de  Joseph,  tous  les  nim 
individus  éoumérés  dans  la  liste  généili). 
gique  ne  devraient  être  également  qii«  d» 
beaux-pères ,  vu  que  l'article  grec  laa  [n.) 
doit  se  prendre  partout  dans  le  même  sïiu.  : 
—  Notre  critique  se  trompe  encore  ici  ;  l'ar- 
ticle grec  ne  peut  par  lui-même  qu'ioiliqutr 
le  rapport  grammatical  qui  lie  son  anlit^- 
dentk  son  ronséqueni;  car  la  valeur  signi- 
ficative dns  termes  se  tire  d'une  autre  source. 
Ainsi  ce  n'est  nullement  l'erlide  qui  iléier- 
mine  le  véritable  shds  du  mot /Ua(uMr)i]iui 
le  tableau  généalogique;  son  r61e  se  boni« 
i  indiquer  qu'il  y  a  entre  tous  les  nooi) 
propres  qui  le  suivci.t  et  lu  laolfiUsoui- 
eoteodutla  rapportgrammatical  quiselru<in 
entre  ce  même  mot  fil§  exprimé  ao  coa- 
meuccment  de  la  liste  généalogique  (in. 
33]  et  le  nom  de  Joseiih,  c'est-è-iltre  qu'^ 
sont  tous  com|f1émenis  de  l'aniécéiieullUi, 
comme  le  nom  Jo*eph  l'est  lui-Bième.  Si,*' 
effet,  cet  article  devait  exprimer  la  siff»i- 
cation  rét^lle  dos  termes,  et  par  cou^équcKl 
donner  le  même  sens  à  tous  les  mois  denni 
lesquels  il  se  trouve  placé,  l'évant^élisit  » 
serait  bien  gardé  do  le  iiietlre  (vsrtel  38j 
devant  le  mot  Diku  ;  car  il  aurait  atiriiiué  ( 
la  Divinité  une  génération  purement  tlur- 
URlIe,  comme  celhi  qu'il  attribue  à  lous'c> 
personnages  qui  ligureat  dans  sou  Ulduv 
tféoéa  logique. 

Ainsi  les  assertions  de  Winer  conlrt  li  , 
possibilité  de  concilier  les  géuéslogies  ^  I 
saint  Matthieu  et  de  i«iul  Luc  nesauraiirsi  | 
avoir  la  moindre  valeur  aux  yeux  de  la  *ni(  i 
trilique,  —  Foy.  note  XV,  %  11,  A  la  fin  «lu 
deusiôme  volume,  et  t'xnTiTsuQoa,  |  IS. 

GËNËRALISATION,   impossible  saui  le 
signe.  Yoy.  P^tcuologis,  1  xII. 

tiÉNÉR&TlON  SPONTANÉE.  —  Uobii- 
ralioa  est  la  t'onci-iou  |>ar  laquelle  les  «r^ 


(ISXI)  G.  B.  Winer,  Bmiicliet  R»almxrurbucli,  ll,-6ij$  fl.  :  zvoile  Auflage. 


CEN 


DICnO!t?IAIRE 


(jnnts  to  rejjroiluiseiil.  Cesl  |iar  elle  qne 
lejiuiniaui  créés  se  pen^luenl  el  que  leurs 
espèces  M  coDServeiil. 

Cmii*  fonction  ■'accomplît,  dans  l'espèce 
huDiaîne,  k  l'aide  d'une  série  d'anlrs  dans 
ieraoels  les  deux  sexes  ïnlerTÎennenl.  C'esl 
de  1>  même  manière,  cVsl-k-ilire  k  l'aide 
de  'leui  si'ies.que  se  reproduisent  un  grand 
nombre  J'animani.soiltiue  leurs  seies  res- 
(•-MséiiarésetJislinclscnnimecIti'zriiDmiiiu, 
!«il<ju'il5  se  lron*ent  réunis  chez  un  seul 
jnlJifJu,  lequel  peut  alors  remplir  k  là  fjis 
le  rûle  du  DJlle  et  celui  de  la  Tcmelle. 

UiiKchez  plusieurs  antrf  s  êtres.dont  Tor^ 
pni»ation  eât  moins  parfaite,  il  n  j  a  pas  de 
Kin.  L'individo  un. que,  qui  dans  ce  cas 
(fosiitu^  l'espèce,  peut  se  reproduire;  par 
i*n£)ih  ou  des  spores,  susceptibles  lie  se 
iéiria\iper  d'eox-niCmes;  par  des  gemmes 
(Hi  iKiurgeons,  qui  se  développent  en  partie 
mot  de  se  détacher  de  la  idere;  on  même 
(ur  II  scission  d'une  partie  du  toni,  plus  ou 
moins  considérable,  et  qui  se  complète  pen- 
iêni  ou  après  l'acte  de  sa  séparation.  Ces 
trois  mole*  cneiislent  chez  certains  èires 
inférieurs,  el  même,  k  ce  qu'il  paraît,  se 
renc  ntrent  quelquefois  che2  des  animaux 
dont  les  sexes  sont  distincts. 

On  a  admis  enBn,  mais  sans  prenres  sufB- 
niites,  que  plusieurs  animaux,  surtout  les 
I-lui  inférieurs,  peuvent  se  créer  de  tontes 
|Méce>.  On  a  cru  que  l'assemblage  d'atomes 
inorganiques ,  ou  de  particules  provenant 
ffélres  organisés,  morts  ou  vivants,  pouvait 
i^anner  naissance  k  des  animaui  variables 
déforme  et  de  structure  suivant  les  circona- 
tinces;  ne  provenent  [las,  cnmme  les  autres, 
da  («rcDis  semblables  k  eux;  susceptibles, 
en  un  mol,  de  se  former  tpontanément  par- 
I9'jt  ot  se  trouveraient  réunies  des  coodi- 
lions  favorables  k  leur  développement. 

Il  convient  d'examiner  d'abord  ce  qnll 
tint  penser  de  celle  hvpothèse,  et  d^mmeot 
il  faut  interpréter  les  faits  et  les  expérienees 
ipi'on  a  invoqués  en  sa  faveur. 

Le  question  des  générations  5])onlsnées  ou 
de  l'hétérogénic  est  la  question  la  plus  nsie 
d(t  riiistoire  naturelle,  et  les  conséquences 
que  doit  amener  sa  solution  ne  vont  k  rieo 
moins  qij'k  intéresser  les  ilociriaes  les  plus 
élvties  Je  l'ordre  social.  Il  ne  laut  point  se 
le  dissimuItT,  riiommc  de  la  soriété,  quoi 
iju'en  ait  dit  le  philosophe  de  Genève,  est 
toujours  l'bomme  de  la  nature,  et  quand  vous 
tgiiez  une  gmnde  question  naïun-lle,  vous 
levez  n-ncotitrer  nécessairement  la  société. 
Ch-Tuici  où  nous  mèiiel'Bdmisston,d'ailhmrs 
inromiiréfaensiblu,  des  générations  spunia- 
uées.  S'il  |.eut  exister  des  êtres  sans  [>arenls, 
qo'esl-il  t>V50m  de  reuberclier  s'il  y  a  jamais 
m  uu  praiii:er  pèreT  El  celte  question  étant 
Duiise,  il  u'ealplunécessairede  reconnaître 
ju'ii  j  a  eu  uuecréaliou;  i|  suflît  de  croire 
jueloul  esl  dans  louliqutt«  l'univers,  l'eu- 
t«inl»te  lies  cbosua,  la  aouiiua  des  phéno- 
■léiies,  t-al  la  ré«lité  pfaéuvménaliséfl  ;  enfin 


riji2)  TrmiHt  pka*Moaie,  tttivtlion 
Ijp.  1. 1",  f.  ». 


lit  lour- 


APOUKETIQtlg.  CE^  «tS 

que  la  réalité  ngiisanle,  resiîtencealiwtliie. 
la  force  ïnQnie,  la  véritable  cause  de  l'uni" 
vers ,  ce  qu'on  a  »p|ielé  nalura  nalnran». 
l'kme  flu  monde,  est  Dieu.  •  (Blrdich.  Traité 
de  pkynologû,  t.  1,  p.  2.]  D'où  il  faudrait 
conclure  que  le  panthéisme  est  la  plus  ra- 
tionnelle de  toutes  les  doctrines  relatives  li 
la  constitution  el  h  la  conservation  de  l'u- 
nivers. 

Ondoilentenilrepary^n^raîïfrti  ipontanée, 
ou  par  les  eipressionj!  équivalentes  de  gé- 
nération primitive,  primigéne,  origittairt, 
dirfcttjéquivogar,  A'héliroginie  (BQrdach), 
de  tponUpariié  [ha^tts),  m  liiute  prudueiioi 
d'être  virant,  dit  Biirdaijh  (1523),  qui,  ne 
se  rattachant  ni  ponrta  substance,  nt  pour 
l'occasion,  k  des  individu^  de  la  même  es- 
pèce, apoiir  point  dedétiart  des  corps  d'une 
autre  es|>èce  el  dépend  d'un  concours  d'nu- 
Ires  circonstances.  C'est  la  manifesiation 
d'un  être  nouveau  et  dénué  de  parents,  par 
conséquent  une  génération  primordiale  , 
une  création.  Nous  la  reconnaissons,  ajoute 
le  même  physiologiste,  partout  où  noua 
voyons  paraître  un  corps  organisé,  sans 
apercevoir  un  autre  corps  de  même  espèc* 
dont  il  puisse  procéder,  ou  découvrir  dans 
celui-ci  aucune  partie  apte  k  opérer  la  pro- 
pagation.  > 

Aujourd'hui,  d'aprfe  les  expériences  qns 
nous  citerons  plus  tard,  il  semble  absurde 
de  soutenir  que  de  la  matière  Jooi^anique 
puisse  naître  spontanément  un  être  orga-  . 
Dise,  el  renouveler  ainsi  la  fameuse  by|io- 
Ibèse  des  atomes  d'BpicDre.  Aussi,  la  pia- 
part  des  partisans  actuels  de  la  ({énéralion 
spontanée  pensent-ils  que  c'est  seulement 
de  la  matière  organisée  que  )>euvent  naître 
de  nouveaux  animaux,  soit  qu'ils  se  créent 
dans  des  corps  organisés  morts  et  en  dé- 
composition, soit  qu'ils  prennent  oaissanca 
dans  l'intérieur  des  corps  vivants.  Le  plus 
grand  nombre  borne  même  k  ce  dernier 
cas  la  possibilité  de  la  génération  S|ionta- 
uée;  car,  pour  li>s  infusoires,  la  quesli<m 
avait  paru  jusqu'ici  plus  avancée  que  |>our 
les  enlozoeires,  chez  la  plupart  desquels, 
d'ailleurs,  on  a  pu  aussi  saisir  un  autre 
mode  de  génération.  Maia,  avant  d'ealrar 
dans  l'eieitien  de  ces  faits,  il  est  bonds 
présenter  un  tableau  dos  vicissiludes  par 
lesquelles  a  passé  celte  supposition,  el  do 
la  carrière  qu'elle  a  fuundedana  la  science 
avant  d'arriver  jusqu'à  nous. 

Loin  d'être  nouvelle,  la  doctrine  des  gé- 
nérations spontanées  remonte  k  la  plus 
haute  antiquité;  un  peut  ai6mnd:rc  qu'elle 
fut  uue  erre-jr  généralement  répanduecbex 
les  anciens,  ^liuure,  on  le  sait,  prétendait 
que  la  terre  avait  tout  produit.  Ariatoie 
(1523)  n'allait  pas  si  loin,  maisTI  disait  en- 
core €  que  tout  corps  sec  qui  devient  hu- 
mide, et  tout  corps  humide  qui  se  sèche, 
produit  des  animaux,  pourvu  qu'il  soil  sus- 
ceptible do  les  nourrir.  ■  Ainii.  il  taisait 
provenir  plusieurs  poîasoos  du  limoD  ou 

(l5Ut  Binaire detmiimtug,  tratl.  de  CaBVS,  L 
I",  p.  JISïPaM,  ITIK. 


seY  CEN  WenO.NNAinE  APOLOtlETIQUIi:.  CCS  Kt 

ou  la  renourrant  de  g.izes  très-rinr».  il  \i 
répÉLa  SYec  un  pareil  succëi  pour  lo  Tru- 
mii^B  et  pour  plusieurs  autres  nialiferesqai 
tjonriflient  lieu  h  la  contestation,  et  déslrin 
il  fut  ériiJenI,  pour  toia  les  bans  esiiriu, 
quoc'ét(ii«nt  les  in«Gctvs  et  non  les  milij- 
rBi  corrompues  qui  prD<luisaient  les  rers. 

Telle  éiait  la  conclusion  de  cet  obserii> 
leur  (1528)  :  cnr  ir  dit  que  >  les  ler)  qut 
nnissenl  dans  les  chairs  ysont  produils]iir 
les  mouches  et  non  pnr  ces  chairs  mdmc's.i 

liedl  (1529)  fut  ftussi  le  [>remier  è  démon- 
trer que,  chez  tes  entozoaires  eui-mènin, 
ou,  cummeil  les  appelle,  cliei  les  animiui 
qui  vivent  dans  d'autres  amRiaui,on 
trouve,  comme  pour  tous  les  autres,  de» 
mâles,  des  femelles  et  des  (Burs;  qu'en  un 
mol,  chez  eui,  la  génération  ne  s'effectua 
pas  d'une  manière  ilifTorenie  de  celle  qu'oa 
observe  communément. 

Cependant  Redi,  tout  en  déroîlanl  et  dé- 
truisant de  nombreuses  erreurs,  en  conioet 
lui-m6mo  quelques  autres  :  il  sembkiii- 
inetlre,  par  exemple,  mai^  è  regret, quai» 
aniinaui  des  galles  d'arbres  pourraient  bien 
venir  par  génération  spontanée. 

Valisnieri  (1&30)  continua  Redi,  en  décou- 
vrant la  génération  par  sexe^i  chex  plusieurs 
autres  iusectes,  notamment  les  œ;<lres:du 
jiius,  il  Ût  pour  lesentophytes,  c'est-ï-dir< 
ii-s  larves  rivant  au  sein  dus  végétaux,  ce 
quH  Redi  avait  fait  pour  les  entozoalrei. 

Mail  c'est  Swammerdam  (1531)  qui  non) 
a  révélé  le  plus  de  merveilles  sur  la  géné- 
ration des  insectes  ;  après  avoir  si  bien  oli- 
servé  et  décrit  leurs  métamorphoses,  on 
conçoit  qu'il  ne  pouvait  pas  admettre  leur 
formation  spontanée. 

Plus  tard,  Réauiuur  popularisa  les  belles 
découvertes  de  Redi,  V8llsnic■^i,SwsolUJe^ 
dam.  ■  Pour  coquiest  notamment  desfruiij 
véreux,  il  y  a  deux  cents  aiis.ditRéauniur 
(1532),  qu'un  n'avaitpointsuriiris  dansleiir 
Opération  cks  mouches  qui  deposeuL  leurs 
wufs  dans  les  fruits;  et  quand  on  TOyailun 
Tcr  dans  une  pomme,  c'était  la  corru|iticn 
qui  l'avait  engcridré.  Uaiu tenant  il  est  bieji 
prouvé  au  contraire,  que  le  ver  est  la  cau>e 
de  la  corruption  du  fruit.  ■ 

On  vtirra  bienlAt  que  vers  la  même 
époque  où  Redi,  Swanimordam  etVaiisniïii 
poitaienl  les  premiers  coups  à  rbjpotbè»; 
dus  générations  spontanées,  Harvtj'  co.i- 
cluait,  de  ses  nombreuses  observsiiouss"" 
aiioiue,  devenu  sifam<;ux  depuis:Omuf>' 
«um  ex  oDo.  Cependant,  nar  ces  paroles. 
Uarvey  n'entendait  pus  dire  autre  cbv^ 
sinon  que  les  iiiammilères  viennenl  d'<iii 
œuf,  comme  les  oiseaux.  C'était  sans  duu'" 
UD  très-beau  résultat  de  ses  recherches  u'«- 


dii»ble  (IS2V);  Icstiienilles.  ces  petits  vers 

3ui  se  transformeol  en  animaux  vornnis, 
es  feuilles  vertes,  et  nutanmeiil  des  feuil- 
les de  chou  (1525);  les  poux,  de  la  chair 
(1526);  les  puces,  de  la  fernii-ulntion  des 
ordures  (15x7);  les  vers,  do  la  chair  cor- 
rompue ut  du  fromage,  etc.  E'i  un  mol, 
tous  les  animaux  dont  U  génération  lui 
était  inconnue,  il  les  faisait  naître  des  en- 
droits où  on  les  trouve.  Il  altribnail  la 
fuissance  formatrice  à  l.i  chaleur,  h  l'dir.b 
buniidilé,  jouant  le  même  rAle  que  les 
humeurs  et  la  chaleur  animale  dans  la  gé- 
nération par  sexes.  Avant  lui,  et  radine 
longiompa  après,  oi  altrilt  lait  encore  à  la 
terre  la  formation  des  serpents,  des  rats, 
(les  tiiupes;  h  la  boue  des  étangs,  celle  des 
grenouilles  et  (les  anguilles;  è  la  carcasse 
d'un  bœuf  uu  d'un  autre  animal,  celles  des 
abeilles;  aux  fruits  véreux,  aux  iKiis»  aux 
viandes  pourries,  celle  des  vers,  de»  mou- 
ches  et  de  divers  insectes.  Cette  idée  de  la 
création  journalière  d'êtres  rivants  venus 
de  lacorrupiion,  née  à  l'origine  même  de 
ta  philosophie,  est  souvent  exprimée  'par 
les  anciens  et  se  Iroure  reproduite  dans  un 
grand  nombre  de  leurs  ouvrages. 

Uais,  comme  il  sera  facile  de  la  démon- 
trer,  i  mesure  qu'on  a  approfondi  la  ques- 
tion, on  a  vu  la  plupart  des  cas  présumés 
de  génération  spontanée  s'expliquer  l'un 
après  l'autre  d'une  manière  plus  naturelle, 
et  rentrer  successivement  dans  la  régie 
commune. 

C'est  seulement  au  xvii'  siècle  que  des 
idées  vraies  sur  ces  générations  douteuses 
nommencërent  àse  substituer  aux  erreurs 
des  anciens.  Un  si  grand  progrès  fut  <1&  à 
la  fameuse  Académie  del  Cimento,  qui  i:e 
dura  que  ueuf  auuées,  mais  se  rendit  im- 
mortelle. 

Reiii,  l'un  des  iilu.^tres  membres  de  cette 
acailémie,  démontra,  è  l'iiiiie  de  nombreuses 
ox|iérienees  aur  la  génération  des  insectes, 
quu  les  vers  ne  naissent  pas  spontanément 
des  chairs pulréliées.  Ayantrecouvurld'uno 
gaze  des  viandes  en  voie  de  putréfaction, 
Redi  remarqua  qu'il  ne  s'y  dév(;lu|>pait  plus 
de  vers,  mais  il  vit  les  mouches,  attirées 
(lar  l'odeur,  venir  voltiger  autour  d'elles  et 
pondre  leurs  itiufs  sur  la  gaze  indme  dans 
les^oinls  les  plus  rapprochés  do  la  chair 
qu'elles  ne  pouvaient  atteindre.  Le  mériko 
de  ces  expériences  nous  échsiipe  aujoui- 
d'bui  parce  que  nous  ne  concevons  pasqua 
la  corruption  puisse  en^jendrer  un  animal 
parlait  com:ii«  un  iiiSBctu;  mais  leur  iui- 
[Kirtsnce  était  grande,  il  y  a  deux  siècles. 
L'expérience  que  Redi  avait  laite  sur  la 
viande,  eu  la  mettant  dans  des  rases    clos 


,     <tS21)  Oiiv.  cit.,  p.  3G5. 

{I5Î5)  Ouv.  di.,  p.  487. 

(15'»}  Otte.tU.,  p.  511. 

(1!H7   <hH.  eil.,f.  309. 

(IMS)  Etperiatuinuma  ^laftHtraùùMi  dêfTiH' 
leiii,  l«68,  irail.  de  ta  ColUtUeii  tuadimiw,  t.  tV, 
I».  4». 

(t  SdSJ  OiHntùoiii  iHionio  ai/li  animait  lit'cni'  che 


il  Irovano  negli  animntitteenti,  168t. 

(1530;  Dialoghi  fra  Malpigbi  t  Plmio  iattW 
turiota  origitu  4i  molli  iiuttii  :  Venisr,17tM. 

(I53t)    Biblia  mIutk,  tn  butcrim  ôiKfUn^: 
trad.  baoç. 
élranR. 

(I5}1)  LMmà 


dftns  Colled.  4C*d.,  ton.  V,  P**- 
Amirlctiiii,  leUre  C,  p.  * 


K)  CEN  DICTIDnilAlU 

bblirque  les  «îvi|iarM  éUionlav  fondovi- 
jwes.  lliit  BaiTfajr  ne  eoaniisuit  pas  la 
gMratioii  (toi  animaux  inférieurs,  oolam- 
■Al  celle  des  iosedes  :  or,  e'éuit  turlont 
(I  prasqae  exdusiTenenl  pour  eesaoimaui 
({geiiiUii  l'errenr  des  géoératinns  équivo- 
qtts;  hélait  tt  qu'il  fallait  la  eonibaUre,et 
Bedi,  la  premier,  afait  entrepris  eetle  li- 
dw  iTM  bonheur. 

LtprodDciioQ.quelqneluissi  prodigieuse, 
dM  poat  <nr  le  corps  de  l'homme  et  divers 
nirctuiiiBani,  était,  pour  ainsi  dire,  le 
(leiaier  reiraocbenienl  derrière  lequel  se 
huent  réfugiés  les  partisans  de  la  ^énéra- 
tm  priailire.  Aujouni'hui  on  sait  trop 
qn'clle  ne  sort  pas  de  la  règle  commune* 
(owiitifl  le»  fautuarsdel'hi^téri^niepnis- 
Msl  idineltre  ce  mode  de  reproduction  ctiM 
(«iiniinani  et  chez  les  espèces  qui  s'en 
rr,iinc\KBl.  a  Les  acariens,  dit  Dugès 
1333),  qu'on  Irouve  quelquefois  eu  paraai- 
(M  efaei  rbomme,  dans  la  gale  (aoreopfcs). 
\wsuBl  passer  d'un  indiTidu  k  un  autre  et 
wmnliiplianlavee  rapidité,  contnae le  pro»- 
mlceai  qui  fuurfDÎlleni  sur  les  oiseaui 
&it»inteeim{dtrmimf»taa  gmmoMeM),  ne 
leuTCDieire  attribués  à  une  génération 
fponttnée,  plus  rationnellement  que  les  in- 
Mes  parasites,  les  poas  de  la  tète  on  dn 
nbij,  qui  cerUioenenl  ne  s'engendrent 
«id'cui-ménies,  mais  dont  la  propagation 
stiiiiifullèremeDt  favorisée  par  la  malpru- 
n\éel  l'incurie.  > 

Après  les  iraTaux  du  xm'  siècle,  dont 
lous  iToos  parlé,  il  seiiililait  qu'on  ne  |iOu- 
;iit  plus  admellredecri^ation  fortuite.  Hais 
^prjl  bjmain  pst  comme  fatalement  en- 
iliw  i  se  répéter  lui-mAme,  et  les  erreurs 
!',ur)jsseiit  arec  le  temps  comme  les  Téri- 
»;iu5si  quand  cette  vieille  hypothèse  des 
niéraiioas  spontaiées  paMissail  croak-r 
c  toutes  parts,  une  maijnifi'pre  découverte 
iDl  lui  prêter  un  nouvel  appui.  Avec  le  mi- 
■nttope,  Leuweuhnek  (I&3V)  découvrait  en 
IT5  les  aiUMaux  invisibles  kVœil  nu,  et 
mr  c«la  nommés  microieopiqaet,  dans  les 
lut  pluviales  et  dans  d'autres  liquides, 
fi  Urd,  Heedham  (1533)  montrai!  que,  si 
j'ulréfaction  ne  produit  pas  d'insectes, 
le  fait  du  moins  natire,  dans  toutes  les 
faïions  renfermant  d«s  matières  en  dé- 
'»;|<osition,  de  {wlits  nnimalciflesjus'iu'a- 
n  inconnus,  mais  qui  furent  aussiiétrub- 
'  de  mille  recherubes,  et  que  Wrisbei^ 
iSGj  désigna  pour  la  première  fois,  eu 
63,  sous  le  nom  i'înfvuoirti. 
Si  l'on  verse,  en  elleti  de  l'eau  sur  des 
L'élancés  animales  on  véijélales,  cl  si  l'on 
î>use  le  tout  k  une  douce  température  et 
'■i.au«uce  de  l'air  et  de  la  lumière,  on 
il  spparjilrc,  peu  de'  temps  après,  au  mi- 


1555)  Trmté  é*  aAniafafie  eomfërée  de  Ctnmwte 
lA  <«iM«u;  HonliidlMV,  IS3S,  t.  III,  p.  «W. 
tSH}  AnaUimnti  cl  emttfilalh  aonMlfarMi  aala- 
ùuiaibUimm,  de.  ;  Levde.  1S85,  et  Oferm  amitim, 
«rtauM  tutmrm;  Leyde,  1722. 
V-Xi'  Àm  ae€ttvilo[iomfiieKmienuojncaUiKO- 
VI ,  LoodoB,  IT«5. 


APOtOGETIQIIE.  f  E3t  WO 

lieu  de  la  décomposition  et  de  la  dissolu- 
tion de  ces  matières  organiaues.  des  végd> 
laux  très-simples,  tels  que  des  moisissures, 
ou  de  Irès-petits  animaux,  d'une  simplicité 
OfgiDiqne  apparente,  visibles  seulement  an 
mieroBCope,  quelquefois  même  à  un  Irès- 
fort  RrosstMemeat,  ce  qui  n'empêche  pai 
que  l*organisaiio3  de  plusieurs  d'entre  eui 
ne  soit  fort  compiiaoéa.  C'est  i  ces  êtres 
nouveaux  qu'est  reste  le  nom  d'infusoires, 
qui  exiirine  la  principale  condition  de  leur 
exisleoee.Lpur  apparition  ne  semblant  pré- 
cédée de  celle  o'ancnn  flire  semblable  è 
eux,  ni  même  d'aucun  être  jouissant  d'une 
vie  quelconque,  on  suppose  qu'ils  se  for- 
mant de  toutes  pièces  è  l'aide  de  l'eau,  de 
l'airetdes  matières  en  infusion,  c'est-è- 
dire  qu'ils  naissent  par  une  génération  sfioii- 
laoée:  erreur  que  Buffoa  devait  soutenir 
plus  tard  de  loule  la  gloire  de  son  nom  et 
de  tout  le  prestige  de  son  si^le. 

L'existence  de  ces  infusoires,  l'obscorité 
de  leur  origine  et  de  celle  de  quelques  eu- 
tnzoaires,  sont  les  seuls  motifs  qui  fassent 
admettre  aujourd'hui  encore  la  génération 
sponlanéi;  par  des  autorités  acirnti tiques, 
dont  le  nom  demande  qu'on  ne  la  rejette  pas 
sans  la  soumettra  i  un  examan  sérieux. 
Ainsi,  elle  est  professée  par  plusieurs  natu- 
ralistes, Biirmei!>ter  (1S37)  entre  autres,  pour 
l'acarus  Je  la  gale,  les  poux,  etc.  Biirdach 
neTadmet.  d'une  manière  absolue,  que  p<inr 
les  infusoires;  comme  si,  parce  qu'ils  sont 
simples,  il  n'en  étaient  pas  moins  des  ani- 
maux, ei  comme  si  la  génération  spontanée 
n'était  pas  tout  aussi  dilBcile-è  comprendre 
è  leur  égard  qu'ft  l'égard  de  tous  les  élres. 
Pour  ce  qui  eal  des  autres  animaux ,  tanlAt 
Bûrdarh  (1538)  va  jusqu'à  croire  que  cerlaiiM 
fioissons,  qu'on  trouve  dans  des  étangs  sur 
des  munlagnes,  peuvent  y  naître  spontané- 
ment; tantôt  il  refuse  d  admettre,  malgré 
l'analogie  des  deux  ordres  de  faits,  la  géné- 
ration spontanée  dea  crapauds  qu'on  a  trou- 
vés dans  des  arbres  ou  dans  des  murailles. 
Comment  admettra  l'hétéragéoie  des  uns, 
qnand  on  rejette  celles  des  autres  ?  Dugès 
(1S39]  croyait  k  la  s|Nmtépanté,  et  il  faisait 
même  jouer  è  l'électricité,  dans  ce  mode  de 
génération,  unrAIe  qu'il  n'est  pas  besoin  de 
réfuter  aujourd'hui.  «  L'électricité  molécu- 
laire nu  decontact,  dit-il,  qui  préiiide  aux 
crisinllisations  minérales,  qui  de  même  agile 
évidemment  les  malières  organiques  en 
fermenlalion,  ne  («ul-elle  êlra  considérée 
comme  constituant  l'agent  vital  de  certains 
agrégats  nouvellement  formés ,  viviliaiil 
ainsi  ces  animaux  sans  système  nerveux  «fue 
Lamarck  nomiuail  apalliiquesT  Lamarck  ad- 
mettait que  ce  sont  liS  impomlérablea  géiié* 
raus  qui  tienueni  lieu  d'ageot'vitsi  i  ces 

1536)  Ùe  nimataJi*  MfMariû  ia<are  «faerMi- 
Imhm;  GocUtiigiie,  1ÏS5. 

(I&37I  aaadbnek4treUomoto9ie:VciÏM,  1795. 

(1538)  Trahi  4t  pkyfiole^w,  t.  1",  p.  IS. 

(1539)  TraUi  dêpbiiMo^f  eompMTété*  Ckomm 
tt  dtt  oHimaus  ;  Vonlpcllier,  1839,  t.  Ul,  p-  I99> 


CEK 


DICTTOJiNUIlE' 


animBui  ni  les  organisent.  Olton-Frédéric 
HAMpr  (1540)  dâctare  que  les  iiifusoires  se 
fonnpiit  fx  motnulii  brulii  tt  quomd  lenium 
nottrum  inorgonicii. 

M.  Gi^rard,  auleiir  de  l'iiniule  GHUratia* 

y'çntimit  (hn*  le  Dictionnaire  unitergtl 
hittoire  nalurtlU,  publié  snus  la  direr-tinn 
d«  H.  r.h.  d  Ort>igny  (1853),  s  cru  devoir 
aouleiiir  la  Ihèse  liKSçénérationt  ipontanén, 
M  l'a  préseriléi- Bvpc  i'ap|iarpii  d'une  érudi- 
lion  qui  peut  [jarntlro  Sjvécieus»  aui  esprits 
siiperlkioh.  Sans  dniite  si  l'ault^ur  avsrl 
9u  de  meilleurs  arijumunls  ,  il  les  aurait 
fail  Tsloir.  Nous  devnns  donc  regarder  son 
travail  comme  réunissant  taules  les  ros- 
sources  des  parlisniii  de  celle  ihéuHe  du 
panthéisme  mal^rialislo.  En  faisaiiL  vuir  cti 

3u'il  ;  a  de  husardé,  de  téméraire,  de  fcui, 
ans  toute  celle  argumeiXation.de  M.  Gé- 
rard, nuus  Buruas  donc  renversé  ce  triste 
sj'stème. 

«  Quand  un  naluralisle  .  dit  M.  Gérard, 
jclie  dans  In  science  une  (iropositton  neuve, 
hardie,  en  apparence  paradoxale,  on  s'étuone 
de  son  audace,  et  s'il  est  seul  on  le  honnit; 
mais  en  a-t-il  plus  turl  pour  cela?  Galilée 
no  demanda-t-il  |>as  pardon  à  genoux  d'avoir 
dit  que  la  terre  tourne  f  Lmuarck  n'cncou- 
rul-iJ  pavl'aniaiaUversion  des  systéinalisles 

iinur  avoir  osé  élre  pbilosotjhe  jusqu'au 
loul?  Ut  sn  défense,  éloqiiemment  |>rise  par 
un  UBluraliate  philosoplie,  il.  Isidore  Geof- 
froy, l'H-t-ellelavé  du  reproche  d'être  un 
réveurT  Guëlho  ne  se  plaiguit-ÎJ  pas  d'filra 
«eul  incompris  quand  il  révéla  ses  Iravaui 
tdmirnbles  sur  la  slruulure  vertébrale  de  la 
iéte.  KtGeotTroy  Saiiil-Hilaire  ne  lulia-l-il 
fias  toute  sa  vie  et  n'a-t-il  pas  légué  h  se) 
successeurs  descombuts  plustiides  encore 
pour  avoir  tu  au  sein  de  la  nature  organi- 
iiiitt  autre  chose  que  ce  qu'y  a  voulu  trouver 
I  école  timorée  T 

a  Or,  parmi  les  questions  controversées, 
celle  de  lu  génération  spnntanée  est  une  de* 
jdiis  virnoieiit  attaquées.  Il  y  a  vingt  ans 
qu'elle  est  délsissée  et  représentée  comnit 
une  théorie  dénuée  de  sens  ,  enfantée  par 
«les  cervcaui  en  démence.  On  s'étonna  mâme 
«ju'elle  IrouvAt  place  dans  ce  Dictionnaire  ; 
mais  son  omission  dans  un  ouvrage  qui  doit 
compter  parmi  les  œuvres  de  pniinsophie 
naluri-lle  eût  été  une  lacune  impardonnable. 
Seul  au  milieu  des  opfwsaots,  je  n'eusse 
jias  reculé  dwant  une  tâche  ardue,  mais 
d'autant  plus  importante  qu'elle  est  la  pierre 
«ngulHJjede  la  philcsopliie  naiuri;lle;je  oie 
SwuLuis  R&seE  de  courage  pour  le  faire,  sûr 
de  trouverle  chemin  de  l'esprit  de  quelques 
piuseurs;  mais,  loin  d'être  seul,  j'ai  pour 
«autiim  les  hommes  les  plus  éminenis  de  la 
ecience  parmi  les  anciens  e(  les  modernes, 
et  je  puis  m'a;>iiuyur  sur  leur  auturité.Bulfon, 
Ouéneau  de  Monlbéliard,  Needham,  Priest- 
l'fji  Ingenhouss,  Gleicen,  Stenon,  Bdker, 
Wisberg,  Fray,  Werner,  Pallas,  O.-F.  Mill- 
ier, Braun  ,  Rudolphi,  Bremser.  Gœie 
Crosse,  Tiédemsnu  ,  Trctirsoua,  Bauer 


AI>OLOCBTIQt}E.  Ga  m 

J.  Uiiller,  Btirdaeh,  Canis,  Œ[en,E«:lui«;|]i, 
Tengher,  Allen-Tliomson  ,  D»  la  Mellrie, 
Cabanis,  Lavoisier.  Lamarck,  Salal-Àmant, 
Tnrpin,  Desmniilins,  Bory  de  Siiiri-Vùt- 
cent,  Dumas,  Dugè*.  Eud.  Deslonciumiu, 
Dujardin,  elc,  ont  nettement  formulé  4iiii! 
leurs  év'rils  leur  croyance  i  U  KénérAtion 
s()ontAnée.  Cette  er4>yance  ,  uAI6e  uilij  i 
dB  graves  erreurs,  k  des  préjugés  riaicula, 
a  été  celle  des  )ihiliisn)ihes  anciens  r|ii 
avaient  liéjh  dit  :  Corruptto  uniuà  ttt  jm- 
ratio  alleritu:  elle  n'est  donc  arrivée  jui- 
qu'ii  nous  qu'après  d'iiuperlantFS  rpcll^ 
lions  ;  mais  elle  n'en  est  devenue  (|ue  |ilu 
positive. 

■  Pour  procéder  méthodiquement  im 
l'élucidfllion  d'une  question  de  celle  ini)ior- 
tance,  je  citerai  certains  passages  des  ècriU 
do  quelques-uns  des  nstursiisles  que  j'ii 
mentionnés  ci-dessus,  afin  de  prouver  [)ue 
cette  théorie  si  controversée  est  Ispenut 
d'une  école  qui  se  reproduit  idectique  i 
travers  le  temps.  Buffim,  non  paslcDilu- 
raliste  poète,  mais  le  philosophn,  tilit, 
(1.  IV,  p.  335,   Supplément»)  ;  •  fl  ;  a  pful- 

■  èlre  autant  d'élres,  soit  vivants,  soit  tcgé- 
I  lanls,  qui  se  reproduisent  par  l'asscinbl^iju 

•  fortuit  des  molécules  organiques,  qu'il p 

■  iraniinauK  ou  de  végétaux  qui  peuvent  se 

■  reproiiutre  par  une  succession  consinnudn 
«  généralions  (p.  337}  ;  plus  on  obserrert  li 

■  nature,  plus  on  reconnattra  qu'il  se  jiroJ»^  ' 

■  en  petit  beaucoup  plus  d'êtres  lie  relie f^ 
t  çon  (la  génératiOB  spontanée)  que  Je  toaie  i 
«  autre.  Un  s'assurera  même  que  celteiiDiiiè- 

■  rede  génération  est  non-Deulement  laj'lns , 

■  fréquente  et  la  plus  générale,  mail  \»  i'iu) , 

■  ancienne,  c'est-a-dirr-  la  première  ella|'lu>  : 
«  universelle.  »  Son  idée  fondainenUle,  pir- 
Iflgée  par  l'école  ellemaiidu  ,  et  quimori» 
un  mûr  examen,  bien  quo  ic  ne  la  cruie|>i>. 
exacte,  est(Hû^  tint.,  t.  11,  p.  b20)  «iiuili 
«  exisie  une  ma tière  organique  siiiniée,  uin' 
«  versellement  répaiidue  dans  toutes  k-ssubt- 

•  louces  animales  ou  végétales,  qui  sert  ^ 
«  lement  à  leur  nutrition,  6  leur  dévulopE*" 
«  ment  et  à  leur  leproduction.  ■ 

x  L'opinion  de  BnlTon  sur  les  rnolMa 
organiques  vivantes  fut  soutenue  par  V'û\^*\ 
Pirri,  dans  son  livre  sur  la  Miproduiifi''] 
corpi  organixati;  et  sur  rBpjirobation  n 
Francetco  Mira,  l'ouvrage  fut  jugédigicikl 
Vlmprimaliir,  can  licensa  de'  Suprrion. 

«  O.-F.  Muller  dit  que  les  aninialculr?"^' 
fijsoires  se  fonneiil  ex  moteculit  tiriUii  '' 
quoad  ttnium  noitrum  inorganicii. 

a  Latnarck,  avec  qui  je  m  est'nie  heuff''; 
d'avoimne  étroite  communauté  de  (■n!n)M,| 
liieu  qu'à  notre  éjioque  de  jeunes  nnlu*i 
li>tes,  qui  n<^  l'ont  jamais  lu  ,  le  Iraileil  «■ 
songe  creux,  dit,  dans  son  admirable  f'''''' 
BOphie  xovlogique,    p.  80  :  ■  La   uiitun:' ' 

■  I  uidu  de  la  cliideur,  de  la  lumière,  (1«  i  '- 
€  lectricité  el  de  l'humidité,  forme  des  géiw- 

•  ( allons s|H>nlBnées  ou  direclesàl'eilréii"" 

■  de  chafjiie  rètne  des  corps  vivants,  "»  ** 
>  trou  vent  les  plussimples  de  ceseori>s-' 


(15*0)  Pars  i,  Animalium  iufuiorionint  lucciiicla  huloiÎQ  ;  Coprntiag'.ic  cl  Lclpiiiit,  Iî73. 


MCTIONNAIRE  hP&LOGETV}\}E. 


m 


tTreTinDas  [Stohnie ,  I.  II.  p.  367  el 

US)  i'eiprime  ainsi  sur  ce  swei  :  La  ms- 
i4ra  anito')!)  <  dépoorriie  de  form«  pur 
«tllB-D£me,m8i5  aple  néaDmoîns  ï  prendre 
I  ff-lle  0»  la  fit,  conserre  une  forme  déler- 

■  miiiéesous  l'inDuence  de  canses  exlérieu- 

•  r»,  n'i  persiste  qu'en  Uni  que  eus  causes 
«  roiliuiienl  d'agir,  el  elle  en  prend  d'aulres 

•  <!êiii<iB  de  aouieiles  causes  influeni  sur 

•  TicJ«iBBnii  [Phyiioî.  de  rhomme,  I.  I, 
r.  lOT)  adupie  d'une  manière  formetle  l*bs- 
i/cjlioa  lie  Treviranus;    if  dit   (p.  100)  : 

•  Le;  tires  organisés  sont  produila  parleurs 
(KUiLlables  ou  doÎTent  naissance  à  la  œa- 
<  '.iere  des  corps  organisés  en  état  de  décom- 
«|4hi:ioo  (p.  lOV).  ■  La  puissaDCe  plastique 

•  J?  il  matière  ne  s'éleint  |ias  après  la  mort  ; 

•  t'ïrunserTe  lafacolté  de  reretir  one  nou- 
*K!e  forme  et  de  ne  montrer  npleft  jouir  de 

•  Il  ne.  La  mort  oe  porte  donc  que-sur  les  iii- 

•  oiiiJusorgsiiiques,  tandis  que  les  matières 
t  orgxDi'iDes  entrant  dans  la  composition  de 
o-isélres  contiauentèfiouToir  prendre  for- 
(  nie  et  receToir  vie  (p.  152}.  •  Les  matières 
(  ':^iiiqties  qni  ss  séparent  de  leur  organisa- 
1  "H  (les  individus  frapfiés  de  mort)  coiiser- 
<cni.  lorsqu'elles  ne  sont  pas  ramenées  h 
Inirs  éléments  OU  converties  en  composés 
irbjîres,  par  J'sclion  des  affinités  chimiques, 
^_;roprieté  de  reparaître,  avec  le  concours 
4'ii'fiueiices  extérieures  favorables  de  la 
tbiicur,  lie  r«au,  de  l'air  el  de  la  lomière, 
OMf  lÏKS  formes  animales  ou  végétales  plus 
Hq;  Irs,  qui  rarient  toutefois  en  raison  des 
uJafnces  ft  r«clion  desquelles  elles 8l-  trou- 
'eui  Mumises.  ■ 

«  Catianis  [Rapport!  du  moroi,  édition  de 
tlU,  p.  ^21),  lui  qui  avait  si  loin  porté  le 
b-iie  philusopliique  el  qui  o  eut  d'autre 
uilirur  que  d'appartenir  i  deux  siècles 
l'ï^renis  par  leurs  théories  et  leurs  lu- 
t'ires,  s'eiprimail  ainsi  dans  son  Mémoire 
V  fa  n>  mnimate  :  ■  II  faut  nécessaire  me  ni 
nouer  quê,  moyennant  certviues  coadi- 
uous,  la  matière  inanimée  est  capable  de 
1  organiser,  de  TÎTre,  de  seatrr.  > 

■  M.  Eud.  Destoncbamps  dit ,  dans  son 
^'ic  sur  les  vers  ioteslioaus  (Eneycfo- 
éAf  otéthod.  zooph.,  l.  Il,  p.  773),  après 
^ir  coniljeitu  les  hypothèses  sur  la  trans- 
tiMOD  des  intestinaux  des  [farenls  aux 
^iits  dans  l'acte  de  la  généralion,  et  CL'Ile 
'  Hssage  des  oeufs  h  tra*trs  les  tissus  : 
aucune  de  ces  hypothèses  ne  peut  donc 
reodre  raisoD  de  I  origine  et  de  la  com- 
iDDDication  des  Ten  intestinaux.  Il  en  est 
Oie  dtrnière  admise  presque  générale- 
D^fil  eu  Allemagne,  ordinairement  sou- 
t«:.ue  jiar  notre  asTant  collaborateur , 
H-  Bbrj  de  Saint-Vincenl,  et  par  qoelqaei 
■Pluralistes  des  autres  résiens  de  I  Uu- 
t'',  e:je  Teux  parler  de  la  génératiun 
>;'julai,ée  oa  primitire,  à  laquelle  on  est 
1-our  ainsi  dire  amené,  par  l'exclusion  né- 
cessaire des  aoires.  Cette  quosliou,  l'une 
Ju  plus  hautes  et  des  plus  ardues  de  la 
ihjMologîe  transcendante,  ne  se  rapporte 
(•as  seulemeal  aat  eulozonires,  tuais  h 


<  plusieurs  aoires  groupes  des  £tres  orga- 

•  nisés.  • 

■  H.  Bory  de  SaiDl-Vînceol  (art.  Pniéko~ 
diairti  de  rEncychpédie  mélk.,  xo»j^.,  l.|l, 
p.  661).  dii  :  *  Il  est  bien  démontre  mainte- 

•  nant  qu'il  existe  des  créatures  végétantes 

■  el  même  très-rivanles  qui  pearftiil  naître 
«  spontanément  sans  auls  ni  germes,  sauf 

■  h  disparaître  sans  se  produire  ou  bien  i 
€  se  reproduire  par  division.  ■ 

■  tara»  (Anat.  eomparét,  1.  III,  p.  13) 
s'exprime  ainsi  sur  cette  matière  :  ■  l'Tuule 

■  uaissance,  toute  génération  est,  quant  h 
4  son  essence,  la  production  d'une  cho«e 
€  déterminéeparunechosenondéleriuîiiée, 
€  mais  délerminable...  2*  Le  dé(>loicment 
«  spontané  d'un   être  délenuiné  qui   uatl 

■  d'un  être  iodélermioéest  la  ligie  primur- 

■  diale  el  eo  même  temps  le  symbole  de 

■  la  vie. 

■  Bunlacb  (Traité  de  phytiol.,  t.  I,  p.  8) 
fnrmule  ainsi  sa  peusée.  ■  Oit  appelle  kiti- 
«  re^islouteprudueUiod'èlrevivanlqui, 

■  oe  so  raltaclianl  ni  pour  la  substance,  ni 

•  pour  l'ocrasion,  h  des  individus  de  la 

■  luème  espèce,  a  pour  point  de  départ  des 

■  GOrpa  d'une  autre  espèce,  et  dépend  d'un 

■  concours  d'aulres  cireoDSiaDcetf;  c'est  la 
«  manifestation  d'un  être  nouveau  dénué  de 

•  parents,  par  coiiséquent  une  génération 

■  primordiale  on  un» création.  Nous  le  re- 

•  connaissons  partout  oii  nous  voyons  pa- 
«  ralire  un  corps  oi^auiné,  sans  apercevoir 

■  un  autre  eorpa  de  même  espèce  dont  il 
«  puisse  procéder,  ou  déeouvrir  dans  celui- 

<  ci  aucuns  partie  apte  I  opérer  la  propa- 
«  galion.»  Ces  naturalistes  appartiennent  à 
une  école  laborieuse,  inleHi^ente,  mais  qui 
laisse  Iropi  l'imagina  Uon.C'estaiouqu'Oken 
admet  que  tous  les  êtres  orgaoiaes  sont 
eomposés  d'animalcules  nucroaeopiqaes,  et 
que  ReicheDbaeb  regarde  les  globules  du 
SSRgconiBse  (les  mîcroKOpiques  coitstituaul 
la  première  famille  du  règne  animal. 

«  Di^ès  [Phf.  e9mp.t  t.  Jll ,  jn.  207  et 
SUS)  dit,  dans  son  cbapilra  de  la  Spi>ntépa~ 
riU,  c'est  le  nom  qu'il  dunne  è  la  génération 
spontanée  :  «  Les  objections  qu'on  oppose 

■  à  la  spooléparité  des  êtres  dont  il  a  éié 

■  question  plus  haut  (lea  iofusoires,  les  en- 

■  IDzoairea  et  les  psycbodiaires  de  H.  Bory 
«  de  Sainte  Vincent),  nous  poraÎMent  de  peu 

■  de  valeur,  1'  Ou  b  doooe  ooviue  încoui- 
»  préhensible.  el  nous  croyons  avoir  iléjè 

■  asseï  démontré  qu'elle  ehl,  au  contrain-, 
«  très-vrBiaeiiibblablB;nou0  luonlreroDsIout 
€  è-l'heure  que  c'est  auxdoctnoes opposées 
«  qu'il  faut  renvoyer  le  reproche  d'fiireinin- 

■  lelligibles.  2*  On  dit  que  la  nature  ne  bit 
>  rien  eu  vain,  el  que  beaucoup  de  ces  ani- 
«  maux  S|>oniépnrtrs  ayant  des  sexes,  d'au* 

■  très  se  multipliant  |>ar  scission  ou  gen- 
«  maiion  ,  il  y  aurait  auperfluité;  c'est 
«  imposer  h  la  nature  des  lois  que  l'expé- 

■  rience  déniootre  souvent  enfreintes;  car 

■  les  végétaux  SB  reproduisent  el  par  grai- 

■  nés  et  par  boutures,  et  nous  verrons 

■  bientdt  qu'il  est  des  animaux  à  la  Ibis 

■  scxiiores  et  geumiperes  (poirpesi  etc.)* 


IHCriONN&IBE  APOLOCI^TIQtJE. 


a  el  que  certains  autroH,  )ilus  purticulière- 

■  ment  sutipares,  peuvent  aussi  se  miilti- 
I  jilier  par  scission.  Les  (trnias  el  les  botrio- 

■  l'éptiales    <le    Diomme    produisent     uue 

■  immense  quantité  d'œu£s  et  restent  pour- 

■  tant  sofila^fM;  il  y  a  donc  là  superfluilé. 

•  Mais  si,  du  reste,  les  arguments  posilil's 

■  en  faveur  de  la  spooléfiBrité  ne  sont  pas 

>  liîendémonslralifsi  nous  allons  roir  qu'il 

•  n'en  est  pas  de  mâme  des  négatifs,  el  qu'A 

■  défaut  d'autre  foie,  on  j  arrive  néces- 

>  satremeiit  par  exclusion  de  loule  sulre 

■  théorie.  » 

■  M.  Du^ès  élail  de  l'école  de  Geoffroy 
Sainl-Hilaire,  l'école  philosophique  par 
excellence;  et  il  a  certes  formulé  sa  pensée 
avL-c  une  franchise  digne  d'éloges.  Il  oiiste 
une  autre  école,  celle  des  zoologistes  an- 
glais, timorés  dans  leur  philosophie,  et  en- 
chaînés par  leur  pensée  protestante,  qui  ne 
procèdent  que  méticuleusemenl  dans  leur 
profession  de  foi.  Pourtant,  il  faut  l'avouer, 
cutte  école  est  plus  avancée  que  la  plupart 
des  zoologistes  français;  el,  malgré  ses  ré- 
ticences, on  retrouve  chez  elle  plus  qu'un 
doute,  un  aveu  de  sa  croyance  &  la  nécessité 
d'admettre  la  spontanéité  de  la  génération 
des  êtres  primoidiBUi.  Allen  Thomson  (Cyct. 
of.  anal.,  pa^.  431Jdrl,  après  avoir  briève- 
iiieol énonce  les faitsqsi  militent  en  faveur 
des  générations  spontanées  :  ■  Si  cette  doc- 

■  trine  n'avait  pas  été  invoquée  dans  bien 

•  des  cas  où  elle  était  manifeilement  inex- 

>  acte,  elle  eût  été  regardée  comme  moins 
«  ridicule,  et  elle  eût  été  plus  appréciée 

•  qu'elle  ne  l'a  été.  L'épithète  de  ipontonét, 
<t  que  nous  avons  conservée  comme  étant 

•  la  plus  commune,  est  impropre  àdéaom- 

■  mer  tel  ou  (el  procédé  de  (a  naiure,  et 

■  l'analogie  tirée  de  la  plupart  des  plantes 

■  et  des  animaux  milite  contre  la  probabi- 
«  lité  de  cette  hypothèse;  mais  il  laut  bien 
a  se  pénétrer  de  celte  vérité  :  c'est  que  les 
«  corps  organisés  dans  lesqoels  on  a  uru  re- 
«  coauallre  la  génération  spontanée  diffi- 
«  reni,  par  leurslruciureet  leurs  fonctions, 

•  de  ceux  qui  se  reproduisent  par  les  moyens 
«  d'ieufs,  et  nous  ne  sommes  autorisés  h 

•  rejeter   l'hypothèse  de   leur  génération 

•  spontanée  que  parce  qu'elle  est  en  discord 

•  avec  le  reste  du  règne  animal.  Harvey 
«  lui-même,  qui  établit  la  proposition  de 
«  Omnt  vietim  ex  ovo,  parait  avoir  recoaua 

■  lauécessilé  d'admettre  quelquedilférence 
1  entre  la  forme  la  plus  ordinaire  de  la  gé- 
«  nération  pur  le  moyen  d'uy  œuf,  et  celle 
«  qu'il  appelait  le  mode  spontané.  ■ 

■  Dn  de  dos  naturalistes  les  plus  distin- 
gués, de  nos  observateur!  les  plus  exsets, 
U.  Uujardin,dit  formellement,  dans  son 
Hiàtoire  nalurttU  des  belmntku ,  pag.  294, 
1  que  le  incAina,  qui  se  développe  dans  te 

■  tissu  musculaire,  est  un  puissant  argu- 

■  ment  bq  faveur  de  la  génération  spontanée 

■  de  certains  belminlbes  (pag.  40Sj  ;  *  et  en 
iwrlant  du  dislome  éiuigrsat,  ■  que,  comme 
«  on  trouva  dans  le  foie  dns  limaces  undis- 
<  tome  très-analogue  qui  s'y  produit  ipw 


«  tanémtnl,  et  qui  n'a  Jamais  d'orgioai gj. 

■  nitaui ,  je  suis  porté  i  croire  qne  c'est 

■  une  seule  el  même  ps|èce,  iponfMfnni 

■  produite  chez  les  mollusques,  etc.  > 

«  Si  maintenant  nous  iiiterrogeanj  h 
écrits  des  antagonistes  de  is  génétilioa 
spontanée,  nous  voyons  que  les  honimn 
dont  les  expériences  et  l'aulonlé  inni  m- 
portées  par  ceux  qui  combattent  celle  tbéori', 
peut  èlrn  sur  simple  ouï-dire,  otil  été  moins 
explicites  qu'on  ne  pense.  Ainsi,  Sitmaiti- 
dfim,  dont  le  cerveau  était  h  demi  iélttuM 
par  les  rêveries  extatiques  de  In  BourigniHi 
mais  vaincu  dans  son  obslinnlioii,  i  Mare 
ces  faits  inex(ilicables,  ce  qui  en  Kiienl i 
un  doute  nettement  formulé.  Quant  illdi, 
observateur  attentif  el  sérieiii,  el  surtout 
homme  de  bonne  foi ,  il  dit  (Colfeci.  acad., 
I.  IV,  part,  etr.tp.  U7)  :  «  L'autre  (opimoti), 
«  qui  ne  me  parait  pas  inrroynble.c'eslquc 

■  la  même  vertu  qui  nroduit  les  fleurs  ri 

■  les  fruits  dans  les  plantes  acluelleaieiil 

■  vivantes,  y  fait  nallre  aussi  Ipsiersqui 

■  se  trouvent  renfermés  dans  cesffml].i 
Il  revient  sur  la  même  idée  ï  la  page  VA, 
et  dil,  pgge  i60,  au  sujet  des  cmurni  qui» 
tiouveni  dans  la  tôle  des  cerfs  el  des  mou- 
tons :  ■  Le  même  principe  actif  eliiiiliini 
«  qui  produit  ces  petits  animaux  dans  liltii 

■  des  cerfs  el  des  moutons,  donne  peal-Mn 

>  aussi  naissance  aux  poux  qui  louruenteiit 
«  les  hommes,  les  quadrupèdes  el  les  dI- 

■  seaux;  mais  je  suis  plus  porlé  h  noin 

■  avec  Sperlingiusque  ces  insectes  naisunl 
«  des  (Buts  que  dénosent  les  femelles,  e1c.> 
Valisnieri,  son  élève,  est  plus  iiilrailible; 
mais  l'abbé  Sjiallanzsni,  toujours  iiiio<|iil 
dans  la  réfutation  de  cette  question,  i'»- 
prime  encore  avec  plus  de  naïveté  queReiii; 
il  déclare  ainsi  son  doute  dans  ses  Opwciiifl 
phyiiologiquei ,   p.  230  :   ■  Les  ioluioiret 

■  tirent  sans  doute  leur  première  origioi 
«  de  principes  préorgauises;  maïs  ces  piii^ 
«  cipes  font-ils  desmufs,  des  gerojei, 'a 
«  d'autres  semblables  corpuscules?  S'ilM 

>  offrir    des  faits  pour  répondre  1  «iic 

■  question,  j'avoue  ingénumenL^ueiiHi 

■  ti'avous  sur  ce  sujet  aucune  cerliludi'. • 
«  Depuis  celle  éfioque,  les  adversiiruiU, 

la  génération  prîmiiive  ont  lOLijojrs  >^>i 
sur  le  témoignage  des  naiural.sles  àotiifl, 
cite  textuellement  des  po&sages  auiquil)U< 
pourri  recourir,  el  ion  voit  qu'il  ;>J"' 
chez  eux  l'incertitude  la  plusnf.-tteiueat'i'r- 
mulée.  PouriBul  ou  choisit  au  bastril  àmi 
leurs  écrits,  comme  on  l'a  fait  pourHirH}< 
un  passage  tronqué,  et  l'on  s'en  sert  iïudiii^ 
d'une  preuve.  Si  l'on  veut  b—  ■"■"''■''* 
pensée  des  psuspermisles,     ~ 

a  accord  presque  coin|ilet  i 

partisans  de  la  (jéuératiou  sponlantfe.Birn< 
appelait  auf  toute  molécule  organique» 
organisable;  Spallanxatiî  les  a|>peli>'' ^"^ 
eorpiucutes  préorganiaét ,  el  l'on  vuit  }•*'  " 
qui  précède  qu'il  est  loin  de  les  cop>i<J"|! 
comme  dt.8  œufs  ou  desgermes,  |)uisii<>ii 
dit  expressément  :  d«f  nu/a,  dtt  gff'"*'^ 
d'aulret  lembtablet  corpusculu,  fidund  wai 
défendil  remboltemeni  des  genDes,elil" 


t  on  s  en  sen  vian^ 
veut  bien  éiuJiifiJ 
Iles,  on  verisqu>l,] 
iilet  entre  euiïi  ™ 


cnt 


ncnONMIBE  APIHJKETIQUE. 


QEX 


99S 


paanitlii-resar  ce  point  BucuoecooccssiOD 
MU  déiruirs  sa  propre  théorie. 

■  Je  oe  parlent  pas  non  plus  longaeioent 
dri  Invaoi  de  M.  Ebrenberg.  Ses  observa- 
lioot  nr  let  icfutoires  l'oot  conduit  h  des 
ron»fqueneef  si  eitraordioairei  qu'on  est 
leatéde  les  regarder  comme  un  roman  in- 
géaieox.  11  a  trop  Toalu  prourer  pour  que 
«M  témoignage  puisse  faire  foi. 

(  Ces  prolëgomènes  étaient  indispensables 
dioi  une  question  de  premier  ordre;  car 
tl.  Flourensdil,  dans  sou  Biiloirt  dtt  tra- 
t»tr  dt  Bu/fon ,  pa^.  T7  ;  ■  Au  moment  où 

■  BulToD  reproduisit  les  gégéraiîoDS  S|:oii- 

•  Uoées,   elles  élaiest  oubliées,  el,  selon 

■  lonlM  les  apparences,  pour  toujours  ou- 

■  Uiéfi.  *  Il  ne  discute  pas  la  question,  et 
rebiVMi  dire  T  «  que  Ce  n'est  pas  ainsi 

•  que  se  font  1«s  vraies  théories;  que  les 
'  Tniu  théories  se  font  d'elles-mfimes.  » 

lAintt,  toujours  des  négations,  et  pal 
d'irgnmeolalioii  serrée.  Quand  bico  Kème. 
r'nt  belle  de  reconnaître  que  cetie  ques- 
tion, Kortt  pour  toujoun,  est,  su  .conlrairei 
l'Iut  rrrace  que  jamais,  et  qu'on  oe  peut, 
»ni  fermer  les  yeui  A  ré*idence,  se  refuser 
1  foir  que,  depuis  Buffon,  les  naturalistes 
Im  t'us  éntineols  /  ont  ajouté  foi;  qu'au- 
jt'DnJ'bDi  les  bommes  qui  ont  le  plus  reculé 
teTiol  les  idées  pliilosopliiquesaes  ency du- 
t^lisies,  res  AoKlats  et  les  Allemands,  «d- 
■uiini  cette  théorie,  l/influeoce  posibum* 
^  Coi  jer  sor  les  opinions  de  quelques  zoo- 
iBgiMes  est  ici  de  peu  de  poids  ;  ce  grand 
oCaraliste  n«  représente  jamais  dans  la 
<«tKo  qu'nne  unité,  encore  son  opinion 
s'-cllerague.H.  Laurillard  s'exprime  ainsi 
^0*  l'Eluge  de  Cu*ier  sur  les  idées  du 
ullra,pag.  S5,  note  13  :  ■  H.  Cuvier,  con- 
utléuot  que  tous  les  êtres  organisés  sont 
Uriiés  de  parents,  et  ae  T07U11  dans  la 
njtun  aucune  force  capable  de  produire 
rttginisation  «  erof  ait  à  la  préexistence 
fin  être  loul  formé ,  puisqu'il  est  bien 
ttidenlqucee  n'esique  par  des  défelop- 
peiDents  succossifs  que  l'être  acquiert  sa 
fanue  ;  mais,  si  l'on  peut  s'eipri  mer  ainsi, 
^  U  Ii^zisleoce  du  radical 4e  rétrt,  n- 
éio]  qui  existe  arant  la  série  des  évolu- 
tions, et  qui  f  eoioule  au  moins  certaiae- 
■TEii,  suivaiil  la  b«lle  observatiun  de 
kiibiH:!,^  plusieurs  générations, 
f  IJ  e>l  clair  que  le  radical  de  V4lr4,  les 
wueaUa  préorgamieéi,  les  wtaUculte  orga- 
Pm,  etc.,  sont  les  différentes  formes  d'une 
Ile  pensée  qui  pourrait  se  traduire  i>ar  le 
m  tt  l'ineertiiude.  Cuvier  n'était  pas  un 
H  sjrotbétiste,  et  il  semblait  lui  répu- 
I  de  s'élever  dans  les  régions  Uauscen- 
hs;  luui  ses  théories  généralea  sont- 

■  r«u  satisfaisantes.  U.  Laurillard  (même 
Kule,  pag.  j7)  dît  qu'il découlede  l'ana- 
le comparée  de  Cuvier  que  ses  princi- 
1  idée>  physiologiques  sont  a  que  la 

■  est  un  tourbillon  d'une  certaine  ma- 
ve  sou  une  furme  déterminée  ;  que  le 
bci)<al  agept  de  cette  vie  est  un  fluide 
Ipoudérable,  le  fluide  nerveux  ;  que  la 
isaiioo  et  la  reprodaeiian  des  itrtt  sont 


a  des  problèmes  à  famate  nieffmprAni>tfrfrt 
■  pour  notre  ttpnt.  etc.  >  Cette  dernière 
partie  delà  phrase  indique  bien  certainement 
un  doute,  et  un  doute  accablant.  Que  Cuvier 
ait  cru  k  la  préexistence  des  germes,  j'en 
doute  ;  qu^il  ait  répugné  k  ses  idées  ou  k  .tes 
ronvensncps  d'admettre  la  génération  epon- 
(an/r.jfl  le  crois;  mais  le  fait  eftqu'ildoutait. 

■  On  a  comliRllu  Avec,  rnison  les  idi^es 
anciennes  sur  la  géoératiuo  primitive  des 
élres  dont  la  Irau^iiiiision  par  la  généralion 
sexuelle  est  de  toute  évidence;  et  Redi 
rectifia  avec  succès  les  erreurs  de  son  temps. 
Unis  il  faut  reoionler  plus  baul,  el  voir 
l'bumanité  i  snn  enfance  créant  des  lliéoriet 
pour  exjtliquer  les  fails  qu'elle  ne  pouvait 
com(irendre.  L'opinion  répandue  chez  les 
phiIoso)ihe.«  anciens  est  que,  dans  les  pre- 
miers jours  du  monde,  la  terre,  encore 
vierge,  mais  regorgeant  de  germes,  enfnntall 
sans  ordre  et  san<  loi  une  fuu'e  d'êtres 
monstrueux,  présentant  l'assemblage  des 
formes  les  plus  étranges,  et  ce  ne  fut  que 

auand  elle  eut  perdu  de  cette  exubérance 
e  vie  que  des  êtres  réguliers  dans  leurs 
formes  se  produisirent.  Avouons  toutefois 

3ue  ces  hommes  k  imagination  puissante 
evançaieiit  les  découvertes  i  venir,  et  ne 
péchaient  que  par  une  formule  trop  géné- 
rale. Démocrite  dît  que  l'tiomme  irélail 
d'abord  qu'un  petit  ver,  qui,  par  un  déve- 
loppement lent  et  presque  insensible,  pre- 
nait la  forme  humaine.  Trois  mille  ans  plus 
lard,  B.  F.  Geolfro/  forninlsit  le  même 
principe  dans  une  thèse  inaugurale,  qui 
eut  an  immense  succès.  Il  proposa  cette 
question  :  Am  avemiifrw  AoMtiiuM  orhia, 
mteritui.  Puis,  environ  un.  siècle  après 
l'école  jihilosopblque  fançaise,  dont  Geof- 
froj  Sainl-Uilaire  est  le  chef,  et  qui  s'e&l 
en  même  temps  dévelup|iée  parallèlement 
en  Allemagne,  en  faisait,  sous  une  forme 
mieux  définie,  an  des  grands  priueipes  du 
développement  des  êtres. 

■  Uau  k  res  idées  générales,  réelles  an 
fond,  se  mêlèrent  des  idées'  erronées,  dont 
le  temps  et  I  observation  ont  fait  justice  : 
ainsi,  nous  ne  croyons  plus  avec  Aristote, 
Elieo,  etc.,  que  les  clioux  [roduisent  des 
chenilles;  que  les  anguillei  naissent  delà 
vase  putréliée,  non  plus  que  les  abeilles 
sont  le  produit  de  la  putréfaction  de  la  chair 
dn  taureau  et  du  lion  ;  qne  les  scarabées 
naissant  d'un  âne  mort,  les  gnè|>«s  de  la 
cbair  de  crocodile;  puis  avec  Sacbs  que  les 
scorpions  viennent  de  la  décomposition  de 
la  langouste,  opinion  qui  s'est  perpétuée 
jusqu'au  commencemeul  du  xviii*  siècle; 
avec  le  P.  Kirker,  que  la  chair  de  serpeut 
pulvérisé»  et  semée  en  terre  produit  des 
serpents,  et  qu'on  se  procure  des  vers  à  so^e 
en  tuant  un  taureau  nourri  pendant  vingt 
jours  avec  des  feuilles  de  marier;  que  Ta 
macreuse  naît  du  bois  |iourri  ;  et  avec  Buf- 
fbn,  que  les  lombrics  cruisseiit  spontané- 
ment. Ces  i<14es,  encore  assez  répandues  au 
temps  où  Buffon  écrivail,  pour  au'on  in- 
sérât dans  les  ButUlint  de  CAcaoemit  una 
réfutation  de  Lister  sur  la  non-réaiîlé  de 


OM  CKS  IHCTIOSXAlKE  WUiAK.r.iiv*-"-  CES  lODO 

la  eoDverûoD  des  criD»  de  clie»âl  en  »ers, 
éuienl  Ib  résultat  de  préjugés  imiéneurs, 
et   découlaieot    de    l'absence    dobserTS- 

€  l'i  s'flgîl  de  foire  la  part  du  doute,  el  de 
ne  pas  se  laisser  dominer  par  de«  Ihéoriea 
riiiles  el  iniftroTisées  par  la  force  de  I  habi- 
iii'Je.  Le»  géiiéralinm  primilÎTe»  sont  un 
fkil  qui  n'étonne  nullement  resnril  pour  qui 
rroil  i  la  imisssiiee  plnslique  de  la  terre,  h 
la  iorce  a'éïolulion  qui  a,  suiTant  les  lempa 
fl  las  circonstances,  présidé  à  la  gentni  des 
fiirntes  org.ini(iues  Je  tous  lis  degrés,  et 
qui,  en  duliors  de  tonte  liypollièse  géolo- 
«iijue.'admi-t  que,  brûlante  el  en  fusion, 
coimne  le  veulent  les  théories  géologiques 
acluelles,  et  dont  uue  cliarmante  ligure  se 
trouve  dans  le  vieux  Suédois  Bickesius, 
ou  biea  en  élal  de  liquéfaction  aqueuse, 
comme  le  soutenaient  les  Nepluniens  dit 
siècle  dernier,  qui  ont  eu  raison  à  leur 
époque,  elle  a  d  abord  été  dénuée  d  Aires 
organisés,  qui  ont  jailli  à  sa  surface  dans 
un  ordre  conforme  à  sa  force  plastique, 
sans  qu'il  y  ait  eu,  comme  le  prétendent  les 
adversaires  de  ctlle  idée,  généralion  for- 
tuite, cVst-à-diro  chaos,  assemblage  d  élé- 
lueuls  organiques  réunis  au  hasard,  s'agré- 
ueant  de  même,  et  formiinl  les  combinaisons 
Tes  plus  variées  par  l'etfat  de  li-ur  simple 
rencontre.  Cbiique  organisme  a  sa  loi,  et  ses 
variations  gratilenl  entre  certaines  limites, 

sans  qu'il  y  ail  pour  cela  fixité  éternelle  ;  .  -      ,.,-,,      -    „„  >, 

bien  loin  de  lÔ.  clrtaUies  formes  ne  se  pro-     peuvent  passer  dans  calai  des  ê  res  «um. 
duisent  qu'apiès  qued'auUes  ont  disparu,     les  premiers  sefvenl  de  proie.  Les  rUto 
"itout  cela  s'etf.cioe  parlerait  de  la  loi     ''"'"*'    "«"l    su.centibles    de    reBWr  M 
d'évolution,  inexplicable  en  principe,  mais 
démontrée  iiar  les  faits.  On  devrait  éliminer 
de    la   question   de    génération   celle   dite 
«[lontanée,  qui  n'tst  pas  une  génération, 
mais  une  gtnnii,  jinisque  nous  voyins  des 
animant,  uont  l'oiigine  est  due  au  mode 
Je  développement  primitif,  être  ttssipares, 
geramipares,  oviiiares,  ovoviparcs,  el  TiTi- 
ktares.'  , 

€  La  génération  primitive  forme  donc  uns 
qijestioa  esseiilii-lleuient  distincte;  c'est  le 
procédé  orgsuisaLeur  qui  donne  naissance 
aux  êtres  les  plus  simples,  sans  pourtant 
limiter  leur  mode  de  reproduction. 

■  Il  faut  reconnaître  que  les  lois  qui 
président  K  la  vie  des  êtres  primordiaux, 
ou  dus  &  la  génération  primitive,  ne  sont 
pas  absolument  les  mêmes  que  chez  cent 
d'un  ordre  plus  élevé,  el  qui  ont  besoin 
pour  le  soutien  de  leur  existence  d'une 
élaboistioii  particulière,  au  moyen  d'appa- 
reils cumiiliqués,  des  éléments  de  nutrition, 
qu'ils  doivent  animaliser  avant  leur  aasi- 
uiilation.  Les  mousses,  les  jongermannes, 
parmi  les  végétaux;  parmi  les  animaux,  les 
rotirères  et  les  lardigrades,  peuvent  subir 
un  état  complet  el  souvent  très-proloDgé  de 
dessiccation,  et  revenir  è   a  vie  par  la  plus 


OICTlO^tXÂIRE  APOLOCËTIQUE. 

Talions  de  Schultze,  confirmées  depoii  ya 
tous  tes  micrographes,  ont  démontré  l'eiu. 
titudc  de  ce  phénomène.  Pourtant,  lil'aD 
observe  atlenlivement  ces  êtres  doués  (Tom 
si  persistanle  ritalité,  on  est  étooné  ittlu 
trouver  d'une  organisation  fi>rt  compliquée; 
et  si  l'on  admet  le  mode  de  génération  pri- 
mitive poar  les  nwdtwM  et  les  ■ucrs&ïDCw, 
pourquoi  ne  pas  T'admeltre  aussi  ponrln 
pcoms  et  les  ptàieulusj  qui  préseDlent  nos 
structure  peul-Alre  moius  i^ompleiel  11  to 
est  de  même  des  cryptogames  :  j'ii  tout 
récemment  rendu  k  son  état  de  (ralcheut 
primitive  une  jongermanne  conservée  diiii 
un  herbier  depuis  plus  d'une  année,  cl  dnl 
je  pus  étudier  la  floraison.  Des  miscrostcipi- 

aues  ensevelis  depuis  des  milliart  d'aonée) 
ans  la  profondeur  du  sol,  et  ramenés  toiA 
à  coup  k  la  lumière,  y  repreoneoi  vie, 
comme  s'ils  ne  fussent  engourdis  quu  di  li 
veille. 

•  RudoIpUi  rappela  k  la  vie,  par  immersim 
dans  l!eau  tiô'le,  des  ascarides  trouvés  pit 
lui  daus  le  canal  digestif  de  cormorini 
qu'il  conservait  depuis  plusieurs  jours  diot 
Keau'de-vie.  Les  rhaèdiliM  rennisseoUDris 
avoir  été  soumis  k  une  dessiccaiion  prolai<- 
gée.  sans  qu'ils  aien)  éprouvé  la  moindre 
diminution  dans  leur  intensité  vitale;  ib 
se  développent  et  se  reproduisent  coisiii« 
avant,  et  leur  vitalité  est  telle  qu'ils  conli- 
cuent  de  vivre  après  avoir  élé  avgléi  f>^ 
d'autres   «nimaux,  du  coi'ps  desquels  ili 

fieuvent  passer  dans  calai  des  êtres  auiqurri 
es  premiers  servent  de  proie.  Les  rhaidioi 
trilici  sont  susceptibles  de  resltr  'M 
mourir  pendant  un  temps  très-long,  jusqui 
ee  quel  humidité  vienne  les  rendra  ils  Tir, 
et  passer  ainsi  par  des  alternatives  proloo- 
géea  de  léthargie  et  d'activité.  La  vitilittu 
ees  animaux  est  assez  grande  |>our  qw 
U.  Dujardin  ail  pu  conserver  vivinls  diu 
l'eau,  pendant  plusieurs  jours,  certains  u- 
car  ides  ;  je  n'ai  jamais  pu  garder  tiios» 
état  Vasearù  fum6ricoidei,  el  je  l'ai  Imiva 
vu  mourir  aussitôt  après  sa  sortie  de  l'ic- 
testin. 

«  H.  Dujardin  (Bût.  nat.  det  helmim. 
p.  2^1)  dit  en  larlant  du  rkabditù  at^- 

■  Ainsi  une  espèce  habitant  exelusivïin<^' 
•  le  vinaigre  de  vin,  n'existait  préatslUs 
«  ment  ni  dans  le  vin,  ni  dans  le  raisin, il 

■  ne  se  trouve  nulle  part  ailleurs  lan» 
«  peut  don<:  s'expliquer  comment,  è  ta  '"'* 

■  de  l'acidilication  du  vin,  il  >erail  arn 
«  dans  cti  liquide  deux  œufs  devant  <luii" 
«  nwssuuce  à  un  mêle  et  k  une  teoKiK 

■  destinés  à  produire  une  nouvelle  &i"^ 
«  lion.  ». 

•  Or,  quels  sont  parmi  les  grands  ]D<c< 
"tébrés  et  les  vertébrés  ô  appareils  con)|'i«i 
ceux  qui  pourraient  subir  une  dessitu'^ 
complète  de  leurs  fluides  7  Cerks,  il  u' 
eut,  aucun.  La  vie  est  donc  un  pbéiioU'f' 
multiple,  et  c'est  une  faute  que  de  vuuW 


simple   humoctation.   i'ai  fait  cette   expé-  ^  -„:    „     :  a^  At„at 

rience  plus   d'une  fois  chez   les  rolilères  prendre  l'homme  pour  («'«' .<^« jj*!*' 

vulgaires.   Quand    Spallanzani  signala  les  louiesces  oomparalsous.  Las  ussusé^w 

proT.riélés  si  singulières  de  ces  ii.fusoires,  laires  sont  tous  identiques,  il  esl  vf»',. 
un  GOntvsta  sa  décotiverle  ;  mais  tes  obier- 


U.  Peltter  a  trouvé  la  cellule  priantivew 


l»l 


cra 


MCTIOXUIBE  APOLOGETIQUE. 


uEn 


■lac  ifirasoirec  qo'il  a  fail  |>érir  d'inanition  ; 
li  n';  ■  MHS  doDia  roàme  aucune  différence 
snm  CB  rapport  entre  les  aninuox  et  les 
tt^.j;éliui  :  mais  on  doit  distiagiier  des 
DiritlM  d'existences  parlicaliers  chez  les 
Ctres  de  dîTers  degrés  de  la  série,  salTant 
qae  la  nutrition  s'opéra  cbez  eus  d'une 
iMsiêre  plus  ou  moins  compliquée,  et  c'est 
i  tttle  même  cellule  primilive  qu'il  faut  mp- 
piTter  tous  les  phénomènes  TÎtaus.  H.  Du- 
mas |tartage  celle  opinion.  Il  a  reiaarqué 
qaen  mettant  an  morceau  de  chair  muscu- 
uire  dans  de  l'ean ,  il  s'en  sépare  des 
ç-'(t*o les  dosés  d'un  mouTement  spontané, 
et  dont  le  volume  est  égal  à  celui  des  glo- 
bules qui  conslitnent  la  fibre  musculaire; 
■ubout  de  quelqne  temps  ils  s'accolent  par 
UtJi,  et  s'accroissent  ainsi  dans  ane  pro- 
fonion  arilfamélique  jusqu'à  former  un 
utimal  doué  de  mauTenieuU  complexes. 

<  A  cAté  Je  cette  théorie,  qui  est  partagée 
par  lous  les  naturalistes  philosophes,  il  û'j 
ta  a  qn'uoe  qui  lui  suit  contraire,  celle  des 
luturaiisles  qui  croient  i  la  diffusion  uni- 
Terselle  des  germes;  car  je  ne  pense  pas 
qu'on  puisse  mettre  au  nombre  des  adver- 
î^iros  sérieux  les  hommes  qui,  pour  tout 
coocitîer  sans  se  compromeUre,  n'ont  pas 
tmoé  l'omniprésence  des  spores  et  îles 
Ofules,  mais  l'exislence  d'un  radical  de 
TAre  TJriGcalenr  par  excellence,  qui  fient 
ai  imer  i  l'occasion  la  matière  inerte.  C'est 
i  l'oatologie  qu'appartient  cette  dernière 
o;  icion,  et  les  naturalistes  n'ont  rien  de 
commun  avec  les  philosophes  de  récol»  qui 
v;veiil  dans  les  espaces  imaginaires,  et  ODl 
j-<^ur  les  faits  un  dédain  superbe. 

>  Je  n«  pense  pas  pourtant  qu'il  soit  pOf  ' 
fible  d'admettre  la  théorie  panapermique 
•ie  Bonnet, qui  veut  que  l'unifers  soit  rempli 
'.'e  germes  près  d'éclore,  et  que  toute  ma- 
tière Tirante  en  soit  5aturée;qufl  les  germes 
j>ré«;xÎ5teul  dans  les  matières  de  l'inlusion, 
«I  que,  malgré  leur  exposition  i  une  tem- 
^ératore  élevée,  ils  résistent  î  rnction  dé- 
sortpnisatrice  de  l'ébnllition.  Celle  théorie 
m  ti'aatant  plus  inexacte  que  Dugès  a  an- 
[jibilé  sans  retour  les  germes  du  rhabditit 
jlutimit  par  nne  chaleur  de  -}-  60  &  80"  ;  et 
U.  Uorren,qui  admet,  comme  Bonnet,  que 
<5  germes  cheminent  par  l'air,  déclare  d'une' 
uanière  positive  qu'une  température  de +Û* 
eslae;  pourtant  ce  naturaliste  est  l'antago- 
■  :«le  des  générations  spontanées;  mais  tan- 
dis qu'on  ne  trouve  cbez  les  partisans  de  la 
'•^oeratioo  spontanée  que  deux  nuances d'o- 
TiioDs  :  l'celluqui  admet  l'existence  de  mo- 
^.'ules  organiques  revêtant  des  formes  diver- 
tis. soÎTaQl  les  lois  auxquelles  elles  sont 
ouaiîses;S^  celle  des  naturalistes  qui  trou- 
eut  dans  les  éléments  primordiaux  la  cause 
«  tODS  les  organismes,  sous  l'inQuenca  des 
Scots  impondérables,  les  partisans  de  l'opi- 
kOQ  opposée  saut  en  discussion  incessante, 
t  admeltenldes  théories  qui  se  contredisent 
'Cif.roqaement  :  ainsi,  Uorren  veut  que  la 
Valeur  tue  les  germes,  et  il  en  admet  la 
aosiaiion;  Spallaniani,  qui  est  l'aolago- 
*-He  de  celle  opinion,  prétend  qu'ils  résis- 
Dicno^iAiiB  «roLoeÉTiQCK.  I. 


lent  à  l'ébullilion,  et  il  n'admet  pas  le* 
pérégrinations  aériennes. 

■  C'est  dans  le  domaine  des  faits  qu'il 
faut  arier  chercher  les  preuves  directes  de 
la  gi^nératioQ  primitive,  et  j'examinerai 
celte  question  dans  les  trois  classes  d'étres 
qui  la  démontrant  de  la  manière  la  plus 
péremptoire,  non-seulement  par  des  preu- 
ves positives,  mais  par  la  négative  qui 
frappe  la  théorie  contraire.  Je  commencerai 
par  les  crjrpK^ames,  et  j'examinerai  ensuîls 
le  développement  primitif  des  infusoires  et 
des  entozoairss. 

■  Il  se  présente  au  débnt  une  question 
d'une  gravité  trop  peu  apjTéctée  dans  la  so- 
lution du  problème  :  cest  l'état  d'indiffé- 
rence dans  lequel  se  trouve  la  matière  orga- 
nique A  son  point  de  départ  :  indifféreocs 
qui  ne  sembla  pas  seulement  être,  mais  est 
réellement  en  fluctuation  entre  le  végéial  et 
l'animal.  Rn  effet,  comment  concilier  dans 
les  ordres  inférieurs  des  deux  rëj^es,  ani- 
maux et  végéiaui,  celte  hésitalîon,  qui  fait 
qu'aujourd  hui  même  encore  les  botanistes 
réclament  certains  groupes  qu'ils  regardent 
comme  des  végétaux,  et  que  les  zooiogistvs 
ont  placés  dans  la  série  animale?  Le  beau 
travail  de  H.  Dngber,  sur  l'instant  de  l'ani- 
malisation  des  xygnema,  est  une  preuve  do 
l'obscurité  qui  règne  dans  celte  question,  ei 
elle  prouve  combien  est  faible  la  théorie  des 
ovaristes  :  car  la  matière  organisée,  si  elle 
provient  d'un  ovule,  ne 'peut  être  iodiflé- 
rente;  elle  doit  être  on  un  animal  ou  un  ré- 

5 étal,  et  c'est  avec  plaisirque  j'ai  retrouvé, 
ans  la  plupart  desaute«rs  qui  ont  fait  des 
observaliona  microscopiques.la  confirmation 
d'une  observation  que  j'ai  faite  il  j  a  plus 
de  dix  années  :  c'est  que  les  conferves  la 
forment  d'infusoirea  libres,  qui  viennent 
s'ajouter  en  chapelet  les  uns  h  la  suite  des 
antres,  et  dans  cet  étal  forment  nne  chaîne 
verte  et  immobile,  dont  les  anneaux  se  dé- 
sagrégeant, reprennent  leur  vie  animale  et 
spontanée.  Déjà  logenhouss  avait  avancé  ce 
fait,  qui  depuis  a  été  conGrmé  par  Trevira- 
nus,  Uirod  de  Chantrans,  Trentepobl,  Borj 
de  Saint-Vincent,Gaillon,  Dillwjn,  Edwards, 
Nilzscb,  et  l'on  trouve  dans  certains  genres, 
tels  que  les  bacillaires,  des  êtres  qui  sont 
doués  d'une  spontanéité  qui  leur  fait  pren- 
dre place  parmi  les  animaux,  tandis  que 
d'autres  ne  peuvent  êire  considérés  que 
comme  des  végétaux.  Est-il  possible  alors 
de  concilier  les  idées  de  formes  absolues, 
animales  «u  végét.-iles,  avec  cette  mobilité 
danà  les  premiers  anneaux  de  la  chaîne  orga- 
nique? 11  est  bien  difficile,  avec  la  meilleure 
volonté,  de  se  soustraira  au  doute,  et  de  ne 
pas  voir  au  milien  du  monde  des  éléments 
orgauisabtes  et  des  agents  organisateurs, 
réagis»ant  sur  les  combinaisons  et  les  ren- 
dant corrélatives  anx  conditions  dans  las- 
quelles  selrouvent  lessnbsbnces  transfor- 
mées en  êtres  nouveaux.  C'est  aux  zoolo- 
gistes que  s'adresse  eelfs  objection,  car  In 
ontologistes,je  ne  puis  trop  le  répéter,  étnu- 
gers  b  l'étode  de  la  nature,  et  relranelié* 
derrière  des  a  priari  dout  le  germe  est  dans 


lOdS 


CEN 


UICTIO^NAIEIE  APOLOGETIQUE. 


GEN 


m 


leur  ctirveau,  ne  soQt  pas  optes  ï  Juger  des 
questions  qui  appartiennent  h  la  science 
ex|iérimen[a!e. 

«  Je  crois  avoir  bien  remarqué  tout  rë- 
cemment,  en  répétant  des  ei|>eriences  mi- 
croscopiques destinées  à  vérifier  quelques 
faits  reintifs  h  l'organisation  des  êtres  infé- 
rieurs, que  mes  infusions  sont  remplies 
d'infusnires  qui  disparaissent  dès  que  les 
monitia  et  les  botrylû  en  couvrent  la  sur- 
face, et  reparaissent  dès  que  celte  couche 
épaisse  de  matiôro  végétale  est  enlevée  ;  co 

3ui  indiquerait  \'antagonisme  des  deux  mo- 
es  de  la  matière.  Cette  observation  demande 
h  6lrr^  cunlirmée  par  des  expériences  Dou- 
Teltes. 

c  Les  conditions  essentielles  pour  la  pro- 
duction d'êtres  org.inisés  animaux  ou  végé- 
laui  sont  la  formation  des  substances  oiga- 
niques  élémeniaircs  amorphes  dans  les  Gui- 
des on  dans  les  corps  en  état  de  décomposi- 
tion, et  sous  l'influence  des  agents  organi- 
sateurs. Néanmoins  on  peut  croire  que  si 
certains  organismes  naissent  spontanément 
dans  les  tissus,  ou  par  suite  de  la  désagréga- 
tion des  substances  organiques,  leur  condi- 
tion première  de  développement  est  l'eiis- 
tenco  d'une  combinaison  organique;  maïs 
dans  les  organismes  nrimilifs  et  élémen- 
tiires,  tels  que  la  matière  verte,  les  confer- 
ves,  les  bacltrium,  les  movades,  etc.,  la  réac- 
tion réciproque  des  éléments  or|,'anisabIes 
sulTiI  pour  eu  déterminer  la  formation  avec 
le  seul  concours  des  «genls  organisateurs. 
■  Nous  voj'ons  ^ans  le  règne  végétal  la 
matière  rerte  de  Prieslley  se  développer 
dans  les  liquides  exposés  à  l'rnlluence  lumi- 
neuse, même  en  1  absence  de  l'air;  et  les 
conferves,  êtres  ambi^s  composés  de  cellu- 
les primordiales,  mais  avec  des  l'armes  mieux 
déliuies,  se  développenl  dans  toutes  les  cir- 
constances où  des  liquides  en  masse  sont 
soumis  à  l'influence  des  impondérables,  et 
elles  naissent  même  dans  des  solutions  alca- 
lines. Heizius  {Froriep'i  Ifotiztn,  tom.  V, 
pag.  56}  vit  s'en  développer  dans  une  solu- 
tion de  chlorure  de  baryum  dans  de  l'eau 
distillée,  demeurée  pendant  six  mois  dans 
un  flucou  boucbé  à  l'émeri.  Les  filaments 
confervoides  qui  se  forment  après  un  temps 
très-court  dans  l'eau  de  Sedlilz  ariiGcielle, 
les  matières  organiques  amorphes  appelées 
ylairine,  barégîtit,  etc.,  contenues  dans  Ifs 
(.■aux  thermales,  et  qui  s'organisent  réguliè- 
rement peu  de  temps  après  le  refroidissement 
.des  eaux,  indiquent  que  la  matière  inerte 
n'attend,  pour  revêtir  uiie  forme,  que  des 
circonslanccs  favorables. 

>  Le  uostocb,  qui  se  développe  sur  le  sol 
comme  une  gelée  animale,  la  neige  rouge 
oupro^ococcui,  nostouhiiiéo  qui  croît  sur  les 
neiges  des  légions  arctiques  et  dus  Alpes  les 
|>lus  hautes,  au  point  où  toute  vie  organique 
il  cessé,  les  conferves  tt  les  batrachosper- 
mes,  qui  se  forment  Jans  des  circonstances 
idouliquuuientles  mêmes  >ur  certaines  espè- 
ces de  puissons  ou  de  mollusques  après  leur 
iHort,  piuuvent  Ijeaucoup  eu  laveur  do  celle 
théuriu,  <^ui  s'ap[iliquo   aux    diatomacccs. 


véritables  aiUEn.ins-plaules,  m\  iinsluclii- 
nées,  aux  confervacées,  aui  cliaracée!,iui 
ulvacées,  aux  Qoridées.  auifuMcéeseim 
lichens,  toujours  sans  doute  avec cett« coi- 
dit  ion  que  chaque  groujie  présente  des  for- 
mes  simples  se  composant  de  plus  enplm 
et  terminant  la  série  par  l'être  le  plus  cnnh 
pi  exe.  Tels  sont  parmi  les  lichen!  -.  lalfpf». 
ria,   simjile  poussière  pulvérulente;  et  In 
célraire,  oui  formes  arborescentPFjidéeilî! 
formes  génrtsiaques  de  la  mali  jresurlaqndle 
je  reviendrai,  comme  se  répétant  de  grou]iB 
en  groupe,  et  p,issanl  toujours  du  simiile  m 
complexe,  h  travers  la  double  série  jniniilK 
ou  végétale,  le  dernier  de  la  série  pouiint 
jouir  de  la  prérogative  de  se  reproduire p,ir 
le  mode  de  génération  sporulifèreou  seiuel. 
«  Les  eaux  pr^entent  donc  d'abord  dts 
oi^anisalîons  primitives  propres  aai  eaui 
douces,  et  plus  rarement  aux  eaux  saléts, 
telles  que  les  characées,  les  ulves,  les  bitri- 
chosporrnes,  etc.  :  ce  sont  les  nygméesde 
l'ordre.  Les  eaux  marinesnournssenteulu- 
sivement  les  flortdées  et  les  fucacées;ks 
lichens  des  groupes  primitifs  se  dévelop;«in 
au  milieu  dc's  mers  sur  des  rochers  nus,  d 
sur  des  points  où  aucun  être  vivant  n'a  pu 
en  apporter  les  germes,  et  se  suceè<!enl  eo- 
suite  dans  un  ordre  presque  régulier, ajuti 
que  cola  se  voit  sur  les  gréa  de  Fontiioe- 
bleau,  où  les  fepraria  sont  associés  auiiiD- 
bricaria,  aux  parmelia,  etc.;  mais  les  liclier.^ 
sont  les  premiers   destructeurs  des  arp: 
inerlei,  bien  que  quelques-uns  se  (lé»elOi>- 
peni,  sous  les  tropiques,  sur  les  feuilles dfi 
plantes  toujours  vertes.  Après  euxviennfnl 
les  champignons, qui  affectionnent  lescorpi 
organisés  en  état  de  maladie  ou  dedéi-om- 
position.  Parmi  ces  derniers  on  trouve  mit 
variété   de  formes  et  do  stations  acconij'- 
gnées  de  variations  si  singulières,  tfu'-n 
peut  douter  de  leur  production  par  dcss^f' 
mes  répandus  dans  lesai^s  ;  et  l'on  ne|it^i 
expliquer  autrement  que  par  une  générai"" 
spontanée  la  présence  des  mucéUinéej'ii'' 
ne  se  développcfit  que  quand  il  existe iliiii 
le  lieu  où  elles  croissent  un  corps  en  décou- 

?osition.  DulMchet  [Mém.  pour  unira 
hiil.,  etc.,  tom.  ll|,  doot  les  belles  eif^- 
riences  ont  jeté  du  |Our  sur  quelques pui'i' 
obscurs  de  (a  science,  mais  qui  est  parti?'] 
de  la  panspermie,  a  fait  développer  dei  i>- 
trytis  et  des  moniiia  dans  des  dissoluti»' 
d'albumine,  de  fibrine,  et  dans  de  l'eau  iliv 
tiilée  de  laitue,  oiûlée  a  des  alcalis  et  ï  li-i 
acides  ;  mais  il  obtint  tau  tôt  des  moisissurei 
articulées  avec  les  premières  de  ces  sull^■ 
tances,  lautôi  avec  les  secondes.  La  pi"i«^ 
des  substances  animales  au  ^végélarus  ei 
étal  de  décomposition  prfïsentent  des  1>)>'^ 
cées,  tels  que  le  pain,  les  fruits,  lefrouinVi 
le  bois,  le  cuir  humide,  etc.;  mais  lem'-' 
veloppement  5  l'eilérieur  des  corps  aiî' 
qu'une  preuve  d'importaoco  secoiidfl''" 
pourtant  elles  ncsont  pas  partout  les  même 
parmi  les  stations  spéciales,  je  citeiai  rv  ' 
du  coremium  citrinum  (monitia  ptniçiH'-' 
Pers.),  qui  forme  de  pciils  groupes  j^-"' 
citron  sur  les  crollts  de  souris,  cl  de  i"'-'*'" 


inOJ  CCN  MCTtONNAlRE 

filin  sur  les  erotles  de  chat  ;  certaines  es- 
pèief  île sphéries  et  d'isarias  ne  se  déTelop- 
peni  que  sur  les  cadavres  d'insectes  :  tels 
tout  tes  iMrïafpAiiifriim,  qui  croissent  sur  les 
uJaTresdepapilloDsde  nuit;  I.aranearum, 
sur  ceux  d'araignées;  IV.  craua,  sur  les 
tiirf  salides  ;  17.  eleutheratorum,  sur  les  cads- 
fres  de  plusieurs  espèces  de  carabes.  Pour- 
quoi ne rencontre-l-on  l'oaygtna  equina  que 
siirlfisabolsdecberalea  putréfaction  T  J'ai 
TU  chez  U.  Roulin  une  «rosse  fourmi  de 
l'Améfique  du  Sud  sur  le  thorax  de  laquelle 
i'éluienl  déroloppës  des  champignons  quo  je 
rr  ii  6lre  des  polypores,  et  c  est  pendant  la 
lit  Je  l'aniiUBl,  mais  sans  doute  dans  un 
éitl  murliidfl,  que  se  développe  ce  champî- 
l^non;  la  niu.«cardiDe  de  la  larre  du  ver  & 
j<:re5t  dans  ce  cas.  Les  conditions  patholo- 
C'jue*  dans  lesquelles  se  trouvent  certains 
f  1res  donnent  souvent  naissance  àdescham- 
f'i^ioris  microscopiques  qui  naissent  dans 
d-s  cavités  closes;  tels  sont  ceux  trouvés 
tJjiu  les  cellulen  aériennes  d'une  cigogne 
rarHeusinger,  el  par  Majer  i  la  surface  du 
l-ouDioo  d'un  geai  ;  cerlaioes  plaies  gangré- 
Deuses produisent  souventaussi  des  moisis- 
turei.  Il  s'en   dévelopjie  dans  les  citrons, 
également  au  centre  de  la  masse  caséeuse 
coropacle  de  certains  fromages.  Hartig,  le 
ttlébre  forestier,  a  trouvé  de  petits  cham- 
|>>gaor]sdans  les  cavités  du  ligntiux  d'arbres 
recouverts  de  nombreuses  couches  annuelles 
Mines.  UBrkIin  a  Irouvé  le  blanc  d'un  œuf 
de  poule  eonverli  en  Mporotriclium.  Puis,  on 
rtui  ajouter  celte  longue  série  de  champi- 
gooni  qui  croissent  sur  des  végétaux  mala- 
<l^i,  et  sont  de  genres  dilférenls,  suivant  la 
iirtie  sffsclée  el  le  végétal.  Ainsi,  parmi  les 
ETmnomj  cèles,  nous  avons  les  urédinées, 
<|ur  causent  la  carie  des  grains  et  affeclent 
|ti  violettes  el  tes  œillets,  les  groseilles,  etc., 

*  'i  surface  inférieure  des  feuilles  desquels 
^'1^  se  trouveiil  ;  les  acidium,  qui  se  uéve- 
''■f'P^nt  sur  les  feuilles  des  borra^jinées,  des 
c.r<iuiu,desépilobe5,desrenonculacées,etc.; 
'ti  pueeinie»,  sur  les  feuilles  de  certaines 
''''rii|K>sées,  de  la  béloine,  du  pigamon  des 
rrés,  etc.;  les  fwidium,  sur  tes  leuilles  des 

*  tires,  les  lobercales  de  pomme  de  lerra  ra- 
("■'llis,  etc.;  «I  la  iptrmadia  de  Fries,  qui 
I  arsii  la  nause  de  l'ergot  du  seigle,  et  peut- 
^ire  aussi  du  maïs.  Aux  hyphoiuycètes  ap- 
|>4rt;enneiit, outre  les  mucédinéeK,  lesAypAa 
H  les  lano$a,  qui  se  dévelop|)ent  au  milieu 
■^esbrouillarilsd'automne,  etdansles  minvs 
ou  l'ajr  est  cliargé  d'bydrogône  ;  les  myco- 
'l'^mies,  qui  se  produisent  dans  les  solutions 
iliiuiiques  ;  le  rhacodium,  qui  revAt  les  ton- 
"f  aux  et  |,?s  [HJulres  (le  caves  de  ses  longues 
muificalions  noires;  le  rhixomorptu,  qui 
fl'Strue  les  conduits  d'eau  el  croit  dalis  des 
>"  mes  profondes,  dans  des  fissures  du  sol,  et 
'l'tre  des  couches  de  houille  hermétiques 
'  '^es.  etc.,  etc.  11  faudrait,  pour  être  coni- 
i''«i.  énomérer  la  plupart  des  cfaampignons 
Jui  ont  chacun  one  situation  spéciale,  et 
loui  1^  nombre  est  très-considérable.  Certes, 
1  théorie  du  développement  spontané  est 

'.'î'Iicable  h  celte  localisation  absolue. 


iPOLOGETlQIIE.  CE.N  1036 

«  Une  autre  circonstance  d'an  haut  inlérâl 
dans  ta  (Question  qui  m'occupe,  c'est  que  les 
conditions  ambiaotes  favorisent  le  dévelop- 
pement de  telle  ou  telle  production  orgnui- 
que.  Treviranus  cite,  à  la  page  3.10  de  sa 
Èiologit,  reipérieace  de  Gleditscb,  qui, 
a^ant  rempli  de  pulpe  de  melon  des  puis 
bi'-n  nettoyés  et  préalablement  chauffés, 
qu'il  couvnl  ensuite  d'une  mousseline,  ob- 
tmt  des  hyssus  et  des  tremelles  dans  ceux 
qui  occupaient  un  lieu  sec  et  élevé,  et  des 
mucericécs  dans  ceux  qui  avaient  été  places 
diins  un  endroit  buniide.  Le  papier  exposé 
h  l'humidité  se  couvre  bîcnldt  de  plaques 
ruses,  jaunes,  noires,  qui  sont  autant  tror- 
ganisaljons  diverses;  celte  dilTérence,  qui 
iii'éionna  au  premier  abord,  et  semblerait 
favorable  à  l'opinion  de  l'omnipotence  des 
S)iores,  ne  vient  que  de  l'hélérogéDéitâ  des 
matières  qui  le  composent,  et  en  se  déstgré- 
guaul  se  réorganisent  cbacnne  à  sa  façon- 
«  A  ces  exemptes  déjà  assez  nombreux 
j'en  pourrais  joindre  beaucoup  d'autre.-:, 
mais  ils  ne  jetteraient  pas  plus  de  Jour  sur 
ce  sujet  ;  on  pourra,  outre  la  théorie  de  la 
diffusion  des  germes  et  de  leur  transport 
par  l'air,  invoquer  le  modedereproductiou 
île  ces  mêmes  végétaux  par  la  voie  ordinairct 
c'est-à-dire  par  des  spores,  ie  suis  loin  de 
le  contester^  je  doute  même  de  la  réalité  de 
l'a&sertiou  de  Hartig,  qui  prétend  que  son 
□yctomjcèle  ne  produit  pas  de  spores.  Ce 
f«it  est  en  contradiction  avec  les  lois  de 
l'organisme,  en  vertu  desquelles  la  généra- 
tion est  le  résultat  dA  l'évolution  dd  l'être 
qui  a  atteint  louto  sa  croissance,  et  cette  lui 
doit  trouver  moins  d'excepiious  dans  les 
classes  primordiales,  oiï  le  mode  de  repro- 
duction n'est  autre  chose  qu'uue  sorte  de 
gemmation. 

t.  ■  On  demandera  peat-élre  où  s'arrête  en 
cryptugamie  la  génération  spontanée  T  A 
Cela  je  répondrai  que  je  crois  que  c'eai 
aux  hépatiques  i  mais  je  ne  sais  pas,  car 
les  phénomènes  uaiurds  présentent  dus 
exceptions  si  nombreuses  que  le  doute  doit 
toi^ours  arrêter  une  assertiorr  formelle. 
Ou  pourrait  regarder  la  plupart  des  hymé- 
nomycèles  comme  eu  dehors  du  mode  d^ 
géoéraiioo  spontanée;  maison  a  des  ex- 
emples de  productions  d'agarics  dans  des 
siluatious  toutes  Epéciales,et  leur  mode  d'ap- 
parition ne  peut  s'expliquer  que  par  la 
géoératlou  spontanée  ;  car  les  Chinois  ob- 
tiennent des  champignons  en  enteiraut  dans 
une  fosse  du  bois  pourriqu'ils  arrosentaveu 
du  salpêtre;  il  croit  sur  le  vieux  marc  du 
café  un  champignon  fort  estimé  :  aussi 
l'incertitude  la  plus  grande  r^ae-t'elle  sur 
ce  sujet. 

«  Après  les  végétaux  cellulaires  auxqucl.s 
e^l  applicable  la  théorie  de  la  géuéralîuu 
spontanée,  se  présenteut  dans  le  régne  ani- 
mal les  iufusoires.  Ils  sa  produisent  dans 
lesioTusionsde  substances  organiques,  dut^a 
les  liquidas  exposés  k  l'air  et  qui  se  putré- 
lieut,  dans  les  fluides  organiques  dans  un 
étal  morbide,  et  dans  les  Uuides  à  l'état  sain. 
Il  a  été  fait  à  ce  sujet  des  expârieaces  îbus 


lOOT 


CEN 


DICTlOSNAIIte  APOLOGETIQUE. 


nombre,  cl  toutes  concoarent  kconBrmor  la 
'iloclrine  de  la  gëaéralînn  primitive,  sans 
égiird  {lour  la  complication  apparente  (les 
orgnnes.  Bien  que  Ëhrenber^  ait  doué  ces 
animaux  il'appareils  de  nutrition  et  de  gé- 
péraiioD  déjà  perfectionnés,  qu'il  y  ait  vu 
des  sexes  et  des  œufs,  on  no  peut  en  ad- 
mettre l'apparition  autrement  que  par  le 
mode  de  développement  propre  aux  formes 
ruilimentaires.  Au  reste,  il  ne  serait  pas 
étonnant  que  ces  animaux  eussent  un  orifice 
buccal  et  une  cavité  digcstive  ;  car  c'est  le 
mode  de  nutrition,  au  moyen  d'une  élabo- 
ration par  un  appareil  ad  hoc  qui  distingue 
l'animal  du  végétal  ;  alors  pourquoi  les  sys- 
lolides,  par  exemple,  n'en  auraient-ils  pas? 
Pourquoi  ensuite  des  animaux,  qui  se  nour- 
rissent ,  et  augmentent  pur  le  fait  de  l'évo- 
lution vitale  leur  plasticité,  ne  se  reprodui- 
raient-ils pas  par  des  œufs  T  Nous  ne  con- 
naissons pas  les  lois  d'attraction  qui  groupent 
entre  elles  li'S  premières  cellules  orgomique», 
et  font  qu*e,n  vertu  de  l'évolution  épigéné- 
siaque  qui  suit  une  marclie  rigoureuse,  dès 
que  les  premières  sont  formées,  les  autres 
vieunent  se  grouper  autour  par  suite  d'une 
loi  qui  les  renferme  dans  des  limites  assez 
restreintes,  et  il  naît  alors  dos  filres  qui  ont 
lelleou  telle  forme,  et  jouissent  d'un  mode 
spécial  d'existence;  ainsi  la  complexité  ne 
doit  pas  nous  étonner.  Ces  lois  une  fois 
connues,  la  science  n'aura  plus  demystères; 
mais  embarrasfés|  que  nous  sommes  d'ex- 
pliquer mëmedansdesâtres  que  nousavons 
sous  les  yeux,  dont  nous  pouvons  suivre  la 
vie  et  que  nous  pouvons  torturer  au  gré  de 
DOtre  curiosité,  le  mouvement  de  compo- 
sition et  de  décomposition, nous  ne  pouvo[:s 
que  cherclier  à  nous  élever  par  une  étude 
sérieuse  des  faits  fa  la  connaissance  des  pbë- 
iiumènes  perceptibles  k  notre  intelligence. 
«Il  en  est  dus  inl'usoires comme  des  cryp- 
togomes;  la  théorie  panspermique  leur  a 
été  appliquée.  Suallanzani,  Bonnet,  Cuvier, 
6tc.|Ontconclud  expériences  dans  lesquelles 
ils  s'opposaient  au  libre  accès  des  agents 
Ol^anisaleurs  que  l'air  contient,  les  ovules 
destinés  fa  engendrer  les  animaux  qui  se 
développent  dans  les  infusions,  les  liquides 
stagnants  ou  putrescenta,  ainsi  q04  sur  les 
corps  en  état  de  désagrégation.  Une  des 
premières  objections  fa  faire  «ux  défenseurs 
des  germes  préexistants,  est  non^eulement 
l'état  de  saturation organiquedans  lequel  se 
trouverait  l'air  atmosphérique,  mais  encore 
la  ditliculté  d'expliquer  comment  et  pour- 
quoi ces  ovules, tlultantpéle-mfilo  dansl'air, 
revêtiraient  une  forme  particulière,  suivant 
la  uature  et  l'Âge  de  l'iufasioD;  et  l'on  no 
peut  admettre,  avec  Ëbreubérg,  que  les 
tcerœea  des  infusoires  préexistent  déjÀ  dans 
Peau  et  dans  la  matière  de  l'infusion,  et  ne 
se  manifestent  que  parce  qu'ils  y  trouvent 
une  nourriture  plusaboodante;  que,  jusque, 
là,  ils  sont  invisibles  aux  plus  puissants 
moyens  d'investigation  ;  c'est  substituer  une 
byp'jllièse  fa  une  autre  hypothèse:  et  com- 
inenl  pouvoir  admettre,  n'après  l'expérience 
de  Fruy,  la  producliou.d'infuioires  au  seiu 


de  l'infusion  des  panle* du  corps  li'uueum. 
raie,  dans  de  l'eau,  dont  tous  les  germes  lu- 
raient  dû  être  lues  par  rébulliiionT  Hais  \i 
réponse  sans  réplique,  c'est  que  les  infusioni 
se  sont  organisées  sans  le  secours  de  l'iir 
atmosphérique,  et  par  leur  simple  mite  ea 
contact  avec  dePâïr  préparé  artifîcieliBmeni, 
de  l'oxygène  ou  de  l'azote. 

■  Quant  fa  la  question  de  présence  de  ge^ 
mes,  animaux  ou  végétaux,  dans  les  liquides 
soumis  fa  l'expérience ,  elle  est  résolue  par 
l'ébulition  prolongée  des  infusions,  afin  de 
détruire  la  vitalité  des  germes;  et  je  tiuni 
ici  l'expérience  faite  par  Biirdaub  stsc 
Uensche  etBaër;  ils  enfermëreot  dans  ij« 
flacons  bouchés  fa  l'émeri,  cnilTés  d'anevei- 
sie  et  contenant  de  t'oxygène  etde  rbjdro- 
gène,  de  l'argile  longtemps  bouillie  avec  de 
l'eau,  évaporée ,  puis  délayée  dans  de  l'eiB 
distillée,  et  obtinrent,  sons  l'influence  deta 
lumière,  de  la  matière  verte  de  Priesilej; 
il  s'y  développa  de  nombreux  infusoires, 
en  traitant  le  même  résidu  avec  da  l'uu 
commune  et  de  l'air  atmosphérique. 

«  Allen  Thomson  révoque  en  doute  les  ei- 
périences  toutes  récentes  de  H.  Cnss.qiii 
prélendit  avoir  obtenu  des  infusoires  dioi 
des  solutions  de  granU,  de  silex,  etc.  Biit- 
dach  dit  que,  dans  des  circonslatices  sem- 
blables, il  obtint,  sous  l'influence  de  la  lu- 
mière, des  filaments  cooferTuides,delt  ma- 
tière verte,  et,  au  tisin-niarie,  desfilamtiDt] 
blancs,  mêlés  d'unesubstancemuGilagiDense. 
Je  doute  de  l'exactitude  de  cette  expérieDU, 
à  cause  de  l'insolubilité  des  corps  mèlèsl 
l'eau:  pour  ^e  l'action  de  cks  roches  fili 
bien  réaile,  il  faudrait  avoir  vu  se  déTelop- 
per  sous  leur  influence  des  orgaiiisaics 
particuliers. 

■  Il  est  un  fattconstaiéparlesexpérieacts 
les  plus  exactes,  c'est  que  l'on  favorise li 
production  des  iufusoires  en  mêlant  fa  l'in- 
l'usion  certains  réactifs  particuliers, lelsqi» 
du  phosphate  ou  de  l'oxalate  d'ammoniaque 
du  carbonate  de  soude,  etc.  Quelques-uues 
sont  inertes  et  paraissent  impropres  fa  fc»* 
riser  leur  production;  mais  ce  qui  indiq"' 
dans  les  degrés  primitifs  de  l'ôchulle  uriji- 
niquB  un  mode  tout  particulier  de  vitalité' 
c'eut  que  les  poisons  végétauxlesp1usaclii> 
n'en  empêchent  pas  le  dévoloppemeot,  et 
que  l'iode  même,  dont  l'actiOD  irriiaulesut 
les  tissus  est  bien  connue,  ne  s'uppost;  {"> 
fa  leur  évolulioo.J'ai  pourtant  tuôlie&Uc(^ 
riumau  moyen  d'élher  et  d'alcool. 

<  Comment  pouvoir  expliquer  aulremei» 
que  par  l'orgHnisalion  successive  avec  i'u- 
lutioaascendanle  la  préseocedes  iiifusoint 
dans  des  liquides  divers,  eu  croissaut,  non 
pas  seulement  en  nombre,  mais  eu  guu>' 
ptexilé  î  L'infusion  la  plus  commune ,  ccil* 
de  loin,  que  j'ai  observée  cont  fois,  estctlic 
qui  li'orgauise  le  plus  promplemeul.  Anui' 
au  bout  de  ia  seconde  jouroée,  onvoji'»' 
distinctement  des  bacterium  termo  simcl'^ 
qui  eux-mêmes  augmeutaiout  daus  le  uou* 
bi'H  de  leurs  articles.  Les  naoaades,  Teuut'^ 
oprès,  ont  suivi  un  mode  suinblablfl  di>^' 
lutioo,  et,  au  bout  de  quioze  jours, ou  1 


CCN 


ncnONHAIRC  APOLOGETIQUE. 


CEN 


1013 


1071U  d  s  iHchodns ,   des  colpodes  et   des 
prolées différents;  ces  aaimaui  ont  été  les 
(jeniien. Celle  de  poirre  présenta  une  même 
lai  éToltilÎTe.  L'>'-BU  de  pluie  simple  qui  a 
•   K^oumé  pendant  quelque  temps  au  soleil. 
Jios  des  rasas  de  bois ,  s'organise  au  bout 
dope»  dejoars,  et  les  produits  sont,  outre 
Im  «Dimaux  que  j'ai  eiLés  i>lus  liaut,  des 
Tibriofu,  des  pltescoDÎes,  des  glaucomes, 
elcHiis  en  recueillant  soigneusement  Tenu 
des  marais,  des  mares,  des  ornières,  des 
nii«eanx.  sur  le  poiut  où  le  liquide,  eu 
«ODiact  avec  des  débris  organiques  .  a  pu 
lui-foème  s'oi^oiser,   on  voit   les  formes 
Tirier  presque  autant  queJes  formes  infé- 
rieures djSTégâtaux;lQii!  sont,  entre  autres, 
teietui  saturées,  etc.,  qui,  dans  le  groupe 
d«  rtiizopodes,    engendrent    d'abord    ^cs 
JBiljes,  puis  des  diOlugies,  des  arcellcs,des 
puinies,  des  milioles  et  des  cristellaires, 
H  cet  animaux  preDoeat  de  l'accroissemenl 
H'' l'fliTet  de   ta   nutrition;  il  semblerait 
•lors  que  l'organisation  du  liquide  a  at- 
teint MD  summum  d'intensité.  Passé  cette 
<p^ae,  les  organismes    redesceuUent,  ce 
ifui  ue  parait  dû  &  l'épuisemeut  du  liquide, 
qui  a  perdu  une  partie  de  sa  plasticité; 
Buis  alors  le  rë^ne  réj^étal  reprend  le  des- 
sus et  envahil  tout.  Oian>l  une  fuis  le  li- 
qaidD  a  passé  par  toutes  les  phases  d'orga- 
Diulion  priinoriliaie,  il  s'y  dépose  deséires 
produits  par  la  génération  sexuelle;  telles 
KOtles  larves  dmliplères,(]eu;êmeque,,tlaus 
't régne  végétal, aux  cryptogames  nés  spou- 
Unémeot  succèdent  des  mousses  et  d'autres 
végétaux  d'un  ordre  supérieur,  Silesovules 
■oui  répandus  dans  l'atmosplière ,  comment 
tip.i4]uer  cetti)  organisaiiou  ascendante  et 
dMce&daate  ?  £t  quand,  avec  le  secours  de 
uos  microscopes  les  plus  puissants,  nous 
irritous  è  distinguer,  dans  la  diQluence  du 
tes  (très  ambigus,  les  globules  primordiaux 
qui  enlreot  dans  la  composilioa  de  leurs 
lusQs  élémentaires,  comme  les  ovules  ap- 
portés par  myriades  dans  les  eaux  courantes 
uu  stagoantes  it  dans  les  infusions  ne  se- 
raient-ils pas  percet'tibles,  et  pourquoi  no 
le*  verrait-un  pas  éclore  dans  l'iofusiun,  vé- 
Hiable  foyer  d  incubation,  comme  nous  vo- 
)0.iss'y  développer  lesœubqui  produisent 
'es  Jarres  d'articulés  T  Ou   peut  demander 
«tcore  pourquoi,  deux  infusious  étant  dou- 
nces,  faites  avec  des  subslauces  ditférenies 
el  conteruDt  des  animaux  dissemblables, 
ijUlient-iiu  des  êtres  nouveaux  en  mêlant 
tuïembltt  les  deux  infusious,  et  pourquoi 
■•^s  fiires  qu'ils  contenaieoi  se  dissolveut- 

«J'ai  bien  des  fois  vudes  iofusoires  M 
dissoudre  dans  une  goutte  d'eau,  sous  le 
microscope,  sans  qu'il  soit  possible  d'en 
trouver  de  traces;  et  M.  Pellier,  A  qui  je 
duis  l'obligeante  communication  des  expé- 
riences qu'il  a  dites  en  1836,  pour  coofir- 
fier  ses  doules  sur  les  observalioag  de  U. 
Ebrcoberg,  a  ru  des  Torticelles  se  dissoudre 
globule  i  lilobule,  quand  il  les  soumettait  à 
jne  inanition  prolongée  qui  les  réduisait  i 
'curs  éléments  primordiaux. 


■  On  sait  que  dans  les  êtres  appartenant 
k  la  classe  des  infusoires  proprements  dits, 
la  reproduction  a  lieu  communément  par 
fissiparité  ;  ils  vont  toujours  se  redoublant, 
et  forment  ainsi  dos  êtres  nouveaux.  Ce 
mode  do  reproduction  est  si  rapide  qu'une 
seule  paramécie,  observée  pendant  plusieurs 
jours, scdivisait  quatre  fois  en  vingi-quaire 
ou  trente  heures,  ce  qui  produisait  des  mil- 
lions d'êtres  nouveaux  au  bout  de  quelques 
jours.  Quant  aux  systolides  qui  se  re|iro- 
duiseut  par  des  œufs  et  sont  d'une  supé- 
riorilé  incontestable  d'organisation,  malgré 
cette  prérogative,  et  bien  qu'on  les  ait  dotés 
d'un  système  nerveux  qui  me  semble  en- 
cr,re  douteux,  il  est  diuicile  de  ne  pas  les 
comprendre  dans  la  catégorie  des  êtres  qui 
se  produisent  par  l'action  directe  des  agents 
organisateurs. 

a  II  reste  h  traiter  la  question  des  aninial- 
éules  qvi  se  développent  dans  les  liquides 
des  corps  vivants  ;  ei,  quoique  le  nombre  eu 
soit  très-restreiul,  si  l'on  peut  leur  appli- 

auer  la  lui  générale,  on  n'a  rien  h  contester 
lins  ce  qui  précède.  Ainsi  Vntbertia  vermi- 
culut,  qui  vit  en  parasite  dans  l'inlestin  des 
lombrics  etdes  limaces,  est  évidemment  uti 
produit  né  par  la  voiede  génération  primi- 
tive; et  pourtant  il  est  vivipare,  puîsiju'on 
trouve  dans  son  intérieur  des  petits  qui  déjà 
s'y  agitent.  Los  zoospermes  sorti  dans  ce 
cas  ;  mais  quelques  auteurs  doutent  encore 
que  ce  soient  des  animaux,  et  je  ne  me  pro- 
noncerai pas  sur  ce  point,  les  observations 
que  j'ai  faites  sur  ces  produits  ambigus  ne 
m'ayant  jamais  rien  offert  de  (:oni:luanL 
Uais  que  ce  soient  ou  non  des  animaux,  ils 
n'iniinnent  pas  le  principe  que  des  enlo- 
zoaires  fie  développent  assez  richement  au 
sein  de  l'organisme  vivant  pour  qu'un  de 
plus  ou  de  moins  ne  nuise  pas  à  cette 
théorie. 

a  La  production  d'êtres  doués  de  spon- 
tanéité comme  le  sont  les  infusoires,  dont, 
au  reste,  l'histoire  est  encore  mal  coi:nue, 
répugne  plus  encore  aux  antagonistes  delà 
génération  primitive  que  celle  des  végé- 
taux, organismes  passifs  en  apparence. 
Pourtant  les  animaux  qui  suivent  e(  ferment 
peut-être  la  série  des  êtres  jouissant  de  la 
propriété  de  naître  par  le  concours  unique 
de  forces  organisatrices  et  des  éléments 
organisables,  sont  d'une  richesse  d'organi- 
salton  supérieure  ficelle  des  systolides,  bien 

3u'na  ait  dans  la  méthode  accordé  à  ces 
erniers  une  place  assez  élevée.  Toutes  ces 
questions  demandent  à  être  reprises,  et  il  ne 
peut  naître  des  travaux  des  nouveaux  ob- 
servateurs, s'ils  sont  faits  avec  sagacité,  et 
sans  réticence  ni  idées  préconçues,  que 
d'excellents  documents  pour  servir  à  l'his- 
toire de  la  génération,  dont  le  principe  est 
la  génération  primordiale.  On  a  tort,  en 
science,  de  chercher  partout  des  idées  com- 
plexes ;  les  phénomines  naturels,  même  les 
plus  inexplicables,  sont  dus  sans  doute  li 
quelques  lois  bien  simples,  sur  la  voie  des- 
quelles nous  serions  déjà,  sansdoute,  si  nous 
avious  duivi  les  us^  lésons  de  Bacuo,  qu> 


tUII 


GO 


DICTIONNAIRE 


p:opose  BU  SiiTiint  (le  dépouiller  loulcs  les 
idées  qu'il  a  aqutses  dans  le  inilieii  qu'il 
Iiubilc.  pour  s'absorber  dans  l;i  conlempla- 
liondesTails;  mais  le  savant  n'est  ^assutis- 
fait  de  n*élre  que  cela  :  il  apparltenl  loiit 
entier  à  la  société  su  milieu  de  laquelle  il 
vit;  la  science  en  soufTre,  et  surtout  la  phi- 
losophie naturelle.  Les  Alleniunds  seuls 
sont  (tes  penseurs  courageux  que  rien 
n'arrête  :  aussi  ce  pays  est-il  la  terre  pro- 
mise de  toutes  les  théories  bonnes  .et  mau- 
vaises. Chez  nous,  su  contraire,  mille  pré- 
jugés nous  Gi}travenl,  et  notre  positivisme 
^c  noie  dans  le  matérialisme  des  intérêts  de 
raiiilé  et  d'orgueil. 

«  Parmi  les  faits  qui  sont  le  plus  favora- 
bles à  \a  théorie  de  la  génération  primitive 
il  faut  citer  les  entozoaires,  qui  vivent  non- 
seulement  dans  les  profondeurs  des  tissus, 
■nais  y  vivent  à  l'exclusion  de  tout. autre 
niilieu.  On  ne  les  trouve,  h  quelque  exce{>- 
tiun  près,  DJ  dans  l'eau,  ni  dans  l'air,  ni  sur 
la  terre,  et  ils  périssent  dès  qu'ils  sont  hors 
du  milieu  dans  lequel  ils  vivaient.  On  ne 
l>cut  pas  ^ire  d'une  manière  absolue  que  les 
lielmiiitbes  ne  se  trouvent  que  dans  les 
tissus  animaux;  car  parmi  tes  némaloïdes 
ëiiopliens,  les  dorylaimes  rivent  dans  l'eau 
lie  uicr  et  la  vase  des  étangs;  les  énoplus, 
dans  l'eau  salée  el  l'eau  douce;  les  onchc 
laimesdans  l'eau  de  mer;  les  mousses,  dans 
les  eaui  pluviales;  les  rliabdilis  et  les  an- 
guillules,  dans  les  ino'jsses  des  murs,  le 
vinaigre,  la  colle  aigrie,  le  tiié  vieilli,  l's  s«  ~ 
trouvent  à  Tétat  libie  ou  enkystés,  et  dms 
des  points  de  l'organisme  ou  les  procédés 
vitaux  ne  peuveni  avoir  conduit  dus  ger- 
mes, tels  que  les  chambres  de  l"œil,  le  tissu 
parenchyniateux,  les  vaisseaux  sanguins,  etc. 
1-e  tlrongylui  giijai  se  trouve  dans  les  reins 
lie  l'homiiie  et  des  mammifères;  Voxyurui 
virmicularis  ne  se  développe  dans  les  nssus 
que  quand  les  individus  sont  fournis  h  un 
régirnedébililant,  et  disparaissent  lorsque  le 
régime  est  modi(ié  ;  on  trouve  i'atcarii  cap- 
sularia  dans  la  vésicule  biliaire  du  louajm 
aeaptkias;  des  sclérostomes,  dans  I  anère 
niésentérique;  des  penlaslomes,  dans  les 
sinus  frontaux,  sur  le  foie,  sur  le  poumon, 
6  Ja  face  externe  de  l'fstomsc.  Le  polt/stoma 
inttgerrimum  existe  dans  la  vessie  des  gre- 
nouilles rousses  et  vertes,  et  d'autres  espè- 
ces rie  ce  genre  se  trouvent  dans  le  sang 
lies  hommes  en  état  de  maladie;  plusieurs 
inonostomes  se  rencontrent  dans  les  i'olli- 
t-uies  destinés  fa  la  production  des  plumes 
(les  oiseaux.  Les  lioloslomes  se  rencon- 
trent dans  le  corps  vitré  de  la  perche  et  de 
plusieurs  espèces  de  cyprins.  Le  distome 
hépatique  el  le  distome  du  Gel  se  trouvent 
dans  le  foie,  dans  \os  canaux  biliaires,  la 
vésicule  du  fiel  et  la  veine  porte;  le  dis- 
lome  lacioié  a  son  stéite  dans  le  pan- 
créas ;  etc. 

«  Les  eotozna  ires 'paraissent  pourtant  ap- 
partL-Dir,dans  l'organisme,  i  un  ordre  assez 
élevé;  car  ils  se  reproduisent  par  aocouplc- 
inent  el  soui  doués  de  sexualité.  Or,  la 
•iixoalilé  est  regardée  comme  un  des  ollri- 


ACOLOGETIQUE.  CES  «iiî 

buts  les  plu.s  élevés  de  l'orgaiiisEne;  niiij 
quel  degré  de  certitude  peul-on  ailribuer 
au  moue  de  propagation  des  Êtres  qutud  un 
voit  cette  fonction  si  mobile  dans  les  miTii- 
fsstations?  Nous  avons  dans  les  verlébris 
des  exemples  frappants  de  celte  bitsrrerie. 
Ainsi,  tandis  que  presque  tous  les  (loisiDai 
fécondent  leurs  œufs  sans  accoupleœeul  el 
par  une  simple  aspersion,  nous  vojjOmiIbii] 
un  seul  el  même  ordre  des  viTipsres,d»oi»- 
vivipares  et  des  accouplements  ïpourlanlCa- 
vier.  dans  son  système,  rejette  è  li  Q»  lie  sa 
méthode  ichthvologique  les  êtres  les  jjIiu 
élevés  de  la  série  snus  le  rapport  du  mode 
de  reproduction.  Parmi  les  ophidiens,  Its 
vipères  sont  vivipares,  et  l'oiseau,  malgré 
sa  supériorité  organique,  est  simplemtnl 
ovipare.  Ou  ne  peut  donc  pas  regarder cvlle 
fonction  comme  un  signe  de  supérioriléib- 
fiolue.  On  ne  trouve  cnez  aucun  enlozoain 
l'hermaphrodisme  ni  la  gemmiparilé,Diiii 
la  tia-iparilé  transversale,  ainsi  que  cela  iliri 
dans  len  tœnias  et  l'androgynie,  ou  l'accolli^ 
ment  de  deux  êtres  de  sexe  différent;  ce  qui 
n't'Sl  pas  de  l'hermaphrodisme,  mais  uojiu 
vers  la  bisexualité. 

■  Il  faut  donc  nécessairement  admellrc, 
faute  de  démonstrations  plus  coocluiates, 

Sue  les  entozoaires  naissent  spontanémciH 
ans  les  tissus,  par  suite  de  leur  étal  oior> 
biiJe  el  de  la  [ilasiidlé  organique  des  liqui- 
des  séiTélés  ou  élaborés.  Tréviranus  dil, 
dans  sa  Biologie,  que  Leuwenhoek,  le  pire 
de  la  microgrephie,  n'avait  trouvé  d'tiito- 
Z'iaires  dans  le  mucus  ioteslinal  que  quand 
i)  y  avait  une  phlegmasie  du  tube  dig«sti[, 
Cl  Brera  dit  que  les  impressions  mocalei 
violentes,  telles  sont  celles  qui  résult^nlde 
l'appréhension  d'une  opération  chirurgi- 
cale, peuvent  leur  donner  naissanc»  c" 
changeant  la  nature  chimique  des  compoiû 
organiques. 

<  Si  I  on  voulait  persister  à  regarder  Im 
entozoaires  comme  produits  par  une  aD|n 
voie,  il  faudrait  admettre  qu'ils  se  sont  in- 
troduits directement  aveu  leurs  œufsdiu 
l'organisme,  et  dans  ce  cas  il  résulterait 
une  singulière  conilagration  entre  ces  or> 
ganismes  parasites;  car  les  animaux  q-u 
vivent  les  uns  des  autres  s'inoculeraiwl 
des  entozoaires,  et  il  eu  résulterait  un  n^* 
lange  d'entozoaires  passant  du  eprps  (l'on 
animal  dans  celui  d'un  autre.  Pour  citer  uu 
exemple,  les  huUres  que  nous  wsngeunit 
l'état  vivant,  et  qui  sont  si  souvent  rem- 
plies de  Qlaires,  devraient  introduire  dont 
nos  voies  digestives  leurs  eolozoaires;  i' 
n'eu  est  rien.  Chaque  animal  a  ses  behuin' 
Ihes  propres,  el  ces  mêmes  paraMlu  *< 
retrouvent  dans  les  mêmes  orgaaisme^i 
dans  tous  les  climats  et  dans  tous  i>:^ 
lieux. 

«  Quant  fa  la  translation  dea  germes,  tn 
n'a  rien  fa  invoquer  en  faveur  de  cette  b.<- 
polhèse;car  si  ces  animaux  venaient  ilu 
dehors,  par  quels  étroits  seDti<>.r5  passt- 
raient-ils,  après  avoir  suivi  looïes  les  l''"' 
ses  des  Diodifîca  lions  chimiques  é|>rcuTéts 
par  les  subïtaocei  ingérées,  pour  arrim 


nCTIOXNilBE  APOLOGETIQIT, 


CES 


1014 


•)in«  tes  oi^iies  I»  plus  clos?  Paroù  passe- 
r:iie')l  les  auts  du  cy>ii>iu  cMulmut,  qui  se 
ir'iuTwl  dans  le  parenchyme  céréliral,  dans 
liip!>-xas  cboroïde  et  daos  le  cristallin? 
Kst-il  vraisemblable  que  les  œufs  de  ces 
b-iraialbes.  quelque  léous  qu'ils  soient, 
I  uissent  s'ialroduire  dans  des  organes  dont 
l'iQi^ieor  est  protégé  par  des  tuniques  ré- 
sistantes? Hais  on  sait  qu'il  n'en  est  rien, 
el  les  œu&  de  la  plupart  des  helmintbes 
(■inl  connns.  Oo  sait  qne  ceux  ue  Vascarh 
l»a)brieoidta  sont  gros  comme  no  grain  de 
m  liel;  el  quel  serait  alors  le  diamètre  des 
uiueaux  capillaires  qui  leur  s*;rTiraieut  de 
pifuge?  Ancan;  car  les  plus  gros  sont 
i^ias  TSBtas  oue  ceux-ci.  Une  autre  oLyec- 
lioa  à  celle  IDéorîe,  c'est  que  quelques- 
ciu,  tels  que  les  leptodera  flexilit,  Mtron- 
';jliu  tittUorum,  tteuminata,  etc..  dooneul 
ijissancek  des  petits  Tirants;  comment  a 
'.:'[!  leur  translation?  Les  monoslomes  des 
('i>«aui  offrent  l'exemple  d'une  androgjoie 
rompléle,  c'est-Mire  deux  individus  de 
s«ie  différeut  produits  par  paires  et  ne  se 
itjiaranl  pas.  Cce  autre  supposition  laite 
rjr  les  partisaDS  de  l'emboîtement  des  ger- 
Les  prouve  que  c'est  par  les  premiers  pa^ 
[«uls  que  les  eutozoaires  ont  élé  transmis 
>  .eurs  descendants,  el  ainsi  de  suite.  11 
lurait  fsHa  pour  cela  que  les  premiers  êtres 
1. mains  qui  s'évriluèrent  apportassent  en 
LjUsaot  la  colleclîou  de  ceux  qui  se  trou- 
*tai  aujourd'tiui  répandus  au  aombre  de 
i:at  dans  rbumaiiité.  On  a  souvent  chez 
'.ii<iimue  et  les  autres  animaux  vertébrés, 
lojvédes  BTitozoaires  dans  les  fœtus  encore 
tùLtciiUS  dans  l'utérus.  Comment  peut-on 
expliquer  la  génération  de  ces  helminthes? 
ïi  c*é:ail  par  b  mère,  il  faudrait  nécessai- 
rtmeol  qu'elle-même  en  eût  (lé  atteinte, 
ce  qui  n'apasélécouûrmé,  et  que  les  ovules 
jjs&asseat  h  travers  tout  le  système  circula- 
toire pour  arriver  jusqu'à  i'enfsal. 

■  A  ces  trois  classes  d'êtres  paraissent  se 
biToer  les  faits  relatifs  à  la  génération  S|)on- 
Unée,  et  il  est  dilEcile  de  les  expliquer  au- 
treuiCDt.  Pourtant  il  reste  encore  un  certain 
ooojbre  de  phénomènes  dont  la  manifesta- 
ii  jU  est  d'aoe  obscurité  bien  grande,  quoi- 
■lu'oQ  les  range  dans  la  catégoriiïde  la  gé- 
i-=ralion  directe.  Ce  sont  :  1*  l'apparition 
'-'es  acariiles  dans  certaines  maladies  cuta- 
i^tes;  2"  les  parasili'S  pédiculaires,  qui  ont 
<:tiacun  une  forme  spéciale,  suivant  l'animal 
tur  lequel  ils  vivent;  c'est  ainsi  que  Patin 
sçani  tait  couver  par  une  poule  des  œut  da 
i^rdrix,  et  ajF^ant  eiaiiiinù  les  parasites  qui 
•eilounneiitaiiint,  trouva  des  poux  de  per- 
drix e(  Doa  de  poule  ;  3'  les  poux  qui  viun- 
nenl  dans  la  chevelure  des  eniànis  ne  se 
fifodaisent  pas  {ai  coulact  et  transmission 
s'^aéralifs;  je  les  ai  vus  chez  moi  se  déve- 
'"{'per  sur  un  de  mes  enfauts  qui  avait  eu 
'*>agtemps  UDB  croiïle  laiteuse  fort  épaisse 
f/  sacs  qu'il  eût  élé  mis  en  coulact  avec 
'-''«lutres  eofaiits,  le  mauvais  éUit  de  sa  santé 
■^  leoant  au  lit  depuis  lon^iemps;  V  dans 
*%naines  maladies  du  cuir  chevelu,  lelifs 
v>:it  vutre  autres  la,plique  et  îa  teigne,  il 


s'engendre  des  ponx  avec  une  rapidité  ei- 
iTHordinsire;  5'  le  pbihiriasis  est  dans  le 
même  cas.  J'ai  connu,  il  ;  a  vingt  ans,  ui>e 
vieille  femme  im|)otente  depuis  plusieurs 
années,  ne  quittant  pas  son  lit,  et  confiée 
aux  soins  de  personnes  de  la  plus  scrupu- 
leusc  propreté,  être  du  soir  au  matin  cou- 
verle  (le  la  manière  la  plus  incommode  du 
pedicuitti  fabeseenlium;  G'  l'apparition  si- 
gnalée par  M.  Pajen,  de  brancbi(»es  dans 
la  solulinn  de  chlorure  de  soilium  à  an  cer- 
tain degré  de  concentration;  7'  l'apparition 
d'apus  dans  les  mares  et  les  amas  d'eau  de 
pluies  où  l'on  li'en  avait  pas  encore  vu. 
Les  braocliipes  et  les  apus  sont  pourtant 
des  crustacés,  êtres  bien  autrement  com- 
plexes que  des  poux.  Je  ne  parlerai  pas  dea 
crapauds  vivant  dans  les  pierres,  des  pois- 
sons réapparaissant  dans  des  étangs  dessé- 
chés'deputt  longtemps;  mais  je  soumettrai 
i  l'atiention  des  observateurs  les  faits  sui- 
vants, qui  sont  de  la  plus  h^iute  importance 
et  de  l'obscurité  ta  plus  complète.  Il  est 
apparu  dans  plusieurs  circonstances,  après 
des  incendies  cnnsidérables,  des  végélau: 
phanérogames  n'existant  pas  dans  le  pays; 
tels  sont,  d'après  Uorison,  cité  par  Trévi- 
ranus  dans  sa  Biologie,  l'erytimum  hlifo- 
lium,  sur  tes  ruines  d'une  grande  partie  de 
Londres,  incendié  en  1666.  Ce  fait  est  con- 
signé dans  tes  Ltçont  de  botanique  de  M.  Slé- 
raï.  Froriep  cite  encore  dans  des  circons- 
tances semblables  \'E.  anguiiifotium  en 
Norvège,  le  Blitum  capitatum  h  Koni^sbeig, 
\a  Sentcio  cÎMcûsui  à  Cupeahagne.  On  ssit 
qu'après  l'incinération  nu  seulement  la  des- 
truction d'une  fnrèl,  il  croît  sans  cesse  des 
végétaux  qui  dilTèrcnt  suivant  l'essence  du 
bois  détruit.  Aiusi,  dans  te  duché  de  Nas- 
sau, le  ipartîum  teoparium  a^uvre  le^Ierrain 
qu'occupaient  [iréredeniinenl  Igs  bois  qu'on 
a  abattus,  et  dont  tes  racines  ont  été  brû- 
lées sur  te  sol.  A  la  Guyane,  quand  on  a 
abattu  une  forêt  vierge,  le  sol  se  couvre  de 

f>almistes,  de  chou-niaripa,  de  bois  puant 
anagyrit  fœtida)  ei  -lutres  espèces  végétales 
qu'on  ne  rencontre  que  dans  les  grands 
bois.  Après  toutes  tes  coupes  de  hêtres  sur 
le  revers  du  mont  Uon,  les  groseilliers  af>- 
paraissent  les  premiers;  [)eiidaiit  trois  on 
quatre  ans,  les  framboisiers  occupent  le  soi  ; 
les  fraisiers  pendant  deux  années;  la  rouce 
bleue  pendant  huit  it  dix  ans  ;  enhn,  quand 
le  hêtre  domino,  tout  disjiaralt.  Dans  leî 
forêts  d'arbres  résineux,  on  trouve,  après 
la  disparition  des  pins,  non  pas  des  fram- 
boisiers, mais  tout  simplement  des  fraisiers 
et  des  ronces.  D'.'près  Pranklin,  les  («0- 
pliers  croissent  après  la  disparition  des 
[lins  par  incinération;  dans  l'Amérique  du 
Nord,  te  sol  des  forêts  vierges  se  couvre, 
peu  de  temps  après  leur  déboisement,  d'une 
espèce  de  irèQe.  On  sait  que  le  fraisier  crott 
invariablement  sur  les  lieux  oiï  onlétééla- 
blis  des  fourneaux  h  cEiarbon;  et  l'on  voit 
souvent,  d'après  Uœràlio,  l'orobaDCbe  suc- 
céder au  chanvre. 

■  Lorsque,  par  snile de  eirconslauoes  loca- 
les, il  s'est  opéré  daos  le  sol  des  mQdiGca- 


nCTtONNAIRE  APOUWETIQUE. 


lions  f>rort>iiiles,  î}  ost  1)9  toute  évidence 

3ue  les  pliAnomènes  végétaux  qui  s'y  pro- 
utsenl  présentetil  uD'caractèredfl  nouveau- 
té, il'élrangeté  m(^me,  qu'il  est  difTiciJed'ox- 
pFii|uer.  Le  premier  nBturalisIe  il  qui  j'ai  tu 
dévelopf>er  cette  idée  et  l'nppujersans  théo- 
rie de  fait)  nombreux,  c'est  M.  ThjéLiaud  de 
Berneaud;  et  Burdach  a  recueilli  un  grand 
nomlirede  matériaux  qui  compliquent  encore 
ta  question.  Quand  do  l'eau  salée  rient  h 
percer  le  sol  au  loin  et  à  se  faire  jour  k  sa 
8urr<ice,  il  ne  tarde  pas,  d'après  Link,  h  crot- 
Ire  des  végétaux  qui  habitent  le  littoral.  Il 
en  e^t  de  uiéme  des  terres  imprégnées  dos 

ririncipes  salants  de  la  mer.  Un  terrain  en- 
evé  &  la  mer  par  la  consiructiou  des  digues, 
et  qui  était  sous  les  eaux  depuis  un  temps 
immémorial,  produisit  la  saltcomia  htrba- 
ria  dans  les  lieux  tes  plus  imprégnés  de  se), 
Varenaria  marina,  puis  lepoa  maritima  dans 
le  sable  pur,  etc.  Vîborg  {Mag.  dtr  Geteïl, 
naturfonch.  Freund,  1. 11  7&)  a  tu  en  Dane- 
mark, après  le  dessèchement  d'un  étang  qui 
n'avait  pas  été  vidé  depuis  plus  de  cinquante 
ans,  croître  le  eartx  cyperoidet,  qui  ne  se 
trouve  pas  dsns  ce  p<iys.  Vn  1796,  on  mit  en 
culture,  sur  les  bords  de  l'Oder,  certaines 
portions  de  marais,  et  l'année  suivaute  le 
sol  se  couvrit  tïennapii  arvemit.  J'ai  suivi 
avec  intérêt  la  modification  de  la  flore  des 
terrains  marécageux  qui  se  trouvent  sur  les 
bords  de  la  VesTe.  aux  environs  de  Reims  ; 
aux  Carex,  aux  Typha,  aux  Sparganium, 
RQx  loDcs  qui  en  forDiaient  le  fond  dans  les 
points  le<  plus  voisins  de  la  rivière,  et  lea- 
Jaient  par  leur  masse  à  les  dessécher,  on 
voyait,  i  mesure  qu'on  s'éloignait  dans  les 
terres,  quoique  le  sol  fût  le  même,  arec  une 
masse  da  tourbe  de  six  pieds  d'épaisseur, 
succéder  graduellement  une  flore  nouvelle* 
apIMrattre  des  végétaux  non  aquatiques, 
tels  que  certaines  labiées,  des  orchisà  bulbes 
palmés,  puis  une  végétaiion  des  terres  sè- 
ches, et  cela  sur  upe  loogueur  de  cinq  à  six 
cents  pas. 

■  La  terre,  priseà  une  grande  profondeur, 
sccouvre  de  végétaux,  comme  si  elle  était 
saturée  de  geribes.  C'est  ainsi  queHonckel, 
ayapt  mis  dans  un  pot  de  la  terre  prise  au 

iTJntemps  h  deux  pieds  de  profondeur,  et 
'ayant  placée  au  faite  de  sa  maison,  il  y 
iTÛt  des  graminées  et  des  orties. 

«  Verra-t-on  dans  ces  faits  h  peine  étu- 
diés, et  désignés  sous  le  nom  d'apparition* 
iponlanéei,  une  preuve  de  plus  en  faveur 
du  la  théorie  de  la  génération  primitive  T  Je 
ue  l'aflirmerai  pas.  Je  donne  ces  faits  comme 
1res  surprenants,  «t  je  désire  quu  les  bota- 
nistes, abaudoonant  les  travaux  méLiiodo- 
l<igiqui.'S  purs,  donnent  h  leurs  éludes  une 
direction  plus  large,  et  recherchent  surtout 
les  grandes  lois  qui  régissent  l'organisoie. 

«  Que  résulte-t-il  de  ce  qui  précèdeT  C'est 
que  la  génératiou  des  êtres  primordiaux  a 
lieu  par  l'actinn  réciproque  des  éléments  do 
l'organisme  mis  en  rapport  par  les  «gi^nts 
qui  établissent  en  eux  la  vie;  et  la  sexua- 
lité De  prouve  rien  contre  les  faits.  Si  les 
(trcs  organisés,  spimaus  ou  végétaux,  sim- 


ples et  complexes .  étaient  compostU  da 
principes  élémentaires  essentiel lemenl  lu- 
tres  que  ceux  qui  se  reiroevenl  danslej 
corps  inertes,  on  pourrait  croira  alors  qu'il 
faut  l'intervention  d'uoe  force  occulte  pont 
arriver  è  leur  formation;  mais  il  n'en  M 
rien  :  trois  principes  élémeoliiret  fonda- 
mentaux  chez  les  uns,  quatre  chei  les  git- 
tres,  puis  un  mode  particulier  d'eiislence, 
sons  l'inHuence  des  agents  chaleur,  lumièrt, 


électricité,  et  rien  de  plus;  ce  nui  retienl 
k  dire  que  Vorganitme  »t  u«  mode  f 
litr  de  in  matière.  Pourquoi  alors  se  niant 


t  ptrtm- 


h  admettre  que  les  principes  conitiluinlj 
d'un  corps  en  état  de  désagrégation  tyim 
conserve  dans  leur  mode  d'associnlion  h 
éléments  primitifs  de  tout  organisme  ne 
s'organisent  pas  i  leur  tour,  et  une  lok 
doués  de  vie  n'émettent  pas,  en  vertu  île  1 
leur  évolution  individuelle,  dfs  sporus  ou 
des  gemmules  propres  è  la  reproductiou 
d'individus  semblables  i  eux  1  Cette  idévM 
présente  BsseH  clairement  h  iiiod  esprit: 
une  cellule  ou  un  ovule,  composé  d'une  ss- 
soctation  de  cellules,  forme  une  B^réj^linn 
organique  ayant  un  mode  d'existence  s[h^ 
cial,  et  ne  pouvant  subir  de  modiriuiliuuj 
que  quand  il  naîtra  pour  elle  des  ciix;ijus- 
lancQS  qui  changeront  sa  manière  d'être. 
Pourquoi  alors  s'étonner  de  la  siiuilitmle 
des  produits?  Pourquoi  s'étonner  |>lus  de 
la  génération  sexuelle  que  de  la  gënérition 
gemmipsre  ou  QssipareT  Un  orgsnisun 
asexuel  est  celui  qui  se  trouve  dans  dts 
cunditîons  telles  que  la  cellule  éléniealaire 
jouit  isolément  de  propriétés  vitales  ooi  la 
mettent  en  étal  d'assimiler  dès  son  éoiH- 
gence  les  principes  nutritifs  ambinnls  ;  tto- 
dis  que  dans  les  organismes  sexuels,  l'otult  ; 
n'est  susceptible  d'émergence  que  qmrni,  . 
par  le  rapprochement  du  mAle,  il  est  m 
dans  des  conditions  physiologiques  qui K> 
douent  de  la  somme  de  vitalité  nécessaire 
pour  devenir  un  être  nouveau  ;  en  à'ôleisnt 
plus  haut,  on  trouve  que  le  jeune  élre,  k 
lieu  d'assimiler  immédiatement  les  priuc- 
nes  alimentaires  qui  serviront  plusUnlt 
l'entretien  do  sa  vie,  a  besoin  d'une  nnof- 
riture  élaborée  par  la  mère.  Toujours  do""- 
le  principe  d'évolution  se  présente  Jam  , 
toute  sa  puissance.  A  mesure  que  les  èifri  i 
deviennent  plus  complexes,  ils  ont  liïS'"''  : 
d'une  nourriture  plus  longuement  |>ré|«tff.  | 
La  génération  spontanée  ou  primitive  n*^! 
donc  pas  ici  une  question  de  géiiëratiut 
proprement  dite,  mais  d'organisation  ruJi- 
mentaire  ;  et  la  génération  est  un  aclep".'- 
siulogique  du  même  ordre  que  la  nutriuon.  1 
A  cela  on  demandera  pourquoi,  puisque  J< 
défends  la  théorie  de  la  puissance  plaslNi" 
de  la  terre,  il  ne  se  forme  plus  i  sasurlltt 
d'bommes.de  lions, de  tigres,  dosinges,eti''; 
je  répondrai  que  c'est  que  l'époque  de  lenr 
évolution  est  passée,  et  qu'il  ne  s'en  forwf 
pas  plus  que  d'or  et  de  métaux  et  de  p'^fj 
res  précieuses,  bu  sein  de  la  terre.  Ce  mJ' 
IfS  productions  d'une  époque  écoulée,  et  if 
temps  ne  revient  pas  sur  sa  route;»'"' 
mine  et  emporte  avec  lui  les  planéiMl",'. 


1417                       C.e.i                       DICTHXS-NAIRE  ATOLOGEnOl'E.  GEH                 lOlS 

'ITèsde  nombTPiises  modrSealioas,  liassent  Ire»  de  celle  fsçoD  qae  de  Inule  aulre.  On 

-je  Iftnhnce  ii  la  iinlilé  four  lomlicr  dans  s'assurera  de  m£iue  que  celte  manière  de 

ij  JécrépilDde .  ajec    les   alomes  qui  se  génération  es!  non-seulemen!  la  plus  fré- 

mtarenl  i  leur  surface.  >  quenle  el  la  plus  générale,  mais  la  plus  an- 

ToDle»  ces  opinions  s'étanouissenl   <Ie-  cienne,  c'est-à-dire   la  première   et  la  plus 

iint  une  discussion  sérieuse  des  faits.  Noiis  uni'ersfllJe  (1543).  «Et  pour  montrer  queHe 

a  ^oni  cfaercber  ft  le  démontrer,  en  nons  »c-  bitension  BulTon  donnait  à  celte  fay (Kilhèse  : 

rupanlsnccessireinenl  des  principaux  plié-  ■  Dès  que  lesmoWcoles  organiques,  ajoule-t- 

numènes  sur  lesquels  on  s'appuie  pour  sou-  ■'>  ^  trourenl  en  liberté  dans  la   nialièr» 

l-Dir  aujourd'hui   la  génération   spontanée  ^l^s  corps  morts  el  décomposés,dès  qii'ellpf 

<!«s  infusoires,   el  de  ceux  qui  serrent  de  ne  sont  point  absorbées  par  le  moule  inté- 

bisei  la  même  opinion  pour  les  entozoaires.  rieur  des  èlres  organisés,  qui  composent  les 

i  I.  De  la  génération  Mpontanit  dn  infiuoi-  espèces  ordinaires  de  la  nature  Tiyaule  ou 

m.  —  I.  On  a  fuit  deux   hypothèses  sur  la  'égélante,  ces  molécules,  lonjours  actires, 

t^iérilion  spontanée  des  infnsoires  :  erlle  traraillent  i   remuer  la  matière  putréfiée, 

^c(  M«/^ni/r(  of^oHifuef  de  Buffon,  et  celle  ^"^^  ^'^^  approprient  quelques  particules 

'•'  U  tréatian  aa  rporei,  des  auteurs  mo-  brutes,    et  forment,  par  leur  réunion,  uue 

ntfbti.  multitude  de  [leiils  corps  organisés,  dont 

PrrmiiTihspothèn.-^  Buffon,TOjantd-.ine  I?  """•. '^?"°*  '^'*'^"  Î*V"'"S-  '"  ^^'""- 

ï.ni.maliè?esedésagrég^r.elvoy«nldïS  ^œ^'^i^'  P""'««°l  être  des  auin.aui 

iBlre  côté  naître  de  petites  particules   ri"  °",i"  v«oélaux  assez  grands,  mais  dont  les 

.nies  dont  l'origioe  échappait  èl-obserra-  ""'"!   en    nombre   presque    infini    ne   se 

:■■«,  supposa  refisience  d'une  fîue  de  cor-  l-lt^l,  V"  """«««P»  î  '«»?  «es  corps 

aHulosVnfmés  dont  chacun  slraU  le  «"-  îée  iKw  ï^s%StnmeL^er/^^^^^^^^^^ 

e  de  forces  riialot  nrnnrac    n^  i.  -*..„: ""  (lawt;.  Les  anguilles  de  la  colle  defaniie, 

étor.  du  Dom  de  moSfV,  S"mni™„    w  Pf«e"il"S  »niiiiaiii  nmroscopiqnes  ne  sont 

ins  ™  excêpltr  les  pi»!  grands  ni  "es  p°Js  SÎ.T  1'  '"'""'    "  <'>'«">f^'«^',  celle 

««11,  réinllersienl  des  espèces  de  monades  ™?»  °.™°    "^^'-  '  ^"ffvl'"."'  "  ""r 

■TOflible»  de  conserver  i  la  fois  el'eSÎ  £•»»'•«■"' s»' »Poinl  hisorique.  .o:ci 

!UI iilaircel  leurs t.cnllés.îi  es  douéM  ?„'°',''"  '°'°"  «"lo'' ''«  J»  B^SnlSrauoo 

Ion,  ,ie  indénendanle    mais  noù.anl  «  <1."  «nlo'oaires  :.  Ugénéralion  sponlané. 

.-..per  ullérieSJeTnrpoSrcréS;  dés Vo"  "'S'î.'   ""T"?""":'  ",  H-i"™"»";»»' 

•s  .i..nles  nourelles.  De  là  l'idée  d'une  <F,t    t  T.^Àif  fl""''!"'»"  .»""'  l»"^»"' 

uUlîon  rnnliniipIlD     nnn  .<...I™J^i  ^  la  »ie.  Les  molécules  surabondanles,  qui  ne 

..""a'Sî^ïïâl   3      ''rSme"mémede°2  mmal  pour  s,  nulrilion  cberçtem  »  se  réu- 

»»aui,  conséquence  qu'il  .  T.inement  S™,. T.ir  ""?'  '^'r'"^  ''1   "   ""V'™ 

mé  d'éluder  3ar  la  nouTelle  sunnosilion  f      .  1S?  """«»".  <"  '"'menl  commedans 

4;;ii.^ï.=s  T'!^^is^  Js/^i^^^î^^ss.rf^t.ïïS'ïi 

-,  jusque  dans  lu  sinus  des  veines  de  plusieurs 

i-tsl    précisément     comme   une    consé-  animaux;  c'est  aussi  l'origine  de  lous  les 

«ce  de  ces  molécules   organiques,  que  vers  quipercent  la  peau  (laei...  .' 

0'.n    admet  les  générations  s|iontanées.  Il  est  vrai  qu'oiaminés  avec  de  maurais 

-uDe  de  ces  hjDothèses  suit  de*  l'autre,  microscopes,  les  infusoires  sembleui  u'ôlre 

j-lourens  (154IJ.   Aussi,   las  beaux  et  qu'une  simple  masse  dégelée  virniile,  et 

AA^^'  résullal»  de  la  science  moderne,  peuvent  passer  pour  ces  prétendues  molé- 

décourerles  de  Redi,  de  Swammerdam,  tuies  organiques  de  Buffon.  Les  tissus  des 

JaIIisnéri,deRéaumur,sontenIièremeul  animaux,  imparfaitement  étudiés  avec  des 

I   P^"''*""''n.  Il  jr  a  peut-être,  dil-iJ,  grossissements  peu  considérables,  olfrent 

ini  d  Cires  SOU  riranls,  soit  végétanis,  aussi  un  aspecl  granultjux  qui  a  pu  les  faire 

I  se  reproduisent  par  l'assemblage  fortuit  regarder  comme  composés  de  la  réunion  de 

i  molécule*  organiques,  qu'il  y  a  d'ani-  corpuscules  ou  globules,  auxquels  si  était 

ux  ou  de  végétaux  qui  peurent  se  pro-  facile,  avec  une  imaginalion  comme  celle  de 

ire  par  ""e  succession   consUnte  de  gé-  Bulfon,  d'accorder  une  vie  proi.re.  Plusieurs 

•allons  (1M2).  >  El  plus  loin  :  ■  Plus  on  observateurs  sont  tombés  dans  une  erreur 

(i-rvera    la  nature,  ;>lus  ou    reconnallra  analogue  sur  la  structure  dts  tissus  à  uue 

'I  se  produit  en  petit  beaucoup  plusd'ô-  époque  encore  peu  éloignée  da  la  nôtre  ; 

I yil  Bifioû^det  trnawx ttiatdictde  Bmffon  pUneim  t.  IV,  p.  533. 

1-U»,  m™       H-     •               „  <'"5)  0-r.  «i-,  Suppt..  I.  IV,  p.  557.                : 

«i  '  *^'  ''  ''«'"?';''«  <î«  Cabî«ei  d»  roi,  de  0515)  0«r.  ril.    Si.iïï.    l.  IV,  p.  M3.        . 

ptimcne  loyale,  .0.-4';  Pari»,  17*9.178?;  Riip-  (I54fi)  Out.  til.,  M.,  t! ï\ ,  p  Ul. 


tC19 


GEN 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


tel  est  Milna  Edwards  (l5W),quf  professe 
aujourd'hui  sur  le  mèiue  point  desidâes  bieu 
diOTérenlos.  Mai?  en  ce  moment  dos  con~ 
naissBDces  histolagiqucs  ne  nous  permettent 
l>lus  le  doute,  et  il  est  certainement  inutile 
de  réfuter  les  idées  de  Buffon  sur  ce 
sujet. 

Deuxième  hypothiee. — Vers  la  Gn  du  der- 
nier siècle,  Spallanzani  cODimençn,  sur  la 
formation  des  infusoires ,  des  recherclms 
dont  nous  aurons  bientôt  l'occasion  do  par- 
ler; mais  d'après  Bonne),  injublé  dans  ses 
conclusions  par  quelques  idées  préconçues, 
il  n'en  tira  pas  peut-éire  tout  le  pniti  qu'il 
deTBil.  Plus  tard,  en  Franco,  Fray  (1548)  tit 
du  nombreuses  expériences  avec  tuuie  la 
minutie  des  chimistes  et  des  pti,>$jcieiis. 
niais  elles  furent  plus  nuisibles  qu'utiles  b 
ta  doctriflc  qu'il  voulait  défendre  ;  car  elles 
le  conduisirent  S  admettre  que  dans  les  in- 
fuiiiuiis  se  produisent  non-seuiement  des 
niiimaux  microscopiques,  mois  même  dos 
vers  de  terre,  des  culimaçotis,  et  jusqu'il  des 
insectes  d'une  organisidlioii  compliquée  , 
des  poudures,  des  cousins,  etc.  Dugès  iecoti- 
natl  qu'il  j'  a  eu  dans  ceseipôrieiicss  que)- 
que  cause  d'erreur,  comme  dans  les  expé- 
riences plus  récentes  de  Cross,  qui  auniit 
jiroduit  des  ai^ariens  dans  des  solutions  df 
silice,  déposées  sur  un  morceau  de  lave  et 
soumises  è  l'action  de  la  pile. 

En  Allemagne,  Gleictien,  Gruitbuisen, 
Burdacti,  Tréviranus  et  quelques  autres 
liront  de  nouvelles  expériences.  Burdacb, 
qui  les  rapporte  et  les  lésume  toutes,  n'en 
conclut  néanmoins  la  génération  spontanée 
que  pour  les  êtres  inférieurs.  Voici  comment 
il  on  explique  la  possibilité  :  ■  Comme  la 
plasticité  individuelle,  dit-il,  ne  peut  que 
conserver  les  organes  supérieurs  (viscères, 
muscles,  uei'fs,etc.]  |tar  la  tiulrilion,  tandis 
que  pour  ce  qui  concerne  les  organes  infé- 
ricurs  (tissu  ccllulnire,  vaissenux  cHpillaires, 
0^,  etc.),  bile  est  apte  è  produire  de  uou- 
Venu,  soi!  en  ajoulsiil  b  ce  qui  etisle  dt'jh, 
suit  en  régénériinl  les  parties  perdues;  dd 
même  la  généi'aiion  ne  saurait  miiiutenir 
les  organismessupérieurs  que  parpropaga- 
tiun,  mais  peut,  lorsque  les  circonstances 
sont  favoratjles,  créer  de  nouveaux  organis- 
niesinférieurs(lâV9).  »Burdach  pense  d'ail- 
leurs que  la  géuéralion  sponlanée  nes'exerce 
guère  que  sur  des  substances  organiques  : 
o  Si  la  fone  plastiquo  de  notre  planète,  dit- 
il  [ISoO},  a  été  autrefois  plus  puissante  qu'elle 
ne  l'est  aujourd'liui,  on  peut  penser  que  la 
généiation  primordiulu  a  élé  mise  en  jeu 
jiidis  par  des  dépôts  inorganiques  produiis 
au  sein  des  eaux;  mais  qu'aujourd'hui  elle 
0  Heu,  sinon  exclusivement,  du  moins  prin- 
cipalement lorsqu'on  fuit  ini'user  dans  l'eau 
uue  substance  qui  â  joui  de  lu  vie.  ■ 

(1547)  Réperlohe  générale  itaiialomie  et  de  phy- 
liufagje,  publié  par  Urusdiet;  Pitrig,  1827,1.1)1, 
p.  47. 

(1548)  Ëf.aJ  mt  Forigint  des  corpt  otgimitét  et 
tnorg'nHit^tj-Puris,  I8t7.  U'iui'juc  publiée  un  Fiau(<: 

KPIll.'lllr'lil  l'ii    lillT     n  G  l>kiii'ri.<iii'i'ï    il^il. Ii>  IKIlJl 


En  résumé,  les  travaux  de  ces  npénmi. 
taleurs  modernes  semblèrent,  uon  |iasfDih 
lirmer  les  idées  de  Buffon.qm  ti'éiaienl ,|ut 
de  simples  suppositions,  msjg  prouver i)»; 
la  substance  organique  morte  peutdeTeuit 
le  siège  d'une  fermentalio»,  et,  iiaridlr, 
donner  naissance  à  des  granults,  deuui^llei 
se  développeraient,  comme  da  vériui)ita 
ovules,  les  êtres  infusoires.  «  Dans  la  proio- 
gniion  par  œufs,  dit  Burdach[l55t],  jeiiui- 
vel  individuse  forme  aux  dt^pensd'uDeoi^u 
ainorphe  de  granulations  tnicroscojiiquesw 
se  décomposent.  De  pareilles  aiiila|p»ïj 
permolieut  pas  de  regaiiler  comme  iib»lï| 
litcnt  imiiossible  que  de  la  subslsua  M 
nue,  produite  par  la  décomposilioa  ilt  J 
maiière  oi'guni<îue,  il  se  développe  mm 
mal  d'une  autre  espèce,  pourvu  de  biiudii{ 
do  cavité  digosiive,  d'organes  locooiii! 
tours,  quoique  d'ailleursd'uiieslruduiD  loi 
simple,  a  ' 

On  veixa  qu'aucune  do  ces  deui  hypi:!)! 
ses  n'est  loiidéo  sur  les  faits.  Msis,  il  Ili 
le  dire,  avant  luôme  que  l'expérienct  ii 
répondu  d'une  manière  qui  nous  [MI 
aujourd'hui  décisive,  on  avait  émis,  lur 
nature  du  phénomène  dont  nous  unusa 
cupons,  uno  opinion  plus  logique.  Dtrlu 
temps,  on  elfel,  on  a  cliei-chéi;eiiiliiiutr< 
génération  dos  infusoires  par  icéévem^ 
luent  d'mufs  ou  de  germes,  c'esl-<i-ili(t|l 
UQ  mode  semlilatile  ji  celui  par  lequviix 
voyons  se  former  les  autres  êlres  Tiiiril 
qui  naissent  de  parents  semblaliles  à  » 
Faut-il  adinellro  alors  que  ces  uenui:) 
trouvent  répandus  partout,  daDsrair,<li 
l'almosphère,  duns  les  eaui,  etc.;  un 
mol,  faut-il  adniL'ltre  la  disséniiniliuud 
germes  do  Bonnetî  C'est  \h  une  srtM 
question  qu'il  nous  faudra  bieiilùl  il 
tu  1er. 

11.  Mais  avant  de  répondre  àcclleài 
culié,  dunt  les  SjiuDléparistes  oui  fûi'i 
objection,  et  h  quelques  autres  hu'd* 
élevées  conirQ  le  mode  de  reproduclm»! 
infusoires  que  nous  adoptons,  uuus  ^i;" 
exjiusLT  les  expérieiices  que  lanlilVliicr 
tt'Urs  ont  tentées  dans  le  Itut  de  ris"ii 
uno  question  si  cuntroversée,  et  st^m 
surtout  tes  caraclërcs  de  préiusioii  iinv^ 
res  à  ces  expériences  pour  qu'elles  jiuii! 
l'uiro  naJIie  la  certitude. 

Les  iiremières  expériences  seroWéi 
tout  h  fait  favorable»  à  l'opinion  'li^Si^é 
rations  spontanées.  Telles  furent  wlltf 
Lecuwenlioeket  de  Needham  qui  tftou 
rent  les  iulusoircs.  Plus  lard,  les  obsfi 
tion»  d'un  grand  nombre  de  physiok9' 
et  do  naturalistes,  (.1  notamment  île ^ 
Innzuni,  do  Wrisberj  de  tileicliun,  » 
F.Muller,  d'ingenliousz,  deFray,  di'ii 
ïrévironus.  de  Gruithuiseii,  de  Buii 

et  1807.  Une  partie  fut  publiée  en  Allciii«[>' 
1807.  ,    : 

(lofô)  Bl-rdvcb,  TraUi  dt  phy^ioltgit,  I.  Ut- 
Palis,  f637. 

(ir>:iO)   )h«  rti.,  1. 1,  p.  417.  I 

li;.SIl  '■<!.  .ii..i.  I,p.  13. 


CEN 


KCTIONNAtRE  APOLOCETIQL'E. 


Gc:( 


l(H2 


i-  Suiullze,  J'Elireiitierg,  Je  DujariliD,  etc., 
l'.i  en  étendant  lieaucoup  dos  cojinaii- 
>i::'.ei  à  cet  égard ,  ont  pu  donner  lieu 
e;  on  »at  cocclusions  les  plus  opposées. 

^;ia:i3Dzam  Tjt  que  les  subslance^  or^a- 
riiucscuiles  sont  tout  aussi  propres  que 
<:<.t:s  qui  a'ont  pas  bouilli  i  donner  nais- 
!~:uek  des  iufusoires;  que  l'eau  distillée 
H  aussi  CiTorable  è  leur  développement 
■:.v  l'eau  urdiuaîru:  que  l'air  aliuospliéri- 
,.'e  en  nécessaire  k  ce  dévelupiiement ,  et 
:.rl'jut  qa*on  ne  rit  osllre  aucun  infusoire 
,iii  les  infusions  qu'on  a  fait  bouillir  en 
i>»s  dus.  CependaoL  il  reste  dans  le  doute. 
'i/js  liirusoires,  dil-il,  tirent  saus  doute 
■-•1!  [première  origine  de  principes  préor- 
;"i]  iés  ;  mais  ces  principes  sont-ils  des 
■^.:s,  dis  ggrmes  ou  d'autres  semblables 
<  .'jjiculesT  S'il  faut  offrir  des  faits  pour 
.-  ^uJre  à  cette  uueslion ,  j'aToue  ingeaù- 
.'.:.:  i{LiB  nous  n  btoqs  sur  ce  sujet  aucune 
:T.'lilude  (1532).  » 

Wri«berg  (1553)  pronrs  la  nécessité  de 
'iirQuence  de  l'^ir  almosphérique,  en  dé- 
'.«iiiiranl  qu'il  ue  se  produit  aucun  animal 
^i.ï les  iojnsious  recou vertes  d'une  couche 
buile. 

Tréviranas  {1554]  dit  que  la  diversité  des 
bbiiinces  organiques  eu  infusion  ealralne 
lO'âi  ii.-s  dilféreuces  dans  les  iufusoires 
;<.ii'y  furaicnl,  que  la  lumière  eierce  sur 
'"ilrf'fOiJucliou  une  inOuence  considéra- 
•■--.tic,  et  i!  arrive  h  soutenir  ura  opÎDÎon 
■'ri  analogue  è  celle  de  Buffoo  sur  les 
■■■hiuivs  organiques. 
Llc  lies  productions  qui  a  le  plus  occupé 
s  j>ariisan5  de  la  génération  spontanée 
H  fa  iDalière  verte  de  Priesllpy.  Etudiée 
•r;Dut  (lar  lugenbousz  (1550),  elle  apparaît 
i::j.  dans  les  conditions  dont  iiou->  venons 
'  l'jrler,  sous  l'aspect  d'une  croûte  vcr- 
L'.'.  à  granulations  rondes  et  ellipiiques, 
:i.  il'aburd  isoK-es  et  douées  de  légers 
3'i»euienl5,  paraissent  se  transformer  plus 
':  eu  lilets  lraDS|jarents  qui  se  meuveLt 
.i.e  iisaiiiére  irréguliëre.  Suivant  K.  Wa- 
^r  1556},  elle  ne  sérail  qu'un  assemblage 
'3  :avrfs  d'animalcules  rerts  (entre  au- 
ra i<:  l'englena  viridit);  ses  bleis  mobiles 
-:>:eEil  des  êtres  différents;  et  Ingenbousz 
ttU  eu  le  lorl  de  ne  les  cousidéri^r  que* 
iiue  lies  transformations  des  premiers, 
tu  généra) ,  les  recberches  des  observa- 
■rs  uuot  nous  avons  cité  les  noms,  por- 

ul  successivemeul  sur  l'inlluence  eier- 
r  lar  la  nature  du  corps  sotide  ou  de  la 

s'.auce  à  infuser  sur  celle  de  l'eau  dans 

!'-^i  SrAixuizisi,  OptKutn  de  pbniqiu  bbI- 
.'  r!  ré^étaU,  i.  I,  p.  230;  Paris  1787. 

^'.:C>^  ObieTTatioH..ai  de  animalcMlh  iMfneoriit 
■-3.  de,  D.  It5-S'j;  GiFilînguc,  lïCj. 

£'..i  Biiligie,  i.  Il,  p.  5iô;  <;œl[ii>i;ue,  I82i. 

A    •  ■!  UiuetUuKa  phgtico-weclieti;  Ynoiia:,  I7:ij. 

1 '■>•>  Jfouaet  il«  ^jTHoIoi/îede  J.  Mlllu,  1.  I, 

M  I  :  Pari*,  ItUS. 

:  V'iTf  Beiirage  :mr  f^$iognitk  and  um^gtinie, 

.  •«). 

i.  ,j^j  BioUfie,  t.  Il,  y.  W^  ;  GœiUiiijur,  l«ii. 


laquelle  on  la  laisse  infuser,  de  l'air  qui 
est  en  contact  avec  elle ,  de  la  lumière  qui 
l'éclairé,  etc.  Il  serait  beaucoup  trop  long 
de  rapporter  leurs  nombreuses  expériences, 
dont  des  observations  subséquentes  ont 
beaucoup  amoindri  la  valeur.  Nous  nous 
(.'orilenterons  d'en  signaler  les  résultats. 

Pour  ce  qui  est  du  corpt  solide,  tous  les 
corps  organisés,  après  qu'ils  ont  perdu  la 
vie,  ou  Tes  diverses  parties  de  ces  corps 
(racines,  tiges,  feuilles,  fleurs,  fruits,  cer- 
veau ,  poumons  ,  foie  ,  muscles  ,  excré- 
ments, elc.J;  les  principes  immédiats  qu'on 
eilraîl  des  corps  organisés  et  qui  sont  en- 
core susceptibles  de  décomposition  (mncus, 
farine,  exlractif,  albumine,  fibrine,  etc.), 
et  encore  le  li;rreau,  la  vieille  colle  des 
relieurs,  la  bière  blancbe  aigrie,  le  mauvais 
vinaigre,  enfin  certaines  substances  inor- 
ganiques, le  granit,  l'anthracite,  le  marbre 
coquillier,  d'ajirès  Gruilbuisen  (l&ST);  le 
sel  do  cuisine,  le  salpêtre,  d'après  Trévi- 
rnnus  (1558),  sont  susceptibles  de  donner 
naissance  h  des  infusoires. 

Quant  i  Veau,  on  a  employé  successi- 
vement l'eau  de  rosée,  que  Gieichen  dit 
être  la  plus  féconde  (1559),  l'eau  de  jiluie 
ou  de  source  fralcbe,  l'eau  conservée  quel- 
ques mois  en  vases  clos,  enfin  l'eau  bouil- 
lie et  distillée.       ' 

La  présence  de  Fair  atmotpk&iqve  est 
indispensable  :  nous  avons  vu  commenl 
WiisDergra  prouvé.  Spallanzani  (1560) avait 
aussi  remarqué  qu'il  ne  se  formait  des 
infusoires  dans  des  vases  hermétiquemeni 
fermés  que  quand  ceux-  ci  contenaient  aesez 
d'air,  ou  qu'il  avait  pu  eu  pénétrer  i  tra- 
vers les  fissures  occasionnées  par  l'aclioD 
de  la  chaleur.  Fray  (1561)  prétend  en  avoir 
vu  se  dévelop|ier  sous  l'influence  du  gaz 
hydrogène  et  sous  celle  de  l'azote. 

L'inQuence  de  la  chaleur,  de  la  lumière, 
de  l'ileclTÎeiii ,  sur  la  production  des  in- 
fusoires., ne  parait  pns  différer  de  celle 
qu'exerceBl  ces  agents  impondérables  sur 
le  développement  du  tout  être  orginisé. 

Enfin,  on  a  prétendu  que  la  nature  des 
infusoires  dé|<endait  de  la  nature  de  ces 
trois  corps  (solide,  eau  ,  air),  de  leur  pro- 
portion respei'tive,  etc. 

Il  est  inutile  d'insister  sur  ce  point,  puis- 
que les  faits  sur  lesquels  e.<t  fondée  cette 
assertion  ne  sont  empreints  d'aocui;o 
rigueur.  Burdach  (1562),  après  avoir  rap- 
porté les  eipériences  qu'il  a  faites  en 
commun  avec  Hensche  et  Baer,  et  qu'il 
api>elle  décisives,  se  plaint  de  ce  qu'un 

{\7iâ9)  DiaifTiatiott  nr  la  gMrmtion  éei  animât- 
tnUt  tptrmati^iui  et  e«u  4'iufuiiom;  Paris,  an 
VIL 

(1560)  Oiiemiwiu  et  eipirienett  ««r  It*  «■»- 
maUuUi,  pag.    144,  U  I,  dwis  UpiucuUt  4e  f><<|- 

(I5GI)  Euai  tuT  rorigine  itt  coip*  oTgaui^Mtt  et 
iMTgaHt^ufê,  p.  58;  Paris.  IttlT. 

(,;.ri]  Trûiéde  phyhl-ifie,  t.  I.  p.  i6,  Irad.  de 
JuiirJ;>ii. 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


SBN 


«utre  pliysiologisle  (J.  Mùller]  ne  leur 
occonJe  pas  la  mâme  valeur.  «Je  ne  vdis, 
(lit-il  dans  son  objecLion,  qu'un  parli  pris 
de  nier  lo  possiuililé  d'une  expérience 
décisive,  pluliJt  que  de  renoncer  à  une 
hj'polhèsn  favordlile.  a  Cependant  nous  par- 
tiigeons  pleinement  à  cet  égard  la  convic- 
tion de  J.  Miiller,  et  nons  disons  avec  lui 
(1563)  :  ■  Quoique  quelques  observateurs 
aient  ezprimenté  à  la  fois  sur  des  infu- 
sions  de  sutjslance  organique,  sur  de  l'eau 
distillée,  et  sur  des  gaz  artificiels,  la  pré- 
cision nécessaire  pour  élatilir  un  résultat 
décisif  ne  saurait  être  admise  comme  pro- 
bable dans  ces  cas;  et  elle  n'est  guère 
possible,  puisque  les  instruments  employés 
{lour  changer  l'eau  auraient  dû  être  ab- 
solument purs  de  toutes  particules  orga- 
niques adhérentes,  et  que  chaque  lavage 
donnait  occasion  s   des  erreurs,  b 

iil.  Maintenant  nous  allons  rapporter 
des  expériences  d'un  caractère  plus  positif 
et  dont  les  résultais,  opposés  h  ceux  de 
Buniocli  et  de  tous  les  partisans  de  t'bé- 
térogéiiie,  nous  paraissent  être  d'une  ri- 
(joureuse  exactitude. 

Les  principales  conditions  qu'il  importe 
d'obherver  dans  rapplicatiou  de  l'expé- 
rience à  la  question  des  géoéralions  spon- 
tanées ,  sont  les  suivantes  :  1*  Il  laut  être 
sûr  que  toute  matière  organique  vivante, 
germe  ou  animal,  est  détruite  dans  l'in- 
fusion qu'on  a  préparée  7  2*  il  faut  Tailler 
è  ce  qu  il  ne  puisse  pas  s'en  introduire 
du  dtihors ,  pendant  tout  le  temps  que  doit 
durer  l'expérience.  Voyons  comment  ces 
conditions   ont  été   remplies. 

Nous  avons  entendu  Mijue  Edwards  ra- 
conter plusieurs  tentatives  infructueuses 
auxquelles  il  se  livra,  il  y  a  un  certain 
nombre  d'années,  dans  le  but  de  provoquer 
des  générations  équivoques.  Ayant  mis  dans 
uu  tube  de  la  matière  organique  el  de 
l'eau,  il  faisait  bouillir  le  liquide  aUn  de 
tuer  les  animaux  qui  auraient  pu  s'y  trou- 
ver, puis  bouchait  le  tube,  en  tirant  sou 
extrémité  à  la  lampe.  Aucun  infusoire  ne 
se  formait  dans  ces  infusions,  même  après 
un  laps  de  temps  très-long.  Au  contraire, 
des  animalcules  s'y  développaient  toujours, 
quand  l'appareil  n'avail.pas  été  préalable- 
ment thautré.  On  pourrait  objecter  avec 
raison  à  ces  expériences  que  l'air  ne  se 
renouvelant  pas  à'  la  surface  de  l'infusion, 
il  n'était  pas  étonnant  qu'un  animal  oe  pût 
y  prendre  naissance. 

Mais  plus  tard  Schuitze  (1564)  Qt  des 
eipérreoces  plus  concluantes.  La  première 
écuuua  dans  les  ciiconslances  suivanles: 
Il  prit  uu  vase  Â  deux  tubulures,  dans 
lequel  furent  mises  de  l'eau  distillée  et 
(les  matières  organiques ,  telles  surtout  que 
(lu  poivre,  signalées  comme  les  plus  pro- 
pres   au    développeiueut  des   infusoires  ; 

(151^)  J/nnuel  de  piiyihlogie.uai.ie  Jounlan, 
p.  13;  l'ari»,  18i5. 


l.i,p.  13:l>ari»,  18i£ 
\  Edimbiirg  Htm 


'oa^iidorf,  p. ^l;l»:il.  -Vug. 
phiUtopliitiil  journal,  octolii^ 


puis  ayant  tué  tout  ce  qu'il  pauraii  ;  ii„ir 
de  vivant  dans  le  bncal.  en  le  plDi^i'am 
dansunbain-marie  très-chaud,  il  pli^g^jm. 
plement  l'appareil  sur  sa  fenSlre,  puur  k 
mettre  en  contact  avec  l'air  eitirieur.  A^ 
bout  de  peu  de  temps  des  iufujajres  sv 
montrèrent. 

Dans  UE1Q  autre  expérience  ,  Scbnll» 
employa  plus  de  précautioas.  Ajinl  loui 
disposé  d'abord  comme  dans  la  précédvnit, 
au  lieu  do  laisser  arriver  librement  l'iir 
atmosphérique  en  contact  avec  sou  mélao^r, 
cet  observateur  prit  le  soin  de  lui  fgirt  iq- 
bir  d'abord  un  lavage  qui,  sans  altéretsi 
composition,  le  purgeSI  de  tout  lamti 
de  toute  matière  organique  qu'il  poarnil 
tenir  en  suspension.  Pour  stleiDilrecebDi, 
il  ne  le  laissa  se  renouveler  dans  lesQicu 

3u'è  l'aide  de  deux  tubes  placés  dasi  b 
eux  tubulures;  l'un  de  ces  lulfs  M 
destiné  à  l'entrée  de  l'air;  l'autre,  muni  itïii 
appareil  d'écoulement,  en  délermiaiit  ti 
sortie  et  le  renouvellement  continuel.  Ag 
tube  qui  était  destiné  ft  son  entrée,  Stljulti^ 
adapta  un  appareil  renfermant  des  riictilf 
que  l'air  était  obligé  du  traverser  luni 
d'arriver  dans  le  vase,  et  où  il  se  M 
complètement,  de  manière  que  tout  (n 
orijaiiisé  ou  tout  germe  d'aDimal  qui  ; 
aurait  été  contenu  fat  incoutcstableuieni 
détruit.  Le  réaitifdont  il  se  servit  de  |ire- 
férence  fut  l'auide  sulfurique  coiiouni: 
et,  pour  qu'après  ce  pasisage  l'air  uurcilii 
pas  cbargé  décide,  il  lui  liL  traverser ui 
second  bain  formé  seulement  d'eau  pat. 
Or,  quelle  que  fût  Is  durée  de  l'uipéneM 
tant  que  cello-  C[  fut  coutiuuée  avec  le  u'i-nrii 
suiu,  jamais  le  moindre  infusoire,  niiui-! 
mal,  ni  végétal,  ne  se  développa,  iiuiiii 
ou  peut  hardiment  en  conclure  queilclt 
matière  organique,  de  l'eau  et  de  l'^i'H 
sulLsent  pas  pour  produire  un  èlre  ii^i°j 
A  la  Qn,  Schultze  déboucha  le  v3se,r'* 
lieu  de  n'y  laisser  airiverquede  \'ù' ]"■ 
rilié,  il  y  laissa  pénétrer  comme  iJn>>< 
première  expérience,  de  l'air  urJiiu<'':i 
c'est-à-dire  de  l'air  chargé  de  tuutw  i«j 
matières  pulvérulentes  qu'il  peut  lenire 
suspension  et  charrier  d'un  lieu  ï  uiiiumi 
et  au  bout  de  trois  jours  apparureui ûi^ 
infusoires,  J 

Scbwaun  (1565)  a  fait  des  oljs.'rfaiii 
analogues  :  il  a  reconnu  que  les  liil"' j 
bouillis  et  chargés  de  matières  or^ini<]'j 
qu'on  met  en  contact  avec  de  l'air  F^J^ 
blement  soumis  k  la  clialeur  rouge,  H 
riche  encore  en  oxygène  et  souvent  reH 
vulé,  ue  produisent  ni  infusoires,  ni»'''] 
sissureâ,  et  ne  subissent  pas  la  putréfatt^''! 
Après  lui,  plusieurs  observateurs  wit'^ 
pelé  ces  expériences  avec  le  uièiueiud^ 
Il  est  duuc  inutile  do  recourir  aiii"^ 
teiidu  mode  de  formation  attribué  par  v'^ 
dach  et  tous  les  sj)Outéparisles  aux  fH'"^'' 

1837,  et  AiwHie»   dei  tcimcu  namtllt;"' '^ 
Zoologie,  l.  Mil,  p.  320;  1857. 

(I5U5J  Sur  Ut  giHéraliout  f^ptnoqati,  l»»  " 
Annetct  4»  l'ogyndurf,  p.  Itti;  1857* 


œs 


GEN 


nCTlONNAIRB  APOUKETIQUE. 


GEN 


1086 


jfifbsbires.  Non-seulemetil  les  bits  sur  les- 
quels il  Ml  Ibodé  sont  bien  loin  de  conconler 
aArt  eui,  mais  on  voit  encore  que  l'i-x- 
périruce  précise  le  repoasse  de  la  oianière 
il  |ilus  formelle. 

IV.  Cependant ,  les  partisans  de  lliétéro- 
ç(uie.  «r«Dl  eru  IrouTer  dans  leur  hypothèse 
une  explication  plus  facile  que  dans  celle 
dfi  genoes,  et  ajant  souleva  contre  cetle 
dernière  toutes  sortes  d'ai^unieals,  il  nous 
iiiul  répondre  mainteuant  k  leurs  objerlioos, 
H,  aprè!  avoir  proaré  que  tout  fait  eni- 
fqeintdfpDsilirisuie  repousse  la  génération 
f;onUnée  des  infusoires  ,  il  nous  faut 
ticmooirer  en  même  temps  que  r;en  ne 
t'u|ipûse  k  l 'intelligence  d'un  mode  phis 
bonuil  de  génération  h  l'égard  de  ces  ini- 
nukvies. 

Comment  se  fait-il ,  répètent  sans  cesse 
in  (drersairés  de  l'existence  des  germes, 
qa'on  n'aperçoive  pas  ces  germes  eui-tuémes 
(|ui  dûiveol  élre  SI  nombreux  et  disséminés 
^rtonll  Hais  on  peut  leur  répondre  qu'il 
uj  ■  rien  Ih  de  surprenant ,  puisqu'il  faut 
Hii  des  instruments  très~puiâsants  pour 
iifir  les  auimaux  qui  en  proviennent. 

Comment  peot-il  arriver,  reprennt-ot  les 

SfiO'iiéparisles,  que  ces  germes  soient  trans- 

fùilés  partout  T  K(  alors  ils  b'élèvenl  surtout 

f'Lln  la  puissance  des  courants  atmospbé- 

ri'fucs,  laquelle  est  pourtant  si  incontesla- 

Uc  Or  L-e  que  nous  savons  de  cetle  puis- 

Ubcedoiloousrendrelacile  à  comprendre  le 

Iraùiporl  de  corpuscules  aussi  petits,  aussi 

ttgtrs  que  des  germes  infusoires,  et  dont 

lui  i;oaibre  infini  pourrait  former  h  peine 

viii   o  «sse  comparable  à  un  Isible  nuage 

Je  poussière.  Le»  ceudres  du  Vésuve  n'uui- 

a.t»  pas  été  traasporlées  par  le  aeul  inter- 

■riiaire  de  l'air,  uou-seulement  dans  toute 

lu. il-,   Diais  dans  des  lieux  plus  éloignés 

TMTurv  ?  L-a  seuleforce  des  courants  atmos- 

t-tritjue*  et  des  ouragans  u'est-elle  (las 

I  cause  de  ces  pluies  de  crapauds  et  de 

«.s>ous    dont  personne  ne  récuse  l'éton-  ' 

iirite  autheniicitéT  El  |«ur  indiquer  seule- 

.tnt  la  possibilité  d'autres  moyens  de  trans- 

w.%-,  les  teufs  des  animaux  qui  vivent  dans 

tau  ne    peuvent-ils  pas  être  portés  d'un 

bu  dans  un  autre,  par  leur  adhésion  aux 

,eds  dtd  oiseaux  aquatiques,  ou  par  toute 

luse    aualogue  ,    aussi  simple  et  aussi 

^jueote  I 

M  ces  germes  sont  répandus  partout, 
t^ute-t—cu,  il  doit  j  avoir  un  gaspillage 
t  produits  iuconcevable.  Hais  n'esl-il  pas 
îjeiil  qu'il  doit  j  avoir  partout  des  pertes 
Uiblablcs,«urtoutdansies  rangs  inférieurs 
rurt^oiutiouT  A  mesure  qu'on  descend 
us  1  é4:lielle  des  êtres,  on  voit  que  pour 
e  le  oombre  reste  i  peu  près  le  même 
ijue  leur  producliou  vl  leurs  pertes  se 
jipeasent  par  un  balancement  réciproque, 
boaibre  des  germes  et  celui  des  wuts  se 
iltiplierit  de  plus  en  plus.  C'est  un  fait 
^i;usable  et  nécessaire  aux  harmonies  du 

1006)  SmUtma  nt.  t€geiat. 

\îittïj  trmieft  Noiium,  t.  Vil,  p.  193. 


la  nature.  Ainsi  il  esl  probable  qu'en  général 
un  champignon  esl  remplacé  par  un  cliam- 
ptgnon,et cependant  Fries  (1566)  a  remarqué 
que  le  nombre  des  spores  du  relicularia  mo- 
zima  est  de  dix  millions.  Il  faut  donc,  dans  ce 
cas  [ivliculier,  dixmill  ons  de  germes  |our 
la  production  d'un  individu  dans  l'économie 
généraledit  la  nature.  Le  infime  fait  j'observe, 
bien  q-jedans  des  proportions  en  général  plus 
exiguës,  chez  la  pluparl'les  animaux  :  com- 
bien-lf!  noaabre  desœufs  pondus,  chez  lesani- 
oiaux  inTérieurs,  et  même  chvz  les  insectes, 
cbez  les  poissons,  n'e^t-il  pas  considérable, 
comparé  h  celui  des  sujets  qui  arrivent  i 
l'état  adulte  et  qui  remplaçant  leurs  parents, 
atteignent  le  but  ûnai-de  représenter  et  do 
continuer  l'espèce  I  Cbez  les  mammifères 
eux-mêmes  et  dans  l'espèce  humaine,  un 
^rand  nombre  d'œufs  se  forment  qui  ne  sont 
jamais  fétondés;  et  parmi  ceux  qui  l'ont  été, 
combien  périssent  pour  quelques-uns  qui 
prospèrent  1  Je  ne  sais  si ,  rigoureusement 
parlant,  on  trouve  dans  les  germas. des 
infusoires  une  prodigalité  pareille.  Loin 
d'y  voir  une  profusion  inutile,  admirons 
plutôt  cette  extrême  libéralité  de  la  nature 
pour  assurer  la  rontinuilé  des  espèces. 

Une  dernière  objection,  à  laquelle  les  par- 
tisans de  la  géuéralion  spontanée  ajoutent 
un  grand  poids,  est  la  suivante  :  Dans  un 
grand  oombre  de  cas,  disent-ils,  on  voit 
des  êtres  se  former  dans  des  lieux  où,  de- 
puis fort  longtemps,  on  n'avait  vu  des  êtres 
semblables.  Comment  auraient-ils  pu  t'y 
développer,  si  ce  n'est  spontanémentT  Rien 
n'est  plus  vrai ,  sans  doute,  que  ces  sortes 
d'apparitions  souvent  surprenantes;  mais 
rien  n'implique  moins  la  nécessité  d'une 
géuération  spontanée.  Ou  le  sait,  en  effet, 
un  grand  nombre  de  germes  ,  des  animaux 
même,  peuvent  consurver  l'aptitude  à  vivre 
ou  k  se  développer,  quoique  la  vie  semble 
annihilée  cbez  eux,  et  qu'elle  7  reste  olus 
ou  moins  de  temps  tout  à-fait  latente.  Il  est 
facile  do  citer  une  lanltitude  d'exemples  de 
celte  singulière  faculté. 

Le  fait  est  peut-être  pins  frappant  pour 
les  plantes  que  pour  les  animaux.  Tourne- 
fort  raconte  que  des  marécages ,  desséchés 
depuis  longtenjps,  s'éiant  renouvelés,  en- 
viron uu  siècle  oprèa  leur  de^séchemeul  , 
par  suite  de  pluies  abocdanles,  on  vit  t'y 
développer  de  nouveau  des  plantes  maré- 
cageuses, qui  n'avaient  point  paru  dans  le 
même  lieu  tant  qu'il  u'y  avait  pas  séjourné 
de  l'i-au.  Des  exemples  de  ce  genre  sont  irès- 
multipliés  dans  la  science.  Franklin  (1S67], 
rapporte  qu'en  Amérique,  quand  on  a  brûlé 
des  forêts  de  pins,  quelques  années  aprè^ 
on  voit  naître  des  peupliers^  la  même  place. 
Sur  les  lieux  (qu'occupaient  les  forêts  vier- 
ges de  l'Aménqae,  après  qu'on  en  a  opéré 
la  destruction  ,  ou  voit  pousser  des  trèfles 
{1568J.  Uira-t-on  que  dans  tous  ces  cas,  et 
mille  autres  qu'on  pourrait  citer,  il  7  a  eu 
génération  spontanée  7  N'esL-il  pas  plus  na- 

daas  Pmitp't  N*tàiem,  u  Sm, 


1017 


GEN 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


tarel  de  supposer  que  les  graines  de  ces 
diverses  planles  sont  venues  d'ailleurs,  à 
l'flide  des  courants  <i(mosptiériques  ou  de 
loul  autre  moyen  de  transport  qui  peut 
nous  échappt-r?  Ou  J)!f!n  ne  peut-on  pas 
ndmetlre  qu'elles  séjournaient  depuis  long- 
tvm|)s  dans  lo  lieu  même  où'  elles  ont  poussé 
et  qu'elles  j  ont  conservé  leur  vilolité  jus- 
qu'au moment  où  les  circonstances  ambian- 
tes, venant  à  changer,  leur  ont  permis  de 
prendre  leur  développement  T 

Link  (1569),  rai'porte  que,  lorsqu'une 
source  d'eau  salée  vient  à  sourdre  loin  de 
la  mer,  on  voit  bientôt  croître  aux  alentours 
des  ïégélaui  qui  n'hahitent  que  des  terres 
imprégnées  do  sel  ou  les  rivages  de  la  mer. 
Burdach  (1570)  se  hâte  d'en  conclure  que 
le  changement  de  nature  du  sol  a  sufBpour 
produire  des  vé;;<ilauï  d'espèces  différentes; 
et,  ajoutant  à  cet  exemple  celui  des  plantes 
nouvelles  qui  croissent  sur  les  lieux  rava- 
gi^s  par  l'incendie,  il  dit  :  «  Il  est  parfait&- 
tiient  conforme  à  l'analogie  avec  la  forma- 
tion des  inl'usoires,  que  les  produits  du  [a 
cuiubustion,  variant  selon  la  nature  du  sol 
f^t  celle  des  substances  combusiiblts  épar- 
ses  à  sa  surface,  donnent  lieu  aussi  au  dé- 
veloppement de  plantes  diCTérentes.  ■  C'est 
ainsi  qu'il  prend  toujours  le  cliaugement 
des  circonstances  extérieures  et,  par  suite, 
des  conditions  d'existence  de  divers  fitres 
organisés,  pour  la  cause  mémo  de  la  pro- 
duution  de  ces  êtres.  N'est-il  pas  plus  sim- 
ple de  n'y  voir  que  la  cause  de  leur  déve- 
ioppemeiit,  que  la  possibilité  pour  eux  de 
vivre  dans  des  lieux  où  on  n'avait  pu  les 
voir  encore^parca  qu'ils  n'avaient  pu  y 
trouver,  jusque-là,  lus  éléments  i)éi:esjaires 
fa  leur  existence  7  Du  reste,  des  es|>ériences 
précises  nous  démontrent  qae  cette  conser- 
vation des  graines,  que  la  persistance  de 
leurs  propriétés  vitales  et  de  leur  pouvoir 
germinslif ,  quelque  étonnantes  qu'elles 
puissent  nous  paraître,  sont  néanmoins  des 
faits  irrécusables.  Ainsi  on  a  vu  germer  des 
graines  de,  sensitive  qui  étaient ,  depuis 
soizaute  ans,  dans  l'herbier  deTournulort; 
des  haricots  recueillis  depuis,  cent  ans,  des 
mousses  conservées  aussi  depuis  deux  cents 
ans  ;  oniln,  du  blé  et  du  riz  trouvés  dans  ks 

i dus  anciens  monuments  de  la  vieille  Egypte. 
i'y  eût-il  aucune  cause  d'erreur  dans  I  ex- 
périence du  Pray  qui  a  vu  se  développer 
des  animalcules  dans  l'infusion  des  débris 
d'une  momie,  les  faits  que  nous  venons  de 
citer  suQiralent  pour  lui  ûler  tout  cachet  de 
spuutéparilé. 

Les  œufs  des  animaux  ne  paraissent  pas, 
il  est  vrai)  pouvoir  conserver  leur  viabilité 
|>endtint  un  temps  aussi  long;  mais  encore 
Si>ul-its  susctplibles  de  la  garder  durant  uu 
certain  nombre  de  mois  el  même  d'années. 
ïuuL  le  monde  sait  qu'eu  soumettant  les 
(jeuls  de  vers  à  soie  à  une  busse   tempLia- 

(Iû69)  £t«nieiilB  pAifotopAiie  boiantta,  p.  46!t. 
(t.^TO)  Triâié  dt  phgsiUoyie,  1. 1,  p.  H;  Paris, 

(1371)  Duce-,  Phjiiologk  compuw,  l.  Ill,  p.  201; 


lure,  les  agriculteurs  parvienoentMesa». 
server  pendant  un  temps asseicoosidéribie 
Chez  plusieurs  Boimaui  (et  notiinnitnlchû 
quelques-uns  assez  parfaiU  en orgaaiuijon 
pour  qu'on  ne  puisse  plus  élever  iiii«,. 
d  hui  à  leur  égard  seuletueel  le  loiipcDD  ilt 

f;énération  spontanée),  on  s  copitati  dts 
Bits  analogues  à  ceux  que  Dom  btom tilti 
chez  les  végétaux.  Ainsi ,  oq  a  vu  d«s  idI' 
maux  paraître,  è  certaines  époques,  dm 
les  lieux  où  on  ne  les  avait  pas  reocoDlrh 
depuis  fort  longtemps.  Adaason  a td,  m 
Sénégal,  de  petits  marais,  dessécliétnml 
mois  de  l'année,  qui,  plus  tard,  lorsqu'il 
avait  plu,  se  peuplaient  de  poiisoas doul 
les  espèces  étaient  différentes  de  cellesqn 
peuplaient  les  eaux  environmates.  Stsi 
aller  si  loin,  on  voit  souvent  les  eaui  ^t 
vraies  des  fossés  qui  restent  è  seclimaJMtii 
partie  de  Tannée,  et  quelquefois  [ilusieun' 
années  de  suite  ,  se  peupler  rapidement dt ; 
myriades  d«  petits  crustacés,  eu  parlitiiliKJ 
de  daphnies,  de  cypris,  de  ciihérées,  icfaDt 
d'animaux  d'assez  grande  taille,  cooinif  1(S| 
branchippes,  lesapus,  Desmarest  l'asuiW 
remarqué  pour  ces  derniers  (1571).  Il  m 
quelques  années,  dans  la  forêt  de  Footaîiic-: 
bteau,  on  trouvait  dans  des  flaques  tl'eig 
de  petits  crustacés  bien  counus  dosaaturi- 
listes,  longs  de  4centimétres,nommiiiipWi 
et  qu'on  ne  rencontrait  pas  dans  les  liw 
voisins.  Dne  année,  ils  disparurent coiui'l^ 
lemenl,  et,  |)undant  les  deux  ou  muni" 
nées  qui  suivirent,  on  n'en  trouva  pluwj 
tout  ;  puis  ils  reparurent  bienlAl  en  gntj 
nombre.  Comment  expliquer  tous  (esfibf 
nomënes,  si  ce  n'est  en  disant  que  lus  ^: 
mes  de  ces  divers  animaux  éloieiil  n^^ri 
viables  dans  la  vase,  tant  que  ks  ataM 
tiinces  favorables  à  leur  devuloppeniriiiD 
s'éleient  pas  présentées  T  Entourés  uu 
humidité  sudlsunle,  et  proléj^és  psr  Im 
face  desséchée,  végétante  méuic,  duu:» 
cage,  ils  ont  pu  s  y  conserver  loBgtfiii 
sans  périr.  D'un  autre  cûlé,  les  iiiiimt 
atmosphériques,  l'adhésion  aux  pieil!il<] 
oiseaux  aquatiques,  dont  il  a  dâjï  étéi]''^ 
tion.  et  plusieurs  autres  oaoyeiis  ileUiii 
port,  auraient  pu  les  faire  passer  d'uowl 
tre  lieu  dans  celui  qui  est  devenu  le  bifit^ 
de  leur  développemeni.  I 

Du  reste,  ce  ne  sont  pas  seulemecll 
germes  d'un  grand  nombre  d'ôlresqmw 
susceptibles  de  conserver  leur  viabilités 
gré  le  dessèchement  et  f'abseucu  de  M 
les  circonstances  néiessaires  è  leur^'O^ 
tion.  Plusieurs  nnimaui ,  déjà  déve)op;« 
paraissent  être  aussi  doués  uo  la  miU''* 
culte.  Spallanzani  (t57i;  constata,  eJ  '» 
minant  les  mou>ses  qui  se  trouvent s"^'' 
toiis,  dans  les  gouttières,  ('existence  «iMi 
tils  animaux,  curieux  à  bien  des  éi:ard).l 
qu'on  connaît  sous  le  nom  de  rolif^P';^\ 
ouiinaux  desséchés  ne  duuneut  aucun -->7^ 

Moiilpcllicr,  1839. 

(I5îj)  Opu*eulesde  phyûqMe  attimalt tl 'fy'' 


I» 


CEN 


ncnONNAlRE  APOLOGETIQUE. 


GUI 


IC30 


dti  TÎUlité  et  ressembleot  i  des  grains  de 
)4us5iëre;  mais  dès  qu'ea  leur  doone  do 
tc3u  el  qu'ils  en  sont  liumeclés,  ils  revien- 
Brni  i  la  vie   al  se  fuut  infime  remarqutx 
I  r  la   vivacité   de  leur  mouvements.   On 
i.  ti'iua  d'abord  le  fuil  :  Bory  Sainl-Vincont 
(1S73,   admît  que   les  rotifèrcs  desséchés 
iiiOtitaient   iuéviubletnent  ,  et  qus   si  l'on 
atjii  cra  Toir  ces  animalcules  desséchés  re- 
titru,  on  n'avait  VU|   en   réalité,    qu's  de 
L'ititeaux   animalcules    (iroveaanl    d'œufs 
[.rumptemeiit  développés.  Ehrenberg  {157i], 
Uni  en  supposant  que  le  rotifère  conliuuait 
i  livre  ,  f^ranti  par  la  mousse  et  le  sable, 
|ieiua  néaiiicoiiis  quCi  loia  d'éire  interrom- 
ps, les  scies  vitaux  se  poursuivaient  en 
lui  iteï  la  infime  ra|>idilé,  el  il  admet  qu'en- 
tre la  rotirëre  qu'on  examinait  avant  lu  des- 
st-Liitoient  et  celui  qu'on  rairouvait  après, 
11/  avait  Due  suite  degéiiér.itiori5  iniermé- 
iluires;en  un  mol.  que  celui-ci  n'était  qu'un 
<Jes  B(Tiëre-]>etii8-lils  de  celui-là.  Hais  ou  a 
itfjris  ces  eK|'érieni:es,  et  l'on  a  vu  que  non- 
seiileoienlSpalliinzaoi  avait   bieo  otiservé, 
ciais  que  cette  mort  apparente  peut  même 
durer  jtendant  neuf  mois.  Les  tardigradei, 
ic9  ribrious,  qu'on  trouve  daus  les  grains 
tl«  tj;é  racbitique,  etc.,  jouissent  de  la  même 
tatolté.  Dujrère(1575J,  en  poursuivant  les 
reetiercbes  de  Spallauzani,  a  vu  un  fait  plus 
euneui  encore  ;  c'est  que,  malgré  la  loi  gé- 
iicn'ie  d'après  laquelle  toute  vie  est  incom- 
t<<tibleavec   une  température   trop  élevée, 
ttrj  animaux,  une  [ois  desséchés,  peuvent, 
tiiis   périr,  être  soumis  à  une   très-forte 
<.i.a.'eur.  Descloizeaux  (1576),  il  est  vrai,  a 
i'rcaeiilé   dernièrement  à    l'Académie   des 
A:ie(jces,  des  coalc^rves,   recueillies  en  Is- 
<UiJe.  et  qu'il  avait  trouvées  végétant  dans 
il  iource  thermale  de  Grôr,  è  uue  tempéra- 
:  y:e  de  96*;  mais  en  générai  il  n'y  a  pas 
J'animaux  qui  résistent  à  une  chaleur  de 
>v  :  i  cette  température,  ils  meurent  tous, 
^cme  très-jiromptcmenl.  On  conçoit  qu'il 
a<itt  to  être  ainsi,  ne  serait-ce  que  par  t'ef- 
«t  de  Ja  coagulation  .de  l'albumine  i  mais 
2hevreul  (1577)   a  constaté  que  l'albumine, 
{uand  elle  a  été  préalablement  desséchée, 
•îit    être   fortemeut  chauffée  sans  se  coa- 
guler, c'esl-à-dire  sans  perdre  lu  propriété 
i  =  se  redissoudre  dans  l'eau.   C'est  préci- 
■efoieot  ce  qui  est  arrivé  dans  les  eipérien- 
■i^  de  l>o;ere,  et,  grâce  sans  duute  k  celte 
evte  circonstance,    ces    animaux,  après 
.  voir  été  d'abord  desséchés,  ont   jm   Ctre 
îiiuffés  jusqu'au  i20*  et   mémo  jusqu'au 
Vt",   sans    perdre   néanmoins  luur     vila- 


.1073)   EmcfclopédU  mitkodiqae,  1824;  arl.  Ki- 
r'*«»pif««i  et  tibrimu;  —  Diciioaaaire  Waitifac 
•mhinirt  malmreUe,  art.  ftitfi/èrej. 
hUlif  Uîe  lufiâtorien  ait  nAkt,»tMtie  Orgaiùtmtn, 
.    lU;  Leip>i(l,t&Oa. 

ij"'»!  iÎNiie  de  nm  Mimoirt  tiir  Ut  Tardûfradtt, 
.*-^.dt*  «c.Mif.,  u'  série, 2 Wo^û,  I8ti,  I.XVlll, 


-..    Ccmp!< 


'.iJut  de  IWaMhiu 


V.  Après  les  présomptions  que  devaient 
faire  naître  les  travaux  des  premiers  obser- 
vateurs attentifs,  après  les  eipériences  po- 
sitives que  nous  avons  rapportées  et  les  ré- 
Pl>nses  que  nous  venons  de  faire  aux  prin- 
cipales objections  des  partisans  de  l'hélâro- 
gënie,  il  nous  semble  peu  logique  d'admet- 
tre que  des  infusoires  puissent  naître  spon- 
tanément. 

Il  est  vrai  que  plusieurs  des  physiologistes 
qui  croient  encore  à  ce  mode  de  génération, 
en  resserrent  étroitement  les  limites  :  ils 
ne  supposent  pas  que  des  élrts  vivants 
puissent  naître  de  composés  minéraux,  et 
se  conlenleni  de  les  faire  provenir  du  la  ili^ 
socialion  de  parties  organisées,  c'esl-à-diro 
d'éléments  ayant  déjà  appartenu  à  d'autres 
corps  doués  de  la  vie.  Aiusi,  ils  pensent  que 
la  formation  d'infusoires  n'est  pas,  k  pro- 
prement parier,  une  production  primitive 
de  iiiBtiëre  organique,  mais  qu'elle  suppose 
déjà  l'exislence  d  êtres  organisés.  Aucun» 
substance  orgxiiique,  en  ctfel,  ne  paraît 
pouvoir  se  développer  d*«rie-niéme.  Les 
végétaux   vivants  semtjlent  avoir  seuls  le 

Crivilége  de  transformer  les  combinaisons 
inaires  du  règne  minéral,  l'eau,  l'acide 
curbonique,  l'ammoniaque,  en  combinaisuri 
ternaire  or,janique,  et,  par  suite,  en  matière 
organisés.  Les  animaux,  au  contraire,  d'a- 
près les  vues  générales  émises  et  dévelop- 
pées successivement  par  Biirdach  (1578),  J. 
Muller  (1579),  J.Dumas  (1580),  vivent  en 
général  de  matières  organiques  déjà  for- 
mées; mais  ils  n'ont  pas  le  pouvoir  d'en 
créer  eux-mêmes  avec  des  é^lémcnts  ou  des 
composés  minéraux  :  en  un  mot,  leur  exis- 
tence suppose  colle  des  végétaux. 

Néanmoins  nous  ne  croyons  pas  que, 
même  avec  cette  riislriction,  on  puisse  ad- 
mettre davantage  la  génération  spontauéo 
dRi  infusoires.  Ainsi,  daus  lous  les  cas  que 
nous  venons  d'examiuur,  nous  ne  recun- 
uaissoorsaur.une  bétérugéuie  ;  nousy  voyous 
seulement  uue  réviviticalion  de  certains 
animaux  dont  la  vie  était  restée  latente  par 
l'effet  du  dessèchement  ou  de  quelque  au- 
tre circonstance,  ou  bien  un  développe- 
ment de  gtrmes  qui  étaient  demeurés  plus 
ou  moins  de  temps  sans  ficloru,  parce  qu'ds 
ne  se  trouvaient  pas  dans  des  ciri;onstauces 
favorables  à  k-ur  évolution. 

D'ailteurj  Ehrenberg  (1581)  a  découvert 
la  véritable  germination  des  semences  do 
champignons  et  de  moisissures ,  et  par  U 
fixé  le  mode  de  propagation  de  ces  végétaux. 
Il  a  fait  voir  comment  on  peut  produire  de 
nouvelles  moisissures  avec  des  graines  de 

uaaces  a:atéa  solide*.  iAnn.  de  thiutie  el  dt  fkg' 
ùque,  I.  XtX,  p.  il.) 

I  lâTHl  TtiuU  de  iiha*iologie,  t.  lîL,  p.  401;  Paris, 
18-7. 

(t3T9l  tlauiul  dt  pimiMogU,  I.  I,  p.  Ifi  ;  Paris, 
liSlo. 

(iSSO)  £.'ifat  tur  la  ttatiqat  tLitni^tu  du  tiret  »r- 
ffaiiiit'ï,  3'etlii.,  révrierISU. 

AaM)  Sjva  acla  aal.  curiot.,  vol.  X.  fCil>li»n 

il..-  J.  MlLLbh,  d.lIiS  ilunl'tt  lie    l-'.jjilulO-HC,  I01i(c  1, 


'  DICTIONN.URE  APOLOGETIQUE. 


ii'.oUissures,  et  il  a  rendu  probable  que, 
ijnns  lo  cas  où  ces  ëlres  apparaisseut  il  une 
inniii&re  inopinéo  ,  leurs  graines,  dissénii- 
nées  par  l'eau  ou  par  l'aimosphëre,  n'ont- 
fart  que  trouver  le  sol  nécessaire  à  leur 
gcrinitiacioQ.  Quant  aux  animaux  infusoires, 
non-seulement  Ehrenberg  a  reconnu  qu'un 
grand  nombre  a  une  structura  compliquée, 
mais  il  a  pu,  chez  plusieurs,  observer  des 
œul's  eL  la  piopagation  par  des  œufs,  rhez 
d'autres,  la  propagation  scissiporc,  6u  bien 
encore  celle  par  gemmes  ou  bourgeons.  Do- 
Tant  revenir  sur  ces  divers  modes  de  repro- 
duction, nous  ferons  seulement  observer 
ici  que  cette  multiplication  peut  être  cx- 
IrSmemânt  rapide;  c'est  ce  que  prouva 
l'exemple  d'un  rotateur  {['hyaatina  lenta) 
duquel,  d'après  Etirenberg  (lb83),  peul  ré- 
sulter en  dix  jours  un  million  d  individus. 
Hi  l'on  ojouie  k  cela  que  le  développement 
de  ces  animaux  paraît  ôlre  riche  eu  iormes 
âuccessivos,  et  qu'il  peut  arriver  de  pren- 
dra pour  une  différence  d'espèces  ce  qui 
u'esL  qu'une  dilTcrence  entre  quelques  de- 
grés de  dèvelonpement,  on  n'(*prouvera  plus 
aucune  dilTiculté  ^  se  rendre  coidpte  ni  de 
leur  extraordinaire  multiplicatioo ,  ni  de 
leur  extrême  diversité. 

Bien  que  les  observations  d'Etirenberg 
nous  aient  révélé  les  détails  de  structura 
les  plus  curieux  dansles  infusoires,  il  n'est 
pourtant  pas  exact  de  dire  que  tous  ces 
animaux,  les  rotatoires  exceptés,  aient  une 
organisation  complexe,  et  notamment  un 
estomac  composé,  comme  l'admettait  d'a- 
bord ce  micrographe,  qui  leur  avait  donné 
le  noms  de  polygastrxqua  (1583).  Dujar- 
din  a  démontré  que  plusieurs  consistent 
Beulemeiit    en   une   espèce  de    gelée   vi- 

(1582)  Annale*  det  uimcit  nalurellei,  n'  série. 
Zoologie,  I.  I;  p.  138. 

(I5s5j  Ehrehbeig,  Die  Inftuioni  thienheii  ait 
voikommerte  Organûmen;  Leipsick,  4838. 

(1584)  Ddiabdin,  Mémoire  tur  t'orgamÏMlion  de* 
infutoirei,  AansAnn.  iet  te.  nul.,  ii*  série,  Zooio- 
fiw,.!.  X,  p.  250;  1838. 

(1585J  Orgaaoïoowmit,  p.  16i:  Munich,  1811. 

(1586)  Traiti  de  fhi^iioio^,  t.  I,  p.  26. 

(1587)  Il  y  a  quelques  années  on  aaonnca  que 
K.  Cross,  uvant  aoBlais.  avait  réussi  i  former  des 
mites  vivantes  au  moyeu  d'une  grande  pile  voltaique. 
Cependant  M.  Turpin  ayant  examiné  ces  miles, 
trouva  que  c'éùit  tout  simplement  des  Acarut  hor- 
rid**,  nue  des  formes  les  plus  répandues  qui  se 
développe  très-facilemeat  et  avec  uae  rapidité  pro- 
digieuse dans  tous  les  lieux  humides,  comme  l'é- 
tait sans  doute  le  laboratoire  galvanique  où  ces 
animaux  avaient  été  observés. 

L'animal,  ainsi  fabriqué,  est  uu  véritable  acariii 
femelle,  composé  ;  1°  O'un  corps,  2°  d'une  tète  for- 
mée de  deux  lèvres,  de  deux  mandibules,  de  deux 
palpes,  d'un  suçoir,  d'une  boucbe  et  de  deux  yeux  ; 
V  d'ufl  estomac  et  d'un  anus,  4*  de  deux  pocbes 
BolmonaireB  latérales,  5'  d'un  ovaire  conleuant 
des  «ufs,  6*  de  buil  roeoibres  appendiculaires  com- 
Maét  dUGun  de  buit  articles,  y  compris  le  tarse; 
1°  d*«M  pean  kérissée  de  poiU  lougs  et  nout- 
brenT. 

■  Comme  on  k  voit,  dit  i  ce  propos  M.  Turpin, 
qui  avait  hé  chanté  de  faire  an  rapport  sur  l'en* 
vol  de  H.  Cross,  on  ne  pouvait  guère  compliquer 


ranle,  de  tanode,  pour  nous  sertir  éb  l'ei- 
pression  de  ce  naiuralidte,  susceptible  Je 
changer  de  furme  tant  au  dehors  qu'au  d». 
dans,  pourvue  d'organes  locomoteun,  uii 
Ttbraliles,  et  dans  laquelle  \ti  tlimeulss« 
creusent  progressivctnent  un  cerltin  nui- 
brede  cavités  slomabales,  destinées  ï  0|«- 
rer  une  digestion  successive  des  œillirct 
ingérées  (158b).  Mais  ces  fiits  a'AlïDtis- 
cune  valeur  aux  i-onclustotis  que  li  coo- 
niiissance  plus  approfondie  des  infustiM 
permet  de  déduire  contre  l'bj'puthèK ilo 
générations  primitives. 

En  outre,  Eliri^nberg  n'est  jamais  pr'na 
il  obtenir,  à  l'ciempli)  de  Tréviraiius,il'in- 
fusions  déterminées  des  formes  d'infusoim 
également  déterminées.  Il  a  tu  lanlâlle 
UOLS,  tantôt  les  autres  se  produire,  qasiqK 
la  pré^iaration  fût  absolument  la  méiue.CtUt 
assertion  détruit  celle  de  Gruithuisen  [\M, 
qui  dJl  n'avoir  jamais  trouvé  ces  luioiiui 
parfaitement  sembisbies  de  forme,  de  liilk, 
etc.,  dans  plus  de  mille  et|<ériences[iiM 
sur  des  infusions  de  substances  diTer»i,(l| 
au  milieu  de- circonstances  difféteoies,  i 
celle  de  Biirdacb  (1586},  qui  prétend  quels 
diverses  espèces  d'infusoires  [Teuneutufii' 
configuration  en  harmonie  avec  les  circon- 
stances. Le  fait  de  cette  diVéren»,  fûnl 
avéré,  ne  saurait  d'ailleurs  devenir  un  f 
gument  en  faveur  de  la  génération  spoou- 
née.  Ou'y  aurait-Il  d'élonoanl,  en  iffd.) 
ce  que  certaines  espèces  ne  pussent  »e^ 
velopperque  dans  cerlains  milieui,  rliiic- 
très  espèces  dans  d'autres  milieux,  si  ^•s 
les  iofusoires  comme  pour  tous  les  ■oiiitii'i' 
les  milieux  constituent  des  coudiliou 
d'existence  (1587)T 

i  IL  D»  ta  gifufrafion  $ponlanéi  âa  nI^ 

davantage  l'organisation  de  cet  animal,  dKt  kf» 
en  outre  ce  que  nous  venons  de  dire,  il  ;  i  '' 
seies  distincts,  cb»  lequel  il  y  a  aecouplnHC- 
fécoudation  nécessaires  à  la  rcprodaciioii  ilei  im- 
vidus  de  l'espèce;  chez  lequel,  pour  étrecoBHfim 
it  faut  admettre  desorgaiteH  génitaux;  cbcili^"!, 
enlln,  les  femelles  font  etpondeutdes  œuI>fM 
éeloseot  de  jeunes  individus  qui  n'ont  d'iW  1>' 
six  pattes  jusqu'ï  l'époque  où,  »e  dépouiliul  * 
leur  peau,  ils  eu  montrent  deux  de  plus  ^<''  "' 
talent  développées  peu  i  peu  sous  cette  Jépoouka 
tanée. 

t  Si  H.  Cross  croit  avoir  formé  de  toels  p^ 
un  auimal  d'une  organisation  aussi  élem  f  "^ 
celle  de  son  Bcanu,  croyance  dans  laqadic  M 
savons  de  bonne  part,  que  le  nouveau  aâvai 
fortilie  tous  les  jours  un  açu  plus,  doui  vW  P 
meltroos  de  dire  que  M.  Cross  nous  parait  n'"" 
pas  suffisamment  étudié  l'urganisalion  et  ti  fip* 
logie  comparée  des  êtres  vivaots,  connaïut^ 
sans  lesquelles  un  physicien,  même  trés-bitik  ^ 
étrangement  se  iruniper  en  se  croyant  plus  P' 
saat  qu'il  ne  l'est.  Qu  à  l'aide  de  maiériiax  dw* 
laires,  puisés  dans  l'espace,  il  obtienne  dci  f^ 
mérations  diffuses  ou  des  eongtomératioM  ifl^ 
res  ou  cristallines,  cela  se  confeit  «sitfM.'f 
de  ces  formations  inorganiques  à  la  eréitiwd'"' 
Ire  organisé  k  plus  simple,  il  y  iponraw' 
distance  immense 

I  Toutes  nos  études  microseofwiues  f^i^ 
savunl  rapporteur,  qui  est  une  puiasaaie  >•>■" 
dans  ce  genre  d'observation  ^,  touies  nos  éM^* 


na  GE!(  IHCTI0.'4NA!B£  APUIJKËTIQtJC  CEH  KH 

légtiécs  aujounl'liiiî  ('ni»re  en  fareur  tle 
celle  opinion  ae  sont  qno  des  raisons  iiiga- 
lives.  De  ce  qu'on  croit  ne  pouToir  jins 
expliauer  «ulrenienl  la  présence  <1'ud  liliaira 
dans  le  corps  riiré,  d  une  douve  dans  lu 
foie,  ou  de  tout  autre  enlojoairc  dans  ou 
organe  |irofonii,  éijalenieut  éloigné  de  U 
surface  du  corps  ou  de  ses  cavilés  nalurrJ- 
les  et  digeslivei,  on  argue  que  ce  filiaire, 
que  celle  doure,  que  cet  eotozoaire  a  pris 
spontauément  naissance  dans  le  lieu  OJt  ou 
lu  irouvu.  Et  comme  il  faut  se  contenter  iuj 


tatirti.-^  La  seconde  question  que  nous 
Kuus  k  eiBDiiaer,  eu  sujet  de  rbjiiollièse 
■iesgénéralioiu  spontanées,  est  celle  de  la 
fonulion  des  Kr#  àuttlinaux,  ou,  plus  gd- 
néralemcDt  des  aitoxoaira  el  des  parasitei. 
Or,  pour  ces  animaux  comme  iiour  les  in- 
f 'soires,  de  qnelqoe  espèce  qu  ils  loienl,  à 
•luetque  profondeur  qu  ils  se  trouvent  pla- 
ces daus  le  loîe,  les  muscles,  l'œil,  le  cer- 
Tedu,  etc.,  il  est  impossible  aux  (urtisans 
de  riiéténtgénia  de  prouver  qu'ils  sa  for- 
■•■iil  s|>unuiicuiû)t.  TuuU's  les  ra-so:is  al- 


sur  les  élns  ornnisés.  soit  T^élaux, 
Haas,  1rs  piBs  petits  aaiu  Imra  dineniions, 
les  plus  simples  dans  lenr  itrsctare,  nous 

3S  


mpKS  oana  lenr  «rvciarc,  maaa 
■i  ^wc  leur  mode  de  repraduMion 
MMMÏs  ae  pMvoîr  d'une  Béte 


HU  lei  ■alériam  nturiiifi  dans  rrajuce,  s'éleii- 
<:i«  «■  u  (en&e  destina,  par  iâdement,  i  la  repro- 
ibnimi  et  an  nainiien  de  respéce. 

<  Cest  ainu  qu'à  mesure  qne  nous  avons  niîeai 
f.tiié  compiraUvniwDl  les  éb-M  Of^niMs  el  nue 
LiMi  non  sommes  approckés  des  fiv%  petits  i  l'aide 
di  ■icniscupe.  oovs  avons  ra  disparaître  snccesisH 
«em«Bt  <cs  Réeéraiions  pré&aïuées  sp^mui^éec, 
Mnes  de  fatomw  ^i  ne  pëuvenl  snpparïer  la  lu- 
•ûcre  d'âne  véritable  et  coostaDie  obsù^atian. 

<  ITafês  MM  propres  connaissance*,  acquises  par 
DM  lonfoe  saile  de  iravaui  en  orgauisatioo  et  en 
•MjsMaiie,  noDs  nous  permettrons  de  dire  que  M. 
trou  n  point  créé,  n'a  jmint  cniiEirnit  de  toutes 
pttvaTacatiu  A«rridM,  a  l'aiik  des  uiafeus  qu'il 
tadiqne.  Ces  majens,  en  supposant  même  qu'ils 
atmi  été  indispensables  dani  celte  cîreaastance  à 
Faffiriliom  de  l'animal,  a\>nt  âé  qne  de  simpies 
«^■■nhwli  qni,  semUaMes  i  ceux  t|iii  escilenl  «t 
tiTOTifeai  là  lermination  d'an  grain  de  blé,  ont 
•ilé  réciosion  d'ceub  pareils  1  ceux  que  coulieul 
•  udJvîdH  famelle  envoyé  par  H.  Cross  lui-même; 

nh  qui  se  Iroavaieut  pondue  ou  appmiés  à  la 
•«rfaee  des  pierres  vésavienucs  mises  en  eipê- 
rieste. 

(  IjcBorani  les  travaux  écrits  par  11.  Cross  sur  la 
wodoction  nrtilkieUe  et  à  volonté  de  son  meanu, 
MMS  Mc  savons  pas  si  l'animal  sort  de  son  eipé- 
■totce  dans  son  état  complet,  on  si,  ce  qui  serait 
ias  en  rapport  avec  la  loi  qui  préside  au  dévclop- 
lemetti  de  loss  les  étrea  organises,  il  passe  par  lou- 
es les  phases  de  développemenU  et  de  roéumor- 
boses  que  oods  connaissons  si  bien  chei  toutes  les 
•pécK  d^atmnu  ;  si  dans  l'eipérience,  il  commence 
ar  a'eire  ^'on  point,  pais  nn  globule,  puis  un 
nf.  ensniteitnjeaneacare,  n'ajFanL  eucoreque  six 
i>txts,  et  enfn  nn  acare  parfait  arec  huit  paurs, 
•Aie  Ole  fenselle,  sans  œuk  ou  conieiiaol  des  iEut>, 
Dmcne  celle  créée  par  H.  Cross.  Hais  dans  cette 
■sniêre  d'envisager  b  fabrication  de  Vacani  de 
'■  Crt»ss.  il  rrslerail  encore  une  asseï  grande  difli- 
>lié,  c«Ue  de  savoir  tA  et  comment  ces  animaux, 
Mareliemeat  sîvoiaces,'trOBTeraieMl  lapilure  né- 
:ssaire  k  lew  développeoient;  car  les  élres  oifa- 
iMs  ne  peavem  angowaier  es  étendu  et  en  poids 
■'en  pf  eonnt  anioor  d'eu  la  matière  nutritive  qui 

•  lro«»e,  etqe'en  r"  """"'""""■     "  -  ■-  ■■ 


■ir  myaiéricBS  <|tiî  .    ._. 

■  Ln  phf  siolone  actnelfe,  plos  édairée,  par  eon- 
5MSS1  pea  oénle  en  fait  d'organisalions  sponla- 
>*.  et  saitMt  d'organisalions  kponlanées  faites 


pen  t 
htbi 


wlienl.  par  exiension  tisselaire,  d'une  n 
^bbUe  qni  précède,  eiqai  seule  a  refn  de  la  n»- 
r'c  le  poavoïr  de  sa  reprodnction  ;  b  pbyaiol^ie, 
Dictlo:(!(sinK  spologétiqck.  I 


eii^nle,  ne  demande  point  t  b  pbfsiqae  et  i 
.  cbimie  syntbétiqne  b  coustmciion,  en  dehors  du 
labonioires  vivants  dont  elle  v>enl  de  parler,  d'an 
■canu,  qui  eU  un  animal  presque  aussi  compliqnJ 
qu'un  manunirêre  ;  mais  sculerueni  celle  d'un  sim- 
ple globule  muqueox  de  proiotpliirû,  doué,  bien 
euieudu,  des  propriétés  ou  atlriliuts  de  U  vie  orga- 
nique, ràlles  de  l'absorpiion,  de  l'assimilation,  de 
l'accroissement  déterminé  et  de  b  reproduction  de 
retpèce. 

(  Ce  simple  globule,  qnoiati'i  cent  lieues  de  l'n- 
eant  de  H.  Cross,  serall  plus  que  sallisant  pour 
exciter  au  plus  baut  degré  ['admiration  des  pàjsio- 
logisies  obserraieurs  et  philosophes,  on  plus  vni- 
seubUblemenl  encore  leurs  uonveans  doutes- 

<  En  procréant  son  animal,  H.  Cross  est  loin  d'a- 
voir le  mérite  de  la  priorité  de  rinveiitloa  ;  mais  il 
a  eu  au  moins  celui  de  mieux  préciser  l'objet  de  sa 
ervation  en  le  désigiunt  sous  le  nom  d'acmt,  et  ch 
nous  le  montrant  en  nalnre.  Il  est  r^rettable  qur, 
d'aoe  source  aussi  nonvrlle  qu'iiiattcudue,  il  sou 
sorti  d'abord  l'une  des  plus  bidti*  bétes  de  b  créu* 
ti<m  naturelle;  mais  altendonii,  puisque  ce  u'csl  là 
qu'un  débuL 

€  L'auteur  d'un  ouvrage  intitulé  :  £sMi  fsr  For- 
gatûtaliou  de*  eorpt  erganiiéi  et  ÎMorgawiiét,  nous  a 
aussi  parlé  d'une  foule  de  véji'étaux  et  d'animaux 
créés  par  lui  et  par  des  mojeus  aussi  rimples  et 
aussi  cbimiqnes.  Il  est  nai  qne  Frajr  o*a  pomi  fait 
voir  ses  praductions  à  des  hoînmcs  capalMs  de  les 
apprécier  conme  naturalistes,  «i  qu'i  lenr  égard  il 
s  est  tenu  dans  ce  vague  qui  cooipromel  peu,  nialk 
aussi  qui  n'inspire  aucune  confiance,  ir  j  exi  avait, 
dit-il,  qui  ressembbient  à  des  écrcvisses,  il  dr» 
araignées,  ii  des  sangsues,  à  des  moucherons  volani^ 
avec  deux  aHcs  déplovées;  il  j  eu  avait  qui,  conmie 
b  cuiller  manquer  du  fondeur,  n'étaient  que  difs 
ébauches  d'insectes,  dont  les  uns  manquaient  encore 
de  tète  et  les  autres  de  pattes. 

(  Quand  on  s  le  rare  bonheur  ou  le  privil^e  cx- 
dusd  de  faire  •l'anssi  Étuuii.<iiti:s  découvertes,  il  fau- 
drait d'abord  bien  s'assurer  si  l'on  veille,  et  s^oir 
ensuite  L  force  de  se  taire,  jusqu'à  ce  que  des  bum- 
roea  spéciaux  et  compéleiits  aient  conirélé  et  cous- 
taté  les  faits  par  leurs  propres  sens. 

<  Par  une  semblable  conduite,  combien  évilerail- 
on  ans  connaissances  positives  soscepiibles  d'être 
acquises  par  l'bomme,  d'absurdités  qai.  une  fois 
introduites  dans  les  science*  toujours  si  simples,  s'j 
cramfMMineut  de  manière  à  eequ'd  faut  quelquefois 
des  siècles  pour  les  oser  on  les  en  tain  déguerpir.  » 
(  Compte-reiMin  des  séan4xs  de  l'Académie  des  sden- 
ces  ;  séance  d«  13  novembre  1837,  (ome  V,  p.  tftW, 
rapport  de  H.  Turpin. 

Rien  n'est  plus  raisonnaUe  et  plus  eonlbrme  i 
rabservation  que  le  senlimoit  de  M.  Turpin  sar  k-s 
générations  spontanées,  et  personne  peut-être  n'e- 
lait  mieux  posé  que  lui  povr  bire  autorité  en  pa- 


petit*  qu'd  soit  possJ^le  dobaerver. 


ttcs 


CES 


WCTIONNAIIIE  Al'OLOGETlQUE 


CEN  n^j 


de  l'obsorvaLiou  dirccle,  [larce  qu'on  ne 
pcul  pas,  pour  la  formalion  des  onlozoaircs 
commu  poiircellcdos  infusoiras.  proToqiicr 
la  nature  par  rexpérimenlation,  tant  qu'il 
restera  un  entnzoaire  dans  lequel  ou  n'aura 
pas  vu  des  œufs,  ou  qu'on  n'aura  pas  sur- 
pris se  reproduisant  de  quelque  autre  nta- 
nière.  les  partifiaus  de  rbéltîrogéDie  s'en 
feront  une  arme  pour  défundre  leur  opi- 
nion. Cependant  tous  les  faits  bien  avérés, 
loiiles  les  découvcrles  qui  chaque  jour  onl 
fail  mieux  connatlrc  l'hisLoire  des  helmin- 
thes, sont  foriDelleincnt  contraires  à  l'hy- 
potlièse  des  générations  spontanées.  11  ne 
sera  pas  très-long  de  passer  en  revue  les 
points  importants  de  la  question,  le  sujet 
n'étant  pas'  encombré  d'expériences  fauti- 
ves comme  pour  les  iofusoires,  puisqu'ici 
on  ne  peut  en  faire  ni  de  fausses  ni  de 
vraies. 

Plusieurs  savants,  et  surtout  plusieurs 
naturalistes  et  médecins  oltemsnds,  Morreii, 
iVudol|ilii,  Urernser,  entre  autres,  croient 
encore  à  la  génération  spontanée  dos  hel- 
minthes. Une  telle  opinion  se  répandit  par 
leurs  ouvrages,  qui,  d'ailleurs  fort  remar- 
quubtes,  ne  nous  donnaient  des  vers  qu'une 
connaissance  supcriiciello,  incomplète  et  pu- 
rement morphologique.  ]1  était  réservé 
OUI  travaux  suatomiquas,  surtout  aux  plus 
réticots,  de  redresser  leurs  erreurs,  et  de 
nous  donner  une  idée  juste  d»  l'onsa- 
iiisation  compliquée  d'un  grand  Dombra 
d'entozoaires. 

Sans  parler  des  premiers  essais  de  Rodi, 
Linné,  Bloch,  Fallus,  O.P.  Millier,  ni  même 
(les  travaux  plus  importants  de  Gœze  et  de 
Zeder,  on  peut  regarder  lludoipbi  comme  le 
fondateur  de  la  science  beluiiatlioli)gi({ae> 
Mais  si  dans  son  grand  ouvrage  (1588),  aiosi 

Îue  dans  les  magniGquea  planches  que 
remser  [1589)  y  s  ajoutées,  la  zoologie  et 
l'histoire  naturelle  des  helminthes  ont  fuit 
un  immense  progrès,  il  faut  avouer  que 
l'anatomie  et  la  physiologie  de  ces  animaux 
n'y  ont  que  fort  peu  gagné,  et  que  nos  con- 
naissances sur  cet  objet,  le  seul  qui  puisse 
éclairer  l'histoire  de  leur  génération,  sont 
reniées  k  peu  prés  ce  qu'elles  étaieat  aupa- 
ravant. C  est  h  tel  point  que  Rudolptii  se  re- 
fuse i  admettre  dans  les  vers  l'existence 
d'un  syslèniu  nerveux,  Lien  qu'elle  y  filt  re- 
connue déjà  par  plusieurs  de  ses  prédéces- 
seurs. 

'  Bremser  [1&90)  lui-même  publia,  peu  de 
temps  après,  auo  Hûtoin  dei  ventntetti- 
naux  de  l'homme.  Mou-seulement  il  y  dé- 

(1588)  FMoxooTum  hittoria  «alvralit,  Amster- 
ilam,  lltOS,  et  EntovujTvm  tgnapit  cui  aceedunt 
inaniiua  duplex  et  indices  tocuplctiwmi  ;  B^roliiA, 
1819. 

(1589)  Icatie*  belmûithum  lyilema  Rudolphi  enloo- 
togicum  tf (utironiM,  curnvil,  X.  G.  Uhëusek;  ViL-nux, 

(tS90)  Traiti  xootogiqttt  et  phy%iutogiqae  dei  vtn 
iiiieftiiiaux  de  ['homme,  iraduii  par  Gruiidlcr:  Paris, 
1824. 

(IS*)!)  Enihetminthicn,  in  hit  von  Oken;Iabr- 
BOinj,  ISil.  ~  Enter  lia..il.,'i  lli,  2,  s.  jUj. 


crivit  ceux  qui  se  trouvent  dans  soniiili.' 
digestif,  l'i  ceux  gtii  séjournent  en  de)iflr« 
do  ee  canal,  il  tn(i)(|ua  leur  disgoostis  ii 
leur  lieilement,  mais  il  Bt  précéder  lonir 
celto  partie  de  son  ouvrage  d'une  longue 
dissertation  en  faveur  do  la  gËnêraiion 
spontanée  des  entozoaires.  Nuus  e1l^lill^ 
rons  plus  lofo  ceux  de  ses  arguments ifui 
méritent  réfulalion. 

Mais,  pour  ce  qui  est  des  notions  latlit. 
miqucs  positives,  c'est  Bojanus  (1591)qui le 
premier  a  démontré,  du  moins  en  partie,  li 
composition  du  système  uerveui  dans  un 
ampnistome;  de  plus,  dans  lu  mSme  (m- 
phistofflo,  dans  plusieurs  distomes,  cet  ob- 
servateur a  fait  connaître  oellemetit  le  cauil 
intestinal,  les  oreanes  de  lagéiiérat.nn.a 
même,  dans  le  Dittoma  hepalicum,  l'env 
toiice  d'un  appareil  vaaculaire.  Ou  sent  qwl 
coup  portent  ces  découvertes,  qui  dater 
déjà  do  plus  de  vingt  ans,  à  l'faypoibèse dg 
la  génération  spontanée.  Si  ce  mode  de 
reproduction  se  concevait  d'ttnimsui  qu'où 
ne  supposait  doués  que  d'une  organisation 
obscure  et  uniforme,  il  devient  bien  plus 
dilUcile  de  l'admettre  du  moment  qu'où  re- 
connaît dans  ces  animaux  des  appmits 
organiques  diversement  caractérisés  'iiHi 
diverses  classes,  et  surtout  des  oi^ms  gé- 
nérateurs et  les  produits  de  ces  orgnuts. 

J.  Cloquet  [1S92)  exposa  ,  dans  on  nié- 
moire  assez  éteodu,  l'organisatioude  Ui- 
carida  lombricoidu  et  de  l'échiDorhyDiju; 
géant.  On  y  trouve  la  description  des  origi- 
nes générateurs  des  mêles  et  femelles  :  ctlld . 
du  l'ascaride  est  surtout  très-détail lée. 

Dujardin,  qui  a  publié  une  hisloirL-natii-  ' 
relie  des  belmintlie"  (1593;,  a  douiié)U.^ii 
dans  plusieurs  mémoires,  des  détails  su' 
l'organisation  de  ces  aaimaui,  sur  la  tlnic- 
lure  anatoiiiique  dfs  gordius  et  di^  [ue^ 
nies  (IfiM),  sur  les  helminthes  des  lutia- 
raigues,  sur  leur  métamorphoses  et  leun 
iiiigrations  (1595),  sur  l'embryon  deseflii)- 
zoaires  et  les  mouvcmenis  du  cet  C]eix]<x^ 
dans  l'œuf  (1596). 

Uublis,  Nordioano,  Miran,  Dii^og  ^ 
plusieurs  autres  oQt  aussi  décrit,  (I'iuk 
manière  plus  ou  moins  parfaite,  le  sjsleiue 
nerveux,  l'appareil  vasculaire ,  le  caoti  O' 
gentil,  les  organes  de  la  génératiou  de  plu- 
sieurs ilislomes,  amphistomes.  Unguiiuii^s, 
diplostomes,  etc. 

Enûn,  tout  récemmeat»E.  BlBacbird(IS3^: 
a  repris  1  élude  aoaloiuique  desentoiuii^ 
ilesl  parvenu  il  suivre  les  plus  peiits  Mn^ 
de  leur  système  uerve\ix,  à  i acouoaltrti  l"^ 


(1505)  Uitioire  naiurtiU  ita  Mminiitt  nta 
inWiinaux  (dans  les  âHJlM  à  BufMi;  '''''' 
1IU5. 

(1594)  DujAM»,  ànn.  dei  w.  mT.,  tc  téric,  U^ 
logie.  l.  XVlll,  p.  lis. 

(IStlQj  Hrr.  Cit.,  niémv  série,  t.  XX,  p.  Ï39. 

(ISIMÎJ  «rt.  éd.,  id.,  i.  VUl,  p.  S03. 

(15î)7j  Kechercke*  êur  forjoni Ml i»  drt  •"».•[* 
le»  AnKalei  des  teiencet  naturellt;  lU"  sivit,  "* 
jttf.i.  Vll,p.k7;W47. 


CEy 


MCnOXNAIBE 


i'.uJMi'on  la  forme  eiacte  de  lenr  eaoïl  di- 
•Mtif  el  U  ridiesse  de  leur  appareil  fasea- 
iircÏMÙir  disUocIcmeDt  les  caractères 
v)molOKues  ou  différentiels  de«  orgaoesgé- 
Mfiteers  dans  les  diverses  espèces  ;  ea  un 
D<tt,t  déaioBtrer,  daos  ces  animaux,  une 
«aplieation  de  sinictare  qu'on  était  loin 
le  sonpCMoer  il  t  *  quelques  aDDées. 
Aîosi,  d'un  edie  (a  délimilatioD  fort  nette 
1-4  espèces,  fondée  sur  la  forme  générale  du 
orps,  les  caractères  zoologiques  extérieurs, 
1  toutes  leScircuosISDces qui  serT>;o[  iéta- 
.t  des  d^terminattous  géoériqaGs  et  spéci- 
,;ues  en  histoire  naturelle,  déjà  si  biea 
.ii'.oies  par  Budiflpbî,  Bremser,  CuTier,  de 
UâiDiiiW,  Oujardiu,  etc.,  pcrmetiaul  de 
:.ompirer  sous  bien  des  rapitorts  les  ento- 
'uiret  stee  ao  çrand  nombre  derersqui 
irtrot  (Uns  les  milieux  ettérîeurt  auxcorps 
n  jutres  animaux  doÎTeot  faire  supposer 
oeleurgénération  ne  s'éloigne  pas  de  celle 
ttei derniers:  que,  comme cclie-ci,  pou- 
iDlétrei  la  fois  scissipare,  geœmîpu'e  ou 
nr«re,  elle  est  surtout  ovifiare. 
D'un  antre  c6té  Ja  structure  compliquée 
i  leur  organisation,  comparable  à  celled'a- 
imaux  seÉnblables  h  eox,  qui  habitent  les 
MI  douces  ou  la  nier(1598),dîlKfeDtedans 
s  ditefses  formes  spécifiques,  de  manière 
UBfinaer  les  classificalious  zoologiques 
iiUîes  sur  la  forme  extérieure,  el  même 
its  periecliooner  dans  on  grand  nombre 
(  poiata,  est  aussi  un  motif  puissant  de 
apposer qae  les  entosoaires  ne  sauraient  se 
^eJof^rspoDtanémeut,  surtout  quand  on 
Uquelesoixanesde  la  génération  el  leurs 
iâaHi,  ont  été  d^à  tus  et  décrits  dans  un 
itgnoi  nombre  de  tjpes. 
Jc  fondant  sur  ces  dernières  considéra- 
u,  c'esl-â-dire  sur  des  données  analo- 
gues, Blanchard  établit,  dans  les  Ters,les 
ues  5uiTaDles:lesaN/tiemu(l599J,com- 
:na[>(  les  planaires,  (es  trémalodi:»,  les 
jTtrs,  les  ampbistomes,  les  tristomes,  etc.  ; 
ecstoidett  dans  lesquels  il  range  les 
iaSv  les  botliriocéphales,  les  cjslicer- 
&,  etc.  :  lt;5  helmitUliti  proprement  dits, 
)*.-i>dîre  les  Sliaires,  les  strongles,  les 
zr\-'.es,  etc.;  eulin  les  niaiertititt,  ctquel- 
:S  Autres. 

'uar  ce  qui  concerne  les  organes  de  la 
rwlaclion   dans  les  classes  précédentes, 


APWJKETiaO^  CEN  ItfM 

•f  chez  les  anérormes,  dit  cet  obscrtateur. 
ces  organes  ont  une  consistance  assez  grande; 
ils  permettent  de  distinguer  ces  entfizoaires 
des  autres  vers.  Les  hirudinées  et  les  sco- 
léides  (lombricinées)  sont  les  senls  qnis'en 
rapprocheraient  bien  notablement  sous  ce 
rapport  (1600).  ■— ■  Quant  aux  org;incs  de  la 
eéeératiOfl,  les  cestoîiles  diffèrent  noit-seu- 
Fement  des  helminthes  némaioîdes,  nuis 
aussi  des  anévormes,  des  hirudinées  et  des 
scoléides;  ils  n'ont  guère  plus  d'analoxie 
arec  les  annéliJes  pro|)remeDt  dits.  Dans  les 
ténias  et  dans  les  boihriocéphalcs,  où  le  corps 
est  nettement  divisé  en  une  longue  série 
d'auneanx,  il  existe  dans  chacun  d'eux, soit 
en  même  temps,  soit  alternativement,  un 
OTsire  et  un  Appareil  mSlo  complètement 
distincts  et  séparés  deceux  de  l'anneau  pré- 
cèdent  et  de  l'anneau  suivant. Dans  les  ces- 
loîdes,donl  le  corps  n'est  pas  divisé  comme 
il  l'est  chez  les  précédents,  les  organes  de  )a 
géuéraiion  se  multiplient  néanmoins  de  la 
même  manière  dans  tonte  la  longueur  du 
corps  (160IJ.>  — •  Tocuours,  ajonte-t-il  plus 
loin,  les  sexes  sont  séparés  dans  tous  lesani- 
raaux  que  nous  rangeons  dans  la  classe  des 
helminthes;  c'est  encore  no  caractère  géné- 
ral qui  les  sépare  des  anérormes  et  des  ces- 
toïdes  (1602).  > 

Ainsi,  nous  reconnaissons  auxenlozoaires 
des  organes  géoénteors,  nous  savons  qu'ils 
produisent  des  œuls  el  en  nombre  immen- 
se, comme  surtout  le  ténia,  le  boihriocé- 
phale,  etc.  Ces  œub  sont  évidemment  des- 
tinés A  les  reprodtiire,  et  nun-seulement 
nous  devons  penser  que  c'est  parle  dévelui»- 
pemenl  de  ces  ceub  que  aatt  un  ver  caracié- 
risé  comme  le  ténia,  mais  encore  il  nous 
est  impossible  de  conrevoir,  avec  Rudol- 
phi  (J603),que  ce  dernier  puisse  se  former 
spontanémeul.  Ànssi  les  |iartisans  de  la  gé- 
nération équivoque  ne  se  refusent-ils  plus  ji 
admettre  que  les  entozoaires  pondent  des 
œufs,  puissent  même  se  propager  par  des 
œufs;  mais  ils  se  retranchent  derrière  la  dif- 
ficulté, l'impossibilité,  disent-ils,  que  ces 
œuls soient  porté» dans  les  cavitésdu  corps, 
ou  dans  l'épaisseur  des  tissus,  et  ils  eu  con- 
cluent que,  dans  beaucoup  de  circonstances, 
les  entozoaires  ne  peuvent  se  former  que  de 
toutes  pièces,  l'un  d'eitro  eox  du  moins, 
sauf  plus  lard  à  ce  que  Ci  premier  en  en- 


SOS)  Le»  drcenaiaBees  bMagiqnet,  ici  comme 
:  le»  iMCiriii  M  pluiears  aMres  animant,  ont 
ftm  dnaipoflaBce;  elles  ne  lienMnt  geére  qu'A 
Minttfoe  4mh  le  choix  de  b  MMuriiere.  Aiuri, 
laparaat  roTganiiaiiaa  dcsi^aMircsAcdledes 
lUeJea,  Biaocbanl  »4-U  trouvé  que  l'animal  vi- 
4aB»  les  marts,  dans  les  étaags,  dans  la  mer. 
lré»-Toi«»  de  Tuimal  vivant  dans  le  loie,  dans 
sti»  o«  daaa  an  antre  viscén  d'en  mammifère, 
niacaw  «s  d'à»  poisse».  Bia  plu,  la  même 
ce  cX  Maveni  aqnatiqoe  pendant  une  période 
I  «ie,  tt  parasite  pendant  une  aotra. 
'jSti\  Celle  dénomination  est  deslinée  i  rappe- 
laas  cette  clasie,  rahacacecaraciérisliqaed'uB 
ablecoltier  Benreos. 
-tin  R.  BLucnAHa,  ne.  <{(.,  u.ltt. 
Mj  i*(rf.,  p.  119. 


(1603)  tbtd..  p.  m. 

(IMS)  Rodolphi  (cité  par  Dçcts.  Pkf$iolopt  coai- 
parA,  1. 01.  p.  201)  imit  avoir  eiisené  nn  tait  re- 
narqaalile  de  gimératiem  tfouaaie  dn  ténia.  Sur  hb 
rhien  dont  les  iulesUus  ne  conienaieul  que  deux 
articnlaiions  de  ténia  caiénirurme,  tt  renconlra,  al- 
laclws  à  beancoup  de  villosiiés  et  cumme  continus 
avee  elles,  de  petits  noeuds  btancfaim*  que  le  mi- 
cresGope  dénonln  être  auunt  de  léiea  de  ceue  es- 
pèce de  ténia,  mais  sans  aucnne  par^  de  leur 
corps.  Rudolphi  foit  remarquer  à  ce  snjet  qoe  les 
pins  petits  de  ces  animaoi,  lonqn'ils  sortent  do 
rœar,  monireni  déjà  un  assez  grand  nombre  d'arts 
des;  ce  qui  prouverait,  saivaM  lui.  que  ces  capi- 
tales M  pouvaient  provenir  d'une  Rénération  ovi- 
pare. 


10S9 


GEN 


OK^TIONNAIIIR  AI>0l.06ETIQUE. 


gvndre  d'autrtrs  par  scissiparité,  pnr  biiiir- 
Iftitjnnement  ou  par  des  œufs.  C'est  t6,  k 
proprement  parler,  )e  seul  argument  qu'ils 
puissent  présenter  encore  en  faveur  de  celle 
doctrine;  c'est  donc  le  sealque  nous  aj-ons 
à  eieniiner.  Nous  allons  essayer  de  prouver 

3ue,  sinon  dans  tous  les  cas,  du  moins 
anï  la  plupart.ilnopeutplusélred  aucune 
valeur,  et  qu'on  peut  toujours  concevoir 
plus  facilement  le  transport  des  œufs  des 
ItelminDies  que  leur  génération  spontanée. 

Il  est  (l'abord  un  ordre  de  faits  pour  le- 
quel le  (louten'cslplus  permissujourd'hui: 
ainsi  on  ne  croit  plus  à  la  génération  spon- 
tanée des  pou I,  dcsacarus,  des  puces  péné- 
Ironles,  des  Glnires  de  Hédine,  et  de  tous 
les  parasites  qui,  déposant  leurs  ceufs  dans 
l'épaisseur  de  la  peau,  semblent  au  premier 
abord  se  développer  au-dessous  de  l'enve- 
loppe cutanée.  Il  en  est  de  même  des  végé- 
taux porosités,  parmi  lesquels  un  des  plus 
remarquables  est  le  bolrytit  paradùxa  ou 
froMiana:  on  sait  que  le  déveii'ppcmcnt  de 
celte  moississure  provoque,  chez  les  vers  k 
soie,  une  maladie  meurtrière  connue  sons  le 
nom  de  musnardine.  On  croj'ait  qu'elle  était 
le  résultat  d'une  génération  spontanée  pro- 
voquée nsr  la  mauvaise  nourriture,  le  dé- 
faut  d'aération,  on  toute  autre  cause  d'insa- 
lubrité. Mais  les  recherchas  de  Bossi  de 
Lod)  (ICOi],  d'Audnuin  (1605),  de  Jolia- 
tijs  (1606),  ont  prouvé  d'abord  que  ce  cryp- 
togame e^t  inoculoble,  et  qu'il  suffit  pour  la 
propager  d'une  quantité  extrËmement  petite; 
puis,  qu'il  se  développe  toujours  k  l'oriâce 
des  trachées,  c'est-d-uire  dans  lespoinlsoil 
sont  arrêtés  les  corpuscules  entraînés  par 
l'air  atmosphérique  qui  jiénèlre  dans  les 
organes  des  insectes.  De  la  connaissancedc 
ces  deux  circonstances  particulières,  il  est 
facile  de  conclure  que  la  production  du  bo- 
try lis,  chez  les  vers  à  soie,  loin  d'âtre  spon- 
tanée, tient  seulement  au  développement 
do  germes  transportés  par  l'air  d'un  point 
sur  un  autre  (1607). 

Qaaal  aux  entozoaires,  et  surtout  auxin- 
lestinaiix,  on  a  acquis  la  certitude,  b  l'égard 
d'un  certain  nombre,  que  leurs  germes  s'in- 
Iroduiser.l  avec  les  alinienis,  et  qu'ils  so 
développent  ensuitu  dans  le  corps  des  ani- 
niaux  chez  lesquels  on  les  trouve.  On  a 
mémo  vu  des  entozoairas  déjà  formés  dans 
les  corps  d'insectes,  de  poissons,  etc.,  passer 
avec  ceui-ci  dans  les  corps  des  animaux 
auxquels  les  insectes  ou  les  poissons  ser- 
vent de  nourriture,  comme  Dujardin  (1608) 
l'a  observé  pour  plusieurs  vers  des  musa- 
rait$nes,  dont  il  a  décrit  le  développement  et 
les  migrations. 

Il  esi  probable  que  l'introduction  des  ger- 


mas d'Iietniinlhes  nrecles  alimcnli,conjii 
téecheE  quelques  animaux,  est  lusi  eIhi 
l'homme  la  cause  uniqueduëéveloppum»! 
des  vers  dans  son  intestin.  Sil'ona'inn 
encore  prendre  la  nsturesur  lefail.onaii- 
nalt  du  moins  quelques  ci rconatincej  qui 
donnent  du  poids  A  celte  présomption,  od 
remarque,  en  eltel,  qu'en  SaisselciiiDiH 
sont  très-communs;  etît  suffit  d'avoirûb- 
té  le  pays  pendant  quelques  iirnéei  pour 
avoir  de  ces  entozoaires  ilansriDieftiii.11 
en  est  de  même  en  BeIgique-,Bremier(lW;, 
<^u\  elle  ce  fait  curieux,  leregardeeooui'j 
inexplicable.  Or  une  circonstance puremeui 
agricole  paraît  être  la  cause  de  celle  iId^ 
larité:la  mé:bode  flamande  de  fumer  lulu- 
rcs,  employée  en  Belgique  et  en  Suitt, 
consistée  verser  directement  sur  la  loliii 
matières  excrémentielles  ;  en  France,  e 
contraire,  on  emploie  pour  engrais  li  jk»- 
drelle,  c'est  A-dire  le  résidu  des  eicréŒcni! 
longtemps  abandonnés  aux  agentsalmospltc- 
rîques,  et  sur  lesquels  ont  agi  toutes  1» 
causes  pouvint  j  détruire  taviedsmlt' 
substances  qui  en  étaient  douées.  Suimi 
toute  probabilité,  les  germes  des  eu\iim- 
res,  en  Suisse  el  en  Belgique,  sont  sbsoiiiii 
parles  végétaux,  et,  ingérés  avec  ceui-ct 
sous  forme  d'aliments,  passent  de  nouiw 
dans  l'intestin  de  l'homme  ;  tandisqueli 
contraire  a  babilueMemeoiUeu  enFrsna 
Mais  on  conçoit  eu  même  temps  qu'il  doit,' 
BToir  un  grand  nombre  d'œufs  détruiu,!"« 
quelques-uns  qui  prospèrent.  Ausii  koi 
qui  sont  habitués  i,  saisir  les  harmonies <li 
io  nature  ne  s'étonneront  pas  qu'un  tui»» 
relativement  aussi  rare  que  le  ténia,  protioi* 
néanmoins  une  quantité  d'teuts  presq^eif 
uombrable  :  on  ne  peut  s'étonner  que  i*\ 
chose,  c'est  quedetelsaDÎaiauxpuis»nl# 
vir  encore  de  prétexte*  la  géuéraûou  si* 
tonée.  «  Nous  saïons,ditE.  BlancbanJ(1t*i 
que  les  vers  sont,  de  tous  les  animiuiil*^ 
mieux  partagés  sous  le  rapport  des  ofS""^ 
reproducteurs.  Dans  la  plupart  d'ectncu 
les  ovaires  occupent  la  plus  grande  i-arti"* 
corps,  cl  les  œufs  se  comptent  par  luilif 
et  certaines  de  milliers.  Ce  fait  seul  InM" 
que  les  produîtsdes  vers  sont  exposéaitl»' 
Ues  chances  du  destruction,  et  qu'iH  <ii< 
vviil,pour  ainsi  dire,  par  hasard  h  éire^ 
troduils  dans  le  lieu  où  ils  peuvent»^ 
velupper.Mais  l'examen  des Tersinteslia»! 
on  le  comprend  facilemtDl  d'après  {«0^ 
bre  incalculable  d'œufs,  doit  laisser  « 
rétuunemeni,en  pensatit  que  ces  sniiMi 
ont  surtout  servi  d'etcuipto  [Kiur  tépaBil 
les  idées  de  génération  sjiontanée.  >  . 
Ainsi  il  est  aussi  fauile  d'eipiil"'' 
présence  des  vers  dans  le  tube  digEsnl ,' 


(1604)  Al 
p.  5U. 


.  det  te,  Htti.,  Il' série.  Zoologie,  l.V,     ffet 


(1605)  Ann.  da  k.  nal.,  ■■•  série,  Zool.,  t.  Vîll.     p.  3i9. 


05)  Al 

9-isi. 


'  série,  ZuoL,  i.  XI, 


(lOOG)  Ann.  dtt  ».  nal., 
p.  es. 

(IWT)  Vay.  auBsii  un  Rapport  lie  DtTBOcncT  sar 
Ici  iraMNx  rtlalift  i  la  mHuanliiu,  dam  les  Aiin. 


,  II*  série,  Zool ,  t  IX,  p.  S.         , 
(1608)  Ami.det  ic.  not.,  ii*  série,  Zoolt^.t-*' 


[lim)  Tniti  ia  ten  httntiiima,  r  p>X-n 

ris,  inii.  I 

(16t0)  Ann.  dn  K.naf.,  ui*  série,  Zoit-^^ 


Ml                GEH                     nCTIO!RUIB£  &POLOCETIQUE.  GSn                   1019 

idles  dei  parasites  dans  l'épaisseur  de  la  semlilable  que  difers  tubereule->,  obsené* 

(MU.  ailleurs  dans  les  organes  pareocliymaU-u!, 

U  oa  reste  k  résoadre  qii'aii  point  de  la  onl  une  origine  aoalogae  ..  Du  reste,  les 

qiieftion,c*esl<4-dire  l'ori^ne  desenlozoaî-  dimeiisioas  de   cet  helmia'be  sûdI  telles 

rcsija'OD  trouva  diDS l'épaisseur  des  tissus,  qu'il  lui  est  facile  de  se  Frsjer  un  iwâsaso 

itjusquedans  leeorps  desembrjrotks.  C'est  ralre  las  Gbres  des  tissus  IvS  plus  déli- 

lé  seul  inr  lequel  ÎJ  regae  encore  réellement  ca(s  > 

t'uelqua  obscurité.  J.  Uiiller  fait  Jl  ce  sujet  D'un  autre  cAlé,  Ehrenberg  o'bésite  pas  k 

in  aveu  couplet  d'indécision.  €  Eu  sésiilé,  te  ranger  du  cAlé  de  Popiuion  que  nous 

\ÎVil  (1611),  ou  trouve  ici  autant  d'iavrai-  soutenons,  et  il  prétend  mémeque  les  teaU 

wnblaiices,  quand  oa  se  propose  de  réfuter  des  enlozoaires  peuvent  lrè»4>ien  être  dis- 

1  génération  spontanée  ijue  quand  ou  veul  séminés  par  la  circulation  dans  toutes  les 

'iJuieUre.  Les  œub  des  entexoaires  sont  parties  des  animaux  :  c'est  ainsi,  dii-ii.  que 

{lidcmnent  trop  gros  pour  pouvoir  pasaer,  l'embryon  des  mammiFères,  dans  lequel  on 

Jtsorganesoù  vivent  ces  animaai,  dans  les  a  trouvé  des  vers  inleitinaoi,  peut  en  avoir 

uiiseiQS  lymphatiques,  pour  circuler  dans  reçu  les  Œubdes  humeurs  de  la  mère(1614J. 

capillaires  saiguius,  et  enGo  pour  arri-  Un  autre  fait,  encore  peu  connu,  mais 

ttrdaBsles    produits   s^réloires,  dans  le  qu'il  sera  utile  de  prendre  en  consîdéralioo 

bit,  la  M'joa  de  l'œuf,  etc.  (1612).  L'hypo-  p>jur  lever  celle  diflicuUé.  c'est  que  les  eo- 

IHeda  la  transmission  des  vers  înteslinaus  tozonires,  comme  bien  d'autres  animaux, 

te  la  mère  k  l'eafant  est  en  contradiction  sont  susceptibles  d'éprouver  des  métamor- 

uoife^la  avec  les  données   expérimentales  pïioses.  Dujardin  (16l5)a  vu,  dans  des  œufs 

le  la  nicromélrie  ,  &   moins  de  supposer  île  douve,  bien  qu'ils  fussent  encore  conle- 

fue  les  plus  petites  parcelles  de  subsiancs  nus  dans  le  corps  de  la  mère,  l'embryon 

«(■ruductive  de  ces   animaux    sont  tout  changer  déforme  et  se  mouvoir  an   moyen 

ussi  aptes   que  l'œuf  entier   h  les  pro-  des  cilsvibratîlesdont  »a  surface  estrecou- 

luer.  >  rerlc.  Cet  enlozosire,  entièrement  dépourvu 

D'abord,  cette  dernière  raison   peut  èlre  des  cils  vibratiles  extérieurs  dans  son  f  niier 

rraie.  Puis  jefeiai  observer  que, outre  que  développement,  et  en  présentant  dans  sa 

lous  sommai  loin  de  connaître   la  mesure  vie  embryonnaire,  on  peut    se  demander, 

lesœub  d'un  grand  nombre  d'enlozoaires,  avec  le  naturaliste  auquel  j'emprunte  celte 

ricesŒuEi  ne  peuvent  être  portés  par   le  observation,  si  plusieurs  vers,  avant  de  se 

lorrvoi  circulatoire,  les  entozoaires  qui  en  lixer  dans  les  organes  oi^    doit  s'achever 

■ui&ieal.parréoergiedeleursmouvemeni5,  leur  existence,  n'ont  pas  des  orsaoes  loco- 

U iKiilié  qu'iU oui  de  se  creuser  une  voie  moteurs  transitoires;  et   si,    durant  une 

iaoïTépaisseurdes  tissuseo  écartant   lai-  première  période  de  leur  vie.  ils  ne  sont 

Jemetit  leurs  parties  élémentaires,  peuveut,  pas  susceptibles  de  nager  librement  dans 

«rsqulls  sont  encore  irès-peiits,  se  porter  les    Ouides.  Ces    transformations  peuvent 

iVK  facilité  d'un  lieu  dans  un  autre,  d'un  d'aillenrs    s'opérer   très-lentcmeol,   d'une 

■gaoelelqud  le  tube  digestif,   ou  d'une  manière  peu  uniforme,  el  rester  ici  plus 

pelcoiiaue  des  cavités  naturelles  dans  les-  qu'ailleurs  sous  la  dépeodance  des  eircous- 

jaclies  leurs  germes  ont  été  déposés,  dans  unces  ambiantes.  Elles    ne  suivraient  en 

A  autre  oE^ane  plus  ou  moins  éloigné,  et  cela  qu'une  marcbe  semblable  à  celle  qu'on 

eul-étredu  corps  même  de  la  mère  jusque  observe  chez  tous  les  animaux  qui  sont'  les 

ans  celui  du  lœtus.  sujets  de  pareils  phénomènes.  On  sait  com- 

Les  faits   oliservés   par  Dujardin  (1613)  bien  la  différence  de  température  hite  ou 

jc  les  liit;boaomes  de  la  musaraigne  et  de  retarde  l'éclosion  des  œufs,  surtout  de  ceux 

ue:ques  autres  animaux,  jusliSenicomplé-  des  versk  soie;  combien  l'abaissement  de 

nueiiiDotre  raauière  de  voir.  «  La  plupart,  température  et  l'obscurité  retardent»  près* 

it-îl,  étaient  libres  dans  l'inleslin  grêle  ;  que' indéfini  ment,  les  métamorphoses  des 

lais  eeus  du    hobereau   étaient  engagés  batraciens.  Il  est  è  présumer  que,  chez  les 

■as  la  moqueuse  de  l'œsophage.  Une  fois,  entozoaires,  les   métamorphosas  peuvent 

ans  la  musaraigne,  je  les  ai  vos  engagés  s'accomplir  aussi  daus  des  iolervalles  de 

*r  leur  moiliéantécieureet  plus  grêle  dans  temps indéterminéa,  elseulemeut  quand  ces 

Spaisseur  de  U  muqueuse  de  l'estomac,  animaux  se  tronveutdans  les  circonstances 

Ans  U   musaraigne,  en  oulre,  ils  vont  favorables  k  leur  uiauifeslalion.  C'est  en- 

lercber  k  une  certaine  époque  de  leur  dé-  core  tk  une  observatiou  de  laquelle  il  faudra 

rloppeiueut  un  gîte   iwriiculier  dans  l'é-  tenir  uomple  chaque  fois  qu'on  approfoo- 

■isaeurdu  tiasu  de  la  rate.  Lk  ils  achèvent  dira  ce  sujet,  atht  de  ne  pas  prendre  pour 

t  M  développer».  La  masse  de  leurs  œufs,  un  autre  eniuzoaire  la  larve  d'un  euiuzoaire 

Note  k  cebe  de  leur  corps,  prend  raa(>ect  déjk  détenuiué,  et  dene  pasailribuerainsi, 

'■a  iul>efcala  blaoc  jaunkire...  U  est  vraù  suivant  le  lieu  où  on  la  irouveraii,  k  reffet 

{ICll)  MênMd«fkfùi)tosit,  1. 1.  p.  15.  trad.  de  (1613)  An.  àa  u.  »«i.,  u«  série,  ZMrofJe,t.XX. 

"•r*»"-  p.  535-538.                                     ,        „ 

il61S}e>aTe«coiilré«ncfUdcsveT((hMd«i  (16U)  Bruu»,  PiffMaylc,  l-.l.  P- SI-, 

M»  fMdM;  Eicbolz;  par  eiemple,  en  a  vu  diiii  (1615}  Amm.  éet  te.  Mt.  u*  férie,  ZoMOfir,  1831, 

^   <Bafs  4e  Mrie.  (Ik-ivica,  PkyMsb^V,  1. 1,  |).  t.  VUI,  p.  503. 
'.   Uad.  deMwrdOB.J 


CCTi 


DlCTlOmAlltE  AMMjOCEUQCRI 


d'une  g^oéralion  spooUDée  ,  le    riiniluil 
tl'un  mode  de  reproduction  bien  connu. 

Il  esluoe  aalre  reinanfao  analogue  qu'il 
coiiTÎeat  de  rappeler.  Réieemmcut  Miescher 
et  Oujardin  odI  émis  l'opinion  que  les  cvs- 
tiques  pourraient  bii^n  n'être  autre  chose 
que  des  lénoîdes  développas  d'une  manière 
•normale  ;en  effet,  lus  cysllques  sont  cons- 
tamment dépourvus  d'oi^nes  de  reprodue- 
Iton,  et  ils  ne  se  renconirent  jamais  dans  le 
eanal  iulestinai  des  animaux,  comme  font 
les  ténias,  mais  seulement  dans  des  kystes 
se  développant  h  la  surface  des  membranes 
séreuses,  ou  &  la  surface  du  Toie  et  des  pou- 
mons; ce  qui  liendrail  è  l'aire  penser  qno 
les  œufs  de  ténias,  lyantélë  introduits  dans 
réoonamie  animale,  en  dehors  du  tube  di- 

Sesiif,  ont  pu  éclore  el  donner  naissance  à 
e  jeunes  individus  dont  le  développement 
demeura  incomplet,  el  dont  la  forme  du 
rorps  s'altère,  [ûrce  qu'ils  vivent  dans  une 
condition  en   quelque  sorle  accidenlelle. 

De  (DUS  les  faiis  et  de  toutes  les  considé- 
rations qui  précèdeni,  nous  concluons  quo 
leshi'lmiiuhes  ne  naissent  pas  spuntanément 
dans  le  corps,  mais  qu'ils;  sont  toujours 
{lorlés  par  les  aliments,  ou  h  l'état  nœuf. 
Ml  k  l'étal  de  larve,  et  qu'.tlor^ils  se  déve- 
loppent dans  l'iutestin  ou  (tassent  dans  des 
parties  plus  profondes.  Quant  ft  leur  mul- 
tiplicalion,  il  est  évident  que  dés  qu'uii  d'eux 
se  trouve  dans  le  milieu  qui  lui  convient,  il 
peut  produirt)  un  nombre  de  petits  en  har^ 
iBOoie  avec  le  nombre  do  ses  œufs,  que 
nous  savons  être  des  plus  considérables.  11 
suint  duno  du  coneevoirel  d'eipliquer  l'in- 
Iroduetîon  d'un  seul  de  ces  animaui,  pour 
rendre  compte  de  la  présence  de  tous  les 
autres. 

Les  développements  dans  lesquels  nous 
sommus  entrés  nous  dispensent  d'insister 
beaucoup  sur  les  principales  objections  que 
font  h  cette  opinion  les  sponlépariste».  Noos 
avons  déjll   dit  ce  que  nous   pensons  de  la 

Crésencedes  ontozoalres  dans  les  embryons, 
ion  que  ce  cas  sort  sans  contredit  un  des 
plus  embarrassants.  Il  est  facile,  d'un  autre 
cAté,  d'expliquer,  sans  avoir  recours  h  la  gé- 
nération spontanée,  pourquoi  la  (dupartdes 
animaux  ont  leurs  entDzoaires  propres.  Ou- 
tre que  la  proposition  n'est  pas  absolue, 
puisqu'on  a  réellement  rencontré  les  mêmes 
«niuioairesdans  iilusiears  espèces,  c-t  mémo 
dans  plusieurs  classes  différentes,  les  ger- 
mes des  mêmes  vers  peuvent,  on  le  conçoit, 
être  iutroduiis  6  Is  fois  dans  une  foule  d'a- 
iiimaui,  el  se  dévulopiier  seulement  duns 
seai  où  ils  troureot  le  milieu  qui  Uur 
eonvienl  et  your  lequel  ils  ont  été  créés. 
Ccsl  dune  lutin  gratuitement  que  Burdocb, 
faisant  observer  que  l'homme  aussi  a  ses 
untOiioairee  propres,  dit  qu'i  I  ne  peut  recevoir 
des  œufs  que  de  son  suiulilable  ,  et  fait  la 
siitt;ulièresuppositionquocesœiifs<levr>)ient 
su  transmettre  des  parents  aux  enfants  dans 
i'acte  du  la  génération  (1616).  lA  aiémc  né- 


cessité de  vivre  dans  les  milinii  otilstm» 
vent  leurs  eonditioiis  d'eiislence  lait  ton- 
prendre  aussi  pourquoi  beiucoup  de  «, 
singuliers  êtres  vivent  seulement  dntcar. 
tains  organes  et  meoreBt.en  géoénl.  hon 
du  corps  des  Bnimanx.  Ainsi,  rien  n'cmpè- 
ehe  d'admettre  que  ces  êtres  se  reprodai- 
spnl  comme  tous  ceux  qai  leor  resju)- 
blent  et  qui  vivent  hors  des  aairet  uh 
maux  ;  rien  n'oblige  k  faire  la  inppniiliKi 
qu'ils  sont  engendrés  spootsDémeDl.  N» 
seulement  celle  supposition  est  tauit^ 
toite,  mais  elle  est  encore  coetralreàloailH 
faits. 

En  résumé,  qu'on  élodie  le  dévctopic- 
ment  des  infusoircs,  ou  la  produclinn  ja 
enlozoaires,  si  l'on  suit  le  progrès  hiilni. 
que,  si  l'on  s'entoure  des  lumières  dt  i'ei- 
pérlence  et  de  l'observation ,  si  l'on  bn  i> 
part  de  l'exactilude  dans  toutes  les  doiicfe 
anatomiques  et  physiologiques  qui  i'jrt 
tachent,  on  voit  que,  partout  oiîl  la  quesiiiui 
été  a(.'profoodie,  rhjrpoihèse  de  la  généniioo 
spontanée  s'évanouit,  il  faut  donc  lirqt- 
ler  dans  l'étal  actuel  de  la  science, ei  dc|% 
y  recourir  par  cela  seul  qu'on  ne  peulei- 
pliquer  encore  tous  les  cas  de  reprodwlioi' 
des  êtres  vivants.  Cette  décision  D'ulpit 
d'ailleurs  aussi  inditférenio  que  l'eipnme 
Burdacb,  tout  endéfen-lantaveeénerjTel'ii- 
pinion  quo  nousvenoas  d'altaijUBr  \\Wï 
Si,  fc  un  point  de  vue  propremeol  pbilaso- 
phique  et  Irès-élevé,  il  imiKule  peuqutdn 
animaux  puissent  se  former  spontaoéaKsi, 
ou  qu'ils  DO  proTicnmnl  que  ilo  psrwb 
antérieurement  créés,  il  est  nécessaire |>uui 
le  physiologiste,  de  podrsuivre,  arant  M. 
la  vérité,  el  de  la  découvrir  (tarioiit  o^  << 
peut  l'éclairer  des  lumières  do  l'eipéneo'^' 
Or,  si  la  génération  j>ponlaoée  se  conroXi 
rien  de  positif  ne  la  justîrie;  l'expérieDcfii 
l'ubservation,  chaque  jour  plus  safioirf- 
lui  ont  arraché  un  h  un  Ions  lestaili?' 
eon'slituaient  ses  plus  forts  argumcaliiRA 
que  le  défaut  de  nos  connaissances  hi]*- 
met  de  revendiquer  encore  sont  pou'" 
ii!Oins  însigniflaut!!.  Ces  motifs  saH^E'" 
ivniir  nous  la  faire  nier  chez  les  aniiii}iii>''' 
vu  général  chez  (oos  les  êtres  or^àsii- 

àppkneuce  au  s  II  sua  la  ok^iinTiai 

SPONTAKKK   DBS    ENTOIOAIRES' 

UndfTniercoup  vient  d'être  porini''! 
ivilhèse  de  la  génération  spontanée  paroi 
naturaliste  belge,  M,  Van  Beneden  jlfiff' 
dont  les  magnifiques  Iravnus  surlagé"** 
(ion  des  enlozoaires  ont  été  coaronnésçi 
18&V  par  l'Académie  des  sciences  de  f^n 
M.  Van  Betieden  a  pris  le  dévelnpi-rm^' 
des  animaux  inférieiirs  ftour  objet  tp^' 
de  SBS  études.  Dés  l'année  183?  il  »»i^* 
st-rvé,  sans  (touvoir  le  comprendra,  l«p^ 
nomëne  remarquable  que  présente  un  ^ 
ces  animaux,  le  télraraynque,  enteli;' 
d'une  poche  qui  semble  renfermer  on '-J 
dans  lequel  se  développerait  un  autre  <:' 

(1618)  M.  Van  BciMden  esi  ^^ri-sscur  l  i^- 
VLTsilc  cailiolicitte  de  Luuvaiu, 


1(41 


CVi 


PKTIONNAIBE 


i[>ri's  [Jusieurs  essaie  iiifruclucui,  il  a  re- 
f-is  ses  rechercher  sur  lus  vtTS  iolcslinanx 
:rs  («issons  nlagioslomes,  el  c'csl  après 
i-ui  iQoées  u'un  travail  pénible  el  assida 
i'ril  e$l  parrenu  à  expliquer  Jirerses  cir- 
'  i.ïlances  de  leur  bisloîre  qui  aTait-ut  exer- 
i:4inulilemeDl  la  sagacité  des  plus  grands 
lulura  listes. 

Les  r<;rs  c^slûîdes  ou  acotjles,  qui  fout 
fFilijei  dfl  ctt  deroier  IraTaîl,  apparlienneni  k 
b.KÎïioa  des  vers  iD(esIînaux,  belmisllies 
ou  eatozoaires.  Panât  les  ccsioïdes  qui 
iuDt  Jimpres  i  l'espèce  humaine,,  le  plus 
onou  dans  DOS  coolrées  est  le  léoia  solium 
on  Tuf  solilaire.  Col  eulozoaire  vit  dans 
ùoli-slin  grêle  el  acquiert  une  longueur  de 
(k8  iDèIre5,  quelquefois  mCme,  mais  par 
t.traordinaîre,  celle  de  iO  milres.  11  a  Je 
corfs  illODgé,  aplati  et  partage  en  un  graud 
r  .mLre  d'arliculation.i,  dont  les  deroières 
|!!U  molles  se  déliicbeol  facilement.  Cba- 
:Qoe  de  CCS  articulations  est  une  snrle  de 
lOche  coDtenaul,  outre  l'organe  mâle,  ua 
If-pareil  femelle  el  un  nombre  d'œu&  três- 
^unsidérable.  La  parlie  antérieure  du  corps 
>u  la  tète,  celle  qui  sert  i  Sier  l'animalà  la 
urface  de  Pinteslio,  est  grêle  et  amincie, 
■l  se  lencine  par  un  petit  renOemeut  qui 
•jfla  la  rouroDuede  crocbels  épineux  et  les 
iiiatre  reoluuses  ou  suçoirs  dont  elle  esl 
roiburée. 

1«  boihriocépbale  esl  un  autre  Ter  ruba- 
i-iirt  usez  commun  chez  les  Russes,  les 
PjJDuis  el  les  Suisses.  Il  a  la  léle  allon- 
;ce,  Sios  COQ  marqué,  les  articles  larges, 
;-jaJrilaIères,  aucune  parlie  saillante  entre 
■.itaçfiirs.  La  longueur  ordinaire  est  de  20 
ieJs  sur  5  i  6  lignes  de  large, 
Lescesloides  en  géuéral  ont  le-corps  al- 
•i^^é,  luou,  couliim  ou  articulé;  la  (£lo 
iJinaireioent  armée  do  suçoirs  au  nombre 
i  deux  OU  de  quatre.  Tous  les  cesloïd<:S 
it,  comme  le  ténia,  lesdeus  sexes  réunis. 
lacune  des  articula Uunst  que  U.  Van  Be- 
Hjeo  considère  comme  autant  d'indÎTidas 
Minets,  renferme  un  nombre  d'œufs  con- 
iérabte.  On  aroit  observé  depuis  long- 
Dips  cette  particularité;  mais  l'embryogé- 
eJe  cxs  animaux  t-l  les  di?crs<:s  phases 
•eur  développement  élaienl  encore  prcs- 
iei;^noréî.  D'ailleurs,  si  les  entozoaires 
fV  lies  préstmtent  d'une  maiiiùro  évi- 
Uc  uD  appareil  complet  de  reproduction, 
connaît  aussi  des  entozoaires  qui  sont 
i.èreioeDt  dépourvus  de  cet  appareil,  et 
r.^ioe  de  ces  êtres  ainsi  que  leur  propa- 
liou  étaient  tout  à  fait  inconnuei. 
Le  (JoeleurEschrichtavaiLdéjà  ùtablique 
>ver^  changent  fréquemment  le  lieu  de 
<r  t  ésideoce  dans  les  diverses  époques  de 
iT  lif.  Ainsi,  chez  le  cheval,  un  trouve 
ijours  déjeunes  individus  de  tirongylat 
^aXuM  dans  l'artère  mésenlérique,  taudis 
•ï  les  pins  gros  de  ces  vers  su  renconlrenl 
jcraiemanl  dans  des  visefres  d'un  plus 
rid  volume,  par  eiemjile,  les  intesliiis. 
balryoeepAaiui  loHdiUpas^u  la  première 
i>«  du  sa  vie  dans  In  cavité  abdominale 
-3  i-oi:3ous;  il  n'a  alors   ni  lèlc  ni  urgauo 


apolocetiqi:e.  ces  mm 

rnprojitcli'urs;  mais  il  prenJ  rcs  organes 
dans  les  intestins  des  oiseaui  do  mer, 
auxquels  le.s  poissons  servent  de  nourri- 
ture, U.  V.  B.  a  montré  que  celle  transmi- 
gration esl  un  nhéno  m  eue  général  et  néces- 
saire pour  le  développement  de  plusieurs 
du  ces  animaux.  Il  avait  rencontré,  dans  us 
graoïl  nombre  de  poissons  osseux,  des  16- 
trarbfoques  enveloppés  de  'enr  gaine  et 
sans  appareil  sexuel,  tandis  que,  chez  les 

fioissons  les  plus  voraces,  le^  [>l8^iostomes, 
es  mêmes  vers  eiistf^nt  ft  l'état  adulte  avec 
des  segments  h  la  partie  postérieure  du  corps 
et  (Kturvus  d'an  nppareil  générateur.  Il 
supposa  donc  que  les  premiiTs  vers  pou- 
vaient bien  continuer  leur  développement 
dans  le  canal  intestinal  d'autres  poissons 
qui  font  leur  pâture  des  premiers. 

Pour  vérifier  celte  conjecture,  il  se  livra 
d'abord  i  un  examen  mmulieni  des  rert 
intestinaux  des  poissons  plagioslomes;  il 
étudia  les  débris  que  contenait  l'estomac 
de  ces  animaux,  afin  de  connaître  les  pois- 
sons dont  ils  font  leur  piture.  Il  cbercba 
alors  ces  deinierb  poissons  frais,  pour  con- 
naître aussi  leur  pâture  liabiluelle  el  leurs 
vers,  et  il  fut  conduit  de  ceux-ci  à  d'autres. 
Il  arriva  ainsi  k  l'étude  des  petites  csiiêces, 
elilparrint  à  retrouver  le  premier  âge  do 
plusieurs  parasites  dans  des  crustacés,  des 
mollosques,  desannélides  el  même  des  aca- 
lèpbes.  Il  allait  se  livrer  h  la  recherche  des 
befmialbes  sur  tous  les  animaux  inférieurs 
de  la  c4le  d'Osteode,  lorsqu'une  maladie 
grave,  causée  par  eus  recherches,  vint  l'ar- 
rêter dans  le  cuurs  de  ses  travaux.... 

U.  V.  B.  a  désigné  les  trots  formes  prin- 
ci]iaie5  sous  lesquelles  ces  vers  se  présen- 
tent dnns  leur  développement  par  les  dénu- 
minalions  suivantes  :  tcoUx  ,  ilrobUa   et 

frogloUit.  Le  tcolex  esl  la  forme  qu'atTeclu 
animal  au  sortir  de  lauf  ;  il  est  dépourvu 
de  sexe,  A  un  Age  plus  avancé,  ce  teolex  va 
produire  des  bourgeons  nombreux  qui  reb- 
leroni  réunis  pendant  un  certain  temps,  et 
dans  cet  état  on  considérait  ces  animaux 
comme  adultes.  C'est  ainsi  que  l'un  se  ro- 
présente  Rénéralemeut  le  téuia  do  même 
que  le  botnriocéptiale.  Celte  seconde  forme 
est  le  ttrobila.  Enliu  le  bourgeon  esl  dtiveiiu 
complet;  il  se  détache  et  devient  ranimai 
adulte  ou  le  cucumérin  des  auteurs.  C'est 
le  progtoltis. 

Après  avoir  exposé  le  développement  do 
l'embryon  dans  t'œur,  M.  V.  B.  décrit  les 
divers  [ibénomènes  que  présente  l'évolulioa 
du  icotex.  Cette  évolution  est  très-simple 
dans  le  ténia,  qui  sort  de  l'œuf  avec  la  têt» 
armée  de  crochets,  et  ne  subit  d'autres 
changements  que  ceux  provenant  do  l'ap- 
parition de  nouveaux  segments  qui  vien- 
nent se  former  h  l'exlrémité  postérieure. 
ElleolTreao  contraire  sur  les  tétrartonqucs 
des  différences  très-grandes  et  des  phéno- 
mènes très-variés,  sans  que  ces  diverses 
formes  cessent  pourtant  de  bo  rapporter  h 
un  même  type-  L'auteur  décrit  ces  phéno- 
mènns  dans  les  divers  genres  des  cosloidiS, 
et  il  rappelle  cummcnt  il  eïl  laTvcnu&se 


itiil 


GES 


DICTIONNAIRE  APOLOCETIQU::. 


rcntlre  comjilfl  des  npimrcnces  singulières 
-d'un  ver,  haljilont  dans  un  autre  ver,  quu 
présente  en  particulier  le  Edtrarlijnqut). 

SouTent  ces  vers  intcslinaus  continuent 
ilirecleineiit  leur  dévelop]>einenl  dans  Tin- 
leslinou  l'organe  où  l'œuf  a  éiû  défiosâ.ll 
en  est  un  certain  nombre  quicominencunl 
J  U;ur  développement  dnns  un  premier  an  i  mu  I 
Hiiii oralement  herliivorp,  destinée  servir 
du  pâture  è  d'autres.  Tant  que  le  ver  de- 
meure duns  ce  premier  animal,  son  dévc- 
lop|ieine:)l  est  arrêta;  il  meurt  atec  celui 
i|ui  l'a  }iébi.'rf;6  sans  avoir  pourvu  à  la  rc- 

tffoJiiction.Muis  si  le  premier  animal  vient 
I  £lre  Qvalë  |iar  un  carnassier,  la  ch.iir  est 
(}igérde;iuais  les  vars,  vivant  dans  ce  cor|>s, 
oiifilinuent  leur  dt^vuloppement  dans  ri:i- 
lestin  du  carnassier.  Dans  la  classe  des 
imissons,  où  presque  tous  se  détruisent  les 
lins  les  autres,  où  tes  petits  servent  de  pîi- 
lure  OUI  grand.<i,  les  œufs  commencent  leur 
«évolution  dans  les  poissons  de  petite  taille, 
pcjur  continuer  dans  l'intesliu  de  poissons 
^0  plus  en  plus  grands. 

Cependant  tous  ces  vers  ne  se  df'veloppbnl 
pas  dans  l'intestin:  on  voit  des  télrarbyn- 
ijuos  perforer  lus  parois  des  cœcums  ou  des 
Intestins  qui  les  contieoiicnl  l'Our  aller  se 
loger  dans  les  replis  du  péritoine.  Un  kyslo 
se  forme  aui  dépens  de  cette  membrane, 
et  le  ver  s'enveloppe  d'un  étui  ou  g.-ilne, 
rcnfl(^e  1  un  de  ses  bouts,  dans  laquelle  il 
rentre  toute  la  partie  antérieure  par  invagi- 
iiatiun.  Cette  di-iuiërc  partie  continuant  à  se 
développer,  lu  peau  qui  l'unit  à  la  vésicule 
enveloppante  se  rétrécit,  s'atrophie  même, 
et  à  la  Go  le  lélrorliynquo  devient  libre 
dans  l'intérieur  de  celte  cavité.  Telle  est 
l'origine  du  prétendu  parasite  nécessaire. 
On  comprend  qu'en  ouvrant  lé  sac,  on  donne 
naissance  i  un  vlt  qui  se  meut  avec  viva- 
cité, et  que  l'onvcluppe  est  douée  encore 
de  plus  ou  moins  de  vie. 

I^'analogie  des .  cysticergues,  que  l'un 
considère  comme  unedivisiun  distiiicledes 
entoKoaires,  avec  les  scolei  des  tétrarb^n* 
ques,  conduit  M.  V.  B.  à  admettre  que  les 
cysticerquQS  ne  sont  que  lu  premier  âge  ou 
le  scoIëx  des  ténias.  SîeboIU  a  vu  que  la 
couronne  du  cyslicerciu  faiciolarU  du  foie 
do  la  suuris s'accorde eolièrementavec celle 
du  itenia  cratticolis  du  cbat.  Ce  sernitdonc 
le  même  ver,  incomplet  dans  la  premier 
habitant  et  parfait  dans  le  second.  Quand  la 
ver  &  l'état  de  acolex  continue  à  se  déve- 
lopper, le  seules  lui-même  est  arrêté  dans 
son  développement  individuel;  il  fournit 
des  bourgeoQs.  qui  vont  former  des  seg- 
menta ou  arliculalions.  Il  semble  s'accroUro 
en  longueur,  mais  il  nes'accrotl  réellement 
pas.  C'est  une  lige  qui  fournit  des  gemmu- 
les mobiles  ou  tiies,  et  qui  a  atteint  tout 
SUD  accroissement.  La  téle  ou  la  racine  qui 
représente  le  scolex  primilif,  et  les  divers 
segments  constituent  ensemble  la  seconde 
forme,  le  strobila.  Dès  que  le  ver  a  acquis 
une  certaine  longueur,  les  segments  se  for- 
Tn^nt,  de  légères  écbancrures  se  montrent 
enlro  euxj  et  l'on  voit  apparaître  dans  cha- 


cun d'euï  des  orgnnçs  des  deui  me  s,  D,. 
nouveaux  segments  cnnlitiuL'Ul  ilcsg  fora(>i 
pris  de*  la  léte  aussi  longtemps  que  me 
tête  rusle  fixée  à  la  paroi  desinleitimdt 
l'animal  qui  renferme  les  parnsiles. Q^nj 
les  derniers  segments  ont  attL-inl  \mili- 
vi'ioppemuni,  ou,  en  d'autres  lermes.quud 
le  bourgeon  est  devemi  ter  «dulte.pn-, 
glollis,  Tétrangrement  qui  le  séiuniJ 
1  anneau  précédent  augmente,  otïliSnU 
sejjment  mûr  se  (léiachL<brasqnemenl,«y 
ver  vil  jiour  snn  propre  ronipte,Tniilrf«j 
ceci  ne  parait  pas  général.  U.  V.  B.crdj 
qu'il  7  en  a  oui  restent  constamment  i:-\ 
nis,  comme  les  ascidies  et  tes  poljpiLai 
qui  répandent  leurs  œufs  sans  atoirijt 
d'une  vie  indépendante. 

Le  proglottis,  en  se  détachant  delint 
munaulé,  est  pourvu  de  tous  ses  opie 
mais  cependant  il  contiiiuc!lsedétrlo{i;in 
il  (change  même  complétemeot  île  \m 
Quelques-uns  continuent  de  s'ai.-crallrs  < 
deviennent  aussi  grands  que  leslrolili.! 
proglottis  est  la  dernière  phase  de  l>ii 
tence  de  ces  animaux,  la  moins  importu 
pour  l'individu,  mais  la  plus  esseoiitl 
pour  la  conservation  de  l'espèce  ou  [« 
rharmonie  de  la  nature.  Il  constiluc|M 
l'autour  le  ver  adulte  et  complet.  Le  sM 
n'est  pas  un  animal  simple,  il  eslM 
d'une  aggrégatioD  d'individus,  sittlr)})! 
une  colonie  de  polypes.  La  reproduit 
de  ces  animaux  a  lieu  de  deui  msDirtt 
le  scolei,  en  sortant  de  l'œuf,  s'accroli 
donnant  naissance  à  des  bôurgHons;' 
bourgeons  se  développent,  implanlés  l 
la  tige  du  scolex  et  vivant  avec  lui  d'i 
vie  commune,  et   les  derniers  de  c»M 

f;eons  produisent  les  organes  stiutll 
es  œufs.  Le  grand  nomliro  de  ces  œufîi' 
exislcnt  par  milliers  dans  chaque  s^gs 
est  une  nouvelle  preuvu  è  l'appui  del| 
remarquable  d'aprë.<i  laquelle  le  nonilrt 

§ermes  d'un  être  organisé  est  tii4 
'autant  plus  considérable  que  \M^ 
de  ces  germes  exige  un  concours  ilt: 
constances  plus  diflicile  h  réatispr. 

Ou  comprend,  d'après  cet  exposa,  i| 
même  animal,  présentant  i  diverses 

allés  de  sou  développement  desformeti 
itférentes  que  celles  que  nous  Teuoi 
l'appeler,  a  dà  donner  lieu  li  des  en< 
nombreuses  parmi  les  naturalistes.  Pluii 
de  ces  formes  étaient  cousidérées  col 
des  animaux  distincts.  On  lesava'tdi 
buées  en  plusieurs  genres  et  ces  g« 
étaient  eux-mêmes  distribués  dans  de 
milles  et  même  d.-insdes  ordres  diï"i 
Ainsi  les  vers  vésiculstres  (Htoiai 
Ctsticerqubs,  Echihococcus,  etc.)  fU 
des  animaux  particuliers,  et,  voiaoi* 
animaux  ne  présentent  jamais  deïi^'î 
de  reproduction,  leur  origine  et  I',"' 
veloppeuient  étaient  inconnus.  M.  \' 
prouvé  i^uo  ces  vers  ne  sont  pas  d«' 
maux  distincts,  que  ce  sont  de  jeun" 
dividus,  des  formes  passagères  i^u'al^ 
des  animaux  déjà  connus,  mais  sou-' 
autre  formu.  ' 


Cf.K 


DICTIAM7IAIRE  APOLOGCTIQtJE. 


C'est  donc  arec  raison  que  Tiiuteiira  pu 
conclure  que  les  rers  intestinaux  nejouis- 
sent  pat  du  pririlége  de  formation  directe, 
qu'ils  proTJenoent  tous  d'êtres  semblsbles 
i  eux  el  que  ■  ces  organismes  si  simples, 
«tant  jeui  d'uo  grand  nombre  si  tnor- 
naui,  oaissonl,  rirent  el  meiu-enl  comme 
lOQi  les  ftires  qui  appartiennent  h  l'empire 
orf^anique,  an  r^ne'  aDimal  comme  aa  rè- 
pte  féjjétal.  ■ 

La  ^érjtion  spontanée,  appnyée  pen- 
dant l'Iosieurs  siècles  sur  an  amimenl  pu- 
rement négatif,  l'ignorance  oit  Ton  était  de 
la  slroctnre  des  aniiDaox,  même  dfes  classes 
supérieures,  n'est  plus  invoquée  de  nos 
iours,  mAme  par  ses  partisans  Ins  plus  dé- 
cidés, que  poBr  quelques  enlozoaires  el 
pour  Jes  infasoiros.  Si  done  df  s  obserratiODS 
positives  dëmonirent  que  ces  animaui  sont 
HMmisaussii  la  loi  commune,  que  tous  ces 
éires  prorienoent  d'autres  âtres  semblables 
i  eni,  il  s'ensuit  que  cette  hypothèse  n'a 
pins  aucun  fondement,  qu'elle  est  au  con^ 
traire  en  opjwsïtion  arec  tout  ce  oue  nous 
apprend  l'étude  de  la  nature.  Or,  le  tratail 
lie  U.  Van  Beueden  démontre  complète- 
ment que  les  entozoaires,  dont  lu  mode  de 
propagation  était  encore  incounu,  se  pro- 
(•«ifeiit  en  effet  de  la  même  manière  que 
l'Iusieurs  autres  animaux  inférieurs;  que 
cts  êtres  1  l'état  adulte  possèdent  un  appa- 
KÎi  coDipiei  de  génération  ;  qu'ils  renier- 
uirtii  dtis  œufs  qui  ont  besoin  'l'être  fécoo- 
ilrstt  qui  le  sont  réellement  conime  cens 
'ift  autres  animaui.  Les  conclusions  de 
l'auleur  demeurent  donc  entières,  et  l'on 
Ne  saurait  les  infirmer  qu'en  infirmant  les 
nbserrations  posilires  snr  lesquelles  il 
s'est  fondé.  Il  est  prouré  que  les  entozoai- 
rais  ne  se  forment  ^as  spontanément,  qu'ils 
ne  sooi  pas  produits  des  forces  chimiques 
el  phjsiques  qui  régitseot  la  matière  inerte 
AS  qoi  i>résideDl  aux  altérations  des  ms- 
lièrês  iDÎmalesou  régétales,  mais  que  tous 
ft»  êtres  proTiennent  d'autres  êtres  sem- 
blables, et  que  les  germes,  répandus  d'ail- 
leurs avec  une  profusion  prodigieuse,  ne 
se  développent  en  général  que  dansl'înlé- 
rienr  d'autres  inîmaux,  parce  qne  c'est  Ift 
Mulemeut  qne  ces  œub  irouvenl  un  con- 
caor«  de  cireonstaDcas  aéoessaires  k  leur 
développemeDl. 

Esamiuous  cependant  quelques  objections 
qu'on  a  laites  contre  ces  couclusions.  On 
a  dit  que  si  les  enlozoaires  se  pmpageaient 
|iar  œufs  ou  germef,  ces  œufs  auraient  été 
••tiïervés  directement,  et  qne  lemierosco|>e, 
qui  nous  réièle  l'oiistiince  d'animaux  cim- 
l'Iets  plus  petits  qne  ces  germes,  aurait 
■■ermis  depuis  longtemps  de  constater  pusi- 
tivenieot  I  existence  de  ces  derniers. 

Remarquons  k  cel  égard  que  c'est  |.r6 
eisément  la  raison  qu'on  pourait  bire  tb- 
foîr  pOBr  proorer  que  les  insectes  proie- 
maient  de  ia  charogne  el  les  poissons  da  la 
IKtarrilure.  Avant  de  cenoiltre  l'existence 
<)«■  œufs  isolés,  il  ■  fallu  constater  d'abord 
*l«ua  les  animaux  II  présaDca  des  ap|>areils 
q-i  fYDfermeiil  ces  organes  de  rejiroductton. 


Si.  de  nos  jonrs  même,  nn  nalnralistc,  placé 
d'ailleurs  dans  les  conditions  les  plus  faro- 
rables ,  aurait  sourenl  bien  de  lâ  peine 
i  observer  après  la  ponte,  les  œufs  des 
poissons  les  mieux  connns,  il  faudrait  k 
plus  forte  raison  on  heureux  hasard,  un 
ensemble  de  circonstances  très-dilficiles  i 
réaliser,  pour  rencontrer  k  |K)int  nommé 
des  œufs  d'entotosires  dans  la  geutle  d'eau 
sonmise  ao  microscope,  et  même  pour  dis- 
lineuer  ces  corpuscules  organisés  an  milieu 
delà  foule  d'êtres  divers  inertes  et  orga- 
nisés que  le  microscope  permet  d'y  reeoo- 
naître. 

L'observation  qne  nons  venons  de  faire 
par  rapport  aux  œufs  d'enlozoalres  s'appli- 
que aussi  aux  animaux.  Ces  vers,  dit-on, 
n'existent  et  ne  peuvent  exister  que  dans 
l'intérieur  dn  corps  d'antres  animaux;  ils 
périssent  dès  qu'ils  en  sont  expulsés,  ils 
périssent  également  quand  l'animal  qiù  les 
a  hébergés  vieol  ft  périr  Ini-même;  ils  oe 
peuvent  donc  s'introduire  du  dehors,  et 
i)  faut  nécessairement  qu'ils  soient  formés 
de  toutes  pièces  dans  les  animanl  qui  les 
renferment 

A  cela  nous  ponrrions  répondre  qse,  lors 
même  qu'il  serait  démontré  qne  les  enlo- 
zoaires n'existent  jamais  ^ue  dans  Tioté- 
rieur  du  corps  d'autres  animaux,  il  eu  ré- 
sulterait tout  au  plus  on  caractère  qu'on 
retrouve  dans  tous  les  animaux  el  les  plan- 
tes parasites.  Conclure  de  là  la  formation 
spontanée  des  entozoaires,  ce  serait  tout 
aussi  absurde  que  de  prétendre  qne  l'oro- 
branche  et  le  gui  se  forment  sponlanémeni, 
parée  que  l'orobranche  nese  trouve  jamais 
que  sur  les  tiges  des  trèQes  el  que  1e  gui 
n'existe  que  sur  le  cbêne  ou  d  autres  ar^- 
bres.  D'ailleurs,  le  faitqu'on  invoque,  savoir 
que  les  entozoaires  périssent  avec  l'ani- 
mal qui  les  a  hébergés,  ou  bien  lorsaue 
cel  animal  est  araié  |>ar  un  autre,  oesl 
pas  prouvé,  ou  plulAt  on  s  prouvé  le  con- 
traire. M.  Van.Bsnadflna  trouvé  des  vers 
vifsots  dans  des  animaux  morts  depuis 
huit  jours;  il  les  a  vus  passer  direc- 
tement d'un  poissou  dans  l'eslomar  de 
celui  qui  avait  avalé  le  premier,  U.  Mill- 
ier de  Berlin  a  observé  des  distomes  vi- 
vants dans  l'eau  de  mer,  ver^-qu'on  narail 
Irouvéx  jusqu'alorsquedaus  l'iutérieurd  au- 
tres aiimaux. 

Un  des  grands  arguments  que  les  iwrti- 
sansde  la  génération  s|)ontaiiée  invoquent, 
c'est  qu'on  trouve  des  vers  dans  dt-s  orga- 
nes creux  et  sans  issue,  comme  les  yeux, 
et  que  ces  vers  ne  peuvent  pas  venir  -du 
dehors  ;  qu'on  a  trouvé  des  vers  dans  des 
fœtus  contenus  encore  dans  le  sein  de  leur 
mère  :  le  foios  ne  mange  ni  ne  boit  nen 
nui  soit  venu  du  dehors,  et  l'homme  civi- 
lisé ne  prend  que  des  aliments  soumis  a 
l'action  du  feu  et  dans  lesquels  tout  gecma 
doit  avoir  disparu. 

Mais  l'homme  civilisé  boil  de  I  eau  crue^ 
et  cette  eau  a  fort  bien  pu  recevoir  de* 
sub  de  divcfMS  sortes  de  vers  dans  les 
eodroiis  «A  on  la  puise.  L'homme  luautffl 


MCTIOMNAIKI:  APOLOGETIQUE. 


CES  ,œ 


de  la  aalade.  et  souvent  les  liigumcs  sont 
engraissés  avec  de  l'engrais  humain.  D'ail- 
leurs nous  ayons  vu  qu'un  seul  article  de 
ténia  ou  p1ul6t  un  seul  individu  renferme 
ilt-s  milliers  d'œufs,  et  que  )e  ver  solitaire, 
|)ar  exemple,  est  composa  lui-mdme  d'un 

Srand  nombre  d'individus;  il  suOirait  donc 
'un  seul  de  ces  vers  pour  inoculer  ce  pa- 
rasite i  un  très-grand  nombre  de  person- 
Dea  et  pour  reproduire  dus  tënias  en  quan- 
tité prodigieuse. 

Quant  a  la  présence  des  vers  intesli- 
nnux  dans  l'inlérieur  des  organes  creux 
d'autres  animaux,  au  lieu  de  leur  attribuer 
une  origine  spontanée  aux  dépens  d'une 
inaliôre  organique  préexistante  qui  se  sur- 
organise,  on  comprend  facilement  que  ces 
vera  ont  pu  s'introduire  avec  les  aliment:) 
dans  les  voies  digestires,  soit  h  l'état  d'ceurs, 
soit  sous  leur  première  forme;  qu'ils  ont 
pénétré  ensuite  avec  Le  suc  nourricier,  pro- 
venant des  aliments,  dans  les  vaisseaux  ab- 
sorbants du  tube  digestif.  Entraînés  ainsi 
pnr  le  torrent  de  la  circulation,  ils  se  ré- 
pandentavec  le  sangdaos  lus  derniers  replia 
des  organes  et  se  (lient  au  lieu  que  la  na- 
ture leur  a  assigné  pour  Inur  incubation  ou 
leur  développement  ultérieur.  Quelques-uns 
de  ces  vers  ne  se  trouvent  jamais  qu'à  leur 
premier  étal ,  à  l'état  de  scolex,  dans  les 
organes  creux  (yoai,  péritoine,  péricarde); 
ils  existent  au  contraire  à  l'état  de  ténia  dans 
les  intestins.  M.  Van  Beneden  a  constaté 
que  le  stolex  traverse  tui-raôme ,  en  le 
perforant,  le  tube  intestinal  pour  passer 
dans  UD  nouveau  séjour  et  j  atteindre  un 
développement  plus  avancé.  D'autres  au 
contraire  ne  se  développent  jamais  com- 
plétemeol  dans  le  premier  animal  qui  les 
a  hébergés  ;  mais  lorsque  eut  animal  est 
dévoré  par  un  autre,  les  vers  intestinaux 
traversent  les  organes  du  iiremier  animal 
l>onr  aller  se  lo.-;er  et  se  aévulopper  dans 
ceux  du  second. 

On  dira  peul-étre  :  Si  les  vers  inteslinaux 
purforaient  ainsi  directement  les  orgaiiea 
lies  animaux  qui  les  renferment,  ces  vers, 
ajant  h  l'état  de  scolex  des  dimensions 
sensibles,  devraient  produire  dans  les  or- 
ganes perforés,  deslé^nonsque  l'observalioa 
ferait  reconnaître;  tandis  que  les  Qatura- 
listes  n'ont  jamais  conslalé  de  pareilles 
lésions,  lors  même  que  les  vers  intestinaux 
existaient  en  très-grand  nombre.  Mais  tout 
le  monde  sait  qu'il  est  possible  d'introduire 
une  aiguille  dans  la  cbairet  dans  le  tissu 
àvs  organes  internes  les  plus  délicats , 
comme  on  le  fait  dans  l'acupuncture,  sans 
ftrsdaire  de  douleur  ni  de  blessure;  il 
suflit  pour  cela  d'éenrter,  par  des  mouve- 
ments répétés  de  va-el-vicnt  de  l'aiguilla, 
les  parois  du  tissu  cellulaire  pour  j  faire 
entrer  le  Gor|i8  étranger  sans  rompre  ce 
tissu.  Or  H.  Van  Beneden  a  observe  sou- 
vent que  le  scolex,  en  sortant  de  l'œuf,  se 
livrait  à  des  mouvements  très-Vib  qui  de- 
Tflienl  produire  les  luémes  eOeUi, 

Nous  terraîncronà  ces  f>l>»erv»tiraii  par 
une  remarque  qui  nous  parait  péremptoirv. 


Supposons  pour  un  inslaut  ijuo  le  nidJe 
d'après  lequel  les  œufs  ou  genaes  îles  enta- 
zoairesarnventdans  les  orgsoes des autra 
animaux  soit  tout  à  fait  inconnu,  queVoC 
servation  directe  ne  nous  ait  rien  appriitut 
la  transmission  qui  existe  nâceïutrcmtn 
pour  tous  les  entozoïires  chez  lesquiilson 
a  consisté  la  présence  des  œurg.  Souiuiir 
le  contraire,  ce  serait  avancerque  la  nnlme, 
en  douant  aussi  ces  êtres  du  l'appareil  gé- 
néraleur,  aurait  fait  une  cbose  sujKtHui 
et  même  tout  &  fait  illusoire,  ce  qui  imii 
évidemment  absurde. 

En  66*01,  si  les  entozoaîres  peuvent  st 
former  d'eux-mêmes,  s'ils  ne  provIeaiKiti 
pas  tous,  d'après  la  loi  commune,  d'un luin 
être  semblable  à  eux,  si  les  œufsqui  eiii- 
lent  en  quantité  si  énormu  ne  sont  poi  d» 
tinés  à  propager  l'espèce,  l'exislence  dn 
(Bufs  n'est  plus  qu'une  superlélation,  élit 
est  SQperDue  et  illusoire.  D'ailleurs,  nous 
avons  vu  que  U.  Van  Beneden  a  reconnu 

!|ue  tous  les  entozoaires,6  l'état  adulte,  nih 
erment  un  appareil  complet  de  génémion; 
Il  faut  donc  que  ces  animaux  noa-wnle- 
ment  puissent  se  propager  par  œuIsoii 
germes,  mais  encore  qu'ils  doivent  iiâc«- 
sairement  se  reproduire  de  cette  manière. 
Il  résulte  évidemment  de  la  discussion 
précédente  que  les  données  de  la  scienM 
par  rapport  h  la  reproduction  des  vers  in- 
testinaux, lois  d'élre  favorables  i  l'bypo- 
Ibèse  de  la  génération  spontanée,  ne  M 
que  constater  une  fois  de  plus  toute  k  ù\- 
blesse  et  la  futilité  de  ce  système. 

M.  Van  Beneden  a  lu,  i  l'académie  royile 
de  Belgique,  dans  la  séanee  du  3  déeen- 
bre  1853,  une  notice  tur  l'écloiion  dtn- 
NIA  DispiK  et  la  manière  dont  la  mirjiaei 
de  eettoïdet  pénétrent  à  traverâ  Ifi  titra,» 
logent  dam  lei  organei  creux,  et  peurfl 
même  passer  de  la  mère  aa  faetvt. 

■  Aux  yeux  de  quelques  naturaliste!,  «l 
H.  Van  Beneden,  il  reste  encore  toujoan 
des  difTicullés  pour  expliquer  la  préienK 
de  certains  vers  dans  l'intérieur  de  l'éffiio- 
mie.sans  recourir  à  i'bypolbèse  desgéo^ 
lions  spontanées. 

•  La  présence  de  vers  dans  des  embf^ 
ou  des  fœtns  en  voie  de  développement,  d 
qui  u'ont  pas  eu  encore  de  rapport  »twI« 
monde  extérieur,  est  un  de  ces  pbéaoïnèo't 
qui  semblent  embarrasser  ceux  même  qui 
n'admettent  point  cette  bypothèse. 

«  On  considère  aussi  eotnme  non  Diaio> 
difllcile  h  expliquer  la  présence  dans  cliaq» 
animal  d'espèces  qui  lui  sont  propres,  ei 
qui  varient  même  quelquefois  avecl'dge<'' 
rb6le.  L'enfont  a  d  autres  rers  que  I'Iioidiik 
adulte. 

■  Entin,  on  argument  oai  a  naro  int- 
pnissant  aux  yeux  même  de  cél^res  niiu- 
ralistes  auxquels  la  théorie  des  spini^' 
ristes  répugnait,  c'est  que  les  «eu&  des  «*■' 
toeoaires  sont  trop  gros  pour  passer  parir) 
vaisseaux,  et  que  t  bypotbèse  de  la  innw» 
sioudes  vers  intestiunux  de  la  iDèreauprU> 
parle  secours  des  œufs  est  en  coutradifl'"^' 
manifeste  avec  les  domiées  aspérisieDia'C^ 


CEN 


DKTIONNAIBE  APOLDCETIOUEL 


GfcM 


M  II  ojrrunidtrie.  C'est  aiosi  que  s'eipri- 
Buit,  il  n'y  a  pas  longlemps,  un  célèbre 
p'ijsiolosiste. 

•  Aprn  aTOir  exposé  nos  observaliotis 
rarleferqni  oous  occupe,  nous  recrendrons 
les  bifs  qui  sont  de  quelque  imporUnce 
pourrésoudn  les  questions  qui  sont  soo- 
kiéa  ici';  doos  verrons  que  tous  ces  cas , 
si  embarressaDta  pour  les  naturalistes  qui 
uc  Toulaieni,  atec  raison,  TOîrqu'uue  hjfx^ 
ii;ése  inutile  dans  la  Ibéone  de  la  génération 
s:<oaianée,  s'expliqueront  aussi  simplemeat, 
i-i»si  nainrellement  que  les  faits  les  moins 
singuliers  des  autres  classes  du  f^na 
lui  mal. 

•  Cps  bits  pirmellroal  d'attaquer  les  par- 
115-  os  'le  la  gi^néralivi)  spooLaoée  dans  leurs 
umiers  relrancbemeols,  elsi,  par  hasard, 
i  tD  resiequi  no  Teuleut  pas  élre  coiiTsio- 
luf.  1.0US  les  placerons  dans  la  catégorie  de 

(cui  qui  voi'ut  aujourd'hui  encore  les 
•  •'5-oiis  fialira  de  toutes  pièces  dans  U 
tr'Ui-  de  nos  étangs. 

■  tl  b'j  a  plus  un  «eul  Ter  intasliital  dont 
•■ti  ne  connaisse  les  organes  sexuels  el  dont 
on  n'ait  pu  couslater  la  prodigieuse  fécon- 
dité, et,  soos  ce  rapport,  les  beliuinlbes  ort 
éié  fcUdiés  BTi'c  pliis  de  soin  que  les  poi^ 
SORS  qui  peuplent  nos  rîridres.  ■ 

M.  Vau  Beiiedeu  décrit  ensuite  lesobscr» 
lalions  qui  font  l'abjel  principal  de  sa  no- 
lit:e  (>t  que  nous  allons  rappeler  auccine- 

Od  savait  déjà  que  les  embryons  des  cjs- 
l'cerqoes,  oo  vers  résiculaires,  avant  leur 
f'ititi  de  l'œuf,  sont  («urvus  de  six  cructwls; 
CD  a  cm  d'abord  que  ces  crochets  élaieiil 
l<s  rudiments  des  appemlices,  sous  forme 
tic  couronne,  qui  ornent  la  télé  de  plusieuis 
■ie  ces  entozoaires  h  un  Age  plus  avancé. 
U.  Vaa  Ben«dcn  a  constaté  que,  même  pour 
l<;s  téoîas  dé|iourTiis  de  crochets  ou  de  eou- 
r«nue  h  l'Ige  adullc,  les  embryons  sont 
(ounrusdeces  mêmes  six  crochets.  On  a 
lecoDDu  d'ailleurs  que  les  crochets  de  l'eni- 
Ujoa  ne  sont  pas  Is  conimenctimenl  de  la 
"uronoedu  ver  plus  développé.  Oo  puu- 
rail  donc  m  demander  ce  que  sont  ces  or- 
gues el  quelles  sont  les  fonctions  qu'ils 
-icrceot  T  C'est  ca  que  l'auleur  a  pu  déter- 
DÎner  par  des  observations  directes  sur  le 
nia  diapv,  qu'il  a  trouvé  en  abondance 
aos  les  ialfSÏios  de  la  greiMuille,  roua 
tmporarioy  des  environs  de  Louvain. 
Cesceaioidesexislnienteouipléu-meat  dé- 
•  U>f>pé«,  avec  des  p'\>gloitisou  des  articles 
étAchés  du  vcrrubanaireou  léoiii,  adultes 
I  contenant  des  (eufs.  Chaque  œuf  rcnfcr- 
lait  un  eoibrjon  avec  six  crochets,  qui 
langeaient  consIamoMal  de  position  lus 
->s  par  rappt>rt  aux  autres  pendant  que 
mibryoD  eotier  se  cuntractait  et  se  atoovai  t 
in»  tous  les  sens.  Après  avoir  écrasé  gra- 
-e4tfli»«)l  on  eeitâio  nombre  d'œufs  sur  le 
rte-objet  du  microscope,  |»onr  déchirer 
ï  enTelopnes  el  mettre  les  embryons  eu 
Li'jrté,  H.  Van  Benedeu  a  pu  observer  la 
Tute  cl  les  mouveuiciils  de  ces  embryons, 
iJisiicsitiou  et  l'usAg*;  des  crochets. 


«  Le  eorps.  dit-il,  estde  forme  ovale,  par* 
faitement  transparent  et  l'on  ne  disthigue 
pas  la  prés»ice  d'uo  globule  dans  l'intérieur. 
La  surface  du  corits  est  parfaitement  lisse. 

•  Les  six  crocuets  sont  réguliëremeoi 
disposés  dans  loos  les  individus  el  se  meu- 
vent eiaciemenl  de  la  même  manière.  Ils 
sont  très-grêles  et  ont  à  peu  près  la  moitîd 
du  diamètre  de  l'embryon.  Deux  occupent 
la  ligne  médiane  et  se  réunissent  comme  un 
stylet  unique  ;  ceux-là  sont  è  peu  près  droits 
et  un  jkeu  plus  longs  que  les  autres.  Ils  ne 
se  meuvent  que  d'avant  en  arrière  et  d'ar- 
rière en  avant.  Ils  agissent  comme  les  pièces 
de  la  bouche  de  certains  crustacés  parasites, 
contme  les  argules,  pour  percer  les  lissas. 
Ils  sont  dans  un  mouvement  continuel  de 
va-et-vient. 

■  Les  quatre  autres  crochets  sont  sem- 
blables entre  eux  et  diB%rent  des  premiers 
par  la  pointe,  qui  fsi  recourbée  en  crochets 
véritables,  lis  sont  disposés  deux  par  deux, 
i  droite  et  ft  gauche  des  premif-rs,  de  ma* 
nière  que  tous  se  louchent  par  la  base.  Leurs 
mouvements  ne  sont  pas  les  mêmes  que 
ceux  des  deux  premiers  :  k  leur  base  ils 
restent  è  peu  près  Sitis,  tandis  qu'au  bout 
ils  décrivent  on  quart  de  cercle.  Que  Fou 
se  Lgiirc  les  six  crochets  placés  en  avant 
dans  la  même  direction.  Les  deux  du  milieu 
avancent  et  les  deux  paires  placées  synié- 
triquemvot  i  c&lé  d'eux  s'abaisïeut  d'avant 
en  arrière  el  poussent  par  là  le  corps  en 
avant.  C'est  comme  la  cadran  d'une  pendule 
qui  aurait  trois  aiguilles,  placées  i  cdld 
lune  de  l'autre;  celle  du  milieu  serait 
pou.csée  directement  en  avant,  tiindis  quo 
les  deux  autres  s'abaisseraieul,  l'une  jus- 
qu'au trois,  l'aulrejusqu'au  oeuf,  ou  jusqu'à 
ce  qu'elles  fissent  uu  angle  droit  avec  la 
première.  C'est  ce  Diuuvemcnl  que  Ton  voit 
se  produire  dans  tous. 

■  Quel  en  est  le  résullalT  C'est  que  l'on 
voit  dislinL-lcmcLt  l'embryon  pénétrer  entre 
les  débris  ou  dans  les  tissus  écrasés  qui 
l'entourent.  Ces  embryons  font  le  mouve- 
ment d'un  homme  qui  veut  passer  p'ir  une 
fenêtre  un  peu  élevée;  il  est  |iarTcnu  à  faire 

f lasser  ses  coudes,  eten  les  appuyant  contre 
e  châssis,  il  pousse  le  corps  en  avant.  Ces 
embryons  ne  lont  pas  aulremenl. 

■  On  voit  ces  mêmes  efforts  cootlnuer 
pendant  des  heures  entières,  et  on  comprend 
aisément  qu'aucun  tissu  vivant,  aussi  dense 
qu'il  soit,  excepté  les  os,  ne  soit  faciteaiciit 
traversé  par  ces  embryons  iiiicroscnpiqut.<. 

■  On  comprend doncaiséincnt  aussi  )iouf- 
quoi  OD  trouve  si  communément  les  cysli- 
cerques  répandus  dans  des  kystes  le  long 
des  inleslios  et  entre  les  feuillets  du  mé- 
sentère, et  comment  ils  peuvent,  perç-^ut  les 
parois  des  vaisseaux,  se  répandre  dans  les 
organes  les  plus  éloignés,  a  la  laveur  du 
sang  qui  les  charrie. 

«  V'oiift  donc  le  premier  Age  de  la  vie  du 
cealoide  ténioïdicii  connu,  ainsi  que  ses 
premières  maoïfestations  après  sou  écl»- 
sinn.  > 

Nc-us  laisserons  l'anleor  dévcIop|>er  lui- 


I055  GEN  MCnO!iMIfte  APOLOCËTIQUe.  CEN  ^ 

mime  les  conclusions  qui  résuUcDt  de  son  Kt'nre  de  nmirrilur»,  et  c'etlltibTeurda 

ÎDléressante  découverte.  celle  nourritnre,  qu'elle  «ail  Tj^lg  oi 

«  Répondons  tnstntertanl  qoelqoPS  mots  aniiiiAle,  que  les  parnsiles  |»énèlrenl  dut 

i  ceux  qui  ne  pentent  s'expliquer  )■  pré>  snn  corps.  Le  t^ia  du  cfaal  luiirriTeili 

seocc  de  fers  dans  de»  jeunes  qui  viennent  faveur  des  rais  et  des  souris,  eomms  Itt 

de  natlre,  ou  dans  des  fœtus  qni  n'ont  pas  lAitaiduchien  luiparvienoeDlpHletecaut 

eu   encore    des   rapports   avec    le    monde  des  lierres  et  des  lapins.   Las  mammilèro 

exlérîeur.  qui  se  nourrisseot  d'nerbe  perteDl  des  liùt 

«  Nous  avons  vu  plus  haut  nn  embryon  (généralrmeot    sans    cpocbetsj   |<0Qr  leur 

de  cesloïde  au  moment  de  son  éclosiun  :  propre  complç,  mais  en   iDéma  temps  ili 

il  ti'a  que  la  grosseur  d'un  globule  du  sang  serveiri  de  véhicule  en  porlanlducyslitH^ 

et  (torle  six  corps  solides,  dont  deux  droits  ques  pour  le  compte  d'un  autre,  et  ces  tji-     i 

jiercent  les  tissus  et  dont  quatre  autres,  tieerques  ne  deviennent  compleli  que  du»     j 

sous  forme  de  crochets,  prennent  leur  point  le  canal  inlestinol  des  carnassiers.  L'hommt,     i 

d'aiipui  dans  lès  tissus,  et  poussent  néces-  qui  est  omnivore,   en   porte  avec  et  sut 

sairement  le  corps  en  avant.  Si  l'on  songe  crochets  ^d'apr4s  ses  deats,  il  oedevnilto 

au  volume  de  ces  paras ilt's,  i  leur  incessante  avoir  que  de  la  dernière  catégorie,  c'est^ 

activité  et  à  la  flaccidité  des  tissus  en  face  dire- sans  crochets.  Les  peligieuideterliiu 

d'un  hAle  pareil,  on  comprend  aisément  que  ordres  qui  ne  mangent  pas  de  viande,  D'ail) 

le«  jeunes  téniai,  avant  de  devenir  cjstf-  P»s  de  ié»ia  dans  les  pays  même  où  es  m 

cerques,  doivent  traverser  aisément  tous  les  est  trèb-commun,  comme  eu  Egypte  el«n 

tissus.  La  taupe,  en  creusant  le  sol  avec  ses  Abjssioie.  Dans  un  IraTail-  spécial,  doui 

deuspaltes  dedevaut,  rencontresant  doute  aurons  bjentftt   l'occasion  de  revenir  aot 

autant  de  difficultés  que  le  ténia    micro-  'roie  espèces  de  ténia  de  lliomme,  non 

scopiqua  arec  ses  longs  nrocliets.  compris  le  botbriocéphale,  qui  s'introduit 

1  Les  parois  intestinales  sont  bien  facile-  probablement  par  une  autre  voie.» 
ment   traversées   par  ces  organes  solides        Deux  médecins  italiens,  MM.  Ercoiaoitt 

(1619],  et  c'est  dans  l'intestin  que  l'édosion  Vella ,  viennent  d'adresser  à  l'Inslitul  de 

doit  généralement  se  Caire.  Les  uns  trou-  France  uo  beau  mémoire  qui  conérmeli 

Teront  donc  facilement  i  se  loger  dons  un  eonclusion  géBérele  présantée  par  H.  Vta 

kjste  sous  le  iiéritoino,  d'iutres  creuseront  Beneden. 

avec  non  moins  de  facilité    les  parois   des         Le  Carrupondonf  rend   eampi»  do  mé-  , 

raisseaux,  et  se  rendront,  selon  le  besoin,  moire  des  deux  savants   italiens  ûtm  la 

dans  le  cerveau  ou  dans  le  globe  de  l'œil,  termes  suivaotx  r  > 

on  se  fai>aiil  charrier  jiar  le  sang.  Et  si  ces         ■  Dd  des  arguments  les  plus  emplofésn 

ji-unes  vers  peuvent  ainsi  librement  circuler  faveur  de  la  génération  spontanée, c'e>l,  qui 

dauA  le  corps,  Iroureront-ils  un  obstacle  l'ignoref  la  prétendue  impossibilité  quece^ 

dans  les  parois  de  la  matrice,  dans  le  tissu  taios  kelminlkes  et  notamment  les  niiu- 

S|>ongieux  du  placenta,  et  ne  pénétreront-  loïdes  pénètrent  dans  les  corps  des  ini- 

ils  [tas  arec  la  plus  grande  fiicililé  par  les  maux  sans  périr,  eux  dont  l'oi^nisitioit 

vaisseaux  ombilicaux  dans   le  fœtus?  Et  nat  si  fragile.  MM.  lircolani   et  Vella  oot 

quand    il  n'y  a  |ias  de  cordon  ombilical  ■  voulu  examiner  de  près  les  faits  divers  ssr 

comme  chez  les  oiseaux,  est-il  plus  difficile  lesquels  s'appuie  cette  objection,  et  ils  M 

de  comprendre  que  ces  jeunes   vers  en-  reconnu  que  la  vie  des  belmiQtbea  en  qa» 

vahissent   l'ovaire  et  levitellus?  Evidem-  tion,  loin  d'être  aussi  fragile  qu'on  i«  s■^ 

ment  non.  pose,  est  au  contraire  d'une  Miuiciié  sur- 

■  Et  quant  h  l'autre  difficulté,  que  chaque  prenante.  Les  œufs  et  les    embryons  ai 

C'S|>èue  animale  a  ses  vers  propres,  est-ce  nématoîdes  leur  ont   donné  des  sigoti^ 

bien  un  argument  sérieux  que  les  spouté-  v<o  après  six  jours  d'immersion  daiu  I''* 

psrislas  invoquent?  Hais   chaque  espèce  coul  k  30*;  bien  plus,  entièrement  dessi^^ 

oiiiaiale,  si  elle  est  herbivore,  u'a-l-elto  pas  et  iirivésde  tout  mouvement,  ilsrevieuucM 

ses  ptanlus?  Si  elle  est  insectivore,  n'a-t-elle  aaiis  peine  à    leur  état  aotërieur  («ttrii 

pas  ses  insectes?  Si   elle  est  carnassière,  qu'un  les  plonge  dans  l'eau  liède. 
iia-t<elle  jtas  une  proie  qui  lui  est  destinée?        ■  i'O»  savatili  médecins  ne  se  sosl  pM 

Ht  W  les  individus   de  chaque  espèce  se  contentés  de  ce  résultat.  Pour  prouver  qur 

iiuun-issont  des    mêmes   aliments  et  s'ils  les   némaloîdes  ue  prorienoent  nulleoeoi 

(loiveul  nui  mêmes  sources,  ue  trouveront-  d'une  génération  spontanée ,   ils  ont  suv*!' 

ils  pas  dans  leur  nourriture  les  parasites  qui  leur  développement  depuis  le   momeal  oi 

leur  suui  destinés?  Dieu  a  doué  chaque  es-  l'œuf  est  formé  jusqu'k  celui    où  il  écU^ 

j  èee  d'uu  instinct  qui  dicte  h  l'animal  son  Us  expliquent  comment   sa  présence  ]>'>*' 

(10(9}  C'est  un   Tail  conna  que  ron  peiil  Intro-  reiubrron  da  cesUMe  foal  pi 

iluire  une  aiftuiite  dans  la  cliairel  dans  le  llsbu  deg  stylet  qui  remporte  û 

orpnes  internes  lei  plu»  (hHicaU,  d«  cœur,  par  plus  mince  et  la  |diu  >«»  .»— -  ,— . 

cxenple,  comme  «d  te  Tait  Omm  t'aCNpoHcUire,  uns  cheii  aoDt  Siés  tut  b  sarfaee  an  Oasa,  I'**!"'' 

[lodu^re  ih-.  douleartoi  de  tili-ssur  ;  il  siiflitpour  Bolîdemeut  al  lâché  avi  paroii  de  Vorj^ae'éii» 

cela  tl'éiarier.  par  dea  HouvemunU  mmlcrésel  ré-  Louve  par  tes  quatre  autres  otocImU  recoarbât* 

|xMcs  du  va-ei-vieiil  <le  l'jigiiilic,  les  [larois  du  (issu  iMiinle  pousse  en  avant  loa  carpa  et  le  atjlM  <(■  >^ 

cellubirc  pr.nr  y  faire  eulrer  le  cwrps  étranger  sans  lien  avec  une  force  c  "'  "' 

loœprc  ce  tissu.  Ui  les  deux  croclkis  du  inilic-u  de  laU;. 


fOn              CEN                    HCTIO.>N.\l!lE  ArOLOCËTIQUE.  GKJi                     |05f 

ii*«K>t<a5  soupçonnée,  parce  que.  pënétraot  plus  «lu'il  n*a.  C'est  é*j()rmmenl  prendre 

nvccfes  alimenla  .  il  adhère  «l'sbonJ  h  la  la  rnison  au  rebours,  cl  fnirc  consister  la 

niembriDe  muqueuse  înlestinale  pour  s'en-  [ibilnsophie  ft  nier  ce  qui  est  et  h  expliquer 

fonctr  ensuite  jusqu'h  la   péritonéaie  ,   et  par  l'absurde  ce  qui  n'es!  point  [I6S0). 

ilors,borsde(out  |)eril  d'être  élimini^,  achè-  Redisons  le  donc  en  liTiriinenl  :  non,  il 

TB  son  déTvIoppenient  nour  revenir   onQn  n'v  a   rien   de   spontané   dans  le   monde, 

ifinsli  carilé  intestinale  et  y  jouir  de  la  Cnaqne  érénemeiit   a  ses  causes,  cbaipio 

Tji>,  fait  a  son  principe,  comme  il  a  ses  consé- 

(  liront  ajouter  lin  reste  que  cescurieu-  quences,  pour  lesquelles  il  est  principe 'iii- 

mtip^nenccs,  qui  t'ajoutent  â   celles  de  même.  Tout  ce  qui  est  n'existe  qu'à   litre 

H.  Vin  Beneden  pour  les  conllrmer,   n'ont  de  conséquence.  Une  seule  cause  a  été  et 

lus  porté  sur  tous  les  nétnatoïiies.  mais  s?rB  toujours;  c'est  la  cause  première,  la 

wiilenipnt  sur  \'aacariiinegaloctphala,V.\\ea  cause  universelle,  le  raison  suuvers'De  qui 

iiiièneront  sans  doute  d'autres  observatiuns,  domine  toutes  les  raisons;  l'intelligence  su- 

i;ut  permettront  enfin  de  mettre  de  l'ûrdre  ^t'émet don!  l'iatelligence  derbomaeestun 

ddula  clarté  dansThelmiothologio;  et  uo  rayon,  qui  a  lancé  les  mondes  dans  l'espace 

jour  il  sere  établi  que  cette  partie  impO|^  et  qui  présidée  leurs  révolutions,qui  dirige 

imu  des  sciences  naturelles  s'est  consh-  le  soleil    dans  sa  course,  qui  régit  la  nais- 

luée  par  une  double  réaction  contre  la  |ihi-  sauce  iln  la  plus  simple  mona'Ie  aussi  biea 

lojopniescolaslique  et  contre  la  philosophie  que  l'organisalioD  plus  compliquée  de  l'iu- 

pmliAiste  qui  toutes  deux  concluent  fa  la  dividu  humain.    Cest  h  celte  cause  seule 

g^iitntion  spoutanée.  ■  qu'il  faut  attribuer  la  spontsDéité;  car  la 

Ces  dernières  paroles   du  Correspondant  spontanéité  est  son  essence.  Blleestparce 

ilcinindent  une  courte  explication.    11   est  qu'elle  est  f£i;o  lum //uifumj  ,    parce  qu'il 

Tr;ii  que  la  pliilosophie  scolastique  admet-  laut  qu'elle  soit,  parce  que  si  elle   n'était 

unis  génération  spontanée  aussi  bien  que  pas,  rien  ne  serait.  Son  existence  ne  se  dé- 

tj  [>ljjlasophie  panthéiste;  mais  cette  fausse  montre  pas;  elle  ne  se  prouve  pas,  elle  est 

l^polhèsen'a  pas  la  même  portée  dans  les  évidente;  en  un  mot,  c'est  un  axiome.  Les 

deui  philosophies.  Dans  !a  pliilosophie  SCO-  autres  causes,  au  contraire  de  celle-li,  no 

Ukiiqae  elle  n'était   qu'une  erreur  pbysi-  sont  que  secondaires;   l'esprit  humaip  fait 

<\w,  une  erreur  de    fait.  Reconnaissant  sa  scienre  de  les  dëcouvrir,de  les  démon- 

(anme  un  principe  inattaquable  la  création  Irer.  de  les  prouver,  de  les  expliquer;  miis, 

iJe /'univers ,  les  scolastiques  supposaient  en  lesétudiiint,g.irdoQS-nousiJenous  pRjer 

T/e  Dieu,  en  la  créant,  avait  donné  h  la  ma-  de  mots,  de  tomber  surtout  dans  les  absur- 

(ièr« inorganique  la  puissance  ou  la  pro-  dites  et  lesnun-sens,  etd'oHirmerdes  spoa- 

(Tiéié  de  devenir,  dans  telles  circoostan-  tanéités  qui  ne  peuvent  exister  nulle  pan, 

m  données,  matière  vivante  et  de  passer  et  qui  sont  encore  moins  là  oii  les  causes 

iTunélaideTie  è  unautreétat;cequi  certes  secondes  elles-mêmes  échappent  è  notre 

s'est  pas  contradictoire  en  soi  ni  opposé  investigation. 

1  11  nolion  de  Dieu  conçu  comme  être  in*  ■  La  vie  en  général,  disait  Cuvier,  sup- 

himenl  parfait.  Au  contraire,   telle  qu'elle  pose  l'or^janisationen  général,  et  In  viepro- 

ttl  soutenue  par  le  panthéisme  et  le  maté-  j>re  de  chaque  être  suppose  l'organisation 

n'iliimB,  celle  hypothèse  cuutient,  outre  |>ropre  dis  cvt  être,  comme  la  marche  d'une 

l'erreur -le  fait,  la  négation  du  dogme  de  la  horloge  suppose  l'horloge;  aussi  ne  voyons- 

fhWoa  et  une  manifeste  contradiction  phi-  nous  la  vie  que  danii  des  êtres  tout   orga- 

'"'  "■  "  -..-■-.  iiisés  et  faits  pour  en  jouir,  et  tous  les  ef- 
forts des  physiciens  n'ont  pu  encore  nous 
inontrerla  uialière  s'organisa  ni,  soit  d'elle- 
même,  soil  par  une  cause  extérieure  quel- 
conque. En   effet,  la  vie  exerçant  sur  le: 


lotOftbique.Csr.commepoureuxiln'yapbint 
J'iuirt:  Dieu  que  la  nature,  la  génération 
tponlanée  est  d  abord  destioéefa  remplacer  la 
tréalion;  ensuite,  la  création  et  tout  être  su- 
Kribur  i  ta  nature  étant  écartés,  c'est  encore 


u  génération  spontanée,  accompagnée  de  la  éléments  qui  font  à  chaque  instant  partie 

ttDjmutalion  des  espèces,  supposition  égfr-  du  corps  vivant,  et  sur  ceux  qu'elle  y  attire, 

'^enl  controuvée,  qui  est  chargée  d'ex-  une  action  controire  h  ce  que  produiraient 

pliquer  comment  la  nature,  ou  cette  force  lesalBnilés  chimiques  originaires,  il  répu- 

1UI  l'agite  dans  l'universalité  des  êtres,  se  gne  qu'elle  puisse  élre  eUe-tnâme  produite 

x^^eloppe  successivement  ,  en  vertu  de  la  par  ces  affinités  ,  et  cependant  l'un  ne  con- 

l'Dissauctt  magique  du  mot  abstrait  de  pro-  oalt  dana  la  nature  aucune  autre  force  ca- 

Vti  absolu  et  spontané,  et  devient  par  pable  de  réunir  des  molécules  auparavant 

e||e-nie[iie,  après  les  plus  faibles  débuts,  de  aéparéea. 

uitile  plus  forte,  d'inférieur  supérieure,  de  «La  naissance  des  êtres  organisés  est  donc 

Bmétale  végétale,  de  végétale  animale,  etc.,  te  plus  grand  mystère  de  l'économie  orga- 

I eti-Mire,  comment  le  moins  devient  par  nique  et  de  toute  la  nature;  jusqu'à  présent, 

^i-mèine  plus.  Ce  qui  équivaut  à  dire  que  nous  les  voyons  se  développer,  mais  jauisis 

w  moins  produit  le  plus,  et  que  tout  ce  qui  se  former.  Il  y  a  plus  :  ton»  ceux  i  l'origine 

*»  ou  n'est  pas  donne  ce  qu'il  n'a  pas  ou  desquels  on  a  pu  remonter,  ont  teoud'abunl 

(IM)  DuM  la  Noie  TU,  i  la  On  du  voImm,  ris.  cba^ée  de  rcxanen  du  Hémeire  de  M.  Van 

^"■■fiiiiBUu  uae  aulne  (uecinete  du  rapport  de  .  Ucnedeu. 
0  tMniiiiM  de  l-AcadéHifl  des  teûinuè  de  Pa- 


MCnONN&IRE  APOLOGETIQUE. 


CES 


i  un  corps  de  la  mCme  forme  qu'cnx,  mais 
développé  «Tant  eux  ;  en  un  taot,  &  un  jm- 
rent.  Tant  que  lo  petit  n'a  |ioiiil  do  vie  pro- 
pre, mais  parlicip<]b  celle  de  son  parent,  il 
s'appelle  un  germe. 

*  Le  lieu  où  le  ^ermo  est  attaché,  la  causa 
occasionnelle  qut  le  détache  et  lui  donne 
une  vie  isolée,  varient  ;  maù  celle  adhérence 
à  un  rtre  temblable  est  une  règle  lani  excep- 
tion. »(CT!ViEB,Bigneanimatflnlroduciioii.) 
—  Voy'.  HoHHE,  art.  I,  S  <>  etc. 

GENESE,  son  authenticité,  etc. Foy. Peu- 
TATEtQCB.  —  Prophéties  qu'elle  contient 
annonçant  le  Messie.  Voy.  note  XV,  |  1 ,  à 
la  finau2*T0lunie.  —  Inierpri^tattoiidu  pre- 
mier chapitre.  Voy.  Créitios,  %  V.— Ce  qu'il 
faut  penser  du  son  intt!rprélaiion  lîlléraje. 
Voy.  CosHOGBAPHiB.  fttb  init.  —  Son  autorité 
croissnnle.  Voy.  Peutatkuquh,  5  IX.  —  Con- 
lirmalion  jiar  les  découvertes  modernes  et 
chronologie.  Ibid. 

GENESE  UATEItlALlSTE.  —  Dans  les 
sciences  qui  ont  pour  o|)je(  la  recherche 
des  causer  oo  des  origines  ,  il  est  un  crité- 
rium qui  donne  tout  do  suite  la  mesure  de 
In  puissance  coordînalrice  et  de  la  valeur 
<l'uno  doctrine  :  c'est  le  résulldl  final,  la 
conclusion  rigoureuse  qui  ressort  de  l'en- 
semble de  ses  raisonnements  et  de  ses  prin- 
cipes. 

Or,  quel  est  le  point  de  départ,  le  prin- 
cipe Tondamental  de  la  (genèse  matérialiste? 
Sa  formule  est  nécessairement  celle-ci  :  // 
exitte  de  lovU  ilernilé  dans  l'eipace  inlfni 
une  Motnme  finie  de  matiire  ;  cette  matière, 
douée  de  propriélh  ou  de  forces  essentielles , 
a  produit  et  produit  encore  tout  ee  vaile  en- 
semble ,  toute  celte  succession  de  pkinomines 
qui  constituent  notre  monde. 

Cette  formule  est  l'essence  mémo  de  la 
conception  matériali--)te,  et  l'on  n'en  pour- 
rait retrancher  un  seul  terme  sans  que  le 
malérialisme  ne  cessât  d'être  è  l'instant. 

En  effet,  si  la  matière  n'est  pas  éternelle, 
elle  A  été  créée  :  donc  il  existe  en  dehors  de 
la  matière  une  puissance  qui  lui  a  donné 
l'être.  De  plus,  on  ne  peut  admettre  qu'une 
somme  Sme  de  matière,  autrement  le  mou- 
Toment  serait  impossible:  car  une  matière 
infinie  dans  l'espace  in^ui,  es  serait  le  plein 
absolu  ;  or,  le  mouvement  ne  peut  être  conçu 
que  dans  te  vide,  l'iinpénélrabililé  étant  une 
des  propriétés  essentielles  de  la  matière. 

Nous  avons  ajouté  que  la  matière  possé- 
dait des  propriétés  ou  des  forces  essentiel- 
les; ces  forces  sont  nécessairement  finies 
comme  la  matière ,  finies  aussi  comme  nom- 
bre, car  il  aérait  antilogique,  absurde,  rie 
reconnaître  des  propriétés  infinies  dans  un 
6lre  Soi.  Puisque  ces  forces  sont  essentielles 
X  la  matière,  elles  sont  éternelles  comme  la 
matière.  Autrement  la  matière  les  aurait  re- 
mues, ce  qui  impliquerait  encore  une  créa- 
lion  que  le  matérialisme  rejette.  Enfin,  puis- 
qu'elfes  sont  éternelles  et  essentielles,  ces 
forces  ne  sont  susceptibles  ni  d'accroisse- 
ment ,  ni  de  diminution. 

La  conclusion  dernière  d'uoe  pareille  doe- 
triQe,  c'esl  donc  le  fatalisme,  plus  la  viula- 


lion  la  plus  tlngranle  des  lois  qui  sont  li 
ba^e  de  la  raison  bnmatne.  Car  qu'Ht-rr. 
qu'une  matière  éh-rnclle,  incrééa,  eiisinnl 

fmr  elle-même,  et  qui  pourtant  est  finit, 
imitée  ,  bornée  dans  son  essence  comuii 
dans  ses  propriétés?.... 

Miiis  si  celle  matière  êfemHle,  incréée, 
n'est  pas  seulimenl  de  la  matière  purement 
et  simplement,  c*i>st  de  la  matière  disiMiJée, 
façonnée,  arrangée,  agglomérée  cnglobn, 
eu  mondes,  organisée  en  corps  delanilun: 
)a  plus  diverse.  El  celte  organisatinn  Ju  li 
matière  n'e.'it  pas  éleruclle  :  elle  a  cammon- 
ce  ;  le  matérialisme  le  proclame.  Se  foodêiil 
sur  les  découvertes  de  (a  cliimie  moderne  et 
sur  celles ,  aujourd'hui  fort  ébranlées,  qui 
ont  été  faites  dans  l'astronomie  sl'lliiit. 
princrpalemi^nt  par  les  deux  Herschcll,  In 
cosmogonisles  panthéistes  ont  eu  recoonï  l 
une  hj'polbèse  renouvelée  des  écoles  de  11  | 
Gi-èce,  cl  particulièrement  de  la  secte  d'Epi- 
cure. 

Ils  ont  prétendu  que,  dans  le  principe,  li 
matière  existait  disséminée  dans  resiâïe,^ 
l'état  élémentaire ,  moléculaire ,  nébuliirs, 
gazéiforme,  tous  mots  synonymes  ;  que  ch»- 
cune  des  molécules  qui  composaieal  cette 
matière  était  primitivement  tenue  en  pltcn 
par  l'action  simultanée  de  deux  forces  :  l'une 
répulsive,  la  chaleur;  l'autre  aiirncliro,  la 
gravitation;  et  enfin, que  cette  matière dil- 
fuse  s'élant  succesaivemeot  condensée  par 
la  défierdilion  de  la  chaleur,  a  formé  Its  h^ 
leils  ou  les  étoiles,  les  planètes  et  leurs 
satellites,  et  tous  les  corps  célestes  ((ui 
remplissent  l'espace. 

Telle  est  la  tnéorie  générale  malérislisie 
dans  toute  sa  rigueur.  1 

Voyons  maintenant  è  quelles  concluiioiu   | 
icientifiques  nous  rvDiiuit  une  pareille  ibiiK 
rie. 

^i-'V  .  . 

dam  le  principe , 

nébulaire  ou  ditfus ,  soumise  &  deux  SorM 
contraires,  le  calorique  et  la  pesanteur.  Mm 
cette  formule,  dans  le  principe,  u'esl-t"' 
pas  une  évidente  co'niradîction  dans  lii^*- 
trine  qui  soutient  l'éternité  de  la  malièrc* 
11  n'y  a  pas  eu  de  principet  il  ne  peut  p»  f 
avoir  eu  de  commencement  à  cet  éiat  nébu- 
laire et  diffus  de  la  matière  ;  detoute<itmii 
elle  est  diffuse  et  soumisu  à  deux  forces 
contraires,  la  fbrco  répulsive,  et  son  aal3- 
gonisie,  la  força  attractive.  Mais  alors  il 
s'ensuit  de  (rois  choses  l'une  :  ou  la  Tom 
répulsive  ('emportait  sur  la  force  allroctiiï, 
et,  dans  ce  cas,  la  lualière  aurait  dû  sa  'li^ 
perser,  s'évauouir  sans  limite  et  sans  leru^a 
dans  l'espace  infini,  et  puisque  celte  F^ 
pondérance  de  la  force  répulsive  est  uai|li|'- 
nomèoe  qui  s'accomplit  de  toute  éteruili'. 
de  toute  éternité  aussi  a  dû  avoir  lieu  ce:l<: 
dispersion  de  la  malière,  dispersiou  i*' 
conséquent  illimitée  ,  infinie  coujme  IVIcr- 
niié  et  l'espace;  ou  bien,  au  cootra>rB. 
c'est  la  force  attractive  qui  prédominaiii  '' 
alors  la  matiër«  aurait  ail  tendre  è  se  con- 
denser en  suivAnt  la  loi  inversa  du  ton 
des  dislances,  et  pufsqoe  eelle  coude'"' 


.'hypothèse  matérialiste  suppose  que. 
I  le  principe ,  la  matière  existait  à  l'rl'i 


Kl 


CES 


lion  dura  âq)nis  rdtcrDitiS,  cette  conrraciion 
de  Ib  matière  defrait  èlrc  infinie  ;  on  bien , 
cDGn,  la  répulsion  et  l'altraclion  se  balan- 
{aient,  étaient  de  tonte  éternité  égales  et 
coDiraires,  ett  dans  ce  Iroisième  cas,  tout 
moa*ement  aurait  dû  fitre  éternellement 
impossible.  Ainsi,  le  matérialisme  ne  feut 
poser  la  question  d'origino  sans  tomber 
dans  la  plus  palpable  contradiction,  et 
quand  on  lui  en  ferait  la  concession,  tl 
n'en  resterait  pas  moins  renfermé  dans  les 
limites  d'une  triple  impossibilité. 

Ce  n'est  pas  tout  :  rnypolhëse  reaf  qne  )a 
forte  de  répulsion  domine  par  l'effet  du  re- 
froidissement ou  de  la  déperdition  da  calo- 
n\u,  et  qu'ainsi  l'attraction  devenue  pré- 
jf.iiàiriuie  opère   la  eondensaliou  de  la 
aalJère.  Ici  encore  il  j  a  une  contradiction 
e<  ane  impossibîtilé.  En  effet,  entre  deux 
iDoiécules  matérielles  dont  les  températures 
sont  égales.  îl  ne  saurait  se  produire  aucun 
ciTettberniologique;  or,  la  matière  diffuse 
étant  nécessairement  et  de  toute  éternité 
ë^iement  incandescente  dans    toute  son 
étendue,  tout  phénomène  thermologique  de 
molécule  i  molécule  était  impossibre  :il  n'a 
donc  pu  j  avoir  aucune  déperdition  de  cha- 
Itar;  l'équilibre  entre  les  températures  de 
chaque  molécule  est  éternel  et  doit  persévé- 
nrajamais,  suiiant  les  lois  fondamentales 
q-ji  ifgissent  les  pbénomènes  de  la  chaleur. 
V^'esi-ce  donc  que  cette  déperdition  de  la 
eàaltMr,  que  suppose  t'hjrimthëse  ?  Elle  ne 
peut  si(p)iiier  autre  uhosi;  que  la  dissémina- 
lion  de  la  chaleur  dans  l'espace.  Hais  l'es- 
face,  c'est  le  vide  absolu,  et  la  chaleur  étant, 
tt'jprés  la  théorie,  une  profiriélé  esseniielle 
^  la  malièro.  il  ne  peut  v  avoir  chaleur  là 
''•i  il  n'y  a  pas  matière  ;  s'il  n'en  était  ainsi , 
a  faudrait  admettre  la  matière  infinie  ou  le 
;  lein  absolu,  ce  qui  serait  une  absurdité.  La 
ciuleor  n'a  donc  po  se  perdre  dans  l'esj'ace. 
Est-ce  assez  de  contradictions T  Non,  l'iiy- 
p'jliièse  matérialiste  portu  encore  à  la  Ioj;i- 
>JUE  une  dernière  atieinte  que  nous  devons 
signaler.  Eu  effet,  elle  conclot  directement  & 
la  îolidiBcalion  complète  de  toute  matière 
[.•«r  la   déperJiliou  totale  de  la  chaleur  pri- 
xi.ive.  l>e  l'aveu  de  tous  cens  qui  lont 
-•^û;  tée.  notre  état  phénoménal  actuel  tout 
tmiKT  n'est  que  la  série  des  termes  par  les- 
iucls  te  phénomène  marche  de  son  origjine 
,  ude  son  premier  terme,  qui  est  la  diffusion 
-imitée  et  l'incandescence  excessive  de  la 
— ilière,  vers  sa  tin,  vers  son  dernier  terme, 
[fii  est  la  condensation  illimitée  et  le  froid 
ii^ioin.  Or,  quel  que  soit  l'espace  de  temps 
ioj  s'^oule  entre  le  premier  ut  le  dernier 
^nue  de  ce  phénomène  général ,  ce  temps 
:Sl  nécessairement  et  esseulielleuient  limité, 
ruiMiue  ce  temps  mesure  une  série  de  phé- 
lOffiènes  dont  le  nombre  est  fatalement  dé- 
ui  :  |tar  eonséqnent,  le  phénomène  général 
'Ut  entii;rada  néce^sairemenl  Aire  accom- 
i  Je  tout  temps,  puisque  la  matière  est, 
->r  h  t  polhèse,  éternel it,  tt  que  toute  durée, 
-«  t:.>jue  longue  qu'on  la  suiigiose ,  est  tou- 
•jts  et  iiéc^sairement  nulle  par  rapport  à 
^  iKfuiléï  d'oiï  il  suit  «nBn,  comme  dernière 


HCTIO?i.>t.\lIlE  Aï  OLOCF.TIQUE.  GRA  W^ 

conséquence,  que  loot  ce  q«i  existe  n'existe 


pas  :  ce  qui  esl  une  atwurdilé  métaphysique. 

Ainsi ,  josqu'k  ce  qu'il  devienne  possible 
d'effacer  de  l'esprit  des  bommes  le  signe  spi- 
rituel qui  répond  \  l'idée  d'infini  r\  qui  est 
la  hase  de  ton  tes  les  sciences,  toute  doctrine 
matérialiste  sera  nécessairement  ou  unn 
contradiction  scientifique  ou  une  absurdité 
mélaphysique.  Foy.  Ho.vdk. 

GENTILS,  leur  conversion  prophétisée. 
Tttv.  note  XV,  |  V,  à  la  Gn  du  deuxième 
Tolume. 

GEOFFltOT  8A1NT-HILA1RE,  set  débats 
avec  Cuvier  au  sujet  de  l'unité  de  compo- 
sition. Fo|r.  Homme,  art.  H,  }  1. 

GEOGRAPHIE  des  Indous.  Yoy.  Inxak- 
mSMK,  |lll. 

GEOLOGIE,  fournit-elle  des  preuves  en 
faveur  du  délugcT  Foy.  Dâluge,  f  1  et  11. — 
Anéantit  l'hypothèse  panthéiste  iinr  l'ori- 
gine des  êtres  oi^nîsés.  Vou.  Hoube, 
art.  I,  I IV. 

GERARD  (M.),  réfutation  de  son  arlic'e 
sur  la  génération  spontanée  dans  le  0i>- 
lionnaire  unieertel  d'hittoire  naturelle.  Yoy. 

GÉiliKATtOX  ïFOXTiNËB. 

GERME,  est-il  un  et  identique  dir.s  le 
règne  animal?  Fsy.  Hommb,  art.  H. 

GIBRON  .  réfuté  au  sujet  de  la  Biblio- 
thèque d'Alexandrie.  Foy.  BiBiioraiQCB 
d'Alex AiiDBiE,  {  iV. 

GOTHESCAI.C.  controverse  avec  Hinr- 
niar;  M.  Guizol  réfuté.  Yoy.  HiitCMA*,  j  VI, 
Vil,  VIII,  IX. 

GOUVEK.NEHENTS,  diflieultës  qu'ils  oi>- 
posaient  ï  l'établissement  du  règne  de  Jésus- 
Christ  sur  la  terre.  Foy.  Jfaos-CHmisr,  art. 
III,  §  II. 

GRACE.  —  Les  théologiens  définissent  en 
général  la  grâce  un  don  surnaturel  qne  Dieu 
accorde  gratuitement,  et  en  vue  des  mérites 
de  Jésus-Christ,  aux  créatures  intefligeutes 
pour  les  conduire  au  salut  éternel. 

On  a  fait  des  raisonnements  k  perte  de 
vue  sur  la  grâce,  matière  obscure,  où  il  est 
facile  d'embrouiller  des  questions  parfaite- 
ment claires.  Rien,  en  effet,  n'est  plus  sim- 
ple et  plus  raisni^nablt;  que  l'eiiseigcemcnt 
de  l'Eglise  à  ce  sujet;  il  i<e  réduit  A  un  petit 
nombre  de  points  essentiels.  D'abord  la  grâce 
est  nécessaire;  que  peuvent  [lar  eux-mêmes 
l'ange  et  l'homme  dans  l'ordre  surnaturel? 
Absolument  rii-n,  c'est  évident.  La  grSce  est 
gratuite; car, si  Dieu  nous  rendant  resfionr- 
sables  de  nus  actes,  est  tenu  par  là  même 
de  nous  accorder  un  secours  dont  nous  ne 
pouvons  nous  passer,  rien  ne  lui  bit  une 
loi  lie  nous  venir  en  aide  par  des  moyens 
surnaturels,  è  quoi  nos  bonnes  œuvres  fu- 
tures ne  sauraient  nous  donner  droit,  puis- 
Îu'elles  sont  elles-mêmes  le  fruit  de  la  grâce, 
outefois  le  bon  usage  des  grâces  reçues 
en  mérite  de  plus  abondantes,  on  le  conçoit 
aisément  ;  mais  Dieu  ne  s'engage  pas  rignu- 
reasement  à  les  accorder,  on  le  comprend 
encore  mieux;  il  s'en  suiviait  qu'ayant  une 
fois  fait  un  pas  dans  la  lerm,  l'homma  ne 
pourrait  plus  en  déchoir  :  ce  serait  la  doe- 
Irioe  absurde,  immorale  de  rïnimissibilité 


t06S  Glu  UCTIONNAIRE 

de  la  Justice,  tant  reprochée  sui  pratestAnls. 
Il  &sl  BUrloul  une  KrAce,  celle  de  la  persé- 
vérance finale,  qui  n  est  promise  à  personne, 
par  la  raison  qu'il  importe  i  tous,  même 
nm  plus  saints  de  ne  se  relâcher  jamais 
dans  la  piété,  mais  de  croître  tous  les  jours 
OQ  mérites.Cependant  pourdonner  à  l'homme 
le  ressort  de  l'espérance  arec  celui  de  la 
crainte,  et  doubler  ainsi  son  élan  vers  le 
hien,  nos  docteurs  enseignent  unanimement 
que  Dieu  veut  sincèrement  le  salut  de  tous, 
quoique  dans  une  mesure  inégale  de$  gri^ 
ces  surabondantes  pour  l'opérer;  qu'il  no 
nous  abandonne  jamais,  si  iiouh  ne  l'aban- 
donnons les  premiers;  qu'enfin  le  don  de  la 
[lersévéraoce  peut  s'obtenir  par  la  prière. 

11  existe  une  grâce  efficace,  grflce  à  la- 
quelle l'homme  peut  véritablement  résis- 
ter, sans  quoi  les  œuvres  qu'il  accomplit 
narelle  ne  seraient  point  méritoires;  grflce 
a  'laquelle  il  ne  résiste  pas,  parce  qu'elle 
est  le  moyen  infaillible  aoal  Dieu  se  sert 
pour  mener  noire  liberté  où  il  veut,  et  ac- 
complir avec  noire  concours  ses  grands  des- 
seins, ineiécuiablcs  dans  une  autre  faypo- 
Itièse.  L'eipérience  et  le  sens  intime  nous 
sont  garants  que  l'Eglise  ne  se  trompe  pas 
dans  son  euseignemenl  sur  l'existence  si- 
multanée de  la  liberté  et  de  ta  grflce  eŒ- 
cace. 

Il  existe  une  grâce  suffisante,  au  moyen 
de  laquelle  on  peut  réellement  faire  des 
œuvres  surnaturellestsvec  laquelle  cependant 
on  n'en  fait  puiiil.  Son  existence  est  coiuuie 
celle  de  la  grflce  efficace,  un  faîL  attesté  par 
l'expérience  et  le  sentimeDl.  L'homme  Cé- 
derait à  son  action,  si  elle  était  eOîcace;  il 
ne  serait  point  coupable  de  résister,  si  i;ile 
était  suQIïBOte.  S'il  n'y  avait  que  des  grâ- 
ces suffisantes.  Dieu  manquerait  son  but,  le 
t>ien  qu'il  veut  ue  s'acroniplirail  pas;  s'il 
u'y  avait  que  des  grâces  efficaces,  il  le  man- 
querait encore,  t'tiumiue  s^endormirsit  dius 
une  pernicieuse  sécurité,  son  épreuve  ne 
serait  jios  sérieuse.  On  le  voit  donc  claire- 
nieut,  la  doctriue  de  l'Eglise  est  souverai- 
nement raisonnable  et  se  justifie  par  elle- 
mêiue. 

Quelque  oiiinion  que  l'on  adopte  sur  la 
nature  de  la  giâce  eliicace,  on  est  forcé  de 
convenir  que  son  action  doit  être  plus  ou 
moins  puissante,  selon  les  circonstances  de 
temps,  de  personnes.  Pour  amener  Saul  le 
persécuteur  à  dire  i  Jésus-CIirisI  :  Seigneur, 
que  voulez-vous  que  je  fasseT  il  fallut  une 
grflce  extraordinaire,  un  miracle  du  premier 
ordre;  plus  tard  pour  exciter  l'apAtre  à  re- 
dire mille  fois  celte  douce  parole  au  maître 
qu'il  aituait  uniquement,  il  suflisait  de  la 
plus  faible  irradiation  de  la  lumière  divine 
dans  son  esprit,  de  la  plus  légère  impulsion 
donnée  &  sa  volonté.  La  grâce  qui  aurait 
converti  les  habitants  dr-  Tyr  et  de  Sidon, 
laissa  dans  leur  incrédulité  ceux  de  Corozaïn 
et  de  Bethsaïda.  Vers  la  fin  du  dernier  siè- 
cle, beaucoup  d'hommes  qui  seraient  morts 
dans  l'incrédulité  lurent  ramenés  à  la  foi 
par  l«8  horreurs  de  ia  révolution;  de  nos 
Jours,  l'iny&sioQ  du  clioléra-morbus  a  pro- 


AroLOGET.<}liii:.  CItA  Hti 

duit  un  vBtil  BPmliluble  sur  qurliiuct  li^ 
égarées.  Uais  si  les  flésui  étaient  jonmA- 
liers,  l'homme  en  prrndraiti  [a&aunpiTli 
avec    une  insouciance  brutale,  il  pcrJraii 
tout  ressort,  loule  énergie  pour  le  Dii;n;  le 
corps  social,  accalilé  de  maoi,  resimit 
bienlAt  immobile  comme  un  cadarre.  Lh 
révolutions  sont  la  sanctioa  iw  lois  £g 
monde,  des  crises  nécessaires  ï  la  gaérisgo 
des  maux  invéïérés,  le  renvertemeoi  d«C( 
qui  est  [lOnr  préparer  la  place  à  ce  qui  M 
être;   mais  au  lieu  de  servir  d-  l<^oii,iir 
remède,  de  préparation,  elles  amèueriiNil 
le  chaos,  si  la  Providence  n'en  étouMlt 
plus  grand  nombre  dans  leur  germe, si £i 
ne  dirigeait  vers  un  but  les  mouvemeuDti- 
muliueux  de  celles  qui  peuvent  flireu^ilti, 
enfin  si  elle  ne  marquait  une  limite  k  leui 
excès  et  è  leurs  crimes.  Les  miracles  n'osi 
de  l'influence  sur  la  votontéqueparctqu'iK 
sont  rares  ;  certes,  la  voix  qui  se  lit  eolcndfi 
àSaul  est  une  manifestation  moins étoniiiDlB 
de  la  Divinité  que  les  merveilles  de  la  ait- 
lion  dont  le  spectacle  ne  convertit  personoi:. 
Si  le  Fils  de  Dieu,  dans  l'intétét  Uestvrieu 
et  des  Sidoniens,  eût  avancé  son  afénemciii 
de  plusieurs  siècles,  on  ré|iéleraU  Bujmir-  ' 
d'hui  après  le  docteur  Strauss,  dinsloilcs 
les  acodémies  de  l'Europe,  que  Jésas  csl  un 
mythe,  que  l'Evangile  est   une  Kclion.  Ch 
exemples  ctioisis  entre  mille  prouve»!  do» 
deux  choses  :  que  Dieu  pourrait  h  touletwci 
convertir  les  plus  grands  pécheurs,  elqor 
quand  il  ne  le  l'ail  pas  il  eu  est  empicbi  fi 
des  raisons  d'un  ordre  supérieur  à  [''aAiii^\ 
[larliculier.  | 

Mais  pourquoi.  Jemandera-t-on,  Bîi'" 
laisse-t'il  empiier  le  mal  jusqu'au  )wiaiJ' 
ne  pouvoir  plus  leguérir  que  psrdesmo;':'^ 
inconciliables  avec  l'avantage  cocdidv^' 
Nous  répondrons  hardiment  :  c'est  eue? 
dans  l'intérêt  de  tous.  La  disIribiiiioiiX' 
grâces  entre  les  hommes  se  fait  d'après  '' 
j)lan  général,  de  telle  sorte  cepenilsair 
chacun  reçoive  une  part  beaucoup  plusf>>'|' 
que  ne  le  réclament  ses  besoins  t\iif"'' 
constances  où  il  doit  être  placé.  Puisfutls 
dons  célestes  sont  pnrtagés  dans  uaennvn 
détertuioée,  et  que  tel  secours  suniiUK'- 
efficace  dans  une  renconlre,  restera  ui^ 
effet  dans  une  autre,  on  peut  donc  non  V^ 
mériter  la  grâce,  mais  lui  préparer  indirt^ 
tement  les  voies,  en  ajilanissaut  quflqiKl 
obstacles,  en  éloignant  quelques  ocrii^l 
périlleuses,  ce  qui  nodemnade  pas  loujDnri 
une  intervention  surhumaine.  En  elfti-ii^ 
les  seules  forces  de  la  nature,  l'homioe  («■ 
résister  à  certaines  teutatious,  s'ab^unir^ 
certains  crimes,  accomplir  quelques)'''' 
de  certaines  vertus  morales  ;  un  père,  ^'o' 
par  son  amour  pour  ses  eofanls,  et  pi">' 
sentiment  de  pudeur  inné  dans  Ittiiiu^" 
peut  cacher  ses  vices  k  sa  famille,  lui  ^ 
oer  quelques  bons  exemples,  surtout  de >' 
ges  instructions;  le  leinpéramenl  coto^' 
l'éducation  éloigne  l'fluie  de  certains  vin»'' 
rincline  vers  certaines  vertus.  Le  tioo  u^ 
des  dons  naturels  étant  supjtosé,  la  at"' 
grÂce  produira  donc  des  rôsullaU  qu>" 


m  CftA  nCTIOWlAIRB 

BoblienJnit  pas  dans  une  5Up|>osiUon  cod- 
[nire.  La  Proviiieiice,  dool  le  goareniement 
«I  si  ug«  cl  51  paternel,  doil  donc  moulrer 
fir  des  effets  sensibles  les  conséquraces 
ijiTerses  du  bon  et  du  mauTais  exemple,  de 
il  bouiie  et  de  la  roauTaise  éducatiuo*  de 
:'o:iifelA  et  du  IraTail,  de  la  réserve  et  de 
Uiémérilé,  delà  sobriété  et  de  l'inteuiiié- 
nnce,  en  un  mol,  du  boD  usage  et  de  l'abus 
in  dons  naturels.  Donc,  en  dlant  à  ceux 
cuise  sont  serTivpourle  mal  des  quiUtés 
it  l'esprit  et  du  cœur,  pour  donner  &  d'au- 
Itti  qui  les  ont  employées  d'une  manière 
(■pposée.  Dieu  ne  se  montre  pas  injuste  k 
Jé^rd  de  quelqaes-uos,  mais  plutât  inisé- 
rtofdieox  envers  tous.  Ainsi  s'accomplit 
<a-e  (larole  de  i'ETangile  :  O»  donnera  i 
etimi  ni  a  déjà,  tt  il  sera  dans  Pabimdanee: 
mail  i  (tlitiqui  n'a  pa$,  on  Ttlrantktra  même 
ce  ftit  a  [1631];  ainsi  se  Térifia  la  maiime 
d=i  théolot^ens  :  ■  La  grÂce  n'est  jamais  re- 
fasse ï  celai  t|ui  Taîl  ce  qu'il  peut.  ■ 

Slais  i  quoi  bon  des  grâces  suOisaotes, 
p'jbqu'LlesiGenain  que  nous  n'en  profiterons 
(■•s;  elles  ne  sont  bonnes  qu'à  noua  rendre 
prufcuupable^TCeci  est  encore  on  sopbtsme 
fuTidé  sur  la  cunrusion  des  iJées.  La  grli:e 
siidJMDfe  prêtre  les  *uies  à  la  grjce  efU- 
t^^t;  bien  gu  elle  n'atleigue  pas  le  but  im- 
n.é-iui|)Oiir  lequel  Dieu  nous  la  donne,  son 
ïi-SucDce  n'en  est  pas  moins  réelle  ;  elle  nous 
e  xptdw  de  glisser  rapidement  sur  la  pente 
<iu  iic«.ell«  devient  un  obstacle  h  l'eodur- 
c^-McEiwnt  absolu  eu  nous  aiguillonnant  par 
.'c  reuKtrds,  elle  prérienl  ainsi  quelques  cri- 
Q-cs  par  contre-coup;  si  son  aciioo  était  ra- 
<Lcalemeat  nulle,  les  pécheurs  deriendraient 
t>uien  peu  de  temps  d'abominables  scélérats. 
£••«  n'est  pas  loute-puissaiite  pour  le  bien, 
■'  eil  vrai  ;  mais  elle  estdu  moins  comme  ont 
:.^ue  conlre  l«débordementdumaI;et  sous 
<  r3i>l>ort,  on  peut  le  dire,  elle  est  toujours 
L.<:ace.  Que  dis-jeT  Ln  grAce  suffisante  est 
.jcjjreplus  utile  aux  jus<4»  qu'aux  pécheurs; 
ar  c'est  en  leur  refusaut  des  grlces  viclo- 
•  :;u^s  dans  certaines  circou stances  oit  ils 
tait;ut  compté  sur  leurs  propres  forces,  que 
>ieu  euseigtie  ordinairement  à  tes  amis 
i^-jiuiiilé,  roiidnoieiit  et  racine  de  toutes  les 
?/1us  cbrélienneï.  II  suQil  de  rappeler 
^xrmjile  de  David  et  de  saint  Pierre. 
L4  grâce  fsl-elle  elUcace  de  sa  nature? 
•=  tjevieal-elle  par  le  cwisentemeot  de  la 
j.'  -iité  bamaîne,  par  les  coiubinaisous  de  la 
.  ovidetice,  ou  eolin  de  l'une  des  manières 
1  a^iéespaniosdiirértintes  éculusdetbéo- 
^fc?  L'E^lise  u*sn  dit  rien,  on  peut  en 
'  -i  re  ce  que  l'on  veut.  Que  signifient  donc  les 
^-  cariions  de  nos  adversaires,  ordinairement 
.-.«Ices  sur  la  confusion  des  dugmvs  et  des 
.  iciions?  Vous  essayez  de  démontrer  que  le 
- .  éuic  des  ibomistes  est  iucom[>aliblt:  avec 
iiKrté;que m  importe sijesuismolinis te? 
1  ;  ne  m'est  pas  défendu  de  l'être.  Miis  il 
y  a  |ias  de  nécessité  d'adoptttr  une  opi- 
'jti  particulière  quelle  quelle  soit;  on 
Lsls«  realermer  dans  le  dogme  wtholi- 

.  ■«!.  jr«iiA.  xni,  li. 

UI4.TI0MAIBE   ArOLOGBTIQVK.   1. 


AFOLOCETIQtlE.  GRl  1(|6S 

que,  et  de  là,  comme  d'un  fort  inexpu^iS' 
ble.  Foudroyer  toutes  les  doctrines  cime': 
mies. 

Le  goavernemPDl  de  Dieu  et  la  liberté  du 
l'bumaie  s'tnl  deux  vérités  aussi  tertaines 
que  l'aelioii  réciproq>je  de  l'âme  sur  le  corps, 
et  du  corps  sur  l'dme;  la  difficulté  que  l'on 
éprouve  à  ciincilier  ces  vérités  n'eu  ébranla 
point  la  cerlitule  ;  on  ne  peut  rien  conclure 
de  fa  diversité  des  systèmes  pbilosopljîques 
sur  l'uDioo  de  l'âme  et  du  corps,  non  plus 
que  de  la  contrariété  des  opinions  de  nos 
docteurs  sur  l'erScacilé  de  la  grâce,  si  c« 
n'»t  l'impuissance  de  l'bomme  a  expliquer 
les  œuvres  de  Dieu.  Nous  ne  Toyons  pas  le 
fond  des  clioses»  et  par  là  il  nous  est  impus* 
silile  de  dire  lo  comment  des  jibénoraèncs; 
s'ensuit-il  que  le  scepticisme  soit  raison- 
nable vl  qu'il  faille  douter  de  tout?  Dou- 
tera-t-on,  eu  narliculier,  que  Dieu  puisse 
conduire  la  liourté  kumainti  sans  la  lorcer, 
en  voyant  avec  quelle  facilité  les  liommes 
s'entraînent  les  uns  les  autres? 

Uonfils,  disait  plaisamment  on  ancien, 
est  lejplus  puissant  personnage  de  la  Grèce; 

,  il  obtient  tout  de  sa  mère,  sa  mère  me  gou- 
verne, je  commande  i  ma  république  et  ma 
république  domine  la  Grèce.  En  théorie  cela 
est  impossible  :  comment  un  enfant,  égale- 
ment faible  d'esprit  et  de  corps,  imposera- 
t-îl  ou  par  ruse  ou  par  force  ses  volontés  è 
sa  mère?  CoromenI  un  vieux  guerrier  so 
laissera-t-îl  désarmer  par  une  femme?  Com- 
ment un  simple  cilo/en  est-il  sûr  de  faire 
adopter  ses  vues  par  des  républicains  soup- 
çonneux et  jaloux?  Comment  une  petite 
ville  dominera-t-eilfl  des  peuples  fiers  et 
indépendants  T  Cela  est  impossible  et  cela 
est;  vous  niez  le  mouvement,  et  je  marche. 
Non,  plusj'j  pense,  moins  je  conçois  quo 
l'on  veuille  refuser  h  Dieu  assez  de  puis- 
sance et  de  sagesse  pou»  nous  gouverner  eu 
nous  laissant  libres. 

Uais  si  Dieu  pentatleindre  son  but  pour 
la  liberté  en  particulier  et  en  général  par 
tous  les  moyens  imaginables,  c'est  parce 
qu'il  accommode  son  but  aux  moyens,  ou 
en  d'autres  termes,  parce  qu'il  ne  demsudtt 
pas  aux  moyens  ce  qu'ils  ne  peuvent  pas 
donner.  L'intelligence  infinie  o  a  garde  de 
se  proposer  avec  un  gouTerneuient  de  li- 
berté oes  desseins  exécutables  seulement 
sous  l'empire  de  lois  fatales  et  irrésistibles; 
il  est  des  nécessités  iabérenles  i  la  uature 
des  choses  qu'elle  est  obligée  de  subir  com- 
me nous.  Si  Dieu,  pour  des  raisons  souve- 
raineioenl  sages,  ne  s'était  pas  im[>osé  la  loi 
de  ne  faire  jamais  violence  à  uoire  libre  ar- 
bitre, il  sauverait  tous  les  hommes,  il  les 
sauverait  sans  les  laisser  tomberJans  le  pé- 
ubé.saus  les  menacer  de  tourments  éternels, 
sans  les  assujettir  dès  cette  vie  au  remords. 
i  la  souQTrancp,  h  l'humiliation,  au  travail; 
sans  leur  montrer  en  perspective  rcGTroyable 
mort,  et  derrière  Is  mort,  un  jugement  plus 
elfroyable  encore.  Uais  dans  ce  duel  subli- 
me de  la  grice  avec  la  liberté,  où  nous  nous 


nn 


CItA 


MCTION.<(AIRr.  APOtOCETHtDE. 


présenloHs  couferis  d'une  armure  impén^ 
Irable,  Dieu,  tout  Dieu  qu'il  est,  ne  peut 
nous  vaincre  que  par  nous-ménies  ;  les  idérs 
de  morale,  d'ordre  ■  de  justice,  les  peines 
et  les  travauidu  temps  préseot  ne  sufllsaut 
pas  pour  réprimer  nos  passions ,  il  a  réussi 

Par  les  menaces  de  l'avenir;  la  crainte  de 
enfer  a  peuplé  le'cîe). 
Mais  DU  nom  de  Dieu,  tjue  nous  ferait 
Venfcr,  si  nous  pouvions  croire  que  personne 
n'y  tombera  jamaisT  Ce  serait  un  sujet  de 
risée  pour  les  plds  simples,  ce  serait  l'aTi- 
lisseiiient  de  la  Divinité.  L'homme-,  fait 
comme  il  est,  trouverait  sa  suprême  joie  k 
insulter  aux  volontés  d'un  mettre  assez  fai- 
ble pour  donner  des  ordres  sans  savoir  les 
faire  respecter.  Repré!<eatez-Tou9  ce  que 
deviendrait  la  société,  si'  les  lois  pénales 
étaient  abolies;  vous  n'aurez  qu'uae  impar- 
faite idée  du  chaos  dans  lequel  tomberait 
le  monde  en  l'absence  de  toute  sanction  do 
la  loi  divine.  Kh  bien!  dans  cette  supposi- 
tion, c'est  Dieu  qui  répondrait  de  tous  les 
désordres,  do  tous  les  crimes,  de  toutes  les 
oppressions,  de  tous  les  scandales;  c'est  k 
lui  que  les  victimes  de  la  séduction  ou  de 
la  violence  auraient  le  droit  de  reprocher 
leur  malheur. 

S'il  faut  encourager  la  vertu,  il  faut  peut- 
Mre  encore  plus  mtimider  le  vice.  Uais 
quoil  si  le  glaive  de  la  loi  ne  peut  rester 
toujours  suspendu,  il  faut  bien  qu'il  tombe 
et  qu'il  frappe  quelque  part.  Sera-ce  sur  les 
-  innoeenlsT  non.  Tous  les  coupables  seront- 
ils  stteinlsf  Où  se  trouveront  alors  les  élusT 
Pourquoi  d'ailleurs  défendre  kDieu  de  faire 
grAce?  Pourquoi  le  dépouiller  du  plus  beau 
privilège  delà  souveraineté T Parce  qu'il  ne 

{wul  épargner  tous  les  criminels,  ne  lui  esl- 
I  plus  permis  de  pardonner  à  quelques-uns? 
Lorsqu  un  corps  d'armée  est  convaincu  tout 
«ntier  de  trahison,  doit-on  l'exlerminerjus* 
qu'au  dernier  bommuT  Cette  eiécution  fe- 
rait horreur.  Faut-il  mieux  laisser  les  tral- 
1res  impunis?  On  préparerait  ainsi  la  ruine 
de  l'Eiat.  A  quel  parti  s'arrêtera  un  générul 
sage,  ferme  et  clementT  14  en  appellera  au 
sort,  il  décimera  les  coupables  autant  de 
fois  que  l'exigent  l'énormité  de  leur  crime 
et  ta  grandeur  des  intérêts  qu'ils  ont  com- 
promis. 

Dieu  se  trouve  dans  nne  silualton  analo- 
gue à  l'égard  de  l'humanité  ;  je  vols  partout 
des  coupables,  des  innocents  nulle  part;,  nous 
méritons  tous  la  mort  éternelle.  Cependant, 
comme  la  punition  du  péché  ne  saurait  être 
le  but  ûnal  duCréateur,  comme  le  chAtimeot 
des  coupables  est  une  nécessité  qu'il  ac- 
cepte malgré  lui,  h  laquelle  il  se  dérobe  au- 
tant qu'il  peut,  en  tirant  notre  monde  du 
néant,  il  a  dû  sa  déterminer  h  faire  grâce, 
mais  dans  une  mesure  conciliable  avec  l'or- 
dre général  et  le  bien  commun;  par  consé- 
quent, il  s'est  trouvé  forcément  amené  à  faire 
Uu  choix  parmi  les  coupables.  Dans  son  em- 
barras ,  1  homme  ignorant  interrogerait  le 
sort  pour  se  résoudre,  un  Dieu  souveraioe- 
nienl  iolelligent  devait  se  décider  d'une  au- 
tre aauiièrei  en  prouant  les  uns,  en  laissant 


les  autres,  il  s'est  déterminé  pirdes  niuni 
générales  et  certainement  aussi  pir  dum- 
snus  particulières,  quelles  qu'elki  sami. 

La  Providence  ne  distribue  point  seidani 
au  hasard;  toutes  ses  opérations  sont  diri- 
gées perdes  vues  supérieures,  coiueilto 
par  la  sagesse,  la  justice,  la  sainteté,  U  ni- 
sérii^orde,  utiles  aux  justes  et  aux  picbeurt 
dont  elles  hâtent  ou  ralentissent  le  progrb 
dans  le  vice  ou  dans  la  vertu.  Dieu  combine 
ses  u>o;»ns  de  manière  à  produire  le  plai 
de  bien  avec  te  moins  de  mal  possible,  t> 
courageaiit  les  bnns  sans  les  délivrer  tie  11 
crainte,  intimidant  les  pervers  sans  les  0- 
sespérer.  Nul  ne  peut  se  livrer  i  de£  sebv 
penls  do  sécurité.  Lucifer  s'est  perdu  dit; 
le  ciel.  Judas  dans  la  compagnie  de  Jéso!- 
Christ  ;  nul  ne  doit  s'abandonner  lu  désu- 
poir  :  la  pécheresse  et  le  larron  ont  obbt 
miséricorde.  Presque  tous  les  bérÉsiarqw 
furent  moines,  prêtres  ou  évéques,  et  nous 
voyons  tous  les  jours  de  grands  coupilitt 
revenir  sincèrement  h  Dieu;  tel  scélérat 41» 
nicurt  sur  l'échafaud  laisse  moins  de  «iid- 
les  sur  son  sort  éternel  que  n'eninsjin 
celui  de  Salomon  et  de  Tertullîen. 

Cet  étal  de  choses  produit  des  effelt  ni- 
mirables;  le  juste  se  justifie  encore,  leiiinl 
se  sanetiàe  do  plus  en  plus,  afin  à'oUm 
le  don  da  la  persévérance;  le  pécbeurte 
néglige  pas  entiërdment  les  œuvres  de  l> 
piété,  il  en  retient  certaines  prsliqaî!,ii 
fait  encore  du  bien  dans  l'espérance  i'ta 
recueillir  un  jour  le  fruit;  il  garde  quelque 
mesure  dans  le  crime,  tandis  que  le  ft-ne°' 
chrétien  ne  se  prescrit  point  det}oriiesàii'  ; 
la  vertu.  Les  plus  grands  saints  ne  nié|>n' | 
sent  pas  les  plus  grands  criminels,  ils  oci' 
préfèrent  [toint  Â  eux;  ils  lesaiineiiliaK'' 
traire  comme  des  frères,  destinés  [leDl-ilr 
k  partager  éternellement  leur  gluire  dio- 
sein  d>j  Dieu,  dont  la  volonté  du  s«>' 
tous  les  hommes  est  très-réelle,  \mii<p'-- 
providence  a  combiné  les  choses  ilt  i'^' 
manière  que  la  porte  du  ciel  est  tiuw"-, 
tous  ceux  qui  veulent  y  entrer. 

Le  décret  de  la  prédestination  n'MP"'' 
anéanti  puur  cela  ;  car  Dieu  y  a  noM 
mus  les  hommes  de  bonne  volonté.&|>>'i°^ 
eux  il  s'en  trouvait  quelqu'un  qui  neldlf''' 
l'objet  de  sa  prédilection  étemelle,  oui' 
l'aurait  laissé  dans  le  néant,  ou  il  l'iu^'i 
fait  mourir  avant  le  baptême,  ou  loli.^ > | 
aurait  pris  un  parti  compatible  avecuji»' 
lice,  sa  sagesse,  sa  miséricorde,  loutetu'^' 
supposition  est  inadmissible.  Dieu  i*ii''' 
choisir  entre  une  inliniié  de  moiiiles,  il  ii^i 
certainement  pas  donné  la  préférence  »cf*; 
dont  les  lois  contrarieraient  ses  priiicij»^' 
attributs.  Un  décret  de  prédestinsiioi^V;' 
déuouratterail  la  bonne  volonté,  tvn^^  '"' 
chose  la  plus  immoialo,  la  plus  ''"""'l''' 
plus  inconciliable  avec  les  vues  de  I*  P™'" 
dence;  il  n'est  pas  permis  de  supposer  qu*^ 
si  lourde  méprise  ait  échappé  i  la  ^'t'^" 
infinie.  ,    , ,. 

GRANDS  HOMltfES  qui  ont  confe^." 
christianisme.  You.  llimis^B,  |  X. 
GRANIER  DE  CASSAGNAt:  réfitle  St^ 


m  CRE  MCTIONNAine 

(l'Ior.  Vo^a  JuBAÏMic  rr  GHaianAMiniB. 

GBBC9,  leur  origine.  Vay.  PsTCBOLoeit. 
{II.— Leurs  philoso(i)ies  admel(«nl  un  étal 
àt  DsluK.  Jbid.  —  Lear  ciiitisslion  primi* 
ijie  aUestée  par  des  mamimenls.  Ibid., 
illl. 

CBÉCOIRE  VII  (Saint)  —  Il  naqurt  d'un 
tliarpenirer  nomma  lltl(i«t>rBn>l,  vers  l'an 
1013,  B  SoHRO  en  Toscane.  Dans  sa  jeunesse, 
il  eut  pour  msttre  Jean  Gralien,  vanileiit 
prafessaur  qui  réussit  h  porter  vingt  mois 
Il  liire- Quand  il  l'eut  forcément  déposée, 
waancipn  disciple  lui  resis  fidèle  et  le  sui- 
ritiClanj.  Apres BToir ensuite  éléquelqne 
ItDfis,  il  parait,  précepteur  de  ce  Henri  IV 
miuel  il  dernit  un  jour  donner  de  plus  se- 
Tèrw leçons,  Hildebrand  revint  )  Clunj,  oii 
flfwiiu  prieur.  Le  Pape  Léon  l\  l'emmena 

I  Home,  et  ii,  pendant  vingt-quatre  ans, 
«MiDl  moine  participa,  sous  cinq  pontifes, 

II  direction  des  affaires  de  l'Êgliae,  puis 
enlplicer  malgré  lui,  l'an  1073,  au  gou- 
trnaif  de  la  barque  de  saint  Pierre. 
GuiilauRie  I"i  i  cette  époque,  venait  de 
iBi^uérir  la  Grande-Bretagne  ;  en  France, 
flippe  1",  aussi  bardi  à  concevoir  un  pro- 
iquc  ferme  à  l'exécuter,  donnait  un  grand 
Iiiàli  majesté  royale;  dans  le  midi  de 
Dilie,  la  Noratand  Robert  Guiscard  et 
>  Tcère  Roger  se  créaient  des  duchés  et 
«[fiDcipauléateDfin.ii  la  lâle  de  l'empire 
W  Htnri  IV,  «  roi  jeune  et  insensé, 
nteipériencâ  dans  I  art  de  gouverner, 
Vlttips  tenu  en  lisière  pardes  mains  in- 
HK.Miis  caraotèro,  sans  résolution,  fai' 
leomme  un  roseau,  pliant  aux  renis  des 
lonitaDui-g,  toujours  le  même  dans  ses 
pudes  criminelles,  cependant  brave, 
jluileiilionné,  généreux  et  sensible.  Dé- 
ti  de 'Jeux  peufjles  {Saxont  tt  Souabet], 
*fm  jiar  des  princes  d'une  Udélilé  cliun- 
iNle,  ajant  contre  lui  des  grands  dont 
amilï  élaionl  violés  et  l'auiour-propre 
t».  il  étsil  aimé  de  ses  seuls  fuvo- 
[I6fi).  ■  Deux  profondes  plaies,  la  si- 
mel  i'inconiinence,  rongeaient  le  clorgé 
Oceiilenl.  Le  mal  empirait  chaque  jour 

te  mode  vicieux  de  l'électiou  épisco- 
*-C'iJlaJeii(  les  princes  qui  le  plus  sou- 
^ciioisisssient  les  abbés  et  les  évéques, 
tirant,  non  certes  le  glus  saint,  muis  lu 
•oiTraDl,  ou  celui  quj  savait  le  mieux,  A 
riuilti,  manier  l'épée  à  l'heure  du  com- 

■bilail  h  cela  un-  remède.  Grégoire  niul- 
udone  les  dôcreU  contre  les  désordres 
pli!  (l'Eglise  et  contre  les  iuveslitures, 
M-«lire  qu'il  ue  voulut  plus  que  les 
RM,  comuB  par  le  passé,  pussent  élire 
(•fclitSiUiqu'iblesmissentefl  possession 
wurscbarg»  par  le  don  de  la  crosse  et 
>in[ieau, 

•*<>e  latte  des  Jnvetlilures  se  prolongea 
gleinp»,  ei  fat  réglée  sous  Galiste  11,  eii 

•>*)  To»cv,  Kitt^n  4*  Pape  Grégoire  VII, 
l'tt)  Tm  l'anicle  HiNCHtt. 


APOLOGETIQUE.  CRE  t07f 

1133.  On  convint  que  les  évéques  seraient 
élus  selon  les  canons,  et  qu'ils  recevraient 
des  princes  l'investiture  seulement  des  bienf 
attanbés  aux  Eglises,  et  cela  de  toute  autre 
manière  que  par  le  don  de  la  crosse  et  de 
l'anneou ,  signes  de  la  dignité  religieuse 
tDdépeodanle  du  souverain.  ' 

Rien  ne  put  vaincre  dans  Grégoire  VII  n 
résolution  de  faire  respecter  les  canonj,  de 
protéger  les  droits  et  les  ministres  de  l'E- 
glise, et  de  défendre  les  rois  qui  s'étaient 
déclarés  vassaux  du  Saint-Siège.  Il  menace 
Alphonse  de  Castille  et  Philippe  de  France 
il  excommunie  Robert  Guiscard  et  l'empe^ 
reurgrecwl  dépouille  la  Pologne  du  titre 
de  royaume,  et  force  Henri  ÏV excommunié 
a  attendre  trois  jours,  dans  la  cour  du  cbâ- 
l«BU  deCanosse,  le  bienfait  de  l'absolution 
Et  pourtant  la  cœur  d'Hildebrand  était  ac- 
cessible i  l'aOreclioa,  la  chose  est  évidente 
pour  qui  lit  sa  correspondance;  mais  jl  no 
pouvait,  sans  mullipfier  ainsi  les  coups  do 
«es  foudres  apostoliquw,  sauver  l'EgUse  et 
avec  elle  le  christianisme. 

Je  Re  prétends  paa  cependant  justiDer 
toutes  les  théories  de  suprématie  poliiigue 
émises  par  Grégoire,  ni  loutea  les  amilica- 
iions  qu'il  en  a  faites.  Je  me  borne  à  dire 
que  ses  préleations  les  plus  hardies  sur  les 
trônes  et  sur  les  couronnes  n'étaient,  au 
fond,  que  la  conséquence  de  prémisses  bieb 
antérieures.  Le  pouvoir  de  déposer  les  rois 
qu  il  revendiquait  venait  ds  deux  causes  : 
parfois  il  s'ogissail  de  princes  dont  le  Pape 
était  véritablement  suzerain,  parce  que,  se- 
lon I  usage  des  temps  féodaux  ,  ils  s'étnient 
déclarés  vassaux  de  saint  Pierre,  comme 
d  autres  s'honoraient  d'être  vassaux  du  roi 
de  France,  etc.;  dans  ce  cas,  l'on  ne  rouvail 
accuser  d'usurpation  liiniervpntion  p.iliiiiiue 
de  Grégoire.  D'autres  fois,  le  Pope  crut  ûtre 
investi,  par  ce  litre  même  de  Ponlifu,  d'uoe 
baula  magistrature  sur  tous  les  souverains. 
Bien  des  causes  ont  sans  doute  contribué  h 
amener  ce  résultat.  Une  des  principalus,  i 
mon  avis,  dut  être  la  législation  civile  elle- 
môme,  qui  se  lit  un  devoir  de  coniraindro  h 
I  observation  dos  pénitences  canoniques.  En 
voyant  les  princesexiger  l'exécuiiou  des  vu- 
nons  pénilentinux,  te  Pnfie  et  tout  le  clergi* 
(ureot  néceasairemeut  entraînés  à  agir  de 
même  et  â  eraj-Ioyer  la  contrainte  (>ou(  ob- 
tenir une  obéissance  qui  jusquc-'i  n'avait 
été  que  volontaire  (1683).  Or,  comme,  d'a- 
près les  prescriptions  ecclésiastiques,  l'ex- 
communié ue  pouvait  plus  avoirde  rapports 
avec  les  lïJèles,  et  que  lu  pénitent  public 
renonçait  à  sas  fonctions,  il  s'ensuivait  qm 
le  coupable,  s'il  était  roi,  se  voyait,  jisr  le 
fait  de  ta  pénitence  ou  de  l'cicomiuumcii- 
tion,  dépouillé  de  la  royauté,  soit  au  nom 
de  la  loi  civile,  soit  au  nom  de  la  lot  lel  - 
gieuse.  qui  tlnit,  il  est  protMble,  pi>r  so  croire 
plus  eu  droit  de  frapper,  puisqu'il  ii'agitaait 
il«  sa  propre  couservulion  (Ifiiwj. 

(l«l)  Amx,  irclieT«i|ne  du  Paris  FM^Utut- 
PéféH  AeCh^tu,  c.  16,  Yl,  18,  de.  -M.  l'alita 


1071 


GRË 


DICTIONNAIRE 


Tf'oublFons  pas,  su  rpsle,  que,  lorsqu'en 
t076  (ïrégoireddfiosa  Henri  pour  la  premièro 
fois,  cet  empereur  venait  d'essaj'Kr  de  faire 
déposer  1e  Pape  :  un  si  audncieui  essai  ap- 
pelai* une  répression  inouïe. 

A  des  époaues  d'onlre,  la  papauté  aurait 
eu  horreur  dune  telle  sévérité,  parce  que 
la  déposition  violente  d'un  prince  peut  ame- 
ner la  désorganisation  d*un  Etat;  mais  la 
iiécessiléd'un  pouvoir  suprême  qui  organi* 
«M  le  chaos  au  milieu  du  nmyen  âge  aida 
Iteaucoup  à  faire  regarder  comme  certaine 
une  t'iéonequi  sRiBulsil  indispensalile.  La 
démarrslion,  fort  peu  précise  alors,  des  li- 
TDÎtes  des  ilenz  puissances,  servit  aussi  i 
l'illusion  qui,  une  lois  établie,  fut  bien  des 
siècles  avant  de  s'effacer. 

En  1075,  un  complot  éclata  contre  Gré- 
"^ire  Vil  h  Rome.  Le  Pape  célébrait  les 
saints  mystères  la  nuit  de  Noël;  Cencîiis 
l'arrachs  de  l'autel  et  l'enferma  tout  san- 
glant dans  une  tour,  d'où  le  peuple  le  déli- 
vra. Neuf  ans  plus  lard,  ce  fut  Robert  Guîs- 
card  qui  le  tira  du  fort  Saint-Ange,  oiï  il 
élait  assiégé  par  Henri,  devenu  maître' de 
Rome.  Grégoire  se  rendît  b  Salerne,  où  il 
mourut  en  1085.  Jamais,  depuis  les  premières 
persécutions,  lesttnsps  n'avaient  été  si  ora- 
geux pour  l'Eglise,  et  jamaia  Pape  ne  f>t 
[)lu6  i  ut  rapidement  dévoué  h  lasauver. 

Son  nom  fut  inséré  dans  le  Martyrologe 
en    1580,  par  Grégoire   XIH,  et  l'an  1738, 

Bt^nolt  XIII  RiB  au  25  ' 

immortel  Pontife. 


)  mai  la  Ffttede  cet 


APOLOGETIQUE.  GRE  ||> 

«  Pontiftx  efftettw  omirino  lauttu.  •  Cm 
ment  les  philosuphea  n'ont-ils  pu  m  m 
idée  au  fond  de  I  Ame  d'HildebranULesi 
tème  tout  entier  est  \h. 

«EnelTet,  l'esprit  même  da  l'ioslitmi. 
du  Snint-SiégR  suppose  dnns celui  qui  l'c 
cupe  la  nécessité  de  la  perfection  mon 
Ce  n'est  pas  une  monarchie coiume  unei 
tre,  ifui,  née  deaconvenlionsdBfi  boinni 

f>orle  au  frontleurs  faiblesses.  Si  vouik 
ez  que  je  reconnaisse  sans  conlestiliun 
représenlation  permanente  de  la  Diiiaiiéi 
le  Saint-Siège,  si  vous  voulez léçilimerid 
que  moment  de  sa  d4irée  unenistiiuiioi 
eztraordinairet  il  faut,  comme  le  dém 
Grégoire  VU,  que  vous  me  moalrici  » 
interruptiont  sur  le  trfine  de  Diea,ii 
sanction  également  extraordinaire,  unei 
naMtitdtiuinU,  omnino  tOHetoi;  c'est  Iici 
dilion  ;  6  ce  prix  Je  monde  sdmellrt 
qu'on  exige  de  lui.  Pour  exercer  li  tau 
puissance  morale  sur  la  terre,  il  iid  m 
pas  que  d'autres,  en  d'anciens  temps,  li 
été  sublimes  à  votre  plaça;  il  faut  que  m 
Toyions  luire  Vauréole  autour  Oe  tu 
front,  et,  comme  vous  prétendez  à  uDt  si 
mission  non  interrompue  de  resprit,il> 
nécessaire  que  vous  exerciez  vous-iuè 
cette  autorité  non  interrompue  d'une  1 
"Vivante.  Ne  me  dites  pas  queGrégoirr,!* 
Urbain,  innocent,  et  laDtd'auiresdoutif 
em|)runtez  les  noms,  ont  été  des  smni 
«  mille  BDs;  je  veux  que  vous  en  sojdi 
Tons-mèmesujourd'bui,  pour  qoe  tari, 
monde  moral  se  mette  saos  conleilititl 
vos  genoux  (1625). 

■  Cette  idée  n'est  pas  seulement  le  (l 
-de  Grégoire  VII,  elle  est  celle  qui  ipr^ 
è  l'établissement  du  Saint-Siège,  ei  ii 
donné,  ti  ses  origines,  la  force  de  se  I 
duireet  de  croître.  Lisez  les  noiasdeij 
quante  premiers  Papes,  c'esl-k-dire  dw 
qui  soutiennent  TédiSce.  Ces  foM 
sont  tous  des  saints,  des  béros  du  w 
moral.  Par  Ib  vous  voyez  dans  quelli 


M.EDeARD-QDiKBT.  —  «  PoHt  releTOf  en 
m)  clin  d'oeil  l'Eglise  tombée  dans  le  gouf- 
fre, ce  tiéios  {Grégoire  VU]  avait  besoin 
d'un  greud  principe  qui  vint  légitimer  tout 
ce  qu  il  voulait  tenter;  et  je  ne  puis  trop 
Di 'étonner  que  personne,  dans  le  clergé,  ne 
dise  plus  rien  de  ce  premier  fondement  de 
8«n  autorité;  on  revendique  chacune  deses 
prétentions,  excepté  ta  sente  qui  donne  à 
toutes  une  sanr:lion  irrésistible.  Je  savais 
bien  qu'il  devait  y  avoir  dans  cette  grande 
Ame  une  idée,  un  sentiment  particulier  qui 
ïui  servait  de  levier;  et  véritablement  la 
découverte  n'était  pasdiOîcile,  puisqu'il  l'a 
montré  iui-oiéme  dans  sa  langue  lapidaire. 
C'est  une  chose  immense  que  l'autorité 
qu'ila  demandée  pouriui  et  ses  successeurs: 
être  le  roi  de  la  pensée  sans  qu'on  ait  mê- 
me le  désir  d'étever  une  contradiction  1 
Transporter  comme  il  lui  plaît  l'autorité,  la 
royauté,  la  propriété  1  Et  pourtant,  celle 
puissance  énorme,  je  m'engagea  la  reoon- 
naltreetà  laisser  toute  discussion,  si  te 
Saiut-Siégfl  remplit,  de  son  c6lé,  sans  in- 
tervalle, la  condition  ^^ue  pose  Grégoire 
VU  :  «  T«ul  Pape,  dit-il,  élevésur  le  Saint- 
«  Siège,  ilevieiit  4in  saint  :  Quo4AomaiHu 

CossM-w,  PfmvoiT  rfn  Pape  ou  majeii  4j«,  8*  éJil.,  bornes  des  divers  pouvoin  éuient  pw  *| 
li'panit!,  c.  1,3.  —  M{|r  ADïv  brii  nbwrver,  entre  (1025)  Lt  cnthotminu  et  laTii»ol'M»m 
Btui-cs  choses,  qu'au   lemps  de  Grégoire  VU  les     p.  US.  | 


la  papauté  s'est  engagée  etàqaelle 
tiou  la  terre  l'a  acceptée  dès  l'erign 
principe  de  ce  contrat  social  enirel'j 
Siège  et  le  monde  est  la  sainteté.  01 
toute  sanction  disparaît.  Pourqooi, 
ces  cinquante  noms,  la  liste  esl-elie  « 
épuiséeT  A  une  institution  qui  doit  él 
lement  représenter  Dieu  je  n'sccord 
on  moment  de  défaillance  ni  d'ivlen 
car,  on  aura  beau  faire,  jamais  le  i 
ne  consentira  aisémeni  k  oe  que  le  < 
de  Jésus-Christ  puisse  âtre  a o  four! 
vîolenl,  uu  liberlin,  ou  seuiemenl  ui 
commune.  Nous  pouvons,  sans  rd 
YOir  passer  des  hommes  vulgairesou 
criminels  sur  les  trônes  des  bomui» 
)es  Frelons  t  la  postérité,  et  cela  me 
pond  à  la  défaillance  de  notre  nature. 
sur  le  siège  de  Jésus-Cbrist  il  en  eii 
ment;  nou)  n'admeltons  ià  pour  i^i 


queJei  uÎDlsoa  les  héros  du  genre  ha- 
luia.  Je  suis  bien  esigeani,  allez-vons  dira . 
ElToos,  Dsl'ëles-Tous  pis,  qoi  prétendez 
occuper  sans  rien   laire  le  IrdnedeDiea 

Ce  fragmeiU  est  bien  long,  mais  on  ne  se 
lisse  pis  de  ci:er  H.  Qoinel.  Il  j  a  dans  son. 
lirre  bot  d'éclat,  tant  de  séi9  et  de  Jeu- 
nesse I...  Haibeiirensemenl  ce  n'est  pas  ta 
fonDB  lenle  qui  estjeane,  la  pensée  l'est 
bieapiDi  encore;  c*est-A-«lîre  qae  les  r^ 
fl'^iioos  de  l'auteur  étonnent  par  leur  inei- 
l^ieAce,  comme  le  saroir  qu  il  déploie  dé- 
sole par  mki  inexactitude. 

Qooique  ce  soit  une  chose  tonte  nalu- 
rtile  que  de  «opposer  k  la  conduite  de  Gré- 
goire VII  on  principe,  on  doit  cependant 
stioir  ^  k  M .  QoiDet  d'avouer  l'esistence 
diio pnncipe  de  conduite  cbez  ce  Pape,  et 
fie  s'éloigner  en  cela  de  son  maître  Vollaire, 
q:i  résuma  de  la  sorte  la  vie  d'Hildebrand  : 
«  L'Eglise  l'a  mis  an  nombre  des  saints, . . . 
iHsigesao  nombre  des  fous  (16S7).  ■ 

Ce  langage  de  Voltaire  n'est  pas  celoi  des 
AiÎTiiDi  térieax.  Protestants  ou  ortho- 
«]oiei,  ils  sont  généralement  d'accord  à 
<3ir«que  te  Pape  osa,  pour  le  salut  de  la  so- 
^élf  en  OeerdenI,  d'un  pouvoir  qae  t'opi- 
nion  pobliqne  lui  atlribuailL  soit  par  suite 
«isrot^nisaliOD  féodale,  soît  k  cause  des 
«Icttitiacbés  par  l'Eglrse  et  les  princes  i 
fncooifflunicalion  fJ638). 

M.Qatnel  a  parie  comme   ces   derniers, 

B'iii  pour  arriver  au  même  bot  que  l'auteur 

uer^not  fur /«*  msura;  il    loue    Croire 

lif.  Pape,  afin  de  ruiner  la  papauté.  Au 

-/«'le,  peu  imporleni  la  rtiSb  et  le  but  :  oc- 

rjpoos-nous  dea  prenves. 

On  Doos  dit  donc  que  Grégoire  Ironra 
i«Di  sa  sainteté  le  droit  de  commaeder  ap 
Doude,  et,  à  en  croire  notre  histori4n,  c'est 
e  FoDiife  eo  personne  qui  le  lui^  a  expli- 
|ué  doiu  la  tangue  lapidaire,  H.  Qoînet 
□rail  sagement  fait  de  supplier  le  Pontife 
l'emplojer,  au  lieu  d'une  langue  lapidaire, 
uo  langage  habituel,  pourétre  mienx  corn- 
ris  qu'il  ne  l'a  été  par  notre  auteur,  car 
■mais  Grégoire  n'a  dit  caque  H.  Quiuet 
esl  imaginé  entendre;  jamais  Hildebrafid 
*a  écrit  :  <  Tout  Pape  élevé  sur  la  Saint- 
iége  devient  uD  saint  :  Quod  katuaitv 
mUi/ei  efjUilur  oaMiiio  iohcùu.  >  Qu'a- 
MoncavaneélLe  voici;  c'est  kUérimanu, 
Èquh  de  Ueti,  qu'il  parU  :  <  Si  c'est  par 
rce    et  en  tremblant  que  ceux  qui  crai- 


iSZfi)  Le  emIkoUâuuetta  rjMteltmi  frmftùr, 

tu. 

iÇil)  Csaai  *ac  te*  mœtn  da  aatitiu,  c  16. 
fCi8)  t  Je  n'euminerai  pu,  dit  LeilmiU,  si 
m  ces  cbnws  sont  An  dmit  dirin.  Ce  qu'il  t  > 
.  ctsi  qB'cUa  MM  M  fmleê  mtee  an  mh- 
rà-bicB  |M  se 
. ,  Mées  an  bwn  de 
r  waveM  le  saint  des  imes  ei  le 
■  pulMie  MBt  robjet  dn  iBâtDe  seia...  U  est  ar- 
i.  par  la  connexinn  élroile  «iD'onl  entre  elles  les 
«ea  BBCrécs  et  les  yrobseï,  <|a'an  ■  cni  qne  le 
le  avais  n^a  fodqve  aaioriie  sur  les  mis  eas- 
■es.   •  (A  jars  lapnmmlM,  pan  ut,    Operum 


APObOCETfQbl.  6BK  i«U 

jnent  Dieu  arrivant  an  Siège  apo*lolii|att» 
sur  lequel  lesPoulifes  caDoniquemenl  or- 
donnés devittuunt  meiUairt,  par  les  mérite* 
■lu  bienbeureus  apAtre  Pierre,  avec  quelle 
crainle,  avec  quelle  frayeur  ne  doit-ou  pas 
s'approcher  du  Irftna  royal,  oîi  même  lai 
bous  et  les  humbles,  commoon  le  voit  par 
Saûl  et  David,  deviennent  plus  vicieux 
(1629)7  ■  Grégoire  «  donc  dit,  non  pas  qoela 
Saint-Siège  rend  les  Papes  saints,  aamùta 
ionctos,  mais  qu'il  les  rend  meilleurs,  mi- 
LHMES  iFFiciDifToa.  Gardons-nous  donc  ds 
la  langue  lapidaire,  si  nous  voulons  élce 
comiiris. 

<  Uatgré  une  si  palpable  altération  de  texte, 
H.  Quinet  cependant  n'est  pas  un  falsitica- 
teur.  Je  connais  bien  l'origine  de  son  er- 
reur :  elle  vient  de  ce  qu'il  ne  s'est  point' 
adressé  directement  au  Pape,  quoiqu'il  se 
flatte  de*  l'avoir  fait;  il  n'a  pas  ouvert  la 
correspondance  de  Grégoire  TU.  Pour  ju- 
ger un  tel  Pontife  et  nue  telle  administra- 
tion, il  s'est  Itornél  quelques  extraits  re- 
cueillis  par  Bossuet  dans  sa  critiqned'Hil- 
debrand,  et  où  on  lit  avec  douleur  ce  texte 
falsifié  :  Boceitat  Gregoritu  ViJ  ad  apostoli- 
eam  ledem  rite  ordinali>$,  merilit  btali  Pétri 
melioreteffei,  algue  omnino  lanetos  {1630}. 
Sera-ce  donc  Bossue!  qne  j'oserai  nommer 
faussaire? Dieu  m'en  gardel  Ne  sait-on  pàs 
que  sa  Défmee  de  la  déelaratitm  du  clergé 
çalliean,  é'où  l'on  a  tiré  cette  phrase,  est  un 
ouvrage  posthume  auquell'évéqnedellesux 
n'a  pas  mis  la  dernière  main,  et  d'où  .il  vou- 
lait retrancher  ce  qui,  dans  le  premier  li* 
vre,  regarde  Grégoire  VII,  par  conséquent 
la  texte  malencontreut  dont  M.  Qainat 
s'est  emparé  (1S3I). 

.    Or,  puisqueeellepbraseest  la  fondement 
de  l'explication  que  H.  Quinet  donne  de  la 
conduite  de  Grégoire  Vil,  cette  explicatiuik 
tombe  donnavec  la  phrase  imagiiuire. 
La  condition  de  aaioleié  sa/is  tache  im-. 

fiosée  aux  Papes  par  U.  Quinet  n'est,  d'aile, 
eufs,. qu'un  mol  irréfiécbi.  I/auteur  a  beau 
protester  que,  si  la  sainteté  ae  trouvait  tou- 
jours assise  sur  la  chaire  apostolique,  il  sa 
peosLernerait  et  le  monde  avec  lui  ;  ni  lui 
ni  le  monde  ne  feraient  auirechose  que  ce 
qu'ils  font.  Bn  effet,  quel  tribunal,  ooiver- 
sel,  inlaillible  et  toujours  écouté,  procla- 
merait tel  Ponlifesotni  el hérog du  genre  hu- 
mainT  Qu'on  en  juge  parUildebrand  ;  c'est 
le  Pape  que  parait  adopter  H.  Quinet;  il  1'^ 
saine  du   nom   de  héros;  mais  qu'il  nous 

L  IT.)— Toir^wscET,  DeffMu  .dfeUratiomt,  ele.^ 
I.  tv,  ctp,  17ellS. — Flecki, discoDrsS',  n*  1^— . 
L»cu>,  BiH.  fAiiQUierTe.  ad  ann.  1913.  —  lli- 
cutn,  Croutdet^t.  Iv,  p.  163,  i'  éJiL—  Eicapu, 
BUt.de  {"empire  el  de  droii  pmtntm,  c.St.n'  IS4, 
S*  édit.—  Teuies  res  ciiaiions  et  d'aaim  en  gnnà 
wmibre  ont  été  recacillie*  dam  le  irès-savaM  99- 
vrapt  de  H.  L'aklié  (;osuliD,.  Pomeoir  dm.  Pmpe  » 
auiutnàge. 


(1630)  . 


o  déclarât.,  W^i.  i,  secLi,cap.S.'ok 


l'on  die  de  Grégoire  VII  l'é^reSl  dn  huitiêmelivra. 
(ICSI)  befeiià*  dteU,  pnlitia  :  Cogtiahrt...  M(- 
lere  M  «Muria  f««  Crr^oriNM  Vit  lam§etaiil. 


ins 


CRE 


dit*  maintflnaDi  cummeni  Voltaire  l'nppe- 
lait  :  il  |0  nommait  un  fou.  Saint  Grégoire 
leCrandesl  fiicore  un  Souverain  PontlTe 
aimé  de  M.  Quinel.  Or,  saît-on  bien  ce  qu'il 
••si  pour  M.  Augustin  Thierry?  Il  est,  k  son 
avis,  un  Pape  qui  loua  complaiiamment  la 
piété  d'une  reine,  soigneuse  pourtant  de 
peupler  de  itelles  esclaves  le  harem  de  son 
peliUfils  (1632-33).  On  pourrait  aisémeDi 
protongerce  parallèle. 

Il  y  a  plus,  c'est  que  la  demande  de  no- 
ire auteur,  malgré  toute  )b  pompe  de  style 
qui  la  décore,  n'aboutU  au'a  un  iion-aens. 
H.  Quioet  consent  è  obéir  l  la  papauté  s'^ 
la  voit,  iatu  intervalle,  lani  interruption, 
tant  défaillance,  toujour»  lainte.  Supposons 
«loue  que,  de  saint  Pierre  è  Pie  IX,  tous  les 
Souverains  Pontifes  aient  Uriltâ  par  l'hé- 
roïsme de  leur  &ain(eté,  M.Quioel  se  sou- 
inetlrail-U?  Il  s'en  gariiemit  bitn.  «  Qui 
donc,  demandera il-il,  qui  donc  attestera 
que,  d'ici  à  la  fin  du  monde,  il  n'y  aura  pas 
|)our  la  sainteté  des  Papes  interruption  el 
'JéfailiancH.  >  D'après  le  principe  paradoxol 
de  la  nécessité  d'une  sainteté  héroïque  et 
continue,  cène  serait  donc  qu'à  la  vallée 
de  Josaphat  aue  l'on  saurait  si  l'on  doit, 
ouiou  non,  oLéirau  Saint-Siège.  En  <rérité, 
ce  serait,  je  crois,  un  peu  lard.  Le  plus 
sage  est  donc  de  continuer  à  vénérer  avant 
tout  dans  le  Pape  le  auccesseur  de  saint 
Pierre. 

H.  Quioet  B,  de  plus,  rappelé  la  siilntel4 
des  premiers  évéques  livi  Home  ;  il  a  cru  j 
âltercevoir  la  cause  du  pouvoir  de  la  pa- 
pauté àii  Forigine  el  la  loi  éternelle  imposée 
aux  Psfies.  Or,  coçame  nous  le  prouverons 
plus  lard,  1'  la  raison  de  l'autorité  univer- 
selle des  évéques  de  Rome,  la  condition  in- 
()is|ien5iiblo  exigée  d'eux,  c'est  le  litre  de 
successeur  de  saint  Pierre  ;  2*  celle  autorité 
ilnrit'il  di»  l'origine  et  reconnue  ici  par 
M.  Oiinot,  cet  écrivain  In  nie  autre  part  :  il 
lie  l'ei  Iruvoit,  au  v*  siècle,  qu'un  instant, 
el,  pour  la  retrouver,  il  attend  le  si'  aiëcle. 
Par  conséquent,  d'après  lui-même,,  ce  ne 
fui  pns  la  sainteté  des  premiers  évéques 
de  Rome  qui  les  investit  de  la  souveraJnelé 
dans  l'Eglise. 

Faisons  donc  maintenant  ce  que  M,  Qui- 
nel fera  plus  lard;  oublions  sa  systématique 
Opinion  que  la  sainteté  d'un  Pape  constitue 
sa  légitimité. 

11  n'est  pas  inutile  de  noter  que  celle  idée 
mise  sur  le  compte  de  Grégoire  VII,  et  c|ue 
M.  Quinet  dit  avoir  découverlt;  le  premier, 
n'est  qu'un  emprunt.  Cotte  croyance  attri- 
buée h  l'illustre  Ponlife,  ainsi  que  le  texte 
fautif  sur  lequel  notre  historien  l'appuie, 
c'est  une  double  suiTpositioo  qu'on  lit  dans 
Bossuet,  k  l'endroit  déji  indiqué  (163&). 
U.  Quinet  a  copié,  il  l'oublie,  et  prétend 
avoir  deviné. 

Il  y  aurait  bien  encore  quelques  remsr- 


DICTIONHAIRR  APOLOGETIQUE.  GIT  m 

ques  accessoires  k  faire  sur  le  fl-iginnil  qu 
nous  étudions  ;  nous  nous  arrïterons  k  udc 
seule. 

La  liste  des  saints  Papes  semliIfllH.Qui 
net  comme  close  anrès  cinqoaale  iioiii). 
Mais  serait-il  dnnc  nomme  k  croire  que  l< 
Martyrologe  est  une  sorte  d'ilmaDiclidt 
la  cour  céleste,  el  que  tous  les  uinii  oniti 
la  précaution  de  s'y  faire  imcrireTCtt 
goire  VII  avait  meilleure  opinion  deirspré 
décesseurs  ;  sur  les  cinquaate-huii  Fipt 
qui  l'avaient  précédé,  il  en  reganlailifm 
près  les  deux  tiers  eomme  saiols,  i«  la 
trompe,  comme  de  très'graads  uidli  :  fu- 
me cenlum  inter  itautittimot  eonpvtaia 
(1635J. 

in. 


La  maxime  que  Grégoire  VII  a  émJHii 
l'amélioration  morale  des  Souverains  Pot 
tifes  élus  canoniquement  est  prouTéf,il)i 
sa  lettre  à  Hérimann,  par  le  lémoigoiged 
l'un  de  ses  prédécesseurs  et  par  si  pni|l 
expérience.  Quoique  M.  Quinet  d'iII  pi 
abordé  ce  point  de  vue,  nous  nous  ta  tôt 
parons,  parce  qu'il  complète  notre  deniii 
paragraube,  et  qu'il  s'y  rencontre  use  iM 
tabla  difficulté  à  résoudre. 

■  Si  c'est,  dit  Grégoire,  par  forceill 
tremblant  que  ceux  qui  craignenl  Dieu  n 
vent  au  Siège  apostolique,  sur  le(ii>el|j 
Pontifes  canoniquemeni  ordonnés  if'm 
nent  meilleurs  par  les  mérites  da  bieD^' 
reux  apdire  Pierre,  avec  quelle  crainie,  ' 

auelle  frayeur  ne  doit-on  pas  s'apprt 
u  trÂne  royal,  oil  même  les  boas  et 
humbles,  comme  on  le  voit  par  Saûl  el 
vid,  deviennent  plus  vicieux  ?  ■  Surce 
nous  venons  de  dire  du  Siège  apoiiolif 
on  trouve,  dans  les  décrets  du  bicDhc" 
Pape  Symmaque,  eeèi,  que  nous  5 
d'ailleurs,  par  expérience  :  «  Le  bit 
reux  Pierre  a  transmis  à  ses  suc( 
son  impérissable  trésor  de  mérites  arec! 
ritage  de  son  Innocence.  »  Et  un  peu  r 
■  Qui  donc  doutera  de  la  sainteté  de 

3ui  est  élevé  i  la  hauteur  d'une  si  si 
ignité?  S'il  manque  des  biens  acquii 
ses  propres  mérites,  il  lui  suifîl  de  ceuii 
lui  laisse  son  prédécesseur  sur  ce  m 
ca'r,  ou  il  élève  des  hommes  dislingii^iij 
faite,  ou  ceux  qu'il  élève  il  les  rend  illu! 
(1636}.» 
Telles  snot  les  perolesdeSyniinBqu<>iBi 

3uées  par  Grégoire  Vfl.  Or,  ni  l'un  ii>  '  ' 
e  ces  deux  Pootifes  n'a  prélenduyai 
d'autre  sens  que  celui  d'une  graade 
danca  de  grAces,  et,  par  conséqueuL,  il 
amélioration  morale  pour  les  succeii 
de  saint  Pierre.  C'est  ce  que  nous  vo 
prouver.  Nous  devons,  pour  cola.npf 
d'abord  l'origine  de  ces  maximes  ùOaii« 


(16SS-S3)  Biiteirt  de  k  etMfuiU  de  l'Ânat^gne,      tlW. 
t.  I,  t.  1.  (1635)  Ep.  K,  n.  SI, 

(I6U)  Defttuio  dtcUrat.,  etc.,  uii  êupra,  c.  10         (1G36)  Ep.  8,  n.  St. 


m 


NCTIUNNAIIIB  APOLOGETIQUE. 


CRE 


iOïtf 


mu  b  ptfuulé,  et  que  l'on  dil  tire  de  Sym- 

uqup. 

Ce  Ponlifa,  ayant  été  catomoiensement 
ecuid,  eoDSonlil  à  âlre  jugé  par  un  concile  ; 
[f  futjcquillé.  maia  I  attaque  continua  et 
tippi  sa  même  (empa  le  concile.  Le  diacre 
ïuiodju),  poêla  et  orateur  alors  fort  distln- 
uj,  écrivit  l'apologie  cl«  ce  noble  ctient  et 
tuf^gph  ei  lut  son  irarail  dans  une  an- 
-e  ssHBiblée  d'érAcjges. 
■  Après  que  l'écrit  d'Snnedius  eut  été  Tu 
ins  le  concile  do  Rome,  dit  Fleurr,  les 
riques  rspppouTèreot  tout  d'une  Yoii,  et 
rai:  (Quecet  écrit  soitreçu  de  tout  le 
Qionde,et gardé b  la  poslérilttenlr&^tesacles 
de  noiracoucite.  coisnieaf  ani  été-composé 
Vir  iOD  aulorité.  •  Le  Pape  ordonna  qu'il 
im'a  au  nombre  des  décrets  apostoliaueS' 

Or,  c'est  h  celle  apologie  qu'appartient  la 
tl«  cilé  par  Grégoire  VII  commn  étant  de 
imoiique  lui-mfiaie,  parce  que  ce  Pape 

blOjlIl. 

tour  saroir  quel  sens  Srmmâque  et  le 
oeile  altanbaieiit.aux  parofea  d'Bnnodius, 
MUS  sulSra  de  eoalinuer  Is  lecture  des 
lu  lynodaut,  où  nous  trouvon»c»s  mots: 
Ui  éréques  demandèrent  eosuile  la 
DdamnatioD  de  ceux  qui  araient  accusé 
Pape  et  attaqué  le  concile.  Hais  le  Pape 
il  que  ses  persécuteurs  fussent  traités 
^doucement,  déclarsot  qu'il  leur  pnrJon- 
lit. Tguiefoie,  pour  prévenir  de  tela  maux, 
AiFiinila  l'obserTBtion  des  anciens  canons, 
U'iril  lesquels  lus  ouailles  ne  doivent  ac- 
ier leur  pasteur,  s'il  n'erre conlru  la  foi, 
ti'ii  ne  leur  a  fait  tort  en  particulier.  La 
•Bière  de  ces  «xceptioos  est  remarqualile, 
Ve  Fleury,  puisque  le  Pape  y  reconnntt 
t  loui  évoque,  et  lui-tnéme,  peul  âtra 
lue  d'erreur  contre  la  foi...  Le  concile 
(Irma  toutes  ces  règles  (1638).  ■ 
'm  n'esl-il  pas  un  commentaire  safllsant 

IMtélioues  hyperboles  d'Ennodius  adop- 
I  par  las  Pères  du  concile  t  Puisque  les 
ques  couvienoent,  et  Symmaque  avec 
>•  que  le  Pape  n'est  point  impeccable, 
il  peut  violer  l'équilé  et  mémo  la  foi, 
te  le  croyaient  donc  pas  devenu  irréro- 
{emenl  saint»  en  moataot  sur  le  aiége 
ttiut  Pierre. 
ki$  Hildebrand  a-t-il  su  comme  eux  ne 

pri-Ddra  fc  la  lettre  les  fllisles  exagéra- 
M  du  diacre  rhéteur  envers  le  Pape! 
Ma  tout  aussi  sagement  comprises  que 
«maqne  et  le  concile  ;  nous  en  avons  eu 
t  la  preuve  dans  l'épltru  mtme  k  Héri- 
nii  puisqu'il  y  soutient  seulement  qu'on 
MaiiL  sur  le  Saint- Siège  on  devient  miil- 
'•  eL  oue  c'est  là  tout  ce  qu'il  a  voulu  éla* 
'par  la  citation  du  lémoigoage  de  Sym- 
pie. 

fund  donc  Bossoet  (que  son  génie  iM 
lionne  1)  reproche  k  Grégoire  VU  d'avoir 

4^21  LuK,  Coneil.,  Sjaoim  Konana  v,  ad 

.E03.  _  Flei'ii,  I.  xix,  C.  Ni. 

I63S)  Lamk  cl  Flcubi,  kM  Mpra. 

1C39|  IkftHth  dtclnrmhiiit,  etc.,  lib.  i,  sec),  i. 


txagéré  le»  parolti  de  Symmaqut,dant  tt'oi^ 
rail  dil,  au  eontraira,  donner  une  Unigne 
MtrpritaHon  [M39),  ir  commet  une  doulila 
inexactitude  :  l'une,  en  supposant  que  Gré- 
goire a  exagéré  la  phrase  d'Ennodius  ;  l'aû' 
tre,  en  supposant  encore  que  cetia  phrase, 
après  l'interprétation  fournie  par  Symma- 
que,  a  besoin  d'un  nouvel  adoucissement; 

Grégoire  se  croyait  si  peu  à  l'abri  du  pé- 
ché, il  tenait  si  peu  6  se  faire  croire  doué 
d'impeccabilité,  qu'il  se  nommait  souvent 
pécheur.  ■  Ce  qui  m'excite  surtout,  dit-il  k 
Wozelio  de  Magilebourg  el  i  ses  sulTra- 
ganls,  c'est  la  crainte  d'être  accusé  devant 
le  souverain  juge  par  la  négligence  de  l'ad- 
ministration qiii  m'a  été  confiée.  »  -—  ■  Plus 
sont  violentes  les  ten^iétes  qui,.de  nos  jours 
et  ft  cause  de  nos  péchés,  battent  l'Eglise, 
écrit-il  h  Humbcrt,  8rchev6([ue  de  Lyon, 
plus  nous  devons  avoir  soin  de  réunir,  pour 
sa  défense,  nos  avis  et  ce  que  nous  avons 
de  force.  >  Il  dit  aux  Germains  :  «  Ce  sont  nos 
péchés  qui  attirent  les  maux  de  l'Eglise... 
ai  nous  appliquons  le  remède  de  la  péni- 
teiice  aux  maladies  de  nos  fautes  ;  si,  corri» 
géant  nous-mêmes  sévèrement  nos  excès  et 
nos  négligences-,,  nous-  soumettons  nos 
mœurs  i  la  règle  de  lft-jtutïce,.ceriainement, 
avec  le  secoura  de  la  vurtu  d'en  haut,  la 
rage  de  nos  ennemis  tombera  bientèt.  ■ 
Comme  on  lu  voit,  Grégoire  se  comptait  tou- 
jours au  nombre  des  pécheurs  qui  irritaient 
Dieu  contre  les  Chrétiens.  Il  s'écrie  ailleurs  : 
■  Je  dis  souvent  ft  Dieu  :  U&tez-vous,  hâtez- 
Toua,  peur  l'amour  de  la  bienheureuse  Ma- 
rie el  de  saint  Pierre,  délivret-moil  Mais 
parce  que,  sur  les  lèvres  d'un  pécheur.... 
>i  n'y  a  pas  d'oraison  sainte  et  digne  d'être 
promiUement  accueillie,  je  vous  prie,  je 
vous  supplie,  je  voua  conjure  de  presser 
sans  relâche  ceux  dont  la  vie  pieuse  mérite 
d'être  exaucée,  pour  qu'ils  intercèdent  en 
ma  faveur  (I6M}.  » 

Grégoire  VII  ni  Symmaque  n'ont  donc 
enseigné  que  tout  Pape  soit  Décesssirement 
sainl. 

jiu. 
Grigolra  YUbrlM-t-U  VésêacoçtAt 

M.  QciMET.  —  «  A  quelques  égards,  Gré- 
goire VII  est  le  Napoléon  de  l'Eglise;  il  a 
fait  le  18  brumaire  du  catholiciame,  nou- 
velle révolotion  dans  le  gouvernement 
spirituel,  qui  prétend  n'eu  subir  aucune. 
La  démocratie  de  l'Eglise  primitive  avait 
été  remplacée  parla  féodalké  des  évftques; 
ees  barons  de  l'Eglise  se  brisent  dans-  les 
mains  du  moine  Hildebrand;  il  reste  un 
pouvoir  unique,  absolu,  infaillible.  Gré- 
goire VII  a,,  comme  Napoléon,  ses  assem- 
blées muettes,  ombre  des  anciennes  déli- 
bérations pi  y  a  autant  de  différence  entra 
les  conciles  de  Kome  et  las  eonciles  de 
Nice»  qu'il  yens  entra  le  Corps  législatif  et  . 

**flMO)  Vf.  1,  n.  S9-7SA  n.  »49;  K,  n.  UJ, 
a.  9. 


107» 


GRE 


DICTIONNAIRE'  APOtOGETIUUE. 


cnE 


m 


l'Assemblée  consttluanlc.  Quand  on  lit  les 
lettres  de  cet  enapereur  de  t'Ëglise ,  0[i  voit 

3ue  son  grand  cœur  était  coiiliauellement 
échiré  fiar  la  situalion  de  la  cljrétinnlé,  et 
P8r  les  obslacles  terribles  qu'il  renconlr&il, 
a  sa  réforme,  dans  los  seigneurs  du  citirgé. 
Cequi  renduitsn  victoire  légitime  et 'pos- 
sibiCi  c'l-sI  qu'en  b^i^B^I  la  suzeraineté  des 
barons  spirituels,  il  rentrait  par  là  dans  Is 
vieille  égaillé  de  l'Eglise  primitive.  Com- 
bien de  fois  n'esl-il  pas  arrivé  que,  dans 
les  moments  de  péril,  le  grand  peuple  de 
l'Eglise  tournait  les  j^eut  vers  Grégoire  VU, 
comme  s'il  eût  absorbé  en  lui  toute  la  chré- 
tienté I  C'est  ainsi  que  le  monde  voyait, 
dans  Napoléon,  l'imaga  vivante  de  la  dé- 
mocratie; le  capuchon  de  liure  a  c&uvect 
l'usurpateur  de  l'Eglise,  comme  la  redin- 
gote grise  l'usurpateur  de  la  révoluti'>n.  Meis 
aujourd'htii,  qui  sera  assez  avisé  [lour  éler- 
niser  l'absolutisme  de  saint  Pierre,  sans 
l'âme  et  les  lettres  de  Grégoire  VII!  il 
serait  plus  aisé  d'éterniser  l'empire  sans 
Uarengo  et  l'empereur  (1611).  » 

Nous  examinerons  ailleurs,  h  propos  iJe 
VBittoire  de  la  civilitation,  cette  division 
«les  siècles  chrétiens  en  époque  démocrati- 
que, féodale  et  moQarchique,  emprunt  fait 
è  H.  Guizot  par  M.  Quinet,  avec  cette  seule 
dîB'érence,  que  ce  dernier  retarde  jusqu'au 
XI*  siècltj  l'avènement  de  la  monarchie  dans 
l'Eglise,  tandis  que  M,  Guizot  l'inaugure 
au  IX*  siècle,  sous  Nicolas  I".  Nous  devons 
uous  attacher  ici  h  vériGer  les  preuves  que 
l'on  Dous  donne  ou  despotisme  do  Grégoire 
sur  l'épiscopat,  Onjea  apporte  deus  :1e 
laiiUame  des  conciles  de  ce  Pape,  et  le  re- 
cours des  populations  b  l'autorité  du  Saint- 
SiégiB.  Hais  par  quel  fait,  par  quel  témoi- 
gnage conttimporain,  H.  Quinet  établit-il 
la  servilité  prétendue  des  synodes  romsir.s  T 
Comment  monlre-t-il  que,  si  les  peuples 
recoururent  au  successeur  de  saint  Pierre, 
ce  tut  parce  que  la  .papauté  absorbait  toute 
l'Eglise  TNuTsoucl  de  tout  cela,  et  l'auteur 
ne  nous  répond  que  par  les  mats  relentis- 
sanls  de  18  /brumaire  et  de  capote  grise, 
éclatants  souvenirs  sans  doute,  mais  qui  ne 
vaJent  pas,  dansceltecirconstance,  lamoin- 
dre  des  preuves,  fût-elle  du  plus  mauvais 
latin  du  XI'  siècle. 

L'histoire,  plus  patiemment  interrogée, 
aurait  appris  è  H.  Quinet  que  Grégoire  VU 
respecta  iDuioucs  l'autorité  de  l'épiscopat, 
(ja'il  laissa  les  conciles  jouir  de  toute  leur 
libefté  ,  et  vit  les  peuples  recourir  à  lui, 
non  pas  comoie  au  chef  unique,  mais 
cotome  au  chef  suprême  de  la  société  cbr^ 
tienne.  ■'- 

i'  CmciUt  de  Grégoire  VU.  —  M.  Qui- 
net, en  songeeDl  aux  assemblées  ecclésias- 
tiques du  xi*  siècle  ,  se  rappelle  la  liberté 
des  prélats  délibérant  sept  'siècles  avant  à 
Nicée,  et  il  la  regrette.  Ce  souvenir  et  c<9 


regret  m'élonnenl  de  .la  part  il'tin  é^riTiin 

3ui,  quelques  pages  plus  haut,  nous  ilitiii 
u  premier  cûncife  œcuménique  de  Nif*e  : 
•  L«  minorité  y  fat  constammpnt  menacée 
par  l'emiiereur,  et,  h  la  fln,  obligéetle!;^  dé- 
dire (16^2).  »  Il  est  triste  que  les  atGrm^ 
lions  de  H.  Qtiiuet  changent,  sur  an  mi!niE 
point,  selon  les  besoins âe  chaque  nouvtlle 
îhëse,  et  que,  loraqa'il  cessa  de  contredire 
l'histoire,  ce  soit  ponr  se  contredire  lui* 
même.  . 

I,es  dix  ou  onze  conciles  tenus  k  Rome 
sous  le  pontificat  d'Hildebrsnd  oiitélérxr- 
faitement  libres  (i6Ul.  Quotqu^l  r)e  Doai 
reste  sur  ces  assemblées  que  des  récit)  trofi 
breTs,  et  se  bornant  b  peu  près  ï  cofisUlrr 
l'époiiue  de  chaque  concile,  les  décrets  etlr 
nombre  des  évoques  présents,  nous  tm- 
nonlrerons  cejiendanl des  preuves  JbfBsa me 
de  1«  liberté  des  discussions.  i 

C'était  non  pas  pour  «ppronveren  inttK 
mates,  en  muets,  mais  pour  donner  leur  | 
avis  que  Grégoire  convoquait  les  prélil). 
Nous  vous  appelons  au  concile  avec  m 
sulTraganis,  dit -il  à  Sicoard ,  sreheih;ii9 
d'Aquil^e,  ■  pour  être  armé  en  faveur drij 
liberté  ecclésiastiqae  et  de  la  religion.  tf<e 
d'autant  plus  d'assurance  et  de  force  qoE 
nous  aurons  été  entouré  plus  atioDdg[Din«it 
et  de  plus  près,  soit  des  conseils  de  nin 
prudence,  soit  do  la  multitude  et  dei  s)^ 
avis  de  nos  autres  confrères  {16U).tLi 
Pape  écrivait  à  Guibert  de  Raveune  :  •  Nous 
TOUS  prions,  uous  vous  invitons  i  foii 
rendre  au  concile  ,  a&u  que,  par  lei  eOoris 
de  votre  prudence  et  de  celle  de  nos  autres 
frères  ,  pur  votre  force  spirituelle  et  |« 
votre  sagesse,  les  projets  des  impies  soient 
déjoués,  et  que  la  religiou  chrétienn«5')il 
fortitiée  dans  la  liberté  et  la  paii  où  ri:i  ; 
fut  foudée  [1045}.  «  Grégoire  désire  la  ft-  1 
sence  des  évéques  et  (Tes  abbés  brelDv:  I 
H  C'est,  leur  dit-il,  pour  que  nous  puissiw< 
unis  à  voub  et  aux  autres  membres  dex'-'t 
urdre,  chercher  avec  un  zèle  éclairé  eleit- 
cuter  ce  qu'exigent  notre  niioistère  (i<i 
religion  chrétienne  (1646).  »  Touiei  «> 
invitations  ne  sentent  pas  le  desjKiiB  <S^' 
ne  veut  auprès  de  lui  que  des  apjin^ 
leurs. 

Or,  cette  part  active  dans  les  délil)ér>- 
tioDS  et  celte  liberté  promises  par  leSo^- 
verain  Poniifo  aux  prélats  »  ceux-ci  en  um- 
ils  véritablement  jouil  Qu'on  enjogeii' 
le  fait  suivant  : 

Le  synode  romain  de  1079  fut  réADip^ir 
examiner  la  doctrine  de  Bérenger,  anJ»- 
discre  d'Angers,  qui  niait  la  présence  rét'ii 
dans  l'Eucharistie.  ■  Tous  s'éUnt  asseaili><'^ 
dans  i'église  du  Sauveur,  on  discourui»'!' 
te  corps  et  le  sang  de  Notre-Seigneur  J*n«- 
Christ;  car  précédemment  beaucoup  I** 
saient  d'une  manière  et  quelques  lo^ 
d'une  aatce  façon.  La  plus  grande  iirtu 


'      (iUt)  Vbi  ivpra. 

(1645)  hkm,  Concil.,  aJ 
concilii  vi. 


(t«U)Ep.  l,n.  4S. 

(1645)  Ep.  2,  n.  4i. 

.  107»,  sub  Itiiew         (l«il>]  Ep.  i.  a.  1. 


m 


MCTMHINURE  APOUKETIOL'E. 


GRE 


WM 


j/clinient  que,  par  Ins  paro'09  de  l'oraisrm 
urrfe,  par  fx  consécralion  du  prëlre  et  l'in- 
miltk  opération  da  Sainl-Esprit,  le  paiaet 
le  iio  sonl  changés  substnntiellemeDl  au 
edrpsda  Seifpuiurnédp  la  Vierge,  suspendu 
i  [i  croii>  el  su  sang  que  la  lanre  du  soldat 
uiconler  de  soocâié;  ils  s'appuyaient  de 
lOBtei  maiiièrei  sur  l'autorilë  des  snints 
Pères  oribridoxes,  taol  ftrecs  que  latÎDJ. 
Hais  qoelques-uus,  frappés  d'une  profonde 
cl  longue  eécîté,  se  Irompanl  eui-mémes  ul 
lfs»Dires,par leurs csTillalions,  l'efforçaienl 
^montrer  que  ce  n'usl  qu'uue  figure,  que 
le  corps  substantiel  est  assis  à  la  droite  du 

Père Toutefois,  dès  que  la  question  eut 

éli  entamée,  aiaal  mémo  le  Iroisièinp  jour 
de  la  réunion  du  synode,  la  partie  adTer<e 
cessa  de  lutter  contre  la  «érilë;   le  feu  de 

l'EfpHl-Saint    consuma   cette   paille 

Eaiîo,  Bérenger,  auteur  de  celte  erreur.ifont 
Il  enseignait  depuis  si  longtemps  l'inijtiété, 
cofifeua,  en  présence  du  nombreux  con- 
cile, qu'il  s'était  trompé  et  demanda  par- 
don {iWI).  ■  Saint  Brunoo,  plus  tard  évËque 
(le  Ségni,  fut  le  principal  antagoniste  de 
Bérenger  dans  cette  assemblée  (16V8).  Ce 
débat  de  plusieurs  jours  nous  montre  quelle 
»Diple  liberté  Grégoire  accordait  &  ses  sj- 
coles. 

Après  on  coneilB  de  l'an.  1073,  Grégoire, 
doot  quelques-uns  blAmaieut  la  sévérité, 
^riTiti  l'empereur  Henri  :  ■  Pour  que  ces 
"Utnis  ne  tous  parussent  pas  excessifs  ou 
Jaiques,  poor  que  tous  ne  fussiez  pas  éma 
daehsDgemeot  des  coutumes  mauTai3es,je 
Tou  «Tais  maodé,  par  vos  fidèles,  de  nous 
«■Btiijer  des  personnages  sages  et  religieux 
de  lotre  royaume,  afin  que,  s'ils  pouvaient 
bidntrer  de  quelle  manière  et  faire  com- 
f^ndre,  saiu  l'bonneur  du  Roi  élernel  et 
S4D3  péril  pour  nos  âmes,  en  quoi  il  est 
possible  de  tempérer  la  sentence  promul- 
guétt  i>ar  les  Pères,  nous  condescendissions 
1  leurs  conseils.  >  Il  lui  répète  encore  ail- 
leurs la  même  chose  (16V9J.  Il  ne  redoutait 
ionc  pas  la  discussion. 

Au  troisième  de  ses  coociles-;  l'an  1076, 
*n  envoyé  de  Henri  ayant  lu,  en  présence 
1«4  Pères  stupéfaits,  une  sentence  de  dépo- 
itioa  contre  le  Pape,  celui-ci  voulut  répoa- 
Ire  par  une  sentence  pareille  contre  1  eoa- 
■creur;  mais  l'histoire  n'oublie  pas  de  faire 
■emarqaer  qu'il  recueillit  d'abord  l'atis  des 
asDt  dix  prélats,  et  que  ce  fut  d'après  leur 
ugemeni  qu'on  prononça  l'arrêt  (1650).  Plus 
ard,  en  1063,  au  neuvième  concile  romaia, 
la  suite  de  nouveaux  outrages  de  l'empe- 
iriir,  Grégoire  songeait  i  réitérer  nomina- 
iveoieat  contre  lui  l'excommunication 
u  lérieuremeol  lancée  d'une  manière  gé- 
lénle  contra  les  euuemis  du  Samt-Siége; 


les  évèqucs  l'en  détournèrent,  et,  qaoique 
avec  bien  de  Ta  peinp,  il  ce  la  (1651).  II  n'e^t 
donc  pas  vrai  que,  devant  le  Pape ,  les  pn'» 
lais  n  eussent  qu'i  incliner  la  léle  en  stgnf. 
d'approbation. 

Je  suis,  au  reste,  Irès-persuadé  -qu'il  ne 
dut  pas  souvent  y  avoir  une  vive  opjiosilion 
dans  les  synodes  convoqués  par  Bildebrand, 
rar.  qni  esl-ce  qiii  se  rendait  i  son  invita- 
tion? On  y  renconlraJt  ceux  qui  aspiraient, 
comme  ce  Pontife,  &  une  réforme  des  mœurs 
sacerdotale!^,  ou  ceux  qui  venaient  implore? 
leur  pardon.  Plusieurs  éptires  de  Grégninl 
nous  apprennent  q>ie  les  partisans  de  l'iit' 
continence,  de  la  simonie  et  des  inveslitu 
res  impériales,  se  gardaient  bien  de  paraî- 
tre dans  ces  conciles  réfor.nateurs,  et  pré- 
feraient  les  B'-semblées  lumullueuses  ou  ils 
déposaient  le  Pape  et  menaçaient  d'assom- 
mer les  évèques  qui  leur  i)arlerBienl  des 
nouveaux  décrets  romains.  C'était  donc  le 

fiarti  du  désordre  et  non  pas  la  liberté,  qui 
oyait  les  conciles  de  Grégoire.  U.  Quinei 
B  négligé  celte  distinction,  et  c'est  pour  cela 
qu'il  n  a  cru  apercevoir  autour  au  Sainl- 
Siége,  dans  ces  synodes,  que  des  muets. 
Point  du  tout,  c'étaient  des  juges  tous  d'ac- 
cord. 

2*  Recourt  dtt  peapU§  à  Grégoire  VII.  — 
Dans  toute  administration  régulière,  on 
doit  pouvoir  en  appeler  d'un  chef  inférieur 
h  UQ  chef  supérieur;  on  remonte  du  maire 
au  préfet,  du  préfet  an  ministre,  eomtne  on 
en  réfère  de  la  sentence  d'un  tribunal  à 
celle  d'un  tribunal  plus  élevé.  Il  en  est  de 
même  dans  l'Eglise;  on  va  de  l'évèque  au 
métropolitain,  du  métropolitain  au  Pape. 
Aussi,  quand  les  habitants  d'iiuola,  de  Pié- 
sole,  de  Brème,  etc.,  etc.,  se  plaignaient  k 
Grégoire  de  leurs  évèques,  ils  s'adressaient 
i  raulorilé  supérieure,  mais  sans  nicrculle 
de  l'épiscopat.  Cet  appel  à  Rome  ne  suppri- 
mait pas  l'épiscopat,  puisque  chaque  jour 
les  évêques  et  les  archevêques  invoquaient 
eux-mêmes  le  Pape  comme  le  juge  en  der- 
nier ressort  de  tous  les  démêlés  (1652);  et 

.  iwurtacit  ils  ne  pensaient  pas  abdiquer  par 
cette  démarche. 

Grégoire  n'abusa  jamais  de  ce  recours 
universel  pour  diminuer  jt  son  profit  l'au- 
torité des  divers  degrés  de  la  btérarcbia 
ecclésiastique.  Nous  le  voyons,  an  contraire, 
travaillant  auprès  de  la  ville  de  Venise  pour 
qu'elle  ue  fût  pas  si  parcimonieuse  envers 

,  son  patriarche,  qui  ne  pouvait  soutenir, 
sans  l'aide  de  l'Etat,  te  rang  conven.nbls  k 
sa  dignité  sublime  (1653).  Il   renouvela  les 

firiviléged  qui  décernent  au  siège  de  Lyon 
a  primatie  des  Gaules  (ICU).  S^il  parle  d  u 
métropolitain  à  des  évêques  récBlcilra^l^. 
c'est  pour  le  nommer  le  maître  de  cas  der- 


riUT)  LiBBE,  ad  ano.  1079.  Concil.  «1.  —  Bol- 
hskuir,,  Uiô,  L  Tl,<Ue  iiT-,  VU,  S.  Crtgarii  Yll, 
.   2.  n.  8,  p.  136. 

t  16«9)  £».«.■.  30;  S.  11. 10. 
•  lluO)  ttoLuncs,    mki  n^ra,  cap.  7,  n.  62,  p. 
:^:ap.\.  ■.6,  p.  lU;ap.i,  n.5,  p.  119. 


ft65l)  BeLumos,  op.  %  n.  16.  p.  I4S. 

(1652}  Il  ;  a  pea  de  pages,  dans  la  correspon- 
dance de  Grégoire  TU,  oà  l'on  ne  iranve  une  ré- 
ponse a  qMlqge  rédaniitiOD  de  ce  genre. 

(1653)Ep.  S,  n.  59. 

(1651)  ^.  6,  n.  SI  et  35. 


1085 


DICnONNAIRB 


r.' 


niers  (16S5].  Ce  nVst  pffs  seulemeal  d'une 
manière  sirîcla  qu'il  onlnnnq  aux  peup'es 
d'obéir  è  leurs  préhls,  il  le  fait  môme  par- 
fois très-éloquemment,  pitr  exemple,  dsiu 
cette  épitre  qui  Carthaginois  :  ■  Obéissez, 
par  (Jeroir.  ï  celui  qui  eierce  sur  tous  Tau- 
toriié  ilu  Christ;  eOorcez-rousde  recueillir, 
avec  un  amour  .Téritable,  ses  conseils  et 
ses  ad  mon  liions,  sachant  qu'en  lui  obéis» 
sont  cVst  au  Christ  qui  a  souffert  pour  tous 
que  vous  obt^isscz,  et  qu'en  receTanl  ses 
rédicntions  el  même  ses  jugemenis,  c*esl 

Clirist  en  tout  qijn  vous  rei^eTez...  Puis- 
qiio  l'apdlrea  préclié  l'obéissance  aux  puis- 
sances mondaines,  combien  plus  aux  jiuis- 
sances  spirituelles,  el  tenant  parmi  les 
Chréliins  la  place  du  Christ I  Ceci,  mes 
très-cbers  lils,  c'est  en  gémissant  que  je  le 
pense  et  en  pleurant  que  je  l'écris.  Il  est 
venu  à  nos  oreilles  que  quelques-uns 
d'entre  vous,  oubliant  ce  que  la  religion 
leur  commande  envers  la  loi  el  la  personne 
du  Christ,  ont  accusé  auprès  des  sarrasins 
Cyriaque,  notre  vénérable  frère,  TOtre  ar- 
cheTÔque,  TOIre  maître,  bien  plus,  TOlre 
Clirist;  ils  l'ont  déchiré  par  leurs  injures  et 
leurs  calomnies  ,  au  point  qu'on  \'a  mis  «a 
ranft  des  voleurs,  et  qu'après  l'aToir  dé- 
pouillé de  aes  TéIcmenls,on  J'a  chargé  de 
coups.  0 exemple  d'iniquité  [1656)1  •  Pense- 
î-on  que  Térltablement  Grégoire  comptât 
pour  rien  ces  prélats  qu'il  vénérait  comme 
le  Christ  en  personne? 

tirégoira  Vil  n'a  donc  annulé  les  évéques 
ni  dans  les  conciles  ni  dans  leurs  diocèses  ; 
ce  qu'il  a  fait,  il  a  lAché  de  les  rendre  dignes 
de  leur  ministère  sacré,  mais  en  a/antsoin. 
comme  il  te  disait,  de  conierver  à  chacun 
d'eux  $ei  droite  H  de  fhire  reipecler  par  loue 
ceux  du  Sitint-Siége  [1657). 

|iv. 

CK-BOiK  VH  M  TQjriiiiJ  dam  l'hiuualU  qii«  l'Egtbef 

M.  QoiHiT.  —  ■  Voyez  d'ailleurs  de  plus 
près  quel  a  é(d  le  bui  de  ce  grand  homme, 
et  pourquoi,  légitime  en  son  temps,  son 
ambition  n'est  plus  assez  grande  pour  les 
ndlres.  Eludiez  les  monuments  de  Gré- 
goire Vil ,  vous  arrivez  nécessairement  k 
ce  résullat,  que  s'il  a  pensé  de  loin  à  loin 
aux  misères  des  peuples  ,  il  s'est  contenté 
d'assurer  les  droits  et  la  liberté  du  prêtre. 
Au  milieu  des  entreprises  continuelles  de 
la  violence,  tracer  dans  l'bum-inilé  une  en- 
ceinte de  flammes ,  où.  la  force  aveugla 
D'entrerait  jamais ,  faire  du  sacerdoce  une 
race  sacrée,  un  peuple  d'élection,  un  refuge 
assuré,  une  cncditiun  indépendante  6  l'abri 
des  passions  des  rois ,  des  princes ,  des  ba- 
rons ,  la  fierté  seule  de  cette  idée  étonnait 
le  XI*  siècle;  il  a  fallu  un  cœur  de  feu 
el  de  bronze  pour  aller  jusque-lft.  Aux  yeux 
de  Gré^re  Vil,    1»  soeiétéi  l'humaDité 

M0S5)  Ep.  «,  D.  1  et  4. 

((a56)Ep.  1,D.K;3,  n.U;9,n.  16;  II,  n.  I. 

(1657)  Ej).  1,  n.  Ï4  :  «  Sicut  enhn  HomanK  Ec- 

rlcsiie  debituni  hoiiorctn  inipendi  ■  CKlcrîs  Eccle- 


AKH^OCETlQUe.  «E  hu 

réelle,  c'est  l'Eglise,  le  cilnjen,  c'en  !« 
prélre;  le  reste  est  unft  ombre.  Voilà ponr- 
quoi  il  ne  réclame  rien,  k  proprement pit- 
1er,  que  là  constitution  des  droils  du  ix» 
doce  ,  la  liberté  de  l'homme  d'^i».  Il  l'é-    I 
lève  au  sommet  d«  l'édilice  social  isî  ((D'il    | 
le  comprend,  et  sa  deTÎse,  qui  contient  Iwl    ; 
son  système,  est  celle-ci;  Ne  touctiniu 
mes  prêtres,   mes  christs;  Jfelite  tnjn 
ihrUtot  meot...  Il  faut  que  les  puisuntsiti 
la  terre  apprennent  ee  quec'est  qa'nn  prttrf, 
tfuanti  voi  eetii,  ce  qu'il  peut,  ^id  psfHifi. 
et  qnu  le  monde  se  soumette  i  ta  chiip 
(1658).  > 

M.  Quinet  ne  semblerait-il  pascroiniim 
ce  fut   Grégoire  VII  qui  déi^ara  in  6tm 
indépendants  des    princes  en  matière  reli- 
gieuse T  Le  principe  de   leur  indé|«ndiiir< 
est  aussi  ancien  que  t*Ggtise,  el  Gréeoirt 
n'a  faitrjue  Te  rappeler  k  l'Occident  qui  <V  , 
bliait.  Ceci  est  éTÎdent  pour  ouieonqnsili  ' 
avec  attention  dent  pages  de  Ihisloirarulé-  : 
aiastiquo  ;  je  ne  m'y  arrête  donc  pis.  hii- 
sire  rpcbercher  s'il   est  vrai  que  le  vH 
Pontife ,  pour  n'avoir  surtout  songé  in't 
guérir  les  plaies  de  l'Eglise ,  doi«e  eircir- 
eusé  de  dédain  pour  le  reste  de  li  mtié 
et  de  l'humanité ,  comme  si  ce  n'eût  éitU 
qu'une  ombre  k  se^  yeux. 

Ne  blesserailon  pas  l'équité  en  snatenml 
que.  dans  l'opinion  de  M.  Quinet,  l'algHif. 
la  physique ,  la  chimie  ,  ne  sont  pas  dignn 
d'occuper  l'intelligence  humaina,  pui^jui 
lui-même,  au  lieu  d'être  chimiste  ou  milli^' 
malicien,  a  consacré  ses  veilles  k  la  erédli 
do  la  trilogie  poétique  inlilnlée:  Ahanin*. 
Napoléon;  PrométMe  (1659)  T  EvideiniiitW 
cette  conclusion  serait  une  injustice.  Tout 
ee  que  nous  devons  admettre,  c'est  qw 
l'auteur,  dans  le  choix  de  ses  irsTaoï 'i* 
raires  ,  a  consulté  son  goût,  comme  HiUe 
brand,  dans  ses  réformes ,  a  consuilé  \t7* 
mier  de  ses  devoirs. 

Bildebrand  était  Pape  ,  et ,  k  ce  lilrti' 
fallait  qu'il  consacrAt  sa  pensée ,  ses  effuro- 
SB  vie,  à  l'Eglise  d'abord.  Les  déwfJ» 

an'il  avait'  k  combattre  ,  les  obstacle) «li" 
evatt  vaincre,  se  rencontraient  en  "^ 
grand  nombre  dans  le  sanctuaire  pourqm 
songeât  è  réformer  aussi  la  politique,  ^li 
décnalner  contre  le  Saint-Stége  de  nou'c"* 
tempêtes.  Ses  forces  n'ont  pu  suffire  i  ■»" 
ministère  de  Pape:  pourquoi  vnudriei-""'' 
qu'il  y  eût  Bjoulé  celui  de  législateur «M" 
verselî  II  n'aurait  réussi  qa'à  bouleieri"- 
Laissons  k  certains  poètes  le  triste  plux' 
de  mellro  le  feu  h  leur  patrie  pourpou>^ 
chanter  la  ruine  de  Troie  k  I*  lu>-ur« 
l'incendie  (1660).  Les  soins  de  Grégoire  ^11. 
spècialesBent  occupé  de  t'Sglise,  ne  suP" 
posent  donc  pas  eu  lui  du  mépris  povK 
reste  de  l'humanité. 
K  Toutefois ,  quoique  ce  Souverato  Pualiii 

desideramui.  i 

[1H5S)P.UI. 

Ifi59)  Titres  de  trois  poêntes  de  V.  Q<i'«»-    ^ 
(1660)  On  M,  KHivieBl  de  M  jev  puco^" 
Nn'Dn. 


mt  GftB  IMCnOWlAIU 

l'iitpis  priii  dins  la  SOrlélé  eïrïle  l«  rMs 
iinli  de  r^'irmateiir  qa'il  eierça  dans  la 
itâé\é  rflUîeuse,  il  ne  laissa  ni  de  souffrir 
les  matii  dont  il  avait  le  speclade,  oi  (Tes- 
tyer  dV  iprorter  an  ramède. 
'Qiiin.-i  Grégoire  menaça  d'exeomnionica- 
ioD  Pbilip|>«  1".  ce  fol,  enlre  auiras  choses, 
«ne  que  ce  roi  ilélroossail  les  marcbands 
itr  l«ï  pindes  roales,  el  qn'il  semblail 
Ion  laisser  périrUmMtroyauÊmedê  France.' 
ytor  engiger  Wozelin  de  llagdeboiirg  h  ne 
u  {wursaivre  la  guerre  qn  il  a  eommen- 
k.  il  lui  en  dferii  les  résultais  si  affreux 
«tor  les  peuples  :  ■  des  hoTnieides,  des  io- 
tDilres,  la  dépr^datioo  de  l'Eglise  el  des 
MTres,  le  lamenlable  rarage  de  la  patrie.  > 
1  t'tHone  de  faire  lef  miner  par  un  arbitrage 
itakue  la  Inlte  d'nn  attire  seigneur  eotilre 
oMmales.  Il  rappelle  à  l'empereur,  qui 
onbit  les  Saions,  que ,  s'il  «si  permis  de 
npper  les  couftables ,  jamais  un  prinre  ne 
ojl  verser  une  seule  gouite  de  sang  pour 
>  triomphe  de  sa  propre  ranité.  Il  pressa 
oleslu,  due  de  PoloRne,  de  rendre  aux 
15165  les  riehesses  qu  il  leur  a  enlevées 
iDS  une  incursion.  En  Espagne,  (es  Sis  de 
iTiDOod  Béran^r  allumaient  une  guerre 
Tile;  Grégoire  intervint  :  a  J'en  sais  eiirft- 
eoenl  coatrisCé ,  écrit-il ,  soit  k  cause  de 
lAdion  que  oie  porta  leur  père ,  qui,  dès 
a'ii  m'a  connu,  m'a  aimé,  soit  parce  que  je 
natal  qu'un  grave  danger  menace  la 
ilion  ebrétieoDe  poorsuivia  d'une  baine 
nhaio ,  dans  ces  régions,  par  lea  impies 
'imitR,  •  Dn  malbeur  semblable  mena- 
io(  le  Danemark ,  une  éptire  ponliflealâ  va 
«Ufr  Olaûs ,  roi  de  Morwége ,  de  ne  pas 
roriser  tes  ré'voltés.  Les  Turcs  perséoa- 
itnt  lesClirétreos  et  inquiéiaient  Cons- 
Btinople,  qui  implora  l'aide  du  Saint- 
jge;  Grégoire  conçut  alors  l'idée  des  croi- 
iea,  idée  bien  di^e  de  ce  Ponlifo.  Il  nous 
■le  de  loi  iplusieurs  lettres  h  ce  snjet, 
IK  autres  denx  proclamationa  i  tous  les 
èles.  Il  annonçait  à  l'empereur  qu'il  arail 
^  90,000  hommes  k  sa  disposition ,  et  il 
Mil  reourquer  au  comte  de  Bourgogne  le 
sble  résultat  de  cet  armement,  d'alrard 
lire  le  Turc,  ensuite  contre  les  chrétiens 
ttnsd'Occident,  qui  en  seraient  effrayés 
DMioleDus  Diir  là  dans  la  pais.  Le  Pa^ie 
hiigna  de  rbabilude  où  étaient  les  Scots 
KÔdreleursiemmes.lIréprimiiiida  Acûo, 
des  Danois,  dont  les  sujets  avaient  la 
ilQffle  barbare  .  lorsqu'ils  souffraient  de 
dque  misère  publique  ,  de  frapper  leurs 
Hues  comme  ajaot  atlirS  ces  fléaux  par 
ir  maavaise  conduite.  Cue  pauvre  femme 
Graève,  soDpçonoAo  par  son  mari  elchas- 
idatoitcomugal,  eotendil  Grégoire  récla- 
f  pour  elle  le  droit  de  se  justifier  qu'on  loi 
iHil.  11  somma  de  comparait  re  k  son  trîbn- 
on  seigneur  accusé  d'avoir  tué  son  frère, 
d'être  de  plus  le  bourreau  de  la  veuve  tt 


APOUKETIQUE.  CXE  MM 

du  fils  de  la  viaime.  il  excommunia  écr- 
iai ns' habitants  des  c6(rs  de  la  mer  qui .  sa 
lieu  de  secuurir  les  naufragés,  s'emparaient 
de  leurs  dépnuiiles.  Il  ordonna  que  (ous  les 
évéques  ouvrissent  des  écoles.  Quand  il 
dé|ioaa  l'empereur  B^-nri .  ce  fut  non-seu- 
temenl  parce  qn'il  asservissail  l'Eglisi*,  mais 
encore  parcequ'il  dAruiieif  Vempire  (IGâl). 
Que  de  fois  ce  Ponlire  n'a>t-il  pas  n^pitelé 
eux  rois  que  c'est  de  Dieu  qu'ils  tietinenl 
la  pouvoir,  que  l'équité  doit  être  l'ornement 
principal  de  leurs  IrAnes,  qu'ils  doivent 
non-seulement  recommander  la  justice  à 
leurs  peuples  ,  mais  la  faire  aussi  habiter 
dans  leurs  propres  cœurs  ;  qu'il  j  aura  un 
jour  pour  tous  égalité  de  poussière,  et  que 
rien  oeplaitlani  k  Dien  que  l'affection  de 
l'bomme  pour  l'hommp  (160)  [ 

Un  antre  éminenl  service  qu'Hildebrand 
a  voulu  rendre  à  l'humanité,  mais  dont 
malheureusement  on  n'a  guère  tenu  compte, 
surtout  chez  les  philosophes,  c'est  de  nous  - 
enseigner  la  tolérance  religieuse.  Il  écrivit 
ft  Anxir,  roi  de  Uauritanie,  qui  avait  affran- 
chi des  captifs  chrétiens:  a  Le  Dieu  tout* 
puissant,  qui  veut  que  tous  les  hommes 
soient  sauvés  et  que  [lersonne  ne  périsse, 
n'aime  rien  tant  en  naus,(]uede  voir  l'homme 
cfaérir  l'homme.  Cette  cnarilé  réciproque, 
nous  nous  la  devons  plus  qu'aux  autres 
nations,  puisque  nous  cro/ons ,  quoique 
d'une  manière  différente,  et  confessons  u:i 
seul  Di«u ,  que  nous  louons  et  vénérons 
chaque  jour  comme  le  créateur  des  siècles 
et  le  gouverneur  de  ce  monde...  Que  Dieu 
après  de  longues  années  ici-bas,  vous  con- 
duise au  sein  de  la  béatitude  d'Abraham 
(1663)1  »  Voilk  comment  Hildebrand  parlait 
i  un  musulman  charitabk'. 

Avouons  donc  que,  si  dans  le  monde  po- 
litique Grégoire  Vil  n'a  pas  teoté  d'impos- 
sibfes  réformes  radicales,  il  u'a  pas  pris  non 
plus  la  société  pour  tuie  ombre,  mais  qu'il  ■ 
souvMit  cherché  k  lui  venir  en  aide  dsos 
des  circonstances  particulières.  C'est  tout 
oe  qu'il  pouvait  et  devait  faire  alors. 


M.  VoMT.  —  ■  Il  est  impossible  de  porter 
un  jujjeuientqui  réunisse  tous  les  suffragea. 
Sa  grande  idée  (et  il  n'en  avait  qu'une  seule) 
est  devant  DOS  jrcux,  c'est  l'iudépendanoe 
de  l'Eglise.  C'est  Ih  le  point  où  venaient 
se  grouper  toutes  ses  pensées,  tous  ses 
écrits  et  toutes  ses  actions,  comme  autant 
de  rayons  lumineux.  L'indépfendance  de 
l'Eglise,  c'est  Ik  l'idée  qui  lui  donnait  celte 
activité  prodigieuse,  cesl  k  quoi  il  a  sa- 
crifié sa  vie.;  elle  était  l'âme  de  toutes  ses 
opérations...  L'Eglise,  selon  lui,  devait  dire 
grande,  forte  el  puissante;  l'Etat  devait  lui 
être  soumis  ,  parce  que  l'Eglise  est  établis 


1*6»  Ep.  i,  ii.39,'46,  U,  49;1,  n.  S,3I,  57,73;      »mV.) 

.';6.B.I5,«;7,ii.4-Sl;8._n.41.— €imn(._fi<N         OG62)  Ep.1,  ■,  7,  Ï7,  W;ï,  a.  »,  51,  19;  S^ 


^11,  Comcil.  Ktmtntm  v;  L\Hr,t.  X,  p.  306, 
i*U  L4Mfrmumm.  (fide  Appcod.  fpiJt.  Crt- 


(ll>6ô)Ep.3,a.  SI. 


1«S7  GltK  -  MCT10.WAIRE 

de  Dieu  ,  et  que  )a  royauté  lire  son  oHgin« 
dtts  hommes,  et  n'a  qii'uD  pouvoir Umité  et 
eonditionoel. 

■  Mais  que  fallait-il  faire  pour  l'exécution 
d'un  tel  plan?  presque  tout  ce  que  (Gré- 
goire A  fflil.ll  devait  éleTer  l'Bglisfl  ou-des- 
jiu:i  de  l'Elat,  afin  d'arracher  ses  ministres 
h  la  suprématie  tenipiirelle,  de  soustraire 
leur  élection,  leur  dignité,  leur  eiistence, 
leur  onnduite  et  leur  puuilioi)  h  l'autorité 
rfes  princes.  Et  qui,  dans  ces  temps  obscurs, 
|M)uvait  le  mieux  juger  du  choit  des  évg- 
quesT  âlail-ce  l'église  ou  les  princes  T.. . 

<t  II  n'était  pas  seulement  imporlsiti,  mais 
indispensa  1)1  e  pour  le  plan  de  Grégoire,  de 
ÎHJre  prévaloir  la  croj'ance  de  la  subordina- 
tion de  l'empereur  et  de  tonte  puissance 
temporelle  h  l'Eglise.  Tant  que  l'idée  con- 
traire était  dans  les  esprits,  il  lui  était  im- 
possible de  songer  au  succès  de  sa  grande 
pensée.  Car  lorsque  l'empereur  décidait  de 
l'élection  du  Pontife  deRome,  lorsqu'il  pou- 
vait contrôler  et  détruire  ses  décrets,  et  que 
la  volonté  du  Pontife  était  sobordoimée  à 
celle  de  l'empereur,  il  n'y  avait  aucun  es- 
|)oir  an  réforme.  C'est  pourquoi  Grégoire 
insista  tant  sur  In  soumission  de  l'empereur 
aux  décrets  de  l'Egrise.... 

■  Si  Grégoire  éleva  des  prétentions  sur 
l'Espagne,  sur  la  France,  sur  le  Danemark, 
sur  la  Russie,  sur  la  Dalmaiie,  sur  la  Bon- 
grie,  sur  la  Corse  et  sur  la  Sardaigne;  s'il 
se  crut  autorisé  à  réclamer  les  deniers  do 
saint  Pierre  en  Angleterrcon  peut  avancer 
sans  crainte  qu'il  n  avait  en  vue  que  l'indé- 
pendance de  l'Eglise.  D'après  sa  profonde 
conviction,  la  religion  seule  pouvait  pro- 
curer au  monde  le  salut,  le  bonheur  et  la 
paix  universelle...  Mais,  pour  atteindre  ce 
L)Ul,  KËgiise  voulait  et  devait  avoir  quelques 
moyens  de  subsistance  ;  plus  elle  s'éloignait 
de  l'Etat,  ou  brisait  les  liens  qui  jusqu'alors 
l'y  avaient  attachée,  plus  il  devenait  urgent 
de  pourvoir  d'une  autre  manière  ï  sou  exis- 
tence...Grégoire  était  Pape,il  agissait  comme 
tel  ;  et,  sous  ce  rapport,  il  est  grand  et  ad- 
mirable (16&4}.i 

On  se  rappelle  que  M.  Quinel,  dans  le 
dernier  fragment  que  nous  avons  cité  de 
lui,  regarde  aussi  la  liberté  de  l'Eglise  comme 
le  but  poursuivi  par  Grégoire  Vil  ;  il  nous 
a  montré  ce  Pontife  traçant  autour  de  ses 
prêtres  une  enceinte  de  Qammes  ;  il  nous  a 
révélé  même  sa  devise;  Noiite  langera  chrîr- 
atoi  meoi,  et  ses  ambitieuses  paroles  pour 
faire  souvenir  les  clercs  de  leur  grandeur  : 
Quand'  vos  alii,...  quid  potettii, ...  Que  le 
monde  u  toumette  à  votre  charge. 

Or,  est-il  prouvé  que  l'indépendance  de 
l'Eglise  ait  été  la  grande  idée,  la  eeule  idée 
d'Hîldebrand,  et  que,  pour  faire  triompher 
celte  idée,  le  Pape  se  soit  pormis  de  sup- 
poser que  l'Angleterre  lui  dût  le  denier  de 
ssiot  Pierre,  que  d'autres  £lals  fubsent  les 

(1661)  J.  VoiGT,  professeur  à  ITnivergilé  de 
Halle,  ^lU.  d*  Pape  Gréioire  Yll,  trad.  de  H.  i'abbé 
Jager,  ï  la  conclusion  de  Tnavrage.  (Voir  eitcora 
liv.  VI,  p.  3»,  édil.  UiJot,  im.)      . 


APOLOeCTIQUE.  GBfi  m, 

vasseux  du  Saint- Siège,  et  |]a'tin  géiiéril  j] 
appartint  h  l'Eglise  de  dominer  sur  l'ËtH! 
Grégoire  Vil  ne  fui  pas  motni  préar^i)|<| 
de  la  sainteté  que  de  l'iodépenilance  ài 
prêtre.  Des  trois  cent  soiiaute-dii  épiltn 
qui  nous  restent  de  ce  Ponlif*,  les  ijrui 
(Mrs  au  moins  ^nt  emploj'ésÏBlJiqiietlj 
simonie,  l'incontinence,  rambiiion  dn 
clercs  ;  e'étaiï  \h  le  sujet  de  la  missbn  i» 
légats  et  1q  texte  le  plus  onllDairedtSM^ 
cries  de  son  lemps.Dansrimpossiliilitéd'») 
lyser  toutes  ces  luèces,  j'en  citerai  quel 
passages  qui  les  résument.  Grégoire 
vait  A  Siccard,  archevêque  d'Aquilée: 
gouverneurs  et  les  princes  de  ce  momlti 
cherchant  nue  leur  intérêt  propre,  eli 
celui  de  Jc-ius-Christ ,  foulaut  aui  jtj 
tout  respect,  oppriment  l'Kjtiisv  comoM 
vile  esclave,  et  ne  craigueol  pasd'yjelnl 
désordre,  pourvu  qu'ils  puUïeul  awil 
leurs  passions.  Les  piélres,  du  leur  <3A 
ceux  qui  semblent  avoir  reçu  la  clu^el 
gouverner  l'EKlise  ,  dédaignant  pies^ 
Goaiplétenieat  la  loi  de  Dieu  el  ai») 

t lissant  pas  plus  envers  Dieu  qu'eDiers 
rebisqui  leur  sont  conSées  lesdevul» 
leur  ministère,  n'aspirent  qu'à  s'élei«r,  | 
les  dignités  ecclésiastiques,  à  la  gloin;  w 
daine...  Le  peuple,  que  nulle  diredluni 
prélalSinul  frein  de  commsudeaienLiieji 
duit  dans  la  voie  de  la  justice,  se  préc^ 
dans  presque  tous  les  crimes.  C'esl  jM 
quoi,  plein  d'espoir  en  la  miséricordi 
Dieu,  nous  avons  décidé  de  râunir  uat 
cile...  Nous  conjurons  votre  fnteraiié 
s';  rendre,...  pour  que  nous  siijonsin 
en  faveur  de  la  libtrié  eccléMiatliqanlà 
religion,  avec  d'autant  plus  d'assurance 
de  l'orce  que  nous  aurons  été  cDlourij 
abondamment  et  de  plus  près  soildEsi 
seilsde  votre  prudence,  soit  de  la  mulu 
et  des  sages  avis  de  nos  autres  coid 
(166&}.  > 

Celte  double  pensée  de  l'indépemM 
de  la  sainteté  duprêlre  préoecupiGr^ 
dès  les  premiers  moments  de  son  pouul 
employé  tout  entier  dans  la  suite  1  lii 
liser. 

Au  premier  concile  romain,  en  IPA 
cundamna  les  invettiture8,qui  atteniaie 
la  liberté  de  l'Eglise,  mais  on'condaœn 
même  temps  la  simonie  el  rinconlim 
des  clercs  (1666),  et,  chose  assez  itt 
quabte,  Grégoire,  après  celte  aïsenb 
voulant  en  faire  connaître  les  dâcreisi 
ton,  évoque  de  Constance,  mais  éianll|>' 
par  le  départ  du  messager,  ne  meDii* 
que  les  règlements  pour  la  réforma 
mœurs  cléricales  [1667],  tant  il  aviil  sa« 
ce  point  il  coeur. 

Gré){oire  avait  beaucoup  à  se  pkiBi» 
Guillaume  le  Conquérant ,  ooa-ieulr° 
parce  qu'il  lut  refusait  rhommsge  du«! 

(1665)  Ep.  l.n.  U. 

(1666)  Apud  Lktm,  L'enc.  Rom.  t,  Ep.  Gr^ 
Olioiicm,  p.  515,  el  Chroaic.  ViTd»iit»iim.t->\ 

(m67j  kp.  ad  Ottomem,  ubi  supra.  i 


GRE 


DICT10:f!(AIRE  APOLOCETIQUe. 


GRE 


ICW 


'1668],  miis  encore  parce  qu'il  ne  permet- 
ijil  |U  une  libre  communication  cuire  Ifl 
c'vrii  anglais  et  le  Sainl-Siége.  et  que  let 
roii  paiau  nx-mtmei  n'iraient  pat  fait 
'1669|.  Grégoire  le  menace  bien  ;  loulefuis, 
il  recomoiaude  k  ses  légals  de  grands  mé- 
nagements, et  cela  parce  que  Guillaume  a 
lia  zèle  pour  i^éformer  le  clergé.  ■  Il  ne  Jé- 
irnii  pas  ei  ne  vend  pas  les  églises  de  Dieu; 
il  s'efforce  d'élablir  la  paix  c(  la  justice 
l<iraii  ses  sujets  ;  prié  par  quelques  ennemis 
dtia  croix  du  Christ  de  ta  liguer  contre  le 
Si^ge  apostolique,  il  ne  l'a  pas  voulu  ;  il  a 
Imc^i  et  cela  même  en  txigtttnt  le  temenl, 
la  fr/lra  de  renvoyer  leurs  femmes,  les  lai- 
qiin  de  rendre  les  dlmçs  qu'ils  retenaient 

ICTO..  - 

Celle  épllre  noas  apprend,  premièrement, 
i;ueGrégoire  apportait  dans  ses  relations 
iTK  les  princes  plus  de  méiiagemenis  qu'on 
m  iB  le  figure  parfois  ;  secondement,  qu'il 
roiisenlait  A  Ajourner  l'iudépendance  de 
'Eglise,  en  des  choses  très-graves,  par  uoe 
wrie  de  compensation  des  soin»  qa  ou  don- 
ua  ï  la  réforme  du  clergé. 

l' MU.  Voigt  et  Quinet  sont  donc  iocom- 
'M\i  lims  l'iorlicalion  du  but  que  se  propo- 
uil  Grégoiru  VU,  et  qu'ils  font  consister 
it].i.|ueiuentdansrindéj>eodance  de  l'élise. 

Je  ce  prétends  pas  dire  que  ces  deux  au- 
''::<i)ieiit  toujours  méconnu  les  etforts  du 
P'Atiii  pour  ramenrr  la  sainteté  dans  le 
MMaaire;  au  contraire,  ils  les  ont  procla- 
n^,  M.  Voigl  surloat.  Ce  que  je  regrette, 
:'»!  que  les  deox  bialoriens,  arrivés  au 
Booieul  d'apprécier  l'ensemble  de  celle 
Migue  carrière,  au  jnoment  de  dire  leur 
ieruier  mol  sur  ce  grand  Pape  et  de  toucher 
m  food  des  choses,  ne  nous  parlent  plus 
|ae  de  la  passion  de  Grégoire  pour  l'allrau- 
bis:>ement  de  l'Eglise,  comme  si  le  déiiir 
«la sainteté  des  prêtres  n'eût  été  en  lui 
u'un  accessoire  inutile  k  rappeler, 
lirégoire  a  voulu  la  saioieté  des  prêtres, 
•tw  qu'elle  est  un  devoir  du  sacerdoce  ; 
a  loulti  leur  indépendance*  parce  qu'elle 
>t  pour  eus  un  droit  et  la  garantie  de  loiir 
ioralité(1671). 

tyi.  \oigl  regarde  les  réclamations  que 
léguire  lit  du  denier  de  saint  Pierre  en 
ujjlelerrfl ,  de  l'hommage  de  vassal  en 
lulres  Etats,  et  de  la  supériorité  de  l'Ë- 


gltsesurla  ro]-aulé,comira  deseipéJieals 
ORoreusement  imaginés  et  justifiés  par  Is 
uécessîté. 

Je  pourrais  protester  contre  ces  supposi- 
tions au  nom  de  la  sincérité  qui,  tout  au- 
tant que  le  zèle,  caractérise  Hildebrand  dans 
sa  correspondance  ;  mais  ce  sont  àes  preu- 
ves de  Ctit  plus  que  de  sentiment  qu'il  faut 
]ci.  ExsmÎDoas  donc  les  Irais  réclamations 
de  ce  Pape. 

Le  denier  de  sain!  Pierre ,  exigé  en  An- 
gleterre et  ailleurs,  élait  la  redevance  féo- 
dale des  princes  vasanni  du  Saint-Siège,  et 
Guillaume  I",  quoique  niant  pour  l'Angle- 
terre ce  vasselage,  ne  laissa  pas  de  paver  la 
redevance  arriérée  depuis  plusieurs  années, 
reconnaissant  ainsi  l'ancieiinelé  de  cet  usage 
(1673J.  Ce  lie  fut  donc  pas  Grégoire  qui  éta- 
blît ce  tribut  sur  les  Iles  Britanniques. 

Ensuite,  tes  droits  de  suzereinelé  féodale 
sur  quelques  Etats  n'ont  point  élé  non  plus 
nne  ruse  de  la  papauté.  Le  vasselage  des 
Russes,  des  Danois,  des  Hongrois,  des  Nor- 
mands d'Italie,  était  alors  parfaitement 
constaté,  piiisqu'il  datait  du  temps  même  du 
Grégoire  (IffIS),  et  celle  certitude  historique 
nous  commande  de  croire  que  le  Pontife,  à 
lort  on  A  raison,  était  tout  aussi  profondé- 
ment convaincu  de  la  légitimité  des  droits 
plus  anciens  qu'il  faisait  valoir  sur  l'Es- 
pagne, la  Sardaigne,  etc.  H.  Voigl  range  les 
Français  parmi  les  peuples  que  Grégoire 
déclarait  ses  vassaux;  c  est  A  lort.  Ce  Fapv 
leur  demanda  bien  le  réiahlissement  d'une 
offrande  pécuniaire  insliiuée  par  Charle- 
msgne,  il  n'exigea  pas  d'hommage  féodal 
(167%).  La  dépendance  de  l'Angleterre,  quo 
Guillaume  1"  rejeta,  quoiqu'il  l'eût  d'abord 
reconnue,  remoulait  certainement  jusqu'au 
Tiii'  siècle ,  aux  rois  anglo-saxons  lua 
et  Offa  (1675).  VoilA  donc  encore  une  récla- 
niaiion  de  Grégoire  bien  fondée. 

C'est  seulement  dans  la  troisième  de  les 
réclamalibos  que  Je  découvre  une  innova- 
tion. La  loi  politique  au  xi*  siècle  ,  el 
'  l'empereur  Henri  IV  en  convenait  lui-mîma 
(167(ïj,  la  loi  vodlait  qu'aorès  un  an  et  uu 
jour,  la  prince  excommunié  fOt  déposé.  Or. 
Grégoire  crut  que  cet  etfel,  attribué  par  la 
politique  à  l'excommunication,  en  était  lu 
résultat  naturt-l  et  nécessaire,  et,  par  coii- 
séqutn  ,  que  te  Pape  pouvait  déposer  an»si 


tl668)  r»ir  ci-après  la  noie  l\^'th). 

(I<>69)  Ep.  7,  n.  1, 

mïO)  Ep,  9,  n.  5. 

(16^1)  Aaad  Line,  atî  tmpm,  Cknn.  Viràm». 

(IfiTif  VoiST ,  lff«lOTr«  it  Lrigoire  VII,  I.  il, 

>_a«H.  1080.  —  M.  M  BlmcuT,  Saini  Anttlm, 

il«73)  Ep.  f ,  pou.  it  ;  i,  n.  13,  63,  74,  75, 
lll>7l)  tp.  8,  n.  U. 

llV.Sf  lietrapporlt  maumU  enirt  It*  rfaucp«i*- 
xu,  par  M.  l'aUé  ftoaMtona,  I.  Il,  cb.  54,  d'a- 
«*  d'&cWrj,  ia  a*it<  »dtp.l  Lmafranti.  —  M. 
1^  iifer,  lefoii  1 1  de  MHi  Cran  tur  rkèUoire  4t 
'4fiin  VII,  âte  cet  iniportaui  pasuge  d'une 
|<(nH|iiedeNoiiiiaiidie  (roîr  dora  RorgCBT.I.  Mil, 
tiïi,  qui  nous  apprend  qœ  Cuillaiirae  niait 
•itiiieda  Saint  Hié^L'  t'aulorisalion  de  faire  t:tloir 


ses  droits  nr  l'Angleterre,  f  en  loiibinieilaiil...  de 
tenir  le  raa^ aane  d'EH^IeierTe  de  bien  et  du  taiiit 
pÉr«,  Gonime  sou  vicaire,  et  nm  d'anllre.  i  Apre* 
le  reTns  qne  Je  con^Héraul  de  rAu|leterre  fil  dai» 
la  sniie  de  reconnaître  ccue  dépc-iidauce,  le  légal 
rtHuaîn  ne  laissa  pas  de  relarder  hhi  reioar  en  lia- 
lie  pour  recueillir  le  denier  de  iaioi  Pierre  cbn  les 
Auglais.  Grégoire  le  pressa  de  revenir,  en  Ini  di 
sauL  :  «  U  y  a  longieiiips  que  vous  avei  dA  con- 
preudre  quel  cas  je  faiï  de  I  argent  uns  tionneur.  > 
(EpÎMl.  7,  n.  I.)  Celle  noble  parole  dn  Pmiiife  dé- 
iruil  10111  le  s}slàue  de  H.  Vuigl,  qui  nippow  que 
Gr^oire  faisait  trés-granil  cas  de  ,rarfeni,  mente 
■ans  bvnoeur,  pour  airiier  eiuuiù:  à  dominer  les 
souteraiiLs  ci  â  aOiiiitbir  l'Eglise. 
,    116761  VwicT,  Itiêioirt  île  Cria  in  fil,  ad  ann. 


1491 


GRG 


MCTIONNAIIIE  iPOLOGGTIOUE 


bioD  qu'tixGominuiJJ«r  Ici  rois  (tCT?).  Au 
foiiU,  celle  pensée  ne  cbaiigeail  pas  grand' 
cliose  aui  conséquences  réelles  de  IVx- 
cominui.icAtion.  Qu'il  fâl  frappé  ptir  le  Pape 
ou  par  le  coile,  te  prince  iréuit  pas  moins 
dépouillé  de  sa  courouiie.  Telle  est  la  vé- 
rilabla  initovalion  de  Grégoire.  Par  cotisé- 
quriit,  des  Irois  ruses  prêtées  à  cePape  par 
M.  Vciigt,  dftux  lui  sont  imputées  h  tori,  et 
lu  Irojsième,  très-probablement,  a'a  été 
dans  sou  esprit  qu'une  simple  déduction 
logique  plus  ou  moins  juste ,  mais  sans 
arrière-projet.  Le  sj'stème  de  Jd.  Voigt  ^ur 
la  politique  de  Grégoire  VU  reste  doucsaus 
fondement  et  tout  i  l'ait  icaaj^inairf. 

M.  Quiiiet)  avons-nuus  dil  eu  comœen- 
Çdiit,  parlege  jusqu'à  un  certain  point  l'opi- 
■lion  deM.Voigl;  nous  devons  ajouter  qu'il 
y  niëio  quelque!!  erreurs  iniuvelles,  moins 
graves,  il  est  vrai,  mais  pourtant  à  iioler; 
il  s'agit  (le  la  devise  quu  l'auteur  attribue  à 
Gréguire  VII,  et  u£t  il  voit  (uut  le  sj'Stème 
do  ce  Foiiiire. 

Je  ne  {mis  accepter  cona:ne  devisa  d'Hil- 
debrand  les  mots  cités  imr  M.  Quinet .:  NoUle 
tangtre  chrutoi  meoi;  la  raison  en  est  que , 
dans  1b  vaste  correspoudutice  du  Pape,  je 
ne  les  lis  qu'une  seule  fuis,  à  la  lin  du 
dixième  livre  des  épitres.  Guillaume  1",  rui 
d'Angleterre,  avait  emprisonné,  pour  ili'S 
raisons  politiques,  un  de  Busfrères,;revâlu  du 
l'épiseOjiat. I.e  Pape  lui  rappela  fort  mudéré- 
ni«nl  Ce  qu'il  devait  de  respect  à  son  noiu  et  6 
la  disciplioe  ecclésiastique,  et  transcrivit  ce 
lextt»  lies  psaumes:  yotile  tangere,  etc. 
(i(>7^}>0r,  ce  leite,  cité  une  fois  en  passai.! 
til  qui  n'exprime  pas  les  projets  de  réforme 
rléi'icele  conçus  par  Grt^goire,  ne  peut  être 
sa  devise. 

Si,  au  contraire,  BU  milieu  des  citations 
bibliques  fuites  par  le  Pontife  il  s'en  ren- 
coulrail  une  qu'il  se  piOt  à  répéter,  dout  il 
ae  servit  (>our  l'ortlUer  son  zèle  dans  logtes 
les  ciruonstancits  importantes,  et  qui  ex- 
primât bien  sa  sainte  cl  invincible  ardeur 
uuulre  te  désordre,  c'est  là  cequ'il  faudrait 
appeler  sa  devise;  et  c'est,  en  cITel.  le  iium 
uui  convient  à  cette  plirase  de  Jérémiu: 
Alultdictui  qtti  prohibtt  gladiumtuum  aian- 
yuine  il679j  :  >  Maudit  soit  ctlui  qui  ne 
trempe  jias  son  Kl<>ve  dans  te  sangl  c'est- 
ii-Oire,  comme  vous  le  comprenez  fort  bien, 
ajoute  Grégoire,  maudit  celui  qui  n'use  jibs 
ùv  la  parole  de  la  |irédicalion  pour  reprendre 
les  buiumes  ciiaiiieU  (1080)1  «  Toute  l'âme 
de  Grégoire  Vil  est  dans  ccUu  (tarule  qu'il 
s  si  swivent  reiiite. 

Û.  {Juinet,  pour  eommeutuire  des  paroles 


qu'il  écrit  au  bas  du  porlriil  d'Hildebrinii 
ilfotite  langere,  etc.),  ajoute  celleMi  ;  i  n 
laul  que  les  puissauisdela  terre  aiiprennM 
ce  que  c'est  qu'un  prêtre,  jurafiniHii,, 
ce  qu'il  peut,  quid  potetlU,  i  etc. 

Or,  sait-on  quels  sont  ces  prtlres  im 
Grégoire  veul  que  les  puissants coanaissini 
la  dignité  et  le  pouvoir,  et  devant  ie^uels 
il  veut  courber  le  mondeTAo  tangigeiit 
H.  Quinet,  on  dirait  que  le  Poolife  piritilt 
tout  personnage  décoré  de  la  luniqne  ix^' 
dotale.  Pas  du  tout  :  il  ne  parle  dI  del'IiiiB. 
ble  nrélre  de  village,  ni  de  révâqae.iilli 
l'arcbevôquf ,  ni  même  du  Pape.  De  quitte 
s'agil-il  T  C'est  aux  apdires  Pierre  tiM 
qu'il  s'adresse,  les  conjurant  de  friif* 
jirompteinenl  l'empereur  eicommunië: ^ 
diicant  nuRC  regtM  tl  oninei  lacultpniitip^ 
quanti  voi  e$tit ,  quid  potatù,  rt  timaà 
parvipenderejusiiantm  tccleiiattttTa\iSik 

M.  Quinet  n'a  donc  étudié  la  m  iiM 
gnire  VU  i.i  diins  ce  qu'elle  adéiniiint 
c'est-à-dire  su  but  où  elle  tendit,  ni  da 
certains  menus  détails  sur  lesquaUils'am 
ta  et  qui  sembleraient  faire  croire  cep^nli 
que  rien  du  grand  Pontife  n'a  échifyt 
I  investigation  de  cet  historien  ;  il  Ei'i|«r{i 
pas,  et  M.  Voigt  ne  remarque  pas  Dun  im 
que  l'œuvre  capitale  de  Grégoiru  léni 
lutter  autant,  pour  le  moins,  en  fsmM 
la  réforme  des  prêtres  qu'en  faveur  deMl 
indépendance. 

|V1. 

Qu'ealrW  qoe  le*  coatemponliii  da  Crégotre  Tlt  «ri 
Kut  tH  H  «ivéritâ  «oBtre  l'empereaT  Utui  lit 

M.  Quinet.  —  ■  Dd  biographe  niilfl 
poraiti  {ti'Hildebrand) ,  un  pauvre  m 
s'inleiTompl  en  rscoiilanl  les  ansthèmn 
Pontife,  la  misère  de  l'empereur  ajcnoidj 
pieds  nus,  eu  chemise,  au  bas  de  in  feafl 
du  Puntifi;,  et  il  s'adresse  cette  queslrii^i 
[itiétique  :  Quoi  âoncl  tuais  si  le  rm 
l'eitipereur,  si  l'Eglise  et  l'Etal  st  m 
paient  l'un  et  l'autiel  Quid  rrgo!  mm 
trral  ulerijut î  Kiatople  rare,  presque  udJI 
de  la  luaniëie  dont  se  sèment  et  sï  lariM 
les  révolutions  humaines.  Ce  u'vsl  li'M 
qu'une  question,  une  opinion  crii<ili<t<j 
germe  égaré  pur  la  tempête  au  fond  deli 
d'unsoliiuire.  Les  murs  de  sacellulegati 
longtemps  le  secret  de  celte  peniée  icm 
dentp,  elle  meurt  avec  lui;  puisdessiM 
Se  pussent,  après  quoi  il  arrive  (|ue  um 
monde  à  la  fuis  répète  celle  luêoieqaesM 
Ksl-ceque  l'Eglise  et  la  royauté  se  liomH 
Aunqutd  errât  ularfue  f  Une  voii  anuBj^ 
qui   (.st  cell«  d'un  grand  ]>euj>Ie,  r^H 


(lfi17)  De  Irès-ilocles  suleurs'soulienneniqiii!  les      sujet. 


Papes,  ipit:]  que  tùi  leur  langage,  ne  ^rélctiduieiil 
pas  dé)ii>u:r  les  princes,  mais  qu'ils  les  rrappa.ciit 
buiduiiiuflt  du  la  peine  d'eicuininuiilcaiion,  qat,  se- 
lim  les  fciis  de  J'épuque,  eiilratnail  ti  dépusiltini. 
Gicyuii-e,  selon  moi,  croynil  que  le  Pape  pixi^ail 
aussi  liieji  que  le  rade  découroimer  un  roi  ;  u'esl  la 
wiivicLioii  quiiu'cai  restée  de  la  leciiire  des  éplires 
de  Giéiioiie  et  de  ses  seiilenees  contre  Henn  IV. 
N'ajaiil  p«s  à  traiter  celle  quesiioii,  je  ne  déduis 
pu  les  preuve*  de  ma  manière  de  voir  sur  *x 


(l«78)  BiUe,  PuratipoMèita,  1,  c.  m,  tt:' 

MV79)  Jerem.  xltiii,  10. 
lieftOlKu.  I,  «.  9'1K;2,  n.  5,  66,  67;S.>h 
i.  II.  i,t;  7,n.  33 C'eu  dans  1k  é|diiH IJ 

b  ;  i.  11.  5,  que  Grégoire  «pitque  Icf  paroM 


im 


CRE 


unnoN^iAiaE  APOLoceriQve. 


GUE 


IbU 


Oai;-ilort  l'époque  commeHcée  oliKuré- 
ant(,  daaf  U  iieiisée  d'un  nu>iue  ilu  ii* 
l1td^  édele  et  u  cniisomme  dana  l'a:is«iii- 
iilép  coastitiMOle  «t  dans  la  CoDveiiliuii 
i1«8î).  . 

Sam  j  songer,  U.  Ouiaet  donne  à  nos 
r^KilutiODS  CD  geoTO  liîefl  inéfrUable  :  il 
(«rail  Dattre  ti'un  premier  doulc,  jadis 
(finça  par  un  ÎRConnu  eantre  le  Maint  et  hé- 
niqut  UildebrsD'l  :  doute  évidemmenl  cs- 
kioinieui,  puisqu'il  s'en  prend  à  ce  z£le 
mrrûi'ide  coiilro  k-s  rois  que  U.  Quiuel  c^ 
lettre,  et  qu'il  regrellv  de  ne  plusapeiCL-Toir 
iurle  Saiol-âiégo.  N'ost-ce  pas  dire  -lu'au 
fouil  de  DOS  réTolutious  il  se  trouve  un 
ItTiia  d'ÎDJustîco  coutre  l'Ej^liseT  Oii  le 
KnpfoiiD^it,  eu  effet. 

{Jjmi  on  enlund  ce  moine  (1683)  ne  pro- 
noofiulqu'à  TOix  lusse  et  avec  terreur  la 
qve»lioo  qui  semble  épouvanter  sa  colluk*, 
OB  s'iuiagioa  sans  doute  qu'au  xi*  siècle, 
lolour  de  Gréjjoire  VII,  tout  tremblait  réel- 
lemeoi  comme  dans  cette  scène  romanesque. 
Or,  c'est  U  une  Irès-fausse  appréciation  de 
<«Ue  époque.  Je  pourrais  rapporttrr  de  nom- 
breuses iuiprubalions  de  la  couduite  du  Pape 
pruclamées  à  baute  Toit;  je  tue  conteiiterdî 
il«  ciler  les  a* eui  du  Pontire  lui-giôuie-  Ka- 
cuDlautauxtit:rmatusson  entrevue  avec  leur 
roi.li  (^nosse,  il  leur  dît:  c  Quelques  cpec- 
lileurs  criaient  qu'il  y  avait  en  moi  non  pas 
û  paTB  sévérité  des  spOlres,  mais,  pour 
(iiudire,  la  cruauté  d'un  ijran  féroce.  » 
rne^ulre  fois,  il  leur  écrit: 'Tout  ce  qu'il 
j  «ie  Latins  (d'Ualiau),  hors  uu  pt-^tit  nom- 
in,  loue  et  défend  la  cause  de  Henri,  et 
u'ucase  d'une  durelé  et  d'une  imniélé  par 
Uop  eicessives  i  sou  égard  (ItHl»}.  *  Le 
^duvre  cbroniqueDr,  dont  parle  U.  Ouînel, 
.tUfait  donc  enerand  tort  de  tant  s'elTrajer 
■iïsoa  opinion.  Hais  n'iinporle  :  quoiqu'elle 
■«  uous  enseigne  pas  es  qu'elle  avait  pro- 
iiii  sur  l'état  des  esprits  au  ii*  siècle,  cette 
iiltKiuetie  du  moine  co&tre  le  luur  de  sa 
;«llui«  est  cbarmaute. 

ÏKcoire  m  Mt-tl  on  anceire  des  lb»U«Budi  de  1T93T 

ii.  Ql-irst.— aPeut-Aire  vouséloanerez- 
rous  si  jo  dis  que  Grégoire  Vil,  l'homme  de 
>it:ii,  tir  itei,  est  uu  ancêtre  de  In  revu- 
Mliun  française  ;  néanmoins  cela  ml  évident. 
»«ns  ton  effort  contre  les  pouvoirs  poli' 
tquea,  dans  ses  instructions  à  ses  soldats 
imiiuels,  espèce  de  pruvlsmalious  qui  pré- 
Adeat  la  bataille,  il  ne  donne  |>S9  aux 
sjautés  de  la  terre  uo  autre  fondeiuent  que 
a  violence,  le  crime,  le  mensonge.  ■  Qui 
ne  sait,  écrit-il  è  ses  évèques  (&';i.  ad  Ut- 
nMoiMMW  fptK»pum).  que  l'auturiié  des 
f  oiï  «t  des  cbels  u'iOai  vient  de  ce  qu'ignu- 

<ICS2)  P.  1*7.—  Beori  ne  reçut  la  couronne  S  m - 
^iale  qn'Mi  lUU,  de  la  nuiu  de  l'antipape  Gui- 


>vfa^,  a|iêmi«ii  irof  souvent  uecoM-n 


■  rant  Dieu,  livris  A  un  orgueil,  i  une  cBpidité 
«  sans  frein,  ils  oui,  k  I  aide  da  prince  du 

■  mal,  prétendu  dominer  leurs  égaux,  c'est- 
«  i-dire  les  bommes,  par  l'insolence,  les  ra- 

■  pines,  la  periidie.  les  bomicides,  entî;'.  pres- 
•  que  Ions  Ips  genres  de  scélératesse  ?  ■  Ce 
so:i(  là,  mots  |K>ur  mots,  les  expressions 
dont  le  tiers  étal ,  dans  sa  première  ferveur, 
i-n  H9,  et  plus  lard  les  montagnards,  se  ser- 
vaient en  monlanl  à  l'assaut  de  la  royauté 
absolue.  Le  ressemblance  estsi  frappante  dans 
k's  termes,  que  l'on  dirait  qu'ils  ont  passé 
littéralement  lies  bulles  du  xj'  siècle  dans 
l'iliue  delà  Convention.  Il  est  cerlaio,  en 
elfel,  qu'en  voulant  briser  la  société  laïque 
;Nir  la  société  spirituelle,  Grégoire  Vil  a 
dooué  le  premier  ébranlement  révolulion- 
uaire  au  monde  (1683}.  ■ 

Tout  à  l'beure  M.  Quioet  nous  a  dît  que  la 
Convention  était  l'Iiéritièredece  moiuu  incon- 
nu qui  doutait  de  la  juslîcede  Grégoire;  main- 
leoaut  il  assure  ituuc'est  Grégoire  lui-même 
qui  est  continué  par  la  Convnnlion.  Prélïn- 
t-on  âcesbiznrreries  la  vérité  toute  sîmpleT 
Eb  bÎL-n  1  Hildebrand  n'aurait  jamais  été 
admis  à  fraterniser  avec  les  fervenls  du  tiers 
état,  ui  avec  les  monti^ards  ;  il  y  avait  dj 
trop  radicales  ditfiîreuues  entre  leurs  dOi:- 
Irîoessur  la  royauté. 

Grégoire,  nou  pas  au  moment  de  la  ba- 
taille contre  Ueuri  et  iiar  forme  de  prucla- 
maiion ,  mais  après  la  cuadamiiatiuu  du 
prince,  et  pour  répondre  à  quelques  ques- 
tions d'Bërimann  sur  ce  sujet,  Grégoire 
écrivit  à  cet  évéque  de  Metz  :  ■  Quoi  doue  I 
une  dignité  inventée  par  des  liumme»  d'i 
siècle,  qui  ignoraient  même  Dieu,  ite  sera 
pas  soumise  Acettedignité  quula  Providence 
de  Dieu  toul-puissaut  ik  établie  pour  sa 
gloire,  et  a  miséricordiEusemeul  doiniéi: 
au  monde  1...  Qui  ne  sait  que  les  rois  et  les 
ducs  ont  commencé  en  desgeiisqui  necun- 
iiaissaient  pas  Dieu,  et  qui,  h  lurce  •d'or- 
gueil, de  rapines, de  perliJies,d'bomicJdes, 
eutin  de  presque  tous  le^  crimes,  à  l'ins- 
tigation du  prince  du  ce  lUiinJe,  du  diable, 
par  une  aveugle  cupidité  et  une  jirésomptioii 
iBiolérabla,  m  sont  arrogé  la  domination 
sur  leurs  égaux,  c'est-à-dire  sur  les  bommes 
(1686)  7  > 

Or,  quoique  la  conséquence  tirée  jpar 
Grégoire  suit  fausse,  du  moins  si  on  leu- 
tenu  d'une  supériorité  des  Papes  sur  les 
rois  dans  l'ordre  leinporel,  cependant  le 
fait  lu^me  sur  lequel  s  appuie  le  Pontife  est 
vrai  ;  il  est  cerUin  que  Dieu,  tout  en  créant 
l'boiiiuie  pour  la  société,  n'a  pas  nommé  le 
premier  souverain  comme  il  a  élu  le  pre- 
mier Pape,  saint  Pierre.  D'où  nous  vinrent 
dune  U»  souverains,  quand  les  bommes 
passèrent  du  guuveraemeut  de  la  famille  b 

(I6M)  Ep.  4,  n.  4Î;  7,  n.  5.  —  De  w»s  J»"'».  » 
Anstewr-e.  en  Suède,  en  Nonr^e.  ii»  roi  qui  se 
fc«;rc«h«lique  tert'ii  dépoli.  "  "  fal^Seo  •««- 
■Uilotie  sposÉaiiM  pour  devenir  roi  w  Meds. 

(IU8j|P.  145. 

[t(a6Jtp.*,n.ï;«.  ».  ïl. 


t09$ 


GRE 


MCnOSNâlM  APOLOGETIQUE. 


aa. 


Wi 


télai  des  pinces?  Les  uns  prflfndaïKnl 
qu«  les  rois  durent  d'abord  leur  dignité  k 
leurs  vertus  (I6ST);  Vollaire.  de  sou  cdté, 
nousdit  : 
Le  prenwr  qni  fut  roi  fut  ■■>  soldat  beuieui. 

Selon  le  Pnpe  Grégoire  VII,  ce  sont  les 
passions  qui  nous  ont  imposé  des  maîtres. 
Si  c'est  Ik  être  montagnard,  Grégoire  l'était. 
Mais  il  faut  bien  autre  tbosL-  jiour  £lre  du 
la  famille  de  Robespierre.  Le  uionlagnanj 
crotl  non-seulement  que  la  rftjraulé  a  été 
nue  usurpation,  mais  aussi  que  les  droits 
populaires  usurpés  par  un  l^ran  sopit  im- 
tirescri  pli  blés,  et  que  la  ualion  peut  toujours 
les  reprendre.  Kh  bien  1  Est-ce  aussi  la 
doclnue  de  Grégoire  VII  ?  Lui,  il  enseigna 
que  la  Providence  a  sanclionué  ce  que  ï'u- 
surjialion  avait  foudë,  et  que  tes  sujets  sont 
obligés  à  f'obéissonce. 

Grégoire  écrivait  â  Guillanmc  le  Conqué- 
rant :  «  Nous  croyons  que  votre  prudence 
■l'ignore  paf  que  Dieu  tout-puissant  a  donné 
à  ce  mondu,  pour  le  gouverner,  la  diguilé 
apostolique  et  la  digniié  royale,  supérieures 
h  toutes  les  autres  (1688).  ■  Il  dit  h  un  autre 
roi  d'Angleterre,  que  Dieu  a  fait  de  lui  [1669^, 
€  misérable  et  pauvre  serf  du  péché,  le  plus 
puissant  des  princes  ;  ■  i  un  roi  de  Dano- 
lusrk  (1690),  que  «  la  Providence  lui  a  confié 
le  soin  du  royaume  ;  *elh  UBempf>reur,  que 
«  c'est  Dieu  qui  l'a  placé  au  faite  des  choses 
iiumoines  (1691).  ■  L'impure  origine  que 
Grégoire,  dans  ses  lettres  h  Hërimann,  at- 
tribuait à  la  rojaulé,  a  donc  été  poriQée 
iivec  le  temps,  selon  ce  môme  Pontife,  et 
Dieu  ne  reste  plus  élranjjir  i  l'élection  des 
souverains.  Par  suite  de  celle  interveniinn 
(Je  la  Divinité  dans  la  destinée  des  rois,  le 
I*aiio  voulait  que  les  peuples  obéissent  ti- 
«l^Icmeni  è  leurs  chefs,  et  il  rappelait  même 
aus  Chrétiens  de  la  ville  de  Carthage,  sujets 
des  liiahomélans,  l'ordre  de  l'Aiiôire  :  (>u« 
toult  âme  toit  loumiit  aux  puitianca  tu- 
pirieurei  (1692).  La  Révolution,  au  contraire, 
non-seulement  ne  prêchait  pas  l'obéissance, 
mais  poussait  i  la  révolte  contre  le  titra 
de  roi.  «  Dès  l'origine  des  sociétés,  disait- 
on  à  la  Convention,  les  rois  sont  en  révolte 
ouverte  contre  les  nalions,  mais  les  nations 
<'OfiiiiiBnt,enià  se  lever  en  masse  pour  écra- 
Sur  \i!i  rois...  Il  arrive  Jonc,  ce  moment  où 
l'orgueil  stupide  des  tarons  sais  humilié... 
Les  peuples  trouveront  toujours  .en  nous 
Appui  et  fralernité...  Le  surt  en  est  jeté, 
nous  sommes  lancés  dans  la  carrière.  Tous 
les  gouvernements  sont  nos  ennemis,  tous 
les  peuples  nos  amis.  Nous  serons  détruits, 
ou  ils  seront  libres.  Ils  le  seront,  et  la 
tiaulie  de  la  liberté,  après  avoir  brisé  les 
Irûnes,  s'abaissera  sur  la  têtu  de  quiconque 
Vaudrait  en  rassembler  les  débris  (1693J.  ■ 


(IBKT)  Jdhti»,  HUI.  Pkitippicai 
(llitUitKp.  7,  1).  23. 
(Ili8»l  kp.  5,  n.  T. 
IIUUU)!!;».  7,n.  2. 
tl6t)l)  hp.  7,  11.  33. 
i\mH  F-ii.  t.n.ïi. 


I,  lib.  I, 


Quelle  énorme  différence  de  pcntâneniii 
Grégoire  Vil,  commandant  d'obéir  jui 
|trinees  malgré  l'orgueil  de  leur  ilomint- 
tJon,  et  son  boœonyma  montagnard, touidi 
aui  furies  les  rois  et  leurs  |iartiuDsIC(im- 
prenons  donc  que  Grégoire,  aa  fond,  prt- 
chant  le  droit  divin  des  souveriins etlV 
béissance  à  ce  droit,  aurait  été  hué  duBli 
salle  du  jeu  de  paume,  et  que  la  Uoiiligne 
l'aurait  Ruilloliné.  Ne  tnéloos  donc  pu  en 
noms  d  Hiidebrsnd  et  de  montaicDardspl] 
ont  horreur  l'un  de  l'autre- 

M.  Q'utnet  fiiil  remonter  k  Grégoirs  T|l 
l'ébraulemenl  révolutionnaire  de  uotreljt. 
Ce  n'est  j>ss  ici  le  lieu  de  rechercher  quelln 
idées  de  liberté  et  de  garanties  pulli<|iii 
ont  pu  naître  du  spectacle  de  la  lutta  iJei 
Papes  contre  certains  princes.  Ditlin^jucin 
seulement  dans  la  révolution  du  itih' 
aiècle  deux  choses:  un  certain  besoin  lé^i- 
lime  d'améliurations,  et  le  mode  «lofié 
pour  procéder  h  ces  améliorations.  Que  li 
iiromièra  de  ces  deux  choses  se  nlticbïiic 
loin  eux  exemples  et  aux  leçons  des  cheli<l! 
l'E^tisie,  cela  est  possible  ;  mais  la  seconilt 
est  le  fruit  bien  reconnaissnble  de  Igu- 
gesse  moderne.  Ne  privons  pas  Voluitt^t 
l'horrible  gloire  de  snn  œuvre.  Esl-ct  que 
Condorcet  n'a  pas  dit  de  ce  philasaphc: 
■  Il  n'a  pas  vu  ce  qu'H  a  fait,  maisilifiH 
ce'que  nous  voyons  T  ■ 
'  I  vni. 

L'échibod  de  1*  temm  éUit-U  dm  pchK  phi  btrif» 
qa«  les  eicommaalalÎMic  de  Gr«|ofre  VUt 

M.  QviRBT.  —  €  AucuD  livre  ne  dooni 
l'idée  de  ce  système  ni  de  cet  homme  jCr'' 
Çoire  YIJ\  :  imaginez  un  terrorisme  own^ 
un93spiriluel,  qui  tient  l'anatlièmeenfiei' 
manence  suspendu  sur  les  Ames  des  m- 
pccts.  On  peut  dire  que  l'échafaud  àtur 
volutionnaires  modernes  est  peu  det^ 
en  comparaison  de  ce  glaive  da  l'entt- 
munivalioo  qui  je^ail  l'homme,  le  rai^ 
du  ban  de  1  humanité  et  de  Dieu  yw^ 
Dioude  et  pour  l'autre.  Un  abîme  suutml 
où  le  plus  brave  ne  savait  à  quoi  se  premlt: 
la  terre  et  le  ciel  se  retiraient,  renfersn' 
restait.  Aussi,  tandis  qu'il  n  est  mt  ni: 
que  les  hommes  courent  avec  joie  a  l'éà)- 
laud.  De  parle-t-OQ  de  personne  qui  aili'U 
Boulenirjusqu'au  bout,  sans  chanceler, l'ix- 
teriiil  du  Grégoire  VU.  Suivant  les  'f 
gendiiires,  la  Ûauime  s'allumait  sur  » 
télé  (lb9^).  » 

LtixcommunicaliOD  produisait  uniloi'I"' 
résultat  :  l'un  voulu  par  l'Etat,  l'autre  K 
l'Eglise.  L'Église  privait  l'uxcomiLUUièiJe 
secours  spirituals  doul  ellu  asi  la  di5|>eii^ 
trice,  et  elle  défuudait  d'eutrctenir  «ic  •<'' 
tout  rapport  non  indispensable,  à  uo"" 
qu'on  ne  fût  aon  fils,  son  épouse,  son  te"'' 
leur,  etc.  (1495)  j  l'i^tat  le  dépouillaittles* 

{1603}  Dîieaurtde  GKtcoiu,  évéqite  *  Uù-'*' 
Clier,  à  11  Couveiiliun.  séauces  des  21  tti'!** 
vuiiibi-e  1792. 

ttlJ94)  P.  1*9. 

(11195)  L«BK,  CoitcH.  Ihm.  iv,  lé  inn.M*' 
Gi'égnirc  dit  ;  (  Pui'  rjulorilé  >pnsiolH|ur  m»  f' 


[f-n 


GRK 


MCTION.'îAIRE  APOUKETIQUE. 


')nciions  pobHques,  de  ses  Hefi,  mèmt;  da 
iH  t  ropriélés,  qui  passaienl  à  les  héritiers, 
:«  qni  loulefois  D'avait  lieu  que  dans  le 
:3i  i>ù  il  se  rr^DContrail  uoe  force  militnire 
^uflisinle  pour  coalraiodre  à  l'obéiNsance 
jo  seigneur  dans  son  manoir  escar)>é,ou 
iu  rr>i  sur  son  irAnu.  Le  coupable  se  trou- 
DJt  'loiic  ainsi  entre  la  double  sealeace  de 
lE^liseelde  i*Elat. 

Or,  l'efTel  religieux  de  eetla  peioe  était- 
il  lussi  désespérant  pour  le  coodamné  que 
le  croJi  H.  Quinet  T  Non  ;  car  si  Je  condamné 
mil  Toi  à  la  puissance  de  l'eicommunica- 
ii'iii,  ri  pouvait,  quand  il  le  roulait,  se 
ttcnncilier  avec  l'Église;  si,  an  conirairet 
il  Fiait  iacrojaol,  que  lui  importait  d'être 
l'Hii  lies  sacremeois,  lui  qui  déjA,  par  ses 
ri'itn,  s'en  était  Toioulairemeat  rendu  in- 
ii^iii,  et  avait  renoncé  à  sa  part  de  bon- 
leur  éternel  ?  Le  ciel  ne  m  relirait  donc  de 
\ef'Ui  la  tftte  de  l'eicommuoié  que  lor»- 

u'ii  i'obstinait  à  j  consentir. 

lu  poiul  de  vue  social,  l'eiconimunica- 
aa  n  était  que  la  mort  civile  ioDigée  de 
oi  jours,  en  quelques  occasions,  par  les 
iiles  français  (1696),  avec  celle  différence 
ne  I?  mariaga  du  condamné  rustaitbieo 
lus  i  l*abrî  des  atteintes  de  l'eicummuni- 
iiion  qu'il  De  l'est  de  celles  de  uolre  légis- 

Eti  bien  !  comparons  cette  peine  h  la  ifé- 
)  I  a.ion  usitée  en  93. 

la  décapitation,  c'est-à-dire,  d'après  là 
l'cic-ar  Julia  de  Fonteuellu  dans  un  mé- 
iiuire  lu  i  rAcadémie  des  sciences  (1697), 

un  des  plus  terribles,  des  plus  alrocus  et 
et  plus  douloureux  supplices,  ■  ladécapi- 
ilioo  esl-eile  peu  de  choie  en  comparaison 

I  l'exconimunicalion,  c'est-à-dire  de  la 
Ml  civile  t  Nos  lois  el  le  bon  sens,  en  ne 
ïuJamoaiil  à  la  peine  capitale  qoe  les  plus 
lomiosbles  scélérats,  et  en  résurvani  ta 
ort  civile  pour  de  moindres  crimes,  réfu* 
it(  le  paradoxe  de  H.  Quinet. 

Autres  différences  :  on  procédait  sérieo- 
meut  pocr  frapper  d'excommunication, 
odis  que  la  justice  dérisoire  des  Fouquier- 
OTîHe  devenait  une  aggravation  de  sup- 

L'ficommunicatioo  n'atteignait  d'ordi- 
ire  que  des  coupables»  et  Péchafaud  de 
93    ne    dévora    guère    que   dus    iouo- 

lllS. 

Cn  ctuogeiDenl  de  conduite  écartait  le 
ûve  de  l'excommuaication,  mais  l'écba» 
iJ  étail  sans  pitié. 

II  j  ■  plus,  c'est  que  la  victime  de  la  Ter- 
ir  était  condamnée  ft  lii  mort  civile,  en 
endani  la  mort  |)«r  la  guillotine.  L'hoiumn 
ipect  de  vertu  ou  de  génie  oe  se  voysit-il 


pas  obligé,  pour  retarder  l'heure  fatale,  de 
se  séquestrer  de  la  société?  Si,  de  l'obscure 
retraite  où  il  s'enfonçait,  son  œil  ou  sun 
oreille  pouvait  savoir  ce  qui  se  nassait  dans 
la  rue,  qu'apprenait-ilT  Que  1  un  vendait 
lion  patrimoine  confisqué,  et  que  l'un  por- 
tail an  bout  d'une  pîaue  la  léte  de  l'ami  ou 
du  parent  qui,  la  veille,  lui  avait  ouvert  un 
asile.  Vos  pères  de  la  Montagne  n'épar- 
gnaient donc  aucun  genre  de  supplices,  ni 
l'excommunication  la  plus  affreuse,  Di  le 
plus  aOreux  trépas. 

Au  moins,  direz-vous,  ils  laissaient  aux 
msifieureux  le  ciel,  qui  se  fermait  i  l'ex- 
communié !  ~  Mais  l'excommunicalion  lais- 
sait aussi  à  l'innocent  l'espoir  du  ci<'l,  et  au 
coupable  le  moyen  de  le  regaguer.  £n  fut-il 
de  même  de  ceux  que  la  Terreur  ronduisait 
innocents  à  la  mortT  Combien  peut-èlre, 
en  seutaut  Cuir  sur  un  échafaud  leur  vie 
jusque-là  sans  reproche,  dirent  aussi  à  la 
venu  :  Tu  u'es  qu'un  nom  I  Ce  sont  donc 
les  Uonlagnards  qui  réussissaient  t  ne  lais- 
ser à  leurs  victimes  que  l'enfer  sous  la  gui^ 
loliiie. 

On  courait  mec  foie  à  Tichafaud,  dri-on 
encore.  —  Pour  Dieu  !  Ahasvérus,  jirenez 
donc  garde;  la  vapeur  du  sang  de  93  vous 
donne  le  Vertige  1  Vous  appelez  joie  ruffort 
sioiqne  du  jeune  homme  qui  sourît  de  mé- 
pris pour  ne  pas  réjouir  ses  bourri'aut  par 
le  siiectaclc  des  larmes  qui  noient  son 
cœur  I  Vous  appelez  joie  le  désespoir  qui 
pousse  one  femme  k  la  mort  pour  no  pas 
survivre  à  l'époux,  k  l'enfanl  qu'on  vient 
de  massacrer)  Paovre  Ahasvérus,  votre 
cœur  s'est  donc  bien  atroi'hié  dans  vos 
longues pérégriuations  T  11  a  donc  oublié  que 
la  pitié  plus  que  la  raison  distingua 
l'homme  du  tigre. 

Les  joies  de  l'échafaudl  Que  dirait  la 
mère  (le  Quinet,  si  bonne  et  si  spirituelle, 
à  ce  langage  d'un  Gis  de  Tricoteuse? 

On  |iréluud  que  personne  ne  souliol  juie- 
qu'au  bout  les  sentences  de  Grégoire  Vil, 
—  Hanassés,  arcbevéque  excommunié  do 
Reims,  s'esl-il  donc  soumis?  Et  Guiberl. 
l'anlipape  du  parti  du  Henri  IV,  s' est-il 
soumis  davantage?  Et  les  deux  iutrus  qui 
disputaient  le  siège  de  Htlan  au  légitimu 
prélat  l'ont-ils  fait?  L'en>pereur  de  Cons- 
tactiiiople,  Nicéphore  Boloniaie,  s'esl-il  plus 
soucié  de  l'esojmmdtiication  publiée  p^r  - 
le  Pape  que  si  elle  avait  été  lancée  par  un 
rabbin  ou  un  niuphti  ?  Qui  donc  a  vu  chan- 
celer sous  l'arrêt  pontifical  le  due  Théodore, 
le  comte  de  Flandres,  ou  cet  autre  seigneur 
qui  avait  tué  son  frère,  sa  belle-sœur  et  son 
neveu  (16981?  Qui  donc  a  eotindu  crier 
merci  par  tous  ces   prêtres,  i-es  évéqaes. 


M  eu»  M  pis  »  lin  de  ranadièaw  (poar  ««■■• 
ammumtatio»)  les  épooscs,  l«s  enbiils,  les  ler- 
tmn,  le«  fervanies,  c'esl-i-dtre  loat  le  domcsU- 
ç,  aiasi  qae  les  coloM  et  les  aides  et  tocs  cees 
i  M  Mwt  fas  lencMCiH  Imimet  que  les  crime» 
eii  eammm  ivr  leor  cooseil,  cdIo  ceu  qui  com- 
laiqvest  par  ifiMto»iee  avec  les  escoramnniés  ou 
t  «et  sqifewew  ra^on  avec  ceux  qui  comma-' 
Dfcnon.  AroLOfltnouE.  I, 


■iqnent  avec  les  excoamuniéi.  >  Le  Pape  exeapia 
eiuaîie  les  TOj>gears  qui  oui  liooiii  de  cummuiiî- 
nvcr  avee  les  excowiBBiiiéa. 

(1S96)  Code  tml.  an.  15. 

\\WU  Séance  do  H  tepl.  183S. 

(ICM)  pLcniv,  Lxu,  S  el  iviti  ;  tvtii,  t  el  Mf«; 
Liv,  r  —  6iép>ire  TH,  ep.  7,  ir.  SI;  9,  a.  U-^ 
Cearfl.  Am.  iv. 


CKR 


mCTlONNAlRK  APOI.OCETIÛDK. 


C(^  sciifiioiir.'i  qui  s'élaieiil  associés  à  l.i 
pjiiise  de  Henri  T  Le  Pnpc  leur  donna,  <ic  son 
h{  (Iff  mort,  une  absolulion  qu'ils  n'avaient 

Rits  sollicitée  et  ilunlils  se  rirent  sans  doute, 
obttrl  Guiscaril,  duc  de  la  Fouille,  se  fil, 
il  est  vrai,  en  1080,  rrlever  do  l'eicommu- 
nicalion  qu'il  avnil  encourue  par  usurpalîon 
de  diverses  possessions  de  l'Kglise.  Maïs, 
en  réalité,  cédail-il,  el  n'était-ce  pas  lui 
qui  imposait  sa  Toionté  h  Grégoire  auquel 
son  aide  était  nécessaire,  k  Grégoire  réduit 
à  répondre  :  *  Quant  au  territoire  que  vous 
occupez  înjuslement,  e'esl-à-dire  Salerne, 
Amiilplii  et  u[ie  partie  de  la  marclie  do  Fer- 
nio,  je  prends  moinlenanl  patience  (1699)  7  » 
Je  sais  bien  que  M.  Quinit  pense  h  l'empe- 
reur agenouillé  de  van  lie  château  deCanosse. 
Mais,  l'ailes-y  attention,  si  Henri  chancela 
un  iiislant,  il  ne  se  releva  qne  plus  furieux, 
et,  tandis  que  cet  eicommunié  triomphait  è 
Rome  el  s'y  faisait  couronner,  son  juge 
mourait  fugilifà  Salerne.  Hiidi'brand  ne  put 
vaincre  Henri  (1700). 

Si  donc,  au  lieu  de  consulter  la  légende 
h  laquelle  il  nous  renvoie,  M.  Quinel  avait 
interrogé  rbistuiro  et  le  sens  commun ,  1°  il 
110  se  serait  pas  Gguré  rexcommunicaliun 
comme  une  sorte  de  feu  intelligent,  forg;int 
le  coupable  h  la  pénitence;  2°  il  n'aurait 
pas  trouvé  le  triangle  d'acier  de  93  plus 
tiumain  que  les  sentences  de  Grégoire  VII, 

SIX. 
Si^g(^  vn et  Jésui-Chrlil sonl-ils  morts  seepUinmT 

M.  MicHELBT.  —  R  11  y  a  un  moment  de 
trainte  et  de  doute.  C'est  ta  le  tragique ,  le 
terrihie  du  drame;  c'est  là  ce  qui  fait  craquer 
le  voile  du  temple,  ce  qui  couvre  la  terre 
do  ténèbres;  c'est  ce  qui  me  trouble  en 
lisant  l'Ëvangile,  el  qui,  aujourd'hui  encore, 
Isil  couler  mes  larmes.  Que  Dieu  ait  douté 
le  Dieu  1  qu'elle  ait  dit,  la  sainte  victime  : 
tMon  Père,  mon  Pôrelm'avez-vous  délaissé?» 
Foules  les  Ames  héroïques  qui  osèrent  de 
grandes  choses  pour  lu  genre  humain  ont 
ton  nu  col  Le  épreuve;  toutes  ont  approciié 
plus  ou  moins  de  cet  idéal  de  douleur.  C'est 
dans  un  tel  moment  que  Brulus  s'écriait  : 
r  Vertu ,  tu  n'es  qu'un  nom.  »  C'est  alors 
que  Grégoire  VU  disait  :  ■  J'ai  suivi  la 
«justice  ut  fui  l'iniquilé.  Voilà  pourquoi  je 
«  meurs  dans  i  exil  (1701).  ■ 

Deut  erreurs  historiques,  donl  l'une  est 
de  plus  un  blasphème;  voilà  presque  tout 
ce  irsgmeut  de  U.  Michclct. 

L'ancien  chroniqueur  Paul  Bernfried 
raconte  ainsi  la  mort  de  Grégoire  :  ■  Quand 
Grégoire  approcha  des  kalendes  de  juin , 
et  que  l'attaque  des  dernières  douleurs  eut 
commencé,  les  évoques  et  le.s  cardinaui 
l'entourèrent.  Comme  ils  le  félicitaient  des 


maints  travaux  de  son  adminislralinn  tlde 
son  enseignement,  il  leur  réponilit  n  ij 
«  rompte  pour  rien  mes  travaui,  mes  Mr« 
«  bicn-aimés;  je  ne  mets  ma  conlimcequ'fn 
»  cela  seulement  {^uej'ai  toujours  simé  tj 

■  justice  et  haï  l'iniquilé.  >  Ensuit?,  les 
assistants  ayant  exposé  en  géoii.csjnt  \m 
inquiétude  sur  le  sort  qui  IcsallCQdaitaprîj 
SB  mort,  ce  pieux  père  éleva  vers  le  ciel») 
regards  etyélendit  les  bras,  comme  s'il  i'i 
fût  élancé  :  ■  C'est  là,  dit-ii,  que  je  monlem, 

■  el  que  mes  instantes  prières  tous  rKon- 

■  manderont  à  Dieu  souveraiiietnentb(in.i 
Grégoire  alors  désigna  pour  son  succesifB; 
le  canliria!  Didier,  abbé  du  Moni-CassiB, 

■  et,  pour  signe  de  la  victoire  qu'il  remfw. 
«  terait,  il  voulut  qu'on  le  nommât  VrcIOM 
te  pontife  mourant  révoqua  la  plasKrinj> 
partie  des  sentences  d  eicominunicalist 
qu'il  avait  lancées,  mettant  loutefoisisn 
pardon  la  condition  que  les  coufiibles  if- 
connallraient  l'autorité  du  Sainl-Siége  qm 
les  avait  frappés.  Il  ordonna  de  ne  nam 
pour  chef  de  l'Kglise  qu'un  Pape  «nori- 
quement  élu.  Mais,  quand  il  se  trouiik 
I  extrémité,  voici  quelles  furent  ses  iJpr- 
ni^res  paroles  :  «  J'ai  aimé  la  jusiice  dbii 
K  l'iniquité,  c'est  pour  cela  que  je  nwi 
<  en  exil.  >  Un  assistant  répliqua  qu'u^ 
Pape  ne  saurait  être  exilé,  puisque  toute li 
terre  est  son  héritage;  mais  le  pontife  de 
put  entendre  :  il  élait  mort  (170a).  i 

Les  dernières  paroles  de  GrégoirsTll, 
que  M.  Mich.elet  prend  pour  des  parole)  it 
scepticisme,  sont  un  cri  sublime  d'espéricc'. 
En  effol ,  qu'exppiment-ellesîle  ïoureti: 
consolant,  comme  le  disait  alors  Grégijin 
lui-même,  d'avoir  sinié  la  justiceelli^ 
l'iniquité,  souvenir  qu'il  rendait  plus  fort' 
Elant  encore  en  songeant  que  ce  2l:\e,y 
outre  salaire  ici-bas  que  l'exil,  srrait  IW'' 
couronné  au  ciel,  ooupçonnerait-ont^'^ 
l'exclamaliou  du  Pontife  autre  chosei;^'v 
la  confiance,  parce  qu'on  s'em|jressi<i'i'*' 
gner  do  lui  celle  pensée  d'eiilT  La  «os^ 
Talion  qu'on  lui  voulut  donner  prouTei[i'' 
avait  souGTert  de  se  voir  exilé.  Je  ne  iti 
pas  celte  souETiance,  puisque  je  souliwi* 
contraire  que  c'était  en  tâchant  de  s'ïrK>- 
gner  que  la  mourant  espérait  l'étcnid^ 
récompense;  ce  queje  nie,  c'est  la  scef> 
cisme  qu'on  attribua  à  Grégoire  et  quu'^^ 
démenti  par  toute  l'histoire  do  son  pwli- 
fîcal ,  spécialement  par  le  isblp^u  iW  f-^ 
agonie,  si  calme,  si  sereine  ei  aussi  MI-f 
pour  le  moins,  que  celle  de  Socralc. 

Toujours  Grégoire  fut  disposé  mSiiies= 
martyre,  s'il  l'eût  fallu.  «  La  mort,  dn^ 
dans  une  lettre  à  tous  les  fidèles.  |>)°''' 
que  de  consentir,  par  crainte  ,  silence  t^- 
intérêt,  à  l'abolilion  de  Ib  loi  chrétieDue' 


(1699)  Ep.  8,  à  la  suite  de  U  première  lettre  ; 
ïntatiiura,  etc. 

(1700)  Ce  fut  seulenient  cd  IIQ5,  à  la  dièie  de     

•>«  et  coiilraiiil  par  son   fils,  que  l'ciDDereur      golre  Vil, 

le  soumit  il  demander  l'absolution  de  son  '^-'^' 

inîcation,  lout  en  voulani  rclmir  l'empire. 
,  le  7  auAi  1106,  mil  lin  aux   nouveaux 


troubles  qu'il  allait  suEciter.  , 

(1701)  H«[.  de  France,  t.  0,  t.  it,  c.  9.  -«■'* 

B*s,  0iil.  iTAlUmagtte,  L  I,  P-  Î74,  "iwl  Je  tf 
lire  VII.  .,  ^, 

(17021  Paul  Bebsfbieii,   Vil.  S.   Citgom'fi'- 

ApuJ  BlABiLLO.'sKii,  Sac.  Iktt.  \i,  p.irs  ii',  M^"'^ 

1085,  n.  108,  tic,  ; 


lOI 


GRE 


DICTW:i»AlIl£  APlHXtGETIQUE. 


GRE 


1102 


Les  rois,  ikrit-ilaax  Germaîos,  n'ont  rien 
«  furoouSi  pas  plus  par  terreur  que  par 
iresses;  la  mort,  s'il  le  faut.  plulAt que 
'iirt  rainco  I  >  —  *  Pluiôl  que  da  consentir 
Tbtre  perte,  au  pris  même  de  toute  la 
vire  du  monde,  leur  dit-il  une  antre  fois,  je 
i^fcre  mourir.!  —  ■  Nous  serons  d  Uaotoue 
1 1  janvier,  écrirait-il  aux  seigneurs  de 
ieroianie,  el  nous  D'béstteroos  pas  à  affron- 
ï',  sM  le  faut,  la  mort  pour  la  liberté  de 
b^ '5^.  ■  Au  lieu  de  trop  multiplier  ces 
,:i;iuns,  je  termioçrai  par  celle-ci ,  qui  k-s 
«jil'lace  toutes.  Grégoire  parle  h  un  abbé 
:-j  Uoat-Cassin.  ■  Vous  savez,  vous,  frère 
.leo-aimé,  que  »i  nous  voulions  faToriser 
a  toioDlé  criminelle  et  les  désordres  du 
[ra'^el  de  ses  courtisans,  nul  de  nus  pré- 
i:.:euears  n'aurait  obtenu  desinciens  rois 
un  iiucbement  plus  complet,  plus  dévoué 
(je  De  serait  ceLi  ile  Henri  et  de  l'arcbe- 
é•^ae  [de  Bavettne)  pour  nous.  Mais  comme 
'Oi:5  méprisons  leurs  menaces  el  leurs 
i';:3i:tés,  nous  serons  bien  plus  disposée 
o^ir  la  mort  qu'è  piëter  la  maio  h  leurs 
SiM.és  (1703).  > 

l^t-ce  que  w  PoNlife,  qui  avait  gouverné 
''Mie  ans  l'Eglise  avec  celle  inébranlable 
ii^ositioo  à  sacrifier  sa  vîe  au  devoir,  tui 
ui,  toujours  ferme,  avait  été  le  captif  de 
•CDcius  i  Rome ,  et  qui  vivait  depuis  un  an 
^io^ié  k  Saleroe,  est-ce  que  ce  pontife,  à 
«s derniers  moments,  aurait  pu  fiire  surpris 
ie  tti  malbeura  et  s'en  étonner  jasqu'ao 
j'j'.'Jjtaie  ?  N'jr  était-il  donc  pas  nabitaé, 
it^saél  Tant  de  courage  et  une  anssï  lon- 
'je  constance  n'ont  donc  pas  po  s'affaisser 
aoi  le  scepticisme,  el  une  telle  vie  dément 
I  ïup|«5ition  d'une  telle  mort. 
Chiqae  mol  du  récit  de  l'agonie  de  Gré- 
'  .*c  condamne  l'assertion  tle  H.  Hichelet. 
'ntd'uo  mourant  qai  partedesaconBance, 
1  souvenir  de  son  amour  de  la  justice,  et 
it  paraît  déjà  s'élancer  vers  le  ciel,  tant  il 
père  le  voir  s'ouvrir  devant  lui;  c'est  d'un 
auront  qui  promet  aux  cardinaux  en 
ïurs  raide  du  Dieu  dont  il  va  contempler 
fice,  et  qui ,  sûr  du  succès,  décerne  i 
iier  le  nom  symbolique  de  Victor;  c'est 
ce  Pape  que  vous  voulez  faire  un  scep- 
iae!Cesl  dans  son  dernier  soupir  que 
us  cbercbez  un  impie  sarcasme  contre  la 
bvjdfcncel  Ne  compreoez-Tons  donc  pas 
ecÊtte  longue  suite  d'actes  de  foi  et  d'espé- 
iceeût-elleété  réellement  interrompue  tout 
n  coup,  h  la  dernière  seconde  de  l'exis- 
tce  de  Grégoire ,  par  un  cri  de  doute ,  ce 
Ole  si  subit  ne  serait  plus  le  scepticisme 
10  Pape,  mais  le  délire  d'un  moribond? 
!fou,  non,  Grégoire  n'eut  fc  souffrir  ni  du 
lire,  oî  du  doute,  et  ses  paroles,  que 
.  Hichelet  n'a  pas  comprises,  ont  été  uue 
nvelle  prolesUtîoD  devant  las  bummes 
le  le  Pontife ,  dans  sa  aévérilé ,  n'avait 
uijj  voulu  que  le  triomphe  de  la  justice 

|i;05>  Etf.Lii.l-Ui  6,  B.  1;'9.  n.t.  —  Paul  laniiia. 

•^rii£»  c.  TS.  (1705)  Pi.  xii,  1. 

[l'Oi)  Pt.  xu«  :  DUt^ti  JMttitiam  tt  odiifi  ini-  (l-;»)  Pi.  icvn,  t;  cuii,  4. 

nticM,  mnfur»€  uni  U  Ikmt,  Dttu  iwt,  oUo 


et  ne  méritait  pas  l'exil  où  on  le  voyait 
mourir  ;  elles  ont  été ,  devant  Dieu ,  un  su- 
prême acte  de  foi  pour  adorer  la  secrète 
volonté  qui  permettait  ici-bas  le  trîompbe 
du  méchant,  et  nnsoprème  ac^ed'espémnce 
en  une  vie  meilleure,  où  le  malheureux  Paps 
trouvera  enfin  cette  onction  d'un  parfum  dt 
joie  promise  par  le  Psalmisie  k  ceux  oui  ai- 
ment lajuftice  tt  quihaUtent  l'iniquilé  (170^]. 
CVstainsique  la  vie  et  l'agonie  de  Grégoire 
exigent  qu'on  entende  sa  dernières  pa- 
roles. 

Après  avoir  constaté  la  foi  de  l'illustre 
'Ponlife,  faut-il  aussi  montrer  que  Dieu  n'a 

fias  blasphémé  contre  laDiviniléT  Hélas!  il 
e  faut,  puisqu'il  y  a  des  insensés  (j'en  ai 
rencontré]  qui  prennent  pour  sérieuse,  parcu 
qu'elle  est  bizarre,  celle  impiété  de  U.  Mi- 

CllLlbt. 

Jésus,  répétant  sur  la  croix  ce  verset  d'un 
psaume  :  aon  Dieu,  mon  Dieu,  pourquoi 
m'artz-TOttt  a&a ndonR^[1705]T  ne  doutait  im^ 
de  la  Providence  ;  il  récitait  une  prière 
publique  et  cousacréa  par  le  culte,  uuu 
prière,  par  conséquent,  dîont  les  expressions 
figurées  avaient  reçu  de  l'osage  leur  sens 
véritable.  La  poésie  des  Hébreux ,  si  hardie 
qu'elle  fait  bondir  les  collines  comme  des 
agneaux,  et  qu'elle  fait  battre  des  mains 
par  les  fleuves  (1706),  a  nommé  avec  la  mCnie 
audace  d'bjperboles  abandon  de  Dieu  une 
épreuve  d'où  Dieu  tarde  à  arracher;  mais 
les  JuiEs,  en  prononçant  ce  verset,  ne  de- 
Teoaient  pas  sceptiques,  puisqu'ils  étaient 
précautioanés  contre  ]es  méiai>hores,  soit 
par  leur  religion,  soit  par  ta  connaissance 
des  procédés  de  leur  littérature,  soit  par  la 
suite  même  de  ce  psaume  xsi,  oCt  le  Christ 
qui  y  est  prophétisé,  après  avoir  gémi  sur 
sa  passion,  entonna  le  chant  de  sa  dc'i- 
vrance  :  Louez  le  Seigneur,  tout  qui  te  erui- 
gnti  ;  plorijiez-le,  race  de  Jaeob...  il  n'a  pas 
rejeté  ta  pnire  du  paucre,  il  n'a  pas  détourné 
de  moi  ion  vitage! 

Quand  donc  U.  Uirhelel,  au  pied  de  la 
croix,  nous  dit  :  Ecoulez  le  scepticisme  du 
Christ  1  il  ne  fait  que  grossir  la  foule  de 
ceux  qui  passaient  en  blasphémant  :  Pra- 
tereunlet  aulem  btaiphimabanlt  Puisse  des- 
cendre plus  fruclaeusem(.nt  sur  lui  que 
jiur  les  JuifF  le  pardon  demandé  par  le  Cru- 
cifié pour  ceux  qui  l'ouirai^eiit  :  Mon  Pire^ 
pardannex-leur,  cor  Ht  ne  tattnt  ce  qu'itt 
font! 

Ni  le  Christ ,  ni  son  pontife  Hildebrand 
ne  sont  donc  pour  l'humanité  des  types  de 
scepticisme. 

Grégoire  VII,  depuis  que  le  moyen  flgo 
est  mieux  étudié,  prend  place  parmi  lesbien- 
faîteurs  des  hommes.  U.  Qoinet  est  peut- 
être,  de  tous  ses  panégyristes,  le  plus  ar> 
dent. 

Enlliousiasme  astucîegx  Get)endant,  car 
M.  Quinet  ne  semble  louer  un  Pontife  du 


HAL 


nCTIONNAmE  APOLOGETIQUE. 


XI*  siècle  que  pour  censurer  ceux  du  xii', 

et  les  bl&mer  de  ce  qu'ils  ne  bouleversent 

-  pasI'Kuropeau  Domde  la  démocratie  (1707). 

Enthousiasme  peu  éclniré,  puisque  H.  Qul- 
ne(  s'ust  trompé  sur  le  principe  qui  dirigea 
Grégoire,  sur  le  but  qu  il  se  proposa  et  sur 
le  caractère  des  peines  qu'il  infligna  (1708). 

BcureusemenI,  toutefois,  il  s'est  gardé  ae 
profaner,  commeM.'Michelet,  pur  d'indignes 
suppositions,  la  sainte  mort  d'Hildehrand  1 

Jusqu'ici  nous  n'arons  guère  vu  Grégoire 
que  6ur  son  trAne,  et  fulminant;  il  faut 
pénétrer  maintenant  dans  le  secret  de  sa  rie, 
et  contempler  ce  pontife  redevenu  homme, 
pour  ainsi  dire.  Il  avait  laissé  à  Clun;  un 
ami  dévoué,  auquel  il  écrivit  on  ces  termes 
la  seconde  année  de  son  ponliDcat  : 

■  Je  voudrais,  s'il  se  pouvait,  que  vous 
connussiez  pleinement  nuelles  tribulations 
me  pressent,  quel  Iravajt  renaissant  chaque 
jour  me  fatigue  et,  en  augmcniani ,  me 
trouble  profundémenl;  je  le  voudrais,  afin 
que,  prenant  en  pitié  les  chagrins  de  mon 
flme,  votre  fraternelle  compassion  vous  tou- 
chât à  mon  égard,  et  répandit  en  torrents 
(le  larmes  votre  cœur  devant  le  Seigneur, 
pour  que  le  pieux  Jésus,   qui  a  tout  fait, 

3ui  régit  fout,  tendit  la  main,  avec  sa  ten- 
resse  ordinaire,  à  un  infortuné,  et  )e  déli- 
vrât. Moi,  je  l'ai  souvent  conjuré,  comme  il 
en  adonné  l'exemple,  ou  de  m'enlever  de 
celte  vie,  ou  de  sauver,  par  mon  mini&Iôra, 
notre  mère  commune^  Et  pourtant  il  ne  m'a 
uoint  encore  arraché  de  celle  grande  Iribii- 
lalioD,  et  ma  vie  n'i  point  encore  servi, 
comme  je  l'espérais,  à  celle  mère  dont  j'cri 
parlé  et  fa  laquelle  il  m'a  enchatnél  Je  suis 
assié($é  d'une  cruelle  douleur,  d'une  tris- 
tesse universelle,  parce  que  l'Eglise d'Orienl, 
poussée  du  démoo,  s'ëfoigne  de  la  foi  ca- 
tholique... Puis,  quand  de  l'œil  de  mon  es- 
prit je  regarde  )'Oi:cideal,  ou  le  Midi,  ou  to 
Seplentrion,  c'est  à  peine  si  j'y  découvre 
quelques  évAçiues  d'une  ordination  ou  de 
mceui'S  canoniques,  qui  gouvernent  le  peu- 
ple chrétien  pour  l'amour  du  Christ  et  noa 
pas  pour  une  ambiiioa  mondaine  i  et,  parmi 
tous  les  princes  du  siècle,  je  n'en  connais 
aucun  qui  préfère  la  gloire  de  Dieu  à  'a 
sienne,  et  la  Justice  au  lucre.  Les  peuples 
au  milieu  desquels  j'Iubite,  c'est-fa-dire  les 
Romains,  les  LombardSi  les  Normands,  je 
leur  reproche,  el  je  suis  souvent  obligé  Je 
leur  redirt  qu'ils  sool  pires  que  l«c  iuifs  el 


les  païens.  Quand  je  reviens  à  mui-p)i£m«, 
je  me  trouve  tRlIement  arcalilé  du  puidi  de 
mes  propres  actions,  qu'il  ne  me  reste  au- 
cun espoir  de  salut  nue  dans  la  seule  mfi- 
ricordedu  Christ.  Si  je  n'espérais  pas  arri- 
ver fa  une  vie  meilleure  el  être  utileili 
sainte  Eglise,  noD,  je  na  resterais  pu  i 
Rome,  où  c'est  par  force,  Dien  m'en  esi  té- 
moin, que  je  demeure  depuis  vingt  ani 
Ballotté  donc  par  mille  tempêtes  enir«l) 
douleur  <jue  chaque  jour  renouvelle  en  moi, 
et  l'espoir  qui  larde  tant,  hélas!  è  se  réali- 
ser, ma  vie  est  une  mort  tous  toutes  les 
formes.  El  celui  qui  m'a  \ié  de  ces  chalucs. 
qui  m'a  ramené  malgré  moi  fa  Home,  qj 
m'y  a  ceint  de  raille  peines,  je  ratteinlî- 
Souvent  je  lui  dis  :  Hâlez-vous,  ne  tanJi 
pas;  pressez-vous  et  sans  retard  ;  délitm- 
moi  pour  l'amour  ds  la  bienheureuse  Slarit 
el  de  saint  Pierre  (1709}  1  ■ 

Qui  donc  s'attendait  à  voir  de  la  sof!'^ 
inondé  de  larmes  ce  visage.  l'elTroi  des  tu- 
lions?  Cette  désolation  n  f  si  pas  seulemeui 
un  émouvant  spectacle,  elle  est  de  plus  une 
réponse  k  une  question  qui  a  dû  se  présen- 
ter souvent  II  nous  :  «  Grégoire  foi-il  jio 
ambitieux  T  ses  excetiivtt  préHnliont  y 
mêlèrent-elles  de  bonne  foi  fa  ses  vénlali'^^ 
prérogatives?  >  Oui,  Grégoire  fut  de  bonni,< 
foi.  Ses  pleurs  sont  trop  vrais,  sa  douleur 
est  trop  naïve,  ses  plaintes  sont  trop  fran- 
ches, i)  parle  du  devoir  d'une  manière  tio. 
simple  et  trop  naturelle,  pour  qu'on  pmw 
y  découvrir,  y  soupçonner  quelque  indi't 
d'ambition  impatiente  ou  irumpéc*  ^'^' 
goire  était  convaincu  que  son  litre  lui  din- 
nait  tous  les  droits  à  la  défense  desquels  i: 
se  lacriRait  [1710). 

GROENLANDAIS.  Voy.  Racbs  ocKiim 
i  VIll. 

GUERRE  BU  dedans  de  nous.  foy.  Cim. 
{  I.  —  Gaerres  de  reliaion.  rotr.  Fahiuh. 

iiii. 

GUI  D'ARBEZO,  inventeur  dos  noies  ma- 
sîcales  ;  ce  qu'il  faut  penser  de  ia  per^a- 
lion  qu  il  aurait  endurée,  suivant  U.  Litct- 
Yoy.  Sciences,  \  II. 

GUIGMAUT,  ses  appréciations  des  livres 
indiens.  Yoy.  Ihdiinisiib.  —  Des  livres  per- 
sans, yoy.  Fentitsoqdb,  }  11. 

GUI20T ,  HutQirt  d»  la  ewitUatian  « 
France,  réfulaiioa  de  sos  erreurs  sur  Hine- 
mar.  ¥oy.  Hinghik;  ~  sur  saiut  Bîlain 
d'Arles.  f»y.  Bilairb  (Saiuij. 


H 


HALLER,  «ilA  sur  l'anilé  de  l'espèce  ho*     «rretuxurlinubilMoheiles-pMipUaw 
tiuiue.  Yoy.  Baci»  nmiiiiBS,  S  1U>  —  &o[^     l«u>-  'f -»  i  VL 


1 1707]  rpir  h  le^H  de  M.  Qainet  d'où  sont  ei- 
irMlM  louie*  iH»  cilMÛHU  ;  kf.  8,  p.  Ï40  ;  voir  en- 


jlTOS)  On  M  nfftOB  Mie  M.  QuinH  siimtOK  à 
Grïfoùe  VU  (laur  prinei^  (litée  que  le  Pape  e»t 
iufoiltiUeineiii  saint,  el  pour  bni  rintlépemlance  ilu 


prêlre. 

(1709)  tf.  1,  n.  M. 

(f  7IOj  Extrait  de  l'fcinlleai  Qom(K  de  >.  r*M* 
CuaiHi,  JMffHH  d$  PEfitH  coMirs  Cm  *rmn  Jm- 
leriquti,  etc. 


MCTI0>»A1RE  APOLOGETIQUE. 


HiLLUUNATlON  flTll). 

L*  doctiûe  adoeUe  dca  hillDClntiaM 
cat  la  flm  pude  de*  erram  lo- 

(IMk  K  BowMT,  An  WtaâMbMM,  Prêt) 
L'hilIiiaDsiîool  Toilà  bien  de  loiu  nof 
problèmes  de  (Ailosophie  médiule  le  plus 
nurieu  et  le  plus  diflieile  i  traiterl  Ujsté- 
mai  résoIlBt  de  notre  donble  oatare,  ré- 
rtUble  pool  jeté  entre  ces  dent  mondes 
qu'on  appelle  esprit  et  nslière,  phénomène 
aérooeerlaat  poor  tous;  prouvant  lui  nulé- 
lialistes  la  lonte-Poissance  créatrice  de 
rcfprït,  aux  spîritualistes  la  réalité  qussi- 
Butérïelle  des  images,  naturalisant  en  apra- 
nstt  les  miracles,  et  su roatura lisant  les 
vStU  les  pins  simples,  l 'bal luci nation,  dit- 
on,  ne  respecte  aucun  âge,  aucun  mérite, 
«(  oéaie,  si  l'on  en  croit  une  fatale  eipé- 
rieoee,  loat  docteur  qni  la  soigne  ou  l'élu- 
(tie  trop  loof^enps,  lerminerait  ordinaire» 
■leni  SB  cvnère  dans  les  rangs  de  Mes  ma' 
•des. 

Voici  le  début  le  plus  ordinaire  de  celle 
tînnalière  inrasion  :  Un  homme,  jusque-IA 
i»  |»os  raisonnable  do  monde  (et  tous  savez 
■que  c'est  beaucoup  dire),  h  promène  et 
coaTene  avec  tqui.  Tout  ï  coup,  el  pour  la 
/•remière  fois  de  sa  rie,  cet  bomme  s'arrâte 
Lruniuement ,  cesse  de  tous  entendre  et 
vont  quitte  pour  suirre  une  autre  personne 
que  TOos  ne  *ojez  pas,  mais  quil  a  l'air 
Wécoala,  de  comprendre,  et  à  laquelle  il 

i  ITII)  L>  Kienee  appeUe  kûUmanatloM  loale  er- 
reatrdes  ms  jnrUgée  par  l'inlelliceiice.  H.  HaiH 
ry.iiiatfon  tuai tur Ut  légnda,  ûui»  li  plupart 
«.esarticles  qu'il  a  rédigés  pour  VEHet/tlooédUma' 
émi,  et  nia  dans  l'arlide  qu'U  a  puUie  dan»  lea 
A*»i^e*  wu4ie4>-pisekologiqutt,  ialJliilé  :  De  rhat- 
m^ttûM  tmtagit  «■  point  dt  tue  pkihfOphioMt  cl 
JiuMrafv.  etc.,  a  classé  parmi  les  lialincinéï  les 
i-rryhîta  de  r&adea  Tesumenl  et  la  plupart  des 
kraftls  et    sainU  perwaiiafea  du  ClmBUaiiisoe. 

■  Happrocbées  des  cas  d'hallucinaiioDS.  dii-il  dau 
I  «  iiemef  ouTrace,  que  no»  bospkes  et  nos  iiut- 
^  ns  de  sanlé  nous  fournissent,  la  plupart  des  tï- 
i  0.-1&,  des  c  .mm uuica lions  diviocs,  des  mspii-atioas 
.•:rie»ies  don!  roannilknt  les  livres  saciés  de  tous 

■%  p~-apie>  el  ie:i  vies  des  saiiiu,  ne  deveTiaieut 
^■ii>.  aux  jeux  de  nos  prxiicieni,  que  des  phéno- 
M  rtift  de  néoM  genre.  Beancoop  de  prophètes, 
l'cAvmés  de  IMeu,  dcscendaieni  par  là,  pour  des 

■  iMSimi  écUûrês  9  conéqoenls,  du  fond  dn  «anc- 
MJÛre  dans  lequel  les  avait  placés  la  crédule  vé- 
.^saiioa  des  lidéles,  pour  entrer  dans  le  vaste  pan- 
i^enaoiaia  des  esprits  égarés  et  des  cerreaui  ma- 
»*m,  doDt  les  erreurs  el  les  rêves  avaient  été  pris 
■[>*ir  des  vérités  sublimes.  1 

M.  UauiT  dit  dans  son  £*ui  (ur  la  UgndtM, 
'-  ^S8  -  ■  Le  nojen  ige,  en  nous  moutraai  la  sur- 
il;»<iio«  non  iuernmipue  de  la  croyance  aui  po^ 
gaeioas  depuis  Jésus-CbriM  jusqu'au  siècle  der- 
s«:r,  B««s  prouve  avec  éridenee  t  idenUié  des  pos- 
■s-Séi  KL  été  fous,  et  l'erreor  qui  se  iroave  i  chaque 
*stt  des  Uvres  sainti.  1  Vpj.  daosce  IftctJoHaaire 
-»   articles  DtuM  el  PosseKion. 

«  La  MnxUerie,  dil  H.  LiUré  (René  det  Aeax- 
«x^ktfcs,  1.  Ml,  noav.  >érie,  p.  232j,  fni  noc  Ion- 
*=_  baUndnaUMi  qui,  pendant  plusieurs  nècles, 
Kv^Hfa  rbuiaaoîié.  La  multitude  prodigieuse  des 
,  qai  lofflbérent  sous  tes  ceupa  d*ane  juuiee 
>  dénOntre  à  quel  poinl  les  maladies  inid- 


répond.  Nous  avons  lort  de  dire  qu'il  «  TaM-, 
earil  la  voit  véritablement,  il  l'entend,  il  la 
touche;  el  si  vous  ne  rojez  pas  comme  lui. 
tant  pis  pour  vous,  car  c'est  lui  t|ui  va  tous 
plaindre,  et,  sschez-le  bien,  l'univers  pour^ 
rait  l'écraser  sans  dissiper  son  erreur.  — 
Hais  c'est  un  malade?  alli-z*voos  dire.  — 
Comme  vous  le  voudres;  toutefois,  oo  vous 
le  répèle,  sa  tète  esl  peut-4lre  beaucoup 
mîeui  organisée  que  la  vftlre  :  il  n'a  le  plus 
sonveot  ni  fièvre,  ni  délire,  et  s'il  est  vrai 
qu'il  déraisonne,  c'est  uniqueuirat  pour 
avoir  obéi  trop  fidèlement  aux  deux  prin- 
cipes pbilosopniques  de  son  siècle,  l'expé- 
rience el  l'observation. 

Jusqu'ici  cependant  tout  est  parfaitement 
naturel,  et  la  science  n'avait  pas  attendu  le 
XII.*  siècle  pour  devineruo  peu  la  Ibéorie  de 
ces  erreurs  |ialhologîques.  Il  jr  a  déjà  long- 
temps que»  d'accord  avec  les  médecins  du 
niojren  Age  ,  le  P.  Halebrancbe  avait  dil  : 
•  Les  Qlels  nerveux  peuvent  être  remués  de 
deux  manières,  on  par  le  bout  qui  esl  hors 
du  cerveau,  ou  par  l'extrémité  qui  plonge 
dans  sa  masse,  ■  Et  il  igoutait  :  ■  Si  ces 
filaments  sont  remués  dans  le  cerveau,  n'im- 
porte par  quelle  inlluence,  l'Ame  aperçoit 
quelque  chose  au  dehors.  ■  Ainsi  donc,  aui 
>eux  du  P.  Ualebranche  ,  comme  à  ceux 
de  SCS  devanciers,  il  ne  s'agissait  ici  que 
d'un  phénomène  d'optique  on  d'îniuîtioa 
cérébrale  {1712}. 

Renfermée  dans  ces  limites  purement  mé- 

lectuellessecommuniquentet  persistent  avec  force, 
puisque  les  bûchers  ne  les  arrêtaient  pas  ei  qn'Hs 
mouraient  tout  avouant  leurs  relations  atec  le  dé- 
nioa.  Tout  cela  éiarl  fani,  ils  l'affirmiienl  et  nwn- 
raienl  en  raOrnianll  >— i  Que  devient  alors,  s'é- 
crie H.Haoryquicileees  paroles  de  H.  Lturé.qne 
devient  le  mot  de  Pascal  :  Je  crois  aisémeDl  des  té- 
moins qui  se  laissent  égorger?  Ces  persécution» 
esercées  contre  les  sorciers  nous  rappellent  en  ef- 
fet celles  qni  furent  dirigées  contre  les  premiera 
ctirélieni  et  d^ns  lesquelles  on  vil  ausM  des  mil- 
liers d'infortunés  eipirer  dans  les  lonorcs  en  alDr- 
manl  la  vérité  des  faits  qu'ils  croyaient  avec  une 
foi  non  moios  vive  qui  c<Jle  des  s  ' 
t'imaginaient  être  inspirés  jtar  Die 
le  démoD  ;  voili  quelle  était  toute 
mojrci    '       ■         ■  '"  '  "" 

plaça 


mojcn  ige,  la  crainle  des  supplices  étemels  rem- 
plaça le  désir  de  la  béatiude  ou'  "  '"  -'- 
iriijrie  des  premiers  siècles  de  u 


de  la  béatiude  qui  animait  le  néo- 


ride  question  du  rAle  du  démon  dans  une  foule 
phénomènes  regardés  anjourd'bui,  pir  une 
science élroile  et  fausse.comme  purement  naturels. 
Voy.  les  articles  DiaoM  et  Possessio.i  auiqirds 
nnus  avons  déjà  renvojé  le  lecteur.  Oh  y  trouvera 
rexamen  c'riUque  des  Ibéoriec  de  HM.  Calmail,  Le- 
lui,  Leurei,  Démangeoa,  Briérede  Boétnmul,  etc. 
Il  seraansMSOoveniqnestJon  de  ces  docteurs  dans 
j'avlicle  ilii.LrcouviOH,  où  nom 
guide  rexcelieni  travail  de  H.  d 
uriit  (I  de  lean  mâMifttmtion»  f  .  . 
plein  de  recherches  et  d'aperçu    nenb  et  le 

HÎtt)  Quant  aus  défiailiont  de  l'balluciaMion, 
on  comprendra  qoe  dans  une  aulière  si  léBébceose 
encore  elles  ne  puissent  patétre  d'une  grande exa«- 
liUide  et  sariont  d'une  grande  uifomiié.  Aini. 
pour  M.  le  doetenr  Brîère  de  Boisnmt,  ca  sera  In 


DiCTIO-^NAIRE)  APOLOGETIQUE. 


IIAL 


m 


Oieales,  l'étude  des  hiailucînslions  a  donné 
lira,  dsDS  ces  dernières  années,  à  des  pu- 
blications du  pi  us  haut  intérêt  el  de  la  plus 
grande  importance  pour  l'élude  des  aiTec- 
liuns  mentales.  Grftce  h  ces  iiublications, 
nous  connaissons  mainlenanl  tous  les  degrés 
de  celte  désolante  échelle,  et  nous  savons 
•  que  pas  n'est  besoin  d'ëlre  un  /ou  de  pro- 
hiiion  pour  ressembler  lerriblemenl  i  ce- 
Jui-ci  ;  nous  saroQS  que  l'on  peut  être  lialiu- 
oitié  et  grond  homme,  liailuciné  el  n>attre 
entier  de  sa  raison,  halluciné  el  juge  sérëre 
des  inOdélitâs  de  i«  pulpe  nervmte,  et  plus 
que  jamais  ou  se  sent  pénétré  de  pitié  pour 
dos  calamités  si  grandes  et  en  même  temps 
si  menaçantes. 

Hais  par  quelle  fatalité  tant  de  science  et 
de  lumières  se  trouvent-elles  donc  unies  A 
tant  d'ignorance  et  d'erreurs?  Comment  de 
si  magniOques  travaux  renferment- ils  tant 
d'élémenls  perQilesT  Que  l'on   consiille  le 

grand  ouvrage  de  H.  le  docteur  Briëre  de 
oismont  (1713)  el  l'on  pourra  s'assurer  que 
la  doctrine  actuelle  des  liallucinalions  est  la 
plus  grande  des  erreurs  sociales. 

Nous  commencerons  par  avouer  à  M.  le 
docteur  Brière  de  Boismont  que,  tout  en 
reconnaissant  la  justice  et  le  courage  de  ses 
généreuses  protestations  en  faveur  de  tant 
tle  calomnies  célèbres,  nous  pensons  oua 
le  cerulo  en  devrait  être  înGniment  plus 
étendu  ;  nons  allons  plus  loin,  nous  sommes 
convaincu  que  beaucoup  de  ses  propres 
aliénés  au  lieu  d'élre,  comme  il  le  croit, 
sous  une  influence  purement  maladive,  se 
trouTenlïOus  l'influence  d'unecause  occkIU, 
turkumaini,  inMligente ,  tanlât  extérieure, 
lantai  interne,  mais  bien  cerlsioement  étran- 
gère à  leur  moi 

Si  nous  étions  médecin,  nous  hésiterions 
probablement  bien  longtemps  avant  de  for- 
muler une  proposilion  si  téméraire,  mais 
■tous  n'avons  pas  de  diplâme  à  compromet- 
tre, pas  (le  clientèle  A  risquer,  et  IlOus  n'ou- 
blierons jamais  qu'il  nous  a  été  dit  derniè- 
remeut  par  un  homme  célèbre,  dont  le 
inonde  savant  et  surtout  le  monde  touffrant 
pleureront longlenips  la  perte  (i7U):  «Cou- 
rage, TOUS  êtes  sur  un  excellent  terrain; 
allez,  el  nous  vous  dt;fendruns.  ■ 

L'essentiel  est  donc  de  bien  élublir  nos 
dîsli:ictk-ns  el  de  répéler  sans  cesse  avec 
Platon,  Virgile,  Arélée,  Gslien,  et  ce  qui 
est  beuucoup  plus  imposant,  avec  toutes  les 
anciennes  écoles  médicales  et  catholiques: 
«  l(f  adeux  sortes  de  folie ,  l'une  qui  nous 

reprodiiction  du  sipic  nuuiriel  de  l'idée  (Da  hatlu- 
tituuions,  p.  3)  ;  poar  le  docteur  Leiut,  uue  tulie 
aensariale  ou  perccptrioe;  pour  U.  Cliomel.  une  il- 
lusioi  du  Kniorirtm  eowuniuie  {Dicl.  4t$  rernwt); 
puur  le  docicnr  Lcurcl,  une  illusion  iotennêdiairc 
CMlre  la  senulioo  et  U  conceplion  (Frofin.  piycA.); 
pour  le  docteur  Uicbéa,  nu  délire  perct-plif  {Bel. 
<Ut  «n(J;  pour  le  docteur  Cal meil,  nue  illuuon  due 
aune  modillcaiian  vicieuse  de  i*  suLislaïKe  ucr- 
vt.JM  (U*  U  [oliê,  L  1),  eto. 

Nous  a'aunoiia  aMurémenl  iii  niission,  ai  lu- 
'Mières  tuIliEUitei  pour  nous  prououccr  bantiineul 


vient  ducorjis,  l'autre  qui  dods  est  envoûte 
par  Ut  dieux.  » 

A  l'aide  de  ces  grands  noms,  de  l'eipé- 
rience  scienlifique  el  même  de  quelf|U9s 
tendances  modernes,  nous  sommes  persunli 
que  l'uu  parviendrait  h  faire  sortir  de  nos 
Biaisons  de  sanlé  une  foule  de  malades  que 
de  simples  prières  et  les  pratiques  deli- 
gtise  guérissaient  autrefois. 

Hais  pour  en  arriver  là  il  faut  que  li 
science  dépose  de  bien  grands  préjogésci 
qu'elle  ajoute  aux  deux  grands  ordreide 
oauses  morales  ei  physiques  désignés  coamie 
générateurs  de  toutes  les  faailucinalioDiiHi 
Iroisième  ordre  que  nous  ne  crajodrons  pu 
d'appeler,  nous,  extra-naturel  ou  milh 
pneumalique  (1715J. 

On  vouijra  bien  convenir  au  moins  qudti 
réintégration  scientifiquo  d'uu  pareil  on)rt 
de  causes  [s'il  était  vrai  qu'il  existai)  serùt 
une  affaire  de  très-grande  importance.  Ciillt 
importance  est  telle,  k  nos  yeux,  qaeiiuus 
n'hésitons  pas  i  allribuer  h  son  absence  luul 
le  fatras  qui  eiubrouille  aujourd'hui  mit 
malière,  et  nous  |)eusons  ^u'en  resiiei- 
gnaot  ou  en  confondant  ainsi  tous  les  ur- 
dres,  nos  manigraphes  n'ont  fait  qu'obscur- 
cir les  questions  et  ne  son!  restés  unique- 
ment, comme  disent  les  Anglais,  que  in 
amaueurt  de  nuages. 

Ainsi  donc,  pour  nous,  la  graude  divisio: 
serait  colle-ci  :  Hallucinations  naturelle!. 
et  faallucinations  ou  plutftt  perceplious m/s- 
tërieuses  et  surhumaines. 

Commençons  par  citer  deux  on  Iroi* 
exemples  des  premières  pour  mieux  élaUi-' 
ensuite  la  différence.  C'esl  M.  de  Boisa»:! 
qui  nous  le^  fournira. 

Ne  parlons  pas  encore  do  la  folie  pmrn> 
meut  dite,  el  ne  nous  occupons  ici  *  ci  * 
la  plaisante  manie  de  cet  Anglais  qo^r»- 
suiiuable  sur  tout  le  resle,  ne  s'en  ck)VI 
pas  moins  métamorphosé  en  théière,  kiK 
celle  de  Van  Baerle,  qui.  dans  sa  convictibs 

?;u'il  était  de  beurre,  n'osait  approcher  ilu 
eu  et  Bnit  par  se  jeter  dans  un  puits.  > 
Non,  voyons  en  ce  mameDU'hallucinat^m 
purement  physique  et  le  secret  de  la  pro- 
duire à  TolODlé. 

Browster,  dans  ses  LtUra  sur  la  nagit 
naturelle,  a  rapporté  une  expéricDcu  Je 
Newton  qui  moutre  que  chacun  peut  bîrâ 
[;allre  à  son  gré  des  hallacinatious.CagraoJ 
}  hysicicn,  après  avoir  fixé  le  soleil  daus 
une  gliice,  diriges  sa  vue  par  hasard  sur  ur.^ 
partie  obscure  de  l'appartement,  il  fut  fori 
surpris  de  voir  le  spectre  solaire  se  !»•"<>• 

au  sujet  de  toutes  ces  ttéfiaiiioiis  ;  néaDBMos  m» 
dirons  que  la  première  et  b  dernién:  mw»  pan»* 
sent  ûiUniment  préférables.  La  prenière.  paf" 
qu'elle  dépeint  parla îiemeiit  le  phéiiomèM  ;  ta  <W- 
nîêre,  parce  qu'elle  assigne  scloo  wMSMCas:' 
ÏDslrunieniale  el  pour  le  niotui '~'~ 

(1715)  Det  hallmeiMatiaiu. 

jlïU)  L-e  docieuf  Kécamier. 

(1715)  Ce  mot  parailialaiit  m 
il  est  le  seul  qui  rendu  uolre  i< 
d'iiupirMioH  uirkw,mÙKt. 


lIiU 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


HAL 


IIIO 


(luir«  el  se  montrer  peu  ii  peu  arec  des  cou- 
leun  aussi  f  i*es  et  aussi  tirillantes  que  le 
»leil  lui-même. 

Le  mftme  pfaénooièae  a  lieu  lorsque  , 
Très  BToir  i^gartlé  une  croisée  Irès^clai- 
fK-i,  on  reçarâe  ensuite  la  muraille,  car 
:^"'rs  la  croisée  «Tec  tous  ses  cnrreaux  s'jr 
ri  Uête  exactement. 

L»  rë|iélilîOD  des  Images,  TOili  donc  le 
F'reiuier  rudiment  des  hallucinations  ordi- 
oairvs,  mais  ces  dernières  suoi  Toloolaires  ; 
e.ies  eessenl  de  l'être  dans  l'exemple  sui- 
»Dl,  tout  en  rcslaot  fort  naturelle!. 

•  Ù.  le  docteur  Amiral  vil  pendant  toute 
a&<^  journée,  k  côté  de  lui,  le  cadavre  d  un 
ïiifint  doul  la  Tue  l'sTait  impressionné 
Krlemrat  te  malin  même.  Le  même  méil&- 
ciu  raconte  encore  que,  se  Iroavaot  auprès 
il'uo  faoïnme  connu  par  la  capacité  de  ses 
bculiés  intellectuelles ,  celui-ci ,  qui  certes 
u'êuu  pas  fou,  sa  leva  el  interrompit  la 
coavefsalîoD  pour  salner  une  personne  in- 
iiiiible  qu'il  avait  cru  voir  eolrer...  ■ 

Quoique  cette  hallucinalion  soit  involon- 
Uire,  personne  ne  se  méprendra  sur  la  na- 
ture [ibjrsidua,  el,  pour  ainsi  dire,  photogé- 
lique  (ITlé'dece  pur  phénomène  d'optique 
el  (l'intuition  cérébralea.  Flux  el  reDux  de 
M  circulation  nerveuse,  tous  ces  phéno- 
tuènes  ne  iodI  évidemment  autre  chose  que 
l«  renioi,  du  dedans  au  dehors,  des  images 
af^itfM  primitivement  du  dehors  au  de- 
•laus.  Mille  causes  diverses  peuvent  les 
ranieoa  tour  à  lour,  et  parmi  ces  dernières 
Oit  pf  ot  placer  an  premier  rang  les  causes 
luitfxicaulesott  oarcoliqaes,  telles  que  les 
;  '^isuns  ,  les  médicaments  ,  les  boissons 
c  rooliques,  les  gaz,  le  protoxjrde  d'azote, 
.  aoium,  et  surtout  le  haschisch. 

Le  faascbich  I  assurémeai  c'est  &  l'aide  de 
^ifsdernière  substance  que  l'oopeuloble- 
'  •  r  le  sammum  du  délire  artificiel  et  l'eici- 
j  tioD  cérébrale  factice.  On  sait  i  quel  degré 
.'jocrojables  féeries  on  peut  développer, 
son  aide,  tout  ce  que  l'imaginalion  reo- 
■rnue  de  puissances  créairices  ;  eh  bienl 
arcourez  tout  l'ouvrage  de  M.  le  docteur 
|:jiC3U  de  Tours  (1717J,  étudiez  les  nom- 
leuses  expériences  auxquelles  il  «e  livre, 
uiilez-y  celles  de  tous  les  autres  mani- 
.a|ilies  sur  ces  prodigieuses  ioébriatioos, 
1  luus  verrez  que  toutes  leurs  cuudusiuns 
accurdeot  parfaitement  avec  celle-ci  de 
I.  le  docteur  BoismonI  :  ■  On  nous  avait 
Itrioé  que  les  expérimentés  voyaient  se 
îveluppurle  phénomène  de  (a  jcctm  Je  vue... 
notre  prière,  U.  V.  nous  décrivit  parlai - 
tueat  Ions  lea  lieux  qu'il  avait  visités, 
ais,  nulgré  luulea  nO)'  questioos,  il  ne 
tt  faire  la  daeription  da  litmx  qu'ii  lu 
mmaissait pas.  Tout  cela  est  uu  rêve,  uuus 
t-ii;  cet  état  d'aberration  a  donné  une 
'Ltuision  plus  vive  à  mes  idécâ;  maie  n'a 
Mt  ajoMti  aux  coruMUMotKet  qut  favait 
«A  ^1718).« 

V>~IG}  Oe  Batvre  ivMinease. 

llT17>  IfK  hMieUuk  ei  de  FatUiiMiicn  maaaU. 

[  i;iV)  Voy.  dan»  l'uuvragc  de  H.  de  Mirville,  p. 


Nous  le  demnndons  i  tous  ceux  qui  uni 
assisté  à  une  séance  de  FomnamlHitisuie 
magnétique,  et  qui  ont  obtenu  la  ileserip- 
lion  ,  très-souvent  parfaite,  de  leurs  mai- 
sons. <li!  leurs  galeries,  de  leurs  allées  et 
jusqu'à  celle  de  leurs  tiroirs  et  des  plus  se- 
crets objets  qui  s'y  trouvent,  nous  leur  de- 
mandons ,  d  cet  converlÎM  de  vive  farce, 
2u'esl-ce  que  toutes  ces  hal[m:ioations  arli- 
cifllles  ont  de  commun,  soit  avec  ces  ré- 
ponses vraiment  fatidique*  qui  furçaieol 
rincrédulilé  dn  matérialiste  Georget,  soit 
avec  cette  lucidité  transcendante  qui  boule- 
versait tout  le  savuir-faire  du  soupçonneux 
Robert-Boudin  (1719). 

Qu'on  cesse  donc  d'assimiler  des  phéno- 
mènes qui  ne  se  ressemblent  qu'à  la  sur- 
face ;  et  quant  aux  médecins  qui  ne  veulent 
pas  même  regarder  les  derniers,  et  qui 
n'admettent  que  des  hallucinations  natu- 
relles,  physiques,  nous  leur  demanderons 
comment  alun  ils  peuvent  avoir  la  har- 
diesse d'expliquer  toutes  les  origines  his- 
toriques el  tous  les  mystères,  y  compris 
ceux  de' notre  histoire  religieuse,  parut! 
mot  qui  pour  eux  est  le  sjrnuuyme  oe  rêve 
ou  de  fantasmagorie. 

Dès  k  présent,  on  peut  en  sou|içnnni;r 
la  raison  ,  nous  ne  pouvons  malbuureus»- 
ment  pasdireTexcuse;  oousallons  la  trouver, 
cette  raison ,  dans  l'incroyable  légèreté  avec 
la<)ueile  on  va  ranger  dans  le  premier  ordrtJ 
d'hallucinations  purement  physiqutts  tout 
un  ordre,  non  plus  d'hallucinations  ,  mais 
de  perceptions,  très-réelles  celte  Cois,  quoi- 
que très^mystérieuses  ;  et  qui  n'ont  rien  de 
commun  avec  les  autres. 

f  I- 

Yoii  onUiuires  el  voii  DTtt<riewes.  Lear  dtsUadion. 

Entre  ces  deux  ordres  d'hallucinations, 
naturelles  et  mystérieuses,  nu  pont  sembla 
en  uffet  jeté  comme  peur  fociliter  un  |>as- 
sage,  et  cette  IransilioB  merveilleuse s'ef- 
ftrclue  pour  nous,  d'ordinaire,  pendant  la 
durée  oe  ce  phénomène  qui  semble  offrir 
la  réunion  de  deux  individus  en  un  seul, 
el  que  l'on  cherchli'  h  expliquer  par  un  dé- 
doidttement  de  la  pertowne  et  du  moi.  Ce 
phénomène  naturel  se  représente  k  chaque 
jnsiaut.  comme  on  le  sait;  m^is  comme  il 
se  complique  fort  souvent  d'un  autre  |ilié- 
iiomène,  semblable  en  apparence,  quoique 
d'une  tout  autre  nature,  la  plus  gtaude 
attention  devient  ici  nécessaire,  et  peut  seul« 
nous  préserver  d'une  confusion  déplora- 
ble. 

■  Sans  m'appuyer,  dit  la  docteur  Leuret 
(1720),  sur  les  nombreux  exemples  que  l'on 
tnmve  chez  les  personnes  atteintes  d«  ma- 
ladies nerveuses,  j'en  appellerai  &  la  mé- 
moire du  lecteur  qui  trouvera  dans  ses  rêves 
de  véritables  conversations.  Quel  est  celui 
dont  l'esprit  n'a  pas  été  occupé  ou  même 
fatigué  pendant  le  sommeil  par  quelque 
1 7  et  M,  fe  récit  des  faiU  uitiiMls  il  lail  i«  alta- 
sioD  au  sujet  de  Geor^t  et  de  Kobert  Uowilin. 

(1720)  Fn^mtmU  fWfcAfftojtfMf. 


111 


lUL 


DICT:0S.^AIRE  APULOGETIQtJIC 


discussion  doal  l'araaUge  ne  lui  est  pas 
toujours  resté  ?  En  lui ,  qutUe  qu'en  toit  la. 
tauit,  dtui  personnes  dislioclt^s  souleniienl 
(les  opinions  opposées  ,  et  s'il  a  eu  le 
dessous,    d'où   venaient  les  raisons  anz- 

Suelles  il  a  cédéT  De  lui-m/me  Mdemntent. 
r>  pour  élre  i  même  de  fournir  la  matièrs 
d'uneconrersation ou d'unfc dispute,  il  faut 
que  l'psiirit  ait,  comme  en  réserre,  une 
série  d'idées  qui  ne  lui  soient  pas  présenlea 
et  dont  le  rùveil  se  fait  indépendamment 
du  montes  éléments  de  eeiidéttu  trouvent 
4ant  le»  conna\itanet$  précédemment  aeMi~ 
»t$.  •   (P.   182.) 

Doucemonl ,  monsieur  Leurel;  entendons* 
nous  bien.  &i  vous  dq  dépassiez  pas  une 
eerioine  limite,  si  vbus  restiez  sur  le  terrain 
normal  de  cette  double  argumentation  d'un 
esprit  parlant  h.  lui-même,  et  ressuscitant 
d'ancienne!  perceptions  conservéea  dans  la 
garde-meuble  de  sa  mémoire,  ou  bien  encora 
enfantant  qaelques  raisons  nouvelles  pour 
les  onposer  aux  anciennes,  nous  na  de- 
mannerions  pas  mieux  que  de  souserire  À 
l'existence  simultanée  de  deux  ou  plusieurs 
fractions  dans  notre  propreintellecl,  frac- 
tions oui  seraient  alors  pour  nous  ce  que 
sont  piasieura  départements  dai)s  un  seul 
et  même  ministère.  Ces  départements  di- 
vers agitent  les  questions  proiioséei  par  la 
miiiisire,  lui  soumettent  leurs  idées,  lui 
fournissent  des  lumières,  maia  toujours 
d.ins  les  limites  de  la  biérarclite  adminis- 
trative ,  tellement  que  lorsque  le  décret 
sera  rendu,  tl  portera  le  sceau  du  ministre 
et  que  tout  la  monde  en  rapportera  l'hon- 
neur à  ce  dernier.  Mais  si  vous  nous  pré- 
sentez comme  acte  ofliciel  et  légal,  émané 
lie  ce  méniB  minislèro  (OÙ  personne  o'a 
jamais  su  que  le  français  et  dont  je  connais 
tous  les  membres),  une  pièce  écrite  en 
excellent  liëbreu,  une  pièce  surtout  que 
le  ministre  moi  désavoue  et  déclare  ne 
pouvoir  pas  comprendre;  oh  t  alors,  il  me 
semble  que  nous  serons  suHisamment  but 
torisé  h  vous  répondre  ;  «  Non ,  cette  pièce 
n'émane  pas  du  ministère,  et,  quoi  que 
vous  en  disiez,  elle  n'a  rien  trolficiel, 
rien  de  commun  avec  l'administrateur  au- 
quel vous   l'attribuez.   » 

Vous  le  voyez,  nous  admettons  avec  vous 
ces  tours  de  force  de  mémoire  et  ce  dé- 
doublement de  notre  inlelligeoce  ;  mais  le 
poRf  ett  franchi,  et  voici  venir  tout  à  coup 
des  sugi^estions  étranges,  tout  h  fait  en 
dehors  île  votre  nature  et  de  votre  spbère 
intellectuelle  ,  de  vériteliles  imufflationt 
que  votre  esprit  lui-même  désavoue  lie  tout 
son  pouvoir,  el  qui  dépassent  la  pmlée  des 
fOFcesintt^llectuellea  les  plus  raresl  Qu'est- 
ce  donc ,  s'il  vous  pislt,  que  toutes CiS  nou- 
velles venues  dont  le  langage  nous  surprend, 
nous  confond,  et  dont  les  prédictions  se 


réalisent  si  souvent  dans  l'aveDirlITi  r^ 
ganlerez-vous  donc  pas  i  dm  bii.nioi 
de  leur  délivrer  un  acte  de  naieinrem. 
remenl,  esseDliellemeut  eMbril(t7iljT 
Nous  nons  trouverons  d'autant  |i|ii)| 
l'aise  sur  es  terrain ,  uue  vous  seam  touj. 
même,  un  peu  plus  loin,  la  oéccuittJt 
distinguer  entre  les  inspinlioasiclttitti 
les   inspirations  paamti.  (Fragm.m.) 

£b  bien ,  noua  acceptoDS  eucore  mie 
Dourella  division  ,  k  laiiuelle  cepïmlut 
nous  préférons  l«  iiAlre,  d  ins^iiratiODs^. 
tonnelUe  et  d'inspirations  Arangirti  (ITS, 

■  Dans  les  premières  (les  Bciivesl,  dit» 
TOUS,  l'homme  jouissant  desapenoiiM- 
lité....  est  élevé  au-dassus  de  lui-oem, 
mais  il  j  a  continuité  dans  sonélreiM 
moi  d'aujourd'hui  est  eQcoreaontiaiil'bict, 
son  moi  da  toujours  ;  il  a  conscieDce  ih 
ses  pensées,  il  sait  fH'cUci  «anl  à  lu, 
il  veut  ses  actions  el  il  en  prend  li  m- 
)ionsabilité. 

^  •  Dans  les  secondes  {dans  lespisiiie^ 
l'homme  a  perdu  son  unité;  il  cddoiR 
encore  I  mais  en  lui-même  futlqucliM 
différent  de  ton  mn  connaît  aussi  ;  il  'wl 
encore,  mais  la  quelque  ehoie  qui  «lu 
lui  a  aiusi  une  volonté;  il  p«r<e,ili^li 
mais, rarement  d'après  sa  conscients,» 
volonté.  Il  sst  dohihA  ,  il  i^t  »cim, 
ion  corps  est  une  machine,  obéissant 4 w 
puittance .  qui  n'ett  p<M  ta  titmi...  L'int- 
piration  active  appartient  h  rbanne  dtgi- 
nte;  l'inspiration  passive  est  uu  genre dV 
liénation.  ■ 

Nous  demandons  maintenant  ï  tout  boa- 
me  dont  l'espril  n'est  pas  faussé  pir  ii 
tyrannie  des  préjugés,  si  ees  inspiriiiM 
actives  dans  lasquelltis  «  l'boinint  «l 
que  ses  pensées  sont  h  lui  >  ne  taù^ 
pas  bien  mieux  nommées,  comme  vm» 
disions  tout  &  l'heure,  inspirstiunsi'^ 
sonnelles,  el  si  les  passives,  dans le<^ 
les  il  obéit  à  une  puittanee  qui  n'alfs 
la  tienne,  ne  seraient  pas  mieui  ciwtt- 
risées  par   le   mot  d'étrangères. 

Mais  surtout  ,  nous  vous  demnti- 
rous  à-Tou^méme,  monsieur  Leurei,s> 
une  cho$«  h  laquelle  vous  prêtez  tous  If 
attributs  de  la  pensée,  si  une  chose  f 
veut  el  qui  eonnait  et  qui  doou»  ''"F" 
d'un  autrt  malgré  lui ,  n'est  pas  lonémail 
inévitablement,  un  être  distinct  deKjii 
qu'il  opprime,  un  être  immatériel, inX:"'' 
gent,   en    un  mot   du  bspbit... 

Nous  avions  donc  raison  de  veosuifi 
que  nous  professions  les  mêmes  ct^tc^ 
lermet  différents ,  car  vos  expressium  «i^^ 
ont  trahi,  et  vos  doclrims  h  leurlDurV 
sont  trouvées  dominées  pattivemenl  wN 
force  da  la  logique  et  de  la  vérité.  >"* 
s'ensuit  (>as  encore,  il  est  vrai,  <I*'?f^ 
esprit  doive  être  nécessairement  tsunni 

(1721)  L'illusirttfianlilin  avait  été  souvent  Irappé  (1722)  On  pourrait  encore  apprin*  tcsp**"*" 

de  cel   aiilqgouJBine  dan^  les  rëve«,  et  te   ilocujur  avio-pneamaiiquet,  oa  Wïifét*  far  loi-Étimt,'^'^ 

B...  remarfim  que  ce  grand  baremc  n'avait  pu  m  sncoudea  al(a -fat*motiqtui ,   mi  tMf^  f 

tléti-nilrc  h  !■«  sjyul  (iv  f«*iîi(«  ieiulei.uts  «Hfprdi-  autre. 


Il»               BAL                      BfCnomillIE  APOLOGETIQCE.  BAL                 IIU 

on  àrmtgtr  k  l'boniine,  esr  Is  remanins  euïncMence  entre  c«  cri  d'adiea   M  la  ces- 

que  nous  faîsiODS  plas  haut  I  propos  du  talion  subite  de  convulsions  ou  [tlutfll   d« 

uiaipiélisme  s'appliqua  encore  ici.  véritables  tortures  slomarales  qui  duraient 

Mais  fiisons  maintenant  un  nnnveaa  pas  déjà  d«puis  deui  ans  f 

en  iTaol,  et  permellez-nous  de  vous  dire  D&ns  le  Iroiaième  (celui  sur  Adélaïde  Le- 

i)<ifl  si  vous  ei  vos  habiles  collèçufs  aviez  fèvre,   envoré  par  la  Société  des  sciences 

é(é  noÎDS  prévenus ,  si  vona  aviez  été  un  physiques  d'Orléans),  vous  entendrez  en- 

[■«II  y\vt  pbilosoi'hes  dans  raccfptîon  véri-  non,  malgré  Fabifnee  eomplitt  de  la  folie,\M 

l.ttf.edj  mol.   vous  auriez  trouvé  ,  en  de*  mêmes  colloques,  les  mêmes  menaces,   le.* 

bors  Jetés  faita  somrtambuliques  que  vous  mêmes  prières,  et  de  plus  lei  tovpi  frappé» 

ni*  vous  souciez  pas  hier  encore  d'étudier,  à  fimlérimr  de  l'épigaslre  par  cet  être  mys- 

niile  autres  observations  analogues,  insé-  lérieux  qui   désignait  toujours  le  malade 

t««s  dans  vos  propres  archives,  émanant  soua  son  nom  d'Adélaïde,  et   ne    parlait 

•i'fulorilés  respectées,    el  jetant  un  jour  jamais    d'elle    qu'à  la    troisième   person- 

iaicuense  sur  ce  dogme ,  de  l'etpril  dominé  ne  (1724). 

l'ïr  une  volonlé  étrangère,  que  vous  pro<  Voua  conviendrez  que  s)  l'on  ne  peut  râ- 

(itnei  d*une  manière  si  formelle.  enser  dans  ces  trois  cas   les  graves  allesia- 

Amsi  jiour  revenir  à  ces  aomiiambules  riona  médicales  qui  les  conBnnent,  il  y  a  lA 

oagnéUques  dont  nous  paraissioaa  peut-  matière  h  plus  d'une  réflexioii.  Veuillez  les 

tirvDoi]séJDtgner,et  pour  fflieui;  parvenir  k  méditer   rous-mémest  dirons-nous  A  tous 

(nmprcndre  que  l'analogie  est  Irès*souvenl  dos  spécialialea,  et  tous  ne  pourrez  révo- 

i'jiii|.lèie  entre  eux  et  vos  balluciuds ,  rap-  quer  en  doute  des  observations  ai  savantes, 

t  flez^vous    celle    afBnnalion    du    docteur  ai  répétées,  si  soigneusement  développées. 

berirauJ,  qui,  d'accord  avec  la  msjorilédes  El  si,  jmt  Âoiard  ,  vous  en   admettiez   les 

'ua^néliseurs,  signale  chez  les  somnambu-  conclusions,  ne  sériez-vous  pas  alors  nbti- 

<;i  l'épigastre   comme   le  aiége  d'uo  oyoïf  géade  convenir  que  la  préaence  d'un  agent 

mj/ilérittix  différent  de  leitr  ptTêonm*  {iliS).  eslérieur,   démontrée  dana  ces  troia   cas, 

Puis,    une   fois    celle   assertion  admise  doit  avoir  ceiiainemeol  de  Irès-nombreuses 

<«  que  vous  venez  de  faire  iuiplicitemenl),  analogies  parmi  ceux  qui  s'offrent  i  vous 

,«isscz-nous  signaler  a  vos  méditations  lea  tous   les  jours  sous  des  traits  absolument 

trois  EDénhiirea  suivants,   inaérés  dans  vos  semblablesTIl  vous  deviendrait  alors  bien 

(  ropres  archives,  mémoires    officiels    par  difficile  de  ne  pas  vous  rappeler  toutes  ces 

t  i^nféiiuant  et  que  vous  avez  classés  parmi  possessions  des  temps  anciens,  pendant  les- 

*  "Sfilat  remarquables  hallucinalioas.  Nous  quelles  d'innombrables  témoins  tnlendaitnt 

otf  lui  ciioisisaous  qu'en   raisou  de   cela  «s  miéma  voix  el  conversaient  avec  elles, 

.  èoe.  comme  le  Christ  conversait  avec  les  possé- 

L»  premier,  envoyé  «l  conire-signé  par*  *  jés  de  l'Evangile,  leur  demandait  leurnom, 
e  docteur  Delpit,  iospecteur  des  eaux  de  leur  nombre,  l'époque  et  la  cause  de  leur 
i^réjjea  (Foir  la  Bibt.  méd.f  1.  LVI,  p.  308),  entrée,  puis  enfin  leur  enjoignait  de  asrtir 
l'.-us  luoDtrcra  une  pauvre  Aa//uciiiÀ,  di-  et  les  envoyait,  conforoDémeot  k  leurs  dé~ 
3Ji-on.  ■  roulant  dans  un  appartement  airs,  soit  dans  les  lieux  déserts,  soit  dans 
tomme  nne  houle,  sans  qu'aucun  olisla-  oet  iomaonde  troupeau  qui,  sur-le-champ, 
de  OU  aucune  force  pût  jamais  l'arrèterf  allait  se  précipiter  dans  la  mer  (11^). 
se  gouflaul  k  la  plus  légère  imposition  Nonssavonsbien  que  vousèteslouskpen 
de  ia  main  sur  le  ventre,  lisant  avec  It)  près  d'accord  aujourd'hui,  pour  ranger  ces 
iH>ul  de  ses  doigts  dans  l'obscurité  la  plus  possessions  évai^étiques  parmi  les  mala- 
jirofonde,  et  prédisant,  au  milieu  des  aies  nerveuses,  et  nous  n'avons  aucun 
plus  horribles  désordres,  sa  guérison  pour  droit  d'en  appeler  ici  h  des  croyances  que 
tel  jour,  telle  minute,  ce  qui  eut  lieu  vous  Stes  parfaitement  libres  d'admettre  ou 
(«nvluellement.  a  de  rejeter.  Nous  ne  faisons  que  de  la  philo- 
Dans  lu  deuxième,  publié  par  le  baron  de  sophie,  etnous  voulons  rester  sur  ce  ter- 
'jiubeck,  el  certifié  non-seulement  par  le  ram;  mais  c'est  précisément  en  y  restant 
•cieurSiareart.iiupecteurdes  eauxdflPyr-  que  vous  n'êtes  plus  libres  celte  fois  de 
■tt.i,  mais  eucore  par  le  docteur  Scbmidt,  vous  soustraire  i  celte  double  altema- 
■deein  de  la  c»iir,  vous  verrez,  clair  comme  live. 

jour,  qao  cet  voix,  bien    loin  d'èlre  un  Ou,  ces  mêmes  possessions  évangéliqnes 

«t  de  la  maladie,  en  étaient  la  vérilable  étaient  de  pures  méprises  et  de  Tériinbles 

•ise, puisqu'elles annon^ient  aux  malades  névroses...;   et  dans    ce    premier  cas,  ijue 

ca  eosTiM  pour  fc/ jour  et  pour  fc/i(  heure,  ferez-vons  de  vos  possessions  actuelles  par 

qu'une  fois  le  jour  et  i'beure  arrivés,  ce  quelquechott  qui  miU  et  fut  coMtall,  comme 

ig  et  terrible  drame  prenait  fin  ,  subite-  voos  le  dites  si  bien  et  comme  nous  venons 

'-OI,  au  moment  même  où  les  voix  de  l'é-  de  le  voir  dans  les  trois  mémoires  préct- 

fAVlre    s'écriaient  :  a  ROL-s  ts  quitio»,  dents? 

(Kv  ,    AiHxc  pouK  TDOJuDBs.  >  Oommcnl  Ou  ces  mêmes  possessions  étaient  réel* 

«eriez-vous  pas  liès-lrappés  de    celte  tes...  ;  «l  veuillez  nous  dire  «lors  quel  jour 

"^^O)  BCBTmi»,  D*  MMMMtaiûaH;  tebm».  (flMt.  «ni.,  t.  I.) 

V~ï-Ui   DdCoK  affiraM  tnlr  nmaT^mé  biea  des  •       ^\nS)  Vpv.  Malik.  nu. 
-*  Va  MiBic  cli9»e  ëans  l«  consiiluiious  somiiam- 


1115 


HvL  MCTIORNAIRE  APOLOGETIQUE-  UAL  1(16 

hommes  de  Bedlnm,  il  ne  lesaBruicbil  |<4s 
toujours  pour  cela  ilu  luédecÎD. 

«  QuViaient  donc,  dem«nden-(-on ,  lei 
lia lluoina lions  de  ces  personnages  célèlires! 
Elles  dOpendsieat  d'une  influence  uoi- 
plese;  elles  ptofeoaieatà  la  fois  du  tribut 
que  payaient  ces  iolelligeDCes  d'élile  9ui 
croyaia-es  de  leur  temps,  de  ce  csnci^n 
extatique  que  la  conleution  de  l'esprit  liit 
contracter  aux  idées,  et  eiilia  de  la  Dtlun 
de  l'organisBlion.  »  [Ibid.] 

Vous  le  Toyez.its  soDtliallucinés.Aal/kn'- 
tiù  pieittM  de  raitonsi  vous  le  voulez,  nan 
ils  n'y  gagnent  en  vérité  pas  graQ'l'cho'p, 
carte  résultat  ne  diflère  pad  beaucoup  du 
premier 

Et  pourquoi  soDi-iis  ballucioés,  s'il  lotu 
plaltT  Ahl  sans  doute  et  uniquement  porn 

Ru'iU  ont  des  visions,  ou  plutôt,  car  c'eslti 
i  cachet  distinctif,  ■  parce  qu'ils  croient  i 
la  réalité  de  perceptions  ou  de  révélilioni 
qui  ne  sont  qu'imaginaires.  ■ 

Qui  ne  sont  qu'imaginaires!  Voilà  ton- 
jours  la  question  :  et  si ,  sur  ceiil  léié- 
lations  ou  visions  du  mAme  genre  notii 
voua  en  montrons  au  moins  la  moitié  qm 
se  sont  réalisées  ou  ()rouvées  objecliveoiïiit, 
physiquement ,  évidemment  pour  tuui  U 
monde,  quel  droit  vous  restera-t-il  pour 
flétrir  ces  hommes  célèbres  ,  par  ctla  tnl 

Îu'iti  ont  cru  à  la  réalité  d'une  Tisioa! 
.'accomplissement  réellement  merveillcui 
de  quelques-Bnes  de  ces  révélations  ne 
devrait-il  pas  vous  interdire  toute  précipi- 
tation,  mâme  à  l'éçard  de  celles  qui  >ou> 
semblent  le  plus  chimériques? 
•  Alphonse  Esquiros  avait  donc  quel<]Di; 
raison  de  vous  reprocher,  monsieur  Brièrc. 
d'avoir  parfois  établi  des  ditféreazes  pure- 
ment arbitraires;  et  pour  nous,  qiii-l,"' 
chrétien  que  nous  soyons,  nous  nadu-f- 
tons  pas  que  l'on  puisse  se  venger. i^i^ 
ainsi  dire,  sur  les  jiaïens,  de  la  résent  » 
du  respect  que  la  foi  cotumaude  poati-i 
voyants  ou  les  prophètes  de  uos  saiui^ 
Ecritures.  Parce  que  tout  est  réalité  d'i"' 
côté,  nous  n'admettons  pas  que  de  l'autn. 
tout  soit  déception  et  folie  ,  etrouioieiD 
une  multitude  de  cas  notre  argumentaiiou 
en  faveur  des  premiers,  s'appuie  avant  luu^ 
sur  la  réalisation  des  évéuemeuls  pré<Ji^. 

prendre  C8  qu'il  étudiera  (c'est  poasser  bien  Imii  'j 
(;oncession)  ;  mais  enfio  par  etles-aiêmes  dte  *■' 
lui  enseigneront  rien,  rien  de  réel;  elles  ne  lui  i/n- 
ncronl  point  la  science  lutuse.  —  Or,  il  est  >■»'■ 
Etant,  Rome  entière  peut  le  téaioîgoer,  que  k  - 
Janvier  1843,  Ralisbonne  posséda  aussildl  »prtt  m 
rélèlire  vision,  non  pas  seulemenl  les  fW53nt>'- 
mais  ks  NOTION!  leligieuses  du  cadralique  K  fia 
ferment;  notions  qui  éctairaiem  tons  fa»eu*' 
lleui  heures  aprèt  midi,  tandis  qu'à  Bûdi  ri  <li* 
elles  lui  manquuienl  absotumcnt  et  n'ciisoie»!  fi^ 
même  en  germe  dans  sou  espriL  Ici  tous  ^  <i<" 
leurs  s'emlirouiUetit  et  sont  réduits  i  ^  u-t 
c'cbt  qu'il  n'y  a  point  d'arme  iacisive  qoi  ■«  ?<' 
brèche  contre  le  roc  de  ta  Térilé.  —  Misw  ctw-' 
lie  l'examen,  te  faui  miracle  se  dèeoapojc  ••  s^ 
vapore;  le  vrai  miracle  subsiste  san* 
■  toute  la  chimie  <lu  nûoualisac  idàimttwr 
puissance  lérraclairc. 


et  b  quelle  heure  des  agents  morbides  aussi 
multipliés,  aussi  généraux  ,  ont  dft  cesser 
t<mt  b  coup  d'iuQueucer  la  lerro  et  tous  ses 
habitants. 

Vous  cODTÎendrez,  en  eUet,  qu'il  ne  serait 
guère  philosophique  ,  une  fois  le  principe 
odrais  et  reconnu,  d'en  nier  toutes  les  ap- 
plications possibles,  et  surtout  l'application 
a  ceux  de  nos  faits  modernes  dont  les  dé- 
tails semblent  calqués  sur  ceux  des  faits 
auciens.  C'est  alors  que  vous  trouveriez 
cruel  d'éterniser  et  de  laisser  périr  à  Cha- 
i-enton  des  malades  que  le  riluel  aurait  gué- 
ris subitement,  rituel  oublié,  malades  vic- 
times de  cet  oubli  I 

Mais  n'aulicipona  pes  sur  les  chapitres 
suivants,  qui  devront  nous  montrer  les 
vastes  proportions  atteintes  jadis  cl  même 
encore  aujourd'hui  par  cette  classa  d'ballu- 
einit  trii-pattifê,  bien  que  de  no»  jours  l'ac- 
tion du  ces  terribles  causes  soit  latente , 
modifiée  ou  plutôt  déguisée  sous  une  forme 
|ilus  scientiQque  qui  donne  le  change  b  ce 
siècle,  tant  est  profonde  et  vraie  cette  pa- 
role de  l'éloquent  abbé  deRavignan  :  >  Leur 
chef-d'œuvre.  Messieurs,  c'est  de  s'être  fait 
nier  par  ce  siècle.  » 

SU. 
Voii  TiraphMIqiies.  —  Fenonnages  cël6hres  de  l'sntl- 
qulU  Iaxis  d'ha)lai:IiiaUoD  par  la  scieuee.  —  Julien, 
Ilrutni,  SoCTRte,  elA.,  etc.,  MJgmalisés  par  cela  §etU 
qu'Us  ont  cru  ï  une  IniplnUon  ex  ira-naturel  le.  — Ap- 
pllcalion  moderne  de  la  mSine  doctrine. 

M.  de  Boismont  a  raison  :  ■  La  doctrine 
des  hallucinations  n'est  pas  moins  afDi- 
gcante  au  point  de  vue  de  l'humanité.  Quoi 
de  plus  pénible  et  de  plus  douloureux  ,  en 
effet,  que  de  prétendre  que  les  opinions  les 
plus  sublimes,  les  entreprises  les  plus  gran- 
des, les  actions  les  plus  belles,  ont  été  en- 
seignées ou  faites  par  des  fous  hallucinés  ? 
L'histoire  et  la  raison  ne  sont-ellea  pas 
d'accord  pour  protester  coutrelafoliedeâo- 
crate,  de  Luther,  de  Jeanne-d'Arcet  de  tant 
d'autres  (I726JT  .{Préf,  vi.) 

A  merveille  I  mais  ne  vous  y  trompez 
])as  ;  si  H.  de  Boismont  «'indigne  contre  ces 
imputations  calomnieuses  de  folie,  trop  sou- 
vent encore  ,  lui,  le  plus  sage  et  le  plus 
juste  de  tous  ces  écrivains,  il  se  rabat  sur 
les  hallucinationt,  et  s'il  renvuie  ces  grands 

(1720)  On  grossit  oriliiiairement  la  liste  de  cet 
mafsdu,  en  leur  adjoignant  sainie  Théréao,  saint 
Ijuace,  le  Tasse, Ouckingliani,  Johnson,  Byron,  etc. 
Contre  le  prodige  d'Alpliouse  ftatisbonne  que  dire, 
qu'iiiveiiler  de  spécieux  t  —  Senlant  bien  que  la  so- 
litiion  J'aboi'd  proposée  (c^est-à-dire  le  système 
d'une  jeune  aclnce  placée  avec  des  lampions  dans 
une  gloire  de  carton,  descendue  de  la  voûie  de  !'£- 

S'ie  par  des  cordes  non  aperçues  en  plein  jour) 
il  vraiment  une  Table  tn^p  absurde,  — on  s'est 
Tvjclé  sur  l'hypothèse,  présentable  du  moins,  d'une 
lialtucination....  Par  malheur,  cette  ressource  n'eu 
cil  pas  une,  les  circonstances  du  cas  la  rendent  in- 
admissible. —  Les  tialluci nations,  en  efTi^t,  quel- 
que pruFiindes  ci  partailes  qu'où  tes  veuille  suppo- 
ser, apportent  des  images  mais  non  du  savoir.  Elles 
iront,  si  l'on  veut,  jusqu'à  être  accompagnées  d'une 
cri»e  ccrct»rile,  qui,  développani  tù  raciillés  de 
l'hdtluciué,  lui  rcndia  désormais  plus  tacile  d'ap- 


Iil7 


RAL 


nCTIORNAIRE  APOLOGETIQUE. 


nous  trouroDS  imprudent  de  mépriser  ces 
m^mesniâons  lorsqu'elles  sont  aonnéeseo 
ftwear  des  païens,  dOi  le  phénomène  nous 
tltv  offert  par  Bruigs  on  par  Julien  I 

A-n^i.par  eiemple,  selun  tour,  uu  pIulAt 
i-ljn  l'bistoire,  Brulus  se  disposant,  plein 
tiVîiKiir,  k  narlir  «rec  toute  soo  arméei 
*oil  entrer  dans  sa  Unie,  au  milieu  du  si- 
leuve  elJu  l'obscurité  de  la  aait,  un  corp$ 
élretgt  eï  monslraeui ,  qui  s'approcbs  de 
ioi,  iii  et  le  considère  sans  mot  dire. 

■  Oui  es-tuTdit  Brutusd'uneroixfermc, 
TJl-  me  veui-lu  T 

—  BrulDS.  répond  le  fanlAine,  je  suis  Ion 
n:aufaisgiDie.  et  tu  me  Terras  biunlAt  dans 
Vct  piaùeg  dt  Pkilippet:  >  et  le  fintduie 
disanfi. 

Brorui,  qui  n'était  pas  un  esprit  làildc, 
ff-elle  ses  esclares,  les  interroge  ;  ils  n'ont 
rr^n  tu,  rien  cnteDiiu.  Au  point  du  jour  il 
'I  (rouver  Cassius  et  lui  raconte  la  vision. 
Cassius,  épicurien,  le  rassure  et  lui  déiiilo  ' 
M  théoriedesAa//u«ina/i(Hu  iemorialea,  ab- 
idiumeit  semblable  à  toutes  celles  d'au- 
;'<Lnj'i'iui,elBrutus  persuadé  se  tranquillise 

:  rrailemenl mais  seulement  jusqu'aux 

i.îines  de  Philippes,car  la  mort  l'y  allen- 

Or  chez  Ions  nos  manigrapbes  tous  re- 
Ir-uTcz  ce  récit,  et  chez  tous  aussi,  le  plus 
|:->f'jiid  silence  mr  t'aceomplinement  du 
L.-<sagel  Tout  était  là  cependant  I 

Veine  di.straciion  pour  Julien,  mêmes  ré- 
Ui:eaee9  mr  raceomplùtemmt  eiacl ,  au 
'i!.  iemaio,  de  la  terrible  prédiction  faite 
a  Teille  par  le  génie  du  l'empire.  Uémes 
ii:i>5ions  chez  tous  nos  mani^rapfaes  au 
..'rt  des  apparitions  de  César,  Cicérou,  An- 

■:'e.  Cossius,  etc.,  eic. 

Vais  parmi  toutes  ces  TÎclimes  hisloriques 
i-  nos  Ibéories  médicales,  Socrate  est  sans 
/:.tredil  la  plus  célèbre.  Sujet  d'étude 
lur  toute  l'antiquilé  philosophique,  il  pose 
■jourd'faui  dans  l'atelier  de  dos  spéciuli»- 
f.  et  nous  ailous  Toir  comment  ils  ont 
ndu  jusqu'ici  celte  majestueuse  âgnre. 
1  la  faisant  poser  i  noire  tour,  nous  cher- 
-ntos  à  déçouTrir  ce  que  le  délirt  gauo~ 
tt     et    la  fauue  perctplion  ont  jamais  eu 

coiomoa  a*ec  ce  représoulaot  de  la 
;es£e  païenne ,  éteTée  à  sa  plus  hante 
.ïS.-incc. 

b>il  leurs.  Toi  ci  pour  nous  une  assez  belle 
usion  dp  maintenir  les  engagements 
mfiartialiié  prisa  l'égard  du  maguélisme. 

Forcé  trop  souTeut — on  l'a  d^à  tu  cl 

le  Terra  daTanlage  —  de  signaler  ses 
'Dis  de  contact  et  do  similitude  arec  les 
éDomènes  les  plus  terribles ,  nous  allons 

fouroïr  l'occasion  d'uua  revancAeeo  pro- 
mani  bien  hantemeut  sa  présence  chez  le 

de  Sophrooisque  (1727).  Il  semble  que, 
rassé  à  l'aTanee  par  le  Tainqueur  des  siè- 

I  suÎTsnts,  le  paganisme  ait  voulu  don- 

'e  change  k  la  terre  eu  lui  jetant,  pour 
tjier    «dieu ,  le    oiarljrre  d'ua    grand 

~a^)  Om  ne  l'odUiera  pas  ;  nous  aion»  cublt 
Umt   agent  Bagnélique  eUit  un  eiprit  distinct 


citojen  et  les  belles  paroles  du  Mélèbe. 
Mais  c'est  moins  Socrate  qne  nous  allons 
étudier  que  son  génie  familier.  L'bonima 
fut  grand,  mais  lo  dieu,  qu'élail-il!  Tout 
ce  que  nous  «n  savons,  c  est  que  ce  dieu, 
déUgué  par  celui  de  Delphtt.  c'est  Socrate 
lui-même  qui  nous  le  dit  (17S8),  ni|ipelait 
h  son  disciple  expirant,  1«  çoq  promit  à 
Etculape. 

Au  reste,  assez  peu  nous  importent  au- 
jourd'hui le  litre  et  tes  qualités  du  ce  con- 
seiller mystérieux  ;  pour  nous  c'était  un 
dieu,  et  cela  snlSt  h  notre  ordre  du  jour. 

C'est  U.  Ig  docteur  Lélut  qui  doit  celle 
fois  nous  servir  de  contradicteur,  puisqu'il 
»  consacré  tout  un  livre  av  démo»  de  Socrate, 
livre  qui  n'a  d'antre  but  que  de  présenter 
ce  grabd  homme  comme  le  apecûnni  le 
plus  complet  de  l'hallucination  psycholo- 
gique. ■  Socrate,  dit-il,  la  première  (file  de 
la  philosophie,  n'est  pas  connu,  quoiqu'il 
ait  été  immensémi;nt  étudié.  Il  Caut  le 
connaître  davantage  pour  l'iotelligeuce  com- 
plète de  la  nature  humaine.  ■  (Chap.  i"). 

Oui  certes,  et  nous  ponvous  ^uter, 
pour  l'intelligence  de  tous  les  sqjets,  liis- 
loriques,  théologiques,  médicaux  et  magné- 
tiques qui  font  te  sujet  de  ce  mémoire. 

Voyons  d'atiord  les  bases  historiques  et 
les  phénomènes  psychologiques  établis  par 
U.  L(i!ut;  nous  verrons  eosnilo  ceux  qu'il 
néglige, 

Comme  tons  ses  confrères,  il  commence 
par  faire  bonne  et  sévère  justice  de  l'im- 
putation de  tuperckerie,  et  il  le  fallait,  car 
au  dernier  siècle  ce  triste  système  STsit 
tellemeulséduitjusqu'sus  meilleurs  esprits, 
que  l'abbé  Barthélémy,  el,  qui  le  croirait, 
le  bon  Roliiu  lui-même,  n'avaient  rien 
trouTé  de  mieux  que  cette  jonglerie,  pour 
expliquerlemyslérifluxd^moMdu  granit  liom- 
lue.  Hais  voici  Tenir  un  vengeur.  •  Cette 
prétendue  supercherie,  dit  H.  Lélut,  est 
Due  des  imputations  It»  pluM  mal  avisées  (|ui 
se  soient  jamais  faites  de  l'astuce  et  de 
l'esprit  philosophique  modernes.  La  fraudo 
n'a  jamais  eu  et  n'oura  jamais  ane  tulle 
puissance.  »  (P.  16V.) 

Il  y  a  longtemps  que  nous  disons  la 
même  chose- 

M.  Lélut  établit  donc  parfaitement  tous 
les  titres  de  Socrate  h  la  gloire  et  i  l'admi- 
ration générale  :  ■  C'est  le  restaurateur  de 
la  philosophie;  c'est  uu  homme  exception- 
nel parmi  tous    les  hommes (P.    10.) 

liaiï,  dit-il,  il  est  une  singularité  do  sa 
Tie  Ou  plutôt  de  son  intelligence....  Cette 
singularité  psychologique  est  celle  de  son 
aprif  familier,  des  iuspirations  qu'il  lui 
devait,  des  prophéties  qu'elles  le  mettaient 
h  même  da  iaire,  et  des  acies  dont  elles  le 
détournaient  >  (P.  12.) 

C'est  an  si^edePotidéequeH. Lélut  fait 
reuionter  la  première  eilase  de  Socratn. 
(P.  98/.  Celte  extase,  au  reste,  n'était  (mis 
chose  isolée  dans  sa  vie;  il  lui  arrivai!  sou- 
de t'iiilcUigcDcc  bunainc. 

Il7i8)  Vuy.  Apol.,  |>.  91,  iraJ.  deU.  Cenur. 


MCTIONHAIRE  APOLOGETIQUB. 


vent  de  s'arrêter  brasquement,  au  mjliea 
d'une  promenade  on  d'une  conrersalion.... 
en  donnant  pour  raison  qu'il  venail  d'en* 
tendre /(  il(>u.  (P,  101.)  lin';  s  presque 
t»)  dans  Platon  un  seul  dialogue  où  il  ne 
aoît  plus  ou  moins  directement  qnestioa 
de  ce  dieu  fitàr,  de  ce  démon.  Suftivu*, 
de  cette  voix  divine,  f*ni.  »  (P.  101.)  Gom- 
ment cette  voix  se  faissît-eile  eatendreT 
Quels  élaieni  les  symptômes ,  les  effets  de 
celte  hallucination?  Voilà  d'abord  ce  qu'il 
importe  de  bien  préciser. 

Selon  U.  Lélut,  Socrate  n'en  imposait  i 
personne  lorsqu'il  disait  ;  ■  Il  me  semble, 
mon  cfaer  Critoo  ,  quaj'enlends  tout  ce  que 
je  Tiens  de  dire,  comme  1»  corybanies 
croient  entendre  les  cornets  et  les  litotes,  et 
io  son  de  toutes  ces  paroles  résonne  si  fort 
ft  mes  oreilles  qu'il  m'emoftcLe  d'entendre 
tout  ce  qu'on  me  dit  ailleurs.  •  (P.  103). 
Jusçiu'iei  nous  l'avouons,  riea  que  de  fort 
ordinaire  et  qui  De  ressemble  à  toutes  les 
hiiHuci nations  naturelles. 

Oe  marne,  (Xiur  l'immobilité  de  Socrate, 
soit  au  siège  de  Potidée,  soit  sur  le  porte 
de  la  maison  voisine  du  logis  d'A^alon, 
a  Laissez-le,  dit  alors  Ari»todème,  il  lui 
arrive  souvent  de  s'arrdter  ainsi  dans  quel- 
que endroit  qu'il  se  trouve  ;  vous  le  verrez 
bientât,  na  le  troublez  pas  el  ne  vous  oc- 
cupez pas  de  lui.  ■  {Plito:(.  Banqutl,  Irad. 
de  M.  Cousin,  p.  24.) 

Jusqu'ici  encore  voilà  la  tendance  cata- 
loptit'orme,  nous  en  convenons;  c'est  une 
des  piôciiS  du  prxtbième.  C'est  l'étst  phf  sio- 
to){ique  qui  l'acconipngne.  on  plutdt,  selon 
nous,  c'esi  l'état  qui  en  résulte,  mais  ce 
d'est   pas  la  solution  du  problème. 

Continuons  :  <■  Il  tlnil  par  se  persuader 
que,  par  le  fait  de  cette  assistance  divise, 
il  pouvait,  àdislanee,  exercer  une  iniluence 
sur  lus  jeunes  gens  qui  le  fréqueniaient,  ■ 

tP.  176).  Iliiuion  de  magnétisme  I  suivant 
li.  Lélui,  qui  «cependant  est  bien  obligé 
d'écouter  la  véndique  Socrate  et  d'en- 
regisifer  ces  paroles  du  Pbélèba  :  «  So- 
cRiTE.  11  me  semble  qu'un  dieu  m'a  rap- 
pelé certaines  clioses  it  li  mémoire.  — 
Protakqub.  Comment  et  quelles  sont-elles  T.. 
Tu  lue  l'apprendras,  j'espère.  —  Socritk. 

Ce  ne  sera  pas  moi,  mus  uhb  divinité 

Protirqoe.  Prie  doncet  réfléchis. — Sucratb. 
Jeréilécliis,  et  il  me  semble  qu'  une  divinité 
(Ofôv)  nous  I  été  favorable  en  ce  moment. 
—  Photirqur.  Comment  dis-tu  cela,  et 
&  quelle  marque  le  reconnais- tuT —  So- 
UKiTE.  Prète-moi  toute  ton  attention.  Au 
moment  de  passer  l'eau,  j'ai  senti  ce  signa) 
divin  <|ui  m'est  familier  et  dont  l'appari- 
ti[tn  m  arrête  toujours.  Au  moment  d'agir, 
j'ai  cm  entendre  de  ce  câié  une  voix  qui 
me  dérenJaitde  partir....  ■ 

£t  plus  loin,  dans  un  autre  dialogue  : 
«  SocKATB.  Je  n'ai  sur  toi  qu'un  seul  avan- 
tage. —  Alcibudb.  Quel  esl-il?  —  Socritk. 
C'est  que  mon  Jufrur  est  meilleur  et  plus 
sage  que  ton  tuteur.  —  Alcibiidb.  Qui  est 
ce  tuteur? — Socrate.  Le  dieu....  La  faveur 
céleste  m'aacGordé  un  don  oiervcilk-us  qui 


ne  m'a  pas  quitté  depuis  mon  enfance ;c'pii 
une  voix  qui,  lorsqu'elle  sa  fiil  mtvitt, 
me  détourne  de  ce  que  je  vais  faire  elDi 
m'y  pousse  jamais.  Si  un  de  mes  tattunt 
communique  quelque  dessein,  etqocli 
voix  se  fasse  entendre,  c'est  une  natqu* 
fiûre  qu'elle  n'approuve  pas  ce  dessein  m 

au'elle  l'en  détourne;.,.  Tous  toiu  démin- 
ez, si  TOUS  le  voulez,  h  Clitome^ue, frij< 
detimarque,  ce  que  lui  dit  celui-ci  lorvjn'! 
allait  mourir  pour  avoir  méprisé  remiis» 
ment  fatal.  Il  vous  racontera  que  Ticoir^i 
jiii  dit  en  propres  termes  :  —  Clitoo^it 
je  vais  mourir  pour  n'avoir  y-ts  vouIuom  ' 
Socrate.  — Que  voulait  dira  parlaTt» 
que?  —  Je  vais  vous  l'expliquer. QuiDli 
se  leva  de  table  avec  Pniléojon ,  Gli  <e 
Phjjoménide,  pour  aller  laer  Nici>*,iliir 
avait  qu'eux  deux  dans  la  conspifaimi 
me  dit  en  se  levant  :  —  Qu'as-lu,  Socril!! 
—  Je  lui  dis  :  Ne  sors  paj.je  reçaislesi^ 
accoutumé.  —  Il  s'arrêta,  mais  quei'in 
temps  après  il  se  leva  encore  el  œeilii:- 
Sucrate,  je  m'en  vais.  —  La  voii  le  Ëi  n 
tendre  de  nouveau,  et  de  nouveau  je  l'il 
rètai.  Enfin  ,  la  troisième  fois,  miij 
écliapper,  il  se  leva  sans  me  rien  din,! 
prenant  te  temps  que  j'avais  l'esprila 
cupé  ailleurs,  il  sortit,  et  Ql  eu  qui  ftm 
duisit  à  la  mort.  Voilà  pourquoi  n  dilitl| 
frère  ce  que  je  vous  répèle  sujouri4 
qu'il  nitait  mourir  pour  n'avoir  |>xs  TDniueij 
croire.  J'ai  cela  de  commun  aveclesu^ 
femmes,  que  par  tnoi-némt  je  a'e^n* 
rien  en  fait  de  sagesse....  Hais  c'etl  1'^^ 
qui  est  avec  moi,  n'ayant  rient  tuim 
qui  toit  une  nroduefi'on  de  mot-mAne.     1 

■  Quantàl'eipéditionde  Sicile,  mip 
vez  savoir  de  beaucoup  de  nus  cimniDjI 
ce  que  je  prédis  sur  la  dérouta iltliiA 
liais  sans  parler  des  prédictions  ^niM 
pour  lesquelles  je  vous  renvoie  i  ckiM 
tes  conuaissent,  on  peut  dès  i  présnial 
une  épreuve  du  signal  et  voir  s'il  ài^ 
Lorsque  le  beau  Sannion  panil  f^^'^ 
mée,  j'entendis  la  voix;  maiatennii  11 
marche  avec  Tbrazille  conire  E(i!iè^J 
rionie.je  tait  certain  qult  y  mourrtfM» 
lui  arrivera  quelque  malheur,  ^J^.'J 
beaucoup  pour  la  succès  de  toute  l'c^ 
prise.  Je  dis  tout  cela  pour  te  (i)i'^,fl 
prendre  que  la  puissance  dugénie(<i'4 
ÊtM  nû  Iw/itiMu  vftÛTtu)  s'éteud  Jiislutf 
les  rapports  que  l'on  veut  contrader4 
moi.  »  {Plat-,  Thtag.,  Irad.  Cousin,  y-^ 

H.  Lélut  a  raison  assurément  deoii^ 
passage.  Ou  moment  où  il  admet  l3j 
latte  Donne  fbî  de  Socrate,  — et  Mmi* 
ne  pas  l'admettre?— rien  n'eît  pl^'J 
rieux  que  cette  étude  sur  soi-niéiso  'ij 
par  )e  plus  sage,  le  plus  modeste  ei  i«^ 
circouspect  des  hommes,  en  uu  mot,  pi 
maître  de  Platon  et  la  gloire  de  I  im'^ 

AprèsSocrates'analysauttui-m^me.jn 
Platon  analysant  Socrate,  après  tw'  " 
disciples  ratifiant  fait»  et  théories  lOiH" 
semble,  après  ta  plupart  des  pliil(*;r 
expliquant  ensuite  te  phénouiènB  I"  | 
tupérUriti  de  Iti  raitvn ,  éciurtJW  ■■ 


Uit 


R.IL 


DKTiONNÂlRe  APMjOCETIQUE. 


BAL 


iiifl 


docteor  Lëlot,  PexpliriDaill  à  son  tour  par 
U  npérioriU  de  tm  folie  l 

■  rsDsses    perceptions  1    s'écrie-t-il 

Voili  Socrale  qui  DOD-seulemeDi  s'imagiua 
recevoir  dps  inOoeoces,  des  inspirations  di- 
vian,  entendre  uae  voix,  mais  qui,  h  rai- 
son de  ce  prÎTilégc,  croit  posséder  à  tUslane» 
noe  iaflaence  semblsb)»  sur  ses  aaiis,  sur 
s«s  disciples,  et  presque  sur  les  étrangers; 
iuSaeoce  iodépendante  même  de  la  parole 
et  da  regard,  et  qui  s'exerce  à  traders  Ids 
luarsilles  et  dans  un  rayon  plus  ou  moins 
éleDdD.Oo  ne  peut  en  *éritAnen  Toir,  rien 
eaiendre  de  pius  extravagtmt,  de  pltu  car- 
ntUriitiqut  de  ta  folie;  et  les  hallucinés 
(\uit  soas  nos  yeui,  prétendent  envoj^er  ou 
Kccvoirâdiflaiictdes  tnOuences  physiques, 
mignéliques,  franc-maçonniques,  ue  &'ex- 
priiueol  pas  autrement  que  Socrate,  et  ue 
»OBi,  sons  ce  rapport,  pas  plus  fous  qu'il  ue 
Jetait.  .  (P.  122.) 

l'antre  Socratfll  FallsitHl  donc  Irarerser 
Tiagi-dent  siècles  do  gloire  pour  te  voir  an 
'  six'siëcleprécipilersiuasllllustintionlapius 
pure  Je  l'antiquité  païenne,  quoi  I  lu  n  au- 
ras dû  celte  sagesse  exceptionnelle  qu'aux 
fmua  |>ercaptioat  d'un  temorium  malade. 
£l  pourquoi  famtie»,  s'il  tous  plall.  mou- 
sieur  Lélut,  lorsque  tous  venez  de  nous 
ErouTer,  sens  paraître,  il  est  vrai,  y  allocher 
t  oMMBdre  importance,  que  révénemenl  lt« 
réiJîuii  towlM,  et  surtout  lorsque  tous 
failvsdin  ao  grand  homme  dont  «oos  èta~ 
biisMzsi  bien  la  bonne  foi  :  «  Voici  la  preuTe 
que  je  n'ai  rien  avancé  que  de  Trai  ausujet 
ae  Ce  Dieu  (wrâ  ««■  tùm  s«if),  c'est  qu'ayant 
fait  part  à  beaucoup  de  mes  amis  de  ces 
•TCrtisMuenta,  t7  fw  t'ut  yuMiîa  Irauti  que 
j'aie  aTiDcA  une  chose  &usiot  ■  (P.  131.) 

U  faut  en  conreair,  vuiik  dos  baltnGiii«> 
liflos  bien  tiogulièros  1  L'homme  sain  qui 
les  népris«  ne  sait  rien  de  ce  qui  l'attend 
jout  i  l'heure,  ef  le  fou  qui  les  subit  donue 
I  cet  homme  sain  qui  l'écoute  des  arertis* 
icneDls  qui  ne  le  Irumpeut  jamais! 

Kl  pam  un  wtot  de  la  part  de  U;  Lélul  sur 
«  euxsmplimmmt  cuBsUot  de  fausses 
•ercepUoBS  I  et  Ions  aes  eoulrèras  imiteront 
ioo  sileneel  Bn  vérité,  il  est  impossible  de 
len  oompreotlre  ï  cetia  méthode  chez  des 
Marnes  qui  consacrent,  il  but  le  recoo- 
kaltre,  toutes  leur»  forces,  toute  leur  vie,  è 
■  reebereha  de  la  vérité  I 

Hais  à  quoi  bon  alors  nous  détailler  en 
«  lODgiMs  pagas  loulas  ces  prévisions 
featûéet,  anecdote*  qui  deviaoneut  alors 
art  iosi^iBaoles,  si  elles  ne  représentent 
ma»  le  proUèmt  don!  ellea  seul  loule 
nia  noce  qu'on  élémeol  de  nulle  valenr  ? 
Aînaïf  perceptiom  ^twset  quoique...  elles 
ienl  dit  loiyours  vrai  1 
<)aaiit  k  ces  illiuîon*  de  ■ugnéltseura 
»ur  lasqneUes  veiu  t««s  munuez  si  sé*à- 
f,  laoniieur  Léinl,  bous  bous  garderons 
»o  lie  vans  raoïojerk  cas  aipériesces 
'^nâdiennes  qni  ae  répétant  dans  tous  les 
^urticff*  de  U  capitale,  et  qui  tous  expU- 

V'»7»>  Toy. 


qoeraient  beaucoup   mieux  votre  bocrale 

que  les  mille  el  quelques  disserlatîons  im- 
primées à  son  sujet;  mais  croycz-en  ce 
grand  homme,  objet  de  tant  d'élu>les,  lors- 
que, deux  mille  trois  cents  ans  avant  Uesmer 
et  Deleuze,  il  donne  au  brillant  Alcibiads 
celte  leçou  de  magnétisme  transcendant. 

Son  disciple  Tenait  de  lui  poser  ainsi  U 
question  : 

■  Je  vais  te  dire,  Socrate,  une  chose  qui 
paraîtra  înerojable ,  et  qui  pourtant  est 
irès-vraie.  Je  o  ai  rien  eppns  de  toi,  comme 
tu  le  sais  fort  bien.  Cependant  je  profilais, 
quand  j'étais  avec  toi,  même  lorsque  je 
n'étais  que  dans  la  même  maison,  sans  être 
dans  la  même  chambra.  Quand  j'étais  dans 
la  mfiue  chambre,  j'éiais  mieux  encore,  et 
quand,  dans  la  même  chambre,  j'avais  les 
yeux  fixés  sur  loi,  pendant  que  tu  parlais  , 
je  sentais  que  je  profilais  plus  que  quand 
je  re^rdais  ailleurs;  mai.«je  proniais  bien 
plus  encore,  lorsque  j'étais  assis  auprès  du 
loi  al  que  je  te  louchais.  >  (PuToa,  Tti/a- 
gèae,  trad.  de  M.  Cousin.) 

Assuréoienl,  voilà  l'iolluence  magoéliqua 
psychologique  et  nbysioiogiquo  aussi  bien 
établie  que  possible,  et  plus  ou  moins  dé- 
veloppéf  eu  raison  du  plus  ou  moins  de 
proximité  1  liais  quoiqu'elle  s'exerce  ici 
par  Socrate,  il  ue  s'ensuit  pas  qu'elle  ue  pro- 
cède fiM  de  Socrale.  Ëcoulei  sa   réponse  : 

«  Tel  est,  en  ellet,  mon  cber  ami,  la  com- 
merce  que  l'on  j>eulavuir  avec  moi;  s'il  PttiT 
AD  Mit]  tî  T^  Sf^  ifiaitm,  iu  proDteras  auprès 
de  moi  bLaucoupel  entende  temps. Siiioilt 
tes  efforts  serunl  inuliles.  Vois  doue  s'il 
n'est  pas  plus  sûr  pour  loi  de  l'attacher  è 
quelqu'un  de  ceux  qui  sont  les  maîtres  d'ê- 
tre utiles.  ptuiÂi  que  de  suivre  un  bomrao 
qui  ne  peut  répondre  de  rien.  »  (Ibid.) 

Qui  ue  peut  répondre  dt  rtot/  Voilà  l'ex* 
plication  donnée  par  le  plus  sage  des  hom- 
mes de  ces  sympalbies  et  antipathies  ma- 
gnéliques  que  nos  savants ,  préoccupés 
uniquemenl  d'an  flmde  nuuMet,  ne  peuvent 
se  décider  h  admutlre.  Voili  le  secret  de  ces 
rudes  mécomptes  éprouvés  tout  à  coup,  au 
moment  décisif,  par  ces  maj^nt^tiseurs  assex 
téméraires,  comme  le  docteur  Berna  (1729), 
pour  venir  sa  brûler  aux  lumières  d'une 
commission  qui  déplaît  à  leur  ditu,x^  6«û, 
ou  que  celui-ci  ne  veut  pts  éclairer.  Uui, 
voili  ta  secret  de  toutes  ces  découTenues 
si  cuisantes  el  de  ces  condamnations  injus- 
tes qui  étouffent  Is  vérité  entre  la  déuions' 
tralioa  d«  la  veille  et  la  contradiction  du 
landemaio. 

Aésumoni  maiotenaol  tout  ce  que  nous 
Teuoos  d'entendre,  el  tlchons  da  bien  for- 
uHilar,  si  nous  le  pouvons,  Ji  pensée  mé- 
dicale de  M.  Lélul. 

Swrale,  le  plus  saga  des  hommes,  aurait 
été,  d'après  lui,  aussi  fort  que  tout  Us  hal- 
iucM^  faujonrd'knât puisqu'il  croyait  tuUe- 
moBl  et  oliéissail  k  une  Toix  àûmériyuw 
qui  ne  lui  STait  jamais  dit  que  la  tinti; 
mais  GOBBK  loutoa  ses  iUasîuns  sont  oèu- 


|l«7  UAL  MCTIONNAIRG 

a|];enl  extranalurel  dana  ce  qu'on  a  appelé 
des  Dévropaltiies'et  àts  tnonomanies  mysté- 
rieuses, il  analyse  el  discale  avec  beaucoup 
da  science,  de  logîtjue  et  de  vigueur,  les 
h}'pntlièses  inadmissibles  qui  ont  ^lë  ima- 
tjidées  par  les  médecins  manigraplies  pour 
expliquer  tes  phénomènes  relutifs  aux  Vr- 
sulirift  dt  Louaun,  aux  Camhardi,  aux  Co»- 
vuitionnairet  de  Saint-Médard,  elc,  elc.  Il 
se  résume  en  ces  termes  :  «  Nous  arons 
consiaié,  dans  celte  preinière  partie,  l'arlion 
d'iin<  ptiUtanet  myitérituêt ,  mais  une  action 
subjective,  c'est-à-dire  agissant  à  l'intériear 
de  sus  victimes.  Bien  que  nos  grandes  au- 
torités scientiUqueft  aient  plus  d'ane  fois 
proclamé  que  cette  puissanoe  était  indépen- 
dante et  étrang'ire  h  ta  conscience  de  ces 
mémos  victimes,  néanmoins  l'iiitériori- 
lé  (173^)  des  iihénomënes  a  dâ  coostam- 
iiient  donner  le  change  i  ce  sujet,  et  faire 
croire  que  (tes  effets  tellement  cireonscrils 
devaient  trouver  leurcausedansla  personne 
même  qui  les  subissait,  et  lui  appartenaient 
estantieliement. 

«  Si  donc  nou»  pouvions  maintenant  d^ 
montrer  Vextérioritiiie  ces  mêmes  causes,  le 
problème  se  trouverait  tout  è  coup  résolu, 
et  vous  entrevoyez  immédiatement  toutes 
les  sérieuses  conséquences  qui  en  découle- 
raient, non  plus  seulement  alijourd'liui 
comme  philosopliie  religieuse  et  apprécia- 
tions historiques,  mais  aussi  comme  doo- 
Irines  médicales  et  guérisons  psychologi- 
ques. En  effet,  vous  arez  entendu  U.  le  doc- 
leur  Culmeil  déciorer  avec  la  plus  admira- 
iile  fraiictiist  «  qu'il  faudrait  alors  briller 
comme  de  ptwv&bles  romaas  laâ  écrits  des 
iDôdeines  sur  raliénalioR  mentale.  >  (Be  ta 
foUé,  1.  Il,  )>.  4*75.)  Vous  aves  entendu,  au 
même  Inslanlr  M.  ie  docteur  Briàre  de  Bois- 
mont  appeler  la  doctrine  actuelle  sur  tes 
ballucinalions  >  la  plus  grande  et  la  plus 
fuueHle  des  erreurs  sociales.  »  [fog.  fAkv.] 
Ces  deux  savants  œaoigrapbes  ont  raiaon, 
cor  l'extériorité  de  nos  eausbs  mystérieuses 
^nt  sue  fois  soUdemeBt  établie,  il  faudra 
bien  qne  les  fausses  théories  reculent  de- 
vant ce  monde  inTisibl*  el  vbjtctif  (1735} 
2ui  nous  enveloppe,  nous  presse,  nous  iu- 
uenoe  à  notre  insu,  et  dont  cependant  la 
négation  fait  depuis  deux  siècles  la  base  de 
tous  nos  enseignements.  » 

H.  de  UirvilTe  consacre  ts  dfuxJème  par- 
lie  de  son  savant  ouvrage  h.  l'examen  des 
phénomènes  objectifs  ou  «xtemes.  Nou  ne 
pouvons  le  suivre  è  travers  les  curieuses 
recherches  et  let  inportente»  discussions 
auxqeelles  il  se  livre,  sms  dépasser  les  bor- 
ne* dsM  leiquellea  il  ceaTieat  de  doos  ren- 
ferawr. 


8*i)  est  un  Ult  dans  l'Evangile  qui  pa- 
raisse d'abord  suseeptibla  d'être  explitjué 
per  le  bysttaie  de  l'exlase  eu  durhallucina- 


APOLOGETIQUE.  \\K\.  \\^ 

tion,  c'est,  \>»r  exemple,  celui  df  li  Tiâon 
de  Zacliarie,  père  de  saint  Jesn-Ba|>li!i(. 

Zflcliarie  et  sa  femme  o*«ienlii°ilii,ii,i 
avoir  d'f  iifanls,  lorsque  Inul  ii  cou|i  le  urè- 
tre, pendant  qu'il  encense  le  isnrtinM, 
voit  apparaître  devant  lui  l'aiip  CiM, 
qui  leur  annonce,  pour  leurs  vicui  joiir^ 
un  fils  qui  vivra  consacré  k  DieueUenln 
précurseur  destiné  à  préparer  li!STDi«4 
Seigneur  visitant  son  peuple  au  lïBii>sd. 
Messie.  Zaubarie  doutanl  de  si  pr<!iiie>v: 
cause  de  son  âge  et  de  celui  de  !>  feiufi 
l'ange,  en  signe  el  en  punition,  le  fri|f»i- 
rautisme  jusqu'à  raccomplissemcntiiirr 
mutisme  dure  en  effet  jusqu'à  \'i\\»!A^ 
la  circoncision  du  [ils  qui  lui  est  Dé;ia 
moment  le  père,  qui  doil  lui  imposer  Icn 
prescrit  par  l'ange,  recouvre  la  naroir.ii-! 
joie  s'exliaie  eu  un  hymne.  [InclIS, 
57-80.) 

Vo;ydns,  av«>c  le  docteur  Slriiiii,  si  .  : 
théorie  de  l'hallucination  esl  sp|i)icibie  ti  1 
celte  circonstance. 

■  Le  changfment  le  plus  léger  qae  \'-t\ 
pourrait  introduire  dans  ce  récit, en  h|»-| 
rant,  d'après  io  f>rinr.ipe  des  ratiai»ti<iit| 
le  fait  simple  du  jugemml  qu'en  ont  [«.tiJ 
les  personnes  intéretfées;  le  clitnitnif.l 
te  plus  léger,  dis-je,  serait  que,<ût.'* 
laissant  Eulisister.  comme  chose  rie''  , 
indépendante  de  l'imagination,  \'tf^f' 
de  l'ange  et  le  mutisme  de  Zacliaricui-  1 
conlentAt  de  l'expliquer  d'une  ni»Dièrti<  | 
luretle.  On  s'en  rendrait  raison  p«Dr '"• 

felophanie,  en  supposant  que  ului'> 
omme  qui  se  montra  à  Zacharie,  et^^li: 
râeilemenl  ce  que  celui-ci  crut  MifuJ". 
mail  qui  fut  pris  par  le  prêtre  pour  m 
messager  céleste.  Cette  explicalion.  lult 
accessoires,  est  trop  iavraisemblsblef** 
qu'on  ne  se  sentit  pas  obligé  Aeiinn 
pas  de  plus,  de  transformer  la  m^^ 
terne  en  une  vision  interne,  et  dtirxo- 
porter  tout  l'évéremeot  du  (erriin)*!!'' 
que  sur  le  terrain  psychologique.  L't^iii^ 
de  Bahrdt  fait  une  transition  i  etlieofv 
nion  ;  car  en  sopposant  que  es  que  hi^^ 
prit  pour  un  ange  peut  avoir  élë  un  ^^l'M 
altrioue  à  l'imaginatioo  de  ZacharieM 
grand»  partie  du  toute  la  scène.  UiisjiM 
personne,  dans  un  élal  mental  ordiuiM 
ne  créera,  à  ta  vue  d'ua  simple  éclair.  M 

Sreille  séria  de  discours  e\  de  répim'*! 
Ilut  doue  sup|>oser  un  élal  nientil  j)» 
Oulier.  Les  uns  ims^nërent  une  ùéU\\''* 
causée  par  l'effroi  de  l'éclair,  iléliilliB 
doitt  il  n>  a  aucune  trace  dans  le  \n\«-^ 
ne  parle  pas  même  d'une  chute codhd"!'' 
les  viciai  du  ap&ini,  ix,  i  ;  d'autres,  U'^ 
de  c6l6  l'éclair,  songèrent  à  uo  rèie:« 
Zacharie  n'a  pu  avoir  uo  rêve  pen^nt?^ 
était  dans  le  temple  sccupé  à  eaceij»r.l 
I»  sorte,  on  est  forcé  d'inroouer  ara  '',' 
lus  dea  extases  même  dans  l'éUildeni:* 
exlases  pendant  lesquelles  rime  io^^l 
des  images  subjectives  00  cérsctèn  OQ^I: 
e'ast-*-dira  preatf  pour  des  élras  réelii" 
(I7W)  1 


lt3S  IUL 

•>nnM  inui^naires  qui  flottent  deTant  elle. 
De  telles  extasei  oe-sont  certeinement  |ms 
coDinaBei  ;  mais,  dit  Paulas,  plosieors  cir- 
eonstaocfls  eoncooraient  pour  provoquer  en 
ZaeturM  DU  <Ut  aiusi  estraordiDaire.  Cet 
eïreoasiniees  sont  :  le  loog  désir  d'aroir  de 
la  postérité,  Is  fonction  gioriease  de  faire, 
deni  le  undnaire,  monter,  avec  l'encens, 
its  prtèiesdo  peuple  jusqu'à  Jéhovab;  en- 
fiopeui-éire  Bossi,  arant  sa  sortie  de  cbez 
l«i,  une  sollicitation  de  sa  femme  semblable 
k  celle  de  ilaeliel  h  Jacob  1  L'esprit  ainsi  ex- 
cité, diDs  la  demi'Obscurité  da  sanctuaire* 
il  prase,  tout  en  priant,  k  J'otnet  de  ses 
souhait!  les  plus  sraenls;  il  espère  maîoto- 
Banl  ea  jamais  d'Atre  exaucé,  et  par  consé- 
^eeul  il  est  disposé  h  en  voir  un  sî^ne  dans 
lAot  ce  qai  poorra  se  montrer.  La  fumée  de 
l'cnceos  qvî  s'élève,  éclairée  par  les  lampes 
de  lustre,  forme  des  Heures;  le  |tpétres'i- 
iRKÎM  j  apereerotr  une  figure  ô^leste  qui 
l'ei&aje  d'abord,  mais  que  bientAt  i\  croit 
enleodre  lui  accorder  l'accomplissement  de 
iOQ  désir.  A  peine  un  doute  lég(.>r  com- 
nxoee-l-il  A  nattre  dans  son  cceur  que  la 
prélre,  pieux  jusqa'k  l'oscés,  se  regarde 
«ussiiÂl  comme  coupable,  se  croit  reprî- 
maudé  par  l'ange  i  ce  sujet  ;  et  ici  encore 
un«  double  ei|ilicatioo  devient  possible  ; 
ou  bien  uneaiHtplciie  paralyse  réell^^ment 
pourquelque  lenips  sa  langue,  ce  qu'il  ré- 
élit ceiBiue  nue  Juste  punition  de  son 
à-Me,  iusqo'k  ce  qu'il  retrouve  la  parole 
dans  II  joie  qu'il  ressent  lors  de  la  cir- 
coodfioo  de  son  Gis;  de  sorie  que  ceite 
rtreonstance  du  mutisme  est  conservée 
mcme  fait  «itérieur,  physique,  mais  sans 
Kirscle:  on  bit^  la  pnrte  de  ta  psroie  doit 
iu«si  être  roncuef^jubologiqueuienl,  c'est- 
i-dire  que  Zacharie,  par  une  superslitinO 
uive,  s'interdit  lui-niAme  pour  quelque 
nii[is  rnsase  de  sa  langue,  qu'il  s'accusait 
'avoir  aMfefliplojée.  Banimé  par  cette  ti* 
ioa  extraordinaire,  fe  jirélre,  coofirnié- 
leot  aux  indiealioiiB  qu'il  a  remues,  re- 
wme  a«prés  d«  tê  femme,  et  elle  devient 
ne  sef:f>nde  Sara. 

■  TeHe  est  l'eiplicaiion  de  Paulos  sar 
«Pfwrif'.'tD  de  l'ange:  toutes  les  autres; 
luti-ent  essenliellemeiit  ou  bien  y  sont  ré- 
Biles,  n'éuni  pis  souleuables  évidem- 
«□1.  On  peut  dire  d'abord  qu'elle  n'évite 
tei«  pas  te  merreilleox,  qu  elle  se  donne  ' 
lit  d«  peine  pour  écarter;  car  son  auteur 
ooe  lui-même  que  la  plupart  des  bommes 
••til  aHcooe  idée  d'une  vision  semblable 
nrlli*  qui  esi  supposée  ici.  ^"t\  est  vrai  que 
!  tels  élatsexlaliques  surviennent  dans  des 
s  r>arlic»liers,  toujours  esMl  qu'ils  eii- 
-Jii  oa  une  dtSjM>»iiioo  particulière  dont 
iruD«  Irace  d'ailleurs  ne  se  nonlre  cher 
ictiarie^  et  qui  n'est  pas  non  plus  suppo- 
ble  fc  cause  de  son  âge  avancé,  ou  bien 
«  cireonsUoce  eilérieore  précise  qui 
«que  absolnmeat  ici;  car  un  désir  da 
c^ëénlliirv  si  lonyleiiips  entretenu  ne  se 
«nifestc  pliiSavec  une  violence  exlalique, 
l'encansemeot  du  temple  ne  pouvait  lua 
ailre  hors  de  lui  un  prêtre  Igâ,  vieilli  dans 
J>icno!<iiAiai:  apulocîtique  I. 


HCnOIOUIRE  APOUICGTIQCE.  BAL  115* 

le  service.  Ainsi  Paulurf  n'a  lâil  que  elianger 
UD  miracle  de  Dten  en  un  miracle  da  hasard. 
Or,  dire  qu'à  Dieu  rien  n'est  possible,  ou 
que  rien  o*«st  impossible  an  hasard,  es 
sont  des  assertions  également  précaires  et 
aussi  peu  scientifiques  l'une  que  l'autre. 
^  «  Uais  même  de  ce  point  de  vue,  le  mu- 
tisme de  Zacharie  n'est  expliqué  que  d'une 
manière  très-insuffisante .  Car  admellons, 
aveet'Dne  des  explications,  que  ce  mutisme 
ait  été  produit  par  une  attaque  d'apoplexie, 
la  véritable  dilliculié  n'est  pas  ee^e  que 
Faolus  prétend  j  trouver,  à  savoir  qu'un 
prêtre  devenu  muet  aorailété  obligé  de  ces- 
ser aussildt  ses  fonctions,  d'après  ///  Jfos., 
XXI,  16  et  suiv.,  et  que  néanmoins  Zacha- 
rie (xxiii)  ne  quitta  Jérusalem  qu'à  l'expi- 
ration de  sa  semaine  de  service;  car,  ainsi 
3ue  Lightfoot  l'a  déjà  remarqué,  la  perte 
e  la  parole,  survenue  miraculeosemeot, 
quand  même  ce  miracle  n'aurait  d'existence 
que  dans  l'imagination,  ne  peut  être  mis 
sur  le  même  rang  qu'on  mutisme,  effet  d'un 
défaut  naturel.  Uaia  il  faut  s'étonner  avec 
Schleiermacher  que  Zacharie,  malgré  celte 
attaque  d'apoplexie ,  retourne  caei  lui . 
plein,  du  reste,  de  santé  et  de  vi^fueur,  de 
sorte  que,  malgré  cette  pnralj-sie  (lartielle, 
il  aurait  conservé  assez  de  force  pour  que 
son  désir  de  postérité  s'accomplit.  Ce  serait 
encore  par  une  coïncidence  toute  particu- 
lière que  iuslemenl  le  jour  de  la  circonci- 
sion de  l'enfant ,  la  langue  du  père  se 
serait  déliée;  car  si  c'est  là  un  effet  de 
l'excès  de  la  joïe,  cette  joie  aurait  dû  être 
plus  grande  le  jour  de  la  naissance  que  plus 
tard,  lors  de  la  circoncision,  éiwqne  où  Za- 
charie devait  déjà  être  habitué  à  la  posses- 
sion de  son  enfant. 

<  Suivant  l'autre  explication.  Zacharie  ne 
peut  pas  parler,  non  parce  qu'il  en  est  rm- 

{ léché  ptiysiquemenl,  mais  parce  qu'il  croît 
persDBsioo  qu'on  expliquera  psychologi- 
quement) ne  pas  devoir  parler;  mais  cela 
exl  contraire  au  sens  textuel  de  Luc.  Car 
tous  les  (uissBges  que  Paulus  accumule  pour 
prouver  que  où  Snnfisi  peut  signifier  non- 
seulement  qu'on  ne  peut  pas  réelUmeni, 
mais  encore  qu'on  n'ose  pas.que  nrouveni- 
ils  contre  le  clair  enchaînement  cie  tout  te 
récit  7  En  pffet,  si  peut-être  à  toute  force  on 
voulait  entendre  ainsi  la  phrasK  narrative  : 
il  ne  peut  pas  leur  parler,  avm  iKmn  lal^ms 
Bvr*ft  (v.  22),  toujours  est-il  que,  dans  la 
vision  prétendue  de  Zacharie,  l'ange,  s'i' 
avait  voulu  lui  dérendro  et  non  l'empêcher 
physiquement  de  parlrr,  ite  lai  aurai)  pas 
dit  :  Tu  feras  condamné  au  litenee,  m  pou- 
eoHf  fat  porter,  coj  îay  nuirv*  etc.  (v.  20}  ; 
mais  il  lui  aurait  dit  :  Sache  te  taire  et  o'ei- 
saye  pas  de  parler.  De  même  aussi  les  mots, 
il  dimeure  rnutl  (v.  SI),  ne  s'entendent  na- 
Inrellement  que  d'uo  véritable  mutisme. 
Dans  ee  point  de  vue,  on  suppose  et  il  faut 
supposerque  te  récit  évanglique  re|H-oduit 
exactement  ee  que  Zacharie  raronta  lui- 
Btème  sur  ce  qui  lui  était  arrivé  ;  si  donc  on 
nte  qu'H  y  ait  eu  réellemrat  mutisme, 
comme  cependant  Zacharie  déclare  qu'ua 
3i 


1131 


HEB 


DlCTIONNAIItE  APOUMETIOUET. 


m.. 


mutisme  réel  lui  a  élé  aoDOticé  par  l'ange, 
il  faudrait  admettre  que,  tout  en  restant  ca- 
pHble  (te  parler,  il  s'est  cru  miiet;cerbi- 
sonneoieut  conduirait  à  le  regarder  comme 
fou,  et  il  ne  faut  pas,  sans  .y  être  contraint 
par  le  texte,  allribuersu  père  de  Jean  une 
stiénation  mentale. 

■  Un  point  encore  dont  l'explication  na- 
turelle ne  s'inquiète  pas  assez,  c'est  que, 
d'après  elle,  la  prédiction,  résultat  d'un 
élst  extatique  aussi  peu  ordinaire,  se  serait 
accomplie  avec  une  incroyable  eiactitude. 
èur  aui'un  autre  terrain,  le  rationaliste  o'a- 
joulerail  foi  b  une  pareille  coïncidence  avec 
uite  prédiction  faite  pendant  uno  vision. Eh 
quoi  I  si  le  docteur  Paulus  lisait  qu'une 
somiiamljule,  dans  une  eilase,  a  prédit  une 
naissance  extrêmement  improbable  d'après 
les  circonstances,  qu'elle  a  présagé  ooo- 
seulenient  un  enfant  en  général,  mais  en- 
cure  un  enfant  particulier, qu'elle  a  annoncé 
aTec  détail  ie  développement  futur  de  son 
intelligence  et  sa  position  dans  l'histoire* 
et  que  tout  cela  s'est  réalisé  de  point  en 
pohit,  serait-il  disposé  à  accepter  une  pa- 
reille coïncidence?  Ceites,  il  n'accorderait 
à  aucun  homme,  dnns  quelque  état  qu'il 
isoilt  le  pouvoir  de  jiter  si  loin  le  regard 
dans  le  plus  mysiérieux  atelier  de  la  oature 
iiroducliTe;  il  se  pKiindrnit  qu'on  outrage 
in  liberté  humair-e,  complètement  anéantie, 
s'il  est  possible  de  déier  miner  d'avance  tout 
lu  développement  intellectuel  et  moral  d'un 
homme,  comme  la  marche  d'une  pendule, 
et  il  déclarerait  inexact  dans  l'obsorvuiion 
et  tout  à  fait  suspect  un  récit  qui  rapporte- 
rait comme  réelluincnt  arrivées  des  choses 
nussi  impossibles. Pourquoi  n'agil-il  pas  de 
même  pour  notre  récit  du  {Nouveau  Tesla- 
nient?  Pourquoi  trouve-t-îl  ici  admissible 
Ce  qu'il  regarderait  ailleurs  comme  iiiod- 
missibleî  Est-ce  qu'il  règne  dans  l'histoire 
biblique  des  lois  dilTéieiiles  de  celles  qui 
rèjjnenl  dans  le  reste  de  l'histoire?  Il  fout 
que  le  rationaliste  fasse  cette  sup|>Ojition, 
s  il  accepte  comme  crojable  dans  l'histuire 
t'vangélique  ce  qu'il  repousiie  ailleurs  comme 
incroyable;  ni»is  alors  c'est  retourner  au 
point  de  vue  surnaturel  ;  car,  admettre  que 
les  lois  qui  règlent  tout  le  reste,  n'ont  pas 
d'empire  dans  l'histoire  évangéiique,  c'est 
le  propre  du  surnaturalisme.  >  (S.  D.  F. 
8TB1USS,  FiV  dt  Jésus,  trad.  2.Litlré,  l"$ect., 
ch.,  5  17.)     ^ 

HALLUCINÉ,  saint  Paul  élait-il  un  hallu- 
ciné? Vojf.  Pa.ul  (SainlJ. 

UARIVANSA,  livre  indien,  examen  cri- 
tique. Fou.  UOIÂMSMB,  S  11. 

HARUONIES  de  la  pensée  et  de  la  pa- 
rôle.  Voy.  Pstcbologib,  {  \UL 

HASCHISCH,  ses  effets.  Koy.  Hallocini- 
noR.  sub  init. 

HAUSElt  ((lASPin),  ce  que  prouve  la  sé- 
i|uestratiou  Ue4;et  infurtuué.  V«y.  Pascho* 
UMIE,  S  XI. 

UÉBUBUX,  n'ont  pas  emprunté  aux  peu- 
ples étrangers  Wur  angéologie,  ni  le  dogme 
de  la  résurrection.  Voy.  Ackoanitique.  — 
Différence  qu'il  y  avait  eiilre  eux  cl  les 


païens  sous  le  rapport  de  la  doctrine  e». 
térique.  /bid.  — Leur  délivriDcederF«)|iie 
et  leur  voyage  dans  le  désert.  Vtg.  hm- 

TEtïQIIK,  5  X. 

HEGEL,  SB  théorie  du  monde.  fasf.llojH. 
~-  Son  système  philosophique.  Cov  font- 

SOPHIE  DB  l'absolu,  S  II,  et  PlirtHEUIIl,(L  ' 

HENRI  IV,  empereur  d'AMemsineiitt- 
mêlés  avec  le  pape  Grégoire  VII;  refntiiim 
de  H.  Quinet.  Voy.  Ckêgoiib  VU,  {VI 

HERDER,  son  opinion  sur  tes  races  h- 
maJDes.  Yoy.  Races  BcminEB,  |X. -b. 

fousse  l'état  de  nature.  Toy.  PsTcsougi, 
VII. 

HÉRËDITË,  son  rfile  dans  la  civiltatoi 
acquise  et  dans  celle  i  acquérir,  yij-h 
cHOLOGiB,  I  IIL  —  Hérédité  dans  IW- 
organique  et  moral.  Voy.  ïbmieuam. 

iiv. 

BÊRËTIQnBS,  leurs  lémoignagnuenl,- 
veur  de  l'autheDlicité  des  Évangiles.  r<« 
Évaucils,  f  1. 

HERMÈS,  théologien  allemand;  «rrenii 
de  sa  théorie'apologélique  de  itrelijKit.' 
Yoy.  Ratioiïalisub,  g  11. 

UËRODE,  son  caractère.  Foy.  K>it»n 

DE  liSDS-CHRIBT,  {  11. 

HËTËROGÉNIË.  Voy.  Giskumnii» 

TANlÏE. 

HIÉROGLYPHES,  comment  la  déenW 
de  leur  lecture  a  confirmé  la  vérai^ti 
Pentateuque.  Voy.  pEitTATBCQDi,  1  lî' 

HILAIKE  (Saimt),  d'Arles.  -  Né  iîli 
d'une  famille  illustre,  au  commenceoeoili 
v  siècle,  évêque  d'Arles  en  &S9,  il'lii» 
vingt-huit  ans. 

L^événement  capital  de  son  hisUiire.(M 
sa  dégradation  du  titre  de  inétroi<olitiii: 
sévère  mais  juste  peine  intligée  parsiiS 
Léon.  Hiiaire  avilit  reçu  des  cilejeiis  del^ 
sançOQ  des  plaintes  contre  leur  «tHi"^  ' 
lidoine.  Il  tes  jugea  graves,  et  réitoij"  i 
concile  oit  l'accusé  fut  dépoiié;  sMiii^  ' 
cien  appela  au  Saint-Siège.  L'^vfique  Ai*  ; 
se  rendit  aussi  à  Rome.  Voyant  aniia'^''' 
sentence  de  son  concile,  il  succonilii *«■  ! 
bouillant  caractère,  prononça  des  tM™"! 
irritées,  et  prit  la  fuite  sans  attendre  Iw 
men  d'une  affaire  bien  plussârieu»e.>ai(l 
le  fait  :  En  parcourent  une  des  frajif* 
nsrhonnaises ,  autérieurement  dépeadin^ 
de  la  métropole  d'Arles,  mais  gaa  *><* 
face  I"  en  avait  détachée»,  Hilure  trou" 
l'évéçiue  Projectus  dangereusemeol  maliA 
et  lui  donna  uu  successeur  :  acle  iripl«*« 
anticanonique,  puisque  saint  Hiiaire  d>"^ 
plus  aucuBe  autorité  sur  ce  territoire. f»'»' 
qu'il  n'observa  pas  les  règles  des  élect», 
et  que  Projectus  n'était  ni  conseuUnl» 
convaincu  d'aucune  faute.  Ce  peuda  fs'r; 
Buur  les  canons,  rinconveDaucudeiei"''' 
coursA  Rome,  sa  fuite,  tout  cela  (ut  ngo"-: 
wjusement  puni  j  il  cessa  d'être  Diiiwijjn 
tain  de  la  province  de.  Vienne,  et  M|"'"*' 
que  simplBévôque  d'Arles. HilairejeW, 
de  rentrer  en  grâce  auprès  de  *^i"; 
réussit,  mais  sans  recouvrer  le*  P™^ 
Uves  de  sou  siège.  Arles  ne  rcd«vinl'«^ 
pôle  quoprès  ta  mort  d'HiUirc, qm.tiP 


MCnOMUmE  AFOUKETKKIE. 


IllL. 


IIM 


eu  U8,  épBisé  fMr  les  iBortifieatiofifl  pItilAt 
^e  ptr  les  anoées. 

il- 


OiiCféMdBmitéCcT 
IL  A«piu.  —  ■  Ici  noDS  rencoalmns  un 
bil  qfli  mérite  de  nous  arrêter...  C'est  la 
pmDièn  lotte  sérieuse  d'un  éréqoe  français 
*l  d'an  éTèque  de  Rome  :  ta  lutte  de  saint 
Hilaire  d'Arles  et  de  saint  Léon...  Saint  Hi- 
bire  était  évéqae  d'Arles,  et  Arles  était  le 
siège  da  préfet  des  Gaules;  révéque  se  eon- 
sidérail  eonnne  investi  d'un  pouvoir  supé- 
ri«ar  k  celu  des  autres  métropolitains 
(1736). . 

H.  Ampère  appelle  saint  Hi!iiire  «  on 
évCque  framfaû,  •  cinquante-sept  ans  arant 
Tmasion  de  CluTis ,  et  près  d'où  siècle 
STMrtque  les  Frsnks  n'occupassent  la  ville 
d'Aries  (1737).  C'est  par  compensation,  sans 
doute,  oe  ee  qu'il  ne  veut  pas  que  ce  prélat 
ait  été  catliolKiue  rowiain. 

La  raisOD  que  H.  Ampère  donne  des  pré- 
tentions de  oet  é*éqoi>  n'est  pas  fondée. 

De  lont  temps  le  siège  d'Arles  posséda  dos 

pHriléges  fort  étendus,  è  cause  de  son  fon- 

ilaleur,  saint  Trophime,  apAlre  de  la  Gaule 

■Dériiiîonale.  Le  pape  Zoaime,  en  klT,  non- 

f^alemeot  les  consacra,  maislvssgrandii  en 

faveur  de  Patrocle,  qu'il  déclara  mélropoli- 

UÎD  de  la  province  de  Vienne  el  des  deux 

Sûrboanaises.  Bouifsce  1"  vit  en  cela  une 

«lolaiiea  des  canons  de  Nicée,  et  ordonna 

«pie  cbiqae  province  eÂt  son  raélropolitsin 

(ITS).  Saint  Hilaire,  sous  le  pontJtîcat  de 

a-iu,t  Léoa,  ne  respecta  pas  cet  ordrt.  Quelle 

tul  Iscaose  de  sa  désobéissance?  La  cause 

lia  plus  vraisemblable,  c'est  qu'il  ne  voulut 

(•u  laisser  se  prescrire  les  pnrilégesdeson 

*'irge.  Aussi  le  Pape  le  blènia-t-ir  de  s'être 

^  llribué  une  faveur  qui  avait  é£é  propre  Mtr- 

jitfmmt  à  Palrocle  (1739J,  l'un  de  ses  pré- 

.ée4;&seors;  il  ne  lui  reprocha  pas  de  s'être 

-ru,  pour  ainsi  dire,  le  préfet  de  l'Kgltse 

;d>licaiie,  parce  qu'Arlea  était  le  siège  du 

iréfel  impérial  des  Gaules.  Il  est  bien  facile 

Se  comprendre   qu'HJIaire    ne  devait    pas 

tisadunoer,  sans  quelque    résistance,  ces 

rért))jaiives,  d'autani  plus  qae  les  Suctua- 

s<*ns  passées  pouvaient  lai  eu  faire  espérer 

e  uouvelles,  fJavorablea  è  sa  persistance. 

t;ile  est  la  cause  probable  des  prétentions 

K  révè«|ue  d'Arles. 

in. 

wtHflrireftMtiMtKnieilli  ï  Bame.  od  il  ÉUildtA 
par  l'6fèqM  CMtdoiDe,  qn'O  avall  dépotéf 

11.  Lb  Bas.  —  ■  Le  pieux  bonheur  dont 
(coijX  Hiiaire)  Jouissait  au  milieu  d'oo 

(ÎTSC)  0isl.  fiU.,eu:.,  Lll,  c17.>.  TS. 
(I737J  EktuXi,  daus  md  UUtiomiaire  daCanUt, 
L  Arù»r  f.  IdV.  dil  que  le»  ¥nuks  ne  m  mirent 
"B  de  cette  tîHc  i  qu'après  la  raine  do 


l/o«)    Uwccev4L,    But.  4t  CEgHit  sallicm  t. 

n.  »à  au.  4t7  ei  41«. 
,  1 739)  S.  Lmmh,  ep.  tO. 

i  \  .  Ut}  H.  L«  Bai,  menilvre  «le  llusliLal,  IHtt.  mt- 
at^édiqKt  et  rSiU.  d4  Frimct,  art.  Smmt  MUmn 


troupeau  docile  h  sa  TOiz  et  remt^i  ponr  lui 
de  vénération  et  d'amoor  fut  empoisonné 
par  les  démêlés  oit  il  se  trouva  ên^gé  avec 
le  pape  saint  Léon.  Un  èvèque  des  Gasies, 
Céiidonius,  dont  l'ordination  avait  été  peu 
régulière,  s'éianl  vn  déposé  par  un  eonciln 
que  présidai!  saint  Hilaire,  en  afipela  i  l'ao- 
torité  du  Pape,  qui  accueillit  favorablement 
ses  plaioles  {ilkO).  > 

U.  Le  Bas  n'a  aucune  preuve  qoe  Pordi- 
nation  de  Célidoioe  ait  été  irr^ulière;  car, 
si  des  témoins  accusèrent  en  Gaule  Céli- 
doine,  d'autres  aHèraDl  en  Italie  le  justi- 
fier (17*1). 

M.  AMPèsK.  —  «  Ce  pouvoir,  qoe  saint 
Hilaire  voulut  exercer  sur  un  évfiqne  de 
Besançon,  ajani  été  contesté  par  l'évèque 
de  Vienne,  duquel  reisortissait  le  siège  de 
BirssnQon,et  le  pape  Léon  ajant  accueilli  It-* 
réclamations  de  cet  évéque,  saint  Hilain-, 
avec  ooe  impétuosité  et  une  intrépidité  qui 
semblent  attachées  k  Kon  nom  (17*2),  tra- 
versa les  Alpes  durant  l'hiver,  el  arrivn 
auprès  du  Pape,  qui  le  reçut  fort  mal....  A 
peine  arrivé  h  Romp,  le  Pape  s'était  assuré 
de  sa  personne  (17*3).  > 
.  On  ne  doit  pas  ranger  le  procès  de  l'é- 
vèque de  Besancon  parmi  les  actes  d'usur- 
pation de  saint  Hilaire.  La  preuve  évidente, 
c'est  que  saint  Léon  no  l'en  blAina  point;  il 
ne  dit  pas  de  sa  présence  da-is  la  ville  di: 
Célidoino  comme  de  son  arrivée  dans  celle 
de  Projecio*  :  ■  Qu'allail-il  chercher  en  une 
province  étrangère  (17i(*)î»  Aucoolraire,  il 
déclara  que  la  senleace  aurait  été  conârmég 
si  on  tût  po  établir  J'accusalion  ,'17*5). 

S'étonnera>l-on  qu'Hilaire  ail  réuni  un 
synode  dans  la  province  «équanaisc,  et  y 
verra-t-on  la  preuve  qu'il  outrepassa  ses 
droits?  Mais,  puisque  cette  cooduTle  ne  fut 
point  censurée,  il  faut  donc  que  l'évéquu 
d'Arles  ait  agi  de  la  sorte  h  cause  de  quel- 
que habitude  de  déférence  des  Séquanaîï 
tionr  son  siège,  ou  à  l'invilation  expresse 
queplusienrs  évéques  purent  joiudrt!  à  ce  lin 
que  lui  adressèrent  des  laïques.  Saint  Hi- 
loire,  sans  cela,  n'aurait  pas  évité  ou  re- 
proche de  son  juge. 

Hais,  dira-l-on,  puisque  l'évèque  de 
Vienne,  de  qoi  ressortissait  l'église  de  Bu- 
sançun,  porta,  selon  H.  Ampère,  ses  récla- 
inaiions  jusqu'aux  pieds  du  Pape,  sa  juri- 
diction avait  donc  été  lésée  par  le  métro- 
politain d'Arias? 

Jamais  l'histoire  n'a  entendu  parler  de 
oette  iflterveniion  de  l'évèque  de  Vimm-. 
Saint  Léon  dil  posilivemenl  que  ce  fut  Céli- 
doioe qui  alla  protester  è  Home,  non  pas 
coolra  riilégatité.  mais  contre  la  décision 

^Arfat. 

ft74f)S.  UiKiis,ep.  10. 

(174ij  AUusiou  prolialrfeawnl  k  de  viraleafs 
pages  de  uir.l  U.laiie  de  Puilien  lanlre  l'cuiHveur 
ariea  Constance. 

(1743)  T.  Il,  p.  7îet  73. 

(17441  Op€ra  .S.  Uonit,  ep.  10,  t.  lU,  cJ.  C«- 
ciarii;  Honz,  1735. 

(17457  S.  Leosi»,rp.  10. 


UCTMMOUntE  &rOUKETIQ0e. 


HIL 


nu 


du  ro^c-ile.  Ce  qui  wra  Mos  doute  trompa 
M.  Ampère,  c'est  que  VJ«iDe  hérita  des 
nrérogatÎTes  d'Arlei.  La  raison  de  ce  Irana- 
nnlfuique  lapremiire  de  cas  deux  villes  se 
trouvait  déjA  métropole  civile  de  la  provinca 
vieDDOitft  et  avait  aulreTois  porté  le  titre 

aue  lui  rendait  saint  Léou.  Elle  en  avait  été 
époujilée  par  le  pape  Zozime,  l'ao  417,  an 
faveur  d'Arles  {i?W). 

II  D'esl  pas  moins  ineiaet  de  représenter 
Célidoine  conme  soffragant  de  Vienne. 
L'anei«n  auteur  de  qui  l'on  apprend  qoe  Cé- 
lidoine gouvernait  i'égiise  dm  Besancon, 
filace  cnile  église  entre  les  vtétropoUi,  et 
snn  âràqup  au  rang  des  fatriarekta  (1747), 
c'esl-à-dirn  des  métropolitaios. 

Saint Hilaire,  se  rendante  pied,  pendant 
l'hiver,  auprès  de  saint  Léon,  obéissait  en 
lurlie,  je  le  crois,  à  l'Impétuosité  de  sa  na- 
ture, mais  en  partie  aussi  è  son  goût  pour 
les  mortifications;  car  l'usage  de  cet  ancien 
moine  de  Lérins  était  de  vo/ager  toujours 
i  pied  et  sans  chaussurei  Diëme  sur  la 
neige  (17U). 

Où  il-  Ampère  peut-il  avoir  lu  que  saint 
Léon  Bit  (art  mal  rêçv  réièqoe  d'Arles  T  La 
VU  de  ce  dernier  u'ea  parle  pas,  et  saint 
Léon,  écrivant  aux  évAques  gaulois,  leur 
dit  que  le  prélat  accusé  a  été  re{u  par  lui 
■  comme  u»  frère  (1749).  ■ 

Que  si  l'on  refuse  de  prendre  le  Pape 
IKPur  tépioia  dans  sa  propre  cause,  ce  n'est 
\m%  uue  raison  de  le  blAmer  uns  preuve. 

lin. 


U.  Le  Bis.  —  ■  Saint  Hilaire  se  rendit  eo 
Italie  pour  justifier  l'arrêt  du  concile;  mais 
il  irrita  le  Ponlife  en  lui  faisant  entendre 
que  la  juridiction  papnle  devait  s'arrêter 
nus  Alpes  (17501.  »  C'est-^ire,  comme 
M.  Le  lias  s'exprime  un  peu  plus  loin,  que 
■  saint  Hilaire  se  refusait  A  toute  conces- 
sion sur  la  reconnaissance  du  droit  d'appel 
ptir  l'Eglise  des  Gaules.  ■ 

Il  me  semble)  d'abord,  irèc-malaisé  de 
mettre  d'accord  tes  deux  assertions  du  Die- 
tionnoir* neyilofddiqut :  cars!  saint  Hilaire 
n'eût  pas  cru  que  le  râpe  avait  une  juridic* 
lion  en  Gaule,  serait-il  a.\\é  juttifUr  un  con- 
rile  gaulois  devant  un  évéque  que  cela  n'au- 
rait pas  regnrdél  Aurait-if  fourni  un  précé- 
dent st  grave  à  de  futures  préteuiioos  de 
Komel 

J'avoue  que  saint  Hilaire  n'approuvait 
|ins  toal  ce  qui  se  faisait  en  faveur  de  Céli- 
iluine.  Ceci  résulte  de  l'épllre  dixième  de 
suint  Léon,  où  il  est  dit  que  saint  Hilaire  t 
tenté  de  rompre  l'union  des  Gaules  avec  lo 
Saint-Siège,  auquel  jusqu'alors  elles  ont  eu 


si  tonvenl  roeonn  pour  des  ipnelt  cl  dn 
requêtes. 

Mais  qu'est-ce  qai  déplaisait  k  l'éTboe 
d'Arles?  Il  est  impossilM  de  le  \xkàm. 
Ce  qui  est  iodabilable,  c'est  qo'Biliiretie 
limria  pas  k  l'Italie  la  juridictien  paialr. 
Voici  on  entier  la  passage  de  sa  biognphit 
snroe  siijetl: 

«  AussitAt  après  avoir  visité  lu  tombem 
des  apdtres  et  des  martyrs,  Hiliira  tepiî 
sente  au  bienheureux  pape  Léeo,  lui  oirt 
avec  respect  ses  hommages,  fa  ■uppliifa» 
bleatetl  da  régler,  tTaprh  Fniage  orimn, 
Vdtat  di$  Egliieg;  il  lui  prouve  que  detw- 
sonnes  justement  frappées,  en  Gaule, dm 
sentence  publique,  paraissent  i  Rome,  lot 
autels  sacrés;  il  le  prie  et  la  f<reste,  si  m 
observation  lui  est  agréable,  de  faire  eoiri- 
ger  secrètement  cet  abus;  que,  pour  lui, il 
est  venu  rendre  aes  devoirs  et  oon  pliidu; 
qu'il  fait  remarquer,  comme  lémoiD  tUm 
comme  accusateur,  ce  qui  s'est  pitié,  A 
qu'au  reste,  si  le  Pape  veut  aulremeal,  i; 
ne  l'importunera  pas  (17K1].  > 

Ne  pourrait-on  pas  ounclure  de  ccifU' 
rôles  qu'Hilaira  sa  plaignit,  noopiideu 
que  le  Salot-Siége  se  mêlait  des  affiiresK- 
cléiiastiques  de  la  Gaulé,  mais  de  es  qa'!! 
semblait  porter  dans  son  adminiftlniiaitoa 
excès  de  toléranceT  11  ne  disait  paslsiinl 
Léon:  «  L'étal  do  nos  élises  ne  vousrt- 

Pirde  point,  »  mais:  «  Béglei,  d'ipt'i 
usage,  les  Eglises.  >  Ce  fureet  donc  le 
canons,  et  non  pas  les  Alpes,  qu'Hiliin 
donna  pour  limitée  h  la  juriulcIionduPii*. 
Un  autre  endroit  delà  Fia  du  saint  éit^M 
nous  amène  h  conclure  que  ses  l'iainid» 
portaient  pas  sur  nn  point  ettriiutoeiil 
important;  par  conséquent,  qii'iNlnl 
question  d'autre  chose  que  d'un  eiinbt- 
sèment  de  l'Eglise  des  Gaules  par  lu  Siiu- 
Siège. 

Au  nombre  des  personnes  qu'Hiiiiti 
açrès  sa  condamnation,  clianïta  lidc^ 
concilier  avec  saint  Lérjn,  se  troutKl^ 
préfet  Auxilisris.  Cet  intercesseur  lui '^ 
pondit:  m  Lvs  hommes  suppcnent  iof*- 
tiemmenlqu'on  leurparlecouimeoafW'U'i 
et  les  oreilles  des  KoœBins  sortoui  soi>( 
d'une  eitrôme  délicatesse.  Si  vous  naj 
accommodies  unpsii,  vous  gagnerîei  beau- 
coup sans  rien  (lerdre.  Faites-lu  poori^'' 
et  dissipez  ce  nuage  par  la  sérénité  dua 
//jr'>'cliangemeul  (1752).  ■ 

Un  léger  changement  1  un  ptu  de  eoeipi»- 
saucel  £â[-ce  ainsi  qu'Autitisrii  >ufi>' 
parlé  à  son  illustre  client,  b'U  se  Idl  i^^ 
lui  faire  reconnaître  en  deçi  des  Alpci  u" 
suprématie  jusqu'alors  igiioréef  iuraiH 
dit  que  de  tels  égards  ne  compromatliiç»' 
rien  7  L'opposition  de  i'Impétaeui  i»^' 


(iltUjt  Sit  rci  ulcéra  lu  m  Vtcnnensi  arctiiepiscopo 
liiivilegiiim  et  jus  antiijuuin,  i^aod  apostolica  beiii- 
giiiUs  a<l  Arvlaleiisein,  ei  parle,  uansiulit  civila- 
Ivra.  »  (S.  Leonis  ep.  9.) 

(17i7j  Vit  de  MJnl  Romain,  moine  daoG  le  Jura, 
eraonnc  prêtre  par  gainl  Hilaire  à  l'époque  du  cwi- 
cile  tenu  contre  Cclidoinc.  (Solludui,  die  stmi 


Febr.)  ,    „ 

(t748)  BoiXMDi's,  YiU  S.  flifarii,  c  î,  «- «' 

dw  v  Uaii. 
(1749)  S.  Leonis  ep.  iO.  ; 

(I730J  Diet.  encyct.,  ubi  lupra.  ' 

(17SIJ  Vit.S.  Hi/arii,  G.  3,  II.  â. 
I17â2f  iW.,  n.â3. 


\a; 


NCTIOHNAUE  APOLOGEIIQUC. 


HIL 


tm 


ul  Jooe  ))las  ardenlA  que  bien  fondée. 
Lesiiileurs  suivis  par  H.  Le  Bas,  el  qui, 
,iiRl  lui,  ont  prétendu  qua  le  Sainl-Sié^a 
lepouisit  être  regardé  par  la  métropoiilaio 
'Ark'9  comme  le  tribunal  SDpréuie  ilea 
i\»\i  eccIésiBSlicJuei.  se  fondent  sur  ce 
ae  icscanons  du  concile  4e  Sardique,  leDtt 
u  317,  éul>lî9saieet  seulement  que  le  Pap* 
ournil  rériser  les  procès  des  éf  doues,  et, 
il  ;  trouvait  des  illégalilés,  lea  faire  re- 
immeacer,  mais  daos  ta  prorioee  de  Tac- 
isé.  Or,  (fjl-on,  saint  Léoa  jugeait  lui- 
ttœa  1  Konie  el  ne  se  bornait  pas  &  faire 
muieler  en  Gaule,  sou.t  ies  yeux  d'un 
!til,  les  procédures  qui  lui  avaionl  été 
«■nùies.  Par  conséquent,  saint  Uilaire 
liliiK  indigné  de  cet  •laiiiètemenl,  et  ce 
^Ditessaireroeot  une  protestation  cootrs 
Hk  usurpalion  qu'il  (Il  à  Itome. 
E'i  bieal  admettons  cel(«  supposition. 
cnsuit-jl  que  i'éréqu^  d'Arles  ait  refusé 
:  Pipe  toute  juridiction  sur  la  Gaule?  Il  en 
lulie  seulement  qu'Hilaire  aurait  limité 
Ile  jiiricJictiun,  en  désirant  qu'elle  ne 
ITrinthli  pas  de  l'uiage  ordinaire  établi 
Al.  " 

KiisiB  fond,  y  eut-il  usurpation  de  la 
n  da  Saini-Siégo?  Non,  car  depuis  le 
BdliideSardique  la  législslion  avait  été 
>l>euB)0(litiée.  L'an  378,  i  la  prière  d'un 
mit  dt  Borne  oi^  s'étaient  réunis  un 
lodnoobre  d'évéques  de  toutes  les  par- 
^''ei'Jlalie,  l'empereur  Grotian,  pn  char- 
ui  l'Jutiirilé  militaire  de  faire  eiéculer 
1  il^crel,  s'il  se  rencontrait  desrécatci- 
M,  Ordonna  que  les  métropolitains 
mes  de  comparaître  devant  le  Papo  s'y 
Ikiieni,  ou  devant  des  juges  nommés 
'kPtpt.ou  devant  un  concile  de  quinze 
pu  voisins.  On  est  autorisé  à  croire 
ce  fut  en  consétjueDce  de  celte  onlon- 
'^edeOratien  L)ue  saint  f>éoii jugea  lui' 
u  les  prélats  gaulois,  cbose  que  ee  zé- 
urde  ta  discipline  n'aurait  pas  faite  si 
rûl  encore  été  sous  la  ceule  règle  de 
lique.  Il  n'y  a  donc  aucune  preuve  que 
I  léoQ  ait  iiorté  alleioluà  l'indépendaDce 
Eglise  gallicane. 

lim  Hilaire,  d'ailleurs,  eût-il  dénié  au 
e  le  droit  de  recevoir  ies  appels  iotei^ 
Ipir  las  Gaulois,  on  aurait  encore  tort 
irequ'jj  lui  déniât  toute  juridiction  en 
't;  car,  outre  le  druil  de  recevoir  les 
-l)>  il  y  avait  pour  le  successeur  de 
1  Pierre,  centre  nécessaire  de  l'Eglise, 
'roit  dfl  surreiller  partout  l'exdcution 
Cioonssur  la  foi  el  la  disciplinb  (1733}. 

'  hnat  pNT  «iBt  MHiire  l«»  i4sdIUU  de  l'asMl 
IU(()el£  k  ton»  pw  l>UdotneT 

.  Le  Bas.—  •  Tel  fut  le  péril  où  il  {taini 

3Jl  Sar  le  lirait  de  surveillance  géiitlrale  dans 
t^inritiué  ■■  Pape,  voir  Kosaikt,  Etpothion 
<«i'iw  cathoilqiu,  c.  21  ;  FLKimv,  iHiiiimioH 
•"  MeUùaiHqne,  pari,  m,  c.  2;  FaxissiNOis, 
"riprJNciptt  de  rkiitiie  galUcmit,  ariîutc  n  : 
fnpnaU.  —  P<inr  !«  /'('iTi'i  de  Craiici),  wr(r 
'*,»'«.  ter!..  I.  ïvu.n.ileiH. 


ffilotre)  se  mit  par  sa  franche  et  courageuse 

résistance  que,  pour  n'être  pas  retenu 
prisonnier,  il  fut  obligé  Oe  ae  ssnrer  furti- 
vement et  de  traverser  lea  Alpes  i  pied  dans 
la  saison  ll  plus  rigoureuse.  CélioolDff  fut 
rétabli  d'autorité,  et  l'évéque  d'Arles  so- 
lenoellement  blAmé  par  la  cour  de  Itome. 
Cependant  saint  Hilaire ,  ne  désespérant 
pas  d'éclairer  le  Pape,  lui  envoja  une  am- 
besiade  composée  des  membrfts  les  plus 
distingués  de  son  clei^é.  Cella  tentalire  ne 
fil  qu'aigrir  davantage  saint  Léon,  pariée  (|ue 
sailli  Hilaire  se  retusait  h  toute  CMKeiisi»)) 
sur  la  reconnaissance  du  droit  d'appel  par 
relise  des  Gaules  (175&).  > 

Ce  ne  fut  pas  la  peur  qui  cbassa  de  Rome 
saint  Hilaire  ;  son  légendaire  nousditcqu'il 
ne  s'effrajrapas  de  ceux  qui  lemenafaiâM.., 
el  que,  ne  pouvant  les  convaincre,  il  les 
abandonna  (1755).  »  Si  la  crainte  l'eût  fait 
fuir,  c'est  à  cheval  qu'il  aurait  gagné  les 
Alpes,|)our  mieux  éviter  ceux  qui  T'auraient 
poursuivi.  Mais  personne  ne  fut  lancé  è  aa 
poursuite,  et  lui-mftme  n,e  ae  rendit  k  pied, 
bien  mieux  &  pieds  nus,  de  Rome  k  Arles, 
que  parce  qu  il  ne  voulait  pu  d'autre  ma- 
nière de  voyager. 

Saint  Uiljiire,  parce  qu'il  avait  probable- 
ment maniresté  son  intention  de  ne  pas 
attendre  la  fin  des  débats,  refut  des  garJes: 
mais  rien  ne  prouve  qu'il  ail  été  menacé  de 
ae  voir  refenu  priionnitr  et  jeté  en  uuelqus 
cathot,  à  propos  de  Célidoine.  Ni  saint 
Léun  ui  Valentinien  iU,  dans  leurs  décrets 
sur  l'éveque  d'Arles,  n'ont  dit  qu'il  se  soit 
soustrait  par  la  fuite  i  un  cbAtiment  de  ce 

Senre,  ou  h  tout  autre  punition  corporvlle 
ont  ils  l'auraient  cru  digne.  II  est  vrai- 
semblable que  les  gardes  furent  donnés  à 
saint  Hihire  par  l'empereur  Valentinien  UI, 
furt  irrité  contre  l'évoque,  comme  le  montre 
le  rescritdont  il  appuya  la  sentence  pro- 
noncée par  le  Pape. 

Célidoine  fut  rtffobft,  non  pas  d'autan'/^, 
mais  Bfirès  reudition  des  témuiiiD  veous  è 
Kumet  et  la  sentence  prononcée  en  Gaule 
coulre  lui  aucnil  élé,  d'ailleurs,  maijitcuuv. 
si  elle  eût  paru  assez  fonJée;  saiiU  I^éon 
l'n  déclaré. 

On  0  dit  encore  qu'Hilaire  avait  été  lo- 
ImtutUment  blâmé  par  ta  cour  de  Rome. 
M.  Le  hài  confonii,  co  me  seuible,  les  re- 
pruciies  adressés  aux  discours  peu  polis 
(17S6)  d'Hilairu  avec  les  remarques  sur  In 
déposition  de  Célidoine.  Sur  le  premii-r 
point,  saint  Léon  est  sévère;  sur  la  second 
Iioinl,  il  prononce  deux  mois  qui  réprou- 
vent comme  injuste  la  sentence  prononcée 
par  Hilaire,  mois  sans  le  taxer  tui>uèuiu 
d'injustice. 

Kn  effet,  quand  saint  Léon  déclarait  Cé- 
lidoiae  if^u$temenl  dépoté  (1757),  c'était,  si 

(IT5i)  Dtti.  fiieycl..  nbi  mpta. 
11755)  Vil.  S.  Hihrii,  w,  «. 

(1756)  S.  LtMma  e|i.  tO  :  <  Ad  »  se  oc*  iilla  ror- 
diS'ipsiusi  U-aiisluleiuiil,  (jiiu;  tiiitliit  laivuium  dt- 
cero,  nullus  ucrniutiim  |i<i^i;i  att.liii-.  i 

(1757)  S.  Uuais  Cl».  IU. 


tm 


Rtt 


MCTIONMi^E  APOliOGETIQOC 


liii 


oiTT  pr«nd  Ktnle,  uniquement  le  résultat 
•le  la  procédure,  appuyée ,  par  malbeur* 
kur  de  faux  témoignajjes,  qu'il  Irouvail 
coniraire  k  l'équité-  La  preore,  c'est  que, 
dans  Ja  supnosilion  de  la  oulpabililé  de  l'é- 
Téque  d'Arles,  saint  Léon  ne  s'en  serait  pas 
tenu  h  ces  deux  mots  fort  peu  nettement 
dirigés  contre  Hilaire;  non,  il  ne  s'en  serait 
pas  tenu  è  rela,  lui  si  animé,  si  prolixe, 
quand  il  raconte  les  Tsutes  commises  dans 
I  affaire  de  Projectus.  Ensuite,  il  y  aurait 
eu  nécessairement  dans  les  reprorihes  une 
part  pour  les  évéques  qui  axaient  siégé  aux 
fidtés  d'Hîlaire,  et,  de  concert  arec  lui, 
déposé  Célidoina. 

H.  Le  Bas  pense  que  l'ambassade  arlé- 
sienne  partit  pour  éclairer  le  Pape  et  con- 
liawer  a  protester  contre  le  droit  d'appel. 
Cependant  la  Vit  du  saint  se  contente  de 
dire  que  les  enrobés  allèrent  ■  apaiser, 
iiar  une  tiumililé  profonde,  t'«!>)}rit  de  Léon 
(1758^.  ■  Il  est  donc  *rai  que  saint  Hilaire 
restait  obsliué,  Je  ne  sais  sur  quel  [loint; 
mais  la  préfet  Auxiliaris  nous  a  s?erttsqHo 
c'était  undélail  asseï  peu  grave.  Ravenniùs, 
i-bef  de  cette  ambassade,  fut  élu,  après  la 
mort  d'Bilaîre,  pour  lui  succéder.  Quand 
ou  eutdemandé'à  saint  Léon  de  coiilirmer 
l'éleclion,  il  prolesta  que  ce  choix  était 
moins  le  résultai  d'une  apprëcialiori  bu- 
maipoque  d'une  divine  inspiration;  il  dé- 
clara que  Ravcnnius  était  un  iiersonnage 
Îuu  lui  aussi  se  plaisait  k  approuver  (1759). 
ans  celte  épitre,  comme  dans  trois  autres 
rfllativcs  h  ce  nouvel  évoque,  on  ne  ri*n- 
cunlre  aucun  souvenir  de  cette  prétendue 
llièse  schismali'iue  que  Kaveiinius,  selon 
M.  Le  Bas,  serait  allé  soutenir  è  Rome  de 
la  part  de  saint  Hilaire.  Or,  croit-oit  que 
saint  Léon  aurait  gardé  un  tel  sileuce  sur 
un  Tait  pareil?  Au  reste,  la  députniion  n'eut 
|>a3  la  mission  que  M.  Le  Bas  suppose.  Elle 
partit  d'Arles  non  pas  ft  la  suite  av  l'affaire 
de  Célidoine,  mais  après  la  révision  de  la 
cause  de  Célidoine  et  de  celle  de  Projec- 
tus. 

£n  effet,  l'évèqne  d'Arles  o'ajant  été  con- 
damné et  puni  qu'A  l'occasion  tle  Projectus, 
ce  fut  alors  seulement  qu'il  eut  besoin  que 
des  ambassadeurs  allatsent  apaiser  t'eiprit 
(le  Léon.  Les  deux  procédures,  d'nilleurs, 
se  suivirent  immédiatement.  «  Célidoine 
tut  absous,  dît  saint  Léon,..  A  cette  affaire 
ainsi  terminée  succéda  la  plainte  d?  notre 
évéque  et  coévèque  Projectus  (1760).  »  Ce 
lauijage  suppose  que  \ts  deux  accusslious 
furoul  jugées  &  très-peu  de  temps  l'une  da 

(1758)  ru.  S.  Uitarii,  c.  S,  n.  22.  Au  n.  25  nons 
lOfoiisque  HecUire  de' Digne  el  Cniislance  d'Uiâ 
atlereiil  aussi  intercéder  pour  Hilaire, 

(1759)  Ef.  36.  —  Yeir  encore  ep.  37,  S8,  51. 
il7U0)  Ëp.  10. 

(1761)  Ep.  10  :  I  Sachant  bicQ  ce  qu'il  roériUtt, 
il  s'nt  sonslrait  par  une  Tuiie  Lonteuse  quand  ou  |e 
cherdiait  pour  défendre  sa  cause.  ■ 

(I7b'aj  Le  biographe  s'exprime  ainsi  (Vit.  S.  Ht- 
fuiii.  c  3,  n.  23)  :  <  Comme  je  n'ose  discuter, 
même  ta  les  racoulant,  les  jugvmcntï  de  ces  illu»- 
(rc>  [H:i;tOuuagcs  {HUnrt  et  taiHt  /.ion),  mauilc- 


l'autre.  L'intervalie  fut  si  court  qu'en  j'ot 
cnpaot  de  la  seconde  causa  on  toi  im 
surpris  de  ne  plus  trouver  k  Home  Véitqit 
d'Arles,  qui  avait  assisté  k  la  oonclasioa dt 
la  première  (1761). 

L'anacbronismedeH.  LeBastnrl'jpoqit 
du  départ  de  l'ambassade  srlésieDot  m  i 
grave  dans  ses  conséquences:  illiistcmiiie 

aue  l'évéque  d'Aries  avait  été  puai  à  cwi 
B  Célidoine,  el  il  aide  à  faire  {wdndt 
Tue  l'histoire  de  Projectos,  véritable  Doin 
de  la  condamnation. 

Ce  qui  aura  pu  servir  peut-être  da  pr^ 
texte  î  l'aoleur,  c'est  quels  fititiml 
Hilaire  parle  de  celle  députaliou  louiilt 
suite  après  le  récit  de  ce  qui  concemeCt- 
lidoine.  Hais  M.  Le  Bas  aurait  dû  jW 
cevoir  que  le  rapprochement  desdeuilim  1 
vient  de  ce  que  le  vieux  légefidaire  lou 
toute  l'affaire  de  Profeclus,  qui  n'élail  pu 
le  cAlé  glorieux  de  l'btsloire  deréTtijn' 
d'Arles. 

Cette  précaution  d'oublier  la  bule  i> 
saint  Hilaire  m'autorise  k  croire  qoe  I'id- 
cien  biographe  n'aura  pas  eu  moiu  et 
soin  d'outrer  tout  ce  qui  pouvait  eicileth 
sympatbie  pour  son  héros,  et  qu'il  bii> 
regarder  comme  des  exagératioiiiiJïFi<i(- 
gfriste  nne  grande  partie  des  périls  nu- 
rus  h  Borne  par  saint  Hilaire,  atlsviii 

rÛt»  et  VMmaci  de  perdre  la  tii  (11^. 
Le  Bas  a  sans  doute  pensé  k  peu  \m 
de  même  sur  ces  prétendus  diDgèn.t»ii 
n'a  rien  dit  des  menaces  de  mort  par|(!- 
quelles  ou  aurait  voulu  effrayer  l'iulleitt't 
prélat.  Au  reste,  s'il  y  en  eut,  elles  nt  lui- 
rent évidemment  être  faites  que  p»r  mu- 
3ue  ardent  séquanais  ,  partisse  de  uii- 
oine. 

Bien  des  inexactitudes  viennent^ 
signalées  dons  le  fragment  du  Cidiiwi 
tiuyciopidiipu,  etc.,  que  nous  stm^ 
miné.  On  pourrait  en  découvrir  iTiïW 
encore,  et  demander  par  exemple,  lip" 
que  l'ambassade  de  saint  Hilaire  s'a'P' 
qu'aigrir  davantage  saint  Lion.  U  ""i" 
suffit  d'avoir  vu  que  les  résullaU  dt  1)^ 
pel  interjeté  par  Célidoine  ne  furent!*" 
aussi  humiliants  ni  aussi  përilleni  ^^ 
saint  Hilaire  que  U.  Le  Bas  l'a  cru,  r"^ 
que  le  sainl  ne  se  vil  ni  bISmé,  ni  hmh' 
de  la  prison,  ni  obligé  de  prendre  li  w^ 


BllalreT 

H.  Lb  Bas.  — «  Saint  Hilaire  s'élail  if" 

Mani  MTiml  qalls  oat  été  appelés  »■..{«**'* 
ciel,  il  suffira  de  dire  ttriérataent  )|u1ldaiK|a»" 
Kul  k  de«  adTOïaîres  si  éminenU;  qu'il  wt  t» . 
point  quand  on  le  menaçail;  qu'il  insinnUit  *f, 
le  d^intt;  qu'il  convainquait  si  on  ditcit»i:f- 
n;  céJa  point aui  pvissanta;  que,  nma'"^ 
de  perdre  U  »lc,  il  ne  consentit  en  auwet  ««^ 
à  s  unir  de  comninniou  avec  celni  qu'il  '"'"^ 
damné  en  compagnie  d'houiùMï  si  •>éaén\if\^ 
uialgré  l««  gardes  qu'on  lui  avait  douiiés «11""**' 
rigueur  de  l'hiver,  il  crut  devoir  aluiidouKf  (<*' 
qu'il  ne  pMvallSÉchir  par  la  raiïou.  i 


to^aennp  dVonemis  pir  la  séfdrilé  ds  sou 
rè'e  «  par  nn  ardsari  flétrir  tes  JDJus- 
tirta  dcf  rirbes  et  det  puisMDts,  Ils  a'en- 
roorag/rml  à  l'allaquer;  dsa  aecusationa 
p^rie*  dr  ta  imir  du  préfet  dea  Gaules 
noirrirent  son  earaelère  »!l  m  conduite.  On 
préleodîl  in 'il  ^uTemeil  soa  tniapeau  en 
dnpolp.  qu'il  pareonrail  les  provioees  avec 
un  api'areil  mjliuire,  qu'il  faisait  violenee 
i  la  liberié  dus  suffra^fs  dans  les  élecEions 
oà  le  pcaple  el  le  clergé  choisissaient  leurs 
miiiislrec.  Le  Pape  crut  ou  feignit  de  croire 
a  nm  accusalions  (1763).  > 

M.  Le  Bas  fait  évidemment  allusion  k 
Vafliïire  de  Projectus,  à  qai  saint  Hîlaire, 
sras  respect  pour  les  lois  sur  les  élerlions. 
tfouM  on  saccessenr,  quoiqu'il  vé^iùt  en- 
r-fe  et  qu'il  ne  TAl  pas  son  suffragant. 
ll*ispmirquoidoBe  l'aiileurdu  Dielionnaire 
tmf^ehpédique  ns  prononce-t-il  pas  le  ootn 
•)r  Pnqeclas,  et  n'at>orde-l-il  pas  nettement 
)f  biir  N'«ira-l-ii  pas  tâché  de  voiler,  par 
•iieeiposilinn  peo  claire,  les  suppositions 
piunln  qu'il  aTandt  T 

H.  Le  Bas  vuit  saint  Hilaire  entouré 
d'cDneiaîs.  Ponrlanl,  il  ii'jr  a  qu'un  moment, 
m  nous  laisail  envier  le  ■  piens  bonheur 
dont  il  jouissait  su  milieu  d'un  lrou|ieau 
éndie  i  sa  «nii  el  rempli  pour  lui  do 
^én^Htàaa  et  d'amour  (1164).  • 

Oè  cal  la  preuve  qn'une  ligne  se  soit 
f»wiaée  cADire  lui,  el  que  le  préfet  des 
Csafés  ail  été  k  la  lAte  1 

OA  est  la  preure  que  le  prélat  ne  se  snil 
pas  fait  accnmpBgner  d'an  appareil  milî- 
brrp,  el  que  Vateniinien  ait  meolî  daiM  son 
rescril  en  leùisantf 

OA  est  la  preuve  qu*Hilaira  n'ait  pas 
*.ù!é  les  canons  relatifs  aux  élections  épis* 
'•v.-aleSt  et  que  les  diocésains  de  Projcctus 
I  li  aient  faussement  reproché  celle  viula- 

.lOO? 

Où  e*t  l'indice  que  saint  Léon  ftigiùt 
peut-4tre  de  croire  a  ces  accusai  ions  T 

M.  Le  Bas  n'en  présente  poini,  et  nVn 
peut  point  présenter;  W  se  borne  i  dire 
'^o'en  priUndit...  De  sorle  quo  quand  Prt>> 
jectns  se  |)laigDail  d'avoir,  vivant  enco- 
re, reçu  un  successeur,  c'était  .le  sa  part 
une  sotte  préltniîou  que  de  soutenir  qu'il 
ii'élAil    pas  mort  [ 

Km  qwl  eoMÔta  b  caadnnBalkn  de  ulnl  HUafre  pir  le 
pipe  niât  Léon. 

V.  Lceas.  —  ■  Bienlât  il  (latnf  Léon]  dé- 
r'ara  saint  Bilaire  déchu  du  son  sit<^e.  le 
'•-'^•ara  de  la  communion  chréiiennc,  el 
'radsféra  toutes  ses  [irérogatives  k  Léonce 
le  Fréjus  (1765}.  > 

Saint  Léon  ne  déclara  pas  «aîni  Bihire 
léehu  de  son    siège,  il    ne  l'eicoiuniunia 


APOLOGETIQGE.  RIL  1112 

pas,  et  il  ne  Gl  pas  Léonce  bérilierde 
ses  prérogatives. 

Ce  que  |>erdil  l'évèque  d'Arles,  ce  furent 
le  titre  de  métropolitain  et  le  droit  d'assis- 
ter aux  ordinations  épiscopales.  Le  gou- 
vernement de  son  ^lise  lui  fat  expressé- 
ment conservé  (1766).  Vienne  reçut  du  Pape 
les  préroKaitves  mélro|>oli laines  enlevées 
à  la  cité  a  Arles  (I767j,  mais  Léonce  n'ob- 
tint rien.  Saint  I^n,  prévoyant  le  cas  où 
la  tenue  d'un  concile  de  plusieurs  provin- 
ces pourrait  être  nécessaire,  proposa  aux 
évéques  gaulois  deconfért-r  au  plus  ancien 
d'entre  eux  le  droit  de  convoquer  ces  as- 
semblées. Léonce,  àcauîodeson grand 9go, 
fut  offert  par  le  ?afte  k  leurchoix,  d'ailleurs 
laissé  libre.  Le  pru|i>l  n'ajraiit  pas  élé  a^éé. 
le  pieux  év^ijue  de  Fréjus  (si  toulc-fois  il 
s'agissait  de  lui)  demeura  dans  l'obscurité 
quil  s'était  choisie  eu  abJiquaol  l'épis- 
L'oiiat. 

Puisque  le  Phpe  aissa  saint  Hilaire  r^n- 
linuer  ses  fonctions  k  Arles,  il  est  de  toute 
^idence  qu'il  ne  l'excommunia  pas,  malgré 
ce  qu'en  a-  cru   U.   Le  Bas. 

L'historien  aura  élé  trom|)é  par  les  lignes 
suivantes  de  saint  Léon  :  ■  Hilaire  s'est 
soustrait  par  une  fuite  honleuse,  privé  dv 
la  communion  apostolique,  ï  lai|uellc  il 
ne  mérita  pas  de  participt-r.  C'est  la  niait» 
de  Dieu,  nous  le  croyons,  qui,  sans  [pm 
nous  7  eussions  |»ensé,  l'a  traîné  A  notre- 
tribunal,  et  l'a  fait  secrèlemetil  fuir  pen- 
dant les  débats,  de  peur  qu'il  nepartiiri- 
pai  h  notre  communion  (1768).  ■  Cela  vent- 
il  dire  que  le  Pape  ait  escommunié  l'é- 
Téque  d'Arles  T  Pas  du  tout.  Le  sen»  bien- 
clair  dece  passage,  c'estqu'Uilaire  ne  vint 
pas  célébrer  tes  saints  mystères  el  commu- 
nier avec  le  Souverain  Pontife.  Déjà  sa 
Vie  nous  a  appris  qu'i  Kome  >l  n  avait 
pas  voulu  eommunior  arec  Célidoine.  Il  no 
montra  pas  plus  de  courtoisie  pour  saint 
Léon  ;  mais  il  n'eut  toutefois  k  subir  d'ex- 
communication  que  celle  qu^l  s'înlligea. 

M.  AMPftRB.  —  «  La  mansuétude  de  5aint 
Hîlaire  n'était  pas  trés-remsrquable...  mais 
saint  Léon  n'était  pas  non  plus  doué  d'une 
grande  patience,  et  du  heurt  de  ces  deux 
fougueux  personnages  jaillirent  du  part  et 
d'aulre  des  expressions  extrêmement  vio- 
lentes. Ecriranl  aux  évèques  qui  dé|ien- 
daienl  de  lu  mélropole  viennoise,  le  Pajte 
su  plaint  irès-amèromenl  d'Hilaire  :  ■  Il  fs! 
*  venu  i  Rome  enfliî  par  l'esprit  d'orgueil. 

■  il  s'est  condamné  lui-même  h  l'enfer;  co 

■  n'est  pas  un  pasteur,  mais  un  brigand.  ■ 
Léon  l'accuse  de  barbarie  pour  avoir  nommé 
h  un  évèché  sans  attendre  la  mort  du  (los- 
sesseur  expirant.  D'aulre  part  ,  l'évêque 
d'Arles  n'avait  pas  beaucoup  k  se  louer  de 
la  douceur  desaini  Léon;  ear^àpciae  arrivé 


f'^VX)  Wrl.  tMtmcl.,  Pic.  ubi  lupn. 
«("TM)  YpirtfA.  1155. 
i\~^ïi  VU  Mpra. 

>\~j66;  s.  \A.tt>a%  rp.  1(1  :  <   ...  Sii«  lamcii  civi- 
'iis  itli  ssKcrdotioH,  pro  sedis  aintïlvUca;  pieuir, 


pneceplio  noMn  servjrcril.  i  Valmiinianî  ile«TC- 
lutn  :  (  QiiimI  aJhec  rpiscopum  niinciii>3ri  sitU 
laansuetî  prarMiiîs  pcnuillit  bvinanilas.  t 

(1768}  iLi».  10. 


DICTIOMNAIRE  &POL0CKT1QUE. 


lu::  UIL 

h  Roaae,  le  Pape  s'était  assuré  de  sa  per- 
sonne (17(i9).  » 

Que  pensez-»ous  (Tan  Pape  en  colère, 
surtoDt  quand  il  a  pour  secrétaire  notre 
spirituel  Iiislorien  T 

J'ai  monlré,  dans  nn  précèdent  paragra- 
rhe,  combien  il  est  inexact  de  dire  que  le 
Pape  se  snii  aituré  de  la  pertonne  d'Bilaire 
à  peine  arrivé  à  Rome;  car  on  ne  sait  ni  par 
qui,  ni  d  quelle  époque  des  gardes  lui  fu> 
rent  donnes  /. 

Saint  Léon  a-t-il  accusé  l'éTéqae  d'Arles 
d'Are  venu  d  Home  mflé  par  Vrtprit  iFor- 

?ueil:  et  dfl  i'Ar«  condamna  tm-mime  à 
enfer  r 
Ce  n'est  pas  de  snint  Hllaire  qu'il  est 

Îaeslion  dans  cet  endroit  de  l'épltre  ;  saint 
éon  parle,  en  général  et  sans  dislinclion 
de  [emps  ni  de  lieux,  de  tout  chrétien  qui 
se  réïolte  conlro  1b  successeur  de  saint 
Pierre.  ■  Quiconque,  dît-il,  refuse  la  prin- 
cipaulé  k  ce  chef- de  r%]jse  n'en  dimi- 
nue en  rien  la  dignité,  mais  enfié  par  l'es- 
prit de  son  orgueil,  se  plonge  soi-même 
eo  enfer.  »  Pour  eppliquer  celle  phrase  * 
saint  Hllaire,  M.  Ampère  n'a  eu  que  cinq 
mots  k  intercaler  dans  le  texte  oriKinal, 
rien  que  cini)  raolt  : /^  eit  venu  à  Rome. 
Voudrait-on  disputer  pour  ai  peu  de  chose? 

11  est  impossible  que  l'historien  n'ait 
pas  éprooTe  de  la  répugnance  à  croire 
que  le  Pape  traita  l'évéque  gaulois  de 
brigand  ;  la  répugnance  de  U.  Ampère  t 
raison.  f. 

^  Saint  Léon,  dans  le  passage  incriminé, 
cite  un  mot  bien  connu  de  rEvangile.  ■C'é- 
tait montrer,  écrit-il,  non  pas  la  diligence 
julatiiireii'un  pasteur,  mais  la  violence  O'un 
larron,  le  Seigneur  disant  :  Celui  qui  n'en- 
tre pai  par  la  porte  dinu  le  bereaildei  bre- 
bit,  mm»  qui  y  monte  par  un  autre  endroit, 
eeiui-tà  eel  tm  voleur  et  un  larron  (1770).  » 

Kh  bien  I  saint  Léon  jelait-il  une  injure 
k  la  face  de  l'évéque  d'Arles  T  Nu  votl-on 
donc  pns  qu'il  répétait,  lui,  premier  re)iré- 
sentant  du  Christ,  uu  arrêt  du  Christ,  une 
maxime  de  l'ËvaugilcT  Qu'un  censeur,  s'il 
le  r<>Lit,  ne  croie  ni  h  l'Evangile  ni  au 
Chriït,  Hilaire  el  Léon  y  croyaient.  Pour 
eux,  li:s  expressions  môme  les  plus  dures 
du  lirresacré  étaient  des  oracles;  en  pussent 
sur  des  lèvres  divines,  elles  avaient  perdu 
tout  ce  qui  pouvait  blesser.  II  fallait  se 
placer  au  point  de  vue  de  ces  hommes  pour 
juger  leur  tangage;  alors  on  n'aurait  pas 
changé  une  parole  de  Jésus-Christ  en  ce 
vil  propos  que  nous  avons  entendu. 

Pitoyable  délicatesse,  scaailalisée  pur  des 
allusiuns  et  des  métaphores  dont  le  cueur  et 
lebon  goQt  de  Féufllon  n'ont  pas  craint  de 
se  servir  (1771)1 

M.  Ampère  est  encore  fort  peu  édiGé  de 
ce  que  saint  Léon  accuse  da  oorAorie  l'évé- 

(i709)ffifl.  «H.,  etc.,  L  II,  p.  75.  dnnt  on  exagère  trop  les  m»ll»e«Tt, mwww'^! 

(1770)  S.  LsoNig  ùp.  10. —C'est  i  l'occasion  du  foute  à  l'Eglise,  les  uns  sur  les  aiilrw,  rAIW"»* 

la  conduite  d'HiJaire  dans  la  ville  de  Projeclus  que  de  loup  ratiuanl  devenu  aRoeau,  le  Powu»^"" 

aain  L^n  narlu  ainsi.  (DtuoHn  pour  l'Epiphanie.)                             i 

(lîTiJ  *  Veis  k  x-  Blccle,  dit-il,  daiis  ce  siècle  (1772)  llUt.  (ii(.,  Me,,  t.  U,  p.  73.              I 


que  d'Arles,  poor  avoir  donné  un  sdchs- 
seurà  un  prélat  malade.  C'estde  Prajeciiii 
qu'il  s'agît.  Or,  il  est  difficile,  pourptu 
qu'on  soit  ému,  d'employer  aas  toln  ei- 

Rressïon  qne  Mlle  qu  on  ittribue  au  hpe. 
'est-ce  donc  pat  une  dureté  impilojiliJt 
que  de  ravir  h  un  pauvre  malade,  luimt 
la  remarque  du  saint  Pontife,  tout  upw 
de  guérison,  en  lui  montrant  on  luccaswr 
mettre  de  sa  chaire  ?  Avant  de  dépouille 

<  un  homme,  ne  doit-on  pas  lai  hiiur  m-  j 
dre  le  dernier  aoupir,  qui  tardera  piH^h  ! 
asses  pour  qne  l'agoaisant  puisse,  cseii 
Projeclus,  en  appeler  ft  Rome  et  sain 

i  réintégrerT  On  te  voit,  la  pitié  d(  M 
Léon  n  a  pas  plus  que  sa  sévérité  le  to- 
faeur  de  plaire  &  notre  historien. 
i  H.  AMràiB.  —■Cette  lettre  de  Léon  M 
Irès-imporlsnte.  On  y  voit  poindre iupr» 
tentions  de  l'évéque  de  Rome  i  la  dooin- 
tioa  du  clergégaulois.  Elle  est  rétligéti» 
an  mélaugo  de  hardiesse  et  d'babiMé  »• 
trémemeni  remarquable.  Léon  as  h  boiw 
pas  à  revendiquer  les  droits  de  l'tpMols 
confié  pnflct|Ni/niienfdi>iaTe;  il  istértSN 
adroitement  le  clergé  des  Gaules  i  li  cms 
de  la  suprématie  romaine;  il  sccn»  m 
fois  Hilaire  de  méconnaître  oe  qu'il  ilftiH 
bienheureax  Pierre,  el  d'empiéter  s»  fa- 
dépendance  des  antres métropolilaiiu.C>i 
en  se  présentant  comme  lovengeurdcln 
privilèges  que  le  Pape  jette  le  fooikaai 
des  siens.  L'audace  et  la  prudence dtli|*-| 

;  litique  future  de  Rome  sont  déji  leul» 
lières  dans  cette  tactique  do  Léon;nk 
nous  avons  trouvé  un  Pape  (1773).  > 

Quand  on  entend  U.  Auipere  aaaljwi 
sa  manière  la  lettre  de  saint  Léon,  ODMf- 
gurequu  le  Pontife  laisse  limidemenl^ 
per  de  vagues  paroles  sur  ses  prérogiiii^ 
et  qu'il  tâche,  en  prenant  le  parti  dn  i^ 
tropolitains,  d'établir  un  précédeiil|M* 
dire  plus  tard  supérieur  même  à  cdl** 
niers. 

Non;  il  n'y  a  dans  la  lettre  de  ce  Pipe* 
ruse  ni  audace  ;  on  y  entend  lelang»gîil'« 
autorité  sûrs  d'elle-même  el  du  r«i|ieci^ 
inférieurs.  Ecoutons  saint  Léon:*  Le  Sd 
gneur,  dit-il,  en  ordonnant  que  ce  m'^ 
tère  sacré  (de  la  prédication)  îùt  un  dnA 

'  voirsde  chaque  apAtre,  l'a  conGé  priocil' 
lement  au  bienheureux  Pierre,  le  [ilusO** 
de  tous  les  apûtres*  et  il  voulut  que  de  M 
pour  ainsi  dire  comme  de  la  tète,  s»''** 
coulassent  dans  le  reste  du  Gorps;E0  5»^ 

Îus  celui  qui  s'écarle  de  la  solidité' 
ierre  doit  comprendru  qu'il  n'apl»[** 
part  h  ce  mystère  divin.  Ce  que  le  Clirt" 
est  lui-méuie,  il  voulut  qu'où  en  donMIi^ 
nom  i  Pierre,  quand  il  l'admit  isoiiiuJ"'' 
sible  uuité  par  ces  mots  :  Tues  P''"'-* 
fur  cette  pierre  je  bâtirai  mon  Hgiii'i^''' 
alin  que  l^difice  de  eu  temple  eteraelil^ 


tm 


OICnONXAIRE  APOLOCETIQUE. 


DO  idiDireblQ  pririlége  d«  la  grâce  de  Die». 
repoiti  isr  li  solidité  de  Pierre.  Il  corrn- 
tNMi  «M  Balise  pir  eelle  fennelé,  pour  que 
la  lémérit4  huiDsIneae  l'assailUtpas  et(|oe 
Jesporlude  l'enfer  ne  pr]6ralossent  pas 
Mirire  elle.  Maie  la  sUbilîlési  sacrée  de 
celle  pierrei  eoosoliiMft  par  la  maÎD  ménie 
de  Dieu,  comme  doi»  t'srons  dil,  oo  cher- 
che àla  violer  par  uneprésomplion  Iropim- 
pie,  quand  qaelqauD  veut  en  briser  la 
paifSMce,  en  bvorisani  ses  propres  pas- 
siofu,  oa  en  ne  suivaut  |>ai  ce  qu'il  a  appris 
des  anciwis ....  Que  voire  frslerorie  re» 
cooDaisie  donc  avec  noua  qae  les  éTéqaes 
de  votre  province,  i  caofe  da  respect  da  an 
iiéee  spMtoliqoe,  l'ont  consulte  par  une 
iouiiiédereqiiétes,  et  qne  diverses  causes 
lui  ajCDl  été  portées  per  appel,  selon  l'ao- 
cieaMfloolQoie,  il  a  confirmé  on  cassé  lei 
jugenenU  qui  avaient  été  rendus ....  Hais 
Hiiaire,  voulant  troubler  l'état  des  ^lisea 
•t  la  paix  da  l'épiseopat,  s'est  écarté  de  celte 
ronle  que  dos  locAtre*  ont  fidèlement  le* 
nueetan'ils  oBtooosBrvéepour  leur  bon- 
bttur;  il  a  désiré  vons  assujeltir  k  son  poo- 
voir,  Biaia  sans  consentir  h  être  sonmis  lui« 
Btéine  ao  bieabeareai  apAtre  Pierre.  • 

Véritablement  vous  semble-t-il  que,  dana 
ce  considérant  de  l'arrêt  contra  Hilaire.  la 
Mputé  aa  fisse  que  pQÛuÈreT  Vons  sem- 
we-l-il  que  Léon  ne  cherche  qu'k  poser 
dtut'aïaiire  une  sorte  de  pierre  d'attente 
Mr  Jjquella  plus  lard  ses  snccesseura  ponr- 
n»i  appujer  las  monnmeals  de  leur  am- 
l*i(iODT  11  n'j  a,  mfime  dans  Grégoire  Vil, 
râeo  de  plus  pftsitif  que  cette  leUre,  rien  de 
}  *ht  fort  sur  ranlorité  tpirituriU  du  Saint- 


l»as 


M.  Ampère  trouve  la  pape  aussi  ntsé 
q  u'audaeJeoi,  parcequ'il  se  présente  comme 
«  ençeur  des  métropoliuins.  Mais,  puisque 
UiUire,  en  donnant  un  successeur  à  Pro- 
i  «cius,  avait  mécoonu  les  droits  du  métro- 
l«lîlaui  de  l'une  des  provinces  narbonosi- 
s«s;  poisqoe  i  l'oceasiou  de  Célidoiue,  11 
■fait,  selon  H.  Ampère,  empiété  sur  les 
prért^tives  du  métropolitain  de  Vienne^ 
Je  quoi  son  juge  pouvait-il  doue  s'occnper 
Jans  la  seulence,  sinon  du  peu  de  respect 
Je  l'évéque  d'Arles  pour  les  droits  desmè* 
jvpolesr 

A  U  place  de  saint  Léon,  nn  Pontife  moins 
fioarvu  d'awfaci  et  à'habittté  aursit-il  vi- 
Lretenu  les  prélats  gaulois  d'un  autre  su- 
jet que  du  sujet  en  question?  leorsarsitril 
[orlé  Je»  débordements  du  Tibre  ou  des 
exfiaUiaoas  pestilentielles  des  Marais  Pon- 

La  lettre  de  saint  Léon  n'est  point  aoda- 
sieuse,  puisque  le  Poniife  ne  réclame  que 
robéissancs  pratiquée  nir  les  âges  anté- 
rieurs, etqu'en  réglant  les  droits  de  Vienne, 
J'Aries  et jdes  provinces  narbonnaises,  il  ne 
Eail  que  ce  qu'avaient  tait  avant  lui  Zo  iiue 
H  Bonibce  I". 

On-  ne  peut  j  voir  non  plus  une  habileté 
iktrèioeiBent  remarquable.  Et'.-ce  pour  nous 
kUnoer  on  échantillon  do  cttta  habilelé  si 
^cuJtnteque  H.  Ampère  bit  jeter  |)«r  l« 


Pape  i  saint  Hilaire  le  non  de  kri§a»dî  Si 
la  papauté  avait  voulu  faire  de  la  politique 
adroite  et  qui  pût  s'emparer  de  l'avenir, 
elle  n'aurait  pas  liu  premier  coup  (puis- 
qu'on suppose  qu'elle  parut  alors  seule- 
ment sur  la  scène),  elle  n'aurait  pas,  da 
premier  coup ,  si  rudement  frappé  et  dé- 
pouillé le  métropolitain  d'Arles,  le  métro- 
politain de  la  cité  principale  des  Gaules,  En 
voyant  Hilaire  précipité  si  baa,  qu'est-ce 

3ue  l'éftiscopat  u'aurait  pas  eu  h  craindre 
e  l'arbitrage  de  Home?  devail-il  être  fort 
engagé  k  préférer  le  tribunal  du  Vatictn  à 
celui  de  ses  conciles  nationaux  7 

Cette  observation  me  semble  décisive 
contre  l'opinion  de  H.  Ampère;  anssi  l'a-t- 
il  soigneusement  '  esquivée  ,  en  passant 
complètement  ous  silence  la  résultat  du 
débat  élevé  entre  saint  Hilaire  et  saint 
Léon.  Pourtant  il  avait  dit  :  ■  Ici  Dons 
rencontrons  nn  fait  qui  mérite  de  nousai^ 
réter  un  peu  plus  longtemps.  C'est  la  pre- 
mière lotte  sérieuse  d'un  évéque  ^OR^K  et 
d'un  évèqoe  de  Rome  :  la  lutte  de  Miut  Hi- 
laire d'Arles  et  de  saint  Léon.  • 

Le  point  le  pins  important  de  celte  luti» 
iirinu»,  c'est  la  victoire.  Or,  comme  ai  l'on 
ignorait  qu'il  v  ait  eu  victoire  pour  l'un 
nés  deux,  M.  Ampère,  après  avoir  raconté 

Îu'Hilaire  fut  fort  mat  rtçu  à  Home,  que  U 
ope  le  kâla  de  i'auurtr  deia  pertùfuu  et  le 
nomma  brigand  dans  une  lettre  anssi  re- 
marquable par  ion  audact  que  par  m  pru- 
dencr,  M.  Ampère,  après  ces  détails,  repré-, 
sente  les  drux  aniagonùlei  dan$  une  alli' 
tude  hoitile  et  courroucée,  pareils  I  peu  pria. 
k  deux  lions  de  force  et  de  colère  égales, 
accroupis  en  face  l'un  de  Tautre,  et  se  iDfr< 
naçsut  sans  se  craindre.  Est-ce  bien  la  vé- 
rité r 

Je  comprends  que,  si  notre  historien  eAl 
parlé  delà  conclusion  de  ce  démêlé,  il  n'au- 
rait plus  pu  dire  que  tes  préteniiotu  de  l'é- 
véque  de  Rome  commençaient  seulement  è 
pomdre;  car,  combien,  au  contraire,  ne 
devait-elle  pas  être  enracinée  dans  la 
croyance  générale,  celle  autorité  qui  dé- 
possédait on  métropolitain  et  se  voyait  . 
obéîe  I 

|TD. 

iliwMt&  in  wlir  HIUImT 
H.  AarèEE.  —  ■  Enfin  nous  avons  Irtrové 
nn  Pape.  Léon  marche  d'un  pas  décidé  vers 
l'idèatque  ses  successeurs  mirent  six  siè- 
cles â  réaliser.  L'ère  de  la  papauté  consi- 
dérée comme  pouvoir  politique  s'ouvre  è 
Léon  1"  et  se  ferme  )  Léon  X. 

■  Jusqu'ici  nous  n'avons  pas  beaoeonp 
entendu  parler  de  Rome.  Elle  a  pHs  part  aox 
débats  tbéologiques.  mais  elle  ne  les  a  pas 
doiuinéit;  ces  grands  procès  n'ont  pas  été 
jugés  par  elle,  mais  par  des  conciles  tenus 
en  Orient,  dans  lesquels  elle  avait  une 
plaee  d'Iiooneur,  nou  «ne  décision  souve- 
raine. Parmi  les  grands  écrivains  qui  ont 
illustré  l'Eglise  ,  il  ne  s'est  pas  cDCora 
trouvé  d'évéque  de  Rome  ;  saint  Léon  est  le 


1UT  tnL  DICTIOMMAIRE 

firetiiler.  Uaîntaniint  Is  tnnr  de  Kotne  est 
arriva;  la  flo  du  mèioe  siècle  verra  naître 
tirégoirele  Grand;  pendant  les  six  siècles 
qui  Tont  Tenir,  les  bommes  éminenis  se 
suivront  de  près  sur  le  si^ge  de  saint 
Pierre.  Saint  Léon  peut  élre  considéré 
comme  ouvrnnt  une  série  glorieuse  de 
grands  Papes;  il  anparxtt  dans  l'Iiisloire 
«niro  les  Huns  et  les  Vandales,  modérant 
Ci<>nséric,  arrêtant  Altila.  II  commence  le 
rA!e  civilisateur  de  la  papaulé  «b  ployant 
et  ilomplanl  les  barbares  (1T72*).  ■ 

Je  souscris  k  tous  les  élogi's  donnés  par 
BI.  Ampère è  saint  Léon;  seulement  je  ne 
vois  pas  comment  on  peut  dire  que  ce  Pape 
ail  marché  d'un  pas  décidé  vers  l'idéal  que 
ses  sucne-seurs  mirent  six  siècles  h  réali- 
ler.  Cet  idéal  réalisé  par  Grégoire  VII,  c'é- 
tait la  suprémalie  polilique  unie  à  la  su- 
prématie religieuse.  Or,  quel  acii),  moins 
que  cela,  quelle  pirole  de  saint  Léon  sup- 
pose en  lui  une  préteoiion  de  ce  genrpî 
Îuel  empereur  essajra-t-il  de  disposer?  11 
ut  très -grand  Pape,  maii  Pape  seule- 
meol. 

Si  jusqii'h  saÎDt  Léon  M.  Ampère  n'a 
guère  entendu  parler  du  Saint-Sléue,  c'e^t 
sa  faule.je  l'ai  déjè  dit.  Que  n'a-t-il  inter- 
rogé les  scies  des  cunciles  et  les  décrtts 
des  Papes?  ou,  tout  au  moins,  que  n'a-t-il 
pris  garde  aux  eudroils  relatifs  à  la  papau- 
té dans  les  ouvrages  mêmes  dont  il  s'e&t 
occupé  7  II  a  fort  longuement  discuté  sur 
saintirénée,  saint  Bilaire  de  Poiliers,  saint 
Ambroise,  Casslen,  saint  Vincent  do  Lérins, 
saint  Prosper,  saint  Augustin,  qui  tous  cé- 
lèbrent la  suprême  dignité  de  la  chaire  de 
saint  Pierre.  Par  quelle  fatalité  ces  nom- 
lireux  et  éloquents  liommages  se  sonl-ils 
donc  tous  et  toujours  dérobés  aux  investi- 
gations de  M.  Ami^èreT  Je  ne  puis  rappor- 
ter ici  que  quelques  mots  de  ces  précieux 
témoignages. 

Saint  ïrénée.  —  «  Quand  nous  faisons 
eonnallre  la  tradition  de  la  très-grande 
Eglise  fondée  è  Rome  par  Pierre  et  Paul, 
nous  confondons  tous  ceux  qui,  pour  quel- 
que molir  que  ce  soit,  ou  mauvaise  com- 
plaisance en  eux-mêmes ,  ou  vaine  gloire, 
ou  aveuglement,  ou  sentiment  erroné,  re- 
cueillent Ueur  croyance)  ailleurs  qu'il  ne 
(sut.  CarcVst  avec  celle  Eglise,  à  cause  de 
sa  plus  puissante  primatie,  qu'il  est  néces- 
saire que  toute  l'Eglise  s'accorde,  c'est-à- 
dire  les  fidèles  répandus  en  tous  les  lieux 
(1773).  M 

Samt  Hilaire  de  Poitim.  —  ■  0  Pierre, 
foudemeatde  l'Eglise  et  bienheureux  de  ce 
nouveau  nom  qui  le  décore I  0  pierre, 
digue  de  cet  éditice,  loi  contre  laquelle  se 


APOLOGETIQUE.  BIL  ||tf 

briseront  les  lois  de  l'enfer  «t  les  portai  dv 
Urtare,  et  toutes  les  barrières  de  la  moril 
O  forluné  portier  du  ciel,  les  clefa  ds  l'é- 
teniel  séjour  sont  confiée»  h  la  Tt>lonlé,ct 
tes  décrets  sur  la  terre  ont  au  ciel  uneiti- 
torilé  ratifiée  d'avance  (171^>.  » 

Saint  Ambroite.  —  ■  L'Eglise  de  Bomeitf 
la  tête  de  l'univers  romain;  c'est  d'elle  qtM 
se  répand  sur  tous  le  droil  sacré  de  li 
communion  (1?75J...  Là  oik  est  Pierri!,  li 
est  l'E^lifte  (1776).  > 

Catnen.  —  «  Pierre,  le  premier  discifilg 

1>armi  les  disciples,  le  prunier  maître  parmi 
es  maître»,  placé  au  gouvernail  de  l'Egli» 
romaine,  a  reçu  tout  à  la  fois  la  primautédt 
la  foi  et  celle  du  sacerdoce  (1777).  > 

Saint  YinceiU  de  Lérini.  —  «  Le  pape 
Etienne,  pontife  du  Siéae  apostoliqne,)ugei 
cunrenable,  ce  ma  seomle,  de  surpasser  Wi 
autres  par  le  dévouement  de  sa  foi  crnilre 
Agrippinuï,  autant  qu'il  les  surpassait  par 
l'autorité  du  lieu  (1778.)  » 
.  Saint  Protper.  —  c  Kome,  sié};e  de  saiol 
Pierre,  devenue  pour  le  monde  le  chef  dt 
l'hoaneur  puslorai,  tient  par  la  rsHgioB 
tout  ce  qu'elle  ue  iwssède  pas  par  les  ir- 
mes  (1779).  > 

Saua  Augutlin.  —  «  Dans  l'Eglise  de 
Rome,  la  principauté  de  la  chaire  anost»- 
lique  a  toujours  conservé  sa  vigueur  (l780}.> 
■  Les  actes  de  deux  conciles  onl  été  en- 
vovés  au  siège  aposloliaae;  des  rescrits  m 
sont  venus,  la  cause  (au  pilagianitme}  est 
finie  (1781).  > 

Quelle  émulation  dans  ces  illustres  Pèr«t  i 
de  l'Eglise  à  préconiser  Ishsnta  supériorilé 
dus  successeurs  de  saint  Pierre)  Celui  | 
ajoute  encore  à  ifes  aveux  si  éclatants,  t'td 
que  les  personnages  qui  les  onl  émis  anitH 
pu  comparer  leurs  croyances  à  celles  fit- 
1res  régions  :  Saint  Iréoée,  à  celi«  <i> 
Smjrrns;  saintHiiaire,  à  celles  de  la  f^* 
gie;  Cassien,  à  celles  de  la  PalestioaHlt 
l'Egypte;  saint  Prosper,  à  celles  de  l'Afri- 
que, dans  ses  relations  Ihéologiques  avec 
saint  Augustin;  saint  Ambroise,  à  ceM 
des  Gaules  et  de  l'Italie,  m  de  tout  cela  U. 
Ampère  n'a  rien  remarqué,  rien,  sinon  M 
vers  de  saint  Prosper;  mais  c'est  comme  s'il 
ne  les  avait  pas  vus,  puisqu'il  les  a  mai  i 
traduits  el  plus  mal  interprétés;  il  n'ydi:- 
coovreqa'oo  horoscope  de  la  future  gran- 
deur de  Hume  dans  le  monde  oecidenul 
(1782). 

Je  n'ai  citéàcet  bistorieo  que  lesauteors 
ecclésiastiques  dont  il  s'est  le  plus  occupé. 
Que  d'aulres  preuves  ne  pourrait-on  p^* 
recneillir  dans  les  rapports  de  Bonieet  de» 
Gaules.  Je  me  borne  à  un  exemple.  L'ar- 
rêt qu'on  vient  de  voir  prononcer  paruii» 


rtTTT)  fliK.  K«.,  etc.,  t.  n,  p.  75. 
MTTS)  Contra  hmntet,  I.  m,  C.  5. 
jlTIi)  (.'«MnuM.  tu  UMh.,  c.  te,  n.  7. 
<1778)  Svnodns  Aqulleiensis,  Ef,  imptratoriiui 
iirMunù,  Vtltntinimo,  Theodotio. 
<I71S)  JiipisJmiiMiL. 
11771)  Dt  iHcornatioHt  Domiui,  1.  m,  c.  12. 
(1778)  CpHimoRiicriain,  c.  6.  —  Sur  ce  lesM  s 


■n  autre  passage  (rès-inporUnl  île  uÎpI  Vincew, 
voir  ViHCENV  (Sainl). 

(1779)  Poema  Dt  ingratit. 

(1780)  Ep,  (»,  Hlii*  Ibî,  n.  7.  ^ 

(1781)  Sermu  151,  Ùe  vtrbii  apotltH,  Of-  K^ 
n.  1«. 

iXlSî)  Uuî.lilH.U,f.  \:\ 


Il  19  BIL  MCTHHUIAIRE 

LrcHi  eoDtra  AriM  en  bTeor  de  Vienne  n'é- 
Uilpoinlaoajioufeauté.  Uo  srrAlLout  pa- 
reil, Ireats  aonéwfc  peu  pris  auparavant, 
eu  ti7,  avait  élé  porte  par  Zosime  en  fa> 
teurd'ArletcontreVieDDe  el  lesdeatNar-' 
biinnaises,  puis  modifié»  eo  itô,  par  Booi- 
Ual"  (1783). 

Si  donc  H.  Ampère  a  peu  eatandu  parler 
de  Bomejusqu'à  saint  Léon,  ce  n'est  pas 
■ui  docaoïeais  qu'il  doit  s'en  prendre,  car, 
Mêiiie  k  celte  époque  reculée,  ils  sont  aussi 
ciairs  que  nombreui. 

11 7  a  encore  uoe  tràs-gra* e  ioesacltlude 
ïoedonneraux  Papes,  dans  les coocilesgé- 
Béraux  tenus  eo  Orient  araat  le  ponliftûal 
dïsiini  Léoa,  qu'une  plaCB  d'honneur  sans 
iiiQueuce  importante.  Nuiu  n'effleurerons 
f«i  ici  celle  grande  questioa,  qui  recevra 
liileurs  tous  les  dévelop|>ements  qu'elle 
(jtauoiie. 

Ce  De  fut  donc  pas  au  v*  siècle  seule- 
ueclque  la  su|>rémalie  romaine  ûl  sod  ap- 
twriiiau  dans  l'Ettli^e,  à  moins  que  U.  Aïo* 
l^re  n'ailacho  uu  autre  sens  que  nous  A 
ce  Dut. 

Il  MDble,  en  elTel,  qu'à  son  avis  la  su- 
préiuilie  doive  fitre  uo  pouvoir  absolu,  ua 
dupolism'e  osant  dire  :  «  L'Ejjlise,  c'est 
noi,  ■  et  ne  réunissant  des  quatre  coins 
du  BUDde  catholique  les  évéques  en  coo- 
aie  i^oe  pour  proclamer  devaul  eux  uae 
iiciàniouteraine.  liais  alors  è  quoi  dooc 
fcninieul  les  concilesT  Puurquoi  dérau- 
;er  ei  réunir  des  muets? 

Si  c'est  1^  ca  que  H-  Ampère  nomme  sa- 
prémaiie,  il  est  certain  qu'il  ne  la  p«ut 
trouver  dans  l'bisloire  avant  le  v  siècle, 
pi  luèiue peudaul  lesftjjes  suivants.  Leguu- 
reroementde  l'Ei^lise  est  une  monarcliie 
ltiu|>éiée,  dans  laquelle  réf>isco|tat  estjuge 
irec  la  papauté  (1783*j.  N'exigeous  donc  pas 
de  celle-ci,  pour  preuve  de  sa  suprématie, 
uue  décisiou  despotique;  n'exigeons  pas 
<)ue  la  Pape,  comme  Moïse,  descende  dii 
SiDû  les  tables  de  la  loi  i  la  main  et  le 
IruQl  daa5  uoe  auréole  d'éclairs.  U.  Am- 
i«re  a  dit  que  la  lia  du  V  siècle  vit  naître 
Crégûire  le  Grand.  Or,  ce  Pontife  étant 
leuH  au  monda  vers  5fcO,  il  s'eosuivrail 
i|ua  le  T*  siècle  aurait  été  presque  de  moi- 
tié plos  long  que  les  siècles  vulgaires.  Ule 
béritoit  biea,  s'il  est  vrai,  comme  l'assura 
notre  liiMoriea,  qu'il  eubnta  la  papauté. 

ITIIL 

SM  UoH  demuMb-t-H  trn  naait  de  ValenUaien  lU 

coatnaitDtBliiIreT 

H.  Lk  Bas.  —  •  Afin  de  donner  une  plus 
erande autorité  i  cette  décision,  saint  Léou 
ariii  appelé  i  son  aide  le  prestige,  fort  af- 
faibli, delà  puissance  impériale;  son  arrêt 
«•ait  accompagné  de  ce  fameux  rescrit  de 
Vatentinien  Ul,  qu'on  regarde  assez  géofr- 
ralemeul  comme  le  foodement  de  la  juri- 


APOLOCKTlQOe. 


m. 


1151 


diction  dps  Pontifes  romains  sur  les  Eglises 
eo  deçà  des  Alpes  (ITSb).  > 

Rien,  daos  la  correspondance  df  saint 
Léon  ni  dans  la  constitution  impériale,  ne 
prouve  que  cette  pièce  ail  élé  solltcitéo 

Par  le  Saiul-Siége. Si  l'empereur  oommanda 
obéissance  au  Souverain  Pontife,  il  n'a- 
vait pas  besoin  que  le  Pape  l'excitât;  il  suf- 
fisait que  le  prince  vtt  la  suprême  autorité 
chrétienne  méconnue,  et  qu'il  sût  que  la 
révolte  contre  le  pouvoir  spirituel  troubla 
la  paix  publique  et  amène  la  révolte  contre 
le  pouvoir  temporel.  N'aviiil-il  pas,  d'ail- 
leurs, pour  intervenir,  uoe  raison  sur  la- 
quelle il  insiste?  C'était  qne  Hilaire,  ou- 
bliant qu'il  portail  le  litre  d'évèque  et  non 
celui  de  général,  allait  aux  cérémonies  re- 
ligieuses comme  h  des  expéditions  mili- 
taires, escorté  du  gens  anués. 

D'ordinaire  on  lait  naître,  dit  U.  Le  Bas, 
la  iuridieiion  papalede  la  conslilution  de 
Valenliuien.  Oui,  ordinairement  cet  elTet 
est  atlribué  &  la  constitution  impériale  par 
les  écrivains  hostiles  an  Sainl-Siége,  et  par 
des  compilateurs  qui,  d'ailleurs  conscien- 
cieux, ne  font  que  les  copier.  Pour  l'éni- 
dit  impartial,  il  est  obligé  d'avouer  que  le 
rescril  de  Valenlinien  honore,  mais  n'éta- 
blit pas  l'auiorilé  des  Papes.  Il  ne  l'élablil 
pas,  mais  il  fait  wnnallre  les  bases  sur  les* 
quelles  elle  repose,  et  déclare  que  l'obéis- 
sance qu'on  lui  rend  est  «  unecoutumecon- 
sacrée  par  le  temps  (178i*J.  ■ 

Si  le  rescrit  de  l'empereur  est  le  fonde- 
ment de  la  juridiction  romaine  en  Gaule, 
d'où  vient  qu'avaut  la  publication  de  cette 
pièce,  Céliduine  et  Projeclus  avaient  eu 
oalurellemeol  recours  h  Rome,  comme  h  la 
suprême  cour  d'appel,  contre  le  métropoli- 
lain  d'Arles  et  son  concile?  D'oit  vient  que 
Hilaire  Ini-mème  avait  dit  à  saint  Léon 
de  régler,  selon  les  canons,  Vélat  det  EtfHiti  f 

Puisque,  selon  M.  Le  Bas,  le  prestigfi  do 
la  puissance  impériale  se  ImoTait  »i  affai- 
bli, comment  >out-on  qu'il  ait  fasciné  les 
Gaules  jusqu'à  leur  laire  croire  que  l'évè- 
que  de  Home  était  le  chef  universel  de  l'K- 
glise,  parce  que  Valentiaien  le  décrétait? 
Puisque,  to^iours  selon  H.  Le  Bas  (il  va 
bieoiAt  nous  l'assurer),  saint  Hilaire  put 
braver  son  siège  et  le  Pape  t>t  l'emiiereur, 
comment  un  rescrit  oaverlement  et  iinpu- 
némeul  méprisé  aurait-il  cependant  fouué  la 
monarchie  pontificale? 

|U 

Satat  Hilaire  m  toanil-U 


U.  La  Bas.  —  «  L'évéque  d'Arles  gentil 
de  voir  ces  anathèmes  qui  révélaient  de 
grandes  divisions  au  seiu  de  l'Eglise  d'Oc- 
cident; mais  il  ne  se  crut  pas  ot>ligé  d'aban- 
donner son  siège  :  l'amour  des  peuples 
forma  autour  de  lui  un  rempart  qui  le  reo- 

«TS3)  Sar  loos  ces  faiu,  voir  l'Hùi.  de  TE^Utt  (17U)  JHct.  oieseL,  abi  supra. 

fiU.  par  LoauKVkL,  t  Ul,  oâ  ks  docuauU  «riti-  (I78t')  NoteU..  lib.  i,  wnr.  14,  ad  calcem  CW. 

MOI  Mal  iddeneot  seiTis.  ifc«ffd. —fixcai  eiLoacunu.,adaaa.US. 

ll'%*j  A(t.  apnt.  XT,  13  et  19. 


IIM 


MCTIOKNAIRE  APOLOGETIQUE. 


IIIL 


dit  ÎDViolable;  il  continua  i  eierrer  ses 
droits  pour  le  soudainement  deit  peuples ,  la 
propantion  de  la  foi  et  la  gloiru  de  l'Ëvau- 
gtle  (1785).  > 

Saint  Hilaire  a'eat  pas  besoin  que  l'aff^e- 
lion  de  son  peuple  le  retint  sur  le  siège 
d'Arias,  d'où  personne  ne  lui  avait  ordonné 
lie  descendre,  saint  Lâoo  et  Valentinien  ne 
déclirèrent-ila  pas  eipressément  que  les 
fonctions  il'évdque  étaient  conservées  h  saint 
ttilaire  f 

Ce  qu'il  perdit,  ce  fut  la  dignité  de  mé- 
tropolitain de  la  province  viennoise.  Eh 
liien  1  cette  sentence  fut  exécutée,  puisque 
Itavennius,  étant  venu  h  lui  succéder  plus 
tard,  divers  prélats  Ksuloia  prièrent  saint 
Léon  dédaigner  rendre  i  l'Eglise  d'Arles 
ses  Ani^iennas  prérogatives.  Le  Pape  céda 
un  partie  ;  il  partagea  la  province  enlre 
Arles  eirienne(1786). 

Saint  Hilaire  se  suumît  donc;  bien  plus, 
il  chercha  k  re^jagner  l'estime  de  saint  Léon. 
It  y  parvint, et  uurila  q^uu  le  Pape,  dans  une 
k-Ure  aui  Gaulois  écrite  après  la  mort  de 
l'évéque  d'Arles,  te  nommai:  *  Hilaire  de 
sninte  mémoire  (1761).  »  Cetie  réconuilia- 
iibn  résulta  probalilement  ds  Is  longue  cor- 
ruaporidance  qui  s'établit  alors  entre  Arles 
«■I  Itiime,  d'une  ombosaade  dont  nous  avons 
liéjè  parlé  et  île  l'intervention  du  préfet 
Auxiliaris  (17Ci8). 

IX- 

SjIdI  Hikilre  Hil-ll  Mml-péligienT 

U.  Ampèke.— ■  Saint  Hilaire  était  un  de 
ceux  que  scandalisait  la  doctrine  atisolua 
de  saint  Augustin.  1)  était  sorti  de  l'atibaytl 
de  LérîiiB,  d'où  sortirent  les  princlpaui 
vbaniiiioDS  du  semi-pélagianisme,  entre  au- 
tres le  céiiliro  Faustus,  évdque  de  Kiez. 
Dons  l'épltre  même  que  saint  Prosper 
adresse  b  saiut  Augustin  pour  lui  apprendra 
quelle  impression  avait  produit  (1789)  dans 
\u  Gaule  son  dernier  ouvrage,  parmi  ceui 

aue  cet  ouTra){e  a  mécoutentés,  il  cite  saint 
iliiire  d'Arles  (1790).  » 

Il  peuty  aveir  eu  bien  des  semi-pélagiens 
Il  Lérins,  cnmena  le  croient  11  M.  Ampère 
et  Guizol  (1791);  toutefois  il  n'en  existe 
iiucune  preuve;  et  si  l'on  cite  Eauste  de 
lUez  pour  exemple,  ce  n'est  pas  qu'on  ait 
|i-is BU  hasard  entre  une  foule  d'autres,  mais 
c'est  parce  qu'où  ne  connaît  aucun  autre 
linbitanldeLérinsqui  se  soit  montré  Séai- 
|-éi«gien. 

Saint  Hilaire  ne  partagea  point  cette  er- 
reur, et  l'on  ne  saurait  conclure  lu  contraire 
dus  paroles  de  saint  Prosper. 

<178S)  Dicl.  tneytl.  de  FHiiL  it  Pr.,  abî  lopra. 
|t784>)  S.  LioKi»  Op.,  ep.  53. 

(1787)  S.  Lbmh  Op.,  tip.il. 

(1788)  Il  etîRte  du  uim  Hilaire  d'Artn  un  pedi 
poéine  sur  la  Gtiiiu,  liéàié  i.  saiot  L^n.  Il  coi»-- 
iiience  par  ces  mois  :  *  Nous  avons  ot»éi  à  les  aver- 
lisseinenls  et  suivi  le  doux  commandement  Qoe  noua 
doojM  ti  Uvre  piouse,  d  poMiledu  Gltmst.  Ne  ettan- 
Urai~)>j  done  pas  tes  loaanges  d'un  Père  si  î)tustic, 
etc.  !  (  JUm.  BiU.  m.  fatr.  t.  Vll^  p.  t9S».)  Ces  vers 
Ui  su  rapportvruicHl-ils  pas  à  l'épuitue  de  b   co^- 


Ce  dernier  dons  une  letlrektsiatAiip!. 
(in,  lui  raconte  comment  ses  livres  cooin 
les  semi-pélagiens  et  son  traité  Oe  la  cor- 
rection  et  de  la  grâce  ont  été  rrçuj  par  h 
moines  de  Uarseille  :  c'étaient  los  i\ià^ti 
de  Cassien.  Les  uns,  d'après  saint  Protper, 
admettaient  bien  que  c'est  la  wicft  qoj 
nous  appelle  b  la  sainteté;  mais  ils  n*  |n». 
valent  croire  que  Dieu,  an  nous  prédoii- 
fiant  au  ciel,  ne  tln(  pas  compte  des  mtriie! 
de  notre  vie.  D'autres  an  ooniraîre.illiim 
jusqu'à  prétendre  que  quand  l'homnieis^ 
Vient  à  la  vertu,  cest  parla  forte  d  h 
nature  ,  et  que  la  grAce  vient  seulws 
ensuite  l'aider.  Le  correapondantde  sm 
Augustin  ,  après  lui  avoir  longnemeni n- 
posé  8on  embarras,  ajoute  :  ■  Que  rm 
béatitude  sache  que  le  saint  évéque  d'AriH, 
Hilaire,  homme  d'études  spirilaelle),  it 
mirateur  et  partisan  de  votre  dodrioe  n 
tou  le  autre  chose,  hors  l'arlide  dont  I)  > 

filaint,  veut  depuis  longtemps  eipoierpit 
etlre  aonsnnsâ  votre  sainteté;  maigtoniiM 
en  ne  sait  s'il  le  fera  ou  pour  quelle  nùoi 
il  le  fera,  cummo  notre  zèle  fatigué  «pM 
en  la  vigueur  de  votre  chanté  et  deitn 
science,  instruisez  les  humbles,  repctM 
les  superbes  (1793).  • 

Or,  à  laquelle  des  denx  classes  d'afi» 
saires  de  saint  Augustin  l'évèqui* îTlTti 
8|ipartei)ait-il  T  Etait-ce  b  lasdcODde.mf 
véritablement  semi-pélagieDoe,  qatn'iUii' 
buait  qn'h  la  nature  tes  premiers  tfmK 
(Kiur  l'œuvre  de  la  sanctiBcalionf 

Saint  Prosper  ne  l'a  pas  dit,  et  le)  ^iu 
de  saint  Hilaire  5'»pposent  i  ceqa'on  1'*^ 
mette.  Est-ce  un  semi-pélagïen  qui  a» 
lerail  ainsi  sa  conversion  I  •  Que  iif 
solutions  opt>osées,  s'éerie  saint  Hiliirr>ir 
succédaient  dans  mon  esprilt  Qu'ijouH*' 
je  «nilQ  T  Pendant  l'sbseiioe  dUoDorUV 
avait  entreprie  de  me  convertir],  to  û« 
aecoHiplit  en  moi  r*euvre  du  saint  JMtnt 
prière»  obtinrent  que  ma  rébellion  fûiw^ 
juguée  le  troisième  jour  par  la  nii5érii»r<i>' 
duDieu.  GrAoe  à  vous,  bon  Jésus,  grlt»')' 
TOUS,  qui,  touché  des  suppliestionsde/^l 
Ire  serviteur  Honorai,  avei  brisé  nie««i«" 
nés  et  m'avez  cbargô  de  celles  <!"'"" 
amour,  j'accours  soumis  maiiileMiii(!ïw)' 

On  ne  reconnaît  pas  dans  cas  pifol»  '' 
vaniteuse  dévotiosd'un  bomias  I"'?'!: 
avoir  trouvé  (le  lui-même  leefaeniow.l* 
vérité  et  de  la  vie;  c'est  bien  là  auconlxtin, 
l'humilité  du  vrai  chrétien,  sacbaDl  q»"  ' 
doit  tout  A  la  grâce  de  Dieu  et  aui  pnf™ 
de  ses  frères,  qui,  elles  aussi,  sout  un  l'^* , 
de  la  grâce. 

plèle  atlbésîon  de  saint  iniaire  soi  jogeBcnl  * 
saint  LcoitT 

(1789)  Lisez:  avsil  produile, 

(1790)  «i«.  «II.  eu-,  L  11,  p.  25.  , 

(1791)  tfiif.  év  Im  tifil.  «H  f'.t  L  I.  W-  * 

'''(l'7î«)  Voir  dans  gaim  AugiisUn,  àl».  'i'^'^ 
*7»,  t.  II.  ep.  «5.  ^,     ,  g^.   I 

(!79S)  Bm.n-niM,  xn  Jjiiuarii,  Vttt  5.  ""  | 
rail,  autturc  S.  UJuiiu,  c.  3. 


«13  BR.  ncnontiiu 

Au  ffiomml  de  mourir,  il  dit  à  ses  dia- 
eiplM  réuois  à  ses  côtés  :  '  Je  louche 
•H  port  da  repos,  eondoit  par  la  main 
ifa  Dieu.  J*ai  eomtMttu  les  princes  de  ce 
uoède.  coidre  lesquels,  ainsi  que  l'apâtre 
réeril,  Dous  avons  k  soutenir  uop  guerre 
laoa  fin;  elle  oe  maoqxcra  pas  au  Chr6- 
lica  qui  voadrk  parreotr  à  la  béatitude , 
pritédé  de  la  çrdet ,  que  suiTroDl  tm 
|iropres  efforts...  Ces  meiobres  de  boue  ne 
peuTCDl,  sans  la  gr^e»  de  Dieu,  rainere  la 
f  ieille  el  paissaate  inimilié  de  Satan  (179fc}.  ■ 

Janais    no    lerai'pélagîea   D'aurait    dît 

Ïtt  la  grflce   précéda  ses  propres  effurts 
us  rouvre  du  salut. 

Saint  Bilaire  erojrait  donc  k  la  nécessité 
fftabfrdcs  prévmamte  :  il  n'était  donc  pas 
I  •«teu  du  aémî-pélagianisme,  qui  consis- 
L»ii  ï  DÎer  la  nécessité  de  ce  secours  sorna- 
tmni  (1795).  Par  conséquent  lorsque  saint 
^nH{«r  le  eompleau  nombre  des  contradio- 
i^n  de  saint  Augustin,  il  paria  de  ceux 
i\  mi  lie  pourajent  croire  que  la  prédestina- 
li-«o  drs  élus  pour  le  ciel  dépendit  nuique- 
n^Kol  de  dioii  de  Dieu»  e(  non  pas  aussi  de 
l^j-réTisioo  de  notre  lidélilé  autgréces  qu'il 
nmus  aurait  doonées  pendant  la  vie. 

Or,  TéTéque  d'Arles,  en  admelianl  eelle 
opùiiou,  néieit  Dullemeol  hérétique;  on 
est  fibre  encore  nuintesaol  de  la  soute - 
i.ir  ilî»i. 

SsihtiiilureQ'a  donc  pis  été  sémi-péla- 
ipeu. 

IXl. 


U.  GoizoT.  -^  ■  Saint  Hilaîre  se  lerail  de 
^rmiMi  malin  ;  il  liabilail  toujours  dans  Is 
lille.  Dèsqu'il  érait  levé,  quiconque  voulait 
V  voir  était  reçu  ;  il  écoutait  les  plaintes, 
iccommodait  les  différends,  fgtsait  l'oflice 
'e  jage  de  pais.  Il  se  rendjit  ensuite  k  l'é- 
lis*, célébrait  l'ofliee,  prêchait,  enseifpiail 
aelquefois  plusieurs  tveuresde  suite.  Ren- 
i^  chez  lui  il  prenait  sou  rupas,  el  pendant 
«  temps  on  lui  bisail  quelque  lecture 
•ietase,  ou  tH«n  il  dictait,  el  souvent  le 
■eufle  entrait  librament  el  venait  écouter. 
i  travaillait  aussi  des  mains,  tantôt  filant 
our  les  pauvres,  laotôt  cultivant  les  champs 
e  soo  éi^ise.  Ainsi  s'éoouiait  sa  journée  , 


ANLAGEnQOK.  HO.  Il» 

au  milieu  da  peaple,  dans  des  occupations 
graves  ,  utiles  ,  d'un  iiitérél  pubtic ,  qui 
avaient  ,  k  chaque  heure  ,  quelque  ré- 
sultai. 

■  La  vie  de  saint  Loup  n'était  pss  (oui  k 
fait  ta  même  ;  tes  mœurs  étaient  plus  aus- 
tères, son  acfirité  moins  variée;  il  vivait 
durement,  et  la  rigidité  de  sa  conduite, 
l'assiduité  da  ses  prières  étaient  sans  cesse 
célébrées  par  ses  contemporains.  Saint  Loup 
était  d'ailleurs  d'un  espril  cultivé  et  por- 
tait au  développement  iutellectael  un  in- 
térêt actif.  ]l  s'inquiétait  dans  son  diocèse 
des  écoles  el  des  lectures  pieuses,  il  pro- 
tégeait tous  ceux  qui  cultiTaienl  les  lettres; 
et  lorsqu'il  fallut  aller  combattre  dans  la 
Grande-Bretagne  les  doctrines  de  Pelage, 
ce  fut  sur  son  éloquence  el  sa  sainteté,  en 
même  temps  que  sur  celle  de  saint  Germain 
d'Auxerra,  que  le  concile  de  ^S9  s'en  re- 
mit du  succès  (1797).  > 

Ce  rapprochement  de  saint  Lonp  el  de 
saint  Hilaire  forme  une  antiilièse  ingé- 
nieuse, juste  même  en  quelque  chose.Xa 
vie  de  l'évéque  de  Troues  fui,  il  est  vrai, 
d'une  activité  moins  variée,  elle  fut  moins 
ardente  que  celle  de  révéque  d'Arles  ;  mais, 
précisément  k  cause  de  Isrdeur  qui  carac- 
térise ce  dernier,  il  s'adonna  lool  k  la  fois 
aui  travaux  des  mains,  k  la  culture  intel- 
lectuelle et  aux  BU&téritéf.  Avant  de  le 
montrer,  je  ferai  deux  remarques,  d'ail- 
leura  assez  peu  importâmes,  sur  la  rési- 
dence et  les  occupations  de  saint  Bilaire. 

L'histoire  de  ce  saint  ne  porte  pask  croire 
qu'il  eût  une  aussi  grande  habitude  de  ré> 
sidence  k  Arles  que  1»  pense  M.  Gnizol. 
<  En  quelque  lieu  qu'il  allât,  dit-elle,  il 
examinait  loul  de  sotte  ce  qu'on  j  |iouvait 
établir  d'utile,  il  l'exécnlail  avec  courage  et 
le  eottservail  soigneusement.  C'est  ainsi 
que,  s'étant  rendu  aoi  salines,  il  y  avati 
k  la  sueor  de  son  fn>nl,  et  de  ses  pro[>res 
mains,  fabriqué  des  machines.  A  la  fin  de 
la  semaine,  le  dimanche,  au  milieu  de  la 
nuil,  il  faisait  k  pieds  trente  milles,  et  cé- 
lébrait eiiauile  les  mystères  sacrés  (i7SB).  • 
•  Ainsi  donc,  noD-seolement  les  courses 
d'Hilaire  dans  les  diocèses  de  sa  mélro|>olo 
el  dans  d'antres  églises  qui  lui  étaient 
étrangères  {1799}  devaient  l'appeler  soeverK 
loin  a  Arles,  mais  il  en  était  eocwe  éloigné 


ilTSt)  rife  S.  flibriî,  c  «  et  2S. 

<«793)  H.  Aavus. flùi. /iii.,  i.  U.  p.  95:  Dm 

<  1 79CI  Tkiotû^  dogwuSi^Mt,  pir  Vgr  Goduct, 

It,  p.  laS:  />«  U  STùce  tt  dt  la  predatiuëlioM. 
Ici  l'élèTe  WM  aMUion  qui  a  beaucoup  occupé 
«  •«■tastiqMS  :  il  s'aRît  ée  savoir  si  le  décret  de 

pn^stutfiM  à  b  gWire  eu  abiola  et  anléricar, 
.iwtu  aaUt  naniére  de  concevoir,  à  b  préritioB 
«  nériles.  LesumpcMcni^Mcedécrei  e*t  sb- 
la-~  Les  Mires,  aa  coaMin,  «Mtcnl  que  la  de- 
et  ^  la  ^éiViihiiliOH  i  la  gloire  est  comlîtMNMl 

fMitf  an-  la  prêvisMa  des  nériies  ssruauiiels  de 
«fli»e...  Or,  JM^u'id,  l'K^ise  f' ' •*- 


,1^7}   BûUétlmtiril.eml 
i  I  TftSj   ■  Jaai  qoaBadaioJet 


r.,t.  I,  kf-  S,  p.  93. 
I  H^îaas  espeiCTtt.  * 


(Vit.  S.  ffi/atii,  c  S,  n-  16.)  Le  met  utiwa$  M 
écrit  par  qHcIqu^s  auteurs  avec  ene  majatode;  iU 
pensenl  qu'il  K'agil  de  la  petiie  TiUe  de  Sabm, 

(1799)  Ou  K  npp^Ile  Oélidoine  elProjeclus.  Les 
eicuniout  de  saînl  Hilatre  ne  te  bomérenl  pas  sans 
doute  lui  diocèses  de  ces  dcns  étéques,  puisqu'oii 
litdMHM  Tw:  «  In  ncursibus  anu»  quis,  ut 
diguam  est,  eiplicabil,  qaaMaM  ejua  pnaeDtk 
pratei-lura  coninlerit  civilalibns  Gallicanii,  S.  Ger- 
Mnam  sxpin  espemido,  enn  que  laecMlimni  Uï- 
MtroraBqM  viM>,  ose  MnjtrofcctueirMBuqee 
tracubal!  .  (C.  3,  n-  il.)  La  Vîe  de  «aim  «et- 
main  nous  utonire  cet  évCque  et  calui  d'Arles,  dans 
leurs  visites  de  Iraiemelle  inspeclion  hors  de  leurs 
territoires,  reçus  «s  IrioMpbe  à  Lym.  ("-"—*■- 
Vie  veUme  de  jaiUM,  ^  «15.) 


44»                    IIIL                   mmOHMAWEAPOLiOGETIQUt  W»             tlH 

por  son  usine  des  itlines  «t  |)ar  celles  qu'il  Je  ne  puis  compreodre  comcHat  M.Gui- 

élevait  de  môme  partout  où  il  eu  fo>ait  la  lot  n'a  pas  trouvé  que  la  viede  rétèqat 

oOnTcnance.  d'Arles  ail  été  uneTieilurerni({iM»etmsgn 

Le  saint  éréque   ne  filait  pat  pour  lié  aient  été  austères.  Hilsire,  qui,  tprèinùr 

pauvret;  ■  il  fiiisait  ilei  aiels{1600).  >  Ira-  abandonné  le  monde,   eorDme  Loop  un 

vaillant  pour  vivre  et  «  dounaai  le  surplus  beau-frèiet  s'était  laissé  former  atoelui, 

aux  indigenls/ISOl).  ■  par  saint  Honorât,  i  la  perfeelion  inoag»- 

Les  tarenls  littéraires  de  l'évèque  d'Arles  lique,  dans  la  solitude  de  Lérios,  ne  fn 

furent  aussi  admirés  que  ceui  de   saint  pas  moins  ami  des  privations  ai  d«  lipfni- 

Loup,  a  Ses  prédications  improvisées,  dit  tence.  Son  histoire  ne  par)e>l-«]le  pii  | 

l'auteur  de  sa  Vie,  coulaient  en  un  tel  fleuve  chaque  page  de  ses  longues  priÈrei,deitt 

d'éloquence  qu'il   m'est  impossible,  je   le  veilles,  de  ses  jeûnes,  de  sesindigeati» 

proteste,  de  l'eipliquer,  bien  plus,  de  m'en  pas  auxquels  il  n'invitait  jamais  lei  gnnd); 

faire  une  idée.  S'il  n'était  pas  entouré  de  de  ses  travaux  manuels  poar  gagner hsa- 

^ens  habiles,  il  nourrissait  d'une  instruc-  blemenl  sa  nourriture;  du  seul  lAteintnl 

tion  familière    les    cmurs   des  ignorants;  qu'il  poisédAt;  du  ciliée  qu'il  nequiiiiii 

mais  quelquepersonne  instruite  survenait-  plus;  du  calice  de  verre  dont  il  lescmiii 

elle,  dès  qu'il  s'en  apercevait,  sa  parole  et  l'autel,  les  vases  précieux  ayant  été  lemlu 

son  visage  plus  animés  s'ornaient  d'une  pour racbeter  des  captifs;  de  ses  nurse, 

jrâce    extraordinaire;   vous  auriez  même  les  pieds  nus,  même  pondant  rhiverideii 

cru  qu'il  grandissait.  Des  auleurajuslemeut  ~'"    '----'-    ^'       --:-'    >       _     .  . 
célèbres  de  son  éfioque,  Silvius,  liiusèbe, 
Domnulus,  ont  proclamé  dans  leur  admira- 
tion ■  que  ce  n'était  plus  Ih  seulement  de 


vie   épuisée  d'austérités  k  qatraule-bnii 
ans  7 

La  pieuse  activité  de  saint  Bilaireoest 
borna    donc  pas  à   lui  faire  laboonr  iti 


la  science,   de  l'éloquence,  mais  Je  ne  sais     champs,  fabriquer  des  filets,  remplir  Im^ 


voirs  d'évêque  et  ceux  d'arbitre  padliqiie 
des  fidèles,  selon  l'usnge  des  premier! siè- 
cles chrétiens;  etia  lui  81  joindre  i tui 
cela  aussi  bien  la  culture  intellecloïfleqve 
la  pratique  des  plus  austères  morliliciliiHi 
(1807). 
HILDOIN,  déposé  par  Hincmar.rÉfïlïlV* 


quoi  de  surhumain.  »  L'illustre  poëte  et  au- 
leur  Livius  s'est  publiquement  écrié:  •  Si 
saint  Augustin  était  venu  après  vous,  on 
l'estimerait  moins  que  vous  (1802).  »  Vien- 
nent ensuite;  d'abord,  l'indication  des  ou- 
vrages d'Hilaire:  homélies,  exposition  du 
Symbole, épttres  sansnombre,  c  vers  échap- 

pesi  sa  veine  brûlante;   ■  puis  les  Lémoi-  de  M.  J.-J.  Àmpère.'Fuj/.  ÎIihchik,  iSlll 

gnages   de  l'admiration  de  saint  Euciier,  HINCMAK,  artlievèquede  Reims.niw 

U'Auxiliaris,   d'Ëdésiu):,  auxquels  on  peut  l'an  806,  dans  le  nord-est  de  la  Franc«,s[D- 

joiudre  ceux  de  Gennade,  de  Pomère  et  de  vant    M.  Guizot,  en  Aquitaine,  sii"^ 

l'historien  de  saint  Germain  d'Auierre  son  M.   Michelet.  Flodoard  ne  nous  ipptEii 

«mi  (1803),  avec  lesquels  nous  avons  vu  rien  sur  ce  sujet. 
Ch.  Nodier  d'accord. 

L'évéque  d'Arles  n'était  donc  pas  d'un     „,         ,,_,      , ,,       •  *•,  „ ^^ 

espritraoinscultivé  que  son  beau-frère l'é-  HlnamwCùrtquâ-t-ll  uMré|6Uttoope«r««^ 
véuoede  Troyes. 

Or,  il  est  évident  que  ce  prélat,  orateur,  *  La  visinn  de  Vettin,  dit  H.  iir'- 

poêle,  si  curieux  de  lectures,  et  qui,  pen-  norte  tous  les  caractères  de  la  fiixMt-- 

dantses  courses  apostoliques,  «  établissait  Mais  il  n'en  est  («s  de  même  de  ta  rà^'^ 

dans  les  villes  l'usage  de  lire   pendant  les  d'un  certain  Berna Id  ,  recueillie  pirH;''- 

repas  (1804),  »  il  est  évident  que  ce  prélat  tnar.  (Flod.,  I.  m,  c.  3).  Bernold,Gequi6i 

dut  aussi  encourager  ses  disciples,  la  con-  assez  rar»  chez  les  visionnaires,  était  liiqi''' 

Urégation  (1805)  k  la  culture  des  lettres,  qui  Après  une  léthargie  qui  durs  quatre joxn, 

donnaient  tant  de  succès  à  son  apostolat,  il  raconta  à  un  prêtre,  en  présence  it^ 

et  qui  conservaient  en  Gaule  d«s  sectateurs,  femme,  ce  qu'il  avait  vu.  Il  avait  éiJ,(nB"> 

aiùon  doués  d'un  goût  pur,  au  moins  nom-  saint  Furcy  et  Vettin  ,  ravi  i  tratïri  >( 

breux  et  fervents.  monde  invisible;  il  avait  conlempié  le iif 

Aussi  est-il  dit  des  prélats  qu'il  établit  :  plice  des  damnés  et  la  gloire  des  élut;  >i 

m  Tous  s'efforcèrent  de  réjiondre  par  /'ifru-  avait  reconnu  parmi  les  réprouvés  ptiisiwfs 

dilt'en  t/e  <«irdor(rïn«  et  par  leurs  mérites  évoques,  au    nombre    desquels  éia'^  ^^ 

toujours  -croissants  (1806).  >lls  pensaient  Ebbon,  rival  et  ennemi  particulier  d'Hiir- 

donc  qu'Hilairene  tenait  guère  moins,  dans  niar.  Ebbon  et  les  autres  ërèqufs  ^'"f' 

un  évéque,  h  la  science  qu'à  la  vertu.           -  dans  un  lieu  infect,  et  réduits  à  la  cofldiU'>i 

En  cela  encore  il  n'était  donc  pas  inférieur  la  plus  déplorable.  Ils  engEgèreiit  Bemifid' 

h  l'évéque  de  Troyea.                                  '  demander  aux  prêtres  et  aux  fidâlesilepH" 


(18W)  C.  S,  n*  15  :  i  Usniu  nectendi  «elociuie 
curratau.  i  n*  18  ;  t  Hanoi  nota  npielwlar  velo- 
cUata  nectendî.  i 

<f801)  C.  3.  u>  10. 

08011  C.  S. 

(1B05)  GiNMiBE,  Dt  ririt  illiulr.,  art.  5.  ttil.  — 
PtMUiu,  Dt  vitH  eomUmplativa,  I.  ii,  C  D.  —  Vif. 
S.  C(rMMi.c7,  n*». 


(1804)  N*  11  de  sa  Vit.  ^ 

(1805.1  lien  est  ptasieanFiHS  parié. K'IOl'Il;;*; 
admodum   congrtgiLo...    aancti*  Mi<*>>  ''"'! 


reiei;  n»  17.  ■'—"Voir encore  rHUtJainiaV 
les  aùiédicliite,  L  D,  p.  DM  et  35i. 

{18061  ff-  43.  ■       . 

(11107}  Ctr.  Difaiu  dt  rKglùt  taUriUtrn" 
àitioriquetf  par  11.  l'abtié  Goukl 


lin 


nCTIOaiUIBE  APOLOGETIQIIE. 


|N»r  etiit  e«  qu'il  fit;  «Ion  élaat  rflvena 
len  «ui,  il  les  troun  (ians  un  lieu  brillant, 
et  rerétus  de  rolit^  bUocbes.  Jusqu'ici  U 
liiioi)  de  Bemold  ressemble  assez  h  (ouïes 
les  autres;  oa  j  trouve,  comoie  11  est  d'or- 
dinaire, différents  personuaftes  de  l'Eglise 
punis  pour  les  désordres  de  leur  conduite. 
SeolcHMOt  le  choix  que  l'auteur  a  lail  d'£t>- 
boo  donne  k  penser,  el  l'on  pourrait  soup- 
V'ouner  HiDCDMr  de  n'être  pas  étranger  i 
cHie  préférence  :  ce  qui  suit  rend  la  sup- 
l«sitioa  encore  plus  vraîsemblable.  Bernold 
raconta  qn'il  a  trouvé  aussi  dans  un  triste 
élai  le  roi  Charles  le  Cliaure.  Il  éui(.  dit-il, 
Muehé  dans  la  fange  el  la  pourri:ure  de  son 
c-rys  (I'lod.,  1.  m,  c.  18),  dévoré  par  les 
icrs.de  telle  sort*  qu'on  ne  TO^ait  plus  sa 
dkair,  mais  seulement  ses  nerô  el  ses  os. 
Pourquoi  ne  viens-tu  pas  i  mon  secours , 
f 'écrie  le  roi  T  — Et  comment  vous  secourir, 
seigneur?  Alors  Charles  le  Chauve  lui  dit  : 
Okl  pour  n'avoir  pas  écoulé  les  boas  coi^ 
seils  (l'Hincmar,  el  de  mes  autres  fidèles 
que  Je  sijuITre  ainsi  :  Vas  à  lui  »  en 
ijui  j'ai  toujours  eu  couGance,  et  dis-lui 
ju'il  m'aide  k  sortir  d'ici.  Alors  Bernold  est 
[raiapoilé  dans  un  lieu  éclairé,  qu'il  juge 
t-tre  le  séjour  des  saints.  Il  voit  Hincmar 
iMilouré  de  prêtres,  au  moment  de  dire  la 
messe,  el  lui  recommande  le  roi  Charles. 
CjuiDif  il  revient  auprès  de  celui-ci,  il  je 
Lruuie  parlaitemenl  guéri  ;  le  roi  remercie 
Beinoid,  dont  les  prières  l'ont  délivré.  Ce 
>ju:  peut  faire  sou[H;onner  Hmcmar  d'être 
i  'luteur,  au  moins  de  celte  portion  du  réi-it, 
r'«lque  le  narrateur  ajoute  :  ■  Le  seigneur 
I  Uimmar,  exposant,  tàoùitiluiinécaiaire, 
cette  vision  qui  lui  avait  été  racontée,  la 
Hl  (arvenir  i  ia  connaissance  d'un  grand 
Doœbre  de  persouues.  *  On  peut  (>easer 
«e  ces  expressions  veulent  dire  qu'il  la  Ql 
^nrcnir  au  roi.  Quoi  qu'il  en  soit,  c'est  par 
:  rucmar  que  celte  vision  a  été  connue  et 
rof'agée.  11  y  éuil  bien  évidemment  inté- 
=s&é;  enfin  il  était  assez  peu  timoré  pour 
D,'  lo^er  tous  les  mojrens  qui  pouvaient 
Lablir  son  Cf^it  et  son  autorité  |180»-49}.> 
Sur  quuls futiles  indices  repose  l'injurieux 
tUfiçou  de  U.  Ampère  1 
1*  Nuloiis  d'alMrd  que  Bernold,  même  en 
irtge,  connaissait  mieux  que  Û.  Ampère 
rvii&ou  chrétienne.  Bernold  n'a  |>as  dit 
i'i)  eât  conlrmpU  le  âuppUce  de»  dtamét; 
raconte  seulement  qu'il  vjul  eu  un  certain 
tu  (m  quemditm  iocuai).  Il  s'est  bien  gardé 
af>|îel«r  séjour  du  4eàtmé$  une  prison  dont 
s  (leiues  ne  sont  pas  étemelles. 
2~  1^  choix  qu'Hinemar  a  fiiit  d'EbboD, 
*  Ttvat  et  son  auumi  partuuliar,  [«ur  l« 
ettre  au  raug  des  diuMià,  c«  ckoix,  dît 
.  Afupére.  domÊU  à  feuter. 


Je  réponds  1  cela  qu'Ebliou  et  Hinemar 
ne  furcul  jamais  ni  rivaux  ni  ennemis,  lu 
occupèrent  successivement  le  sié^  de 
Reims, 'mais  l'histoire  ne  les  monlrejsmais 
en  rapport  l'un  avec  l'autre.  Quand  Hinc 
mar  fat  élu  archevêque  de  Reims,  il  y  avait 
oeuf  ans  qu'Ebboo  avail  été  déposé,  et, 
depuis  sa  seconde  chute,  il  ne  s'occupa 
jamais  de  réclamer,  quoique  l'occasion  se 
fût  ouverte  (1810}.  Quand  on  apprit  la  mort 
d'Ebbon,  Hincmar  écrivit  &  Pardule,  évêqne 
de  Laon,  pour  lui  demander  des  prières  eu 
faveur  du  défunt  (1811};  ce  qui  n'était  pas 
plus  alors  qu'i  préseul  une  preuve  d'ini- 
mitié. Ainsi  donc,  pour  démontrer  qu'Hine- 
mar était  faussaire,  U.  Ampère  met  en 
avant  des  assertions  complètement  busses. 

Cette  vision  eft  si  peu  l'expression  des 
liaines  de  l'archevêque  qu'elle  place  aux 
c6lés  d'Ebbon  deux  prélats  dont  Hiocmar 
n'avait  certes  pas  eu  a  se  plaindre  :  ce  sont 
Enée,  de  Pans,  el  Léopardel  ou  Pardule, 
de  Laon  (1812].  Appetlera-l-on  aussi  ces 
prélats  des  ennemis  de  celui  de  Reims? 
Pardule  n'avait  pas  seulement  été  eu  rela- 
tion épistolaire  avec  Hincmar,  il  s'était 
montre  son  coostaot  défenseur.  A  Kiersi , 
Pardule  embrassa  son  parti  contre  Gothes- 
calc  ;  su  deuiième  concile  de  Suissuns  * 
Hincmar  le  choisit  pour  un  de  ses  juôes,  eu 
lui  décernant  la  pi^sidence;  su  deuxième 
concile  de  Verberie,  Panlule  ajipruuva  de 
nouveau  ce  qu'avait  décidé  la  deuiième 
assemblée  de  Soissi-ns  ;  au  troisième  coucile 
de  Boissons,  le  vole  de  Pardule,  mort  i  cette 
époque,  ne  put  venir  en  aide  è  Hincmar. 
mais  son  nom  fut  toutefois  invoqué  par 
l'a  robe  vêijue  (1813).  Enée,  évèque  de  Paris, 
vota  aussi,  à  boissons,  dans  le  sens  d'Hiac- 
mar.  Voilà  des  partisans  d'Hincmar,  et 
pourtant,  selon  la  vision  de  Bernold,  ils 
partageateai  le  supplice  d'Ebbon  I  Le  récit 
d*  celle  vjsioD  n'est  donc  pas  une  œuvre  de 
la  rancune  de  l'archevêque  de  Reims. 

3*  C'est  surtout  la  partie  du  réeîl  rvlalive 
i  Charles  le  Chauve  qui  para!!  i  M.  Ampère 
le  travail  d'Hincmar.  Hais,  puisque  la  vérité 
sur  le  songe  merveilleux  de  Bernold  élait 
connue  de  la  femme  du  malade,  du  prêtre 
qu'il  avait  mandé,  et  des  voisitisqul  l'eu- 
toaraient  (181&J  ;  puisque ,  certaiuemeni , 
elle  était  encore  connue  de  lousceux  t  qui 
le  malade,  sa  femme,  le  prêtre  et  les  voisins 
la  racontèrent,  de  tous  ceux  que  la  pu- 
blicité donnée  au  bit  par  Hincmar  dut 
porter  à  recueillir  auprès  des  premiers  ae- 
leurs  eux-mêmes  de  nonveaus  détails* 
comment  admettre  avec  vraisemblaoce  que 
l'arcbevêque  aurait  ajouté  an  récit  aolheo^ 
tique  de  Bemold  une  moitié  apocryphe  ai 
iinpoi1aulti(181$}r 


(UOS^f)  Biti.Btt..nmUdn»iimi^U,l.m,  M  «*i  Psrdile  «et»».  >      _  „       „ 
c.  •  117.  (tM5)  SirwMid.  CMt.  «rt.  fMt.,  t.  RI. 

XI»)  FMtàoM, «M  impn,  c  «.  (181*)  Flodeard.  m.5  :  «  WUlw  MW« 

Kit)  Ftoloard,  ni,  31.  atqne  circanauiiin.  * 
^  »12.>  Flsei7.  »i,  45  :  «  Oa  croit  qne   Lcopar-         (181^  FleihMTd.  mUtmprM. 


lis» 


mcnomAiRB 


V  Hnil,  nous  dit  H.  Am|>ère,  Hincmar 
était  bien  évidemment  iniéretiiàcelte  vitiont 
Cela  es!  vrai,  nuisquc  l'un  en  pouvait  coa- 
elure  qu'il  élail  homme  ije  l)on!<  conseils  et 
de  prières  efliraees.  Cependant  U.  Aropère 
aursildûremarquerqueies  autres  seigneurs 
francs  n'étaient  guère  moins  intéresses  que 
le  prélat  b  celte  affaire,  nui8(]ue  l'empereur 
88  repentait  égalemeold  avoir  né}(tigé  leurs 
iris.  Faudra-t-il  donc  aussi  accuser  les 
seignears  d'avoir  aidé  fc  fabriquer  l'ioipo»- 
lureT  Secondement,  on  anrait  dû  remarquer 
encore  que  ce  n'est  pas  ft  soiiante  ei  onze 
«as  (1816),  au  milieu  des  honneurs  qui  l'en- 
touraient dans  l'Ëtst  et  dans  l'Eglise,  qu'un 
ittélronolitain  de  Keims  aurait  eu  besoin  de 
travailler  i  établir  son  crédit,  ou  qu«.  p6ur 
l'établir,  il  se  serait  mis,  par  une  lelle  im- 
posture, k  Is  merci  de  Beraold,  de  sa  feimue 
«I  de  Ses  voisins. 

5*  Autre  motif  de  soupçon  pourU.Amp&re. 
En  lisant  dans  Plodoard  que  le  récit  fut 
expo$é  là  où  it  était  néceuaîre,  ne  peut-un 
jias  penser  que  cette  pièce  fut  rédigée  pour 
aller  sous  les  ;eux  du  roi  T  Non  ;  ou  ne  peut 

Iias  le  penser,  e(  c'est  le  texte  même  de 
Hodoard  qui  le  défend,  c  Le  Seigneur  Biao- 
mar,  dit-il ,  rédigeant  par  écrit  la  vision 
qu'on  lui  avait  rapportée,  et  l'exposant  daus 
les  lieux  où  il  parut  nécessaire,  la  Bl  par- 


venir è  la  connaissance  d'un  graad  nombre 
to  personnes,  et,  tant  par  lui-  _  ,.__ 
parles  autres  fidèles  du  roi  qui  se  trouvaient 


aussi  tous  son  pouvoir,  il  travailla  pieuse- 
ment et  fidèlement  pour  l'absolution  de 
rtme  de  ce  prîoce  «I  pour  qu'elle  Dbtlut  l« 
repos  (1817).  • 

L'archevêque,  on  le  voit,  s'était  doDC 
pro))Osé  de  SHoourir  dans  le  purgatoire 
Charles  le  Chauve  par  ses  prières,  et  t>ar 
celles  des  seigneurs  ses  diocésains,  dont  le 
prîoce  re(p-e(uit  de  n'avoir  pas  suivi  les 
sages  avis.  Pour  obtenir  ces  prière»,  il  Qt 

Klacardor,  partout  où  il  le  crut  nécessaire, 
i  relation  de  la  vision  de  Beruold.  Or,  eo 
tout  cela,  qu'est-ce  qui  montre  qu'Hinemar 
ail  écrit  poar  tromper  Louis  II  et  abuser  de 
s«  crédulité  7 

6*  U.  Ampère  pencfae  encore  h  regarder 
celle  Tition  comme  une  ruse  iotéreaséd 
d'Hinemar,  parce  que  le  prélat  était,  diuil, 
peu  timoré  quand  il  s'agissait  d'établir  boo 
crédit  el  mu  autorité.  —  Nous  verrons  si, 
dans  la  suite,  U.  Ampère  sera  plus  beureux 
4u'icî  dans  le  choix  de  ses  preuves  de  la 
fourberie  dliiiicmar.  Jusqu'à  présent,  le 
censeur  nous  a  paru  beaucoup  moins  timoré 
que  le  prélat  dans  le  cboii  de  ses  atùyent. 

Faut-il  iaire  observer  que  je  n'ai  pas 
songé  i  établir  que  le  rêve  de  Bemold  ail 
éié  autre  chose  qu'un  révet  i'ai  unique- 
iiieiit  voulu  dire  qu'Hinemar  ne  l'a  pas  in- 
venté. Partageant  sur 'plusieurs  points  les 
pr^ugés  de  son  sjèi;le,  il  a  trop  facilement 
cru  aux  révélations,  comme  il  crovait  è 

(tSlt)  Olncmar,  né  vers  l'an  806,  écrivît  cette 
lettre  après  la  mort  *le  Ciiarles  le  Clianve,  dont  il 
retommanda  t'JiDM  aui  pnéres  deiffiifèies;  |iar 
coniêqueni,  vcn  I'm  877,  épique  où  inouruL  col 


APOLOCETIOIJE.  BR  lin 

l'edicacilé  des  épreures  Joifieiiirei  par  le 
fer  chaud  et  l'eau  booillanrt.  Vmli  Ioul 
Il  tenait  par  ce  cAlé  ï  snn  temps,  i^n'il do- 
minait soit  par  son  érudition  eficléfiaslh;ai, 
soit  par  la  fermeté  et  la  dignité  de  soi 
caractère. 

in. 

QMlIn  <Mt  été  les  préMtiMt  tïïkKmn  tmt  i 
ra^alit 
■  Et  ne  croyex  pas  que  ce  besoin  dW 
porlance  politique,  celle  popularité  deew 
dunl  Hincmar  jouit  conslammeni,  dit  H. 
Guizol,  coûtassent  rien  i  l'iDdépeadsTici, 
disons  plus,  h  l'orgueil  de  l'évéâiie.  Il  ne 
fut  point,  vous  venez  de  le  voir,  du  maàt 
de  ces  prélats  insolents  et  Iraeaasiert  qui, 
sous  Louis  le  Débonnaire  et  Cliirin  1; 
Chnuve,  se  i-omplurent  h  humilier  demi 
eux  la  rojBUté;  mais  il  professait,  enllèi 
générale,  les  principes  sur  lesquvl)  Wn 
prétentions  étaient  fondées,  et  plus  d'uni 
fois  il  opposa  aux  volontés  du  pum 
temporel  un  langage  tout  pareil  au  leur. 
On  lit  dans  son  traité  sur  le  diioneiie 
I^tliaire  et  de  Teutborge....  Quclquci 
sages  disent  que  ce  prince,  étant  roi.u'eti 
soumis  aux  lois  ni  aux  jugements  Je  |>(f- 
sonne,  si  ce  n'est  de  Dît- u  seul...  qui  !'<  Iiil 
roi...,  el  que  de  même  qu'il  ne  doil  pniiil, 

2uoi  qu'il  fasse,  èlre  excommunié  jHr ki 
vèques,  (te  même  il  ne  peut  èircju^iv 
d'autres  évëques;  car  Dieu  seul  adruilili 
lui  commander...  Un  tel  langage  u'eJtvw'' 
d'un  Chrétien  catholique;  il  est  plein  <l< 
blaspbàme  et  de  l'esprit  du  démnn.-L'»- 
torilé  des  apâtres  dit  que  les  rois  doimi 
être  soumis  à  ceux  qu'elle  institue  is  dm 
du  Seigneur,  et  qui  veillent  sur  lenrlsd 
afin  que  cette  lAufie  n«  leur  soit  poinJM 
si^el  de  douleur.  Le  bieiibeureui  hfl 
Gélase  écrit  k  l'empereur  Anaslou  :<li.' 
a  deux  nouvoira  principaux  pir^o'^ 
gouverné  .ce  monde  :  l'autorité  imu''' 
et  la  dignité  rojale;  et  l'sutoriie  to'W' 
tifes  est  d'aulant  plus  grande  qu'iJiti»'^^ 
compte  au  Seigneur  de  l'Auie  îles  roisnv 
mêmes.  >  Quand  on  dit  que  le  m  >"^ 
soumis  aux  lois  ni  au  jugement  dtpc- 
sonae,  si  ce  n'est  de  Dieu  seul,  oiidiliîi> 
s'il  est  roi,  on  effet,  comme  l'iudtque  ii» 
nom.  U  est  dit  roi  parce  qu'il  régit.  S^ 
verne;  s'il  se  gouverne  Ini-méme  mI(id> 
volonté  de  Dieu,  s'il  tiirige  les  bons  duu'i 
TOie  droite,  et  corrige  les  mé<;tianti  h"^' 
les  ramener  de  le  mauvaise  voie  iiu» 
bonne,  alors  il  est  roi,  et  n'est  souai'f'i 
jugement  de  personne,  si  ce  n'etldïD'^- 
&eul;...  car  les  lois  sont  instituée],  K 
contre  les  justes  mais  contre  les  inju'"*' 
Uais  s'il  est  adultère,  homicide,  »"<P'- 
ravisseur,  alors  il  doit  être  jugé,  «  ^ 
ou  en  public,  par  les  évèques,  quiwiil» 
trdnes  de  Dieu,  , 

•  Jamais,  k  coup  sûr,  les  maxiBe**" 
souveraineté   ecclésiastique  n'flDJWP»! 
formellemtnt  éUlées  ^1818}.  > 
eanpereqr. 
(1817)  Flodoâu,  111,  18.  ,    M 

(18t8)  Biu.  de  la  ticil,  en  Fnaa,  l.D.H*' 
p  3». 


Hin 


Dlcn(»{NAine  APOliOGETIQL'C. 


tait 


iifii 


HiDcmr  croyait  que  tes  princes,  comme 
ans  les  aolres  Gdèles,  dersien[  A(re  ordi- 
iiireinent  sujets  i  la  fiéaitence  tteriu  pour 
purs  butes  secrfties,  et  à  ]a  péDitence  pu- 
liqmf  pour  leurs  Tautes  publiques.  Or,  ce 
l'était  li  ni  une  prétention  ni  une  maiime 
lù  se  serait  Aatée  la  soureraioelé  eecl&ias- 
iqne.  Euminous  d'atwrd  oes  eboses  eu 
lie-méffles. 

A  quel  poiDt  de  Toe  les  nommera-t-ou 
•rétention?  Sera-ce  parce  que  l'Eglise,  dans 
t  eouféssion ,  se  declsrail  juge  des  fautes 
le  ses  enfants?  Hais,  depuis  qu'elle  existe, 
lie  proclame  te  droit  et  agit  en  consé- 
luence.  Sera-ce  parce  que  la  'pénitence  pu- 
Dliqae  dépassait  le  for  intérieur,  et  s'élen- 
Mt  jusqa'ï  prirer  les  pécheurs  de  leurs 
tsseltoos,  et,  par  conséquent ,  les  rois  de 
lear  dignité  en  certains  cas  T  Hais  ce  ré- 
niltal  exlréme  ne  se  trouve  réalisé,  en  ce 
^ui  eonceme  les  rois,  je  pourrais  m6me  dire 
n'a  été  regardé  comme  possible  contre  eux 
lue  du  moment  où  les  princes  eux-mêmes 
«réglèrent  ainsi  pour  le  forexIérîeur.tDepuîs 
^  TH' josqu'an  xu*  siècle,  dit  un  très-docte 
■cTÏTaîn  moderne,  l'usage  de  la  ]>éDitence 
mUique,  même  ponr  les  crimes  publics, 
rUantpeukpen  tombé  en désuélode,  on  publia 
[  «Doureaux  r^lemeots,  qui  araienl  pourbut 
'._*  la  maintenir  en  certains  cas,  et  d  j  subs- 
«Iner  en  d'aulres  des  peines  équiralentes. 
I  I  fut  doM  êiatué,  dans  im  grana  nombre  de 
emcila  tt  dt  tapilutairee  :  1*  qne  les  effets 
remponiM,  altscbés  depuis  longtemps  k  la 
p^niteoce  publique,  seraient  désormais  at- 
lacbési  certains  crimes  énormes,  tels  qoo 
fadolière,  l'inceste,  le  rapt,  le  parricide,  le 
neurtred'nn  éréque,  d'un  prêtre  ou  d'un 
iiacre,  soit  que  le  coupable  tlt  une  péni- 
■Dce  publique,  soit  qu'il  se  conleniflt  u'uiie 
Silence  secrète;  3* que,  dans  certains  cas, 
ù  ies  crimes  auraient  nne  plus  grande  pu- 
^icilé,  on  obligerait  les  coupables,  par 
ricommunicalion  ,  à  subir  la  pénitence 
utilique,  selon  l'ancien  usage;  que  s'ils 
rfusaient  de  s'j  soumettre,  ils  y  sermenl 
•airaints  par  l'autoriié  do  la  puissance 
mporelle  (1819).  ■  Or,  en  changeent  ainsi 
f  pénitences  religieuses  du  Rituel  en 
énes  infligées  par  le  Code,  les  rois  n'éla- 

Êeot  point  d  exception  en  leur  faveur. 
is  entendrons  bienlAt  Charles  le  ChnuTe 
éelarer  an  concile  de  Saronières.  SJain- 
•ani,  quelle  est  la  conséquence  de  tout 

ri» 

C'est  que  l'Eglise,  au  ix*  siècle,  était  in- 
itie par  sa  discipline  antique  et  par  les 
ftilulaires  d'un  pouvoir  qui  risquait,  en 
■Iqnes  circonstances,  de  devenir  dango- 
n,  mais  qui  toutefois  était  convenable 
I  milieu  des  mœurs  corrompues  de  la 
•Bdeoce  romaine  et  de  la  barbarie  de 
•▼asioa.  Par  conséquent  ne  donnons  plus 

Com  banal  de  prétention  k  d'utiles  usages 
tous  l'épiscopat   d'UJncmar,   étaieut 
iDi  de  plusieurs  siècles  et  généralement 


adoptés.  Pour  moi,  j*applaudis  aussi  bien  k 
Hincmar  menaçant  Lotbaire  d'un  concile 
qu'au  meunier  de  Sans-Souci  menaçant  le 
grand  Frédéric  des  juges  de  Berlin.  C'était 
dans  les  deux  cas,  nn  appel  k  l'équité  des 
Iribunaax  du  temps. 

Uiocmar,  d'ailleurs,  n'a  point  étalé  des 
maximes  d'omnipotence  ecclésiastique.  Le 
clergé  au  ix'  siècle  ne  demandait  pas  plus 
k  diriger  la  chose  publique  que  le  ménage 
des  particuliers  ;  il  se  contentait,  quand  un 
prince  s'abandonnait  k  certains  crimes  énor* 
mes,  de  réclamer  l'application  de  la  loi. 
Direz-Tons  que  la  magistrature  judiciaire 
a  des  prétentions  de  domination  univer- 
selle, parce  qu'elle  peut  nous  appeler  à  sa 
barre? 

Hais  n'importe,  de  l'avis  de  qoelqaes  au- 
teurs il  fallait  consentir  h  être  esclave,  le 
roi  voulait  ;  il  fallait  sacrifier  on  du  moins 
vendre  les  privilèges  du  peuple  chrétien  et 
ses  libertés,  le  roi  voûtait.  Sénèque  ne  rai- 
sonnait pas  autrement  quand  il  écrivit 
certaine  apologie  qui  charge  de  honte  sa 
mémoire  :  Néron  voulait.  Si  du  moins  ces 
recommandations  de  servitude  n'étaient  pas 
imposées  k  la  religion  par  des  gens  qui  ont 
chassé  k  coups  do  fusils  deux  on  trois  dy- 
nasties de  rois  et  d'empereurs.  On  souffre 
de  voir  H.  Gnizot  ne  pas  toujours  s'éloigner 
assez  de  celte  triste  classe  de  censeurs. 
I  «1. 
Ukhiv  a>nDl*-l-il  le  droU  nitè^U  mjale. 

H.  Ahfï»  dit  :  •  Les  évèquesde  Lorraine, 
partisans  de  l'empereur  Lotbaire,  ayant 
mis  en  avant  cette  thèse  servile  :  «  Le  roi 
e  estsoumisuniquemeutkDieaquîledirige; 

■  ses  évèques  ne  peuvent  l'excommunier.* 
Hincmar,  ne  voulant  se  laisser  ravir  le  droit 
d'excommunication  sons  aucune  forme, 
s'écria  :  «  Cette  parole  n'est  pas  d'un  Chré- 
tien  catholique >  Hincmar   va  jusqu'k 

ébranler  l'autorité  royale  dans  sa  base, 
dans  le  droit  d'hérédité.  «  Nous  savons  cer- 

■  lainement  que  la  noblesse  paternelle  ne 
«  suffit  pas   pour   assurer  les  suffrages  du 

■  peuple  fluxenfantsdesprinces;  caries  vices 
a  ont  vaincu  les  privilèges  naturels,  et  l'on 

■  baunille  délinquant,  oon-seulement  de  la 

■  noblesse  de  son  père,  mais  de  la  liberté 
c  même.  ■ 

<  La  théorie,  exprimée  ici  avec  une  sin- 
gulière vigoeur  d  expression,  avait  été  ap- 
pliquée k  Liuis  le  Débonnaire  (1830).  » 

1'  Puisque  la  Ibèse  soutenue  par  les  par- 
tisans de  Lotbaire  était  eerviie,  pourquoi 
H.  Ampère  se  raille -l- il  d'Biocmar,  qui 
s'indignait  de  cette  servilité? 

S*  Au  lieu  de  chercher  k  nous  égayer  par 
nn  sarcasme  surHincmar,  le  critique  aurait 
iutlniment  mieux  tait,  ce  semble,  de  ue  ça% 

F  rendre  Lothaire,  roi  de  Lorraine,  pour 
empereur  Lothaire,  mort  k  cette  époque,  et 
dont  Itj  titre  était  passé,  avec  le  gouverne- 
meut  de  l'Italie,  k  Louis,  frère  afné  du  n>i 
de  Lorraine. 


t«I9j  L'aMé  Cmkliii,  P«aroîr  **   Pape  an  laojtn  âge,  èXA.  Se  1W5,  p.  «t. 
*ii)  T.  III.  p.  «W.  j      »  '  •  V 

DiCTiotiAine  APOi.oo^iQi;e   l. 


DKTioNNAmB  apoi.ocetiqi;e. 


i:n 


\u 


3"  La  pensée  d'Hincmar  sur  l'tiéréilité 
royale  me  parall  beaucoup  moins  péril- 
leuse que  H.  Ampère  ne  ta  juge.  Quand  les 
courtisans  de  Lorraine  disaiflot  que  leur 
roi,  assis  sur  le  trdne,  son  faëritage,  ne 
pourait,  quoi  qu'on  tui  reprochât,  fiirejugé 
que  par  Dieu,  HincniBr  rappeiail  que  le 
sang  de  Hoïse  et  de  Samuel  n'avait  pa4 
empêché  l'iadigne  postérité  de  ces  grands 
hommes dese perdre promniemenl dans  l'obs- 
Gorité.  Il  citait  encore  d  autres  exemples, 
et  concluait  par  celte  réflexion  :  «  Nous 
Toyoos  certainement  combien  la  noblesse 
paternelle  suffit  peu  aux  enfants  pour  ob- 
tenir les  suffrages  (1831)  ;  »  c'est-à-dire  que, 
selon  l'archevêque  de  Reims,  l'iiérédilé  ne 
pouvait  être  un  litre  d'impunité  pour  les 
princes  régnants,  ni  pour  les  jeunes  princes 
indignes  ou  incapables  un  titre  sacré  au 
trdue  paternel.  N'est-ce  pas,  au  fond,  ce 
que  tous  admettent  7 

Une  circonstance  d'ailleurs,  qui  explique 
la  hardiitsse  d'Hincmar  k  proclamer  celte 
maxime,  c'est  qu'ft  cette  époque  de  860,  le 
principe  de  l'hérédité  n'était  point  encore 
enraciné,  comme  k  préneut,  dans  notre 
consUtution  politique.  Si  les  Sis  succédaient 
à  leur  père  sur  le  trÂne,  ce  n'était  pas  uni- 
quement comme  héritiers,  c'était  Jurtoul 
comme  élus  de  la  nation.  Les  peuples  avaient 
le  droit  de  choisir  le  souverain,  au  moins 
parmi  les  membres  de  la  famille  royale. 

■  Cette  espèce  de  droit  d'élection,  dit  Mon- 
tesquieu, se  trouve  couQrmé  par  lebmonu- 
meuts  de  la  seconde  race.  Tel  est  ce  capitu- 
laire  de  la  division  de  i'«mpirequo  Charle- 
magno  fait  entre  ses  traie  enfants,  où,  après 
avoir  formé  le  partage,  il  dit  que  :  «  Si  un 

■  destroisXréresaua  fils, tel  que  le  peuple 
«  veuiHo    retire   pour   qu'il    succède  au 

•  royaume  de  son  père,  ses  oncles  y  con- 

•  sentiront  (1822).  ■ 

Le  principe  d'hérédité,  daos  la  monarchie 
carloviugieone,  avait  donc  assez  de  latitude 
j>our  qu'Uincmar,  sans  risquer  de  l'ébranler* 
pût  avertir  que  les  vices  avaient  été  et  de- 
viendraient peut-être  encore  un  obstacle  & 
l'élection  d'un  flls  de  roi. 


U.  Am-ftKB.— «Jusqu'ici  Hincmar  a  parlé, 
«t  nous  l'entendrons  plus  tard  parler  encore 
un  langage  hautain,  mais  qui  ne  manque 
[MS  de  noLlease.  UaJlieureusement,  il  n^en 
lint  pas  toujours  un  pareil,  Botamiitem  dans 
une  alTaire  célèbre  et  déplorable,  dans  J'af- 
faire du  divorce  de  l'empereur  Lotbaire  il 
et  de  Theuleberge.  Jen'entrerai  pas  dans  les 
détails  de  cette  triste  histoire;je  rappellerai 
seulement  que  Lotbaire  s'était  séparé  de 
Xheateberge,  par  suite  d'un  attachemeat 

(192IJ  ùt  àiforlio  Mlotkani,  etc.,  Inct.  Mcund., 
reip.  aa  inurrogaiioiiem  seiiain. 

(Î82Î)  Eipril  de,  loit,  I.  un,  c.  17. 

[1823]  T.  m,  p.  m.  -  M.  Guiioi  dit  ansu: 
«  Uaus  la  grande  lulle  de  Nicolas  I"  contra  le  roi 


conçu  pour  une  autre  femme  nomnée  Vit- 
drade;  que  l'Eglise,  le  pape  Nicolas  et  nec 
lui  l'archevêque  Hincmar, servant  riEiimilid 
de  Charles  le  Chauve,  forcèreol  Temptittir 
Lotbaire  de  demeurer  uni  à  son  ijMuse, 
malgré  Is  désir  des  deux  époui,  milgré 
l'aveu  que  fit  la  reine  elle-mtme  des  uimn 
qu'on  lui  reprochai),  et  qui  étaient  lie  lu- 
ture  à  dissoudre  le  mariage.  Dans  toulectUr 
affaire  où  abondent  les  meusoiiges  et  la 
falsifications  Je  pièces  auxquelles  il  n'ot 
pas  sûr  qu'Bincmar  soit  denieuré  eolière- 
luent  étranger,  il  fut  constamnieni  d'ieconl 
avec  le  roi  de  France,  Charles  le  Cbiuit, 
et  avec  Nicolas  1".  Les  évéquesdu  rojauait 
de  Lothaire  élevèrent  hautement  ta  luiicn 
faveur  de  leur  prince  contre  k  roideFriiKt 
et  contre  le  Pape;  plusieurs  d'entre  mi, 
ayant  été  déposés  par  Nicolas  pour  itou 
tenu  un  concile  favorable  i  Velilrade,  pro- 
testèrent dans  les  termes  les  plus  Tëbéiueau 
contre  cette  déposition ,  et  envoyèreai  1 
Rome  un  évèque  nommé  Hilduia,  poor 
porter  leur  protestatiou  sur  In  lomheau  it 
saint  Pierre.  Hilduin  entra  dans  l'égli«Jt 
Saint-Piérre  l'épée  k  la  main,  tua  ud  ia 
gardiens  de  la  basilique  et  en  blesu  plu- 
sieurs  Voici  quel  était  leur  Isugigc 

*  Npus  ne  recevons  pas  ta  seniencs  au- 
■  dite,  etc.  ■  Dans  ses  emportemeDltctuilR 
les  prétentions  de  Rome,  jamais  Bincnu 
ne  se  permit  une  apostrophe  aussi  lébé- 
mente.  Je  la  cite  comme  exprimaaluqiiV 
y  avait  de  plus  violent,  de  plus  réTolution- 
□sire  dans  l'éiiiscopat. 

«  Hincmar,  au  sujet  du  divorce  de  !'(*- 
ptireur  Loltaaire,  écrivit  un  traité  reoipliJt 
sofhismes  et  d'une  casuistique  birturt, , 
dont  lui-même  sent  le  besoin  il'einftf 
la  grossièreté;  le  tout  pour  compliiKtl 
Charles  le  Chauve  et  k  Nicolas.  C'esiliiW 
tie  faible  et  honteuse  de  la  vie  iTI*' 
mar  (1823).  » 

Le  cteur  se  soulève  à  de  telles  (M"'' 
dont  on  ne  peut  dire  cependant  ip''^'"^ 
soieot  la  partie  faible  et  honteuse  del'â<>* 
ioirelittirairt,  etc.,  car  trop  d'aulrei{>f(*| 
du  livre  ressemblent  à  celles-ci.  I 

Sans  son  résumé  de  l'affaire  dadJ'Hi^ 
U.  Ampère  s'est  trompé  surLolluirc.BrtI 
teberge  ,  Charles  le  Chauve,  les  éièq>4 
lorrains,  la  papauté,  et  enfin  sur  BxattM 

Lothairtpmaantiondivara.  -U-im^ 
nomme  jusqu'à  trois  fois  le  roi  de  Lom4 
empereur.  Mais,  comme  je  l'ai  dèjMl 
observer,  ce  prince  ne  fut  jamais  empereif 
•Sou  père,  nommé  comme  lui  Loliui^l 
son  fièie  Louis  portèrent  ce  Ulre  en  IiilU 
et,  après' eux,  Cliarles  le  Cbauve,saao'>'j| 
toi  de  Neusirie;  mais  lui,  jamais  il  d'I 
porla.  J 

Quand  H.  Ampère  assure  qns'^^ 
et  Hincmar  forcirent  Lothair*  à  ^ 


Lotbaire,  à  roccaaion  de  TlMiiUier^  tt  A'  "^ 
drade,  HlncniaT  prii  te  parti  de  la  coar  <i«  *" 
Boutiiit  ta  même  cause,  et  en  reçat  '>^'>'^ 
marques  d'estiaie  et  de  UenteUlaai!*.  •  I''"'^ 
p.  377. 


1165 


MCTHMOiAIRR  APOUK.RTIQUE. 


lUX 


lUS 


mt  â  $om  fpome,  eeUe  hcon  de  parler  ta  il 
croire  an  anceèsde  Nîcwas  et  dHiocmar, 
cboH  Balheiireiiaeineot  trop  ioeiacte.  Les 
aecusalioBsduroi  contre  Tbeuteberge  com- 
mencèrenl  vers  857.  En  862,  Lotbaire 
époDM  Vtidradfi.  et  le  démêlé  Bnit  e.n  869, 
p«r  la  mort  du  priore.  Or,  depuis  862  jus- 
qu'à 869,  oo  ne  parrint  à  réunir  Lothsire  et 
Tbea(d»erge  qu'une  année,  en  865.  Eti  I 
quelle  réunion, au  milieu  de  menaces  de 
mort  el  aux  côiés  de  Yaldradel  11  fallait 
'!onc  dire  non  pas  qu'on  furça  le  roi  de 
Lorraine  I  garder  ion  épouse,  mais  qu'on 
^aisa,  presque  en  Taie,  tous  les  mo>ens 
lie  la  lot  faire  garder  (1824). 

Tktuttberge pendant  h  dworeede  Lolhaire. 
—  H.  Ampère  oe  paraît  point  duater  de  la 
cilpatulile  de  cette  reine ,  ni  même  soup- 
fomwrqQ'il  puisse  s'élever  un  doute  sur 
«tlii  il  s'en  tient  î  l'areo  qna  la  rnioe  JU 
^Umtmt  du  crimes  fw'Mi  fui  reproduut, 
<j8aat  aux  protestations  coutraires  de  la 
cjiillieurease  prioeesse,  elles  sont  pour  lui 
riciii  avenues.  La  justice,  cependant,  exi- 
én">t  une  sévérité  moins  dédaigneuse. 

_Versran8S7,  Lotbaire  accusa  Tbeuteberge 
J'avoir,  avant  son  mariage,  commis  un 
estime  hontenx  avec  son  frère.  On  recourut 
3«rjagemeat  de  Dieu,  et  le  champion  de  la 
rvineajanl  retiré  intacte  sa  main  de  l'eau 
bonillsiite  ,  l'accusée  se  vit  réhabilitée. 
DeoiBnsaprès,rinculpaM'ou  fut  renouvelée, 
et  oa  parfa  d'une  procédure  en  forme  à 
ronmieocer.  Tbculeuer^e  écrivit  au  Pape  et 
l'avertit  des  menaces  dont  on  reETra^ait 
pour  lui  faire  confesser  ce  crime  supposé. 
HJI»!  ajoutait  :  ■  Si  on  me  presse  davaalagc, 
je  dirai  tout  ce  qu'on  voudra,  non  pour 
ubéir  à  la  vérité,  sacbez-ie  bien,  mais  par 
[«ur  de  la  mort  et  pour  me  sauver,  car  je 
ne  puis  j  réussir  autrement  (1823].  «  Kn 
effet ,  dans  plusieurs  conciles  d'Aii-la- 
r.hapelle,  elle  se  déclara  coupable,  fut  coo- 
iamoée  î  subir  une  pénitence  canonique  et 
Lolhaire  put  épouser  Valdrade  :  c'était  ea 
âO.  Tbeuteberge  se  réfugia  en  Neuslrie,  et 
;>roiesta  auprès  du  Saint-Siège  contre  ses 
•reux  forcés.  Nicota.s  indiqua  un  nouveau 
jODCile  pour  863,  et  y  envoya  des  légats,  qui 
eurent  la  faiblesse  de  laisser  faire  tout  ce 
qoe  souhaitait  Lotbaire.  Le  lèle  du  pape 
%i  colas  redoubla,  et  réussit  i  rapprocher  les 
ivux  éiionx  el  i  éloigner  de  la  Lorraine 
k'aldrade,  qui  j  revint  bienMt.  Nouvelle 
tccosation  contra  Tlieuteberge.  Celte  fois 
:'^tait  d'un  adultère  qu'on  la  cfaanseait,  et 
n  roi  voulait  qu'un  duel  dtîtiidât  de  la 
''értté  de  rMeus8tion,doot  le  résultat  pou- 
ailétre,  pour  la  reine,  la  peina  de  mort, 
rbeutebvrge  vint  de  nouveau  à  ia  cour  de 
^baries  le  Chau*e,  el,  lasse  de  celle  hain^ 
AfufiD,  elle  conjura  Nicot^is,  puis  Adrien 
on  successeur,  de  lui  permettre  de  reuoeeer 

il  SU)  Dànn.,  Bist.  de  Pr.,   règne  de  Charles 
^luHTe.  —  Ekiin  Calket,  tf  r«i.  dé  Lorraint,  1. 1 
«lSi5)  SiK«0!w,  CoHC.  rai.  Co//.,   uUI,p.l9tl. 

{iSit}  Sur  loui  ees  Tailt,  Mi'r  Duicl, dora  CtL' 


ï  son  union  avec  tolhaire.  Elle  donnait 
pour  motifs  tes  malheurs  el  sa  stérilité; 

elle  prétendait  même  que  son  mariage  u'âlatt 

fas  légitime,  le  roi  ayant,  antérieurement 
elle,  épousé  Valdrade.  Comme  dans  ce 
débat  H  y  avait  non  i»as  seulement  en  ques- 
tion la  iranquillîié  de  celle  infortunée,  mais 
encore  un  principe  essunliel  de  la  morale 
chrélienne  sur  la  stabilité  du  mariage  ,  le 
Saint-Siège  n'entra  pas  dans  les  idées  de 
la  suppliante.  KnGn,  en  863,  la  mort  im- 
prévue de  Lolhaire  termina  ce  drame  de 
douze  années  (1826). 

Or,  H.  Amnère  n'aurait  pas  dû  passer 
sous  silence  les  proteslations  réitérées  de 
Tbeuteberge,  ni  donner  à  croire  que  le  dés- 
honneur de  la  princesse  fût  chose  démon- 
trée. 

Lt$  MqutÊ  lorraiiu  pendant  le  diDoree  de 
Lothaire.  —  Ce  n'est  pas  un  concile  seule- 
ment, comme  dit  M.  Ampère,  mais  quatre 
conciles  favorables  à  la  passion  de  Loitiaire 
qui  furent  tenus  par  les  évèques  de  ce 
royaume  :  trois  à  Aix-la-Cbap^le,  en  860 
et  en  863,  et  un  autre  à  Metz,  en  863  (1827). 
^  Ensuite,  dans  aucune  de  ces  assemblées 
l'on  n'életa  hautement  la  voixcontre  le  Pape. 
Il  nous  reste  l'épllre  de  l'un  de  ces  concil<^9 
envoyant  ses  actes  b  Rome.  Les  prélats  y 
disent  à  Nicolas  I"  :  ■  Dès  documents  aposiu- 
liques  et  des  décrets  pnotiScaux  en  grand 
nombre  nous  apprennent  que,  lorsque  la 
sainte Egliseestagiléepiir  quelque  nouveauté, 
nous  devons  humblement  nous  approcher 
de  la  sublimité  de  votre  très-saint  apostolat, 
consacré  par  la  foi  et  le  nom  du  prince  des. 
apôtres,  et  puiser  avec  sincérîlé  les  irès- 
salutaires  leçons  d'un  véritable  conseil,  daus 
le  lieu  où  le  Christ,  notre  doux  maître  vt 
notre  chef  suprême,  a  posé  le  fondement  de 
l'Eglise...  Si  des  temps  plus  favorables  nous 
souriaient,  tous  nous  souhaiterions  nous 
présenter  h  Voire  Sainteté  (1^.  ■  Pas  un 
mot  de  ce  qui  nous  reste  des  autres  conciles 
lorrains  ne  contredit  ces  hommages  des 
évèques  au  Saint-Siège. 

Gunthairu  ••t  Theudegaud  portèrent  les 
actes  du  concile  de  Metz  au  pape  Nicolas, 

Î|ui  frappa  de  la  peine  Jedéposition, comme 
auteurs  des désordrcsde  Lothaire,  lesdeux 
archevêques.  Ceux-ci,  ayant  en  vain  fait 
intervenir  l'empereur  pour  adoucir  Nicolas 
irrité,  chargèrent  un  uomuié  Hilduio,  qui 
n'était  pas  du  tout  évcqu»  de  Cambrai,  de 
déposer  sur  le  tombeau  de  saint  Pierre  la 
plus  insolent  écrit.  Tout  ceci  n'est  guère 
reconnaissable  daus  le  récit  de  U.  Ampère, 
qui  semble  lairu  arriver  directemeut  de 
LorrjBiue  h  RomeHîlduin  et  la  proteAlalion. 
Binemar  pendant  le  divorce  de  Lothaire.  — 
M.  Ampère  reproche  à  l'archevêque  do 
Reims,  d'abord,  d'avoir  attaqué  Lolhaire 
pour  plaire  soit  à  Charles,  soit  au  Pape  ; 


Il8i7)  llui.  de  rEglite  gatl.  par  Lo;>cceviL,  XVI, 
adann.  86U,  ttbl,  MiS. 

(1838)  SiRH'Ktb.  I.  III,  p.  158;  Cmeil.  à^mU' 
ftmt.  tp.  ad  tiic«Umm,  ^nn.  8Ui. 


f|G7                       H.»                    DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE.  IIM             ),{} 

ensuite,  d'atotr  peul-âtre  avié  h  fabriquer  H.  Am|>6re,  ii  n'est  remarquable  que  |ii[ 

da  fausses  pièces;  eaQn,  d'aToir  6uril  un  ses  sopliisnies  clsa  grossièrelé. 

traité  grossier  et  sophistique.  gans  nul  doute,  si  nooi  ne  cûnsMiroui 

Je  commence  par  protester  contre  )a  se-  dans  ce  Irailé  que  son  inculle  langage,  $« 

«onde  de  ces  accusations,  contre  le  soupçoa  longueurs  saiïs  Tin,  ceriainos  pages  sur  h 

que  l'archeTSque  aurait  bien   pu  devenir  épreuves  judiciaires  et  les  roBlélices,qui!l- 

niussaire  pour  perdre  le  roi  de  Lurraine.  Les  ques  lignes  de  médecine  légale,  uoui  itou^ 

pièces  fausses  dans  ce  procès  de  Theute-  rons  qu  il  sent  bien  son  ii.'  siècle;  nui}» 

bergt)  eussent-elles  été  cent  fois  plus  nom-  nous  avons   quelque  sympaitiio  pour  Ih 

breuses,  il  serait  impossible  de  présenter  pensées  généreuses  ,  nous  mâlorom  saai 

te    moindre  indice  de   quelque  concours  peine  un  peu  d'éloge  èi  la  criliqus. 

d'Hincmarb  la  confection  de  ces  document?.        ^.„,,  , , . ,     .  .  ,       ,  ,  . 

S'il  écrivit  i  l'occasion  du  divorce,  parce  ■   J  est  donc  bien  barbare  qoedemiotHa 

qu'on  le  consullait,  il  ne  prit  aucune  part  à  \m'  '^^"î"?' '  ^\°'^V  d«  prêtres,  poiir]i.î.r 

la  procédure  ni  comme  juge  dans  les  sy-  le»  itn.mondes  et  slop.des  unagmatoJ. 

nodes,  ni  comme  conseiller  ou  défenseur  âe  ^-û'^"'^*  *^o'"^«  Theuieberge  I 

Theuieberge.  Quand  donc  et  en  quel  lieu  C  était  donc  bien  barbare  que  de  se  rlèw 

i*a-t-dn  entrevu  accomplissant  son  œuvre  do  la  sentence  d'un  tribunal  qui,  au  rijqii! 

de  mensonge?  Quel  fait,  quelle  parole  lu  d'avilir  la  confession,  y  avait,  ilisiiNi, 

irahissenlT  Aquellepiècea-l-ilmislamain.  chercbé  ses  preuves,  du  consentemenl, il 

minable  façon  de  procéder  au  tribunal  de  ""'=«  "*""  '«  ^^P^  <!"  «"«  !  ■"""'»"■ 

H.  Ampèrel  Avec  ce  sjslème,  il  ne  sera  Cétail  donc  bien  barbare  que  de  pratlj. 

pas  sûr  que  l'archevêque  soit  demeuré  élran-  mer  q^ue  les  souverains  n'ont  pas,  deiauili 

ger  au  rapt  de  la  fille  do  Charles  te  Cbauve  'oi>  l'impunité  du  crimeT 

par  Baudoin;  il  ne  sera  pas  sûr  qu'il  u'ail  C'était  donc  bien  barbare  que  de  |irul^ 

point  participé  &  l'empoisonnement  de  Tem-  les  femmes  contre  les  n  obiles  et  liruU!» 

pereur  Charlesl....  11  ne  sera  pas  sûr  que  passions  de  leurs  maris?  «  II  edt  des  tiiin- 

loul  candidat  au  prix  Montbyon  ne  soit  un  mes,  écrit   Hincmar,  et   il  en  al  en  ffiu 

Alar-Gull  (1829).  Qu'est-ce  dune  que  M.  Am-  nombre,  de  si  luéctiants  que,  uioiusliuoi- 

père   trouve  dans  son  cœur,  pour  qu'il  ne  mes  que  bêles  féroces,  après  avoir,  surs-. 

soupçonne  que  fourberie  ilans  celui  d'un  si  soupçon  adultère,  tué  leur  première éj oui!, 

grand  et  si  vénérable  personuatie?  sans  loi,  sans  raison,  sans  jugemcal,  r" 

Quand  on  avance  qu'Hincmar  écrivit  son  colère  seulement  et  cruauté,  ou  par  alu- 

Traité  du  divorce  de  Lothaire  pour  cotu-  cbemonl  coupable  pouruneautrefcam^^i 

plaire  au  roi  de  France  et  au  Pape,  on  une  concubiue,  ils  vieDnent,encoreireiD,''ij 

prouve  qu'on  a  fort  mal  lu  cet  opuscule.  ^^  sang  de  ia  veille,  et  non-seulemcQtsd. 


Toudrail  juger  Theuieberge,  melgré  se  pré-  jE.,,,.  .       '""'î'  ""    f  ""'Tt. 

céJcnle  ji.fiUclioD,  per  Tépreufe  <le  l'eeii  SSïïî  ?"',  ""«s,™)""™-;  »" 

grendesco  ornes,  pourque  le  roi  de  France,  P.tf ''»■  ""-«H^Bu»""  soit  les  lois  d  •«> 

quelque  .ffeclion  qu'il'  porlâl  i.  Huberl  l"j '^/ ?"]  "V"',""""'' ,',°" '1  î 

irôro^ineuipé  de  Iliïuleberge ,  l'.n.ojSl  en  '^Tf  K«nér«les.  Après  loul,  s'.ls  i»l  " 

Lorr.ine,  ."lin  d'j  «IrejugôS™  la  relue.  "'"Vi'V"  ','""'°'-  i"'"  '"'ni 

„.  „.  ..      '  °     „  nienl  Us  seront  eiaminès,noup«iuN'i 

Si  Hincmar  ayail  reçu  do  Rome  son  mol  les  lois  romaines,  saliuues  ou  gembi" 

d  ordre ,  esl-ce  ou  il  aurait  dil  que,  dans  mais   d'iprfs  les   lois  diïioeJ  el  •[« 

la  supposition  do  la  culpabilité  de  Tlieute-  iiqués  (1831)  » 

berge,  Lothaire  pourra  épouser  VaIdradeT        .r„  .     ,       .  -i  j       u    u        i  ^«m 

faSrail-ll  dil,  puisque  sïcolas  I"déci.r«il  ,,  ^.""',""  «'"''  !'°°9.'"',Î;'",'',S 

que,  Thouleberie  morle,  le  roi  de  Lorraine  ?V°    ""  "tS  Ç'".'  ''  '?]*'"  '"i'    î, 

ne  pourrait  s'unir  à  la  femme  qu'il  awit  '"'"'»,'■"  P"'»'-''='''""l^'i"«  "'"".V 

aimée  d'un  amour  adullèro  (1830)1  """■■  >■'•'  ^i"™»  1  »  "est  pas  eej'* 

„.  .  _,    .\      ',    j.  une  raison  pour  mépriser,  aussi  iléoii^ 

Hincmar,  dans  son  TraiM  sur  («  dmorci  sèment  que  le  fait  M.  Ampère,  «0  *"" 

de  LolAoïra,  ne  fut  donc  comuléloment  de  le  sentiment  de  la  juslire  indigniSea^ 

1  avis  de  personne  autre  que  de  lui-même,  de  semblables  pages    Si  elles  ôiiiw 

el  n  eipnma  que  sa  propre  pensée.  quelque  adtersaire  de  l'Eglise,  B.  Amr 

Il  nous  reste  à  examiner  le  reproche  fait  pour  les  transcrire  ,  aurait  deiuaoJ^  u 

au  livre  même  d'Hincmar.  Aux  ;eux  de  plume  d'or  et  se  serait  mis  i  geuoul. 


(ISiS)  On  connatl  le  roman  de  H.  Engèae  Sue,     aii  LolAariam. 
nitiiule:  Àlar-GuIl.  (18511  De  rfinorlw,  etc.  resp.  ad  inlcm^ti 

(1830)  SuaiMD,  Coari(.,III,  SU,  fféroiai  eptir     uni  prinris  pan. 


DfCTIONNAIRe  APOLOCETIQUC 


■  Lolhaire  H  mourut,  dît  H.  Ampère.  Il 
hissait  UD  frère  et  unlîls:  Charles  le CbsuTs 
u'l-d  jagea  pas  moins  à  propos  de  s'emparer 
du  roraume  de  Lorraine,  et  Hincmar,  aiosi 
qut  les  autres  éiSques  de  Frauce,  secoa- 
(Jèrenl  celte  ambitieuse  usuquilion.  Hioe- 
mar  courooDa  et  sacra,  dans   la  calhéilrale 


liODàW  par  du  discours  uon  moius  sJijniG- 
ralil,  et  daas  lequel  se  Irouveot  ces  paroles 
ei,'ressi*e3  dans  leur  briërclé  :  «  Nous  nom- 
*  moDs  le  roi ,  d  i  l-jl,  «f  nobit  prœtil  el  protif,  ■ 
re  qui  pourrait  se  traduire  en   français: 

■  Pour  qu'il  oous  commaude  et  pour  qu'il 
ooas  serre. 

■  Sur  ces  enifelàilL'S.  le  pape  Nicolas  fut 
reiDj-lacé  par  Adrien  11.  Dès  lors  cominencu 
une  luUe  sérieuse  entre  Hincmar  et  la  pa- 
pauté... 

■  A  peine  était-il  éleré  è  la  dignité  sn- 
fféme  de  l'Eglise  que,  Lothaire  étant  mort, 
comme  je  viens  de  le  dire,  aussitôt  Adrien 
r^.lama  eo  faveur  de  ceux  que  dépoutllaieiit 
l^Rires  le  Chauve  et  les  évéqiies  de  son 
f'irti.  Le  vieux  Pape  menaça  de  i'analhème 
11-  Wnn  qui  envatiissaîl  la  rojame  de  Lor- 
r^tue  cflotre  la  volonté  de  l'Eglise  aposto- 
'iqne;  il  envojra  en  même  temps  des  légats 
el  des  lettres  aux  évèques  de  France  et  à 
Hioeniar  en  psrliculier ,  les  engageant  k 
s'opposer  aux  desseins  de  Cbarles.el  &  faire 
mue  commune  avec  lui.  Mais  il  était  trop 
lard  ;  les  évéques  avaient  pris  leur  parti,  et 
l's  ne  répondirent  pas.  Adrien  écrivit  en- 
core et  menaça  de  son  arrivée  ;  menace  qui 
Wiublait  sérieuse,  car  on  se  rappelait  les 
>uilu  fooestes  qu'avait  eues  jxiur  Louis  le 
>élN)nnaire  la  viiite  del^régoirelV.Cbarius 
e  Chauve  chargea  Hincmar  de  répondre  au 
'ape.  Cette  lettre  esl.je  le  dirai  sans  atté- 
luer  rexpr<;ssiun,  un  motlèle  de  fausseté, 
l  de  fausseté  assez  impudente.  Hincmar 
vait  couronné  et  sacré  Charles  le  Chauve 
ans  régiisfl  de UeU  comme  roideLorraine. 
t  h  Pape  lui  écrivait  :  ■  Qui  sait  mieux  que 

toi  que  ce  royaume  ai>parlenait  au  fils  do 
l.«tbairu?>  Hincmar  osait  répondre  :  <  Et 
<^uaoJ  je  saurais  qu'il  en  est  ainsi ,  le  roi 
Charles  ne  voulant  pa-^i  en  convenir  cl  n'é- 
tant convaincu  )>ar  aucun  jugement  légal 
t:t  régulier,  que  pourrais-je  altiriuer  ?  • 
«  Il  y  avait  chez  Uim-uiar  un  manque  de 
jime  foi  révoltant  à  mettre  ainsi  de  cAté 
•>c  vérité  qu'il  ue  pouvait  ignorer. SuŒt-il 
L>ac,pour  conserver  justement  un  hieu 
■  éô^leineot  aoiuis,  de  av  pas  vouloir  coa- 
-iiir  qu'un  l'a  volé  ? 

■  Uiucmar,  toujours  avec  la  même  sined- 
.Hf  s'excusa  de  n'avoir  pas  empëcliéCbar- 
s  leCbauva  de  preudre  le  royaume' de 
lorraine  et  de  u'avoîr  pas  excommunié  ce 
'ja<ce.ll  avait  fait  S>ien  plust  il  l'avait  cou- 


ronné el  sacré  de  ses  propres  mains,  bans 
la  suite  de  sa  lettre,  passant  do  ces  gros- 
sières excuses  fc  une  ironie  plus  fine,  mais 
sanglante,  il  feint  de  transmettre  i  Adrien 
ce  qu'ont  dit  les  grands  du  royaume  deLor* 
raine.  «11  a  voulu  leur  faire  les  représen- 

■  tationsqnelePapeponvaildésirer,  mais  ils 

■  ont  répondu  qo  ils  ne  pouvaient  concevoir 

•  qu'un  évèqae  de  Rome  eo  ftlt  venu  k  pré- 

•  tendre  disposerd'no  royaume.  Leur  ayant 
<  rappelé  que  le  successeur  de  saint  Pierre 

■  avait  la  puissance  de  lier  et  de  délier,  ils 

■  ont  répliqué  :  Le  pape  n'a  qu'à  s'en  aller 

■  combatlTA  las  Normands,  et  voir  ce  qu'il 

■  deviendra  sans  notre  secours;  nous  l'eaga- 

■  geoos  k  nous  laisser  choisir  le  prince  qui 

■  peut  nous  défendre.» 

«  Hincmar  répète  avec  une  complaisancu 
perfide  ces  arrogants  sarcasmes  qaa  rari»l(i- 
cratie  lorraine  jetait  h  la  papauté;  et  enfin 
celte  arîslocratit)  s'écrie  ,  par  la  twuche 
d'Hiiicmar:  tEl  *otfranei>i  nonjubtat  ter- 
m  tire  !  Nous  sommes  Fraoks,  qu'il  ne  nous 
«  onloune  pas  de  servir  (1S32J!  ■ 

Ce  long  extrait  renferme  quatre  erreurs 
principales  :  1*  ce  n'est  pas  des  seuls  évéques 
que  Charles  reçut  la  couronne  de  Lorraine; 
3*  le  pape  Adrien  ne  chercha  pas  à  imiwser 
sa  volonté  dans  cette  circonstance  ;  3* Hinc- 
mar n'usa  pas  de  fourlwrie  envers  le  Pape  ; 
(*il  ne  l'insulta  pas. 

l' Erreur  de  M.  Àmpire  nr  Ua  électeurs  de 
CkarUi  te  Chauve.  —  H.  Ampèrd  ne  place 
que  des  évfiqucs  autour  de  Charles;  c'est 
par  des  évëques  francs  qu'il  fait  offrir  au 
roi  la  couronne  de  Lorraine,  comme  si  les 
Ixirrains  ne  s'en  fussent  pas  mêlés, i-ar,daos 
son  récit,  il  n'est  point  question  d'eux,  fté- 
taLlissous  les  lails. 

Dès  qu'on  eut  appris  la  mort  de  Lothaire, 
Charles  s'avança  vers  la  Lorraine  ;  mois  une 
(léputalion  le  vint  prier  de  n'y  point  entrer 
avant  son  frère  Louis  de  Germanie.  Il  sus- 
pendit quelque  peu  sa  marche,  pois,  chan- 
geant de  résolution,  alla  se  faire  sacrera 
Metz. 

Le  procès-verbal  de  celle  cérémonie  sub- 
siste ;  voici  ce  qu'on  y  lit  :  Advenlius,  évé- 
que  de  Metz,  «adressa  publiquement,  par 
écrit  et  de  vive  voix,  au  peuple  >  quelques 
avis.  ■  Par  notre  concorde  et  notre  unani- 
mité, disait-il,  nous  voyons  que  la  volonté 
de  Dieu  est  que  l'héritier  légitime  de  ca 
royaume  soit  celui  h  qui  nons  nous  soiDmes 
spontanément  confiés,  pour  qu'il  nous  cmn- 
luande  el  veille  à  nos  intérêts,  ul  nobUpr»- 
tit  eJproJif,c'e8t-^ire  le  seigneur  Charles 
ici  présent,  notre  roi  el  noire  prince...  fil, 
s'il  lui  plall,  il  semlile  digne  de  lui  et  né- 
cessaire pour  nous  que  oous  entendions  de 
sa  bouche  ce  qu'il  convient  è  un  peuple  lî- 
dèle  et  unanime  dans  l'obéissance,  ce  qu'il 
convienl  h  chacun  dans  son  ordre,  d'eulcn- 
dro  d'un  roi  très-chrétien,  et  de  recevoir 
avec  un  esprit  dévoué.  • 

Charles  répondit;  ■  Puisque  ces  vénéra- 
bles évoques  ont  dit  par  la  bouche  de  l'un 


\5.~i,T.  in.i,. 


vj: 


MTI 


iirt 


DICTIONNAIRE  APOLOCETIOUE. 


irs 


lin 


d'eolre  eux,  puisqu'ils  ont  montré  par  Tin* 
ttiee  certain  de  rolre  unsnimild,  puisrfue  vos 
ncclamsliona  ont  déclaré  que,  par  l'éleclion 
daDieu,  jo  suis  reuu  ici  pour  voire  tléfenie 
et  votre  arantage,  pour  vous  conduire  el 
voua  gouverner,  sachez  que  je  veux,  evee 
l'aide  de  Dieu  ,  conserver  l'honneur  et  Jo 
Gulle  de  Dieu  et  des  saintes  Eglises,  honorer 
et  sauver,  selon  mes  lumières  et  mon  pou- 
voir» chacun  de  TOUS  attirant  ladiguité  de 
son  ordre...  > 

Hinemar  adressa  aussi  queinaes  paroles, 
■  en  présenue  des  évéques  et  au  roi,  k  tous 
ceux  qui  remplissaient  l'église...  >  —  ■  Il  a 
paru  convenable  i  ces  vénérables  évéques,  ilt- 
5ait-il,sioelaptatt&  voire  unanimité,  puisque 
le  royaume  so soumet  i  l'obéissance deCbar- 
]es,«l  puisque,  pour  cette  raison,  vous  êtes 
spontanément  accourus  autour  de  lui,  vous 
onfianl  ï  lui,  il  a  paru  convenable  qu'on 
le  couronnât,  au  pied  de  cet  autel,  par  la 
main  des  prêtres...  Si  cela  vous  plall,  que 
vos  voix  le  Tassent  retentir.»  Et  lous  l'ayant 
proclamé  è  la  fois,  le  même  évêque  dit  : 
•  Kendons,  par  conséquent,  tous  ensemble 
tjiSce  à  Dieu  (1833J.  > 

Louis  de  Germanie,  averti  de  l'intronisa- 
lion  de  son  frère  Charles,  envoya  des  am- 
tassadours  pour  lui  rappi'.ler  leur  Irailé  sur 
II!  parliige  de  la  Lorraine.  Le  roi  de  franco 
se  déclara  prêt  i  l'eiécuier.  Ce  partage  eut 
lieu  peu  après  (1834). 

Ces  faits  nous  prouvent  que  le  royaume 
lie  Lorraine  ne  fui  point  un  cadeau  des  évé- 
i{ues  francs  è  Cbarles,  mais  que  les  Lorrains 
«ui-mèmes  s'étaient  donoés  à  ce  prinoc  et 
il  Lonig  le  Germanique,  cl  que  par  suite  de 
cette  élection,  un  partage  uu  pays  avait  eu 
lieu  cotre  les  deux  frâres.  ^ 

Ces  faits  nous  prouvent  encore  que  les 
fameuses  paroles  ;  vt  prmsil  tt  pro»l,  attn- 
lujées  à  Ùincmar,  furent  prononcées  pnr 
Adventius,  évéque  de  Metz,  et  qu'elles  ex- 
primaient les  vœux  et  lus  espérances,  non 
pas  du  elergéseul  qui  auraitvoulu  faire  du 
roi  son  serviteur,  mnis  1l<s  vœux  ei  les  espé- 
rances de  toute  la  nation. 

FidèU)  i  son  piirli  piis  de  ne  raeitrs  gq 
scène  que  des  évoques  francs,  U.  Ampère 
|iarle  seûLeinent  des  lettres  écrites  par  Adrien 
au  clergé  de  Ciiorles  le  Chauve.  Cependant 
nous  trouvons  dans  les  œuvres  d'Adrien  les 
èj'tlres  qu'il  adressa  sur  le  même  sujet  et  ei) 
inénie  temps  aux  grandi  du  royaume  de 
Lothaire,  i  Charles  et  à  ttt  seignturt,à  Louît 
de  Germanie  el  aux  icéqun  de  (on  ruyauvxe 
{1833). 

(183S)SiBiM«i»,Coiif.  oBi.CaH.,  t.  m,  ad  «in. 

(1831)  Vgir  sur  lous  ces  fajis,  les  Gramiet  chror 
n'iqueê  ae  fraiice,  t.  m,  Vie  de  Clmrlei  U  Chauve, 
c.  i,  ad  ami.  869,  éiltt.  de  M.  P.  l'tRis,  1837.  ~- 
Umn  CkLXKT,  Uitt.  de  Lorraine.  —  Dasiel.  flisi. 
dt  Ft.,  mi\M  année.  Ce  suiit  les  Aiinalet  de  Saini- 
Henin  ([vu  les  Grandet  Chronique*  u-aduiseni  en  cei 
eiidroU. 

IISÔS)  SiBBOiw,  Conc.   UNI..  GaU.,  lU,   p.  57!) 

(ISJ'J)  Toit  hi  aiilfurs  cUts,  noie  1831. 


2*  Erreur  de  M.  Àmpirt  lur  U  fajuAiria, 

—  Notre  historien  supposa  quels pipe M. 
colas  mourut  et  fat  remplace  par  Adrien,! 
l'époque  du  couronnement  dedisriti.C'eii 
un  anachronisme  de  deux  ans.  Nicolas dios> 
rut  le  13  novembre  867,  Adrien  lui  saccéd) 
le  U  décembre  de  ia  même  asDéo,  el  li 
sacre  de  Charles  se  ât  le  9  septembra  SUS 
(1836). 

la  raison  pour  laquelle,  selon  11.  Aii>- 
père,  le  Pape  menaçait  Charibs,  c'était pir» 
qu'il  avait  été  couronné  ■  contre  la  volonlé 
apostolique.  »  H.  Ampère  voudrait  bien 
qu'on  imaginât  qu'Adrien  se  posait  eu  dis- 
tributeur des  royaumes.  Eh  bienl  oui, le 
Papa  exigeait  qu'on  s'en  tint  *  au  pr^epl» 
bt  à  l'avertissement  du  Siège  apoiloliqug 
(1B37).  »  Mais  quels  étaient  cet  avertisse- 
ment  et  ce  précepte  T  La  Pontife  comitijo- 
(lait  que  l'on  respectât  les  droits  de  l'empe- 
reur Louis  sur  la  Lorraine,  car,  diiiail-II, 
«  par  droit  paternel  et  héréditaire,  selon li 
loi  et  la  raison,  ce  royaume  lui  est  dâ (1838}.' 
Ce  n'était  donc  pas  sa  volenli  que  le  Fipe 
imposait,  comme  s'il  lui  eûtapputeDuù 
nommer  roi  qui  bon  lui  semblait. 

M,  Ampèra  n'a  pas  non  plus  compris  dt 
qui  Adrien  soutenait  les  droits.  11  dit  qui 
Lothaire  11  a^ant  laissé  un  frère  el  DQ  fis^ 
le  Pape  écrivit  h  Uinnmar  :  ■  Qui  sait  mt» 

3uti  toi  que  ce  royaume  appartenait  lu  Oli 
e  Lotliiiire.  >  Le  protégé  d'Adrieo  luwl 
doue  été  fils  du  prince  dont  oo  sedispuUil 
l'héritage  I  Or,  ceci  est  faux.  Lolbaitedt 
Lorraine  laissait  bien  un  tlis ,  mais  qu'il  . 
avait  eu  de  Valdrade,  et  auquel  personoew  I 
songeait  à  cette  époque,  surtout  k&oœe.U  , 
Pape  disait  et  répétait  qu'il  plaidait  [wb  j 
frire  du  défunt,  pour  l'empereur  louii.d'iu-  j 
faut  plus  que  la  Lorraine  était  un  dàiff- 
brcment  du  territoire  échu,  après  la tulii"' 
de  Fonlena y,  ii  la  branche  italieniie  desCv- 
lovingiens  (1839). 

Adrien  munaça  de  venir  lui-mêaiiii 
Gaule.  Sur  cela,  U.  Ampère  fait  ot>£(tit 
qu'itn  te  rappelait  les  siiites  funesUt  jnw-'' 
eues  la  visite  de  Grégoire  IV.  C'ust  ïfai;'''' 
se  rapjjttoil  on  Gaule  celle  visile  et  l'os''^ 
lit  mention,  l'an  8(J7,  au  concile  de  Iiofi'î, 
cumpo-vé  de  vingt  piéials  ,  dont  six  fUi^"' 
métropolitains.  Or,  les  Pères  assemblés (i<^ 
clarèrent  que  les  attentats  nuxqucls  oa  k 
porta  contre  Louis  le  Débonnaire  se  comD' 
rent  <  sans  le  conseil  el  sans  le  conseol*' 
ment  du  Pape,  que  Lothaire  avait  amen^J' 
Kome  sous  préiexle  de  réconcilier  ks  Ë" 
de  l'empereur  avec  leur  jiôre  (l8i0]. 'C« 

(1837)  Sianow, CotwiV.,  elc-,  i.Ul,  f.ïH,'^- 
581,  582. 

(lajM)  Voir  la  noie  précc(li!i:Lc. 

(I8Ô9)  Voir  la  iioie  1857. 

{lt)40)  SiHHOEiD,  Cuttit.,  eie.,  m,  p.  555, Inn^ 
Tneatsiintm.  -^  Celle  amorilé  et  tlniiir«  '<•*■ 
gii.iges  (tu  !»•  siècle  n'out  pas  enipédM  11- ■'' 
cbelettledire;  <  Loitiairc  anièite  avec  lui  lu'^' 
Grégoire  IV,  qui  eicommuaie  toi»  ce«  I")  '^'"^ 
roiil  pas  au  roi  d'Italie.  >  (T.  H,  i.  il,  c.  5,  '''f^ 
dc'LoMt  k  hiiomiaiit.) 


IHCTIO:iNAIRE  APn/>GETlQUC. 


BIN 


oïuil  Juue  pas  le  aouTenir  de  la  tisite  dé 
GrégoinlV  qui  devait  faire  redouter  celle 
i'Xirm  II.  II.  Ampère  s'est  irompA  sur  ce 
Pipe  pretque  aussi  sonrenl  (ju'il  en  a  pnrlé. 
3"  Eincmar  n'usa  point  de  jovrlerie  mrtrt 
/ffBpï.  — Est-il  Traiquelesérèquesfranks 
iJEnl  peu  fait  attention  à  l'éptlre  d'Adrien  T 
L'épllre  gu'il  leur  entoja,  celles  qu'il  dcri- 
ii[  aux  ieiitneurs  lorrains,  à  ceux  do  rojau- 
œedeCbarles,  et  la  première  adressée  sur 
ce  sujet  \  Hincmar,  portent  la  dale  des  nonw 
lit  ftpltittbre ,  c'est-à  dire  du  5  sepleoibrei 
et  leucre  de  Chartes  eut  lieu  le  même  mois, 
le  ttMq  <Ui  idu,  9  septembre  [ISÎl].  L'oppo- 
5iliO'i  du  Siinl-Siége  ne  put  doue  être  con- 
uge  1  temps. 

Unç!»  pins  tard  I  archevêque  de  Reims 
rafutiosiruit,  et  dès  qu'il  sut  qu'Adrien 
te  chargeait  de  iaire  observer  la  prescription 
(«Blitieale,  il  rédigea  une  circulaire  et  la 
(omnuDiquB  aux  évèques  de  Neustrie,  de 
f-orraioe  et  de  Genname,  ainsi  qu'aux  deux 
fois  Charles  et  Louis  (ISbSJ.  Il  ne  répoudit 
l'as  toul  de  suite  au  Pape ,  qui  le  blâoia  de  ce 
jvlard  ,  Gooime  le  bUme  msiatcnaDl  eacorft 
H.  Aniftère.  (^pendant  la  justification  pré- 
sentée à  Adrien  aurait  pu  sulBre  au  mo- 
"iertie  censeur.  Hincmar  Gl  observer  au  Pape 
qie,  s'il  ne  lui  avait  pas  écrit ,  c'était  parce 
(ja  il  avait  adressé  verbalement  une  réponse 
lui  légats,  et  qu'il  attendait  de  connaître 
les  réiuUats  de  sa  démarche  auprès  des 
firioces  e(  du  clergé,  pour  en  instruire  le 
f^tîDl-Siége,  ■  sachant  bien  qu'il  devait  l'en 
aiertir  (ItM).  ■  Je  ne  pense  pas  uu'uae  dé- 
■oarche  aussi  hardie  que  celle  d'Hincmar 
auprès  des  deui  nouveaux  rois  do  Lorrai- 
0e,  tentée  pour  obéir  au  Pape,  dénote  ua 
pantl  dédaio  envers  les  ordres  de  la  pa- 
lauié. 

U.  Ampère  assure  que  Charles  te  Cbanve 
chargea  Hincmar  de  repondre  au  Pape.  En- 
:Ore  une  inaxactîiude.  Puisque  l'arebevè- 
f^e ,  dans  sa  lettre,  est  tout  occupé  de  si 
■ropre  josliGcatioD,et  nullement  de  celle  du 
oi  ;  il  répondit  donc  parce  que  c'était  pour 
ni  un  devoir,  et  non  parce  que  le  roi  Yen 
unit  chargé.  Charles  aurait  exigé  un  plai- 
over  ea  sa  faveur,  et  pourtant  ce  n'est 
uiul  l'apologie  du  roi  que  Tarcbevêque 
zririt. 
Dans  la  réponse  d'Hincmar  au  Pape,  on 
I  :  •  Et  quand  je  saurais  qu'il  en  est  ainsi, 
rot  Charles  ne  voulant  pas  en  convenir 
.  n'étant  eonvaiocu  par  aucun  jugement 
^1  et  régulier,  que  pourrais-je  alHrmer?  ■ 
.  Aon  père  demande  très-philosophiquemeut 
I  sulllt ,  pour  conserver  un  bien  illégale-  ~ 
cnl  acquis,  de  nier  qu'on  l'ait  voléTNoo 
riainement  cela  ne  sulMt  pas  ;  mais  ce  qui 
ffii  pour  qu'on  ne  se  hAte  pas  d'escommu- 
er  un  accusé,  c'est  que  l'accusé  |irésent« 
nombreux  tilmoint  rie  la  légilimMé  de  sa 
'S!*rs:inu ,  et  qu'il  n'y  ait  \ns  de  tribunal 

lUl)   Sutw».  CoMi/.,  etc.,  III,  II.Ô79  à  5ii 
3«5. 


pour  peser  la  valeQr^de  ces  prélentlom  et- 
de  ces  témoignages. 

Or,  telle  éuitla  posiliMiduprélstauprè» 
de  Charles  le  Chauve.  1)  voyait  le  roi  ■  a  ap- 
puyer sur  de  nombreux  témoins ,  «mf/is 
latibvs,  ■  pour  réclamer  le  trdite  de  Lor- 
raine, vl  s'oETrir  k  défendre,  quand  on  le- 
voudrait,  sa  cause  devant  on  tribunal.  Hinc- 
mar devait-il  répondra  au  prince  :  Uoi,  je 
serai  votre  juge,  comparaissez  h  ma  barre  I 
Peut-élre  t  aurait-il  fait  ;  mais  il  voyait  que 
d'une  iulte  contre  les  deux  rois  et  le  pays 
qui  s'était  donné  ft  eux  naîtraient  uue  ré- 
volte funesïe  à  l'autorité  religieuse  et  une 
guerre  entre  les  peuples  qu  intéressait  le 
partage.  Il  exposa  ses  craintes  i  Adrien ,  et 
le  Pape  ne  reparla  plus  d'excommunication 
sur  ce  sujet  {I8kk), 

La  question  ne  se  présentait  donc  pas 
aussi  simple  que  U.  Ampère  le  suppose,  et 
toul  ne  se  réduisait  pas  a  savoir  si  Lothaire 
laissait  ou  ne  laissait  pas  un  frère.  Par  con- 
séquent ,  la  lettre  du  prélat  k  Adrien  ne  sa 
monlre  ni  fautte  ni  imputffiiXe,  mais  elle  est 
ce  qu'elle  devait  être,  écrite  par  un  bomma 
sage,  d'une  haute  politique. 

Au  fond  ,  Hincmar  crojaîl-ii  k  la  légitî* 
mité  des  droits  que  Charles  mettait  en 
avantT  et  s'il  n'y  crojait  pas,  ne  fut-il  point 
son  complice  à  UetzT  II  me  semble  au'il  n'y 
crojait  pas,  et  que  cependant  il  uaété  le. 
complice  de  personne. 

Si  Hincmar  avait  admis  la  vérité  de  ces- 
litres,  il  l'aoïait  dit.  et  nese  serait  pas  con- 
tenté de  lîiire  remarquer  que,  ■  l'iln'aetuit 
pat,  il  n'excuse  pat  non  plut  {iWi).  kCepen-- 
dant  il  n'a  point  de  booteuse  counivence  à 
se  reprocher. 

AI  époquedu  couronnement»  on  s'occupa, 
ce  semble,  non  pas  des  droits  des  princes , 
mais  du  droit  seulement  que  la  Lorraioa- 
avait  de  te  choisir  le  chef  qui  lui  plaisait, 
son  roi  n'ayant  point  laissé  de  postérité. 
Montesquieu,  dads  un  précédent  paragra- 
phe, nous  a  déjà  enseigné  comoibut,  sous 
les  premiers  Carlovingieos ,  l'élection  su 
rencontrait  avec  l'hérédité  royale  encore  un 
peu  vacillante.  On  ne  parla  que  de  ce  droit 
d'élection  la  jour  du  sacre,  et  les  antres  li- 
tres du  roi  de  France  ne  lurent  invoqués- 
que  plus  tard,  quand  on  lui  opposa  ceux  do 
son  neveu  l'empeceur  Louis.  Ainsi  donc,. 
Hincmar  couronna  Ctiarles  parce  qu'il  le  vil 
élu  par  les  Lorrains,,  et  il  refusa  de  l'ex- 
communier, parce  que  le  prince  présentait,. 
k  l'aptiui  de  sas  nouveaux  titres,  des  témoins 
dont  la  fourberie  n'avait  pas  été  juridique- 
ment cooslatée.  Point  de  contradiction  eu 
cela. 

k'  Bincmar  n'insulta  pas  te  Pape  Adrien. 
—  Il  Oit  d'abord  nécessaire  de  rectifier  les 
citations  faites  par  kl.  Ampère. 

Pour  rendre  plus  pittoresques  les  derniè- 
res paroles  des  seigneurs  irrités  qu'il  a  ci- 
tées ,  kl.  Ampère  a  coupé  la  phrase  d'uu* 

(1843)  Ep.  aé  BMdrianum. 


1)78 


ntN 


DICTIONNAIRE  APOLOCETIQVE. 


maniera  qui  en  change  le  sens.  Ji  semble, 
dans  sa  Irsduciion,  que  les  Fraoks  protes- 
tent contre  un  Pape  qui  veut  les  rendre  ses 
esclares  ;  mais  dans  le  texte  ils  disent  seu- 
lement :  '  Nous  soDimes  Frsnks;  qu'il  ne 
nous  ordonne  pas  de  servir  celui  que  nous 
lie  voulons  pr)s  servir.,! 

Ils  ne  répliquèrent  pas  non  plus  que  le 
Pape  n'arnit  qu'à  t'en  aller  eomballre  tei 
Itormands.  Celait  i  Hincmar  et  aux  prélats 
dv  son  parli  que  les  Franks  disaient  d'es- 
sayer de  rei<ous5er  les  Normands  par  leurs 
seules  prières  :  Et  voi  ergo  tolii  orniioni- 
biu,  etc.  Les  Normands,  en  effet,  n'atta- 
quaient pas  rilsHe. 

EnGn,  l'archevôque  s'excusa  non  point  de 
n'avoir  pat  empêché  Ckarttt  de  prendre  la 
Lorraine,  mais  da  ne  nqs  l'avoir  lait  rendre, 
.litendu  l'inipossibilite  du  succès  el  la  certi- 
tude de  grands  malheurs. 

M.  Ampère  n'a  pas  mieux  interprété  que 
transcrit  la  lettre  d'Hincmar.  Il  a  tort  de 
(lire  que  le  prélat  feint  de  transmettre  au 
Saint-Siège  les  plaintes  sarcasliques  des  sei- 
gneurs'contre  Adrien.  Ce  tort  est  évident, 
l'uisiiuo  les  sarcasmes  n'atteignent  qu'Uinc- 
insr,  qui  en  appelle  ftdes  témoins  dignes  de 
fi'i,  aux  légats  romains.  €  Comme  tous  nous 
l'avez  écrit,  dit-il,  j'ai,  par  mes  discours, 
en  présence  de  vos  envoyés,  et  d'après  va* 
Ire  ordre,  résisté  au  roi  et  aux  grands  du 
royaume,  au  point  que,  toujours  en  présence 
de  vos  envoyés,  on  me  repondit  avec  me- 
nace (^UB,  si  je  persistais  dans  mou  avis,  je 
pouvais  bien  aller  chanter  la  messe  dans 
mon  église  (1846).  ■  Ce  langage,  adressé  per- 
sonnellement 6  Hincmar,  prouve  que  l'on 
pot  bien  ne  pas  ménager  davantage  le  Pape, 
ut  que  l'archevêque  n'eut  pas  besoin  de 
feindre  pour  dire  que  les  Loirains  ne  vou- 
laient pas  que  le  Piipe  se  chargeât  de  leur 
cburcbur  un  roi. 

Peut-être  que  H.  Ampère  n'a  pas  voulu  dire 
qu'Hincmar  ait  inventé  ces  odieux  propos, 
tuais  qu'il  Qt  semblant  de  se  croire  obligé  h 
les  répéter.  Si  Hincmar  répéta  ces  imperti- 
nences à  Adrion,  il  le  Bt  non  point  avec  com- 
ptaitance,  mais  par  nécessité.  Ne  fallait-il 
|>as  minutieusement  instruire  le  Saint-Siège 
de  l'élat  des  esiprils ,  pour  le  détourner  de 
ses  projets  d'excommuoication  7  D'ailleurs, 
conimenl  veut-on  nous  faire  croire  que  ce 
prélat  s'amusait  ft  supposer  ou  è  répéter 
des  injures  contre  la  papauté,  lui  qui,  par 
soumission  à  cotte  nnpauté  et'  en  présence 
des  légnls  ses  témoins,  exposait  i  la  défa- 
veur sa  vieillesse,  sa  dignité,  sa  réputation, 
en  pubriant  el  eu  soutenant  les  lettres  d'A- 
drien pour  l'empereur,  contre  les  rois  de 
l'rance  et  de  Gurmaçie  7 

Le  récii'de  M.  Ampèro  sur  le  çouronnc- 
uicnl  de  Charles  le  Chauve,  à  Metz,  est  dùnç 
tfu  tUsu  d'erreurs  du  tous  genres. 


fIfilS)  Ea.  ad  Hadrianum. 
hUl)  T.  m,  p.  191. 


Louis  de  Germanie  lâ=bs,i  deuxrepriMs, 
de  s'emparer  des  étals  de  son  frère,  Chirles 
1^  Chauve ,  d'abord  en  858  et  plus  tird  n 
876.  Nous  allons  voir  quelle  alUlude  on  tul 
prendre  i  l'archevêque  de  Reims  peodaat 
ces  deux  invasions  ;  allilnde  orgueilleDit 
dans  le  premier  cas  et  vile  dans  le  second; 
double  assertion  également  Tausse. 

■  L'épiscopat  qui  parlait  si  haat  pirli 
bouche  d'Hincmar,  dit  M.  Ampère,  prit  ni 
moyeu  plus  énergique  pour  porter  quetqu 
remède  aux  dévastations  perpétuelles,  m 
invasions  de  la  propriété,  prèdoiles  parles 
dissensions  alors  existantes  entre  Cbtrlcs 
lo  Chauve  et  son  frère  Louis  le  Geriuini- 
que.  Un  concile  de  Metz  envoya  ii  Loais  le 
Germanique  trois  archevêques,  ï  la  iClt 
desquels  Hincmar,  pour  dire  au  prince  iiiie, 
s'il  se  repentait  des  désordr«s  auiqutkil 
avait  donné  lieu,  il  serait  absous,  miissn- 
lement  à  celle  condition.  Louis  recol  1» 
trois  envoyés  avec  une  grande  soomUsion, 
et  leur  demanda  pardon  de  tout  ce  qui  ii- 
toit  passé.  Hincmar  répondit:  <  Jeiniilrèi- 
«  disposé  k  iiardonuer  ce  qui  me  conctns 
«  persounellenient,el,  quant  au  mal  que  ti 
■  asfaitàrEglise,jet'a]iportelesmafeiUilii 
«  te  réconcilier  avec  Dieu.  ■ 

Jusqu'ici,  Hincmar  a  parlé,  et  nous  l'en- 
tendrons plus  tard  parler  encore  ud  Imgi^! 
haulain,  mais  qui  ne  menque  pas  de  ud- 
blesse  (1847).  ■  ' 

Je  plains  véritablement  ce  pauvre  arçll^ 
Tèque  de  Reims  ;  quand  i)  parle  sans  criinK 
aux  rois,  H.  Ampère  le  comme  ftititl0ii,H 
quand  il  prend  un  peu  de  jirécaiition,  h 
même  censeur  l'accuse  d'6tre  traUrt! 

L'xn  SS9,  un  concile  réuni  à  Uelip 
Charles,  roi  de  Neustrie,  et  par  Loibtf^ 
roi  de  Lorraine ,  députa  neuf  de  sesK** 
bres,  (rota  orcAec^uMetsix  év6ques|tM'< 
k  Louis  de  fiavièr»  d'abord  pour  ïta^^'' 
lia  paix,  ensuite  pour  le  presser  de  b'" 
pénitence  de  tous  les  maux  qu'il  aviil cau- 
sés dans  l'Eglise  gallicane.  Louis,  qui  u'- 
gnorait  pas  le  sujet  du  concile  et  de  i'i'^ 
bassade,  prévint  ta  remontrance  des  éTâqi"^ 
en   leur  disant,  non  pas  qu'i'i  dfmMili" 

fordon  de  tout  cegui  t'était  patte,  aiosiij'it 
écrit  U.  Ampère,  mais  :  ■  Je  vous  eu  pur, 
itj'di  blette  vot  aprilt  en  quelque  ctioH> 
pardonuez-le  moi  pourque  je  puisse,  cooim 
par  le  passé,  parier  aveu  vous  sanscraiale.» 
Ce  n'était  pas  là  ce  que  les  envoyés  <r- 
naienl  demander  ;  ils  pardonuaieol  u») 
peine  les  iiyures  personnelles,  maisilii" 
consentaient  pas  s  transiger  si  lacileoitni 
sur  les  malheur^  publics,  tristes  résulUl> 
de  l'invasiqn.  Sur  ce  dernier  point  ■  leru< 
Louis  répliqua  qu'il  s'occuperait  du  c>'i 
avec  ses  éyéques,  et  qu'il  réitondraieol |^>» 
tard.  ■  De  sorte  que,  dirent  à  Itiur  niuur 
ks  ambassadeurs,  il  est  resté  cturgé  i» 

(1848)  &1IIM0BD,  I.  III,  p.  191,  Cwt».  'tU'"- 


DI<~TIOX.tAIRB  iWOUKKTIQUE. 


UN 


117» 


tout  re  qu'il  a  Giil  contra  l'Exi.se  et  le  peu- 
I  h  (1819).  ■  Telle  fsl  I  b:stoirc  de  celle  lû- 
g.iii<>n. 

La  grande  Moumiuion  dii  roi  de  Banère 
rtL- fui  donc  qu'une  ruse  Irès-fldroile,  ot  le 
^i.ccèt  que  U.  AiDjiëre  seiolile  alttiliuer  à 
UiD  mjr,  réduit  à  un  ro^a-^e  comt'léleuu'ut 
iiiD  i:c,  Uni  la  crosse  épîscopale  élail  puis- 
S3iil';aii  II*  siècle! 

U.  Ui-'liilet  a  dit  aussi  :  ■  Les  maîtres  du 
I  a,ts  étaient  donc  les  évéques...  C'est  Hiiic- 
luar  qui,  i  la  tâle  du  clemé  de  France, 
ï«iiibleaToir  empêché  Louis  Te  Germanique 
le  tVlililir  dans  la  Neustrie  et  dans  l'Aqui- 
laiic.où  les  grands  l'appelaient.  Louis a>aot 
c-;.»hi  le  royaume  de  Charles  ea  S39,   lo 

•  >iiale  de  llvlz  lui  eorora  trois  dàiutés 
lîôo;. .  j  ^ 

feaJant  le  s^our  des  vainqueurs  en 
F  ri  ice  ,  Hiiicmar  écriiit  plusieurs  fois  i 
Unis  en  laveur  de  son  maître.  Il  n'esisle 
\ocuDe  nreure  qu'il  faille  attribuer  le  dé- 
;vt  de  Louis  k  Véloqnence  de  l'arclievë- 
{ue,elooopas  h  l'arrivée  de  l'armée  de 
^turles. 

H.  Uicbelel  ne  paratl-il  pas  croire  que 
^uis  selioufaileDCore  maître  du  rojauuie 
le  France  quand  le  tint  le  concile  de  UcU  T 
^iBe  s'il  était  possible  d'imaginer  que 
ûturles  et  Lothaire,  malgré  l'invasion, 
autaieutpu  réunir  leurs  évéaues  pour  som- 
lucr  IVuvahisseur  de  faire  pénitence  1  Com- 
iftt  il  était  concevable  que  l'envahisseur,  à 
cilla  i>/o{)osilion  d'une  péuitence  à  faire  en 
i:i|iialicD  de  sa  conquête,  n'aurait  eu  d'autre 
'é)  unse  que  la  promesse  d'y  »onger  avec  le 
^>iiseil  de  ses  évfiques  I  Le  concile,  nous 
•'uns  fait  observer,  n'eut  lit-u  qu'ajirès  le 
:c,art  de  Louis  le  Gt;rmanique  (1851)  et 

•  fUiot  aucun  succès  auprès  do  ce  prince. 
Vil  faut  peu  de  cbose  à  M,  Uicbelet  pour 
rourcr  que  les  maUres  du  payg  élateni  la 
ttqual  Légères  erreurs,  cependant,  eu 
xhiparaîson  de  celles  qu'un  a  commises 
iK  déi>eus  d'Bîucuar,  en  racontaal  la  se- 
'(feJe  iuvasioo  du  roi  de  Bavière  1 

W.  Ampère  dit  encore  :  ■  L'emptreur 
*iuts  11  mourut;  Charles  le  Chauve  se 
^:b(lit  en  Italie  pour  aller  se  faire  courou- 
icr. 
«  Pendant  ce  temps,  Louis  le  Germanique 
tifi  dans  le  royaume  de  Charles.  Uincniar 
i-iuL:e  avoir  été  fort  embarrassé  entre  les 
leui  frères,  oe.sachaat  trop  lequel  l'empor- 
erait  définitivement,  et  ne  se  souciant  |)as 
<;  se  brouiller  avec  celui  qui  pouvait  Irium- 
b«r;  citant  un  proverbe  qui  existait  déjà, 
'  st  plaïul  il'âlre  plaça  nUre  Ctnelwne  et  le 
MD-ffOM.  Il  engage  les  évôqucsab.eu  parler 
le  celui  qui  arrive,  sans  trop  mal  parler  de 
elui  qui  peut  revenir.  Il  leur  dit  :  ■  Notre 
'  roi  nous  a  abandonnés,  celui-ci  fait  de 
I  belles  promesses;  mais  quand  noire  roi 
I  retiendra,  il  nous  accusera  d'îulidélilé  I  • 


^ISttlî _  ,    . 

'ISSU)  But.  4*  Wf.,  L  I,  ^  5U.  -  Ou  M  raiH 
'•le  qa'il  T  CM  wk/  dépuës. 
UftatJ  5ÛX05P,  CvMït.,  etc.,  I.  ni,  p.  681. 


Enfin,  il  à  adressé  a  Louis  le  Germaniiiue 
une  lettre  dans  laquelle  il  cherche  t  le  uis- 
suader  d'envafiir  le  royaume  fraternel  ;  puis 
dans  l'iocerlilude  do  succès,  il  a  soin  d'a- 
jouter prudemment  :  i  Quand  nous  aurons 
c  vu  si  Dieu  est  décidé  à  sauver  l'élise  par 
c  vous,  nous  nous  oITorcerons  de  faire,  sous 

■  votre  sage  gouvernement,  ce  que  nous 

■  jugerons  le  plus  convenable,  car  Dieu 
*  peut  dooner  une  bonne  Go  i  ce  qui  a  mal 

■  commencé.  >  De  nos  jours,  on  a  mis  jibis 
d'art  dans  la  trahison ,  dans  la  défection , 
oiais  on  n'a  pas  beaucoup  perfectionné  les 
principes;  ils  étaient  déjà  trouvés  au  iV 
siècle. 

■  Le  nouvel  empereur  et  son  frère  mon- 
rurent  presque  en  même  temps...  Hincmar, 
qui,  comme  If.  Guizot  l'a  judicieusement 
remarqué ,  parmi  les  divers  prétendants, 
s'est  toujours  prononcé  pour  ceusoue  l'his- 
toire a  qualifiés  de  souverains  légitimes, 
Hincmar  n'hésita  pas  dans  celte  circons- 
tance ,  il  cooroona  le  faible  héritier  de 
Charles  le  Chauve  (1852).  > 

Si  Hincmar,  comme  le  dit  U.  Ampère, 
d'jiprès  U.  Guizot,  s'est  toujours  prononcé 
pour  tes  souverains  légitimes,  pourqnoidonc 
veut-on  noDS  persuader  qu'il  se  préparait  à 
trahir  Charles  le  Chauve  en  faveur  de  Louis 
le  Germaniqup,  et  pourquoi,  quelques  pages 
plus  haut,  nous  at-on  assuré  qu'il  avail 
violé  les  droits  de  l'empereur  Louis  en  Ca- 
veur  de  Charles  le  Chauve,  k  Metz  T 

Pour  bien  accabler  l'arclievéqne  du  nom 
de  traître,  H.  Ampère  cite  des  extraits  de 
deux  lettres  qu'il  croit  avoir  été  écrites  ea 
87(!,  à  l'époque  de  la  seconde  invasioa  do 
roi  de  Bavière,  l'une  aux  suffragants  de 
Reims,  l'autre  à  l'envahisseur  lui-même. 
La  *première  de  ces  deux  pièces  est  en  effet 
de  876;  mais  l'épUre  à  Louis  le  Germanique 
fut  rédigée  en  K8,  dans  un  concile  deKiersy, 
lors  de  la  première  incursion  (1853),  comme 
on  le  voit  dans  les  actes  de  celte  assem- 
blée. 

I^ous  allons  étudier  ces  lettres  et  nous 
commencerons,  avec  le  critique,  par  celle 
qui  fat  adressée  aux  évèques  en  876. 

Pour  lixer  tout  de  suite  notre  opinion  sur 
la  portée  de  celte  pièce,  lisons  les  chapitres 
6  et  32,  <  HAtons-nous ,  chacun  de  notre 
cCté,  dit  Hincmar,  de  faire  marcher,  selon 
nos  forces,  contre  tous  les  ennemis  de  la 
sainte  Kb'lise  «>  de  notre  prince,  les  soldats 
de  nçs  églises,  |>oar  qu'ils  combattent  sous 
les  ordres  des  seigneurs  délégués  pour 
cela...  Que  si  nous  ne  pouvons  aider  comme 
nous  le  soubailoos  notre  seigneur  Charles 
1  défendre  et  à  préserver  son  royaume,  ser- 
vons-le par  l'inviolabilité  delà  foi  que  nous 

lui  devons Que  nulle  cupidité,  que  nul 

es]>oir  de  gain  temporel  ne  nous  détache  du 
la  fidélité  que  nous  lui  devons,  et  ne  nous 
fasse  envoyer  des  évêques  ou  d'autres  émîà- 


(1852)  T.  m.  p.  201. 

(1853)  Siiiio»,  III,  p.  117,  e\ 

Cariiiafam  mitta  ff  Ludarifum. 


t  vpaéa  «jmi 


IIT9 


DlCTIONNAmE  APOLOGKTIQUE. 


nm 


IIH 


saires  pour  appeler  qui  que  ce  soit  dans 
son  royaume;  que,  ni  pour  abbïyes,  ni  pour 
honneurs  lerrestres,  m  pour  biens,  ni  pour 
richesses,  nous  ne  consentions  6  nous  ren- 
dre semblables  h  Judas,  qui  s'en  alla  rers 
les  Juifs  et  leur  dit  :  «  Que  me  donnerez- 
■  TOUS  el  je  vous  le  livrrrai  (183i]  T  ■  Au 
c)ispilro35,  il  veut  qu'on  eiliorte  les  autres 
grands  du  royaume  à  ne  pas  violer  la  foi 
qu'ils  doivent  au  roi. 

Après  ces  citations,  qu'en  pense  le  lec- 
teur :  L'sl-ce  Bincmar  qui  a  trahi  son  maî- 
tre, ou  H.  Amiière  qui  a  trahi  la  vérilë  ? 

Il  n'y  a  pas,  dans  toute  l'épître  du  prélat, 
une  seule  syllabe  pour  recommander  dtbien 
parler  du  roi  qui  venait ,  tant  trop  mal  par- 
ler de  celui  qui  pouvait  revenir.  Qincmar  dit, 
aux  chapitres  2,  8  et  35,  que  les  évèques 
peuvent  librement  parler  de  ce  qu'un  blâme 
PII  Charles  le  Chauve,  toutefois  en  l'eicu- 
sani,  et  de  ce  que  Louis  promet  de  digne  J'é- 
'oges,  pour  que,  si  ces  Observations  épisco- 
pales  passent  sous  les  yeux  des  deux  prin- 
ces, le  premier  se  corrige,  ou ,  s'il  n'est  pas 
coupable,  qu'il  se  précautionne,  et  aGn  que 
le  second  se  prâcaulionoe  de  mSme  et  rem- 
plisse SCS  promesses,  lui  qui  assure  n'èlre 
venu  dans  le  royaume  de  son  frère  Charles 
absent,  que  pour  le  réformer,  et  non  pour 
s'en  emparer.  Ceci  ne  ressemble  guère  à  la 
parodie  que  M.  Ampère  ea  a.Caite. 

L'on  chercherait  vainement  aussi  dans 
l'éptlre  d'Hincmar  celle  phrase:  «  Notre  roi 
nous  a  abandonnés,  celui-ci  fait  de  belles 
promesses  ;  mais  q*iand  notre  rui  reviendra, 
il  nous  accusera  d'iolidélité.  »  C'est  1&  un 
însiguiflant  ou  astucieux  résumé  des  cha- 
pitres 8  et  9.  L'archevêque  examine  s'il 
convieut  que  ses  suSragauis  ,  h.  l'apprâche 
de  Louis  le  Germanique,  prennent  la  fuite 
pour  montrer  qu'ils  restentatuchésè  Charles. 
Avantda  répondra,  il  trace  le  tableau  de  l'é- 
piscopat,  placé  entre  ie  marteau  et  fenclunu. 
Oue  deviendront  les  lidèles,  demande-t-ij 
ensuite,  si  les  évéques  fuient,  d'autant  plus 
que  le  nouveauprince  assure  qu'il  rient,  non 
pasavec  l'intention  de  s'emparerdu  royaume, 
mais  pour  réformer  ce  qui  est  en  désordreT» 
Cepandaui.si  l'on  reste,quandle  roiCharles 
reviendra,  il  accusera  du  manquer  de  Ëdé- 
Irté,  comme  il  en  fit  autrefois  à  quelques-uns 
le  reproche  (185S}.  L'archevêque  conclut 
qu'on  doit  rester  pour  le  service  spirituel 
tl<i  troupeau,  mais  en  armant  des  soldats 
liour  le  service  temporel  du  roi  (ISSâ). Celte 
éptlre  du  métropolitain  de  Heims  est  donc 
complâtement  pure  de  toute  pensée  de  ira- 
liisun. 

La  lettre  d'Hincmar  à  Louis  1o  Germa- 
nique, quoique  écrite  longtemps  avant  celle 
que  nous  venons  d'examiner  et  lors  de  la 
première  invasion,  en  858,  aura  été  gardée 
par  H.  Ampère  pour]aûn,sansdoule  (omme 

(1S6I)  lliiumarut  ..   fratribut  el   vtiierabilibus 
tinttopU  ttemoTHm  diteceieo3, 
<I655)  U.  0. 
(l»ïï«)  C.  10, 


Elus  décisive  et  comme  entachée  d'uae  In- 
ison  moins  voilée. 

Or,  si  nous  tournons  quelques  pagESdn 
livre  de  H.  Ampère, nous  entendrons l'io- 
constant  appréciateur  en  appeler  h  ce  m^isA 
document,  pour  achever  de  montrer,  diU), 
quelle  était  l' indépendance  d'Hincwnrti^i- 
vie  de  la  rovauté,  quand  il  n'avait  pai  lr)f 
d'intérit  à  fui  complaire,  arec  quelle  biu- 
teur  il  parlait  h  Louis  le  Germanique,  il 
cemme  il  plaçait  fièrement  CEglite  au4tm 
de  la  féodaliti  {\SS1). 

Mais,  pas  plus  lorsqu'il  loue  l'épRtt 
d'Hincmar  que  quand  il  la  blAme,  U.Aid- 
père  ne  l'a  comprise.  Quand  i)  la  loue,  i 
prétend  que  l'archevêque  n'avait  pai  inip 
d'intérêt  à  complaire  a  Louis,  r»  qui  en 
clairement  faux,  puisqu'il  avait  alors  i  mé- 
nager l'envahisseur  au  prolit  du  ^eui^e; 
quand  il  la  critique,  il  d  en  saisît  pas  nos 
plus  le  sens. 

Louis  le  Germanique,  après  son  invasion, 
voulut  réunir  un  coocilo..  Les  évèqon 
des  métropoles  de  Reims  et  de  Roaei), 
assemblés  h  Kiersy  en  858  ((858),  lui  ré- 
pondirent pour  exposer  les  raisons  qui  at 
permettaient  pas  la  tenue  du  concile  ordon- 
né. C'est  Hincmar  qui  fut  chargé  de  ti  ré- 
daction de  la  réponse.  L'archevêque  ri{h 
pelait  ensuite  au  priece  que  très-sODven^ 
de  vive  voix  et  par  écrit,  1  épisGOpalgallicu 
l'avait  engagé,  mais  en  rain.ènne  enlreii» 
avec  son  frère  pour  régler  leurs  dîfférendj. 
Il  craint  bien  que  le  concile  désiré  ne  mi 
aussi  icfructueux.  «  D'abord,  lui  dit-il,  ui- 
minez  dans  la  racine  de  votre  cœur,  ta  n- 
soQ  de  votre  arrivée  dans  ce  royaun»-' 
Viennent  ensuite  de  longues  et  TÏgoureios 
observations  contre  l'ambition  des  utun*- 
leurs,  puis  des  conseils,  s'il  estvnif» 
Loaisoe  soii  venu  que  pour  rétormirctr- 
tains  abus.  Toute  la  lettre  d'HincwrHl 
ensuite  écrite  dans  la  supposition  qutUun 
ne  songe  pas  à  faire  la  conquête  du  pt!^ 
maisb  entreprendrecerlaiues  niodificatiun! 
nécessaires  ,   améliorations    auxquelles  I? 

Srélat  déclare  |»ouvDir  souscrire  un  jour.  •' 
ieu  décrétait  que  l'JSgiiee  et  U  reyain'- 
consolidés  et  sauvés,  fussent  réunis  sous'-> 
main  de  ce  prince  et  y  prospérassent.  Pou^ 
quoi  M.  Ampère,  en  citant  vaguement  cdJ: 
phrase,  u'a-t-il  nommé  que  riigliss?  ?iW- 
ce  pas  pour  faire  croire  que  les  évoques  ré- 
glaient tout  h  leur  profit?  Hincaiar  reviiiil 
£  ses  premières  remarques  sur  l'obéissaïc 
et  le  respect  dus  au  souverain  ;  il  parle  <b 
l'absence  du  roi  ton  M(ilfre,et poursuit  aius  : 
«Nous  disons  ceci,  non  pour  étaler  d'iocor- 
venaules  déclamalions  contre  voire  domi- 
nation, mais  pour  vous  montrer  BToe  Hn 
d'évidence  ce  que,  outre  la  foi  et  letsemcfs 
dus  à  volrefrère,  fifaut  que  nous véoério-» 
ou  lui  b  cause  du  caractère  de  noir*  mini»' 
lère.Carnous  devons  et  nous  vouloos vou» 

n857)  T.  m,  n.208HaO9. 
.1858)  SiKHOW,  Coacil..eU:.,  l^,^  ll';«^-  f" 
uoponm  e  ti/neàa  «piid  Cari»w»« «•<»•*«  i-*«^ 


Il!l 


ns 


UCTIONNAIftE  APOLOGETIQIJE. 


rns 


lui 


croire  iocipirble  de  peofer  h  aygmenter 
r'i^re  ronume  aa  délrinient  d«  Totre  Àma 
|IIt59).  > 

Ce  long  résatnéélait  nécassaire  pour  corn* 
prtDiJre  ca  qui  a  échappa  à  II.  Ampira,  à 
nToJr  que  le  Mi  de  Bavière  ne  se  présen- 
kil  ijue  comma  réformateur,  elque  l'arche- 
liqae  de  Reinu  feignait  de  le  croira.  L'on 
»  le  {iréparall  dooc  paa  k  une  irabisoD 
»>ntre  Charles,  puisqu'oo  élablîssail  el 
l'i'on  déreodsil  ses  droilt,  el  puitqBe  des 
deux  cMés,  soit  de  la  part  des  Taioqueors, 
Ml  de  la  part  des  vaincus,  on  déclarsil  ne 
l<o:Qt  vouloir  attenter  à  l'auloriiéde  ce  sou- 
lersin. 

lUis,  dira-l-on,  il  y  avait  absnrdilé  h 
Kaibl«r  prendre  an  mot  Louis  le  Germa- 
nique. —  Oui,  o'éUit  absurde,  nais  comme 
là  fuhe  simulée  de  Brutns.  Il  t^t  bien  facile 
tuarbéleurdebraver  Louis  etsesGermains, 
le  les  braver  mille  ans  apris  leur  mort;  mais 
«ur  les  iirélala  qui  voyaient  fumer  k  l'Iio- 
izon  les  villes  inwndiées,  fuir  les  cultiva- 
eqra  dépouillés,  el  esercer  par  le  vain* 
jueur  dans  le  pays  des  ravages  pires 
lue  ceux  des  Normands  païens  (1860),  ils 
te  s  agissait  pas  d'iauliles  bravades.  Ils 
aMKédaienl  i  Louis  tou  t  ce  qu'ils  pouvaient, 
uais  en  le  liant  publiquement  et  de  cent 
^r^ns  dans  ses  promesses,  en  proelamaut 
Icstlroiis  da  souverain  légitime,  en  relar- 
liaiiliota  tous  les  prétextes  la  eonvocalioa 
du  coocile,  et  en  donoBoi  ainsi  i  Charles  le 
leuips  d'amener  son  armée  qu'ils  grossis- 
•iieut  de  leurs  soldats,  comme  toujours. 
.bartes  arriva,  el  l'envahisseur  prit  la  fuite 
t«61). 

U.  Ampère  a  donc  saisi  de  travers  aussi 
i:eo  l'épllre  érrile  par  Hincmar  à  Louis  le 
germanique,  lors  de  la  première  invasion, 
ae  l«  circulaire  du  prélat  k  ses  sulTragaoïs, 
1  époque  de  la  seconde  entrée  des  Germains 
a  -Neuilrie,  el  les  préventions  du  critique 
li  ont  seules  fait  entrevoir  daus  ces  [âècas 
fs  iudices  de  trahison. 
Les  coniemporaiiis  d'Hincmar  ne  sont  pas 
loiliés  dans  1  erreurdeH.Ampère;  Flodoard 
>tit  l'arcbcTèque  de Keims  deidigMt  cl  irè§' 
'ilf  admonitiani  plusieurs  fois  adressées 
Louis  le  Germdoique  et  è  ces  Bfs,  pour 
iMs  ne  s'exposasteut  pas  h  la  damnation, 
I  ravageant  le  royaume  de  Charles  le 
>auve  (lS6S);mai9  jamais  l'historien  n'a 
'ui-çoiioé  de  la  félonje  sons  ce  langage  de 
léiiié,  et  le  roi  lui-même  n'a  élevé  aucune 
aiiiiv  contre  Hiucmar,  qu'il  ne  mënageail 
:ere  quand  il  en  trouvait  l'occasion. 
S  Vil. 


11.  UicBBLBT.  —  ■  La  question  de  la  H- 
:rté  fut  l'occasion  d'une  i>lus  vive  coiilru- 

(1853)  Stseo».  ati  i»ra.  c.  3,  i,  15. 
(I8MfS.Mo»,  cS. 

ilStil)  SwMo,  Ul.t'nciicapii^  SapWMnu,  p. 
5  :  (Cnafidetilmi  Deî  ac  aoUris  perrexi.  »  Li 
ro  adtcfMU  Weailonen,  c.  tr. 


verae.Cu  moine  allemand,  uuSaKou,Gutles- 
chalk  ^gloire  de  Dieu),  avait  professé  ladoo- 
Irioe  de  la  prédestination,  ce  fatalisme  reli- 
gieux  qui  immole  la  lit}erlé  humaine  à  la 
prefcience  divine.  Ainsi  l'Alleoiagne  accep- 
lail  l'héritagode  saint  Augustin  ;  elle  enlraJI 
dans  la  carrière  du  mysticisme,  d'où  elle 
n'est  guère  sortie  depuis.  Le  Saxon  Goltes- 
cbalk  présageait  le  Saxon  Lutlicr.  Comme 
Luther,  Golteschalk  alla  è  Rome,  el  n'en 
revint  pas  plus  docile;  comme  lui,  il  Rt  au* 
nulerses  vcbux  monastiques.  Réfugié  dans 
la  France  d::  nord,  il  y  fut  mal  reçu.  Les 
doctrines  allemandes  ne  pouvaient  élrs  bien 
accueillies  dans  un  pays  qui  se  réparait  de 
l'Allemagne.  Conlreie  nouveau  prédestinatia- 
nisma  s'élève  un  nouveau  Pelage.  D'abord 
l'Aquitain  Hiocœar,  archevêque  de  Reims, 
récfama  en  faveur  du  libre  arbitre  et  de 
la  morale  en  péril;  violent  et  tyranaique 
défenseur  de  la  liberté,  il  Gt  saisir  Gottes- 
cbalk,  qui  s'était  réfugié  dans  aon  diocèse , 
le  fit  juger  par  un  concile,  condamner,  fus- 
tiger, enfermer.  ■ 

M.  Uichelet,  dans  ce  fragment,  s'est  trompé 
autant  sur  les  doctrines  que  sur  l'hisloirt 
des  personnages  dont  il  parle.  ^ 

l'L'auteuraditduprédeslinatianïsmeça'il 
immoU  la  Uberlé  humaine  à  ta  pretctenet 
divine.  Il  ya  là  une  fausse  idée  de  ce  sys- 
tème, qui  n'enseigne  pas  que  nous  serons 
sauvés  ou  damnés  parce  que  Dieu  l'a  préou, 
mais  parce  que  son  bon  plaisir  l'a  voulu.  Le 
prédesti  Italianisme  a  été  ex}>osé  dans  toute 
son  horreur  par  Luther  et  Caivin,  défenseurs 
de  cette  erreur:  •  Si  Dieu  le  platt  quand  il 
couronne  des  indignes,  dit  Luiber,  Dieu  ne 
doil  pas  non  plus  le  déplaire  quand  il  damne 
des  iDDocenls.  Croire  a  la  justice  de  cehU 
qui»  par  sa  volonté,  nous  a  faits  damnables 
nécusairemenl,  c'est  le  degré  suprême  de 
la  foi  (1863).  >  Et  Calvin:  a  Dieu,  par  SOB 
conseil  et  sa  volonté,  règle  de  telle  aorte 
que,  parmi  les  hommes,  il  en  naît  de  roués 
à  une  mort  (éterneiii)  certaine,  afin  qu'ils 
glorihent  son  nom  par  leur  perte  (18m).  s 
Voilà  le  fatalitmt  rtligieux  que  M.  Uicbelet 
voulait  k  bon  droit  stigmatiser,  mats  qu'il 
a  mal  fait  connaître. 

2*  Gollesclialk  n'a  pas  plus  eu  la  gloire 
d'être  riiéritierde  saint  Auguslio  qu'Uiuo* 
mar  n'a  eu  le  déplaisir  de  ressusciter  Pelage* 
L'archevêque  de  Reims,  dans  le  premier 
des  articles  opposés  par  le  concile  de  Kiersy 
èrhéré3iedeGoltescbalk,élabIil  quealMcu 
a  choisi  do  la  masse  de  perdition»  selon  sa 
prescience,  ceux  qu'il  a  prédesliués  par  sa 
gréce  k  la  vie  (1863).  ■  Or,  comment  [>eut- 
oo,  dans  ce  langage ,  reconnaître  celui  de 
Pelage,  qui  niait  h  la  fols  et  la  nécessité  de 
ta  grâce  et  l'existence  d'une  masse  de  perdi- 
tion par  suite  de  la  faute  d'Adam. 
Golteschalk,  entre  autres  choses,  eosei- 

(1863)  Bitt.  Eetla.  Btm.,  1.  nt,  ix. 

(18113)  Be  Stno  arUuh. 

<l8St)  iMil^t,  I.  III.  c.  as.  m.  6. 

(1865)  SiM»>»,l.  III,  (.'««ciV.CarJHdcam,   C.   U 


4185 


IBN 


gnaitqno  noire  libre  arbitre,  puissant  poar  > 
lé  mal,  ne  conserre  aucun  pouvoir  pour  le 
iiien  ;  il  )>rétendait  encore  que  les  pécbears  ~ 
prédeslinës  à  Is  mort  ne  peuTunt  en  aucune 
l'nçon  se  rendre  dignes  de  la  *ie  (1866).  Il 
IriiBSait  donc  tout  faire  à  la  grâce  dans  la 
nature  humaine,  devenue  simple  machiDe. 
Or,  de  telit^s  maximes  auraient  épouvanté 
snint  Augustin.  L'évëque  d'Hîppone  recon- 
nnissait  au  libre  arbitre  le  pouvoir  de  sa  ^ 
déterminer  au  bien  à  l'aide  de  la  grâce,  et  il  >' 
croTBÎt  que  si  les  pécheurs  élsienl  prédes- 
tines à  la  mort,  c'ëtail  parce  qu'ils  n'avaient 
Eas  voulu  se  rendre  dignus  de  la  vie  (1867). 
e  moine  saïun  ne  fijt  donc  pas  le  disciple 
du  grand  docteur  de  la  grâce. 

3*  Gotleschalk,  aui  yeui  de  M.  Miclielet, 
c'est  l'Allemagne  entrant  dans  la  voie  du 
mysticisme.  Mais  si  ce  moine  représentait 
l'Allemagne,  que  représentait  donc  Raban- 
Maur,  son  archevêque,  Rt  tout  lecoucilede 
Hayence,  qui  le  condamnèrent? 

V  Golleschsik,  oITerl  dans  son  enrance  au 
nionaslôre  de  Fuido ,  fil  annuler  ce  vœu  de 
Sus  parents,  et  a'y  réussit  qu'en  partie  :  il 
ne  nul  que  changer  de  maison  et  passer  dam 
<:i>lie  d'Orbais,  su  diocôse  de  Soissons,  suF- 
friigantde  celui  do  Reims.  Il  y  fut  ordonné 
prêtre.  On  ne  peut  en  tout  cela  comparer 
Luttier  i  Golteiichalk.  Où  M.  Michelet,  au- 
teur dos  Mémoire!  de  Luther,  a-l-il  tu  que 
son  héros  ait  aussi  sollicité  l'annulaliou  de 
SCS  vu)ux  et  une  dispense  pour  épouser  Ca- 
therina  Bora?  Luther  viola  ses  vœux,  Got- 
tescbalk  se  lit  dispenser  dus  siens. 

5*  Que  veulent  dire  ces  paroles  ;  Gottet- 
ehatk,  réfugié  dan»  ta  France  du  nord,  y  fat 
t«o(  r«pu.  Quand  le  moine  saxon  passa  de 
Vulde  6  Orbain,  il  ne  prêchait  pas  encore  le 
prédeslinatianismp.  Qu'est-ce  donc  qui  prou- 
ve qu'il  ail  élé  mal  reçu  T  Si  c'est  au  second 
vovage  de  Gotteschalk  en  France  ,  après  te 
concile  de  Mavence,  qno  M.  Michelet  fait 
allusion,  cet  htsiorien  ne  devrait  pas  dire 

Îiue  le  novateur  se  réfugiait  en  France  :  il  y 
ut  conduit,  sous  bonne  garde,  pour  étr« 
remis  i  ses  supérieurs  ecclésij)sli(|ues  (1868). 
^  6*  La  condamnation  et  le  clidiiirient  de 
Gotleschalk  sont  présentés  par  M.  Michelet 
oomma  l'œuvre  d'Hincmar;  ce  fut  le  concile 
de  Kiersyqui,  après  examen,  en  8W,  pro- 
nonça librement  la  sentence.  Ensuite,  te 
fouet,  d'après  la  règle  de  saint  Benoit  que 
suivait  Gotteschalk,  était  une  des  peines 
inlligées  aux  moines  coupables  [1869}. 

7*  On  dit  que  la  condamnation  de  Gottes- 
ctaalk,  dans  la  France  du  nord,  résulta  d'une 
milipaihie  contre  les  Germains.  Il  sursit 
facije  do  prouver,  par  los  rapports  sans  fia 
a  Hiocmar  avec  la  Germanie ,  que  cette  an- 

(18G6)  i.  ScOT.  De  prad.,  c.  4.  —  S.  Rf-higivs. 
De  irt»»  ^ittolii,  c.  SI  et  «.  —  Vide  Maugciw, 
VlmtUiiB PTœdeiiinationii,  1. 1,  p.  123:  l.  Il,  p.  102 
«157,  "^ 

(1867)  Librr  ad  Bottifacium,  cap.  ullim.,  n.  i2  : 
<  Nemo  jllo  {libéra  arbitno)  hene  uti  iwiesi  nisi  pur 
graiiaiD.  i  —  Tiaci.  xii  i»  Juamifiu,  n.  12:  i  I|im 
se  inlerimit^qui  pr^cepia  medici  obserrare  non 


DKTIOXNAIRe  APOLOGETIODE.  BIN  nu 

tipathie  aecrAte  est  une  sQ[q»silioii  ehim^ 


rique.  Je  m'en  tiens  i  uue  réponse  plus 
brève.  Si  la  condamuatioo  da  U  doctriue 
nouvelle  vient  d'une  opposition  politique, 
pourquoi  donc  1'  cette  doctrine  Iroaii-i- 
elle  des  partisans  dans  ces  mêmes  régioo! 
du  nord  de  la  France,  et  S*  poQraaoifal- 
etle  proscrite  par  le  concile  de  Majenct, 
aussi  bien  que  par  celui  de  KiersyT 

Voilà  déjà  sept  inexactitudes  sigoiliesl 
propos  de  Gotleschalk,  et  ce  n'est  qne  le 
commencement. 

Quelles  tarent  letniUM  de  rappariiioiiqBelcDtfii 

Il  France  Bt  ans  décrets  d'Hiocmir  août  GMiki- 
.    Ghalkt 

M.  MicBBLBT.  ~-  «  Hais  Lfon  ,  tODJoin 
mjfltiaue,  et  d'ailleurs  rivale  de  Reiiiii,tiit 
laquelle  elle  eût  voulu  faire  valoir  son  tiltc  ' 
de  métropole  des  Gaules,  Ljoh  prit  parti 
pour  Gotteschalk...  Des  hommes  éoinnlj 
dans  l'Eglise  des  Gaules.  Prudence,  iiinet 
de  Trojes,  Loup,  abbé  de  Ferrières,  tl^ 
Iramne  ,  moine  de  Corbie,  que  Goltesehit 
appelait  son  maître,  essayèrent  de  le  jutii- 
fier,  en  interprélanl  ses  paroles  d'uae  nu- 
niëre  favorable.  Il  y  eut  des  saints  ronin 
des  saints,  des  conciles  contre  des  cwi- 
les  (1870).  • 

U.  Guizot  a  dit  aussi  :  «  Soit  pilié  pour 
Gotleschalk,  si  barbaroment  traité,  sait plo- 
tdt  l'ascendant  de  l'esprit  théologiqoe,  inr 
vive  clameur  s'éleva  contre  rarcheTèqoeiif 
Reims...  L'Eglise  de  Lyon  surtout,  sous  us  ' 
archevêque  Rémi,  prit  à  celte  guerre  m 
part  (rës-activB.  Une  latte  sourde  suteiiH' 
toujours  entre  le  midi  et  le  nord  de  Is  Giule. 
Le  midi  de  la  Gaule  avait  coaseni  birn 
plus  de  traces  de  la  civilisation  nmtmV 
nord  était  beaucoup  plus  germain,  l'uà^ 
vêque  de  Lvon  était  le  prélat  le  plusnv- 
dérable  de  la  Gaule  méridionale,  itaist 
que  l'archevêque  de  Reims  le  plus  «t^i- 
rable  de  la  Goule  du  nord.  La  riv^lil^dt^ 
sièges  se  joignit  i  l'opposition  des  doHn- 
nes  (1871).  ■ 

Enfin,  nous  lifons  dans  M.  Ampère  i'I" 
certain  intérêt  s'éleva  en  faveur  de  tioU»- 
.chalk.  Bincmar,  en.-^a  qualité  d'bominE [iii- 
liiique,  avait  beaucoup  d'ennemis;  les  llit<^ 
iogieos  proprement  dits,  tous  ceaic|uisr 
piquaient  d  entendre  h  fond  les  telles  tWf^ 
dogmes,  Irourèreul  que  Gotleschalk  n'iiùi 
pas  entièrement  tort,  et  qu'HincmarsepC' 
mettait  d'étranges  allaques  contre  Ytmfin 
absolu  de  la  grflce...  Acctte  aniiuosiUiiid- 
vuit  bien  se  joindre  des  motifs  haniaini;'' 
esl  possible  que  te  déchaînement  de  l'Eg'i''  l 
de  Lj'on  contre  le  chef  de  rEglisedeB«iiii'  | 
oui  son  principe  dans  une  rivalité  eotrer'^^ 

vull...  Salvari  non  vis ab  ipso, ai  te judic^xn^' 
(1«88)  HiuGUUi,  Yiudkite,  etc.,  I.  U,  fliwt 

hUt.  et  ehTOn.,  p.  16.  «  Becrevinnis  cuw...  dm»^ 

turo  niiliere  ad  vos,  qiiaieiius  eum  retlixIsU!  l^ 

Itabani  ad  /iincmamni).  ■ 
(18G9J  SiRHOND,  CoHeiL  CtriùaeKm. 

(1870)  fJbiêupra. 

(1871)  HUi.  de  lu  ci»/,  nt  Fr..  nbiiifra. 


riis 


BIN 


JMCTMHiMAIftE 


ilM  priocipsBX  sitees  épUcopsox  du  royan- 
ce  de  LoÛuirael  ruades  priocipAui sièges 
iJaCbirles  le  Cbiove.  Celle  sapposilion  e*t 
rendue  plni  probable  encore  par  les  prétao- 
i.onsorgaeilieasesd*HiiK[iiar,quiaspiraitk  la 
iu|tréii>atiede  l'Eçlise  ^llo-franqna  (1872).  a 
Mtmta-çtus  préltmimatret. — Pramièremeolt 
II.  Ampère  se  coDienlanl  d'affirmer  qu'Hiue- 
ji*r  aspirait  è  la  suprématie  dans  l'Eglise 
p;io-traDqne,  je  me  borne  également  loi  k 
t  nier;  si,  dans  la  suite,  il  apporte  quelque 
iréieile  i  cette  aaserlioo ,  l'on  en  uioiilrera 
■  fsusselé.  Socondeoienl,  il  j  aurait  erreur 
<  rroire  que  Gotlescbalk  et  Hinemar  aient 
tê  le  sujet  de  la  polémique  engagée  par 
0U5  les  auteurs  dont  parlent  HMiADipère 
t  Hicbelet.  Dans  les  trois  ouTrages  de 
Aup  de  Ferrières ,  pas  plus  que  dans  le 
Tud  traité  de  Rairamne  de  Corbie,  tons 
es  deux  amis  de  Gotlescbalk ,  lu  nom  de  ce 
loioe  n'est  pas  même  prononcé.  Florus  de 
.fon  parle  de  Gottescbalk,  mais  pour  dire 


n  'il  ne  eoaoati  pas  aon  sjstème,  et  pour  le 
'~'~'re,  en  passant,  de  la     •    ■  - 

I  laouelle  on  l'a  soui 
>aice  déclare  ^u'il  ne  défend  ni  n'admet  la 


laindre,  en  passant,  de  la  pénitence  pbj- 
>f  aei  laquelle  on  l'a  soumis.  Saiot  Fru- 


tclriue  appelé  gotttteMalkeiime  (1873).  En- 
e  le  grand  nombre  d'ourrages  publiés  à 
tUe  époque  sur  la  grAce  et  la  prédestina- 
uo,  plusieurs  étaient  dirigés  contre  le  pé- 
igieaJesn  Scol;  d'autres  élaienl  des  éclair- 
if  scmenis  demandés  par  Charles  le  Chauve 
ar  les  questions  alors  débattues,  mais  non 
uries  Hteurs  de  ces  questions;  d'autres 
eo>unienl,  il  est  vrai,  les  articles  deKîers*; 
italefoii,  il  n'y  eut  guère,  contre  Hinemar 
idiviiluellement,  que  la  réponse  faite  par 
lifit  Bami  de  Ljroo  \  des  questions  de  I  ar- 
ie*éque  de  Reims  et  un  traité  que  Pru- 
roceiiédia&Hincmarlui-mème(lS74J.Oane 
<:«looc  pas  contre  l'archeTéque  de  Reims  un 
:cluIoemen{  aussi  grand  qu'on  la  prétend. 
Nous  arrÎTons  maintenant  au  sujet  prio- 
r  al  de  ce  paragraphe.  Pourquoi  l'épiseo* 
t  du  midi  de  la  France  s'élefa-l-il  contre 
ocmar  T 

Lm  question  semble  ne  devoir  conserver 
or  nous  aucun  secret,  après  les  aombreu- 
i  révélations  que  Hlf.  Guiiot,  Hicbelet  tA 
aifère  dous  ont  faites.  Rapprocbons  ces 
'enes  eiplications.  On  nous  dit  qne  saint 
mi  prit  parti  contre  Hinemar. 
t*  Parce  que,  Reims  et  Lyon  étant  les  cités 
ncipales  du  nord  et  du  sud  de  la  France, 
i»i  que  des  royaumes  de  Lotbaire  et  de 
arles,  il  y  avait  rivalité  enire  elles; 
;*  Parce  que  L/on  aurait  voulu  soumettre 
Uiii  son  autorité  méiropolitaine; 
^  ParcequeReimsaurailvouIusubjuguer 
tu  et  toute  la  Gaule; 
■  Parce  que  la  haute  position  d'Hincmar 
créait  des  ennemis; 
'    Parce  que  Lyon  était  mystique; 
*    Parce  que  le  midi  était  plus  civilisé 
t  le  nord. 

S~i)  Hiu.liu.,  etc.,  oU  supra,  p.  03. 
97Z)  VimdiciK,i!U.,  I.  1,  p.  i3tei609. 
&T  i]  H^iiccui,  VîKaieUe,  vie.  —  Ce  recueil  ren- 
ie les  diiers  écril*  dout  ou  vict  de  parler. 


APOLOCETIQUEi  llUt  ItSfi 

Mais,  en  vérité,  h  quoi  aboutissent  toutes 

ces  suppositions  et  toutes  ces  cooiradicliuns7 
Quel  rapport,  par  exempta,  peut-on  décou- 
vrir entre  la  civilisation  plus  grande  de 
Lyon  et  ses  sympathies  pour  les  doctrines 
fatalistes  de  GoltesebalkT  C'est  plotAt  la  doc- 
trine de  la  liberté  que  la  civilisation  aurait 
adoptée. 

On  pourrait  Clément  opposer  de  solides 
remarques  h  cbacuoedes  suppositions  pré- 
cédeotes;  je  préfère  présenter  quelques  ré- 
ponses qui  les  attaquent  toutes  k  la  fuis. 

L'an  Bo3,  Amolon,  archevêque  de  Lyon, 
écrività  Gottescbalk,  qui  s'était  adressé  à 
lui  :  ■  Je  pensais ,  dit  le  prélat ,  qu'il  pou- 
vait sambleryaroir  inopportunité  et  impru- 
dence, si  j'essayais  de  dire  ou  de  répondre 
de  moi-même  quelque  cbose  snr  une  cause 
terminée  par  les  informations ,  l'examen  et 
la  sentence  de  nos  sages  et  vénérables  frè- 
res; mais,  d'un  autre  côté,  il  me  paraît  con- 
traire à  la  piété  et  k  la  charité  cbréiieooe 
de  mépriser  et  de  laisser  sans  réponse  vos 
prières  et  vos  supplications  si  vives...  D'a- 
près ces  considérations,  et  plein  de  conBanee 
eu  la  charité  de  nos  vénérables  frères  et 
comp^nuns  de  sacerdoce,  charité  très-sin- 
cère qui  nous  unit  en  Dieu  et  nous  oblige 
è  porter  ensemble  le  fardeau  et  les  devoirs 
de  notre  mioislèra,  pour  que  l'accord  de 
l'esprit  nous  fasse  jouir  de  leurs  biens,  et 
que  les  ofttres,  si  la  divine  miséricorde  nous 
en  octroie,  leurapparliennentaussi,)'ai  jugé 
plus  utile  et  plus  salutaire  de  vous  écrire... 
Vous  étiez  eu  Germanie  quand  nous  avons 
commencé  k  entendre  les  bruits  défnvora- 
bles  soulevés  par  votre  nom...  D'aiirès  les 
écrits  que  nons  avons  reçus,  soit  de  divers 
côtés ,  soit  de  vous-même,  noua  croyons 
bien  connaître  an  quelles  périlleuses  ques- 
tions est  ballotté,  eu  (chose  triste  k  direl) 
fait  naufrage  votre  bon  sens  (1975).  >  Le 
reste  de  l'épltra  est  consacré  k  ta  réfutaliou 
de  Gottescbalk,  et  k  un  blâme  paternel  de 
ce  que,  depuis  tant  d'années,  il  reste  séjiaré 
du  corps  de  l'Eglise,  ■  d'otï  l'a  retranctié.une 
JDSte  sévérité.  ■  , 

.  Voilk  un  archevêque  de  Lyon  parfaitement 
d'accord  avec  celui  de  Reims  contre  le  té- 
méraire novateur.  Où  étaient  donc  alors  les 
prétendues  iotluences  du  mysticisme  lyon- 
nais, de  la  civilisation  méridionale,  des  pré- 
tentions k  la  suprématittT  II  est  vrai  que 
saint  Rémi,  successeur  d'Amolon,  s'eiprima 
ensuite  différemment.  Or,  quedoil-on  na- 
turellement en  conclure!  La  conclusion  la 
plus  naturelle,  c'est  que  les  deux  archevê- 
ques, Amolon  et  Rémi ,  discutèrent  chacun 
selon  sa  manière  de  voir,  selon  sa  plus  ou 
moins  profonde  science,  mais  non  pas  pour 
comDattre  ou  faire  triompher  des  préien- 
tiuns.  Saint  Keuii  attaqua  aussi ,  t^t  m^m« 
assez  rudement,  une  lettre  de  Raban-Uaur 
coutre  Gottescbalk  (1876);  suppose-t-on  ég:>- 
jkmeut  au  prélat  lyonnais  quelque  secret 

(1875)  VimdiàK,ac.,vn,DiiUTt.liiit.ttthr^a., 
c.  23.  p.  195. 

(lltili}  Viarficw,  etc.,  I.  Il,  Ihlribiu  tpU.,  c 
4f ,  p.  136,  de. 


4187 


Bit 


MCTIONNAmE  APOLOGETIQUE, 


m 


l.li 


dessein  de  s'assujellir  May enec  el  li  G«r- 
iniinieT 

Une  preore  que  ssinl  Rémi  n'açissait 
point  contre  Hincmar  par  esprit  de  nraltté 
ou  d'inimitié,  c'est  qu'en  de  très-grates  cir- 
conslnnces  il  aurait  pu  lui  fttre  contraire,  et 
punrlanl  ne  le  f^t  pas.  C'est  ainii  qu'au  con- 
cile de  Verberi  et  fc  celui  de  Doiizi,  en  869 
et  871,  il  Tota  arec  Hineiaar,  pour  la  mise 
en  uocusatton  e(  la  déposition  de  rérAqne 
de  LaoD,  ne*eti  insolent  de  l'archeTAqDe  de 
Reims.  Dans  l'affaire  des  clercs  d'Ebbon, 
Miiit  Renti  arait  été  chaîné  par  Nicolas  1" 
dé  réunir  te  concile  qui  devait  rcToir  le 
procès  l'sn  866.  I)  sarait  combien  le  Pape 
araii  éii  dur  contre  l'archeTAque  de  Reims. 
Quelle  occasion  favorable  pour  ses  ri*Blllés 
et  ses  anihipalbiesl  Point  du  tout  :  il  ap- 
prouva ce  qu'avait  fait  le  prélat  înealpé, 
adopta  la  règle  de  conduite  qu'il  traçait,  el, 
avec  tous  les  éféqaes,  fit  Ecn  élo^e  au  Sou- 
verain Pontife  (1877).  II  j  a  plus,  l'an  859, 
au  concile  de  Touii,  oi!l  quatorze  provinces 
ecclésiastiques  avaient  éle  convoquées  poar 
terminer  le  débat  Itiéologique  engagé  entre 
les  assemblées  de  Kiersy  et  de  Valence,  l'ar- 
chevêque de  Lyon  signa  la  profession  de  foi 
3ue  oeloi  de  Reims  avait  été  cbfti^6  de  ré- 
iger{<878). 

Cet  accord  de  niot  Rémi  et  d'Binemar 
sur  tant  de  points  réfute  les  chimériques 
suppositiona  d'an(i|Mthîe  qu'on  a  imaginées 
entre  c«s  prélaU. 

SU 


U.  Gdiiot.  —  ■  Hincmar  ne  s'était  pas 
attendu  k  un  tel  orage.  Il  écrivit  è  Baban, 
qui  l'avait  attiré  sur  sa  léte,  pour  l'enga- 
ger à  défendre  ce  qu'ils  avaient  peosé  et 
lait  en  commun;  Raban,  intimidé,  n'écrivit 
point,  e(  laissa  Bincmar  seul  en  butte  an 
péril.  Cherchant  de  tous  côtés  des  cham- 
jjons,  t'arclievéque  s'adressa  d'abord  è  un 
I  rètre  au  Uelz,  nommé  Amabire,  qui,  h  ss 
demanda,  écrivit  en  elfet  contre  Gottescbalk 
un  ouvrage  aujourd'hui  perdu.  Un  homme 
de  beaucoup  d'esprit  el  de  science,  Jean 
Scoll,  était  alors  en  grand  crédit  i  la  cour 
de  Charles  le  Chauve.  Hincmar  l'engagea  à 
écrire  contre  la  prédestination,  ut  Jean  y 
consentit  volonliers;  mais  Jean  était  philo- 
sofihe.  L'explosion  fut  bien  plus  vive  contre 
lui  que  contre  l'archevêque  de  Reims;  les 
écrits  se  multiplièrent...  L'Eglîsc  de  L/on, 
sous  son  archevêque  Rumt,  prit  à  cette 
guerre  une  part  très-active...  Compromis 
|)ar  ses  écrivains,  Hincmar,  pour  se  défen- 
dre, eut  de  nouveau  recours  auic  armes  de 
l'autorité.  Un  concile,  tenu  à  Kiersf,  en 
853,  rédigea,  en  quatre  articles,  les  ofiuioiis 

(1877)  DEULinn,  Conc.  ant.  Coll.  tuppitm.. 
Coutil.  Verni.,  p.  iM(,  etc.  —  Su  moud.  Cône.  ant. 
tall.  t.  Ht,  Coatil,  Sueuùnttue  ui,  p.  Ï8I  et  190. 

(tK78)  SiBHOND,  Coaeil.  avud  Tutiacum,  (.  III , 
p.  Ifit.  ,  f  .  , 

(1819)  Uut.  di  ta  civil,  eu  Ft.,  t.  H,  p.  3i9,  etc. 


qu'il  déclara  orlbodoxes  en  cette  ButUn, 
et  Gotteschalk  s';  trouvait  une  Heondefoii 
condamné.  Hais  l'archevêque  de  I.;od  pu- 
vffil  aussi  convoquer  des  conciles  et  5  bin 
rédiger  des  articles.  Il  en  convoqoj  gae» 
ofTet  h  Valence,  en  855,  et  les  iiriiclH  dt 
Kiersy  y  furent  condamnés  \  leur  tour. 
Hincmar  invoqua  de  nouveau  le  snoursile 
la  science  et  du  raisonnement;  maisMl^ 
fois  il  résolut' de  ne  s'en  fieri  persoaof.i: 
il  écrivit  lui-même,  en  857  et  ffi9,  suri) 
prédestination  deux  ouvrages  dont  l'im  tsi , 
perdu,  le  second,  qui  nous  reste,  est  «ira» 
a  Charles  le  Chanve...  Ces  onvrages  DeUr- 
minèrent  point  la  qaerdle;  elle  finit  p 
aller  k  Rome,  comme  toutes  tu  griadtï 
questions  du  lemps(187S).  ■ 

1*  Baban,  archevêque  de  Mayence.  «In 
nas  abbé  de  Fulde  a  cette  époque,  conii! 
l'a  dit  M.  Michelel  (1880)  nfusa  de  sejoii- 
dre  aux  six  auteurs  qui  érj'ivsieiit  dautlt 
sens  d'Hincmar  (ISSI).  Mais  est-ce  ijmtt 
fut  par  peur  que  le  vieux  théologien  p'n- 
Ira  pas  dans  la  lice? 

Larcfaevêque  de  Reims  lui  aTaiieaTo.fi 
un  livre  de  saint  Prudence  de  TrejespMr 
qu'il  le  réfutit.  A  cela  Raban  r^poodil: 
«  Ni  mes  maladies,  ni  la  faittlesie  ileoiG 
Age  avancé  ne  permettent  de  combiitr«  m 
k  une  successivement  toutes  les  propasiUOK 
de  chaque  naragraphe,  et  d'eiposer  lut  H* 
traits  que  l'auteur  a  réunis  d'une  foole^t 
livres  des  extraits  cootraires.  Ce  qui  j'« 
appris  dans  les  livres  sacrés  sur  li  preuiw. 
et  la  prédeslinatioa  de  Dieu,  et  lu  stti- 
menls  que  j'ai  vus  approuvés  par  les  éc'^ 
vains  canoniques  dans  les  divers  Teslanii^v 
&  mesure  qu  ils  se  présentaieol  t  ou  i»^ 
moire,  je  les  ai  insérés  dans  les  ofusct^ 
que  j'ai  autrefois  composés  contre  l'cim^ 
de  Gulteschalk  pour  l'évêqueNolbinfiirn 
le  comte  Eberard.  Ces  onusoules,  pui?' 
vous  dites  queGotteschalk  les  conw'/' 
les  vicie,  je  vous  les  envoie  tels  qmi'if^ 
ai  dictés...  J'ai  brièvement  recueillii^  '* 
lirescience  de  Dieu  el  la  prédeslinaii»,»^ 
témoignages  que  vous  m'avez  deiDU>)^' 
je  l'ai  fait  comme  je  l'ai  pu,  et  cniiini(^ 
(wrniettait  ma  maladie  cootinuell?'  Viuu 
pouvez.jelesais,  en  trouver  beaucoop F''»: 
votrtt  érudition  et  votre  santé,  supérJ«uM> 
mon  impérilie  et  i  mon  ialirmiié,iifU'<| 
rendent  facile  (1883).  • 

Cette  épltre  de  Ruban-Uaur  nous  pn^'- 
ve  que,  s'il  élait  vaincu,  ce  n'é'ail  |>is  piil' 
peur.  S'il  eût  craint  de  se  trouver  mSI^l'" 
longtemps  jt  cette  affaira,  il  n'auiaiifxs'-' 
ïoyé  une  copie  auilientiquu  de  ses  rfliL" 
tions,  il  n'aurait  pas  pressé  Hincmar  dW' 
pi  us  sévère  contre  Gotteschaik,  qu'il  laùis- 
publier  des  confessions  de  foi  (1883). 

2*  Il  est  irès-Tiai  que  les  articles  liéew" 

({990)  mit.  de  Fr.,  obi  sapra.  _^ 

i881(  MnuctiiN,  Vindiciar.etc,  t.  B.  *  <*■ 
epittotit,  c.  39,  u.  133. 
(1882)  VMid!CW!,elc.,iH»M«.,l.n.c.U,pl'' 
(lt(S3)  Yindiciœ,  etc.,  ubi  supra. 


m 


HCTKUGUUU  APOLOGETIOUC. 


111» 


H» 


t  Ijenyfiireol  coDcUmaéi  à  Valcaee  «d  8SS  ; 
Hiimur,  lootelois,  n'rât  point  de  débile  à 
nbir.  Voyez  coinnifl  la  Tictoire  lui  revint 
fta  i  peu.  A.  Langres,  quatre  sua  après 
|ji5emblée  de  Valence,  tout  en  approuvant 
1»  décrets  de  ce  dernier  concile,  les  évè- 
gnes  relrancfaèrent  la  censara  de  ceux  de 
Kiersf  [l8Si).  A  Savonières,  on  conTiat, 
Rirre  les  défenseurs  des  denx  opinioDS, 

Îb'od  éladierail  de  nouveau  reDseigneoieDt 
I  l'Ecriture  et  de  la  tradition  surJei  poioU 
m  litige,  et  que  dans  une  autre  assemblas 
00  porterait  une  sentence  déSnitive  (1885}. 
Enfin  le  S9  octobre  860,  un  concile  de  qua- 
torze provinces  étant  réuni  k  Touzi,  près 
deToaUBinemar  fut  chargé  de  rédiger  la 
profession  de  foi  et  le  triomphe  resta  à  son 
tT>iia)e  (1888).  S'il  est  vrai  que  l'archefê- 

ÎuedeBeima  eût  moins  de  théologie  que 
s  lioa  senStComme  le  peose  H.  Guizol  (i887J. 
il  lia  bllsitpes  oubliercatie  victoire  du  bon 
teia  sur  la  dialectique. 

Sire,  avec  H.  Guizot,  que  la  qoprtrlle  sur 
la  Srlce,  ainsi  que  les  grandes  questions  do 
leaps,  alla  k  Rome,  c'est  faire  entendra  qui 
les  adversaires  d'Hincnur  en  appelèrent  su 
P»pe,  eomme  le  firent,  sur  d'autres  sujets, 
ré=Tèqae  Rothade,  les  clercs  d'Ebbon,  le  ne- 
TtradflrarchevèqDe  lie  Reims,  le  roidivorcé, 
Loliiaire.  Or  jamais  il  n'en  fut  ainsi-  Nul 
appelas  Saint-Siège  ne  fut  inteijeté,  nulle 
tèpoue  solennelle  n'en  revint.  Nous  rer- 
roDS  tuBldt  qn'Hincnar  ayant  Id,  par  ha- 
sard, daos  une  histoire  de  son  temps,  que 
I»  Pape  s'était  preooucé  daos  un  sens  con- 
traire an  sien,  écrivit  k  Rome  pour  savoir  re 
qu'il  làliait  en  croire.  Cependant,  s'il  y  avait 
eu  appel  public  ou  réponse  publique,  ne 
Isarait-il  pas  su?  et  eux-mêmes,  en  860,  l'so- 
G^  qui  suivit  cette  prétendue  sentence  da 
fipe  (tSSS),  auraient-ils  souscrit,  comme 
Qûus  I  avons  vu,  la  profession  de  foi  dressée 
par  Hincmar  i  Touzif 

L'archevêque  ne  fut  donc  ni  abandonné 
nr  Rahan-Maor,  ni  vaincu  par  les  prélaU 
néridionaux  de  la  France,  ni  condamné 
xr  le  Pape. 

II. 

jt  Pire  mnrfat  T  pescbll-ll  pont  GoUetckilk  coatre 

UtDourT 

M.  tiiniOT.  —  ■  Il  est  difficile  d'affirmer 
[U9  Nict»las  I'  ait  pris  un  parti  positif,  on 
[u'îl  ait  déclaré  ({ue  l'une  ou  I  autre  des 
'eux  opinions  était  la  doctrine  de  l'Kglise. 
^pendant  on  voit  clairemeol  qu'il  penchait 
<iur  les  idées  de  Goitfschalk  et  pour  les 
■oons  du  concile  de  Valence,  confirmés  en 
99,  par  le  concile  de  Lengres.  Sa  corres- 


Cnc.  MKi.  CM.,  I.  III, 


1» 


(ISS4) 
:  153. 

lISSô)  SiMO»,  Lin,  Cmieit.  ipul    Sapenaria; 
.  859,  C90.  10,  p.  lut. 

..  L  ta. 


^SHS6>5iaM>n,  I 


.  Cencil.  apnd    Tntiac 


>(&t.  BTDOdalis,  p.  161.1 

188'ï|  But.  dt  UeniL,  ubitupn,  p.  551. 

ISSS)  Celle  (cnieoce  est  ponà     '     - 

Si^mi-Btriim,  k  raunée  859. 
^iSXS)  LU  upra. 


pondance  el  sa  conduite,  dans  cette  affalff, 
sont  peu  favorables  k  Hincmar.  La  luILe  se, 
prolongea  ainsi,  en  s'attiédissanl,  jnsqu'k  la 
mort  de  Goueschalk,  survenue  la  30  ecto- 
lire  868  ou  869  (1889).  ■ 

H.  Guizot  voit  clairemeol  que  le  Pape  Ni- 
colas 1"  pencha  peur  les  idées  de  Golteschatk 
el  du  coucile  au  Valence.  Uais  comment 
voolez-vous  que  cela  ait  eu  lieu,  puisque  le 
concile  el  le  moine  sexon  n'étaienLpasd'ae- 
cord  T  J'essayerai  de  le  prouver. 

Quand  les  évèques  de  Valence  disent  ana> 
thème  à  ceux,  s'il  en  existe,  qui  enseignent 
que  les  pécheurs  sont  tellement  prédestinés 
au  mal  qu'ils  ne  sauraient  être  autre- 
ment (1890),  o'est-ee  pas  la  condamnation 
de  la  ijremière  des  erreurs  reprochées  à 
Golteschalk  par  Kabau  T 

Quand  ils  déclarent  que  tous  les  fidèles 
bsfjtisés,  lors  même  qu'ils  ne  pcrïûvèreDi 
pas  dans  lu  bien,  ont  été  réeliemenl  incor- 
porés k  l'Eglise  et  que  les  sacremeuts  ue 
leur  ont  point  été  admiuisirés  d'une  ma- 
dère illusoire  (1891),  ne  rejetaient-ils  pes 
la  proposition  contraire  reprochée  à  Gottes- 
cbalk  par  Amoloo  de  Ljon  (189â). 

Quand  ils  établissaient  que  le  libre  arbi- 
tre, affaibli  par  le  péché,  est  guéri  par  la 
grâce  (1893),  ne  cOni  redisaient-ils  pas  ce 

erincipe  de  Gotteschalk  :  que  notre  libre  ar- 
itre,  capable  du  mal,  est  iinpuitsaut  pour 
le  bien,  de  sorte  qu'il  ne  cooiMère  pas  uétkM 
k  la  grAce  [189fc}T 

Gottesctialk  disait  encore  que  le  Créateur 
et  le  Kédeoiiiteur  n'avaient  voulu  sauver 
que  les  élus  (1895)  :  mais  te  concile  de  Va- 
lence, repoussant  l'assertion  qui  restreignait 
la  grâce  aux  élus  seuls,  déclara,  en  usant 
des  mots  de  l'ApAtre,  que  lo  Christ  s'est  of- 
fert poureffacer  les  péchésdebeauconp(1886). 

Goiteschalk  el  le  concile  de  Valence  n'é- 
taient donc  pas  d'accord  entre  eux,  quoi- 
(fu'ils  fussent  également  opposés  h  Hincmar. 
L'est  cette  opjiosition  commune,  soulevée 
contre  le  prélat,  qui  aura  bit  croire  k  U.  Gui- 
zot que  les  évèques  et  les  novateurs  avaieU 
aussi  une  commune  crojauce,  et  que,  par 
conséquent,  ils  avaient  vu  le  Pape  pencher 
à  la  fuis  vers  chacun  d'eux. 

Hais  enfin  Nicolas  1"  ne  manifesta- t-il 
pas  de  la  sjœpalbie  pour  GotleschaU  7  Tout 
ce  que  nous  contuissoos  de  relatif  k  ce 
sujet  se  rencontre  daos  lesépîtres  d'Hincmar. 

En  862,  Hincmar  ayant  appris  que  Ni- 
culas  s'était  entretenu  avec  diverses  per- 
sonnes de  la  condamoalion  et  de  la  réclu- 
sion de  Gotlescbalk,  écrivit  au  Pape  sur  ce 
sujet;  on  ne  loi  répondit  pas.  Plus  tard, 
ayant  k  se  justifier  de  sa  coaduite  envers 


(1890)  SuMOiiD,  L  m,  CtneU.  YmlatliMmm  m , 
BBD.  8S5,  can.  3,  p.  95.  —  Yiaéifix,  etc.,  L  l^ 
Dt  irïiai  epui.,  c.  42,  p.  137. 

(1891)  Concil.  YaUmt.  can.  5. 

(1892)  Yindieia,  eU..,  L  U,  Diuert.,  c.  23,  Amo- 
lo»û  epiil',  193. 

(1893)  CoÊUil.  Valnl..  c».  6. 

(I89i)  Yiniticite  ;  De  tritui  epitf.,  C  21,  p.  102. 
(I89S)  Yimdiâm.  abi  snpra,  r.  1 1  ei  14. 
(189t>)  Ctuâl.  YulMl.,  nn.  4. 


1191 


H  IN 


niCTIONNAIRE 


•  Botbsde,  il  exposa  de  nouveau  au  Pape  les 
erreurs  du  moine  captif,  ainsi  que  les  rai- 
sons qui  l'avaîenl  fait  condamner,  et  il  de- 
manda s'il  le  falisit  mettre  en  liberté  ou 
l'envoyer  h  Rome  (1897)  ;  nulle  réponse  en- 
core ft  la  partie  du  la  lettre  relsEire  h  Got- 
tftsctialk.  L'an  866,  Egilon,  député  du  clergé 
gallican  eu  Italie,  reçut  d'Hincmar  une  let- 
tre principalement  relative  h  Gotleschsik. 
Cette  pièce  nous  apprend  que  le  légat  ro- 
main Arsène  avait  interrogé  Hiucmar  sur 
son  prisonnier.  Entre  autres  soins  recom- 
mandés b  Egiion  ,  était  celui  de  consulter 
Nicolas  1"  surce  fait,  rapporté  dans  les  ^n- 
naUt  denoi  roi/,  i'  l'aouee  859,  par  l'évoque 
Prudence',  autrefois  adversaire  de  Gotthes- 
chalk,  niais  devenu  son  partisan  ;  «  Le 
Pontife  romain  Nicolas  a  fidèlement  con- 
firmé et  catholiquemeol décrété  sur  la  grâce 
et  le  libre  arbitre,  sur  la  vérité  d'une  double 
prédestination  et  sur  le  sang  du  Christ,  A 
savoir  qu'il  a  été  répandu  pour  tous  les 
croyants  11898}.  • 

Or,  peut-on  conclure  de  ces  renseigne- 
ments que  le  Saint-Siège  penchflt  vers  les 
iilées  de  GotleschalkT  Le  Pape  parla  de  ce 
ii«valeur,<  peut-être  même  qu'il  Je  plaignit; 
mais  ce  n'était  point, là  sympathiser  i  ses 
opinions:  témoins  FIoriis,di8crede  Lyon,  qui 
déclarait  ne  pas  connaître  la  doctrine  de  ce 
moine,  et  tjui  pourtant  blâmait  ceux  qui 
l'avaient  fait  frapper.  Si  le  Pape  avait  été 
quelque  peu  favorable  aux  opinions  du 
capitf  d'Hautvilliers,  n'aurail-il  pas  ordonné 
son  élargissement? 

Reste  donc  h  invoquer  i'autorilé  de  la  sen- 
tence attribuée  à  Nicolas!",  sentence  fort  peu 
claire  et  encore  moins  authentique.  En  elTel, 
levrnin  du  gotlescalchisme  consistait  sur- 
tout à  dire  que  le  pécheur  est  prédestiné  au 
péché.  Or  ':eci  ne  se  retrouve  pas  dans  la 
sentence  de  Nicolas;  on  n'y  voit  pas  si  la 
double  prédestination  dont  parle  le  Pontife 
y  est  enlmidue  comme  l'entendait  Gotles* 
cbalk,  ou  bien  comme  l'entendaient,  avec 
quelques  varinules  entre  eus,  les  Pères' du 
concile  devienne,  saint  Prudence  et  même 
Uincmar.  La  sentence  n'est  donc  pas  clnire. 
Puis  comment  regnrderait-on  comme  au- 
llieotique cette  décision  dont  personne  dans 
le  temps  n'avait  entendu  parler;  qui  se 
rencontra  par  hasard  tout  d'un  coup  dans 
un  livreidont'Bucun  des  divers  partis  ne 
tint  compte  dans  les  conciles  suivants,  et 
dont,  sept  ans  après  son  apparition  ,  il  fal- 
lait encore  demander  à  Home  ce  que  c'é- 
tait? Cet  arrêt  ponlilical  est  donc  une  pièce 
fausse  sur  laquelle  saint  Prudence  ,  qui  la 
rapporte,  a  été  trompé.  M.  Guizot,  an  fond, 
pense  de  même,  car,  si  la  pièce  ne  lui  sem- 
blait pas  obiCure  et  apocryphe,  il  aurait  dit 
non  pas  seulement  que  Nicolos  penchait 
vers  Gotleschalk,  mais  qu'il  avait  fsJt  du 
fatalisme  de  ce  moine  un  article  de  foi. 

(1897]  Flodoàrd,  Hitu  eecUt.  RememU  ,  I.  lit, 
t.  U. 

(I8-J8)  VittdUiai,  rlc.  I.  II  Ep.  HlnmariaiEgi- 
lentiu,  p.  229,— HitcuiN,  I.  Il,  p.  Ôi8,  c.  41,  pL-iiso 


APOI,OGETIQUE.  HB  un 

Que  reste-(-il  ,  au  xix'tiicledcecsdt- 
bals  du  IX*  siècle  sur  la  grlceT  II  eiiste  li 
doctrine  d'Hincmar,  qui  est  celle  de  la  ihéo- 
logie  catholique,  sauf  quelque  diitérinn 
d'expressions  dans  la'formule. 

L'ascendant  <fHlncmit  éehoai-l-11  enTmce  dalV  ' 
faire  dei  dera  d'Ebboa,  qu'il  ivilt  dipuéitii)Klt  ' 
Pipe  râublilf 

H.  Ampèke.  —  «  La  première  affaire  dirj 
laquelle  on  voit  se  dessiner  le  cnritlt» 
d'Hincmar,  est  celle  des  cleres  Domin(s[ti 
son  prédécesseur  Ebbon. 

■  Ebbon  était  Cet  archevêque  deBeiK. 
qui  dirigea  la  conspiration  des  h^ 
contre  Loufs  le  Débonnaire.  Ce  fat  Qki 
qui  lut  au  roi  la  sentence  de  dégradalki 
Après  la  restauration  du  monarq^^e,  Ebbl 
avait  été  proscrit;  il  s'était  enfui  en Di» 
marck  sur  un  vaisseau  depiroles,  siailn- 
suite  été  rétabli  sur  son  siège,  [iiiiili 
nouveau  déposé  :  et  la  question  qui  t'ij^ 
lait  maintenant  était  de  savoir  stiestitrs 
qu'il  avait  nommés  pendant  son  kf\m\<n 
passager  étaient  caooniquemenl  élus.  Hiid^i 
mar  ne  les  voulut  pas  reconnaître.  Ces  » 
clésiastiques  se  plaignirent  devaDl  udcw 
cile.  Hincmar  soutint  leur  eiclasioD  t\» 
défendit  lui-même,  car  son  éleeiinn  M 
contestée.  Il  parvint  à  faire  lrioai|iher  tn 
droit  dans  le  concile  et  à  faire  rejeter  lu 
prétentions  de  ses  adversaires.  L'il&itcH 
se  termina  pas  là,  et,  portée  deianllEJ 
pape  Nicolas  1"  qui  ,  au  ix*  siècle,  jM 
toutes  les  prétentions  que  Grégoire  VII<1<' 
vait  faire  valoir  deux  ceols  ans  pJ'jsUii 
la  décision  du  concile  franc  fut  rejei^l 
Nicolas  ne  voulut  point  abandonoer  ■* 
clercs  nommés  nar  Ebbon  ,  et  il  \'m«$ 
celte  remarquable  parole  :  «Il  nefaulpi 
que  l'obéissance  ait  pu  être  cou[>ab!s[l^ 
M.  Guizot  s'eiprime  ainsi  sur  le  iM 
événement:  ■  Nicolas  T'ordonna  larrn^M 
de  l'alTaire  [dei  clera  dépotit)  :  un  iwtn 
concile  eut  lieu  &  Soissons,  etleî>)( 
adressa  aux  évèques  une  longée  lelir<  <^ 
la  conduite  d'Hincmar,  dans  celui  de  S 
était  rudement  censurée.  Contre  de  idii»- 
proches,  et  contre  l'influence  de  ChirbU 
Chauve  lui-même,  qui  celle  fois,  se  noiM 
favorable  &  ses  adversaires,  l'sscenid 
d'Hincmardans  l'Eglise  galIo-franqnerclM 
les  clercs  déposés  furent  rétablis  danslt* 
rang  canonique;  et  malgré  les  méti)^ 
nients  que  le  Pape  leur  coaiuisnda dï  tO''' 
server  envers  Uincmar  dans  leur  >ieM 
la  défaite  fut  pour  lui  éclBlanlD(f900).i 

Le  sujet  du  débat  sans  lin  relali/i^ 
clercsdéposés  fut,  en  effet,  desawir*" 
avaient  pu  être  légitimement  ordomiés]"' 
Ebbon  ,  déposé  lui-même,  et  repliçf-  ^ 
sait-on  ,  par  une  faction  sur  sùii  sii'i-'' 
part  cela,  tout  ce  qu'on  vient  de  noui  "■ 
conter  n'est  guère  qu'un  tissu  d'erreuri 

que  ce  furent  les  articles  réJigcs  a"  (""*  | 
Langrcs  que  Nicolas  appruava.  j 

M899)  T.  m,  p.  190. 

il900)  Uin.  de  ta  firU.  m  Fr..  l.  II.  P  ■"' 


ISS  HIM  DKTWvfniURB 

i'M,  Ampère  bil  partir  pour  la  Dane- 
larck,  sor  on  vaisseiu  de  pirates,  rarcbe- 
èquB  Ebboo,  ■  pirate  lai-méme,  a  eoiDoie 

dit  aillenrs  (1901].  Celle  ftUle,  dans  la 
ïalilé,  GODsiata  (si  l'on  me  pardoDDe  l'ana- 
tiraDÎsme  de  l*eipres»on^  h  prendre  le 
»che  sur  la  Marne  iiour  desc«Bare  k  Paris, 
Cl  le  prélat  se  cacha  dans  la  cellule  d'un 
«lus.  C'est  le  témoignage ,  d'abord,  de 
Charles  le  Cbaura  au  Pape  Nicolas  l",'en- 
uile  des  clercs  mèniea  dTbbon  (1903).  Le 
^it  prétéré  par  H.  Ampère  n'est  qu'un  on 
lit  [aijieilar),  recueilli  par  Flodoanl  (1903), 
mis  inadmissible  en  préseucti  desamori- 
és  que  l'on  rient  de  citer. 

9  Hincmar  oe  soulùit.  ni  ne  demanda  la 
léposition  des  clercs  d'Ebboo  audeasièmo 
Cûnrile  de  Soissons,  en  853. 

Ciund  les  dtrcs  non  reconnus  par  Binc- 
rirseprésenlèrent  an  concile,  l'arcbevà- 
fue  de  Reims  Gl  ponnsttre  i  l'assemblée 
e  sujet  de  la  réclamation,  puis,  àhs  que 
crii<ci  eurent  été  inlroduils,  il  quitta  la 
résidence  et  se  choisit  trois  JHge*.  per- 
leilsnl  aux  Téclsmanls  d'opter  f>our  \rs 
Mmti  ou  pour  d'autres ,  en  aussi  grand 
ombre  qu  \U  le  roudraiefil.  Cesi-ci  se 
niitentërenl  d'ajotiter  un  oualrième  juge, 
fepuis  ee  moment  jusqu'i  la  fin  de  la  pro- 
'^lurc,  silence  complet  de  la  pari  d'Hioe- 
larcÙ  ne  plaiJa  donc  pas  pour  obtenir  le 
■-t'i'lcs  clercs  (1901). 

3*  Binemar  n  eut  pas  non  plus  è  détendre 
1  fiVi\i\ii  de  son  ëleclioa.  C'est  peut-fllre 
trre  que  les  Pères  du  deuxiôrae  concile  de 
i>:»fjris  commencèrent  par  établir  qu'ilb- 
'U  a»ii  été  légitimement  dégradé,  el 
le  son  sacccsseur  Binemar  avait  été  élu 
Ifin  les  canons,  que  M.  Ampère  aura  tenu 

'■riÂion  Je  TarcbeTèque  de  Reims  pour 
^v,'  en  douie.  Or ,  si  on  procéda  de  la 
rie,  re  n'était  pas  que  l'autorité  d'flino- 
ir  fût  en  question  ;  mais  en  posait  les 
'fuisses  du  raisonnement  d'oiï  allait  ré- 

liT,  pour  conclusion,  la  juste  exclusion 
I  clercs.  Car,  si  l'on  voulait  prouver  k  ces 
iiiers  qu'Kbbon  n'avait  pu  les  ordonner 

E 'Hincmar  avnît  le  droit  de  les  écarter, 
llait'il  pas  préalablement  établir  que 
ireniî«r  des  deui  archevêques  avait  alors 
du  sou  titre  (1905)  f 
j  décision  de  ce  concile  futenroyée  k 
IM  et  approuvée,  en  853,  parBenoItlll, 
BnSGS.parKicolas  1",  comme  irréfraga- 
(1306).  CependADi,  l'an  866,  ce  Pape  Qt 
Miueocer  l'enquête  devant  un  autre 
^le ,  qui  rétablit  les  clercs  par  dis- 
le. 
'il  est  diflicile  de  croire  qne  le  rélablis- 

B1>  T.  in,  p.  109.  — AUasionk  ceqae  Ebbim, 
laui,  pounut  ani  baoîaide  xm  etil  en  eiu- 
■t  nue  parlie  des  richesses  de    l'éflisc  de 

^y  Soumn,  t.  Ul,  p.  »i9  el  CSô. 

K;  F(.aiMUU,  II,  Ml. 

lAj  SuBO»,  CoueU.  Sattiùiwut  n,  ad-  % 


APOLOCETIQIIE.  Hllf  (|9I 

sèment  des  clercs  ait  ébranlé  le  crûilii 
de  l'arebevèque  de  Reims  ,  puisqu'il  vit 
l'épiseopat  gallican  conlinnrr  k  partager  ses 
opinions;  puisque  le  rétablissement  de^ 
clercs,  par  dispense ,  était  un  amendemeoi 
qu'il  avait  lui-même  proposé  a»  deuiîèm» 
eoDcile  de  Soissons;  puisque  le  Pape  sa 
montra  salisbit  desrésololions  du  troisième 
concile  de  Soissonaeld'Hincmar;  puisqu'on 
rendant  leurs  grades  k  ses  elerc«,  Nicolas  les 
averlit  que  rarchevèqao  de  Reims  avait  en- 
core le  droit  dt<  recommencer,  s'il  le  jogeait 
k  pmaos,  la  procédure  k  Rome;  pnisqnn  le 
concile  de  Troycs,  convoqué  par  la  lettre 
même  qui  censurait  Hincmar,  fit  l'éloge  de 
ee  prélat {1907). 

Cette  première  partie  du  procès  des  clercs 
d'Ebbon  a  done  été  înezaelement  rapftelée 
par  MM.  Guizot  el  Ampère,  et  la  seconde 
partie  va  ressembler  k  celle-lk. 

Illl. 

ffiocMir  eiit-41  pour  advenitifM.  da»  le  vtteè*  ilTIihw. 

le  Pape,  l'einpereur  et  Uurlea  le  Chuira  T 

M.  AarftKE. — ■  Après  avoïrsoulenn  rîgon- 
reusement  ce  firemier  choccnntre  une  parlio 
daelei^é,  derrière  laque  Ile  se  cachaient  l'em- 
pereor  Lotbaireet  le  Pape,  Hincmar  éleva 
une  voix  ferme  et  sévère  contre  les  violen- 
ces féodales...  Nicûlaa,  aaqnel  Hincmar 
faisait  quelcpie  ombrage,  reprit  cette  que- 
relle {da  tkra  dJptués)  néik  ancienne, 
Charles  le  Chauve,  qui  avait  eié  jusqae-lk 
l'appoî  eoBslant  d'Uincmar,  devînt  son  ad- 
versaire, et  nomma  Vulfadek  l'arche vêcbé  de 
Bourges. 

«  Ici  HincQur  se  trouTe  seul  contre  la 
roi  el  le  Pape  ;  il  ne  désespère  pas  de  sit 
cause  el  accepte  le  combat;  seulement  il 
redouble  d'adresse.  Ses  instruetions  diplo- 
matiques sont  pleines  de  mesures  et  d  ha  • 
bilelé.  H  ne  conteste  pas  l'auiorilé  ponti- 
ficale, mais  il  cberche  k  l'altéaoer,k  lui 
échapper  (1906).  • 

r  l>es  trois  adversaires  qoe  kf.  Ampère 
donne  k  Hincmar,  je  parlerai  d'aberd  du 
Pape.  J'avoue  que  Nicolas  I"  ne  fut  |m4 
flcbé  de  pouvoir  donner  k  Hincmar  une 
forte  leçon  qu'il  croyail  nécessaire;  et  co 
n'est  |>oiiit  Ik  une  calomnieuse  supfKisi- 
lioii,  puisqu'il  a  lui-même  confessé  ce  dé- 
sir (1909); 

2*  Quant  k  l'empereur  Lolhaire,  il  ne  m» 
cachait  point  derrière  \es  itères.  En  810, 
un  an  après  l'éleclion  d'Hincmar,  |four  pu- 
nir ce  prélat  de  sa  fidélité  au  roi  Charles,  il 
oblintdu  Pape  Sei^us  qu'on  examinât  si  la 
dépositiondEbbonavaitélé  canonique;  mais 
en  852,  lors  de  la  {»«mièro  réclamation  pu- 

Ef.  Nieoltn  I,  p.  tl6. 

(1907)  SiBam»,  CouciL,  etc.,!.  III.  p.  510, 
517,553. 

(1908)  T.  ni,  p.  190  et  195. 
(l909)SiiHuxp,  CoMeil.,tte.  Ulll,  Ep,  Sieolaiad 

Himcituinm,  y.  315.  —  Nîcgbs  vuvhit  ijii'llincnur 
apprit  à  DC  pas  auuoienier  se*  privilèges  aiti  dé-' 
(•eiii  de  ceni  de  Roaie  ;  mais  le  Pape  avait  été 
lioinpc'. 


£li:T10?(!fAUK    AFOLOcfcTIQl'E. 


ll«5 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE 


mu 


m 


4>li(]Ufl<los  clercs,  lors  du  premier  ekoe,  il 
uvaild^ji  (lemaotlé  lui-même  k  Léon  IV, 
selon  Flntloari],  qu'où  validât  leur  di^po«i- 
lion  (1910);  sa  rancune  contre  rcrcbeTe- 
que  avait  peu    survécu  II  la  guerre    civile. 

3*  Lanomioalion,  par  Charles  le  GbauTe, 
de  Vulfflde  à  l'arcbevêobé  de  Bourges  n'é- 
tait point  un  symptftine  d'inimitié  con- 
tre Hincmar;  car,  d'un  rdté,  Uiacmar  nu 
soutenait  pirs  qae  ces  clercs  fussent  indignes 
d'être  admis  aux  ordres  sacrés  supérieurs, 
fct  Vulfado  moins  que  tout  aulro,  poisque 
)'arclie*âque  de  Reims  l'avait  antérieure- 
ment recommandé  au  roi  (1911);  il  pensait 
seulement  que  leur  première  admisiiîon 
ilsns  le  sanctuaire  avait  été  iirégulière. 
JD'autre  part,  à  l'époque  même  de  la  no- 
luiuatiOQ  de  Vutfade,  Cliarles  écrivait  en 
«es  leroMS  au  Pape  sur  Hincmar  :  «  Selon 
]a  demande  de  votre  pslernilé,  nous  avons 
})arlé,  avec  révérence,  au  prélat  de  celle 
siTaire  {la  eanvccation  du  Iroiiiême  concilt 
4fe  5oiifoni),  et  en  cela  comme  toujours, 
nous  l'avons  trouvé  dévoué  et  prêt  à  oliéir 
h  vous  et  It  moi;  de  sorte  que,  non-seuJt:- 
jiiL'ut  il  n'a  |ias  fait  de  résistaocei,  mois 
tht.ani  fi'e«t  liâté  d'obtempérer  (rès-proup- 
tcuient  le  premier  aux  ordres  de  votre 
apostolat  (1913).  »  Ce  n'est  {Hiiut  le  le  lan- 
^ma  d'uu  oJvurssire. 

Si  la  désignation  de  Vulfade  pour  le  siège 
du  Bourges  avait  été  un  alTroiit,  ce  n'est 
(>ûint  Hiiicoiar  seul  que  Ctiorles  aurait  bu- 
lailJé,  Niais  liieu  tout  lo  concile  de  SS3, 
c'fSl-à-dire  cinq  luélrojmli  tains  et  leurs  suf- 
IVo^oiils,  qui  oveient  ralilié  la  déitoailion 
des  ck'rc».  Il  «n  aurait  alors  été  oomnio 
du  concile  de  Troj'es  dont  nous  allons 
luirlor. 

Le  Pape  Nicolas  ayant  appris  qu'un  clcro 
dé|iu$â  tituit  oooiuic  à  un  siège  tuéltopoli- 
lain  ordonna  la  Itinue  d'une  nouvelle  as- 
suuiUléu,  qui  se  réuuil  1>  Troyes,  l'an  867. 
Cliat'ics  aui'uil  bien  voulu  que,  dans  la 
k't.ro  s^nodique  ,  le  coucile  omit  cerlaitis 
ûélails.  liincuiat-  obtint  que  l'on  manifestât 
touie  la  vériLé.  Le  loi  s'empara  de  lu  lettre,  el, 
<  parce  qu'où  ii';  evait)>as  réfuté  Uincmnr,» 
va  écrivit  une  de  sa  façon  (1913).  Mais 
quoique  l'arcLevôque  de  Ueims  n'vûl  pas 
cousunli  è  meuLir  eu  faveur  de  Vulfade,  ni 
lui  ui  personne  u'étail  hostile  au  nouveau 
jirélal,  ni  offensé  do  sa  nomination.  La 
prvuve,  c'est  que  tous  y  avaifiiit  lonsenli 
(1914^;  c'<3St  qu'a  Trujes,  ils  lui  lermirent 
de  siéjger  avuc  eux,  solilcitèruut  pour  lui 
tu  pslliuni  (1915),  et  le  sacrèrent  sans  mAïue 
alieodre  l'asseDlimenl  de  Rome  (1916). 

(IHO)  Bia.  ecelet.   flemeMiii.  m,  10. 

(1911)  EpUtola  Uiucmari  ad  tiicoiaum  i  t  Lille- 
ras,  1  elc 

(1912)  SiRKOHD.  L  m,  p.  500. 
(191S)  Flodoard,  ui,  17. 

(1914}  SiRMOiiD,  CoiiciL,  etc.,  U  UI,  p.  GU. 
l<UlSjSuiMu.'<D,  U  III,  Coticif.  TriMMÙuim,   ad.. 
aiiu.  iHil. 

'JIBjStBKOHD.t.  III,  p.  309. 
il)  l^aot,  CottcUlu,  ad  aiin.  866,  in  appen- 
Ep.  UiMtmari  ad  E0l9uem,  —  Ce  prél4(  re- 


fc*  Il  nous  reste  un  mol  \  dire  des  pièch 
iliplomatiques  de  l'archevêque  de  it\aa. 
U.  Ampère  entend  pnr  le  les  niéoioires [irt. 
sentes  par  Hincmar  au  Iroisièmecoarikile 
Soissons,  et  une  lettre  confidcriii«]ie  idr^j. 
Bée  à  Egilon,  député  de  ce  concile luprH 
du  Pape.  Or,  dans  aucune  de  ces  |iiè.'ri 
Hincmar  n'a  atténué  l'auloritt^  do  Siinl- 
Siége  pour  s'jr  soustraire.  Il  dit  ï  Egilu^: 
■  Quand  vous  en  trouverez  l'occssioa,  l'iii 
devez  avertir  lu  seigneur  apostolique  qgj 
beaucoup  de  personnes  disent  déJiquFi. 
ces  décrets  (lur  ht  eltret  <f£i6on)  n'ont  ^ji 
été  maintenus,  quoique  confirmés  ï  Son», 
ces  décrets  nouveaux  ne  seroDl  ptsmitiii 
conservés ,  et  que  désormais  il  n'y  a  ^i< 
rien  de  stable  dans  ce  quo  les  éTfqucit; 
le  siège  apostolique  décrètent.  >  Binw 
fait  observer  qu*il  aurait  pu  râclnmer  coin 
l'arrêté  par  lequel  le  Pajic  ciigeail  uncseri 
de  enquête,  mais  que,  pxr  l'amour  de  lif>iti, 
il  ne  s'Était  point  opjposé  à  la  Icnoedi 
concile  de  Soissons  (1917).  Or,  pui«qii! 
l'archevêque  de  Reims,  dans  cello  ^j'II^c, 
fuisait  adresser  au  Pape  seul  sci  obser- 
vations, puisqu'il  se  soumettait  au  Fij*. 
tuui  en  croyant  le  surprcndr»  en  débm, 
il  ne  lenlaît  donc  pas  de  lui  échsppcr. 

Les  paroles  suivantes  tirées  du  iroisiini' 
mémoire  d'Hincmar  au  condio,  soDkli 
d'un  archevêque  secrètement  réioliéM 
y  a  d'autres  choses  encore  que  la  sapH^ 
autorité  du  seigneur  aïKislolique  cinDiiin) 
soigneuscmeut  et  que   votre  pénélriole»- 

fncilé  pèsera  sous  sa  direclion.  ïmi 
honneur  de  vous  les  présenter  im  '* 
autre  ^crit...  Ce  sera  avec  plus  dedv 
naissanco  que  la  suréininenle  tagessf<'i' 
seigneur  ajiostolique  rt^clicrchera  tequ" 
faut  prévoir,  quelle  donnera  su  f-rtii' 
un  remède,  et  qu'elle  |  o^cra  uack-^^ 
contre  les  dangers  di;  l'avenir  (Itti  ' 
Voilà  hion  cetie  mf«(re  de  Innaipiii*' 
a  parlé  M.  Ampère;  ni  ici  ni  aiht'ou 
n'eiitruvoit  qne  celte  mesure  soll  uniDi^'^ 
h  l'aide  duquel  le  prélat  s'efforce  d'éïKl*^ 
à  l'eul'jrile  qu'il   invoque. 

L'appel  des  clercs  contre  le  méircf;* 
laiD  qui  les  avait  déposés  csciia  i.m'" 
attaques  non  pas  de  l'empereur  W^^'' 
ou  du  roi  Charles  IcCltauvi-, maisseukat' 
celles  du  Pape  ,  au  pouvoir  de  qui  jiU'' 
Hincmar  ne  chercha  k  ss  dérober. 

I  XIII. 
EiacmariJépMH-U  (topoUquemeot  l'éW^MBHb^ 
M.  Ampère.  —  «  Presque  en  mfmdcQ;' 
{qu' Hincmar  écrivait  sur  le  dicoTCi  àf  ^' 

commande  à  rarcIiËvàjDe  Egîloji  de  lin  )U:■- 
velnenl  1»  leiires  du  l'ap  ■  ■  "  "  " 
qu'elles  aient  paûé  par  li 
UseuiLilailduiic  cioirc  il  qii»(|iie  iiiemiun  «^ 
[tièces  dans  les  sécréta  ire  ries.  llcsiil>ni<:ile>'°'' 
de  s'expliquer  ceue  durcie  de  hitigage  im' -^ 
queiiUs.des  lettres  poriliQ cales,  anlrcincnl  (ftf 
la  préswice  de  qtieli]tie  ennemi  de  l'^relieTaju  • 
lleims  dans  l<»  co;iii«il:i  ou  daus  la  Im>u-' 
du  Pape.  , 

(1918)  SiRMOna,  I.  m,  CciieU.  Sita.  n.  t-^' 


IS7 


nui 


DICTIO?iNAIRE  APOLOGETIQUE. 


haire),  il  était  eogagé  dans  une  autre  affaire 
,ù  il  5e  Irourait  en  opposition  avec  le  roi 
1  le  Pape ,  tous  deQK  alliés  dans  l'aflaire 
IcTbeuieberge. 
■  Rotbade^  évjque  de  Soissons,  STait 
léposë  un  curé  ae  son  diocèse.  Hincmar 
oulut  rétablir  ce  curé,  et,  comme  les 
gojeos  vîoleals  ne  loi  répognaieat  guère, 
roisans  après  la  déposition  du  coupable 
I  fit  rnlever  le  successeur  du  pied  de  l'aulelt 
a  œomenl  où  il  allait  célébrer  la  messe. 
i  tuiten  prison,  et  rétablit  l'ancien  liiu- 
tire.  Rolliade  se  plaignit  è  un  concile  pio- 
ïDcial  de  cet  atteutat  à  ses  droits  épisco- 
aui.  Hincmar  répondit  par  une  eicommu- 
liolioQ  :  Rolbadft  en  appela  au  Sainl-Siége  : 
liocmar  ne  déclina  pas  ouverleniBnt  la 
aiiJiction  du  Pape,  mais  il  engages  l'en- 
'oié  de  Bolhade  dans  une  démarche  auprès 
lu*  roi,  el  prélendit  va  cooclure,  contre 
}<:le  espèce  d'équité,  que  Uotbade  arait 
eiioDcé  i  son  rapt>el.  Il  y  aratt  une  mau- 
9i>e  foi  éTÎdente  à  soutenir  contre  cet 
r£guG  qu'il  n'en  apiielail  pas  à  Borne, 
ir  personne  ne  pOUTait  le  saroir  mieux 
ue  lui.  Cette  intrigue,  fc  laquelle  se  prétait 
Larles  le  Cbauve,  n'eut  aucun  succès; 
l>  malgré  tous  les  artifices  et  toutes  les 
I  ilences  d'Ulacoiar,  Botbade  n'eu  fut  pas 
i''ios  maintenu   dans    son  droit    par  le 

Ce  qae  M.  Ampère  raconte  si  soorent 
Ifs  éioluiîons  d'Hincmar»  passant  du  roi 
u  Pai-e  et  du  Pape  an  roi,  est  fort  cu- 
'.'Ui.tnais  si  encherélré,  que  notre  savant 
isiurien  s'f  perd  tui-mèœe.  N*a-t-il  pas 
il,  en  coiumençaDl  ce  récit  de  la  procé- 
ure  de  Botbade,  qu'Hincmar,  dans  cette 
Elire ,  se  trouvait  en  oppaition  avec  le 
à,  et  o'assure-t-il  pas  plus  tard  que  Cbarles 

Cliauve  te  prilail  à  cette  inlrigtuT  Le 
fil  de  U.  Ampère  est  doue  inaui^uré  j>ar 
le  contradiction. 

Lue  réticence  sur  on  point  considérable 
f  lail  ensuite  remarquer.  U.  Ampère  dit 
le  Rotbade  étant  veuu  h  un  coucile  sa 
liudro  d'Hincmar,  celui-ci  riposia  par 
xcummunication.  Bien.  Mais  que  répon- 
l  le  concile  k  la  plainte  de  révéquede 
'issonsT  M.  Ampère  n'en  parle  paï,  et 
!st  à  tort-.  Le  coucile  d'accord  avec  Hinc- 
ir,  condamna  Rothade  qui,  quelque  teuips 
fès,  fut  déposé  par  un  autre  coucile 
I  cinq  provinces,  puis,  il  parati,  par  une 
jiï.eiiie  assemblée  réunie  près  de  Senlis. 
ne  faut  donc  pas  mettre  aux  prises  l'ar- 
evét|uo  de  Buims  seul  avec  sou  sutTra- 
ut  de  Suissons. 

Nous  arrivons  maintenant  ï  l'important 
la  question.  £st-ce  lo   rélablisseuient 


par  Bincmar  d'un  préire  impudique  oui 
donna  le  branle  à  l'afTaire  île  RuIbaJe? 
puis,  quand  on  soutint  que  cet  évéquu 
avait  renoncé  i  son  appel  au  Pape,  prit-on 
pour  préteite  un  billet  par  lui  adressé  i  ses 
amis  afin  qu'ils  défendissent  ses  intérêts 
an  concile  de  Pistres  (1920)  T  Nous  pos- 
sédons sur  cela  deux  sortes  de  documents; 
les  uns  Tiennent  d'Hincmar  et  sont  contra 
Botbade,  les  autres  viennent  de  Rothade  et 
sont  contra  Hincmar.  IIU.  Guizol.  Ampère, 
etc.,  ont  préféré  donner  leur  conBance  aux 
pièces  qui  chargentfltncmaret  de  nombreux 
conciles  des  procédés  insensés  rt  cruels  dont 
on  Tient  de  parler,  plutôt  qu'à  celles  nù 
Botbade  est  montré  rt  tirant  réellement  son 
appel  an  Pape,  et  condamné  pour  avoir 
dilapidé  les  uieus  de  son  église.  Pourquoi 
ce  choix  partial  T  D'tiù  viennent  cette  dé- 
faveur pour  l'un  et  ce  privilège  d'estime 
pour  l'autre  ? 

Quoique  la  conduite  babitnelle  d'Hincmar 
et  la  baute  raison  de  ce  qu'il  a  écrit  sur 
le  sujet  dont  nous  nous  occupons  (19âi} 
n<e  prouvent  que  sa  sévérité  contre  Ro- 
thade dut  être  légitime,  je  n'opposerai  pas 
ces  remarques  à  ses  censeurs,  car  ce  sont 
I)  des  impressions  personuelles,  et  des 
impressions  ne  se  peuvent  traduire  en  rai- 
sonnements; je  me  borne  à  dire  qu'entouré 
de  témoignages  dilTérents,  sans  pierre  de 
touche  pour  distinguer  ccui  qui  sont  do 
bon  aloi ,  il  faut  s  abstenir  de  prononcer 
entre  les  d?ux  prélats. 

El  pourtant,  cette  conséquence  si  natu- 
relle, qui  a  songé  à  la  tïrerT  De  tous  k-s 
auteurs  que  j'ai  consultés,  rbisionen  de 
l'iiglisegallicaMemonlre  seu^l  cette  justice, 
cctie  pitié  pour  Hincmar,  et  encore  t/est-il 
pas  toujours  resté  fidèle  fc  ce  bon  sentiment. 
«  On  ne  prétend  pas  ici,  dit-il,  juslîGer  Hinc- 
mar, mais  on  croit  devoir  avertir  que  tout 
le  récit  que  nous  vunons  de  faire  est  tiré  do 
la  requête  même  de  Kuthade  :  ainsi  il  nous 
parait  qu'on  doit  eu  rabattra  quelque  chose 
(19â).  >  Ou  doit  rabattre  le  tout,  puisque, 
rien  ue  commandant  d'ajouter  plus  de  Un 
k  Botiiade  qu'à  son  adversaire,  il  te  reste 
que  le  douie. 

Mais,  (lirs-t-on,  le  Pape  réltUitit  tétiqut 
de  Soistoru  dam  ton  iiege;  n'est-ce  jias  la 
preuve  que  sa  condamnation  avait  été  in- 
juste 7— Certainement  non;  le  rétablisse- 
ment de  l'accusé  ne  prouve  pas  qu'il  y  ait 
eu  injustice  dans  sa  condamnation.  Nicolas 
1"  rendit  à  Rothade  son  litre  éjiiscopal  non 
pas  à  la  suite  de  débats  contradiclotrrs , 
tuais  précisément,  au  contraire,  parce  quo 
persoune  ne  s'était  présenté  a  Romecoiuuie 
accusateur.  Aussi  le  souverain  Puntit'e  aver- 


liiQ,  Bitl.de  la  îiU.,tUi.,  l.  m,  p.  193. — Ce     Pour  nous  apprfnilre  cela,  H  Ampère  raroniei^tsn 
fut  uii  pretqne  t»  mime  ia»pt,  mais  réellemeiit      oliscaréaieiil  «lu'HlDanur  ««gayea  remrofi  4e  fl«- 
u-eiue  umDS  ua'Hincmir  se  iranva  enga)^  dan*     tktde  éant  une  ééotarelie  aupth  rfa  roi.  Ptrul-ê[r« 
Ml  hisiutKii  a-t-il  eu  i|nel<|ae  bout;  de  iciniihT 
ajouk-r  fui  à  un  tel  la.l,  et,  pour  en  motir,  il  l'uurj 
vuil«. 
tlt^t)  Flodoii»,  I.  III,  c  13. 
ll9<dj  LuM,cLtAL,  t.  xjt,  aiL  auD.  SU. 


«  temps  <|a'Hîncmar  se  iranva  ennsé  dan* 
allairvs  de  L<HJiairc.  de  RoOiade,  d  d'BiMuiii. 
E>.»,  ConeH.,  I.  Ul,  p.  WS,  210,  Hl,  ad  ami. 


IS-èr  Ce  Toi,  ifit  on,  par  ITmervciHum  tte  l'ai; 
t-  i;u  rwi  <|u'on  lil  livrer  w  biUei  â  Hiucmar 


%m 


niN 


niCTlONNAlBE  APOLUCETiQUE. 


im 


liH 


lissRÎt-il  Hincmsr  qu'avant  de  réintégrer 
te  )trélHl  il  pouvait  encore  aller  |>laidcr  con- 
fie lui.  mais  devant  le  Saint-Siège  (1923). 
Puis  disons-le  franchement  comme  Nicolas 
tui-mëme,  ce'PafiB  songeait  plus  à  défendre 
In  Saint-Siège  (jue  l'évêqne  de  Soissons. 
Il  écrivait  à  Hincmar':  ■  Sachez-le,  ca  que 
nous  avons  fait  ^n  faveur  de  Bolhauc, 
■  c'a  élé  pour  que  les  privilèges  du  siège 
npoStblique  que  vous  paraissez  avoir  indi- 
gnement violés...  recouvrassent  l'antique 
splendeur  qui  leur  appartient  [1921).  »  Le 
léiabli^senittnt  de  Rolbade  prouve  donc 
seuleinenl  qu'il  y  arait-eu  ,  selon  le  Pape, 
*iie  diins  la  forme  de  la  procédure,  cette 
procédure  ayant  coraaience  sans  l'avis prôa- 
table   du   Saint-Sié^e. 

Pourquoi  donc,  ajout tra-t-on,  si  l'équité 
d'Hincniar  n  était  pas  en  défaut,  refuss-t-it 
d'aller  plaider  sa  cause  à  RomeTC'esl  parce 
i)u'il  croyait  voir  dans  l'ancienne  législation 
ranoniqueque  loPape  avait  le  droit  non  pas 
•le  juger  lui-même  les  couses  des  èvAques, 
mais  seulement  de  faire  recommencer  sur 
\^s  lieux  la  procédure.  En  cela,  Je  l'aVoue, 
Hincm.ir  eui  le  tort  d'ètro  trop  esclave  de  la 
teltro  lie  rerlaines  lois,  et  de  ne  pus  tenir 
xsst^  compte  du  développement  que,  depuis 
te  concile  de  Sardique,  le  temps  avaitdonné 
h  Paulion  de  la  Papauté,  mais  cela  no  prouve 
ficn  contre  son  équité  dans  l'apprécialloo 
(les  f.lis  re;)rOchés  h  Uolhadâ. 

'Cependant,  d'après  le  Pape  Nicolas,  les 
légats  romains  n'appu]'4àrent  du  France  au- 
cune accusation,  et  biiiucoup  de  lidèles, 
quelques  évoques  même,  intercédèrent  en 
tavetir  de  Hoihade.  — 'C«s  trois  laits  n'ont 
rreri  de  décisif. 

.  1*  Les  légats  dont  parle  Nicolas  ont  peu 
lie  litres  ft  notre  conGance;  c^ètaient  les  deux 
évéques  Rodoald  et  Jean  qiii,  m  concile  de 
Metz,  prèvsriquèrent  en  faveur  du  roi  Lo- 
thaire  et  de  son  divorce.  Ensaito,  si  eus 
personnages  né  rapportèrent  aucune  accu- 
sation de  Frtfnce,  c'est  qu'en  France  on 
n'avait  voulu  leufen  donner  aucune,  puis- 
qu'un chtirirliaiL  à  ne  pas  laisser  les  procès 
lies  èvèques  se  juger  à  Rome. 

2"  Ueaucoup  de  fidèles  écrivirent  &  Komo 
|Kiur  défendre  Kuthado.  Mais  furent-ils  en 
HSS42  grand  nombre  pour  que  leur  rèclamu- 
lion  so^t  a(t|»elée  parM.  Guizot  le  cri  public 
et  l'expression  d«  V  opinion  populaire?  Leur 
témoignage  méritait- il  de  l'emporter  sur 
celui  des  conciles  qui  s'étaient  prononcés 
contre  l'Ovèquo  de  soissons  î  Ces  partisans 
ii'étaieiil-ils  peut-être  pascaux  qui  avaient 
Itt-nQté  des  dilapidations  dont  Rolhade  s'é- 
l'iil  rendu  coupable? 

3*  Quant  aux  évoques  amis  du  prélat  in- 
culpé, esi-ce  que,  par  leur  équité,  leur 
uombre  et  leurs  lumières,  ils  ellaqaient  lus 


juges  de  Rolhade  T  N'èlsieiil-ils  ^,  „^ 
évéques  de  Lorraine  cl  de  Genusiiit,  dnni 
les  uns  ne  pouvaient  pardonner  ÏHiiiccDr 
qu'il  condamnât  leurs  récents  conciles  en 
faveur  du  divorce  de  Lotbairc,ellciiulres, 
l'opposition  de  l'arcbevëquc  de  Reims  i;ii 
invasions  de  letir  roi  Louis  le  GermgniqiK, 
en  Neuslriu  (1925)7  Du  moios  Ûincogrle 
pensait  ainsi. 

Rien  ne  prouve  doîic  qu'on  dnire  s'a 
tenir,  sur  le  compte  de  ce  dernier,  aun;)- 
port  de  Rotbade  contre  ses  juges,  pM 
qu'à  la  sentence  réitérée  de  ceui-ci  ;  |«r 
conséquent,  la  condamnation  de  Hothsile 
n'est  point  une  flétrissure  pouriataérnoiit 
du  grand  arcbtvCque. 

S  XIV.  j 

Nicolas  r'braïa-t-ll  toaies  les  Inii  einanliufsnntdt 
fendre  ceotre  Hlncniar  les  tlrnita  de  RoDiidet 

Hk  Guizot.— ■  En  865,  Nicolas  I",  »p\i  1 
convoqué  un  concile  au  sujet  de  Itoltitilp.  | 
dit  dans  son  dis'cours  d'ouverlure  :il«  1 
«  statulssacrésctleS  (fScrets  csn&niqud oui 
■  remis  b  notre  décision  les  procès  des  ét^ 
•  ques,  comme  toutes  les  grandes  tlTeim.1 

•  C'était  méconnaître  et  braver  loiilesln 
règles  canoniques,  tous  les  eiemiilcsifi 
passé,  lous  les  usages  de  l'Eglise.  Uniste 
celle  occasion  spéciale,  comme  dans  la|iré- 
tédeuie  {le divorce  de  Lothaire),Kko\ismt 
pour  lui  le  bon  droit  et  lo  cri  public;  iisou- 
tenait  la  justice  et  l'opinion  populaire.  H 
triompha  également;  Roibade  fut  ril^i 
dans  son  siège  et  les  Eglises  nailonilesfurfiii 
vaincues  dans  lapersuune  d'BincOiariCOiDct  . 
les  souverains  temporels  ilBiis  celle  de  b- 
thaire  (1926).  »  I 

Nous  avions  déjJl  vu  que  laTopnlërf 
fut  point  Vaincue  en  Lorraine,  1*  iMiisiii 
Lotbaire  mourut  avant  qu'on  eût  olitraun  i 
suuiuission]  2^  puisqu'on  exigeant  qn'uiic 
chrétien  rcspecfè  la  murale  chïélîcmfi i^ 
n'outrage  pas  plusl'autorrté  royalu  fla'*'* 
l'oulraguraileu  exigeant  qu'un  |iriii(i,i<"- 
vain  et  poêle,  rcspi-ciât  les  luisde  )i$)°>' 
maire  et  de  la  pro^oilie. 

II  y  a  beaucoup  plus  de  vérité  dans  tenK 
M.  Guizot  dit  de  la  difaitt  des  églitan^^'- 
nales,  quoique  ce|)enuunt.  ces  ei|irei'><''" 
soient  tort  improiires.  L'Eglise  deFiiE^'' 
l'Eglise  d'Espiigno,  u'éiaienl  poiûl  <>'' 
Eglises  nationak'S.  On  nomme  de  U  i"'^ 
celles  qui  sont  renfermées  tiaas  li'S  limi^'' 
territoriales  d'un  peuple  particulirr,ciiiii'i 
ilMis  ce  cercle,  se  sulliseut  à  tlles-miiii'^ 
sans  relever  d'un  chef  résidaiilà  UUu'if' 
Or,  telles  ne  furent  pas  les  sociétés nliS"^' 
J.LS  d'Espagne  ou  du  France.  La  ÏV^i'Crj' 
uxunqkle,  s  lionorail  d'être  la  Gflutiien-si"" 
du  Saint-Siège,  dont  elle  procl'^iiiail  !>  I' 
émincnce  ;  elle  ne  ditTérail  deRoiuequd' 
certains  modes  de  l'exercice  de  celii;  1 1'"* 


(1925)  SiniiuKi),  Cône.  mt.  Cell..  (.  111,  yicol.n 
epitt.  ad  Hiiteinantm ,  ad  Rothadum ,  p.  1S7  ei 
Ïti5. 

(tOii)  SiBMOMD,  iiftifupra,  Ep.  ai  ninanantm, 

(IIK5)  Flodoud,  1.  ni,  C.  3,  Ep.  Ilintmari  ad 


-H.  Micbekt 
LoUiuire  11,  snn  rè|{iJi 
pieiiiMtje  dix  i>apcs  si 
kiiime.  > 


,  ..  ll.p.!79:'iw 

r  les  rois.  Uto-icI**''' 


m 


WH 


MCTKNOUIRE  APOLOGETIQUE. 


Hi!< 


1391 


fUi.  Hincnur  el  ses  collègnçs  daos  l'épls- 
tfifiil  aoraîeol  donc  repoussé-loîn  deJ'Bglîse 
fTliaae  la  schismallqua  dénoiuinalioa 
d'K^lise  nationale. 

Kijsuile,  ce  que  H.  Guizot  nomme  une 
Jéfailt  fut  la  réêularisalioD  des  rapports  des 
E;liiei  parliculières  arec  l'E^^liso  mère, 
i.ir>ur(s  que  le  temps  arailaugaienlés,  et 
r|uM  [allarl  préciser  et  fiier.  nome  et  la 
France  rpspectaieot  également  les  canons 
ileSarJique,  mais  quantaux  faits  qui  araienl 
modifié  la  portée  de  ces  premiers  canons  sor 
l'ippel  au  Pape,  parfois  nos  érfiques  les 
l'renaient  pour  rèKl»,  parfois  il  les  mécoo- 
uisdieit.  comme  Te  leur  reprochait  Nico- 
IH I'  (m?).  Il  fallait  an  terme  à  ces  incer- 
itiiiiit«;  Nicolas  essija  d'en  melira  nn,elles 
triqiia  sVjirèlèrent  peu  à  peu.  Ils  écri- 
iirmten  w7, au SouTerain  Pontife:  ■  Que, 
f«(ii]>iit  Toire  règne  ef  h  l'arenir,  aucun 
erf  )ue  ne  soit  dépouillé  de  son  grade  sans 
f'arisdu  pontife  romain  comme  il  est  évi- 
lii-mment  établi  par  des  décrets  muhipliéset 
J«  nombreux  pririlégei  d.e  vos  saints  pré- 
aéces5ear»  {193S)  » 

Os  paroli-s  du  concile  de  Troyes  nous 
«{'prenueDl  que  le  *cbangEunent  opéré  par 
K;cbtu  I',  dans  la  jurisprudence  ecclésiat- 
iii(ue,  ne  fut  poinL  improvisé,  mais  qu'il 
•vMi  Ëté  préparé  par-  les  siècl^  antérieurs 
il919'),  et  oiieie  Saint-Sié^e,  loin  d'usurper 
lt:s dfiiU des  %lîse5  particulières,  revendi- 
■iujsculemealceuxda  ]'Eglis»dQ  RpmB' 
liy. 

Qw:  cU|,.tti  llildwn  qui  rtai  déposé  du  ûégt  de  Cviibni 


:.  —  «Si  daoscettecirconstance 
■  it  proeis  dt  Rothaâe)  Hiucmar  avait  été 
•■n  O[ipusilîoa  aree  le  Pape  et  en  alliaoce 
!T<.-cJe  roi.daDs  une  autre  occasion,  loule» 
s  f  «ositiDas  furent  changées,  et  il  se  tFOuva, 
ri  ronlraire,  d'accord  ajec  le  Bape  eU  eu 
^jiilité  avec  le  roi. 
>  Lepersonnage.causeile  laquerelie,  élail 
?  même  HilJuin  que  uous  avons  tu  aller  ft 
■ifuc  jeter  l'insolent  défi  des  évéques  lor- 
l'as  siir  lo  tombeau  de  saint  Pierre,  et, 
••ftéf.  h  la  main,  disperser  et  tuer  les  gar- 
eo*  de  r^ise. 

«  Malgré  de  tels  antécédents,  Lothaire 
v«it  mis  en  possession  de  t^éyèciié  de 
atltni.  Umciiiâr s'opposa  5  un  si  grand 
iii-Jala.  Les  évéqucs lorrains,  quîn'aTaÎL'nt 
9  r^rdouté  le  Pajie,  ue  n'duuièrent  pas  da- 
iiLage  rarchevéquu  île  Reims,  el,  dansun 
jci-le  tenu  h  JUi-tE,  ils  déclamèrent  contre 
.  «riuar.  lequel,  soutenu  culte  fois  par  Ni- 
.i«v  CDiuya  au  concîli;  une  lellre  uu  Pape 
i  iuî  était  Earoruble. 

1927)  ScBW!!»,  Cone.OKî.CiUl.,  I.  III,  p.  iGO, 
iiiia.  8tf3,  Ef.  S'ifoUi  ad  Uineinatium, 
'tift,  Staaos»,  mbi  tMpra,  p.  558. 
lf:±ï>)  Vtrfr  relie  qaektion  uiamment  traii^ 
.  I '«ouvrage  de  Zaccaria  intitulé:  Antiftbroniag 
tcaia*.  «litMTi.  8,  c.  4  «t  5.  Ce  UTanl  écrit  a 
>-(  Mcîlli  dans  le  Conrj  tompUt  dt  théologie  é.lifé 
it,  l'aliCe MigHe,  I-  XWil.  -  HtucBLin,  Cri 
-/^    FUu'S,  I.  U,  c.  2. 


■  Hilduin  finit  par  être  dépoté.  Ainsi, 
e'estioujours  la  papauté  qui  triomphe;  toutes 
les  fois  qu'Uincmar  est  avec  elle,  iUéussil; 
quand  il  est  contre  elle,  il  succomba  malgré 
ses  immenses  ressources,  malgré  sa  grande 
inOpeace  t-t  son  grand  crédit.  (1930)  » 

Chacun  de  ces  alinéa»  renferme  quelque 
erreur. 

1*  En  parlant  deux  fois  vaguement  du  roi 
dans  sa  première  phrase,  JU.  Ampère  porte 
i  croire  qu'il  s'agît  toujours  du  même  roi, 
tandis  que,  dans  un  cas,  il  est  question  du 
Charles  le  Chauve,  el  dans  l'autre,  de  Lo- 
(haire  de  Lorraine.  La  tournure  amphibo- 
lûgique  de  la  phrase  de  notre  historien  a 
été  cnoisio  pour  montrer  Uincmar  faisant  h 
tout  proposdes  volte-face.  Voilât lespreuves 
qu'affectionne  le  spirituel  académicien. 

2"  U  n'y  a  que  la  ressemblance  des  noms 
pour  établir  que  Tiotrus  de  Cambrai  aurait 
été  le  même  que  le  profanateur  du  tombeau 
de  Saint  Pierre.  Une  lettre  d'Hincmar  posté- 
rieure au  concile  prévaricateur  des  évéques 
lorrains,  et  conlemporaineà  peu  près  de  U 
scandaleuse  équipée  de  l'Hilduin  de  Rome, 
parle  de  l'Hildnin  de  Cambrai  comme  tou- 
jours présent  dans  celle  ville,  d'où  il  n'avait 
envoyé  au  Pape  qu'un  représentant  pour  eu 
appeler  de  la  seutenca  du  mélropol  ttaiu(i^l). 

3*  L'Hilduin  qui  parutè  Rome  porta  inr 
le  tombeau  de  saiot  Pierre  non  pas.  le  dêii 
de  l'épiscopat  lorrain,  mais  celui  des  âeut. 
archevêques  déposés  :  Gonlhaîre  et  Theu- 
tegard. 

V  Lors  même  que  rdilduin  lorrain  serait  le 
même  nue  celui  de  Rome,  il  ne  faudrait  p.<s 
dire  qu  il  fut  promu  à  l'éjiiscopat  malgré  du 
lett  aatMdenlf,  car  sa  mise  en  possession 
du  siège  do  Cambrai  précéda  lu  scaudalu 
donné  dans  l'Eglise  de  Rome.  U.  Ami>ère. 
qui,'à  la  page  193,  l'affirme  h  sa  manière, 
peut-il  donc  l'oublier  à  la  page  IM  T  ■  Les 
évéques  du  royaume  de  Lothaire,  s-l-il  d'.l, 
Htivoyèrentà  Rome  un  évéque  nommé  HÎU 
duin.  »  Nous  avons  déjà  démontré  combien 
il  est  faux  que  ce  personnage  art  été  dé- 
puté k  Kuniu  ;  (ouleruis  il  est  certain  qu'il 
occu|iait  TE^Iise  de  Cambrai  avant  ledépart 
des  envoyés  du  concile  do  Mutz,  puisque 
déjà  Hincmar  avait  été  sommé  de  venir,  lu 
15  mars  863,  Justifier  en  Lorraine  son  refus 
d'admettre  Hilduin  i  l'épiscopat  (1932). 

Quelle  invraisemblance,  d'ailleurs,  dans 
l'assertion  de  M.  Ampère!  Le  roi  Lolbairi', 
pour  adoucir  Nicolas  en  faveur  de  son  di- 
vorce, abandonna  Gonlhaire,  qui  était  si 
honieusement  dévoué  à  sas  projets,  et  l'u^i 
voudrait  que  ce  prince  eût  eu  même  temps 
iirilé  le  Pajre  par  la  nomination  au  siège 
de  Cambrai  de  ce  fou  furii:ux  d'UitJuiuI 

ri930)  T.  m,  p.  191 

(1951)  Flosouu),  l.  m.  c  12,  Ep.  Hiiumari  ad 
XitûloKr  :  €  Regiù  mil  liueris  (Lotkari^u)  rvGptw- 
dtt  llilduinum  ad  vecuam  auctariuieiu  suuiu  iega- 

(195â)  LtaaE,  ComtUiM,  ad  ann.  S65,  Ep.  Cmniba- 
rii,  tic.,  ad  Hmeaiarum.  — Ce  ii'nt  pu  après  sa 
■■•■(tusiiiiKi  à  RuiiM!  que  CuiiUiairc  aorah  appelé 
Uiucmar  à  sa  baric. 


ISOS  UN 

Tout  ceci  répugne  autant  ou  bon  sens  qu'à 
l'histoire. 

5'  L'ëpiire  poDlifleale  qai  donnait  gain 
de  cause  h  Hincmar  fut-elle  envoyée  en 
Lorraine  par  cet  Brchevâi]ue  T  Flodoard  dît 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQIIE. 


quVIlo  fut  CDToyée  par  Odon.qui  l'avait 
apportée  de  home  J1933}T  Déclama-t-on 
contre  Hincmar  dans  le  concile  où  on  l'avait 


sommé  de  comnarallre  ?  Nous  ignorons 
même  si  ce  concile  fut  tenu. 

6°  H.  Ampère  répète  que  les  évoques 
Inrrnins  ne  redoulèreai  pas  ]e  Pape  dans 
l'alfKJre  du  divorce  de  leur  roi;  répétons 
aussi  que  ces  prélats  ,  s'ils  araioni  cherché 
d*abora  à  tromper  le  Pape,  respectèrent  en- 
suite son  arrêt  et  solltcilèrent  très-buroble- 
ment  leur  pardon.  Nous  l'avons  prouvé. 

7*  Il  n'est  pas  moins  inexact  ae  dire  que 
l'arohevèque  de  Reims  ait  succombé  toutes 
)ea  fois  qu'il  ne  se  rangea  pas  du  cûté  des 
Papes.  Rappel  on  s>nous  le  sacre  de  Charles 
Je  CbauTe  b  Metz.  Les  sages  explications 
dllincmar  da  désarmèrent-elles  pas  le  Sou- 
verain Pontife  courroucéT  Nous  verrons 
bieniflt  la  procédure  contre  l'éréque  de 
Laon,  neveu  de  l'archevêque  do  Reims,  finir 
(le  même.  En  un  mot ,  Hincmar  ne  subit 

Su'une  véritable  défaite,  ce  fut  dans  l'affaire 
B  Rothade,  et  encore  le  Pape  l'autorisait-il 
h  en  appeler. 

Tout  est  donc  faax  dans  cette  histoire 
d'Bilduin,  le  fond  aussi  bien  que  les  détails 
«t  tes  rédexioai  dont  M.  Ampère  l'a  ornée. 

BITI. 
HiDcnur,  noar  trkmipber  duw  «m  dUKreod  «vec  Mn  ne- 
veu, évèque  de  Liod,  ibalMt-trU  l'Egllie  aux  pieds  de 

M.  Ahpèrb.  —  «  Hincmar  prit  plus  éner- 
giquonient  encore  et  plus  directement  la 
parole  contre  les  prétentions  de  la  papauté, 
dans  un  démêlé  personnel  :  il  s'agissait  de 
son  neveu  Bincmar,évêtiue  de  Lonn,  lequel 
avait  eu  quelques  torts  envers  Cljarles  le 
Chauve,  au  sujet  de  certains  biens  litigieux 
contestésiirEgi{separrEtat,elBVBitaussim(!- 
conlentéson  oncle  qui  était  en  même  temps 
son  métropolitain.  Sommé  par  Hincmar  de 
Reims  de  comparaître  dorant  un  concile,  à 
Verberie,  Hiucmar  de  Laon  en  appela  au 
Papr,i>on  pas  comme  Roltiade,  eu  cassation, 
ii  Je  puis  parler  ainsi,  mais  en  première 
instanee;et  c'est  là  ce  que  Hincmar  ne  pou- 
vait admettre.  Le  Pape,  charmé  d'avoir  h 
protéger  un  évêquo  insurgé  contre  son  mé- 
tropoTitatn,  tendit  la  main  au  neveu  rebelle. 
Malgré  la  protection  du  Pape,  l'évèque  de 
Laon  fui  oéposé;  Adrien  protesta  qu'il  ne 
consentirai!  jamais  à  celte  déj)Ositiou  ;  il 
réclama  riour  que  la  procès  lui  fût  soumis  , 

aue  l'oocle  et  lo  neveu  viossent  comparaître 
evant  son  tribunal  h  Rome.  Le  roi  Charles 
le  Chauve  prit  parti  contre  l'évéque  do 
Laon,  dont  il  avait  ii  se  plaindre,  et 
contre  le  Pape,  dont  les  prétentions  l'af  aient 


flIN  lui 

blessé,  et  chargea  Hincmar  de  répoailn>. 
Nous  avons  celle  réponse  ;  elle  est  écrite  m  i 
nom  du  roi.  Le  roi  appelle  inconvenante, 
indécente,  la  lettre  du  Pape... 

■  Cette  lettre  {du  roi  front),  il  faut  m 
convenir,   est  conçue  dans  un  sentimeni 
plus  royal  qu'épiscopal  ;  on  dirait  qu*HiDe- 
mar  Lient  la  plume,  mais  qu'il  écrit  soasli  I 
dictée  de  Charles  le  Chauve.  ■  Il  faut  vou 
répéter  ce  que  nous  avons  déjà  dit:  les  rois 
de  France  sont  nés  d'un  sang  royal;  ils 
n'ont  pas  été  considérés  jusqu'ici  coidim 
substituts  des  évêques,  mais  comme  maltm  i 
du   pays.   Selon  i;e  qu'ont  pensé  le  Pape 
Léon  et  les  conciles  de  Rome,  les  roittl  ' 
les  empereurs ,  que  la  divine  puissance) 
misé  la  tête  du  monde,  ont  accordé loi 
évé(]ues  qui  vivent  saintement  le  droit  di  , 
décider  les  affaires  selon  les  divines  iiisli- 
tutions,  mais  ils  ne  sont  pas  les  serfs  du  ' 
évoques  [•Dilliei]. 

«  Hincmar  est  ici  bien  complaî.«aut  pnnt 
la  rayante  aux  pieds  de  laquelle  il  abnisu  , 
l'épiscopat.  Il  dut  lui  en  couler  d'écrirem 
lignes;  mais,  placé  entre  deux  pooToin 

fju'il  redoutait  également,  il  ne  pouvait  tair« 
ace  à  l'un  et  è  l'autre 'à  lafoïs;et,  tsD'iii 
qu'il  leuait  tête  &  l'un  d'eux,  il  ne  vojaii  qu* 
lui.  Dans  un  curieux  poi f-acriplum ,  l'Iicé 
à  la  fin  de  cette  lettre,  le  roi  dit:  «quel) 
raison  l'a  forcé  de  répondre.  »  Il  supp'ie 
Adrien  de  ne  plus  lui  écrire  de  semblable 
choses,  aSn  ,  ajoute-t-il ,  ■  qu'il  nuus  snt 
N  possible  de  soumettre  humblement  etd^to-  , 
*  tement.'comme  nousledésiropsnoscaan 
«  et  nos  têtes  è  votre  pontifical.  »  Lecoolnsle 
qui  existe  entre  ce  nojf-icrtpiwn  et  la  \t\\tt 
est  fort  remarquabre  et  n'a  pas  été  restr* 
que. 

«  Je  serais  porté  i  penser  que  le  roi.  J^ 
miné  un  moment  par  l'ascendant  iTEir- 
msr,  reparaît  ici  avee  la  timidité  coaii«nle 
de  son  caractère  ,  et  veut ,  pour  ainsi  dit«, 
ciïacer  &  demi  ce  qu'il  a  permis  et  (Wul-tM 
ordonné  d'écrire  {1934}.  > 

1*  La  première,  mais  In  plus  légère  OTiïor 
de  ce  fragment,  c'est  l'exiiosé  du  motif  qui 
brouilla  l'évéque  de  LaoD  et  Charles  le 
Chauve. 

Un  nommé  Lidufn,  tenancier  d'un  fief  &* 
l'Eglise  de  Laou  ,  étant  mort,  son  ûls,  pour 
lui  succéder  dans  ce  fief,  fit  un  présent  i 
l'évéque,  qui ,  peu  après  ,  tout  en  gardant 
le  présent,  reprit  le  benéfiiie.  Le  personnia 
dépouillé  en  appela  au  roi,  et  le  prélat  reç^ 
ordre  de  comparaître  devant  Charles;  bmÎ) 
l'archevêque  de  Reims  réussit  i  amn^ 
l'affaire  (1935). Vers  le  même  temps,  l'évè^U' 
A\i  Laon  donne  au  roi  un  fief  dout  fut  mi' 
en  possession  certain  comte  appelé  NoraiaC' 
L'évéque  se  repentit  bienidt  de  sa  libératib;, 
réclama,  et,  n'obtenant  ri«n ,  attafjo^  '■ 
chflteau  selon  lus  mœurs  du  lempSi 


ittaqofl  i' 
I,  i  la  lf.t. 


{t033)  Flodmrb,  I.   ni,  C.  13,  Pcr  Odonemdi'         (195r>)  DELti*!iDe,  Cône.   a'U.  CmU.  on4r*  . 
w""-    ,  V.p.    Ihiamari  Rtmtimt  aé  Caralum  CiOtmm  r 

(1934)  T.  m,  p.  138.  I8C. 


m 


un 


liane  IroupA  de  snlda(s,  e(  le  reprit  (1936). 
Vwnr\  ordre  de  se  présenlfir  denat  le  roi. 
Tth  forent  le«  faits  qui  imlèrent  le  roi 
Cbiriei  co&lre  )'ëTéqu6  de  LaOD.  Or,  il  est 
4iiden(qa'il  d'^  avait  point  th  pour  sujet 
4g  lilige ,  des  biena  conteêléi  â  rÈgliMe  par 
rf(a(,cWl-i-dire  sne  tenlalive  tl'usurpa- 
lioD  de  Charles  sur  le  ctergé  de  Laon,  comme 
M.  Ampère  Je  dODna  è  croire. 

)*  Lapjiel  d'Hincmar  de  Laon  aa  Paffe 
l'était  tpi  on  Jeu  qu'il  qailtait  ou  rcprennît 
niraat  l'occasion  {1^371,  mais  peu  importe; 
M  qae  je  me  propose  de  prouver,  c'est  qu'il 
■'est  nu  mi,  de  dire  que  cet  évèque  fut 
diçaté  tuigré  la  proleelion  du  Papt.  Ec 
effet,  Adrieo  D'éruqua  le  procès  i  Rome 
qu'afirfa  avoir  reçu  les  actes  du  concile  de 
Doâi  où  le  DeTeu  d'Hincmar  avait  été  dé* 
poséen  871  (1938).  C'est  ea  Tain  qu'on  in~ 
Utnnn  les  collections  de  cuaiiiles  et  leurs 
iapf>iémenls:on  n'j' trouvera  aucune  proles- 
ItlioD  d'Adrien  en  faveur  de  l'évËque  do 
LiOD.ivaot  sa  déposition.  M.  Ampère  aura 
Aé  trompa  par  deux  lettres  qu'écrivit  le 
Souverain  Pontife  pour  qu'on  laîssil  aller 
1  Borne  ce  prélat ,  qui  $ownra\t ,  disait  le 
Pape ,  après  ce  voyage  (1939).  Mais  qu'on  y 
prvnne  garde,  il  n'est  point  question  dans 
«■  épllres  du  procès  de  l'évoque  de  Laon  ; 
il  s'agit  uniquement  de  lui  laisser  eidculcr 
son  VŒQ  de  |>élerinsge .  teitnU$  Ulum  lati 
••*•  nn/tfcr  potse  profieere  (1940). 

^  M.  Ampère  ne  fait  pas  moins  mal  con- 
■affrela  causa  de  l'emporlemeot  du  roi  de 
l^rance  conCre  le  Pape  Adrien;  il  dit  que 
Charles  fui  bltsti  par  tei  prétentions  poDliB- 
eales.  Ceci  laisse  croire  que  Charles  s'indi- 
£38  date  que  le  Pape  annulail  la  décision 
do  concile  de  Douzi.  Ce  fut  de  tout  autre 
^osa  que  le  roi  se  plaignit.,  Adrien  lui 
arani  commandé  de  veiller  sur  les  biens  de 
i  Eiçlise  de  Laon  pendant  l'absence  de  l'é- 
vA]ue,  Charles  qui  ne  voulait  point  recevoir 
d'ordres  de  l'Eglise  en  dehors  des  choses 
«piritoelles,  répondit  :  €  Les  rbis  de  France 
ue  sont  pas  les  vidâmes  des  évèqacs,  ni  leurs 
L-conome«,  ■  etc.  Ce  fait  nous  apprend  que 
le  clergé,  au  ix*  siècle,  n'était  pas  aussi 
maître  de  la  société  qu'on  le  prétend ,  et  il 
mérilail  d'être  exactement  rapporté. 

i'  Le  Pape  n'exigea  pas  que  l'archevêque 
de  Reims  comparut  A  Home  avec  révé<|ue 
iccosé,  il  demanda  seulement  un  irréeusable 
metMtatemr.  Ce  qui  fit  dire  |>ar  Charles  le 
Chauve  qu'il  s'y  rendrait  lui-même  et  serait 
in  accusateur  recev?hle(19i»l). 

5*  Le  grand  arebevëque  de  Reims  se 
Dontra-t-li  bien  complaisant  pour  laroyau- 
é,  et  jot-il  lui  en  coûter  beaucoup,  comme 
:;    croit  U.  Ampère,  quand  il  écrivit  au 


DKTIONXADŒ  APOLOGETIQUE.  OUI  ff36 

nom  de  Charles:  •  Les  rois  et  les  eniiie- 
reurs...  ont  accordé  nux  évèques...  ledroit 
de  décider  les  alTaires  selon  les  divines  cons<- 
litulions  ;  mais  ils  ne  sont  pas  les  sert*  des 
évèqnes?  » 

Si  ces  paroles  devaient  déchirer  les  lèvres 
d'Hincmar,  comment  donc  se  faisait-il  qu'il 
aimât  h  les  répéter?  Nous  les  rencoa- 
Irons,  non-seulement  dans  cette  éptire 
do  Charles  è  Adrien  et  dans  nne  autre  lettre 
du  même  prince  au  même  Ps|>e,  mais  en- 
core dans  deux  écrits  d'Hincmar:  d'abonl 
dans  une  lettre  au  roi ,  puis  dans  un  mé- 
moire présenté  au  concile  de  Doozi  (19%2). 
Ces  mots  ne  sont  donc  pas  aussi  diiçracieux 

Baur  des  oreilles  cléricales  ans  l'imagine 
1.  Ampère  ,  du  moins  quand  on  les  prend 
dans  leur  véritable  acception. 

U.  Ampère  a  bien  l'air  do  croire  qa'en 
citant  cette  phrase  attribuée  au  Pape  Léou 
et  aux  conciles  romains  (19i3),  HincmaP 
déclarait  que  le  pouvoir  religieux  du  prêtre 
vient  des  rois  et  ne  peut  s'étendre  sur  eut. 

L'archevêque,  je  larone,  se  fiant  aux  lu- 
mières dn  pape  Adrien  ,  n'a  pas  expliqué 
de  quelles  affairts  ni  de  quelles  eomatituiiota 
dinnu  saint  Léon  a  voulu  parler;  mais  il  a 
suflisamment  exposé  ailleurs  sa  pensée ,  et 
dit  qu'il  s'agissait  du  pouvoir  accordé  par 
les  princes  aux  évêques  de  juger,  d'après 
les  cauous,  les  causes  tcm))0ri-lles  des  ecclé- 
siastiques ,  et  d'intervenir  dans  la  direction 
des  choses  do  ce  monda. 

Telle  était  la  pensée  de  saint  Léon  ,  da 
son  concile  et  d'Hincmar.  C'est  pourquoi 
quand  l'archevêque  de  Reims  voulut  détour- 
ner Charles  de  jUt^cr  l'évèque  de  Lauu,  tL 
cita  la  maxime  de  saint  Uon  sur  le  droit 
accordé  par  les  princes  de  l'Eglise  de  juger 
elle-même  ses  ministres;  c'est  encore  pour 
cela  qu'il  la  répéta  au  concile  de  Duuzi , 
quand  il  reprocha  h  son  neveu  d'avuir, 
contre  Iis  privilèges  ecclésiastiques,  dv- 
mandé  des  juges  laïques  en  certaine  occa- 
sion. Or  Hincmar  pouvait-il  rougir  d'avouer 
que  les  rois,  en  accordant  de  grandes  fa- 
veurs au  clergé  ,  n'avaicul  cependant  pas 
abdiqué  pour  devenir  ses  serviteurs  I  Pou- 
vail-il  rougir  d'avouer  que  le  prêtre  u'cst 
pas  le  souverain? 

6*  M.  Ampère  a  terminé  son  at^récislion 
de  la  lettre  a  Adrien  par  un  pott-scriptuM. 
Il  croît  y  reconnaître  une  amende  honora- 
ble du  roi  pour  les  hardiesses  de  l'arche- 
vêque son  secrétaire;  puis  il  a  soin  de  no- 
ter que  cette  choso  remarquable  u'a  jamais 
été  remarquée. 

Cela  est  vrai;  mais  en  revanche  on  a 
remarqué  que  ce  post-seriplum  est  à  peu 
près  la  pure  et  simple  répétition ,  d'abonl. 


i  I95C)   Dculludc,  p.  W6,  Pnclamalh  C^roli, 
u:-  :  Flecbi  ci  L«!K[iev*l,  ad  son.  871 . 
i  l»37|  LmwrETiL,  XVII,  ad  ina.  870  et  871. 
1 1938)  SwMns,  CmrU.  ai.  GaU.,  t.  III,  p.  400. 
4  <»39i  Stuos»,  t.  ill,  p.  575. 
.  1940)  Snaow,  «Miapra. 
(  lïil  I  DtLkLumt,  Kp.  Caroli  Cahi  ad  Adriaaam, 

.    3tï3. 


((942)  Duiume,  p.  191,  220et  iG5. 

(19431  Celte  épllre   fui  longtemps  raugoe  parmi 

...      /_   «_--  -.  i._.  gjHg  ^ij  1,  quaire-ïiogt- 


Ll  longtemps  r 

•À\e  cuit  la  q 

û'QDue  pour  èlre  il'u 


celles  dn   Pape  Léon  ; 

■eitièmc.  I^tle  a  été  rcd'Onue  pour  èlre  d'un  cooiile 
de  Biwrges.  présidé  par  nn  uinl  Là>n.  [Op.  S. 
Leonii,  L  I,  Appvudict:  I,  cot.  1239,  cf.  3,edtl.  de 
H.  Mignc,  dsns  sa  l'atrottgie  hliae.) 


im 


niN 


nCTIONNAIRË 


il«  U  (In  de  l'épllro  elle-même,  ensuila,  de 
la  tin  d'une  autre  épllre  non  moins  vîru-^ 
li>nifl  antéritiurement  adressée  i,  Adrien. 
Dans  \es  (rois  circonstaaces,  on  prie  le  Pape 
lie  oe  pas  écrire  comme  il  l'a  fait,  pour  qu'il 
soil  possible  au  rei  de  lui  obéir  (IMi;.  Il 
ïnnl  donc  chercber  dans  ce  billet  qui  accom- 
lia;jnail  la  lettre  écrite  au  nom  du  ror,  non 
fias  unacrujtule  ou  un  remordsi  mais  cetta 
luse oratoire  qui^  après  tes  plus  vives  inTeo- 
livea,  sait  adoucir  le  ton  et  choisit  quelque 
tendre  expression  de  sympalbie  {lour  servir 
de  liuimenl  aux  blessures  des  reproches. 

Je  De  réca4>ilulerai  pas  loulcs  les  aneurs 
commiiea  par  M.  Ampère  dans  le  rragineot 
que  DOQs  venons  d'analyser^  il  sulfit  de 
rappeler  combien  il  a  eu  tort  de  dire 
qu'Hîncmar  aux  prises  avecuo  adversairr, 
roi  ou  Pape,  ne  voydil  plus  que  ce  tItaI  h 
renverser,  et  ne  craignait  |)as  d'ébranler 
l'B^lis*  pour  Trapperde  ses  PuioesJa  ^paut<6 
qui  l'attaquaiL 

iivii 

Hinemv  fit-fl  »«g)er  l'éT^qoe  d*  Liod,  ion  uTea  T' 
H.  Lk  Bia.  ■  Charles  le  Chauve  ayant 
enlevé  la  Lorraine  k  l'empereur  Louis,  son 
Deveti,  le  pape  Adrien  It  lui  ordonna  de  1% 
restituer,  soua  pekie  d'excooununication. 
l<ne  partie  du  clei^  gaJHcan  ,.et  l'orchevè- 
qne  de  Beims  h  sa-  tète,  sa  rangèrent  du. 
c4U6  du  roi;  dans  le  perti  opposé  Saurait 
en  première  ligne  le  neveu  àe  1  archevêque, 
HincmaC)  év£qu»  de  Laon.  Après  Lne  dis- 
cussion acharnée,  l'oncle  vainqueur  poussa^ 
dil-on,la  violencp  jusqu'à  faire  crever  les 
yauxàsoD  nevtiU.  Ce  Ait  n'est  pas  prouvé; 
■nais  ce  qu^l  j  ade  certain,  c'est  qu'Hinc- 
mvr  de  Laon,  terrassé  et  déposé,  était 
areugla  quand  Jean  VIH  le  rétablit  {I9ki). 
«  On  lui  a  reproché  (à  Civ4qtu  de  Laon)  sa 
conduite  peu  régulièrel  ses  injustices  et  ses 
violences  contre  son  clergé;  mais  il,  [•&- 
ralt  avoir  élé^  victime  de  la'  vengeance  de 
son  oncle,  qui  ne  le  trouvait  pas  aussi 
soumis  qu'il  liivstt  voulu  à  la  primali?  do 
Heims.  Coorsincu  desédition,  de  calomnie, 
de  désobéissance  au  roi  h  main  armée,  il  fut 
envoré  eu  exil  après  avoir  eu  les  yeux 
crevés.  11  est  vrai  que  le  pape,  sous  prâtexie 
de  protéger  l'évèque  de  Laon,  avait  voulu 
allenteraux  libertés  de  l'Eglise  gallicane; 
mais  du  moins  le  prélat  vainq^ueur  aurait- 
il  pu  se  conduire  avec  plus  d'humanité. 
Jean  VIII ,  lors  de  soa  voyage  è  Troyes  , 
Toulut  dédommager  rex-évâque,et,.sans  lui 
rendre  son  siège,  il  le  réhabilita  en  878,  et 
lui  attribua  une  partie  des  revenus  é|>lsco- 
p.inx  (19i6]. 

Parmi  les  raisons  de  le  sévérUé  d'Binc- 
mar  contre  son  neveu,  gardoos-nous  de 


AP0U>CBT10G&     •  *n  \m 

compter  une  dilTéreoce  d'opinion  sur  lei 
droits  de  Charles  le  Chauve  au  trAne  tle  li 
Lorraine  :  ce  désaccord  est  une  imagini- 
tion  du  M.  Le  Rm.  Les  deux  prélats  asiis- 
lèrent  ensemble  et  ensemble  concourureM 
îi  la  cérémonie  du  sacre  de  Cbaries  (19t7), 
Ou  possède  encore  t'ocoisou  q^ue  te  neuu 
d'Hincmar  y  chaula, 

La  i-écilé  de  i'évéque  de  Laon  ne  (mbi 
èlre  imputée  à  Hincmar  de  Reims.  Le  prélit 
déposé,  dans  une  requête  priisentéo  à  itu 
Yllii  au  concile  de  Troyes,  eu  878,  racooit 
ses  démêlés  avec  son  ODcle;  il  déclare  qua 
l'archevêque  a  été  dur  envers  lui,  qu'il  aigi 
eti  L-oneiui ,  mais,  il  ne  L'accusa  pas  de  » 
cécité  (19^8).  Pourquoi  donc  y  monirti- 
VAus  l'œuvre  do  l'arclievèque  de  Ruims? 

Dira-t-OQ  que  V.  Le  B«8  ii'a  pas  affirmé 
celtR  incujpa{iun7  Oui,  dans  snn  premiu 
alinéa  il  a  écrit  que  ee  fait  n'ett  pat  promu 
mais  dans  l'alinéa  suivant,  que  sigoirieal 
ces  paroles  ;  «  Du  moins lepr^élal  uiuquaut 
aursit-il  pu  se  conduire  avec- plus  d'hàou- 
nité?  »  Quel  autre  manque  d'humaailé 
contre  l'évèque  de  Laon  ta  calomnie  a-l-ellt  ' 
donc  jamais  attribué  à  Hincmar  ,  sisoii 
CeiallentAtî.U.  Le  fias  Unit  ainsi  par  it- 
Armer  <-e  qu'il  déclarait  d'abord  noo  prouif. 
Et' cependant  Hincmar  est  sur  cela.compli- 
temenl  h  l'abri  de  toute  incul|>ation,  puis- 
que le  prélat  aveugle  ne  la-lui  a.  point  r»> 
proche. 

.  Bien  pljus,  l'archevêque  ne  cootriboa  ni 
mêipeà  la  détention  de  son  coupable  suSrt- 
gant.Celui-ciavaitacfiusésonoDclede-upri' 
son^Qi/icmar,  au  coucile  de  Douzi,  conjun  h 
roi  de  djre  s'il  était  vrai  qu'il  cAl  deoundt 
la  captivité  de  son  neveu.. Charles  le  CbuiR 
protesta  ,,  avec  serment ,.  qu'QinuDar  ii 
Reims  n'avait,  ni  conseillé,,  ni  approsi' 
l'incarcératioa  de  L'évèque  de  L.don;  fw 
ce  dernier  aurait  été  bieu  plustùt  misàm 
les  fers,  sans  Ja  cQAsidératioa  ditalwo 
oncle;  enfin,  que  si  on  n'avait  rat«na  loiik 
des  seigneurs  irrités  contre  le  pràlat».iiuo> 
leiil  contempteur  de  la  majestâ- ronle,  il 
aurait  été  massacré  (1949).  PuisqM'ttincBi*' 
D^a  pas  demandé  ia  prison  pour  le  cau|«- 
bie,  h  plus  forte  raison  ne  lui  a-l-il  pasfut 
ccuver  les  yeux. 

A  côté  de  la  révoltante  inexactitude  de 
M.  Le  Bas,^on  en  rencontre  d'autres  quisost 
moindres,  mais  qui  paraissent  avoir  pour 
bgt  de  rendra  vraisemblable  l'erreur  prio- 
cipalti. 

Par  exeipple,  U.  LeBasfl  dit  que  l'évèque 
de  ûon  avait  été  envoyé  en  exil  après  avuir 
eu  les  yeux  crevés  h  ta  suite  d'une  diseur 
siuo  acharnée.  Or,  rinfprtunéaveugle,ds&s 
sa  requête  au  pape  Jean  VIII,  assure  qu'il 
était  depuis  deux  ans  exilé  quand  on  la 


(1911)    Dblalii:<dc,   Supptéttunt  aux  concUet  de 
SinmiHd,  p.  267  el  274. 

(1945)  bkl.  tnegel.  de  mUtoire  de  France,  an. 
Ulmemar  dt  Rrin», 

(1946)  va  tfpra,  art.  Biuetnar  de  Laon. 
(194T)  SiMonn,  Coue.  aal.  Gall.,  I.  III.  p.  384. 

.r*  €Eiivrei  d'Hincmar,  édil.  de  H.  l'abbe  uigiie. 


Cottronnement  dt  CfcarUi,  L  I,  lï*  tlOi  et  SlKt.  - 
LonctieviL,  Uitl.  dt  l'Egliie  gtUl.  —  DuufX,  llùi- 
dt  France,  ad  ann.  8S9. 

(1048)  SiKii(H(D,  Coneil.,  etc.,  L  Ht,  p.  483. 

(1949)  Deuliniie,  Conc.  Dutiaetnu,  at>  »f- 
871,  c.  6  partis  quaria;. 


«1) 


MCTIONNAIRE  APOLOGETIOUE 


niN 


lîW 


prifid»  la  Tue,  el  il  De  par\c  d'«ucunfl  dis- 
tgunn,  ni  «cliarnée,  ni  «l'autre  manière  : 
Ouatia  annis  ferme  peraeti»,  tnsuptr  eaeatu* 
Mm  (I^).  Oa  prétend  encore  que  le  Pape 
iun  ¥111  voulut  U  didommagrr  et  le  réhabi- 
tuer, eu  d'autres  termes,  qu'il  le  déclara 
Hiuocenl.  Or,  point  da  tout.  Jeaq  TaTail 
(ir^étJemmeDt  recounu  comme  justement 
ilè|iosé,  el  il  De  reiîqt  pas  sur  sa  sentence 
|IMl);  il  s'en  tint  ^  dire,  selon  le  chroni- 
ijULur  Acmoin,  «  qulliacmar  l'afeugle,  s'il 
le  toulatt,  qliaatcrait  la  messe,  et  aurait 
une  part  des  reveuua  de  l'Bjlise  de  L«oa 
(1^.1  Voilà.  lopL ce  qu'il  y  a  de  Trai  daos 
ceiilél{iils  si  tiien  calculés  pour  appuyer 
l'oploiOD  que  le  métropolitsiu  Btncœar 
uni  puni  soa  suSra^ot  par  la  perte  des 

JMt 

i  XTiii: 

EiÊmu,  tnilaii-U  dcspoiiqacseat  nb  d^gèt- 
y.  GcizoT..  —  4  Dans  l'intérieur  de  soo' 
(J.occMT,  dans  l'attiniDistratioD  ecclésiasii- 
i|ue  piopremeitf  d.ile,  Hincraar  n'avait  point 
U«  telles  djOÎRuttés  i  surmonter;  il  était  seul 
etmaltret  il  pourailt  presque  toujours  du 
ujoiiis,  ré^er  les  faits  selon  ses  idées;  il 
tswveniaitdespotiquenientjyranniquemenl 
laiênw  qaelquèfois ,  mais  le  plus  souvent 
Wec  sagesse,  dans  l'intérèl  vérilable  des 
ms^ft*  et  des  fidèles  placés  sous  son  pouvoir. 
*>u  a  des  monuments  écritsde  son  gouver- 
■BTioefil,  c*est-è>dire  des  capitutaires  adres- 
sés 1  ses  prêtres ,  comme  les  rois  adres- 
v>eD(  Iqs  IQUCS  ï  leurs  comtes,  mitti  domi- 
*Ui,  ou.  autres  agents.  Ces  capîtiilairts  sont 
<:D[;éoéral  [rès-seiisés ;  ils  ontpour  objet... 
<:•  recommander  auicleres  la  régularité  des 
Okctirs,  la  scieuce,  une  administration  douca 
el  légale,  etc....  Ils  atlRStent  Jin  gouverne- 
uiuntactir,  prévoyant  babile,  et  occupé  du 
!>i(.'n  moral  el  matériel  de  ses  administrés 
1953).» 

Voiik  une  belle  et  josle  appréciation  des 
^vglemeots  publiés  par  Uincmar;  mais 
x>asme  par  minière  d'ombre  \  ce  tableau, 
>u  ajoute  que  le  prélat  gouvernait  despoti- 
juemeat,  par  fois  mémo  tf  ranniquement.  Et 
j  fM-euve  de  ce  blâmeT  Les  ordonnances 
2cl^iastiques  d'Hincmar  ne  décèlent  pas 
3  moins  du  monde  uu  auteur  despote, 
lécsed'après  l'analyse  présentée  par  H.  Gui- 
ijt-  il  n'y  a  donc  contre  l'archevêque  de 
eims  que  ce  litre  de  eapilutairts  parais- 
lot.  selon  l'historien  de  la  cifili&ation, 
aoéhier  up  peu  de  l'empereur.  Celle  re- 
larqua  est  nue  chicane  de  mots  très-mal 
•cee.  Vérudit  écrivain  o'a-t-il  donc  pas 
1  maintes  fois  q^ue  le  terme  de  eapitutairet 
«rlîts  cliaititres)  éUiil  d'un  usage  quotidien? 
usai  ,    ouirQ  les  capilulsircs  d  Uincmar, 

<I9àO)  Swhwii».  CoM;.,elc,  t.  Hl,  p.  ttl.  Re- 

tMTAiM  Uimàurif  de 

iiit.jl}    SiMiMiD,  >ti  »pra,  p.  iSS,  Joinu  VIII 

I,    »d  Bimemarw»,    arekiepueopum  Benuiutm,  m 
f*Mrmm    Uimtman  orditittMT  epitcopuf  m  Etcktia 

'•'-Jiâi  SiBHOAD,  utiiupro,  p.  48G. 

>''   ol»*  flûf.  dt  la  citil.,  cic,  xfri  t'pra,  p-  bi- 


nons avons  ceux  de  Tbéodulf d'Oiléans, 
d'Hf'raird  de  Tours,  de  Ricuif  dcSnlssous. 
de  Wallcr.  On  nomme  de  même  capilulaires 
les  proposilions  d'accoratDi>demenl'{N>rlécs 
&  Louis  le  Germanique  de  la  |>3rl  d'un 
concile  franl(,  les  articles  dans  lesqnels 
Gotteschalk  renferma  sadoctrine,  les  décrets 
que  leiA'  opposa  le  concile  de  Kiersi.  k-s 
canons  qu'on  concile  de  Valence  publia 
contre  ceux  de  Kiersi,  le  résumé  de  la  doc- 
trine de  Jean  Scol  (19SV)  sur  la  Grâce.  On 
pourrait  multiplier  encore  davanlago  b-s 
exemples.  Ce  Itlre  ne  sent  donc  pas  son 
despote.  Autant  vaudrait  dire  qu'un  rhé- 
teur affecta  la  tyrannie  parce  qu  ih  intilida 
son  livre  :  Code  du  jeune,  lill&ateur. 

te  ne  puis  consentir  h  accuser  de  ty- 
rauuie  ce  prélat  qui  modérait  la  sévérité 
de  ses  suffragants ,  au  rapport  de  Flodoard' 
(1955),  cl  uui,  au  nom  de  Charles  leCbauve,. 
pria  Jean  Vlli  de  porter  remèds  aux  excès 
de  l'autorité  (1956).  Quand  on  a  bien  réllé- 
chi  sur  ce  sujet,  on  .arrive  b  penser  que-, 
si  M.Guizota  nommé Hincmar  un  despote  , 
c'est  uniquement  parce  nu'il  s'est  tijîurû 
qu'il-  a  dû  l'être. 

ixiï. 

HliKnur«oMM-t-tl  k  boder,  ra  FfUM,  ue  EsUm  ■•• 

UonaleT 

M.  GmzoT.  —  1 A  la  mort  de  Chariemagne,. 
le  chaos  recommence;  l'Efli»  y  retombe 
comme  la  société  civile....  Il  se  fait  alors 
dans  le  sein  de  l'Kglise  une  tentative  pour 
prévenir  les  effets  de  ce  relâchement.  On 
essaie  sur  divers  points,,  par  on  système  de 
fédération,  parles  assemblées  et  les  déli- 
bérations communes,  d'Organiser  des  Egli<es 
nationales.  C'est  k  cette  époque ,  c'est  sous 
le  régime  féodal ,  qu'on  rencontre  la  pHis 
grani^  q^uanlilé  de  conciles  ,  de  convoca- 
tions, d'assemblf'es  ecclésiastiques,  proxm- 
ciales,. nationales.  CTest  en  France  suttoul 
que  cet  essai  d'unité  parait  suivi  avec  lu 
plus  d'ardeur.  L'archevêque  Uincmar  du 
Reims  peut  être  considéré  comme  le  re- 
présentant de  cette  idée;  il  a  conslamuieiil 
travaillé  k  organiser  l'Église  française;  il  « 
cherché,  employé  tons  les  moyens  de  cor- 
rfispondance  el  d'union  qui  pouvaient  ra- 
mener dans  l'Ëglise  féodale  un  peu  d'unité. 
On  voit  Hincmar  maintenir,  d'un  côté,  l'in- 
dépendance de  l'Eglisei  l'égard  do  pouvoir 
temporel;  de  l'autre,  son  indépendance* 
l'égard  de  la  papauté;  c'est  lui  qui,  sachant 
que  le  Pape  vcul  venir  en  France  et  menaça 
d'excommunier  des  évê(|ues,  dit  :  Si  mcco«- 
munieatarua  venerit ,  excommmûcalu§  ab- 
itil  11957). 

■  Tantôt  il  reconnaît  el  proclame  lui- 
même,  eu  termes  magnifiques,  la  souverai- 

(1954)  Siaaom,  CoMâl.,  «c.U  U  el  OL  —  Dt- 
LALnaeG,  Smfflimeal,  etc.,  passin. 

fl»55)L.  m,  c.iS. 

(1950)  Ofvr>M,p.  4^,  1-  XYI,  Mas.  Bibl.  r«l. 
Pair.,  et  sic  mcipii-ns  :  »  Antcquam.  •  etc. 

(19:i7)  Uiii.  dt  fn  àiiU  tn  Europe,  leç.  6,  f.  I  S, 
éJit.  Di'liLT. 


H1N 


DICTIONNAIRE 


nelé  du  Pape;  Iant6(  il  défend  les  droits  des 
mâtropolilsiiis  ,  des  évëquds  >  el  semble 
tiierae  essayer  àa  poser  les  hases  d'une 
Eglise  nationale  indépendante  ;  puis  il  abnn- 
ifonne  prest^ue  aussitôt  ce  qu'il  a  fait  entre- 
voir &  ce  sujtjt ,  comme  s'il  craignait  qu'on 
ne  l'accusAt  do  maximes  et  d'i'ntenlions  que 
pourtant  il  ne  peut  s'empêchert  (jue» peut- 
être  même  il  est  Lien  aise  de  laisser  per- 
cer (1958).  » 

De  Charlemagoo  à  Charles  le  Chaure* 
l'empire  se  désorganisa,  tuais  non  l'Eglise. 
Snuf  quelques  exceptions  (et  quel  siècle  n'en 
a  l>asT),  le  prëlre  était  soumis  &  son  évËque, 
celui-ci  ou  métropolitain,  et  tous  au  Pape. 
Les  synodes  diocésains,  les  conciles  provin- 
<'iaux  et  nationaux  s'assemblaient  en  grqiid 
nombre,  non  pas  d'après  un  tyitimt  de  fédé- 
ration nourellement  organisé,  mais  cummo 
on  le  faisait  déjà  avant  l'invasion  des  bar- 
bares. H.  Guizot  en  a  quelque  part  lui-même 
compté  vingt-neuf  sous  le  regnu  pourtant 
si  agité  do  Louis  le  Débonnaire  (1939].  De 
ces  vingt-neuf  conciles,  il  y  en  eut  cinq  de 
nationaux  (i960}.  Ns  disons  donc  plus  que 
l'arclievêijueido  Reims  trouva  l'Église  gal- 
licane toute  A  réorganiser. 

Encoio  moins  devons-nous  dire  qu'il  ait 
Toulueufaire  uneEglise nationale.  S'il  «Al  en- 
trepris uue  œuvre  pstuille, on  Taurait  vu s'ef- 
rorcer,  promièremeiil,  d'établir  un  nouvoir 
central  en  France;  secondement,  oesous- 
Iraire  cer<J7aumeà  l'autorité dellome,duux 
cliosesauxifuelles  le  prélat  n'a  jamais  songé. 

L'an  876,  le  Pape  Jean  nomma  pour  sou 
viueire  en  diicà  des  monts,  Anségiso ,  ar- 
clievêqufl  de  Sens.  L'épiscopal,  et  surtout 
Hiucmar,  s'y  opposèrent.  Ce  dernier  publia 
même  un  traité  pour  défendre  les  droits  des 
métropolitains.  11  soutient  qu'en  France  lu 
inétropolitaiu,  mâœe  pour  son  élection,  est 
indépendant  de  tout  primat,  si  ce  n'est  du 
Piipe  (1961).  Dira-t-on  qu'Uincmar  ne  re- 
poussait l'établissement  de  ce  vicariat  que 
]>arce  qu'il  n'était  pas  cbargé  de  l'exercer? 
Admettons  que  ce  ne  soit  pas  là  une  calom- 
nie; toujours  est-il  qu  Hiucmar  lutta  contre 
l'érection  d'un  pouvoir  central  qui,  plus 
lard,  aurait  pu  réaliser,  s'il  les  avait  eus,  les 
projets  d'Église  nationale  qu'on  lui  attribue. 

ÛÏi  a  cité  la  vaste  correspondance  de  l'ur- 
chovèque  de  Reims  comme  indice  de  son 
înlentiUR  d'établir  une  Église  françaisi;. 
Cette  correspondance  peut  se  diviser  en 

Iuaire  }urties  :  administration  des  biens 
e  l'églisa  de  Reims;  surveillance  des  évâ- 
cbés  suffraganls  de  cette  métropole  ;  ré- 
ponses &  des  consultations;  lettres  h  tout 
l'épiscopat  gallican  par  ordre  du  roi  ou 
dn  Pape,  ou  bien  encore,  mais  très-rare- 
ment, une  fois  ou  deux,  pour  exposer  sa 
propre  pensée  sur  des  intérêts  géuéraui, 
telle  que  la  défense  du  droit  des  métropo- 
litains contre  l'arcbevâque  do  Sens.  Or,  r.i 
tout  cela  prouve  le  haut  rang  et  la  grande 

(1958)  mu.  de  ta  tivil.  en  France,  t.  If,  p.  358. 
(1950)  HUcoire  de  la  tivHUaiton  (r  Frauce,  l.  lit. 


APOLUGETIQUE.  ULX  liti 

estime  dont  jouissait  Hincmar,  rien  n'j  dé- 
cèle l'intention  d'établir  h  Reims  un  centra 
qui  reliât  entre  eux  les  divers  membres  da 
l'Eglise  gallo-franque.  Hincmarn'adonupas 
rempli  la  première  condition  de  l'établisse- 
ment d'une  Eglise  nationale;  il  n'a  pas  fondé 
un  pouvoir  centra'. 

La  seconde  condition  aurait  été  de  rendre 
la  France  indépendante  de  Rome.  Uais  si 
Hincmar  eût  nourri  un  tel  projet,  aurait-il 
proclamé  lui-même,  m  lermu  ti  magnifiât, 
ta  touveraineté du  Papeî  Je  cherche  en  vaia 
Cfl  qui  a  pu  suggérer  k  l'aflirmatioa  de 
M.  Guizot  un  semblant  de  prétexte..  Il  rap- 
pelle, il  est  vrai,  certaine  expression  auda- 
cieuse, mais  qui  n'est  pas  d  Hincmar.  EMe 
fut  prononcée  en  832,  c  est-à-dira  treize  acs 
avant  qu'Hincmnr  ne  prit  rang  parmi  les 
évèques ,  ol  elle  le  fut  par  les  prélats  parti- 
sans de  Louis  le  Débonnaire,  qui,  croyant, 
d'après  les  bruits  calomnieux,  que  Gré- 
goire IV  venait  trancher  par  ['excommuni- 
cation une  question  politique,  dirent  :  ■  Si 
c'est  pour  nous  excoiumunii^r  qu'il  arrive, 
il  s'en  retournera  excommunié.  >  Comme 
le  mot  est  altier,  il  aura  sufTi  de  cela  à 
M.  Uuizol  pour  le  donner  à  l'archevCquc 
do  Reims. 

Peut-être  encore  celte  idée  d'Eglise  natio- 
nale a-l-elle  été  soupçonnée  à  cauta  de  la 
violente  éptire  écrite  au  nom  de  Charles  le 
Chauve  au  Pape  Adrien  ,  et  dont  nous  nous 
sommes  déjà  occupés. 

A  la  Un  de  cette  épttre,  après  aroir  eogagé 
le  Souverain  Pontife  h  se  montrer  plus  pa- 
ternel daus  ses  avis ,  il  continue  ainsi  : 
«  Nous  vous  le  disons  pour  Thoaneur  Je 
votre  privilège,  car  nous  désirons  vous 
obéir  en  tout,  comme  nous  le  devons,  H 
comme  vous  le  méritez  à  titre  de  vicaire  di 
bienheureux  Pierre ,  prince  des  ipMrci- 
Nous  soubailuns  ardemment  qu'il  n  eo  ar- 
rive point  autrement,  et  nouâ  covoroia 
très-humblement  votre  Sainteté  d'y  pctal» 
garde  de  son  côté,  rour  que  vous  oe  ooiu 
forciez  pas  nous-mêmes  et  nos  siget5,b'iea 
malgré  nous,  &  suivre  ce  qui  nous  est  tracé 
dans  le  cinquième  concile  géuéral  par  le 
Siège  apostolique,  el  que  nous  voyons  loué 
et  approuvé  dans  tes  lettres  apostoliques. 
surtout  dans  la  lettre  synodique  du  bienbea- 
reux  Grégoire  aux  quatre  patriarches,  ainsi 
que  dans  ses  autres  lettres,  el  dans  les  quatre 
conciles  précédents.  Nous  n'arons  pas  en- 
core voulu  l'insérer  comme  exemple  dans 
nos  lettres,  jusqu'à  ce  que  noas  sachions  si 
nous  réussirions  d'une  autre  mauîère  a 
adoucir  les  ordres  que  vous  nous  donoe:- 
Car  nous  n'ignorons  pas  ce  qu'il  nous  es: 
commandé  de  suivre  et  da  pratiquer  au 
nom  du  Siège  aj)OStolique,  d'après  la  iji>c- 
trine des  saintes  Écritures,  renseignement 
do  nos  prédécesseurs  el  les  décrets  des  ar- 
thùdoitis;  el  nous  savons  aussi  que  tout  u 
qui  a  été  compilé  ou  supposé  d.:  conlr^H' . 

(1900)  SiBHOiw  M  Delaluide,  Coacif.  »mt.  Ciu: 
cl  SapplenuHtitm,  passim. 

(I%1)  Ep.  ad  epifcvpot  Jiacetii  RtiWvw,  ?.  £. 


1313 


HGI 


■HCnOCDUIRE  APOLOCeriQUE. 


UUI 


au 


f>af  ifBiqueee  soit,  lia  doit  pas  walsmenl 
âlrarqeid,  mais  blimé  (1963).  > 

Or,  si  H.  Guizot  s'est  sppajé  de  u  pes- 
uge  peur  noas  révéler  de  réTalalioonaires 
projels  Irimës  pir  RiDcmtr,  il  n'a  pu  se 
rromper  plos  complélement.  Qui  doae  s'i- 
ou^îiiaraau'oDnieaaçsit  Rome  d'un  schisme 
<|uikI  on  ravertissail  qu'on  en  reviendrait 
à  >«iDtGrégOire)eGraDd,aux«ocjens Papes 
cl  aai  cinq  premiers  conciles  acuinéalques? 
Pense-I-OQ  que  ces  Papes  et  ces  conciles 
«ieot  encouragé  les  Eglises  à  rompre  avec 
nome  et  h  s'en  rendre  iuJépeiidaiitesT  La 
lin  'Je  eerragmeul  de  la  telire  du  roi  nous 
aji|<rciid  que  Jes  prélats  franks  n'ignoraient 
ni  que  le  Pape  était  leur  chef,  ni  quelle 
soumission  ils  detaieot  h  ce  cbef,  mais  que. 
s'ils  j  étaient  forcés,  ils  feraieotsurce  sujet 
on  triage  des  règles  authentiques,  en  lais- 
sant de  cdté  les  fansses  décrétâtes.  C'était 
certes  déjà  bien  faardi  ;  il  y  arail  pourtant 
fort  loin  de  cela  h  imiter  ce  que  Ptiotins 
faisait  k  Constantioopie,  et  i  ravir  i  Tabbd 
Cbilel  la  gloire  de  fonder  l'Église  calfaolique 
Iraiiçaise. 

Bioemar  n'a  donc  point  effrojé  le  Pape 
«l'un  schisme. 

ixx. 

lijMka|»f<Wc  an  |rtoce*  par  EOimw  éUt-ella 
motam  hoMuiae  que  celle  de  BosKietT 

V.Awftas.  — '■  L'un  des  plus  intéres- 
sseU  (ieritt  iFBmemar),  an  moins  par  le 
sujet,  est  une  Politique  taerit,  tirée  de  l'È- 
erilnre  comme  l'ouvrage  de  BossneL... 

«  Dans  ees  deux  auteurs,  si  diETérenls  l'un 
(fe  l'antre  i  beaucoup  d'égards ,  on  trouve , 
arer  aaelqae  sucprise,  une  même  conces- 
sion de  l'esprit  cfarélien  i  l'esprit  goerrier. 
Hinemar  a  consacré  un  chapitre  h  établir 
<]<->'eo  faisant  la  guerre  on  ne  déplaît  poiut 
t  Dieu.  Cependant,  au  temps  de  saint  Mar- 
io ,  l'Eglise  avait  encore  une  telle  horreur 
lu  sang,  que  les  Chrétiens  se  faisaient  un 
«vi/pule  du  métier  des  armes....  Bossuet 
ussi  a  établi,  au  conmencement  du  livre 
le  fa  gaerre,  que  Dieu  forme  Ut  princti 
■uerriers.  Hais  s'il  y  a  \h  quelques  ra)ipro- 
liemeots  k  établir  entre  les  coocessiuns 
lites,  l'une  par  l'archevêque  de  Beimsaus 
.sjiosilions  guerrières  de  son  temps,  et 
autre  par  l'évéque  de  Meaui  aux  inclina- 
ons  belliqueuses  deLouisXiV,  sur  d'autres 
•iiits  on  peut  opposer,  avec  un  grand  avaii- 
jje  ,  les  conclusions  morales  de  Bossue!  à 
Iles  d'Hincoiar.  La  politique  d'Hincmar 
t  crnelle;  il  traite  de  la  discrétion  qu'on 
lit  apporter  dans  la  clémence;  il  cherche 
démontrer  qu'il  ne  faut  point  pardonner 
'mplélemeoli  ses  proches.  Les  princes  au 
iliea  desquels  il  vivait  n'étaient  que  trop 
sposés  i  ne  pas  pardonncrdu  tout  S  leurs 
caches.  Charles  le  Chauve  l'avait  bien  mon- 
':  en  faisant  crever  lesjeuxè  son  fils  Car- 

194»)    Iln.u.AmE,  Cauil.  au.  CaU.,  SmppU- 
•'««.  p.  874. 

*9^}    T.   m,  p.  206.  —  L*ouvra|!e  d'Ilincmar 
'*  "'  "",  Ampère  esl  Wlmié  De  ptriana 


loman.  L'ErUm  n'aurait  jamais  dû  lanction- 
ner  ce  qu'elle  avait   la  mission  de  Qétrir... 

■  Nous  avons  le  bonheur  de  pouvoir  op- 
poser \  cette  politique  barbare  IfS  chapitres 
de  Bossuet  sur  la  clémence,  dont  l'un  est 
intitulé  :  Laciémmce,  Iroiiiime  vertu;  quelle 
egl  lajoiedugenrt  humain,  et  la  proposition 
suivante  :  La  clémence  ett  la  gloire  d'un  roi; 
enfin  le  chapitre  si  noblement  intitulé  :  CeU 
lin  grand  bonheur  de  eamer  un  homme. 

■  11  V  a  entre  les  deux  Poliliquet  taerée$ 
la  dîff««nce  des  bommes  et  la  cUstance  des 
siècles  (1963).  » 

Si  tout  n'est  pas  faux  dans  l'extrait  que 
nous  venons  de  lire,  il  ne  s'en  manqua  que 
de  bien  peu.  !■  Dieu  nous  garde  de  nous 
arrêter  h  prouver  que  l'Eglise  a  eu  raison 
d'autoriser  les  guerres  justes  et  inévitables  I 
Dieu  nous  garde  de  prouver  que  l'Eglise  a 
eu  raison  de  sanctionner  la  punition  des 
coupables,  fusseut-ils  de  lignée  roj^ote,  et 
de  ne  pas  fonder,  par  l'impunité  des  princes, 
une  aristocratie  de  crimes  el  de  ^ang,  cotnme 
l'aurait  aimée  ce  Carloman,  qui  a  su  obtenir 
de  H.  Ampère  des  sympathies  refusées  è 
Hincmar  I 

Savez-Tons  ce  qu'était  ce  Carloman?  Il 
était  fils  de  Charles  le  Chauve,  diacre  de 
l'église  de  Metz,  eL  chef  d'une  troupe  de 
bandits  qui  ravageaient  la  France,  li  fut 
condamne  i  mort,  et  son  père  commua  celle 
peine  contre  celle  de  la  perte  de  la  vue, 
genre  de  supplice  ordinaire  autrefois.  A 
deux  reprises,  le  pape   Adrien   intercéda 

fiour  cet  enTsot  rebelle;  la  première  fois  il 
e  Gl  avec  succès.  Voiik  bien,  ce  me  semble, 
le  désir  de  H.  Ampère  satisfait,  lui  qui  ne 
veut  pas  que  l'Eglise  sanctionne  la  sévér.lé. 
PourUnI  le  même  historien  appréciu  fort  dé- 
daigneusement cette  iulervcnlion:  ■  Adrien, 
dit-il,  n'était  pas  heureux  dans  ses  prolé- 

f;és  ;  il  s'élait  déclaré  pour  un  Gis  de  Charles 
a  Chauve,  nommé  Carloman,  espèce  de 
bandit,  révolté  contre  son  vère,  et  qui  fil 
une  triste  fin  (19M}.  »  U.  Anipère,  quoi  que 
l'on  fasse,  vous  le  voyez,  n'est  pas  facile  à 
satisfaire.  Le  christianisme  a  donc  bien  rai- 
son de  chercher  ailleurs  (jue  dans  les  leçons 
de  ce  critique  sa  règle  de  conduite,  et  de  ne 
jias  maudire  les  guerres  inévitables. 

2*  Uais  l'Eglise  en  autorisant  les  guerres 
justes  et  nécessaires,  est-elle  en  contradic- 
tion avec  la  morale  qu'elle  prêchait  dans  le 
principe?  Nol,  c'est  U.  Amj'ère  qui  a  mal 
exposé  la  doctrine  de  la  primitiTO  E{jl.su 
sur  ce  sujet. 

Quels  qu'aient  pu  être  sur  la  guerm  les 
scrupules  de  saint  Martin,  soldat  de  Julien 
l'Apostat  [196S),  il  n'est  pas  moins  vrai  que 
généralement  les  Chrétiens  ne  se  croyaient 
pas  exempts,  par  le  baptême,  de  l'obliKatien 
de  défendre  leur  pays,  a  Ils  demeurèrent, 
dit  t'Ieury,  dans  les  emplois  e£l  ils  étaient 
avant  leur  baptême,  quaud  ils  n'avaieul  rien 

rrgîf  el  regio  MtMJffcno. 

(1964)  f.  itt,  p.  II». 

{VM'Jii  t  Pugiiaie  milii  non  U.^1.  ifl'ii.  S.  Uar» 
lÎRi,  avil.  StLT.  ScvEnu.J 


DICTIONNAIRE  IPOLOGETIQra: 


MN 


»IS 


il'incompaliltle  arec  la  pté«^.  Ainsi  on  n'o- 
l'Kgoît  (Kiint  les  gens  de  guerre  h  quiller 
Its  serrrce  quand  ils  se  faisaient  Oirétiens  : 
un.  leur  bisait  seulement  observer  la  régit; 
(|ui  leur  est  donnée  dans  l'Brangile  :  du 
se  contenter  de  leur  paie,  et  tkt  ne  point 
faine  de  concussions,  ni  de  fraiKtes.  Il  r 
avait  grand  nombre  de  soldats  chrétiens,  té- 
moin la  Légion  fulminante  du  temps  de 
Marc-Aurële  et  la  Thébéenne,  qui  souffrit 
h)  morlyre  lout  entière  arec  saint  Maurice 
son  tribun.  La  disciplino  militaire  d>»  Ro- 
mains subsistait  encore  :  et  consistait  prin- 
cijiatement  d^ins  la  frugalité,  le  travail,  l'o- 
bùîs--'ance  et  la  pntience;  toutes  vertus  fort 
il  l'usage  lies  Clirétipns.  Ils  évitaient  pour- 
tant ^uelqiiei'uis  de  s'enrôler,  ou  même 
qulllaicnt  le  service  pour  ne  point  prendre 
|;art  aux  supcrstiCiiiiis  des  païens  ;  ne  man- 
ger des  viandes  întmolées,  d'adorer  dps  en- 
seignes où  il  y  avait  des  idoles,  dfl  jurer 
|i9i'  le  génie  «^  l'empereur,  de  se  couronner 
(Je  fleu;-s  aui.  pompes  profanes  (1966).  ■ 
Zi'lïorreur  du  lang,  cliez  les  premiers  Chré- 
tiens» ti'allait  donc  pas  jusqu'à  laisser  lus 
buriiures  verser  sans  péril  celai  des  Ro- 
ui fiins. 

3*  Elle  est  inconcevable,  la  facilité  av.ec 
laguelie  tes  interprétations  avilissantes  se 
préseiiteal  sous  la  ]>lume  de  M.  Ampère.  De- 
mandFz-lui  pourquoi  l'archevêque  de  Reims 
•1  l'évéque  de  Meaux  ne  proscrivaient  pas 
at'solument  la  guL'rre;  il  ne  vous  répondra 
P93  que  c'est  parce  que  les  arajesaievionDent 
en  certains  cos  lu  seul  moyen  pour  un  peu- 

tl«  de  faire  respecter  ses  droits;  il'aime 
ien  mieux  assurer  qu'Hincmar  faiiait  det 
eonctstioni  aux  ditpoiiliom  jjuerrièreM  dt 
MQ  Umps,  et  Bossni't  aux  inclinationt  belli- 
(fiteuiti  de  Louii  XIV.  M.  Ampèrç  voudrait-. 
ii  bien  uous  dire  aussi  qui  Montesquieu  es- 
pérait traiter,  quand  il  écrivait  dans  son  fi- 
prit  det  Loïm  ;  k  Le  droit  de  la  guerre  dérive 
■iQncdelanécessité  et  du  juste  rigide  [1967]7b 
Montesquieu,  Bussuet  et  Hincmar  ont  admis, 
un  le  considérant  en  lui-iiiénie  et  d'une  ma- 
nière absolue,  le  droit  teriiblt;  delà  guerre; 
ils  vc  songeuiunt  pas  ii  aduler. 

Si  les  deui  prélats  ï'élaient  proposé  Je 
IranquilliâOr  la  consuieiice,  peu  troublée 
d'ailleurs,  'les  barons  du  ii*  siècle  ou 
celle  de  Louis  \IV,  Hiiicm<iraurail-il  insista 
|ioiir  que  la  guefre  h  entreprendre  fût  iné- 
vit.'ible,  et  quVllu  eût  surtout  pour  but  de 
conquérir  la  paix:  BtHam  ncecssilas  facial , 
ut,  topila  ditcordia,  pax  recuperari  poail  ? 
Aurait  il  intitulé  de  la  sorte  un  des  chapitres 
du  son  livre:  ■  La  nécessité  pousse  seule 
les  bons  rois  II  faire  la  guerre  et  à  agrnndir 
leurs  royauoies  (10<j8jT  >  et  Bossuet,  dé:ail- 
laut  les  coupables  motifs  qui  font  livrer  des 
batailles,  aurait-il  cotUjXé  les  conqu/let  am- 

(ld66)  Jiaurt  dn  Ckrétieiu,  c.  7. 

|I1K;7)L.  X,  c.  2. 

(l!Ki8)  De  ^enDHa  régit  et  regh  miuitlerio,  c.  7 
ei  8.  —  Epiu.  ad  epiicopoi  Frantite,  c.  7  :  t  l'a- 
Miain  foiitlci'   ei  JMslc  contra  adveraaFios  difeii- 


bUietuet,  la  gloire  dtt  arma,  et  la  danetw 

de  la  victoire-(l969)  T  Haladroils  courtisant? 
ils  attaquaient  donc  précisénient  les  passions 
dont  ils  sont  supposés  les  flatlsunl  Non; 
ils  n'ont- été  ni  courtisans  ni  maladroik; 
mais  ils  ont  très-sagemenl  pensé,  je  Is  ré- 
pète, que  les  nations  sont  oUîgées  parfois 
d'en  appeler  à  la  force,  puisqu'elles  ne  peu- 
vent invoqoer  la  justice  d'un  tribunal. 

V  La  politique  de  l'archevêque  de  Reims, 
exigeant  qu'an  prince  véritablement  justi- 
c'tT  punisse  même  ses  parents  coupable^, 
srrable  cruelle  h  M.  Ampère,  et  bien  iufê- 
rieure  h  celle  de  Bossuet.  Mats  prenez-y 
donc  garde,  Bossuet  dit  la  même  chosH 
Ecoutez-le  :  <  Le  prince  doit  se  faire  crain- 
dre des  ^unds  et  des  petits.  Salomon,  dès  lo 
ccunmencement  de  son  rè^ne,  parie  ferme  h 
Adonias  son  frère.  Aussitôt  que  Salomnii 
eut  été  couronné,  Adonias  lui  eovojia  dire  : 
Que  le  roi  Salomon  m*  l'ure  qu^il  ne.  fera  poiiU 
maurir.eon  lervitear.  Salomon  répondit:  SU 
fa\t  son  devoir,  il  ne  perdra  pas  un  seuf  cAe- 
t)(u,  jiRon  il  mourra.  Dans  la  suite,  Adonias 
rapala  pour  se  faire  roi,  et  Saloaion  le  til 
mourir...  Le  repos  public  oblige  les  rois  i. 
tenir  tout  la  monde  en  crainte,  et  plus  en- 
core les  grands  quêtes  particuliers,  pnrcp 
que  c'est  du  câté  des  grands  qu'il  peut  arri- 
ver de  plus  grands  troubles  (t970).  ■  >  Il  y 
n  une  fausse  indulgence.  Telle  fui  celle  ilu 
David,  envers  Amuon  son  fils  atoé,  doui  le 
crime  le  coQtrista  beaucoup  ;  mais  cela  ne 
suflisait  pas,  et  il  fallait  punir...  Il  laissa 
soo  attentat  impuni  :  ce  qui  causa  la  ven- 
geance d'Absaloa  qui  (ua  son  frère.  Ce  granJ 
roi  eut  aussi  trop  d'indulgence  pour  les  tnh 
trepriies  d'Absalon  et  d'AdoDias  (1971).  ■ 
Voilà  ce  qu'exige  Bossuet.  Est'Oe  qu'Hinc- 
our  a  jamais  rien  dît  de  plus  «ITrayantî 

Certes,  non,  puisqu'il  termine  en  cefttr- 
mes  le  chapitre  où  il  traite  la  présente<\aes- 
lion  :  >  Les  princes  doivent  donc  pardontM 
à  leurs  Gis  et  à  leurs  prorhes  coupables, 
s'ils  reconnaissent  leurs  crimes  et  s  eo  re- 
pentent ;  sans  cela  ils  sont  obligés,  selon  U 
nature  de  la  Taule,  d'exercer  la  vindicte  i>u- 
blique  contre  k-s  délinquants.  Car,  si  Dieu 
le  Père,  comme  dit  l'Apôtre,  n'a  |>as  épar- 
gné son  propre  Fils,  mais  l'a  livré  pour  nou« 
tous,...  la  paix  de  l'Eglise  universelle  ei  U 
stabilité  générale  doivent  nécessaireiaiu: 
l'emporter  sur  l'affection  qu'on  ressent  poar 
un  ami,  et  plus  encore  pour  un  Gis  dégé- 
néré [1912}.  »  Or,  quand  Hincmar  ne  f>eniiv'. 
au  pL'incB  de  sévir  contre  ses  |4renls  cou- 
pables que  lorsqu'ils  sont  sans  repeniJr,  i^ 
apfiorto  a  la  justice  royale  un  adoucisscoit-n'. 
pour  le  moins  aussi  remarquable  «lUC  ceux 
dont  parlera  bientâi  Bossuet,  cl  il  prcn-l  ■■'-' 
très -su  irisantes  précautions  contre  la  di>i-  - 

(1969)  Politique  Urée  de  t'Eeritufi:  tttiuu.l.-^. 
an.  2. 

(1970)  Vbi  npra,\.  iv,  arl.  1,  ~'  fn*po3itit>a 
(I97t)  L.  X,  art.  i,  tU'  piuiHi^iluxi. 

(lUTi)  De  perione  rfjti,  Uc,  c.  ÎC, 


!în 


inN 


DICTIONNAIRE  ATOLOCETIOUE. 


Miioli  beaucoup  iroji  gratiJc  des  sooveraJus 
•lu  II'  siècle  k  la  cruauté. 

5* Hais,  ot^eclera-l-on,  Bossuel.a  au  moins 
faric  (le  tUmtttet,  il  s  parié  du  bonhttir  dt 
mutrr  un  homme,  ei  H.  Ampère  n*a  rien 
ilécouferl  (le  pareil  dan*;  le  dur  arcfaeTëque 
de  Keim.s.  Celle  remarque  repose  bur  une 
double  erreur;  car  Hiocmar  a  dit  ce  qu'on 
lui  dénie,  cl  BossucI  a  dit  aulremcal  qu'un 
bc  fe  rapporte  ce  qu'on  lai  ^itlfibue. 

Puisque  M.  Aiufière  a  lu  Hiocmar,  il  a 
n  (-cessai  re  me  ni  dû  ;  voir  que  le  sage  arche- 
vêque recommande   au.ssi    aui   princt-s  la 
rléajence  et  la  pitié,  quand  elles  sont  admis- 
sibles. Il  les  exige  d'un  roi  à  l'égard  de  sa  fa- 
iuille,nous  rcnons  de  l'entendre,  et  en  plu- 
sieurs end  roi  ts  il  Tculqu'onsuiTe  la  même  ré* 
^e  par  ra[)iiorl  i  loute  espèce  de  coupable  re- 
l-cDlanl  (1773).  Daus  un  autre  écril,  résumé 
de  celui-ci,  après  avoir  établi  qu'au  tribunal 
drs  rois  il  doit  >  avoir  noB  plus  des  parents 
ni  dus  couriisaiis,  maïs  seulement  des  inatt' 
i-t;iiU  ou  des  couftables,  il  ajoute  daus  la  cou- 
clusioD  de  l'opuscule  :  ■  Il  y  a  surtout  deus 
vcrius royales:  la  justice  et  la  piété;  cepen- 
dant on  loue  priuci paiement  daos  les  rois 
la  piété,  tir,  par  elle-mCme  et  sans  lapiélà, 
la  justice  est  Ai>re  (1973'^.  ■  Uftae  conseil 
au  jeune  Louis  )e  Bègue  pour  lui  afiprendro, 
coiuiiie  dit  ïlodoard,  ■  à  tempérur  la  sévé- 
rité  de  la   coneclion  (idïbj.  ■  Il  est  donc, 
CD  vérité,  fort  surprenant  que  U.  Am|>ère 
n'ait  pas  pu  eulendro  Uincniar  instruisaol, 
lODt  aa»i  bien  que  Bossuet,  la  justice  Im- 
'Daine  k  sa  montrer  compatissante.  Lesdeut 
prélalsont  donc  toujours  pensé  et  parlé  do 
iiiém«  sar  ce  suiel,  car  il  ne  faut  pas  croire 
i^ue  l'évoque  de  Uëaus,  plus  tolérant  que 
:arcber£qae  de  Reims,  ait  loué  en  style 
j'inuoceales  bucoliques  la  clémence  à  tout 
^■rjx,  comme  on   le  laisserait  croire.  U  a 
<.crii  eo  homme  sérieui,  et  c'est  pour  cela 
ijti'il  a  dit,  dans  le  chapitre  même  indiqué 
j-or  SI.  Ampère:* De  la  clémence,  troisième 
>Titu;  et  premièremenl  quelle  e»!  la  joie  du 
-eure  bumain...,  en  récompensanl  tomours 
eut  qui  fool  bien ,  et  panlimuant  quelque- 
ois  À  ceux  qui  manquent,  pourvu  que  le 
'ieu  paLlic  et  la  saïuie  auiurîlé  des  lois 
l'j  soient  Doint  iutéressés  (19?^*).  ■  11  dit 
i^core:   a  La  clémence  est  la  gloire  d'un 
èjîne...  Ost  un  grand  bontieur  de  sauver 
a  liooime...,  si  ce  n'est  qu'il  soit  de  ceux 
i^nl  la  Tie  est  la  mort  dus  auli-es,  ou   par 
•    cruauté,  ou  par  ses  ciemples  (1075J.  » 
4/>pelons-nous  encore  quel  cruel  devoir  il 
ijpose    aux   princes  euvers   les  membres 
«upables  de  leurs  familles.   Bossuet  n'a 
>ec  |ias  été  i'apftlre  d'une  clémence  aveu- 
e  et  fatale  au  bon  ordre;  il  s'est  etiirimé 
I    prudent    léj^istatour ,    et   précisémeut 
luuie  Hiocmar. 


U.  Ampère  a  trouvé  barbare  la  poliltquo 
d'Hincmuri  U.  Guizoï  va  la  signaler  comwo 
un  peu  machiavélique-  ■  Dans  le  traité 
d'Biaciiiar,  dit  l'historien  de  la  civilisation, 
la  morale  est  mêlée  k  un  i;rand  nombre  do 
cusoils  de  prudence  BL  d'habjlelé  pratique, 
assez  semblables  è  ceux  qui,  au  xf  siècle, 
faisaient  toute  la  science  politique,  et  dont 
le  livre  du  Prince  est  le  type  ^1978*J.  > 
Il  y  a  dans  ce  rapprochement  plu*  qu'une 
intempestive  érudition;  t'est  une  insulte 
gratuite.  Que  l'on  nous  produise  du  lÎTre 
d'Hincmar  un  seul  paragraphe  qui  niérilu 
ce  qu'on  a  dit  de  l'ouvrai^i:  de  Uachiavel  I 
■  Machiavel,  et  c'est  Sismondi  qui  pnrks  en 
faisant  voir  dans  son  traité  du  /'rince' coiif 
ment  un  habile  usurpateur,  qui  u'esl  retenu 
j'ar  aucun  princi|>e  de  morole,  iteul  alTenitir 
suujHiuvoir,  donnait  au  duc  {tfVrbiK,  Lau- 
rent] des  k'^ons  confurtnes  à  son  goât.... 
Celle  politique  infernale  que  U.ichiavrl 
niellait  en  jiratique  était,  au  svr  v:èi-lu, 
colle  de  tous  les  £tals.  Il  y  a  plutôt,  dai.s 
sa  manière  de  la  Irailer,  m.e  amertunte 
universelle  «outre  tous  les  houiiuest  un 
uiépris  de  la  race  humaine  qui  le^iorle  ii 
lui  adresser  le  langage  auquel  elle  s'était 
rabaissée  elle-mèoie  (1976).  » 

tout  au  contraire  de  Vinferiiale  politique 
de  l'auteur  florentin,  celle  de  l'archevéquti 
de  Reims  n'est  que  ta  morale  de  l'Êvangile. 
comme  le  prouvent  les  citations  que  noua 
avons  failes.  Au  lieu  d'injurier  Biiicmar^  ou 
aurait,  ce  semble,  beaucoup  mieux  fait  de 
se  souvenir  que  Uachiavel,  mort  en  11^, 
composa  soâ  fivre  du  Prince  dans  sa  vieil- 
lesse, et  qut  ce  livre,  jiar  conséquent,  est 
bien  plutôt  le  tableau  politique  du  xti* 
siècle,  comme  dit  Sismoudi,  que  celui  du 
XV. 

|1H. 
La  MieDec  d'BiiMBnr  éialt-e:ie  fcrl  boraêef 
U.  AiiPèBK.  —  a  A  travers  une  vie  si 
agitée,  Hincmar  avait  écrit  de  iiombreux 
ouvrages  que  nous  possédons,  et  qui  sont 
contenus  dans  trois  volumi-s  in-folio,  aiusi 
que  beaucoup  d'autres  ouvrages  aujour- 
o'hui  perdus;  lirais  ses  véritables  leuvres 
sont  ses  actions.  11  était ,  comme  j'ai  eu 
occasion  de  le  dire,  tUêo^Oiiien  trèi-fiicdimie 
et  critique  ti^s-superliciel.  Il  attribuait  h 
Saint  JcfOinc  un  traité  sur  rAssomplion. 
[I.EBOELF,  hecueH  de  diteri  icritt.  11,  6fr.J 
Il  ne  croi.-<it  pas  à  raulbcnticité  des  ou- 
vrages de'  suiiil  Fult^eiiee,  i^irce  qu'ils  con> 
tiariaieiil  SCS  idées  |ieu  oilliodoies  sur  la 
prédestination.  Sa  cnituaissi.nce  de  l'anti- 
quité n'éloit  pas  très-profonilo,  quoiqu'il 
eOt  été  élevé  A  t'abbaye  de  Saint-Denis  et 
qu'il  cite  plusieurs  auteurs  anciens;  car  il 
e.  oyait  que  le  précepteur  d'Alexandre  s'aj»- 


ta7:i>    m  ftwna  wji^  eir..  c.  SI.  31.  52:  ("'S)  "*'"?"•<':  «.'*,P"P**'';:  F,„„  ,   m 


tiiteoUbus  inmitl...,  iu  pecvaU)  iierseverauiis 

IUT:»')  Cs.  md  epht.  Fiaucig,  C  12  et  17, 

(.'"TitL.iu,  c-19. 

' ''**',!  K«  »Mi.  4,  art.  5'prnposil, 


*'("îïn«)  ùe  la  lilléraure  dm  mdi  dt  C  Etape,  t.  U, 


'1319 


IIIM 


UICnONNAIRE  ATOLOGETIQUE. 


111:4 


pelait  Léotiido...  En  un  mol,  Hincmar  Tut 
grand  moins  par  ses  ouvrages  que  par  sou 
caractère  el  ['ar  son  rôla  (1976*).  ■ 

—  Il  est  tiion  vrai  qu'on  a  remarqué  dans 
les  œuvres  d'Hincmar  une  huitaine  d'er- 
reurs, c'est-è-dire,  en  trois  volumes  in- 
foliOt  &  peu  près  autant  qu'on  en  trouve 
lroi>  souvent  dans  une  seule  page  de  ses 
'  eriliqucs  uiodernes  les  plus  sévères.  M. 
Ampère  nous  sigoalede  cet  archevêque  une 
méprise  de  plus  que  celles  que  l'on  con* 
naissait  :  Hincmar  croyait  que  U  pricepleur 
d'Alexandre  l'appelait  Léonide. 

Léonide,  selon  M.  Ampère,  n*a  donc  pas 
été  précepteur  d'AleianuroT  On  me  répon- 
dra que  ce  tut  Arislale.  C'est  juste  ;  mais 
Léonide  partagea  cet  honneur.  Hollin  nous 
le  dit  :  >  11  [Atencandre)  avait  auprès  de  lui 
lilusieurs  maîtres  chargés  de  lui  apprendre 
tout  ce  qui  convient  è  l'héritier  d'un  grand 
roranme  :  au-dessus  des^iuels  était  Léonidas 
(1977).  ■  Qu'y  avait-il  de  plus  facile  à  M. 
Ampère,  avant  de  taier  Hincmar  d'igno- 
rance, que  de  consulter  Quiniilienà  ['endroit 
indique  par  ce  prélat  [Intt.,  lib.  i,  cap.  1)7 
il  ;  aurait  lu  :  «  Au  rapport  de  Diogène  le 
Babylonien,  Léonide,  gouverneur  d'Alexan- 
dre ifiusdagogw),  avait  Tait  contracter  h  ce 
prince  certains' vices  dont  il  ne  pal  jamais 
SK  défaire  dans  an  fige  plus  avancé,  ei  lors- 
qu'il était  déjk  un  Uôs-granJ  roi.  •  Léonide 
était  donc  aussi  bien  qu'Aristote  chargé  do 
l'éducation  d'Alexandre,  et,  sur  ce  point, 
ce  n'est  pas  l'élève  de  l'abbaye  de  Saint- 
Denis  qui  s'est  trompé,  c'est  U.  Ampère, 
professeur  au  Collège  de  France  et  membre 
île  l'Institut.  Au  reste,  si  Hincmar  a  cité 
Léonide  pluldt  qu'Aristote,  c'est  que  te  sou- 
venir du  premier  était  nécessaire  pour  mon- 
trer l'intluence  des  défauts  d'un  maître  sur 
SCS  élèves,  sujet  que  traitait  alors  l'arcbc- 
vÉque. 

U.  Guizot  est  d'accord  avec  U.  Ampère 
pour  trouver  Hincmar  assez  mince  théolo* 
gien.  «Hincmar,  dit-il,  était  au  fond  iieu 
théologien  ;  l'esprit  da  gouvernement,  1  ha- 
bileté pratique,  dominaient  en  lui,  et  il 
n'avait  pas  fuit  des  Pères  unu  élude  Irès- 
iittentive...  Toute  la  controverse  {dan»  le 
traité  d'Uincmar  contre  Gottuchatk)  y  est 
longuement  reproduite,  avec  un  giund  aji- 
çareil  d'érudition  théulogique;  mais,  uu 
tond,  l'esprit  ihéologique  n'y  domiue  pas; 
il  y  règne  plus  du  bon  sens  dans  les  idées 
générales  que  de  subtilité  dans  l'argumeii- 
lation;  et,  com:ue  théologiens  proprement 
dits,  les  adversaires  d'Hincmar  avaient  sur 
lui  l'avontoge  [19TI*).  » 

Quoiqu'on  éprouve  autant  de  plaisir  que 
desurpiiseà  voir  ces  deux  écrivains  s'oc- 
cuper Lie  lliéulugie,  comme  le  faisaient  h  u» 
&-^B  lie  loi  M"  de  Sévigué,  Nicole  et  lu  |. ré- 
sident Mauguin,  on  soutiaiteruit  pounaul 

(l»7«*lT.III,p.  205. 

(19i7)  BU.  uncieme,  I.  ht. 

{1977*)  Diti.  de  ta  civil,  en  Frante,  t.  Il,  p.  318 
«1551. 

(ia78)T.  V.o.  589. 

1137U>  T.  XIX,  p.  i73. 


nne   moins  incom|ilèlo  apiuiidaliou  i!u  ,j 
théologie  d'Hincmar. 

Je  ne  rechercherai  pas  noinineiit  le  prélat 
sanM  avoir  fait  vne  lecture  trii-otltnlin  ià 
Piret,  aurait  pu  employer  iw  jrimd ojiparfi; 
d'érudition  thiolomque;  je  passeni  Wm 
remarques  plus  sérieuses. 

Si,  dans  la  théologie  dogmatique, Hîk- 
mar  en  appelle  plus  ^'érudUio^lhioU^^, 
i  la  tradition  qu'à  Vargummtation;  i\,\\(m 
interpréter  les  Pères,  il  a  plus  emplojéiie 
bon  «eiM  que  de  lublilité,  cela  ne  fiman  [«s 
un  faible  théologien,  d'autant  plus  quem 
opinion,  au  ix*  siècle,  finit  par  IriompliEi, 
et  continue  encore  d'être  enseignée,  nol 
quelques  variantes  d'exposiLion,  Le  in 
ien»,  même  en  théologie,  u'est'il  donc  j-as 
plus  nécessaire  que  la  lublililéî  , 

Dans  la  théologie  canonique,  quelle |>lac9 
distinguée  l'archevêque  de  tteiius  n'occupe- 
t-il  pas?  Les  Bénédictins,  dans  leur  Hiiloirt 
litléraire  de  la  Froncff,  ont  ditdelai:ill 
avait  lu  la  plupart  dos  Pères,  el  il  hil  «u 
assez  fréquent  usage  de  ieursulorild...  b 
science  favorite  et  dominante  de  noire  [Kt' 
tal  était  celle  de  ta  discipline  de  l'Sijlist, 
qu'il  avait  puisée  dons  les  canons  et  I» 
autres  écrits  des  conciles,  par  une  élude  sé- 
rieuse et  journalière.  Il  se  portait  volonlien 
h  écrire  sur  cette  sorte  de  matières,  qui 
fuit  l'objet  de  la  plupart  de  ses  oum^, 
et  avoit  peine  h  tinir,  lorsqu'il  en  traiuil: 
tant  il  était  plein  de  tjelles  connalssiDCti 
qu'il  avait  acquises  pdr  cette  étude.  Il: 
etfectivement  réussi  à  faire  entrer  imsa 
écrits  une  inQuilé  d'excellentes  ii$\a  H 
d'autorités  sur  le  gouveniemeut  île  I  Ëgli% 
Il  n'est  point  d'aifciens  auteurs  où  l'uiito 
trouve  un  aussi  grand  nombre,  si  biesJli- 
blii.'S,  et  dans  lequel  ou  jiuissespprtDdrt 
|)lusde  droit  ecclésiastique  quedans  atxi: 
II97H).  s  On  rencontre  des  éloges  de  l'iffic 
véque  de  Heims  tout  aussi  formels,  0!» 
des  plumes  uou  moins  compétt!iil»i'|(» 
VHistoire  générale  det  écrivaiat  «««•'■ 
liquet{l*J7V),  dans  les  Dogma  Ihéohjitiii 
ne  Thosiassiu  (1980),  dans  les  bisloitudii 
Baronius,  de  fteury,  de  LongueTil.  ^ 
Lebœuf,  etc.  (1981).  Le  22  janvier  IffiU 
célèbre  cardinal  Mai,  au  uom  de  11  utm 
cungrégationinterprèteduconciledeTtetic. 
écrivait  à  Ugr  Gousaet,  en  le  félicitant <><  1 
son  zèle  el  deses  ouvrages  si  remorqujbKE 
«  Leurs  Kmioeuces  en  ont  ressenti  uim'*' 
plus  de  joie  que  le  siège  occupé  par  uui- 
savant  archevêque  est  celui-li  lotm  u- 
brillèrent //incmar  el  Gerbertjdeux  Iioœœu 
de  icience  émiaente.  • 

Tout  en  respectant  le  savoir  lbéoW> 
do  IMM.Guizot  et  Ampère,  on  oepeutiUi- 
jiécher  d'udoplerle  sentiment  dts  Baruninv 
des  t'ieury,  des  Tbomassin,  etc.,  ■^''^ 
croire  qu'Uiucmur,  distingué  dans  II  l'it»' 

(1980)  T.  111.  p.  183,  De  Protegememt  lli^f- 

tiaSliBiRosics,  aaann.  884,  n.lS.-Fwt" 
1.  LUI,  c.  39.  —  LuNCiïVHL,  «VII,  ad  ai""-  Wf," 
UBiKur,  t*Mt.ri.  fiTlUht.  Jel'aris,ui,9*'^ 


logïedoçaulique,  n'edt,  de  son  temps,  point 
de  sflpéri«ar  aans  la  théologie  caDooique. 

(  mncmar  est,  de  tous  les  personnages 
doolnoDs  nous  sommes  occup^,  celai  qni 
m'impnse  le  plus.  Se  vaste  érudition  m'élonne 
et  ['roii?e  l'utile  emploi  qu'il  fil  de  sa  jeu- 
nes» et  des  rares  loisirs  que  lui  laissait 
l'épiieopat.  SoD  aœsur  de  la  règle  m'attache 
d'aouni  pins  i  loi  qu'il  s';  asireignait  laî- 
méme,e[  quo,  tout  en  la  défeudant  arec 
énei^e,il  évitait  d'oi^ueilleases  bravadM 
dans  sei  luttes  avec  les  prloces,  et  ae  sa- 
cfifiailjuuix  1  ses  resseolimenis,  dans  ses 
(liBërefll*  avec  le  Sainl-Siége,  le  principe 
même  de  l'autorité  des  Papes.  Il  ae  cessa 
pu  de  mettre  au-dessus  de  ce  qu'il  croyait 
là  règle  ordinaire  da  la  discipline,  cette 
autre  loi  sopréme,  l'amour  de  la  paix  et  la 
suuaiistion  au  pouvoir  supérieur. 

<  Ce  qui  me  lend  surtout  Bincmar  véné- 
faij!e,  cest  qu'il  soulTrit  de  sa  fidélité  à  ce 
qui  loi  paraissait  un  devoir,  el  qu'd  souffrit 
LoÛeoieDt.  Il  n'étale  ni  menaces,  ni  plaintes 
bra/antes  ;  il  se  borne  à  conjurer  doucement 
le  Pape  de  ménager  un  fils  dévoué;  il  re- 
grelle  que  les  honneurs  soient  venus  l'an- 
racbcr  a  sa  retraite  et  l'enchaloer  h  son 
tiége;  puis  il  donne  ansourire  de  bienvenue 
à  la  mort  qui  s'avance  :  c'est  comme  la  voix 

Presque  éloulTée  des  blessures  de  son  cœur, 
codant  tout  le  cours  de  celte  étude  sur 
UiDcoiar,  il  m'a  semblé  voir  douiiuer  sa  télé 
grave,  calme  el  un  peu  triste. 

■  Cb€»&  singulière  I  ce  grand  homme  a 
rencontré  peu  de  sympathie  dans  rtiisloin-. 
Lo  ciietchaat  i  me  rendre  compte  de  cette 
iiijuslicede  !a  postériié,  j'ai  cru  eo  décou- 
T;ir  les  causes  multiples.  La  rigueur  de 
l'arcbevAque  de  Keims  contre  Ift  fatalisme 
religieux  de  GotieacballLlui  aliéna  les  écri- 
vaius  jansénistes,  nombreux  et  célèbres  ;  .'<a 
trop  stricte  obéi^isaace  à  la  letlrede:^  canous 
dtt  Sardique  le  bl  juger  hostile  h  la  papauté, 
et  devînt  plus  dune  fois  chez  les  Italiens 
un  préjugé  lâcbeui  contreluii  il  en  est  qui, 
i«  voyant  si  souvent  repris  par  le  Pape,  ont 
répété,  par  un  seolimeut  d'ailleurs  trés-res- 
f 'ect«ble,  toutes  les  accusations  pootibcales, 
=-aiis  en  examiner  asaez  la  portée  véritable  : 
«orlàpOQr  les  ceuseurd  ecclésiastiques  du 
.  rtriat.  Quant  h  ses  historiens  laïques  que 
.'^us  avuns  rites,  les  uns,  seulement  pour 
•iiiue'r  leur  récit,y  ont  mis  eo  scène,  sous 
e  luaoteau  du  Pontife,  It s  viles  lussions 
les  grands  hommes  de  leur  counaissauce, 
<énM  de  coterie  littéraire  ou  politique;  les 
utres^apercevanlcepersoudage  si  auguste, 
e  caractère  si  glorieux  imur  l'Eglise,  l'ont 
oavert  de  buue  eu  criant:  Au  luurbel  au 
raltre  I  C'était  h  l'Eglise, el  non  pas  Â  Hiuc- 
.:ar,  qu'ils  en  voulaient.  l.a  fatalité  n'a- 
-tjlJe  pas  même  encore  permis  que  lesbom- 
lafge»  rendus  au  prélal  fussent  parloii, 
filtre  le  gré  des  auteurs,  une  injure  nuu- 
rllef  N'est-ce  pas,  en  effet,  jeter  sur  te 
nirait  tle  l'arcbetéque  comme  uue  cou- 

•  tOSXt  V.  Hkulet,  Biuoin  de  Frotte,  1. 1, 


APMjOCETIQCE.  Dcni  fS» 

ronno  dérisoire  que  de  dire:  ■  Le  vrai  roi, 
•  le  vrai  Papede  la  France,  c'était  le  fameux 
'Hioemar  (1983)7  ■ 

■  Malgré  quelques  éloges  partiels  qne  nol 
n'a  cependant  pn  refuser  h  Bincmar,  h  no- 
blesse de  sa  vie  et  le  dévouement  i  la  règle, 
qni  en  fut  le  ressort,  n'ont  été  ni  bien  sai- 
sis, ni  dignement  exposé.'.  C'est  un  person- 
nage à  rébabililer.  Heureux  qui  entrepren- 
dra cette  lâ*;he  aussi  utile  qu'întéressaoto 
(1983;  l> 

UIHIWUS.  Foy.  Ihmehs  ou  himcs.  — 
Ifxaraen  critique  de  leurs  livres.  Vùg.-  1r- 
BiA!iis«.  — Origine  des  Hindous,  tbid., 
i  m.  —  Leur  géographie  et  leur  chronolo- 
giu.  ibid. 

HISTOIRB  lie  la  race  homaine-Toy. Races 
bchaihes,  S  t. 

HISTOIRE -,  comment  elle  doit  envisager 
le  miracle.  Voy.  Himiclk,  |  I.  —  Sa  nature, 
ses  lois,  tes  trois  élémcnls.  Voy,  Mitbishb, 
{I.  —  Àppticalion  à  la  vie  du  Jèsos-Clirisl. 
ibid.  —  Histoire  évan^^é! ique,  sa  crédibililé 
démontrée  par  les  Aclet  qm  apôtm  et  par 
les  EpUrti  du  Nouveau  Testament.  Toy. 
Note  IX  bÏM,  h  la  fin  du  volume.  —  Histoire 
profane,  démontre  l'exaclitudo  du  récit  do 
saint  Luc.  ¥oy.  Lcc  ^^int).  — Histoire  des 
|ieuples,  démontre  qu'ils  n'ont  pas  com- 
mencé r>ar  l'état  de  nature.  Yoy.  Pstibolo- 

6IB,  I  III.  —  PbiLOSOPBIK  PARIBil^TIQOE  DR 

l'bi>toirb.  Voy,  ces  mots.— L'histoire  exige 
la  foi.  Vay.  Foi. 

HOBBiâ,  Ms  erreurs  sur  l'étal  de  nature. 
Voy.  PsrcBOLoeiE,  |  II. 

HOU,  i'Eucbariitie  est-elle  une  transfor- 
mation  du   sacrifice  de   Hom?  réfutation. 

YOU.  £(JCBARIM1E,  i  III. 

HOUUE  PHYSIQUE,  son  origine  et  celle 
des  êtres  organisés. 

Les  panthéistes  mettent  i  la  place  de  Dieu 
une  force  aveugle,  indéterminée,  qui  se  dé- 
veloppe  dans  les  nbéaumènus  du  monde. 
Daos  ce  système,  il  ue  peul  être  question  de 
création  ;  les  êtres  ne  sont  que  It;s  attributs 
et  les  modifications  de  l'élernelle  substance; 
leur  production  est  nécessaire  et  spoulanée. 
L'homme  sera  donc  un  produit  spontané 
de  toutes  les  forces  da  monde.  Placé  an 

Plus  beat  degré  de  l'échelle  des  êtrea, 
homme  sera  le  dernier  terme  de  leurs 
développements  ;  avant  d'arriver  k  sa 
forme  actuelle,  il  aura  passé  par  toutes 
celles  de  l'animalité  ;  et  les  ridicules  hypo- 
thèses d'uo  matérialiste  du  dernier  siècle 
seront  des  vérités  démontrées.  ■  Le  mou- 
vement intérieur  dia  fu:ce3  du  monde,  dans 
son  développement  nécessaire,  produit,  de 
degré  en  degré,  de  régne  en  règne,  cet  être 
merveilleux  dont  l'aitrilmt  fondamental  e.«t 
la  conscience.  •  (U.  Cocsix,  court  de  1828, 
leçon  6.)  C'est  11.  Cousin  qui  lient  ce  lan- 
gage. La  même  loi  de  foruialion  présidura 
aux  développements  de  la  conscieuca  et  de 
l'inielligence  ;  placé  en  face  du  s|)ectaele  da 
monde,  l'homme,  qui  jusque-là  ne  lui  ava't 

(t9ft3]  H.  l'abbé  Goblii,  Difenie  de  CEj^tu  eojUrf 
L't  trr.Mrt bnlOfiqitei,  etc.,  I.  II. 


réfutation  du   tyifimt  de  la  Irattsaiittabiliii 
<tet  etpicei 


prfité  aucune  altentioi),  un  jour  se  prit  6 
s'tStonneret6  s'émouvoir.  Il  sodislingiia  de 
h  DAture  extérieure  qui  l'oiiTironnait .  il 
«ul  conscience  ile  lui-infimc  i-t  admira  tes 
nierreilles  qui  frappaient  Ses  yeui-  Défi  lors 
sa  (engue  fut  Jéliée,  la  [larule  s'échappa  de 
SCS  lèvres,  la  série  jcs  développements  in- 
Icllectuels  commença. 

Oui,  il  s'est  trouvé,  non  des  sohge-creuis 
-nuis  des  lioinnies  de  génie,  esprits  saperbiis, 
qui,  sur  certaines  questions,  résolues  de- 
puis six  mille  ans  parle  sens  cooimun  de 
toutes  les  génératioas,  sont  descendus  jus- 
qu'à Tidiotisnie  et  ont  iniprhmé  sur  leur 
front  ce  stigmate  ignomittieux,  juste  châ- 
li:uenl  réservé  à  la  raison  humaine  toutes 
les  lois  qu'nlle  prétend  se  passer  de  Dieu  : 
faclui  etl  sicut  eguiu  et  mutu»  guibut  non 
•^it  inlellectuB.  C'eslduns  les  écrits  de  «es 
savants  que  Je  panthéisme  matérialiste  va, 
de-iios  jours, recruter  ses  Ibrces  et  chfîfchef 
dps  ormes:  c'est  doue  de  ce  cAté  que  jes 
■défenseurs  de  le  religion  -et  de  la  saino 
philosophie doiventdiriger  leurs  efforlsaGR 
de  comtiQtlre  cette  grande  erreur  de  notre 
■époque,  et  dedés^user-les  esprits  peuei- 
^lériiuenVés  que  i:i:s  doctrines  funestes,  des- 
tructives de  toute  foi  et  de  toute  morslei 
>iHiraiei>t  égarés  et  séduits.  Parmi  les  théo- 
ries qui  ont  été  imagiiiées-pour  appuyer  oetto 
déplorable  aberration  de  la  science,  celle  de 
4^urigiua  des  êtres  oi:ganifiés,.par  la  généra- 
tion S|)0iilaDée  et  parla  traDMorniatiun  gra<- 
tluelle  des  -«spèces-,  est  présentée  avec  le 
jilus  de  coni)>laisance  (198!»).  Ce  n'en  est 
\t»s  ntoins  assurément  1  une  des  plus  heii~ 
leuMfS  et  dflS4)lus  liumiliatiles  pour  la  -rai- 
«ou  humaine,  ainsi  que  nous  allous  essayer 
du  le  démontrer. 

Article  pkeuiek.  —  Examen  tritigue  «( 


De  qaeli}be  t&té  qap.  Ton  enTlsige  H 
qoesUoD,  l'inmiulaltllliâ  des  espèrea  nt  k 
fttad  Ut,  k  Tiil  qni  resWrt  de  loulci  qw 
Uut  démontre. 

(FLOimuis,  TniMiuc  deCm-fer,  p.  Si^ 
A  l'article  GÉnéRATion  spoNTAKiB  (i«  a 
'DtRftO)(nair;,nousavdns  (Tésenté  avecéleo- 
dne  les  recherches  heureuses  qui  TicDiiruI 
d'être  faites  sur  les  ehlozpaires  et  les  i<ila- 
soires,  et  sur  leur  mode  de  prnpagalion.(^ 
découvertes  si  remarquables  col  enletéi 
J'hrpothèse  des  générations  spontanées  » 
quelle  avait  encore  de  cajilieux  pour  In 
esprits  superficiels.  Sans  reproduire  M 
article  auquel  nous  renvoyons  le  lecteur, 
nous  nous  borneronsb^^rouper  ici  quel<|Uti 
considérations  desimpie  bon  sens  scîeiw 
tifique,  qui  sulDront  (tour  montrer  loiim 
qu'il  y  a  d'absurdeel  defutilc  dans  lero- 
fiian  de  la  moUeuU  vrganiaut  el  de  sd 
IrassfermatioBS. 

«[. 

ÏH  ittytgilMnt,  o\  lei  uiimni  noat  Etâ,  à  t'origlK, 
le  prûduil  i^auni  de  la  miiifere. 

Commençons  par  les  végétaux.  On  sup- 
pose l'existence  d'une  mo/^cu/e  orgaaigat... 
Qu'est-^je  qu'urte  semblable  molécule!  D'ail 
vient-elle  T  qui  l'a  produite.  Pourquoi  (4 
comment  organique?  Que  signifie  ce  mot 
iciî  Evidemment  on  ne  peut  le  dire;  en  ni 
le  s«it  pas.  Cène  pouvait  élre  une  moiécalv 
organique  semblable  à  celles  qtii  eutreii 
aujourd'hui  dans  la  composilrao  des  ceni 
organisés;  car  culles-là  u'oni  point  la  (kv- 
priélé  de  reproduire  cet  mêmes  corfts  oa 
d'autres  corps  organisés.  Encore  une  foifi 
qu'était-ce  doncTCéUJtufiemt>lécuh)coiiin 


(1984^  I  liinatitre  a  conNcencé  comme  elle  com- 
mence tou3  les  jours  dans  les  temps  et  les  lieux  les 
Ulus  Tavurables,  par  créer  directement  les  animaux 
Im  phis  Eimples.  En  vcrtn  de  ces  faculiés  d'ac- 
cruissciiicirt  et  de  reproduction  qui  soitt  esseniiel- 
lemunt  propi'es  aut- premières  périodes  de  la  vie, 
elle  t  pu,  par  la  cunipticalion  graduelle  de  l'orga- 
Nisatiw)  dans  les  circoiis lances  convenalilcs  et  par 
la  transmission  licrédiiaire  des  progrès  acquis, 
créer,  non  pas  direcleroent,  mais  pro)^essiveiuenl, 
(les  aiiiiiiaiix  de  plus  en  plus  parbits;  et  dans  le 
Itfiig  cours  des  siècles  et  avec  l'iiillnie  diveritité  des 
cniKtiiiiiiid  cxLcrieures,  elle  .1  produit  ceucmiihi- 
lude  énorme  d'espèces  dont  la  série,  liabilenient 
éi.-belannée ,  révèle  encore  aujourd'hui,  inalgié 
quelques  irrégularités  ol  quelques  lacunes,  une  ma- 
uifeste  COniinuDauié  d'ori);iHu.  ■  {Eticydopédie  nou- 
velle, art.  AntniBJ.  —  Voy.  de  plus  les  url.  CHriilia- 
HÛale  el  Ciel  dans  ta  même  Eucgclopidie,  et  les  ou- 
viages  de  Itobinct,  de  Tctliaraed,  de  La  Méirie,  La- 
luarck,  Itoiy  Sanil-TIncent,  fit-ne  Leroux,  Bûi- 
dacli,  Uarus,  Goethe,  Spjx,  Uken,  etc.  Omis  l'aiitl- 
quite,  Kapila  (liidej,  Ëpicure,  Lucrèce,  l'Iine.)  Uue 
airoiitt'iioub  de  Bulibn  et  de  ses  moliculet  orgaiii- 
guti  ï  Les  giitiratieiu  iponteiiie*  admines  par  Buf- 
Ibn  «ont  une  conséquence  îles  moléeultt  oriianiqtttt. 
«  Il  y  a  peut  être,  dit-il.  autant  d'être*  soit  vivants, 
soit  véjjéiaiils,  qui  se  reproduisent  par  l'asseinblajje 
foi  luit  des  molécules  organiques  qu  ily  n  d'aiiiuiaux 
ou  de  vcg>-laus  qui  peuvent  te  lepi-oduire  par  uue 


succession  consUnie  de  {^néra lions.  «  (T.IT,^ 
535,  Supptémattt,  éd.  in-i"  de  l'Imprimerie nfilc| 
—  <  Plub  on  observera  la  naiiire,  dil-it  encoK,  |it> 
on  reconnaîtra  qti'il  se  proiltiit  en  putii  IxaMua^ 
plus  d'êtres  de  Cette  façon  (par  la  génération  ^mo- 
tanée)  qae  de  (ouïe  autre.  Un  s'assurcrm  lie^im 
qoe  cette  manière  du  génération  est  non-seuteimt 
la  plus  fréquente  et  la  plus  géTiéiale,  imiis  ti  |1» 
ancienne,  c'est-à-dire  ta  première  et  la  plus  uni(«^ 
selle.  .  (T.  IV,  p.  557,  SuppiimtHU.)  —  Ccst ■■ 
spectacle  qu^il  ne  faut  pas  se  lasser  d'otiterrei  qoc 
celui  des  inulations  profondes  auiquelles  ce  bai 
génie  a  coiisianiniiïni  soumis  ses  idées.  Ici  il  ailoKt 
lechanee,neni(les  espèces,  illes  lir«luules  dequW- 
queS'Unes,  tisuppnse  un  iietii  nombre  de  faniiil>-s 
vu  souclies  princ.pales,  desquelles  i  il  n'ai  pu  i» 
possible,  dit-il,  que  toutes  le^  espèvei  aoictit  i- 
Mies.  I  (T.  XIV,  p.  358.)  Ici  il  veut  que  le  cIr-»! 
vienne  du  lébre,  ou  te  zèbre  do  cLeval,  et  ailica'i 
il  ne  veut  pas  même  que  Liiuié  tes  itielternii  à  oHi- 
de  l'autre.  (T.  I,  p.  58.J  Ici  les  espèces  peu'») 
changer,  puisque  quclaues-uncs  doniieni  louio  W 
autres  ;  et  ailleurs  il  appelle  les  cspé<i»  t  tes  seMi 
éires  lie  la  nature,  êii-es  perpétuels  aussi  ihchms 
auwi  permanents  qu'eHe.  i  (T.  XIII.  p.  I.J  b  il 
écrit  cette  lielle  pbrase  :  i  L'euipreinu  «le  cbaqoc 
espèce  est  un  type  dont  Ls  principani  iniu  uk-i 
sruvés  PO  caractères  ineffaçable»  et  ucriuaucDl»  i 
jauiaig.  »  iT  Xlil,  p.  9.) 


DiClUffiUlU  APOtOGETtQUE. 


jla'f  u  a  plu  ao  laonje,  comme  on  n'eo 
■jaiDiis  TU,  ou  pluldl  c'est  uo  élra  faolas- 
liôaa,  ua  rftve  oe  l'imagiiutioa,  udo  cbt- 

DCff. 

Toili,  daos  le  sy alème  panthéisle,  le  point 
de  départ  de  tout  tSe  beau  règne  v^élal ,  si 
rii.b«  el  si  varié,  qui  pare  de  taot  de  grice 
n  de  insgnillceDce  la  nurfau  de  notre  pla- 
uèle. 

U  moléaile  se  dévdopptàaiu  mk  globe  ie 


admellre  qu'on  peut  eommnnlqner  ce  qu'oa 
u*a  pas,  contrairement  au  vieil  adage:  Ntwm 
dut  ^uod  *9%kabH.  Vous  objecterez  aoeera 
que,  si  la  matière  ne  peut  plus  engendrer 
une  seule  molécule  organique,  elle  derraic 
au  moins  avoir  conserri  assez  d'énergia 
pour  agir  jur  les  molécule*  déjà  organiséas 
pour  en  composer  d'autres  corps  orgsnîséi^ 
el  que  pourtant  nous  ne  tojods  aoeua  Té- 
g4lal  se  reproduire  de  celle  manière:  «a 


lifttdt....  Se  développe  T....  En  vertu-  de  conlraire,  dès  que  la  vie  a  oeasé,  tous  le* 
quelles  loisf  Onoe  les  eoooatt  pas;  on  n'a  éléments  se  désorgaaîseoi  et  rentrant  in- 
jimais  eu  occasion  de  les  observer.  Ces  lois  médialement  sous  l'empire  des  lois  gtoé- 
uul  disparu  da  monde  avec  la  molécule  raies,  qui  sont  un  obstacle  à  roKanisaiJoB 
iiudite.  \y  bien  loin  de  la  favoriser,  et  Gontrelesqnellea 
Tuus  vous  éloonerex  qne  la  terre ,  qui ,  la  vie,  pour  se  ooaaerver,  est  en  lutte  per- 
ds loules  paru  aujourd'hui,  se  couvre  péluelle.  Car  la  via  n'est  qae  ce  eombaf 
ifjfbres  et  de  fleors,  n'ait  plus  la  puissance  prolongé,  tout  entier  à  l'anniagedes  fiMces 
(le^iriHluire  one  panvre  petite  molécule  or-  <iia)ee,  dons  l'éiat  normal,  et  eUe  s'arrUa  à 
^ique,el  delactévelopper  dans  un  globule  l'instant  où  les  corps  qui  en  ontjoui  rentrent 


lie  liquide  (lour  en  faire,  je  ne  dis  pas 
cèdre  ilu  Liban,  mais  an  simple  brin  d  berbe, 
eue  mousse  microscopique.  Vous  demau- 
der»  comment  il  est  arrivé  aue  des  pro- 
|-rié(és  inhérentes  è  la  matière  aient  pa 
ainsi  cesser  d'exister.  Vous  direz  que  cela 
est  contraire  à  la  notion  même  delamalièrei 


dans  la  classe  des  corps  organiques.  K  toutes 
ces  difficultés  le  padtbéisle  ne  répond  pas. 
ou  ne  répond  que  par  de  nouvelles  sap> 
positions  qui  ramènent  de  noutellea  coo- 
iradiclioDS  »  de  nouvelles  impossibilUA» 
(19MJ. 
Ce  que  sous  Tenons  de  dire  des  Tégétaoi 


^ne  l'on  ne  peut  coocevoirsaos  les  qualités  ^t  applicable  de  toat  point,  et  1  bien  plos 

4iii  loi  sont  essentielles.  Voua  préiendrez  forte  raison,  auxaniaaaut,  lesquels,  à  causa 

Ha'il  d'j  a  plus  de  science  possible,  s'il  anl  ^o  leur  organisation  pins  compliquée,  sont 

permis  d'atiribuer  à  la  matière  des  lois  exposés  k  daa  causes  de  destruction  eacore 

<|D'oa  appellera  tantAt  immuables  et  malbé-  plus  nombreuses  et  plus  Aaergiqoes. 
uutiques,  tanl&l  variables  et  temporaires ,        ■  La  vie  en  général  aapposel'organisatioa 

Mirantqn'elleslavoriseroot  oudérangeront  ui  général,  el  la  vie  propre  de  cbaqae  4tra 

o<tssjstemes..Voas  trouverez  qu'une  ma-  suppose  l'organisation  propre  de  cet  être. 

Itère  lœrte,  organique»  morte,  qui  pourianl  comme  la  marcbe  d'une  norloge  supposa 

Organise  et  vitalise,  esluu  pbéuomene  bien  l'borlogeiaussineTOjoBsifooslavieqoedans 

(Uraonlinaire:  c'est  bire  sortir  l'organisa-  des  ètrealoutorgaaiséselCiilspour  enjoniri 

Uâii  de  l'inorganisé,  lA  vie  de  la  mort,  c'est  et  tous  las  efforts  des  physiciens  n'ont  pa 


(l%j)QaeK^iarioDMMNii  pas  adirés]  nous  sul- 
was  b  Uiéae  malérimliMe  à  travers  le*  inDonbn' 
ic>  abiardil^  qa'elle  entraîne  T  Par  eiemple,  ac- 
vtlutis  M  paulKtUe  la  noléciile  organiqne  rt  ton 
ttcluppencul  dans  un  glotMle  de  liquide  :  oikar- 
TenMia-oou»?  A  la  producUon  d*uii  ëu«  diMl  il 
a  usa  rion:e  nua  difficile  de  ae  Taire  nue  idée. 
iiM|D'oD  n'en  a  jamais  vu  qui  ait  eu  uue  mdi- 
U4e  «r^ne;  nais  «■  supposant  qu'il  lieniie  de 
1  Mlare  da  végétal  après  ua  déreiappeuiiMt  Id 
kl,  U  ae  J^owpeieri  et  looi  sera  lui.  Sur  quoi 
Itfet  ae  loadenilHM  poar  aotiiruir  que  ce  pro- 
«  »poi>UMé  de  la  Baliére  sera  pourvu  de  ions 
I  or^uioa  qui  doivent  covcounr  à  la  fomuiion 
!  U  ^niue,  le  pbénoniéiiie  \t  plus  éicTë,  ta  foDctiOD 
plBS  orjpaîqne  et  b  plus  vilale  de  U  végétalion? 
m;  ce  végétal  priniul  eiigenilré  sansgeniie,saas 
li>e,  se  constituera  de  ui^iiiicie  que  luul daos  si:s 
feiMws,  4ausaea  appareils,  dans  loute  la  compli- 
Im  (le  ces  orfaees,  n'aura  qa'uiie  tendance  uui- 
|:  fa  repradMiélion  de  aoa  espèce  par  une  graine! 
L  qu**»u  le  reaurque  bii'o,  c'est  en  eOet  pour  sa 
MdiMSioa  aeale  qee  la  plante  s'accriift,  se  nour- 
^  développe  :  ausaiiM  que  ce  résultat  eat  a^ 
I  par  la    femaiion  de  b  graine,  ou  le  tégctal 

toa  H  ncommenL-e  i  pn-;)arer  an  nouveau 
qai  doh  le  reproduire. 
ti|ui  a  douné  lieu  surtiwt  h  b  a^ppaaitioa  de 
■tUtus  apoutaoéca  de  végéUuE,  c'est  ta  d^tt- 
'd  eaptigeer  ta  ympaçalimi  de  eertaines  pbu- 
I4  tiai>seul  dans  des  cMditioMVraini<!Btexlra' 
^rtat-  Ues  tusiMerca  apparaiMCul  sur  ptca- 
DicnoixAiu  ArouwÉTiQCK.  L 


linu  d> 

LKauT) 


qw  toniet  le*  sobsltaeet  orgaaim*  fiU  s'allè- 
reoi.  des  ckannlgDoiu  et  des  algaes  eroisaeot 
mèitie  sur  nue  Iwue  d*aBina«K  «iviats,  et,  poer 
que  rfaoaae.  oa  sait  aaJoenTbui  qM  ta 
!  ta  teigne  eat  ira  cbanpigiiea  (Scmsum, 
iT)  ;  qu*Hit  autre  ctuaipigaon  canse  le  forrif* 
MM  (UaoBi),  ira  autre  I'Act^m  tanuroM  (Gav- 
ai), ua  autre  b  awa/efra,  qu'un  antre  aecennagaa 
le  muguet;  qu'une  algue  HlitorMe,  bien  dtadMe  par 
H,  Roliïii,  croit  sur  la  tangue  et  dana  les  îotetsucM 
dea  dents.  Ou  voit  v^êler  des  cryptogaBCS  sur  les 
parties  aiteinies  de  gangr^ae  séuile,  les  subces 
que  ta  tésioiioire  a  dïÉaiMlées,  les  ulcères,  te  en  a 
inravé  lae  «spèea  (ta  4aa^(mm)  qai  s'éuH  dé*e> 
loppëe  anr  un  jaune  d'eeaf  dont  b  coniBa  était  to- 
Ucte;   un   autre  if»  tftnthMa»  altaaiiaw)  qui 


trickom^ctta,  ne  se  tronvcni  que  dans  ta  cavili 
cloac  de  certains  Iruita,  sous  l'^iderae  da  fraiU 
ou  de  plantes,  oa  an  centre  d'arbres  votanûoenz. 
Ou  a  ru  des  noiaiasurea  développées  dau  k  pdri- 
loiae  d«  permcbes,  de  piseons,  d'uoe  bicbe,  eic. 
(BiiosaBAn  et  Sunenica.)  Le  dodear  Helisareckt  « 
retaré  wk  canferve  de  r«il  d'nn  Binisire  p«re(e»> 
tant,  auquel  eeile  apiialiin  a  rendu  ta  vue.  Tons 
ces  taiis  a'cspli^— al  par  l'eiislenee  d'ergases  r^ 
predndcara  et  ta  IrsnsMrtde  spores  répanms  *hm 
l'akao^liérc,  ddaM  la  lénviié  n'est  pu  telle,  a* 
Muiua  panr  b  pinpatt,  qa'ib  sieai  pa  échapper  a 
utoYscape  d'Ëarcnba-g. 


1^                    HOM                   DICTIONNAIRE  iPOLflCETlOUE.  IHW               la 

«ntorfluousmonlrer  lamalières'organisonl,  loble  el  nécessaire  de  Is^e.  La  rie.  a 

«ojl  d'ella-iBÔmo,  soit  par  unecause  eslcrno  effel,  est,  avant  tout,  le  résnllal  el  le  pro- 

oaelconqae.  En  effur,  la  vie  eierçant  sur  les  doit  de  l'organisalioQ,  et  cgsl  ce  produit 

éléments  qui  font  è  chaque  inslant  partie  du  organisé  qui  donne  naissance  à  una^o^ 

«o»pi  TiTant,  et  HUr  eeux  qu'elle  y  allire,  nisaClon  nouvelle.  Boa  il  soil que iMpr»- 

■une  action  contraire  &■  ce  que  produiraient  miers  êtres  organisés  Tirants  UbI  dû  «i? 

Mnselle  les  offinitës  chimiques  ordinaires,  créé»  de  toutes  pièces,  sons  peiw  detw 

jl   Fépatçne  qu'elle  puisse  être  elle-même  pouvoir  Jamais  exister, 

iwoduile  par  ces  affinités  ;  et  ce^îendant  l'on  Qu'on  se  rapp«lle  ce  que  nous  avonj  H 

iw  connatt  daus  la  nalnre  aucune  autreforce  relalivement  &  l'origine  panthéiste  des  tê- 

cBpalile  de  réunirdcs  molécules  auparavant  gélaux  :  ce  sont  les  mônies  impoisibilif^i 

g^gf^g3,  pour  l'origine  des  snimaux.  Toutefois, id- 

«  La  nâisBanCTdeaelres  organisés  est  donc  mêlions  an  premier  germe  !i«jiiUnétnffl 

le  plus  grand  mystère  de  réoooomie  orga-  organisé  et  développé  dans  un  globule* 

nique  eldetoute  ta  nature;  jusqu'ô  présunl  liquide.  Comment  ce  germe  se  noumn-Hll 

HDiis  les  vayons  se  développer,  maisjamais  Comment  croltra-l-il?  Il  n  >  n  aucune  ente- 

Mfonnerî  il  y  a  pins:  toas  ceui  à  l'origine  ioppo  pour  le  protéger,  aucun  or^siie lion 

deaque^  on  a  pu  remouler,  ont  tenu  d'à-  *taJiorer  les  éléments  qu'il  do^tSASSimlef. 

tard  à  un  corps  de  la  même  forme  qu'eus,  -        •       ■■ 
mais  développé  avant  eus,  en  un  mol,  èun 
parmi.  Tant  que  le  petit  n'a  point  de  vie 
propre,  mois  participe  A  celle  de  son  pa- 
4'eDl,  il  s'a[)pelle  un- germe. 

«  Le  lieu  où  le  germe  est  atlacbé,  la  cause 
«ecasiounelle  qui  le  délacbe  et  lui  donne 
ime  vie  isolée,  varient  ;  mais  cette  adhérence 

M-imiliveàuD'£lre  semblable  esl  une  règle  de  nos  inslruments  ne  nous  permelleiil[i» 


On  a  cherché  un  appui  h  la  thèse  nue  ikiid 
combattons,  parmi  les  infnsoires,  lesélm 
les  plus  obscurs,  le.<  moins  obserratJes  di 
tn  fiériu  animale.  Parmi  ces  infinimcnl  pclils 
il  s'en  trouve  quelques-uns  qu'on  ^nWif 
paraître  sans  qu'on  puisse  biea  s'eipliqa» 
comment  ils  ont  été  engendrés,  parce^ 
la  faiblesso  de  nos  organes  et  t'imperfecm 


d'apprc^ondff  cette  origine.  On  iai  hlit 
d'en  conclure  qu'ils  naissaient  spcaOc^ 
ment  àv  la  matière.  Admire/  la  fumm 
de  ce  ralsonnemenl.  On  sait,  de  la  mniitt 
la  plus  positive,  que  la  presque  loUlil6 te 
'nftisoires  se  reproduisent  pari»  vi""''*'' 


^ns  etcepiion.  »  (Cutok  ) 
Le$  lois  générales  de  la  physique  et  de  la 

Îhioiiet  loin  de  pouvoir,  comme  le  pré- 
oadent  Lamarck,  Foueault,  etc.,  produire 
l'organisme,  quelque  simple  qu'on  le  suji- 

iiose,  tendent,  au  contraire,  h  te  détraire,  à  ,  .  , 

«n  séparer  les  éléments,  pour  faire  rentrer  génération,  qu'il  en  est  ainsi  poorluu!! 

la  maliôre  dans  son  état  plus  général  et  plus  reste  de  la  série  animale;  loindesuj'i** 

j'irépoûdéraot  d'inorganisation,  d'inertie  et  tomme  l'analogie  l'exige  rigoureoMiniii. 

Ue  mort.  I^a  yie  n'est  qu'une  lutte  sans  re-  le  môme  modu  de  propogation  pour  lesjiv 

ficlie  contre  les  agents  naturels  t]ai  l'op-  fusoires  dont  on   n'a  pu  encore  oliierm 

briment,  et  c'est  précisément  quand  ceoi-  l'oiigine,  on  s'empresse  d'en  tirer  utic(» 

ci  l'emporlMl  sur 'elle  qu'elle  s'éteint  et  clusion  diamétralement  ojiposée  :  ou  reJ 

qu'elle  abandonne  h  leur  puissance  la  ma-  ou'ils  neissenl  de  la  matière.  C'eitsef' 

tière  des  organes  qui  lui  servaient  do  sujk  uo  la  logique  et  du  bon  sens, 
port.  L'expérience  constate  que  si  rosw«* 

«  Après  la  mort,  dit  Cuvier,  les  éléments  l'e^u  sur  certaines  substances,  et  ^o» 

qui  coioposept  le  corps,  livrés  aux  affinités  bientôt,  avec  le  secours  du  micro^cni'f. <!" 

Vhimrques,  DO  lardent  point  à  se  séparer  :  i«iraItro   une   qunnliiô    prodigieuse  iif> 
d'où  résulte  plus  ou  moins  promplement  la  '      '  "         "     '  """ 

«kqsolution  du  corps  qui  a  été  vivant.  C'était 
donc  par  lemouveraciit  vital  que  la  disso- 
hilion  éteil  arrêtée,  et  que  les  éléments  du 

corps  étaient  momeulenéiuent  réunis,  a  ^ .  — ,■   ,-, 

<  La  vie,  >tit  eneoro  Cuvier,  ne  nait  que  do  se  produisait  jamais  sans  l'interventiaiN» 

la  vie;  et  il  n'en  existe  d'autre  que  celle  qui  corps  solide  ou  maliire  à  infuttr,  ii  if*! 

a  été  trausoiise  de  cortis  vivants  un  corps  ti'uu  fluide  Hailique,  comme  l'air  stifio^ 

li^anla  par  une  succession  non  iuterrom-  rique,  etc.  (1986;. 
[)ue.  a  La  maliire  soumise  h  Pinfusioa  doit  ES" 

pÎFi'quela  vie  ne  naît  que  de  la  vie,  c'est  un  corps  organique  végétal  «aauiaiil-M 

(tire  qae'  l'organisation  nu  naît  que  de  l'or-  on  obtiendra  des  inlusoins  avee  île »' 

^nisatton,  celle-ci  étant  la  condition  préa-  briiie,  de  l'albumitie,  île  la  chair,  du  '>^'' 

(198G}  On  oublie  le  calorique,  flaiile  indispcnsi- 
iijje  il  tout  dcveluyiKuieiu,  puisque  au-dessooi  d'une 
r^rlaine  teuipératu^e.  riea  iit;  peut  se  repro«luin.'. 
^Bi,  poi^'  opérer  une  géitératjtM)  ij^iitauoe,  c'e*t^ 
à-éire  pour  accomplir  une  ere^ioii,  il  faudraiUo 
c^Bcourg  de  l'qau,  de  l'^ir,  d'uu  corps  solide  «u  la 
iiire  et  du  feu.  Que  iXt  iliJKv»MOiiB,  que  de  recber- 
•Tl^,  gui;  (l'IivpoUièujs,  çtue  dç  sysléitiei  l'esprit  tiu- 
iil'aiii   rtVl-ilpis  Iratersés  depuis  lei  pliihi;  ~~'    ~ 


maux  ou  de  végétaux  dont  on  aurait"' 
ment  cherché  les  analogues  ou  IcjE^"* 
suit  dans  l'eau,  soit  dans  la  ïuIisUiuEi» 
ployée.  En  recherchanl  les  ia>ndilioiiifi-'* 
tielles  du  phénomène,  on  a  trooTf  qui''* 


raroenéa  i  ta  doctrine  des  quatre  dcnnUs  doF^ 
lowplK  de  Samoa,  à  b  doctrine  de  Pjitil''' 

QuatnoT  Klernui  geDlli^ia  tarpon  aoiitai 
toailnet.  Ki  lllis  duo  hibi  ODcnoi,  tiMpt 
Poudere  la  ioferiiu,  Uilui  lUgaC  MMda,  Ifnmitl 
Kl  ioUdem  grtvIUlf  eareni  ;  mUaque  fnn«> 
AlU  peloal,  atr,  ilquc  aère  pariariyM., 
l'vT  ivinti¥im  ipiiirr  itiMiwi.  iwaMMB" 
bx  ipsia,  et  ia  ipaa  oriui... 


MCnoraUItE  APOLOGETIQIie. 


«le  l'anitlon,  du  gluten,  eerUioes  grainw. 

4d  en  Terra  naître  «Dcors  du  cadaTra  d'ao- 

tfts  infiisoires,  oa  de  la  dâcompositioa  de 

t»  matière  verte  de  Priesley,  ou  simplemeat 

^D  lerreaa,  qui,  conine  oo  sait,  eat  d'ori- 

jgiiie  orgaDique.  On  voil  ces  anioialeules  se 

2éfelDpper  dans  les  parties  des  ëlras  orga- 

^iés  oa  la  vie  langait,  «t  dans  quelques 

4>rodiuta   eicrétoiras  :  c'est   ainsi   qu'un 

-«JbriOB  se  forme  dans  le  tartre  qui  se  dé- 

f«K  entre  les  dents,  vtc.  Toutefois  m  a 

(«uri|Dâ  que  cerlsiaes  substaoees  orga- 

tjiques  aslngeutes  (quinquina),  ou  aroma- 

Lqnes  [builes  TolatiTesj,  ou  grasses  (huiles 

.   Gies),  s'opposent  h  la  fonnatioa  des  iofu- 

uires. 

là  plupart  des  phy^ologistes  reoOBuis- 
senl qu'en  em|<loyantaTecrair  et  l'eau  ane 
substance  înorgaDique,  an  minéral,  on  n'db- 
(iefidrait  pas  d'infusoires.  Certaines  subs- 
Uoees  employées,  covas  le  corail,  le 
Burlire,  l'anibracile,  ne  sodI  pas  absolu- 
ment purgées  de  principes  ethniques,  et 
l'eau  peut  en  contenir,  alors  même  qu'elle 
a  i\é  distillée.  (TiKOMARX,  Wkissbbg,  Tob- 
viBtics,  ].  MoLLu,  Aug.  BUakd,  etc.] 

Nous  avons  dit  que  la  production  des  in- 
fjsoires  exigeait  l'inierTentioa  de  l'eaa. 
L'&aa  de  source,  de  plaie,  de  rosée,  est  la 
1  lus  Uroraltle.  Pour  introdoire  pins  de  ri- 
gvMsor  dans  les  expàrieocea  et  détruire  les 
urufs  finfusoires,  s'il  en  existait,  on  a 
'jueltfuebis  emL>loyé  l'eau  iMuillie,  i'eao 
disitllée,  teuue  p^uneurs  meîs  dans  des 
wa*tts  clos. 

.4Tec  DUC  matière  organique  et  r«0t  il 
•S'il  un  gaz,  air  Dtmospliérique,  parcxen- 

t'c-j  pour  la   génération  des  animalcules. 
■'«>  et  Burdacb  assurent  avoir  obtenu  (e 
cèxue  résultat  avec  l'bydrogéne  el  l'azote. 

M  Ces  cooditîoasmalerielks  de  la  produc- 
tion des  infusoires,  il  laut  ajouter  le  con- 
Xtun  de  la  chaleur  ci  de  la  lumière.  La 
empérature  la  plus  faTonble  est  celle  de  3i 
1^  35*  centigrades.  Quant  à  la  lumière,  si 
'on  dispose  une  série  de  vases  de  moins  en 
ijoîuuS  éclairés  el  ne  contenant  que  de  l'eau, 
?s  Jases  exposés  &  la  lumîèru  (enfermeront 
/îentût  des  productions  végétales  dooi  In 
.ombre  ira  décroissant  daus  les  vases  moins 
;;.>aîrés-  A  mesure  que  le  nombre  de  ces 
r<xiuciioas  végétales  diminue,  leur  limpli- 
■  té  augmente.  Le$  vases  les  plus  éclairés 
oulîenaeaf,  au  bout  d'un  certain  temps, 
Tec  des  infusoires  végétaux,  quelques 
ittmtu  termo  appartenant  au  règne  animal. 

Si  une  infusion  de  substances  animales 
st  déposée  en  dem  rases,  dont  l'un  sera 
rata  à  la  lumière,  et  l'autre  dans  l'obscuri- 
':*  les  inrusoires  pulluleront  dans  le  vase 
clMiré,  tandis  que  le  vase  tenu  dans  l'ob*- 
jrité  ne  eonliendra  guère  que  des  indivi- 
us  d'one  seule  espèce,  des  monot  frmio 
«p«rtenant  aux  derniers  degrés  de  l'anî- 
a'ité. 

Les  faits  que  nous  Tenons  d'exposer  ne 
raisseol  susceptibles  de  recevoir  que  c's 
>tjs  ex[>licali005  :  ou  bien  les  infusoires 
'.»«nés  scraiesl  ttmibés  dans  la  liqueur 


oit  on  les  découvre;  ou  bien  Ils  provien- 
draient d'nufs  de  parents  de  ces  rnlusoires; 
Ou  bien,  enfin,  ils  seraient  le  produit  de  la 
génération  spontanée. 

Si  l'on  suppose  la  possibilité  que  oes  in- 
fusoires desséchés,  emportés  par  les  vents, 
tombent  dans  le  liquide  où  ils  ressuscite- 
raient à  la  manière  des  rolifères  de  Spallan- 
xani.  on  a  contre  cette  supposition  le  nom- 
bre infini  des  individus  qu'on  voit  s'agiter 
dans  les  infusions,  et  le  temps  néeessairo 
pour  leur  apparition  (souvent  pins  de  vingt- 
quatre  heures  et  même  plusieurs  jours], 
tandis  que  l'eau  ranime  presqu'à  l'instant 
ceux  de  ces  aaimalenies  dOnl  la  Vie  a  été 
saspendue  par  la  deuiccsiîon.  D'oâ  H  faut 
ronclure  <\ae  la  résurrection  d'infusoires 
doiiélre  rejetée coBineear^fiMfMii  générale. 
Les  animalcules  microscopiqnes  pro- 
viennenl-ils  d'une  éclosîon  d'ovulesT  C'est 
ce  que  fatatogie  nous  «utorim  h  admettre, 
vu  la  généralité  et  ruoiformllé  du  procédé 
par  lequel  s'opère  la  rtprodootion  des  ani- 
maux dans  tout  le  reste  de  la  série.  Il  ne 
serait  pas  rationnel  de  regarder  le*  infu- 
soires comme  one  excepUos  k  une  toi  si 
géaérale,  et  de  sa  refuser  t  admettre  qii^ls 
viennent  d'œeb  eonteous  dans  les  liquides 
destinés  aux  eip^ienoes,  surtout  si  Ton 
considère  qoe  ces  petits  êtres  «ni  une  orga- 
nisation assea  compliquée,  aidsi  qu'Ehrco- 
berg  en  a  fait  la  découverte. 

Va  oiwiiaent  décisif  contre  la  génération 
spontanée  des  infusoires  se  lire  de  la  cons- 
tanle  reproduction  de  certaines  formes  qui 
ont  permis  de  diviser  ces  êtres  en  genres  et 
en  espèces,  comme  les  antuMUxqùi  viennent 
de  parents  el  auxquels  ces  parents  ont  trans- 
mis leurforme-  La  génération  spnntaiièene 
devrait-elle  pas  ooas  montrer,  chaque  jour, 
des  espaces  nouvellesf 

On  objecte  que,  pendant  la  production  des 
infusoires,  on  «perçoit  d'abord  de  simples 
corpuscules,  des  monades,  qui  s'agglomèrent 
ensuite  pour  fermer  ou  des  animalcules  ou 
des  membranes  se  mouvant  eu  lolalité.  Hais 
qui  ne  sait  que  lieauooup  d'espèces  ani- 
males qui,  évidemment,  proviennent  de 
parents,  et,  par  conséquent,  d'ovules  ou 
U'œub,  subissent  dans  leur  développement 
diverses  méiamorpbtMes,  et  les  recherches 
d'Elirenberg  et  de  plusieurs  autres  natura- 
listes ne  nous  ont-elles  pas  appris  que  les 
iufusotres  sout  sujets  k  ces  méiamorpnoseat 

Mais,  dit-on  encore,  si  les  animaux  des 
infusions  proviennent  d'oeufs  tombés  ou 
contenus  dans  les  matières  soumises  i  l'ob- 
servation, il  semble  que  les  variétés  des 
produits  devraient  déjmuir»  seulemeoi  de 
la  variété  des  oeufs  r>t  non  des  autres  con- 
ditions de  l'expérience,  comme  la  nature  de 
le  matière  employée,  sun  étal,  la  quantité 
de  lumière,  etc. 

Or,  en  prenant  les  résultats  d'un  grand 
nombre  d'observateurs,  on  voit  les  esi>èces 
produites,  ou  leur  nombre,  variersuirafll 
le*  cMiliiioos  des  ex|férienees.  Ainsi  Sfvl- 
taKsiii,  opérant  sur  des  graim>s  en  germi- 
oatioa,  a  eblenu  -des  inlosoires  (Mus  ou  . 


4»! 


IKW 


MCTHHlNAiRE  APOLOGETHHIE. 


noi 


fSl 


■moini  nombreux  SHivtiit  l'épAque.  Des 
graines  bouillies,  celle  du  IrèRe  par  exem- 
ple, donnent  d'aulres  infiisoires  qne  les 
grtiines  qui  n'ont  [las  subi  rébullition;  tes 
graines  écrasées  les  donnent  plus  pelils  que 
les  graines  entières;  ils  ne  sont  pas  les  mêmes 
dans  ks  infusions  du  courge  et  dans  les  infu- 
sionsdecamomille.Lesespèces  produites  M- 
rieot  encore  suirsnl  \i  quantité  de  lumière 
admise,  ou  suivaiil  que  l'infusion  est  Tégé- 
lole  ou  animale.  (Hoiber.)  Une  infusion  de 
pois  à  laquelle  cm  ajoute  de  l'eau  distillée 
de  laarier-ceriM  donne  des  auinialcules  plus 
grfiles,  mais  plus  vifs  qu'une  simple  infu- 
sion de>pois  (1987).  [TaETtaiMOS.] 

A  CCS  observations  on  répond  que  cppen- 
(jant  c«rtai4ies  esjièces  des  plus  simples  se 
retrouvent  dans  toutes  les  infasioDS,  et  que 
si  les  autres  espèces  apparaissent,  celles-ci 
dans  une  condition,  celles-là  dans  une  au- 
tre, c'est  que  ces  conditions  sont  précisé- 
meiil  celles  sans  lesquelles  leurs  ovules  ne 
se  développeraient  pas.  Maison  peut  coa- 
{RT  court  à  celte  appareole  dîQicuHé  en 
iiiaot  les  faiia  principaux  sur  lesquels  elle 
repose.  En  effet,  H.  Ehrenberg  aJurme  que 
tes  espèces  produites  ne  paraissent  pas  dé- 
terminées par  la  nature  de  la  substance  em- 
ployée, puisque  dans  une  même  anttstance, 
et  toutes  les  autres  conditions  étant  les 
mêmes,  il  k  vu  se  produire  lanlAt  eerlains 
iiifusoires,  tsni&l  des  infusoires  d'une  au- 
tre forme.  D*u(t  pouvait  venir  la  différence 
dans  les  résultats,  sinon  de  la  différence 
des  SBub  présents  dans  l'infusion  T 

Hais  d'où  viennenlces  œufsf  Ils  cxisleni 
dausJes  matières  employées  aux  expérien- 
ces; ilA  j  ont  élé  apportes  par  la  sobstance 
arf^nique,  par  l'eau,  par  l'air.  C'est  ce  qui 
a  été  reconnu  pour  certains  animaux  pro- 
venant înconti'StableiDcnl  de  parents,  et  qui 
ont  apparu  lorsque  leurs  œufs  étaient  restés 
aliacliés  aux  plantes  vertes  employées  dnns 
les  infusions.  C'est  ainsi  qu'on  a  vu  des  ro- 
lifôres  et  des  furculariens  se  propager  dans 
di-5  infusions  de  foi».  (Joblot.)  Pourquoi  de 
véritables  infusoires  ne  se  développeraient' 
Lis  lias  de  celle  façon? 

Ou  a. tenté  des  esi>ériences  qu'on  a  crues 
propres  h  détruire  les  ceufs  tins  infusoires, 
L-n  supposant  qu'il  on  eiistdl  :  on  a  soumis 
fi  rébulliiioii  la  matière  orgiinique  qui  de- 
vait servir  à  l'infusion,  puiisanl  bien  que 
des  (tuf»  euii*  ne  conserveraient  pas  la 
propriété  d'éclor>e  et  ne  déveloj)|>er8Îent  \ms 

(1987)  H.  Bor7  Sftinl-ViiKeiii,  en  mi^laDgeani  dci 
piailles  (l'Aiiiéi'iqiic  ei  des  planM  il'tunjpc,  pré- 
uod  ■érieiueinent  avoir  0l>icnii  das  mtih  i'iif 
(uMire*.  j 

(1988)  Au  lieu    de  purger  l'.iir  des  ovutes  qu'il 

Sourrail  coiiienir,  ^  t'aide  de  l'acide  sutruriqiie,  M> 
uhwann  a  Imaginé  de  le  soumciirc  à  ta  clialeur 
l'ooge  avaiii  de  te  meure  au  conlacl  de  l'iiirusion,  . 
Les  mallÉrcs  que  ccltc-ci  conteiiall  n'ont  poinl  subi 
ta  décompoEiiion  iiutHilc,  et  il  n'y  a  apparu  ni  ani- 
maux innnoires  ni  végétaux. 

(lV8tl)  On  a  découvert,  Il  y  n  quelques  années, 
des  MTt  microieopi^uei  (Ulaireiit  inuuosUNnes,  disU>- 
iiies,.«lc.)daiia  te.wug  dw  E'^ixiuiUes,  dam  oclui 


te  germe  qu'ils  conlcnaienl  ;  et  pouriani,  en 
dépit  de  tmites  ces  précautions,  on  btu  ap- 
paraître des  infusoires  dans  ces  Irquidn 
bouillis. 

La  réfionse  est  facile  :  on  le  gerro»  des 
œofis  n'a  pas  été  délrcit  par  l'ébullition,  on 
l'air  «apporté  les  ceub  dans  les  liquides 
après  leur  ébullilion. 

Qui  n'a  vu  cent  foisrdans  un  nyonde 
soleil  introduit  dans  un  appartement  parla 
llssured'un  volet,  rnltigerdes  myriades  d'a- 
tomes en  suspension  dans  l'air  I  N'est-il 
pas  vraisemblanle  que  ces  particules  sobi 
accompagnées  d'autres  corps  plus  tenus  ea- 
core,  parmi  lesquels  il  se  rencontre  dn 
œufs  d'infusoires?  Ces  œufs,  comme  les 
graines  et  les  spores  de  beaucoup  de  plan- 
tes, ont  sans  doute  la  propriété  de  se  dei- 
sécfaer  sans  se  détruire,  et  de  s'oOrir  dans 
cet  état  aux  vents  qui  les  transportent  d'un 
lieu  dans  un  antre. 

Voici  une  expérience  décisive,  et  qai  dé- 
montre qu'il  ne  se  développe  d'infusoires 
qu'autant  qu'il  y  a  eu  possibilité  d'un  dépùl 
d'iBufs  dans  le  liquide.  Ella  a  été  publiée 
l>ar  M.  Scbnltxe  dans  VEdimburg  ««w  pkilv- 
wp&icoi  /aunia/ (janvier  18S7}.  On  mit  dans 
un  flacon  de  l'eau  distillée  avec  des  sobs- 
tances  végétales  et  animales.  Le  boncboo 
était  traversé  de  deux  tubes  k  analyses,  ma- 
nia de  leurs  boules;  celles  de  l'un  d&  tu- 
bes étaient  pleines  d'acide  sulfuritiue  cao- 
eonlré,  celles  de  l'autre  .contenaient  udï 
stilution  concentrée  de  poiasse.  Le  conieni 
du  bocal  fut  porté  à  l'ébullition  pour  dé-  j 
truire  tout  ce  qu'il  pouvait  contenir  d'ètreé  ' 
vivants  et  d'œufs.  Ceci  fait,  cbaque  jour 
pendant  deux  mois,  on  aspirait  par  randfs 
tubes  l'air  du  Ûaccn,  lequel  était  remj'l»^ 
par  de  l'air  de  l'apparlcmenl,  qui  selan.t 
dans  l'acide  sulfunque.  Ce  flacon  &»it  far 
une  fenêtre  bien  flairée,  et  k  cHiàelù 
un  autre  vase  ouvert  contenait  leriBêm<;s 
substances.  Cttaquejour  le  conlenateVun 
et  de  l'autre  fut  examiné.  Dans  le  deroin  A 
se  développa  des  vibrions,  des  monades, 
des  polygssiriques  et  des  rotateurs.  Dans  'e 
bocsl  fermé,  il  ne  se  forma  ni  infasoirc*, 
ni  conferve,  ni  moisissure;  maisaprcsdem 
mois  écoulés,  on  le  déboucha,  et  alors  ri 
s'y  développa  les  mêmes  infusoires  qui  s'é- 
taient montrés  dans  le  flacon  primiliTemecl 
laissé  ouvert  (1988).  Celte  expérience  ' 
paru  do  nature  k  clore  la  discussioo  et  < 
nitt  rc  tin  au  débat  (1989). 


ie  certains  poissonE  et  de  quelques  i 
MH.  Gmby  ei  Ddafond,  eu  tUS.  en  ont  s^d: 
chei  le  cliien  domestique,  qui  circnleM  atec  k» 
globules  de  ce  fluide  daus  toos  les  vakseaox.  U 
iiDinbre  ée  ces  fllaires  mIcroseopIqNB  qai  Irevw^ 
vie  et  piiure  dans  te  sang  do  cfaiea,  foi  bm&oi 
dan5C£  liquide  en  toute  (mmmi  et  yt^iewiaari*» 
mois  et  des  annéeii,  ce  nunibre  ail  «MMuInaUt: 
vingl-deiii  de  ees  quadrupèdes  eu  pcntaienl  »%x 
eux  52,000  chacun,  terme  moyen, et  ctex  plosâcan 
On  en  a  compte  jusqu'il  2f4,aiifJ  ;  une  te-alt  goti^ 
ée  laiig,  eilrailc  de  n'Importe  quelle  pinieda  tvri*. 
pmt  eu-  cuiiieuir  une  domaine.  Cowg  lear  ta- 
mène  est  motM  grand  qae  cdei  da«|tohiiles  sa»- 


HSS                   BON                    MCTfOKUlItE  AHHJMBTKH»                    UQH                     (XH 

L0fons  Qii«  dernière  diflictilW.  Si  les  in-  exenpiot  («quelle,  en  sa  ddnloppani  |w 

fuscHres  prOTÎeaneDt  d'œuls  ;  si,  dans' une  suite  de  tas  besoins  et  des  circonstances,  se 

malJAre  et  des  coodilians  déterminées,  on  sera  IraasConnée  en  rayonné,  qui  sera  îlc- 

*ott  nallreaussîdes  infusoiresd'uneospèce  venu  successi rement  tous  les   rayonnes; 

délerminée,  il  faut  supposer  non-seulement  ensuite,  toujours  en  rerlu  des  mêmes  cao- 

qu'il  j  a  partout  des  œub  d'inrusoires,  ses,  le  plus  parfaitdesrsyoooés  sera  devena 

mais  encore  qu'il  j  a  dans  la  plus  pi-lite  mollusque,  puis  lous  les  mollusques.  Le 

masse  d'air  des  œufs  de  toutes  les  espaces  plus  élevé  des  mollusques  sera  devenu  uu 

connues  d'iofusoiresl  Ji   esl  Aux  que  les  arliculé,  puis  un  reptile,  un  poisson,  onoi- 

espëces  qui  apparaissent  dans  les  infusions  seau,  un  uiammifëre,  uu  singe  et  enfin  un 

5oient  aussi  variées  qu'on  l'a  dit,  puisque  homme. 

huit  familles  seulement  3  feurnissent  des  II  est  donc  de  la  plus  haute  imporlaBce 

jtotrrs.eLnon  tous  leurs  genres.  Ces  familles  de  s'enquérir  sites  espèces  oui  une  exis- 

Mui  cvlli»  desst&rMfiiefu,  omMau,  qiona-  tence  réelle  et  permaneole  dans  la  nature  ; 

dtM,tugUR\MHt,  enckelyau,  triekodiait,  ptœ»-  O"  si,  comme  quelques  natufalisles  le  pré- 

e*wflu,  paramécieni.  Chaque  jour  les  na-  lend<?nl,  elles  sont  susceptibles  d'élre  indé- 

turslisles. (endent  à  réduire  le  nombre  des  Quiment  modifiées,   dans  lo   cours  d'une 

espfces  qu'ils  reconn^iissenl  dans  les  infu-  longue   suite   de  généralions,  La  fixité  des 

srnns;  cliaqua  jour  ils  constatent  qu'un  a  espèces  est  le  nœud  de  la  grande  dilDcullé 

•.écrit,  comme  caractères  d'espèces    diffé-  entre  le  panthéisme  malérialiste  cl  la  thèse 

reoies,  des  étals  successifs  d'un  même  in-  chrélieoae.  Celle  question  esl  donc  fonda- 

jlividu  q,ui  se  métamorphose.  Or,  puisque  mentale  et  doit  éire  ici  disculée   h  fond, 

le  nombre  des  espèces  d'infusoires  esl  li-  Impossible,    d'ailleurs,    de    constituer  la 

niilé,  il  ne  serait  pas  plus  étonnant  qu'il  7  science  sur  une  base  solide,  tant  qu'on  un 

fût  des  œufs  de  lova  dans  touia  les  pou»-  "^  ^^^'^  P*^  ^^^  nettement  sur  la  nature,  la 

«ères,  qu'il  ne  l'est  de  voir  apparaître  tout  ^''^u'*  et  la  déQuition  ralioanelie  et  logique 

4  coup,  et  sans  qu'on  sache  d'oîi  sont  ve-  ^^  l'espèce. 

'u^lesgraines,  des  milliers  de  parois  noirs,  L'immutabilité  des   espèces  ,  au   moins 
«n  de  peupliers,  on  de  crucifères,  dans  des  °^^^  l'ordre  de  choses  où  nous  rivons,  et 
WTiiDsquB  l'on  vient  d'écobuer  ou  sur  les-  ''''PU'S  l'apparition  de  l'homme  sur  le  globe, 
fseli  une  foret  a  été  incendiée.  Quant  au  1  ^^^  l^'unu  application  spéciale  d'un  outra 
nombre prodigieui  d'indiridns  qni  s'agitent  V^^^  f^îti  l'immutabilité  des  lois  physiques 
aaat  dw  goulte.d'infusion,  cela  s'explique  ^'  physiologiques  qui  président  fa  l'évoUiiioa 
/•ar/e grand  Dombred'œufs  tombés  dans  le  ""  êtres.  Depuis  un  temps  immémorial,  la 
liquide,  et  par  la  rapidité  de  la  propagation  "i^rche  de  la  nature  s'accomplit  dans  une 
«Je  tes  petiîs  êtres.   D'après  un  calcul  fait  """"monieuse  uniformité,  qui  toutefois  o'ex- 
■  «r  h  Huiler  sur  la  multiplication  d'un  ro-  *^'"*  l'"'"'  '"  variété;  mais  tclle-ci  est  rcs- 
ftaieor  (jrydiuina  inta),  cet  animal  pourrait  '''^iiite  e)!e-mâme  dans  des.  limites  déter- 
»e  trouver,  en  dix  jours,  l  la  télé  d'une  li-  """ées,  et  dépend  de  lois  qui  lui  sent  pre- 
ssée d'gn  million  d'individus,  P''^^-  L'unité  dans  la  variété,  telle  est  la  loi 
Onirourers  à  l'article  .GiniMATion  spok-  |'" 'po'X'e;  anilé  dans  l'espèce,  variété  dans 
r^uiiK  de  ce  Dietîonnafre  de  nouveaux  ar-  '^'  '"'''''('''s»  'elle  esl  la  base  de  toute  la 
îuiueols  contre  la  génération  spontanée  dea  Inéorie  des  classifications  scientifiques.  S'il 
safusoires,  et  particulièremenl  contre  celle  "  <^>>Iail  pour  chaque  être  uno  forme  pro- 
ies Eotozoaires,  dont  la  reproduction   a  ^^^i  (^^ractérisiiquo  et  permanente,  un  type 
onglemps  embarrassé  lea  naturalistes,  et  ^'^'f^^'  et  constitutif  de  l'espèce  et  dont  il 
II  r  laquelle  les  Irariuz  de  H.  Van  Beneden  est,  comme  individu,  ta  réalisation  variée,  il 
s  eonent  de  jeter  UD  si  grand  jour.               '  'erfiit  impossible  d'établir  aucune  classifi- 
,  cation,  de  coordonner  aucun  système  ;  la 
^^                        '  "■  notion  même  de  la  science  serait  détruite, 
»p«*«  U  Oiéoriede  Luurek  lar  li  Tarijbilliâ  det  Cl  l'univcrs  ne  VOUS  présenterait  de  toutes 
^-^^    rtl«^^f i.*^  "'?"'"  r.  ""1  ?f^^^"  ?"^  1"*  •!«»  *fes   isolés,  entre  lesquels 

rf^^^_i^,4_.      !..  ,  ressemblance,  aucun  point  Gxe  de  compa- 

mh^       ,A-  *.P™?"*  ""«  "lire  face  de  raison  et  de  rclalion,  aucun  caractère  com- 

«1  «•  matémliste,  la  transformation  gra-  mun,  duraffle  et  constant;  ce  serait  la  néga- 

j«i(«  des  espèces  inférieures  en  espèces  tion  de  tout  ordre,  de  toute  harmonie;  eu 

"■  JP'V*/.'"-*^'    "»t«  PO'n'   de  vue  se  serait, nous  lerépétons.la  destruction  coui- 

C»ctioinUmement  comme  conséquenceau  pléle  de  toute  science;  ce  serait  le  chaos. 

_sE«me  des   génération*  spontanées.   En        A  la  vérité,  les  partisans  de  la  non-Ûxité 

«a.  anelois  ta  molécule  organique  for-  des  espèces  accordent  qu'un  botaniste  oii  un 

t^- elle  Mra  devenue  un   ammal,  le  plus  zoologiste  puisse  raisonner  comme  si  les 

»  ti5S  la  Série,  si  I  on  veut,  nue  éponge  par  caractères  ipicifiquei  étaient  conslauts,  parce 

"^iJ??  iravcrjent  [es  plus  peUts  Hiswaiix  ca-  uiùqiies.  —  HU.  Gmbf  «  Uelafon.l  oal  consuté 

iX«  ■  j-  -lî"'^  ''ï'  '^"""e  la"!  d'ïniioalciiles  ite  le  uxe  datis  ces  >uimau\;  ils  ont  éiatili  des  rau- 

s*«-wie  a  ailleurs  ilc  iikhIiI!  cal  ions  bleii  notables  ni  pons  de  ramillex  enlrc  les  uns  et  les  aulrvs  et  oui 

*■*■*•  *?i**''"<''  pbTsif|ucs,  ni  dans  ta  pt.ipoc-  cru  devoir  conclure  que   tes  grjnJi's  filaires  puii- 

«    cra  pmds  ue  set  |irjDt  ipcs  tinjaniiiucs  cl  îuer-  daivul  ilaus  le  Hug  da  lilaircs  micnwcoi>iiiucw 


vex 


HCnORtWMi  AMUKBIlQtft. 


)» 


qu'ils  bornent  lenrs  obserrallons  k  tine  pé- 
riode de  temps  forl  limitée.  C'est  ainsi  quu 
l'aslroDomei  eo  construisaDl  ses  oart«9  cé- 
lestes (l'un  siècle  h,  l'autre,  peut  procéder 
oomme  si  les  places  apparentes  des  étoiles 
Aies  realaie&t  absolument  les  mAnies ,  et 
que  la  précession  deséauinoiesneprodaisft 
à  cet  égard  aucune  altération.  De  même, 
dans  la  monJc  o^^anîque,  ta  stabilité  d'une 
eapèee  peut  être  tcmsidérée  comme  absolue, 
ai  nous  ne  nous  reparlons  pas  au-delk  de  In. 
période  restreinte  de  l'histoire  de  l'bomme  ; 
mais,  s'il  s'écoale  un  nombre  de  siicles  sul- 
llsani  pour  que  d'importantes  aiodUlcalions 
puissent  sTuir  lieu  dans  la  climat,  dans  la 
géofjraphie  phjsKiLie,  etc.,  les  caractères 
tlvs  inaiTidua  descendant  do  souches  com- 
munes pourront  dès  lors  s'écarter  indéûnt- 
ment  de  leur  tjpe  primitiT. 

Si  ces  doctrines  sont  Ibodées,  nous  derons 
reconiiallre  tout  d'abord  un  principe  de 
chonjjement  incessant  dans  lo  monde  orga- 
uique,  et  il  n'est  aucun  degré  de  dissem- 
blance ,  dans  les  animaux  et  les  plantes 
aj'ant  eiislé  jadis,  par  exemple,  durant  les 
périodes  géoFogiques,  qui  puisse  nous  au- 
toriser à  conclure  qu'ils  n'ont  point  été  les 
ancétires  et  les  prototypes  des  espèces  ac- 
tuellement vivantes.  C  est  par  suite  de  ces 
idées,  que  H.  GeoETroy  Saint-Hilaira  et  sou 
école  prétendent  aue,  depuis  les  siècles  les 
plus  reculés  jusqu  a  ce  jour,  il  s'est  produit 
dans  le  ràgne  animal,  au  moyen  de  la  géné- 
ration, une  succession  d'élres  non  iuler- 
rompue^  et  que  les  anciens  animaui  dont 
les  débris  ont  été  conservés  dans  les  terrains 
stratifiés  de  notre  planète,  peuvent,  quoiquo 
différents  de  ceux  qui  vivent  aujourd'hui, 
avoir  été  les  ancêtres  de  ces  derniers.  Cetto 
théorie  est  spécieuse,  et  comme  elle  a  fait 
des  psrlisana,  il  est  nécessaire  de  dévelop- 
per d'une  manière  complète  les  données  et 
les raisQnQemenlsbl'aiae  desquels  elle  pçiit 
âtre  réfutée. Mais,  avant  de  la  combattre  di- 
rectement, nous  allons  présenter  les  faits  et 
les  arguments  dont- ou  s'est  servi  pour  l'aii- 
puver. 

ecautons  le  naturaliste  philosophe  qui  a 
iléveloppé  ce  système  avec  le  plus  de  com- 
plaisancBi  écoutons  le  famnux  Lamarck. 

«  On  appelle  espèce,  dit-il,  toute  collection 
d'individus  semblables  qui  furoul  produits 
par  d'autres  individus  pareils  è  eux.  Celte 
dédnitiou  est  exacte  ;  car  tout  individu 
jouissant  de  U  vie  ressemble  toujours,  à 
très-peu  près,  à  celui  ou  &  ceux  donL  il  pro- 
vient. Mais  on  i^oute  à  cette  déSnilion  la 
supposition  que  les  individus  qui  composent 
une  espèce  ne  varient  jamais  dans  leur  ca^ 
raclère  spécilique,  et  quCi  coiiséquemmeoli 
l'espèce  a  une  constance  absolue  dans  la 
nature. 

■  C'est  uniquement  celte  supposition  que 
je  me  propose  de  combattre,  parce  que  des 
preuves  évidentes  obtenues  par  l'observa- 
tion constatent  qu'elle  n'est  pas  fondée 
(1990). 

(I9M)  Phit.  xoot.  ;  Paris,  1809,  t.  I,  p.  54. 


a  Plus  nooi  ivsHMtis,  ajettM-il,  il»!  ii 
connaissance  d«s  dioéreats  corps  orgaiii)é5, 
dont  presqae  lonles  les  psrhei  du  gl(^ 
sont  couvertes,  plusnotre  embarras  s'iccroli 
pour  déterminer  ce  qui  doit  Mre  reggrdî 
comme  espèce,  et  k  plus  forte  niiesjwr 
Itmiier  et  distinguer  iesKeBres. 

«  Amesurequ'on  recueiTlelasprodactiot» 
de  ta  nature,  à  mesure  que  nos  eollteliou 
s'enrichissent,  nous  voyou  presque  \m 
les  vides  sa  remplir  et  nos  ligaes  it^ 
ration  s'efTauer.  Nous  nous  trooToi»  réiluiii 
k  une  détermination  arbitraire, poor  en iot- 
mer.le  caractère  de  ce  que  nous  apptlw 
espèce,  et  tantôt  nous  fait  déclarer  Tiriéli 
de  telle  espèce  des  individus  un  peu  diSi- 
rents,  que  d'autres  regardent  comoie  ciigi- 
tîtuant  une  espèce  particulière. 

*  le  le  repèle,  plus  nos  collecliou  s'en- 
richissent, plus  nous  rencontrons  <l«s  |iren- 
Tes  que  tout  est  plus  ou  moins  nuincé,  qiii; 
les  différences  remarquables  s'évaDouissmi, 
et  que  le  plus  souvent  la  nature  ne  liiisv 
à  notre  disposition,  pou^  établir desilisliK- 
tiens,  que  des  particularités  miuulieujts, 
et  en  quelque  sorte  puériles. 

«Que de  genres.parmilesanimaniellH 
végétaux,  sont  d'une  étendue  telle,  jiir  la 
quantité  d'espèces  qu'on  y  rapporte.itai 
1  étude  et  la  detcrmiuaiioa  de  cts  e.'iic<» 
sont  maintenant  presque    impraliubb! 
Les  espèces  de  ces  i^nres,  rangées  eu lériK 
et  rapprochées  d'après  la  coiuidéraiioD dd  | 
leurs  rapports  naturels  ,  présunteul, un  i 
celles  qui  les  avois^nent,  des  diSÉcïoctiii  ! 
légères,  qu'elles  se  nuanceut,  et  qu^cae- 
pèces  se  confondent,  &a  quelque  soric,lt> 
uQi'S  avec  les  autres  ^  oe  laissai)!  pre^» 
aucun  moyen  du  Qxer  par  V'u|jreuii>t<» 
petites  dilIéreocËS  qui  les  disLiugueui- 

*  Il  n'y  a  que  ceux  qui  se  sont  loafWp' 
et  fortement  occupés  de  la  détewwi» 
des  espèces,  et  qui  ont  consulté  itr^ 
collactlons,  qui  peiiveol  «avoir  jasqu'i  l"! 
point  ies  espèces,  parmi  tes  corps  linuu. 
se  fondent  les  unes  duts  les  auires;ei(|i:i 
ont  pu  se  GonvAtucre  que ,  dans  its  pvlip 
où  nous  voyons  des  espèces  isolées, ctu 
n'est  ainsi  que  parce  qu'il  nous  ea  u^"' 
d'autres  qui  en  sont  plus  voisinm,  el '^i'' 
nous  n'avons  pas  encore  recueillies— t'^' 

■  Non-seulement  beaucoup  de  geei^ 
mais  des  ordres  enliers,  et  quelqueii)i>w| 
classes  même  ,  nous  préseuteot  àip  ^ 
portions  presque  complèies  de  l'éul  >> 
choses  que  je  viens  d'indiquer* 

«  Or,  lorsque,  dans  ces  cas,  l'on  a  f»? 
les  espèces  en  séries,  et  qu'elles  sont  ww"' 
bien  placées  suivant  leurs  rappotU  oitun^ 
si  voua  eu  cboisiasex  une,  et  si  eotii«<- 
faisant  un  saut  par-dessus  pliisieors  lu'^ 
vous  en  prenez  une  autre  un  peu  i\o^w- 
ces  deux  espèces  ,  mises  en  coni[iarai|«- 
vous  olTriront  alors  de  grandes  dissemui»- 
ces  entre  elles.  C'est  ainsi  que  nous  s''*' 
commencé  &  voir  les  productioni^vui"* 

{IfiW  PbH-u>ot.,i.l,p.  57-M. 


IS7 


HOM 


DtCnONNAIBE 


lure  qui  w  sont  troavéef  Is  plus  à  DO[re 

poriéo[199a).  . 

f  Nous  iroorons  alors  les  distinctions  gâ- 
Dériijoesel  spéciflqaes  faciles  i  établir;  et 
*8  n  Ml  qu'après  8T0ir  acquis  plas  d'expé- 
rimee,  elaous  £lre  renilus  maîtres  des  an- 
neaui  intermédiaires  complétant  la  clialne 
dei  espèces,  que  nous  commençons  d  entro- 
roir  les  difScuilés  et  les  doates  qni  nous 
atlendenl.  Usîs,  en  même  temps  que  nous 
BonuDM  ainsi  forcés  de  recourir  h  des  carac- 
lires  JDsignifiants,  quand  nons  essajons  de 
téparer  les  espèces,  nous  reconnaissons  une 
disparité  frappante  entre  des  individus  que 
DODS  fiTons  élre  descendus  d'une  souche 
commune  ;  et  les  particularilés  noorelles 
((ui  les  dfatinguenl  à  nos  yeux,  transmises 
rtfolièrement  de  génération  en  génération, 
eoosliluant  ce  quïforoie  les  races.» 

«  Quaaiilé  de  faits,  dit  plus  loin  Lamarcli, 
nous  apprennent  qu'à  mesure  que  les  indi- 
vidus d'DOe  de  nos  espèces  changent  de  sî- 
liMlioD,  de  climat,  oe  mariière  d'ôlre  ou 
d'habitude,  ils  en  reçoïTeut  des  influences 
qui  changent  peu  a  peu  la  consistance  et 
les  proportions  do  Itiurs  parties, leur  forme, 
s  facoltés,  leur  organisation  même  ;  en 


•ort«  qne  tout  en  eux  participe  arec  te 

temps,  aai  mutations  qu'ils  onl  éprouvées. 

■  Dans  le  même  climat,  des  siiualions  et 


des  expositions  très'ditférentes  font  d'abord 
■implMient  varier  les  individus  qui  s'y 
trouveet  exposés  ;  iDitis.  par  suite  des  temps, 
la  eoMfaaelle  différence  des  siluslïona  des 
iodtridos  dont  je  parle,  qai  vivent  et  se  ce* 
{iroduisent  successiveaienl  dans  les  mêmes 
circoD5laaces,  amène  en  eux  des  différences 
^i  dïfiennenl^cD  quelque  sorte,  essen- 
lielles  h  leor  être  ;  de  manière  qu'à  la  suilo 
■fs  beaucoup  de  géuérations  qui  se  sont 
lurcédé  les  unes  aux  autres, ces  individus, 
qui  appirtenaieut  originairement  à  une  an- 
tre espèce,  n  imarent  à  la  fla  transformés 
ta  une-e^>doa  nouvelle,  distincte  de  l'autre. 
>  Par  «lenpU,  que  les  graines  d'une  gra- 
■»Qée,  on  d»  toute  autre  plante  naturelle 
I  une  prairie  humide,  soient  transportées 
k3r  uoe  vircORstanse  qaefconqoe,  d'stiord 
mr  le  pencfannl  d'un»  colline  voisine,  où 
f  sol,  quoique  plus  élevé,  sent  encore  assez 
■mim  |K>ar  |iermeUre  à  la  jilante  d'/conser- 
sr  son  eslstencâ,  et  qu'ensuite,  après  r 
roîr  vée«,  et  s'y  être  bien  des  fois-régén^ 
le,  elle  atteigne,  de  proche  en  proclïe,  itf 
>l  seo  et  presque  aride  d'une  cOfe  monta  • 
leuse  ;  si  la  plante  réussit  à  j  subsister, 
s'/  pe^iétae  iwndant  une  suite  de  géné^ 
lions,  elle  sera  alors  tellement  changée,- 
10  les  boianitilus  qui  l'y  rencontreront  en 
KUtilueFODt  une  espèee  particulière  (1M8J. 
■  Dans  ce  eaa,  un  ciinat  -déravorable,  une 
lurrilare  iosulïisante,  un  manque  d'abri 
aire  les  veulst  et  diverses  autres  causes, 
asenMil  lieu  à  une  race  nouvHle  dont  tvs 
iividias  •eronl  petits,  maigres  dans  leurs 
nies  ;  et  certaitts  de  leurs- organes,  ayant 

1002)  Fbil.  t«cl..  i.  \,  p.  GO. 
IVJZ)  ibid.,  p.  62-63. 


ArouweTHiuel  hou  ta* 

pris  plus  de  âéveloppenoBt  que  d'autres^ 
oITrironl  «lors  des  proporlioas  particHlières 
(199»]. 

*  Ce  que  la  nature  fait  avec  beaucoup  d» 
temps,  reprend  Lamarck,  nous  le  faisons 
tous  les  jours  en  changeant  nous-mêmes 
subitement,  par  rapport  à  un  végétal  vivant» 
les  circeostances  dans  lesquelles  lui  et  tous 
les  individus  de' son  espèce  se  rencon- 
traient. 

c  Tous  les  botanistes  savent  quç  le.s  vé* 
gétaux  qu'ils  transportent  de  leur  lieu  natal 
dans  les -jardins  pour  les  y  cultiver,  y  su- 
bissent peu  à  peu  des  changements  qui  tefl 
rendent  a  la  fin  méconnaissables.  Beaucoup 
déplantes  très-velues  oalurellemenl,  ^  de- 
viennent glabres  ou  à  peu  près;  quantité  de 
celles  qui  étaient  couchées  et  traînantes,  y 
voient  rtxlrcsscr  leur  tigo;  d'autres  y  per- 
dent leurs  épines  ou  leurs  aspérités;  d'au- 
tres encore,  de  l'état  ligneux  et  vivace  qua 
leur  tige  possédait  dans  les  climats  chauds 
qu'elles  hnbilaient,  passent  dans  nos  climats 
à  l'état  hcrijacé,  et  parmi  elles,  jilusîeurs 
ne  sont  plus  que  des  plantes  annuelles;, 
enSn  les  dimensions  de  leurs  parties  y  su- 
bissent elles-mêmes  des  changements  très-, 
considérables.  Ces  effets  des  chaBgêmenl& 
de  circonstances  sont  tellement  reconnus,, 

S|ne  les  botanistes  a'aiment  point  à  décrire' 
es  plantes  des  jardins,  à  moins  qu'elles  n'y- 
soient  nouveilemeut  cultivées. 

■  Le  froment  cultivé  [Iriticum  lalivum) 
n'est-il  pas  un  végétal  amené  par  l'hommo 
à  l'état  oii  nous  le  voyons  acluellemcnl  I 
Qu'on  me  dise  dans  quel  pays  une  piaule, 
semblable  habile  ualtirËllemeut,  c'L'st-a-din>^ 
sans  y  être  la  suite  de  sa'cullure  dans  quel- 
que voisinage  T 

c  Où  trouve-t-on  dans  la  nature  nos. 
cboux,  nos  laitues,  etc.,'  dans  l'éfaloù  nous, 
les  possédons  danâ  nos  jardins  potagers  T 
N'en  est-il  pas  de  même  a  l'égard  de  «i^an- 
tité  d'animaux  que  la  domesticité  a  changés, 
ou  considér3t)lemeRt  modîGésT 

•  QuederaceS'lrès-dilférenles,  parmi  nos, 
poules  et  nos  pigeons  domesMaues,  do^is 
nous  sommes  procurées  en  les  élevant  dans, 
diverses  circonstances  et  dans  dilTérems 
pays ,  et  qu'en  vain  on  chercherait  mainie- 
nant  i  retrouver  lellvs  dans  In  nature  t 

«  Celles  qui  sont  le  moios  changées,  sans 
doute  par  une  domesticité  moins  ancienne, 
et  parce  qu'elles  ne  vivent  pas  dans  un 
climat  qni  leursoit  étranger,  n'en  offrent 
pas  moins,  dans  l'état  de  certaines  de  leurs 
parties,  de  grandes  différences  produites  par 
les  habitudes  que  nous  leur  avons  fait  con- 
tracter. Ainsi  nos  canards  et  nos  oies  do- 
mestiques retrouvent  leur  type  dans  les 
cananls  elles  oies  sauvages;  mais  lesuOlrns 
Ont  perdula  faculté  de  pouvoir  s'élever  dans 
les  hautes  régions  de  l'air,  et  de  traverser 
de  grands  pays  en  volant;  enCn  il  s'est- 
opéré  un  changement  réel  dans  l'état  do 
leurs  parties,  comparées  à  celles  dus  sul- 

(IWlJ  PMI.  wr/,t.  I,  i\  225. 


«  Dans  cnaque  lieu  où  àe»  aninuux  pa- 
vent liabiter,  les  circonslBDcea  qui  ;  éltblii- 
sent  uD  ordre  de  choses  resleot  lrès>l0Dg< 
temps  les  niômes,  cl  n'y  chanftwt  réallemtDl 
qu'avec  une  lenteur  si  grande,  qae  l'fao~  ' 


«m  KM  MCTKmNAIRB  APOLOGETIQUE.  HOH  m 
RtBOT  'de  la  race  âonl  ils  proviennent,  leur  position,' de  leur  composilion  et  dé 
«  Qui  ns  snil  que  tel  oiseau  de  nos  cli-  leur  climat  ;c«  que  l'on  aperçoit  fuiluotnl 
tnals  que  nous  eleTons  dans  une  cagn,  et  en  parcourant  dilTéreals  lieux  diilingiiïj 
qui  y  TÎt  cinq  on  six  années  de  suite,  étant  par  des  qualités  partiaulièrei  :  ToiÙ  d^ 
■pr^s  eels  remplacé  dans  la  nature,  c'est-ft-  une  cause  (te  varistion  pour  lu  iniiaHi 
dire  remln  i  la  liberté,  n'est  plus  alors  en  et  les  végétaux  qui  vivent  éintceidinrs 
ilal  de  voler  comme  ses  semblables  qui  ont  Hetix.  Hais  ce  qu'un  ne  sait  pu  assei.H 
toujours  été  librefT  Le  léger  chnngement  mémecequ'engënéralon  serefusekcnHit, 
de  circonstanee  opéré  surcet  individu  n'a  c'est  que  chaque  lieu  lui-mSine  chinp, 
fait,  i  la  vérité,  que  diminuer  sa  faculté  du  avec  le  temps,  d'exposition,  de  cliB]it,il« 
Toler,  el|  sans  doute,  n'a  opéré  aucun  chan-  nature  et  de  qualité,  quoique  avec  uoe  lo- 
gement dans  la  forme  de  ses  porties.  Mais  leur,  si  grande  par  rapport  i  noire  dorét, 
ai  une  nombreuse  suite  de  générations  des  quenous  lui  attribuons  une  t(ii6ili{^pu{iiii, 
todividus  de  la  même  race  avait  été  tenue  Or,  dans  l'un  et  l'autre  cas,  ces  tien 
«D  car;tirilé  pendant  une  durée  considé-  changés  changent  proportioDnelkmeDt  Iti 
rable,  il  n'y  a  mif  doute  que  la  forme  même  circonstances  relaiives  aux  car)>s  tinnts 
des  parties  de  ces  individus  n'eilt  peu  h  peu  qui  les  habitent ,  et  celles-ci  repfoduiitni 
subi  des  changements  notables.  A  plus  forte  alors  d'autres  influences  sur  ces  atiaa 
raison,  si,  au  lieu  d'une  simple  captivité  corps  (1996)... 
constamment  soutenue  à  leur  égard,  cette 
circonstance  eût  été  en  même  temps  accom- 
pagnée d'un  changement  de  climat  fort  dif- 
férent, et  que  ces  individus,  par  degrés, 

eussent  été  habitués  i  d'autres  sortes  de  ,    .    __       _    „_    __.  ,. 

nourriture,  et  à  d'autres  actions  pour  s'en  ne  saurait  les  remarquer  directenent.  Ilesl 

moisir;  certes,  ces  circonstances,  réunies  et  obligé  de  consulter  des  moniinieiitipost 

devenues  constantes,  eussent  formé  insen-  reconasllre  que,  dans  chacun  do  eesliw, 

siblenant  une  nouvelle  race  alors  tout  i  l'ordre  de  choses  qu'il  y  trouve  n'i  ptslon- 

fait  particulière.  joarg  été  le  même ,  et  pour  sentir  qu'l 

■  Oâ  trouve-t-on  matolenant  dans  la  nn-  changera  encore  (1997j. 

lure  cette  œulttiode  de  races  de  chiens  que,  v  «  Tout  changement  un  peu  considénlilt 

par  suite  de  la  domesticité  où  nous  avons  et  ensuite  maintenu  dans  les  circonstinM 

réduit  CCS  tnimauXi  nous  avons  mises  dans  où  se  trouva  chaque  race  d'aniniaui,  opirt 

le  cas  d'exister  telles  qu'elles  sont  actuelle-  en  elle  un  changeaient  réel  dans  leurt  it- 

mtnt?  Où  trouve-t-oD  ces  dogues^  ces  lé-  soins  :  tout  changement  dans  lei  be»iti 

triers,    ces  barbets,  ces  épagneuls,    ces  des  animauc  nécessite  pour  eux  d'iulro 

bictrons»  etc.,  etc.,  races  quî  offrent  entre  actions  pour  satisfaire  aux  nou>MU,fi< 

elles  de  plus  grandes  différences  que  celles  par  suite,  d'autres  habitudes,  ToutDooio) 

que   noua    admettons  comme  spécifiques  besoin ,  nécessitant  de  nouvell«s  Kiio» 

entre  tes  animaux  d'un  même  genre  qui  pour  y  satisfaire,  exige  Je  l'aniDul  qui'''' 

Tivent  librement  dans  la  nature  î  prouve,  soit  i'enwloi  plus  fréquent  deieto 

«  Sans  doute,  une  race  première  (;t  uni-  de  ses  partie*  dont  auparavant  il^ 

que,  alors  fbrl  voisine  du  loup,  s'il  n'en  est  moins  d'usage,  ce  qui  le  déreloppi t*,'*; 

^ui-mfime  le  vrai  type,  a  été  soumise  par  grandit  considérabLemeot,  soitlemiia» 

l'homme,  i  une  époque  quelconque ,  à  la  oouvelles  parties  que  lesbésoinsIiiHiint^ 

domosljclté  {1995}.^.  insensiblement  en  lui,  par  des  effo^'f" 

«  11  n'est  pas  douteux  qu'à  IVgartl  des  son  sentiment  intérieur  (1098). 
animaux ,    des  cbAngements ,    importants        •  Dans  tout  l'animal  qui  n'a  point  ii^ 

dans  la  cîtconstance  où.  ils  ont  l'Iiahitudo  le  terme  de  ses  développemcati,  l'^sp^ 

de  vivre,  n'en  produisent  pareillement  dans  plus  fréquent  et  soutenu  d'un  orgiœn*!^ 

leurs  parties;  mais  ici  les  mulalious  sont  conque,  fortifie  peuk  peu  cet  organe,  kw 

beaucoup  plus  lentes  &  s'opérer  que  dans  Teloppe,  l'agrandit  et  lui  donne  ana  I»''' 

les  végétaux,,  et,  par  conséquent*  sont  pour  sance  proportionnée  à  la  durée  de  ctlt»* 

noua  aïoins  sensibles,  et  leur  cause  moins  ploi;  tandis  que  le  défaut  constant  duuç* 

recoanaissable.  de  tel  organe  t'alTàiblit  iusensiblaœeal,  » 

€  Quant  aux  cîrcanslances  qui  ont  tant  détériore  ,  diminue  progressivemeoii^H' 

de  puissance  pour  modifier  les  organes  des  cultés,etânilparIefairediipsratU'e!19"t'* 
corps  vivants,  les  plus  inDuentes  sont  sans        Nous  devons  faire  ici  une  remarque  lu^ 

doute  la  diversité  des  milieux  dans  lesquels  portante.  Quand  Lamarck  nous  dit  qy*» 

ils  habitent;  mais,  en  outre,  il  y  en  a  Imaa-  nouvelles  parties,  destinées  k  accomplir» 

coup  d'autres  qui  ensuite  influent  cûiisidé-  nourelles  loaclions,  remplacent  iaseauw' 

rablemeot  dans  la  producLioa  des  effets  ment  ceUes  quiont  disparu,  il  nacile,ii" 

dont  il  est  question.  peut  citer  aucun  fait  positif  k  ''l''"'f,„! 

■  On  sait  que  dos  lieux  diiïôrents  chan-  phénomène  de  la  siibstiiuiion  de  4ueM|u< 
gent  de  nature  et  de  qualité,  à  raison  de  sens,  do  quelque  {acuité,  ou  de  q»»!» 


(1995)  Pkil.  looL,  1. 1,  p.  92a  229. 

(1996)  tbid.,  p.  330-231. 
(1991)Jbid.,p.  232. 


(I9!)S)  Phil.  tool.,  1. 1,  p.  2Ô3-2U. 
(1999)  ïbii.,  n.  Ï5S. 


nii 


DOU 


MCnONMAIRG  APOLOGETIOOE. 


Ii43 


er^ane,  euliftremenl  ooDTeaui,  à  d'aotres 
lapprimés  comme  étant  inutiles.  Tous  les 
exemples  all^u^s  k  effile  occasion  tendent 
leulameoi  à  proarer  que  les  dimensions  et 
l'énergie  des  membres  peuvent,  ainsi  que 
la  perfection  de  certains  attributs,  se  lroi>- 
Ter,  après  une  longpe  suite  de  générations, 
•moiiKlries  et  aOaiblîes  par  suite  d'un  dé- 
bat d'otage,  ou  au  contraire  être  accrues 
et  fortifiées  par  un  exercice  fréquent.  C'est 
ainsi  par  exemple  que  le  lérrier  a  l'odorat 
si  bible,  tandis  que  sa  vitesse  i  la  coursa 
m  si  exlraordiuaire  el  sa  vae  si  perçanle. 
C'est  ainei  encore  que  certains  chiens  de 
cbuse  sont,  an  contraire,  comparatif emenl 
w  lents  dans  leurs  mouTemenls ,   tandis 

•  qu'ils  ont  le  sens  de  l'odorat  si  développé. 

Il  était  nécessaire  d'indiquer  cette  grave 

#  jnne  dans  la  chaîne  des  preuves  ;  aulre- 
r~«i«til  on  aurait  pu  supposer  qne  nous  omet- 
1  ^OBi  les  exemulea  afin  d'abréger;  la  vérilà 
e  ilque  Lamarckn'eo  pouvait  ciier  aucun. 
JMiusi,  quand  il  nous  parle  des  r/forU  dit 
t^mlimtnt  intérieur,  de  finflatiiee  de*  flitides 
tmbtUi  el  des  oeltë  de  Corganittâion,  comme 
(le  csBses  qui  peuvent  faire  acquérir  aux 
■nînuux  et  aux  plantes  de  nouveaux  orga- 
oe»,  il  met  des  mois  k  la  place  des  choses  ; 
el,  an  mépris  des  strictes  règles  de  l'indue 
tîon,  il  a  recours  k  des  fictions  non  moins 
îtiéales  que  la  vertu  plastique  et  les  autres 
chimères  des  géologues  du  moyen  Age. 

£i  J'oo  pouvait  citer  quelques  examples 
aalbaoliques  comme  un  pas  réellement  lait 
dwiat  It  voie  de  la  variabilité  des  espèces  : 
lelM  f  H  rapptritioo  d'un  sens  ou  d  un  or- 
gaoa  aHièrement  nouveaa,  dans  des  indi- 
vkf  as  provenant  d'une  sondw  commune,  et 
le  «AiparitHKi  totale  de  quelque  antre  or^ne 
»a  lacullé  dont  les  ancêtres  auraient  été 
locKés;  omettre  on  point  aussi  essentiel  à 
a  théorie  de  la  tranaformation,  ne  serait-ce 
>«•■  /fnpardoooable  de  la  part  d'un  Dalura- 
iftla  pnilosophe  qui  a'en  lait  l'avocatT 

Admettoos  tootefois ,  comoie  un  fait  io- 
'ODieslaUef  qa'un  ebangement  dans  les  eir- 
onslanees  extérieures  puisse  annihiler 
ompèétemeat  nn  ni^ne  et  en  développer 
)o  nouveau,  tel  qne  n'eu  eut  jamais  aupa- 
avanl  respèee  dans  laquelle  s'o|>ère  ce 
hangenieal;  nous  voilé  obligés  d'admettre 
usai  la  proposition  suivante,  qui,  tout ab- 
ordaqu'elle  peut paraltre,n'est qu'une  con- 
fetjaacBce  loulk  ait  logique  de  celles  qui 
nt  Aé  précMemment  énoncées.  ■  Ce  ne 
oot  pas,  dit  Lamarck,  lesorganes,  c'esl-k- 
ire  la  ualore  et  la  forme  des  parties  du 
ori>s  d'un  animal,  qui  ont  donné  lien  &  ses 
^ifstndes  et  à  ses  facultés  particulières;- 
Assa  ce  sont,  au  contraire,  ses  habitudes, 
a  soeoière  de  vivre,  et  les  ciroûnslances 
ao*  lesqeellesse  sont  rencontrés  les  indi' 
ulias  donl  il  provient,  qui  ont,  avec  le 
siups,  constitué  la  furwe  do  son  corps,  le 

(20«9j  PU.  umI.,  1. 1,  p.  S5?.  —  Cuvier,  entcn- 
mm;  SB  îoer  Lanurck  déielopper  ceUe  tiKorie,  lira 
ia  nMiechoir  a.  %'ta  Bervit  ea  dNaai  :  <  Oui.  «ai, 
'c^  c«  M  MOHcluDl  que  rhomme  a  fait  ïOu  nci.  i 


nombre  et  l'état  de  ses  organes ,  enfin  les 
bciillés  dont  il  jouit  (3000). 

«  L'oiseau,  que  le  besoin  attire  sur  l'eau 
pour  j  trouver  la  proie  qui  le  fait  vivre, 
écarte  les  doigts  de  ses  pieds  lorsqu'il  veut 
frapper  l'eau  et  se  mouvoir  It  sa  surlace.  L» 
peau  qui  unit  ces  doigts  è  leur  base  con- 
tracte, par  ces  écartemeola  des  doigts  sans 
cesse  repétés,  l'habitude  de  s'étendre;  ainsi, 
avec  le  temps ,  les  larges  membranes  qui 
unissent  les  doigts  des  canards,  des  oies,  etc., 
se  sont  formées  telles  qne  nous  les  voyons. 
Les  mêmes  efforts  faits  pour  nager,  c'esl-k~ 
dire  pour  pousser  l'eau,  afin  d'avancer  el  de 
se  mouvoir  dans  ce  liquide ,  ont  .étendu  de 
même  les  membranes  qui  sonl.enlre  les 
doigts  des  grenouilles,  des  tortues  de  mer, 
de  la  loutre,  du  castor,  etc.  (2001). 

«  Parmi  les  animaux  herbivores,  et  parti- 
culièrement  parmi  les  nuMnoalf,  il  s'en 
trouve  qui ,  par  les  circonstances  des  pays 
déserts  qu'ils  habitent,  sont  sans  cesse  ex- 
posés è  être  la  proie  des  animaux  carnas- 
siers, el  ne  peuvent  trouver  de  salut  que 
dans  des  fuites  précipitées.  La  nécessité 
les  a  donc  forcés  de  s'exercer  k  des  courses 
rapides,  et  de  l'habitnde  qu'ils  en  ont  prise, 
leur  corps  est  devenu  plus  svelte  et  leurs 
jambes  beaucoup  plus  fines  :  on  en  voit  des 
exemples  dans  les  antilopes,  les  gaxel- 
les,  etc..  (2009). 

«  On  sait,  dit  aussi  Lamarck,  que  la  gi- 
rafe, le  plus  grand  des  mammifères,  habile  - 
l'inlérleur  de  l'Afrique,  et  qu'il  rit  dans  des 
lieux  uù  II  terre,  presque  toujours  aride  et 
sans  herlMge,  l'oblige  de  brouter  lefenillage 
des  arbres,  et  de  s'efforcer  conlinoellemeot 
d'y  atieiodre.  li  est  résulté  de  celte  habitude, 
soutenue  depuis  longtemps  dans  ions  les  in- 
dividus de  sa  race,  que  les  jambes  de  devant 
soûl  devenues  plus  longues  que  celles  de 
derrière,  et  que  son  cou  s'est  tellement  al- 
longé, que  la  girafe*  sans  se  dresser  sor  ses 
jaml>es  de  derrière,  élève  sa  tète  et  itteiul 
6  mèUes  de  hauteur  (2003).  * 

Vient  ensuite  un  autre  genre  d'argameols 
k  l'appui  dn  système  de  l'insiabilité  des 
espèces.  «L'idée,  dit  encore  Lamarck. 
d'embrasser,  sous  le  nom  d'espèce,  une  col- 
lection d'individus  semblables,  qui  se  per- 
pétuent les  mêmes  par  la  génération,  et  qui 
ont  ainsi  existé  les  mêmes  aussi  ancienne- 
ment que  la  nature,  emportait  la  nécessité 
que  les  individus  d'une  même  espèce  ne  pus- 
sent point  s'allier,  dans  leurs  actes  de  géné- 
ration, avec  des  individus  d'une  espèce  dif- 
férunle. 

€  Malhenreusement  l'obserralion  a  prou- 
vé ,  et  prouve  encore  tous  les  jours ,  que 
celte  cousidératioo  n'est  nullement  fondée  ; 
car  les  hybrides ,  très-communes  parmi  les 
v^étanz,  et  les  accouplements  qu'on  remar- 
que souvent  entra  des  individus  d'espècia 
lort  différentes  parmi  les  animaux,  ont  lail 

(3Mt)riii/.  Mol.,1. 1,  p.  ÏV3- 
I3U0XI  /birf.,p.  «3S. 
(W05)itirf.,p.SS6-3S7. 


ISIS 


noH 


DKTlOXNiinE  APOLOCETIQUG. 


non 


l!tt 


roir  que  les  limites  entre  ces  es^ièccs  pré- 
tendues constantes  n'étaient  pas  sus»  soli- 
<!es  qu'un  l'a  iœa'giaé. 

«  A  la  vérité,  souvent  II  ne  résulte  rien 
(le  ces  singuliers  accouplements,  surtout 
lorsqu'ils  sont  lrès-dis;)arates,  et  alors  les 
iudividus  qui  en  proTreonent  sont,  en  gé- 
néral,  ioTéconds;  mais  aussi,  lorsque  les 
disparates  sont  moins  grnndes  ,  on  sait  que 
les  défauts  dont  il  s'agit  ii'ent  pins  lieu.  Or, 
ce  moyen  seol  sfifBl  jiour  créer  de  proche 
en  proehe  de*  Txriélés  qui  deviennent  en- 
sutti;  des  races,  et  qnt,  avec  le  tmnps,  cons- 
tituent Ce  qne  nous  oomuions  des  espè- 
ces (SOM).  > 

Hais  si  tons  ces  arguments  et  les  consé- 
quences qui  en  découlent  ont  quelque  so- 
lidité, quels  furent  donc,  demanderons-nous, 
les  types  ijriiiiordiaLiK  déforme,  d'orgonisa- 
lien  et  d'inilinol  d'où  sont  prorennes  les 
diversités  do  caraclères  que  présenient  au- 
jourd'hui lesaniinaui  elles  iiIadIcs? Quelle 
est  la  tige  unique,  primitive,  d'oil  lant  du 
rameaux,  ou,  si  l'on  veut ,  tant  de  variélés 
de  forme  seraient  sorties  par  voie  de  trans- 
inutBlionT  Y  D-t-ii  eu  plusieurs  liges?  On 
bien  ,  devons-nous ,  ainsi  que  les  prêlres 
égjr|>tien8  le  faisaient  ft  l'égard  de  l'urrivers, 
atlnbuer  l'origine  de  toute  la  créatiou  à  un 
seul  œufî  ' 

Sur  ce  poini,  la  science  matérialiste  en 
est  réduite  aux  conjectures,  et  voici  ce 
qu'elle  a  inaaginé. 

L'observation  conduit  %  reconnattre  que 
si,  d'une  extrémité  b  l'autre ,  on  disiiosu 
toute  la  série  des  animaux  connus  dans  l'or- 
dre de  leurs  rapports  naturels,,  on  trouva 
que  l'on  pout  passer  progressivement ,  ssuf 
q^ufllques interruptions,  des  6[re8  les  plus 
simples  à  ceux  qui  ont  une  structure  plus 
pwnpliquée,  et  qu'6  mesure  que  la  com- 
ptai i  té  de  leur  organiBBtioo  augmenle.lo 
uomtjre  et  l'élévation  de  leurs  facultés  aag- 
nMDtmt  aussi.  On  remarque,  parmi  les 
pLantes,  IMS  sorte  de  grsJalion  semblablu. 
L  ex|iloralion  des  terrains slrotiBés  qui  com- 
IWiaot  l'onvoloppe de  notre  planète,  a  paru 
lirésemcr  une  disposition  analogue  dans 
la  (tislribulion  des  fossiles,  o'est-i-dire 
qu'on  a  wu  reconnattre  que  les  plantes  et 
Itîs  aaimaux  doués  de  i'orgafiisalion  lu  plus 
sumple  ont  exista  aveot  ceux  dont  1»  struc- 
ture était  fdut  oompliqtiée,  et  que  ces  der- 
niers ont  él^  formes  suooessivemeni  fc  des 
époqu«i  plus  loodernw,  cliaqHe  raee  nou- 
velle se  Iroorani  plus  con>t>l^l'^<iKol  déve- 
loppée que  tes  race»  leS  plus  parfaites  de  la 
période  précédente. 

Cette  damiôre  donnée  géologiqne  parait 
tifoir  obtenu  renitére  conlianee  de  LaBiarx:k. 
11  adepuitausii  l'opinion  des  anciens  iiatu- 
ralistes^el croyait  que  rOoéan()rimitif  avait 
couvert  toute  la  terre  longtempsaprèK'qu'elIe 
fut  devenuetsdcmearGd'^tres  vivants^  et  ce 
fut  par  suita  de  celte  o^iiniou,  qn'il  somiat 
le  principe  de  la  priorité  des  types  des  ani- 


maux marins  sur  ceux  des  sninum  i«rti. 
Irea,  admettant  qu'âne  évolDlion  gridtiella 
avait  transformé  quelques-uns  des  [iremiers, 
au  point  qu'ils  avaient  pu  quitter  leur  sé- 

i'our  aquatique  et  venir  babiter  le  t«rni 
érme. 

Ces  hypothèses,  déj& 'émises  par  Telljt- 
med  (de  HailletJ  et  par  plusieurs  autres  m- 
teurs  modernes,  étaient  en  conlroilicijnn 
arec  une  des  maximes   de  la 


antique,  qui  proclamait  qne  les  coosescri^e^ 
se  trouvaient  toujours  piusparrsilescDsot- 
tant  des  mains  du  Créateur,  et  qu'elles  (tu- 
daient  k  une  détérioration  [irogrmir, 
quand  elles  étaient  aliandonnées  i  ellis- 
mèmes: 

Omma  faih 

lu  ftjuê  rturt,  ac  Tttn  tidilofu  nferri. 

AosM  les  anciennes  éooles  de  philo50[^it 
avaient- elles  recours,  pour  réparer  telle 
dégénérescence  des  êtres,  à  des  réitiienen' 
tions  de  la  divinité;  elles  ailmettaieaitfiie 
Tordre,  l'excellence  et  l'énergie  ]<nm\hs 
du  monde  physique  et  moral,  avaienidé 
souvent  rétablis  h  l'aide  d'un  tel  moven. 

Lamarck  et  ses  partisans,  EefoDifanhnr 
le  développement  progressif  de  la  vi«  or^- 
nique  et  sur  les  conséquences  qu'il!  crmiH 
résulter  des  données  géologiques,  priimt 
le  contre-pied  do  dogme  ancien,  lli  admi- 
rent que  les  formes  les  plus  simples  et  li 
facultés  les  plus  imparfaites  avaient  une- 
lérisé  les^  premiers  êtres  créés,  et  qinteui- 
ci  avotenl  servi  d'origine  à  tous  lesiulm. 
On  suppose  que  la  matière  inerte  BTiitii^ 
douée  de  vie  dans  la  principe;  que,  pvli 
suite  des  temps,  la  sensation  avait  éldquv- 
tée  h  la  SHDple  force  Tii»le  (  que,  plos  O'i 
encore,  vinrent  la  va*,  i'ooïe  et  Ies  n\rK 
sens,  puis  l'instinct  et  le»  facultés  iiiif^l«- 
tuelles;  et  que,  tinaferaent,  en  verti  Ak 
lendanoe  des  choses  h  un  'per/SreiùiM*' 
progreuif,  l 'irrationnel  avait  fait  [)!»» 
rationnel. 

Hais,  en  admettent  cette  évolnlioi  ?'<*- 
gressive  de  plantes  et  d'aninnui  'i**^- 
daol  les  plus  eomposét  (t«8  plas  simpH  "" 
fut  forcé  de  recourir  à  uoe  nouvelle  hri»- 
tbèse,  pour  expliquer  coromenl,  aprbm 
nombre  de  siècles  si  consi<léraJiJe)  il;''"' 
encore  tant  d'êtres  conformés  de  la  uiaDicrii 
lapins  simple;  pourquoi  la  mqoriléJ^ 
créatures  vivantes  se  sont  maintenu»  ^O" 
tionnaires  pendant  cette  longue iuitsttei^ 
riodes,  tandis  que  d'autres  auraiaaifaililo 
progrès  si  extraordinaires;  poun}uni  * 
existe  de  si  prodigieuses  mullttudei  d'iofii' 
soires  et  de  polypes,  ou  de  oonftrresct*'' 
très  plantes  cryptogames;  peoM|uoi  w"" 
l'acte  du  déveloi)pemeiil  s'est  pfodsil '1" 
une  force  si  inégale  et  si  iir^liâreil''- 
gerd  des  classes  u'èlres  Us  pttu  perr«<ii>='' 
liées,  qne  la  série  présente ded  interrup^H»* 
con:«jdérablea...  (2005). 

On  a  essaj  é  de  répondre  h  cette  olijcchoi) 


(2001)  fhil.  iool.,  l.  1,  p.  C3-C*.  essayer  île  niOHtrer  qoo  riifiminc  n'es*  qu'w  ""f 

tâOWij  i  ^ous  9lluus  vQu:  tout  à  flicmc  Lamaiili     o-Jl»tti!,iw>diU«.  Uni»  uuo  ctoea  (âtlieuw  i*;*  ■' 


I  HUX  MCTI0.MU1RE 

irrccin.  OR  a  considéré  la  notura  ime 
imnttiiiéguit.  un  initrummt,  une  pièce 
mcaaimt,  agissant  par  néeessilt^,  obii- 
ilc  procéder  graduellement  dans  toutes 
i)|jéralions;  fiTle  ne  peut  engendrer  à  la 
I  di^  animaux  vt  des  plantas  de  toutes 
classes;  mais  gIIo  doit  toujours  uom- 
nccr  par  produire  les  espèces  les  plus 
ipics,  et  partir  de  ceiles-ci  pour  arrirpr 
I  plus  complexes,  y  ajoutant  successive- 
01  dÎTers  systèmes  d'organes,  dont  elle 
Itiplie  de  plus  en  plus  le  nombre  et  r.ic- 
lé. 

ji  nitiure,  celte  qu'on  a  froasinée  pour  la 
nœoditâ  du  système,  travaille  donc  cons- 
lœeDt  ï  la  Tornistioa  des  rudiments  élé- 
nlorres  d<)  la  Tie  animale  elvégéiate,  par 
jl^i^alion  $pontanée.  Des  monades,  da 
uiières  ébauches,  mais  douées  de  vie, 
n  ses  seules  créations  directes.  Les  ru- 
lenls  primitifs  des  plantes  et  des  animaux 
il^reloppent  graduellement  et  arrivent  6 
ïliluer  les  classes  les  plus  élevées  et  les 
I  parraitcs,  en  vertu  de  l'action  lente, 
smcesgante,  de  deux  principes  essen- 
s  :  l' la  Jtndance  à  Vmanetment  progret- 
lans  les  phénomènes  d'organisation,  avec 
f'Ius  baut  degré  d'instinct  et  d'intclli- 
«1  etc.  ;  et  2*  la  force  du  circonslances 
în'furM,  c'est'à-diro  des  changements 
■luiis  dans  la  condition  physique  de  la 
rc  DQ  dans  les  relations  mutuelles  des 
niËsel  des  animaux.  Les  espèces ,  en  se 
iaJinl  sur  le  B'ot>o>  sont  exposées  à  des 
l'gtments  de  climat ,  à  des  alternatives 
tfstis  relaUvement  6  la  quantité  et  &  la 
'ilë  de  leur  nourriture;  elles  rencontrent 
ouveaux  animaux,  do  nouvelles  plantes 
accélèrent  ou  retardent  leur  développe- 
I,  en  pourvojaat  &  leur  subsistance  ou 
Iclruisaot  leurs  ennemis.  De  plus,  la 

se  qoe  tant  i'xnln»  bits  niinoBl  Ibiwlainen- 
vni,  c'est  Li  c«eii>tcace  da  l'eapèce  transfor- 
e  ei  de  l'espèce  IransConaée.  Commeul  se  fail- 
li dans  les  circonstances  absûlunieiit  les  uiè- 
iine  partie  de  r«spéce  oraiig  ail  subi  celle 
«de  transmuta  lie  II  dont  il  est  luesiiun,  tandis 
l'antre  n'a  pas  cliani;éT  Conimcnl  les  circon- 
rs  i|Bt  «Bt  inanë  snr  cerUins  ÎRdividHg  ont- 
M  absolament  sus  efiil  inr  les  aulrcsT  Si- 
-*-0B  an  miMMB  oeiu  iuBaence  k  gaettioe  degré 
»iue  un  cummeni-cmenl  de  modiBcaliou  dans 
iNitaiioa  oa  dans  lus  fuculU^  insiiucUves  de 
bruie  passant  à  lï-tol  d'Itumme!  On  ii'a  pu, 
petit  assigner  rien  de  semblable. 
■  «ijwi ieiice  de  plusieurs  niilllcrs  d'années  a 
luitnciit  réfuté  ce  système.  Cummcnt  se  fait- 
'  1*011  ne  découvre  aucun  exemple  de  sembln- 


p(io»  dans  l'art  de  faire  MA  agréable  produit 
*  les  JMirt  (l'Ariklnte  ;  la  fourmi  n'a  cessé  du 
ruine  &es  labyrî.illics  depuin  que  Salomoii  re- 
ttauilail  Sun  eieniple;  mais  depuis  le  temps 
es  furent  dvcritc.i  par  lu  pliilosoplie  et  le  sage 
'aux  belles  rechcrctics  dus  Huber,  nuus  soni- 
xrti>ns  «in'cnes  n'ont  acquis  aucune  nuuvcllo 
pluin  ou  un  nouvel  organe  pour  améliorer 
iraisHK.  L'Egypte  qui,  ranime  l'a  (révbito 
l'Server  la  savante  connnluiim  dos  naiuralisics 
41*,  UUU9  a  GDusi'rvé  un  Uuscuni  d'Iiisioire 


APOLOGETIQUE.  HOU  lUft 

nalurft  do  ohaqnft  localité  est-  chançeatile 
par  elle-même;  de  sople  qm  le»  babiludes 
et  l'or^nisatioD  des  espèces  ssraienl  mo- 
diFiées  par  l'infiuence  des  rérolo^ion»  1d-  - 
cales,  lors  même  que  les  rapport»  tl'autres 
animaux  et  d'autres  plaales  resteraient  in- 
variables. 

«  Or,  si  le  ppemier  do  ces  principes,  la  fcii- 
àance  au  déveioppement  progrtliiK  pouvait, 
dit  Lamarck,  s^éxercer  af  ee  une  liLterié  cum- 
pièle,  il  donnerait  naissuncc,  dans  le  cours  ' 
des  siècles,  k  une  échelle  d'êtres  graduée,  ' 
conduisant,  par  les  transitions  les  plus  in- 
sensibles ,  de  la  struciure  la  plus  simple  k  ' 
la  plus  complexe,  et  du  plus  humble  de^ré 
d'intelligence  su  plus  élevé.  Mais,  par  suile 
de  rioterventioii  continue  des  causa  exti' 
riturti  dont  nous  venons  de  parler,  lu  ré- 
gularité  de  cet  ordre  se  trouve  singulière- 
ment troublée,  et  le  monde  organique  n'offre 
au'une  simple  approximation  d'un  tel  élat 
e  choses;  les  progrès  de  quelques  races 
étant  retardés  par  un  concours  de  circons- 
tances défavorables,  et  ceux  do  quelques 
autres  se  trouvant ,  au  contraire  ,  accélérés 
par  un  assemblage  de  conditions  favorables, 
II  cnrésulte  que  toutes  sortes  d'anomalies 
inlerrom[ient  la  continuité  du  plan ,  et  que 
des  Iacuqch  ,  comprenant  peut-4<re  des  fa- 
milles et  des  gervpes  entiers,  se  rencontrent 
entre  les  points  les  plus  rapprochés  de  b 
série. 

•  Pour  se  Taire  a&e  idée  exact»,  s'il  est 
pos«-iblfl,  de  oe  mécmiiime  compliqué, 
voydDS-en  l'application,  montrons-le  en 
mouvemenlk  11  ne  sera  pas  sans  inlérôi  de 
voir  corflmenllesrouagcsdonlil  se  commise  ' 
peuvent  produire,  sous  la  direction  de  l'uu- 
teur,  les  elTets  si  exlraordioaires  que  l'on 
observe  dans  l'état  aduet  de  Is  création 
animée.  Obligé  du  nous  UornsTr  nous  pas- 
naturelle,  non-seulement  dans  tes  printnre*,  mki» 
dans  les  momies  de  sw  aniwaax,  nous  présent* 
cluliue  espèce,  après  trois-  mille  ans,  parfsUenieM- 
idettlivie  avec  celles  d'avjourd'hui.  A  quclserarist 
riiooiuie  ne  l'cst-il  pas  livré  et  ne  se  lifre-i-il  pas. 
encore  plus  spécialement  de  nos  jours  pour  dcciMi- 
vrir  de  nouvelles  ressources,  de  nouvelles  forces 
mécaniques  el  pour  donner  un  cbamp  plus  Va^le  i 
rosa|;e  de  ses  sens!  El  cepcn.ranl,  helasi  ancnn 
nouveau  membre  ne  nous  ■  poussé,  pas  im  seul  or- 
gaaâ  ne  «'est  plus  développé,  aticun  non  veau  canal 
de  perception  ne  s'ouvre  pour  nous  donner  re><poii' 
quapiès  plusieuis  luillicrs  d'années  nous  altein- 
droi.is  un  plus  liauL  degré  de  l'iSchelle  de  l'auiéllur;!- 
lion' progressive,  ou  que  nous  nous  éloignerons  (!o 
qu«li|ucs  pas  de  phis  de  noire  consanguinrié  avec 
11!  «ingûbabillanl.>{Wiœii*(i,  ùitnun  $urltiraf. 
mrta  «Hirs  UitcMietti  la  reUgiom  ritiUe,  1. 1$  f' 
llH-103.;  ' 

■  Je  crois  aussi  peu  que  le  eédre  du  Liban,  (tilf 
ordinairement  un  licbcn,  que  l'élépliaiit  doive  son 
origine  â  une  buElre.  >  {TroJl^  iootog.  et  pbtitMog. 
deî  vert  intetliuaux,  par  UsEHSEa.  ) 

Après  avoir  victorieusement  réTMé  réUMiae  opi*- 
iiiuii  de  Lamarck,  U.  Fuurcault  ajoute  :  i  Sil<était. 
encore  nécessaii«  de  combattre  une  semltelile  by- 
poibésc,  il  nous  serait  facile  d'accumuler  des  preu- 
ves et  des  faits,  cl  nous  les  olioi tairions  niétno  parnii 
ceux  que  le  célèbre  naturaliste  a  olfcf  t«.  i  (mii  dt 
t'orgimiimt  mani,  1.  1,  p.  5Ï>G.) 


mt 


HOM 


UICTIONNjURE  AM>U)GETI(tUfi. 


HOU 


m 


serons  sous  silence  les  moyens    b  l'eitle         «2*  Qu'aile  en  ours  chaste  1»tulresn' 

(lesquels,  apràs  uoe  suite  immease  de  gé<  ces  émiaentes  et  ilnns  le  caa  de  lui  ditpuitr 

nérilions ,  un    petit  corps  gélalineui.  se  les  biens  de  la  (erre,  et  qu'elle  les  lun 

troure  Irsustormé  en  cbéoe  ou  en  singe,  et  conlrajates  de  se.  rérugier  dsas  le»  \m 

noiis  arriverons  tout  d'abord  au  dernier  qu'elle  n'occupe  pas; 
degré  du  pian  progressif,  par  suite  duquel        >  3*  Que,  nuisant  à  la  grande œulllpliu- 

l'orang-outang,  provenant  originairement  tion  des  races  qui  l'sTOisiDeQt  par  Itun 

d'une  monade,  atteint  peu  h  peu  jusqu'aux  rapports,  et  tes  tenant  reléguées  lians  iJk 

attributs  et  aux  facultés  de  l'oomme.  Si  uue  bois  ou  autres  lieux  déserts,  elle  aun  irrtié 

race  quelconque  de  quadrumanes,  dit   Lo-  lus  progrès  du   perfectiounement  de  brs 

marck,  surtout  la  plus  perfectionnée  d'entre  facultés,  tandis  qu'elle-mfime,  luallresseik 

elles,  perdait  par  la  nécessité  des  circons-  se  répandre  partout,  de  s'y  mijlti|ilii^riiiii 

lances  f  quelles  circoastancesT  de  quelle  obstacle  de  la  part  des  autres,  et  d'jiim 
nature  T),  ou  par  quelque  autre  cause,  l'ha- 
bitude lie  grimper  sur  les  arbres  et  d'en 
empoigner  les  branches  avec  les  pieds , 
comme  avec  les  mains,  pour  s'y  accrocher; 
et  si  les  individus  de  .celte  race,  pendant 

une  suite  de  générations,  étaient  forcés    de  ayant  acijuis  une  suprématie  absolue  m 

ne  se  servir  de  leurs  pieds  que  pour  mar-  toutes  les  autres,  elle  sera  parvunuo  )  M- 

cher,  et  cessaient  d'employer  leurs  mains  tre  entre  elle  et  les  animaux  les  plus  iier- 

comme  des  pieds  t  il  n'est  pas  douteux,  d'à*  fectionnés,  uoe  difTérenco  et,  en  quelqut 

près  les  observations  exposées  précAdem-  sorte,  une  distance  considératile. 
nient,  que  ces  quadrumanes  ne  fussent  è  la         ■  Ainsi ,  la  race  de  guadrumana  la  plu 

lin  transformés  en  bimanti,  et  que  les  pouces  perfectionnée  aura  pu  devenir  domioanit; 

do  leurs  pieds  ne  cessassent  d'être  écartés  changer  ses  habitudes  par  suite  de ''"""'■^ 

des  doigts,  ces  pieds  ne  leur  servant  plus  ■  '  ~~^-  -■-•-"- ' 

qu'à  marcher. 

«  En  outre,  si  les  individus  dont  je  parle, 
mus  par  le  besoin  de  dominer,  et  de  voir  ii 
U  fois  au  loin  et  au  large  ,  s'efforçaient  de 
se  tenir  debout,  et  en  prenaient  cooslam- 

mentrbabiludedegénérationengénération:  ^      ;.    ,      .  ,  ,.     ,»„„, 

il  n'est  pas  douteux  encore  que  leurs  pieds  °^^  distinctions  très-remartiuaijles  [MMj. 
ne  prissent  insensiblement  une  conforma-        <  La  supériorilô  et  l'accroisseaientitiÉ- 

tiOD  propre  k  les  tenir  dans  une  attituds  lelligence  acquis  par  la  race  domiDSDK, 

redressée;  que  leurs  jambes  n'acquissent  prouvent  la  tendance  naturelle  du  iumJs 

des  molleU  et  que  ces  animaux  ne  pussent  or2aQ>q"<s  *  se  perfection trnr  de  [iluirt 

•lors  marcher  que  péaiblemenl  sur  les  pieds  P'"^,  de  même  que  ses  efforts  pour  trrfw 

«t  les  mains  àia  fois  '*  marche  progressive  des  euttes  tk»» 

Ire,  déchirer  ou  _saisir,  ou  .  „-  '.i„„„A  h»  .i  ««nrfM  laaunesittei 


pur  troupes  nombreuses,  se  sera  successiiE- 
nient  créé  des  besoins  nouveaai  qui  iwn 
excité  son  industrie   et   perfeclioané  ^ 
duellement  ses  moyens  et  scsfaculiéj; 
'"   Qu'enfin    cette     race    préémiumif 


absolu  qu'elle  aura  pris  sur  les  autres,  et 
de  ses  nouveaux  besoics;  en  aci]uêrir ir" 
gressivement  des  modifications  daai  m 
orgauisalion  et  des  fecuUés  nouTelluei 
nombreuses;  borner  les  plus  perfeclioiiti«s 
des  autres  races  à  l'état  où  elles  soul  pat'c 
nues,  et  amener  entre  elle  et  ces  dtmiirti 


mea   pour  mordre. 


a  occasionné  de  si  grandes  lacunes  lu 


conime  de.  tsnaillM  pour  co»p.r  l'herhi  el  î.îfe  Sïè  "  "I»»  iuSor.Z°h 

.-.n  nourrir,  el  qu'ilîne  Jes  fasenl  !«r.ir  ''"^'Î5;„,   j.."   '  .  î  .S  î,.;i.to 

qu'>].m..li«,liJn,   iÉ   n-e,.  p«  doul.ui  ,,'  ^ °  "f,  L^f?  ï  'rfe  „'»»' 

deots  incisives  verticales.  ^^^^^  ,.„„  ^^  l'amrVforl  inférieurs il'honiiw 

■  Que   l'on  suppose  maintenant  qu'une  en  facultés    corporelles    et    d'iDiellisem 

race  de  ffuadrumoNM ,  comme  la  plus  pcr-  [2007),  Ces  animaux  se  tiennent  det)oui<J^ 

fectionnée,  ayant  acquis,  par  des  habitudes  i^ien  des  occasions;  mais  comme  ils  a'on 

coDsIanlea  dans  tous  ses  individus,  la  con-  point  de  cette  attitude  une  habitude  wuif^ 

formation  que  je  viens  de  citer,  et  la  faculté  nue,  leur  organisation  D'en  a  pasélésuH'- 

de  se  tenir  et  de  marcher  debout ,  et  qu'en-  samment  modifiée,  eu  sorte  que  la  iUiii"' 

suite  elle   soit  parvenue  à    dominer  les  pour  eux  est  un  état  de  géue  fort  iiA»"' 

autres  races  d'animaux ,  alors  on  conce-  mode. 

*™  :  <  Ou  sait  par  les  relations  tiet  Tftjig»»'^ 

«l'Que  celte  race,  plus  perfeclioniiéo  surtout  à  l'égard  de  l'orang  des  Imles.fj 

dans  ses  facultés,  étant,  pur  là,  venue  h  bout  lorsqu'un  danger  pressant  i'obhga  a  ""j;-  | 

de   maîtriser  les  autres,  so  sera  emparée  h  ruloiube  aussilût  sur  ses  quatre  psllM-"^ 

la  surface  du  globe  de  tous  les  lieui  qui  lui  décèle,  nous  dit-on,  la  vériiable  onginao' 

conviennent;  cl-1  animal,  puisqu'il  est  forcé  de  tiu""' 

(2Me)  PMI.  :ool.,  1. 1,  p.  5W  Ôi,5.  mr  /«  eiirpj  vivaiUt,  f,  136,  qudqocs  otaemU*' 

(2007)  'Vuycz,  (lit  Luiiiiirck,  d<iiit>me£  Ikehtrcliet  Mr  l'OratMr  d'Angola. 


i?49            mu            ncnraïuiKE  àpouxençtat.  mnt            hso 

rHie  contenance  élraogire  qui  en  impo-  lels  qae  les  qoadnimanes,  viTenl,  !■   plu- 

s  il  (200^.  part,  par  troupe»,  depuis  l'émineote  snpré- 

■  Pour  rtiomme  qui ,  par  ses  babîtodes  malia  <Ie  la  race  citée,  ils  sont  restés   sans 

ni'inienuesdaasies  indiTidusdesoD  espace  progrès  dans  le  perfeclionDeineDt  de  leurs 

tltjais  aat  grande  suite  de  géoéraiions,  ne  facDlUs.  étant  pourchassés  de  toutes    parts 

l-fut  qae  se  tenir  debout  dans  ses  déplace-  et  relégnés  dans  les  lieux  sau rages, déserts, 

nieni5,cetlc>ttilnde  n'en  est  pas  moins  ponr  rarement  spacieux,  et  où,  misérables  et  in- 

loi  on  élai  fatigant,  dans  lequel  il  ne  saurait  quiets,    ils   soat  sans  cesse  contraints  de 

f«  maiotanir  que  pendant  un  temps  borné  fuir  et  de  se  cacher.  Dans  celte  situation, 

e(  i  l'ijde  de  la  eonstractioD  de  plusieurs  ces  anîmanx  m  se  taraient  plus  de  aoi»* 

de  ses  moscles.  veaux  besoins,  n'acquièrent  plus    d'idées 

*SibeolonneTertébrBle4ae<Hps1iumarn  nouvelles,  n'en  ont  qu'un   très-peiit  nom- 

formait  l'axe  de  <se  corps,  et  soutenait  la  bre,et  toujours  lesménes  qui  les ocespent; 

télé  en  équilibre,  ainsi  que  les  autres  par-  et,  parmi  ces  idées,  il  j  en  atrés-peaqn'ib 

t.cs,  lliMinw  dâbool  poucrait  s'ytrouTer  aient  besoin  de  comnooiquer  aux   autres 

dans  an  élat  de  repos.  Or,  qui  ne  ssit  qu'il  indiridns  de  leur  espèce.  Il  ne  leur  but 

n'eu  est  pas  atnsî ,  que  Ta  tête  ne  s'articule  donc  que  tressa  de  signes  différents  pour 

pont  i  son  centre  de  grarîté,  que  la  poi-  se  faire   entendre    de   lean   senblaMes; 

Irine  et  le  TCBlre,  ainsi  que  les  nscères  que  anssi,  quelquesmonveneots  dn   corps  ou 

«es  cavités  renferment,  pèsent  presque  en-  de  certaines  de  ses  parties,  qnelqaes  siO»- 

tiéretoeot  sur  h  partie  antérieure  de  la  on-  menu  et  quelques  cris  TariM  par  de  sim- 

loane  vertébrale;  que  celle-ci  repose  snr  pies  inflexionsde  voix  leur  suffisent. 

une  base  oblique,  etc  7  Aussi,  comme  ledit  ■  Au  contraire,  les  individus  de   la  race 

Bieherand,  est*il  nécessaire  que  dans   la  dominante  d^i  neationnée  ajranleube- 

9WiOD,  une  puissance  active   veille  sans  soin  de   mnltipiier  les  signes  pour  ecas- 

eesse  i  prévenir  les  chates  dans  lesquelles  muniqoer  rapidiiment  leurs  idées  deveoncB 

le  poids  et  la  disposilioa  des  parties  (en-  de  pins  en  plus  nombreuses,   et  ne  pon- 

■leut  i  entraîner  les  corps...  ■  J  ai  observé,  vaut  plut  se  contenter,  ni  de  signes  panlo- 

•  ditceiDAiDetavantdanssan«>ie/ojr*e('o'<  miniiqnes,  ni  des  iniexions  possibles  de 

•  II,  p.  M),  que  les  enbnts,  dont  la  tète  est  leurs  voii,  pour   représenter  celte   mulli- 

•  vvlmDineo9e,levenlre  saillant  et  les  viscè-  lude  de  signes  devenus  nécessaires,  seroDl 

■  res  surchargés  de  gmisse,  s'aecODlnment  parvenus,  par  dilférenU  efforts,   fc  former 

■  dilBeilemeoi  k  se  tenir  debout  ;  ce  n'est  des  sons  articulés;  d'abord  -ils  n'en  auront 

•  ^uéreqn*kl86ndeladeniîèmeannéequ*ils  employé  qu'un  petit  nombre,  eonjointe- 
(  Disent  s'abandonner  i  leurs  propres  forces;  ment  avec  des  inflexions  de  leurs  voix  ;  |iar 
r  ils  restent  exposésèdescbntesfréqnentes,  la  suite,  ils  les  auront  multipliés,  variés  et 

el  oatune  tendance  naturelle  k  reprendre  perfectionnés,  selon  t'accroisseroeni  de 
l'eut  de  quadrupède  (9009].  •  leurs  besoins  et  selon  qu'ils  se  seront  plus 
«  MsinteDanl,  ajoute  Lamarck,  pour  suï-  exercés  à  les  produire.  En  effet,  l'exercice 
re  daus  tous  ses  points  lasupposilion  pré-  habituel  de  leur  gosier,  de  leur  langoa  ei 
entée  dès  le  commencement  de  ces  obser-  de  leurs  lèvres  pour  articuler  les  sons,  aur» 
aiions,  il  convient  d'j  ajouter  les  coosidé-  éminemment  développé  en  eux  celte  fa- 
nions saivantes  :  culte. 

■  Les  individus  de  la  race  dominante  dont  «De  )è,  pour  eetle  race  particulière,  l'o- 
'  a  élé  question,  s'étaol  emparés' de  tous  rTfjioe  de  I  admirable  faculté  de  ptrler;  et 
■5  lîeox  d'babilaiion  qai  leur  forent  eom-  comme  l'ètoignemeut  des  lieux  on  les  in- 
lodes,  et  ayant  coasidfrsblemeut  muiti-  dirjdus  qui  la  composent  se  seront  repen- 
tie Icnrs  besoins  è  mesure  que  les  socié-  dus  favorise  la  corruption  des  signes  r-on- 
^  qu'ils  J  formaient  devenaieul  plus  nom-  venus  pour  rendre  chaque  idée,  de  Ik  l'ori- 
reases.  onl  dâ  {>areillement  multiplier  gine  des  langues,  qui  se  seront  diversifiées 
urs  îdécsi  et  ))ar  suite  ressentir  le-  besoin  partout. 

;  (es  communiquer  è  leurs  semblables.  «Ainsi  è  cet  ^rd,  les  besoins  seola 
n  ronçoit  qu'il  en  sera  résulté  pour  eux  auront  tout  fait:ils  auront  bitnaUreles 
Déccssîté  d'augmenter  el  de  varier  eu  elTorls;  et  les  organes  propres  aux  artieu- 
tma  proportion  les  signes  propres  à  la  latious  des  sens  se  seront  développés  par 
miDonieation  de  ces  idées.  Il  est  donc  leur  emploi  habituel  (SOlO).  > 
i'ient  que  les  individus  de  celle  race  au-  Telle  est  l'esquisse  Adèle,  littérale,  de  la 
ni  dû  bire  des  efforts  continuels,  et  em-  ibéorie  étrange  soutenu*  par  Lanwrek.el 
*ver  tous  leora  moyens  dans  ces  efforts  adoptée  par  les  naturalistes  qui,  ioterpr^ 
ûr  créer,  multiplier  et  varier  suffis-im-  laut  k  leur  manière  les  monamenU  géolo- 
nf  les  signes  que  leurs  idées  el  leurs  t>e-  giqiies,  ont  voulu  écarter  l'inlervenliun  ré- 
us  nombreux  rendaient  nécessaires.  pétée  de  la  cause  première  dans  l'esplica- 
'  Il  iiVd  estpasaînsidesaulres  animaux;  tiou  qu'ils  onl  donnée  de  l'apitarition  sue- 
,  quoique  les  pins  parfaits  d'entre  eus,  cessi*e  de  nouvelles  rtcea  d  animaux  et  de 

:O0ftt   Piiil.  t«çi.,  L  I,  p.  S5S.  on    Diai  mmmfaii  par  ta  «rm  ,   nous  avmn 

:Ot>9>  /fttrf.,p.55ôclSSl.  rêralé  m  hidrases  doctrines  sur  leiqidles  wMH 

_.....    .^r,      _    ,...,„         n —   I.  .L._  in  rcTicndriM»  aitlears. 


mi 


«CnONJMiiœ  AMHiOOETIQOE- 


-  |tlan  te*»,  M  d«  l'eilinfilion  xlesTscds  préexis- 
lAiiles.  aux  différentes  phases  d'évolution 
Ob  noire  plaaile. 

Ainsi  dooc  pour  renrerserces  assertions 
du  panlbëisme  matérialislQ,  il  nous  suflira 
d'élabiir  Ik  grioda  thàse  de  Vimmutabililé 
itu  ttpêcu. 

s  m. 

Le  lysLèiK  de  U  trmbrantii»  padielle  de*  ttpina 
esi  rërulâpK  ta  pernuuiaaceda  espèces  de  UcrtuUoa 

actuelle. 

Onand  on  jette  les  yeux  sur  les  divers 
gi'OU|(ei  entre  lesquels  fes  plantes  et  les 
animaux  ont  Hé  divisés,  on  les  trouve  d'a- 
J>oriJ  si  nalnrels  qu'on  n'bésile  point  h  re- 
garder arec  Linné  ■  les  geor»*  uomme  ansai 
;uien  élatilisdans  la  nature  que  les  espèces 
t]ui  les  composent  (3011).  »  Mais,  lorsque 
«n  examinant  les  uombri:u»es  gradations 
interniédi aires,  on  vient  A  reconnaître  que, 
la  plujiart  du  temps,  toutos  les  lignes  de  dé- 
fnarcBlion  ont  disparu  là  mftme  où  elles 
étaient  d'abord  le  plus  distinctes,  cm  com- 
4n«iKepar  mettre  en  doute  l'existenea  réel  le 
<les  genres,  et  l'on  finit  par  les  regarder 
-ceninie  des  signes  arbitraires  et  arlitTctcls, 
îuveiilés,  comme  ceux  qui  servent  k  distia~ 
guer  lea  constellations  célestes,  Hoique- 
■inenl  pour  la  iwminodilé  de  la  clossinca- 
tion. 

l'sssanl  ensuite  aux  espèces,  de  nou- 
veaux dmilcs  s'élèvent  dans  l'esprit  relstî- 
veiuenl  h  leur  nature;  on  se  demande  si 
dies  ne  seraient  pas  aussi  peu  réelles  que 
Jcs  genres;  et  parmi  les  divers  phéttomôues 
qui  tiieal  notre  attention,  il  en  est  deux 
surtout  qui  excitoni  notre  étonnemenl  : 
c'est  d'abord,  que  quelques  individus  s'é- 
4^ai'leDt  considérableaient  du  type  ordi- 
naire par  l'elTet  de  circonslances  parlicu- 
iièrea;  {)uij,  que  les  particularités  nouvel- 
lement acquises  par  ces  individus  sont  âdè- 
Jemeot  transmises  à  leur  postérité.  On  se 
(Icmandeavecinquiétude  jusqu'où  de  telles 
jiiDdiJlca Lions  peuvent  s'élenJre  dans  uu 
laps  de  temps  immense,  et  pendant  que  de 
grands  cbaiigameiits  s'accomplissent  dans 
J'étst  pltysique  du  globe.  ToulefoiSi  on  se 
rassure  bieulût  quand  ^n  voit  que  la  nature 
a  défundii  le  mélange  des  descendants  de 
«oudies  primitives  distinctes,  ou  que  du 
iuoins  elle  a  frsp|té  de  stérilité  leur  progé- 
Jiilure,  euipècliani  ainsi  que  ces  races  se 
ouufoodeut,  ulimliquant  par  là  qu'une  mul- 
titude lie  types  disiinds  doivent  avoir  .été 
créés  d«is  le  principe,  et  s'être  conservés 
|uira  et  À  l'abridetwuta  altération  jusqu'à 
«eJ9ur. 

. .  l^oofiwM  dsas  eelte  loi  générale,  le  natu< 
raliatequiohercheà  se  rendre  compte  de 
lamarcbede  la  nature,  essaie  de  réaoudie 
cbaque  problème  diilicile  qu'il  rencoiilru 
far  l'upérience  ciireole>  Usis  bienlût  il  se 
trouve  arrêté  par  des  embarras  d'un  autre 
gunre;  de  nouveaux  pliénaménes,  tels  que 
lu   TécoudiiUon  d'uue  bybildo  et,  dans  le 


règne  végélAl,  la  reprododion  a'iiattii- 
bnde  à  travers  plusieurs  génénliont,li 
Jettent  dans  de  nouvelles  peririeulkll  it 
voit  réduit  à  choisir  entre  deui  ilieruil. 
ves  :  il  faut  ou  Qu'il  nie  la  réalité  du  Uii 
observés,  ou  qu  il  déclare  que  les  dm  o- 
pécosde  l'union  desquelles  protiecneMb 
individus  féconds  n'elsieni  quedesispla 
variétés.  En  adoptant  celle  deraière  pro» 
sition,  il  est  forcé  de  mettra  en  doute  m 
de  la  distinction  de  toutes  lei  lulni  ei((- 
ces  supposées,  qui  nediffërenlpasplDa. 
tre  elles  que  les  individus auiquelscui}! 
brides  lécoods  doivent  leur  oiisi«iKt;a! 
bien  qu'il  ne  puisse,  dans  Ions  cet  im  i 
cas,  se  procurer  immédiatement  ut  itL 
vidu  fécond  proyi>nsol  de  parents  bjtim-v 
l'expérience  lui  fait  voir  cependant,  ^> 
prôs  plusieurs  essais  sans  r«ullti,  hatt 
plement  des  deux  espèces  diiiiDclapcgi. 
sous  l'influence  de  circooslances  trèHiir 
râbles,  finir  par  donner  DsissaoH  i  wn 
progéniture  féconde.  Or,  ne  peul-onpi 
supposer  que  de  (elles  cJrconsliDcesuHji 
présentées  plusieurs  fois  dans  le  coBn» 
grand  nombre  de  sièclesl  | 

En  voyant  ainsi  s'écoulersascessiveadl 
chacun  des  jalons  sur  lesqueli  il  iétail  if 
puyé,  l'observateur  dont  nous  {wlaDi  k 
di-sposô  à  adopter  la  première  daclrinean 
vells  qui  lui  est  présentée,  môme  la  l'ii 
invraisemblable,  la  plus  absurde;  hfJ 
ses  ]reux,  il  n'y  a  plus  deslabiliiédaiu:i 
création  animée,  tout  y  est  dans  un  t'-itt 
gement  continuel.  C'est  alors  que  le  gi«i 
gue  vient  lui  apprendre  qu'il  j  «  eu  dei  ~ 
cissitudes  sans  tin  dans  la  foraie  el  '"' 


.dein 

diDtM 
10I1M 


Structure  des  êtres  organisés  des  il  . 
temps  i  que  l'ordre  de  choses  actuel  ni  fi 
amené  que  graduel leineni,-  que  les  \i>i» 
mènes  d'organisation  ont  subi  un  dérflr 
pement  progressiT,  subordonné  sni  IkM 
de  l'existence,  et  s'élendant  depuis!'»''! 
plus  simple  jusqu'au  plus  cofflpleu;ilK 
rappariliun  delliomme  est  le  demin'i^^ 
nomène  d'une  longue  suite  d'éréneisnii: 
et  «ntiti  qu'une  série  do  révolutions  |>)i!- 
siques,  contemporaines  avec  dus  ti'o-* 
lions  analogues  dans  lo  règne  orj^uiiiiii 
et  non  moins  importantes  que  crile»^ 
peuvent  être  observées  dans  lemoDileiJK' 
ganique. 

11  trouve  donc  dans  ces  idées  U  «M 
lirmation  des  préjugés  qu'il  a  conçui  nli 
(ivementàla  stabilité  du  carad^re  de  l't* 
pèce,  et  il  n'est  pas  éloigné  de  supposer  m 
rapport  nécessaire  entre  unesérie  ittiii 
gemeuls  produits  dans  le  monde  inor^°< 
que,  et  la  propriété  donljouisseat  les  *> 
pèces  d'êtres  modiSées  iudétinimeui  i' 
l'iuQuence  des  circonslanceseiiérieuK'i'l 
ne  s'arrête  pas  dans  ces  coqjeclures;  il  >" 
vient  à  regarder  comme  tout  à  fait  irii^''' 
blablequela  forme  extérieure,  lasimi»' 
intérieure,  les  facultés  inslinclives,  '' '' 
raison  elle-même,  ont  pu  se  dâvelopl* 
graduellement,  i  partir  de  l'eut  Iï!""* 


(âOII)  I  Ccaus  omne  csl  naiuralc,  in  primordio  lale  creauim,  i  etc.  (  PUl.  bot.,  S  159,  eU.] 


tza 


mil 


mcnoERAiRB  APOLocrnooK. 


tmfX»  de  reiistenec;  qneloastes  Btiimaoi, 
niomme  aussi  bien  qae  les  Cires  dépoar- 
Tus  de  raicon,  peuvent  SToir  ea  nae  ori- 
ilinerommnne  ;  qae  tons  ronnent  peut- 
élro  SDlaDl  de  parties  d'un  système  de  dé- 
Telopp?fnenl  coDticrael  et  progressif,  s'é- 
teadant  depuis  les  organisations  tes  plus 
imparTsites  josqu'anx  plus  complexes;  eu- 
fin,  il  tbjare  son  ancienne  croyance  relati- 
lemenli  l'origine  reculée  de  son  espèce, 
tt,  portant  ses  regards  en  arant,  il  eontem- 
|ile,  comme  eompenulion,  la  perfectibilité 
fotare  des  facultés  phjsiqaes,  iolellcctuel- 
(es  et  morales  de  l'homme. 

Il  coorii-nt  maintenant  d'examiner  ce 
la'ii  j  a  de  défectueux  sons  le  rapport  des 
Ifeines  et  de  captieni  i  l'égard  du  raisoo- 
■wnenl,  dans  les  motifs  qui  ont  fait  adop- 
Iffces  étranges  conclusions. 

Il  est  indubitable  que ,  lorsque  l'Auteur 
dehuatore  créa  loi  animaux  et  les  végé- 
iaoi ,  il  prévit  tontes  les  circoas  lances  pos- 
riblrs  au  mïlleo  desquelles  les  descendants 
lecluqueespèce'del'nnflt  de  l'autre  règne 
«ol  dëaltnés  à  vivre,  et  que  celle-ci  fut 
'uoéed'une  organisation  telle  qu'elle  pût 
<Tre  el  se  reproduire  du  milieu  des  cir- 
iDsIaDces  variables  aoiquelk-s  elle  doit 
've  ÎDévilableuent  exposée-  Or,  l'étendue 
les  limites  de  ces  circousiances  différera 
sscDliellemeut  dans  presque  tous  les  cas. 
'rmoQt,  par  exemple,  uue  des  coodiiious 
fut  eiereent  le  plus  d'inOuence  sur  la  vie , 
die  <te  la  température.  11  y  a ,  prés  de  l'é- 
çuifor,  quelques  districts  assez  étendus 
iji,  dans  I  espace  de  p'osieurs  mlMiers  de 
«îles,  le  tbermomèlre  ne  ponrniil  jamais 
■  Tier  de  plus  de  11  degrés  centigrades  ;  Je 
■«11--  (|UG  si  une  plante  on  oc  animal  était 


;  ([ue 
:&ii)isé  de  manière  i  supporter  celle  va- 
— '.on  de  température,  rien  n'empêcherait 
il  continuai  h  vivre  à  la  surface  du  gtobe 
tidanl  une  période  de  temps  marquée  par 
nombre  considérable  de  siècles,  quoique 
»que  individu  fût  exposé  à  périr  loul  d  un 
i|>)  par  suite  do  moindre  excès  de  chaud 
Je  froid  an  delà  du  degré  thermométri- 
î  que  nous  venons  d'indiquer.  Hais  si 
e  es]  èce  se  trouvait  placée  sous  une  des 
i4fs  tempérées,  et  si  sa  constitution  ne 
[  croiettail  de  supporter  qu'une  variation 
température  égale  k  ceUe  que  nous  si- 
lioos  tout  ï  l'heure,  elle  périrait  inévi- 
lemcnt  avant  qu'une  seule  annéo  Kl 
ulée. 

uivant  U.  de  Humbcldl,  à  Cumana,  sous 
one  torride,  la  différence  entre  la  leui- 
iture  des  mois  les  plus  chauds  et  les 
I  froids  n'est  que  de  3  degrés  cenligr. 
iroa  ;  tandis  que  soos  les  zones  lempé- 
',  la  variation  annuelle  s'élève  k  33  de- 
I  e  aviron,  et  qu'au  Canada,  la  dilTérencc 
'lus  grande  est  de  50  degrés  centigr. 
n  peut  appliquer  la  même  remarque  aux 
Tses  autres  conditions  nécessaires  t 
lsleoce,k  la  nourriture,  par  exemple. 
BlTvt ,  on  conçoit  aisément  que  la  nuur- 

**S)   Cimn,IN(eMn  iw  Ut   TéMlmli»Mi  da  fM«. 8*  édKoo,  p.  »l. 


ritnre  neut  être  régulière  pendant  one  pé- 
riode de  temps  indéfinie  dans  telfe  partie  da 
monde ,  et  dans  telle  autre ,  précaire  et  su- 
jette k  toutes  les  sortes  de  changements , 
sous  le  rappiu-l  de  sa  nature  el  de  sa  quan- 
tité. Plusieurs  conditioiis  paraissent  néces- 
saires pour  que  les  espèces  puissent  vivre 
pendant  un  temps  considérable,  sous  des 
circonstances  aussi  variables.  Si  donc  la 
température  et  la  nonrriture  sont  au  nora> 
hre  des  causes  eilérieures  qui,  suivant  cer- 
taines lois  de  physiologie  animale  el  végé- 
tale, modifient  I  organisaliun ,  la  forme  ou 
les  facultés  des  individus ,  on  recoiinaft 
bienldl  que  les  degrés  de  variabilité,  consi- 
dérés par  rapport  h  un  type  commun ,  doi- 
vent différer  considérablement  dans  les 
deui  cas  que  nous  8U|iposions  loul  à  l'beo- 
re,  puisqu  il  faut,  dans  l'un,  qu'une  espèce 
se  plie  à  une  bien  plus  grinde  diversité  de 
circonstances  que  dans  l'aotre. 

S'il  y  avait  une  loi,  par  exemple,  en  verln 
de  laquelle  une  nourriture  insuffisante  dftt 
arrêter  la  croissance  des  individus  aptes  par 
leur  nature  k  supporter  des  privalions  do 
celte  sorte,  et  que  l'un  d'eux ,  ne  pouvant , 
par  suite  de  cette  caase,  aiicindre  lus  di- 
mensions p)ropres  k  son  espère,  donnât  le 
Jourk  une  ])rogéniture  rliétite,  il  t-n  résul- 
terait nne  race  avortée,  ainsi  que  plusieurs 
variétés  du  cheval  et  du  chien  en  offrent  de 
si  remarquables  exemples.  La  différence  de 
teille  qu  on  observe  entre  quelques  races 
de  i-hiens  est  ■  comme  un  a  cinq  dans  les 
dimensions  linéaires,  ce  qui  fait  plus  du 
centuple  de  la  masse  (S012).  ■  Or,  ily  a  tout 
lieu  àb  croire  que  les  espèces,  en  général, 
ne  peuvent  eiisler  sous  des  circonstances 
capables  de  donner  naissance  k  des  dimen* 
sions  si  dispioporlionoéeS;  et,  par  suite, il 
y  aura  une  multitude  d'csg.èces  dtsiincles, 
parmi  lesquelles  on  ne  rencontrera  pas  doux 
jnJividas  adultes  s'éloignant  auiant  d'un 
certain  type  de  dimensions  que  les  simples 
variétés  de  certaines  autres  espèces,  celles 
du  chien,  par  exemple.  Uaiotenant,  si  noas 
supposons  que  ce  que  l'on  observe  à  l'égard 
de  la  taille  peut  avoir  lien  aussi  par  rapport 
h  la  couleur  et  k  [lusicurs  autres  condi- 
tions, il  s'ensuivra  que  le  degré  de  discor- 
dance possible  entre  les  variétés  de  la  même 
cs|ièce  surpassera  quelquefois  la  plus  grande 
disparité  qu'il  poisse  y  avoir  antre  deux  in- 
dividus appartenant  k  des  espèces  distinctes. 
Il  en  sera  de  même  k  l'égard  de  l'instinct; 
car's'il  a  été  prévu  qo'ane  espèce  aura  k 
combattre  une  grande  diversité  d'ennemis, 
il  faudra  nécessairement  qu'elle  soit  douée 
de  beaucoup  <le  prudence  el  de  ruse  oa  de 
courage,  el  d'anires  qualités  capables  de  se 
développer  en  cerUines  occasion^.  L'his- 
luire  et  les  habitudes  d'une  variéié  d'une 
lelle  espèce  peuvent  souvent  différer  beau- 
i-oup  plus  de  celles  de  quelque  autre  vn- 
riété,  que  ne  différeront  entre  elles  rhi>- 
toire  el  les  habitudes  de  plusieurs  es)pèces 
distinctes ,  chez  qui  la  ^ullé  da  M  plier  k 


ttbH 


HOU 


UCnONHAiaC  AI>OL0G£TIQUE. 


HO» 


<les  ciroonatanccs  direrses  est  )ilus  iKirnëi-. 

Quelles  sont  donc  les  limiies  de  la  varia- 
liililé  oliserïëe  dans  les  espèces? 

La  déliuition  que  LamarclE  a  donnée  de 
l't):>()èce  n'ast  pas  eiacte  ;  il  n'est  point  vrai 
que  les  nalurolisles  suoposent ,  en  général, 
«dans  chaque  animal,  une  organisation 
vonslaole  el  des  parlics  qui  n'ont  jamais 
varié  et  qui  ne  isnenl  jamais  (2013).  *  Tous 
admettent,  au  contraire,  que  les  circonstan- 
ces influent  sur  les  habitudes  d'un  individu, 
t-l  que  CCS  ha'bitudes  peuvent ,  k  leur  tour, 
modifier  l'état  de  ses  organes  et  de  ses  di- 
verses parties  ;  mais  Is  diCTérence  d'opinion 
3ui  jiartage  les  savants  porte  sur  retendue 
es  moditicalions  que  peuvent  subir  les 
tiabitudes  et  les  organes  de  telle  ou  lelîe 
espèce. 

EiamiiMos  donc  d'abord  quels  sont,  dans 
l'histoire  des  esfièccs  connues,  les  faits  po- 
sitifs qui  peuvent  établir  qu'une  somme  de 
changements  considérables  et  permanents 
<*c5t  produite  dan^  la  forme,  dans  la  struc- 
ture ou  dans  l'instinct  d'individus  descen- 
dant d'une  souche  commune.  Ce  snni  les 
Miiniaux  soumis  &  l'état  de  domesticité  et 
les  plantes  cultivées  qui  présentent  ii-s 
exemples  les  plus  authentiques  de  l'éten- 
due, de  la  variabilité  des  espèces.  Celles  qui, 
Mit  dans  le  règne  animal,  soit  dans  le  règne 
végétal ,  ont  1  organisation  la  plus  Qexible, 
celles  qui  peuvent  se  plier  6  une  grande 
diversité  de  circonstances  nouvelles,  sont 
les  plus  utiles  h  l'homme.  Elles  peuvent, 
seules ,  être  transportées  par  lui  dans  dilTé- 
rents  climats,  et  leurs  propriétés  ou  leurs 
instincts  sont  susceptibles  d'être  modiliés 
suivant  les  dilTérenctiS  qui  peuvent  su  pro- 
duire dans  leur  uourrilure  et  dans  leurs 
inibi(u(fes.  Si  les  ressources  d'une  espèce 
sout  tellement  limitées,  et  si  ses  habitudes 
aiusi  que  ses  facultés  out  un  caractère  si 
borné  et  si  local,  que  les  individus  dont 
4:11e  se  compose  ne  puissent  vivre  qu'en  un 
Irès-petil  Dombre  de  pointa  de  la  surface  du 
globe,  il  est  rare  qu'une  telle  espèce  soit 
d'une  gronde  ulililé, 

Le^s  modiCcations  produites  dans  les  dif- 
férentes races  de  chi(:ns  montrent,  de  la 
liianière  la  plus  frappante,  l'influence  de 
l'homme- Ces  aniiuaui  ont  été  transportés 
dans  tous  les  climats  el  placés  daus  toutes 
les  circonstances  (lossibles.  a  C'est  surtout , 
dit  Duri;au  du  la  Malle,  dans  le  chien,  le 
compagnon,  le  gardien,  le  sitrvileur,  el,  pour 
ainsi  dire,  l'ami  intime  de  l'homme^  le 
cbieu,  objet  constant  de  ses  affections  ,  de 
SCS  soins  el  de  sa  prévoyance,  que  le  déve- 
loppement cl  les  proijrè^  de  l'éducation  do< 
uiestiquo  ,  que  la  puissante  influence  d'un 
génie  supérieur  sur  les  mœurs  et  l'inlellï- 
KOnce  de  l'animal,  se  manifestent  d'une 
manière  presque  miraculeuse  (2dI&J.  ■  Dif- 
férentes races  ont  subi  dos  changements 
remarquables  h  l'égard  de  l'épaisseur  et  de 
b  couleur  de  leur  |>clagâ;  les  clitcns  de 


I  nat..  I.  X\|,  p.  CO. 


Guinée  sont  presque  nus,  Isodit  qug  «ui 
du  cercle  polaire  arctique  loul  œuieru 
d'une  fourrure  chaude ,  moitié  poil  «t  nui. 
lié  laine,  qui  leur  permet  de  sDppotier  k 
froid  le  plus  intense  sansinconTÉaiïELCB 
animaux  offrent  des  différeDcesd'uDBiuin 
nature,  mais  non  moins  remsrqaables:!!!- 
las  sont  parliculièremenl  celles  que  préMii- 
tent  la  longueur  de  leur  nex  et  la  cODietiic 
de  leur  front. 

Mais  ee  serait  vainemeol  que  nuuiei|i(- 
rerions  trouver  quelques-uns  ds  cei  diu- 
gements  essentiels,  qui  seuls  poumiot 
donner  une  apparence  de  fondeuieni  ik 
théorie  de  Lamarck,  relativement  lu  (Un- 
loppement  de  nouveaux  organes  el  1 IV 
bliléralion  graduelle  de  certsiai  loim. 
«  ....  Enfin,  dit  Cuvier,  et  ceci  est  le  ms- 
mum  de  variation  connu  jusqu'à  ce  jov 
dans  le  rè{;ne  animal ,  il  y  a  des  ricu  dt 
chiens  qui  ont  un  doigt  de  plus  su  pitdik 
derrière  avec  les  os  du  Isrse eorrespooiiiiili, 
comme  il  y  a  dans  l'espèce  hunniae  quti- 
ques  famifles  sexdigitairea. 

■  Mais,  dans  toutes  ces  varialioos,  les  ^^ 
latious  des  os  restent  les  mémâs,  etjiMi) 
la  forme  des  dénis  ne  change  d'uno  Butièn 
appréciable;  toul  au  plus  j  s-l-il qiitl<)Mi 
individus  où  il  se  dévelopiiu  une  bussenw- 
taire  de  plus,  soil  d'ua  coté,  soit  de  I'h- 
Ire  (201S).  > 

Lamarck  pense  qu'il  ne  serait  point  la- 
possible  que  le  loup  eût  servi  d'origine  m 
cliien;  d'autres  naturalistes  le  foataescee- 
dre  du  chacal  ;  d'autres  enfin,  avec  Limé, 
BulTon,  F.  Cuvier,  de  Blainville,  re^nJeu 
le  chien  comme  une  espèce,disliricle,  ïii- 
gré  l'antipathie  el  la  haine  iutélérée^ii 
empêchent  les  chiens  et  les  loups  deiV 
prêcher,  on  est  parvenu  î  faire  prodiiii' 
une  louve  avec  un  chien  braque  iTetlcfW 
elle  avait  été  élevée  dès  sa  jeunes» il" 
Spontin,  dans  fiullon].  II  résulta  Jtftij^ 
nences  de  BulTon  sur  les  praduiudctA 
deux  individus  jusqu'à  la  quatrièmejjnt 
ration,  que  ces  métis  allaient  ss  nprra- 
chant  du  tj'pe  de  leur  grand'mèrekiïni 
chaque  génération.  Cette  dilTéreDM  tnw 
les  produits  du  chien  avec  le  laup,ïll>i 
produits  des  diverses  racçs  de  cfaiïHiilt- 
monire  que  le  loup  et  le  chien  iodI  lita 
espèces  (listincles  ;  ce  qui  est  encore  pnm 
|)urle  fait  des  chiens  devenus  tuntffi^ 
puis  plus  de  deux  cents  ans  en  Aojériijuc: 
ces  chiens,  en  effet,  ne  sont  pasrtdt^t* 
loups,  comme  cela  a  lieu  pour  la  Mcbuart 
le  chat,  qui  redevienueiit  sanglier  el  àai 
suuvagcs. 

Après  avoir  étudié  comparaliveioeollo*' 
les  les  espèces  du  genre  tanitt  laol  li^if''^ 
que  fossiles,  U.  de  Blainville  s'etpnM 
ainsi:  ■  Nous  acceptons,  avec  le  seaxvDi- 
luun  et  arec  BuETon,  ce  quels  forte <If!<J 
génie,  soutenu  de  l'oliservaliun,  quoiq»*''' 
un  ait  dit,  lui  a  démouifiJ,  a  irrian'CNOu 
a  poiUriori,  que,  daus  le  Ufftt  véi^ 

_(20I5)  DiuûHn  skt  le$rén>t»li9»tiBtl*.fi 


nsT 


BON  BKTIONNAIRE 

dans  le  règne  «nimai,  les  iDiliriilos 
il«  Mies  difTérenls  qui,  par  «ntlièsa  ou 
par  accouplemeol ,  peuveot  produire  des 
ladiridas  eux-mêmes  féconds,  en  lout  sem- 
blables k  lears  pareuls,  et  ne  dilTéraot  que 
par  des  ouances  en  plus  ou  en  moins,  cons- 
IJEueot  une  espèce.  Dés  lors  toutes  les  rai:es 
et  variétés  si  nombreuses  de  chiens  qui  se 
irouTenl  dans  toutes  les  parties  du  monde, 
ec  d'aolanl  plus  variées  et  plus  oembreuscs 
que  l'espèce  humaine  est  elle-môoie  6  un 
plus  haut  degré  de  ciTilisatioD,  ne  consti- 
tuent qu'iiiM  seule  et  méoie  espèce  remon- 
tant i  l'acte  de  la  création  divine  (20l6}.  > 

Ob  sait  que  le  clieval,  le  bœuf,  le  cocbon 
et  divers  autres  animaux  domestiquas,  qui 
ont  été  introduits  dans  l'Amérique  méri- 
dionale, et  qui  sont  devenus  sauvages  dans 
plusieurs  parties  de  ce  continent  ont  en- 
tièrement perdu  toute  marque  de  domesti- 
cité, et  ont  repris  les  caractères  originaux 
de  leur  espèce.  Hais  les  cbiens  sont  aussi 
devenus  sauvages  i  Cuba,  ï  Haïti  et  dana 
loutei  les  lies  Caraïbes.  Au  xvh*  siècle,  ils 
thassaient  en  se  réunissant  par  meule*  de 
i/ouie  à  cinquante,  ou  même  plus,  et  atl»- 
!)a«ieDt  sans  crainte  des  troupe»  de  fa»- 
gliersel  d'autres  auimaux.  Les  voyageurs 
out  issuré  qu'ils  avaient  la  plus  grande 
ressemblance  avec  le  chien  de  berger  t  lou- 
iovti  ttt-H  certain  qu'ils  ne  furent  jamais 
truslonués  en  loups.  Ils  étaient  extréme- 
nieal  féroeex ,  mais  lorsqu^on  parvenait  h 
s'emparer  de  quelques-uns  de  leurs  petits, 
et  qc'oa  les  IraDsportaït  des  bols  dans  les 
wiiles,  00  les  élevait  sans  peine  dans  la  plus 
parfaite  soumission  envers  l'homme.  De 
uOfflbrcux  exemples  démontrent  que  l'éten- 
liue  des  changements  que  produit  dans  les 
espèces  l'état  de  domesticité,  tient  k  lafa- 
:  istté  de  varier  pjus  ou  moins,  dont  elles 
^£301  douées  ori^oairement.  Bieo  .que  le 
:f~ii;Tal  soit,  depuis  aussi  longtemps  que  le 
f^ien,  soumis  h  l'état  de  domesticité,  sea 
iMFffrses  races  s'écartent  infiniment  moins 
l'un  l/pe  commun  ;  l'Ane  a  subi  moins  de 
tiangemeots  ciicore;  le  chameau  n'en  a 
iresque  point  éprouvé,  et  pourtant,  il  est 
irobable  que  ces  deux  espèces  sont  sou- 
uises  &  l'homme  depuis  aussi  longtemps 
lue  le  cheval. 

Comme  les  naturalistes  qui  soutiennent 
t  tbéori»dela  variabilité  des  espèces  comp- 
eni  beaucoup  sur  la  lenteur  et  rimperce|>' 
ibifité  descliangenents  que  le  temps  peut 
TcKlnire,  ils  regrettent  virement  que  l'an- 
ijuiié  ne  nous  ait  pas  transmis  des  descrip- 
10US  exactes  et  des  tigures  d'animaux  et  de 
Jautes,  qui  nous  auraient  l'ounti  des  don- 
lées  de  comparaison  entre  les  conditions 
espectives  des  espèces,  h  d<:ui  éiMXiues 
ODsidérablement  éloignées  l'une  de  I  au- 
re.  Eb  bien  I  nous  avons  mieux  qu'un  pa- 
t;il  témoignage:  les  prêtres  égyptiens  nous 
int  légué,!  cet  é^ard^daiis  leurs  cimetières, 
les  îuformatious  qui  peuvent  parEsitemeot 

4W1S)  OlM.,  Fau.  Cm»,  p.  15S. 

V^aiT;  An».  4»  Matiam  d'kiMirt  mivn/Jc,  I.  I, 

DlCnOX^ItlHE    APOLUGÉTIQCK     1. 


APOLOGETIOUS  HOU  laSI 

nous  tenir  lieu  des  muséums  et  des  ourta- 
gas  que  les  philosophes  grecs  ne  nous  ont 
pas  laissés. 

C'est  ^  rbabilolé  et  aux  recherches  des 
naturalistes  tjui  faisaient  partie  de  l'expé- 
dition française  en  Kgypte  que  nous  tlevonS 
la  découverte  de  ces  précieux  documenta. 
M.  Geoffroy  Saiiil-Hilaîre  et  ses  collègues^ 
au  lieu  de  s'occuper  exclusivement  do  la 
recherche  de  momies  humaines,  examinè- 
rent avec  le  plus  grand  soin  et  envoyèrent 
en  France  un  grand  nombre  de  corps  em- 
baumés d'ani'uau&saçré-S,  tels  que  le  liœuf, 
le  chign,  le  chai,  le  singe,  l'icbueurnoo,  le 
crocodile  et  l'ibis. 

Dans  le  rapport  oXciel,  présenté  par  les 

firofessaurs  du  Uuséura  i  Paris,  sur  la  v»- 
eor  de  ces  objets,  on  trouve  plusieurs pos- 
sagesqoi  malgré  l'éloquence  dont  ils  sont 
empreints,  pourraient  paraître  singuliers, 
si  l'on  oubliait  à  c^el  point  les  natun^ 
listes  devaient  apprécier  l'influence  des  faits, 
ainsi  révélés ,  sur  l'histoire  ancienne  du 
globe. 

•  Il  semble,  disent-ils,  que  la  superstition 
des  anciens  Egyptiens  ait  été  inspirée  par 
la  nature,  dans  la  vue  de  laisser  un  monu- 
ment de  son  histoire.  Ces  hommes  bizarres» 
en  emtiaumant  avec  tant  de  soio  les  êtres 
bruts  dont  ils  avaient  fait  des  objeta  de 
leur  stupido  adoration, nous  ont  laissé,  dans 
leurs  grattes  sacrées^  des  cabinets  de  zoolo- 
gie presque  complets;  le  climat  s'ast  joint 
a  l'art  des  embaumements  pour  préserrer 
ces  corps  de  toute  corrupliuo  ;  et  nous  pou- 
vons nous  assurer  à  présent  par  nos  yeux 
de  ce  qu'étaient  un  grand  nombre  d'espèces, 
il  y  a  trois  mille  ans... 

■  On  ne  peut  maîtriser  les  élans  de  son 
imagination,  lorsqu'on  voit  encore  con- 
servé, avee  sas  moindres  os,  ses  moindre: 
poils,  et  parfaitement  recoonaissable,  tel 
animal  qui  avait,  :l  y  a  deux  ou  trois  mille 
ans,  dans  Thèbes  ou  dans  Uempbii,  des 
prêtres  et  des  autels  (S017J.  a 

Parmi  ces  momies  égyptiennes,  noo-seu- 
lemeul  il  y  eo  avait  qui  aupartenaieot  à  des 
reptiles,  àdes  oiseaux,  àues  quadrupèdes 
sauvages;  mais  ce  qui,  jieat-ëlre,  était 
beaucoup  plus  important  encore  pour  dé- 
cider la  grande  que&tiou  de  la  iwrmaneoca 
des  espèces,  cest  que  l'un  en  trouva 
aussi  de  plusieurs  animaux  domestiques, 
tels  que  le  bcenf)  le  chien  et  le  chat.  Or, 
telle  était,  suivant  Guvier,  la  conformité  du 
toutes  eus  diverses  espèces  avec  celles  qui 
viteiil  aujourd'hui,  que,  respectivement, 
elles  u'offraiGut  pas  plus  de  dilfi^rence  qu'on 
n'eu  observe  enlre  les  momies  humaines  et 
les  corps  humains  que  l'on  embaume  de 
nos  jours.  Cependant,  quelques-uns  deees 
animaux  ont  depui&cette  époque  été  trans- 
(lortés  par  l'tiotiime  dans  presque  tous  les 
cliiuats,  et  su  sont  vus  forcés  d'assujelUr 
leurs  habitude-s  à  la  plus  grande  diversité 
deuirconstauces.  Le  chat,  par  eiemple,qui 

p.  %àl.  —  Let  rappitrtcen  «Haioiit  MU.  Ciivier,  La- 
cépêde  et  Laïuardi. 


1«9 


HOU 


"  DlCT10»NAIRIi:  APOLOCETtQOE. 


ROX 


■K  élé  transporté  par  toute  la  terre,  et  qui, 
ilepuis  les  trois  siècles  derniers,  est  natu- 
ralisé dans  toutes  les  parties'  du  nouTean 
monde,  depuis  les  froides  régions  du  Canada 
jusqu'aui  plaines  tropicales  de  la  Guyane, 
»  subi  b  peine  quelques  légères  moaiâca- 
tions;  00  ie  retroare  tel  encore  que  l'a- 
nimal qui  était  réputé  sacré  chez  les  Egyp- 
tiens. 

Le  bœuf  comprend  sans  doute  phisieors 
races  très-distinctes;  mais  le  bœuf  Apis, 
celui  qui  était  conduit  dans  les  processions 
solennelles  par  les  prêtres  égvptieus,  ne 
ditfère  point  des  espèces  actudie».  La  race 
bovine  est  devenue  sauvage  en  Amérique  ; 
«r,  quoique  le  climat  offrit  dans  ce  pays 
des  particularités  que  peut-être  on  ne  ren- 
contrerait dans  aucune  partie  de  l'ancien 
monde;  quoique  cette  race  y  ait  k  peine 
trouvé  pour  sa  nourriture  une  aeule  plante 
exactement  de  la  même  espèce  que  celles 
^ui  lui  servaient  de  pâture  dans  notre  con- 
tinent, au  lieu  de  subir  dans  ses  formes  et 
dans  ses  habitudes  la  moindre  altéralioD, 
elle  est  revenue  k  un  étal  de  ressemblance 
parfaite  avec  le  bétail  sauvage  ,  originaire 
i]'£urope  (SOIS). 

En  réponse  aux  arguments  tirés  des  mo- 
mies égyptiennes  ,  Lamsrck  prélendoît 
qu'elles  étaient  identiques  avec  leurs  des- 
cendants ,  vivant  dans  la  même  contrée, 
Carce  que  le  climat  et  la  configuration  des 
ords  du  Nil  n'avaient  point  éprouvé  do 
cbangemAflts  pendant  les  treniesiècles  der- 
-niers.  Mais  pourquoi ,  demaodera-t-on, 
d'autres  individus  de  ces  espèces  ccnser- 
venl-ils  les  mêmes  caractères  dans  un  si 
grand  noœttre  de  régions  où  le  climat  et 
tant  d'autres  conditions  sont  si  variés? 

Des  recherches  analogues  ont  été  faites 
par  les  botanistes,  au  sujet  des  plantes  de 
lit  jjIiis  liautti  antiquité  ,  et  l'on  est  arrivé 
aux  mêmes  résultais,  c'est-à-dire  que  l'on  a 
-«obstalé  J'identitê  des  espèces  appartenant 
à  ces  temps  reculés,  avec  les  mêmes  espèces 
-uiistanti  nolrc^poi|ue  (âOld).  H.Mahudel, 

(3018]  1  II  V  a  dans  les  inimaux,  illl  CuvIlt,  des 
«aradén^i  qui  rëHiatenl  ii  loulei  les  ittDuehces,  soit 
itaturdlei,  soit  bumaiRes,  ei  rien  n'annonce  que  te 
leitipi  ait,  A  leur  égard,  ^ua  d'effet  que  le  climat  et 
la  ilumcallcilé. 

1  ieiaU  qufl  ijuelquei  naliiralistes  comptent  beau- 
coup sur  tes  milUera  de  siècles  qu'iti  accumulent 
d'un  Irait  de  plume  ;  mais,  dans  Oe  «emMables  lu*- 
lièrcB,  nou«  ne  pouvons  suèi'e  Juger  'île  ce  qu'un 
long  temps  ptoiftiirail,  qu  en  inuUi}ili»nt  par  la  peii- 
iiée  ceque  produit  un  temps  luuiiidre.  J'ai  douccuer- 
clié  ï  recueillir  les  i^us  iiteien^  rtoc-uments  sur  les 
formes  des  aiiimaui,  et  II  n'en  existe  poiiii  qui  éf;a- 
lent  pour  l'anliquitë  et  pour  l'alioiiilaiict)  iaui  que 
noua  ToDrail  rËg.rple.  Elle  nous  ulîre  iion-seutemeat 
des  images,  mais  les  corps  des  animaui  eux-mêmes, 
emluuniés  dans  ses  caiacomties. 

1  J'ai  examiuâ  avec  le  plus  grand  soin  les  Q|;tires 
d'animaox  et  d'uiscaux  gravés  sur  les  nomlireux 
oliéliM|ii«s  venus  d'Egypte  dans  l'ancienne  Rome. 
Taain  c«s  Ogurcs  sont,  pour  l'ensemble,  liai  seul  a 
fm  être  i'otijet  de  l'ailention  des  artistes,  d  une  rcs- 
MwlilMve  |iarfaiie  avec  les  esjiéces  telles  que  noos 
k*  («y'fiis  auj'tunt'bui. 


en  1726,  reconnut  dans  les  monuinïnii 
égyptiens  le  moïa,  le  neluiDbo,le  coIocjmh 
lu  persea  ;  et  H.  Booastre  utute  IWX^ 
avoir  reconnu,  tant  ennaloreque  d'iifés 
les  dessins  ,  plus  de  qualre-vinglspliDts 
dans  les  restes  de  l'ancienne Egyple.  iliit, 
ce  qui  est  plus  important,  nous  trouion 
dans  certains  pays,  tels  «m  celui  que  rtw 
venons  de  citer,  les  cnjefs  conserrési 
nature  et  parfaitementseoiblables  auiiï' 
très.  Ainsi,  l'un  des  botanistes  qui  est  It  j 
plus  connu  par  l'exactitude  de^es  dcscri^  | 
lions,  M.  Kuntb  (202t)  ,  a  recoona  u 
vingtaine  de  nos  plantes  actuelles  parmiln 
fragments  de  végéiaux  trouvés dms  le)  i» 
mies  de  la  haute  Egypte.  U.  de  Ctoltk 
aussi  a  reconnu,  sans  la  moindre  iaceti-  1 
tude,  les  feuilles  de  l'olivier  dans  uneetia- 
ronne  de  momie,  et  de:t  grains  de  blé  {iBi 
dans  les  caisses  de  celles  dos  rDOmi^aiii 
passent  pour  les  plus  anciennes  [9023;. ttt  ! 
expérience  de  trois  mille  ans  est  uq  Tsil  A  j 
quelque  importance  pour  eorraborer  h 
raisonnements  qui  résultent  dis  Iiiti  a^ 
luels,  et  pour  contre- balancer  lesduile) 
vaguesde  ceux  qui  nient  (b  penDanem 
des  espèces. 

Delillea  trouvé  dans  les  tombeiui  es 
rois  des  vases  Leriné(iquemenlfenDéj,c)»> 
tenant  du  tilé  dont  les  grains  cotiscniii'Si 
non-seulement  leur  forme,  mais  inssi  ku 
couleur;  ce  qui  prouve  l'eRîcseiié  dB l'm 
baumement  I  au  moyen   du  bitume,  An  i 
un  climat  sec  et  uniforme.  Il  était  imposi-  | 
ble  de  recounetlre  la  moindre  Mam  ' 
entre  ce  blé  et  celui  qui  croit  en  Onenin 
ailleurs;  et  des  com|>eraisnns  senblililfi 
faites  è  l'égard  de  toutes  (es  autres  plulA 
ont  donné  le  même  résultat. 

•  Qu'on  me  dise,  objecte  lamtr&.l'i' 
quel  pays  le  froment  cultivé  haliireu'i^'' 
'lemenl,  c'est-k-dire,  sans  y  être  lirai'* 
sa  culture  dans  quelque  voisinagttlûK/' 
La  péponse  est  bien  simple;  touslnu^a- 
rslisles  bO'vetit  que  la  distributtoog^- 
.pbique  d'un   griind  nomlire  d'espîc»!^ 

I  Chacun  peut  exaffiincHtes  copies  qa'ui'w*! 
Kirker  et  Zœga  :  sans  coitaerver  la  pvnùittDi 
des  originaux,  elles  offrent  encore  des  itim<'^ 
rcconnaissabtes.  On  y  distiogue  aiséaieiil  ^i<' 
vautour,  la  chouette,  le  faucon,  raie  d'Ef'J*'' 
vanneau,  le  rUe  de  terre,  U  vip^  liigc  oili4^ 
le  céraste,  le  lièvre  d'Egypte  avec  mb  loa|«a  ««■ 
les,  rhi^jpapoiami:  même:  -et  daiis  ces  iMal»" 
monuniitiits  graves  dans  It;  grand  Mtngcwrt 
gyple,  on  vou  quelquerois  les  animaux  in  \ii'?' 
res,  l'algazel,  par  exemple,  qui  n'a  éi*  nii'«  f* 
rope  que  depuis  quelques  années,  i  (  DUeM»  •" 
Us  rinoluiiont  de  ta  twrfatt  dm  floit,  p-  ii»-l 

{3VI9)  Les  planiei  mentioDiiées  par  testiiw' 
tes  Buma.us  se  recounaisaem  a^wird'hii,  f»* 
leurs  furmes  oMélé  Ihcii  décrites  :  tes  vosnf" 
se  retrouvent  dans  le  grec  moderne  et  t'iulin> 

(2030)  Journal  DÂarnuc,  1Î30,  pag.  US- 

mHjliecbtrcluttitrta  piaula  Ira-^iài  iw^ 
tombeaux  égyviieiu,  par  M.  PASS4LicGU  :  L^*" 
tcienca  nai.  >ol.  Vltl,  1826,  pag.  418.) 

(2022)  Triticum  turjidum. 

(2023)  Pliviiolog.  wigit.,  t.  II.  p.  696. 
(4044)  P(.ii.M»(.,Ll,  p.  «ST. 


MCtlONNAIftE  APOLOGETIQkE. 


UOtt 


exir£iai>aMiit  bornée,  qoe  l'on  derait  s'at- 
Lendr«  k  ce  que  ce  tùl  dans  son  pajs  natal 
que  chaque  plante  utile  dût  être  culiirée 
d'aEwrd  afec  la  plu* de  succès,  et  que,  pro- 
l*ableaient,  chaque  station  qu'elle  occupait 
partiellemeol,  quand  elle  croissait  i  l>iat 
uu  Tage,  de?ai(  éln  choisie  par  l'a^icalteur 
comme  la  plus  favorable,  lorsqu'il  Toulail 
!•  propager  artificiellement.  Un  auteur  roo- 
dFrne  qui  a  écrit  sur  les  céréalea,  a  sup- 
posé  que  la  Palestine  était  la  patrie  ori^- 
autre  du  blé  et  du  l'orge,  opinion  qui 
repose  sur  les  traditions  hébraïques  et 
•^^l'iienne?.  et  sur  les  migrations  du  culte 
«^tCérès,  qui  ne  sont  proliablement  que  les 
sai^altons  de  la  plante  (2035J. 

&  Dous  admettons  que  quelqu'une  des 
0)iû\ei  sauTages  a  été  transformée  en  hlé 
^ioimun,  ou  que  quel<|ue  individu  du  genre 
canû,  non  encore  privé,  a  été  également 
iraibforBé  en  chien,  uniquement  parce  que 
tiuui  ne  jiourons  trouver  ni  le  cbien  do- 
itiesliqae,  ni  le  blé  cultivé,  k  l'état  de  na- 
lure,  bientAt  aussi  nous  devrons  faire  une 
su  Imposition  analogue  k  l'égard  du  chameau: 
car  il  seiuble  fort  douteux  qu'aucune  race 
de  cette  espèce  de  quadro|ièae  se  rencontre 
aujourd'hui  i  l'état  sauvai^e. 

M*is,  dira-t-K>n,  si  l'agriculture  ne  fournît 
\tt^'.Di  d'exemples  de  changements  eitraop- 
uî  naiiei  de  formes  et  d'organisation,  l'hor^ 
Uc:Biiare,  du  moins,  pourra  citer  des  faits 
caj-ibies  de  détruire  It;  raisonnement  précé- 
Je  ^1.  La  pomme  sauvage  a  été  transformée 
ta  /joaimcde  verger  et  la  prunelle  en  prune. 
L^sÛeun  ont  changé  de  couleur,  elles  sont 
•i-iveaues  doubles  ,  et  ces  nouveaux  carac^ 
ères  peuvent  être  perpétués  p^ar  la  se- 
ijcoce ,  une  plante  amère  ;  à  feuilles  glau- 
,  jes  eicloquées,  a  été  enlevée  du  bord  de 
'i  merqu'ulle  balfilait,  comme  la  moutarde 
:ês  cham])s;  transportée  de  Ik  dans  les 
ardlDS,  elle  perdit  sa  salure  et  fui  méta-^ 
:.ari*boséii  eo  deux  végétaux  distinct»,  le 
li-jti  rouge  et  le  chou-fleur,  qui  offreol 
litre  eux  autant  de  dissemblance  que  cba- 
un  en  présenta  par  rapport  k  la  plante- 
jere.  Ces  faits  et  beaucoup  d'autres  ana' 
^(^•jes  doivent  élre  certainement  comptés 
u  nombre  des  merveilles  de  la  nature;  et 
s  attestent,  d'une  mauiére  encore  plus 
-appaate  peut-être  qu'aucun  exemple  tiré 
u  fégoe  animal, l'étendue  des  moditicatioDS 
ue  «les  espèces  sont  susceptibles  d'éprou- 
i:r.  Mais  dans  ces  dilTércois  cas,  nous 
rrÎTons  bientAl  à  de  certaines  limites  au 
s'.^  desquelles  nous  ne  pouvons  délermi' 
r-r  aucun  changement  dans  les  individus 
roveuantde  la  même  souche;  tandis  que, 
un  autre  c6lé,  il  est  facile  de  prouver 
le  Ces  modiiications  extraordinaires  ne 
ura'enL  avoir  lieu  que  rarement,  et  ne 
urrAient  jamais  se  perpétuer  à  l'état  sau- 
ge    (leuiiant  plusieurs  générations,  sous 

iiOSS) Str rarigiae  el  UpatrUdji  tiréala, eic 
iMM.    éttttiam*  mat.,  l-li.) 

i^ÛélGi  iMttodmtiiomi  ta  kfllffiufM,  parSaiie,  |i. 
^  '   ^^ûiM  de  IW7. 


toutes  les  ctrcotulonces  possibles.  Ces  mo* 
dïGcatioas  sont  k  considérer  comme  des  cas 
extrêmes  produits  parriaflueoce  de  l'hom» 
me,  et  non  comme  des  phénomènes  indi- 
quant dans  la  nature  la  (acuité  de  môdiUer 
poussée  jusqu'à  l'intini. 

La  propagation  d'une  plante  par  bourgeons 
eo  greffes  et  par  boutures,  est  évidemment 
un  moyen  que  la  nature  ne  met  point  ea 
usage.  Ce  genre  de  mnliiplicatioa,  ne  même 
que  celui  qu'on  obtient  a  l'aide  des  racine* 
et  des  marcottes,  parait  donner  lieu  simple- 
ment h  l'eitension  de  la  vie  d'un  iodirldo» 
et  non  h  la  reproduction  de  l'espèce  telle 
qu'elle  s'opérerait  par  la  voie  des  semences» 
Toutes  les  plantes  obtenues  par  greffes  oo 
par  marr.otles,  conservent  exactement  les 
qualités  particulières  de  l'individu  auquel 
elles  doivent  leur  origine,  et  comme  iudi* 
Ttdus  elles  n'ont  qu'une  existence  bornée, 
taalôt  plus  longue  et  tantAt  plus  courte  (2026), 
Les  horticulteurs  semblent  admettre  au- 
jourd'hui qu'ancune  de  nos  variétés  de  fruits 
cultivées  dans  les  jardins  ne  peut  être  con- 
sidérée comme  étant  vigoureuse,  permanen- 
te, mais  que  ces  diverses  variétés  s'épuisent 
au  bout  d'un  certain  temps  (2027}.  Nous 
sommes  doocforcésde  recourir  de  nouveau 
aux  semences  ;  mais  aloriles  graines  ont  uoo 
tendance  si  énergique  i  revenir  au  type 
original,  que  toute  noire  adresse  se  trouve 
quelquefois  en  délaut  lorsque  nous  cher-* 
chons  k  rétablir  la  variété  perdue. 

Les  diverses  espèces  de  choux  oITrenl, 
ainsi  que  cela  a  été  reconnu,  on  exemple 
remarquable  de  la  déviation  qui  peut  avoir 
lieu  par  rapport  à  un  Ivpe  commun;  mais 
on  a  peine  a  compreaiire  qu'elles  aient  pa 
se  produire,  et  surtout  qu'elles  se  soieut 
perpétuées  pendant  plusieurs  générations 
cans  l'intervention  de  i'bemme.  Ce  n'est 
qu'au  moyen  d'un  engrais  abondant  que  ceS 
variétés  ont  été  obtenues,  et,  dans  un  sot 
maigre,  elles  dégénèrent  promplement.  Si 
donc  nous  supposons  que  la  graine  du  cbott 
sauvage  a  été  transportée,  è  l'état  de  na.^ 
ture,  du  bord  de  la  mer  dans  uo  terrain 
bien  fumé,  et  qu'elle  j  a  donné  naissance 
i  un  chou-fleur,  celui-ci  répandra  bienlêt 
sa  semence  sur  quelque  sol  enviionuant 
moins  fertile,  et  lek  plantes  qui  eo  pro.^ 
viendront  se  rapprocheront  de  la  soucbe- 
mère. 

Hais  lors  même  que  nous  irions  jus-  ' 
qu'à  supposer  le  premier  terrain  dont 
nous  parlions  tout  b  l'heure,  constamment 
amendé  par  le  fumier  provenant  de  nom- 
breuses troupes  d'animaux  sauvages,  e(  par 
suite,  aussi  fertileque  le  sol  d'un  jardin, 
toujours  aersit-il  que  la  variété  ue  pourrait 
s'y  mainEenir  par  la  raison  que  eus  races 
étant  extréiiiemunt  portées  h  en  féconder 
d'autres,  les  jardiniers  sont  forcés  d'appor- 
ter les  plus  grands  suins  pour  empêcher  tout 

(2027)  ObftnBliom  de  U.  Kmchv,  insérées  dan* 
l<'s  TraHUClioju  dt  la  tot'ttU  i'hoTttnitmre,  vol.  tf| 
|>.  tou. 


uns 


non 


DICTIONNAIRE  iPOLOCETIQUE 


'croisement  de  s'opérer.  Le  mélange  do 
-pollen  des  Tariétéi  croissant  dans  le  sol  le 
moins  riche,  détniîrait  bienlât  les  carac- 
tères particuliers  de  la  race  qui  occupait  la 
perlie  fa  mieux  amendée  ;  car,  si  malgré  dos 
soins  ces  accidents  se  renourellent  sans 
cesse  parmi  les  variétés  emplç^'ées  è  noire 
alimontalioo,  il  est  aisé  de  .roi r  combien 
peu  de  temps  suffirnit  pour  qu'une  telle 
cause  pAt  deiruire  toutes  les  p«rticu)»rilés 
iju'on  observe  à  l'état  sauvage. 

Bien  que  les  races  élevées  avec  soin  dans 
«os  jardins,  soit  sous  le  rapport  de  futilité, 
■soit  sous  celui  de  l'agrémeoi,  se  perpétuent 
«ouvent,  comme  on  le  sait,  par  semence, 
rarement  la  graine  an'elles  produisent  est 
aussi  abondante  ou  a'une  nature  aussi  fé- 
conde que  celle  des  individus  sauvages;  de 
sorte  que  si  les  soins  de  Thomme  venaient 
è  manquer  aux  plantes  cultivées,  la  variété 
la  plus  fertile  finirait  toujours  par  l'emporter 
sur  la  plus  stérile. 

Des  remarques  semblables  peuvent  s'ap- 
pliquer aux  Qenrs  doubles,  qui  offrent  bu 
botaniste  des  anomalies  si  étranges.  Chez 
elles  l'ovaire  est  souvent  abor[i£,ut  les  grai- 
nes, quand  elles  se  trouvent  fécondes,  sont 
généralement  beaucoup  moins  abondâmes 
qne  dans  les  fleurs  simples. 

Quelques  expériences  exirfimement  cin 
-rieuses,  faites  sur  la  production  de  fleurs 
bleues  au  lieu  de  Saurs  rouges  dans  le 
Bydrangea  hortentis,  montrent  Teffet  im- 
médiat que  produisent  certains  sols  sur  les 
-couleurs  du  calice  et  des  pétales.  Dans  le 
terreau  ou  dans  le  fumior,  les  fleurs  sont 
-rouges  ïnTariablpment;  dans  quelques  tirrês 
marécageuses  elles  sont  bleues,  et  le  même 
changement  se  produit  toujours  dans  une 
■cerlame  marne  jaune. 

On  ignore  encore  à  quelle  substance  ou  k 
i]ueile. propriété  de  la  terre  tiennent  ces 
changeni(;n(s  (2028J;  mais  ce  que  les  jardi- 
niers savent  fort  tîien,  c'est  que  certaines 
plantes,  lorsqu'elles  sont  placées  sous  l'in- 
lluencede  circonstances  particulières,  éprou- 
'vent  diverses  modiGca lions  suivant  les 
espèces  :  résultats  qui  ne  manquentjauiais 
d'ùToir  lieu,  chaque  foisque  les  expériences 
ïoiit  répétées.  La  nature  de  ces  résultais 
Uépend  néanmoins  des  espèces,  aussi  fur- 
ment-iis  en  partie  le  caractère  spéci&qee; 
ils  se  reproduisent  plusieurs  fois,  et  indi- 
quent certains  rnpports  déterminés  et  inva- 
riables, entre  les  particularités  pliysiitlo- 
giques  da  ta  plante  et  l'inBuence  do  certains 
agents  extérieurs.  Loin  do  jeter  du  doute 
sur  la  variabilité  des  espèces,  ils  tendent 
«u  contraire  ^fortifier  l'opinion  qui  admet 
ce  principe,  et  nous  offrent  nnn  classe  de 
phénomènes  qui,  lorsqu'ils  seront  mieux 
compris ,    pourront    aider    è    reconnal're 

(2028)  Bon.  Tram.,  vol.  Hl,  p.  173. 

(1039)  Le  toupet  le  renard  liubileiil,  dil  Cuvier, 
depuis  la  toiie  lunide.  Jusqu'à  la  lone  glaciale,  el 
flaiii  cet  ininiciiK  itilcrvalle,  ils  n'éprouvent  d'autre 
Tiriélé  qu'un  peu  plus  ou  un  peu  moins  de  beauté 
dans  leur  lourrurc.  Uuc  crinière  plus  founiia  faLl 


ridentilé  des  espèces, et  prasTeronlt»! 
attributs  qu'ils  eurent  k  l'origiDfl  tiik<i 
rODt  aussi  longtemps  qu'il  reileniv 
terre  qoelque  desceadant  delatauttut 
milrve. 

Nous  Tenons  d'établir  que  la  m)» 
la  réalité  des  espèces  n'était  poiol  innii 
Itbie  avec  l'idée  que  (e  caracltre  i^ 
e.Ht  sujet  &  une  très-grande  Tuitiu 
opinion  qui,  au  fond,  n'est  pjni 
chose  que  l'extension  de  l'idtt  q» 
doit  conserver  de  l'identité  d'ao  iiiàq 
i  travers  les  chaDgemenls  qo'il  t» 
tible  d'éprouver. 

Si  UD  quadrupède,  habilaDt  nntl 
région     des     latitudes  septealtitailsl 
couvert  d'une  épaisse fourrurt  ite^i 
laine,  venait  i  être  transporté  Ji'- 
mat  méridional ,  souvent  il  lui . 
de  perdre,  dans  le  cours  d'un  pciili 
d'années,  une  grande  partie  de  ak 
mais  celle-ci   reviendrait  pea  ipi 
était  rendu  à  son  pays  natal,  ifM. 
même  peut-être,  le  retour  del'Wll 
l'été  amènent  des  changements  Ipa 
semblables.  On  sait  que  le  lien 
{leput variabitii ,  Pal.}  et  t'hermiati 
trminea,  Lino.)  deviennent  blaooi 
l'hiver  et  reprennent  leur  coulean 
jiendaat  l'été;  que  le  plumage dal^ 
éprouve  une  métamorphose  jureik 
le  rapport  de  la  couleur  et  deUpslHi 
que  ce  chanKemenl  est  égaismfDi  » 
raire  (2029)..D'-un  autre  cOië,  ii  ivsii 
-Toisons  quelque  animal  sauvage,  tlàl 
parvenons  à  modiger   sei  umun  «, 
instincts  par  la  domesliciié,  ilpC 
vient  à  s'échapper,  devenir  eo  ytu  i\ 
aussi  sauvfiga  et  aussi  inducjle  i^u'ii 
Tant;  ce  qui  toutefois  n'eœpfclir 
que,  pris  une  seconde  fois,  jf  ne , 
apprivoisé  de  nouveau.  Si,  ajirèsiTOii 
une  plante  dans  un  sol  préparé  dt  ' 
h  multiplier  les  pétales  de  ses  Her 
en  changer  la  couleur  ou  i  la  nt 
vive,  nous  venons  ensuite  i  k  \ 
□os  soins,  les  Buurs  eu  redsTienii 
pies.  Dans  ces  exemples  comme 
coup    d'autres    analogues ,    ne: 
supposer  que  l'individu  a  été  ptoii 
un  certain  nombre  de  qualiléi;el,r 
s'agit  d'animaux,  avec  une  diiersi' 
tinuts  dont  quelques-uns  peureol 
veloppés   ou    ne    pas   l'être,  !"'" 
circonstances;  ou  qui,  après  s'élr« 
festés  pendant  un  certain  leui».  1^ 
redevenir   latents  quand  les  ciibe 
tantes  cessent  d'agir. 

La  formaliou  de  races  nouT>ll»i> 
devoir  être  la  conséquence  oét»^ 
l'aptitude  des  individus  k  varier,  H  j 
t'ois,  il  existe  une  loi  généralï 


seule  la  dilTiirence  entre  rhyéoe  de  fettà 
Maroc.  Que  t'ou  prenoc,  ajoute-l-il.  ^s  ° 
les  plus  Uissemblables,  el  que  l'on  nit  '' 
moindre  différence  dans  te  nonlm  «t '"' 
ticulaiions  des  os,  dans  Jasirucidititoi 


I«S 


non 


ACTIONNAIRE  APCLOCETfQUE. 


nos 


l«6^ 


Wiaella  ludeseendaDls  d'ao  iodivida  quel- 
raoqaa  oui  arec  lui  use  rcssembUnce  in- 
time. Mus,  annt  de  conclure  qu'il  n'y  a 
I^ÎDi  da  Ijmiles  h  la  déviation  d'un  Ijpe 
origioal  susceptible  de  se  produire  dans  le 
cûan  d'un  nombre  infini  de  génératinns,  il 
fandraJt  aroir  la  preure  que  dans  cbaque 
giniralioD  successire  les  individus  peuvent 
'-~-^--     sous    l'influence  d'un    certain 


nombre  de  nbanseoients  de  circonstance;, 
viD  égal  nombre  da  nouvelles  particularités. 
Or,  tooi  porte  k  croire  que  c'est  le  contraire 
lui  1  lieu  ;  car  nous  rojons  toujours  que 
'  aquantili  de  la  divergence  diminue  daos 
i-ue  proportioa  très-rapide. 

Oa  oe  peut  objecter  qu'il  esl  hors  de 
E:»ln  pouvoir  de  modifier  les  circonstances 
.^li  mAme  mauière  que  pourrait  le  faire 
c3/ia  inita  d'érëoemenU  naturels  s'accom- 
^/ÎMittA  dans  le  cours  de  quelque  grand 
■jcli  géologique.  Car,  lorsque  des  iodividns 
toni  doués  de  )*Iaeullé  de  se  conformer 
I  deseireoastaneesiiourellcs,  cette  faculté, 
a  général,  a'ciiga  pas  un  temps  très- 
oog  povr  se  développer;  et,  en  effet,  si 
in  leag  temps  était  nécessaire  on  ne  verrait 
«as  trop  comment  la  modification  répon- 
Irait  I  ton  but;  car  tous  les  individus 
n^komient  avant  qne  de  nouvelles  qua- 
■i^rt,  de  nouvelles  habitudes  ou  de  nou- 
reaai  kutiocls    se  fussent    produits    en 

4)aiai  noDS  sonmea  parvenus  i  natu- 
tMiter  quelque  plante  tropicale  dans  un 
timutt  tempéré,  riea  ne  nous  empécbe 
'>~-ts»jn,  peu  i  peu ,  d'étendre  sa  dis- 
ribulion  >  des  latitudes  plus  élevées  ou  k 
es  hauteurs  plus  considérables  au-dessus 
Q  ni  veau  de  la  mer,  en  accordant ,  toute- 
M»  des  quantités  de  temps  égales  on 
9  nombre  égal  de  géoératiODs»  pour  ac- 
mtamer  respéce  S  soe  augmentation 
iduelle  de  froid.  Mais  il  n'est  pas  un 
jltrvateor  et  uit'jardinier  qni  ne  saiâient 
lede  leKes  expériences  ne  peuvent  réussir; 
H  /a  bien  pîas  de  chances  de  succfts 


soumettre  quelques  plantes,  dans  le  cours 
'S  deux  |>rproieres  génératrons,  k  une 
^grande  différence  de  température,  que, 
Of  lard ,  à  uae  différence  bien  moindre, 
rt  même  que  celle-ci  serait  mainteoue 
odanl  plusieurs  siècles. 
h  eo  est  de  même  ai ,  au  lieu  de  la  tem- 
rature  .  on  suppose  une  autre  canse 
>diGaote ,  telle  que  la  qualité  de  la  oour- 
ure,  ou  la  Dslnre  des  dangers  auxquels 
I  animalest  exposé,  ou  bien  le  sol  dans 
joef  une  plante  végète.  L'altération  pm- 
ite  dans  les  babitudes,  dans  la  forme 
dans  l'organinlion ,  est  souvent  Irès- 
•îde  pendant  un  court  espace  de  temps; 
lis  quand  les  circonstances  viennent  k 
loger  ,  tonte  modiOeaiîoo  cesse ,  et  l'iit- 
idu  péril,  quelque  faiUe  d'ailléers  que 
''Ê94i  é Ire  le  changement.  Ainsi ,  ou  peut 
'flcker  quelques  herbivores  k  se  nourrir 
9^  rVie  de  poisaon  ou  de  cbaîr,  mais 
>^«  peut  réussir  k  leur  faire  manger 
tVftVDes  |)lantes  qu'ils  refusent  et    qui 


même  les  empoisonneraient,  quoiqu'elles 
puissent  être  une  excellente  nourriture 
pour  d'autres  espèces  du  même  ordre.  Quand 
rhemme  emploie  la  force  eu  la  rose  contre 
des  aniinaui  sauvages,  ceux-ci  deriennenl 
bienlàleu-s-mèmesplus  rusés  et  se  tiennent 
bien  plus  sur  leurs  gardes;  de  nouveaux 
instincts  semblent  souvent  se  déveloftper 
en  eut,  et  devenir  faérédilaires  jusqu'aux 
deux  ou  trois  premières  générations;  mais 
que  l'habileté  et  l'adresse  de  l'homme  aug- 
mentent, même  graduellement,  et  aucun 
changement  ultérieur  ne  pourra  avoir  lien, 
aucune  faculté  nonvelfe  ne  se  manifestera 
chez  ces  animaux  par  suite  d'an  accroisse- 
ment de  dangers.  Le  changement  susceptible 
de  se  produire  dans  les  habitudes  de  l'espèco 
a  atteint  un  point  au  delï  duquel  aucune 
autre  mndlGcation  n'est  possible ,  quelle 
que  H)it  d'ailleurs  la  durée  du  temps  pendant 
lequel  agissent  tes  nouvelles  circonstances; 
aussi,  Pespèce  serait-elle  t'IalAI  détruite 
que   de  sutiir   une    transformation    teire, 

Su'elle  pdt  se  perpétuer  sous  l'influence 
u  nouvel   ordre  de  choses. 
On  peut  admettre  en  principe,  que  It» 
animaux  aelutllanent  loumii  A  tin{luenet  de 
Vhovtme  avaient,  i  Forigine,  une  lendanee 
uatuTtUe  i  la  damtMticilé.  —  H  a  été  bien 


reconnu,  par  UH.  F.  Curier  et  Dureau 
de  La  HaVIe,  que  si  quetaues  animaux 
n'avaient  pas- manifesté ,  à  t  état  sauvage, 
une  certaine  aptitude  k  seconder  les  efforts 
de  l'homme,  on  n'eût  jamais  essajé  de 
les  soumettre  k  l'état  de  domesticité.  S'ils 
avaient  tous  ressemblé  an  loup,  au  renard 
et  k  l'hjène,  l'expérimentateur  eût  été 
découragé  par  de  nombreux  insuccès,  avant 
d'avoir  pu  enfin  arriver  k  Quelques  résultats, 
même  incomplets;  de  même,  k  l'égard  des 

riantes  ,  si  les  premiers  avantages  dus 
leur  culture  avaient  été  obtenus  çiT  un 
mojeo  aussi  lent  et  aussi  coûteux  que  ceiui 
k  l'aide  duquel  nous  parvenons  aujourdliui 
k  quelque  amélioration  dans  certaines  races, 
nous  serions  restés- jusqu'ici  dans  l'igno- 
raoce  sur  le  plus  grand  nombre  da  leurs 
qualités  utiles. 

II  est  incontestable  qu'un  grand  nombre 
de  qualités  et  d'habitudes  nouvelles  ont  été 
aoqui5ea,jlepuis  peu  de  temps,  par  certai- 
nes races -de  chiens  qui  les  ont  transmises 
k  leurs- descendants.  Hais  ces  nonrelles 
facultés ,.  ajrant  un  rapport  intime  avec  les 
habitudes  de  l'animal  k  l'état  sauvage, 
a'indiq^uent  aucune  tendance  k  s'écarter 
indéfiuunent  du  type  primitif  de  l'espèce. 
Une  ra(-e  de  chiens  employés  à  chasser 
le  cerf  sur  le  plateau  de  Sânta-Fé,  dans 
le  Mexique,  offre  nn  exemple  remarquable 
<l'u»  instinct  nouveau  devenu  héréditaire. 
■  Le  mode  d'attaiiue  qu'ils  emploient,  dit 
U.  Roulin, consiste  k  saisir  l'animal  au 
lus-venlre,  el  k  le  reOrerser  par  une  brus- 
que secousse,  en  profitant  du  moment  oik 
son  corps  porte  seulement  sur  les  jambe* 
de  devant.  Le  poids  de  l'animal  renversé 
est  STUveot  sextuple  de  celui  du  chien. 

*  âsiis  avoir  rei;u  sa'Uiie  édttCiitîoaa  I& 


DlCTlOmiAlRE  APOLOGETIQUE. 


non  JM 


{tblen  da  race  pure  apporte  i  celte  chasse 
certaines  dispositions  que  n'ont  point  des 
chiens  coaraats  d'une  espèce  supérieure 
qu'on  a  amenée  depuis  peu  d'Europe.  Par 
exemple,  il  n'sLta(|ue  jamais  de  front  un 
cerf  ail  milieu  de  sa  course,  et  même 
quand  celui-ci,  ne  l'apercerant  pas,  Tient 
k  lui  directement,  il  se  met  l  l'écnrt  et 
l'assaillit  de  flanc,  un  autre  chien  n'use 
point  de  semblables  précautions,  et  souvent 
est  renversé  mort  sur  la  place,  arec  les 
Ténèbres  du  cou  luxées  par  la  violenca 
du  choc. 

«  Chez  les  pauvres  habitants  des  bords 
de  la  Madeleine,  ce  cblen  s'est  abAlardi 
en  partie  par  le  mélange,  en  partie  par 
ledefautd'unenourriluro  sufTisante;  toute- 
fois, chez  celle  race  dégénérée,  un  nouvel 
.  instinct  semble  devenir  hérédîiaire.  La 
chassa  à  laquelle  on  l'appliqua  depuis  lone- 
temps  presque  exclusivement,  est  celle  du 
pécari  à  mâchoire  blanche  ;  l'adresse  du 
€hien  7  consiste  à  modérer  son  ardeur, 
&  ne  s'attacher  à  aucun  animal  en  parti- 
culier ,  mais  k  tenir  toute  la  troupe  en 
échec  :  or,  parmi  ces  chiehs,  on  en  voit 
maintenant  qui,  Ja  première  fois  qu'on  les 
meneau  bois,  savent  àéjk  comment  at- 
taquer. Un  chien  d'une  autre  espèce  se 
lance  tout  d'abord ,  est  environné ,  et 
quelle  que  soit  sa  force,  est  dévoré  dans 
un   instant   (2030).    9 

Quelques  Anglais ,  appelés  depuis  peu 
i  diriger  une  des  principales  associaticns 
pour  I  exploitation  des  mines,  dans  le  Me-r 
xique,  celle  de  RéaUdel-Monle,  amenèrent 
avec  eux ,  de  leur  pays  ,  Quelques  lévriers 
de  la  meilleure  race,  pour  chasser  les  lièvres 
qui  abondent  dans  cette  contrée.  Le  grand 
plateau  où  a  lieu  la  chasse  ordinairement 
est  à  plus  de  2,700  m.  au-dessus  du  Divsau 
(le  la  mer;  et  le  mercure,  dans  le  baromè^ 
tre,  s*;  lient  habituellement  ï  la  hauteur 
d'environ  0  m.  48.  Bien  que  les  lévriers 
ne  puissent  pa»  supporter  la  fatigue  d'une 
longue  chasse  dans  cette  atmosphère  ra- 
réllee,  et  qu'avant  d'atteindre  leur  proie, 

1*ls  soient  obligés  de  se  reposer  pour  prendre 
laleine,  ils  ont  produit  des  chiens  qu'on 
a  parfaitement  réussi  &  élever,  et  qui. 
De  souffrant  nullement  de  l'extrême  raré- 
faction de  l'air,  forcent  les  lièvres  avec 
autant  d'agilité  que  les  lévriers  les  plus 
viles,  originaires  de  cctie  coqtrée. 

L'altitude  immobile  et  circonspecte  du 
chien  d'arrêt  a  été  regardée  avec  raison 
comme  une  simple  modillcatton  d'une  ha- 
bitude qui  peut  avoir  été  utile  k  une  race 
sauvage  accoutumée  à  sentir  le  gibier,  et 
i  fondre  sur  lui  h  l'improvisle  ,  s'arrCiant 
d'abord  un  ibstant  pour  te  laisser  partir, 
et  pour  l'atteindre  ensuite  plus  sûrement. 
Mais  la  faculté  dont  est  doué  le  chien  qui 
rapporte  le  gibier ,  semtjlu  plus  inexplica- 
ble, et  ne  peut  aussi  facilemenl  être  atlrî- 

(2030)  Recherclies  sur  quelr|ues  changcmeiils  ob-      (  Ann.  det  icieneet  nal.,  I.  XVI,  p.  K-  lw>l 
Sencg  dans  les  animajxdomesliqu»  transportes  (te  |S05I)  M/m.  4a  Mtttium  i'hiiuin  mimi  > 

Vtiicici)  dans  le  noun-au  coniiiicitt,  par  M.  Roulin.      Jàheso»,  L4.  rtw  jihil.  jeur.,  u"  H,  '.  S- 


buée  aux  passions  instîoclivesdtreïpïct 
M.  Magendie,  dit  on  auteur  trinçiit du, 
on  mémoire  récemment  putihéiSfaotipprii 
qu'il  y  avait  en  Angleterre  une  nu  ii 
chiens  qui  arrêtaioni  et  rapportiienlltgiiiiti 
naturellemoni ,  s'en  procura  un  aii}ii, 
dont  il  eut  un  petit,  qu'il  garda  no- 
tamment sous  ses  ;eux,  jusgu'àeefi' 
l'ayant  conduit  à  la  chasse,  il  pul  ue: 
s'assurer  par  lui-même  que,  stiun-: 
reçu  aucune  instruction,  if  rspporiiiim 
fidèlement  que  les  chiens  exBrcésh'^ 
manœuvre  è  l'aide  du  fouet  et  du  uiin 
de  force. 

On  a  peine  i  s'expliqaer  la  ia\mi 
l'étendue  de  telles  facultés  acquis»,  lut 
que  des  habitudes  et  des  dispotiliiDi  k' 
héritent  le  chien  de  t)erger  et  pluKna 
autres  races,  si  on  les  considère  (wx 
des  modlGcalions  d'instincts  oécetsiite: 
la  conservation  de  l'espèce  à  l'iitiiuunii 
Lorsque  des  habitudes  aussi  remaïquâiiieh 
manifeslent  dans  des  races  deceUets^n, 
on  peut  raisonnablement  suppos«i  qu'dia 
leur  onl  été  données  nniquetnentdiasa 
but  d'utilité  pour  l'homme,  et  eaTgeA 
la  conservation  du  chien,  quis'iilinli 
protection  de  celui-ci  par  les  serTins^u'il 
lui  rend. 

En  étudiant  les  habitudes  «les  idwiu 
on  doit  s'appliquer,  autant  que  po^il''< 
h  rapporter  leurs  qualités  doœeiiiiiutj  1 
des  modificalions  d'instincts  innés  en  Ht 
F.  Cuvier  a  successivement  iDdiqai.di:* 
U(i  admirable  essoi  sur  la  dome&iiiHt^, 
mammirôres,  l'origine  véritable  de plusitii 
dispositions  que  l'on  attribue  otésùt- 
ment  à  la  seule  influence  de  l'étliinlit 
(3031).  Hais  ce  serait  aller  troplaio^ 
de  ne  point  vouloir  admettre  que  quelf» 
unes  des  qualités  de  certains  aaionatf 
de  certaines  plantes  ont  pu  da  Inri* 
été  doonées  qu'en  Tue  des  reiaiitf^  ! 
devaient  exister  entre  eux  et  f^\ 
surtout  lorsqu'on  voit  que  cesnli"** 
■ont  souvent  si  intimes,  que  lep^u^ti'''* 
nombre  des  individus  d'une  esp««.'>'''l' 
même  quelquefois,  comme  celailitii|M 
le  chameau,  sont  soumis  àrinfluiDctl 
la  race  humaine. 

Plusieurs  espèces,  non  moins  bo-M 
à  nos  personnes  qu'i  nos  projifii'rs.i 
multiplient  maigre  nos  effuris  |)ouf  ■ 
détruire;  d'autres,  au  contraire,  ("*"•• 

Ssr  no»  soins  une  extension  consiJ^iW 
ans  l'un  et  l'aulre  cas,,  nous  dtw 
supposer  que  les  ressources  relali'esj 
l'homme  et  des  espèces  qui  lui  soai| 
vorebles  ou  pr^udicisbles.  n'ont  poi^i'J 
appliquées  sans  prévoyance.  Rejelef  ™^ 
suppositioi),  serait  refuser  "'i"''"n 
accorder  'a  l'égard  de  l'économie  du  I>  "'* 
dans  toutes  les  autres  parties  de  fa  (tf^\ 


iril  est  évident  que  !"["«■ 
diverses  espèces  de  p" 


IW 


DKTIOMHAWE  APOLOCETIQDE. 


M  d'aDÎmaui  contemporains  se  balancent 
Buclemeot;  d'un  autre  cfité,  leurs  goûls, 
leurs  penchants  el  leurs  instinc(s  respHClifs 
le  trouvent  combinés  de  telle  sorte  qu'ils 
idDtIuusen  harmonie  parfaiie  les  uns  avec 
les  autres.  Et,  en  eCTet,  s'il  n'en  était  point 
liDSi,  diaque  espèce  pourrait-elle,  en- 
laurée  comme  elle  l'est  de  dangers  sans 
nombre,  sa  confierrer  pendant  des  périodes 
la  temps  immenses. 

Ladociliti  des  indiriduade  quelques-unes  ' 
le  nos  espèces  domesliquea,  s'éleodant, 
«tome  on  le  sait)  jusqu'è  acquérir  des 
icultés  étrangèF«$  i  leurs  habitudes  et  à 
eurs  instiocta  naturels,  leur  a  sans  doute 
■a  donnée  en  ths  de  leur  destination  k 
eue  auprès  de- l'homme.  Mais,  pour  éri- 
ar  i^ue  les  T&riétés  ne  se  multiplient  in- 
MBiraent  6  l'aide  ;de  ce  moj'en,  de  telles 
'acithés  ne  se  transmettent  jamais  d'une 
;ftt4rati0D  h  une  autre. 

On  cite  un  cochon  qui  a  été  éleréichis- 
ir  et  à  rapporter  le  gibier  avec  une  habi- 
llé Traiment  extraordinaire  (S0S2);  |j1u> 
vurs  autres  indiridus  intelligents  de  la 
'tnte  espèce,  sont  parrenua  è  apprendra 

épeter;  mais,  ainsi  que  nous  le  disions 
ml  i  l'heure,  de  telles  facultés,  acquiae»- 
cf^iileolellemËCt ,  ne  deviennent  jamais 
trédilaires;  car  n'avant  aucun  rapport- 
Tcc  les  besoins  de-  ranimai  à  l'état  sau- 
Dfip,  elles  ne  peuvent  être  le  développe- 
iD«-nt  d'iucune  tendance  instinctive. 

Va  laimal  en  domesticité,  dît  F.  Cuvfer, 
l'sfl  point,  è  l'égard  du  sentiment  de  cen- 
rt  Jnto)  daos  one  situation  essentiellement 
Iff^reiile  de  eeUn  d'un  animal  abandonné 

iDi-méme.  Il  vit  en  société  sans  qu'il  lui 
Icoilte  aucun  effort,  parce  que  probabte- 
kBl  il  était  destiné  a  vivre  ainsi;  el  il 
f  conrorme  &  la  volonté  ds  t'homme  parce 
K,  \  l'étol  sauvage,  il  avait  on  chef  auquel 

était  accoutumé  à  obéir.  Rien,  dans  sa 
>uveMe  situation,  ne  se  trouva  en  désao- 

rd  arec  ses  penchants;  il  setisfait  sas  be- 

tns  par  soumission  h  un  mattrs,  et  ne 
tt  aucun  sacrifice  relativement  &  ses  in- 
inilions-DBturelles.  Tous  les  animaux  so- 
allés,  lorsqu'ils  sont  abandonnés  k  eui- 
Aoies  ,  forment  dea  troupeaux  plus  ou 
oifis  Doœbreui,  et  tous  les  individus  du 
i'^ma  troupeau  se  connaissent,  sont  atla- 
lés  les  uns  aux  autres,  et  ne  souETrenl 
u  qu'aucun  individu  étranger  se  Joigne 
em.  De  plus,  h  l'état  sauvage,  ils  obéis*- 
:nt  k  un  individu  qui  par  sa  aspériorilé 
)t  ioYaaa  le  chef  du  troupeau,  nos  espA- 
H  domestiques  avaientoriginaircmant  cette 
'ndance  naturelle  à  la  sociabilité;  el  au- 
int  espèce  solitaire,  qufloue  aisé  qu'il 
uiise  être  dt  ramener  à  l'état  privé,  n'a 
More  fourni  de  véritables  races  domesti- 
<ies.  Noas  ne  faisons  donc  que  développer, 

notre  profit,  les  penchants  qui  portent 

mai)  t7eH  dans  b  nouvelle  forêt,  près  de  Bîng- 
•oil,  danr  le  comté  de  Âints,  que  ce  coclion  a  éiù 
»>i  ■IresK  par  H.  Itoouwr,  sardien  de  Drooix)' 


les  individus  de  certaines  espèces  i  s«  rap- 
procher de  leurs  semblables. 
.  I^e  mouton,  dont  nous  avons  pris  soin, 
est  porté  à  nous  suivre  comme  il  luirrait 
le  troupeau  au  milieu  duquel  il  auroit  étij 
élevé;  et  quand  des  individus  appartenant 
à  des  espèces  qui  vivent  par  troupes  ont 
été  accoutumés  à  un  maître,  c'est  lui  seul 
qu'ils  reconnaissent  pour  chef,  c'est  à  lui 
seul  qu'ils  obéissent.  «  Véléphant  ne  se 
laisse  conduire  que  par  le  cornac  qu'il  a 
adopté  ;  le  chien  lui-même,  élevé  dans  la 
solitude  avec  son  maître,  est  mena^^nt  pour 
tons  les  autres  hommes;  et  chacun  sait 
combien  il  est  dangereux  de  se  trouver  au 
milieu  des  troupeaux  de  vaches  dans  les 
pttu rages  peu  fréquentés,  quand  elles  n'ont 
pas  à  leur  lëie  le  vacher  q.ui  les  conduit. 

«Tout  nous  persuade  donc  qu'autrefois 
lea  bemmea-  n'ont  été  pour  les  animoux 
domestiques,  comme^  ceux  qui  en  ont  un 
soin  spécial  ce  snnt  encore  aujourd'hui, 4] uo 
des  membres  de  la  société  que  c<iE  animaux 
iorment  entre  eux,  et  qu'ils  ne  sa  dialin- 
guent  pour  ceux-ci,  dans  l'association,  que 
par  l'autorité  qu'ils  ont  su  prendre  i,  l'aida 
ue  leur  supériorité  d'intelligence. 
.  •  Ainsi,  tout  animal  sociable  qui  recon- 
natt  l'homme  pour  membre  et  pour  chef  de 
sa  troupe,  est  uo  animal  domestiqua.  On 
pourrait  même  dire  que,  dès  qu'un  tel  ani- 
mal reconnaît  l'homme  pour  membre  de 
aoD  association,  il  est  domestique,  l'homme 
ne  pouvant  pas  entrer  dans  une  semblable 
société  fans  en  devenir   lo  chef  (2033)..* 

Uais  l'ingénieui  outeur  dont  je  viens 
de  citer  lea  observations,  admet  que  l'obéis- 
sance  accordée  indifféremment-  à  tout  le 
-monde,  par  les  individus  de  plusieurs  es- 
pèces domestiques,  est  sans  analogie  avec 
les  divers  étals  de  choses  qui  ont  pu  pré- 
céder leur  asservissement  à  l'homme,  (cha- 
que troupe  de  chevaux  sauvages  a,  il  est 
vrai,  pour  chef  un  étaloD  qui  conduit  à  sa 
snite  tous  les  individus  dont  se  compose 
)a  troupeau;  mais  lorsqu'un  cheval  devenu 
domestique  a  pasaé  de  main  en  main,  et. 
au'il  a  servi  plusieurs  maîtres,  il  devient 
^ianieiit  docile  anvers  tout  le  monde, 
.et  soumis  à  tout  individu  qui  fait  partie 
de  la  race  humaine.  Il  est  à  supposer  que 
la  faculté  de  se  modifier  oinsi,  que  lochei- 
val  doit  k  son  instinct,  lui  a  été  donnée 
pour  le  mettre  à  portée  de  rendre  de  plus 
grands  serviaes-à  l'homme  ;  et  il  se  pourrait 
que  la  facilité  avec  laquelle  pluaieura  an- 
tres caract^s  acquis  deviennent  hérédi- 
taires, dans  plusieurs  races  dechevaui.  ne 
fût  explicable  que  par.  une  supposition 
pareille.  L'amble  par  exemple,  qui  eit  l'al- 
lure 6  laquelle  les  ra^^es  domestiques  sont 
exclusivement  habituées  en  quelques  par- 
ties de  l'Amérique  espagnole,  est,  dans  la 
coursée  plusieurs  généiaiions,  duveuu  lier- 

(10S5)  Eifoi  IKT  h  iomtêlidié  dn  siamnjfrr», 
par  V.  CuviEB,  Aan.  île*  «ioicw  itt3(v£«,  U  IX,, 


<«1l 


B(m 


MCTlONHAine  APOLOGETIQUe. 


Wi 


rédilnire;  aussi  les  jeunes  poulains  pren- 
nent-ils cette  silure  avant  nième  d'filre 
(lr«ssé9(S03i]. 

Il  semble  raisonnablfi  aosst  de  supposer 
qne  ta  /acuité  accordée  au  cheval ,  nu 
cliieti,  au  bœuf,  au  mouton,  au  ciial,  et 
k  {ilusieurs  espèces  d'oiseaux  domestiques, 
de  supporter  presque  tous  les  climats,  leur 
■  été  donnée  d|ns  le  but  eiprès  de  les 
rendre  aptes  i  suivre  Tboniaie  dans  tou- 
tes les  parties  du  globe,  sSn  qu'ils  pus- 
sent h  la  fois  lui  être  utiliiS  et  jouir  de 
Ka  protection.  Si  h  cela  on  obiecle  que  l'é- 
léplianl  qui,  par  l'union  de  la  force  avec 
l'intelligence  et  la  docilité,  serait  capable 
(le  nous  rendre  les  plus  grands  services, 
ne  peut  vivre  qiie  sous  les  plus  chaados 
latitudes,  noas  répondrons  que  la  quan- 
tité de  végéta»!  nécessaire  h  la  nourri- 
ture de  cet  snimol  rendrait  son  entreiiea 
trop  coûEeui  dans  la  zone  tempérée,  et  im- 
possible dans  la  zone  polaire  arctique. 
^  Parmi  les  divers  cbangements  opérés  par 
'  Them me*  aucun  ne  parstt,  au  premier  as- 
pect, plus  remarqnaole  que  la  soumission 
complète  fc  laquelle  il  a  assujetti  certains 
animaux  domestiques.  On  sait  que,  tout 
jeunes  que  puissent  6tro  les  petits  de  plu- 
sieurs races  lion  privées  lorsqu'ils  tombent 
entre  oo's  pains,  ils  conservent,  toute  leur 
vie,  une  limidilé  eilréiiie  et  une  grande 
appréhension  du  danger;  tandis  que,  après 
deux  ou  trois  générations,  les  descendants 
«l«  la  même  souche  accordent  ordinairement 
il  l'bomme  une  confiance  sans  bornes.  On 
peut  Croire,  cependant,  qne  de  tels  chsn- 
femenls  ne  sent  pas  sans  analogie  dans 
l'étst  de  nature,  ou  pour  parler  plus  eiac- 
lement  dans  les  circonstances  où  l'inter- 
vention de  l'homme  n'a  point  eu  lieu. 

H.  Darwin  rapporte  que  dans  les  lies 
rialBpsgos ,  situées  immédiatement  soua 
l'équateur,  et  6  plus  de  deux  oenls  lieues 
«>nviron  i  l'ouest  du  continent  américain, 
tous  Itis  oiseaux  terrestres,  tais  que  les 
liouvreuits,  les  pigeons,  les  faucons  et  di- 
vers autres  oiseaux,  sont  tellement  fami- 
liers avec  l'hoaime  qu'on  peut  les  atteindre 
•iveo  une  baguette.  ■  On  jour,  dit  cet  au- 
teur, un  moqueur  vint  s'&battre  sur  le  bord 
d'une  cruche  qiw  je  tenais  k  lu  main,  et  se 
mit  tranquillement  i  y  buire,  puis  se  laissa 
enlever  avec  le  vase.  »  Cependant,  suIreCois, 
lorsque  les  premiers  Européens  abordèrent 
Oans  ces  lies,  où  ils  ne  trouvèrent  point 
d'habitants,  les  oiseaux  étaient  encore  moins 
faronches  qu'à  présent.  Déjh  ils  commen- 
cent h  acquérir  cette  crainte  >aiulaire  de 
1  homme  qui,  dans  les  contrées  depuis  lang- 
tamps  civilisées,  est  iielurelle  même  aux 
jeunes  oiseaux,  è  qui  pourtant  on  n'a  jamais 
tait  de  mal.  Dans  les  lies  Palklond,  lesoi- 
fiesux  et  les  renards  mémo  n'ont  aucune 
peur  de  l'homme;  tandis  que  dans  lo  conti- 

(VJ5t)  nofZkO  DE  u  Mille,  Am.  éei  Kienett 
vaiurrllet,  i.  XXL 

" I  fupfdf^  dt  BtafUf  JouTuat  dt  Datviji,  p. 


m 
«5. 


nent  voisin  de  l'Amériqne  da  Sud,  uagnih] 
nombre  d'oiseaux  appartenant  lux  DiïoKi 
espèces,  sont  eitrémemunt  sauvages;  n 

au'expliqent  les  attaques  auiqaëllei,  pét- 
ant plusieurs  siècles ,  ils  ont  été  ea  bvite 
de  la  part  des  habitants  (20S5). 

Le  docteur  Richardson  rapports  dni 
l'histoire  intéressante  qu'il  a  publiée  ior  kt 
mœurs  des  animaDxdel'AmériqDediiNon, 
que,  €  sur  les  points  escarpés  où  les  dut- 
seurs  ont  rarement  pénétré,  les  bâieri  ïa 
tnonlagnet  présentent  ta  limplieité  it  m» 
tère  li  remarquable  dans  l'eepke  doeutlitH. 
et  se  laissent  approcher  sans  sucuncaiË' 
culte;  mais  qne  dans  les  lienx  où  iliiK 
sauvent  été  attaqnés  avec  des  anaes)  fit, 
ils  sont  excessivement  sauvages: qu'à i> 

firoche  du  danger  ils  donnent  l'aliriDe  i 
eurs  compagnons,  par  une  sorte  de  »flt. 
ment,  et  escaladent  les  rochers  avec  un 
vitesse  et  une  agilité  qui  déjouent  Ion 
poursuite  fM)36).  > 

11  est  donc  probable  que  rbamme,enK 
répandant surle  globe,  s  apprivoisé UDgrisil 
nombre  de  racea  sauvages  ,  mais  qu'il  di  ■ 
aussi  rendusauvages  beaucoup  d'tairn qui 
ne  l'étaient  pas.  Si  quelques-uns  ifei 
grands  rsrnassiers  capables  d'esoladet  le 
rochers,  s'étaient  frayé  une  issue  (laoïlti 
montagnes  de  l'Amérique  du  Mord  nul 
que  les  chasseurs  j  eussent  [lénèlrf,  il  ni 
h,  croire  qu'une  modification  semblable  m- 
rait  eu  lieu  dans  les  instincts  du  moulon. 

L'éléphant,  plus  qu'aucun  sulre  aniiaii, 
offre  uu  exemple  frappant  dea  priDtijtHi 
pointsque  je  niesuis  efforcé  d'élaUir;« 
la  sagacité  merveilleuse  avec  laquelle li» 
plie  aui  exigences  que  réclame  de  lui  II 
société  de  l'homme,  et  les  nouvellei  lut» 
tudes  qu'il  contracte,  ne  sont  ni  le  risulii' 
du  temps,  ni  celui  des  modificatloD!  p- 
duites  dans  le  cours  de  plusieurs  g<M7- 
tions.  Ces  eniniaux  mulUplieol'artw'i 
captivité,  ainsi  que  cela  est  recunuan;»'' 
d'nuî,  contrairement  à  l'opinion  n^'^^* 
plusieurs  oBiuralistcs  modernes,  eUiàt- 
mément  à  celle  des  Sticiros,  d'Hiieo''^' 
Culumelle  (S037J.  Cependant  on  a  mp'^ 
■  eu  l'habitude,  comme  étant  le  majtaji 
moins  dispendieux,  de  ne  prendre  ie^ '»>* 
vidus  sauvages,  dans  les  forêts,  (tue  lo'^ 
qu'ils  ont  acquis  leur  entière  cfoissW' 
)ieu  d'années,  et  quelquefois,  dii-a'i>  1*' 
ue  mois  après,  leur  éducation  est  comt^ 
tement  terminée. 

Si  l'espèce  entière  avait,  comme  le  «** 
Dieau,  été  soumise  à  l'état  de  dom«liti|<' 
depuis  une  époque  reculée  dansriiiiiw 
de  l'boiume,  on  aurait  pu,  sans  doute,  iiii>- 
Imer  la  supériorité  d  intelligence  de  !««■ 
pliant  à  ses  rapports  fréquents  et  bmi'i^'' 
avec  le  miitire  de  la  création;  mais  f* 
savons  qu'il  suflit  d'un  petit  nomltre'''^ 
liées  pour  produire  dans  cet  animal  udiei" 

(303C)  Fauua  Banali-Amemaiw,  p.  VU. 
mil)  Sut  le»  habitude*,  elc,  de  rHéjie1,tf 
U.  iloHSE.  iPhil.  irmi.,  1709.] 


im  non  HcnœtNAiRE  apologetiqdc.  wn  mu 

poser  qa'il  rinlise  d'inlelligeoee  tToe  Véié- 
phant,  et  ne  rient  à  l'appui  des  réres  dé 
ceai  qui  s'imaginent  que  la  race  de  l'orang- 
Ootang  pent  £lra  tranironnéu  eo  celle  de 
rbomme.  Ca  des  babonias  de  Sumatra 
Uimia  earpoiegui)  paratt  £lre  plus  docile,  et 
les  habitants  l'eiDploieat  soorenl  h  grimper 
aux  arbres  pour  cueillir  des  noti  de  coco, 
genre  de  sernce  ponr  lequel  cet  ani- 
mal déploie  beaucoup  d'adresse,  il  choisit, 
dit  sir  Slamrord  Kames,  les  noix  mûres 
arec  une  Irès^rande  sag&cilé,  et  n'en  cueille 
que  la  quantité  qu'on  lui  demande  (2038). 
Suivant  U.  de  Humboldl,  le  singe  eapuxtn 
et  le  singe  caeajao  sont  de  même  dressés, 
sur  les  rires  inférieures  de  l'Orénoque,  k 
monter  sar  les  arbres  el  è  eo  cueillir  les 
fruits  (8039). 

C'est  aux  partisans  de  la  théorie  de  La- 
marclf  à  expliquer  comment  il  se  fait  qm 
ces  mêmes  sauvages  de  Bornéo  n'ont  poinl 
fini  par  acquérir,  après  plusieurs  génén- 
tions,  les  bras  allongés  de  l'orang.  ou  niftme 
la  queue  prenante  de  quelques  singes  amé- 
ricains, à  force  de  s'exercer  è  grimper  aux 
arbres.  U  était  naturel  de  prévoir  que  ces 
sauvages,  an  lieu  de  s'astreindre  k  dompter 
des  brutes  intraitables  et  obslioées,  «  d»- 
raient  être  excités-a  faire  des  efforts  en  r8|^ 
port  avec  leurs  besoins,  et  que  ces  efforts, 
longtemps  continués,  devaient  néoessaire- 
meot  donner  naissance  h  de  nouveaux  or- 
ganes (20M));  ■  ou  plutM  i  la  réacquiailioa 
d'organes  qui ,  contrairement  an  principe 
dn  système  progrettif,  se  seraient  appau- 
vris chez  des  races  d'hommes  qui  en  avaient 
DO  besoin  constant. 

Il  suit  donc  des  différents  faits  considérés 
jusqu'ici,  qu'un  court  espace  de  temps  so^ 
fil,  en  général,  pour  produire  presque  tOBl 
le  changement  qu'une  modification  des  cir- 
constances extérieures  peut  délermioer dam 
les  habitudes  d'une  espèce,  el  que  la  faculté 
de  se  plier  k  dts  circonstances  Douvelles 
existe  à  des  degrés  très-différents  cbei  les 
diverses  espèces. 

Certaines  aualités  semblent  élre  attri- 
buées 6  quelques  espèces  exelnsivemenl, 
en  vue  des  relations  destinées  k  avoir  lieu 
entre  ellrs;  et  surtout  entre  certaines  espè- 
ces et  l'homme;  mais  dételles  qualités  soot 
tonjonrs  liées  si  intimement  avec  lesbabîIiH 
des  et  les  tendances  primitives  de  cbaqos 
espèce  k  l'étal  sauvage,  qu'ellesn'impliqueDt 
nullement  la  faculté  de  s'écarler  indéfini- 
ment du  type  primordial.  Les  habitudes 
acquises,  qui  résultent  de  fînlerreotioa  d« 
l'homme,  se  Iransmellerit  rarement  aux  des- 
cendants; el  quand  cette  iransnissiOD  i 
lieu,  c'est  presque  toujours  relativemeot  k 
des  habitudes  qui  ont  quelaue  rapport  sen- 
sible avec  les  attributs  de  1  espèce  ,k  l'éUl 
u'iiiilépendance. 

Il  nous  reste  encore  )  examiner  UQ  autre 
ordre  <Je  phénomènes,  ceux  qui  oot  rapport 

et  1801,  par  Al.  vt  IIcmoii>t  et  Bo:iruw,  rcblioa 
bbbirlqiM. 
^mW}  Pkil.  iovt.,  1. 1. 


prodigieux  cbangemenldliabitiides,  et  lors- 
qu'une fois  ce  changement  est  accompli , 
envaîD  le  même  individu  resterait-il  l^b- 
jet  des  soins  prolongés  pendant  un  siècle, 
il  ne  se  fait  plus  aucun  progrès  dans  le 
développement  général  de  ses  facultés.  S'il 
en  étati  autrement,  son  intelligence  mérite- 
rait bientAt  une  qaaiitication  supérieure  k 
celle  de  ■  demi-raisonnement  ■  que  le  poète 
loi  a  donnée. 

D'après  le  témoignage  des  Anglais  qui 
firent  ta  dernière  guerre  de  Burmèse,  il  paraît, 
et  ce  fait  viendrait  àl'appni  d'autres  récits 
plus  anciens,  que  lorsqu'on  veut  obtenir 
des  éléphants  quelque  exercice  extraordi- 
naire, on  peut  réussir  à  leur  faire  corn- 
(nndre  qae  cela  leur  vaudra  une  récom- 
pense. On  leur  montre  quelque  aliment 
qn'ou  sut  être  de  leur  goOl,  pour  les  exciter 
k  faire  ce  qu'on  désire  d'eux,  el  ils  parais- 
sent si  bien  comprendre  la  nature  de  ce 
eonint,  que  son  inexécution,  de  Is  part  du 
maître,  n'est  pas  sans  danger  pour  lui.  L'é- 
lépbani  manifeste  aîniEi  la  facolté  qu'il  pos- 
sède d'adapter,  avM  ane  promptitude  vrai- 
meal  aurof-enante  i  ses  instincts  sociaux  k 
de  aoBvelles  circonstances  ;  mais  l'étendue 
de  ce  ch^gemenl  est  subordonoée  à  des 
limites  non  moins  strictes  qu'arbitraires. 
Bien  n'indique  une  lendaooe  k  l'affaiblisse- 
nent  eontina  de  cerlaios  attributs  dont  l'é- 
léphant élsit  doué  originairement  ;  de  même 
qro'il  n'j  a  nul  motif  de  prévoir  qu'eu  ptu- 
fieon  milliers  de  siècles  aucun  cbangement 
considérable  sera  jamais  produit.  Tout  ce 
^a'oo  peut  déduire  de  l'analogie,  c'est  que 
1  on  parviendrait  probablement  k  obtenir 
quelques  races  particulières  plus  utiles  si 
\  on  lentail  sérieusement  d'en  faire  l'eipé- 
ricDce,  et  que  quelque  caractère  individuel, 
aujourd'hui  accidentel  et  temporaire  saule- 
meal,  pourrait  se  perpétuer  [ûr  la  généra- 
tion. 

Ainsi,  cbaqae  fois  que  les  qualités  do- 
mestiques existent  cbez  quelque  animal , 
cffes  semblent  n'exiger  aucun  procédé  oou- 
veaa  pour  leur  développement;  mais  elles 
raraissBOl  avoir  élé  refusées  complètement 
•  certaines  classes,  telles  que  la  plupart  des 
queilrumanes ,  qui  auraient  pu,  d'a|irès 
iear  force  et  leurs  dis)K)sitions  sociales, 
rendre  k  l'homme  de  très^rands  services. 
L'ureng-ootsng  que  Lamardt,  par  la  seule 
raison,  je  pense,  de  la  ressemblance  de  sa 
lorme  avec  celle  de  l'homme,  a  considéré 
:otiime  le  plus  paKait  des  aoimaux  iuDé- 
ieurs,  a  été  apprivoisé  par  les  sauvages  de 
ItorDéo,  qui  [exercent  k  monter  k  des 
tr  lires  très-élevés ,  et  k  en  rapporter  les 
ruits.  Il  est  vrai,  dil-oo,  qu'il  n'obéit  kses 
i.aftres  qu'avec  une  répugnance  extrême, 
'l  que  la  plus  sévère  discipline  est  uéces- 
•tire  pour  le  maintenir  en  ét.it  de  soumis- 
fin.  Rien,  d'aillours,  deee  que  l'on  Mit 
\t:s  faculté?  de  cet  animal  n'autorise  k  sup- 

{205SI  i.m.,  Tramt.,  m>I.  XIII.  p.  Ui. 

\ittZ9)  Voyage  aux  rrifisiM  fqiati»naU$  dn  ttoa- 
MK  comi>Mi,rai(cuiîÙ9,  l^W.  tSVl,  ISi»,  1805 


noK' 


DlCTIONNAïaË  APOLOGETIQCE. 


lie» 


If-i 


h  la  production  des  fiybridci)  (SOVl).  Ces 
pbiîiiomènes    ont  élé  eQTissg^t  lous  des 

tioinis  de  *ue  trës-difTéreols  à  l'égard  de 
F:ur  influence  sur  la  question  de  la  distinc- 
tion permanente  des  espèces,  quelques  na- 
turalistes les  considérant  comme  la  preure 
la  plus  palpable  en  faveur  de  la  réalité  des 
espèces;  d  autres,  su  contraire,  les  faisaat 
interrenir  à  l'appui  de  la  doctrine  opposée, 
c'est-à-dire  de  celle  qui  admet  qne  toutes 
les  variétés  d'organisaiion  et  d'instinct  qu'on 
observe  aujourd'hui  dans  le  règne  animal  et 
dnns  le  végétal,  peuvent  devoir  leur  origine 
h  un  petit  nombre  de  tjrpes  primor- 
diaux. 

Quant  aux  mammifères  et  aux  oiseaux,  on 
fl  remarque  que  les  races  dont  les  habiludes 
et  l'organisa  lion  difTèrunt  d'tina  manière 
,  sensible,  ne  s'accouplent  point  ensemble;  ce 
n'est  qfie  parmi  les  espèces  très-voisines 
les  unes  des  autres,  qu'un  tel  rapproche- 
ment' engendre  de  nouveaux  ôtres.  On  peut 
considérer  comme  une  règle  générale,  qui 
u'ofTre  que  très-peu  d'exceptions  parmlles 

Suadrupèdes,  que  la  progéniture  des  h^bri- 
es  est  stérile;  et  je  ne  sache  aucun  exem- 
pte bien  authentique  de  la  propagation  du 
mulet  au  delà  d'une  génération.  Le  plus 
grand  nombre  d'observations  et  d'expé- 
■iences  se  rapportent  à  La  progéniture  croi- 
sée du  cheval  et  de  l'âne;  elles  ont  prouvé 
que  le  mulet  peut  engrndrer,  et  que  la 
-  mule  peut  produire,.  C'est  ce  qui  arrive  en 
Espagne  el  en  Italie,  et  surtout  aux  Antil- 
les et  6  la  Nouvelle-Hollande  ;  mais  ces  mu- 
lets n'ont  Jamais  multiplié  dans  les  climats 
froids,  rarement  ils  se  sont  introduits  dans 
les  régions  chaudes ,  et  plus  raremeut  en- 
core dans  les  contrées  tempérées. 

La  progéniture  hybride  de  l'ànesse  etdu 
cheval,  le  yinvor  d'Arislole,  et  le  hitmuâ 
de  Pline,  diirère  du  mulet,  c'est-à-dire  de 
la  progéniture  de  l'âne  et  de  la  jument. 
Dans  ces  deuxgeures  d'iobrides,  dit  Buf- 
fon.  Us  individus  tiennent  plus  de  la  mère 
que  du  père,  non-seulement  sous  le  rap- 
[lOrt  de  la  taille,  maisaussi  sous  le  rapport  ue 
It  forme  du  corps;  quant  à  la  forma  do  la 
léifl,  des  membres  et  de  la  queue,  il  y  a  plus 
de  ressemblance  avec  le  père.  Le  môme  na- 

•  (uralistea  conclu  de  diverses  expériencrs 
sur.l»  r-roisËmenl  des  races,  que  dans  les 
occouplemenls  qui  ont  lieu  cnire  lo  houe 
«t  la  brebis,  le  chien  et  la  iour^,  le  chor- 
donneret  et  le  serin,  le  mâle  transmet  son 
sexe  au  plus  grand  nombre  des  individus 
provenant  de  ces  sortes  ds  croisements,  et 
que  la  prépondérance  des  mâles  sur  les  fe- 
melles excède  celle  qui  domine  quond  les 
parents  sont  de  la  même  espèce. 

Suivant  le  célèbre  John  Hunier,  la  véri- 
table distinction  des  espèces  doit  finalement 

.  se  déduire  de  leur  inaptitude  h  multiplier 
l<:s  unes  avec  les  sutrus,  et  à  donner  nais- 
sance à  des  descendants  capables  de  se  re- 


produire. Il  D'aiImeUail  point,  toutefois, 
que  le  cheval  et  l'âne  fu&sent  de  la  mima 
espèce,  à  causedu  petit  nombre  d'exemple* 
que  Ton  citait  de  la  reproduction  des  mu- 
lets; mais  il  soutenait  quête  loup,  le  chiea 
et  le  chacal  appartenaient  lous  à  une  même 
espèce,  deux  expériences  lui  ayant  prouvé 
que  le  chien  reproduisait  avec  le  loup  et  le 
chacal,  et  que  le  mulet  résultant  de  l'un  oi 
de  l'autre  de  ces  accouplements,  reprodui- 
sait à  son  tour  avec  le  chien.  Nous  ferosi 
observer  néanmoins,  que  duns  ces  deux  ru, 
l'un  des  parents,  au  moina.  était  toujoun 
de  pure  race,  et  que  rien  n'a  prouvé  qu'asa 
véritable  race  hybride  pouvait  être  [lerfit- 
tuée;  ce  dont  au  reste  je  ne  crois  pas  qo'm 
seul  exemple  ait  encore  été  cité,  soîl  à  iV 
ganl  du  croisement  du  cheval  cl  du  l'âiif, 
ou  de  celui  de  tels  autres  mammifères  que 
-ce  soit,. 

Si  plus  tard  on  venait  à  reconnaîtra  qat 
Jeux  mulets  peuveut  reproduira  leur  espèce, 
il  resterait  encore  à  rechercher  si  une  leilv 
reproduction  ne  devrait  point  être  considé- 
rée comme  une  monstruosilé  résolUnt  de 
quelque  cause  accidentelle,  ou  pour  parler 
plus  philosopiiiquement,  de  quel^joe  loi  ^ 
nérale  non  encore  comprise,  naais  qui  u 
saurait  s'opposer  d'une  manière  [lermt- 
nenle  à  ces  lois  de  génération,  dont,  sa 

général,  l'effet  est  d'empêcher  le  mélânst 
es  espèces.  Si,  par  exemple,  on  observai! 
que,  dès  la  première  génération  ,  les  des- 
cendants d'une  race  bybrida  dégéoèreai 
d'une  manière  sensihlefSoitsous  le  rapport 
de  la  fofce,  soit  sous  celui  derintalligeMC, 
ou  de  quelque  autre  attribut  nécessairei 
sa  conservation  dans  l'état  de  nature,  o:. 
pourrait  en  conclure  que,  do  m4me  holu 
monstre,  c'est  une  variété  puremeul*:»- 
dentelle  et  passagère.  IL  ne  paraît  i^sp.^ 
I>able  non  plus  que  U  plupart  de^tsoùe- 
tres  soient  jamais  sulremeiit  fnuDitî 
qu'nrtiQciellemenU  car,  di^s  les  Ei(>«ne'.t- 
cea  de  Hunter,  il  fallaH  presque  Vuujùuis 
recourir  à  la  violence  ou  à  la  ruse  pnur 
obtenir  un  accouplement  ncrmal  iH*î: 
il  parait  que  l'hybride  ou  mulet  prés»>l<i 
rarement  un  cirsctèra  exacteaaent  Inleriaè- 
dhire  entre  les  deux  individus  qui  l'oal 
produit.  Ainsi,  dans  lit  cours  de  se»  «ipê- 
riences,  Hunter  a  observé-  qu'un  jeune 
chien  hybride  rossamblail  au  loup  bit« 
plus  que  tout  la  reste  de  la  p«rtéo,  cl  Wi^"* 
mann  rapporte,  qjie  dans  une  jiorl^e  ùb't- 
nue  à  ta  ménagerie  royale  de  Berlin,  d'ui 
chien  d'arrêt  blanc  et  d'une  louve,  debi 
petits  se  rapprochaient  du  chien-loup  onii- 
naire,  tandis  que  le  troisième  avait,  coio:.  r 
tes  chiens  d'arrêt  «  les  oreilles  f-eo-  ' 
danles. 

Il  existe  sansdouleunuanalogietrë^-iiil^fr* 
entrecesphénomènest'Iceuiquirésulliir.J 
RiélaUf^a  des  deux  races  distinctes  apjisrie- 
nant  à  la  même  espèce,  soit  chez  lessa.- 
maux  iuférieurs,  suit  chez  l'homme.  L« 

JSttlSJ  Beiuarqucs  siipittèoiamirci,  fait.  inK-, 


non 


DICTIO?i»AlltE  APOLOGETIQUE. 


docteur  Pricbard,  dans  son  Histoire  phj- 
siqoe  de  la  race  linmaine,  cite  plusieurs 
•lemples  où  les  caractères  propres  aui  pa^ 
rents  oot  été  transniis  d'une,  manière  très- 
inhale  aux  desceodants  :  ainsi,  des  eofanls 
complèieuent  blancs  ou  noirs  sont  nés  de 
l'Européen  et  du  Nègre  ;  quelquefois  la  cou- 
leur ou  quelque  autre  particularité  de  l'un 
dfisdeux  parents  ne  so  reproduit  pas  chez 
les  descendants  immédials',  mais  elle  repa- 
raît dans  une  génération  ultérieure;  comme 
lorsqu'une  mère  et  un  père  noirs,  origi- 
naires d'un  père  Manc ,  aonneni  naissance 
i  un  enfant  blanc  (20UJ. 

Le  même  auteur  observe  fort  judicieuse- 
ment que,  s'ilyatail  mélange  entra  les  des- 
cendants  d'espèces  difTéreoles  ,    et   si   la 
[fopagalion  des   races  b.f  brides  avait  lieu 
fré.)Lemmenl,  le  monde  animal  n'offrirait 
bjenlût   plus   qu'une  scène  de  confusion; 
f  srlonl  ses  diverses  tribus  seraient  confon- 
dues, el  l'on  trouTeraitpeut-èlre  plus  d'hy- 
brides que  de  vraies  et  pures  races  (20U}. 
On  a  pensé  que  l'hisioiredu  règne  végéul 
Mumissait  une  preuve  plus    décisive  en 
faveur  de  la  théorie  relative  à  la  formation 
d'espèces  nouvelles  et  pcrmaoeotes  prove- 
nant de  souches  hybrides.  Les  premières 
l'tpérieoces  exactes  qui  aient  été  faites 
sur  ce  curieux  sujet  sont  attribuées  à  Kôl- 
renter  :  il   oblioi   une    hybride  de   deux 
espèces  de  tabac.  Kieotiaaa  tiulica  et  S. 
poniculaia,  qui  diffèrent  cunsidérablemeot 
l'une  de  l'autre,  tant  i  l'égard  de  la  forme 
lia  feuilles,  que  de  la  couleur  de  U  corolle 
et  de  la  hauteur  de  la  lige.  Le  stigmate 
d  une  tige  de  If.  nutica  aj^ant  été  impré- 
gnée du  pollen  d'une  tige  de  X.  paitiauata, 
la  graioe   mûrit  el   produisit  une  hybride 
loleriuéilîaira  entre  les  deux  parents;  mais 
les  élaminesda  cette  plante,  comme  celles 
de  toutes  les  hjbrides  élevées  par  ce  bota- 
i:iste,  étaient  impal-faitea.  Il  imprégna  en- 
suite cette  hybride  de  poitcn  de  N.  ptmicu- 
l-iia,  etobUntdesplaotesqui  ressemblaient 
beaucoup  ploa  ï  celle-ci  qu'à  la  N.  rtutica  ; 
l'uis,  contiuuant  ainsi  pendant   plusieurs 
K^'Oérations.  il   Qoit,  à  force   do  persévé- 
rance, par  cbaugerla  iïica^iaaa  rusiica  eu 
A  icoliama  pamieidata. 

Le  mode  d'imprégnation  qu'îlaTail  adopté 
CCMisistait  i  éier  les  anthères  de  la  plante 
destinée  à  la  fructification,  avant  qu'elles 
eussent  répandu  leur  pollen,  et  à  mettre 
eDsaiio  nu  pollua  étranger  sur  les  stig- 
ix^atet. 

La  même  cxi^éneoce  a  depuis,  été  répétée 
a'vee  £uccès  par  Wiegmann,  qui  paivinl 
à  ramener  les  hjbrides  à  un  état  de  res- 
scmtitaoce  parfaite  avec  l'un  et  l'autre  de 
l*--urs  pareuls,  en  les  croisant  un  uombre 
de  fois  stilKsant. 

Dans    plusieurs    autres  expériences  de 
Wiesmauni  le  mélange  des  caractères  des 
parents  qui  avaient  servi  de   souche  était  . 
(.omplet;  la  couleur  et  la  forme  des  feuilles 
cl  des    fleurs,  et  jusqu'à    l'odeur  même, 

{iZijf  Tuauiip,  \vl.  I,  p.  £î7' 


étaient  intermédiaires,  comme  dans  les  in- 
dividas  provenant  du  croisement  des  deux 
espèces  de  bouillon-blanc.  L'oignon  commnn 
et  le  iJOtreau  [atlium  rœpa  et  a.  porrum),  fé- 
condes l'un  par  l'autre,  donnèrent  aussi  nne 
plante  hjbride,  qui,  par  ses  feuilles  el  ses 
Qeurs,  se  rapprochait  beaucoup  de  l'oignon 
cultivé,  en  même  lempsqu'elle  avait  l'odeur 
el  la  bulbe  obloogue  du  poireau. 

Le  même  t>otaniste  remarque  que,  lors- 
que  les  végétaux  hybrides  ne  sont  pas  ri- 
goureusement intermédiaires  entre  les  plan- 
tes qui  les  ont  produits,  ils  se  rapprochent 
Plus  souvent  de  l'espèce  femelle  que  de 
espèce  mile,  mais  ne  présentent  Jamais  de 
caractères  étrangers  &  toutes  deux.  Dn  croi- 
sement nouveau,  avec  une  des  souches  ori- 
ginelles, ramène  généralement  la  plante 
hybride  è  une  grande  ressemblance  avec 
cette  souche;  néanmoins  il  n'en  est  pas 
toujours  ainsi,  le  produit  résultant  d'un  tel 
croisement,  continuant  onelquefois  k  offrir 
le  caractère  d'une  hybride  complète. 

En  général,  le  succès  des  tentatives  gui 
ont  pour  but  la  production  et  la  perpéluaiion 
des  hybrides  dépend,  parmi  les  fttantes 
comme  parmi  les  Bflimaui,  dn  degré  tie 
ressemblance  qui  existe  entre  les  espèces 
mélangées.  Si  leur  organisation  diffère 
beaucoup,  la  fécondation  n'a  Jamais  lieu;  si 
elle  diffère  un  peu  moins,  il  se  forme  des 
graines,  mais  elles  restent  toujours  impar- 
faites et  stériles.  Pour  qu'il  y  ait  dévelop- 
pement déjeunes  plautes  hybrides,  il  faot 
que  l'analogie  entre  les  espèces  croisées  de- 
vienne plus  sensible,  et  encore  cela  n'em- 
pêcbe-t-il  pas  lés  jeunes  plantes  de  rester 
infécondes;  ce  n'est  que  lorsque  les  espè- 
ces productrices  ont  entre  elles  la  plus 
grande  similitude,  que  la  race  hybride  jieai 
se  perpétuer  pendant  plusieurs  générations. 
Dans  ce  cas  même,  les  exemples  tes  mieux 
avérés  semblent  se  borner  au  croisement 
d'hjhrides  avec  des  individus  de  puro 
race,  car  dans  aucnne  des  expériences  qui  ont 
été  décrites  avec  le  plus  d'exactitude,  en 
ne  voit  les  parents  originaires  Aire  fous 
deux  bybrides. 

"WiegiDann  a  drrersifié,  autant  que  pos- 
sible, Te  procédé  h  l'aide  duquel  il  déter- 
minait parmi  les  plantes  ces  alliances  ano- 
males. Il  semait  souvent,  près  les  unes  des 
autres,  des  rangées  oarsllèles  des  espèces 
qu'il  désirait  obtenir;  mais,  an  lieu  do 
mutiler,  eommo  KOlreuier,  les  plantes 
d'un  des  individus  générateurs,  il  sebomaif  ft 
6ler  le  pollen  de  leurs  anthères.  Les  branches 
des  plantes  étaient  ensuite  recourbées,  avec 
précaatioQ,  les  unes  vers  les  autres,  et  eu- 
ireltcées;  de  sorte  que  le  vent  et  de  uom- 
breux  insectes,  en  passant  des  Qeurs  do 
l'une  de  ces  espèces  î  celles  de  l'autre,  en- 
Iratoaienl  le  pollen,  et  donnaient  lieu  k  la 
fécondation. 

Le  même  ohservaleor  a  vu  un  exemple 
remarquable  dtt  la  luaiiièrc  dont  tes  hybri- 
des peuvent  être  fumices  a  l'étal  de  nature. 

^Oit;  Tbiciuiid,,  ioL  I,  p.  97. 


nra 


DlCriO:fNAIRE  APOLOGETIQUE. 


HDH 


Les  idgoiates  de  quelques  'çiroOdes  jaunns 
et  de  quelques  œillets,  cultivés  eo  an  lieu 
•ec  el  eiposds  su  soleil,  sraient  mari  au 
(lolDt  d'élre  humides  cl  de  pouvoir,  par 
conséqucnt.absorber  le  pollen  avecavidité, 
bien  que  leurs  anthères  ne  fussent  poiat 
encore  développées.  Les  stigmates  s'impré- 
gnèrent du  pollen  de  quelques  autres 
plantes  voisines  appartenant  aux  inSmes 
espèces;  mais  si  ces  plantes  eussent  été 
d'espèces  dilTéreales ,  sans  toutefois  que 
leur  oi^anisalion  offrit  trop  de  dissem- 
blance, un  tel  mélange  eôt  produit  des  races 
b^brides. 

lorsqu'on  voit  quelle  activité  déploient 
certains  insectes,  tels  que  les  abeilles  et 
plusieurs  autres  du  même  genre,  pour 
transporter  de  fleur  en  fieur  la  poussière 
•ntberique  des  plantes,  on  a  peine  à  oum- 
prendre  comment  il  ne  se  produit  pas  sans 
cesse,  entre  espèces  différentes,  des  allian- 
ces conruses. 

N'ûbserve-t-on  pas  continaellement  aussi 
avec  quelle  diligence  merveilleuse  les 
abeilles  sont  occupées  &  recueillir  la  pous- 
sière ruuga  et  îaune  dont  les  étBmines,des 
fleurs  sont  couvertes  j  ken  charger  leurs  pat- 
tes de  derrière  et  à  la  transporter  jusqu'à  la 
rucbe  pour  en  nourrir  leurs  jeunesT  En 
pourvoyant  ainsi,     aux    besoins   de    leur 

rirapre  race,  ces  insectes  favorisent  singu- 
ièreœent  le  phénomëoe  de  la  fructiflcd- 
tion  (201^5).  Peu  de  personnes  ont  besoin 
qu'on  leur    rappelle  que»  dans  certaines 

Iilanloa,  les  ëlamines  ne  croissent  pas  sur 
M  mêmes  fleurs  que  les  pistils,  et  qu'Jt 
moins  que  te  sommet  du  pistil  ne  soit  lou- 
ché par  ta  poussière  fécondante, ni  lefruitae 
grossit,  m  la  graine  ne  mûrit.  C'est  grâce 
aux  abeilles,  surtoutr  que  le  développe» 
menl  du  fruit  s'opère  chez  plusieurs  des 
asiièces  en  question;  ces  insectes  laissant 
éi-bspper  iovolontaiiecnent,  lorsqu'ils  vien- 
nent visiter  les  pistils,  la  poussière  qu'ils 
ont  recueillie  sur  les  étaminei, 

Que  de  fois  ne  voit-on  pas,  aux  luures 
les  plus  chaudes  d'une  journéti  d'été,  les 
miles  des  piaules  dioïques,  telles  que  Tif, 
rester  séparés  des  femelles,  et  envoyer  dans 
i'almospbère,  à  l'aide  du  moindre  souffle 
de  vent,  des  nuages  de  pollen.  L'interven- 
tion si  rsfe  du  léphir  dans  la  fécondation 
des  plantes  d'une  esuèce  avec  le  pollen 
d'autres  plantes,  semble  réaliser  ce  qu'on 
/acoDte  du  miracle  auquel  les  crédules  gar> 
diens  des  cavales  de  la  Lusïtanie  aiou- 
taieut  tant  de  loi. 

On  enuMi  tena  in  xeptitfrmm,  êiant  npihtit  al- 

£xM^»(fw  Utu  MTot  ;  tt  uepe,  um  vllU 
CuiJKgiië,tettiograpida{aUrabiUdiclu!)liXM]. 
Mais  il  paratt  que  les  plantes,  de  même 
que  les  animaux,  éjirouvent  une  r^puisinn 
oalurellu  pour  les  allidnces  sexuelle?  ano- 
males :  aussr,  dans  la  pluiuri  des  uspérien- 

(ÏM5)  Voir  ce  qu"a  écrit  fiarton  sur  la  CéographU 
4a  pUntu,  p.  61.  ^   ' 


ces  tentées,  soit  dans  te  tirât  luimil,  leii 
dans  le  règne  végétal,  a-t-irhlIurecoDriri 
la  force  pour  produire  l'iraprégnalion.  le 
stigmate  .«'imbibe  lentement,  et  STec  m 
sorte  de  répugnance,  si  l'on  peut  s'eiprinw 
ainsi,  des  granules  du  pollen  d'une  auin 
espèce,  même  lorsqu'il  en  est  Bbondinmidii 
couvert  ;  el  si,  ft  cet  instsnr,  la  moindre  pu- 
celle  de  ponssière  anihértque  provenaDlde 
sa  propre  espèce,  vient  fi  tombersurlai.ij 
J'absorbe  aussitôt,  et  l'elTet  du  pollen  éino- 
ger  se  trouve  annihilé.  De  plus,  il  arriit 
assez  rarement  que  les  organes  mâlesetfr 
melles  de  la  fructification  atleipienl  prfd- 
sèment  au  même  instant,  dans  des  espSui 
différentes,  leur  point  de  maturité.  Li  mfeii 
otl  un  tel  synchronisme  se  maniresle,  et  Dt 
par  suite,  une  imprégnation  crnisé«  iliei, 
il  reste  encore  beaucoup  de  chances  cODin 
la  formation  d'une  race  hybride. 

Si  l'on  considèm  le  règne  végétal  Sm 
manière  générale,  il  faut  se  rappeler  qui 
parmi  les  graines  qui  ont  atteint  leur  w- 
tiëre  maturité,  il  y  en  a  une  grande  pirtii 
qui  sont  mangées  par  les  insectes,  lei  oi- 
seaux et  d'autres  animaux,  ou  qui  seiw- 
dent  faute  de  place  o(  de  circODsUnteift- 
Torables  pour  germer.  Les  plantes  msliiliiti 
senties  premières  détruites  par  les cna»! 
préjodichbles  k  Tespèce;  elles  se  lrau<etit 
ordinairement'  étouffées  par  drs  indiiidiu 
plus  vigoureux  de  leur  propre  Hsgiéce.  $i 
donc  la  fbrce  ou  la  fécondité  relatite  de 
hybrides-  étaft  tant  soit  peu  Tnoindre,M 
dernières  ne  pourraieut  se  maioteDirpeD' 
dant  plusieurs  générations,  lorsmSoieqil 
rétat  sauvage  elles  seraient  lonjours  [vo- 
duites  au  delè  d'une  génération,  tmk 
hjtt«  unirerselle  qui  règne  entre  tan)  lo 
êtres  au  sujet  de  l'existence,  le  dmildui^u 
fort  l'emporte  souvent  sur  celui  itf» 
hilHe;  et  la  force  ainsi  que  ladarit^cK 
race  dépendent  principalement  Aza^ 
dite;  msrïs  cette-  qualité  est,  comnitiAlt 
sait,  Irès-restreinte  cirer  les  hybrides. 

La  ceKtaurta  hybriéa  est  une  plinie  qù 
n'a  jamais  do  graine^  et  dont  la  pmliuiio^ 
ost  attribuée  au  mélange  fréquent  dedeii 
espèces  bien  connues  de  centaurée;  t'it 
erott  è  l'état  sauvage  sur  ane  calltne  <^ 
sine  de  Turin.  Le  ranunotrfiir  tocrnu,  V' 
est  stérile  aussi,  s'e^t  produit  scndeiitrl^C*  ■ 
ment  4  Grenoble  et  près  de  Paris,  MrrwiiM  I 
de  deux  renoncules;  mais  ce  résultat  o'itt 
Obtenu  que  dans  les  jardfns^MT]. 

M.  Herbert  dans  un  des  mémoires  W 
nieux  qn'Jl  a  publiés  sur  les  plan(e)  trjbr- 
des,  cherchée  explig'jer  pouroooi  tWa» 
se  rencontrent  point  h  l'état  ce  Rature:''  1 
fonde  son  raisonnement  sur  ce  q^ur  v»^ 
les  combinaisons  auxquelles  il  était  pOMlil' 
que  l'on  arrivât,  ont  déjè  été  faites,  il;' 
plusieurs  siècles,  et  Oiit  formé  loi  ditenci  | 
espèces  des  botnnistes;  mais  dans  way/"  | 
dins,  dit-il,  charnue  fois  que  des  opéc» 
ayout  quelque  efUuité  les  unes  pour  lu»' 

(2046)  V1HG11.C.  Géorg..  tik.  iii,  ST3. 
^31)471  HtpiEHT,  HortU.  (r«M.,  vtl.  IV,fl!- 


mi 


■ox 


WCTHMUUmB 


trvs  soni  imeoées  de  régions  différeolra  et 
mises  en  coolaet  poor  la  première fou,-«lles 
doonenl  tuisunee  à  dei  espèces  d'hybri- 
des (SOW).  Quoi  qu'il  en  soU,  aucune  don- 
née ue  prouve  encore  qu'une  seole  race  Tij- 
bride  permanente  ait  jamais  été  produite, 
même  dans  les  jardins,  par  l'union  de  deux 
espères  voisines  amenées  d*ljabilatioos  étoi- 
gnées.  Jusqu'k  ce  qi4e  quelque  fait  de  cette 
si>rie  soit  parfaitemeot  établi,  et  qu'une 
oonrelle  espèce,  capable  de  M  perpétuer 
Sans  la  parlicipalion  da  l'homme,  pntsae  être 
jodiqoee  *  il  serait  ass«s  raisonnable  de 
n'admettre  cette  source  hypothétique  de 
Boarelles  espèces  qu'avec  la  plus  gnoda 
réserTC.  Quant  à  cette  circonstance  que  des 
races  croisées  engendrent  quelquefois  des 
variélés,  on  ne  peut  guère  la  réToquer  eo 
doute;  mais  il  est  fort  probable  que  ces  ts- 
riétésool  une  durée  moins  longue  encore 
que  les  races  prorenant  de  greffes  ou  de 
boutures. 

De  Candolle, dont  l'opinion  surnne  ques- 
tion philosophique  de  cette  nature  mérite 
la  plas  grande  considération,  adit.dans  son 
Euai  lur  la  giograpkU  botanique  que  les 
diiarses  Tarielés  de  plantes  peuvent  être 
partagées  en  deux  catégories  générales  : 
Mlles  qui  sont  dues  è  des  circonstances  ei- 
Kneores,  et  celles  qui  résultent  de  Thybri- 
dilé.  Après  avoir  cité  plusieurs  ar^menti 
QDi  Icodent  à  prouver  que  ni  l'une  ni  l'autre 
<f«  cescauses  ne  peut  expliquer  la  diversité 
cOD5lsDle  qu'on  observe  dans  les  plantes 
rntfigènes  des  diverses  régions  du  globe,  il 
s'eiprime  ainsi  è  l'égard  du  croisement  des 
rmus  :  ■  Je  comprends  très-bien,  quoique  je 
a«  partage  pas  complètement  cette  opinion, 
t«  comprends  et  jsdmets,  pour  quelques 
't,  que,  dans  un  pays  oit  se  trouvent  rsp- 
>*t)chées  plusieurs  espèces  des  mêmes  gèn- 
es il  peut  se  former  des  espèces  hybrides, 
<  je  sens  qu'on  peut  expliquer  par  \k  le 
*ind  nombre  d'espèces  de  certains  genres 
"u'on  trouve  dans  plusieurs  régions;  mais 
s  De  coDf;ois  [las  comment  on  pourrait  ad- 
r^eUre  la  même  explication  pour  des  espè- 
ms  qui  vivent  naturellement  è  de  grandes 
ysfances.  Si  les  trois  mélèzes  connus  dans 
t  monde,  vivaient  dans  les  mêmes  lieux,  je 
oorrais  croire  que  Tun  d'eux  est  le  pro- 
uit  du  croisement  des  deux  autres;  mais  je 
li  saurais  admettre  que,  par  exemple,  l'es- 
èce  de  Sibérie  ait  élé  produite  par  le  croi- 
raient de  celles  d'Europe  et  d'Amérique. 
e  vois  donc  qu'il  existe  dans  les  êtres  or- 
anîsés,  des  différences  permanentes  qui 
e  penveot  être  rapportées  k  aucune  des 
luses  actoelles  do  variatioii;  eu  sont  ces 
ifl'érences    qui    coDstitueut    les    espèces 

Les  arguments  les  plus  décisifs,  peut-être, 
outre  la  probabilité  de  l'opinion  qui  attri- 
ue  l'ori^oe  des  espèces  permanentes  è  des 
ices  croisiSes,  doivent  se  déduire  de  ce  fait 

IU18)  nid. 

\tlH9i  Ettm  ilémtmiMrt  de  §iofrMpkte  boiam^tte. 


APOLOCCTIQOE.  HOU  Mf 

allégué  par  de  Candolle,  savoir  :  la  grande 
alTmilé  qu'on  observa  entre  certaines  espè- 
ces qui  se  troovent^ans  des  districts  bota- 
niqaes  différent*, ou  dans  des  contrées  habi- 
tées par  des  groupes  d'espèces  distinctes  de 
plantes  indigènes;  car,  dans  ce  cas,  les  na- 
turalises, qui  ne  sont  point  disposés  k 
sdopter  toutes  les  idées  des  partisans  du 
sistème  de  la  transformation,  sont  obligés 
d  admettre  que  dans  quelques  cas,  des  es- 
pèces qui ,  k  l'égard  des  caractères,  se  rap- 
prochent le  plus  les  unes  des  autres,  fureoi 
créées  ainsi  dès  l'origine.  Supposition  tout 
k  fait  débvorable  k  l'opinion  qui  admet 
comme  une  des  lois  générales  de  la  nature, 
qu'il  n'a  jamais  été  produit  qu'un  très-petit 
nombre  «e  types  primordiaux,  et  que  toutes 
les  races  iotermédiaires  doivent  leur  ori- 
gine au  mélange  de  ces  souches. 

Celle  donnée,  comme  on  le  voit,  est  com- 
plètement en  désaccord  avec  celles  que  la 
science  possède  sur  la  génération  des  hy- 
brides; car  les  ptrénr>mènes  observés  prou- 
vent que  si,  dans  le  principe,  les  [jpts 
avaient  été  un  peu  différents  les  uns  des 
autres,  aucuna  met  troiile  n'aurait  jamait 
M  produite,  non  plus  que  ces  rices  fécondes 
que  l'on  reconnaît  aujourd'hui  pour  des  es* 
pèces  distinctes.* 

D'inextricables  dîfllcullés  se  présentent 
aussi  k  l'égard  de  la  propagation  permaoeole 
des  races  hybrides,  lorsqu'on  cherche  k  s'ex- 
pliquer comment  le  mélange  des  différents 
iDsUocts  et  des  diverses  tendances  de  deux 
espèces  peut  assurer  la  coiiscrvstioa  de  la 
race  intermédiaire.  Le  mulet  commun,  ob- 
tenu ariiUciull entent,  peut  être  protégé  par 
l'homme;  mais  k  l'élat  sauvage,  il  n  aurait 
pas  pfécisément  les  mêmes  besoins  quA  le 
cheval  ou  l'flne;  et  si,  par  suite  de  quelque 
différence  de  cette  nature,  il  veuait  k  s'éloi- 
'  gner  de  son  troupeau  et  k  a'égarcr,  il  de- 
viendrait bientôt  la  proie  des  animaux  fé- 
roces. 

Si  nous  considérons  quelques  genres  d'in- 
sectes, comme  l'abeille,  nous  trouvons  que 
chacune  des  nombreuses  espèces  doiii  ce 
genre  se  compose  présente  quelque  diffé- 
rence dans  ses  mœurs,  dans  sa  manière  de 
recueillir  le  miel,de  construire  sa  demeure,de 
prendre  soin  de  sesjeuues,  etdans  plusieurs 
autres  particularités.  t'ariDl  les  mouches  k 
miel  communes,  les  travailleuses  sont  décr,i- 
tes  par  Kirby  et  Spence,  comme  étant  douées, 
au  moins,  de  trtfule  sortes  dilTéreiites  d'ms* 
Il  nets  (S050J. 

On  voit  aussi,  dans  une  classe  très-nom- 
breuse d'araignées,  que  ces  insectes  ont 
presque  autant  de  manières  de  dire  leurs 
toiles  qu'ils  formeut  d'espèces.  Quand  ou 
pense  à  la  complication  des  relations  de  ces 
instincts  avec  les  espèces  coexistantes,  soit 
du  règne  animal,  soil  du  règne  végétai.  On 
a  peine  k  comprendre  comment  une  race 
bâtardepeut  naître  de  l'union  de  deux  do  ces 

(SU50)  /HiriNfMliea  ■  CEMtemolope.  ^  SU;  «d. 
1917. 


128S 


Tioa 


lUCtroSNAmE  APOLOCETlQlE. 


HO»  . 


ei|)èces,  elrelenir  exacU'niiiiil  ce  qu*il  faut 
dea  oiinlilés  de  chacun  des  panants  auiquets 
primtliremenl  elle  doit  son  Drfginf,  pour  se 
conserver  malgré  les  dangers  <jui  l'entou- 
reniv 

Nous  pourrions  aussi  demander  s\,  parmi 
les  insectes,  il  n'a  été  créé  qu'un  petit  nom- 
bre de  ivpes  génériques,  et  si  les  espèces 
inlermédiaires  sont  d'origine  hybride.;  oh 
sont  ces  (jpes  originaux  réunissant,  comme 
ils  dcrraienl  le  faire,  les  éléments  de  tous 
les  insectes  qui  se  sont  munireslés  dans  les 
nombreuses  races  qui  en  dériTeni  ?  Do  nifinre 
aussi,  6  l'égard  de  tous  les  autres  anlmaui 
«l  des  itlantesi  nous  pourrions  demander  si 
)d)  es|>eces  en  général  ont  une  origine  hy- 
bride, rechercher  où  sont  les  souches  quj 
1>résenlent  ta  réunion  des  habitudes,  des 
propriélés  et  des  organes  dont  toutes  les 
espèces  iiitermédinims  devraient  nous  offrir 
de  simples  modtScalionsT 

Je  terminerai  ce  sujet  en  résumant  suc- 
cinctement les  résultats  auxquels  j'ai  été 
smené  psr  la  cotisidérdlion  des  phjiiomè<' 
lies  d'hyliridiié.  JI  parait  que  l'ariTsion  dt;3 
Individus  d'espèces  ditTérenles  pour  l'acte 
du  rapprochement  sexuel  est  commun  aux 
suimaux  el  aux  plantes,  et  que  c'est  seuie- 
IDent  lorsqu'il  y  a  entre  tes  espèces  une 
iDBlogie  intime,  tant  h  l'égard  de  l'Orgnni- 
sation  que  des  mnurs,  que  leur  union  pro> 
duil  des  descendants.  Les  mulets  se  ren- 
contrent à  l'état  de  nature,  et  jusqu'à  pré- 
sent l'on  no  saclie  pas  qu^ls  se  soient  js- 
tnais  perpétués  à  l'élsl  sauvage.  Hais  il  a 
"élé  prouvé  que  les  hybrides  ne  sont  pas 
toujours  stériles,  lorsque  les  pareoTs  dont 
ils  proviennent  originairement  ont  une 
grande  sfTinilé  l'un  pour  l'autre,  quoique 
jusqu'ici  la  race  mélangée  paraisse  ne  s'd<- 
Ire  maintenue  pendant  plusieurs  généra-, 
lions  qu'à  l'aide  du  croisement  des  hybrides 
avec  des  individus  de  races  pures  :  expé> 
rience  nui  ne  justiiie  nullement  rbypoilièse 
de  l'étaulissemenl  d'une  vraie  race  aybride 
(]ui  soit  permoQcntc. 

On  peut  conclure  de  là  que  la  répugnance 
jiour  le  rapprochement  sexuel  olfre,  en  gé- 
néral, un  bon  moyen  pour  reconnaître  les 
soucliei  originelles  ou  les  espèces,  et  que  la 
reproduction  des  hybrides  est  une  preuve 
do  l'uninilé  Irès-grande  des  espèces.  Plus 
tard,  peut-être,  le  nombre  de  générations 
IKndant  lesquelles  les  hybrides  iieuvenl  se 
perpétuer,  avant  que  la  race  s'éteigne  (car 
elle  semble,  d'ordinaire,  dégénérer  promp- 
Icmeiit),  fournira  au  zoologiste  et  eu  botu- 
niBleun  mojende  déterminer  expérimenta* 
Icroeut  les  dilTérenCûs  d'allinité  que  pré- 
Stnient  les  espèces  alliées. 

Je  remarquerai  aussi  gue  si  l'on  était  par- 
venu  A  constater  qu'une  seule  espèce  per- 
inanento  eût  jamais  été  produite  par  hyiiri- 
ditè  (eu  dont  un  n'a  aucune  preuve  bien 
avérée),  cela  aurait  certainement  prêté  quel- 
que soutien  aux  idées  des  anciens  sur  la 

(i05t}  ilùcoan,  etc.,  p.  I!8,  1895. 


détérioration  graduelle  des  eliosfi  trétn, 
mats  n'aurait,  en  aucune  manière,  ippiTf 
la  théoriedeLamarck  sur  leur perfectiliiiiil 
progressive;  car  les  observations  bilnini- 
^u'èi  présent  ont  montra  que  rorgauiuiina 
ms  animaux  el  des  plantes  bybridei  toi] i 
dégénérer. 

'  Nous  avons  déjà  remarqué  que  \t  thfont 
du  développement  progressir  résulte  de  Ij 
tentative  faite  par  les  partisans  du  sjiMsf 
de  ta  variabilité  des  espèces,  de  baser  liwn 
doctrines  sur  une  des  général isitioni  b 
plus  populaires  en  géologie.  Uûslesn- 
cherciies  géologiques  modernes  ont  enlit- 
rement  détruit»  dans  les  groupes  succM 
dos  êtres  animés,  toute  apparence  de Ijgn- 
dation  Que  l'on  supposait  indiquer  1m  pro- 
grès opérés  lentement  dans  le  monde  orp- 
nique,  à  partir  do  la  structura  la  plus  simpti 
jusqu'à  l'organisation  la  plus  eomple». 

Des  arguments  d'une  nouvelle  forn  todI 
nous  conlirmer  de  plus  en  plus  dans  II  ni- 
viclion  que  te  principe  fondamental dï TU- 
ridilé  dti  forma  est  inaltérable. 


ÎIT 


le  qratènie  de  li  InnibrmaUoa  des 

,  par  l'eiameu  compii 
eifièces  «cluelies. 


des  emiui 


«  Si  les  espèces,  dit  Guvier,  ont  tUné 
par  degrés,  on  devrait  trouver  des  lnc»dt 
ces  modifications  graduelles,  on  deTtiii(it> 
couvrir  quelques  formes  iiilemiidiiirti 
entre  le  palœotherîum  el  les  espèces  dm- 
jourd'hui ,  el  jusqu'à  présent  ceU  n'est  f» 
arrivé.  Pourquoi  les  entrailles  de  11  Itm 
n'ont-elles  point  conservé  les  monuoioU 
d'une  généalogie  si  curieuse,  si  un'di 
parce  que  les  espèces  d'autrefois^"^ 
aussi  constantes  que  les  nAtres  (905IJt' 

Pénétrons  donc  au  fond  de*  damiiiie^ 
la  nature  inorganique;  interrogïWi  ^ 
débris  des  espèces  animales  el  végtuiei^n 
les  révolutions  du  globe  onlenseieli»'^!' 
les  roches,  et  voyons  si  l'assertion  dup»J 
observateur  que  nous  venons  deù\i!^ 
basée  sur  des  faits  incontestables. 

RappelonS'^nous  que  l'échelle  desi  kmios 
on  descendant  dts  formations  les  jtloii^ 
centes  aux  plus  anciennes,  est  ainsi con)* 
truite  :  terrains  alluvien,  diluvien, liriii'Ki 
secondaire,  transitaire  et  priiiiitif.  Eb  biih 
dans  cette  longue  série  do  couclies<)iiia>a*i 
sliluenl  l'enveloppe  minérale  denolrepta- 
nète,  il  n'a  été  découvert  aucun  lo-'^''' 
animal  ou  végétal,  qui  ait  oéceisilé  l'étibli^ 
sèment  de  quelque  classe  nouvelle.  Titiii> 
ou  contraire,  viennent  se  ranger  dins  !•* 
mêmes  grandes  divisions  qui  ont  été  «*^ 
pour  tes  eSjièces  actuellement  eiisiuic^ 
De  là,  nou?  sommes  autorisés  à  coadi^'* 
que  les  créations  organiques  les  fias  ^' 
ciennes,  comme  les  plus  modernes, se  ^'■;> 
accomplies  d'après  uu  même  plm  g^DC''i 
fil,  par  conséquent,  loin  de  lauvoif  *''' 
décrites  comme  constituant  aes  sj^do 
distincts  et  isolés  dans  la  nature,  Hld" 


IHCTlO^NAIftE  APOLOCCTiOUE. 


1101 


liH 


éoivenl  être  eonsitUrëes  que  comme  di-s 
sjslèmn  qui  »  correspoudent  el  ne  diffè- 
rent ijoefûr  quelques-uns  de  leurs  détsifs. 
Ces  différences,  Irès-aouTent,  oeconsliiuent 
medeioioutieuses  distinctions  si>éciGqaes. 
Hoas  vojODS  donc  l«  problème  des  rapports 
«tire  les  orgaoÏMlions  récentes  et  celles 
dont  il  noos  est  partenu  des  restes  fossiles» 
fëiola  p*r  une  loalogie  générale  dans  l'en- 
leoble  de  l'orgaoisAioo,  parde  nombreuses 
stniitilodes  dans  les  points  essentiels,  et 
per   une   dÎTergence    presque   universelle 
dans  les  déiails  (1»S). 
Considérons  a'«bonI  les  plenles  fossiles. 
Quand  on  compare  les  lois  qui  ont  dirigé 
les  divers  systèmes  de  v^élation   qui   m 
sont  succédé  sur  les  surfaces  anciennes  de 
notre  globe,  avec  celles  dont  rinOuenca 
régie  et  coordonne  la  régélaliûn  actuelle,  il 
résotle  de  celle  investigation  un  fait  d'une 
baale  importance  relativement  à  l'unité  du 
plaB  de  la  création  ;  c'est  qae  les  familles 
dont  se  compose  la  flore  fossile  furent  or- 
poiséû  d'après  des  principes  identiques 
avec  ceux  qai  président  encore  aujourd  but 
•s  diveloppemenl  des  végélaoi,  ou  telle* 
•eut  anakigtras,  que  leur  ensemble  ne  cons- 
iAu«  qu'an  seul  el  même  grand  code  de  lois 
dcHrttées  i  la  coordination  universelle  de  la 
fM.iiosi  nous  trouvons,  dès  les  formations 
/»  plus  anciennes,  celles  de  Iransiiion,  des 
foroict Totales  présentani,  non-seulement 
lescarsdèrcs  fondamentaux  qui  distinguent 
enlre  elles  les  plantes  endogènes   et    les 
I  •iiDiei  eiogènes,  mais  offrant  aussi.  Jusque 
«Mules  moindres  détails,  une  relation  in- 
Ciaie  de  itruclure  et  d'organisation  avec  les 
pTsities  de  l'époque  actuelle.  C'est  fondi^'S 
»ur  reite  identité  de  censtnictîoo  organique 
^se  les  paléontologistes  ont  pu  rapporter 
a  ai  lamilles  actuelles  les  végétaux  de  la 
r>^rtode  de  transition  et  de  toutes  les  autres 
-'triodes  subséquentes,  les  calamités  aux 
iMqaiséUeées,  les  lépidodcndrons  aux  lyco- 
t-^diacées,  les  conifères,  les  fougères,  les 
^cadées,  les  palmiers>  h  leurs  lamilles  et  k 
bsan  genres  respectifs.  Ces  plantes  fossiles, 
l  ae  tant  de  siècles  séparent  de  nous,  ont 
>wuf1«iil  traversé  tons  ces  Ages  ponr  arriver 
usquï  nous  arec  leurs  caractères  spéei- 
jques.  Plusieurs  senlement,  telles  que  les 
laïamiles,  les  lépidodeodrons,  etc.,  prenant 
xt  rebours  la  prétendue  loi  de  la  iraiumu- 
tuiom  profreuift,  sont  de  dimension  gigan- 
e»<]ue  durant  ces  Ages  primitifs,  et  n  ont 
ue  des  miréseolanls  aaios  dana  la  création 
ctuelle.  La  présence  simultanée  des  plan- 
ES    acotriédooes  et  dicotylédones  daoa  les 
oacbes  les  plus  anciennes,  est  un  antre 
rgumeol  dont  le  lecteur  saura  apprécier 
an  le  la  forte,  contre  la  théorie  qui  veut 
lire  descendre,  par  un  changement  graduel, 
n  Aires  les  plus  (■■oraplexes  des  êtres  les 

CMSS)    r«f.  PaiLLiPii  Gnât  M  ftoUgf,  ^  61. 

(MS5>  CMiBOit  M  laîl-il,  pootTUV«ii  demander 
■Mi.i|Belesiooph7icsdeces^esprimilib,  aép»- 
»  de  iMMis  par  udi  a'aiuM»,  aient  iraversé  lotitet 
s  périodes  léoloflqws  poar  arriver  Jasqa'à  notre 


plus  simples  et  les  plus  imparfaits. 

Cberebonaè  présuntsi,  paroii  les  JnnotD> 
brables  débris  d'animaux  fossiles  que  recè- 
lent les  entrailles  de  noire  globe,  il  ne  se 
trouverait  poiotqucique  chose  i  l'appui  de 
la  théorie  que  nous  combattons.  C'est  d'a- 
bord une  présomption  singulièrement  défa- 
vorable au  système  de  l'évolution  successive 
3 lie  ce  ré.'tultat,  auquel  a  conduit  l'élude 
es  délH-is  animaux,  que  les  autres  grands 
embrancbements  actuellement  existants  des 
vertibrii,  des  artavlét,  des  mollutqua  et 
des  rttjfonniM,  ont  commencé  i  la  m^ice 
époque,  et  que  celte  époque  coïncida  eiac- 
lemeut  avec  celle  où  apparaît  la  vie  (irga> 
fliqoe  sur  le  globe.  Si  le  système  avait  quel- 

3ue  fondement,  oe  aerail-ce  |>as  k  l'origine 
e  la  vie,  aux  Ages  du  globe  où  elle  a  fait  sa 
première  apparition,  qu  il  devrait  triompher 
surtoutt  Ne  devrions-nous  pas  trouver, 
dans  les  couches  les  plus  dnciennes,  les 
classes  de  zoopbyles  i  l'excluâion  des  ani- 
maux qui  appartiennent  aux  cUsses  plus 
élevées  ;  puis,  dans  les  couches  qui  suivent, 
les  espèces  successivement  plus  complexes 
et  plus  parfaites,  ne  devraient-elles  pas  ap- 
paraître dans  l'ordre  relatif  de  leur  perfec- 
tioDOi^aiiiqueTll  n'en  est  rien,  cependanli 
mais  les  animaux  qui  sont  placés  aux  deux 
bouU  de  l'échelle  zoologiquu  se  trouvent 
associés,  au  contraire,  dans  la  formation 
qui  uous  offre  les  premières  traces  d'êtres 
vivants  (2053). 

Entrons  dans  les  détails  el  moDtroas,aVtre 
la  plus  irrésistible  évidence  el  par  les  faits 
mëmeS)  que  l'iiypoihèse  panthéiste,  sur  l'o- 
rigine des  êtres  oi^nisés,  est  mise  i  néant 
par  les  découvertes  les  plus  inconteslabit-s 
de  la  géologie  et  de  la  physiologie  paléon- 
tologique. 

Nous  allons  présenter  les  résultats  déSoi* 
tib  auxquels  on  est  arrivé  stir  l'ensemble 
des  animaux  fossiles  connus  aujourd'hui* 
c'est-à-dire  sur  le  chiffre  de  S4,000  espèces 
contenues  dans  1,600  genres  différents* 
appartenant  aux  quatre  grands  embranche- 
ments :  animaux  vertébrés,  animaux  aooe- 
lés,  animaux  mollusques  et  animaux  rayon- 

Nous  allons  successivement  examiner  : 

1*  L'inslaut  d'apparition  des  ordres  d'a- 
nimaux comparés  a  leur  nombre  respectil 
dans  les  âges  du  monde; 

2*  l«s  périodes  croissantes  oo  décrois- 
santes, dans  les  âges  du  monde,  des  ordres 
d'animaux  comparés  i  la  perfeeiioo  de  res- 
semble de  leurs  organes; 

3*  L'instant  d'apf>arltion,  dans  les  Ages  du 
monde,  des  ordres  d'animaux,  comparés  au 
degré  de  perfection  de  l'ensemble  de  leure 
organes. 

^A.  —  IflSTiKT  p'ifPAainoii  Bas  oanaa» 
d'>iiiiiaox  cOMPÀiâs  1  LBue  aoune  aespea- 

époqoc,  aiM  se  soient  pM  IranifonBés  en  motles- 
ques,  en  arlicatës,  etc.,  et  ceux-ci  en  daiaes  pi» 
clavret  1 11  ne  devrai  plm  y  aveir  ■■jonrd'kui  «or 
ie  globe  qu'on  sod  caUnscheaMit,  celui  des  vav- 
lelHés. 


tm                   no»                   DICTIU'NNAIRÏ  A1H)L0GGTIQV£.  lOH               ttt 

Ttr  DkM  1.VS  AOBS  DO  HuHDB.  —  fin  jelaot  développttmeDt  de  fbriaei  zoolagii(au,  u 

les  jeux  sur  le  lablesu ,  oa  y  toU  d'abord  sura  la  cerlitude  que,  relalifemtutiaïKa. 

qu'un  cerlsin  nombre  d'ordres  OTistaiBot  bre,  les  ordros  de  la  période  d^roistaoït 

aveela  première  arriaialisation,  et  que  ce  sonten  miuoHté;  maiscAtleroifloritéD'ijui 

sombre  a  constammenl  BUgmenlé,  jusqu'à  jamais  élé  eoBStatée,  «cquierl  une  imaxiiM 

préseot,  dans  les  Ages  du  monde.  Si,  en  lOiporlaDce.  puisqu'elle  vieut  BnxiiËcttn- 

^et,  sans  tenir  compte  ^es  organes  des  tiërement  les  idées  sur  la  marclie  toujoun 

animaux  compris  dans  ces  ordres,  nous  les  croissaute  d«  l'aDÎmalisstioD  lurlilene. 

divissns,  suiTBiit  leor  Age  «t  leur  nombre,  QuaaJon  voil.en  effet,  13«r(lresHirTI,oi 

B9US  arriTerons  auxcoodasJùDSSuiTaaies:  plus  du  sixième  de  l'ensemble  numérHjH 

-,             j  j      I     . ■        TA.  «e  irouter  dans  la  période  déoroisssule  et 

OrdrM  connus  d.»  fa»  terrai  ni  paie*-  déreloppement  de  formes  loologiqua.e. 

OrdrScoAa«dVii$leii.^.inï'irûtù  doit  naturellement  en  conclure  quetuio 

quel,    .    .    .    ■ n  les  séries   animales   n  ont  pas  sum  iin« 

Ordres  connus  dans  tes  terninsja-  marche  uniforme  dans  les  iffis  iatmi. 

ntuques il  On  y  voit  eocure  une  excepliun  iiB[i«[Uv. 

Ordres  Munui  dai»  Ici  terraiu  créu-  t  cette  loi   trop  généralement  idiaïKli 

•^ ,•    •    •    ■     '*  perfectionnement  progressif  ddtini,» 

Ordres  eiisiani  daui  la  faune,  cod-  marchant  des  époques  anciennes  luiriu 

i^powme 70  nodernes. 

Les  cfailTrei  précédents  démontrent  que,  Si,  enefTat.ces  13  ordres  en  dd^iisiw 

pris  dans  leur  ensemble  numérique,  et  sans  aTaient  leur  maximum  aux  deraièru ipi- 

s'occuper  de  leur  caraclire,  les  ordres  d*a<  ques  qui  nous  ont  précédas  sur  liierrr,» 

Bifunux  sont  d'autant  plus  nombreux  qu'ils  pourrait  encore  croire  à  c«  perfËCtian» 

se  rapprochent  davantage  de  notre  époque;  ment  progressif  jusqu'à  l'instsiil  où  ta» 

qu'ils  soiil,  en  un  mol,  dans  une  progression  ries  animales  ont  commencé  à  ilécroiin: 

croissante  de  nombre,  des  terrains  tes  plus  mais  il  n'en  est  pas  ainsi,  comme  on  ti  Ii 

aRciens  aux  plus  modernes,  et  'lu'aujour-  voir  par  l'époque  géologique  i  laquelle,!') 

d'bui  les  ordres  d'animauxsontHeurmBiL-  près  les  données  actuelles,  ces  unireiou 

mum    numérique   de.  développement.  Les  atteint  leur  maximum   de  dëTeluppemeo 

résultats  purement  numériques  prouveraient  générique.  Nous  voyons  entrer  dins  ceU 

donc,  pour  les  ordresj  aue  la  roultiplicilé  période  décroissante,  avec  les  temiaipi- 

des  formes  animales  est  d  autant  plus  grande  léozoïques,  les  premiers  de  l'animiiluiiis: 

qu'on  s'approche  de  l'époque  actuelle.  11  lespoissons  placoïdes,  lespoissoisgiriûiilci 

reste,  mainleDant,àrecUerclier  i.i  cette  mul-  les  crustacés  tribolites,  les  mollusiiiiei  t^ 

liplicité  de  formes  est  en  rapport  avec  la  pbalopodes  lentaculifères,  les  moliusqw 

complication  et  la  perfection  comparative  brachiopodes  brachidés    et  les  ctiDoiilfl 

dea^  organes,  ûxes. 

B.  —  PàLiODBS  caoïsBANTBs  OU  oicBOis-  Les  7  autres  ordres  entrent  «a  nel»- 

SANTB8,Diifs  LES  iQEs  DU  HONDK,  DBS  0BDRB3  croissaute  Bvec  Us  épuqses  sulTsiitei; 

d'ariiiaux  cohpakés  a  Lk  PERFECTION  DE  Daos  Ics  tcrraius  jurassiques,lat[i(iiÉ» 

l'bnseiible  DB  LEURS  ORGANES.  —  En  JBtaut  grande  époque  du    monde,  ou  Im"'^ 

(es  yeux  sur  le  tableau  qui  résume  la  ma*  reptiles  sauriens  et  les  crinoïdes  iiw^ 

■liére  dont  les   genres  su  comportent  dans  Uans   les  terrains  crélacéa,  la  <^<*i^'^ 

jchaque  ordre  d  animaux  en  particulier,  on  grande  époque  du  monde,  les  ooiU^w 

roil  d«  suiie  que  ces  ordres  peuvent  sedi-  bryozoaires,  les  mollusques  brecliior^ 

viser  en  deux  séries,' qui  ont  suivi  une  cirrhidés,  les  foramioiféres  cjclwltgii'i 

tuarclie  toute  différente.  les  amorphozoaires  leslavés 

1'  Les  ordres  dont  les  genres  atteignent  Knlin, dans  les  terrains  tertiaire) qui '^'l^ 

leur  maximum  numérique   aux    époques  ont  précédés  sur  la  terre,  les  Duaiini^^ 

géulogiiiues  psissées,  élue  présentent  plus,  [Uchydermes,    les  mammifêros  éJenUi' 

a  i'é^oque  actuelle,  que  des  nombres  ini'é*'  £n  râsumé.on  voit  que  sur  Ivs  13  oniit! 

rieurs  à  celui  qu'ils  présentaient  dans  les  6,ou  prèsiie  iamoitiédfil'eiisiiaibiei«B<" 

A^es  BRlérieurs;  ordres  placés,  depuis  plus  dans  le  période  décroissanle  avec  li  \'f 

ou  moins  longiem|is,  dans  une  periotit  dé-  luière  époque  de  l'auimslisaliou  du  é'^< 

eroitianté  de  dévtloppemtnl  de  foraut  soalo-  taudis  que  ueui  seuiement  ODtsIieinl  ttU 

giquet,  période  dans  l'Age  qui  nous  a  précéda  j* 

3t*  Les  ordres  placés  toujours  dans  «ne  la  terre.  Ce  résultat  est  encore  twl  1 1** 

pén9deeroUiatileded4veloppaMiitdeformea  contraire  au  ptrfectioonemeat  pro^'' 

jtootogiqttu.  puisque  la  moitié  de  l'entciuble  cami»"'^ 

Voyons  d'abord  le   nombre  comparatif  sur  le  globe  par  Itiur  maximum  de  tl^)«k' 

des  ordres  dans  les  périodes  décroissanlus  pement  de  iurmes  zoologiques,  et  it>^'-'_ 

et  croissantes.  coutraire,  toujours  trouvée  dans  lift""' 

Mous  avons,  dans  la  période  décroissante,  décroissante  jusqu'à  notre  époifue. 

13  ordres  ;daus  ta  période  cruiss<iul«,  uuus  Nous  alloiiSi^du  reste,  cou^déferlcB'^ 

«0  avons  64.  bre  el  la  valeur  des  13  ordres  eo  tOÙ  •;\ 

Si  nous  opposons  ces  13  ordres  en  voie  croissante,  par  rapport  à  ta  p''<^JL 

décroissante  auxMordres  quisontloujours  occupent  dans  les  quatre  grand)  t^'r 

•u  contraire,  dans  le  période  croissante  de  chements  des  animaux ,  afln  de  recoo»"" 


tm 


nuv 


si  CM  npfiorls  toot  ou  non  faTorablei  lo 
{■erfedionnement  soceessif  des  £lres. 

EmÊbranekemtnt  de$  aniwiaux  rajfannéi.  — 
Cnnimençons  parles  êtres  les moias parfaits, 
waxquj,  saiTaDirh;polh£seda  perfection- 
iiefDCDt,  dernienl  prédominer,  puisqu'ils 
auraient  dû  pariltreles  premiers,  et  attein- 
dre anssi  les  premiers  lear  période  décrois- 
sante. Ce  résumé  nomériqne  nous  donne  : 

En  décroissance ,  k  ordres  ;  en  croissance, 
ii;  rapport,  1)3.  Le  rapport  du  nombre 
r»t  donc  de  1  t  3,  ce  qui  n'est  pas  consi- 
dérable, surtout  JursquouToil  ce  résultat 
rester  au-dessous  de  celui  que  nous  offrent 
les  animaux  mollusques,  et  ne  montrer  que 
mnins  du  double  des  rapports  qui  eiisleot 
rhn  Ips  animaux  verlétïrés.  les  premiers 
de  l'échelie. 

Si  les  proportions  étaient  suirantPhypo- 
Ibèse  du  perfection ncnieiit.  on  devrait  trou- 
ver ces  quatre  ordres  en  voie  de  décrois- 
saoee  parmi  les  dernières  séries  animales; 
mais  il  n'en  est  pas  ainsi.  Bien  qu'on  re- 
nsnioe  parmi  ces  ordres,  l'nn  des  amorpho- 
roairt»,  ou  spongiaires  lestarés,  les  êtres  les 
r<las  înlormes  ft  l'un  des  sept  ordres  de  (»- 
'vwtinifirtt  encore  dans  les  dernières  séries 
lies  êtres,  il  n'en  est  pas  moins  irai  que  les 
ftàiu9d£rme§,  les  plus  parfaits  des  animaux 
rayonnes,  Corment  i  eux  seuls  la  moitié  de 
ce  iieiiibre,et  qu'on  de  leurs  ordres  montre 
MMi  asaximum  vingt  étages  avant  les  amor' 
ptiozMires,  les  derniers  dans  l'organisallnn 
aof maie,  On  voit  que ,  suivant  les  périodes 
;roîss«nies  el  décroissantes  seulement,  les 
inîmaox  rajonnés  offrirnienl  non-seule- 
nent  des  exceptions  au  perfectionnement 
trogressif,  mais  prouveraient  même  une 
narche  contraire. 

KmbrmuktmaU  des  animaux  mottutquu. 
-  La  question  de  savoir  si  les  uioIJusquus 
i4ivent  venir  avant  on  après  les  animaux 
noetés,  n'est  pas,  pour  nous,  tranchée 
'oiie  manière  bien  définitive;  car  il  est  cer- 
itD  qu-t  si  les  animaux  annelé*  soDtdou^s 
V  mujeos  de  locomotion  pics  parftils, 
DUS  certains  rapports,  les  céphalopodes, 
anni  les  mollusques,  offrent  une  orgaiiisa- 
lon  bien  idus  eoiiiplèie  sous  d'autres  points 
e  Tue;  aussi  ne  présentons-nous  ces  em- 
raitchemenls  que  comme  des  séries  qui 
ai  vent  marcher  parallèlement,  et  non  l'une 
ff-^  l'autre.  Parmi  les  mollusques  nous 
ouTOns  le  résumé  numérique  suivant  : 
Ko  décroissance,  t  uniras;  en  croissance, 
3;  rapport  2f5.  Le  rapport  de  nombre 
ït»  comme  on  la  voit,  des  deux  cinquiè- 
:es;  nombre  qui  place  les  animaux  mol- 
is<jnps  bien  avant  les  animaux  rayonnes 
>ur  les  ordres  en  voie  décroissante  de  dé- 
slnppement,  et  offre  dès  lors  bien  plus 
eiceittioBs  numériques  k  la  loi  da  perfec- 
onuemem  progressif. 
Ces  exceptions  sont  encore  bien  plus  frsp- 
iiiles,  quand  on  j  voit  les  téphalopodei,  les 
'foiters  des  mollnsqucs  par  Is  perfection 
;  leurs  organes,  parmi  les  k  ordres  en  dé' 
xiifssnee;  car,  alors,  ce  ne  sont  plus  quel- 
jcs  ordres  qui  forment  celte  exccpiioD. 

DNmDHlIAUB   «VOLOGÉTIQQI.   1. 


APOLOGCnQUB.  IIOV  fXK 

mais  bien  Tembraneliemenl  mut  entier.  Nous 
voyons,  en  effet,  les  céphalopodes  atteindre 
leur  période  décroissante  dès  le  premier  âge 
dn  mondeanimé  dans  l'étage  silurien ,  c'esl- 
è-dire  deux  étages  avant  les  broekiopoëa 
braekidéa,  vingt  et  un  étages  avant  les  en- 
ckiopodtM  cirrhidfy,  bien  moins  parfaits  que 
ces  damiers,  et  vingt-deux  éta^s  avant  les 
mollutquei  brjfoxoaira,  les  derniers  da  rem- 
branchement  sous  le  rapport  de  la  perfec- 
tion des  organes.  Il  n'est  donc  pas  doutent 
qne,  d'après  les  périodes  croisunles  on  dt'- 
croissantps,  le  perfectionnement  progressif 
des  êtres  est  tnul  è  fiiît  illusoire  pour  les 
animaux  mollusques,  qui ,  depuis  les  pre- 
miers Iges  do  monde  jusqu'ft  présent,  oni, 
au  contraire,  marché  dans  la  voie  de  di^ 
générestence  la  plus  marqnée,  la  pins  po* 
sitive, 

ira«6raiuA«at«iU  de*  animam»  annMt.  — 
Nous  citons  ici  cet  embraocbeiceni  plntOt 
jwur  compléter  le  cadre  de  nos  considéra- 
lions  que  |)OQr  en  taire  un  parallèle  régu- 
lier avec  les  autres;  car,  dotons  les  êtres, 
ces  derniers  ont  été  les  plus  foeîlemeot  df^- 
truils  dans  les  couches  terrestres,  qui  ii>* 
nous  offrent  plus,  uns  doute,  que  qaHqups 
débris  échappés  è  leur  prompte  aitéraiinrt 
el  aux  grandes  commotions  géologi>(nes  dit 
globe.  Les  animaux  annelés  fossiles,  tels  que 
MOUS  les  connaissons,  offrent  le  résollal  nu- 
mérique suivant  i 

Kn  décroissance,  I  ordre;  en  croissance, 
18  ;  rapport,  I1I8.  Le  rapport  de  nombre  est 
d'un  dix-hoitième  pour  les  animaux  annelés 
mais,  comme  nous  l'avons  dit,  ce  résultat 
n'est  basé  que  sur  le  peu  de  débris  de  ers 
animaux  qui  ont  pn  échapper  k  fanéanlisse. 
ment  général  de  ce*  êlres  peti  faits  pour  ré- 
sister A  des  causes  si  nombreuses  de  com- 
plète desirueliou.  Cet  ordre  en  décroissance, 
celui  des  enutaeii  trilobila.  gai,  né  arec  la 
première  inimalisatiou  du  gfobe,  j  trouve 
son  maximum  et  disiiarall  du  monde  anima 
deux.étages  après,  appartient  du  reste  aux 
emstacés,  animaoxplos  parfaits,  par  ezeru- 
ple,  que  les  aunelides,  que  les  eirrhipèdes, 
dont  le  maximum  se  trouve  è  l'époque  ac- 
tuelle. 

BmbranehewuiU  dta  animaux  vrrfAr/*.  — 
L'embraucbementdeséirasles  pluspirfaits, 
celui  auquel  appartient  l'honime,  devrait,  si 
la  loi  do  perfeclionnenient  existait,  ne  mon- 
trer aucuD  ordre  en  décroissance  :  ce  qui  ne 
résulte  pas  des  faits;  car  l'observatiun  donne 
le  résultat  suivant  : 

Ea  décroissance,  5  qrdres;  en  croissance, 
93;  rapport,  plus  de  t;S.  Le  rapport  de  nom- 
bre est  de  plus  d'un  cinquième,  ou  un  peu 
moins  d'un  quart,  proportion  énorme  pour 
des  animaux  si  élevés  dans  l'échelle.  Ce  ré- 
sultat prouve  que  les  quatre  embranche- 
ments ont  marché  parallèlement,  einon  sar- 
ccssivemeot,  dans  lear  développement  de 
formes. 

Voyons  maintenant,  suivant  la  place  qu'oc- 
cupent ces  S  ordres  dans  les  animaux  verli^- 
brés,  si  la  loi  de  perfectionnement  existé 
Les  animaux  Turlébrés ,  d'après  leur  degré 
kl 


1»1 

croissanl  do  -pcrrcclinnnement  nhj'siologi- 


auc,  se  composent  des  poissons,  dofreplilus, 
es  oiteiui  et  des  mammirères.  Si  c>ii  eni- 
branchemeot  srait  suivi  la  li^ne  graduelle 
du  perrecliounemeot,  on  devrait  IrouTer  lous 
les  ordres  en  voie  de  décroissance  parmi  les 
laissons  l«s  moJDS  parfaits,  et  aucun  diBs  les 
mammifères.  Il  n'en  est  pourient  pas  aiDsi; 
car  sur  les  S  ordres  en  décroissance ,  3  ap- 
luirllennont  auxpoiêion$,  les  plwoideiei  les 
ganoldei;  i  nul  replilti.Wataurient; eli  aux 
mammifirei ,  tes  paehydermti  et  les  idtntéê. 
Les  3  ordres  du  poissons,  les  çanoïdes  et  les 
placoïdes,  ne  sont  pas  les  moins  parfaits  do 
l'ensemble,  puisque  non-seulement  ils  sont 
supérieurs,  sous  ce  rapport,  aui  pl«urone&- 
loïdes  ou  (loissons  non  sj'méiriques  encore 
dans  la  période  croissante;  mais  encore, 
parmi  eux,  les  placoïdes,  dont  dépendent 
les  squAica,  sont  encore,  d'eprès  les  belles 
recberchei  de  M.  Duvemoy,  supérieurs  k 
tous  les  autres  poissons,  sous  les  rspi>ort8 
delà  perfection. iJuiTant  ce  résultat,  lesitois- 
sons -auraient  suItî  une  marche  contraire  au 
pcrfecUonneuient.  L'ordre  des  reolitesea  dé- 
cnoissaiice,  celui  des  sauriens,  n  était  cerlsi- 
Donient  pas  le  liernier  des  reptiles,  puisqu'il 
e&l  supérieur,  b  tous  égiirds,  aux  batraaau, 
soumis  11  des  mélamOrphOMS  et  dans  la  voie 
croissante.  Lis  mninmifëres en  voie  décrois- 
sante, les  pachydermes  et  les  édentés ,  sont 
Siins  aucun  doute,  plus  parfaits  que  le» 
célaeii,  toujours  en  voie  croissante.  11  est 
donc  évident  que  cbez  les  animaux  verte' 
lires,  considérés  suivant  les  périodes  crois- 
saules  et  décroissantes,  non-seulement  il  n'y 
a  pas  de  preuves  du  perfeclionneinent  suc- 
ceisif,  mais  qu'ils  donnent,  au  contraire,  des 

rreuves  de  la  uon-eiislence  de  cette  marcha. 
I  est  encore  certain  que,  d'après  les  consi- 
dérations qui  précèdent,  les  classes  de  cet 
emb^ancbcment  n'ont  |)as  marché  successi: 
vemeal,  mais  bien  iiaraliélemcal)  cequi  eX' 


IHCTIO.NN.UnE  APOLOGETIQUE.  HW  us 

rlicmcnl«  n'ont  pas  marclt^  snccKsîit- 
mcnl,  suivant  leur  degré  de  («rTcclIaD  mu- 
parative  dans  les  Skcs  du  monde,  maii  lur 
quBtrti  lignes  paralTèlea  indéf^oiiinUi,  ré- 
SHllAt  tout  k  rail  contraire  au  pvrf«diouiie> 
ment  progressif  pris  en  géoénl. 

S'il  existait,  du  reste,  quelques doulcs ï 
cetégsrd,  la  comparaison  du  noaibreduor- 


dres  dans  cliaque  classe  vieodnii  pruum 

Îue  ce  parallélisme  existe  Doo-ieuitmeM 
SOS  les  quatre  grands  embrancbeaieiili,a)0' 
parés  aux  AgAs  du  mondesBiné,  mais  qu'il 
faut  encore  l'admettre  dans  let  cliiseï  di 
eo«  embruichements ,  qui  loaleit  oal  JuIn 
des  lignes  parallèles  indépendantes  dinicti 
Ages  du  monde,  et  non  uneli^aedesuc»- 
sion  suivant  leur  degré  de  purfectioD  nhi:- 
parative  '.  dernière  conclusion  qui  détral 
touiA  fait  le  perfectionnement' siKxcuitiic^ 
Êtres,  en  marchant  des  époques  leipluiiir 
ciennes  vers  l'époque  «cluelle. 

Cl  —  IkBTAHT  d'aPPASITH)!!,  DiXS  lu  icu 
DU  HORDE,  DBS  OKDKKS  d'aKIMIUX  CDITUÉI 
ID    D&GRÂ  DE    PESFECT^Oli  DE  L'bUSEKSU  H 

LEURS  oasAiiEs.  —  Comme  nous  l'avous  lui 
remarquer  précédemment,  le  non^dti 
ordres  a,  dans  les  comparaisons,  mmindt 
valeur  oue  la  perfeclioa  relalive  des  orgue». 
Nous  allons,  sous  ce  rapport,  comjvr.i 
l'instant  d'afifiarition,  dans  les  Igu  ti<i 
monde,  des  dilTéreols  ordres  d'saiiuai 
avec  Je  degré  de  peiTeciion  de  Itiun  «- 
ganes, 

Hn  |etanl  les  ;eux  sur  le  lablsiB  (b  li  i 
répartition  des  ordres  h  la  surbceilugloU  I 
terrestre,  depuis  le  commenceuieat  Jiliii- 
msJisalioo  jusqu'à  notre  époque,  oaituir 
d'sorès  les  données  actuelles  de  la  uitio, 
qu  avec  la  première  grande  époque  gMOcr 
que,  Ja  période  paléozoïqua,  viriient  JU- 
dres  d'animaux  sur  77,  ou  presque  la  doU',* 
nombre  consiilérahie  quand  on  coiui^'' 
les  causes  multipliées  de  deslruciioofi'X 


dut  tout  il  fuit  ce  pcrfectionuciueut  suc-  "soul  op^^sées  à  ce  que  cette  preoiilR^' 


cessif. 

Eu  nous  résumant  sur  l'ensemble  des  pé- 
riodes croissantes  et  décroissantes  des  or- 
dres d'animauxcomparésaux  Ages  du  munde, 
on  voitque,  suivant  le  nombre  des  ordres, 
la  majorité  serait  encore  dans  la  voie  crois- 
sante, tandis  que,  suivout  la  valeur  des  ca* 
ractères  ptiysiologiquM  comparés,  A  l'Age, 
tous  ces  résultats  numériques  dispârsisseut 
pour  faire  place  k  la  démoustratioa  ia  |>tus 
certaine  du  non-perfecliouoement  successif 
des  êtres. 

Kn  effet,  les  détails  dans  lesquels  aous 
somm  es  entrés  A  chaque  embranchement,  coo- 
duiscnl  A  cette  conclusion  irès-importame  : 
Sil'liypottièsedu  perfectionuumem  progres- 
sif existait,  ou  devrait  trouver  tous  les  or- 
dres dans  la  période  décroissante  parmi  les 
animaux  rayonnes  les  plus  im[>arfaits,  et  au- 
cun p^iui  les  animaux  verlébrés  les  plus 
parfaits,  tous  ces  ordres  en  décroissance  ne 
M  trouvant  pas  dans  Je  premier  embrunche- 
roenl,  puisque  lesaidmaui  verlébrés  en  of- 
frent daus  des  proporlions  peu  Uilférentes. 
Oo  voit,  dès  lors,  que  ces  quatre  cmliraii- 


que,  SI  éloignée  de  nous,  puisse  ddu  dw- 
irer  entièrement  la  richesse  réelle  de  ^ 
aiiimalisation.  Néanmoins  cette  preiw 
époque  offrant  A  l'industrie  sur  tout  lt> 
poiu(s  du  monde,  l'exploitation  de  la  li»ui>< 
comme  mobile  des  recherches.  ncuiciDjuui 
que  c'est  la  plus  connue,  e(  celle,  peul-iui' 
qui  nous  présente  les  résultats  lu  pi» 
complets. 

Ces  3t  ordres,  rencontrés  dansleslerrtix 
psléozoïques,  sont  ainsi  réportu  dam ''^ 
différents  embranchements  :. 

&nÎBiani  rsyonoéa,  Ivts^ 

ADimuii  aoUusques,  i    " 

Aniioaui  annelé^  <i    ' 

Aiiiniaux  vciiélvés,  S    ~ 

Ainsi,  les  quatre  grands  embrancbeoN'i 

seraieniégalementrepréseatés;  ce  qui  l""- 

verait  que  tous  sont  nés  avant  la  yrmi'- 

grande  époque  du  monde  animé  siut»"''' 

lester  do  prédominance  trop  oisrquic- 1^ 

résultat,  Ues  plus  positifs,  jiuisqu'il  c><'^ 

sur  un  nombre  considérable  de  IùU,i«'*' 

rail,  en  aucune  manière ,  farorable  à  ''■'; 

trop  généralement   admise,  que  le^  ^-^'^ 


■«3  non  nCTH>!rfAIRE 

som  iTaulaDl  plus  |>arCii|s  qu'ils  ss  rappro- 
chent d»  r^fioqw  aclvalle.  Pour  que  celle 
bjnotbèsfl  fÀl  «raie,  il  faudrait  que  iods  ces 
ordres  de  la  |>reruiâra  aniiualisalion  du 
^k>be  apparlinsaejil  seulement  aui  classes 
inférieure»;  ea  qui  o'esl  pas.  Nous  croj'ons 
dooc  qM  ces  chiffres  oui  seuls  une  grande 
siguifîeatioa  dans  la  quMtiou  ;  maiSf  araut 
de  condare,  discutons  arec  détail  ce  que 
nous  doooera  la  perfeclioa  relaiîtro  dets  or- 
dres dans  ebaqu«  cinbraocluuDeal  pris  eu 
parli<>ulier. 

EtiAraMehemeKt  des  animaux  rayonaét.  -^ 
Si  \vs  Aires  éiaienl  d'autant  moins  parlâils 
qu'ils  SMit  plus  aoeieiu,  on  devrait,  dons  les 
terrains  paUozDîquea,  premier Ajje  du  moud* 
anisié,  irouTer  que  Us  ordres  esislaots  ap* 
partienoeot  aus  anior|ihozoaîrcs  ou  aux  fo- 
ramiairères.  les  derniers  tous  le  rapport  du 
la  iwrtaclion  des  or^nea,  et  qu'aucun  ua 
dépead  des  teliinodermesi  les  plus  parfaits 
des  aainaui  rajonoési  mais  jj  n'en  est  pas 
ainsi,  cmune  le  proave  la  liste  suiraole  du 
ci'S  8  ordres  connus  dans  les  terrains  pal6o- 
zoifa«s:lei  tebinodermes  échinides;  les 
échModeroie^  aslérides  j  les  échinodermes 
ofidianiides;  tes  écfaiooderuea  crinoïdes 
lixe*;  Jespolfpîerszo«Dtairu(  leapoljpjers 
alcyooaircs;lëafbraaii<iiÂres  tiélicoslèguesf 
les  anorphoaMireu  lesUcés  ou  éponges.  On 
«oit.fBeS'rt.qoaaureesSordres  d'animaux 
raTOM^  dea  terrains  paiéozoîi|ueSt  ^  ou  It 
■■M>iti4,appBrLianttentaus^biQod«rmea,  que 
nous  venons  de  dire  Urslespliu  parfaits,  et 
3aat  loopbftes;  taBdîsqn'il  reste  seulement 
2  onlres  aux  classus  laa  pins  îarérieurfts,  l«s 
fofawQitëres  et  les  aa)Or|»liouaires,  les  der- 
niers dMSDÏiaaas  ravoutés  sous  le  r0pporl 
de  la  iierfeetioB  de  lears  organm.  h  Mrs 
prosTe,  par  eelt«  ceeaparaisoa,  que  les  plM 
imrfsilsdes  aninaux  rajunués  sent  oés,  «q 
grande  aiajorilé,  aree  la  première  onimali-r 
sMiop  du  globe,  cequiest  toità  fait  opposé 
à  ta  fMFcbo  croissante  dn  fléveloppeuienl 
suceessirdes  organes  des  aniuMux,  en  ■«• 
montent  des  Ages  géologiques  les  plus  sd- 
ciens  Ttrs  les  jilus  modernes. 

\0y9ni,  maintenant,  ai  la  succession  des 
lerraios  postérieurs  nous  préseutera  des 
taîls  contirmaut  ou  infirmant  m»  résultais. 
La  deuxième  grande  éftoqtie,  les  («rroiiu 
IrNwifiMf,  qui  suivent  les  terrains  paléo- 
zoigues,  ne  flons  montrent  aucun  ordre 
noumo  d'animaux  rayoenés.  La  iroitièma 
grande  époque,  les  lerranu  jurtoêiqma, 
offrent  seutemenl  de  plus  :  I  ordre  d'échi' 
DOdennes,  les  erinoides  libres,  moios  avan- 
cés en  perfection  d'organes  que  les  échinides 
et  les  astéroïdes  de  la  première  animaliss- 
tion  ;  et  2  ordres  de  foraHriniHrea,  les  moina 
f  ar&itsdef'ensenriile.  I^  qnolri^e  grande 
é|>oque,  les  inraini  erétœéi,  |iréseRleot  en- 
core k  ordres  de  formuiuirères  et  1  d'amor- 
pbozoaires,  les  duriiicrs  dans  l'échelle  de  la 
perfection  des  organes.  Enlln  la  cinquième 
graude  époque,  les  terraitu  tertiaint,  qui 
nous  ont  jirécédés  sur  la  terre,  i^ont  auoun 
ordre  oodtcsu.  Il  est  donc  évident  que, 
de|>uiile  comniPucemeol  du  monde  animé 


APOLOGETIQUE.  BOH  »» 

jusqu'à  l'ëpoqao  aclnelle ,  les  animaux 
rsf  nnnés  ont  uiarchlï  dans  une  vole  station- 
naire  consianle,  oa  même  quelquefois  dans 
une  voie  rétrograde,  (isr  rapport  h  la  per- 
fei  (ion  des  organes;  qu'il  n'a  été  créé  aucun 
mode  nouveau  d'esislenee,  etanrtout  aucon 
ordre  plus  parfait  que  ceux  des  premiers 
Iges  du  monde,  ce  qui  est  encore  tout  i  Ait 
opposé  au  perfeclioDDemenl  général  des 
êtres  dans  les  âges  du  monde. 

L'rinbranehement  des  animaux  mottUM^uet 
nous  inonlre-t-il  des  résultais  plus  satisfai- 
sants pour  celte  hjrpoihèse?  Pour  qu'il  en 
fût  aiasf,  il  faudrait  que  les  ordres  des  mol- 
lusques des  terrains  paléozoiques,  les  pre- 
miers de  ranimai tsation,  appartinssent  tous 
sut  moins  complets  des  mollusques,  et  au  ~ 
cun  aux  plus  (larfaîts,  tels  que  les  cé[4)a- 
lopodes.  Nous  trouvons  à  la  placet-daus  les 
9  ordres  de  mollusques  des  terrains  paléo- 
zoïquet  ;  les  céphalopodes  tenlaculifËres, 
les  gastéropodes  pei'lioibranches,  les  gasté- 
n>podes  scutibraocfies,  les  ptéropodes,  les 
lamellibranches  siaupalléales,  les  lamelli- 
branchea  ïi>légro))8Jléa|es,  les  lamellibran- 
ches pleuroconques,  les  bracbiopodes  bra- 
chidés,  et  les  bryozoaires.  Toutes  les  classes 
de  mollusques  7  sont  éçslemeoi  représén- 
tées;et,de  plus,  on;  voit  lescéphalopodes 
Igs  plus  parujis  de  celle  série  à  leur  maxi- 
mum de  développement  de  formes  géoéri- 
ques;  2  ordres  de  gastéropodes,  les  plus 
complets  nprès  les  céphalopodes  ;  les  3  ordri-s 
de  lamellibraoebei,  des  bracbiopodes  les 
plus  jiarfaits  eldes  brjozoairas.  Il  sera  donc 
prouvé  ici',  comme  pour  les  animaux  rajoi- 
nés,  que  les  plus  parfaits  des  animaux  mol- 
lusques sont  nés  avec  la  première  animaJi- 
saliou  du  monde,  et  qunis  j  sont  même 
dans  leur  plus  grand  dereloppemeat  iTor- 
dres,  résultat  encore  eo  opposiUoo  complète 
avec  la  marche  croitsaute  iu  développeiueiit 
sticeessif  des  organes  dac  animaux,  en  allajU 
des  premiers  Iges  du  ^oiie  êoimé  s  J'époguu 
actuelle. 

Voyons,  du  reste,  en  rcmonlajit  dans  las 
iffis  du  monde,  ce  que  nous  trouvons  poul- 
ies aniouux  mollusques,  relativement  aux 
ordres  nonveaux  qui  apjiaraisseiit  successi- 
veuieot.  Dans  les  terrains  triasiques  natt 
l'ordre  dea  céphalopodes  «célabulifères , 
aussi  le  plus  parfait  «es  mollusques,  et  cela 
encore  t  uoe  époque  bien  reculée  par  np- 
porl  è  nous.  Uans  le$  terrains  jurassiques 
apiiaraisseot  Xe»  goM^opoAu ûcHbnauMei , 
et  les  braehiopMtfâ  eirrUdéi,  tous  deux  cer- 
tainernsnl  ioférÎËBrs  en  pffticiwi  ♦  cettf 
de  leur  classe  qui  sent  n^  dNW  la  pfViùàre 
jirande  époqee.  Les  terrai»  «réUcés  Ji'en 
offrent  pas  de  nouveaux,  H  les  terrains  ter- 
tiaires u'en  nontreot  que  i  ordre  ;  les  gv- 
tir9p»4u  ptdmvnét,  q/ài,  spécMlenoKt  coa- 
Xormés  puur  respirer  l'air  «a  nature,  au 
sont  pas,  sous  d'autres  rapports,  a«iiéri«urs 
eux  gastéropodes  de  la  prMQî^  animali- 
aaiiesi,  et  enoors  DOins  aux  aé^halopodes. 
€'est,  an  on  mot,  un  mode  nouvtwi  d'exis- 
tenee  qui  tient,  noo  au  v^éritable  pfirfw 
tioanemeut,  mais  à  des  circonstances  par- 


{•m 


IIOU 


DlCTrO.>NAinE 


liculièrM.  On  peut  donc  dire,  comme  pnur 
l'erobrsacliemcnt  précédMil,  que,  dans  les 
ïgDS  du  monde,  les  nnîmaux  mollusques 
sont  encore  restés  stalionnaires,  ou  même 
ont  rétrogradé  diec  Icis  plus  parfaits,  et 
n'ont  mofliré,  dans  les  dernières  périodes 
d'existence,  sucun  ordre  plus  parfait  que 
eeux  des  terrains  pBléozoîtjues  ;  car  les  gas- 
téropodes pulmoaés  qui  oot  paru  arec  les 
terrains  tertistres  les  î>lus  voisins  de  noire 
époque,  sont  loin  ii''élre  aussi  parfaits  que 
les  céphalopodes,  qui  onl  eu  leur  maximum 
de  développement  dans  les  premiers  fljjes 
du  monde  animé.  Les  mollusque.*  n'offrent 
donc,  dans  les  terrains  géologiques,  ni  par 
U  faune  première,  ni  par  la  succession  des 
faunes,  rien  qui  soil  îaToraMe  au  perfec- 
lionoemenl  successif  des  organes. 

L'embranchement  det  ammatix  annelù^ 
considéré  sous  le  rapport  de  la  perfection 
successive  des  organes,  devrait,  pour  qu'il 
y  cQI  accord  ,  nous  montrer,  avec  les  ter- 
rains palëozoiques  les  plus  anciens,  tous  les 
ordres  dons  lus  classes  les  moins  parfaites, 
cl  aucun  dans  les  plus  parfniles.  Les  résul- 
toti  sont  encore  ici  tout  i  fait  opposés, 
coiÀme  le  prouvent  les  11  ordres  suivants, 
que  nous  connaissons  dans  les  terrains 
lioltfozotques;  les  insectes  coléoptères ,  les 
insectes  ortlioptères ,  les  insectes  névrnp- 
lères,  les  aracbnides ,  les  crustacés  phyllo- 
podes,  les  crustacés'  xiphosures  les  cirrhi- 
pèdes,  les  onnélrdes  dorsibranches  et  les 
«nnélides  lubicoles.  Nous  voyons,  d'abord, 
toutes  les  classes  re^irésentées,  ce  qui  est 
déjk  un  résultat  contraire;  mais  encore, 
dans  ces  classes,  nous  trouvons,  parmi  les 
insectes,  3  ordres;  parmi  les  crustacés  k, 
Gu  milieu  desquels  on  compte  les  coléop- 
tères, les  plus  comfilets  des  insectes;  les 
deux  séries  les  plus  importantes  des  ani- 
maux annclés  sont  largement  représentées, 
ainsi  qae  les  arachnides,  les  cirrhipèdes  et 
les  annèlldfls.  Nous  aurions  donc,  pour  los 
animaux  annelés,  -des  résultats  Identiques 
h  ceux  des  deux  embranchements  précé» 
dents.  1)  serait  prouvé  de  même,  que  les 
plus  parfaits  des  animaux  annelés  sont  nés 
avec  les  premiers  êtres  du  monde  animé, 
pendant  les  terrains  paiéozoïquos  ;  qu'ils  y 
ont  eu  un  grand  dévvloppemimt  d'ordres  : 
résultat  en  opposKion  directe  avec  la  marche 
oroissanl«  du  développement  successif  des 
organes  des  ètres^  en  avaoçaiit  des  premiers 
Ages  du  monde  animé  vers  notre  époque. 

Suivons  les  grandes  épo<|ao8  géologiques 
(]Di  ont  succédé  aux  terrains  paléuxoiquos, 
|}Our  recoDnattre  ce  qui  a  existé  jusqu'à  nos 
jours  relativement  aux  animaux  annelés. 
La  seconde  grande  époque,  les  terrains  tria- 
siques,  onl  offert  1  seul  ordre  de  crustacés 
de  plus,  celui  des  décapodes,  è  ajouter  aux 
k  ordres  qui  eiisleut  déjà.  La  troisième 
grande  époque,  les  terrains  jurassiques, 
ont  montré  oncoru  1  ordre  de  crustacés* 
les  Isopodus;  et  k  d'insectes,  les  diptères, 
les  hémiptères,  tes  hyménoptères  et  les 
lépidoplèrea,  nullemeut  supérieurs  en  orga- 
nisation à  ceux  de  II  première  aniaulisa< 


APOLOCETIQUE  nOH  ij» 

lion.  La  quatrième  grande  époqire,  |f, 
terrains  crétacés,  n'ont  pas  un  ordre  ii« 
plus.  Pour  la  cinquième  grande  épooue,  Ik 
terrains  tertiaires ,  ils  offk-enl  S  onnt  de 
crustacés  bien  inférieurs,  comme  orginisi- 
lion,  h  ceux  des  terrains  paléoioiques tl 
triasiques,  et  les  premières  traces  eerliinH 
des  insectes  myriapodes,  évidemment  in^ 
rieurs  aux  coléoptères,  que  nous  vnyoni 
dans  les  premiers  éges  du  monde.  Ici  nom 
devons  conclure  absolument,  eomme  pour 
les  animaux  rayonnes,  que  tous  les  résul- 
tats sont  contraires  au  perfeclionnemenl 
des  èfres,  en  suivant  l'Age  chrooolc^que 
du  monde  animé. 

L'embranehement  ftet  attimmuc  vtriéMt  n» 
montre  pas,  sous  ce  rapport,  derésuliiu 
aussi  positifs;  et  mtme,  jtisqo'k  un  certiiji 
poiui,  l'hypothèse  du  perlectionnemetit  pro- 
gressif due  k  leur  seule  étude  élait. «net 
Sui  les  concerne,  fondée  sur  quelques  fiiis. 
ous  avons  dit  que,  pour  que  cette  suppo- 
sition fût  vraie,  il  faudrait  que  les  moiiu 
complets  des  animaux  vertébrés  fussent  Ici 
seuls  représentés  dans  le  premier  8ge  du 
monde.  Nous  trouvons,  parmi  les  3  urdrei 
des  terrains  paléozoîquei  :  les  reptilu  sy- 
riens, les  poissons  placoîdes  ou  squilei, 
et  les  poissons  ganoïdes.  Il  n'y  sanii 
donc  pas  Ib  une  confirmation;  nr,  bien 
qu'il  manque  encore  IfS  oiseaux  et  lei 
mammifères,  plus  complets  que  les  reptib 
et  les  poissons,  les  doux  classes  repréieo- 
tées  n'en  suivraient  pas  moins  une  mardiE 
tout  opposée.  En  elTet ,  les  reptiles  de  cb 

Eremier  Age  sont  les  sauriens,  certaintmeni 
ien  supérieurs  en  organisation  aux  reptilo 
ophidiens  ou  aerpeols,  dépourvus  de  aeia- 
bres,  et  surtout  aux  batraciens,  soumii  t 
des  métamorphoses  et  qui  ne  parainenl 
que  bien  plus  tard.  Les  poissons  demie 
première  époque  a''ppartieonent  aux  pli- 
coïdes  ou  squales,  les  plus  parfaits  despote 
sons*  comme  l'a  reconnu  U.  Duvemof.ii 
aux  ganoïdes,  évidemment  aujiérieunni 
pleumnectuïdes  non  symétriques,  qui» 
se  montrent  que  dans  les  dernières  période 
géologiques.  On  voit  que  deux  classai  w 
quatre,  dans  les  animaux  verléltrés,  u'unt 
pas  suivi,  dans  leur  instant  d'apparition  w 
la  terre,  comparée  à  la  perfection  du  Ims 
organus,  une  marche  un  rapport  ar«  ti 
porfuctioo  croissante  du  ces  organes,  puis- 
que luS'plus  parfaits  se  luootreni  les  pre- 
miers. Nous  allons,  avaut  de  coudare, 
scruter  les  A»es  postérieurs,  afin  d'y  cbH- 
cher  des  coiinrmaiions  ou  des  coutradiclious- 
£n  remontant  dans  les  terrains  oui  oui 
succédé  aux  terrains  paléozoïques.  Tes  ter- 
rains triasiques,  ou  secoude  grande  périixls 
de  l'animalisation,  nous  préseuleot  l'ortlrt 
des  oiseaux  échassiers,  et  celui  ûas  reptiles 
chélonieiis.  Il  est  curieux  de  voir  déji,  dau 
une  époque  si  reculée,  arriver  des  oisBiui< 
animaux  aériens  par  excellence,  et  surlQUl 
de  voir  encure  les  reptiles  chélunieits,  les 
plus  parfaits  de  cette  sérisi  typtnliri 
longtemps  avant  les  ordres  les  plus  impir- 
.tuils.  Les  terrains  jurassiques  u'oUreotitu 


D0« 


■HCnOMUBE  AraiJOCETIQOE: 


d'ordras  nooTeaui;  tel  temini  créucdi 
préfeotent  1  ordre  d'oîseaox,  les  palmi- 
pèdet,  et  S  Ordres  de  poiuons,  les  cjcloïdes 
d  les  eléooides.  moins  parisils  qoe  les 
poissons  des  terrains  psléozoiqoes.  Cest 
donc  avec  la  cinquième  grande  période, 
dans  les  terrains  tertiaires,  les  derniers 
annt  notre  époque,  qo'ool  paru  tons  les 
aulrt^s  ordres  d'aoimaui.  Les  ordres  d'oi- 
seaui  m  sont  pas  plus  parfaits  que  ceux  du 
Sf«ond  âge  du  mondoi  ■«  ordres  des  rep- 
tiles, les  ophidiens  et  les  balmcîens ,  siml 
assurément  les  demiera  eu  perfectiou  dans 
cvlle  classe.  L'ordre  des  poissons,  les  pteu- 
rooeetoîdes,  e&t  aussi  le  dernier  des  pois- 
sons, puisqu'il  renferme  les  poissons  non 
symétriques  dans  leurs  parties.  On  roit 
•loiie  que,  sur  les  k  classes,  de|>ui*  In  pre- 
mière période  géologique  jusqu'A  présent, 
il  /  en  a  2,  les  reptiles  et  les  poissons,  qui, 
■a  lien  de  marcher  daos  ces  Ages  des  plus 
imparfaits  aux  plus  parfaiu,  out  montré  les 
plus  parfaits  les  premiers,  les  moins  par- 
liiila  dans  les  derniers,  en  suivant  une 
marche  eDlièremeot  opposée  an  perfection- 
uement  successif  des  oiganes,  et  que  la 
classe  des  oiseaux  est  restée  slatioanaire 
dtfpuis  la  seconde  grande  époque  du  mo.nd» 
animé.  Il  d'7  aurait,  eu  conséquence,  de 
favorable  au  perfeetionoemenl  successif 
des  Aires  que  les  mammifères,  qui,  effeeti- 
veoiMit  les  plus  parlails  des  aoimanx  ver- 
lélirés,  ont  Ions,  k  l'exception  de  rbomme, 
spécial  k  uolre  époq^ue,  paru  .seulement 
dans  la  dernière  période  géolMjique  qui 
hoas  a  précédés  sur  la  terre.  Tels  sont  les 
rësuliats  relaiifs  A  l'inslant  d'apparition; 
néanmoins,  loa  mammifères  nous  offrent 
encoro  des  ezceptiou,  puisqu'ils  ont  i 
ordres  :  les  pachydermes  et  les  édeniés, 
dans  ane  pénode  décroissante  de  dévelof»- 
jMiDeatdelomietzool<^qoes,ecqai  prouve 
cfue  l«  perfectionnement  des  organes,  dons 
1  ordre  chronologique  des  périodes  géolo- 
gique*, n*Mt  général,  pas  même  pour  l'en- 
■emble  des  mammifères. 

En  nous  résumant  sur  l'instant  d'appari- 
lioo  dans  les  Ages  du  monde  des  ordres 
fanîmaus  comparés  A  la  perfection  de  leurs 
rjuDes,  A  l'embrancliement  dont  ils  dé- . 
madeatf  nous  arrivons  aux  résullats  sul- 
la-ils  : 

1*  Lggqualre  ewArtaukemviti  deâaiûmauXf 
•as  1  ordre  chronologique  des  Ages  du 
toode.  u'ont  pal  marché  suivant  le  degré 
imparaiif  de  la  perfection  de  leurs  orga- 
ra,  mais  bien  sur  quatre  lignes  parallèles, 
mt  m  fait  indépendantes  les  unes  des  su- 
w. 

|S*  Im  eloMMt»  d'animaux  sont,  A  Texcep- 
madviUux  surdix-an/',  absolumeiitcomme 
iciiil*raueliemen(s  :  elles  ont  marché  para^ 
lefDaot ,  et  non  aoccessiTemeol  daos  les 
p»  do  monde. 

<■  Cette  marebe  particuliAre,  parallèle  et 
IP  soeeesaive  dans  l'ordre  chrouologique, 
■r  chaque  embranebamenl  et  pour  chaque 
Iftsa,  «si  tout  A  bit  contraire  an  sjstèiue 
perfectioQuemeat  général  des  organes. 


en  allant  du  premiei  Age  da  monde  vers 
l'époque  actuelle. 

A'  L'accord  du  degré  croissant  de  perfo^ 
tion  des  organes,  en  marchant  des  premiers 
Ages  du  monde  jus<|d*A  ré|ioqoe  artoelle, 
loin  d'être  la  r^e  constante,  comme  en 
avait  pD  le  croire  en  étodîant  les  enimanx 
mammiISres,  n'esl,  an  contraire,  qu'une 
faible  exception  A  la  marche  parallèle  géné-> 
raie,  et  qui  n'a  poor  base  que  l'arrivée  tar- 
dive sur  la  terre  de  l'ordre  des  mamtoilëres. 
Ot  accord,  même,  sous  ce  rappoH,  n'existe- 
rait que  pour  un  Uix-oeuTième  de  l'ensem- 
ble des  classes. 

-  S*  II  résulterait  encoredece  qui  précède, 
que  les  animaux,  loin  de  perfeciioaner  suo- 
ressivemeol  leurs  organes,  et  de  pauer  par 
tous  les  degrés  de  perfection  ilans  les  Ages 
du  monde,  ont  souvent  A  cet  égard  moins 
gagné  que  )>erdu  dans  quelques  embran- 
chements, ou  sont  au  moins  restés  stalion- 
naires,  ce  qui  exclut  tout  A  fait  ta  marcb» 
croissante  générale  du  simple  au  composé- 
dans  le  cours  des  Ages  géologiques. 

Il  nous  reste  pourtant  A  exi>li(]uer  une- 
contradiction,  A  la  vérité  plus  spécteosc  que- 
réelle,  qui  pourrait  nallrede  la  comparaison 
de  tous  les  résullats  basés  sur  les  caractères 
znologiques  généraux  des  êtres-  avec  les. 
cbiifres  des.  genres  quf,  sans  avoir  égard  A 
oes  caracidres  cénéraux,  se  Iroovenl' dans 
chaque  classe  d'animaux.  Les  classas ,  con- 
sidérées solvant  le  nombre  des  genres , 
montrent,  en  effet,  qaatn  classes  sur  dix- 
■ea^qui,  même  par  les  chiSIres,  sont  tou- 
joura  en  décroissance  de  nombre  de  genres, 
depuis  des  époques  Réolosiques  pins  ou- 
moins  ancienneajusquAprésenlieesonlIra 
mollusques  céphal0|K>des ,  braobiopodea, 
bryozoaires  et  lesamorpbozoairea.  Celles-ci 
sont  encore  en  rapport  direct  avee  les 
conclusions  précédentes  qu-'eHes  viennent 
corroborer.  Le*  autres  otasaes  vont,  au  con- 
traire, en  croissant  de  nombre,  de  genres, 
des  Ages  les  plus  anciens  vers  l'époque  afr- 
luellu,  et  pourraient  faire  croire  A  nne  mar- 
che générale  croissante  dans  l'organiMtioOv 
Toutes  les  conditions  dans  lesquelles  nous 
sommes  entré,  relativement  aux  caractères 
xoolugiques  les  plus  importants,  prouvent 
que  ces  genres  plus  oombrenï  uo-déneleDC 
point  nue  marebe  croiasante  dans  la  perfec- 
tion des  organes,  mais  seulement  une  plua 
grande  maltîplidté  de  légères  modifications 
dans  les  délails  de  formes  des  parties  peu 
importantes  de  l'oKanisation.  Ces  moditaca- 
tions  génériques  rwideot,  ea  effet,  dans  la 
place  et  dans  la  forme  des  dents,  des  pieds, 
dans  h  forme  dn  conu  ot  des  nageoires  des 
animaux  vertébrés,  «uns  la  eonflgaratioo  et 
les  détails  d'anneaux  du  corps  ,  des  pattes 
et  des  aotennta  des  animaux  annelés  ;  dans 
la  forme  et  la  répartition  des  parties  direr- 
ses  des  coqoilles,  des  molliuques  et  dea 
échinodermes  ;  dans  fa;  mode  d'agrégation 
dea  individus;  dans  les  deuils  de  distribu- 
tion des  parties  solides  ehex  les  animaux 
rajronnà  ;  enfin,  tot^oan  dans  des  eand^ 
res  bons  pour  dislingner  des  genres,  mai* 


is(>9  noM  MCTiOMnAUie  AFOLOGETEQCE.  naû  m 

divenes  parties  eilPrties  de  Itur  rnr[H; 
QOiM  verroDa  que  les  êtres  ainsi  eoafanLéi 
•l^rlieniienl  aai  dernières  classe),  et  im- 
lertinat  ^  i'enbraiichenieal  des  iDimiot 
rayonnes.  Eo  jetant  les  yeux  sor  tn  (ib!«u 
de  la  ré(>srlitioD  des  classes  d'aDtmioi  i  li 
surracti  ilu  globe,  depuis  le  coœmeacerntDl 
de  l'animBlisatioti  jusqu'à  l'époqoe actuelle, 
og  |)eul  s'assorer  quafoe  les  lerriias jii- 
iéozoîqués,  (tremlère  grande  p^iioile  de; 
iges  du  monde,  appiiraisienl  les  di»eidts 
Biuorpbozoaires,  desforamiiiiRrai,deiiiH)- 
{ibjrtes  et  des  échiuodermes,  qoi,  i  dilTè- 
ruatfl  degrés  de  perfection ,  rentrent  ans 
cette  première  série.  Nuus  avous  donc,  éh 
celte  première  époque,  des  repri&entiiili i!t 
toutes  les  classes  d'êtres  qui  respiraient  sans 
organe  spécial,  et  aucune  modiBcflioD  nou- 
velle ne  se  montre  auTjrérlodesposlérlctini 
de  l'histoire  du  globe. 

Eu  poussant  plus  loin  nos  compertison^ 
pour  nous  assurer  si  lus  milieni  d'eiistciirt 
sont  toujours  restés  les  manies,  desfesdoii] 
jusqu'aux  genres  qui,  par  leur  persiitanc, 
peuront  nous  donner  la  preure  qus  b 
organes  des  êtres  de  cotte  première  imuu- 
lisaliou  sont  identiques  aux  organei  j>t 
lesquels  respireut  encore  les  êtres  d«li 
même  série.  Les  amorphotoatrcj  l«lirfi 
des  terrains  paléozolqites,  ne  dlfféreol qi» 
par  leur  forme  ou  par  leur  tissu  d»  atM- 
pbozoaires  des  mers  actuelles.  Le  gtnr: 
fiuuUna ,  représeotdnt  des  foraoÎpDim 
dans  celle  première  période  de  l'sBiiBiliii' 
lion,  flsl  trea-voisia  des  nonfoulM.siim:- 
muneS  dans  nos  océans;  les  xoopli;id'< 
irouveDt  absolument  dans  le  oitu*  t». 
Quant  aux  éubiDOdermes,  dods  To;Dnifi- 
raltre,  avec  la  première  période,  loui^ 
principaux  types  de  forrocs  etde»ntii«- 
des  genres  de  criuoïdes,  d'aaiéroïiJeJ ("" 
pbiuroïdes,  voisins  (les  genres  scKiiI'wk' 
vivants,  et  même  avec  eux,  parniilti(<^'' 
Dides ,  le  genre  «yorts,  conieraporrâw 
cotte  première  période  d'eKi5teii«i|>i  ■ 
traversé  toutes  les  époques  du  niondeju* 
qu'aux  océans  actuels. 

De  ce  qui  précède,  ne  peut-on[«i(<i' 
dure  que  les  animaux  marins  sans  or^ 
spécial  de  la  reapiralion  sonll»éS|MW'"'  I 
les  les  formes,  avec  les  premiers  ^^ 
monde;  qu'ils  n'ont  rien  changé  à  N"  I 
organes  depuis  cette  époque  reculée;  1^' 
leur  orgsnisation  d'aujourd'hui  est  Isid^ 
que  celle  d'alors,  et  que  les  genres  <1^ '^^ 
première  période  étaient  Identiques  ou  i^^ 
logues  à  ceux  donos  JoursT  Ne iMurni'''' 
pus  encore  en  déduire  que  les  londiO"' 
d'existence  sont  restées  les  méiues  ilfP 
le  commencement  du  monde  ■"''^''^ 
qu'aucun  changement  ne  (laraH  ■'?'''."°|'!: 
(le  mudilicstion  orgauiiiue  appr*ei»bl< 'l* 
les  caractères  des  êlrea  marins  de  eeti^*' 
I  ic  T 

Rupiraiion  dam  Veau  piirdnbra»!»^ 
Essentiellement  marins  ou  des  eaui<»^ 


qui  n'ont  point  de  valeur  zoologique  plus 
élevée  dans  l'organisnie  générai.  On  volt 
done,  en  dernière  analyse ,  que  le  nombre 
des  genres,  plus  eonsidérable  pour  quelques 
classes  d'Aires,  est  tout  è  fait  indépendant 
du  perfectionnement  des  oi^Boes,  et  ne 
peut  «n  rien  modifier  les  résultats  gêné* 
raux  obteous  par  l'organisation  même  com* 
parée  dans  toutes  .les  séries  zoologiques. 

J>.  —  Rkgbrkbhs  HTsiOLOGmesa  sdr  lis 
Miutnx  d'kxistihcr  des  asimaux  dans  les 
Attu  siOLoeiQOES.  —  Il  est  une  qneslioa 
physiologique  de  la  nlus  grande  importance, 
et  qne  peut  seule  résoudre  l'étude  des  ani- 
maux fossiles  ensevelis  dans  les  couches 
terrestres.  Cette  question  estcelle  de  savoir 
si  les  divers  oi^anes  des  animaux  les  plus 
•nciens  sont  restés  les  mêmes  depuis  le 
4'ommencemeDtdu  monde,  ou  a'ila  se  sont 
modifiés  par  suite  de  changements  de  mi- 
lieux d'eiisienoe;  ou,  en  termes  directs  : 
les  animaux  les  plus  anciens  sur  le  glolio 
étaieni-ils  plus  simples  de  composition  que 
ceux  d'aujourd'hui,  et  se  sont-ils  perfection- 
nés à  mesure  qu'ils  spprochaieot  de  nous  T 
Peut-être,  en  comparant  les  ordres  (;olre 
eux,  dans  les  recherches  précédenles,  avons- 
nous  déjà  péremptoirement  prouvé  que  le 
lierfectioanemeot  successitdes  êtres  n  exisie 
réellement  pas  dans  l'ensemlile  ;  car  il  est 
certain  que  sif  comme  nous  le  trouvons,  les 
classes  d'animaux  ont ,  ft  très-peu  d'excep- 
tions près,  marché  parallèlement,  et  non 
suceesslTemeDl,  dans  les  Ages  du  monde, 
c'est  que  les  orgues  de  ces  classes  étaient, 
au  conmencemout  de  l'animalisaiiou,  aussi 
parfaits  qu'k  l'époque  actuelle. 

Pour  chercher  à  découvrir  les  oauMS  phy- 
siologiques qui  ont  pu  déterminer  ta  règle 
gjénérale  et  les  exceptions  que  nous  avons 
signalées  dans  la  marche  successive  de  l'a- 
nimalissUoD  è  la  surtace  de  la  terre,  depuis 
.  les  temps  géologiques  les  plus  reculés  jus- 

au'i  nos  jours,  nous  allons  nous  occuper 
M  organes  de  ces  animaux  fossiles.  L'or- 
gane de  la  respiration  étant,  entre  tous,  par 
sa  nature  même  ■  par  sa  grande  susceplibi- 
litéi  le  plus  important,  puisqu'il  se  trouve 
loiyours  en  rapport  direct  avec  les  milieux 
d'existence,  nous  eu  ferons  la  base  princi- 
pale des  recherches  oui  vont  suivre. 

Les  dilféreuls  moues  de  respiretioo  chez 
les  animaux  peuvent,  en  raison  de  leur  de- 
gré croissant  de  perfertioo ,  se  diviser  en 
quatre  séries: 

1*  Respiration  sans  organe  spécial  t 

S'Heapiratioû  dans  i'eau  par  des  bran- 
chies ; 

3*  Respiration  aérirane  par  des  trachées  ; 

4*  Respiration  aérienne  par  des  poumons. 

Des  uiimtDi  marlDs. 
Aasptnilioii  iims  orgoHt  tpéeiat.  —  Si  nous 
cotumançons  ttar  les  animaux  marins  les 
plus  simples  dans  leur  composition,  ceux, 
par  exemple,  qui,  au  lieu  d'avoir  un  organe 
spécial  destiné  k  séparer  des  eaux  de  la  mer 
l'oxygène  nécessaire  à  leur  existence,  pa- 
raisaeut   se  l'approprier    directemeul  par 


iirtn.!"* 


cesêtres  pourvus  dbbranchieseotn|< 
presque lt)ua  les  animaux  Diolliisqi>ei;r"r 
les  auimaus  aiioelés  »  les  crasiac^>  ''^ 


HCTioïcumB  ArauKeriQUL 


HOU 


IIM 


BeUIu  el  tes  cirrhipMes  ;  el  parmi  les  «ni- 
luauE  vertébré*,  tous  les  poissons.  Quoiane 
•pparlenanl  aui  trois  premiers  embraociie- 
ments,  ou  êtres  respirent  de  la  mftiBe  sia- 
Dière,  e'csl-^-dire  qu'à  l'sîJe  de  branchies, 
lrés-di*erses de  formes,  suirant  tes  classes, 
ils  pQÏscHit  dans  l'eau  roxjgèoe  nécessaire 
i  leur  eiislence. 

Rofls  irooTons,  dans  les  terrains  paléoioî- 
qoes,  Ips  premiers  do  monde  animé,  des 
iDOlIusqaes  cé|ihalof>odPs,  des  gasléropniles, 
des  liiDi'Ilibranches,  des  bracbiopoiles  et 
ilei  bryozoaires  ;  des  crusUcës,  des  annéli- 
ties,  des  cirrhipèdes  et  des  potssons  ;  ou,  eo 
LQ  mol ,  des  représentants  de  tontes  les 
cluses  d'êtres  respirant  au  soin  des  mers 
(Mr  des  braoebies.  En  remontant  dans  les 
i^<,  nous  ne  Toyons  apparallrv  aucune  mo- 
■ïiticalion  nouvelle,  tt  la  zoologie  actuelle, 
qui  res)iire  par  des  branchies,  appartient 
3UX  mCnes  slasses  que  la  zoologie  de  la 
(•remière  aoîmalisalion  du  globe.  LVasem- 
Ue  deTrail  donc  faire  croire  Que  les  cun- 
(Jiiions  d'etislence  n'ont  pas  changé,  pui^ 
<iue  les  organes  de  la  respiration  sont  restés 
les  mêmes;  mais  pour  démontrer  cette 
*éf ité,  noos  D'arooi  qu'à  consulter  les  gen- 
res. 

Les  genres  de  mollusques  des  terrains  pa- 
(kizoïques  nous  présentent ,  parmi  les 
ic'i'lulopodes,  le  genre  nautiitu,  qui  existe 
vncore  aajourd'bui.  et  lieaucoop  .d'autres 
lièï-Toisios  de  celui-ci.  Parmi  It^s  gasléro- 
/  odes  de  cette  première  é|>oque  du  monde 
aoioié,  nous  avons  ik  genres  :  les  genres 
lurta,  êlQmatia,  heleioH,vagintUa,  naiiea, 
tapmtaa,  piloiullut,  frocAiu,  phatitnulla, 
ientalitiM,  rtUima,  ftMurttla,  chiton  et  chi- 
t9»HIa,  commuDS  dans  les  mers  de  cette 
t  euiière  époque,  qui  ont  traversé,  sans 
iJerruptioD,  tous  les  âges  posiérieurs  jus* 
\a'k  noire  éi|>oi]ue.  Parmi  les  lamellibrau- 
hts,  nous  avons  18  genres  qui  se  trouvent 
ins  le  même  cas  :  les  genres  Igontia,  pt- 
ipJttma,  leda,  e]/pricardia ,  nucii/a,  orca, 
ricH/o.  cardium,  pAoiadomya ,  analina,  lu- 
'ma  ,  atytituM,  peete*,  Molemya,  ÎMOcardia, 
iM»9,  panopœa  el  o<<rea.  Parmi  les  brarbio- 
xies  •  genres  :  lingula,  cranta,  ktmlhj/rii 
:  terebraluta  qui  uut suivi  la  même  marche, 
oài  que  3  genres  de  bryozoaires,  polytrt- 
a,  ctriopora  el  rettpora.  Les  moilusqucs 
jtjs  douueraieol  donc  fcl  genres  qui,  déjà 
jcabreui  en  espëtes,  ont,  depuis  la  pre- 
ié-re  période  de  l'auimalisalion  du  globe, 
irmlinué  d'exister  à  toutes  les  époques 
iulogiques  successives,  et  sont  encore 
t»si  répandus  dans  les  mers  actuelles  qu'ils 
riaient  dans  l'origine. 
L-es  animaux  aunelës  nous  montrent, 
inui  les  crustacés  de  la  première  animali- 
.  ion,  des  genres  peu  ditTérenls  des  êtres 
tuels;  et  [inrmi  les  snnélides,  les  genres 
rpuia  el  ipirorbit,  lout  à  fait  identiques, 
ixjs  les  terrains  paléozuïques ,  aux  mêmes 
-ores  »î  communément  répaudus  au  seia 
1  iios  mers. 

ft^es  aniDuoi  vertébrés  nous  oITreot,  cliez 
»  poisMW  des  terrains  paléozoïques,  des 


genres  peu  diGTérenls  de'tormcs  et  de  carae< 
lèns ,  et  qui,  i  l'eiceplion  peut-être  de  la 
configuration  dcsécaillesqui  les  recouvrent, 
avalent  les  mêmes  branchies  el  les  mêmes 
caractères  orpniques  que  les  poissons  d'au- 
jourd'hai. 

Eu  résumé,  à  la  question  qu'on  pourrait 
se  Caire  desavoir  si  les  élres  marins  ont 
changé  de  osiure,  s'ils  se  sont  pcrfeclioa- 
nés  depuis  les  premiers  Âges  du  monde 
animé  jusqu'à  présent,  on  |>eut  répondre, 
sanR  aucune  crainte,  par  la  négniion  la  plus 
absolue  :  car  ces  genres  primiiifs  on  les 
genres  voisins  de  cenz-ci,  qui  oot  encore 
des  représentants,  prouvent  qu'ils  avaient, 
lors  de  la  première  aoimalisation,  les  ca- 
rnclères  organiques  qu'ils  conservent  ea- 
core;  Qu'ils  ne  sont  pas  perfectionnés,  que 
les  milieux  d'existence  de  cette  époque 
étaient  les  mêmes  que  les  ndires,  el  que  dis. 
lors  aucun  grand  changement  n'a  eu  lieu 
quant  aux  éléments  de  vitalité  que  les  être» 
trouvaient  à  cette  époque,  dans  les  mers, 
et  qu'ils  trouvent  encore  dans  les  uOtres. 

Dm  nknni  ICTrealKS. 

Les  animaux  terrestres  contïoentanz  ou 
riverains,  qui  respirent  autrement  que  par 
des  branchies,  appartiennent  pb^siolog^ 
qnemeiil  i  deux  modes  de  respiraUon  pure- 
ment aérienne  :  la  respiration  trachéenne 
el  la  respiration  pulmonaire. 

Rapiration  aérietuu  par  det  Sraehéa,  — 
Ifoins  parfait  que  la  respiration  pulmonaire, 
ce  mode  de  respiration  est  spécial  à  la  classe 
des  insectes  et  à  quelques  arachnides.  Si 
nous  le  cherchons  dam  les  terrains  paléo- 
zoXques,  nous  trouverons  qu'il  y  était  par- 
faiiemenl  représenté.  On  y  a  découvert,  eu 
effet,  des  iusectes  coléoptères,  orthoptères 
et  névroptères.  Comme  ces  insectes  uépen- 
deol  des  mêmes  genres  ou  appariienoent  à 
des  genres  très-voisins  de  ceux  qui  exis- 
tent aujourd'hui,  on  doit  croire  que  les  co- 
léoptères, le»  névroptères  et  les  orthoptères 
de  ces  anciens  temps  devaient  avoir  abso- 
lument la  même  organisation  que  les  genres 
de  ces  classes  qui  couvrent  les  continents 
actuels-  On  arriverait  donc  à  conclure,  pour 
les  animaux  terrestres,  qui  respirent  au 
moyen  de  tra!:hées,  comme  pour  les  ani- 
maux marins,  que  les  organes  des  insectes 
ue  sont  pas  perfectionnés;  que  cette  classe 
au  berceau  ou  mooileanimé  était  ce  qu'elle 
est  encore;  que  pour  elle  les  milieux 
d'existence  terrestre  ont  toujours  été  les 
mêmes,  depuis  la  première  aiiimalisaimu 
du  globe  jusqu'à  présent. 

Rtipiration  aérienne  par  dei  poumons.  — 
On  trouve  ce  mode  de  respiration  dans  trois 
embranchements  :  chez  les  auimaux  aon»- 
lés.  chez  les  animaux  mollusques  et  chez  fes 
animaux  vertébrés. 

Respirant  par  des  poches  pulmonaires, 
les  animaux  anoelés  des  anciennes  époques 
géolc^iques  dépeoileut  des  aracbuides,  0.i 
voit,  eu  effet,  dans  l'étage  carbuniférieo, 
l'uu  des  quatre  des  terrains  paléozoiques, 
les  premier!  da  monde  animé,  apparaître 


1303 


nox 


UCTIOmAinr  APOtOCETIOUK. 


nox 


iw 


lin  «rachnide  sf  voliin  du  scorpion  qu'il  est 
iinimsiible  de  douter  qu'il  n'eût  en  tout  la 
inAme  organisation  que  les  scorpions  d'au- 
joard'hut;ce  qui  porterait  k  croire  qu'il  a 
vécu  dxns  des  milieux  d'exislenc»  idenli- 
i|ues.  Ces  conclusions  nous  amèneraient 
aui  mëniea  résultats  ijue  pour  les  animaux 
marins  respirant  pur  des  branchies,  que 
)>nur  les  animaux  terrestres  doués  de  la  ret- 
l>iration  trachéenne. 

Considérée  sous  le  rapport  dn  lenrAçe 
géoloKiqne,  /es  animaux  ver.ébrés,  respi- 
rant I  air  au  moyen  de  rentables  pnutnoiis, 
se  montrent  dans  les  terrains  paiéozo'iques, 
les  premiers  du  monde,  sous  la  f<irme  de 
sauriens,  cerlainemenl  les  pîus  parfaits  des 
reptiles.  On  roit  encore,  h  la  seconde  épo- 
que du  monde  animé,  appnratlre  dans  les 
terrains  Iriasiques,  avec  les  reptiles  chélo- 
niens  ou  tortues,  les  premiers  représentants 
tlos  oiseaux  qui,  de  tous  les  êtres,  ont  le 
syslèfflfl  pulmonaire  le  plus  développé.  On 
doit  donc  croire  qu'A  ces  époques  reculées, 
les  milieux  d'existence  dans  lesquels  Tt- 
vaient  les  oiseaux  et  les  reptiles  respirant 
l'air  en  nature  par  des  poumons,  étaient 
peu  différents  des  niilieui  d'existence  ac- 
tuels ;  ce  qui  amène  naturellemeut  à  penst- r 
(ju'alors  la  composition  de  l'air  était  peu 
ilifférente  de  celle  que  nous  lui  connaissons 
aujourd'hui.  Les  conclusions  seraient  en- 
core ici  les  mêmes  que  pour  les  autres  mo- 
des de  respiration,  et  nous  aurions  des  ré- 
«ultats  identiques  sur  tous  les  diiTérents 
modes  de  respiration,  ou  pour  18  closscs 
d'êtres  sur  19. 

Examinons  maintenant  l'tixception  re- 
roart^uable  qui  a  pu  faire  supputer  que  Us 
conditions  d'existence  se  soûl  moditiéus 
clans  les  dges  du  monde;  supposition  ba* 
sée  seulement  sur  l'arrivée  tardive  de  la 
classe  des  mammifères  et  des  mollusques 
terrestres  respirant  par  des  poumons.  D'a- 
près les  données  certaines  de  la  science, 
■es  mammifères  qui  ne  laissent  aucun  doute 
(2054],  n'ont  commencé  k  se  montrer  qu'a- 
vec les  terrains  tertiaires,  à  l'époque  qui 
nous  a  précédés  sur  la  (erre. 

Ces  quelques  genres  de  mollusques  ter- 
restres parus  lardivemeut  à  la  surface  du 
globe  onl-ils  des  organes  de  respiration  plus 
l>arfaits  que  lus  autres  animaux  qui  se  sont 
montrés  avec  la  première  animalisalion  T 
L'organisation  des  uyclostoma  est  identique 
h  celle  des  gastéropodes  pectinibrancbej. 
Les  hélices  ou  limaçons  ne  diffèrent  égole- 
Mient  que  très -peu,  sous  ce  rapport,  des 
gastéropodes  marins,  et  dans  aucun  cas  ne 
sont  plus  parfaits  que  les  autres  mollus- 
'|iies.  Il  en  résulte  que  ce  serait,  dans  une 
série  d'êtres  déjè  très-dé  veloppée,  depuis 
lea  premiers  êges  du  uioude,  une  légère 


(t054]  Nous  ne  parlons  pas,  ï  propos  îles  main- 
■niréres,  des  atiimaui  fossili»  de  Stoiicsfleld,  dont 
on  ne  r.oiinaji  que  les  inficboires  intérieures;  car, 
jusiiu'à  ce  qu'on  iniuve  d'autres  piècet  du  squeteUe, 

iHHi*  tea  cousitlérons  comme  des  reptiles  il  mictioi-      

re  ariiculét  par  des  coiidytes,  plui6t  iiue  comme     parati  pour  ceue  dutic 


modifinatlon  des  organes  de  la  respirattoo, 
mais  non  pas  un  perfectioaDement  da  k* 

mêmes  organes. 

La  seule  exception  réelle  consiste  dini 
l'arrivée  tardive  sur  la  terre,  et  seulenieni 
i  l'époque  des  terrains  tertfaires,  des  main- 
mifères,  tes  plus  parfaits  des  animaux.  (Xlt 
exception  indépendante  du  mode  de  reip- 
ralion,  puisque  la  respiration  par  des  pau- 
mons existe  dès  lo  première  grande  période 
de  ranimalisation,  dépend-elle  de  ctiROj»- 
ncnts  de  milieux  d'existence,  et  doit-âle 
modifier  les  conclusions  rcIatïTCS  aui  m- 
tres  classes  d'êtres  7  C'ast  ce  que  nous  alloui 
chercher  \  éclaîrcir. 

Si  c'est  un  changement  de  milieux  d'eiii- 
tence  qui  a  déterminé  l'apparition,  i  l'épo- 
que des  terrains  tertiaires  seulement,  (b 
mammifères,  les  plus  parfaits  desaniouui, 
ce  changement  a  dû  influer  âgaleraent  sw 
toutes  les  autres  organisations  zoologîqses. 
Quand  on  jette  les  yeux  sur  tons  les  ta- 
bleaux d'ordres  séparés  que  l'on  a  dressa 
ou  même  sur  le  Isaleau  général  des  ordres, 
on  reconnaît  qu'à  l'exception  des  mammi- 
fères, la  marche  des  changements  et  dci 
remplacements  sucuèssifs  des  genres  h  cha- 
que éiioque  géologique,  n'a  (las  été  ]ilits 
considérable  ft   ta  fin  des  terrains  crétacés 

au'aux  périodes  antérieures.  On  pourrati 
OTic  croire  qu'il  n'y  a  pas  eu  de  causa 
diirércntes.  D'ailleurs,  quand  on  voit  qu' 
aoO  genres  ou  formes  animales  de  toutes  In  : 
classes  et  de  tous  les  mmtes  de  respiration.  I 
qui  existaient  dans  les  terrains  crétacés,  m 
sont  continués,  avec  les  mêmes  caraclèro 
zoologiques,  dans  les  terrains  tertiaireioj 
apparaissent  les  mammifères,  il  est  iDii><b- 
siblo  d'admettre  qu'une  profonde  mo-lilK-i- 
lion  dans  les  éléments  vitaux  quediuitst 
ratmosphère,  en  soit  la  véritable  ui'- 
Celte  modlQcatiun  dans  les  élémenli  </<  » 
vitalité,  favorable,  en  effet,  h  l'ipp-ntioo 
des  inammilères  ,  aurait  également  tlii  iu- 
fliier  sur  les  caractères  oritaniques&eccî 
froi'i  cmli  formes  animales  préexiitaoles; 
ce  qui  n'est  pas,  puisqu'ils  sont  restés  i<^ 
méuies.  Comme  on  no  peut  attribuer  le  r.- 
tord  de  l'arrivée,  sur  la  terre,  d  s  niam-ui- 
fèfcs  et  des  mollusques  terresinisè  aucunt 
cause  physique  également  nianjuée  |<c«' 
les  autres  êtres,  on  doit  cruire  qu'il  n'est  i"- 
dû  b  UD  changement  de  milieux  d  exisiisoa. 
mais  qu'il  dépend  de  la  mèuie  |)uis<A[i<^ 
créatrice  qui,  avant  cette  époque,  sans  qu'au- 
cune autre  cause  physique  puisise  dire  io*»- 
qu^e,  avait  déjà  laut  de  fois  reixsupté  -e^ 
nicrs  et  les  continents  de  ses  nouibrew 
animaux. 

Nous  croyons  encore  que,  dans  son» 
cas,  l'appantiua  tardive,  sur  la  lem-,  <li-> 
mammifères  et  des  mollusque»  puluioo^ 

de  vérliaUef  mammifères,  enlooiÀ  qu'ils  SMriéai* 
les  cooetiea  qui  lea  renfermenli  JoMC—l»  4e  r^ 
liles   seulement,  et  non  d  osaeai    ' 
res.  Dans  tous  tes  tint,  si  celle  m 
réclleinent  aux  oiammifèret,  l'esccpliM  a 


BKTlOnUIU  tfOUKBTlQlIK. 


BOV 


isn 


ne  peut  modifier  lei  conclusions  Rénérales 
reIsli*«sèl8classe9surl9.KncDnséqDflnce, 
DOS  coocluaioDt  défioilives  sont  les  suiiaD- 
les: 

l' Si  le  perreclinnnement  progressif  eits- 
Lnil,  on  derrait  trouver  tous  les  ininuus 
stas  organe  sjiécial  de  respiration,  bt«c  les 
ÎMVDiiers  Iges  du  monde,  el  les  aulres  de- 
vraient paraître  successivement,  suivant 
leur  degré  de  perreciiOD  :  mais,  au  contraire, 
toDS  les  modes  différents  de  refniration  ai^ 
rivant  à  la  fuis  sur  la  terre,  ou  aoil  en  con- 
clure que  ce  petfeclioaueiueot  progressif 
u'ctiste  pas. 

S>  Que  nous  comparions  pntre  elles  les 
périodes  eroi.'aanles  ou  décroissantes  de 
développement  de  formes  zoologîqaes  ;  que 
nous  comparioni  l'instant  d'Bp|>aritioa  des 
onfrcs  (l'snîmani  i  la  perfection  de  leurs 
(ir^nes;  ou  que  nous  prenions  pour  base 
dti  nos  recherches  comparatives  les  déduc- 
tions physiologiques  tirées  du  mode  de  res- 
|»iralion  des  animaux,  noua  arrivons  tou- 
jours aux  mâmes  résultats  natifs,  relati- 
Teiiient  au  |ierfecliouuemeul  successif  des 
êtres  dans  tes  igv»  du  moude.  Noos  devons 
tliinc  accepter  ces  résultats  comme  déSni- 
lifs. 

T  Aucune  modification  appréciable  n'eiis- 
laot  dans  les  organes  de  la  respiration  des 
filres,  depuis  les  époques  les  plus  aneiennes 
■uxqu'à  I  é|toque  actuelle;  un  grand  nombre 
(le  gpores  a;aiil  toujours  existé  avec  les  m6> 
mes  caracières,  depuis  la  première  animali- 
satiua  du  globe  jusqu'i  présent,  on  doit 
croire  que  les  éléments  vitaux  n'ont  pas 
chaugé.  et  que  les  milieux  d'existence  sout 
reliés  les  mêmes  sur  lercoulineuls  etilans 
les  mi-rs. 

K'  Les  milieux  d*exi»lenco  étant  toujours 
restés  les  mêmes,  sur  les  continents  et  dans 
les  mers,  aucun  ctiaugement  de  ces  milieux 
d'existence  n'a  pu,  dis  lors,  influer  sur 
r*;xliactiun  et  sur  la  renouvellement  des 
busses  successives,  q^ue  nous  voyons  se 
remplacer  tant  de  fuis,  ft  la  surface  du 
l^loliâ  ,  depuis  la  première  animolisation 
jiisqu'k  l'époq^ie  acludle  dernière.  Cimclu- 
feiou  «l'une  immense  portée  dans  l'histoire 
cbrtMiologiquedumo[ideaucieu,etdes6lres 
qui  1*001  peuplé  il  toutes  les  époques  géoio- 
tsiuues. 

Nuus  pouvons  donc  conclure  par  ces  pi- 
role«  mémorables  de  deux  illustres  savants 
auxquels  semble  s'èlre  révélé  le  géuiedes 
créations  antiques,  el  dont  la  voix  s'élève 
daus  la  question  qui  vient  de  nous  occuper 
comme  un  jugement  solennel  et  sans  appel  : 
■  Farini  les  divers  systèmes  sur  l'origine 
des  êtres  orgsnisés,  il  n'eu  est  pai  de  moins 
vraisembltlile  que  celui  qui  eo  fait  naître 
successivement  les  dîfférenU  genres  (lar  des 
liévtfloppements  ou  des  mélamorpbuses 
graduelles  (9055).  ■ 

m  Le»  doclrines  qui  expliquent  l'existence 
•le«  espèces  actuelles  |iar  un  développement 


OD  une  iramÊmutûlion  d'autres  e^p^ces,  oq 

3  ni  admettent  une  iueemion  étentrlle  d'in- 
ividuf  des  mêmes  espèces  sans  un  com- 
mencement comme  sans  une  fin  probable , 
ne  s'étaient  encore  heurtées  contre  aueane 
réponse  aussi  décisive  qne  celle  qui  nous 
est  fournie  par  les  débris  organiques  fos- 
siles (3056).  > 

CORCUJSION. 

D'après  les  considérations  qne  nous  ve- 
nons d'exposer  dnns  ce  premier  article  nnns 
pouvons  tirer,  relativement  i  In  gén&atiùn 
tpvntanit  et  à  la  réalité  drt  espicts  dans  la 
nature  les  conséquences  suivantes  ; 

La  génération  spontaoée  est  une  hypo- 
thèse qui  ne  repose  sur  aucun  fait,  sur  au* 
cnn  argument  de  quelque  valeur,  et  toutes 
les  observations  tendent  è  justifier  ce  mnl, 
i  la  vérité  un  jmu  dur,  de  l'immorlel  Linné, 
qu'il  faut  avoir  une  éponge  au  tien  d'une  etr- 
veltedant  latitt  pour  croire  auxgéDéralions 
spontanées. 

Tontes  les  espèces  S'>nt  douées  de  la  fa- 
culté de  se  plier,  jusque  un  certain  poiol, 
aux  changera  enl  s  qui  peuvent  survenir  dans 
les  circonstances  extérieures,  changements 
doot  l'étendue  varie  considérablement  sui- 
vant les  espèces. 

Lorsque  cescliançemenls  sont  importants, 
il  en  résulte  ordinairement  pour  les  es|>èces 
quelques  modifications  daos  la  forme,  la 
couleur,  la  (aille,  la  structure,  ou  dans  quel- 
que autre  particularité  ;  mais  les  altérations 
ainsi  produites  sont  soumises  A  des  \a\s 
constantes,  et  la  faculté  de  varier,  ainsi, 
dont  iouissenl  les  esiièces,  fait  partie  du  ca> 
ractère  permanent  qui  leur  esl  propre. 

Quelques  particularités  de  forme,  de  struo 
ture  et  d'instinct  sont  transroissiblea  aux 
descendants  ;  mais  ces  particularités  ne  sout 
que  des  qualités  et  des  attributs  intiuie- 
menl  subordonnés  aux  leodanees  et  aux 
besoins  naturels  des  espèces. 

La  somme  totale  de  la  déviation  qne  tout 
cliangemenl  peut  produire  par  rapport  an 
type  original  s'effectue  ordinairement  dans 
une  courte  période  de  temps,  après  laquelle 
nulle  déviation  ultérieure  ne  peut  se  mani- 
fester, même  sous  l'influence  d'une  moditi- 
cation  de  circonstances  continue  et  gra- 
duelle, une  divergence  sans  bornes  ne|>ou- 
vaat  avoir  lieu,  m  dans  le  sens  du  pcrfec- 
tiounemeat,  ni  dans  celui  de  la  dégénérea- 
cence,  et  le  moindre  excès  possible  au  Uelk 
des  limites  déterminées  étant  préjudiciable 
k  l'existence  de  l'individu. 

Le  mélange  des  espèces  distinctes  est  ré- 
primé par  l'aversion  qu'éprouf  eut  à  h  rap- 
procher les  uns  des  autres  les  indiviuus 
dont  cbacuoe  d'elles  se  composa,  ou  par  la 
stérilité  des  hybrides.  On  ne  tache  pas  que 
les  vraies  races  hybrides  se  soient  jamais 
perpétuées  pendant  plusieurs  générations, 
même  avec  l'intervention  de  rbomme;ciir 
les  divers  exem|>les  <iue  l'un  cite  à  ce  sujet 


(S055)  CcTiu,  OuenunttJcuiLi,  tome  ID,  pa|.  397-  * 
IWSUJ  BnciLâ»,  L  I,  p.  5tl. 


1307 


aoH 


ncmmuiK  APouxxnQOi. 


BOM 


onl  rapport  à  des  creisameoU  de  m«lats 
•VM  ufS  individas  de  pure  raee^  et  dod  k 
des  mâlangtis'd'bjbridee  hjbride. 

Enfin,  les  considérations  précédantes  por- 
leni  i  croire  que  les  espèces  ont  aoe  esis- 
tenoe  réelle  dans  la  naturet  et  que  chacune 
d'elles  a  ilé  douée,  au  moment  de  sa  créa- 
tion, des  atiributs  et  de  l'organisation  qui 
la  caractérisent  aujourd'hui.  Nous  l'avons 
démontré  et  pourles  espèces  ocf uef/es elpour 
lesetpèces/oniVM.-ilsemUedonc  que  nous 
ayons  le  droit  de  répéter  avec  H.  Flourens 
ces  paroles  qui  formulent  nos  eonclusioas: 

«  L'histoire  naturelle  n'a  pas  de  fait  mieux 
démontré  que  celui  de  la  fixité  du  e*piet$: 
et  pour  qui  sait  voir  la  beauté  de  ce  grand 
fait,  elle  n'eu  a  pas  de  plus  beau  (2057}.  » 

■  Les  espèces  sont  donc  immitmlt*;  elles 
ont  toutes  une  même  origine,  une  même 
date,  et  c'est  Is  même  main,  la  main  du 
Ifsltra  du  KOnde,  qui  les  a  toutes  for- 
mttes  (20S8).  > 

Kh  bien!  pourtant  les  débats  nestmtpas 
clos.  Celte  grande  Question  de  l'immutabi- 
lité  des  espèces  a  été  envisagée  sous  d'au- 
tres facea  et  a  donné  liuu  à  des  dilScullés 
d'un  autre  ordre,  è  des  théories  scîenlifi- 
ques  dont  les  lendaoces  favoriseut  égale- 
ment  le  panlliéisme  matérialiste. 

Col  autre  câlé  de  la  queslion  va  faire,  dans 
UD  second  arlicle,  l'objet  de  notre  esameu 
approfondi. 

Article  second. — Suitedt  l'examen eritiqut 
dti  ipêlimei  turVorigine  de  {'homme  et  du 
ilrei  orgnnitit.  Réfutation  du  matime  qui 
Moulienl  runilé  de  eompoeilion  dans  le  ri- 
gnt  animal ,  ou  démonitration  de  t'ordrt 
organique  de  la  création. 

Q«t  lu  bimet  d«*  fitrei  «nsUtaeot  oâcMUIre- 
niPDi  une  urle,  uM  dulae  telle  qoe  Tiëll  pirm 
de  l'une  II  l'autre  par  degrés,  uoi  qu'il  puiue 
j  »-nAr  de  nul,  d^itut  ;  qu'u  existe  en  no  mot 
«M  Ackelle  mbUbm  et  rËmnère  dim  le*  Ibi^ 
mei  depuis  It  plem  Jasquï  IIkbimb  :  vollt  ce 
oui  n'est  psi  ml  en  Ui,  qaelqiie  éloquence  que 
iVm  ait  Bis  k  lr»c«r  ce  tableau  inuginalre. 

(CoMsa,  art.  Nature  i»o*  lu  DicL  iee 


Jetons  d'abord  an  rapide  coupd'fsil  sur 
l'histoire  des  faux  systèmes  qui  ont  éléde 
tous  temps  imaginés  en  philosophique  soo- 
logique. 

L'origine  des  êtres  organisés  a  donné 
lieu,  dès  la  plus  haute  antiquité,  6  de  gra- 
ves erreurs.  Les  historiens  de  l'ancienne 
Egypte  nous  disent   sérieusement  que  les 

Rremiers  animoui  naquirent  du  limon  du 
il  àehauifé  r^ar  les  rayons  du  soleil;  ils 
vont  même  jusqu'à  prétendre  qu'on  en 
voyait  encore  natlre  ainsi  de  leur  temps 
(înns  le  mont  Ifaébain.  Sans  doute  la  grand 
nombre  d'œufs  d'insectes,  de  Poissons  et  de 
reptiles,  que  la  chaleur  du  soleil  fail  éclore 
sur  les  bords  du  Nrl,  sues  danné  naissance 
a  celte  feble  absurde. 

L'Iode,  cet  antique  foyer  d'erreurs,  a  son 
matérialiste,  Kopiia,  dont  la  doetrine  pré- 


ffi 


<2057j  Bottom,  Uut.  de  ta  travaux,  p.  lOtt. 


sente  ooe  analogie  firapiiante  avec  li  ibtie 
des  écoles  française  et  jUeaiaBde-Comne 
dans  la  doctrine  de  Ficbte,dfl  Schelliog,^, 
Kapila  fait  tout  sortir  de  l'iilée  ou  de  Pn- 
krite ,  qui  n'est  qu'une  émauslioo  de  li 
conseiencedu  moi. Prakrite produit  Aoûn, 

3 ni  est  qncli|ue  chose  de  réeletd'exiitanii 
'Ankara  dénvent  les  sens  et  les  seasiiioni 
qui  produisent  les  éléments  ssblili  d'oii 
sort  la  matière  grossière.  Ainsi  toil  émine 
do  mot  bumaÎD.  C'est  la  même  idée  qt» 
Schellinga  reprodoite  soosane  forme ^» 
élevée,  laisant  tout  émaner  de  Oieti,  qoi  d^  i 
vient  l'universel  se  reproduit  dans llionoe 
qui  en  est  la  forme  réfléchie.  Dans  le  philo- 
sophe allemaml,  comme  dans  le  panlnél'ii 
indien,  le  moi  buoiain  est  le  typa  da  tout  ce 
qui  existe. 

La  doctrine  de  Kapila  présente  égileineiit 
une  analogie  remarquable  avec  le  sjstin» 
de  Lamarck,  qui  veut  que  les  peocluntiei 
les  désirs  aient  produit  les  orKanej,  tri  pir 
suite  les  êtres  divers.  Selon  le  philosoplie 
de  l'Inde,  d'Ankara  sort  Adima,  qui  ren- 
furme  an  lui  les  germes  de  tout  le  genre  hu- 
main. «  Adima,  dil^ir,  se  trouvant  seul,  ne 
ressentait  aucune  joie  :  il  souhaita  l'eiij' 
teuce  d'un  autre  que  lui,  et  toutk  coupi! 
se  trouva  comme  on  homme  nt  une  iamt 
unis  l'un  k  l'aolre;  son  propre  corps  stili- 
YÎsa  en  deux  et  il  deviqt  homme  etfamm* 
Ce  corps  ainsi  (tartagé  n'était  |iIdj  qu 
comme  une  moitié  imparfaite  de  Im-niJiDe; 
il  ae  rapprocha  d'elle,  et  par  cette  union 
fureur  engendrés  les  hommes...,  puis  elle» 
métamorphosa  en  génisse  et  lui  en  Ito- 
rcau...  ■  Ils  devinrent  ainsi  successiTtonl 
tous  les  êtres  de  ia  nature,  et  toutssiue»- 

rèces  ualurelles  furent  engendrées,  depuii 
éléphant  jusqu'k  la  fourmi.  Ainsi  rboam'. 
ûls  ou  chaos  originairewenl,  est  pinili 
toute  vie,  et  tout  ce  qui  n'existe  pasfM' 
lui  et  par  lui  est  fantastique. 

Le  panthéisme  moderne  est  moins  étnt? 
en  apparence.  Le  progrès  des  scienceiiik!- 
•iques  et  chimiques  lui  a  permis  de  pet^ 
tionner  le  sTslème.  Ainsi,  an  lieu  de  fiire 
tout  sortir  de  l'homme,  il  fait  tout  nitinilt 
la  première  monade  formée  en  vertu  da 
mouvement  développé  dans  un  globule  de 
liquide.  En  ajoutant  suocessiveoieat  i j> 
premier  rudiment  organique,  la  moDide 
s'est  transformée,  métamorphosée,  et  el 
entln  parvenue  au  développement  qui  cou- 
litue  l'homme,  le  plus  parfait  des  éim  o> 
ganisés. 

Si  nous  passons  en  Grèce,  nous  y  lf«- 
vons  sur  la  création  et  l'of^nisalioe  <t« 
ètresautani  de  systèmes  particuliers  que^ 
philosophes.  Parméiiide  fait  tout  oalire» 
l'air;  Protagoras  veut  que  l'homme  Ktl» 
terme,  la  mesure  de  toutes  choses  ;  ce  q» 
ne  tombe  pas  sous  les  sens  n'existe  \* 
niéoie  dans  les  idées.  Thaïes,  comme  U' 
marck.fnit  tout  sortir  de  l'eau;  AiiaiioMO- 
dre  admet  un  principe  anttïrieur,  lemouTc; 
ment  éternel,  parquiMout  naît  et  ptf'l'" 

(3U5S)  Itid.,  p.  iW. 


HOU 


HCnOMIAIRE 


tout  K  dAlrail,  Lsniarck  avssi  reut  uomou- 
remenl  originel.  Déraocrîle  D*«iline(  que  le 
pifin  et  le  vide;  c'est  Uant  le  ride  que  le 
ploii)  r»tt  tout  lit  qu'il  opère  dans  la  ms- 
liète  (dates  les  mouiGcalions,  tous  les  chaiv- 
gemeaU  de  formes  ou  de  nature  doat  elle 
eit  susceptible.  Pour  Heraclite,  c'est  le  feu 
qui  est  la  première  cause  en  vertu  àts  luis 
de  raréfaction  et  de  ooDdensattoa,  dont  l'uue 
réuni!,  l'autre  divise.  Epicure,  résumant 
t 'US  ces  divers  svslèmes,  attribue  la  for- 
niaiion  de  l'univers  aui  combinai  sons  d'un 
Rumbre  infini  de  corpuscules  ou  d'atomes, 
qei  sout  éternels  et  de  formes  iofinimciit 
variées. 

La  doctrine  dTpicure  fut  reproduite  ft 
Itome  par  Lucrèce  sans  son  poëme  De  rerum 
matura  .  Lucrèce  é(ai«!it  pour  principe  que 
l'être  ne  peut  sortir  du  néant  ni  j  rentrer. 
Tous  les  corps  sont  donc  formés  de  corpus- 
cules primitifs,  éternels,  indivisibles,  dans 
îesfjuels  ces  mêmes  corps  peuvent  se  rèsou- 
dre.  Uais  ces  atomes  ne  pourraient  agir.so 
mouvoir,  ni  même  exisier,  sans  vide.  L'u- 
nivers est  donc  le  résultat  de  ces  deux  c'io- 
»e5  :  la  matière  et  le  vide.  Toatce  qui  n'isl 
ni  l'uD  ni  l'autre  est  propriété  ou  accidenl, 
i-i  non  pas  nne  troisième  classe  d*etrès  h 
l>art.  Lucrèce  décrit  la  formation  de  tous  les 
grands  corps  de  l'univers  par  la  combinai- 
son dere£  corpuscules,  puis  il  arrive  aux 
diverses  productions  de   notre  planète.  I^ 
Icrre  fil  croître  d'abord  les  plantes;  elle  eo- 
fanla  ensuite  les  animaux-  et  les  hommes 
eux-m6nias,ft  l'aide  des  particules  de  feu  et 
d'bumidilé    au'elle    conservait    eouore  de 
son  ancien  mélange  aveclesaulres  éléments. 
Jljr  eut  dans  c«s  premiers  temps  des  ani- 
maux monstrueux  qui  périrent  ne  pouvant 
subsister  ni  se  propager  h  cause  du  vice  do 
leur  conformation  ;  il  7  eut  des  races  en- 
tières qui  s'éleignirenl,  manquant  des  qna- 
liié«  nécessaires  |iour  vivre  indépendantes, 
£ulïa.  après  avoir  enfanté  les  premières  gé- 
bcrslions  de  chaque  espèce,  et  avoir  pourvu 
Icm  aniroaui  d'organes  propres  à  la  propa- 
gation, la  lerre  épuisée  se   reposa  et  abâo- 
Joaua  aux  individus  le  soin  de  se  repro- 
Juire  eux-mêmes.  Que  d'incohérences  1 

Plîoe,  éloquent  compilateur,  nie  toute 
nlelligence  créatrice,  et  regarde  la  terre 
Miame  la  source  unique  de  lous  les  êtres 
|ui  viveulk  sa  surfaco.  Toujours  les  créa- 
ions  spontanées»  toujours  le  panthéisme 
iiA  lérialiste. 

Telles  furent,  pour  le  dire  en  quelques 
noU,  les  aberrations  de  l'esprit  humain, 
iana l'antiquité, surl'origine  des  è(res,sys- 
lèmes  fontastiques  et  purement  imaginaires. 
Lc-s  naturalistes  modernes,  reprenant  la 
thèse  en  sous-œuvre  et  d'une  manière  plus 
f»OAîiive,  ont  prétendu-  baser  sur  la  science 
c«s  mêmes  théories.  Lamarck,  empruntant  h 
Bobinel  l'idée  sur  l'origine  des  animaux, 
que  c«  dernier  avait  exposée  toute  brute 
dans  soii  traité  De  la  Nature,  la  revêtit  d'une 
i|){>arenc»  de  démonstration  sérieuse.  Posant 
-u  principe,  ainsi  que  nous  l'avons  vu, que 
c«  vrisancs  sont  le  résultai  des  peucbauts. 


APoLOGcnouB.  HUM  ista 

des  besoins  et  des  dësïn,  il  bit  sorlh-  de  l.t 
monade  primitive,  produite  par  le  mouvo- 
tneol  dans  un  liquide,  le  ijpe  primitif  de 
chafiue  grand  groupe  d'animaux  ;  de  sorte 
qu'il  y  a  un  tvpe  poarles  zopbyles,  un  Ijpe 
pour  les  mollusques,  un  Ijpe  lour  les  arti- 
culés «I  un  type  pour  les  vertébré».  Ce  l/pe 
primitif  a  des  penchants  et  des  besoins  & 
satisfairA.  Four  cela  des  organes  sont  néces- 
xsires;  et  dès  lors  l'usage  des  rudiments 
d'organe  qu'il  possède  développe  à  la  longue 
des  organes  parfaits.  Les  penchants  et  les 
besoins  croissant  nécessitent  le  développK- 
ment  de  nouveaux  organes;  et  ainsi  le  der- 
nier des  mollusques  acéphales  devient  par 
un  accroissement  successif  un  poulpe';  le 
dernier  des  vers  articulés  on  coléOfilère,  et 
le  dernier  des  poissons  la  mammifère  le 
plus  élevé,  et  enfin  l'homme.  Dans  celle 
Ibèse,  Dieu  n'est  admis  que  comme  créateur 
de  matière  ;  après  cet  acte  de  sa  loute-piiîs- 
sanea  il  rentre  dans  son  étemel  repOs.  Il  n'y 
a  plus  par  conséquent  de  fiualllé  dans  l'or- 
E^nisatioo,  bien  que  son  évidence  el  sa 
nécessité  pressante  forcent  île  la  transfor- 
mer en  Insultât  du  besoin  et  de  l'usage. 
L'animal  ne  peut  plus  être  un  ensemble 
d'organes  définis,  Inniiés,  sous  nue  forme 
définie,  pour  agir  dans  des  circonstances 
définies,  d'une  >manière  également  définie. 
Partant,  plus  d'espèces  possibles,  il  n'j  a 
que  des  individus,  ou  plutôt  un  seul  indi- 
vidu développant  successivementen  lui  tous 
les  organes  contenus  en  germe  dans  le  Ijpe 
primitif,  thèse  qui  su  traduit  dans  la  science 
ji'ar  l'unité  de  place  et  de  composition,  au 
moins  pour  chaque  tvpe. 

Dans  l'école  pantncistiqoe  allemande,  il 
a'jt  qu'un  fltre  qui  renfennu  tout  en  lui- 
même.  Ainsi,  en  prvnant  le  premier  des 
niauimilères  par  exemple,  on  devra  j  retrou- 
ver tout  ce  qu'il  y  a  dans  les  mammifères 
tnférieurs,  et,  dans  cbauue  individu  aniuinl, 
chacune  des  |*arties  devra  représei'ilér  le 
tout  :  c'est  ce  qu'on  a  formulé  ainsi  ^Tout 
m  dofu  tout.  Lamarck  a  adopté  cette  thèse 
sans  la  discuter. 

Pour  saisir  le  développement  progressif 
de  cette  thèse,  il  fiiut  se  rappeler  i^ue  l'idéa- 
lisme est  tout  pour  Fiehta;  le  moi,  suivant 
cette  doctrine,  est  essentiellement  l'être  ab- 
solu el  indépendant,  il  eatft  la  fois  le  sujet 
el  l'objet;  il  trouve  tout  en  lui-même,  et  wr 
conséquent  l'idée  senle  existe,  ta  réalité 
n'est  rien,  et  l'esprit  ne  travaille  que  sur  des 
imatjes.  Schelling  admet  aussi  I  idée,  mais 
il  y  joint  l'eiistenco  d'objets  réels  et  clieh- 
che  à  réunir  l'idée  el  la  réalité.  I)  met  en 
parallèle  la  philosophie  de  la  nature  et  la 
philosophie  de  l'homme.  Partant  du  la  na- 
ture, il  eu  déduit  le  moi  humain,  voit  qu'il 
est  un  simple  et  arrive  à  dire  que  les  lois 
de  la  nature  eulière  doiventsereirouvcr  en 
nous,  le  réel  dans  l'idéal.  L'homme  est  la 
forme  réfiéchie  de  l'univers. 

Pour  introduire  celte  thèse  dans  les  scien- 
ces naturelles  et  préparer  la  doctrine  d  O- 
ken,  Gœlhe  emprunte  k  Bnffon  cette  idée 
qu'il  existe  un  type  primilif  dualou  peut 


ttCTION:iAIItB  APOLOCBTIQIIK. 


nox 


snirre  le  déreloppement  iDCcessir;  il  cher- 
cl»  dans  les  Téxélaux  ce  l>pe  qui  devait 
élre  l'image  parfaite  de  toutes  les  parties 
«t  de  toutes  les  dilTérences  des  diverses 
plantes;  il  le  chercha  également  pour  les 
animaux.  Haisaulant  cola  était  facile  pour 
les  Tégétauzt  où  tout  est  sirailairet  autant 
cela  devenait  impossible  pour  les  auimaux, 
bit  la  distinction  la  plus  complète  existe 
entre  les  tissus  et  les  organesdivers.  Cepen- 
dant GoBthe  l'essaya  dans  l'ostéologie.  où  il 
garait  plus  d'apparence  de  suicès.  Ce  type 
idéal  de  l'animalité  rentrait  dans  l'idéalisai» 
de  Fichte  et  de  Suhulling. 

Oken,  partant  de  la  tnèse  de  Gœlhet  en 
déduit  que  la  nature  doit  être  regardée 
comme  un  seul  être  vivant,  dont  toutes  les 
parties  sont  les  organes  ;  qu'un  animal  su- 
périeur doit  renfermer  tout  ce  qui  se  trouve 
dans  les  animaux  inférieurs  ;  que  le  règne 
animal  n'a  pu  se  former  complet  qu  en 
ajûBlanl  un  organe  à  ceux  que  possédait 
1  animal  type  fa  son  point  de  départ  :  thôsa 
deLamarck.  Hais,  pour  les  Allemands,  ce 
développement  s'opère  par  les  seuls  milieux 
ambiants,  tandis  que  Lamarck  j  joignait 
comme  causu  les  penchants  et  les  besoins. 
Ainsi,  dans  la  théorie  d'Okeu,  la  anatité  est 
encore  bien  plus  r^jetée  et  le  but  de  la 
seiance  entièrement  négligé. 

Comme  on  le  voit,  toutes  les  formes  da 
|ianthéisme  aont  les  mômes  au  fond  et 
toutes  Tiennent  sa  résumer  dans  une  thèse 
unique  oue  l'on  peut  formuler  en  Cbs  ter- 
mes :<]];«  unité  de  composition  dans  le 
règne  animal;  dans  chaque  animal  chacune 
(les iiarlies  représente  le  tout;  tout  animal 
est  la  représentation  de  tout  le  règne  ani- 
mal, puisque  dans  chaque  animal  on  peut 
retrouver  toutes  les  mêmes  parties  qui  sont 
«laiis  les  antres  ;  par  conséquent  il  n'existe 
iKtiol  d'espèces,  matsseulement  des  indivi- 
dus, tous  sortis  d'un  typu  primitif,  plan 
unique  de  tous  les  animaux  et  de  toute  la 
série  animale.  Do  Ifa,  ressort  que  tous  les 
auimaux  n'étant  qu'un  seul  et  même  èt^e 
IMr  leur  composition  nt  leur  plan,  ils  doivent 
être  considérés  comme  des  parties  ou  or- 
ganes de  l'être  unique,  l'univers.  ■  - 

Telle  est  la  thèse  dont  nous  avons  i  exa- 
miner zootogiquemeut  la  solidité. Mais  avant 
d'en  entreprendre  la  réfutation,  nous  croyons 
faire  plaisir  au  lecteur  en  l'entretenant  avec 
quelque  étendue  de  Tbisloire  de  cette  thèse 
fameuse  et  des  débats  soulevés  fa  son  sujdt 
au  seio  de  l'Académie  des  Sciences  entre 
deux  hommes  de  génie,  MU.  Cuvier  et  Geof- 
froy Sainl-Uilïire. 

II- 

B^tits  entra  HH.  Ca*ier  tt  GeoDWtj  Satot-Hihlra  u 

(i(iel  de  1«  ibèse  de  Tuniiâ  de  coinpiMlUoa. 

Depuis  Aristote  jusqu'fa  ces  derniers 
temps,  la  loologit)  était  restée  fa  peu  près  sur 
les  mêmes  fondements,  qu'on  n'avpit  fait 
qu'élargir  pour  donner  place  aux  fnlls 
nouveaux  acquis  fa  la  science.  On  ne  remar- 
qua d'abord  que  les  différences  organiques; 
puis  0»  observa  dans  lus  organes  des  auulo- 


glei  de  formes  et  de  fonctions.  Cuturtvi 
anniogitts  qu'on  avait  établi  les  diUérnu 
embranchements  delà  série animile, pour 
lesquels  OD  reconnaissait  des  lypeidont 
d'organisation.  Tel  était  l'état  de  li  pliilo». 
phte  annlomique,  lorsqu'il  se  ré[»ndUïiit 
nouvelle  doctrine,  une  généralisalion  pb 
étendue,  dont  la  France  et  l'AllenDgiit  it 
disputent  la  priorité  et  è  laquelle  H.  Gtd- 
froy  Saint-Htiaire  a  consacre  chez  Doujloiui 
sa  science  et  tout  son  talent.  Celte  dMinw, 
c*e»l  ta  théorie  du  analogitet,  c'est  i'iiléeqm 
tous  les  animaux  sont  cuBstruilssurlerotiH 
plan.Dne  telle  doctrine  ne  pouvai'  le  jt>- 
nuire  qu'fa  une  époque  où  la  soieiicedeii- 
natomie  comparée  était  poussée  fortiniu; 
car  au  premier  coup  d'ieil  les  diffiRim 
eulru  les  animaux  sont  beaucoup  fijuigm- 
des  que  les  ressemblances  ;  et  unelonguen 
iiatiente  étude  a  pu  seule  mettre  tortliel, 
les  analogies  d'oi^anJsatioa.  i 

Il  ne  faut  pas  pour  saisir  ces  ressemblin- 1 
ces  considérer  Tes  degrés  eitrémesdel't-i 
chelle  animale.  Quelle  ressemblaoce  en  lEd 
eiisie-t-il  entre  l'homme  et  le  zàopfi;lt! 
Mais  c'est  la  série  zoologique  au'il  ùiAm-l 
vre,  et  alors  on  découvrn  des  décroisMiicH  ' 
graduelles,  des  transitions,  des  triiDifarnii- 
lions,  qui  expliquent  les  dtsseoibliiDt« d 
rapprocnent  ce  qui  paraissait  le  plusétui- 
gné.  On  pourra  se  rendre  compte  d«  etH 
vue  si  générale  en  vgnsidérvnl  Tenibijtii 
humain.  Au  premier  jour  de  l'eiisteD»  lo- 
tra-utérine,  lorsqu'il  n'est  encore  qu'ont  : 
vésicule  presque  amorphe,  il  estbitrtiioii 
de  ce  qu'il  sera  un  jour.  Cependant  qnoiiie 
plus  analogue  que  l'embryon  et  l'hoont 
adulte  7  Peu  fa  peu,  de  métamorphose  r 
métamorphose,  d'addition  en  adiliiioDi m 
être  d'abord  ai  simple  ira  en  se  compliaoui. 
et  finira  par  offrir  l'évolution  comjmeilc 
tous  les  orgc-ines  qui  appartienneul  li» 
espèce.  Dans  la  îhévrie  de»  anahgiia,ii^ 
rie  animale  n'est  pas  autre  chose;facb^< 
point  d'évolution,  depuis  l'être  le  plai»»-  ' 
pie  jusqu'au  plus  compliqué,  côrK^»'"! 
une  exisiunce  animale;  le  plan  est  cootniA 
et  de  degré  en  degré,  d'analogie  eRiaalD^i  I 
on  suit  Tes  développements  variés  eliti'»- 
gents  de  cette  conij^silion  identique. 

Pour  la  délermioalion  des  analogiei nlK 
les  organes,  l'école  d'Aristote  s'api'Ujïli  if 
la  considération  des  formes  et  das  rouclions 
l'école  nouvelle  suit  un  procédé  rigoum»- 
mentanatomique.  C'est  a  l'aide  des  éléoitflii 
analomiques  que  les  analogies  sontdilcr- 
miné<is;et  ces  éléments  eux-mémeii  w) 
pour  les  reconnaître  le  lil  des  rmiafi»*  i 
Ainsi  quoi  de  plus  dissemblable  que  lel»*!  I 
de  l'homme  et  la  nageoire  de  la  lutleiot.''  , 
l'on  considère  la  forme  et  la  fanclio*]!l> 
pendant  rien  n'est  plus  ressembisal  qiiu< 
aux  éléments  anatomiques. 

Ainsi,  te  philosophe  de  Stagyre  ne  »i'' 
que  les  analogies  les  plus  frappantei,  c"| 
reconnaît  des  types  divers  d'orgiuisiliM ! 
In  théorie  des  analogues  étend  sei  ttsftf 
blances  à  tout  le  règne  animal,  et  ne  recou- 
naît  qu'un  seul  type.  Aristote  emploie  fW 


MCnOHIUmB  APOLOGETIQtm. 


non 


la  détonalulioa  de  Mt  iMlonea  nulomi- 
ques  la  fome  et  la  fonelion  ;  la  théorie  des 
>rulognes  ae  considire  que  les  éléments 
■Rstoniqnes.  Tel  est  le  champ  de  bsUilie 
riei  deux  doctrines.  On  toîi  qu  il  existe  en- 
tre elles  des  dissîdencfs  proriimtes. 

Dans  la  théorie  de  rnnité  de  eomponlion, 
no  a  cru  IrooTer  l'explicalion  d'un  bit  qui 
'MnU  écbapi>er  i  l'idée  aristotéliqne.  Nous 
roulons  parier  de  ces  particnlarilé^  d'nrga- 
li^-lioa  qui  n'ont  aucune  utilité  pour  raiii- 
■ul.  et  qui  semblent  n'être  li  que  pour  ren- 
In*  témoignage  d'un  plan  général  de  cooi- 
•oailion.  Ainsi,  dans  la  tortue,  la  coloune 
'mét>rale  enfermée  soun  la  carafiace  ne  peut 
e  prêter  h  aucun  mnutement,  elle  est  eou- 
•léteoenl  Immobile  l  aussi  D'esl-elle  pas 
jnmposée  de  fertèlires  sépnrées  ;  mais  en  la 
oosîdéraol,  il  est  impossible  de  ne  pas  r<-- 
oonallre  qu'elle  est  formée  de  vertèbn* 
ondées  ensemble.  Ne  doii-on  pas  penst-r 
u«  si  la  tortue  avait  été  le  seul  animal 
lislaol  sur  la  terre,  sa  colonne  vertébrale 
'eût  pas  élé  ainsi  conformée,  et  qu'elle  se 
Il  présentée)  par  exemple,  sous  la  forme 
uo  os  simple,  sans  trace  de  vertèbres,  qui 
e  se  trouvent  mobiles  que  sur  d'antres  ini- 
laux  t  En  un  mot  les  considérations  aiialo- 
iiques  (turleol  k  croire  qui  les  animaux  ne 
•Dt  pas  liliis  pour  eux  seuls,  et  ijue  leur 
r^aoisatioo  est  dominée  par  une  cause  plus 
Énérale. 

Opendanl  il  faot  bien  le  ntconnaltre,  pour 
nnlenir  ees  généralités  hardies,  assez  de 
araui  de  délai!  ne  sont  pas  encore  accom- 
'is.  Aussi  des  esprits  sévères  ont-ils  rc- 
tussé  parmi  les  hj-polhèses  Vunilé  de  coni- 
iji7iM,  restreignaot  les  analogies  h  ce 
l'elles  ont  d'irrécusable,  ne  reconnaissant 
jf  lois  d'orçariisalion  que  le  but  et  les 
'ndîiions  d'existence,  et  rejetant  une  cause 
ni^rsle  comme  régulatrice  des  existences 
nirulîèrea. 

De  ce  nombre  fut  H.  Suvicr,  qot,  i  pro- 
iti'un  rapport  où  H.  Geoffroy  atUqoailset 
es  favorites,  examina  les  fondements  de 
:e  IbéOTÏe,  et  lut  un  trevaîl  pK-in  d'inté- 
r-our  la  forme  sur  les  mollusques  en  gêne- 
nt tes  céphalopodes  m  particulier. 
^-es  auleursdu  mémoire  que  U.  Carier  se 
■posa  de  réfoter  (UM.  Laurence  et  Uay- 
xj  avaient  cm  |iou»oir  rapprocher  les 
tialopodesdesmammifërps,  en  supposant 
ils  étaient  plies  en  deui  sur  eux-mCmes 
Darridre, et  qu'il  suni5aîldelns  redresser 

la  [letuée  pour  mettre  leurs  organes 
■S  la  mfime  position  que  chez  les  mammi- 
-s.  Oel  arrangement  (latlail  les  idées  de 
HcuOroj,  que  M.  Cuvjer  accusa  d'avoir 
as^  les  idées  des  auteurs,  en  ramenant 
r  bypolhèse  h  un  grand  principe  d'unité 
composition  et  d'unité  de  plan.  C'est  sur 
ijiiiQiAiiondeees  termes,  unité  de  plan, 
^é  de  campMitittu,  que  porta  la  première 
ie  du  mémoire  de  M.  Cuvïer,  et  c'est, 
HTet ,  celle  qui  intéresse  le  plus  dîrecte- 
■I. 

'.  Cnvier  déclara  que,  pour  apporter 
>  te  débat  une  entière  booue  foi,  il  ne 


prendrait  pas  ces  mots  d'unité,  cte.,  dans  la 
sens  qu'ils  ont  en  français  et  dans  toutes  les 
langues,  ce  qui  signiBerait  que  tous  lea  oaf* 
Maux  n  eompeienl  des  mémea  organe»,  ar- 
rangés de  la  même  mamire;  que  dans  une 
fMreille  inienirétation  il  eûtbienldl  pulvé- 
risé le  prétendu  principe;  mais  il  ne  crut 
pas.que  les  nalnrtlistes,  mêmes  les  plus  vut_ 

Snires,  eussent  pu  emplnjer  ces  mots,  umté 
t  composition,  unité  de  plan,  dans  le  sens 
iTidM/ittf.  Aucun  d'eux,  selon  lui,  n'oserait 
soutenir  que  le  polype  et  l'homme  aient 
dans  ce  sens,  wu  eon^osition  une,  un  plan 
«a  ;  on  donne  donc  an  mot  unité  un  sens  dé< 
tourné,  pour  signifier  reMfln&taMer,aiial0^>. 
Ainsi  qoand  on  dit  qu'il  y  a  eulre  l'houme 
etla  baleine  unité  de  tompasUion,  on  ne 
veut  pas  dire  que  la  baleine  ait  toutes  les 

Earties  de  l'homme,  car  les  cuisses,  les  Jam- 
es, les  jtieds  lui  manquant,  mais  seulement 
qu'elle  en  a  le  plus  grand  nombre.  C'est  une 
expression  du  genre  de  celles  que  les  gram- 
mairiens appellent  emphatiques.  Unité  de 
eompotition  oe  sîgniG»  ici  que  trh-nrande 
reesemblanee  de  eàmpositton.  De  même  quand 
on  dit  qu'il  v  s  unité  de  composition  entre 
rhoœme  et  la  couleuvre  [la  couleuvre  qui 
b's  point  d'extrémités  antérienres  et  dont 
les  (toslérieuras  se  réduisent  i  de  légers 
vestiges),  on  veut  dire  seulement  qu'il  j  a 
cotre  eux  une  cerlaioe  ressemblauce  de 
composition,  mais  déjk  moindre  qu'entre 
rhommu  et  la  baleine,  il  est  évident  qu'il 
y  aurait  contradiction  formelle  dans  les  ter- 
mes à  appeler  vae  ou  îdeaf  tf  ne  une  compo&f- 
tino  qui ,  de  l'aveu  même  de  ceux  qui  em- 
ploient ces  mots,  change  d'un  genre  i  l'au- 
tre. 

Ce  çue  H.  Cuvier  disait  de  II  composilinn 
s'appliquait  aussi  au  plan:  il  eût  cru  faire 
injure  aux  naturalistes  s'il  eût  prétendu 
que  par  les  mots  unilédevlan  ils  enteudaieiit 
autre  cbose  que  ressemblance  plus  ou  moins 
Kr«nde  de  plan.  Sans  cela  il  suDErait  d'ouvrir 
devant  eux  un  oiseau  et  un  poisson  pour 
les  réfuter  h  l'instant.  Or,  ces  termes  extraor- 
dinaires nne  fois  définis  ainsi ,  une  fois  dé- 
pouillés de  ce  nuage  mystérieux  dont  les 
enveloppe  le  vague  de  leurs  acceptions  ou 
le  sens  détonme  dans  lequel  on  eu  use,  on 
arrive,  suivant  U.  Cuvier,  à  on  résultat 
bien  inatlenJu,  sans  doute,  car  il  est  direc- 
tement contraire  i  ce  qui  a  été  mis  en  avant; 
c'est  que,  loin  de  fournir  des  bases  nou- 
velles, inconnues  jusqu'ici  à  la  zoologie,  ils 
forment  au  contraire  une  des  bases  essen- 
tielles sar  lesquelles  la  zoologie  repose  de- 
puis snu  origine,  une  des  priucïitales  sur 
lesquelles  Anstote,  son  créateur,  ra  placée. 

Ainsi,  chaque  jour  on  peuldécouvnr  dans 
un  animal  une  partie  qu'on  n'y  connaissait 
pas,  et  qui  fait  saisir  quelque  anatt^e  de 
plus  entre  cet  animal  et  ceui  de  genres  et  de 
de  classes  différents.  Ainsi,  lorsque,  par 
exemple ,  M.  Geoffroy  a  reconnu  qu  en  coni- 
paraul  la  tête  d'un  fœtus  de  mammifère  k  celle 
celte  d'un  reptile  ou  d'un  ovipare ,  on  re- 
marquait des  rapports  dans  le  nombre  et  l'ar- 
rangemoiil  des  |  lèces  qui  oe  s'apercevaient 


I3t3  nos  DKTKmNAtRB  APOLOGÉTIQUB.  OOV  KM 

pas  dans  les  lète»  stiultee;  lorsqu'il  a  prouri  «  Or,  dedmqueilniieaqae  jafaiuisjour 
que  I'ds  a;ip(!léc(trr^<faiis  les  oiseaux  est  netleiueQt  tisns  les  cabinets  du  Jirdtn  drt 
rannloguâ  de  l'os  de  la  cuisse  dsns  le  fwlus     Plantes ,  je  recevais  une  imprei&ioD  qui.  « 


malogue  d 

des  miimmifères  ,  il  a  fait  des  décout erles 
très-réelles  et  irès-i  m  perlantes  ;  mais  il  ne 
fait  qu'ajnuleraiit  bases  aneiennon  elconnuei 
de  la  Eoologie,  if  ne  les  a  nullement  rhanfjécs; 
il  n'a  nullerpent  prouvé  ni  l'unfl^.ni  Videntiti 
deeetlecompoiition,  m  rien  enfin  ({ui  puisse 
fournir  un  nouveau  principe.  Entre  quelque 
analogie  de  pins  dans  certains  animaux  et 
la  géuéralisation  de  ra^scrtion  que  la  com- 
position de  tous  les  animaux  est  une.  In  dis- 
tance est  aussi  grande,  el  c'est  tout  âtre, 
qu'entre  l'Iiottirao  et  le  momie. 

1  En  un  mot,  disait  M.  Cuvier  en  se  ré- 
sumant sur  ce  point,  si  jiar  uniUde  compo- 
liiion  on  entend  idenlile ,  on  dit  une  chose 
contraire  an  plus  simple  témoignage  des 
sens;  si  par  \h  on  entend  ressemblance,  ana- 
logie, on  dit  une  chose  vraie  dans  certaines 
limilcs,  mais  aussi  rieillu  dans  son  prin- 
cipe que  la  zodlogiu  cl)e'mfi[ne,ct&  Inqucl'e 
les  decouTerd'S  k-s  pins  récentcs'n'ont  fait 
qu'ajouter  dan's  certains  cas  des  plus  impor- 
tants, sans  en  altérer  en  rien  la  nature. 
Mais  ce  principe,  qui  n'a  rien  de  nouveau, 
ne  doit  pas  être  regardé  comme  unique;  il 
est  nu  conlroire  subordonné  k  un  autre  bien 
plus  dievâ  L't  bien  plus  fécond  ,  à  celui  des 
coudîiions  d*ciislence  ,  de  la  convenance 
di.'S  parties,  de  leur  coordination  pour  le 
r61e  que  l'airimal  doit  jouer  dans  la  nstnrc. 
Voilà  le  princij)e  philosophique  d'oft  dé- 
coulent tes  possibilités  de  certaines  ressem- 
blances, l'impossibilité  de  certaines  autres; 
voitii  le  principe  rationnel  d'où  celui  des 
analogies  de  plau  et  de  composition  se 
déduit,  et  dans  lequel  en  même  temps  il 
trouva  CCS  limiles  que  l'on  vouilrpil  mécou- 
Datlre.  ■ 

Après  cet  exposé  de  principes,  M.  Cuvicr 
développa,  pour  les  Bj)puyer,  un  parallèle 
entre  un  céplialopodo  et  un  mammilèie  ;  cl, 
faisant  ressortir  les  rapports  et  les  dllTé- 
rences  qui  oiislent  entre  ces  deux  filr^s  •  il 
aida  l'jutelligence  des  aoditeurs  nu  merea 
de  deux  dessins  coloriés  qui  âcluiriùMi[  i> 
démouslrolion. 

A  celle  première  critique  de  sa  théorie, 
M.  Geoffro^-Siiiiil-HiUiire  rénondil  nar  deux 
lectures,  1  une  sur  les  caractère»  ae  l'unili/ 
de  compotition ,  l'autre  sur  l'upplicaiiou  de 
la  théorie  âet  analogîa,  h  rorgaiùsalioii  des 
laissons. 

«  A  moD  début  dans  le  professorat ,  ea 
179?,  il  n'j  avait  eu  è  Paris  aucun  enseigne- 
ment de  zoologi«.  Tenu  de  loul  créer,  }'ai 
«cquis  las  premiers  élémeuls  de  l'hisloire 
naturelle  des  animaux  en  rangeant  et  clas- 
sant ies  collections  confiées  à  mes  soios. Ce- 
pendant, nour  demeurer  délinitivement  (itÔ 
surle  meilleur  système  que  j'Huraisè  suivre, 
j'ai  eu  d'abord  à  me  rendre  compte  de  in 
valeur  des  caractères,  c'est  i-dire  \  rcchur- 
clier  j)er  des  essais  longs  et  pénibles  ce  que 
ces  caracléres  devaient  m'ofTrir  de  constuiU 
eu  différences  proi*res  i  tenir  i  la  disiiiic- 
liuu  des  Cires. 


:  impreMiOD  qui,  • 
reproduisant  toujours  la  mémo,  me  partit 
cette  réflexion  :  c'est  que  t«nt  d'aniiiitui 
que  je  tenais  pour  différents,  et  que  je  trai- 
lais  comme  distincts  en  leur  imfiosant  un 
nom  spécîDqae,  ne  ditTëraieDt  cepenilii( 
que  par  quelques  légers  attributs  inodiGinl 

filus  ou  ntolns  une  structure  géoéralenHil 
B  même.  Ce  n'était  efTeclivement  qu'sM 
modification  légère  dès  que  j'spercenii 
nelleipenl  que  le  point  de  diVérenci;  h 
portait  pas  sur  ce  qui  anniil  pa  éire  nonmè 
la  condition  essentielle  des  parités,  et  n'if- 
feclait  que  leur  dimension  respective. 

■  Ainsi,  &  l'égard  des  animaux  voisins,  du- 
cun  des  matériaux  organiques  reparaiutil 
en  lotalitél  Ainsi  pour  qu'il  y  «Ot  dîvfniit 
d'espèces,  il  sudisoil  de  la  plus  petite  »• 
riaiion  dans  le  volumo  proportionnel il« 
mntériaux  associés  eonsliluanls,  de  la  plu 
faible  altération  dans  les  difiieii*iont,  qni 
ne  changeaient  co  rien  les  rapporte  essn»- 
liels. 

«  Celte  même  expérience,  tentée  k  l'ép^f 
des  mammifères,  exigea  it,p«ar  qu'ils  fusint 
également  embrassés  dans  les  mêmes  conti- 
dérations,  que  je  me  tinsse  k  une  di>tii(« 
plus  grande;  el  de  même,  par  une  pro'o-rti- 
sioH  toute  naturelle ,  c'éLaît  nécessité  il^ 
s'éloigner  bien  davantage  des  sujets  i  nt" 
scrver.  Si  Je  me  proposais  du  comprenJ''' 
sous  le  même  aspect  et  dans  le  même  lixi 
do  rcdicrcho  les  animaux  caractérisés  l'V 
des  diU'ércuces  plus  multipliées  cl  plusni- 
sidérables,  telles,  par  exemple,  que  poami> 
l'otfrir  l'observation  simultanée  (TUD  nuisRi-' 
fère,  d'un  oiseau,  d'un  lézard,  d*uue  IôtIm. 
du  d'une  grcnouilk'  ;  car,  dans  ce  astoè»-, 
la  quantité  de  leurs  différences  ,  lien  ¥!■■ 
donnant  lieu  h  un  sentiunjiit  de  (Jui  J)''e''^ 
iulervalJus  ou  hiattu  eiUre  ces  iwiofs  >ui- 
maut ,  n'en  restait  pas  moins  une  c\uiui>vu 
ou  différence  de  beaucoup  infériconVia 
somme  des  rapports  au  mojen  dwquirïJ 
ces  animaux  s'appartiennent ,  sont  r^ne- 1 
dans  lu  même  dusse  et  font  partie  du  ni(i»l 
groupe  d.l  embranchemmt  dea  vertibrei, 

«  Voilà  quulles  lureul  mes  preuiiëres  î^  ' 
pressions  comme  zoologiste-  Desdissecii'  ■■ 
entrcprîsej  sous  rinQueiicedecfsiinj  presse 
y  ré{iondirenI;  tous  les  organes  iotènn 
élaieiit  dans  un  rapport  parlait  avec  cm 
de  la  périphérie  de  l'ëtre.  C'esl  un  ow:- 
arrangement  de  systèmes  anAlogites,  en  fATi 
que  le  zooLomisle  arrive  au  œôuie  |«' 
d'impression  et  de  crovance  que  le  zw<f 
gisle,  el  que  c'est  en  définitive  un  taîl  iè- 
acquis  de  philosophie  oalurelle  que  ■* 
animaux  sont  décidéuent  le  produit  tfi 
mémo  s/st&me  dâ  composition  •  l'aSM. 
blage  des  parties  organiques  qui  se  rei<«k.- 
uaiLormémeuL  > 

«  Combien  de  £ois  je  me  suis  tts-j 
com[ite  de  la  valeur  de  ces  idées  eu  étiw;.''  I 
ainsi  d'ensemble  la  coJIflclion  ilu  Jardin  ~i 
Planlesl,..  Qu'il  [n'orrivAl  d'tHre  placé  â  u-i 
ccrlsine  dislance,  je  saiiisisis  un  effi  l  n^ni 


1311  Hox  ncnowuWË 

i«l  où  diwwaiuBieiU  toulPt  las  difléroncot 
de  peu  d  importance.  En  face  des  armoires 
d'ornilholoKie,  je  n'apercerais  sur  les  rajroni 
que  la  répâilîoa  ud  grand  osmbre  de  fois 
malUpliée  du  t^ype  oiseau  ;  c'est-è-dire  que 
je  na  dlstio^uais  que  les  trails  sénéraDX , 
saroir:  la  lÂle,  le  cou,  le  tronc,  la  aoeue, 
les  ailes,  Ips  pieds  ;  chez  tous  les  iiiaividos 
c'élaient  les  plumes  pour  légumeols.  ubez 
lotis  un  bec  de  corou  entourant  les  niÂrboï- 
res  ;  toutes  choses  eiactement  répétées  et 
qui  de  plus  existaient  en  des  places  res- 
pectivemeot  les  mêmes.  ■ 

Anrès  ces  eonsidératioDS  giSiérales.  If. 
GeotTroj  aborda  la  réfutation  des  f>mecliosB 
de  sun  collègup. 

Voici  l'anslj'Sfl  de  *on  premier  mémoire: 
11.  CuTier  a,ea  rue  de  pronrer,  1*  que  le 
système  de  i'unilé  de  eompotilion,  ricieuse- 
loent  dénommé  ,  appartient  à  Arislote ,  el 
que  les  travaux  de  U.  Geoffroy  n'ont  bit 
qo'éla^îr  la  base  sur  laquelle  ce  système 
i>st  a<sis  depu'S  deux  mille  di'ux  cents  ans  ; 
^  que  l'application  do  ce  syslëiae  aux  c&- 
pbalopodes  est  impossible.  If.  Geoffroy 
clioisit  pour  texte  de  son  ai^umenlstiun  fa 

Eremière  partie  sealemenl  du  mémoire  da 
uTÎer,  se  proposant  plus  tard  d'en  complé- 
ter la  réfutaton. 

Passant  à  l'eiameD  historique  des  doc- 
trines qu'il  proressail,  il  montra  quels  ont 
élé  les  pressentiments  de  tous  les  esprits 
supérieurs  ^ui  ,  depuis  Arisloie ,  se  son! 
exercés  sur  celle  matière  ;  il  cita  les  paroles 
de  itacrin,  qui  disait  que  ce  serait  mieux 
(éuétrer  dans  la  profondeur  des  choses  en 
(leinandani  la  raisûn  de  leur  composition 
aa\  TnHs  d'aiialt^eet  de  similitude  qu'en 
s'occu]tani  de  leur  dirersiié.  Newton  lui- 
uiéme  s'écriait,  en  méditant  sar  les  rap;>orts 
et    l'onirormité   des    masses  planétaires  : 

•  Oui,  sans  le  moindre  doute,  l'organisa- 
tion animale  est  soumise  au  même  mode 
d'uni  forai  ité.  » 

Puis,  abordant  la  discussion,!]  Gt  remarquer  . 
sans  nier  l'idée  première  d'Aristote,  qn  il  i 
I  ai-mérne  proclamée  dans  ses  ouvrages,  que 
rien  n'était  sorti  de  ce  qu'on   tist  conTena 

•  l'appeler,  de  ce  que  M.  Geoffroy  avait  ap- 
fielé  lai-méme  pendant  longtemps  la  doc- 
trine aristoléliqnv.  Certes,  M  a  bien  fallu 
r^ue  l'idée  du  piiilesophe  grec,  comme  elle 
a  été  comprise  durant  tant  de  siècles  qui  se 
sont  écoulés,  manquât  de  lucidité  ;  si  ce 
I  l'éuil  c?la,  on  s'y  fût  tenu  sans  aucun  dis- 
sentiment dès  l'origine.  Les  erreurs  qu'on 
m  commises  proviennent  de  ce  que  \esfùn^ 
liMMetla/onnc  étaient  mises  en  première 
ligne. 

l.a  marche  suivie  par  H.  Geoffroy  est, 
seluo  loi,  diamétralement  opposée  :  il  a 
projiosé,  dans  la  détermination  des  analo- 
gies, de  rejeter  les  considérations  tirées  des 
lormes  et  des  fonctions.  Les  formes  sont 
fugitives  d'en  animal  k  l'autre;  cela  est  plus 
▼ni  encore  de«  fonctions ,  qui  suivent  le 
développement  dps  volumes. 

Faisant  l'applicalion  de  son  principe  k  la 
o«'mîèr«  portion  du  membre  antérieur  di-s 


kMU}€EnÇffX.  non  15K 

nunmifères,  U.  Geoffroy  monlra  co  qu'a 
de  vicienx  la  fonction  considérée  commo 
terme  d'analmie ,  et  au  contraire,  ee  qu'a 
de  lomineux  lé  principe  d'nnité  de  syileme 
dans  la  composition  des  parties  examinées. 
En  effet,  la  structure  du  dernior  quart  da 
membre  aniérienrest  la  même  dans  ^os 
manimilères,  semblables  emplois  des  pha- 
langes, mêmes  ajustements  el  dispositions 
pour  en  faire  des  doigts;  même  appareil 
ronsculaire  pour  les  étendre  ou  les  fléchir. 
On  voit  cependant  que  la  fonction  diffère  ; 
car  ce  dernier  Iroufon  de  membre  aot<^ 
riearestchezplusieurs  mammifères  employa 
diversement,  devenant  la  pntle  du  chien,  la 
griffe  du  clial,  la  main  du  singe,  une  ailo 
cbez  la  chauve-sonris  t  une  rame  ebez  le 
phoque,  el  enfin  une  partie  de  jambe  chez, 
les  ruminants. 

Dans  la  seconde  partie  de  son  mémoire, 
H.  Geoffroy  démontre  que  la  théorie  des 
analogues  n'est  point  une  répétition  déguisée 
de  la  doctrine  aristotélique  ,  qu'elle  n'ci 
est  pas  une  sim|ile  amplificalion;  qu'elle 
reconnaît  des  principes  propres  qu  elle  a 
on  but  précis,  qu'elle  derientun  instrument 
de  découvertes,  et  qu'en  s'en  tenant  an  bit 
anatomique  elle  introduit  dans  Tétode  dt-s 
mystères  nrganiqoes  le  seul  élément  scienti- 
fique propre  k  faire  saisir  toutes  les  confor- 
milés  physiques. 

1*  Ce  n'est  point  une  répétition  déguisée 
des  anciennes  idées  sur  les  analogies  do 
Torganisation,  car  la  théorie  des  analogues 
interdit  les  considéralioDS  de  la  forme  el 
des  fonctions. 

d'Eue  n'augmente  pas  non  pins  les  res- 
sources pour  élsi^'r  les  bases  de  la  zoo- 
logie; elle  emploie  moins  que  la  doctrine 
grecque,  elle  s  en  lient  à  un  seol  élément 
de  considération. 

3*  Elle  reconnatt  d'autres  principes  ;  car 
pour  elle  ce  ne  sont  pas  les  organesqoi,  en 
leur  totalité,  sont  analogues  (oe  qui  a  lieu 
toatefois  dans  les  animaux  presque  sembla- 
btes],maislesmatériaux  dont  les  organes  sont 
composés.  Ce  |ioint  est  fondamental;  qui 
dit  organe  dit  une  partie-du  corps  servant 
aux  opérations  et  aux  sensations  de  l'ani- 
mal. Un  mfme  organe  diffère  d'un  animal 
k  l'autre,  on  par  on  changement  de  volume 
respectif,  ou  par  l'addition  de  nouvelles 
parties.  Lcsconsidérationsde  volume  n'in- 
téressent en  rien  les  délermioations  des 
choses.  La  doctrine rferunitf  de  eompontto» 
ne  s'attache  qu'à  l'addition  des  parties. 
L'hyoïde  de  l'homme,  par  exemple,  est  com- 
posé de  cinq  osselets,  celui  dn  cbatdeneuf; 
a  l'un  comme  è  l'autre  on  a  donné  le  mftme 
-nom.  et  c'est  i  bon  droit,  en  tant  que  l'un 
et  l'autre  remplissent  un  même  usage. 
Sont-îts  analoguesT  La  doctrine  aristotéli- 
que, d'après  celle  première  concordance, 
d'après  le  motif  de  Inurs  fonctions ,  répoml 
aQirmativeinent,  mais  la  théorie  des  aoalc»- 
gues  se  refuse  ii  cette  conséquence.  Il  y  a 
pins  de  parties  dans  un  des  hyoïdes,  moins 
dans  l'autre  ;  elle  n'aura  satisfait  b  son  es- 
seocv  d'investigation  cl  ne  prononcera  avec 


no» 


DKTIONIUIIUI  APOUKETIOCB. 


nov 


a» 


sûreté  qoe  lorsqu'elle  aura  rplrouré  les 
qujitre  osselets  nbtents  dans  l'hyoïde  hu- 
main. AJDsK  pour  les  sectateurs  dg  la  phi- 
losophie aristotélique,  c*est  assez  que  la 
fonction  soit  reconnue  ,  et  tout  l'appareil, 
soit  BTflc  cinq,  soit  s>ec  neuf  osselets,  est 
pm  pour  un  organe  analogue.  La  théorie 
nouvelle,  lu  contraire,  cherchera  dans  les 
neuf  pièces  quels  sont  les  analogues  des  os 
de  l'hynïiJo  réduits  i  cinq;  car  elle  fait  por- 
ter tes  analogues  sur  les  matériaux  seule- 
ment. 

V*  Son  but  précis  est  autre,  car  elle  exige 
uue  rigueur  raalhémslique  dans  la  déter-  ' 
mination  de  chaque  sorte  de  matériaux  pris 
h  part. 

ft*  Elle  devient  un  instrument  de  décou- 
Tertes.  £n  effet,  elle  s'enquerra  des  auatre 
osselets  qui,  absents  dans  l'hyolile  de  1  hom- 
me, prive  cet  appareil  d'être  h  son  grand 
complet.  Rlle  les  cherchera  tout  près,  mais 
en  dehors  de  IVrgane  réduit; et,  si  elle  veut 
les  retrouver  sans  recherches  difDciles,  elle 
aura  recours  à  un  autre  princiite  qui  lut 
est  propre^son  associé,  son  garde,  le  prin- 
cipe des  connexions,  sorte  de  fil  d'Ariane 
qui  retient  dans  la  vraie  route  et  mène 
Décessairementè  Qn  heureuse.  U.  GeotTroy 
explique  comment  les  porlles  absentes  de 
rhyoïJe  humain  se  retrouvent  dans  des  ap- 
pendices placés  suivant  la  direction  tracée 
l-ar  l'analogie  ,  appendices  nommé  par  lui 
c^rafcA^aux  et  (JjriAyiiuxtqu'une  disposition 
organique  propre  6  l'homme  a  déplacés  du 
fiëga  qu'ils  occupent  chez  d'autres  ani- 
maux. L'anatomie  humaine  avait  déjà  aper- 
çu et  décrit  ces  matériaux  sous  le  nom  d'a- 
pophyses styloïdes,  mois  ne  les  avait  notés 
que  pour  leur  forme,  sans  en  désigner  au- 
cunement les  rapports  znalogiques. 

6*  EnBn,  la  théorie  des  analôgurs  n'en- 
tend et  ne  peut  s'occuper  que  d'un  seul 
ordre  de  faits;  elle  est  exclusive  dans  la 
poursuiJe  de  son  sujt^l,  elle  s'en  tient  bôIre 
analomique.  Elle  s'attache  dans  chaque 
cas  i  un  élément,  dont  elle  a'tlTorce  de  dé- 
terminer la  voleur;  le  suit  dans  ses  méta- 
morphoses, et  l'amène,  après  comparaison 
dans  tous  les  êtres,  h.  l'unité  philosophique, 
c'est-k-dire  à  tout  ce  qu'il  e»l  po^sitilt;  de 
10 voir  concernant  son  essence,  sans  mélange 
d'aucune  considération  nécessaire.  Ainsi, 
est-ce  d'un  ongle  qu'il  s'agit,  ^on  volume 
n'intéresse  pas  quand  il  n'est  pas  question 
du  (ail  particulier.  Que  ce  soit  une  col  Ifs 
épidemiique  mince  et  petite  chez  les  ani- 
maux oii{ruicuJ^f,ce  qu'on  nomme  dans  ce  cas 
ongU,  ou  bien  une  masse  épaisse  de  curni', 
Comme  chez  les  animaux  ongulés  ,  niaSM 
qui  a  regu  le  nom  de  aahot,  lu  théorie  des 
analogues  n'en  fait  aucuue  ditférence. 

Le  second  mémoire  de  U.  GeolTioy  c.«t 
intitulé  :  De  Vapplicathn  de  la  théorie  drs 
anatoguei  à  t'organisatioit  drt  poittont.  Il 
s'attache  à  comtialire  la  seconde  objocliou 
de  U.  Cuvier,  que  [lour  arriver  à  un  prin- 
cipe d'unité,  la  théorie  des  analogues  sort 
du  champ  des  laiis  réellement  comparatifs, 
et  qu'elle  donne  k  ce  principe  une  éleudua 


qu'il  faudrait  lacoDlniirerMlreiiidn,  pour 
le  renfermer  dans  les  limites  convena- 
bles. 

Avant  d'entrer  dans  la  discussioB.H.  Geof- 
froy prévoit  l'objection  qu'on  pourrait  lui 
faire  :  c'est  des  mollusques  et  non  di-t 
poissons  qu'il  s'est  agi  au  commencement 
de  ces  détails.  Refuser  d'arriver  sur  le  ter- 
rain de  la  question  c'est  s'avouer  vaincu, 
c'est  reconnaître  que  les  céphalopodes  font 
un  tout,  ne  sont  le  passage  de  rien,  n'étant 
point  résultés  du  développement  d'autres 
animaux  ,  et  leur  propre  développement 
n'ayant  rien  produit  de  supérieur  i  eox. 
U .  Geoffroy  fait  remarquer  que  la  théorie 
des  analogues  n'a  pu  être  employée  encore 
k  la  détermination  des  organes  des  céph». 
lopodes.  i::eux-ci  qui  occupent  le  premi-r 
rang  parmi  les  aniniaux  inférieurs  n'ont 
encore  été  étudiés  que  sous  le  point  de  Tue 
différentiel  avec  les  groupes  dont  ils  se  ra|>- 
prochent  le  plus.  La  science  seule  est  en 
défaut,  et  rien  n'établit  encore  que  dans  la 
question  qui  a  été  agitée ,  l'avenir  de  la 
Inéorie  des  analogues  soit  en  rien  compro- 
mis. Il  s'agit  d'animaux  descendus  de  plu- 
sieurs degrés  dans  l'échelle  zoutogique,  et 
par  conséquent  cela  équivaut  li  coosiiîénrr 
des  êtres  qui  appnrliennent  è  l'un  des  tgf* 
des  développements  possibles  de  l'organi- 
SBiion.  On  pourrait  aussi  regarder  les  mol- 
lusques comme  réalisant  h  luujoiirs  l'un  de 
ces  dogrés  inférieurs  de  l'unlre  progressif 
des  développements  organiques,  arrêtés  i 
on  point ,  et  j)0ur  cet  elfet  n'ayant  point 
fourni  encore  ici  tel  organe, elUm'ajauti'u 
produire  tel  autre  organe  au  grand  cou- 
plet. 

Que  cet  espoir  toit  bien  on  mal  fondé,  il 
ne  convient  pns  de  comiiarer  entre  eax  Uii 
degrés  extrêmes  de  l'échelle ,  sana  avoir 
donné  aux  intL'rmédiaires  toute  l'ailei''*"! 
possible-  Cpt  ordre  serait  peu  logique,  i  De 
même,  sij'jivais  à  démontrer,  dit  U.tjruf- 
froy,  que  le  bourj;eonqui  aiiparalt  d'ibopt 
anpartient,  mais  dans  un  degré  iuférieuT 
d  organisalion,  «u  même  sjrstèmo  de  rooi- 
position  que  la  branche  qui  en  doit  |irovc- 
nir,  et  par  exemplu,que  le  cep  d'une  vigne 
ornée  de  grappes  pendantes,  if  ne  sérail  nou 
plus  ni  raisonuabfe  ni  logique  d'ontrepren- 
drt  d'y  réussir  enoiueltanll'oxameadeioii» 
les  A^es  intermédiaires  du  rameau  et  di'> 
degrés  successifs  de  son  développement.  1- 
en  est  de  luéme  de  clinque  famille  rclenm 
dans  les  degrés  du  niiliiiu  de  l'échutlu  ;  e.k- 
correspond  à  l'un  de  eus  âges  h  parcounr 
par  ieuourjjeoii  pour  qu'il  donne  sa braocJu 
et  ses  fruits  nu  grand  complet. 

■  Or  les  poisiioiis  sont  rangés  après  l«« 
reptiles  et  en  avant  des  mollusques.  Tel  e^t 
doud'annuau  iatenoédiairauue  l'ordre  lo- 
gique des  idées  nous  appelle  a  examiner.  Il 
s'agit  de  démontrer  l'analogie  de  leur  apjw 
reil  respiratoire  avec  celui  des  classes  supé- 
rieures. La  respiraliiiQ  n'est  possible  qw 
dans  les  milieux  diiféretitsrl'aireireau.  Li 
différence  de  milieu  enlralue-l-«l]al«  néces- 
sité d'uu  tj'iie  organique  à  j«rt,  ou  t*ieii 


KHX  non  mCTUIflUlRB 

eiig«-t-elle  wulemeni  des  roodificslions 
dam  )e  (rpe  primitir,  modifteatioas  sdoplées 
i  liiliSereDced«6  fluidesT 

■  Laeépèda  croja  I  k  la  première  de  ces 
bTpolbèses,  puisqu'il  a  voulu  faire  adopter 
uïie  nooTalle  Ibéorie  de  la  respiration  chez 
les  poissons,  en  aui>pos«nt  que  c'est  l'eau 
en  Dâlure  et  non  l'air  disséûiiDé  et  sus- 
pemla  entre  les  molécules  de  l'eau,  que  ces 
animsMi  reapireal.  Hais  la  seconde  anppo- 
■ilioD  parait  être,  aus  yeui  des  naturalistes, 
l'eipressioo  de  la  téritë.  Aussi  o'jr  a-t-il 
qu'un  seul  sjstème  de  composition  orgn« 
nique,  qu'un  dessein  primitif  poar  réj^lar 
l'arraDgement  des  choses,  qu'un  planoniquo 
k  l'égard  de  ce  qui  furuie  VessencB  et  t'en- 
cbalnemenl  des  parties  conalitu&otet;  mais 
ce  sjrslèia*  est  altérable  de  la  part  des 
milieux  ambiants;  ce  serait  luAme  uo  fait 
inexplicable,  un  effet  manquant  à  «a  caiiee, 
que  iesptrtiea  de  Torgana  respiratoire  ne 
r<Àpondi5sent  pas ,  par  une  variation  du 
forme  proportionnelle,  k  la  diversité  de 
deiMiié  des  deux  milieux.  > 

li  follatt  évidammeDl  pour  le  milieu  at- 
mosphérique, secrotlre  les  surfaces  de  l'ap- 
pareil, l'augmenter  en  longueur,  l'établir 
dans  le  centre  de  l'animal  ;  car  l'air,  élasti- 
que, pest  s'insinuer  dans  les  retraites  les 
plus  profondes,  s'il  lui  est  à  cet  effet  mé- 
nagé un  passage.  Pour  le  milieu  aquatique, 
il  fallait  rapprocher  les  parties  de  1  appareil. 
U)i  cMKCDtrer  et  les  amener  au  dehors  de 
.''«uimal,  pour  qu'elles  fussent  continuelle- 
liicnl  suiimergées  dans  le  milieu  ambiant, 
qui  est  un  liquide  sans  ressort,  et  dans 
k-quel  chaque  molécule  du  sang  n'a  |)Our 
taiucra  plusieurs  résistances  que  la  res- 
source de  la  cohésion  de  l'air  avec  l'eau,  el 
it  la  cohésion  des  deux  éléments  de  l'air 
lui-méote. 

Vuilè  ;>our  l'autoinie  de  l'appareil.  Quant 
i  la  fonction  considérée  sous  la  |)Oint  de  vue 
lu  l'analogie,  elle  se  trouve  entière  dans 
;e  CAS.  Queli  doivent  Être,  en  déSnitive, 
l'emploi  et  l'usage  de  cet  ensemble  de  par- 
ies? De  produire  l'oxjgénalinn  du  sang 
reioeux.  Uais  c'est  k  quui  s'appliquent 
^salement  les  deux  sortes  d'organes  respi- 
-atoires.  En  effet,  dans  le  cas  deraspraiion 
léiieune,  l'air  se  précipite  au  fond  d'une 
course  sanguine  qui  constitue  l'appartnl 
'ulmonaire;  et  dans  l'autre  cas  cet  appa- 
eit,  appelé  branchial,  cesse  d'être  un  sac  à 
ine  seule  onrertur» ,  et  réagit  sur  l'air 
ogagé  et  retenu  eulre  les  molécules  <fe 
'eau;  il  va  au-devant  de  l'élémeot  de  la 
uspiration,  comme  repoussé  en  saillie,  dit 
i-  Geolfroy,  à  la  manière  d'un  duigt  de 
*tit  retourne.  Ainsi  voili  t'analogia  Inen 
Touvéejiour  ce  qui  concerne  Jes poissons: 
ourquoi  ne  parviendrait-on  pas  à  la  dé- 
luiiirer  k  l'égard  des  classes  placées  plus. 
m  dans  l'échelle  aoiuialeT 
il.  Cuvter  répoudit  iceiieargumeolalion 
er  t;^  mémoire  sur  l'o*  Ayoida.  |)  annonça 
ue,  ii'ajaul  point  trouvé  dans  la  première 
V'ûiise  de  Ù.  Geoffroy  des  proùosilious. 
■Ài-z  c'aires  pour  donner  utiu  idée  coiu- 

DlCTIOÏiKlIItK  APOLOGÉTIQUE.    1. 


APOUKXTIQUC.  UOH  ISH 

plète  de  la  dcclrinB,  il  se  croyait  obligé  de 
saisir  cette  tbéoriedansles  exemples  qu'elle 
nr^sente.  Or,  U.  Geoffroy  avait  cité  l'os 
hyoïde  comparativement  dans  plusieurs 
animaux,  chez  lesquels,  tout  en  conservanl 
les  caractères  de  l'unité  ds  composition, 
cet  os  présente  des  différeoces  que  l'on  avait 
regardées  comme  contraires  aux  lois  de 
l'analogie. 

H.  Cuviar  examina  l'os  hyoïde  des  divers 
aiiimaus,  dans  la  vue  de  prouver  1*  que 
cet  os  change  de  nombre  de  parties  d'un 
genre  k  un  autre  genre  voisin;  3*  qu'il 
change  de  connexions  ;  3*  que,  de  quelque 
manière  que  l'on  entende  les  Itrmes  em> 
ployés  jusqu'à  présent  d'anmlùgi^,  tftaùté 
de  eompoiitiem,  tTiinilé  de  plaUf  on  ne  peut 
pas  les  lui  appliquer  d'une  maniètO'  géné- 
rale; fc*  qu'il  y  a  une  foule  d'animaux  qui 
n'ont  pas  la  moindre  apparence  d'os  hyoïde  ; 
que,  par  conséquent,  il  n'y  a  pas  même 
d'anologie  dans  son  existence. 

Aux  principes  qu'il  combinait,  U.  Cuvier 
se  proposa  de  substituer  d'autres  priucijM's; 
ceux  sur  lesquels  la  zoologie  a  re|>osé  jus- 
qu'à présent.  Il  montra  1*  que  d.ios  la  mûma 
classe  l'os  hyoïde,  bien  que  variable  pour  le 
nombre  de  ses  éléments,  est  cependant  dis- 
posé de  même  psr  rapport  aux  partie.^  envi- 
ronnantes; 2*  que  d'une  classe  à  l'dutre 
il  varie,  non  plus  seulement  en  composition, 
mais  en  diaposîLious  relatives;  3* que  de 
ces  deux  ordres  de  variaiioNS  de  furiuos 
combinées  résultent  K-s  variations  de.  ses 
fonctions;  fc*  qu'tn  passant  da  l'ombran. 
ehemeat  d^s  rertèltres  aux  autres  embran- 
chements, il  disjisratl  de  manière  à  ue  pas 
même  laisser  de  trace. 

M.  Cuvier.  dans  ce  premier  travail,  ne 
s'occupa  que  de  l'os  fa/oide  des  animaux 
qui  ruipiruût  l'air  en  nature. 

Chatun  sait  quu  chez  eux  l'hyoïde  est  un 
appareil  suspendu  sous  la  gorge,  qui  donnu 
en  avant  des  altaclies  k  la  Tangue,  qui  purle 
le  larynx  en  ornèie,  et  quia  Ij  phiiiynx  au- 
dessus  de  lui.  Chez  les  singes,  les  comea 
aotérieures  de  l'hyoïJesout  généralemeid 
plus  longues  que  chez  l'humioe  ;  lo  lijfsinent 
qui  le  suspeud  aux  rochers  ne  sossilie 
jamais  dans  aucune  de  ses  parties  ;  en  soNa 
oue  les  plus  vieux  singes  n'out  jamais  ni 
I  apophyse  styloïde,  ni  1  os  séparé  qui  pa^se 
pour  la  remplacer  dans  d'auties  quadru- 
pèdes. 

Voilà  déjà  une  première  différence,  k  la 
vérité  eiieurc  peuimiiprlante;  en  voici  unn 
plus  grande.  I>aus  lalouate,  dont  lo  corps 
de  l'os  bvuïile  est  renllô  en  forme  du  cu- 
curbite,  il  n'y  a  ni  v«stii(e  de  oornes  Buté< 
rîeurus,  ni  ligameut  slyloïdieu,  ui  rien 
qui  rappelle  l'aiiophyse  sty  laide  ;  ''osl^oïde 
eiit  lixé  |tar  0'auii-es  moyeoa. 

Cuuiuieul  l'uniti  d»  compotitioa  el  /'ans- 
hffits»  déiuonlruot-elles  si  vite  J  dilM.  Cu- 
vier. Noire  réponse  à  uous,  naturalistes 
ordinaires,  serait  bien  simjtle;  c'est. que 
l'hyoïde,  pfuuanl. dans  l'aiouale  une  desli- 
uatiOD  hpéciale,  y  devenant  un  iusirumeiit 
piiii'saotde  la  voix,  avait  besoin  d'autres 
42 


13SS 


HCTKHmUBE  APULOCBTIQOE. 


aiUches;  la  Ihtorie  des  inilognas  ne  s'en 
tirerait  probablement  pas  si  aisément, 

Apris  aTOirdonnâ  d«s  détails  sur  d'autres 
anfatans  avec  une  merveilleuse  clarté,  ■  on 
▼oif  donc,  dit  U.  Cuvier,  que,  même  dans 
une  seule  classe,  le  nombre  dea  élémenls 
d'un  seul  organe,  de  l'hyoïde,  n'a  rien  de 
coDsiant  ;  il  y  a  ce  que  j'appelle  des  raria- 
tions  de  classes,  c'est-b-dîre  des  dilTéreaces 
tie  nombre,  et  des  ditTéreoces  bien  plus 
grandes  de  forme,  mais  une  ressembtance 
encore  presque  absolue  decooneiions. 

■  Que  si  nous  passons  i  la  closise  des  oi- 
svaui,  c'est  tout  autre  chose;  grand  et 
aensible  hiatus  I  plus  de  susiiension  au 
temporal,  plus  de  cornes  postérieures;  uo 
eorps.dirigé  en  long,  se  terminant  en  ar- 
rière en  une  production  allongée;  une 
etpèCd  de  qucu«  sur  laquelle  repose  le 
tarjDz,  et  qui  souveot  forme  un  os  à  part  ; 
doux  cornes  seulement,  composétis  cliacune 
de  deux  pièces,  s'ariieutant  en  dessoss,  aux 
f  Atés  du  corps,  à  l'enitroit  o£l  il  s'articule 
lui-mfime,  sfec  sa  queue ,  se  contournant 
autour  de  l'uccipul,  allant  même  dans  le 
Iiirert,  jusque  dans  la  base  du  bec;  et  ce 
corps  finrle en  avant  un  os  articulé  ou  deux 
os  Rtlacliés  à  cAté  l'un  de  l'autre  ï  l'eitré' 
lu  Lé  antérieure  de  ce  corps,  et  qui  forment 
lo  squelette  de  la  langue,  car  la  langue  des 
oiseaux  a  un  squelette  osseux  dont  il  n'j  a 
nulle  trace  dans  les  mammifères. 

■  Vtiilh  donc  un  Irès-graud  changement 
île  cumriositiOQ,  un  changement  assez  con- 
stdéraLjie  déconnexion.  On  roi t que  l'on  est 
|>HSsé  d'une  classe  i  une  autre.  Qu'a  fait 
notre  tavantconft'ère,  en  (léses]ioir  de  causuT 
li  a  supposé  que  l'os  hj^oïde  des  oiseaux, 
tiré  d'une  purl  par  les  muscles  de  la  langue, 
et  de  l'autre  par  le  larjrnx,  a  éprouvé  une 
rolatiun  sur  les  cornes  antérieures,  et  que 
ses  ^«rnes  postérieures  se  sont  trouvées  pur 
là  dirigées  en  avant,  et  sout  devenues  lei 
os  de  la  langue. 

m  C'est  sans  doute  une  culbute  possible  à 
concevoir  dans  un  squelette  dunt  lus  os  ne 
tiennent  que  par  un  til  d'archal,  et  où  il  n'y 
a  que  des  os.  Hais,  je  le  demande  à  quj> 
conque  a  la  plus  légère  idée  d'anatoiuie, 
cela  esl-it  admissible  lorsque  l'on  songea 
tous  les  muscles,  à  tous  les  os,  k  tous  les 
tierfo,  à  loua  les  vaisseaux  qui  enioareni 
Tus  byoïdet 

«  Je  m'arrête;  la  seule  idée  eOTrajerait 
r imagination.  Pour  conserver  une  identité 
apparente  dans  le  nombre  des  pièces  os- 
seuses ,  on  aurait  tout  changé  dana  les 
connexions  et  les  parties  molles.  Que  serait 
alors  devenu  leprincipedervnif^defifaiir... 
Mais  enûa  ne  pr^ugeons  rien;  admettons 
pour  on  moment  uue  hypotbàse  aussi  étran- 
ge, vovons  si  elle  nous  minera  bien  tun.  > 

M.  Cuvier  pSBM  à  une  troisième  elasse. 
8UX  reptiles;  et,  prenant  la  tortue  pour 
«zemple,  il  repoussa  toute  idée  U'doalogie 
entre  l'hjoïde  de  cet  animal  et  celui  Uts 
QMHiminres  et  dea  oiseaux 

Puis  il  ajouta  :  «  Les  personnes  qui  ad* 
mettent  une  uégrattation,  unesimplitii.'alion; 


insensible  des  éltes,  princtpf,  pour  \ti\n 
en  passant,  absolument  coolrairel  celui ii« 
l'identité  de  composition,  et  qui  cepsodiDl 
s'allie  dans  certains  esprits,  (toi  il  j  i^^ 
bizarrerie  dans  quelques  télés,  vont  su;ipi>. 
sermie  les  animaux  de  la  même  du»  oui 
l'os  nyoïde  autant  ou  plui  siai[4e  qot  le 
crocodile.  Il  n'en  est  rien.  Dans  les  Ititris 
b  langue  prolaclile,  l'os  liyolda  etl  plu 
compliqué  dans  ses  iormes  ,  plai  nu- 
gulierement  reployé  dans  ses  diversupU' 
ties,  que  dnus  aucun  des  aDioaui  préd- 
dents 

■  Tous  ces  rails  sont  iocoatetUb!ts;c(ii. 
cun  peut  s'en  assurer  k  tout  momeut.  hi 
quel  effort  de  raisonnement  nous  fertHwi 
croire  qu'il  y  ait  idenlité  d'éléments, répéti- 
tion uniforme,  identité  de  connexiuD,  eiih 
toutes  les  autres  expressions  que  l'oa  en- 

filoia  i  tour  de  rôle,  entre  les  oroides,  doni 
es  uns  n'ont  que  deux  pièces,  les  mliti 
que  quatre;  taudis  qu'il  y  en  s  qui  en  «il 
Sept,  d'autres  neuf  et  nnème  daiiauje! 
Par  quel  art  parviendrai t-oo  è  nouicuo- 
TBincre  qu'il  y  a  identité  de  eonaexiun  tout 
les  o&  hyoïdes,  dont  les  uns  se  suspenfFtJi 
è  une  partie  de  l'os  temporel ,  quand  d'iii- 
très  contournent  le  crâne  et  |>éDËtreDl  jos- 
que  dans  le  bec,  et  quand  d  autres  fuwe 
restent  absulumeni  couchés  soust  lagui^ 
et  comme  noyés  dans  les  muscles?  Qu'j 
Tirra-t-un  autre  chose  que  ce  que  ODiiif 
voyons  tous  depuis  des  siècleiT  UM»^ 
taine  ressemblance  déstructure (iel'urgi», 
ressemblance  doni  ledet^réestproportiacut 
aux  rapports  d<;8  animaux  entre  eux,  cl  do 
différences  déterminées  par  rtwploiqulf 
nature  fait  de  cet  organe;  ou,  si  lou  ml 
éviter  toute  ombre  de  recuurs  i  descuua 
finales,  des  différences  qui  détermiucnttti 
emploi.  Pour  nous,  ces  rapiKirts,  ee^  IoN' 
lions,  ces  différences  b'expliciuenliTès^ 
parce  qu'elliis  constituent  ranimai  ttf'i 
est,  parce  qu'elles  s'appellunt  ou  t'eÀW\ 
les  unes  les  autres.  » 

M.  Cuvier  termina  en  disant  auecen'D' 
pas  sans  un  vif  regret  qu'il  s'était  tu  euitniiil 
de  rompre  le  silence,  auquel  il  éliilbl" 
résolu  si  l'on  n'était  venu  le  forcer  ^v 
ses  derniers,  retranchements;  nuis  mii-. 
disait-il,  les  naturalistes  auraient  le  m 
de  m'accuser  si  j'abandonnais  uee  cu-i 
aussi  évidente.  1 

H.  Geoffroy  ne  laisse  pas  sans  ré\m  I 
ce  mémoire,  où  sa  doctrine  était  si  wf^'* 
attaquée. 

11  commença  par  reconoatire  la  finit** 
tous   les    faits   «nalomiquf>-s   énoncés  pi| 
H.  Cuvier  au  sujet  de  l'os  byoïée;  w»  '' 
lesinteriirétatoutdifféremBeoi.LidMinM  i 
aristotélique,  disait-il,  est  trop  vag»*;.'""  | 
Arbitraire  dansées  appréciations  ;  U  tbw"^ 
des  analogues  cberche.  qoaiMl  ■■"'1^ 
est  composé  de  plusieurs  molérisai*  *^ 
oonnoltre  dans  leur  essesce;  «Ile  *>■•'"'*; 
si  quelques-uns  disparaissent  ou  V*!/*^.  j 
dure,  parce  qa'il  y  a  lusion  d'une  (•*" 
l'autre,  ou  fiar  a  ropbit,  «r  tlle  ne  F^' 
p«sUconserïalioQia'ariabIede5B«i«'**  | 


12= 


noH 


DKTIOMUISE  AIKHjOCETIQDC. 


UOK 


isas 


■uii  elle  intPrTieiit  pour«n  Taire  l'apiMl  et 
M  réj^rr  le  coni|4e...  Poor  i^u'on  pût  juger 
de  la  valeur  diiS  objeclions  failes  à  U.  Geof- 
frof  pKT  CuTier,  H.  Geoffroy  rappela  deux 
propositions  qu'il  avaiiétabliessur  ce  BoAuie 
05  en  ISIS  :  1'  l'appareil  hyoïdien  est  au 
fond  le  ntèma  dans  tons  les  animaux  Terté- 
brés;  S*  l'os  hyoïde,  Kénéralemeot  parlant, 
Mt  composé  de  neuf  pièces  dans  les  poîs$oo<:, 
dafauitiians  les  oiseaux,  el  de  sept  dans  les 
mammireres ,  non  compris  les  os  styiuïdcs, 
M.  Geoffroy  pas»  ensuite  i  I  eiamen 
particulier  des  objeclions  conleuues  dans 
:e  dernier  mémoire  de  Cnvier. 

1*  L'os  faymde  change  en  nombre  d'un 
genre  k  on  autre  :  ■  J'avais  prouvé  cette 
•érilé  avant  le  jour  de  notre  polémique ,  • 
dit  H.  Geoffroy. 

9*  L'os  hyoïde  change  de  connexion. 
U.  Geoffrojr  attend  la  démonstration  de 
cette  assertion  ;  l'arguroenlalion  n'a  pro- 
duit qoe  des  allégations  générales  sur  ce 
point,  et  non  une  spécîQralion  de  laits  po- 
sitifs. 

3"  De  qui-fqne  manière  que  l'on  entends 
Ki  trrmes  vaRaea,employésju8qa'i  présent, 
ïmpologir,  d  umilé  de  plam,  OD  ae  peut  pas 
le»  apphquer  d'une  manière  générale  i 
l'btoîde. 

Cette  oiijeelion  renrerme  on  non-senF. 
Ou  le  refuse  k  l'idée  de  l'existence  d'un 
appareil  hyoïdien  analogue  chez  tous  les 
animaui  vertébrés,  précisément  dans  une 
dissertation  où  l'on  nomne  cette  chose  elte- 
méiue  dans  tous  les  cas  où  on  ne  veut  [tas 
la  reconnaître. 

fc*  Enfin,  il  y  a  des  animaux  qui  n'ont  pas 
ta  moindre  apparence  d'os  hyoïde  ;  par 
ronséqueni,  il  d'j  a  pas  même  d'analogie 
lans  son  exislenee. 

■  Je  ne  puis  croire  qne  ce  soit  poar  moi , 
lit  M.  Geoffroy,  pour  les  gavants  vrrȎ8 
isns  les  éludes  zoolomiques ,  que  cette  ob- 
hrction  est  écrite.  L'existence  d'un  organe 
orrespond  toujours  i  un  degré  de  dévelop- 
pement de  Paiiimabilité,  qui  peut  être  o« 
-.  «lias  être  effectué  ^dans  des  cas  dilféren- 
i  ets  :  il  faut  une  heure,  un  Age  convenables 
•«iir  que,  dans  un  embryon  quelconque 
"iKimuie,  do  mammilJïre,  d'oiteau  ,  etc., 
AjoïJe  apjiaraîsse;  de  même,  chez  les  aoi- 
>aux  qui  appartiennent  i  un  certain  degré 
rt»' évolutions  organiques,  il  ne  peut  y  avoir 
"ùyoide.  a 

Ô*Jaut  aux  principes  que  Cuvipr  reul 
tt>slituer  h  ceux  qu'il  combal,  M.  Geoffroy 
■»  rtrprésetila  comme  idL'ntiques  i  ceux  qui 
>nt  cousacrés  par  la  doctrine  d*Aristote, 
'j  t  ne  s'occupe  que  des  totiuns  et  des  fooc- 

LflJS. 

AI.  Gpoffroy  remarqua  qii«  l'os  hyoïde 
trsiste  encore  chez  It-s  crustacés. 
Eu  déiînitive,  la  divergenc«  d'opinion  k 
1  é^ard  prorieni,  disait-il,  de  ce  que  U. 
JTîer  prend  rhjoide  comme  un  élreabslrail 
uni  I  étude  de  ses  rajipurts  jiour  en  déve- 
]  -|>er  ensu  ite  loutesles  faces  différentielles, 
laiij,  aa  contraire,  U.  Geoffroy  ne  a'alla- 
"■  aux  cas  différenliels  qu'aprà  iToir  nt- 


mené  tous  les  éléments  de  l'appareil  hyoïde 
i  leurs  rérilables  analogues. 

U.  Geoffroy  convenait  que  tons  ses  tra- 
vaux ne  préseuleot  pas  dans  leurs  résultait 
le  degré  d'esaclitude  dont  ils  sont  suscep- 
tibles. Hais,  selon  lui,  quelques  erreurs 
étaient  inévitables  dans  une  entreprise  con- 
tinuée durant  tanl  d'années;  or,  ces  fautes 
sont  réparables  et  presque  toutes  effacées 
d'après  les  lumières  du  principe  des  con- 
nexions lui-même.  D'ailleurs,  ses  nouveli'S 
études  sur  les  muosiruosités,  avec  la  cou- 
naissance  des  variations  de  la  série  des  êtres 
auxquels  chacune  d'elles  répond,  lui  don- 
naient d'autres  moyens  de  détermination 
qui  serviront  k  rectifier  ses  anciennes  dé- 
terminations de  l'os  hyoïde. 

U.  Cuvier  réjioudit  par  un  mémoire  inti- 
tulé :  Cctuidératiotu  fur  U  sternum. 

m  Dans  mon  dernier  mémoire ,  disait  Cu.. 
vier,  je  crois  avoir  montré  que  les  nom- 
breuses variations  de  coraposilions  al  de 
(sonnex  ions  dus  os  hyoïdes  dans  les  animaux 
qui  respirent  l'air,  ne  peuvent  se  concilier 
avec  aucune  des  déQnilions  que  Toa  nous  a 
données  de  la  théorie  des  anatogief,  ni 
même  avec  aucune  définilion  possible  qui 
allribueraît  à  celle  théorie  quelque  chose 
qui  lui  soit  propre.  Mon  savant  collègue  , 
dons  sa  réponse^  s'en  est  tenu  h  pré^uttr 
des  applications  de  sa  doririnei  l'organisa- 
tion dus  poissons.  La  {irinciiiale  de  ses  ap- 
plications rouJant  sur  l'byoïae,  il  convie  1, 
eiur  y  répondre,  d'examiner  l'hyoïie  dans 
s  animaux  qui  respirent  [»r  UîBlermède 
des  eaux,  dans  les  («isson:  en  particulier. 

■  Notre  savant  confrère  a  conçu  sur  ce 
sujet  unedes  hypothèses  les  plus  singulières 
qui  aient  jamais  été  posées  en  aoatomie.  Il 
regarde  l'hyoïde  des  poissons  comme  formé 
du  mélange,  de  l'amalgame  des  pièces  qui 
ne  servent  que  dans  le  sternum  des  oiseaux. 
Je  mu  vois  donc  obligé,  pour  montrer  tout 
ce  qu'une  pareille  supposition  a  d'extraor- 
dinaire et  même  d'imjiossible,  d'examiner 
préalablement  le  sternum  dans  les  animaux 
de  différentes  classes.  • 

M.  Cuvier,  conduit  ainsi  à  s'occupir  du 
steroniD,  faisait  d'abord  remarquer  qne  re- 
lativement i  11  délermioation  de  cette  par- 
tie, U.  Geoffroy  avait  complètement  renoncé 
à  la  marche  qu  il  prétend  être  exclusivement 
celle  de  la  théorie  des  analogues.  Il  a  donné, 
disait- il,  comme  un  des  caractères  distiuc- 
tifs  de  cette  théorie,  qu'elle  n'a  pas  d'égard 
aux  fouclious,  qu'elle  ne  s'attache  quaux 
élémenls  des  organes  ;  c«|>eDdant  11.  Geof- 
froy, dâos  le  cbapitre  de  sa  Philiuaphie  ana- 
tomiqut,  où  il  s'occupe  du  sternum,  fait  en- 
trer la  cooMJération  des  fonctions  daus  la 
déliuition  du  mot  ttemum, 

«  Cliaaun  sait  que  le  .-ternum  des  qua- 
druples est  comiiosé  de  la  réunion  d'o5 
R lacés  à  la  lile  les  uns  des  aulieî,  el  dont 
^  nombre  est  assez  g4néraleiiii'ut  déterminé 
par  celui  des  cèles  qu'on  app  -ïle  vraies.  Celle 
disposition  sur  une  seulv  lifjno  est  propre 
aux  quadrupèdes. 

■  On  ne  vutt  pluj  rien  de  scicblable  dus 


ISS7 


HO» 


IHCTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


les  Ovipares,  si  ce  n'est  tout  an  plus  chez 
1rs  grenouilles.  Dans  les  autres,  le  sternum, 
assM  généralement  élar^  par  des  parties 
latérales  en  forme  (]e  disque,  varii;  éton- 
namment de  composilion,  et  cela  d'une  ma- 
nière tout  ft  fait  indépendante  du  nombre 
des  vraies  cAles. 

■  H.  Geoffroy  a  montré  gue,  dans  toutes 
les  tortues,  la  nombre  des  pièces  est  de  neuf, 
et  il  conclut  de  celle  obscrvalion  que  tout 
sternum  que  rien  n'entrave  dans  son  dévA' 
loppement  est  composé  de  neuf  parlii's  élé- 
mentaires :  conclusion  assez  difficile  à  com- 
l)allre  par  des  faits  conslsnls  ,  car,  partout 
où  il  7  en  a  moins,  on  pourrait  toujours 
dire  qu'il  y  a  eu  quelque  entrave.  IF  faut 
que  les  entraves  aient  été  bien  multipliées, 
car  ce  nombre  de  neuf  ne  se  trouve  chez 
aucun  autre  ovipare,  cl  il  n'a  lieu  que 
dans  un  pelit  nombre  des  mammifères. 
D'ailleurs,  quand  il  y  en  a  plus  de  oeuf, 
ee  u'ast  plus  une  entrave  qu'il  faut  cher- 
cher ,  mais  quelque  cause  d'exaltation. 
U.  Geoffroy  s'est  attaché  i  retrouver  dans 
le  sternum  des  oiseaui,  qu'on  regarde  com- 
munément comme  formé  de  cinq  pièces, 
les  neuf  pièces  qui  com))oseut  le  sternum 
comi  Ipt,  celui  des  tortues.  It  aurait  pu  se 
di-tpenser  de  ce  soin,  puisqu'il  dvait  renon- 
cé au  nombre  des  pièces  pour  ne  s'allacbcr 
qu'aui  fonctions.  ■  H.  Cuvier  cite  l'autru- 
c)ie  et  le  casoar  comme  présentant  un  fait 
aijsolumenl  contraire  i  vunili  de  compoti- 
tion.  Dans  ces  deux  oiseaux,  le  sternum  ne 
se  compose  ni  de  neuf  pièces  ni  de  cinq, 
mais  seulement  de  deux;  simplicité  d'o<- 
ganisalion  que  n'explique  point  la  théorie 
des  analogues,  mais  qui  est  tout  à  fuit  en 
rapport  Bvec'I'ullure  de  ces  oiseauK,  qui  ne 
volent  pas. 

U.  Cuvier  poursuit  ainsi: 

«Je  co  laisserai  pas  passer  celte  série  de 
faits,  qui  m'est  en  grande  jiartie  fournie  par 
notre  confrère,  sans  fnire  remarquer  que, 
tout  aussi  clairement  que  ceux  qui  concer- 
nent l'hyoïde,  ils  renversent  de  fond  eu 
comble  toutes  les  délînilions  qu'il  nous  a 
données  de  sa  théorie  des  analogues.  D'u~ 
Btté  de  nombre,  il  n'y  en  a  pas  d'apparence  ; 
car  voilà  un  organe,  te  sternum,  composé  de 
tous  les  nombres  depuis  un  jusqu'à  neuf; 
cet  orfjane  est  mémo  réduit  à  zéro,  non^- 
seulement  dans  les  invertébrés,  ce  qui  va 
sans  dire,  mais  jusque  dans  beaucoup  de 
vertébrés,  comme  les  serpents.  D'unité  de 
tonneiion;,  pas  duvanlage:  tantât  il  y  a 
des  côtes  et  un  sternum,  c'est  la  plus  grand 
uiembre  ;  tantôt  des  eûtes  sons  sternum  (dans 
les  serpentij  ;  tanlAt  un  sternum  sans  uètes 
(dans  les  grenouilles);  mêmes  variations 
dans  ses  rapports  avec  les  clavicules,  avec  le  ' 
curacùïdisM.  En  un  mot,  l'analogie  des  ster- 
nums, ainsi  queitoire  confrère  l'a  très-bien 
dit,  ne  re^iose  que  sur  les  fonctions.  Maùs 
alors  que  devient  ce  qu'il  dilaussi  et  encore 
iiluseiplicitem(»it,  que  la  théorie  des  ana- 
logues lie  fait  point  de  cas  de  ces  fonciionsf 

■  Combien,  au  contraire,  ces  faits  ne 
tottl-ils  pas  favorables  h  l«  véritable  philo- 


sophie de  l'h'sloire  naturdleT  La  uign 
pas  plus  ici  que  dans  la  re^ie  d«  t«t  pn! 
dirclions,  no  s'est  point  réglée  d'ifirèt  dtt 
Tues  étroites  des  préceptes  scelisliquti. 

■  Dans  les  quadrupèdes,  où  le  iltmin 
n'avait  qti'un  effort  médiocre  i  uolenir, 
oA  la  poilrifie  devrait  élre,  poor  la  bdlitl 
de  la  marche,  étrotta  et  fleiiÛe,  dit  l'i 
composé  de  plusieurs  petits  os  ;^céj  1  li 
file. 

■  Dans  les  oiseaux,  oii  il  aérait  i  àown 
attache  aux  énormes  muscles  qu'exige  la 
vol,  et  h  supporter  la  violence  îles  niouie- 
ments  nécessaires  è  ce  genre  depro^uion, 
elle  l*a  élargi,  lui  a  donné  noe  crête  siil- 
laaie,  et  a  employé  à  cet  effet  duq  large) 
parties  placées  en  quinconce,  appujéeilti 
unes  sur  les  autres  par  de  grandes  jutun), 
et  qui  bientôt  se  fondent  eu  uu  seul  ilisi]« 
aussi  robuste  qu'étendu. 

«  Dans  les  turtues,  où  il  devait  serrii 
d'are-boulaul  h  la  voûte  épaisse  qui  recou- 
vre ces  animaux,  aHe  a  employé  neuf  piè- 
ces, un  peu  autrement  arrangées;  malt  cil:: 
était  si  peu  tenue  de  suivre  les  lois  de  li 
théorie  des  analogues,  le  sternum,  ijiioi 
qu'on  en  ait  dit,  eatsi  peu  un  orgins  ué- 
cessaire  h  la  respiration,  que  dans  les  ut- 

Eenls,  qui  respirent  tout  aussi  biea  qu: 
:s  autres  animaux  l  poumons,  elle  n'en i 
point  placé  du  tout.  La  raison  du  ctlleib- 
sence  n'est  pas  moins  sensible  que  «Ile 
des  modifications  dont  nous  venons  de  pir- 
1er.  Le  corps  allongé  des  serpents  na  (toniU 
se  mouvoir  que  par  des  ondulations buln 
et  répétées:  un  sternum  qui  eâtréuailetiri 
cdles  y  eût  été  un  obstacle  i  la  liberti  it 
ces  ondulations.  Il  était  incouipitiblBiTK 
les  autres  caractères  de  ces  amniiuuili 
donc  dû  disparaître. 

>  Pourquoi,  en  effet,  la  nature  ea  tii-iSi 
agi  autrement  7  Quelle  nécessité  >ari'>P< 
la  contraindre  à  n'employer  que  teii^i*! 
pièces  et  h  les  employer  toujours  T  PHP\u>ii 
cette  règle  arbitraire  lui  aurait-elle  ili»- 
poséel  Je  sais  bien  que  pour  cerlaiuo- 

firits  il  y  a  derrière  cette  théorie  il»  i:»-  . 
ogues  une  autre  théorie,  celle  de  li  ^>  j 
duction  de  toutes  les  espèces  par  le  din- 
loppement  progressif  d'un  seul  genue-wu 
cette  autre  théorie,  que  je  crois  louliuB 
fausse,  prend  ses  prétendues  prouves  lUi^ 
celles  de  la  théorie  dea  analogue»,  d  " 
saurait  elle-même  lui  servir  de  preuve:" 
serait  un  cercle  vicieux,  dont,  au  re><Ci 
l'Académie  n'a  pas  manqué  de  r6cOBD>lit( 
beaucoup  de  traces  dans  les  longues  tl^^ 
tions  de  notre  confrère. 

•  Enuu  mol,  répond reronstamineoldtu 
la  formation  des  êtres  aux  coodiliDDsd^u^ 
tence;  les  varier  suivant  la  sécessil^  ^ 
chaque  genre  ;  produire  des  êtres  de  i^ 
les  Uegrés  de  resseuiblance,  depuis ceui^" 
soiU  presque  identiques  jusqu'i  teiit<l'' 
ne  se  ressemblent  presque  en  rien,  e>  •'<''' 
l'aspect  peut  clsssur  l'eusembie  'i'»|f**'2 
.degrés  mêmes  de  ressemblance,  "^'',|' 
seule  loi  de  la  nature,  celle  d'après  iKia-^' 
ies   oaiuralistes  l'earisageot  drptn^  <«^ 


DK-nœnuiBE  APOLnxnQOJE. 


BON 


1330 


liMei,  et  l'enTisageroDl,  j'eapèra,  eneort 

biea  lougtanipB. 

•  Adopter  les  théories  en  opposition  k 
tous  lu  bits  serait,  noD  pas  gêoer  In  au- 
tan, qui  se  rit  de  |>8reilles  prélentions, 
ui«ii  retenir  l'esprit  de  ceoi  qui  l'étudienl 
ilans  un  escIsTage  qui  arrêterait  lous  leurs 
|irogrèi.  • 


Od  priDdpc  coordooMieiir  de  b  adence  o 
ieiuibitlt£. 


de  la 


Qu'il  7  eil  de  l'ordre  dans  la  création, 
v'esi  ce  que  tout  le  monde  admet,  el  même 
les  ptDtnéistes ,  bien  qu'ila  enleiident  cet 
ordre  i  lenr  manière.  Dans  rhy|»olhèae  oii 
iti  se  placent,  ils  ne  sauraient  donner  la 
démonslralioD  de  cet  ardre,  ce  qui  ne  leur 
permel  d'arrirer  k  aucune  conclusion  rigou- 
reuse. En  effet,  tout  ordre  est  néeessaic»- 
ment  soumis  à  des  lois  certaines,  perma- 
nentes, sans  quoi  il  n'eiistprail  pas;  mais 
toute  loi,  pour  être  sdiaissable,  intelligible, 
doit  pouvoir  ôlre  démontrée;  or,  nulle  dé- 
iDonslralion  sans  on  principe  serrant  de 
crittrium  ï  la  raison  humaiue,  qui  est  es- 
»ebliellemfnl  logique,  parce  qu'elle  est  faite 
k  l'image  de  la  Haison  suprême,  qui  es!  la 
logique  par  excellence,  reorermaol  eu  elle- 
même  les  lois  et  la  raison  de  tout,  coor- 
données par  un  principe  qui  lient  i  son 
csseoee  :  l'ordre  éleruel. 

Lepanlbéisme,  en  reJHlanl  tout  principe, 
s'est  donc  enieTê  toute  possibilîlé  de  solu' 
tion. 

Quel  «st  donc  le  principe  &  l'aide  duquel 
on  peut  saisir  l'ordre  de  la  création  dans  le 
grvnd  groupe  d'élres  qui  doit  nous  occuper, 
«tavec  lequel  nous  pourrons  juger  IpsIaiIsT 
Ce  principe  ne  peut  sortir  que  de  deux 
M>urcei:ou  descoosidéralioasestrinsèquet 
à  l'être  qu'il  s'agit  de  connaître,  ou  des  con- 
sidérations intrinsèques,  fondées  sur  la  na- 
ture même  de  l'être.  Or,  il  s'agît  ici  de  con- 
(tatlre  et  déjuger  un  organisme,  el  les  fonc- 
t  i  ons  et  les  actes  qu'il  exécute  sur  te  milieu 
l'flns  lequel  il  vit.  Il  est  donc  évident  que 
'«=!  principe  devra  sortir  pour  nous  de  la  na- 

•  -tre  même  de  l'organisme  auimal  et  de  celle 
t  >■  Ks  actes;  car  ce  qui  ceraciérise  un  être 

■Si  le  fon-l  même  de  sa  nature.  Ce  qui  ca- 
EMctërise  le  règne  organique  ,  c'est  une 
CruclDre  propre  et  spéciale,  combinée  pour 
i^/r  sur  le  monde  extérieur  el  sur  elle- 
uâine ,  pour  se  maintenir  dans  l'échelle 
lit  iverstille  des  êtres  individuellement  pen- 
laol  un  temps  déterminé,  el  s'y  reproduire 
Il  cspèctis  perpétuellement  ou  du  moins 
«■l'Jaat  une  durée  indétermiiide,  et  dont  la 
niile,  ioassignablescienljâquement,  ii'eït 
oiiuue  que  du  seul  Ordonnateur  suprême. 
lais  le  r^ne  organique  lui-même  embrasse 
eux  grandes  catégories  d'êtres  bien  dis- 
ncies  et  bien  tranchées:  1q  règne  végétal 
t  le  r^ne  auimal.  Le  végétal  est  un  êlre 
rj^anise  el  vivant  qui  se  reproduit  dans  Is 
^mps  et  dans  i'espace.L'animal  est  un  être 

•  tianisé,  vivant,  sa  reproduisant  et  sentant. 
'-Ttjaui^aljon,  la  vie  el  la  re|>roducliou 


sont  donc  des  prOEviétés  essentielles  m 
Tégélal  comme  a  I  animal;  mais  l'animal 
■eul  est  sensible,  ut  c'est  Ik  ce  qui  le  cens- 
titne  animal; donc  la  sensibilité  est  le  seul 
caractère  de  l'animalité  ;  elle  est  le  princi|>e 
qni  sort  de  la  nature  même  de  l'orgdnisme 
animal  el  de  ses  actes. 

Ls  sensibilité ,  tel  e!<t  donc  le  principe 
eoordonnsteurâe  la  science  qui  nous  per- 
mettra de  lire  les  lois  de  l'ordre  créé,  d'où 
Tont  ressortir  les  conséquences  les  plus 
rigoureuses.  La  sensibilité  a  besoin  d'or- 
ganes qui  lui  servent  de  subiirafa.  Cette  fa- 
culté se  divise  en  deux  or^ires  :  la  sensibilité 
animale,  qui  permet  h  l'être  ds  sentir  le 
monde  extérieur,  el  la  sensibilité  réSécbie, 
qui  s'élèvera  jusqu'l  l'inlelligenceet  la  pen- 
sée. De  li  encore  deux  nouvelles  distinc- 
tions d'êtres,  fondées  sur  le  principe  earae- 
léristique  de  leur  nature  :  les  animausv  qui 
n'ont  que  la  sensibilité  animale  et  réfléchie 
simple,  ou  instinct,  et  l'homme  qui  de  plua 
possède  l'intelligence  et  la  pensée.  Les  lubi- 
trata  sensibles  seront  donc  aussi  de  deux 
sortes  :  système  nerveux  de  la  sensibilité 
animale,  système  nerveux  du  la  «ensibililé 
réfléchie.  Pios  le  système  nerveux,  eu  gé- 
néral, sera  développé,,  plus  la  sensibinté 
sera  parfaite,  et  plus  l'animal  sera  animal; 
plus  le  ëiUitlratUM  de  la  sensibilité  réfléchie 
sera  développé,  plus  cette  faculté  le  sera 
aussi,  el  plus  l'animal  sera  rapproché  de 
l'homme.  U'anue  part,  la  nature  et  la  struc- 
ture du  atAitralum  de  sensibilité  nécessi- 
tent leur  position  et  leur  disposition  dans 
l'animal  sous  un  autre  système  protecteur 
et  central,  aflo  qu'ils  puissent  agir  sur  tous 
les  autres  organes.  Mais  la  sensibilité  appe- 
lée); s'exercer  sur  le  monde  extérieure! 
ses  circonstances  favorables  ou  nuisibles, 
doit  nécessairement  avoir  prise  sur  le  monde 
extérieur  el  être  en  rapport  avec  lui  ;  do  là 
les  organes  des  sens,  et  le  sens  général 
même,  conséquences  rigoureosti*  de  la  sen- 
sibilité, siégeront  nécessairement  h  la  péri-  - 
pbérie,  sur  T'enveloppe  cutanée  de  l'animal. 
Or,  celte  enveloppe,  ou  la  peau,  limite  l'a- 
nimal dans  l'espace  et  détermine  sa  forme» 
en  relation  directe  arec  la  disposition  du 
système  nerveux.  La  forme  donc  sera  la 
traduction  rigoureuse  du  caractère  fonda- 
mental  de  l'animalité,  ce  qui  démontre  cet 
axiome  d'Arislote  :  «  La  forme  est  supé- 
rieure k  la  maiière.a  jmisqu'elle  la  doiuint;. 

Du  la  sensibilité  animale  ressort  une  autre 
conséquence  tout  aussi  importante.  Tout 
être  sensible  jouit  nécessairement  de  la  fa- 
culté de  se  mouroir,sans  quoi  la  sensibililé. 
serait  une  anomalie  aaos  nom,  une  facullti 
sans  exercice.  Par  cela  même  qu'un  être 
peutseutir  les  circonstances,  les  oi^els  fa- 
rorables  ou  nuisibles  h  son  tixistencc,il  doit 
pouroir  s'en  rapprocher  ou  les  fuir»  sans 
quoi  la  sensibilité  n'est  pouf  lui  qu'un 
tourment  inutile.  La  locomolililé  est  donc 
une  cnusiâquence  rigoureuse  de  la  sensibi- 
lité, et  par  suite,  eommu  euDséquencu  Je  la 
vulonté  cl  ayant  pour  tubtlTotuM  une  autre 
pallie  du  système  nerveux,  est  uo  caractère 


1331 


BOH 


DICTIORHAIRE  APOLOGETIQUE. 


HO» 


«à 


liandanamlal  de  l'animalilé.  Mats  ,  coiRtne 
vous  BTons  trouvé  dans  la  sensibilité  deux 
degrés  distincts,  la  sensibilité  sensariale  ou 
animale  et  (a  sensibilité  intcllecimlle,  bien 
supérieure  ft  la  première,  il  en  sors  k  peu 
près  de  même  do  la  locomotililé,  qui  se 
distinguera  suivant  qu'elle  sers,  l'u'ne  to- 
lonlaire,  appliquée  A  des  fonctions  senso- 
riales  ou  iocomolricei  de  triinslatlon,  l'autre 
inrolontaire,  appliquée  i  des  fonctions  de 
ia  vie  Tégétative  ou  organique,  comme  ta 
nutrition  et  la  génération. 

La  sensibilité  et  la  locomotilité  sont  donc 
les  facultés  qui  constituent  J'animai,  et  par 
Puife  le  véritable  toomètre  qui  nous  per- 
mettra d'apprécier  le  degré  d'élévation  de 
chaque  animal  et  déjuger  son  organisme. 

Commedernlère  conséquence  du  principe, 
tous  lea  BDtres  organes  du  système  animal 
fourniront  des  caractères  de  plus  ou  moins 
grande  valeur,  Guivant  qu'ils  emprunleronl 
plus  ou  moins  i  ta  sensibilité  et  h  la  loco- 
rootililé  pour  leurs  fonctions. 

Il  s'agit  h  présent  de  trouver  une  mesure 
à  laquelle  on  puisse  comparer  les  animaux 
divers  et  arriver  à  juger  leur  valeur.  Toute 
mesure  doit  être  connue  préalablement  et 
suflîre  aux  applications  qu'on  veut  en  faire. 
L'anima)  le  plus  simple  eat  évidemment  io- 
sunissnt;  l'homme  seul  dépasse,  par  la  ca- 
ractère fondamental  de  sa  nature,  la  sensi- 
bilité réfléchie  intellectuelle,  tous  les  ani- 
maux; seul  aussi  il  nous  est  mieux  connu 
que  tous  les  autres  dans  les  fonctions  et  les 
actes  de  son  organisme,  et  par  suite  dans 
cet  organisme  même.  Or,  la  logique  veut 
que  l'on  marche  du  plus  connu  au  moins» 
connu.  L'homme  est  donc  la  mesure ,  le 
terme  de  comparaison. 

Tous  les  animaux  sont  intermédiaires  i 
l'homme  el  au  végétal;  la  comparaison  de 
ces  deux  termes  duit  donc  fournir  la  raison 
de  l'ordre  dans  lequel  doivent  être  rangés 
les  animaai.  Dès  lors,  plus  l'animal  sera 
'  rapproché  de  la  forme  humaine,  plus  il  pren- 
dra un  rang  élevé  dans  cet  ordre  ;  plus  il  se 
rapproeliern  de  la  forme  végétale,  plus  son 
rang  fera  intime. 

Or,  dans  l'iiomme,  la  forme  est  la  plus 
binaire,  la  plus  paire,  la  plus  bijuguéc  pos- 
sible ;  le  corps  nettement  partagé  en  trois 
■egments,  la  lèle,  le  thorax,  et  l'abdomen. 
La  tète,  siège  du  iubttr»lum  des  facultés  in- 
tellectuelles et  des  organes  des  sens  spé- 
ciaux qui  en  sont  des  instruments,  empor- 
tera avec  elle  les  caruclères  les  plus  élevés; 
sa  forme  extérieure  traduit  la  forme  géné- 
lale  et  le  développement  du  système  ner- 
veux de  sensibilité  réOécbie,  et  dans  la  tête 
le  front  surtout  traduit  la  partie  la  plusim- 
portante  du  système  de  la  sensibilité  réflé- 
<ihie,  les  lobes  antérieurs.  Delblamesuredu 
développement  du  front  fournira  le  moyen 
lie  juger  de  l'élévation  d'un  animal  dans 
l'écneile  zôolog;ique. 

La  locomotiou  fournira  des  caractères 
aussi  rigoureux.  Dans  l'homme,  qui  Kous 
sert  do  mesure,  il  y  a  le  moins  d'orgnnes 
itossibles  employés  k  la  translation  et  le 


plusk  la  locomotion  ■DtelleclueHe.HTtn 
dire  au  service  de  la  sensibilité  réOubic, 

Ainsi  les  organes  de  la  res)iinliaa  l'flè- 
Teront  ici  jusqu'ft  la  phonation,  juna'ig 
langage  articule;  la  langue  e(  les  ièim 
prendront  part  X  celle  haute  fonciioa  de  lo- 
comotililé  intellectuelle.  Les  mains,  n« m- 
vont  jamais  k    ta  locomotion ,  seront  ca- 

flojées  h  la  préhension,  au  loucher  ttj, 
la  préhension  digitale,  deui  foneiioni^ 
en  font  une  locomutililé  Térilsblemenlii- 
teilectuelle,  etc.,  etc.  Ainai  donc,  lanipi  * 
Irone  servira  k  la  translation,  rooiiit  rsDioiit 
aura  d'appendices  de  locomotion  ;  jJui  il» 
aura  pour  ta  préhension  digitale,  |<lus  1^ 
af^endices  seront  complexes  etplusriDi- 
mal  sera  élevé.  Dans  les  cas  coDtnirti,; 
aéra  dégradé. 

.  Tels  sont  les  principes  qu'il  conveniitilt 
rappeler  succinctement  et  qni  vont  nDiJi 
servir  k  démontrer  notre  thèse.  Enlron 
dans  l'examen  des  faîti. 

ïlll- 
Il  bl'ï  a  pu  DolU  de  compoiiUoa  duH  le  ctgM  akil 

Qu'entend-on  par  unité  de  composition 
dans  le  règne  animal?  Par  compoiil»» 
dans  unélre  organique,  on  entenJ  l'eiMu- 
ble  de<  éléments  rbîmiqaes,  simpluoi 
combinés,  affectant  une  structure  inlim!. 
une  disposition  et  unn  forme  déterminw 
pour  uu  butspécial,dans  les  parties  queni 
éléments  constituent. 

Nous  aurons  donc  la  composition  iniiN> 
1*  dans  le  nombre  de  ses  éléments  awa 
et  de  leurs  cooiliinaisons,  qui  prAnneniir: 
te  nom  de  principes  immédiats;  l'(ttn>!) 
structure  intime  que  ces  éléments  affeciti* 
pour  former  des  tissus,  des  organes  ri  (!f 
appareils;  9*dansle  nombre  et  la  di^i^c^ 
tiOD  de  ces  organes  et  de  ces  appareils  ['' 
rapport  au  tout,  et  tes  uns  par  rappnti:-! 
autres;  4'  dans  la  forme  générale  duï'' 
et  la  forme  particulière  à  chaque  otob- 

Si  par  cet  eismen  nous  arrivons  i  fw^ 
laler  que  le  nombre  des  éléments  siof"^ 
et  de  leurs  combinaisons  est  le  mBa»  ^^^-^ 
tous  les  animaux;  que  la  structure  inli^' 
des  tissus,  des  organes  et  des  ii\<^f^' 
est  identique;  que  le  nombre  et  \i  dis|"i>,'; 
tion  de  ces  organes  sont  les  mëtnes;  qi' 
en  est  ainsi  pour  la  forme  généraledu  M 
et  ta  forme  particulière  h  chaque  orgin'^ 
nous  devrons  en  conclure  rigoureoseniffi 
que  l'unité  de  composition  eiiste  dinf  ' 
régne  animal.  Mais  aussi,  si  leeDDlriiir(> 
lieu  dons  tous  les  points,  il  sera  lopi"'' 
ment  démontré  que  l'unité  de  coai(>«si'i<''' 
n'existe  pas. 

•  S'il  fallait  reconnaître  unité  de  com?'- 
silion  dans  tous  les  êtres  oiï  l'on  ren««''* 
la  présence  des  mêmes  corps  élémenliir'j- 
il  s'ensuivrait  que  l'animal,  le  Ti^gi-'ial  fi^ 
minéral  auraient  la  même  composition;* 
c'est  une'  erreur  que  personne  ^°^'^ 
même  émettre.  Ce  n'est  donc  pas  la  P^ 
sence  de  tels  ou  tels  éléments  qui  «n*^ 
lue  l'imporiance  de  la  composition  clmo"!"* 
mais  réellement  la  coiubinaisou  di»ct«J* 


DKTKnCiAIRE  APOLOGETIQDE 


BOM 


I3»& 


ces  mêmes  élémenls,  par  laquelle  sont  Tor- 
mes  de  Douveaux  corps,  qui  jouissent  de 
proprMlés  et  de  formes  particulières.  D'au- 
tre part,  les  corps  simples  ou  élémeolaires 
se  combinaDt  entre  eus  dans  des  propor- 
tious  conslaules  et  toujours  les  m6mes,  il 
en  résulte,  pour  les  combinaisons  diverses 
et  les  principes  immédiats  qui  ea  sont  des 
résultats,  UD  caraclëre  de  fixité  qui,  joint 
aui  propriétés  et  aus  formes  particulières, 
fait  Téritableoietil  descombiuaisons  la  chose 
iujporLaute  duus  la  composition  cbimi- 
(jue. 

<  De  ce  que  tous  les  animaux  coolien- 
nent  de  l'oiygène,  de  l'hydrc^ne»  du  car- 
bone et  de  razote,  il  serait  donc  irration- 
nel d'euconclure  l'unité  <le  composiiion- 
En  effet,  les  substances  élémentaires  qui 
«ulrent  dans  la  comiiosilion  des  végétaux 
ne  diffèrent  réellement  de  celles  qui  for- 
ment les  animaux  que  dans  la   proportion 
relative;  ainsi  le  carbone  est  évidemment 
beaucoup  plus  abouJaul  dans  le  règne   vé- 
gétal que  dans  le  rèjjne animal;  l'azote  est, 
d.tna  lu  ras  contraire,   eitrèmement  abon- 
dant chez  les  animaux  et  fort  rare  dans  les 
féjjélaui.  Il  en  est  de  niémedu  pbosphore, 
qui  semble  presque  caractéristique  des  pre- 
miers. On  ne  sait  pas  encore  au  juste  à  quel 
règne  appartient  l'iode;  on  le  trours  dans 
le&  véijéiauxet  dans  les  animaux  inférieurs, 
comme  les  éponges  ;  en  outre,  il   ;  a   des 
rorps   élémeutaires  qui   sont  communs  k 
Certains  végétaux  et  kcerlaîus  animaux,  et 
qui  manquent  dans  d'autres  végétaux  com- 
uiL-  dans  d'autres  aoimaux.  De   la  commu- 
nauté dL-s  mêmes  principes  élémentaires,  il 
faudrait  donc  conclure  l'uoitéde  composi- 
tion pour  les  végétaux  et  les    animaux;   et 
l'iisuile,  de  la  communauté  de  certains  élé- 
uenls  pour  certains  végétaux  et  certains 
animaux,  il  faudrait  conclura   l'unité   de 
lomposition  pour  ces  végétaux  et  ces  ani- 
ffiaux,  tandis  qu'elle  n'existerait   pas  pour 
les  autres  végétaux  et   les    autres  auimaux 
^111  manquent  da  ces  principes   élémentai- 
res. L'unité  de  composilioD  n'est   donc  pas 
aouteiiable  pour  les  corps  élémentaires. 

m  La  considération  des  principes  immé- 
diats, qui  suiit  pourtant  la  chose  impoj*- 
lafite,  ÎDllrme  bieu  plus  fortement  la  tbèse. 
Plusieurs  principes  immédiats  sont  com- 
tuuas  en  effetaux  végétauxet  aux  animaux, 
c^  qui  ramènerait  encore  à  conclure  l'unité 
Je  composition  entre  les  deux  règnes,  liais, 
J'uD  autre  cfité,  un  grand  nombre  de  prin- 
.ipes  immédiats  sont  uniquement  propres 
lias  végétaux,  et  d'autres  aux  animaux  ; 
>ieo  plus,  il  ;  a  beaucoup  de  ces  principes 
iui  ue  sont  propres  qu'àcertainsanimaux, 
:t  qui  Tarient  même  quelquefois  d'une  es- 
léce  Toisiue  à  l'autre.  Le  virus  des  repli- 
as venimeux  aa  se  retrouve  heureusement 
•as  dans  tout  ce  groupe,  sans  parler  de  tous 
ss  rerlébrés.  Les  produits  chimiques  des 
ilanJes  que  les  chiens  et  certains  autres 
iiîiuaux  |>orlent  autour  de  l'anus,  le  luu^c 
C  la  civette,  qui  sont  des  substances  a'ia< 
;^iac9y  aiaisilÎTcrsement  t;0tnbiuées,  l'uis- 


Su'elles  joaissent  de  propriétés  physiques 
ifférentes,  bien  que  toutes  préordnnnées 
h  la  reproduction  de  l'espéee.  De  is  ren- 
Ciiutrent  oue  dans  ub  certain  nombre  d'a- 
nimaux rin  méine  groane.  L'huile  particu- 
lière que  sécrètent  les  glandes  du  croupion 
des  oiseaux  n'appartient  qu'à  cette  classe 
d'animaux;  le  mucus  qui  protège  la  peau 
des  ampbibians  n'est  pas  un  produit  analo- 
gue aux  scutelles  des  reptiles,  qui  remplis- 
sent la  même  fin.  Le  lait  avec  lequel  las 
mammifères  nourrissent  leurs  petits,  n'ap- 
partient qu'à  .cette  classe  d'animaux ,  dont 
il  marque  la  supériorité;  car  l'allaitemeat 
contribuera  aa  développement  de  l'éiluck- 
lioa.  Uais  ponrouoi  tant  de  produits,  de 
principes  immédiats  divers,  dont  les  germes 
n'existent  même  pas  dans  les  animaux  in- 
férieurs, se  trouvent-ils  dans  les  supérieurs? 
Admit-on  la  transformation  successive  des 
espèces,  encore  faudrait-it  rendre  raison 
de  la  formation  et  de  la  préseace  de  ce» 
principes  sans  éléments  préalables,  et  c'est 
ee  que  l'unité  de  composition  ne  fera  ja- 
mais; tandis  qu'en  admettant  un  ordre  et 
un  but  dans  la  création,  la  finalité  de  cha- 
que espèce  et  dans  chaque  espèce  la  finalité 
de  ses  organes  et  de  leur  structure,  nous 
rend  raison  de  ce?  produits. 

■  La  structure  anatomique  sera-l-ella 
plus  puissante  è  appuj^er  la  toèse  ?  La  struc- 
ture est  la  manière  dont  les  molécules  éié- 
nltnlaïres  se  disposent  pour  former  dt:* 
tissus,  des  organes  ou  parties  distinctes  du 
luul  ;  or,  il  n  est  aucune  des  parties  distinc- 
tes qui  n'ait  une  structure,  et  même  une 
composition  toute  différente,  et  cela  même 
à  l'état  de  morl.  Le  tissu  cellulaire  est, 
dans  les  animaux,  le  tissu  générateur  de 
tous  les  autres.  Cependant  la  disposition 
celluleuse  paraît  reinplac<le  dans  les  bjdrei 
par  la  disjwsition  globuleuse;  en  outre» 
plusieurs  tissus  sont  absents  dans  plusieurs 
animaux;  le  tissu  nerveux  et  même  le  sys- 
tème musculaire  ne  peuvent  être  d<imoii- 
trés  dans  les  hjdres,  ni  surlwit  dansles 
é)ionges.  Le  tissu  osseux  n'existe  que  dans 
les  vertébrés.  Dans  les  minimaux  inférieurs, 
tous  les  tissus  sont  confondus,  et  il  n'y  a 
à  proprement  parler  qu'un  seul  tissu. 

■  Le  système  musculaire  seul,  dans  les 
animaux  qui  le  possèdent,  sulDl  pour  infir- 
mer la  thèse.  Dansions  les  animaux  qui 
d'oqI  point  de  squelette  intérieur,  il  est 
unique;  dans  ceux  qui  ont  un  système  os- 
seux, le  système  musculaire  se  divise  le 
plus  souvent  an  deux  narties,  dont  l'une  va 
au  système  osseux,  et  l'autre  va  à  la  tieau. 
Eh  bienl  i;etle  dernière  couche  musculaire, 
qui  a  reçu  le  nom  de  peaussier,  est  coiu- 
plétemeut  absente  dans  les  poissons,  cdui- 
mence  à  paraître  chez  certains  reptiles, 
comme  les  crocodiles,  se  développe  da- 
vantage chez  les  oisesuirOÙ  elle  va  jus- 
qu'aux plumes,  est  complète  dans  certains 
mammifères  aquatiques,  et  diminua  h  me- 
surti  qu'on  se  rapprocha  davantage  de 
riiurame.  La  loi  d'unité  de  cumposiliuu  est 
duuc  ici  démentie  uo  assez  grand  nombre 


IS» 


HUM 


DKTIONNAmE  APOLOGETIQUE. 


Bon 


fie  foi5  poar  ne  [wuroir  plus  £lre  soute- 
nue. 

«  Mais  an  fait  plus  profond  ?ient  l'é- 
branler encore;  les  divers  libsus  orgsot- 
ques  forment,  suivant  leur  stracture,  des 
producLions  variées.  La  science  est  pn  voie 
délirer  h  sa  fin  la  démonslratioR  que  celte 
Tariélé  de  produits  est  due  i  la  variété  des 
tissui.  Des  produits  dilTérents  prouvent 
donc  des'Iissus  d*une  structure  intime  dif- 
férente. Or,  tout  le  monde  sait  que  chaque 
lissa  spécial  produit  des  principes  immé- 
diats particuliers,  et  que  les  produits  des 
mêmes  tissus  ne  sont  pas  les  mêmes  pour 
toutes  les  espèces,  puisqu'ils  jouissant  de 
propriétés  ditférentes.  Celte  variété  si 
grande  de  produits  prouve  donc  aussi  la 
ilissemblance  la  plus  complète  dans  les  lis- 
sus  oui  les  produisent,  et  même  l'absence 
de  plusieurs  de  ces  tissus.  Ce  fiit,  si  pro- 
fond, qui  0  lieu  pour  li>s  tis<!us,  anéanlit 
donc  encore  la  thèse  de  l'unité  de  composi- 
tion. 

a  Les  éléments  organiques  et  la  struciure 
nous  amènent  aux  organes.  Trouvera-t-on 
dans  les  animaux  les  mêmes  organes  dilTii- 
rents  seulement  sous  le  rnpporl  du  degré 
de  développement,  pouvant  s'étendre  a» 
maximum  dans  les  uns,  et  descendre  au 
minimum  chez  les  autresT  Les  fonctions  de 
ces  organes  croissent-elles  ou  décroissent- 
elles  dans  le  même  ordre?  Sont-elles  mèipo 
remblaliles  pour  les  organes  analogues? 
Tontes  conditions  nécessaires  dans  la  thèse 
de  l'unité  de  composition. 

«  La  réonien  des  éléments  primitifs  et 
secondaireii,  et  des  tissus  qu'ils  t-otitribuent 
îi  former  par  des  modilicalions  plus  ou 
moins  profondes,  dans  des  proportions  ex- 
trêmement variables,  donne  Heu  ît  un  assez 
grand  nombre  de  combinaisons  qui,  affec- 
iBul  des  formes  et  des  usages  déterminés, 
prennent  alors  le  nom  d'organes.  Les  orga- 
nessontdoni:  des  espècujd'iustrumenls  jiour 
une  action  déterminée. 

■  Les  organes,  en  se  réunissant,  compo- 
sent pour  ainsi  dire  leurs  actions  paiticu- 
trères  pour  une  action  plus  générale  qu'on 
appelle  fonction.  Cet  ensemble  d'org/rnes 
concourante  une  même  fonction, de  quel- 
que degré  qu'elle  soit,  prend  le  nom  d'appa- 
reil. Cela  posé,  trouverons-nous  dans  cha- 
que appareil  le  mente  nombre  d'organes,  et 
iians  ces  organes  toutes  les  mêmes  parties 
et  les  m^mes  tîssus7 

«  Et  d'abord,  dans  l'appareil  sensorial,  la 
série  animale  nous  fournit  pour  cet  appareil 
les  cinq  sens:  celui  du  toucher  générui,  qui 
se  divi^o  en  passif  et  en  actif;  celui  du  tjOAt, 
«le  l'ndoral,  de  la  vue,  de  l'ouïe.  Les  trois 
derniers  entraînent  toujours  et  nécessaire-, 
ment  la  présence  d'une  léte  ;  vainement  donc 
nousies  chercherions  dans  les  animaux  acé- 
phales. L'appareil  ne  possède  donc  ici  qu'un 
très-petit  nombre  d'organes;  il  y  a  donc 
ditférence  non-seulement  sous  le  rapport 
du  degré  de  développement,  mais  bien 
mieux,  il  y  «absence  complète  de  plusieurs 
organes.  Dsus  les  articulés  ces  sens   appa- 


raissent, quoique  leur  démonstration  wi 
plus  facile  par  les  fonctions  que  par  l'orga- 
nisme, et  ceux  qui  pcureni  y  être  démon- 
trés ;  sont  composés  d'après  un  plan  lj|)i- 
que  qui  ne  reparaît  plus  au  delï;  leurltt* 
n'est  point  mobile  en  divers  sens:  abrs 
leurs  yeux  sont  multiples  et  composés  poar 
leur  permettre  une  vue  suffisamment  éten- 
due pour  leurs  besoins.  Si  dans  ces  ani- 
maux on  arrive  à  démontrer  aoalomique- 
ment  les  différents  nerfs  des  sens,  il  rsi  im- 
possible d'y  démontrer  tous  les  autres  tissui 
qui  complètent  ces  organes  dans  les  loi- 
maux  pins  élevés. 

'  Dans  ces  derniers  eux-nléoies  il  y  a  de) 
variations  sssez  remarquables.  L'œil  d« 
oiseaux  est  beaucoup  plus  complexe  (jue 
celui  des  mammifères  ;  il  y  a  des  parties  de 
perfectionnement,  comme  le  peigne  et  li 
paupière  clignotante,  qui  manquent  à  ceui- 
ci,  quoique  plus  élevés  sous  une  foule  Jb 
rafjports  plus  importants:  la  composition  n« 
va  donc  pas  en  s'accroissant  h  mesure  qu'oa 
s'élève. 

«  En  considérant  tous  les  sens  les  uas 
après  les  autres,  nous  y  retrouverions  1» 
.mêmes  résultats;  nous  verrions  que  toutes 
les  parties  des  organes  th-s  sens  ne  sont 
point  en  même  nombre.  Les  poissons  u'uot 
absolument  que  l'ureille  interne,  les  rep- 
tiles et  tes  oiseaux  n'ont  que  des  ruii;- 
menls  de  conque  auditive  externe;  les  cé- 
tacés n'ont  point  de  conque;  le  cadre  du 
tympan  n'existe  même  pas  chez  les  dsii- 
phins.  Ainsi,  dans  le  même  groupe  d'iuî- 
maux,  les  mammifères,  i)  y  a  nlMence  If 
plusieurs  jiarties.  Si  Is  thèse  de  ruoiléd* 
décomposition  ou  d'accroissement  successif 
d'un  type  était  vraie,  les  sens  de  l'hoainK 
devraient  être  les  plus  parfaits  de  tous.Cc- 
pendantturganiquemenl  partant,  rhomiDf»t 
sous  ce  rapport  inférieur  à  beaucoup  d'Hf- 
maux.  La  supériorité  intellectuelle  d(  sa 
sens,  en  ce  qui  constitue  le  diiciplint.h'vf 
partenaot  point  à  l'organisme ,  n'iotirme 
en  rien  la  thèse  que  nous  venons  li'éit- 
Wir. 

■  L'appareil  locomoteur,  surtout  sa  pa^ 
tie  passive  ou  l'ostéologie,  devra  Gier  us 
peu  plus  notre  attention,  parce  qu'elle  i 
été  choisie  pour  argument  principal  de  li 
thèse  que  nous  combattons.  Gœtiie  a  for- 
mulé cette  thèse  en  disant  que  le  toUl 
d'un  animal  est  un  budget  fixé  que  la  n»- 
ture  ne  peut  dépasser;  or,  un  simple  roop 
d'œil  général,  sans  entrer  dans  des  déUiih 
qui  seraient  fastidieux,  suflit  pour  montriT 
que  le  nombre  des  pièces  du  squelette  t.- 
rie  dans  les  espèces  mômes  queiquefois  Us 
plus  voisines  et  souvent  dans  la  meute 
espèce,  et  par  conséqueut  que  le  total  «l'un 
animal  n'est  pas  un  budget  fixé  que  U 
nature  ne  peut  dépasser,  et  qu'il  n'y  a  {«i 
par  Ib  même  unité  de  composition. 

■  Dans  tout  squelette,  nous  avons  l  ton- 
sidérer  le  tronc  et  les  appendices  lt;rminaui 
ou  membres.  En  considérant  le  iroiic  (■»' 
rap|>ort  i  un  axe  central  pris  dans  Canimut, 
le  canal  inicstinal,  ce  tronc  se  compc^e  : 


ISSI 


BOU 


MCTIONJfAmB 


l*d'am  ligna  iDéHMiie  correspondante,  in- 
fériwreaa  caQdl  iote^tinal,  les  pièces  clo 
stetnuoi  on  les  sleraèbres;  2*rl*appendîcea 
•lisposé*  par  paires  sur  le  long  de  us  lignes 
médianes,  appendices  maxîilaires  )M)ur  tes 
vertèbrea  eépbaliques,  des  côlfis  pour  ii's 
vertèl>res  dorsales,  et  des  cornes  cartilagî- 
nenaea  poor  le  alernom. 

■  Les  Bwmbres  se  composent,  dans  leur 
é(at  complet  :  1*  d'une  raL-ine  composée  de 
Irois  os,  (imopltte,  elavienle  et  ischion, 
pour  le  membre  thoracique  ;  Ofi  des  Iles, 

gubia,  iscbion,  ponr  le  membre  peirien; 
*  d'un  pédoncule  composé  d'un  seul  os, 
bomërDsponr  le  membreanlérienr;  f^mur, 
poor  le  postérieur;  3* d'un  manclteromposé 
'ie  denx  os,  radius  et  cuti  lus,  poor  le  bras; 
li>jia  et  péroné,  pour  la  jnmbe;  k'  d'un 
instrument  composé  d>)  trois  |>arlie5,  la 
carpe,  qoi  a  huit  oi  pour  la  moiti  ;  le  tarse, 
où  l'on  n'en  compte  que  sept,  deux  élani 
réunis  en  on  seul,  pour  Je  pied;  le  roéla- 
carpe,  pour  la  main,  et  le  luélatarse  pour  le 
!■■(;<>,  Ions  deux  cosi\Msés  d'une  série  de 
cinq  os;  enlin  les  doigts,  au  nombre  de 
cinn  dans  les  deux  membres,  ajani  trois 
phalanges,  excepté  )e  jioucc,  qui  n'en  a  que 
dent. 

■  Parcourons  chacune  de  ces  parties,  et 
TOTons  s'il  y  a  unité  de  composition.  I'  La 
colonne  rerlébrale  se  compose  d'un  certain 
nombre  de  rertèhres.  Or,  une  vertèbre 
complète  se  compose  elle-même  d'un  corps 
de  deux  arcs  osseux,  {'un  supérieur  au  corps 
pour  proléger  le  sjslème  neryeux,  et 
l'autre  inférieur  |icur  protéger  le  sjsième 
*asculaire,  et  d'apophyses  diverses.  Or, 
jamais  ces  Ténèbres  ne  snnt  complèli^s  que 
dans  la  queue  de  rprtains  animaux;  eNus 
existent  ainsi  complètes  dans  les  poissons 
et  les  reptiles,  jamnis  dans  les  oiseaux; 
elles  reparaissent  dans  la  queue  des  main- 
mirères  cétacés,  et  !ie  continuent  dans  un 
grand  nombre  d'<inio)aux  de  celte  classe, 
jusque  dans  K<s  singes  ;  mais  les  sin^eR  éle- 
vés, pas  plus  que  l'homme, n'nnl  jamais  d'os 
en  V,  et  par  conséqiienljamais  de  Terlëbres 
complètes,  ce  qu'il  faudrait  pourtant  dans 
la  thèse  de  l'uniié  de  composition. 

c  Non- seulement  les  parties  des  Tert&- 
■ires,  mais  le  nombre  des  vertèbres  mê- 
me, variable  dans  le  même  groupe,  quel- 
quefois dans  la  mémo  espèce,  ne  peimet 
Fas  d'admettre  unité  de  com|>osition.  En 
effot,  l'espère  humaine,  notre  mesure,  a 
i  vertèbres  céphaliques,  7  cervicales,  IS 
dorsales,  5  lombaire,  5  sacrées,  et  <le  3  à  5 
mccjrgieiJDes  rudimeiitaires;  en  tout  dune 
33.  sans  compter  les  coccjgii.>nnes.  qui  sont 
variables;  et  en  les  comptant  dans  lenr 
nombre  le  plus  élevé,  le  total  serait  38,  cu 
q-iî  est  bien  rare.Or,  dans  11  seule  esjièce 
humaine,  le  budget  est  quelquefois  dé- 
passé dans  la  partie  Gxc  et  invariable;  on 
rencontre,  en  elTei,  des  squelettes  humains 
qui  otil  i8  vertëbies  Iroiiealea  au  lien  de 
17,  qui  est  l'état  normal.  Nous  en  avoii<  vu 
des  exemples  an  cahint-t  d'analomie  com- 
I>-iréc  du  Ua»éutt),  et  la  virlèbre  en  plus 


APMXKETIQUE.  BOU  ISH 

portait  sur  les  lombaires,  qui  étaient  au 
noiDhra  de  6.  Hais  en  passant  aux  animaux, 
quel  mécompte  dans  ce  budget  t  Nous  re- 
trouvons dans  tous  les  ostéozoaires  k  ver- 
tèbres céphaliques;  dans  les  mammifères, 
7  cervicales,  exc<?pié  dans  les  psresseni, 
où  ce  nombre  varie  de  7  ft  9.  Mais  les  di>r- 
sales,  les  lombaires,  les  sacrées  et  les  eoe* 
cygiennes  varient  en  nombre  d'une  maniera 
extrêmement  considérable,  tellement  qu'oo 
ne  peut  prosque  même  pas  lenir  compte 
des  vertèbres  coccfgiennes  d'un  individa 
fe  l'autre.  Les  vertèbres  cervicales  étant 
fixes,  tes  coccjgiennes  trop  variables  pour 
ne  pas  appuyer  évidemment  nuire  thèse, 
comparons  seulement  les  vertèbres  dor- 
sales al  lombaires  dans  quelques  groujies. 
Dans  l'homme,  le  total  est  de  17;  dans  un 
grand  nombre  de  singes  élevés,  comme 
les  guenons  et  les  eemni)[^ithèques,  le  toinl 
«.«l  déjfc  de  19;  dans  l'ours,  il  y  en  a  SO, 
li  dorsales  et  6  lombaires;  et  dans  un  ours 
jongleur,  mort  i  la  ménagerie  de  Paria,  il 
V  en  avait  31,  15  dorsales.  Dans  les  félîs, 
le  nombre  est  le  plus  souvent  de  20,  mais 
ce  sont  les  lombaires  ^ui  sont  en  plus;  il 

{'  en  a  7,  tandis  que  dans  les  hyène.s,  oH 
e  lolal  20  eiisle,  ce  sont  les  dorsales  qui 
sont  au  nombre  de  15  ou  de  16;  dans  un 
éléphant  d'Afrique,  le  nombre  est  de  23,  20 
dorsales  et  3  lombaires;  dans  le  rbinoté' 
ros,  le  total  est  le  plus  souvent  de  32,  19 
dorsales  et  3  lombaires;  dans  le  tapir,  33 
eu  2&,  18  dorsales,  et  5  ou  G  lumbaires;- 
dans  4in    hippopotame,  nous  n'en    avons 

RIns  trouvé  que  t9,   15  dorsales  et  k  lom- 
sires,  fli  pourtant  cet  animal  est  du  nièma 
groupa. 

■  Le  nombre  des  ▼ertèl)res  les  otus  Sxes 
est  donc  variable,  non -seulement  d'un 
groupe  h  l'autre,  mais  dans  le  mèmegroup*-; 
et,  SI  nous  avions  fait  entrer  la  considéra- 
lion  de  la  queue,  nous  aurions  vu  ce  noaibre 
varier  de  Vt  k  60,  30  quelques  h  50  quel- 

3 nés.  Ainsi,  il  y  a  des  singes  sans  queue,  et 
'autres  qui  ont  des  quenes  énormes  ;  dans 
les  cheiroplères  mêmes,  les  premières  es- 
pèces n'ont  point  de  queue,  et  les  dernières 
en  ont  de  plus  ou  moins  développées;  c'est 
même  un  bon  caractère  |>oor  la  dislinction 
des  petits  groupes.  Dans  les  amphibiens, 
les  batraciens  sont  sans  queue,  et  les  sala- 
mandres en  ont  une  très-longue,  et  ces 
deux  groupes  sont  voisins. 

■  Nous  avons  vu  que  la  plus  grande  mo' 
bilité  a  lieu  dans  les  vertèbres  des  mammi- 
fères en  allant  vers  la  qiieoe;  c'est  le  con- 
traire dans  les  oi-veaus  :  c'est  Je  cou  en 
effet  qui  offre  le  plus  grand  développe- 
ment et  le  plus  de  variété  dans  te  nombre 
des  vertèbres,  puisque  les  cervicales  varicnl 
de  13  h  33. 

.  ■  Darts  les  reptiles  et  les  poissons,  il  y  a 
un  bien  plus  grand  nombre  <ie  verièln-es 
caudales  surtout,  que  dans  Jous  les  autres 
vertébrés ,  et  dans  les  poissons  mêmes  il 
n'y  a  plus,  le  [ilus  souvent,  qu'une  seule 
cervicale,  tandis  que  le  (oial  dépasse  éuor- 
mémeul  celui  des  tnammifèrci.  Ainsi,  outr<] 


18V 


BOU 


nCt10N.>&IRB  AI>0L0GET1QUK. 


BOX 


In  ilivcrsité  du  nombre,  les  parti'  s  laria- 
l>le5  chan;;nDi  pour  chaijiie  classu.  puisque 
c'tisl  la  queue  dans  les  mammifërea,  le  cou 
dai\s  les  oîseôui,  l'un  el  l'aulre  dans  les 
{lOisson.s. 

c  L'unité  de  cooaposition  n'eiîste  donc 
pas  dans  la  colonne  vertébrale;  ta  irotive- 
runit-nous  mieuK  dans  la  série  des  siemè- 
bresT  Dans  l'espèce  humaine,  le  sternum 
est  coRifKisé  de  6  os  principaux;  dans  les 
ours,  lu  nombre  des  slemèbres  eit  déjji  de 
tt;  dnn»  les  tigres  et  les  lions,  il  est  de  10; 
dans  tus  ctiiens  de  9;  dans  les  éléphanta  el 
dans  les  rhinocéros,  ce  nombre  est  de  S 
ou  tt-,  dans  les  tapirs  de  9;  duos  les  taippo- 
potanes  de  8,  etc. 

•  Dans  les  oiseaux  le  sternum  est  soudé 
eu  une  Seule  pièce;  il  disparaît  dans  la  plu- 
i>art  d<;s  reptiles,  et  il  n'y  en  a  plus  de  traça 
dans  les  poissons. 

■  Nous  n'avons  pas  besoin  de  parler  des 
appendices  maxillsirea  ni  des  dents  qui  s'y 
trouvent  iaiplsntées:  il  y  aurait  là  trop  k 
dire.  Nous  ne  parlerons  pas  plus  des  cÂtes 
ni  des  cornes  cartilagineuses  du  sternum, 
les  premières  élanr  en  rapport  avec  les 
vertèbres  dorsales,  et  les  autres  avec  les 
bternôbres  et  les  cAtes.  Ûais  les  membres 
ou  ap|ieiidices  terminaux  nous  fourniront 
toujours  aussi  les  mêmes  faits.  En  effet, 
l'épaute  ou  la  racine  antérieure,  qui  ofTre 
deux  03,  la  clavicule  et  l'omoplate,  dans  les 
singes,  les  chéiroptères,  tes  inïuclivores , 
u'a  plus  de  clavicule  dans  les  ours,  les 
chiens,  etc.;  la  clavicule  reparaît  dans  les 
premiers  rongeurs  pour  disparaître  dans  les 
derniers  l't  dans  tous  les  ongulogrades,  tan- 
disque  dans  les  ornithodelptïes  il  v  a  Don- 
feulement  une  omoplate  et  une  clavicule, 
mais  un  troisième  os  analogue  à  l'iscliioa 
antérieur  des  oiseaux.  Les  oiseaux  eus- 
ijiémes  ont  ces  trois  os,aiusi  que  1h  plu- 
part des  reptili'S  et  des  poissons.  L'bumérus 
uisparatt  dans  Us  repiiles  apodesisou  ab- 
sence est  sans  douta  douleu:ie  pour  beau- 
coup de  poissons,  puisqu'on  n'est  pas  en- 
cure  d'accord  sur  la  $i;jniCcation  de  ces 
pièces  dans  cette  classe  d'animaux.  —  Le 
cubitus  est  réduit  à  l'olécraoe  dans  la 
plupart  des  mammil'ères  herbivores,  elle 
péroné  n'y  laisse  plus  qu'une  trace  ;  le  mé- 
tacarpe et  le  métatarse  y  sout  réduits  en  un 
seul  os  du  canon.  Dans  les  didelphes  et  les 
umithodelpbes  le  cutiitus  et  le  péroné  re- 
paraissent ,  et  dans  les  derniers  le  péroné 
môme  est  articulé  avec  le  fémur  comme 
dans  les  oiseaux,  ce  qui  n'a  jamais  lieu 
[lour  les  mamœil^res.  Le  cubitus  et  le  ra- 
dius disparaissent  dans  les  reptiles  apodes 
aussi  bien  que  le  tibia  et  le  péroné,  ce  qui 
a  éfjalement  lieu  pour  les  poissons,  au 
.  moins  pour  les  membres  postérieurs.  Les 
doigts  diminuent  dans  la  classe  des  mam- 
mifères,  et  même  dans  chaque  groupe, 
jusqu'à  n'en  présenter  plus  que  deux  dans 
l>.'3  ruminants,  et  un  seul  apparent  et  com- 
plet dan»  les  solipëdes,  tandis  que  dans  les 
cOliicés  CCS  mémos  duigls,  au  nombre  de 
cinq,  ont  quelqucfjis  Juatju'à  cinq  plialan- 


g«s ,  au  lien  que  H»  autres  maimmf^ 

u'c-n  ont  jamais  que  trois.  Dans  les  didd- 

thes,  les  doigts  reparaissent  auaai  au  nom- 
re  de  cinq,  et  le  pouce  postérieur  redr- 
rient  séparé  des  autres  doigts,  et  préhensile 
en  outre  ees  animaux,  comme  les  orDiibo- 
delphes,  ont  deux  os  particuliers,  oomaiéi 
marsupiaux ,  qui  leur  sont  uoiqaemeat  pn»- 

Cres.  Lea  oiseaux  ont  également  de  quatre 
deux  doigts;  les  reptiles  en  ontjusqa'ï 
cinq,  et  dans  les  iioissons,  où  ils  soot  prth 
fondement  modifiés  pour  fa  nage,  cesdoig'iS 
et  leurs  phalanges  sont  eo  nombre  presqut 
iodéCini.  Outre  l'absence  d'un  graud  nom- 
bre de  pièces  chez  les  i>oissons ,  nous  uvu- 
Tons  dans  leur  appareil  branchial  beaneoup 
de  pièces  dont  li  sigoibcaliun  n'a  pas  en- 
core été  rigoureusement  déterminée,  et  qui 
paraissent  uniquement  propres  aux  pois- 
sons, 

€  Le  nombre  dos  pièces  du  système  os- 
seux, celui  des  parties  de  ces  pièces  nesoiit 
donc  i>as  les  mêmes  ,  non-seulement  pour 
tons  les  squelettes,  mais  encore  pour  leurs 
parties. 

«  Le  système  musculaire,  se  dédutsasl 
du  système  osseux,  nous  prouve  comme 
lui  que  l'unité  de  composition  n'existe  pas. 

■  Les  appareils  digestif,  respiratoire, 
circulatoire  it  générateur,  nous  fourniraient 
absolument  les  méuius  résultats,  aussi  biuu 
que  le  système  eiiitnteur  nerveux.  Qu'il 
nous  sumse,  pour  abréger,  de  ne  coosidé- 
rer  dans  ce  dernier  système  que  la  pirtie 
encéphalique.  Dans  I  homme,  le  corps  cii- 
loui,  ou  commissure  des  hémisphères  e*' 
arrivé  &  son  plus  grand  iJéveloppemfDtiiN 
hémisphères  et  les  circonvolutions  soct 
aussi  parf,ii  s  qu'ils  peuvent  l'être,  ces  b,- 
misphèies  rud'uvrcni  tout  le  realo  del'vu- 
cépliale.  Le  cervelettslaussi  très-dé vi;lo|>i^ 
En  arrivant  aux  maniuiifères  moaodeliM 
nous  trouvons <Jéjh  unedimiiiutioaduioiici 
les  parties,  et  diins  les  rougeurs,  lesUèn^s 
surtout,  l'absence  complète  de  circonioW- 
tions.  I)nns  les  diJelphes,  le  corps  calleux 
est  réduit  à  sa  pIuS  simple  expression,  tl 
les  autres  parties  également  diuiiuuécs  1:11 
proportion.  Dans  les  oiseaux  ,  le  corps  cal- 
leux a  entièrement  disparu  ;  les  divenet 
parties  du  cerveau  sont  réduites  i  un» 
série  de  petits  ganglions  dont  la  sigi<i- 
lication  n'a  pas  pu  être  suffisamment  uiêi 
pour  pouvoir  être  acceptée  généraiemcnl. 
Il  en  est  de  même  Jusqu'aux  poissons,  >t 
enfin  les  arlicutés  n'ont  plus  qu'un  simplt 
pet.t  ganglion  susoesophagien.  Il  n'yadi,>uc 
pas  là  encore  unité  de  composition. 

*  Nous  venons  de  voir  qu'il  est  Iidikmn- 
hle  de  trouver  dans  chaque  apiureil  le  luénie 
numbrti  d'organes,  et  dans  les  organes  eux- 
mêmes  toutes  les  mêmes  parties  el  l«s  nié- 
mes  tissus;  mais  bien  [dus,  beaucoop  u'ai^ 
pareils  mêmes  disparaisseut  dans  les  ani- 
maux inférieurs.  Il  résulte  de  là  qu'il  nya 
unité  de  com(K)si(JoQ  ru  pour  les  or%»ir< 
ni  pour  les  api>areils.  11  en  résulta  qae  '•* 
ibése  n'est  pas,  plus  soulenable  jour  If* 


DHmOT«AIRB  APOLOGETIQO& 


U» 


fondions ,  pniiqa'elles  se  déJuiseol  de  l'or- 

fonisme. 

■  Pour  résonner,  le  nombre  des  éléments 
ïJTiiiiles  el  de  leurs  combina ismis  pu  des 
principes  immédiats  varie  aussi  bien  que 
leurs  firopriélés,  non-suulemenl  ilans  cha- 
i|iie  groapfl  d'animiiuT,  mais  soaveni  dans 
Ici  's^feces  du  mèiaa  groupe.  La  slructure 
■iialoiuique  des  tissus  n'est  pas  la  mfime 
ehti  tous,  les  snimaui  ;  le  nombre  des  tis- 
5ii!>,  lenrs  pmfiriélé^,  el  par  conséquent 
Ibiircomposiiion  iotioifl,  rarie  non-seule- 
Rieal  pour  les  grands  gronjies,  non^seule- 
Bient  poar  des  appareils,  mnis  encore  pour 
le  même  organe  pris  k  divers  degrés  de  la 
S4^rie. 

•  Les  mtmes  apporeils  ne  dilTèreDl  pas 
feulement  par  la  f)rO|>orlion    des   organei 

3 ni  le  composent,  mais  manquent  souvent 
e  plnsieurs  organes.  Ces  organes  eux- 
mêmes  ne  diffèrent  pas  seulement  sous  la 
rapport  du  degré  de  développement  ;  car, 
outre  leur  absense  complète,  il  manque 
souvent  aux  mêmes  orj^anes  plusieurs  tis- 
sus el  des  parties  qui  se  trouvent  dans  1rs 
autres  animaux,  el  qui  leur  permettent  des 
fouctions  dont  les  animaux  qui  n'ont  pas 
l'urgane  complet  sont  privés.  Ces  faits  sont 
Trais  de  Ions  les  appareils  comme  de  tous 
Ws  organes  (âOÂ9).  > 

Nous  sommes  xIodc  toa^é  6  conclure  que 
l'utiité  de  composition  n'existe  pas  dans 
lu  régne  animal,  e(  même  qu'il  j  s  des 
5|i('eiatités  de  composition  pour  chaque 
efpèce;  l'existence  de  l'espèce  se  trouve 
ilouc  par  Ift  démontrée.  De  nouvelles  eonsi- 
ilér^tions  vonifortiQer  cette  dernière  con- 
•éjutnce. 


n  D>  a  psa  d'imltt  de  Sirme  dsns  le  rtgne  inimal 

Il  esi  démontré,  nous  venons  de  le  voir, 
"le  l'unité  de  eomposilîoii  n'existe  pas. 
iecltercboas  k  présent  s'il  y  a  unité  de 
irme  et  unité  de  plan  dans  le  règne  ani- 
l'if.  Etudions  d'abord   la  Torme. 

Nous  ne  saisissons  les  ètru-s  et  nous  ne 
irveiions  h  les  distinguer,  et  par  suite 
les  conoaltre,  que  par  leurs  formes.  Or, 

forme  est  la  limite  effective  de  chaaue 
sence,  limita  déterminée  par  ce  qui  Jis- 
igue  spéciQ'luement  chaque  essence  de 
ute  autre,  la  réalise  sous  les  conditions 
<  retendue ,  el  la  rend  ainsi  arcessible 
X  sens,  en  sorte  que   l'on  peut  dire  en 

sens  Térilable  :  la  nature ,  c  est  la  forme; 

forme,   c'est  la  nature. 
!i'il    est    une  chose  évidente ,  c'est  que 

ûlénients  divers,  Its  tissus,  les  organes, 

appareils,  qui  se  comliincnt  pour  cous- 
jer  l'organisme  animal,  se  piésentcnlà 
113  SOU5  des  formes  di'U'rminées,  coiis- 
(es  et  loujourit  les  mêmes,  uun-seule- 
iit   |>oar  un  môme  grou(>e,  mais  encore 

;059)  Tbèêe  pour  U  ilcaaTMt  h-!^fiaice*  naïKrd-     ic  noire  saontami;  c'est  puiser  au\  mciflciWCï 
llSil),  MMeniie  par  H.  l'aklw  Hanpieil.  tSou»      sources  Je  la  scii-uce  cl  Je  ta  traie  n!iilosoplii4 
* '^"'i  cinpruBikâi-t^ieic-llciil  tiaiatl 


pour  chaque  espèce  animale,  sans  quoi 
toute  science  serait  impossible.  Or,  retrou- 
vons-nous li  une  génération  successive  de 
formes  qui  puissent  conduire  de  l'une  à 
l'autre  T  Le  règne  animal  nous  présente 
trois  grands  types  de  forme  générale  :  l'a- 
morphe, la  rayonoée  et  la  forme  paire. 
La  forme  géométriquement  indéterminée, 
que  poar  cela  on  appelle  amorphe,  et  qui 
est  celle  des  éponges,  est  sphériqoe  k 
l'origine  dans  les  uscules  de  ces  soimaai  : 
l'agrégation  la  déforme.  Sans  doote  la  géo- 
mélrie  peut  faire  découler  la  forme  rajon- 
née  de  cette  forme  sphérique  ;  mais  au  delà 
elle  n'a  pas  de  principes  pour  faire  natlre 
la  forme  d'un  Ter  de  terre,  pareiemple, 
de  cell«  d'une  étoile  de  mer  ou  d'une 
faydre,  bien  que  la  distance  ne  soit  pas 
encore  très^rande  entre  ces  animaux  ctm- 
sidérés  dans  les  fonctions  et  les  actes.  Que 
sera-ce  donc  si  on  arrive  6  un  renijle, 
un  oiseau,  ft  un  mammifère  T  Quelle  ana- 
logie de  forme ,  à  moins  de  tout  confondre, 
pourra-t-on  y  démontrer  T  Nulle  sans  doute. 
Hais  sous  le  même  type  de  forme  géné- 
rale, dans  les  zîgomorpbes,  par  «lemple, 
comment  la  forme  d'une  huître,  qui  a 
«ssez  d'analogie  pour  être  rapprochée  des 
rayonnes  et  pas  assez  pour  leur  appar- 
tenir, engendre-l-elleuii  mollusque  nnival- 
ve,  où  la  tête  est  distincte,  armée  do 
tentacules,  etc.,  tandis  que  l'hullre  n'a 
plus  de  fite  et  possède  une  coquille  i  deux 
valves?  Comment  ces  deux  valves  *e  sont- 
elles  modïQées  pour  n'en  former  plus 
qu'une  T  On  a  préleitdu ,  il  est  vrai .  el 
c'est  bien  h  tort,  que  l'opercule  pouvait 
être  considéré  comme  une  valve;  mais, 
dans  ceux  qui  n'ont  point  d'optrculer  où 
est  l'autre  valveT  Les  plus  élevés  des  mol- 
lusques, comme  'es  sèches,  les  poulpes, 
apr-artiennent  h  la  forme  générale  paire  et 
nu  même  typed'oi^anisation  que  les  huîtres. 
Cepen-lant,  qu'on  cherche  k  déduire  leur  for- 
me détaillée  de  celle  de  l'huître,  et  l'on  verra 
quelle  difficulté  on  aura  h  ramener  no 
animal  k  tête  el  à  tronc  distinct  ,  k  ten- 
tncules  servant  i  la  locomotion ,  k  orgo- 
nns  des  sens  spéciaux  et  sans  autres  ins- 
truments de  locomotion  qu'un  tissu  con- 
tractile et  un  seul  muscle  transverse  qui 
se  borne  è  fermer  les  valves.  L'eau  est 
pourtant  le  séjour  commun  de  ces  animaux  ; 
comment,  si  tes  milieux  déterminent  les 
formes  ou  la  nature  des  organes,  ce  qui 
est  la  même  chose,  peut-il  y  avoir  une 
différence  totale  entre  ries  animaux  qui 
habitent  le  même  milieu?  Mais  que  serait- 
ce  s'il  fallait  déduire  de  la  forme  d'une 
huître  celle  liien  plus  complexe  d'un  arti- 
culé et  d'un  ostéozoairef 

Ce  n'est  pas  seulement  dans  les  types 
et  dans  les  groupes  que  la  (orme  «si  si 
distincte  et  si  dilTûrenle  :  elle  l'est  même 
dans  les  genre»  et  les  es[ièces;  le  vulgaire 


ilO» 


ncnONMAlBE  APOLOGETIQUE. 


DOM 


nu 


lie  s';  (rompe  jamsi.s.  Personne  ne  con- 
lundra  le  (j«are  tapir  afec  le  gpnre  éléphaol, 
ou  Gelui-ci  atec  le  genre  cheval.  Un  enfiint 
qui  a  vu  les  eafièces  du  genre. eheval  oe 
confondra  jamais  un  Ane  avec  un  cbeval: 
les  allures  du  dernier,  qui  tiennent  5  sa 
formelles  oreilles  du  pre-iiier,  qui  sont 
dans  le  mËBie  cas;  la  queue,  diiïérente 
dans  l'un  el  dans  l'autre  parle  nombre,  le 
port,  et  la  disposition  des  crins;  et,  mieux 
encore  que  tout  cela,  le  simple  aspect, 
sans  remarque  d'aucun  caractère  spécial, 
ne  lui  permettra  jamais  d'erreur  dans  son 
jugement.  Cette  forme  est  si  inhérente  à 
cfaaaue  espace ,  que  lo  mulet  du  cheval 
et  de  l'Ane  lient  de  la  forme  des  deuT. 
C'est  qu'il  y  a  une  vérité  profonda  que 
l'un  peut  regarder  comme  \9  luse  de  toute 
la  science  :  la  lialure,  c'est  la  forme;  la 
furme  c'est  la  nslure;  la  forme  embrasse 
tout.  En  cETet,  les  éléments  chimiques  qui 
composent  les  corps  organisés,  &  l'éiat 
gazeux,  liquide  ou  solide,  ne  peuvent  pas 
sans  doute  être  considérés  comme  ayant 
une  forme  ,  puisqu'il  n'y  a  pas  arrangement 
de  parties  diverses;  mois,  sitAt  qu'il  j 
aura  combinaison ,  la  forme  pourra  appa- 
raltrei  et  dès  lors  les  tissus  auront  toujours 
leurs  formes  spéciales,  qui  les  tiistinguenl 
les  uns  des  autres.  Il  en  est  de  même  des 
organes  et  des  appareils.  Les  formes  seules 
sont  saisissables ,  et  jaiusis  la  substance 
intime.  Les  formes  élémentaires  se  com- 
binent pour  former  les  tissus,  les  tissus 
ou  les  formes  tcxtuloires  se  combinent  à 
leur  tour  pour  former  les  organes;  les 
formes  des  organes  se  combinent  de  nou- 
veau pour  former  les  apfiareils ,  el  les 
forçnes  des  appareils  s'agencent  daiifc  le  plan 
de  l'animal  pour  lui  donner  sa  forme  et 
nous  rendre  le  tout,  aussi  bien  que  les 
détails,  sensible.  La  nature  est  donc  la 
fiirme,  et  la  forme  est  la  nature.  De  là 
résulte  que  toute  modifi<:aliondans  la  forme, 
soit  générale  soit  particulière,  entraîne  né- 
cessairement une  autre  modiGcstion  con- 
séquente et  proportionnelle  dans  la  nature 
intime  de  tout  crganisme.  Ce  qui  nous 
ramène  6  conclure  que ,  puisqiril  ii'.y  a 
pas  unité  de  forme,  il  n'y  a  pas  non  plus 
unité  de  composition ,  non-seulement  géné- 
rale, mais  encore  snéciUque;  en  second 
lieu, qu'il  n'y  a  pas  plus  unité  de  plan  gé- 
néral, et  que,  dans  un  plan  fondamen- 
talement un,  il  y  a  autant  île  variétés 
dans  son  unité  que  dans  les  formes,  puis- 
que la  forme  n'est  en  définitive  que  le 
résultat  de  l'arrangement  des  diverses  par- 
lies  du  plan  ;  elle  en  traduit  riurmunio 
«t  D'en  est  que  l'ensemble. 


|T. 


T  ■-(-il  vailt  de  pUn  dins  le  rtgne  «nimlt 

L'unité  de  plan  existe-t-elle?  Nous  venoni 
de  démoDÎrer  que  l'unité  de  fernae  u'existe 
pas  plus  que  Vunité  de  compoeilion;  or, 
ta  forme  traduit  le  plan  ;  nous  serions  doue 
fondé  à  nier  tout  de  suite  l'unilé  du  plan; 
Biais,  comme  on  a  insisté  sur  cette  uuité 
de  plan,  nous  allons  l'examiner  ea  ell<^ 
même. 

Que  faut-il  entendra  par  plan  et  par  uniid 
de  plan  (2060)  T 

Le  plan  peut  6*enten<}re  des  chose."  ma- 
térielles comme  des  choses  intellecluclU^ 
Le  plan  entendu  des  choses  matérielles  est 
la  disposition  des  matériaux  divers  entre 
eux  et  de  leurs  agrégations  entre  elles  pour 
former  un  tout  déterminé  peur  qd  but  tl 
une  lin  arrêtés. 

Entendu  dos  choses  inlellecluelles,  le 
plan  est  U  disposition  ou  mieux  l'harmonisi- 
tion  logique  des  idées  et  des  pensées  [«ur 
arriver  à  la  manifestation  ou  a  la  démons- 
tration de  tout  ce  qui  est  vrai,  beau  et 
bon  :  d'où  il  résulte  que  tout  plan  est  ho 
argument,  un  syllogisme  véritable,  el  que 
tout  plan  même  matériel  est  nécessaire 
ment  intellectuel  à  son  origine  et  conçu 
avant  d'être  exécuté.  Ainsi,  daos  les  cho- 
ses matérfelles,  le  plan  d'un  édiOce,  par 
exemple,  est  la  disposition  des  matérîaut 
premiers  pour  former  les  dîversss  partit» 
de  l'édilice  ,  et  en.  second  lieu  la  dispo- 
sition rationnelle  de  ces  parties  eulre  elles 
four  rendre  l'édiftce  propre  et  convenable 
la  Gn  qu'on  se  propose.  Hais  il  est  évi- 
dent ^ue  le  plan  générai  doit  être  couço 
dans  I  intelligence  de  l'architecte  arant  qu  ii 
puisse  songer  au  choix  tt  è  l'ennplui  des 
matériaux,  r.'esl-à-dire  que  son  esprit  «il 
conçu  le  syllogisme  île  l'édiQce- 

Que  sera  ici  l'unité  du  plan  ?  Comat 
le  pian  n'est  que  la  dispositioa  dtis  m- 
tériaui,  toutes  les  fois  que  pour  deuitdi- 
Gces  la  disposition  générale  sera  la  mène, 
le  plan  sera  un,  quelque  réduites  quesuient 
les  parties.  Il  pourra  bien  y  avoir  des  mo- 
di&caiions  particulières  pour  des  buissF>é- 
ciaux;  mais  tant  queio  disposition  générale 
demeure  intacte,  bien  que  les  plans  ne 
soient  pas  complètement  identiques  à  cans* 
de  la  différence  dans  la  subdivision  des 
parties  par  exemple,  l'unité  fondameoUle 
existe  toujours.  Si  lût ,  au  contraire,  quels 
disposition  générale  vient  A  changer,  le 
plan  n'est  plus  le  même,  et  il  nt  im- 
possiblo  non>sealemeut  d'y  démontrer, 
mais  même  d'y  concevoir  unité.  L'unité 
de  plan  doit  s  entendre  de  la  mêmemB- 
iiièro  lions  l'ordre  intellectuel  :  il  y  au.'a 


(2060)  Si  nous  aiiilysons  t'idén  de  plan,  nous 
trouverons  qu'au  fond,  un  \i\an  n'est  que  la  disut)- 
alitvn  rationnelle  de  matérîaui  divers  pour  un  but 
ttéterminé.  C'est  pour  cela  même  que  le  mot  plaa 
a  pu  passer  dans  le  langage  en  des  acceptioiiii  ilivttr- 
va,  quoique  au  fond  les  niâmes,  soit  ^u'il  s'agissû 
d'o^iaiioiifl  inalériellcs  ou  d'opérations  intcllrr- 
tui'itcs;  car  touluopcialion  d'une  itilulltj^i'iict:  ailive 


a  iiéi^iïESaireinenl  un  but,  et  les  moyens  de  rillcîii- 
drc  peuvent  toujours  se  rêsnudre  en  on  plan  ou  tm 
une  disposiiion  des  élémcnls  divers  eroployés.  Cesl 
encore  pour  cela  qu'on  dit  dans  la  iao^age  fauiilïev; 
it  a  bieu  fait,  bien  combiné,  bien  arrêté  sou  (ria*. 
Ce  qui  veut  dire  :  il  a  parfaitement  clioisi  les  nal* 
Inurs  moyens  poui-arriTur  à  son  l)ul. 


Ci5 


non 


ncnoTnuiRE  AftH^oGcnoiie. 


BOM 


W* 


unité  fondainenlalB  de  plan  leules  tes  fois 
qqelcs  pensées  et  les  faits  s'harmoniseront 
tt  s'enchatueront  dans  le  mâme  ordre  logi* 
que.  Ainsi  Homère,  roulant  montrer  aux 
Grecs  les  funestes  suîles  de  la  colère  d'ua 
bomme  imissaol  et  les  tristes  vffels  de  la  dis- 
corde entre  '.es  chefs  des  peuples ,  ra  puiser 
daos  leur  histoire  mfime  tous  lei  éléments 
de  sa  poétique  démons) ration.  L'injure  faite 
i  Achille  provoque  son  courroux;  son  cour- 
r<>utmolive  son  repos;  les  suites  de  son 
repos  sont  les  nombreuses  défaites  des 
Grecs  ei  la  mort  d'un  ^rand  nombre;  le 
cit;l  même  s'intéresse  i  la  discorde,  et  les 

fittis  grands  maui  régnent  à  la  suite  dam 
e  ciefcomme  surla  terre.  Cependant  lerppos 
d'Acliille  détermine  Patrocle  h  combattre; 
la  mort  de  Patrocle  fait  reprendre  les  ar- 
mes i  son  ami,  et  le  Irépas  d'Hecior  assouvit 
la  fureur  d'Achille.  Il  j  a  là  une  série 
d'éTéneuients  qui  s'enchnlneot  avec  ordre 
et  naissent  les  uns  des  autres,  en  pertuel- 
tanl  h  un  poète  de  chanter  les  dieui,  la 
gloire  de  sa  nation,  et  de  donner  des  legoas 
aux  hommes. 

Si  nous  comparons  i  ce  plan  celui  de  l'E- 
néide, nous  Terrons  qu'il  est  fondamentale- 
ntent  le  même.  Le  but  du  poëie  latin  est  de 
chanter  toutes  les  rertus  que  l'on  peut  dé- 
sirer daus  l'homme  et  dans  le  prince  sccom- 
(  ti,  et,  {lar  )è,  de  rekTer  la  grandeur  des 
Komiins,  qui  descendent  de  son  héros.  La 
luifin  de  Troie  force  Enée  Jk  quitter  son 
pajs.  Ld  discordd  règne  entre  les  dieux  k 
son  siijct;  le  courroux  des  uns  le  poursuit 
è  trdTers  tous  les  dangers,  et  la  protection 
tles  autres  arrache  sa  vertu  à  tous  ces  dan- 
gers. Il  arrive  enfin  h  la  terre  hospitalière 
que  k'S  destins  lui  ont  marquée;  mais  ici  se 
rui.oav  elleut  le  ilan  et  tes  scènes  de  iiliade, 
lir.ilis  que  ia  première  partie  renouvelait 
VOdtjute.  Le  plan  est  donc  le  même  au  fond, 
iiiâi>  il  n'est  pas  identique;  la  disposition 
générale  des  événements  est  la  même,  les 
circonstances  seules  varient  avec  les  heau- 
r-s  de  détails.  Nous  pourrions  eu  dire  au- 
aiil  de  la  Jérusalem  àéliorét. 

Si,  au  contraire,  l'enchalnemenl  logique 
ïes  faits  et  des  événements  était  différeul, 
ijrs  plans  le  seraient  aussi,  et  l'on  ne  s'ac- 
^o^d^•^ait  pas  &  dire  qu'au  poëte  grec  appar- 
ient le  mérite  de  l'ioveniion,  et  à  ses  deux 
ucccEseurs  celui  du  perfeciionncment  dans 
es  détails,  en  transportant  l'édiUce  dans  d^s 
eiups,  des  lieux,  et  des  circonstances  dilTé- 
•'II  lus. 

A|'rës  ces  coQsîdérations,  que  sera  te  plan 
laiis  le  règne  animal?  ETJdemme.at.  la  dis- 
>osilioades  tissus,  des  organes  et  des  appa- 
trils.  pour  former  un  tout,  pour  uu  but 
rrâlé  et  des  circonstances  déterminées. 
Ainsi,  tant  que  la  disposition  générale 
ïra  ja  même,  quelque  réduites  que  soient 
;s  parties  du  plan,  il  sera  le  utSme  au  fond, 
ien  <|ue  varianl  dans  ses  moditicit lions  pour 
■■is  fias  particulières  et  spéciales;  niais  la 
lïjKisilion  générale  venant  à  changer,  le 
-in  n'est  plus  le  même,  et  il  est  impossible 
y  détooatrer  unité. 


Cela  posé,  le  règne  animal  nous  offre  \ 
considérer 'SU  tant  de  plans  généraux  que  de 
formes  générales,  et  dans  ces  plans  géné- 
raux autant  de  modiGcations  que  de  formes. 
Celte  vérité  ressort  de  ce  que  nout  avons 
démontré  pour  la  forme.  Il  v  a  trois  formes 
générales  distinctes,  donc  aussi  trois  grands 
plans  :  le  premier,  dans  lequel  le  corps  et 
ses  parties  sont  partagés  en  deux  cAtés 
éganx,  et  par  paires  similaires  te  long  d'un 
plan  longitudinal;  le  second,  oA  ces  parties 
se  disposent  radiairement  autour  d'un  cen- 
tre, pris  dans  le  corps  lai-mème,  devenu 
circulaire;  et  enfin  le  troisième,  dans  lequel 
le  plan,  pas  plus  que  la  forme,  ne  peut  être 
détini,  à  défaut  de  régularité.  Or,  il  est  géo- 
métriquement impossible  de  démontrer 
qu'un  plan  longitudinal,  plusieurs  fois  ré- 
tréci et  dilaté  dans  sa  longueur,  et  portant 
des  appendices  divers  et  des  formes  varia- 
bles, dérive  d'un  cercle,  pas  plus  que  le 
cercle  d'un  même  plan  longitudinal. 

L'unilé  de  plan  n'existe  donc  pas  plus  qoo 
l'unité  de  forme,  jias  plus  que  l'unité  de 
composition  ;  et  comme  n-ms  t'avons  fait 
pour  la  composition  et  la  forme,  nous  pour- 
rions suivra  tout  aussi  bien  la  démoustra- 
lion  jusque  dans  les  es|>èces.        _ 

Mais  de  l'exisience  même  de  plans  divers, 
de  plans  spéciaux  et  pour  un  but  général, 
ressort  une  conséquence  da  la  plus  haute 
importnnce.  En  effet,  puisqu'il  existe  des 
plans  divers,  saisissahles  et  géométrique- 
ment démontrables,  dans  le  règne  animal,  et 
qu'il  est  dans  la  nature  de  tout  plan,  même 
malérid,  et  surtout  matériel,  d'être  néces- 
sairement primitivement  intellectuel  et 
conçu  a^aut  d'être  exécuté,  il  est  rigoureux 
d'en  conclure  qu'il  exista  une  inleiligence 
qui  a  conçu  ces  plans  divars  avant  de  les 
exécuter  pour  un  but  général. 

fiireniii  de  pluiduwle  rèpwaaku]. 

Nous  venons  de  voir  qu'il  n'y  a  pas  unité 
de  pisn  dans  le  rè^ne  auimal;  l'anatomie 
comparée  et  la  zoologie  nous  déaiontrent, 
en  eifet,  qu'il  7  a  cinq  plans  généraux  dif- 
férents, com:Lie  il  y  a  cinq  grands  lyi»es 
d'organisation.  Haïs  dans  chaque  plan,  qui 
est  un  pour  tout  u>i  type,  il  y  a  encore  mo- 
dlBcations  et  variétés  harmoniques  pour  des 
lins  diverses,  autvaol  les  groujies  et  les  es- 
pèces. Coe  fois  donc  prouvé  qu'il  n'y  a  [las 
unité  de  plan,  ces  variélé.s  harmoniques 
viendront  prouver  encore  que,  dans  la  pian 
typique,  bien  qu'il  y  ait  unité  tondamen- 
lali-,  il  n'y  a  pas  pourtant  identité,  mais 
variété,  ï  cause  de  la  différence  dans  te 
nombre  et  la  subdivision  des  parties  pour 
un  but  et  di-s  usages  divers,  et  par  consé-^ 
quent,  loin  d'élre  un  argument  favorable  à' 
runiié  de  plun,  ce  ne  sera  que  lacontirma- 
tion  de  noire  ilièse. 

Si  les  principes  que  nous  avens  -posés 
sont  logirjucs  et  rtguureuï;  si  l'on  se  rap- 
pelle ce  que  le  simple  vulgaire  juge  du  la 
forme,  la  furme  seule  sulTiriiit  encore  à  l'é- 
tablisscmer.1  de  uotre  thèse,  car  la  fonne 


i:i4i 


DICTIONNAIRE  APOLOOETIQOE. 


tloniine  la  matière,  et  tj  domine  tulfeiDeiit, 
qu'en  toute  chose  nous  ne  saisissons  et  ne 
l)ouvon5  jamais  saisir  que  la  forme,  sans 
nu'ij  nous  soit  donné  de  pi^nélrGr  dans  l'in- 
tiinilé  lies  substances.  Ci^penilant,  comm« 
nous  devons  tendre  6  rendre  noLre  sr|;u- 
lOenl  palpable  à  tous,  nous  clioïsiions  deux 
siemples  pour  démontrer  la  diversité  de 
plans  dans  chaque  groupe  non-seulement 
d'un  même  type,  mais  d'une  même  classe  : 
ainsi  tes  carnassiers  et  les  ruminaols. 

Dans  ces  deux  groupes,  les  mœurs  et  les 
genres  du  vie  sont  bien  tranchés  el  tolale- 
inent  diU'érenls.  Or,  si  l'oreanisme  est  l'ios- 
IrutBunt  des  uœurs  et  delà  vie,  el  s'il  j  i 
liarmonie  outre  elles  rI  lui,  il  s'ensuit 
<ju'ici  les  deux  organismes  doivent  être 
divers.  Et,  un  elTettles  ruminants  se  nonr- 
rissenl  d'herbes  abondantes,  ils  sont  timides 
el  n'ont  point  ou  presque  pniiil  de  défenses; 
la  fuite  et  la  retraite  sont  leur  salut.  H  fal- 
lait, pour  leur  conservation,  que  leur  orga- 
nisme ré|iondtt  à  toutes  les  exigences  de 
leur  position.  Or,  ils  ont  un  système  dif^es- 
tif  qui  leur  est  uniquement  propre,  qui  leur 
l'.ermct  de  prendre  è  la  hâte  une  grande 
quaittilé  de  nourriture,  pour  aller  ensuite 
la  digérer  à  l'aide  dans  la  retraite  ;  leur  sys- 
tème dfntaire'est  eu  rapport;  il  est  propre 
à  broyer  l'herbe  el  h  la  moudre,  pour  ainsi 
dire.  Tous  les  organes  sécréteurs  sont  dé- 
veloppés en  proportion  du  Iravoil  exigé 
])Our  Iransformer  la  substance  végétale  en 
eutislanue  animale.  Le  sens  de  l'ouïe  est  t'ait 
pour  SLTvir  leur  limidité;  et  les  membres, 
par  la  modiScatiou  des  pièces,  uu  humérus 
i't  un  fémur  Irès-courtf,  des  avant-tiras  et 
des  Jambes  plus  longs  et  d'une  seule  pièce, 
la  réducliuu  des  Ok  nombreux  du  méta- 
carpe et  du  méiaiarse  en  un  seul  levier  plus 
long,  les  phalanges  des  doigts  plus  fortes  et 
ces  doigts  moins  nombreui,  n  appuyant  sur 
)e  sol  que  par  l'exlrémilé,  et  donnant  ainsi 
(le  l'élungalion  au  membre,q<ii  n'est  qu'une 
suite  de  ressorts  tendus  et  de  leviers  vigou- 
reui)  les  muscles  devenus  moins  nombreux 
et  (l'aulant  plus  gros,  plus  forts  el  plus  in- 
fatigables, Tiennent  merveilleusement  favo- 
riser leur  fuite,  eu  obéissant  aux  avis  de 
l'oreille,  el  s'harmoniser  ainsi  avec  les  pro- 
priétés de  leur  estomac. 

Dans  les  carnassiers,  au  contraire,  destî* 
Dès  à  se  nuurrir  de  chair,  l'usiomac  a  beau- 
coup perdu  de  sa  complication;  ce  n'est 
èvidjcmaient  plus  la  même  |ilan  identique; 
il  n'y  u  plus  que  la  partie  digeslive  essen- 
tielle; le  nanat  intestinal  est  beaucoup  plus 
vourt  et  moins  compliqué.  Uais  le  système 
deutaire  a  dû  se  oiodilier  en  conséquence  ; 
il  «  dû  acquérir  en  nombre,  en  force  et  en 
acuité,  r«  que  l'estomac  a  perdu  en  compli- 
cation; les  organe.1  séL-réleurs  ayant  moins 
i<c travail,  ont  diminué  en  proportion;  l'o- 
reille n'ayant  plus  à  recueillir  les  cria  de 
l'eooeiDi,  u'est  plus  ni  si  mobile,  ni  si  dé- 
voloppét)  dans  s«  conque;  l'odorat,  qui  de- 
vait montrer  la  trace  de  la  proie,  s'est,  au 
contraire,  perfectionné.  Les  membres,  et 
surtout  leurs  extrémités,  ont  dil  venir  aussi 


nu  secours  du  système  digea'if  peur  liiler 
el  è  saisir  et  h  préparer  la  proie  :  jcun 
mouvements  en  divers  sens  sont  plus  unn:- 
breux,  les  doigts  et  les  muscles  plus  sciu- 
res; ils  peuvent  saisir  et  déchirer.  UrUs 
el  cruels,  la  ruse  plus  que  la  course  d«Tiit 
les  rendre  victorieux;  tont  leur  corps  i:>l 
mndilié  pour  se  tapir,  s'allonger  au  l«s{iiti, 
s'ai'qiier  stir  lui-même,  et  seuétauJre  |>ou( 
sauter  sur  la  proie;  leurs  membres  neioJ 
point  faits  |>nur  la  course  ;  re  n'est  que  f:t 
sauls  et  par  bonds  qu'ils  poursuivent  ut 
proie  qu'ils  n'atteignent  presque  jamaisàii 
course.  Aussi  leurs  proportions,  le  DOmlm 
et  la  forme  des  parties  sout-elles  aussi  dit 
férentes  de  celles  des  ruminants  que  it 
reste. 

Ce  n'est  pas  seulement  pour  chtq» 
groupe  qu'il  y  a  diversité  de  plans  :t>^l 
encore  pour  chaque  espèce.  Si  c-.eiit  <lirtr- 
sîlé  de  plans  est  moins  palpable  et  molDi 
frappante  pour  les  espèces  «oisim-s,  e"c 
l'est  pourtant  assez  pour  fournir  de*  carac- 
tères propres  à  les  distinguer,  et  ae  ]«r- 
mettre  jamnis  do  les  confoudre,  non-seuif- 
ment  aux  hommes,  mais  même  aui  ani- 
maux. Un  choval,  par  exemple,  ne  cofifutid:^ 
jamais  un  chien  avec  un  Iqup.  Uais  i|ui 

fiourrait  confondre  une  marte  avec  une 
oblre,  qui  n'est  qu'une  marta  aquiliquc! 
Qui  confondrait  la  musaraigne  du  Cap,  mo- 
difiée  pour  sauter  comme  les  saulereliei. 
dont  elle  se  nourrit,  avec  la  rou&arai^i» 
aquatique,  dont  la  queue  est  une  riiD«.  d 
les  pieds  sont  palmés;  et  ces  deux  es|4cM 
Avec  notre  petite  musaraigne,  si  diffi^renli' 
dans  ses  proportions  f  Toutefois,  si  lout<^ 
les  parties  de  l'organisme  oe  déinonireiii  r  > 
toujours  celle  variéié  haruioiiique  deplaa. 
ce  qui  fait  le  carnclère  fond.imHiilaldel't- 
|)ècL',  selon  nous  la  génération  la  déiiioair 
assez.  Les  org.iiies  de  la  Kénérallmi  ii:' 
faits  dans  le  mule  et  la  l'cmelle  les  uns  )■'« 
les  autres,  et  ils  rnlratnei  t  avt'C  eui  i'> 
niodîli cation x  propres  h  chaque  es[)èce,MMt 
dan$  les  pruporliona,  soit  dbns  dits  orpn^ 
du  plus,  comme  les  glandes  des  cbicus. 
celles  des  muscs,  des  civettes,  etc.  Enouirt. 
d'après  celle  loi  que  les  tissus  divera  luf- 
meiit  dus  produits  divers,  nous  sontat* 
amenés  encore  à  conclure  pour  chaque  tf 
pëce  des  tissus  générateurs  diier3«rst-''i 
n<odiliés;  et  il  faut  bien  qu'il  y  ail  un  H'"' 
constant  pour  chaque  es.èce,  puisiiue  I' 
forme  et  la  ressemulance  sont  coiisl^nlt-s. 
et  se  Iransmeltent  d'une  man  ère  cODsiantr'. 
Il  y  a,  d'ailleurs,  d'autres  tails  de  àél"'> 
pour  des  apiiareils  de  la  première  iiii|"<'~ 
tance;  ainsi  le  squelette  oUre  teMeiuentii'» 
caractères  spéciaux,  que  ce  n'tsi  qu'à  s^ 
aide  qu'on  luirvlenl  &  dilenniner  el  i  rf 
connaître  les  espèce»  fossiles.  Or,  le  i;^ 
lèmo  musculaire  suit  rigoureuseaieil  '' 
systèiO'e  osseux  dans  son  développcai"' 
comme  dans  sa  dégradutioo  et  ses  fn;'^'' 
lions.  Voilà  donc  le  premier- apparoil  3^:- 
mal,  pour  ainsi  dire,  démontrant  an  i-'^ 
spécial  pour  l'espèce. 
Cependant,  ii  faut  bien  en  coafo-v>  i' 


\'M 


HBB 


MCnOT^AIRE  APOLOGETIQUE. 


[ihénomène  de  la  traosmission  de  la  vie  est 
eacon  pour  nous  un  mystère  tout  aussi  (t 
|ieul-£lre  plus  iin()éoétrablfl  que  les  autres 
fonctions.  Malgré  cela,  la  science  et  l'obsAr- 
Talion  nous  en  montrent  assez  pour  qu'il 
ïitil  impossible  de  luéconnatlre  encore  i(i 
la  sagesse  et  la  puissance  de  Celui  qui  a  si 
bien  coordonné  (ooles  les  lois  de  la  nature, 
qu'elles  tendent  toutes  )  la  conservalioD 
ialacie  de  son  œurre.  La  science  nous  mon- 
tre ici  toujours  le  Ri6me  plan  général,  tou- 
jours la  même  harmonie  conservéu  par  IfS 
inodîGcatioDS  mimes  du  plan.  Ainsi  tous  les 
aDimaui  commencent  par  un  œur,  par  un 
germe;  le  concours  de  deux  indiridus  est 
le  plus  sourent  nécessaire  pour  la  Iransmis- 
fion  de  la  TÎe.  Et  ici  l'hermaphroditisnie 
u'esl  pas  une  objectiuo  ,  puisque,  quand  il 
est  insuOisant,  le  concours  dt>  deui  indivi- 
dus est  nécessaire  ;  el  dans  le  cas  de  l'ani- 
mal unisemé,  ce  n'est  qu'un  bermapbrodi-- 
lisme  suffisant  et  plus  profond.  La  pro- 
diiclien  par  gemme  ou  $cissiparei  n'étant 
qa'un»  continuation  de  l'être  qui  possède 
sa  lui  les  deux  puissances  génératives,  doit 
■ans  doute  être  ramenée  i  ta  même  loi. 
:}iioi  qu'il  en  soîl,  pour  nous  en  tenir  aux 
a^ls  nettement  démontrés,  cette  grare  fonc- 
ion,  une  des  plus  importantes  de  t'orgn- 
ûoie,  puisque  sans  elle  toute  *ie  aurait 
Q:entAl  cessé.  D*a  point  été  confiée  k  un  pur 
Ijasardde  rencontre  moléculaire,  mais,  au 
:ODlrain,  les  [>récautions  les  plus  grandei 
lOl  élé  prises  par  le  Créateur  pour  assurer 
I  f>er[>étuîléile  son  œuvre  el  l'accoinplisse- 
leiil  desondiTÎn  commandement:  Soyex 
•eondi  et  multipties-votu.  Par  \h ,  toutes 
■s  espèces,  entrant  en  participation  de  ta 
aissaoce  créatrice  dont  elles  nous  réTè- 
nt  l'image,  sont  chargées  de  se  perpétuer, 
lacune  indépendamment  des  autres.  Elles 
TDDvDt  commii  une  association  è  part,  par- 
itement  tranchée,  dont  tous  les  lodiTidus 
ressemblent  et  savent  se  reconnaître  ea- 
s  eux.  Le  mélange  des  'ispèces  aurait  dé- 
liit  l'harmonie  de  l'échelle  de  la  création; 
ais  son  Auteur  y  a  pourvu,  d'abord  par 
î  divers  modes  de  reproduction,  par  la 
fiformation  même  des  Organes  reproduc- 
tirs,  et,  endn,  en  frappant  d'infécondité 
i  iodiridu»  nés  de  l'accouplement  illégi- 
iie  d'espèces  voisines,  entre  lesquelles 
aies  ces  sortes  de  violations  peuvent  avoir 
u.  Cela  seul  prouve  la  réalite  des  espèces, 
i  ne  |>eurent  être  et  ne  sont  point  une 
straction  comme  serait,  par  exemple,  l'a- 
3i8l.  L'animal,  en  effet,  n'existe  pas  ;  il 
'-  a  que  des  «nioinux,  que  nous  renfer- 
ma tous  sous  l'idée  abstraite  d'animal  ; 
is  l'espèce  est  aossi  réelle  que  l'individu; 


car  on  conviendra  bien  an  moins  qu'un  in- 
dividu ,  dans  IVfaf  actuel,  ne  peut  eiisU'r 
seul  et  par  lui-même  ('2061)  :  il  lui  faut  un 

F  ère  et  une  mère  créés  évidemment  l'un  et 
autre  poar  donner  naissance  k  un  individu 
3ui  leur  ressemble.  Voilà  donc  trois  indivi- 
us  qui  ont  entre  eux  des  rapports  si  inti- 
mes, si  réels,  si  indispensables,  que  l'un 
des  Ir  lis  venant  i  manquer  aux  deux  autres, 
ceui-cî'  finiront  bienlât  par  disparaître ,  et 
laisseront  un  vide  dans  la  série  des  êlre<. 
Eh  bien,  c'est  celle  triade,  celte  réunion 
d'individus  semblables  -,  sur  l'existence  et 
les  rapports  indispensables  desquels  esi 
fondée  la  perpétuité  de  la  création  et  l'exis- 
tence même  de  l'individu  ,  qui  constitue  la 
réalité  au'on  appelle  espèce.  Sans  doute, 
sans  inaividus  point  d'espèce,  mais  aus^î 
anns  espèce  point  d'individus  (S)062J;  l'es- 
pèce est  la  source  des  individus,  et  ceux-ci 
sont  en  quelque  sorte  les  gouttes  d'eau  qui 
viennent  alioienler  la  source.  L'individu  su 
maintient  par  la  nutrition,  l'espèce  par  li 
génération  ,  que  l'on  peut  définir  la  nutri-  . 
tion  de  l'espèce.  Aussi  le  Créateur,  qui  tit 
bien  des  réalités  sans  doute,  n'a  lail  su 
commeoceuient  que  des  espèces,  qu'il  créa 
mâle  et  femelle,  et  qu'il  chargea  de  se  con- 
server et  de  se  multiplier  par  la  reproduc- 
tion des  individus.  Le  texte  aacré  même  le 
dit,  non-seulement  des  animaux,  mais  en- 
core des  plantes  (2063). 

S'il  o';  a  que  des  individus,  tous  ces  rap- 
ports indispensables  dont  nous  venons  de 
parler  sont  une  fiction  ;  les  accouplements 
des  mêmes  espèces  entre  elles  ne  sont  point 
une  loi  de  création,  puisque  la  réalité  dtrs 
espèces,  sur  laquelle  peut  seule  être  fondéu 
cette  loi ,  n'existe  pas  ;  car  on  nous  accor- 
dera bien  au  moins  qu'une  loi  ne  peut  pas 
régir  une  abstraction.  De  \h  suit  qae  des  in- 
dividus quelconques  peuvent  produire  en- 
semble; que  la  génisse  et  le  cheval,  lar 
exemple,  peuvent  reproduire  ensemble.  Et 
pourquoi,  en  tirant  les  conséquences  rigou- 
reuses, l'éléphant  el  la  fourmi  ne  pourraient- 
ils  pB5  donner  naissance  k  une  fourmi-élé- 
phant? Cela  reviendrait  k  la  docliine  de 
kapila. 

Pourquoi,  s'il  a'j  a  qoe  des  individus, 
ceux-lk  même  qui  le  prétendent  consid^ 
reiil-ils  les  produits  de  deux  espèces  diffé- 
rentes comme  des  anomalies,  des  mons- 
truosités, qui  ne  ressemblent  complètement 
ni  k  leur  père  ni  k  leur  mère,  et  qu'on  qua* 
lifie  du  nom  d'hybrides ,  comme  pour  mar- 

3uer  l'injure  faite  k  la  nature  dans  leur  pro- 
uctton?  Ne  serait-ce  pas  parce  qu'en  niant 
les  esjëces,  ils  se  trouvent  forcés  de  les 
admettre,  surtuul  vn  voyant  qae  uon-seule- 


I   dit- 


E06I)  LesiwIiTidasBiiiiexnets  ne  (ont  paj  une 
MrSion.  panqa'ilt  ne  moI  rédleiiieiil,  comme  te 
M^l,  q«*«M  ayré^liOB  d'indiviiliM.  Ainsi  l'by- 

verie  peal  dneiur  «m  agréplioo  ë'individus,  , ,„^ 

uand  celte  agrégalioo  m  servi  paa  évideiile, ,  erealion  des  aninaui  el  de  celtt;  des  pbuiei,  sigiin 
n'en  exitie  pu  Boias,  j>aiw|M  loale*  sesjnr-  lie  son  les^iuLbnt,  sou  sviubl>L-te;  le  seiiililatjle 
peuvent  Utrwtr  des  individus  séparé».  d'un  animal  est  sa  retucUc  ;  la  Vulgate  l'i  traMluil, 

Uti3_i  Bien  entcodu  qu'il  favt  diilinguer  td  Tin-     $rlou  leur  etpcce. 


dividu  sériai  de   llndividu  visuel,  cmniM  o 
lingue  riMinnie  aniniat  de  l'tM 
ceiBi  ci  de  IbnniuK  loeuL 
(S063)  Le  wM  liéu>i--u  eniiil»}é  en  foiianl  de  La 


1»! 


UOM 


IHCTI0N?(A1RE 


ment  les  bits  comnMins  qui  so  |iiisseut  tous 
les  jours  sous  nos  >eui,  Irop  géuéraussaiis 
doute  pour  suffire  è  nos  esiirils  itisouciaits 
(les  chosus  ordinaires,  mois  encore  les  fails 
rares  et  extraordinaires,  prouveul  la  réalité, 
l'eiitlence  de  l'espèce  î  Car  c'est  un  fuit  que 
l'individu  produit  par  deux  espèces  est  le 
|>lus  soureiit  impuissant  à  {perpétuer  sa  na- 
ture; c'usl  encore  un  fait  que  ces  produits, 
bien  que  fi^conds  pour  un  lemps  très-couri, 
ne  tardent  pas  i  remouterè  l'un  des  lypos 
originels,  et  on  n'a  jamais  pu  déuionirer 
que  de  ces  accoupleiuenLs  illégitimes  nsis- 
saieat  de  nouvelles  espèces.  Les  faits  bien 
rares  qu'on  apporte  pour  prouver  le  loii- 
Iraire,  ne  prouvent,  è  noire  avis,  rien  autie 
cbose,  sinon  que  l'on  avait  regardé  comme 
a|>partHnant  i.  deux  espèces  distinctes  des 
individus  qui  appartiennent  réetleuicnl  à  la 
même  espèce  f  puisqu'ils  i)euveQt  la  perpé- 
tuer. 

Ce  n'était  pas  assez  pour  le  Créateur  de 
pourvoir  k  l'inléi^nté  des  espèces  :  il  falbil 
encore  procurer  leur  vigueur  et  empè':lier 
leur  dépérissement.  C'e»l  pour  cela  que, 
tandis  que  toutes  les  autres  l'onclions  de  la 
vie  ont  lieu  (u-esque  dès  le  premier  inàtaul 
où  l'aulmal  existe,  les  fonctions  mystérieu- 
ses de  la  transmission  de  la  rie  ne  s'exécu- 
tent que  pendant  un  cei  tsin  temps  et  à  cer- 
tailles  époques.  C'est  alors  que,  l'animal 
étant  devenu  complet,  parfait,  que  son  plau 
et  sa  forme  étant  arrêtés  une  suraboiidame 
de  vie  se  manifeste  en  lui  et  donne  nais- 
sance  à  cette  prûiJui:tiou  ijui  peut  seule  ser- 
vir au  renouvellement  de  l'espèce;  et  même 
dans  U  plupart  des  espèces  ,  cette  produc- 
tioo  n'est  sécrétée  qu  h  coriaines  époques 
ûus.  Il  y  a  donc  là  encore  une  loi  admira- 
ble, l'ordre  universel,  qui  prouve  que,  si 
la  chasteté  est  un  devoir  pour  l'être  moral, 
c'est  qu'ella  est  aussi  une  loi  de  conserva- 
tion pour  tous  les  Êtres  vivants. 

Ainsi  donc  nous  pouvons  conclure  que 
non-seulement  la  variété  harmonique  de 
plan  existe  peur  les  groupes,  miiis  ejicme 
pour  les  espèces,  qui  sont  une  réalité  ,  cl  il 
iious  restée  le  montrer  pour  les  organes. 

Le  |iian  organique  de  l'espèce  cnlratnant 
avec  lui  le  plan  des  individus,  bien  qu'avec 
certaines  niudiPica lions  plutôt  saisissabk-s 
qu'ex{>i'imid>les,  mais  qui  u'empCcheut  pour- 
Liut  pas  de  distinguer  les  individus,  utius 
devons  retrouver  dans  le  plan  de  l'individu 
animal  un  Ij'pe  qui  régit  tous  les  ort^auei 
pai'Uculiers,  De  là,  puur  plusieurs  organes, 
des  plans  harmoniques  à  peu  près  identi- 
ques. Les  membres  antérieurs  du  cheval, 
par  exemple,  des  ruminants,  ont  une  lellu 
ressemblance  de  conformation  dans  ut u- 
sieurs  de  leurs  parties,  qu'il  est  bien  dimcile 
k  quelqu'un  qui  n'en  a  pas  agiprofouili  la 
structure  d'en  apprécier  la  ditTéience.  De  i& 
eoGure  la  resaeuiblanee  des  pièces  du  ster- 
lium  des  carnassiers  avec  certaines  vertè- 
bres cot'cygienties,  la  nmdilicaiion  des  ver- 
tAbrus  céphaliqucs  et  de  leurs  appendices  se 
déduisant  riguurousomenl  dc:>  vericbres  du 
Il  uu  :.  Uuis  Jaus  les  animaux  élovés,  même 


APOLOGETIQUE.  HOM  ^j; 

pour  CCS  organes  ,  la  resseoiblince  n'uidie 
plus,  l'analogie  seule  existe;  et  dans  In 
deu-i  cas  les  fonctions  sont  ta  rsjqiort  ri- 
goureux avec  le  plan  de  structure.  &insi,1i 
main  de  l'homme  étant  devauue  an  instru- 
ment d'intelligence,  son  plan  est  ilcmu 
l'inverse  du  plan  du  pied,  inslrnmeni  Je 
locomotion;  les  doigts,  la  |iartia  libre d 
agissante  de  la  main,  étant  aussi  les  pics 
développés,  tandis  que  c'est  le  mâtalineH 
la  tarse,  la  paitie  Qxe  et  basilaire, qui»ii 
les  plus  dévelf.pjiés  dans  le  pied.  Celle  loi 
est  ta  mêuie  pour  les  animaai ,  puisqae  li 
modification  de  ci's  organes  suit  leur  iles'i- 
nation.  Le  système  musculaire,  étiDlri^i 
)>ar  le  système  osseux  ,  ooes  rourain  ki 
mêmes  analogies.  < 

Mais  en  pénétrant  dans  les  aalru  ippi-  1 
reits,  ponS  s'y  retrouvons  plus  le  mËmeplm  I 
que  dans  ceux-ci  ;  ainsi,  le  sjstèmr cini'lï-  { 
toire,  le  système  digestif,  tiiea  qae  modiii 
par  le  plan  général  de  chaque  animil .  wt 
pourtant  un  plan  à  eux  propre,  quina[«ii 
fiire  démontré  le  même  que  ceux  dei  or- 
ties de  locomotion.  II  en  est  ainsi  poor  l'ii»- 
[ereil  générateur  et  pour  l'appareil  eiciU- 
teur  nerveux,  celui  pourtant  ijuidelouietl 
iilus  en  rapport  immédiat  avec  le  sjslèM 
locomoteur.  On  y  distingue  bien,  il  eil  m, 
un  plan  général  qui  modifie  celui  du  ]i>- 
lèine  ossuux,  mais  il  y  a  des  spériilités qoi 
lui  sont  propres,  soit  dans  la  structure, suit 
dans  la  distribution  de  ses  ramificstioiis, 
soit  dans  la  deslructioa  des  fonctiom  diiH- 
ses  qu'il  remplit  dans  l'organisme.  Pur 
nous  renfermer  dans  uu  seul  fait,  les  oerfi 
qui  naissent  i.ostérieuremi'nt  du  sjsilne 
central,  étant  en  rapport  avec  la  ficult' 
seiisorialo  et  les  nerfs  qui  Laissent  3nl^ 
rieurement  aveu  la  faculté  îocuoioliTï,  smi 
eux-mêmes  modifiés  diversement.  LesntrË 
des  seus  spéciaux  sont  d'un  tissu  tiunsx, 
et  les  locomoteurs  d'un  tissu  plusî'n. 
Ce  fait  était  déjà  connu  de  Véiale.  Ki^'" 
outre  les  nerfs  des  sens  spéciaux  eui-nilwt 
sont ,  comme  l'a  dit  Gall ,  d'une  sirudare 
dilI'érente,suivantlesmodi&calioQsdejiU'i> 
qu'ils  unt  b  percevoir,  mais  toujours («î'c"- 
dant  en  conservant  le  jilau  fondameotil  lii 
tout  le  système.  Ainsi ,  d'après  tes  uaii- 
mistes  physiologistes  modernes,  c'est  a  . 
subs:ance  grise  qui  est  percevante  et  »lS  -  ' 
riale,  tandis  que  la  substance  l)lsni:iii;i?' ' 
coudui  trice  ;  or,  M.  do  Blaiiiviilo  ailéiiiO:.l< 
d;ins  ses  levons  que  la  substance  griieol 
réellement  extérieure. 

Niin  seulement  le  système  nerveoï  *^| 
mod.tlé  dans  son  j  lan  ^éué.al,  suivaBli^fi 
se  rapj>Orte  &  la  sensibilité  ou  i  la  lu.oi»- 
tibilité,  maisencore  suivant  qu'il  iluiisi'' 
&  lo  nut.i.ion,  ou  bien  qu'il  entre  daus  '' 
système  appelé  grand  sympathique. 

Il  y  a  dune  uu  plan  pariiculier  pour  cli- 
que appareil  dWgimes,  et  ce  plau  se  mo<u;K 
dans  chaque  groupe  de  la  série  BBimiit- 

Ces  plans pariieK  d'organe;:  soûl  imunut'' 

■  comme  nous  lavons  dii,  inodiliés,taii*>l*" 

■  uns  pour  li-s  autres,  de  manière  i  s'bîfirfl- 

iiiser  ensemble  pour  former  le  l'Im  3*"*''' 


m 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


13» 


l'un  Diiifflal  i  el  il  fallait  bien  au'il  en  fût 
linsi,  paisga'un  organe  ifolé  na  filus  de 
OPclioDS  possibles,  bien  qu'il  o'sil  rian 
lerdu  de  soo  plan  particulier. 

Cluque  plan  '  animal  particulier,  h  snn 
sur.  eit  de  \i  même  manière  modiSé  pour 
iD  plan  plus  général  qui  appartient  aux 
n^upes.  Les  détails  oîï  nous  sommes  entrés 
^uIGseDl  pour  le  faire  voir.  Le  piQO  des  car- 
uuiers  n'est  pas  le  même  quo  celai  des 
ic(i)iTores,  mais  il  jra  relation  harmonique 
mire  eux,  l'existence  de  l'un  étant  fondée 
ar  l'existence  de  l'autre,  et  même  récîpro- 
|iienienl,  l'un  étant  fait  pour  attaquer  et 
iiiinteoir  l'équilibre  en  détruisant  le  trop 
ilein,  et  l'autre  pour  fuir  et  maintenir  l'é- 
[uiiibre  en  consemnt  le  juste  milieu. 

Le  nlac  des  oiseaux  n'est  pas  le  même 
iO!i  plus  que  celui  des  mammifères  ;  celui 
]«  reptiles  el  des  poissons  est  aussi  dis- 
met;  mais  ces  plans  divers  sont  encore  à 
fur  tour  modinés  pour  faire  partie  d'un 
iliD  plus  général,  qui  est  celui  du  tvpe, 
.Un  qui  se  maintient  par  les  rapports  har- 
itoiiii]ues  nécessaires  qui  existent  entre  les 
tlaos  diTers,  entro  les  mammifères  et  les 
)iieoui  ;  les  oiseaux,  les  reptiles  et  les  pois- 
ions qui,  servant  A  la  subsistonce  les  uns 
let  autres,  n'existent  pour  ainsi  dire  que 
o  u[u  par  les  autres.  En  outre,  les  prînci- 
ta  mfma^  que  nous  déduisons  de  la  forme, 
in  ijitôme  locomoteur,  etc. ,  nous  ont' 
promé  que  le  plan  des  osléozoaires  diffé- 
rajl  de  celui  de*  eotomozoaires ,  celui-ci 
[leuluLdes  malacozoaires,  bien  que  tous 
ipiiarliennent  au  même  groupe  général.  Le 
iiij  des  mslacozoaires  diETère  de  celui  des 
idinoioaires,  et  enfin  le  plan  des  actino- 
'Hirus  diffère  encore  de  celui  des  amoipbo- 
Oùrei,  bien  qu'il  s'en  rapproche  géométri- 
luemeot  davantage.  Une  seule  considération 
■aportaole  suQit  pour  démontrer  la  vérité 
|Uï  nous  venons  d'établir  :  les  groupes  ou 
ypei  non-seulement  ne  font  pas  suite  Ils 
los  aux  autres  en  série  linéaire  aiithiiié' 
iqueou  géométrique,  mais  lus  espèces  les 
ilus  élevées  d'un  Ijrpe  immédiatement  îii< 
'rieur,  sont  quelquefois,  pour  certaines  de 
eurs  fonctions  el  le  développement  total  do 
>uri  Organes,  au-dessus  des  dernières  cs- 
tcejdu  type  précédeul.  Ainsi,  les  premiers 
vitsODS,  qui  ont  les  oageoiics  très-dévt<- 
>)([iées,  qui  nagent  avec  la  plus  grands 
Eiliié,  ont  certainement  des  l'oncti'jns  et 
çs  organes  dans  leur  totnIlLé,  Ijcaucoup 
jus  développés  que  les  derniers  auiiibi- 
lens,  où  les  membres  tendeniù  disparaître 
t  disparaissent  dans  plusieurs.  Mais  si  l'on 
lent  à  considérer  le  fond,  on  verra  que 
iaj|iliibicn  inférieur  possùda  encore  la 
>U|)art  des  pièces  du  membre;  bien  que 
los  un  état  rudimentaire;  tandis  que  le 
eisson,' beaucoup  plus  dévelonpé  daus  les 
srtios  qu'il  possède,  manque  uu  bras  el  do 
■'ani-bras,  au  moins  aux  membres  ^osté- 
leurs,  et  pur  conséqueul  demeure,  par  ce 
'iricière  de  première  valeur,  inférieur  ù 
autre.  Ko  outre,  comme  partout  le  reste  de 
un  urgaiiisBlieu  l'amphinien  inférieur  ap- 

DlCTIOTISllmB   irOLOGETIQUE.    i. 


parlient  k  son  (ypo  el  le  poisson  supérieur 
an  sien,  et  que  le  type  des  ampbibiens  dans 
sa  totalité  est  au-dessus  du  type  des  pois- 
sons pris  aussi  en  totalité,  il  s  ensoit  que  le 
poisson  doit  demeurer  dans  le  rang  infé- 
rieur. Les  mêmes  considérations  s^appli- 
qnont  d'une  manière  tout  aussi  évidenle* 
et  peut-être  plus  encore,  au  type  des  eoto- 
mozoaires et  des  malaeozoaires,  fliosi  qu'k 
tous  les  «ntres. 

BTII. 


Les  difTérencesquî  caractérisent  les  espè- 
ces ne  sauraient  avoir  leur  cause  dans  les 
milieux  où  les  animaux  se  développent, 
puisqu'elles  affectent  des  animaux  dévelop- 
pés dans  les  mêmes  milieux,  et  qu'elles 
persistent  Immuablement  chez  ces  mêmes 
animaux  transportés  en  d'autres  milii'uxi 
L'inQuence  de  ceux-ci,  impuissante  è  chan- 
ger leur  organisalionspécitique,  n'y  apporte 
Îue  de  légères  et  superncielles  modtScations. 
onséquemment,  cette  organisation  spéci- 
fique, inaltérable  pour  le  fond,  dépend  a  une 
cau!<einterne,ina1térable  elle-même,  préexis* 
tante  au  développement  k\  le  déterminant. 
D'où  il  suit  que,  chez  les  animaux  comme 
chez  les  végétaux ,  il  existe  de  vraies  espè- 
ces, non  pas  un  type,  mais  des  types  intléti- 
Diment  nombreux,  lesquels  s'impliquent  et 
s'enchaînent  i  mesure  q^ue  les  êtres,  crois- 
sant en  perfeclion,  deviennent  plus  com- 
plexes  ;  de  sorte  que  chaque  être,  résumant 
ies  êtres  inférieurs,  la  création  entière  s» 
dilate  dans  une  unité  toujours  plus  vaste, 
toujours  pins  intime. 

L'idée,  d'ailleurs,  j'uri  typeunïque  cons- 
tituant par  de  simples  modilications  tout  le 
règne  animal,  parait  au  moins  Irès-diflicile 
&  concevoir  nettement.  Que  serait  ce  type? 
Le  supposera-t-on  quelque  chose  de  réel  ? 
Comment  alors  contiendrait-il  simultané- 
ment en  soi  ce  qui,  dans  les  êtres  qui  n'en 
sonique  l'évolutiou  progressive,  estincom- 
paliblel  S'il  n'est  rien  de  réel,  qu'est-rl 
donc?  et  en  quoi  cet  assemblage  idéal 
d'abstractions  qui  s'excluent  mutuellement 
dans  l'ordre  des  réalités,  pourrait-il  servir 
fa  fonder  théorique!  m  eut  une  science  dont  l« 
début  est  de  relier  les  faits  d'observotion  à 
des  causes  effectives  où  l'esprit  découvre  tu 
raison  de  leur  origine  T  On  conçoit  la  forme 
intinie  autant  que  l'inlini  pont  lui-même 
être  conçu;  on  conçoit  qu'elle  renferme 
toutes  ]ei  formus  possibles,  lesquelles  à 
l'état  d'idées  pures,  subsistent  distinctes 
dans  {'entendement  divin.  Mais  cette  dis- 
tinction même,  d'où  résu  te  la  diveisitédes 
essences,  iduiilique  b  la  diversité  des  types, 
fxclut  éviJcmiiientrhyiiolhèse radicalement 
contradictoire  d'un  type  unique,  sans  ex- 
clure les  rapports  qui ,  sous  tes  conditions 
physiques  de  leur  réalisation  dans  l'univers, 
lient  entre  eux  les  lypes  divers,  comme 
dans  l'entendenient  <iiviu  ils  Itent  les  es- 
sences, les  idées  iliviTSCs. 
,  Préoccupé  de  l'unité,  et  comme  absorbé 
&3 


DICTIOKHAIRE  Al>OIA)GETIQUe. 


non 


2: 


Jans  c«(l«  grande  et  magniUque  rue  des 
clioses.  M,  G.  Sainl-Htiaire  paraît  auelque- 
>r«s  avoir  trop  oubUé  nue  la  variété  n'est 
4t«s  moins  réelle,  qu  elle  est  eaveloppée 
dani  l'iiDild  mAmei  qui  sans  cela  s'elant 
(|ne  l'identité  absolue,  éternelle,  esclurait, 
Itors  d'aa  premier  fait  nécessaire,  imniua* 
ble,  eorre^HHidanl  ftU  notion  indéterminée 
de  l'être  rigoureusemfiiit  simple,  toole 
cause,  tout  effet,  toute  pensée  et  tout  ftbé- 
Qomène. 

Dans  ses  eonceplions  ,  dont  Lamarck  et 
d'autres  avaient  préparé  les  bases,  «  la  terre 
devient  un  vaite  laboratoire  où  se  développe 
eoDtinuellement  une  succession  de  nouveaux 
èlres,  suivant  une  marclie  progressive  et 
ascendante,  s'enchslnanl  depuis  les  infu- 
soireS,  point  de  départ  du  la  nature,  jus- 
qu'aux mamioirères  et  à  l'homme  ,  dernier 
terme  de  ses  eHorts  :  pensée  dont  la  paléon- 
tologie confirme  tous  les  jours  la  sagesse 
et  la  profondeur. 

.  ■  La  science  met  i  découvert  cette  mar- 
«be  progressive  et  continuede  la  vie,  jalon- 
née de  Icio  en  loin  par  dés  temps  d'arrêt 
|ui  semblent  être  pour  la  nature  des  temps 
le  repos.  De  sorte  que  le  règne  animal  tout 
entier  n'apparaît  plus  que  comme  un  seul 
Aire  qui,  en  «oie  de  foimalion,  s'arrête  dans 
son  développement,  ici  plus  lAt ,  là  plus 
tard  et  détermine  ainsi,  en  chaque  temps 
de  ses  iâterfUplioas,  les  caractères  distiuc- 
tifs  des  classes,  des  familles,  des  genres  ut 
des  espèces  [2064).  » 

Si,  reconnaissant  l'eiistence  do  types  es- 
çentiels  distincts,  on  se  bornait  a  établir 
que  ces  types  ,  plus  complexes  à  mesure 
qu'ils  s'élèvent,  dtfviennenl,  dans  le  progrès 
continu  delà  création,  de  simples  éléments 
des  formes  supérieures  qui  les  impliquent, 
ou  pourrait,  à  ce  point  de  vue,  que  jusiiHe 
l'observation ,  considérer  le  rëgue  animal 
tout  entier  comme  un  seul  être,  non  pas 
effectif  mais  abstrait,  image  idéale  de  l'unité 
du  règne  conçue  isolémeut  en  soi ,  mais,  si 
dans  cette  image  on  veut  voir  l'expression 
réelle  et  complète  des  faits  qu'emurassu  la 
science  zoologique,  on  rencontre  bientôt 
des  diUicultés  tellement  graves  qu'elles 
doivent  au  moins  tenir  en  suspens  les  eS' 
prits  môme  les  plus  hardis. 

£n  effet,  l'hypothèse  d'un  seul  dire  typi- 
que constituant  le  règne  animal,  devait 
Conduire  et  a  conduit  de  fait  è  une  hypo- 
thèse plus  générale,  selon  laquelle  l'univers 
«nlier  ne  serait  non  plus  qu'un  seul  èlre, 
dont  la  Gérie  des  êtres  divers,  inorganiques 
et  organiques,  marquerait  les  degrés  suc- 
cessif du  développement  :  ce  qui  pose  à 
l'origine  des  choses ,  antérieurement  à  tout 
développement  et  conséquemment  h  toute 
variété,  un  premier  prineipe  absolument 
simple,  sans  quoi  00  retomberait  dans  l'idée 
Uléma  qu'on  rejette,  dans  l'idée  de  types 
jirimilifs  essentiellement  divers.  Mais  cette 


idée  éteint  exclue,  nul  autre  moyen  d'ei- 
pliauer  la  variété  dans  le  monde  phyjiqua 
et  d'y  concevoir  une  production  quelranque 
que  par  Vaelion  du  agenlt  extérièurt  fSOèSJ, 
c'est-à-dire  que  par  un  paralogisme  loDila- 
mental.  Car  ces  agents,  quelle  en  est  l'ori- 
gine ,  la  cause?  n'est-ce  pas  évidemment 
alléguer  la  variété  même  pour  rendre  ni- 
son  de  la  variété?  Joignez  à  cela  ce  qus 
nous  avons  précédemment  fait  remarquer 
touchant  la  diversité  des  productions  dani 
les  mêmes  milieux  ou  sons  l'iDfiueace  dei 
mêmes  agents  extérieurs,  et ,  sans  qu'il  uil 
besoin  de  recourir'à  d'autres  considérations 
qui  se  présenteraient  enfouie,  on  sera  cod- 
vaincu,  nous  le  croyons  ,  de  l'Impossibilité 
d'admettre  l'bypollièse  qu'on  vient  de  di|. 
cuter. 

11  ne  suit  pas  de  là  toutefois  qu'il  faille 
abandonner  en  zoologie  le  principe  d'aniié 
de  composition,  lequel,  au  contraire,  d'm( 
pas  mains  à  maintenir,  mais  en  l'expliquaBl, 
que  l'idée  môme  d'unité  dans  rensembledet 
cnoses.  Trop  absolu,  il  cesse  d'être  rroi  :  oa 
doit,  pour  lui  conserver  sa  valeor,  la  m- 
treindre  dans  les  bornes  que  iracsnt  Im  UiU 
mêmes;  c'est-à-dire  qu'écartant  l'idée  d1- 
dentité  typiqud,  on  doit  n'y  voir  ^e  l'ex- 
pression des  rapports  de  ressemblance  qo'oo 
observe  entre  les  êtres  dont  se  compose  Is 
règne  animal,  reconnaissant  d'ailleurs  les 
différences  non  moins  réelles  nui  subsistent 
entre  ces  êtres,  différence  explicable  senle- 
ment  par  des  causes  Intrinsèques,  immoi- 
bles,  essentielles,  nul  autre  orJf«  de  causa 
ne  pouvant  fournir  ta  raison  d'une  première 
différence.  Que  par  des  termes  inlermédiii- 
res  on  remonie  âes  polypes  aux  Terlébrés, 
cela  se  conçoit,  puisque  tout  se  lie,  tout  l'co- 
chalne  dans  la  création  ;  mais  qae  les  polv- 
pea  et  les  vertébrés  offrent  le  même  plan  dl 
composition,  c'est  ce  qu'on  ne  saurait  ssi- 
tenir  sans  faire  violence  au  langage  mtmt: 
jamais  on  ne  concevra  que  leur  êroluiwo 
s'opère  suivant  une  méutie  loi,  ni  eot»^ 
quemment  qu'ils  soient  le  prodmt  d'une 
même  cause  spécifique. 

Les  arrêts  de  développement  par  lesquels 
on  cherche  à  établir  de  procbe  en  proche 
l'identité  radicale  des  espèces,  en  proaveet 
au  contraire  la  xétiration,  ils  prouvant  la 
différence  essentielle,  priuiitiref  d«s  cause* 
internes  qui  en  chacune  d'elles  président  aa 
développement  de  l'organisation,  puisque 
dans  les  mêmes  milieux  ces  arrêts  se  repro- 
duisent constamment  les  mêmes  dans  la 
même  espèce  et  constamment  divers  dans 
les  espèces  diverses.  La  plus  ou  moinsgraoïle 
quantité  des  matériaux  que  l'être  s'assinuta 
n'apporte  aucun  changement  aux  caractères 
propres  et  distinctifs  de  sa  nature,  sea)«- 
ment,  si  les  matériaux  abondent,  lesorgino 
augmentent  de  volume.  Que  si  quelifu«fi»t 
ils  présentent  des  anomalies  aeeidaoteileh 
elles  rentrent  dans  les  classesdMdiriUwus 


(%U6i}   BUtmtn    prononcé   ûmç  »biiq»ut  4t  H. 
Ctuffrof  lit  Saini-Hltairt,  par  H.  Schu. 


(M6S)  Dtuoun  frtnamti  mnm  abiè^nu  et  K.  I^f 
frof  dt  Saint'BitmTt,  par  M.  Scus». 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


m» 


recoanaes  compatibles  arec  la  persistance 

ioilténblfldutj'pe(2066}. 

Le  progrès  en  rerlu  duqnel  on  passe  a  un 
l7pe  a  I  aulre  ne  s'efTecluo  point  en  une 
BiêmB  direclion ,  il  n'est  point  représenté 
par  de  simples  degrés,  p«r  une  suite  de  ter- 
me» conjoints.  Les  classes  se  distinguent  h 
koT  origine  par  quelque  chose  (je  fonda- 
mcilatement  divers.  Aucun  effort  d'esprit 
oe  ramènera  jamais  bu  mfime  plan  tjpique 
les  fers  et  les  insectes,  les  memmifèreset 
les  cruilacés.  L'unité  n'est  pas  ik;  elle  est 
(TuDe  part  dsus  rcnchRlnement  des  formes 
qui  se  combinent  en  s'élevant,  et  d'une  suire 
pari  dans  le  rapport  des  trois  appareils  uni- 
Tcrsellement  nécfssnires  avec  les  conditions 
générales  des  milieux,  quant  k  la  outrilion 
â  11  (ie  de  relation. 

Les  faits,  au  reste,  confirment  pleinement 
In  idées  que  nous  venons  d'esposer.  L'ich- 
lb}'oiogie  seule  en  fournit  les  preuves  aussi 
nombreuses  qu'irrécnsables,  comme  on  peut 
le  voir  particulièrement  dans  l'important 
ouvrage  de  H,  Agsssiz  sur  celle  branctte  si 
rorieuse  de  la  zoologie.  On  nous  saurs  gré 
m  cilar  les  propres  paroles  de  ce  savant  pa- 
léoDtologae,  «Plus  de  quinze  cents  espèces  de 
poissons  fossiles  q«e  j'ai  appris  è  connsUre 
ne  diteirf  que  les  espèces  na  passent  pas 
iDSPnsJIjIement  des  unes  aux  autres,  mais 
il^i'^les  apparaissent  et  disparaissunt  inopi- 
némeot  sana  ra[^orts  directs  avec  leurs  pré- 
curseurs; carie  ne  pense  pas  quel  un  puisse 
pf^lendre  sérieusement  que  tes  nombreux 
ijpudes  cjcioïdes  et  des  cténoïdes,  qui  sont 
presque  tous  contemporains  les  uns  des  au- 
tres, descendent  des  placoïdes  et  des  gnnoï- 
iu.  Autant  vaudrait  en  flire4  affirmer  que 
'es  mammifères  et  avec  eux  l'homme  des- 
xadeiit  directement  des  poissons.  Toutes 
Ks  espèces  oiil  une  époque  fiie  d'apparition 
H  de  disparition  ;  leur  existence  est  mCme 
imitée  h  un  temps  déterminé,  et  cependant 
;lies  présentent  dans  leur  ensemble  des  af- 
ioiiés  nombreuses  plus  ou  moins  étroites, 
ine  coordination  déterminée  dans  un  sys- 
èaiù  (f'orgaaîsaliOQ  donné,  et  qui  a  des  rap- 


ports  Intimée  avec  le  mode  d'exisleace  de 
cfaaque  type  et  même  de  chaque  espèce.  Il  j 
a  plue,  un  61  invisible  se  déroule  oans  tous 
les  temps  k  travers  celte  immense  diversité; 
il  nous  présente  comme  résultat  déQnitif  un 
progrès  continuel  dans  ce  ddveloppeineni, 
dont  rborome  est  le  terme,  dont  les  quate 
classes  d'animaux  vertébrés  sont  les  inier* 
médiaires,  et  Ja  totalité  des  animaux  sans 
vertèbres  l'accompagoenient  locessoire  oons- 
tant  (3067). 

CensIdéntionserabTyolofiqnMtya-MItiDlUet  ideMHé 
de  geimet  H.  CmIc. 

L'examen  «uqQel  nous  venons  de  nous  li- 
vrer sur  la  grande  question  de  l'origine  des 
4lres  organisés,  nous  a  fait  voir  que  la  mo- 
lécule organique  n'est  qu'uQs  chimère,  et 
que  toutes  les  théories  imaginées  par  le 
panthéisme  pour  se  passer  de  Dieu  dans  la 
lunnstion  originelle  des  animaux  et  pour 
l'évolution  du  règne  important  qu'ils  cons- 
tituent, sont  de  tous  points  insoutenables  et 
vaines.  S'ii  est  une  chose  incontestable  eu 
philosophie  zoologique,  c'est  que  le  germe 
lienl  â  un  parenl.  Ma.s  \h  s'arrêtent  les  scien- 
ces naturelles  et  commence  IHnveslrgation 
métaphysique.  Le  narent  est  donné,  il  existe, 
il  est  donné  sous  la  raison  d'un  commence- 
ment et  d'une  Qn  ;  il  est  donc  cnnlingent; 
il  s  donc  pour  cause  l'être  qui  n'a  point  du 
Cause,  l'être  nécessaire  qui  a  fait  pnsser  tous 
les  coiilingeots  de  la  non-existence  6  l'^sis- 
tenci:.  La  question  d'origine  n'admet  poiul 
une  autre  sululion. 

Mais  les  partisans  de  l'unité  do  composi- 
tion, en  Allemagne  et  en  France,  se  fonJanl 
Sur  quelques  analogies  extérieures,  ont  pré- 
tendu que  les  œura  des  animaux,  l'œuF-hu- 
main,  et  les  vésicules  végétales  ne  se  dis< 
tingueiil  que  par  de^  différences  accidentel- 
les, et  quau  fond-  toutes  les  formes  se  ré- 
solvent en  l'unité  et  l'identité  du  germe. 
Interrogeons  Ift-dessus  In  science  qui  s'oc* 
cuiie  des  germes  et  de  leur  évolution. 

L'embryogénie  est  une  science  toute  mo- 
(terae.  Elle  est  née  sous  les  youideCuvier, 


^U66)  U  est  cUir.  par  eumpie,  qu'an  aiiiène 
iûi|i  in  pied  au  à  l>  main,  k  qutlque  cause  t^'on 
«iSK  attribaer  ee  fait  excepilouiiel,  n'altère  au- 
luieinanL  le  ijrpe  radical,  le  type  oscuiitil  da 
Imnme, 

{HKl}  Lst  cinq  grands  types  que  nous  trouvons 
Mit  le  régne  animai,  tracëi  sur  un  plan  propre  et 
4rliculier  k  chacun  d'eu!,  viennent  par  ieiir  but 
nique  s'Iiarmonber  dans  un  ensemble  dont  font 
atite  les  plans  divers  sons  lesquels  la  matière  M 
niormt*  noua  apparaissent  dans  l'unÎTers,  qui 
'eu  que  la  concepiioR  générale  du  Créateur  :  ran- 
FfiioB  admirable  dont  tout  >  été  calculé,  dcQni  i 
•Mnce,  noa-aenlemrnt  en  général ,  mais  jusque 
ans  les  détails,  pour  assurer  la  perpélùilé,  el  Taire 
lU  le»  cieuz  racontent  toujours  la  gloire  de  Dieu, 
(  que  le  flriuameni  annonce  les  uuvres  de  ses 
lam*.  Le  riyne  minéral  est  le  rondement  du  règne 
égélal,  edu».«i  do  règne  animal,  «i  lea  denx  sont 
«nnéa  k  rhonow;  mais,  pins  encore,  il  ;  a  emn 
n  partiet  du  règne  ninéral  el  kt  végétaux  divers 
les  rafpovu  aénëaairea  d'esistenec,  uilo  jpbnif, 
traistant  aar  l«l  Icrrain  nt  suus  telle  leiuperatun) 


3ui  ne  croîtrait  pas  ou  se  développerait  incrins  .dans 
'antres  milieux  ;  l'eiislenoe  de  lêl  insecte  étant  at- 
tachée k  celle  de  tel  végétal,  et  la  perpétuité  môme 
de  ceriains  végétaux  raciltiee  par  certains  animaux, 
el  celle  de  certains  animaux  Tondée  sur  celle  de  cer- 
tains autres.  11  ;  a  donc  une  loi  de  rapports  harmo- 
niques entre  toutes  les  parties  de  la  création,  telle- 
ment que,  la  loi  suivant  laquelle  tout  a  été  calonié 
et  déflui  venant  à  être  violée  en  un  poiul,  il  en  ré- 
suke  une  desiriielian  corres(M»danle  à  l'étendae  île 
la  liolation.  C'est  oe  que  vieunent  nous  prouver  les 
animaux  paléniilalagii|uea,  qui,  d'une  part,  en  »'en- 
cadraut  dans  1rs  lacunes  des  types  auxquels  ils  ap- 
partiennent, montrent  qu'ils  en  sont  lérilableRienl 
des  parties,  el  confirment  notre  tlièse,  et  de  l'aolTe 
nous  démontrent  celte  loi,  qui,  ayant  été  violeu 
dans  la  variabon  des  circonslanees  déâaies  et  dé- 
terminées, •  oMnlné  to  db^iaritioa  de  ces  èu«s. 
C'est  te  que  neos  prouvenieut  encore  ties  coosidé- 
ntioBB  pins  géiiéfàlea  d'un  antre  ordre,  aeit  prîtes 
ilasB  b  paliiologie  hunaine,  soit  dan*  les  ra|i|KirW 
da  BOtre  espèce  avec  les  êtres  qui  t'eatousent,  kdil 
dans  l.-s  rapports  de  ces  êtres  entra  eux. 


in» 


KCTlONMAtllE  A?OU>G&TIÛUP. 


rar  ses  conseils  et  pnr  ses  encoaragemenls. 
Elle  doit  ses  découvenes  et  ses  progrès  prin- 
cipalement Il  l'un  des  élèves  de  cet  illustre 
5Bvant,  H.  Coste,  qui  jeune  encore,  s'esl  niis 
l>arsestrsraui  au  premier  raog  des  nalura- 
lislps  contemporains. 

C'est  snrloul  contre  l'école  de  l'unité  de 
composition  que  M.  Coste  a  dirigé  ses  tra- 
vaux. Cette  école,  qui  voit  partout  des  aaa- 
l(^es,a  prétendu,  en  éludianl  ta  vie  fatale,  y 
ij  ouver  de's  arguments  en  faveur  de  sa  thèse. 

L'analomie  comparée  d'abord,  l'embrj'O- 
génie  ensuite,  ont  conduit  l'école  de  Cuvier 
a  résoudre  ainsi  le  problème  de  l'échelle  ou 
série  animale;  Il  2  > unité  de  plan  dans  la 
séiie,  c'est-à-dire  que  les  termes  y  sont  ran- 
gés dans  un  ordre  progressif  dont  la  foi  veut. 
que  tout  être  préaestiné  par  la  valeur  de 
son  germe  è  atteindre  le  second,.  !e  iroi- 
tième,  ou  mCme  le  plus  haut  degré  de  l'é- 
ebelle,  s'y  élève  en  parlant  du  premier  et 
en  parcourant  tous  les  degrés  iolermédiaires. 
Yoy,  Embrtoloqik. 

Le  développement  embryonnaire  de  l'a- 
aimsl  supérieur,  considéré  dans  soc  en< 
«emble,  présente  donc  des  analogies  succes- 
si-vesAV^  les  principaui  types  de  la  série. 
Il  y  a  un  moment,  dit  M.  Coste,  où  son  or- 
ganisation se  réduit  à  la  simplicilé  de  la 
cellule.  «L'œuf,  sjoute-l-il,  nous  offre  l'i- 
Biage  transitoire  d'e  celte  simplicité,  car  il  a 
tous  les  caractères  de  la  cellule  et  sa  iiévo- 
loppe  comme  elle  ;  il  est  constitué,  de  même 
que  cette  dernière,  par  une  membrane  en- 
veloppante et  par  un  coalenu  cellulaire; 
mais  ce  contenu,  au  lieu  de  subir  le  sort 
qui  lui  est  réservé  dans  les  cellules  com- 
luunes,  tend  à  marcher  incessamment  vers 
le  but  de  sa  hante  destination.  L'analogie 
est  donc  ici  dans  la  formt  reulemeul  oudani 
fapparence,  et  la  différence  dans  la  nature 
de  la  force  qui  anioie  cttto  forme  et  en 
coordonne  les  matériaux.  »  [Uitt.  génir.  tl 
partie,  du  d^eloppiment  dti  corpe  organùt't, 
I.l",p.i7.} 

•  Le  .premier  progrès  appréciable  dans 
révolution  de  l'œuf  bumaiu  consiste  h  for- 
mer ce  que  l'on  appelle  la  blastoderme, 
e*esl-A-dire  l'enveloppe  générale,  la  peau 
-du  nouvel  être.  Ce  rudiment  lui  donneuse 
'certaine  analogie  avec  les  animaux  infé- 
rieurs, lelsauelcs  médussires.elles hydres, 
chez  lesquels  l'enveloppe  générale  remplit 
toutes  les  fouettons  et  tonstitue  l'organisme 
adulte  tout  entier.  Mais,  djt  M.  Cusie,  «dans 
.an  point  de  la  paroi  blasLodermique  il  se 
manifeste  de  bonne  heure  une  ligne  pri- 
mitive ou  vertébrale  dont  les  animaux  in- 
-féricurs  ne  présentent  jamais  aucune  trace; 
et  c'est  1&  précisément  ce  qui  fait  que  ces 
ressemblances  ne  iicuvent  jamais  avoir  le 
caractère  de  l'identité,  et  que,  tout  en  ex- 
primant l'idée  évidente  d'un  plan  général 
commune  tous  les  élres,  elle  exclut  la  pos- 
sibilité d'une  transfiguration  sous  l'inQuence 
■des  egents  extérieurs.  »  (ibid,,  p.  18.) 
-  Suivant  ainsi  pas  à  pas  toutes  lesDuenccs 
du  jéveloppemeiit  embryonnaire,  U.  Coste 
y  montre  mrcÇssivement  des  analogies  avec 


le  polype,  le  Ter,  le  mollusque,  ie  j<imv. 
le  reptile,  l'oiseau,  le  mammifère,  aiialogifs 
restreintes  et  limitées  par  des  iliff^rences 
caractérisliques  et  dominantes.  Cette  discus- 
sion iinstojnique ,  si  lumineuse'!! si  mi- 
cluaote,  suffisait  assurément  è  détruire  b 
inductions  h  J'aide  desquelles  Lanurck, 
Geoffroy  Saint-Hilaire,  Goethe,  Oken  cl 
Garus,  tirent  de  quelques  ressemlilaDcei 
imparfaites  et  transitoires,  l'idenlilâ  des 
germes  et  l'unité  de  composilion.  M.  Cosle 
a  fait  plus  :  it  a  tranché  la  question  par  un 
exemple  décisif  qui  renverse  et  ruine  Ijï- 
mais  cette  bypoihese. 
«  JeTaismonlrermaintQnant,ditU.CGSle,   ' 

Î[ue,  même  dans  le  cas  où  la  eoDcardauce  tl» 
ormes  mati^rielles  est  assez  rigoureuse  puur 
revêtir  les  formes  de  i'idenlîtâ,  il  existe  eir 
core  alors  sous  ces  apparences  une  àiSi- 
rance  fondamenlalo  qui  exclut  la  possibilité 
d'une  transfiguration.  Nous  en  iraunTuiiî 
une  preuve  Éclatante  dans  la  manière  M 
rorganisotioQ  caraciérisliquede  cliaquesc^e 
se  dégaine  d'une  forme  primitive  commucf, 
et  nous  verrons  que  sous  le  vuile  de  t'idei.- 
tité  la  plus  absolue,  chacun  des  seies  con- 
serve cependant  le  type  qui  lui  est  prDpv 
et  que  les  circonstances  qui  peuvent  moi- 
ûer  le  développement  de  l'un  n'ont  pas  Ij 
plus  légère  influence  sur  l'autre;  ce  <|'" 
prouve  d'une  manière  manifeste  qu'il  u> 
a  dans  leur  identité  apparente  qu'une  sim- 
ple forme  phénoménale,  et  non  point pc 
réalité  essentielle,  s  [Ibtd.,  p.  SIi.) 

Nous  ne  suivrons  pas  dans  celle  ùissit- 
tation  le  si  habile  et  si  Judicieux  analomislc.  1 
Nous  nous  bornerons  à  en  présenter  \eiii-  \ 
néralités.  A  l'origine,  les  sexes  paciiiteul 
parfaitement  semblables;  telle  esi  l'op^oi^'^ 
commune  dans  la  science.  On  aéoncii' 
conduit  à  penser  que  primilivemeal  il  i'i 
avait  qu'un  sexe ,  et  même,  à  cause  d'o^ 
circonstance  mal  appréciée,  que  t-esii' 
était  femelle;  etquepar  coDSéqubntki'^e 
mftie  n'était  qu'un  développement  prooi^^ 
de  la  feotelle.  H.  Cosie  prouve  que  de  >»•> 
les  failli  observés  il  résulte  qu  origian"' 
ment  les   deux  sexes  soot  uialérielleiiKui 
tout  ifail  semblables,  et  qu'il  seraillf"'' 
aussi  inexact  de  leur  assigner  uue  coastiiQ' 
tioQ  t'emelle  que  de  leur  attribuer  uoe  cM^  1 
titution  mâle.  L'état  primitif  est  UD  ^^  \ 
□eutre;  à  ce -moment  il  n'y  a  pas  enctif'  , 
de  sexe  visiblement  déterminé,  et  cel  <'" 
neutre  est  le  point  de  départ  (lominuDd"-  1 
le  m&lo  et  la  fontulle  marchent  eu  il.Te-  | 
géant,  par  une  modiûcatioo  tout  aus.'i  \"- 
foode  pour  l'un  que  pour  l'aulrei  ven  ''■'^ 
état  détinitif. 

Après  avoir  établi  la  vériiédeces  ton- 
clusions  sur  les  bases  do  i'aualjse  aw'* 
mique,  M.  Cosle  expose  une  obsornW" 
des  plus  curieuses,  et  qui  a  tous  les  an^- 
tëras  d'une  démonslralLOu  expérimcn'^'^' 
Bien  ne  s'oppose  à  ce  que  nous  lr«nscr.T(<)''^ 
textuellement  ce  passage.  Nous  teriuitic'"''-' 
par  16  tout  ce  que  naus  avons  h  dire,  "" 
point  de  vue  des  sciences  naturelles,  ciiu["> 
l'hypollièse  de  l'unité  de  compositiou. 


1331 


IK» 


MCTIOMXAIRE  IPOLOtiETIQUB. 


«  Les  eirconslnnces  extérieures ,  dit  H. 
Coste.  pëuTenl  bien  amoindrir 'raction  des 
tzAuaes  qai  président  ao  d~éTe)oppemenl, 
mais  elles  n  oot  jamais  le  pouToir  de  les 
(lélouroer  de  leur  direction  primordiale.  On 
peut  bien,  suivant  que  l'on  soumei  des 
auft  femeUei  de  certaines,  des  abeilles  par 
exemple,  è  des  influences  plas  ou  moins 
f3TOrables,eDfsiresortir  des  femelles  stériles 
ou  fécondes  ,  mais  on  ne  réossil  jamais  i 
laire  passer  un  sexe  dans  un  aotre,  el  sous 
ce  rapport  les  bjménnptères  fournissent  des 
ob^erTâlioos  leilement  concluantes,  qu'il 
suflira  de  les  présenter  sons  leur  véritable 
jour  pour  donner  au  problème  dont  nous 
r*)erctions  la  sotulioQ  tons  les  earaelères 
d'une  démonstration  expérimentale, 

«  Depuis  la  belle  découverte  de  Scbirauh, 
e-^olirmée  par  Uuber,  l'on  sait  que  les  abeil- 
les ourriëres  scot  des  femelles  infécondes 
<:onl  les  OTaires^  h  défaut  des  circonsEduces 
eiiérieures  suOissDtes,  n'ont  pas  subi  tout 
leur  déTcIoppemeut,  et  qui,prÎTécs  do  la 
faculté  do  produire  des  œuu  consacrent 
toute  leur  aclirilé  k  soigner  ceux  de  la 
rvioe-mère,  k  élei'er  les  larves  qui  en  sor- 
■tint,  et  travailleDl  ainsi  au  profit  de  la  com- 
muoaulé  1  Hais  ces  abeilles  ouTrières,  qui, 
dans  quelques  cas  exceptionnels,  peuvent 
dcTeuir  fertiles,  n'auraient  enbesoin,  comme 
t'eipérience  le  démontre,  pour  être  préser- 
vées de  la  stérilité,  que  d'ëlro  nées  dans 
les  cellules  royales  et  d'y  avoir  été  nour- 
ries avec  la  gelée  qu'elles  prodiguent  aux 
larves  prtTiléeiées  qui  se  développent  dans 
ces  mfimes  cellules,  et  qu'elles  préparent  au 
Irâne  en  leur  fournissant  toutes  les  circons- 
Uocts  propres  k  les  convertir  en  femelles 
fécondes.  Aussi  les  reines-méres  sont-elles 
douéi  s  d'un  instinct  qui  leur  permet  de 
pressentir  de  quelle  sorte  sont  les  œufs 
qu'elles  vont  pondre  el  de  les  déposer  dans 
les  cellules  qui  leur  conviennent. 

•  Il  est  certain,  d'après  les  faits  observés 
par  Huber  el  Réaumur,  que  dans  l'état  nor- 
Eiial  la  reine  ne  sa  trompo  jamais  sur  le 
choix  des  eeilules,  et  qu'elle  poad  lot^jours 
les  aoTs  des  ouvrières  dans  les  petites,  «t 
les  œufii  des  miles  dans  les  grandes.  Les 
ouvrièreselles-mémesparaisseotavoirla  pré- 
vision de  ce  qui  doit  arriver,  car,  lorsque 
|«s  «oTs  sont  déposés,  on  les  voit  fenner 
lt>s  e.'llules  d'une  maaiére  différente,  sui- 
vant que  le*  larves  qu'elles  sont  deaiiaéës 
è  protéger  doivent  se  traasforner  en  abeilles 
conomunes  ou  en  faux-bourdons,  et  ex- 
IMiment  ainsi  au  d<.bors,  au  mojraa  d'une 
anbileclnre  particulière,  ce  qui  se  passe 
dans  l'intéri.  ur  des  altéules. 

■  Quoi  qu'il  CD  soit  d'une  prévisioa  qui 
inJique  msDiresleoienl  qu«  les  oeuls  sont 
inaniués  d'avance  d'un  caractère  seiuel  qui 
l>:éiède  leur  développement  extérieur,  et 
|,:tr  cuméquent  rin0.iïeoce  des  circonstances 
p4*stérieores  II  la  conception,  toujours  esl-il 
bien  avéré  que  ceux  qui  dans  une  cellDie 
d'ouvrières  produisent  iié(.'es;airemeat  une 
abeilie  comoiuDe,  stérile,  ou  neulre»  n'au- 


raient eu  besoin,  pour  se  convertir  en  reine»- 
mères,  que  d'être  éclos'dans  nne  cellule 
royale  et  su  milieu  de  dreonslances  plus 
favorables.  Or,  si,  comme  on  l'admet  uant- 
ja  tbéorie  la  pins  accréditée,  les  individus 
mâles,  avant  d'acquérir  leur  caraclèpe  mas- 
culin définitif,  avaient  d'abord  subi  une 
constitution  féminine  originelle,  il  devrail- 
sofSre,  pour  les  emjiècber  d'atteindre  leor 
constitution  masculine  et  les  contraindre  k 
persévérer  dans  lenr  nature  première  de 
prendre  les  œufs  dont  ils  proviennent  au 
moment  oCl  le  germe  qu'ils  renferment  n'a 
poinlencore  subi  la  transformation  sexaella, 
et  de  les  forcer  h  se  développer  dans  les 
mêmes  circonstances  qui  convertissent  les 
œofsd'onvrières  en  reines-môres.  Si,  malgré 
ces  circonstances,  leur  destination  n'était 
point  changée,  i)  resterait  démontré  par 
voie  expérimentale  que  les  œufs  mâles  ont 
eu  quelque  chosn  doot  les  œufs  femelles 
sont  privés,  et  qui  les  rend  inaccessibles 
au'x  influences  que  ces  derniers  ne  peuvent 
subir  sans  ou  éire  modifiés.  De  Ik  il  résul- 
terait que  les  deux  sexes  n'esisti^raient  pas 
originellement  confondus  dans  l'identité  ab~ 
solue  d'un  type  féminin,  dont  on  suppose  V 
tort  que  le  sexe  oitla  sortirait  par  la  seule 
puissance  des  agents  extérieurs;  mais  que- 
lé  genre  an  coittnire  cacherait  son  origioa- 
litA  sexuelle,  qu'en  me  permette  cette  ex- 
pression, sous  une  apparenced'idenlité,  ou  ■ 
plutêt  sons  une  forme  neutre.  Les  al>eilles 
vont  nous  fournir  icil'occasionde  soumettre  t 
la  question  k  cette  épreuve  -  décisive. 

■  Nous  venons  de  dire  que  dans  l'état 
normal  les  at>oilles  s«ml>)aieDt  avoir  la  pré* 
vision  du  sexe  des  individus  qui  devaieol- 
sortir  des  (rafs  qui  allaient  être  pondus  eor 
dont  la  ponte  vouait  d'être  efTectuée.  Hais 
il  est  des  circonstances  dans  lesquelles - 
cetie  prévision  semble  les  abandonner,  et 
ces  circonstances  coïncident  avec  le  tempe- 
où  la  reine-mère  n'a  plus  la  beulté  de  pro- 
duire des  œufs  femelles,  et  n'est  plus  sus- 
ceptible de  poudre  que  des  oub  de  fiiux- 
bourdoos.  H  est  même  une  époque,  et  c'est 
la  première  période  de  son  existence,  où. 
elle  pond  indislinolemeol  des  mofs  d'on-- 
vrières  et  de  mâles ,  mais  vers  l«  eosièmb 
mois  environ  elle  ne  pent  plus  produire 
que  des  œufs  de  hux-bourdons,  et  en  si 
grand  nombre,  que  dans  l'e^Mce  de  deox 
mois  on  a  pu  ta  compter  Jusque  trois  ou 
quatre  mille.  On  peut  même,  i  k'aida  d'an 
artifice  bien  simple,  empêcher  uh  rainodo 
pondre  jamais  des  œuu  de  femellaB,  et  la- 
condamner  è  produire  toute  sa  vie  dos 
niflles.  U  sot&t  pour  oela,  lorsqu'elle  vieoi 
de  naître,  de  Tempêtherde  sortir  de  la  roete 
jusqu'au  vingt-cinquième  jcigr  après  son 
éclosioo  ;  car  alors  la  féaondation,  qui  ■• 
peut  s'opérer  qu'à  une-  tssax  grande  hau- 
teur dana  les  airs,  se  trouve  retardée,  et 
par  le  fait  même  de  ce  reUrd  la  reine  est 
réduite  pendant  tonte  sa  vie  k  ne  procréer 
que  des  mêles.  Elle  dépose  alors  indislia»- 
tement  ses  œufs  dans  toutes  les  alvéoles,  et 
l'on  voit  les  ouvrières  donner  aux  larves 


13CI  .  IION  OICTKUfN&IRE  APOLOGETIQUE.  ROM  l» 

qui,  \ea  liant  et  lei  wiohaliunt  lamum 
BUlres,  nous  eipliquent  ce  qa'il  tiul  en. 
tendre  par  variélé  dans  i'unile  ouusiien, 
fli  nous  démoDlrenl  en  m&ais  temps  quacet 
uoiTers  e5t  la  conception  et  l'œuvre  d'une 
inlelligenca  souveraine  et  inSoie,  indépto- 
dante  et  distincte  de  tous  ces  étrec,  soamis 
h  ses  ToloDiàs,  qui  ne  peuTent  ftlrsqa'ordn 
et  bsriDDnie,  et  qui  GODStitaent  Us  lois  de 
leur  nature* 

Hais  ce  s'est  pas  ainsi  que  renlend  uqi 
philosophie  abjecte  :  ■  Au  lieu  de  remonter 
a  Dieu ,  cette  philosophie  est  descendue 

i'usqu'i  un  yil  Ijidoq  échauffé  p«r  le  soleil, 
file  en  a  fait  sortir  un  aniaial  qui  trame  ea 
Iui-m6me  une  énergie  inSnie. Tandis qut le 
chef-d'œuvre  de  la  création  ne  peut  ijotiteT 
une  coudée  h  sa  laille,  selon  le  langsge  dt 
l'Evangile,  lui  se  donne  les  plus étoonaotci 
organisations.  11  franctiit  tous  les  degréti 
depuis  la  plus  imparfaite  jusqo't  U  plui 
merveilleuse  de  toutes,  è  cetla  du  corpi 
humain....  C'est  un  être  nécessaire;  c'est  an 
créateur  de  lui-mènie,  ou  plutôt  c'est  la  éh 
mère  des  chimères.  Honte  éteroelle  k  ceui 
qui  conçurent  ce  misérable  rére,  el  lu 
siècle,  qui  au  lieu  de  les  repousser  parlt 
mépris,  les  honore  de  ses  suffrages.,..  C« 
serait  aussi  trop  outrager  la  religion,  du 
comnarer  la  noble  généalogie  de  Tbomine, 
qu'elle  fait  remonter  jusqu'à  Vitri  isjtni, 
à  cette  dégoûlante  généalogie,  qui,  aprb 
■voir  commencé  par  une  hypothèse  impos- 
sible, se  continue  par  des  fibsurdîtés  palpa- 
bles, et  conduit  logiquement  i  des  moas- 
truosités  morales  [mS}.»  Toy.  GiiiiuTiDi 

SPOnTAItl»,  UOHPS,  BlUKTOLOetK. 

Dans  l'b;pulbèse  matérialiste  quSDom 
venons  de  réfuter,  l'homme  a  tout  créé,  loat 
inventé  :  les  sciences,  les  arts,  la  sociéié| 
la  parole,  h  pensée i  Dieu  lui-mSine... H 
nous  reste  donc  à  démontrer  que  l'haïuH 
n'invente  ni  la  pensée  ni  la  parole  ;  qn'' 
ne  crée  pas  les  conditions  de  sa  vii,  mlo 
leiade  sa  raison,  ni  les  croyances  de  uu" 
Inre.  Ainsi  après  avoir  comtuitta  l'hypothèie 
panthéiste  au  point  da  vue  phj8iologi||M, 
nous  achèverons  de  la  renverser  en  la  rtfo- 
tant  au  point  de  vus  psy chulogiqu  ou  me- 
laphysique.  Yoy.  Pstcbolooii  ou  l'Homb 

timLI.ECTnBL  BT  IloaiL. 

HOMME,  ou  KiCBB  HUHAims;  cirCOD>- 
tances  qui  concoureru  à  son  perlectionw 
raeni  ou  i  sa  dégéoéralion.  Yajf^  K«c(9 
DTSAiNBa,  iXll.—Avons-DQue  poorl'hofflni» 
Il  eharilé  que  le  christianisme  nous  com- 
mande T  Yoy,  Chctk  ,  S  I-  —  ^'^^^r 
Thomme  s'est  étevé  dans  soa  Inveitigaiio" 
des  phénomènes  du  monde  physique.  '*!!■ 
p(jai(4TuiiALisiiB,  i  V.  —  L'^usleoee  0» 
l'homme  prouve  la  néoassili  d'un  aitU^- 
Yoy.  DiHO.  —  L'homme  païen,  lafalWeisu 
devant  l'homme  chrétien.  Yay.  M«Tiw. 
Si.  —  L'homnte,  à  l'élat  d'embrïDU,  pas* 
Hl  par  tousiesdegrés  de  l'échelle  a^ioiiB- 
Yoy.  EvBBXOLOGut.  —  L'homme  psyclioiu- 
gi(iae>  intellectuel  et  moral.  Yoy,  Piicau- 


qui  DErïssenl  dan<  le<  oellulos  royales  la 
mfime  éducation  qu'à  celles  que,  dans  l'état 
normal ,  elles  destinent  au  trOne,  Mais  leurs 
espérances  sont  trompées  et  leurs  soins 
inutiles;  car,  malgré  tous  leurs  eETorls,  elles 
ne  peuvent  réussir  h  changer  le  type  sexuel 
des  œufs,  et  ce  sont  toujours  des  faux» 
bourdons,  que  l'éducation  royale  n'a  pu 
détourner  ue  leur  sature  originellement 
masculine. 
^  •  Or,  s'il  était  Troi  que  la  rigoureuse 
similitude  des  formes  extérieures  des  deux 
amas  îùl  uu  lémoignageréelderidantité  de 
leur  essence  primordiale,  n'est-il  i>as  évi- 
dent que  des  influencus  essentiel) umeut 
identrques  devraient  toujours  produire  sur 
l'an  comme  sur  l'autre  des  effets  identiques  T 
el  (]ue  tout  ce  qui  aurait  le  pouvoir  de  mo- 
diQer  l'un  devrait  nécessairement  moditier 
l'autre?  Cependant,  ces  influences,  flont 
nous  pouvons  disposer  à  notre  gré,  ou  que 
la  nature  met  en  jeu  sans  y  Être  provoquée^ 
ces  espérienres  qu'elle  exécute  devant  nous, 
(oni  trop  positives  pour  qu'il  soil  possible 
de  résister  à  l'évidence  de  l'enseignement 
qu'elles  renferment.  Elles  démontrent  que 
les  agents  extérieurs  peuvent  bien,  commu 
je  l'ai  déjè  dit.  ralentir  ou  arrêter  le  progrès 
du  développement  d'un  organe  eu  d'un  ii> 
dividu,  mais  qu'ils  n'ont  pas  la  puissance 
d'en  détourner  la  direction,  d'en  changer  le 
but,  ni  de  lui  faire  dépasser  les  limites  que 
la  nature  assigne  à  chaque  espèce,  v  (Ibi4-t 
p.  31-36.) 

Conclusion.  —  De  tonte»  les  aonsidéra- 
tion«  auxquelles  nous  noua  «uames  livré 
dans  le  développement  de  cette  grande  thèse» 
il  nous  semble  que  nous  pouvons  conclure 

3u'il  n'y  a  ni  unité  de  com|M>s)tion,  ni  unité 
e  forme  1  ni  unité  de  plan  dans  le  règne 
animal;  que  par  conséquent  tout  animal 
n'est  pas  la  représen talion  de  tout  le  règne 
aaiotal,  puisqu'il  n'est  même  pas  la  repré- 
seôtaiion  abstilueet  rigoureuse  de  sontype; 
4<x  dans  chaque  «tre  individuel  on  ne  peut 
retroaver  tai^tea  les  mémea  çariius  qui  sont 
i^Uts  Ici  autres  fitrea,  môme  inférieurs;  que 
|tar  cooséqueut  tous  les  individus  ne  sont 
pas  sortis  d'un  seul  ou  de  plusieurs  types 
primitiils,  plan  unique  de  tous  les  animaux 
et  de  toute  la  série  animale;  qu'il  eiikte  au 
contraire  un  piaa  pour  chaque  appareil 
ii'«rgaa«s,  que  l'espèce  est  une  réalité  dé- 
Unie,  que  te  plaa  général  de  chaque  type  se 
modilW  pour  chaque  espèce,  puur  chaque 
groupe;  qu'il  y  a  des  plans  plus  généraux 
et  lotalémeol  différents  pour  chaque  grand 
type;  que  ces  plans  concourent  à  qu  en- 
srâible  pOiur  un  but  général ,  mais  pe  for* 
taeoi  pas  un  seul  plan  ;  que  par  conséquent 
les  étrea  individuels  ne  aoat  pas  des  parties 
d'un  âtra  iioique,  4ont  ils  ne  seraient  que 
tel  orgaoea,  mais  qu'ils  sont  distincts  el  in- 
dépeodftuls  les  oits  des,  autres,  déQuis  et 
limités  iMardescircoDstanees  aussi  détinîes 
tt  limitées  hiep  qœ  soumis  à  des  lois  bar-? 
moniqnea  de  rapports  et  de  cooserratiou 


(3SCB).LcUre  fmmalf  de  Hgr  Arrac,  archciéqga  de  Paris,  $•  S''^- 


IMC- 


HfCTIOMNAlRE  APOLOCETIQOB. 


«M 


MM,  AkU,  elc.  —  Situation  et  conditions 
lu  premier  séjour  de  nioname.  Foj.  Pstcho- 
eeiit  I  V.  —  L'homaiedait  l  Dieu  l'hom- 
isge  de  son  irosginatîon  et  de  ses  sens. 

'au   CtLTB,  I  I. 

B0TTEHTOT5,  Jeur  hisloir*  Mjchnlû- 
;ique.  Tog.  Racki  hcmaikei,  j  Ix. 

HUU60LDT  (G.),  >oa  opinion  sur  la  ré- 
élilion  du   langage.    Voy.  PsTCHOtoaiK. 

VIH.  ■ 

HUMANITÉ;  In  Christ  est-il  l'buniiDiMr 
'ty.  Httbisiis,  I  II.  —  Puise  la  rie  diviâe' 
•DS  la  prophétie  et  le  Mcrement.  Fvy.  Sa- 


CREHBKT,  (  II.  —  Impuissance  de  la-phiio- 
sophie  pour  résoudre  le  problème  de  son  • 
origine.  Yoy,  L'InnioDCcnoii ,  |  VII.  — 
Di  thumantlé,  de  ton  principe  el  de  ton- 
avenir;  eiamen  critique  de  la  théodicâe  de 
cet  ouvrage  de  H.  P.  LeroDx.  Voy.  Taio* 

DICÉE  BDHlHITAm. 

HDS  (Ieah),  ce  qu'il  Tsat  pensor  de  sa 
condamnation.  Voy.  Fahatishb,  ^  U. 

HYBRIDITË,  imporlanles  considéralious 
sur  ce  phénomène.  Voy.  Homme,  art.  I, 
SlietHii    ' 


lABN,  examen  critique  de  ta  théorie  sur 
u  possessions.  Yoy.  PosiESSion ,  j  IV. 

IDÉAL  MESSIANIQUE,  a-l-iJ  |>u  être  pris 
n  Jurlée  au  lemps  de  Jtfsus-Cfaristî  fou. 
IrrauME.S  VII, 

IDEALISME  SUBJECTIF  de  Ficbte.  Voy. 
iiuMorHiE  DR  l'abboll'.  I  I,  —  Idéalisme 
iiijpctirde  Schalling.  Ibid. 

IDÉE  MESSIANIQUE  chez  les  Juifs.  Voy. 

'lOFBiTBlES,    i   II. 

IDÉES  INNEES,  réfulées.  Voy.  Psxcbo- 
UKis.f  Vllet  X. 

IDOLATRIE,  difficultés  qu'elle  opposait 
i  l'iiiblissement  du  règne  oe  Jésus-Christ. 
Vt^ltens-CBEisT,  art.  III,  S  H-  —  A  pour 
angine  les  artifices  du  démon.  Foy.  Divoir, 
ilV.  — Comparée  aux  hérésies  modernes. 
f<').  SiLUT,  i  1  et  II.  —  Voy.  SDiiiATnKÂ- 

LUH.ilV. 

lUMORTAUTÉDEL'lUE  chez  les  anciens 
Eiçiptiens.  Voy.  Mokuhbuts  confirmant  les 
itciis  (la  la  Bible/j  VIII.  —  Démontrée  chex 
«s  Juifs.  Yoy.  JuBAÏSHv  et  Christianisme. 

lu  PONDÉRA  BLES.,  difficultés  qu'ils  nré- 
icntent  du  cûtâ  de  leur  nature  et  do  leur 
itlion.  Yoy.  Ans,  j  VI. 

lUPOSTKDRS,  l'humanité  en  a-t-elle  été 
Mclime  en  matière  de  religion?  Yoy.  Boe- 

lATCBiLISME,  SI. 

lUPOISSANCE  de  la  philosophie  dans  la 
«luiioa  de  la  question  du  mal.  Yoy.  Mal, 
irl.lL 

IMPOTABIUTË  du  pécbé  onginel.  Foy. 

PÉCaéOHisiRBL,  I II. 

INCARNATION,  belles  harmonies  de  ce 
nysiire.  Foy.  Optimisme,  —  Considérations 
lurcemjslère.  Foy.MAL,  nrt.  I,  S  IV.  — Ses 
rapports  arec  la  réhabilitation  bumaioe. 
'«y.  RiPABATioN,  S  ti- —  Objections  réru- 
^1.  tbid.,  i  Ifl.  ~-  L'idée  dlaoarnation 
■-(-elle  |iu  etro  prise  en  Judée  au  lemps 
ie  I^sns-Cbrlstf  Yoy.  Mxtbuhb,  fi  VII. 

INCOUPRÈHENBIBLE  (L),  son   utilité. 

(i069)  Dt  origine  tndilio«i$  non  ëi  Juâ^oi  §ed 
•^  '»*w  njtrmda,  17)8. 

[10701 1  L'Iode,  dit  U.  Pnuifaier,  oous  wNMk 
uiÇme  le  gnnd  cl  antique  foyer  de  1i  peima  bu- 
ntaiw,  cenune  te  point  central  H  rajrontiAiil  de  ce 
^»i<  cttde  dlilées  phllMopliique*.  et  religicniei, 
^  MJiiaei  fnppants  de  coiisaDiuinité,  qui  a  eit*«- 
>o|Tt  ti  HiDie-Asie,  et  qui  a  lui  par  cmbrassci 


Toy.  llrsTiBE,  fi  I.—  Se  renconlredaiM  touf 
les  ordres  de  phénomànes.  Ibid.,  fi  II  et  lil.. 

INCONVENIENTS  de  la  liberté  surpassé»- 
par  ses  avantages.  Yoy.  LiBsiTi. 

INCORPORATION  de  Dieu  k  la  nature 
hnmaiae,  comment  explicable.  F»y.  RkPA- 

BiTION,  i   H. 

INCRÉDULITÉ,  son  isoleraenl  et  son  iiD-^ 
puissance  en  matière  de  religioD.  Voy.  Sobt 

IITOKALUMB  ,  fi  I. 

INCROYANCE, ou  incrédulité,  n'a  eu  qu» 
deux  époques,  l'Âge  d'Auguste  cl  le  nAtret 
considérations.  Foy.  Fet.  — Vient  de  l'igno- 
rance el  du  début  de  vertus.  Ibid.  —  A  pu- 
défigurer  mais   non  détruire  la   religion. 

Voy.  SuMHATDkALlSMI  I  |  III. 

INDE,  esi-elle  le  Inrceau  de  l'espèce 
humaine  et  de  la  religion  de  la  plupart  des 
autres  peuples  T  Foy.  fnDiÀKisiiE. —  N'apoiot 
d'histoire  rérilable.  Ibid.,  j  III.  —  Obscih 
rite  de  son  système  géograpbi(|ue.  ibid.  — 
Svstème  chrotiologique.  son  incohéreRoe. 
ieîd.  —  Son  histoire  religieuse.  Ibii.,  fi  IV 
et  V.  —  Multiplicité  des  religions  et  des 
sectes.  Ibid.,  fi  V.— Aljoutiss^nt  au  pan- 
théUme.  Ibid.,  fi  V. 
INDIANISME. 

Quelle  misère  I  te  ploi  petit  des  piophè- 
tes  d'IinBl  Tant  bUIc  fclinleu'  mt  Ims 
le<  tÂdtoaophes,  pwHÏitWw,  «âaU   à» 


L'Allemagne,  qu'on  est  toujours  sûr  de 
rencontrer  sitAt  qu'il  est  question  d'un  pa- 
radoxe érudil,  l'AUemagne  affirma,  il  y  j 
déjà  plus  d'uQ  siècle,  que  les  peuples  qu'à, 
fallait  interroger  sur  rorigine  des  choses* 
n'étaient  pa<i  l«s  Hébreux  ,  nuis  les  Bia^ 
dous.  Un  aarant,  Lujrser,  a  mène  &it  ds 
cette  prétention  le  titre  d'un  livre  (SOfl^ 
Le  rationalisme  a  salué  arec  enlboosiasose 
cette  IiardiL'Sse  de  l'érudition  aulichréttenne- 
(2070).  Elle'a  été  renourelée  de  nos  jours, 

presque  tovl  l'aacie)  DKwde,  t  { PAoniEBt  Prifoee 
des  Èuai»  tw  la  fkilotopkie  itt  Indotu,  pu  Cole- 
brooke.  ) 

Le  rationaiinu  veut  rccueiUir  vile  las  fruiii  d^' 
ce  qa'll  sAmc.  Il  a'Ckl  donc  Ulé  de  lairo^  au  cbri*- 
llaniune  rap^ication  «te  celle  idée,  qui,  du  reste. 
M'a  éié  imeoiée  que  d«ai  ce  but.  L'arigina  ùidieuue 
d«  nt»  dogmci  el  mime  de  nos  cérémoaics  est  ea- 


I3G7  I.N[V  nCTIONN&lRE 

iDOiDaexpii«iteDientet  arec  plus  de  pudedr, 
(turdo  BohIcD,  daos  son  ooTragn  De  fjnde 
dtuii  MU  rapporli avte  l'Eggpte.Cel  éciÏTSin 
nael  un  scrupule  minutieux  à  dégager  de 
leurs  eaveloppe*  grossières  les  iiTées  reli- 

f'euses  des  peuples  du  Gsoge;  il  les  épure 
le  lumiiire  du  christianisme,  il  les  trans- 
forme; puis  il  élablit  entre  elles  et  la  reli' 
gion  mosaïque  des  comparaisons  qni  tour- 
neot  rarement  Ji  l'aTanlage  de  cette  dersière. 
Tout  cela  est  encore  entrero  tous  an  demi- 

i'our  mrsiérieux.  Hais  les  intentions  de 
'auteur  ont  élé  parfaitement  comprises,  et 
la  philosophie  rationaliste,  pleine  de  con- 
fiance en  la  vitalité  de  cette  idée,  s'est  ap- 
pujée,  pour  rabaisser  l'Ancien  Testament, 
sur  le  livre  de  Bohien.  Elle  Ta  jugé  émi- 
Demment  propre  b  combattre  la  croyance 
nue  les  Hébreux  seraient  le  seul  peuple 
NToriflé  d'une  révélation. 

«  S'il  est,  dit  Creuzer  avec  une  emphase 
toute  germaniiuc,  s'il  est  une  contrée  sur 
la  (erre  qui  puisse  réclamer  i  juste  titre 
l'honneur  d'avoir  été  ie  berceau  de  l'ajiice, 
humaine,  ou  au  moins  le  IbéAlre  d'une  civi- 
lisation primitive  dont  te$  déveioppementi 
meeeêiift  auraient  porté  dimi  tout  l'ancien 
monde  et  p«ut-étre  au  delà  le  bienfait  dei  tu- 
miêrei,  cette  seconde  vie  de  l'hamanlté;  s'il 
est  une  religion  qui  §' explique  comme  d'ell»- 
ntémepar  lee  imiresiioniputitantei  de  la  na- 
ture et  p<a-  le*  Ubrtt  impirationi  de  t'cMmrit, 
vl  ilonl  les  formes  naïve»  et  sublimes  wni), 
lus  conceptions  simples  {2072J  et  profondes 
en  mdme  tompi,  le  système  vaste  et  hardi, 
•^ioutntà  Uur  tour  arec  quelque  succès 
fw73j  /fj  dogmet  et  les  tymbolet  religieux 
de  la  plupart  det  autree  peup/»  :  cette  con- 
trée, c'est  assurément  l'Inde;  cette  religion 
est  celle  qui  nous  apparatt  rivante  encore 
surlea  rives  du  Oaiige  aree  ses  prêtres, 
ses  Itimplèi.  ses  autels,  sas  livres  sacrés, 
SCS  poésiest  ses  pratiques  et  ses  doctrines. 

core,  aoaiinw  chacun  laU,  ii  l'ordre  du  }our.  Cela 
ut  (Ùjà  enseigné  dans  l'ouvrage  cité  de  Liiyser.  Les 
principaui  anieurs,  tant  allemands  que  français, 
<mî  oni  soutenu  celte  erreur  sont  :  Lichtensteiii, 
Vtbtn Inititn  aU  queUe  rfer  Jtfjfi'iofuffie  (De  l'Inde 
eamine  source  de  la  Mjiliçlogie  1  ;  —  lul.-Fréd. 
WiNZEB,  De  dtemonologia  iij  lacrit  ÏVoti  r«lamenli 
librit  propoiita,  1812  ;  —  Cli.-F.  Whascbibs,  flo- 
rin, Oder  aili-o^nûil  (  Korus  ou  t'uliseivaleur  des  as- 
tKs)-,  —  Ci^EiizEK,  Symbolik  vnit  Mylhotogie  dtr 
alttn  \ittkeT,  n  (  STiiibolima  et  mjrlholoBLe  des 
«ndéns  peuplai  ) }  —  Puuisc,  HUioniclu  w»!  vlà- 
iMopHMikc  Viaeniukwigai  vbir  die  Denkarl,  Theor 
lofl*  Hiut  PMtonpkie  4er  alurat  Valker  (  Hecber- 
ckes  hÏBioriques  ei  phîbsopbiques  sur  les  opinions, 
la  ibéoltiBie  il  la  pliilosopliie  des  andeiiB  peuples), 
178Si  —  J.-A.-S.  RicBTER,  Bit  Chritiendom  en  it 
ouit  Sodfàienttai  van  ket  OoiUn,  1820  (  Le  chrii- 
liniiismeet  les  anciens  cultes  dcrOrienl);  —  l.-G. 
llnoDE.  Die  heUige  Sage  und  dat  gtiammte  Religù»n- 
.«lyf  lem  der  alun  Bncirer.  ÈMet  ttnd  Ptitr  oder 
det  Zendvclu,  1890  (Les  dogmes  et  tout  le  syslème 
rrligieux  des  ancient  Baciriens,  Hédes  ei  Peraea,  ou 

des  iieuplesZendB); J.-Em.-Chrél.  Schwoï, 

Hundbnck4ertikriillichtKirelttKgtU!hicltU,iSUjti3r 
iiueld'hisiotrt!  eccl^iasliqucK  —  Giiiobiaut,  îra- 
éucilon  éeCTeitMr,<i»nt  les  iMtes  ;  —  D^vris,  VogA- 
fieàlaCkine; — JAuquEmuMi,  Voyage  «u  ïndti; 


APOLOGETIQUE.  »D  I5« 

Toujours  ancienne  et  tonjoars  nouvelle, 
rinde  est  debout  sur  ses  propres  mioef, 
comme  un  foyer  élemellmmt  lumineux,  où 
viennent  se  concentrer  les  rayon»  éparsqni 
ont  longtemps  éclairé  ou  fasciné  le  monde 
(207i).  . 

€  Au  milieu  de  ce  monde  orieolal  pres- 
que tout  noureau  pour  nous,  s'écrie  l'au- 
teur de  la  Chint,  l'Inde  arec  sa  langue  $an»- 
krîte  si  savante  et  si  mélaphysiqoe,  aree  sa 
pensée  religieuse  si  profonde  el  si  nAhme, 
sa  pensée  philosophique  si  abstraite  et  si 
hardie,  son  imagination  si  poétique  et  si 
gigantesque,  sa  nature  si  merreilleose  et  si 
féconde,  nous  apparaît  cotatae  It  grand  tt 
antique  foyer  de  la  pensée  humaine,  eonw 
te  point  central  et  rayonnant  de  ce  vaste  etr- 
eli  d'idées  phUosophiques  et  raiçieuses,  d^i- 
diome»  frappanis  de  consanguinité  qm  a  em- 
veloppi  la  haute  Asie  et  qui  a  fim  par  em- 
brasser presque  tout  l'aneien  monde.  C'est, 
en  effet,  sur  les  hauts  plateaux  de  l'Asie 
qu'a  été  jetée  primitivement  ['énigme  i» 
genrt  humain.  C'est  de  )!i  que  le  grand  fleuve 
de  la  civilisation  est  narli  avant  de  couvrir 
l'Europe  et  avant  de  laisser  derrière  lui  ds 
vastes  déserts  de  sable.  L'bumanîtâ  ne  pent 
être  bien  comprise  partiellement;  il  faut  la 
roir  dans  son  ensemble;  il  faut  assista 
i  fà  naissance,  h  son  flge  riril,  h  sa  déca- 
dence; il  faut  renouer  lies  anneaux  decstta 
grande  chaîne  qui,  comme  le  Nil,  dérobe 
nicore(2075)soncommencemeDt8DX  regsrJs 
du  monde.  Cette  chaîne  pour  nous  a  .loa 
anneau  le  plus  reculé  dans  l'Inde  (8076).  ■ 

«  Si  jamais,  dit-il  ailleurs,  la  pensée  hv- 
maino  vécut  des  inspirations  de  la  Ditimté, 
assurément  les  Védas-  ou  écritures  sacrées 
de  l'Inde  portent  plus  que  tout  autre  mo- 
nument religieux  l'empreinte  de  cette  ins- 
ptrolion  (2077).  » 

M.  de  Lamartine,  arec  colla  légàrel^  qû 

—  B»LBi,  Abrégé  de  géographie:  —  Hicwus,  a- 
licle  de  Yariéiés,  dans  le  journal  tt  Temp: 

tlcsH  place  tes  religions  dans  l'ordre  saiTanl  : 
l' IcTagchiame,  *■  la  rdiaion  de  llmle.  S-  la  fdi- 
Dion  de  la  Perse,  f  la  religio!i|de  I  Ejm*^5*.la 
religion  iuîve,  6'  la  religion  gre«iue .  ?*  «  «««• 
TOmaiBe,  8-  le  chrlsiiaoïsinc.  (  Trir  kulotrtét  U 
phitoiophie  altemande,  par  Barchon  de  PeuMM, 
t.  H,  p.  ÎOO,  elc.  .     .      j  , 

(wnl)  Nous  reeilTons  nos  lecteurs  a  ntme  uejft- 
BOT  de  celle  noireW  el  de  celle  iMimild  do  p>fi*- 
nvmfi  hindou,  et  de  la  majcsld  de  son  calle. 
'  {2072}  Rien  n'est  compliqué  et  co&Ius  eomBe  u 
ihéologie  des  Hindqus.  „  _.  _. 

(Î07S)  Ce  ^i^M  *««*i  est  d'une  ravissante  ■•■ 

mU)  Cae«Et-GneiiuiJT,  Us  nRgions  de  f •»«►■ 
auUé.  liv.  I,  ch.  i.  —  M.  Guigniant  aj«ue  naiw- 
nienien  noie:  t  Voyei  dans  foin  discouts  prdj 
miiiaire  uii  résiuné  dçs  faitsi  pnnctpaax  aar  les- 
quels  se  fonde  CETTE  bïpotbèsb,  que  noutdumomi 
au  rette  pour  et  qu'elle  «I.  «  Grand  mera . 

(2075)  M.  PauUiier  n'esl  donc  pas  bien  sûr  de  b 
solidité  de  son  hypoilièse. 

(S076)  P*UTHiEa,   Pié(ate  de*  Ettsii  de  Vmi-- 

(2ft77)  Pautsier,  UémoirtuiT  foi^w*  rtlar»»- 
pagaUon  de  la  doelrine  du  Tae. 


m 


KO 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQDt. 


IND  ' 


tm 


(■•nrliinso  l'aaleup  Jes  Girondins  (5078), 
itMèlo  sans  hésitation  ces  élrnngrs  niser- 
l»<ri<:  (  La  clef  de  tout  est  dam  1rs  Indes, 
ilili!,  ta  génfyalion  dtt  pensées  et  des  arts 
mrifvtbh  (9079)  remonter  là.  EWesonl  cO' 
ra<:lé  ['A-ssjrie,  la  Chaldée,  laMésopolanie, 
h  âi  rie,  les  grandes  villes  du  d^serl,  comme 
BdlbBfk,  puis  l'Ejijple,  puis  les  Iles,  comme 
(nCrèle  et  Chypre,  puis  l'Elfurio  (2080), 
lUis  Rome,  puis /n  nuit  est  craue,  et  le 
.'lirislianisme,  couvé  d'ehcrd  par  la  pltilo- 
io\ibio  platonjcieune,  ensuite  par  la  barbare 
^noraoce  du  m>.;ea  âge  (2081),  a  enfanté 
lalrp  civilisalioD    el   nos  arts   modernes 

imiis 

Conlinuons  de  laisser  parier  les  poêles; 
!jne  dérais'iDnent  pas  sur  ce  point  bcau- 
:oap  plas  qse  les  savants. 

.Dans  leGénie  des  religions, }A.EA%aTQ,oi- 
itt  appelle  les  Hindous  ■  le  premier  peuple 
jui  soit  sorti  de  son  sommeil,  ■  el,  pour 
miiplélér  sa  pensée,  il  ajouta  ces  paroles 
ilaisaQles:  ■  L'histoire  des  religions  étant 
9  généalogie  da  l'Eternel  dans  les  bornes 
lu  lemps  (2083),  il  serait  impossible  d'en 
aitir  les  commencements  si  cette  dif&culié 
■erenirait  dans  celle  de  savoir  quel  mo- 
lomeiit  contient  f expression  de  la  société 
1  plus  ancienne.  Hamenéa  à  ces  formes, 
9  fKUinttt  résolue  (3084),  puisque  nulle 
M^.  ui  dans  les  hymnes  des  Grecs,  ni  dans 
l«Zttid-A resta  des  Persans  '(30St},  nt  mime 
lou  ta  livra  de  Maise,  l'hooinie  et  la  na- 
"tntparatâstnlfiOSa)  sinouteauxqnedmu 
a  Yédas  des  Indiens.  Ces  ohantres,  dont  les 
riiijues  les  nias  exigeantes  bornent  l'an- 
i'iui:â  à  IWO  ans  STent  le  Christ  (2087;, 
"itrQTivre  l'époque  patriarcale,  qui  dans 
■  Bible  est  pluldl  indîçiuéfl  que  remplîo 
•tl(.'s  noms  et  les  vestiges  des  tribus  d'A- 
riliam  (2088).  > 

Quanta  U.  Clavel.  s'il  n'a  pas  inventé 
byi^odiëse  de  l'origine  hindoae  du  cbris- 
misiue,  il  a,  la  premier  cl>ez  nous,  pré- 
l'Ué  cette  théorie  dans  toute  sa  force  et 
ins  toute  son  étendue  en  mettant  en  ocu- 
'earcc  habileté  les  faits  oombreax  accu- 
alÉipar  les  traraui  do  ses  laborieux  de- 


vanciers. Les  preuves  sont  exposées  aveO 
une  clfirlé  et  une  franchise  qui  laissent 
pénétrer  jusqu'au  food  de  son  âne.  Sana 
chercher  l'ironie  voltairienne,  if  jette  aux 
cunvitilions  cfarétiunnss  les  iilus  rudes  épi- 
thèles  et  les  qualiticalions  les  plus  dédai- 
gneuses (2089}.  Co  n'ost  pas  chez  lui  le 
golïtde  l'injure,  mais  ta  nécessité  d'un  sy^ 
tème  impérieux,  qui  met  sur  la  même  lï* 
gne  tes  idées  les  moins  propres  b  produire 
ces  étranges  parallèles. 

Heureusement,  le  nombre  de  nos  adver* 
saires  et  leur  science  n'égalent  pas  leurs 
prétentions.  Nouveaux  Tilanfrils  enlasjtont 
dt'S  abstractions  et  des  hypothèses  pour 
envahir  la  cité  de  Dieu,  mais  leurs  fasiaeux 
mensonges  s'évanouissent  au  premier  souf> 
Qe.  La  vraie  science,  au  contraire,  qu'elle 
le  veuille  ou  non,  qu'elle  le  sache  ou  qu'elle 
l'ignore,  travaille  conElammeni  Ji  raffermir 
toutes  les  pierres  ébranlées  de  l'édifîee 
chrétien.  Les  études  orientales  loin  de 
nuire  A  nos  rroyances,  les  environnent 
chaque  jour  d'une  nouvelle  lumière,  elles 
n'ont  pas  seulement  dissipé  les  obiections 
que  le  snii' siècle  avait  soulevées  ;  elles 
ont  fourni  de  nouvelles  et  d'innombrables 
preuves  des  vérités  fondamentales  de  notre 
foi.  La  révélation  primitive  dén)onirée  par 
l'unirersalitédes  traditions,  comme  le  monde 
primitif  par  les  fossiles,  les  nations  éteintes, 
les  littératures  ensevelies  se  sont  levées 
de  leur  poussière  ;  la  parole  a  élé  rendue 
aux  peuples  muets,  ol  la  vie  aux  liëclas 
morts,  et  tous  sont  venus  déposer  unanime» 
ment  de  l'antiquité  et  de  la  véracité  de  nos 
saintes  Bcritures,  tous  ont  rendu  hommage 
au  Dieu  éternel  de  la  croix. 

L'inde  n'a  pas  été  étrangère  k  celte  pro- 
testation des  peuples  antiques  contre  1  im- 
piété  moderne.  On  sait  que  nos  mission- 
naires ont  eu  l'initiative  dans  l'étude  de 
celle  bel  te  contrée  comme  dans  l'étude  da 
la  Chine.  Nos  libres  peuseurs  de  l'Occident 
ne  soupçonnaient  pas  encore  l'existence  de 
la  littérature  sanscrite,  quand  le  savant  jé- 
suite Robert  de  Nobilibus  avait  d^ft  com- 
posé l'EMour-Yedam  dans  la  langue  sacrée 


(Wm  Cfr  les  éloquents  articles  de  H.  Foisibt, 
rii'S  Uirondpts,  dans  le  Correspondant,  1847. 
liOTS)  Vous  D'ètes  pas  bien  sQrT  It  ne  vous  faut 
■K  qu'un  simple  doute  pour  sacriQerla  wadition 
itiiiue. 

iwM)  Cette  Kénéatogie  des  idées  binduoei  paral- 
KnrieuM  aux  per&oDne*  qui  ont  quelque  teiu- 
n  <J«  la  questiou. 

(ÎSOI)  Pour  Juger  celle  barbare  ignonuu,  c/r 
«m.  Tableau  des  ûutitulioHs  el  da  mitHrs  «h 
9"!  dgc ;— OziatH,  DoHleet  UpMtesopkieettluli- 
'  ;  luj.  rariii:le  Sciekces  J  11  et  lit,  dans  oe  Die- 

^■Wi)  A.   M!  LintiTim,   Vo|Wf«  m  Orient.  — 

fioDMUjr  en  ■  fati  use  juste  el  sévère  crilifiie 

M  \ei  Ànnatei. 

\Vi>SZ)  EtraiiBc  éternité  que  celle  de  ce  singulier 

Tiid!  Que  M.  Quitiet  est    admirable  ilaiiit  ses 

l'i'li's  et  qu'il  manie  bien  la  lan^  de  Bouuci, 

l'j<cal  el  lie  Napoléon  t 

i'ïi)  Uiiolle  vivacité! 

iuiâ)  i.  Jean  Reyuuud  édoMUrtil-H  celte  «up- 


posiUonT 

(W86i  Pourquoi  donc  hésiter,  si  U  questioa  cal 
résolue  î 

(S087)  Cette  Biterlion  est  une  véritaUe  plaiia»- 
terie. 

(3088)  EtiOAB  Ucimtv,  C'nh  des  religions,  137. 

(iOSOJ  Vof .  son  Histoin  pittoresque  de»  rWigrOTii, 
etc.  C<i  livre,  destiné  i  des   lecteori  plus  légers 

Îa'instruils,  est  écrit  sous  l'inipiration  du  plus 
îtestabte  raiionaltsme.  <  Il  n'y  a  pas,  dit-Il,  m  dog- 
me,  une  Bction,  une  pratique,  un  usage  reli|;ieUK 
admis  par  un  peuple  puleoti^ue  sauvage  o*  civilisé, 
MU-  quelque  pobil  de  la  terre,  i  fw'fM  ipoqu*  fw 
eeseil,  fui  n'uk  m  source  dent  k  irahmoitmt. 
Voilà  ce  que  nous  ftvoiis  voulu  principakmeutcous- 
tater,  aAn  que  ceUe  pareuié,  nous  dironii  presque 
cnUe  identité  de  toutes  les  rellgioni,  vint  donner 
l'appui  el  la  sanction  des  (ails  à  ce  principe  énii- 
ncmueut  wcial  prodemé  psr  la  UnlompOia  iui>- 
dernc  :  la  totitaiifo  ttligitiue  !  »  Cuvu.  UiUtiu 
des  reliions,  \\,  liv.  vin,  CMclusioa. 


ISTI 


IM 


HCTIWn&lllB  APOUMETIQUE. 


IND 


dnBrahnsfiM.  AvAnt  rAoaddinle  de  Cal- 
culte  John  Werdin,  mieax  connu  toua  la 
nom  de  P.  PaalindeSaint-Bartliélemy,  avait 
publié  fc  Rome,  soas  lea  auspices  de  la  Pro- 
g>aganda,  une  sârie  d'ouvrages  sur  la  gram- 
maire sanscrite,  et  sur  l*hisloire,  la  niylho- 
logia  el  la  religion  des  Indouj.  Sn  gloire, 
vengée  des  outragea  d'Anquelil-Duperroa 
par  les  Adelungs  et  par  Abel  Remusat,  n'a 
pas  élé  effacée  par  les  IrnTaux  réunis  des 
saTSUts  anglais  et  sllemands;  et  lorsque 
réocmment  MM.  Creuzer  et  Guigniaut  ont 
voulu  résumer  l*hisloire  de  la  religion  Jn- 
doue,  il*  oui  encore  élé  contraints  de  le 
citer  ï  chaque  pa^te  (2090). 

Les  savants  académiciens  deCalcuKa  afoor- 
dèrent  les  études  indiennes  en  libres  pea- 
seurs,  Pt  pourtant  toutes  leurs  découveriet 
conspirent  en  faveur  de  la  Bible,  et  sem- 
blent être  d$  eompUeilé  avec  Moite,  comme 
aurait  dit  Voilaire.  Après  avoir  fouillé  tou- 
tes les  bibliothèques  dos  brahmanes,  ils  ont 
élé  forcés  de  déclarer  li  l'incrédulité,  qu'a- 
vec la  meilloure  volonté  du  monde,  ils  ne 
pouvaienl  ntisfalre  ses  désirs,  en  appu^aBl 
les  hypothèses  et  ses  objections  (2091). 

B(  pour  ne  parler  que  des  savants  catho- 
liques les  plus  célèbres,  Frédéric  Scbleget, 
Gœrre».  les  deui  Windischmann  et  le  co- 
louel  Todd,  loin  de  perdra  leur  ft>i  dans 
l'étude  <Ie  la  tillérature  ssnsortte,  n'y  ont 
puisé  qu'une  conviction  plus  profonde  et 
plus  inébranlable,  et  une  ailmiralion  plus 
vive  pour  la  pureté  immaculée  de  nos  tra- 
ditions (2092). 

Au  milieu  de  celte  harmonie  sf  conao- 
lanta  de  la  foi  et  de  la  science,  nous  avions 
oublié  qu'un  petit  nombre  de  voix  s'obsli- 
iiail  encore  h  protester,  et  s'acharnait  à  dé- 
fendre des  hypothèses  décrépites;  mais  nous 
allons  enQa  tSeher  d'apprécier  h  leur  juste 
valeur  ces  souvenirs  déguisés  de  Voilaire 
et  de  Bnrlly,  ombres  impuissantes  d'un  syi- 
tëme  déchu  qu'on  voudrait  faire  revenir, 
mais  qui  ne  saurait  plus  effrayer  qu'une 
ignorance  affectée. 

Nous  leur  opposerons  lour  à  tour,  outre 
les  Boms  glorieux  que  nous  avons  déji 
cités,  H.  Riitcr,  l'un  îles  érudils  los  plus 
distingués  de  l'Allemagne,  le  rival  d'Hegel, 
i  Beritn.  — Heeren  el  M.  E,  Burnouf,  qu^ils 
n'accuseront  ni  d'ignorance  ni  de  partialité  ; 
maiaiurlout  M  Gulgniaut  qui  a  si  fort  con- 
tribué à  répandre  l'erreur  que  nous  cont- 
tattons  dans  l'Ecole  normale  el  dans  l'U- 
niversité, et  qui  pourtant  sera  l'une  des 
principales  sources  où  nous  puiserons  nos 
preuves.  Voilà  nos  champions;  avec  leur 
aide,  nous  réfulerona  les  arguments  géné- 
raux par  leaquelaon  prélend  démontrer  la 
prodigiaase  antiquité  de  la  civiltsalion  io- 
doue;  —  nous  mettrons  h  du  la  profonde 
incertitude  de  l'bistoire  littéraire,  politique, 
philosophique  el  religieuse  de  l'Inde;  — 

(W»)  Voir  dtM  M.  Wiscxti,  t.  I,  p.  38,  les 
«MwnBapMiu  qu'il  nçat  k  Rome. 

(Wffl)  \oir  Ahh.  de  piUotopft.  chrélitam,  t.  U, 


noua  ferons  voir  combien  les  livras  saoscrils 
sont  inférieurs  i  nos  Ecriluras  sous  la 
tripla  rapport  de  raulhenlieité,  de  l'inté- 
grité et  du  fonds; —  après  cela,  je  pense, 
nous  serons  en  droit  de  conclure  que  c'est 
sans  aucune  preuve  qu'on  veut  faire  de 
l'Inde  le  berceau  de  l'humanité  et  la  source 
la  plus  pure  des  vérités  philosophiques  el 
religieuses  ;'la  Bible  sera  dès  lors  justifiée, 
car  co  n'est  pas  avec  des  conjeclares  gra- 
tuites que  l'on  peut  ébranler  Te  monument 
historique  le  plus  vénérable;  —  pas  plu 

3u'il  ne  suflit  d'une  pensée  de  vandalisme, 
'un  désir  de  destruction  pour  anéantir  lei 
pyramides;  —  l'immense  supériorité  des 
traditions  hébraïques  ressortira  mieux,  et 
paraîtra  plus  lumineuse  aupaès  des  nei- 
ces  sombres  qui  enveloppent  les  traJitioni 
indoues,  et  nous  pourrons  répéter  en 
finissant,  oes  belles  paroloa  d'un  illasln 
indianiste  : 

•  Je  ne  puis  m'esipécher  de  dire  qas 
la  collection  d'ouvrages  que  bous  appe- 
lons l'Ecriture  par  excellence,  contieol, 
indépendamment  de  son  origine  diviar, 
plus  de  vrai  sublime,  plus  de  beauléi 
réelles,  plus  de  inoralité,  plus  d'histoim 
importantes  et  plus  de  traits  sublimes  de 
poésie  et  d'éloqueaee  qo'on  ne  poumit 
en  rassembler  dana  le  màme  aspaoa  et  ei- 
traire  des  livras  qui  ont  élé  composés  dans 
tous  las  temps  et  daus  loua  les  idi*iDM. 
Les  daux  parties  qui  composent  lu  corps 
de  nos  livres  saints,  sont  unies  entre  elles 
par  un  genre  de  composition  qui  d'à  auceaf 
ressemblance,  ni  pour  la  forme  ni  i>0Dr 
le  style,  avec  tout  oa  qu'on  peut  recae;f- 
lir  de  la  littérature  grecque,  iodienie. 
persane  el  même  arabe.  L'antiquité  de 
ces  compositions,  l'application  que  l'oDpetK 
faire  dos  oracles  qu'elles  conlienDenI  toi 
événements  qui  ont  suivi  l'époque  de  Wr 
publication,  ne  permettent  pas  «la  deaicf 
qu'elles  ne  fussent  remplies  de  l'e^Ttl 
prophétique ,  et  conséquemmenl  uimâ- 
rées  itm].  • 

SI- 
Critique  àea  Hirm  Illndou.  —  04  es  loat  )«  «aan 
iDcfteimes.  —  IncerUtude  sur  l«s  ipoqnec  câ  oat  t>i 
composé!  les  livres  Indiens;  tatercalattoM;  iacuM- 
reoM,  etc.  —  Dei  Védss,  leur  ■uofare  ri  I«ar  ••- 
thenllcllé.  —  Ils  sont  laterpolés  de  l'aTca  de  luia  10 
iudUniates.  ~  Impossibilitâ  d'aistgoec  l'époque  de  l«v 
origine,  de  leui  cuUecUon. 

A  quelles  sources  pourrons-nous  trouver 
l'histoire  politique  el  littéraire,  phitosopb)- 
que  et  religieuse  de  l'Inde? Dans  ses  livrrs 
sans  doute.  Voyons  donc  à  quel  poini  sn 
livres  méritent  notre  conSance, 

Un  mot  d'abord  sur  l'état  actuel  des  éta- 
des  indiennes, 

«  Nous  ne  pouvons  mieux  comparer  l'eut 
actuel  d«a  éludes  faites  sur  l'Inde,  qa'i  i* 
mafiièredont  onrultivail  la  liltéraliue grec- 
que an  sv*  et  au  x'vi*  siècle.  H  n*ya  pas  «• 

(S09S)  Vdir  dus  le  Ih  Ditumn  de  M.  Wisai;'. 

Juelques  détaili  sur  les  deex  Windiicbsts,  |MR<t 
la. 
(2WS)  W.  law».  Al.  m.,  t.  Bl,  f.  H 


UCTHKilUUUE  APUUKtTIQUt. 


ISO 


IS7« 


,__.  le  aDf  que  nou  çonnausoDi 

la  lansu*  primitire  de  llnde;  combien  ne 
duil-irpaa  £lre  difficile  d'eiercer  une  criti- 
que circonspecte  dans  ]es  recherches  sur  la 
Uuéritare  de  cette  laagae?  Or,  comme  dans 
le  principe  des  études  grecques  l'aulbenti- 
que  et  rioaulheotique  élaienl  reçus  arec 
une  teale  coodanee,  et  comme  on  n'apprit 
jjue  fias  tard  à  disliitgner  le  nouTeau  de 
raucieD,  de  même  on  pourrait  bien  ne  pas 
Mroir  encore  appliquer  arec  mesare  et  Ù- 
KSUi  la  critique  ta  plus  élevée  aux  ouvrages 
Jidiens.  Ajoatoos  qu'un  champ  d'érudition, 
•eslé  iocaile  jusqu'ici,  ne  peut  £lre  défriché 
■oauae  il  mérite  de  l'être,  sans  qu'un  cer- 
aÎD  enthousiasma,  une  certaine  prédilection 
tnisipe  de  la  partialité,  ne  se  infilent  aux 
'lemiert  tnranx.  Oo  croît  ennoiilir  l'objet 
le  ses  éludes  en  loi  assignant  la  plus  haute 
lotiquité;  on  Toit  tout  à  trarers  la  lumière 
le  la  TéoéralioD  :  poarrait-on  n'aToir  pas 
OD6aaee  tn  des  témoins  qui  inspirent  un 
>  grand  respect}  De  l«ls  pr^ugés  accompa- 
)>eroot  naturellement  one  étude  passioo- 
ée.  A  peine  nous  sommes-nous  «Brancbis, 
I  pu  même  radicalement,  de  la  supersti- 

00  dont  noo*  étions  aotreîbis  iobua  poor 
i»  traditions  grecques  et  romaines.  A  la 
ériié,  1»  traditions  indiennes  sont  lellea 
o'un  grand  nombre  portant  l'empreinte  de 

1  tsDSielé  ou  du  moins  du  l'incertitude, 
kuui  iouoies-noiu  plus  portés  au  doute 
u'no  ne  l'était  au  xr*  et  au  xri'  siècle,  mais 

epeadtot  la  prévenlJoa  Kl  encore  trop 
oissanle,  et  s'accommod»  des  traditions 
ir  la  5«ule  raison  qu'elUs  n'offrent  par  et- 
s-uëmes  aacnne  raison  de  douter,  quand 
I  contraire,  on  ne  devrait  les  croire  qu'au- 
nt  qu'il  j  aurait  des  raisons  qui  en  elabli- 
leot  la  Tériié.  Si  quelquefais  aussi  l'on 
ivnii  lies  Toix  qui  osent  nier  l'antiquité 
dienae  ou  la  revoquer  en  doute,  e't;st 
'elles  cèdent  i  leur  antipathie,  comme 
il  d'autres  k  leur  sjmpatnîe,  mais  il  ne 
ir  est  pas  donné  non  plus  de  se  lÎTrer  k 
i  recbaixbea  calmeset  impartiales  (S09&}.  » 
(  Il  existe,  dit  H.  Guîguiaut,  une  grande 
'ergance  dana  les  jugements  des  savants 
-  U«  livres  hiudons,  et  en  général  nous 
somme*  enoore  en  état  ni  de  fixer  leurs 
•qoes  respeettres,  ni  de  recounattre  et  de 
S9r  a*ec  quelque  certitude  la  marche  que 
t  daos  son  développement  la  littérature 
Uiikloiu  (2095). 

'odlefois,  sans  préciser  aucnne  date,  on 
ipte  assez  communément  trois  périodes 
ici  pales  dsns  la  littérature  indienne  aTsat 
js-Cbrtst;  la  période  des  F^dos,  celle 


M&t  Tnd.  4»  CnHwr.  wMes,  t.  I,  p.  569. 
OS«J  BiTTU, /Ui.,  p.  6S  — <U   période  de 
ainâdîda,  qui  conmeM*  ocal  au  avaol  Jéu«< 
M,  dit  H.  GuigHiaet,  vit  s'apérer  les  rédaciîM» 
aHu  «Tan  navl  nooibre  d'oaTTsiei.  ■  (  StUt 


W7>  Pa«r  avoir  noe  idée  A»  l'eqirii  biatoriqua 
l'ttOtfvs.  voyet  ce  que  Wiiront  raconte  «Tun 
r-'ivrar.  Ai.  Km.  L  IX.  p.,135.  cl  de  U 


^■s  («ifsesl  les  Aaglais,  'AH.,  p.   151.  —  Au 


des  grandit  poômes,  appelés  ilikoaiu,  et  celle 
du  perfeclionnemont  da  la  poésie  k  la  cour 
de  Rtna  Wlkramaditjia ,  qui  vivait  k  peu 
près  du  temps  d'Auguste.  A  ces  trots  pério- 
des antiques  il  faut  eu  ajouter  après  Jésos- 
Chrisl  une  quatrième  que  nous  appellerons, 
avec  H.  Riller,  la  période  des  cammenlairu. 
■  parce  que  k  celte  époque,  les  lettres  eu- 
rent presque  exclusivement  pour  objet  de 
commenter  le  Védss  et  d'aolrea  écrits  an- 
ciens. II  est  vraisemblable  que  la  plupart 
des  écrits  cooservës  josqu'ici  sont  des  deux 
dernières  époques;  aussi  le  temps  de  ces 
deux  périodes  seul  peut-il  se  déterminer 
avec  quelque  vraisemblance,  tandis  que  les 
deux  premières  sont  tout  k  fait  sur  les  con- 
fias des  temps  mythiques  et  des  temps  his- 
toriques (3096).  —  Nous  allons  étudier  suc- 
cessivement ces  quatre  périodes,  en  prenant 
pour  base  de  noire  travail  la  belle  disserta- 
tion critique  de  H.  Ritter. 

«  II  faut  d'abord  observer  en  général  qu'il 
n'j  a  dans  aucune  littérature,  un  aussi  grand 
nombre  d'ouvrages  que  l'on  fasse  remonter 
tfussement  k  une  haute  antiquité,  que  dans 
la  littérature  indienne,  co  qui  doit  être  attri* 
bué  particulièrement  k  l'ignorance  et  mémo 
au  mépris  de  l'hisloire  qui  régnent  chez  les 
Indiens.  L'imposture  v  est  aussi  poor  quel- 
que chose  (S097].  II  n  est  pas  rare  de  trou- 
ver des  altérations  et  des  interpolations, 
même  dans  les  ouvrages  o&  la  haute  anti- 

auité  iHiurrail  être  reconnne.  Déjk  la  forme 
ëcousue  de  ces  ouvrages  provoque  juste- 
ment le  soupçon  ainsi  que  le  remarque  m 
Savant sanscreian  (3098);  lea  savants  indiena 
confessent  eux-mêmes  qn'aocun  livre  n'est 
k  l'abri  des  changements  et  des  inlercala- 
tions,(ant  qu'on  nen  a  pas  un  commentaire 
suivi  (2099}.  Or,  si  les  comioentaires  n*ont 
généralement  paru  que  dans  la  quatrième 
période  de  la  littérature  indienne,  ainsi 
qu'on  l'a  dit  précédemment,  on  s'est  pas 
tiop  sûr  en  général  que  les  livres  indiens 
n'aient  point  été  altérés  fSlOO}.  > 

H.  Guigniaul  reconnaît  k  plosfenrs  re- 
prises ce  point  important  :  ■  Dausnn  grand 
nombre  ne  livres  hindous,  dit-il,  Tantique 
se  trouve  mêlé  d'additions  et  d'interpola- 
tions modernes...  Il  en  est  de  même  des  mo* 
numeaU  d'architecture  {"ilOi).  ■  Et  aittenrs  i 
■  tous  les  livres  hindous  sont  chargés  d'ad- 
ditions et  d'interpolations  modernes  (2102).  • 
Ailleurs  encore  :  ■  l'antique  et  le  récent, 
pour  ne  pas  dire  le  moderne,  sont  tellement 
mêlés  et  coolondos  ensemble  dans  tes  tex- 
tes et  les  traditions,  que  les  c^nioiis  les 
plus  opposées  peuvent  a  la  fois  y  puiser  des 

re&le,  bous  en  donnerons  plos  tard  des  preeves  frsp- 
panies. 

(10981  Gain,  k  ncnouv,  (Hr  le  Vtegwvor- 
CJIa  :  fcriïn,  I82C,  p.  51. 

(1099)  CoLusooEE.  A*.  ItM..  vnt,  p.  t9lt.  Celle 
rëcle  qui  Krait  absurde  i[aani  il  s'asit  «e  leau  att- 
ire liUéraLBre  csi  nécxsnire  dans  reiatuen  erilique 
des  IliiHbM». 

{1100}  RivTCR,  iiid.,  p.  9S. 

(U9i)  A'oin  ur  Otaitr,  I.  I. 

(tni)  nu.,  p.  5î« 


1373 


IND 


DICTIOSSAiriE  APOLOGETIQUE. 


arguments  spécieux  [S103).  »  ~  An  re&to, 
celle  rt!rJté  fundamenlalu  vo  mieux  ressar- 
(ir  eucore  de  l'exanaeD  détaillé  des  princi- 
r<aiii  livres  indiens^  Parlons  d'abord  des 
Védas. 

>  Les  Tédai,  dit  le  savant  Ritler,  sont  de 
difTéreols  auteurs.  Ils  se  composent  en  par- 
tie de  prières,  en  partie  de  préceptes  reli- 
gieux, en  partie  des  dogmes  théclogiques 
qui  n'ont  pas  la  moindre  liaison  entre  eux. 
Ils  ont  été  rassemblés  par  Dwapajana,  qui 
est  cnnnu  sous  le  nom  de  Vj/ata,  c'est-à- 
dire  eolltcteur  ou  compilateur,  personnage 
absolument  mythique,  auquel  on  attribue 
une  quantité  innombrable  d'ouvrages;  mais 
il  esLô  remarquer  qu'il  n'y  q  peut-être  pas, 
dans  Igs  lades  mêmes,  une  seule  collection 
complète  des  Yédas,  du  moins  aucun  Euro- 
péen n'en  a  possédé  une  pareille  (210it). 
Une  chose  plus  remarquable  encore,  c'est 
(jue  la  disposition  de  c6s  livres  par  les  Hin- 
dous contribue  elle-même  à  rendre  diOicilo, 
sinon  impossible,  de  compléter  cette  compi- 
lation. En  effet,  les  Védat  sont  divisés  en 
gualre  parties  qui  ont  cliacuoe  plusieurs 
subdivisions.  Or  déjh  Yyasa  passe  pour  avoir 
enseigné  ces  aualre  parties,  non  pas  toutes 
ensemble,  &  cnacun  de  ses  disciples,  mais 
une  partie  à  l'un,  une  partie  à  l'autre.  Et 
comoifl  ses  successeurs  auraient  fait  de 
raeiue,  il  cuit  que  les  Yéâaj  ne  se  sont  ja- 
mais trouvés  en  entier  dans  une  même 
main  (2105J.  Hais  outre  la  tradition  déGgurée 
des  Tédat,  dont  nous  avons  déjË  parlé,  et 
plusieurs  révélalions,  il  y  a  aussi  des  for- 
mes nouvelles  données  i  chaque  partie;  en 
sorte  qu'il  ;  a  ladme  deux  textes  irès-diffé- 
renls  de  toute  une  partie  du  Jagour-Véda; 
h  diversité  des  V^dat  passe  pour  avoir  été 
si  grande  enBn,  qu'il  y  a  f  ,100  écoles  diffé- 
rentes, dont  chacune  veut  avoir  pour  son 
usage  des  Yidai  ou  des  préceptes  particu- 
liers (2106).  On  peut  remarquer  aussi  que 
c'est  une  règle  cliez  les  Hindous  de  ne  pas 
relier  les  YedaM  en  un  seul  volume,  mais  de 
no  les  conserver  qu'en  feuilles  détachées 
seulement  (2107).  Chacun  voit  combien  il 
est  facile  alors  dajouter  toujours  h  ua  sem- 
blable  recueil. 

Je  crois  que  je  ne  serais  pas  sérieusement 
contredit,  si  j'exprimais  l'opinion  que  tou- 
tes les  parties  ae  Yédas,  qui  portent  un 
caractère  décidément  dogmatique,  n'ont  été 
composés  qu'après  l'époque  oïl  les  Védas 
ont  été  recueillis  eu  un  corps  de  doctrine  et 
lur  cette  collection  même,  et  non  pas  dans 

(1105)  Jbid.,  p.  658. 

(2104}  Potier  çrëtend4  la  vérité  en  avoir  apporté 
nne  à  Paris,  mais  il  est  fort  douteux  qu'elle  soit 
uiinplèiu. 

(ilOS)  Des  arrangcmeDls  postérieurs  semblent 
éureioni*  des  premiers.  Ai.  Rei.,  vni,  p.  381, 
note;  ou  bien  l'organisaiion  actuelle  est-elle  récsn le 
ainsi  quala  tradition  à  Uquelk  elle  sert  de  fonde- 
ment? 

iiiOi)  CoLtnootL  on  the  Vtdat,  p.  383,  clc., 
dam  lei  Ai.  Reg.,  viit, 

<il07)  Jdéci  de  lieçrat,  t.  li,  p.  U9,  i"  édition, 
suivant  Policr. 


la  premrère  période  de  la  lilténlnrs  in- 
dienne.  Car  la  dogmatique  ne  sefiMmequ, 
du  texte  primitif  des  écritures  twh  (:« 
par  cette  raison  que  Colebrsoke  asiignem 
Brahmanas  et  ft  leurs  OtipaniAnât  uni 
origine  plus  récente  qn'sui  priÈrei  el  wi 
hymnes  des  Yédat  (2108).  Cependial je djii 
remorquer  que  les  inlercalations  dsmli col- 
lection des  Védas,  no  se  bornent  pu  mi 
parties  dogmatiques,  mais  qu'on  (mm 
aussi  des  prières  oui  ont  été  éïlderanHtf 
composées  ajirès  la  formation  du  r«oà 
des  Védas  (2109).  » 

Nous  venons  d'entendre  H,  Riller;  rmr- 
rogeons  maintenant  les  documents  qaiM 
sont  fournis  par  nos  adversaires  eui-raén»: 

—  J'ouvre  les  etiait  de  Cot^rooke,  (nifiiin 
parM.G.Pauthier,  etie  lis(p.î55]nDïwii 
oîi  Colebroofce  ,  après  avoir  parlé  d'un 
prière  insérée  dans  le  Jlij-rAlo(8>,Ti,R 
avec  quelques  légères  variantes,  im  k 
81*  chapitre  du  blanc  Tadfour-ftda,  im- 
prime ainsi  :  —  ■  Celle  hymne  reoirçciWi 
est,  par  le  langage,  le  métro  et  le  ittl-, 
Irès-diflrérente  des  sutros  prières  it«W 
quelles  oHe  se  trouvé  jointe.  Blleanngcoo- 
leur  décidément  plus  moderne,  ellf  M 
avoir  été  composée  après  que  la  lin^t 
sanscrite  a  été  polie  el  que  sa  gramniairtti 
son  rhj'tfime  ont  été  perfectionnés.  Lé' ■ 
den  ce  intrinsèque  qu'elle  foornii  ieaii^ 
assertion  sert  à  démontrer  le  fait  impotur 
que  ia  compilation  des  Védas ,  dins  i'ir 
arrangement  actuel ,  prend  place  aptïi  qc^ 
la  langue  sanscrite  se  fut  éloignéedudiiiN!! 
rude  et  îrrégulier  dans  lequel  ia  DoitiU^ 
des  hymnes  et  des  prières  do  VUaiKt 
composée,  et  qu'elle  fut  parvenaeismiK 
de  langue  sonore  et  polie  dit»  \i^»^ 
les  poëmes  mythologiques,  sacrés  etfnk- 
□es  (Pourânassl  Sdt>yat)oDl  étékris-' 

Je  consulte  U.  Guigniaul,  et  voioa^^ 
m'apprend  :  «  Sumnt  la  traditioa/itH,i» 
Fti'tfaf  ayant  été  révélés  par  Bnlffiitoia^ 
d'abord  transmis  do  boucne  en  boudtt,]*^ 
qu'i  l'époque  où  Vyasa,  le  eompiiiiar,'ii 
recueillit  et  les  distribua  en  liTrH(3il(l|.' 

—  U.  Fr.  Hajor  coojectare  avec  bei«# 
de  rraisbmblance  que  le  nom  de  f  fu*  *' 
signe  moins  un  individu  qu'une  iço:pf-- 
Itère  de  la  littérature  sanscrite  et pnibitr 
ment  celle  où  les  livres  sacrés  dsV- 
nouisme  furent  recueillis  et  rédigésjîl* 
Ce  qu'il  y  a  de  certain  c'est  qoe  !»»>>' 
voni  sur  lui  que  des  fablet,  el,  qui  plmAj 
des  fables  contradictoires. Certaines  Ibiir 

I 

(2108)  L.  1,  p.  387. 

(S109  Voj«  plus  banl,  ainsi  qce  Ii  V^,^ 
laquelle  lea  trois  parties  des  Tédâ*  emKm*** 
comme  le  résultat  du  sacriBce  de  l'ewrit  ivA 
Àt.  flM.,m.p.  ÎSl.Toye»  aussi  danstatnMJI 
française  des  Euait  de  ColetrôoU,  p.  >.  t-  "■■; 
TBiEB,  la  note  B,  p.  255. 

(2H0)  Noiei  «nr  Crenirr,  t.  f.  ^  571.     _ 

(2111}  /J>id.  Guill.  (le  HumboMt  cempR  *<*j 
BDi  ntut  muses  des  Grecs,  qui  pan«Bl  w»  f'| 
avoir  inveniiS  et  inspiré  toutes- sorte*  de  rWw'i 
au£?îlc>s  Etsais  dtCottbnoktturlarhU.éii'^l 
p.  153,  Ki.  I 


U:?  DfD  DICTI0.V1A1I^  APULOCLTIQIJE.  |SD  iSJt 

indétermiDée,  cl  probablemeal  trte-loogue. 
de  siècles,  peul-élre  même  jasqo'k  uos 
jours. 

II.  Si  nous  élodioos  ce  raste  recneil  dans 
son  eut  actuel,  oa  ptalAl  lesaommaires  t't 
ies  eitraits  iocobéreats  qui  soiit  parreous 
k  Dbtre  coflnaîssanM,  oous  j  irouTOas  des 
preurea  JDCoolesUblesd'alléralions  el  d'ad- 
ditions nombreuses. 

lU.  D'aiileors,  indépendammeot  de  ces 
prenres  intrinsèques,  les  (elles  opposés  Pt 
riraui,  les  onze  cenls  écoles  qu'ils  ont  fait 
naître,  les  arenx  même  des  Hindous  orLho- 
doxes,  tout  démontre  qoeecs  compilations 
de  divers  auteurs  et  de  dîTerses  époques 
ont  subi  des  rédaction?  successîTes  et  dis- 
COTdanles.  abandonnées  qu'elles  étaient  à 
toutes  les  vicissitudes  de  la  religion  brn- 
doue  el  aux  courants  opposés  de  ses  sectes 
innombrables. 

Il  résulte  de  ces  fait?  arouës  par  les  sa- 
vants les  plus  exagérés  dans  leur  enlhoa- 
sissme  pour  l'Inde,  une  conséquence  fort 
Imjmrtante  et  trop  peu    remarquée,   c'est 

au  on  ne  sanrail  assigner  Page  des  Védas 
'una  manière  générale  ,  mais  seulement 
rage  de  telle  ou  telle  partie  des  Védas. 
Quand  on  voudra  résoudre  complélement 
cette  vaste  question,  il  ne  sullira  point  de 
s'appnyer  sur  deux  ou  trois  passages  pour 
tirer  une  conclusion  absolue;  mais  il  faudra 
consacrer  une  di-scussion  spéciale  h  chaque 
division,  et  rnSme  h  chaque  subdivi^tion  du 
chaque  Véda.  Or,  il  s'en  faut  bien  que  l'on 
s'y  soit  pris  ainsi  ;  et  celte  seule  remarque 
renverse,  si  je  ne  me  trompe,  tous  les  sy slè- 
niek  élevés  jusqu'à  ce  jour.  Toutefois  nous 
devons  en  dire  un  mot,  ne  fdt-ce  que  pour 
montrer  combien  ils  sont  diseordans. 

Gmrres,  dans  on  ouvrage  antérieur  k  sa 
conversion  ,  et  qu'il  a  entrepris  de  reClire 
d'après  des  vues  plus  saines,  ■  reporte  li>s 
Védas  à  cinq  cent  mille  ans  de  nous  (et  non 
pas  de  notre  ère,  ainsi  que  iparalt  l'avoir 
entendu  Creozer  qui  adopte  celle  opinion).» 
Uaid  A.  Guigniaoi  lui-mâme  trouve  ce  cal- 
cul irop  peu  circonspect,  el  remarque  qu'il 
est  emprunté  h  EolwrM  et  h  Alex.  Dow, 
■  sources  assez  suspectes,  ■  Jii-il  (2118). 

William  Joncs,  dans  la  Préface  du  tnni- 
tulions  de  Jfoiiou, suppose,  ■  J  après  une  Ir.-)- 
diliun  et  .«ur  un  calcul  très-incertain  (21 19;, ■ 
qu'ils  ont  été  composés  ou  compilés  miliu 
six  cunls  avant  Jésus-Cbrist. 

Colubrooke  (S119)  les  Tait  sculumeril  re- 
monter BU  xiv<  siècle  avant  Jésus-Christ, 
d'après  un  ralandrier  annexé  i  rVadiotii^ 
Véda;  mais  il  appelle  sa  conjecture  basanlée 

peaTCDi  êire  considéracs  que  comme  des  donnc^i 
pvrcwei-.t  iDjrlliiqucs  et  par  conscqueul  lrè&-li}|>«- 
Ibétiqaes.  p.  53*-. 

(3H3J  RiTTsa,  p.  64. 

(iliOj  Après  aroir  iiHliqné  celle  opiaion  de  Cole- 
brooLc,  Cuiicr  iccumuiË plusietirs  raisons,  qm  l>eu- 
TCBl,  suivant  lui,  faire iliuiiiiuer  biaucuup  celle  aiH 
lù)iûtû  pr^uwdue  AsA  Ycuas.  (  Soy.  Auk.  it  j>Uil<^ 
topliif  cliià'wuif,  I.  I,  p.3S9.et  Ai,  /:»^\u,  p.' 
3i^> 


^ies  le  représenlenl  comme  une  incarnation 
:e Brahma, et  lui  atlrîbuentle  JfoAaiAoriifa, 
'.e  Bkagatat  et  les  Pouraïuu.  Dans  le  Maha- 
tharata,  il  est  une  incarnation  de  Tichnoit, 
il  est  Yicknou  lui-même,  il  est  Ckrichna;  et 
Jins  le  Bkagavat,  il  est  fils  de  Brahma, mais 
iiê  par  une  influence  singulière  de  Vieh- 
cou  (21139. 

Même  icecrtilude  sur  le  nombre  et  l'inlé- 
f^Tiïé  des  Védas  :  ■  Wilkins.  Jones,  Potier, 
Major  n'admettent  que  trois  fédat  primitifs  ; 
Coiebfw>ke  regards  le  quatrième  Âlharva- 
Véda,  comme  aussi  ancien  et  aussi  aolben- 
tf  que  qaa  les  autres ,  nmf  quelque»  articles 
iâll3}.  ■  —  ■  L'histoire  mj^thoïogiquo , 
FxUuM  et  Poura$ux,  est  considérée  comme 
ier  complément  des  Védas,  et  même  forme 
  0  cinquième  Véda  (211i).  —  -Quoique  les 
\  '  éJas  loicnl  cerlaînemeut  les  plus  anciens 
Très  sacrés  de  l'Inde,  il  ne  faudrait  pas 
.s'^ire  que  tontes  les  parties  de  ces  livres 
lI  (le  la  doctrine  qui  s';  trouve  développée 
reoionlent  è  une  seule  el  même  époque.  Le 
Ur^ctère  commua  qui  s'y  montre  partout 
c't:st  la  tendance  à  l'unité  ;  mais  quelle  dif- 
férence dans  la  manière  de  la  concevoir,  et 
ij-4els  sjmptftmes  Irsppanls  d'an  long  travail 
lie  l'espnl  bamain,  débutant  dans  les  Jfaii~ 
iroM  du  Rig-Véda  par  tout  rapporter  aux 
astres,  aux  éléments,  i  un  élément  ou  k  an 
«sue  unique,  et  Unissant  dans  la  plupart 
lies  (h^miâchadt,  par  tout  absorber  dans 
J'e^pril,  dans  l'intelligence,  dans  l'être  qui 
tsl  la  raison  de  tout,  et  qui  seul  subsiste  par 
luî-Biéme  (2115)  I  —  Quand  les  sectes  philo- 
«( -hiques  on  religieuses  eureol  commencé 
I  s'cn^jendrer  les  unes  les  autres,  l'unité 
ncxitive  subsista  toujours  plus  ou  moins 
iaa-t  les  Védas  sur  lesquels  s'apgujaient 
jost  les  seclaires,  et  qui  depuis  longtemps 
«u  t-étre  ,  suivant  pas  à  pas  le  cours  ou 
'imps,  se  grossirent  de*  spéculations  théo- 
>giqiies  des  différentes  sectes  (2116).  > 

Cirs  antiques  compilations  ,  ouvrai^cs  de 
Jusieurs  siècles,  selon  U.  Guîgniaut  j2117J, 
'offrent  point  d'unité  ni  d'ensemble ,  et 
■ics  ne  sont,  comme  le  culte  qu'elles  re- 
rûseoleot,  qu'un  chaos  inextricable  d'élé- 
<eDts  qui  su  repoussent,  de  supersiitioos 
tisordes  ou  monstrueuses,  et  de  vérités  su- 
.  soies.  Pour  le  moment,  nous  nous  conttm- 
iTOfu  de  résumer  les  citations  que  nous 
eiions  de  réunir,  el  que  nous  n'aurions  pu 
>orJoaoer  d'une  manière  plus  mélhodi- 
ue  saos  les  démembrer  ;  voici  ce  qui  en 
rsulle  : 

I.  Il  a  été  facile  d'interpoler  les  Yédai, 
i  modifier  el  de  multiplier  indélinimenl 
urs  diverses  branches  pendant  une  série 

■  21 12)  CacoEa.  U  I,  p.  33«.  S3f. 

4  2113)  IHd^f.m. 

^114)  »M.,  572.  —  COLCU.,  p.  5SI. 

.âtl3)  IM.,  p.  599. 

t<ll6)  i*i^,  p.  S9S. 

litl7)J»W.,p.511. 

l^ll^jOavrafçcrf^  p.  5~9.  Plusloin,  il  i]é(.lare 

'ai  mK  tul  iHiir  wiCBa  cdmpui  de  Mlle  date  non 

PS    4m  de  jusieurs  aulrea  :  car  1»  indiliMS 

-s'iw^mes  aaxqiielks  s'aïuclwat  ces  Jaios,  ne 


1319 


iy.j> 


ncttON^AIRE  AtVLOGETIQDE. 


tîD 


atSl),  et  il  r  a  m4me  reDonc^  tacitement 

Huc-re»,  tout  en  atlribitant  une  haoïcan- 
liqiiiléb  la  linérstureindienneet  en  avouant' 
la  firinrité  des  VMas  ,  n'esuie  |>oîal  d'en 
BSBigner  la  date,  et  seconlenle  de  rapporter 
avec  Cotebrookij  au  xiv*  siècle  nrant  mMre 
ère  le  calendrier  annexa  h   l'Yadjour-Véda 

Fred.  WîndrscNmann  •  sans  déteraiiner 
atMttiM  date,  cherche  aeuiement  k  prouver, 
rf'abofd,  (nie  les  tw  d<  Hmok  soiit  anté- 
rrânrasi  1  axpâdiliooti'Aloxafl'Jre,  puis, que 
les  V^daê  sentaotériMirs  aux  lois  de  Mamâu 
et  i  tous  les  ouvragaa  sanscrits  (8124). 

Enfin  le  savant  brahmelUci-llobBU-Roy, 
dans  uu  passage  trop  peu  remarqué  où  il 
laisse  voir  son  opinion  sur  l'époque  de 
Vyaiia,  se  contente  de  dire  que  ce  eomoiln- 
teur  des  Védas  TÎTsil,  ■  il  y  a  plus  de  deux 
mille  ans  (2125J.  » 

Ainsiles  ¥édai,qai  Jusqu'ï  Vj/aia  avaitrQt 
été  transmis  oralement ,  n'auraient  él&  re- 
cueillis, pour  là  première  fois  ,  qu'un  petit 
nomln-e  de  siècles  avant  Jésus-Cbrist;  en- 
core Vj'asa  n'enseigna-MI  point  tous  les  Vé- 
das  ensemble  Ë  cincuu  de  ses  disciples,  mais 
une  partie  h  l'un,  une  partieï  l'autre;  e(  ses 
successeurs  ont  fait  de  mémo,  comme  nons 
l'avons  vu  plus  haut.  Celte  opinion  de  Ram- 
Mohua-Ko;  paraît  s'accorder  assez  bien  arec 
te  passage  de  Golebrooke  dëjà  cité,  où  le  sa- 
vant indianiste  constate  <  ce  fait  important, 
quelacompilaliondes  Védas<ians  Icurar^an- 
gcmentaclusl  preud  place,  après  que  la  lan- 
gue sanscrite  se  fut  éloignée  au  dialecte 
rude  et  irrégulier  dans  lequel  la  mullilodo 
des  bjmnes  et  des  priërea  du  Véda  a  été 
composée.,  et  qu'elle  fut  parvenue  à  son 
état  de  langue  sonore  et  polie  dans  laquelle 
les  puâmes  mythologiques  sacrés  el  profanes 
ont  été  écrits.  ■ 

111. 
SatW  de  rtsiunen  critique  dei  livre*  iudlaM.  —  Le  M». 
nma-iharma-uulra  ou  loii  de  HiDon.  —  S(»  uUqulte 
eu  faoHiDue.  ~  En  forma  de  ptècei  de  différeaiM 
^>oquei.  —  Des  J'Mtrmai.  —  S^at  probibleneet  po*- 
lérleura  k  uelre  ère.  —  Des  IliltatM.  —  Sont  uiUqnea 
nuji  luterpolAt.  —  Ou  Barnama,  minpilaUwi  unt 
dite.  —  De  Kalidau,  Ttnll  daiu  le  tempa  d'Auguiie. 
—  Ecriis  de  l'époque  correspooduit  au  moyen  Sge.  — 
RéMioié  généni. 

Lois  i>E  MiifotJ  (Manava-d^harmatastra). 
—  William  Jones  fait  remonter  celte  com- 
pilation très-haut,  el  la  place  immédiatement 
après  les  Tédat,  avant  les  Uihatat.  «  Mais  il 

(2121)  nu. 

(2ti2)  At.  Bu.,  Tii,  p.  iU.  Tin,  p.  489,  et  dans 
le  pasutS^  cilé  plus  hauL 

(W25j  Cheiiieh,  Ibià.,  p.  580. 

(ilM)  Fred.'H.-H.  WiNDiscimiNn,  HofKan,  sive 
Jh  ikeoiannutiit  vtdoHticonim  ;  Bonn.  I8S3, 
p.  53. 

(iiiS)  E*Mh  Êur  la  phiL  dtt  H  ad.,  par  Col., 
trad.  de  G.  Piotiiei,  p.  278,  tout  ce  iravail  du  sa- 
vant tirahme  a  été  inséré  dans  les  Annela,  I.  IX,  p. 
433,  en  léte  de  l-abr^é  du  VMania,  où  ftan-Hu- 
buu-ltuy  prouve  d'après  le*  Védas  l'unité  de  Dieu. 

(SiaBjfdd.,  p.  6^  —  •  H.  Pinkerton  quia  bien 
>uit.M  <iiii-lqM  droit  il  noire  confianM,  dil  i.  de Hats- 


est  impossible,  ditU.  Ritler.de  ne  pas  voira 
snperstjlîoniiourleschoses  indiennes  (2IKj.i 
L'époque  on  le  Manava-Dharma-Sasira  ■ 
été  rédigé,  dit  son  excellent  traducteur, 
H.  Lolseleur  Deslongchamps,  ne  naus^it 
guèrs  mieux  connue  qua  le  nom  du  véri- 
table rédacteur,  «1  l'on  est  forcé,  à  cet  éunj, 
de  s'en  tenir  è  des  comectures.  Les  ealali 
Sur  lesquels  Williaoi  Jodcs  s'était  fmë, 
pour  phicerts  rédaction  du  texte  actuel,  vn 
l'an  12B0  ou  vers  l'an  880  avant  noire  èr, 
ont  paru  généralement  reposer  sur  des  b« 
si  faibles,  qu'il  serait  inutile  d'eo  repn> 
duire  ici  le  détail  (2187). 

H.  L.  Deslongchamps  obserTe  BDSïiqx  ' 
Uanou  ne  parle  pas  une  seule  fois  de  Ani 
dAo,  et  il  conclut  avec  H.  Chézy  quo  ce  k 
serait  pas  une  hjpoiTièse  détiu^  de  foDj^ 
neal  de  faire  remonter  la  rédaction  de  n 
livre  au  iiu' siècle  evanl  noire  ère;niù 
tous  ses  argumenta  prouvent  senlemeMqit 
le  fond  du  Maaama-ifharmaStutra  est  lalt-i 
ni-araudéTi:>loppfl0Miit  d«s  setles  de  Aa^' 
dAa,  de  Wieh»oa  et  de  S^;  er  ia  daa  d« 
ce  développement  nous  est  hMoDam.  mibsm 
on  le  verra  plus  tard,  ni  est  prohaWatuiit 
beaucoup  plus  récente  qu'il  De  lesiMpri\ 
Aussi  d'autres  savants  iltoslres  rabaïuan- 
i\i  beaucoup  l'antiquité  prétendue  da  es 
Pentaleuque  indien  (9138). 

Quoi  qu'il  en  toit,  la  plupart  des  sannls 
qui  ont  examiné  le  Code  de  Mana»  co> 
vianneat  qu'oa  ne  saurait  le  regarder  codsh 
l'ouvrage  d'un  seul  homme,  iii  Dièmed'iJi 
seul  siècle  ^39). 

Ou  a  voulu  établir  t'aaiiqinté  de  li . 
~sophie  indienne  par  ceilt)  mdinedtml 
car  Don-9«ulemeiit  ce  recueil  de  W 
renferme  pluiiieurs  pro|>ositions  pinio»-  . 
phiques,  mais  encore  il  ftii  mention  dednt  ' 
'Sj'sièmes  de  philosophie  indiens,  la  pè.'^  i 
Sophie  Niaja  et  la  Mimaïua;  et  au  lieodïnir  i 
Conclu,  comme  on  l'aurait  dû,  quepwsq^^  ' 
des  systèmes  de  [ihilosophie  étateM  vtn-  ' 
lionnes  dans  cet  ouvrage,  il  pouvait  n'Mt 
pas  très-ancien,  on  en  s  conclu,  as  cuoinirr, 
que,  l'ouvrafje  étant  ancien,  les  57Slènieï| 
lie  philosophie  doul  il  esi  parlé  sont  anri«ti»^ 
No.rt!  conclusion  repose  sur  lasuppositt^^. 
DU  plutât  sur  l'asauraDce  que  nous  avon. 
aue  la  philosophie  n'est  pas  Tteuvre  c 
I  enfance  d'une  nation ,  ni  même  de  ta  pt- 
mière  période  de  son  dév«loppemenl  ;  mai- 
Celle  de  l'Age  viril  ou  de  l'ége  niAr,  etiei  l^ 
peuples  comme  chez  les  individus  (SISO'.* 

Ire,  a  pris  la  liberté  de  se  moqua-  des  bnlrne^  n 
s'est  cru  en  éiat  de  leur  prouver  qae  Meum  fm- 
rall  fort  bien  n'être  qn'on  boanèle  l^«le  dtt  to* 
siècle.  I  {Ciagrapli.,  t.  VI  de  la  irad.  tr.,  p.  M 
261.)  (Soir,  dt  5M«t-l>rt«i't*Mrf.  L  1,  p.  U.i 

(1137^  Prifset  de  la  trad.  du  Jfaa.  M.  S-i^ 
p.  III,  ivet  V. 

(2138)  Sclilosser.  Précit  de  nUloirt  mmêwr.  m 
I"  partie,  1"  seciion,  p.  140.  —  Riiodt,  wmt  la  *• 
maiion  de»  religioiu,  etc.,  i"  putie.!»-  IM,  I- 
II'  partie,  p.  581,  Sl5. 

(2139)  CflKRuov,  Hém  Ku  Cmmr,  p.  £3. 
HnaEN,  I,  S,  p.  44& 

(31»)  Rima,  t»M.,  p.  £». 


philosophie 
lois;  car  n 


»1 


IND 


DICTIONNAIRE 


Dis  louB&Nàs.  —  La  haute  antiqaité  Jes 
*Quranai  est  fort  doulease,  bien  qu'ils  soient 
len  tionnéSjdans  des  parties  des  Yédai  et  dans 
»  institutions  de  Hanoa.Cofebrooke  les  »fH 
el\esou'n^ttl\esthéogonietàetHiH4oit$imàis 
i  l'on  considère  leur  contenu,  et  que  l'on 
isse  attention  qo'\]a  renferment,  outre  les 
léo^nies.Ron-seuIemeBtdeicosmogonles, 
es  gént^alogies,  de  la  chronoloii;le  et  de 
histoire  sacrée  [313I]i  tuais  encore  toolm 
ïries  de  sciences,  mfime  de  la  légisIalioB 
I  de  la  médecitie  (2132],  on  sers .trfts-perté 
les  comparer  à  nos  encyclopédies.  Cette 
rsndtquantitédatnatiires,  ainsi  recueil  lies 
iiis  un  Mul  ouvragée,  suirirait  déjh  pour 
!Ddre  saspcde  l'anliquilâ  do  rocuei),  car 
I  ae  peut  être  là  que  le  résnllat  d'un  long 
freloppemeni antérieur.  Le  ^enre  de  poésie 
is  Pouranas  donne  une  idée  de  la  barbarie 
M  mythes  des  Hiudous,  et  da  degré  ei- 
»sifde  l'exaltation  fantastique,  telle,  du 
'ste,  qu'on  la  rencontre  ordinairement  dans 
iuagmalionde  tous  les  peuples,  lorsquele 
auiaîB  goût  cherche  h  renchérir  sur  l'art 
véré  des  anciens. 

Les  savants  indiens  coDTiennenl  eaz- 
Smes  (]uu  l'un  de  ces  Pourmai  tes  plus  ce- 
l)res,  le  AA<r!^t>acf-i*otirann(i,sété  composé, 
j  a  environ  600  ans,  par  le  grammairien 
opaâna  (3133). 

■  Le*  Pouratuu,  ditU.  GuignJaut,  d'aprds 
i  saiSDl  Heereo,  les  Pouranai  sont  d«s 
oœpilaiions  plus  ou  m'oins  réeenli>s  de 
mrcraux  d'âges  divers,  et  il  se  pourrait  qne 
jcJqoes-unsd'entreeux  fussent po.stérieurs 
noire  ère,  tandis  que  le  Kamayan  et  te 
aMabharaitt  remontent  certaluemenl  fort 
-delà.  —  La  plupart  des  Pouranas  sont 
rtT4s  des  poëmes  épiques  (213i).  > 
9ms  iTiHksas.  —»  L'antiquité  des  JtihaiOM 
Ml  j>as  douteuse,  elle  tombe  incontesta- 
rmeiil  «otre  la  composition  des  Yédas  et 
sièck  où  florissait  la  poé&ie  indienne; 
ts  noDs  ne  pouvons  pas  en  assigner 
>oqae  précise.  Quoique  l'on  connaisse 
iux  ces  ouvrages  que  les  Pottranai  et  les 
tas,  nous  n'en  sentons  que  mieux  les 
Icultés  que  la  critique  doit  surmonter 
.ot  de  pouvoir  arriver  à  quelque  certitude 
■  la  littérature  indienne,  tant  l'ancien  y 

mêlé  an  nouveau.  D'abord,  quant  au 
vtajaiut,  on  l'attribue  à  Valmiki ,  M^a 
jt  II  atl  déjA  parlé  dans  les  Védaii  et  l'on 
oiile  qu'il  n'existait  plus  en  son  entier 
temps  de  KalitUua,  eique  nul  n'a  essajré 

le  restituer,  si  ce  n'est  Kalidaia  lui- 
[0«.  Cette  tradîtiun  semble  prouver  au 
lits  que  ce  ne  fut  qu'à  une  époque  subsé- 
rote  qne  les  récits  qui  forment  la  itemo- 
s  furADl  coordonnés  et  recueillis  de  ma- 
re* former  un  certain  ensemble;  Je  dis 


APOLOGETIQtIB.  IND 

un  certain  eii«efot)t«,|>aiot<|Moetii 
Ht  pea  rigDBmx. 

«  Le  tbimtiana  contiant'fea  d«  phjloM- 
phi».  La  JfaWAornla,  qui  esl  la  aeeontf 
fwSinedfis  indiens,  esl  bien  plu*  impurluit, 
particulièrement  h  cauaedu  fameox  énitoda 
connu  sous  le  mid  de  Bingamté-Gnm^  Oe 
poéose  porte  nn  uractè»*  pb»loM>pbîu« 
ti  és-pnMoué.  L'esmnW*  d«  Jfr^tÉinSa 
BOUS  Mt  himm  iMmwctMBttva»  niitidM 
-Jtamafmiai  les  eonnaifiseora  ne  jogeni  pM 
ipn  l'onvr«ge  entier  puisse  être  panié, 

Sorce  qu'il  y  a  trop  do  choseï  insigoi- 
antes  (413SJ.  Il  n'y  a  pas  de  doute  que 
c'est  moins  un  ouvrage  qu'une  réuDion 
d'ouvrages,  oiï  peuvent  être  rassembtéesdes 
productions  de  lem^is  fort  différents  et  d'an 
grand  nombred'auleurs  d'esprit  et  de  Iftlenla 
divers.  Le  Bhagavad-Gita  doit  donc  Aire 
censidéré  comme  un  dpisudedecet  ouvrage. 
Le5  auteurs  de  ces  poëmes  «ont  ao  lait 
de  la  grammaire,  de  ia  métrique  scteatîflquo, 
de  la  musique,  des  mathématique*  (313S1. 
Je  ne  rappellerai  paaque  non-eeuloBMDt  ils 
élablisseiitan  système  de  philosophie,  nuis 
aussi  qu'ils  connaissent  les  s/slèaies  de 
philosophie  qui  leur  soni  antérieurs,  ie 
crois  que  toutes  les  circonstances  précédem- 
menl  rapportées  sont  des  indiees  que  ces 

ftoésiea  ne  remontent  pas  au  lêotps  qu'on 
eur  assigne  ordinsireioent(2]37}<  • 

Do  HABivansA.a  Le  ifan'oaiua,  dit  M.  Lan- 
gtois,  son  traducteur  (31^),forme  ordinai- 
roment  un  appendice  du  Makabkarata:  même 
georede  réctt,  mêmes  interlocuteurs,  même 
auteur  présumé.  Cependant  ce  poème  n'est 

fiBS  original,  et,  cooine  beaucoup  d'autres 
ivres  sanscrits,  ce  u'est  qu'un  recueil, 
asses  niatadruilement  compilé,  de  précieux 
fragments,  débris  épars  d'une  ïiltérsture 
plus  ou  moins  ancienne,  que  le  malheur 
ot»  temps  avait  sans  doute  dispersés,  et 
qu'une  main  plus  moderne  a  pris  soin  de 
rassembler.  On  y  rencontre  des  vers  em- 
pruntés auxXei'a  de  Manou  et  au  B/iagavad* 
Giia,  des  citaiiona  etde6  extraits  peut-être 
des  Pourantu;  mais  rien  D'y  révèle  le  nom 
du  compilateur. 

■  Le  but  avoué  de  l'antenr  du  Hartvaaua 
est  da  raconter  l'histoire  de  Crieltnaî  il  re- 
monte i  l'origiue  des  choses,  indique  les 
généalogies  de  diversea  roeea  royales*  et 
arrive  jusqu'à  son  héros,  reuniéoommeon 
avatare  du  dieu  Vieknou,  Cepemlant  il  le 
livre  çè  et  le  à  quelques  digressions  sur  la 
mythologie,  la  philosophie  religieuse  alla 
cosmogonie  des  Indiens.» 

Ainsi  la  Hariwaum  n'est,  comme  tous  les 
autres  livres  indiens,  qu'une  compilation 
aans  date  défragmenta  mythnlt^iquet  sans 
dale  ;  el  si  noua  quulous  foi  aux  timiiiM 


M31)  CeuHixuuc,  Ai.  Rm.,  Vit,  SOt. 
!l»)  Kwm,  L  p.  5. 

:|33}  C:ouBaoou,  Ai,  Am..,  tu,  p.  280;  vin,  p. 
oà  Colekrooke  se  décMe  aassi  pour  la  iradîUen 

'.tiif/lMM  nrCrrawr,  p.  810. 


(1130)  Voir  par  eicmple  jVWu  m  Ihni^arri,  cb. 
12,  au  CMBNWMeBMflttlH  AMM|MH;daiule£t*- 
fMaé-CUm  U  cal  ^aeulM  d'iH  larMV  toob>ii|«« 
■rramaUcal. 

(itST)  RiTvn,  m.  U. 

(SIM)  Trad.  4*  llarivaMa ,  lotraéutOa*,   ^  * 

IV,  V, 


I39S 


mo 


DICTHKtîLURE  APOLOGETIQUE. 


nu 


rtinjcelures  de  son  traducteur,  nous  ne  Is 
rirons  remanier  qu'au  ii*  siècle  de  noire  ère, 
ou  tout  au  filas  vers  I?  siècle  d'Auguste. 
Il  est  Trai  que,  d'après  M.  Langlois,  les 
événements  racontés  dans  le  Barivania  re- 
montent presque  tous  au-delà  de  raille  ou 
douBi  cents  ans  arant  Jésus-Christ,  Uais 
celle  Tagne  antiquilé  n'a  rien  d'efrrayanl; 
et  si  l'on  accorde  quelque  autorité  bistoricjue 
k  des  fables  postérieures  d'un  ou  deux  mille 
ans  aux  événements  qu'elles  prétend ent  ra- 
conler,  et  scDiéesd'ailleursd'ausurdilés  gros- 
sières et  d'intorpotslioas  manifestes  (3139), 
il  en  ressortira  une  nouvelle  preuve  d'une 
rérité  fondamenLsIe,  savoir  :  que  la  civili- 
sation indienne  n'est  point  aborigène,  mais 
d'imporlalion  étrangère,  et  mêmequ'elleest 
partie  des  contrées  où  la  Genitt  place  le  ber- 
ceau de  l'humanité.  En  otfet,  M.  Langlois, 
après  s'être  efforcé  d'élnblir  l'accord  du 
Harivanta  tX  de  Megasihène,  arrive  h  celle 
conclusion  :  <  Il  résulte  de  ces  documents 
vomiiarés  que  le  berceau  delà  civitisniion 
indienne  doit  être  cherclié  vits  le  N.  0. 
lie  l'Indus,  d'où  «llo  descendit  dans  les 
plaines  du  Gango,  pour  y  perfectionner 
un  jour  ses  arts  et  ses  cniyances.  »  Unis 
6  quel  temps  esl-it  possible  de  rapporter 
ces  événements?  le  savant  traducbiur  dé- 
clare celle  question  insoluble  daus  l'état 
actuel  de  nos  connaissances  (21U)), 

'  La  langue,  dans  les  poëmes  héroïi{aes 
des  Hindous,  est,  au  jugement  des  connais- 
seurs, déjh  toute  formée;  les  lemps  posté- 
rieurs nont  fnil  qu'y  ajouter,  une  plus 
grande  éloquence  dans  la  conslruction  et  la. 
mesure  du  vers;  noas  pouvons  donc  consi- 
dérer la  période  dans  laquelle  Yalidata  a 
écrit  ses  poëmes  si  admires,  comme  celle 
dons  laquelle  on  était  arrivé  de  l'nrt  naturel 

k  l'aN  réfléchi D'après  les  Iradilions, 

Yaliduia  sérail  l'auteur,  non-seulement  de 
la  SakDKMaia,  le  drame  le  plus  rcmarqoabte 
des  Hindous,  mais  aussi  d^un  poème  épique 
dont  H<ma  est  le  héros,  el  d'un  poëiue  di- 
dactique sur  la  métrique  (S14i).  Preuve 
3u'à  celle  époque  la  poésie  ponvail  changer 
e  forme  à  votonlé,  et  qu'elle  dépendait 
par  conséqneni  plus  de  l'élude  ou  de  la 
réHeiion,  que  d'une  impulsion  déierminfie 
per  le  goût  de  la  nalton  (2142). 

(^omme  d'après  tu  traditiou  en  général,  le 
Raja  Vikramadifja,  h  la  cour  duquel  était 
Validaaa,  est  celui  qui  vivait  vers  le  temps 
d'Auguste;  comme  d'un  autre  cAté,  celle 
tradition  commune  est  confirmée  indirecte- 
meut  par  quelques  iuscriplioiis,  el  suivie 
par  presque  tous  les  sav^iils,  nous  l'ad- 
mettrons volontiers  comme  probable,  et  elle 
nous  fournira  un  nouvel  ar{jument  contre 
cvui  qui  voudraient  faii  e  dériver  de  l'inde, 

(2130)  Vuirp.  IX  el  pautm. 

(3140)  îbid.,  p.  su. 

(■ilii)  CutERHOAn,  A:  Ra.  x,  p.  435.  KaliitMa 
quoique  le  plm  récent  de*  gronda  pnciei  liiuiWv». 
n'en  esi  fan  muiiis  une  personne  mviliologique,  mio 
tfcs  ijiainiations  de  Brahnta  ;  voir  i^ranter,  p.  354. 

(1141)  Voir  WiLwnD,  Mémoire  :  Viarama-OUyja 
and  Salhahana,  Ai.  Ilet.,  ii.  —  ItiTTRH,  p.  77,  lU. 


ce  que  tous  les  peuples  onl  de  scisnc», 
d'arts  et  d'institutions  vitales.  «  Qta  toutieitt 
que  toute  la  civilisation  humaine  esl  pluj 
.ancienne  chez  les  Indiens  que  chez  lu 
Européens,  et  ceux  qui  élèvent  de  sem- 
blables prétuntions  sur  des  raisons  sosii 
superGcielles  ne  manquent  jamais  de  coq. 
dure  que,  parce  que  Ulleou  telle  choseï 
.été  Ik  plutôt,  c'est  de  Ik  qu'elle  nous  est 
venue.  Uais  un  fait  puissant,  le  seul  qui 
paraisse  comme  un  point  d'arrêt  vratseuh 
bloblG  dans  ks  récils  des  Hindous ,  je  veoi 
dire  la  date  que  n'ius  pouvons  assignenu 
siècle  de  Yikrâmaditja ,  d'après  des  témoi- 
gaagus  dignes  de  foi,  ferme  la  porte  k  ilu 
assertions  aussi  peu  fondées.  L'arl  drami- 
(ique,  que  l'on  regarde  avec  raison  cooiuit 
le  chef-d'œuvre  de  la  lodsie  et  comme  la 
(leur  d'une  lillôrature  qui  marche  régulièn- 
ment  et  libremenl,  avec  conliunce  dansw 
Qns,  est  plus  r(!cunt  de  Iwiâ  ou  quilrt 
siècles  chez  les  Indiens  que  chez  les  (jrecs 
(2143)  ;  d'où  l'on  peut  jusienienl  condurt 
que  la  meilk.ure  marque  d'une  grande  ciii- 
Iisiiliou  dans  les  sciences  el  dans  les  arlsa 
paru  plus  lard  dans  l'Inde  qu'en  Grèce.  * 

Nous  ne  devons  cependant  pas  en  conelore 
inconsidérément  que  les  pénodes  précé- 
dentes de  la  liitéialure  indienne,  annl  \e 
siècle  du  Yikramadiija ,  sont  plus  réceotîî 
que  les  périodes  corrospnndauies  chez  let 
Grecs.  Les  chants  qui  ont  produit  le  itoau- 
jana  pourraient  être  plus  anciens  queceui 
mèmta  d'Homère;  nous  se  portons  donc 
pas  de  jugement  Ik-dessus  ;  car  on  ne  peut 
pas  délermiaer,  même  approiimaliTenun , 
combien  une  période  de  ddreloppeœni 
peut  avoir  doré  de  temps  chez  un  peupi<. 
Celle  durée  dépend  tout  k  la  fois  et  U'i 
circonstances  exiérinures  et  de  l'aciii].* 
interne  du  peujile  (2iU). 

Le    caractère    des    Indiens .   l'isoleo^ 
dans  lequel  Ws  ont  vécu,  leur  coiuIiImIjou 
jolilique  et  religieuse,  ont  dû  ralnurlaai 
développement,   tandis  que  chez  le&  f^ic^ 
toui  accélérait  ie  mouveiiieat  de  la  ctiVtv- 
satiou,  el  hâiait  ses  transformatiaos  sacos- 
sives.   Mais   pourtant,   si    les   ori(jioes  de 
l'Inde  remontaieat  aussi  haul  que  le  fur- 
posent  nos  adversaires,  il  serait  luiftossilU':' 


qu'elle  eût  été  dépassée  par  uu  iwuple  aus--. 

I'uune  que  les  Grecs;  car  l'Indien,  îm^J^'- 
lile  dans  ses  usages  extérieurs,  paresseux 


et  lent  dans  sa  vie  maiérielle,  o  en  a  h-- 
moins  une  grande  aeliviléiuu^l  ectuej'v  ' 
morale,  une  piodigieuse  exubérance  'lu  • 
vie  intéiieure. 

«  Une  dernière  période  embrasse  - 
•  moyen  âge,  uù  doivent  étr*  ral>t'«>^- - 
«  beaucoup  d'écrits  et  de  cooii.ilai.o:'- 
«  priucijiaiemeut  scientifiques  (âlUj.  • 

—  L'èreileVicramaditja  se  compte  Je  l'an  $£  114  . 

)a  naigtance  île  Jéâus-Ciiris'. 

(3143)  Hous  vouloiiB  parler  de  rcpoque  b  f  * 
remarquable  de  ta  liuérulure  iudieuuc.  comptf— 
la  litiéiatuce  artuuiuetlu  l«mps  de  Pftriclès. 

(21U|  KiTTcn.p.  81. 

(3144)  GricNiftUT,  Soin  nu-  Qnu€r,  p.  ;<^ 


I3gj                IND                    DlCTlONNÀlKE  APOLOUETIOUi:.  IND                    iZSH 

»ltD  époque  apparliennebt  les  malhéma-  souvent   «ébranlée   par  les    contradictions 

iiciens  et lesaïlrononies  les  plus  célèbres     mêmes  de  leurs  divers  systèmes ■  — 

ia  l'IrrilouîtaR.  D'après  les  listes  fournies  <  J'eipriuie  donc  le  désir  de  voir  les  sjs- 

w  les  bralimanes  de  Vjjayani  au  docteur  lëmes  que  l'on  proposera  dësoniiAis,  uni- 

lunt^r,  le  plus  ancien  de  leurs  écrivains  en  quemenl  fondés  sur  des  documents  nccus- 

lilronomieeitT'aAara-JtfiAiro,  qu'ils  placent  siblesà  tous  Icsjuges;  j'espère  que  d'eiilrps 

m  m'  siècle  de  notre  ère;  mais   on   ne  suivront  mos  exemple,  et  à  mesure  que  lu 

finnstt  rien  de  lui.  Un  autre  astronome  du  nombredestraductioiislauguientcrajerercle 

Déme  nom  vivait  i  ta  tîn  du  vi'  siècle,  de  la  discussion  pourra  s'ajjrnndir  (3I52J.  » 

inkau'Gapta,  un  de  leurs  plus  ancien^  Des    savants   distingués    entrent     chaque 

trivaini  en  mathématiques,  ne  peut  non  jour  dans  celte  voie;    nous  pouvons  dune 

ilus  èlre  considéré  comme  antérieur  au  espérer  (^ue  bientAt  le  jour  se  fera  dans  la 

V'  sibek.  Aryabhatla,  qui  selon  toute  vrai-  science  indienne,  et  nous  n'avons  ric^n  de 

e::iblsnce,  fut  l'inventeur  de  l'algèbre  chez  mieui  i,  désirer;  le  catholicisme  ne  crnint 

»  Hindous,  florissait  vers  le  v*  siècle,  ou  aue  la  science  occulte,  dont  la  msuvaisu 

vui-élro  un  peu  auparavant  {21U).  D'après  loi  garde  le  monopole,  et  qu'elle  envelupjio 

escsîculsaslronomiquosdeBentley.adoptés  d'un  dangereux  mystère. 

arDelambre,  le  5urya'5irddAanla,  le  nrin-  Recueillons  maintenant  les  résultats  de 

i|>)l  ouvrage  des  brahmanes,  révélé,  a  hs  nos  rechercbes  critiquc^s. 

«croire,  il  raplusieurs  millionsd'années.  Les    plus  anciens   livres  de  l'Inde  sont 

t..    ,_  »._:.  j._..  environnés  de  ténèbres  impdiiétrables;  on 

ne  saurait  par  aueune  conjceiuro  vratscm- 
bluble  les  foire  remonter  h  une  anliqniiii 


«iieal  avoir  plus  de  huit  cents  ans  d'au- 
iquilé,  et  il  est  probablement  de  Taraha, 

onl  le  disciple  £o/anund  vivait  il  ya  eu-  .   ^ 

irnn  700  ans  ;  le  Ynnichla-Siddhanta  est  de     égale  à  celle  du  Ptntaltuque,  et  les  savants 


[lianislcs  les  plus  illustres  leur  assi- 
gnent une  date  postérieure. 

Ils  ont  d'ailleurs  subi  de  profondes  et 
nombreuses  altérations;  les  époL)ues  mémo 
les  plus  récentes  de  Is  lillératun.'  indienne 
sont  pleines  d'inceKiludes. 
Diins  tous  les  ouvrages  sanscrits,  l'an- 
VoiffaB  "sûr"  des"'Tv7n7i les  "apocryphes'     ^'1"«  est    perpélnollemenl  mêlé    avec  lu 
^mirt  U    considéra    comme   le   produit     moderne.         ^        ,     ^  .        „ 

une  Iradilion    primitive,   Mais  Bentley,     ^J^us  ceux  dont  la  date   |>eul  «ire   fixée 
—'■'■-  '.     w  .....        :  j,."-.     dune  manière  certaine,   ou  ou  moins  pro- 

bublt^,  sont  as?ez  récents. 

Ces  jjoiMis  une  fois  établis,  et  ils  le  sont 
par  nos  adversaires  eux-mêmes,  nous  pour- 
rions-évidemment  en  conclure  que  l'hisloiro 


mime  époque  (21^7). 

La  légende  Krislna  ou  Crichna  avait  été 
riiseniée  par  Volney  et  Dupuis  comme  le 
lie  primitif  de  nos  Evangiles  (211^). 
^.  loncs,  qui  la  croyait  fort  ancienne,  et 
cul-èlre  du  temps  d'Homère ,  suppo.'« 
IQ'tlls  avait  été  modiliée  dans  les  temps 


'.iprés  l'examen  du  Janampatra,  qui  décrit 
p-'Silion  des  planètes  h  la  naissance  de 
'tv,  a  constaté  que  l'état  du  ciel  n'a  pu 
'tiLl  que  le  7  août  de  l'an  600.  de  notre 
(1  il'oti  il  a  conclu  que  celte  légende 
')!  qu'une  mauvaise  conlrelaçon  de  nos 
ii'giles,   imaginée  'pat    les    bralimanes 

-Il  général,  les  orientalistes  commencent 
•*ofit  l'iuanilé  des  systèmes  hasardés' 


politique,   phitosuphique  et   rtiliijieuse  du 

i'itide  est  im|)Ossii]le,  ou  du  mùiiis  qu'elle 

nn  peut  avoir  la  même  certitude  que  n'itru 

histoire  biblique  et  évangélique,  puisqu'on 

ne   saurait  la  puiser  que   dans   des  livres 

„„■,      ...  -    .       ,       ,        .     sans  dale  et  remplis  d'interiiolations  in- 

quUejour;  lis  reconnaissent  qu  avant      „ombrable.s.  Mais  celle  importante  concfu- 

«ilhutpubherlehvreinditnetlesou-     ^io„^  ^^^  ^uine  tous  les  systèmes  de  nos 

odversotros,  ressortira  mieux  encore  des 

observations  que  nous  ferons  daus  le  para* 

graphe  suivant. 

Illl 
PoiDt  d'histoire  vjrluble  data  l'Inde;  témolKOuei  d« 
"    " "    ~         r.  —  Obscunié  du 


lire  au  contr6îe  de  tous.  M.  K.  Burnouf 
)ft;^se  hautement  celte  opinion,  et  déclare 

assertions  baulaines  do  ses  prédéces- 
iis  BU  moins  prématurées  (2150).  ■  Les 
«s  de  ceux  qui  se  sont  uccuiiés  de  l'his- 
'S  ancienne  de  l'Inde,  dit  M.  Langlois 
ilj.  ont  toujours  manqué  de  base,  et 
'i  ont  «ppelés  h  être  leurs  juges,  sans 
ir  les  pièces  qu'eux  seuls  avaient  ton- 
lées;  nous  étions  donu  obligés  d'accor- 

i>  leurs  assertions,  une  fui  implicite, 

tK)  Algèbre  avec  ariihmiliqut  et  mesurage,  ti- 
laMnKrti,  Lond.  IV11.  Vuimussi  Hittoirt  dt 
'nomie    de»   llindeui,  par  Bk.itlei  ;   Lond., 

U7}4..r«.,  t.  VI.  p.  5M.  573. 
itt\  H.  Geigniaiit  voit  i  ti  fuis  In  plus  hculc 
I^Kin  dB  wichnoaiRine  el  l'iitëe  b  plus  pure 
bu  Muveur  dans  les  poêmM  aiittqne*  qui  ré- 
M  Ci-ik  incartiation ;  inait  il  paraît  admettre 
Jonrs  que  le*  bralimanM  mit  ajouté  queligues 
MUiicrs  au  inytlie  prituilif  d'nprcsiiei  Eiaii- 

l)lCTle\>-.iltlE    irOLOCLTIQUE.   I. 


Cuvier,  de  KlaproUi,  d'E.  Burnour.  ' 

'- -    -' ibiquc.  —  lDCAhért~ 

ulgoUul  i  Heereu.  - 


-  La  chronologie 
De  remoûté  yu  avant  Abraham.  —  Origine  dei  Hin- 
dous.—  l.ea  auteurs  laplacenl  aux  Item  que  ItGeaitt 
doono  comme  le  bercHU  des  nommei. 
■  Il  n'y  a  point  d'histoire  dans  l'Inde  ;> 

(2110)  Voir  le  7-  biu.  de  H.  Wiseun.  M.  Laii- 

ploU  ne  Totl  dans  CrMma  qu'un  conquérant.  <  Ce 
liéiMs  chéri  de  ses  roiiipag lions  d'aniips,  dit-il,  fut 
danttawite  choisi  par  une  seriu  de  dëvuU  con- 
It'uiplanrs  pour  l'objet  divitide  leurs  méUilatlons 
ascétiques,  et  sa  vie  de  iiicrrier  a  été  dénaturée  par 
rei  psiicbcs  liiiarrei*  delà  niysilcité.  >  Préface da 
tianvaata,  p.  vu. 

(21S0)  Betue  dtt  Dettx- Monde*,  4*  Bérte,  t.  I. 

(SISl)  Trad.du  JfariMMaiiurad.tp.  t. 

(tl32)  Ibid.,  p.  \\u.  ■■•mtm-^ 


1387 


Kih 


nCTIONNAlUE  APOLOGETIQUE. 


IND 


c'est  le  cri  de  tous  les  savants  les  plus  il- 
lustres et  les  plus  judicieux. 

■  Il  n'y  8  point  du  tout  d'histoire  dans 
rinde,  dit  Cuvier;  au  milieu  de  cette  inGnilé 
(le  livres  de  lliâologie  mystique  ou  de  mé- 
lapli)siqueal)£truiieque  les  brahmes  possè- 
dent, et  que  riugéDicuse  persévérance  des 
Anglais  est  parvenue  ù  cnniiattrei  il  nVxîsle 
rien  qui' puisse  nous  instruire  avec  ordre 
sur  l'origine  de  leur  naiion  et  sur  les  vicis- 
situdes de  leur  sociOlé.  Ils  prétondent  même 
que  leur  religion  leur  défend  de  conserver 
ta  mémoire  de  ce  qui  se  passe  dans  l'Age 
actuel,  dans  l'âge  du  malheur  (2153].  ■ 

«  Chez  les  Hindous  ia  religion  a  détruit 
tout  monument  historique»  »  dit  le  savant 
Klaproih,  et  dans  le  Mémoire  où  il  déter- 
mine le  commoncementde  l'histoire  certaine 
pour  tous  les  peuples  de  l'Asie,  il  dit  que, 
chez  les  Hindous,  elle  ne  date  quo  du  xn* 
siècle  après  l'ère  chrétienne  (2154). 

«  Nous  ignorons,  dit  M.  B.  Uuriiouf,è  peu 
près  complètement  l'histoire  politique  de 
J'inde  ancienne,  et  c'est  comme  par  un  scie 
<le  foi  que  nous  croyons  qu'elle  est  ancienne; 
car  parmi  tant  d'ouvrages,, fruit  de  l'imagi- 
nation la  plus  poétique,  de  la  raison  la  plus 
exercée,  on  n'a  pas  encore  rencontré  do 
lirres  historiques,  et  l'on  nu  ^ail  dans 
(juello  période  placer  J'exisiencQ  d'un  peu- 
ple qui  a  gardé  sur  ses  destinées  un  silence 
inexplicable.  A  ces  preuves  si  variées  et  si 
l'iKppanles  d'une  savante  et  longue  culture, 
il  manque  la  preuve  même  de  leur  ancien- 
neté, l'indication  de  leur  date.  Le  Irnvail  des 
sièdes  a  pu  seul  accumuler  l'une  sur  l'autre 
ces  cosmogonies  gigantesques,  ces  poèmes 
immenses ,  ces  traiiés  si  approfondis  de 
philosophie  et  de  législation;  mais  quund  co 
travail  a-t-il  commencé^  et  cette  œuvre  qui 
lie  perpétue  jusque  dans  des  temps  si  rap- 
proches du  nous  et  presque  sousnosjeui, 
est-elle  d'hier  ou  remonie-t-elle,  comme  le 
croient  les  brahmane^,  aux  premiers  âges  du 
monde?  Quand  un  peut  se  fiiire  de  pareilk's 
questions  sur  t'histuire  d'un  peuple,  tous  les 
doutes  sont  permis  h  la  critique  [2155).  » 

Mais  rien  ne  peut  mieux  taire  cuunatlre 
l'incroyable  mépris  des  Hindous  pour  la 
réalité,  qu'une  aiialyse  de  leurs  svstèmes 
géographiques  et  chronologiques;  celle  aaa- 
tyse^  M.  Guigniaul  va  nous  la  fournir: 

«  Le  plus  ancien  système  géographique 
des  Hindous,  exposé  dans  la  plupart  des 
Potiranat,  sous  les  titres  de  Èhou-Khanda 
uu  Shouvana-Coia,  considère  la  lerre  comme 
une  surface  plane,    entourée  d'une  ran;;éu 

12153)  Voir  U  Dite,  de  Cuvier  dans  les  Annatet, 
,  p.  387.  —  Yuy.  Pomeh,  ilylhologie  dei  Indoui, 
1. 1,  p.  89  et  !)1.  —  L'absence  de  toute  cbrotiologie 
Jaiis  riiide  a  élc  recoiiaue  aussL  par  H.  Cuusin, 
llitt.  de  la  philot.  du  xviii*  tiècfe,  p.  1T8.— M.  Cou- 
(il)  n'est  pas  orienlaliste,  luaiii  il  a'en  a  pas  moins 
une  graTioc  aulorllé  aui  yeui  de  iiuelqucs-uns  de 
nos  adversaires. 

(âlSi)  Nous  noui  absLenous  île  reproduire  en  en- 
tier cet  iniporlaiii  léiniiignage.  Oti  le  trouve  en  en- 
tier dans  lesAiinaJri,  I.  IV,  p.  107-117. 


cirriitaire  de  montagnes,  que  l'un  nomtot 
Lokalofcas.  Au  ct-nlre  esl,  selon  eui,  uns 
immense  convexité,  derriêrB  laquelle  !« 
soleil  disparaît  graduellement  vers  Siàikê- 
poura,  le  pôle  nord.  Cette  GonTeiilé<>jifi)r- 
niéu  par  le  mont  Mérou,  la  colonne  ou  Vm 
dumonde,qui  soutient  et  réunit  tesntpai, 
la  terre  ou  les  enfers  [les  trois  mondes [Îtâ6j. 
Les  quatre  flancs  de  celle  montagne sicrfe, 
■qui  regardent  les  quatre  points  cardinaui, 
sont  de  quatre  différenles  coalenn snilô- 
gués  aux  quatre  castes  de  l'iuile  :  le  fliac 
Est  est  blanc  cl  pareil  aux  Bhramiaiu;\t 
liurd  est  rouge,  aux  £'cA(i(rj/aj;]eSuil,jaiiDe, 
aux  Faûj/ai;  l'Ouest,  brun  ou  noir,  m 
Soudrag, 

<  Quatre  fleuves,  issus  d'une  source 
unique  qui,  tombant  du  pied  de  Vii:liDoa.ï 
l'étoile  polaire,  et  traversant  la  spbère  it 
la  lune,  se  divise  pour  la  première  Ibij  w 
le  sommet  du  Mérou,  prennent  leur  coum 
de  ce  centre  commun,  vers  les  quatre (irin- 
cipales  régions  du  moude,  d«Qs  lesquels 
croissent  quatre  arbrns  de  vie  de  quilre  es- 
pèces diverses,  appelées  d'un  nom  géoériqut 
Calpavrikcha.  Les  quatre  lleuves  sont  lUUD- 
mes:  Ganga,  au  Sud  (le  Gangeji  Si(i,i 
l'Est  ;  Bhadra  au  Nord  ;  Tchakehou  [ydun], 
ë  l'Ouest,  et  s'épanchent  des  lèles,  guente 
ou  bouches  de  quatre  animaux,  lïVittie, 
l'Eléphant,  le  Lion  et  le  Cheval.  Lesqmlra 
régions  qu'ils  arrosent  sont  :  OuilanKn- 
rou,  au  Nord  ;  Bhadrana,  i  \'Ï£\;Ctm- 
mala,  h  l'Ouest  ;  et  Djambou  ou  Biambni- 
icipa,  au  Sud;  ces  régions  s'appellent tjr»- 
pruincnt  Makadteipat  ;  ou  ht  grmdim- 
pas  (2157). 

«  Le  monde  ainsi  conslruil  etdiméra- 
semble,  disent  les  Pouranas,  h  un  lotiiJ&>i- 
tant  sur  l'Océan  ;  les  quatre  feuilles?" 
forment  le  calice  sont  les  quatre  jMoW«v* 
les  huit  feuilles  extérieures,  placées  ii«'* 
deux  dans  les  intervalles,  figura'^''" 
Dwipat  secondaires;  et  l€S  fleuw  e<  î^' 
rivières  se  dislrihuenl  d'une  manitie  ii^i* 
logue. 

B  Mais  la  plus  générale  et  peol-Wtî  ^ 
première  division  de  la  terro  recona»!' wj^' 
Vmpat  groupés  au  tour  d  u  Mérou  el  forDuni. 
par  une  combinaison  toute  fidiiep  «1^ 
zones  ou  cercles  concnntriques  stm  ^'i' 
climats  correspondants.  Entre  ksseption'* 
sont  sept  mers  ou  sept  courants  qui  î«^ 
ferment:  une  mer  salée  enviro  ineflj"""'' 
dieipa;  une  mer  euLhacléc  Causa  ;  ueei^t 
de  sucre  i*/aA(a;  une  nitr  de  bourre clr'^ 
Satmnla  ;  une  mer  de  la.l  caillé  Craoatit- 


(SlaS)  Itevite  det  Deitx  Monda,  ï 
p.  271. 

(3156)  Celle  expression,  iet  trait  m 
paâioojours  prise  dans  le  même  sens 


,ï.i< 


géoKrapbie  inylliique,  el  des  variaoïrt  fi'H'^ 
déiablea  encore  se  rcmarnucindaiisi-elles Jf*^ 
liéléroitoxcs  connue  k»  IwudUliist^s,  les  ilj»^ 
etc.  [Ibid.) 


nti  IXb  bICTIOMUIRB  APOLOGBTlQUe.  KO  13M 

unesierdélait  H[d*aiDHIa(ambrnisie)&ifâ(  Gsipas,  ne  sont  pas  moins  divers  dans  leurs 

nae  mer  (Teao  donee  Pouehkara  [  3158).  On  déreloppemenis, que  les syslëmes de géogra- 

parlseecore  de  sept  clôtures  de  montagnes,  phie  fabuleuse  qui  se  rencontrent  cbez  le 

■  Cne  classiScalion  usuelle  et  cependant  mËme  peuple.  Chaque  secte  a  le  sien,  et  on 

presqae  aussi  poétique  du   monde   eonnu.  les  trouve  toujours  plus  arbitraires,  plus  ar- 

comprend   neuf  Shandai  ou  contrées  :  lia-  liGcie[s,plusbizarremenlenQC-sdecliiiTres,à 

rratla,  qui  ocuupe  la  partie  centrale  et  la  mesure  qu'ils  se  rapprochent  de  nous.  Ils  ne 

{•lus  êlefée  de  la  terrn;  Bhadratra  k  \'Esi  ;  aembieat   même  pas   toujours   Irès-consé- 

Criou  i  rOuesl;   au   .'«ud    li'Ilavratla  sont  quentSt  ni  dans  le  rapport  des  périodes  dont 

Mois  chaînes  de  niontagni-s,  Nithada.  Be-  ils  sont  formé»,  dî  dans  la  nature,  la  suc- 

macmita,  Oimatehala  ou  Simadra;  au  Nord,  cession  et  l'étendue  des  révolutions,  qu'ils 

sont  trois  autres   chaînes,  fiila,   Saela  et  assignent  i  la  fin  de  ces  différentes  pério- 

Sringatan  :  deui  contrées  se  placent  entre  des.  Ces  variantes  ne  pourront  étro  com» 

les  premières  chaînes,  Harikhanda  et  Cinna-  plélement  recueillies  et  appréciées  que  par 

rakkmtda ;  dvui  entre   les  autres,  Jtamyoca  U  comparaison  des    Pouranas,  soit   entre 

et  hiram/amaga.  Une  contrée  se  trouve  par  eui,  soit  avec  les  autres  livres  religieux  et 

deli la cflalne  la  plus  méridionale,  AAaro/tf  les  traités    scientifiques   d'astronomie;   el 

eu  l'Inde  prDpre;uQe  demièrepar  delà  celle  peut-être  une   main  habile  saisissant  le  GI 

derexirémileopposée,  £(rar(»(OU  JiracafB,  de  l'analogie,  qui,  au  défaut  de  l'obscrva- 

patrie  de  rélépnaot  de  ce  nom,  d'oi^  sont  lion,  paraît  avoir  dirigé  constamment  les 

proveoiu  tous  les  autres  éléphants,  particii-  ïnveoteors,   retrouvera-t-elle  un  jour  tout 

liireaunleeax  qui  portent  ou  la  terre  on  le  l'enchaînement  de  ces  théories  munstrueu>- 

noDt  Hérou,  en  nombre  divers  selon  les  ses,  où  la  poésie  et  le  calcul  ont  formé  une 

divtrses  Iradilioas,  aHiance  presque  ÏDCOUDae  à  ooire  Occi- 

■  Le  sommet  du  Uérou  esl  un  plateau  dent, 

cîrcalaire  formé  par  une  enceinte  de  col-  ■  Le  système  développé  dans  les  lois  de 

JioeSfBoeaatrs  terre,œaisnQe  terrecélesie,  Maiou,    qui  esl    aussi   celui  du  Bagatat" 

SKarçabhoimi;el[kse  répèle  dans  l'ordoD-  gUa  (2160),  doit,  en  attendant,  noas  servir 

nance  des  S»argas  ou  cieux,  séjours  des  de  base;  tl est  le  plus  simple,  el.i  quelques 

plaDèles,eldansGelledes  demeures  divines  égards,  le  plus  vaste  et  le  plus  philoso- 

qui  leor  correspondent ,  de  d^ré  eu  degré  pliique  de  tous;  il  repose  sur   la  double 

cl  de  sphère  en  sphère,  toute  l'ordonnance  éternité  de  Dieu  el  du  monda  ;  car  Brahms 

de«  terrestres  Dwipas.  Il  en  faut  dire  autant  produit  et  reproduit  ce  visible  noivers  dans 

des  seplPatatat  qui  composent  le  monde  un  ordre  perpétuellement  invariable,  et  il 

iofiérîeur  (31S9).  est   dit   que  la  série  des  créatures  et  des 

«  I.es  sjtèmea  de  la  chronologie  mythique  deslnietiuns  on  régénérations  est  sans  fin. 

des  fitndous,Bvecun  fondcommun,  lesqua-  Voici  le  détail  des  quatre  Ages  et  la  ré- 

L'eJt(es(Yougas),  les  âgesdivios  ou  grands  dnction  des  années  divines  en  années  bu- 

Iges  (Uafaayoo^s},  les  Uanwantarai  et  les  maines. 

Ace  Criu  on  Satja f,OM  an.  div.  rorm.  1,410,000  aon.  baai. 

Plis,  pour  le  crépuscnledu  maiîs 
M  do  Mûr 800  K88,000 

Total.  .  .        i,8U0  Tout.  .  .     1,728,000 

Age  tréla 5,000  1,0^0,000 

Pies,  pour  les  deux  créposcules.  600  216,000 

Tout.  .  .        5,600  Tout.  .  .    1,296,000 

Age  Dwapara 2,000  720.000 

Pour  les  crépuscules 400  1U,000 

Total.  .  .        2,400  ToUl.  .  .       904,000 

Age  Sali. \jm  560,000 

Ptwr  les  crépascnles 200  72,000 

Tout.  .  .        l.MO  Tout.  .  ■       452.000 

To4al  géi)ëral.  .  .      12,000  ann.  div.  form.  4,320,000  ami.  hnnl. 
de  360  joyrs,  qui  campoteni  on  &ge  des  Dicax  ou  Hahagtmga,  donl  il  faut  71 


2159)  GciC!n*rT.  Solet  nr  Cratier,  V  I,  p.  502, 
,  5Mt.  pfiocipalemenld'aprês  Wilfort.  (Ai.  rn., 
I.  p.  SS7.)  <  La  cbronolof^e  et  l'histoire  des 
■•»(s,  dit  encore  U.  Gnigiiiaul,  sont  en  général 


snssi  îdéates  et  aussi  poèlïqnes  qtte  leur  gé<^ni- 
pliie;  chei  ce  peajrie  l'imaglnalinn  domine  loa)oBn 
les  autres  facultés...  Uëme  sa  coostiiuiion  semble 
avoir  été  Touvrase  de  prAres  eacora  plus  poètes 
qoe  poliiiqnes.  >  ('^i^.,  p.  585.) 

(2160)  Cnns.  M\n*,  Brahtma,  n.  018;  Bonm, 
Âi.Tft.,  VIII,  p.  236. 


*    (pour  foire  a»  Uatmamara, 
•méat;  deeeiio  sorte, 

74  iiahajfemgat 
Plus,  pour  le  Salya 

Durée  «lu  NaavanUfa 

«  Chsnm  Uenou  esl  supposé  régoer  shu- 
lementoansle  Salya  qui  précède  son  ^m- 
lard,  et  daos  celui  de  chaque  âge  divin; 
maînleiiaDt  les  onalorze  Jtfameanianu  fur- 
inent  4,318,373,0» 

Années,   «t  précédées  aussi 
d'un&rfya,  1,728,600 

donncQl  au  total  4,^0,000,009 

ï  durée  du 'Co/na,  on  iour  de  Brahma,  équi- 
valent h  1,000  MtAayoagat  (2161). 

a  On  veit  que  la  base  de  ions  ces  Culculs 
est  a«  fond  la  période  de  432,000  sas,  doa- 
hlée,  iriptde  e(  aufldruplée,  et  prise  ainsi 
dis  fois  du  total  pour  furinur  uu  flge  d^ 
via(2162>.> 

<....  IHteslois  de  tf«noi(,,ai  tefAoeo^a^- 
gila  ne  font  mention  de  ces  révoUibous 
ph^aiqifes,  de  ces  deslruclions  pftr  l'eau  et 
pir  le  feu  {Pralayih  MahapralAya],  uni, 
suiftHit  tes  PffuraiMM,  signalent  la  fin  des 


nCTtONNAinE  ArOLOCbTlQUe  IW 

aimitaat  loutefols  un  SiHf^imija  au  comn» 


U8,M8,000 


grandes  périodes  ;  U  v  est  seulement  ques- 
tion d'une  Teille  et  d  un  soffimeil  du  Créa- 
tenr,  k  l'approche  desquels  la  création  se 
réveille  et  a  endort  avec  lui,  parait  au  die- 
p»rsit  ;  jBraAtna  r't  meurt  pas  non  plus, 
oomme  dans  les  towantu,  ni  Yickaour  ni 
S^a  après  lui  ^  puisque  ces  dieui  n'y 
jouent  point  les  rwea  su^pieurs  que  )eu« 
atlrifauent  ces  derniers  livres. 

•  Les  Povranai  ont  ^levé  sur  tes  Cahp&t 
ou  jours  de  Brahma,  qui  forment  comme  le 
couronnement  du  système  antique,  un  ou 
plusieurs  systèmes  nouveaux  qui,  modelés 
sur  celui-lè,  mais  rattachés  principalement 
aux  noms  de  Yichnon  et  de  Siva,  ne  font 
guère  que  le  répéter  daos  des  pro^orlions 
plus  vastes  en  apparence,  mais  bien  \t\as 
étroites  en  réalilé;  car  chez  Mtnott,  ainsi 
que  nous  l'avons  remarqué,  la  successioD 
aosSiamiiatUarai  dans  les  Calpai  esl  inliuie, 
et  le  .monde  réellement  éternel  ainsi  que 
son  auteur;  seuleœenl  il  passe  et  repasse 
sans  cesse,  tandis  que  le  principe  qui  sans 
cesse  le  produit  et  le  reproduit,  demeure 
immuable.  Selon  la  chronologie  des  Poura- 
nas,  dont  on  peut  voir  le  développement 
chez  les  écrivains  qui  ont  traité  ce  sujet  tx 
.profeuo,  nous  sommes  aujourd'hui  dans  le 
premier  jour  ou  Caipa  du  nremier  mois  de 
la  ciuquanlc-unième  année  de  Yige  de 
Brahma  (qui  doit  en  vivre  cent),  et  dans  le 
vingt-huitiëme  â^e  divin  du  septième  Han- 
wantara;les  Irois  premiers  âges  humains 
de  cet  Age  divin  sont  déjà  écoulés,  aiusi  que 
quatre  mille  neuf  cent  vingt-cinq  ans  du 
quatrième  ou  du  Cali^youga  actuel,  qui  a 

{Hn)  Voir  eneore,  uit  ijuclques-uiis  des  calculs 
indieiiB,  les  arlicles ioUlulës  Contordiau*  dit  tradi- 
lÛMë  dtê  difféte.iU  ptttpla,  éamlut  Amtalei,  I.  XIII, 


eommeDcé  trois  mille  ceat  ud  idj  iritt 
l'are  chrétienne  [3163].  ■ 

Devànl  cette  fantasmagorie  chracd^ 
que,  où  ia  poésie,  la  mél«ph;tiqiH,la 
mathématiques  et  raslronomie  se  nitini 
se  croisent,  sa  coufoodeol  sous  des  fornn 
si  étranges  et  si  colossales,  oa  reste  ilupi- 
fait  ;  on  se  demande  si  les  Hindou  sm 
bien  de  la  même  nature  que  nous,  et  lin 
pareilles  conceptions  ont  pu  gtimaim 
Oe» tètes  humaines;  maisquaadODjfiMi 
sérieusement,  et  quand  on  rapproche  de» 
rêves  gigantesques  certains  syslètnei  illt- 
mauds,  on  reconnaît  que  les  choses  oui  il 
inévitablement  se  passer  ainsi,  du  joucti 
un  peuple,  passionné,  tout  kla  fais,  pw 
les  abstraulions,  les  subtilitée  et  \a  hUo, 
a  quitté  les  traditions  pures  de  lardigivE 
primitive;  dès  lors  il  a  d&  s'abiadum: 
sans  frein  k  tous  les  pem^baitls  d'uat  ioid- 
ligeoce  dissolue,  è  teules  les  débtwbeilf 
la  pensée,  k  toutes  les  folies  il'u»  >ita- 
nisme  euUionsiaste,  m  btentéliladïi'eo- 
fncer  avec  frénéiio  dans  les  eitiusw- 
vraoïee  dtt  paatttéisme.  Car  le  piuIh^L-of 
esl  un  puissant  magnétiseur,  il  fascine  l^ 
résistiblemeot  le»  nattoax  d'un  cirttiih 
ardent,  profond,  rêveur,  cootemplilif,  ib 
qu'elles  sortent  de  la  vraio  foi;  il  i«ifi> 
dans  une  sorte  de  délire  mé(spb;it<]W  " 
poétique;. il  les  plonge  dans  un  soaus- 
bulisme  incurable,  il  les  possède  l'Ntwu 
la  puissance  d'un  démon.  —  Aiorsquf* 
vient  l'histoire î— L'histoire,  elle  Wi 
un  rêve  comme  tout  le  reste,  cominv''^^ 
vers,  qui,  lui  aussi,  c'est  qu'uarii^» 
Brahma,  —  un  rêve,  où  les  sojrfdifs  « 
les  conjectures,  les  faits  el  l«  UkJ"" 
flottent  confusément.  — L'histoirtl^™*^*' 
vient  ce  qu'elle  est  devenue  onlrelcs!Ȕ"" 
d'Hegel  ut  du  docteuf  Stiauss.ooeiBi"^' 
logie  compliquée  d'abstractions,  eœttfwii' 
lée  de  formules  obscures,  eucheïiif**  ^^ 
subtilités  logiques,  ontologiques,  psp^ 
logiques,  philologiques  et  algébrique^' ''^' 
—  elle  devient  ce  quu  n«u»  teuuas  c 
voir. 

«  De  nombreuses  lenlativcs  ont  élé  Uilj 
pour  réduire  cette  chronologie  éviilemi^' 
artificielle,  et  pour  Ta  ramener  i  ilcsbii'| 
réelles  et  historiques.  On  peut  ^oj!' J'' 
sujet  les  dissertations  de  W.  Jones, «'«''«■ 
Bentley,  eic,  déjà  cilées.  Kn  géuét«l,« 
uns  OUI  rejeté,  comme  puremeiitfiil'ui™; 
les  trois  premiers  Ages,  et  ont  cef<-'^' 
retenu  la  date  ilu  dernier  comme  le^' 
mencomentdu  temps  hislori^uejlKS»!»''; 
par  le  moyen  de   l'é^ioque  assign»  '  * 

(îlCi)  GuKHUDT,  JValc*  iw  Croucr,  L  U*^ 
CiÙ. 
(iltiS)  CuicitULT,  ikd.,  p.  CiS. 


I3S3 


LND 


T>lCno:iMI»E  APOtOCETIQUE. 


ttsisuoee  de  Bvuddha,  qui  vint  au  monde, 
^oil  vers  la  âo  eu  Hwêpara-yov^a,  soit 
i  l'origine  dn  Kali-jioufa,  ont  réduit 
celte  mêma  date  à  euTiron  mille  ans 
avant  notre  ère;  d'autres  en&o  ont  esuyé 
de  rasscrrer  dans  les  limites  de  l'histoire  la 
calcnl  cDtier  des  quatre  Ages,  et  d'j  classer 
les  principaux  éreoemcnts  on  personoa^es 
dont  ilestqaeslioDdaosles  Hrres  sanscnts. 
Parmi  cas  demiers,  Bentley  (316^),  se  fba- 
dant  sor  deux  anciens  systèmes  astrono- 
miques qu'il  croit  fort  antérieurs  aux  sys^ 
têmes  ulaellement  reçus  chez  les  brahma- 
nes, fixe  le  commencement  du  Solya-yoKjra  à 
trois  mille  cent  soisante-qualre  avant  Jésus- 
Christ;  celui  da  Tr^a  fe  deux  mille  deux 
ceDlqiialre;Eeluida0irapara  à  mille  quatre 
cent  quatre  vingi-quatra;  celui  du  Katth  mille 
quatre.  Quant  aux  noms  prétendus  histori- 
ques qu'il  distribue  dans  les  trois  premiers 
Aees,  et  qu'il  faut  voir  dans  le  tableau 
ttirooologique  joint  k  son  mémoire,  ce  eODt 
éridemment  des  ëlres  mythologiques,  em- 
pruntés pour  la  plupart  k  lastruDomie. 
L'urdre  que  Bentley  établit  eatre  eux  uous 
sembUi  aussi  arbitraire  que  la  manière  doot 
il  met  en  accord  les  deux  systèmes  du 
(rroAo-lfitfi/arï  le  paraît  è  H.  Heeren.*  Le  fie- 
lion  desquatre Ages,  >  dit  ce  dernier  écrivain, 
•  est  probablement  d'ane  haute  antiquité; 

<  mais  les  calculs  qui  y  ont  été  «dafilés,  ou- 

<  rrages  du  cbronologisles»  eo,soot  tout  h 
(  fait  iodépPDdaots,  et  doiveot  £lre  regardés 
teomae  beaaoMip  plus  modernes  (S165).  > 

«  Oo  a  cru  reconnaître,  dit  Curier,  dans 
qDel<|ttafruas  de  ces  écrits  (les  Jtibesas  et 
lé*  Poscaoaa)  des  Taits  on  dei  noms  d'hom- 
Be«  an  peu  semblables  k  ceux  dent  les 
Greea  el  les  X,alins  ont  parlé,  et  c'est  prin- 
dpalemeet  d'siH^  ces  ressemblances  da 
LQmsque  M.  Wilfort  a.essa;é  d'extraire  de 
-.ts  Pouranas  une  espèce  de  coftcordance 
ivec  noire  aueieoDS  chronologie  d'Occident, 
oncordaoce  qui  décale  i  chaque  ligne  la 
•atore  hypothétique  de  ses  bases,  etqui.de 
>lus,  ue  peut  être  admise  qu'eu  comptant 
liisolument  pour  rien  les  datas  données 
•ar  lea  Pouranas  eux-mêmes  (2166). 

■  Ifs  listes  des  rots  que  des  pandils  ou 
lorleurs  ïodieus  ont  prétvndu  avoir  eon- 
lilées  d'après  eaa-Pouraniu,  aa  sont  que  de 
impies  catalogues  sans  détails,  ou  omésde 
^lails  absurdes, comme  enavaient les  Cbal- 
^•os  el  les  Egyptiens;  comme  Trilhème 
c  Saxon  la  grammairien  en  ont  donné  pour 
>5  peuples  du  Nord  (2167).  Ces  listes  sont 
irl  Joia  de  s'accorder;  aucune  d'elles  ue 

CttU)  Atiét.  m.,  Till.  p.  ÏU,  de. 
<Sae5)GoKHWT.  A'tfkmr  Crcawr.t.  I,p.  fi». 
-  V.  Hcran,  Hàna,  Joms,  etc. 
<2IG6)  T.  Mém.  ât  Cmlaau,  L  IX,  in-8*,  p.  8S. 
(2167)  V.  Jom.  ibûl.,  L  11,  p.  111.  Irai,  rranç., 

*G*.  —  WuwT.  ibid,t  I.  V,  p.  Ul.cl  1.  Il, 

116. 

<«I«S>  WiLieaT,  au.,  t.  IX.  p.  133. 
(il69)    DuM   l'AfCM-ûkiD,  t.  II.  p.  138  de  b 
W.   Msl*  (  f*9t'  aaMi  Uuaui,  t  1,  ii*  partie, 

1X1 70)  Amk.  i€  ^toê.  c4r.,.l.  I,  p.  387. 


suppose  ni  une  histoire,  ni  des  rv^tstres^ of 
des  litres;  le  fond  même  a  pu  eBdtreima* 
^né  par  les  poètes  dont  les  ouvragea^Dont 
été  la  source.  L'un  des  pandits  quren  onU 
fourni  A  H.  Wilfort,  est  convenu  qir^l  rem* 
plissait  arbitrairement  arec  des  noms-  ima^ 
ginairirs  les  espaces  entre  les  rois  céi&- 
Ëres  (3168),  et  il  «vo'^ait  que  ses  prédéoes- 
seurs  en  avaient  fait  autant.  Si  cela  est  vrai' 
des  listes  qu'obtiennent  aujourd'hui  les  At)< 
glais,  comment  ne  le  serail-il  pas  de  cellas- 
qa'Abnu-Fazel  a  données  coi::me  extraites- 
des  An»alet  de  Cachemire  (2169),  et  qui  d'ail- 
leurs, toutes  pltiines  de  fables  qu'elles  sont^ 
Doremontentqu'à  quatre  mille  trois  centsanSr 
sur  lesquels  plus  de  douze  cents  sont  rempli» 
de  noms  de  princes  dont  les  règnes  demeu- 
r«)I  indéterminés  quanta  leur  durée  (2170). 

«  Ces  dynasties,  dit  un  autre  savant,  bien- 
plus  porté  à  exagérer  qu'à  déprécier  l'autt- 
quiléde  la  littérature  hindoue,  n'ont  pas 
plus  d'autorité  que  les  générations  de  héros 
et  de  rois  chez  les  Hellènes;  et  les  tables 
publiées  tiennent  le  même  rang  dans  la  mj- 
tboloKie  indienne  que  celles  d*Apollodoro 
dans  la  myttoIoKÎe  grecque.  Nous  ne  sau- 
rions espérer  d  y  trouver  aucune  histoire 
on  tique  on  chronologii^ue;  c'est  une  œuvre 
composée  par  des  poêles  et  conservée  par 
des  poêles;  poétique  par  conséquent,  sans 
ôlre  pour  cela  entièrement  composée  de  fic- 
tions (3171).  * 

On  voit  quel  degré  de  confiance  peurent 
mériter  les  systèmes  imaginés  par  les  sa- 
rants  sur  la  chronologie  hindoue:  cepen- 
dant tout  hasardés ,  tout  hypothétiques 
qu'ils  soient,  et  bien  que  leurs  auteurs 
u'aieot  élé  nullement  arrêtés  par  le  respect 
dû  h  la  chrunologin  biblique  [2172),  aucun 
ne  fait  remonter  la  civilisation  hindoue  plus 
haut  que  le  temps  d'Abraham,  époque  où  la 
Geniieaom  montre  en  Egyfite  unedynastie 
déji  constituée,  et  eu  Phénicie  une  littéra- 
ture et  un  commerce  flerissaols.  W.  Jones, 
en  effet,  d'après  la  liste  généalogique  des 
rois,  extraite  des  PouranoM  par  le  pandit 
ilAoï/ocanto ,  place  l'origine  de  la  société 
hindoue  deux  mille  ans  arant  Jésus-Christ. 
—  M,  Heeren,  après  de  longues  et  laborieu- 
ses recherches,  arrive  aux  mêmes  résultats: 
■  D'après  toutes  les  considérations  précé- 
dentes, dit-il,  nous  pouvons  conclure  que 
la  région  du  t>ange  s  été  le  siêçe  de  royau- 
mes importants  et  de  villes  florissantes,  un 
grand  nombre  desiècles,  probablement  même 
deux  mille  ans  avant  Jésu»-Ciiri5t  (2173}.  > 
Enfin,  plus  récemment  encore,  le  cul.  Tud. 

(2171)  ilBUâK,  Idun  uier  JU  Pttilik,  hùudd  nml 
Vtrkekr  itr  tUem  Voiktr,  i  Ib.  éd.  I.  th.  p.  US. 

11173)  Voir  les  paroles  de  W.  Joxes.  traduite* 
dans  lu  Jiu.  de  fkiloi.  ckr.,  I.  II,  p.  53.  £ii  vaicl 
le  texte  ■  Altachedlo  nn  sj&ieni,  and  as  nuch  dû- 
posed  lo  reject  ihe  nusaic  kiatorjr,  if  il  t>e  proved 
erroueoui,  as  w  ttelicTO  il,  îT  it  tia  conlrmed  by 
aoaad  irausiog,  Irom  iulylHiaUe  etidence,  1  yn- 
cacd.  >  {A»,  tet..  Vit,  p.  li.)  —  Un  sait  auci  <|US 
Iteerra  ci  Willbft  éiàie»!  de  libres  pcBseus. 

(»73)  IM.,  p.  ili. 


15» 


IND 


MCTIONNURE  APOLOCETlQUE. 


«'ffforçnnl  de  concilier  les  généalogies  de 
Joni-s,  de  Benller  et  de  Wilforl,  et  csleulqnt 
lar  le  nombre  des  rois  la  durée  lolale  des 
dytiASties,  arrivo  à  celle  concliision  pue  l'é- 
l.iltlissement  des  deux  grondes  races  Soorya 
et  Chandrn  dans  l'Inde,  dnte  environ  de  deu  s 
mille  deui  cent  cioquante-sii  ans  avant  Jé< 
sus-Christ  (2174). 

Les  conjectures  de  M.  E.  Burnonf  sont 
liÎGD  plus  sceptiques,  bien  plus  ragues  et 
tout  aussi  peu  inquiétantes  pour  notre  fbi, 
Pnjsant  peu  de  cas  des  systèmes  de  clirono- 
!ogie  basés  sur  les  lisles  dynastiiiues  diss 
l'uuranss,  il  pense  que  c'est  seulement  à 
l'uide  de  la  philosophie  comparée  et  d'une 
élude  approfondie  de  toute  la  liltéralure 
sanscrite ,  qu'on  pourra  recnnnsflre  les 
principalesphasesde  la  civilisation  hindoue. 
«  Les  grands  Irnils  de  l'hisloire  politique  et 
civile  de  l'Inde,  dil-il,  ressortimnt  en  partie 
de  l'hisloire  des  idées,  el  d'ailleurs  ia  pos- 
session de  la  senonde  consolera  peut-être 
de  la  perle  de  la  première.  Le  système  reli- 
Kieux,  les  traditions  historiques,  les  lois  et 
les  usages  s'éclaireront  de  la  lumière  qu'aura 
fait  natire  la  comparaison  suivie  des  pro- 
ductions si  diverses  de  la  litléniture  sans- 
crfle.  Ainsi,  s'appuyant  sur  dus  documents 
nombreux  et  decisiis,  l'historien  reconnaî- 
tra l'Inde  antique  du  Mahabharata  et  du 
Jtamayana  dans  l'indo  telle  qu'elle  apparaît 
au  commencement  du  if*  siècle  de  notre  ère 
au  temps  de  l'invasion  musulmane.  Qua- 
torze siècles  avant  celle  éfioque  II  la  retrou- 
vera encore  dans  les  descriptions  qu'en  rap- 
iiortèrenl  en  Grèce  les  compagnons  d'A- 
filandre,  et  il  pourra  dès  lors  affirmer  que 
le  langage,  la  religion,  la  philosophie,  en  un 
mol,  que  ia  société  dont  les  écrits  des  brah- 
pianes  sont  le  produit  et  l'image,  existait 
déjà  quatre  siècles  au  iqoins  avant  notre 
ère,  el,  chose  remarquable  I  que.  cette  so- 
ciété ne  devait  pas  différer  beaucoup  de 
cellu  que  nous  voyons  encore  de  nos  jours 
établie  dans  la  totalité  de  l'Inde. 

«  Au  delà  do  celte  époque  les  documents 
nationaux  et  étrangers  laissent,  il  est  vrai, 
l'histoire  dans  une  profonde  obscurité; 
mais  ces  ténèbres  peuvent  n'être  pas  tout  à 
fait  impénétrables  h  la  lumière  de  la  philo- 
logie el  de  la  critique.  Ainsi  l'invasion  d'A- 
lexandre deviendrait  le  point  fixe  d'où  il 
l'audraitpartirpourreinonU'rdans  les  temps 
antérieurs,  et  chercher  à  y  découvrir,  sinon 
Ja  dale  de  la  formation  de  la  société  brah- 

(3174)  Annal*  and  antiquiliei  ofBajatlkan,  Lniii). 
vol.  L  1829;  vol.  Il,  1832.  —  Y.  le  T  Diu.  de 
M.  WtsEHAH. — SI.  Guigtiiant  lui-tnénte  n'essaye  d'é- 
t:ililir  aucune  ciaie  plus  ancienne;  il  nous  dit  bien 
ipie  Ifs  livres  hindous  rcniAiiteiit  à  «ne  anllquilé 
i|iii  semble  dominer  à  la  fois  ia  ihéncratie  éttyp- 
|j<-nnc  el  la  première  cîviliâaiion  do  la  Gi'èce'(|>. 
S(i9)  ;  mais  nulle  part  il  ne  prouve  celte  vague  as- 
■cr)lon.  Cl  parfois  même  il  semble  resireîndre  ses 
prétentions  dans  des  bornes  assez  modestes.  Je  lia, 
{lar  exemple,  ces  l.pnes,  p.  591  -  ■  Vers  le  i"  siècle 
de  noire  ire,  la  pépiingule  en  deçà  du  Gange  ottiv 
le  même  aspect  qu'elle  offrit  ISOU  ans  plus  tard  aux 
)'«u}  des  pavîçaleurs  {lurtu^ais ;  el  ta  n'est  ikm  uo\> 


manique,  au  moins  la  pfeavedeNDin%e 
existence.  Il  faudrait  se  deminder  si  uq 
peuple  parvenu  trois  cenis  «as  ivaiUoltt     1 
erei  un  si  haut  point  de  culture,  D'a*iiiu|     | 
dû  auparavant  traverser  bien  des  iiètJenit 

tentatives  et  d'efforts Il  ^udnit  »|^     | 

tout  inlerrogor  la  langue... ij  resseœblinei 
frappante  du  zend  et  du  sanscrit  cAQdmiù    i 
à  reconnaître  que  les  peuples  qai  leioti     < 
parlés  n'ont  dû.  faire  jadis  airuQualti 
même  peuple,  et  ce  fait  capital,  Éclaimiit    j 
réunissant  en  un  faisceau  des  tndiiiou    ' 
épafses  «1  imparfaitement  comprUej.dHh 
nerail   un   haut  degré  de  ressemblince  1 
l'hypothèse  qui  fait  descendre  des  gqdiiÏk 
voisines  de  I  Oxus  et  du  versant  occideoU 
des  montagnes  où  il  prend  sa  source,  lu» 
lonie  qui  vint  dans  des  temps  sans  dou 
trè.G-anciens  conquérir  la  partie  septcoUitk 
nale  de  l'Indoustan  (2175).  ■ 

M.  E.  Burnouf  développe  ensuite  l'Ii;^ 
thèse  de  Ueeren  qui  voit  dans  les  CKtwH- 

fiérieures  la  population  conc(Qérante,a(i)iài 
es  castes  inférieures  la  popolalioa  m- 
quîse  ;  puis  il  conclut  ainsi  sans dëlermiotr 
aucune  date  :  ■  Ces  indications  uoui  mt 
conduits  jusqu'à  la  limite  Is  plusrccaléeï 
laquelle  la  critique  puisse  parreuir  «u 
crainte  de  se  perdre.  > 

On  voit  que  les  cniijectnres  et  les  sjjlt- 
mes  des  savants  indianistes  les  plus  cé\ibni 

fieuvent  su  déployer  fort  ti  rsise  dan&  ^ 
imites  de  la  chronologie  bibliqoe,  et  i)k  I 
tout  resta  bien  en  deçà  de  la  date  issi-  I 
gnéfl  au  déluge  par  le  leite  hébreu  \\à-  I 
inème  ;  que  serait-ce  donc  si  bous  adoplio» 
les  Sef)tanleT  — Remarquu  déplus  qw 
bien  loin  de  nous  présenter  les  popuijtiwi 
brahmaniques  qui  ont  peuplé  ou  du  aoo 
civilisé  l'HIudouslan,  comme  Aati^onn 
aulochthoiies,  MU.  Eugène  BurDOuf.fiu''*' 
Tod,  A.  W.  Schlegel,  etc.,  s'acconlfol i tes 
faire  venir  de  l'ouest;  ea  sorle^'iu''*^ 
d'être  la  source  primitive  de  l'humùt^^ 
presqu'île  en  deçà  du  Gsnge,  aurnolj^ 
même  reçu  ses  habitants  et  sa  ciTiM'^'' 
des  régions  où  la  Genêts  place  lebercHU 
de  toutes  choses  après  le  déluge.  —  (^ 
vient  de  lire  les  paroles  de  U,  £.  Buntoul: 
les  recherches  du  col.  Tod  abaulissenl  ^ 
un  résultat  non  moins  feTorabie  k  t*^" 
cause;  car  elles  démontrent  que  les  Vi- 
dous  eux-mêmes  placeot  le  berceau d«i<:'' 
nation  vers  l'ouest ,  probablement  iliu  <  i 
résîion  du  Caucase  (21761.  Voici  cois»"'  | 

sans  doute  de  15D0  aniret  annéet  [mur  w'* 
compte  du  développement  de  la  civiUulWB,  dif*^ 
grès  des  arts  et  des  réTulutioD&  poliiiqsrtcir'^ 
gienses,  telles  que  nous  tes  indiquent  Il-s  <^*' 
inenls  de  toute  espèce  ;  el  qu'elles  deTsicnt  >'^ 
SUCCMté  à  l'cpaque  où  te  cumnicrce  di»  lUn''' 
maîtres  de  llbgypte,  prit  ta  roule  de  tes  «40''= 
tentes  visitées  avaut   eux  par  tant  d'à  un»  P*" 

[i\l^)Remedn  Bmx-Moadu.'if  térxM^ 
271et  sujv. 

(217(1)  Ce  savant  a  démcmlré  avssi  qi'il ''^ 
vite  alllnilé  pi-oronde  entre  tes  Hindous  ^^^ 
pies  du  uoru,  et  il  signale  iet  OHticïtieKtslBr' 


DICTIONNAIRE  APOLOCETIQUEl 


IND 


1SM 


K.  W.  Schlegel  terinine  une  savaole  disser- 
lalioa  où  il  acherclié  i  déterminer  le  point 
le  dépari,  Don  psii  de  Vhumanité  tout  en- 
liire,  mais  de  la  grande  famille  indo^er- 
nanique,  et  spéciaTement  des  Hindous  qui 
fonoenl  l'une  des  branches  les  plus  remar- 
juables  de  celte  famille. 

Après  BToir  établi  l'affînité  des  langues 
laiiscrile,  persane,  grecque,  latine,  germa- 
tique,  celtique,  esclaronnes  ou  slaves,  il  ar- 
'ire  i  cette  conclusion  que  tous  les  peuples 
|ui  parlent  ou  oDt  parlé  ces  langues  ont, 
<  i  une  époque  quelconque,  apjvarlenu  b 
me  seule  nation,  qui  s'est  divisée  et'sub- 
tiïisée dans  sa  propagation  successive;  la 
tuestion  se  présente  donc  nslurellemenl.de 
«voir  quel  a  été  le  siëge  primordial  de  celte 
lalion  mère.  Il  n'RSt  nullemi;n[  vraisembta- 
iteque  les  migrations  qui  ont  peuplé  une 
)i  grande  partie  du  globe,  eussentcommen- 
■é  à  t'eilrémitë  nnéndiorialo,  et  de  lï  se  se- 
^îent  dirigées  constamment  vers  le  nord- 
luest.  Tout  concourt,  su  contraire,  pour 
lout  faire  croire  que  les  colonies  sont  par- 
ies d'une  contrée  centrale  dans  des  direc- 
ions  divergeâtes.  Dans  celle  supposition, 
es  dislances  que  les  colons  ont  eues  h  par- 
ourir  jusqu'à  leur  éisbiisseruent  dérmitif, 
luitenaent  moins  grandes,  les  changements 
le  climats  auxquels  ils  s'exposaient,  moins 
l>r«%ques  ;  et  plusieurs  peuples  émigrés 
auront  sans  doute  fait  ua  échange  aranta- 
t'euinar  rapport  à  la  fertilité  du  sol  et  à  ta 
feoipéraiure  de  l'air.  Et  cette  contrée  cen- 
raie,  où  pourrioiis-noua  la  chercher,  si  es 
>>sl  dans  l'intérieur  du  grand  conlinent, 
lui  environs  et  h  l'orient  de  la  mer  Cas- 
•ienne?  On  n'objectera  pas  que  ce  pa;s  est 
«cupé  aujourd'hui  par  des  peuples  de  ra- 
ts dilTérenies;  à  combien  de  pays  n'est-il 
as  arriva  de  changer  totalement  d'nabilants? 
a  féconde  mère-patrie  de  tant  d'essaims  de 
alons  dispersé^au  loin,  pouvait  être  redevfr- 
ue  déscrie  précisément  à  cause  de  cela.  On 
'objectera  \ias  non  )i|us  les  déserts  dont 
joI  entrecoupées,  dans  la  Transoiiane,  tes 
ortioits  fertiles,  encore  très-belles.  U  est 
rubablu  que,  depuis  le  commencement  de 
liistoîre,  Is  nature  du  pays  a  ctiBDgé,'qu'il 
i«il  nacienuemeni  plus  favorable  à  la  cul- 
ire  el  &  la  population.  Plusieurs  voytgeura 
t)l  raniarqaé  I»  dessèchement  des  eaux  qui 
1  forlilisaient  jadis.  Les  plus  anciens  té- 
oignajjes  nous  indiquent  ta  Bactrianu 
loime  le  siège  d'une  haute  civilisation. 
3DS  mon  hypulhèse,les  ascëlres  des  Persan  s 
lies  Hindous  auraient  donc  émigré  de  là 
irs  le  sud-ouesl  et  le  sud-est;  ceux  des 
niples  Européens  vers  l'occident  tit  le 
iNi  {SIT7).. 


EoCiu  U.  Guignieul,  ajoplaut  l'opinion  de 
Heeren,  fait  descendre  lentement  du  nord 
au  sud  les  populations  conquérantes  ot  ci- 
vilisatrices qui  ont,  suivant  lui  ,  formé  tes 
trois  castes  supérieures  (2178)  des  brahma- 
nes, des  kchalryas  et  des  vaisyas. 

Il  est  vrai  que  ces  savants  placent  anté- 
rieurement  dans  la  péninsule  en-deçà  du 
Gange  des  peuples  aborigènes,  mais  ils  ne 
les  considèrent  que  comme  des  triljus  sau- 
vages, comme  des  chasseurs  errant  dans 
les  forêts  ;  en  un  mot  ils  nous  les  représen- 
tent dans  l'état  ofl  durent  tomber  la  plupart 
des  familles  qui  s'éparpillèrent  isolément 
à  travers  le  monde,  aussitAt après iedéluge* 
tandis  que  les  populations  qui  restèrent  con- 
centrées autour  du  berceau  de  l'humanité, 
et  y  formèrent  lentement  des  sociétés  com- 
pactes et  fortement  constituées ,  durent 
atteindre  en  peu  delemps  un  haut  degré  de 
civilisation,  et  devinrent  nécessairement 
conquérantes,  du  jour  où  l'eicès  de  ta  po- 
pulation les  força  d'émigrerdans  toutes  les 
directions. 

£q  résumé,  point  d'histoire  dans  l'Inde, 
mais  seulement  de  la  mythologie  et  de  la 
.  métaphysique,  un  immense  chaos  où  flot- 
tent pète-mélo  des  système^  et  des  fables, 
sans  cohésion,  sans  suite,  sans  date  même 
relative  ;  —  des  rêveries  géographiques  et 
chronologiques  qui  se  détruisent  les  unes 
les  autres,  et  où  respire  le  plus  incroyable 
mépris  pour  la  réalité,  pour  la  possibilité, 
pour  la  vraisemblance  ;— tel  est  le  fonds 
sur  lequel  nos  savants  indianistes  ontcoiis- 
truit  leurs  théories  historiques;  et  cepen- 
dontr  malgré  leur  enthousiasme  pour  les 
choses  indiennes,  et  leur  indilTérencQ  pour 
nos  traditions  sacrées,  tous  s'arrêtent  dans 
leurs  conjectures  h  une  époquu  bien  posté- 
rieure au  déluge  ;  el,  loin  de  nous  présenter 
l'Hindoustan  cofflme.le  berceau  de  l'bums- 
nilé,  ils  nous  montrent  ses  population-s 
vunant  précisément  des  contrées,  où,  sui- 
vant la  Gtniie,  durent  se  former  les  pre- 
mières sociétés  après  la  grands  catastrophe 
qui  renouvela  te  genre  humain. 
Snr. 

Histoire  rellgieusa  da  l'Inde  ;  point  de  d»'ir.  —  OriginB 
des  dlrenies  aeziea  et  leur  conriuloa  gi!air.i[e.  —  Du 
culte  (le  Sin.  —  De  VichQOu  et  de  «ci  iin'ïnialiuna.— 
■  Leur  IncertilJjde:  —  Joniind  uar  le  siiaisinc,  —  Uu 
brahmaniame.  —  Ses  Innotolmiilca  conruiloïK. 

«  La  religioQ  do  l'Iude  so -perd  dans  U\ 
nuit  de  l'antiquité,  disent  Mm.  Creuzcr  et 
Guigniaiil,  et  c'tst  eu  voiu  qu'aujourd'hui 
on  voudreit, autremeol  que  par  des  conjec- 
tures, en  rechercher  l'origine  et  les  pre- 
miers développemeuts.  Nous  n'avons  plus 
son  histoire  (2179).  *.  —  ■  Il  est  trop  vrai. 


Ti«!use>  entre  les  origities  auiquclles  prctendcut 
iMnngoli,  lea  Chinois  elles  Indiens.  W.  ioact, 
iKoTt,  etc.,  ataieut  iléjd  n.toniiu  la  resMmbtauco 
1  mytbologfes  hindoues,  j[tcci|iics,  Scandinaves 
«^jrpliennes  ;  le  colonel  'Tod  a  rompiété  cette 


^il77)  De  l'*ri^iu  dn   Mami,  par  A.  W.  dk 


ScBLE<»L,  Jtf^m.  In  &  la  Société  royale  litt.  JcLond., 
le  2U  novembre  1835,  inséré  ilans  lus  Trantael.  ii[ 
Ihe  Toy.  Soe.  of  litL,  vot.  Il,  part,  ii,  1831.  et  dans 
la  Bmoih.  Hniv.  de  Ctniee,  1855.  p.  210-241. 

(3I78J  ffawi  lur  Creuuir.  p.  SB7. 

(JI19Î  lliMirt  da  nligiont  de  l'anliquifi,  t.  I* 


13M 


l»D 


D1CTI0.NNA1RE 


répète  H.  Guigoiaul,  quo  nous  n'avons  pas 
l>lus  l'histoire  rcligieuso  que  l'histoire  poli- 
lique  de  l'Iode.  Le  vide  île  celle-ci,  al  les 
lirpotbëses  aussi  nombreuses  que  contra- 
(licloiresqu'fl  fait  naiire  l'obscuriKS  de  l'au- 
tre, en  témoigoent  bîscz.  Les  traditions 
iii^me  qui  semblent  marquer  dans  la  fre- 
niiôre  une  suticcssion  d'époques ,  ne  t'ont 
(ju'augmenter  l'incertitude  par  lear  caractère 
équivoque,  et  par  un  jour  douteux  à  la 
lueur  (lïiqiiel  on  no  saurait  toujours  distin- 
guer s'il  s'agit  de  rapports  réellement  histo- 
riques entre  des  cultes  successifs  ,  ou  bien 
de  relations  purement  spéculatives  entre 
les  symboles  piincipnui  d'un  sjstènie  uni- 
que qnoiqiie  divers  (2180).  »  A  la  page  sui- 
vante, M.  Giiigniaot  observe  encorequei  ce 
langage  de  première,  seconde,  troisième 
iitcarnadon,  manque  également  d't:sactiiude; 
il  n'y  n  ici  de  vraimi'nt  historique  qui;  les 
rar&clërcs  desdivinités  et  des  cultes  de  Siva, 
Viehnou,  etc.,  entre  lesquels  la  nature  des 
choses,  iiinsi  qu'une  foule  d'indices  et  de 
probabilités  de  divers  genres,  paraissent 
marquer  une  succession.  >  E[  après  avoir 
exposé  la  théorie  de  M.  Mijllersur  les^wa- 
larâ  et  In  Trimourti,  il  fait  encore  cet  aveu... 
a  La  religion  de  l'Inde  a  subi,  dans  Je  lopK 
cours  de  son  développement,  tant  de  modiU- 
cntions,  tant  de  variations,  qu'elle  est  sus- 
ceptible des  interprétations  les  plus  di- 
verses, et  que  les  systèmes  les  plus  opposés 
|)araissent  souvent  y  trouver  leur  point  de 
réunion  (2181).  »  Puis  entin  après  ses  con- 
jectures sur  Bouddha,  à  la  ùa  de  ses  nofsi 
tur  la  religi(m  hindoue,  il  dit  :  «  Avant  de 
clore  ces  notes,  nous  sentons  le  besoin 
il'insister  encore  sur  un  fait  que  nous  avons 
plus  d'une  lois  exprimé  dans  te  cours  de  c« 
livre:  c'est  que  l'histoire  de  la  religion  des 
Hindous  nous  est  jusqu'ici  réellement  in- 
connue, su  moins  pour  les  temps  qui  ont 
l'récédé  notre  ère,  ou  tout  au  plus  l'époque 
vague  de  la  réfotoie  attribuée  fa  BoudtMa; 
du  res(9,  l'antique  et  le  récent,  pour  ne  pas 
dire  le  moderne,  sont  tellement  mêlés  et 
confondus  ensemble  dans  les  textes  et  dans 
les  traditions,  que  les  opinions  les  plus 
opposées  peuvent  è  la  fois  y  puÎKr  des  sr- 
tSuments  st>écieus  (2182).» 

La  religion  de  l'Inde,  comme  toutes  les 
religions  tausses.sedivise  en  une  multitude 
intiuio  do  sectes;  or,  00  ne  connaît  d'une 
manière  certaine,  ni  l'histoire  ni  même 
l'Age  relatifd'aucune  (le  ces  sectes.  Ont-.elles 
paru  successivement  et  i  de  longs  inter- 
valles? —  On  n'en  sait  rien.  —  Ne  se  tou- 
chent-elles que  par  une  sorte  de  juxtaposi- 
tion, ou  b)e;i  y  o-t-il  entre  elles  quelques 
rapports  de  Hlialion,  quelque  enchslneiueiit 
logique?— Ou  n'en   soit  rien.  —  Ont-elles, 


AP0L0CF.TIQ1JE.  IND  ItM 

comme  le  veut  M.Guigniaul,  élé  produites 
par  le  morcellement,  par  la  dissolation  d'uo 
culte  unique  qui  les  aurait  conlenues  pri- 
mitivement dans  son  vaste  seioT  — On  ne 
le  sait  pas  davantage.     . 

Entre  tontes  ces  sectes,  on  en  disliogoe 
quatre  principales  :  le  brahm»iMmg,  le  it- 
raiime,  le  tichnouUme  e(  le  b&udéhitnt; 
bien  qu'on  suppose  assez  communément 
qu'elles  ont  paru  dans  l'ordre  où  nous  (^ 
lions  de  les  nommer,  il  s'en  faut  bien  <^Bt 
cette  cliissiGcationctiroaologiquesoiladmue 
de  tous  les  savants. 

Telle  est  l'incertitude  do  Thistoire  reli- 
gieuse de  l'Inde  ■  que  le  savant  K.  Bittet 
soutient  qu'il  a  existé  un  culte  primitif  ii« 
Bouddha ,  distinct  du  bouddhisme  propre- 
ment dit;  ce  culte  aurait  précé<ié  le  brak- 
maniime,  ou  du  moins  se  rattacherait  i  si 
première  origine,  «t  partagerait  ses  plus 
anciens  caractères,  ses  dogmes  fondamen- 
taux ;  il  aurait  même,  è  eu  croire  ce  savant, 
formé  la  croyance  populaire  ,  primitive, 
extrêmement  générale,  non-seulement  de 
l'Inde,  mais  de  toute  l'Asie  ceoiraie,  k  aoe 
époque  où  les  nations  n'étaient  point  en- 
core séparées,  comme  elles  le  furent  depnis, 
en  corps  politiques,  et  antérieurement  au 
migrations  nombreuses  déterminées  parce 
nouvel  ordre  de  choses,  il  qui  auraient 
porté  de  toutes  parts  avec  le  nom  de  Beui- 
dka,  les  dogmes  de  cette  religion  palriir- 
cale  (2183].  » 

Parcourons  l'analyse  de  la  religion  hiiK 
doue  par  UM.  Creuzer  et  Guignîjsiit.  Bien 
qu'elle  ait  pour  but  d'expliquer  et  deeoo- 
ciller  à  tout  prix  les  fables  les  plas  oppo- 
sées, les  eontradiclions  et  les  iDoertitiid«j 
ressortent  tellement  de  tous  les  cAlés,  que 
la  moindre  attention  les  voit  saillir  sou  la 
voile  de  logique  dont  on  les  a  alTnblén 
A  cité  d'une  mythologie  qui  ressemÛfi'i 
rives  d'un  homme  ivre  après  uneoijpAW 
aux  visions  des  m&cbeurs  d'opium,  i^uaU 
le  fjanlA/itfiM  philosophique  des  braltDlius> 
Hais  lequel  de  ces  deux  principes  a  produit 
l'autre?  est-ce  la  métaphysique  qui  a  en- 
gendré la  mythoiogietou  la  mjtliologiequi 
a  engendré  la  métaphysique?  Les  fables 
seraient-elles  la  symbolique  réfléchie  d'uo 
système  préconçu  ?  ou  bien  les  sysièBM 
n  auraient-ils  point  été  imaginés  ani^  cuup 
pour  expliquer  ou  concilier  les  fables  TCetle 
auestioii  foudaoïentole  reste  Jiiseluhle  [ur 
1  tiistoire,  car  encore  une  fuis,  il  n'y  a  point 
d'histoire  dans  l'Inde. 

.Mais  laissons  de  cdté  la  doctrine  esoté- 
rique  et  ses  mystères  impénétrables,  bor- 
nons-nous è  l'examen  de  la  religion  popu- 
laire. Combien  de  contradictions  et  de  pr»- 
blèmes  iusolublesl  Est-ce  Siva  qui  est  Ir 


(tl80)  Bill,  dtt  relia,  dt  ('«mif.,  t.  I,.  p.  591.  fion  de  l'Inde  primitive,  qu'il  appelle  u  catkii- 
JSISII  Jbiif.,  p.  632.  cisme  inii^ue.  <  Ce  serait,  dit-il,  l'n  de*  b<ms« 
m82}  Ibid.,  p.  657,  6S8.  ^ut-étre  le  premier  nom  de  VUkitm.  »  ScMltwW 
(ÏI83;  Noiet  lur  Ireuter.  p.  659,  passim. —  ri  met  auLanlOe  diOërcDce  enlve  l'inciee  M  le■•- 
H.  Giiigniaul.  loin  de  rejeter  ceUfl  bvpoihèse,  est  derne  BM(drfA«,!ié»poiirui»H'Bn  àra«iw,q«'ea*« 
G  né  il  voir  daiitcct  .iitcien  AoiiddAa  un  des  sjm-  le  pursaliéiMiiedesptcmieraiempsHlep*-'*^'" 
loi  principaux  et  intégrants  Ai  celle  grande  rcli-  des  nouveaux  secUires,  p.  CS9,  MG. 


IIM  INB  Din-nON^&IttE  ATOLOCETIQUE.  KiÙ  lUS 

orgies  effrénées,  SOD  épouse  c'est  la  rolup- 
lueuse  Bathifaity;  el,  par  le  contraste  le 
plus  frappant,  5tta  otlre  tons  les  Irails  les 
pl'is  sombres  (3tM]  :  il  se  platt  dans  les 
oemeures  des  morts;  il  s'abreave  de  larmes 
e[  de  sang,  exerce  les  plus  atroces  ven- 
geances ,  ponil ,  r^comperse  en  ninltr* 
absolQ,  et  domine  sur  les  démous  et  sur 
lésâmes;  son  aspect  est  alTreux;  le  feu  sori 
de  sa  bouche,  armée  de  dents  aiguës  el 
tranrhantos,  des  crânfsliumaïns couronnent 
sa  cherolure  hérissée  de  flammes  ou  couTprte 
de  cendre,  et  forment  son  double  collier; 
des  serpents  lui  scrTent  de  ceintnre  et  de 
bracelets;  les  armes  les  plus  terribles,  une 
bâche,  une  faux,  etc. ,  sont  dans  ses  mains 
nombreuses.  Du  pied  il  précipîlo  les  mé- 
chants dans  des  abîmes  de  fen,  et  près  de 
lui  est  son  épouïc,  DttU  roudrani-eali , 
déesse  de  la  vengeance,  dij  U  mon  tt  des 
larmes,  et  non  moinfi  inexorable  que  lui. 
Comme  son  époux,  elle  foule  aux  pieds  les 
âmes  des  pécheurs  et  les  précifiiie  dans  les 
flammes  de  l'abtme.  Elle  tient  dans  une  main 
un  crâne  el  dans  l'autre  une  hache;   uno 

fuirlande  de  crânes  forme  son  diadème, 
ous  deux  demandent  du  sang;  et  ji>dts 
d'innombrables  rictimes  humaines  étaient 
immolées  à  leur  fureur.  Toutefois  cette 
contradiction  apparente  pouf  fort  bien  s'ex- 
pliquer ;  car  le  grand  tentateur,  le  démon  de 
l'impudiciié,  Sainn,  est  en  même  lexps 
l'instrument  de  la  justice  diTJne,  son  im- 
mortel bourreau  ;  mais  par  ur.  autre  contrasta 
encore  plus  bizarre  et  bien  plus  inetpli- 
cable,  c'est  aussi  la  déesse  Cali,  qu  on 
représente  arec  son  époux,  terrassant  le 
pHn-îe  des  mauTais  esprits,  le  géant  Sfake- 
châtoura,  sous  la  forme  d'un  bœuf  sauvage. 

Les  diverses  émanations  ou  incarnations 
de  5tra  ont  comme  lui  les  caractères  tes 
plus  opposés.  Ce  sont  Markandeya-lfwra 
et  Kandopa-Aratara,  fun  chasseur,  l'autre 
pénitent;—  Ganesn,  le  dieu  de  l'intelli- 
gence, etc.,  qui  gar.le  un  célibat  sévèrej 
qui  cherche  la  solitude  el  est  absorbé  dans 
les  plus  hautes  rontcmplalions  ;  —  Soubro- 
manya,  etc.,  ami  de  la  violence  et  de  la 
discorde  ,  respirant  les  combats  et  la 
tuort,ctc.;  —  Dherma,  roi  de'ustîce  el  de 
vertu,  qui,  la  balancée  la  main  ,  pèse  les 
bi>nne>  et  les  mauvaises  actions  des  hom- 
mes ;  —  rama,  père  des  aurêtres  ou  des 
morts,  chef  des  esprits  infernaux,  scribe  de 
la  vie  humaine,  qu'il  observe  sans  cesse 
et  sur  laquelle  il  prononce  d'inévitables 
arrèis,  etc..  etc.,(2185]. 

Uème  incertitude,  même  iocohérencc  des 
traditions  sur  Yîchnou  et  l'histoire  de  sod 
rulLe.  C'est  encoie  M.  Guigniaut  qui  nous 
l'apprend  :  «  !I  y  a  beaucoup  de  variantes, 
non-seulement  dans  le  nombre^,  mais  dans 
l'ordre  el  dans  les  circonstances  de  ses  ara- 
far*  (2186);  s  il  est  dilQcile  tlo  déienuiner 


Oint  luprémt?  est-ce  TiclinoH?  est-ce  Brah- 

mof  Ces  trois  dieux  sont-iisfrères  7  sont-ils 

égaux?  sont-ils  amis  ou  ennemis?  sonl-ce 

des  rréaleurs  ou  des  émanations  d'un  Dieu 

f!iipr6me.  ffroAm  ou   Para-BriUima7  Sira  et 

Viehnou  seraieol>ils  le  bon  ou  le  mauvais  ï 

rîebioii  est-il  une  réaction  contre  Sira  ou 

Siva  une  réaction  contre  YiehnouT  La  Tri- 

mourti  esl-elle  une  véritable  trinité,  un  seul 

Dieu  en   trois  personnes?  —  on   ne  sait, 

f'u  plutôl  ï  chacune  de   ces  questions ,  i) 

faut  répondre  oui  el  non;  car  le  cui  et  le 

«on  ont   pour  eux  quelques  théogonies , 

(îoelqucs  traditions.  — Tanf.ôt  5iro  parait  le 

tremier  des    dieui,    (an tôt  c'est   FtcAiiou, 

l.'.ntôt  c'est  UroAina;  tantôt  ces  trois  dieux 

soRi  ennemis,  tnnifit  ils  sont  amis,  ils  sont 

i-^aux  cl  se  partagent  l'empire  du  monde; 

■îuelquefoif   on  aperçoit   au-dessus   d'eux 

Ilrnfim  ou  Para-Brahmn  ;  ils  sont  les  Bis  ou 

i':en  des  émanations,  des  formes,  des  rôvé- 

l..iions  «accessivcs  de  ce  dieu  invisible. 

Ailleurs  ils  forment  un  Dieu  suprême*  ail- 
leurs ils  paraissent  &  oeine  connus,  ils  sont 

r^-rdus   au  seto  de  ta  foule  obscure  des 

divinités    vulgaires    qui    se  pressent   par 

millions  daos  les  étnges  inférieurs  du  pan- 
théon hindou  ;  ailleurs,  le  grand  Dieu,  c'est 

l'IjerTiaphrodilP^rrfAanari,  duquel  sortent 

par  couple  des  séries  d'émanations  mSles 

t-l  femelles;   ailleurs.   Sita  el  Bkatani  ou 

Pttrrali,  etc.,  sa  soeur,  son  épouse,  sa  fille, 

apparaîîsent  comme  les  deux  grands  prin- 

cjf-s  delà   nature,   l'un  mâle,  l'aulre  fe- 

me-'le  ;  c'est  comme  Osiris  el  Isis,  le  principe 

actif  et  le  principe  passif,   la   matière   cl 

lesprll;  ailleurs,  c'est  Brah-iSaya,  l'être  el 

le  phénomène;    ailleurs,  Sita  el  Tichnou 

forment  une  véritable  antinomie;  on  dirait 

.e  bien  el  le  mal  luttant  acluellemcol,  le 
';uel  d'Ormnzd  et  d'Arimhane;  ailleurs,  la 
'.'ivinilé  suprême,  c'e^l  Parasacii,  la  nature, 
l'cner^ie,  ta  vie  universelle,  ou  bien  Para- 
racti  est  l'épouse  de  BroAm,  et  la  mère  de 
la  Trimourti;  ailleurs  cnOn.  Dieu  n'est  plus 
i^ue  la  grande  Ame,  JlfaAa-afma,  el  la  nature 
L^iatérielle  est  son  corps. 

El  ce  qui  vient  encore  compliquer  ce 
r-iiaos,  c'est  que  le  même  Dieu  revêt  les 
lî  jures  les  plus  diverses,  les  plus  opi>osées 
Jans  les  traditions  de  chaque  secte.  Voyez 
l'^r  exemple.  Siva,  oo  Itwara,  Mahadn«',  il 
semble  par  ses  transformations,  ses  dégui- 
tefoents  de  toute  sorte,  vouloir,  comnia 
Prothée,  échapper  a  la  critique.  Impossible 
ie  donner  une  idée  de  la  confusion  des 
ronnes  on  épitbèles  contradictoires  attri- 
buées &  ce  dieu ,  dans  lequel  semblent  se 
-•^unir  et  se  mêler,  la  génération  et  In 
ieslruciion,  le  plaisir  et  la  douleur,  l'amour 
?t  l;i  haine,  la  volupté  et  la  mort,  le  bien  et 
<•  mat,  la  vice  et  la  vertu,  la  lumière  et  les 
éiièhres,  etc.,  etc.  Ainsi  par  exemple.  Siva 
■.si  le  dieu  duLinj/anffdei'impudieîléet  dei 

rSIIU)  (  n  est  eiipelé  le  ni  dn  urpentt,  race  livre  de  \'Bi*t.  in  relîg.  it  ra•\^i^.,  par  H.  C 

i-.Lglemps  adorée,  mais  dcfittis  nundiie  el  reÛgnée  ieb,  trsd.  de  H.  Guiiuiaut. 

jc  .-nf.».  t  («IW)  Ibid.,jf.  195,  noM. 

lil'*5j  Voir,  ponr  plus  «k  di'tails,  le  Iftb.  du 


oicTtOMMAmE  apologétique:. 


LTO 


m 


aujounl'liui»  sartoul  dans  l'élat  de  nos  con- 
naissances, jus(]a'à  quel  point  ces  incarna- 
tions fuccessives  peut^eol  ôtre  regardées 
comme  des  époques  réelles  ,  représenisnt 
les  phases  diverses,  les  révolutions,  en  un 
mot,  le  développemeot  historique  de  la  reli- 
gion des  Hindous.  Sont-ce  des  systèmes  ori- 
gioairemenl  différents,  des  doctrines,  des 
sectes  opposées  oudislinclesT  soi.t-ce  les 
parties  inlégrantes  d'un  vaste  et  unique 
système,  ouvrage  du  temps  et  du  génie, 
sorte  de  catholicisme  antique,  où  les  élé- 
meois  les  plus  divers  étaient  venus  se  fondre 
ou  s'épuranl  dans  une  antiquité  reculée,  et 
(|ue  des  schismes,  des  rérormes,  des  scis- 
sions de  tout  genre  auraient  par  la  suite 
des  temps  dissous  et  déchirés?  voilà  deux 
bypothèses  contraires,  qui  seconciliealplui 
ou  moins  l'ane  et  rnuire  avec  les  IradilioQS 
oalionales,  etc.  (ZIST). 

l'antagonisms  qui  éclats  entre  le  vtcA- 
nouiime  et  lo  iivaitme,  brise  l'unité  préten- 
due de  la  religion  hindoue.  ■  On  est  tenté 
de  voir  dans  ces  deux  cultes  la  lutte  de  deux 
religions  ennemies  qui  se  rencontrent,  se 
froissent,  grandissent  et  se  développent  dans 
lo  cours  ntème  de  leurs  débats,  et,  après  de 
longs  déehiremams,  Soîssenl  par  s'aœaigs- 
iner  l'une  avec  l'autre,  sans  pourtant  se  con< 
fondre,   et  s'unissent   sans    cesser  jamais 

d'£tre  distinctes L'une  et   l'autre  secte 

a  fini  par  accueillir  le  dieu  rival,  mais  en 
lui  assignant  respectivement  un  rang  secon- 
daire. Toutefois  il  est  bien  remacquable  de 
voir  les  livailet  non-seulement  reconnaître 
Yieknou  comme  conservateur,  mais  adorer 
set  incarnations  comme  celles  de  la  divinité 
suprême,  tandis  que  les  belJes  et  poétiques 
traditions  des  vichnouila,  tout  en  admettant 
quelques  dieux  du  tivaUme,  sont  loin  dij 
présenter  Siva  sous  des  couleurs  aussi  favo- 
rables, en  le  montrant  taillât  comme  auteur, 
tantôt  comme  protecteur  du  mal,  dans  la 
lutte  du  bon  principe  contre  ie  mauvais;  ces 
traditions  tendent  visiblement  i  l'identiGer 
iivcc  le  dernier,  et  le  restreignent  presque 
partout  è  son  rflle  malfaisant.  > 

El  cepondunl  lu  licaisme  a  évidemment 
conservé  l'avantage  ;  car  non-SL'uloment  ifa- 
hadeva  ou  Siva  est  toujours  pour  ses  adora- 
teurs le  premier  des  dieux  ,  mais  son  i;ulte 
et  celui  du  Bhavani ,  de  l'hermaphrodite 
Ardhanari  it  du  Linpam,  sont  jusqu'ici  res- 
tés domiiianls;  seslëtes  sont  les  plus  solen- 
nelles, avec  celles  de  Crichna-Djagannaka- 
Govinda,  qui  partage  j)resque  tous  ses  carac- 
tères. Il  n'y  a  mâine  {lOinl,  \  vrai  dire, 
Je  fêles  publiques  en  l'houiieur  de  VicA- 
nou  (2188J.  Moudevi  [Mahadevi  Bhoudetii\, 
la  seconde  épouse  de  ce  dernier,   ressemble 


beaucoup  à  Ca/î:  elle  porte  en  tous  liemi] 
misère  et  la  discprde;  c'est  la  miuTaise Tor- 
lune ,  une  sorte  de  furie  [S189);-Roru, 
l'une  des  plus  célèbres  incamalionj  de 
Yichnou,  bA'it  un  temple  en  ['tioeneur  dt 
Mahadeta;  et  i  Djagannalka,  OD  Jajjrcu, 
Crichna  est  adoré  comme  Ir  symbole  Je  Ii 
reproduction  ,  et  semble  identirii  atec  It 
rival  do  F'ïcARou(2190J;cnun  mollemoiiK 
projette  de  toutes  parts  son  omlire  sur  1' 
vicAnouiiD». 

Les  traditions  sur  le  br^Anuiinn;  nexnt 
pas  moins  confuses. Les  TVdoi elle  Hiiun. 
dhamtasaitra,  les  livres  les  plusancieusâ 
les  plus  révérés  de  riaJe,re{;us  parloalts 
les  sectes,  mais  dans  toutes,  propriété  ei- 
clusive  dcK  brahmanes  et  titre  de  leurmii- 
sion,  exaltent  Br<Uima  au  point  de  l'idenu- 
ûer  avec  le  Dieu  suprême.  Brabma,  d'iprè: 
eux,  c'est  Brahm  déterminé,  c'est  l'énei^t 
créatrice  de  £!niAm,  c'est  l'être  descenilaDl 
dans  la  forme,  la  substance  se  révélaul  liins 
le  phénomène  ,  l'esprit  venant  aniuiïr  11 
matière,  le  mot  universel,  la  voloiilé  in 
Très'-Haut  gouvernant  le  taaain  qu'«lle  '• 
fait,  c'est  l'ême  du  monde,  c'est  le  ;ière,  1( 
générateur,  le  plus  ancien  des  dieui.  ttc 
(2191).  Et  loutcfuis  les  Yédiu  etleifouN 
ne  sont  point  d'accord;  car  dans  les  pn- 
miers  le  grand  rôle  de  la  création  opparlienl 
à  Pradjapati,  el  c'est  seulement  dinsle^d- 
nier  qu'on  attribue  la  première  place  i 
Brahma  (2192);  mais  depuis  iongtetnpsilM 
déchu  de  ce  rang  élevé,  el,  quoique  retoauu 

Esr  toutes  les  sectes,  il  occupe  uDe]>iK( 
ien  inférieure  h  celle  des  dieux  populiir»' 
Siva  et  Vichnou:  les  seuls  braunimei  l<u 
rendent  un  culte.  A  qiioi  attribuer  cellf  <l^ 
chéonce,  et  la  disparition  totale  de  leslfio- 
plesFc  Question  obscure  sur  laquelle  il  °.' 
a  que  des  hypothèses  divergentes  eitoav 
ses  (219.1J.  »  La  cosmugoaiti  que  C'HIÇ' 
nous  donne  d'après  Polier,  el  quiï-Gi'" 
gniaut  présume  être  tirée  d'uu  }vttVK 
olfre  d'assez  grandes  différcncesaiw  ttw 
que  Sonnerai  et  autres  ont  prises  du  W'J'" 
vai.  M.  Cuigniaul,  par  un  sjncrélisoiMW 
lui  est  habituel ,  réunit  ou  plulût  «mlui-n 
ces  récits  opposés.  L'infériorité  de  Bf"""' 
y  ressort  de  tous  côtés  ;  il  veut  usurptruuc 
partie  du  monde;  mais  ses  deuifrèfesS'™ 
et  Yichnou  découvrent  sa  frauda  et  Te"!';'' 
nissent-  Au  moment  où  il  jiourfuitsi^ 
SiirasKate  do  ses  regards  iuceslueui.  *»•■ 
deçà  indigné  (l'obscène  M.ihadeTaIJIec"^- 
en  lui  al>altant  la  lÈla  (219iJ.  Le  di"  ^-^ 
[\r&tne  Bhagacan  (car  il  y  a  ici  un  divu'i"' 
préme  au-dessus  des  trois  fièies),  >"■' 
aussi  de  ses  dérèglements  et  surtout  du  >;' 
orgueil,  lui  ordonne  de  s'incarner  quiL' 


[Hil]  nUt.dei rtltg.derautiq.,cit.i,p.lii-ia. 
(1188)  Ibid.,  0.  ïil  et  suiv.  —  4>«5,  eu. 

(2189)  Ibid.,  p.  197. 

(2190)  Ibid.,  p.  3U9.  —  Ùahadeva,  hwara,  etc., 
tout  des  noms  de  Siva. 

j2191)  Toulesccs  i|uaUltcal'u>ns  reposent  s iir  les 
érithèlGs  iloiin^s  à  Bralimii.  (Voir  l'ÀmarattHlui  <lu 
P.  Paulin  el  la  irsuluctioa  Eniitaise  pulilié^  par 


U.  Loi<(Kleur  DesloDcliainps.) 
(2192)Creuiei,  p.  243. 
(2195)  /6td.,p.24l.  ,    , 

(2194)0(1  M  live  Brahma  obtlalsonpMv"' 

clinm)ant  le  Jiou  irriié  par  des  «r*  cliajii^'" 

lounn^e;  mais  Siva  ne  lui  reiidil  P'"'"'*'  **■. 

s'en  lil  à  lui-nièiiic   u»  unieinriil  en  la  posai*" 

lasii'iiiic.  (Ibid.,  p.  2ia.) 


lltD 


nicnoNMiBE 


fois  poar  faire  pënileDce   pI    pour  écrire 
riiïslotre  des  ÎDcarnalions  de  Yiehnou;  ii 
*  s'incarne  donc  d'abord  sous  la  forme  d'un 
corbtmi,  puis  sous   les  noms  de   Yahnicki, 
(Je  VyoMa  et  deSalidata,  et  tout  pénitent 
qu'il  est,  il  dVd  uiëne  pas  moins  Is  plus 
maoTaise  rie.  D'autres  traditions  enfin,  nous 
le  rppréstsnlent  comme  un  symbole  de  l'u- 
nirers  arec  ses  |:<Jriodos  de  destruction  et 
de  rfDOurellemeut;  mais  ici  encore  son  in- 
fériorité reparaît;  de  là  celle  série  de  Brah- 
muqci  meurent  et  ressuscitent  tour  à  tour, 
et  leurs  létes  suspen-lues  en  collier  au  cou 
(le5icaeideCa/i(2195). 
5V. 
E«1U  de  IVtfarire  religieuse  de  rlnde  :  le  bomUbisnM. 
Est-ce  Due  religtoo  ri-plie?  —  Doutrssur  l'piuieoce 
de  Bouddbi.  —  !>iinililuilei  perianes.  —  Conrusion  des 
(blés  nsigni-ei  1  n  ui^eiDCi!.  —  Ses  légendes.  —  Ga- 
ntière de  sa  dodriae.  —  DilTi-rences  iiec  le  bnhim- 
Btaœe.  —  HaltipUdté  des  religions  tbm  l'iude.  — 
Ahoaliseeat  IMilei  an  pauUiéûnie. 

L«s  mêmes  incprtiludes  que  nous  avons 
signalées  daas  l'histoire  du  Mîtaiime,  du 
wiehnouitme  el  du  6raAnianisnie  se  rutrou- 
Teot  quand  nous  voulons  rechercher  les 
origines  el  l'histoire  du  bouddhinne.  ■  Il 
n'est  pas  dans  toute  l'hislire  do  l'anliquilé 
de  question  b  la  fois  plus  imporlante  et  plus 
difficile  à  résoudre  que  celle  qui  concerne 
BmâàAa.  D'uo  cété,  par  son  nom,  par  son 
caractère  aslronomique,  par  ses  rapports  non- 
«eti/ement  Aiee  le  sjsième  entier  de  Ja 
mjlbolngje  et  de  la  philosophie  religieuse 
des  brahmanes,  mais  encore  arec  nombre 
d'autres  religions  ,  ce  personnage  vraiment 
mystérieux  semble  se  perdre  dans  la  nuit 
des  temps  et  se  rattaclier  par  un  fien  sccriit 
à  toDt  Ce  qu'il  ;  a  de  plus  antique  et  de  plus 
obscur,  soit  dans  l'Orient ,  soit  dans  l'OtJci- 
dent;  de  l'autre,  par  son  rfile  d'incarnation 
claîremeol  tracé.parlesdi^tailsdesa  légende 
uniformément  racontée  chez  ringt  peuj<les 
divers,  enfin  par  la  mission  do  réformateur 
qu'on  lui  attribue  et  par  la  oatnre  des  insii- 
tulîoDS  qui  lui  sont  propres.  Bouddha  parait 
«u  grand  jour  de  l'histoire  comme  l'auteur 
ou  comme  l'élendsrd  d'une  des  dernières 
rérolulioDs  religieuses  qui  se  soient  opérées 
dans  l'Inde...  Bouddha  naquit  parmi  les  Hin- 
dous; son  ooni  n'a  pas  cessé  d'élre  révéré 
par  eui  :  longtemps  ses  adorateurs  vtl'curunt 
paisibles,  respectes  même,  entre  le^  sccIl-s 
(lOmbreusesqui  se  partagent  Je  pays;  et  co- 
peuJaot,  depuis  plusieurs sièiles.  Bouddha 
De  juuît  d'aucun  culte  dans  l'Inde  :  ses  tem- 
files,  ses  iJoles  j  sont  renversés  ou  aban- 
(lUQiiéS;  et,  tanJisque  sa  doctrine  réi'andue 
au  luiovers  le  sud,  Torienl  et  le  nord,  en- 
Tt-loppe  pour  aiusi  dire  l'Indoustau  de  trois 
cùli  s,  l'iiidoiisuo  seul  s'obstine  i  la  ropous- 
•■cr  de  sou  sein.  Le  brahmanisme  et  le  ooud- 
t./iitine  forment  deux  grandes  églises  oïl  les 
•vvtes  pullulent  dè;>  longtemps,  mais  sous 
(Jcs  noms  divers,  mais  qui  n'en  restent  pas 

(?195)  Carx-iER,  p.  631. 
t^lWl  nid.,  p.  iX»,  iae,  287. 

t'W)  inj.,v.m. 


ATOLOGETIVltiE.  MD  tMf 

moins  opposées  fuBe  h  l'autre  en  géoéral, 
la  première  comme  orthodoxe  et  aniéricorv, 
la  seconde  comme  hétérodoxe,  scbismatiqne 
et  par  con^éiguent  plus  récente. 

>  Bouddha  est  un  nom  générique  fort  «0- 
eien,  selon  toute  apiiarence,  dans  la  mytho- 
logie des  Hindous;  il  signifie  *atm>'i  Moge, 
intelligence  excellmtt  et    tapérieure;  il  s'ap- 

Ëlique  à  l'inlelligenco  unique  et  suprême,  k 
jeu.  Mais  il  a  bien  d'autres  applications; 
et  la  première  difficulté  qui  se  présente, 
c'est  de  savoir  jusqu'à  quel  point  l'oB  est 
fondé  à  l'approprier  è  un  personnage  déter- 
miné, à  un  individu  astninomique,  métaphy- 
sique ou  historique,  fictif  ou  réel.  Ce  nom 
est  identique  au  fond  arec  celui  du  Moumi 
ou  talilairt,  qui  est  noire  planète  de  Jfrr- 
cure,  cl  dont  la  fable  tait  un  fils  de  Tehandra 
(la  lune  mSIe)  et  de  Tarn,  femme  de  Yrikat- 
pati  (la  planète  de  Jupiter).  Bouddha  (pla- 
nète) naquit,  dit-on ,  une  seconde  fois  de 
5ou(ra,  etc..  Ailleurs,  on  nous  parle  de 
plusieurs  Bouddha»  comme  de  plusieurs  Me- 
nom,  chargés,. ainsi  que  ces  derniers,  de  tî- 
Tifier  le  monde  par  ta  parole ,  b  chaque  pé- 
riode nouvelle  de  création;  ce  seraient 
autant  d'à v:i taras  ou  iaearuations  du  suprême 
Bouddha,  idenlilié  avec  le  Trèe-Haut;  elle 
Bouddha  do  la  période  aciuelte  aurait  pour 
surnom  Gautama,  pour  désigner  qu'il  est 
(Ut  ou  deteendant  de  Golama,  l'un  des  ricbis, 
—  D'un  autre  cAté ,  les  brahmanes  s'accor- 
dent aujourd'hui  encore  à  compter  Bouddhm 
parmi  les  incarnations  de  FirAnon;  ils  en 
l'ont  ia  neuTième,  et  le  placent  immédiate- 
ment après  CricAna  (2196).  > 
-  '  Hais  il  y  a  de  grandes  variations  sur 
sa  date;  les  uns  le  placent  dans  le  troisième 
Age,  peu  après  la  mort  deC'rieAita;  lesan- 
tres,  au  oomiiiencemenl  de  l'Age  actuel  ou 
Caii-jouga,  d'autres  enfin  longtemps  aprds 
queceqtiatrîëmeAgd'eul  commencé,  et  seu- 
lement 1,366  ans  ou  1,000  ans  environ  avant 
JL'sus-Cbrist(2I97].  iKlde  même  qu'ils  ont 
répandu  sur  le  Bouddha-pUmite  je  ne  sais 
quel  blâme  d'une  influence  funeste,  de 
même,  tout  en  reconnaissant  te  Bouddka- 
ratara,  ou  ils  gardent  sur  lui  un  silence 
absolu,  ou  s'ils  rompent  le  silence,  c'est 
encore  pour  mêler  un  vague  reproche  aux 
hommages  qu'ils  ne  peuvent  s'empêcher  de 
lui  rendre.  Il  y  a  It  quelijue  grande  énigme 
historique  dont  nous  ne  sommes  pas  près  de 
truuver  le  mot  tout  entier  (2198).  » 

*  D'ancÎL-ns  monumenis  trouvés  dans 
rinde  le  décorent  de  tous  les  noms  donnés 
\  Yiehnou  et  à  Crichna,  son  représentant 
su{irC-iui',  avec  lequel  il  oITre  de  frapiuntes 
ressemblances  (2199).  • 

■  Bouddha  joue  évidemment  plusieurs 
tùlcs  divers  dans  la  religion  des  Hindous, 
L't;  soit  par  ses  caractères  intrinsèques, 
soit  (lar  ^es  attributs  extérieurs,  il  se  ratta- 
cher la  foisaux  trois systèiLCs dans  lesquels 
cette  religion  nous   a  paru  se  diviser.  Ses 

(ÎI9S)  Ibid..f.  187.  —  Al.  rrt.,  L  U,  p.  1"».— 
Aaiu  AUery,  t.  111,  p.  IS7. 
l^lîtljiH.*.,  p.  Ï9I. 


im 


rxD 


DICTIOÏlXAinE 


rappnris  OTec  Sica  son!  manirustes;  aussi 
son  imafie  est-elle  placée  entre  lessj-mboles 
«ties  dieui  du  iiraUme  dans  1rs  plus  an- 
ciens temples  de  l'Jnde,  et  lui-nifime  fit  al- 
liance avec  Siea,  iroj)  faible  pour  résister 
seul  i  SCS  ennemis.  D'un  autre  côté,  il  corn- 
piêto  la  série  des  incarnations  passées  da 
Vifhnou,  e[  eoniinuc  Crichna.  Dans  leftroA- 
natiitme,  c'est  une  pbnèle,  mais  c'est  aussi 
un  Mouni,  un  QU  de  Rii^hi,  un  Kichi  mévaa 
peut-£tre;  et  l'on  eotreroil  je  ne  snisquelle 
c/irpespondancu  entre  les  Bouddhaâ  et  tes  Me~ 
nous  []ui  préiirleot  également  aux  périodes 
sitcuessives  du  monde;  Toilà  donc  trois 
Bouddhai  drlT^Tenls,  el,  dans  le  dernier, 
■ne  chaîne  indélinie  d'autres  Bouddhas, 
ronrorme  à  la  série  indéfinie  des  créations 
(S200).  > 

U.  Guignianl  va  jusqu'à  se  deroander  s'il 
n'est  pas  illusoire  de  chercher  Jeqitel  des 
Bouddhai  fut  le  premier,  et  s'il  y  oui  réel- 
lement un  Bouqdha  homme,  philosophe, 
léjfislaieur.  Pour  lui,  il  est  porléft  réduiro 
tuutelo  religion  des  brahmanes  h  trois  sym- 
boles rondafnentaux,  bases  de  la  doctrine 
secrèlo,  et  présentés  sous  d'innombrables 
fncea  dans  les  mythes  populaires  :  Bouddha, 
Maya,  Brahm,  etc.  Par  une  opération  fami- 
lière à  nos  symbolistes  allemands,  £(iuddAa 
s'éTflnouit  en  abstractions,  c'est-à-drre  en 
fumée.  Nous  allons  citer  ce  passaga  lout 
entier  comme  un  éuhaqiilloa  des  procédés 
de  la  nouvelle  éeoie. 

■  Oum  (vache,  coinmfl  Dkerma,  bœuf), 
Brchma,  Criehna.le  double Cosin.jBoudd/u, 
Calhi  ou  Maidari,  pour  ne  citer  que  les 
forjnes  les  (>lus  seillpntes  de  co  symbole 
nuiqu«,  c'est  Le  fruit  de  l'oiliance  des  deux 

Crimipes  créate'iri,  de  Siva-Yieknou,  aussi 
ien  que  de  Bro^m-Maya  ;  c'est  le  fils  par 
par  eie'llonce,  c'est  le  demiurgo  chargé  de 
oévo'opper  le  création  première;  c'est  le 
régénérateur  el  la  régénéré;  c'est  le  monde 
o(  l'homme  k  la  fois;  c'est  lo  verbe  ou  la 
parole  créatrice  descendue  et  incorporée 
dans  la  nialiàre;  c'est  la  via  physique  el  la 
via  intellectuelle  dans  leur  uDion;  c'est 
I  esprit,  le  souCDe  el  le  corps  mystique  de 
Brahm;  c'est  le  moyen  ou  le  médiateur  par 
lequi'l  s'opère  le  satui;  le  réparateur  et  le 
destructeur;  c'esl-ft-dire,  duns  le  vrai  sens 
delà  doclrioe  brahmanique,  Ia  résolution 
(Je  la  dualité  dans  l'unilé,  le  retour  à  Dieu, 
et,  moralemenl  parlant,  la  destruction  du 
«oi,  l'absorption  de  toute  forme  dans  f'élre, 
de  toute  existence  passagère  dans  l'exis- 
tence immuable,  du  phénomène  dans  la 
substance  {2201).  » 

Mais  notre  savent  lui-même,  comme  s'il 
avait  quelques  scrupules  sur  la  légitimité 
de  ses  conjectures,  s'empresse  de  nous  as- 
surer que  néanmoins  il  est  loin  de  croire 


APOLOGKTKiUK.  iX&  nos 

Sue  dans  Bouddha,  comme  dioi  CriAtu, 
n'y  ail  pas  un  rôle  bjstoriqae;  •  c'eii 
même,  njoute-l-jl,  à  ce  qu'il  nom  semble, 
par  oii  le  viclinouîsme  se  distingue  esseo- 
liellement  du  sivaïsme.  »  Critha,  «i 
Bouddha  surtout,  ont  réellemeiit  iltiché 
leurs  nomsi  deux  époques  succeisites  qai 
B(>p3raissent  comme  deux  révolution)  rtii< 

êifuscs  auxquelles  la  philosophie  pril 
eaucoup  de  part.  <  Cela  iDdll-il  pournaus 
autoriser  à  voir  dans  Bouddha,  symbole 
antique  de  la  sagesse,  de  la  fcience  eldeli 
vertu,  être  maniiestement,  quoique  dim- 
sement.allégorique,  un  réformateur  humain, 
un  chef  de  secte  ou  d'école  el  l'auteur  d'um 
grande  révolution? Nous  ne  lo  pensons  jias, 
ou  du  moins  il  faudrait  convenir  que  l'booi- 
me,  la  doctrine  el  le  dieu  ont  été  slngulif- 
remeni     mêlés     el    confondus    ensemlilt 

Ici  s«  présentent  deux  objeetiens:  d'i- 
bord,  la  légende  de  AoudifAa,  quoique  char- 
gée de  détails  évidemment  mythologiqa», 
semble  recouvrir  un  fond  historique  très- 
réel;  ensuite,  oa  s  cru  recoonattre  uDa^ 
cord  frappant  entre  les  dates  auxquelles  les 
diETéreuts  peuples  qui  ont  reçu  U  doclrine 
de  Bouddha  rapportant  la  naissiDce  Je  u 
législateur  religieux,  a  Mais,  reprend  K. 
Guigniaut,  cet  accord  ne  pfirait  pss.ï  beau- 
coup près,  aussi  réel  qu'on  se  l'imigine; 
et  quant  lia  iisie  des  trente-trois  jiHnir- 
ches  de  la  religion  de  Bouddha,  produit* 
par  l'ua  de  nos  plus  savants  oricntaililtt, 
00  peut  l'admettre,  sans  admettre  pour  celi 
l'existence  historique  du  dieu  homioeiD- 
(luel  elle  parati  se  rallacher:  l'ëpoque^oi 
«a  résulte  est  peut-être  tout  siDiplenenl 
celle  où  fut  mise  en  vogue  la  légendâilcli 
ueuvième  incarnation  de  Vichnou.  > 

«  Il  résulte  des  rapprochemeDtsdcdi'H 
faits  par  MM.  Abel  RémusHl  ot&lifirKK 
f2203),  doux  époques  bien  distinctes,  ^ûoi 
l'une  place  Ja  uaissancv  de  Bouddhtitn 
mille  aus  avant  Jésus-Christ  (1029  dV^ 
A.  ItémuBatl,  l'autre  entre  sept  cco»  '\ 
six  cents,  dans  le  cours  du  vii*  siècle  qui 
précéda  noire  ère.  Lo  fameuse  ère  desCbin- 
galais,  rapportée  k  la  mort  de  BoudJlu 
(GouiQna  Boudhou,  suivant  ces  {levplti» 
tombe  cinq  cent  quarante-lrois  ans  ixnll' 
ndire,  tandis  que  la  liste  de  VEncvchiii»* 
japanoite  fait  mourir  en  533  le  nuiliène 
lutriarche  d«  U  tribu  de  Gaotama.  O'uDiu- 
tre  côté,  suivant  Koempfer,  les  Sitmois 
comptent,  depuis  la  mort  de  5i»wna-£i»' 
(ama  jusqu'en  1690,  deux  mille  ileui  cent 
trenle-qualre  ans,  co  qui  donne  uQ^  ^ 
identique  h  celle  de  Ceyian  [SSOiJ.  • 
■  ■  Ou  no  peut  qu'être  Irès-frar-pé  de  m' 
dans  l»  légende  mongole  jBoudaAa  lUi  pri- 
ses avec  les  Trrt,  c'esl-ï-dire  Pan,  id&rt- 


[»00]  Chelzh,  p.  SD5.  f930i)  Ckecier.  p.  399,  noie.  Le*  DjiiM»  ph; 

(SWI)  Ibid  ,  ]).  i97.  MDt  iiisfi    fapolbMwe  d«  M»kaiir;  k  i^^" 

(SSU2)  Ibid,,  p.  2S8.  Gaaiama,  environ  600  ai»  aviol  i.-C- 1 V.  Bou^ 

(SS03)  Jvtini.  dtt  lavnn'i.  Janvier   ISit,  p.  7  cl  Dt  iuidaumi  origim  el  xlali  dtltMifiif,  *»'• 

tioie.  —  Ki-kraoTB,  Ltien  dtr  ûouddfi»,  f.   HZ,  p.  27.)                                               • 


tHC'n(«>ulftE  A'nïLoêimooÈ. 


Md 


tcurs  du  feu,  veous  de  la  Perse,  quoiqu  i) 
soil  biro  difficile  de  rapporter  m  Tait  i  une 
«]»le  même  approiimatÏTe;  mais,  ca  qui  est 
encore  plas  remarquable.  C'est  la  parraile 
ressembiancA  des  traditions  persanes  reln- 
tÎT^  h  la  naissance  de  Zoroaslrt  arec  celli>s 
des  Bindoos  sur  CWrIbu  et  Bouddha,  qui, 
de  mtmh  que  le  prophMe  de  la  Perse,  sont 
souTCOt  préseolés  comme  les  manifestations 
ou  les  disciples  d*un  élre  mythique  anlé- 
lieur.  (htm  ou  Bom.  L'une  des  époques  de 
l'apparilioD  de  Bouddba.  et  non  pas  la 
muins  probable,  qui  le  fait  descendre  jus- 
que Ters  les  m*  ou  ti*  siècles,  comme  nous 
tenons  de  rnir,  «Vieille  vaguement  avec 
celle  delà  venue  de  Zoroasire...  Quoi  au'il 
eo  soit,  nous  inclinons  h  croire  que,  s  il  7 
eut  réellement  nn  Bouddha  humain,  ce  dut 
éire  te  liuilième  patriarche,  Gautama  ou 
Ceafoma-fiffudAou  dtt  ChingalaU,  ou  Sont- 
manakodon  ISamana-Kautama)  de  la  pres- 
qu'île au  deli  du  Gange  (2905).  > 

«  Cependant  Aboul-Faeet,  fe  réhëbrft  au- 
teur de  i'Ayin  Akbery,  reporte  rspijarttion 
du  prophète  hindou  à  1366  avant  Jésus- 
Cbrisl.  Ouanl  h  BouJdlia-plaiièle,  c'est  bien 
pis,  puisqu'il  ouvre  k>  siccond  Sge  ou  Treta- 
y«uj^.  Aboul-Fazel  lijoute:  ■  Les  brahma- 
nes iionimenl  Bouddha  le  neuvième  avatars  ; 
luais  la  religion  qui  lui  est  attribuée,  ils  la 
iléclareiit  inventée  par  un  autre  que  par.lui.i 
Voilk  un  Bouddha  humain  traité  d'impos- 
:eurjiar  les  brahmanes  el  bien  évidemment 
distincl,  soit  de  l'incarnation,  suit  do  la 
planète,  soil  du  Bonddha  -  Menou.  Pour 
iious,  nous  sommes  portés  i  regarder  co 
B»u<Uka,  si  multiple,  du  mâme  œil  que  U. 
Creuzer  regarde  Hermét,  Zoroa$lre  et  d'au- 
tres cbeb  mythiques  des  anciennes  religions, 
étsaleuient  multipliés  dans  la  dnrée,  c'esL-à- 
dire  comme  un  «ymlralequi  personnifie  la 
doelrine  el  )b  représente  dans  tous  ses  dé- 
veioppemenis  successif^,  sans  vouloir  Uier 
louieroia  qu'il  s'y  soit  mêlé  de  l'homme 
avec  le  temps,  ou  même  qu'un  réformateur 
liamain  se  soit  i  la  fin  substitué  h  l'antique 
géuie  de  la  science  et  de  la  religioc  ideuli- 
6éa%  l'une  A  l'autre  (2306).  ■ 

«  Suivant  la  liste  des  trenle^trois  pa- 
Iriarcbes  Ou  chefs  ruligieuidu  bouddhisme, 
extraite  de  VEneyelopédie  japonaiae  par  U. 
BéiDUsat,  Chaàia-mouni,  ôiviuisé  sous  le 
nom  de  Bomddka,  mourut  en  950,  et  eut 
pour  successeur  uu  brahmane  nommé  Ma- 
hataga,  qui  vivait  etî  903,  ei  le  premier  re- 
çut le  titre  d'jiiuslrc;  puis  viut  un  Kcha- 
triya  Àtumi»,  avant  879;  puis  un  Tayiia, 
aiort  en  806;  puis  un  Soudra,  en  760. 11 
nous  «it  impossible  de  ne  pas  soupçonner, 

tSSK/CunEa.  p.  654-655,  Dote.  Cul  aussi  Toi»- 
n*uB  professée  par  H.  Laoglés  dans  md  artide  sur 
Koaddba.  iBipgrapkie  miittneUt  de  Hkui/d,  I.  T, 
p.  «H.) 

(2SWJ  Itid.,  p.  S99-30D,  noie. 

<39«7)  nid.,  p.  654,  mie. 

T«SM>  iU4.,  p.  S9S,  noie. 

(W9)  Sur  \â  bombregi  anpninis  ne  le  («- 
tmmîimr  »  tatu  an  cbrialiaDÙnw,  T.  Abel  Kéinnsal 
cC  B«Ibî  cités  dans  l<^  AmÊMla  4e  pMlM.  ckril.,l.  TI, 


dans  cet  ordre  de  snceession,  quelque  chosft 
d'artilciel  el  de  tout  k  fnit  arbitraire. 
Ne  serait-ce  pas  le  principe  fondamental  de 
Tinstilution  qui  appelle  indifféremment 
iDOtes  les  castes  aux  fonctions  les  plus 
hautes^  mis  sous  une  fbrme  Irislorique,  se- 
lon le  génie  de  l'antiquité?  La  suite  de 
celte  liste  pourrait  donner  lieu  i  bien  d'au- 
tres" remarques  qui,  si  nons  ne  nous  faisons 
point  illusion,  fortifieraient  Cette  conjecture 

Voilk  pour  les  dates;  voici  maintenant 
ponrla  légende:  >  Knus  pensons,  dit  tou- 
jours U.  Guiguiant,  que  cette  légende  a  été, 
sinon  altérée  dans  le  fond,  au  moins  sln- 
guliëremeni  modifiée  dans  la  forme,  et  sans 
doute  mélangée  de  bien  des  éléments  divers, 
chez  les  divers  peuples  qui  l'ont  adoptée.  Il 
nous  suffit  de  faire  remarquer  qu'elle  pré- 
sente rbistoire  de  la  secte  bien  plus  quu 
celle  du  personnage  qui  eu  aurait  été  l'ai- 
tenr  (2208).  Elle  a  de  frapjants  rapports 
avec  la  légende  de  Crichna,  dont  elle  peut 
mAme  passer  pour  une  imitation.  L'une  cl 
l'autre  sont  prOjires  6  faire  naître  des  con- 
jectures et  des  doutes  que  nous  essayeroos 
de  développer  et  d'éclaircir  ailleurs,  lîœrres 
(^ihengtsch,  p.  137}  ne  peut  s'empécber 
de  reconnaître  lui-même,  dans  les  tradi- 
tions du  lamaiime  rdalivcs  è  Bouddha,  uDO 
réaction  manifeste  de  l'Occident  sur  l'O- 
rient; et,  en  elTet,  il  est  bien  ditScilcde  lire 
différents  détails  de  la  naissance,  de  la  vïu 
el  des  enseignements  du  Dieu  homme,  tels 
que  son  baptême  dans  l^eau  divine,  ses  pé- 
uilences  dans  le  désert,  ses  rapjwrts  aveu 
nn  maître  plus  ancien  que  lui,  avec  un 
esprit  qui  lui  impose  les  plus  cruelles  souf- 
.frances  en  espiation  des  crimes  du  monde 
dont  il  porte  le  poids,  et  lui  livre  les  dix 
commandements  de  la  loi  nouvelle  su  prii 
d'une  sorte  de  passion  dont  i!  sort  régénéré 
et  glorieux,  sans  être  tenté  d'y  soupçonner 
la  trace  du  christianisme  (2209J.  D'un  autre 
cftté,  l'on  découvre  çà  el  là  dans  les  lé- 
gendes bouddhiques,  des  vestiges  d'iocsi:- 
lalioD  et  de  magie,  qui  semblent  appartenir 
à  une  autre  origine,  probahlemeot  septen- 
trionale. » 

Si  riiisloire,  I.1  datrr  et  même  l'existence 
réelle  de  Bouddha  sont  des  problèmes  in- 
solubles, le  caractère  distinctif  de  sa  doc- 
trine n'est  pas  moins  tnctrlain.  Ou  m'  au 
Tir  siècle  de  notre  ère,  ses  sectateurs  eu- 
rent k  soutenir  une  guerre  terrible  contre 
les  brahmanes;  ils  succombèrent  dans  la 
lutte  et  furent  contraints  tl'émigrer  de  loules 
parts  (3210);  voilà  ce  que  nous  savons. 
Hsis  quelle  fut  la  cause  de  ces  sanglaoleâ 

p.  99.  un.  Crcoier  et  Cnigniant  rtcomnaiueDt 
ausH  que  beaucoup  ite  détails  de  la  Ugeode  de  Crt- 
efma  sont  imiiés  de  nos  Evan^les  Ip.  SIS,  noie). 
Ilsprâendcni  seukneiit  que  l'idée  de  l'iacanatieé, 
qui  est  U  ttase  de  ces  l^eades,  dérive  originairc- 
BKBt  du  pantbéisiiM  biMou  (p.  653). 

(SSIO)  WuMa,  Prifau  du  éUl.  hmctiJ,  f.  xv 
et  ftoiv.  C'est  de  cette  epoqM  que  daicet  les  crands 
progrès  du  booddhisae  as  swl,  su  mati  et  â  l't^- 
ricDl.  {T.  Cuctu,  p.  207.) 


DICTIOSSAIRE  AMtOGETIQUE. 


1» 


Ult 


diTÎsiont?  On  l'ignore.  Pourquoi  une  secte 

a  ni  sVtait  paisiblemeot  dérelopiiée  du  sein 
u  brahmaDisme  peDdant  plusieurs  siècles, 
et  qui  se  liait  sur  tous  les  poiuts  aux  autres 
sectes,  ful-elle  aiosi  estir|i«e  de  l'Hiudous- 
lan  par  le  fer  et  par  la  feu,  et  cela  X  une 
époque  fort  réceate?  Le  sa  Tant  A.  W.  de 
Sclilegel  aToue  qu'après  tous  les  (ravanx 
eiilrepris  sur  celle  question,  il  n'a  pu  arri- 
ver à  aucun  résultat  (£!llj.  ■  Je  déclarerai 
à  celte  occasion,  dil-il,queje  n'ai  pu  réussir 
i  me  faire  une  idée  claire  de  la  doctrine  de 
Bouddha,  soit  en  ellc-mënie,  soit  dans  son 
rapport  ou  dans  soa  opposition  avec  la 
brakmanitme.  Nous  s.irons  que  dans  les 
lemptes  bouddhiques  on  Irouve  exposé  aux 
yeux  tout  le  panthéon  des  idoles  de  l'Inde; 
que  non-seulement  la  Uiéologie,  mais  encore 
la  mythologie  héroïque,  si  inlimement  liée 
su  do^me  et  è  la  loi  brahmaniques,  ont  été 
Iransplaulées  bien  loin  <lans  les  contrées 
oîi  règne  le  bouddhisme.  Celui-ci  les  a  sans 
doute  héritées  ou  empruntées  des  prêtres 
de  l'anclenna  croyance;  mais  où  donc  est 
la  nouveauté,  ofiesl  le  caractère  cropre  qui 
la  distingue?  &U-ce  le  monothéisme  qui 
réside  au  fond  de  toule  celle  idolâtrie? 
Mais  assurément  les  brahmanes  la  profes- 
senl  comme  les  boudilhisles,  et  d  autant 

Plus  pur  qu'on  remonte  plus  haut  dans 
histoire.  Des  savants  de  nos  jours  ont  cru 
que  le  panthéisme  constituai!  Ja  doctrine 
secrète  des  sectateurs  de  Bouddha,  que  c'é- 
tait III  leur  vrii  monothéisme;-  ils  leur  ont 
allribué  en  propre  celte  morale  mystique 
qui  enseigne  h  l'homme  le  moyen  de  s'unir 
h  Dieu  nar  la  coitlemplalion  et  par  l'extinc- 
tion delà  chair  (du  moiJ.Uiiisles  écrils  des 
brahmanes  sont  remplis  des  mêmes  idées. 
La  dilTéreiice  esl-elle  dans  la  défense  de 
Verser  toule  pspëc;e  do  sang  pour  les  sacri- 
lices  ou  pour  la  nourriture?  Maiscetle  verlu 
est  exaltée  déjàcbezies  saints  fabuleux  des 
brahmanes...  A  peine  les  bouddhitta  oot- 
ils  disparu  de  l'Jiide,  qu'on  voit  s'élever 
tout  à  coup  la  secte  des  Djalnat,  et  je  no 
sais  en  vérité  quelle  différence  on  peut  éta- 
blir entre  ces  nouveaux  sectairtis  el  les 
bouddhistes  (2212).  > 

H.  Guigniaut  pense  que  le  Irait  qui  (fis- 
tingue  le  plus  profondémeut  le  bouddhisme 
du  brahmanisme,  ce  n'est  pas  le  dogme, 
c'est  la  hiérarchie  [2213J.  Oui,  mais  ce  n'est 
j)as  comme  une  secte  schismatiquQ  que  le 
bouddhisme  a  clé  j>roscril,  c'est  «  coaiine 
une  religioQ  fausse,  inventée  nor  un  impos- 
teur, CDiujiie  une  doctrine  d  aihéi^me,  d» 
maiërialisme  et  de  nihilisme  (22U).  >  On  ré- 
pondra que  tes  Joi[)Ulalions  sont  culoumieu- 
SPS.  Mais  H.  Pautnicr  a  recouuu  et  couiialé 

(SSHI  Y.  CuEiizEB,  p.  301. 

itiii)  Indiuhe  MUothek,  I,  l,p.  il*.  13^. 

(SilSfCREUien,  a.  505. 

(«Slij  /»M.,p.5tfl. 

(UlSJAoïM  iKr  /m  fMo/i  <lc  Culfbrooke  C.  D. 
E.,  p.  260  el  suivantes.  Yoh  aussi  le  Uémoire  ite 
H.  HOdgson,  cité  ibid.,  p.  256.  Il  prouve  que  plu- 
■leun  (ccKS  bouddhisles  proA^ssciil  un  aitiéisme, 
un  matérialisme  Hleniiquc  «u  fond  avec  U  itocir.nu 


qae  les  brahmanes  ont  très-exadeoiect  n- 
prodoit  dans  leurs  discussions  les  syit^es 
philosophiques  des  bouddhi^l^  ^15};  et 
Von  ne  voit  pas  pourquoi  ils  auraient  dé- 
guisé le  vrai  molifdelenrs  perf6cutions;la 
ailliculté.reste  donc  tout  entière. 

.Quoi  qu'il  en  soit,  les  indications  que 
nous  venons  de  donner  sur  les  principales 
secles  de  llndesolB^t^ot  déjà,  tout  incom- 
plètes qu'elles  sont,  pour  réiablir  deux  faits 
imi)0rianis  ;  —  d'aburd,  les  iraditions  hin- 
doues sont  pleines  de  vides,  d'obscurités 
et  d'incertitudes;  — et,  de  plus,  mfimei 
travers  les  ombres  qui  les  recouvrent,  on 
aper^joit  des  traces  de  déchirements  et  dt 
variations  qui,  toutes  vagues  et  flollaDies 
qu'elles  paraissent,  pénètrent  évidemment 
jusque  dans  leurs  profondeurs  el  se  pro- 
longent, se  croisent  en  tous'  seus  i  travers 
le  temps  et  l'espace. 

Que  serait-ce  donc  si  nous  descendiOBi 
de  ces  généralités  h  une  critique  minu- 
tieuse des  délaits  infinis  de  la  mythologie 
hindoue?  Que  serait-ce  s'il  nous  était  pos- 
sible de  parcourir  les  labyrinthes  de  ce  co- 
lossal pandemonium  et  d'étudier  l'iononi- 
brable  -cohue  de  dieux  el  de  déesses  qui 
s'agitent  &  flols  pressés  dans  ses  tours  et 
ses  détours,  ses  plis  et  ses  replis?  —  liais 
cène  serait  pas  un  léger  embarras  de  nous 
recuooaltre  au  milieu  de  celte  foule  tumul- 
tueuse et  confuse  de  rasons,  de  meoous, 
de  mounis,  de  richis,  de  maharcbîs,  de  de- 
varchis,  de  rajarchis,  de  kinnaras.de  yark- 
chas,  de  brahmadicas  ou  pradjapatis,  dei«- 
tris,  de  deras,  de  danavas,  de  roudras,  d'à- 
dityas,  de  devatas  ou  souras,  de  daitj'ai, 
d'asouras,  de  rakchasas,  etc.,  etc.  —  fit 
nous  ne  citons  ici  que  les  premières  lignes 
d'une  hiérarchie  sans  Gn. —  Comment  dé- 
terminer le  rang,  le  nombre  et  lesfoactJoof 
de  chaque  classe?  Comment  concilier  lem 
prétentions  opposées  et  leur  râle  dira* 
dans  les  swargas,  les  patalas,  les  aiUni, 
etc.(2216j? 

■  nous  ne  finirions  pas,  dit  M.  Creuier, 
si  nous  voulions  seulement  énumércr  les 
principales  dÎTisions  dans  lesquelles  se  rut- 
geut  ces  dieux  inférieurs  qui  remplissent 
tous  les  mondes,  animent  toutes  les  (larties 
de  lu  iialuro,  tous  les  êlres,  tous  les  corps, 
habitent  en  foule  Sur  les  montagnes  et  daus 
les  vaUées,  au  bord  des  Qeuves  et  dans  les 
abtmei)  de  la  mer,  et  par  une  chaîne  im- 
mense aspirent  b  embrasser  l'inlini.  Ou  dit 
que  leuraonibie  total  s'élëvo  à 3^,000,000; 
mais  les  seulesa^s^ami  passent  600,000,000; 
créatures  angéliques  dont  les  formes  aé- 
riennes, la  beauté,  les  grâces  sédutsaules. 
les  danses  harmonieuses  cl  les  amours  sur 

Sanky'a  de  Kapiîa.  Pourquoi  ces  opinions,  lolérm 
tiaiis  l'école  (te  Kapila,  nu  l'oui-ellus  pasciédaiu 
la  si.'clc  tic  Boaddlia  ?  l*i'obléiu«  iiiM)luiile ,  a  août 

(iât6)  Consullei  Ckeuier,  p.  2J5  ^iGO.  «la 
noiei  »  la  lin  du  vol.  patûm,  eic,  t.  IV,  planrbe»- 
(Voir  Paulin,  Syileiua  bralimauiatm.  —  HooU, 
Ititidit  l'aHiheou.  —  P(h.ieh,  Myikol.  dt*  Bimétt^ 
—  CtCHUEs,  etc.) 


lia 


»» 


MCTIOHN&IRE  ArOU>GEnQl]E. 


l*iD 


un 


la  terre  et  Jans  les  cJeuT,  sont  célébrés  par 
lespoêleshinilous(SI7).»— Essayons  pour- 
Uni  de  jeter  an  coup  d'ceil  rapide  sar  l'en- 
semble de  celte  œythdlogie;  mais  pour  ne 
pas  souiller  noire  pensée,  oublions  un  ins- 
tant que  le  stntl«me  enveloppai  comme  une 
lèpre,  tous  les  membres  de  ce  grand 
cjrps. 

Rien  de  plus  mobile,  de  plus  changeant 
que  celle  foule  m^slérieusu;  eltesedéi^uise, 
se  transforme  et  tourbillonne  sans  cesse 
defantle  regard  sans  qu'on  puisse  la  Gier, 
la  fairu  poser  un  instant.  Ces  innombrables 
diTînités  descendent  parfois  sur  la  terre  et 
reTétent  une  apparence  tout  humaiac,  tinu 
fi^re  tout  historique;  vous  diriez  des  \é~ 
gisialeurs,  des  poêles,  des  philosophes,  des 
guerriers,  d'antii{ues  chefs  de  br^ihmanes; 
TOUS  vnus  crojer  en   pleioe  humaoîlé,  en 

EI«ine  histoire;  —  mais,  TOjez,  un  coup  de 
aguette  magique   a   tout   IransQguré;  les 
dieu-isesont  enrôlés  au  ciel;    maintenant 
ils  conduisent  ta    marche  de    l'année,    des 
mois,  des  saisons,  des  jours;   ce  sont  les 
musiciens  suprêmes;  ils  président  II  l'har- 
nonie des  mondes;  au  son   de   leur   OAIe, 
ils  conduisent  la  danse  des  sphères  se  mou- 
ranl  eo  cadence  autour  du  soleil;  ils  sont 
•DTironnés  des  gaodharras,  des  kinnarss, 
lies  raguinis,  des  musiciens  el  musiciennes 
delacour  J7ndra;  la  grande  déesse  main- 
tenanl,  c'est   la   musique,  c'est  Sarattoali; 
eolendei-vous  ses  fils,  les   six  ragat,  qui 
ebaateni;  ce  sont  les  modes  musicaux  el 
(«s  six  saisons  (^18);  dans  chaque   saison 
on   ne  pourra   chanter  que   la  mélodie  ne 
son  raga  h  des  heures  prescrites  du  jour  et 
de   la   nuit;    avec    leurs   épouses,  ils  sont 
aussi  les  12  mois,  et  ils   chantent  l'hjmnu 
île  l'année;  —  et  tes  30  nymphes  de  la  mo- 
siqne.  les  30  raguiniê,  ce  sont  les  30  jours 
(lu  mois;  l-rs  semaines,  el  jusqu'aux  heures, 
ODt  au»i  leurs  génies,  qui  joutant  leur  rAle 
dans    le    grand    concert    de    l'année.  Les 
16,000  maîtresses  deCrieftna  sont  devenues 
&   la  fois  16,000  étoiles,    16,000  ragas    et 
16,000  passions,  aHeclions  on  modttica lions 
de   la    sensibililé;   puis,  regardez  encore  : 
loat  ce;>eujile  de  sons,  enfants  de  Saraswali, 
iiieniibés  arec  le  vent  et  avec  les  nymphes 
célestes,  dont  le  troupeau  se  presse  autour 
de  Cricbna,  il  va  se  rédécbir,  ainsi  que  le 
viv\   tout  entier,  dans  le   miroir  des'eaui, 
uaus  ce  vaste  empire  de  la  mer,  des  fleuves, 
des  rivières  sur  lequel  régnent  Vicbaou  et 
tia  iigal 

tùu  un  mot,  dans  celte  foule  immense  aux 
couleurs  changeâmes,  où  les  deux  sexe?,  la 
luiAÎâre  et  les  ténèbres,  le  bien  el  le  mal 
mollirent  partout  leur  opposition  ou  leur 
sf  liance,  sous  ces  allégories  riaiiies  ou  1er- 
;  iUIt:5,  desaints,de  prophètes,  de  palriar- 
-tiudf  de  génies,  de  uympties,  de  sylphes, 
>t€s  géants  et  de  démons;  — au  milieu  de  ces 
raovs  et  de  ces  généalogies  primitives,  de 

(3217)  CuucB,  p.  tSS. 

it^tSf  It  ;  a  >ii  kaiMiHS  d'après  les  Biitdoni. 

i-£H9}  Mmgû,  c'c!>t  ta  dccste  de  l'illasion  ;  c'nt 


ces  choeurs  de  danre  et  de  musique,  de  cet 
guerres  entre  les  bons  et  les  mauvais  es- 
prits;—  dansions  les  rapports  divers  de 
ces  êtres  surnalurels,  ï  travers  les  périodes 
cosmogoniques  dont  \v  passé  et  l'avenir 
sont  également  enveloppés; —  sous  celte 
classificalioti  de  personnages  qui  se  repro- 
duisent toujours  les  mêmi^s  dans  la  suite 
indéfinie  descalpis,  de  manwanlarasel  des 
youjas;  —  on  recunnall  confusément  la 
trace  de  la  religion  primilire,  des  symboles 
astronomiques,  pliysiques,  moraux,  philo- 
sophi']ues,  de  l'histoire  primitive,  des  légen- 
des et  des  épopées  nationales  et  de  la  mu- 
sique; ce  sont  là  les  cournnts  divers  qui, 
depuis  trois  ou  quatre  mille  ans,  mêlent 
leurs  eaux  plus  ou  moins  fangeuses  dans 
cet  océan  de  poésie. 

Haistout  cela  n'est  qu'illusion,  mensonge, 
rtfes  dorés,  œuvre  décevante  de  Mayn 
(^19)1  Toute  cette  mythologie  n'est  qu'un 
voile  aux  brillantes  couleurs,  aux  broaeries 
d'or,  d'argent  et  de  diamants  jeté  devant  la 
porte  du  sanctuaire.  Voilà  que  l'illusion 
s'évanouit,  les  rêves  s'envolent,  le  voîle 
tombe  et  nous  laisse  entrevoir  les  ténébreu- 
ses profondeurs  de  la  doctrine  secrète; 
toutes  ces  fables  éblouîssan  les  se  sont  Irans- 
furmées  en  abstractions  obscures;  de  tous 
ces  beaux  songes,  il  ne  reste  que  des  for- 
mules glacées  et  stériles  comme  la  cendre 
des  morts;  les  dieux  ne  sont  plus  que  des 
catégories,  des  chimères  psychologiques, 
logioues ,  ontolof;iquns  1  —  Panthéisme, 
idéalisme,  matérialisme  dynamique,  ato- 
misme,  scepticisme,  voili  les  biueux  fao- 
lOmesqui  s  agitent  et  se  combattent  dans  la 
nuit  de  la  philosophie  hindoue  [2^0]. 

Regardez  encore  :  voici  que  toutes  les 
visions  qui  avaient  passé  successivement 
devant  nous  reviennent  pêle-mêle;  elles  se 
poussent,  elles  se  pressent,  elles  se  heur- 
lenl,  files  se  croisent,  elles  se  compliquent 
en  tous  sens;  elles  tourbillonnent  el  se  con- 
fondent dans  un  immense  chaos. 

Puis  viennent  les  Ilots  brûlants  du  «traifMf, 
et  tout  .s'abîme  dans  la  fange  et  daus  le 
sang. 

Tel  est  le  spectacle  étrange  et  fantasti- 
que que  noua  offrent  les  traditions  reli- 
gieuses de  l'Hindouslan.  Comment  déchif- 
frer ces  pages  mouvantes  el  mystérieuses, 
dont  les  caractères  changent  selon  les  points 
de  vueT  Commeut  faire  pénétrer  l'ordre  et 
la  lumière  dans  ces  rêves  désordonnés  qui 
s'accumulent  et  se  confondent  depuis  tant 
desjèdes?  Evidemment,  il  n'y  aurait  qu'un 
moyen  pour  cela  :  la  chronologie,  une 
chronologie  exacte  et  minutieusement  dé- 
taillée, qui  remit  chaque  vhose  à  sa  place, 
ratiacli&t  les  effets  )i  leur  cause,  les  consé- 
quences è  leurs  princifH»,  el  flt  reparaître 
la  trace  effacée  des  iolluencea  si  nombreu- 
ses el  si  diverses  qui  en(  amené  les  traits- 
formaiions  successives,  les    divisions,  les 


aussi  l'cpoute  de  Brakm,  son  inaginatÏM  créalnea; 
c'e»t  la  na'ltêre,  etc. 
ftUft)  Yvf.  te  DM*  VUI,  i  la  Au  du  voluib 


un 


!SD 


Dictionnaire  ApoLoceriQUE. 


c(  ii'nssiffnc  i  aucun  d'eus  moinl  de  trente 
ans  de  ret'ne,  et  la  table  seplièma  m  fait 
régner  dis  cinquante-quatre  gns  (S236). 

On  dit,  il  est  rrei,  que  les  Védas  et  les 
lois  de  Uanou,  qui  sont  les  livres  les  plus 
authentiques  dea  Indiens,  remontent  h  une 
'éjtoque  très-reculée  ,  et  révèlent  ciiez  ce 
Iicuple  une  civilisation  qui  n'a  pu  s'élahlir 
qu'après  une  longue  suite  de  siècles. 

Nous  u'ignorons  pns  que  plusieurs  écri- 
vains ont,  en  effet,  attribué  aui  Védas  une 
antiquité  très  reculée  ;  tuais  nous  ne  crai- 
gnons [IIS  d'aflîrmar  que  c'est  uniquement 
aur  les  présomptions  les  moins  fondées.  Il 
n'est  pas  d'orientaliste  un  peu  instruit  qui 
ne  sache  que,  sur  cette  matière,  i)  est  une 
autorité  inliniment  supérieure  k  toutes  les 
entres,  et  au  jugement  de  laquelle  il  est 
(litneile  de  ne  pas  acquiescer  ;  nous  routons 

Carier  du  prince  des  indianistes,  de  Cnle- 
rooke,  en  un  mot.  C'est  donc  ce  savant  qui 
sera  notre  guide  et  notre  boussole.  Or,  il 
(icnse,  par  rapport  au  Yédn  (2227],  que  la 

anatrième  partie,  nomniép  Alharvana,  con- 
eut  cinquante-deui  oupatijc/iatfj  ou  traités 
lliéniogiques ,  dont  l'a utiitn licite  est  as 
tnnins  douteuse,  vu  qu'ils  ne  sont  pas  ailmis 
dans  les  meilleures  collictions.  Ce  savant 
étend  même  son  doute  sur  quelques  antres 
Irailél  qui ,  quoique  comjiris  daos  ces  col- 
lections, paraissent  n'avoir  pas  étécoiumen- 
lés  pur  d  anciens  auteurs,  ni  avoir  été  cités 
tlans  les  anciens  commentaires  sur  le  Yé- 
dénla  (2238)  ;  et  il  va  jusqu'k  dire  que  tout 
oupaniehad  évidemment  favorable  aux  doC' 
Irines  des  sectes  qui  adoreut  Râma  elKricknd 
comme  des  incarnations  de  Vichnou,  peut 
Aire  rejeté  nomme  très-suspect,  ces  sectes 
filant  tout  h  fait  nouvelles  comparativement 
aux  Védat  (2229].  Quant  è  VAtharvana,  voici 
ce  qu'en  dit  encore  notre  illustre  indianit^te: 
k  Wilkiiis  et  William  Jones  furent  conduits, 
par  l'examen  dfi  {ilusieurs  )>assaçes  remar- 
quables, h  suspiecler  que  to  quatrième  Védu 
est  plus  moderne  que  les  trois  autres.  Il  est 
curlain  que  Hanuu  ,  comme  d'autres  légis- 
laleurs  indiens,  parle  toujours  de  trois  seu- 
lement, et  faiti  peine  allusion  au  quatrième, 
l'Alhartana,  sans  toutefois  le  désigner  sous 
le  litre  de  Y^da.  Des  passages  tirés  de  l'écri- 
lure  indienne  elle-même  seintilent  confirmer 
cette  inductio[]  ;  car  le  quatrième  Yéda  n'esl 
pat  mentionné  duits  le  pdssage  cité  par  moi, 

(3Ï26)  Hauu,  Dt  la  polUi<nu  et  eu  têmmunt  det 

FWHittM  dam  Cuniiquiu,  1. 111,  p.  306-299. 

(Xti7)  A  Tueiiiple  des  auteurs  liiiidous,  les  in- 
diiiJiiBtes  eniploiciil  iiidifliireinment  le  singulier 
Véda  et  le  pluriel  Védat,  coinini;  nous  ilisoits  uous- 
uièm^B  la  lalnte  Keriiare  ou  les  tainlet  Ecriture». 

(!t9i8)  VidàMa  est  1r  iioiit  il'un  BvgEème  de  phi- 
lotopttie  uui  s'appuie  sur  les  texies'iles  VMn. 

(p.m  a.  T.  CuLEnoout,  Noiite  tMf  tu  Vida», 
p.  al8  de  la  irAducI.  franc-  île  U .  Pauiliier,  insérée 
dani  les  LivrtM  taeriê  de  t'Ohent;  Paris,  (840. 

(n30)  Second  Euai  lar  le*  ciTimome*  religîeaut 
de»  ttindvii$.  (Voy.  Atiatie  Hetearcliti,  \o\.  Mil, 
p.i5H 

(•3iH)Yadji>uch,ouTfadjauT-Yédà,csHct\enj\tMt 
des  Vidut,  qui  Irailc  priud paiement  des  saciillcus; 


dans  un  premier  asMt  (S30),dulilittlii 
jouoh  (2231),  ni  dans  le  texte  qui  luii,^,: 
de  l'écriture  imlicone  par  le  comtneMMnr 
du  Bitch  (2S3S).  ■  A  ces  exeenlionj  ph. 
Cotelirooka  se  pronmice  ponr  UulheDlidif 
des  Védat,  entendant  |iar  lï  fv'tli  inifa 
mimei  ouvraget,  let  mima  eompotititntc. 
totu  ce  tilrt,  ont  été  révirù  par  la  Bmit 
pendant  des  cenlainet,  linon  det  niliùrni 
liieUt. 

Hais  ce  qu'il  nous  importe  surlOBldi» 
voir,  c'est  la  date  de  la  composilion  dex 
livres  ;  or,  voici  ce  que  dit  Is  mtm  «m 
ï  ce  sujet  :  «  Les  dilTéreulei  pjrtiuq 
cunstituent  les  Yidai  doivent  sToirélétoh 
les  en  différents  temps.  La  pfriuds  tvà 
dans  laquelle  elles  furent  Gompilét),  h 
celle  dans  laquelle  la  [itus  grande  pjnitlg 
Wdflf  fui  composép,  ne  peut  être  ii\tm- 
née  avec  eiactiluile  et  confiatire  u'i|tft 
quel(]ue9  fsila,  reconnus  eepead^nl couk 
oerlains.  Mais  la  eonlrée  où  la  rotnpilnliqt 
des  Yédai  eut  lieu,  t>ent  rëtre,puisque|):i 
sieurs  rivières  de  l'Inde  soni  maniioùefi 
dans  plus  d'un  texte  ;  et  par  rapport  t  \t]* 
riodL-,  i'inrrne  à  penser  que  1rs  c^rén)Oii!i 
nouimées  Tai^nya  (2833) ,  el  les  prière) ^i 
driiveflt  él.a  récitées  h  ces  cérénmniej, M*. 
aussi  anciennes  que  le  calendrier  qui  inlt 
que  avoir  été  composé  ponr  de  smbliUa 
rites  religieux.  *  Après  une  loDguï  ifixi»- 
bion  sur  l'astroDomie  des  Y4dat,  le  si'al 
indianiste  arrive  h  celle' conclusion:*!/^ 

?[ue  le  calendrier  eraploj'é  dam  lei  Tel* 
ut  réglé,  les  points  sulsticiaut  étiitalu^ 
cufés  comme  étant,  l'un  au  comaieiKtiTitl 
de  laconstel  ation  DhaHichthâ,e\\'t\atii 
milieu  de  la  constellation  i4i/A'Ad,'f('r> 
était  la  s.tuatiun  de  ces  [loints  cinjiiuu 
dont   le   XIV  iikle   avant    fèrt  ***" 

Ainsi  les  Yédat,  qai  sont  les  pltsW 
monuments  sacrés  de  l'Inde,  De««rW 
être  placés  nu  delà  du  xiv"  siècle  mcl""" 
ère,  dans  le  cas  même  où  l'on  TOii<i>'Li'^ 
garder  comme  ceriaine  l'opinion  d*  IJ'- 
brouke,  qu  il  ne  donne  lni-mé;iieqD"'-''''' 
une  conjecture  vague,  el  jiarctmsc()i«i'-' 
mérilBiit  pas  une  grande  confiance;  <')''''* 
faut  point  oublier  ses  propres  piro!ti,'r-' 
nous  ne  vo^'ins  pounani  liléés p" "■' 
indianiste  :  Ceci,  il  faut  bien  if  r«»»«"'' 
eit  rague  et  conjecturât  (2235). 

«I  le  Utme  fcrfjowA,  ea  unicrit,  F«(rna'l'-* 
le  ftfti»  d'uite  twclion  du  YoéjonT-Vii*- 

(i252)  CoLEBBO  .K.  NotittnrUi  !««.«■• 
ibid.,  p.  SUT-StW.— fliicft,  ou  Rig-Védi,'!»^^ 
iuii:r  dt'S  Yidai;  il  ctniliuiil  priiicpilemMil  >(>':* 
nés  en  vers. 

(tïS3)  Ce  mot  saiiiicrit  est  dérivé  dt  M' ^""^ 
gnitie  offrir  an  tuciifiei,  cii  se  pri«niil»i*''-'' 
pour  quelle  appanieiiw  il  une  iliiiuilt,  il>^''| 
lenliun  de  se  la  rendre  prop'ce;  oM  Jf  *^ 
gui  est  le  plus  reconiiiiaiHlc  dauii  les  ^^"i^^ 
avona  eniprunlé  ceUe  expiicailou  à  CoI(1t(>« 
niéiiie,  qui  l'a  doiniéc  djiis  son  (idÎmùk^^ 
la  philoïiiiiliiii  (les  IliiKlous. 

(«5*)  flwiMjKr  Ut  YMat:  iW-.p-  S»  _ 

(ïiJSj  (  TLis,  il  musl  he  ackn««liirsi4  ' 


im 


tSD 


HCnONNMM  kPOmatJlQVE. 


iflD 


im 


Oamdux  lois  do  Hanoa  (S236),  lei  in- 
diiuUtes  les  Tont  remonter  jusqu'au  xiii* 
siècle  miit  Jésus-Christ,  se  foodant  sur  iM 
râisoassairaDles.  D'ibord  ce  Hrre  ■p|>roelie 
beaucoup  des  VédoM  par  ia  purelâ  des  doc- 
trines. Il  simplicilé  du  lan^ga  bt  mAaie  le 
st^le.  Bn  setiond  lieu,  parmi  les  personnage* 
tiistoriqaes  qui  s'y  trouvent  ciies,  aocan  ne 
parall  atij^rteoir  t  une  époque  postéricare 
>o  XII*  sîtele  aTaat  noire  ëre.  Troinèm»* 
jjueni,  ta  réfortne  des  booddbislesi  que  l'op:*- 
iiioa  générale  place  enTJroa  mille  ans  aranC 
Jésu»>Christ,  n*j  est  pas  une  seule  fois  men- 
lioiuiée ;  d*où  l'on  iwul  couclure  qu'elle  a*a- 
Tsit  pas  encore  eu  lieu.  Qualriememenl , 
enfin,  on  n'j  volt  aueaoe  trace  de  cette 
triade  ou  Irinilé  {trimo^rti),  si  bmeuse  dans 
des  Àjstèmes  mf  Iboingiques  sans  doole  poa- 
lérieurs.  Vicbuou  et  Sivi,  que  les  Pourxnas 
prtseutcnt  comme  deux  diviuJlés  égales  et 
uiéuie  ^Ultérieures  i  BrabmA,  ne  sont  nom- 
niés  qu'une  seule  fois  en  passant,  ot  ne 
joueaiiDcuo  râle,  même  secondaire,  dsus 
l«  sjrstèfne  des  créaliom  et  des  destructions 
(lu  uiODde,  exposé  par  le  législatuur.  £a  un 
iiuii,les;stAuia  mjrtbolegique  des  lois  de 
^Minuu  laratt  avoir  le  plus  grand  raiiporl 
A  tïG  celui  dS5  fédat. 

KriQs  couTenons  parraîtement  de  tons  ces 

«iiilt  de  ressemblance,  et  quiconque  est  un 

■wu  iiBiiliarisé  avec  la  longue  sanscrite  et 

Ji  leciurade  ces  deux  ouvrages  en  cooTÎeu* 

«Jn  ^lemenl  ;  mais ,  comme  noua  vecions 

«Je  le  montrer,  la  bsutv  antiquité  des  Téda$ 

^liBl  littdée  elle-wénie  sur  des  conjectures 

^igussplutÂt  que  sur  des  raisons  solides, 

^=dlt  det  kris  de  Mauou  ne  peut  reposer  sasr 

«-<M  base  plus  sûre.  Uuoi  qu'il  eu  soit,  et 

^•dffiettaut  aoéine  eus  dates  comme  posi- 

f 'uetcerUîoes,  la  cbn>uolO({iu  mosaïque 

»<  ireave  «ncore  k  l'abri  de  toute  ailaqua 

Wriaose;  car  la  critique  la  plus  sévère  et  la 

.  ^os  minulieuae  ne  saafait  trouver  dans  ces 

uouumeots  iudiaos  rien  qui  puisse  la  mei- 

«  en  défaut. 

£uliu  t  on  pourrait  nous  olgecter  encore 
juanoua  n'avous  ueniiuQoé  jusqu'iui  que 
c*  OiivragM  iodieusqui  coDcerovul  le  culte 
■rabmauique,  c'est-Mire  des  ouvrages  coui- 
<^Ȏs  eu  sanscrit,  tandis  qu'il  existe  incon- 
ffctablemeot  des  annales  elaulies  ouvrages 
istwiques  écrits  en  pâli,  lesquels  sont  en 
&«ge  ctiez  les  sectateurs  de  Bouddbo. 

U  est  iucunlestabie  qn'U  eiuteuoeiofi- 
■  té  d'érrita  cbez  les  bouddbisles  ;  mais  ces 
L^rit»  sont  géuéralenient  trés-peu  connus, 
«fpemlaut  un  Anglais,  M.  Hodissou,  s'en 
st  jirucuré  dsus  le  Népal  un  graud  nombre 
Lx'ii  a  eofo/és  eu  Kuropu.  D'après  U.  Eu- 
sne  BurDuuf,  un  des  indianistes  les  plus 
-010D«is  et  les  plus  judicieux  de  wttre  éjro* 

t«  aad  eseiecUnaL  »  (Anati  Satarcke»,  L  Tll, 
SU.) 

tU36)  Mmaom  CM  uirsDBMé  SMfimUiomni , 
tl-i  Jirr  isM  de  l'Etre  «isunt  Mf  lui-màae. 
livaut  les  lodiens  ce  livre  lui  a  Mé  inspiré  par 
^mA.  et  k  rieki  Skri^ou  Pa  fail  lOnDaiire. 
(Si37t  Voj.  TraxiialipH  o(  Hu  CiiighaUu  fcùlerf 
CtpItMM  eommmMitaitd  »|  lAf  Hun.  tir  Aleuitdcr 


3 ne ,  aucun  de  ces  oorrages  ne  peut  lutter 
'antiquité  avec  li^s  livre*  foiidimeotaux  de 
la  llllerature  sanscrite,  dont  nous  venoui 
de  parler. 

Hais  indépeadsoubent  de  ces  écriu  bonà^ 
dhiques,  il  en  est  un  bien  connu  anfonr<> 
d'bui,  e'eït  ieÊUdjdwali,  c*ssl-li-dire  l'his- 
loire  des  rois  de  Cojlan  (fi^.  Si  Hm 
était  tenté  de  nous  l'opposer ,  nous  ferions 
observer  qu'il  ne  mérite  pas  la  moindre 
ctMiQanea;  car  l'élémenl  histurique^r  trouve 
plus  rarement  encore  que  dans  les  Poura- 
nas,  et  les  faits  dont  il  est  rempli  sont 
plutôt  des  contes  que  des  mythes.  Les  Mis 
qni  j  sont  menlionnés  dsUs  le  premîCre 
partie  régnent  des  milliers  d'années  ^  et 
plusieurs  d'entre  eus  ont  des  milliers  de 
tils.Les  règnes  des  souverains  compris  dans 
la  seconde  partie  sont  do  moins  lod^ue 
durée,  et  on  a'j  trouve  de  faits  aiémo~ 
rsbles  que  les  invasions  des  Uitlabarts  de 
la  terre  ferme,  accomi<a]Çiié.es  de  fllos  on 
moins  de  succès.  La  cou:eur  générsie  des 
récits  «emblf  rail  prouver  qu'ils  ont  été  pui- 
sés dans  des  ouvrages  |)oétiqueg. 

OMwtaMMset  liM>«  aitiMioialqm  ira  fcJteSa. 

Sans  (larler  de*  brahmanes ,  Baill/  at* 
tribue  aux  connaissances  et  anx  latries  as- 
tronomiques des  Indiens  l'antiquité  -la  plus 
recalée  (2238);  ceri  selon  la  r«tBart|ue 
judicieuse  du  docteur  Wiseman ,  «  |>ar 
l'analjse  des  forn)ul«s  astronomiques  des 
Indiens  i  connues  comme  elles  pouvaienl 
l'être  alors  au  mojeu  des  renseignements 
imparfaits  donnés  par  le  Gentil,  il  fui 
amené  k  conclure  qu'elles  étaient  fondées 
sur  des  observations  réelles, mais  que  l'état 
présent  et  le  caractère  dus  Indiens  ne  nous 
permettaient  (tas  de  les  cousidérer  comme 
des  découvertes  originales  appartenant  è 
ce  peuple,  a  Gonséquemmeul ,  rastronomie 
actuelle  de  llnde  ue  se  compose,  aux  jeux 
de  Bnilly ,  que  des  fragments  et  dea  débris 
d'un  système  de  scieu<:e  plus  ancien  et 
bpaucoup  plus  parfait.  B'i  aioutant  à  ces 
conjectures  quelques  autres  d'un  genre  dif- 
férent, basées  sur  des  suppositions,  des 
allégories  et  de  vagues  afx-ifus,  il  éta- 
blit sa  célèbre  théorie  suivant  laquelle  une 
nation,  quia  depuis  long:eiBp«  disparo  du 
monde,  existait  il  y  a  nombre  de  siècles 
dans  le  noni  de  l'Asie,  et  de  oette  source 
serait  provenu  tout  le  sarair  qni  s'est 
rencontré  dans  la  péninsule  mérîdioBale. 
•  LeslndienS)  dit  Bailly,  for.naiont,  dans 
mon  opinion ,  une  nation  pleinement  cons- 
tituée dès  l'an  3^3  avant  JéSus-GbrisU 
Ceci  est  la  date  réduite  de  leurs  dynasties. 
Il  est  étonnant,  ajuuie-t-il  ailleurs,  qu'on 
trouve  chez  les  brachmanes  des  tables  «s- 

JaKUTOK,  d»c  les  A«Ht*  o[  Oritmlmt  litlenimnt 
tebr.  I8il,  p.  385. 

(±238)  Ces  utile*  s^imnoMtqDM  aoet  le  Sr9«- 
SidâkaM»,  ouvrage  que  les  ladieiM  reganleul 
coBiiHe  ta  taMdelearaslraDomieeléeleaTebi*- 
ntriogiR.  et  eumiee  «n  de  leurs  i—Buatems  liMé- 
raires  h»  piM  M    '     ~ 


.us 


IND 


DICTIONNAIRE  APOLOGETiaUE- 


IKD 


IronomiquM  dont  l'anc'ennelâ  «si  de  cinq 
ou  s'il  mille  «ns  (2239).  » 

Toulo  celle  lliéorie  de  Bailtjr  o'esl  qu'une 
fiiire  cliimère  ;  ses  liynolhèses  soiil  aussi 
élrariges  qu'erronées.  Quant  aux  dyiMsIies 
sur  lesquelles  cet  écrivaia  se  fondai  nous 
veuoiis  de  voir  quelle  en  est  la  valeur 
bistoHque.  Il  est  vrai,  comme  le  dit  lrè>- 
bien  Delambre,  ■  il  n'écrivit  pas  pour  les 
Jiuiaiue<  de  savoir;  il  aspirsit  à  une  re- 
iiouiiiiée  p!tis  étendue,  l)  céda  su  plaisir 
d'jissocier  son  nom  à  celui  de  Voltaire; 
il  ressuscita  la  vieille  fablu  de  l'Atlantide; 
il  eut  un^  bon  nombre  du  lecteurs,  et  ce 
fut  ce  qiii^  causa  sa  ruine.  Le  succès  de 
«on  {ireuiier  (taradoie  le  conduisit  b  en 
çiéeT  d'autres.  Il  inventa  sa  Ifalion  éteinte 
et  son  Atlronomie  perfectionnée  dans  les 
truips  m^liiologiqiies;  il  appuya  toute  chose 
ensuite  sur  cultu  idée  de  prédilection  ,  et 
ne  SQ  montra  pns  fort  tcrunuldui  sur  Is 
cliuii  des  moyens  destinés  a  donner  une 
euuleur  Tavurable  Â  son  hypothèse  (^40).  » 

Quant  aux  connaissances  réelles  en  as- 
ii'onomie,  le  même  Delambre  les  refuse  aux 
Indiens  aussi  bit^n  qu'aux  autres  anciens 

1>euples  i  il  l'exprime  d'une  maDiàre  bitin 
ormelle.rorsqu  il  écrivait  bCuvier:  «Quant 
aux  Chaldéens,  aux  Égyptiens,  aux  Cliioois 
et  aux  indiens,  il  n'y  faut  pas  songer.  Ou 
n'en  peut  absolument  rien  tirer.  Ua  pro- 
fession de  foi  &  eut  égard  est  dons  le  dis- 
cours préliminaire  de  mon  Bisloire  dt 
i'ailronomie  du  moyen  dge,  pages  un  et 
Xfiii  (2241).  »  4 

Le  fameux  astronome  J^rdme  Lalande, 
rendant  compte,  dans  sa  Bibliographie  as- 
Irouomique»  du  Traité  de  l'attronçmU  in^ 
dienne  el  orientale,  par  U.  Bailly,  l'ait  celle 
réflexion  :  ■  J'ai  fait  voir  dans  uiou  Atlro- 
nomie, art.  365  el  suivants,  que  la  Laule 
anliquilé  des  tables  indiennes  me  parait 
peu  prouvée»  quoique  l'auteur  ait  employé 
pour  l'établir  beaucoup  de  savoir  et  de 
calculs  [n!i2).  • 

Un  autre  savant  français ,  qui  s'est  égh< 
lement  illustré  aux  yeux  du  monde  entier 
par  ses  connaissances  profondes  en  astro- 
nomie, malgré  son  attachement  pour  Bailly, 
n'a  dissimulé  ni  les  erreurs  de  son  ami, 
ni  son  propre  sentiment  sur  les  tables 
indiennes  ;  voici  ses  propres  parules  :  *  L'o- 
rigine de  l'aslrûnomie  en  Perse  et  dans 
l'Inde  se  perd,  comme  ches  tous  les  peu- 
làest  dans  les  ténèbrtis  des  premiers  temps 
de  leur  histoire.  Les  tables  indiennes  sup- 
posent une  astronomie  <issfz  avancét;  ;  mais 
luut  porte  à  croire  qu'elles  ue  sont  pas 
d'une  haute  antiquité.  Ici  Je  m'éloigne  avec 

(2'239)  BiiLLi,  llittoirt  de  l'astrvnoïKie  aaeitnitt, 
Piirii,  1775,  p.  107-115,  cilé  pir  N.  Wiseman, 
(MtcMiri  iitr  le*  Topptirii  euire  la  tfieuce  et  la  reti- 
ijion  Tieitit,  t.  Il,  p.  13  iJe  la  Iraduct.  franc. — bans 
MCùtret^onda-ie»  mm  Voltaire  (l.  11,  p.  2S9),  d'A- 
kmberl  tail  U  rcClunioii  &uitaiim  '  (  Le  rêve  «le 


SM   IIOIO    i 

creux  qu'oi 
dus  Jikraiii 


o-iï,  excepté 
uu  des  plus 
boii  à  (aire 


|)eine  de  l'opinion  d'un  illustre  (imillin. 
reui  ami  (22V3)....  Les  tables  ImJieou 
ont  deux  épotiues  principalusqui  tGoxn- 
lent,  l'une  fi  I  année  3l0â  avant  nDinèï 
l'antre  &  Ji91.  Ces  éirO'jnrs  sniit  liédpi 
les  moiivemeutf  du  soleil ,  de  la  luntii 
des  planMes,  de  manière  qu'en  partui') 
la  position  que  les  tihlcs  iiidieniieiaB- 
gnent  è  tous  ses  astres  à  h  secomle  épim 
et  remontant  b  la  première  au  momt 
ces  tables,  on  trouve  la  conjoncliiKi » 
iiérnle  qu'elles  snprosenl  à  celte  t\^\ 
Le  savant  célèbre  dont  jo  riens  tl'>  [tf. 
Bai  Ij,  a  vlieixhé  è  établir,  dans  senln'« 
de  rastronomte- indienne,  qnc  cetleft» 
mièro  époque  ét.iit  fondée  su^ll1Dl>^^ 
valions.  Ualgré  se»  preuves,  eiiiosétin* 
la  clarté  qu'il  a  su  répandre  tur  tcsit 
tières  l>^.s  plus  ahstnii tes,  je  regarde  looiru 
trèj-vraisemblable  qu'elle  a  èld  inigNR 
paurdonnerdans  le  zodiaque  une  coiumcw 
ori^inu  aux  mouvements  des eiirpi céleslrs. 
Nos  df^rnières  tables  «alroiiODiiques,(iii>' 
•idérablemenl  purfectroanées  par  Ig  «nf- 
paraison  de  la  Ihéoi-icavt'CungrciDiliiniDurt 
d'ubsrr  va  lions  lrés>précîses ,  neperiadlH 
pas  d'udmeilre  la  conjonction  suppôt 
dans  les  tables  indiennes;  elles  offrenliufiit 
ï  col  égard  des  dilTiîrence)  beaucoup  |'*> 
grandes  que  les  erreurs  dont  elles  tJ 
encore  susceptibles.  A  la  vérité,  inelc" 
éléments  de  I  astronomie  des  IniliensD'y: 
pu  avoir  In  grandeur  qu'ils  leur  Knp^ 
que  longtemps  avant  notre  ère;  \\y- 
par  exemple,  remonter  jusqu'i  sii  ■>;'< 
ans  pour  retrouver  leur  éi)ualiaD<JaeeiJt| 
du  soleil,  liais,  iDdépendanimeot  dei"- 
reura  de  leurs  déterminations,  on  fti 
observer  qu'ils  n'ont  considéré  les  i»^ 
lités  du  soleil  et  de  la  lune  qae  vi^ 
ment  aux  éclipses,  dans  l«squeliei''i^ 
tion  annuelle  de  la  loae  s'ajoute il'qwi^ 
du  ccnire  do  soleil,  et  l'augnisud'oH* 
Quantité  à  peu  près  <^gslr  k  la  ^ïéf'^' 
de  sa  véritable  valeur  a  celle  desNi^i^'. 
Plusieurs  éléments ,  ti>l8  que  les  ïiiuii>^'> 
du  centre  de  Jupiter  el  ds  Miirs,50ut"cr 
différents  dans  les  tables  indieniirs  dç^ 
qu'ils  devaient  être  à  leur  jireiuiirecr 
<{UB  :  l'ensemble  de  ces  tables ,  et  Mi[l'>^ 
1  impossibilité  de  la  conjonction  g^iK^j 
qu'elles  supposfot,  prouvent  qu'elle» ''^ 
ùié  constt'uites  ou  du  moins  rfcliâéus ilil* 
des  temps  œojernes.  C'est  ce  qm  rrtv-i 
encore  des  moyens  mouvemenlsquc'^ 
assignent  à  la  lune  \nt  rapport  a  )0^  l"] 
rigée,  k  ses  noflids  el  au  suleil,  i^'PJ^ 
plus  rapides  que  suivant  Ploléuée,  i^ 
«tiquent  qu'elles  sont   postérieures  1  ^^ 

pLili>sophie  comme  en  poésie,  tit»  ■'<«  **•"  f* 
trai.  1  [  Vou.  aussi  à  la  p.  SIW  liu  intme  tm*, 

(3i40)  Uelahmis,  AwroKOfflwrf»»»»"'^'^' 
cours  preliiu.,  p.  ïiïiv. 

(SMl)  Voj.  tuvtES,  i>i«o«n,  eie,p.  Iw-'^. 

fM.  B,  tiUI  ;  Paiis,  au  XI  {\ma].  ^     ^ 

p.  Vàk  '5tfâ.  I 


I>D 


ronome;  car  on  a  vu  qae  ces  trois  mou- 
nents  s'aecélèrttot  da  siècle  en  siècle 
ïk].  . 

I  £bii(  convenir  poartanl  que  d'hfl  biles  inrtin- 
t»s  ont  prétemlu  que  eesjugenients  portés 
les  faibles  connaissances  des  Intiiuns  dam 
Ironomie  manquent  de  vérité;  Guitisu me 
Schlegel,  ealre  autres,  fc'élëvu  |>flrti< 
iëremeiil  rontre  Delnmû-e  avec  une  yi- 
lence  remarquahle.  Le  nom  'Je  cet  écri- 
1,  l't  surtout  Vauiorité  que  lui  a  méritée 
>aToir,  nous  foni  un  deviiir,  ce  dcoible, 
ripporlLT  eu  moins  le  fonds  de  ses  ré- 
iitiiiitiuns,  altn  que  le  lecteur  soit  mieux 
<^fiie  (te  juger  jusqu'à  quel  porni  elles 
t  fondées,  et  de  voir  les  conséquences 
peuvent  en  résulter,  relativement  au 
.t  qui  nous  intéresse  plus  parliculière- 
il  dans  cette  discussion  ,  nous  voulons 
'  ta  vérité  du  récit  mosaïque  louchant 
I-  du  luonile. 

C'est  assurément  un  des  faits  les  plus 
ifux  dans  la  civilisation ,  dit  Sclilegel, 
'OÎr  l'astronomie  si  anciennemi'nt  cul(i< 
,  En  Tain  M.  Deismbre  foudrail-il  ei- 
uiT  ce  fait,  comme  d'autres  tavants  l'ont 
\yé  avant  lui,  par  l'utililé  prutiifue  de 
Irunomie  pour  l'agriculture  et  la  navi- 
<iu.  Cela  n'aiirait  jamais  produit  autre 
s«  qu'un  calendrier  de  paysan,  tel 
Hëtiotie  nous  le  donne.  D'ailleurs,  la 
'ifaltou  des  anciens  est  restée  (rès-îm- 
Uile  :  en  eénérat,  ils  cherchaient  k>s 
'S  tant  qu'ils  pouvaient,  parce  qu'ils  ne 
lient  pus  s'orîeritereii  pkiUB  mer.  Enfin, 
peuples  h  nttus  connus,  qui  dans  l'auti- 
é  se  sont  le  plus  asïidQuienl  appliqués 
islronomie,  les  Ë|jypliens,  les  Clial- 
is  et  les  indiens,  u'étaieut  poitit  naviL»- 

La  disserlalion  que  CoIebrOuke  a  mise 
iie  de  sa  traduction  de  Braiiriiagupta  et 
'liâscara  fut  publiée  en  IBtT,  dans  la 
e  année  avec  l'Histoire  de  l'astronomie 
■  une  par  Delambre  ;  le  douzième  vo- 
iles Seehereka  aiialiquei,  imprimé 
cuttn  eu  iSifi  et  contenant  la  disserta- 
Je  M.  Colebrooke  sur  les  notions  des 
nomes  indiens  concernant  la   préces- 

ties  équinoxes,  n'était  peut-être  pas 
■e  arriTé  en  Europe,  de  sorte  que  De- 
re  n'a  pu  connatire  ni  l'une  ni  l'aoïre. 
l'iusiours  assertions  de  ce  calculateur, 
»'t^t(iîl  constitué  historien   sans    vora- 

(2246),  se  sont  IrouvëuS  i-éfulécs  à 
uni  niéme  où  il  les  mit  en  aviinl  avec 
t*î  cunliancc  et  de  morgue.  > 

savant  indianiMe  ajoute  imniédiale' 

quo  Colebrooke  a  iiesé  avec  la  cir- 

•t^ctioii,  lu  calme  et  riinpuilitlitd  qui 


MCTIOSNAIUE  APOLOGETIQUE.  WD  lltl 

le  caractérisent,  les  prétentions  ^es  Grecs, 
des  Arabes  et  des  Indiens  au  titre  d'inven- 


teur de  l'atgébre,  et  qu'il  a  rectifié  beau- 
coup de  points  de  cnronotogie  littéraira 
que  Delambre  avait  nroclamés  comme  irré- 
vocablement décides.  Enfin ,  selon  lui  : 
«  Aryabhatta  enseigna  dans  l'Inde  fa  rota- 
tion diurne  delà  terre  autour  de  son  axe, 
peut-être  en  môme  temps  avec  Ecphanlus. 
Héraclide  du  Pont,  Arislarqoe  de  Samos  cl 
Nicélas  de  Syracuse,  i>eut-ôtre  quelques 
siècles  pins  tard,  il  n  est  nullement  pro- 
bable que  cette  doctrine,  oui  fit  peu  du 
fortune  en  Grèce  parce  qu  elle  heurte  de 
front  les  apparentées,  ail  été  transportée  do 
là  dans  l'Orient  (2âi7).  ■ 

Tout  bon  critique  fera  néccssairemenl 
plusieurs  observations  sur  ce  passage  do 
Sclilegel.  D'abord,  Delambre  n  est  pas  la 
seul  qui  refuse  d'accorder  une  hante  anfi- 
qaitéa  la  science  astronomique  des  Indiens. 
Sans  parler  de  Lapisce,  que  nous  avons 
déjà  ctié,  on  peut  nommer  Schaubach,'  te 
docteur  Ma.<kelyiie,  Honiucta,  Heeren,  Cu- 
vieret  Kiaproth,  qui  dit  eo  propres  termes  : 
■  Les  tables  ostronomit^ues  des  Hindous, 
auxquelles  on  avait  attribué  une  antiquité 
prodigieuse,  ont  été  construites  dans  lu 
vu'  siècle  de  l'ère   vulg.iire,   et  Ont    été 

fosiérieurenicnl  reportées  nor  des  calculs 
une  épuqnc  Bnlérii;uiL'  (5^2»81■  ■  A  ces  té- 
iiioigiia^i-s  iifliis  ujnnicroiis  volontiers  celiiT 
de  tientley,  car  quoique  nous  soyons  loin  du 
partager  ses  Idées  sur  bien  des  points  pni'- 
licutiers,  nous  ne  voyons  pas  qu'il  ait  éid 
jusqu'ici  réfuta  viclorit-uscment  dans  sa 
dénionsIralioD  sur  te  peu  d'ancienni-té  quu 
l'on  doit  attribuer  aux  observations  et  aux 
ouvrages  astronomiques  des  Indiâns  i  co 
qui  parajl  certain,  i^'est  qu'il  a  mérité  Ks 
sulTreges  des  meilleurs  mathématiciens  t'( 
astronomes  modernes. 

Quant  &  Colebrooke,  lorsqu'on  examina 
avec  aitenliun  son  téiuoi|;nage,  on  te  trouvi.', 
beaucoup  moins  favorable  a  rdtiliquilé  dm 
l'astronomie  indiniioe  que  Si;hieç;e)  sembla' 
le  sutijioser.  En  effet,  selon  la  remarque  du 
M.  Wi^eman  ,  unlie  l'époqtia  où.Ballly  a 
écrit  pour  défendre  celle  antiquité  d  le 
temps  auquel  Delambre  s'uiit  clfnrcé  du  lu 
réfuter.  In  publii;ulii>n  do  plusreui-s  tra.tt^s 
niathématiqui'S  indiens  fournit  h  la  Kevue 
d'Edimbourg  l'occnsioitdu  venli^rranliquité 
de  ta  science  des  Hindous  ei  do  censurer  la 
cunduile  de  Deljiiubre.  Ccpeiidaiil  l'ouvra^u 
de  Colehruoku  offre  des  raisons  assez  forl^^s 
L-t  assez  plausibles  jfour  supposer  I  origine 
coiujiariitivfiiii'iit  niodertie  des  mathémati- 
ques diins  l'I'idc.  Ou  trouve  dans  les  uotes 
et  les  explicatious  de  sou  Discours  préliini- 


\  I  LtPLicE,  Exuofirion  i*  nttèmt  i%  monde, 
-368. 
r^)  Ici   Sdilegel  Fait  remarquer  mill  faut  ad- 

■  iiie  excepiioR  à  l'égard  des  Irdiciis. 
OJ  t>:<iis  une  iioiu  u  cs-clcnilur,  Sclik-gel  s*al- 
^    liroMvor  (|i<e  iiiitt-i««lcfrMit(  Dclamlite  igno- 
(     litH^DM,  mai^  qui!  lo  logique  têt  «uni  fvri 
•  »e;  el  U  uiuiuro  par  un  ii.n-aa-  du   il*- 


mayana  nue  les  Indiens,  coiilftdicl»treni«iil  à  l'as- 
seriion  Je  faslronoine  ïraiiçais,  om  «tuelic  uiW 
graitdc  importance  aux  |iliiiirtcs. 

(Iiii7)  A.  W.  lie  Si:bli:uel,  Mfiexiom  nr  NmS» 
det  tanmei  aiialiqatt,  IWIW. 

(ïiW)  4.  KiArnuTD,  «fWMr.-»  rehUfi  àrArie^ 
p.  397;  Pans,  ISil. 


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DICTIONNAIRE  APOLOCBTIQUe. 


nalrQ  une  lisle  roiiruie  p-ir  \es  aslronooie^ 
de  Ûijii>a[it  nu  cjocleur  BuDter,  liste  qui 
contient  Iqs  noms  ile  Ivurs  plus  célf-lires 
terJTfiiis  L-n  «ïlrtiaouile.  Or,  Ih  pltis  oncien 
Je  CfS  ëcrivaini  esl  Vflrstin-Mihiri,  qu'ils 
iiliceni  au  m*  siècle  de  l'ère  chrétienne, 
Vsia  on  no  coimati  rien  île  lui,  land  s 
qu'un    autre    bslrnnome    du    même    ama 

3ui  i-sl  IrèfKOnnu,  Qgure  dons  la  tiibla  du 
odeur  Huuter  comme  aynnt  réea  au 
v|*  siScle  seulement.  Colclirookc  cite  ,  il 
csl  vrni.  lies  Iroitiis  [iJus  anciens,  appelés 
lei  cinq  Siddhajttm;  ninis  ils  ont  pu  voir  le 
jour  tii  même  vieillir  avant  l'éiioque  du 
teoondYaraha-Hiliirji,  saiu  qu'il  soit  besoin 
pùur  cela  du  remonier  h  une  antiquité  très- 
reculée  {S2i9J.  Dd  même  Brahmagunla,  un 
des  plus  anciens  écrivains  en  maltlémali- 
que5  qui  soient  connus,  et  auquel  Cote- 
lifool^e  a  eaiprunlé  quelques  traités  de  sa 
collection,  ne  peut  être  considéré  comme 
antérieur  au  Tii*  siècle.  Bien  plus ,  la 
savnnl  indiiniate,  apr6s  avoir  exposé  les 
p^olifs  qui  portent  à  cruire  qu'Aryabliatla 
est  le  l'ère  «t  l'ipventeur  de  l'algi-tjre  chez 
(es  ludiens,  et  avoir  imité  de  son  ancien- 
neté, conclut  qu'il  flotissait  vert  In  V* 
■iéclc  de  l'ère  chrétienne  et  peut-étie 
dans  un  temps  plus  reculé  (SSâO).  >  Il  se 
iruuvsit  ainsi  presque  conleranorain  de 
J>iuphsn(p,  auquel  il  était  cependant  supé- 
-fieuf,  selQn  Colebrooke,  par  sa  mnniére  do 
résoudre  les  dquolinns  compliquées  [2251}. 
Ces  sYBus  et  ctl  décisions  d'un  jtige  aussi 
compétent  Que  Colc^roo)[e  détruisent  de 
fund  en  oomule  l'opiaion  qui  vent  que  la 
science  astroiiomiqu*  des  Indiens  date  d'une 
boule  antiquité.  Cependant  le  critique  de  la 
Revue  tCtàimbourg,  adinettnut  tous  ces 
fuils,  afOrme  hardiment  qu'il  ne  faut  nulle* 
meut  considérer  Ar/ablialta  commS  l'iuven* 
leur  de  SB  méthode  ;  au'il  faut  admettre  ^ue 
plusieurs  siècles  ont  dû  s'écouler  entie  1  in- 
vcQtion  dg  celte  méthode  et  les  porfectioit- 
iien^onls  qu'elle  a  reçus  (2252);  essertion 
aussi  gratuite  et  aussi  téméraire  que  celte 
P^r  laquelle  il  persiste  h  soutenir  que  non- 
teulemenl  l'antériorité  originelle  de  la 
•cience  des  Indiens  est  prouvée  j>ar  cette 
publicatiOD  de  Culcbrooke,  mais  encore  que 
tuut  le  monde  doit  mainienanl  reconnaître 

2ue  la  science  actuelle  n'est  qu'un  débris 
e  polte  qui  flurissait  dans  la  péninsule  in- 
dienne lorsque  le  sanscrit  était  une  langue 
TÎTonte;  ou  peutTétre  «  quelque  langue- 
luére,  encore  plus  ancienne,  jeta-t-elle  ces 
racines,  qui  ont  iténétré  j)iub  ou  moins  pro- 
fbiidémeDt  dans  les  Un^jucs  particulières  de 
lent  de  nations  itointireusus  et  luintaines 
()lti  Guuireut  l'Orient  al  l'Occidaut  (3^}-  • 


(ait)  Co|«saooiB,  Àlgttre  net  ariikmiii^'e  ef 
WMir(iM,(ir4t(|)(*a)Mcrii;  Luiid.,  ISIT.Ujis  vny. 
Bn>u  hitl.  de  rnHrofomit  lia  ^iudovt,  par  Ueht- 

idiSU)  A.  W:  Je  Sclilvget  itHinne  ceneiidinl  que 
ÇuklinHilLa  n'a  pu  conmUrt  cil  bkUut  [AryaliliilM)), 
n'stffi»!  pflf  Tivtfi  dan*  ut  efforlt  (Mur  m  pivtitrtr 
HnMOHMçrii  4tK*  eeitvtn  \^b'nufra,  p.  9Ù);  niiiis 


Conclusion  qui  Dousfait  remoolerbi«aH 
delà  des  teicps  historiques,  eu  lumitiw. 
liant  presque  nu  système  ab^unle de Biiilt, 
que  notre  critique  reeoniuti  pnurliiu^« 
un  écrivain  ineiact.  Caute  deconnaiiium 
locales,  et  par  sa  trop  gnode  confisn^^ 
les  sources  où   il  puisait,  aussi  bie:i^H 

fmr  l'esprit  de  système  auquel  il  it  \\^\ 
tellement  aller. 

Nous  njoulerons  que  Detambre,  quiid 
été  personneilemeot  attaqué  dsostiM 
d'Eaimbourg,  ré^ndil  aux  ai^ffi<>aU| 
la  censure  oTu  cnliaue  anonyme  en  pmt 
dans  son  BiHoireoefAelronamidiiK 
djre  que  bien  que  l'on  ait  réussi  à  déiuw 
que  les  Indiens  étaient  pirvenos  ï  us 
tain,  degré  d'hnbileté  dans  la  saluliM 
problèmes  algébriques  plus  iDg^Dieuii 
liles,  OD  u'a  pas  encore  prouvé  qii'ili< 
acquit»  de  véritables  notion»  scientî^ui 
astrouonilo  (£i5%). 

|in. 

Li  dtlIlMtliin  dM  lutrM  peuple*  dÉ«Mla-t-«nt  dila 
inaolsnieT —  Les  canctèrei  de  l'»rdiiI«tErtikM 
de  1)  l*ngae  utisrrile  et  c«at  de  li  pfmétikd 
Hindou*  ptOBveot  il*  la  kuteintlinitite  «ni 

L'hypothèse  qui  place  dans  l'Inde  ^  l>^ 
ceau  de  l'humanité  et  Tait  découler  du  bn 
roanismc  la  civilisation  de  prnsqaetnuM 
peuples  de  la  terre  ooinpte  aujounl'lmi  i 
certain  nombre  do  partisaut.  UU.  F» 
iliier  el  Guigniaut  l'insinuent  pAtiouMlJ 
leurs  écrits,  elle  s'est  répandue  dioi h 
recueils  iiériodiquesqtHt'enieiguealiUiii^ 
les  classes  de  la  société.  Cette  liypoi^td 
s'appuie  uniquement  sur  les  rdiIdsi^' 
les  ressemblauces  qui  esisieni  c^i'^*^ 
usnges,  le«  doctrines,  les  myiholi^^^ 
des liindous  et  des  autres  naliom.)f!iVM 
analogies,  ces  ressemblances  i'ti^F-'' 
trè^ien  autrement  ;  elles  ne  supioi^v* 
l'ur.ilé  d'origine  de  tous  les  peufJfti*'"'' 
tilé  de  l'esprit  humain  sur  ioiiile\"*™ 
du  globe,  et  quelques  commuDicibni^^' 
cessives.  Les  fimiilles  palriarculu  i)'^' ' 
répandirent  sur  le  globe  après  la  cK^te" 
de  Itubel,  n'avaiept  [ms  iierdu  11  nié!i>i'ir< 
elles  emportèrent  avec  elles  un  fond'  c' 
mnn  d'usnges,  de  croyoncos,  Je  t«J'"'^ 
historiques  et  religieuses;  cefunilip"'^ 
dut  se  conserver  ou  se  moJiiier]"^: 
lieu  près  de  la  même  manière  io<i>  'J 
Iluenco  des  mêmes  pencbauls  iniel*^^ 
et  moraux;  et  si  vous  ajoutez  h  ccli  1^^ 
ports  do  tout  genre  qui  ont  eu  lieu  *  di"^ 
éi)Oi]ues ,  entra  les  deux  peuplvJ< '^ 
n  aurez  uul  besoin  de  supposer,  touW  i-^- 
\tts  monuments  historiques  les  [ilusciiU^ 
que  I  Htudoustan  est  le  centre  prituilu'" 

ce  [lassase  même  eiié  par  la  doâeor  Va* 

prouve  qit  it  s'esi  iromp^. 
(2i5t I  CbLeMOOKE,  Algrire,  fie.,  P- 10' ,. 
liiSI]  Rtt,.e  d-Edi:..tefrg,  t.  XUO.f  "^ 
(iioSl  /6id.,  p.  163.  - 

c(c.,  l.  |l,  p.  18. 


1  ta  cw  iii(:tiu.n.niire 

l«  retira  humaii*  »  rayonié  «i  lous  sens 
tliiis  une  Bi)lii4uil6  cliiiiiéii>|ue. 

■  Si  (laus  l'inJe ,  en  EcU'l'l'' .  rn  PliéDieir, 
en  Chine  et  en  GrècA ,  dil  M.  KitUT.  iiou* 
Iroarons  1m  manies  rues  el  les  mfinies  er- 
reur*, M  D'est  pas  une  preure  que  l'un  de 
ces  peuples  les  tienne  tle  l\>utre  |>ar  la  1rs* 
âilioDi  puplusque  les  nifimes  vertus  et  les 
mêmes  vices  checiJitrérenls  peuples,  ne  sont 
uoeiireufe  dee  rspiMirls  hislon<|ues  de  ces 
p«Mp!es  entre  ens.  Les  éléinenls  de  le  peo- 
*ée  humtiue  sont  lurlout  les  mâmes ,  et 
l'unité  interne  de  iVpëce  liumsine  lie  plus 
étroilernool  l«s  |«uples  vDlre  eux  que  leur 
toisîiiage  et  tous  les  autres  ri|»i<orts  exté- 
rieurs. On  ne  peut  présumer  un  rappnrt 
historique  entre  flus'eurs  peuples ,  d'nprès 
ta  similitude  des  npinions,  des  erojai>ces, 
que  lorsqu'il  ne  s'st^l  pas  seulement  de 
quelques  éléments  de  la  pensée  ou  di'  li^ur 
union  naturelle  et  simple,  mais  lorsiju'on 
rrncoDlra  des  séries  entières  de  ces  liaisons 
de  («usées  el  d'idées,  et  toujours  dans  un 
ordre  arbitraire.  Hais  alors  encore,  on  ne 
pourrait  pas  raisonner  de  la  manière  sui> 
tJute:on  trouvecliezlas  Indiens  telle  cliose, 
chez  les  Grecs  la  même  cbnse ,  dune  It-a 
Grecs  lioDoent  cela  des  Indiens;  tar  le  eon- 
Iraire  pourrait  élre  logiquement  luut  aussi 
(•osfible.  Pour  qu'un  semblablfl  argiimuiil 
l'fttaioir  quelque  vrjisemblauce,  il  faudrait 
d'abord  faire  Toir  que  cbez  l'un  de  ces 
jteu{i\ttf  la  série  arliîtraire  desdévelopfie- 
uieots  successifs  s'est  produiin  conrirmé- 
foent  i  la  marcho  de  ce  jten|ile  'laus  ta  civi- 
HsalioD,  mais  qu'il  o'eo  est  |>as  ainsi  cbfl 
l'antre;  et  alors  seuli^meut  on  pourrait  con- 
clure, que  le  ureinier  de  ces  peuples  aurait 
IniDsmis  h  I  aulre  ce  qu'il  aiait  trouvé  de 
lui-uitme.  On  n'a  pas  encore  tenté  une  pa- 
reille preuTo ,  el  aussi  longtemps  que  nous 
ne  pourrons  pas  faire  counaltru  autrement 
h  nurcUc  de  la  civilîsaliou  indienne,  nous 
n'en  pourrons  absolument  rien  conclure. 
Du  reste,  les  diirérciices  qui  séparent  les 
Indiens  des  autris  peujJes,  sont  |>lus  nom- 
breuses el  plus  bssoniiellea  que  K-s  ressimi- 
blanc^  :  etqu.-ind  iiiflniu  il  y  aurait  en  elTot 
certaini'S  re^seiiililnnces  décisÎTes  .  ci'pi'U- 
dant  il  ne  pourmit  £tre  question  d'une  Ira- 
d.tiOD  sûre,  qu'jintait  que  la  i|ue5liun  préa- 
ldl>le  de  la  priorité  de  1j  civilisation  de  l'un 
ou  Uc  l'àiit  e  peupli;  nur.iil  été  dëriJée  i>ar 
d'autrus  ruinons.  AutreTnis  un  érait  [>ortë  A 
(irriter  la  civ.lisaiiuii  indienne  de  la  rivili- 
sat  on  égjrpiJL-nno;  innin tenant  c'isl  le  con- 
traire; je  trouve  L-e»  deui  ojiintons  égale- 
ment déiMinrvues  du  raisons  suflîsanles, 
jfuisqae  fa  civilis.tioD  de  ces  deui  peuides» 

(925^  RiTTU,  But.  d*  la  pAi'Iot.  tmeiane,  U  1, 

(%£5C)  Cuvier  rtmarnae  qu'aucun  des  auteurs 
C*vc*  "  fait  nentioa  M  ces  imotemes  paxodn, 
qw  aaraEnt  certaioeBieal  attiré  leur  atlenuon  tà 
clin  wuieal  eiiiié  de  leur  temps 

(i^Sll  Voir  Ai.  ru.,  II,  p.  i5G-iC9. 

(1158>  Rnxaa,  p.  57. 

itî39)  Trad.  de  Crewur,  X.  l,  notes  p.  5'!).  r«Jr 
lIctKBfl,  !.  c,  p.  300.  —  <  Il  h'j  a  pas  luaius  d'uk- 


ANU.OGETIUUE;.  IKD  l>3* 

aussi  loin  du  moins  qu'oA  peut  la  suivre, 
laisse  a|ierceroir  beaucoup  plusdeJilf<>rei.Ct>s 
essentielli-9  que  de  reâsemblances  (^K).  ■ 
Hais  après  tout ,  quand  on  arrirerait  h 
démontrer  que  Iki  nations  antiques  les  plus 
célèbres  ont  été  civilisées  ))ar  des  eolonies 
indiennes,  rwtre  dironologie  biblique  n'eu 
recevraitsuennealteinie;uarnouspourriani 
fort  bien,  sans  surlir  de  ses  limites,  ploL-er, 
comme  Fr.  Scblegel ,  le  développement  prî- 
mîlirde  la  civiKsation  brahmanique  iiumé- 
diatemenl  après  le  déluge,  el  les  Septante 
nous  laissent  plus  de  temps  qu'on  ne  jwul 
en  exiger  pour  la  commodité  du  système. 

LJi  grandeur  el  l'originalilé  de  I  arcbiteo- 
lure  indienne  ne  décident  rien  sur  son 
antiquité;  l'originalité  prouve  seulemeatqou 
les  Indiens  vivaient  dans  d'autres  rapports 

au»  nous;  el  l'on  ne  |M:ut  tirer  d'autre  in- 
uclion  de  la  grandeur,  si  ce  n'est  qu'A  une 
certaine  éjioque ,  il  y  avait  cbez  les  Indiens 
une  grande  dépense  Je  forces  pour  ren<lre 
lears  communes  crojrances  par  du  gramls 
ouvrages.  Car  il  peut  y  avoir  une  grande 
•rchiteeiura  i  toutes  les  é[ioques  où  l'acli- 
Tité  d'un  peuple  trouve  un  centre  de  rie 
commune  (2S&6J. 

Les  grands  colosses  des  DtehainoM,  qui  ne 
sont  pas  très-anciens,  prouvent  que,  dans 
des  tamns  plus  rapprochés  de  noua .  les  In* 
dieus  n  avaient  pas  encore  perlu  le  goAl 
pour  les  grands  moouments  (li257}.  La  mu- 
raille delà  Cbiufi  est  un  des  plus  grauds 
monuments  qui  aienl  jamais  existé,  et  ce- 
pendant ré|>oque  de  u  construclion  ne 
remonte  pas  au  delà  de  trois  cents  tas  avaul 
Jésus-Christ  (2258) 

Suivant  M.  Guitjiiiaul  (2259),  il  est  impos- 
sible  de  déterminer  l'ige,  même  relatif,  das 
monume;(ts  de  l'arcbitedure  hindoue;  cha- 
cun porte  l'^-mpreinle  d'un  graud  nuiubru 
d'époques  ditTéreules;  les  cultes  de  5îiui, 
de  Bouddha  ^t  de  Viehiutu,  s'y  méleut  el  t'y 
croisent  coulusément.  Les  mahomélans  ne 
donoeul  que  neuf  cents  ans  d'autiquité  à 
des  teiujiles  que  les  brahmanes  veulent 
faire  remonter  i  plus  de  sept  mille  ans. 

Les  inscriptions  en  langue  sanscrite  el  en 
d'autres  dialectes  analogues,  ne  remoutcul 
[>as  trè»-liaut  (2260).  Une  inscription  qui 
prétend  i  une  grande  antiquité,  est  juste- 
ment réputée  fausse  par  les  connaisseurs 
(2261).  L'inscription  la  plus  ancienne  qui 
ait  été  déchitfrée  et  mérite  quelque  cou- 
fiancei semble  avoir  éLé  composée  peu  avant 
ou  peu  après  la  naissance  de  Jésus-Christ. 
(2262). 

■  On  a,  dil  encore  U.  Hitler,  alU<cbé  i:ii« 
trës-graude  importance  au  varsvléni  de  per- 

MIIK  de  IMIS  CM 

tiUisiiiaiU,  qti« 
sur  cell«  des  chefs-d'Œuvre  de  la  lilléralure.  Il  m:- 
rail  préiQMurë,  dans  l'état  de  uos  connaissances, 
de  rtirrctier  à  éublir  aucune  discnsston  suivie  sur 
ce  niini.  »  (lUé.) 

liWO)  Hmsa.  p.  U. 

(SX6I)  Aa.  Tt*.,  U,  p.  un. 

(ii'iit  .U.  nt.,  t.  I,  p.  135,  etc.  ;  l\,  p.  414. 


ICI 


INO 


mCTIOVNAIRE  APOLOGETIQUE. 


teviioa  ii«  la  langue  tangcrileiel  l'on  a 
«oulti  en  tirer  une  preure  de  l'antiquilé  de 
la  tivilJsatiOD  indienne.  Je  n'en  vois  pas 
encore  la  possil>ilitâ,  par  la  raison  que  l'é- 
tat ds  plus  ou  moins  grande  perfection  d'une 
laoçue  délenninéu,  nu  semble  jamais  rien 
décider  sur  sa  plus  ou  moins  ifraiidu  sn- 
oionnuté,  que  par  rapport  h  un  autre  per- 
feolioDtienient  de  la  tiiOme  langue.  Nous 
savons  que  plus  une  langue  subit  de  varia- 
tions par  suite  de  révoiuliuiis  extérieures 
ou  intérieures  du  iieujtle  qui  le  purle,  ^ilua 
elle  perd  de  la  diversilé  et  do  la  déterrama- 
liilité  de  ses  formes,  elquei  par  conséquent, 
l«  langue  qui  a  le  nioius  éprouvé  de  ces 
•ort<;s  de  changements,  doit  surpassur  toutes 
les  autres  un  richesse  du  foimes.  Telle  ap- 
IKirail  la  langue  sanscrite  aui  coanaisseurs, 
d'après  leurs  recherches.  Mais  ou  ne  peut 
pas  en  coaciure  t'anliquité  des  ouvrages 
composés  en  cette  langue,  mais  seulement 
lu  lung  temps  pendant  lequel  le  peujile  in- 
dieu  est  resté  dans  le  mâme  état,  sans  cfaan- 
Ijemeais  dans  ies  rapports  de  lo  vie.  On  ne 
iiLUt  pas  même  en  conclure  l'antiquité  de  la 
langue,  car  piTsaone  ne  peut  savoir,  par  la 
langue  même,  si  certainement  elle  a  sulti 
de:i  révolutions,  jusqu'à  l'époque  où  elle  est 
devt'nue  langue  écrite,  ni  combien  de  temps 
a  duré,  dans  cette  hypothèse,  la  période  de 
son  précédent  développemeni.  Nous  savons 
que  les  écrits  compuiiés  eu  sanscrit  ne  doi- 
toiit  pas  être  nécessairement  anciens,  parce 
qu'il  est  sûr  qu'il  n'y  a  pas  lrës-!ongiemps 
que  cette  langue  était  enuoru  longue  écrite. 
À  supposer  (lune  que  l'un  puissH  distinguer 
dans  la  lormalion  de  la  langue  ^anscritu  dit* 
Hrcn.es  période;,  on  sera  sans  duulo  auto- 
risé à  distinguer  Oe^  ouvrages  écrit»  en  ceit» 
lang-16  comme  tilus  bncieus  relaiiviiiient  ; 
mais  si  nous  ii  avons  pas  u'autres  moyens 
hisloi'jques  du  déteiuiiuer  ré,>uquu  d'un 
liremiei'  degré  de  peifectionnerut-ut  de  la 
langue,  et  lu  teints  où  ,  d'iipiés  l'bistuire 
du  [leuple,  on  peut  laisoi.uablBment  en  pla- 
i:er  un  secuntl,  nuus  ne  sommes  toujours 
pas  plus  avancés  dans  la  chrunologiu  ap- 
proiiiuatirc. 

«La  com^'Orarson  d'une  langue  avec  une 
SUli'i',  est  égalcuie  >t  inutile  puur  atteindre 
i'û  but.  Ko  sijp]iosaiit  i^ue  le  sjusciil,  le 
lond,  le  grec  <:l  l'alleiniind  se  rsppurlent  6 
une  mëie  langue,  en  accordant  même  sans 
preuves  quo  le  sanscnt  soit  celte  mère 
langue,  et  que  toutes  lus  autres  eu  soit^nl 
les  tilles,  il  ne  suit  pas  encore  de  \h  que  1  un 
des  écrits  qui  nous  0(il  été  conservés  dans 
la  langue  sanscrite  soit  plus  ancien  qu'Uo- 
niière  et  Sophocle  ;  car  la  mèie  peut  vivre 
plus  longtemps  que  les  Glles,  et  prendre 
plus  tard  qu'elles  le  caractère  scientifique 
et  littéraire.  Il  ne  serait  peut-être  puï  iui- 
possjijle  de  faire  voir  que  la  laojjue  gri.'cque 
a  éprouvé  beaucoup  plus  de  révolutions, 
beaucoup  plus  de  périodes  de  développe- 
ment ,  avant  d'avoir  atteint  la  [lerfucliun 
qup  nous  lui  trouvuus  au  temps  de  :>uphocU'> 


f-Zi65J  Rii 


i,  ibid. 


que  n'en  a  éprouvé  la  langue  in'Jiflnne  ju;. 
qu'à  Kalidaia;  ce  qui  ne  veut  pas  liiriiji 
tout  que  9'iphocte  ait  vécu  plus  Isn]  ^^g 
Kalidaïa.  Ou  ne  peut  donc  pas  sbiolairi^i 
déterminer  par  la  langue  seule  qD«tU[im 
•voir  été  la  durée  d'une  période  de  li  [/. 
matiOQ  d'une  langue,  eu  cooiiûI-od  tià.: 
les  phases  particulières. 

■  il  y  a  IncoMtesiablementDTi  grand  i}<|>9; 
de  temps  entre  la  langue  d'Homèra  ti .  l 
langue  de  Sophocle;  mais  nous  ne  \mw.  \ 
l'apprécier  que  très-iDif>arfaitoiiieiil,t'inL'  ' 
en  saurions  eiicur»  moius,  si  nou;  iie|'.ï  i 
vioos  le  faire  qu'eu  uous  en  rapjxiil]'. 
dans  nos  sup;iutations  chronologiques,:^':.! 
dilTèrences  du  langage  (2363).  «  | 

«Il  s'agit  enfin  de  considérer  l'anliqi:'! 
du  caractère  de  la  pensée  indienne.  lijii<i 
peut  dire  b  ce  sujet  ce  que  nous  aruns  a] 
de  l'antiquité  de  la  )aiig<ie:  ce  caraclèreLi. 
prouve  rien  par  lui-même,  il  n'aforre!i; 
preuve  qu'autant  qu'il  peut  être  rapinrit. 
d'autres  faits  établis  par  rhisluire.u'vsl  <c 
qu'il  ne  faut  pas  méconnatlre.  On  ni:  j^U 
contester,  en  eifet,  qu'il  y  a  (Jù  a*oirèii> 
l'espèce  humBine,BU  commencununlde:  :: 
développeniciil,  une  certaine  maaim  y 
penser  enfantine,  tant  que  l'humanil^u'ti! 
pas  atteint  le  degré  de  perfeclioiintim 
que  nous  lui  reconnaissons  dans  Icsik' 
hiiiloriques.  On  peut  appeler  antique;  en:: 
manière  enfantine  de  penser.  Hais  m\\w:: 
peut  rester  lungtemps  à  ce  de^réduJi'.' 
luj'peiuonl  intellectuel,  il  peut  ueraireq^ 
arriver,  quand  d'autres  peuples  en  HiDUr 
puis  longleinps  sortis.  Le  caractèrt  île  j 
pensée  chez  un  peuple  ne  décide  doDi;  r^ 
sur  son  aucieiineté.  il  serait  iieuMino:'- 
cessaire  de  suspendre  plus  loujileiiipi u 
jugement  sur  la  questitm  qui  nuus  uccii.'< 
en  attendant  de  uouveaui  renseiGiid»'^- 
si  le  caractère  de  tous  les  écrits  iiidi»^'''^ 
que  nous  les  connaissons  par  la  \nS>''A'^^ 
nu  nuus  en  dispensait  pa$;car  iliii  * 
qu'un  liomme  a*eui,'lé  par  les  préjUii><>l<'> 
puisse  nu  pas  recoEinatire  queiesecn'SJ" 
Uinduus,  même  les  plus  anciens. u^P'"^'''' 
pas  le  caractère  de  l'enfance.  Ni-infc'"' 
encore  plusieurs  remarques  a  ce  W^  i" 
la  suite  12264].  » 

Nous  ajouterons  h  ces  sages  consiJ^"'!"^  ■ 
de  Kitter,  que  la  composition  ir^u'^  d'"' 
langue  sanscrite  |irouve  sa  iiiîu»eauW.i 
est  la  seule  de  toutes  les  laugues  <|ui  sv-^- 
dans  le  classement  du  ses  lultres  t:lildn>~ 
furiue  de  ses  temps  et  de  sasjulaieu.' 
régularité  parfaite.  Or,  celte  réaiil»"'*^' 
cuse  aut  yeui  des  pbiloJotfut^s  les  r' 
exefcés,  l'œurre  d'une  civilisalioa  l""'"^' 
tionnée  et  par  conséquent  rérenie.  11? •* 
même  qui  doutent  quo  jamais  eliasH'- 
parlée.  , 

JamBHS.  Leurs  livres  sonialtérés  (1  ij*^ 
queutd'authenticité-Key.PiirriWUQ™'^ 
prè'enlent  qu'obscurité  et  incerliiuile.ii*' 

i  11,  et  IHDIASISMB.  —  IflBiBNSdAmeMs^ 
de  leur  massacre  h  l'époquedo  jadétu"''' 

[Wii)  Ibid. 


WF 


IKCTIONNAIRB  ÀPOLOCETIQL'E. 


tSF 


i:3i 


du  Nmtmu  Monde.  Yoy.  FkioTisMR,  %  lit. 
INDIVIDU,  élait  ■bsorbé  par  I*  wciélé 
païenoo.  F^y.  HmlrodfMioK,  |  XUI. 

INÊtiikLITË  itans  les  races  humaines,  est- 
dle  «dniusibl**  T  Yoy.  Rices  BuiitMts,  |  11. 
INFAILLIBJUTË  DK  L'EGLISE.  —  L'ia< 
faillîbililé  esl  une  prérogaliTe  mas  laquelle 
l'aulorilé  religieuse  en  général  serait  irulle, 
et  ijeiieodrait  au  besoin  tyrannique.  Qo'nne 
fociélà  doctrinale  en  soil  dépourrue,  qu'elle 
imisse  sa  (roroper  dans  les  <lo)pnes  qu'elle 
|iro|iose  et  les  jui;enieiiU  qu'elle  ))rononce, 
incertaine  dans  ses  dt'-eisions,  elle  ne  i>ent 
enraeter  dans  eeui  qui  l'éeouleronl  qu'une 
confiance  douteuse;  impossible  de  s'en  re- 
meUre  i  ses  déânilioBs,  sans  inquiétude. 
Après  cbaeune  de  ses  paroles,  on  devra  se 
dire  :  a-l-^Me  raison?  sa  doctrine  est-elle 
pure  ?  El  certes  I  que  siguiâe  celle  aolorité 
dont  on  ue  peut  se  répondre?  Que  m'im- 
fiorlfl  ce  Iribuncl  dont  je  suis  obligâ  de  vé- 
ittler  les  principes  etdeconlrOler lesarrëls? 
CVsi  une  nisuTaise  boussole  dans  un  bêii- 
utenl  ;  c'est  un  chef  aieugle  ou  suspect  dans 
une  armée;  ou  le  laisse,  et  l'on  s'en  pas». 
Ou  l'ien,  si,  malgré  l'incc-rlilude  qui  [irésîde 
a  ses  pensées  ;  si,  malgré  les  chances  d'er- 
rour  ïiiij  |té»ent  sur  ses  délibérations,  il 
I  réieiid  nous  assujettir  forcément  fc  sa  puïs> 
i>.ii.ce,  nous  enctulaer  impéi-ieusemeni  a  sa 
fui ,  nous  frapper  iueiurablement  de  ses 
aiisibèves.  ses  droits  soat  défussés,  il  tran- 
clie  Uii  des|K)tisnie. 

^  Tel  n'est  pas  le  tort  de  l'Eglise;  elle  ne 
s'a]jj>elle  |)as  seulement  une  puissance,  mois 
une  puissance  infdillible.  Croyez  en  moi, 
d-l-clle  auK  peuples;  puis  elle  ajoute  ;  Vous 
fMUTci  croire  sans  crainte  ;  le  SGejilre  de  la 
vef  iié  esl  ferme  et  sûr  dans  mes  mains  ; 
aucun  souffle  d'erreur  ne  saurait  l'y  faire 
vaciller.  Ainsi,  tout  est  logique  et  cotnptft 
dans  le  lan^ge  qu'elle  lieut  comme  dans 
l'autorité  qu'elle  s'allribue. 

Il  r  a  quelque  chose  de  plus  fflorieui  : 
c'est  qu'où  ne  jieut  la  démeulir;  I  infaillibi- 
iiié  de  son   pouTuir  dogmatique  n'est  \tsi% 
moins  irrécusable  que  le  fond  de  son  pou- 
voir lui-mftioe.  Nous  nous  eu  convaincrons 
ta  étadiantuet  auguste  privilège  sous  trois 
îist>ects  qui  l'embrassent  tout  entier.  L'iii-. 
faiiiibilité  et  sa  vraie  iiotîob,  l'infaillibitilé 
et  SCS  garanties,  l'iulaillibitilé  et  ses  bien- 
faits; on, en  d'autres  larmes,  l'infaillibilité 
gra  va  et  raisonnable  dans  sou  idée,  éclalante 
ot  iïivuluérablH  dans  ses  litres,  profonde  et 
■  inappréciable  dan$  ses  raisua.H  el  ses  résul- 
tats, let  estreuchaincmenl  de  pensées  dont 
xious  suivrons  successivement  les  abneaui. 
Une  chose  frapiiaale  se  rencontre  dans  la 
filu|«rtdes  accusations  ou  des  préjugés  dont 
i*ïs  prérutpilivesde  l'Ëtilise  sont  l'objet;  c'est 
qo'on   eu  fau&se  l'idée,  on  en  dénature  U 
Liotion  véritable;  oti   les  fait  nj)>oser  dans 
Uc5  phénomènes  i-Jiimériqups,  en  s'abossut 
wu  sur  leur  sub>  tau  ce  elle-même,  ou  sur  la 
limite  de  leurs  ap|>licaliODs.  Et  voilà  que, 
|isrtaot  de  ces  données,  comme  si  c'étaient 
lies  faits,  tandis  qu'elles  sont  tout  simple- 
i/icnt  des  erreur*,  on  s'ea  prévaut  |)t>ur 


cenlesler  ans  promesses  do  Jésns-Chri$t 
on  leur  valeur  on  Icnr  'bscssc  .  el  à  la  so- 
ciété doctrinale  qu'il  a  élaulie,  l'aulhenlïcîlé 

-des  priiilégn  dont  elle  prétend  avoir  reçu 
l'héritage.  Héthode  déplornble  1  Partir  if'unit 
pxnrte  dé&nîllon,  se  prendre,  non  pas  à  des 
fanlAmes  mais  è  la  réalité,  voilà  bien  plulOl 
ce  qu'on  devrait  faire.  On  le  devrait  en 
bonne  logique,  on  le  devrait  pnr  équité,  ou 
le  devrait  pour  prévenir  ou  abréger  les 
controverses.  Il  en  esl  beaucoup ,  comme 
t'a  dit  Pascal ,  qui  ne  s'élèvent  ou  ne  se  pro- 
longent que  parce  que  les  agresseurs  se  font 
illusion  sur  les  véiités  ou  les  gloires  qu'ils 
attaquent. 
Ainsi,  parmi  ceoi  qui  prolestent  contre 

f  infaillibilité  de  1  Eglise,  combien  n'en  esl-il 
pas  qui  la  comprennent  autrement  que  TB- 
glise  elle-même.  On  supposera,  par  eicmple, 
qu'en  se  flattant  d'étro  inraillibln,  elle  se 
flatte  d'être  inspirée;  qu'elle  ftit ,  pour 
ainsi  dfre,  de  st'^  Pontifes  comme  auliintdo 
prophëlcs;  qu'ello  croit  Jouir  en  eui ,  k 
cliaquo  décision,  d'un  rayon  surhumain  nui 
lui  découvre  des  dogmes  inconnus  ou  lui 
rappelle  des  dogmes  oubliés ,  qu'elle  se  re- 
garde enfin  comme  un  vivant  SîiiM  sur  le- 
quel, h  certains  moments  donnés,  Uicu  vient 
faire  gronder  tui-méme  ses  foudres,  et  dé-- 
poser  encore  des  tables  grnré:-s  de  sa  proiire 
main,  Ei  pourtant ,  telle  n'est  pas  son  idée. 
Non,  elle  n'affîrme  |ias  que  son  auleur  lui 
ail  promis  la  faveur  du  l'irradiation  proplié- 
lique  ;  non ,   elle  ne  se  vante  pas  que  l'Es- 

firil-Ssint,  en  préiidani  è  ses  tlélibératiuiis, 
ui  suggère  des  révélations  antérieurrs 
inouiijs  ,  ou  momeiilanéuieiil  oblitérées; 
non,  elle  ne  proclame  pas  que,  lorsqu'elle 
prononce  sur  un  point  île  doctrine,  le  Très* 
Haut  lui  dicte  de  sa  jn-opro  voii,  et  par  uni! 
effutsioii  [losilive  et  miraculeuse  de  sa  lii- 
niière,  les  articli  s  qu'elle  rédige  et  les  auii- 
llièmes  qu'elle  lance.  Tout  cti  qu'elle  sou- 
tient, c'est  que,  du  moment  oh  elle  s'occupe 
d'arrêter  une  question  dugniatique,  Dieu  est 
au  milieu  d'elle,  non  pas  tant  puur  la  pous- 
ser que  pour  la  guider  et  la  soutenir;  il  ne 
lui  fraya  pas  précisément  sa  roule,  il  la 
mène  et  la  («réserve  de  l'abîme;  il  l'empédio 
de  se  tronqier  dans  l'énoacé  de  la  foi,  mais 
il  ne  lui  communique  itoiiit  direclemcnl  cet 
énoncé  lui-même.  Et  s'il  était  permis  d'é- 
claircir  le  mystère  des  choses  divines  par 
des  Images  profanes,  jedicais  que  la  grâce 
qui  est  faite  alors  ft  l'Eglise,  c'est  le  frein 
qui  dirige  et  modère  le  coursier  ;  ce  u'est 
l<oint  le  souffle  qui  tend  la  voile  du  navire. 
i-l  le  fait  voler  sur  l<-'s  océans  pour  eu  élre 
l'explorateur  et  le  roi.  Première  observa- 
lion  sur  laquelle  nou^  devons  insister;  la 
seusdel'iufailltbililéque  l'Egtises'atlribue, 
c'est  une  simple  assistance,  el  non  point 
Diie  inspiration. 

Une  seconde  observation  non  Biolus  im- 
portante, c'est  que  l'Eglise  ne  revendique 
autbenlîquement  ce  privilège  |)our  personne 
en  particulier  ;  elle  ne  l'itivoque,  non-seule- 
ment (Hiur  aucun  homme,  mais  {KMir  aucune 
asseutUée  |>arliellu,  mais  poar  aucune  pur- 


uu 


m 


MCTIONNAIRE  iroi.OCETlQU£. 


isr 


l(on  trello-nièine,  tant  quo  te  loul  ne  l'a  p«s 
C'mjt^tIq  (le  sa  resjionsatiiliK^.  Ainsi,  un 
évfiijue  isolé,  couronné  d'un  nom  aublime, 
doue  d'une  sciimce  infinie,  s'appelsnt  Au- 
Kuâltn,  Bo:<sue[  ou  Fé'iolon,  e^^t-il  infiilli- 
bie?  ti'in.  Ainsi,  le  Pape  est-il  inJaillibla 
(|unnil  il  s'exjirime  olTicidlemonl  sur  un 
point  (le  doctrine T  Peut-ôlte  oui;  mais  il 
rSt  encore  permis  de  croire  que  non.  Aiuii 


vingt,  treale  ou  quarante  pontires  que  je 
SUjpjioserni  la  lumière  du  monde,  sonl-ils 
inraillibles,  ei  leurs  décrets  doivent-ils  étra 
iduplc's  I  0  ir  règle  de  foi ,  lorsqu'ils  n'ont 
(Pas  été  souscrits  par  le  reste  et  l'ensemble 
(te  l'épiscopsl  calliolique?  Non  encore.  Une 
seule  chusfl  est  incontestable,  un  seul  fait 
est  unanimement  avoué;  cVsl  que  l'iarailli- 
biliié  sppjirii<  nL  à  l*£^lise  réooic  ou  Jisper- 
st^e,  uVsi-à-dire  au  corps  des  pasteurs,  uni 
è  son  iilu'f  niiturel  et  su|irËme,  le  successeur 
de  l'iiTre,  lo  erao'i  i^viJijue  de  Rome. 

Enlint  celte  infaillibilité,  qui  n'est  une 
prérogative  certaine,  ou  du  moins  solen- 
nellement ri'Cunnuu,  que  pour  l'eusemblo 
(le  l'Kijlise,  ne  s'aiiplii|ue  pas  h  des  abslrac- 
lions  uiitoloi^iiiue!',  ni  a  des  hjpoibôaes  plus 
ou  1110  lis  idéales;  elle  porte,  en  matière  de 
dcfïtrine,  sur  des  choses  positives,  ou,  en 
d'autres  lermes,  sur  des  unoses  de  dit.  Fait 
de  Irndiiion  :  tel  doçme  a-l-il  toujours  été 
cru  par  les  aïeuiT  Comment  out-ils  inter- 
prêté  tel  texte  (le  l'ËcrilureT  Fait  do  critique 
et  de  comparaison  :  quelle  est  ladoclriuedo 
tel  ouvragoT  esl-ellu  ou  non  conforme  lui 
enseignements  de  l'Evangile  et  des  Pères? 
.Tel  est  le  genre  do  débat  que  l'ifglise  se 
prétend  appelée  à  décider  sads  erreur.  Tout 
revient  pour  elle  à  une  question  d'analyse 
et  de  souvenir,  c'est-à-dire  è  ceux  de  tous 
les  problèmes  dont  la  solution  présente  or- 
4ioairemenI  le  moins  dVtuburras,  et  aboutit 
k  la  plus  facile  comme  à  la  plus  haute  cerli- 
lude. 

Ainsi,  le  privilège  de  ne  pas  sa  tromper, 
privilège  qui  ne  s'exerce  que  sur  des  ques- 
iioos  de  fait,  privilège  dont  le  bénëfice  n'est 
(uraQli  au'du  oorps  entier  de  l'Ëglise.  Voilji 
Pinfaillibiliié  telle  que  l'entend  la  Ibéologia 
Catholiaue;  elle  re(X)se  en  cela,  mais  aussi 

(ien  qu  en  cela,  et  c'est  assez  d'en  exposer 
a  notion  iiour  faire  comprendre  que  c'est 
|à  une  idée  sublimti ,  mais  grave;  une 
gloire  magnirique,  mais  sobre  et  contenue: 
une  prérogative  empreinte  de  merveilleui , 
mais  d'un  merveilleux  discret  et  dégagé  de 
^)ut  ce  qui  pourrait  tenir  d'un  illuminisme 
dangereuK  ou  d'une  grandeur  démesurée  et 
nntastique. 

Sa  nature  décrite,  il  s'agit  de  constater 
son  eititeuce.  Vous  le  comprenez,  l'infail- 
libilité étant  un  fait,  il  ne  s'agit  pas  de 
m'appelerà  l'établir  par  des  considérations 
luélaphj'siquea.  Vous  ne  pouvez  me  deman- 
der qu'une  démonstration  de  fuit,  que  des 
(giaranlies  historiques;  et  certes,  celles-là  ne 
nous  manquent  pas.  11  en  cstquatre  surtout 
dont  je  me  borne  à  vous  indiquer  ks  trois 
(>remières. 
1*  O'vst  l'acltt  iJe  (QpdatiOQ  de  Tligliso. 


lésus-Chrisi,  en  l'érigeant  ceiMae  poutoit 
doctrinal,  lui  a  fait  deux  pronettts.  hn- 
messe  d'éternelle  solidarité.  Qui  «ou ^Hb, 
n'écoute,  lui  a-L-il  dit  ;  el  cette  piràlc  it- 
lendail  à  tous  les  âges.  Hais  si  l'fi^ 
peut  se  tromper  dans  la  fui,  si  elle  o'eUiii, 
permdtteE-moi  l'expression,  la  véraciitn. 
vante  et  incarnée,  est-  ce  qu'en  l'écouimH 
écoulerait  Jésus-Cbristl  L'Homme-Diei, 
e'est-à-direlavérilé  substantielle,  jasmin 
par  basard  Identifié  avec  une  soeiélé  q 
pourrait  servir  d'organe  au  meiiioiigel &i  ' 
serait-il  engagé  à  couvrir  de  sa  rssponsiin- 
lilé  les  arrêts  d'un  tribunal  qai  t\Kp. 
cbance  d'être  absurde?  Ainsi,  par  Û  meh 
qu'il  s'en  fait  le  garant  ni  pour  loujoars, 
par  là  même  qu'il  promet  d'envisngef  cooiitt 
émanés  de  lui  les  décrets  qu'elle  doil  pontt. 
par  là  même  qu'il  exige  pour  eux  le  reipm 

au'on  témoignerait  à  sa  profire  parole,  i; 
éclare  sutbenliquemeDl  qu'il  se  diargedi 
la  rendre  infaillible. 

Promesse  de  solidarité.  Proran»  da 
triomphe,  et  de  triompbe  immuable.  Il  lui 
annonce  que  lu  parla  de  l  euftr  iu prim- 
dront  point  contre  etlt. 

Mais  certes]  pour  que  les  pouvoirs  in 
ténèbres  soient  ainsi  impuissnnli  i  la  ritn- 
cre,  il  faut  qu'elle  soit  elle-même  insccesiib'i 
i  l'erreur.  Le  jouroJl  le  géniedu  n\ens<mp 
aurait  le  secret  de  l'égart^r,  il  aursltdniîtiie 
monter  vers  Jésus-Cbrisl  el  de  lui  dire  :Jt 
pourrai  donc  prérsloirl 

2'  C'eat  l'alurmation  même  de  l'Eglin'. 
L'infaillibilité  est  un  privilège  tellemuii  i 
part,  il  entre  si  peu  dans  les  lentatioDS  d'ut 
homme  raisonnable  de  so  l'attritiuer)  IdtI, 
il  est  si  diliicile  de  se  faire  illusion  lursmi 
<:ompte,  et  de  s'imaginor  qu'on  l«  |<<)i!'<lc 
quand  on  en  est  dépourvu,  que  si  l'Èg\»^t 
revendiquait  injustement,  ce  sereileneL'r  | 
notHseulenient  un  acte  d'erreur,  mû  " 
acte  d'impudente  foïie.  Et  cepeudinL  «iu 
impudente  folie  obséderait,  depuis tii-^ii 
sièclea,  la  société  la  plus  éclairvecUp^o^ 
honqâte  qui  jamais  se  soit  ioslall^  liaiu  <« 
monde  1  C'est  impossible. 

3*  Ce  sont  les  (jeuvr«s  du  eatholidii». 
Toutes  les  inerveillos  qu'il  a  foil  éclort  suut 
sorties  de  la  fermeté  da  la  foi  t  el  la  fenseit 
de  It  foi  a  pris  elle-même  sa  source  <lnis 
l'infaillibilité  de  l'Eglise ,  qui  a  élé  miui  ^<' 
définitive  la  base  et  le  principe  de  iw<- 
Mais  est-il  possible  qu'un  si  grand  elToini 
puisé  sa  sève  dans  une  racine  idéale,  m^ 
une  cause  imaginaire? 

Enfin,  quatrième  el  dernier  gage  de  i"i- 
faillibililé  de  l'Eglise,  ce  sont  la  sages» ^i 
l'banooDie  de  sa  doctrine.  Voici  bieuM- 
tetups  qu'elle  enseigne  et  décide  ilin>  " 
monde  1  Que  de  débets  elle  a  traucliés I  V>° 
de  s^sièœe*  et  d'hérésies  elle  a  fouunirt»' 
Que  de  vérités  elle  a  définies  I  El.  <^ 
digne  de  remarque  I  ces  différeolu  oi^ 
lions  elle  ne  les  a  faites  ni  dans  im  <a^ 
temps,  ni  daosles  mêmes  eontréesi"'*', 
époques  semblables.  C'est  au  ^'^^^.l 
cnrislisiiisioe;  puia  au  i*.  ■"*'"' ^i,« 
le  i'tucUaiJt  du  xvi'  siènlt:- *^ «' *" " 


iisi 


UCT(0:iNAIMi  APULOfi£TtQUE. 


c'ert  dMU  lu  Gjuleit  e'eit  eu  Iulie,  k 
Nic4e ,  à  Vienau .  k  Florencs.  C'est  i 
rertaÎDS  aïoiDeuls  où  lei  lumières  générales 
fuient  lirillsiites.  C'est  ensuite  i  d'autres 
iDMueals  où  l'astre  de  la  uience,  |>lus  ou 
luuiuf  éclipsé,  laissait  peser  ddb  nuit  plits 
ou  moÎDs  léoébreuse  sur  la  monde.  Qui  le 
sroirait  oe|H>n(laDtT  Entre  tant  de  décrets 
qu'elle  a  pronoucâs.  «t  desdalessi  sé)>arées, 
sur  des  tbéltras  si  divers,  dans  des  pluis[:s 
sociales  si  op|>osées.  vous  ne  uirnrendrez 
tii  >esli((8S  de  fausseté,  ni  trace  o'incolié- 
rence.  Tout  est  pur  et  lnot  se  lie.  Du  pre- 
mier concile  de  Jérusalem  i  celui  de  Trente, 
il  s'écoule  plus  de  (|ualorze  cents  sus,  et  les 
cnseiipiL-meiitsde  ces  deui  graudes  assem- 
lilées,  réunis  t  ceux  de  tous  les  autres  coi^ 
elles  inlcnuédiaires,  ue  con<iliiuent  qu'un 
seul  et  ujaipiilioue  stmluli-,  dont  les  élé- 
iiieats  d'un  c&\é,  rcsseiuliltul  h  de  l'or  sans 
•Iliade,  d9  l'a  ilri>,  se  ré|M>udenl,  s'eocbal- 
iiect.  se  coiBplèlenl,cuui|io&aiil  un  tout  non 
inoius  b«riiionii;ui  qu'uu  éditice  construit 
«l'un  seul  jul  avec  le  (ilus  Jiaraioaieus  eu- 
sepiMe  I 

Kx|ili(iuez  cela  naturellemeDl  I  C'esl  im- 
(lossible.  JndiTiduellemfnt,  oous  ne  saroua 
|ias  rester  eu  équiliitre  avec  nous-uiémea. 
On  le  Toilasnex  dans  notre  siècle;  jamais 
oti  ne  parla  plus  de  suite ,  de  constance, 
d'unité;  jamsis  on  n'eo  eut  moins;  et  tel 
(jaiieraule  de  n'avoir,  en  aucun  temps, 
wxliqué  ses  convictions  ut  ses  principes,  lit 
jieul  être  déteindre  et  changer  aux  feux  de 
TÎogt  soleils  ïea  nuances  de  son  esprit  et  les 
routeurs  de  sa  iMinoière.  ftieu  n'est  plus 
rare  pumi  nous  qu'une  vie  Tondue  toct  eu- 
liireau  moule  d'une  oièiue  idée,  et  surtout 
d'iuie  idée  pure  et  vraie.  L'eusemlïle  et  l'su- 
CJrd  qu'uu  houtrae  isolé  ne  sait  garder  avec 
lui-même,  les  curfioratioris, même  tes  plus 
vénérables,  ne  savent |iad  non  plus  le  porter 
dans  leurs  décisions  et  leurs  doctrines.  Eo' 
«■i>ez,  pareseuiple,  de  coordonner  ea  ua 
titut  irréproclMbie  al  logiquemeoi  emboîté 
toutes  les  lois  écloses  des  déiibératiûua  de 
n>js  hommes  J'Kial,  d'ailleurs  si  houorableîl 
Prenez  encore  le»  interprétations  pronou' 
céus  par  vos  cours  de  justicf,  9iea  n'est 
plus  ruspi-ciable  assurément  que  la  haute 
uiBt;iïlniure  dout  elles  se  eouiposeot  >  Lk>;u- 
lue  ulle  délibère  avec  dignité  !  Quelle  séré- 
pi-é  sublime  et  iui|«rtioîe  préside  h  rexjiosé 
cooiiue  aui  débais  des  opinions  qu'elle 
énouw  I  Comme  les  commentaires  des  loi", 
auxquels  délinitiv^ment  elle  s'arrête,  sont 
toujours  raisoiinés  gravement  et  puissaut- 
tuent  motivés  1  Et  toutefois,  mslgré  cette 
ssujeslé  de  reilexiou ,  de  calme  et  de  Ihiq 
•eus,  las Iribunitux  kupiénies,  d'une  part, 
vlwBcellent  (tarluis  dans  la  justiie  des  dvc- 
lriues,dvi'aulre,nes'eulendent  pas  toujours 
Bii  daus  le  Biéwe  rojraume  ni  fc  la  même 
é|NNjueu  Sur  le  oiême  texte  du  code ,  dans 
lies  con.ectures  et  sur  des  faits  i  peu  près 
îdeuiiquea,  ils  adoptent  dits  sens  o|i|m>5^ 
cl  ae  fHrunouceut  pour  des  conclusions  tou- 
tes cfHatrsdirloires.  fréqueutes  et  profondes 
€ptr0  iu^cs  coulenipoiaias,  ces  dit^rgeuces 


le  sont  bien  plus  eDCor«  quand  Iss  4 
s'éloignent  ;  et  pour  qui  voudrait  tes  <«.  ,_ 
rrr  fa  vingt  ans  de  dis'aiice,  les  arrêts  (l'u«« 
même  cour.  siirVjes  mêmes  matières,  m 
prf'senteraient  mille  fois  séparés  psr  d'cf- 
iroyables  abîmes.  Voilà  l'homme. 

Et  pourquoi  l'Eglise  échappe-f-elle  i  tt 
caractère?  Poiirquni.  i^parsei  tous  les  venis 
du  temps  et  de  reapa'-«,  coDserva-l-el(« 
celle  unité  de  vues  saines  et  de  principes 
immaculés  que  nulle  autre  société  ,  même.' 
limitée  sur  un  point  des  siècles  et  do  ':, 
monde,  ne  peut  pas  reproduire  T  Pourquoi 
tant  d'esprits  si  divers,  délibérant  sur  des 

auestionti  si  différentes ,  jetés  sur  la  routs 
e  l'hisioire  i  de  si  longs  iiitervatles,  for- 
ment-ils un  concert  si  mélodieux  et  si  bien 
lié,  qu'il  semble  k  l'oreille  qui  les  écoute 
n'entendre  qu'une  seule  voix,  pure  comme 
un  écho  du  ciel ,  puissante  et  solenoullt 
comme  le  bruit  des  grandes  eaux  T  Ah  1  l'un 
ue  pourra  jamais  donaer  qu'une  explication 
plausible  de  ce  grand  phénomène.  C'est 
que  dans  ce  grand  corps,  dont  les  membres 
suntsi  délacl^  les  uns  des  autres  etsere- 
Qouvelieat  si  souvent,  circule  une  ime  im- 
mense comme  l'influi,  impérissable  comm^ 
l'éternilé  T  Je  veux  dire  l'esprit  de  Dieu  ;  el 
c'est  l'assistaocA  de  cet  esprit  sacré  qui, 

Kréseole  en  tous  les  lieux  et  dans  tous  les 
jcs  où  l'Ëglise  délibère  et  prononce,  épure 
et  coordouae  ses  souvenirs,  combine  %vs 
décisions,  (ait  entrer  toutes  ses  seolences  et 
toutes  tes  définitions  dans  le  cadre  d'uu* 
même  fui ,  l'associe  en  un  mol  h  l'iafailli- 
biliié  divine  et  i  l'inaltérable  faaripouie  que 
cet  attribut  lait  régner  entre  tous  les  cuu- 
seils  et  tous  les  oracles  de  la  vérité  Mhs* 
taniielle  et  suprême. 

Et  ne  disons  pas  qu'on  pouvait  bien  part 
1er  d'inbillibiltté  au  moyen  Agt^,  mais 
qu'aujounl'huî  c'est  le  plus  itisouteaable  d< 
tous  les  anachronisme^. 

Une  prért^live  immortelle  n'est  jamais 
un  anachronisme.  Tant  que  subsiste  la  nir 
ciélé  qui  la  reçut  en  parlagit ,  lapt  que  Uk 
coucessioo  qui  la  lui  dispense  n'a  pal  étâ 
r^ractée,  on  peut  eu  proclamer  l'existence 
avec  à  propos  et  sans  être  rétrograde.  Coiui 
meqt  seraisije  arriéré  en  parlant  du  soleil^ 
tabt  qu'il  éclate  encore  et  se  promène  d'uq 
pas  rojriil  au  Srmameut  7  Et  qu'importe  qiia 
uutre  éjioque  n'y  croie  pas  1  Où  en  serait-on 
s'il  fall.it  abandonner  ce  que  nie  cbaque 
éjioque?  Quand  un  siècle  a  raison,  qu  oii 
tienuc  compte  de  ce  qu'il  dément,  k  la  bôtuie 
heure  1  Uais  quand  il  a  tort,  quand  il  a  re^ 
poussé  un  fait  à  l'aventure  et  contre  toute 
vérité,  je  ne  sache  pas  qu'il  soit  besoin  de 
participer  k  ses  erreurs  ou  de  se  taire  pour 
être  uD  homme  avaucé. 

Ne  disciis  pas  non  plus  :  Qu'est-ce,  après 
tout,  que  l'Eglise  T  C'est  unecéupioud'ltotu- 
mes  Comme  les  autres,  peultêiru  même  un 

iieu  moins  éclairés;  et  p'est'ij  pas  riitîculo 
ces  buuimes>lk  de  su  prétendre  ioUÎUi- 
bles? 

Des  hommes  comme  les  autres?  Indivi 
duelluuieul,  oui  ;  couiuie  t'I^llse,  noo.  Da'ii 


1139 


INF 


DICTIONnAmC  ArOLOCBTIQVE. 


iquci  onlrc  de  clioses  sommos- nous  Ici 
IJlaciSs?  Ce  n'est  plus  daas  l'ordre  naturel. 
C'est  dans  tin  ordre  à  pan.  11  ne  s'agit  plus 
de  voir  seulement  dans  le  corps  des  pas- 
leurs,  des  èlres  isolés  çl  livrés  sbds  apj'ut 
supérieur  aux  fluctuations  de  leur  esprit,  il 
s'agit  de  voir  des  PonliTes  à  qui  Jdsus^hrjst 
a  garanti  qu'il  serait  arec  eux,  'i|u'il  prési- 
deraii  ft  leurs  délibérations,  qu'il  les  ani- 
TULTsit  de  sa  propre  sagesse  ;  ei  cerles,  avec 
une  lelle  assistance  ,  si  misérables  el  si  dé- 
nués de  lumières  qu'on  se  les  figure,  si 
itccessililes  h  l'erreur  qu'ils  soii;nl  par  es- 
sence, n'est-il  pas  éTident  qu'ils  deviennent 
sûrs  d'eui-mémes?  Leur  union  avec  le  Dieu 
qui  les  lemplil  et  Ips  éclaire,  ne  les  ruit-elle 
lias  eiilrer  en  participaiioa  de  son  inalléra- 
ule  el  souveraine  vératité. 

Au  nsie,  si  ce  sont  le  des  hommes  comme 
lus  Qulros ,  (railez-tes  donc  comme  vous 
traitez  les  autres  I  Que  vuis-je  dans  le 
moude  1  On  7  ont  des  infaillibilités  partout; 
Dieu  a  moins  semé  d'étoiles  dans  l^espace. 
l 'fuillibililés  qui  so  supposent.  Par  exi-m- 
ple,  TOllJi  quehmesjnrésqui  assistent  h  des 
discussions  ju'liciaiies;  ils  entendent  les 
ac 'U  atious  et  U  déTense  ;  un  instant,  ils  sa 
retirent;  ils  délibèreul,  puis  ils  rentrent, 
déclarant,  suivant  les  conclusions  qu'ils  ont 
arrêtées,  que  le  prévenu  est  innocent  ou 
non  sur  les  questions  qui  leur  ont  été  sou- 
niisijs;    et  cest  d'après  ce  rerdict  qu'on 

Crononce  l'acquittement  ou  qu'on  applique 
I  peine.  N'osl-ce  pas  li  une  espèce  dNn- 
faillihililé  qu'un  leur  attribue  ?  Inraillibilité 
terrible,  au  bout  de  laquelle  sont  suspcii- 
(lueB,  cumme  par  un  fil ,  la  vie  et  |a  mort 
d'un  citoyen,  d'un  frère  qui  peut-être  est 
coupable,  mais  pvut-ètre  est  sans  tache. 

Et  comme  il  est  des  inraillibiljtés  qu'un 
suppose,  il  en  est  qui  s'imposent.  InfaUlibi- 
lilé  du  journalisme.  Est-il  une  seule  feuille 
si  jeuuL' ou  si  caduque  qui,  vis-è-visdes 
autres  ,  que  dis-je  ?  Tis-ii-vis  de  tuules  les 
BcnJéuiks,  de  toutes  les  chambres,  de  t-)us 
les  gouveriiemeiils ,  ne  s'eiprime  et  ue 
tranche  èrec  un  aird'urncle?  Infaillibilité 
de  la  st;ieiice.  Un  géologue  aura  trouvé  par 
hMard  un  morceau  de  lossile.  Qu'est-ce  au 
fund  que  ce  frajjinent  7  Est-ce  du  rhiuocéros 
ou  du  I  liippoputumu?  Il  ne  le  sait  Jtas.  Du 
quelle  égioqne  datu  co  débrisT  II  nu  le  suit 
pas niieui.  Mats  u'iiuporie,  il  afllrmeradu 
ton  le  plus  décidé  que  Moïse  el  la  Genèse 
*oiit  convaincus  u'erreur,  et  gardez-vous  de 
le  Contredire  I  Infaillibilité  de  In  pliilosopliiu. 
Klle  est  proverbiale;  rien  n'égale  la  con- 
liante  idolâlriu  avec  lequcllu  ceux  qui  la 
représentent  déijienl  leurs  systèmes ,  et 
malheur  fa  qui  voudrait  insinuer  que  peut- 
élre  ils  se  trompent  1  Oui ,  partout  je  vois 
l'huiniue  jnfjiiué  de  suu  inielligencc.  Il  est 
si  loin  de  penser  qu'elle  est  iuipuissantu  h 
rien  attester  avec  empire,  fa  saisir  la  vérité 
d'une  prist!  l'erme  et  sûre,  qu'au  contraire  il 
semble  iiertout  la  regarder  comme  incapa- 
ble de  surjirise  et  d'erreur.  £t  pourquoi 
pendant  que  vous  prodiguuK  si  généreuso- 
tnent  riufuillibiliiéàirequi  vous  environne, 


en  étes-voiis  si  avares  pour  l'EglîieîEre 
n'a  cepemlant  ,  sur  ceuk  qne  vous  en  Mti 
avec  tant  de  complaisance,  d'autrn  jèsi> 
vanlages  que  celui  d'en  être  plus  digue. 

Et  n'Jijontons  pas  :  Comment  riùprii. 
Saint  peut-il  fitre  res|)onsBbledes  déââm 
de  l'Iîglise,  quand  on  consiilëre  cornmni. 
elles  se  prononcent?  L'Kglise  est-elle  dis- 
persée, chaque  évéque  est  seul;  il  miDm 
ainsi  d'aulorilé  pour  juger  përemgKoïK- 
ment  la  question  qu'il  s'agit  de  définir;  d 
comment,  de  tous  ces  suffrages  solitaires  ri 
douteux,  p0ut-il  résulter  un  loui  doulDin 
lui-méiiie  se  fosse  le  garant  T  L'Egliso  eji- 
elle  réunie  .  de  tristes  passions  se  heurtcrit 
dans  ses  conciles;  d'orageuses  conlesUtioiu 
s'y  élèvent  ;  de  déplorables  scènes  d'uigmt 
et  de  récriminations  s'y  déroulent.  EsMI 
possible  Qu'au  milieu  de  tant  et  de  ii 
amères  collisions,  l'Esprit  divin,  mil  eit un 
esprit  de  paiii  dirige  les  débats  1  Comment 
Supposer  qu'il  fasse  jaillir  la  lumière  du 
sein  de  ces  nuages  formés,  refoulas,  dàlii- 
rés  par  rfrrtlaiioQ  de  ceux  qui  se  préten- 
dent ses  organes  t 

Quelle  éirange  difflcuUé!  L'isolement  ei 
\a  dispersion  vous  embarrassent!  Mais  Dieu 
n'est-il  pas  le  maître  des  volontés  liaiiigi- 
nesT  Ne  les  manîe-t-il  pas  fa  soi  gré  sans 
les  contraindre?  ne  peut-il  pas,  sans  nu- 
lence  et  sans  contrarier  le  Jeu  qui  leur  eu 
propre  les  faire  concourir,  d  un  bout  i 
l'autre  du  monde,  fa  une  révolulino  qu'il 
Bimernit  b  voir  sortir  de  l'unanimilédeleors 
efforts?  Sans  doute.  Et,  certes,  ne  penl-i! 
pas  vis-fa-vis  dos  esprits  ce  qu'il  fiil  jur 
rapport  aux  volontés  ?  Quelle  mervefl1«qu'iri 
et  la,  il  incline  un  évèqne  el  puis  un  luife 
du  cdlé  de  la  vérité,  de  manière  iceqw. 
dans  leur  ensemble,  ils  ne  décident  jiimii 
rien  qui  ne  soit  juste,  raisonnabi",  hn^t 
sur  les  pures  traditions  du  catholiciiic.' 
Ces  prélats  sont  disséminés  par  te  •nnnr. 
mais  que  fait  l'espace  fa  Dieu?  D'uip^ 
fa  l'autre  il  les  atteint,  il  les  saisit.ii^c^ 
maîtrise  chacun  en  piirlicufter  ;  el  dèfln 
il  est  manifeste  que  du  levant  au  cauclianl, 
do  Jérusalem  è  Baltimore,  de  Paris aiii*^ 
litudes  de  la.  Alantchourie,  il  peu!,  ai'Sii 
bien  en  masse  qu'en  détail,  leii  pré->errT 
d'erreur  et  faire  sortir  de  fwurs  siiBVJSts. 
quoiqun  isolés ,  une  irréprochatt'e  k"" 
tencu  I 

Comme  In  dispersion  n'est  pasuooliîlMle 
fa  hnraillibtlilé,  les  disjiuies  plui  ou  muiii'' 
tristes,  dont  tes  conciles  iieuvunl  6'"'? 
compagnes,  n'en  sont  pas  un  noniiluiH 
pourquoi?  C'est  d'abord  que  ces ri'iilesl»- 
lions  sont  beaucoupmuins  emportées qi ""  | 
lie  le  suppose.  De  toutes  les  assemtil^ 
humaines  ce  sont  encore  celles  qui  m  ><"'' 
toujonrs  le  mieux  respectées  ;  celles  J^ 
l'on  a  porté  le  plus  de  consciwice  eHlw- 
négation  ;  celles  où  l'amour-propre  tsicu- 
M  le  plus  généreasument  le  iriomji'H' 'le 
.■les  vues  ou  tes  irritations  de  sa  suueiit''"'  , 
lité  an  triomphe  de- ta  lainière;  celw^"'  1 
fin,  bù,  de  tout  totiq)S,  les  débits  ool  j<> 
plus  paeitiques,  lus  reproches  iilni^  bkw-     i 


1(11 


x\r 


UCTIONrtAntE 


r^s  ri  mîotit  roDtonus,  \os  éclaU  plus 
rares,  les  confcnaoccs  plus  s^vèremeDl 
fiLuerrces.  Co  ancien  disait  qu'aulaiit  il  a* ait 
ru  (le  s<(iialeurs  i  Borne,  autani  il  axait 
TU  de  rois.  S'il  tvail  pu  entrer  dans  un 
roiicile,  il  aurait  dit  :  Autant  j'y  ai  ru  de 
rères,  autant  j'jr  ai  tu  Je  dieux.  Voilà  ce 
i|!ii  est  vrai,  une  majeflé  sublime  a  ^éné- 
(alecDcntilominé  dans  ces  réunions  saintes, 
cl  si  jamais  elles  ont  été  Iroublétts  |>ar 
linéique  runfusion ,  je  mYlonneraîs  4"^ 
i.->lrs  délicatesse  s'effarouchât  de  ce  (u- 
iinille:  nos  areîlles  sont  accoutumées  è 
enitnilre  mieux  dans  le  fracas  de  nos 
a^iiaiions  parlementaires. 

Supposons  apr^'s  loul,   que  ces  mouTS- 
inruls   eussent  été  plus    profonds   et   ces 
SièiPS   plus  scandaleuses;   qu'importe  au 
résultat?  Est-ce   que  de  tous  ces   froisse- 
ments de  paroles,  sans  approuver  les  pe- 
tites passiiins   qui  les  inspirent  et  sans  se 
romjiromeltre  lui-mCme,  Dieu  ne  peut  pas 
f^iff  sortir  la  rériléTVo^ez  le  gouTerne- 
iiient  du    monde  i   certaines   époques  de 
l'iiisloire.  Les  rois  sont  barl)art;s;  les  peu- 
I  .'-'S  sont  rebelles;  princes  et  nations  s'trn* 
Ire-IéTorent  ;  la  société  qui  les  embras- 
se   n'est    qu'un    chaos   d'où    le  sang  se 
Dif!e  aux  mines  ;  ce  u'est  pas  Ik  seule- 
r.itul  le  malheur  d'un  royaume-,  c'est  ceiuj 
ùe  Ttngl   empires  ;    l'untvers   s'agite  dans 
l'ji.ardtte.  Et, chose  admirable!  au-dessus 
de  ces  drames  désordonnés.  Dieu  plane,  les 
doniinaDl    arec   une    sérénité   loule-imis- 
siriie;  de  tous  les  iociilenis  plus  ou  moins 
trafiques   dont    se    forme   celle  confusion 
générale,    il   prétend  tirer    un     ordre    de 
choses  loot  opposé.  Il  le  tire  en   eiTet,  et 
tôt  ou  tard,  par  un   ménagement  iniisîble 
i::;iis    rictorifui   du  sa    providence,  tous 
TOjt  z  la   i^aix  et    la    régularité  jaillir  du 
It-juleTerseœeiiI  et  de   lo  tempête.  El  pour- 
fj-ioi    n\-n    serail-il    pas  dans   le   règne  de 
la  f'ii  comme  dans  le  monde  social  T  Pour- 
■;u'it  celui  qui  se  sert  des  secousses  poli- 
t:qiics,  du    déchirement  des  partis  et  des 
c'inTuIsions   des    Etals,   pour   amener  le 
irîcinphc  de  corlains  principes  et  l'établis- 
sement de  certaines  institutions  légitimes, 
ne  pourrait-îl  pas  ss  cacher  sous  les  dis^ 
eussions  plus  ou  moins  aigres  et  les  colli- 
sions plus  ou  moi:is  orageuses  dont  un  con- 
cile   peut   être   lethéStre.   pour   ménager 
sourdement    et  en   déCnilîTe  un  triompEe 
{■'.us  ou  moins   éclatant  à  latérite. 

Non,  ces  intelligences  qui  se  choquent, 
ce  n'est  pas  de  quoi  l'épouvanter  et  le  faire 
Tu^r.  Bien  n'empêcbe  qu'il  ne  fes  couvre 
Je  ses  ailes  étendues,  comme  il  en  courrit 
r>  cfaaos  i  l'origine  des  temps;  et,  quelque 
^oit  le  mouvement  qui  gronde  au-dessous 
le  lui,  il  n'est  ni  au-dessus  de  sa  force^  ni 
n  Jïgne  de  sa  sainteté  d'eu  faire  éclore  un 
uoode. 

Les  garanties  qui  assurral  l'iaraillîbilité 
te  l'Eglise  ne  sont  donc  pas  seulement 
..-(alaiites;  elles  son!  invulitérables  :  ni  la 
-I I  son  ni  ^histoire  ne  pcuTent  les  ébranler; 
t,    en   posant  la    inaiu    sur   le  pririlége 


APOUKCnQCE.  ',  INF  rlU9 

dont  elles  conslaleil  l'existence,  l'angusic 
épouse  de  Jésus-Cbrjsl  a  droit  de  réiu^ter 
cette  parole  que  prononça  le  premier  con- 

3uérant  de  I  Afrique,  su  moment  où  il 
ébarqua  sur  cette  terre  redoutable  :  Ce 
sol  ni'apparlieDl,   Terram  tneo. 

Mais  enGn,  eoaclut-<ir>,  i  quoi  bon  l'in- 
faillrbilité?  Quels  résultais  <e  proinel-on  de 
ce  prodige  permanent ,  dont  on  appelle 
l'Eglise  à  recueillir  le  bienfait? 

A  quoi  bon  l'infaillibilité  I  A  sauver  la 
dignité  de  la  conscience.  La  Térilé,  comme 
le  dit  Bossuel,  est  n'  e  reine  immortelle. 
Reine  auçuste  et  légitime,  reine  dont  le 
sceptre  o  imprime  aucun  stigmate  de  ser- 
Titude  ou  de  déshonneur  h  ceux  qui  le 
f  énërent;  et  quand  ces  oracles  nous  arrivent 
purs  sur  les  grandes  questions  religieuses, 
quand  elle  nous  les  fait  transmet  re  par 
un  org.ine  incapnble  d'en  altérer  l'inté- 
grité sainte,  en  les  accenlanl  des  mains 
sacrées  par  lesquelles  elle  nous  les  offre;, 
on  s'honore  soi-même  ;  la  foi  devient  alors 
une  grandenr.  V'nili  le  bienfait  que  nous 
apporte  l'infaillibilité  de  l'Eglise  ;  par  el'e 
nous  ne  sommes  plus  les  disciples  do 
l'homme,  nous  sommes  les  disciples  de  U 
vérité  même,  c'csl-i-dîre  de  Dieu.  Quelle 
sublime  gloire  I 

Et  ce  n'est  pas  une  gloire  qu'on  puisse 
mépriser  impunément  I  L'homme  n'a  pas 
senlemeni  besoin  d'aulorilé,  en  matière 
religieuse;  il  a  besoin  d'infaillibililé;  Jk 
tout»  force  il  lui  en  faut  une;  e( ,  s'il 
repousse  celle  de  Dieu  ,  qu'arrivera-t-il  ? 
II  en  est  qui<Ire  autres  qui  se  partagent 
le  monde.  Infaillibilité  de  l'orgueil;  c'esl 
celle  de  ces  hommes  qui  s'adorent  eux- 
mêmes,  et  qui  disent  arec  sécheresse  o\t 
pitié  :  L'Eglise  et  ses  pasleurs,  qu'est-ce 
que  cela  pèse  auprès  de  nies  idées  ?  In- 
failliliilicé  du  dogmatisme;  c'esl  celle  quH 
la  servilité  de  certains  disciples  prête  it 
des  chefs  d'école,  en  reflétant,  le  front  in- 
cliné devant  cm,  la  TieiMe  firmule  :  ifoy/- 
Êlrr  dixit.  Infaillibilité  de  l'illumiiiisme; 
elle  règne  parmi  ces  sectes  dissidentes  où 
chacun  se  croit  favorisé  d'un  ra^on  divin* 
d'une  illumination  miraculeuse,  el  joue  plus 
ou  moins  le  proiibèle.  Infaillibilité  du  des? 
polisme;  on  la  rencontre  au  sein  de  cos 
éjjlises  nationales,  où  on  ne  saurait  sujt- 
poser  qu'un  hommei  de  casque  et  d'épe- 
rons, comme  disait  Bonajiarle,  peut  se 
tromper  sur  des  objets  Ihéoiogiques,  sans 
être  chargé  du  crime  de  lèse-majesii,', 
Echap|)ez  &  rinfaillibililé  souveraine  de 
IKi^lise,  TOUS  lombi^rez  inévitablement  sous 
l'une  ou  l'autre  de  ces  iufiiillîbilités  subal- 
ternes; et  quelle  que  soit  celle  q^ue  vous 
embras<:iez,  tous  en  serez  ffélris.  Sous 
rinfaillibililé  de  Torgueil,  or  est  puéril  ; 
sous  l'infaillibilité  du  dogmatisme,  on  est 
aduf.ileur  uu  crédule;  sous  l'infaillibilild' 
de  l'illumintsiDe  ,  on  est  extravagant  et 
fanatique;  sous  l'infaillibilité  du  despotisme, 
on  est  esclave.  Choisissez! 

A  quoi  bon  l'infaillibililâl  pour  abréger 
réiude  de  la  religtoo  cl  l'ana'^j^e  de  sa  foi? 


lus  IKT  DHrnONNAIBB  APOLOGETIQUE. 

9iRS  aalori(4  infaitliblo,  autADt  il  y  a  ào 
points  st^rieuz  et  de  Questions  essentiellBi 
sur  la  destinée  de  I  homrue,  autant  pour 
noua  de  problèmes  à  résoudre  ;  la  religiou 
devient  alors  coaime  un  édifice  dont  il  faut 
successivement    irourar  et  tailler  chaque 

Klerre  1  Quelle  OBUvre  gigantesque  1  Quel  li^ 
eur  iiitermiDBble  I  Uais  arec  une  autorité 
infaillible,  le  travail  est  plus  facile,  parce 
qu'il  est  plus  restreint.  Vous  n'svei  alors 
qu'un  seul  point  à  établir,  c'est  que  ce  tri- 
!  bunal  ne  peut  se  tromper;  nuis,  comme  le 
-fait  observer  Nicole,  ■  celte  dilOculté  résolue, 
toutes  tes  outres  le  sont  par  le  même.  Qui  a 
trouvé  cet  enseignement  incapable  d'erreur, 
a  (OBt  trouvé;  il  n'a  plus  qu'à  le  suivre  : 
<^eat  un  guide  Gdèle  qui  cautJuit  l'esprit 
avec  sûrfrlé  dans  le  labyrinthe  des  m/sléres 
Ivs  plus  obscurs  et  les  plus  embarrassés; 
c'est  une  lumière  qui  éclaire  et  garantit'à 
elle  seule  le  corps  entier  de  la  ductrine;  » 
«'est  eulin  comme  le  centre  d'un  cercle  de 
feu  I  en  la  tenant  avec  force,  ou  lient  aussi 
tous  Ids  ra/ons  qui  de  \h  s'en  vont,  eu  diver- 
geant, éclatera  la  circonférence. 

A  quoi  bou  l'iuraillibililél  Uais  h  quoi 
bon,  demaadtfrai-^e  ;  oes  cours  souveraiaes 
dont  on  a  deciiéqoo  les  arrêts  seraient  irré- 
formabtesl  tilles  ont  puur  but  comme  pour 
effet  dt)  mettre  un  turioo  suit  aui  débats  des 
procès  I  sox  aux  incertitudes  de  la  légis- 
lation; et  par  ce  double  avantage,  en  Biunt 
ainsi  la  jurisprudence,  en  irani;haiit  avec 
une  uelleté  di-lliiitive  les  droits  individuels, 
elles  aorit  uuo  aauTegarde  également  pré- 
cieuse, et  pour  la  sécurité  des  intéréis  pri- 
vés, el  {>our  la  paii,  rhaniioiiîe,  l'unité  so- 
ciales. L'iDr&iliibililé  produit  un  bienfait 
analogue  dans  l'ordre  religieux.  Elle  prévient 
ou  arrête  la  luite  et  l'auarcbie  des  esprits 
comme  celles  des  doctrines.  Oui,  du  moment 
OÙ  il  existe  une  autorité  consacrée  et  rlicon* 
nue,  une  autorité  dont  la  sagesse  vous  est 
aulbenliijubment  garantie,  une  autorité  dout 
lua  déliniiions  parLicipenl  h  la  vérité  même 
de  Dieu,  l'ordre  régne  entre  les  inlelligeocei 
el  l'unité  dans  la  foi;  chacun  l'écoute  en 
silence;  chacun  s'en  rapporte  pleinemeiit  à 
sa  parole  ;  et  ainsi  devenue  l'oracle  univer- 
sel, elle  fait  disparaîtra  toutes  les  nuances 
et  tous  les  caprices  d'idées,  tous  lesconlllis 
d'opinions,  toutes  les  dissidences  de  sj'm- 
bote,  pour  conlondro  toutes  les  Ames,  par 
une  Vaste  et  unanime  soumission,  dans  une 
rasle  untformité  de  croyance.  C'est  ce  qui 
ae  voit  dans  le  cotholiciiiue.  L'Ej$lise  j  tient 
tous  les  tidèl^s  sous  sa  uiaiu,  et,  par  une 
puissance  qu'ils  se  plaiseni  i.  vénérer,  elle 
l«s  enchaîne  dans  le  cercle  invariable  d'une 
méiue doctrine;  c'est  le  soleil  qui  retlentles 
planètes  captives  au  sein  de  leurs  ojbites, 
«tiuiLirime  à  leur  marche  cette  majestueuse 
uaile  dont  le  firmament  fait  son  orgueil. 
I  Renversez  au  contraire,  je  -no  dirai  pas 
même  l'autorité  comme  principe,  maid  l  au- 
torité comme  tribunal  intailUbfe)  adieu  l'en- 
tente des  espritsi  adieu  l'idenlité  des  cen- 
victionsl  Chacun  s'en  ira  lo  cr&iut  des 
croyances  bpart,  et  jusque  sur  des  pointaqui 


V9  llii 

sembleraient  devoir  exclure  tout*  e^)èce 
de  divergence.  Il  s'agira  de  faits  bistoriqui; 
il  s'agira  du  sens  h  donner  k  quelques  pu. 
sages,  môme  clairs  et  évidents  de  eerlilot 
livres  sacrés.  On  dirait  que,  snr  depanili 
obJL'ls,  le  moindre  disseotUnenl  ert  impai- 
sible  ;  et  pourtant,  si  vous  supprimez  loult 
décision  suprême,  si  vous  Bbandonnezlci 
réoes  au  caprice  des  inlelii^euces  iDdiii' 
dnelles,  astres  dépourvus  de  centre  qo!, 
en  leur  servsat  de  mobile,  leur  serve  auti 
de  frein,  elles  seront  ent|iorlées  au  baai 
en  mille  sens  divers;  toutes  s'isuleroul  la 
unes  des  autres,  et  sa  précipiteront,  linii 
détachées,  dans  des  roules  de  fnntaifie  n 
de  contradiction.  Même  sur  les  tradiiiuu 
les  mieux  constatées,  elles  seront  eu  uf 
saccord  ;  môme  sur  les  textes  les  moiai 
«uibif^s  et  les  plus  lumineux,  leors  IbIët- 
prétatiuns  se  déiDuntireQt  mutuellemuil, 
et,  de  l'ensemble  de  leurs  vues,  réiulten 
je  ne  sais  quel  orageux  péle-ni61e,  où  lu 
idées  les  plus  bizarres  el  les  plus  încompi* 
tibles  s'entre-cboq  lie  root  avec  fureur,  et  m 
feront  une  guerre  d'autant  plus  irrécon- 
ciliahlequa  toutes  préteôdroal être  la  vérité. 

El  n'est-ce  pas  fe  spectacle  du  proteitin- 
lîsme?  En  se  séparant  de  l'élise,  il  brin 
le  sceptre  de  l'infaillibilité  csLaolique.  Sur 
ses  ruines,  il  déilia  ce  qu'il  appelait  le  libn 
examen,  el,  à  partir  de  cette  loaugunliuB 
fatale,  c'est-b-dire  dès  son  berceau  méuie, 
il  se  prit  à  déployer  abx  yeux  de  l'uDifeiJ 
uue  image  du  chaos.  Chaos  où  l'on  vil  lu 
fuudalaurs  eux-mêmes  se  foudroyer  nu- 
tuolluiuenl,  et  rappeler  au  monde  le  comtul 
des  dieux  ou  plutôt  des  chimères;  cluoi 
doiil  les  éléments  n'ont  cessé,  depuis  ku* 
époque,  de  se  frscliooner  el  de  se  diisotiJn 
en  mille  sectes  nouvelles,  et  toutes  tthu- 
liétts  les  unes  contra  les  autres;  chiot  «M 
l(js  violentes  et  continuelles  secouvo  Ml 
lellemenl  miné  la  réforme  partout  oit  «1^ 
pénétra,  mais  surionl  en  Alleiuagas,i^ 
nulle  part  elle  n'otfre  un  coin  de  lerregu 
lie  se  déchire  et  ne  s'enfonce.  En  vain,  |>our 
lui  rendre  quelque  consistance*  les  rais  et 
les  pasteurs  évangéliques  contrefom-ili 
i'UjIise  romaine,  et  nissembleni-ils  de» 
cont:iles:  l'Ksprit-Saint  n'est  pas  U.  U  «>! 
ne  fait  que  soulfrir  et  s'alAisser  pluslurn-' 
bleuient  sous  le  poids  de  ceux  ijui  tenieul 
de  le  raffermir;  et  princes, ducieurs,  i*U' 
plus,  tout  le  monde  disparaît,  comme falali^ 
lûeul  endouti  dans  le  K^idlre  de  je  ue  iàu 
quelle  elTroyabla  indépendance,  qui  s'«u 
vu  chaque  jour  dilatant  ses  ahliuss. 

Èiidu,  à  quoi  bon  |'iufaillit>ililé  T  EII* 
ouvro  une  source  préi'iuuse  de  paix  el  de 
sécurité  murali!. 

11  est  dcuL  sentiments  bien  douloureui 
pouj-  l'inlelligance  Luiuoiuc:cesouiriudtt- 
crélion  de  l'esi.rlt  et  le  doute;  riudtscréUuO, 
qui,  ne  sachant  prescrire  autuiie  borue  in 
curiosité,  se  meurtrit  le  frûul  contre  ca 
questions  qu'elle  voudrait  sonder  et  quelu 
ne  peut  apf^olondir;  la  douta,  supplie* 
d'une  Ame  è  qui  le  pain  de  la  vérité  iDanqu«( 
et  qui  se  lord  de  faim  daui  le  vid«,coaiu>e 


MU 


nCTKMniAIRE 


l'agile  un  lerpent,  sods  la  pression  inour- 
irterfl  il'ane  machine  qui  pompe  «on  air 
*:Ul.  Celle  double  malailie  n>s(  pas  nre 
dans  le  moDile  pbilosni>liJi]H«,  el  la  sonf- 
ff«iKei|u'ellecaDsee$i(l'«uiaiii  pins  cruelle, 
qoe  toul  roo&pire  à  l'y  déchaîner,  el  que 
rien  ne  l'apiise.  Ce  n'est  pas  l'aulurité;  on 
la  méprise.  Ce  n'est  pas  la  raison;  principe 
du  mal,  el-e  ne  saurait  le  guérir. 

Ohl  comme  on  est  étranger  k  ces  an- 
gnisses,  eous  la  tutelle  d'une  Eglise  qoi  ne 
|h-ut  errvri  ATecelIfltStrrsit-ve  l'iiHJîtcrélion 
qui  loumieiilerail T  Mais  qu*a-l-ou  besoin 
de  se  lorinrer  i  rreuser  ce  que  l'on  ne  com- 
prend )iBst  L*jnbillibilité  de  rÊfjtîse  voua 
en  ré|>oiid  areccerlilude:  c'esl^ssez:  l'on 
ert  iranquillei  Serail-ce  le  doule  uui  déso- 
leraii  1  Afa  I  je  dois  le  dire ,  il  est  de  tristes 
jours  où  ce  spectre  maudît  passe  etre[tBSse, 
dans  l'âme  de  cetui-là  même  qui  tient  au 
eaibolicinue  |iar  k-s  nœatis  les  plus  fermes 
et  tes  plus  siooAres  :  Dieu  le  ))ennel  pour 
rë|iri;u*e  de  sa  fui.  Hais  dès  qu'il  TOit  ce 
gAn'n  orageux  sortir  du  fond  de  ^espen^él-s 
qui  bouillonnenl.quu  fait-il7  11  se  Mte  de 
saisir  rkifsillibililé  de  l'Eglisp;  il  la  jelte 
ama  seifl  d*  son  esprit  qui  balanre,  cumma 
u  «M  aocre  sslutaire  ;  etaussIlM  il  senl  ses 
cK-ojiDces,  un  luomeui  agitées,  se  lasseoir 
s'^r  cl)es-m(mes.  Comme  il  se  déieml  par 
ti^  tootnt  les  doutes  partis  de  sa  iHOpre 
i^Mlignce,  il  se  protège  aussi  par  là  contre 
c—tut  qui  iiourraieat  venir  du  dehors.  Que 
d  et  nutties  d'erreur  jArsisseni  dans  le 
iDoode,  il  les  compara  avec  l'aulorilé  dont 
H  rel6Te,e(parMqu'ellenepeHtse  Iromjter, 
parce  qa'elle  est  la  véiiié  livanie,  dès  que 
ces  noTBteDra  la  loniredisent,  il  sait  à  quoi 
s'ea  lenir-sur  leur  parole,  et  lus  repous^ie  k 
t'iDStant  Biémeeomiuede  Mnistnis  météores, 
AOivaiii  l'expression  de  l'Bcrilure,  (idrra 
erroalM.  Ainsi  abrité  contre  toutes  les  causes 
fnléheuresoa  extérieures  d'inquiétude,  il 
raverse  la  vie,  sinon  sans  épreuves,  an 
uosns  sans  anxiété.  La  lenislion  ne  l'afflige 
tas  5  «lleje  berce,  [lour  ainîi  dire,  el  le  voilà 
[•Il  dort  paisiblement  Sur  la  foi  de  son  pi- 
jle,l>ieD  persuadé  qu'on  )M.>  lui  fera  pas 
iiire  fausse  route,  et  qu'un  le  déposera  sans 
uanjuer  sur  le  rivage  auquel  il  aspirel 

Vous  le  voyet ,  une  pensée  insgnilique, 
ne  intention  profonde  a  dicté  l'ioaugura- 
on  de  l'infailtibilttè.  En  la  commuoiquant 
son  l^lise ,  Jésus-Cbrist  B  prétendu  ré- 
undre  k  vos  plus  nobles  désirs  par  les  plus 
obles  bienfaits.  Vous  voulei,  en  étant  re* 
gieox,  garder  la  dignité  dé  votre  con- 
:ie<JCe7L'inrsillibil,lé  la  sauve- Vous  voulez 
ne  métbode  abrégée  et  sOrede  vousformer 
ae  crojanceTL'infaiUibililévousIa  donne. 
oxMS  voûtez  que  les  esiirils  soient  Hés  pour 
je  les  cœurs  soient  unis  ?L'înfaillibililé  pro- 
fit celte  merveille,  Vous  voulez  entin  le  re- 
>s  «iaiislavèriteTL'inraiJhbiiiléfousIepro- 
•re  i  |iar  elle,  on  s'enivre  de  la  lotuière  de 
\*£tÂ,  cet  astre  iiniBDrtel,  avec  toul  ce  qua 
ii|$ie  prouve  de  calme  et  de  délices  eu  se 
I  i^iiaiit,  par  delà  les  nuages,  dans  lus  feux 
s  aoleij. 


APOUKBTIQDK,  MQ  U49 

O  «00*  donc,  qui  avez  ea  ta  botihaor,  ' 
jasqa'k  cojnur,  de  vivre  soumis  aux  déci- 
sions de  relise,  vivox  ètertMllement  dans 
relia  dépendance;  vous  y  ironveraz  éCer^ 
nellenient  la  sécurité  de  la  sagesMl  SI  vous, 
qui  n'auriez  tenu  aucun  coffli>te  de  w» 
oracles,  è  prése  t  que  son  infaillifaililé  vsos 
est  démontrée.  Tenez,  nous  vous  en  oon- 
iurons  pour  vous-méntes,  venez  engoûiar 
les  avantages  1  Entrez  dans  celte  barqne  où 
Jésos-Chrîsl  repose;  vo:re  navigation  par 
le  monde  n'en  sera  pas  uniiis  iiitetligeuia, 
el  sera  plus  fortunée.  Si  vous  devez  y  être 
encore  assaillis  de  quelques  ouragans,  ce 
ne  Sera  plus  a*ec  le  même  ii>rt  quaojoar- 
d'hui.  liai  .tenant  vous  èlas  biitiu  iieBt-4tie 
de  VOS  propies  idées,  comme  |>ar  dea  venia 
furieux  ;  et  vous  n'avrz  ni  i>ort  aà  vous 
abriter,  ni  luoyeo  de  voua  créer  un  peu  de 
consistance  au  milieu  de  ces  vaguesemues. 
Alors,  au  contraire,  comme  les  disdplee 
alonités,  vous  vous  adresserez  au  llatira, 
qui  vt^uera  près  de  tons  dans  la  nacelle; 
il  comniaudera  ,  )>ar  son  Eglise,  aux  autana 
emportés,  k  la  mrr  en  courroux;  elA  eeitu 
voix  louie-puissanle,  l'air  se  calmera ,  le 
flot  retombera  sur  lui-même.  Vous  rooli- 
nuerez  doucement  votre  Iravrrsée,  el  l'iil»> 
tant  d'obscurité,  de  bouleversement  et  d'ef- 
froi que  vous  aurez  subi,  ne  fera  que  donaer 
plus  de  cbarroes  à  la  irsDauillile  que  veui 
aura  rendue  II  ptrole  de  I  infaillibilité  sa- 
prème. 

larAixUMUTÉ  de   l'esprit   bonMln ,    on 

Ïooi  elle  consiste,  suivent  P.  Leroux.  Tf. 
aoGVis  comtD 

tritlNI,  théorie  des  rapports  de  t'inllniM 
du  tioi  dans  la  tliéodicé*  fauuiani taire.  Y«jf. 
Tstonicia  bgnauitiwk.  —  L'homme  s'e- 
levaut  jus[u'à  la  ii<.4ion  de  l'infini.  Fey. 
SuaHiTuaiusHa,  |  V.  -^  Intinî  dans  l'éteit- 
dBe  et  dans  In  durée.  Yow.  UrsrkmK,  i  IIL 

INFINIMENT  GRAND  (L'I  et  rmmiHBKT 
tETiT.  V»y.  MvsTfeaa,  {  III. 

INFUSOIHES,  fint-ils  le  produit  de  U  gé* 
oéraiion  spontaiièeT  Toj/.  ueiuit,  fert.l,  et 
GinÉHinoN  sroKTtata,  )  I 

INNOC^TS  (Uassacbk  hbs}.  Ttf.  Kai»- 

SANCI    OB  JÉSUS^^HBIST,  {  II. 

INQVlSlTlON.  —  Ne  fut  il  pas  des  occa- 
sions et  des  siècles  où  l'Egi  se  poursuivit 
ses  ennemis,  et  sortoat  les  hérétiques,  tu- 
Iremeni  que  par  des  alla  thèmes  T  Aux  coups 
spirituels  dont  elle  les  avait  d'abord  frap- 
nés,  a'a-t-elte  pas  voulu  mille  fois  qu'il  s'«- 
jouttl  des  peines  corporelles  7  Par  la  veii 
de  aes  conciles,  n'a'-t-elle  pas  appelé  sik 
leurs  lèles  ev  des  exéeutioos  perliculièresi 
ou  des  rigueurs  et  des  persécutlvos  géné- 
rales? Uuose  plus  terrible  «score  I  R*a* 
f«lle  pas  élevé  contre  eux  des  tribunaux 
l>ermanenls  et  cruels;  e(  ces  tnsitlutions 
eOTayaiites,  n'a-t-elle  pis  chai^  les  mains 
du  ses  Papes  d«  les  bénir  el  de  Jet  eonsi-i 
crer  è  leur  berwaut  Ses  évèquts  ne  les  ont-' 
ils  pas  encoaragées  de  leurs  suffrages  et  de 
leurs  muoiUeeitces  T  Sas  moines  n'y  dgarenl- 
ils  lias  comme  juges,  et  ne  dit-on  pas  qu'ils 
se  plaissient  k  martyriser  les  coascîeiKCSp 


Itti 


•IMi 


.ni€1IONHAlUE  APOLOGETIQUE 


IKQ 


rwur  ledr  «rracher  )e  socrel  de  leur  foi  reli- 
gieuse, et  y  sBrjireiidru  à  fout  prli  des 
traces  il'hétérodoxieT  Puis,  l'interrogatoire 
flcbevé,  le  crime  établi,  n'envoysit-OD  pi« 
les  Goopables  par  iëgioDa  bu  hûcherT  Et 
quand  les  victimes  brûlaient  sur  l'aulel, 
ponlifes  et  religieux,  n'étnietit-tts  pas  là, 
savourant  les  parfums  de  l'holocauste  hu- 
oTain  qu'ils  présentaient  h  Dieu,  comme  si 
de  pareil)  sacrifices  iiouraient  lui  réjouir  le 
cœur  et  tourner  6  1  honneur  de  son  n<mi? 
En  un  mot,  n'csl-il  pas  parlé  de  I'Inqcisitjox 
dans  l'hisloire? 
Il  y  aurait,  pour  épuiser  ce  sujet,  bien  dei 

FQÎnls  à  éulaircir;  mais  comme  le  fait  de 
inquisition  d'Esjisgoe  doinina  tous  les 
eutres,  c'est  lui  que  nous  nous  ajiplique- 
rons  eiclusivement  il  discuter. 

Je  dois,  avant  tout,  détiiiir  iieltement  mon 
intenlion.  Je  ne  viens  pas  tenter,  contre  ma 
conscience,  l'apologie  de  l'inouisition  esfia- 
gnolc.  Arec  cette  largeur  d'iiJées  et  de  seo* 
timeuts  qui  dominent  dans  notre  Niècle,  on 
peut  bieu  en  parler  sntis  cnlère  et  ssds  iot 
suites,  on  ne  peut  se  décider,  en  luul  point* 
b  l'absoudre.  Elle  fut  t>eul-£Ere  dans  les  ini- 
linels  et  l'esprit  de  l'éfKique;  mais  il  est 
-Jâcheui,  se  dit-on,  qu'elleen  soit  éclose  et 
qu'elle  s'en  soit  pénétrée;  je  ne  nie  pas 
iqu'elle  «Il  rendu  des  services,  mais  elle  en 
jiroeura  lu  bienfait  par  des  moyens  trop 
révères  ;  e\,  malgré  les  maui  dont  oii  sup- 
posa qu'elle  a  prévenu  l'explosion,  c'est 
line.pag«  qu'on  arracherai)  «veo  bonheur 
aux  annolt^s  de  rbumaniié. 

Unis  si  le  CŒur  se  serre  en  la  pal'COaranI, 
la  foi  n'a  pas  i,  en  rougir.  Les  excès  de  ce 
tribunal  purent  bien  souiller  dans  TEglise 
quelques  membres  isolés,  dont  on  peut 
Mire  le  sacMlice;  ils  n'atteignirent  pas  l'E- 
glise elle-méiae;  h  elle,  son  manteau  resta 
pur  de  tout  le  sang  que  t'Espogne  répandit. 
Voilé  seulement  ce  qu'il  m'im|iorte  de  met' 
Ire  eo  évidence;  voilà  aussi  seulement  C4 
que  je  me  pro^iose  de  démontrer. 

El  d'abord,  quelle  autorité  prend  i'inilia- 
live  dans  rétablissement  de  l'inquisiiion 
es|iagnole,  et  quel  en  est  le  premier  but  T 

Un  fait  éclate  dans  l'histoire  ;  c'est  que, 
dans  la  plupart  des  Etats  où  s'insiaiia  ce 
tribunal,  il  dut  sa  naissance  aux  calculs  et 
aux  avances  du  pouvoir  teicporel.  A  Venise, 
c'est  par  une  décisiou  solennelle  du  sénat 
qu'il  fut  inauguré;  Frédéric  11  t'introduisit 
à  Vadoue;  en  Portugal,  il  ne  pénétra  que 
par  Jes  ordres  de  Jean  111.  Sou  oiigioe  fut 
la  même  en  ËsjiagDe;  il  sortit  pour  elle  et 
de  l'époque  et  du  règne  qui  l'eniichirent  du 
Nouveau-^onda  et  ta  délivrèrent  déûnitive- 
uicnt  des  iulîdèles;  l'acte  qui  le  fonda  l'ut 


signé  par  les  mêmes  mains  qui  devaient  ua 
peu  plus  lard  terrasser  Boabdii,  et  fouruir 
a  Christophe  Colomb  les  moyens  d'accomr 


plir  ses  glorieuses  découvt-rtes  ;  Ferdiiiaud  V 
et  Isabelle,  vuilft  ses  Téritabies  inaugura- 
leurs.  Tout  ce  qui  se  raltacbe  à  cette  créa- 
lion  sévère,   ils  le  décrétèrent    par.eux- 

li26S)  L'abbé  Baltnii. 


mêmes,  ou  du  moins  ils  leprOTÔquirad» 
loiJ,rs  instances  ;  et  c'est  être  siin)ileiuiii 

t  liste  que  d'en  faire  remonter  llcunox. 
>inaisons  et  i  leur  puissance  la  premim^ 
la  plus  grave  respou&abilité.  L'es|)nt|iÙ^  i 
la  partage  aver.  eux.  Ce  fut  Ik  unet» 
pensées  qnn  les  instincts  des  nationstof.  ' 
lent  dans  rinlelligencedearois;lflpnisf 
forma  sur  les  bsuteuri,  mais  les  nn 
qui  le  composèrent  étaient  montées  dt ft 
bime.  un  était  alors  généritenieBt  euï 
dans  la  Péninsule,  contre  une  «riih 
branche  de  la  pnpuIntioD.  Déjà  [ilui]ei< 
corlès  Avaient  pri<  contre  elle  dei  oasa 
rigoureuses;  c'était  une  race  impopoir* 
et  maudite;  on  n'avait  d'autre  vœu  qutn.: 
lui  delà  voir  comprimée,  nour  ne  )ivù< 
anéantie;  et  en  érigeant,  oanslebuiilpa 
contenir  ou  de  l'éteindre,  une  insliluiK, 
menaçante,  Isabelle  et  Ferdinand  oekt 
(fue  répondre  au  désir  géoéral  elcédef; 
1  entraînement  des  peuples.  CutauieiKi  !> 
dirait  dnns  notre  siècle,  ils  8'i[ispirèreali{<! 
l'opinion,  cet  oracle  prétendu  des  priDCN 
celle  boussole  des  gouvernemenli,  ce  Ont 
dont  on  proclame  que  les  pouvoirs  doittm 
prévenir  les  ravages,  mais  accepter  le  enrs. 
Il  est  facile  de  pressentir  qu'ayant  eu  d^s 
princes  pour  promoteurs,  l'inquisiliaii  Hei 
avoir  des  vues  politiques  pour  raison. Phi 
grandes  époques,  dit  un  profond  publki^r 
espagnol  (3265),  se  partagent  sod  biiioirf 
La  première  s'étend  de  la  Sa  do  iV  iiith 
au  niilieu  du  xv i',  de  Ferdinand  V  i  tl- 
lippell;  durant  cet  espace,  elle  poarsailiD 
maliométans,  mais  plus  spéciiiemenl  le 
Juifs;  et  pourquoi  T  Autrefois  domiuleon 
tout-puissants  en  Espagne  ,  les  Hiirti 
étaient  alors  réduits,  mais  ils  o'éliientp" 
chassés  ;  concentrés  dans  Grenade,  ilii> 
prêtaient  à  s'y  défendre  avec  fureor;  i 
peut-être  ne  seraient-ils  pas  seuls  dtei" 
résistance  suprême.  On  craigaiiic''' 
Juifs,  nombreux  et  puissants.  utltufC^ 
lassent  perfidement  les  mains,  pOi^^P" 
leur  biiiie  héréditaire  pour  les  caWiilW- 
S'ils  le  faisaient,  on  risquait  devoiT!«P''^ 
longer  encore  indéOniraent  uneguetre^w 
durait  déjà  depuis  près  de  builsi^':''^'^ 
ce  fut  pour  prévenir  cette  coaliiiDO  \f''- 
aussi  probable  qu'elle  était  effm/ïDi^" 
fut  pour  se  soustraire  aux  convubioD^^' 
terme  dont  elle  n'eût  pas  manqué  d'firi  " 
cause,  si  elle  se  fût  réalisée,  qu  on  su^x'^ 
dit  sur  la  tête  des  Israélites  it  menace  i^" 
manenle  et'organis^e  du  Gupplice;i>ii  r^' 
tendit,  par  l'effroi  de  la  mort,  iiw  emp^''^ 
de  trahir  la.patrie. 

La  seconde  époque  de  l'inquisitioi  \i'' 
do  Philifipe  II,  et  s'eu  va  jusqu'i  riiw' 
ment  des  Bourbons.  Son  but,  peiiilen' ^''' 
période^  fut  d'opposor  une  diguB  à  li''"| 
sioo  du  proteslanlisrae,  noniJasprécîM"'^: 
comme  erreur,  mais  comme  Pf'"^'i''t 
trouble.  A  ce  moment  l'unité  calioDilf  " 
tait  pas  encore  vigoureusement  coui'"' 
dans  Ja  Péninsule.  L'Aragon,  la «»"'«" 


Il» 


laCulilïenelenaiMitriiDs  h  Vauln  qaspsr 
desiKBuds  flollaob  et  mal  serrés;  la  miiIî- 
n»n(  lie  leur  indépendanee  primitire,  mal 
éteint  dans  lenr  Ame.  leodaili  les  désunir. 
A  rincoDfistaaca  du  dedans  se  joignaient  de 
^Tes  embarras  au  dehors-  Celait,  comme 
l'a  dit  un  auteur  moderne  (2266),  c'était 
l'Europe.  OÙ  l'on  arall  çk  et  là  des  années; 
c'était  l'Amérique,  dont  la  conquête  n'avait 
rien  d'affermi;  c'^it  l'Afrique,  où  les 
liaaras  et  les  Juifs,  chassés  par  Ferdinand, 
rArsieDt  encore  de  passer  te  détroit  et  de 
revenir  s'abattre,  comme  des  Tentours.  snr 
cette  ^nde  proie  qu'on  leur  arait  arracha. 
Anmiliea  de  ces  oscillations  et  de  ces  dan- 
gers. Philippe  crut  deroir  éloigner  (Je  ses 
Etais  lout  ce  qai  pourrait  fitre  un  élément 
Doaveaa  de  discorde  intestine,  briser  les 
liens  qu'il  ebarcbait  h  former,  bire  subsis- 
ter et  ces  tiraillements  qu'il  Tnuiait  étein- 
dre, et  c«  nuances  et  ces  oppositions  qu'il 
aspirait  à  fondre,  l'empêcher  eotîn,  par  un 
sarcrotl  de  complicaiioos,  da  sufOre  aux 
affaire»  inlérieures  et  esiérienres  qni  d^k 
lui  pesaient  sur  les  bras.  El  parce  que  la 
réforme  lui  parut  devoir  enfanter  ce  mal» 
benr,  parce  qu'il  appréhendait  que  CHtte 
hérésie  o'allumAl,  au  cœur  de  son  empire, 
las  disMOsions  qu'elle  srail  fait  éclater  en 
Aa^lerre  et  en  Allemagne,  et  dont  il  avait 
été  liû-mém«  témoin,  dans  ses  lointaines 
possessions  des  Pays-Bas,  de  li  vint  aa'il 
éleva  oootro  elle  une  barrière  formidable; 
il  dressa  des  bûchers  pour  éviter  des  dé- 
sastres. Ainsi  ce  tribunal  ne  fut  en  Espagne 
ju'une  œuvre  dont  la  politique  suggéra  le 
rtfu,  et  dont  l'autorité  civile  se  proposa, 
ivant  lODt,  de  recueillir  les  fruits. 

Je  De  dois  pas  le  dissimuler  :  un  Papa  fut 
ofilé  i  son  inauguration  ;  mais  ce  concours 
loJé  de  Sixte  IV,  pour  une  mesure  tonte 
>cale*  ce  n'est  pas  I  Eglise  entière;  ensuite 
:  n'agit  que  sur  les  sollicitations  de  Ferdi- 
«nd  et  d'Isabelle,  ce  qui  mainlienl  h  celle 
islilalioo  son  origine  et  sa  destination 
indamentalemenl  politiques;  enfin  son  in- 
»rveDtion  fut  toute  spirituelle  comme  sa 
uiuanca  apostolique,  et  clémente  comme 
>o  caractère,  qui  fut  la  douceur  même. 
oe  juridiction  ecclé&iastique  par  son  otqel, 
t  modérée  dans  ses  attributions,  voilà  ce 
d'il  avait  le  droit  de  fonder  pour  le  bien 
t  la  foi  dont  il  était  le  tuteur,  et  il  oe  Ot 
is  autre  chose.  Les  procédures,  les  cbàti- 
eots,  le  méesnisme  et  le  jeu  da  l'inquisi- 
DO,  tels  que  les  virent  apparaître  ensuite 
:  ville  et  âarragosse,  ce  n'est  pas  lui  qui  les 
»Dçut  et  les  détermina.  On  ne  peut  dire 
*a  plus  qu'il  les  ait  acceptés.  Au  moment 
I  paml  sa  bulle,  ce  tribunal  n'avait  rien 
loore  de  régolarisé;  on  n'avait  point  suu- 
is  sea  plans  au  côntr&le  ponlîtical  ;  son  or- 
uisalion  se  dessina  seuiemeut  plus  lard  ; 
daos  ce  travaH  l'Espagne,  et  l'Espagne 
ule,  61  tons  les  frais  d'iaveolion;  Home 
le  reste  du  monde  catholique  n'y  contri- 
èreol  pour  rien  parleurs  conseils,  et  l'on 

ÏSM)  Emdn  1-afabé  Balnfa. 

PacTHMHAïaa  AfOhoaiTUtvs.  I 


DICnOKNAIBE  APOUKETIQUE.  INQ  II» 

ne  pourrait  le  supposer  leur  ouvrage  sans 
mentir  i  la  justice  autant  qu'à  la  vérité. 

Hais  si  l'Eglise  ne  prit  pas  l'initialive.  d 
ejle  ne  fut  pas  le  but  principal  de  l'inqui- 
sition espagnole,  n'y  exerça-t-elle  aucan 
miniiitèrB  barbarel 

A  quoi  servirait  de  nier  l'évidence?  Une 
congrégation,  célèbre  aussi  bien  dans  les 
fastes  du  génie  et  de  la  science  que  dans 
ceux  du  catbolicisme.une  congrégation  dont 
la  sève  généreuse  fit  épanouir  autrefois 
Saint-Thomas  d'Aquio.  et  qui  fournit  en- 
core maintenant  à  la  chaire  chrétienne  ses 
gloires  peut-être  les  plus  brillantes,  la  con- 
grégation des  dominicains,  en  unmot. oc- 
cujie  une  place  considérable  dans  cette  page 
de  l'histoire  ;  œ.-iis  quel  qu'ait  pu  être  son 
rêle,  il  faut  la  prendre  pour  ce  qu'elle  fut, 
et  non  point  pour  ce  qu'elle  ne  fut  pas.  C'est 
à  peine  u  l'on  pourraitaQîrmer  qu'elle  re- 
présente, dans  retle  question,  (oui  le  clergé 
d'Espagne;  à  plus  fuite  raison  ne  peut-on 
pas  dire  ou'ella  représente  l'épiscopat  ca- 
tbolique.  Il  ne  la  délégua  point  que  je  sache 
pour  opérer  en  son  nom  ;  à  aucune  époque, 
il  ne  prétendit  s'identifier  avec  L-l.e  et  la 
couvrir  de  sa  responsabilité.  Anpelez-Ia, 
pourra  qae  vous  le  fassiez  dans  les  borneit 
des  laits  et  de  l'équité,  i'ordie  des  inquisi- 
teur^ mais  ne  l'appelez  pas  l'Eglise. 

Du  reste,  quelles  étaient  les  attributions 
Hxées  h  ces  hommes  si  souvent  méconnus  ? 
Exerça  jent-ila  les  fonctions  déjuges  crimi- 
nels ou  de  bourreaux  T  Décrelaieot-ils  la 
morti  Allumaient-ils  les  bûchers  T  S'en- 
itraienl-ils  de  la  fumée  et  des  angoisses  des 
auto-dft-fé  ,  comme  le  supposent  et  quel- 
ques noirs  historiens,  et  de  lugubres  ta- 
bleaux étalés  (à  et  là  dans  nos  magasins  ou 
nos  galeries  publiques?  Non,  ce  n'est  là  que 
du  roman,  c'est  de  la  calomnie.  Us  n'avaient 
qu'une  mission  théo-Ogîque  à  remplir;  pro- 
noncer sur  les  doctrines  et  décider  si  elles 
étaient  ou  non  conformes  à  la  foi,  voilà  dans 
quelles  limites  se  renfermait  leur  action;  ils 
se  bornaient  à  constater  un  fait  dogmatique, 
et- n'allaient  pas  plus  loin.  Je  sais  qu'au 
sortir  de  leurs  mains,  on  était  saisi  toujours, 
et  souvent  mis  au  feu  |)ar  le  bras  séculier. 
Mais  ce  n'est  pasàeux  qu'on  doit  demander 
compte  de  ee  supplice.  Ils  étaient  dans  la 
même  condition  sue  notre  jury  pour  Ic^t 
condamnations  qu  il  prépare.  Dans  nos  tri- 
bunaux, il  n'existe  aucun  lien  pour  les  jurés, 
entre  les  conclusions  qu'ils  eiprimeol  et  le 
chAtiment  qu'elle-s  amènent.  Quand  ils  ont 
prononcé  en  conscience,  les  suîies  de  lO'jr 
verdict  ne  las  regardent  plus.  Si  le  magis- 
trat 1)révarique  ou  se  trompe  <lons  la  lixa- 
tion  de  la  |>eine,  si  lajponition,  déterminée 
par  les  lois  pour  le  délit  qu'ils  ont  consisté, 
est  trop  rigoureuse,  ce  n'est  |>as  leur  faute  ; 
ils  ne  sont  responsables'  que  de  leur  suf- 
frage, et  nnllement  de  l'erreur  ou  de  l'ini- 
quité des  juges,  nullement  des  cruautés  de 
la  législation.  Et  voilà  l'inquisition  espa- 
gnole. Les  i>ominicaius  et  leurs  assesseurs. 


vm 


UlCTKINNAinE 


c'est  Ifl  jur;;  le  code  péndl  et  ceui  qui 
rappliquent,  c'étaient  les  {irinces  et  kurs 
tortures;  les  deux  pODToirs  sa  touchaient; 
ils  n'étoienl  pas  solirlaires;  tous  n'avfz  paq 
le  droit  dd  fnire  rejaillir  sur  les  religieux  le 
sang  dont  se  couvraient  tes  rois. 

Outre  «e  ministère,  le  clergé  d'Espagne 
en  remplissait  un  autre  bien  moins  réprâ- 
liensible  encore.  Celui-16 ,  tout  en  étant 
légitime,  était  [lourlant  sévère:  celui-ci 
était  tout  entier  de  sa  part  miséricordieui 
et  louchant  :  il  accompaguait  les  condamnés 
h  la  mort  où  les  envoyait  la  raison  d'Etiit. 
Il  alLiit,  Kon  pas  en  savourer  l'agonie,  mais 
bien  la  cotisoler  ;  il  leur  adoucissait  la  pers- 
|)(!Ciivfl  itn  supplice,  pur  des  gages  de  pitié 
fralernetio  et  u'onclueuses  exhortations  ft 
l'espérance.  Je  ne  sache  pas  que  ce  soit  là 
trancher  de  ta  barbarie  I  '' 

Peut-être  dira-t-onque  certains  religieux 
ne  se  sont  pas  contenus  dans  ces  termes; 
on  citera,  par  exemple,  Torquemada  el 
quelques  autres  dont  les  noms  reviennent 
sans  cesse,  avec  autant  de  iisuvreté  que  de 
monotonie,  dans  les  paaipnletsl  Oui,  j'en 
conviens,  il  est  des  noms  qui  se  couron- 
nèrent d'une  triste  auréole.  Hais  d'abord 
|irenez  garde  de  croire  aveuglément  tout 
ce  qu'on  vous  en  raconte;  et  ensuite, 
quand  on  vous  abandonnerait  leur  mémoire, 
contre  qui  voudriez-vous  en  cooclureT 
Comre  leurs  attributions  régulières?  liais 
ils  les  avaient  faussées.  Contre  les  Papes  T 
Hais  ils  en  trahissaient  les  vues  et  en  dé- 
passaient tes  instructions.  Contre  l'Evan- 
gileTHais  vous  savez  bien  qu'ils  n'en  repié- 
sentaieiK  pas  l'esprit.  Contre  l'Eglise?  Bais 
elle  n'est  pas  plus  responsable  des  empor- 
tements de  chacun  de  ses  membres,  qu'un 
Etat  ne  l'est  des  forfaits  de  quelqu'un  de 
sus  fonctionnaires  ou  de  ses  ministres.  Enfin 
contre  la  congrégation  mémo  à  laquelle  ils 
appât  tinrent  I  Mais  des  exceptions  ne  la  ré- 
sument pas  tout  entière.  A  ces  nuages  dont 
elle  put  gémir ,  elle  opposa  d'immenses 
splcfideurs  qui  les  rachètent,  el  pour  quel- 
ques inquisiteurs  inimodérés,  nous  ne  de- 
vons pas  oublier,  d'une  part,  qu'elle  dota  le 
monde  d'incalculables  bienfaits  et  de  subli- 
mes gloires,  de  l'autre,  qu'elle  pioduisit 
une  foute  de  sainls,  et  lava  même  ses  faibles 
tarîtes  dans  le  baptême  du  martyre. 

L'Eglise,  sans  concourir  directement  aux 
eiéeuiions  de  ce  tribunal  cruel  ,  ne  les 
a-l-elle  )ias  approuvées;  ne  s'en  est-elle 
pa«  réjouie  ? 

Que  certains  membres  même  honorables 
du  clergé  d'Ës)  sgue,  séduits,  emportés  j'ar 
l'esprit  de  leur  temps,  entraînés  par  Texo- 
gératlon  de  patriotisme  ou  de  loi ,  aient 
accepté  sans  réserve  l'inquisition  jusque 
dans  ses  excès;  que  leur  sentiment  ait  élé 
partagé  par  quelques  hommes,  jutés  çft  el 
Ik  dans  tes  autres  parties  du  monde  catho- 
lique ,  Je  n8  prétends  point  le  uier.  Mais 
glanez  lanl  qu  il  vous  plaira,  vous  ne  trou- 
verez que  des  sulorites  solitaires.  Jamais 
cette  opinion  no  fut  unanime;  jamais  l'acte 
p«i  lequel  l'inquisitioa  fui  érigée  sous  Ferdi- 


APOLOGETIQUE.  INO  uq 

nand,  jamais  surtout  les  procUurn  doM 
elle  fut  dotée  par  Torqueouda,  twréiui. 
renl  en  masse  l'adhésiob  des  év^uei  4- 
perses;  jamais  un  concile  général  ue  saui- 
crivit  h  cette  tnstitulioa;jamBis,eiiunniol, 
elle  n'('b(int  l'assenlimeat  et  le  stiBrjie 
universel  de  l'Eglise  ;  sa  populsritâ  TuL  Loult 
lucale  comme  son  eIi^tence. 

Et  Don-seulemeni  elle  ne  réuml  |« 
toutes  les  sympathies;  maisile  nonilinuiH 
désapprotiaiions  poursuivirent  ses  rigosm 
Désapprobations  en  Espague  :  on  lil  m 
très-^ran  1  nombre  d'évêques  se  joiadre in 

Eopulfltioits  pour  s'en  plaindre.  DésipiirO' 
aiioiis  en  France  :  on  n'iynore  pas  qui  Ii 
plus  grande  part  e  de  notre  clergé  s'ofluiqiii 
de  l'esprit  sévère  dont  elle  éiait  inimét. 
Désapprobations  à  Rome  :  Sixte  IV,  dû 
1482,  écrivit  en  Espagne  pour  recommciHJer, 
avec  d'  s  iustaitces  douloureuses,  un  ii.t 
moins  Apre  et  des  perquisitions  luoias  ir- 
dentés.  Douze  ans  plus  tard,  Aleiindnil 
lui-niêma  menaçait  de  deslituiiuu  legnnl 
orgaatsaieur  de  ce  tribunal,  s'il  ne  tape- 
rait pas  sa    violence.  Et  penJant  qu'elli 
donnait  ainsi  de  rudes  Icfonsaui  iuijiiiii- 
leurs,  la  papauté  faisait  [larreair  ies  t» 
seilsde  miséricorde  aux  priâtes. Ses  elllll^ 
talions  ont  constamment  pour  at^eldeb 
renfermer  dans  les  bornes  de  la  juiuceei 
de  la  clémence.  On  la  voit  a'vac  éil^l  diu 
toutes  les  instructions  qu'elle  leur  litts» 
et  qui  contiennent,  pour  les  décider ili 
douceur,  tout  ce  que  l'Evangile préseoieilt 
maximes  onctueuses,  de  tuuctisQles  fia- 
boles,  de  miséricordieux  eiemclei.  li) 
actions  des  Papes  respirent  les  mÀinuM- 
timenls  que  leurs  paroles.  CraiuL-oml'^ 
arrêté  par  l'inquisiliou,  ou  se  rerufiti 
Bome,  et  l'on/ trouve  cette  |iait(iau 
liberté  que  l'Espagne  refuse.  Esl-on  «oai. 
Où  se  tourne  vers  le  Saiut-Siége  tiav 
regard  d'espérance;  on  est  sur,  si  fsnf^ 
obtenir  que  le  procès  lui  soit  iSiiJi    i 
sorlirdesesmaiusou  couiplétemeUdwis. 
ou  du  moins  avec  une  sentence  lUuat;  , 
et  celte  contiance  est  presque  loi^jourij*» 
lifiée.  Le  nombre  des  tiifortunésquirecDi- 
Furent  aux  souverains  Pontifes  csliinni^''* 
dAus  une  conjoncture,  il  y  en  cul  it^^ 
cents  d'un  seul  coup,  et  tous fureuliniio 
avec  ménagement.  Un   ne  GI  que  leario- 
{.oser  quelques  péuilcnccs  cauuuiquts,  i< 
iiuis  on  les  renvoya  chez  eux,  réuDUuli» 
avec  les  rois,   redevenus  maîtres  de  iec 
liberté,  admis  à  jouir  patsiblemeD-ile''"'' 
biens,  exemjitsdellétrissuratitd'i^nu'i''^'' 
suit   pour  Itur  propre  bo..neur,  suiiP" 
celui  du  leurs  familles.  Il  eêl  été  dilt'n'< 
de   trouver    un   plus   heureux  [airo.i:' 
N'était-ce  pas  là  puiser,  dans  le  ofuriJi'' 
piipaulé,  comme  une  seconde  naissaoRl 

Je  sais  bien  qu'A  certains  lolérauu eit-''' 
Hies,  la  Gouduiie  de  Bome  vis'i-'i)'" 


l'uuvoiis  parait  trop  ménagé.'.  1'^,"' 
draienl  que  les  Papes  eus:<eiit  mu  ><'!'' 
sur  la  gorge  dis  priuces.  Mais  («  r."",'" 
liances  dos  .souversiDS Punlifes  taieU ' '  ' 
qu'elles  pouvaient  êlre,  dans  c«  »fl' 


VS9 


MCTnwUmE  APOLOCETIQCE. 


WQ 


I4U 


difficiles  el  vb-A-tîs  des  persoiioagcs  qu'elles 
•UeigDaiMil.  D'un  e&lé,  le  inonde  éiail  i  nue 
époqoe  de  lottes ,  de  bouillonDemiiot  el  de 
ciiio».  Partoot  T  fermentaient  ou  des  dis- 
seDsioos  imères,  ou  d^a  passions  Tioleoles 
el  grosses  de  tempêtes.  Jamais  l'IurBionîe 
et  le  concwt  des  pouvoirs  n'araïenl  é\6  plus 
îneoonus,  el  ponrtanl  plus  nécessaires  ponr 
le  tmnbeardes  peuples;  le  moindre  sarcrolt 
de  dirision  qui  fdl  Tenu  se  jeter  entra  eux. 
n'eût  pas  manqué,  avec  les  mœars  larou- 
cbes  du  momenti  d'amener  on  surcroît  de 
«laoités  eUrajrantes.  D'un  autre  côté,  les 
princes  étaient  généralement  d'une  bumenr 
irascible;  el  par  leur  susceptibilité,  cette 
union,  qu'il  importail  si  fort  de  promoaroir, 
devenait  «itrémemeot  facile!  eompromctlre 
etdil&ciJe  fc  rétablir.  Trop  de  vigueur  dans 
lesPapes  n'eût  pas  contribué  feiUemeDt  k 
l'empéeliar  oo  h  la  détruire,  et  pour  ne  pas 
déoouer  bmlalement  le  faisceau  on  le  rendre 
impossible,  ponr  ne  pas  déchaîner  les  ora- 
ges, dont  no  aceroissemeot  ou  uns  provo- 
ration  de  rupture  eût  été  le  funeste  signal, 
ils  furent  graves,  mais  contenus  dans  leurs 
démarebes  et  leur  langage.  La  fermeté  j 
respire,  mais  c'est  une  feimeté  discrète  et 
ODclaeuse.  Ils  sont  assez  généreux  ponr 
saaver  la  gloire  de  la  clémence  et  les  droits 
de  l'humanité;  ils  soot  assez  réservés  pour 
n«  point  ajouter  aux  commotions  de  leur 
sitele  el  aux  décbirements  des  nations.  Qui 
peut  Jeor  en  faire  un  crime  ? 

Home,  du  moins,  n'a-l-elle  pas  encouragé 
l'Espagne,  en  faiûat  elle-même  usage  de 
l'inquîsilion  ? 

CastTraj,  Borne  a  Ciit  usage  de  l'inqoi- 
Blioa  ;  mais  quelle  inquisition  I  Ce  mot  ne 
rend  pas  toujours  le  même  son  dans  l'bis- 
loire- Autrefois  l'instilulion  qu'il  représente 
régna  dans  dos  provinces  méridionales,  elle 
fui  eo  permanence  i  Toulouse,  et  l'on  ne 
voit  pas  qu'elle  ail  soulevé  dans  J'espril 
de*  peuples,  ou  de  graves  terreurs  on  de 
Violcoles  iadigualioDs.  Il  eu  est  de  même 
pour  Bome.  Ce  u'esl  plus  celle  d'Espagne; 
.e  n'est  pas  celle  que  nous  nous  figurons 
^os  de  sombres  et  busses  imagioaliiMiSi 
le  D'est  pas  celle  que  lui  préitint  de  niaises 
ït  calomnieuses  brochures;  ce  n'est  pas 
«lie  qu'une  feuille  éirangire  vient  de  lui 
iupposer  encore  avec  une  brutalité  rétro- 
Erade  (2267).  Telle  est  sa  gloire  k  elle,  telle 
!s<  son  excuse,  qu'elle  n'eut  jantais  k  se 
eproeber  ni  des  procédés  ioiqaeSt  oi  in 
oodameatioos  capitales.  Elle  n'employa 
as  U  lorlare  pour  obtenir  des  aveux;  les 
venx  obtenus,  l'erreur  couslalée,  elle  ne 
I  (il  point  eipicr  par  la  mort.  On  l'a  pu 
ourer  sévère,  on  ne  la  vil  point  cruelle. 
M  cbose  est  si  vraie,  que  Galilée  en  parle, 
u  quelque  raçoo,  comme  d'un  plaisir,  et 
ae  t'£nei/ehpédU  elle-même  en  convient 
i  s'étonne,  en  comparant  les  Espagnols  aux 
«lieas,  que  ceux-là  aient  mis  tant  de  ri- 
ueur  dans  l'eiercice  d'une  juridiction  où 


ceux-ci,  tes  inventeurs,  mettaient  tant  de 
douetmr  el  tCindidgeiut, 

Non,  lllalie  pontilicale  est  loin  d'encou- 
rager k  la  sévérité  par  ses  exemples  ;  bien 
pluiat  elle  contraste  avec  bonheur,  non- 
seulement  avec  l'Espagne,  mais  avec  cent 
autres  empiras.  Parcourez  l'bistoiri>,  s'écrie 
ici  l'abbé  Balmès.  Un  voile  funèbre  pèse 
alors  sur  l'Europe  k  peu  près  entière.  DëD* 
tous  ses  centres  importants,  des  échafauds 
sont  dressés  par  les  pouvoirs  civils  pour  pu- 
nir les  crimes  de  religion.  Presque  partout 
un  est  témoin  de  scènes  qui  coniristeot  l'àme, 
et  dans  cette  immense  atmosphère  de  té- 
nèbres el  de  deuil,  un  seul  coin  do  terre  se 
rencontre  où  brille  un  pen  de  soleil.  On  r 
découvrekla  vérité  des institnlionsauslàres, 
mais  le  jeu  n'en  a  rien  de  terrible,  pas  une 
sentence  de  mort  ne  s'en  érhappe  ;  on  ne 
bit  pas  allumer  un  bùclier;  on  n'ouvre  pas 
unelomite.  Vous  respiiez  un  parfum  de 
clémence  dont  nul  autre  pajs  n'est  embau- 
mé; je  ne  sais  quoi  d'ineffable  et  d'ono- 
tueux  vous  révèle  que  vobs  toueJi«z  de  plus 
près  k  la  miséricorde  infinie,  et  si  vous 
demandez  quel  est  ce  nouveau  Gessen 
d'une  uoovelle  Egjnte.  si  vous  me  dites: 
Quel  est  cet  asile  vénérable  de  i'bumanilé 
méconnue,  proscrite,  outragée  par  le  resta 
de  l'univers!  Ahl  vous  répondrai-je  avee 
un  saint  et  filial  orgueil,  c  est  le  royaunu 
des  Papes  ;  c'est  la  cité  de  Pierre  ;  c'est 
celle  Bomi?,  bénie  encore  aujourd'hui  par 
l'amour  de  toutes  les  nations,  et  célébrée 
par  leur  unanime  entbousiasme  I 

Voilà  donc,  sur  le  grave  sujet  que  nous 
venons  de  débattre  ,  quatre  uiu  établis. 
L'Eglise  n'a  poiot  pris  l'initiative  dans  l'i- 
Dauwiralion  de  ce  tribunal  eu  Espagne  ; 
l'Eglise  o'j  a  point  exercé  les  fonctions 
d  une  magistrature  sanguinaire  ;  l'élise 
n'en  a  point  approuvé  oi  encoure^  les 
excès  ;  1  Eglise  et  Bome,  au  contraire ,  u'r 
sont  intervenues  que  pour  régulariser  ses 
formes,  tempérer  ses  rigueurs,  et  souvent 
révoquer  ses  sentences  et  sauver  ses 
victimes. 

Si,  maintenant  que  l*Eitlise  est  d^gée, 
vous  nous  demandiez  ce  que  nous  pensons 
comme  observateur,  du  Inbonal  de  l'inqui- 
sition espagnole,  nous  vous  dirons  qu'il  y  n 
ici  des  abus  fc  reconnaître,  des  principes  à 
dégager,  des  exugératiuns  k  éviter  el  des 
excuses  fc  produire. 

,  Oui,  des  abus  à  reconosltrc.  Les  peuples 
impriment  fc  leurs  institutions  le  soeau  de 
leur  caractère.  Las  Espagnols  ont  porté 
I  empreinte  du  leur,  c'est-à-dired'une  nature 
Apre,  exigeante,  quelquefois  dure,  pairio- 
jique  à  l'excès ,  dans  leur  iuquisilion  ;  el  de 
là  soot  venus  à  ce  tribunal  trincontestablcs 
abus.  Abus  dans  la  procédure  ;  on  appelait 
des  témoins  sans  honneur,  on  les  entendait 
sans  confrontalion,  on  les  crovait  sans  con- 
IrAle.  Ou  forçait  les  porenuàdéposer  centre 
les  maïubres  de  leurs  familles;  oo  coiiirai- 


.iSfiT;    Cal  ■ 


ijMraal  aashis  qui  cssavaii  par  U  de  laire  coalre-poids  aui  do^cs  décernés  à 


«in 


tNQ 


DlCTIONNAinE  APOLOGETIQUe. 


INQ 


gnail  Isa  prévflDDs  eai-mêmes  &  Atre  leurs 
proprei  accosateurs.  On  employait,  en  un 
mot,  des  procéilés  souvent  atroces  et  pres- 
que toujours  indigneSi  pour  arrsctier  h\à 
eonscience  ou  )e  secret  de  sa  pensée  vérita- 
ble, ou  l'aveu  de  certains  mystères  qu'elle 
ne  recelait  pas,  mais  qu'on  roulait  y  lOir. 
Abus  niin-seulement  dons  les  formes,  mavs 
dans  la  jtiridiction:  plus  d'une  foison  punit 
des  ni8]n'.>ureusdontli;s  opinions poutaient 
être  une  erreur  religieuse,  mais  n'ëlaient 
pas  un  altenlat  social.  Aims  dons  le  diâtt- 
ment:!!  est  bien  des  occasions  où  les  détails 
du  supplice  furent  déplorables  et  ses  contre- 
coups démesurés.  En  on  mot,  l'inquisition 
fut  une  atteinte  [irofondcà  l'esprit  du  chris- 
tianisme, elle  contint  un  outrage  immense 
k  l'humanité,  et  si  pour  elTacer  la  lugubre 

Sige  qu'elle  occupe  dans  l'histoire,  il  D'aTsit 
lin  que  des  pleurs,  il  va  longtemps  qu'elle 
serait  anéantie,  tant  l'Eglise  T'a  inondée  de 
larmes,  même  sans  être  responsable  de  ces 
eicès  qu'elle  déplore  I 

Après  les  abus,  k  reconnaître,  viennent 
ita  principes  k  dégager.  Sur  quoi  repose 
l'idée  de  l'inquisiiion?  Sur  celte  maxime 
^que  les  pouvoirs  sont  admis  à  s'entendre 
pour  empêcher  l'irruption,  je  ne  dirai  pas 
d'opinions  simplement  spéculatives  ou  do^ 
maliques,  mais  de  croyances  directement 
et  ostensiblement  fatales  au  bonheur  et  & 
l'ordre  public,  et  quoi  de  plus  juste  TBn  fait, 
OD  peut  avoir  iiiussé  ce  droit;  on  peut  s'être 
mépris  sur  son  objet;  on  peut  en  avoir  dé- 
psEsé  les  limites,  on  tteut  l'avoir  déshonoré 
pardes  applications  barbares  ;  mais  en  lui- 
même  il  est  certain.  Evidemment,  quand 
des  doctrines  sont  avec  éclat  immorales  et 
{wrturbatrices,  quand  elles  ne  peuvent 
s'abattre  sur  la  société  sans  la  corrompre  ou 
sans  la  mettre  en  feu,  alors  môme  qu'elles 
se  présenteraient  sous  le  nom  d'hérésies,  il 
est  permis  aux  pontifes  et  aux  magistrats  de 
leur  opposer  une  digue  commune  ;  de  les 
poursuivre,  ceux-l^  d'onalbèmes,  ceux-ci 
de  mesures  violentes  ;  d'abriter  enQii,  sous 
le  double  glaive  de  l'esprit  et  de  Is  force,  la 
s^urité  de  l'Ëtat  et  la  paix  des  autels.  Où 
ep  serait-oo,  si  ce  droit  n'appartenait  pas 
aux  puissancea?  Où  eu  serait-on  si,  pour 
être  inviolables,  tes  théories  du  vice  el  de 
l'anarchie  n'avaient  qu'à  se  couvrir  d'un 
masque  religieux?  Ainsi,  considéré  sous 
certains  aspects,  renfermé  dans  certaines 
bornes,  le  principe  sur  lequel  se  fonda  l'in< 
quisition,c  est-à-dire  le  )>rincipede  la  ré- 
pression des  doctrines  anti-sociales  par  le 
concert  des  deux  autorités,  et  même  {lar 
des  moyens  de  rigueur,  est  un  principe 
sege  et  tutélaire. 

Outre  les  principes  fc  dégager,  il  est  des 
esagéraiions  h  fuir. 

vuatre  espèces  d'hommes  ont  parlé  contre 
l'ioquisition.  Ce  sont  d'abord  de  mauvais 
Ksp»(^ols,  comme  Uorenle,  écrivain  touti 
la  l'ois  trattreà  ia  patrie  etiiiâdèle  aux  obli- 
(fations  de  son  sacerdoce  ;  ce  sont  ensuite 

iHeat)  U.  BuiiTBoin^ 


desaoteors  prolestao's;  ce  sont  encore  des 
philosophes  révolutionnaires  du  dentier 
siècle;  ce  sont  enfin  des  nllooslistes  em- 
portés de  notre  temps.  Tous  ont  eu  de 
graves  reproches  k  s'adresser  ou  un  violeol 
lanatismeA  satisfaire;  el  soit  poorsedistraire 
de  leurs  torts,  soit  pour  décharger  leur  fid, 
ils  se  sont  pris  k  tonner,  avec  l'exagéretiOB 
la  plus  outrée  contre  llnquisilion  d'E^ 
pâme. 

On  en  a  parlé  comme  d  on  tribunal  (joi 
faisait  des  victimes  par  milliers  1  d'un  tri- 
bunal qui  régna  des  siècles,  et  des  siècles 
avec  une  férocité  toujours  uniforme,  pour  m 
pas  dire  toujours  croissante!  d'un  tribunal 
qui  se  dresse  dans  le  passé  comme  un  phé- 
nomène solitaire,  comme  une  institution 
ssns  exemple  1  comme  un  iostruiuent  de 
mort  dont  rien  autre  ailleurs  ne  repiv> 
duisit  et  n'égala  les  ravages  I  Triple  erreurl 
Non,  le  nombre  des  auto-da-fS  ne  fut  pas 
aussi  considérable  qu'on  lu  suppose  ;  sans 
doute  il  l'aura  toujours  4té  trop  h  quelqee 
chiffre  qu'on  le  restreigne  ;  mais  tious  l'ou- 
trons au  moins  d'un  bon  tiers  à  ce  que  pré- 
tendent de  graves  auteurs.  Nun,les rigueurs 
du  tribunal  qui  les  prescrivit  ne  sont  p» 
allées  se  soutenant  eu  devenant  plus  te^ 
ribles.  Elles  se  sont,  au  contraire,  adoaciei 
avec  le  temps  ;  la  dernière  ex^ution  date 
du  règne  de  Charles  H,  en  IISSO.  Demis 
cette  époque  on  ne  voit  pas  que  la  sévérilè 
primordiale  se  soit  réveillée,  cl  vers  la  fio 
du  dernier  siècle,  un  ambassadeur  du  K- 
rectoireeo  Espagne  écrivait  ces  remarqoi- 
bles  paroles:  ■  L'inquisition  pourrait  éirr 
citée  comme  un  modèle  d'équité  IS968]I> 
Non,  enfin  l'on  ne  peut  dire  que  l'EspegiiP 
seule  ait  ft  se  reprocherdes  violences  com- 
mises et  du  sang  répandu  pour  des  caafi' 
religieuses. 

A  qui  tiendrait  ce  langage,  un  Espi^ 
ne  pourrait-il  pas  répondre  :  rien  D'atroat- 
parable,djtes-vou$|krinq^uisitïon;wiivini 
ne  parlez  point  du  paganisme,  peu  s'en^u^ 
même  que  de  modenies  historiens  ae  l'ei* 
Gusent,  et  pourtant  n'a-t-il  pas  immolé  df^ 
millions  et  des  millions  de  martyrs  I  Vous 
vous  taisez  sur  ce  mahométisme  que  nous 
avons  chassé  de  notre  commun  contioeat: 
qui  ne  sait  cependant  que  ce  lion  giçanlej- 
que  a  dévoré,  non  pas  quelques  individoi. 
mais  des  peo|)ies  T  voyez  en  dts  tem|>s  plii> 
rapproches,  l'empire  moscovite  I  Que  de 
malheureux  son  intolérance  religieuse,  de- 
puis qu'il  est  debouf,  n'a-l-ellepas^etéssur 
la  roule  de  l'exli?  Que  de  soajiurs  sont 
morts  étouffés  sous  le  ciel  sans  éebo  des» 
désertsl  Que  de  victimes  ne  verrons-noui 
pas  ressusciter  du  milieu  do  ses  solUudes 
comme  d'un  ve^te  tombeau  1  Au  scia 
des  Etats  réformés  n'esL^a  pas  te  mêfue 
sneelaclL'ï  Quels  décrets  împiloyaiiles  le» 
uusiave  et  les  Christian  n'ont-ils  pas  fa^- 
minés  contre  les  catholiques  de  la  6uè>fe 
et  du  DenemarckT  Les  gomarisles,  enirt 
mille  autres  horreurs,  n  oot-ils  p«s  épou- 


i:s7 


!:(« 


DICTIONNAIRE  APOUKETtOVE. 


mo 


I4S5 


«.-irilé  la  Holiamiu  par  te  meurtre  de  Bar- 
«•■Teliil?  Calvin  fnt  sans  doute  bien  cléioenl 
\MBT  Srrrel,   qu'il  fil  brûler,  et  pour  tant 
de  prorinces  quNi  couvril  de  décombres  I 
En  Angleterre,  l'Rglise  élablic  nV-l<ellep«3 
inscril,  daas  sou  rode,  cnnlre  les  papistes, 
les  peines  les^plns  bartiares,  et  ces  diipoii- 
lions  presqae  saiirages,  ne  rcruse-t-ellc  pas 
encore  de  les  abolir?  Il   est  rrai  que  cVsl 
ufl  glaire  qui  dort;  mais  c'est  une  épée 
i|d'od  gardci  el  qui  peut  au  premier  iostaat 
rederenir   boniieide.    EuGn  la  France  elle- 
même  ■  traversé  des  jours  de  terreur  et 
de  erisB,  qoe  certains  hommes  appelleraient 
tolonliers  maintenant  une  époque  adorable; 
celle  révolution,  dont  quelques  plumes  es- 
saient de  transformer lesbourreaus  eo  pro- 
phëies,  j'fli  presque  dit  eo  dcmi-<lieux,  n'a 
t-elln  pas,  en   qnel(]ne5  mois,  torturé  plus 
de  consciences  et  moissonné  plus  de  létesqae 
n«  l'ont  bit  en  plusieurs  siècles  toutes  les 
inquisiiions  d'Espagne  etdumoodt^T  Oui, 
(•euplesdo  Nord  el  du  Midi,  tuembres  qui 
^ne  nous  SAJOUS   delà  ramille    humaine. 
noas  avons  tous  dans  notre  passé  de  funè- 
lires  souvenirs)  Il   n'est  personne  d'entre 
nous  qui,  nn  moment  ou  un  autre,  n'ait  eu 
goât  ao  sang  de  ses  frères  ;  nous  avons  tous 
ici  besoio  d  indulgence  réciproque  ;  ne  re- 
fusons pudenoos  l'accorder;  et  n'insul- 
tons pas  nos  voisins,  de  peur  qu'on  ne  nous 
iusulle  plus  cruellement  nous-flièmes  I 

Enâiijil  y  a  desexcuses  &  produire.  L'on 
ne  peut  complètement,  il  est  vrai,  justifier 
le  Irîbonal.  Ûais  sans  nous  en  faire  les apo- 
Ic^ixles,  u'allobs  (tas  le  jnger  d'unemanière 
trop  inexorable;  rien  n'efface  ses  torts, mais 
lieaucoup  de  choses  les  aiténaeot.  Il  est  une 
cxeosedans  la  foi  des  princes;  ils  ont   cru 
qu'iosaller  à  la  majesté  de  leur  Dieu,  c'était 
un  crime  pourle  moins  é^sl  à  celui  d'ou- 
iragerun  roi;  renier  les  dnctrioes  de  l'Evao- 
içite  ne  iear  a  pas  semblé  moins  punissable 
que  ii«  violer  les  lois  de  l'Etat  ;  c'est  d'a- 
l'fès  celte   idée  que  quelques-uns  ont  fait 
iitouToir   l'iaquisilioii,    et  certes,  si  c'est 
U    one  erreur,  elle   a   du  moins  je    sais 
i|uoi   lie   respectable!  Elle  demande  pitié 
|iour  elle-même,  et  ménagement  pour  les 
niesores  qu'elle  inspira.  Excuse  dans  la  lé- 
gislation de  l'époque.  La   religion  entrait 
«lors  dans  le  droit  pulilic  ;  elle  faisait  pour 
ainsi    dire    giarlie  do    pacte   fondamental. 
.Wsl-il  JMS  concevable,  a  ce  Litre,  que  les 
souverains    en  aient  châtié  les  apostats  et 
If^   eanemis,  comme  les   destructeurs  de 
t'rM-dre   social   lui-même?   Excuse  dans  la 
ii«l(arB  turbulente  ou  liceifcieuse  des  sectes. 
^c*  erreurs  aujourd'hui  |«our  nous  sont  une 
'^nlMi*w  ;  ellvs  étaient  autrefois  un  fana- 
isme.  Depuis  les  wanicitéens,  dont  la  cou- 
kisâle   était  tellement  infâme  el   remuante 
[ue  IViodél-en  lui-même  avait  cru  devoir  les 
,u«iir.  jaaqu'sui  Brabançons  qui  ne  savaient 
ouciier  à  rien  que  pour  f.iire  des  assassi- 
lats  oo  des  décombres,  jusqu'aux  réformés 
^ui  ont  promené     tant  de  désolations,  des 
frrds    de   la  Balliaue   aux  montagnes  de 
llt;!v3lie,  tous  les  IiéréiitjueB  ont  été,  dans 


le  principe,  séditieux  et  débordés  ;  com- 
ment, h  ce  prix,  les  rois  ne  les  auraient-ils 
pas  tenus  pour  redoutables,  el  intimidés 
par  des  menaces  d'accablantes  rittueurs  ? 
Excusé  dans  les  mœnrs  el  pour  ainsi  dira 
le  génie  du  tems.  UCme  au  zv*  siècle,  on 
trouve  dans  le  monde  un  reste  d'ignorance 
et  du  férocité  barbares;  les  idées  do  tolé- 
rance n'ont  pas  encore  brillé  sur  l'intelli- 
gence publique  ;  les  caractères  ne  se  sont 
)>as  enlièremeni  adoucis;  le  chrisiisnisme, 
avec  ses  sentiments  de  mansuétude  et  d'a- 
mour, n'a  pas  pénétré  dans  les  veines  du 
cor|is  social;  il  y  a  là  une  roideur  de  bronze 
quft  lefeu  de  Ia  charité  n'a  pu  encore  assou- 
[ilir  et  dissQodre;  et  |>artout  ou  s'en  aperçoit 
à  Je  ne  sais  quoi  d'exagéré  dans  les  eriines 
dont  se  souillent  les  peuples.  Etait-il  pos- 
sible aux  pouvoirs  de  ne  |ias  participer  plus 
ou  moins  à  cet  esprit  général,  et  de  ne  pas 
op|>oser  h  d'exorbitants  désordres  des  peines 
exorbitantes  T  Ci-rles,  nous  le  vojons  par 
nous-mêmes,  n'échappe  pas  qui  veut  i  l'io- 
duencedcson  époque  1 

C'est  ainsi  que  l'Église,  en  reconnaissant 
les  erreurs  et  les  fautes  que  les  princes  ont 
pu  commettre  dans  leur  sévérité  contre  les 
sectaires,  ne  ferme  pas  non  plus  les  jent 
sur  ce  qui  peut  être  à  leur  décharge.  Elle 
est  compatissante  pour  les  victimes,  mais 
elle  croit  aussi  devoir  être  indulgente  pour 
lesjuges,  et  faire  retomber,  partiellement 
«a  moins,  la  responsabilité  de  leur  rigueur 
sur  les  lois,  les  usages,  les  convictions,  les 
dinicultés,  les  périls  el  les  entraînements  do 
siècle  et  de  la  société  au  sein  desquels  iU 
vécurenl. 

Tant  il  est  vrai  que  l'esprit  d'intolérance 
etd'âpreté  lui  est  complètement  incooiiut 
Elle  fut  toujours  si  loin  de  le  porter  dans  sa 
conduite,  qu'elle  ne  le  porte  pas  même 
dans  ses  jugements!  Elle  apprécie  tout  avec 
clémence,  et  se  comporta  toujours  arec 
doDceur.  Le  monde  a  pu  s'en  convaincre  par 
des  gages  éclatants.  La  destruction  de  l'es- 
clavage, l'adoucissement  des  lais  el  des 
mœurs,  la  mitigationdes  pouvoirs,  la  créa- 
liou  de  toutes  tes  insttEutions  bienfaisante*» 
la  réconciliation  de  l'hooime  avec  l'bomnae, 
de  la  famille  avec  elle-même,  des  peuples 
avec  les  peuples  :  en  un  mot,  la  révélation 
de  la  charité  cbrétienue,  de  la  mansuétude 
évangéitque  avec  les  merveilles  qu'elles  ont 
produites,  avec  la  fraternitéqu'elles  enfan- 
tent, voilà  ce  que  l'on  doit  i  l'Eglise.  Voilà 
l'authenlique  expression  des  sentiments 
qui  l'animenl.  Voilà  par  où  il  faut  décider 
si  elle  aime  le  sang  ou  le  bonheur  de  ceux 
qui  la  dédaignent  ou  la  mallraîlonl,  cl  non 
point  par  des  faits  dont  elle  gémit,  par  des 
rigueurs  qu'elle  déplore,  [lar  des  institu- 
Lious  qu'elle  désavoue  cl  dont,  aprè<  tout, 
elle  ne  fut  pas  ptu.sraiitcur  qu'elle  n'en  est 
le  panégyriste  1  Attachez-vous  toujours, 
pour  bicu  la  comprendre,  à  l'étudier  ainsi 
dans  les  grandes  réalités  de  son  hisloirel 
Gardez-vous  d'accepter  à  la  lettre  el  les 
noires  peintures  qu'on  vous  en  trace,  et  les 
sanglantes  complicités  qu'on  lui  suppose, 


MCTinTfNAIRE  APOLOGETIQUE 


UlE 


-  lit  les  bKrbares  inspirations  qu'on  lui  prête  I 
Vériliez  tout  arec  scrupule.  Discutez  tout 
flVec  profondiiur  I  El  vous  atioutirez  cODi- 
tammt^ut  flf>rës  vos  recherches,  è  vous  cor- 
vsiocre  qu  elle  (Si  moins  dure  que  ceux 
(loat  l'injustice  l'accuse  il'éti  e  crunlle  ;  que 
les  pajs  où  elle  domine  le  mieux  sont  ceux 
où  là  liberté  rèj^ne  avec  le  plus  d'empire; 
que  du  raomenl,  au  contraire,  où  elle 
baisse  |>arn)i  les  nations,  l'intolérance  poli- 
tique et  reliRieuse  y  pénètre  dans  la  même 
mesure  ;  qu  enlln  elle  est  la  gardienne  de 
la  justice,  de  l'bumanité  commu  elle  en  fut 
)arévélalri(;e,  et  qu'aucun  peuple  ne  saurait 
échapper  à  sa  oîenCaisauie  tutelle,  sans 
voir,  un  peu  plus  tAt  ou  un  peu  plus  lard, 
rorbiirsira  et  le  despotisme  reloiubitr  sur 
lui  du  toDi  lieur  poids,  el  envahir  tout  en- 
semble et  le  domaine  des  lois  et  celui  des 
croyances.  Voy.  Fihatishb,  j  11. 

INSECTE  dû  à  la  générailon  spontanée, 
suivant  M.  Cross  ;  réfutation  par  U.  Turpin. 

Vojf.  G&ltitBlTIOEI  SPOItTAIffeB  j  1. 

rNSPlRATlON    des  apêlres    démontrée. 

V0\/,  PaOPAGATIOIf    DU   fiBRlSTIiVtSHB,    S  I  Ot 

H.  —  Inspiration  dus  livres  de  Hoïse.  Voy. 
PiNTiTKUQi'B,  j  X.  —  L'inapi ration  n'est 
l>oint    un    carnLtère   de  l'infaillibilité    de 

l'Eglise.   Foy.JW FAILLIBILITÉ. 

INTËGRITË  du  Ptnlateuque.  Voy.  Pbk- 
T4TKUQDB,  i  vil.  —  Inlégrité  des  Evangile». 

Voy.  EVAKOILE.  S  IV. 

INTELLECTUEL,  fruits  du  chnstianisme 
dans   l'ordre  intelleclael.  You.  I'Introdcc- 

TIOII.IXIII. 

INTERPRÉTA TION  MYTHIQUE  de  l'An- 
cien Testament.  Yoy.  note  XIII,  li  la  Ga 
du  second  volume.  —  Interprétation  litté- 
rale,ceqoec'esI.Réru[ation  de  U.Letrunne. 

Vojf,  CoSMOQRAPHtB. 

TnTESTINAUX,  sout-ilsdus  à  la  généra- 
tion spontanée  ?  Voy.   Gitikai-non   spoh- 

TINÂK  S  II. 

IHÉNÉE  (Siiht},  évéque  de  Lvon.  Suivant 
M.  Michelet  «  eu  202,  suus  Sévère,  ssint 
Irénée,  d'abord  évéque  de  Vienne,  puis 
successeur  de  saint  Pothin,  souBril  le  mar- 
tyre avec  9,000  (selon  d'autres  18,000] 
l>ersonnes  de  tout  seie  et  do  tout  Age.  ■ 
[Uiit.  de  France,  t.1, 1. 1,  p.  116.) 

Saint  Irénée  n'u  Janinis  été  évéque  de 
Vienne;  nul  auteur  aniien,  nul  moderne 
n'en  parle.  Son  nom  n'est  point  inscrit 
dans  lo  cnlalogue  des  fiotitifes  vionnoîs. 
{Hiit.  de  ta  tainte  Eglite  de  Vienne,  par 
M.  CoLLOMBBT,  I.  I,  p.ix.)  L'an  177,fort  peu 
de  temps  avant  qu'il  mouldl  sur  le  siège  de 

(«69)  Ed^be,  niit.actl.,  I.  v,  c.  i  t  «  Hune  ul 
urestiyteruni  Kcdcsix  [Iioc  namque  niuiiiis  utiliiieL) 
m  primis  libi  coiamenitassenius.  > 

(2i70)  De  Vim  HUitribut,  c.  35,  t.  Il,  cJilion 
HJgne. 

12171)  Hiil.  lilt.,  etc.,  (.  1,  p.  167. 

{«7Î)  /*«.,  p.  iëj 


pourra  nous  reprocber  d'avoir  recueilli,  n'Importa 
d'où  ils  vinssRiil,  les  suji^is  de  nos  accusations, 
d'jà  putiliés  et  rcfuit^s  en  de  tiës-docieB  volumes 


Lyon,  il  fut  député  par  les  martyrs tuprèiti 
pape  Eleutbère,  et,  dans  li  lettre  dgni  n 
était  porteur,  il  se  trouvait  Domiaé  liupK 
ment  prilre  (2269).  La  notice  que  lûi 
JérAme  lui  a  cunsacrée  ne  lui  donne  qitli 
litre  de  prAre  de  Pothin,  jusqu'k  ré|«qa 
où  elle  le  montre  succédant  a  ce  mirUi  (t 
Uarc  Aurèle  (2270). 

Aucun  ancien  document  ne  préciKM 
plus  le  nombre  des  martyrs  utpfii  m 
saint  Irénée. 

II- 
SaiBt  Irénée  éUit41  peu  érodit,  pen  ntl^hiBOA 

«  Saiut  Irénée,  dit  M.  Ampère,  a  v]mà 
foi  et  d'onction  que  de  science  et  de  [iW 
Sophie. 

<■  Tertullien  et  saint  léréme  ootpitli 
saint  Irénée  une  counaissauco  de-t  iliitm 
sectes  de  la  philosophie  aolique,hieiisii|i 
rieure  à  celle  qu'il  poEsé<Jait.  11  aifllip 
dans  ses  ouvrages,  avec  assez  peu  liedi»- 
cemement,  auxnérésies  les  uoajsdetiicM 
philosophiques  desquelles  il  prélenJ  kl 
tirer.  Cependant  ou  doit  recounilite  qa| 
saint  Irénée  était  tersé  dam  la  lillérilun 
de  l'antiquité  (2271). 

■  Ce  Père  ne  comprend  pas  toujounpu- 
failement  la  portée  métaphysique  i]cii)|>'i- 
nions  qu'il  réfute;  car,  il  faut  vousleilirt, 
6  cAté  des  extravagances  du  guo$licisiiie,ii 
y  avait  des  efforts  prodigieux  de  la  jKUtr, 
semblables  aux  efforts  d'uu  homme  enijoiim 
qui  se  tourne  en  rêvant  vers  li  luiui^n:. 

<  Mais  Irénée  n'avait  pas  pour ailitruini 
les  plus  raisonnables  ou  au  iiioiiului>l<i 
rationnels  d'entre  les  gaostiques. 

<  11  avait  été  provoqué  à  la  discuttiui 
par  un  certain  Marcos  ,  qui  éliil  >i"' 
d'Egypte  en  Gaule,  où  il  séduisait  beiui'u^P 
d'hommes  el  surtout  beaucoup  (lelriuem 
h  seà  rêveries  mêlées  de  cabale  elllel>à^ 
gie.  Ce  Harcos  était  uu  charllW  «" 
moralité  (Sa72).  ■ 

Nous  avons  h  parler  sommaitwul  w 
l'érudition  et  de  la  métaphysiquailii  iti" 
évéque  de  Lyon. 

Saint  Irénée  érudit.  Tertullien  ne  i''' 
point  expliqué  sur  l'érudilioD  philoif^^" 
de  cet  évéque  ;  ce  qu'il  admire,  c'est  ksn* 
du  prélat  è  bien  étudier  les  novateurs  qui: 
réfute  (2273). 

Saint  Jéréme,  expusaut  ï  un  aiui  lo 
motifs  qui  l'eiiipècheut  de  dédaigner  l'us)? 
de  l'érudition  profane,  cite,  il  e^I  ■"'' 
saint  Iiéuée  et  d'autres  Pères couinie i.vN' 
cherché  dons  la  philosophie  la  source  il" 

pariant  de  personnages  que  distinguent  Mr  uo- 
teté  et  leur  rang,  et  non-seuleoieiil  plus  .i"*" 
que  nous,  mais  contemponins  des  aéréu'1'^ 
ti'ls  que  Justin^  pliilosoplie  et  martyr;  Itiliiite  < 
EopliiGle  des  Eglises  ;  Irénée,  aularautr  li  n'X" 
de  loulM  let  docirina  ;  notie  Procuhis.  qn»'*" 
rent  sa  vieillesse  encore  vierge  el  sou  «lo,»*' 
clirélienne.  Que  je  voudrais  Tes  snivre  «n  m 
œuvre  de  foi  comine  en  celles  1  ■  U  l'H^"!": 
puint  des  doctrines  de  P)lkagore  oa  dAna**! 
mais  de  cellca  des  liététiquet. 


1401 


IBE 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE 


mr. 


liH 


héréne»  (287fc)  ;  oisi:*  il  «e  borne  k  constater 
le  (ail  CD  général,  mus  caraclériser  le  oiërile 
JndiridaeT  de  chaaun  de  ces  inTeiligaleurs. 
S'il  tùi  cm  nerTuillem  ce  ravoir  d  Irénée, 
auraitHl  oublié  d*ea  parler  i  Tarlicle  bio-. 
n'apbiqne  consacré  au  saint  éTAqae  dans  le 
TîTre  Dtt  hommet  itliutret  (2275)  7 

Il  n'y  aurait  (tas  moins  d'eiagéralion  i 
s'eiUsier  sur  ce  que  saint  Irénée  cite  «les 
philosophes,  an'k  u'jr  apercevoir,  arec  11. 
Aai|>ère,  que  des  noms  de  sectes  pbiloso- 
(ihiques  ap|iliqués  sans  beaocoup  de  dis- 
cemeinenl  aux  sectts  relixieuses.  Si  l'éru- 
iJiliuD  du  préjai  D*esi  pas  paéDoméu«le,  elle 
ne  laisse  pas  d'ôtre  étendue ,  comme  nous 
aIJous  le  montrer. 

Le  saint  évfique  de  Lf  on,  sacbaot  que  les 
novaieurs  honorent  les  images  et  les  statues 
de  P;tfaagore,  de  Platon,  d'Aristote,  etc., 
ticbe  de  découvrir  les  emprunts  qu'ils  ont 
Ctils  i  ces  maîtres.  Or  que  remarque- 
lil  [^76)  T 

Il  voii  lesRnosli'iués  placer  i  la  téta  des 
Ages  ei  (les  choses  le  B>thos  ot  le  Sigé  (la 
profondeur  et  le  iilence)  ;  il  se  souvient  alors 
i^u'Anaiimandre  range  de  même  k  la  léte  de 
tout  l'infini;  Tbalès,  IVblme  des  eaox,  et 
i'autres,  le  silence  et  la  nuit;  ensuite,  que 
loas  Tont  Clément  sortir  du  premier  prin- 
ci|>e  qu'ils  supposent,  la  foule  di-s  êtres 
<livcrs.Où  les  gnosiiques  STaieul-iis  appris 
h  soumettre  l'ordunaaleur  du  monde  a  la 
fataJiléT  11  semble  à  saint  Irénée  que  c'est 
uoe  opiniun  puisée  è  l'école  du  sti^îcisme. 
Quand  ils  diseni  que  Dieu  opéra  sur  une 
matière  qu'il  u'avait  f>as  créée ,  le  saint 
ré(>oiid  qu'ils  copient  bien  des  philosophes 
inciens,  entre  autres  Platon.  Ils  se  paruot 
eocurc,  selon  lui,  d'uo  lambeau  de  plato- 
nisuic,  quaod  ils  affirment  nue  le  monde 
isi  dans  toutes  st^s  partits  l'image  d'une 
nature-  supérieure.  Le  ssgace  docteur  re- 
xouve  la  lei  idées  archétgpes  de  Platon.  Il 
iccuse  ses  adversaires  de  travestir  la  fable 
ie  Pandore,  lorsqu'ils  nous  moalrent  le  Sau- 
reur  que  tous  les  temps  seplaisentàtormer 
:i  ft  embellir.  A  son  avis,  ils  ont  pris  k 
irislote  l'art  des  subtils  raisonnements;  i 
'jtbagore,  ies  nombres  mjrstérieus  de  leurs 
iiiniériques  c  lassitî  cation  s  ;  è  Auaxilaits, 
babileté  à  séduire  par  des  preâliges  ;  aux 
yuiques,  l'impudeur  de  croire  que  certains 
etea  ne  pourraient  les  souiller  i22T7}. 

Vuilj,  [tour  ta  plus  grande  partie,  les 
^urenirs  philosophiques  de  saint  Irénée; 
I  sujet  irt  le  but  du  livre  n'eu  eiigeaieul 
is  davantage.  TuuttfoJs,  ils  sont  assez 
iHûs,  ils  ont  assez  de  piquant  dans  lisur 
ssseuiblancearec  les  iloutrincsdu  guosli- 
siiie,  pour  qu'on  en  lass^  pi  us  de  cas  que  M. 
a]|fëre.  Oo  reste  d*aiilcur:i  convaincu  que 

^2274)  T.  I,  M.  70,  p.  607,  éJit.  de  H.  l'aLbé 
i^ne,  U  XXII  oe  sa  l'atrologie  :  <  Ils  ont  eipli- 
j«;-eR  de  uoiubrciit  lolunics  les  origines  Je  cha- 
(«  béréfic  et  luuniré  de  quelles  fonlaiues  pliiloH>- 
iii>|iie»  elles  UéctHilCDt.  ■  Quelle  fui,  itaiis  ces  sa- 
KHtct  recherclicii,  la  part  bpcciate  de  diaciiii  des 
«^•rs  nomniéï  par  saint  iér6mcT  e'eai  <c  i|iiu  i-e- 
li-ci  u'eiplique  pas.  (llui.,  Jfiyno,  oratori  Rô- 


les quelques  réminiscences  de  l'évéque  d« 
Lyon  supposent  une  plus  vaste  conoaissanc» 
de  ces  matières.  11  ne  lui  aurait  |ias  été 
possible,  en  apprenant  cela,  de  ne  p»s  en 
apprendre  davantage. 

Saint  irémée  mélaphgrieie».  —  Saint  Irdoée 
ne  cbe^cba  pas,  sous  les  extrava^anetâ  du 
gnosticisme,  lesjiensécs  qui  {louvaieni  y  être 
cachées,  et,  i  caose  de  cela,  SI.  Ampère 
décide  que  l'évfique  de  Lyon  n'était  pas 
métaphysicien.  N'surait-il  pas  été  plus  na- 
turel de  se  borner  i  dire  que  le  saint  n'avait 
pas  jugé  i  propos  de  faire  delà  niélapby> 
siqueT  Si  saint  Iréuée  avait  publié  uoe 
dissertation  pour  quelque  académio  des 
sciences,  il  aurait  dû,  j'en  conviens ,  se 
livrer  aux  disquisitionsqucsouiiaiteU.  Am- 
père; uiais  ce  n'était  |>as  uoe  érudite  curio- 
sité qu'il  cherchait  è  satisfaire.  U  avait 
devant  lui  dos  hérétiques  et  descharlataus; 
il  songea  donc  k  éclairer  les  uûn,  i  démas- 
quer tes  autres.  C'est  pourquoi  il  s'en  tint 
&  combattre  leurs  doctrines  telles  qu'il  Im 
découvrait  dans  leurs  livres,  dans  leurs 
conversations  et  dans  lésa  veux  de  quelques 
uns  de  leurs  disciples  couvertis  (2278).  Per- 
sonne oe  lui  parle  d'une  sagesse  enfouie 
sous  ces  folies;  pourquoi  perdrait-il  son 
temps  à  l'y  poursuivre?  Ses  adversaires  oe 
comprendraient  rien  k  de  telles  explicaliona, 
qui  réduiiait  i  de  purs  symbules ce  qu'ils 
adorent  comme  des  réalités.  Puis,  comment 
Veut-un  qu'il  cherche  un  sens  mélapby.<-iqua 
dans  ces  mots  auxquels  chBi|uu  sectaire 
allache  un  sens  religieux  différent  (9379)1 
Saint  Irénée  crut  que  ce  qu'il  avait  de  mieux 
k  faire,  c'était  de  montrer  aux  novaleurs 
combien  leurs  divers  articles  de  fui  élaieat 
en  contradiction  les  uns  avec  les  autres,  ainsi 
qu'avec  le  bon  sem  et  l'Ecriture  saîute.  Il 
bl  de  la  polémique,  et  ne  se  perdit  pas  dans 
des  suppositions,  des  diviualioos  sur  la 
sens  vuiié  et  inconnu  du  système  qu'il 
réfutait. 

Cette  abstention  de  théories  métaphy- 
siques ne  prouve  donc  pas  de  l'inaptitiida  k 
en  concevoir,  d'auiaut  plus  qu'en  certains 
endroits,  spécialement  dans  les  premiers 
Lhapitres  du  second  livre,  saint  Irénée  mon- 
tre avec  quelle  facilité  il  s'élève  aux  plus 
hautes  considérations.  Ca  talent  du  saiut 
se  révèle  encore  h  nous  par  sa  puissance 
logique,  par  la  vigueur  arec  laquelle  il 
plane  sur  ce  chaos  d  erreurs  gnostiques  pour 
tn  découvrir  tous  les  lantdme^  et  y  porter 
la  lumière;  cette  vigueur  de  vol  est  inima- 
ginable et  devient  jilus  étonnante  quan<l 
on  réUécliil  que  ces  questions  de  philoso- 
phie et  de  théologie  chrétienne  étaieut 
neuves  et  inexplurées  jusqu'alors  (^80). 

La  sévérité  de  U.  Ampère  contre  le  saint 

"'(iî'.S)  C.  33, 

{•aie)  AiMTt»*  karetet,  1. 1,  c  %4. 

(«âH)  L.  I.  c.  8;  H,  c.  19,  49;  m,  c.  41.45 

(iS78)L.  I,  Iet9;  ).  iv,  prc/afio;!   v.  ortrAlta. 

mm  L.  I,  cl,  5.  6,7, 15, 18;  I.  ii.  c.96;aBr- 
1.  1»,  69. 

(2280;  Bitt.  lin.,  I.  I,  p.  185.  —  t  U  Détail  pas 


tm  IRE  DiCTIONNÂinE 

docrear  ra  plus  loia  encore  :  il  ne  veuï  pas 

luJime  consentir  fa  reconnatlre  en  lui  une 

grande  scleace  religieuse. 

|1L 

SaiU  ItioAt  éUlt-11  pea  tbâDlogien? 

«  C'étaient  donc  les  représentants  les 
moins  respectables  et  les  moins  sensés  du 
gnoslicisme  qui  avaient  déterminé  saint 
Irénée  fa  écrire  contre  l'ensemble  des  opi- 
nions f^QOstiques;  il  n'a  pas  toujours  traité 
ces  opinions  arec  irapartialité;  mais  l'im- 

fartîanté  est  le  dernir  du  juge,  elle  n'est  pas 
affaire  du  soldai.  Irénée,  venu  assez  jeune 
eu  Gaule,  ayant  eu  de  bonne  lieure  à  gou- 
veraerune  église  menacée,  placé  lui-tnéme 
entre  deux  persécutions  ,  est  l'xcusatile 
•l'avoir  été  un  nomme  de  pratique  plus  qu'un 
homme  de  théorie,  un  athlète  plus  qu'un 
oavant,  un  apAtre  plus  qu'un  docteur.  Saint 
Jérdme  j'eppelle  un  docteur  apostolique; 
l'épithète  modifie  judicieusement  le  subs- 
lantif  (3281J.  » 

Nous  eiamineroDS  plus  tard  l'impartialité 
de  saint  Irénée  i  bornons-nous  maintenant 
à  parler  de  sa  science  ecclésiastique. 

M.  Ampère  la  déclare  médiocre;je  la  crois 
Irés-étenuue,  quoique  parfois  sujette  fa  la 
censure.  Or,  qui  va  décider  entre  ces  deux 
usserlions,  puisqu'il  est  impossible  de  tra- 
duire ici  le  traité  sujet  du  litige? 

Ce  sera  Bossuet.  il  décerne  fa  l'évéque 
de  Lyon  le  titre  de  docteur  grand  et  illut- 
tTe  (2382};  il  dit  que  les  cinq  livres  contre 
lesbétésies  «  sont  trop  forts  et  prouvent 
trop  bien  pour  mériter  la  uritique  (3383)  >. 
Or,  quand  il  s'agit  de  théologie,  nous  u'a- 
vnns  qu'ft  uous  incliner  devant  le  jugement 
de  Bossuel. 

Saint  Jérôme  ne  le  contredît  pas  en  nom- 
manl  saint  Irénée  dtcleur  apoMtotique;  d'a- 
bord ,  parce  qu'il  ne  lui  donne  jamais  ce 
nom  ;  ensuite,  ptirce  aue  s'il  l'appelle  hommi 
upoatoljque ,  ce  qui  n  est  pas  la  même  chose 
que  docteur  apostolique,  il  a  soin  d'expli- 

ri«r  que  cela  signifie  un  «homme  qui  a  vécu 
at  les  temps  apostoliques ,  et  qui  fut  au- 
diteur de  Papiss,  disciple  lui-même  de  Jean 
râvmgélisle.  »  Saint  Jérôme  était  si  éloigné 
de  vouloir  atténuer  par  quelque  épilhèto  le 
mérite  du  pontife  lyonnais,  qu'il  déclare  ses 
cinq  livres  aussi  riches  de  doctrine  que  d'é- 
loquence (338i}. 

M.  Ailipère  présente  encore  quelques  au- 
tres critiques  contre  la  théologie  de  saint 
Irénée. 

«  Desopiuionsqui  plus  tard,  ont  été  par* 

H<i  méUpbysicien  bien  subtil,  •  répète  U.  Ampère 
lie  uiiii  Irénée.  Si  c'est  Cire  méiaphysicicn  subiit 
i|iie  de  pénétrer  avec  paiience,  furce  et  ctarié,  pour 
en  moDirer  les  vice»,  jusque  dans  les  derniers  re- 
coitii  du  labyriniUe  des  sygiÉmes  ^aostiqiies  sur 
Disu  et  II  créaiioii,  saîuL  Irénée  l'a  elé. 

(2281)T.I,  p.  183. 

jîiSi]  VI*  bïtc.  fur  t'.innoncialion  de  ta  lainir 
Yiergt   i"  point. 

(n83)  Htmoire  lur  la  Ubi.  ecet.  de  Duviu.  t  L'on 
lie  peut  douter,  disait  de  saint  Iréiiée  Dupin  lui- 
même,  qu'il  n'aii  eu  uue  érudiliou  consomince 


APOLOGETIQUE.  HtE  m\ 

fuitement  formulées,  qui  sont  dtveiiHHlM 
dans  l'Eglise,  et  contre  le^iuellesil  n'ipn 
été  permis  de  s'élever  sans  encourir  une» 
cusation  d'hérésie,  ces  opinions,  i  l'épo^ 
de  saint  Irénée,  étaient  encore  iDdédia, 
Qottsntes.  jusqu'à  un  certain  poiot  lit» 
Au  concile  de  Nicée,  l'opinion  deteni^ 
croyaient  qu'on  devait  célébrer  laPdq«ï 

Quatorzième  jour  de  la  lune,...  et  qucsmi 
renée  regardait  comme  indifférente,  full'- 
clarée  hérétique.  Sans  parler  de  cellnqû 
a  énoncées  sur  le  Saint-Esprit,  surtesnjK 
ports  du  Fils  au  Père,  sur  l'Eucharislie,!; 
que  je  dois  laisser  h  l'histoire  de  la  <logt»  i 
Iiqae,  selon  lui,  Adam  et  Eve  ont  été  m  i 
innocents  et  ont  vécu  dans  un  état  de  pit- 1 
faite  innocence  pendant  plusieurs  annte. 
Cette  opinion,  considérée  poétiauem«nl,K  ' 
manque  pas  d'une  certaine  erice;  ccpe> 
dant,  même  sous  ce  rapport ,  Te  couple  aJo- . 
lescent  est  inférieur  su  couple  coDJupl.itl 
qu'on  le  représente  d'ordinaire,  et  lelquc 
le  peint  Milton.  Saint  Irénée  croyait  m  rè- 
gne de  mille  ans  [228S1.  > 

Nous  verrons  art.  Victoibb  (saint]  j  II, 
que,  relativement  fa  l'époque  de  la  célé- 
bration de  la  Pgque,  saint  Irénée  regirdi 
Gomme  fausse, mais  lolérable,  l'opirtioaiiai 
place  cette  solennité  au  quatorzième  jout 
de  la  lune  de  mars.  M.  Ampère  dit  que  Iti 
rapports  du  Fils  et  du  Père  ont  éié  irès-mi 
énoncés  par  le  saint  docteur.  Pourtant  mi 
Irénée  appelle  le  CamsT  ■  FiLsdeDiirei 
Fils  de  1  homme,...  Fils  de  Dibo  falUiom- 
nie,...  DiKD  comme  son  Père  qui  tuiidvimi 
l'onction,  >  Sur  le  Saihi^Esfbit ,  quelleio- 
décision  y  a-t-il  fa  dire  que  c'est  ■  rEiW 
de  DiBU,...  un  Esprit  éternel,...  quederici 
lui,  comme  derant  te  Verbe,  tremble  et  l'bril 
toute  l'armée  des  anges;...  quecelEsrnd 
le  Fils  sont  les  deusmatns  deDiit,te- 
trices  de  l'homme  et  de  toute  la  riiion'' 
«  Ce  ne  sont  jias  les  anges,  dit  î)ini(*î<i 
qui  ont  façonné  l'univers.  Quel  bewPViK 
avait-il  d'eux?  Ne  possédait-il  pas«i^«)>t 
mains  T  N'a-t-il  pas  toujours  pré«oli  « 
VsBBB  et  la  SiOKSSE,  le  Fils  el  l'Ësnir.  P" 
qui  et  en  qui  il  fait  tout  liljremenl  el  il^w- 
tanémenl,  et  auxquels  il  dit  :  Faisons  I ta- 
me  à  notre  ressemblance  [^sn}1*^aM'\ 
Eve  furent-ils  créés  adolescents  ou  nu!'»'*' 
Aucune  toi  de  t'Eglite ,  ni  du  gotll  tt  œt 
semble,  ne  nous  oblige  à  préférer  \'ofUi^ 
de  Milton  à  celle  de  saintJrénée.  Quioi'" 
doctrine  sur  la  présence  réelle  tlsns  I*"- 
charislio,  elle  est  aussi  précise  cbei-'t"' 
Irénée  que    chez  saint   Thomas  uM"" 

uni  dans  te  profane  que  dans  te  sieré.  >  ('■••f- 
S29.  -  Voir  aussi  l'rfiil.  lUl.  de  U  Fww.F'" 
Bénédictins,  1. 1,  p.  556.)  ,- 

»  (Îâ8*)  Commenl.  m  ;*«iani.  1.  i-iv".  «■  'î^' 
ùpoit^luut  leribit  yrenœwi.  Bilici,  ad  Ttiw*«* 
—  Saint  Jérôme,  ayant  sous  lesjeu»  lonl"'"" 
grec  de  saint  Irénée,  a  pu  apprécier  «iiMil 
nous  féloculion  de  ce  Père  de VEglise-  (tp-  "'     I 

(ÎÎMIL.  m,  c.  6,  SO;l.iT,c.  !',".'*•'■     I 
G.  t,  12.  28.  I 


ACS 


_ fiMtfcif   e«rpiu  «I  raityvit 

7Airifli),  el  ci  le  niot  évèque  semble  adowl- 
re  <Uiis  ce  Mcreiii«Dt  une  païUe  terrestre 
luire  le  perlie  céleste  iStieharUtia  es  dmabwê 
tèua  rotutOH»,  temma  et  eateati]  (SSETT),  OD 
MDt  entendre,  par  eetle  partie  terrestre,  soit 
es  éléKeDts  maléfttils  qui  ont  rormé  le  pain 
■t  le  lio,  soîl  les  accideolt  sensibles  qai  en 
'estent.  11.  Ampère  ■  reisoQ  de  compter 
«iot  Irénée  parmi  les  millénaires,  il  l'était 
^a  ce  sens  qu'il admetlailuDrigne  temporel 
lu  Clirist  enleuré  des  sainis  ressuseilés; 
outefois,  il  D«  dit  p«s(|ne  cet  étal  prépara- 
«ire  an  tmiiheur  du  ciel  doive  durer  mille 
los.  Le  milléaarisme  esl  le  seul  poiul  Ihéo- 
egique  sur  lequel  la  censure  de  M.  Ampère 
l'ait  pas  tort;  elle  s'est  trompée  sur  tous  les 
mires,  coaune  sur  ce  qu'elle  dit  de  la  mé- 
iphjsique  et  de  l'érudition  du  saint.  Pour 
Doi,  je  crois  qu'on  doit  partager  TadmirstioD 
le  11.  Amédée  Thierry  ponr  le  Iraité  eomtrt 
M  kéréaUM ,  ■  d'une  si  ferme  orthodoxie, 
.'omme  il  le  nomme,  et  d'une 
ari^e  '£SS].  a 

ÎIU. 


— «  C'étaient  donc  les  moins 
respectables  et  les  moins  sensés  du  gnnsli- 
cunM  qui  avaient  déterminé  saint  Irénée  k 
écrire  contre  l'ensemble  des  opinions  gnos- 
litioes;  iln'spas  toujours  traité  ces  opinions 
iree  impartialité  ;  mais  l'imparlialilé  esl  le 
ievoir  du  jugn,  elle  n'est  pu  l'alTsire  du 
H>ldat.  Irénée  est  eicusabla  d'aroir  été  on 
lomme  de  pratique  plus  qu'on  bomoe  de 
béorie...  ■ 

Cette  assertion  eiîgesit  une  preuve,  el 
)s»nd  01*  laie  un  gr^ve  anteur  d'avoir  mau- 
|oé  d'imparlîalilé,  nndoit  le  déouuiref. 

La  chose  était  d'autant  plus  nécessaire 
|u*oa  est  fort  loin  de  croire,  comme  notre 
iisloriea.  que  ce  soit  l'affaire  du  juge  seul 
'être  impartial,  et  que,  dans  un  débat,  les 
«rties  doivent  avoir  de  plus  sérieuse  oon- 
idérsIiOD  que  ceilo  de  la  vérité. 

D'aillenrs,  esl-ce  que  le  censeur  d'une 
loctrin*  n«  s'en  constitue  pas  le  JnçeT  KsI-ce 
[u'ua  éveqne  surtout  n'est  pas  |uge  dans 
et  qaeslions  religieuses?  Double  litre  qui 
npoaait  an  saint  évéque  le  devoir  de  l'im- 
«rlialilé. 

Or,  il  d's  a  pas  failli. 
Jl  allribueè  ses  adversaires  des  opiDioos 
bsurùes;  mais  H,  Ampère  ne  les  appelle-t- 
f  pas  lui-même  des  rxirafojfaiiCMP 

Saint  Irénée  a  dil  que,  par  ses  prestiges, 
lare  abusait  de  la  crédulité  des  femmes  ; 
laïs,  selon  If .  Ampère ,  ce  Uarc  n'était-il 
as  un  elurlalan  sans  mursiité,  cherchant 
tromper  par  de  véritables  lonrs  de  go- 
etetr 
Saiut  Irénée  reproche  è  une  partie  des 
Dusliqaes  leurs  mœuradésorilnnuées;  mais 


APOLOGETIQUE.  IRE  t46« 

U.  Ampère  u'«-t-il  pas  écrilile  quelqoes-ons 
d'entre  eui  :  ■  La  matière  était,  saon  eai. 
si  misérable,  qu'elle  ne  méritait  pas  qu'on 
lui  résistât;  c'est  en  lui  cédani  qu'ils  lui  lA- 
moignaivnt  leur  mépris;  ils  s'interdisaient 
scrupuleusement  les  luttes  de  la  vertu 
(3289).  ■ 
Il  esl  vrai  que  M.  Ampère  a  dit  de  qoel- 

3ues  autres  de  ces  hérétiques  qu'ils  faisaient 
ivorce  avec  ia  matière  ;■  de  Ik  le  célibat 
le  phis  austère;  de  IA  l'ascétisme  le  pins 
rigoureui  cl  les  plus  cruelles  mortifica- 
tions. ■  Mais  saJut  Irénée  aussi  recon- 
naît, dans  ce  cas,  leur  austère  continen- 
ce (â90}. 

Où  est  donc  la  partialité  de  cet  évèqae, 
puisqu'il  n'en  dit  que  ce  qu«  répèle  son  cen- 
seurl 

Uuand  j'entends  cet  écrivain  annoncer  que 
l'impartialité  n'est  point  l'affaire  Ju  solwt, 
je  songe  k  loul  ce  qu'on  rencontre  d'inexae- 
tiludes  dans  son  livre  et  dans  ceux  de  plu- 
sieurs auteurs  célèbres,  «t  je  me  demande 
avec  tristesse  :  Cette  maxime  ne  nous  décau- 
vre-t-clle  pas  l'origine  de  tant  d'erreurs  dont 
gémit  la  religion,  et  ces  écrivains  ne  se  sont- 
ils  pas  cru,  a  litre  de  soldats  du  philoso- 
phisme, dispensés  d'impartialité,  de  véra- 
cité? 

Mais  non,  j'aime  mieux  regarder  cette 
rtiOBtion  comme  un  de  ces  paradoxes  que 
l'imagiDalion  se  platt  trop  souvent  k  aven- 
turer, qui  l'éblouissenl ,  et  dont  ette  ne  se 
rend  point  un  compte  sérieux. 

|IT 

L«  pUûaaLerle  de  ninl  Iréoie  c*(-elle  froide  et  cnellef 

■  Sa'nl  Irénée  ne  sedonne  point  pour  un 

écrivain  habile...  £ii  effet,  il  ne  cherche 

point  h  plaire,  mais  k  convaincre...  Ce  n'est 

BIS  œuvre  d'arl,  mais  cauvre  de  persuasion. 
u  reste,  le  peu  de  traits  d'esprit  dont  le 
bon  sant  veut  onitr  sa  [wlémique  ne  sont 
l>as  hcurtux;  sa  plaisanterie  est  froide,  soît. 
qu'il  ioue  sur  les  mots  employés  par  les 
guusliques,  soit  qu'il  persiole  l'O^oade, 
composée,  suivant  lui,  de  sept  esprits  et  do 
l'esprit  d'i{^oraiiec,  soit  que,  par  une  simi- 
liluile  de  furt  mauvais  goûl,  il  compare  les 
puissances  qui  produisenl  sans  époux  aux 
jioules  qui  («ndeol  sans  coq.  Due  certaine 
allégorie  satirique  d'un  renard  de  pierre  lui 
a  semlilébiijn  ingénieuse.caril  la  reproduit 
trois  fois  dans  le  cours  de  son  ouvrage.  On 
voit  aussi  touimenoer  dès  saint  Irénée  le 
lanfjfige  violent  de  la  discussion  Ihéologique. 
En  parlant  de  Uarciou,  le  plus  intéressant 
des  gnosliquea.  celui  qu'on  pouvait  appeler 
uu  ultra -chrétien,  il  érhappera  k  l'ime 
tendre  de  uotre  écrivain  des  expressions 
comme  celle-ci  :  «  Le  serpent  qui  éuit  dans 
Uarciou  a  dit...  ■  A  prujms  de  celle  Sophie 
Achamoth,  celte  mère  pleurante,  dont  les 
larmes  ont  produit  le  monde,  il  adressa  A 
Sl'S  adversaires  une  raillerie  barbare  i  *.  Vu- 


1*287)  L.  V,  e.  S  ;  I.  IV,  c.  M.  tpttiatu,  l.  I,  p.  368. 

ttSi»)  aUl.  4»  U  GauU,  etc.  t.  II.   •.  »l.  —         (»89)  T.  I,  p.  181. 
clait  anui  le  bngap  de  Perauneder,  'Pmtrologia         {iSSOf  L.  i,  c.  ôO 


!4C7 


IRE 


MCnOHHAIBE  APOLOGETIQUE. 


inK 


m 


tre  mère  rmis  pleurern  juslement  ;  >  mais 
fi  est  stf le  de  controTersa ,  Iréoée  tui-mânie 
n'a  pu  s'en  défendre.  Ce  (jui  le  peiot  mieui, 
c'est  d'intprrompre  la  discussion  par  une 
prièrp  pour  ceux  qu'il  combal;  vraia  cheva- 
lerie aposto'iqua,  sainte  apparition  delà 
charité  chréti^mne  an  miiîpu  des  querelles 
haineuses  de  )a  Ihéologie  (âi9l),  » 

M.  Ampère  n'a  point  trouvé,  dans  l'on- 
rrage  de  saint  Iréiiée,  de  plaisanterie  vrai- 
ment piquante;  M.  Amédée  Thierry  s  été 
plus  heureux,  et  il  en  cite  (829S). 

Si  j'avais  i  examiner  la  valeur  de  ces 
très-rares  jeux  d'esprit ,  je  ferais  remarquer 
que  les  objets  sur  lesquels  ils  portent  a^ant 
))erdu  leur  actualité  et  leur  intérêt,  et  sa 
trouvant  même  peu  connus,  les  plaisan- 
teries qui  les  frappent  ont  en  môme  temps 
perdu  leur  mordscl,  de  même  que  des 
troits  émoussés  pour  nous  dans  les  anciens 
auteurs  comiques  I  Mais  je  n'entreprends 
pas  d'examiner  si  le  bon  Koût  est  del'avit 
de  H.  Ampère  ou  de  U.  Amédée  Thierry; 
)e  me  propose  seulement  de  monlr<^r  que 
ces  jeux  el  ces  épigrammes,  fort  mal  cités, 
fort  mal  compris  par  le  critique,  n'ont  pas 
la  aiaiserifl  qu'il  leur  attribue. 

Saint  Irénéu,  se  moquant  dn  l'Ogdoarle, 
n'a  pas  dit  qu*elU  fût  eompotéede  itpt  eipritt 
€t  de  l'etpril  d'ignoranci.  Culte  intention 
avortée  dépigramme  n'est  pas  de   lui. 

On  sait  que  les  gnusiiques  cherchaient 
l'Ogdoade  et  leurs  autres  dogmes  dans  les 
explications  arbitraires  de  l'Evangile  ,  dont 
ils  torturaient  choque  lettre,  soit  comme 
signti  grammatical,  soit  comme  signe  nu- 
mérique; sur  quoi  saint  Jréréu  s'écrie: 
■  Oh  t  qu'ils  sont  dignes  Je  pilié  ces  hommes 

aui  veulent  nous  expliquer  par  a  et  b  par 
es  nombres  glacés  ,  les  inexplicables  mys- 
tères de  Is  toute- puissance  I  ..  Plus' ils 
croient  éioler  de  sagessu  merveilleuse ,  plus 
ils  s'égarent.  Lor&quo  l'immonde  esprit  de 
ténèbres  fut  sorti,  el  qu'ensuite  il  les  trouva 
occupés  non  pas  de  Diva,  mais  de  vaines 
questions,  il  prit  k  sa  suite  sept  autres 
démons  plus  mauvais  que  lui ,  et  introdui- 
sit cette  Ogdtisde  de  méchants  esprits  dans 
leurs  cœurs  ,  enflés  comme  s'ils  pouvaienl 
comprendre  au  delb  de  Dieu ,  et  tout  dispo- 
sés à  être  trompés  (2393).  »  Celte  satirique 
généalogie  do  rOgdoadc,  trouvés  dans  saint 
Lue  {^9k)  d'après  le  procédé  même  des 
(jnosliques,  est  biiin  autrement  phiisanio 
el  heureuse  que  celle  par  laquelle  M.  Am- 
père l'a   remplacée. 

Si  le  renard  de  pierrs  n'amuse  pas  M. 
Ampère,  c'est  que  le  saint  évêqua  n'a  pas 
songé  à  l'amuser.  Saint  Irénée,  voyant  les 
hérétiques  s'emparer  des  pnrolesde  l'Evan- 
gile pour  fabriquer  leurs  systèmes,  qu'ils 
présentaient  ensuite  comme  l'enseignement 
de  Dieu,  les  compare  à  un  ouvrier  aui, 
détachant  du  portrait  d'un  prince  les  dia- 

(«91)  T.  I,  p.  185 

{iS.9i)  Uitl.  at  ta  Vaale  lout  Cudminhlralion  ro- 
ntatiM,  I.  Il,  p.  S45. 

(imS)  L.  I,  c.  15. 

(3394)  C.  11. 


maats  qui  la  forment,  an  coopocnii 
la  ressemblance  d'un  animal ,  •  d'oo  dUct, 
d'un  renard  ■,  et  qui  dirait,  parteqnem 
diamants  sont  lir^s  d'un  [lortnit  n^i: 
a  Voilà  le  portrait  du  roi  I  »  A  laioA 
chapitre  oui  cooliant  cette  eomiiimi, 
saint  Irénee  la  rappelle  en  résumaaltM 
la  discussion.  Or,  très-âvidemm«)l,ii('ji 
là  aucune  autre  envia  que  celle  début 
une  jusie  el  simple  compar«isOD;  nusi 
ne  s'y  trouve  ni  slléçoria  maligne,  nir)- 
iiard  de  pierre,  ni  tnpia  répétition  de  m 
image,  par  vaniteuse  satisfactioa  (SB 

Marcion  l 'ultra-chrétien  enseipuii  qï  i 
le  Dieu  d?  l'Ancien  Testament  élsil  tra 
A  cbs  horribles  paroles,  saint  lrénit,il 
qui  il  n'était  pas  donné  comme  ï  li.At 
père  de  trouver  intiresmntt  celui  qui  la  ' 
proférait ,  saint  irénée,  se  soavieal  iiitt- 
mon,  de  ce  serpent  tentateur  qui  dinsiii 
paradis  terrestre  accusa  devant  Ere  la  Crtci 
teur  de  jalousie  et  de  mensonge;  il  crdj 
l'entendre,  et  s'écria  que  ïlarcioa  iinili 
été  l'organe  du  diable  ,  ■  que  >  le  seipeUI 
qui  était  dans  Uarciou  avait  prODoncéi' 
cet  affreux  blasphème  (^96J.  Js  ne  na 
pas  que  ce  snit  trop  manquer  de  re!|w< 
envers  l'hérésie  que  de  la  «roire  inspim 
par  le  démon.  M.  AmpèrecepeodaBtpemt 
que  c'est  là  un  crime  de  lèse-iDdépeO' 
dance  intellectuelle.  Hais  estnl  lui-utiK 
plus  poli  1  l'égard  du  saint,  que  lesiin 
â  l'égard  de  l'hérétique  T  Sainl  Iréiw 
nomme  Uarcion  l'organe  du  démon;  an 
M.  Ampère  nomme  saint  Iréuée  l'or^u 
■  des  querelles  haineuses  de  la  tliéologit;- 
l'un  prête  donc  ses  lèvres  à  Salau,  l'autr' 
h  la  haine  ;  trouvez-vuus  eu  cela  uDegnni; 
dilTérence  T 

M.  Ampère  blâme  la  barbarie  dm 
paroles  adressées  par  l'évéque  )s«>'^'' 
versaire^s  :  «  Votre  mère  vous  pieu» 
justement.  >  L'indignatiun  du  crue  le' 
beaucoup  d'honneur  b  sa  piété  iliiit;^ 
larmas  des  tnères  lui  sont  sacri».  Uii^ 
il  n'a  doue  pas  compris  que  la  mère  M 
se  raille  saint  Irénée  n'est  pas  li  leo^ 
qui  mit  au  monde  Ûarcioo;  qu'elle  ^> 
BU  coutraire,  le  i'ant{lme  auquel  les  goos- 
tiques  donnaient  ce  nom  de  aière,ei<i'>i' 
passant  son  temps  h  pleurer  sans  tropM'»' 
imurquoi,  pouvait  trouver  dans  les  Ww 
de  ses  lils  uu  digne  sujet  de  déiolii'û''' 
Plaisanterie  excellente  ,  et  qui  oail  si»- 
turellement  du  sujet ,  qu'en  pareille  oc*'"^ 
rence  le  caustique  M.  Ampère  lia  la  "'' 
gligerait  pas. 

La  similitude  familière  lirée  àeitl""^ 
qui  pond  sans  coq  ne  plaît  pasi  U-^"'! 
père;  toutefois,  Tc-rlullien ,  assez  [)oajiii'| 
aussi  en  fuit  d'énergie  e(  de  surcasu»,  n 
trouvée  excellente  pour  un»  cortlro'"* 
quelque  peu  populaire,  et  s'en  eil  «^ 
|oré  contre  les  valentiuiens  (Îi97j,  «l'" 

(S295)  L.  1,  c.  1. 
(2*96  L.  I,  c.  i4  ;  I.  iv,  prtefiHo. 
(a497)  S.Uénéb.  1.  u.  C.I3;  TMnii-ii',w«" 
VultHlimaitot, 


1119 


IIIG 


OICTIO.ViAlRE 


jioriB  i  cruïre  que ,  conTCRsbIemenI  anie- 
Bée  et  présentée,  elle  a  son  mérite. 
'  Cne  ri'rnarqne  essentielle  à  se  rappeler 
quand  oo  rencontre  dans  les  écrÏTiins  ec- 
clésîaslii|ites  quelques  ironies ,  quelques 
re|>roebi>s  qui  semblent  trop  Tioleols  i>l 
iroji  é'oignés  de  celle  urbanité  de  satire 
fine  et  adroilenient  Toilée  que  le  monde 
connaît  si  bteo,  c'est  que  le  Père  de  l'Eglise 
ne^'en  prend  qu'ï  la  doctrine  hétérodox^t 
tandis  que  trop  sourenl  l'homme  du  momie 
*is^  surtout  k  son  adversaire  ;  de  Ik  une 
exitéme  différencH  de  langage  :  le  premier 
tnarclie  au  combat  arec  tout  l'enthousiasme 
de  la  Térité,  et  ne  ménage  pas  l'erreur, 
feniBOt  tràs-bien  qu'il  est  prêt,  comme 
saint  Irénée,  k  se  sacrifier  pour  l'errant. 
tandis  que  l'autre  est  obligé  de  cacher  sous 
un  masque  ses  raneuiies  et  sa  haine;  il 
se  sert  d'armes  en  apparence  plus  cour- 
toises, nuis  empoisonnées. 


I  Od  doit  reronnAlIre  qoe  saint  Irénée 
^taii  Tersé  dans  la  littérature  de  l'anliquilé. 
Il  cite  Homère,  Hésiode,  et  bit  allusion 
^  Il  fable  de  Pandore;  il  rile  Pindar», 
comme  rarsil  fait  saint  Paul  devant  l'A- 
néofiage;  il  atDrme  que  ce  poète  a  dit  trit- 
Mtmemal;  il  compare  ceui  qui  sont  coupa- 
hlesii'ua  aveuglemect  volontaire k  TOfidipe 
lr«gique  s'aveuglani  lui-même.  Le  grec 
Iréo^e  ne  rejette  donc  point  complètement 
les  letln-s  païennes.  Sur  ce  point  ont  prévalu 
our  i  tour  dans  l'Eglise  deux  manières 
f«  voir  opposées  :  tantôt  elle  rfpoiisse  la 
■  (Ki'Tatiire  antique  comme  une  inspiration 
rifernata  ;  lantdt  elle  tolère  la  connaissnnce 
le  celte  littérature  et  l'emploitr  eu  service 
Ifts  fa  religion  chrétienne.  Il  ;  a  d^ns  l'his- 
:#  jredu  curistinnisme,  k  toutes  les  époques, 
^s  repr^enlsnts  de  cette  alliance  ou  de 
9  divorce  avec  tes  lettres  antiques ,  depuis 
•.s  premiers  temps  jusqu'à  Fénelon  et  Bos- 
«.eu  Féndon  a  voué  un  culte  k  l'anli- 
ijné.  La  Grèce  surtout  enchante  son  imo^ 
iilalioD  harmonieuse.  Jeune,  il  est  saisi 
e  l'ardeur  de  l'apostolat ,  il  veut  être  mis- 
lonnaire ,  mais  c'est  en  Grèce  qu'il  désire 
rocher  l'Bvangile.  Dans  THémaqut,  il  fait 
n  cadre  à  la  morale-  chrélieone  des  tra- 
itions homériques...  Tandis  que  Bossuel 
ira  rudement  :  a  ie  n'aime  pas  les  fables; 
ourri  depuis  beaucoup  d'années  dans  !'£- 
-iiure  sainte,  qui  est  le  trésor  de  la 
^ri(é  ,  je  trouve  un  grand  creux  dans  ces 
-oduils  de  l'esprit  humain  et  ces  iîctions 
e  la  vanité.  »  Bossuct,  qui  i<ourt.int  lisait 
umère.  re)>rochai<  sévèrement  k  plusieurs 
t  ses  contemporains  l'emploi  de  la  mj- 
olu^ic.Santeutl  futubligé  de  faire  amende 

(S9S)  Hiii.  //«-,  etc.,  1.  1,  p.  167.  —  L'«sKli- 
•t«  eu  beaacftup  trop  n^îgee  dans  ces  exiraiis 
«  leures  IM  ci  IGS  â  SanWiil.  Ainsi,  dans  ta 
'O*,  an  lieu  d«  b  Kroode  citation  de  H.  Ampère, 
'  lii  :  (  Je  m'en  vjis  pré|nrer  tes  voies  k  uoire 


APOLOCETIOllE.  inE  IITO 

honorable,  et  Bossuel,  que  seand«lt.saient 
les  beaux  vers  de  l'art  poétifpu  en  faveur 
des  fictions  païennes,  s'écria  :  ■  J'es|)ère 
que  cet  exemple  ramènera  notre  illustra 
Boileau.  ■  Irénée,  ainsi  que  In  plupart  dea 
Pères  grecs ,  dnns  le  débat  qui  partage  II 
littérature  ecclésiastique,  était  donc  du  cAlé 
de  Fénelon  (22981.  > 

H.  Am[ière  consent  donc  enfin  k  recon- 
nnttre  un  mérite  dans  saint  Irénée,  le  guAt 
des  lettres  profanes .  mérite  assez  mince 
dnns  un  Père  de  l'Eglise  auquel  on  refusa 
In  doctrine;  mais  n^mporle,  je  recueille 
avec  empressement  ce  mot  élogicux. 

Toutefois,  quand  saint  Irénée  ciie  Pin- 
dare,  ce  n'est  pas  ft  l'exemplu  de  saint 
Ps'jI,  puisque  saint  Paul  n'a  jamais  cité 
le  lyrique  grec.  Ce  fut  un  vers  d'Aralut 
que  l'Apôtre  rappela  dans  sou  discours 
à  l'Aréopage  :  ■  C'est  en  Uieu  que  nuos 
avons  la  vie,  le  mouvement  et  l'être;  et, 
comme  quelques-uns  de  vos  poêles  l'ont 
dit,  nous  sommes  de  la  race  de  Dieu 
même  (2299).  ■  Or  le  pns-age  auquel  saint 
Paul  fait  allusion  se  lit  au  commencement 
du  poème  d'Aralus  sur /MpA^nom^RM  (2300). 

Si  l'on  a  [arfaitement  raison  d'altribuer 
à  saint  Irénée  une  grande  connaissance  de 
la  littérature  antique ,  on  se  trompe  quand 
on  range  Bussuet  parmi  les  adversaires 
de  rantiquilé.  La  seule  chose  que  Bossuet 
repoussât,  et  encore  avec  quelque  con- 
de»cendsnce,c'étoil  l'usage  de  la  mythologie 
dans  la  littérature  chréîi  nne,  mais  non 
l'étude  et  l'imilalion  des  i>nciens  :  distinc- 
tion entrevue  par  U.  Am|>ère ,  mais  i 
l8i|uelle  il  ne  s'e«:  vas  attaché. 

Il  suffit  de  jeter  un  mup  d'œil  snr  les 
notes  marginales  de  VBiitoire  vwistrieUt 
de  Bossuel,  de-  ses  Pauéf  thriiimut, 
des  Irailés  Du  libre  arbitre,  de  ta  Comédie^ 
de  ta  eotmaitiance  dn  Die»  tt  de  Moi-menu , 
etc.,  pour  comprendre  avec  quel  soin  l'é- 
vèque  de  Hoaux  avait  étudié  et  se  rap> 
pelait  les  chefs-d'cuuvre  des  siècles  passés. 
Lisez  enrore  sa  lettre  au  pai>e  Innocent 
XI,  relative  h  l'éducation  du  Dauphin,  tils 
de  Louis  XIV,  oii  sont  passés  en  revue 
les  auteurs  et  les  méthodes  adoptas  pour 
celte  éducation. 

M.  Ampère  oublie  tout  cela  quand  il 
nomme  Bossuet  i>anni  ceux  qui  •nt  fait 
divorce  avec  lei  lettret  antiqutt  L'anecduto 
sur  Saoteuil,  que  M.  Ani])ère  se  plaît  k 
répéter  (230l)  conlirme  ce  que  nous  disons. 
Bussuet  ne  détourna  pas  Saoleuïl  de  la  poésie, 
mais'  seulement  le  dissuada  du  choisir  lea 
faux  dieux  pour  objet  de  ses  chants.  Il 
□e  faut  pas  non  plus  prendre  trop  k  la 
lettre  ce  que  H.  Ampère  raconte  de  l'a- 
mende honorable  exigée  de  Sauteuil.  Ce 
|ioëte,  ne  dé|teodanl  |>«s  de  Bossuet,  nV 
Tait  aucou  pardon  \  solliciter  auprès  de 

illustre  Boileau.  » 

(»99)Acl.  nMf.xvit,i8.  . 

iS300)  VAÎr  dan*  Lmuns,  eollecUM  des  P«M« 
faitRi  mwra,  I.  VI,  p.  I  :  Aoi  9"**  ''^«*- 

^1)  T.  1,  p.  331,  ëlade  sur  AinoBc 


1(71 


me 


DICnONNAIREl  APOLOGET[QUE. 


[VI. 
Siiol-Irinda  Klln-t-ll  le  pip« 


IRC 

Eleotbin  àa  n 


lui.  Voici  U  fait.  Santeuil,  ajant  su  que 
i'évdque  de  Mesui  i/siiprouvotl  pas  ta  m;- 
ItioloRÏe  du  paëme  intitulé  Pomona  in  agro 
Ffria/i'cKfi,  composa  une  sorte  de  palinoilie  : 
Poeta  chriitianuê.  Ea  lôte  sa  trouvait  une 
vignette  qui  représentait  l'auteur  faisant 
tmeode  honorable  aux  pieds  de  Bossuet. 
Ce  De  fut  qu'une  originalité  de  plus 
(le  ce  poète ,  comme  quand  il  eoToyait  Bos- 
suet à  Pathmos  recommeacer  son  apoca- 
i/pse. 

Au  reste,  si  Bossuet  détotirnalt  ses  con- 
temporains de  ressusciter  dans  leurs  rers 
les  vieilles  fictions  mythologiques  ,  avait-il 
donc  bien  grand  lorlT  Cette  opinion  n'esl- 
elle  pss  celle  qu'un  siècle  et  demi  plus 
tard  devaient  isire  préilomiuer  MU.  de 
CtiAteaubriund  ,  de  Lnmartine  et  Ampère 
lui-mftme,  nussi  mal  converti  que  Bossuet 
par  Iti  btaux  vtrt  dt  VKr\  poétique  <n  fa- 
fffur  dti  ftcliom  paiennet   (2302)  ? 

Bossuet  mettait,  d'nîMeurs,  quelque  res- 
Iriclion  è  sa  coiitlamnstion  je  l'emploi  de 
lit  iiiytholoijiu  :  a  Lorsqu'on  est  convenu, 
<ilt-il,  de  s'en  servir  comme  d'un  langage 
liijuré,  pour  exprimer  d'une  manière  en 
quelque  fiiçon  plus  vive  eu  que  l'on  veut 
faire  ectemlre,  surtout  nus  personnes  ac- 
coutumées h  te  la  'gage,  ou  se  sent  torcé  de 
faire  grâce  au  prjële  cliréticn,  qui  n'en  usu 
ainsi  que  par  une  espèce  do  nëcessité. 
tis  craignez  dune  point  que  je  vous  fasse 
un  procès  sur  votre  livre  (23034).  »  C'est 
il  santeuil  que  s'adressait  l'évëque  de 
Meaui. 

Bossuet  n'a  donc  pas  éi&  plus  que  saîoi 
Irénée  ennemi  de  la  littérature  encieona. 

Entre  ces  doui  grands  hommes  il  a  paru, 
à  chaque  époque,  selon  M.  Ampère,  des 
ChrâticDs  antipathiques  aux  chefs-d'œuvre 
littéraires  du  paganisme.  Gela  sa  peut,  et 
il  n'est  pas  besoin,  chez  certains  esprits, 
(l'èlre  chréiiena  pour  les  repousser.  En 
plein  xviii' siècle,  le  plus  éloquent  des  so- 
phistes a'ghl-il  pas  écrit  que  les  belles-lellrea 
et  les  beaux-arts  étaient  les  corrupteurs  de 
l'homme,  et  ne  s'estil  pas  rencontré  une 
académie  pour  le  couronner. 

Il  semblerait  encore  nue  M.  Amtière 
n'aurait  pas  dâ  rendre  I  E^jUse  solidaire 
(les  diverses  opinions  émises  par  les  Cli ré- 
tiens sur  les  lettres  et  les  sciences;  car  sa 
remarque  aboutit  à  uuo  contradiction. 
Comment  peut-il  dire  que  tantôt  VEgtùe 
rtpouue  ta  lillérature  antique  et  i\ue  tantSt 
tih  la  tolère,  puisqu'il  ajoute  tout  de  suite  : 
«  Il  y  a  dans  l'Iiisioire  du  christianisme,  d 
fffuteiiM^pofuH,  des  représentants  de  cette 
alli.iiice  on  de  ce  divorce  avec  les  lettres  ?  ■ 
L'Eglise  n'avait  donc  point  d'opinion  litté- 
raire, et  elle  admettait  près  d'elle  tous  ses 
fils,  sans  s'occuper  do  leur  manière  de 
penser  sur  Virgile  et  Horace. 

(«508)  fli»/.  lill.de  la  France  ataut  Uni' iiide,  icurci  d'où  H.  Ampère  a  tiré  les  lif»c*  eu'il  »  •"■ 

t-  i.  c.  «,  Hir  Ainoiie.  p.  iSO,  eu-.;  i.  Il,  c.  6,  sur  devoir  aliënr,  coiuuic  nous  l'avo«  lUàttùiat- 

saint  Aïil,  p.  iOU.  «„Br 

(230Î-4)  Letira  «l-,  à  SxHtevit.  U'csl  une  îles 


Les  rapports  du  mootanisme  avec  la  pU- 
losophiesloïcienne,ai  admirée  des  occidto- 
tbui,  dit  M.  Am.  Ttiierry,  attiraient  k  loi 
beaucoup  ds  nobles  âmes,  et  il  fallait  qK 
la  pente  fût  bien  glissante,  puisque  Terlsl- 
lien  n'jr  sut  pas  réisisler.  Ifootanus,  excoo- 
iDuniâ  par  les  Eglises  d'Asie,  étant  tcdoî 
Rome,  l'évéque  de  cette  ville,  Ëlealbèn, 
non-seulement  l'admit  dans  sa  communiai, 
mais  parut  disposé  à  lut  livrer  des  letlm 
de  psis,  portant  invitation  aux  orientin 
de  se  réconciliaravec  lui-  C'était  un  scliisn 
qui  se  préparait.  Les  ëvëques  do  t'A» 
Uineure,  avertis  à  temps,  s  adressèrent  i 
leurs  compatriotes   Irénée  et   l'otfiin,    la 

Priant  d'intervenir  auprès  d'Eleultière.  d* 
avertir  de  son  erreur,  de  prolasler  mène, 
au  besoin,  contre  sa  conduite,  an  nom  de 
l'église  naissante  des  Grecs.  (EusiBi,  r,  3-, 
■  C'est  h  ce  petit  concile  (au«  Chrétitat 
prtMonnieri  pour  la  foi],  tenu  sous  les  »w- 
roux,  quePolhin  et  Irénée  communiquèrent 
la  lettre  qu'ils  avaient  regue  des  Eglisa 
d'Asie  et  de  Phryeie,  au  sujet  de  Hontanuj 
et  de  l'appui  [irète  h  l'hérésiarqoe  par  l'ëri- 
que  de  I  Eglise  romaine.  On  n'ignonrl  i 
Lyon  aucun  de  ces  faits  ;  on  savait  sue  àtt 
lettres  de  paix  avaient  été  délivrées  a  Uoo* 
tanus  (Terlull.,  Ado.  Prax.,  édit.  Rigilt^ 
1675),  et  qu'une  prompte  et  vigoureose  pre- 
leslation  pouvait  seule  empêcher  le  scfaisor 
d'éclater.  L^s  confesseurs  arrfilàrent  doot 
qu'il  serait  écrit  aux  orientaux   pour  ap- 

frouver  leur  conduite,  ut  au  peps  de  B<HBt! 
ce  mot  était  alors  synonyme  d'évAjw] 
poar  l'avertir  fraternel lameot  et  lui  de- 
mander le  retrait  de  ses  lellres  de  paii.  Og 
conçoit  que  saint  Irénée  fut  clisi^  ife  J> 
rédaction  de  ces  dépêches,  qui  etigaMoi 
une  plume  exercée  à  la  controversfj  il  est 
certain,  du  moins,  qu'on  le  choisit  f<oai 
iiorlerft  l'évéque  de  Rome  celle  qui  conlfcaail 
les  remontrances  (Hieron.,  Script.  etHtt.). 
et  y  ajouter,  au  besoin,  des  explicatiotis 
verbales.  Un  billet  conçu  en  ces  termet 
l'accréditait  près  du  chef  des  Chrétiens  â* 
la  ville  élernelle  :  ■  Nous  te  souhaitons,  A 
<  frère  Eleuthère,  pour  toujours  et  en  louto 

■  choses,  joie  et  bonheur  en  Dieu.  Nous  t.* 
«  recommandons  noire  frère  el  collège 
a  Irénée.  porteur  de  cette  lettre,  comme  lu 
•  homme  plein  de  zèle  pour  le  Testament 
«  du  Christ.  S'il  était  nécessaire  d'iuvoqur* 
«  d'autres  droits  auprès  de  loi,  nous  telt 
«  recommandeiious  comme  prêtre  de  no:re 
>  Eglise,  car  telle  est  saqualité  (Eosàw,  >. 

■  IV.)  ■  Irénée  partit  immédialcmeui  pob' 
l'Italie,  où  SB  mission  ne  fut  fins  ifans  ré- 
sullat.  D'autres  considérations  fortilién-ol 
encore  la  démarche  des  martyrs  lyonuaisit 
rarguinenlalion  savante  de  leur  inteqtrèiir. 


ttlE 


DrCTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


me 


ini 


lUllière,  rBinené  aux  principes  d'une 
Dplëte orthodoxie,  réroqua  tes  lettres  de 
I  Jéii  remises,  et  excomniuDÎa  Monla- 
t.  Selon  Tertullien,  Praiéas  exerça  unn 
luence  non  moimi  puissante  sur  l'esprit 
:ieullière  (Teetcll..  Àdv.  Prax.,  591)  : 
fut  uD  coup  mortel  porté  par  t'Ej^lise 
tsanle  des  Gaules  k  l'hérésie  dangereuse 
e  les  orthodoxes  appelaient  la  Aiussa 
i(.hélie  (2305).  • 

.»  monlaiiiime  d'Eleuthère  sera  sans 
utfl  hien  risirement  atteste  par  tes  an- 
D$  documents,  puisque  les  (ianles  et 
fie  s'en  étaient,  Jit-OD.  inquiétées,  et 
s  M.  Ara.  Thierry  a  pu  recueillir  tant  de 
-ieui  détails  qui  s'y  rattaclii'nl. 
Si,  oCt  voit-on  que  les  orientaux  aient 
il  à  leurs  frères  de  Ljron  relalÎTOEuenl  à 
terreur  iJe  l'évéque  de  RomeT  NuDs 
ri.  Il  n'est  pas  oiéme  dit  iju'uue  lettre 
t  venue  loul  exprès  aTerlir  les  Gaules 
I  (roubles  de  la  Piirvgie  au  sujet  de  Mon- 

)ù  ïoit-on  que  les  éptlrcs  des  marijrs 
innaij  et  le  Toyai^e  de  saint  Irénée  ait'iit 
(Kjurliul  de  rappeler  un  pa,ie  à  l'orlho- 
lie?  Nulle  i.arl.  Saint  Jérûuio  ofllrme 
iltmeal  ■  qu  Irénée  fut  délé{$ué  par  les 
iriyrs  pour  certaines  questions  ecclësias- 
\m  (2307J  ;  ■  cl,  d'après  EusËbe,  plus 
\\M\t,  les  lettres  dont  il  était  porteur 
'lient  «ô  écrites  è  l'occasion  de»  dissen- 
'Uit  qui  partageaient  les  Phrygiens  en 
I')  et  en  adversaires  de  Hontaii.  Pas  un 
Uiurla  nécessité  de  convertir  le  Pope. 
%  voj|<on,  enOn,  qu'£Ieulhëro  fut  mon- 
11516  ! 

>l.  Am.  Tltierry  a  cru  le  lire  dans  le  Irailé 
niODtaniste  Tertullien  contre  Praxéat. 
ici  le  passage  :  «  Au  moment  oùrévë<i^uc 
Rome  reconnaissait  enfin  les  prophéties 
Uontan,  de  Prisca  et  de  Maiimille,  et 
mail,  par  suite  do  celte  approbation,  ta 
I  aui  Églises  d'Asie  et  de  Plirygie, 
léss,  en  ca  loin  niant  ces  prophètes  et 
■I  assemblées,  en  défendant  l'nulorilé 
prédécesseurs  de  l'évéque  de  Aome,  le 
itrsijjnit  suit  à  révoquer  les  lettres  de 


Sais  qa'il  anail  déjk  auvoyées,  soit  k  ooo* 
aœoer  le  projet  de  recevoir  ces  thauma- 
tnrgea  (S308}.  » 

Or,  le  pape  que  Tertollien  ne  nomme  pas 
était-il  ËleulhéreT 

Quelques  mois  du  texte  que  je  viens  de 
citer  re|ioussent  cette  supposition.  Puisque 
Praiéss  défendit  auprès  du  Pontife  romain 
l'autorité  de  ttt  prédict$tvuri ,  puisqu'il 
soutient  qu'on  devait  maintenir  le  plan  de 
conduite  antérieurement  adopté  par  plu- 
sieurs Papes,  i)  y  avait  donc  eu  plusieurs 
Papes  entre  celui  dont  nous  cherchons  le 
nom  et  l'apparition  de  Hontan.  Eh  bien  I 
comme  depuis  Monlan,  qui  commença  ses 
prophéliesenl71(â309),jusqu'àEleulbérc,  il 
n'y  avait  pas  eu  plusieurs  évëques  deKome, 
mais  un  seul,  c'est  donc  plus  tard  (|u'on 
doit  chercher  celui  des  Papes  qui  approuva 
les  prophéties  des  trois  llmûmatnrges,  s'é- 
carlant  en  cela  de  ses  prédécesseurs. 

Ce  serait  méuie  E'eutbëre  qui  aurait 
accordé  celle  approbation,  devreil-elle  le 
faire  compter  parmi  les  partisans  des  hé' 
résies  montanisiesT  Plus  loin,  nnus  prou- 
veroBMque  le  Pontife  dont  parle  TerUil'ion. 
que  c'ait  été  Eleulhëre  ou  loul  autre,  admit 
lu  réalité  des  prodiges  opérés  par  Moiitan, 
mais  non  la  doctrine  de  cet  étrange  person- 
nage,  qui  no  dogmatisait  pas  encore.  Mais 
alors  quelle  discussion  sur  le  monianisme 
saint  Irénée  allail-il  donc  soutenir  à  Romu  ? 

Je  ne  ))uis  répondic  que  par  une  conjec- 
ture; toutefois,  elle  me  semble  fondée. 

Les  martyrs,  en  s'adressant  au  Paj)0  et 
aux  Eglises  asialiquns,  semblaient,  a-l-il 
été  dit,  s'aciiuilter  «  •l'une  légalion  pour  ta 
paii(2310).  « 

Co  râlu  [i(>ci!i;)iic  des  martyrs  et  d'irénéo 
me  rapjielfe  d'autres  lettres  envoyées  peu 
après,  également  de  Lvon  6  Rome.  Le  pape 
VicU>r  eicunimuniait  les  quntuordécimaiir. 
Plusieurs  évéqucs,  en  tétt;  desq'uels  élaicnl 
celui  de  Lyon,  exhortèrent  le  Pontife  ro- 
main, selon  le  récit  d'Eusèbo,  h  n'avoir 
pour  ces  Chrétiens,  quoiqu'ils  ne  suivissent 
pas  la  règle  véritable  de  la  discipline  ec- 
clésiastique, •  que  des  sentiments  jimpres  à 


IMS)  Hii[.  et  ta  Gahle  tout  rttimiaîUfatfan  ro- 
«^  [.  Il,  c.  5,  p.  185  Cl  190. 
506)  Eiisèbe  raconte  ainsi  lonle  celle  ïffiiirc  : 
:P^>iit  cûmme  en  Phrvgie  Monlan,  AIHblade 
••««loïc  comm  en  Client  a  passer  pour  prnphétrg 
'  rnpinion  paMIque  (car  à  relie  lïpoipiG  bien  des 
«es  ivani  encore  lieu  l'niis  plu^tieurs  Eglises, 
^"P  «le  pcnniines  élaicnl  portée»  A  les  croiie 
■  di 'S  propliéies),  <rl  comme  ues  ctistensiotis  g'é- 
Kni  \  leur  lujul,  les  frères  qui  tiahiialciil  le:i 
I"  pronançéri-nl  leur  jugement  pa  liciilirr,  cï- 
iCTiinl  religieux  il  U'uccoid  auc  I.i  fui  oMIio- 
j  Ils  U  jo'gijîreni  anssi  k  la  mCnie  lellre  {dmis 
««  M  racontait  t'hluoirt  det  Martin  lyoïmait) 
irixfiMsaiii  divertes  tpltres  de»  martyrs  misa 
i  Wtuii  eux  et  qu'ils  ataient  écrites  éiani  en- 

MM  11!»  fen,  en  partie  >ui  frtres  de  l'Asie  et 
'  "^'"TBie,  en  partie  h  Eleutbèrc.  évique  de 
".  coFiime  s'ils  K  TuiMnl  auinitlés  U'uiie  tésa- 

(Hiar  ta  paii  des  I':g1iiei.  Us  warivrs  ivcom- 
«rem  auMi  par  leiires  au  susdit  Eleuibère  Iré- 


née, qui  alors  élaii  sealcment  prëiro  de  l'cj^lise  de 
Lyon.  »(L.  V,  c.  B.) 

(2307)  A«  Virit  illuiiribiu,  c.  97  :  i  Irénée,  pra- 
ire de  révoque  Potliin,  qni  gouvernail  dans  les 
tiavtes  l'EgliK  de  Lyon,  tm  eiivové  par  les  martyrs 
de  edie  ville  en  ambassade  li  Rome,  ii  cause  de 
qaeiques  questions  eeclésl>stii|nes  ;  Il  portait  à  Té- 
véque  Elculbèrcdes  lettres  d'iiunurable  lémotgnage 
sur  sa  propre  personne,  i 

(2508J  Àdt.  Praxeam,  au  cnmmencemeitl 

[fàm)  TiLLCHO-iT,  Uémotra  pour  tervir  »  fUt- 
lairt  ecclitimliqiie  dtt  lis  fremirr»  tiètitt,  I.  II,  p. 
460  :  t  On  met  en  l'an  171,  qui  éiall  la  quairiémo 
du  ponlilfcal  de  Soler,  le  corn  m  en  ce  me  m  de  l'héré- 
sie des  monianiste»,  et  il  y  a  npparence  ijas  Soier 
léffloigna  par  quelque  acte  ne  pa»  approuver  lears 
|irétcndues  propItéticH.  Un  auteur  aiaei  oiicîcR  dit 
même  qu'il  fli  un  livre  contre  eux.  »  (t^'esl  l'auteur 
du  Priéftiuatut,  c.  S6,  qui  le  dit.  —  VoJr  eur 
core  p.  «Wde»  Jl^dr».  eie.) 

(i5IO)  Cvrr  ta  rote  S30((. 


1179 


MCTIO.NKAIItt--.  APOLOGFiTIQtJir. 


enlrolenir  ts  pnix,  l'unité,  la  L-barité  (â'^11].  • 
Or.  CB  rapprochement  a'autorise-t-il  pas  à 
soupçonner  qu'k  l'égard  de>  monranistes, 
comme  en  faTeur  des  qualuordécimans,  les 
Chrétiens  de  Lyon  souhailaieiit  que  l'on 
B'efforçK  d'éclairer  les  errants,  mais  qu'on 
•llvndlt  t>our  l«a  excommunier  une  iiéces- 
«lë  ^lus  impérieuse? 

C'était,  en  effet,  ce  que  devaient  solliciter 
ces  saints  martjrs,  dont  la  glorieuse  his- 
toire, portée  h  Kuii,c  i>ar  saint  Irénée  avec 
leurs  lettres,  racontait  ainsi  les  derniers 
moments  :  «  Alors  ils  prenaient  la  défense 
de  tous;  ils  a'accusnîenl  personne,  absol- 
vaient sans  exceplîoD,  et  ne  liaient  aucun 
frère...  Jamais  ils  ne  s'éievëreni  avec  or- 
gueil et  arrogance  contre  les  Chrétiens 
tombés  pendant  la  persécution...  Ils  avaient 
aimé  la  paii,  et  ce  fut  en  nous  recomman- 
dant de  gorder  la  paix,  qu'eux-mêmes  s'en 
allèrent  en  paix  auprès  de  Dieu  (2319).  ■ 
N'est-il  pas  évtdonl  que  l'ioterveulion  de 
ces  hommes  si  paciliquea  ne  dut  Aire  que 
très-com  pâtisson  le,  et  que  leur  Ugationpour 
tapaùtuo  pouvait  demander  la  guerre  contra 
les  frères  séduits  par  Montsii,  ni  leur  ré- 
pulsion du  giron  de  l'Eglise. 

Quand  on  refuserait  d  adopter  celte  expli- 
cation (2313J,  il  ne  sernil  pas  moins  constant 
que,  dans  ce  que  nous  connaissons  de  la 
correspundance  des  martyrs  lyonnais  avec 
Kleulbère,  aussi  bien  que  dans  les  autres 
anciens  monuments ,  rien  n'accuse  de  mon- 
tanisiue  ce  clierde  l'Eglise. 
ITII. 

En  qod  cMttbldt  le  gtlUeiDlme  de  uîui  IrâoieT 

•  L'évèque  gaulois,  par  sa  doctrine,  par 
sa  langue,  par  son  érudition  littéraire,  dit 
M.  Ampère,  doit  être  rangé  parmi  les  Pères 
grecs  ;  en  mûoie  lemi  s  il  montre  d^â,  dans 
une  certaine  mesure,  l'indépeudance  galli- 
cane ;  je  puis  le  dire  après  Bossuet.  Bossuet, 
dans  un  monument  célèbre  du  gallicanisme, 
s'ai'puie  de  l'exeuiple  et  du  l'aulorité  de 
salut  Irènée.  Ainsi,  l'on  voit  le  dernier  des 
Pères  français  tendre  la  main,  h  travers  les 

(2311)  Voir  Victor  (saiol),  |  III. 

|23tï)  £vsfcBE,  Hiil.  eccL,  v,  i. 

(S3I3)  Valois  [noies  lur  le  chapitre  5  du  livre  v 
d'Eusèbe)  indique,  mais  sani  la  proui'er,  une  opi- 
nion peu  dinereuie  de  celle-ci.  bile  ne  plut  pas  i 
Tilleoiunt  {Uinteiret,  etc.,  i,  H,  note  3  sur  les  moh- 
tanUles,  p.  6(18.)  11  ma  temble  que  toute  difBcullé 
disparaît  par  suite  d'une  modification  qu«j'ii  bit 
subir  au  teiilimeiil  de  Valois  et  devaul  les  preuves 
que  j'ai  données. 

(Î514]  aiti.  tilt.,  etc.,  1. 1,  p.  17i. 

'S315)  DtftHiio,  1.  Il,  c.  23;  i.  6. 

(S316J<  Lairulilion,  que  tes  apAlret  ODiprécbée 
dans  tout  runivers,  il  but  la  cliercber  en  cliaque 
Eglise  si  nous  voulons  eotcndre  la  vérité,  et  nous 
devons  compter  les  éviquei  institués  par  les  apA- 
trcB  dtus  les  Eglises  et  leurs  successeurs,  qui  jus- 

3u'i  nous  n'ont  rien  enseigné  de  pareil  (à  et  que 
ixat  la  hiritiqittt)  et  n'ont  point  connu  d<  lels 
délires..  Hais  parce  qu'il  lerak  irop  tcaig  dans  un 


siècles,   su   premier  docteur  de  1» Ciik 
(2314).  ■ 

PorsonnonecontesteàM.Ampènlfdm 
de  penser  comme  Bossui't  sorMinllrtfe 
Que  n'a-l-)l,  au  contraire,  plus  soms 
choisi  l'évèque  de  Heaui  pour  guider 
son  appréciation  de  l'évèqne  de  Ljmii 
sansaller  plus  loin,  que  nVt-il  doiivs 
peu  plus  d'atlenlion  à  ce  Maaanini  (^kt 
du  galUemtiime  dont  il  parle  1  U.  Ig^ 
aurait  cumpris  combien  l'oo  a  lont-i 
représenter  saint  Irénée  comme  untW 
piua  de  l'indépendance  des  Egliiejo:ii 
de  prétendus  essais  d'usurpation  leubv 
Rome. 

En  pCTet,  Itnçsuet,  dans  sa  fir/'ni'ljl 
déclaration  du  clergé,  cite  deui  Mou 
Itéiiée  (S315).  Or,  lui  semb)e-t-i1,conii< 
U.  Ampère,  que  l'évèque  de  L;oon'i:||t 
voulu  reconnaître  plus  de  i«}i^noril/qd 
iuprém<Uie  dans  les  Papes  T  Mille  foiinx. 

Bien  loin  de  faire  du  saint  étSane,» 
un  faux  titre  de  gallican,  un  reliel'eir^t 
loiité  de  la  chaire  romaine,  BossueU'i,:il 
que  h  montrer  les  hautes  idées  q«\ria 
avait  du  Pape.  «Dès  l'origine  du  cFiri^ 
nisme,  dit  l'évèque  de  Ueaux,  les  irès-kin 
Pères,  cherchant  celte  base  immuibliil 
foi  qui  doit  nécessairement  se  trouTi» 
l'Eglise  prinnipale,  c'est-à-dire dsosn^t 
romaine,  ne  songent  pas  è  disliiiguerjc 
le  Poiit:fQ  romain  un  docteur  public  âi 
homme  privé ,  sujet  i  la  fois  el  (u  fi^-'\ 
&  l'tTreur,  cette  dislinctiou  élanl  uneiH 
tiun  des  derniers  siècles;  mais  ils  jii 
gnent  unaninjement  l'Egltse  mÉme  Mi 
fil  la  foi  romaine,  la  chaire  mèmeileuj 
Pierre  cl  le  siège  apostolique.  Le  prt» 
du  lous  se  présente  IiiDaée.i  Bosiuticl 
finsuite  un  fragment  du  livreCoalrt'cl^ 
fiVf  (S316J,  et  il  termine  par  ces  m 
«Ainsi  s'exprime  notro  lrènéi;,lalu*'' 
de  l'Eglise  gallicane  (2317]  I  ■ 

Il  est  vrai  que,  selon  Bossuet,  W'i 
maintenu  tes  ilroita  de  répiscap9i;v>''| 
est  faux  que  Bossuet  lui  aliriliue,E*C 

livre  comme  celui-ci  de  parcourir  b9M(»*'| 
toutes  les  Eglises,  nous  ciloas  ds  I'EeI^^ 
grande,  très-incienne,  connue  deiaui.iw< 
cunsliluée  à  Ruue  par  les  deui  plus  idui^ 
1res,  fierre  el  Paul,  la  iradliion  qj'elle  <■< 
apôtres,  la  foi  annonce  aux  AoMMftH^t 
parvenue  jusqu'à  nous  par  la  Euc(.-eï»M^ 
ques,  nous  U  ciloiis  et  nous  coufoudoni  "'■ 
qui,  pour  quelque  motif  que  ce  soti,  ou 
co.i:plaisance  eu  eux-mêmes,  ou  viint  ('»" 
a\euc;lemcnl,  ou  seiilimeul  erroné,  n^i''^-' 
ariiclet  de  leur  tuaibole)  ailleurs  qu'il  ne  Iji^ 
c'est  avec  cette  bglise,  h  cause  de  s»  plm  l*^< 
primauté  (par«nn*or«in  prJRCîpa/tiatniJ,<]<{'>l" 
ces»aire  que  luutu  l'Eglise  s'accorde,  cW" 
W  fidèles  répandus  eu  tous  lieux,  ei  "" 
elle  les  lldèles  répandus  en  lous  lieux  < 
la  tradition  apo!>lulique  li).  > 
(2317)  Dejtniio,  etc.,  I.  s  c-  6. 


IX  Ronalni,  SphL         ib)  Centra  htaaa,  ui,  & 


ISL 


DKTIONMAIIIE  AP4HX>CETIQUE 


ISL 


un 


I.  Ampère,  d'atoir  nié  ceui  tiu  SuuTerain 

Voui  aTe2  dit  que  ces  deux  illaslres  doc- 
!urs  se  leniJcnl  lears  (luisuntes  mains  k 
liera  les  siècles  :  tous  arez  raison;  mnis 
est  pour  faire  au  Saiol  Siège  one  barrière 
uiire  fos  témérilés  que  leurs  mains  s'u- 
i«eni. 

Od  a  Uche  de  faire  de  saint  Irénée  un 
Irersaire  dn  Saiut-Siége,  lamlis  que,  au 
mtraire,  il  a  prononcé,  selon  Bossuel,  un 
aclt,  devenu  l'un  des  premiers  et  de«  |>lus 
écieoi  monuments  Irndilionnels  sur  les- 
lels  i'appaie  la  papauté.  Sauf  le  goûl  de 
lillëraiare  profane,  U,  Ampère  a  tuut  dé- 
é  i  Térèque  de  Ljon,  l'érudilion  el  la 
«isaoïerie,  la  pliilosophie  et  la  théologie  ; 
lis  nous  avons  tu  le  saint  Tengé  par 
.  Amédée  Tl.ierr;  et  par  J'èTéque  de 
Mux,  au  témoignsgt:  desquels  DOits  ajou- 
rons ces  magn  Sqiies  paroles  d'Erasme, 
en  dignes  de  cet  humme  de  goAl  et  du 
lébre  docteur  dont  il  paile  :  Spirant  enim 
tut  êcripta  ^rUeum  illum  Evangetii  rigo- 
m,  ac  pkratu  arguit  ptetui  martyriù  para- 
m.  Babent  enim  tnarlyres  sttam  guamdam 
Tliontm  taiam,  fortanac  matculam  (3318j. 
IRRADIATION,  comment  elle  fait  com- 
vndre  la  présence  r^lle  de  Jésus-Christ 
^iBiieurs  lieux,  Yotf.  EocBAiisTie,  1 1. 
ISCBARIOTISyE ,  outrage  d'Esirben- 
ater  pour  réfnler  Strauss.  You.  Uttbis- 

râLAmSUBouUABOUÊTISMB  —H. de 
n>-irline  Tient  de  publier  une  Hiiloire  d» 
Turquie;  il  l'a  écrite  avec  amour  et  eo- 
lusiasuie,  comme  un  citojren  de  cette  se- 
uJe  patrie  qui  lui  a  oITerl  ses  cbauips  et 
li  Ijges  comme  une  dot  d'adoption  el  k 
jelle  il  Teul  allur  demander,  dii-on,  le 
os  pour  ses  derniers  jours  et  le  silence 
ir  sa  tombe. 

/Orient  a  des  séductions  ioviociblesponr 
;énie  sensualiste  et  mjrstique  de  H.  de. 
jarline.  Ce  ciel  Toluptueux  et  limpide 
Jre;  cette  nature  indolente  et  splendide 
faite  pour  bercer  mollement  ses  rÔTcs. 
uis  qu'il  a  TU  rOrieol,  U.  de  Lamartine 
Ijle  y  sToir  laissé  une  partie  de  son  ime 
Vj  rsppeiTb  toujours.  Aussi  sa  pensée 
Tient-ellfl  sans  cesse,  et  sa  tqix  trooTe 
clianla  toujours  uouveaui,  des  barmo- 
loujours  plus  frakhcs  pour  télébrtr  ce 
[Deux  berceau  du  monde.  Il  3  a,  en  cITol, 
i  ces  pages,  les  dernières  sorties  de  la 
□e  de  riiislorien-puële,  comme  une  re- 
sance  parfumée  de  sève  et  de  jeunesse. 
seul  qu'il  a  écrit  avec  le  cœur  et  l'en- 
siasnie,  et  malheureusement  aussi  peot- 
,  avec  leurs  illusions  pour  l'objet  aimé. 
'  ce  u'est  |>as seulement  delà  l>;rreorieD- 
ei  de  son  beau  ciel  que  U.  de  Lamar- 
cst  é|iris;  il  parla  de  la  race  ottomane 
e  ses  (jrands  nommes,  de  la  religion  da 
omet  et  de  la  piété  de  ses  sectateurs, 
uae  telle  admiration,  que  sou  |>alrio- 

•  18;  Oprra  S.  JivMi.éJil.  d'Erasme,  prcbce;  Bik.lSU.Cfr.GMiiii,  Défemu  H*  CEgliêt,  U  I,  c  S. 


lisme  aussi  bien  quo  s»  fui  seinb!ci.t  iutli- 
uer  aussi  de  ce  cdté. 

Cette  nation  qu'on  cro/ail  tombée  dana 
une  irrémédiable  décrépitude,  Ju=*  la  TOil 
toute  rellorissaRte  pour  de  nouTelles  desti- 
nées; celte  reli^'on,  méprisée  comme  l'abru- 
tissement de  Mme  immolée  aux  joies  du 
corps,  il  en  fait,  lui,  une  sorte  de  déisme 
transcendant  el  radieux  ,  admirablement 
adapté  A  la  conscience  el  è  l'imagination 
des  grandes  nations  de  l'Orient,  supérieu- 
res h  toutes  les  autres.  •  Ces  (lenples,  dit- 
il,  ont  éTidemmeiii  reçu  de  la  nature  en 
partage,  pour  faculté  dominante,  la  faculté 
qui  Toit  1  ioTisible.  l'iiiiaginalion.  La  raison 
conclut  la  diTiiiité;à  elle  seule  l'imagina- 
tion la  Toit,  l'enteiiil,  lui  parle,  la  fait  par- 
ler, la  décrit,  la  déToile,  l'adore,  et  commu- 
niquant, par  l'énergie  de  sa  f^erception,  son 
cniltousiasmeaux  autres,  crée  enire  la  terre 
et  le  ciel  ces  mondes  invisibles  qui  occu- 
pent dans  l'esprit  des  hommes  plus  de  place 
que  le  moude  réel.  C'est  l'imagination  qui 
spirtlualise  le  genre  humain  ;  c  est  la  spiri- 
tiilisme  ()ni  rélèTe  i  la  connaissance  do 
Dieu,  qui  moralise  et  qui  divinise  l'bonime. 
G.rdons-nous  de  D>épriser  les  peuples  h 
grande  imagination.  Ils  seront  toujours  les 
maîtres,  comme  ils  sont  les  aînés  de  la  race 
biiniaioe.  Ils  nous  ont  décourert  les  cieux.  » 

Recherchant  ensuite  les  causes  naturelles 
qui  ont  donné  t  la  race  arabe  une  iruagina- 
lion  plus  actiTf,  plus  féconde,  plus  religieuse 
qu'aux  races  de  l'Oocidaut,  U.  de  Lamar- 
tine en  indique  trois  :  le  climat,  le  loisir 
el  la  conleui|ilaLi:  n.  «  Le  ciel,  particulière- 
ment tiède  el  serein  qui  couTre  ce  coin  du 
globe  y  présflrTe  l'espèce  humaine  de  cetie 
multiplicité  de  besoins  contre  lesquels  nous 
lulious  par  un  iraTail  incessant.  Ce  traTsil 
distrait  notre  intelligence  des  choses  invisi- 
bles; fait  de  noire  vie  une  alternalion  sans 
fin  de  fatigues  el  de  sommeil.  Ces  peuples, 
au  contraire,  n'ont  presque  point  de  beMins 
matériels  que  la  natnre  ne  satisfasse  d'avanc» 
nulour  d'eux.  Les  troupeaux  promènent 
d'eux-mêmes  sur  leurs  pas  leur  nourriture . 
la  source  route  leur  hreuTSge,  le  dattier 
sans  culture  mûrit  leur  pain,  le  chameau  les 
transporte,  un  pan  de  laine,  jeté  sur  trois 
piqueta  de  bois,  les  abrite;  ils  cousommeul 
les  jours  dans  la  solilude  el  daus  les  longs 
silences,  celle  T^iaiion  sourde  des  idées. 
Celte  vie  {lairiarcale  leur  donne  ce  qui  man- 
que aux  populations  a^icoti-s,  guerrières 
ou  industrielle^  da  l'Occident ,  le  loisir.  L'i- 
magination est  Qlle  du  loisir,  le  loisir  est 
cunLemplalif,  ta  contemplation  n'aboutit  ja- 
mais qu'à  l'iiitini;  l'iulini,  c'est  Dieu. 

■  Il  est  donc  naturel  que  celle  race  qui. 
jouit  du  climat  de  la  pensée  plus  qu'aucune 
aulre,soil  douée  d'une  ima^inalion  plus  puis- 
saille  pour  scruter  les  lois  métaphysiques  du 
monde  supérieur,  corume  la  liiupiuilé  de  son 
lirmameni  el  la  liaii5|isrcoce  profonde  de  ses 
nuits  dans  ledésert  lui  ont  fait  scruter,  la  pre- 
mière, les  lois  céiustvs  deTastroumuie.  Bit'ti 


UTO 


ISL 


MCTlON.VAmF.  APOLOGETIQUE. 


nçt 


loin  d'sffcclor  sur  celle  racA  mystique  et 
pieusB  la  supériorité  que  les  hommes  de  ce 
temps  atlribucDl  aut  peaplfts  exclus iremunt 
caleulataurset  sceptiques  de  l'Occident,  nous 
croyons  qne  Dieu  s  donné  en  cela  aux  peu- 
ples pasteurs  du  l'Arabie  la  meilleure  part, 
selon  l'expression  de  l'Evangile.  Nous 
croyons  qoe  Dieu  est  le  seul  but  de  la  créa- 
liou;  que  la  race  véritablement  dominante 
dans  les  familles  de  l'bumauité  est  celle  qui 
contient  en  elle  le  plus  de  aenlimeol  de  pré- 
sence et  d'adoraiion  de  Dieu.  ■ 

Nous  avons  dû  ciler  cetle  espèce  de  pro- 
fession do  foi  musulmane,  de  M.  de  Lamar- 
tine, parce  qu'elle  a  inspiré  toule  son  Bii- 
toirtde  la  fur^iV,  qu'elle^  refienl  presque 
h  toutes  les  fages,  sous  mille  formes  diver- 
ses :  c'est  l'idée  épique.  Où  M.  de  Lamar- 
liiie  a-t-il  pui^é  celte  tliéorie  de  la  supério- 
rité de  l 'imagination  sur  la  raison,  et  des 
races  ile^Ohent  sur  les  nations  occidenta- 
lesî^lle  autre  part  que  dans  la  contemnln- 
Uort  de  lui-même,  b  son  insu  peut-être.  Cêtis 
])Uisssnce  de  l'Ame,  par  laquelle  nous  nous 
mettons  en  rapport  avec  les  moodes  invi- 
sibles, et  d'où  sont  sorties,  hélâslplus  de 
folies  et  de  chimères  que  de  vérités,  c'est 
la  faculté  dominante  de  ootra  historien 
comme  elle  est  celle  des  Arabes.  Leur  su- 
périorité et  la  sienne  sont  solidaires. 

Nous  ne  voulons  point  dire  que  celte  as- 
socislion  se  soit  préâetitée  S  son  esprit  sous 
une  forme  réflëchie;  mais,  qu'il  l'ait  su  ou 
non,  il  n'a  fait  ici  comme  ailleurii,  que  por- 
ter sa  personnalité  dans  l'histoire,  il  s'écrit 
lui-même  partout. 

Après  avoir  pris  en  lui-même  co  point 
de  déjiert  de  la  supériorité  de  l'imagination, 
cl  en  avoir  conclu,  sans  autre  examen,  la 
supériorité  de  la  race  arabe  sur  les  races  de 
rOocidenI,  l'historien  peint  et  juge  en  con- 
séquence les  grands  hommes  qui  ont  agi 
sur  cette  race  [ur  l'antorilé  de  la  doctrine 
ou  par  celle  du  commandement.  Sur  le  pre- 
mier plan  vient  Mahomet.  H.  de  Lsmarline 
introduit  avec  beaucoup  d'éclat  ce  person- 
uage  étrange  et  grandiose;  i)  le  suit,  depuis 
les  mystérieux  présages  de  son  berceeu  Jus- 
qu'au jour  solennel  de  sa  moit,  avec  une 
vénéraiion  religieuse  qu'on  prendrait  quel- 
quefois, si  OD  ne  savait  d'(>ù  est  J'auicur, 
(tour  le  culte  d'un  sectaire.  Ualiomet  n'est 
pas  pour  lai  toutefois,  commn  pour  les  vrnis 
musulmans,  un  prophète  investi  d'une  ins- 
piration directe  de  fa  Divinité;  mais  il  n'est 
S  «s  non  plus  un  imposteur,  comme  il  e  plu 
>  Voltaire  de  le  dire,  d'accord  cette  fois  avec 
les  Chrétiens. 

U.  de  Lsmarltne  s'indigne  contre  co  re- 
proche d'hypocrisie  adressé  k  tous  k-s  hom- 


mes qui  ont  pris,  «a  nom  de  Dîen,  nn  ti> 
i-réme  ascendant  sur  l'euprit  humain.  Il  vu; , 
lui,  dans  Mahomet,  un  halluciné  qui  m  po^ 
sèije  pas  son  esprit,  mais  qui  en  est  ;iounlé. 
nu  extatique  convaincu,  ua  visionnairï  de 
bonne  foi,  atteint  de  r-atalepsie  inlermilletil/, 
avec  des  oignes  malades  que  l'eitase  dd  1 
volujiés  jette  dans  des  èTsnouissementslL* 
mineux.  Il  se  peut  que  tout  cela  soit  m-.  I 
mais  il  nous  semble  encore  que  U.  deb 
martine  s'est  rêvé  lui-même  djnscelltb- 
met  de  aon  crû. 

Laissons  le  H.  de  Lamartine  et  sm  àé[- 
mbles  rêveries. 

L'islamisme  est  une  rérélilion  meoso 
gère,  qui,  se  présentant  sous  des  fonvi 
graves,  pieuses,  fribfigvctm^flie,  mats  safbirt 
très-bien  (au  milieu  de  quelques  moriiS»- 
lions  orgueilleuses,  booces  pour  en  imposf: 
aui  niais)  Oalter  le  fond  des  passions  faoïri- 
nés...,  fut  le  rajennissemeut  et  la  simplit 
cation  du  riux,  revenu  ft  la  charge  poer  d;-  , 
Irftoer  le  vrai;  insurrection,  prétendue  sa-  | 
crée,  du  corps  contre  l'âme;  renouvelle- 
ment, opéré  au  nom  du  ciel,  du  doube 
culte  de  la  foret  et  de  la  chair;  bnetiqur  et 
lAche  doctrine,  h  laquelle  un  pseudo-pn- 

fihète  imprima,  du  pommeau  de  son  satin, 
a  fuiieile  sceau  de  Timmobilité,  -—  eidou 
le  joug  abrutissant  pèserait  aujourd'hui  sur 
l'univers,  réduit  saus  ressource  fe  l'éUldc 
mort  ou  d'agonie  du  monde  oitisolmau  te- 
tuRl,  ai  la  religion  catholique,  travaillant  i'. 
siècle  on  sièile  et  par  toutes  les  armf.si 
combattre  le  principe  aveugle  et  cbarD^^.   , 
n'eût   pas  [en  opposant  une  barrière  i  l^-» 
les  fatalismes,  y  compris  le  fatalisme  anL>r. 
prol^é  les  vérités  avec  la  vérité  diviiK,  •: 
sauvé  du  sommeil  et  du  sabre  l'activité  Iilfe 
de  l'homme,  la  civilisation  tout    enlise- 
On  s'aperçoit  assez  généralement  Js  àé- 
faut  capital  que   lenfermail  l'esseoeeBJs^ 
de  l'islamisme,  et  des  effets  niortWtocU 
délétères  qu'il  devait  produire  au  b<ni  d'uu 
certain  temps. 

Ou  ne  disconvient  pas  (tout  en  y  son- 
geant trop  peu)  que  ces  effets,  puisqaiii 
sont'Iogiqnes  et  de  conséquence  rigouren^e. 
auraient  atteint,  et  sans  remède,  la  lerfi' 
t'iitière,  si  la  lerrc  entière  fût.devenoe  mu- 
sulmane. 

Eh  bien  I  la  guerre  sacrée,  la  guerre  d: 
conquête  religieuse,  l'apostolat  par  ta  vor- 
il  u  sabre,  n'étiintpasdesimple  eonieii,maa 
àe  précepte  coranique,  il  fallait  que  mat- 
heur  universel  arrivât;  il  fallait  que  toui>< 
les  nations  du  globe  reconnussent  i6l  m 
taitl,  pour  su[>rème  urgane  des  volontés  d^ 
ciel,  le  voluptueux  épileulique  de  la  MtrqiM 
(2319),  et  qu'ainsi  le  uénie  briuiaiu,  frspi* 


(1319]  Parmi  les  novateurs  préieodas  impartiaux  lar  plus  loin  qiw  les  disâ|ries  da  yére  Eabaù- 

qui  font  ceiisnlcr  leur  sagesse  i  placer  sur  h  même  lesquels,  eu  gluriliant  Uihoiuet  romme  ■■  de  Imp 

ligne  le  Taui  el  le  vrai,  en  ue  souAraiil  pas  que  l'on  amis,  ne  iiiaienl  pas  que  eu  ne  féi  â  lîire  «le  mf---- 

inette  h   moindre  diflérence  entre  les  apdtrcs  du  râleur  des  passions  el  des  jimitunces   diamcjK^ 

mat  et  ceux  du  bien,  qiielitnea-uns  i  présent  ima-  Faite  de   lui   un  èire  cbastc,  rwo  de  plu  neof  > 

glMBl  d'Awr  k  Maborau  sa  routeur  tensiielle  el  de  coup  sQr;  c'est  doiniuge  que  pour  ifiWTer  \ta/*-' 

Ir^nsÎM-mer  re  lascir  personnage  non-seulement  en  ii  ait  fallu  loinber  dans  l'absurde.  Ne  sail-Mi  f^ 

prtcbcur  de  pureté,  uiaii  eu  tiomroc  pur.  C'eal  al-  qu'une  fuis  veut  48  Cutidja.  qui  savait  I*  icair  m 


MCTHMOIUKE  APOLOGETIQUE. 


i<n 


d'une  leoM  mais  iDeunlile  maladia,  devint 

(ur  degrés  immobile  at  léaébreux,  comme 
il  Bitrrc  itotre  de  la  Cuba. 

Il  le  fallaiti  dîsonft-nous.  à  moins  d'une 
forte  eilerne,  mobilbmkxt  et  katékiklli- 
■■MT  Tiutorieuse,  qui  arr£lll  le  mAhomé- 
titme  et  qui  circonscririt  ce  fléau  daiis  une 
spbëra  ou  il  vivrait  el  mourrait;  car  lui, 
par  le  fond  de  sa  nature,  il  ne  pouvait  s'im- 
pcuer  des  bonies,  ai  cesser  spontanémeut 
de  s'étendre. 

Or.eeltetorce  esleroe  si  oécessaire.  force 
colossale  sans  laquelle  c'en  était  fait  de  l'a- 
venir de  l'hunuoité,  oâ  la  trouver  pendant 
les  onze  siicles  que  l'islamisme  fut  &  craio- 
dr«  (2330)? 

Serait-ce  la  philosophie,  par  aventure,  qui 
•urait  pu  grouper,  au  besoin,  des  masses 
tuflisaotes  poar  arrAter  un  pareil  torreolï 
Mais  h  quelle  tjranuie,  tant  soit  peu  vi- 
goureuse, les  philosophes  se  soat-ils  jamais 
opposés?  Déclamateurs  el  poW»  motuWef , 
ils  ODt  loavenl  erié  de  loin  contre  le  despo- 
lisniB  :  de  près  ils  l'ont  toujours  laissé  agir, 
~  quand  ils  ne  s'en  sont  pas  faits  les  adula- 
teurs, voire  les  ministres.  —  Durant  les  Ages 
de  leur  crédit  chez  les  Grecs  et  les  Romains, 
avaient-ils  diminué  ou  contesté  quelque 
chose  de  l'extravagante  omuipolence  des 
monstres  couronnés  T  Avaient -ils  essayé 
seuleownl  d'amoindrir  les  horreurs  de  Tarn- 

fhiUiéilre,  et  d'arracher  parfois  un  homme 
la  dent  des  tigres  de  CésarT  Depuis  trois 
mille  ans,  i  li  Chine,  où  leor  rôle  est  si 
grand,  oiïleur  altitude  est  si  fiëre,  ont-ils 
ie  moins  du  monde  combattu  le  capricieux 
ai>5olutisme  assis  sur  tous  les  échelons  du 
pouvoir,  el  laît  rougir  le  plus  mince  man- 
ilarîn  d'inOiger  arbitrairement  la  cangne,  la 
liaslonnade  on  la  cage...T  Hais  la  France, 
lu  siècle  dernier,  les  a  vus  encore,  trojpe 
ivilie,  lécher  i  l'anvi  les  pieds  de  l'sbomi- 
table  CatberiDe  11  (3321;.^—  Ahl  nullité 
(oe  leur  courage,  et  dérision  que  leur  iu- 
lépendaoce  I  L'aspect  d'une  verge  suffit  pour 
lire  avorter  la  vérité  sur  leurs  lèvres,  ce- 
[li  d'un  knout  les  mettrait  tous  en  fuite.  — 
:st-oo  cafiable  d'organiser  avec  succès, chez 
es  centaines  de  milliers  d'hommes,  la  ré- 
istauce  aux  volontés  du  mal,  quand  on  la 
ratique  si  peu  soi-même  I  Comment  se- 
lient-ils  gens  k  former  et  è  diriger,  non 
lus  des  intrigues  mais  des  croisades,  ceux 
iii  Irembleni  devant  la  menace,  devant 
>iDbre  la  moins  sérieuse  du  martyre? 


Il  n'y  avait  d'espoir  de  refuge  que  sous 
les  bannières  chrétiennes. 

Et  parmi  elles,  quel  autre  point  de  railie- 
menttroaverqne  le  drapeau  du  christianisme 
intégral  ou  romain?  Faillies  k  raison  de  leur 
essence,  les  sectes  n'évitent  jamais  long- 
temps de  céder  i  la  tyrannie  le  terrain  que 
l'ortiiodoxie  lui  refuse  (2333).  Quand  l'isla- 
misme apparut  en  armes,  les  fmliàrt  schis- 
matiques  se  montrèrent  mous  et  plièrent; 
les  hérétiques  d'Orient,  plus  avances  «n  dé- 
fection, trahirent  ;  ils  passèrent  h  l'ennemi. 
Autant  en  auraient  fait,  dans  l'occasion,  les 
albigeois  ou  les  hussiles.  —  Et  pins  lard, 
est-ce  donc  li-s  protestants,  malgré  toutes 
leurs  phrases,  qui  eussent  efficacement  et 
avec  constance  repoussé  le  principe  musul- 
man, c'esl-ft-dire.  précisément  1  union  de 
leurs  quatre  chères  doctrines  I  —  c'est-A- 
dire  le  princi|»e  icoxocLASTSt  eux,  briseurs 
d'images  et  destructeurs  acharnés  des  chefs- 
d'œuvre  de  l'art  chrétien  I  —  le  principe 
CHauiBL,  eux,  proscriptears  du  célitut, 
reslauraleurs  du  divorce  et  paijurcs  épou- 
seurs  de  religieuses  défroquées  1  —  le  prin- 
ci|)e  FÀTALtsTi,  eux*  prêcheurs  du  scr/. 
arbitre  et  de  la  prédestination  sans  mé- 
lange I  —  le  principe  siaviLs  enfin,  eux  qui, 
ne  reconnaissant  ploa  au  bon  jJaisir  du 
prince  aucune  limite  (pas  même  celle  desas 
engagemenls  conjugaux) ,  et  se  forgeant 
ainsi  des  caUfa  de  nouvelle  sorte,  nvaieol, 
par  une  profanation  suprême,  transféré  sur 
la  tête  des  rois  et  des  reines  de  la  terre  le 
souverain  pontificat I 

Courageux  ou  non  de  leur  personne,  ce 
n'éuient  point  de  pareils  combatlauis  qui 
pouvaient  s'opposer  au  progrès  des  impures 
erreurs  de  l'Asie,  d^uisées  par  Uabomet 
sous  certains  voiles  pieux,  et  servies  avec 
ardeur  par  le  bras  de  champions  innombra- 
bles. Au  catholicisme  seul  appartenait  de 
tenir  tête  A  la  bnilalité  despotique  et  char- 
nelle, tout  à  coup  reparue  en  armes,  forte, 
séduisante,  r^euuîe,  victorieuse  du  tus- 
empire  ;  offrant  aux  hommes  la  terreur  en 
même  temps  que  le  plaisir  ;  entourée  même, 
pour  un  moment,  de  quelque  prestige  de 
science.  Et  seul  aussi,  la  regardant  en  face, 
sans  s'y  tromper,  sans  pactiser,  le  calboli- 
cisma  s'en  est  montré  I  énergique  et  peqté- 
luel  antagoniste. 

C'est  lui  qui,  se  portant  k  sa  rencontre 
dans  les  champs  de  la  Touraine  et  du  Lan- 
guedoc, l'a  empêchée,  par  l'épée  de  Charles 


ule,  es  «Ml  taqndle,  eomoM  un  petit  garçon,  il 
>saii  pu  Urt  inlidêle,  le  ^tmx  législateur,  aprê» 
wr  po«é  dam  mm  code  qu'il  ne  lerait  permi»  d'é- 


ti  d'u 

~'  ,  s'éianl  bissé  surpreodri 
orore  lorsqnll  s'éciiappait  des  lentes  de  Tun'de 
i  compagnons  d'armes,  nul  blHil  1  Ini  en  pren- 
i  ;  car  T^mus  trompé  étail  Onar,  rode  Déopbjie, 
nt  la  fwi  dans  tes  réfêlaiions  de  l'ange  Gétiraji 
tait  pats  irès-wdidc  encore,  el  tini  fut  sur  le  poiul 
jour-là  (le  cugper  les  oreilles  au  propbéle. 
£320;  D'eniiroD  l'an  ti30  i  l'an  1730  a  peu  près. 

I>lCtlO!IHAUE  ArOLOGÉTIQCB.  1. 


(2321)  A  peiou  ;  a-t-il  mov en  d'en  eicepier  Clias- 
sebœnf  iBi-méme,  aialgré  K  renvoi  solennei  de  sa 
médaille  russe.  Au  sujet  de  ee  Eameui  renviM.  doat 
ne  pouvail  plus  se  dispenser  sans  périt  on  pul>licida 
aussi  en  vue  que  l'était  Tolncy  sur  la  scène  révola- 
lioDnaire,  il  est  instruciifde  lire  la  piquante  ré' 
pense  du  luron  de  Grimm,  alors  agent  de  Calbe- 

(i522)  Se  rappeler,  par  eiemple,  les  hontentes 
complaisances  des  docteurs  réformé*  pour  Philippe 
le  bigame  on  pour  DeDii  le  coupe-iéttÀ.  L'feëresle  a 
grand  soin  de  la  ptmu  ;  ce  n'eal  pas  elle  qai  pre- 
duira  jamais  des  Ambroise  ou  des  Népomncêne. 


IISS 


JE\ 


DICTIONNAIRE 


MArlut,  d'enlniner  la  Franco  et  le  Nord. 
C'est  lui  qi)î,  du  fond  des  rochers  asturtens, 
l'a  chasNée  pied  k  pied  des  Espagnes;  lui 
gu),  la  refoulani  de  la  Ssrdaiijne  et  delà 
Sicile, —de  l'iltilie  même,  où  la  reCevujt 
en  comr>lice  rtnf&iue  Frédéric  11,  —  l'alla 

finursuivre  Jusqu'en  Arriqiie  et  en  Syrie; 
ui  qui  la  tint  en  échue  par  Rhodes  et  Malle  ; 
lui  qui  coula  9es  vaisseam  à  Lépante;  !□■ 

a  aï  défendit  en  héros  le  boulevard  de  la 
orvgrie,  sans  cesse  attaqué  par  elle.  Gt 
quand,  r.el\«  barrière,  un  jour  forcée,  lai<s- 
sant  ï  découvert  le  cœur  de  l'Allemagne, 
trois  cent  milletiarbares  pénétrèrent  Jusque 
sons  les  remparts  de  Vienne...,  c'est  encore 
tf  cntholiquedérouemenl  des  Polonais  qui, 
sur  les  instances  d'un  ï*apc,  vînt  se  jeter  h 
la  trarerse,  et  sauver  l'empire  et  l'Europe. 

Oui,  sans  le  christianisme  romain,  —  uni- 
que doctrine  dont  les  disciples  ne  Idchiint 
pied  sur  aucun  terrain,  —  le  monde  entier, 
clfravé  par  les  armes  et  fasciné  par  les  yo- 
liiptes,  aurait  subi  le  joug  de  la  Mecque.  Kt, 
))ar  conséquent,  aujourd  hui  ruiné  {comme 
le  sont  lOt  ou  tard  les  pa;s  musulmans)  par 
l'abandon  de  la  culture,  nar  le  brigandage, 
la  [isresse,  la  peste,  par  I  emoltissement  qui 
suit  les  harems  et  par  laa  horreurs  de  So- 
dôme,  il  offrirait  partout  le  spectacle  qu'of- 
trit  l'Oriejit  tl  Voliiey:  celui  d'un  cOrps  fé- 
tide, à  respiration  Aéjh  froide,  usé  de  craui- 
pes,  étendu  sans  mouvement  e(  sans  voix; 
cet  aspect  de  tadavre  anticipé  que  présente 
à  rtiorreur  et  ë  la  pitié  des  passants  un 
débauché  mourant  du  choléra. 

£t  nul  remède  quelcanque. 

L'Orient  se  relève,  prétend-on  {mieui 
vaudrait  dire  qu'il  se  transforme)  ;  il  com- 
mence k  se  ranimer  depuis  les  efforts  du 
paclia  d'Egypte  et  ceui  du  sultan  qui  a 
donné  la  charte  de  Gul-Hané.  —  Soit  ;  mais 
supposé  qu'en  vffel  la  tentative  réussisse, 
est-ce  autour  d'eus  que  Mahmoud  et  Héhé- 
mel-Ali  ont  pris  l'idée  de  leur  double  ré- 
t'ormeî  II  a  tHia  que  le  souffle  de  vie  qu'on 


APOLUCETIQUE.  JEA  im 

tAche  de  i'cndre  au  moribond,  lui  vint  iI'um; 
atmosphère  échouIFée  par  les  rayons  du  s-i- 
leil  chrétien.  Or,  ce  souffle  si  précim. 
unique  et  douteuse  espérance  des  conlift 
musulmanes,  l'Occident  le  leur  eOl-ih, 
fournir,  si  lui-même  avait  été  jadis  to^Ù- 
dans  leurs  destinées,  et  qu  il  se  IriMidi 
maiolenant  glacé  comme  elles  h  11  b'j  t  f,, 
jusqu'à  l'Amérique  qui  ne  ferait  dé&iii, 
comme  ressource,  pour  rallumer  dans  l'o- 
cien  hémisphère  la  flamme  intell«tiiellB« 
morale  ;  car  l'Amérique,  qui  oe  la  lient  qnt 
de  nous,  n'en  aurait  pas  reçu,  n'en  |wuf 
derait  pas  le  flambeau.  Ce  noareau  œoaJi, 
en  oITel,  qui  partage  uos  m<Eors  et  DOlt 
savoir,  l'Europe  n'aurait  pas  pu  les  lai  par 
ter  autrefois,  si,  réduite,  p.irli  perte  ée  se 
hautes,  intelligentes  et  généreuses  rrojui- 
cQS,  à  être  vaincue  par  les  Arabes  ou  ptr  lit 
Turcs,  elle  fût  restée  pliée  sans  ressort  soui 
le  poids  du  cimeterre  et  du  Korao. 

A  ce  que  U  catholicisme  ue  cessjlpoîoi 
d'enseigner  et  de  primer  chez  elle,  il  y  al- 
lait donc  de  tous  le«  droits,  de  toutes  b 
lumières,  de  toutes  les  forces  monitcs,  il'' 
tout  cet  ensemble  de  cljosos  qu'eiprîiuc  '-t 
moldeciviusATioN.  Sans  lui,  sujets  ikju- 
blaats  et  misérables,  professeurs  ignjr» 
dans  un  mékémèli,  ou  derviches  abrutis  pt- 
rouettaut  sans  fiu  dans  une  mosquée,  luu 
d'écrivains  qui  le  combatient,  qui  Iv  déâ- 
gurenl,  qui  l'injurient,  u'aurAienl  puis- 
jourd'hui  l'honneur  d'étii:  philosnpiw  i«) 
quels;  car  (les  aveugles  et  losiiigralt  <]u'i> 
sontl)  ils  lui  doiveui  leur  liberté,  iKurifi- 
gnité  d'hommes,  et  ctiU  vie  méint  iulaf»- 
tU  dont  ils  font  usa^e  contre  lui.  —  l(|' 
ce  qui  est  dit  de  la  profonde  iiilirinilé  ei  <% 
l'incapacité  logique  de  l'islamisme,  ihi\- 
SuitnATUBÀUSHB,  \  fV,  ct  Salut,  i  11. 

ISNARD,  cilé  sur  t'éleroilâ  despù»' 
Voy.  Enfem,  g  111. 

ITIHASAS,  livres  indiens,  esann  t'*- 
tique.  fojrlInoiiMisiiE,  1 11, 


lAlIt,  résurrection  de  sa  tlllet  ctpllquée 
parEuse  Ssiverts,   réfuté  par  Strauss.  Yoy. 

NATUn&LISTBS. 

JAPHET,  peuples  qui  en  descendent. 
Voy.  PsTcaoLoeiE,  S  IV. 

JEAN  (Saint)  L'EVANGELISTE.  —  Snint 
Jean ,  frère  de  Jocques  le  Uajeur,  né  à 
lletbsa'ide,  ville  de  Galilée,  de  Zébédée  rt 
<le  Salomé  [iSatth.  xxvii,  S,  6,  et  Mare,  iv, 
fcO),  était  pêcheur.  Très-jeune  encore,  il  fut 
admis  par  Jésus-Christ  au  nombre  de  ses 
disciples  ;  aassi  vécut-il  longtemps  après  la 
mort  du  son  divin  Maître,  Jésus-Cbrist  (ui 
avait  donné,  ainsi  que  son  frërei  le  nom  de 
BfttMtrgiê,  c'esUè^ire  ^i  4u  lonncrre 
[Marc,  m,  17).  Il  fut  lediscifile  bien-«imô 
du  Sauveur,  et  c'est  ainsi  qu'il  parle  de  lui- 


mfimo  (1111.23;  ïix,  26;  xx.  S;  m.  »;I' 
fut  présenta  la  iranstîguratiou  aie^:  Jacijuf 
son  frère,  et  Pierre  {MaliA.  xvii,  1);  sm 
ces  mêmes  disciples,  il  accompagna  Jisoi- 
Christ  dans  le  jarJin  de  Gclli^émuDi.  iti 
pied  de  la  montagou  dei)  Oliviers  {M«lA. 
xivi,  37) ,  avec  Marie  ;  il  la  suivii  *uf  » 
montagne  du  Calvaire;  Ift  le  Sïuvsur,  d'i 
hnutde  la  croix  sur  laquelle  ilal'ail  niouu'. 
le  recommanda  b  sa  mère,  eu  lui  reciw- 
mandûut  à  lui-même  cetic  sainte  fio"' 
(xix,  26,  271.  Depuis  ce  momo:il.  sa\v\  it  ■ 
en  prit  soin.  U  établit  plusieurs  £^'»^' 
dans  l'Asie  Uiiieure,  et  les  gouvurni '""à' 
temps  en  paii,  jusqu'à  ce  que.  fiemlBO'  " 
persécution  du  Domitieu  ,  d'au(r<.'f  a'*''''' 
sous  Néron,  il  fut  conduit  à  Koioe,  ei,  i<"' 
TODt  le  témoignage  de  Tertullien,  q«  *'■'" 


MCTKHIKAiRB  KfOLOGKTtQm. 


uiiil  iétùma  (3323),  gtloneé  dans  une  diaa- 
iiàn  {l'huile  bouillaute,  dV>ù  il  sortit  sain  et 
Mur.  Il  fat  easuile  relégué  dans  l'jJe  de 
Palhfltoi  {2934}.  Rappelé  de  son  exil,  il  r&- 
finti  Ephèse.  où,  suiTnnt  Pulycrale,  aaiut 
Iréoée,  Tertnllien,  Eiuèbe,  taint  Jérôme, 
saint  Ambroise,  saint  Chrysostome,  le  con- 
cile d'Ëpfaèse,  et  tous  les  anciens  auteurs 
eccJétiuliques,  il  mourut  et  fat  enterré, 
daoi  )a  Iroisiàmt)  aonée  de  l'empire  de  Tra- 
jan,  c'efl-fc-dîre  l'an  101  de  l'ère  rolgaire, 
i(jé  il'eBTiroQ  cent  ans. 

il- 

muoin  da  k  MlénWne  emlte  l'nlbeatkité  4a  qu- 
irièna  ETBgfle.  —  Tacdqae  èe  Simiai  :  «nuBrat  U 
Ucfce  iféckMMt  Ms  pnmn»  eiUna  d«  rMlkeatl- 
dUdaamritaB  Efucile.  — TteoigniM  4e*  ortto- 
doiK,  de«  UrMguea  u  dca  MieM  en  fiieqr  de  !'■■- 
iknUdUde  cetETugile.-.TteolgMgcsde*  diMiplet 
«tende  nintJMiL 

Si  l'on  ezceple  U  polémique  de  U  petit* 
*«rle  des  aloges,  T«rs  l'an  900,  polémiqua 
f|ui  ne  prenait  u  source  que  dans  des  pré- 
jugés dugmatiqueSf  oo  ne  voit,  dans  la 
cours  des  siècres,  en  dedans  comme  ea 
ilehurs  de  l'Kglise  chrélieans,  aucun  doute 
s'élever  contre  le  fait  de  la  rédaction  de  cet 
Evangile  par  l'apôtredont  il  |>0rte  le  nom.  En 
ITSS^QlementfEvansonidéisti;  anglais,  vint 
atiaqa«r  soa  aulbenticilé  par  des  raisons 
dt^maiiques  biËO  plus  faibles  encore  que 
CKlIet  des  aloges-  Ce  doute  s'é*eii:a  aussi 
«Il  AlluDBgne  k  cette  même  époque  de  né- 
Ifatiou,  mais  Breisilinei  1er  (dans  ses  Pro- 
'jubilia,  qui  parurent  en  1820)  est  le  pre- 
iiicr  i{ui  puisse  réclamer  la  gloire  d'avoir 
li^agé  la  lutte  avec  des  armes  un  peu  ri- 
ioureuses.  Cependant  le  résultat  de  celts 
trnière  attaque  fut  d'enraciner  plus  pro- 
jijiJément,  dans  la  con-cieucfi  de  tous  les 
lêologieus  allemands,  la  conTictioo  de 
auibeuttcité  de  l'Evaugile  de  Jeaa,  lors- 
ij'oa  Til  le  docteur  Breiscbneîder  quitter 
combat  eo  s'arouant  vainca  [2335j; -et, 
>f)uis  celte  époque,  le  doute  ne  fut  plus 
proJait  nulle  part,  eiceplé  peut-être  dans 
fiiroductioD  du  docteur  de  Weite.  11  fal- 
it  (lu  courage  pour  renouveler  le  cofoim; 
r,  ifaus  la  lettre  précédante,  on  s'était 
I  vi  (le  taol  d'armes,  et  d'une  tactique  si 
I>ile,  que  c'était  ULe  question  de  savoir 
I  eu  restait  encore  pour  une  nouvelle  al- 
|ue.  Il  ne  s'agissait  pas  seulement  de 
lever  contre  ta  conviction  historique  de 
is  les  savants  ibéologtens  du  temps,  il 
l«it  cocure  venir  profaner  avec  impu- 
ace  le  sauctuairedu  seatimeot  religieux. 

1523)  TuTCLL..  Prmttnpt.,  c  36.  —  Biuoa., 
C^MUrm  Jorititim. 

t&t*)  Etiitn,  Hitl.  eed.,  \.  m,  c.  IS. 
IZ-i^l    Vuy,  daDS  les  AmaUt  de  philoiopkie  diré- 
■«.  *-ur  ceU£  poléinigue,  tes  aiticleB  sur  le  doc- 
'  :^iranss  ei  ses  aJvetMÎres  DJUratisles  ei  spé- 
lifs.  (AitM.,3'cérie,  11U5.) 
5«ti)    Vit  4t  Jimi,  |nrt.  i,  p.  63. 
al)  L'EfanBJIe  de  saint  Jean  a  trooTé  en  Al- 
(M«  «le  nonhnm  déCnweurs.  Oa  pcui  jH^er 
prtfdiKÏtruse  aclifilé  de  la  liuéralure  (béolugi- 
•e    c«  paji  par  la  limpte  iudicaliiia  des  écrî- 


Ea  efTel.  si  le  quatrième  Evangile  n'ôiail 
pas  l'ouvrage  de  l'apAtre,  cet  Evsagile, 
dont  Uerder  disait  i  iMmaitt  ^unmtgt  la 
icril,  n'était  plus  que  l'œuvre  (Twi  impôt' 
ttur.  Les  discours  «I  les  actions  du  CbritI, 
dont  cet  Evangile  seul  nous  parle,  u'étaieol 
plus  qu'un  recueil  de  fables.  Le  doelaiu' 
Strauss  a  eu  g«  triste  courage. 

«  Haus  n'avons  pas,  dît-il,  en  favear  do 
I^TaDgtle  de  Vatlhieu  et  de  celui  de  Jean, 
dfl  témoignages  tels  que  celui  d'ua  b<HDme 
ajant  connu  ces  apôtres,  et  qui  viendra  t 
nous  apprendre  qulfs  ont  écrit  des  Evangi- 
les, eeux-IA  niémrs  que  nous  avons  entre 
les  mains,  et  qui  pin-teot  leurs  ncmis.  Po'y- 
earpe,  qui  doit  avoir  c<mnu  Jean,  ne  nous 
dit  rien  de  l'Evangile,  dans  les  frarments' 
qoi  nous  restent  de  ses  ouvrages.  Irénée, 
son  disciple,  n'invoque  pas  le  lémoifnia(ni 
de  son  maître  eo  ftveur  de  rautheottiiié  de- 
cet  Evangile.  Les  Pères  qui  ool  recueillf 
avec  le  plus  grand  smn  tons  les  anciens 
témoignages  eo  favear  de  nos  Evangile^. 
n'ont  rien  trouvé  non  pins  en  faveur  du 
l'Evangile  de  Jean  dans  les  écrits  dePapias 
loi-méme,  qui  nous  est  cependant  désigné 
comme amffleiir de/Mu ^896}.B  C'est  16  tout 
ce  que  noire  crïiiqaa  oppose  h  celte  masse 
de  lémoignages  nisloriques  que  Br^iscfi- 
Bciiler  a  combattus  avec  une  adresse  digne 
d'une  meilleure  cante.  liais  ce  qu'il  j  a  ici 
de  ]atu8  remarquable ,  e'est  que ,  dans  sa 
préeipitation  h  fuir  le  terrain  de  l'histoire, 
Strauss  ne  s'est  ras  aperçu  qu'il  se  Iroorait 
placé  dans  une  <(e  ces  rarts  eîrmsstances 
où  il  pouvait  obtenir,  sur  l'auttientieilé  de 
l'auteur,  des  témoignages  externes  tels  qu'il 
les  avait  lui-même  d^niaudés.  U  est  vrai  que 
parum  dttidtrata  effugivnt.  Nous  n'avom 
pas  l'intention  de  (ifoduire  encore  ici  toata 
la  suite  des  témoignages  en  faveur  de  l'ao- 
thenlicitédaqualriému  Evangile  :  nous  vou- 
lons <eule(uenl  présenter  les  principaux  docu- 
ments, et  ne  nous  arrêter  un  |«u  plus  long- 
temps que  sur  les  anciens  lémoignages. 
Cela  est  d'aulant  pins  nécessaire,  que  le.« 
deux  ouvrages  lus  plus  uéIdtM-es  qui  aient 
été  op[>osés  aai  PrMtabUia  de  Breschiiei- 
der,  ctlui  de  Croma  et  celui  de  Hemsca,  en 
suivant  trop  fidèlement  l'ordre  de  l'ouvrage 
qu'ils  réfutaieiil,  d'uuI  pas  traité  leur  sujet 
avec  assez  du  soin,  dans  un  ordre  parlait, 
ni  avec  assez  de  coucisiOD  (9327). 

Vers  l'an  3^,  époque  à  laquelle  le  savant 
évêque  de  Césarée  écrivait  son  histoire 
ecclésiastique,  il  d*/  avait  ancoDe  é^ise 

vaiK  qui  ont  iliscnté  cette  quesiioa  soit  ee  all^ 
nanJ,  soit  en  latiu.  Cetiw  de  doi  lecuvs  qai  vo«- 
draieut  l'approfundirwroDl  btea  aises  s'aveir  quel- 
ques reiiMiunemenu  sur  les  sources.  —  En  alle- 
tnaud  :  Sctileker,  Sùiskiad.C.Schmidi,  Weg&cltd. 
der,  Eicbboni,  Bcrtbcddt,  CtetUnger,  Bengel,  Kcelir, 
Wagniu,  Sartorius,  Geisse,  Wtoer,  Olstiausen, 
lleiuteM,  Crome,  Goldhom,  Ucfdenrcicli,  Uug,  Ciie- 
rlclie,  l'iscber,  Lucke.  —  En  talin  ;  GUacr,  Van 
Crieibnjsen,  kaUcr,  Sieui,  Calmtwrg,  UMen.Wc- 
ber  HL-Uberg,  Burger,  Bociter,  ReJoetbe,  Kuinod. 


1tfl7 


IE\ 


DICTIONNAIBE  ATOLOCeTIOtlE. 


dans  ta  chrélionté  qui  n'eût  reconnu  Tau- 
thentictlé  de  l'Evangile  de  lean.  Ce  nrofond 
ArodjC,  qui  avait  i  ses  ordres  les  binlioth^- 

Jnes  cbrélif^nnes  les  (ilus  riches  (celle  de 
emphile,  6  Ct^sarée,  et  celle  de  l'évâque 
Alexandre,  6  Jérusalem),  et  qui  avait  la 
preM^UQ  tous  les  monuments  de  l'antiquité 
ctireliennet  n'avait  pas  connoissance  que 

Înelque  p«rt,  dans  le  sein  de  l'Eglise  ortno- 
oxe,1a  moindre  contestation  se  fûijamais  éle- 
vée ausujelde  l'authenticité  de  cet  évangile. 
lIdit[chBpitre2&,l.iiiJ  que  cetEvsngile*  était 
connu  de  toutes  les  églises  qui  sunt  sous  le 
ciel.  •  S'il  s'était  élevé  une  contestation  à 
ce  sujet,  il  n'est  pas  permis  de  douter  qu'il 
ne  l'eût  mcnlionnée,  lorsqu'on  le  voit 
exposer  les  ditScuItés  contre  les  antilo- 
gies  (2328}  avec  une  impartialité  qui  prouva 
que  la  voie  de  la  recherche  critique  n'était 
pas  la  seule  par  laquelle  il  fût  parvenu  1  la 
certitude  de  la  foi. 

La  plupart  de  ces  écrits  de  Tantiquilé 
chrétienne,  que  le  savant  évèque  do  Césa- 
rée  avait  sous  les  j^eux  ,  ne  sont  poîut,  El 
est  vrai,  parvenus  jusqu'à  nous,  et  il  nous 
■eraît  impossible  de  le  suivre  pas  h  pas 
dans  ses  recherches.  11  nous  reste  cepen- 
dant encore  assez  de  fragments  des  écriia 
perdus,  nu  au  moins  assez  de  renseigne- 
ments qui  les  concernent,  pour  que  nous 
puissions  asseoir  un  jugement  indépen- 
dant. Lorsque  nous  examinons  les  lémoi- 
^usges  sur  l'auteur  du  quatrième  Evangile, 
il  serait  injuste  de  perdre  de  vue  que  nous 
De  pouvons  demander  des  aiturançei  posi- 
tives de  soD  authenticité,  quand  aucun 
dou;eQ'B7ait  encore  readula  question  cou- 
testtible.  Par  conséquent  !a  preuve  ne  peut 
être  tirée  que  de  cifan'oiif  de  l'Evangile. 
Ces  citations  remplacent  complètement  des 
assurances  déterminées,  puisqu'un  ne  ti- 
rait jamais  une  preuve  dogmatique  d'un 
passage  de  quelque  écrit  sans  regarder  son 
auteur  comme  un  homme  apostolique.  II  ne 
faut  pas  non  plus  s'attendre  li  liouver,  à 
cAté  de  ces  citations,  l'indication  du  livre 
et  du  chapitre;  la  msoièro  dont  l'Ancien 
Testament  est  cité  dans  le  Nouveau  {Koy. 
Bebr.  1,  7,  8,  iOj  n,  6),  nous  monlre  qu'un 
présupposait  une  connaissance  complète  de 
ces  écrits  sacrés,  et  qu'on  se  conteutail  u'm- 
diquer  en  général  d'oïl  étaient  empruntées 
les  citations  (//  Tim.  m,  IS],  ou  même 
qu'on  les  encadrait  dans  le  discours,  sans 
aucune  espèce  d'indication.  Irénée,  évéque 
de  Lyon,  dès  Tan  177,  avait  passé  sa  jeu- 
nesse dans  l'Asie  Mineure,  au  milieu  de 
l'ancien  cercle  d'action  de  l'apàlre,  et  avait 
connu  un  grand  nombre  de  disciples  des 
«paires,  aux  témoignages  desquels  il  a  cou- 
tume d'en  référer.  11  avait  même  vu  Pol;- 
carpe,  qu'il  se  rappelaitavoïr  entendu  avec 
la  plus  graude  éuiotion,  ilnos  sa  première 
jeunesse,  raconter  les  histoires  dos  sp6ttes 
(2329).  Or,  le  témoignage  de  cet  évèque 

(3348)  On  appelle  ainsi  les  coDiradiclinns  appa- 
reniei  de  t'Evangile. 
(S529)  Celte  eitcniion  nous  e»  connue  par  la 


nous  apprend  qoe  Jean  est  mort  Juu  l'ip 
le  plus  avanré,  sous  le  règne  de  Tkj», 
qui  monta  sur  te  lr6ne  en  W  et  régni 
jusqu'en  117.  On  couvieni  unaaimemeni 
que  durant  la  vie  de  l'apâlre,  il  eût^ 
impossible  de  répandre  dans  les  églija 
chrétiennes  un  Evangile  qui  lai  lût  ftuiR. 
ment  attribué;  et  il  faut  bien  admeitn 
qu'une  semblable  imposture  ne  pouTiii  tt. 
venir  possible  qu'un  temps  eoniidénlilt 
après  SB  mort.  L'âge  avancé  anquH  parriM 
l'évangéliste,  tes  voyages  d'inspection  qu^ 
Qt,  d'après  Eusèbe  (liv.  m,  ch.  S3),  etli 
grande  extension  (lu  christianisme  dassl'A- 
sie  Mineure,  ne  nous  permettent  pisdi 
douter  qu'il  n'y  eût  dans  ce  pays  bien  du 
Chrétiens  qui  avaient  eu  l'occisiOD  da  h» 
nntlre  i'bomme  qui  était  alors  le  soulin 
de  la  foi  dans  ces  cftairées;  son  ensïi^e- 
mentdevailles  avoir  mis  plus  ou  moiai  en éU 
de  prononcer  sur  l'aulhenticité  d'une  his- 
toire de  ta  vie  de  Jésus  attribuée  à  levr 
maître.  Or,  dès  l'an  130 ,  —  cinqusDti!  ini 
après  la  morl  de  l'apOtre,  —  nous  troavont 
cet  Evangile  reconnu  comme  son  ourrige. 
non-seulement  dans  son  cercle  d'aclioD pn- 
miiif,  non-seulement  chez  les  cbréiiMt 
orthodoxes,  mais  chez  les  hérétioDea,  <t 
même  chez  les  païens.  Parmi  les  chrélieu 
orthodoxes,  nous  citerons  Justin,  grinl 
voyageur  qui  avait  été  en  PslejliDe.eDiu- 
lie,  en  Asie  Hineure,  qui  avait  séjouroél 
Eptièse,  et  dont  les  ouvrages,  éerili  de  lU 
6  ItiO,  contiennent  bien  des  iiasu^ei  dt 
l'Evangile  de  Jean  encadrés  dans  le  dii- 
coura.  Parmi  les  béréiiques,  nous  mentiui- 
neruns  Valentin,  qui  vint  d'Egypte  )  tati 
vers  110,  et  son  disciple  HéncléoD,^ 
écrivit  un  commentaire  sur  J'STsngile  il* 
Jean.  On  voit  d'après  cefa,  que,  àtutu 
époque,  cet  Evangile  devait  étrecuuua 
Egypte  aussi  bien  qu'eu  Italie.  Modjh, qoi 
paruten  Phrygie  vers  l'eu  140,  noaipm" 
qu'il  était  aussi  reconnu  en  Asie  ïnieiirï' 
Il  est  pareillement  incontestable  que  le  plii' 
losopliu  païen  CelSQ,  qui  avait  voji^ten 
Palestine,  en  Syrie  et  en  Asie  Jdinture.  (> 
qui  a  écrit,  vers  l'an  140,  ion  ouTngt  >< 
controverse  contre  les  thrétiens,  ■  codod 
notre  Evangile.  Tout  ce  que  nous  veif»" 
d'avancer  le  démontre  pusitivemeiit.l'ù 
on  peut  aussi  conclure  négatireujeat  qu'il 
ne  peut  avoir  eiisié  aucun  dou'e  sur  wi- 
BUlh(;uticité;  car  les  Pérès  de  l'fgliu  i»- 
raieul  agi  ici  comme  ailleurs,  où  noutlA 
voyons  toujours,  lorsque  des  héiéiinvi 
s'appuient  sur  des  écritsapocrypbt'SiOppus'l 
à  ceux-ci  le  peu  de  valeur  de  leur  l>0|^' 
dappui.  Or,  les  gnosliquess'appoienli'ri»- 
cipalemeol  sur  le  préduibule  de  I'EtiiV'* 
de  Jean,  et  les  moniauistes  sur  la  promi>' 
du  Ssiut-i£sprii  ;  et  cependant  auGun  t|< 
leurs  adversaires  orthodoxes  o'atLiijut  u 
base  de  leurs  assertions. 
Ces  circonstances  suRisent  pour  ttm^' 

lettre  de  Pline  de  BiUiynie,  qui  écrivait  h  rnf"' 
i  t'épi>i|ue  de  la  mort  de  l'apAtrc. 


'***  **  OICTIOmAIRE 

inniisemblibra  au  plas  hsnt  deeré  fad- 

?^i"  '«"«nt  encore  de  uatureà  démon- 

J«i  ,?«?.  hSP*  *"'''"■*  P'"»  rapprochés  de 
Jeannoiis  décoiiTrons  qu'on  peii  donner 
louchant  I-aulhroticilé  de  I  EtaDrile.  lî  «- 
"Plwménieqne  la  critique  8cl,,liqoo^e 
«r.u5s  a  dea,ai,dée.  Car  n3u.  pouions  mZ 
nier  des  amis  qui  lémoigneoide  la  rédac- 
liOD  da  noire  ÏTangile  par  J'apfitre.TuSi 
^«.qoedela  crédibiJ.ié  de  «on  coolenu 
«t  Doos  sommes  à  mfime  de  démontrer  que 

jJoceur  Slraass  nous  a  défié  d«  produire 
IM  témoignages,  riennent  précisément  dé- 
jKher  en  fateur  de  la  rédaction  du  qua- 
Inèrao  Erangjle  par  Jean. 

Il  est  certain  Binent   bien  rare,   dana   la" 
«ntique  IrUéraire,  de    IrouTer  joint  à   uu 
ouïraijB  le  témoignage  des  amis  de  l'auleur 
en  fareur  de  l'aoïhenlicilé  et  de  la  crédibi- 
lité .,e  «es  écnls.  L'ETBogile  de  Jean  noua 
Offre  une  de  ces  rares  eiceptions,  dans  les 
ferseta  a  et  25  du   chapitre  m.  On  e^^t 
irapi*,  dans  ces  deux  Tersela,  de  l'eiuiilui 
allemaiif  da  singulier  el  du  pluriel,  circoo- 
«lance  qui.  enrisagée  au  point  de  Tue  pu- 
mneot  eiégétique,  laisse  tout  h  fait  incer- 
Uin,  «I  cesl   une  ou  plusieurs  personnes 
qui  rendeot  le  témoignage.  Car  il  est  aussi 
làcile  d  admettre  que  le  pluriel  a  été  eœ- 
ptoréla  première  fois  rhélorii|uemeat,que 
de  penser  que  celui  qni  a  parlé  dans  le  ringl- 
qoatnème  ferselcollecliifemeul  au  nom  de* 
autres,  tient  ensuite  dans  le  Tingt-huiiièma 
parler  en  son  propre  nom.  On  pourrait  mô- 
me, toujours  i  ce  point  de  rue,  aller  jusqu'& 
soujicoDner  que  le  Tersel  »iugt-ciouuièiDa 
est  d  une  autre  main  et  a  été  ajuaté  plus 
tard  au  verset  Tingt-quatrième.  Hainleoanl, 
comme  en  Jelaot  un  coup  d'œil  sur  les  cir- 
coDStaoces  et  les  rapiwrls  parliculiers,  il  est 
l>lu5uaturelde{ien5erqu'unlémoignasedeca 
geore  émane  de  plusieurs  hommes  que  d'ua 
seul,  nous  nous  rangeous  h  l'opinion  géné- 
rale, qairec^rde  le  pluriel  comme  désignant 
une   pluralitâ  de  témoins.  Uais  quels  sont 
a>jDC  ces  témoins  qui  Yienneui  uous  dira 
que  le  disciple  dont  il  a  été  question  pré- 
(^dvmmeat  est  celui-là  même  qui  a  écrit 
cet  Evangile;  et,  en  secopd  lieu,  que  cet 
Evangile  contient  la  vérité,  et  qu'ils  la  sa- 
TenI  ?  Il  est  vrai  qu'ils  ne  sont  pas  nommé!*, 
et  gue  culte  tirtonstance  parait,  au  (iremier 
coup  d'œil,  Ater  un  grand  [>oidsi  leur  lé- 
moi^^nage.  Mais,  en  j   regardant  de  plus 
près,  ou  Toit  quMfe  ue  peut  au  ruutraire 
]ue  lui  donner   plus  d'autorité.  Car  est-il 
^cs&ible  d'admettre  qua  si  un  copiste  sans 
uission   ou  un  faussaire  des  temps  i>oslé- 
leurs  avait  voulu  donner  k  la  crédii>ilité  de 
'Evau^Ie  uue  confirmation  apocryphe,  il 
ÙL    veuu  ajouter  celte  conlirmation  sans  t 
ttaelier  son  nom, el  l'eût  privée  par  li  du 
'jui  son  poidsT  N'est-ce  pas  au  cooiraire, 
n  général,  le  signe  d'un  écrit  apocryphe, 
L»r»que  la  persounalilé  de  rècritaiu  s'y  pro- 


APOLOGETIQUE. 


JE& 


dait  d  une  manière  choquante  r  Ce  témoi- 
gnage ainsi  rendu  ne  pouvait  avnir  d'im- 
MrtaBce  que  dans  la  nrésupposition  qua 
le»  premiers  lecteurs  deT'Evangile  sauraient 
de  qui  ij  «naît.  Or,  il  était  impossible  que 
ces  témoins  pussent  compter  être  connu» 
de»  lecteurs,  s  ils  n'éraieul  pas  en  position 
1  ""epalfs  compétents  pour  rendre  un 
pareil  témoignage,  s'ils  n'élaient  pas  des 
membres  célèbres  de  l'Eglise  d'fephèse. 
Aussi  I  opinion  générale  regarde-t-efie  ces 
témoins  comme  des  prêtres  d'Ephèse.  ou 
au  moins  comme  des  amis  de  l'apôtre  qui 
avaient  peui-élre  élé  aussi  disciples  du  Sei- 
gneur (/wOmJ  ni  ïO/iMuJ,  et  qui  ne  s'ao- 
pu^aieni  pas  sur  des  raison»  subjectives. 
mai»  bien  sur  des  raisons  oWeetives,  pour 
confirmer  la  crédllitliié  de  ses  rénits.  Papias 
nous  aoprend  qu'.iprès  fa  mort  de  Jean  il  » 
avait  dans  l'Asie  Mineure  des  disciples  du 
Seigneur,  tels  qu'Arislioo  et  le  prêtre  Jean. 
Un  fragment  fa:in  du  n-  siècle ,  repro- 
duit par  Muralori  ,  nous  apprend  que  les 
compagnons  du  vieil  anôire,  disciples  du 
Seigneur  comme  lui ,  l'avaient  eugagé  à 
écrire  1  Krangilo  ;  et  le  docteur  Credner. 
dans  son  Introduelion  (p.  237)  est  porté  à 
croireque  ce  témoignage  vient  d'eux.  Voici 
donc  une  preuve  d'aulhenticilé  presque 
complètement  dans  la  forme  demandée  par 
le  scepticisme  historique  de  notre  critique^ 
Hais  outre  cela,  Paptas,  qui  avait  entendu 
Jean  lui  même,  el  Poîjcarpe,  qui  avait  véco 
avec  lui  et  avec  les  autres  prélres,  et  qui 
avait  été  sacré  évêque  de  Sm^me  par  Jeau 
lui -même,  ces  hommes  des  premiers  temps, 
dont  le  critique  nous  somme  da  produire 
les  téœoignaiies,  vienoentaussi  remplir  lea 
conditious  qu'il  a  jMsées.  Nous  ne  pou- 
vons pas,  il  est  vrai ,  produire  des  cila- 
tion»  de  noire  Evangile  tirées  des  écrit» 
de  ce»  deux  hommes  ;  mais  quels  sont  donc 
les  monuments  écrits  qui  nous  sont  restés 
deusrLa  letrre  aux  Philîppiens  de  Polj- 
carpe,  dont  trenle-nt-uf  chapitres  très-court» 
ont  été  seuls  coHserïés,  et  quelques  frag- 
ments en  petit  nombre,  de  Papias.  Néan- 
moiiia  ce  fragment  si  court  de  l'ô(ilire  de 
Polycarpe  nous  oITre  une  allusion  positive 
&  uu  passage  de  la  première  épttre  de  Jean 
(/  Joan.  IV,   3)  :  n«c  yàp,  if  S>  ai    i/uù^ 

inw-  ut  êr  m  fM  «fulÀ/^  n  pmfrifm  tm  cimmS 
U  UéUmu  iwtL 

Easèbe  [I.  m,  e.  39)  nous  assure  aussi 
que  1  ouvrage  de  Papias  contient  des  cita- 
tions da  la  première  E)iltre  de  Jean  et- de  la 
première  Epltre  de  Pierre.  Or,  il  est  reconnu 
que  celte  première  EjilL-e  ne  peut  appar- 
tenir A  UQ  aalre  auteur  que  celui  de  l'Evan- 
gile, el  que  l'autheniicilé  de  ces  deux  ou- 
vrage» doit  subsister  ou  tomber  en  même 
temps.  Ce  point  une  fois  admis  (et  Breta- 
chueider  lui-même  se  déclare  pour  c^tte 
opinion),  ou  ne  peut  reconnaître  l'origine 
apostolique  de  la  première  Epllre  de  Jeau, 
aans  reconnaître  aussi  celle  de  l'Evangile; 
el  le  quatrième  Evangile  se  trouve  confirmé 
par  U  limoignagt  de  deux  kommts  qui  ont 


tm 


lEA 


mcnoxiume  apologétique. 


JEl 


eu  dti  rttaîirns  BtrtontitHti  arte  rapôln. 
Après  aroir  salUrait  aui  exigences  eior- 
bltaulDS  de  la  oouvellB  critique,  il  aeinble 
superflu  de  proJuire  d'autres  lémoignafies. 
CppendaDt  nom    en    citerons  encore 


les  dnclenrs  de  TE^Iise  eTir^lieDDC n'élii«iii 
p^'int  assez  dépnurvjs  de  logioai,p(iiirii( 
pas  s'Alre  aperçus  d'ane  foule  ae  cnotmlie' 
lions  appareutes,  ea  eomparaat  Icj  tmii 
premiers    EraDgiles    arec   le  qualrièae, 


Parmi  les  hommes  qui  ont  connu  l'apAIre,     Cependant  la  secte  des  sloget  atus«ule, 


Il  est  trois  dont  )l  nous  reste  des  iDOntl> 
ments  écrits  :  ces  moiiumcnta  sont  une 
6pt(rede  Barnabe,  une  éiiUre  de  Clément, 
romvin ,  et  plusieurs  6|it|res  d'Ignace,  é*â- 
(]Qe  (i'Antioclie.  Que  uous  ce  IrouTions 
tiucune  cilalion  de  i:Otre  Evangile  dans  les 
écrits  d'ailleurs  si  courts  de  ces  hommes, 
cela  ne  doit  étonner  personne  ,  au  moins 
pour  ce  qui  regarde  les  deui  premiers, 
puisqu'ils   vivaient  eu    dehors  de    l'Asie 


dans  cette  dilTéreace,  une  preuve codcIdid'j 
de  la  non-authenticité  de  rSiaDgile.  U 
nouvelle  critique  a  marché  sar  lei  inculi 
ces  sectairos,  et  a  commencé  [lar  s'ipcinjcr 
sur  les  contradictions  hislonqoei.  si  h 
talents  littéraires  des  premiers  Pères  pi- 
raissent  pea  distingués;  si  ces  Pires  oni  « 
des  alTaires  importâmes  qui  les  emp^duiaol 
de  cultiver  leur  sljle,  ils  D'en  oDl  p» 
moins  reconnu,  dans  l'exposition  du  qu- 


Mioeure,  et  ^ue   l'Evangile,  ajanl  été  écrit      trième  Evangile,  le  vol  de  l'aigle  qui  pnol 


lard ,  pouvnft  n'élro  pas  encore  parvenu 
Jusqu'ieux  (2330).  Ignace  était  plusâporléo 
de cunuallre  l'œuvre  de  Jean;  aussi  nou« 
Irouvoiis  chez  lui,  h  cAté  de  quelques  pas- 
Sages  douteux,  une  allusion  incontestable 
k  un  piissnge  de  notre  Evangile.  Dans  celle 
de  6t'3  éfitlres  qui  précisément  porte  le 
éachei  le  plus  visible  de  l'originalité,  dans 
t'épllri;  aux  Romains  (c.  7),  on  trouve  l'al- 
lui>i<jn  suivante  à  Jean  (vi,  32,  33,48,61- 
SS)  ;  Où;^  ^D/uu  t/)Of^  fétpiç  «ûli  àSavcEc  teû 
^fou  A'J:au,  'A^Bv  0ibû  iilm,  Sipx»t  aifùtn/f, 
SpT^v  Çtiit  ,  ic  («Ti  aifi  'iqooù  Xp»v*S  («v 
uiov  ftû  8(oû,  N,  T.  X.  KbI  icifMt  ei«û  SilLu  ri 
mï/ut  minv.itnnKyJm  ârBxfiTW  mu  âiiiKisf  Çwà. 
Il  t:st  possible  que  ces  expressions  ne  soient 
|i<s  des  ailusioos  k  l'Evangile  écrit,  mais 
des  souvenirs  de  la  nrédicaiion  apostolique: 
leur  imporlsoce  n  en  reste  pas  moins  la 
même  pour  notre  discussion,  puisqu'elles 
prouvent,  en  tout  cas,  que  les  phrases  et 
les  idées  de  ce  genre,  dont  t>eaucoup  de 
critiques  veulent  mainlennot  chercher  ta 
siiurci)  da^is  le  gnosiicisms  alexandrin, 
étaient  propre*  k  l'enseignement  deiftan. 

m 


son  essor  dans  les  nues,  pendant  [)ut  les  | 
autres  restent  sur  la  terre.  Haii  il  ■  di 
réservé  h  la  nnuvHlIe  critique  alleminilcilii 
puiser  dans  cette  différmee  tutu  in  kw^i- 
Ut,  la  seconde  classe  de  ses  argomenls  m- 
ternes  contre  l'aullienlicité  de  l'KiaBgile. 
Avant  de  parler  de  ces  deux  classes  Ha^- 
nients,  nous  voulons  examiner  ceoui  est  i»D> 
l'Iétemeut  particulier  à  la  nouvelle  <:ritii|uei 
Le  docteur  Strauss  croit  avoir  reiiun|Dd 
que,  dans  notre  ouatrièiue  Evangile,  Jk- 
qiies,  le  Trèru  de  Jean,  est  mis  sur  l'irrièn 
plan,  et  qne  Jean  est  placé  m  avant,  plus 
i]ue  Pierre  lui-même.  Celte  circonsluite, 
jointe  h  l'éptthèie  honorable  el  mvslirieii» 
de  diiciple  que  le  Seigneur  aimait,  quitté 
rrpoté  lur  la  poitrine  du  Seigneur,  iuJi- 
que  clairement,  selon  lui,  un  auteur auire 
que  l'apôtre,  un  homme  spparleoanl  i 
•  l'école  de  Jean,  i  qui  avait  i  pelweD- 
tendu  perler  du  fi'ère  de  Jean,  mislDO'' 
de  très-bonne  heure,  et  dont  le  bul  MJa 
po^er  une  auréole  de  gloire  sur  1i  U^t  ''» 
uhefde  son  Eglise,  et  de  le  pliceri"ii 
Pierre,  l'apôtre  des  Juih.  Notre  wilil* 
croit  voir  dans  cet  Evangile,  toulei^ 
GAuronitflS  se  réunir  sur  la  tflie  d"^ 


voile  si  souvent  sa  personnalité  ko  ') 
moins  prétentieuse  des  épilhèleSi  r<*^ 
disciple,  ae  change  A  ses  yeux  tin  uiiC'' 
tave  aspirant  i  la  domination  de  l'uniiei^ 
«  On  ne  peut  assez  s'étonner,  dil-ili  « 
voir  lu  triumvirat  de  Pierre,  de  Jacques  " 


Eiam»  lies  cnlères  lUerae*  lavinaéi  pir    SUau^  ,   ._    

cMire  i-.nihenueiuidiiquiirième  ^ugile.  Quiproquo  „,,ô(re  d'une  manière  très-frappanK,  ttfe-. 
de  netra  critique.  —  PrinclMCS  ttlfférenee*  qui  sot         '      .f     .■  .        .  i.    _  _^  i  h>   nui 

frippé  Slnni  M  lu  criUquM  plus  Mu^aa.  £os  11  Siguilicative;  et   cet  homma   modeflt,  m 

GOmpmiKMi  de»  U^ prenlan  ETnwilM  avM  la  qii>-  "'■■'-    "    *   "-    i.ii  »i.n  n 

MèiM  :  —  1*  de  U  aptiire  d'MlIvllâ  du  Sanvanr.  Lm 
Irolt  preiBlen  BvtogllM  coDttwuient-iif  des  tadieaUou 
4»  plwleantéjoandaChritf  II  JéniulemT  Pourquoi 
■M  BoufolfrnHtspM,  coDiiBe  le  mulrlàme,  du  redis 
■pédnK  à  c«  wjctT  —  r  Durée  de  li  tIb  pobiiqae  da 
lima.  — 3".  Objeciiou  de  StnoM  aor  b  conduite  da  _ 

M«M  avant  le  eroclfleineiit,  —  Alisurdlié  de  ces  objee-  j"'i  '"  "'  '~'''.''ri^.''I''~'„â  ni/m'arrhi 

ifao..-i'Dfir6«««  wirelet*»>nféll.[e..p.rnp-  d«  J«n,  presque  Changé  en  "femoriarrû 

port  k  l'heuve  do  crodaement.  —  (Wuuuob uho-  et  de  voir.apiesqoe  Jacques  eOt  èitir»"'- 

riqne  de  ce*  dUTâreocei.  comme  Lépide,  la  question   se  poser  euiR 

Nous  en  resterons  II  dans  l'appréciation  Pierre  et  Jean,  comme  entre  AoioiDed 

des  témoignages  externes  en  faveur  de  notre  Octave,  de  telle  manière  que  le  <ief°'1' 

Evangile,  pour  entrer  dons  le  domaine  oil  presque  supplanté  l'autre  dans  sf^s  Fj''"' 

la  critique  de  Strauss  le  tv.ai  i  l'aiie,  comme  tions  h  un  rang  supérieur  ou  mim  m'^ 

sur  »0H  terrain.  Nous  n'avons  point  alïaire  -  sien.  »  Certes,  l'accusation  d'ignorance  Jt 

ici,  à  une  seule  exception  près,  h  des  armt^i  la  philosophie  critique,  que  Vn^H  ■  P'^''- 

nouvelles;  ce  sont  lu  vieilles  armes  usée»  contre  Jean  (page  127J,  n'a  pas  p^i""  1"^ 

depuis    le   m'  siècle,    qu'on  rienl    nous  étonnante  que  ce  reproche  '^'**P"*r.:  j. 

opjtoser;  seulement  on  a  eu  soin  de  les  doLniniiLion  universelle,  tomUnt  preci' 

aiguiser  et  de  leur  douner  un  fil  si  fin,  ment  surfediscipic  qui  seul  oousa  ranu 

qu  il   n'y  a  pas  lieu  de  s'étonner  si  elles  le  lavement  des  pieds.  .   . , 

s'ébrichent  dana  l'occasion.  Les  Pores  «t         Voyons  si  nous  pourrons  réussir  ' 

(33M)  L'éjiUre  de  Clcmcni  t  été  ccrilc  i  peu  près  vers  te  temps  ite  i'apiiit. 


II'jS 


JCV 


MCTTOXNAIBE 


JD5ti6er.  'Le  nou  seol  de  Jacques,  d'il  l.i 
rritiqae,  n'esl  pas  meniîoiinâ  une  fois  dans 
!e  qualrièire  Evangile  :  une  seulK  fois  dans 
I appendice  li\t,  2J,  il  est  qupsliuniJeslïlscIo 
Z^Ur-iiée.  ■  Pour  ce  qui  est  de  Pitrrei  à  la 
r/riV/,  poursuit  Strauss,  cil  (le  (luatrième 
Efângéliste)  lo  place  aassi  barmî  iod  pre- 
riiers  qui  nul  suivi  Jésus;  il  uc  le  mpt  pas 
on  nfrol  plus  rarement  que  les  sjnofiliques; 
i'  ne  utbe  p«s  le  surnom  honorable  que 
'ni  a  cJotmé  Jéçus  l'I ,  U;  ;  il  lui  met  daus  la 
l>-'uctie  une  coufession  qui  ne  paraît  être 
'.-'l'une  Tarianle  du  célèbre  passage  de 
lladliinu  (iTi,  16)  ;  d'après  lui  aussi,  Pierre 
!:•:  jeElB  dans  la  mer  pour  aller  plus  vile 
TT5  Jésus  (xxi,  7);  dans  la  cène  et  dans 
'e  jinlin  de  Gelhséfflani,  il  donne  i  Pierre 
i>i  r&lc  Encore  plus  aelif  que  les  sjnopli- 
':-ies[\iii,  6;  xTiii,  10);  il  ne  lui  dérobe  pas 
■''iiJiirjeiir  d'avoir  suivi  Jésus  dans  le  |>aiais 
di  ijran-i  prélre  (xviii,  S5J,  et  d'£tre  allô 
'.'es  premiers  au  tombeau  après  la  résorrec- 
I  on, 'il,  3);  il  nous  raconte  même  encore 
un  ciitrelien  jiarlîculier  de  Jésus  ressuicilé 
nrec  Pierre  (isi,  13J.  Mais  le  quatrième 
Krangila  a  une  manière  qui  lui  est  propre 
■iis  fvésfluter  ces  préro^lives  de  Pierre, 
I -lur  It'S  alTaiblir  et  placer   celui-ci  dans 

■  orLbre.  atiu  de  Taire  ressortir  Jean.  Sans 
•Ijuie,  il  montre  Pierre  en  rommunicalion 
avec  Jésus  dès  le  commencement;  nuw  il 
n-:  le  fait  arriver  jusqu'à  Jésus  que  par 
t'eolrtiniâe  d'André.  Â  tarériU,  Pierre  »e 
iiil  eu  peine,  d'une  manière  lente  parlica- 
.'  ktv,  dedécouvrirle  traître;  moùil  ne  peut 
■-e  tourner  inioiédiatemenl  vers  Jésus  ,  el 
t<l  obligé  d'emj.lojrer  la  médiation  de  Jean, 
rii  repose  h  rû  aikwu  rov  'limi  (un,  83). 
'.erre,  U  ut  vrni,  entre  avec  Jésus  dans  le 

•  lais  du  gr<nd  prêtre;  nais  d'après  Is 
i  -Iriêmo  Evangile,  Jean  entre  avec  lui,  el 
.erra  ne  doit  son  entrée  qu'à  la  médiaiioo 
e  ct-'lui-Gi,qui  était  connu  du  grand  prêtre* 
LTiii,  là  )P>erre,i7e(/crai,apr&larésurrec- 
■n,  se  jette  à  la  mer  |>our  aller  au-devant 
e  Jéàus;  mais  ce  n'esl  qu'après  que  Jeao  l 
-co'inu  le  Seigneur  dans  celui  qui  est  sur 
'  rivage,  (xxi,  7.)Pierre,  l'feif  vrai,  a  l'io- 
di'iv  boniii'ur  de  se  voir  annoncer  son 
artjre,  mais  Jean  obtient  la  distinction  de 
s:<;r  jusqu'à  ce  que  le  Seigneur  vrenne. 

■  liii  (ceci  est  le  plus  frappaul),  taudis  que, 
a;>rès  Luc    [xuv,  12),  Pierre,  le  premier 

■â  apôlres,  vienl  sc-al  visiter  le  tombeau 
J-j  lie  Jésus  ressuscité,  lequatrièmeEraa- 
icr   ie  fâil  accom)iaguer  par  Jean,  et  nous 

jiilre  celui-ci  coûtant  devant  Pierre  et 
riiiaiil  le  premier  au  tombeau.  Il  tat  vrai 

c  Pierre  entre  dans  le  tombeau  avant 
s  II  ;   mail  c'est  de  ce  dernier  qu'il  est  dit 

:>or(J:i  Et  il  vit  et  il  crut. a 
>'/  a-t  il  donc  rien  à  opposer  à  tout  ceci? 
r  rangûlisle  est-il ,  par  le  fait ,  aussi  cou- 

tle  «ju'il  le  parait  au  premier  coup  d'oeil  T 
y  r»-gcirdaut  de  plus  près,  nous  voyons 
'£  outre  critique  a  fait  G»mj)lé;emenl  ce 
'«jh  appelle,  dans  la  vie  ordinaire,  un  fiii- 
Tquo  ,  en  venant  avec  un  aplomb  et  une 
I  artidi.lè  admirables,  placer  à  ctiarije  ce 


APOLOCETIQtX.  JU  IVJt 

qui  devait  être  Ir  décharge,  el  à  déchargi^ 
ce  qui  dev;)i:  6'ra  à  charge  :  c'est-à-dire 
qu'il  a  mis  à  la  Cii  de  la  phrase  arec  un 
mai»,  ce  qui  aurait  dû  âlre  au  commencfr- 
ment  ;  avec  il  tti  vrai  ce  qui  aurait  dâ  étro 
à  U  Gn,  avec  mois.  Ainsi,  pour  repousser 
cette  accusation,  nous  n'avons  pas  autre 
chose  à  faire  que  de  rétablir  l'ordre  de  la 

rihrase.  Strauss  accuse  en  outre  l'auteur  de 
tvangïle,  si  c'est  Jean,  d'avoir  manqué 
d'esprit  de  famiile,  en  plaint  dans  l'ombra 
son  frère  Jacques,  contre  toutes  les  couve- 
naoces.  Mais  nous  retrouvons  ici  un  nou- 
Teau  cas  où  le  critique,  par  une  injustice 
criante  ,  coupe  tous  les  chemins  à  l'histoire 
jvangélique;  car  si  l'amour  fraternel  avait 
placé  Jacques  à  la  première  plare  en  l'entou- 
rant d'honneurs  et  de  louanges,  Strauss  n'eât 
pas  a,aoqué  de  faire  peser  sur  la  tète  de  ca 
l>:ndre  fierc  l'accusation  encore  plus  grave 
d'une  inttniion  évidemment  a|>ocrjrpbe  1 

Les  découvertes  particulières  du  critiqua 
n'étaient  pas  su/lisaoles  f^our  amener  la 
conclusion  de  l'authenticité;  aussi  allons- 
nous  passer,  mai  manant  aux  argumenta  qu'il 
a  seulement  revêtus  d'une  forme  plus  incir 
sive,  c'est-à-dire  anx  arguments  tiré.<  do 
l'histoire  et  des  discours  de  Jésus.  Voiei 
les  principales  différences  historiques  qui 
ont  frappé  Strauss  et  les  i-rilitfues  qui 
l'ont  précédé  dans  la  comparaison  des  trois 
premiers  Evangiles  avec  le  quatrième,  diffé- 
rences 1*  par  rapporta  la  sphère  d'activité 
de  Jésus  ;  2*  par  rapport  i  la  durée  de  son 
activité  ;  3*  par  rapport  à  la  conduite  de  Jé- 
sus avant  le  cruciiiement;  i*  par  rapport  au 
jour  de  la  dernière  cène;  5*  pir  rapport  à 

I  beure  du  crucifiement  ;  G*  par  rapport  à 
l'histoire  de  la  résurrection. 

Quant  au  théâtre  de  l'activité  du  Sauveur, 
il  ne  paraît  pas,  dans  les  synoptiques,  s'é- 
Icndre  au  delà  des  frontières  de  la  tia.lilée, 
depuis  le  baptême  jusqu'au  dernier  vojragu 
à  Jérusalem;  tandis  que  Jean  noua  montre 
Jésus  à  Jérusalem  aux  quatre  grandes  fêtes, 
el  nous  le  présente  enseignant  et  agissantpen- 
danl  asse«  longtemps  en  Judée  el  dans  le 
pays  de  Samarie.Le docteur Scbnedienburger 
a  tiré  un  du  ses  irgumaots  les  plus  forts 
contre  l'authenticité  de  Matthieu,  uu  silence 
de  son  Evangile  sur  l'activité  de  Jésus  en 
dehora  de  la  Galilée.  La  critique  nouvelle 
ne  voit  pas  de  possibilité  d'accommodement 
à  propos  d'une  foule  de  détails  de  peu 
d'importance;  elle  ne  doit  donc  pas,  à  bien 
plus  forte  raison  ,  en  trouver  sur  un  point 
aussi  capital.  Cependant  nous  voyons  ici' 
Strauss  dans  l'embarras  ;  et  il  hésite  à  pro- 
noncer lequel  des  deux  récits  évangéliques 
est  conforme  à  la  vérité  historique.  D'après 
la  règle  qu'il  a  adoptée,  de  considérer  comme 
bu\  le  récit  qui  glorifie  le  plus  la  per- 
sonne de  Jésus  ,  son  penchant  dominant  lo 
porte  à  enfermer  le  llessiogaliléen  dans  lo 
petit  coin  de  terre  qui  lui  a  donné  le  jour. 

II  s'uiprime  ainsi  :  ■  Ouoi^u'il  n'y  ait  qu'un 
seul  voyage  à  Jérusalem  qui  soit  historique* 
il  est  naturel  de  penser  que  la  tradition  po- 
pulaire ail  été  lealée  d'en  admettre,  petit  k 


[ACTIONNAIRE  APOLOCETIQUE. 


r!lil ,  plusieurs ,  ne  poutbrI  se  persuader, 
son  point  de  rue,  qu'une  lumière  telle 
que  Jésus,  soit  restée  aussi  longtemps  sous 
le  boisseau ,  et  ne  soit  pas  venue  plus  tAt 
et  k  différenles  reprises  se  placer  sur  le 
rhandelier,  l  Jérusalem.  >  (Matth.  v,  15.) 
D'un  autrecflté.il  se  demande  s'il  est  croya- 
ble que  Jésus  ait  laissé  de  cAlé  l'obserrance 
des  plus  grandes  fêles ,  et  si  des  séjours 
précédents  à  Jérusalem  ne  sont  pas  néces- 
saires pour  expliquer  la  grande  inimitié 
existant  entre  lui  et  les  princes  du  peuple: 
puis  il  termine  sans  conclusion  positive  et 
sans  rien  décider,  pour  se  garder,  nous  dit- 
il  lui-même,  ■  de  tout  jugement  précipité.  ■ 
La  précipilalion  eût  été  en  effet  dangereuse 
pour  la  critique;  car,  si  elle  avait  pris  réel- 
lement parli  pour  le  quatrième  ETangiie, 
ce  qu  elle  eût  été  forcée  de  faire,  elle  aurait 
transgressé  ellomâme,  en  donnant  Is  vic- 
toire au  récit  qui  gtnriUe  le  Heosie,  la  triste 
règle  qui  avait  dé|ft  arraché  les  plus  beaux 
fleurons  de  la  couronne  du  Clirisl.  Que  se- 
rait devenu,  dans  ce  cas,  le  principe  fonda- 
mental suivi  dans  la  critique  de  Jenn  qui 
allriljuu  toujours  è  l'imagination  de  l'auteur 
tout  ce  que  son  récit  ajoute  k  celui  des 
aotresTNous  svnns  ici  deuxsorfes  de  ques- 
tions i  examiner:  1'  les  Evangiles  synop- 
tiques contiennent-ils  des  indications  de 
Slusieurs  séjours  de  Jésus  h  Jérusalem? 
'  Pourquoi  ne  renferment-ils  pas  comme 
Jean ,  des  récits  spéciaux  h  ce  sujet  T 

Les  circonstances  rapportées  par  le  doc- 
teur Strauss  lui-même  parlent  déjb  très- 
fortement  en  faveur  de  plusieurs  séjours  A 
Jérusalem;  car  elles  ont  eu  la  puissance  de 
lui  faite  Irangresser  la  règle  si  positive, 
d  abandonner  toujours  ce  qui  glorifie  le 
Messie,  et  elles  ont  ébranlé,  jusque  dans  ses 
fondemeuts,  un  des  ar^'iraents  auiquels  il 
Attsche  cependant  l'importance  )a  plus  exa- 
gérée. En  outre,  le  critique  s  encore  appelé 
l'attention  sur  on  passage  des  synoptique», 
dans  lequel  il  est  impossible  de  ne  pas  voir 
la  présupposition  de  plusieurs  séjours  dans 
la  capitale  de  la  Judée.  Seulement,  confor- 
mément i  la  misérable  logique  qu'il  a  déj6 
suivie,  et  qui  consiste  h  présenter  comme  A 
charge,  ce  qui  est  réellement  è  décharge,  il 
désigne  ce  passage  comme  «  un  détail  isolé, 
Irii-dangereua  pour  lt$  tynoptigutt.  ■  Qu'il 
soll  Irès-dangerouï,  nous  en  conviendrons 
aisément;  seulement,  ce  n'est  pas  pour  les 
syDoptiqaes,  mais  bien  pour  l'hypothùse  de 
Strauss,  qui  s'appuie  sur  ce  que  ceux-ci 
n'ont  aucune  ci  m  naissance  de  plusieurs 
séjours  ft  Jérusalem.  D'ailleurs,  le  récit  dos 
trois  premiers  Evangiles,  sur  la  n^ceplion 
uîle  à  Jésus,  et  sur  la  masse  de  peujile  qui 
Ta  il  SB  rencontre  ,  présupjmse  plusieurs 
séjours  dans  cette  ville.  [HTatth.  xxi,  8.}  tlo 
tel  enthousiasme  a-t-il  pu  être  eiciié  seule- 
ment par  ce  que  les  chefs  de  la  ville  avaient 
entendu  dire  du  docteur  galiléen  T  Et  eu 
su|<posant  que  l'ealhousiosme  de  la  masse 
du  peuple  puisse  s'expliquer  aiQsi ,  Joseph 

(2331  Vojf.  BoeaniuKE,  Mimmru  «ar  SapiAéon,  IV,  p.  VU». 


tlK 


d'Arimathie,  membre  du  Sanhdlrin , agi 
parait  comme  disciple  du  Seigneur,  n'ei-il 
pas  une  nouvelle  preuve  d  aoe  iDQueDa 
antérieure  de  Jésus  i  JérusalemT  ÈdodIr, 
les  cent  vingt  disciples  mentionnés  àvalu  i 
Acte»  [i  ,  15),  étaient-ils  donc  toui  Ui- 
léensT  La  recommandation  de  Jésus  (JlaaL  | 
XXVI,  18),  k  l'occasion  de  Ii  cène,  etk 
métairie  de  Getfasémaiti,  oA  il  se  réuniisil 
avec  ses  disciples  [Jocun.  xnii,2},n'indiqi]eit 
elles  pas  des  adhérents  dons  la  capiiile? Eii> 
fin,  Luc  (x,  38-i2)  nous  raconleunescto 

3ue  nous  savons  s'être  passée  à  Béthaoie, 
ans  le  voisinage  de  Jérusalem.  11  ejtdr«' 
positif  que  les  trois  jiremiers  Etio^ 
contiennent  des  indications  de  plusieun 
séjours  dans  cette  ville  ;  et  ce  fait  cnnGrnK, 
du  la  manière  la  plus  forte,  l'opinion  g^ 
raie  mise  de  nouveau  en  doute  par  Slriiui, 
savoir,  que  Jean  raconte  sealemenl iirt 
plus  de  précision  que  les  sutreii. 

Uaintenanl,  pourquoi  les  synoptiqufm 
raconient-ils  [-as  les  voyages  i  rocosion 
des  fêles,  et  les  événements  qui  s'y  sont  pas- 
sés T  Nous  ferons  d'abord  remarquer  en  (*- 
néral  qn'il  est  presqne  toujours  eictjsi't- 
ment  difUcile  et  délicat  de  répondre  à  pi 
question  telle  que  celle-ci  :  Pourquoi  un 
historien,  et  particulièrement  un  auieurdi 
wUmoira,  parle-t-il  d'une  chose, et piuel-il 
telle  autre  cbitse  sous  silenceîLa  coniub- 
ssnce  des  circonstances  dans  lesquelles  i! 
écrit,  peut  seule  mettre  en  état  de  réponiirt 
d'une  manière  satisfaisante  ;  et  tmw\ 
même  celte  connaissance  ne  suffit  pu,  pir 
exemple,  lorsque  l'auteuraétémsIserTij'ir 
ses  souvenirs  ;  ce  qui  est  eu  dehors  iliitoiitts 
les  combinaisons  fiisloriquus.  Nous  eii;;>- 
geons  i  lire,  h  ce  sujet,  ce  qu'un  des  ploi 
célèbres  auteurs  AamémoirtM  dpi  iiiècle  (n'- 
sent  nous  apprend  sur  les  hasards  qui  )wi 
dirigé  dans  son  récit  des  événemeats,  elm' 
la  forte  influence  de  la  simple  assoùliu 
des  idées  (S331). 

La  question  spéciale  qui  nous  occDpr.t^ 
intimement  liée  i  celle  des  rapports  ftSi- 
nilé  entre  les  trois  premiers  K»)i01W' 
Pourquoi,  par  exemple,  Marc  et  Uallbietin 
parlent-ils  pas  de  la  résurrectiou  du  Ëlt  île 
la  veuve  de  Naîui  T  De  quelle  importioce R- 
pendant  une  réiiurrection  de  plus  aedeiut- 
elle  pas  être  pour  eux?  Nous  itod*  &'■ 
remarquer  combien  pou  la  science  l  M 
jusqu'ici  en  étal  de  placer  dans  nn  jouru- 
tisfaisaDt  les  afiinilés  entre  les  ËTsngrlet. 
Cela  étant,  nous  n'éfirouverions  peint  av»- 
barras,  quand  nous  serions  forcés  d'ii'utif 
notre  incapacité  è  donner  une  répouieil^ 
question  qui  nous  s  été  posée.  Ceiviil'n'i 
nous  pouvons  au  moins  faire  les  ulisem- 
lions  suivantes:  1*  selon  loulo  vreisem- 
blance,  le  récit  de  Luc  mentionne  plus  il  on 
voyage  i  l'occasion  de  la  Pâque  ;  et  la  doJ- 
Telle  critique  le  reconnaît  eUe-mâ^B'  n^ 
paralt-il  pas  incroyable  que  tout  ce  qui  (>' 
compris  enlre  le  verïet  51  du  ix'  ctii|i''r<' 
de  Luc  (où  il  est  question  du  dernier  ivy-'ff 


tEk 


nCIMHOUBtK  AFOUKCnOOE. 


JU 


11!» 


I  Jénmrmi)  et  le  vereel  18  du  efaipitro  ux, 
il  pa  M  puser  dans  es  dernier  vojsge  vers 
1  ufHisIe?  D'après  Jean,  en  effet,  ce  n'est 
«stle  II  Galilée  qoe  Jésus  partit  la  dernière 
9JS  pour  Jérusalem  ;  de  plus,  nous  re- 
rODTODi  le  Sauveor  en  Galilée  au  cbap.  xiii 
e  Luc  JT.  31),  et  le  cbap  xrn  (t.  11),  ren- 
I^^ne  ae  nouTeau  la  mention  da  voyage  i 
éruMiem,  en  faisant  passer  Jésus  |>ar  la 
<amirie,  de  même  que  dans  le  voyage  dont 
!  est  question  au  chapitre  tx,  t.  53.  — 
*  Comme  on  ne  pent  anmettre,  par  tontes 
»  raiwos  alléniées  nrécédemmant,  que  les 
"ois  I  remiers  evangelîstes  n'aient  eu  aucune 
onnaissanee  des  autres  voyages  i  l'occasion 
es  fêles  ;  et  qu'en  outre  Lue  (x,  38)  nous 
inrnii  un  document  positir,  qui  prouve 
u'un  grand  nombre  des  faits  racontés  sans 
isi^itinn  précise  de  lieu,  sa  sont  passés 
m*  la  capitale  ou  dans  ses  euvirons,  nous 
Mninef  autorisés  à  conclure  qne,  parmi  les 
"ènes  qui  nous  sont  ainsi  racontées,  il  s'en 
ouve  beaucoup  qui  appartiennent  aui 
ijages  de  Jérusalem.  3*  Il  est  reconnu  que 

tradition  évangéli^iue  écrite  dans  les  s>-  • 
ipiiqaes,a  pour  base  un  cercle  de  traditions 
aies.  Or  celles-ci  furent  exposées  pour  la 
cmière  fois  k  Ji^msalem,  par  les  disciples 
lik-eas,  en  grande  partie  devant  les  honi- 
<•»  iusiruits  des  événements  qui  s'étaient 
siés  h  Jérusalem.  N'esl-il  donc  pas  croy»* 
e  qu'ils  se  soient  principalement  attaenés 
laconter  les  miracles  faits  en  tialilée? 
Li  question  de  la  durée  de  la  vie  du 
irisi  est  essenlielkmeiit  liée  i  celle  du 
éâire  de  celte  même  vie,  puisqu'elles 
nt  déterminées  toutes  les  deux  par  le 
imifre  des  fêles  de  P4qiie  mentionné  dans 
>angile  de  Jean.  La  critique,  ayant  évité 
se  prunoni;er  sur  la  première  question,  a 

suivre  la  même  marche  relatiiremeni  à 
seconde.  Aussi,  se  coolente-t-elle  de  pré- 
:iier  ici  plusieurs  possibilités,  ne  s'alta- 
soi,  coiume  poos  l'avons  montré  précé- 
muieui,  qu^  jeter  le  plus  d'incertitude 
ssible  sur  la  question. 
Plus  ou  approche  de  la  fin  de  la  vie  du 
iiveur,  plus  les  différences  augmentent. 
I  ne  peut  s'attendre  h  nous  voir  discuter 
eu  détail  toutes  ces  ditScnltés;  nous  nous 
ittiiiterons  de  donner  les  principales  rai- 
ls qui  peuvent  servir  i  les  résoudre. 
Lj  première  difficulté  qui  s'offre  au  cri- 
ue,  «at  le  contraste  frappant  que  présente 
Sauveur  priant  dans  un  ravissement  so- 
nel  dans  lequel,  d'après  Jean,  il  parle  au 
Ȏ  de  la  vie  de  la  terre  (Joim.  xtii,  11, 
,  et  ce  même  Sauveur  luttant,  d'après  les 
loptiques,  dans  le  jardin  de  Getfasémani. 
ioire  critique  suit  encore  ici  sa  méLhodu, 

consiste  a  annuler  les  deux  termes  de 
ijlférence,  au  lieu  de  concilier  la  Jiffé- 
ce  elle-même;  et  le  doute,  après  s'être 
té  à  droite  avec  Bretscbneider,  et  h  gau- 

avec  Dsttri ,  vient  ici,  avec  Strauss, 
antîr  les  deux  faces  de  l'bisioire.  Ju». 
ici  oo  avait  toujours  cousidéré  les  deux 


termes  de  la  différence  comme  séparés  et 
éloignés  l'un  de  l'autre  ;  mais  ici.  d'après 
une  tactique  toute  nouvelle,  oo  les  rappro- 
che [>our  en  faire  les  membres  d'une  même 
progression,  dont  le  dénoûment  est  qu'il 
ne  s'est  absolument  rien  passé.  En  effet,  si 
one  lutte,  une  victoire  anticipée,  et  même  la 
simple  prévision  de  la  fission  est  impossi- 
ble, ut  ait  pkilatopkiu  (2338],  la  victoire  an- 
ticipée dont  Jean  fait  bonneur  A  Jésus,  doit 
se  réduir4  )  la  lutta  dont  nous  parient  IfS 
synoptiques,  et  cette  lutte  doit  se  résoudre 
en  une  simple  prévision  inventée  par  la 
piété  de  la  tradition  populaire;  il  ne  reste 
donc  en  définitive  qu'un  néant,  contre  le- 
quel la  pkitoMopkie  u  a  plus  rien  k  alléguer. 

Ecoutons  Strauss  luî-mémeàce  propos: 
«  Le  dilemme  posé  ci-dessus  se  trouve  ainsi 
annulé  ;  car  ce  n'est  plus  une  seule  eiposi- 
tion  des  dernières  heures  de  Jésus  avant 
son  eiuprisonnemeut ,  qui  esl  mythique, 
mais  tontes  le  sont.  Seulement,  pour  carac- 
tériser la  différence  de  valeur  historique 
qui  existe  entre  le  récit  des  synoptiques  et 
ceini  de  Jean,  nous  dirons  que  la  première 
version  est  une  formation  du  second  degré, 
et  la  seconde  one  formation  du  troisième. 
En  effet,  si  l'exposition  commune  à  lean  el 
aux  synopliquea,  concernant  la  preseienca 
de  la  pasaion,  est  la  première  traosformatitHi 

!|iie  la  piétâ  de  la  tradition  populaire  ont  ft 
aire  subir  è  l'histoire  réelle  de  Jésus,  l'anti- 
cipation des  souffrancesde  cette  passion  elle- 
même,  chez  les  synoptiques,  est  le  second 
degré  du  mythe.  Hais,  lorsque  Jean  vient 
nous  dire  (xii,  27  el  auiv.J  que  Jésus,  tout 
eu  ayant  prévu  et  pressenti  d^k  la  passion, 
a  cependant  longtemps  d'avance  reroporlé 
sur  elle  une  victoire  complète,  et  qu  il  l'a 
envisagée  avec  un  calme  inébranlable,  au 
moment  même  où  elle  était  immineo(i>,  c'est 
bien  alors  le  troisième  et  le  plus  baul  degré 
d'une  exagération,  pieuse  san^  doute,  mais 
complètement  contraire  k  l'histoire.  ■ 

Dn  bon  sens  impartial  sufSt  assurément 
pour  faire  justice  d'une  pareille  critique. 
Nous  nous  bornerons  donc  k  une  seule  re- 
marque. Notre  eiégète  suppose  que  le 
quatrième  évaoKéliste  a  toigours  été  exclu- 
sivement guide  par  le  désir  de  glorifier 
Jésus.  Hais  alors  pourquoi  cet  évaogéliste 
nous  peiol-il  (xii,  27)  le  Sauveur  dons  un 
état  qui  rappelle  la  scène  de  GethsémaniT 
Des  critiques  n'ont-ils  pas  même  supposé 
que  Jean  avait  antidaté  cet  événemeotï  Et 
Strauss  n'a-t-il  pas  voulu  voir  dans  ce  pas- 
sage an  reste  de  la  tradition  sur  la  lutte  du 
Jardin  des  Oliviers,  parvenu  jusqu'k  Joau 
sous  une  forme  jMUMèleBWiii  altirétt  En 
outre,  la  tradition  synoptique  n'entend-elle 
pas  hieu  mal  ses  ioiérèLsT  Au  lieu  de  mar- 
cher droit  k  son  but  (la  glorification  du 
Uessic),  eo  nous  eiagérsnt  l'iutrépidité  de 
Jésus,  elle  vient,  tout  au  contraire,  nous  le 
montrer  engagé  dans  un  comtwt  bumiliani. 
Or,  de  l'aveu  de  SirauSf  elle  u'a  d'autre 


Zi)  ADosioa  à  Bégd,  qn  nie  b  fossibililé  du  tomatureL 


1 


Avantage  l  supposer  celte  lulto,  que  d'aU 
Iribucr  au  Sauveur  une  louffranci  antici- 
pée; ntais celle  circonslanciin  appurlo  aucun 
«mbetliisitmmt  essûotiel  à-l*bistoire  de  Jésus, 
puisque  sa  prescience  de  H  passion  était 
iléjit  uonstalée  d'ailleurs.  La  tradition  ty- 
iiO|)lii|ue  n'a  fait  ici  que  douner  de  la  peioe 
aux  érangélistes  apocryphes;  car,  mieux 
éclairés  sur  leurs  intéréls,  ils  ont  chercha  k 
réparer  celte  bt>vue  des  premiers  évsngé- 
list(;s,  en  nous  jiréïentuni  cette  crainte  de 
la  uiorl  coiurae  une  ruse  de  Jésus  pour 
attraper  le  iJiabIc.  [Evang.  de  Nicod.,  dans 
Tbilo,  p.  806.} 

Quiint  b  la  question  sur  le  jour  du  cru- 
cineuieiit  et  ïur  celui  de  la  dcruîère 
cène,  nous  ne  parlerons  ici  que  de  la 
ditTérenco  daos  t'henre  du  cruciSement. 
Selon  Marc  (xv,  25),  Jésus  fut  crucillé  à  la 
li-oisième  heure  (vers  neullieures du  oialin]) 
neluu  JeoD  (iix,  \k),  au  coulraire,  Filalu 
iié^eait  encore  à  son  tribunal  vers  la 
sitièuie  heure.  Le  crucifiement  devait  être 
gravé  eu  traits  iiielTacabli-s  dans  la  mémoire 
u«  tous  les  témoins  oculaires.  Aussi  ta 
critique  la  plus  ancienne  a-l-etle  cherché, 
par  tous  les  moyens,  à  aplanir  celte  dilli- 
uulté;  et  parmi  les  solutions  qu'elle  a  don- 
nées, il  enestunequi  non-seulement  latis- 
f,iil  complètement  un  esprit  impartial,  mais 
qui  peul  encore  servir  à  donuer  uoeconQr' 
■nation  particulière  à  la  crédibilité  de 
l'évaagéliste.  Noua  voulons  («rler  de  i'hy 
polbèse  préseuiée  d'abord  par  Leclerc  el 
ilévaiop|Jée  ensuite  parTuwnson,  [Traitidet 
qaalre  £vangélistii,  part,  ii,  p.  ÛÂH.}  Dans 
cette  hypothèse,  Jean  au  serait  servi  du 
ualoul  romain,  qui,  comme  la  nAtre,  compte 
les  heures  depuis  minuit,  tandis  que  le 
calcul  juif  ou  lîabylonien,  prend  pour  point 
de  départ  le  commencement  du  jour.  Town- 
son  et  Bvtiig  {Etuda  et  eriiigiut,  1830, 1) 
ont  démontré  que  les  deux  autres  passages 
de  l'Ëvangile  oii  l'on  trouve  l'indication  de 
l'heure  (i,  40;  ii,6.),  s'expliquent  u'uuo  ma- 
nière satisfaisante  ,  en  admettant  celle 
hypothèse  :  et  cette  circonstance  est  déjà 
une  raison  de  présumer  qu'elle  doit  s'ap- 
pliquer aussi  eu  passage  qui  nous  occupif. 
une  chose,  il  est  vrai,  }iourrsit  ébranler 
cotte  Opinion  :  c'est  qu'on  peut  produire  des 
liaasagesdua  t-lBS'iqucs  du  temps  des  eni- 
l'ereurs,  tl'oiï  il  résulte  que  les  Homains  se 
sirraient  alors  du  calcul  babylonien.  [Ho- 
HACE,  Sat.  1,6,119;  MirtiAl.  i,  ép.  8;  Plihb. 
iyi^l.ncir,.ii,79.J  Mais.d'unautri:  cdté.Hug, 
urec  ia\as  eérudiliun,  a  démontré, dans  ses 
Itemarqutt  tur  IhUtotre  dt  la  patiioA  {Gax. 
d$  Fribourg,  u*  5,  p,  90J,  que  l'autre  calcul 
élail  égnleuieitl  en  usage  &  celte  époque,  et 
que  lesi  applications  en  élalent  aussi  fré- 
quentes. Ce  dernier  calcul  était  principale- 
uiHUt  u»iLé  dans  le  langage  judiciaire  :  et 
l<4  Pandecles  du  jurisconsulte  Paulus  nous 
apprennent  que,  sous  Alexandre  Sévère,  il 
était  encore  t^éuéralement  employé.  Ce  cal- 
cul parait  s'élre  introduit  eu  même  temps 
que  le  droit  romain  chez  les  Allemands, 
qui,  dans  l'origine,  cumptaieut  les  heures 


APOLOfiETiQUB.  Kk  i», 

comme  les  Juifst  è  partir  du  paiatdajur 
Il  n'y  aurait  donc  pas  de  rsisoiudstW 
ner  qu'il  eût  été  pareilietueDt  conou  de) 
Juifs.  £ti  eCTel,  Josèphe  se  lerl  taoiiidj 
calcul  romain,  tant6l  du  calcul  bai)jIaniQ. 
IComp.  De  vila,  c.  5ï,  àtec  De  billa  lui.ii, 
q.  3.)  Jean  devait  supposer  que  daoi  I'Ik 
Mineure,  ses  lecteurs  connaistaieul  le  ciki 
romain;  el  lu  martyre  de  Poljcaqie ,  ùa 
en  Asie  Mineure,  nous  en  offre  un  tu^^. 
(p..  Si.)  Maintenant,  li  nous  adaieltaii> ({L' 
Piiale  s'est  assis  sur  sou  tritiuml  un 
{ûnij  la  sixième  heure,  le  crucitieuieniiii, 
d'ailleurs  placé  environ  trois  beur»  ^t  | 
lard,  dans  la  neuvième  heure,  It  dlŒcu,  i 
se  trouve-t-elle  résolue?  On  devait  mtL- 
habituellemenl  i  peu  près  une  liemibiOR  ' 
pour  mener  les  condamnés  au  lieu  Jei  hf 
cutions,  ^ui  était  devant  les  porludu 
ville;  mais  l'épuisement  de  Jésus  g  ti 
rendre  cette  marche  plus  longue.  Euom 
il  y  avait  eu  encore  bien  lies  choses  à  iiih 
avaut  cela,  il  avait  fallu  que  les  DjallsiU'?. 
qui  devaient  être  crucifiés  avec  lésas  r- 
lundissent  prononcer  leur  seuteLce,  (|u  <k 
leur  iulllgeât  la  flagellation  atticiièt  e, 
supplice  de  la  croix;  que  l'on  prépitti  n 
tablettes  sur  lesquelles  devait  Être  éctii^ii 
sentence  {i  Birù).  Quand  ou  fui  sriitct, 
lieu  de  l'uxécuiiou,  il  fallut  le  \ewp-^ 
plantur  les  croix,  etc....  Les  lois  juriil^ 
des  Romains  viennent  même  uoiilinre .. 
la  crédibilité  de  Jean.  La  haine  couUeV 
sus  avait  rassemblé  de  très-grand  mm-t 
princes  du  peuple  devant  le  [lalais  dePiiU 
mais  ce  n'est  qu'à  six  heures  queci^^i-^^ 

tirononce  la  sentencr.  Au  temiis  ilc  n 
'Aque  .  après  l'équinoxc  du  [iriiileD|>i, 
c'était  l'heure  du  lever  du  soleil.  Otn;.! 
le  lever  du  soleil,  aucune  sunleucen'c:.^ 
considérée  comtue  Talide  par  la  lui  ro- 
maine. 

Eu  face  de  cette  loi  juridique,  qaellecK- 
olusion  le.  critique  D'aureiliMl  pas  tittt.t 
rapporté  solre  histoire,  si  ellBDOuji" 
montré  Piiale  reodanl  ta  seatenoeTen:- 
QuitT 

Cela  étsnt,  nous  ne  pouvons  voir  iia-' 
paroles  suivantes  du  critique,  qu'un  i" 
a  la  rhétorique  pour  couvrir  sa  rcl»; 
K  A  moins  qu'ici,  comme  au  tempi  ol^" 
chias,  l'aiguille  du  cadran  n'ait  aiarclic': 
arrière,  c'est  une  contradiction,  qui  at|-' 
être  levée,  ni  en  changeant  violemme''- 
maniëre  de  lire,  ni  en  iavoquaot  le  p- 
ûiTii  employé  par  Jean,  ni  en  préteiliDl  ■■■- 
capacité  des  disciples  à  bien  obsvner  i't<-' 
re,  au  milieu  de  scènes  si  douloureujË>  ' 
serait  peut-être  tout  au  plus  pouil'l*:-'' 
parvenir,  si  l'on  pouvait  prouver  gut 
quatrième' Evangile  se  sert,  pour  W/' 
les  Iteures,  d'uu  calcul  euliereniculil^ 
renl,  • 

L'histoire  de  la  résurrection  offre  un  Iî? 
champ  k  la  recherche  des  ditlèrtiKii- 
on  en  trouve  cITeclivemeat  piusiennJi-' 
cette    liisloire    eutre   les   synopli^us' 


Il  JEA  ÙcnONNMIlE  ArOLOGGTIQUe. 

m  (S3S3].Fersi>nnen«]ionse  àtiier  l'etis- 
Ke  de  cesdtlTérences;  mais,  d'un  nnlro 
lé,  on  ne  [«m  soutenir  qu'elles  sont  in- 
luhles,  sans  partir  du  la  présuiitingttiori 
ite  «rattiite  aue  chaque  évangélisle  a 
■lu  faire  un  récit  comiilel. 


tEK 


ifin 


nn  est  émnn*  de  Iroorer,  dansTc  onalrièm» 
Evangile,  an  ensemble  doctrinal  si  bien  en- 
chaîné, que  les  choses  les  plus  étrangères  en 
apparence  y  sont  liées  par  les  transitions 
les  plus  fines  de  la  pensée.  Enfin,  tandis 
que  les  premières  relations  présentent  sans 
cesse  une  notiTelle  ofiluence  de  pensées,  ou 
au  moins  des  images  toujours  nouvelles  des 
mêmes  idées  ,  le  quatrième  Evangile  n'est 
que  la  répélillon  dos  mêmes  formules ,  re- 
Tcnaiil  sans  fin,  comme  le  brull  du  balancier 
d'une  pendule.  Signalons  encore  une  diffé- 
rence r^pitale  dons  le  fond  des  pensées  :  on 
aeu  peine  k  trouver  cinq  sentences  qui  aient 
un  rapport  cunslanlavec  celtes  des  synopli- 
quas  ;  et  mtlme,  parmi  ces  sentences,  il  s'en 
trouve  BU  moins  irois  qui  sontévidemment 
hors  de  leur  vérilatile  place.  Cela  montre 
que  l'auteur  a  recueilli  seulement  quelques 
délsils  épars  de  la  tradition  évangéliquei 
portés  jusqu'il  lui  par  un  heureux  hasard, 
tandis  que,  dans  les  premiers  Evangiles,  les 
paroles  du  Christ  ont  pour  tout  principe  do 
stigmatiser  les  abus  du  culte  judaïque,  àv 
venu  tout  extérieur,  et  de  rendre  la  rie  à  la 
loi  en  évo(]uant  l'esprit  des  prophètes, 
Los  soupçons  du  docteur  Strauss  derîen-  comme  aurait  pu  le  faire  6  cette  époque  un 
nt  pour  lui  une  curtilude  complète,  )ors-  rabbin  juif  de  la  meilleuro  tendance.  La 
personnalité  mysliuue  du  Messie  apparaît 
dans  le.  quatrième  Evangile  comme  le  cen- 
tre de  tous  les  discours,  et  sous  les  formules 
de  la  philosophie  d'Alexandrie.  Et  devant 
qui  Jésus  pronouco-t-il  ces  discours  abs- 
traits T  devant  des  personnes  de  l'esprit  le 
plus  obtus;  non-seulement  devant  ses  dis- 


(lU. 
«(iMi  plni  s|)<cl«iiH  (MKhant  l«  umlèra  de*  di>- 
nn  de  J£«DS,if  après  tilnt  Jcui.  Réponws:  fmpoK^ 

llliù  de  l'iovenljuD  d'ua  type  autsi  purfait.  —  La  dlITâ- 
nre  qu'un  remarque  euire  les  porlralls  également 
tlilei  d'un  grand  homme,  peut  praTenlrdel*  richeiie 
e  l'nriglnal  et  des  tmoreasloiu  qu'il  ■  dû  bire  aur  les 
kfraf^e*.  —  Kientples  do  Lelbnllz  el  surtout  de  SÔ- 
nie  —  Autre  eienipie.  DilTérenoe  frappante  entre 
•>  leodancesde  l'KglIse  d'Orient  et  wllaa  de  l'Eglise 
*t((lenl.  —  Le  rarae'.^  permnnel  de  raint  Jean  > 
■  ledupawr  I  recueillir  et  ï  comprendre  bien  ée» 
hKo,  qui  anroiit  édiappé  aux  aulret  évangélistei. 
l'iillcur.  Slnuts  suppose,  i  tort,  qu'il  eilsle  entra 
srolalionide  saint  Jean  et  des  lynràfimut  une  dilTé- 
uce  toute,  daiu  la  rorme  etdaae  le  lona.  Are»  de  de 
r«ileetde  Strauss  lui-même.  —  Les  Ëlimenls  de  ce 
u'iiu  appelle  le  nsHictinie  de  saint  Jein,  se  retrou- 
m  iins  let  autres  âvangflistes  et  dans  saint  Paul.  — 
.ï  bui  de  saint  ican  a  ùIk  de  contempler  l'hlsiolre  du 
Mntw.  Timoigiufe  de  Cl émeot.d' Alexandrie.  -  Lm 
mispreieiertâvingijlistesrétuineui  la  poriioa  La  plu* 
iœiile  lies  discourt  du  lUirisl. 


'il  i-orte  ses  yeux  sur  les  discours  < 
iritl  rapportés  par  Jean,  et  sur  le  Ivpe  qui 
rèsnllf,  A  l'en  croire,  le  Christ  du  qua- 
itmt  Evangile  est  entièrement  dilTérent  de 
'lui  des  trois  autres.  Le  premiar  est  un 
rMiine  de  l'école  d'Aletnndrie,  lest:cond 
ifalibin  de  la  Palestine.  Résumons  d'à- 


ril  tous  les  arguments  qu'il*  apporte  en  ciples,  si  souvent  accusés  de  stupidité,  mais 
'Gur  de  cette  thèse  ;  nous  les  discuterons  encore  devant  les  pharisiens,  dont  rinfelli- 
>Hite.  gence  était  fermée  aux  sentences  de  murale 

les  plus  élémentaires;  devant  de  simples 
femmes,  comme  le  Samaritaine  et  Marthe. 
Se  Ift  cette  plainte  fréquenta  :  •  Les  hommes 
entendent  dans  un  sens  chornel  ce  qui  est 

_  _ _     dît  dans  un  sons  sjilrilue).  ■  D'ailleurs,  eût-il 

mGpersonnage,deux  recueilsdediscours  été  possible  h  qui  que  ce  tùl  de  conserver 
lemenl  dissemblables,  que  chez  l'un,  tous  dans  sa  mémoire  des  discours  de  ce  genre, 
discours  soient  empreinis  du  cachet  de     el  cela  jusqu'à  l'âge  de  quatre-vingts  ans  t 

Hais,  de  plus,  les  Epltres  de  Jean,  dont  les 

sentences,  sans  cesse  répétées,  ressemblent 
parfaitement  aux  discours  de  Jésus  dans 
l'Evangile,  ne  sont-elles  pas  là  comme  uu 
document  incontestable,  pour  prouver  que 
ces  discours  ne  sont  que  des  fictions?  Enlin, 
si  l'on  prétendait  encore  parer  ce  dernier 
ooup  en  disant  que  le  disciple  a  pu  s'accou- 
parslioles,  qui  était ^à  la  portée  du  peuple  fumer  b  imiter.  Jusque  dans  ses  nuances  les 
>ropre  h  la  Palestine.  Au  contraire,  la  plus  fines,  la  forme  des  discours  de  son  mal- 
IhodedeJean  porte  un  cacbet  tellement  lie,  nous  voudrions  bien  savoir  ce  qu'on 
trait  et  mystique,  que ,  si  l'on  avait  eu  nous  répondrait  quand  nous  mootrerions 
wnsée  d'opposer  un  type'  contradictoire  qu'il  a  luis  dans  la  bouche  de  Jésus  des  dis* 
a  méthode  de  Jésus  dans  les  premiers  cours  devant  lesquels  l'exégëte  supernatu- 
ingiJes»  il  eûl  été  difficile  d'en  inventer  raliste  lui-même  s'embarrasse,  ne  sachant 
plus  parfait.  Tandis  que  la  première  re-  oullemenl  s'ils  n'aiipsrtiennent  pas  plutôt 
uo  érangélique,  oil  les  discours  auraient  6  l'évangéliste  [cbap.  m,  16-21).  C'est  au 
co  semttle,  être  le  plus  liés,  se  contente  point  que  le  docteur  Lucke  s'est  vu  dans 
nous  donner  cas  discours  en  fragments  l'impossibilité  de  nier  que  ■  la  main  de 
n  mal  assemblés;,  el  comme  des  restes  l'évangélisle  ne  paraisse  »  en  ces  endroits. 
«ppéB  k  raelion  délétère  d«  It  iradilioa ,     Hais  quand  m4me  ou  attribuerait  i  Jésus  de 

B^)  Oa  peut  voir  là-<leuus  le  uvant  ouvrage  de  G.  WeiU  (Démoim,  4taig.t  é<Ul.  Miane.)  — 
lus»  ne  l'a  jias  incmc  Cili5.  __  ' 


L'tiisloire,  demanile-t-il,  fournit-elle  on 
'onJ  Exemple  de  discours  aussi  diffé- 
its,  prononcés  par  un  seul  et  même  indi- 
uTEt  puis,  a-l-on  jamais  tu  deux  his- 
mt  attribuer,  chacun  de  leur  cOlé,  eu 


■iniplicilé,  fandifl  que  chez  l'autre  tous 
un  caractère  mystiijueT  Quelle  dilfé- 
icc  entre  le  Cbrtstdcs  premiers  Evangiles 
celui  du  quatrième,  aussi  bien  dans  la 
ne  que  dans  le  fond  des  eirseigncmenls  I 
^l  les  synoptiques,  les  discours  du  Christ 
pellent  tout  à  fait,  quant  k  leur  forme, 
le  méthode  d'enseigner  par  senlenceret 


I8U 


J£& 


DICnONNUBE 


femblablet  BpAealalioBSi  qui  sppartiennrnt 
si  visiblement  h  JeaD,  aurait-on  pareille- 
ment le  frODl  de  regarder  réellenitnl  comme 
des  pensées  de  Jeaa-Bji|>iigie  tous  les  dis- 
cours que  ce  persoooage,  si  simple  et  si 
modeste,  prononce  dans  les  formules  mjrs- 
liques  qui  nous  révèlent  lrè»4lairement  la 
main  de  JeanT  (Cbap.  i,  15-18,  et  m,  37-30.) 
Véritablemenl,  à  moins  de  répudier  toute 
espèce  de  critique,  il  faut  arouer  que  quel- 

3ue  Juif  chrétien,  Tersé  dans  la  philosophie 
'AJeiandrie  et  appartenant  i  l'école  de 
Jean,  a  rpcueilli  les  discours  de  Jésus  dans 
des  traditions  déjà  très-exagérées,  les  a 
encore  emhdlis  dans  sa  projjre  imagination, 
pt  que,  les  trouvant  tron  peu  éleTés,  trop 
judaïques,  il  les  a  remplacés  par  d'autres, 
n'a-i-il  pas,  du  reste,  appliaué  ce  sj'Sième 
aux  faits?  Il    est  impossible  d'en  douter 

auand  ou  le  voit  donner  h  ceux  que  la  tra- 
itiun  raconle  le  dernier  dogré  de  l'orne- 
nientalion  mystique,  et  intercaler  des  récils 
tels  que  ceux  de  Nicudème,  de  ia  Samsii- 

taina ,  de  Lazare ,  etc dont  aucun  n'a  le 

moindre  fondement  historique  T 

Tels  sont,  dans  leurs  parties  efsentielles, 
les  argumeuls  de  la  nourelle  critique  qui 
Tienneut  renforcer  les  ProbabUia  in  fireta- 
cbneider. 

Si  le  lecteur  cbrélien  c  été  troublé  un 
instant  par  ces  diflicullés,  voici  une  réflexion 
bien  propre  à  la  tranquilliser.  Peut-on  réel- 
lement penser  que  ce  Ij-pe  du  Christ,  consi- 
déré dans  tous  les  siècles  et  dans  lous  les 
lieux  comme  l'idéal  absolu  de  l'homme  ,  ce 
lype  qu-cn  ne  retrouve  nulle  part  ailleurs 
dans  la  pensée  humaine,  suit  dû  k  l'imagi- 
oatioD  d'un  homme  obscur,  au  travail  arbi- 
traire  et  accidentel  du  cerveau  d'un  rêveur 
inconnu*  Et  si  une  pareille  supposition 
était  admissible,  la  couronne  posée  par  la 
reconnaissance  de  l'Eglise  sur  la  tête  du 
héros  de  celte  biographie,  n'eûl-elle  pas  été 
arrachée  pour  être  placée  sur  le  front  de 
l'auteur? 

Passons  maintenant  h  ce  que  nous  avons 
b  opposer  à  ces  dilUcultés,  dont  nous  ne 
contestons  pas  l'imporlance.  On  peut,  il  est 
vrai,  au  premier  abord,  regarder  comme 
incroyable  que  le  même  homme  ait  servi  de 
modèle  aux  deux  portraits  si  différents  des 
synoptiques  et  du  quatrième  Evangile,  et 
que  cependant  ces  deux  portraits  soient 
réfallement  ressemblants.  Mais  n'en  est-il 
pas  des  hommes  comme  des  pays,  où  les 

ftoinis  de  vue  se  multiplient  à  proportion  de 
eur  richesse  ?  La  richesse  du  Christ  ne  nous 
donne-t-elle  [las,  à  elle  seule,  une  explica- 
tion bien  suliisBQte  de  celte  différence?  11 
est  fort  possible  que,  dans  le  travail  du 
biographe  comme  dans  celui  du  peintre,  la 
personnalité  de  l'auteur  vienne  déterminer 
la  couleur;  et  comment  nourrait-il  en  être 
autrement?  N'est-il  pas  de  l'essence  de  l'art 

Îiue  l'ohjet  soit  reflété  dans  l'esprit  de  l'ar- 
i8(e  ayant  d'être  représenté  (lar  lui  ?  Uais 
8 ensuit-il  que,  sur  un  cerluiu  nombre  de 
portraits  se  retlélaiit  différemment  dans  des 
individualités  différentes,  un  seul  puisse 


iPOLOGBIlQDE.  JEA  m 

être  ?rai  ?  Certes  il  faudrait  avoir  tme  Met 
bien  mesquine  de  la  vérité  pour  le  Molenir, 

Si  nous  avons  de  la  peiue  k  dmu  pet- 
snader  que  deux  phénomènes  luui  tan- 
tiellement  différents  puissent  devoir  W 
originel  un  seul  et  même iadiviJn, il ^m 
certainement  en  chercher  la  prioeipile  ou» 
dans  notre  insuffisance  è  nous  rerrésmitr 
des  génies  d'une  nature  si  élevée.  Co  gnni 
homme  est  comme  le  minerai  de  Coriaiht, 
qui  fournit  k  l'un  le  fer  de  sa  charrue  eli 
1  autre  l'or  de  son  diadème.  Que  de  chosti 
réunies  dans  Leibnilz,  ce  sommi  re  dn 
quatre  facultésl  Que  d'élémentsdiTerttirti 
de  son  génie  par  différents  individus  1  Uib 
celui  qu'il  nous  faut  surtout  citer  ici,  c'nt 
ce  sincère  ami  du  vrai  qu'un  a  voulusisou- 
Tent,  dans  les  temps  peu  éclairés,  ramt'im 
d'une  manière  absolue  au  Roi  de  la  vérité. 
Quelle  abondance  des  éléments  les  plu)  it- 
riés  dans  les  discours  de  l'homaie  qui  i 
servi  de  point  de  départ  k  tant  d'ecui'i  phi- 
losophiques si  différentes!  L'antiijuiiéeiil 
dix  écoles  qui  lui  durent  leurorigineirAi:*- 
démique,  la  Cynique  ,  la  Méganque,  l'Epi- 
curieune,  la  Péri[iaiélicieniie,  in  CjrâiiiiqDr, 
laSloïque,  celles  d'Ëlis  et  d'Brélrie.  Saru 
suivre  tous  les  détails  de  ce  cstalo^ur, doui 
demanderons  s'il  est  admissible  que,  dm 
les  discours  de  l'homme  <iui  a  (our-ii  i 
Xéuophon,  h  Piston  elh  Arisloie.iatMHdc 
leurs  opinions,  il  n'y  ait  qu'une  seule  o- 
pèce  d'idées?  Hais,  laissant  Socrale  pour 
passer  au  Roi  de  la  vérité,  nous  dsiian- 
derons  s'il  n'y  avait  (las  une  personniliii 
importante  dans  celui  dont  lesdistouK. 
quoique  conservés  un  très-petit  DOU)br«,D<iI 
suffi  pour  produire  cette  série  innomlinlile 
d'idées  et  de  systèmes  qui ,  depuis  tooip- 
parilion,  sont  devenus  les  forces  molrim 
du  monde  moral?  Et  si  aouscoDTeaonidcct 
point,  n'auiions-nous  pas  lieu  Ja  uousiw- 
ner  si  la  forme  et  le  înndf  do  ses  dijcwi 
étaient  toujours  identiques?  Ne  nmed- 
nous  pas  plulAt  en  droit  d'exiger  i^niri 
de  la  personnalité  de  cul  homme,  qu'uullïe 
aussi  richo  se  réfléchisse  dans  piui^'uu 
miroir?  £t  l'expérience,  d'un  autre  cùi^ 
ne  vient-elle  pas  nous  apprendre  iju  d 
type  du  Sauveur  n'est  commet  qu'earïllfli^ 
saut  le  Christ  des  synoptiques  et  celui  ilt 
Jean?  Le  mot  du  poète  trouve  eneoreid 
son  application  :  «  Celui-li  seul  quiealend 
toute  ta  voix  de  la  nature,  peut  saisir  m 
harmonie.  ■  à 

Nous  croyons  qu'on  ne  pensen  p>iH 
maintenant  a  faire  une  ot^ection  séritw 
sur  ce  point.  Mais  il  existe  une  diffienU* 
d'une  autre  espèce,  qui  nous  fait  dooltr 
quela  différencede  Jean  et  des  )yQ0|>^4iiEj 
puisse  trouver  son  ctplication  suËupi^ 
dans  la  richesse  de  l'esprit  de  l'homuie  diiii< 
ils  nous  fout  le  portrait.  On  parviendn ce- 
taioement  à  s'expliquer  de  la  manière  quf 
nous  venons  d'exposer,  la  préduatioiçi*' 
d'un  genre,  et  pour  la  forme  et  pour  le  f»"' 
dans  les  histoires  où  sont  consignées  Wi  t*" 
rôles  des  grands  hommes.  Mais  celtt^"' 
pUcalioa  est-elle  suflisaate  lorsqu'il  it^ 


JE& 


■MCnONIUBIE  &POLOCCTIQ0K. 


lie  dn\  réàts  de  difcoan  complélémeDl 
diffémiU  dans  la  forme  et  dans  le  fond  I 
Par  exemple,  le»  hisloriena  qui  se  renaissent 
l'oor  Doos  dooDer  le  premier  récil,  «Mit 
lool  ï  fail  élrangers  ao  conleoa  du  second, 
et  l'anleur  da  second  récil  connaît  si  peu 
les  discours  du  Dremier  qu'il  est  presque 
impouible  de  aécoarrir,  dans  quelques 
points  fugitifs,  les  moiiidres  aufques  a's^ 
aoîlé  :  dans  ooe  pareille  eircottstaoee,  la  cri- 
tique ne  fie  troove-l-elle  pas  poussée,  nul- 
p-é  elle,k  n'^oulerloi  qu'i  one  seule  des 
-ela  liens? 

Nous  Terrons  par  suite  que  la  différence 
>3t  présentée  d'une  manière  lrès~exsgérée; 
A  qu'en  outre  on  peut  donner  des  raisons 
le  celte  différence.  Adoieltons,  pour  le  ma- 
nenl,  que  les  deux  récits  évangèliques,  fris 
Isos  leur  ensemble,  paraissent  être  coin- 
■osés  comme  i  dessein  dans  deux  genres 
lilférents  pour  la  forme  et  pour  le  fond; 
4  eisiiiinonsde  plus  près  s'il  est  incroyable 
lue  des  disciples,  avec  deux  leodances 
l'esprit  toutes  différentes,  aient  pu  se  par- 
■ger  d'une  mtoiére  aussi  frappante  sur  le 
onds  des  enseignements  de  leur  maître, 
'o.i'tms  également  si  deux  genres  toutk  lait 
ifférentsde  discours  ne  peuvent  pas  h  la 
Dis  èlreféritablemenl  historiques.  Comme 
lo  rwsonnemeot  apneri  est  bien  loin,dans 
loe  qoestioa  de  celle  nature,  d'areir  la 
Dr*«  des  preurea  historiques,  nous  attein- 
rons  beaucoup  plus  certainement  notre 
ul,  en  examinant  les  docameots  qoe  nous 
DssédoDs  sur  le  carnclère  et  la  doctrine  des 
eux  hommes  si  richement  donés  du  ciel , 
intnous  avons  parlé  précédemment,  Leib- 
ilz  et  Socratv.  Il  est  certain  que  le  système 
sLeibnitza  pour  basa  de  hautes  intuitions, 
li  ne  peuvent  procéder  que  d'un  esprit 
entablement  spéculatif  et  («étique  louli 

fois;  et  tel  était  le  génie  de  Leibnitz  aveo 
<otB  son  érudition  historique,  et  malgré  sa 
rédilection  pour  la  démonstration  mathé> 
atîque.  Il  joint  k  cela  nn  instinct  de  la  do- 
inalion  de  la  nature,  qu'il  partage  avec  les 
Mix  Bacon.  Seulement,  la  science  de  la  na- 
re  n'a  jamais  i  ses  yeux  la  force  de  vérité, 
je  lorsqu'elle  se  relève  dans  l'esprit  hu- 
•in,  rayon  réfléchi  du  soleil  étemel.  De 

l'imporunce  qu'il  attachait  à  l'inven- 
>n  de  nouveaux  moyens  et  de  nouveaux 
viers,  non-seulement  pour  l'industrie, 
lis  encore  pour  les  sciences  morales.  Or, 
laod  il  s'agit,  comme  dans  le  cas  présent, 
isposer  l'essence' moraled'unhumme  dans 
sprit  duquel  la  tendance  de  la  connais- 
tice  et  celle  de  la  pratique  sont  ésalement 
raoïes,  où  trouver  un  biographe  capable 

rendre fbomme  toat entier?  11  n'y  en  a 
m  «D  jusqu'ici  pour  Leibnitz.  Il  y  a  des 
mmes  dans  lesquels,  comme  ditShakes- 
are,  chaque  |>ouce  est  un  homme,  et  dont 
nage  ne  peut  être  bile  que  par  parties , 
rcu  que  chaque  li^ne  demande  un  homme 
ur  la  décrire.  Eu  considérant  Leibnitz 
mme  philosophe,  Wolf  a  passé  longtemps 
ur  sou  plus  tubile  interprète,  et  il  l'est 
effvt  en  ce  qui  touche  le  corps  de  sa 


philosophie  ;  il  est  reronnu  pourtant  mil  a 
bien  peu  compris  le  sens  intime  de  ses 
axiomes.  Le  principe  de  la  raison  suffisante, 
la  doctrine  des  monades ,  l'harmoDia  pré- 
Âablie,  etc.. ,  se  transforment  étrangemeol 
entre  ses  mains.  Les  écrits  de  Wolf.  et  en 
particulier  les  Pauéti  raUamnablet  tw  iKan* 
sur  /s  mmde,  t$  Fâmt  de  TAesMU,  nous 
montrent  k  quel  point  un  disciple  peut  élr« 
familiarisé  eu  général  avec  le  sysièms  de 
son  maître,  tout  en  restantabsolumentélran» 
ger  h  eeruins  cdlés  de  ce  système  ;  sous  ee 
point  de  vue,  ils  nous  fouraisseol  an 
exemple  pour  la  question  qui  nous  occupe. 
Cepeudant,  comme  nous  ne  pouvons  pro- 
duire, auprès  de  Wolf,  aucun  autre  disciple 
da  Leibnitz  qui  ail  principalement  saisi  la 
cAté  spéculatif  et  poéiique  du  système  de 
son  maître,  et  que  Woti,  se  serl  toujours 
des  expressions  de  Leibnitz  pour  désigner 
les  vérités  mêmes  dont  le  sens  intima  uelui 
était  pas  complètement  connu,  nous  n'avons 

SBS  encore  lexem|ile  que  nous  cherchons, 
■ssons  donc  k  Socrsie. 
Noos  trouTous  ici  tout  ce  dont  nous  avons 
besoin.  Deux  récits  sur  le  même  homme 
se  présentent  è  nous,  celui  de  Xéiiapliou 
et  cehii  de  Platon,  et  nous  ne  pouvons  mé- 
connaître la  similitude  complète  des  rap- 
ports qui  ekisteot  entre  eux,  avect^cusqui 
eiisteul  entre  les  Kvaugilef  synoptiques  et 
l'Evangile  de  Jean.  Hous  élablisMins  doue 
un  parallèle  naturel  entre  le  récitde  Jean 
et  celui  de  Platon,  et  entre  le  récit  des  sjr- 
noptiques  et  celui  de  Xénopbou.  Mais 
tommea-nous  donc  certains  que,  itans  le 
récit  de  Platon,  c'est  bien  le  véritable  Sa- 
crale, que  nous  avons  sous  1^  yeux  ?  Qui 
nous  garantit  que  le  Socrale  de  Platon, 
o'bsl  pas  un  simple  masque,  comme  celui 
d'AristOjihaue  7  L'antiquité  elle-même  ii« 
nous  a-telle  pas  mis  sur  la  voie,  en  nous 
raconiAot  que  Socrate  entendant  lire  le 
dialoi^e  de  Platon  intitulé  Xym ,  s'était 
écrié  :  «  Qu'est-ce  donc  que  tout  ce  que 
ce  jeune  homme  me  fait  dire  ?  >  Kt  s'il  en 
est  ainsi,  à  quoi  peut  servir  ce  parallèle 
historique,  si  ce  n'est  è  fortider  de  plus  eu 

Elus  nos  soupçons  contre  le  Chrisît  de  Jean? 
I  existe  de  Brandis  un  travail  très-solide 
intitulé  :  TruUi  (ondamentamx  de  ta  doctrnu 
de  Soeratt.  (1"  u*  du  Mmiée  du  Skim.)  LVu- 
leur  y  prouve  en  grand  deuil,  par  les  écrils 
d'Aristoie,  qu'un  grand  nombre  des  éléments 
spécnlaiils  de  le  philosophie  de  Platon 
doivent  être  altribuéskSociate,  et  il  désigne 
quels  saut  ces  éléments.  Il  existe  aussi  dans 
les  TraiUt  d»  l'Académie  da  teitntta  de 
Berlin {l«3k-3i),  au  travail  de  Scbleierma- 
lUier  sur  la  mUcht  de  Soerale  eaaeidéré 
commte  pkUotophe  ;  il  a  la  même  tendance 

Sue  le  travail  de  Brandis,  et  il  serait  hou 
e  les  comparer.  Ces  recherches,  ainsi  que 
celles  de  RiUer,  ont  [trouvé  que,  k  la  vé- 
rité ,  Xéuopbon  contient  encore  quelques 
indications  des  éléments  speculatiu  ;  mais 
que  les  matières  sfiéeulatives,  «Mume  U 
vrai*  scinice,  l'eeeeiue  de»  ckotet,  ia  wtélktdê 
de  dé/uùti^»  tt  d'iadvclioR,  se  truuvcul  ebez 


vsn 


IKK 


DICTiONnAlEE  APOLOCETIQUC 


lui  coinpIdtKintïnt  nibainsés  dans  In  spbèro 
popuiaira  et  pratlquo.  La  philosophie  la  plus 
iMuvelle,  défavorable  d'ailleurs  i  Socrate , 
)e  déclare  elle-mâme:  au  moins  en  ce  qui 
concerne  la  forme,  Platon  estoclui  qui  nous 
&  laissé  le  portreit  te  plus  Qdôle.  (Voif.  les 
(K.uyrei(ifihegH\;Hittoiredilaphitoêopkie, 
part.  XIV,  6,  iM.)  Vuilk  bien,  dan«  toute  sa 
pléoitude,  l'eiflinpte  que  nous  cberchioas, 
Oo  voitqu  un  écrivain  d'uae  tendance  com- 
pJitement  pratique  peut  rester  étranger  au 
eftlë  idéal  de  son  mettre,  au  point  de  ns 
pouvoir  communiquer  qu'un  petit  nombre 
d'éléments  spéculatifs,  et  seulement  «près 
les  avoir  tradiiilsdsns  la  liugue  pratique. 
Hais,  indépendamment  de  ces  preuves 
exotiques,  nous  se  pouvons  nous  empé- 
cber  de  rappeler  ici  aue,  dans  t'Eglîae,  on 
a  vu  certains  points  aeia  vérité  chrétienne 
elle-même  se  développer  d'une  manière 
exclusive,  selon  la  force  de  ceacepUon  des 
individus,  et  d'autres  points  de  la  même 
vérité  être  laissés  an  arrière.  Quelle  diffé- 
rence entre  les  tendances  de  l'Ej^liso  d'O- 
rient et  celles  de  l'Eglise  d'Occident;  la 
première  prenant  pour  centre  dt>  son  dé- 
veloppement spirituel  la  notinn  de  Dieu,  la 
seconde  celle  de  l'hommel  Pou-r  un  grand 
nombre  du  nus  contemporains,  n'eslHie 
pas  dans  le  quatrième  Evangile  seultment 
que  le  Fils  de  Dieu  se  rt^vèleT  Ht  cenendsnt 
Jowetnous  apprend  quel'Kvflngite  de  Jeon, 
aveesa  profocideurm/slérieuse,  est  A  peine 
connu  dans  l'Ejjlise  grecque  acluellH,  et  que 
la  foi  n'y  trouve  son  altmeni  qun  dans  les 
trois  prumiors  Evan){ilesl  S'il  est  possible 
que  dans  dus  £t'><s«9  chrétiennen  tout  en- 
tières, certains  cdtés  de  l'Evangile  demeu- 
rent  inaperçus  par  suite  del'affaibltssGment 
(l'un  organe  intérieur,  comment  cela  ne  se- 
rait-il pas  arrivé  parmi  les  disciples  rela- 
tivement aux  discours  du  SeigneurT  Si  Jeatt 
était'bien  réellement  uaede  cesAmes moins 
propres  à  produire  qii'à  recevoir,  qui  sa 
cooiondent,  par  un  anandon  intime,  aveu 
la  personnalité  de  leurs  conducteurs  spû-i- 
luels,  et  qui  s'abandonnent  naturellement 
à  tout  ce  qui  s'adresse  b.u  cœur  (une  âme 
de  Marie,  par  opposition  à  celle  de' Marthe), 
on  n'a  certainement  pas  ledroit  de  s'éloiï> 
ner  que  cet  apAtre  ait  recueilli  et  compris 
bien  des  choses  qui  eussent  échappé  aux 
autres.  Or,  telle  eteit,  pouvons-ouus  dire, 
la  personnalité  de  Jean.  Pour  le  prouver, 
nous  nous  appuierons,  avant  tout,  sur  ce 
que  l'exposition  évangélique  elle-même 
nous  apprend  de  la  préférence  que  lui  ac- 
cordait son  maître  ;  car  co  rapport  s'établit 
ordinairement  entre  un  maître  et  sou  dis» 
ciple,  quand  le  disciple  présente  une  nature 
decegt;nre.  Nous  pruduiioos  ensuite  Culte 
tendre  discrétion  qui  le  fait  se  placer  lui- 
même  dans  l'arrièrti-plan,  et  la  recomman- 
dation que  lui  adresse  le  Sauveur  mourant 
de  soigner  sa  mère  qu'il  laisse  après  lui 
sur  la  terre.  L'histoire  postérieure  et  les 
traits  de  son  caractère,  que  l'antiquité  nous 
■  transmis,  nous  fourniront  aussi  des  preu* 
ves;  car,  malgré  le  rapport  intime  qui  l'u- 


nissait an  Sanvenr,  nous  ne  le  tojoni|«i 

se  maître  en  «vaut  «vec  une  mile «dtiiif 

Nous  avons  raisonné  jusqu'ici  daunct 

présiLpfMuition  d'une  critique  défovinUe 

au'il  esîsle  entre    les  deux  relsttoHw 
ifférence  totale  dans  la  forme  et  (liu>c 
fond.  Or,   cetie  nrésupposition  est  ii^. 
De  Wette  lui-même  avoue  qu'il  ys.tntr! 
les  deux  relations,  dos  rapports  diai i: 
forme  et  dans  le  fond  ;  et  Strauss  n'en  (i 
convient  |ias  complètement.  D'sbflnl,  i>ti 
important  de  ns  pas  l'oublier;  lorsqu'il» 
qu'Slion  de  cette  dilférencp,  on  a  toDJNn  , 
devant  les  yeux  les  discours  dogmiliqun;  l 
dans  les  autres  discours,  auiquelsse  mïlili  | 
marche  de   l'histoire,  il  y  a  onlinsirtmctii 
eoncordince,  sauf  quelques  petites  varii». 
tes  que  l'on  trouve  toujours  dans  les  rcli- 
tions  d'auteurs  différeais  :  telles  sont  celln  | 
des  récits  de  Pierre   reniant  son  maître,  6t  \ 
la  femme  qui  parfume  tes  pieds  du  Sau- 
veur, de  Pitate,  etc....  Pour  ce  qui  regirif 
les  discours  doçnnatiques,   voyez,  quint  t 
la  forme  parabolique,  Joan  r,  35;  m,  8:  ir, . 
tt-38;  IX,  39;  x,  1  et  sniv.;  xv,  1  ri  soir;  | 
XVI,  SI,  25;  quant  è  la  forme  de  l'argunen- 
lation  avec  les  pharisiens,  x,  3h;  et  è  li  no- 
lémique  pratique  contre  eoi,  v,  39,  ii,  Ui 
VII.  19.  On  trouve  des  senUnres  coiKoHai* 
les,  Joan,  Slii,  1«,  XT,  30.  Coiun.  Malîk,  i. 
2V.  —  Joan,  m,  2b,  3S,  36.  CuR>r.  «lUi 
x,  38,59.  —Joan.  ii.kk.  Coffip.  Matik.  m. 
&T.  —  Jeoit.  xiii,   90.  CoDi|).    JU/itth.  i.U. 
-~Joa«.    XIV,  31.   Cnm|i.  Jfo^lA.  iiTi,  U. 
Nous  examinerons  ici   de   plus  t  ri:tii-Bl>'- 1 
uieni  queiques-uns  des  points  ilaii»  losiju  If 
tes  premiers   Ëvaiieiles  s'accordvnt  Heeli  | 

Îuatriôme.  On  attrimio  noiuméuienl  iim 
es  trois  points  de  doctrine  suiiault.  û 
c'est  ce  qu'on  appelle  son  fflysricini(.'l''t 
dogme  des  rapports  mystiques  du  Filuw 
le  Père;  £■  du  Sauveur  avec  les  cn>,F»l>l 
3*  la  grande  importance  attachée  k  l'«Mr, 
et  en  particulier  k  l'amour  du  protbim.^ 
ees  éléments  des  discours  du  Ctiritf  a't(>- 
partiennent  pas  BU  Maître  et  qu'il  fulIslH 
attribuer  soit  A  l'imagination  d'un  éi»i|)l« 
du  Clirisl,  écrivant,  dans  ses  demièreiu- 
uées,  l'tiistoire  de  son  maître,  soitméoiti 
an  laussaire  du  ii*  siècle,  il  est  cliirqo'M 
ne  doit  trouver  aucune  doctrine  aoaioi;iK'. 
ni  dans  les  jtremiers  Evangiles,  ni  dtm  Itt 
écrits  apostoliques.  Or,  maintenant  cos** 
ment  expliquera- l-on  la  présence  dans  Mai* 
thiau  (il,  37)  d'une  sentenne  qui  resseiDl)> 
tant  à  celles  de  Jean,  më^e  daiii  la  iofii'. 

Ïue  la  personne  la  ittoins  versée  dans  Ici 
critures  ne  renlendra  pas  prononcer  sim 
croire  qu'elle  est  tirée  du  qu<itriàiiM£Tii>* 
gile?  (Gorup.  la  manière  donl  Jeanssift 
de  l'aniithàfe  en  combinant  l'ttOirmaiiaa  ri 
la  négation  (/y  Joan.  ix.)  Si  cette  idée  m})' 
tique  n'est  pas  autre  chose  qu'uae  intui- 
tion arbitraire  de  l'auteur,  commenl  «^'1*  ' 
il  qu'vlle  se  retrouve  dans  ta  trdd.liott  ge<x* 
raie  des  Evangiles  T 

Mais,  6i  l'unité  mystique  duFilssltm 
Père  (qu'on  veut  faire  passer  pour  uWiJ* 
Atexaiidrine]  est  enseignée  dans  le  pVft* 


DICTIONNAIRE  APOLOGETIQUE. 


JEA 


1511) 


bil.  Nous  le  voj'OQS,  lorsqu'il  s'iigU  dos  fui  s 
de  la  lie  du  CtirUt,  passer  la  plus  fcrarid» 

fsrtie  des  choses  qu'on  (rouTa  chez  les  an- 
reS)  et  ne  concorder  nvec  eux  que  là  peul- 
Atreoàil  a  quelque  chosa  de  |iarticuiierà 
raconter,  ou  desdiMoursi  raliactier.  Unu 
telle  conilutie  ne  doit-elle  pas  noos  tnitf 

Prâsumer  que  son  but  a  été  de  compléter 
bisloireTEtsi  celle  présomptioa  Ml  «abi- 
ble  pour  les  faits,  pourquoi  ne  )e  serâlt- 
elte  pas  aussi  puuries  JiscoursT 

Clémeot  d'Alexandrie  nous  fournit  u\\ 
document  [2336J  qui  s'uppuie  sur  gne  tra- 
dition plus  antienne,  et  nous  apprend  que 
l'évaogélistt),  à  la  prière  de  ses  amis,  a  i^cril, 
untiayyiltm  xMUfiaTtxJii  en  Opposition  aux 
liayyïiia  aiuiiaTixà;  le  fragment  découvert  par 
Muraluri ,  nous  fournil  un  Lémoignagi)  du 
II'  sièi^le  eu  faveur  de  ce  document.  Ces 
témoignages  externes  concordent  avec  les 
résultats  de  l'examen  iotrins6i|uo  du  qua- 
trième Kvangile.  Or,  si  cel  Ëvnngiluaélà 
écrit  pour  servir  de  complément  aux  au- 
U-es,  que  ce  soit  datis  un  intéièt  dogma- 
tique, ou  dans  un  inlérét  historique,  Id 
diiTérence  de  la  matière  se  trouve  com- 
plètement expliquée.  Credner  a  publié  . 
depuis  quelque  temps,  une  nouvelle  Jn- 
(roduction  crilique  à  l'Evangile^  dans  la- 
quelle il  s'explique  d'uno  manière  conforme 
aux  anciennes  traditious  (xix,  35  et  xx,  31); 
mais  il  conjeclure  que  le  quatrième  Gtaii- 
giie  a  été  écrit  principaleiueut  pour  uo  pe- 
tit cercle  d'amis,  Sons  admettre  avec  lui 
cette  desliuulîon  de  l'Evangile,  ne  couçoil- 
on  pas  des  raisons  spéciak'S  (par  eiempte, 
l'inlenlioa  d'écrire  pour  une  certaine  classe 
de  lecteurs),  qui  ont  pu  influer  t)eaucoup, 
sinon  eiclusivemcnl,  sur  le  choix  des  ma- 
lîères?  Quanti  ce  qui  regarde  les  Evangi- 
les synoptiques,  il  résuUe  de  toutes  le.> 
recherches  de  la  critiqueque  leurs  rapports 
écrits  ont  pour  basenu  cercle  de  tradition» 
orales  déjji  fixé:  on  ne  doit  donc  pas  de< 
mander  pourquoi  ils  ODt  choisi  précisémei.l 
ces  matières,  mais  plut&t  pourquoi  ces  ma- 
tières se  trouvaient  furmir  le  fond  prédo- 
minant de  la  tradition  orale?  La  répouse  à 
cette  dernière  question  se  irouve  dans  In 
nature  de  l'esprit  de  la  plupart  des  ppâlreD, 
dans  le  peu  de  compréhension  du  plu:i 
grand  nouihra  de  leurs  premiers  auditeurs, 
Kl  surtout  dans  la  plus  graude  facilité  aveu 
laquelle  on  retenait  des  discours  du  geniu 
du  ceux  que  les  premiers  éf  angélistes  uuuji 
présiiUleiit. 

9IV- 
Nouretle  objection  de  Slniwia  sujet  dudiitcoun  que  lo 
qiutritme  EviatiHe  «llribue  k  Jean-BupUste.  RËpoibC. 
—  Li  reMemblance  du  skjls  de  nfiii  Jean,  daa*  mt 
«plLree,  *vec  celol  du  Siaveur.  diu  rttauflle,  dui- 
eue  «tlribuée  \  ooe  fusion  de  u  "le  Inlcrieure  du  du- 
cipleivecl'eiprildesounallre.  EiemplesMuloRUM  : 
duu  rtfUse  priinltlve,  »lni  Cloimeiii  de  fiome,  lainl 

'ÎMi)  C'ett-i-dire  l'idée  du  Christ,  telle  qu'elle  (Î350)  Voy.  Eusèbe.  I.  vi.  »*--/^S-, »""'''» 

1  préMuiée  par  5.  Jean.  fragnien;  de  Ttiéodore  de  Mopsneste,  uaiia  toriis- 

tilji;  Le  docteur  J.  Kuhn  a  irès-bicu  éUbli  le  ri»t  :  Caltm  in  Et.  Joatmit. 
>>-l>aiic.  (Vie  de  Jttat,  lulrod.) 


)ue  nous  venons  de  citer,  on  verra  que  la 
;i.tntnunauléni7sliquedu  Fils  el  dos  croyants 
l'eM  pas  présentée  d'une  monière  moins 
•iplicile  dans  Matlh.,  xviii,  20;  xxviti,  20. 
jtiiatila  doctrine  de  l'amour,  et  en  par- 
iculierde  l'amour  du  prochain,  nous  n'a.- 
wnit  trouvé,  il  est  vrai,  tlnns  les  premiers 
Snngties,  aucun  texte  que  l'on  puisse  com- 
ireri  cent  de  Jean;  mats  nous  trouvons 
Iiii5  Pau)  (/  Cor.  iiii  Joan.)  un  éloge  de 
tmniir  qui  semble  présupposer  de  ta  part 
iu  Christ  des  paroles  semblables  h  celles 
iu«  Jean  nous  rapporte.  L'apAlre  Paul 
urtoul  peut  nous  être  d'un  grand  secours 
«ur  l'appréciation  dont  nous  nous  occu- 
lOni,  et  il  doit  être  ici  pour  nous  l'objet 
'uneatleodon  toute  particulière.  Ses  Ent- 
r«]  nous  fournissent  une  garantie,  qti  on 
i'k  [las  as<:ez  appréciée  jusqu'ici,  de  l'au- 
iictiltcilédcce  qu'un  appelle  !a  Chrùlotogi$ 
'Mi)  mystique  de  Jean,  et  de  beaucoup 
'iiulres  doctrines  du  même  apOlre.  Réflé- 
fiissoDtque  Paul  lui-même  nous  raconte 
uë  Jacques,  Pierre  et  Jean,  ces  colonnes 
e  l'Eglise,  lui  ont  donné  la  main  en  signe 
'uaion,  pour  conlirmer  la  vérité  de  sa  doc- 
rtne.  [Gai.  ii,  9.)  Or,  lorsqu'il  vient  nous 
arler  (le  la  divinité  du  Christ,  du  Christ 
nysiique  vivant  en  nous,  et  de  l'implnnta- 
LiuOdiDs  le  Christ,  etc.,  n'est-ce  pas  une 
preuveque  ces  idées  étaient  connues  aussi 
ttiiiulteii  apûtres,  quoique  chacun  d'eux 
le  lt!j  eût  pus  exprimées  dans  son  type 
lodrinalT  Mars  le  douleur  Strauss  tui-mé- 
ntunus  a  fait  uu  aveu  auquel  nous  étions 
m  iIb  [jûus  Biteodre,  et  qui  nous  dispense 
i  toute  preuve  ullérieure.,En  effet,  s'il  y  a, 
il»  los  discours  rapportés  par  Jean,  quel- 
le cbose  qui  rappelle  Alexandrie  et  Pbi- 
i»!  cesoot  bien  cerlainemenl  rosanliihë- 
'ideoipÇet  dermiûfiB,  de  pût  et  de  oxôrof, 
î^ei  lie  SivxTu,  d»»»!  et  de  «tw;  puis 
'  eipressioiis  mystiques  Sjito.-  nt  t-aic, 
^  'ù*.  Or,  le  critique  lui-même  déclare 
uil  CQDsidërs  ces  Ibrmes  comme  faisant 
arliedes  discours  originaires  du  Christ; 
iDlemeni,  l'auteur  de  I  Evangile  les  aurait 
ttagfis  ■  dans  un  esprit  aleiandriii,  ou 
lulétgrec.  »  11  convient  donc,  par  là  mé- 
•"i  que  des  groupes  de  mots  tels  que  âwo 
''■'lifncÇmc,  Û4uj]  (ût,  qui  n'ont  aurun 
"«logue  dans  la  relation  des  premiers 
'iiKiles,  ont  occupé  une  place  importante 
'Ils  Tes  discours  de  Jésus. 
Kuus  avons  aussi  présupposé  que  l'Eran- 
le  de  Jean  n'avait  pas  été  écrit  dans  d'au- 
es  circonstances,  ni  dans  un  autre  but  que 
t|)remiers  Evdugilcs  (2335);  et  nous  avons 
lïisagô  ces  derniers  comme  le  lit.ra  pro- 
fit de  l'esprit  de  leurs  auteurs.  Il  en  est 
(Kitidant  tout  autrement  ;  ce  qui  change 
'leijticllcmont  la  position  des  clïoses,  Que 
m  considère  d'aliord  que  Jean  est  le  der- 
<;rdes  Evangéiisles  et  qu'il  a  écrit  comme 


DICTIONNAIRE 

etc.;  «bu  DM  école* 


Polrcme,  uiM iRnace, martrr,  etc.;  àtaa  dm 
eoMMiptralBes,  Scklcteraucber  :  I  «piel  potnl  il 
llaOuMM  de  riatea.  —  Aatrai  eieiapte*.  — 


«e  le  g^le  ptrUealier  de  l'<faiig£Uile  ■  pt 
eiercer  rar  b  Uttmt  de  tei  rédu  et  Kii^t>l«DeM  *ur 
i*  iNDlère  de  reproduire  lei  dteeoan  de  JËm.  —  In»- 
tMKedu  criUqiie,etréf)onÉe. — RaltoMde  Ubdilléivee 
UqueHeleetnâcAUtteeelMtUwt  niot  Jeaanire* 
tenu  letdîMoarada  Christ  — Eienple  analogae  rbaml 
iMr  ulDt  Iréoée.  —  iMptntionMnuturelleqal,  d'âpre* 
U  pramnu  de  JÉsaa,  devait  nppeler  les  iBttnielloai 
k  lei  dtedi^et.  —  Deniltie  diÉcnlté  :  le*  diicoan  da 
Cbrùt  itawairtii  k  U  portAe  de*  eiiditennT  RqMMMe. 

Mais  Strsass  ne  s'en  (ienl^s  aux  argu- 
nenls  que  nous  Tenons  de  discuter.  Il  pré- 
tend en  avoir  encore  de  plus  forts  pnur 
prouver  que  tes  paroles  attribuées  par  l'B- 
glise  su  rils  de  Dieu,  et  qui  ont  servi  Jus- 

au*icî  de  soutien  et  de  consolation  aux 
hrdticns  dans  les  angoisses  de  la  vie  et 
de  la  mort,  ne  sont  aulre  chose  que  le  pro- 
duit de  l'imaginslion  d'un  mythografilie 
d'Alexanilrie.  ■  En  elTel,  dit-il,  les  Bptircs  du 
disciple,  en  présupposant  qu'il  en  soit  l'au- 
teur, nous  prouvent  indubitablement,  p«r 
leur  concordance  conuilëte  avec  le  carac- 
tère des  discours  de  l'Evangile,  que  c'est 
bien  aussi  le  disciple  qui  parle  dans  cet 
évangile  et  non  pas  le  Maître.  L'apologéti- 
que, il  est  vrai,  pour  parer  ce  dernier  coup, 
a  allégué  qu'une  nature  tendre  et  malléable, 
comme  celle  de  l'évangéliste,  avait  dâ  sans 
doules'BSsimiler  complélement  le  stjle  do 
son  llattre;  mais  l'Evangile  vient,  ce  nous 
semble,  détruire  celle  explication;  car,  non- 
seulement  il  prête  à  Jésus  des  discours 
uiéiaphysiqiies,  qui  appartiennent  cerlat- 
ueuienten  propre  à  son  rédacteur,  mais  il 
va  [et  c'est  ici  le  ooint  décisiQjusqu'k  en 
lilacer  daus  la  lioucne  de  Jean-Baptisle,  ce 
jiropbèia  de  l'Ancien  Testament,  chex  le- 
quel il  n'y  a  pas  l'ombre  de  mysticisme. 
{Joan.  I,  Is-lS;  m,  S7-d6.)  —  A  en  croire 
noire  critique,  cette  circonstance  est  ■  le 
nœud  do  la  question.  > 

Nous  rappellerons  d'abord  que  ce  n'est 
point  ici  une  découverte  de  Strauss;  il  ne 
luit  dans  ce  cas,  comme  c'est  assex  sa  cou- 
tume, que  se  servir  des  remarques  des  au- 
tres. Examinons  maintenant  jusqu'k  quel 
point  il  a  réussi.  Commençons  par.  le  cha- 
pitre I,  verset  16  et  suivants. 

Notre  critique,  dit,  6  plusieurs  reprises, 
que  l'auteur  du  quatrième  Evangile  a  le  ta- 
lent d'inventer  avec  tact  et  adresse.  Cepen- 
dant, s'il  a  eu  l'intention  de  placer  réelle- 
ment dans  la  boucbe  de  Jean-Baptisle  les 
T.  16-18,  celte  assertion  doit  paraître  ici 
plus  qu  étrange;  comment  en  elfet  ne  |ias 
recomiHitre  dan:(  ces  mots  ;  «  Nuus  avons 
tous  reçu  de  sa  plénitude,  «  le  langage 
d'unmeutbrede  lacumniunauLéT  D'ailleurs, 
un  a  fait  remarquer,  il  y  a  déjà  longtemps, 
qye  le  V.  16  ne  se  lie  nullement  au  v.  IK, 
mais  bienauv.14  :  nUpvt  x'P^'^^ ^' '^^*''^- 
Ce  n'est  qu'au  v.  30  que  cumnienue  le  ré- 
cil  historique  du  témoignage  de  Jean-Bap- 
tisle. Son  témoignage  e»t  seulement  placé 
ici  en  |>assani,  couiine  au  v.  1,  |Hjur  ap- 
puyer une  asserliou  de  l'évangélisle;  et  il 
iaut  bien  «onger  que  ce  deniiur,  éianl  sou 


APOLOCETIQDE.  JU  )» 

disciple,  devait  attacher  une  double  k|w. 
tance  i  ses  paroles.  Il  est  clair  que  les  mou 
'Ex  ToS  Klipûfune;  se  lient  à  sUp«;|^i,mCi^ 

iihtttUc,  et  les  mots  q  x'fv  "^  ■  &iui  ii 
V.  17. 

Au    lieu   de  prouver  que  r^vingélift    1 

prête  ses  idées  et  sou  style  ï  Jeia-BipiiHF, 
ce  passage  est  donc  plolAl  de  oiluru 
montrer  qu'il  n'indique  pas  d'une  manièn 
toujours  précise  où  Boissent  tes  discoun 
tenus  par  les  personnages  mis  en  icèaedui 
son  récit,  et  où  par  suite  il  reprend  II  p»- 
rôle.  Nous  appliquerons  de  suKe  cetuî»- 
ment  au  second  passage^  etaoïiner  [oi,l(- 
21.)  Si  l'on  nous  demande  :  Est-il  complî- 
tement  impossible  d'admeUre  qua  te  Ctiràt 
continue  a  parler  dans  ce  passade!  !im 
dirons  que  celui-là  seul  peut  répoudre  ^  | 
lirmativement  à  cette  question,  t|ui  rénv 
que  principalement  en  doute  que  Jétut  til 
jamais  parlé  comme  il  s'eiprimBchtiiJeu. 
Nous  avouerons  cependant  que,  I  ciuseili 
passage  cité  précédemment,  dan$le<]uel  1» 
propres  paroles  de  l'évangéliste  Ticaaeul 
se  placer  sans  aucune  indicalicude  Inmi- 
tion,  cous  inclinons  fortement  i  croirt 
qu'il  se  passe  ici  quelque  chose  de  ieiutilt' 
ble.  Le  propre  de  notre  ApAtre,  sa  preitiiè:t 
Ejillre  te  montre  bien,  c'est  précisJiDeiii 
de  ne  pas  procéder  d'après  les  strictes  ei>- 
gences  de  la  logique  dans  la  dispOiilisii  di 
SOS  pensées. 

Le  pa-ssage  (xii,  4i-50)  dans  lequel  il  r^ 
pèle  accidentellement  quelques-unn  iti 
princiftates  maiimes  des  discuursduCbrin, 
nous  offre  un  exemple  de  la  &cili>' 
avec  laquelle  il  a  pu  joindre,  coinuie  f{ii»- 
des,  i  des  discours  analogues,  des  ftaita 
chrétiennes  fonda  mentales  qui  éliienlpn)- 
fondém<int  gravées  dans  son  Iiuchù. 
nous  deiuaodfv-t-on,  pourquoi  n'i-^^l* 
indiqué  la  transition  T  A  cela  nous  r^ 
drona  qu'il  ne  l'a  {«s  fait  au  ch.  i,  It  nul 
(aux  Gai.  11,14)  nous  oEfre  un  (»Bi^ 
précis  d'une  chose  loute  scoiblBble-lloi»* 
oiencG  par  raconter,  sous  la  furnie  i)in^t< 
co  qu'il  dit  b  Pierre,  ÏAnlioclie:|iiiii<* 
partir  du  v.  15,  son  discours  re<ôa>>e<)i^ 
ce  qu'il  a  k  dire  aux  Galates,  et  cela  sam 
aucune  transition  marquée.  Ud  itdtit 
attentif  découvrira  çà  et  ta,  daasdilT^wU 
écrivains,  des  transitions  de  ce  genre,  ipi 
demandent  une  grande  sagacité  chei  I  in- 
terprète pour  saisir  le  )>otnt  de  joiciioii' 
Nuus  i-n  avons  un  exemple  dsos  un  f')S' 
ment  dePapias.  Cu  fameux  passage  d'»- 
sëbe  nous  un  otlre  un  aulru  eieiupte:!'»' 
terprète  n'y  peut  indiquer  avec  sûreli  I* 
droit  oà  Oiigène  cftsse  de  parler.  M"' 
nous  trouvons  encore  un  exemple  dunie^tt 

jenre  dans    Jérôme   {Commentairiitii'- 

\  édit.  Vatlarsi  p.  613.) 

Venons  niaiotenantau  troisiânie  pa^ 
(iir,  31,  36).  dans  lequel  la  aili>]ti«  ""' 
■  le  point  1b  plus  imporlant  delà  quiiliuD' 
U  est  pusliif  que  ce  passage,  daai  la  fi»^ 
comme  dans  les  pensées.  otTre  un  cubIw' 
choquBut  avec  les  autres  paroles  de  1^' 
Ojptiste;  et  ce  serait  uuc  raison  de  pe»^ 


ë: 


ne  frtl  ici  l'é»ang*lisle  qui  parle  lui-" 
léiiie.  Uais  si  les  eiemples  que  anus  ïo- 
ons  de  ciler  onl  déjà  éaauA  h  cette  opi- 
ion  une  grande  Traisemblance,  elle  passe 
l'éifll  de  certitude  complote  quand  on 
lamine  quelle  différence  de  caraulère  il 
a  entre  la  première  partie  de  ce  j.assage 
Ï7,  301  et  la  seconde  (31,36).  En  effet,  tan- 
jj  que  cette  «econde  partie  porte  dans  aon 
Dsemblelecachel  de  l'évanBélisle.  toute 
I  première.  îi  rexcerlinD  d«s  seuls  mois 
y.«<i««.W«««|15,  11.  16.  24  Jom. 

1  k  Joaii.  Il,  14),  est  eiilièremertt  coa- 
ïrm'e  au  caractère  du  proplièle.  La  critique 
l.pujc  beaucoup  d'ailleurs  sur  1  absence 
e  ..anboles  eliei  réMogéliste.  Refusera- 
^lle  de  prendre  en  considération  que  nous 
rou'onsici,  dans  l'esiaee  de  quatre  »er- 
pls.  une  sentence  parabolique  su  t.  2»  et 
eux  gnomes  aux  Tersets  ïï  et  307  A  cela 
'i«nt  se  joindre  Irgrande  concordance  pour 
B  sens  des  paroles  »»ec«aidtMatlbieo  {tu, 
t,  ik.]EaQn,  ici  comme  an  Tersel  16,  le 
lossaire  serait  d'une  maladresse  par  trop 
rossière,  si  après  afoir  »u  Jes  disciples  de 
ean-Baplisie  dire  {au  t.  M)  ces  mois, 
é^«  /„•«"  'r"  *^'  «'  '«"  °»»^  T 
ooner  son  assentiment  dans  les  TCrseu 
uiTani»,  il  Tenait  ensuite  {au  t.  ^1  mettre 
ans  la  bouche  de  celui-ei  ces  paroles  con- 
M^ctoires  :  ««t  tbk  fitfnpi**  «"■»  •«*if 
amiiHt.  Ne  irouTB-t-on  pas  dans  ces  paro- 
es.  aussi  clairement  qu'au  t.  16,  l'expres- 
i  n  des  sentimeiiU  du  disciple  placé  au 
liiieu  de  petites  églises  en  face  du  monde 
icrédule,  et  Ténhu  des  paroles  du  MalUe 
ue  Doos  lisons  ailleurs  (ni.  H;  »,  38; 
Jinp- XII,  ïïlîNons  sommes  donc  sûrs  de  ne 
as  nous  tromper  en  disant  qu'ici  i  étangé- 
sle  a  pris  ce»  paroles  de  son  ancien  Ma!- 
e  :  «  Il  faut  qu'il  troisse  et  que  moi  je 
iniinue,"  i«ur  point  de  départ  d'une  nou- 
>;l.o  eiposilion  de  la  dignité  du  Christ, 
u  premier  cbapitre,  après  a»oir  («rlé  de 
,fan~Ba|itisle,  lérangéliste «Tiit  ajoute  (». 
;  :  It  n'était  poM  la  lumUrt,  mau  U  émt 
mu  peur  rendre  lémoignagt  à  la  Immtirr, 
nous  dit,  conformément  è  ce  langage  («u 
jap.  iii.  31)  :  Celui  qui  est  de  la  tare  est 
rrrelre,  Hc...  , 

On  le  »oit  d'sprès  cela  :  non-seulement 
I  >  point  capital  ■  de  la  preuta  de  notre 
iTersaire.  est  dépourru  de  fondenieill; 
aiâ  en  outre,  loin  de  sertir  t-n  rien  sa 
inse,  it  nous  met  sur  la  «oied  unepreu?e 
ès-i  m  portante  pour  la  nôtre.  En    effet,  si 

critique  a  sonient  accordé  à  1  auleur  de 


t^vaiigîle  du  jugement  el  du  goût  dans  ses 
.iiM>osiliuns,  il  ne  l'en  a  pas  moins  coosi- 
•ré  comme  trop  peu  liabile  i^ur  pouToir 
.rlir  du  inj-slicisme  qui  Im  est  propre,  et 
aez  tléijourtii  de  tact  pour  placer  ses  doc- 
iiiei.  alexandrincsdans  la  bouche  du  Pro- 
■eio  crossier  du  désert.  A  moins,  loute- 
1»,  <iuoniie»oie  dans  celte   coadmle  de 

.vaiiAélis'e  «n  «'<:«' P*»"" ''"""^^*''"^'*® 
...Isàses  idées  en  leur  prêUnt  le  plus 
.sMbled'oi^aiies.  Quoi  quil  eu  sou,  si 
ivangéliste  a  donné  une  couleur  bi>sIi- 
DK-no>:(Aiai:  4PonHiÉTi(ii;e_|. 


MCnONN-UBE  APOLOCETIÛUE.  JE*  iSU 

qiir  aux  discoursdeiésus.els'il  (•''S  a*  em- 
bellit. ■  on  doit  naturellement  s'atlnudie^ 
re  i|u'il  en  ait  fait  autant  pour  les  discours 
de  Jean-Baptisle.  MainteDant,  si  l'on  iwu- 
vait  démontrer  que  les  discours  de  Jésus, 
pris  dans  leur  ensemble,  sont  reproduits 
dan.i  le  quatrième  Eiangile  d'une  manière 
Gdèie  et  en  concordance  avec  les  synopti- 
ques, n'en  derrait-il  pas  résulter  aussi  une 
conclusion  farorable  1  l'exposition  desdis- 
rours  de  Jean -Baptiste  dans  ce  miSoie 
Evangile?  Or,  aune  seule  exception  près 
{it  £V(»o6"  fw"  71Ï""',  I .  IS) ,  les  élé- 
ments des  discoursdoJean-Baplisle  se  re- 
trouvent tous  dans  les  autres  éTaogélisles. 
ou  peavent  avoir  leur  explication  daus  lo 
caractère  de  l'Ancien  Testament.  (Comp.  c. 
'i",  19-36,  el  le  passage  dont  il  vient  d'être 
question,  iii,  97-30.) 

Il  nous  làut  maintenant  examiner  de  plus 
près  une   question   que   nous   avons  déjà 
traitée  précédemment.  Je  veux  parler  de  U 
présupposition  faîte  par  les  apologiiles,  et 
eu  particulier  par  OrJgène,  el  reproduite 
depuis,  que  la  concordance  de  la  dicliou  de 
Jean  avec  celle  du  Sauveur   doit  être  attri- 
buée à  une  fusion  de  la  vie  intérieure  du 
disciple  dans  l'esprit  de  sou  maître.  A  cela 
QOire  critique  répond  :  ■  Que  la  chose  soit 
possible,  c'est  i  l'abri  de  toute  ccnleslalioD  ; 
.  mais  il  est  également  incontestable  que  eu 
phénomène  se  manifeste  uniquement  dans 
des  esprits  sans  aucune  énergie  personnelle 
'  de  peiuée,  et  le  quatrième  évangélisle  ne  Se 
présente  nullement  h  nous  avec  ce  carac- 
tère, a  La  critique  doit  certainement  lui 
accorder  un  haut  degré  d'énergie  iulelloc- 
tuelle,  puisqu'elle  attribue  i  la  force  seul» 
-~  de  son  propre  esprit  ce  cachet  particulier  à 
.  ses  ouvrages  et  qui  a  puissamment  agi  dans 
tous  les  temps  sur  tous  les  hommes  d'uii 
esprit  profond.  D'un  autre  c6té,  si  l'on  na 
révoque  pas  complètement  en  douta  la  soli- 
dité du  fondement   historique  sor  lequel 
nous  basons  notre  aigumeotalion,  on  ne 
pourra ,  taos  aller    cuiUro  toute   vraisem- 
blance, attribuer  une  originalité  furlemCRt 
tranchée  au  disciple  que  le  Si-igneur  aimail. 
Ualgré  cela,  regardons  ce  point  comme  éta- 
bli. Il  est  bien    plus  ordinaire  qu'on  n'a 
coutume  de  le  supposer,  de  voir  les  esprits 
en  général,  et  même  les  plus  distingués  at 
It^  plus  originaux,  recevoir,  dans  les  idées 
comme  dans  le  stjle,  une  înQuence  étriu- 
gère.  En  nbiervanl  d'abord  les  anciens  Pèras 
sous  le  rapport  de  la  dépendance  des  idées 
ou  du  sl^-le,  on   est  étonné  de   retrouver 
toutes  les  habitudes  iotelleLlbellasdu  gr^md 
Paul,   non-seulement   dans   son    disciple. 
Clément  romain,  mais  encorodansPoljcarpe 
ut  Ignace,  qui  étaient  disciples  de  Jean.  Ce 
ne  sont  point  seulemeul  des  eitations  qui 
nous   1  appellent  Paul  dans  les  ouvrages  du 
Clément  Homain,  c'est  aussi  toute  la  cou- 
leur  et  souvent    même    la    slruiture  des 
phrases,  £t  si   nous  retronvons  lo   mène 
rapport  dans  Folycarpe,  quoiqu'il  fût  disci- 
ple de  Jean,  it  faut  en  cherciier  l'eiplicaiion 
dans  le  gêiits  de  cet  évaagâlis:e  doul  l'ori- 


1615 


JE& 


DICTIUNNAIRE  APOLOCETIQUE. 


JEA 


1)1!   I 


ginalllé  n'était  pas  propre  b  formcrécole.  La 
preiniôre  Epitre  de  saint  Pierre  ne  conlient- 
elle  pas  elie-niâme  assez  de  mois  qui  rappel- 
lent la  tormînologis  de  saint  Paul,  pour  que 
de  Welte  ait  tu  en  cela  une  raison  de  dou- 
ter de  son  auiheniicité?  Nons  pourrions 
imuTer  dans  i'iiisloire  de  l'Eglise,  dans 
celte  de  la  lilléralure,  un  grand  nombre 
d>xemples  de  ce  genre.  Nous  nous  conten- 
terons cependant  d'en  produire  un,  très- 
remarquable  ,  et  que  nous  empruntons  à 
t'époque  conlempiirsine  :  Schteîermaelier 
«rait  tellement  subi  i'inriuence  de  Platon., 
quH  cette  influence  apparaît  jusque  dans  la 
structure  de  ses  phrases  et  dans  sa  manière 
d'employer  les  particules;  il  était  dominé 
par  elle  même  dans  tes  chaires  des  temples. 
Bchleiermacher  est  pourtant  un  esprit  ori- 
ginal; et,  chose  remarquable,  il  n'a  pas 
vécu  avec  son  modèle,  et  n'a  Communiqua 
avec  lui  que  par  l'intermédiaira  de  Fa  lettre 
«crile.  Il  est  inutile  de  démontrer  que  le 
commercfl  inilme  de  la  vie  exerce  une  in- 
fluence bien  autrement  puissante.  Mainte- 
nant on  nous  demandera  peut-être  si  uns 
pareille  influence  n'a  pas  ses  limites  i}éler- 
mînéei,  si  elle  ne  se  borne  pas  b  certaines 
concordances,  soit  dans  l'emploi  d'un  grand 
nombre  de  sentences,  soit  dnns  la  constmc- 
lion  de  la  phrase,  soit  dans  la  préJiiection 
pour  certaines  particules  :  nous  répondrons 
qu'il  est  impossible,  par  le  fait,  de  poser  de 
semblables  limites.  Sous  l'emptra  de  cir- 
constanceo  analogues,  surtout  lorsque  le 
sitjet  est  le  méoie,  le  style  du  disciple  peut, 
souc  tous  les  rapports,  être  une  copie  des 
discours  du  maître.  Ainsi,  par  exemple, 
l'opinion  n'est  pas  encore  fliee  snr  le  point 
ne  savoir  laquelle  des  Ethiones  doit  être 
attribuée  k  Arîstote,  et  laquelle  est  l'xuvre 
d«  ses  disciples.  Schleiermscher,  en  s'oc- 
cupent de  cette  quesiiou  (dans  un  .traité 
3 m  n'est  pas  achevé,  DUeouri  et  Traitai, 
895),  avoue  q^u'il  ne  peut  ici  prendre  pour 
critérium  la  dilTérence  du  style,  parce  qu'il 
e»t  aussi  peu  en  état  que  tes  autres  de  se 
vanter  d'avoir  une  connaissance  assez  sûre 
a  et  asset  tine  du  style  propre  d'Aristote  • 
pourpoBToirdîstinçuer  le  disciple  duiDBtlre. 
Fanach  {De  «ihiett  iVicotnacAtc» )  vient 
d'attribuer  au  fils  d'Aristote  l'Éihique  à  Nl- 
«omaque.  Quant  au  style,  il  n'a  pu  trouver 
qu'une  seule  prétendue  différence.  Chacun 
iM«e  rappeHe-<-il  pas  encore  le  livre  d'Ec- 
kvrmann  sur  Gœthe.  Est-on  bien  en  état  de 
démontrer  qu'il  existe  des  différences  entre 
le  stylo  du  Diogmphe  et  celui  du  poète  7 
Il  est  vrai  de  dire,  quelqu'incroysbie  que 
c«la  puisse  paraître,  que  la  dépendance  des 
ilieciples  vis-4-vis  de  leur  maître  s'étend 
«quelquefois  jusqu'à  des